0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
16 vues27 pages

Protheses

Transféré par

saad
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
16 vues27 pages

Protheses

Transféré par

saad
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Journal de radiologie (2011) 92, 594—620

FORMATION MÉDICALE CONTINUE : LE POINT SUR. . .

Imagerie des prothèses totales de hanche : aspect


normal et pathologique, place de l’échographie, du
scanner et de l’IRM
Imaging of total hip arthroplasty: Normal and pathological imaging features,
role of ultrasound, CT and MRI

O. Fantino a,∗, O. Tayot b, N. Sans c, C. Cyteval d

a
Service d’imagerie médicale, clinique orthopédique du Parc, 155, boulevard Stalingrad,
69006 Lyon, France
b
Département de chirurgie de la hanche, clinique orthopédique du Parc, 155, boulevard
Stalingrad, 69006 Lyon, France
c
Service central de radiologie et d’imagerie médicale, hôpital universitaire Purpan, TSA
40031, 31059 Toulouse cedex, France
d
Service d’imagerie médicale, hôpital Lapeyronie, 371, avenue du Doyen-Gaston-Giraud,
34295 Montpellier cedex, France

MOTS CLÉS Résumé L’arthroplastie totale de hanche est une intervention fréquente dont le résultat fonc-
Hanche ; tionnel est le plus souvent excellent et durable. Une surveillance radiographique régulière est
Prothèse ; nécessaire et permet de dépister les principales complications dont l’usure et le descellement
Radiographie ; qui sont inéluctables. Une imagerie complémentaire par scintigraphie, scanner, échographie ou
Échographie ; IRM peut être nécessaire.
Scanographie © 2011 Elsevier Masson SAS et Éditions françaises de radiologie. Tous droits réservés.

KEYWORDS Abstract Total hip arthroplasty is a frequent procedure with functional outcome that gene-
Hip; rally is excellent and lasting. Routine imaging follow-up is necessary to detect complications
Arthroplasty; such as loosening and wearing out. Additional imaging with scintigraphy, CT, ultrasound or MRI
Radiography; may be necessary.
Ultrasound; © 2011 Elsevier Masson SAS and Éditions françaises de radiologie. All rights reserved.
CT

∗ Auteur correspondant.
Adresse e-mail : ofantino@[Link] (O. Fantino).

0221-0363/$ — see front matter © 2011 Elsevier Masson SAS et Éditions françaises de radiologie. Tous droits réservés.
doi:10.1016/[Link].2011.04.007
Imagerie des prothèses totales de hanche 595

L’arthroplastie totale de hanche est un geste chirurgical dien s’adaptant au métal-back). Deux phénomènes majeurs
très fréquent, environ 100 000 opérations de ce type étant sont à considérer : l’usure et la stabilité (risque de
réalisées chaque année en France. La durée de vie de ces luxation).
prothèses est de 15 à 20 ans et on dénombre environ 10 % de Historiquement, le premier couple était constitué d’un
complications et 10 % de faillites à dix ans. Les patients por- cotyle en polyéthylène avec une tête fémorale métallique.
teurs d’une arthroplastie totale de hanche nécessitent une Ce couple de frottement est à l’origine de la libération de
surveillance clinique et radiographique, au mieux annuelle. particules d’usure de polyéthylène stimulant une activation
Une imagerie complémentaire par scintigraphie, échogra- macrophagique, avec apparition de granulome de résorption
phie, scanner, arthrographie ou IRM peut être nécessaire au contact de l’interface os-ciment, source de destruction
dans le cadre du diagnostic des complications : inégalité osseuse et de descellement. Cette usure du polyéthylène
de longueur des membres inférieurs, malposition des pièces peut être plus ou moins rapide et dépend de nombreux fac-
prothétiques, non-ostéointégration, usure et descellement, teurs (diamètre de la tête, qualité du polyéthylène et mode
sauts de contrainte, luxation, fractures, sepsis, conflits et de stérilisation, inclinaison de la cupule). La tête métallique
douleurs projetées. peut été remplacée par une tête en céramique (alumine ou
oxyde de zirconium) avec une usure du polyéthylène moins
rapide.
Modes de fixation D’autres couples de frottement moins sensibles à
Il existe deux modes de fixation différents qui présentent l’usure ont été développés, comme le couple céramique-
chacun des avantages et des inconvénients [1] : avec et sans céramique (avec l’inconvénient de l’ancrage au niveau
ciment. Ces deux techniques de fixation représentent cha- cotyloïdien et le risque de rupture) et le couple métal-métal
cune environ 50 % des interventions réalisées mais le « sans (avec l’inconvénient d’apparition parfois de métallose et
ciment » (apparu après le ciment) gagne de plus en plus de surtout le relargage d’ions métalliques toxiques, potentiel-
parts de marché. lement inducteurs de cancers, notamment chez les femmes
Les prothèses cimentées présentent un double ancrage enceintes).
prothèse-ciment et ciment-os. Le ciment assure la stabilité Dans tous les cas, la tendance a été d’augmenter la taille
immédiate (primaire) et à long terme (secondaire), avec une de la tête fémorale, permettant ainsi de réduire le risque
transmission des contraintes sur une interface étendue. En de luxation et d’augmenter les amplitudes articulaires, d’où
cas de reprise, la chirurgie peut être difficile car l’ablation le développement de couple métal-métal de gros diamètre
de la totalité du ciment est nécessaire. Les cotyles scel- [1].
lés sont majoritairement en polyéthylène (certains cotyles Enfin est apparu le concept de la double mobilité, avec
métalliques dits « métal-back » peuvent être, cependant, des implants qui sont de plus en plus posés du fait de leur
scellés) et les tiges fémorales en acier ou en chrome-cobalt. très faible taux de luxation. Une tête métallique ou céra-
Pour les prothèses sans ciment, la stabilité primaire est mique est sertie dans une grosse tête en polyéthylène qui
assurée par l’ajustage mécanique de l’implant dans l’os, va s’articuler avec la concavité d’une cupule métallique
parfois associé à des vis à spongieux. La stabilité secon- implantée dans le bassin.
daire est assurée par la repousse osseuse au contact de
l’implant dans des macro- et micro-ancrages. La fixation
primaire mécanique du pivot fémoral est assurée par impac- Moyens d’imagerie
tion et microblocage en zone métaphysaire en se bloquant
entre grand trochanter et éperon de Merckel. La tige est La scintigraphie
soit droite, soit anatomique, c’est-à-dire avec une courbure
s’approchant de celle du fémur, soit « sur mesure » adaptée Une scintigraphie normale apporte des arguments forts pour
au plus juste à l’anatomie intramédullaire. La fixation pri- éliminer un descellement ou un sepsis. C’est, en revanche,
maire du cotyle est assurée par un ajustage équatorial dans un examen peu spécifique qui possède une résolution spa-
le cotyle osseux. L’ancrage osseux secondaire est optimisé tiale médiocre. Une hyperfixation peut se voir aussi bien
par le traitement de surface des implants, rugueux, sablage, en cas de sepsis, de descellement, d’ossifications hétéroto-
madrépore (treillis) qui peut être associé à une apposi- piques actives, de fracture de contrainte, de remodelage
tion ostéo-inductrice de type hydroxyapatite. Les implants osseux dans le cas de sauts de contrainte, qu’en cas de
fémoraux sont le plus souvent en titane. Pour les implants tumeur. La scintigraphie aux leucocytes marqués couplée
cotyloïdiens, le métal-back (pièce métallique au contact à la scintigraphie au technétium améliore de façon impor-
avec l’os) est le plus souvent en titane et dans ce métal-back tante la sensibilité pour le diagnostic de l’origine infectieuse
s’adapte un insert soit en polyéthylène, soit en alumine, soit d’un descellement [2,3].
en métal.
Les deux modes de fixation peuvent être combinés : une
cupule non cimentée peut être associée à une pièce fémo- Les clichés standards
rale cimentée.
Le suivi radiographique des arthroplasties totales de hanche
doit être systématique même en l’absence de toute gêne
Couples de frottement fonctionnelle. En effet, une ostéolyse prothétique peut se
développer et être asymptomatique, même si elle est très
Les couples de frottement [1] correspondent à l’interface étendue, et conduire à de grandes reconstructions osseuses
entre la tête fémorale et le cotyle (ou l’insert cotyloï- lors de la chirurgie de révision.
596 O. Fantino et al.

Les clichés simples devraient être numérisés et repro- Le système EOS®


duits à l’échelle 1/1 sur film, visualisant la prothèse dans son
ensemble. L’intérêt de l’archivage numérique est certain Il permet de réaliser des clichés du squelette dans son
dans le cadre du suivi évolutif qui est essentiel, permettant ensemble de face et de profil en charge. Les deux cli-
la comparaison avec le bilan initial et le bilan précédent. chés peuvent être acquis de façon simultanée, l’échelle
L’impression papier seule est insuffisante en l’absence d’un 100 % est respectée et il n’y a pas de déformation conique,
support numérique accessible. comme on le voit en radiographie standard, car les tubes
Le bilan radiographique doit être annuel, surtout après se déplacent de façon verticale, donnant ainsi une vraie
cinq ans. Il comporte un bassin orthopédique de face. Le projection horizontale. La dose d’irradiation est divisée par
cliché est centré bas, les crêtes iliaques peuvent être cou- un facteur de 6 à 10 par rapport aux clichés convention-
pées. Il est réalisé debout pour juger de l’équilibre pelvien, nels. Ces clichés permettent d’intégrer l’arthroplastie dans
en appui naturel, membres tendus. le complexe spino-pelvifémoral en montrant le rachis, le
Le bassin de face est complété par un cliché de hanche bassin et les membres inférieurs sur un seul cliché. Les
de face réalisé debout ou couché, visualisant l’ensemble deux clichés de face et de profil permettent d’analyser
de la prothèse ; il est si nécessaire complété par des cli- les déformations frontale et sagittale du rachis, d’évaluer
chés de fémur en cas de prothèse fémorale longue ou de l’incidence pelvienne, la position frontale du bassin et de
symptomatologie douloureuse à hauteur de la cuisse. montrer les anomalies d’axe des membres inférieurs (fles-
La technique de réalisation du cliché de profil varie selon sum du genou, par exemple). Des reconstructions 3D par
les écoles : extrapolation peuvent être réalisées et permettre ainsi de
• un trois-quarts urétral qui correspond à un vrai profil de mesurer l’antéversion du col fémoral et du cotyle, ainsi que
fémur et une vue de trois quarts du cotyle ; les troubles de rotation du bassin et du squelette jambier.
• un faux profil de Lequesne qui correspond à vrai profil de Ce système permet de fiabiliser les mesures de longueur
cotyle ; des membres inférieurs, les pièces osseuses pouvant être
• un profil chirurgical d’Arcelin, profil le plus complet, mais simultanément mesurées sur la face et le profil sans défor-
de réalisation difficile car nécessitant un tube mobile. Il mation. On peut ainsi tenir compte des déformations dans
correspond à un vrai profil de cotyle et du fémur. le plan sagittal. L’appareil offre aussi la possibilité de réali-
ser des clichés en position assise, accroupie, ainsi que dans
Des clichés dynamiques en traction axiale, dont la tech- toutes les positions de flexion, abduction ou rotation de
nique a été décrite par Morvan et al. [4], peuvent confirmer hanche (Fig. 1). L’intérêt de ces clichés complémentaires
une mobilité des implants cotyloïdien et fémoral par rapport fait actuellement l’objet de travaux de recherche.
aux pièces osseuses. Un cliché sans traction est d’abord réa-
lisé ; puis, on applique une traction du membre dans l’axe Le scanner
pendant 15 secondes. Un nouveau cliché est réalisé et la
traction est relâchée progressivement. La comparaison des Les premières applications du scanner ont été la réalisation
deux clichés peut montrer un déplacement de la prothèse des mesures d’antéversion du col fémoral et du cotyle et la
qui traduit son descellement. conception de prothèses sur mesure.

Figure 1. Clichés de face et de profil du squelette entier acquis avec le système EOS® permettant d’intégrer l’arthroplastie de hanche
dans le complexe spino-pelvifémoral : a : clichés de face et de profil en charge ; b : des clichés en position assise et accroupie peuvent
également être réalisés.
Imagerie des prothèses totales de hanche 597

Figure 2. Bilan radiographique (a) et tomodensitométrique avec reconstructions de type MPR (b, c), 3D surfacique (d) et angioscan-
ner (e) avant reprise d’arthroplastie, montrant une importante protrusion endopelvienne de la cupule avec perte de substance osseuse.
L’angioscanner étudie les rapports anatomiques avec l’axe artériel iliofémoral.

Des indications plus récentes sont décrites dans les cha- Outre les reconstructions multiplanaires axiales, sagit-
pitres suivants : il est l’examen clef du diagnostic des conflits tales et frontales dans l’axe de la prothèse, les recons-
entre l’arthroplastie et le complexe tendinomusculaire de tructions 3D de type VRT permettent de rechercher des
l’ilio-psoas ; il permet le diagnostic des fractures péripro- anomalies positionnelles du matériel prothétique, de mieux
thétiques ; c’est un excellent examen pour étudier l’os voir certaines fractures du matériel ou de l’os périprothé-
périprothétique et rechercher des signes de descellement tique.
et de granulomes, en étant plus performant que les cli- L’angioscanner avec des reconstructions MIP ou 3D en
chés simples [5,6]. Le scanner est ainsi devenu l’examen rendu de volume étudie les rapports entre la prothèse et
de référence en cas de prothèse douloureuse à radiographie l’axe vasculaire iliofémoral. Cela peut être utile avant les
normale ou s’il existe une fixation scintigraphique inexpli- révisions d’arthroplastie compliquées, notamment quand il
quée par les clichés simples. existe une protrusion de la pièce cotyloïdienne dans le pelvis
Le scanner réalise un bilan osseux précis avant un chan- (Fig. 2).
gement prothétique, en montrant l’extension exacte des Dans le cadre des complications hémorragiques précoces
granulomes et en réalisant un bilan du capital osseux. Dans après chirurgie, le scanner recherche des signes de saigne-
le cadre des sepsis, il détecte des collections des parties ment actif au sein d’un hématome, avec une extravasation
molles et de lésions de périostite sur le bassin ou le fémur de produit de contraste dans les parties molles péripro-
[7]. thétiques. Cela peut orienter la thérapeutique vers une
598 O. Fantino et al.

artériographie avec embolisation qui permet d’éviter une de pathologie synoviale proliférative de type synovite vil-
reprise chirurgicale. Le scanner comporte alors une double lonodulaire (Fig. 4), bilan des sutures capsulaires et des
acquisition au temps artériel, puis tardif après injection pelvitrochantériens, notamment en cas de voie postérieure
d’un bolus d’iode à fort débit. [12]. En cas de sepsis, l’IRM réalise un bilan très précis des
L’importance des artefacts créés par le durcissement du collections à distance (Fig. 5). Certains travaux montrent
faisceau liée au matériel métallique dépend de la nature l’apport de l’IRM dans le diagnostic de l’ostéolyse péripro-
de la prothèse et de son orientation. Les prothèses cimen- thétique sur le versant fémoral [13,14], mais le scanner, bien
tées en inox sont source d’artefacts majeurs, alors que les qu’irradiant, bénéficie d’une meilleure résolution spatiale
prothèses en titane non cimentées ne donnent quasiment et reste, dans nos pratiques, l’imagerie en coupe de pre-
pas d’artefact. Les couples de frottement métal-métal sont mière intention après les clichés simples. L’IRM n’est pas
source d’une forte atténuation à hauteur de la pièce coty- indiquée pour le diagnostic des conflits prothèse totale de
loïdienne, notamment sur les reconstructions axiales. hanche (PTH)-psoas, car la mise en évidence du débord anté-
Il existe différentes techniques pour diminuer les arte- rieur de la cupule et des lésions de la face profonde du
facts d’atténuation [7—9] : tendon ilio-psoas est gênée par les artefacts de vide de signal
• augmenter la dose ; induits par la prothèse.
• privilégier les reconstructions multiplanaires et augmen-
ter leur épaisseur jusqu’à 3, voire 5 mm ; L’échographie
• le fenêtrage doit être élargi au maximum et l’on peut
utiliser la technique de l’échelle étendue proposée par Le matériel prothétique peut être différencié des surfaces
certains constructeurs ; osseuses, car il est hyperéchogène et s’accompagne d’échos
• il faut utiliser un filtre de reconstruction intermédiaire. de répétition, contrairement aux corticales osseuses qui
interrompent le faisceau ultrasonore [15] (Fig. 6).
En présence d’une arthroplastie des deux hanches, les
Les premières indications d’échographie ont été la
artefacts à hauteur des pièces cotyloïdiennes sont souvent
recherche d’hématomes, de collection et d’épanchement
majeurs. Il est possible de décaler les deux prothèses dans
périprothétique, ainsi que leur ponction. L’échographie
le plan frontal en demandant au patient de surélever une
permet le diagnostic des pathologies tendinomusculaires,
hanche. Cela permet de réduire ces artefacts dans le plan
notamment des tendinobursites glutéales. Elle peut étudier
axial (astuce enseignée par Gérard Morvan).
la trophicité des muscles et rechercher une infiltration grais-
seuse de ces derniers. En complément du scanner, elle est
L’IRM utile au diagnostic des conflits entre la cupule prothétique et
le complexe tendinomusculaire de l’ilio-psoas. Dans le cadre
Elle est peu utilisée en France. Pourtant, son apport dans
des douleurs projetées, elle fait, en cas de doute clinique, le
certaines pathologies est certain et bien décrit dans la lit-
diagnostic des hernies pariétales inguinales et crurales. En
térature internationale [10,11].
cas de lésion iatrogène, l’échographie peut explorer le nerf
Les artefacts sont liés au déphasage local des spins avec
fémoral et le nerf grand sciatique ; l’atteinte du nerf peut
altération du codage de la phase et de la fréquence et
être liée à un traumatisme direct, un allongement excessif
dépendent de la nature de la prothèse [10]. Les artefacts
ou un hématome compressif ; l’échographie recherche un
sont très importants pour les prothèses en inox et en chrome
épaississement du nerf, voire une interruption de sa conti-
cobalt, presque inexistants pour les prothèses en titane.
nuité. L’hématome hypochogène ou liquidien peut favoriser
L’importance des artefacts dépend également de la taille
la visualisation de la pathologie nerveuse.
des implants et de leur orientation par rapport à celle du
champ magnétique.
Les artefacts sont minorés en cas d’IRM à bas champ et L’arthrographie
majorés sur les IRM à haut champ. Il existe différents moyens
Ce geste invasif doit être réalisé dans des conditions
pour minimiser les artefacts :
• utilisation de l’imagerie en spin écho rapide en augmen- d’asepsie très strictes. L’arthrographie est un examen per-
formant [16] pour le diagnostic des descellements des
tant le train d’écho (les spins ont moins de temps pour se
pièces fémorales cimentées, en montrant le passage du pro-
défocaliser) ;
• proscrire les séquences en écho de gradient très sensibles duit de contraste dans l’interface entre le ciment et l’os.
L’utilisation de la soustraction et d’une injection réalisée
à ces artefacts ;
• élargir la bande passante ; sous haute pression améliorent la performance diagnostique
• optimiser la résolution spatiale (épaisseur de coupe, [17]. Cet examen est, en revanche, peu performant pour
le diagnostic de descellement des cotyles cimentés et des
FOV), ce qui diminue la taille des artefacts ;
• orienter le codage de la fréquence selon le plus grand axe prothèses non cimentées [18,19], la présence de produit de
contraste dans l’interface entre l’arthroplastie et l’os ne
de la prothèse. La distorsion n’apparaît que dans le sens
signant pas forcément le descellement dans ces deux cas.
du codage de la fréquence ;
• privilégier l’inversion-récupération à la saturation de En cas de doute sur un descellement d’une pièce fémo-
rale cimentée sur le bilan radiographique, les indications
graisse ;
• utilisation de séquences multiécho type Ideal. d’arthrographie sont aujourd’hui exceptionnelles et rempla-
cées par le scanner simple qui bénéficie de son excellente
L’IRM permet une étude fiable des parties molles : patho- résolution spatiale et de son caractère non invasif.
logie tendinomusculaire des glutéaux, étude de la trophicité En cas de sepsis, une arthrographie peut être couplée
des muscles (Fig. 3), récidive tumorale, notamment en cas à la ponction-aspiration. Elle permet de réaliser un lavage
Imagerie des prothèses totales de hanche 599

Figure 3. IRM du bassin sur PTH gauche douloureuse. Coupes frontales en T1 (a), densité de protons avec saturation de la graisse (b),
coupes axiales en densité de protons avec saturation de la graisse (c) et en T1 (d) ; a, b : saillie endopelvienne d’une vis cotyloïdienne (flèche
noire) à l’origine d’une atrophie majeure des muscles iliaque et psoas gauches (flèches blanches comparatives à droite et à gauche) ; c, d :
granulome par débris d’usure sur la paroi postérieure du cotyle (têtes de flèche blanche).

Figure 4. IRM d’une PTH posée pour synovite villonodulaire : a : coupe axiale en T2 ; b : coupe axiale en T1 avec injection intraveineuse de
gadolinium et saturation de la graisse ; c : coupe frontale en T1. Récidive de la prolifération synoviale dans la bourse de l’ilio-psoas (flèches
blanches).
600 O. Fantino et al.

Figure 5. IRM réalisée dans le cadre d’un sepsis sur arthroplastie pour bilan d’extension des collections abcédées des parties molles :
a : coupes axiales en T1 avec injection intraveineuse de gadolinium et saturation de la graisse ; b : coupe frontale en T1 avec injection
intraveineuse de gadolinium. Abcès développés dans la loge quadricipitale et des adducteurs (flèches blanches).

avec réaspiration et montre les abcès et les trajets fistu- cher de la corticale fémorale médiale). Une implantation
leux (Fig. 7). Il ne faut pas utiliser de lidocaïne dans cette en varus est péjorative pour la longévité de l’arthroplastie.
indication, car elle a un effet bactériostatique. Le cintre cervico-obturateur doit être respecté afin d’éviter
une désaxation du membre inférieur, notamment du genou.
Le centre de rotation de la hanche doit être également res-
Aspects normaux et pathologiques pecté : il doit être symétrique par rapport à l’autre hanche
et se situer à hauteur de la corticale proximale du grand
Implantation normale trochanter.

La pièce fémorale doit être implantée en position neutre L’offset fémoral


ou en léger valgus (l’extrémité de la queue peut se rappro-
Il correspond à la distance entre l’axe du fût fémoral et le
centre de la tête et mesure entre 41 et 44 mm (Fig. 8). Res-
pecter cet offset est fondamental, car il permet au moyen

Figure 6. Coupe échographique sagittale d’une arthroplastie de


hanche. Aspect échographique différent du cotyle osseux dont
la corticale interrompt le faisceau ultrasonore (flèche noire) et
de la pièce métallique à l’origine d’échos de répétition (flèches Figure 7. Arthrographie sur PTH pour suspicion de sepsis. Il existe
blanches). un trajet fistuleux jusqu’à la peau (flèches blanches).
Imagerie des prothèses totales de hanche 601

système EOS® , sans déformation et qui permettent, grâce


au profil, d’intégrer un éventuel flessum du genou.

La version horizontale du cotyle


Elle est analysée sur un bilan radiographique de face [22].
Il s’agit de l’angle entre la ligne bi-ischiatique et l’angle du
cotyle. Cet angle est normal entre 30 et 50◦ . Si cet angle est
trop important, il existe un risque de luxation. S’il est trop
faible, l’abduction de hanche peut être limitée.

L’antéversion du cotyle
Elle est mesurée aujourd’hui grâce au scanner [23]. Pour
toutes les mesures réalisées au scanner, l’installation du
patient doit être rigoureuse : les membres inférieurs sont
placés en extension, le bassin de face sans bascule ni rota-
Figure 8. Radiographie du bassin de face en charge pour bilan tion, sans flexion des deux hanches, les pieds en rotation
d’une boiterie après arthroplastie de la hanche gauche. Mesure neutre. L’idéal est d’utiliser une planche posée sur la table
comparative de l’offset fémoral montrant une valeur anormalement du scanner sur laquelle le patient est allongé. Cette planche
basse à gauche, responsable d’une modification de l’effet levier du comporte à une extrémité un contrefort à 90◦ sur lequel
moyen glutéal à l’origine de la boîterie. reposent les pieds du patient. Pour mesurer l’antéversion
du cotyle, on additionne une coupe passant par les épines
ischiatiques et une coupe passant par le centre de la tête
glutéal son effet levier en abduction. Si cet offset est insuf- fémorale montrant les bords antérieur et postérieur de
fisant, il existe un risque de boîterie, de limitation des la cupule prothétique (Fig. 9). L’antéversion correspond à
amplitudes articulaires, voire de luxation de la prothèse. l’angle mesuré entre la perpendiculaire à la ligne passant
Par ailleurs, cela peut avoir un impact sur la longévité par les épines ischiatiques et la ligne passant par le bord
de l’arthroplastie [20]. La mesure de cet offset peut être antérieur et le bord postérieur de la cupule. La mesure doit
sous-estimée sur le bilan radiographique de face qui ne cor- être comparative. L’antéversion normale du cotyle mesure
respond pas à un vrai cliché de face du col fémoral, la hanche 15◦ ± 10◦ . Un défaut d’antéversion, voire une rétroversion
étant le plus souvent en rotation médiale. Cet offset peut de la cupule induit un risque de luxation postérieure et de
être mesuré de façon plus précise dans le plan axial sur un conflit avec le psoas. Une antéversion excessive induit un
scanner préopératoire [20,21] ou grâce au système EOS® . risque de luxation antérieure.
Cet offset peut être respecté en peropératoire grâce à la Il faut savoir que le scanner réalisé en position couchée
navigation chirurgicale et l’utilisation de prothèses avec une sous-estime la mesure réelle de l’antéversion du cotyle. En
modularité du col prothétique. effet, entre la position debout et la position couchée, le bas-
sin s’antéverse, ce qui induit une rétroversion du cotyle et
La longueur des membres inférieurs fausse le calcul de l’antéversion réelle du cotyle. Pour cor-
riger la mesure de l’antéversion du cotyle au scanner, Pinoit
Respecter la longueur initiale du membre inférieur siège de et al. [24] proposent de réaliser une coupe perpendiculaire
l’arthroplastie est fondamental pour le résultat fonctionnel. à l’axe pelvien et passant par le centre de la cupule. L’axe
Toute inégalité de longueur induite par l’arthroplastie peut pelvien correspond à la ligne unissant le milieu du plateau
être source d’un retentissement musculaire sur les glutéaux
et le psoas-iliaque, d’autant plus s’il s’agit d’un allongement
supracentimétrique. Le placement du cotyle et de la pièce
fémorale prothétiques, la taille de la tête et la taille du col
influent sur la longueur du membre inférieur.
Un allongement ou un raccourcissement du membre infé-
rieur ne peut être jugé sur la simple bascule du bassin. Il
faut tenir compte d’éventuelles déformations frontales du
rachis, de la version du bassin, d’une abduction ou d’une
adduction de la hanche, d’un défaut d’appui, d’un flessum
du genou, de troubles de rotation du squelette jambier. Sur
le cliché de bassin de face en charge, on peut utiliser la
ligne bi-ischiatique, la ligne joignant les petits trochanters,
les grands trochanters ou les U acétabulaires pour évaluer
les inégalités. On peut mesurer la longueur relative du sque-
lette jambier, pièce osseuse par pièce osseuse, sur un grand
cliché des membres inférieurs de type pangonométrie. Ces Figure 9. Scanner en reconstruction axiale, avec mesure de
mesures sont encore plus précises si elles sont réalisées sur l’antéversion de la cupule prothétique. Valeur anormalement éle-
les clichés de face et de profil à l’échelle obtenus avec le vée à gauche.
602 O. Fantino et al.

de S1 et le centre des têtes de profil et peut être déterminé Tout liseré qui apparaît secondairement et progresse sur
sur un scout-view de profil. les bilans radiographiques successifs est pathologique et
témoigne d’un descellement de la prothèse.
L’antéversion du col fémoral La non-ostéo-intégration
Elle est également mesurée grâce au scanner [23]. On addi- Elle peut être évoquée devant une prothèse non cimentée
tionne une coupe passant par les condyles fémoraux, une douloureuse dans la première année. Le bilan radiogra-
coupe passant par le col fémoral et une coupe passant phique peut montrer une mobilité anormale de l’implant,
par le centre de la tête fémorale (Fig. 10). L’antéversion un liséré radiotransparent progressif, une condensation du
correspond à l’angle mesuré entre la ligne passant par la spongieux périprothétique ou une résorption osseuse. Son
corticale postérieure des deux condyles et la ligne passant diagnostic est difficile et repose sur les clichés simples
par l’axe du col et le centre de la tête en privilégiant l’axe dont la sensibilité peut être améliorée par des clichés en
du col. Un excès d’antéversion augmente le risque de luxa- traction, mais la scintigraphie est souvent nécessaire. Le
tion antérieure, une insuffisance d’antéversion, voire une scanner peut aider au diagnostic en confirmant un liseré
rétroversion, augmente le risque de luxation postérieure. périprothétique (Fig. 13). Le diagnostic différentiel prin-
cipal est constitué par le sepsis précoce et une ponction
L’éperon de Merkel, ou calcar aspiration de l’arthroplastie doit être réalisée au moindre
doute.
Il correspond à la corticale médiale et proximale du fémur
au contact de la pièce fémorale. Sa résorption peut être L’usure du polyéthylène
liée au développement d’un granulome par débris d’usure
ou dans le cadre d’un sepsis (Fig. 11). Elle est inéluctable et se situe autour de 0,1 mm par an. Elle
est évaluée par l’excentration de la tête dans la pièce coty-
loïdienne en polyéthylène sur les clichés simples de face ou
Le liseré normal de profil. Cette excentration peut être évaluée en mesu-
rant, d’une part, la distance entre le pôle supérieur de la
Les prothèses cimentées peuvent présenter un liseré non tête et le pôle supérieur du polyéthylène et, d’autre part,
pathologique fin, mesurant moins de 2 mm, peu étendu, la distance entre le pôle inférieur de la tête et le pôle infé-
régulier et non progressif. Il serait lié à une contraction du rieur du polyéthylène. Cette usure du polyéthylène conduit
ciment et à une résorption osseuse par traumatisme ther- au descellement et aux granulomes par débris d’usure. Ces
mique au moment de la polymérisation. pathologies doivent être attentivement recherchées sur le
En cas de prothèse non cimentée, un liseré de moins de bilan radiographique quand une usure du polyéthylène est
2 mm s’accompagnant d’une sclérose marginale peut être visible.
présent et associé à une sclérose endostale. Il peut exister
un affaissement modéré de la pièce fémorale pendant la Le descellement
première année.
Pour localiser ces liserés, il existe deux classifications Il peut être mécanique ou septique. Le descellement méca-
(Fig. 12) : nique est la complication la plus fréquente des prothèses
• la classification de Lee pour le cotyle avec trois zones sur avec une prévalence de 3 % à 11 ans [25]. Plusieurs fac-
la face ; teurs ont été incriminés pour expliquer les descellements
• la classification de Gruen pour le fémur avec sept zones mécaniques, dont le remodelage osseux autour d’implants
sur le cliché de face et sept zones sur le cliché de profil. trop rigides et surtout l’ostéolyse réactionnelle aux débris

Figure 10. Scanner motivé par une luxation récidivante d’une PTH droite. Mesure de l’antéversion du col fémoral par addition des coupes
passant par les condyles fémoraux, par les cols fémoraux et par le centre des têtes fémorales. Rétroversion de 1◦ à droite, antéversion
normale de 12◦ à gauche.
Imagerie des prothèses totales de hanche 603

Figure 11. Eperon de Merkel ou calcar sur des clichés standard de face : a : aspect normal ; b : résorption endostale dans le cadre d’un
sepsis ; c : lyse liée à un granulome par débris d’usure. Volumineux granulome associé au contact d’un plot d’ancrage cotyloïdien (flèche
noire).

d’usure relargués par les interfaces en mouvement. Le signe migration crâniale et verticalisation pour le cotyle, migra-
principal du descellement est le liseré. Il est volontiers asy- tion caudale pour la pièce fémorale ;
métrique, suit les contours de la prothèse et présente des • un liseré clair de plus de 2 mm d’épaisseur, progressif et
limites nettes et régulières. extensif ;
L’analyse est différente entre prothèse cimentée et pro- • des granulomes endostaux ;
thèse non cimentée. • une libération de particules du traitement de surface ;
En cas de prothèse cimentée, le descellement d’après • une fracture du ciment.
O’Neill et Harris [26] peut être affirmé s’il existe un ou
plusieurs des signes suivants : En cas de prothèse non cimentée [27], le signe majeur
• une migration des implants jugée sur les bilans radio- de descellement reste le liseré évolutif. D’autres signes
graphiques successifs avec des mesures si nécessaire : peuvent s’observer : lyse de l’éperon de Merkel (Fig. 14),

Figure 12. Classifications des liserés sur les clichés standard : a : classification de Lee pour le cotyle avec trois zones sur la face ; b, c :
classification de Gruen pour le fémur avec sept zones sur le cliché de face (a) et sept zones sur le cliché de profil (c).
604 O. Fantino et al.

Figure 13. Non-ostéointégration quatre mois après arthroplastie non cimentée : a : cliché de face ; b, c : scanner en reconstructions
frontale et sagittale. Il existe une résorption osseuse à l’interface entre la cupule et le cotyle osseux (flèches blanches).

absence de piédestal dense à la pointe de la tige et migra- Les granulomes par débris d’usure
tion évolutive ou bascule de l’implant après un an (Fig. 15).
Le piédestal correspond à une condensation du spongieux Ils constituent la première cause des descellements. Les
située sous le bout de la tige fémorale, témoignant d’une zones d’interface en mouvement relarguent des débris
bonne stabilité de l’implant. d’usure qui vont migrer le long des surfaces du maté-
Le diagnostic du descellement repose avant tout sur riel prothétique. Ces débris de polyéthylène, de métal, de
les clichés simples qui sont souvent suffisants. La scin- ciment ou de céramique accentuent l’usure abrasive. Ils
tigraphie montre une hyperfixation périprothétique. En sont à l’origine de réactions macrophagiques à corps étran-
cas de doute, un scanner, grâce à sa résolution spatiale gers et s’accompagnent d’une nécrose osseuse et tissulaire
et à l’étude multiplanaire, peut confirmer le diagnos- à l’origine d’une ostéolyse périprothétique. Ces granu-
tic, en montrant un liseré et des granulomes souvent lomes peuvent être longtemps asymptomatiques, y compris
plus étendus que ne le laisse penser le bilan radiogra- quand ils sont de taille importante. Ils justifient la sur-
phique. veillance radiographique systématique idéalement annuelle

Figure 14. Descellement de cupule : a : cliché de face ; b : scanner, reconstruction MPR frontale. Granulomes par débris d’usure fémoraux
s’accompagnant d’une lyse du calcar (flèches noires). Ostéolyse autour de la cupule (flèches blanches) à l’origine d’un descellement de
cette dernière. À noter une usure marquée du polyéthylène.
Imagerie des prothèses totales de hanche 605

Figure 15. Suivi radiographique d’une prothèse non cimentée : descellement : a : cliché initial ; b, c : suivi radiographique montrant une
mobilisation secondaire de la cupule liée à un descellement, avec verticalisation dans le plan frontal et bascule postérieure de profil.

des arthroplasties de hanche. Les clichés simples per- scanner est beaucoup plus performant que le bilan radiogra-
mettent d’en faire le diagnostic, en montrant des plages phique simple pour juger de l’importance et de l’extension
de résorption osseuse uni- ou multifocales, à bords nets, uni- ou bipolaire de ces granulomes (Fig. 17).
de taille progressivement croissante, intéressant le versant
cotyloïdien et/ou fémoral (Fig. 16). Le bilan radiogra-
La métallose et les arthropathies induites au
phique sous-estime la taille et l’extension des granulomes
et l’importance de l’ostéolyse. Comme pour les liserés, le titane
Ces phénomènes sont liés au relargage de fragments métal-
liques liés aux revêtements de surface des prothèses
(Fig. 18), à un couple de frottement métal-métal ou à
un conflit postérieur par effet came entre le bord posté-
rieur d’une cupule métallique et le col fémoral prothétique
(Fig. 19). Ce conflit est favorisé par une horizontalisation
ou un excès d’antéversion de la cupule. Les clichés simples
sont normaux ou peuvent montrer des dépôts métalliques
denses en position périprothétique, dans un liseré ou dans
un granulome. Ces débris métalliques sont responsables de
réaction à corps étrangers avec une ostéolyse souvent exten-
sible et peu symptomatique dont l’extension est au mieux
affirmée par le scanner. Ces débris métalliques accentuent
l’usure du polyéthylène qui est alors appelée usure à troi-
sième fragment.

Les sauts de contrainte


Appelés « stress shielding » par les anglosaxons, ils sont liés
à une mauvaise adaptation entre la pièce fémorale et le
fût fémoral. Ces sauts de contrainte sont favorisés quand
l’appui de la pièce fémorale sur les corticales fémorales
Figure 16. Granulome par débris d’usure sur une arthroplastie
ne se fait pas en zone métaphysaire, mais sur les corti-
non cimentée. Le cliché standard de face montre une usure du cales diaphysaires en bout de queue. Il existe alors sur
polyéthylène (flèche noire), un volumineux granulome par débris le bilan radiographique une déminéralisation corticale en
d’usure autour d’un plot de fixation (flèche blanche) et une résorp- zones non contraintes, avec une résorption osseuse méta-
tion osseuse au contact de la cupule (tête de flèche). physaire en zone sans appui. Inversement, il existe une
606 O. Fantino et al.

Figure 17. Granulome par débris d’usure sur une arthroplastie cimentée en fémoral : intérêt du scanner : a : le cliché standard montre des
granulomes par débris d’usure (flèches blanches) et une usure du polyéthylène (flèche noire) ; b : le scanner en reconstruction MPR frontale
montre que l’extension des granulomes (flèches blanches) est beaucoup plus importante que ne le laissait présager le bilan radiographique.

condensation, un épaississement cortical et une hyperostose de traction des muscles et tendons glutéaux sur le grand tro-
en zone d’appui, le plus souvent en bout de tige. Cette ano- chanter. Elle constitue un facteur de risque de luxation. Le
malie peut être asymptomatique ou entraîner des douleurs bilan radiographique peut montrer une rupture des câbles
de cuisse. La scintigraphie peut montrer une hyperfixation métalliques utilisés pour l’ostéosynthèse du grand trochan-
en zone contrainte diaphysaire (Fig. 20). ter et une solution de continuité, avec ascension du massif
trochantérien qui peut se fragmenter (Fig. 21).
La pseudarthrose trochantérienne
Les luxations
Elle peut survenir après une trochantérotomie réalisée lors
d’un changement de prothèse ou en raison de difficultés Les étiologies des luxations sont multiples. Il peut s’agir
techniques. Cette pseudarthrose est favorisée par la force d’une luxation accidentelle précoce survenant en flexion,

Figure 18. Clichés standard montrant le descellement d’une pièce fémorale lié à la libération de microbilles métalliques du traitement
de surface : a : descellement de la pièce fémorale (flèches blanches) ; b : microbilles métalliques (flèches noires).
Imagerie des prothèses totales de hanche 607

Figure 19. Arthroplastie non cimentée avec un couple de frottement métal-métal : a : clichés de face et profil. L’excès d’antéversion de
la cupule est à l’origine d’un conflit postérieur entre cette dernière et le col prothétique (cercle blanc). Il existe une ostéolyse fémorale
liée à la métallose (flèches blanches) ; b : le scanner en reconstructions MPR sagittale et frontale confirme l’ostéolyse fémorale liée à la
métallose (flèches noires).

adduction et rotation médiale de la hanche. Ces luxa- fémoral peut favoriser une luxation postérieure. D’autres
tions peuvent être secondaires à une malposition des pièces causes peuvent s’observer : un col fémoral trop court à
prothétiques : un excès de rétroversion acétabulaire est à l’origine d’une médialisation de la prothèse modifiant le
l’origine d’un contact anormal entre le col et le cotyle en bras de levier des glutéaux sur le grand trochanter, voire
avant pouvant induire une luxation postérieure en flexion de un effet levier (effet came) entre le col prothétique et la
hanche ; inversement, un excès d’antéversion du cotyle peut cupule [25], des anomalies de longueur du membre inférieur,
entraîner une luxation antérieure. Une rétroversion du col une pathologie musculaire des pelvitrochantériens ou une
usure évoluée du polyéthylène. Le diagnostic de la luxation
repose sur un cliché de face et de profil. Le cliché de pro-

Figure 20. Sauts de contrainte : a : cliché radiographique de face


d’une arthroplastie non cimentée montrant une déminéralisation
en zone métaphysaire (flèches blanches). L’appui de la prothèse
qui se fait en zone diaphysaire est à l’origine d’une hyperostose Figure 21. Pseudarthrose trochantérienne : a, b : les clichés de
endomédullaire avec épaississement cortical (flèche noire) ; b : la face et profil montrent la pseudarthrose trochantérienne (flèches
scintigraphie montre une hyperfixation en regard (flèche noire). blanches) et une rupture des câbles d’ostéosynthèse.
608 O. Fantino et al.

particules, source de réaction synoviale dont le traitement


est compliqué [1]. Ces fractures de matériel surviennent
beaucoup plus rarement lors de traumatismes violents.

Le sepsis
Le sepsis peut être précoce, postopératoire immédiat,
souvent bruyant, ou tardif avec des signes cliniques et bio-
logiques plus frustes. Différencier un descellement septique
d’un descellement mécanique n’est pas toujours aisé et
pourtant essentiel, car la prise en charge thérapeutique
est totalement différente, notamment lors du changement
d’arthroplastie.
Le bilan radiographique [28] peut montrer des signes de
descellement et d’ostéite (Fig. 24). L’atteinte osseuse est
bipolaire. Le liseré est souvent extensif et rapidement évo-
lutif. Il peut être associé à une résorption de l’éperon de
Merkel sur sa face endostale, une apposition périostée plu-
rilamellaire, des géodes de résorption endostales souvent
Figure 22. Fracture de contrainte cotyloïdienne sur un scanner volumineuses et une déminéralisation fémorale métaphyso-
en reconstruction MPR frontale oblique (flèche blanche). diaphysaire. Ces signes radiographiques ne sont pas toujours
présents et un bilan radiographique normal ne permet pas
fil permet de préciser le caractère antérieur ou postérieur d’éliminer un sepsis [7].
de la luxation. Certains des facteurs étiologiques peuvent Le scanner [7] doit rechercher un épanchement péripro-
être évoqués sur le bilan radiographique. Le scanner per- thétique et des collections dans les loges musculaires ou
met de rechercher une malposition des pièces prothétiques sous-cutanées, signes très évocateurs d’infection. La pré-
ou toute autre anomalie prothétique ou osseuse. L’IRM n’est sence de lésions de périostite sur le bassin ou le fémur est
pas réalisée dans cette indication, mais elle peut montrer un signe très spécifique mais peu sensible (Fig. 25). Comme
les anomalies tendinomusculaires intéressant les glutéaux et sur les clichés simples, on recherche également des signes
les pelvitrochantériens, ainsi que les ruptures de la capsule de descellement (qui est souvent extensif).
articulaire postérieure [11]. L’échographie montre un épanchement et des collections
périprothétiques. Elle permet de réaliser une ponction de
Les fractures ces collections avec analyse cytologique et bactériologique
du liquide. Les collections profondes peuvent être égale-
Les fractures peuvent survenir pendant l’arthroplastie. Elles ment ponctionnées sous contrôle tomodensitométrique [29].
sont rares pour les prothèses cimentées et plus fréquentes L’échographie et le scanner peuvent détecter une distension
pour les prothèses non cimentées, car l’implantation se fait liquidienne de la bourse du psoas. Ces bursites du psoas ne
en force. Elles peuvent également survenir lors des chan- sont pas spécifiques de l’infection et peuvent être égale-
gements de prothèse. Elles intéressent le plus souvent le ment liées à une complication mécanique de la prothèse.
fût fémoral. Leur diagnostic précoce est essentiel car elles L’IRM est rarement réalisée, mais peut être intéressante
peuvent nécessiter une reprise chirurgicale immédiate et dans le cadre du bilan préchirurgical avant reprise, car elle
modifier la rééducation. Le bilan radiographique postopéra- réalise un bilan très précis des collections extensives qui
toire immédiat au bloc permet leur diagnostic. À distance peuvent siéger à distance de l’arthroplastie, notamment
de la chirurgie, les fractures peuvent survenir à l’occasion dans les muscles de la racine de la cuisse, dans la fesse ou
d’un traumatisme. le pelvis.
Il existe plusieurs classifications pour décrire les frac- La ponction aspiration de l’épanchement périprothé-
tures du fémur sur prothèse. Ces classifications permettent tique ou des collections est l’examen clef [30] qui permet
d’orienter le geste chirurgical qui doit être réalisé. La clas- de confirmer le sepsis, déterminer la nature du ou des
sification de Vancouver permet, par exemple, de localiser le germes et d’en connaître l’antibiogramme. Cela permet de
siège de la facture, de décrire la stabilité de l’implant et la mettre en place une antibiothérapie adaptée au moment
qualité du stock osseux. de la reprise chirurgicale et de réduire le risque de réci-
Les fractures de contrainte cotyloïdiennes, du cadre dive septique. La performance diagnostique de la ponction
obturé ou fémorales sont rares. Le bilan radiographique est est bonne [31], très spécifique et de sensibilité variable
souvent normal et leur diagnostic nécessite un bilan complé- dans la littérature [29]. Cette ponction peut être couplée
mentaire par scintigraphie et/ou scanner (Fig. 22). à une arthrographie, puis à un scanner qui réalise le bilan
Les fractures du matériel prothétique sont peu fré- d’extension des collections (Fig. 26) ou des éventuels trajets
quentes et peuvent être liées à un défaut de conception fistuleux et montre le descellement fémoral et cotyloïdien
de la prothèse. Il peut s’agir d’une fracture du col fémoral avec une opacification des interfaces entre la prothèse et
prothétique lié à un gravage de ce dernier, par exemple. l’os. La ponction doit être réalisée dans des conditions
Les couples de frottement céramique-céramique peuvent d’asepsie chirurgicale très rigoureuses. La région du col pro-
se compliquer d’une fracture souvent pluriparcellaire de la thétique est abordée sous contrôle scopique. L’aiguille est
tête ou de l’insert cotyloïdien (Fig. 23), libérant de multiples avancée jusqu’au contact de la prothèse, l’opérateur per-
Imagerie des prothèses totales de hanche 609

Figure 23. Arthroplastie avec couple de frottement céramique-céramique compliquée de fracture : a : bilan radiographique : fracture
de l’insert céramique (flèche blanche), débris déclives (flèches noires) et excentration de la tête céramique dans la cupule (double flèche
noire) ; b : scanner, reconstructions MPR frontales : bonne visibilité de la fracture de l’insert céramique (flèches blanches).

cevant ce contact, puis une aspiration est réalisée et doit Les ossifications hétérotopiques
s’attacher à prélever la plus grande quantité possible de
liquide. En cas de ponction aspiration blanche, un lavage au Leur développement est favorisé par le saignement et
contraste iodé, puis une réaspiration du liquide doivent être les lésions musculotendineuses peropératoires ou par une
réalisés. Il faut apporter le plus grand soin au traitement hyperostose dans le cadre d’une maladie de Forestier. Ces
des prélèvements qui se font sur milieux aérobie, anaéro- ossifications siègent dans les muscles. Elles sont le plus
bie et dans des poudriers stériles et doivent être confiés souvent asymptomatiques et découvertes sur le bilan radio-
sans délai au laboratoire. Un examen cytologique du liquide graphique. La classification de Brooker établie sur les clichés
est systématique et essentiel car il améliore la performance simples permet de juger de leur taille et de leur extension :
diagnostique de la ponction [32]. • stade 1 : petites ossifications ;

Figure 24. Sepsis sur prothèse non cimentée : a : cliché de face : liseré fémoral étendu (flèches blanches) ; b : cliché de profil confirmant
le liseré et scintigraphie : hyperfixation bipolaire.
610 O. Fantino et al.

Figure 25. Scanner d’un sepsis sur prothèse. Apposition périostée cotyloïdienne et fémorale (têtes de flèches) et collection des parties
molles (flèche).

Figure 26. Arthrographie et arthroscanner d’un sepsis sur arthroplastie : a : arthrographie : collection périfémorale (flèche) ; b,c : arthros-
canner, reconstruction frontale et axiale : bilan topographique de la collection périfémorale (flèches).
Imagerie des prothèses totales de hanche 611

Figure 27. Ossifications hétérotopiques : a : cliché de face : ossifications des parties molles (flèches) ; b : scanner, reconstructions MPR
frontale et axiale : les ossifications hétérotopiques sont développées dans les muscles psoas-iliaque et adducteurs (flèches). La scintigraphie
montre une hyperfixation des ossifications, traduisant leur activité.

• stade 2 : importantes ossifications non continues avec un conflit, le muscle ilio-psoas et son tendon sont le siège de
espace libre supérieur à 1 cm ; lésions à leur face profonde. Cette pathologie tendinomus-
• stade 3 : importantes ossifications non continues avec un culaire peut être associée à une distension liquidienne de la
espace libre inférieur à 1 cm ; bourse de l’ilio-psoas. Cette bursite est inconstante et peut
• stade 4 : ossifications continues entre le bassin et le fémur. s’observer dans d’autres complications de l’arthroplastie,
comme le descellement ou le sepsis.
La scintigraphie est utile pour savoir si les ossifications
Le conflit est souvent lié à un défaut technique (Fig. 28) :
sont actives et alors à l’origine d’une hyperfixation [33]. • malposition du cotyle avec un défaut d’antéversion ou une
Cela contre-indique leur traitement chirurgical car il existe
cupule excentrée ;
alors un risque important de récidive. • une cupule sur-dimensionnée (notamment en cas de
Le scanner réalise un bilan d’extension et topographique
cupule vissante) ;
précis des ossifications en préopératoire (Fig. 27) ; il peut • débris de ciment faisant saillie en avant ;
être couplé à l’angioscanner pour analyser les rapports entre • saillie de vis de fixation à travers l’os iliaque dans le
ces dernières et les vaisseaux.
muscle psoas-iliaque ;
L’IRM [11] apporte les mêmes renseignements que le • un débord antérieur de l’implant cotyloïdien favorisé par
scanner sur la topographie des ossifications et montre les
une hanche dysplasique avec défaut de couverture anté-
rapports avec les structures vasculaires et nerveuses.
rieure ;
• un col fémoral prothétique trop long à l’origine d’un
L’algodystrophie retentissement sur le tendon ilio-psoas.
Il s’agit d’un phénomène rare, à l’origine de douleurs
diurnes et nocturnes, associées à des troubles vasomoteurs.
Le bilan radiographique peut montrer une déminéralisa- Ces différents facteurs peuvent s’associer.
tion pommelée. La scintigraphie permet d’en apprécier L’imagerie est toujours nécessaire afin d’éliminer une
l’évolutivité. autre complication, confirmer le diagnostic et démontrer
l’étiologie du conflit.
Le conflit prothèse totale de hanche-psoas Les clichés simples peuvent montrer une pièce acétabu-
laire surdimensionnée, un défaut d’antéversion du cotyle
Initialement décrit par Postel [34], puis par Lequesne et al. prothétique avec superposition des berges antérieure et pos-
[35], il est lié à un conflit entre la face profonde du muscle térieure de la cupule, une cupule excentrée, débordante en
et du tendon ilio-psoas et le bord antérieur de la pièce avant sur le profil (Fig. 29) ou une vis dépassant la grande
cotyloïdienne. Il se traduit par des douleurs inguinales et incisure ischiatique. Le bilan radiographique de face est
de la racine de la cuisse, favorisées par le passage de la complété par une incidence de profil, de type profil chi-
position assise à la position debout (sortie de voiture) et rurgical d’Arcelin ou un faux profil de Lequesne, plus simple
qui sont déclenchées, à l’examen clinique, par l’action de à réaliser, et qui peut montrer le débord antérieur de la
relever la jambe en position couchée ou d’en freiner la des- cupule, voire le défaut de couverture antérieur lié à une
cente. La douleur est exacerbée en rotation médiale de dysplasie préexistante (Fig. 30). Ce bilan radiographique
la hanche et diminuée en rotation latérale, car le tendon permet de rechercher des signes de descellement ou toute
est déplacé en dehors de la zone de conflit. Du fait du autre complication de l’arthroplastie.
612 O. Fantino et al.

Figure 28. Conflit PTH-psoas-iliaque. Schéma montrant les différentes étiologies. 1 : aspect normal ; 2 : rétroversion de la cupule ; 3 :
mégacupule vissée ; 4 : défaut de couverture antérieur sur hanche dysplasique ; 5 : cimentophyte antérieur ; 6 : vis faisant saillie dans le
muscle iliaque.

Le scanner est le « gold standard » pour montrer le débord la prothèse. Le débord antérieur est mesuré sur les recons-
antérieur (Fig. 31) et les anomalies positionnelles de la tructions axiales et peut être considéré comme pathogène
cupule ou la présence d’une vis faisant saillie dans le muscle s’il est supérieur à 12 mm [36]. Les reconstructions sagit-
iliaque (Fig. 32). Le scanner doit rechercher une autre étio- tales montrent bien les rapports entre le bord antérieur
logie à la douleur, notamment des signes de descellement de de la cupule et la face profonde du muscle ilio-psoas. En

Figure 29. Débord antérieur de cupule sur le cliché de profil : a : cliché du bassin de face d’une arthroplastie des deux hanches ; b :
hanche droite de profil : débord antérieur de la cupule ; c : hanche gauche de profil : aspect normal.
Imagerie des prothèses totales de hanche 613

Figure 30. Débord antérieur de cupule par défaut de couverture antérieure du cotyle : a : cliché en faux profil montrant en préopératoire
une hanche dysplasique avec défaut de couverture antérieure (flèche noire) ; b, c : cliché en faux profil et scanner, reconstruction 3D en
rendu de volume réalisés en postopératoire : débord antérieur de la cupule lié au défaut de couverture antérieur du paléocotyle (flèches
blanches).

revanche, du fait de sa mauvaise résolution en contraste et dynamiques de flexion et de rotation de la hanche sensi-
des artefacts d’atténuation liés au matériel prothétique très bilisent, dans notre expérience, le diagnostic en montrant
importants quand la prothèse est en acier ou en chrome- le refoulement de la face profonde du tendon par le
cobalt, l’analyse des anomalies du muscle ilio-psoas et le débord antérieur prothétique qui peut réaliser un véri-
diagnostic des bursites peut être difficile ; il faut recher- table « effet rasoir » sur le tendon [37]. L’échopalpation
cher une augmentation de volume du muscle ilio-psoas et reproduit très souvent la douleur : on exerce une pression
une collection liquidienne correspondant à la distension de forte sur la sonde en regard de la zone de conflit. Outre
la bourse de l’ilio-psoas. l’expérience de l’opérateur, la qualité de l’échographie est
L’échographie est un bon complément au scanner qui conditionnée par le morphotype du patient et son échogé-
reste toujours nécessaire. Elle visualise dans le plan sagittal nicité.
le débord antérieur de l’implant prothétique par rap- L’échographie ou le scanner permettent de réaliser une
port au cotyle osseux (Fig. 33 et 34). Elle montre bien injection test à la lidocaïne en regard du conflit, dans la
le tendon et le muscle, l’empreinte de l’implant sur la face profonde du tendon. Si la symptomatologie douloureuse
face profonde du complexe tendinomusculaire, avec un disparaît dans les minutes qui suivent l’injection, le test est
aspect hypoéchogène de sa face profonde (Fig. 34) et positif et confirme le diagnostic du conflit. Du fait de la
la bursite ilio-psoas qui est inconstante. Des manœuvres diffusion de l’anesthésiant local, le patient doit être averti

Figure 31. Débord antérieur de la cupule prothétique droite en scanner : a, b : scanner, reconstructions MPR axiale et sagittale sur
la hanche droite : débord antérieur de la cupule prothétique droite (flèches noires) venant au contact de la face profonde du muscle
psoas-iliaque (flèches blanches).
614 O. Fantino et al.

Figure 32. Saillie d’une vis dans le muscle iliaque : a : clichés standard de face et profil d’une cupule avec des vis ; b : le scanner en
coupe axiale et reconstruction MPR sagittale montre que l’une des vis (flèches noires) fait saillie dans le muscle iliaque, avec hypertrophie
du muscle par rapport au côté controlatéral.

du risque d’anesthésie temporaire dans le territoire du nerf calots, lavage des mains, asepsie chirurgicale. Le patient
fémoral. doit être informé des risques.
Une infiltration cortisonée, réalisée également sous La chirurgie consiste en une ténotomie du tendon ilio-
contrôle échographique ou tomodensitométrique, peut être psoas à hauteur du petit trochanter, seule ou associée à un
proposée simultanément au test à la lidocaïne ou secon- changement de la pièce acétabulaire [39].
dairement si le diagnostic est certain, toujours après
concertation avec le chirurgien orthopédiste. Le choix pour Autres conflits
l’injection entre les deux techniques, échographie ou scan-
ner, dépend des habitudes de l’opérateur et du morphotype Outre le conflit entre la cupule prothétique et le muscle
du patient. Cette infiltration est souvent efficace, peut être ilio-psoas, l’arthroplastie ou les structures osseuses péripro-
répétée et proposée comme alternative au traitement chi- thétiques peuvent entrer en conflit avec d’autres structures
rurgical du conflit [38]. Ce geste, qu’il soit réalisé sous tendineuses et musculaires.
échographie ou sous-guidage scanner, se fait dans des condi- Il peut exister un ressaut latéral lié au tractus iliotibial
tions d’asepsie chirurgicale très rigoureuses : masques et qui entre en conflit avec le grand trochanter lors des mou-
Imagerie des prothèses totales de hanche 615

Figure 33. Débord antérieur d’une cupule prothétique en échographie. Coupes échographique (a) et scanographique (b) sagittales mon-
trant le débord antérieur d’une cupule prothétique (étoile) par rapport au cotyle osseux (flèche blanche) et le complexe tendinomusculaire
du psoas-iliaque (petites flèches blanches).

vements de flexion-extension de la hanche. Ce ressaut peut carré fémoral peut présenter en IRM un hypersignal sur les
être favorisé par un excès de coxa vara du col prothétique. séquences sensibles à l’eau, car il est écrasé entre le petit
Cette pathologie peut être confirmée par l’échographie trochanter et l’ischion, notamment en rotation médiale de
dynamique : la sonde est placée dans le plan horizontal en hanche. Il peut s’y associer une souffrance de l’enthèse ten-
regard du grand trochanter et le patient réalise des mouve- dineuse ischiatique. Ce conflit peut être favorisé par des
ments de flexion-extension de hanche. ossifications hétérotopique développées dans le muscle ilio-
Un conflit ischiofémoral a été décrit entre l’ischion et psoas ou à hauteur du calcar (Fig. 35).
le fémur en cas d’arthroplastie de hanche [40]. Le muscle Müller et al. [41] ont décrit récemment la possibilité d’un
conflit entre la cupule prothétique dans sa portion distale
et postérieure et la face antérieure du muscle obturateur
externe. L’IRM montre une empreinte de la cupule sur le
muscle qui peut présenter en regard des anomalies de signal.
En revanche, un contact entre la cupule et le muscle n’est
pas forcément pathogène et peut se rencontrer chez des
patients asymptomatiques dans la série présentée par Müller
et al. [41].

La pathologie des glutéaux


Le diagnostic de cette pathologie est clinique : il existe des
douleurs de la région trochantérienne, majorées en abduc-
tion de hanche et pouvant s’accompagner d’une boîterie.
Le petit glutéal et beaucoup plus souvent les lames latérale
et postérieure du moyen glutéal peuvent être atteints [42]
et associés à une bursite. La pathologie des glutéaux peut
être favorisée par un abord chirurgical transglutéal, par une
rééducation précoce trop intensive ou par un allongement
ou un offset excessifs.
Après un bilan radiographique qui permet de rechercher
une autre étiologie à la symptomatologie douloureuse, une
imagerie complémentaire par échographie ou IRM peut être
réalisée pour confirmer le diagnostic, en déterminer la gra-
vité et orienter le traitement. Les lésions rencontrées sont
des tendinopathies souvent associées à une bursite et des
ruptures tendineuses partielles ou complètes avec rétrac-
tion du tendon. L’évolution se fait alors vers une atrophie
musculaire.
Figure 34. Échographie d’un patient porteur d’une arthroplas-
tie des deux hanches avec signes cliniques de conflit PTH—psoas
L’échographie [43] recherche des signes de tendinopathie
d’un côté. Coupes sagittales comparatives : du côté pathologique, du petit et du moyen glutéal et une bursite associée. En cas
saillie antérieure de la cupule prothétique (flèches blanches) qui de rupture tendineuse, l’échographie peut montrer, grâce
vient déformer la face profonde du complexe tendinomusculaire du à une étude comparative, une atrophie et une infiltration
psoas-iliaque (flèches noires). graisseuse des muscles glutéaux (Fig. 36).
616 O. Fantino et al.

Figure 35. Tableau de conflit fémoro-ischiatique : a, b : le cliché standard et le scanner en reconstruction MPR axiale montrent une
ossification à hauteur du calcar réduisant l’espace entre le fémur et la tubérosité ischiatique (flèches blanches) ; c : l’IRM en coupe axiale
en T2 avec saturation du signal de la graisse montre une bursite entre le fémur et la tubérosité ischiatique (flèches noires).
Collection Raphaël Guillin, CHU de Rennes.

L’IRM [42,44] permet une bonne analyse des tendons glu- être réalisée. Si la symptomatologie douloureuse persiste ou
téaux et de la trophicité des muscles. L’exploration doit en cas de rupture tendineuse, un geste chirurgical peut être
comporter des coupes frontales et axiales. En cas de tendi- nécessaire, voire un changement du pivot fémoral s’il existe
nopathie, il existe un épaississement des lames tendineuses un allongement ou une augmentation anormale de l’offset.
souvent associées à une bursite. Les ruptures ont un signal
liquidien sur les séquences en densité de protons et en Les douleurs projetées
T2 et peuvent s’accompagner d’une rétraction tendineuse.
Les séquences pondérées en T1 recherchent une atrophie Elles sont fréquentes et leurs étiologies sont multiples.
musculaire. Les séquences avec injection intraveineuse de Elles sont souvent d’origine rachidienne et peuvent être
gadolinium sensibilisent le diagnostic. liées à une pathologie de la charnière dorsolombaire, de
En cas d’échec du traitement médical, une infiltration la charnière lombosacrée ou secondaire à une arthrose
cortisonée des bursites sous contrôle échographique peut interapophysaire postérieure. Elles peuvent relever de la
vertébrothérapie et des infiltrations articulaires posté-
rieures.
La douleur peut être d’origine musculaire, en rapport
avec une pathologie des ischiojambiers, des piriformes, des
glutéaux, de l’ilio-psoas ou des adducteurs. Ces pathologies
musculaires peuvent être favorisées par une modification de
longueur relative des membres inférieurs, une modification
du centre de rotation de la hanche, de l’offset fémoral ou
une rupture du cintre cervico-obturateur.
Les hernies pariétales inguinales, fémorales ou obtu-
ratrices peuvent mimer une pathologie coxofémorale.
L’échographie, en cas de doute clinique, peut aider au diag-
nostic de ces hernies.

Conclusion
Le suivi radiologique des arthroplasties totales de hanche est
essentiel, réalisé au mieux à rythme annuel, surtout après
Figure 36. Rupture tendineuse ancienne du muscle moyen glu-
cinq ans. Il permet le diagnostic des granulomes par débris
téal. Coupes échographiques frontales comparatives des muscles
moyens glutéaux montrant à droite une atrophie et une infiltra- d’usure et des sauts de contrainte susceptibles d’aboutir
tion graisseuse évoluées dans le cadre d’une rupture tendineuse à d’importantes ostéolyses, souvent asymptomatiques et
ancienne. nécessitant une révision précoce de l’arthroplastie. Les étio-
Imagerie des prothèses totales de hanche 617

logies possibles des syndromes douloureux sont multiples :


descellement, granulome, sepsis, conflits, douleurs proje- • Principales complications : indication d’imagerie :
tées. Après les clichés standard, une imagerie en coupe ◦ descellement et granulomes : clichés standard
complémentaire par scanner et échographie, plus rarement souvent suffisants. Scintigraphie si doute.
par IRM, peut être proposée en cas de doute diagnostique Scanner : confirmation du diagnostic si bilan
ou pour réaliser un bilan plus précis des anomalies. radiographique normal ou fixation scintigraphique
inexpliquée ; permet un bilan d’extension très
précis des granulomes et un bilan du capital
POINTS À RETENIR osseux avant révision ;
◦ luxation : radiographies face et profil. Scanner
• Modes de fixation : ciment et sans ciment.
pour recherche d’une malposition des pièces
• Couples de frottement : métal-polyéthylène,
prothétiques ;
céramique-polyéthylène, céramique-céramique, ◦ sepsis : clichés standard pour recherche
métal-métal, double mobilité tête-polyéthylène- de signes de descellement et d’ostéite
métal. (inconstants). Scintigraphie aux leucocytes
• Moyens d’imagerie :
marqués. Échographie et IRM : épanchement
◦ scintigraphie : normale, elle apporte des
et collections des parties molles. Scanner :
arguments pour éliminer un descellement ou un collection des parties molles, signes d’ostéite
sepsis. Inconvénients : peu spécifique, résolution (inconstants). Ponction-aspiration : examen clef ;
spatiale médiocre ; examen bactériologique et cytologique ; peut
◦ clichés standard face et profil : réalisés
être couplée à l’arthrographie et au scanner pour
et reproduits selon des règles précises. bilan des collections des parties molles et du
Suivi radiographique annuel et comparaison descellement ;
indispensables. Permettent le diagnostic des ◦ ossifications hétérotopiques : clichés standard
principales complications ; le plus souvent suffisants. Si symptomatiques :
◦ système EOS® : permet d’intégrer la prothèse
angioscanner ou IRM pour extension anatomique
dans le complexe spino-pelvifémoral. Étude des précise et étude des rapports vasculonerveux.
déformations du rachis, position frontale et Scintigraphie pour juger de l’activité.
sagittale du bassin, étude du squelette jambier. ◦ conflit PTH-psoas : clichés standard
Réduction de l’irradiation ; systématiques. Scanner indispensable pour
◦ scanner : bilan des anomalies positionnelles des
confirmer le diagnostic, en déterminer l’étiologie
pièces prothétiques, étude de l’os périprothétique et pour le diagnostic différentiel. Échographie
(descellement, granulomes, fractures). Diagnostic en complément du scanner : débord antérieur
des conflits PTH-psoas ; de la cupule, retentissement dynamique sur le
◦ IRM : étude des parties molles périprothétiques.
psoas-iliaque. Test à la lidocaïne : confirmation
Pathologies tendinomusculaires, collections du diagnostic.
abcédées, récidives tumorales osseuses et des
parties molles ;
◦ échographie : étude des parties
molles périprothétiques. Pathologies 3) En cas de doute diagnostique, quel test peut-il être réa-
tendinomusculaires, collections abcédées, lisé ?
hernies pariétales, pathologie des nerfs fémoral
et grand sciatique. Conflit PTH-psoas : débord Réponses
antérieur de la cupule, retentissement dynamique
sur le complexe tendinomusculaire ilio-psoas, 1) Un conflit PTH—complexe tendinomusculaire de l’ilio-
bursite. psoas. Les radiographies standard (Fig. 37) montrent
une arthroplastie non cimentée présentant un débord
antérieur de la cupule sur l’incidence en faux profil de
Lequesne, associé à un défaut d’antéversion de cette
dernière.
Cas clinique 2) Un scanner comportant des reconstructions MPR axiale
et sagittale, afin de confirmer le débord antérieur de la
Cet homme de 58 ans, actif, présente un an après une arthro- cupule et le défaut d’antéversion de la cupule (Fig. 38).
plastie de hanche droite un syndrome douloureux antérieur, Une échographie peut également montrer le débord
notamment lors de la sortie de voiture, d’aggravation pro- antérieur de la cupule par rapport au cotyle osseux et
gressive. Un bilan radiographique est réalisé (Fig. 37). le retentissement sur la face profonde du complexe ten-
dinomusculaire ilio-psoas (Fig. 39).
Questions 3) Une injection test de lidocaïne dans la face profonde du
complexe tendinomusculaire ilio-psoas peut être réalisée
1) Vers quelle pathologie orientent la clinique et le bilan sous contrôle échographique ou scanner. La disparition
radiographique ? de la symptomatologie dans les minutes qui suivent
2) Quelle imagerie complémentaire demandez-vous ? l’injection confirme alors le diagnostic.
618 O. Fantino et al.

Figure 37. Clichés standard de la hanche droite face et profil.

Figure 38. Scanner, reconstructions MPR axiale et sagittale. Débord antérieur (flèches blanches) et défaut d’antéversion de la cupule
(ligne blanche).

Déclaration d’intérêts Remerciements


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en Gérard Morvan.
relation avec cet article.
Imagerie des prothèses totales de hanche 619

[11] Potter HG, Foo LF, Nestor BJ. What is the role of magnetic
resonance imaging in the evaluation of total hip arthroplasty?
HSS J 2005;1(1):89—93.
[12] Pellicci PM, Potter HG, Foo LF, Boettner F. MRI shows biolo-
gic restoration of posterior soft tissue repairs after THA. Clin
Orthop Relat Res 2009;467(4):940—5.
[13] Potter HG, Nestor BJ, Sofka CM, Ho ST, Peters LE, Salvati EA.
Magnetic resonance imaging after total hip arthroplasty: eva-
luation of periprosthetic soft tissue. J Bone Joint Surg Am
2004;86-A:1947—54.
[14] Sugimoto H, Hirose I, Miyaoka E, Fujita A, Kinebuchi Y,
Yamamoto W, et al. Low-field-strength MR imaging of failed
hip arthroplasty: association of femoral periprosthetic signal
intensity with radiographic, surgical and pathologic findings.
Radiology 2003;229(3):718—23.
[15] Morvan G, Busson J, Wybier M, Mathieu P, Vuillemin-Bodaghi V.
L’échographie des arthroplasties de hanches douloureuses. In:
Actualités en échographie de l’appareil locomoteur. Montpel-
lier: Sauramps Médical; 2004. p. 9—14.
[16] Maus TP, Berquist TH, Bender CE, Rand JA. Arthrographic study
of painful total hip arthroplasty: refined criteria. Radiology
1987;162(3):721—7.
[17] Walker CW, FitzRandolph RL, Collins DN, Dalrymple GV. Arthro-
graphy of painful hips following arthroplasty: digital versus
plain film subtraction. Skeletal Radiol 1991;20(6):403—7.
[18] Barrack RL, Harris WH. The value of aspiration of the hip joint
Figure 39. Échographie, coupe sagittale montrant le débord before revision total hip arthroplasty. J Bone Joint Surg Am
antérieur de la cupule (tête de flèche blanche) par rapport au cotyle 1993;75:66—76.
osseux (flèche blanche) et le retentissement sur la face profonde [19] Cheung A, Lachiewicz PF, Renner JB. The role of aspiration and
du complexe tendinomusculaire de l’ilio-psoas. contrast-enhanced arthrography in evaluating the uncemented
hip arthroplasty. AJR Am J Roentgenol 1997;168:1305—9.
[20] Lecerf G, Fessy MH, Philippot R, Massin P, Giraud F, Fle-
Références cher X, et al. Femoral offset: anatomical concept, definition,
assessment, implications for preoperative templating and
[1] Girard J, Migaud H. Actualités en arthroplasties de hanche. hip arthroplasty. Orthop Traumatol Surg Res 2009;95(3):
(Matériel voie d’abord, survie). In: Bassin et hanche, GETROA- 210—9.
GEL OPUS XXXIV. Montpellier: Sauramps Médical; 2007. p. [21] Pasquier G, Ducharne G, Ali ES, Giraud F, Mouttet A,
401—12. Durante E. Total hip arthroplasty offset measurement: is CT
[2] Merkel KD, Brown ML, Dewanjee MK, Fitzgerald Jr RH. Com- scan the most accurate option? Orthop Traumatol Surg Res
parison of indium-labeled-leukocyte imaging with sequential 2010;96(4):367—75.
technetium-gallium scanning in the diagnosis of low-grade mus- [22] Manaster BJ. Total hip arthroplasty: radiographic evaluation.
culoskeletal sepsis: a prospective study. J Bone Joint Surg Am Radiographics 1996;16:645—60.
1985;67:465—76. [23] Mian SW, Truchly G, Pflum FA. Computed tomography measu-
[3] Love C, Marwin SE, Palestro CJ. Nuclear medicine and the infec- rement of acetabular cup anteversion and retroversion in total
ted joint replacement. Semin Nucl Med 2009;39(1):66—78. hip arthroplasty. Clin Orthop Relat Res 1992;276:206—9.
[4] Morvan G, Mathieu P, Vuillemin V, Wybier M, Busson J. Les cli- [24] Pinoit Y, Migaud H, Ala Eddine T, Boden B, Monnin C, Cotten A.
chés simples et l’échographie dans les prothèses de hanche Équilibre pelvien et mesure TDM de l’orientation des implants.
douloureuses. In: Bassin et hanche GETROA-GEL OPUS XXXIV. In: Bassin et hanche GETROA-GEL OPUS XXXIV. Montpellier:
Montpellier: Sauramps Médical; 2007. p. 437—51. Sauramps Médical; 2007. p. 429—36.
[5] Puri L, Wixson RL, Stern SH, Kohli J, Hendrix RW, Stulberg SD. [25] Cyteval C, Gagneux E, Sarrabère MP, Benis J, Cottin A, Maury
Use of helical computed tomography for the assessment of ace- P, et al. Imagerie des complications des prothèses totales de
tabular osteolysis after total hip arthroplasty. J Bone Joint Surg hanche. J Radiol 2002;83:115—21.
Am 2002;84-A:609—14. [26] O’Neill DA, Harris WH. Failed total hip replacement: assess-
[6] Robertson DD, Sutherland CJ, Lopes T, Yuan J. Preoperative ment by plain radiographs, arthrograms, and aspiration of the
description of severe acetabular defects caused by failed total hip joint. J Bone Joint Surg 1984;66:540—6.
hip replacement. J Comput Assist Tomogr 1998;22:444—9. [27] Engh CA, Massin P, Suthers KE. Roentgenographic assessment of
[7] Cyteval C, Hamm V, Sarrabère P, Lopez FM, Maury P, Taourel the biologic fixation of porous-surfaced femoral components.
P. Painful infection at the site of hip prosthesis: CT imaging. Clin Orthop Relat Res 1990;257:107—28.
Radiology 2002;224:477—83. [28] Tigges S, Stiles RG, Roberson JR. Appearance of septic
[8] Fishman EK, Magid D, Robertson DD, Brooker AF, Weiss P, hip prostheses on plain radiographs. AJR Am J Roentgenol
Siegelman SS. Metallic hip implants: CT with multiplanar 1994;163:377—80.
reconstruction. Radiology 1986;160:675—81. [29] Tomas X, Bori G, Garcia S, Garcia-Diez AI, Pomes J, Soriano A,
[9] Link TM, Berning W, Scherf S, et al. CT of metal implants: et al. Accuracy of CT-guided joint aspiration in patients with
reduction of artifacts using an extended CT scale technique. J suspected infection status post-total hip arthroplasty. Skeletal
Comput Assist Tomogr 2000;24:165—72. Radiol 2011;40(1):57—64.
[10] White LM, Kim JK, Mehta M, Merchant N, Schweitzer ME, Mor- [30] Tigges S, Stiles RG, Meli RJ, Roberson JR. Hip aspiration: a cost-
rison WB, et al. Complications of total hip arthroplasty: MR effective and accurate method of evaluating the potentially
imaging-initial experience. Radiology 2000;215:254—62. infected hip prosthesis. Radiology 1993;189:485—8.
620 O. Fantino et al.

[31] Barrack RL, Tanzer M, Kattapuram SV, Harris WH. The value [38] Nunley RM, Wilson JM, Gilula L, Clohisy JC, Barrack RL,
of contrast arthrography in assessing loosening of sympto- Maloney WJ. Ilio-psoas bursa injections can be beneficial
matic uncemented total hip components. Skeletal Radiol for pain after total hip arthroplasty. Clin Orthop Relat Res
1994;23:37—41. 2010;468(2):519—26.
[32] Lopitaux R, Levai JP, Raux P, Hermet R, Grenier-Gaudin A, Sirot [39] O’Sullivan M, Tai CC, Richards S, Skyrme AD, Walter WL, Walter
J. Value of puncture-arthrography in the diagnosis of infection WK. Ilio-psoas tendonitis a complication after total hip arthro-
of total hip arthroplasty. Rev Chir Orthop Reparatrice Appar plasty. J Arthroplasty 2007;22(2):166—70.
Mot 1992;78(1):34—7. [40] Johnson KA. Impingement of the lesser trochanter on the ischial
[33] Lewallen DG. Heterotopic ossification following total hip ramus after total hip arthroplasty. Report of three cases. J Bone
arthroplasty. Instr Course Lect 1995;44:287—92. Joint Surg Am 1977;59:268—9.
[34] Postel M. Painful prosthesis. Possible causes. Rev Chir Orthop [41] Müller M, Dewey M, Springer I, Perka C, Tohtz S. Relationship
Reparatrice Appar Mot 1975;61(2):57—61. between cup position and obturator externus muscle in total
[35] Lequesne M, Dang N, Montagne P, Lemoine A, Witvoet hip arthroplasty. J Orthop Surg Res 2010;5:44—50.
J. Le conflit psoas-prothèse totale de hanche. Rev Rhum [42] Pfirrmann CW, Notzli HP, Dora C, Hodler J, Zanetti M. Abduc-
1991;58:559—64. tor tendons and muscles assessed at MR imaging after total
[36] Cyteval C, Sarrabère MP, Cottin A, Assi C, Morcos L, Maury P, hip arthroplasty in asymptomatic and symptomatic patients.
et al. Ilio-psoas impingement on the acetabular component: Radiology 2005;235(3):969—76.
radiologic and computed tomography findings of a rare hip [43] Connell DA, Bass C, Sykes CA, Young D, Edwards E. Sonographic
prosthesis complication in eight cases. J Comput Assist Tomogr evaluation of gluteus medius and minimus tendinopathy. Eur
2003;27(2):183—8. Radiol 2003;13:1339—47.
[37] Fantino O, Fessy MH. Le conflit PTH—ilio-psoas. In: Bassin et [44] Twair A, Ryan M, O’Connell M, Powell T, O’Byrne J, Eustace S.
hanche. GETROA-GEL OPUS XXXIV. Montpellier: Sauramps Médi- MRI of failed total hip replacement caused by abductor muscle
cal; 2007. p. 467—74. avulsion. Am J Roentgenol 2003;181:1547—50.

Vous aimerez peut-être aussi