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Rapport annuel 2020 du Vérificateur Général

Le document décrit le rôle et les activités du Vérificateur Général du Mali en 2020. Le Vérificateur Général effectue des vérifications financières, de performance et d'évaluation des politiques publiques dans les administrations publiques maliennes. Vingt-deux rapports ont été produits en 2020 dans des secteurs clés comme la santé, l'éducation et les infrastructures.

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Rapport annuel 2020 du Vérificateur Général

Le document décrit le rôle et les activités du Vérificateur Général du Mali en 2020. Le Vérificateur Général effectue des vérifications financières, de performance et d'évaluation des politiques publiques dans les administrations publiques maliennes. Vingt-deux rapports ont été produits en 2020 dans des secteurs clés comme la santé, l'éducation et les infrastructures.

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Le Vérificateur Général

RAPPORT ANNUEL 2020


AVANT-PROPOS
QUI SOMMES-NOUS ?

Aperçu de l’organisation

Face à la volonté affichée de renforcer le contrôle de la


gestion publique, les autorités maliennes ont institué le
Vérificateur Général suivant la Loi n°03-030 du 25 août
2003. Cette loi a été abrogée et remplacée par la Loi
n°2012-009 du 8 février 2012 en vue de renforcer son
ancrage institutionnel et de le rendre plus efficace.
Première autorité administrative indépendante de contrôle
externe, le Vérificateur Général est une particularité
malienne dans sa construction juridique caractérisée par
son accessibilité aux citoyens en termes de saisine et
son pouvoir de dénonciation et transmission aux autorités
judiciaires des faits décelés lors de missions de vérification
et susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale
et à la législation budgétaire et financière. Ses travaux,
conformément à sa loi de création, sont rendus publics.
Dans l’accomplissement de ses missions, le Vérificateur
Général dispose d’une structure dénommée Bureau du
Vérificateur Général (BVG) qui est composée de plus
d’une centaine de travailleurs repartis en Personnel de
vérification (Vérificateurs, Chefs de Mission, Vérificateurs
Assistants) et en Personnel d’appui (services juridique,
informatique, de communication, d’administration et des
finances). Le personnel féminin, se situant aux différents
niveaux hiérarchiques, représente environ 25% de l’effectif.
C’est un Bureau multidisciplinaire doté majoritairement de
jeunes cadres.

Le Vérificateur Général est nommé par


décret du Président de la République, pour
un mandat de sept ans non renouvelable,
suite à un appel à candidatures.
Il est secondé par un Vérificateur Général
Adjoint, également nommé par décret du
Président de la République, sur proposition
du Vérificateur Général, après appel à
candidatures.

2
QUE FAISONS-NOUS ?
Rôle et missions du Vérificateur Général

Le Vérificateur Général a pour rôle de contribuer au renforcement du


contrôle de la gestion publique en effectuant des missions indépendantes
de vérification et d’évaluation de politiques publiques. Il procède ainsi à des
constatations relatives à des lacunes, dysfonctionnements et irrégularités,
formule les recommandations y afférentes et saisit les autorités judiciaires
des faits susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale et à la
législation budgétaire et financière.
Ses travaux s’articulent autour des missions de vérification financière ou
de conformité, de vérification de performance, de vérification de suivi des
recommandations et de celles d’évaluation de politiques publiques. Aux
termes de la Loi n°2012-009 du 8 février 2012, le Vérificateur Général doit :

• effectuer un contrôle de performance et de qualité des services


et organismes publics, et des programmes et projets de
développement ;
• contrôler la régularité et la sincérité des recettes et des
dépenses effectuées par les institutions de la République, les
administrations civiles et militaires de l’Etat, les Collectivités
Territoriales, les établissements publics ;
• procéder à la vérification d’opérations de gestion des entreprises
dans lesquelles l’Etat ou une autre personne publique détient
une participation financière ;
• vérifier la conformité et l’effectivité des biens et services pour
l’acquisition desquels une société privée a bénéficié d’une
exonération de droits douaniers ou fiscaux ;
• vérifier les concours financiers accordés par l’Etat ou toute
autre personne publique à tout organisme par rapport à l’objet
de ces concours ;
• évaluer, à la demande du Président de la République, du
Gouvernement ou du Parlement, les politiques publiques en
vue de leur proposer les mesures et actions propres à assurer
une meilleure adéquation du coût et du rendement des services
publics, à rendre plus pertinent l’emploi des ressources
publiques et d’une façon générale, à garantir le fonctionnement
régulier des organismes et structures publics.

Le rapport annuel 2020 s’articule autour des quatre types de


mission ci-après :

Vérifications
Vérifications Vérifications Evaluation de
de suivi des
recommandations de performance Financières politique publique

3
4
MESSAGE DU VERIFICATEUR GENERAL

La publication du rapport annuel,


conformément à l’article 18 de la Loi n°2012-
009 du 8 février 2012 instituant le Vérificateur
Général, constitue pour moi une opportunité
privilégiée de communiquer, d’une part, sur
l’état de la gouvernance des affaires publiques
de notre pays, et d’autre part, sur les activités
majeures du Bureau du Vérificateur Général
au cours de l’année 2020.
Au Mali, la corruption et la délinquance
financière, en plus d’être un obstacle au
développement économique, constituent
également une sérieuse menace pour
la paix, la stabilité et la cohésion sociales. C’est pourquoi, le Bureau du
Vérificateur Général apporte sa contribution à la lutte contre ce fléau à
travers notamment la réalisation, au cours de l’année 2020, de douze (12)
vérifications financières ou de conformité dans les structures publiques et la
dénonciation aux autorités judiciaires, de faits susceptibles de constituer des
infractions à la loi pénale ainsi qu’à la législation budgétaire et financière.
Dans le même esprit et dans un souci d’amélioration continue du système
de contrôle interne existant dans nos services et organismes publics, cinq
(5) missions de suivi des recommandations ont été réalisées pendant
l’année 2020 dans l’optique de s’assurer que les déficiences précédemment
constatées dans les entités vérifiées ont été corrigées. Aussi quatre (4)
vérifications de performance réalisées ont apprécié les résultats à travers
des critères portés sur l’économie, l’efficacité et l’efficience des dépenses
publiques, dans un contexte économique devant imposer une gestion
rationnelle des ressources publiques. Dans la même veine, une (1) mission
d’évaluation de politique publique a été exécutée. Portant sur la composante
« Santé et Hygiène publique » du Programme de Développement Socio-
Sanitaire, cette mission a notamment permis de mesurer le degré de
satisfaction des populations sur la qualité des soins de santé dont elles
bénéficient dans nos structures sanitaires.
Les vingt-deux (22) rapports de vérification et d’évaluation de politique
publique dont la synthèse constitue l’ossature de ce rapport annuel
concernent des secteurs importants de la vie de la nation.
D’abord, le secteur de la sécurité alimentaire qui vise à faciliter l’accès des
populations aux aliments de base nécessaires à une vie saine et active.
Ensuite, le secteur des infrastructures et de la sécurité routière qui retient
l’attention de nos compatriotes au regard de l’état préoccupant des routes
et du nombre assez élevé des accidents de la circulation. Par ailleurs, des
vérifications ont été menées dans des secteurs qui touchent directement le
bien-être des citoyens, car se rapportant à la fourniture des services sociaux
de base comme les soins de santé de qualité, l’eau et l’électricité.

5
Aussi, certains services extérieurs ont-ils été vérifiés, car ils portent l’image
et la voix du pays sur la scène internationale.
Enfin, le secteur de la gouvernance et du développement local a été
également concerné avec les vérifications réalisées à la Primature et dans
les Collectivités Territoriales.
Par ailleurs, il me parait utile de rappeler que l’année 2020 a été marquée
par la pandémie de la COVID-19 qui a affecté le fonctionnement régulier
des services publics. Les mesures prises pour limiter les effets de cette
pandémie, notamment la réorganisation des horaires de travail, l’instauration
du télétravail et du travail en rotation, n’ont néanmoins pas permis au Bureau
d’exécuter entièrement son programme annuel de vérification.
L’année 2020 a également été caractérisée, dans notre pays, par des crises
socio-politiques ayant abouti à la démission du Président de la République,
suivie de la mise en place d’une Transition politique. Le rapport annuel 2019
a été remis solennellement aux nouvelles autorités qui ont marqué leur
disponibilité à accompagner la lutte contre la corruption et la délinquance
financière.
Le Bureau compte y contribuer en poursuivant la synergie d’actions déjà
entamée avec les autres structures de contrôle, les autorités judiciaires et
les acteurs de la société civile.
Je ne saurais terminer sans remercier les autorités de la Transition et
les Partenaires Techniques et Financiers notamment la Coopération
Canadienne, la Délégation de l’Union Européenne, la Banque Mondiale,
l’Ambassade des Pays-Bas, l’Agence Française de Développement
et la Coopération Suisse pour leur accompagnement constant. Ces
remerciements s’adressent également au personnel du Bureau du
Vérificateur Général qui, malgré un contexte sanitaire délétère, a exécuté
ses tâches avec dévouement.

Bamako, le 31 mai 2021


Le Vérificateur Général

Samba Alhamdou BABY


Officier de l’Ordre National

6
7
LISTE DES ABRÉVIATIONS

ADM Aéroports du Mali


AE Académie de l’Enseignement
AES Adduction d’Eau Sommaire
AG Assemblée Générale
AGEROUTE Agence d’Exécution des Travaux d’Entretien Routier
AGETIER Agence d’Exécution des Travaux d’Infrastructures et
d’Equipements Ruraux
AGO Assemblée Générale Ordinaire
AMAA Ambassade du Mali à Addis-Abeba
AMAC Ambassade du Mali au Congo
AMC Ambassade du Mali au Caire
AMO Assurance Maladie Obligatoire
ANAM Agence Nationale d’Assistance Médicale
ANASER Agence Nationale de la Sécurité Routière
ANEH Agence Nationale d’Evaluation des Hôpitaux
ARMDS Autorité de Régulation des Marchés Publics et des Délégations
de Service Public
ASACO Association de Santé Communautaire
BDM-SA Banque de Développement du Mali
BL Bordereau de Livraison
BMS-SA Banque Malienne de Solidarité
BVG Bureau du Vérificateur Général
CA Conseil d’Administration
CANAM Caisse Nationale d’Assurance Maladie
CHU-GT Centre Hospitalier Universitaire Gabriel Touré
CLD Comité de Liaison et de Développement
CM Conseil des Ministres
CMC Conseil Malien des Chargeurs
CMDT Compagnie Malienne de Développement des Textiles
CNSC Conseil National de la Société Civile
Contrat BOOT Contrat de Build, Own, Operate and Transfer (Contrat de
construction, d’exploitation et de transfert de l’investissement à
l’Etat)
COVID-19 Coronavirus Disease 2019 (Maladie à Coronavirus de 2019
CREDD Cadre Stratégique pour la Relance Economique et le
Développement Durable
CREE Commission de Régulation de l’Electricité et de l’Eau
CRG Commune Rurale de Guégnéka
CROCEP Comité Régional d’Orientation, de Coordination et d’Evaluation
du PRODESS
CRS Commune Rurale de Siby
CSCOM Centre de Santé Communautaire
CSCRP Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la
Pauvreté
CT Collectivités Territoriales
CUB Commune Urbaine de Bougouni
CUK Commune Urbaine de Koulikoro
DAF Direction Administrative et Financière
DAO Dossier d’Appel d’Offres
DFC Directrice Financière et Comptable

8
DG Directeur Général
DGMP-DSP Direction Générale des Marchés Publics et des Délégations de
Service Public
DNR Direction Nationale des Routes
Dollar US Dollar des Etats-Unis d’Amérique
DPAO Données Particulières de l’Appel d’Offres
DPM Direction de la Pharmacie et du Médicament
DRMP-DSP Direction Régionale des Marchés Publics et des Délégations de
Service Public
DRPO Demande de Renseignement et de Prix à compétition Ouverte
DRPR Demande de Renseignement et de Prix à compétition Restreinte
DTAO Dossier-Type d’Appel d’Offres
DUA Droit d’Utilisation des Applications
EDM-SA Société Energie du Mali
EMACI Entrepôts Maliens en Côte d’Ivoire
EMASE Entrepôts Maliens au Sénégal
EPH Etablissement Public Hospitalier
FCFA Franc de la Communauté Financière Africaine
IBIC Impôt sur les Bénéfices Industriels et Commerciaux
INPS Institut National de Prévoyance Sociale
IPS Industrial Promotion Service
IRF Impôt sur le Revenu Foncier
ITS Impôt sur les Traitements et Salaires
KWH Kilo Watt-Heure
LE Livre Egyptienne
LNS Laboratoire National de Santé
MAECI Ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération
Internationale
MEE Ministère de l’Energie et de l’Eau
MEF Ministère de l’Economie et des Finances
MSAS Ministère de la Santé et de l’Action Sociale
MTS Mali Technic System
NIF Numéro d’Identification Fiscal
N-SUKALA-SA Nouveau Complexe Sucrier du Kala Supérieur
OEM Ordre d’Entrée du Matériel
OMH Office Malien de l’Habitat
OMS Organisation Mondiale de la Santé
OPAM Office des Produits Agricoles du Mali
PAAR Projet d’Amélioration de l’Accessibilité Rurale
PCA Président du Conseil d’Administration
PDDSS Plan Décennal de Développement Sanitaire et Social
PDESC Plan de Développement Economique, Social et Culturel
PDIO Plan Directeur d’Investissements Optimaux
PDREAS Projet Déploiement des Ressources de l’Etat pour l’Amélioration
des Services
PGSM Projet Gouvernance du Secteur Minier
PGT Paierie Générale du Trésor
PIU Projet d’Intervention d’Urgence
PO Permis d’Occuper
PPM Pharmacie Populaire du Mali

9
PRED Programme de Réforme Economique pour le Développement
(Logiciel de suivi de l’exécution budgétaire)
PRODESS Programme de Développement Socio-Sanitaire
PTF Partenaire Technique et Financier
RPPFM Projet Redevabilité Publique et Participation des Femmes au Mali
SA Société Anonyme
SAC Secrétaire Agent Comptable
SBC State Building Contract (Programme d’appui à la réforme de l’Etat
et à la consolidation de l’Etat de droit)
SG Secrétariat Général
SNS Stock National de Sécurité
SOMAGEP-SA Société Malienne de Gestion de l’Eau Potable
SOPAM Sogli Pangueba Mohamed
STF/DNSA Secrétariat Technique et Financier du Dispositif National de
Sécurité Alimentaire
UNICEF United Nations International Children’s Emergency Fund
(Fonds des Nations Unies pour l’Enfance)

10
SOMMAIRE
AVANT-PROPOS........................................................................2
QUI SOMMES-NOUS ?................................................................................ 2
QUE FAISONS-NOUS ?............................................................................... 3

MESSAGE DU VERIFICATEUR GENERAL..............................5


LISTE DES ABRÉVIATIONS.....................................................8
SOMMAIRE................................................................................11
I - INTRODUCTION....................................................................15
1.1. COUP D’ŒIL SUR 2020........................................................................ 16
1.2. PRINCIPALES REALISATIONS DU BVG EN 2020 ............................. 17
1.3. RESPECT DU PRINCIPE DU CONTRADICTOIRE.............................. 22
1.4. SAISINES ET DÉNONCIATIONS . ....................................................... 23

II - SYNTHESES DES VERIFICATIONS ET EVALUATION DE


POLITIQUE PUBLIQUE EFFECTUEES EN 2020................27
CHAPITRE I : TYPOLOGIE DES MISSIONS EFFECTUEES ....................29
CHAPITRE II : SYNTHESE DES VERIFICATIONS PAR TYPE ET
PAR DOMAINE OU SECTEUR D’ACTIVITES............................................31

2.1. VERIFICATIONS FINANCIERES OU DE CONFORMITE....33


2.1.1. SERVICE DE L’ADMINISTRATION CENTRALE..............................35
[Link]. GESTION DE LA DIRECTION ADMINISTRATIVE ET FINANCIERE
DE LA PRIMATURE - VERIFICATION FINANCIERE................................... 37
2.1.2. SERVICES EXTERIEURS DE L’ETAT..............................................43
[Link]. GESTION DE L’AMBASSADE DU MALI AU CAIRE (EGYPTE) -
VERIFICATION FINANCIERE...................................................................... 45
[Link]. GESTION DE L’AMBASSADE DU MALI A BRAZZAVILLE
(REPUBLIQUE DU CONGO) - VERIFICATION FINANCIERE.................... 49
[Link]. GESTION DE L’AMBASSADE DU MALI A ADDIS-ABEBA
(ETHIOPIE) - VERIFICATION FINANCIERE............................................... 53
[Link]. GESTION DES ENTREPOTS MALIENS EN COTE D’IVOIRE -
VERIFICATION FINANCIERE...................................................................... 57
[Link]. GESTION DES ENTREPOTS MALIENS AU SENEGAL -
VERIFICATION FINANCIERE...................................................................... 61
2.1.3. ORGANISMES PERSONNALISES DE L’ETAT................................65
[Link]. GESTION DE LA SOCIETE MALIENNE DE GESTION DE L’EAU
POTABLE - VERIFICATION FINANCIERE.................................................. 67
[Link]. DEPENSES EXECUTEES SUR LE FONDS D’ENTRETIEN
ROUTIER PAR L’AGENCE D’EXECUTION DES TRAVAUX D’ENTRETIEN
ROUTIER - VERIFICATION FINANCIERE.................................................. 71

11
[Link]. GESTION DE L’AGENCE NATIONALE DE LA SECURITE
ROUTIERE - VERIFICATION FINANCIERE................................................ 75
[Link]. GESTION DE L’OFFICE DES PRODUITS AGRICOLES DU MALI -
VERIFICATION FINANCIERE...................................................................... 79
[Link]. GESTION DU NOUVEAU COMPLEXE SUCRIER DU KALA
SUPERIEUR - VERIFICATION FINANCIERE.............................................. 83
[Link]. TRACABILITE DES PAIEMENTS SOCIAUX EFFECTUES
PAR LES SOCIETES DES MINES D’OR DE LOULO ET DE GOUNKOTO -
VERIFICATION DE CONFORMITE............................................................. 87

2.2. VERIFICATIONS DE PERFORMANCE..............................89


2.2.1. ORGANISME PERSONNALISE DE L’ETAT.....................................91
[Link]. ENERGIE DU MALI - VERIFICATION DE PERFORMANCE.......... 93
2.2.2. COLLECTIVITES TERRITORIALES.................................................99
[Link]. COMMUNE URBAINE DE BOUGOUNI - VERIFICATION
INTEGREE (CONFORMITE ET PERFORMANCE)..................................... 101
[Link]. COMMUNE RURALE DE SIBY - VERIFICATION INTEGREE
(PERFORMANCE ET CONFORMITE)........................................................ 107
[Link]. COMMUNE RURALE DE GUEGNEKA (FANA) - VERIFICATION
INTEGREE (PERFORMANCE ET CONFORMITE)..................................... 113

2.3. VERIFICATIONS DE SUIVI DES RECOMMANDATIONS....119


2.3.1. ORGANISMES PERSONNALISES DE L’ETAT................................123
[Link]. CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE GABRIEL TOURE -
VERIFICATION DE SUIVI DES RECOMMANDATIONS.............................. 125
[Link]. PHARMACIE POPULAIRE DU MALI - VERIFICATION DE SUIVI
DES RECOMMANDATIONS........................................................................ 129
[Link]. AEROPORTS DU MALI - VERIFICATION DE SUIVI DES
RECOMMANDATIONS................................................................................ 133
2.3.2. COLLECTIVITES TERRITORIALES.................................................135
[Link]. COMMUNE RURALE DE BAGUINEDA-CAMP - VERIFICATION
DE SUIVI DES RECOMMANDATIONS........................................................ 137
[Link]. COMMUNE URBAINE DE KOULIKORO - VERIFICATION
DE SUIVI DES RECOMMANDATIONS........................................................ 139

CHAPITRE III : EVALUATION DE POLITIQUE PUBLIQUE .....................141


3.1. EVALUATION DE POLITIQUE PUBLIQUE........................143
3.1.1. PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT SOCIO-SANITAIRE-
PHASE III COMPOSANTE « SANTE ET HYGIENE PUBLIQUE » -
EVALUATION DE POLITIQUE PUBLIQUE ................................................. 145

CHAPITRE IV : VALEUR AJOUTEE DES MISSIONS DE VERIFICATION


SUR L’AMELIORATION DE LA GESTION PUBLIQUE EN 2020...............151

12
III - PERSPECTIVES 2021.........................................................157
IV - CONCLUSION.....................................................................159
V - ANNEXES.............................................................................163

13
14
I - INTRODUCTION

  1.1. Coup d’œil sur 2020


1.2. Principales réalisations du BVG en 2020
1.3. Respect du principe du contradictoire
1.4. Saisines et dénonciations

15
1.1. Coup d’œil sur 2020

Tout au long de l’année 2020, les activités du Bureau du Vérificateur Général


(BVG) ont été tributaires du contexte socio-politique, sécuritaire et sanitaire
qui a marqué notre pays. Ce contexte n’a pas été sans conséquence sur la
mise en œuvre effective du programme annuel de vérification du BVG.
En effet, les agitations du front social consécutives aux mécontentements
exprimés par une frange importante des couches socio-politiques ont
abouti au départ du Président de la République et à la mise en place d’une
transition politique. Ces contestations populaires, parfois accompagnées de
violents heurts, n’ont pas contribué à créer un environnement propice aux
missions de vérification. Cette situation a été exacerbée par de multiples
grèves observées par différentes corporations, avec comme conséquence
parfois, l’absence d’interlocuteurs dans les entités faisant l’objet de missions
de vérification.
Ensuite, la dégradation de la situation sécuritaire dans certaines parties du
territoire national a significativement limité le champ d’actions du Vérificateur
Général dans la mise en œuvre de son programme annuel de vérification.
Sur ce registre, l’absence de la quasi-totalité des services étatiques dans
les zones d’insécurité et la nécessité de préserver l’intégrité physique des
équipes de vérification ont été des obstacles majeurs à la réalisation de
missions dans lesdites localités.
Enfin, comment ne pas rappeler le contexte sanitaire marqué par la
pandémie de la COVID-19 qui a sérieusement impacté le fonctionnement
optimal des services publics y compris le BVG, à travers une réorganisation
du temps et des méthodes de travail. Ainsi, le BVG a pu réaliser vingt-deux
(22) missions de vérification et d’évaluation de politique publique.
Sur un tout autre plan, le processus de relecture de la Loi n°2012-009
du 8 février 2012 instituant le Vérificateur Général s’est poursuivi tout au
long de l’année 2020. Des innovations importantes y ont été proposées
pour prendre en charge certaines insuffisances relevées. Ces innovations
concernent, notamment, l’extension des missions du Vérificateur Général
aux domaines de l’évaluation des impacts des programmes et projets sur le
développement durable, l’évaluation des politiques, programmes et projets
publics sur initiative du Vérificateur Général et le suivi de la mise en œuvre
des recommandations des vérifications effectuées.
Les difficultés qui ont émaillé l’année 2020, n’ont cependant pas entamé la
volonté du BVG de mener des missions de vérification dans des secteurs
aussi diversifiés que variés. En effet, en dépit des contraintes ci-dessus
évoquées, le BVG a tout de même enregistré un taux satisfaisant d’exécution
de son programme annuel de vérification et entrepris diverses actions de
renforcement de capacités, de communication aussi bien interne qu’externe
ainsi que de collaboration avec les Partenaires Techniques et Financiers, tel
qu’il ressort des rubriques qui suivent.

16
1.2. Principales réalisations du BVG en 2020

Au BVG, l’année 2020 a été marquée par la réalisation de plusieurs activités,


en dépit de la crise sanitaire consécutive à la pandémie de la COVID-19.
Ces activités ont porté sur :

• L’exécution du programme annuel de vérification


La réalisation des missions de vérification et d’évaluation de politiques
publiques constitue le cœur de métier du BVG. A ce titre, au cours de l’année
2020, le BVG a réalisé vingt-deux (22) missions de vérification et d’évaluation
de politique publique qui ont concerné un service de l’administration
centrale, des services extérieurs, des organismes personnalisés, des
sociétés minières, des Collectivités Territoriales et la politique nationale de
santé. Il s’agit de :
- douze (12) vérifications financières ou de conformité ;
- quatre (4) vérifications de performance ;
- cinq (5) vérifications de suivi des recommandations ;
- et une (1) évaluation de politique publique.
Le choix de ces vingt-deux (22) missions se fonde, non seulement sur la
cartographie des risques utilisée par le BVG, mais aussi sur l’importance
des secteurs d’activités des entités vérifiées. Les missions de l’année 2020
ont couvert essentiellement les domaines suivants :
- La sécurité alimentaire :
L’objectif global de la Politique Nationale de Sécurité Alimentaire et
Nutritionnelle, adoptée en janvier 2017, est « d’assurer la sécurité alimentaire
de la population malienne, améliorer l’état nutritionnel des couches les plus
vulnérables et leur capacité de résilience ». C’est pourquoi, le Vérificateur
Général s’est appesanti sur ce secteur cardinal à travers des vérifications
à l’Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM) et au Nouveau Complexe
Sucrier du Kala Supérieur (N-SUKALA-SA) qui jouent un rôle prépondérant
dans la disponibilité de certains produits de première nécessité.
- Les infrastructures et la sécurité routières :
Au Mali, les principaux facteurs d’accidents tiennent entre autres à l’état
de la route et au comportement des usagers. Or, selon l’Organisation
Mondiale de la Santé (OMS), les accidents de la route deviendront la 5ème
cause de décès en Afrique d’ici à l’horizon 20301, toute chose qui a incité le
Vérificateur Général, dans un réflexe proactif, à s’intéresser à ce secteur en
vérifiant la gestion de l’Agence Nationale de la Sécurité Routière (ANASER)
et de l’Agence d’Exécution des Travaux d’Entretien Routier (AGEROUTE).
- La gouvernance institutionnelle :
Le choix porté sur ce secteur vise une moralisation des dépenses publiques,
qui plus est, à un niveau hiérarchique élevé de l’Administration

1
OMS, « Rapport de situation sur la sécurité routière dans le monde », 2013, page 9, en ligne sur [Link]
17
publique. La vérification de la Direction Administrative et Financière de la
Primature (DAF-Primature) en 2020 répond à ce souci.
- La décentralisation et le développement local :
Aux termes des textes juridiques sur la décentralisation, les Collectivités
Territoriales (CT) ont désormais la charge du développement économique,
social et culturel des populations, sur la base du principe de libre
administration. Au demeurant, cet objectif peut difficilement être atteint sans
des décisions stratégiques appropriées adossées à une gestion saine des
ressources locales. C’est dans cette optique qu’au cours de l’année 2020,
trois (3) missions de vérification de performance ont porté sur les Communes
de Bougouni, Siby et Guégnéka (Fana) et deux (2) missions de suivi des
recommandations sur les Communes de Koulikoro et Baguinéda-Camp.
- La Santé :
Les vérifications et l’évaluation de politique publique dans le secteur de
la Santé traduisent la volonté du Vérificateur Général de s’intéresser au
bien-être des populations maliennes. Pour ce faire, la gouvernance et la
gestion administrative du Centre Hospitalier Universitaire Gabriel TOURE
(CHU-GT) ainsi que le système de mise à disposition des médicaments
de la Pharmacie Populaire du Mali (PPM), initialement audités lors de
précédentes vérifications, ont fait l’objet de suivi au cours de cette année
2020.
De plus, la composante « Santé et Hygiène Publique » du Programme de
Développement Sanitaire et Social III (PRODESS III) a fait l’objet d’une
mission d’évaluation de politique publique.
- L’Energie et l’Eau :
L’accès des populations maliennes à l’eau potable et à l’électricité à moindre
coût est au cœur des objectifs poursuivis par le Cadre Stratégique pour la
Relance Economique et le Développement Durable (CREDD) 2019-2023.
La fourniture de ces services sociaux de base fait du secteur de l’Energie et
de l’Eau un domaine incontournable touchant le bien-être des populations,
d’où les vérifications à la Société Malienne de Gestion de l’Eau Potable
(SOMAGEP-SA) et à la société Energie du Mali (EDM-SA).
- La Diplomatie et les échanges extérieurs :
Constituant d’une part la vitrine de notre pays sur la scène internationale
et d’autre part des instruments indispensables au développement des
échanges extérieurs d’un pays sans littoral comme le nôtre, les Ambassades
et les Entrepôts du Mali dans les ports de transit ont encore une fois retenu
l’attention du Vérificateur Général qui leur a consacré cinq (5) missions sur
les douze (12) vérifications financières réalisées au titre de l’année 2020.

• Le renforcement des effectifs et des capacités du personnel


Au cours de l’année 2020, diverses actions de renforcement de capacités
du personnel ont été menées à travers, notamment l’organisation de six
(6) sessions de formation, le recrutement de huit (8) agents et la mise à
disposition du personnel d’outils de vérification.

18
Les sessions de formation, assurées par des consultants aussi bien
nationaux qu’internationaux jouissant d’une expertise avérée dans leurs
domaines de compétence, ont porté sur les thématiques ci-après :
- budget-programmes ;
- décentralisation ;
- certification en évaluation de politiques publiques ;
- vérification de performance.
Les recrutements d’agents ont concerné :
- deux (2) vérificateurs dont un (1) par promotion interne et un (1)
spécialiste des questions environnementales recruté suite à un appel
ouvert à candidatures ;
- deux (2) chefs de mission par promotion interne ;
- deux (2) chauffeurs ;
- un (1) agent d’accueil et d’orientation ;
- un (1) assistant de direction.
Les deux vérificateurs et les deux chefs de mission nouvellement recrutés
ont été initiés aux méthodes de vérification et à l’exploitation des outils
professionnels du BVG.
Au cours de l’année 2020, onze (11) outils d’appui à la vérification, élaborés
en 2019 grâce à l’appui du Gouvernement du Canada à travers le Projet
dénommé « Redevabilité Publique et Participation des Femmes au Mali
(RPPFM) », ont été fournis au personnel de vérification et mis en application
notamment par Décision n°0391/2020/BVG du 25 novembre 2020. Ces outils
ont fait l’objet de sessions d’échange en vue d’une meilleure appropriation
par le personnel de vérification.

• La Communication
Les activités de communication du BVG s’inscrivent en droite ligne de la
vision du Vérificateur Général qui consiste, notamment à faire du Bureau
une Institution de Contrôle plus proche des citoyens, contribuant de manière
forte et visible à une gestion des ressources publiques plus saine et plus
performante. Ces activités sont réalisées dans le respect des valeurs
qui fondent et soutiennent l’action du Vérificateur Général : l’intégrité,
l’objectivité, le professionnalisme, le respect et l’exemplarité.
Les activités menées en 2020 s’articulent autour des points ci-après :
Diffusion des rapports individuels
Le Vérificateur Général a poursuivi en 2020 la diffusion systématique, sur
le site internet du BVG ([Link]), de l’ensemble de ses rapports
individuels. Cette décision forte permet, désormais, de fournir à temps
opportun aux citoyens des informations complètes et nécessaires sur la
gestion des entités vérifiées.

19
Présentation du Rapport annuel 2019

- Aux autorités nationales :


Le rapport annuel 2019 a été officiellement remis au Président de la
Transition, Chef de l’Etat le 30 octobre 2020. Le recevant, le Chef de l’Etat
a insisté sur la nécessité de poursuivre et d’accentuer la lutte contre la
corruption dans notre Pays. Alimenté par 31 rapports individuels, ce rapport
a également été transmis au Premier ministre, Chef du Gouvernement, au
Président de la Cour Suprême et au Président du Conseil National de la
Transition.
Ledit rapport a suscité un grand intérêt auprès des médias nationaux et
internationaux.
- Aux Partenaires Techniques et Financiers (PTF) :
Le 2 décembre 2020, le Vérificateur Général a présenté dans ses locaux
le rapport annuel aux PTF. Au cours des échanges, il a mis un accent
particulier sur l’importance des secteurs vérifiés qui touchent entre autres
l’économie nationale d’une part et la vie des citoyens d’autre part. Il a aussi
insisté sur l’impérieuse nécessité de renforcer le partenariat existant entre
les PTF et le BVG.
- Au Conseil National de la Société Civile (CNSC) :
En plus des PTF, le Vérificateur Général a présenté le Rapport annuel
2019 au CNSC. Il a mis l’accent sur le rôle de dissémination du Conseil
et la nécessité de son implication active dans la lutte contre la corruption
et la délinquance économique et financière. Les membres du Conseil
ont apprécié les résultats atteints, les secteurs vérifiés et la qualité des
recommandations formulées. Ils ont aussi renouvelé leur engagement à
renforcer le partenariat avec le Bureau et à jouer pleinement leur rôle de
veille citoyenne.
Il convient de signaler que le rapport annuel 2019 du Vérificateur Général a
été publié dans un numéro spécial du journal officiel.
Edition d’un bulletin de liaison interne
La rédaction et la publication d’un bulletin de liaison interne aura été l’un
des temps forts en termes de communication interne au cours de l’année
2020. Lancé en mars 2020, « le bulletin de liaison du BVG » est paru quatre
fois au cours de l’année. Avec la participation de l’ensemble du personnel,
sa rédaction et sa publication sont trimestrielles. Son édition, en double
version physique et électronique, vise à faciliter le transfert d’information
et à renforcer le sentiment d’appartenance du personnel au Bureau. Ce
bulletin met également en exergue le potentiel féminin du Bureau.
Réalisation d’une vidéo institutionnelle
Innovation organisationnelle, la vidéo institutionnelle, projetée dans la salle
d’accueil, a été réalisée pour présenter aux visiteurs la vision du Vérificateur
Général, les missions et principales activités du BVG.

20
• Le renforcement du partenariat stratégique
Le partenariat stratégique s’est renforcé au plan national et international.
Au plan national, le Vérificateur Général a renforcé la synergie et la
collaboration avec les autorités judiciaires en l’occurrence la Section des
Comptes de la Cour Suprême et les Tribunaux de Grande Instance, chargés
des Pôles Economiques et Financiers, de même qu’avec le CNSC. Il en
est de même avec le Contrôle Général des Services Publics et certaines
inspections ministérielles.
Au plan international, le Vérificateur Général a tissé d’importants rapports
de partenariat et de collaboration avec divers partenaires techniques
et financiers. Il s’agit notamment de la Coopération canadienne, de la
Délégation de l’Union Européenne et du Consortium Banque Mondiale,
Pays-Bas, Agence Française de Développement, Coopération suisse.
Par ailleurs, le Vérificateur Général a successivement reçu des représentants
de l’Ambassade des Pays-Bas, de la Coopération canadienne et de la
Délégation de l’Union Européenne au Mali. Avec ces personnalités, il a
échangé sur le fonctionnement du Bureau, la diffusion, à compter d’août
2019, de l’ensemble des rapports individuels sur le site Internet du BVG,
la nécessité de renforcer la synergie d’actions avec les autorités judiciaires
et la pertinence de la création, en rapport avec le Ministère de la Justice,
d’un pôle dédié uniquement au traitement des infractions économiques et
financières. Il s’est aussi appesanti sur les contraintes rencontrées suite à
la pandémie de la COVID-19, les avancées enregistrées au cours de son
mandat et l’état du partenariat qui unit le BVG et leurs représentations. En
retour, les PTF ont renouvelé leur constante disponibilité à accompagner le
Bureau. Ils ont en outre salué la mise en place, par le BVG, d’un cadre de
concertation pour harmoniser les interventions des PTF dans un souci de
complémentarité.
Ce partenariat a permis au Bureau de renforcer les capacités professionnelles
de son personnel, d’acquérir certains équipements et d’élaborer des outils
méthodologiques.

21
1.3. Respect du principe du contradictoire

Le principe du contradictoire permet à une entité vérifiée d’être informée


sur les constatations et recommandations formulées par la mission et, en
retour, d’y émettre ses observations avant la rédaction du rapport définitif.
Son respect est à la fois une obligation légale et normative pour le personnel
de vérification. Ainsi, à la fin des travaux sur le terrain, une restitution est
faite par l’équipe de vérification aux responsables de la structure vérifiée,
au cours de laquelle les principales constatations sont présentées et des
observations préliminaires recueillies.
Un rapport provisoire est ensuite rédigé et transmis à l’entité vérifiée pour
susciter ses observations écrites. Dès réception des réponses de l’entité
vérifiée, l’équipe de vérification, après analyse, prend en compte les
observations pertinentes au cours de l’élaboration du rapport définitif.
De plus, la Loi n°2012-009 du 8 février 2012 abrogeant et remplaçant la Loi
n°03-30 du 25 août 2003 instituant le Vérificateur Général, en son article 13,
fait obligation aux vérificateurs de joindre à leurs rapports les réponses des
structures contrôlées. Ces réponses doivent être concises et s’inscrire dans
les limites des résultats communiqués.

22
1.4. Saisines et dénonciations

1.4.1. Saisines :

Fondement légal de la saisine :


Aux termes de l’article 12 de la Loi n°2012-009 du 8 février 2012 abrogeant
et remplaçant la Loi n°03-030 du 25 août 2003 instituant le Vérificateur
Général : « Toute personne physique ou morale qui souhaite qu’une
structure publique ou toute autre structure bénéficiant du concours financier
de l’État, fasse l’objet d’une vérification, en saisit le Vérificateur Général par
écrit, en lui donnant les informations nécessaires lui permettant d’effectuer
son enquête.
Il appartient au Vérificateur Général d’apprécier le caractère sérieux de
l’information et de décider de la suite à réserver ».
Cette disposition témoigne de l’accessibilité du Bureau aux citoyens. Elle
traduit la volonté des plus hautes autorités de lutter davantage contre la
corruption et la délinquance financière et d’œuvrer à la consolidation de
la démocratie et la bonne gouvernance à travers l’exercice d’un contrôle
citoyen des services et organismes publics.

Comment saisit-on le Vérificateur Général ?


Suivant l’article 12 de la loi instituant le Vérificateur Général, l’acte par lequel
il est saisi pour solliciter une vérification obéit à des conditions de forme et
de fond.
En la forme, l’acte saisissant le Vérificateur Général doit être écrit sur
support papier et lui être adressé directement. Les saisines sous format
électronique sont aussi admises.
Toute autre forme de saisine, différente de celles citées ci-dessus, n’est
reçue qu’à titre d’information.
Au fond, une saisine adressée directement au Vérificateur Général implique
que son objet soit dans le champ de ses missions et ait un caractère sérieux
au regard de la pertinence des éléments fournis. Le champ des missions
du Vérificateur Général est déterminé par l’article 2 de la Loi n°2012-009 du
8 février 2012.
Le processus de traitement d’une saisine consiste d’abord à s’assurer de sa
recevabilité en la forme.
Ensuite, une analyse objective effectuée par la Cellule Juridique du BVG
est sanctionnée par des avis et suggestions à l’attention du Vérificateur
Général.
Cette analyse lui permet d’apprécier la suite à donner aux saisines en
décidant selon le cas de :
- lever une mission de vérification ;
- transmettre le dossier à l’Inspection sectorielle compétente de l’entité
mise en cause ;
- c lasser la saisine pour incompétence du Bureau ou insuffisance
d’éléments probants.
23
Hormis les cas de saisine anonyme, le saisissant est informé de la suite
réservée à sa requête.

Situation des saisines reçues en 2020 :


Le BVG a noté en 2020 un accroissement des saisines. De trente-neuf (39)
en 2019, les saisines sont passées à cinquante (50) en 2020. Ces saisines
sont relatives à la gestion des Collectivités Territoriales, des services et
organismes publics. La plupart concerne les Collectivités Territoriales.
Les suites réservées à ces cinquante (50) saisines reçues par le Vérificateur
Général se présentent ainsi qu’il suit :
- treize (13) saisines ont fait l’objet de programmation de missions de
vérification ;
- v ingt-sept (27) ont été classées ;
-d
 ix (10) sont en cours de traitement.
Ces saisines proviennent du Gouvernement, de différentes associations de
lutte contre la corruption et la délinquance financière et des citoyens. Les
saisines classées sont celles qui sont sans support ou qui ne rentrent pas
dans la sphère de compétence du Vérificateur Général.
Les saisines retenues pour la programmation d’une mission de vérification
portaient entre autres sur la gestion des deniers publics, la gouvernance des
services publics de l’État, des Collectivités Territoriales et des organismes
personnalisés.

1.4.2. Dénonciations et transmissions :

Fondement légal des dénonciations et transmissions :


La dénonciation est l’acte par lequel une autorité constituée porte à la
connaissance des autorités judiciaires ou administratives compétentes des
faits susceptibles de constituer des infractions à la loi.
L’exercice de la dénonciation par le Vérificateur Général est consacré par
l’article 17 de la loi l’instituant qui dispose : « À l’occasion d’une mission de
contrôle de régularité et de sincérité des recettes et des dépenses telle que
prévue […], si le Vérificateur Général a connaissance de faits constitutifs
d’infraction à la législation budgétaire et financière, il en saisit la juridiction
supérieure de contrôle des finances publiques. […] Les poursuites devant
la juridiction supérieure de contrôle des finances publiques ne font pas
obstacle à l’exercice de l’action pénale ou disciplinaire de droit commun ».
Cette disposition est confortée par l’article 58 du Code de Procédure Pénale
qui dispose : « Toute autorité constituée, tout fonctionnaire ou officier public
qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquerra la connaissance d’un crime
ou d’un délit, sera tenu d’en donner avis sur-le-champ au procureur de
la République ou au juge de paix à compétence étendue près le tribunal
dans le ressort duquel le prévenu pourrait être trouvé et de transmettre à
ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont
relatifs ».
Au BVG, la dénonciation des irrégularités financières aux autorités judiciaires
requiert la préparation d’un dossier comprenant : un acte de dénonciation

24
ou de transmission, une note explicative, un dossier de corroboration et un
exemplaire du rapport de vérification. Cela procède du souci d’une meilleure
exploitation des rapports de vérification par la Justice.
Il est important de préciser que l’acte de dénonciation est adressé aux
Procureurs de la République, chargés des Pôles Economiques et Financiers
en vertu de l’article 58 du Code de Procédure Pénale.
Tous les faits susceptibles d’infraction à la loi pénale et à la législation
budgétaire et financière sont relatés, chapitre par chapitre, en précisant les
textes de loi, les montants des irrégularités financières, les paragraphes et
pages du rapport concerné.
Quant à l’acte de transmission, il a la même forme et le même fond que l’acte
de dénonciation. Il est adressé au Président de la Section des Comptes de
la Cour Suprême en vertu de l’article 17 de la loi instituant le Vérificateur
Général.
Les dénonciations et transmissions sont faites immédiatement aux autorités
judiciaires, après la diffusion des rapports individuels sur le site internet du
BVG ([Link]), conformément à l’article 13 de la loi instituant le
Vérificateur Général.

Situation des transmissions et dénonciations effectuées en 2020 :


Au cours de l’année 2020, vingt-trois (23) dossiers ont fait l’objet de
transmission au Président de la Section des Comptes de la Cour Suprême.
Vingt-deux dossiers ont été dénoncés aux Procureurs de la République,
chargés des Pôles Économiques et Financiers près les Tribunaux de
Grande Instance de la Commune III du District de Bamako et de Kayes.
La situation de ces dénonciations se présente comme suit :
-d
 ix-neuf (19) dossiers de dénonciation au Procureur de la République
près le Tribunal de Grande Instance de la Commune III du District de
Bamako, chargé du Pôle Économique et Financier ;
- trois (3) dossiers de dénonciation au Procureur de la République
près le Tribunal de Grande Instance de Kayes, chargé du Pôle
Économique et Financier.
Des exemplaires des vingt-trois (23) dossiers ont été transmis au Directeur
Général du Contentieux de l’Etat pour suivi et défense des intérêts de l’Etat.

25
26
II - SYNTHESES DES VERIFICATIONS ET
EVALUATION DE POLITIQUE PUBLIQUE
EFFECTUEES EN 2020

27
28
CHAPITRE I

TYPOLOGIE
DES MISSIONS EFFECTUEES

1.1. VERIFICATIONS FINANCIERES OU DE CONFORMITE

1.2. VERIFICATIONS DE PERFORMANCE

1.3. VERIFICATIONS DE SUIVI DES RECOMMANDATIONS

1.4. EVALUATION DE POLITIQUE PUBLIQUE

29
Les vérifications conduites en 2020 se répartissent entre :

1.1. Les vérifications financières ou de conformité qui ont concerné :


- la Direction Administrative et Financière de la Primature ;
- l’Ambassade du Mali au Caire en Egypte ;
- l’Ambassade du Mali à Brazzaville en République du Congo ;
- l’Ambassade du Mali à Addis-Abeba en Ethiopie ;
- les Entrepôts Maliens en Côte d’Ivoire (EMACI) ;
- les Entrepôts Maliens au Sénégal (EMASE) ;
- la Société Malienne de Gestion de l’Eau Potable (SOMAGEP-SA) ;
- le Fonds d’Entretien Routier par l’Agence d’Exécution des Travaux
d’Entretien Routier (AGEROUTE) ;
- l’Agence Nationale de la Sécurité Routière (ANASER) ;
- l’Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM) ;
- le Nouveau Complexe Sucrier du Kala Supérieur (N-SUKALA-SA) ;
- la traçabilité des paiements sociaux effectués par les sociétés
minières (SOMILO-SA et GOUNKOTO-SA).

1.2. Les vérifications de performance qui ont porté sur :


- la société Energie du Mali (EDM-SA) ;
- la Commune Urbaine de Bougouni ;
- la Commune Rurale de Siby ;
- la Commune Rurale de Guégnéka (Fana).

1.3. Les vérifications de suivi des recommandations qui ont concerné :


- la vérification de performance de la gouvernance et la gestion
administrative du Centre Hospitalier Universitaire Gabriel Touré
(CHU-GT) réalisée en 2018 ;
- la vérification de performance du système de mise à disposition des
médicaments aux clients par la Pharmacie Populaire du Mali (PPM)
réalisée en 2018 ;
- la vérification financière des opérations d’exécution budgétaire de «
Aéroports du Mali » (ADM) réalisée en 2018 ;
- la vérification financière des opérations de recettes et de dépenses
effectuées par la Commune Rurale de Baguineda-Camp réalisée en
2018 ;
- la vérification financière des opérations de recettes et de dépenses
de la Commune Urbaine de Koulikoro réalisée en 2017.

1.4. L’évaluation de politique publique :


Par ailleurs, le BVG a conduit une mission d’évaluation de politique publique
portant sur la composante « Santé et Hygiène Publique » du PRODESS III.

30
CHAPITRE II

SYNTHESE DES VERIFICATIONS


PAR TYPE ET PAR DOMAINE OU
SECTEUR D’ACTIVITES

2.1. VERIFICATIONS FINANCIERES OU DE CONFORMITE


2.1.1. SERVICE DE L’ADMINISTRATION CENTRALE
2.1.2. SERVICES EXTERIEURS DE L’ETAT
2.1.3. ORGANISMES PERSONNALISES DE L’ETAT
2.2. VERIFICATIONS DE PERFORMANCE
2.2.1. ORGANISME PERSONNALISE DE L’ETAT
2.2.2. COLLECTIVITES TERRITORIALES
2.3. VERIFICATIONS DE SUIVI DES RECOMMANDATIONS
2.3.1. ORGANISMES PERSONNALISES DE L’ETAT
2.3.2. COLLECTIVITES TERRITORIALES

31
32
2.1. VERIFICATIONS FINANCIERES OU
DE CONFORMITE

33
Les missions de vérifications financières ou de conformité effectuées en
2020 ont mis en exergue des faiblesses concernant la gouvernance
administrative et financière dans les Administrations publiques. Ainsi,
lesdites missions, au nombre de douze (12), ont concerné des services
extérieurs à travers des représentations diplomatiques et consulaires et des
Entrepôts du Mali dans les ports de transit, des Collectivités Territoriales et
des organismes personnalisés. Elles ont décelé, d’une part, des irrégularités
administratives et, d’autre part, des irrégularités financières.
Les irrégularités administratives relèvent des dysfonctionnements du
système de contrôle interne. Les douze (12) vérifications financières ont
mis en évidence plusieurs irrégularités administratives dont, entre autres,
la non-tenue des documents de la comptabilité-matières, la mauvaise/
non-tenue des pièces comptables, le non-respect des règles régissant la
gestion de la trésorerie, l’inobservation de préalables à l’entrée en fonction
des Régisseurs, le non-respect des cadres organiques, l’inexistence de
manuels de procédures administratives, comptables et financières validés
et/ou à jour.
En vue de remédier à ces dysfonctionnements, le BVG formule des
recommandations qui, lorsqu’elles sont judicieusement mises en œuvre,
pourraient contribuer à renforcer le système de contrôle interne des
structures contrôlées en vue d’une plus grande maîtrise des risques de
gestion.
Quant aux irrégularités financières, elles se sont caractérisées par :
- l’octroi d’avantages injustifiés par des actes contraires au Code
des Marchés Publics, à travers notamment l’absence de mise en
concurrence, le non-respect des critères d’attribution des marchés et
le fractionnement ;
-d
 es dépenses non supportées par des pièces justificatives ;
- le non-respect de la procédure d’exécution des recettes et des
dépenses publiques ;
- le paiement de dépenses inéligibles et d’avantages indus notamment
aux délégués du Contrôle financier auprès des entités vérifiées ;
- la non-collecte ainsi que le non-reversement des recettes collectées,
le cas échéant, etc.
Les suites judiciaires consécutives aux irrégularités financières visent
également à renforcer, dans les services et organismes publics, la culture
de la bonne gouvernance au service d’une plus grande transparence dans
la gestion des ressources publiques.

34
2.1.1. SERVICE DE L’ADMINISTRATION
CENTRALE

[Link]. GESTION DE LA DIRECTION ADMINISTRATIVE ET


FINANCIERE DE LA PRIMATURE

35
36
[Link]. GESTION DE LA DIRECTION ADMINISTRATIVE
ET FINANCIERE DE LA PRIMATURE

VERIFICATION FINANCIERE

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification financière porte sur la gestion de la Direction


Administrative et Financière (DAF) de la Primature pour les périodes allant
du 10 avril au 31 décembre 2017 et du 2 janvier 2018 au 22 avril 2019.
Elle a pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité des
opérations de dépenses et de l’effectivité des passations de service.
La vérification fait suite à une saisine du Premier ministre, Chef du
Gouvernement.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

Les constatations issues de la présente vérification mettent en exergue des


irrégularités administratives et financières. Les irrégularités administratives
sont assorties de recommandations tandis que les financières donnent lieu
à des transmissions et dénonciations aux autorités judiciaires.

Au titre des irrégularités administratives :


Les irrégularités administratives, ci-dessous, relèvent des
dysfonctionnements du contrôle interne.

•L
 e Directeur Administratif et Financier a attribué des marchés à des
soumissionnaires ne respectant pas des critères de qualification
exigés dans les Données Particulières de l’Appel d’Offres (DPAO). A
titre illustratif, on peut citer :
- la non-fourniture de la preuve de la capacité technique et expérience
acquise du titulaire du Marché n°00259/DGMP-DSP 2017 relatif à la
fourniture et l’installation de matériel de sécurité ;
- la non-fourniture, en tant que société nouvellement créée, des
Curriculum Vitae ou attestations de travail des 15 agents expérimentés,
par le titulaire du Marché n°00006/DGMP-DSP 2017 relatif à l’entretien
et le nettoyage des bâtiments de la Cité administrative au titre de
l’année 2017.
•L
 e Directeur Administratif et Financier a, sur approbation irrégulière
du Ministre de l’Economie et des Finances, procédé à la passation
de marchés par entente directe. Il s’est irrégulièrement prévalu de
l’autorisation du Ministre de l’Economie et des Finances pour passer
quatre (4) marchés par entente directe. En effet, par diverses lettres,
le Premier ministre a demandé et obtenu, du Ministre de l’Economie
37
et des Finances, l’autorisation de passer des marchés par entente
directe. Le Ministre de l’Economie et des Finances a, sous son autorité,
la Direction Générale des Marchés Publics et des Délégations de
Service Public (DGMP-DSP). Cependant, cette position ne confère
pas au Ministre la prérogative d’organe de contrôle revenant de droit
à la DGMP-DSP.
•L
 e Directeur Administratif et Financier a créé des commissions
irrégulières d’ouverture des plis et d’évaluation des offres pour les
marchés passés par Demande de Renseignement et de Prix. En effet,
les représentants des services bénéficiaires ne figurent pas sur les
décisions de création des commissions en violation des dispositions
de l’article 3.1 de l’Arrêté n°2015-3721/MEF–SG du 22 octobre 2015
fixant les modalités d’application du Décret n°2015-0604/P-RM du 25
septembre 2015 portant Code des Marchés Publics et des Délégations
de Service Public.
•L
 e Directeur Administratif et Financier a procédé à une simulation
de mise en concurrence lors de plusieurs achats effectués suite à
une procédure de sollicitation de prix par demande de cotation. En
effet, l’examen des dossiers a révélé que pour plusieurs achats, il
consultait les mêmes fournisseurs parmi lesquels un seul était
constamment retenu. Des incohérences existent entre les pièces de
certains dossiers qui interrogent sur la crédibilité et l’effectivité de la
mise en concurrence. A titre d’exemples, des dossiers comportent
des factures proforma dont les dates sont antérieures à l’établissement
de la demande de cotation et des rapports de sélection sont établis
avant les factures proforma des fournisseurs.
•L
 e Directeur Administratif et Financier a violé le principe de la
spécialité budgétaire. Il a exécuté en 2017 quatre contrats sur des
chapitres non appropriés. Ainsi, des dépenses de fonctionnement ont
été imputées sur le chapitre destiné à l’investissement. En outre, des
dépenses de la DAF, relatives à la fourniture et pose de rideaux et
accessoires, ont été imputées sur le chapitre destiné à la prise en
charge du fonctionnement du Commissariat à la Réforme du Secteur
de la Sécurité.
•L
 e Directeur Administratif et Financier ne veille pas à l’organisation
de la passation de service entre les Régisseurs entrants et sortants.
En effet, au cours de la période de référence, deux (2) Régisseurs
ordinaires et trois (3) Régisseurs spéciaux d’avances se sont
succédé sans passation entre les sortants et les entrants. En outre,
les Régisseurs sortants ne versent pas les exemplaires des pièces
justificatives aux archives de la DAF. Ils conservent exclusivement,
par devers eux, lesdits exemplaires de leur période de gestion alors
que ceux-ci doivent constituer les archives de l’entité vérifiée.
•D
 es Directeurs de Cabinet du Premier ministre ont procédé à la
signature des décisions de mandatement servant à approvisionner
la régie spéciale de la DAF alors qu’ils n’en sont pas habilités de par
les délégations de signature reçues du Premier ministre. Les décrets
de délégation de signature ne mentionnent pas formellement les
38
décisions de mandatement des régies. Toutefois, après réception de
l’extrait du rapport provisoire de la vérification produit par le BVG, le
Premier ministre a procédé à la correction de l’irrégularité en prenant
le Décret n°2020-0302/PM-RM du 29 juin 2020 portant modification
du Décret n°2019-0604/PM-RM du 21 août 2019 portant délégation
de signature.
•L
 e Payeur Général du Trésor a approvisionné une régie spéciale
d’avances irrégulière. En 2017, il a payé des avances de fonds
au Régisseur alors que la régie spéciale n’existait plus au-delà du
31 décembre 2016 conformément aux dispositions de l’article 4 de
l’Arrêté n°2016-0298/MEF-SG du 1er mars 2016 instituant ladite
régie. Ces avances irrégulières, au nombre de quarante-trois, ont été
payées durant la période du 1er avril 2017 au 31 décembre 2017 et du
2 janvier au 8 mars 2018.
•L
 e Régisseur spécial n’a pas payé l’intégralité de sa caution à sa prise
de fonction. Il n’a payé la différence entre le montant de sa caution
en tant que Régisseur ordinaire d’avances et celui de sa nouvelle
fonction de Régisseur spécial d’avances que le 11 novembre 2019,
soit plus d’un an après son installation.
•L
 e Régisseur spécial d’avances ne respecte pas le montant plafond
à détenir en caisse. Au cours de l’arrêté de caisse effectué, à la date
du 29 novembre 2019, le Régisseur spécial détenait dans son coffre-
fort plus de 38 millions de FCFA de liquidités alors que le montant
maximal de disponibilité autorisé est d’un million de francs CFA suivant
les dispositions de l’article 10 de l’Arrêté n°2018-0636/MEF- SG du
8 mars 2018 portant institution d’une régie spéciale d’avances auprès
de la DAF-Primature.
•L
 e Régisseur spécial d’avances a procédé au paiement de 189
dépenses inéligibles. Il a payé des dépenses non mentionnées dans
l’arrêté instituant la régie spéciale, notamment la prise en charge
des menues dépenses d’alimentation non destinées aux agents de
sécurité, l’achat de certains matériels et fournitures de bureau, la prise
en charge de divers entretiens et réparations.
•L
 e Régisseur spécial et le Régisseur ordinaire d’avances ne tiennent
pas à jour leur comptabilité. En effet, le livre-journal, document
comptable de base de la Régie, qui permet l’enregistrement
chronologique des opérations, n’est pas établi. En outre, des
bordereaux détaillés ne sont pas établis alors que les avances
correspondantes ont été totalement utilisées.

Au titre des irrégularités financières :


Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 1,42 milliard de FCFA.

•L
 e Directeur Administratif et Financier a procédé au fractionnement
des dépenses. Il a, au cours de l’année budgétaire 2017, exécuté à
travers des acquisitions par Demandes de Cotation des dépenses de
même nature, pour la même unité fonctionnelle dont le montant cumulé

39
atteint le seuil requis pour la passation de marchés par Demande de
Renseignement et de Prix.
•L
 e Directeur Administratif et Financier n’a pas reversé, au Trésor public,
des produits issus de la vente de dossiers d’appel à concurrence pour
un montant de 2,6 millions de FCFA. Toutefois, à la suite du rapport
provisoire de vérification, ledit montant a été reversé le 5 mai 2020.
•L
 e Directeur Administratif et Financier a autorisé le règlement des
marchés passés par Demande de Renseignement et de Prix sans
exiger le paiement de la redevance de régulation. En effet, il a autorisé
le paiement de 63 marchés sans que les fournisseurs ne se soient
acquittés de la redevance de régulation. Le montant des redevances
non payées par les titulaires des marchés concernés s’élève à
4,82 millions de FCFA.
•L
 e Directeur Administratif et Financier a autorisé des paiements
irréguliers. Il a autorisé, pendant les périodes sous revue, le paiement
de frais supplémentaires de mission au Premier ministre sous le
vocable « frais de souveraineté » pour un montant de 708,97 millions
de FCFA, sans production de pièces justificatives, contrairement aux
dispositions réglementaires.
•L
 e Régisseur spécial a effectué des décaissements non justifiés.
En effet, il a effectué des remises d’espèces non soutenues par des
pièces justificatives pour un montant de 148,41 millions de FCFA.
En outre, il n’a pas reversé au Trésor public des reliquats d’avances
d’un montant de 35,65 millions de FCFA. Le montant total de ces
irrégularités s’élève à 184,06 millions de FCFA.
•L
 e Régisseur spécial a procédé à des décaissements irréguliers
en faveur du Premier ministre. Il a procédé en 2018 à des remises
d’espèces au Premier ministre, contre décharges, pour un montant
total de 171 millions de FCFA à titre de « Dépenses et divers appuis
financiers du Premier ministre » et « Appui financier du Gouvernement
à certaines familles militaires » sans exiger en retour la production de
pièces justificatives.
•L
 e Régisseur spécial a procédé au paiement de dépenses non
conformes aux décisions d’approvisionnement de la régie. Il a, après
le retour des missionnaires, réglé des factures d’achat de carburant
et de réparation de véhicules sur des avances destinées à prendre
en charge des indemnités et autres frais divers (frais de mission
et charges connexes aux missions). Le montant total des factures
concernées est de 18,40 millions de FCFA.
•L
 e Régisseur spécial n’a pas justifié un déficit de caisse d’un montant
de 1,05 million de FCFA. Il s’agit d’un écart entre le solde théorique
de l’arrêté de caisse du 29 novembre 2019, reconstitué à partir des
mandats de paiement, et le solde physique. Toutefois, ledit déficit a
été régularisé par le Régisseur spécial après réception du rapport
provisoire de vérification du BVG par le Directeur Administratif et
Financier.

40
•L
 e Régisseur spécial a irrégulièrement justifié des avances reçues
dans le cadre des dépenses avant ordonnancement. En effet, au
cours de l’exercice budgétaire de 2018, la Primature a bénéficié des
avances de trésorerie qui ont été mises en régie pour couvrir, d’une
part, les festivités du 58ème anniversaire du Mali et, d’autre part, des
dépenses liées à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la
réconciliation au Mali. Lesdites dépenses n’ont pas été justifiées par
des pièces justificatives requises. Le montant total des dépenses
irrégulièrement justifiées s’élève à 327,48 millions de FCFA.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS


CONSTATES ?

Au Ministre chargé des Finances :


- r especter la réglementation en matière d’autorisation de passation des
marchés par entente directe ;
- r evoir le montant plafond des disponibilités que le Régisseur spécial de la
Primature est autorisé à détenir.

Au Directeur Administratif et Financier :


- r especter les critères de qualification dans l’attribution des marchés ;
- r especter la réglementation en matière de création des commissions
d’ouverture de plis et d’évaluation des offres ;
- r especter les procédures de mise en concurrence lors des achats par
demande de cotation ;
- r especter le principe de la spécialité budgétaire dans les opérations
d’exécution des dépenses publiques ;
- v eiller à l’organisation de la passation de service entre les Régisseurs
sortants et entrants.

Au Payeur Général du Trésor :


-p
 rocéder systématiquement aux contrôles et vérifications de régularité
des régies spéciales d’avances ;
- v eiller au paiement de la caution par les Régisseurs avant leur prise de
fonction ;
- v eiller au respect du plafond des régies.

Au Régisseur spécial d’avances :


- r especter le montant plafond de la régie ;

 viter le paiement des dépenses non éligibles.

Au Régisseur d’avances et au Régisseur spécial d’avances :


- tenir à jour leur comptabilité respective.

41
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :

-a
 u fractionnement des dépenses à travers des acquisitions par demande
de cotation dont le montant total atteint le seuil de passation des marchés
par demande de renseignement et de prix ;
-a
 u non-reversement des produits issus de la vente des dossiers d’appel à
concurrence pour un montant de 2,6 millions de FCFA ;
-a
 u règlement des marchés sur lesquels la redevance n’est pas payée pour
un montant de 4,82 millions de FCFA ;
-a
 u paiement irrégulier de « frais de souveraineté » sur mission pour un
montant de 708,97 millions de FCFA ;
-a
 u paiement de dépenses non conformes aux décisions de mandatement
pour un montant de 18,40 millions de FCFA ;
-a
 ux décaissements non justifiés pour un montant de 184,06 millions de
FCFA ;
-a
 ux décaissements irréguliers en faveur du Premier ministre pour un
montant de 171 millions de FCFA ;

 la justification irrégulière des avances reçues dans le cadre des dépenses
avant ordonnancement pour un montant de 327,48 millions de FCFA.

42
2.1.2. SERVICES EXTERIEURS
DE L’ETAT

[Link]. GESTION DE L’AMBASSADE DU MALI AU CAIRE


(EGYPTE)
[Link]. GESTION DE L’AMBASSADE DU MALI A BRAZZAVILLE
(REPUBLIQUE DU CONGO)
[Link]. GESTION DE L’AMBASSADE DU MALI A ADDIS-ABEBA
(ETHIOPIE)
[Link]. GESTION DES ENTREPÔTS MALIENS
EN COTE D’IVOIRE
[Link]. GESTION DES ENTREPOTS MALIENS AU SENEGAL

43
44
[Link]. GESTION DE L’AMBASSADE DU MALI AU CAIRE (EGYPTE)

VERIFICATION FINANCIERE

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification financière porte sur la gestion de l’Ambassade du


Mali au Caire en Egypte, au titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019
(1er semestre).
Elle a pour objectif de s’assurer, notamment de la régularité et de la sincérité
des opérations de recettes et de dépenses.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

Les constatations issues de la présente vérification mettent en exergue des


irrégularités administratives et financières. Les irrégularités administratives
sont assorties de recommandations tandis que les financières donnent lieu
à des transmissions et dénonciations aux autorités judiciaires.

Au titre des irrégularités administratives :


Les irrégularités administratives, ci-dessous, relèvent des
dysfonctionnements du contrôle interne.

• Le Ministre de l’Économie et des Finances ne respecte pas le délai


de révision des taux de change de Chancellerie établi à un an suivant
l’Arrêté n°2018-3705/MEF-SG du 23 octobre 2018 fixant les taux de
change de chancellerie dans les missions diplomatiques et consulaires
du Mali à l’étranger. Le Secrétaire Agent Comptable (SAC) utilise le
taux de change de 30.93 FCFA pour une Livre Égyptienne (LE) depuis
plus d’un an, faute d’un nouvel arrêté pris par le Ministre de l’Économie
et des Finances révisant les taux de change de chancellerie.
• L’Ambassadeur ne procède pas à la vérification de la caisse du SAC.
En effet, il n’a pas pu fournir les procès-verbaux d’arrêté de la caisse
du SAC.
• L’Ambassadeur ne respecte pas la réglementation égyptienne sur le
travail. Il a recruté localement quatorze (14) agents uniquement sur la
base de décisions contrairement aux dispositions de la loi égyptienne
sur le travail qui exigent l’établissement d’un contrat rédigé en arabe
et en trois exemplaires. De plus, l’Ambassadeur n’a pas déposé
un exemplaire des décisions de recrutement à l’Office National de
Sécurité Sociale d’Égypte pour l’octroi de numéro d’assuré.
• Le SAC ne procède pas aux rapprochements bancaires périodiques.
Il ne procède pas à des rapprochements des écritures comptables du
registre « banque » aux relevés bancaires.

45
•L
 e SAC ne tient pas correctement le livre-journal de caisse. En effet,
au lieu d’enregistrer les pièces justificatives des opérations au jour
le jour, le SAC procède à leur enregistrement cumulé dans le livre-
journal à la fin du mois. De ce fait, les dates d’enregistrement des
opérations dans le journal de caisse ne concordent pas avec celles
de leur réalisation. De plus, les livres-journaux de caisse tenus par le
SAC ne sont ni cotés ni paraphés par le Payeur Général du Trésor.
•L
 e SAC ne tient pas correctement le registre du compte courant
bancaire. En effet, les opérations n’y sont pas portées
chronologiquement mais regroupées et enregistrées par mois avec
un montant mensuel global. En outre, les références des chèques et
des virements émis ou reçus ainsi que celles des avis correspondants
de la banque n’y figurent pas.
•L
 e SAC ne précise pas toutes les mentions requises sur les pièces
justificatives de dépenses. En effet, il ne mentionne pas, sur les
pièces justificatives de dépenses, l’imputation budgétaire et les
références des mandats de paiement émis par la Direction des
Finances et du Matériel du Ministère des Affaires Étrangères et de
la Coopération Internationale (MAECI). Aussi, la Paierie Générale
du Trésor a accepté lesdites pièces contrairement aux indications
de l’article 39 de l’Instruction n°001/MFC du 14 juillet 1995 fixant les
règles et procédures budgétaires et comptables applicables dans les
Ambassades et Consulats du Mali.
•L
 e SAC n’a ni prêté serment ni constitué de caution. Nommé par
Décret n°2013-634/P-RM du 1er août 2013, il n’a ni constitué un
cautionnement auprès du Payeur Général du Trésor ni prêté serment
devant le Juge des Comptes avant sa prise de fonction.
•L
 e SAC ne tient pas de comptabilité-matières. En effet, aucun des
documents exigés par la comptabilité-matières n’est tenu par le SAC,
à savoir les documents de base, les documents de mouvement ainsi
que ceux de gestion. Ainsi, les matériels de l’Ambassade ne sont pas
codifiés et les affectations de véhicules ne sont pas matérialisées.

Au titre des irrégularités financières :


Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 1,16 milliard de FCFA.

•L
 ’Ambassadeur a autorisé et le SAC a payé des avantages indus
au personnel. Ils ont pris en charge, pour le compte du personnel
diplomatique, des factures de téléphone, d’internet, de cartes de
recharge téléphonique et d’abonnements de télévision non autorisées
pour un montant total de 34,97 millions de FCFA.
•L
 ’Ambassadeur a utilisé des recettes propres sans autorisation
du Payeur Général du Trésor. De plus, le SAC ne détient pas une
situation détaillée de l’utilisation de ces recettes propres dans sa
comptabilité. Il n’a pas pu faire la part des dépenses effectuées sur les
recettes propres de celle des dépenses effectuées sur les ressources
transférées par le Payeur Général du Trésor. Le montant total des
recettes propres utilisées sans autorisation se chiffre à 730,41 millions
de FCFA.
46
• Le SAC a payé un montant indu au titre des loyers. Lesdits loyers sont
réglés en dollars US puis convertis en Livres Égyptiennes par le SAC
avant d’être comptabilisés. Il existe des écarts entre les montants
décaissés par le SAC et ceux reconvertis. Le montant total mis en
cause se chiffre à 2,79 millions de FCFA.
• Le SAC a appliqué un taux de change de Chancellerie irrégulier.
Malgré l’adoption d’un taux de chancellerie de 30,93 FCFA pour une
Livre Egyptienne déterminé par l’Arrêté n°2018-3705/MEF-SG du
23 octobre 2018 fixant les taux de change de chancellerie dans les
missions diplomatiques et consulaires du Mali à l’étranger du Ministre
de l’Économie et des Finances, le SAC a continué d’appliquer l’ancien
taux de 73.46 FCFA pour la période allant de novembre 2018 à
janvier 2019. Le montant total mis en cause se chiffre à
391,01 millions de FCFA.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES


MANQUEMENTS CONSTATES ?

Au Ministre de l’Économie et des Finances :


- respecter le délai de révision des taux de change de Chancellerie dans les
Missions Diplomatiques et Consulaires du Mali à l’étranger.

A l’Ambassadeur :
- procéder à la vérification de la caisse du Secrétaire Agent Comptable au
31 décembre de chaque année ;
- régulariser la situation des employés localement recrutés.

Au Secrétaire Agent Comptable :


- procéder aux rapprochements bancaires conformément à la
réglementation ;
- tenir le livre-journal de caisse conformément à la réglementation ;
- tenir le registre du compte courant bancaire conformément à la
réglementation ;
- mentionner, sur les pièces justificatives des dépenses, l’imputation
budgétaire et les références des mandats de paiement ;
- prêter serment et constituer un cautionnement conformément à la
réglementation ;
- tenir tous les documents de la comptabilité-matières conformément à la
réglementation en vigueur.

47
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :

- aux dépenses irrégulières de frais de communication téléphonique et


d’abonnements de télévision et Internet au profit du personnel pour un
montant de 34,97 millions de FCFA ;
- à la consommation des recettes propres de l’Ambassade sans accord
préalable du Payeur Général du Trésor d’un montant de 730,41 millions
de FCFA ;
- au paiement, d’un montant non justifié de 2,79 millions de FCFA au titre
des loyers ;
- aux pertes de changes liées à l’application irrégulière du taux de change
de Chancellerie d’un montant de 391,01 millions de FCFA.

48
[Link]. GESTION DE L’AMBASSADE DU MALI A BRAZZAVILLE
(REPUBLIQUE DU CONGO)

VERIFICATION FINANCIERE

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification financière porte sur la gestion de l’Ambassade du


Mali à Brazzaville en République du Congo, au titre des exercices 2016,
2017, 2018 et 2019 (1er semestre).
Elle a pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité des opérations
de recettes et de dépenses ainsi que du respect de la réglementation du
travail.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

Les constatations issues de la présente vérification mettent en exergue des


irrégularités administratives et financières. Les irrégularités administratives
sont assorties de recommandations tandis que les financières donnent lieu
à des transmissions et dénonciations aux autorités judiciaires.

Au titre des irrégularités administratives :


Les irrégularités administratives, ci-dessous, relèvent des
dysfonctionnements du contrôle interne.

• Le Ministre chargé des Affaires Étrangères et celui chargé des


Finances n’ont pas pris l’arrêté d’application du Décret n°96-044/P-RM
du 8 février 1996, modifié, pour fixer le plafond des dépenses relatives
aux frais de location, d’ameublement, d’abonnement et de
consommation individuelle d’eau, de gaz de ville, d’électricité et de
chauffage. Ainsi, l’Ambassade a effectué ces dépenses sans limitation.
• Le Ministre chargé des Affaires Étrangères et l’Ambassadeur ne
respectent pas le cadre organique de l’Ambassade du Mali à
Brazzaville. Le Ministre chargé des Affaires Etrangères n’a pas pourvu
le poste de « Secrétaire d’Ambassade » prévu par le cadre organique.
De même, l’Ambassadeur n’a pas recruté l’Agent de Protocole et le
Jardinier. Ainsi, la fonction d’Agent de Protocole est assurée de fait
par un agent administratif.
• L’Ambassadeur n’a pas établi des contrats de travail conformes à
la convention d’établissement. En effet, treize (13) contrats repris en
2017, après l’entrée en vigueur de la convention, ne font pas mention
de certains éléments substantiels comme la catégorie et l’échelon.
• L’Ambassadeur ne procède pas à la mise en concurrence des
fournisseurs. Les opérations d’acquisition de biens et services ont été
effectuées, sans mise en concurrence d’au moins trois fournisseurs,
en violation des dispositions réglementaires en la matière.

49
•L
 e SAC ne tient pas des documents de la comptabilité-matières
hormis la « fiche détenteur ». En effet, de l’entrée du matériel dans le
patrimoine de l’Ambassade à sa sortie, en passant par les différents
mouvements (affectation, mutation et réforme), aucune opération
n’est répertoriée dans un quelconque document de la comptabilité-
matières.
•L
 e SAC ne tient pas des registres comptables. Le calepin de caisse,
le registre des rejets comptables, le registre des droits des créanciers,
le livre-journal des commandes, le livre-journal des matériels et
matières, le compte de gestion des matériels et matières ne sont pas
tenus.

Au titre des irrégularités financières :


Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 391,94 millions de
FCFA.

•L
 ’Ambassadeur a consommé des recettes propres sans autorisation
du Payeur Général du Trésor, contrairement à la réglementation. Le
montant total de ces recettes s’élève à 216,49 millions de FCFA sur la
période sous revue.
•L
 e SAC a minoré des recettes propres de l’Ambassade. En effet, en
2016, sur un montant total de 114,23 millions de FCFA de recettes
reconstituées à travers les livres-journaux, 110,57 millions de FCFA
ont été effectivement déclarés au Payeur Général, soit un écart de
3,66 millions de FCFA non déclarés. De plus, suite à la reconstitution
de la situation des timbres fiscaux reçus de la Paierie Générale du
Trésor (PGT), des timbres fiscaux vendus et des stocks, il s’est
dégagé, de 2016 à 2017, un écart de 15,54 millions de FCFA de
recettes non déclarées. Le montant total des recettes propres non
déclarées est de 19,20 millions de FCFA.
•L
 e Directeur des Ressources Humaines, le Directeur des Finances
et du Matériel, l’Ambassadeur et le SAC ont illégalement octroyé des
avantages à des agents. Ils ont ordonné et payé des salaires et autres
avantages à trois agents diplomatiques après abrogation de leurs
actes de nomination. Ces trois agents diplomatiques ont indûment
bénéficié, pendant la période sous revue, de salaires et avantages qui
se chiffrent à 139,56 millions de FCFA dont 92,26 millions de FCFA
pour le Conseiller consulaire, 46,32 millions de FCFA pour un Agent
consulaire et 984 732 FCFA pour un autre Agent consulaire.
•L
 ’Ambassadeur n’a pas réclamé le remboursement des frais médicaux
à une compagnie d’assurance. En effet, l’Ambassadeur a ordonné
le paiement au personnel diplomatique des frais médicaux du
1er janvier au 4 mai 2018. Or, avec la signature du contrat d’assurance
qui couvre cette période, il devrait se faire rembourser par la
compagnie d’assurance contractante. Le montant total non réclamé
par l’Ambassadeur est de 1,11 million de FCFA.
•L
 ’Ambassadeur ne procède pas à la récupération des cautions payées
pour les logements dont les contrats de bail ont pris fin. Le montant

50
total des cautions non restituées pendant la période sous revue, suite
à la libération des logements, est de 12,6 millions de FCFA.
• Le SAC a doublement payé les frais de location du mois de juin 2017
de l’appartement de l’Ambassadeur. Il a payé la facture n°020/17
en date du 29 mars 2017 relative aux loyers des mois d’avril à juin
pour un montant de 4,5 millions de FCFA soit 1,5 million de FCFA par
mois. De même, il a payé la facture n°035/17 du 30 juin 2017 relative
au loyer du même mois de juin, d’où un double payement pour un
montant de 1,5 million de FCFA.
• Le SAC a accepté des pièces justificatives irrégulières d’indemnités
de déplacement et de mission. L’Ordre de Mission n°01/AMAC/16
du 15 février 2016 relatif à une mission effectuée à Pointe Noire
(République du Congo) par le Chargé d’Affaires de l’Ambassade,
accompagné du Deuxième Conseiller, du Conseiller Consulaire et
de l’Attaché de Protocole, n’est visé ni à l’aller ni au retour par les
autorités compétentes. Le montant total des dépenses sur la base de
cet ordre de mission s’élève à 1,48 million de FCFA.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS


CONSTATES ?

Au Ministre chargé des Affaires Étrangères et au Ministre chargé des


Finances :
- procéder à la prise de l’arrêté conjoint fixant le plafond des dépenses
relatives à la prise en charge des avantages accordés au personnel.

Au Ministre chargé des Affaires Étrangères :


- veiller au respect du cadre organique de l’Ambassade du Mali à Brazzaville.

A l’Ambassadeur :
- pourvoir en personnel local les postes vacants conformément au cadre
organique des missions diplomatiques ;
- établir les contrats de travail conformément aux dispositions de la
convention d’établissement applicable au personnel local ;
- procéder à la mise en concurrence des fournisseurs.

Au Secrétaire Agent Comptable :


- tenir les documents de la comptabilité-matières conformément à la
réglementation en vigueur ;
- tenir tous les registres comptables conformément à la réglementation en
vigueur.

51
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :

- à la consommation des recettes propres sans autorisation du Payeur


Général du Trésor pour un montant total de 216,49 millions de FCFA ;
- à la minoration des recettes de chancellerie de l’Ambassade pour un
montant total de 3,66 millions de FCFA ;
- à la minoration des recettes des timbres fiscaux pour un montant de
15,54 millions de FCFA ;
- au paiement des salaires et autres avantages indus à des diplomates pour
un montant total de 139,56 millions de FCFA ;
- au non-remboursement des frais médicaux pour un montant total de
1,11 million de FCFA ;
- à la non-récupération des cautions des logements pour un montant total
de 12,6 millions de FCFA ;
- au double paiement d’un loyer pour un montant de 1,5 million de FCFA ;
- à la non-justification des indemnités de déplacement et de mission pour un
montant total de 1,48 million de FCFA.

52
[Link]. GESTION DE L’AMBASSADE DU MALI A ADDIS-ABEBA
(ETHIOPIE)

VERIFICATION FINANCIERE

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification financière porte sur la gestion de l’Ambassade du


Mali à Addis-Abeba en Ethiopie (AMAA), au titre des exercices 2016, 2017,
2018 et 2019 (1er semestre).
Elle a pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité des
opérations de recettes et de dépenses ainsi que du respect du cadre
organique.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

Les constatations issues de la présente vérification mettent en exergue des


irrégularités administratives et financières. Les irrégularités administratives
sont assorties de recommandations tandis que les financières donnent lieu
à des transmissions et dénonciations aux autorités judiciaires.

Au titre des irrégularités administratives :


Les irrégularités administratives, ci-dessous, relèvent des
dysfonctionnements du contrôle interne.

• Le Ministre chargé des Affaires Étrangères ne respecte pas


des dispositions du cadre organique. Il n’a pas pourvu le poste
d’Ambassadeur Représentant Permanent Adjoint.
• L’Ambassadeur ne procède pas à la mise en concurrence des
fournisseurs lors des achats. En effet, il n’a fourni aucune preuve
matérielle d’une mise en concurrence pendant la période sous revue.
• L’Ambassadeur ne procède pas au contrôle de la caisse du SAC. Il
ne procède ni personnellement, ni par mandat régulier donné à une
tierce personne, à la vérification de la caisse du SAC.
• Le SAC effectue des dépenses sans engagement préalable de
l’Ambassadeur. Il n’établit pas le bon de commande sur lequel
l’Ambassadeur doit porter son engagement préalablement à toute
dépense. Ces dépenses portent, entre autres, sur des travaux de
construction ou d’aménagement, des achats de consommables de
bureautique et de matériels informatiques ainsi que des prestations
de service.
• Le SAC paie des factures non supportées par des pièces justificatives
attestant l’effectivité des dépenses. Sur la période sous revue,
aucune acquisition ou prestation de service n’a été accompagnée de
bordereau de livraison, de procès-verbal de réception ou d’attestation
de service fait.

53
•L
 e SAC ne respecte pas le plafond de caisse de 250 000 FCFA. Les
résultats de l’arrêté de caisse du 26 décembre 2019 ont révélé que
le SAC détenait dans sa caisse, un montant total correspondant à la
somme de 1,98 million de FCFA.
•L
 e SAC ne procède pas aux rapprochements bancaires. Il n’effectue
pas de rapprochement entre ses écritures comptables enregistrées
dans le registre « banque » et les données des relevés de comptes
bancaires.
•L
 e SAC ne tient pas tous les documents de la comptabilité-matières.
A l’exception des fiches détenteurs, aucun autre document de la
comptabilité-matières n’est tenu.
•L
 e SAC ne tient pas tous les registres comptables. En effet, le livre-
journal des commandes, le registre des droits des créanciers, le
livre-journal des matériels et matières et le compte de gestion des
matériels et matières ne sont pas tenus.
•L
 e SAC ne tient pas correctement les relevés détaillés des dépenses
et le livre-journal de caisse. En effet, les pièces des dépenses ne
sont pas enregistrées individuellement et chronologiquement dans le
bordereau détaillé des dépenses. En outre, le livre-journal de caisse
utilisé n’est ni coté ni paraphé par le Payeur Général du Trésor.
•L
 e SAC ne porte pas des mentions obligatoires sur les pièces de
dépenses. Il ne porte pas sur les pièces de dépenses l’imputation
budgétaire, les références du mandat émis par le Directeur des
Finances et du Matériel du MAECI, la date de paiement et les
références de l’enregistrement au livre-journal.
•L
 e SAC ne procède pas aux arrêtés hebdomadaires et mensuels du
registre « banque ». En effet, le dernier arrêté du registre « banque »
pour le compte courant en dollars date du mois de mai 2019.

Au titre des irrégularités financières :


Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 15,66 millions de FCFA.

•L
 ’Ambassadeur a accordé des avantages non prévus par le Décret
n°96-044/P-RM du 8 février 1996 fixant les avantages accordés au
personnel diplomatique, administratif et technique dans les missions
diplomatiques et consulaires de la République du Mali. Ces avantages
qui se rapportent aux paiements de gratifications lors des fêtes pour
le personnel diplomatique de l’Ambassade s’élèvent à 3,32 millions
de FCFA.
•L
 ’Ambassadeur a autorisé le SAC à payer des dépenses non éligibles.
Il a accordé la prise en charge des abonnements de télévision sans
base légale et sans ligne budgétaire prévue à cet effet. Le montant de
ces avantages accordés s’élève à 2,94 millions de FCFA.
•L
 e Ministère chargé de la Culture n’a pas remboursé les frais
d’hôtel des artistes maliens, invités du Président de la République
au 32ème Sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba préfinancés
par l’Ambassade. Malgré la Lettre n°00153/AM-ADD/DC/2019 du

54
18 février 2019 de demande de remboursement de l’Ambassadeur et
le Mandat de délégation n°291 suivant lettre du Ministre de l’Économie
et des Finances pour la prise en charge desdites dépenses, le
Ministère chargé de la Culture n’a toujours pas remboursé le montant
de la somme préfinancée s’élevant à 5,52 millions de FCFA.
• Le SAC tient une caisse présentant un déficit de 3,04 millions de
FCFA. En effet, le solde de caisse reconstitué, à la date de l’arrêté
de caisse du 26 décembre 2019, est de 5,02 millions de FCFA. Les
disponibilités détenues en caisse s’élevaient à 1,98 million de FCFA
en espèces, soit un écart total de 3,04 millions de FCFA. Cet écart
comprend 2,84 millions de FCFA de bons de caisse non autorisés par
l’Ambassadeur et 202 778 FCFA non justifiés.
• Le SAC a effectué un arrêté erroné de la situation des valeurs
inactives. Il a arrêté un montant inférieur au montant réel pour une
valeur de 840 876 FCFA au titre des ventes des timbres fiscaux.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS


CONSTATES ?

Au Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération


Internationale :
- veiller au respect du cadre organique de l’Ambassade du Mali à Addis-
Abeba.

A l’Ambassadeur du Mali à Addis-Abeba :


- procéder à la mise en concurrence des prestataires lors des acquisitions ;
- procéder à la vérification de la caisse conformément à la réglementation
en vigueur.

Au Secrétaire Agent Comptable :


- requérir l’engagement de l’Ambassadeur préalablement à toute dépense ;
- produire les pièces justificatives requises à l’appui des dépenses ;
- respecter le plafond de disponibilité à détenir en caisse conformément à
la réglementation en vigueur ;
- procéder au rapprochement bancaire des différents comptes de
l’Ambassade ;
- tenir l’ensemble des documents de la comptabilité-matières ;
- tenir l’ensemble des registres comptables ;
- tenir correctement les relevés détaillés des dépenses et le livre-journal de
caisse ;
- porter toutes les mentions obligatoires sur les pièces justificatives des
dépenses ;
- procéder aux arrêtés hebdomadaires et mensuels des registres « banque ».

55
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :

- aux avantages indus accordés au personnel diplomatique pour un montant


de 3,32 millions de FCFA ;
- au paiement de dépenses non éligibles pour un montant de 2,94 millions
de FCFA ;
- au non-remboursement des frais d’hôtel pour un montant de 5,52 millions
de FCFA ;
- au déficit de caisse pour un montant de 3,04 millions de FCFA ;
- à l’écart sur les valeurs inactives de timbres fiscaux pour un montant de
840 876 FCFA.

56
[Link]. GESTION DES ENTREPOTS MALIENS EN COTE D’IVOIRE

VERIFICATION FINANCIERE

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification financière porte sur la gestion des Entrepôts


Maliens en Côte d’Ivoire (EMACI), au titre des exercices 2016, 2017, 2018
et 2019 (1er semestre).
Elle a pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité des
opérations de recettes, de dépenses et de trésorerie ainsi que du respect
du cadre organique.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

Les constatations issues de la présente vérification mettent en exergue des


irrégularités administratives et financières. Les irrégularités administratives
sont assorties de recommandations tandis que les financières donnent lieu
à des transmissions et dénonciations aux autorités judiciaires.

Au titre des irrégularités administratives :


Les irrégularités administratives, ci-dessous, relèvent des
dysfonctionnements du contrôle interne.

• Le Ministre chargé des Transports et le Directeur ne respectent pas


le cadre organique. Les profils de deux Chargés de statistiques ne
correspondent pas à ceux définis par le cadre organique et un agent
a été affecté au Service Administratif et Financier alors que tous
les postes y sont déjà pourvus. Par ailleurs, il manque un Chargé
de statistiques au niveau du Service de statistiques et un Chargé
de contrôle et de sécurité au niveau du Bureau de Contrôle et de
Sécurité.
• Le Directeur a ouvert des comptes bancaires sans l’autorisation du
Ministre chargé des Finances. Il s’agit du compte BDM-SIKASSO, du
compte ECOBANK-ZEGOUA et du compte BMS-COTE D’IVOIRE.
• Le Directeur ne respecte pas les procédures de mise en concurrence
lors des Demandes de Renseignement et de Prix à compétition
Restreinte (DRPR). Il ne sollicite pas systématiquement, lors des
DRPR, au moins cinq entreprises, fournisseurs ou prestataires choisis
sur la base de la liste des entrepreneurs, fournisseurs et prestataires.
• Le Délégué du Contrôle Financier n’établit pas de rapport de réception
dans les cas requis. En effet, il n’établit pas de rapport pour les
réceptions atteignant le seuil des 10 millions de FCFA conformément
à la réglementation en vigueur.

57
Au titre des irrégularités financières :
Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 2,59 milliards de FCFA.

•L
 es Régisseurs n’ont pas encaissé des redevances pour la
coordination des activités de transport et de transit. Ces redevances
non encaissées s’élèvent à un montant total de 605,35 millions
de FCFA dont 543,11 millions de FCFA au titre des importations et
62,24 millions de FCFA pour les exportations.
•L
 e Chef du Service Administratif et Financier n’a pas déclaré des
recettes encaissées. Les recettes des EMACI déclarées sur les
certificats de recettes sont inférieures à celles collectées à travers les
quittanciers centralisateurs pour les exercices de 2016 et 2017. Le
montant total des recettes non déclarées sur les certificats de recettes
est de 192,74 millions de FCFA.
•L
 e Chef du Service Administratif et Financier n’a pas collecté des
redevances maritimes sur des transactions d’importation. En effet,
les Régisseurs ont collecté pour le compte du Conseil Malien
des Chargeurs (CMC), sur la période sous revue, un montant de
452,08 millions de FCFA au titre de la redevance maritime, sur la base
des quittanciers centralisateurs, au lieu de 812,14 millions de FCFA
correspondant à ladite redevance sur l’ensemble des marchandises
déclarées aux services des douanes et transportées en importation.
L’écart de 360,06 millions de FCFA n’a pas été collecté pour le compte
des EMACI.
•L
 e Directeur et le Chef du Service Administratif et Financier n’ont pas
reversé dans le compte du CMC des redevances maritimes collectées.
Sur un montant total de 452,08 millions de FCFA de redevances
maritimes collectées pendant la période sous revue, le Directeur a
reversé au CMC un montant cumulé de 370 millions de FCFA soit un
écart de 82,08 millions de FCFA non reversé.
•L
 e Directeur et la Commission d’ouverture des plis et d’évaluation des
offres ont retenu un soumissionnaire ne disposant pas d’expériences
requises. Le Directeur des travaux de l’Entreprise retenue pour
exécuter les travaux de construction de bureaux des EMACI, pour un
montant de 553,10 millions de FCFA, ne dispose pas d’expériences
requises. En effet, il n’a eu à diriger qu’un projet de construction de
complexité similaire en tant que Directeur des travaux ou Chef de
mission au lieu de trois exigés par les critères de qualification.
•L
 e Directeur a payé un véhicule et l’a immatriculé au nom de
l’Ambassade du Mali en Côte d’Ivoire. Il a payé un véhicule de
marque Toyota RAV 4 à 14,25 millions de FCFA destiné au Contrôleur
Financier et l’a irrégulièrement immatriculé au nom de l’Ambassade
du Mali.
•L
 e Directeur a octroyé au personnel et à lui-même des rémunérations
indues. Les salaires de base du personnel fonctionnaire des EMACI
sont surévalués et ne correspondent pas au produit numérique de
l’indice. Les indemnités sont incorrectes et calculées sur des salaires
de base mal évalués. Une multiplication par deux du salaire net

58
dénommé « Montant réévalué » non prévue par le Décret n°2014-
100/P-RM du 20 février 2014 fixant la valeur indiciaire et les avantages
accordés au personnel fonctionnaire dans les entrepôts maliens et
ports de transit, est accordée au personnel fonctionnaire des EMACI.
Une rémunération dénommée « Résidence » est irrégulièrement
accordée à l’ensemble du personnel des EMACI. Le montant total
des rémunérations indûment perçues par le personnel fonctionnaire
des EMACI est de 521,39 millions de FCFA.
•L
 e Directeur a irrégulièrement payé des frais de location pour
deux Chefs de service qui devaient être logés gratuitement dans
les maisons appartenant aux EMACI. Il s’agit du Chef du Service
Administratif et Financier et du Chef de Bureau Contrôle et Sécurité.
Les frais de location irrégulièrement payés, pendant la période sous
revue, s’élèvent à 7,02 millions de FCFA.
•L
 e Directeur a effectué des décaissements irréguliers sur le fonds de
la redevance maritime. Il a effectué, sur les redevances maritimes
appartenant au CMC, trois décaissements en espèces pour un
montant total de 158 millions de FCFA sans aucune pièce justificative.
Il a aussi prélevé, en espèces, sur le compte bancaire du CMC ouvert
à cet effet, un montant total de 101,93 millions de FCFA sur la base
uniquement de factures, sans mandat, ni document de livraison.
Le montant total irrégulièrement prélevé sur ces fonds s’élève à
259,93 millions de FCFA.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS


CONSTATES ?

Au Ministre chargé des Transports :


- faire respecter les dispositions du cadre organique.

Au Directeur :
- respecter les dispositions du cadre organique;
- demander les autorisations requises pour les ouvertures des comptes
conformément aux dispositions réglementaires sur la comptabilité
publique ;
- veiller au respect des procédures de mise en concurrence des marchés
passés par Demande de Renseignement et de Prix à compétition
Restreinte.

Au Délégué du Contrôle Financier :


- élaborer un rapport pour toute réception dont le montant atteint le seuil des
10 millions de FCFA.

59
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :

- aux redevances pour la coordination des activités de transport et de transit


non encaissées pour un montant de 605,35 millions de FCFA ;
- aux recettes non encaissées mais inscrites sur les certificats de recettes
pour un montant de 192,74 millions de FCFA ;
- aux redevances maritimes sur des transactions d’importation non
encaissées pour un montant de 360,06 millions de FCFA ;
- aux redevances maritimes sur des transactions d’importation encaissées
mais non reversées dans le compte du CMC pour un montant de
82,08 millions de FCFA ;
- au non-respect des critères d’attribution du marché de construction pour
un montant de 553,10 millions de FCFA ;
- à l’achat d’un véhicule immatriculé au nom de l’Ambassade du Mali pour
un montant de 14,25 millions de FCFA ;
- aux rémunérations indues du personnel pour un montant de 521,39 millions
de FCFA ;
- aux frais de location indus pour un montant de 7,02 millions de FCFA ;
- aux décaissements irréguliers sur le fonds de la redevance maritime pour
un montant de 259,93 millions de FCFA.

60
[Link]. GESTION DES ENTREPOTS MALIENS AU SENEGAL

VERIFICATION FINANCIERE

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification financière porte sur la gestion des Entrepôts Maliens


au Sénégal (EMASE), au titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019
(1er semestre).
Elle a pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité des
opérations de recettes et de dépenses ainsi que du respect du cadre
organique.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

Les constatations issues de la présente vérification mettent en exergue des


irrégularités administratives et financières. Les irrégularités administratives
sont assorties de recommandations tandis que les financières donnent lieu
à des transmissions et dénonciations aux autorités judiciaires.

Au titre des irrégularités administratives :


Les irrégularités administratives, ci-dessous, relèvent des
dysfonctionnements du contrôle interne.

• Les EMASE disposent d’un manuel de procédures caduc. Le manuel


de procédures opérationnelles, administratives, financières et
comptables des entrepôts, entré en vigueur le 30 mai 2011, n’a pas
été mis à jour en fonction des différentes réformes subies par les
textes régissant les finances et la comptabilité publiques.
• Le Directeur ne respecte pas le cadre organique des entrepôts
maliens. L’effectif actuel des EMASE est de 61 agents au lieu de 16
prévus par le cadre organique. Le Chef du Service Administratif et
Financier est de la catégorie « B2 » au lieu de la catégorie « A »
conformément au cadre organique.
• Le Directeur ne retient pas l’Impôt sur les Traitements et Salaires
(ITS). Il n’a pas procédé à la retenue et au reversement de l’ITS du
personnel fonctionnaire et contractuel des EMASE pendant la période
du 1er janvier 2016 au 30 juin 2019.
• Le Directeur ne respecte pas des dispositions du Code des Marchés
Publics. En effet, il a conclu 12 marchés ne comportant pas de date
de notification. Il a passé 37 contrats simplifiés en lieu et place des
marchés qui devraient être conclus selon les procédures de DRPR.
De plus, il ne procède pas à l’enregistrement systématique, dans un
registre, des plis reçus suite à des appels d’offres.

61
•L
 e Directeur fait exercer la fonction de comptable public par un agent
non habilité. Le Chef de parking de la zone de Mbao, sans avoir la
qualité de comptable public, procède à la garde, à la conservation et
au maniement des fonds publics ainsi qu’à la conservation des pièces
justificatives des opérations comptables.
•L
 e Chef du Service Administratif et Financier ne tient pas une
comptabilité-matières régulière. En effet, il ne tient pas les documents
tels que le livre-journal des matières, l’état d’inventaire, le Bordereau
d’Affectation du Matériel, le Bordereau de Mise en Consommation
des Matières et l’Ordre de Sortie du Matériel. De plus, il n’a procédé
à aucune codification du matériel.

Au titre des irrégularités financières :


Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 754,65 millions de
FCFA.

•L
 e Directeur et l’Agent comptable ont minoré des redevances.
Les recettes, au titre des redevances de prestations, n’ont pas été
calculées pour l’ensemble des marchandises ayant transité par le
port en provenance ou à destination du Mali. En effet, la valorisation
des quantités mentionnées dans les rapports statistiques donne un
montant de 6,58 milliards de FCFA alors que le total des montants
inscrits sur les certificats de recettes est de 6,31 milliards de FCFA
soit un écart de 265,92 millions de FCFA environ.
•L
 e Directeur a irrégulièrement utilisé les installations portuaires au profit
d’autres pays de la sous-région. En effet, il a utilisé les installations
portuaires destinées exclusivement aux marchandises en provenance
ou à destination du Mali pour le débarquement des marchandises
d’autres pays de la sous-région tels que la Côte d’Ivoire, le Ghana, la
Guinée-Conakry, le Niger, etc. Ces prestations, d’un montant total de
265,46 millions de FCFA, n’ont pas fait l’objet de facturation au titre
des redevances pour la coordination des activités des transports et
de transit.
•L
 e Directeur a ordonné et le Chef du Service Administratif et Financier
a payé des indemnités de déplacement et de mission indues. En effet,
les taux journaliers payés aux missionnaires sont supérieurs aux
taux réglementaires. Le montant total de ces majorations s’élève à
3,06 millions de FCFA.
•L
 e Chef du Service Administratif et Financier n’a pas recouvré tous
les chèques retournés impayés. En effet, le chèque d’un montant de
1,95 million de FCFA, rejeté le 22 janvier 2018, n’a pas été régularisé.
•L
 e Chef du Service Administratif et Financier a produit des comptes
non fiables. En effet, les certificats de recettes ne donnent pas
l’exhaustivité des encaissements effectués et reversés dans les
comptes bancaires. En outre, le montant total des mandats payés,
pour les exercices 2016, 2017 et 2018, comptabilisés dans les
comptes administratifs, est inférieur au montant total des dépenses
effectuées sur les comptes bancaires de 208,79 millions de FCFA.
62
• Le Chef du Service Administratif et Financier n’a pas exigé le
remboursement d’indemnités de déplacement et de mission pour des
jours non effectués par des agents en 2017, 2018 et 2019. En effet, la
durée effective de certaines missions évaluée, à travers les visas au
départ et au retour, est inférieure au nombre de jours payés suivant
les ordres de mission y afférents. Le montant total des indemnités non
reversées s’élève à 4,33 millions de FCFA.
• Le Chef du Service Administratif et Financier n’a pas justifié des
indemnités de déplacement et de mission. Il a payé des indemnités de
déplacement et de mission qui n’ont pas été justifiées par les ordres
de mission visés et par les cartes d’embarquement le cas échéant,
conformément à la réglementation en vigueur. Le montant total des
indemnités non justifiées s’élève à 5,15 millions de FCFA.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS


CONSTATES ?

Au Ministère chargé des Transports :


- faire relire le manuel de procédures opérationnelles, administratives,
financières et comptables des Entrepôts Maliens dans les ports de transit.

Au Directeur :
- respecter le cadre organique ;
- retenir et reverser l’Impôt sur les Traitements et Salaires du personnel
fonctionnaire et contractuel ;
- mentionner la date de notification sur les marchés ;
- utiliser la procédure de Demande de Renseignement et de Prix à
compétition Restreinte pour les contrats dont le seuil l’exige ;
- enregistrer les plis des soumissionnaires dans le registre de réception des
offres ;
- faire procéder à la collecte et au versement des recettes du parking de
Mbao par un comptable public.

Au Directeur Général des Impôts :


- veiller au recouvrement et au versement de l’Impôt sur les Traitements et
Salaires auprès des Entrepôts Maliens au Sénégal.

Au Chef du Service Administratif et Financier :


- tenir tous les documents de la comptabilité-matières ;
- procéder à la codification de tous les biens.

63
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :

- au non-recouvrement de tous les rejets de chèques pour un montant total


de 1,95 million de FCFA ;
- à la production de comptes non fiables pour un montant total de
208,79 millions de FCFA ;
- à la minoration des recettes pour un montant total de 265,92 millions de
FCFA ;
- à la non-facturation des redevances au titre de l’utilisation des installations
portuaires au profit d’autres pays de la sous-région pour un montant total
de 265,46 millions de FCFA ;
- au non-reversement d’indemnités de déplacement et de mission pour un
montant total de 4,33 millions de FCFA ;
- au paiement des indemnités de déplacement et de mission à des taux non
réglementaires pour un montant total de 3,06 millions de FCFA ;
- au paiement d’indemnités de déplacement et de mission non soutenu par
des pièces justificatives pour un montant total de 5,15 millions de FCFA.

64
2.1.3. ORGANISMES PERSONNALISES
DE L’ETAT

[Link]. LA SOCIETE MALIENNE DE GESTION DE L’EAU POTABLE


(SOMAGEP-SA)
[Link]. DEPENSES EXECUTEES SUR LE FONDS D’ENTRETIEN
ROUTIER PAR L’AGENCE D’EXECUTION DES TRAVAUX
D’ENTRETIEN ROUTIER (AGEROUTE)
[Link]. GESTION DE L’AGENCE NATIONALE DE LA SECURITE
ROUTIERE (ANASER)
[Link]. GESTION DE L’OFFICE DES PRODUITS AGRICOLES DU MALI
(OPAM)
[Link]. GESTION DU NOUVEAU COMPLEXE SUCRIER DU KALA
SUPERIEUR (N-SUKALA-SA)
[Link]. TRACABILITE DES PAIEMENTS SOCIAUX EFFECTUES PAR
LES SOCIETES DES MINES D’OR DE LOULO ET
DE GOUNKOTO

65
66
[Link]. GESTION DE LA SOCIETE MALIENNE DE GESTION
DE L’EAU POTABLE

VERIFICATION FINANCIERE

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification financière porte sur la gestion de la Société Malienne


de Gestion de l’Eau Potable (SOMAGEP-SA), au titre des exercices 2016,
2017, 2018 et 2019 (30 septembre).
Elle a pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité des
opérations de recettes, de dépenses et de trésorerie.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

Les constatations issues de la présente vérification mettent en exergue des


irrégularités administratives et financières. Les irrégularités administratives
sont assorties de recommandations tandis que les financières donnent lieu
à des transmissions et dénonciations aux autorités judiciaires.

Au titre des irrégularités administratives :


Les irrégularités administratives, ci-dessous, relèvent des
dysfonctionnements du contrôle interne.

• Le Directeur Général a approuvé pour son compte une avance sur
salaire dépassant le seuil autorisé. De plus, le Directeur Financier et
Comptable a autorisé le règlement en espèces de ce montant sur la
caisse en violation du plafond réglementaire des montants à payer en
espèces.
• Le Directeur Général a contracté des prêts auprès de la société sans
autorisation du Conseil d’Administration. De plus, le montant dudit prêt
est supérieur au seuil de 2,5 millions de FCFA fixé par l’Instruction de
Travail DPS DRH IT 12-01 « Gestion des avances sur salaire et des
prêts » du 31 mai 2015.
• Le Directeur Général a autorisé le paiement des prestations à la
demande du Directeur Général de la société EDM-SA alors que le
protocole y afférant n’a pas été validé par le Conseil d’Administration
et la Commission de Régulation de l’Electricité et de l’Eau.
• Le Directeur Commercial et Clientèle n’a pas mis en œuvre des
procédures de recouvrement des créances pour des clients ayant
cumulé au moins deux factures impayées. En effet, des abonnés
cumulant plus de 30 factures impayées continuent d’être considérés
comme des clients actifs et bénéficient du service de la SOMAGEP-
SA.

67
•L
 e Directeur des Achats et Stocks, le Directeur des Etudes et
Travaux et celui des Ressources Humaines et Moyens Généraux
ne respectent pas les procédures de Demande de Renseignement
et de Prix à Compétition Restreinte (DRPR). Ils ont procédé à des
opérations d’achats et de travaux à travers la procédure de demande
de cotation auprès de trois fournisseurs au moins alors que les
montants individuels requièrent celle de la DRPR qui nécessite la
consultation de cinq fournisseurs au moins.
 e plus, le Directeur des Achats et Stocks a procédé à l’acquisition
D
d’hypochlorite de calcium en 2018 à travers la procédure de demande
de cotation alors que ladite acquisition aurait dû faire l’objet d’appel
d’offres ouvert. Il a établi deux bons de commande respectivement
pour un montant de 385,12 millions de FCFA et un montant de
395 millions de FCFA, suite à des demandes de cotation.
•L
 e Directeur Financier et Comptable n’a pas justifié le prélèvement
de frais sur un compte bancaire de la société lors du règlement
des traites émises au profit de la société EDM-SA. Aux échéances
desdites traites, la banque a débité, en plus du montant principal de
la traite, des frais alors que les lettres de change concernées sont
libellées sans frais.

Au titre des irrégularités financières :


Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 678,47 millions de
FCFA.

•L
 e Président du Conseil d’Administration (PCA) n’a produit aucune
pièce pour justifier les montants qu’il a perçus. Le montant cumulé
des dépenses non justifiées s’élève à 7,19 millions de FCFA.
•L
 e Directeur Général s’est octroyé, contrairement aux dispositions
du Code du Travail, des indemnités compensatrices de congés d’un
montant total de 23,92 millions de FCFA pour la période allant de
2016 au 31 décembre 2018.
•L
 e Directeur Général a effectué une dépense indue au profit du PCA.
Il a octroyé au PCA, sans l’autorisation de l’Assemblée Générale,
une indemnité d’installation de 15 millions de FCFA non prévue dans
les avantages accordés par l’Assemblée Générale Ordinaire (AGO).
Cependant, ladite indemnité a été entérinée, six mois plus tard, par
délibération de l’AGO consignée dans l’acte notarié du 30 octobre
2017.
•L
 e Directeur Financier et Comptable a payé des contrats de marché
ne portant pas la preuve d’acquittement des droits d’enregistrement et
de la redevance de régulation. Le montant des droits d’enregistrement
s’élève à 118,84 millions de FCFA et celui de la redevance de régulation
s’élève à 19,81 millions de FCFA, soit un montant total non payé de
138,65 millions de FCFA.
•L
 e Directeur des Achats et Stocks a procédé à des fractionnements
des dépenses au cours de la période sous revue. Ces dépenses

68
concernent essentiellement l’acquisition de produits chimiques, de
matériels électromécaniques et de matériels hydrauliques.
• Le Directeur Financier et Comptable a ordonné le paiement des
dépenses non justifiées. Il a autorisé, suivant ordre de paiement,
la Caissière de la Direction Générale à payer la somme de
30,74 millions de FCFA relative à des frais de déplacement du Ministre
de l’Energie et de l’Eau et des hommes de médias sans base légale
et en l’absence de pièces justificatives probantes.
• Le Directeur Financier et Comptable a payé des indemnités de
déplacement et de mission non justifiées. Ces dépenses n’ont pas
été justifiées par des ordres de mission visés à l’aller et au retour. Le
montant total desdites indemnités s’élève à 462,99 millions de FCFA.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS


CONSTATES ?

Au Directeur Général :
- respecter le seuil requis des avances sur salaire ;
- demander les autorisations et approbations requises pour ses
engagements avec la société ;
- respecter le seuil requis des prêts au personnel ;
- faire approuver les conventions par l’organe délibérant avant leur
application.

Au Directeur Commercial et Clientèle :


- recouvrer les créances impayées et se conformer aux procédures internes
en matière de recouvrement.

Au Directeur des Achats et Stocks, au Directeur des Etudes et Travaux


et à celui des Ressources Humaines et Moyens Généraux :
- respecter les conditions de la Demande de Renseignement et de Prix à
compétition Restreinte conformément aux procédures internes en vigueur.

Au Directeur des Achats et Stocks :


- respecter les seuils de passation des marchés publics.

Au Directeur Financier et Comptable :


- suivre de manière régulière les opérations bancaires de la société.

69
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :

- au non-paiement des droits d’enregistrement et de la redevance de


régulation sur des marchés réglés pour un montant de 138,65 millions de
FCFA ;
- au fractionnement des dépenses ;
- à l’indemnité compensatrice de congé non due pour le Directeur Général
pour un montant de 23,92 millions de FCFA ;
- à l’indemnité d’installation au profit du Président du Conseil d’Administration
pour un montant de 15 millions de FCFA ;
- aux dépenses non justifiées par le Président du Conseil d’Administration
pour un montant de 7,19 millions de FCFA ;
- aux frais de déplacement non justifiés sur la caisse de la Direction Générale
pour un montant de 30,74 millions de FCFA ;
- aux indemnités de déplacement et de mission payées mais non justifiées
par des ordres de mission visés à l’aller et au retour pour un montant de
462,99 millions de FCFA.

70
[Link]. DEPENSES EXECUTEES SUR LE FONDS D’ENTRETIEN
ROUTIER PAR L’AGENCE D’EXECUTION DES TRAVAUX
D’ENTRETIEN ROUTIER

VERIFICATION FINANCIERE

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification financière porte sur les opérations de dépenses


effectuées sur le Fonds d’Entretien Routier par l’Agence d’Exécution des
Travaux d’Entretien Routier (AGEROUTE) financé sur budget national au
titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019 (1er octobre).
Elle a pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité des
opérations de dépenses ainsi que du respect de la réglementation en
matière de recrutement du personnel.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

Les constatations issues de la présente vérification mettent en exergue des


irrégularités administratives et financières. Les irrégularités administratives
sont assorties de recommandations tandis que les financières donnent lieu
à des transmissions et dénonciations aux autorités judiciaires.

Au titre des irrégularités administratives :


Les irrégularités administratives, ci-dessous, relèvent des
dysfonctionnements du contrôle interne.

• La Direction Générale n’a pas mis à jour le manuel de procédures


approuvé par Délibération n°07-003/CA-AGEROUTE du 17 août 2007
du Conseil d’Administration. Ce manuel n’a pas été mis à jour malgré
les modifications apportées aux textes législatifs et réglementaires
qui régissent l’organisation administrative, comptable et financière de
l’AGEROUTE.
• La Direction Générale a ouvert, sans l’autorisation du Ministre
chargé des Finances, six (6) comptes bancaires où sont déposés les
ressources pour son financement et les fonds d’origine extérieure.
• L’AGEROUTE ne dispose pas de quitus relatifs à la clôture des
conventions de Maîtrise d’Ouvrage Déléguée. Elle ne dispose d’aucun
quitus matérialisant l’achèvement des travaux des 16 conventions de
maîtrise d’ouvrage déléguée exécutées durant la période sous revue.
• L’AGEROUTE a utilisé des Dossiers-Types d’Appel d’Offres (DTAO)
en 2017, 2018 et 2019 non conformes au modèle de 2017 en vigueur.
En effet, elle a effectué ses appels d’offres sur la base des DTAO du
Code des Marchés Publics de 2008 au lieu de celui de 2015.
• L’AGEROUTE n’informe pas les soumissionnaires non retenus du rejet
de leurs offres. En effet, contrairement aux dispositions de l’article 79
71
du Décret n°2015-0604/P-RM du 25 septembre 2015, modifié, portant
Code des Marchés Publics et des Délégations de Service Public, les
soumissionnaires non retenus n’ont pas été informés, par écrit, du
rejet de leurs offres par l’AGEROUTE.
•L
 ’AGEROUTE n’exige pas des titulaires de marchés la fourniture des
cautions de bonne exécution dans les délais. En effet, les garanties
des Marchés n°T1-ER4I-01187701/2018/AGEROUTE/MTD et
n°T1-ER4I-01190701/2019/AGEROUTE/MTD ont été fournies par
les titulaires, respectivement avec 30 et 43 jours de retard,
contrairement aux clauses contractuelles.
•L
 e Directeur Général a procédé à des recrutements sans l’autorisation
du Conseil d’Administration qui doit adopter le budget pour prévoir
les dépenses relatives aux charges salariales. Ces recrutements
ont concerné trois agents dont deux Chargés de projets et un
Communicateur au titre de 2018, et un Planificateur en 2019. Les
postes pourvus à travers ces recrutements n’étaient prévus ni dans
l’organigramme ni dans le plan de recrutement.
•L
 e Directeur Général a simulé une mise en concurrence lors de
l’acquisition d’un véhicule 4x4 station wagon turbo diesel en 2016.
En effet, l’ouverture des plis de l’appel d’offres restreint a eu lieu
le 21 décembre 2016 alors que la Correspondance n°2289/METD/
AGEROUTE invitant le Directeur Général de CFAO Motors Mali à
prendre les dispositions en vue de la livraison du véhicule avec le
même montant que celui figurant dans l’offre du candidat, date
du 24 novembre 2016. De plus, l’acte d’engagement et le marché
n°017/DAB-AGEROUTE 2016 relatif à l’achat dudit véhicule datent
respectivement du 29 décembre 2016 et du 30 décembre 2016
antérieurement à l’approbation du rapport de dépouillement par le
Chef de la Cellule de Passation des Marchés Publics du Ministère
de l’Equipement et du Désenclavement (CPMP-METD) suivant sa
Correspondance n°0003/CPMP-METD du 9 janvier 2017.
•L
 ’Agent Comptable ne tient pas tous les documents de la comptabilité-
matières. Des documents de base et de mouvement ainsi que ceux
de gestion ne sont pas tenus.
•L
 e Régisseur d’avances n’a ni constitué la caution ni prêté serment
avant sa prise de fonction. Il n’a pas pu fournir les documents attestant
le paiement de la caution et le jugement actant sa prestation de
serment alors qu’il exerce cette fonction depuis le 27 juillet 2006. A la
suite de la mission de vérification, le Régisseur d’avances a payé sa
caution d’un montant de 200 000 FCFA.

Au titre des irrégularités financières :


Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 895,51 millions de
FCFA.

•L
 e Directeur Général a attribué des marchés d’entretien routier
sans respecter la procédure de mise en concurrence. En effet, les
titulaires de deux marchés ne figurent pas sur la liste des entreprises
sélectionnées suivant le rapport d’analyse des offres pour la
72
préqualification. De plus, l’un des titulaires n’a même pas déposé
d’offres. Le montant total des marchés irrégulièrement passés s’élève
à 868,11 millions de FCFA.
• Le Conseil d’Administration a accordé des avantages indus au Délégué
du Contrôle financier auprès de l’AGEROUTE en lui octroyant, suivant
délibération, une indemnité mensuelle de 300 000 FCFA et des jetons
de présence alors qu’il n’est pas membre du Conseil d’Administration.
Le montant total de ces avantages indus s’élève à 16,3 millions de
FCFA.
• Le Chef de la Division Recettes de la Direction des Grandes Entreprises
a minoré les droits d’enregistrement. En effet, le Contrat de marché
n°017/DAB-AGEROUTE 2016, d’un montant de 65 millions de FCFA,
relatif à l’achat de véhicule a été enregistré par le Chef de la Division
Recettes de la Direction des Grandes Entreprises pour un montant
de 1 250 FCFA contrairement aux dispositions légales qui exigent un
taux de 3% du montant hors taxe du contrat d’achat, soit 1,95 million
de FCFA au lieu de 1 250 FCFA.
• Le Directeur Général a ordonné le paiement du Contrat n°017/DAB-
AGEROUTE 2016 d’un montant de 65 millions de FCFA, en l’absence
de la preuve de la perception de la redevance de régulation au profit
de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics et des Délégations
de Service Public (ARMDS). Le montant non perçu s’élève à 325 000
FCFA.
• Le Directeur Général n’a pas reversé les produits issus de la vente des
DAO à l’ARMDS. Pendant la période sous revue, il n’a pas reversé à
l’ARMDS les 20% des produits issus de la vente des Dossiers d’Appel
d’Offres pour un montant total de 2,78 millions de FCFA. Toutefois,
ledit montant a été reversé avant la production du rapport définitif.
• L’Agent Comptable n’a pas retenu à la source des impôts et taxes. Il
n’a pas retenu à la source l’Impôt sur le Revenu Foncier (IRF) ainsi
que la Taxe foncière sur les paiements effectués pendant la période
sous revue sur le contrat de bail n°002/DAB/AGEROUTE relatif à
la location du bureau du PCA de l’AGEROUTE. De plus, il n’a pas
retenu l’Impôt sur les Bénéfices Industriels et Commerciaux (IBIC)
sur des paiements effectués au profit des prestataires locaux non
titulaires d’un Numéro d’Identification Fiscal. Le montant total de ces
irrégularités est de 8,83 millions de FCFA.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS


CONSTATES ?

Au Directeur Général :
- mettre à jour le manuel de procédures de l’Agence ;
- requérir l’autorisation du Ministre chargé des Finances pour l’ouverture
des comptes ;
- demander et disposer de quitus relatifs à la clôture des conventions ;

73
- élaborer les Dossiers d’Appel d’Offres sur la base des Dossiers-Types
d’Appel d’Offres en vigueur ;
- informer par écrit les soumissionnaires non retenus du rejet de leurs offres ;
- exiger des titulaires de marchés, la fourniture des cautions de bonne
exécution dans les délais réglementaires ;
- requérir l’approbation expresse de la Tutelle et l’autorisation du Conseil
d’Administration avant tout recrutement ;
- respecter les procédures de passation des marchés publics.

A l’Agent Comptable :
- tenir l’ensemble des documents de la comptabilité-matières conformément
à la réglementation en vigueur.

Au Régisseur d’avances :
- prêter serment conformément à la réglementation en vigueur.

TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR


GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :

- à la passation irrégulière de marchés pour un montant de 868,11 millions


de FCFA ;
- au paiement d’avantages indus au Délégué du contrôle financier pour un
montant de 16,3 millions de FCFA ;
- à la minoration des droits d’enregistrement d’un contrat de marché pour un
montant de 1,95 million de FCFA ;
- au non-reversement de la redevance de régulation à l’Autorité de
Régulation des Marchés Publics et des Délégations de Services Publics
pour un montant de 325 000 FCFA ;
- à la non-retenue de l’Impôt sur le Revenu Foncier, de la Taxe foncière et
de l’Impôt sur les Bénéfices Industriels et Commerciaux pour un montant
de 8,83 millions de FCFA.

74
[Link]. GESTION DE L’AGENCE NATIONALE
DE LA SECURITE ROUTIERE

VERIFICATION FINANCIERE

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification financière porte sur la gestion de l’Agence Nationale


de la Sécurité Routière (ANASER), au titre des exercices 2016, 2017, 2018
et 2019 (31 août).
Elle a pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité des
opérations de recettes et de dépenses ainsi que du respect du cadre
organique et des conditions de nomination des administrateurs.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

Les constatations issues de la présente vérification mettent en exergue des


irrégularités administratives et financières. Les irrégularités administratives
sont assorties de recommandations tandis que les financières donnent lieu
à des transmissions et dénonciations aux autorités judiciaires.

Au titre des irrégularités administratives :


Les irrégularités administratives, ci-dessous, relèvent des
dysfonctionnements du contrôle interne.

• Le Ministre chargé des Transports n’a pas pris de dispositions pour le
renouvellement du mandat des membres du Conseil d’Administration
de l’ANASER nommés suivant le Décret n°2013-657/P-RM du 13 août
2013 pour une période renouvelable de trois ans. Malgré l’expiration
de leur mandat, depuis le 14 août 2016, ils continuent d’exercer leurs
fonctions d’administrateurs.
• L’Agent Comptable ne veille pas au suivi régulier des recettes. Il ne
procède pas régulièrement à des rapprochements et à des pointages
contradictoires, sur place et sur pièces, entre les états nominatifs
reçus et les informations produites par les Régisseurs de recettes.
Il ne compare pas non plus les données provenant de la société
concessionnaire de service public de contrôle technique des véhicules
à celles reçues des Directions Régionales des Transports Terrestres
et Fluviaux.
• Le Chef du Service Administratif et Financier ne tient pas correctement
le registre d’enregistrement des offres. En effet, ledit registre n’intègre
pas toutes les offres et ne mentionne pas non plus les heures de
dépôt des offres reçues.
• Le Chef du Service Administratif et Financier procède à des
simulations de mise en concurrence. Pour un même achat, il a fourni
des factures proforma des différents soumissionnaires portant les

75
mêmes Numéros d’Identification Fiscaux (NIF), les mêmes adresses
électroniques, les mêmes montants, les mêmes erreurs de frappe ou
les mêmes numéros de comptes bancaires.
•L
 e Régisseur d’avances a certifié des factures en lieu et place du
Comptable-matières. En effet, durant la période sous revue, il a lui-
même certifié 65 factures portant notamment sur des ramassages
d’ordures, des entretiens de véhicules et des frais de locations
diverses.
•L
 e Comptable-matières n’a pas procédé à la codification de tout le
matériel. Il ne l’a pas non plus immatriculé.
•L
 es Directeurs Régionaux des Transports Terrestres et Fluviaux ne
transmettent pas mensuellement à l’ANASER les documents de suivi
exigés. Il s’agit, notamment des statistiques récapitulant le nombre de
contrôles techniques de véhicules effectués et des états nominatifs
des redevances liquidées.
•L
 es Régisseurs de recettes des Directions Régionales et
Subdivisions des Transports Terrestres et Fluviaux ne procèdent pas
au reversement journalier des recettes encaissées dans le compte
bancaire de l’ANASER. Contrairement à la réglementation en vigueur,
les reversements ne sont effectués par lesdits régisseurs qu’après
utilisation complète des quittances qu’ils détiennent.

Au titre des irrégularités Financières :


Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 626,37 millions de
FCFA.

•L
 e Régisseur d’avances a effectué des transferts de fonds sur la régie,
via le service Orange-money, sans fournir les pièces justificatives de
l’utilisation desdits fonds. Le montant total de l’irrégularité s’élève à
655 700 FCFA.
•L
 ’Agent Comptable a payé des marchés non revêtus de la preuve
du paiement de la redevance de régulation. Le montant desdites
redevances non payées s’élève à 837 472 FCFA.
•L
 ’Agent Comptable n’a pas justifié, en 2017 et 2018, toutes les
dépenses relatives aux indemnités de déplacement et de mission.
Il a fourni des ordres de mission relatifs à des missions à l’intérieur
et à l’extérieur du pays non visés par les autorités habilitées ni au
départ ni à l’arrivée et n’a pas reversé des reliquats d’indemnités de
déplacement et de mission. Le montant total des irrégularités s’élève
à 5,43 millions de FCFA.
•L
 e Régisseur d’avances n’a pas justifié des indemnités de déplacement
et de mission. En effet, il n’a pas fourni les pièces justificatives des
avances qu’il a payées à des agents de l’ANASER au titre des
indemnités de déplacement et de mission, à l’intérieur du pays en
2016, pour un montant total de 704 744 FCFA.
•L
 e Régisseur d’avances et l’Agent Comptable ont payé des factures
de fournisseurs sur lesquelles les Numéros d’Identification Fiscaux

76
(NIF) ne sont pas conformes. Il s’agit de fournisseurs dont les NIF ne
figurent pas dans la base des contribuables fournie par la Direction
Générale des Impôts et ceux ayant utilisé le NIF d’autres fournisseurs
sur leurs factures. Le montant total de ces irrégularités s’élève à
15,61 millions de FCFA.
•L
 e Directeur Général a octroyé des dotations en carburant à des
personnes ne faisant pas partie de l’effectif de l’ANASER. Le montant
total de l’irrégularité s’élève à 723 592 FCFA.
•L
 ’Agent Comptable n’a pas reversé la part due à l’ARMDS sur les
produits issus de la vente de trois DAO pour un montant total de
112 000 FCFA.
•L
 ’Agent Comptable a payé deux fois, le même jour, des frais d’entretien
et de réparation identiques sur le même véhicule et avec le même
prestataire. Le montant total de cette irrégularité s’élève à 1,17 million
de FCFA.
•L
 ’Agent Comptable n’a pas exigé le reversement, à l’ANASER,
de toutes les recettes issues de la redevance à l’occasion du
contrôle technique des véhicules. En effet, sur un montant total de
1,57 milliard de FCFA collecté par Mali Technic System (MTS) au titre
des exercices 2016, 2017 et 2018, l’Agent Comptable n’a pas perçu
273,32 millions de FCFA. Par ailleurs, le pointage contradictoire
réalisé par l’Agent Comptable sur la base des tickets de la redevance
recouvrée par MTS, pour la période allant du 15 janvier au 14 novembre
2019, fait ressortir un écart non reversé de 181,63 millions de FCFA.
Le montant total des recettes non perçues par l’Agent Comptable
s’élève à 454,95 millions de FCFA.
•L
 e Régisseur de recettes de la Rive droite du District de Bamako
n’a pas reversé l’intégralité des redevances recouvrées au profit
de l’ANASER sur la période allant de juillet 2018 à février 2019. Le
montant total des recettes recouvrées et non reversées à l’ANASER
s’élève à 146,78 millions de FCFA.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS


CONSTATES ?

Au Ministre chargé des Transports :


- veiller au renouvellement du mandat des membres du Conseil
d’Administration.

A l’Agent Comptable :
- assurer un suivi régulier des recettes.

Au Chef du Service Administratif et Financier :


- faire figurer, dans le registre d’enregistrement des offres, toutes les
informations permettant d’assurer la traçabilité du dépôt des offres ;

77
- veiller au respect du principe de la mise en concurrence dans le cadre de
l’exécution de la commande publique.

Au Régisseur d’avances :
- faire certifier toutes les factures par le Comptable-matières.

Au Comptable-matières :
- procéder à la codification et à l’immatriculation de tout le matériel de
l’Agence.

Aux Directeurs Régionaux des Transports Terrestres et Fluviaux :


- fournir mensuellement à l’Agence les documents de suivi exigés.

Aux Régisseurs de recettes des Directions Régionales et Subdivisions


des Transports Terrestres et Fluviaux :
- procéder régulièrement au reversement journalier des recettes de l’Agence.

TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR


GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :

- aux décaissements de fonds non justifiés pour un montant de


655 700 FCFA ;
- à la redevance de régulation non recouvrée pour un montant de
837 472 FCFA ;
- à la non-justification des indemnités de déplacement et de mission pour un
montant de 6,13 millions de FCFA ;
- aux paiements de fournisseurs ayant présenté des factures avec des
Numéros d’Identification Fiscaux non conformes pour un montant de
15,61 millions de FCFA ;
- à l’octroi de carburant à des personnes ne faisant pas partie de l’effectif
de l’Agence Nationale de Sécurité Routière pour un montant de 723 592
FCFA ;
- au non-reversement de la part de l’Autorité de Régulation des Marchés
Publics et des Délégations de Service Public sur les produits issus de la
vente de Dossiers d’Appel d’Offres pour un montant de 112 000 FCFA ;
- au paiement des dépenses irrégulières pour un montant de 1,17 million
de FCFA ;
- au non-recouvrement de l’intégralité des redevances de la sécurité routière
de Mali Technic System pour un montant de 454,95 millions de FCFA ;
- au non-reversement de l’intégralité des redevances de la Rive droite du
District de Bamako pour un montant de 146,78 millions de FCFA.

78
[Link]. GESTION DE L’OFFICE DES PRODUITS AGRICOLES DU MALI

VERIFICATION FINANCIERE

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification financière porte sur la gestion de l’Office des


Produits Agricoles du Mali (OPAM), au titre des exercices 2016, 2017, 2018
et 2019 (31 août).
Elle a pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité des
opérations de recettes et de dépenses ainsi que du respect des conditions
d’emploi du personnel en stage de qualification.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

Les constatations issues de la présente vérification mettent en exergue des


irrégularités administratives et financières. Les irrégularités administratives
sont assorties de recommandations tandis que les financières donnent lieu
à des transmissions et dénonciations aux autorités judiciaires.

Au titre des irrégularités administratives :


Les irrégularités administratives, ci-dessous, relèvent des
dysfonctionnements du contrôle interne.

• La Direction Générale ne dispose pas de manuel de procédures validé


par la Commission de suivi des systèmes de contrôle interne dans
les organismes publics pilotée par le Contrôle Général des Services
Publics.
• La Direction Générale n’a pas soumis des marchés au visa du
Contrôleur Financier. Elle a ordonné l’exécution de 71 contrats non
visés par le Contrôleur Financier dont 27 en 2016 et 44 en 2018.
• L’OPAM ne dispose pas d’un Agent Comptable régulièrement nommé.
Le Président Directeur Général a nommé une Directrice Financière
et Comptable assurant les attributions de l’Agent Comptable, par
décision, en lieu et place d’un arrêté conjoint du Ministre de tutelle et
du Ministre chargé des Finances.
• La Direction Générale ne procède pas au contrôle phytosanitaire
des céréales. Elle n’a pu fournir aucun bulletin d’analyse et de
vérification d’usage matérialisant l’effectivité du contrôle de la qualité
phytosanitaire des céréales achetées pendant la période sous revue.
• La Direction Générale n’a pas prévu de garantie de l’avance
de démarrage dans trois (3) marchés relatifs au transit et au
dédouanement de riz.
• La Direction Générale n’a pas procédé à une mise en concurrence
des fournisseurs lors du transport des céréales du Stock National

79
de Sécurité des exercices 2016 et 2018 ainsi que lors des achats
des biens de l’OPAM. Elle n’a pu fournir aucune preuve justifiant la
mise en concurrence dans le choix des prestataires et fournisseurs
retenus.
•L
 a Direction Générale n’a pas mis en place des commissions de
réception des céréales du Stock National de Sécurité. Les céréales
achetées dans le cadre du Stock National de Sécurité sont admises
en magasin sur la base d’un bon d’achat signé par le Magasinier et
le Représentant du fournisseur en lieu et place d’une commission
régulièrement constituée.
•L
 a Direction Générale n’a pas soumis des marchés à la numérotation
de la DGMP-DSP. Il s’agit de dix-neuf (19) marchés, dont quatre
(4) de 2016 et quinze (15) de 2018, exécutés sur financement de la
Banque Islamique de Développement dans le cadre de la constitution
du Stock d’Intervention de l’Etat.
•L
 a Directrice Financière et Comptable (DFC) n’a pas mobilisé, aux fins
d’encaissement, des cautions de bonne exécution des prestataires
défaillants dans le cadre de l’exécution des marchés n°19, 21, 22 et
26 de 2017, tous relatifs à la livraison de céréales à l’OPAM.
•L
 a Directrice Financière et Comptable n’effectue pas de suivi régulier
des comptes de dépôts à terme de l’OPAM dans les différentes
banques. En effet, les intérêts sur les dépôts à terme ne sont pas
crédités à temps sur les comptes de l’OPAM, conformément aux
délais des conventions, en l’absence de toute action de la part de
l’OPAM.

Au titre des irrégularités financières :


Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 830,44 millions de
FCFA.

•L
 a Directrice Financière et Comptable n’effectue pas un suivi régulier
du recouvrement des frais de location des magasins. Des locataires de
magasins ont cumulé des retards de paiement des frais de location et
les dossiers correspondants n’ont pas été transmis au service chargé
du contentieux en vue d’engager la procédure contentieuse. Suite
aux travaux de la mission de vérification, la Directrice Financière et
Comptable a recouvré, à travers les services d’un huissier recruté à
cet effet, un montant total de 19,68 millions de FCFA soit un restant à
recouvrer de 60,91 millions de FCFA.
•L
 es membres de la commission de réception ont accepté 100 425
sacs vides neufs en jute inappropriés pour l’ensachage des céréales
pour un montant de 68,79 millions de FCFA. La Direction Générale a
revendu lesdits sacs pour un montant total de 60,26 millions FCFA,
d’où une perte de 8,53 millions de FCFA.
•L
 a Directrice Financière et Comptable n’a pas appliqué des pénalités
aux fournisseurs qui ont accusé des retards dans la livraison des
commandes. Les pénalités non appliquées s’élèvent à 27,25 millions
de FCFA sur lesquelles 1,03 million de FCFA ont été régularisés soit
un reliquat de 26,22 millions de FCFA à recouvrer.
80
• La Directrice Financière et Comptable n’a pas reversé l’intégralité
des recettes issues des ventes du Stock d’Intervention au Secrétariat
Technique et Financier du Dispositif National de Sécurité Alimentaire
(STF/DNSA). Le montant total des ventes de céréales non reversé au
STF/DNSA, durant la période sous revue, s’élève à 734,77 millions
de FCFA.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS


CONSTATES ?

Au Président Directeur Général :


- faire valider le manuel de procédures par la commission compétente ;
- soumettre les marchés au Contrôleur Financier pour visa avant toute
exécution ;
- prendre les dispositions nécessaires pour la nomination d’un Agent
Comptable conformément à la réglementation en vigueur ;
- procéder au contrôle phytosanitaire lors de toutes réceptions de céréales
achetées conformément à la réglementation en vigueur ;
- prévoir dans les marchés une clause relative au paiement de l’avance de
démarrage ;
- procéder à la mise en concurrence des fournisseurs lors des achats
conformément à la réglementation en vigueur ;
- respecter les modalités de réception des céréales conformément à la
réglementation en vigueur ;
- procéder à la numérotation des marchés conformément aux dispositions
réglementaires en vigueur.

A la Directrice Financière et Comptable :


- mobiliser les cautions de bonne exécution des prestataires défaillants ;
- suivre régulièrement l’imputation des intérêts des dépôts à termes sur
les comptes de l’Office des Produits Agricoles du Mali conformément aux
conventions en cours.

81
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :

- à la non-application des procédures de recouvrement des frais de location


des magasins ayant entraîné des retards de paiement des frais de location
pour un montant de 60,91 millions de FCFA ;
- à des pertes dues à la livraison de sacs non conformes pour un montant
de 8,53 millions de FCFA ;
- à la non-application des pénalités de retard sur des marchés pour un
montant de 26,22 millions de FCFA ;
- au non-reversement des recettes issues de la vente du Stock d’Intervention
pour un montant de 734,77 millions de FCFA.

82
[Link]. GESTION DU NOUVEAU COMPLEXE SUCRIER
DU KALA SUPERIEUR

VERIFICATION FINANCIERE

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification financière porte sur la gestion du Nouveau Complexe


Sucrier du Kala Supérieur (N-SUKALA-SA) au titre des exercices 2016,
2017, 2018 et 2019 (30 septembre).
Elle a pour objectif de s’assurer de l’application de la réglementation du
travail, du respect des dispositions statutaires ainsi que de la régularité et
de la sincérité des opérations de recettes et de dépenses.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

Les constatations issues de la présente vérification mettent en exergue des


irrégularités administratives et financières. Les irrégularités administratives
sont assorties de recommandations tandis que les financières donnent lieu
à des transmissions et dénonciations aux autorités judiciaires.

Au titre des irrégularités administratives :


Les irrégularités administratives, ci-dessous, relèvent des
dysfonctionnements du contrôle interne.

• Le Chef Comptable ne veille pas à la tenue régulière de la caisse. Le


montant détenu dans la caisse de N-SUKALA-SA est supérieur au
seuil fixé par le manuel de procédures et les pièces justificatives des
dépenses effectuées sur la caisse ne sont pas enregistrées au jour
le jour. De plus, le Chef Comptable n’a pas pu fournir les copies des
procès-verbaux d’arrêtés de caisse des fins d’exercice de la période
sous revue.
• La Direction n’a pas procédé à l’ouverture et à l’utilisation d’un compte
spécial devant recevoir les fonds empruntés par l’Etat conformément
aux dispositions de l’Accord de rétrocession.
• La Direction ne respecte pas des dispositions de la réglementation
du travail au Mali. Elle n’établit pas de contrats de travail écrits pour
tous les saisonniers et ceux établis ne sont pas visés par l’Inspecteur
Régional du Travail malgré les rappels faits par ce dernier. Aussi les
contrats de travail des expatriés chinois ne sont ni rédigés en français
qui est la langue officielle ni revêtus du visa réglementaire du Directeur
National du Travail.
• La Direction n’a pas pourvu des postes prévus par l’organigramme,
notamment ceux d’Auditeur Interne, de Contrôleur de gestion, de
Conseiller à l’information et à la communication.

83
•L
 a Direction n’a pas requis l’autorisation du Conseil d’Administration
dans le cadre des conventions réglementées. Elle a contracté des prêts
avec SINOLIGHT International Holdings Corporation, administrateur
et actionnaire détenant 60% du capital social, sans l’autorisation du
Conseil d’Administration.
•L
 a Direction ne procède pas à l’inventaire régulier des stocks de sucre.
Elle n’a pas fourni, sur la période sous revue, les documents attestant
l’effectivité des stocks tels que les fiches d’inventaire, le procès-verbal
d’inventaire et le rapport d’inventaire des stocks.
•L
 a Direction ne respecte pas les conditions et les règles de stockage
du sucre. Les stocks de sucre ne sont pas entreposés sur des palettes
permettant de les protéger contre l’humidité du sol et leur disposition
ne respecte pas les normes d’aération qui requièrent une certaine
distance par rapport au mur. Aussi les toitures des magasins ne sont
pas étanches et laissent les eaux de pluie s’infiltrer à certains endroits.
•L
 a Direction ne prend pas en compte, dans les résultats d’exploitation,
les produits de ventes des déchets industriels recyclés, vendus ou
utilisés en l’état dans la production d’eau et d’électricité pour l’usine
et les logements d’astreinte du personnel de N-SUKALA-SA. Il s’agit
de la bagasse, de la mélasse et de la vinasse.
•L
 e Directeur Général et le Directeur Financier ne respectent pas le
principe de la double signature d’un représentant de l’Etat malien et
de celui de l’actionnaire chinois. Etant tous deux représentants de
l’actionnaire chinois, ils ont signé conjointement des chèques pour
le règlement de dépenses sur les différents comptes bancaires de la
société, en l’absence du représentant de l’Etat malien, violant ainsi
le principe de la double signature exigé par le manuel de procédures
administratives et financières de la société.
•L
 e Chef du Service Achats ne tient pas le dossier des immobilisations
conformément aux dispositions du manuel de procédures. L’acquisition
des immobilisations ne fait pas l’objet d’ouverture de dossiers où
sont consignées les pièces d’acquisition, notamment les documents
d’importation et de réception.

Au titre des irrégularités financières :


Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 8,92 milliards de FCFA.

•L
 e Chef Comptable a enregistré, dans la comptabilité, des achats
de pièces de rechange non soutenus par des pièces justificatives
requises. Le montant total de ces irrégularités s’élève à 38,16 millions
de FCFA.
•L
 e Directeur Général n’a pas payé les frais de gestion et les
commissions d’engagement dus à l’Etat d’un montant total de
4,64 milliards de FCFA dont 3,09 milliards de FCFA au titre des
frais de gestion et 1,55 milliard de FCFA au titre des commissions
d’engagement conformément aux dispositions de l’Accord de prêt.

84
• Le Directeur Financier et Comptable n’a pas procédé à l’enregistrement
comptable de charges d’amortissement, au titre de l’exercice
2016. Il s’agit des charges relatives aux matériels et outillages et
aux équipements de station de pompage, d’un montant total de
1,23 milliard de FCFA.
• Le Directeur Financier et Comptable et le Chef Comptable ont
constitué une provision pour dépréciation de stocks de sucre avarié
de 3617,965 tonnes, d’une valeur de 2,16 milliards de FCFA, dont
l’existence physique n’a été prouvée ni par l’effectivité ni par les
documents d’entrée et de sortie de stocks des magasins.
• Le Directeur Financier et Comptable a procédé à des achats fictifs
de logiciel. En effet, il a procédé au règlement d’un montant de
23,95 millions de FCFA représentant la valeur d’un logiciel de
Gestion des Ressources Humaines d’une capacité de dix mille
(10 000) employés, alors que ledit logiciel n’a pas été livré ou installé
sur des ordinateurs au niveau de N-SUKALA-SA. Il a aussi procédé
au paiement de 5,85 millions de FCFA au titre du Droit d’Utilisation
des Applications (DUA) « Export Compta et Immo. Sage Saari i7 »
alors que ce droit est inclus dans le coût d’achat dudit logiciel. Le
montant total des irrégularités s’élève à 29,8 millions de FCFA.
• Le Directeur Général a effectué des achats de carburant qui n’ont pas
fait l’objet de réception pour un montant de 326,77 millions de FCFA.
• Le Directeur Financier et Comptable a effectué des paiements
irréguliers. Il a procédé aux paiements des factures d’un prestataire
pour un montant total de 500,94 millions de FCFA à une société
différente dudit prestataire et dont le nom n’apparait dans aucune
clause du contrat de prestation. Le Directeur Financier et Comptable
n’a pu produire aucun mandat délivré par le prestataire à la société
bénéficiaire des paiements.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS


CONSTATES ?

Le Directeur Général doit :


- respecter les clauses des conventions et accords conclus entre l’Etat et le
partenaire stratégique ;
- établir des contrats de travail écrits pour les employés à temps partiel et
les faire viser par l’Inspecteur du Travail ;
- rédiger les contrats de travail des travailleurs expatriés en langue française
et les soumettre au visa du Directeur National du Travail ;
- pourvoir les postes vacants de l’organigramme ;
- soumettre les conventions réglementées à l’autorisation du Conseil
d’Administration ;
- faire produire régulièrement les fiches et les rapports d’inventaire de
stocks ;
- faire respecter les normes requises en matière de stockage du sucre ;
85
- faire comptabiliser les produits de vente des déchets notamment la
mélasse, la bagasse et la vinasse ;
- respecter le principe de la double signature conformément au manuel de
procédures ;
- veiller à la tenue et à la mise à jour du dossier des immatriculations.

Le Chef Comptable doit :


- veiller au respect du plafond des fonds détenus dans la caisse ;
- procéder régulièrement aux arrêtés de caisse.

TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR


GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO, CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :

- aux achats de pièces de rechanges non soutenus par des pièces


justificatives pour un montant de 38,16 millions de FCFA ;
- aux frais de gestion non payés à l’emprunteur pour un montant de
3,09 milliards de FCFA ;
- au non-paiement des commissions d’engagement pour un montant de
1,55 milliard de FCFA ;
- aux charges d’amortissement non comptabilisées pour un montant de
1,23 milliard de FCFA ;
- à la constitution irrégulière d’une provision pour dépréciation de stocks de
sucre pour un montant de 2,16 milliards de FCFA ;
- aux achats fictifs de logiciels pour un montant de 29,8 millions de FCFA
soit 23,95 millions de FCFA pour le logiciel de paie et 5,85 millions de
FCFA pour le Droit d’Utilisation des Applications ;
- aux achats de carburant non justifiés pour un montant de 326,77 millions
de FCFA ;
- aux paiements irréguliers d’un prestataire relatifs à la coupe mécanique
pour un montant de 500,94 millions de FCFA.

86
[Link]. TRACABILITE DES PAIEMENTS SOCIAUX EFFECTUES
PAR LES SOCIETES DES MINES D’OR DE LOULO
ET DE GOUNKOTO

VERIFICATION DE CONFORMITE

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification de conformité porte sur les paiements sociaux


effectués par la Société des Mines d’or de Loulo (SOMILO-SA) et la
Société des Mines d’or de Gounkoto (GOUNKOTO-SA) au bénéfice des
communautés locales, au titre des exercices 2017, 2018 et 2019.
Elle a pour objectif de s’assurer de la traçabilité et de l’effectivité desdits
paiements.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

Les constatations issues de la présente vérification mettent en exergue des


irrégularités administratives. Elles sont assorties de recommandations.
Cette vérification n’a pas relevé d’irrégularités financières.

Au titre des irrégularités administratives :


Les irrégularités administratives, ci-dessous, relèvent des
dysfonctionnements du contrôle interne.

• La Direction Générale n’a pas établi un calendrier d’informations du


Comité de Liaison et de Développement (CLD) local sur le budget
consacré au développement communautaire. Ainsi, les activités de
développement communautaire annuellement planifiées au niveau
des réunions des CLD ne sont pas totalement exécutées au cours
de la même année fiscale d’activités. A titre illustratif, sur 24 projets
planifiés par le CLD de GOUNKOTO-SA en 2018, quatre (4) projets
n’ont pas été réalisés.
• La Direction Générale réalise des projets non-inscrits dans le Plan
de Développement Economique Social et Culturel (PDESC) des
Communes rurales de Sitakily et de Kéniéba. En effet, des projets de
construction de maisons pour les chefs de villages et de hameaux et
de la construction d’un motel à Kounda ne sont pas inscrits dans les
PDESC des Collectivités Territoriales concernées.
• La Direction Générale réalise des Adductions d’Eau Sommaires (AES)
sans requérir les autorisations nécessaires auprès du représentant
de l’Etat, conformément à la réglementation en vigueur. A titre
illustratif, deux (2) AES pour les périmètres maraîchers des femmes
de Séguélany et de Torondonloto et trente (30) AES pour les fermes

87
agropastorales destinées aux jeunes de la localité formés au niveau
du Centre Agrobusiness du Complexe minier ont été réalisés sans les
autorisations requises.
•L
 a Direction Générale a financé un projet non viable. En effet, elle a
doté les jeunes de Djidjan-Kéniéba d’un camion pour le ramassage
des ordures ménagères du village alors que les jeunes n’ont pas les
moyens d’assurer les frais d’entretien et de carburant nécessaires à
son fonctionnement. Ainsi, le camion est tombé en panne pour faute
de moyen. De surcroît, ce projet a été financé sur initiative propre de
la mine et non sur la base d’un besoin exprimé par les communautés
bénéficiaires.

Irrégularités financières :

La vérification n’a pas relevé d’irrégularités financières dans l’exécution


des paiements sociaux. En effet, les paiements sociaux effectués par
les sociétés minières de SOMILO-SA et de GOUNKOTO-SA sont des
paiements volontaires, qui ne sont pas réglementés par le Code minier de
1991 et leurs conventions d’établissement.
Le montant total constaté des paiements sociaux volontaires effectués
par le Complexe minier Loulo-Gounkoto s’élève à 2,04 milliards de FCFA
pendant la période sous revue.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS


CONSTATES ?

Au Directeur Général du Complexe minier Loulo-Gounkoto :


- soumettre à temps, suivant un calendrier fixe, les budgets annuels
du développement communautaire aux Comités de Liaison et de
Développement ;
- prendre en compte les Plans de Développement Economique,
Social et Culturel des Communes Rurales de Kéniéba et de Sitakily
dans la programmation et l’exécution des projets de développement
communautaire ;
- veiller à l’obtention des autorisations administratives exigées auprès des
autorités compétentes avant la réalisation des projets d’Adductions d’Eau
Sommaires ;
- veiller à la prise en compte de la viabilité des projets avant leur financement.

88
2.2. VERIFICATIONS DE PERFORMANCE

89
En plus des vérifications financières ou de conformité, le Vérificateur
Général a effectué au titre de l’année 2020 des missions de vérification
de performance. Ces missions, au nombre de quatre (4), ont mis en relief
des faiblesses qui ont considérablement affecté l’atteinte des objectifs
assignés aux entités vérifiées. Elles ont concerné la gestion d’un organisme
personnalisé, la société EDM-SA, et celle de trois (3) Collectivités Territoriales
à savoir la Commune Urbaine de Bougouni et les Communes Rurales de
Guégnéka (Fana) et de Siby.
Le choix de ces entités participe de la mise en œuvre de la vision du
Vérificateur Général de mener des vérifications de performance dans des
secteurs d’activités ayant un impact direct sur la vie des citoyens.
Ainsi, la société EDM-SA, en sa qualité de concessionnaire principal en
charge de la production, du transport, de la distribution, de l’importation,
de l’exportation et de la vente de l’électricité, assure un service public
de fourniture des services sociaux de base aux citoyens. De même, à la
faveur de l’adoption de la politique de décentralisation, l’Etat a confié aux
Collectivités Territoriales, la conception, la programmation, la mise en œuvre
et le suivi-évaluation des actions de développement économique, social et
culturel au profit des citoyens.
Les faiblesses constatées à l’issue des quatre (4) missions de vérification
de performance sont relatives à des déficiences non seulement dans
le pilotage stratégique, mais aussi, dans la gestion opérationnelle des
structures contrôlées.
La mise en œuvre, par les entités vérifiées, des recommandations
formulées à l’issue des missions de vérification de performance ci-dessus
rappelées, pourrait substantiellement améliorer leur performance en termes
d’économie, d’efficacité et d’efficience.

90
2.2.1. ORGANISME PERSONNALISE
DE L’ETAT

[Link]. ENERGIE DU MALI (EDM-SA)

91
92
[Link]. ENERGIE DU MALI

VERIFICATION DE PERFORMANCE

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification de performance a pour objet la gestion de la société


Energie du Mali-SA (EDM-SA) pour la période du 1er janvier 2016 au
30 septembre 2019.
Elle a pour objectif, d’une part, de s’assurer que la société EDM-SA gère
ses activités de production et de commercialisation de manière économique
et efficiente et, d’autre part, d’apprécier dans quelle mesure la gouvernance
de la société permet d’assurer la conformité des actes de gestion aux lois
et règlements et de favoriser l’atteinte des objectifs.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

La présente vérification de performance a révélé des faiblesses dans


la gouvernance, plus spécifiquement en ce qui concerne le rôle et les
responsabilités des acteurs ainsi que dans la mise en œuvre des activités
de gestion administrative et de celles de production et de commercialisation
d’électricité.
Ces faiblesses portent sur :

Rôles et responsabilités des acteurs de la gouvernance


• Les administrateurs ne jouent pas pleinement leur rôle dans la
surveillance et l’orientation de la société EDM-SA. Ils ont approuvé
des contrats d’achats d’énergie comportant des clauses défavorables
à la société, qui ont fortement impacté sa performance.
• Le Conseil d’Administration n’exerce pas pleinement ses prérogatives.
En dépit de son autonomie, le Conseil n’a nommé ou révoqué, de sa
propre initiative, aucun Directeur Général de la société EDM-SA. En
effet, le Ministre de l’Energie et de l’Eau (MEE) soumet au Conseil
des Ministres, pour autorisation, des propositions de nomination et de
révocation des Directeurs Généraux de la société EDM-SA et les fait
entériner par le Conseil d’Administration.
• Le Ministère de l’Energie et de l’Eau n’assure pas la mise en œuvre
efficace du Plan Directeur d’Investissements Optimaux (PDIO). A
titre illustratif, sur 43 projets structurants du PDIO 2015-2035 qui
doivent être réalisés pendant la période sous-revue, seulement 17
étaient en cours de réalisation ou de financement. Au regard du faible
niveau d’exécution des investissements structurants de l’Etat et de
ses partenaires dans le secteur de l’électricité, la société EDM-SA
continue de recourir aux solutions d’urgence à travers les locations
et les achats d’énergie thermique auprès de fournisseurs privés qui
affecteront de façon significative le mix énergétique et augmenteront
le coût de revient du kilowattheure (KWH).
93
•L
 ’Etat accorde à la société EDM-SA des subventions qui ne couvrent
pas son déficit tarifaire. En effet, les montants desdites subventions
sont largement inférieurs à la différence entre le coût de revient de
l’électricité qui était de 130 FCFA en 2017 et 150 FCFA en 2018, et
le prix moyen de vente de 97 FCFA, le KWH, en vigueur depuis la
révision tarifaire de 2014. Ainsi, de 2016 à 2018, sur un montant total de
190,75 milliards de FCFA de déficit tarifaire, l’Etat n’a payé à EDM-SA
que 94,66 milliards de FCFA soit 49,62%. L’insuffisance de la subvention
de l’Etat a beaucoup contribué au déficit d’exploitation récurrent et à la
forte croissance du niveau d’endettement de EDM-SA.

Gestion administrative
•L
 a société EDM-SA n’a pas mis en place une saine pratique de gestion
de la rémunération versée aux membres du Comité de Direction.
En effet, la masse salariale des membres du Comité de Direction a
augmenté de plus de 633,60 millions de FCFA soit 66% passant de
947,42 millions de FCFA à 1,58 milliard de FCFA entre le 31 décembre
2016 et le 31 décembre 2018. Cette augmentation s’explique par la
création de postes de direction, de département et d’autres postes
de conseillers en janvier 2017. A cela, s’ajoutent des augmentations
incohérentes entre 100% et 200% des salaires de certains membres
du Comité de Direction. De plus, d’anciens responsables, une fois
leurs fonctions terminées, sont commis à d’autres tâches par le
Département de tutelle. Ces tâches s’exercent en dehors de l’EDM-
SA sans un acte juridique clarifiant leur prise en charge. Une gestion
peu efficace de la masse salariale réduit la capacité de la société à
réaliser des investissements structurants dans ce secteur d’activité
névralgique pour les citoyens et les entreprises maliennes.
•L
 a société EDM-SA n’a pas accordé suffisamment d’attention aux
principes d’économie dans la gestion des heures supplémentaires.
En effet, en dépit du recrutement massif de 518 agents en 2015 et de
435 agents entre 2016 et 2018, la société EDM-SA a continué à payer
des heures supplémentaires pour un montant total de 3,5 milliards
de FCFA pendant la période sous revue. Des agents bénéficient
régulièrement d’heures supplémentaires dont le montant dépasse
80% de leur salaire. De plus, des heures supplémentaires sont payées
sur une base forfaitaire arrêtée depuis 2015, sans aucune preuve de
leur effectivité. Des agents ont effectué des heures supplémentaires
allant jusqu’à 14 heures par jour.
•L
 a répartition du personnel entre les différents postes et départements
est inéquitable et inefficiente. Au moment où des électriciens sont
utilisés comme agent d’accueil, responsable d’hygiène et de sécurité,
standardiste ou assistant de recouvrement, les directions de la
production, du transport et de la distribution sont en manque d’effectif.
En outre, des centres multifonctionnels sont gérés par un seul agent
qui assure à la fois les fonctions techniques et administratives avec
le risque d’arrêt de service en cas d’indisponibilité de ce dernier.
De plus, des Directions et Départements supports tels que la
Direction des Ressources Humaines et le Département chargé du
recouvrement sont dotés en personnel au détriment des Centres et

94
des Départements techniques. Le déploiement d’agents, sans tenir
compte des besoins du service, a entraîné un déséquilibre entre les
services administratifs et les services techniques. Cette lacune dénote
d’une planification peu rigoureuse et d’un plan de carrière déficient.

Gestion de la production
•L
 a société EDM-SA n’arrive pas à maîtriser ses coûts d’achat et de
production d’énergie. En effet, l’activité de production (production
propre et achat d’énergie) est fortement dépendante des fournisseurs
d’énergie. En 2018, plus de 72% des quantités d’énergie étaient
achetées auprès des fournisseurs pour un coût d’achat du KWH valant
en moyenne deux fois le prix de cession au client. En outre, la société
EDM-SA a dépensé 118 milliards de FCFA en 2016, 133 milliards
de FCFA en 2017 et 171 milliards de FCFA en 2018 en achat de
combustible et d’énergie soit une hausse de 45% en deux ans. Cette
dépense importante en achat de combustibles est due à l’utilisation
de l’énergie thermique qui représente 66% des énergies produites
par la société EDM-SA et près de 72% de sa production totale.
En conséquence, l’augmentation continue de la part de l’énergie
thermique dans le mix énergétique ne favorise pas la promotion des
énergies renouvelables et accroît considérablement les dépenses
d’achat et de production d’énergie.
•L
 a société EDM-SA a conclu des contrats d’achat d’énergie et de
location de centrales qui n’assurent pas la préservation de l’intérêt
général. En effet, en sa qualité d’organisme public, chargé de
l’exécution du service public d’électricité, EDM-SA doit toujours
disposer du droit de modifier ou de résilier unilatéralement un contrat
pour motif d’intérêt général. Privée de droits de modification et de
résiliation unilatérales dans les contrats concernés, elle reste liée
aux clauses contractuelles et indépendamment des conditions du
marché, ce qui renchérit son coût de production d’électricité.
•L
 a société EDM-SA a payé des factures d’achat pour des énergies
non enlevées à l’occasion de l’exécution de deux contrats d’achat
d’énergie. En effet, l’application du principe du « Take or Pay » oblige la
société EDM-SA à payer au fournisseur la quantité d’énergie garantie,
que cette quantité ait été produite ou non, enlevée ou non. De plus,
la prise en charge par la société EDM-SA des frais de mobilisation,
de transport et de démobilisation ou la fourniture des combustibles
et de l’huile-moteur nécessaires à la production d’énergie insérée
dans les clauses contractuelles d’achat d’énergie ou de location de
centrales de type BOOT ne lui permet pas de rentabiliser les coûts de
production d’électricité.

Gestion commerciale
•L
 a société EDM-SA ne procède pas à la facturation de toutes les
énergies livrées. En effet, des abonnés disposent de compteurs
présentant des anomalies telles que des compteurs illisibles ou
bloqués, empêchant ainsi les relevés et la facturation. En septembre
2019, il a été recensé près de 2 258 compteurs défectueux parmi
lesquels 1 623 étaient bloqués et 193 illisibles. De même, il ressort de

95
ses rapports de gestion que la société EDM-SA n’a débuté le contrôle
des compteurs ISAGO qu’à partir du dernier trimestre 2019. Ces
contrôles ont relevé des falsifications de certains compteurs par les
détenteurs.
• EDM-SA ne fait pas un suivi efficace du recouvrement de ses créances
impayées. En effet, entre 2017 et 2018, le montant cumulé des impayés
(hors éclairage public) est passé de 30,65 milliards de FCFA au
31 décembre 2017 à 52,53 milliards de FCFA au 31 décembre 2018
soit une augmentation de 71% en une année. Le rapport de gestion de
la Direction commerciale et de la clientèle au 31 décembre 2018 fait
apparaître plus de 3,62 milliards de FCFA d’impayés antérieurs à 2017
pour lesquels la société EDM-SA n’est pas en mesure d’entamer des
recours car ne disposant pas de documentation appropriée pour les
soutenir. L’insuffisance du suivi du recouvrement des créances affecte
les performances de la Direction commerciale et par conséquent la
trésorerie de la société.
• EDM-SA n’a pas mis en place un outil favorisant une gestion efficace
de sa clientèle. En effet, des lacunes existent dans le traitement
des demandes d’abonnement et de collecte des recettes, dues aux
dysfonctionnements de la nouvelle version du logiciel de gestion
« clientèle ». Plusieurs opérations sont retardées ou bloquées dans
les différents services à cause des problèmes techniques du logiciel
iWEBS. A titre d’exemple, les mises à jour des comptes des agents
de la société EDM-SA, relevant de la catégorie 7 du personnel de
la société, connaissent des difficultés suite à des problèmes de
correspondance de tables informatiques BI et iWEBS, entraînant ainsi
la non-facturation de montants conséquents.
• EDM-SA ne traite pas les demandes de branchement de manière
efficiente. Elle n’a pas traité les demandes de branchement des clients
dans les délais fixés. En effet, sur un échantillon de 128 dossiers traités,
le délai de 15 jours ouvrés, prévu pour l’établissement des devis de
branchement, n’a pas été respecté pour 17 dossiers soit 13,28%.
Ensuite, le délai de 15 jours ouvrés, prévu pour le branchement à
compter du paiement du devis, n’a pas été respecté pour 83 dossiers
soit 64,84%. Par ailleurs, l’inégalité de traitement des usagers est
caractérisée par le non-respect de l’ordre d’arrivée des demandes. De
plus, lors des demandes de branchement, des agences acceptent des
photocopies de pièces (titres de propriété notamment) sans s’assurer
de leur conformité aux documents originaux.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS


CONSTATES ?

Au Ministre chargé de l’Energie :


- faire prendre des dispositions pour fixer des critères devant prévaloir au
choix des administrateurs de la société Energie du Mali ;
- s’assurer de la mise en œuvre efficace du Plan Directeur d’Investissements
Optimaux ;

96
- veiller à la couverture du déficit tarifaire par les subventions de l’Etat ;
- veiller à la mise en place d’autres mécanismes alternatifs pour financer le
déficit tarifaire.

Au Ministre chargé des Finances :


- veiller à la mise en place d’autres mécanismes de financement alternatifs
allant dans le sens de la réduction progressive de la subvention.

Au Conseil d’Administration :
- assurer son rôle de suivi et de pilotage de la société ;
- assurer le choix et la nomination des Directeurs Généraux de la société
Energie du Mali.

Au Directeur Général de la société Energie du Mali :


- encadrer et rationaliser les créations de postes de direction ;
- respecter la réglementation en vigueur en matière de gestion des heures
supplémentaires ;
- procéder à une répartition du personnel en tenant compte des besoins des
départements et en fonction des profils des agents ;
- prendre des mesures afin d’améliorer le mix énergétique et de réduire
le degré de dépendance de la société Energie du Mali aux fournisseurs
privés d’électricité ;
- veiller à la préservation de l’intérêt général inhérent au service public
d’électricité lors de la conclusion des contrats d’achat d’énergie ;
- éviter autant que possible le principe du « take or pay » dans la conclusion
de contrats d’achat d’énergie et de location des centrales et réviser les
contrats en cours d’exécution ;
- éviter de supporter, dans les contrats, les charges connexes en plus des
frais de location des centrales ;
- améliorer le niveau de contrôle des compteurs prépayés ;
- mettre en place un outil adapté aux besoins de gestion de la société
notamment en matière de production de données et à la gestion de la
clientèle ;
- respecter les délais de branchement des clients en fonction des dates de
paiement ;
- prévoir, dans les procédures d’abonnement, un mécanisme permettant de
s’assurer de l’authenticité des titres de propriété présentés par les clients.

97
98
2.2.2. COLLECTIVITES TERRITORIALES

[Link]. COMMUNE URBAINE DE BOUGOUNI


[Link]. COMMUNE RURALE DE SIBY
[Link]. COMMUNE RURALE DE GUEGNEKA (FANA)

99
100
[Link]. COMMUNE URBAINE DE BOUGOUNI

VERIFICATION INTEGREE (CONFORMITE ET PERFORMANCE)

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification intégrée (conformité et performance) porte sur la


gestion de la Commune Urbaine de Bougouni (CUB) pour la période du
1er janvier 2017 au 31 décembre 2019. Elle a concerné la gouvernance,
la gestion financière, la gestion du patrimoine, la gestion domaniale et
foncière, la gestion du personnel et la gestion de l’état civil.
Elle a pour objectif de s’assurer que la CUB est gérée au regard des critères
d’économie, d’efficience et d’efficacité et en conformité avec les lois et
règlements en vigueur.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

La présente vérification intégrée a révélé de nombreux dysfonctionnements


dans l’appréciation des critères de performance ainsi que des irrégularités
financières.

Appréciation des critères de performance :


Les critères de performance ont été appréciés dans les domaines ci-après :

Gouvernance
• Le Maire n’organise pas des sessions du Conseil Communal avec
efficacité. En effet, les convocations des élus communaux au Conseil
Communal ne sont ni publiées ni enregistrées dans un registre coté
et paraphé par le Représentant de l’Etat dans le Cercle. En outre, les
convocations ne sont pas remises à tous les membres du Conseil
Communal. Le non-respect de ces règles de tenue des sessions ne
favorise pas leur gestion efficace.
• Le Maire ne veille pas sur le fonctionnement adéquat de la fourrière.
En effet, l’encaissement des recettes de la fourrière se fait par le
Régisseur de recettes après négociation du montant à payer entre un
membre de la commission « Cadre de Vie, Voirie et Urbanisme, Eau,
Hygiène et Assainissement, Transport et Electricité, Travaux Publics »
et le propriétaire de l’animal, en violation des délibérations du Conseil
Communal. De plus, aucun document administratif ou comptable
retraçant la situation des animaux saisis, n’existe à la fourrière. Le
manque de suivi du fonctionnement de la fourrière peut empêcher la
Commune d’atteindre l’efficacité attendue et l’expose à un risque de
déperdition de ses recettes.
• Le Maire ne rend pas publics les comptes rendus de sessions. Les
comptes rendus de sessions du Conseil Communal ne sont pas
affichés. Le non-affichage des comptes rendus de sessions ne
101
favorise pas une participation efficace des citoyens à la gestion des
affaires de la Commune.
•L
 e Maire ne transmet pas avec efficience des documents au
Représentant de l’État dans le Cercle. En effet, la CUB accuse des
retards de 2 à 7 jours pour la transmission des délibérations et des
Procès-verbaux de sessions au Représentant de l’État. Le non-
respect du délai de transmission des documents au Représentant de
l’État ne lui permet pas d’effectuer un suivi efficace.
•L
 e Maire n’a pas mis en place un comité de suivi et d’évaluation du
PDESC. Il n’a pris aucun acte juridique créant ledit comité. L’absence
du comité de suivi et d’évaluation ne favorise pas une gestion efficace
du PDESC par le bureau communal.

Gestion financière et comptable


•L
 e Maire ne fait pas tenir le registre d’enregistrement des offres. La
non-tenue du registre des offres ne permet pas une traçabilité de
l’enregistrement chronologique des offres et constitue une violation
du principe de transparence. Elle ne favorise pas, non plus, l’efficacité
des procédures de passation de marchés.
•L
 e Maire n’informe pas les soumissionnaires non retenus. Il n’a pas
adressé de correspondances aux soumissionnaires non-retenus
pour leur notifier le rejet de leurs offres. La non-information des
soumissionnaires non-retenus est un manque de transparence et
d’efficacité dans les procédures de passation des marchés et ne
permet pas aux fournisseurs concernés d’user des recours prévus
par la réglementation.
•L
 e Maire ne procède pas systématiquement à la mise en concurrence
des fournisseurs. En effet, des factures proforma des candidats ne
figurent pas dans les liasses des pièces justificatives de trois marchés.
L’absence de mise en concurrence des fournisseurs ne permet pas
de s’assurer que les biens et services de la Commune ont été acquis
suivant un bon rapport qualité-prix.
•L
 e Receveur-Percepteur et le Maire ne procèdent pas au contrôle de
la Régie de recettes. Il n’existe aucune mention du contrôle de la part
du Receveur-Percepteur et du Maire dans le livre-journal de la Régie.
L’absence de contrôle ne donne pas une assurance raisonnable sur
la gestion de la Régie.
•L
 a CUB a irrégulièrement institué une Régie de recettes. La Régie de
recettes existante n’a été instituée par aucune délibération. La non-
institution par délibération de la Régie de recettes ne permet pas une
gestion efficiente des ressources de la Commune.

Gestion de l’état civil


•L
 e Maire n’a pas pris des décisions de nomination. En effet, la CUB
emploie dix (10) agents au service de l’état civil dans les centres
de déclaration sans aucune décision de nomination desdits agents.

102
L’absence de décision de nomination des agents de déclaration par
le Maire remet en cause la fiabilité des déclarations et peut affecter
l’efficacité du service de l’état civil.
• Le Centre Principal ne transmet pas avec efficacité le volet 2 des
registres de naissance, de décès et de déclaration au Représentant
de l’Etat dans le Cercle. Le Centre Principal n’a pas respecté le délai
des quinze jours francs pour la transmission du volet 2 des registres
de naissance, de décès et de déclaration au Représentant de l’Etat. Le
non-respect du délai légal de transmission du volet 2 au Représentant
de l’Etat ne permet pas une gestion efficace des faits d’état civil.

Gestion domaniale et foncière


• Le Maire procède au lotissement sans l’approbation du plan révisé
par le Gouverneur de Région. En effet, le plan de lotissement du site
de Niébala n’a pas été approuvé par un arrêté du Gouverneur de
Région. De plus, le Maire n’a pas requis l’avis des services techniques
de l’Urbanisme. Le lotissement, en l’absence d’approbation du plan
par le Gouverneur de Région, ne permet pas une gestion efficace et
efficiente du plan d’urbanisme de la collectivité.
• Le Maire a procédé à la vente de parcelles de terrain en l’absence
de délibération du Conseil Communal sur leurs conditions de mise
en valeur. Le lotissement de Niébala a été effectué sans aucune
délibération fixant les conditions de mise en valeur des terrains.
L’absence de délibération sur les conditions de mise en valeur des
Concessions Urbaines à usage d’Habitation (CUH) peut affecter les
modalités d’attribution des parcelles et peut être source de litiges.
• Le Maire a irrégulièrement attribué des parcelles de terrain à usage
d’habitation. Contrairement aux dispositions réglementaires, les
bénéficiaires de lot n’ont pas préalablement déposé une demande
de concession à usage d’habitation. L’attribution de parcelles, en
l’absence de demandes formulées par la population, n’assure pas
une gestion transparente et efficace du patrimoine foncier de la
Commune.

Gestion du personnel
• Le Maire ne tient pas le registre des paiements. En effet, les mentions
des bulletins individuels de paie ne sont reproduites dans aucun
registre. L’inexistence de registre des paiements ne permet pas un
suivi efficace et efficient des rémunérations du personnel contractuel.
• Le Maire ne veille pas au suivi efficace des dossiers du personnel.
En effet, des actes de naissance, des casiers judiciaires, des copies
légalisées de diplôme, des certificats de nationalité, des certificats
de visite et de contre-visite, des attestations de prise de service et
des curriculum vitae manquent dans certains dossiers. La tenue de
dossiers incomplets ne permet pas un suivi efficace du personnel.
• Le Maire n’a mis en place aucun mécanisme de promotion du
personnel contractuel. En effet, la CUB ne procède pas à l’évaluation
des agents contractuels et ces derniers n’avancent pas non plus.
103
L’inexistence d’un système d’évaluation et de promotion ne permet
pas de créer une saine émulation entre les agents, d’accroitre le
niveau de motivation et de performance du personnel.

Gestion du patrimoine
•L
 e Comptable-matières ne tient pas tous les documents de la
comptabilité-matières. II n’a pas tenu des documents de base, des
documents de mouvement et des documents de gestion. La non-tenue
de ces documents ne permet pas un suivi efficace du patrimoine de la
Commune.

Irrégularités financières :
Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 205,51 millions de
FCFA.

•L
 e Conseil Communal a accordé des avantages indus. Le Conseil a
octroyé au Maire la somme de 125 000 FCFA par mois dont 75 000
FCFA à titre d’indemnité financière et 50 000 FCFA pour la prise en
charge des frais d’électricité et de téléphone de son domicile. Ces
avantages ne sont pas prévus par la réglementation en vigueur. Le
montant total indûment payé au Maire s’élève à 3,87 millions de FCFA
pendant la période sous revue.
•L
 e Régisseur de recettes n’a pas reversé au Trésor public des
produits issus de la vente des Dossiers d’Appel d’Offres. Les preuves
de reversement pour un montant de 900 000 FCFA sur un total de
1,85 million de FCFA ont été fournies. Le montant total des produits
de la vente des DAO non reversé est de 950 000 FCFA.
•L
 e Maire n’a pas appliqué de pénalités de retard. Les titulaires de deux
marchés de travaux ont dépassé les délais contractuels sans qu’il
n’ait appliqué les pénalités de retard. Ces pénalités non appliquées
s’élèvent à la somme de 8,46 millions de FCFA.
•L
 e Président de la Commission économie et finances, développement
et jumelage a irrégulièrement recouvré des loyers des magasins. Il a
encaissé, en lieu et place du Régisseur, les recettes de location des
magasins de l’ancienne autogare. Pendant la période sous revue,
sur un montant total de 5,76 millions de FCFA encaissé au titre des
loyers des magasins, le Président de la commission chargée des
Finances a versé un montant de 1,74 million de FCFA à la régie de
recettes. Le montant total des loyers non reversés par le Président de
la Commission chargée des Finances est de 4,02 millions de FCFA.
•L
 e Directeur de l’Académie d’Enseignement (AE) de Bougouni a
soumis à l’ordonnancement du Maire des salaires des enseignants
n’existant pas dans sa commune. En effet, sur la base des états de
salaires établis par l’AE, le Maire a ordonné le paiement des salaires
des enseignants des CT n’exerçant pas dans sa commune. Le
montant total indûment payé, pendant la période sous revue, s’élève
à 126,71 millions de FCFA.

104
• Le Régisseur de recettes n’a pas respecté le tarif minimal du transfert
de lot, fixé par les délibérations. En effet, il a encaissé, au titre de
certains transferts de lots, des montants inférieurs au seuil minimal
requis. Le montant total des minorations, différence entre le seuil
minimal fixé par les délibérations et les montants encaissés par le
Régisseur de recettes pendant les exercices 2018 et 2019 est de
24,48 millions de FCFA. Pour d’autres transferts de lots, aucun
recouvrement de tarif n’a été constaté pour un montant total de
29,52 millions de FCFA. Les recettes totales non encaissées se
chiffrent à 54 millions de FCFA.
• Le Régisseur de recettes a irrégulièrement perçu des recettes. Il a
perçu des recettes en 2017, au titre des transferts de parcelles de
terrain, en l’absence de délibération du Conseil Communal fixant les
frais de transfert par parcelle. Le montant total irrégulièrement perçu
s’élève à 10,12 millions de FCFA.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS


CONSTATÉS ?

Au Maire :
- publier les avis de convocation des membres du Conseil Communal et
tenir un registre à cet effet ;
- veiller au fonctionnement adéquat de la fourrière ;
- afficher les comptes rendus de session ;
- respecter le délai de transmission des actes du Conseil Communal au
Représentant de l’État dans le Cercle ;
- mettre en place un comité de suivi et d’évaluation du Plan de Développement
Economique, Social et Culturel fonctionnel ;
- faire tenir le registre d’enregistrement des offres ;
- notifier par écrit aux soumissionnaires non retenus le rejet de leur offre tout
en indiquant les motifs de rejets ;
- respecter les procédures de mise en concurrence lors de l’acquisition des
biens et services ;
- procéder au contrôle de la Régie de recettes ;
- instituer par délibération la Régie de recettes ;
- prendre des décisions de nomination des agents de déclaration de l’état
civil ;
- respecter les délais légaux de transmission des actes et des déclarations
d’état civil ;
- soumettre le plan révisé de lotissement à l’approbation du Gouverneur de
Région ;
- requérir une délibération sur les conditions générales de mise en valeur
des parcelles de terrains ;

105
- exiger une demande régulière préalable à toute attribution de parcelles de
terrain ;
- faire tenir le registre des paiements ;
- veiller au suivi des dossiers du personnel ;
- mettre en place un mécanisme de promotion du personnel contractuel ;
- faire tenir tous les documents de la comptabilité-matières conformément à
la réglementation en vigueur.

Au Receveur-Percepteur :
- procéder au contrôle de la Régie de recettes.

TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR


GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :

- au paiement d’avantages indus au Maire pour un montant total de


3,87 millions de FCFA ;
- au non-reversement des produits issus de la vente de Dossiers d’Appel
d’Offres pour un montant total de 950 000 FCFA ;
- à la non-application de pénalités de retard pour un montant total de
8,46 millions de FCFA ;
- au non-reversement au Régisseur des loyers des magasins de l’ancienne
autogare pour un montant total de 4,02 millions de FCFA ;
- au paiement de salaires d’enseignants n’existant pas dans la Commune
Urbaine de Bougouni pour un montant total de 126,71 millions de FCFA ;
- au non-recouvrement du tarif minimal de transfert de parcelles de terrain
pour un montant total de 54 millions de FCFA ;
- à l’encaissement de recettes sans délibération pour un montant total de
10,12 millions de FCFA.

106
[Link]. COMMUNE RURALE DE SIBY

VERIFICATION INTEGREE (PERFORMANCE ET CONFORMITE)

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification intégrée (performance et conformité) porte sur la


gestion de la Commune Rurale de Siby (CRS) pour la période allant du
1er janvier 2017 au 31 décembre 2019. Elle a concerné le contrôle interne,
la gouvernance, la gestion financière et comptable, la gestion domaniale
et foncière, la gestion de l’état civil, la gestion du personnel, la gestion du
patrimoine et les mesures de performance de la collectivité.
Elle a pour objectif de s’assurer que la CRS est gérée au regard des critères
d’économie, d’efficience et d’efficacité et en conformité avec les lois et
règlements en vigueur.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

La présente vérification intégrée a révélé de nombreux dysfonctionnements


dans l’appréciation des critères de performance ainsi que des irrégularités
financières.

Appréciation des critères de performance :


Les critères de performance ont été appréciés dans les domaines ci-après :

Gouvernance
• Le Conseil Communal ne veille pas au fonctionnement des
Commissions de travail. Six (6) Commissions de travail créées par
Délibération n°2017-001/Csy du 12 janvier 2017 au sein de la CRS
ne fonctionnent pas. En effet, le Conseil Communal ne sollicite
pas lesdites commissions sur les préoccupations importantes de
la Commune. Par conséquent, elles n’ont produit aucun rapport
d’études, de conseil ou tout autre document pouvant aider le Conseil
Communal dans la prise de décisions sur les questions importantes
de la Commune.
• Le Maire ne procède pas à la restitution publique de sa gestion. Durant
la période de janvier 2017 à janvier 2019, il n’a pu fournir de preuve
de la restitution publique, notamment l’affichage des avis portant
sur les informations relatives aux dates et lieux de déroulement des
séances de restitution publique, les comptes rendus ou les rapports
de la restitution publique du compte administratif, de l’état annuel
d’exécution du Plan de Développement Economique Social et
Culturel (PDESC) ainsi que de l’état de fonctionnement des organes
et services propres de la Commune. L’absence de restitution publique
de la gestion des affaires de la CRS par le Maire ne favorise pas une
participation efficace des citoyens à la gestion de la Commune.

107
•L
 e Maire ne procède pas à l’auto évaluation de la performance de
la CRS suivant l’outil élaboré à cet effet. La non-application de l’outil
d’auto évaluation des Collectivités Territoriales prive les élus et les
différents acteurs de l’opportunité de mettre en commun leurs constats
par rapport à la vie de la collectivité, de dégager des tendances et de
les analyser afin de proposer des actions susceptibles d’améliorer les
pratiques et la performance de la Commune.

Gestion financière
•L
 e Maire ne respecte pas le principe de la sincérité budgétaire. Il
ressort du processus d’élaboration du budget que le Mairie de la CRS
n’a pas utilisé les outils adéquats de prévision budgétaire tels que
l’historique des recettes et des dépenses. C’est ainsi que pendant la
période sous revue, les prévisions de dépenses ont largement dépassé
les réalisations pour des montants de 101,77 millions de FCFA,
190,37 millions de FCFA et 121,73 millions de FCFA respectivement
en 2017, en 2018 et en 2019. Il en est de même pour les prévisions
et les réalisations des recettes qui présentent les écarts ci-après :
112,74 millions de FCFA, 196,66 millions de FCFA et 144,04 millions
de FCFA respectivement en 2017, 2018 et 2019. Le non-respect du
principe de la sincérité budgétaire ne permet pas à la CRS d’atteindre
ses objectifs fixés.
•L
 e Receveur-Percepteur du Cercle de Kati ne procède pas au
recouvrement intégral des impôts et taxes de la CRS établis
par voie de rôle. La performance de la Commune en matière de
recouvrement d’impôts et taxes baisse d’année en année. Ainsi, le
taux de recouvrement des impôts et taxes est de 56%, 30% et 18%
respectivement en 2017, 2018 et 2019. Le non-recouvrement des
impôts et taxes réduit les capacités d’investissement et ne permet pas
l’atteinte des objectifs de développement de la CRS avec efficience.
•L
 e Receveur-Percepteur du Cercle de Kati, Comptable assignataire,
et le Maire ne vérifient pas la Régie de recettes. Ils ne procèdent
pas aux contrôles et vérifications sur place et sur pièces de la Régie
de recettes. L’absence du contrôle de la Régie de recettes par le
Comptable assignataire et le Maire ne permet pas de détecter et
de prévenir les risques d’irrégularités dans la comptabilisation des
recettes, toute chose qui compromet l’efficacité et l’efficience de la
gestion financière de la CRS.
•L
 e Contrôleur financier n’effectue pas tous les contrôles requis. En
effet, il n’a pas établi de rapport trimestriel d’ensemble sur la situation
financière de la CRS exigé par la réglementation en vigueur. Le défaut
de production de ces rapports trimestriels d’ensemble sur la situation
financière de la CRS ne permet pas à l’exécutif communal de faire un
suivi efficace de l’exécution budgétaire et du plan de trésorerie.
•L
 es Régisseurs d’Avances et de Recettes n’ont pas constitué de
cautionnement avant d’entrer en fonction. Ils n’ont pas pu fournir la
preuve de la constitution de la caution de 300 000 FCFA exigée par la
réglementation en vigueur. Le défaut de fourniture de caution par les
Régisseurs prive la CRS de couverture contre les risques de gestion.

108
Gestion domaniale et foncière
• Le Maire et le Conseil Communal n’ont pas mis en œuvre le Schéma
Directeur d’Urbanisme de la ville de Siby et environs, adopté par
décret pris en Conseil des ministres depuis 2011. La ville de Siby
et environs n’ont pas fait l’objet de lotissement et les populations
continuent d’occuper anarchiquement les espaces. La non mise en
œuvre du Schéma Directeur d’Urbanisme ne favorise pas une gestion
efficace et efficiente des ressources de la Collectivité. Elle ne permet
pas, non plus, l’aménagement des espaces publics en fonction de
leur vocation respective.
• Le Maire n’a pas la maîtrise du patrimoine immobilier de la Commune.
En effet, la CRS ne dispose pas de titres de propriété sur des immeubles
qu’elle exploite et dont elle assure l’entretien. Il s’agit des immeubles
du domaine privé immobilier de l’Etat pour lesquels il n’existe ni décret
d’affectation, ni acte de cession au profit de la CRS. L’absence de titre
de propriété sur les biens immobiliers exploités par la Commune ne
favorise pas une gestion efficace de son patrimoine et ne lui permet
pas d’exercer sur lesdits immeubles un droit de propriété avec tous
ses attributs.

Gestion de l’état civil


• Les officiers de l’état civil ne procèdent pas à la clôture et à l’arrêté des
registres d’actes d’état civil de la CRS. En effet, les registres d’actes
d’état civil de la CRS n’ont été ni clos ni arrêtés au 31 décembre de
chaque année de la période sous revue. L’absence de la mention de
clôture sur lesdits registres peut affecter l’efficacité du service et ne
garantit pas la fiabilité des actes d’état civil délivrés.
• Le Préfet du Cercle de Kati ne procède pas au contrôle des registres
de déclaration et des registres d’actes d’état civil de la CRS. En
effet, il n’effectue pas, en sa qualité de Représentant de l’Etat dans
le Cercle, les contrôles de régularité de la tenue des registres de
déclaration et des registres d’actes d’état civil de la CRS. L’absence
de contrôle du Représentant de l’État ne permet pas de s’assurer
de la régularité et de la fiabilité des actes d’état civil et d’identifier
les dysfonctionnements qui peuvent entraver l’efficacité du service de
l’état civil de la Commune.

Gestion du personnel
• Le Maire ne procède pas à un suivi efficace de la carrière du personnel
fonctionnaire. En effet, il ne procède pas régulièrement à la notation
de certains agents. L’établissement des derniers bulletins de notation
desdits agents remonte à 2006 pour certains et à 2009 pour d’autres.
Ainsi, de ces dates à la période sous revue, faute de notation, les
agents concernés n’ont pas bénéficié d’avancement ni en échelon ni
en grade.

109
Gestion du patrimoine
•L
 e Maire ne veille pas à la tenue de la comptabilité-matières. Il n’a
proposé à la nomination aucun comptable-matières et n’a pris aucune
disposition pour la tenue des documents de la comptabilité-matières.
La non-tenue de la comptabilité-matières ne favorise pas une gestion
efficace du patrimoine mobilier et immobilier de la Commune.
•L
 e Maire n’a pas mis en place les commissions de réception. Pendant
la période sous revue, il n’a pris aucune décision pour mettre en place
les commissions de réception lors des acquisitions qui l’exigeaient.
Ces acquisitions ont toutes fait l’objet de procès-verbaux de réception
en l’absence de commissions de réception créées à cet effet. La non-
mise en place des commissions de réception affecte l’économie et
l’efficience des acquisitions de biens et services de la commune.

Irrégularités financières :
Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 27,44 millions de FCFA.

•L
 e Maire a ordonné le paiement des dépenses irrégulières. En 2018,
il a autorisé le paiement des dépenses dont le montant dépasse la
dotation sur le chapitre budgétaire concerné dans le budget adopté
par le Conseil Communal et approuvé par l’autorité de tutelle. Le
montant total du dépassement budgétaire s’élève à 1,11 million de
FCFA.
•L
 e Maire a perçu des recettes irrégulières au titre des frais
d’établissement des Permis d’Occuper (PO). En effet, le Maire a établi
des PO sur des parcelles détenues par des familles en vertu des
droits coutumiers. Cependant, lesdites parcelles non immatriculées et
n’ayant pas fait l’objet d’affectation ou de cession à la CRS, relèvent
encore du domaine privé immobilier de l’Etat. A ce titre, elles ne peuvent
faire l’objet de morcellement par le Maire car elles ne relèvent pas
du domaine privé immobilier de la CRS. Le montant irrégulièrement
perçu, suite à ces morcellements, s’élève à 24,52 millions de FCFA.
•L
 e Régisseur de recettes n’a pas justifié le reversement du montant
total des valeurs mises à sa disposition. En effet, sur un montant total
de 2,55 millions de FCFA de vignettes vendues au titre de l’exercice
2017, le Régisseur de recettes a reversé à la Perception de Kati un
montant de 2,2 millions de FCFA, soit un reliquat non reversé de
353 500 FCFA. Aussi, un stock de vignettes non vendues d’un montant
total de 1,45 million de FCFA n’a pas été justifié. Le montant total non
justifié s’élève à 1,80 million de FCFA.

QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS


CONSTATES ?

Au Conseil Communal :
- veiller sur le bon fonctionnement des commissions de travail ;
- mettre en œuvre le Schéma Directeur d’Urbanisme de la ville de Siby et
environs ;

110
Au Maire :
- procéder à la restitution publique de sa gestion conformément aux textes
en vigueur ;
- procéder régulièrement à l’auto évaluation de la performance de la
Commune ;
- respecter le principe de la sincérité budgétaire ;
- procéder à la vérification de la Régie de recettes conformément à la
réglementation en vigueur ;
- mettre en œuvre le Schéma Directeur d’Urbanisme de la ville de Siby et
environs ;
- recenser tous les immeubles bâtis et non bâtis devant être dévolus à
la Commune et prendre les dispositions pour leur intégration dans son
patrimoine ;
- veiller à la clôture et à l’arrêté des registres d’actes de l’état civil au
31 décembre de chaque année ;
- procéder à la notation du personnel fonctionnaire conformément à la
réglementation en vigueur ;
- veiller à la tenue de la comptabilité-matières de la commune conformément
à la réglementation en vigueur ;
- constituer, conformément aux textes en vigueur, des commissions de
réception lors des acquisitions de biens et services.

Au Régisseur de Recettes :
- payer la caution exigée conformément à la réglementation en vigueur.

Au Régisseur d’Avances :
- payer la caution exigée conformément à la réglementation en vigueur.

Au Receveur-Percepteur, Comptable assignataire :


- recouvrer l’ensemble des impôts et taxes de la Commune conformément
aux rôles d’impôts ;
- procéder à la vérification de la Régie de recettes conformément à la
réglementation en vigueur.

Au Contrôleur financier :
- produire les rapports trimestriels d’ensemble sur la situation financière de
la commune.

Au Préfet du Cercle de Kati :


- procéder au contrôle des registres de déclaration et des registres d’actes
d’état civil.

111
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :

- au paiement de dépenses irrégulières pour un montant de 1,11 million de


FCFA ;
- à la perception de recettes irrégulières pour un montant de 24,52 millions
de FCFA ;
- à la non-justification des valeurs mises à disposition pour un montant total
de 1,80 million de FCFA.

112
[Link]. COMMUNE RURALE DE GUEGNEKA (FANA)

VERIFICATION INTEGREE (PERFORMANCE ET CONFORMITE)

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification intégrée (performance et conformité) porte sur la


gestion de la Commune Rurale de Guégnéka - Fana - (CRG). Elle couvre
la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2019. Elle a concerné la
gouvernance, la gestion financière, la gestion des biens matériels et
immatériels, la gestion domaniale et foncière ainsi que la gestion de l’état
civil.
Elle a pour objectif de s’assurer que la CRG est gérée au regard des critères
d’économie, d’efficience et d’efficacité et en conformité avec les lois et
règlements en vigueur.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

La présente vérification intégrée a révélé de nombreux dysfonctionnements


dans l’appréciation des critères de performance ainsi que des irrégularités
financières.

Appréciation des critères de performance :


Les critères de performance ont été appréciés dans les domaines ci-après :

Gouvernance
•L
 e Maire ne fait pas enregistrer les délibérations du Conseil Communal
et les convocations des conseillers communaux dans un registre
coté et paraphé par le Représentant de l’Etat dans le Cercle. Les
délibérations du Conseil Communal de la période sous revue ainsi
que les convocations des conseillers n’ont pas été enregistrées
dans le registre coté et paraphé par le Représentant de l’Etat dans
le Cercle. Le non-enregistrement systématique des délibérations du
Conseil Communal ne permet pas d’assurer un contrôle efficace de
leur exécution.
•L
 e Maire ne procède pas régulièrement à la convocation des
Conseillers communaux aux sessions ordinaires. Il n’a adressé
aucune convocation aux conseillers durant l’année 2017. La non-
convocation des Conseillers communaux peut affecter la qualité des
débats et des décisions prises.
•L
 e Maire n’organise pas de débat public lors de l’élaboration du projet
de budget communal et ne consulte pas les Conseils de village. La
non-tenue des débats publics et des consultations des Conseils ne
permet pas de s’assurer de la prise en charge des préoccupations
de la population et de la transparence du processus d’élaboration du
budget.
113
•L
 e Maire ne fait pas de restitution de l’état d’exécution du Plan de
Développement Economique, Social et Culturel (PDESC). Cette
restitution publique est de nature à assurer l’efficacité du programme
établi. L’absence de restitution de l’état d’exécution du PDESC prive
les citoyens d’exercer leur droit de contrôle sur la gestion des affaires
communales.

Gestion financière
•L
 e Maire n’a pas fait établir les rôles d’impôts forfaitaires pendant
la période sous revue. La mobilisation des recettes, notamment les
impôts forfaitaires, constitue un enjeu majeur pour le développement
local. Le non-établissement des rôles d’impôts ne permet pas de
déterminer le nombre de contribuables soumis aux différentes
catégories d’impôts ainsi que des sommes dont ils sont redevables au
titre de l’exercice budgétaire et prive la Commune de ses ressources.
•L
 e Maire n’élabore pas les budgets communaux avec efficacité. Il n’a
pas élaboré les budgets communaux des exercices 2017, 2018 et
2019 en tenant compte des sources de recettes existantes. Il ne
tient pas un répertoire des biens et produits de la Commune et les
prévisions de recettes budgétaires dépassent largement les
réalisations. Le recensement non-exhaustif des biens et produits de
la Commune et l’écart important entre les prévisions et les réalisations
sont de nature à affecter l’atteinte des objectifs.
•L
 e Maire, le Percepteur et le Chef de centre des impôts de la
Commune ne font pas un suivi efficace des recettes. En effet, le Maire
ne suit pas régulièrement les opérations de perception des recettes
et les poursuites éventuelles entreprises par le Percepteur. De plus,
le Percepteur et le Chef de centre des impôts n’ont effectué aucune
poursuite en vue de recouvrer les recettes dues. Cette insuffisance
s’est traduite par une réduction significative des recettes recouvrées
par rapport aux prévisions.

Gestion des biens matériels et immatériels


•L
 e Maire, Ordonnateur-matières principal, ne fait pas tenir les
documents de la comptabilité-matières. Les documents de base, de
mouvement et de gestion ne sont pas tenus. En outre, le Comptable-
matières, recruté le 1er août 2019, n’est pas un fonctionnaire et n’a
pas le profil requis pour occuper le poste.

Gestion domaniale et foncière


•L
 e Maire ne gère pas le patrimoine foncier de la Commune avec
économie et efficience. Six (6) opérations de lotissement n’ont pas
été préalablement soumises à la délibération du Conseil Communal.
Il s’agit des opérations de lotissement suivantes : Fana Sud Extension
2017, Fana Nord Extension 2017, Fana Nord Extension 2018, Dien
2017, Yola 2017, Wérékéla 2019, Wérékéla Sud-Ouest 2017. Les
opérations de lotissement non autorisées par le Conseil Communal
peuvent entraîner des déperditions de biens immobiliers pour la
Commune.
114
Irrégularités financières :
Les irrégularités financières, ci-dessous, s’élèvent à 63,94 millions de FCFA.

•L
 e Maire, qui s’est érigé en comptable de fait, n’a pas procédé au
recouvrement intégral des redevances du contrat de délégation
du recouvrement des taxes sur le marché. Sur un montant de
21,6 millions de FCFA dû par le délégataire, il n’a recouvré et
reversé que 5,05 millions de FCFA, soit un écart non recouvré de
16,55 millions de FCFA. Le Maire n’a pas également transmis le
contrat au Percepteur pour prise en charge dans sa comptabilité.
•L
 e Maire n’a pas recouvré l’intégralité des loyers d’un contrat de bail.
Durant la période sous revue, le montant total des loyers à percevoir
s’élève à 1,8 million de FCFA sur lequel le Maire n’a reversé qu’un
montant de 260 000 FCFA au titre de l’exercice 2017, d’où un reliquat
non reversé de 1,54 million de FCFA.
•L
 e Maire n’a pas reversé des produits de transferts de parcelles de
terrain dans les comptes de la Commune. En effet, le nombre de
transferts de parcelles de terrain s’élève à 2 804 dont 1 203 en 2017
et 1 601 en 2018. Au prix unitaire de 5 000 FCFA par transfert en 2017
et 10 000 FCFA en 2018, le montant total des transferts de parcelles
de terrain est de 22,03 millions de FCFA sur lequel 11,40 millions de
FCFA ont été reversés. L’écart non reversé s’élève à la somme de
10,62 millions de FCFA.
•L
 e Maire n’a pas reversé des produits de cessions de parcelles de
terrain dans les comptes de la Commune. Il n’a pas reversé dans
les comptes de la Commune la somme de 13,8 millions de FCFA
représentant le prix de cessions de 23 parcelles.
•L
 e Maire n’a pas reversé les recettes issues de la délivrance de
Concessions Rurales d’Habitation. Il a délivré 418 Concessions
Rurales d’Habitation pour un montant total de 12,54 millions de
FCFA. Sur ce montant, aucun reversement n’a été effectué dans les
comptes de la Commune.
•L
 e Maire n’a pas reversé la totalité des recettes liées à la délivrance
des actes de mariage. En effet, sur un total de 1 013 mariages
célébrés dont 409 pendant les jours non ouvrables et 604 mariages
pendant des jours ouvrables, les comptes administratifs des périodes
concernées ne mentionnent qu’un montant total perçu de 5,42 millions
de FCFA au lieu de 10,87 millions de FCFA, soit un écart non reversé
de 5,45 millions de FCFA.
•L
 e Trésorier Payeur Régional n’a pas reversé au Percepteur de Fana
la totalité de la part communale des patentes. Sur un montant total de
3,61 millions de FCFA de patentes représentant la part communale,
le Percepteur de Fana n’a reçu que 156 000 FCFA de la part du
Trésorier Payeur Régional de Koulikoro, soit un écart non reversé de
3,45 millions de FCFA.

115
QUE RECOMMANDONS-NOUS POUR CORRIGER LES MANQUEMENTS
CONSTATES ?

Au Maire :
- faire enregistrer systématiquement les délibérations du Conseil communal
dans le registre coté et paraphé par le Représentant de l’Etat dans le
Cercle ;
- convoquer les Conseillers communaux conformément à la réglementation ;
- organiser les débats publics et les consultations des Conseils de village
conformément à la réglementation ;
- restituer l’état d’exécution du Plan de Développement Economique Social
et Culturel ;
- veiller à l’établissement des rôles d’impôts forfaitaires conformément à la
réglementation ;
- évaluer les recettes et les dépenses prévisionnelles sur la base
d’informations sincères ;
- faire un suivi régulier du recouvrement des recettes ;
- veiller à la tenue des documents de la comptabilité-matières ;
- procéder à la nomination d’un fonctionnaire des collectivités ou de l’Etat,
ayant le profil et les compétences nécessaires à l’exercice des missions
de comptable-matières ;
- requérir la délibération du Conseil communal pour toute opération de
lotissement.

Au Percepteur et au Chef de centre des impôts :


- mettre en œuvre toutes les diligences nécessaires pour le recouvrement
des recettes.

116
TRANSMISSION ET DENONCIATION DE FAITS PAR LE VERIFICATEUR
GENERAL AU PRESIDENT DE LA SECTION DES COMPTES DE LA
COUR SUPREME ET AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE PRES LE
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT
DE BAMAKO CHARGE DU POLE ECONOMIQUE ET FINANCIER
RELATIVEMENT :

- au non-recouvrement intégral des redevances du contrat de délégation de


perception des taxes sur le marché pour un montant de 16,55 millions de
FCFA ;
- au non-recouvrement intégral t des loyers du contrat de bail pour un
montant de 1,54 million de FCFA ;
- au non-reversement des produits issus des transferts de parcelles de
terrain pour un montant de 10,62 millions de FCFA ;
- au non-reversement des produits issus des cessions de parcelles de
terrain pour un montant de 13,8 millions de FCFA ;
- au non-reversement des produits issus de la délivrance de Concessions
rurales d’habitation pour un montant de 12,54 millions de FCFA ;
- au non-reversement des produits issus de la délivrance des actes de
mariage pour un montant de 5,45 millions de FCFA ;
- au non-reversement de la part communale des patentes pour un montant
de 3,45 millions de FCFA.

117
118
2.3. VERIFICATIONS DE SUIVI
DES RECOMMANDATIONS

119
Le BVG a, au cours de l’année 2020, exécuté cinq (5) missions de suivi des
recommandations sur des vérifications réalisées en 2017, 2018 et 2019.
Ces missions totalisent 83 recommandations sur lesquelles deux (2) sont
non applicables. Une recommandation est classée non applicable lorsque
les raisons qui lui ont donné lieu n’existent plus ou parce que la question a
été remplacée par un nouveau processus ou programme.
Ainsi, l’évaluation des 81 recommandations applicables a donné les résultats
ci-après :
- 24 entièrement mises en œuvre, soit 30% ;
- 25 partiellement mises en œuvre, soit 31% ;
- 32 non mises en œuvre, soit 39%.
Au titre des recommandations entièrement mises en œuvre, le taux moyen
de 30% sur l’ensemble des cinq (5) entités suivies n’est pas satisfaisant.
Toutefois, l’analyse par entité révèle que « Aéroports du Mali » et la
Commune Urbaine de Koulikoro ont réalisé des taux supérieurs à cette
moyenne avec respectivement 43% et 42%.
S’agissant des recommandations non mises en œuvre, les taux les plus
élevés sont constatés à la Commune Rurale de Baguineda-Camp avec
62% et à « Aéroports du Mali » avec 57%. Des efforts importants doivent
être fournis par les cinq (5) entités afin d’améliorer leurs résultats respectifs.
Le détail est donné dans le tableau ci-après :

120
Tableau n°1 : Etat de mise en œuvre des recommandations par les structures vérifiées
Niveau de mise en œuvre des recommandations

Recommandations Nombre de Partiellement


Total des Entièrement Non mises en
Vérifications non applicables ou recommandations mises en
recommandations mises en œuvre œuvre
sans objet évaluées œuvre

Nbre % Nbre % Nbre %

Vérification financière des


opérations de recettes et de
dépenses effectuées par la 12 0 12 5 42 1 8 6 50
Commune Urbaine de
Koulikoro

Vérification de performance
du système de mise à
disposition des médicaments 19 0 19 5 26 8 42 6 32
aux clients par la Pharmacie
Populaire du Mali

Vérification financière des


opérations de recettes et de
dépenses effectuées par la 8 0 8 2 25 1 13 5 62
Commune Rurale de
Baguineda-Camp

Vérification financière des


opérations d’exécution 14 0 14 6 43 - - 8 57
budgétaire effectuées par
« Aéroports du Mali »

Vérification de performance
de la gouvernance et la
gestion administrative du 30 2 28 6 21 15 54 7 25
Centre Hospitalier
Universitaire Gabriel Touré

Total global par niveau de 83 2 81 24 30 25 31 32 39


mise en œuvre

121
Schématiquement, la misela
Schématiquement, enmise
œuvreen
desœuvre
recommandations se présente comme
des recommandations se présente
suit :
comme suit :

30%
39%

Nombre de recommandations
entièrement mises en œuvre : 24
Nombre de recommandations
partiellement mises en œuvre : 25
Nombre de recommandations non
mises en œuvre : 32

31%

126

122
2.3.1. ORGANISMES PERSONNALISES
DE L’ETAT

[Link]. CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE GABRIEL TOURE :


GOUVERNANCE ET GESTION ADMINISTRATIVE
[Link]. PHARMACIE POPULAIRE DU MALI : SYSTEME DE MISE A
DISPOSITION DES MEDICAMENTS AUX CLIENTS
[Link]. AEROPORTS DU MALI : OPERATIONS D’EXECUTION
BUDGETAIRE

123
124
[Link]. CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE GABRIEL TOURE

VERIFICATION DE SUIVI DES RECOMMANDATIONS

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification porte sur de suivi de la mise en œuvre des


recommandations issues de la vérification de performance de la gouvernance
et la gestion administrative du Centre Hospitalier Universitaire Gabriel
TOURE (CHU-GT) effectuée en 2018. Elle couvre les exercices 2018 et
2019.
Elle a pour objectif de s’assurer que les trente (30) recommandations
formulées lors de la vérification initiale ont été mises en œuvre et que les
faiblesses constatées ont été corrigées.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

Au terme de la mission, deux (2) recommandations ont été classées


non applicables. Ainsi, l’état de mise en œuvre des vingt-huit (28)
recommandations applicables se présente comme suit :
- six (6) entièrement mises en œuvre, soit 21% ;
- quinze (15) partiellement mises en œuvre, soit 54 % ;
- sept (7) non mises en œuvre, soit 25 %.

Recommandations entièrement mises en œuvre :


Ces recommandations portent sur la convocation des représentants de tous
les organismes membres du Conseil d’Administration (CA), la tenue à jour
du registre des délibérations du CA, l’information du CA sur les procédures
et les résultats des marchés, la prise d’une décision fixant les modalités de
prise en charge du personnel en nourriture.
En outre, le mandat des administrateurs et leurs suppléants a été renouvelé
par le Ministère de tutelle et les organismes membres du CA ont été
régulièrement informés de la tenue des sessions du CA.

Recommandations partiellement mises en œuvre :


Concernant les recommandations partiellement mises en œuvre, toutes
les diligences n’ont pas été mises en place pour corriger les lacunes et
insuffisances relevées par la vérification initiale. Il s’agit de quinze (15)
recommandations relatives :
- à l’adoption d’un projet d’établissement : Un nouveau projet
d’établissement est en cours d’élaboration, suite à la lettre n°002934/
MSAS-SG du 5 septembre 2019 du Ministre de tutelle qui instruit aux
Directeurs Généraux des Etablissements Publics Hospitaliers (EPH) du
département, la production des projets d’établissement. Cependant, ledit
projet d’établissement n’est pas encore validé ;

125
- à la délibération du CA sur toutes les attributions relevant de ses
prérogatives : sept (7) attributions sur un total de dix-sept ont fait
l’objet de délibérations du CA. Ces attributions sont relatives aux actes
d’administration et de gestion ;
- à l’adoption et l’exigence de la mise en œuvre du manuel de
procédures administratives, financières et comptables, des fiches de
poste, du cadre organique et de l’organigramme : seul l’organigramme
a été soumis par la Direction au CA qui l’a adopté ;
- au suivi par le CA de la conformité des créations de départements,
services et unités aux dispositions réglementaires : des
départements prévus n’ont pas été créés et ceux créés,
excepté le laboratoire galénique, n’étaient pas fonctionnels
conformément au Décret n°2016-0475/P-RM du 7 juillet 2016
fixant les modalités d’organisation et de fonctionnement des services
des établissements publics hospitaliers ;
- à la production et à la soumission au CA de toutes les informations
et questions relevant de ses attributions et les outils nécessaires à
une gestion efficace : neuf (9) questions et outils sur un total de dix-huit
(18) ont été soumis par la Direction Générale au CA pour approbation.
Ces attributions sont relatives aux actes d’administration et de gestion ;
- à l’élaboration et la soumission à l’approbation du CA des outils
nécessaires à une gestion efficace : seul l’organigramme a été élaboré
et soumis, par la Direction Générale, à l’approbation du CA ;
- à la définition de la responsabilité de l’hôpital dans les contrats de
garde : le CHU-GT continue d’avoir recours aux contrats de garde pour
résorber les besoins cruciaux en personnel infirmier et médical. Toutefois,
la Direction de l’hôpital a créé une commission ad hoc de recrutement
pour la reconversion des contrats de garde en contrat de travail ;
- au fonctionnement du Comité de Direction et des autres organes
consultatifs ainsi qu’au renouvellement des mandats des membres
sortants : les différents organes ont été renouvelés par différentes
décisions et le comité de direction s’est réuni. Toutefois, des organes n’ont
pas tenu toutes les réunions conformément à la réglementation. A titre
illustratif, la commission médicale d’établissement s’est réunie une fois au
lieu de quatre (4) fois et les deux (2) comités techniques n’ont pas tenu les
deux (2) réunions minimales exigées ;
- à la tenue régulière de tous les documents de la comptabilité-
matières : le livre-journal et le Procès-Verbal de Réception sont tenus
régulièrement. Toutefois, les fiches détenteurs ne sont pas à jour. Le
magasin ne dispose pas de fiches casiers. Les matériels ne sont pas tous
codifiés. Le rapport d’inventaire de 2019 n’a pas été fourni. Le nouveau
logiciel de gestion de la comptabilité-matières, acquis en fin 2019, n’est
pas opérationnel ;
-a
 u déploiement et au fonctionnement du logiciel utilisé au bureau
des entrées pour prendre en charge tous les actes médicaux
effectués par les services : seule la Direction Générale est connectée au
bureau des entrées. La pharmacie du CHU-GT dispose du même logiciel que
le bureau des entrées, mais les deux services ne sont pas interconnectés ;

126
- au respect des dispositions réglementaires relatives à l’organisation
et au fonctionnement des EPH ainsi que celles relatives aux
pharmacies hospitalières : l’hôpital dispose d’une salle de stérilisation
ne correspondant pas aux normes. La pharmacie dispose d’un laboratoire
galénique. En revanche, le département de médecine et de spécialités
médicales ne dispose pas de services de médecine de travail, de médecine
légale, d’oncologie, de néphrologie-hémodialyse et de rhumatologie ;
- à l’élaboration et à l’exécution d’un plan prévisionnel d’entretien
préventif élargi à tous les équipements médicaux et biomédicaux :
le CHU-GT dispose d’un plan prévisionnel d’entretien mais non mis en
œuvre ;
- à la mise en place d’une procédure de traitement et de validation des
intéressements payés aux agents : la Délibération n°001/CA-CHU-GT
du 18 septembre 2019 du CA autorise l’octroi de jetons de présence et
autres primes au personnel du CHU-GT. Toutefois, le texte réglementant la
répartition des ristournes à l’ensemble du personnel n’est pas disponible ;
- à la dotation de l’hôpital d’un plateau technique requis, notamment
la pédiatrie, la réanimation, le laboratoire et le département
médicotechnique : les activités du service d’imagerie médicale et celles
du scanner ont démarré. De même, le département médicotechnique est
opérationnel. Les blocs opératoires ont été rééquipés d’appareils ultra
modernes. Le service néonatologie de la pédiatrie a été rééquipé de
couveuses neuves de plus de 50 berceaux, de lampes photothérapies,
d’incubateurs, d’aspirateurs, de scopes, etc. Le laboratoire a été équipé et
rénové. Toutefois, des défaillances demeurent par rapport au respect des
normes. La stérilisation des matériels par Poupinel continue d’être exercée
dans les blocs opératoires malgré la proscription de cette méthode en
milieu hospitalier. Les salles d’hospitalisation sont délabrées, surchargées,
inadaptées et les couloirs encombrés par les accompagnants. Aussi
l’architecture du bâtiment de la réanimation n’est pas adaptée aux normes
d’un service de réanimation. Le service d’urgence pédiatrique ne répond à
aucune norme internationale à cause de la faiblesse du plateau technique ;
- à la dotation du laboratoire en consommables et réactifs nécessaires
à son fonctionnement : le laboratoire a été rénové, rééquipé et doté de
consommables, de réactifs nécessaires à son fonctionnement. Néanmoins,
les équipements des examens bactériologiques ne sont toujours pas
opérationnels en raison de l’étroitesse du local.

Recommandations non mises en œuvre :


Pour ces recommandations, aucune action n’a été entreprise par le CHU-
GT pour leur application. Il s’agit notamment des recommandations relatives
à la soumission de la version provisoire du projet d’établissement au CA, la
mise en place d’un service d’audit et de contrôle et l’effectivité des gardes
par le personnel technique.
Le CA n’a pas tenu les sessions et sélectionné un commissaire aux comptes
conformément aux dispositions réglementaires. De même, le Ministère de
tutelle n’a pas conclu un contrat pluriannuel d’objectifs de moyens avec
la Direction de l’hôpital sur la base d’un projet d’établissement adopté et
approuvé.

127
Recommandations non applicables :
Elles sont relatives à l’adoption du projet d’établissement du CHU-GT par
le CA et la gestion de l’hôpital suivant le contrat pluriannuel d’objectifs et
de moyens conclu avec le département : le projet d’établissement n’a pas
été soumis à l’approbation du CA jusqu’à la prescription du délai imparti.
A ce jour, le CHU-GT reste le seul hôpital de 3ème référence non doté d’un
projet d’établissement selon l’Agence Nationale d’Evaluation des Hôpitaux
(ANEH). En l’absence d’un projet d’établissement validé, il est impossible
pour la Direction de l’hôpital de conclure des contrats pluriannuels d’objectifs
et de moyens avec le Ministère chargé de la Santé.
L’état de mise en œuvre des recommandations est présenté dans le
graphique ci-après :

21%
25%

Nombre de recommandations
entièrement mises en œuvre : 6
Nombre de recommandations
partiellement mises en œuvre : 15
Nombre de recommandations non
mises en œuvre : 7

54%

132

128
[Link]. PHARMACIE POPULAIRE DU MALI

VERIFICATION DE SUIVI DES RECOMMANDATIONS

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification porte sur le suivi de la mise en œuvre des


recommandations issues de la vérification de performance du système de
mise à disposition des médicaments aux clients par la Pharmacie Populaire
du Mali (PPM), effectuée en 2018. Elle couvre la période du 1er janvier 2019
au 30 juin 2020.
Elle a pour objectif de s’assurer que les dix-neuf (19) recommandations
formulées lors de la vérification initiale ont été mises en œuvre et que les
faiblesses constatées ont été corrigées.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

L’état de mise en œuvre des dix-neuf (19) recommandations se présente


comme suit :
- cinq (5) entièrement mises en œuvre, soit 26% ;
- huit (8) partiellement mises en œuvre, soit 42% ;
- six (6) non mises en œuvre, soit 32%.

Recommandations entièrement mises en œuvre :


Les recommandations entièrement mises en œuvre par la PPM portent sur
l’acquisition des produits pharmaceutiques conformément aux procédures
de passation des marchés publics, l’archivage correct des certificats
d’analyse, la détention de tous les Bordereaux de Livraison signés et
retournés comme preuve de distribution des produits des partenaires, la
transmission systématique à la Direction de la Pharmacie et du Médicament
(DPM) des produits périmés pour destruction et l’exécution des achats sur
la base de besoins exprimés.

Recommandations partiellement mises en œuvre :


Concernant les recommandations partiellement mises en œuvre, toutes les
diligences n’ont pas été faites pour corriger les lacunes et insuffisances
relevées par la vérification initiale. Il s’agit de huit (8) recommandations
relatives :
- à la révision, par le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF)
et le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale (MSAS), du contrat-
plan en ses dispositions difficiles d’application : la PPM a élaboré un
projet de contrat- plan 2020-2022 mais qui n’est pas encore transmis aux
départements ministériels ;

129
- à la mise en place du Comité de suivi du contrat-plan : les noms
des représentants des structures ont été communiqués au Ministre de
l’Economie et des Finances pour la mise en place du nouveau comité.
Cependant, aucun acte administratif n’a été pris pour formaliser la mise
en place dudit Comité ;
- au respect par la PPM de ses engagements applicables du contrat
relatifs à la collecte et à la validation des expressions de besoins
des structures sanitaires : les besoins des structures sanitaires ont été
collectés. Cependant, la PPM n’a pas fourni la preuve de la validation de
ces besoins en présence de l’ensemble des structures sanitaires ;
- à l’exigence aux fournisseurs du paiement de la redevance de
régulation des marchés : sur les quarante (40) marchés examinés, quatre
(4) ne portent pas le cachet de paiement de la redevance de régulation ;
- au reversement, à l’Autorité de Régulation des Marchés Publics
et de Délégation de Service public (ARMDS), de la totalité de sa
part des produits issus de la vente des Dossiers d’Appel d’Offres
(DAO) : la PPM a reversé la totalité de la part de l’ARMDS sur les produits
issus de la vente des DAO de 2020. Cependant, pour l’année 2019, elle
n’a pas reversé à l’ARMDS les 20% du montant de 19 millions de FCFA
des produits de la vente des DAO, soit 3,8 millions de FCFA ;
- au reversement, sur le compte bancaire de la PPM, des produits issus
de la vente des DAO : en 2020, la PPM a reversé la totalité des produits
issus de la vente des DAO sur son compte bancaire. Cependant, en 2019,
aucun reversement n’a été opéré ;
- à la mise en place d’un mécanisme de recouvrement de ses créances :
la PPM a pris une note de service pour le suivi des bons de commande, le
compte rendu mensuel du niveau de recouvrement et l’état des mandats
au niveau du Trésor public. Cependant, elle n’arrive toujours pas à donner
la situation exacte du niveau de recouvrement des créances ;
- au système de stockage garantissant une bonne conservation : les
conditions de stockage sur les différents sites se sont substantiellement
améliorées pour une bonne conservation des produits pharmaceutiques.
Cependant, des produits avariés non réceptionnés existent toujours dans
l’entrepôt. La zone de quarantaine n’est pas respectée entre les produits
livrés mais non encore analysés par le Laboratoire National de Santé
(LNS) et les autres produits du magasin de réception. Les produits restent
également en stock même après l’établissement du bordereau de transfert.

Recommandations non mises en œuvre :


En ce qui concerne les recommandations non mises en œuvre, aucune
action n’a été entreprise pour leur application. Il s’agit notamment des
recommandations relatives au respect, par le MEF, de ses engagements
financiers du contrat-plan, à l’établissement par la PPM du programme
annuel d’approvisionnement, à l’existence du certificat d’analyse avant
toute distribution et au respect des délais de livraison. Le LNS ne respecte
pas le délai de huit jours de délivrance des certificats d’analyse. De même,
le MSAS ne prend pas les mesures nécessaires pour le remboursement
des impayés.

130
L’état de mise en œuvre des recommandations est présenté dans le
graphique ci-après :

131
132
[Link]. AEROPORTS DU MALI

VERIFICATION DE SUIVI DES RECOMMANDATIONS

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification porte sur le suivi de la mise en œuvre des


recommandations issues de la vérification financière de « Aéroports du Mali »
(ADM), effectuée en 2017. Elle couvre les exercices 2018 et 2019.
Elle a pour objectif de s’assurer que les quatorze (14) recommandations
formulées lors de la vérification initiale ont été mises en œuvre et que les
faiblesses constatées ont été corrigées.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

L’état de mise en œuvre des quatorze (14) recommandations se présente


comme suit :
- six (6) entièrement mises en œuvre, soit 43% ;
- huit (8) non mises en œuvre, soit 57%.

Recommandations entièrement mises en œuvre :


Les recommandations entièrement mises en œuvre par ADM portent sur
la mise en concurrence des fournisseurs lors des acquisitions de biens et
services, l’établissement des contrats d’achat de fournitures conformément
aux dispositions du manuel de procédures, le respect du délai contractuel
de la retenue de garantie lors du règlement des contrats, le respect des
dispositions du manuel de procédures relatives au seuil des dépenses
payées par la caisse, le respect du mode de passation des marchés
conformément aux dispositions du manuel de procédures et le respect des
dispositions réglementaires portant sur les pièces constitutives du marché.

Recommandations non mises en œuvre :


En ce qui concerne les recommandations non mises en œuvre, aucune
action n’a été entreprise par ADM pour leur application. Il s’agit notamment
des recommandations relatives à la réception des biens et services
conformes aux clauses contractuelles, à l’application des procédures de
suivi et de recouvrement de créances conformément aux dispositions du
manuel de procédures, au respect des dispositions de l’Acte uniforme
portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises
relativement à la dépréciation des créances « clients », au respect des
modalités de paiements prévues dans les contrats, au respect des
procédures du manuel en ce qui concerne la tenue de la caisse, à
l’acceptation et au paiement des factures non conformes à la réglementation
en vigueur, à la prise en compte des réserves formulées par les commissions
de réception avant les paiements des prestations, au recouvrement de
8,24 millions de FCFA de pénalités dues au retard constaté dans l’exécution
des marchés.
133
L’état de mise en œuvre des recommandations est présenté dans le graphique ci-après :

L’état de mise en œuvre des recommandations est présenté dans le


graphique ci-après :

43%

Nombre de recommandations
entièrement mises en œuvre : 6
Nombre de recommandations
non mises en œuvre : 8

57%

137

134
2.3.2. COLLECTIVITES TERRITORIALES

[Link]. COMMUNE RURALE DE BAGUINEDA-CAMP,


OPERATIONS DE RECETTES ET DE DEPENSES
[Link]. COMMUNE URBAINE DE KOULIKORO,
OPERATIONS DE RECETTES ET DE DEPENSES

135
136
[Link]. COMMUNE RURALE DE BAGUINEDA-CAMP

VERIFICATION DE SUIVI DES RECOMMANDATIONS

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification porte sur le suivi de la mise en œuvre des


recommandations issues de la vérification financière de la Commune Rurale
de Baguineda-Camp, effectuée en 2018. Elle couvre les exercices 2019 et
2020 (31 juillet).
Elle a pour objectif de s’assurer que les huit (8) recommandations formulées
lors de la vérification initiale ont été mises en œuvre et que les faiblesses
constatées ont été corrigées.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

L’état de mise en œuvre des huit (8) recommandations se présente comme


suit :
- deux (2) entièrement mises en œuvre, soit 25% ;
- une (1) partiellement mise en œuvre, soit 13% ;
- cinq (5) non mises en œuvre, soit 62%.

Recommandations entièrement mises en œuvre :


Les recommandations entièrement mises en œuvre portent sur la
perception intégrale des recettes par le Régisseur de recettes de la
Commune, d’une part, et l’obligation incombant au Maire de s’assurer de la
perception desdites recettes conformément aux textes en vigueur, d’autre
part.

Recommandation partiellement mise en œuvre :


Concernant la recommandation partiellement mise en œuvre, toutes les
diligences n’ont été faites pour corriger les lacunes et insuffisances relevées
par la vérification initiale. En effet, la Commune Rurale de Baguineda-Camp
ne respecte toujours pas les procédures de mise en concurrence lors des
achats. Le Maire a passé des marchés conformément aux dossiers-types
de Demande de Renseignement et de Prix. Par contre, il n’implique pas
dans les commissions d’ouverture des plis et d’évaluation des offres,
toutes les personnes habilitées à y participer comme le Responsable
des services financiers ou le Secrétaire Général et le Représentant de la
population bénéficiaire. Par ailleurs, les commissions d’ouverture des plis et
d’évaluation des offres fonctionnent sans acte de création.

137
En ce qui concerne les recommandations non mises en œuvre, aucune action n’a été
Recommandations
entreprise non mises
par la Mairie de la Commune en de
Rurale œuvre :
Baguineda-Camp pour leur application. Ces
En ce qui concerne
recommandations lesà recommandations
sont relatives non passés
la notification des marchés mises par
en bon
œuvre, aucune
de commande
aux action n’a été
attributaires, entreprise
la tenue par la Commune
des documents Rurale de Baguineda-Camp
de la comptabilité-matières, la nomination du
pour leur application.
Comptable-matières par arrêtéCes recommandations
conjoint sont
du Ministre chargé desrelatives
Finances àetla
dunotification
Ministre de
des marchés passés par bon de commande aux attributaires, la tenue
Tutelle, l’élaboration d’un plan annuel de passation de marchés et la constitution de cautions
des documents de la comptabilité-matières, la nomination du Comptable-
par les Régisseurs
matières par de recettes
arrêté et de dépenses.
conjoint du Ministre chargé des Finances et du Ministre
de Tutelle, l’élaboration d’un plan annuel de passation de marchés et la
L’état de mise en œuvre des recommandations est présenté dans le graphique ci-dessous.
constitution de cautions par les Régisseurs d’Avances et de recettes.
L’état de mise en œuvre des recommandations est présenté dans le
graphique ci-dessous :

25%

Nombre de recommandations
entièrement mises en œuvre : 2
Nombre de recommandations
partiellement mises en œuvre : 1
Nombre de recommandations
non mises en œuvre : 5

62%
13%

141

138
[Link]. COMMUNE URBAINE DE KOULIKORO

VERIFICATION DE SUIVI DES RECOMMANDATIONS

QU’AVONS-NOUS VERIFIE ?

La présente vérification porte sur le suivi de la mise en œuvre des


recommandations issues de la vérification financière de la Commune
Urbaine de Koulikoro (CUK), effectuée en 2016. Elle couvre les exercices
2018, 2019 et 2020 (1er semestre).
Elle a pour objectif de s’assurer que les douze (12) recommandations
formulées lors de la vérification initiale ont été mises en œuvre et que les
faiblesses constatées ont été corrigées.

QU’AVONS-NOUS CONSTATE ?

L’état de mise en œuvre des douze (12) recommandations se présente


comme suit :
- cinq (5) entièrement mises en œuvre, soit 42% ;
- une (1) partiellement mise en œuvre, soit 8% ;
- six (6) non mises en œuvre, soit 50%.

Recommandations entièrement mises en œuvre :


Les recommandations entièrement mises en œuvre par la CUK portent
sur la mise en place d’un fichier « fournisseurs » et d’une régie d’avances
conforme, l’exigence du cautionnement au Régisseur, la fixation de
l’avance maximale à faire au Régisseur dans l’acte de création de la régie
et l’application par le Maire des décisions du Conseil Communal relatives à
la perception des recettes.

Recommandation partiellement mise en œuvre :


Concernant la recommandation partiellement mise en œuvre, toutes les
diligences n’ont pas été entreprises pour corriger la lacune relevée par la
vérification initiale. Il s’agit de la recommandation relative à la prise des
dispositions par le Régisseur de recettes pour recouvrer le montant relatif
au loyer des magasins. Le Maire de la CUK a adressé des convocations
aux occupants des magasins pour leur demander de payer les arriérés de
location. Malgré cette disposition, aucun recouvrement n’a pu être effectué.

Recommandations non mises en œuvre :


En ce qui concerne les recommandations non mises en œuvre, aucune
action n’a été entreprise par la CUK pour leur application. Il s’agit
notamment des recommandations relatives à la matérialisation des
expressions de besoins, à la mise en concurrence entre les fournisseurs
139
mentions obligatoires, à la tenue d’une comptabilité-matières régulière, au recouvrement des
subventions ne respectant pas les dispositions réglementaires et à l’octroi des lots à usage
d’habitation conformément aux textes en vigueur.

L’état de mise
avant touteenopération
œuvre des d’achat,
recommandations est présenté
à l’admission dans le graphique
des factures ci-dessous.
comportant toutes
les mentions obligatoires, à la tenue d’une comptabilité-matières régulière,
au recouvrement des subventions ne respectant pas les dispositions
réglementaires et à l’octroi des lots à usage d’habitation conformément aux
textes en vigueur.
L’état de mise en œuvre des recommandations est présenté dans le
graphique ci-dessous :

42%
50%

Nombre de recommandations
entièrement mises en œuvre : 5
Nombre de recommandations
partiellement mises en œuvre : 1
Nombre de recommandations
non mises en œuvre : 6

8%

143

140
CHAPITRE III

EVALUATION DE POLITIQUE
PUBLIQUE

3.1. EVALUATION DE POLITIQUE PUBLIQUE

3.1.1. COMPOSANTE « SANTE ET HYGIENE PUBLIQUE »


DU PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT SOCIO-
SANITAIRE-PHASE III (PRODESS III)

141
142
3.1. EVALUATION DE POLITIQUE PUBLIQUE

143
L’évaluation des politiques publiques (EPP) fait partie des missions
du Vérificateur Général depuis son institution par la Loi n°03-30 du 25
août 2003. Cependant, les outils indispensables à cette mission n’étant
pas disponibles, le BVG n’a pu initier ce chantier. Grâce à l’appui du
Gouvernement du Canada, à travers le Projet dénommé « Redevabilité
Publique et Participation des Femmes au Mali (RPPFM) », les outils
d’évaluation des politiques publiques ont été élaborés en 2019 et mis à la
disposition du personnel du BVG en 2020 pour appropriation. En vue de
tester lesdits outils et de les soumettre à l’épreuve de la pratique, le BVG a
initié sa toute première mission d’EPP.
A cet effet et conformément à l’article 2 de la Loi n°2012-009 du 8 février
2012 abrogeant et remplaçant la Loi n°03-30 du 25 août 2003 l’instituant,
le Vérificateur Général a, par lettre n°conf.0395/2019/BVG du 15 octobre
2019, saisi le Premier ministre, chef du Gouvernement, à l’effet de l’autoriser
à engager des évaluations test de politiques publiques. En réponse suivant
lettre confidentielle n°0805/PM-CAB du 25 octobre 2019, le Premier
ministre a autorisé le Vérificateur Général à procéder à l’évaluation de trois
politiques publiques dont le Programme de Développement Socio-Sanitaire
(PRODESS). Ainsi, dans l’optique de mieux circonscrire le mandat de
la mission tout en ayant une vision claire et précise de l’intervention, le
Vérificateur Général a décidé d’évaluer la mise en œuvre de la Composante
« Santé et Hygiène publique » de la phase III du PRODESS couvrant la
période 2014-2018.
Les principales conclusions auxquelles la mission d’évaluation est parvenue
font état de l’existence de nombreuses faiblesses qui n’ont pas favorisé
l’atteinte des résultats escomptés. C’est pourquoi, la mission d’évaluation
a fait des recommandations dont la mise en œuvre pourrait rehausser
l’efficacité du PRODESS, améliorer sa gouvernance et optimiser les effets
sur la population malienne.

144
3.1.1. PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT SOCIO-SANITAIRE-
PHASE III COMPOSANTE « SANTE ET HYGIENE PUBLIQUE »

EVALUATION DE POLITIQUE PUBLIQUE

BREVE DESCRIPTION DU PRODESS

En vue d’apporter des réponses adéquates aux multiples problèmes de


santé qui affectent le bien-être des populations, le Gouvernement du Mali
a adopté en 1998 le Plan Décennal de Développement Sanitaire et Social
(PDDSS) qui traduit la volonté politique du Gouvernement du Mali d’apporter
des réponses rapides et efficaces aux problèmes sanitaires et sociaux qui
touchent les Maliens. Le Programme de Développement Socio-Sanitaire
(PRODESS) constitue la tranche quinquennale de mise en œuvre du
PDDSS. Il comprend trois (3) composantes qui sont : la Santé et l’Hygiène
Publique, le Développement social et la Promotion de la Femme, de l’Enfant
et de la Famille. Il apparait comme l’unique document de programmation,
de mise en œuvre et de mise en cohérence de l’ensemble des interventions
de l’État dans le secteur de la Santé, du Développement Social et de la
Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Par conséquent, son
pilotage est assuré par ces trois (3) Ministères et leurs services techniques.
Le PRODESS a connu trois phases de mise en œuvre : le PRODESS I
(1998-2002), le PRODESS II (2005-2009 prolongé en 2011 pour l’aligner
sur la période du Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la
Pauvreté 2007-2011 (CSCRP) et le PRODESS III (2014-2018). Cette mise
en œuvre, notamment en ce qui concerne la composante Santé et Hygiène
Publique, fait intervenir une diversité d’acteurs au nombre desquels on peut
citer l’État à travers ses services techniques, les Collectivités Territoriales
(CT), des Partenaires Techniques et Financiers (PTF) et les communautés
bénéficiaires des soins de santé. Ces communautés, regroupées en
Associations de Santé Communautaire (ASACO), participent à la mise en
œuvre du PRODESS par le biais du système de santé communautaire.
Sur un budget prévisionnel de 786,91 milliards de FCFA sur les cinq (5)
années de mise en œuvre, le financement de la composante « Santé et
Hygiène Publique » représente 74 % du budget total du PRODESS III,
contre 21% et 5% respectivement pour les composantes « Social » et
« Promotion de la famille ». Le PRODESS III dans sa composante « Santé
et Hygiène Publique » poursuit 9 objectifs stratégiques qui sont :
- la réduction de la morbidité et de la mortalité maternelle, néonatale,
infantile et infanto-juvénile) ;
- la réduction de la morbidité et de la mortalité liées aux maladies
transmissibles ;
- la réduction de la morbidité, de la mortalité et des handicaps liés aux
maladies non transmissibles ;
- la promotion d’un environnement sain ;
- la réduction des conséquences sanitaires des urgences liées aux
désastres, crises et conflits ;

145
- l’augmentation de l’offre et de l’utilisation des services de santé de
qualité ;
- un meilleur accès, une meilleure qualité et utilisation des produits
pharmaceutiques ;
- la disponibilité des ressources humaines qualifiées, compétentes,
performantes et de façon équitable ;
- une meilleure gouvernance du système de santé.
Les activités planifiées en vue de l’atteinte de ces 9 objectifs se rapportent
essentiellement à l’acquisition de matériels sanitaires, à la formation du
personnel médical, à la construction d’infrastructures de santé, à l’achat de
médicaments, de réactifs et de vaccins, etc.

MANDAT, UTILITE ET METHODOLOGIE

Mandat
La présente évaluation est une mission pilote d’EPP. Elle porte sur la
composante 1 « Santé et Hygiène Publique » du PRODESS III dont la
période de mise en œuvre s’étend de 2014 à 2018.

Utilité
Le choix de cette évaluation de la composante « Santé et Hygiène Publique
» du PRODESS III n’est pas fortuit, car ses conclusions pourraient servir de
leviers d’ajustement du prochain PRODESS qui n’a pas encore connu un
début d’exécution.

Méthodologie
La mission a abordé l’évaluation à travers six questions regroupées en
trois sous-ensembles liés aux grands questionnements de performance
des politiques publiques à savoir l’efficacité, la gouvernance et les effets.
Ces questions d’évaluation ont été retenues sur la base d’une analyse des
besoins prioritaires d’information sur le programme.
Une méthodologie mixte de collecte et d’analyse de données a été
déployée pour répondre aux questions d’évaluation, en mettant l’accent
sur les réalités de terrain vécues par la population malienne. Ainsi, en plus
d’entrevues menées auprès des acteurs de la santé aux niveaux central,
régional et local, la mission a réalisé un sondage auprès des prestataires et
des bénéficiaires des services de santé et une étude de cas sur la référence/
évacuation.
La méthodologie suivie pour l’évaluation a permis de répondre
rigoureusement aux questions d’évaluation posées. Grâce aux visites
de terrain et aux activités de dissémination des résultats, la situation du
secteur de la santé au Mali a bien été circonscrite. Toutefois, comme la
mission n’a pu se rendre dans des zones moins sécurisées du pays, on
ne pourrait étendre les résultats de la présente évaluation à l’ensemble du
territoire, notamment aux régions du nord et du centre, où les réalités de
la santé pourraient différer fortement, et où une méthodologie d’évaluation
entièrement distincte aurait très certainement été nécessaire pour mieux
comprendre ces réalités.
146
RESULTATS
Les résultats sont les principales conclusions auxquelles l’évaluation
est parvenue. Ils peuvent être considérés comme les réponses qu’elle a
apportées aux six questions d’évaluation formulées en lien avec l’efficacité,
la gouvernance et les effets du PRODESS.
Ainsi, les travaux de collecte et d’analyse de données ont abouti aux
résultats ci-dessous :

EFFICACITE
L’efficacité est un questionnement qui permet d’établir une corrélation
entre les résultats produits par le PRODESS III et les objectifs assignés. A
cet effet, la mission devait répondre à 3 questions d’évaluation en vue de
conclure sur l’efficacité du PRODESS III.
Question
EFFICACITEd’évaluation 1 : Les objectifs assignés au PRODESS III ont-ils
été atteints
L’efficacité ? questionnement qui permet d’établir une corrélation entre les résultats produits
est un
par le PRODESS III et les objectifs assignés. A cet effet, la mission devait répondre à 3 questions
L’efficacité, tant stratégique qu’opérationnelle du PRODESS III, est limitée
d’évaluation en vue de conclure sur l’efficacité du PRODESS III.
car la majorité des objectifs assignés n’ont pas été atteints. Sur de nombreux
indicateurs de suivi
Question d’évaluation duobjectifs
1 : Les programme,
assignés audes progrès
PRODESS III ont-ilssont perceptibles,
été atteints ? mais
lents, et ils n’ont pas atteint les cibles escomptées en 2018.
L’efficacité, tant stratégique qu’opérationnelle du PRODESS III, est limitée car la majorité des
Les principales
objectifs faiblesses
assignés n’ont quiSur
pas été atteints. affectent
de nombreuxl’efficacité
indicateurs dedusuivi
PRODESS
du programme,IIIdes
sont
essentiellement dues à un manque de moyens auquel les acteurs
progrès sont perceptibles, mais lents, et ils n’ont pas atteint les cibles escomptées en 2018. de
la santé font face, en raison du mode de financement du programme, à
Les principales faiblesse qui affectent l’efficacité du PRODESS III sont essentiellement dues à un
l’insuffisance et à la mauvaise répartition des ressources humaines et à un
manque de moyens auquel les acteurs de la santé font face, en raison du mode de financement du
déficit de coordination entre les actions menées dans le cadre de la mise en
programme, à l’insuffisance et à la mauvaise répartition des ressources humaines et à un déficit de
œuvre de l’intervention. A cela, il faut ajouter la faible marge de manœuvre
coordination entre les actions menées dans le cadre de la mise en œuvre de l’intervention. A cela, il
des hôpitaux sur
faut ajouter la faible le de
marge plan financier.
manœuvre Au demeurant,
des hôpitaux certains
sur le plan financier. objectifs
Au demeurant, ont
certains
certainement été formulés
objectifs ont certainement de de
été formulés manière tropambitieuse,
manière trop ambitieuse, toutequichose
toute chose qui ne
ne permettait
permettait
pas l’atteinte pas l’atteinte des résultats.
des résultats.
Question d’évaluation
Question d’évaluation 2 :deLe
2 : Le mode mode dedufinancement
financement PRODESS III a-t-ildu PRODESS
favorisé IIIdes
la réalisation a-t-il
favorisé la réalisation
activités prévues ? des activités prévues ?
Le mode
Le mode de de financement
financement du PRODESSdu n’a
PRODESS
pas favorisé lan’a pas favorisé
réalisation la prévues.
des activités réalisation des
En effet, le
activités prévues. En effet, le financement du système sanitaire constitue
financement du système sanitaire constitue le frein principal à l’efficacité du PRODESS III. Avec moins le
frein
de 5%principal à l’efficacité
du budget d’Etat consacrés audu PRODESS
secteur de la Santé,III. Avec
la mise moinsdesde
en œuvre 5% du budget
activités
d’Etat consacrés au secteur de la Santé, la mise en œuvre des activités
opérationnelles est fortement affectée d’autant plus que la mise à disposition des ressources du
opérationnelles
budget d’Etat s’avèreest fortement
souvent affectée
difficile et d’autant
tardive, que plus que
la participation la mise àextérieurs
des partenaires disposition
dans
des ressources
le PRODESS du et
est en baisse budget d’Etat s’avère
que la mobilisation souvent
des ressources difficile
propres et communautaire
au niveau tardive, queest la
participation des
tout aussi délicate. partenaires
Question extérieurs
d’évaluation 3 : Quelle adans le PRODESS
été la contribution est en
du PRODESS surbaisse
les et
capacités techniques et opérationnelles des acteurs de sa mise
que la mobilisation des ressources propres au niveau communautaire est en œuvre ?
tout aussi délicate.
La mise en œuvre du PRODESS III a amélioré les capacités techniques et opérationnelles des acteurs
Question d’évaluation
de la santé. Cette amélioration a3été: Quelle aàété
constatée la contribution
travers dulaPRODESS
la construction ou réhabilitation sur les
d’infrastructures sanitaires, le renforcement du plateau technique, la
capacités techniques et opérationnelles des acteurs de sa mise en œuvre ?
formation du personnel, l’achat de matériels et équipements. Malgré
Laces mise
progrèsen œuvre
visibles, du PRODESS
les moyens III a
mis à disposition desamélioré
prestatairesles
capacités
restent dans l’ensemble faibles face aux besoins immensesacteurs
techniques et opérationnelles des de la
de la santé.
population, ce qui Cette amélioration
crée un fort a été constatée
sentiment d’insatisfaction.
à travers la construction ou la réhabilitation
d’infrastructures sanitaires, le renforcement du
plateau
GOUVERNANCE technique, la formation du personnel,
DES ORGANES
l’achat de matériels et équipements.
Le choix de la gestion participative Malgré ces
comme mode de gouvernance
constitue une singularité du PRODESS par rapport à beaucoup d’autres
147
politiques de santé. Pour se prononcer sur ce mode de gouvernance, la mission devait répondre à
une seule question d’évaluation.
progrès visibles, les moyens mis à disposition des prestataires restent dans
l’ensemble faibles face aux besoins immenses de la population, ce qui crée
un fort sentiment d’insatisfaction.

GOUVERNANCE DES ORGANES


Le choix de la gestion participative comme mode de gouvernance constitue
une singularité du PRODESS par rapport à beaucoup d’autres politiques de
santé. Pour se prononcer sur ce mode de gouvernance, la mission devait
répondre à une seule question d’évaluation.
Question d’évaluation 4 : La gestion participative du PRODESS a-t-elle
permis une meilleure administration du service public de la santé ?
La gestion participative du PRODESS a permis une meilleure administration
du service public de la santé. En effet, cette gestion participative a permis
aux populations d’être actrices de leur propre santé. Elle a favorisé la
démocratie locale et généré plus d’engouement et d’engagement des
communautés
Question
Question à 4œuvrer
d’évaluation
d’évaluation :4La: La pour
gestion
gestion la réussite
participative dudu
participative de laa-t-elle
PRODESS
PRODESSsanté communautaire,
permis
a-t-elle une
permis meilleure ce qui
meilleure
une
crée une forte
administration dudu
administration augmentation
service public
service dede
public de? la
la santé
la santé ? satisfaction des populations desservies
par un CSCOM.
La La
gestion participative
gestion participativeduduPRODESS
PRODESS a permis
a permisune meilleure
une administration
meilleure administration duduservice public
service dede
public la la
Toutefois,
santé. En des
effet, cetteinsuffisances
gestion dans
participative a la
permisfonctionnalité
aux populations des
d’être organes
actrices de d’orientation,
leur
santé. En effet, cette gestion participative a permis aux populations d’être actrices de leur propre propre
de
santé.coordination
Elle
santé. a favorisé
Elle a favorisé laetdémocratie
d’évaluation
la démocratie locale et et
locale du
généré PRODESS
plus
généré d’engouement
plus III etetet
d’engouement certains
d’engagement
d’engagement problèmes
desdes
communautés à œuvrer pour la réussite de la santé communautaire,
de fonctionnement au sein des organes de gestion des ASACO et de
communautés à œuvrer pour la réussite de la santé communautaire, ce qui
ce crée
qui une
crée forte
une forte
augmentation
collaboration
augmentation dede
laavec
satisfaction desdes
populations
les Collectivités
la satisfaction populations desservies parpar
Territoriales
desservies un
ontCSCOM.
un pu affecter la gouvernance
CSCOM.
de l’intervention.
Toutefois,
Toutefois,desdes
insuffisances
insuffisances dans la fonctionnalité
dans la fonctionnalitédesdes
organes d’orientation,
organes dede
d’orientation, coordination et et
coordination
d’évaluation
d’évaluation dudu
PRODESS
PRODESS III III
et et
certains
certainsproblèmes
problèmes dedefonctionnement
fonctionnement auau
sein desdes
sein organes dede
organes gestion
gestion
EFFETS
des ASACO etOU
de IMPACTS
collaboration SUR
avec les LA POPULATION
collectivités territoriales ont pu affecter la gouvernance
des ASACO et de collaboration avec les collectivités territoriales ont pu affecter la gouvernance de de
l’intervention.
l’intervention.
Sous l’angle des effets, il s’agissait pour la mission de se demander si les
populations
EFFETS
EFFETS OUOU ont ressenti
IMPACTS
IMPACTS SURSUR LAun
LA progrès dans la qualité des prestations de santé
POPULATION
POPULATION
dont elles sont bénéficiaires, grâce au PRODESS III. Pour ce faire, deux
Sous l’angle
questions
Sous desd’évaluation
l’angle effets,
des il s’agissait
effets, ontpour
il s’agissait la mission
été
pour posées.
la dede
mission se se
demander si les
demander populations
si les ontont
populations ressenti unun
ressenti
progrès dans
progrès dansla qualité desdes
la qualité prestations dede
prestations santé dont
santé elles
dont sont
elles bénéficiaires,
sont grâce
bénéficiaires, auau
grâce PRODESS [Link].
PRODESS
Question
Pour ce faire, d’évaluation
deux questions 5 : Le
d’évaluation PRODESS
ont été posées.
Pour ce faire, deux questions d’évaluation ont été posées. a-t-il contribué à l’amélioration de
la qualité des prestations de santé ?
Question
Questiond’évaluation 5 :5Le: Le
d’évaluation PRODESS
PRODESSa-t-il contribué
a-t-il à l’amélioration
contribué à l’amélioration
Le
de la PRODESS
qualité des III a
prestations amélioré
de santé ?
de la qualité des prestations de santé ?
l’accès au système
de santé grâce à la construction et à l’équipement
Le PRODESS III III
d’infrastructures
Le PRODESS a amélioré l’accès
sanitaires.
a amélioré auau
l’accès système
De deplus,
système santé
de santégrâce
lagrâceà laà la
politique
construction et et
construction à l’équipement
à l’équipement d’infrastructures sanitaires.
d’infrastructures [Link] plus, la la
plus,
de santé communautaire a permis de rapprocher
politique de santé communautaire a permis de rapprocher la santé des
lapolitique
santédedes santépopulations
communautaire atout permis
endeleur
rapprocher la santé des
permettant
populations tout
populations toutenenleur permettant
leur permettant d’accéder
d’accéderauxaux
soins et et
soins
d’accéder essentiels
médicaments
aux soins à un
etjugé
coût
médicaments
toutefois élevé
essentiels
parpar
ununtrès grand
médicaments essentiels à un coût jugé toutefois élevé très grand
à un coût
nombre de jugé toutefois élevé par un très grand
bénéficiaires.
nombre de bénéficiaires.
nombre de bénéficiaires.
LesLes
populations
populations sont majoritairement
sont majoritairement satisfaites
satisfaites non seulement
non seulement dedela la
Les
qualité
populations
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sont
aussi
majoritairement
dede
la prise enen
charge
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qualité prestations mais aussi la prise charge dont elles
seulement
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personnel
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médical
médical
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citent, entre
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traitement
traitement personnel
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saisonnières et citent,
(paludisme
(paludisme et etentre
autres),
autres),unautres,
meilleur
un meilleurla
suivi qualité
des enfants de àla prise
travers en
les charge
activités de des femmes
vaccination et de
suivi des enfants à travers les activités de vaccination et de nutrition, et enceintes,
nutrition, et
la l’efficacité
la qualité desdes
qualité agents dudetraitement
agents santé
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santé des
lesles
soignent. maladies
soignent. LesLes
effets saisonnières
positifs
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(paludisme
PRODESS
PRODESS III III
restent
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l’accessibilité
l’accessibilité enfants
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soins
n’est pas encore
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n’est pas encore effective
les sur
activités
effective l’ensemble du
de vaccination
sur l’ensemble territoire,
du territoire, et les
etetde coûts des
lesnutrition,
coûts des
ordonnances,
et la qualité des agents de santé qui les soignent.
ordonnances, des évacuations
des évacuations ou même
ou même des desdéplacements
déplacements vers le le
vers plus
plus
proche
procheCSCOM
CSCOM restent élevés
restent élevéspour
pour dede
nombreux
nombreux citoyens.
[Link] dysfonctionnements
Des dysfonctionnements locaux,
locaux,desdes
défauts
défautsdede
paiements
paiements desdes
quotes-parts,
quotes-parts, l’enclavement
l’enclavement dede
certaines
certaineszones
zones d’habitation,
d’habitation, lesles
lenteurs
lenteurs
148 dede
traitement des dossiers d’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) et le manque
traitement des dossiers d’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) et le manque de ressources de ressources
matérielles ouou
matérielles humaines
humaines sursur
le le
terrain constituent
terrain constituent encore
encoredesdesfreins à laà réalisation
freins la réalisation d’effets
d’effetspositifs
positifs
plus notoires et plus durables.
plus notoires et plus durables.
Les effets positifs du PRODESS III restent toutefois à nuancer, puisque
l’accessibilité des soins n’est pas encore effective sur l’ensemble du territoire,
et les coûts des ordonnances, des évacuations ou même des déplacements
vers le plus proche CSCOM restent élevés pour de nombreux citoyens. Des
dysfonctionnements locaux, des défauts de paiements des quotes-parts,
l’enclavement de certaines zones d’habitation, les lenteurs de traitement
des dossiers d’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) et le manque de
ressources matérielles ou humaines sur le terrain constituent encore des
freins à la réalisation d’effets positifs plus notoires et plus durables.
Question d’évaluation 6 : Le mécanisme de référence/évacuation prévu
par le PRODESS a-t-il amélioré la santé maternelle et néo-natale ?
Le mécanisme de référence/évacuation prévu par le PRODESS a amélioré
la santé maternelle et néo-natale grâce à une prise en charge rapide et
efficace des complications obstétricales chez les femmes référées ou
évacuées. Cependant, l’efficacité dudit système est menacée par des
difficultés tenant essentiellement au non-paiement des quotes-parts par
certains acteurs. Une autre difficulté affectant l’efficacité du système réside
dans le mauvais état des routes en milieu rural.

PRINCIPALES RECOMMANDATIONS
En vue d’améliorer l’efficacité, la gouvernance et les effets du Programme
de Développement Socio-Sanitaire, la mission recommande :

Au Ministre chargé de la Santé :


- renforcer la coordination du programme afin d’améliorer la mobilisation et
la mise à disposition efficace des financements de la Composante« Santé
et Hygiène Publique » du Programme de Développement Socio-Sanitaire ;
- adopter une gestion stratégique des ressources humaines pour notamment
garantir un équilibre entre les affectations au niveau central et aux niveaux
régional et local ;
- prévoir un mécanisme d’accompagnement des hôpitaux en tenant compte
du déficit généré par le plafonnement de tarification et les gratuités
instituées.

Au Comité de suivi du Programme de Développement Socio-Sanitaire :


- mettre en place un mécanisme pérenne de financement des réunions
des Conseils de gestion et des Comités Régionaux d’Orientation, de
Coordination et d’Evaluation du Programme de Développement Socio-
Sanitaire ;
- veiller à la poursuite du renforcement du plateau technique pour mieux
répondre aux besoins des prestataires et des populations ;
- faire un plaidoyer en vue de la poursuite des efforts de renforcement de
l’accessibilité géographique et financière aux soins de santé.

149
A la Fédération Nationale des Associations de Santé Communautaire,
aux Fédérations Régionales des Associations de Santé Communautaire
et aux Fédérations Locales des Associations de Santé Communautaire :
- poursuivre les actions de dynamisation de la gouvernance des Associations
de Santé Communautaire en vue de leur fonctionnement régulier.

A la Caisse Nationale d’Assurance Maladie :


- revoir le processus de traitement des dossiers et de paiement à temps des
factures d’Assurance Maladie Obligatoire.

Aux Associations de Santé Communautaire, aux Centres de Santé de


Référence et aux Communes :
- améliorer leur relation de collaboration conformément à la Convention
d’Assistance Mutuelle ;
- renforcer les concertations locales afin de repenser les modalités d’un
financement régulier et pérenne du système de la référence/évacuation.

Aux Associations de Santé Communautaire :


- sensibiliser davantage les communautés afin de cultiver une dynamique
de recours précoce et systématique des femmes aux consultations
prénatales.

Aux comités de gestion de la référence/évacuation :


- s’inspirer des bonnes initiatives identifiées à Bafoulabé et en Commune IV
du District de Bamako afin d’améliorer la qualité de la prise en charge des
femmes enceintes et les parturientes référées ou évacuées.

150
CHAPITRE IV

VALEUR AJOUTEE DES MISSIONS


DE VERIFICATION SUR L’AMELIORATION
DE LA GESTION PUBLIQUE EN 2020

151
Les missions de vérification ont permis d’engager des actions administratives
et judiciaires en vue d’améliorer la gestion publique. Ainsi :

Au titre de la vérification financière de la gestion de la SOMAGEP-SA :


La vérification a révélé que le Directeur Général et son Adjoint avaient
racheté leurs véhicules de fonction respectifs avec la SOMAGEP-SA sans
autorisation du Conseil d’Administration et avec une réduction de 70% du
prix d’achat.
Avant la fin de la mission, le Directeur Général a transmis au Vérificateur
Général les décisions d’annulation des deux contrats de cession de
véhicules. Lesdits véhicules ont été ainsi réintégrés dans le patrimoine de
la société.

Concernant la vérification financière de la DAF de la Primature :


Cette vérification a révélé que le Régisseur spécial d’Avances a opéré des
remises d’espèces non justifiées pour un montant total de 163 405 750
FCFA. Sur ce montant, le Directeur Administratif et Financier a, après
le dépôt du rapport provisoire, procédé suivant Déclaration de recette
n°063292 du 14 juillet 2020 au remboursement de 15 000 000 FCFA qu’il
avait indûment perçus.
La vérification a aussi révélé que le Régisseur spécial d’Avances n’avait
pas justifié un déficit de caisse de 1 049 549 FCFA. Après la réception du
rapport provisoire par la DAF, il a procédé au reversement dudit montant,
suivant Déclaration de recette n°063293 du 16 juillet 2020.
Sur le même registre, le Directeur Administratif et Financier n’a pas reversé,
au Trésor public, des produits issus de la vente de dossiers d’appel à
concurrence pour un montant de 2 600 000 FCFA. Toutefois, à la suite du
rapport provisoire de vérification, ledit montant a été reversé le 5 mai 2020.
Enfin, la vérification a également révélé que les Directeurs de Cabinet du
Premier ministre procédaient, sans habilitation, à la signature des décisions
de mandatement servant à approvisionner la régie spéciale de la DAF. Après
réception de l’extrait du rapport provisoire, le Premier ministre a procédé
à la correction de ce dysfonctionnement par Décret n°2020-0302/PM-RM
du 29 juin 2020 portant modification du Décret n°2019-0604/PM-RM du
21 août 2019 portant délégation de signature.

S’agissant de la vérification financière de la gestion de l’OPAM :


Cette vérification a révélé que la Directrice Financière et Comptable de
l’OPAM n’a pas mobilisé des cautions de bonne exécution des prestataires
défaillants. A l’issue des travaux de vérification, elle a entamé le processus
de mobilisation en passant les écritures de régularisation desdites cautions,
au cours des travaux de fin d’exercice de l’année 2019, pour un montant
total de 12 070 000 FCFA.
La vérification a aussi révélé que la Directrice Financière et Comptable
n’effectue pas un suivi régulier du recouvrement des frais de location des
magasins. Suite aux travaux de la mission de vérification, elle a recouvré
un montant total de 19 676 000 FCFA, à travers les services d’un huissier
commis à cet effet.

152
En outre, la vérification a révélé que le PDG a ordonné le remboursement
partiel de la caution du fournisseur de sacs vides neufs en jute pour un
montant de 3 439 466 FCFA sur un montant total de 5 137 500 FCFA alors
que le marché n’a pas été totalement exécuté. A la suite de la transmission
du rapport provisoire des travaux de la mission de vérification à l’OPAM, le
PDG a fait recouvrer le montant de 3 439 466 FCFA.
La vérification a également révélé que le PDG a remboursé doublement,
au titulaire du contrat n°005/OPAM/2017 du 30 mars 2017, la caution de
bonne exécution d’un montant de 5 000 000 FCFA. Après la restitution
des conclusions de la mission de vérification, l’OPAM a retenu le montant
indûment remboursé de 5 000 000 FCFA sur les paiements d’un autre
contrat du même prestataire.
Il est ressorti de la vérification que le PDG de l’OPAM n’a pas reversé dans
le compte de l’ARMDS la part qui lui revient sur les produits issus de la
vente des Dossiers d’Appel d’Offres pour un montant de 5 230 000 FCFA.
A la suite des travaux de vérification, il a reversé à l’ARMDS la totalité dudit
montant par chèque BDM-SA n°9120604 du 15 avril 2020.
Enfin, la vérification a révélé que la commission de réception de l’OPAM
a accepté des sacs non conformes pour un montant total de 68 791 125
FCFA. Suite aux constatations de la mission de vérification, la Direction
Générale de l’OPAM a vendu le stock de sacs pour un montant total de
60 255 000 FCFA, réduisant ainsi la perte à 8 539 125 FCFA.

Au titre de la vérification financière de l’ANASER :


Il est ressorti de la vérification que l’Agent Comptable de l’ANASER n’a pas
reversé à l’ARMDS sa part sur les redevances de régulation des marchés
publics. Après le passage de l’équipe de vérification, l’Agent Comptable a
procédé au reversement du montant dû, par Bordereau de reversement
Ecobank n°031CHDP202511042 du 7 septembre 2020, pour un montant
de 360 000 FCFA.
L’équipe de vérification a aussi constaté que l’Agent Comptable n’a pas
rapproché les données provenant de la société concessionnaire de service
public de contrôle technique des véhicules à celles provenant des Directions
Régionales des Transports Terrestres et Fluviaux. Suite au passage de
l’équipe de vérification, il a procédé à un pointage contradictoire en date
du 6 février 2020 de la redevance MTS recouvrée à l’occasion du contrôle
technique des véhicules sur la base des tickets délivrés sur la période
allant du 15 janvier au 14 novembre 2019. A l’issue du pointage, un écart
non reversé de 181 633 100 FCFA a été constaté et matérialisé par un
procès-verbal signé à la même date. La société MTS s’est engagée, par la
Lettre n°03/gérance/MTS/2020 du 6 février 2020, à restituer le montant dû
à l’ANASER.
L’équipe de vérification a également constaté, lors de ses travaux d’effectivité
à Sikasso, un écart de 482 500 FCFA entre les recettes recouvrées et les
recettes reversées dans le compte de l’ANASER. Cette situation a été
régularisée par le reversement dudit montant dans le compte bancaire
de l’ANASER, suivant Reçu de versement n°06CHDDP2000852019 du
25 mars 2020.

153
Après le passage de la mission de vérification, les Directeurs Régionaux
des Transports Terrestres et Fluviaux, qui n’envoyaient pas à l’ANASER
les documents de suivi exigés, ont commencé à le faire ; ce qui facilitera le
recouvrement des recettes.
Enfin, la vérification a permis à l’ANASER de procéder à l’actualisation de sa
fiche de codification du matériel, à la relecture de son cadre organique et au
renouvellement du mandat des membres de son Conseil d’Administration
expiré depuis trois ans.

Concernant la mission de vérification financière de la gestion de


l’AGEROUTE :
L’équipe de vérification a constaté que le Directeur Général de l’AGEROUTE
n’a pas reversé les produits issus de la vente des DAO à l’ARMDS pour un
montant total de 2 777 000 FCFA. Toutefois, ledit montant a été reversé
dans le compte de l’ARMDS avant la production du rapport définitif par
chèque n°1763482 du 3 juillet 2020.
L’équipe de vérification a également constaté que le Régisseur d’avances
n’a ni constitué la caution ni prêté serment avant sa prise de fonction le
27 juillet 2006. A la suite de la vérification, le Régisseur d’avances a payé
sa caution d’un montant de 200 000 FCFA suivant Déclaration de recettes
n°3795 du 22 juin 2020.

S’agissant de la vérification de performance de la société EDM-SA :


Suite à la vérification, la société EDM-SA a mis à la disposition de la
mission le Plan stratégique 2020-2025 qui apparait comme le plan de
développement de l’entreprise pour les cinq prochaines années. Ledit plan
a été approuvé par le Conseil d’Administration en sa session du 1er octobre
2020. Le DG sortant a confirmé que la mise en œuvre du plan stratégique
a déjà commencé et devrait corriger toutes les insuffisances de la société
EDM-SA, dont plusieurs ont été relevées lors de la vérification.
De même, la société EDM-SA s’est attaché les services d’un consultant
en vue de l’élaboration d’un projet de règlement intérieur du Conseil
d’Administration devant être soumis à l’approbation de l’organe délibérant.
Cette mesure palliative fait suite aux lacunes que la vérification avait
soulignées dans la gouvernance stratégique et la gestion administrative de
la société EDM-SA.
En outre, d’autres initiatives ont été prises par la société EDM-SA en vue de
corriger les dysfonctionnements constatés. D’une part, l’équipe de vérification
a relevé des lacunes dans le traitement des demandes d’abonnement et de
collecte des recettes dues aux dysfonctionnements du système informatique
en place. En réponse, la société EDM-SA a informé le BVG du recrutement
d’un consultant pour l’implémentation d’un nouveau système d’information
de gestion clientèle en vue de remédier aux dysfonctionnements constatés.
D’autre part, l’équipe a également constaté que la société EDM-SA a
payé des factures d’achat pour des énergies non enlevées à l’occasion de
l’exécution de deux contrats d’achat d’énergie avec les Sociétés ALBATROS
Energy-SA et AGGREKO. En effet, cette situation s’explique par l’existence
dans lesdits contrats du principe dit « Take or pay ». En vue de remédier à
cette situation, le DG de l’EDM-SA a demandé l’avis de la Commission de

154
Régulation de l’Eau et de l’Electricité (CREE) en vue de la renégociation du
contrat d’achat d’énergie avec la société ALBATROS Energy SA.

En ce qui concerne les suites judiciaires des dossiers transmis et


dénoncés par le Vérificateur Général aux autorités judiciaires :
Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de
Kayes, chargé du Pôle Économique et Financier, a informé par écrit le
Vérificateur Général de l’ouverture d’une information judiciaire relative aux
trois (3) dénonciations qui lui ont été transmises en 2020.
Au niveau du Pôle Économique et Financier de Bamako, le Procureur de
la République, près le Tribunal de Grande Instance de la Commune III
du District de Bamako, a fait parvenir par écrit au Vérificateur Général la
situation des suites judiciaires de dix-huit (18) dénonciations reçues au
titre de l’année 2020. Elle se présente comme suit :
- deux (2) dossiers de dénonciation ont fait l’objet de l’ouverture
d’informations judiciaires dans les différents cabinets d’instruction ;
- seize (16) dossiers de dénonciation sont en instance d’enquête
préliminaire au niveau de la Brigade d’enquête financière du Pôle
Économique et Financier.
Concernant la Section des Comptes de la Cour Suprême, les dossiers sont
en cours de traitement.

155
156
III - PERSPECTIVES 2021

157
Au titre des perspectives, l’année 2021 sera l’occasion pour le BVG,
de poursuivre la mise en œuvre de la vision stratégique du Vérificateur
Général qui s’articule autour de deux axes majeurs. Il s’agit, d’une part, de
conduire des missions de vérification et d’évaluation de politiques publiques
et, d’autre part, de renforcer le partenariat et la synergie d’actions avec les
autres intervenants. Le programme d’activités du BVG, au titre de l’année
2021, s’inspire de son Plan stratégique 2020-2025.
C’est dans cette optique que les vérifications financières seront consolidées
à travers une plus grande couverture territoriale et une diversification des
secteurs à vérifier notamment les services publics de l’Etat en lien avec
la satisfaction des besoins prioritaires des citoyens. De même, un accent
sera mis sur les vérifications de performance en vue de soutenir la mise
en œuvre des budgets-programmes. En outre, la vérification basée sur la
budgétisation sensible au genre sera expérimentée à travers une mission
pilote.
En ce qui concerne les vérifications de suivi des recommandations, elles
feront l’objet d’une attention particulière en vue de s’assurer que les
dysfonctionnements initialement constatés ont été corrigés par les entités
vérifiées.
Dans le cadre de l’évaluation de politiques publiques, après celle de la
composante « Santé et Hygiène publique » du PRODESS III réalisée en
2020, une autre composante, en lien avec les conditions de vie des citoyens,
fera l’objet d’évaluation par le BVG au cours de l’année 2021.
Toutes ces missions seront conduites dans le respect des normes nationales
et internationales de vérification, grâce à diverses actions de renforcement
des capacités et des pratiques professionnelles du BVG.
Dans le cadre du partenariat et de la synergie d’actions, en plus du
renforcement des relations que le BVG entretient notamment avec les
autres structures de contrôle internes et externes, les entités vérifiées, la
société civile ainsi que les Partenaires Techniques et Financiers, des actions
seront engagées de concert avec les Pôles Economiques et Financiers et
la Section des Comptes de la Cour suprême, en vue d’un meilleur suivi, par
le BVG, des suites judiciaires réservées aux transmissions et dénonciations
de faits susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale et à la
législation budgétaire et financière.
Sur un tout autre plan, une des actions fortes de la stratégie de communication
du BVG consistera, au cours de l’année 2021, à diffuser les résultats de la
première évaluation de politique publique et à continuer à rendre publics
ses rapports individuels de vérification sur son site internet.

158
IV - CONCLUSION

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Les vingt-deux (22) missions de vérifications et d’évaluation de politique
publique réalisées en 2020, dont la synthèse alimente le présent rapport
annuel, ont une fois de plus révélé d’énormes insuffisances non seulement
dans le système de contrôle interne et la gouvernance des entités vérifiées,
mais aussi dans les opérations d’exécution des recettes et des dépenses
publiques.
Ces insuffisances sont essentiellement imputables au non-respect des
règles et procédures instituées par la réglementation en vigueur, mettant
ainsi en lumière l’importante disparité existant entre les pratiques en cours
dans les entités vérifiées et la teneur des textes législatifs et réglementaires
qui les régissent.
A titre illustratif, les faiblesses relevées dans le système de contrôle interne
des structures vérifiées au cours de l’année 2020 se rapportent à la non-
tenue des documents de la comptabilité-matières, à la non-disponibilité et/
ou à la non-conformité des pièces et documents comptables, au non-respect
des règles régissant la gestion de la trésorerie, à l’absence de prestation de
serment et de cautionnement des Régisseurs, au non-respect des cadres
organiques, à l’inexistence de manuels de procédures administratives,
comptables et financières validés et/ou à jour.
Quant aux irrégularités financières, elles sont relatives essentiellement aux
dépenses non supportées par des pièces justificatives, au paiement de
dépenses inéligibles et d’avantages indus, à la non-collecte ainsi qu’au non-
reversement des recettes collectées le cas échéant, à l’octroi d’avantages
par un acte contraire au Code des Marchés Publics à travers l’absence de
mise en concurrence, au non-respect des critères d’attribution des marchés
et au fractionnement de dépenses.
En ce qui concerne les vérifications de performance, elles ont permis
d’apprécier si les services et organismes publics vérifiés intègrent dans leur
gestion les critères d’économie, d’efficacité et d’efficience.
Aussi, l’évaluation de la Composante « Santé et Hygiène Publique » du
PRODESS III a révélé qu’en dépit des progrès enregistrés en termes
d’amélioration des indicateurs socio-sanitaires, la persistance d’importantes
difficultés a réduit l’efficacité de l’intervention, limitant du coup ses effets
positifs sur les populations bénéficiaires. L’ampleur de ces
dysfonctionnements interpelle à travers leurs impacts négatifs sur
l’efficacité de l’action publique, d’où la nécessité de les circonscrire par
un effort conjugué de l’ensemble des parties prenantes qui interviennent
dans la gouvernance économique et financière. C’est en cela que le
Vérificateur Général considère la synergie d’actions avec les autres parties
prenantes comme une condition sine qua non à la réussite de sa mission
dont l’aboutissement consiste à instaurer, dans nos services et organismes
publics, une meilleure dynamique de la gestion publique.
Nonobstant l’engagement des entités vérifiées à s’inscrire dans
l’application des recommandations formulées par le BVG, elles devraient
fournir davantage d’effort afin de rehausser le taux des recommandations
entièrement mises en œuvre. C’est à ce prix que les missions de vérification
pourront effectivement améliorer, et cela de manière substantielle, la
gouvernance dans les Administrations publiques en général et celle des
Collectivités Territoriales en particulier.

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Par ailleurs, et dans une perspective d’amélioration de la gestion des
Finances Publiques, le BVG entend accompagner les pouvoirs publics
dans la mise en œuvre de la réforme du système de gestion des
Finances Publiques amorcée dans notre pays depuis une décennie. Plus
singulièrement, le BVG se propose d’accompagner les services publics
dans la mise en œuvre du budget en mode « programmes ». C’est dans
ce sens que la relecture de la loi instituant le Vérificateur Général apparaît
comme une nécessité. Pour ce faire, le BVG sait compter sur le concours
habituel des plus hautes autorités.
Enfin, l’accompagnement des Partenaires Techniques et Financiers, de
même que la collaboration avec les autorités judiciaires et la société civile,
constituent un levier important sur lequel le Vérificateur Général entend
s’appuyer pour promouvoir la synergie d’actions dans le cadre de la lutte
contre la corruption et la délinquance économique et financière.

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V - ANNEXES

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Annexe 1 : Loi n°2012-009 du 8 février 2008 instituant
le Vérificateur Général du Mali
LOI N°2012-009 DU 8 FÉVRIER 2012
ABROGEANT ET REMPLAÇANT LA LOI N°03-030 DU 25 AOÛT 2003
INSTITUANT LE VÉRIFICATEUR GÉNÉRAL

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Annexe 2 : Décision d’organisation du BVG

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