Ressources documentaires.
Évaluation environnementale des politiques et programmes de développement –
Module 8
Module 8 : L’évaluation environnementale et financement des projets
Michel André BOUCHARD
Table des matières
Séquence 1 : L'évaluation environnementale et financement des projets .............................. 2
Séquence 2 : L'évaluation environnementale par la Banque mondiale et autres bailleurs ... 3
Séquence 3 : Les Principes de l'Équateur et autres contextes de financement ...................... 5
Annexes documentaires ............................................................................................................ 6
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Ressources documentaires. Évaluation environnementale des politiques et programmes de développement –
Module 8
Séquence 1 : L'évaluation environnementale et financement des
projets
Nous abordons un sujet et des situations qui sont fréquemment rencontrées dans les pays
en développement, soit l’évaluation environnementale faite par des bailleurs multilatéraux
ou bilatéraux, par exemple la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, et
d’autres, incluant plus récemment, la Banque asiatique pour d'investissement pour les
infrastructures ou l’Agence française de développement (AFD)
Nous nous posons par exemple les questions suivantes. Comment se fait, qui doit le faire, et
sur quels critères se fonde l’évaluation environnementale d’un projet de plantation d’huile
de palme au Gabon financé en partie par la Société financière internationale ? Qui doit
conduire, et comment sera faite l’Évaluation environnementale d’un Projet d’assainissement
des eaux usées urbaines au Bénin financé principalement par la Banque mondiale ?
Les bailleurs exigent en général qu’une évaluation environnementale accompagne ou
précède les projets qu’ils financent ou dans lesquels ils investissent et qu’en général ils
procèdent eux-mêmes à ces évaluations selon leurs propres critères.
En quoi est-ce que ces régimes d’évaluation diffèrent des systèmes tels qu’on les connaît à
l’intérieur d’un cadre étatique ? Qu’ont-ils en commun entre eux ? Sont-ils soumis à des lois
? Visent-ils à autoriser ou interdire des projets ? Est-ce qu’ils remplacent les évaluations
environnementales réglementaires faites par le pays ? C’est ce que nous voulons voir
maintenant.
D’entrée de jeu, précisons que les projets ne sont ni « autorisés » ni « interdits » par des
agences de financement. Les seules décisions sur lesquelles ouvrent les évaluations
environnementales des bailleurs sont celles de financer ou non, de décaisser ou non dans le
cadre de tel ou tel projet. L’autorisation légale et réglementaire d’un projet reste toujours
l’apanage du pays receveur du financement.
Le processus toutefois est similaire. L’Évaluation environnementale par les bailleurs adopte
le même cheminement et essentiellement les mêmes outils que les évaluations
environnementales étatiques : études d’impacts environnementales et sociale, audits, ou
Évaluations Environnementales Stratégiques, comme vu dans les modules précédents de ce
cours.
Toutefois, il y a quelques différences notamment quant à l’importance accrue et spécifique
accordée aux plans ou aux plans-cadres de gestion et de management
environnementale. De plus, tous les processus d’évaluations environnementales des
bailleurs ont en commun de s’appuyer sur des normes environnementales et sociales, des
sauvegardes opérationnelles, des politiques, ou des standards. Enfin, la validation des
documents relève du bailleur exclusivement.
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Dans ce cas l’Évaluation environnementale ne remplace pas celles faites par l’État récepteur
des fonds. Une des conditions du financement sera toujours que le projet soit autorisé par
les autorités compétentes de l’État, en quelque sorte, que le projet ait un quitus
réglementaire.
Est-ce à dire qu’il y a dédoublement ? En théorie oui, mais dans la réalité, les deux processus
sont télescopés. La plupart du temps, ce qui est conçu pour répondre aux exigences des
bailleurs, l’est également pour satisfaire aux exigences réglementaire du pays hôte.
Dans les séquences subséquentes de ce cours, nous verrons plus en détail le processus
d’évaluation environnementale et sociale de projets financés par quelques bailleurs, ou par
des Banques commerciales, en commençant notamment par les processus de la Banque
mondiale.
Séquence 2 : L'évaluation environnementale par la Banque mondiale
et autres bailleurs
Dans cette séquence, nous allons examiner plus en détail le cheminement de l’Évaluation
d’un projet sur financement de la Banque mondiale. On verra comment à partir de cet
exemple, on peut comprendre un processus commun à tous les autres bailleurs, soit l’usage
de normes ou de critères spécifiques.
Précisons d’abord que lorsque l’on parle de la Banque mondiale, en réalité on parle de cinq
institutions réunies dans le Groupe Banque mondiale. Ce sont 1) la Banque Internationale
pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) ; 2) l’Agence internationale de
Développement (AID) ; 3) la Société financière internationale (SFI) ; 4) l’Agence Multilatérale
de Garantie des Investissements ( MIGA) et enfin 5) le Centre International pour le
règlement des différends relatifs aux investissements ( CIRDI).
Seules la BIRD, l’AID et la SFI sont directement impliquées dans le financement des projets.
En pratique, la BIRD et l’AID sont indistincts et représentent ce que presque tout le monde
appelle couramment la « Banque mondiale ». Leurs financements s’adressent au secteur
public, aux États, et sont regroupés souvent en un seul montant constitué d’une
combinaison de prêts concessionnels de la BIRD, qui s’ajoutent à la dette du pays récepteurs
et de prêts ou dons de l’AID qui ne contribuent pas à sa charge d’endettement. La troisième
institution, la SFI, fonctionne indépendamment et s’adresse directement au secteur privé.
Il y a donc, en réalité, deux cheminements de projet et deux jeux de critères ou de normes
appliquées par le Groupe Banque mondiale selon que le financement s’adresse au
gouvernement et relève de la BIRD et de l’AID ou qu’il s’adresse directement au secteur
privé et relève de la SFI. Voyons ces deux jeux de normes et de standards.
La partie de la « Banque » (BIRD et AID) qui s’adresse au secteur public a choisi de regrouper
toutes les politiques opérationnelles touchant la gestion de l’environnement en un corpus
qu’elle a reconnu comme étant ses Politiques de Sauvegardes Environnementales
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Au nombre de 10+1, Les Politiques sont regroupées en catégories : environnementales,
développement rural, sociales et juridiques. Parmi ces politiques, deux sont bien connues et
se sont établis comme des sortes de normes « universelles », soit la 4.04 et la 4.12. En
particulier la 4.12 exigera dans certains cas de déplacement de population, la préparation
d’un Plan d’Action de Réinstallation, un PAR, en sus d’un PGES.
Depuis le 1er octobre 2018, à la suite de nombreuses consultations, la Banque a mis en place
un nouveau système et a adopté un nouveau jeu de 10 Normes Environnementales et
Sociales. Toutefois, l’ensemble des P.O. des Politiques de Sauvegardes continuera de
s’appliquer aux projets en cours et on estime que les deux systèmes coexisteront au moins
jusqu’en 2023.
Ce sont ces Normes qui définissent ou garantissent d’une certaine façon le caractère de
conformité au développement durable ou l’Acceptabilité sociale des projets qui font l’objet
de financement. Selon la nature du projet, les documents d’évaluation sont tenus de
répondre ou de tenir compte de toutes et chacune des Normes mises en jeu par le projet.
Je vous invite à prendre connaissance de ces nouvelles Normes dans le Manuel du cours au
Chapitre 11, Encadré 11.5 et Tableau 11.4 (voir les annexes documentaires). On notera
l’introduction d’un nouveau vocabulaire (GESTION DES RISQUES, GESTION DURABLE DES
RESSOURCES), de nouvelles préoccupations (EMPLOI ET CONDITIONS DE TRAVAIL), le
maintien des préoccupations liées aux déplacement des populations (DEVENU LA NORME N°
5)
Ces nouvelles normes rejoignent celles, plus anciennes, de la Société Financière
Internationale qui, elle, s’adressant au secteur privé, s’appuie sur un jeu de 8 Standards de
Performance que vous retrouverez dans l’Encadré 11.8 du Manuel de cours.
L’Évaluation des projets sous financement par la Banque Africaine de Développement tant
au secteur public que privé suit la même logique, fondamentalement le même processus,
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mais s’appuie toutefois sur un jeu de 5 SAUVEGARDES OPÉRATIONNELLES distincts,
particuliers à la BAD
Je vous invite à nouveau à consulter le Chapitre 11 du manuel du cours pour plonger plus en
détail dans le fonctionnement et l’application de ces normes, critères ou politiques, chez les
autres bailleurs, notamment la Banque Asiatique d’Investissement pour les Infrastructures.
Séquence 3 : Les Principes de l'Équateur et autres contextes de
financement
Il n’y a pas que les bailleurs multilatéraux ou les agences de coopération qui contribuent et
financent des projets dans les pays en développement. Les Banques commerciales le font.
Par exemple, il se pourrait qu’un projet minier majeur au Mali cherche du financement
auprès à la fois de la Société Générale de Banques et de la Banque Royale d'Écosse.
Les Principes de l'Équateur sont un ensemble de règles de conduite, qui ensemble
constituent une sorte de Politique de l'Environnement et du Développement Durable,
auxquels peuvent adhérer VOLONTAIREMENT des banques, des trusts, en fait tout
institution prêteuse privée ou commerciale.
Les institutions qui adhèrent aux principes constituent une association libre, une sorte de
club, dont on désigne les participants comme étant des EPFI (Equator Principles Financial
Institutions). Originalement 4 au départ, les EPFI sont aujourd’hui au nombre de 94
provenant de 37 pays différents, dont 10 provenant du continent africain. Ensemble, ces
institutions financières- Banques, trusts, compagnies d'assurance- participent et fournissent
90 % du financement privé du développement international.
Les Principes de l’Équateur sont au nombre de 10. Vous pouvez les revoir un à un à l’Encadré
11.16 de votre Manuel. L’essentiel à retenir maintenant est que les principes 1) imposent la
tenue d’une évaluation environnementale, incluant une étude d’impact, pour tout projet de
$10MUS et plus, 2) adoptent essentiellement pour ce faire le système et les standards de la
Société Financière internationale et 3) attachent une importante accrue aux engagements
de l’entreprise en matière de gestion et de management environnementale
L'outil privilégié pour la Gestion du Risque environnemental réside dans la mise sur pied d’un
Système de Management Environnemental, un SME, en entreprise privilégiant ceux qui sont
« normés » et relèvent d'un organisme ou d'un système de standardisation, par exemple,
EMAS ou ISO par exemple ISO 14000. D’où l’importance de ces systèmes et leur lien direct
avec la gouvernance environnementale liée aux financements des projets.
La Responsabilité Sociale et Environnementale des Entreprises (RSEE) est une autre
manifestation de cette forme de gouvernance environnementale qui répond aux « pressions
et incitatifs » des marchés, notamment l’investissement responsable ou éthique, qui traduit
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le rôle de plus en plus important du premier maillon de la chaîne, l’actionnaire ou
l’investisseur et d’autre part, le consommateur, le dernier maillon de la chaîne.
Parmi les outils qui « mesurent » d’une certaine façon la responsabilité sociale et
environnementale se trouvent des outils de « reporting » non financier, dont un des plus
important est le système de reporting développement durable proposé par le GRI, le Global
Reporting Initiative. Il vous faut voir les détails de cet outil dans votre Manuel de Cours.
En conclusion, le financement des projets est l’occasion, le lieu d’émergence de nouvelles
formes de gouvernance environnementale, depuis les systèmes mis en place par les bailleurs
et les principes auxquels adhèrent les banques commerciales jusqu’à la pression exercée par
les investisseurs et les consommateurs menant à la responsabilité sociale et
environnementale et sociale des entreprises.
Je vous invite à lire et étudier attentivement le Chapitre 11 de votre Manuel de cours qui fait
le tour des différentes formes qu’ont pris avec le temps ces nouvelles formes de
gouvernance environnementale.
N'oubliez pas de retourner sur la plateforme de formation pour répondre au
questionnaire d’évaluation et valider vos connaissances ! C’est nécessaire si vous
souhaitez obtenir votre attestation en fin de session.
Annexes documentaires
Manuel de la formation : Institut de la
Francophonie pour le développement
durable et Université Senghor, 2019,
Évaluations environnementales des
politiques et projets de développement
[Sous la direction de Yelkouni, M. et E.L.
Ngo-Samnick]. IFDD, Québec, Canada, 272
p.
Cliquer sur l’image pour y accéder
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Module 8
Atlas complémentaire à la formation :
Institut de la Francophonie pour le
développement durable, 2019, Cartographie
de l’évaluation environnementale et sociale
dans la Francophonie [Sous la direction de
Reveret, J-P. et E.L. Ngo-Samnick]. IFDD,
Québec, Canada, 224 p.
Cliquer sur l’image pour y accéder
Ressource complémentaire : Institut de la
Francophonie pour le développement
durable, 2016, Guide méthodologique sur
l’intégration du genre dans les évaluations
environnementales [Sous la direction de
Abdoulhalik, F.]. IFDD, Québec, Canada, 112
p.
Cliquer sur l’image pour y accéder
Ressource complémentaire : Institut de la
Francophonie pour le développement
durable, 2013, La participation publique en
évaluation environnementale en Afrique
francophone [Sous la direction de
Abdoulhalik, F.]. IFDD, Québec, Canada, 162
p.
Cliquer sur l’image pour y accéder
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Module 8
Ressource complémentaire : Institut de la
Francophonie pour le développement
durable. (2021). Guide méthodologique
pour la prise en compte des enjeux de santé
dans l’évaluation environnementale et
sociale [sous la direction de E.L. Ngo-
Samnick et D. Bitondo]. IFDD, Québec,
Canada, 96 p.
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