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Citations philosophiques sur la vérité

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A- Valeur

1- "La réalité du monde où nous vivons n'est ainsi que l'ensemble des équivalents objectifs, idéaux
et irréels, que les hommes ont depuis toujours substitués à leur vie pour autant qu'ils doivent être
capables de l'évaluer, d'en tenir une comptabilité." Michel Henry, Phénoménologie matérielle, II,
page 134. PUF.

2- "Le travail est donc la mesure réelle de la valeur échangeable de toute marchandise." A. Smith,
Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Gallimard, p.61.

- "Le travail de quelques unes des classes les plus respectables de la société, de même que celui
des domestiques ne produit aucune valeur, il ne se fixe ni ne se réalise sur aucun objet ou chose
qui puisse se vendre, qui subsiste après la cessation du travail et qui puisse servir à procurer par
la suite une pareille quantité de travail." (ibidem, page 158)

3- "La valeur d'une marchandise, ou la quantité de toute autre marchandise contre laquelle elle
s'échange, dépend de la quantité relative de travail nécessaire pour la produire et non de la
rémunération plus ou moins forte accordée à l'ouvrier." D. Ricardo, Des principes de l'économie
politique et de l'impôt, Flammarion, page 25.

4- "... le vendeur de la force de travail, comme le vendeur de toute autre marchandise, en réalise la
valeur échangeable et en aliène la valeur d'usage." Marx, Le capital, I. Flammarion page 150.

- "La valeur journalière ou hebdomadaire de la force de travail est tout à fait différente de
l'exercice journalier ou hebdomadaire de cette force tout comme la nourriture dont un cheval a
besoin et le temps qu'il peut porter son cavalier sont deux choses tout à fait distinctes." Marx,
Salaires, prix et profits, Bureau d’Edition, page 13.

- "Le travail est donc une marchandise que son possesseur, le salarié, vend au capital. Pourquoi
le vend-il? Pour vivre." Marx, Pléiade, Oeuvres, I. page 204.

5- "Le salaire du travailleur ne dépasse guère sa consommation courante et ne lui assure pas le
salaire du lendemain; tandis que le capitalisme trouve dans l'instrument produit par le
travailleur un gage d'indépendance et de sécurité pour l'avenir." Proudhon, Qu'est-ce que la
propriété? M. Rivière, page 216.
6- "Telle est la constitution économique de toute notre société actuelle: c'est la classe laborieuse
seule qui produit toutes les valeurs. Car le mot valeur n'est qu'une autre expression pour le mot
travail, expression par laquelle on désigne dans notre société capitaliste actuelle la quantité de
travail socialement nécessaire, incorporée dans une marchandise déterminée." F. Engels.

B- Humanité
1- "Je pose en principe un fait peu contestable: que l'homme est l'animal qui n'accepte pas
simplement le donné naturel, qui le nie... l'homme parallèlement se nie lui- même, il s'éduque, il
refuse par exemple de donner à la satisfaction de ses besoins animaux ce cours libre, auquel
l'animal n'apportait pas de réserve." G. bataille, L'Érotisme, Minuit, page 238.

2- "... l'obligation de travail a aussi un rôle de sanction et de contrôle moral. C'est que, dans le
monde bourgeois en train de se constituer, le péché par excellence, ce n'est plus l'orgueil ni l'avidité
comme au Moyen-âge, c'est l'oisiveté." R. Jaccard, La folie, Que sais-je, page 18.

3- "L'œuvre exige pendant toute sa durée, outre l'effort des organes qui agissent, une attention
soutenue, laquelle ne peut elle-même résulter que d'une tension constante de la volonté." Marx, Le
Capital, I. GF page 139.

- "Mais ce qui distingue dès l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est
qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le
travail aboutit préexiste idéalement dans l'imagination du travailleur." Marx, Le Capital, I.
Editions Sociales, page 180

4- "A chaque instant de son histoire, l'humanité ne travaille plus que sous la menace de la mort:
toute population, si elle ne trouve pas de ressources nouvelles, est vouée à s'éteindre." M.
Foucault, Les Mots et les Choses, Gallimard, page 268.

5- "L'union des forces accroît notre pouvoir... c'est ce supplément de force, de capacité et de
sécurité qui fait l'avantage de la société." Hume, Traité de la nature humaine, Aubier page 601.

6- "Or il est des natures plus rares qui aiment mieux périr que travailler sans joie: ces hommes
sont minutieux et difficiles à satisfaire, ils ne se contentent pas d'un gain abondant, lorsque le
travail n'est pas lui-même le gain de tous les gains." Nietzsche, Le Gai savoir, Gallimard, page
84.

7- "Le génie ne fait rien que d'apprendre d'abord à poser des pierres, ensuite à bâtir, que de
chercher toujours des matériaux et de travailler toujours à y mettre la forme." Nietzsche,
Humain, trop humain, Gallimard, page 167.

8- "La première condition du bonheur est que l'homme puisse trouver sa joie au travail." A. Gide,
Journal 4 août 1935.

9- "Le travail est comme une ancre immobile qui arrête l'agitation de notre cœur et de notre
pensée." Mabillon, Études monastiques, I, page 122.
10- "Le plaisir du travail peut devenir si complet qu'il en arrive à remplacer tous les autres." A.
Maurois. Un art de vivre, page 116

11- "Le travail vivant est au principe de l'économie en un double sens. Sous le titre d'économie on
entend l'ensemble des activités par lesquelles les hommes produisent des biens nécessaires à leur
subsistance et à leur développement." M. Henry, Du communisme au capitalisme, Odile Jacob, V,
page 111.

- "Le travail social c'est l'équivalent objectif, idéal, du travail réel, le double irréel, quantifié
supposé le représenter" (ibidem, page 115)

- "La réalité économique n'est pas la réalité: elle n'est ni la réalité de l'individu vivant, ni celle de
l'univers matériel ... bien qu'étrangère à l'économie, la réalité des individus vivants n'en constitue
pas moins son unique fondement, c'est la force de ces individus qui produit l'ensemble des
déterminations économiques et ne cesse de les produire." (ibidem, page 117)

12- "Par "travail" ou activité rationnelle par rapport à une fin, j'entends ou bien une activité
instrumentale, ou bien un choix rationnel, ou bien encore une combinaison des deux." J. Habermas,
La technique et la science comme idéologie, Denoël Gonthier, page 21.

13- "En fait l'élément libérateur de l'opprimé, c'est le travail. En ce sens c'est le travail qui est
d'abord révolutionnaire." Sartre, Situations III. Gallimard, page 197

14- "Le travail est désir réfréné, disparition retardée: le travail forme." Hegel, La phénoménologie
de l'esprit, I, page 165, Aubier.

15- "Il faut que l'homme soit occupé de telle sorte que, tout rempli du but qu'il a devant les yeux,
il ne se sente pas lui même, et le meilleur repos pour lui est celui qui suit le travail." Kant, Traité
de pédagogie.

- "Quant à moi je me mets chaque jour devant cette enclume qu'est mon bureau." Kant, Lettre du
28 Octobre 1759

16- "Un homme s'engage dans sa vie dessine sa figure, et en dehors de cette figure il n'y a rien."
Sartre, L'Existentialisme est un humanisme, Nagel, page 56

C- Division du travail
1- "Supposons dix hommes, dont chacun a dix sortes de besoins ... Formons une société de ces dix
hommes, et que chacun s'applique, pour lui seul et pour les neuf autres, au genre d'occupation
qui lui convient le mieux; chacun profitera des talents des autres comme si lui seul les avait tous;
chacun perfectionnera le sien par un continuel exercice; et il arrivera que tous les dix,
parfaitement bien pourvus, auront encore du surabondant pour d'autres." Rousseau, Émile,
Garnier, page 222.

2- "Quand chaque individu travaille isolément et seulement pour lui même, ses forces sont trop
faibles pour exécuter une oeuvre importantes; comme il emploie son labeur à subvenir à toutes ses
différentes nécessités, il n'atteint jamais à la perfection dans aucun art particulier... La division
des tâches accroît notre capacité." Hume, Traité de la nature humaine, Aubier, page 601.

3- "C'est une réflexion en effet que je me fais de mon côté en entendant ta réponse, que
premièrement chacun de nous n'est pas, de sa nature, tout à fait pareil à chaque autre, mais que
cette nature au contraire l'en distingue, et qu'à l'exécution de tâches différentes conviennent des
hommes différents." Platon, La République 370

4- "Pour la femme, il est plus honnête de rester à la maison que d'être sans cesse au-dehors;
pour l'homme, il serait honteux de toujours rester enfermé chez soi au lieu de s'occuper des
affaires du dehors." (! :-) Xénophon, Economique, 7

5- "Cette grande augmentation dans la quantité d'ouvrage qu'un même nombre de bras est en état
de fournir grâce à la division du travail est due à trois circonstances différentes: premièrement, à
un accroissement d'habileté dans chaque ouvrier individuellement; deuxièmement, à l'économie du
temps qui se perd ordinairement quand on passe d'une espèce d'ouvrage à une autre; et
troisièmement enfin, à l'invention d'un grand nombre de machines qui facilitent et abrègent le
travail et qui permettent à un homme de reprendre la tâche de plusieurs ..." A. Smith, De la
richesse des Nations, I. chap. 1

- "Cette division du travail, de laquelle découlent tant d'avantages, ne doit pas être regardée dans
son origine comme l'effet d'une sagesse humaine qui ait prévu et qui ait eu pour but cette opulence
générale qui en est le résultat." A. Smith, De la richesse des Nations, Gallimard, I, chapitre 2.
Page 46.

- "La division du travail une fois généralement établie, chaque homme ne produit plus par son
travail que de quoi satisfaire une très petite partie de ses besoins... Ainsi chaque homme subsiste
d'échanges ou devient une espèce de marchand et la société elle-même est proprement une société
commerçante." (Ibidem, I, chap. IV page 55)

- "Si un pays étranger peut nous fournir une marchandise à meilleur marché que nous ne sommes
en état de le faire nous-mêmes, il vaut bien mieux que nous la lui achetions avec quelques parties
du produit de notre propre industrie employée dans le genre dans lequel nous mêmes nous avons
avantage." (Ibidem)

6- "Ce n'est pas seulement au sein d'une même nation que l'on voit se faire cette division du
travail, c'est entre des nations différentes. L'échange de marchandises que la liberté du commerce
promet d'accroître dans de si grandes proportions aura en définitive l'effet de spécialiser plus ou
moins l'industrie de chaque peuple." H. Spencer, Les Premiers Principes, Alcan, deuxième partie,
chapitre XIV

7- "La division sociale du travail met en face les uns des autres des producteurs indépendants qui
ne reconnaissent en fait d'autorité que celle de la concurrence, d'autres forces que la pression
exercée sur eux par leurs intérêts réciproques..." Marx, Le Capital, I, Editions sociales.

8- "L'Angleterre peut se trouver dans des circonstances telles qu'il lui faille pour fabriquer le
drap, le travail de cent hommes par an, tandis que, si elle voulait faire du vin, il lui faudrait peut
être le travail de cent vingt hommes par an. Il serait alors de l'intérêt de l'Angleterre d'importer le
vin et d'exporter en échange du drap." D. Ricardo, Des principes de l'économie politique et de
l'impôt, Flammarion, page 117.

9- "Subdiviser un homme, c'est l'exécuter, s'il a mérité la peine de mort; c'est l'assassiner s'il ne la
mérite pas. La subdivision du travail est l'assassinat d'un peuple." Engels

10- "Ce qui fait la valeur morale de la division du travail. C’est que, par elle, l'individu reprend
conscience de son état de dépendance vis-à-vis de la société." Durkheim, La division du travail
page 396.

11- "Les micro unités de travail, si elles constituent le seul lot de l'ouvrier et de l'ouvrière rivés à
elles durant des semaines, des mois, des années, ne peuvent être transfigurés par la solidarité." G.
Friedmann, Le travail en miettes, page 140.

D- Loisirs
1- "À la vérité, le règne de la liberté commence seulement à partir du moment où cesse le travail
dicté par la nécessité... La réduction de la journée de travail est la condition fondamentale de cette
libération." Marx, Le Capital.

2- "Ajoutons encore que le bonheur parfait consiste également dans le loisir. Nous ne nous
privons de loisirs qu'en vue d'en obtenir et c'est pour vivre en paix que nous faisons la guerre."
Aristote, Éthique de Nicomaque, X.

3- "C'est la longueur de la journée de travail elle même, la routine lassante et mécanique du


travail aliéné qui accomplit ce contrôle sur les loisirs, cette longueur et cette routine exigent que les
loisirs soient une détente passive et une recréation de l'énergie en vue du travail futur." H.
Marcuse, Eros et civilisation, Minuit page 54.

4- "Le loisir dépend étroitement du travail, mais il est vrai aussi qu'il contient des éléments
irréductibles au travail; il est vrai aussi qu'il dépasse le travail et qu'il offre à l'homme des
possibilités que celui-ci ne retrouvera nulle part ailleurs." J.M Domenach, Travail et loisir, dans
Travail et condition humaine, Fayard.

- "... le travail sera toujours plus important pour l'homme que le loisir: on sera toujours
davantage l'homme de son travail que l'homme de son loisir." (Ibidem)

5- "Le loisir ainsi compris ne s'oppose pas au travail, il le complète; ainsi se trouverait réalisé la
synthèse de l'idéal moderne de l'activité créatrice, et de l'idéal antique de la sérénité harmonieuse."
P. M Schuhl, Machinisme et Philosophie, PUF, page 148.

6- "Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à
l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture... il faut mater la passion
extravagante des ouvriers pour le travail..." P. Lafargue, Le droit à la paresse, Maspéro, page
121.

7- "Il n'y a de vraie joie dans le repos, le loisir, que si le travail joyeux le précède." A. Gide
8- "On juge assez bien d'un homme à l'emploi de ses loisirs." Pichon, Le développement
psychologique, page 269.

9- "La révolution la plus importante du dernier siècle n'a même pas été le coup de force bolchevik
de 1917; c'est l'apparition du loisir dans les masses." R. Cartier, Éloge de la vie moderne.

10- "Chacun remplit son loisir de ce qu'il est lui même." Marie Bonaparte, Glanes des jours,
page 53.

11- "L'inventeur peut être un travailleur, il l'est souvent... mais ce n'est pas précisément en
travaillant, c'est dans ses loisirs qu'il invente, quoique ce puisse être parce qu'il a travaillé, et son
invention n'est jamais un travail." G; Tarde, Psychologie économique [Link] 168

A- Vérité et idée
1- "Les Philosophes ont employé le mot pour désigner l'accord ou le non-accord d'une idée avec
son objet; ainsi, l'on appelle IDÉE VRAIE, celle qui montre une chose comme elle est en elle-
même; FAUSSE celle qui montre une chose autrement qu'elle n'est en réalité." Spinoza, Pensées
métaphysiques, Garnier, tome 1, page 448.

2- "Ce que la poésie affirme, c'est une autre réalité, soustraite à toute loi logique ou physicienne.
Elle nous émeut en nous la révélant et se montre alors inséparable d'une impression de vérité
inhérente à ce qu'il faut bien appeler un savoir affectif." Alquié, Le savoir affectif, Douze leçons
de philosophie, la Découverte et le Monde, page 34.

3- "S'il est vrai que la philosophie et les sciences ont oublié l'être de l'homme, il apparaît d'autant
plus nettement qu'avec Cervantès un grand art européen s'est formé qui n'est rien d'autre que
l'exploration de cet être oublié." Milan Kundera, L'Art du roman, Gallimard, page 19.

4- "L'autre de la vérité n'est pas l'erreur, mais la violence, le refus de la vérité, du sens, de la
cohérence, le choix de l'acte négateur... " Eric Weil, Logique de la philosophie, page 65.

5- "Les Stoïciens disaient qu'un fou qui crie, en plein jour, qu'il fait jour, ne dit pas la vérité: car
celle-ci n'est pas la copie stérile d'un monde évident." Grateloup, Nouvelle anthologie
philosophique, page 265.

6- "Les ombres sont toutes vraies comme elles paraissent. Toutes les ombres d'un homme
expliquent la forme de l'homme, et en même temps la caverne, le feu, et la place même de l'homme
enchaîné." Alain, Les Idées et les Âges, Gallimard, tome 2, page 213.
7- "Nous n'insisterons pas sur le fait que l'historicisme, en proposant une vérité absolue, celle du
scepticisme, s'expose à la plus antique des réfutations et à laquelle succombe tout scepticisme qui
ne renonce pas au discours et à l'action -ce qui n'est pas le cas de l'historicisme- il affirme qu'on
ne peut rien affirmer." Eric Weil, Philosophie politique, Vrin, Introduction page 15.

8- "Tout concourt donc à nous faire penser que prétendre abandonner la vérité sous ses
élaborations philosophiques les plus sophistiquées comme sous ses formes les plus plates a un
coût proprement exorbitant." P. Engel, La vérité, Optiques, Hatier, page 79.

9- "Vrai et faux sont des attributs de la parole et non des choses. Là où n'est point de parole, il
n'y a ni vérité ni fausseté." Hobbes, Léviathan.

10- "Ainsi on peut bien dire que ce mot vérité, en sa propre signification, dénote la conformité de la
pensée avec l'objet, mais que, lorsqu'on l'attribue aux choses qui sont hors de la pensée, il signifie
seulement que ces choses peuvent servir d'objets à des pensées véritables, soit aux nôtres, soit à
celles de Dieu; mais on ne peut donner aucune définition de logique qui aide à connaître sa
nature." Descartes, Lettre à Mersenne, 16 Octobre 1639.

- "En remarquant que cette vérité: Je pense, donc je suis, était si ferme et si assurée que toutes les
plus extravagantes suppositions des sceptiques n'étaient pas capables de l'ébranler, je jugeai
que je pouvais la recevoir sans scrupules pour le premier principe de la philosophie que je
cherchais." Descartes, Discours de la méthode, Vrin, page 89.

11- "Car le pur sensible n'a en soi aucune vérité et, par conséquent aucune évidence; et, si on en fait
l'objet d'une affirmation, on l'interprète, on dit ce qu'il est, on a alors une connaissance
expérimentale." J. Lagneau, Célèbres leçons et fragments, PUF, page 162.

12- "Quand nous voyons apparaître certaines ombres sur le fond de la caverne, nous savons
parfois quelles seront celles qui suivront. Mais nous ne sommes et ne pouvons être en
communication avec les objets qui projettent ces ombres qu'au moyen des ombres elles-mêmes."
Lecomte de Noüy, Entre croire et savoir, Hermann, Paris, page 215.

13- "Couramment on vient consulter sur un point difficile des hommes incompétents, parce qu'ils
sont arrivés à la notoriété en de tout autres matières." Bergson, La pensée et le mouvement, page
86.

14- "Ainsi celui qui perçoit la vérité par un acte de contemplation se trouve placé d'emblée au-
dessus de toutes les raisons." Lavelle, La conscience de soi, Grasset, page 31.

15- "Les pensées vraies et la pénétration scientifique peuvent seulement se gagner par le travail
du concept. Le concept seul peut produire l'universalité du savoir." Hégel, La phénoménologie de
l'esprit, Aubier, I, page 57.

16- "Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le cœur, c'est de cette
dernière sorte que nous connaissons les premiers principes, et c'est en vain que le raisonnement, qui
n'y a point de part, essaie de les combattre." Pascal, Pensées et opuscules, 282.
17- "Si la vérité consiste dans l'accord d'une connaissance avec son objet, il faut, par là même,
que cet objet soit distingué des autres; car une connaissance est fausse quand elle ne concorde pas
avec l'objet auquel on l'a rapporte, alors qu'elle renfermerait des choses valables pour d'autres
objets." Kant, Critique de la raison pure, PUF, page 80.

18- "Les vérités réelles ne sont que des erreurs redressées." Alain, Les idées et les âges, II, page
211.

19- "La vérité est la chose du monde la plus absolue; on ne dit pas: la vérité de mon pays, la
vérité de mon école, la vérité de mon temps..." A. Vinet.|

20- "La vérité est, dans chaque circonstance, ce que doit penser tout esprit semblable au nôtre, si
on le suppose dégagé de toute prévention et de toute passion. Nous pensons la vérité lorsque nous
pensons comme individus ce que nous devons penser comme hommes. V. Brochard, De l'erreur,
page 101

B- Vérité et erreur
1- "C'est par l'expérience de l'erreur que nous arrivons à l'idée positive de vérité. La vérité ne se
manifeste que par son opposition à une erreur préalable." J. Wahl, Traité de métaphysique, page
481.

2- "D'où est-ce donc que naissent mes erreurs? C'est à savoir, de cela seul que, la volonté étant
beaucoup plus ample et étendue que l'entendement, je ne la contiens pas dans les mêmes limites,
mais que je l'étends aussi aux chose que je n'entends pas." Descartes, Méditations
métaphysiques, IV

3- "Il n'est rien qui soit plus véritablement à nous que nos erreurs." V. Brochard, De l'erreur,
page 214.

4- "Ce qui rend l'erreur possible, c'est donc l'apparence suivant laquelle le simple subjectif est
pris pour de l'objectif." Kant, Logique, traduction Tissot, page 75.

5- "Les vérités réelles ne sont que des erreurs redressées." Alain, Les idées et les âges, II, page
211.

6- "Il n'y a que l'entendement qui puisse errer. A proprement parler, il n'y a point d'erreur dans
le sens, qui fait toujours ce qu'il doit." Bossuet, La Connaissance de Dieu.... I, 7.

C- Vérité et mensonge (véracité)


1- "Parmi les devoirs particuliers envers autrui, le premier est la véracité de la parole et de la
conduite. Elle consiste dans la conformité entre ce qui est et dont on a conscience et ce que l'on dit et
montre aux autres." Hegel, Propédeutique philosophique.
2- "Ce n'est pas tout de dire la vérité, "toute la vérité", n'importe quand, comme une brute:
l'articulation de la vérité veut être graduée: on l'administre comme un élixir puissant et qui peut
être mortel, en augmentant la dose chaque jour pour laisser à l'esprit le temps de s'habituer. La
première fois, par exemple, on racontera une histoire: plus tard, on dévoilera le sens ésotérique de
l'allégorie." Jankélévitch, L'Ironie ou la Bonne Conscience.

3- "Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont, des métaphores qui ont été usées
et qui ont perdu leur force sensible, des pièces de monnaies qui ont perdu leur empreinte et qui
entrent dès lors en considération, non plus comme pièces de monnaie, mais comme métal."

-"Là où l'on ne peut rien savoir de vrai, le mensonge est permis... L'énonciation de la vérité à tout
prix est socratique." Nietzsche, Le Livre du philosophe.

4- "Si donc il appartient à quelqu'un de mentir, c'est aux gouverneurs de la cité, pour tromper les
ennemis ou les citoyens, quand l'intérêt de l'État l'exige. Aucun autre n'a le droit de toucher à une
chose aussi délicate." Platon, La République.

5- "Le mensonge ne produit l'effet recherché qu'aussi longtemps que l'on s'attend à la vérité... Le
mensonge est donc une activité dérivée, qui présuppose la véracité comme règle usuelle commune."
Russell, Signification et vérité, page 31.

6- "La première marque que nous puissions donner de notre véracité, c'est l'aveu de notre
mensonge." de Lubac, paradoxes, page 84

7- "Qui aime d'infliger la vérité aux autres est le plus inapte à l'endurer sur lui." J. Rostand,
Journal d'un caractère, page 102

8- "Toute faute contre la véracité constitue un péché contre le principe de la vie en commun et un
danger pour la possibilité d'une existence morale, c'est à dire, raisonnable et dont les actes
procèdent de la justice: pour le menteur le trompé est un objet manié, non son égal." E. Weil,
Philosophie morale, Vrin, page 112.

9- "On peut bien dire que la sincérité n'est elle-même rien de plus que le simple consentement à la
lumière, mais à condition d'ajouter que la vérité dont il s'agit ici, c'est la vérité même de ce que je
suis, et qu'il ne suffit pas pour moi de la contempler, mais qu'il s'agit d'abord de la produire."
Lavelle, L'erreur de Narcisse, page 60.

D- Vérité et pragmatisme
1- "La véritable théorie pragmatiste... est donc fort éloignée de l'équation "le vrai, c'est l'utile"....
Elle dit qu'une croyance est vraie si et seulement si elle résultait, dans des conditions idéales, de la
méthode appropriée d'enquête et si elle était cohérente avec la totalité des données disponibles
dans ces conditions idéales." P. Engel, La Vérité, Optiques, Hatier, page 31.

2- "Nous définissons d'ordinaire le vrai par sa conformité à ce qui existe déjà; James le définit
par sa relation à ce qui n'existe pas encore." Le vrai, selon William James, ne copie pas quelque
chose qui a été ou qui est: il annonce ce qui sera, ou plutôt il prépare notre action sur ce qui va
être." Bergson, Sur le pragmatisme de William James, Oeuvres, Ed. du Centenaire, page 1446.

3- "Bref, le mot "vérité" n'est pour nous qu'un non collectif résumant des processus de
vérification; absolument comme "santé, richesse, force" sont des noms désignant d'autres
processus relatifs à la vie, d'autres processus qui paient, eux aussi. La vérité est une chose qui se
fait... Le vrai consiste simplement dans ce qui est avantageux pour notre pensée, de même que le
juste consiste simplement dans ce qui est avantageux pour notre conduite." William James, Le
pragmatisme, Flammarion, page 200

- "L'attitude que représente le pragmatisme est une attitude depuis longtemps bien connue,
puisque c'est l'attitude des empiristes." ibidem, Le pragmatisme, page 61.

4- "Une chose peut être vraie même si elle est au plus haut point nuisible et dangereuse; il se
pourrait même que la constitution foncière de l'existence impliquât qu'on ne pût la connaître à
fond sans périr..." Nietzsche, Par de-là le bien et le mal, coll.10/18 § 39, page 64.

5- "Le pragmatisme n'a pu s'introduire qu'à la faveur d'une confusion entre vérité et validité". G.
Marcel, Présence et immortalité, page 19.

6- "La vérité d'une idée est déterminée par la satisfaction qu'elle procure." W. James, L'idée de
vérité, page 134.

7- "La vérité n'est pas dans ce qui est démontré plus ou moins bien, mais ce qui est plus ou moins
efficace dans son rôle de réalité". Saint Exupéry, Carnets, page 136.

A- Connaissance d'autrui
1- "Cette intimité qui me protège et me définit est un obstacle définitif à toute communication ...
Seule la subjectivité est une existence véritable, mais elle est, par essence, incommunicable. Je suis
tout seul et comme muré en moi-même -moins solitaire qu'isolé. Mon jardin secret est une prison."
G. Berger, Du prochain au semblable.

2- "Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l'autre." Sartre,
L'existentialisme est un humanisme.
3- "Or, autrui serait devant moi un en-soi et cependant il existerait pour soi, il exigerait de moi
pour être perçu une opération contradictoire, puisque je devrais à la fois le distinguer de moi-
même, donc le situer dans le monde des objets; et le penser comme conscience, c'est à dire comme
cette sorte d'être sans dehors et sans parties auquel je n'ai accès que parce qu'il est moi et parce
que celui qui pense et celui qui est pensé se confondent en lui. Il n'y a donc pas de place pour
autrui et pour une pluralité des conscience dans la pensée objective... mais, justement, nous avons
appris à révoquer en doute la pensée objective." Merleau-Ponty, Phénoménologie de la
perception, p.402

4- "La société moderne, sous l'impulsion de la technocratie fanatique, entreprend l'isolement de


chacun, claustré dans son appartement, dans son automobile ou son bureau; à l'image du
cosmonaute dans sa cabine spatiale..." F. George, Autopsie de Dieu, p.12, Julliard.

5- "Ainsi la connaissance que nous avons des autres hommes est fort sujette à l'erreur si nous
n'en jugeons que par les sentiments que nous avons de nous-mêmes." Malebranche, De la
recherche de la Vérité, Vrin, I. p.259.

6- "Par conséquent, à la façon dont nous regardons dans un miroir quand nous voulons voir
notre visage, quand nous voulons apprendre à nous connaître, c'est en tournant nos regards vers
notre ami que nous pourrions nous découvrir, puisqu'un ami est un autre soi même." Aristote.

7- "Celui qui ne se soucie aucunement d'autrui, qui pense n'en avoir nul besoin ou en est
effectivement privé... demeure dans son être sur le mode de l'être-avec-autrui." Heidegger, L'Être et
le Temps.

8- "De même que le philosophe qui s'enferme d'abord dans la pensée ne trouvera jamais une
porte vers l'être, de même celui qui s'enferme d'abord dans le moi ne trouve jamais le chemin vers
autrui." E. Mounier, Le personnalisme. PUF p.39

9- "La sévérité de nos jugements sur les autres tient d’ordinaire à ce que nous prenons notre idéal
pour notre pratique et leur pratique pour leur idéal. " M. Blondel, L’action, p.169.

10- "Entre autrui et moi-même il y a un néant de séparation. Ce néant ne tire pas son origine de
moi-même, ni d’autrui, ni d’une relation réciproque d’autrui et de moi-même; mais il est, au
contraire, originellement le fondement de toute relation entre autrui et moi." Sartre, L’Être et le
Néant.

11- "La clef d’autrui est d’abord en nous mêmes, car nous ne faisons jamais que conjecturer
autrui." Ch. Blondel, Psychographie de Proust, p.162

12- "Cette absence de l’autre est précisément sa présence comme autre." E. Levinas, De l’existence
à l’existant, p.163.

13- "Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître c’est de chercher à comprendre autrui."
André Gide.
14- "Il y a … un objet culturel qui va jouer un rôle essentiel dans la perception d’autrui: c’est le
langage. Dans l’expérience du dialogue, il se constitue entre autrui et moi un terrain commun… "
Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, p.407.

15- "Dans la vie des masses le rôle déterminant est joué par la contagion et l’imitation. Le moi
sort de son état de solitude mais par la perte de soi. " Berdiaev, Cinquième méditation sur
l’existence, Aubier Montaigne 1936.

16- "C’est par l’intime même de son être que le Dasein est en sollicitude de son prochain. La
sollicitude est un existential, un mode d’être constitutif de l’ ek-sistence." Corves, La philosophie
de Heidegger p.33.

18- "L’âme ne peut dialoguer avec elle-même que si elle a pu accueillir l’autre, que si l’autre est
déjà en elle." J. Lacroix, Le sens du dialogue.

B- Les rapports avec autrui


1- "Bref, autrui comme structure, c’est l’expression d’un monde possible, c’est l’exprimé saisi
comme n’existant pas encore hors de ce qu’il exprime." G. Deleuze, Logique du sens 10/18 p.409

2- "Toute perversion est autruicide, un altrucide, donc un meurtre des possibles." (Ibidem p.422)

3- "Le devoir et le bonheur consistent également à vivre pour autrui." A. Comte

4- "Puisqu’il est nécessaire que chacune des deux consciences de soi, qui s’oppose l’une à l’autre,
s’efforce de se manifester et de s’affirmer, devant l’autre et pour l’autre, comme un être-pour-soi
absolu, par là même celle qui a préféré la vie à la liberté et qui se révèle impuissante à faire, par
elle même et pour assurer son indépendance, abstraction de sa réalité sensible présente, entre ainsi
dans le rapport de servitude." Hegel, Phénoménologie de l’esprit.

6- "Le serviteur est dépourvu de soi; son soi est un autre soi, en sorte que, dans le maître, il
s’aliène et se supprime comme le singulier et qu’il a lui l’intuition de son soi essentiel comme d’un
autre soi. Au contraire, dans le serviteur, le maître a l’intuition de l’autre Je comme d’un Je
supprimé, et celle de son propre vouloir singulier comme d’un vouloir conservé." (Histoire de
Robinson et de Vendredi) . Hegel, Ibidem

7- "Chacun attend que son compagnon l’estime aussi haut qu’il s’apprécie lui même et, à chaque
signe de dédain ou de mésestime, il s’efforce naturellement… d’arracher la reconnaissance d’une
valeur plus haute: à ceux qui le dédaignent, en leur nuisant; aux autres par de tels exemples."
Hobbes, Léviathan. 1651

8- "Il (l’homme) abuse à coup sûr de sa liberté à l’égard de ses semblables; et, quoique, en tant
que créature raisonnable, il souhaite une loi qui limite la liberté de tous, son penchant animal à
l’égoïsme l’incite toutefois à se réserver, dans toute la mesure du possible, un régime d’exception
pour lui même." Kant, Idée d’une histoire universelle du point de vue cosmopolitique.
9- "Par suite de cette hostilité primaire des hommes les uns envers les autres la société de la
culture est constamment menacée de désagrégation." Freud, Le Malaise dans la culture, p.54.

10- "Le «tu ne tueras point» est la première parole du visage. Or c’est un ordre. Il y a dans
l’apparition du visage un commandement, comme si un maître me parlait. Pourtant, en même
temps, le visage d’autrui est dénué (sans défense); c’est le pauvre pour lequel je peux tout et à
qui je dois tout." E. Levinas.

11- "Dans l’activité communicationnelle chacun est motivé rationnellement par l’autre à agir
conjointement et ce en vertu des effets d’engagement illocutoires inhérents au fait que l’on propose
un acte de parole." Habermas. Morale et communication, Cerf. P.79.

12- "Contre l’illusion d’optique, le mirage, l’hallucination, le rêve éveillé, le fantasme, … le


rempart le plus sûr, c’est notre frère, notre voisin, notre ami ou notre ennemi, mais quelqu’un,
grands dieux, quelqu’un!" Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique, Gallimard.

13- "L’homme … est non seulement un animal social, mais un animal qui ne peut s’individualiser
que dans la société." Marx, Introduction générale à la critique de l’économie politique,
Gallimard 1965.

14- "Je suis esclave dans la mesure où je suis dépendant dans mon être au sein d’une liberté qui
n’est pas la mienne et qui est la condition même de mon être." Sartre, L’Être et le Néant. P.326.

15- "Le principe de ce que j’appelle «négation» c’est le refus de la relation d’alliance, c’est-à-dire
le refus de l’altérité. L’autre, quel qu’il soit, est traité comme une chose dont on va se grossir, et
qu’on va donc détruire, pour se grossir de lui. " R. Jaulin, Entretien, Minorités, Université de Hte-
Bretagne, 1972.

16- "Le psychodrame qui, permettant à l’individu d’assumer symboliquement d’autres rôles que
le sien, ceux des personnages où il s’est investi, le conduit à une résolution des conflits qui
l’opposent à son groupe." R. Schérer, Philosophies de la communication; Sedes, p.339

17- "Dans l’incapacité de nous y associer (à l’activité de Dieu) pleinement par une conversion
personnelle, nous devons tendre à la plus parfaite amitié, qui est avant tout «partage de
discussion et de pensée.»". J. Lacroix, L’amitié antique, Le Monde, 9/3/75

18- "Réduire autrui à un moyen, c’est à la fois m’exposer moi même à être traité ainsi et rendre
impossible une communauté fraternelle d’hommes raisonnables, qui traitent l’humanité comme une
fin en soi décelable en chaque personne." H. Pena-Ruiz, L’année bac 89.

19- "L’humanité elle même est une dignité." Kant, Métaphysique des mœurs.

20- "Il ne sert à rien à l’homme de la lutte (du maître et de l’esclave) de tuer son adversaire. Il
doit le supprimer «dialectiquement». C’est à dire qu’il doit lui laisser la vie et la conscience, et ne
détruire que son autonomie. Il ne doit le supprimer qu’en tant qu’opposé à lui et agissant contre
lui. Autrement dit il doit l’asservir." A. Kojève, Introduction à la lecture de Hegel.
21- "Car, semblable au joueur d’échecs qui prévoit la tactique de son adversaire et va transformer
le coup préparé contre lui en un piège pour son auteur, je puis faire servir le projet de l’autre à
mes fins, comme lui le mien aux siennes. Il peut tirer les marrons du feu pour moi, ou moi pour
lui." C. Audry, Sartre et la réalité humaine, Seghers, 1966.

22- "J’ai besoin de la médiation d’autrui pour être ce que je suis." Sartre.

A- Logique
1- "Au sens étroit du terme, la logique formelle est la théorie de l'inférence formellement valide,
c'est à dire qui demeure vraie quand on opère certaines substitutions dans l'énoncé" (Par exemple
l'inférence: "si p, alors q; or p, donc q" est une proposition analytique ou tautologie, qui ne doit
rien à l'intuition et reste vraie quelles que soient les variables propositionnelles, p et q). L-L.
Grateloup; Nouvelle anthologie philosophique, Hachette p.233.

2- "En logique il s'agit de lois nécessaires, non de lois contingentes, non de la façon dont nous
pensons, mais de la façon dont nous devons penser. Les règles de la logique doivent donc être
dérivées non de l'usage contingent, mais de l'usage nécessaire de l'entendement, que l'on trouve en
soi même sans aucune psychologie." Kant, Logique (1800)

3- "Je pris garde que, pour la logique, ces syllogismes et la plupart de ses autres instructions
servent plutôt à expliquer à autrui les choses qu'on sait ou même ... à parler sans jugement de
celles qu'on ignore, qu'à les apprendre." Descartes, Discours de la méthode deuxième partie.

4- "La logique traditionnelle dit: "Tous les hommes sont mortels, Socrate est un homme, donc
Socrate est mortel". Ce que nous voulons affirmer, tout d'abord, est que les prémisses impliquent
la conclusion et non pas que prémisses et conclusions sont réellement vraies." Russel,
Introduction à la philosophie mathématique, Payot p.234.

5- "Les tautologies sont valables pour tous les mondes possibles... une tautologie, ne nous
apprend rien sur le réel, elle est vide de contenu, elle est purement formelle; d'autre part, sa
valeur de vérité est soustraite aux contingences du réel, elle ne dépend pas de l'expérience: une
tautologie est vraie a priori parce que vraie nécessairement." Blanché, Introduction à la logique
contemporaine, Colin, p.65.
- "Pour être vraiment formelle, la logique est donc devenue formaliste, et c'est ce formalisme ... qui
aujourd'hui la caractérise." Blanché, Introduction à la logique contemporaine, Colin, p.18.

- "Le calcul des propositions étudie comment la vérité (ou la fausseté) d'une proposition
complexe est fonction de la vérité (ou de la fausseté) des propositions élémentaires dernières qui
la composent." Blanché, Introduction à la logique contemporaine, Colin, p.35.

- "Les axiomatiques modernes sont des systèmes hypothético-déductifs, où les axiomes sont posés
sans être affirmés, situés par de-là le vrai et le faux, bref des "hypothèses" au sens propre du
mot." Blanché, La logique et son histoire, Colin, p.60

- "Les tautologies les plus importantes ont souvent la forme d'implication. Beaucoup ont la
forme d'équivalence... " Blanché, Introduction à la logique contemporaine, Colin, p.70.

6- "Le syllogisme est un discours dans lequel, certaines choses étant posées, quelque chose
d'autre que ces données en résultent nécessairement par le seul fait de ces données." Aristote,
Organon, Livre II.

7- "La logique n'a ni à inspirer l'invention, ni à l'expliquer; elle se contente de la contrôler et de


la vérifier." Couturat.

8- "La logique est donc la science des opérations intellectuelles, qui servent à l'estimation de la
preuve, c'est à dire à la fois du procédé général consistant à aller du connu à l'inconnu, et des
autres opérations en tant qu'auxiliaires de celui-ci." Stuart Mill, Système de logique, I. X.

9- "La logique apparaît historiquement sous la forme du dialogue et prend le nom de


dialectique." Goblot, Traité de logique, p.37.

10- "La logique n'observe pas, n'invente pas, ne découvre pas; elle juge." Stuart Mill.

11- "La logique est la jeunesse des mathématiques." Russel

12- "La logique est une axiomatisation des structures opératoires de la pensée du sujet." Jean
Piaget, Encyclopédie de la pléiade, logique et connaissance scientifique, p.396.

13- "L'ordre logique tient à la construction des propositions aux formes et à l'ordre du langage
qui est pour nous l'instrument de la pensée et le moyen de la manifester." Cournot.

B- Mathématique
1- "La mathématique a longtemps exercé une fascination ... en vertu de ce qui semblait être son
caractère exceptionnel ...: sa situation unique, à la charnière du sensible et de l'intelligible, de
l'intuitif et du rationnel, qui lui permettait d'allier le succès progressif de ses applications
physiques à la rigueur intemporelle de ses principes." L-L. Grateloup; Nouvelle anthologie
philosophique, Hachette p.233.
2- "... ceux qui cherchent le droit chemin de la vérité ne doivent s'occuper d'aucun objet dont ils ne
puissent avoir une certitude égale aux démonstrations de l'arithmétique et de la géométrie."
Descartes, Règles pour la direction de l'esprit (N°2)

3- "Le premier qui démontra le triangle isocèle ... fut frappé d'une grande lumière; car il trouva
qu'il ne devait pas s'attacher à ce qu'il voyait dans la figure... , mais qu'il n'avait qu'à dégager ce
que lui même y faisait entrer par la pensée (raison) et construisait a priori, et que, pour connaître
certainement une chose a priori, il ne devait attribuer à cette chose que ce qui dérivait
nécessairement de ce qu'il y avait mis lui même, suivant le concept qu'il s'en était fait." Kant,
Critique de la raison pure, Préface.

4- "Nos modes de connaissances sont bien mathématiques. A eux sont indissolublement liés nos
pouvoirs." Lichnerowicz, Remarques sur les mathématiques et la réalité, Encyclo. Pléiade,
Logique et connaissance scientifique, p.481.

5- "La mathématique n'est pas une science dans le même sens que les autres. Elle est certes
scientifique, et même de façon exemplaire, par sa rigueur, sa précision, sa certitude, mais elle
n'est pas une connaissance des choses. C'est un langage cohérent, mais indifférent au réel."
Blanché, L'Epistémologie, PUF, p.68.

6- "Si on la (mathématique) fait étudier aux enfants, c'est moins pour enseigner des vérités que
pour discipliner l'esprit, sa pratique étant sensée donner et développer l'habitude du raisonnement
rigoureux." Blanché, L'axiomatique, p.2

- "... après avoir commencé la chaîne de ses déductions, il arrive à deux reprises à Euclide
d'invoquer, dans le cours même d'une démonstration et pour les besoins de celle-ci, une proposition
très particulière qu'il demande qu'on lui accorde, sans pouvoir la justifier que par une sorte
d'appel à l'évidence intuitive." Ibidem, p.4.

7- "La fin justifiant les moyens, les mathématiciens vont donc de l'avant, développant toujours
davantage leur science, sans trop s'inquiéter des bases sur lesquelles elle repose." Dieudonné,
dans Les grands courants de la pensée mathématique, Blanchard, p.544.

8- "Regardons de plus près les deux géométries non euclidiennes. Dans celle de Lobatchevsky,
que le langage technique appelle géométrie hyperbolique, il existe un nombre infini de parallèles.
Dans celle de Riemann, appelée géométrie elliptique, il n'y a aucune parallèle." Carnap, Les
fondements philosophiques de la physique, A. Colin.131.

9- "... On peut déjà se rendre compte que le rôle des entités (objets mathématiques) prime leur
nature et que l'essence est contemporaine de la relation." Bachelard, Le nouvel esprit scientifique,
PUF p.23

10- "Au critère de l'évidence appliqué à chaque proposition prise isolément se substitue le critère
de la cohérence appliqué à un ensemble de propositions premières... Un théorème démontré n'est
pas une proposition vraie en soi: c'est une proposition, vraie quand on la réfère à un certain
système de notions et de propositions premières, fausse quand on la réfère à un autre système de
notions et de propositions premières." Rougier dans La valeur de la science, Cheval ailé, p.24.
11- "Par les mots point, droite, etc, il ne faut entendre dans la géométrie axiomatique que des
concepts schématiques vides de contenu. Ce qui leur confère du contenu n'appartient pas à la
mathématique." Einstein, La géométrie et l'expérience, G. Villars, p.5.

- "En tant que les théorèmes des mathématiques se réfèrent à la réalité, ils ne sont pas exacts, en
tant qu'ils sont exacts, ils ne se réfèrent pas à la réalité." Einstein.

12- "L'algèbre figure ici non pas comme une structure parmi d'autres mais comme l'instrument
mathématique par excellence auquel on ramène l'étude des problèmes de toutes sortes..." S.
Papert. Dans Logique et connaissance scientifique, Pléiade, p.511.

13- "Tout ce qui, dans les mathématiques, peut s'énoncer dans le langage des systèmes formels
repose, par l'intermédiaire des fonctions récursives, sur la notion de nombre naturel." J-B Grize
Ibidem p.512.

14- "Les esprits les plus faux sont ceux qui appliquent les mathématiques à la région des
sentiments." Vinet

15- "Les mathématiques peuvent être définies comme une science dans laquelle on ne sait jamais
de quoi on parle, ni si ce qu'on dit est vrai." B. Russel.

16- "En réalité, il (le mathématiciens) affecte de ne pas le savoir (de quoi il parle): il doit parler
comme s'il ne le savait pas; il refoule l'intuition; il sublime l'expérience." Bachelard, Le nouvel
esprit scientifique, p.32

17- "Les mathématiques expriment a priori les conditions de l'intelligibilité en général, et sont
elles-mêmes le type de la science parfaitement intelligible et certaine; mais elles ne sont la
connaissance d'aucune partie de la nature. Les sciences expérimentales ne sauraient donner une
satisfaction aussi complète... mais ..., elles seules nous révèlent le monde où nous sommes." Goblot,
Essai sur la classification des sciences, p.21.

18- "De plus en plus, les mathématiques apparaissent comme la science qui étudie les relations
entre certains êtres abstraits définis d'une manière arbitraire, sous la seule condition que ces
définitions n'entraînent pas de contradiction." Borel, dans Grands courants de la pensée
mathématique, Cahiers du Sud, 1849

19- "L'amour du système de la cohérence interne... trouve à se satisfaire librement en


mathématiques..." Russel, Le mysticisme et la logique, p.66.

20- "Pour le géomètre ... l'intuition des essences fournit les ultimes fondements." Husserl, Idées
directrices pour une phénoménologie, NRF, p.32.

21- "Elle (la mathématique) n'est pas une invention, au sens strict du mot, parce qu'elle comporte
une part bien plus grande de nécessité... L'invention mathématique constitue-t-elle alors une
découverte? On plus, car on ne peut jamais soutenir qu'une réalité nouvelle existait telle qu'elle
avant cette découverte." Jean Piaget, Logique et connaissance scientifique, Pléiade p.574 et 575.

- "En un mot, la réalité des mathématiques est celle de leur construction". Ibidem. p.596.
C - Logique et Mathématique
1- De quoi il s'agit: "Est-il possible comme le pense le logicisme (Russel), de donner une
définition purement logique des notions mathématiques? Ou bien la pensée mathématique possède-
t-elle, comme le soutient l'intuitionnisme (Brouwer) une spécificité telle que toute reconstruction
logique des mathématiques sera toujours inadéquate?" L-L Grateloup, Nouvelle anthologie
philosophique, p.234.

2- "En réalité, le formalisme ne peut fonctionner sans s'alimenter, de part et d'autre à l'intuition.
D'abord à l'intuition concrète qui le soutient... l'axiomatique demeure également en contact, par le
haut, avec une intuition intellectuelle qu'elle peut bien repousser toujours plus loin mais non point
supprimer." Blanché, L'Axiomatique, PUF, p.81.

3- "La logique est devenue, pour sa plus grande part, la théorie des structures logiques, c'est à
dire de certaines structures algébriques particulières, déjà isolées partiellement par les algébristes
du XIX è siècle." Lichnerowicz, dans Logique et connaissance scientifique Pléiade, p.484

4- "Le mouvement logistique a introduit deux idées nouvelles à l'encontre de celle de construction
et deux idées distinctes mais que l'on a cherché à solidariser: celle d'une réduction des
mathématique à la logique elle même et celle de la nature tautologique de l'une et de l'autre." J.
Piaget

- "En un mot, la réalité des mathématiques est celle de leur construction... " J. Piaget, dans
Logique et connaissance scientifique Pléiade, p.596

5- "... Chaque structure contient des centaines de théorèmes déduits des axiomes: et si deux d'entre
eux étaient contradictoires? Si cela arrivait, le développement tout entier en deviendrait absurde...
Russel énonça un paradoxe en 1919: un barbier se vante en ville de raser tous ceux qui ne se
rasent pas eux-mêmes, mais évidemment il ne rase pas ceux se rasent eux-mêmes. Il est clair, s'il
le fait, qu'il ne le doit pas et s'il ne le fait pas qu'il le doit." Morris Kline, Les fondements de
mathématiques, La recherche N°54.

- "La théorie des types cherche à éviter des paradoxes qu'engendre une collection d'objets
contenant un élément définissable seulement en termes de cette collection." Ibidem.

- "Les intuitionnistes réclament des définitions constructives des concepts utilisés. Pour eux,
l'infini existe en ce sens qu'on peut toujours trouver un ensemble fini plus grand qu'un ensemble
donné."

7- "Les paradoxes sont des contradictions que l'ancienne logique ne peut exclure: si nous voulons
les éliminer nous aurons donc à introduire de nouvelles règles qui excluent la formation de
concepts paradoxaux. C'est dans cet esprit qu'il faut rechercher la solution du problème des
paradoxes." Hans Reichenbach, Introduction à la logistique, Hermann, p.54
6- "Déjà pour une langue formelle aussi retreinte qu'est l'arithmétique, sa non-contradiction ne
pourra être démontrée que par un appel à des moyens qui lui soient étrangers." Blanché
L'axiomatique, p.61

- "Les différences entre logicisme et axiomatisme se sont aujourd'hui presque évanouies et la


question de savoir où finit la logique et où commencent les mathématiques a perdu une bonne
partie de son sens." Blanché L'axiomatique, p 99

8- "... on ne saurait trop insister sur le rôle fondamental que joue, dans ses ( du mathématicien)
recherches, une intuition particulière... une sorte de divination directe... " R. Bourbaki,
L'architecture des mathématiques.

9- "Grâce à l'emploi d'algorithmes de plus en plus précis et en relation, d'autre part, avec le
développement de la théorie algébrique des structures, la logique est donc devenue inséparable des
mathématiques." J. Piaget.

10- "Car le monde des Idées excède infiniment nos possibilités opératoires, et c'est dans l'intuition
que réside l' ultima ratio (la raison dernière) de notre foi en la vérité d'un théorème - un théorème
étant, selon une étymologie aujourd'hui bien oubliée, l'objet d'une vision." R. Thom, Les
mathématiques "modernes" dans Pourquoi la mathématique?, 10/18, p.67

11- "Si les mathématiques sont "un devenir", toute axiomatique est également ouverte, sous peine
de stérilité... C'est en vain que la pensée cherche à se poser comme référentiel neutre en proposant
une explication totalitaire, intégrale, qui se refermerait sur elle même et sur le monde." L-L
Grateloup, Nouvelle anthologie philosophique, p.234.

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