Rapport annuel 2020 du Vérificateur Général
Rapport annuel 2020 du Vérificateur Général
Aperçu de l’organisation
2
QUE FAISONS-NOUS ?
Rôle et missions du Vérificateur Général
Vérifications
Vérifications Vérifications Evaluation de
de suivi des
recommandations de performance Financières politique publique
3
4
MESSAGE DU VERIFICATEUR GENERAL
5
Aussi, certains services extérieurs ont-ils été vérifiés, car ils portent l’image
et la voix du pays sur la scène internationale.
Enfin, le secteur de la gouvernance et du développement local a été
également concerné avec les vérifications réalisées à la Primature et dans
les Collectivités Territoriales.
Par ailleurs, il me parait utile de rappeler que l’année 2020 a été marquée
par la pandémie de la COVID-19 qui a affecté le fonctionnement régulier
des services publics. Les mesures prises pour limiter les effets de cette
pandémie, notamment la réorganisation des horaires de travail, l’instauration
du télétravail et du travail en rotation, n’ont néanmoins pas permis au Bureau
d’exécuter entièrement son programme annuel de vérification.
L’année 2020 a également été caractérisée, dans notre pays, par des crises
socio-politiques ayant abouti à la démission du Président de la République,
suivie de la mise en place d’une Transition politique. Le rapport annuel 2019
a été remis solennellement aux nouvelles autorités qui ont marqué leur
disponibilité à accompagner la lutte contre la corruption et la délinquance
financière.
Le Bureau compte y contribuer en poursuivant la synergie d’actions déjà
entamée avec les autres structures de contrôle, les autorités judiciaires et
les acteurs de la société civile.
Je ne saurais terminer sans remercier les autorités de la Transition et
les Partenaires Techniques et Financiers notamment la Coopération
Canadienne, la Délégation de l’Union Européenne, la Banque Mondiale,
l’Ambassade des Pays-Bas, l’Agence Française de Développement
et la Coopération Suisse pour leur accompagnement constant. Ces
remerciements s’adressent également au personnel du Bureau du
Vérificateur Général qui, malgré un contexte sanitaire délétère, a exécuté
ses tâches avec dévouement.
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LISTE DES ABRÉVIATIONS
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DG Directeur Général
DGMP-DSP Direction Générale des Marchés Publics et des Délégations de
Service Public
DNR Direction Nationale des Routes
Dollar US Dollar des Etats-Unis d’Amérique
DPAO Données Particulières de l’Appel d’Offres
DPM Direction de la Pharmacie et du Médicament
DRMP-DSP Direction Régionale des Marchés Publics et des Délégations de
Service Public
DRPO Demande de Renseignement et de Prix à compétition Ouverte
DRPR Demande de Renseignement et de Prix à compétition Restreinte
DTAO Dossier-Type d’Appel d’Offres
DUA Droit d’Utilisation des Applications
EDM-SA Société Energie du Mali
EMACI Entrepôts Maliens en Côte d’Ivoire
EMASE Entrepôts Maliens au Sénégal
EPH Etablissement Public Hospitalier
FCFA Franc de la Communauté Financière Africaine
IBIC Impôt sur les Bénéfices Industriels et Commerciaux
INPS Institut National de Prévoyance Sociale
IPS Industrial Promotion Service
IRF Impôt sur le Revenu Foncier
ITS Impôt sur les Traitements et Salaires
KWH Kilo Watt-Heure
LE Livre Egyptienne
LNS Laboratoire National de Santé
MAECI Ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération
Internationale
MEE Ministère de l’Energie et de l’Eau
MEF Ministère de l’Economie et des Finances
MSAS Ministère de la Santé et de l’Action Sociale
MTS Mali Technic System
NIF Numéro d’Identification Fiscal
N-SUKALA-SA Nouveau Complexe Sucrier du Kala Supérieur
OEM Ordre d’Entrée du Matériel
OMH Office Malien de l’Habitat
OMS Organisation Mondiale de la Santé
OPAM Office des Produits Agricoles du Mali
PAAR Projet d’Amélioration de l’Accessibilité Rurale
PCA Président du Conseil d’Administration
PDDSS Plan Décennal de Développement Sanitaire et Social
PDESC Plan de Développement Economique, Social et Culturel
PDIO Plan Directeur d’Investissements Optimaux
PDREAS Projet Déploiement des Ressources de l’Etat pour l’Amélioration
des Services
PGSM Projet Gouvernance du Secteur Minier
PGT Paierie Générale du Trésor
PIU Projet d’Intervention d’Urgence
PO Permis d’Occuper
PPM Pharmacie Populaire du Mali
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PRED Programme de Réforme Economique pour le Développement
(Logiciel de suivi de l’exécution budgétaire)
PRODESS Programme de Développement Socio-Sanitaire
PTF Partenaire Technique et Financier
RPPFM Projet Redevabilité Publique et Participation des Femmes au Mali
SA Société Anonyme
SAC Secrétaire Agent Comptable
SBC State Building Contract (Programme d’appui à la réforme de l’Etat
et à la consolidation de l’Etat de droit)
SG Secrétariat Général
SNS Stock National de Sécurité
SOMAGEP-SA Société Malienne de Gestion de l’Eau Potable
SOPAM Sogli Pangueba Mohamed
STF/DNSA Secrétariat Technique et Financier du Dispositif National de
Sécurité Alimentaire
UNICEF United Nations International Children’s Emergency Fund
(Fonds des Nations Unies pour l’Enfance)
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SOMMAIRE
AVANT-PROPOS........................................................................2
QUI SOMMES-NOUS ?................................................................................ 2
QUE FAISONS-NOUS ?............................................................................... 3
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[Link]. GESTION DE L’AGENCE NATIONALE DE LA SECURITE
ROUTIERE - VERIFICATION FINANCIERE................................................ 75
[Link]. GESTION DE L’OFFICE DES PRODUITS AGRICOLES DU MALI -
VERIFICATION FINANCIERE...................................................................... 79
[Link]. GESTION DU NOUVEAU COMPLEXE SUCRIER DU KALA
SUPERIEUR - VERIFICATION FINANCIERE.............................................. 83
[Link]. TRACABILITE DES PAIEMENTS SOCIAUX EFFECTUES
PAR LES SOCIETES DES MINES D’OR DE LOULO ET DE GOUNKOTO -
VERIFICATION DE CONFORMITE............................................................. 87
12
III - PERSPECTIVES 2021.........................................................157
IV - CONCLUSION.....................................................................159
V - ANNEXES.............................................................................163
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14
I - INTRODUCTION
15
1.1. Coup d’œil sur 2020
16
1.2. Principales réalisations du BVG en 2020
1
OMS, « Rapport de situation sur la sécurité routière dans le monde », 2013, page 9, en ligne sur [Link]
17
publique. La vérification de la Direction Administrative et Financière de la
Primature (DAF-Primature) en 2020 répond à ce souci.
- La décentralisation et le développement local :
Aux termes des textes juridiques sur la décentralisation, les Collectivités
Territoriales (CT) ont désormais la charge du développement économique,
social et culturel des populations, sur la base du principe de libre
administration. Au demeurant, cet objectif peut difficilement être atteint sans
des décisions stratégiques appropriées adossées à une gestion saine des
ressources locales. C’est dans cette optique qu’au cours de l’année 2020,
trois (3) missions de vérification de performance ont porté sur les Communes
de Bougouni, Siby et Guégnéka (Fana) et deux (2) missions de suivi des
recommandations sur les Communes de Koulikoro et Baguinéda-Camp.
- La Santé :
Les vérifications et l’évaluation de politique publique dans le secteur de
la Santé traduisent la volonté du Vérificateur Général de s’intéresser au
bien-être des populations maliennes. Pour ce faire, la gouvernance et la
gestion administrative du Centre Hospitalier Universitaire Gabriel TOURE
(CHU-GT) ainsi que le système de mise à disposition des médicaments
de la Pharmacie Populaire du Mali (PPM), initialement audités lors de
précédentes vérifications, ont fait l’objet de suivi au cours de cette année
2020.
De plus, la composante « Santé et Hygiène Publique » du Programme de
Développement Sanitaire et Social III (PRODESS III) a fait l’objet d’une
mission d’évaluation de politique publique.
- L’Energie et l’Eau :
L’accès des populations maliennes à l’eau potable et à l’électricité à moindre
coût est au cœur des objectifs poursuivis par le Cadre Stratégique pour la
Relance Economique et le Développement Durable (CREDD) 2019-2023.
La fourniture de ces services sociaux de base fait du secteur de l’Energie et
de l’Eau un domaine incontournable touchant le bien-être des populations,
d’où les vérifications à la Société Malienne de Gestion de l’Eau Potable
(SOMAGEP-SA) et à la société Energie du Mali (EDM-SA).
- La Diplomatie et les échanges extérieurs :
Constituant d’une part la vitrine de notre pays sur la scène internationale
et d’autre part des instruments indispensables au développement des
échanges extérieurs d’un pays sans littoral comme le nôtre, les Ambassades
et les Entrepôts du Mali dans les ports de transit ont encore une fois retenu
l’attention du Vérificateur Général qui leur a consacré cinq (5) missions sur
les douze (12) vérifications financières réalisées au titre de l’année 2020.
18
Les sessions de formation, assurées par des consultants aussi bien
nationaux qu’internationaux jouissant d’une expertise avérée dans leurs
domaines de compétence, ont porté sur les thématiques ci-après :
- budget-programmes ;
- décentralisation ;
- certification en évaluation de politiques publiques ;
- vérification de performance.
Les recrutements d’agents ont concerné :
- deux (2) vérificateurs dont un (1) par promotion interne et un (1)
spécialiste des questions environnementales recruté suite à un appel
ouvert à candidatures ;
- deux (2) chefs de mission par promotion interne ;
- deux (2) chauffeurs ;
- un (1) agent d’accueil et d’orientation ;
- un (1) assistant de direction.
Les deux vérificateurs et les deux chefs de mission nouvellement recrutés
ont été initiés aux méthodes de vérification et à l’exploitation des outils
professionnels du BVG.
Au cours de l’année 2020, onze (11) outils d’appui à la vérification, élaborés
en 2019 grâce à l’appui du Gouvernement du Canada à travers le Projet
dénommé « Redevabilité Publique et Participation des Femmes au Mali
(RPPFM) », ont été fournis au personnel de vérification et mis en application
notamment par Décision n°0391/2020/BVG du 25 novembre 2020. Ces outils
ont fait l’objet de sessions d’échange en vue d’une meilleure appropriation
par le personnel de vérification.
• La Communication
Les activités de communication du BVG s’inscrivent en droite ligne de la
vision du Vérificateur Général qui consiste, notamment à faire du Bureau
une Institution de Contrôle plus proche des citoyens, contribuant de manière
forte et visible à une gestion des ressources publiques plus saine et plus
performante. Ces activités sont réalisées dans le respect des valeurs
qui fondent et soutiennent l’action du Vérificateur Général : l’intégrité,
l’objectivité, le professionnalisme, le respect et l’exemplarité.
Les activités menées en 2020 s’articulent autour des points ci-après :
Diffusion des rapports individuels
Le Vérificateur Général a poursuivi en 2020 la diffusion systématique, sur
le site internet du BVG ([Link]), de l’ensemble de ses rapports
individuels. Cette décision forte permet, désormais, de fournir à temps
opportun aux citoyens des informations complètes et nécessaires sur la
gestion des entités vérifiées.
19
Présentation du Rapport annuel 2019
20
• Le renforcement du partenariat stratégique
Le partenariat stratégique s’est renforcé au plan national et international.
Au plan national, le Vérificateur Général a renforcé la synergie et la
collaboration avec les autorités judiciaires en l’occurrence la Section des
Comptes de la Cour Suprême et les Tribunaux de Grande Instance, chargés
des Pôles Economiques et Financiers, de même qu’avec le CNSC. Il en
est de même avec le Contrôle Général des Services Publics et certaines
inspections ministérielles.
Au plan international, le Vérificateur Général a tissé d’importants rapports
de partenariat et de collaboration avec divers partenaires techniques
et financiers. Il s’agit notamment de la Coopération canadienne, de la
Délégation de l’Union Européenne et du Consortium Banque Mondiale,
Pays-Bas, Agence Française de Développement, Coopération suisse.
Par ailleurs, le Vérificateur Général a successivement reçu des représentants
de l’Ambassade des Pays-Bas, de la Coopération canadienne et de la
Délégation de l’Union Européenne au Mali. Avec ces personnalités, il a
échangé sur le fonctionnement du Bureau, la diffusion, à compter d’août
2019, de l’ensemble des rapports individuels sur le site Internet du BVG,
la nécessité de renforcer la synergie d’actions avec les autorités judiciaires
et la pertinence de la création, en rapport avec le Ministère de la Justice,
d’un pôle dédié uniquement au traitement des infractions économiques et
financières. Il s’est aussi appesanti sur les contraintes rencontrées suite à
la pandémie de la COVID-19, les avancées enregistrées au cours de son
mandat et l’état du partenariat qui unit le BVG et leurs représentations. En
retour, les PTF ont renouvelé leur constante disponibilité à accompagner le
Bureau. Ils ont en outre salué la mise en place, par le BVG, d’un cadre de
concertation pour harmoniser les interventions des PTF dans un souci de
complémentarité.
Ce partenariat a permis au Bureau de renforcer les capacités professionnelles
de son personnel, d’acquérir certains équipements et d’élaborer des outils
méthodologiques.
21
1.3. Respect du principe du contradictoire
22
1.4. Saisines et dénonciations
1.4.1. Saisines :
24
ou de transmission, une note explicative, un dossier de corroboration et un
exemplaire du rapport de vérification. Cela procède du souci d’une meilleure
exploitation des rapports de vérification par la Justice.
Il est important de préciser que l’acte de dénonciation est adressé aux
Procureurs de la République, chargés des Pôles Economiques et Financiers
en vertu de l’article 58 du Code de Procédure Pénale.
Tous les faits susceptibles d’infraction à la loi pénale et à la législation
budgétaire et financière sont relatés, chapitre par chapitre, en précisant les
textes de loi, les montants des irrégularités financières, les paragraphes et
pages du rapport concerné.
Quant à l’acte de transmission, il a la même forme et le même fond que l’acte
de dénonciation. Il est adressé au Président de la Section des Comptes de
la Cour Suprême en vertu de l’article 17 de la loi instituant le Vérificateur
Général.
Les dénonciations et transmissions sont faites immédiatement aux autorités
judiciaires, après la diffusion des rapports individuels sur le site internet du
BVG ([Link]), conformément à l’article 13 de la loi instituant le
Vérificateur Général.
25
26
II - SYNTHESES DES VERIFICATIONS ET
EVALUATION DE POLITIQUE PUBLIQUE
EFFECTUEES EN 2020
27
28
CHAPITRE I
TYPOLOGIE
DES MISSIONS EFFECTUEES
29
Les vérifications conduites en 2020 se répartissent entre :
30
CHAPITRE II
31
32
2.1. VERIFICATIONS FINANCIERES OU
DE CONFORMITE
33
Les missions de vérifications financières ou de conformité effectuées en
2020 ont mis en exergue des faiblesses concernant la gouvernance
administrative et financière dans les Administrations publiques. Ainsi,
lesdites missions, au nombre de douze (12), ont concerné des services
extérieurs à travers des représentations diplomatiques et consulaires et des
Entrepôts du Mali dans les ports de transit, des Collectivités Territoriales et
des organismes personnalisés. Elles ont décelé, d’une part, des irrégularités
administratives et, d’autre part, des irrégularités financières.
Les irrégularités administratives relèvent des dysfonctionnements du
système de contrôle interne. Les douze (12) vérifications financières ont
mis en évidence plusieurs irrégularités administratives dont, entre autres,
la non-tenue des documents de la comptabilité-matières, la mauvaise/
non-tenue des pièces comptables, le non-respect des règles régissant la
gestion de la trésorerie, l’inobservation de préalables à l’entrée en fonction
des Régisseurs, le non-respect des cadres organiques, l’inexistence de
manuels de procédures administratives, comptables et financières validés
et/ou à jour.
En vue de remédier à ces dysfonctionnements, le BVG formule des
recommandations qui, lorsqu’elles sont judicieusement mises en œuvre,
pourraient contribuer à renforcer le système de contrôle interne des
structures contrôlées en vue d’une plus grande maîtrise des risques de
gestion.
Quant aux irrégularités financières, elles se sont caractérisées par :
- l’octroi d’avantages injustifiés par des actes contraires au Code
des Marchés Publics, à travers notamment l’absence de mise en
concurrence, le non-respect des critères d’attribution des marchés et
le fractionnement ;
-d
es dépenses non supportées par des pièces justificatives ;
- le non-respect de la procédure d’exécution des recettes et des
dépenses publiques ;
- le paiement de dépenses inéligibles et d’avantages indus notamment
aux délégués du Contrôle financier auprès des entités vérifiées ;
- la non-collecte ainsi que le non-reversement des recettes collectées,
le cas échéant, etc.
Les suites judiciaires consécutives aux irrégularités financières visent
également à renforcer, dans les services et organismes publics, la culture
de la bonne gouvernance au service d’une plus grande transparence dans
la gestion des ressources publiques.
34
2.1.1. SERVICE DE L’ADMINISTRATION
CENTRALE
35
36
[Link]. GESTION DE LA DIRECTION ADMINISTRATIVE
ET FINANCIERE DE LA PRIMATURE
VERIFICATION FINANCIERE
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
•L
e Directeur Administratif et Financier a attribué des marchés à des
soumissionnaires ne respectant pas des critères de qualification
exigés dans les Données Particulières de l’Appel d’Offres (DPAO). A
titre illustratif, on peut citer :
- la non-fourniture de la preuve de la capacité technique et expérience
acquise du titulaire du Marché n°00259/DGMP-DSP 2017 relatif à la
fourniture et l’installation de matériel de sécurité ;
- la non-fourniture, en tant que société nouvellement créée, des
Curriculum Vitae ou attestations de travail des 15 agents expérimentés,
par le titulaire du Marché n°00006/DGMP-DSP 2017 relatif à l’entretien
et le nettoyage des bâtiments de la Cité administrative au titre de
l’année 2017.
•L
e Directeur Administratif et Financier a, sur approbation irrégulière
du Ministre de l’Economie et des Finances, procédé à la passation
de marchés par entente directe. Il s’est irrégulièrement prévalu de
l’autorisation du Ministre de l’Economie et des Finances pour passer
quatre (4) marchés par entente directe. En effet, par diverses lettres,
le Premier ministre a demandé et obtenu, du Ministre de l’Economie
37
et des Finances, l’autorisation de passer des marchés par entente
directe. Le Ministre de l’Economie et des Finances a, sous son autorité,
la Direction Générale des Marchés Publics et des Délégations de
Service Public (DGMP-DSP). Cependant, cette position ne confère
pas au Ministre la prérogative d’organe de contrôle revenant de droit
à la DGMP-DSP.
•L
e Directeur Administratif et Financier a créé des commissions
irrégulières d’ouverture des plis et d’évaluation des offres pour les
marchés passés par Demande de Renseignement et de Prix. En effet,
les représentants des services bénéficiaires ne figurent pas sur les
décisions de création des commissions en violation des dispositions
de l’article 3.1 de l’Arrêté n°2015-3721/MEF–SG du 22 octobre 2015
fixant les modalités d’application du Décret n°2015-0604/P-RM du 25
septembre 2015 portant Code des Marchés Publics et des Délégations
de Service Public.
•L
e Directeur Administratif et Financier a procédé à une simulation
de mise en concurrence lors de plusieurs achats effectués suite à
une procédure de sollicitation de prix par demande de cotation. En
effet, l’examen des dossiers a révélé que pour plusieurs achats, il
consultait les mêmes fournisseurs parmi lesquels un seul était
constamment retenu. Des incohérences existent entre les pièces de
certains dossiers qui interrogent sur la crédibilité et l’effectivité de la
mise en concurrence. A titre d’exemples, des dossiers comportent
des factures proforma dont les dates sont antérieures à l’établissement
de la demande de cotation et des rapports de sélection sont établis
avant les factures proforma des fournisseurs.
•L
e Directeur Administratif et Financier a violé le principe de la
spécialité budgétaire. Il a exécuté en 2017 quatre contrats sur des
chapitres non appropriés. Ainsi, des dépenses de fonctionnement ont
été imputées sur le chapitre destiné à l’investissement. En outre, des
dépenses de la DAF, relatives à la fourniture et pose de rideaux et
accessoires, ont été imputées sur le chapitre destiné à la prise en
charge du fonctionnement du Commissariat à la Réforme du Secteur
de la Sécurité.
•L
e Directeur Administratif et Financier ne veille pas à l’organisation
de la passation de service entre les Régisseurs entrants et sortants.
En effet, au cours de la période de référence, deux (2) Régisseurs
ordinaires et trois (3) Régisseurs spéciaux d’avances se sont
succédé sans passation entre les sortants et les entrants. En outre,
les Régisseurs sortants ne versent pas les exemplaires des pièces
justificatives aux archives de la DAF. Ils conservent exclusivement,
par devers eux, lesdits exemplaires de leur période de gestion alors
que ceux-ci doivent constituer les archives de l’entité vérifiée.
•D
es Directeurs de Cabinet du Premier ministre ont procédé à la
signature des décisions de mandatement servant à approvisionner
la régie spéciale de la DAF alors qu’ils n’en sont pas habilités de par
les délégations de signature reçues du Premier ministre. Les décrets
de délégation de signature ne mentionnent pas formellement les
38
décisions de mandatement des régies. Toutefois, après réception de
l’extrait du rapport provisoire de la vérification produit par le BVG, le
Premier ministre a procédé à la correction de l’irrégularité en prenant
le Décret n°2020-0302/PM-RM du 29 juin 2020 portant modification
du Décret n°2019-0604/PM-RM du 21 août 2019 portant délégation
de signature.
•L
e Payeur Général du Trésor a approvisionné une régie spéciale
d’avances irrégulière. En 2017, il a payé des avances de fonds
au Régisseur alors que la régie spéciale n’existait plus au-delà du
31 décembre 2016 conformément aux dispositions de l’article 4 de
l’Arrêté n°2016-0298/MEF-SG du 1er mars 2016 instituant ladite
régie. Ces avances irrégulières, au nombre de quarante-trois, ont été
payées durant la période du 1er avril 2017 au 31 décembre 2017 et du
2 janvier au 8 mars 2018.
•L
e Régisseur spécial n’a pas payé l’intégralité de sa caution à sa prise
de fonction. Il n’a payé la différence entre le montant de sa caution
en tant que Régisseur ordinaire d’avances et celui de sa nouvelle
fonction de Régisseur spécial d’avances que le 11 novembre 2019,
soit plus d’un an après son installation.
•L
e Régisseur spécial d’avances ne respecte pas le montant plafond
à détenir en caisse. Au cours de l’arrêté de caisse effectué, à la date
du 29 novembre 2019, le Régisseur spécial détenait dans son coffre-
fort plus de 38 millions de FCFA de liquidités alors que le montant
maximal de disponibilité autorisé est d’un million de francs CFA suivant
les dispositions de l’article 10 de l’Arrêté n°2018-0636/MEF- SG du
8 mars 2018 portant institution d’une régie spéciale d’avances auprès
de la DAF-Primature.
•L
e Régisseur spécial d’avances a procédé au paiement de 189
dépenses inéligibles. Il a payé des dépenses non mentionnées dans
l’arrêté instituant la régie spéciale, notamment la prise en charge
des menues dépenses d’alimentation non destinées aux agents de
sécurité, l’achat de certains matériels et fournitures de bureau, la prise
en charge de divers entretiens et réparations.
•L
e Régisseur spécial et le Régisseur ordinaire d’avances ne tiennent
pas à jour leur comptabilité. En effet, le livre-journal, document
comptable de base de la Régie, qui permet l’enregistrement
chronologique des opérations, n’est pas établi. En outre, des
bordereaux détaillés ne sont pas établis alors que les avances
correspondantes ont été totalement utilisées.
•L
e Directeur Administratif et Financier a procédé au fractionnement
des dépenses. Il a, au cours de l’année budgétaire 2017, exécuté à
travers des acquisitions par Demandes de Cotation des dépenses de
même nature, pour la même unité fonctionnelle dont le montant cumulé
39
atteint le seuil requis pour la passation de marchés par Demande de
Renseignement et de Prix.
•L
e Directeur Administratif et Financier n’a pas reversé, au Trésor public,
des produits issus de la vente de dossiers d’appel à concurrence pour
un montant de 2,6 millions de FCFA. Toutefois, à la suite du rapport
provisoire de vérification, ledit montant a été reversé le 5 mai 2020.
•L
e Directeur Administratif et Financier a autorisé le règlement des
marchés passés par Demande de Renseignement et de Prix sans
exiger le paiement de la redevance de régulation. En effet, il a autorisé
le paiement de 63 marchés sans que les fournisseurs ne se soient
acquittés de la redevance de régulation. Le montant des redevances
non payées par les titulaires des marchés concernés s’élève à
4,82 millions de FCFA.
•L
e Directeur Administratif et Financier a autorisé des paiements
irréguliers. Il a autorisé, pendant les périodes sous revue, le paiement
de frais supplémentaires de mission au Premier ministre sous le
vocable « frais de souveraineté » pour un montant de 708,97 millions
de FCFA, sans production de pièces justificatives, contrairement aux
dispositions réglementaires.
•L
e Régisseur spécial a effectué des décaissements non justifiés.
En effet, il a effectué des remises d’espèces non soutenues par des
pièces justificatives pour un montant de 148,41 millions de FCFA.
En outre, il n’a pas reversé au Trésor public des reliquats d’avances
d’un montant de 35,65 millions de FCFA. Le montant total de ces
irrégularités s’élève à 184,06 millions de FCFA.
•L
e Régisseur spécial a procédé à des décaissements irréguliers
en faveur du Premier ministre. Il a procédé en 2018 à des remises
d’espèces au Premier ministre, contre décharges, pour un montant
total de 171 millions de FCFA à titre de « Dépenses et divers appuis
financiers du Premier ministre » et « Appui financier du Gouvernement
à certaines familles militaires » sans exiger en retour la production de
pièces justificatives.
•L
e Régisseur spécial a procédé au paiement de dépenses non
conformes aux décisions d’approvisionnement de la régie. Il a, après
le retour des missionnaires, réglé des factures d’achat de carburant
et de réparation de véhicules sur des avances destinées à prendre
en charge des indemnités et autres frais divers (frais de mission
et charges connexes aux missions). Le montant total des factures
concernées est de 18,40 millions de FCFA.
•L
e Régisseur spécial n’a pas justifié un déficit de caisse d’un montant
de 1,05 million de FCFA. Il s’agit d’un écart entre le solde théorique
de l’arrêté de caisse du 29 novembre 2019, reconstitué à partir des
mandats de paiement, et le solde physique. Toutefois, ledit déficit a
été régularisé par le Régisseur spécial après réception du rapport
provisoire de vérification du BVG par le Directeur Administratif et
Financier.
40
•L
e Régisseur spécial a irrégulièrement justifié des avances reçues
dans le cadre des dépenses avant ordonnancement. En effet, au
cours de l’exercice budgétaire de 2018, la Primature a bénéficié des
avances de trésorerie qui ont été mises en régie pour couvrir, d’une
part, les festivités du 58ème anniversaire du Mali et, d’autre part, des
dépenses liées à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la
réconciliation au Mali. Lesdites dépenses n’ont pas été justifiées par
des pièces justificatives requises. Le montant total des dépenses
irrégulièrement justifiées s’élève à 327,48 millions de FCFA.
41
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :
-a
u fractionnement des dépenses à travers des acquisitions par demande
de cotation dont le montant total atteint le seuil de passation des marchés
par demande de renseignement et de prix ;
-a
u non-reversement des produits issus de la vente des dossiers d’appel à
concurrence pour un montant de 2,6 millions de FCFA ;
-a
u règlement des marchés sur lesquels la redevance n’est pas payée pour
un montant de 4,82 millions de FCFA ;
-a
u paiement irrégulier de « frais de souveraineté » sur mission pour un
montant de 708,97 millions de FCFA ;
-a
u paiement de dépenses non conformes aux décisions de mandatement
pour un montant de 18,40 millions de FCFA ;
-a
ux décaissements non justifiés pour un montant de 184,06 millions de
FCFA ;
-a
ux décaissements irréguliers en faveur du Premier ministre pour un
montant de 171 millions de FCFA ;
-à
la justification irrégulière des avances reçues dans le cadre des dépenses
avant ordonnancement pour un montant de 327,48 millions de FCFA.
42
2.1.2. SERVICES EXTERIEURS
DE L’ETAT
43
44
[Link]. GESTION DE L’AMBASSADE DU MALI AU CAIRE (EGYPTE)
VERIFICATION FINANCIERE
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
45
•L
e SAC ne tient pas correctement le livre-journal de caisse. En effet,
au lieu d’enregistrer les pièces justificatives des opérations au jour
le jour, le SAC procède à leur enregistrement cumulé dans le livre-
journal à la fin du mois. De ce fait, les dates d’enregistrement des
opérations dans le journal de caisse ne concordent pas avec celles
de leur réalisation. De plus, les livres-journaux de caisse tenus par le
SAC ne sont ni cotés ni paraphés par le Payeur Général du Trésor.
•L
e SAC ne tient pas correctement le registre du compte courant
bancaire. En effet, les opérations n’y sont pas portées
chronologiquement mais regroupées et enregistrées par mois avec
un montant mensuel global. En outre, les références des chèques et
des virements émis ou reçus ainsi que celles des avis correspondants
de la banque n’y figurent pas.
•L
e SAC ne précise pas toutes les mentions requises sur les pièces
justificatives de dépenses. En effet, il ne mentionne pas, sur les
pièces justificatives de dépenses, l’imputation budgétaire et les
références des mandats de paiement émis par la Direction des
Finances et du Matériel du Ministère des Affaires Étrangères et de
la Coopération Internationale (MAECI). Aussi, la Paierie Générale
du Trésor a accepté lesdites pièces contrairement aux indications
de l’article 39 de l’Instruction n°001/MFC du 14 juillet 1995 fixant les
règles et procédures budgétaires et comptables applicables dans les
Ambassades et Consulats du Mali.
•L
e SAC n’a ni prêté serment ni constitué de caution. Nommé par
Décret n°2013-634/P-RM du 1er août 2013, il n’a ni constitué un
cautionnement auprès du Payeur Général du Trésor ni prêté serment
devant le Juge des Comptes avant sa prise de fonction.
•L
e SAC ne tient pas de comptabilité-matières. En effet, aucun des
documents exigés par la comptabilité-matières n’est tenu par le SAC,
à savoir les documents de base, les documents de mouvement ainsi
que ceux de gestion. Ainsi, les matériels de l’Ambassade ne sont pas
codifiés et les affectations de véhicules ne sont pas matérialisées.
•L
’Ambassadeur a autorisé et le SAC a payé des avantages indus
au personnel. Ils ont pris en charge, pour le compte du personnel
diplomatique, des factures de téléphone, d’internet, de cartes de
recharge téléphonique et d’abonnements de télévision non autorisées
pour un montant total de 34,97 millions de FCFA.
•L
’Ambassadeur a utilisé des recettes propres sans autorisation
du Payeur Général du Trésor. De plus, le SAC ne détient pas une
situation détaillée de l’utilisation de ces recettes propres dans sa
comptabilité. Il n’a pas pu faire la part des dépenses effectuées sur les
recettes propres de celle des dépenses effectuées sur les ressources
transférées par le Payeur Général du Trésor. Le montant total des
recettes propres utilisées sans autorisation se chiffre à 730,41 millions
de FCFA.
46
• Le SAC a payé un montant indu au titre des loyers. Lesdits loyers sont
réglés en dollars US puis convertis en Livres Égyptiennes par le SAC
avant d’être comptabilisés. Il existe des écarts entre les montants
décaissés par le SAC et ceux reconvertis. Le montant total mis en
cause se chiffre à 2,79 millions de FCFA.
• Le SAC a appliqué un taux de change de Chancellerie irrégulier.
Malgré l’adoption d’un taux de chancellerie de 30,93 FCFA pour une
Livre Egyptienne déterminé par l’Arrêté n°2018-3705/MEF-SG du
23 octobre 2018 fixant les taux de change de chancellerie dans les
missions diplomatiques et consulaires du Mali à l’étranger du Ministre
de l’Économie et des Finances, le SAC a continué d’appliquer l’ancien
taux de 73.46 FCFA pour la période allant de novembre 2018 à
janvier 2019. Le montant total mis en cause se chiffre à
391,01 millions de FCFA.
A l’Ambassadeur :
- procéder à la vérification de la caisse du Secrétaire Agent Comptable au
31 décembre de chaque année ;
- régulariser la situation des employés localement recrutés.
47
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :
48
[Link]. GESTION DE L’AMBASSADE DU MALI A BRAZZAVILLE
(REPUBLIQUE DU CONGO)
VERIFICATION FINANCIERE
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
49
•L
e SAC ne tient pas des documents de la comptabilité-matières
hormis la « fiche détenteur ». En effet, de l’entrée du matériel dans le
patrimoine de l’Ambassade à sa sortie, en passant par les différents
mouvements (affectation, mutation et réforme), aucune opération
n’est répertoriée dans un quelconque document de la comptabilité-
matières.
•L
e SAC ne tient pas des registres comptables. Le calepin de caisse,
le registre des rejets comptables, le registre des droits des créanciers,
le livre-journal des commandes, le livre-journal des matériels et
matières, le compte de gestion des matériels et matières ne sont pas
tenus.
•L
’Ambassadeur a consommé des recettes propres sans autorisation
du Payeur Général du Trésor, contrairement à la réglementation. Le
montant total de ces recettes s’élève à 216,49 millions de FCFA sur la
période sous revue.
•L
e SAC a minoré des recettes propres de l’Ambassade. En effet, en
2016, sur un montant total de 114,23 millions de FCFA de recettes
reconstituées à travers les livres-journaux, 110,57 millions de FCFA
ont été effectivement déclarés au Payeur Général, soit un écart de
3,66 millions de FCFA non déclarés. De plus, suite à la reconstitution
de la situation des timbres fiscaux reçus de la Paierie Générale du
Trésor (PGT), des timbres fiscaux vendus et des stocks, il s’est
dégagé, de 2016 à 2017, un écart de 15,54 millions de FCFA de
recettes non déclarées. Le montant total des recettes propres non
déclarées est de 19,20 millions de FCFA.
•L
e Directeur des Ressources Humaines, le Directeur des Finances
et du Matériel, l’Ambassadeur et le SAC ont illégalement octroyé des
avantages à des agents. Ils ont ordonné et payé des salaires et autres
avantages à trois agents diplomatiques après abrogation de leurs
actes de nomination. Ces trois agents diplomatiques ont indûment
bénéficié, pendant la période sous revue, de salaires et avantages qui
se chiffrent à 139,56 millions de FCFA dont 92,26 millions de FCFA
pour le Conseiller consulaire, 46,32 millions de FCFA pour un Agent
consulaire et 984 732 FCFA pour un autre Agent consulaire.
•L
’Ambassadeur n’a pas réclamé le remboursement des frais médicaux
à une compagnie d’assurance. En effet, l’Ambassadeur a ordonné
le paiement au personnel diplomatique des frais médicaux du
1er janvier au 4 mai 2018. Or, avec la signature du contrat d’assurance
qui couvre cette période, il devrait se faire rembourser par la
compagnie d’assurance contractante. Le montant total non réclamé
par l’Ambassadeur est de 1,11 million de FCFA.
•L
’Ambassadeur ne procède pas à la récupération des cautions payées
pour les logements dont les contrats de bail ont pris fin. Le montant
50
total des cautions non restituées pendant la période sous revue, suite
à la libération des logements, est de 12,6 millions de FCFA.
• Le SAC a doublement payé les frais de location du mois de juin 2017
de l’appartement de l’Ambassadeur. Il a payé la facture n°020/17
en date du 29 mars 2017 relative aux loyers des mois d’avril à juin
pour un montant de 4,5 millions de FCFA soit 1,5 million de FCFA par
mois. De même, il a payé la facture n°035/17 du 30 juin 2017 relative
au loyer du même mois de juin, d’où un double payement pour un
montant de 1,5 million de FCFA.
• Le SAC a accepté des pièces justificatives irrégulières d’indemnités
de déplacement et de mission. L’Ordre de Mission n°01/AMAC/16
du 15 février 2016 relatif à une mission effectuée à Pointe Noire
(République du Congo) par le Chargé d’Affaires de l’Ambassade,
accompagné du Deuxième Conseiller, du Conseiller Consulaire et
de l’Attaché de Protocole, n’est visé ni à l’aller ni au retour par les
autorités compétentes. Le montant total des dépenses sur la base de
cet ordre de mission s’élève à 1,48 million de FCFA.
A l’Ambassadeur :
- pourvoir en personnel local les postes vacants conformément au cadre
organique des missions diplomatiques ;
- établir les contrats de travail conformément aux dispositions de la
convention d’établissement applicable au personnel local ;
- procéder à la mise en concurrence des fournisseurs.
51
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :
52
[Link]. GESTION DE L’AMBASSADE DU MALI A ADDIS-ABEBA
(ETHIOPIE)
VERIFICATION FINANCIERE
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
53
•L
e SAC ne respecte pas le plafond de caisse de 250 000 FCFA. Les
résultats de l’arrêté de caisse du 26 décembre 2019 ont révélé que
le SAC détenait dans sa caisse, un montant total correspondant à la
somme de 1,98 million de FCFA.
•L
e SAC ne procède pas aux rapprochements bancaires. Il n’effectue
pas de rapprochement entre ses écritures comptables enregistrées
dans le registre « banque » et les données des relevés de comptes
bancaires.
•L
e SAC ne tient pas tous les documents de la comptabilité-matières.
A l’exception des fiches détenteurs, aucun autre document de la
comptabilité-matières n’est tenu.
•L
e SAC ne tient pas tous les registres comptables. En effet, le livre-
journal des commandes, le registre des droits des créanciers, le
livre-journal des matériels et matières et le compte de gestion des
matériels et matières ne sont pas tenus.
•L
e SAC ne tient pas correctement les relevés détaillés des dépenses
et le livre-journal de caisse. En effet, les pièces des dépenses ne
sont pas enregistrées individuellement et chronologiquement dans le
bordereau détaillé des dépenses. En outre, le livre-journal de caisse
utilisé n’est ni coté ni paraphé par le Payeur Général du Trésor.
•L
e SAC ne porte pas des mentions obligatoires sur les pièces de
dépenses. Il ne porte pas sur les pièces de dépenses l’imputation
budgétaire, les références du mandat émis par le Directeur des
Finances et du Matériel du MAECI, la date de paiement et les
références de l’enregistrement au livre-journal.
•L
e SAC ne procède pas aux arrêtés hebdomadaires et mensuels du
registre « banque ». En effet, le dernier arrêté du registre « banque »
pour le compte courant en dollars date du mois de mai 2019.
•L
’Ambassadeur a accordé des avantages non prévus par le Décret
n°96-044/P-RM du 8 février 1996 fixant les avantages accordés au
personnel diplomatique, administratif et technique dans les missions
diplomatiques et consulaires de la République du Mali. Ces avantages
qui se rapportent aux paiements de gratifications lors des fêtes pour
le personnel diplomatique de l’Ambassade s’élèvent à 3,32 millions
de FCFA.
•L
’Ambassadeur a autorisé le SAC à payer des dépenses non éligibles.
Il a accordé la prise en charge des abonnements de télévision sans
base légale et sans ligne budgétaire prévue à cet effet. Le montant de
ces avantages accordés s’élève à 2,94 millions de FCFA.
•L
e Ministère chargé de la Culture n’a pas remboursé les frais
d’hôtel des artistes maliens, invités du Président de la République
au 32ème Sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba préfinancés
par l’Ambassade. Malgré la Lettre n°00153/AM-ADD/DC/2019 du
54
18 février 2019 de demande de remboursement de l’Ambassadeur et
le Mandat de délégation n°291 suivant lettre du Ministre de l’Économie
et des Finances pour la prise en charge desdites dépenses, le
Ministère chargé de la Culture n’a toujours pas remboursé le montant
de la somme préfinancée s’élevant à 5,52 millions de FCFA.
• Le SAC tient une caisse présentant un déficit de 3,04 millions de
FCFA. En effet, le solde de caisse reconstitué, à la date de l’arrêté
de caisse du 26 décembre 2019, est de 5,02 millions de FCFA. Les
disponibilités détenues en caisse s’élevaient à 1,98 million de FCFA
en espèces, soit un écart total de 3,04 millions de FCFA. Cet écart
comprend 2,84 millions de FCFA de bons de caisse non autorisés par
l’Ambassadeur et 202 778 FCFA non justifiés.
• Le SAC a effectué un arrêté erroné de la situation des valeurs
inactives. Il a arrêté un montant inférieur au montant réel pour une
valeur de 840 876 FCFA au titre des ventes des timbres fiscaux.
55
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :
56
[Link]. GESTION DES ENTREPOTS MALIENS EN COTE D’IVOIRE
VERIFICATION FINANCIERE
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
57
Au titre des irrégularités financières :
Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 2,59 milliards de FCFA.
•L
es Régisseurs n’ont pas encaissé des redevances pour la
coordination des activités de transport et de transit. Ces redevances
non encaissées s’élèvent à un montant total de 605,35 millions
de FCFA dont 543,11 millions de FCFA au titre des importations et
62,24 millions de FCFA pour les exportations.
•L
e Chef du Service Administratif et Financier n’a pas déclaré des
recettes encaissées. Les recettes des EMACI déclarées sur les
certificats de recettes sont inférieures à celles collectées à travers les
quittanciers centralisateurs pour les exercices de 2016 et 2017. Le
montant total des recettes non déclarées sur les certificats de recettes
est de 192,74 millions de FCFA.
•L
e Chef du Service Administratif et Financier n’a pas collecté des
redevances maritimes sur des transactions d’importation. En effet,
les Régisseurs ont collecté pour le compte du Conseil Malien
des Chargeurs (CMC), sur la période sous revue, un montant de
452,08 millions de FCFA au titre de la redevance maritime, sur la base
des quittanciers centralisateurs, au lieu de 812,14 millions de FCFA
correspondant à ladite redevance sur l’ensemble des marchandises
déclarées aux services des douanes et transportées en importation.
L’écart de 360,06 millions de FCFA n’a pas été collecté pour le compte
des EMACI.
•L
e Directeur et le Chef du Service Administratif et Financier n’ont pas
reversé dans le compte du CMC des redevances maritimes collectées.
Sur un montant total de 452,08 millions de FCFA de redevances
maritimes collectées pendant la période sous revue, le Directeur a
reversé au CMC un montant cumulé de 370 millions de FCFA soit un
écart de 82,08 millions de FCFA non reversé.
•L
e Directeur et la Commission d’ouverture des plis et d’évaluation des
offres ont retenu un soumissionnaire ne disposant pas d’expériences
requises. Le Directeur des travaux de l’Entreprise retenue pour
exécuter les travaux de construction de bureaux des EMACI, pour un
montant de 553,10 millions de FCFA, ne dispose pas d’expériences
requises. En effet, il n’a eu à diriger qu’un projet de construction de
complexité similaire en tant que Directeur des travaux ou Chef de
mission au lieu de trois exigés par les critères de qualification.
•L
e Directeur a payé un véhicule et l’a immatriculé au nom de
l’Ambassade du Mali en Côte d’Ivoire. Il a payé un véhicule de
marque Toyota RAV 4 à 14,25 millions de FCFA destiné au Contrôleur
Financier et l’a irrégulièrement immatriculé au nom de l’Ambassade
du Mali.
•L
e Directeur a octroyé au personnel et à lui-même des rémunérations
indues. Les salaires de base du personnel fonctionnaire des EMACI
sont surévalués et ne correspondent pas au produit numérique de
l’indice. Les indemnités sont incorrectes et calculées sur des salaires
de base mal évalués. Une multiplication par deux du salaire net
58
dénommé « Montant réévalué » non prévue par le Décret n°2014-
100/P-RM du 20 février 2014 fixant la valeur indiciaire et les avantages
accordés au personnel fonctionnaire dans les entrepôts maliens et
ports de transit, est accordée au personnel fonctionnaire des EMACI.
Une rémunération dénommée « Résidence » est irrégulièrement
accordée à l’ensemble du personnel des EMACI. Le montant total
des rémunérations indûment perçues par le personnel fonctionnaire
des EMACI est de 521,39 millions de FCFA.
•L
e Directeur a irrégulièrement payé des frais de location pour
deux Chefs de service qui devaient être logés gratuitement dans
les maisons appartenant aux EMACI. Il s’agit du Chef du Service
Administratif et Financier et du Chef de Bureau Contrôle et Sécurité.
Les frais de location irrégulièrement payés, pendant la période sous
revue, s’élèvent à 7,02 millions de FCFA.
•L
e Directeur a effectué des décaissements irréguliers sur le fonds de
la redevance maritime. Il a effectué, sur les redevances maritimes
appartenant au CMC, trois décaissements en espèces pour un
montant total de 158 millions de FCFA sans aucune pièce justificative.
Il a aussi prélevé, en espèces, sur le compte bancaire du CMC ouvert
à cet effet, un montant total de 101,93 millions de FCFA sur la base
uniquement de factures, sans mandat, ni document de livraison.
Le montant total irrégulièrement prélevé sur ces fonds s’élève à
259,93 millions de FCFA.
Au Directeur :
- respecter les dispositions du cadre organique;
- demander les autorisations requises pour les ouvertures des comptes
conformément aux dispositions réglementaires sur la comptabilité
publique ;
- veiller au respect des procédures de mise en concurrence des marchés
passés par Demande de Renseignement et de Prix à compétition
Restreinte.
59
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :
60
[Link]. GESTION DES ENTREPOTS MALIENS AU SENEGAL
VERIFICATION FINANCIERE
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
61
•L
e Directeur fait exercer la fonction de comptable public par un agent
non habilité. Le Chef de parking de la zone de Mbao, sans avoir la
qualité de comptable public, procède à la garde, à la conservation et
au maniement des fonds publics ainsi qu’à la conservation des pièces
justificatives des opérations comptables.
•L
e Chef du Service Administratif et Financier ne tient pas une
comptabilité-matières régulière. En effet, il ne tient pas les documents
tels que le livre-journal des matières, l’état d’inventaire, le Bordereau
d’Affectation du Matériel, le Bordereau de Mise en Consommation
des Matières et l’Ordre de Sortie du Matériel. De plus, il n’a procédé
à aucune codification du matériel.
•L
e Directeur et l’Agent comptable ont minoré des redevances.
Les recettes, au titre des redevances de prestations, n’ont pas été
calculées pour l’ensemble des marchandises ayant transité par le
port en provenance ou à destination du Mali. En effet, la valorisation
des quantités mentionnées dans les rapports statistiques donne un
montant de 6,58 milliards de FCFA alors que le total des montants
inscrits sur les certificats de recettes est de 6,31 milliards de FCFA
soit un écart de 265,92 millions de FCFA environ.
•L
e Directeur a irrégulièrement utilisé les installations portuaires au profit
d’autres pays de la sous-région. En effet, il a utilisé les installations
portuaires destinées exclusivement aux marchandises en provenance
ou à destination du Mali pour le débarquement des marchandises
d’autres pays de la sous-région tels que la Côte d’Ivoire, le Ghana, la
Guinée-Conakry, le Niger, etc. Ces prestations, d’un montant total de
265,46 millions de FCFA, n’ont pas fait l’objet de facturation au titre
des redevances pour la coordination des activités des transports et
de transit.
•L
e Directeur a ordonné et le Chef du Service Administratif et Financier
a payé des indemnités de déplacement et de mission indues. En effet,
les taux journaliers payés aux missionnaires sont supérieurs aux
taux réglementaires. Le montant total de ces majorations s’élève à
3,06 millions de FCFA.
•L
e Chef du Service Administratif et Financier n’a pas recouvré tous
les chèques retournés impayés. En effet, le chèque d’un montant de
1,95 million de FCFA, rejeté le 22 janvier 2018, n’a pas été régularisé.
•L
e Chef du Service Administratif et Financier a produit des comptes
non fiables. En effet, les certificats de recettes ne donnent pas
l’exhaustivité des encaissements effectués et reversés dans les
comptes bancaires. En outre, le montant total des mandats payés,
pour les exercices 2016, 2017 et 2018, comptabilisés dans les
comptes administratifs, est inférieur au montant total des dépenses
effectuées sur les comptes bancaires de 208,79 millions de FCFA.
62
• Le Chef du Service Administratif et Financier n’a pas exigé le
remboursement d’indemnités de déplacement et de mission pour des
jours non effectués par des agents en 2017, 2018 et 2019. En effet, la
durée effective de certaines missions évaluée, à travers les visas au
départ et au retour, est inférieure au nombre de jours payés suivant
les ordres de mission y afférents. Le montant total des indemnités non
reversées s’élève à 4,33 millions de FCFA.
• Le Chef du Service Administratif et Financier n’a pas justifié des
indemnités de déplacement et de mission. Il a payé des indemnités de
déplacement et de mission qui n’ont pas été justifiées par les ordres
de mission visés et par les cartes d’embarquement le cas échéant,
conformément à la réglementation en vigueur. Le montant total des
indemnités non justifiées s’élève à 5,15 millions de FCFA.
Au Directeur :
- respecter le cadre organique ;
- retenir et reverser l’Impôt sur les Traitements et Salaires du personnel
fonctionnaire et contractuel ;
- mentionner la date de notification sur les marchés ;
- utiliser la procédure de Demande de Renseignement et de Prix à
compétition Restreinte pour les contrats dont le seuil l’exige ;
- enregistrer les plis des soumissionnaires dans le registre de réception des
offres ;
- faire procéder à la collecte et au versement des recettes du parking de
Mbao par un comptable public.
63
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :
64
2.1.3. ORGANISMES PERSONNALISES
DE L’ETAT
65
66
[Link]. GESTION DE LA SOCIETE MALIENNE DE GESTION
DE L’EAU POTABLE
VERIFICATION FINANCIERE
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
• Le Directeur Général a approuvé pour son compte une avance sur
salaire dépassant le seuil autorisé. De plus, le Directeur Financier et
Comptable a autorisé le règlement en espèces de ce montant sur la
caisse en violation du plafond réglementaire des montants à payer en
espèces.
• Le Directeur Général a contracté des prêts auprès de la société sans
autorisation du Conseil d’Administration. De plus, le montant dudit prêt
est supérieur au seuil de 2,5 millions de FCFA fixé par l’Instruction de
Travail DPS DRH IT 12-01 « Gestion des avances sur salaire et des
prêts » du 31 mai 2015.
• Le Directeur Général a autorisé le paiement des prestations à la
demande du Directeur Général de la société EDM-SA alors que le
protocole y afférant n’a pas été validé par le Conseil d’Administration
et la Commission de Régulation de l’Electricité et de l’Eau.
• Le Directeur Commercial et Clientèle n’a pas mis en œuvre des
procédures de recouvrement des créances pour des clients ayant
cumulé au moins deux factures impayées. En effet, des abonnés
cumulant plus de 30 factures impayées continuent d’être considérés
comme des clients actifs et bénéficient du service de la SOMAGEP-
SA.
67
•L
e Directeur des Achats et Stocks, le Directeur des Etudes et
Travaux et celui des Ressources Humaines et Moyens Généraux
ne respectent pas les procédures de Demande de Renseignement
et de Prix à Compétition Restreinte (DRPR). Ils ont procédé à des
opérations d’achats et de travaux à travers la procédure de demande
de cotation auprès de trois fournisseurs au moins alors que les
montants individuels requièrent celle de la DRPR qui nécessite la
consultation de cinq fournisseurs au moins.
e plus, le Directeur des Achats et Stocks a procédé à l’acquisition
D
d’hypochlorite de calcium en 2018 à travers la procédure de demande
de cotation alors que ladite acquisition aurait dû faire l’objet d’appel
d’offres ouvert. Il a établi deux bons de commande respectivement
pour un montant de 385,12 millions de FCFA et un montant de
395 millions de FCFA, suite à des demandes de cotation.
•L
e Directeur Financier et Comptable n’a pas justifié le prélèvement
de frais sur un compte bancaire de la société lors du règlement
des traites émises au profit de la société EDM-SA. Aux échéances
desdites traites, la banque a débité, en plus du montant principal de
la traite, des frais alors que les lettres de change concernées sont
libellées sans frais.
•L
e Président du Conseil d’Administration (PCA) n’a produit aucune
pièce pour justifier les montants qu’il a perçus. Le montant cumulé
des dépenses non justifiées s’élève à 7,19 millions de FCFA.
•L
e Directeur Général s’est octroyé, contrairement aux dispositions
du Code du Travail, des indemnités compensatrices de congés d’un
montant total de 23,92 millions de FCFA pour la période allant de
2016 au 31 décembre 2018.
•L
e Directeur Général a effectué une dépense indue au profit du PCA.
Il a octroyé au PCA, sans l’autorisation de l’Assemblée Générale,
une indemnité d’installation de 15 millions de FCFA non prévue dans
les avantages accordés par l’Assemblée Générale Ordinaire (AGO).
Cependant, ladite indemnité a été entérinée, six mois plus tard, par
délibération de l’AGO consignée dans l’acte notarié du 30 octobre
2017.
•L
e Directeur Financier et Comptable a payé des contrats de marché
ne portant pas la preuve d’acquittement des droits d’enregistrement et
de la redevance de régulation. Le montant des droits d’enregistrement
s’élève à 118,84 millions de FCFA et celui de la redevance de régulation
s’élève à 19,81 millions de FCFA, soit un montant total non payé de
138,65 millions de FCFA.
•L
e Directeur des Achats et Stocks a procédé à des fractionnements
des dépenses au cours de la période sous revue. Ces dépenses
68
concernent essentiellement l’acquisition de produits chimiques, de
matériels électromécaniques et de matériels hydrauliques.
• Le Directeur Financier et Comptable a ordonné le paiement des
dépenses non justifiées. Il a autorisé, suivant ordre de paiement,
la Caissière de la Direction Générale à payer la somme de
30,74 millions de FCFA relative à des frais de déplacement du Ministre
de l’Energie et de l’Eau et des hommes de médias sans base légale
et en l’absence de pièces justificatives probantes.
• Le Directeur Financier et Comptable a payé des indemnités de
déplacement et de mission non justifiées. Ces dépenses n’ont pas
été justifiées par des ordres de mission visés à l’aller et au retour. Le
montant total desdites indemnités s’élève à 462,99 millions de FCFA.
Au Directeur Général :
- respecter le seuil requis des avances sur salaire ;
- demander les autorisations et approbations requises pour ses
engagements avec la société ;
- respecter le seuil requis des prêts au personnel ;
- faire approuver les conventions par l’organe délibérant avant leur
application.
69
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :
70
[Link]. DEPENSES EXECUTEES SUR LE FONDS D’ENTRETIEN
ROUTIER PAR L’AGENCE D’EXECUTION DES TRAVAUX
D’ENTRETIEN ROUTIER
VERIFICATION FINANCIERE
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
•L
e Directeur Général a attribué des marchés d’entretien routier
sans respecter la procédure de mise en concurrence. En effet, les
titulaires de deux marchés ne figurent pas sur la liste des entreprises
sélectionnées suivant le rapport d’analyse des offres pour la
72
préqualification. De plus, l’un des titulaires n’a même pas déposé
d’offres. Le montant total des marchés irrégulièrement passés s’élève
à 868,11 millions de FCFA.
• Le Conseil d’Administration a accordé des avantages indus au Délégué
du Contrôle financier auprès de l’AGEROUTE en lui octroyant, suivant
délibération, une indemnité mensuelle de 300 000 FCFA et des jetons
de présence alors qu’il n’est pas membre du Conseil d’Administration.
Le montant total de ces avantages indus s’élève à 16,3 millions de
FCFA.
• Le Chef de la Division Recettes de la Direction des Grandes Entreprises
a minoré les droits d’enregistrement. En effet, le Contrat de marché
n°017/DAB-AGEROUTE 2016, d’un montant de 65 millions de FCFA,
relatif à l’achat de véhicule a été enregistré par le Chef de la Division
Recettes de la Direction des Grandes Entreprises pour un montant
de 1 250 FCFA contrairement aux dispositions légales qui exigent un
taux de 3% du montant hors taxe du contrat d’achat, soit 1,95 million
de FCFA au lieu de 1 250 FCFA.
• Le Directeur Général a ordonné le paiement du Contrat n°017/DAB-
AGEROUTE 2016 d’un montant de 65 millions de FCFA, en l’absence
de la preuve de la perception de la redevance de régulation au profit
de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics et des Délégations
de Service Public (ARMDS). Le montant non perçu s’élève à 325 000
FCFA.
• Le Directeur Général n’a pas reversé les produits issus de la vente des
DAO à l’ARMDS. Pendant la période sous revue, il n’a pas reversé à
l’ARMDS les 20% des produits issus de la vente des Dossiers d’Appel
d’Offres pour un montant total de 2,78 millions de FCFA. Toutefois,
ledit montant a été reversé avant la production du rapport définitif.
• L’Agent Comptable n’a pas retenu à la source des impôts et taxes. Il
n’a pas retenu à la source l’Impôt sur le Revenu Foncier (IRF) ainsi
que la Taxe foncière sur les paiements effectués pendant la période
sous revue sur le contrat de bail n°002/DAB/AGEROUTE relatif à
la location du bureau du PCA de l’AGEROUTE. De plus, il n’a pas
retenu l’Impôt sur les Bénéfices Industriels et Commerciaux (IBIC)
sur des paiements effectués au profit des prestataires locaux non
titulaires d’un Numéro d’Identification Fiscal. Le montant total de ces
irrégularités est de 8,83 millions de FCFA.
Au Directeur Général :
- mettre à jour le manuel de procédures de l’Agence ;
- requérir l’autorisation du Ministre chargé des Finances pour l’ouverture
des comptes ;
- demander et disposer de quitus relatifs à la clôture des conventions ;
73
- élaborer les Dossiers d’Appel d’Offres sur la base des Dossiers-Types
d’Appel d’Offres en vigueur ;
- informer par écrit les soumissionnaires non retenus du rejet de leurs offres ;
- exiger des titulaires de marchés, la fourniture des cautions de bonne
exécution dans les délais réglementaires ;
- requérir l’approbation expresse de la Tutelle et l’autorisation du Conseil
d’Administration avant tout recrutement ;
- respecter les procédures de passation des marchés publics.
A l’Agent Comptable :
- tenir l’ensemble des documents de la comptabilité-matières conformément
à la réglementation en vigueur.
Au Régisseur d’avances :
- prêter serment conformément à la réglementation en vigueur.
74
[Link]. GESTION DE L’AGENCE NATIONALE
DE LA SECURITE ROUTIERE
VERIFICATION FINANCIERE
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
• Le Ministre chargé des Transports n’a pas pris de dispositions pour le
renouvellement du mandat des membres du Conseil d’Administration
de l’ANASER nommés suivant le Décret n°2013-657/P-RM du 13 août
2013 pour une période renouvelable de trois ans. Malgré l’expiration
de leur mandat, depuis le 14 août 2016, ils continuent d’exercer leurs
fonctions d’administrateurs.
• L’Agent Comptable ne veille pas au suivi régulier des recettes. Il ne
procède pas régulièrement à des rapprochements et à des pointages
contradictoires, sur place et sur pièces, entre les états nominatifs
reçus et les informations produites par les Régisseurs de recettes.
Il ne compare pas non plus les données provenant de la société
concessionnaire de service public de contrôle technique des véhicules
à celles reçues des Directions Régionales des Transports Terrestres
et Fluviaux.
• Le Chef du Service Administratif et Financier ne tient pas correctement
le registre d’enregistrement des offres. En effet, ledit registre n’intègre
pas toutes les offres et ne mentionne pas non plus les heures de
dépôt des offres reçues.
• Le Chef du Service Administratif et Financier procède à des
simulations de mise en concurrence. Pour un même achat, il a fourni
des factures proforma des différents soumissionnaires portant les
75
mêmes Numéros d’Identification Fiscaux (NIF), les mêmes adresses
électroniques, les mêmes montants, les mêmes erreurs de frappe ou
les mêmes numéros de comptes bancaires.
•L
e Régisseur d’avances a certifié des factures en lieu et place du
Comptable-matières. En effet, durant la période sous revue, il a lui-
même certifié 65 factures portant notamment sur des ramassages
d’ordures, des entretiens de véhicules et des frais de locations
diverses.
•L
e Comptable-matières n’a pas procédé à la codification de tout le
matériel. Il ne l’a pas non plus immatriculé.
•L
es Directeurs Régionaux des Transports Terrestres et Fluviaux ne
transmettent pas mensuellement à l’ANASER les documents de suivi
exigés. Il s’agit, notamment des statistiques récapitulant le nombre de
contrôles techniques de véhicules effectués et des états nominatifs
des redevances liquidées.
•L
es Régisseurs de recettes des Directions Régionales et
Subdivisions des Transports Terrestres et Fluviaux ne procèdent pas
au reversement journalier des recettes encaissées dans le compte
bancaire de l’ANASER. Contrairement à la réglementation en vigueur,
les reversements ne sont effectués par lesdits régisseurs qu’après
utilisation complète des quittances qu’ils détiennent.
•L
e Régisseur d’avances a effectué des transferts de fonds sur la régie,
via le service Orange-money, sans fournir les pièces justificatives de
l’utilisation desdits fonds. Le montant total de l’irrégularité s’élève à
655 700 FCFA.
•L
’Agent Comptable a payé des marchés non revêtus de la preuve
du paiement de la redevance de régulation. Le montant desdites
redevances non payées s’élève à 837 472 FCFA.
•L
’Agent Comptable n’a pas justifié, en 2017 et 2018, toutes les
dépenses relatives aux indemnités de déplacement et de mission.
Il a fourni des ordres de mission relatifs à des missions à l’intérieur
et à l’extérieur du pays non visés par les autorités habilitées ni au
départ ni à l’arrivée et n’a pas reversé des reliquats d’indemnités de
déplacement et de mission. Le montant total des irrégularités s’élève
à 5,43 millions de FCFA.
•L
e Régisseur d’avances n’a pas justifié des indemnités de déplacement
et de mission. En effet, il n’a pas fourni les pièces justificatives des
avances qu’il a payées à des agents de l’ANASER au titre des
indemnités de déplacement et de mission, à l’intérieur du pays en
2016, pour un montant total de 704 744 FCFA.
•L
e Régisseur d’avances et l’Agent Comptable ont payé des factures
de fournisseurs sur lesquelles les Numéros d’Identification Fiscaux
76
(NIF) ne sont pas conformes. Il s’agit de fournisseurs dont les NIF ne
figurent pas dans la base des contribuables fournie par la Direction
Générale des Impôts et ceux ayant utilisé le NIF d’autres fournisseurs
sur leurs factures. Le montant total de ces irrégularités s’élève à
15,61 millions de FCFA.
•L
e Directeur Général a octroyé des dotations en carburant à des
personnes ne faisant pas partie de l’effectif de l’ANASER. Le montant
total de l’irrégularité s’élève à 723 592 FCFA.
•L
’Agent Comptable n’a pas reversé la part due à l’ARMDS sur les
produits issus de la vente de trois DAO pour un montant total de
112 000 FCFA.
•L
’Agent Comptable a payé deux fois, le même jour, des frais d’entretien
et de réparation identiques sur le même véhicule et avec le même
prestataire. Le montant total de cette irrégularité s’élève à 1,17 million
de FCFA.
•L
’Agent Comptable n’a pas exigé le reversement, à l’ANASER,
de toutes les recettes issues de la redevance à l’occasion du
contrôle technique des véhicules. En effet, sur un montant total de
1,57 milliard de FCFA collecté par Mali Technic System (MTS) au titre
des exercices 2016, 2017 et 2018, l’Agent Comptable n’a pas perçu
273,32 millions de FCFA. Par ailleurs, le pointage contradictoire
réalisé par l’Agent Comptable sur la base des tickets de la redevance
recouvrée par MTS, pour la période allant du 15 janvier au 14 novembre
2019, fait ressortir un écart non reversé de 181,63 millions de FCFA.
Le montant total des recettes non perçues par l’Agent Comptable
s’élève à 454,95 millions de FCFA.
•L
e Régisseur de recettes de la Rive droite du District de Bamako
n’a pas reversé l’intégralité des redevances recouvrées au profit
de l’ANASER sur la période allant de juillet 2018 à février 2019. Le
montant total des recettes recouvrées et non reversées à l’ANASER
s’élève à 146,78 millions de FCFA.
A l’Agent Comptable :
- assurer un suivi régulier des recettes.
77
- veiller au respect du principe de la mise en concurrence dans le cadre de
l’exécution de la commande publique.
Au Régisseur d’avances :
- faire certifier toutes les factures par le Comptable-matières.
Au Comptable-matières :
- procéder à la codification et à l’immatriculation de tout le matériel de
l’Agence.
78
[Link]. GESTION DE L’OFFICE DES PRODUITS AGRICOLES DU MALI
VERIFICATION FINANCIERE
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
79
de Sécurité des exercices 2016 et 2018 ainsi que lors des achats
des biens de l’OPAM. Elle n’a pu fournir aucune preuve justifiant la
mise en concurrence dans le choix des prestataires et fournisseurs
retenus.
•L
a Direction Générale n’a pas mis en place des commissions de
réception des céréales du Stock National de Sécurité. Les céréales
achetées dans le cadre du Stock National de Sécurité sont admises
en magasin sur la base d’un bon d’achat signé par le Magasinier et
le Représentant du fournisseur en lieu et place d’une commission
régulièrement constituée.
•L
a Direction Générale n’a pas soumis des marchés à la numérotation
de la DGMP-DSP. Il s’agit de dix-neuf (19) marchés, dont quatre
(4) de 2016 et quinze (15) de 2018, exécutés sur financement de la
Banque Islamique de Développement dans le cadre de la constitution
du Stock d’Intervention de l’Etat.
•L
a Directrice Financière et Comptable (DFC) n’a pas mobilisé, aux fins
d’encaissement, des cautions de bonne exécution des prestataires
défaillants dans le cadre de l’exécution des marchés n°19, 21, 22 et
26 de 2017, tous relatifs à la livraison de céréales à l’OPAM.
•L
a Directrice Financière et Comptable n’effectue pas de suivi régulier
des comptes de dépôts à terme de l’OPAM dans les différentes
banques. En effet, les intérêts sur les dépôts à terme ne sont pas
crédités à temps sur les comptes de l’OPAM, conformément aux
délais des conventions, en l’absence de toute action de la part de
l’OPAM.
•L
a Directrice Financière et Comptable n’effectue pas un suivi régulier
du recouvrement des frais de location des magasins. Des locataires de
magasins ont cumulé des retards de paiement des frais de location et
les dossiers correspondants n’ont pas été transmis au service chargé
du contentieux en vue d’engager la procédure contentieuse. Suite
aux travaux de la mission de vérification, la Directrice Financière et
Comptable a recouvré, à travers les services d’un huissier recruté à
cet effet, un montant total de 19,68 millions de FCFA soit un restant à
recouvrer de 60,91 millions de FCFA.
•L
es membres de la commission de réception ont accepté 100 425
sacs vides neufs en jute inappropriés pour l’ensachage des céréales
pour un montant de 68,79 millions de FCFA. La Direction Générale a
revendu lesdits sacs pour un montant total de 60,26 millions FCFA,
d’où une perte de 8,53 millions de FCFA.
•L
a Directrice Financière et Comptable n’a pas appliqué des pénalités
aux fournisseurs qui ont accusé des retards dans la livraison des
commandes. Les pénalités non appliquées s’élèvent à 27,25 millions
de FCFA sur lesquelles 1,03 million de FCFA ont été régularisés soit
un reliquat de 26,22 millions de FCFA à recouvrer.
80
• La Directrice Financière et Comptable n’a pas reversé l’intégralité
des recettes issues des ventes du Stock d’Intervention au Secrétariat
Technique et Financier du Dispositif National de Sécurité Alimentaire
(STF/DNSA). Le montant total des ventes de céréales non reversé au
STF/DNSA, durant la période sous revue, s’élève à 734,77 millions
de FCFA.
81
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :
82
[Link]. GESTION DU NOUVEAU COMPLEXE SUCRIER
DU KALA SUPERIEUR
VERIFICATION FINANCIERE
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
83
•L
a Direction n’a pas requis l’autorisation du Conseil d’Administration
dans le cadre des conventions réglementées. Elle a contracté des prêts
avec SINOLIGHT International Holdings Corporation, administrateur
et actionnaire détenant 60% du capital social, sans l’autorisation du
Conseil d’Administration.
•L
a Direction ne procède pas à l’inventaire régulier des stocks de sucre.
Elle n’a pas fourni, sur la période sous revue, les documents attestant
l’effectivité des stocks tels que les fiches d’inventaire, le procès-verbal
d’inventaire et le rapport d’inventaire des stocks.
•L
a Direction ne respecte pas les conditions et les règles de stockage
du sucre. Les stocks de sucre ne sont pas entreposés sur des palettes
permettant de les protéger contre l’humidité du sol et leur disposition
ne respecte pas les normes d’aération qui requièrent une certaine
distance par rapport au mur. Aussi les toitures des magasins ne sont
pas étanches et laissent les eaux de pluie s’infiltrer à certains endroits.
•L
a Direction ne prend pas en compte, dans les résultats d’exploitation,
les produits de ventes des déchets industriels recyclés, vendus ou
utilisés en l’état dans la production d’eau et d’électricité pour l’usine
et les logements d’astreinte du personnel de N-SUKALA-SA. Il s’agit
de la bagasse, de la mélasse et de la vinasse.
•L
e Directeur Général et le Directeur Financier ne respectent pas le
principe de la double signature d’un représentant de l’Etat malien et
de celui de l’actionnaire chinois. Etant tous deux représentants de
l’actionnaire chinois, ils ont signé conjointement des chèques pour
le règlement de dépenses sur les différents comptes bancaires de la
société, en l’absence du représentant de l’Etat malien, violant ainsi
le principe de la double signature exigé par le manuel de procédures
administratives et financières de la société.
•L
e Chef du Service Achats ne tient pas le dossier des immobilisations
conformément aux dispositions du manuel de procédures. L’acquisition
des immobilisations ne fait pas l’objet d’ouverture de dossiers où
sont consignées les pièces d’acquisition, notamment les documents
d’importation et de réception.
•L
e Chef Comptable a enregistré, dans la comptabilité, des achats
de pièces de rechange non soutenus par des pièces justificatives
requises. Le montant total de ces irrégularités s’élève à 38,16 millions
de FCFA.
•L
e Directeur Général n’a pas payé les frais de gestion et les
commissions d’engagement dus à l’Etat d’un montant total de
4,64 milliards de FCFA dont 3,09 milliards de FCFA au titre des
frais de gestion et 1,55 milliard de FCFA au titre des commissions
d’engagement conformément aux dispositions de l’Accord de prêt.
84
• Le Directeur Financier et Comptable n’a pas procédé à l’enregistrement
comptable de charges d’amortissement, au titre de l’exercice
2016. Il s’agit des charges relatives aux matériels et outillages et
aux équipements de station de pompage, d’un montant total de
1,23 milliard de FCFA.
• Le Directeur Financier et Comptable et le Chef Comptable ont
constitué une provision pour dépréciation de stocks de sucre avarié
de 3617,965 tonnes, d’une valeur de 2,16 milliards de FCFA, dont
l’existence physique n’a été prouvée ni par l’effectivité ni par les
documents d’entrée et de sortie de stocks des magasins.
• Le Directeur Financier et Comptable a procédé à des achats fictifs
de logiciel. En effet, il a procédé au règlement d’un montant de
23,95 millions de FCFA représentant la valeur d’un logiciel de
Gestion des Ressources Humaines d’une capacité de dix mille
(10 000) employés, alors que ledit logiciel n’a pas été livré ou installé
sur des ordinateurs au niveau de N-SUKALA-SA. Il a aussi procédé
au paiement de 5,85 millions de FCFA au titre du Droit d’Utilisation
des Applications (DUA) « Export Compta et Immo. Sage Saari i7 »
alors que ce droit est inclus dans le coût d’achat dudit logiciel. Le
montant total des irrégularités s’élève à 29,8 millions de FCFA.
• Le Directeur Général a effectué des achats de carburant qui n’ont pas
fait l’objet de réception pour un montant de 326,77 millions de FCFA.
• Le Directeur Financier et Comptable a effectué des paiements
irréguliers. Il a procédé aux paiements des factures d’un prestataire
pour un montant total de 500,94 millions de FCFA à une société
différente dudit prestataire et dont le nom n’apparait dans aucune
clause du contrat de prestation. Le Directeur Financier et Comptable
n’a pu produire aucun mandat délivré par le prestataire à la société
bénéficiaire des paiements.
86
[Link]. TRACABILITE DES PAIEMENTS SOCIAUX EFFECTUES
PAR LES SOCIETES DES MINES D’OR DE LOULO
ET DE GOUNKOTO
VERIFICATION DE CONFORMITE
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
87
agropastorales destinées aux jeunes de la localité formés au niveau
du Centre Agrobusiness du Complexe minier ont été réalisés sans les
autorisations requises.
•L
a Direction Générale a financé un projet non viable. En effet, elle a
doté les jeunes de Djidjan-Kéniéba d’un camion pour le ramassage
des ordures ménagères du village alors que les jeunes n’ont pas les
moyens d’assurer les frais d’entretien et de carburant nécessaires à
son fonctionnement. Ainsi, le camion est tombé en panne pour faute
de moyen. De surcroît, ce projet a été financé sur initiative propre de
la mine et non sur la base d’un besoin exprimé par les communautés
bénéficiaires.
Irrégularités financières :
88
2.2. VERIFICATIONS DE PERFORMANCE
89
En plus des vérifications financières ou de conformité, le Vérificateur
Général a effectué au titre de l’année 2020 des missions de vérification
de performance. Ces missions, au nombre de quatre (4), ont mis en relief
des faiblesses qui ont considérablement affecté l’atteinte des objectifs
assignés aux entités vérifiées. Elles ont concerné la gestion d’un organisme
personnalisé, la société EDM-SA, et celle de trois (3) Collectivités Territoriales
à savoir la Commune Urbaine de Bougouni et les Communes Rurales de
Guégnéka (Fana) et de Siby.
Le choix de ces entités participe de la mise en œuvre de la vision du
Vérificateur Général de mener des vérifications de performance dans des
secteurs d’activités ayant un impact direct sur la vie des citoyens.
Ainsi, la société EDM-SA, en sa qualité de concessionnaire principal en
charge de la production, du transport, de la distribution, de l’importation,
de l’exportation et de la vente de l’électricité, assure un service public
de fourniture des services sociaux de base aux citoyens. De même, à la
faveur de l’adoption de la politique de décentralisation, l’Etat a confié aux
Collectivités Territoriales, la conception, la programmation, la mise en œuvre
et le suivi-évaluation des actions de développement économique, social et
culturel au profit des citoyens.
Les faiblesses constatées à l’issue des quatre (4) missions de vérification
de performance sont relatives à des déficiences non seulement dans
le pilotage stratégique, mais aussi, dans la gestion opérationnelle des
structures contrôlées.
La mise en œuvre, par les entités vérifiées, des recommandations
formulées à l’issue des missions de vérification de performance ci-dessus
rappelées, pourrait substantiellement améliorer leur performance en termes
d’économie, d’efficacité et d’efficience.
90
2.2.1. ORGANISME PERSONNALISE
DE L’ETAT
91
92
[Link]. ENERGIE DU MALI
VERIFICATION DE PERFORMANCE
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
Gestion administrative
•L
a société EDM-SA n’a pas mis en place une saine pratique de gestion
de la rémunération versée aux membres du Comité de Direction.
En effet, la masse salariale des membres du Comité de Direction a
augmenté de plus de 633,60 millions de FCFA soit 66% passant de
947,42 millions de FCFA à 1,58 milliard de FCFA entre le 31 décembre
2016 et le 31 décembre 2018. Cette augmentation s’explique par la
création de postes de direction, de département et d’autres postes
de conseillers en janvier 2017. A cela, s’ajoutent des augmentations
incohérentes entre 100% et 200% des salaires de certains membres
du Comité de Direction. De plus, d’anciens responsables, une fois
leurs fonctions terminées, sont commis à d’autres tâches par le
Département de tutelle. Ces tâches s’exercent en dehors de l’EDM-
SA sans un acte juridique clarifiant leur prise en charge. Une gestion
peu efficace de la masse salariale réduit la capacité de la société à
réaliser des investissements structurants dans ce secteur d’activité
névralgique pour les citoyens et les entreprises maliennes.
•L
a société EDM-SA n’a pas accordé suffisamment d’attention aux
principes d’économie dans la gestion des heures supplémentaires.
En effet, en dépit du recrutement massif de 518 agents en 2015 et de
435 agents entre 2016 et 2018, la société EDM-SA a continué à payer
des heures supplémentaires pour un montant total de 3,5 milliards
de FCFA pendant la période sous revue. Des agents bénéficient
régulièrement d’heures supplémentaires dont le montant dépasse
80% de leur salaire. De plus, des heures supplémentaires sont payées
sur une base forfaitaire arrêtée depuis 2015, sans aucune preuve de
leur effectivité. Des agents ont effectué des heures supplémentaires
allant jusqu’à 14 heures par jour.
•L
a répartition du personnel entre les différents postes et départements
est inéquitable et inefficiente. Au moment où des électriciens sont
utilisés comme agent d’accueil, responsable d’hygiène et de sécurité,
standardiste ou assistant de recouvrement, les directions de la
production, du transport et de la distribution sont en manque d’effectif.
En outre, des centres multifonctionnels sont gérés par un seul agent
qui assure à la fois les fonctions techniques et administratives avec
le risque d’arrêt de service en cas d’indisponibilité de ce dernier.
De plus, des Directions et Départements supports tels que la
Direction des Ressources Humaines et le Département chargé du
recouvrement sont dotés en personnel au détriment des Centres et
94
des Départements techniques. Le déploiement d’agents, sans tenir
compte des besoins du service, a entraîné un déséquilibre entre les
services administratifs et les services techniques. Cette lacune dénote
d’une planification peu rigoureuse et d’un plan de carrière déficient.
Gestion de la production
•L
a société EDM-SA n’arrive pas à maîtriser ses coûts d’achat et de
production d’énergie. En effet, l’activité de production (production
propre et achat d’énergie) est fortement dépendante des fournisseurs
d’énergie. En 2018, plus de 72% des quantités d’énergie étaient
achetées auprès des fournisseurs pour un coût d’achat du KWH valant
en moyenne deux fois le prix de cession au client. En outre, la société
EDM-SA a dépensé 118 milliards de FCFA en 2016, 133 milliards
de FCFA en 2017 et 171 milliards de FCFA en 2018 en achat de
combustible et d’énergie soit une hausse de 45% en deux ans. Cette
dépense importante en achat de combustibles est due à l’utilisation
de l’énergie thermique qui représente 66% des énergies produites
par la société EDM-SA et près de 72% de sa production totale.
En conséquence, l’augmentation continue de la part de l’énergie
thermique dans le mix énergétique ne favorise pas la promotion des
énergies renouvelables et accroît considérablement les dépenses
d’achat et de production d’énergie.
•L
a société EDM-SA a conclu des contrats d’achat d’énergie et de
location de centrales qui n’assurent pas la préservation de l’intérêt
général. En effet, en sa qualité d’organisme public, chargé de
l’exécution du service public d’électricité, EDM-SA doit toujours
disposer du droit de modifier ou de résilier unilatéralement un contrat
pour motif d’intérêt général. Privée de droits de modification et de
résiliation unilatérales dans les contrats concernés, elle reste liée
aux clauses contractuelles et indépendamment des conditions du
marché, ce qui renchérit son coût de production d’électricité.
•L
a société EDM-SA a payé des factures d’achat pour des énergies
non enlevées à l’occasion de l’exécution de deux contrats d’achat
d’énergie. En effet, l’application du principe du « Take or Pay » oblige la
société EDM-SA à payer au fournisseur la quantité d’énergie garantie,
que cette quantité ait été produite ou non, enlevée ou non. De plus,
la prise en charge par la société EDM-SA des frais de mobilisation,
de transport et de démobilisation ou la fourniture des combustibles
et de l’huile-moteur nécessaires à la production d’énergie insérée
dans les clauses contractuelles d’achat d’énergie ou de location de
centrales de type BOOT ne lui permet pas de rentabiliser les coûts de
production d’électricité.
Gestion commerciale
•L
a société EDM-SA ne procède pas à la facturation de toutes les
énergies livrées. En effet, des abonnés disposent de compteurs
présentant des anomalies telles que des compteurs illisibles ou
bloqués, empêchant ainsi les relevés et la facturation. En septembre
2019, il a été recensé près de 2 258 compteurs défectueux parmi
lesquels 1 623 étaient bloqués et 193 illisibles. De même, il ressort de
95
ses rapports de gestion que la société EDM-SA n’a débuté le contrôle
des compteurs ISAGO qu’à partir du dernier trimestre 2019. Ces
contrôles ont relevé des falsifications de certains compteurs par les
détenteurs.
• EDM-SA ne fait pas un suivi efficace du recouvrement de ses créances
impayées. En effet, entre 2017 et 2018, le montant cumulé des impayés
(hors éclairage public) est passé de 30,65 milliards de FCFA au
31 décembre 2017 à 52,53 milliards de FCFA au 31 décembre 2018
soit une augmentation de 71% en une année. Le rapport de gestion de
la Direction commerciale et de la clientèle au 31 décembre 2018 fait
apparaître plus de 3,62 milliards de FCFA d’impayés antérieurs à 2017
pour lesquels la société EDM-SA n’est pas en mesure d’entamer des
recours car ne disposant pas de documentation appropriée pour les
soutenir. L’insuffisance du suivi du recouvrement des créances affecte
les performances de la Direction commerciale et par conséquent la
trésorerie de la société.
• EDM-SA n’a pas mis en place un outil favorisant une gestion efficace
de sa clientèle. En effet, des lacunes existent dans le traitement
des demandes d’abonnement et de collecte des recettes, dues aux
dysfonctionnements de la nouvelle version du logiciel de gestion
« clientèle ». Plusieurs opérations sont retardées ou bloquées dans
les différents services à cause des problèmes techniques du logiciel
iWEBS. A titre d’exemple, les mises à jour des comptes des agents
de la société EDM-SA, relevant de la catégorie 7 du personnel de
la société, connaissent des difficultés suite à des problèmes de
correspondance de tables informatiques BI et iWEBS, entraînant ainsi
la non-facturation de montants conséquents.
• EDM-SA ne traite pas les demandes de branchement de manière
efficiente. Elle n’a pas traité les demandes de branchement des clients
dans les délais fixés. En effet, sur un échantillon de 128 dossiers traités,
le délai de 15 jours ouvrés, prévu pour l’établissement des devis de
branchement, n’a pas été respecté pour 17 dossiers soit 13,28%.
Ensuite, le délai de 15 jours ouvrés, prévu pour le branchement à
compter du paiement du devis, n’a pas été respecté pour 83 dossiers
soit 64,84%. Par ailleurs, l’inégalité de traitement des usagers est
caractérisée par le non-respect de l’ordre d’arrivée des demandes. De
plus, lors des demandes de branchement, des agences acceptent des
photocopies de pièces (titres de propriété notamment) sans s’assurer
de leur conformité aux documents originaux.
96
- veiller à la couverture du déficit tarifaire par les subventions de l’Etat ;
- veiller à la mise en place d’autres mécanismes alternatifs pour financer le
déficit tarifaire.
Au Conseil d’Administration :
- assurer son rôle de suivi et de pilotage de la société ;
- assurer le choix et la nomination des Directeurs Généraux de la société
Energie du Mali.
97
98
2.2.2. COLLECTIVITES TERRITORIALES
99
100
[Link]. COMMUNE URBAINE DE BOUGOUNI
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
Gouvernance
• Le Maire n’organise pas des sessions du Conseil Communal avec
efficacité. En effet, les convocations des élus communaux au Conseil
Communal ne sont ni publiées ni enregistrées dans un registre coté
et paraphé par le Représentant de l’Etat dans le Cercle. En outre, les
convocations ne sont pas remises à tous les membres du Conseil
Communal. Le non-respect de ces règles de tenue des sessions ne
favorise pas leur gestion efficace.
• Le Maire ne veille pas sur le fonctionnement adéquat de la fourrière.
En effet, l’encaissement des recettes de la fourrière se fait par le
Régisseur de recettes après négociation du montant à payer entre un
membre de la commission « Cadre de Vie, Voirie et Urbanisme, Eau,
Hygiène et Assainissement, Transport et Electricité, Travaux Publics »
et le propriétaire de l’animal, en violation des délibérations du Conseil
Communal. De plus, aucun document administratif ou comptable
retraçant la situation des animaux saisis, n’existe à la fourrière. Le
manque de suivi du fonctionnement de la fourrière peut empêcher la
Commune d’atteindre l’efficacité attendue et l’expose à un risque de
déperdition de ses recettes.
• Le Maire ne rend pas publics les comptes rendus de sessions. Les
comptes rendus de sessions du Conseil Communal ne sont pas
affichés. Le non-affichage des comptes rendus de sessions ne
101
favorise pas une participation efficace des citoyens à la gestion des
affaires de la Commune.
•L
e Maire ne transmet pas avec efficience des documents au
Représentant de l’État dans le Cercle. En effet, la CUB accuse des
retards de 2 à 7 jours pour la transmission des délibérations et des
Procès-verbaux de sessions au Représentant de l’État. Le non-
respect du délai de transmission des documents au Représentant de
l’État ne lui permet pas d’effectuer un suivi efficace.
•L
e Maire n’a pas mis en place un comité de suivi et d’évaluation du
PDESC. Il n’a pris aucun acte juridique créant ledit comité. L’absence
du comité de suivi et d’évaluation ne favorise pas une gestion efficace
du PDESC par le bureau communal.
102
L’absence de décision de nomination des agents de déclaration par
le Maire remet en cause la fiabilité des déclarations et peut affecter
l’efficacité du service de l’état civil.
• Le Centre Principal ne transmet pas avec efficacité le volet 2 des
registres de naissance, de décès et de déclaration au Représentant
de l’Etat dans le Cercle. Le Centre Principal n’a pas respecté le délai
des quinze jours francs pour la transmission du volet 2 des registres
de naissance, de décès et de déclaration au Représentant de l’Etat. Le
non-respect du délai légal de transmission du volet 2 au Représentant
de l’Etat ne permet pas une gestion efficace des faits d’état civil.
Gestion du personnel
• Le Maire ne tient pas le registre des paiements. En effet, les mentions
des bulletins individuels de paie ne sont reproduites dans aucun
registre. L’inexistence de registre des paiements ne permet pas un
suivi efficace et efficient des rémunérations du personnel contractuel.
• Le Maire ne veille pas au suivi efficace des dossiers du personnel.
En effet, des actes de naissance, des casiers judiciaires, des copies
légalisées de diplôme, des certificats de nationalité, des certificats
de visite et de contre-visite, des attestations de prise de service et
des curriculum vitae manquent dans certains dossiers. La tenue de
dossiers incomplets ne permet pas un suivi efficace du personnel.
• Le Maire n’a mis en place aucun mécanisme de promotion du
personnel contractuel. En effet, la CUB ne procède pas à l’évaluation
des agents contractuels et ces derniers n’avancent pas non plus.
103
L’inexistence d’un système d’évaluation et de promotion ne permet
pas de créer une saine émulation entre les agents, d’accroitre le
niveau de motivation et de performance du personnel.
Gestion du patrimoine
•L
e Comptable-matières ne tient pas tous les documents de la
comptabilité-matières. II n’a pas tenu des documents de base, des
documents de mouvement et des documents de gestion. La non-tenue
de ces documents ne permet pas un suivi efficace du patrimoine de la
Commune.
Irrégularités financières :
Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 205,51 millions de
FCFA.
•L
e Conseil Communal a accordé des avantages indus. Le Conseil a
octroyé au Maire la somme de 125 000 FCFA par mois dont 75 000
FCFA à titre d’indemnité financière et 50 000 FCFA pour la prise en
charge des frais d’électricité et de téléphone de son domicile. Ces
avantages ne sont pas prévus par la réglementation en vigueur. Le
montant total indûment payé au Maire s’élève à 3,87 millions de FCFA
pendant la période sous revue.
•L
e Régisseur de recettes n’a pas reversé au Trésor public des
produits issus de la vente des Dossiers d’Appel d’Offres. Les preuves
de reversement pour un montant de 900 000 FCFA sur un total de
1,85 million de FCFA ont été fournies. Le montant total des produits
de la vente des DAO non reversé est de 950 000 FCFA.
•L
e Maire n’a pas appliqué de pénalités de retard. Les titulaires de deux
marchés de travaux ont dépassé les délais contractuels sans qu’il
n’ait appliqué les pénalités de retard. Ces pénalités non appliquées
s’élèvent à la somme de 8,46 millions de FCFA.
•L
e Président de la Commission économie et finances, développement
et jumelage a irrégulièrement recouvré des loyers des magasins. Il a
encaissé, en lieu et place du Régisseur, les recettes de location des
magasins de l’ancienne autogare. Pendant la période sous revue,
sur un montant total de 5,76 millions de FCFA encaissé au titre des
loyers des magasins, le Président de la commission chargée des
Finances a versé un montant de 1,74 million de FCFA à la régie de
recettes. Le montant total des loyers non reversés par le Président de
la Commission chargée des Finances est de 4,02 millions de FCFA.
•L
e Directeur de l’Académie d’Enseignement (AE) de Bougouni a
soumis à l’ordonnancement du Maire des salaires des enseignants
n’existant pas dans sa commune. En effet, sur la base des états de
salaires établis par l’AE, le Maire a ordonné le paiement des salaires
des enseignants des CT n’exerçant pas dans sa commune. Le
montant total indûment payé, pendant la période sous revue, s’élève
à 126,71 millions de FCFA.
104
• Le Régisseur de recettes n’a pas respecté le tarif minimal du transfert
de lot, fixé par les délibérations. En effet, il a encaissé, au titre de
certains transferts de lots, des montants inférieurs au seuil minimal
requis. Le montant total des minorations, différence entre le seuil
minimal fixé par les délibérations et les montants encaissés par le
Régisseur de recettes pendant les exercices 2018 et 2019 est de
24,48 millions de FCFA. Pour d’autres transferts de lots, aucun
recouvrement de tarif n’a été constaté pour un montant total de
29,52 millions de FCFA. Les recettes totales non encaissées se
chiffrent à 54 millions de FCFA.
• Le Régisseur de recettes a irrégulièrement perçu des recettes. Il a
perçu des recettes en 2017, au titre des transferts de parcelles de
terrain, en l’absence de délibération du Conseil Communal fixant les
frais de transfert par parcelle. Le montant total irrégulièrement perçu
s’élève à 10,12 millions de FCFA.
Au Maire :
- publier les avis de convocation des membres du Conseil Communal et
tenir un registre à cet effet ;
- veiller au fonctionnement adéquat de la fourrière ;
- afficher les comptes rendus de session ;
- respecter le délai de transmission des actes du Conseil Communal au
Représentant de l’État dans le Cercle ;
- mettre en place un comité de suivi et d’évaluation du Plan de Développement
Economique, Social et Culturel fonctionnel ;
- faire tenir le registre d’enregistrement des offres ;
- notifier par écrit aux soumissionnaires non retenus le rejet de leur offre tout
en indiquant les motifs de rejets ;
- respecter les procédures de mise en concurrence lors de l’acquisition des
biens et services ;
- procéder au contrôle de la Régie de recettes ;
- instituer par délibération la Régie de recettes ;
- prendre des décisions de nomination des agents de déclaration de l’état
civil ;
- respecter les délais légaux de transmission des actes et des déclarations
d’état civil ;
- soumettre le plan révisé de lotissement à l’approbation du Gouverneur de
Région ;
- requérir une délibération sur les conditions générales de mise en valeur
des parcelles de terrains ;
105
- exiger une demande régulière préalable à toute attribution de parcelles de
terrain ;
- faire tenir le registre des paiements ;
- veiller au suivi des dossiers du personnel ;
- mettre en place un mécanisme de promotion du personnel contractuel ;
- faire tenir tous les documents de la comptabilité-matières conformément à
la réglementation en vigueur.
Au Receveur-Percepteur :
- procéder au contrôle de la Régie de recettes.
106
[Link]. COMMUNE RURALE DE SIBY
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
Gouvernance
• Le Conseil Communal ne veille pas au fonctionnement des
Commissions de travail. Six (6) Commissions de travail créées par
Délibération n°2017-001/Csy du 12 janvier 2017 au sein de la CRS
ne fonctionnent pas. En effet, le Conseil Communal ne sollicite
pas lesdites commissions sur les préoccupations importantes de
la Commune. Par conséquent, elles n’ont produit aucun rapport
d’études, de conseil ou tout autre document pouvant aider le Conseil
Communal dans la prise de décisions sur les questions importantes
de la Commune.
• Le Maire ne procède pas à la restitution publique de sa gestion. Durant
la période de janvier 2017 à janvier 2019, il n’a pu fournir de preuve
de la restitution publique, notamment l’affichage des avis portant
sur les informations relatives aux dates et lieux de déroulement des
séances de restitution publique, les comptes rendus ou les rapports
de la restitution publique du compte administratif, de l’état annuel
d’exécution du Plan de Développement Economique Social et
Culturel (PDESC) ainsi que de l’état de fonctionnement des organes
et services propres de la Commune. L’absence de restitution publique
de la gestion des affaires de la CRS par le Maire ne favorise pas une
participation efficace des citoyens à la gestion de la Commune.
107
•L
e Maire ne procède pas à l’auto évaluation de la performance de
la CRS suivant l’outil élaboré à cet effet. La non-application de l’outil
d’auto évaluation des Collectivités Territoriales prive les élus et les
différents acteurs de l’opportunité de mettre en commun leurs constats
par rapport à la vie de la collectivité, de dégager des tendances et de
les analyser afin de proposer des actions susceptibles d’améliorer les
pratiques et la performance de la Commune.
Gestion financière
•L
e Maire ne respecte pas le principe de la sincérité budgétaire. Il
ressort du processus d’élaboration du budget que le Mairie de la CRS
n’a pas utilisé les outils adéquats de prévision budgétaire tels que
l’historique des recettes et des dépenses. C’est ainsi que pendant la
période sous revue, les prévisions de dépenses ont largement dépassé
les réalisations pour des montants de 101,77 millions de FCFA,
190,37 millions de FCFA et 121,73 millions de FCFA respectivement
en 2017, en 2018 et en 2019. Il en est de même pour les prévisions
et les réalisations des recettes qui présentent les écarts ci-après :
112,74 millions de FCFA, 196,66 millions de FCFA et 144,04 millions
de FCFA respectivement en 2017, 2018 et 2019. Le non-respect du
principe de la sincérité budgétaire ne permet pas à la CRS d’atteindre
ses objectifs fixés.
•L
e Receveur-Percepteur du Cercle de Kati ne procède pas au
recouvrement intégral des impôts et taxes de la CRS établis
par voie de rôle. La performance de la Commune en matière de
recouvrement d’impôts et taxes baisse d’année en année. Ainsi, le
taux de recouvrement des impôts et taxes est de 56%, 30% et 18%
respectivement en 2017, 2018 et 2019. Le non-recouvrement des
impôts et taxes réduit les capacités d’investissement et ne permet pas
l’atteinte des objectifs de développement de la CRS avec efficience.
•L
e Receveur-Percepteur du Cercle de Kati, Comptable assignataire,
et le Maire ne vérifient pas la Régie de recettes. Ils ne procèdent
pas aux contrôles et vérifications sur place et sur pièces de la Régie
de recettes. L’absence du contrôle de la Régie de recettes par le
Comptable assignataire et le Maire ne permet pas de détecter et
de prévenir les risques d’irrégularités dans la comptabilisation des
recettes, toute chose qui compromet l’efficacité et l’efficience de la
gestion financière de la CRS.
•L
e Contrôleur financier n’effectue pas tous les contrôles requis. En
effet, il n’a pas établi de rapport trimestriel d’ensemble sur la situation
financière de la CRS exigé par la réglementation en vigueur. Le défaut
de production de ces rapports trimestriels d’ensemble sur la situation
financière de la CRS ne permet pas à l’exécutif communal de faire un
suivi efficace de l’exécution budgétaire et du plan de trésorerie.
•L
es Régisseurs d’Avances et de Recettes n’ont pas constitué de
cautionnement avant d’entrer en fonction. Ils n’ont pas pu fournir la
preuve de la constitution de la caution de 300 000 FCFA exigée par la
réglementation en vigueur. Le défaut de fourniture de caution par les
Régisseurs prive la CRS de couverture contre les risques de gestion.
108
Gestion domaniale et foncière
• Le Maire et le Conseil Communal n’ont pas mis en œuvre le Schéma
Directeur d’Urbanisme de la ville de Siby et environs, adopté par
décret pris en Conseil des ministres depuis 2011. La ville de Siby
et environs n’ont pas fait l’objet de lotissement et les populations
continuent d’occuper anarchiquement les espaces. La non mise en
œuvre du Schéma Directeur d’Urbanisme ne favorise pas une gestion
efficace et efficiente des ressources de la Collectivité. Elle ne permet
pas, non plus, l’aménagement des espaces publics en fonction de
leur vocation respective.
• Le Maire n’a pas la maîtrise du patrimoine immobilier de la Commune.
En effet, la CRS ne dispose pas de titres de propriété sur des immeubles
qu’elle exploite et dont elle assure l’entretien. Il s’agit des immeubles
du domaine privé immobilier de l’Etat pour lesquels il n’existe ni décret
d’affectation, ni acte de cession au profit de la CRS. L’absence de titre
de propriété sur les biens immobiliers exploités par la Commune ne
favorise pas une gestion efficace de son patrimoine et ne lui permet
pas d’exercer sur lesdits immeubles un droit de propriété avec tous
ses attributs.
Gestion du personnel
• Le Maire ne procède pas à un suivi efficace de la carrière du personnel
fonctionnaire. En effet, il ne procède pas régulièrement à la notation
de certains agents. L’établissement des derniers bulletins de notation
desdits agents remonte à 2006 pour certains et à 2009 pour d’autres.
Ainsi, de ces dates à la période sous revue, faute de notation, les
agents concernés n’ont pas bénéficié d’avancement ni en échelon ni
en grade.
109
Gestion du patrimoine
•L
e Maire ne veille pas à la tenue de la comptabilité-matières. Il n’a
proposé à la nomination aucun comptable-matières et n’a pris aucune
disposition pour la tenue des documents de la comptabilité-matières.
La non-tenue de la comptabilité-matières ne favorise pas une gestion
efficace du patrimoine mobilier et immobilier de la Commune.
•L
e Maire n’a pas mis en place les commissions de réception. Pendant
la période sous revue, il n’a pris aucune décision pour mettre en place
les commissions de réception lors des acquisitions qui l’exigeaient.
Ces acquisitions ont toutes fait l’objet de procès-verbaux de réception
en l’absence de commissions de réception créées à cet effet. La non-
mise en place des commissions de réception affecte l’économie et
l’efficience des acquisitions de biens et services de la commune.
Irrégularités financières :
Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 27,44 millions de FCFA.
•L
e Maire a ordonné le paiement des dépenses irrégulières. En 2018,
il a autorisé le paiement des dépenses dont le montant dépasse la
dotation sur le chapitre budgétaire concerné dans le budget adopté
par le Conseil Communal et approuvé par l’autorité de tutelle. Le
montant total du dépassement budgétaire s’élève à 1,11 million de
FCFA.
•L
e Maire a perçu des recettes irrégulières au titre des frais
d’établissement des Permis d’Occuper (PO). En effet, le Maire a établi
des PO sur des parcelles détenues par des familles en vertu des
droits coutumiers. Cependant, lesdites parcelles non immatriculées et
n’ayant pas fait l’objet d’affectation ou de cession à la CRS, relèvent
encore du domaine privé immobilier de l’Etat. A ce titre, elles ne peuvent
faire l’objet de morcellement par le Maire car elles ne relèvent pas
du domaine privé immobilier de la CRS. Le montant irrégulièrement
perçu, suite à ces morcellements, s’élève à 24,52 millions de FCFA.
•L
e Régisseur de recettes n’a pas justifié le reversement du montant
total des valeurs mises à sa disposition. En effet, sur un montant total
de 2,55 millions de FCFA de vignettes vendues au titre de l’exercice
2017, le Régisseur de recettes a reversé à la Perception de Kati un
montant de 2,2 millions de FCFA, soit un reliquat non reversé de
353 500 FCFA. Aussi, un stock de vignettes non vendues d’un montant
total de 1,45 million de FCFA n’a pas été justifié. Le montant total non
justifié s’élève à 1,80 million de FCFA.
Au Conseil Communal :
- veiller sur le bon fonctionnement des commissions de travail ;
- mettre en œuvre le Schéma Directeur d’Urbanisme de la ville de Siby et
environs ;
110
Au Maire :
- procéder à la restitution publique de sa gestion conformément aux textes
en vigueur ;
- procéder régulièrement à l’auto évaluation de la performance de la
Commune ;
- respecter le principe de la sincérité budgétaire ;
- procéder à la vérification de la Régie de recettes conformément à la
réglementation en vigueur ;
- mettre en œuvre le Schéma Directeur d’Urbanisme de la ville de Siby et
environs ;
- recenser tous les immeubles bâtis et non bâtis devant être dévolus à
la Commune et prendre les dispositions pour leur intégration dans son
patrimoine ;
- veiller à la clôture et à l’arrêté des registres d’actes de l’état civil au
31 décembre de chaque année ;
- procéder à la notation du personnel fonctionnaire conformément à la
réglementation en vigueur ;
- veiller à la tenue de la comptabilité-matières de la commune conformément
à la réglementation en vigueur ;
- constituer, conformément aux textes en vigueur, des commissions de
réception lors des acquisitions de biens et services.
Au Régisseur de Recettes :
- payer la caution exigée conformément à la réglementation en vigueur.
Au Régisseur d’Avances :
- payer la caution exigée conformément à la réglementation en vigueur.
Au Contrôleur financier :
- produire les rapports trimestriels d’ensemble sur la situation financière de
la commune.
111
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :
112
[Link]. COMMUNE RURALE DE GUEGNEKA (FANA)
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
Gouvernance
•L
e Maire ne fait pas enregistrer les délibérations du Conseil Communal
et les convocations des conseillers communaux dans un registre
coté et paraphé par le Représentant de l’Etat dans le Cercle. Les
délibérations du Conseil Communal de la période sous revue ainsi
que les convocations des conseillers n’ont pas été enregistrées
dans le registre coté et paraphé par le Représentant de l’Etat dans
le Cercle. Le non-enregistrement systématique des délibérations du
Conseil Communal ne permet pas d’assurer un contrôle efficace de
leur exécution.
•L
e Maire ne procède pas régulièrement à la convocation des
Conseillers communaux aux sessions ordinaires. Il n’a adressé
aucune convocation aux conseillers durant l’année 2017. La non-
convocation des Conseillers communaux peut affecter la qualité des
débats et des décisions prises.
•L
e Maire n’organise pas de débat public lors de l’élaboration du projet
de budget communal et ne consulte pas les Conseils de village. La
non-tenue des débats publics et des consultations des Conseils ne
permet pas de s’assurer de la prise en charge des préoccupations
de la population et de la transparence du processus d’élaboration du
budget.
113
•L
e Maire ne fait pas de restitution de l’état d’exécution du Plan de
Développement Economique, Social et Culturel (PDESC). Cette
restitution publique est de nature à assurer l’efficacité du programme
établi. L’absence de restitution de l’état d’exécution du PDESC prive
les citoyens d’exercer leur droit de contrôle sur la gestion des affaires
communales.
Gestion financière
•L
e Maire n’a pas fait établir les rôles d’impôts forfaitaires pendant
la période sous revue. La mobilisation des recettes, notamment les
impôts forfaitaires, constitue un enjeu majeur pour le développement
local. Le non-établissement des rôles d’impôts ne permet pas de
déterminer le nombre de contribuables soumis aux différentes
catégories d’impôts ainsi que des sommes dont ils sont redevables au
titre de l’exercice budgétaire et prive la Commune de ses ressources.
•L
e Maire n’élabore pas les budgets communaux avec efficacité. Il n’a
pas élaboré les budgets communaux des exercices 2017, 2018 et
2019 en tenant compte des sources de recettes existantes. Il ne
tient pas un répertoire des biens et produits de la Commune et les
prévisions de recettes budgétaires dépassent largement les
réalisations. Le recensement non-exhaustif des biens et produits de
la Commune et l’écart important entre les prévisions et les réalisations
sont de nature à affecter l’atteinte des objectifs.
•L
e Maire, le Percepteur et le Chef de centre des impôts de la
Commune ne font pas un suivi efficace des recettes. En effet, le Maire
ne suit pas régulièrement les opérations de perception des recettes
et les poursuites éventuelles entreprises par le Percepteur. De plus,
le Percepteur et le Chef de centre des impôts n’ont effectué aucune
poursuite en vue de recouvrer les recettes dues. Cette insuffisance
s’est traduite par une réduction significative des recettes recouvrées
par rapport aux prévisions.
•L
e Maire, qui s’est érigé en comptable de fait, n’a pas procédé au
recouvrement intégral des redevances du contrat de délégation
du recouvrement des taxes sur le marché. Sur un montant de
21,6 millions de FCFA dû par le délégataire, il n’a recouvré et
reversé que 5,05 millions de FCFA, soit un écart non recouvré de
16,55 millions de FCFA. Le Maire n’a pas également transmis le
contrat au Percepteur pour prise en charge dans sa comptabilité.
•L
e Maire n’a pas recouvré l’intégralité des loyers d’un contrat de bail.
Durant la période sous revue, le montant total des loyers à percevoir
s’élève à 1,8 million de FCFA sur lequel le Maire n’a reversé qu’un
montant de 260 000 FCFA au titre de l’exercice 2017, d’où un reliquat
non reversé de 1,54 million de FCFA.
•L
e Maire n’a pas reversé des produits de transferts de parcelles de
terrain dans les comptes de la Commune. En effet, le nombre de
transferts de parcelles de terrain s’élève à 2 804 dont 1 203 en 2017
et 1 601 en 2018. Au prix unitaire de 5 000 FCFA par transfert en 2017
et 10 000 FCFA en 2018, le montant total des transferts de parcelles
de terrain est de 22,03 millions de FCFA sur lequel 11,40 millions de
FCFA ont été reversés. L’écart non reversé s’élève à la somme de
10,62 millions de FCFA.
•L
e Maire n’a pas reversé des produits de cessions de parcelles de
terrain dans les comptes de la Commune. Il n’a pas reversé dans
les comptes de la Commune la somme de 13,8 millions de FCFA
représentant le prix de cessions de 23 parcelles.
•L
e Maire n’a pas reversé les recettes issues de la délivrance de
Concessions Rurales d’Habitation. Il a délivré 418 Concessions
Rurales d’Habitation pour un montant total de 12,54 millions de
FCFA. Sur ce montant, aucun reversement n’a été effectué dans les
comptes de la Commune.
•L
e Maire n’a pas reversé la totalité des recettes liées à la délivrance
des actes de mariage. En effet, sur un total de 1 013 mariages
célébrés dont 409 pendant les jours non ouvrables et 604 mariages
pendant des jours ouvrables, les comptes administratifs des périodes
concernées ne mentionnent qu’un montant total perçu de 5,42 millions
de FCFA au lieu de 10,87 millions de FCFA, soit un écart non reversé
de 5,45 millions de FCFA.
•L
e Trésorier Payeur Régional n’a pas reversé au Percepteur de Fana
la totalité de la part communale des patentes. Sur un montant total de
3,61 millions de FCFA de patentes représentant la part communale,
le Percepteur de Fana n’a reçu que 156 000 FCFA de la part du
Trésorier Payeur Régional de Koulikoro, soit un écart non reversé de
3,45 millions de FCFA.
115
QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS
CONSTATES ?
Au Maire :
- faire enregistrer systématiquement les délibérations du Conseil communal
dans le registre coté et paraphé par le Représentant de l’Etat dans le
Cercle ;
- convoquer les Conseillers communaux conformément à la réglementation ;
- organiser les débats publics et les consultations des Conseils de village
conformément à la réglementation ;
- restituer l’état d’exécution du Plan de Développement Economique Social
et Culturel ;
- veiller à l’établissement des rôles d’impôts forfaitaires conformément à la
réglementation ;
- évaluer les recettes et les dépenses prévisionnelles sur la base
d’informations sincères ;
- faire un suivi régulier du recouvrement des recettes ;
- veiller à la tenue des documents de la comptabilité-matières ;
- procéder à la nomination d’un fonctionnaire des collectivités ou de l’Etat,
ayant le profil et les compétences nécessaires à l’exercice des missions
de comptable-matières ;
- requérir la délibération du Conseil communal pour toute opération de
lotissement.
116
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :
117
118
2.3. VERIFICATIONS DE SUIVI
DES RECOMMANDATIONS
119
Le BVG a, au cours de l’année 2020, exécuté cinq (5) missions de suivi des
recommandations sur des vérifications réalisées en 2017, 2018 et 2019.
Ces missions totalisent 83 recommandations sur lesquelles deux (2) sont
non applicables. Une recommandation est classée non applicable lorsque
les raisons qui lui ont donné lieu n’existent plus ou parce que la question a
été remplacée par un nouveau processus ou programme.
Ainsi, l’évaluation des 81 recommandations applicables a donné les résultats
ci-après :
- 24 entièrement mises en œuvre, soit 30% ;
- 25 partiellement mises en œuvre, soit 31% ;
- 32 non mises en œuvre, soit 39%.
Au titre des recommandations entièrement mises en œuvre, le taux moyen
de 30% sur l’ensemble des cinq (5) entités suivies n’est pas satisfaisant.
Toutefois, l’analyse par entité révèle que « Aéroports du Mali » et la
Commune Urbaine de Koulikoro ont réalisé des taux supérieurs à cette
moyenne avec respectivement 43% et 42%.
S’agissant des recommandations non mises en œuvre, les taux les plus
élevés sont constatés à la Commune Rurale de Baguineda-Camp avec
62% et à « Aéroports du Mali » avec 57%. Des efforts importants doivent
être fournis par les cinq (5) entités afin d’améliorer leurs résultats respectifs.
Le détail est donné dans le tableau ci-après :
120
Tableau n°1 : Etat de mise en œuvre des recommandations par les structures vérifiées
Niveau de mise en œuvre des recommandations
Vérification de performance
du système de mise à
disposition des médicaments 19 0 19 5 26 8 42 6 32
aux clients par la Pharmacie
Populaire du Mali
Vérification de performance
de la gouvernance et la
gestion administrative du 30 2 28 6 21 15 54 7 25
Centre Hospitalier
Universitaire Gabriel Touré
121
Schématiquement, la misela
Schématiquement, enmise
œuvreen
desœuvre
recommandations se présente comme
des recommandations se présente
suit :
comme suit :
30%
39%
Nombre de recommandations
entièrement mises en œuvre : 24
Nombre de recommandations
partiellement mises en œuvre : 25
Nombre de recommandations non
mises en œuvre : 32
31%
126
122
2.3.1. ORGANISMES PERSONNALISES
DE L’ETAT
123
124
[Link]. CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE GABRIEL TOURE
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
125
- à la délibération du CA sur toutes les attributions relevant de ses
prérogatives : sept (7) attributions sur un total de dix-sept ont fait
l’objet de délibérations du CA. Ces attributions sont relatives aux actes
d’administration et de gestion ;
- à l’adoption et l’exigence de la mise en œuvre du manuel de
procédures administratives, financières et comptables, des fiches de
poste, du cadre organique et de l’organigramme : seul l’organigramme
a été soumis par la Direction au CA qui l’a adopté ;
- au suivi par le CA de la conformité des créations de départements,
services et unités aux dispositions réglementaires : des
départements prévus n’ont pas été créés et ceux créés,
excepté le laboratoire galénique, n’étaient pas fonctionnels
conformément au Décret n°2016-0475/P-RM du 7 juillet 2016
fixant les modalités d’organisation et de fonctionnement des services
des établissements publics hospitaliers ;
- à la production et à la soumission au CA de toutes les informations
et questions relevant de ses attributions et les outils nécessaires à
une gestion efficace : neuf (9) questions et outils sur un total de dix-huit
(18) ont été soumis par la Direction Générale au CA pour approbation.
Ces attributions sont relatives aux actes d’administration et de gestion ;
- à l’élaboration et la soumission à l’approbation du CA des outils
nécessaires à une gestion efficace : seul l’organigramme a été élaboré
et soumis, par la Direction Générale, à l’approbation du CA ;
- à la définition de la responsabilité de l’hôpital dans les contrats de
garde : le CHU-GT continue d’avoir recours aux contrats de garde pour
résorber les besoins cruciaux en personnel infirmier et médical. Toutefois,
la Direction de l’hôpital a créé une commission ad hoc de recrutement
pour la reconversion des contrats de garde en contrat de travail ;
- au fonctionnement du Comité de Direction et des autres organes
consultatifs ainsi qu’au renouvellement des mandats des membres
sortants : les différents organes ont été renouvelés par différentes
décisions et le comité de direction s’est réuni. Toutefois, des organes n’ont
pas tenu toutes les réunions conformément à la réglementation. A titre
illustratif, la commission médicale d’établissement s’est réunie une fois au
lieu de quatre (4) fois et les deux (2) comités techniques n’ont pas tenu les
deux (2) réunions minimales exigées ;
- à la tenue régulière de tous les documents de la comptabilité-
matières : le livre-journal et le Procès-Verbal de Réception sont tenus
régulièrement. Toutefois, les fiches détenteurs ne sont pas à jour. Le
magasin ne dispose pas de fiches casiers. Les matériels ne sont pas tous
codifiés. Le rapport d’inventaire de 2019 n’a pas été fourni. Le nouveau
logiciel de gestion de la comptabilité-matières, acquis en fin 2019, n’est
pas opérationnel ;
-a
u déploiement et au fonctionnement du logiciel utilisé au bureau
des entrées pour prendre en charge tous les actes médicaux
effectués par les services : seule la Direction Générale est connectée au
bureau des entrées. La pharmacie du CHU-GT dispose du même logiciel que
le bureau des entrées, mais les deux services ne sont pas interconnectés ;
126
- au respect des dispositions réglementaires relatives à l’organisation
et au fonctionnement des EPH ainsi que celles relatives aux
pharmacies hospitalières : l’hôpital dispose d’une salle de stérilisation
ne correspondant pas aux normes. La pharmacie dispose d’un laboratoire
galénique. En revanche, le département de médecine et de spécialités
médicales ne dispose pas de services de médecine de travail, de médecine
légale, d’oncologie, de néphrologie-hémodialyse et de rhumatologie ;
- à l’élaboration et à l’exécution d’un plan prévisionnel d’entretien
préventif élargi à tous les équipements médicaux et biomédicaux :
le CHU-GT dispose d’un plan prévisionnel d’entretien mais non mis en
œuvre ;
- à la mise en place d’une procédure de traitement et de validation des
intéressements payés aux agents : la Délibération n°001/CA-CHU-GT
du 18 septembre 2019 du CA autorise l’octroi de jetons de présence et
autres primes au personnel du CHU-GT. Toutefois, le texte réglementant la
répartition des ristournes à l’ensemble du personnel n’est pas disponible ;
- à la dotation de l’hôpital d’un plateau technique requis, notamment
la pédiatrie, la réanimation, le laboratoire et le département
médicotechnique : les activités du service d’imagerie médicale et celles
du scanner ont démarré. De même, le département médicotechnique est
opérationnel. Les blocs opératoires ont été rééquipés d’appareils ultra
modernes. Le service néonatologie de la pédiatrie a été rééquipé de
couveuses neuves de plus de 50 berceaux, de lampes photothérapies,
d’incubateurs, d’aspirateurs, de scopes, etc. Le laboratoire a été équipé et
rénové. Toutefois, des défaillances demeurent par rapport au respect des
normes. La stérilisation des matériels par Poupinel continue d’être exercée
dans les blocs opératoires malgré la proscription de cette méthode en
milieu hospitalier. Les salles d’hospitalisation sont délabrées, surchargées,
inadaptées et les couloirs encombrés par les accompagnants. Aussi
l’architecture du bâtiment de la réanimation n’est pas adaptée aux normes
d’un service de réanimation. Le service d’urgence pédiatrique ne répond à
aucune norme internationale à cause de la faiblesse du plateau technique ;
- à la dotation du laboratoire en consommables et réactifs nécessaires
à son fonctionnement : le laboratoire a été rénové, rééquipé et doté de
consommables, de réactifs nécessaires à son fonctionnement. Néanmoins,
les équipements des examens bactériologiques ne sont toujours pas
opérationnels en raison de l’étroitesse du local.
127
Recommandations non applicables :
Elles sont relatives à l’adoption du projet d’établissement du CHU-GT par
le CA et la gestion de l’hôpital suivant le contrat pluriannuel d’objectifs et
de moyens conclu avec le département : le projet d’établissement n’a pas
été soumis à l’approbation du CA jusqu’à la prescription du délai imparti.
A ce jour, le CHU-GT reste le seul hôpital de 3ème référence non doté d’un
projet d’établissement selon l’Agence Nationale d’Evaluation des Hôpitaux
(ANEH). En l’absence d’un projet d’établissement validé, il est impossible
pour la Direction de l’hôpital de conclure des contrats pluriannuels d’objectifs
et de moyens avec le Ministère chargé de la Santé.
L’état de mise en œuvre des recommandations est présenté dans le
graphique ci-après :
21%
25%
Nombre de recommandations
entièrement mises en œuvre : 6
Nombre de recommandations
partiellement mises en œuvre : 15
Nombre de recommandations non
mises en œuvre : 7
54%
132
128
[Link]. PHARMACIE POPULAIRE DU MALI
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
129
- à la mise en place du Comité de suivi du contrat-plan : les noms
des représentants des structures ont été communiqués au Ministre de
l’Economie et des Finances pour la mise en place du nouveau comité.
Cependant, aucun acte administratif n’a été pris pour formaliser la mise
en place dudit Comité ;
- au respect par la PPM de ses engagements applicables du contrat
relatifs à la collecte et à la validation des expressions de besoins
des structures sanitaires : les besoins des structures sanitaires ont été
collectés. Cependant, la PPM n’a pas fourni la preuve de la validation de
ces besoins en présence de l’ensemble des structures sanitaires ;
- à l’exigence aux fournisseurs du paiement de la redevance de
régulation des marchés : sur les quarante (40) marchés examinés, quatre
(4) ne portent pas le cachet de paiement de la redevance de régulation ;
- au reversement, à l’Autorité de Régulation des Marchés Publics
et de Délégation de Service public (ARMDS), de la totalité de sa
part des produits issus de la vente des Dossiers d’Appel d’Offres
(DAO) : la PPM a reversé la totalité de la part de l’ARMDS sur les produits
issus de la vente des DAO de 2020. Cependant, pour l’année 2019, elle
n’a pas reversé à l’ARMDS les 20% du montant de 19 millions de FCFA
des produits de la vente des DAO, soit 3,8 millions de FCFA ;
- au reversement, sur le compte bancaire de la PPM, des produits issus
de la vente des DAO : en 2020, la PPM a reversé la totalité des produits
issus de la vente des DAO sur son compte bancaire. Cependant, en 2019,
aucun reversement n’a été opéré ;
- à la mise en place d’un mécanisme de recouvrement de ses créances :
la PPM a pris une note de service pour le suivi des bons de commande, le
compte rendu mensuel du niveau de recouvrement et l’état des mandats
au niveau du Trésor public. Cependant, elle n’arrive toujours pas à donner
la situation exacte du niveau de recouvrement des créances ;
- au système de stockage garantissant une bonne conservation : les
conditions de stockage sur les différents sites se sont substantiellement
améliorées pour une bonne conservation des produits pharmaceutiques.
Cependant, des produits avariés non réceptionnés existent toujours dans
l’entrepôt. La zone de quarantaine n’est pas respectée entre les produits
livrés mais non encore analysés par le Laboratoire National de Santé
(LNS) et les autres produits du magasin de réception. Les produits restent
également en stock même après l’établissement du bordereau de transfert.
130
L’état de mise en œuvre des recommandations est présenté dans le
graphique ci-après :
131
132
[Link]. AEROPORTS DU MALI
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
43%
Nombre de recommandations
entièrement mises en œuvre : 6
Nombre de recommandations
non mises en œuvre : 8
57%
137
134
2.3.2. COLLECTIVITES TERRITORIALES
135
136
[Link]. COMMUNE RURALE DE BAGUINEDA-CAMP
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
137
En ce qui concerne les recommandations non mises en œuvre, aucune action n’a été
Recommandations
entreprise non mises
par la Mairie de la Commune en de
Rurale œuvre :
Baguineda-Camp pour leur application. Ces
En ce qui concerne
recommandations lesà recommandations
sont relatives non passés
la notification des marchés mises par
en bon
œuvre, aucune
de commande
aux action n’a été
attributaires, entreprise
la tenue par la Commune
des documents Rurale de Baguineda-Camp
de la comptabilité-matières, la nomination du
pour leur application.
Comptable-matières par arrêtéCes recommandations
conjoint sont
du Ministre chargé desrelatives
Finances àetla
dunotification
Ministre de
des marchés passés par bon de commande aux attributaires, la tenue
Tutelle, l’élaboration d’un plan annuel de passation de marchés et la constitution de cautions
des documents de la comptabilité-matières, la nomination du Comptable-
par les Régisseurs
matières par de recettes
arrêté et de dépenses.
conjoint du Ministre chargé des Finances et du Ministre
de Tutelle, l’élaboration d’un plan annuel de passation de marchés et la
L’état de mise en œuvre des recommandations est présenté dans le graphique ci-dessous.
constitution de cautions par les Régisseurs d’Avances et de recettes.
L’état de mise en œuvre des recommandations est présenté dans le
graphique ci-dessous :
25%
Nombre de recommandations
entièrement mises en œuvre : 2
Nombre de recommandations
partiellement mises en œuvre : 1
Nombre de recommandations
non mises en œuvre : 5
62%
13%
141
138
[Link]. COMMUNE URBAINE DE KOULIKORO
QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?
QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?
L’état de mise
avant touteenopération
œuvre des d’achat,
recommandations est présenté
à l’admission dans le graphique
des factures ci-dessous.
comportant toutes
les mentions obligatoires, à la tenue d’une comptabilité-matières régulière,
au recouvrement des subventions ne respectant pas les dispositions
réglementaires et à l’octroi des lots à usage d’habitation conformément aux
textes en vigueur.
L’état de mise en œuvre des recommandations est présenté dans le
graphique ci-dessous :
42%
50%
Nombre de recommandations
entièrement mises en œuvre : 5
Nombre de recommandations
partiellement mises en œuvre : 1
Nombre de recommandations
non mises en œuvre : 6
8%
143
140
CHAPITRE III
EVALUATION DE POLITIQUE
PUBLIQUE
141
142
3.1. EVALUATION DE POLITIQUE PUBLIQUE
143
L’évaluation des politiques publiques (EPP) fait partie des missions
du Vérificateur Général depuis son institution par la Loi n°03-30 du 25
août 2003. Cependant, les outils indispensables à cette mission n’étant
pas disponibles, le BVG n’a pu initier ce chantier. Grâce à l’appui du
Gouvernement du Canada, à travers le Projet dénommé « Redevabilité
Publique et Participation des Femmes au Mali (RPPFM) », les outils
d’évaluation des politiques publiques ont été élaborés en 2019 et mis à la
disposition du personnel du BVG en 2020 pour appropriation. En vue de
tester lesdits outils et de les soumettre à l’épreuve de la pratique, le BVG a
initié sa toute première mission d’EPP.
A cet effet et conformément à l’article 2 de la Loi n°2012-009 du 8 février
2012 abrogeant et remplaçant la Loi n°03-30 du 25 août 2003 l’instituant,
le Vérificateur Général a, par lettre n°conf.0395/2019/BVG du 15 octobre
2019, saisi le Premier ministre, chef du Gouvernement, à l’effet de l’autoriser
à engager des évaluations test de politiques publiques. En réponse suivant
lettre confidentielle n°0805/PM-CAB du 25 octobre 2019, le Premier
ministre a autorisé le Vérificateur Général à procéder à l’évaluation de trois
politiques publiques dont le Programme de Développement Socio-Sanitaire
(PRODESS). Ainsi, dans l’optique de mieux circonscrire le mandat de
la mission tout en ayant une vision claire et précise de l’intervention, le
Vérificateur Général a décidé d’évaluer la mise en œuvre de la Composante
« Santé et Hygiène publique » de la phase III du PRODESS couvrant la
période 2014-2018.
Les principales conclusions auxquelles la mission d’évaluation est parvenue
font état de l’existence de nombreuses faiblesses qui n’ont pas favorisé
l’atteinte des résultats escomptés. C’est pourquoi, la mission d’évaluation
a fait des recommandations dont la mise en œuvre pourrait rehausser
l’efficacité du PRODESS, améliorer sa gouvernance et optimiser les effets
sur la population malienne.
144
3.1.1. PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT SOCIO-SANITAIRE-
PHASE III COMPOSANTE « SANTE ET HYGIENE PUBLIQUE »
145
- l’augmentation de l’offre et de l’utilisation des services de santé de
qualité ;
- un meilleur accès, une meilleure qualité et utilisation des produits
pharmaceutiques ;
- la disponibilité des ressources humaines qualifiées, compétentes,
performantes et de façon équitable ;
- une meilleure gouvernance du système de santé.
Les activités planifiées en vue de l’atteinte de ces 9 objectifs se rapportent
essentiellement à l’acquisition de matériels sanitaires, à la formation du
personnel médical, à la construction d’infrastructures de santé, à l’achat de
médicaments, de réactifs et de vaccins, etc.
Mandat
La présente évaluation est une mission pilote d’EPP. Elle porte sur la
composante 1 « Santé et Hygiène Publique » du PRODESS III dont la
période de mise en œuvre s’étend de 2014 à 2018.
Utilité
Le choix de cette évaluation de la composante « Santé et Hygiène Publique
» du PRODESS III n’est pas fortuit, car ses conclusions pourraient servir de
leviers d’ajustement du prochain PRODESS qui n’a pas encore connu un
début d’exécution.
Méthodologie
La mission a abordé l’évaluation à travers six questions regroupées en
trois sous-ensembles liés aux grands questionnements de performance
des politiques publiques à savoir l’efficacité, la gouvernance et les effets.
Ces questions d’évaluation ont été retenues sur la base d’une analyse des
besoins prioritaires d’information sur le programme.
Une méthodologie mixte de collecte et d’analyse de données a été
déployée pour répondre aux questions d’évaluation, en mettant l’accent
sur les réalités de terrain vécues par la population malienne. Ainsi, en plus
d’entrevues menées auprès des acteurs de la santé aux niveaux central,
régional et local, la mission a réalisé un sondage auprès des prestataires et
des bénéficiaires des services de santé et une étude de cas sur la référence/
évacuation.
La méthodologie suivie pour l’évaluation a permis de répondre
rigoureusement aux questions d’évaluation posées. Grâce aux visites
de terrain et aux activités de dissémination des résultats, la situation du
secteur de la santé au Mali a bien été circonscrite. Toutefois, comme la
mission n’a pu se rendre dans des zones moins sécurisées du pays, on
ne pourrait étendre les résultats de la présente évaluation à l’ensemble du
territoire, notamment aux régions du nord et du centre, où les réalités de
la santé pourraient différer fortement, et où une méthodologie d’évaluation
entièrement distincte aurait très certainement été nécessaire pour mieux
comprendre ces réalités.
146
RESULTATS
Les résultats sont les principales conclusions auxquelles l’évaluation
est parvenue. Ils peuvent être considérés comme les réponses qu’elle a
apportées aux six questions d’évaluation formulées en lien avec l’efficacité,
la gouvernance et les effets du PRODESS.
Ainsi, les travaux de collecte et d’analyse de données ont abouti aux
résultats ci-dessous :
EFFICACITE
L’efficacité est un questionnement qui permet d’établir une corrélation
entre les résultats produits par le PRODESS III et les objectifs assignés. A
cet effet, la mission devait répondre à 3 questions d’évaluation en vue de
conclure sur l’efficacité du PRODESS III.
Question
EFFICACITEd’évaluation 1 : Les objectifs assignés au PRODESS III ont-ils
été atteints
L’efficacité ? questionnement qui permet d’établir une corrélation entre les résultats produits
est un
par le PRODESS III et les objectifs assignés. A cet effet, la mission devait répondre à 3 questions
L’efficacité, tant stratégique qu’opérationnelle du PRODESS III, est limitée
d’évaluation en vue de conclure sur l’efficacité du PRODESS III.
car la majorité des objectifs assignés n’ont pas été atteints. Sur de nombreux
indicateurs de suivi
Question d’évaluation duobjectifs
1 : Les programme,
assignés audes progrès
PRODESS III ont-ilssont perceptibles,
été atteints ? mais
lents, et ils n’ont pas atteint les cibles escomptées en 2018.
L’efficacité, tant stratégique qu’opérationnelle du PRODESS III, est limitée car la majorité des
Les principales
objectifs faiblesses
assignés n’ont quiSur
pas été atteints. affectent
de nombreuxl’efficacité
indicateurs dedusuivi
PRODESS
du programme,IIIdes
sont
essentiellement dues à un manque de moyens auquel les acteurs
progrès sont perceptibles, mais lents, et ils n’ont pas atteint les cibles escomptées en 2018. de
la santé font face, en raison du mode de financement du programme, à
Les principales faiblesse qui affectent l’efficacité du PRODESS III sont essentiellement dues à un
l’insuffisance et à la mauvaise répartition des ressources humaines et à un
manque de moyens auquel les acteurs de la santé font face, en raison du mode de financement du
déficit de coordination entre les actions menées dans le cadre de la mise en
programme, à l’insuffisance et à la mauvaise répartition des ressources humaines et à un déficit de
œuvre de l’intervention. A cela, il faut ajouter la faible marge de manœuvre
coordination entre les actions menées dans le cadre de la mise en œuvre de l’intervention. A cela, il
des hôpitaux sur
faut ajouter la faible le de
marge plan financier.
manœuvre Au demeurant,
des hôpitaux certains
sur le plan financier. objectifs
Au demeurant, ont
certains
certainement été formulés
objectifs ont certainement de de
été formulés manière tropambitieuse,
manière trop ambitieuse, toutequichose
toute chose qui ne
ne permettait
permettait
pas l’atteinte pas l’atteinte des résultats.
des résultats.
Question d’évaluation
Question d’évaluation 2 :deLe
2 : Le mode mode dedufinancement
financement PRODESS III a-t-ildu PRODESS
favorisé IIIdes
la réalisation a-t-il
favorisé la réalisation
activités prévues ? des activités prévues ?
Le mode
Le mode de de financement
financement du PRODESSdu n’a
PRODESS
pas favorisé lan’a pas favorisé
réalisation la prévues.
des activités réalisation des
En effet, le
activités prévues. En effet, le financement du système sanitaire constitue
financement du système sanitaire constitue le frein principal à l’efficacité du PRODESS III. Avec moins le
frein
de 5%principal à l’efficacité
du budget d’Etat consacrés audu PRODESS
secteur de la Santé,III. Avec
la mise moinsdesde
en œuvre 5% du budget
activités
d’Etat consacrés au secteur de la Santé, la mise en œuvre des activités
opérationnelles est fortement affectée d’autant plus que la mise à disposition des ressources du
opérationnelles
budget d’Etat s’avèreest fortement
souvent affectée
difficile et d’autant
tardive, que plus que
la participation la mise àextérieurs
des partenaires disposition
dans
des ressources
le PRODESS du et
est en baisse budget d’Etat s’avère
que la mobilisation souvent
des ressources difficile
propres et communautaire
au niveau tardive, queest la
participation des
tout aussi délicate. partenaires
Question extérieurs
d’évaluation 3 : Quelle adans le PRODESS
été la contribution est en
du PRODESS surbaisse
les et
capacités techniques et opérationnelles des acteurs de sa mise
que la mobilisation des ressources propres au niveau communautaire est en œuvre ?
tout aussi délicate.
La mise en œuvre du PRODESS III a amélioré les capacités techniques et opérationnelles des acteurs
Question d’évaluation
de la santé. Cette amélioration a3été: Quelle aàété
constatée la contribution
travers dulaPRODESS
la construction ou réhabilitation sur les
d’infrastructures sanitaires, le renforcement du plateau technique, la
capacités techniques et opérationnelles des acteurs de sa mise en œuvre ?
formation du personnel, l’achat de matériels et équipements. Malgré
Laces mise
progrèsen œuvre
visibles, du PRODESS
les moyens III a
mis à disposition desamélioré
prestatairesles
capacités
restent dans l’ensemble faibles face aux besoins immensesacteurs
techniques et opérationnelles des de la
de la santé.
population, ce qui Cette amélioration
crée un fort a été constatée
sentiment d’insatisfaction.
à travers la construction ou la réhabilitation
d’infrastructures sanitaires, le renforcement du
plateau
GOUVERNANCE technique, la formation du personnel,
DES ORGANES
l’achat de matériels et équipements.
Le choix de la gestion participative Malgré ces
comme mode de gouvernance
constitue une singularité du PRODESS par rapport à beaucoup d’autres
147
politiques de santé. Pour se prononcer sur ce mode de gouvernance, la mission devait répondre à
une seule question d’évaluation.
progrès visibles, les moyens mis à disposition des prestataires restent dans
l’ensemble faibles face aux besoins immenses de la population, ce qui crée
un fort sentiment d’insatisfaction.
PRINCIPALES RECOMMANDATIONS
En vue d’améliorer l’efficacité, la gouvernance et les effets du Programme
de Développement Socio-Sanitaire, la mission recommande :
149
A la Fédération Nationale des Associations de Santé Communautaire,
aux Fédérations Régionales des Associations de Santé Communautaire
et aux Fédérations Locales des Associations de Santé Communautaire :
- poursuivre les actions de dynamisation de la gouvernance des Associations
de Santé Communautaire en vue de leur fonctionnement régulier.
150
CHAPITRE IV
151
Les missions de vérification ont permis d’engager des actions administratives
et judiciaires en vue d’améliorer la gestion publique. Ainsi :
152
En outre, la vérification a révélé que le PDG a ordonné le remboursement
partiel de la caution du fournisseur de sacs vides neufs en jute pour un
montant de 3 439 466 FCFA sur un montant total de 5 137 500 FCFA alors
que le marché n’a pas été totalement exécuté. A la suite de la transmission
du rapport provisoire des travaux de la mission de vérification à l’OPAM, le
PDG a fait recouvrer le montant de 3 439 466 FCFA.
La vérification a également révélé que le PDG a remboursé doublement,
au titulaire du contrat n°005/OPAM/2017 du 30 mars 2017, la caution de
bonne exécution d’un montant de 5 000 000 FCFA. Après la restitution
des conclusions de la mission de vérification, l’OPAM a retenu le montant
indûment remboursé de 5 000 000 FCFA sur les paiements d’un autre
contrat du même prestataire.
Il est ressorti de la vérification que le PDG de l’OPAM n’a pas reversé dans
le compte de l’ARMDS la part qui lui revient sur les produits issus de la
vente des Dossiers d’Appel d’Offres pour un montant de 5 230 000 FCFA.
A la suite des travaux de vérification, il a reversé à l’ARMDS la totalité dudit
montant par chèque BDM-SA n°9120604 du 15 avril 2020.
Enfin, la vérification a révélé que la commission de réception de l’OPAM
a accepté des sacs non conformes pour un montant total de 68 791 125
FCFA. Suite aux constatations de la mission de vérification, la Direction
Générale de l’OPAM a vendu le stock de sacs pour un montant total de
60 255 000 FCFA, réduisant ainsi la perte à 8 539 125 FCFA.
153
Après le passage de la mission de vérification, les Directeurs Régionaux
des Transports Terrestres et Fluviaux, qui n’envoyaient pas à l’ANASER
les documents de suivi exigés, ont commencé à le faire ; ce qui facilitera le
recouvrement des recettes.
Enfin, la vérification a permis à l’ANASER de procéder à l’actualisation de sa
fiche de codification du matériel, à la relecture de son cadre organique et au
renouvellement du mandat des membres de son Conseil d’Administration
expiré depuis trois ans.
154
Régulation de l’Eau et de l’Electricité (CREE) en vue de la renégociation du
contrat d’achat d’énergie avec la société ALBATROS Energy SA.
155
156
III - PERSPECTIVES 2021
157
Au titre des perspectives, l’année 2021 sera l’occasion pour le BVG,
de poursuivre la mise en œuvre de la vision stratégique du Vérificateur
Général qui s’articule autour de deux axes majeurs. Il s’agit, d’une part, de
conduire des missions de vérification et d’évaluation de politiques publiques
et, d’autre part, de renforcer le partenariat et la synergie d’actions avec les
autres intervenants. Le programme d’activités du BVG, au titre de l’année
2021, s’inspire de son Plan stratégique 2020-2025.
C’est dans cette optique que les vérifications financières seront consolidées
à travers une plus grande couverture territoriale et une diversification des
secteurs à vérifier notamment les services publics de l’Etat en lien avec
la satisfaction des besoins prioritaires des citoyens. De même, un accent
sera mis sur les vérifications de performance en vue de soutenir la mise
en œuvre des budgets-programmes. En outre, la vérification basée sur la
budgétisation sensible au genre sera expérimentée à travers une mission
pilote.
En ce qui concerne les vérifications de suivi des recommandations, elles
feront l’objet d’une attention particulière en vue de s’assurer que les
dysfonctionnements initialement constatés ont été corrigés par les entités
vérifiées.
Dans le cadre de l’évaluation de politiques publiques, après celle de la
composante « Santé et Hygiène publique » du PRODESS III réalisée en
2020, une autre composante, en lien avec les conditions de vie des citoyens,
fera l’objet d’évaluation par le BVG au cours de l’année 2021.
Toutes ces missions seront conduites dans le respect des normes nationales
et internationales de vérification, grâce à diverses actions de renforcement
des capacités et des pratiques professionnelles du BVG.
Dans le cadre du partenariat et de la synergie d’actions, en plus du
renforcement des relations que le BVG entretient notamment avec les
autres structures de contrôle internes et externes, les entités vérifiées, la
société civile ainsi que les Partenaires Techniques et Financiers, des actions
seront engagées de concert avec les Pôles Economiques et Financiers et
la Section des Comptes de la Cour suprême, en vue d’un meilleur suivi, par
le BVG, des suites judiciaires réservées aux transmissions et dénonciations
de faits susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale et à la
législation budgétaire et financière.
Sur un tout autre plan, une des actions fortes de la stratégie de communication
du BVG consistera, au cours de l’année 2021, à diffuser les résultats de la
première évaluation de politique publique et à continuer à rendre publics
ses rapports individuels de vérification sur son site internet.
158
IV - CONCLUSION
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Les vingt-deux (22) missions de vérifications et d’évaluation de politique
publique réalisées en 2020, dont la synthèse alimente le présent rapport
annuel, ont une fois de plus révélé d’énormes insuffisances non seulement
dans le système de contrôle interne et la gouvernance des entités vérifiées,
mais aussi dans les opérations d’exécution des recettes et des dépenses
publiques.
Ces insuffisances sont essentiellement imputables au non-respect des
règles et procédures instituées par la réglementation en vigueur, mettant
ainsi en lumière l’importante disparité existant entre les pratiques en cours
dans les entités vérifiées et la teneur des textes législatifs et réglementaires
qui les régissent.
A titre illustratif, les faiblesses relevées dans le système de contrôle interne
des structures vérifiées au cours de l’année 2020 se rapportent à la non-
tenue des documents de la comptabilité-matières, à la non-disponibilité et/
ou à la non-conformité des pièces et documents comptables, au non-respect
des règles régissant la gestion de la trésorerie, à l’absence de prestation de
serment et de cautionnement des Régisseurs, au non-respect des cadres
organiques, à l’inexistence de manuels de procédures administratives,
comptables et financières validés et/ou à jour.
Quant aux irrégularités financières, elles sont relatives essentiellement aux
dépenses non supportées par des pièces justificatives, au paiement de
dépenses inéligibles et d’avantages indus, à la non-collecte ainsi qu’au non-
reversement des recettes collectées le cas échéant, à l’octroi d’avantages
par un acte contraire au Code des Marchés Publics à travers l’absence de
mise en concurrence, au non-respect des critères d’attribution des marchés
et au fractionnement de dépenses.
En ce qui concerne les vérifications de performance, elles ont permis
d’apprécier si les services et organismes publics vérifiés intègrent dans leur
gestion les critères d’économie, d’efficacité et d’efficience.
Aussi, l’évaluation de la Composante « Santé et Hygiène Publique » du
PRODESS III a révélé qu’en dépit des progrès enregistrés en termes
d’amélioration des indicateurs socio-sanitaires, la persistance d’importantes
difficultés a réduit l’efficacité de l’intervention, limitant du coup ses effets
positifs sur les populations bénéficiaires. L’ampleur de ces
dysfonctionnements interpelle à travers leurs impacts négatifs sur
l’efficacité de l’action publique, d’où la nécessité de les circonscrire par
un effort conjugué de l’ensemble des parties prenantes qui interviennent
dans la gouvernance économique et financière. C’est en cela que le
Vérificateur Général considère la synergie d’actions avec les autres parties
prenantes comme une condition sine qua non à la réussite de sa mission
dont l’aboutissement consiste à instaurer, dans nos services et organismes
publics, une meilleure dynamique de la gestion publique.
Nonobstant l’engagement des entités vérifiées à s’inscrire dans
l’application des recommandations formulées par le BVG, elles devraient
fournir davantage d’effort afin de rehausser le taux des recommandations
entièrement mises en œuvre. C’est à ce prix que les missions de vérification
pourront effectivement améliorer, et cela de manière substantielle, la
gouvernance dans les Administrations publiques en général et celle des
Collectivités Territoriales en particulier.
160
Par ailleurs, et dans une perspective d’amélioration de la gestion des
Finances Publiques, le BVG entend accompagner les pouvoirs publics
dans la mise en œuvre de la réforme du système de gestion des
Finances Publiques amorcée dans notre pays depuis une décennie. Plus
singulièrement, le BVG se propose d’accompagner les services publics
dans la mise en œuvre du budget en mode « programmes ». C’est dans
ce sens que la relecture de la loi instituant le Vérificateur Général apparaît
comme une nécessité. Pour ce faire, le BVG sait compter sur le concours
habituel des plus hautes autorités.
Enfin, l’accompagnement des Partenaires Techniques et Financiers, de
même que la collaboration avec les autorités judiciaires et la société civile,
constituent un levier important sur lequel le Vérificateur Général entend
s’appuyer pour promouvoir la synergie d’actions dans le cadre de la lutte
contre la corruption et la délinquance économique et financière.
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V - ANNEXES
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Annexe 1 : Loi n°2012-009 du 8 février 2008 instituant
le Vérificateur Général du Mali
LOI N°2012-009 DU 8 FÉVRIER 2012
ABROGEANT ET REMPLAÇANT LA LOI N°03-030 DU 25 AOÛT 2003
INSTITUANT LE VÉRIFICATEUR GÉNÉRAL
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Annexe 2 : Décision d’organisation du BVG
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