Stanislas Devoir Surveillé MPSI 1
DS n°1 2h 18 septembre 2010
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L'usage des calculatrices est interdit.
Un grand soin devra être apporté à la rédaction.
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Exercice 1.
1. Montrer qu'il existe un entier n0 non nul tel que pour tout n ≥ n0 , 3n > n2 + 2n + 100.
2. Soient a, b, c trois réels. Donner une condition nécessaire et susante pour que le système d'inconnues (y, z, t)
suivant possède une innité de solutions :
y − z=0
z + at = 0
y − z + bt = 0
−y + ct = 0
3. Soit a un réel n'appartenant pas à l'ensemble { π2 + kπ, k ∈ Z}. Déterminer les réels θ tels que
sin(2θ) + sin(3θ) + sin(4θ)
= tan a.
cos(2θ) + cos(3θ) + cos(4θ)
4. Soient E un ensemble, m, n deux entiers naturels non nuls et (Ai,j )1≤i≤m, 1≤j≤n une famille de sous-ensembles
de E . Montrer que
m n n m
!
[ \ \ [
Ai,j ⊂ Ai,j .
i=1 j=1 j=1 i=1
L'inclusion réciproque est-elle vraie ?
Problème.
Deux démonstration du théorème de Morley
Le théorème de Morley est un théorème qui permet de fabriquer de la symétrie à partir de rien. Il a été démontré
par Frank Morley en 1898, et on peut l'énoncer comme ceci : Dans un triangle non plat, trois points pris parmi
les points d'intersection des trisectrices issues des sommets du triangle forment un triangle équilatéral.
Notations
On travaille dans le plan ane euclidien rapporté à un repère orthonormé direct (O, →−
u,→ −
v ). Si O, A et B sont
trois points du plan (avec A et B distincts de O), on note AOB l'angle géométrique saillant (mesuré dans [0, π])
\
délimité par les demi-droites [OA) et [OB). Par abus de notation, on note encore AOB
\ la mesure en radians de
l'angle AOB
\.
Soit D une droite du plan passant par O. On dira que D est une trisectrice de l'angle géométrique AOB\ si et
seulement s'il existe un point M de D, distinct de O, tel que AOM = 3 AOB ou BOM = 3 AOB (de sorte que
\ 1\ \ 1\
tout angle géométrique de mesure non nulle admet exactement deux trisectrices).
La distance entre deux points A et B est notée AB .
Les angles de vecteurs sont orientés. On appelle mesure principale d'un angle de deux vecteurs non nul, celle
qui appartient à l'intervalle ] − π, π]. Le complexe égal à e 3 est noté j .
2iπ
On considère un triangle non plat ABC que l'on suppose direct c'est-à-dire tel que la mesure principale de l'angle
−−→ −→
orienté (AB, AC) soit comprise strictement entre 0 et π . On note 3α, 3β, 3γ les mesures principales respectives
−−→ −→ −−→ −−→ −→ −−→
des angles orientés (AB, AC), (BC, BA) et (CA, CB) ; elles appartiennent donc toutes à l'intervalle ]0; π[.
On note P, Q, R les points d'intersection des trisectrices issues respectivement des sommets adjacents B et C ,
C et A, A et B , tels que dénis par la gure ci-dessous.
1/2 A. Camane
A
R Q
B C
Partie A : Une démonstration (datant de 1996) de D. J. Newman
1. La relation des sinus. Soient Ω le centre du cercle circonscrit et r le rayon du cercle circonscrit au triangle
ABC . On note a = BC , b = AC , c = AB . On admettra dans la suite relation dite des sinus : sina3α = sinb3β =
sin 3γ = 2r .
c
a) En appliquant la relation des sinus aux triangles ABR et ABC , montrer que AR = 2r sin β sin(3α+3β)
sin(α+β) .
b) Soit θ un nombre réel. Exprimer sin(3θ) en fonction de cos θ et sin θ.
c) Montrer que 4 sin γ sin π3 + γ = sin(3α+3β)
sin(α+β) .
d) Montrer que AR = 8r sin β sin γ sin π3 + γ .
e) En déduire que AQ = 8r sin β sin γ sin π3 + β .
\ = π + β.
2. Relations angulaires. On considère le point M de la demi-droite [AQ) vériant ARM 3
a) Calculer AM
\ R.
b) En appliquant la relation des sinus dans le triangle ARM , montrer que AM = AQ.
c) En déduire les valeurs des angles ARQ
[ et AQR [.
3. Montrer que RQ = 8r sin α sin β sin γ .
4. Conclure.
Partie B : Une démonstration (datant de 1998) d’Alain Connes
On note P 0 , Q0 et R0 les symétriques des points P, Q et R respectivement par rapport aux droites (BC), (AC)
et (AB), et A0 le symétrique de A par rapport à la droite (BC).
On appelle f la rotation de centre A et d'angle 2α, g la rotation de centre B et d'angle 2β et h la rotation de
centre C et d'angle 2γ .
5. On considère trois points A1 , A2 , A3 du plan complexe d'axes respectifs a1 , a2 , a3 . Prouver que le triangle
−−−→ −−−→
A1 A2 A3 est équilatéral, avec l'angle orienté (A1 A2 , A1 A3 ) de mesure principale égale à π3 , si et seulement si
a1 + ja2 + j 2 a3 = 0.
6. Remarques préliminaires.
−−→ −−→
a) Calculer la mesure de l'angle (CP , CP 0 ).
b) Montrer que P est un point xe de la transformation g ◦ h, c'es-à-dire que g (h(P )) = P .
7. Quelques calculs numériques.
Soit M un point du plan d'axe z et ϕ une transformation du plan. Par abus de langage on note encore ϕ(z)
l'axe du point ϕ(M ).
a) Justier l'existence de six nombres complexes a1 , a2 , a3 , b1 , b2 , b3 tels que, pour tout nombre complexe z :
f (z) = a1 z + b1 , g(z) = a2 z + b2 et h(z) = a3 z + b3 .
b) Calculer le produit a1 a2 a3 .
c) Exprimer les nombres complexes p, q, r en fonction des nombres complexes (a1 , a2 , a3 , b1 , b2 , b3 ).
8. On note f 3 (resp. g 3 , h3 ) l'application f ◦ f ◦ f (resp. g ◦ g ◦ g, h ◦ h ◦ h).
a) Prouver que f 3 ◦ g 3 ◦ h3 est une translation notée τ .
b) Déterminer géométriquement l'image du point A par la translation τ .
9. On admet que des calculs simples donnent
f 3 ◦ g 3 ◦ h3 (0) = (a21 + a1 + 1)b1 + a31 (a22 + a2 + 1)b2 + a31 a32 (a23 + a3 + 1)b3 .
2 3 2 3 3 2
2 a3 (a1 + a1 + 1)b1 + a1 (a2 + a2 + 1)b2 + a1 a2 (a3 + a3 + 1)b3
p + jq + jr = −j .
a1 (1 − a2 a3 )(1 − a3 a1 )(1 − a1 a2 )
Démontrer le théorème de Morley dans le cas d'un triangle ABC direct.
2/2 A. Camane