Projet de Constitution de la RDC 2005
Projet de Constitution de la RDC 2005
ASSEMBLEE NATIONALE
PROJET DE CONSTITUTION
DE LA REPUBLIQUE
DEMOCRATIQUE DU CONGO
KINSHASA
Mai 2005
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1. DE L’ETAT ET DE LA SOUVERAINETÉ
Dans le but d’une part, de consolider l’unité nationale mise à mal par des
guerres successives et, d’autre part, de créer des centres d’impulsion et de
développement à la base, le constituant a structuré administrativement l’Etat congolais
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Pour assurer une bonne harmonie entre les provinces elles-mêmes d’une
part, et le Pouvoir central d’autre part, il est institué une Conférence des Gouverneurs
présidée par le Chef de l’Etat dont le rôle est de servir de conseil aux deux échelons de
l’Etat.
De même, le devoir de solidarité entre les différentes composantes de la
Nation exige l’institution de la Caisse nationale de péréquation placée sous la tutelle du
Gouvernement.
4. DE LA REVISION CONSTITUTIONNELLE
Le Sénat a proposé ;
L’Assemblée Nationale a adopté ;
Le peuple congolais, lors du référendum organisé du ..... au ....................a approuvé ;
Le Président de la République promulgue la Constitution dont la teneur suit :
PREAMBULE
Article 1er
La République Démocratique du Congo est, dans ses frontières du 30 juin 1960,
un Etat de droit, indépendant, souverain, uni et indivisible, social, démocratique
et laïc.
Son emblème est le drapeau bleu ciel, orné d’une étoile jaune dans le coin
supérieur gauche et traversé en biais d’une bande rouge finement encadrée de
jaune.
Sa devise est « Justice –Paix – Travail ».
Ses armoiries se composent d’une tête de léopard encadrée à gauche et, à
droite, d’une pointe d’ivoire et d’une lance, le tout reposant sur une pierre.
Son hymne est le « Debout Congolais !»
Sa monnaie est « le Franc congolais ».
Sa langue officielle est le français.
Ses langues nationales sont le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba. L’Etat
en assure la promotion sans discrimination.
Les autres langues du pays font partie du patrimoine culturel congolais dont l’Etat
assure la protection.
Article 2
La République Démocratique du Congo est composée de la ville de Kinshasa et
de 25 provinces dotées de la personnalité juridique.
Les limites des provinces et celles de la ville de Kinshasa sont fixées par une loi
organique.
Article 3
Les provinces et les entités territoriales décentralisées de la République
Démocratique du Congo sont dotées de la personnalité juridique et sont gérées
par les organes locaux.
Article 4
De nouvelles provinces et entités territoriales peuvent être créées par
démembrement ou par regroupement dans les conditions fixées par la
Constitution et par la loi.
Section 2 : De la Souveraineté
Article 5
La souveraineté nationale appartient au peuple. Tout pouvoir émane du peuple
qui l’exerce directement par voie de référendum ou d’élections et indirectement
par ses représentants.
Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.
La loi fixe les conditions d’organisation des élections et du référendum.
Le suffrage est universel, égal et secret. Il est direct ou indirect.
Sans préjudice des dispositions des articles 72, 102 et 106 de la présente
Constitution, sont électeurs et éligibles, dans les conditions déterminées par la
loi, tous les Congolais de deux sexes, âgés de dix-huit ans révolus et jouissant
de leurs droits civils et politiques.
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Article 6
Le pluralisme politique est reconnu en République Démocratique du Congo.
Tout Congolais jouissant de ses droits civils et politiques a le droit de créer un
parti politique ou de s’affilier à un parti de son choix.
Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage, au renforcement de la
conscience nationale et à l’éducation civique. Ils se forment et exercent librement
leurs activités dans le respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs.
Article 7
Nul ne peut instituer, sous quelque forme que ce soit, de parti unique sur tout ou
partie du territoire national.
L’institution d’un parti unique constitue une infraction imprescriptible de haute
trahison punie par la loi.
Article 8
L’opposition politique est reconnue en République Démocratique du Congo. Les
droits liés à son existence, à ses activités et à sa lutte pour la conquête
démocratique du pouvoir sont sacrés. Ils ne peuvent subir de limites que celles
imposées à tous les partis et activités politiques par la présente Constitution et la
loi.
Article 9
L’Etat exerce une souveraineté permanente notamment sur le sol, le sous-sol,
les eaux et les forêts, sur les espaces aérien, fluvial, lacustre et maritime
congolais ainsi que sur la mer territoriale congolaise et sur le plateau continental.
Les modalités de gestion et de concession du domaine de l’Etat visé à l’alinéa
précédent sont déterminées par la loi.
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Chapitre 2 : De la Nationalité
Article 10
La nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue
concurremment avec aucune autre.
La nationalité congolaise est soit d’origine, soit d’acquisition individuelle.
Est Congolais d’origine, toute personne appartenant aux groupes ethniques dont
les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo
(présentement la République Démocratique du Congo) à l’indépendance.
Une loi organique détermine les conditions de reconnaissance, d’acquisition, de
perte et de recouvrement de la nationalité congolaise.
Article 11
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.
Toutefois, la jouissance des droits politiques est reconnue aux seuls Congolais,
sauf exceptions établies par la loi.
Article 12
Tous les Congolais sont égaux devant la loi et ont droit à une égale protection
des lois.
Article 13
Aucun Congolais ne peut, en matière d’éducation et d’accès aux fonctions
publiques ni en aucune autre matière, faire l’objet d’une mesure discriminatoire,
qu’elle résulte de la loi ou d’un acte de l’exécutif, en raison de sa religion, de son
origine familiale, de sa condition sociale, de sa résidence, de ses opinions ou de
ses convictions politiques, de son appartenance à une race, à une ethnie, à une
tribu, à une minorité culturelle ou linguistique.
Article 14
Les pouvoirs publics veillent à l’élimination de toute forme de discrimination à
l’égard de la femme et d’assurer la protection et la promotion de ses droits.
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Ils prennent dans tous les domaines, notamment dans les domaines civil,
politique, économique, social et culturel, toutes les mesures appropriées pour
assurer le total épanouissement et la pleine participation de la femme au
développement de la nation.
Ils prennent des mesures pour lutter contre toute forme de violences faites à la
femme dans la vie publique et dans la vie privée.
La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions
nationales, provinciales et locales.
L’Etat garantit la mise en oeuvre de la parité homme-femme dans lesdites
institutions.
La loi fixe les modalités d’application de ces droits.
Article 15
Sans préjudice des traités et accords internationaux, toute violence sexuelle faite
sur toute personne, dans l’intention de déstabiliser, de disloquer une famille et de
faire disparaître tout un peuple est érigée en crime contre l’humanité puni par la
loi.
Article 16
La personne humaine est sacrée. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la
protéger.
Toute personne a droit à la vie, à l’intégrité physique ainsi qu’au libre
développement de sa personnalité dans le respect de la loi, de l’ordre public, du
droit d’autrui et des bonnes mœurs.
Nul ne peut être tenu en esclavage ni dans une condition analogue.
Nul ne peut être soumis à un traitement cruel, inhumain ou dégradant.
Article 17
Nul ne peut être poursuivi pour une action ou une omission qui ne constitue pas
une infraction au moment où elle est commise et au moment des poursuites.
Nul ne peut être condamné pour une action ou une omission qui ne constitue pas
une infraction à la fois au moment où elle est commise et au moment de la
condamnation.
Il ne peut être infligé de peine plus forte que celle applicable au moment où
l’infraction est commise.
La peine cesse d’être exécutée lorsqu’en vertu d’une loi postérieure au
jugement :
Toute personne accusée d’une infraction est présumée innocente jusqu’à ce que
sa culpabilité ait été établie par un jugement définitif.
Article 18
Toute personne arrêtée doit être immédiatement informée des motifs de son
arrestation et de toute accusation portée contre elle, et ce, dans la langue qu’elle
comprend.
Tout détenu doit bénéficier d’un traitement qui préserve sa vie, sa santé
physique et mentale ainsi que sa dignité.
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Article 19
Nul ne peut être ni soustrait ni distrait contre son gré du juge que la loi lui
assigne.
Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue dans un délai
raisonnable par le juge compétent.
Le droit de la défense est organisé et garanti.
Toute personne a le droit de se défendre elle-même ou de se faire assister d’un
défenseur de son choix et ce, à tous les niveaux de la procédure pénale, y
compris l’enquête policière et l’instruction préjuridictionnelle.
Article 20
Les audiences des cours et tribunaux sont publiques, à moins que cette publicité
ne soit jugée dangereuse pour l’ordre public ou les bonnes mœurs. Dans ce cas,
le tribunal ordonne le huis clos.
Article 21
Tout jugement est écrit et motivé. Il est prononcé en audience publique.
Le droit de former un recours contre un jugement est garanti à tous. Il est exercé
dans les conditions fixées par la loi.
Article 22
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion.
Toute personne a le droit de manifester sa religion ou ses convictions, seule ou
en groupe tant en public qu’en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques,
l’accomplissement des rites et l’état de vie religieuse, sous réserve du respect de
la loi, de l’ordre public, des bonnes mœurs et des droits d’autrui.
La loi fixe les modalités d’exercice de ces libertés.
Article 23
Toute personne a droit à la liberté d’expression.
Ce droit implique la liberté d’exprimer ses opinions ou ses convictions,
notamment par la parole, l’écrit et l’image, sous réserve du respect de la loi, de
l’ordre public et des bonnes mœurs.
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Article 24
Toute personne a droit à l’information.
La liberté de la presse, la liberté d’information et d’émission par la radio et la
télévision, la presse écrite ou tout autre moyen de communication sont garanties
sous réserve du respect de l’ordre public, des bonnes mœurs et des droits
d’autrui.
La loi fixe les modalités d’exercice de ces libertés.
Les médias audiovisuels et écrits d’Etat sont des services publics dont l’accès est
garanti de manière équitable à tous les courants politiques et sociaux. Le statut
des médias d’Etat est établi par la loi qui garantit l’objectivité, l’impartialité et le
pluralisme d’opinions dans le traitement et la diffusion de l’information.
Article 25
La liberté des réunions pacifiques et sans armes est garantie sous réserve du
respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs.
Article 26
Toute manifestation sur les voies publiques ou en plein air, impose aux
organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente.
Nul ne peut être contraint à prendre part à une manifestation.
Article 27
Tout Congolais a le droit d’adresser individuellement ou collectivement une
pétition à l’autorité publique qui y répond dans les trois mois.
Nul ne peut faire l’objet d’incrimination sous quelque forme que ce soit pour avoir
pris pareille initiative.
Article 28
Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal. Tout individu, tout agent
de l’Etat est délié du devoir d’obéissance, lorsque l’ordre reçu constitue une
atteinte manifeste au respect des droits de l’homme et des libertés publiques et
des bonnes moeurs.
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Article 29
Le domicile est inviolable. Il ne peut y être effectué de visite ou de perquisition
que dans les formes et les conditions prévues par la loi.
Article 30
Toute personne qui se trouve sur le territoire national a le droit d’y circuler
librement, d’y fixer sa résidence, de le quitter et d’y revenir, dans les conditions
fixées par la loi.
Aucun Congolais ne peut être ni expulsé du territoire de la République, ni être
contraint à l’exil, ni être forcé à habiter hors de sa résidence habituelle.
Article 31
Toute personne a droit au respect de sa vie privée, au secret de la
correspondance, de la télécommunication ou de toute autre forme de
communication. Il ne peut être porté atteinte à ce droit que dans les cas prévus
par la loi.
Article 32
Tout étranger qui se trouve légalement sur le territoire national jouit de la
protection accordée aux personnes et à leurs biens dans les conditions
déterminées par les traités et les lois.
Il est tenu de se conformer aux lois et aux règlements de la République.
Article 33
Le droit d’asile est reconnu.
Les réfugiés ne peuvent ni être remis à l’autorité de l’Etat dans lequel ils sont
persécutés ni être refoulés sur le territoire de celui-ci.
En aucun cas, nul ne peut être acheminé vers le territoire d’un Etat dans
lequel il risque la torture, des peines ou des traitements cruels, dégradants et
inhumains.
La loi fixe les modalités d’exercice de ce droit.
Article 34
La propriété privée est sacrée.
L’Etat garantit le droit à la propriété individuelle ou collective acquis
conformément à la loi ou à la coutume.
Article 35
L’Etat garantit le droit à l’initiative privée tant aux nationaux qu’aux étrangers.
Nul ne peut être lésé dans son travail en raison de ses origines, de son sexe, de
ses opinions, de ses croyances ou de ses conditions socio-économiques.
Tout Congolais a le droit et le devoir de contribuer par son travail à la
construction et à la prospérité nationales.
Article 37
L’Etat garantit la liberté d’association.
Les pouvoirs publics collaborent avec les associations qui contribuent au
développement social, économique, intellectuel, moral et spirituel des populations
et à l’éducation des citoyennes et des citoyens.
Cette collaboration peut revêtir la forme d’une subvention.
La loi fixe les modalités d’exercice de cette liberté.
Article 38
Article 39
Le droit de grève est reconnu et garanti.
Il s’exerce dans les conditions fixées par la loi qui peut en interdire ou en limiter
l’exercice dans les domaines de la défense nationale et de la sécurité ou pour
toute activité ou tout service public d’intérêt vital pour la nation.
Article 40
Tout individu a le droit de se marier avec la personne de son choix, de sexe
opposé, et de fonder une famille.
La famille, cellule de base de la communauté humaine, est organisée de manière
à assurer son unité, sa stabilité et sa protection. Elle est placée sous la protection
des pouvoirs publics.
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Les soins et l’éducation à donner aux enfants constituent, pour les parents, un
droit naturel et un devoir qu’ils exercent sous la surveillance et avec l’aide des
pouvoirs publics.
Les enfants ont le devoir d’assister leurs parents.
La loi fixe les règles sur le mariage et l’organisation de la famille.
Article 41
L’enfant mineur est toute personne, sans distinction de sexe, qui n’a pas encore
atteint 18 ans révolus.
Tout enfant mineur a le droit de connaître les noms de son père et de sa mère.
Les parents ont le devoir de prendre soin de leurs enfants et d’assurer leur
protection contre tout acte de violence tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du foyer.
Les pouvoirs publics ont l’obligation d’assurer une protection aux enfants en
situation difficile et de déférer devant la justice les auteurs et les complices des
actes de violence à l’égard des enfants.
Article 42
Les pouvoirs publics ont l’obligation de protéger la jeunesse contre toute atteinte
à sa santé, à son éducation et à son développement intégral.
Article 43
Toute personne a droit à l’éducation scolaire. Il y est pourvu par l’enseignement
national.
L’enseignement national comprend les établissements publics et les
établissements privés agréés.
La loi fixe les conditions de création et de fonctionnement de ces établissements.
Les parents ont le droit de choisir le mode d’éducation à donner à leurs enfants.
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Article 44
L’éradication de l’analphabétisme est un devoir national pour la réalisation duquel
le Gouvernement doit élaborer un programme spécifique.
Article 45
L’enseignement est libre.
Il est toutefois soumis à la surveillance des pouvoirs publics, dans les conditions
fixées par la loi.
Toute personne a accès aux établissements d’enseignement national sans
discrimination de lieu d’origine, de race, de religion, de sexe, d’opinions politiques
ou philosophiques, de son état physique, mental ou sensoriel selon ses
capacités.
Les établissements d’enseignement national peuvent assurer en collaboration
avec les autorités religieuses, à leurs élèves mineurs dont les parents le
demandent, une éducation conforme à leurs convictions religieuses.
Les pouvoirs publics ont le devoir de promouvoir et d’assurer, par
l’enseignement, l’éducation et la diffusion, le respect des droits de l’homme, des
libertés fondamentales et des devoirs du citoyen énoncés dans la présente
Constitution.
Les pouvoirs publics ont le devoir d’assurer la diffusion et l’enseignement de la
Constitution, de la Déclaration universelle des droits de l’homme, de la Charte
africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que de toutes les
conventions régionales et internationales relatives aux droits de l’homme et au
droit international humanitaire dûment ratifiées.
L’Etat a l’obligation d’intégrer les droits de la personne humaine dans tous les
programmes de formation des forces armées, de la police et des services de
sécurité.
La loi détermine les conditions d’application du présent article.
Article 46
Article 47
Article 48
Article 49
Article 50
L’Etat protège les droits et les intérêts légitimes des Congolais qui se trouvent
tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Sous réserve de la réciprocité, tout étranger qui se trouve légalement sur le
territoire national bénéficie des mêmes droits et libertés que le Congolais,
excepté les droits politiques.
Article 51
L’Etat a le devoir d’assurer et de promouvoir la coexistence pacifique et
harmonieuse de tous les groupes ethniques du pays.
Article 52
Tous les Congolais ont droit à la paix et à la sécurité tant sur le plan national
qu’international.
Article 53
Article 54
Les conditions de construction d’usines, de stockage, de manipulation,
d’incinération et d’évacuation des déchets toxiques, polluants ou radioactifs
provenant des unités industrielles ou artisanales installées sur le territoire
national sont fixées par la loi.
Toute pollution ou destruction résultant d’une activité économique donne lieu à
compensation et/ou à réparation.
La loi détermine la nature des mesures compensatoires, réparatoires ainsi que
les modalités de leur exécution.
Article 55
Le transit, l’importation, le stockage, l’enfouissement, le déversement dans les
eaux continentales et les espaces maritimes sous juridiction nationale,
l’épandage dans l’espace aérien des déchets toxiques, polluants radioactifs ou
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Article 56
Tout acte, tout accord, toute convention, tout arrangement ou tout autre fait, qui a
pour conséquence de priver la nation, les personnes physiques ou morales de
tout ou partie de leurs propres moyens d’existence tirés de leurs ressources ou
de leurs richesses naturelles, sans préjudice des dispositions internationales sur
les crimes économiques, est érigé en infraction de pillage punie par la loi.
Article 57
Les actes visés à l’article précédent ainsi que leur tentative, quelles qu’en soient
les modalités, s’ils sont le fait d’une personne investie d’autorité publique, sont
punis comme infraction de haute trahison.
Article 58
Tous les Congolais ont le droit de jouir des richesses nationales.
L’Etat a le devoir de les redistribuer équitablement et de garantir le droit au
développement.
Article 59
Tous les Congolais ont le droit de jouir du patrimoine commun de l’humanité.
L’Etat a le devoir d’en faciliter la jouissance.
Article 60
Le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales consacrés dans
la Constitution s’impose aux pouvoirs publics et à toute personne.
Article 61
En aucun cas, et même lorsque l’état de siège ou l’état d’urgence aura été
proclamé conformément aux articles 87et 88de la présente Constitution, il ne
peut être dérogé aux droits et principes fondamentaux énumérés ci-après :
- le droit à la vie ;
- l’interdiction de la torture et des peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants ;
- l’interdiction de l’esclavage et de la servitude ;
- le principe de la légalité des infractions et des peines ;
- les droits de la défense et le droit de recours ;
- l’interdiction de l’emprisonnement pour dettes ;
- la liberté de pensée, de conscience et de religion.
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Article 62
Nul n’est censé ignorer la loi.
Toute personne est tenue de respecter la Constitution et de se conformer aux
lois de la République.
Article 63
Tout Congolais a le droit et le devoir sacré de défendre le pays et son intégrité
territoriale face à une menace ou à une agression extérieure.
Un service militaire obligatoire peut être instauré dans les conditions fixées par la
loi.
Toute autorité nationale, provinciale, locale et coutumière a le devoir de
sauvegarder l’unité de la République et l’intégrité de son territoire, sous peine de
haute trahison.
Article 64
Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui
prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la
présente Constitution.
Article 65
Tout Congolais est tenu de remplir loyalement ses obligations vis-à-vis de l’Etat.
Il a en outre le devoir de s’acquitter de ses impôts et taxes.
Article 66
Tout Congolais a le devoir de respecter et de traiter ses concitoyens sans
discrimination aucune et d’entretenir avec eux des relations qui permettent de
sauvegarder, de promouvoir et de renforcer l’unité nationale, le respect et la
tolérance réciproques.
Il a en outre le devoir de préserver et de renforcer la solidarité nationale,
singulièrement lorsque celle-ci est menacée.
Article 67
Tout Congolais a le devoir de protéger la propriété, les biens et intérêts publics et
de respecter la propriété d’autrui.
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Article 68
Article 69
Le Président de la République est le Chef de l’Etat. Il représente la nation et il
est le symbole de l’unité nationale.
Il assure par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des
Institutions ainsi que la continuité de l’Etat. Il est le garant de l’indépendance
nationale, de l’intégrité du territoire, de la souveraineté nationale et du respect
des traités et accords internationaux.
Article 70
Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un
mandat de cinq ans renouvelable une seule fois.
Article 71
Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages
exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour du scrutin, il est procédé,
dans un délai de quinze jours, à un second tour.
Seuls peuvent se présenter au second tour, les deux candidats qui ont recueilli le
plus grand nombre des suffrages exprimés au premier tour.
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Article 72
Nul ne peut être candidat à l’élection du Président de la République s’il ne remplit
les conditions ci-après :
Article 73
Le scrutin pour l’élection du Président de la République est convoqué par la
Commission nationale des élections, quatre vingt-dix jours avant l’expiration du
mandat du président en exercice.
Article 74
Le Président de la République élu entre en fonction dans les dix jours qui suivent
la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle.
Avant son entrée en fonction, le Président de la République prête, devant la Cour
Constitutionnelle, le serment ci-après :
« Moi…. élu Président de la République Démocratique du Congo, je jure
solennellement devant Dieu et la nation :
- d’observer et de défendre la Constitution et les lois de la République ;
- de maintenir son indépendance et l’intégrité de son territoire ;
- de sauvegarder l’unité nationale ;
- de ne me laisser guider que par l’intérêt général et le respect des droits de la
personne humaine ;
- de consacrer toutes mes forces à la promotion du bien commun et de la paix;
- de remplir loyalement et en fidèle serviteur du peuple les hautes fonctions qui
me sont confiées. ».
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Article 75
En cas de vacance pour cause de décès, de démission ou pour toute autre
cause d’empêchement définitif, les fonctions de président de la République, à
l’exception de celles mentionnées aux articles 78, 81 et 82 sont provisoirement
exercées par le Président du Sénat.
Article 76
La vacance de la présidence de la République est déclarée par la Cour
constitutionnelle saisie par le Gouvernement.
Le Président de la République par intérim veille à l’organisation de l’élection du
nouveau Président de la République dans les conditions et les délais prévus par
la Constitution.
En cas de force majeure, ce délai peut être prolongé à cent vingt jours au plus
par la Cour constitutionnelle saisie par la Commission électorale nationale
indépendante.
Le Président élu commence un nouveau mandat.
Article 77
Le Président de la République adresse des messages à la Nation.
Il communique avec les chambres du Parlement par des messages qu’il lit ou fait
lire et qui ne donnent lieu à aucun débat.
Il prononce une fois l’an devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en
Congrès un discours sur l’état de la Nation.
Article 78
Le Président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité
parlementaire après consultation de celle-ci. Il met fin à ses fonctions sur
présentation par celui-ci de la démission du gouvernement.
Si une telle majorité n’existe pas, le Président de la République peut confier une
mission d’information à une personnalité en vue d’identifier une coalition.
La mission d’information est de trente jours renouvelable une seule fois.
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Article 79
Article 80
Le Président de la République investit par ordonnance les Gouverneurs et les
Vice-Gouverneurs de province élus, dans un délai de quinze jours conformément
à l’article 198.
Article 81
Sans préjudice des autres dispositions de la Constitution, le Président de la
République nomme, relève de leurs fonctions et, le cas échéant, révoque, sur
proposition du Gouvernement délibérée en Conseil des ministres :
- les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires ;
- les officiers généraux et supérieurs des forces armées et de la police
nationale, le Conseil supérieur de la défense entendu ;
- le chef d’état major général, les chefs d’état-major et les commandants des
grandes unités des forces armées, le Conseil supérieur de la défense
entendu ;
- les hauts fonctionnaires de l’administration publique ;
- les responsables des services et établissements publics ;
- les mandataires de l’Etat dans les entreprises et organismes publics, excepté
les commissaires aux comptes.
Article 82
Article 83
Le Président de la République est le commandant suprême des Forces armées.
Il préside le Conseil supérieur de la défense.
Article 84
Article 85
Lorsque des circonstances graves menacent d’une manière immédiate
l’indépendance ou l’intégrité du territoire national ou qu’elles provoquent
l’interruption du fonctionnement régulier des institutions, le Président de la
République proclame l’état d’urgence ou l’état de siège après concertation avec
le Premier ministre et les Présidents des deux Chambres conformément aux
articles 144 et 145 de la présente Constitution.
Il en informe la nation par un message.
Les modalités d’application de l’état d’urgence et de l’état de siège sont
déterminées par la loi.
Article 86
Le Président de la République déclare la guerre par ordonnance délibérée en
Conseil des ministres après avis du Conseil supérieur de la défense et
autorisation de l’Assemblée nationale et du Sénat conformément à l’article 144
de la présente Constitution.
Article 87
Le Président de la République exerce le droit de grâce.
Il peut remettre, commuer ou réduire les peines.
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Article 88
Article 89
Les émoluments et la liste civile du Président de la République sont fixés par la
loi de finances.
Paragraphe 2 : Du Gouvernement
Article 90
Le Gouvernement est composé du Premier ministre, de ministres, de Vice-
ministres et, le cas échéant, de Vice-premier ministres, de ministres d’Etat et de
ministres délégués.
Il est dirigé par le Premier ministre, chef du Gouvernement. En cas
d’empêchement, son intérim est assuré par le membre du Gouvernement qui a la
préséance.
Article 91
Le Gouvernement définit en concertation avec le Président de la République la
politique de la Nation et en assume la responsabilité.
Article 92
Article 93
Le ministre est responsable de son département. Il applique le programme
gouvernemental dans son ministère, sous la direction et la coordination du
Premier ministre.
Il statue par voie d’arrêté.
Article 94
Les vice-ministres exercent sous l’autorité des ministres auxquels ils sont
adjoints les attributions qui leur sont conférées par l’ordonnance portant
organisation et fonctionnement du Gouvernement. Ils assument l’intérim des
ministres en cas d’absence ou d’empêchement.
Article 95
Les émoluments des membres du gouvernement sont fixés par la loi de finances.
Article 96
Les fonctions de président de la République sont incompatibles avec l’exercice
de tout autre mandat électif, de tout emploi public, civil ou militaire et de toute
activité professionnelle.
Le mandat du Président de la République est également incompatible avec toute
responsabilité au sein d’un parti politique.
Article 97
Les fonctions de membre du Gouvernement sont incompatibles avec l’exercice
de tout mandat électif, de tout emploi public, civil ou militaire et de toute activité
professionnelle à l’exception des activités agricoles, artisanales, culturelles,
d’enseignement et de recherche.
Elles sont également incompatibles avec toute responsabilité au sein d’un parti
politique.
Article 98
Article 99
Avant leur entrée en fonction et à l’expiration de celle-ci, le Président de la
République et les membres du Gouvernement sont tenus de déposer devant la
Cour constitutionnelle la déclaration écrite de leur patrimoine familial, énumérant
leurs biens meubles, y compris actions, parts sociales, obligations, autres
valeurs, comptes en banque, leurs biens immeubles, y compris terrains non
bâtis, forêts, plantations et terres agricoles, mines et tous autres immeubles,
avec indication des titres pertinents.
Le patrimoine familial inclut les biens du conjoint selon le régime matrimonial, des
enfants mineurs et des enfants, mêmes majeurs, à charge du couple.
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Article 100
Le pouvoir législatif est exercé par un Parlement composé de deux chambres :
l’Assemblée nationale et le Sénat.
Sans préjudice des autres dispositions de la présente Constitution, le Parlement
vote les lois. Il contrôle le Gouvernement, les entreprises publiques ainsi que les
établissements et les services publics.
Chacune des chambres jouit de l’autonomie administrative et financière et
dispose d’une dotation propre.
Article 101
Les membres de l’Assemblée nationale portent le titre de député national. Ils
sont élus au suffrage universel direct et secret.
Les candidats aux élections législatives sont présentés par des partis politiques
ou par des regroupements politiques. Ils peuvent aussi se présenter en
indépendants.
Chaque député national est élu avec deux suppléants.
Le député national représente la nation.
Article 102
Nul ne peut être candidat aux élections législatives s’il ne remplit les conditions
ci-après :
- être Congolais ;
35
Article 103
Le député national est élu pour un mandat de cinq ans. Il est rééligible.
Le mandat de député national commence à la validation des pouvoirs par
l’Assemblée nationale et expire à l’installation de la nouvelle Assemblée.
Paragraphe 2 : Du Sénat
Article 104
Les membres du Sénat portent le titre de sénateur.
Le sénateur représente sa province, mais son mandat est national.
Tout mandat impératif est nul.
Les candidats sénateurs sont présentés par des partis politiques ou par des
regroupements politiques. Ils peuvent aussi se présenter en indépendant.
Ils sont élus au second degré par les Assemblées provinciales.
Chaque sénateur est élu avec deux suppléants.
Les anciens présidents de la République élus sont de droit sénateurs à vie.
Le nombre des sénateurs ainsi que les conditions de leur élection et éligibilité
sont fixés par la loi électorale.
Article 105
Le Sénateur est élu pour un mandat de cinq ans. Il est rééligible.
Article 106
Nul ne peut être candidat membre du sénat s’il ne remplit les conditions ci-
après :
- être Congolais ;
- être âgé de 30 ans au moins ;
- jouir de la plénitude de ses droits civils et politiques ;
- ne pas se trouver dans un des cas d’exclusion prévus par la loi électorale.
36
Article 107
Aucun parlementaire ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé
en raison des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions.
Aucun parlementaire ne peut, en cours de sessions, être poursuivi ou arrêté, sauf
en cas de flagrant délit, qu’avec l’autorisation de l’Assemblée nationale ou du
Sénat selon le cas.
En dehors de sessions, aucun parlementaire ne peut être arrêté qu’avec
l’autorisation du Bureau de l’Assemblée nationale ou du Bureau du Sénat, sauf
en cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de condamnation définitive.
La détention ou la poursuite d’un parlementaire est suspendue si la Chambre
dont il est membre le requiert. La suspension ne peut excéder la durée de la
session en cours.
Article 108
Le mandat de député national est incompatible avec le mandat de sénateur et
vice-versa.
Le mandat de député ou de sénateur est incompatible avec les fonctions ou
mandats suivants :
a) membre du Gouvernement ;
b) membre d’une institution d’appui à la démocratie ;
c) membre des Forces armées, de la police nationale et des services de
sécurité ;
d) magistrat ;
e) agent de carrière des services publics de l’Etat ;
f) cadre politico-administratif de la territoriale, à l’exception des chefs de
collectivité-chefferie et de groupement,
g) mandataire public actif ;
h) membre des cabinets du Président de la République, du Premier ministre, du
Président de l’Assemblée nationale, du Président du Sénat, des membres du
gouvernement, et généralement d’une autorité politique ou administrative de
l’Etat, employé dans une entreprise publique ou dans une société
d’économie mixte ;
i) tout autre mandat électif.
Article 109
Les députés nationaux et les sénateurs ont le droit de circuler sans restriction ni
entrave à l’intérieur du territoire national et d’en sortir.
Ils ont droit à une indemnité équitable qui assure leur indépendance et leur
dignité. Celle-ci est prévue dans la loi des finances.
Ils ont droit à une indemnité de sortie égale à six mois de leurs émoluments.
Les modalités d’application de l’alinéa précédent ainsi que les autres droits des
Parlementaires sont fixés par le Règlement intérieur de chacune des chambres.
Article 110
Le mandat de député national ou de sénateur prend fin par :
a) expiration de la législature ;
b) décès ;
c) démission ;
d) empêchement définitif ;
e) incapacité permanente ;
f) absence non justifiée et non autorisée à plus d’un quart des séances d’une
session,
g) exclusion prévue par la loi électorale,
h) acceptation d’une fonction incompatible avec le mandat de député ou de
sénateur ;
i) condamnation irrévocable à une peine de servitude pénale principale pour
infraction intentionnelle.
Toute cause d’inéligibilité à la date des élections constatée ultérieurement par
l’autorité judiciaire compétente entraîne la perte du mandat de député national ou
de sénateur.
Dans ces cas, il est remplacé par son premier suppléant.
Tout député national ou tout sénateur qui quitte délibérément son parti durant la
législature est réputé renoncer à son mandat parlementaire obtenu dans le cadre
dudit parti.
38
Article 111
L’Assemblée nationale et le Sénat sont dirigés chacun par un Bureau de sept
membres comprenant :
a) un président ;
b) un premier vice – président ;
c) un deuxième vice – président ;
d) un rapporteur ;
e) un rapporteur adjoint ;
f) un questeur ;
g) un questeur adjoint.
Les Présidents des deux chambres doivent être des Congolais d’origine. Les
membres du Bureau sont élus dans les conditions fixées par le Règlement
intérieur de leur chambre respective.
Article 112
Chaque chambre du Parlement adopte son Règlement intérieur.
Le Règlement intérieur détermine notamment :
a) la durée et les règles de fonctionnement du Bureau, les pouvoirs et
prérogatives de son Président ainsi que des autres membres du Bureau ;
b) le nombre, le mode de désignation, la composition, le rôle et la compétence
de ses commissions permanentes ainsi que la création et le fonctionnement
des commissions spéciales et temporaires;
c) l’organisation des services administratifs dirigés par un Secrétaire Général de
l’administration publique de chaque chambre;
d) le régime disciplinaire des députés et des sénateurs ;
e) les différents modes de scrutin, à l’exclusion de ceux prévus expressément
par la présente Constitution.
Avant d’être mis en application, le Règlement intérieur est obligatoirement
transmis par le Président de la chambre intéressée à la Cour constitutionnelle
qui se prononce sur sa conformité à la Constitution dans un délai de quinze jours.
Passé ce délai, le Règlement intérieur est réputé conforme.
Les dispositions déclarées non conformes ne peuvent être mises en application.
Article 113
Outre les Commissions permanentes et spéciales, les deux chambres peuvent
constituer une ou plusieurs Commissions mixtes paritaires pour concilier les
points de vue lorsqu’elles sont en désaccord au sujet d’une question sur laquelle
elles doivent adopter la même décision en termes identiques.
Si le désaccord persiste, l’Assemblée nationale statue définitivement.
39
Article 114
Chaque chambre du Parlement se réunit de plein droit en session
extraordinaire le quinzième jour suivant la proclamation des résultats des
élections législatives par la Commission électorale nationale indépendante en
vue de :
a) l’installation du Bureau provisoire dirigé par le doyen d’âge assisté des deux
moins âgés;
b) la validation des pouvoirs;
c) l’élection et l’installation du Bureau définitif;
d) l’élaboration et l’adoption du Règlement intérieur.
La séance d’ouverture est présidée par le Secrétaire général de l’Administration
de chacune des deux chambres.
Pendant cette session, les deux chambres se réunissent pour élaborer et adopter
le Règlement intérieur du Congrès.
Article 115
L’Assemblée nationale et le Sénat tiennent de plein droit, chaque année, deux
sessions ordinaires :
a) la première s’ouvre le 15 mars et se clôture le 15 juin;
b) la deuxième s’ouvre le 15 septembre et se clôture le 15 décembre.
Si le 15 du mois de mars ou du mois de septembre est férié ou tombe un
dimanche, l’ouverture de la session a lieu le premier jour ouvrable qui suit.
La durée de chaque session ordinaire ne peut excéder trois mois.
Article 116
Chaque Chambre du Parlement peut être convoquée en session extraordinaire
par son Président sur un ordre du jour déterminé, à la demande soit de son
Bureau, soit de la moitié de ses membres, soit du Président de la République,
soit du Gouvernement.
La clôture intervient dès que la chambre a épuisé l’ordre du jour pour lequel elle
a été convoquée et, au plus tard, trente jours à compter de la date du début de la
session.
Article 117
L’inscription, par priorité, à l’ordre du jour de chacune des chambres d’un projet
de loi, d’une proposition de loi ou d’une déclaration de politique générale est de
40
Article 118
L’Assemblée nationale et le Sénat ne siègent valablement qu’à la majorité
absolue des membres qui les composent.
Les séances de l’Assemblée nationale et du Sénat sont publiques, sauf si le huis
clos est prononcé.
Le compte rendu analytique des débats ainsi que les documents de
l’Assemblée nationale et du Sénat sont publiés dans les annales parlementaires.
Article 119
Les deux Chambres se réunissent en congrès pour les cas suivants :
a) la procédure de révision constitutionnelle conformément aux articles 218 à
220 de la présente Constitution ;
b) l’autorisation de la proclamation de l’état d’urgence ou de l’état de siège et de
la déclaration de guerre conformément aux articles 85 et 86 de la présente
Constitution ;
c) l’audition du discours du Président de la République sur l’état de la Nation
conformément à l’article 77 de la présente Constitution ;
d) La désignation des trois membres de la Cour constitutionnelle conformément
aux dispositions de l’article 158 de la présente Constitution.
Article 120
Lorsque les deux Chambres siègent en Congrès, le bureau est celui de
l’Assemblée nationale et la présidence est à tour de rôle assurée par le Président
de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat.
Le Congrès adopte son Règlement intérieur.
Avant d’être mis en application, le Règlement intérieur est communiqué par le
Président du Congrès à la Cour constitutionnelle qui se prononce sur la
conformité de ce règlement à la présente Constitution dans un délai de 15 jours.
Article 121
Chacune des Chambres ou le Congrès ne siège valablement que pour autant
que la majorité absolue de ses membres se trouve réunie. Sous réserve des
autres dispositions de la Constitution, toute résolution ou toute décision est prise
41
Article 122
Sans préjudice des autres dispositions de la présente Constitution, la loi fixe les
règles concernant :
a) les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux
citoyens pour l’exercice des libertés publiques ;
b) le régime électoral ;
c) les finances publiques ;
d) les sujétions imposées par la défense nationale aux citoyens en leur
personne et en leurs biens ;
e) la nationalité, l’état et la capacité des personnes, les régimes matrimoniaux,
les successions et les libéralités ;
f) la détermination des infractions et des peines qui leur sont applicables, la
procédure pénale, l’organisation et le fonctionnement du pouvoir judiciaire, la
création de nouveaux ordres de juridictions, le statut des magistrats, le
régime juridique du Conseil supérieur de la magistrature ;
g) l’organisation du Barreau, l’assistance judiciaire et la représentation en
justice ;
h) le commerce, le régime de la propriété des droits et des obligations civiles et
commerciales ;
i) l’amnistie et l’extradition ;
j) l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de toute
nature, le régime d’émission de la monnaie ;
k) les emprunts et engagements financiers de l’Etat ;
l) les statuts des agents de carrière des services publics de l’Etat, du personnel
de l’enseignement supérieur, universitaire et de la recherche scientifique ;
42
Article 123
Article 124
Les lois auxquelles la Constitution confère le caractère de loi organique, sont
votées et modifiées à la majorité absolue des membres composant chaque
chambre dans les conditions suivantes :
a) la proposition de loi n’est soumise à la délibération et au vote de la première
Chambre saisie qu’à l’expiration d’un délai de quinze jours après son dépôt
au Gouvernement ;
b) la procédure de l’article 132 est applicable. Toutefois, faute d’accord entre les
deux Chambres, le texte ne peut être adopté par l’Assemblée nationale en
dernière lecture qu’à la majorité absolue de ses membres ;
c) les lois organiques ne peuvent être promulguées qu’après déclaration par la
Cour constitutionnelle obligatoirement saisie par le Président de la
République, de leur conformité à la Constitution dans un délai de quinze jours.
43
Article 125
Si un projet ou une proposition de loi est déclaré urgent par le Gouvernement, il
est examiné par priorité dans chaque Chambre par la commission compétente
suivant la procédure prévue par le Règlement intérieur de chacune d’elles.
La procédure normale doit être appliquée aux propositions ou aux projets de loi
portant amendement de la Constitution ou modifiant les lois organiques ainsi
qu’aux projets de loi d’habilitation prévue à l’article 129.
Article 126
Les Lois de finances déterminent les ressources et les charges de l’Etat.
L’Assemblée nationale et le Sénat votent les projets de lois de finances dans les
conditions prévues pour la loi organique visée à l’article 124 de la Constitution.
Le projet de loi de finances de l’année, qui comprend notamment le budget, est
déposé par le Gouvernement sur le Bureau du Parlement au plus tard le quinze
septembre de chaque année.
Les créations et transformations d’emplois publics ne peuvent être opérées hors
les prévisions des lois de finances.
Si le projet de loi de finances, déposé dans les délais constitutionnels, n’est pas
voté avant l’ouverture du nouvel exercice, il est mis en vigueur par le Président
de la République, sur proposition du Gouvernement délibérée en Conseil des
ministres, compte tenu des amendements votés par chacune des deux
Chambres.
Si le projet de loi de finances n’a pas été déposé en temps utile pour être
promulgué avant le début de l’exercice, le Gouvernement demande à
l’Assemblée nationale et au Sénat l’ouverture de crédits provisoires.
Si quinze jours avant la fin de la session budgétaire, le gouvernement n’a pas
déposé son projet de budget, il est réputé démissionnaire.
Dans le cas où l’Assemblée nationale et le Sénat ne se prononcent pas dans les
quinze jours sur l’ouverture de crédits provisoires, les dispositions du projet
prévoyant ces crédits sont mises en vigueur par le Président de la république sur
proposition du Gouvernement délibérée en Conseil des ministres.
Si, compte tenu de la procédure ci-dessus prévue, la loi de finances de l’année
n’a pu être mise en vigueur au premier jour du mois de février de l’exercice
budgétaire, le Président de la République, sur proposition du Gouvernement
délibérée en Conseil des ministres, met en exécution le projet de loi de finances,
compte tenu des amendements votés par chacune des deux Chambres.
44
Article 127
Les amendements au projet de loi de finances ne sont pas recevables lorsque
leur adoption a pour conséquence, soit une diminution des recettes, soit un
accroissement des dépenses, à moins qu’ils ne soient assortis de propositions
compensatoires.
Article 128
Les matières autres que celles qui sont du domaine de la loi ont un caractère
réglementaire.
Les textes à caractère de loi intervenus en ces matières peuvent être modifiés
par décret si la Cour constitutionnelle, à la demande du Gouvernement, a déclaré
qu’ils ont un caractère réglementaire en vertu de l’alinéa précédent.
Article 129
Le Gouvernement peut, pour l’exécution urgente de son programme d’action,
demander à l’Assemblée nationale ou au Sénat l’autorisation de prendre par
« ordonnances-loi » pendant un délai limité et sur des matières déterminées, des
mesures qui sont normalement du domaine de la loi.
Ces ordonnances-loi sont délibérées en Conseil des ministres. Elles entrent en
vigueur dès leur publication et deviennent caduques si le projet de loi de
ratification n’est pas déposé devant le Parlement au plus tard à la date limite
fixée par la loi d’habilitation.
A l’expiration du délai visé à l’alinéa premier du présent article, si le Parlement ne
ratifie pas ces ordonnances-loi, celles-ci cessent de plein droit de produire leurs
effets.
Les ordonnances-loi délibérées en Conseil des ministres et ratifiées ne peuvent
être modifiées dans leurs dispositions que par la loi.
Les ordonnances-loi cessent de plein droit de produire leurs effets en cas de rejet
du projet de loi de ratification.
Article 130
L’initiative des lois appartient concurremment au Gouvernement, à chaque
député et à chaque sénateur.
Les projets de loi adoptés par le Gouvernement en Conseil des ministres sont
déposés sur le Bureau de l’une des Chambres. Toutefois, s’agissant de la loi de
finances, le projet est impérativement déposé dans les délais prévus à l’article
126 sur le Bureau de l’Assemblée nationale.
45
Article 131
Article 132
La discussion des projets de loi porte, devant la première Chambre saisie, sur le
texte déposé par le Gouvernement. Une Chambre saisie d’un texte déjà voté par
l’autre Chambre ne délibère que sur le texte qui lui est transmis.
Article 133
Article 134
Article 135
Tout projet ou toute proposition de loi est examiné successivement par les deux
Chambres en vue de l’adoption d’un texte identique.
Lorsque, par suite d’un désaccord entre les deux Chambres, un projet ou une
proposition de loi n’a pu être adopté après une lecture par chaque Chambre, une
commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions
restant en discussion est mise en place par les deux Bureaux.
Le texte élaboré par la Commission mixte paritaire est soumis pour adoption aux
deux chambres.
46
Article 136
Dans les six jours de son adoption, la loi est transmise au Président de la
République pour sa promulgation. Le Premier ministre en reçoit ampliation.
Article 137
Le texte soumis à une seconde délibération est adopté par l’Assemblée nationale
et le Sénat soit sous la forme initiale, soit après modification à la majorité absolue
des membres qui les composent.
Article 138
Article 139
La Cour constitutionnelle peut être saisie d’un recours visant à faire déclarer une
loi à promulguer non conforme à la Constitution par :
47
Article 140
Article 141
Article 142
La loi entre en vigueur trente jours après sa publication au journal officiel à moins
qu’elle n’en dispose autrement.
Dans tous les cas, le Gouvernement assure la diffusion en français et dans
chacune des quatre langues nationales dans le délai de soixante jours à dater de
la promulgation.
Article 143
Conformément aux dispositions de l’article 86 de la Constitution, le Président de
la République déclare la guerre sur décision du Conseil des ministres après avis
du Conseil supérieur de la défense et autorisation de deux Chambres
Il en informe la Nation par un message.
Les droits et devoirs des citoyens, pendant la guerre ou en cas d’invasion ou
d’attaque du territoire national par des forces de l’extérieur font l’objet d’une loi.
48
Article 144
L’Assemblée nationale et le Sénat peuvent, par une loi, mettre fin à tout moment
à l’état d’urgence ou à l’état de siège.
Article 145
Article 146
Article 147
Lorsque l’Assemblée nationale adopte une motion de censure, le Gouvernement
est réputé démissionnaire. Dans ce cas, le Premier ministre remet la démission
du Gouvernement au Président de la République dans les vingt-quatre heures.
Lorsqu’une motion de défiance contre un membre du Gouvernement est
adoptée, celui-ci est réputé démissionnaire.
Article 148
Aucune dissolution ne peut intervenir dans l’année qui suit les élections, ni
pendant les périodes de l’état d’urgence ou de siège ou de guerre, ni pendant
que la République est dirigée par un président intérimaire.
A la suite d’une dissolution de l’Assemblée nationale, la Commission électorale
nationale indépendante convoque les électeurs en vue de l’élection, dans le délai
de soixante jours suivant la date de publication de l’ordonnance de dissolution,
d’une nouvelle Assemblée nationale.
La clôture des sessions ordinaires ou extraordinaires est de droit retardée pour
permettre, le cas échéant, l’application des dispositions de l’article 144.
50
Article 149
Article 150
Le Pouvoir judiciaire est le garant des libertés individuelles et des droits
fondamentaux des citoyens.
Les juges ne sont soumis dans l’exercice de leur fonction qu’à l’autorité de la loi.
Une loi organique fixe le statut des magistrats.
Le magistrat du siège est inamovible. Il ne peut être déplacé que par une
nomination nouvelle ou à sa demande ou par rotation motivée décidée par le
Conseil supérieur de la magistrature.
Article 151
Le Pouvoir exécutif ne peut donner d’injonction au juge dans l’exercice de sa
juridiction, ni statuer sur les différends, ni entraver le cours de la justice, ni
s’opposer à l’exécution d’une décision de justice.
51
Article 152
Article 153
Article 154
Article 155
Sans préjudice des autres compétences que lui reconnaît la Constitution ou la loi,
le Conseil d’Etat connaît, en premier et dernier ressort des recours pour violation
de la loi, formés contre les actes, règlements et décisions des autorités
administratives centrales.
Il connaît en appel des recours contre les décisions des Cours administratives
d’appel.
Article 156
Les juridictions militaires connaissent des infractions commises par les membres
des Forces armées et de la Police nationale.
Article 157
Il est institué une Cour constitutionnelle.
Article 158
La Cour constitutionnelle comprend neuf membres nommés par le Président de la
République dont trois sur sa propre initiative, trois désignés par le Parlement
réuni en Congrès et trois désignés par le Conseil supérieur de la magistrature.
Les deux tiers des membres de la Cour Constitutionnelle doivent être des juristes
provenant de la magistrature, du barreau ou de l’enseignement universitaire.
Le mandat des membres de la Cour constitutionnelle est de neuf ans non
renouvelable.
La Cour constitutionnelle est renouvelée par tiers tous les trois ans. Toutefois, lors
de chaque renouvellement, il sera procédé au tirage au sort d’un membre par
groupe.
Le Président de la Cour constitutionnelle est élu par ses pairs pour une durée de
trois ans renouvelable une seule fois. Il est investi par ordonnance du Président
de la République.
Article 159
Nul ne peut être nommé membre de la Cour constitutionnelle :
a) s’il n’est congolais
b) s’il ne justifie d’une expérience éprouvée de quinze ans dans les domaines
juridique ou politique.
Article 160
La Cour constitutionnelle est chargée du contrôle de la constitutionnalité des lois
et des actes ayant force de loi.
Les lois organiques, avant leur promulgation, et les Règlements Intérieurs des
Chambres parlementaires et du Congrès, de la Commission électorale nationale
indépendante ainsi que du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la
communication, avant leur mise en application, doivent être soumis à la Cour
constitutionnelle qui se prononce sur leur conformité à la Constitution.
Aux mêmes fins d’examen de la constitutionnalité, les lois peuvent être déférées à
la Cour constitutionnelle, avant leur promulgation, par le Président de la
République, le Premier ministre, le Président de l’Assemblée nationale, le
Président du Sénat ou le dixième des députés ou des sénateurs.
55
Article 161
La Cour constitutionnelle connaît des recours en interprétation de la Constitution
sur saisine du Président de la République, du Gouvernement, du Président du
Sénat, du Président de l’Assemblée nationale, d’un dixième des membres de
chacune des chambres parlementaires, des gouverneurs de Province et des
présidents des Assemblées provinciales.
Elle juge du contentieux des élections présidentielles et législatives ainsi que du
référendum.
Elle connaît des conflits de compétences entre le Pouvoir exécutif et le Pouvoir
législatif ainsi qu’entre l’Etat et les Provinces.
Elle connaît des recours contre les arrêts rendus par la Cour de cassation et le
Conseil d’Etat, uniquement en tant qu’ils se prononcent sur l’attribution du litige
aux juridictions de l’ordre judiciaire ou administratif. Ce recours n’est recevable
que si un déclinatoire de juridiction a été soulevé par ou devant la Cour de
cassation ou le Conseil d’Etat.
Les modalités et les effets des recours visés aux alinéas précédents sont
déterminés par la loi.
Article 162
Article 163
La Cour constitutionnelle est la juridiction pénale du Chef de l’Etat et du Premier
ministre dans les cas et conditions prévus par la Constitution.
56
Article 164
La Cour constitutionnelle est le juge pénal du Président de la République et du
Premier ministre pour des infractions politiques de haute trahison, d’outrage au
Parlement, d’atteinte à l’honneur ou à la probité ainsi que pour les délits d’initié et
pour les autres infractions de droit commun commises dans l’exercice ou à
l’occasion de l’exercice de leurs fonctions. Elle est également compétente pour
juger leurs co-auteurs et complices.
Article 165
Article 166
La décision de poursuites ainsi que la mise en accusation du Président de la
République et du Premier ministre sont votées à la majorité des deux tiers des
membres du Parlement composant le Congrès suivant la procédure prévue par le
règlement intérieur.
La décision de poursuites ainsi que la mise en accusation des membres du
gouvernement sont votées à la majorité absolue des membres composant
l’Assemblée nationale suivant la procédure prévue par le règlement intérieur.
Les membres du gouvernement mis en accusation, présentent leur démission.
57
Article 167
En cas de condamnation, le Président de la République et le Premier ministre
sont déchus de leurs charges. La déchéance est prononcée par la cour
constitutionnelle.
Pour les infractions commises en dehors de l’exercice de leurs fonctions, les
poursuites contre le Président de la République et le Premier ministre sont
suspendues jusqu’à l’expiration de leurs mandats. Pendant ce temps, la
prescription est suspendue.
Article 168
Les arrêts de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours et
sont immédiatement exécutoires. Ils sont obligatoires et s’imposent aux pouvoirs
publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles, civiles et
militaires et aux particuliers.
Tout acte déclaré non conforme à la Constitution est nul de plein droit.
Article 169
L’organisation et le fonctionnement de la Cour constitutionnelle sont fixés par une
loi organique.
Article 170
Le Franc congolais est l’unité monétaire de la République Démocratique du
Congo. Il a le pouvoir libératoire sur tout le territoire national.
Article 171
Article 172
L’exercice budgétaire commence le premier janvier et se termine le 31
décembre.
58
Article 173
Le compte général de la République est soumis chaque année au Parlement par
la Cour des comptes avec ses observations.
Le compte général de la République est arrêté par la loi.
Article 174
Il ne peut être établi d’impôts que par la loi.
Article 175
Le budget des recettes et des dépenses de l’Etat, à savoir celui du Pouvoir
central et des provinces, est arrêté chaque année par une loi.
La part des recettes à caractère national allouées aux provinces est établie à
40%. Elle est retenue à la source.
La loi fixe la nomenclature des autres recettes locales et la modalité de leur
répartition.
Article 177
L’organisation et le fonctionnement de la Banque centrale du Congo sont fixés
par une loi organique.
59
Les membres de la Cour des comptes sont nommés, relevés de leurs fonctions
et, le cas échéant, révoqués par le Président de la République, après avis de
l’Assemblée nationale.
Les membres de la Cour des comptes doivent justifier d’une haute qualification
en matière financière, juridique ou administrative et d’une expérience
professionnelle d’au moins dix ans.
Article 179
La composition, l’organisation et le fonctionnement de la Cour des comptes sont
fixés par une loi organique.
Article 180
La Cour des comptes contrôle dans les conditions fixées par la loi, la gestion des
finances de l’Etat, des biens publics ainsi que les comptes des provinces,
des entités territoriales décentralisées ainsi que des organismes publics.
Elle publie chaque année un rapport remis au Président de la République, au
Parlement et au Gouvernement.
Article 181
Il est institué une Caisse nationale de péréquation. Elle est dotée de la
personnalité juridique.
La Caisse nationale de péréquation a pour mission de financer des projets et
programmes d’investissement public, en vue d’assurer la solidarité nationale et
de corriger le déséquilibre de développement entre les Provinces et entre les
autres entités territoriales décentralisées.
Elle dispose d’un budget alimenté par le Trésor public à concurrence de dix pour
cent de la totalité des recettes à caractère national revenant à l’Etat chaque
année.
60
Article 182
La Police nationale est chargée de la sécurité publique, de la sécurité des
personnes et de leurs biens, du maintien et du rétablissement de l’ordre public
ainsi que de la protection rapprochée des hautes autorités.
Article 183
La Police nationale est apolitique. Elle est au service de la Nation congolaise. Nul ne
peut la détourner à ses fins propres.
La Police nationale exerce son action sur l’ensemble du territoire national dans le
respect de la présente Constitution et des lois de la République.
Article 184
La Police nationale est soumise à l’autorité civile locale et est placée sous la
responsabilité du ministère qui a les affaires intérieures dans ses attributions.
Article 185
Les effectifs à tous les niveaux, les fonctions de commandement en tout temps et
en toute circonstance, doivent tenir compte des critères objectifs liés à la fois à
l’aptitude physique, à une instruction suffisante et à une moralité éprouvée ainsi
qu’à une représentation équitable des provinces.
Article 186
Une loi organique fixe l’organisation et le fonctionnement de la Police nationale.
61
Article 187
Article 188
Les Forces armées sont républicaines. Elles sont au service de la nation toute
entière.
Nul ne peut, sous peine de haute trahison, les détourner à ses fins propres.
Elles sont apolitiques et soumises à l’autorité civile.
Article 189
Les effectifs à tous les niveaux, les fonctions de commandement en tout temps et
en toute circonstance doivent tenir compte des critères objectifs liés à la fois à
l’aptitude physique, à une instruction suffisante, à une moralité éprouvée ainsi
qu’à une représentation équitable des provinces.
Article 190
Nul ne peut, sous peine de haute trahison, organiser des formations militaires,
para-militaires ou des milices privées, ni entretenir une jeunesse armée.
Article 191
Article 192
Article 193
L’Administration Publique est apolitique, neutre et impartiale. Nul ne peut la
détourner à des fins personnelles ou partisanes.
Elle comprend la fonction publique ainsi que tous les organismes et services
assimilés.
Article 194
Article 196
Les provinces sont organisées conformément aux principes énoncés à l’article 3
de la présente Constitution.
Les subdivisions territoriales à l’intérieur des Provinces sont fixées par une loi
organique.
Article 197
Articles 198
Le Gouvernement provincial est composé d’un Gouverneur, d’un Vice-
Gouverneur et des ministres provinciaux.
Article 199
Article 200
Article 201
La répartition des compétences entre le Pouvoir central et les provinces est fixée
par la présente Constitution.
Article 202
1. les affaires étrangères comprenant les relations diplomatiques ainsi que les
traités et accords internationaux ;
2. la réglementation du commerce extérieur ;
3. la nationalité, le statut et la police des étrangers ;
4. l’extradition, l’immigration, l’émigration et la délivrance des passeports et des
visas ;
5. la sûreté extérieure ;
6. la défense nationale ;
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7. la police nationale ;
8. la fonction publique nationale ;
9. les finances publiques de la République ;
10. l’établissement des impôts sur le revenu, des impôts sur les sociétés et des
impôts personnels conformément à l’article 174 ;
11. la dette publique de la République ;
12. les emprunts extérieurs pour les besoins de la République ou des provinces ;
13. les emprunts intérieurs pour les besoins de la République ;
14. la monnaie, l’émission de la monnaie et le pouvoir libératoire de la monnaie ;
15. les poids, mesures et informatique ;
16. les douanes et les droits d’importation et d’exportation ;
17. la réglementation concernant les banques et les opérations bancaires et
boursières ;
18. la réglementation des changes ;
19. la propriété littéraire, artistique et industrielle et les brevets.
20. les postes et les télécommunications, y compris les téléphones et télégraphes,
la radiodiffusion, la télévision et les satellites;
21. la navigation maritime et intérieure, les lignes aériennes, les chemins de fer,
les routes et autres voies de communication, naturelles ou artificielles qui
relient deux ou plusieurs provinces ou le territoire de la République à un
territoire étranger ou qu’une loi nationale a déclarée d’intérêt national bien
qu’elles soient entièrement situées sur le territoire d’une province ;
22. les universités et autres établissements d’enseignement scientifique,
technique ou professionnel supérieur créés ou subventionnés par le
Gouvernement central ou par les gouvernements provinciaux et qu’une loi
nationale a déclarés d’intérêt national ;
23. l’établissement des normes d’enseignement applicables dans tous les
territoires de la République ;
24. l’acquisition des biens pour les besoins de la République, sans préjudice des
dispositions de l’article 34 ;
25. l’élaboration des programmes agricoles, forestiers et énergétique d’intérêt
national et la coordination des programmes d’intérêt provincial ;
Les offices des produits agricoles et les organismes assimilés ainsi que la
répartition des cadres conformément au statut des agents de carrière des
services publics de l’Etat.
Les régimes énergétiques, agricoles et forestiers sur la chasse et la pêche,
sur la conservation de la nature (flore et faune), sur la capture, sur l’élevage,
sur les denrées alimentaires d’origine animale et l’art vétérinaire.
26. la protection contre les dangers occasionnés par l’énergie ou par les
radiations et l’élimination des substances radioactives ;
27. la prévention des abus des puissances économiques ;
28. le patrimoine historique, les monuments publics et les parcs déclarés d’intérêt
national ;
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Article 203
Article 204
Article 205
Toutefois, l’Assemblée nationale ou le Sénat peut, par une loi, habiliter une
assemblée provinciale à légiférer sur des matières de la compétence exclusive du
Pouvoir Central. Lorsque l’Assemblée nationale ou le Sénat met fin à la
délégation de pouvoir ainsi donnée à l’assemblée provinciale, les dispositions des
lois provinciales promulguées en des matières de la compétence exclusive du
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Pareillement, une assemblée provinciale peut, par une loi, habiliter l’Assemblée
nationale ou le Sénat à légiférer sur des matières de la compétence exclusive de
la province. Lorsque l’assemblée provinciale met fin à la délégation de pouvoir
ainsi donnée à l’Assemblée nationale ou le Sénat, les dispositions de lois
nationales promulguées en des matières de la compétence exclusive des
provinces, en vertu de cette délégation de pouvoir, demeurent cependant en
vigueur dans la province intéressée jusqu’à ce qu’une loi provinciale les ait
réglées.
Article 206
Article 207
L’autorité coutumière est reconnue.
Elle est dévolue conformément à la coutume locale, pour autant que celle-ci ne
soit pas contraire à la Constitution, à la loi, à l’ordre public et aux bonnes mœurs.
Tout Chef coutumier désireux d’exercer un mandat public électif doit se
soumettre à l’élection, sauf application des dispositions de l’article 198 alinéa 3
de la présente Constitution.
L’autorité coutumière a le devoir de promouvoir l’unité et la cohésion nationales.
Une loi fixe le statut des chefs coutumiers.
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Article 208
Article 209
Article 210
Article 211
Il est institué une Commission électorale nationale indépendante dotée de la
personnalité juridique.
La Commission électorale nationale indépendante est chargée de l’organisation
du processus électoral notamment de l’enrôlement des électeurs, de la tenue du
fichier électoral, des opérations de vote, de dépouillement et de tout référendum.
Elle assure la régularité du processus électoral et référendaire.
Une loi organique fixe l’organisation et le fonctionnement de la Commission
électorale nationale indépendante.
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Article 212
Il est institué un Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication dotée
de la personnalité juridique.
Il a pour mission de garantir et d’assurer la liberté et la protection de la presse,
ainsi que de tous les moyens de communication de masse dans le respect de la
loi.
Il veille au respect de la déontologie en matière d’information et à l’accès
équitable des partis politiques, des associations et des citoyens aux moyens
officiels d’information et de communication.
La composition, les attributions, l’organisation et le fonctionnement du Conseil
supérieur de l’audiovisuel et de la communication sont fixés par une loi
organique.
Article 213
Le Président de la République négocie et ratifie les traités et accords
internationaux.
Le Gouvernement conclut les accords internationaux non soumis à ratification
après délibération en Conseil des ministres. Il en informe l’Assemblée nationale et
le Sénat.
Article 214
Les traités de paix, les traités de commerce, les traités et accords relatifs aux
organisations internationales et au règlement des conflits internationaux, ceux qui
engagent les finances publiques, ceux qui modifient les dispositions législatives,
ceux qui sont relatifs à l’état des personnes, ceux qui comportent échange et
adjonction de territoire ne peuvent être ratifiés ou approuvés qu’en vertu d’une loi.
Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans l’accord
du peuple congolais consulté par voie de référendum.
Article 215
Les traités et accords internationaux régulièrement conclus ont dès leur
publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve pour chaque
traité ou accord, de son application par l’autre partie.
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Article 216
Si la Cour constitutionnelle consultée par le Président de la République, par le
Gouvernement, par un dixième des députés ou un dixième des sénateurs, déclare
qu’un traité ou accord international comporte une clause contraire à la Constitution,
la ratification ou l’approbation ne peut intervenir qu’après la révision de la
Constitution.
Article 217
La République Démocratique du Congo peut conclure des traités ou des accords
d’association ou de communauté comportant un abandon partiel de souveraineté
en vue de promouvoir l’unité africaine.
Article 218
L’initiative de la révision constitutionnelle appartient concurremment :
a) au Président de la République;
b) au Gouvernement après délibération en Conseil des ministres;
c) à chacune des chambres du Parlement à l’initiative de la moitié de ses
membres.
d) à une fraction du peuple congolais en l’occurrence 100.000 personnes
s’exprimant par une pétition adressée à l’une des deux Chambres.
Chacune de ces initiatives est soumise à l’Assemblée nationale et au Sénat qui
décident à la majorité absolue de chaque chambre du bien fondé du projet, de la
proposition ou de la pétition de révision.
Article 219
Aucune révision ne peut intervenir pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou
l’état de siège ni pendant l’intérim à la présidence de la République ni lorsque
l’Assemblée nationale et le Sénat se trouvent empêchés de se réunir librement.
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Article 220
Article 221
Pour autant qu’ils ne soient pas contraires à la présente Constitution, les textes
législatifs et réglementaires en vigueur restent maintenus jusqu’à leur abrogation
ou leur modification.
Article 222
Les institutions politiques de la transition restent en fonction jusqu’à l’installation
effective des institutions correspondantes prévues par la présente Constitution et
exercent leurs attributions conformément à la Constitution de la Transition.
Les institutions d’appui à la démocratie sont dissoutes de plein droit dès
l’installation du nouveau Parlement.
Toutefois, par une loi organique, le Parlement pourra, s’il échet, instituer d’autres
institutions d’appui à la démocratie.
Article 223
Article 224
Article 225
La Cour de sûreté de l’Etat est dissoute dès l’entrée en vigueur de la présente
Constitution.
Article 226
Article 227
Article 228
Sans préjudice des dispositions de l’article 222 alinéa 1, la Constitution de la
Transition du 04 avril 2003 est abrogée.
Article 229
La présente Constitution, adoptée par référendum, entre en vigueur dès sa
promulgation par le Président de la République.
Fait à Kinshasa, le
Joseph KABILA
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TITRE II : DES DROITS HUMAINS, DES LIBERTES FONDAMENTALES ET DES DEVOIRS DU CITOYEN