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Gestion durable par agroforesterie

Ce document décrit l'agroforesterie, qui est un terme générique pour les systèmes d'utilisation des terres dans lesquels les plantes ligneuses sont intégrées aux cultures agricoles et à l'élevage. L'agroforesterie présente de nombreux avantages comme l'amélioration de la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté, et la préservation de la biodiversité. Le document explique également les principes et les types d'agroforesterie.

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Gestion durable par agroforesterie

Ce document décrit l'agroforesterie, qui est un terme générique pour les systèmes d'utilisation des terres dans lesquels les plantes ligneuses sont intégrées aux cultures agricoles et à l'élevage. L'agroforesterie présente de nombreux avantages comme l'amélioration de la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté, et la préservation de la biodiversité. Le document explique également les principes et les types d'agroforesterie.

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AGROFORESTERIE

La grande diversité dans un système agroforestier, en Ethiopie. (Hanspeter Liniger)

Questions de développement abordées


En un mot... Prévention / inversion de la dégradation des terres +++

Définition : L’agroforesterie (AF) est un terme générique servant à désigner les sys- Maintien et amélioration de la sécurité alimentaire +++
tèmes d’utilisation des terres et les pratiques dans lesquelles les plantes ligneuses Réduction de la pauvreté en milieu rural +++
vivaces sont délibérément intégrées aux cultures agricoles et / ou à l’élevage pour Création d’emplois en milieu rural +
une variété de bénéfices et de services. L’intégration peut être faite soit selon une
Soutenir l'égalité des genres et les groupes ++
association spatiale (par exemple, les cultures agricoles avec les arbres) soit selon
marginalisés
une séquence temporelle (par exemple, les jachères améliorées, les rotations). L’AF va
des systèmes très simples et clairsemés à des systèmes très complexes et denses. Amélioration de la production agricole ++
Celle-ci embrasse un large éventail de pratiques : les cultures en couloirs, l’agricul- Amélioration de la production fourragère ++
ture avec des arbres en courbes de niveaux, ou les périmètres clôturés avec des Amélioration de la production de bois / fibre ++
arbres, les cultures multi-étagées, les cultures intercalaires de relais, les polycultures,
Amélioration de la production forestière non ligneuse +
les jachères d’arbustes et d’arbres, les systèmes de parcs, les jardins maraîchers, etc.
Beaucoup d’entre eux sont des systèmes traditionnels d’utilisation des terres. L’AF Préservation de la biodiversité +++
n’est donc pas une technologie unique mais couvre un concept général d’arbres dans Amélioration des ressources du sol (MOS, +++
des systèmes de cultures et d’élevage permettant d’atteindre une multifonctionnalité. nutriments)
Il n’existe pas de frontière claire entre l’AF et la foresterie, ni entre l’AF et l’agriculture. Amélioration des ressources hydriques ++
Applicabilité : Sur les pentes montagneuses subhumides, l’AF peut être pratiquée Amélioration de la productivité de l’eau +++
sur des exploitations entières comme autour du Mont Kilimanjaro (le système Chagga)
Prévention / atténuation des catastrophes naturelles +++
et du Mont Kenya (le système Grevillea). Dans les zones arides, l’AF est rarement mise
en place sur des exploitations entières (sauf dans les systèmes de parcs au Sahel). Atténuation du / adaptation au changement +++
Il est plus fréquent pour les arbres d’être utilisés dans diverses niches de production climatique
au sein d’une exploitation agricole. L’AF est principalement applicable aux petites Atténuation du changement climatique
exploitations agricoles et dans les plantations de thé/café de petite à grande échelle.
Potentiel de séquestration du C 0,3 - 6,5*
Résilience à la variabilité climatique : L’AF est tolérante aux changements clima-
(en tonnes/ha/an)
tiques. Les systèmes agroforestiers sont caractérisés par la création de leurs propres
microclimats et par leur effet tampon dans les situations extrêmes (tempêtes impor- Séquestration du C : au dessus du sol ++
tantes ou périodes arides et chaudes). L’AF est reconnue comme une stratégie de Séquestration du C : en sous-sol ++
réduction des gaz à effet de serre grâce à sa capacité à séquestrer biologiquement
Adaptation au changement climatique
le carbone. Ce potentiel d’adaptation et de réduction dépend du système agrofores-
tier appliqué. Résilience à des conditions extrêmes de ++
sécheresse
Principaux bénéfices : Les systèmes agroforestiers ont un grand potentiel de diver-
sification des ressources alimentaires et des sources de revenus. Ceux-ci peuvent Résilience à la variabilité des précipitations +++
améliorer la productivité des terres, stopper et inverser la dégradation des terres grâce Résilience aux tempêtes de pluie et de vent ++
à leur capacité à fournir un microclimat favorable et une couverture permanente, à extrêmes
améliorer la teneur en carbone organique et la structure du sol, à accroitre l’infiltration Résilience aux augmentations de ++
et à améliorer la fertilité et l’activité biologique des sols. températures et de taux d’évaporation
Adoption et transposition à grande échelle : Il existe un manque de compréhen-
Réduction des risques de pertes de pro- ++
sion quantitative et prévisionnelle au sujet des pratiques agroforestières traditionnelles duction
et novatrices et de leur importance afin de les rendre plus adoptables. La recherche
*pour les 10 à 20 premières années de la gestion modifiée d’utili-
et le suivi sur le terrain à long terme sont nécessaires en raison de la nature complexe sation des terres, en fonction des espèces d’arbres sélectionnées
des systèmes arbres / cultures agricoles. (Sources : Nair et al., 2009)

132 La pratique de la gestion durable des terres


Origine et diffusion
Origine : L’AF englobe de nombreux systèmes traditionnels d’utilisation des terres,
comme les jardins maraîchers, les plantations d’arbres en limite, les cultures itiné-
rantes et les systèmes de jachères arbustives, les cultures en courbes de niveaux.
L’AF est traditionnelle et a été «redécouverte» en 1978, lorsque le nom « d’agrofores-
terie » a été inventé. Depuis lors, celle-ci a été promue par les projets et à l’initiative
des exploitants agricoles. Les cultures en couloirs ont été conçues à la fin des années
1970 par la recherche pour éliminer le recours à une période de jachère dans les
zones tropicales humides et subhumides pour reconstituer la fertilité des sols.
Principalement utilisée : Burkina Faso, Ethiopie, Guinée, Kenya, Lesotho, Malawi,
Mozambique, Nigeria, Niger, Afrique du Sud, Tanzanie, Togo, Ouganda, Zambie, Zim-
babwe. Cependant, tous les pays d’ASS pratiquent une forme ou une autre d’AF.
Dans ces pays, ce sont l’étendue et les formes d’AF pratiquées qui diffèrent. La couverture forestière sur les terres agricoles en ASS.
(Source : Zomer et al.,2009)

Principes et types
Les facteurs qui influencent la performance de l’AF sont les types et les mélanges de
cultures agricoles, d’élevage et d’arbres, le matériel génétique, le nombre et la répartition
des arbres, l’âge des arbres, la gestion des cultures, de l’élevage et des arbres et le climat.
Les  systèmes  de  parcs  agroforestiers  sont principalement des zones cultivées
avec des arbres dispersés (souvent indigènes). Les caractéristiques des parcs agro-
forestiers traditionnels sont la diversité des espèces d’arbres qui les composent, la
variété des produits et de leurs utilisations (comprenant les fruits, le fourrage, etc.).
Ceux-ci génèrent et fournissent des microclimats favorables (en particulier grâce à
l’ombre) et font un effet tampon pour les conditions extrêmes (en agissant comme
brise-vent). Les parcs se trouvent principalement dans des zones semi-arides et sub-
humides d’Afrique de l’Ouest. Les systèmes céréaliers / Faidherbia albida sont prédo-
minants dans toute la zone sahélienne et dans certaines parties de l’Afrique de l’Est.
Pour de nombreuses populations locales, ces systèmes sont très importants pour la
sécurité alimentaire, la création de revenus et la protection de l’environnement.
Les systèmes multi-étagés sont définis comme des groupes d’arbres ou d’arbustes
plantés ou existants, gérés comme un étage supérieur de plantes ligneuses avec un à
plusieurs étages inférieures de cultures. L’objectif est (1) d’utiliser différentes strates et
d’améliorer la diversité des cultures grâce à des cultures mixtes mais compatibles à dif-
férentes hauteurs sur une même zone ; (2) de protéger les sols et de fournir un microcli-
mat favorable ; (3) d’améliorer la qualité des sols en recyclant les éléments nutritifs et en
maintenant / augmentant la matière organique du sol et ; (4) d’augmenter le stockage
du carbone dans la biomasse végétale et le sol. Un exemple classique sont les jardins
maraîchers Chagga en Tanzanie qui intègrent plus de 100 espèces de plantes.
Banques  fourragères  : Les arbres et arbustes à feuilles et / ou à gousses appé-
tentes sont attrayants pour les agriculteurs en tant que compléments alimentaires pour
le bétail parce que ceux-ci nécessitent peu ou pas d’apports de trésorerie : En réalité, ils
ne font pas concurrence aux terres car ils sont cultivés le long des bordures, des voies
et en courbes de niveaux pour freiner l’érosion des sols. Gérer les arbustes fourragers
exige des compétences multiples, y compris cultiver les semis en pépinière, tailler les
arbres et favoriser la croissance des feuilles. Néanmoins, au cours des dix dernières
années, environ 200000 agriculteurs au Kenya, en Ouganda, au Rwanda et au nord de
la Tanzanie ont planté des arbustes fourragers, principalement pour nourrir les vaches
laitières.
Les jachères améliorées sont composées d’espèces d’arbres ligneux plantées afin
de restaurer la fertilité à court terme. Traditionnellement, les jachères prennent plu-
sieurs années. La végétation naturelle est lente à restaurer la productivité des sols. Par
contraste, les arbres et arbustes légumineux à croissance rapide – s’ils sont correcte-
ment identifiés et sélectionnés - peuvent améliorer la fertilité du sol en faisant monter les
éléments nutritifs des couches inférieures du sol, en fournissant de la litière et en fixant
l’azote. Les jachères améliorées sont l’une des technologies les plus prometteuses
en agroforesterie sous les tropiques humides et subhumides, avec un grand potentiel
d’adoption en Afrique australe et de l’Est.
En haut : Jardins d’oignons en basse saison (en arrière-plan)
Les brise-vent / rideaux-abris sont des barrières d’arbres et d’arbustes qui protègent dans un système de parcs, au Burkina Faso. (Christoph Studer)
contre les dégâts du vent. Ceux-ci sont utilisés pour réduire la vitesse du vent, pro- Au milieu : Cultures intercalaires de 4 espèces différentes de
téger le développement des plantes (cultures agricoles et fourrages), améliorer les plantes, au Rwanda. (Hanspeter Liniger)
microenvironnements pour augmenter la croissance des plantes, délimiter les limites En bas : Agroforesterie avec des arbres Grevillea, du café, du
thé sur des pentes raides, au Kenya. (Hanspeter Linigier)
des champs et augmenter le stockage du carbone.

Groupe GDT : Agroforesterie 133


AGROFORESTERIE
Applicabilité Dégradation des terres

Dégradations des terres concernées Erosion hydrique Elevée


Détérioration chimique du sol : diminution de la fertilité des sols et du taux de Erosion éolienne Modérée
matière organique (à cause des cultures continues et du faible niveau d’intrants) Détérioration chimique du sol Faible
Erosion hydrique et éolienne des sols : perte de la couche fertile du sol Détérioration physique du sol Insignifiante
Détérioration physique du sol : compactage, scellage et encroûtement Dégradation biologique
Dégradation hydrique : à savoir de fortes pertes d’eau par évaporation des surfaces
Dégradation hydrique
non-productives, évènements extrêmes lourds causant le ruissellement et l’érosion

Utilisation des terres


L’AF est adaptée à tous les systèmes d’exploitation agricoles quand les espèces Utilisation des terres
ligneuses et non ligneuses peuvent être mélangées. Celle-ci est adaptée aux zones Terres cultivées
arides souffrant de vents violents et d’érosion éolienne et aux sols peu fertiles (sys-
Pâturages
tèmes de parcs, cultures intercalaires, brise-vent). Les systèmes multi-étagés sont
Forêts / bois
adaptés aux zones avec des pluies excessives induisant une érosion hydrique, un
Terres mixtes
compactage des sols, des intrants coûteux (engrais), des ravageurs et des mala-
dies. Ne convient pas aux : zones arides dans les situations où le manque de terrains Autres
(petites unités d’exploitation) rend les systèmes d’AF inadaptés. Dans les régions plus
humides, l’AF peut être pratiquée sur des parcelles très petites (p. ex., les systèmes
multi-étagés). Des droits imprécis d’utilisation des arbres et des terres ne sont pas Climat Précipitations moyennes (mm)
favorables à l’établissement de systèmes d’AF.
Humide > 3000
Conditions écologiques Sub-humide 2000-3000
Climat : Les systèmes avec une faible densité d’arbres sont plus appropriés aux Semi-aride 1500-2000
zones à faible pluviométrie et les systèmes à haute densité dans les zones à forte plu- Aride 1000-1500
viosité. L’AF dans toute sa diversité est adaptée à un large éventail de climats et de 750-1000
zones agro-écologiques (ZAE). Les parcs ne se limitent pas à des ZAE spécifiques et
500-750
se retrouvent à différentes latitudes, mais principalement dans les zones semi-arides
250-500
et subhumides d’Afrique de l’Ouest. Les systèmes multi-étagés sont plus applicables
dans des environnements subhumides à humides ou dans des systèmes irrigués, en < 250
raison des besoins en eau. Les cultures en couloirs et les jachères améliorées ont un
large éventail d’applicabilité, qui va des zones semi-arides à humides.
Terrains et paysages : Convient à toutes les formes de reliefs et de pentes : plaines / Pente (%) très raide (>60)
plateaux ainsi que les pentes et les fonds de vallée. Ne convient pas à des altitudes raide (30-60)
élevées (plus de 2000 à 2500 m d’altitude) en raison des températures plus basses, vallonné (16-30)
des effets négatifs de l’ombre et d’une courte saison de croissance. L’AF est viable onduleux (8-16)
sur des terres en pente qui sont par ailleurs trop raides pour les cultures. modéré (5-8)
Sols : Pas de limitations importantes, l’AF est conçue pour une large gamme de sols. faible (2-5)
Le système agroforestier peut restaurer la fertilité du sol, là où d’autres systèmes d’uti- plat (0-2)
lisation des terres ont miné (épuisé) les éléments nutritifs du sol.

Conditions socioéconomiques
Système d’exploitation et niveau de mécanisation: Principalement appliqué sur les Taille de l’exploitation Propriété foncière
petites exploitations. Cependant, il peut être appliqué à toutes les échelles agricoles et Petite échelle Etat
peut être conduit avec différents niveaux de mécanisation (où les arbres sont plantés à
Echelle moyenne Société privée
de faible densité). Dans de nombreux pays, les femmes sont les principaux acteurs des
Grande échellee Communauté
jardins maraîchers et la nourriture est produite principalement pour leur subsistance.
Individuel, sans titre
Orientation de la production : Peut être appliqué dans des systèmes de subsis-
tance ou commerciaux ; Principalement utilisé dans les systèmes mixtes ; l’accès aux Individuel, avec titre
marchés est important pour vendre la production excédentaire et acheter des intrants.
Propriété foncière et droits d’utilisation des terres / de l’eau : L’AF est principa-
lement appliquée dans des zones avec des droits individuels d’utilisation des terres et Mécanisation Orientation de la production
quand les exploitants agricoles ont des droits sur les arbres qu’ils plantent. Les terres Travail manuel De subsistance
collectives ne présentent souvent pas la sécurité foncière nécessaire et les exploitants
Traction animale Mixte
tendent donc à être réticents à y pratiquer l’AF et à y investir. Les réglementations
Mécanisé Commerciale
locales pour l’utilisation des arbres et des cultures sont nécessaires.
Compétences et connaissances requises : Elles font souvent partie d’une tradi-
tion, mais le savoir-faire est nécessaire pour la sélection d’espèces appropriées aux
Exigence en main-d’œuvre Exigence en connaissances
différents environnements et besoins, et pour minimiser les compétitions.
Exigence en main-d’œuvre : Ils peuvent être élevés pour la mise en place - à moins Forte Forte
qu’un système de régénération naturelle de protection soit utilisé - mais faibles pour Moyenne Moyenne
l’entretien, bien que certains intrants soient nécessaires pour l’émondage et la taille Faible Faible
afin de réduire la compétition.

134 La pratique de la gestion durable des terres


Economie Exemple : Malawi
Modélisation des rendements du maïs dans
Coûts de mise en place Coûts d’entretien l’amélioration des rotations de jachère dans le
Makoka, au Malawi, en fonction des précipita-
25-250 USS/ha

70-150 USS/ha
10-40 USS/ha

30-80 USS/ha
tions de la saison de croissance.

0-30 USS/ha

0-10 USS/ha
3,0 Monoculture maïs
Maïs + sesbania
haut 2,5

Rendements du maïs (t ha-1)


haut

modéré modéré 2,0

faible faible 1,5

0 0 1,0
Travail Equipement Intrants Travail Equipement Intrants
agricoles agricoles
0,5
Fondé sur des études de cas en Ethiopie, au Kenya et au Togo (Source : WOCAT, 2009)
0,0
1001 1017 551 962 522
Coûts de mise en place des systèmes agroforestiers peuvent beaucoup varier. La Précipitations (mm)
main-d’œuvre et les intrants agricoles (semences, semis, etc.) ont une incidence sur (Source : Chirwa, 2003 in Verchot et al., 2007)
les coûts de mise en place, particulièrement quand ceux-ci sont liés aux systèmes
de collecte des eaux pluviales en zones arides.   Exemple : District de Kitui, Kenya
Coûts d’entretien sont relativement faibles.  Dans une étude menée dans le District de Kitui,
au Kenya, il a été déterminé si la croissance
Bénéfices de production des arbres M. volkensii dans les terres cultivées
Rendement sans GDT Rendement avec GDT Augmentation de était financièrement rentable ou non. Les valeurs
(t/ha) (t/ha) rendement (%) obtenues de bois produit ont été comparées
Maïs (Malawi) 0.7 1.5-2.0 110-190% avec celles des récoltes perdues en raison de
la compétition sur une rotation de 11 ans. Les
(Source : Malawi Agroforestry Extension Project; in Woodfine, 2009) coûts pour les semences, la culture, les maté-
riaux de plantation d’arbres ou la main d’œuvre
Commentaires  :  Les rendements agricoles peuvent augmenter dans un système n’ont pas été pris en compte. Ceci augmenterait
agroforestier, néanmoins, l’AF n’aboutit pas dans tous les cas à une augmentation le surplus d’argent provenant des produits des
de la production agricole ; en fonction du type de système, le rendement global peut arbres car ces dernières années, une mauvaise
s’améliorer au fur et à mesure que les produits obtenus des arbres/arbustes compen- récolte sur deux a eu lieu. Il a été montré qu’à la
sent toute perte de rendement. fin de la rotation, les revenus cumulés des pro-
duits forestiers ont dépassé les valeurs cumulées
Rapport bénéfice-coût des rendements des cultures perdues à cause
Système AF à court terme à long terme quantitatif de la concurrence, de 10 US$ ou 42% au cours
d’années moyennes et de 22 US$ ou 180% dans
Systèmes de parcs –/+ +/++ données non disponibles l’hypothèse d’une perte de récolte de 50% en rai-
Multiétages +/++ +/++ son de la sécheresse. (Dans ce District du Kenya,
en moyenne 6 sur 16 saisons de cultures ont été
Cultures en couloirs + ++ perdues) (Ong et al., 1999, Verchot et al., 2007).
Jachères améliorées ++ +++
Exemple : Kenya, Ouganda, Rwanda et nord
Total + ++
de la Tanzanie
– légèrement négatif; -/+ neutre; + légèrement positif; ++ positif; +++ très positif Dans les Hautes Terres d’Afrique de l’Est, des
(Source : WOCAT, 2009) agriculteurs, avec 500 arbustes Calliandra, ont
augmenté leur revenu net de 62 US$ à 122
Commentaires  :  Toutes les analyses bénéfice-coût disponibles indiquent une ren- US$ selon qu’ils utilisaient ces arbustes comme
tabilité économique de l’intégration des arbres dans les champs de cultures (notam- substitut ou comme supplément, et selon
ment les espèces d’arbres à usages multiples). Les analyses n’ont principalement pris l’endroit où ils étaient localisés. Ces arbustes
en compte que les valeurs d’utilisation directe, car les valeurs d’utilisation indirecte, fourragers sont très attractifs pour les agricul-
telles que les fonctions environnementales, et les valeurs de non-utilisation telles que teurs car ils ne nécessitent pas ou peu d’ar-
les fonctions culturelles et religieuses sont plus difficiles à évaluer. En outre, les estima- gent, pas plus qu’ils n’obligent les agriculteurs
tions des bénéfices-coûts sont compliquées par les nombreuses sources de variation à retirer des terres de la production vivrière ou
annuelle des facteurs régissant les productions agricoles et forestières et les interac- d’autres cultures (Franzel et Wambugu, 2007).
tions arbres-cultures agricoles.

L’impact sur les différentes échelles temporelles est une question particulièrement
pertinente pour l’agroforesterie. Les exploitants agricoles à faible revenu adoptent
plus facilement les pratiques agroforestières dont les bénéfices sont à court terme,
comme les jachères améliorées (enrichies avec des espèces d’arbres/d’arbustes fixa-
teurs d’azote) et les systèmes multi-étagés de court terme.

Groupe GDT : Agroforesterie 135


AGROFORESTERIE
Impacts
Bénéfices au niveau de l’exploitation au niveau du bassin versant / au niveau national / mondial
du paysage
Production +++ diversification des cultures +++ éduction des risques et des +++ amélioration de la sécurité ali-
++ des rendements combinés plus élevés (arbres, cultures pertes de production mentaire et de la sécurité en eau
agricoles et élevage) ++ accès à l’eau potable
++ fourni des produits sur l’année ++ approvisionnement fiable en bois
combustible
Economiques ++ création de revenus en espèce additionnels +++ réduction des dégâts sur l’infras- +++ amélioration des moyens
tructure hors-site d’existence et du bien-être
+ création d’emplois
+ stimulation de la croissance
économique
Ecologiques +++ amélioration de la couverture du sol +++ réduction de la dégradation et de +++ augmentation de la résilience aux
+++ réduction de l’érosion des sols (éolienne et hydrique) la sédimentation changements climatiques
+++ modifications favorables des conditions microclimatiques ++ augmentation de la disponibilité +++ amélioration de la biodiversité
(par ex. les arbres d’ombres qui peuvent réduire les de l’eau ++ arrêt et inversion de la
températures extrêmes d’environ 5°C, les brise-vent) + + amélioration de la qualité de dégradation des terres
++ amélioration de la fertilité des sols et de l’activité biologique l’eau
++ augmentation de la teneur en carbone organique (au dessus ++ écosystème intact
et en sous-sol)
++ utilisation plus efficace de l’eau disponible
++ amélioration de la biodiversité et de la vie du sol
++ augmentation de la structure du sol
+ lutte biologique contre les ravageurs et les maladies
Socioculturels ++ amélioration des connaissances sur la conservation / ++ augmentation de la sensibilisation +++ protection des ressources natu-
l’érosion à la « santé » environnementale relles et nationales pour les
++ arbres à usage multiple, couvrant des besoins divers ++ réduction des conflits due à la générations futures (patrimoine)
++ réduction de la pression sur les forêts baisse des impacts négatifs
+ renforcement des institutions communautaires hors-site
+ services sociaux (comme les marqueurs de frontière) ++ paysage attrayant
+ valeur esthétique ++ réduction de la déforestation

Contraintes Comment les surmonter

Production l Les systèmes produisent de multiples produits sous des conditions spé- ➜ minimiser la compétition et mettre l’accent sur la production globale
cifiques : seuls quelques produits peuvent en pâtir en raison de la com-
pétition

Economiques l Consomme de la main d’œuvre et du temps ➜ participation de tous les membres de la famille
l Besoins élevés en intrants ➜ utilisation maximale d’intrants disponibles localement : banques de
l Réduction de la flexibilité aux changements des marchés liés aux semences d’arbres locaux
produits des arbres

Ecologiques l Compétition entre les arbres (parcs, brise-vent, cultures en couloirs) et ➜ sélection d’espèces et gestion de la canopée pour réduire la compéti-
les cultures agricoles pour la lumière, l’eau et les nutriments tion en dessous et au dessus du sol (p. ex. taille des branches d’arbres,
coupes périodiques des racines)
l Interception de l’eau de pluie par la canopée ➜ avec les techniques de collecte des eaux et de gestion de l’humidité,
cette technique pourrait être diffusée à des zones à plus faible pluvio-
métrie
l Perte de terres pour les cultures forestières non-ligneuses ➜ augmentation de la productivité des terres par unité de surface, tailles
régulières des espèces d’arbres et d’arbustes durant la période de
croissance des cultures
l Appauvrissement de la nappe d’eau souterraine (si nappe phréatique ➜ sélection des espèces
limitée)
l Les périodes arides entraînent de faibles taux de survie des semis ➜ complément avec des techniques de collecte des eaux de pluie et de
gestion de l’humidité
l Sensibilité du bois à l’attaque de parasites ➜ sélection d’espèces, gestion intégrée des ravageurs, production de
variété plus tolérantes aux parasites

Socio- – Politiques forestières qui entravent la plantation, l’utilisation et la pro- ➜ p. ex. la réforme politique et les droits forestiers du charbon de bois
culturelles priété des arbres ➜ projets de contrats pour le bois de chauffage
– Barrières physiques et sociales à la participation des petits exploitants ➜ nouveaux systèmes d’information du marché (par ex. par téléphones
au marché cellulaires)
– Manque global d’information à tous les niveaux sur les marchés pour les ➜ faciliter et renforcer les capacités des agriculteurs et des associations
produits agroforestiers d’exploitations forestières
– Faible disponibilité et faible survie des semis ➜ collaboration entre le secteur privé, la recherche et la vulgarisation
➜ de petites pépinières encouragent la collecte de semences locales

Références et information de support :
Bekele-Tesemma, A. (ed). 2007. Profitable agroforestry innovations for eastern Africa: experience from 10 agroclimatic zones of Ethiopia, India, Kenya, Tanzania and Uganda. World
Agroforestry Centre (ICRAF), Eastern Africa Region.
Boffa, J. M. 1999. Agroforestry parklands in sub-Saharan Africa. Conservation Guide 34. FAO. [Link]
Chirwa, P.W. 2003. Tree and crop productivity in Gliricidia/Maize/Pigeonpea cropping systems in southern Malawi, Ph.D dissertation, University of Nottingham.
Critchley, W. forthcoming. More People, More Trees. Practical Action Publications.

136 La pratique de la gestion durable des terres


Adoption et transposition à grande échelle Environnement favorable : facteurs clefs de l’adoption

Intrants, incitations matérielles, crédits +


Taux d’adoption
Formation et éducation ++
Les conditions de la gestion complexe agroforestière (AF) peuvent limiter son adoption.
Les systèmes AF, comme les jachères améliorées, ont trouvé une large acceptation et Régime foncier, droits garantis d’utilisation ++
adoption chez les petits agriculteurs en Afrique australe (p. ex., en Zambie). Dans des des terres
régions comme les Hautes Terres d’Afrique de l’Est, les systèmes AF se sont répandus Accès aux marchés ++
avec très peu ou pas de soutien extérieur car les exploitants agricoles apprécient les
Recherche ++
arbres pour de multiples raisons et ont une forte motivation à planter et à entretenir une
bonne couverture arborée. « Les espèces forestières fertilisantes » (rendant les éléments Infrastructure +
nutritifs disponibles à partir des couches plus profondes du sol) ont tendance à être
adoptées mieux par les familles les plus pauvres dans les villages, ce qui est inhabituel Exemple : Kenya, Ouganda, Rwanda et Nord
dans les innovations agricoles. Récemment, dans le Sahel ouest africain, les systèmes de la Tanzanie
de parcs ont augmenté massivement avec l’amélioration de la pluviométrie, la garantie La diffusion d’arbustes fourragers en Afrique de
des droits forestiers et le soutien des projets. l’Est a été considérable. En 2006, environ 10
ans après le début de cette propagation, 224
Transposition à grande échelle organisations à travers le Kenya, l’Ouganda,
Les facteurs écologiques et sociaux sont simultanément importants pour motiver les le Rwanda, et le nord de la Tanzanie faisaient
exploitants agricoles à cultiver des arbres sur leurs exploitations. Les agriculteurs ont la promotion d’arbustes fourragers, et plus de
sur des connaissances et une expérience remontant à plusieurs siècles l’intégration des 200000 agriculteurs les avaient plantés, même
arbres dans leurs systèmes d’exploitation. Des parcs ont été développés par les agri- si le nombre d’arbustes par exploitation était
culteurs sur plusieurs générations pour diversifier la production de subsistance, et pour encore bien inférieur au nombre nécessaire pour
créer des revenus, ainsi que pour minimiser les risques environnementaux. Ces connais- nourrir une seule vache laitière. La raison pour
sances ont besoin d’être exploitées et renforcées afin de mettre à grande échelle l’AF. laquelle le nombre d’arbustes est encore rela-
La compréhension du système et de la façon dont il fonctionne est également cruciale tivement faible est que de nombreux agricul-
dans les différents environnements. Cela exige une expérience de l’adaptation de l’AF teurs les adoptent progressivement. Ils veulent
aux conditions locales pour améliorer les multiples bénéfices et minimiser les contraintes d’abord voir comment ceux-ci se comportent,
et la compétition entre les arbres et les cultures. Un système de connaissances docu- et beaucoup d’agriculteurs les « adoptent par-
mentant les expériences et facilitant les échanges entre les praticiens et les scientifiques tiellement » en appliquant différentes stratégies
des différents pays est nécessaire. En comparant avec d’autres activités agricoles, les pour fournir du fourrage supplémentaire, afin
exploitants agricoles ont besoin de relativement plus d’informations et de formation d’assurer une meilleure gestion des risques. En
pour être en mesure de mettre en œuvre les systèmes AF adaptés à leurs conditions raison du niveau d’informations élevé de la tech-
environnementales spécifiques. Cela limite la diffusion de certaines techniques d’AF. Les nologie, celle-ci ne se transmet pas facilement
stratégies de vulgarisation comprenant les écoles, les visites d’échange et la formation d’elle-même et nécessite donc une facilitation
des agriculteurs sur le terrain sont des moyens efficaces pour diffuser l’information. de l’extérieur. Des investissements considé-
rables sont nécessaires pour atteindre d’autres
Mesures incitatives pour l’adoption producteurs laitiers et pour soutenir le proces-
Les agriculteurs acceptent les pertes de rendement à condition que la nouvelle inter- sus d’assimilation (Franzel et Wambugu, 2007).
vention ait pour résultat un retour clair sur investissement. Dans les parcs traditionnels
d’Afrique de l’Ouest, l’ombrage dense des arbres de karité (Vitellaria paradoxa) et de
néré (Parkia biglobosa) réduit le rendement du millet de 50 a 80%, mais ces arbres
sont néanmoins utilisés en raison des rendements économiques élevés de leurs pro-
duits commercialisables. Les marchés pour les produits d’arbres issus d’agroforesterie
sont essentiels à l’adoption de l’AF pour avoir des impacts économiques, sociaux et
environnementaux significatifs. Les réformes des droits fonciers et les systèmes mis en
place de paiement pour les services écosystèmiques (PSE) vont encourager la propriété
des terres et stimuler le développement des plantations (à la fois des parcs forestiers
et agroforestiers). L’accent mis sur l’AF dans les politiques agricoles et les services de
vulgarisation, sur la promotion des marchés et l’amélioration du traitement des produits
des parcs, encouragera l’adoption de l’AF. Les mesures incitatives fournies sont sou-
vent en relation avec la constitution de pépinières au niveau villageois.

FAO. 2005. Realising the economic benefits of agroforestry: experiences, lessons and challenges. State Of The World’s Forests, P. 88-97.
Franzel S. and C. Wambugu. 2007. The Uptake of Fodder Shrubs among Smallholders in East Africa: Key Elements that Facilitate Widespread Adoption. In Hare, M.D. and K.
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Groupe GDT : Agroforesterie 137


Etude de cas
Agroforesterie

J A R D I N S FA M I L I A U X D E C H A G G A – TA N Z A N I E
Les jardins familiaux de Chagga sont des « forêts de bananiers » densément plan- Mesure GDT De gestion et végétative
tées avec une strate supérieure d’arbres clairsemés. Ce système complexe d’asso-
Groupe GDT Agroforesterie
ciation de cultures a évolué au cours des siècles, transformant progressivement la
forêt naturelle des piedmonts du Kilimandjaro. Un jardin familial de Chagga fait en Type d’utilisation Mixte (agroforesterie)
des terres
moyenne 0,68 ha et associe de nombreux arbres et buissons à fonctions diverses
avec des cultures vivrières et des animaux nourris à l’étable, sans disposition par- Dégradation Pertes de nutriments ; Perte de la
concernée couche arable du sol
ticulière dans l’espace. Cependant, dans le sens vertical, on distingue 4 étages /
canopées : (1) les cultures vivrières : taro, haricots, légumes et fourrages / herbes ; Stade d’intervention Prévention
(2) caféiers : 500-1400 plants/ha ; (3) bananiers, la culture principale : 50% de Tolérance au chan- Tolérant aux extrêmes climatiques ;
la surface : 33-1200 bouquets/ha ; et (4) arbres, entre autres Cordia abyssinica, gement climatique capacité tampon élevée du système
Albizia schimperiana et Grevillea robusta. Les arbres fournissent de l’ombre aux (microclimat, biodiversité, irrigation)
caféiers, servent de barrières végétales, fournissent des substances médicinales,
du bois de feu, du fourrage, du matériau de paillage et sont mellifères ; certains ont
Activités de mise en place
1. Transformation de la forêt naturelle : les
des propriétés insecticides (p. ex. Rauwolfia caffra).
arbres qui fournissent du fourrage, du com-
Ce système multi-étagé optimise l’utilisation de surfaces de terres limitées dans une
bustible, des fruits, de l’ombre, du bois, qui
zone très peuplée, permet une production durable avec un minimum d’intrants et
ont des propriétés médicinales, mellifères ou
de risques (moins de risque d’échec de culture, résistance accrue à la sécheresse
antiparasitaires sont conservés, tandis que
et aux parasites), tout en protégeant l’environnement. La grande diversité d’es-
les espèces moins utiles sont éliminées.
pèces fournit à la fois la nourriture et des cultures de rente.
2. Introduction d’espèces d’arbres fruitiers
Certaines parties des jardins familiaux sont irriguées et drainées par un réseau de
ou pour le bois, tels qu’avocat, mangues,
plus de 1000 canaux et fossés qui récoltent le ruissellement de la forêt de mon-
Grevillea robusta, Persea americana.
tagne. Beaucoup de ces systèmes sont maintenant en mauvais état. A partir des
3. Plantation d’espèces cultivées (bananes,
années 1930, le café a pris plus de place et il a fallu déplacer les cultures vivrières
café, taro, haricots, légumes).
dans les basses terres. Aujourd’hui, les jardins familiaux Chagga de montagne ne
4. Construction de canaux d’irrigation / drainage.
fonctionnent qu’en association avec des champs de basses terres où maïs, millet,
5. Terrassement ou construction de diguettes
haricots, tournesol et arachides sont cultivés pour assurer la sécurité alimentaire.
dans les zones en pente.
La disposition des végétaux est irrégulière et
paraît désordonnée, avec un mélange d’arbres,
de buissons et cultures vivrières.

Activités d’entretien récurrentes


1. Planter, entretenir et récolter bananes, taro,
ignames (12 mois/an).
2. Ouvrir la canopée pour une meilleure fructifi-
cation du café.
3. Espacer des plants de bananiers.
4. Fertiliser les cultures (fumier et compost des
animaux à l’étable).
5. Taille des arbres / buissons fourragers.
6. Tailler et traiter les caféiers : maladie des fruits
et rouille des feuilles.
7. Entretenir les fossés d’irrigation
8. Récolter le café (août-janvier).
9. Soigner et traire les vaches à l’étable (en
général une seule).
10. Paillage, entretien des terrasses (prévention
de l’érosion du sol).
Tous les travaux sont faits à la main.

Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : moyenne
Pour l’entretien : moyenne

Exigence en connaissances
Pour les conseillers : moyenne à élevée
Pour les exploitants : moyenne à élevée

Photo 1 : Jardin familial de Chagga avec le sommet enneigé


du mont Kilimandjaro en arrière-plan (Hanspeter Liniger)
Profile : Jardin familiaux de Chagga typique sur une pente
de 45% à 1400 m d’alt. avec 4 strates de végétation : cano-
pée ouverte avec Albizia schimperiana (jusqu’à 20 m); strate
sup. de buissons, bananiers (4-6 m); strate inf. de buissons,
caféiers (1,5-2 m) et cultures vivrières, taro (< 1,5 m) -2,5 m;
3-6 m; 5-30 m. (Hemp A. et Hemp C., 2009)

138 La pratique de la gestion durable des terres


Zone d’étude de cas : Région du mont Conditions écologiques
Kilimandjaro, Tanzanie · Climat : subhumide (tropical de montagne, bimodal : saison des pluies longue de
mars à mai, saison des pluies courte en nov.-déc.)
· Pluviométrie moyenne annuelle : 1’000-2’000 mm (selon l’orientation des pentes
Zone d’étude de cas et l’altitude)
Mwanza
· Paramètres du sol : sols volcaniques fertiles, avec une capacité élevée de satu-
Moshi
ration des bases et d’échange de cations
Kigoma Tanga · Pente : collines et pentes raides (16-60%)
· Relief : pentes montagneuses, orientation sud / sud-est
Dodoma Zanzibar
· Altitude : 1’000-1’800 m
Morogoro Dar es Salaam Conditions socioéconomiques
· Surface de terre par ménage : 1-2 ha (en 2-3 parcelles séparées)
Mbeya · Type d’exploitant : petits exploitants à petite échelle, pauvres
· Densité de population : 650 habitants/km²
· Propriété foncière : individuelle, règles claniques traditionnelles (la terre ne peut
pas être vendue à des étrangers)
· Droit foncier : individuel
· Orientation de la production : mixte (de subsistance et commercial)
Intrants de mise en place et coûts par ha
Intrants Coûts (US$) Bénéfices économiques et de production
+++ Production continue et diversifiée : haricots : 185 kg/ha, café : 410 kg/ha,
Main-d’œuvre na
bananes : 400 régimes/ha, miel : environs 40 kg/ha
Equipement na +++ Diminution du risque d’échec des cultures
Intrants agricoles na ++ Augmentation de la production du bois de feu: 1,5-3 m3/ha/an
++ Pool génétique précieux (pour les programmes de sélection et pour améliorer
TOTAL na
les variétés destinées à la production multi-étages
Intrants d’entretien et coûts par ha et par an ++ Augmentation de l’efficacité du travail
Intrants Coûts (US$) Bénéfices écologiques
Main-d’œuvre 300 +++ Amélioration de la couverture du sol continue
+++ Amélioration du microclimat
Equipement : haches, houes, 45
machettes / pangas +++ Amélioration de la conservation du sol et diminution des pertes de sol
+++ Biodiversité et variabilité génétique élevées (plus de 500 espèces de plantes
Intrants agricoles 100
dont 400 plantes non-cultivées)
TOTAL 445 ++ Résistance élevée aux ravageurs
% de coûts supportés par les exploitants 100%
Bénéfices socioculturels
Remarque : Les jardins familiaux Chagga sont des +++ Amélioration de la sécurité alimentaire
systèmes traditionnels qui ont évolué au cours des +++ Amélioration de la santé
siècles en transformant progressivement la forêt +++ Sauvegarde des savoirs traditionnels
naturelle en jardins agronomiques. La création de
nouveaux jardins est impossible en raison de la Faiblesses ➜ et comment les surmonter
pénurie de terres. · La productivité des jardins familiaux de Chagga n’est pas optimale ➜ (1) remplacer
les arbres / buissons moins productifs par des espèces fixatrices d’azote et à crois-
Rapport bénéfice-coût sance rapide ; (2) améliorer l’élevage (p. ex. pour augmenter la période de lactation) ;
Intrants à court terme à long terme (3) améliorer l’apiculture ; (4) introduire de nouveaux cultivars en utilisant la sélection
Mise en place na na naturelle et celle développée par les paysans ; (5) utiliser des engrais ; (6) améliorer la
production de café : productions certifiées (biologique, commerce équitable) pour de
Entretien positif très positif
meilleurs prix de vente ; (7) remplacer les vieux plants de café par des nouveaux ; (8)
gestion intégrée des ravageurs ; (9) faciliter l’accès au capital pour les investisse-
Adoption
ments agricoles ; (10) améliorer le contrôle de l’érosion (terrasses et diguettes) ; (11)
Système d’utilisation des terres traditionnel et bien
ajouter des fruitiers productifs ; (12) améliorer les services de conseil.
adopté qui couvre env. 1200 km2 : l’extension est
· La gestion de l’eau provoque des pertes de nutriments dans les jardins et des
impossible à cause de la pénurie de terres. La
pénuries d’eau en aval ➜ améliorer l’efficience des fossés : installer des tuyaux
migration des jeunes vers les zones urbaines pro-
et revêtir de ciment, ne pas cultiver les berges des rivières.
voque des pénuries de main-d’œuvre et rompt la
· Forte demande pour le bois, prix bas pour le café et introduction de variétés de
transmission des savoirs entre générations, néces-
café tolérantes au soleil : menace pour les jardins familiaux ➜ subventions à la
saire pour la gestion efficace et la continuité des
plantation d’arbres dans les jardins pour réduire la pression sur la forêt.
jardins familiaux.

Contributeurs principaux : Andreas Hemp, University of Bayreuth, Bayreuth, Germany; [Link]@[Link] n Claudia Hemp, University of Würzburg, Würzburg,
Germany; [Link]@[Link]
Références clés : Hemp, A. (1999): An ethnobotanical study on Mt. Kilimanjaro. Ecotropica 5: 147-165. n Hemp, A. (2006): The banana forests of Kilimanjaro. Biodiversity and conser-
vation of the agroforestry system of the Chagga Homegardens. Biodiversity and Conservation 15(4): 1193-1217. n Hemp, C. (2005): The Chagga Home Gardens – relict areas for ende-
mic Saltatoria Species (Insecta: Orthoptera) on Mt. Kilimanjaro. Biological Conservatrion 125: 203-210. n Hemp, A., C. Lambrechts, and C. Hemp. (in press). Global trends and Africa.
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and identity: Landscapes of inhabitation in the Mount Kilimanjar area, Tanzania. BAR International Series 1966, Archaeopress Oxford, pp. 235-303 n Fernandes E.C.M., Oktingati A.,
Maghembe J. 1985. The Chagga homegardens: a multistoried agroforestry cropping system on Mt. Kilimanjaro (Northern Tanzania) in Agroforestry Systems 2: 73-86.

Technologie GDT : Jardins familiaux de Chagga – Tanzanie 139


Etude de cas
Agroforesterie

BRISE-VENT – TOGO
Sur les vastes plaines dénudées du Pays Kabyé au nord du Togo, des bar- Mesure GDT Végétative
rières d’arbres légumineux (p. ex. Cassia siamea ou spectabilis, un arbre de taille
Groupe GDT Agroforesterie
moyenne (10-20 m), Albizia procera, Leucaena leucocephala) et de buissons (Caja-
nus cajan, Erythrina variegate) ont été plantés entre les champs cultivés avec des Type d’utilisation Terres de culture / terres mixtes
des terres
plantes annuelles comme le maïs. Les brise-vent favorisent un bon microclimat et
protègent les cultures des effets néfastes du vent : érosion éolienne, perte d’eau Dégradation Erosion éolienne ; Pertes d’eau
concernée dans le sol
dans le sol et dégâts physiques sur les cultures.
L’efficacité des brise-vent dépend de leur perméabilité, de leur espacement et de Stade d’intervention Prévention et atténuation
l’orientation de leur plantation en fonction des vents dominants. L’efficacité maxi- Tolérance au chan- Pas de données
male est obtenue avec une proportion de 40-50% de trous (espaces, vides) par gement climatique
rapport à la surface totale du brise-vent et par la plantation des rangs perpen-
diculairement aux vents dominants. Afin de diminuer les turbulences latérales, la Activités de mise en place
longueur des brise-vent doit mesurer au moins dix fois plus que leur hauteur. Les 1. Déterminer la zone à protéger et les aligne-
brise-vent protègent 15-20 fois leur hauteur en aval du vent et 1-2 fois leur hau- ments de brise-vent (1, 2 ou 3 rangs d’arbres
teur en amont. Si la zone à protéger est grande, il faut planter plusieurs brise-vent. par ligne) ; les rangs doivent être perpendicu-
Plus ils sont épais, plus ils sont efficaces, mais la compétition avec les cultures laires à la direction des vents dominants ; la
pour les nutriments, l’eau et la lumière augmente d’autant. Une taille fréquente évite distance entre les lignes est de 20-25 m.
une compétition trop importante et fournit du bois de combustion. La plantation 2. Créer une pépinière.
d’arbres de la famille des légumineuses améliore les qualités du sol grâce à leur 3. Creuser des trous de plantation espacés de
capacité de fixation d’azote et la production de matière organique (feuilles). 2-3 mètres.
4. Planter les plants (quand les conditions sont
favorables).
5. Arroser régulièrement les jeunes arbres après
la plantation.
6. Désherber.
7. Réduire l’espacement entre arbres à 5 m.

Toutes les activités sont effectuées pendant la


saison des pluies, à l’aide d’outils à main tels que
des houes, des machettes et des décamètres.
L’installation prend 36 mois.

Entretien / activités récurrentes


1. Désherber (selon le besoin / la vitesse de
reprise).
2. Tailler pour éviter l’effet de l’ombre sur les
cultures.

Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : élevée
vent Pour l’entretien : moyenne

Exigence en connaissances
Pour les conseillers : élevée
Pour les exploitants : moyenne

Photo 1 : Brise-vent avec deux ou trois lignes d’arbres plan-


tées à 5 m d’écart et installée entre des champs de cultures
annuelles. (Idrissou Bouraima)
Schéma technique : La distance entre les haies brise-vent
est de 20-25 m. Les brise-vent peuvent être constitués de
lignes simples, doubles, etc., selon la vitesse du vent et
l’objectif de protection. La distance entre les arbres est de
5 m (voir photo). La densité des plants varie de 100 à 200
plants/ha, selon le nombre de lignes d’arbres plantées dans
chaque brise-vent.

140 La pratique de la gestion durable des terres


Zone d’étude de cas : Tchitchao, Kara, Conditions écologiques
Togo · Climat : subhumide
· Pluviométrie moyenne annuelle : 1’000-1’500 mm
· Paramètres du sol : drainage moyen à bon, sols superficiels sableux à limoneux,
MOS moyen
· Pente : légère (2-5%)
Zone d’étude de cas · Relief : piedmonts, plateaux / plaines, pentes de collines
Kara
· Altitude : 100-500 m
Conditions socioéconomiques
Sokodé
· Surface de terre par ménage : 1-2 ha
· Type d’exploitant : à petite échelle, assez riches (env. 1,5% des exploitants agri-
coles). La technologie des brise-vent est peu connue par la plupart des paysans.
· Densité de population : dans la région : 300 habitants/km²
· Propriété foncière : individuelle (avec titres)
Kpalimé · Droit foncier : individuel
· Niveau de mécanisation : pas de données
Lomé · Orientation de la production : de subsistance et commercial

Bénéfices économiques et de production


Intrants de mise en place et coûts par ha ++ Augmentation des revenus agricoles
Intrants Coûts (US$) ++ Augmentation de la production de bois et de produit forestiers (fruits)
Main-d’œuvre 200 ++ Augmentation des rendements de cultures
Equipement 86 Bénéfices écologiques
Intrants agricoles 90 ++ Diminution de la vitesse du vent
++ Diminution de la perte de couche arable (érosion éolienne)
TOTAL 376
++ Diminution de la perte d’humidité du sol (par évaporation)
% des coûts supportés par les exploitants 100%
Bénéfices socioculturels
++ Augmentation des connaissances en conservation / érosion
Intrants d’entretien et coûts par ha et par an
Intrants Coûts (US$)
Bénéfices hors site
++ Diminution des dépôts de sédiments éoliens hors du site
Main-d’œuvre 139
Equipement Faiblesses ➜ et comment les surmonter
Intrants agricoles 23 · Diminution de la surface cultivable ➜ installer le minimum de brise-vent pour une
protection optimale.
TOTAL 162
· Diminution des rendements le long des brise-vent (compétition pour les nutri-
% des coûts supportés par les exploitants 100% ments, l’eau, la lumière) ➜ éviter de planter les arbres et buissons trop densé-
ment et tailler souvent.
Remarque : Le calcul des coûts comprend l’achat
· Les brise-vent constituent des abris à vermine / parasites (rats, insectes) ➜
des semences, boutures ou plants et le travail de
chasser régulièrement ces animaux.
préparation et de plantation. Dans certaines cir-
· Augmentation des besoins en main-d’œuvre
constances, il est nécessaire de protéger les
plants contre des herbivores ou contre d’autres Adoption
dégâts. 100% des familles qui ont planté des brise-vent dans la zone d’étude de cas l’ont fait
sans autre aide que des conseils techniques. Cependant, la tendance à la diffusion
Rapport bénéfice-coût est faible dans la région car la technologie des brise-vent est peu connue par la majo-
Intrants à court terme à long terme rité des paysans.
Mise en place positif positif
Entretien positif très positif

Contributeur principal : Mawussi Gbenonchi, Ecole Supérieure d’Agronomie, Université de Lomé (ESA UL), Lomé, Togo; gmawussi@[Link]
Références clés : Care International Togo. 1997. Agroforestry training and demonstrations in northern Togo. Final report to European Union B7-5040/93/21 n Louppe, D., H. Yossi.
1999. Les haies vives défensives en zones sèches et subhumides d’Afrique de l’Ouest. Atelier Jachères, Dakar. n Ariga, E. S., 1997. Availability and Role of Multipurpose Trees and
Shrubs in Sustainable Agriculture in Kenya. Journal of Sustainable Agriculture 10:2/3, 25-35. n WOCAT. 2007. WOCAT database on SLM technologies. [Link]

Technologie GDT : Brise-vent – Togo 141


Etude de cas
Agroforesterie

S YS T È M E A G R O F O R E S T I E R À G R E V I L L E A – K E N YA
Grevillea robusta (le chêne soyeux australien) a d’abord été introduit en l’Inde et Mesure GDT Végétative
en Afrique de l’Est en tant qu’arbre d’ombrage pour les théiers et caféiers ; il est
Groupe GDT Agroforesterie
actuellement utilisé dans les zones d’exploitations à petite échelle (maïs / haricots).
Il existe trois principaux types d’agroforesterie à Grevillea : (1) la plantation le long Type d’utilisation Mixte (cultures et arbres)
des terres
des limites de propriété ; (2) les Grevillea plantés ici et là sur les terres de culture, les
faisant ressembler à des forêts ouvertes multi-étagées ; (3) les « cultures en allées » Dégradation Problème d’humidité du sol ; Déclin
concernée de la fertilité ; Diminution du taux
sur des terrasses. La plantation en limite de propriété est la plus courante : elle est
de MOS ; Perte de terre arable par
décrite dans cette étude de cas. érosion hydrique
Grevillea est facile à implanter et assez résistant aux parasites et aux maladies. Les
Stade d’intervention Atténuation
arbres sont régulièrement ébranchés – les branches latérales du tronc sont cou-
pées – pour limiter la concurrence avec les cultures. La concurrence est de toute Tolérance au chan- Tolérance élevée aux changements
gement climatique de température et pluviométrie,
façon faible et peut encore être diminuée en creusant une petite tranchée autour
Grevillea pousse dans des climats
des arbres pour couper les racines superficielles. très variés
Grevillea est planté à des fins diverses : pour délimiter les propriétés, fournir du
combustible et du bois d’œuvre, (la taille des branches latérales qui repoussent Activités de mise en place
rapidement), donner de l’ombre et pour leur valeur ornementale. En même temps, 1. Creuser les trous de plantation (avant la sai-
leur présence apporte de la matière organique, fournit un matériau de paillage qui son des pluies).
améliore la couverture du sol, ralentit le vent et favorise le recyclage des nutri- 2. Acheter des plants en pépinière ou récolter
ments grâce à son enracinement profond. Il peut être planté dans de nombreuses des plants sauvages (de germination sponta-
zones agro-écologiques, du niveau de la mer jusqu’à 2000 m d’altitude. Il est très née).
bien adapté aux zones d’agriculture intensive mixte. Pour lutter efficacement contre 3. Planter les plants (à l’arrivée des pluies) :
l’érosion des sols sur des pentes, la plantation de Grevillea doit être associée à espacement env. 1 m, éclaircissage ultérieur
d’autres mesures telles que les fanya juu, les terrasses en banquettes, les bandes à 1,5–3 m.
enherbées et des mesures agronomiques.
Entretien / activités récurrentes
1. Désherber les plants si nécessaire (saison des
pluies).
2. Tailler si nécessaire, les branches taillées sont
séchées et servent de combustible (tous les
ans).
3. Ebranchage des troncs : produit de gros
troncs rectilignes, tous les ans, après les
récoltes.
4. Tailler les racines : creuser une tranchée (à 60
cm de l’arbre, prof.20 cm) pour couper les
racines superficielles et diminuer la compé-
tition avec les cultures annuelles : tous les 4
ans.
5. Couper certains arbres pour diminuer leur
densité, quand ils grandissent (en saison
sèche).
6. Replanter lorsque les arbres sont récoltés
pour le bois.
Toutes les activités sont effectuées à la main avec
des machettes (panga), des houes et des scies
à main.

Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : moyenne
Pour l’entretien : moyenne

Exigence en connaissances
Pour les conseillers : moyenne
Pour les exploitants : faible

Photo 1 : Plantation de Grevillea entre des parcelles de petits


exploitants utilisés pour la culture de maïs et haricots.
Photo 2 : Vue détaillée d’un rang de Grevillea
Photo 3 : Grevillea plantés isolément pour donner de l’ombre
dans une plantation de café. (Photos : Hanspeter Liniger)

142 La pratique de la gestion durable des terres


Zone d’étude de cas : Kiawanja, division Conditions écologiques
de Nembure, Embu, Kenya · Climat : subhumide
· Pluviométrie moyenne annuelle : 1’000-1’500 mm
· Paramètres du sol : bon drainage, nitosols profonds et bien drainés, taux de
matière organique souvent faible, en partie moyen
· Pente : moyenne avec collines (8-30%), en partie plus raide
· Relief : crêtes, pentes de collines/ montagnes, piedmonts/ vallées
· Altitude : 1’000-1’500 m
Conditions socioéconomiques
· Surface de terre par ménage : surtout1-2 ha, en partie <1 ha
Zone d’étude de cas
· Type d’exploitant : surtout à petite échelle
· Densité de population : > 500 habitants/km²
· Propriété foncière : individuelle avec titre
· Droit foncier : individuel
· Niveau de mécanisation : travail manuel
· Orientation de la production : mixte (de subsistance et commercial) : produits
vendus : bois de Grevillea, café, noix de macadamia et lait

Intrants de mise en place et coûts par ha Bénéfices économiques et de production


Intrants Coûts (US$) ++ Augmentation de la production de bois (bois d’œuvre et combustible)
++ Augmentation des revenus agricoles
Main-d’œuvre 25
+ Augmentation de la production de fourrage (les feuilles servent de fourrage en
Equipement 10 saison sèche)
Intrants agricoles 125 + Augmentation des rendements (paillage et pompe à nutriments)
TOTAL 160 Bénéfices écologiques
% de coûts supportés par les exploitants 100% ++ Réduction de la vitesse du vent (affectant cultures et maisons)
++ Amélioration de la couverture du sol (paillage et canopée)
++ Amélioration du microclimat
Intrants d’entretien et coûts par ha et par an
++ Augmentation de la fertilité du sol (litière de feuilles, au sol et pour le bétail ;
Intrants Coûts (US$) recyclage des nutriments)
Main-d’œuvre 65 ++ Réduction des pertes de sol
Equipement 0 + Augmentation du taux d’humidité du sol (le paillage améliore l’infiltration)
+ Amélioration de la biodiversité (abeilles, oiseaux, etc.)
Intrants agricoles 25
TOTAL 90 Bénéfices socioculturels
++ Amélioration des connaissances en conservation / érosion (interactions entre
% de coûts supportés par les exploitants 100%
parties prenantes)
Remarque : Le calcul des coûts est basé sur une ++ Amélioration des habitations (davantage de bois disponible)
plantation en limite de propriété (en considérant que Bénéfices hors site
la taille moyenne des parcelles est de 25 m sur 25 m ++ Diminution de la déforestation (sources alternatives de combustible et de bois
et que l’intervalle entre arbres est de 1 m = 1’000 d’œuvre)
arbres/ha). Une personne peut planter 50 arbres par ++ Création d’emplois (gestion des arbres et bûcheronnage)
jour. La main-d’œuvre nécessaire pour la gestion est + Diminution des crues et de la sédimentation en aval
élevée. Les plants sont également chers mais ce + Diminution de la pollution des rivières (contamination chimique)
coût peut être diminué en récoltant des « sauva- + Augmentation du débit des cours d’eau en saison sèche
geons » (germinations sauvages spontanées) et en
créant des pépinières individuelles ou en groupe. Faiblesses ➜ et comment les surmonter
· Les plants et sauvageons ne sont pas toujours disponibles ➜ encourager la
Rapport bénéfice-coût
récolte locale de graines et la création de pépinières groupées.
Intrants à court terme à long terme · Le bois peut être parasité (charançons) ➜ traitement du bois avec des produits
Mise en place Légèrement positif très positif appropriés; sélection de variétés résistance aux ravageurs
Entretien Légèrement positif très positif · Le bétail peut endommager les plants ➜ protéger avec des clôtures.
· En période sèche, le taux de survie des plants est faible : plantation impossible en zones
sèches ➜ combiner la technologie avec la récolte d’eau / gestion du taux d’humidité.
Adoption · Compétition avec les cultures ➜ tailler régulièrement les branches du tronc; creuser
Tous les exploitants agricoles du basin versant (120 une petite tranchée autour des arbres pour couper les racines superficielles.
familles au total) ont accepté spontanément la tech- · Dans les pentes, l’efficacité de l’agroforesterie est limitée, dans la lutte contre l’éro-
nologie. sion des sols ➜ combiner avec des mesures agronomiques et végétatives (labour
en courbe de niveau, paillage, bandes enherbées) et si nécessaire avec des
mesures structurelles (terrasses, diguettes et fossés).

Contributeurs principaux : John Munene Mwaniki, Ministry of Agriculture & Rural Development, Embu, Kenya; mwanikijm2002@[Link]. Ceris Jones, Agronomica, UK;
[Link]@[Link]
Références clés : ICRAF. 1992. A selection of useful trees and shrubs in Kenya. n ICRAF, Nairobi. Guto et al (1998) PRA report, Kiawanja catchment, Nembure division, Embu District-
Kenya. Ministry of Agriculture, Nembure division, Embu. n Harwood CE. 1989. Grevillea robusta: an annotated bibliography: ICRAF, Nairobi. n Rocheleau D., F. Weber and A . Field-
Juma. 1988. Agroforestry in dryland Africa: ICRAF, Nairobi [Link] [Link]

Technologie GDT : Système agroforestier à Grevillea – Kenya 143


Etude de cas
Agroforesterie

R É G É N É R AT I O N N AT U R E L L E A S S I S T É E PA R L E S PAY S A N S – N I G E R
La régénération naturelle assistée par les paysans (RNAF) est une régénération Mesure GDT Végétative et de gestion
systématique des souches vivantes et bourgeonnantes des végétaux indigènes
Groupe GDT Agroforesterie
qui étaient auparavant coupées et brûlées pour la préparation traditionnelle des
champs. Les plants et / ou repousses sont gérées et protégées par les paysans Type d’utilisation Surtout cultures annuelles
des terres
locaux. Les espèces à enracinement profond sont mieux adaptées car elles n’en-
trent pas en compétition avec les cultures et poussent bien, même en cas de pluies Dégradation Déforestation ; Erosion éolienne et
concernée sédimentation (vitesse accrue du
insuffisantes. Dans la zone d’étude de cas, les espèces les plus intéressantes – selon
vent, tempêtes de sable) ; Pénurie
les paysans – sont Faidherbia albida, Piliostigma reticulatum et Guiera senegalensis. d’eau ; Mouvements de dunes
La densité idéale en association avec des céréales est de 50-100 arbres à l’hec-
Stade d’intervention Surtout réhabilitation, en partie
tare. Sur chaque souche, la tige la plus grande et la plus droite est conservée et les atténuation
branches latérales sont coupées jusqu’à environ mi-hauteur. Les pousses supplé-
Tolérance au chan- Tolérance aux extrêmes climatiques
mentaires sont enlevées. La taille régulière des pousses et des branches latérales
gement climatique (sécheresses, augmentation des
stimule la croissance. Les paysans sont encouragés à laisser 5 tiges / pousses températures, diminution de la
par arbre, à en couper une par an et à en laisser une autre repousser à sa place. pluviométrie, etc.)
Lorsqu’une tige est coupée, les feuilles sont laissées sur le sol où elles freinent
l’érosion et sont mangées par les termites, ce qui recycle les nutriments dans le sol. Activités de mise en place
Le reste des pousses continue à croître, fournissant une réserve de bois continue. 1. Sélectionner 50 - 100 souches par hectare
Le bois est récolté dès la première année sur les coupes. A partir de la deuxième pour la repousse, pendant la saison sèche.
année, le bois est assez gros pour être vendu. Une forme plus intensive de RNAF 2. Sélectionner les tiges les plus grandes et
consiste à exploiter tous les rejets de souches du terrain. Cette option permet d’uti- les plus droites et tailler les branches laté-
liser des terres qui resteraient improductives pendant la saison sèche de 8 mois. rales jusqu’à mi-hauteur (avec une hache ou
La RNAF est une méthode simple, peu coûteuse et à bénéfices multiples, de régé- une machette aiguisée et en coupant vers le
nération de la végétation, accessible à tous les paysans et adaptée aux besoins des haut).
petits exploitants agricoles. Elle diminue la dépendance aux apports extérieurs, est 3. Retirer les pousses en trop, laisser les feuilles
facile à pratiquer et apporte de nombreux bénéfices aux habitants, au bétail, aux coupées sur place.
cultures et à l’environnement. La disposition des arbres doit être soigneusement 4. Tailler les nouvelles pousses et branches en
étudiée en cas de labour. trop (tous les 2-6 mois).

Toutes les activités sont faites à la main.

Entretien / activités récurrentes


1. Couper une tige (par arbre) par an et en
laisser une autre repousser.
2. Lorsque les tiges sélectionnées font > 2 m de
haut, elles peuvent être taillées jusqu’au deux
tiers.
3. Tailler toutes les pousses et branches en trop
(tous les 2-6 mois).

Toutes les activités sont effectuées à la main.


Note : Les paysans d’autres pays ont développé
des pratiques de gestion différentes adaptées à
leurs besoins et qui peuvent différer de celles pré-
sentées dans cette étude de cas.

Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : faible
Pour l’entretien : faible

Exigence en connaissances
Pour les conseillers : moyenne
Pour les exploitants : moyenne

Photo 1 : Système en RNAF arrivé à maturité, à Maradi, avec


du millet et une densité d’environ 150 arbres/ha
Photo 2 : Repousses d’arbres devant un paysan et bois
récolté dans le fond. Il est à noter que la culture (millet)
pousse à proximité de l’arbre, sans que le millet en souffre.
Photo 3 : Repousses sur une souche et des racines : les
bases de la RNAF.
Photo 4 : Une ferme typique en RNAF, après la récolte du
millet.
Photo 5 : Après un an, de nombreuses tiges ont poussé,
vigoureuses et droites. Une ou deux d’entres elles seront
récoltées chaque année ; les repousses prendront leur place
(photos de Tony Rinaudo)

144 La pratique de la gestion durable des terres


Zone d’étude de cas : Maradi, Niger Conditions écologiques
· Climat : semi-aride
· Pluviométrie moyenne annuelle : 150-500 mm (variable)
· Paramètres du sol : fertilité basse, sols très superficiels, drainage et taux de MOS faible
· Pente : surtout plat, en partie légèrement vallonné
· Relief : surtout plaines
· Altitude : 200-300 m
Conditions socioéconomiques
· Surface de terre par ménage : 1-5 ha (moyenne zone de production)
Agadez
· Type d’exploitant : à petite échelle ; très pauvre à pauvre
· Densité de population : 11 habitants/km²
· Propriété foncière : individuelle (généralement sans titre)
Maradi Zinder
· Droit foncier : individuel
Niamey Zone d’étude de cas · Niveau de mécanisation : surtout manuel / en partie traction animale

Bénéfices économiques et de production


+++ Augmentation de la production de bois (en valeur : + 57%)
+++ Augmentation du revenu
Intrants de mise en place et coûts par ha +++ Augmentation de la production des cultures (au moins doublée)
Intrants Coûts (US$) ++ Charge de travail allégée : le défrichage et brûlis annuel des repousses (pour
la préparation des sols) n’est plus nécessaire
Main-d’œuvre : 2-3 personnes-jours 6
++ Augmentation de la production animale (gousses nourrissantes en fourrage)
Equipement / outils : cf. ci-dessous 0
Bénéfices écologiques
Intrants agricoles : aucun 0 +++ Augmentation de la couverture du sol, de la biomasse et de la densité d’arbres
TOTAL 6 (de 30 à 45 arbre/ha en moyenne)
% de coûts supportés par les exploitants 100% +++ Diminution de la vitesse du vent (effet brise-vent) : les riches sédiments se
déposent mieux ; amélioration du microclimat
+++ Augmentation de la matière organique, feuilles, branches taillées
Intrants d’entretien et coûts par ha et par an
+++ Augmentation de la fertilité (fumier du bétail qui reste plus aux champs, à
Intrants Coûts (US$) cause des arbres)
Main-d’œuvre : 1-2 personnes-jours 4 +++ Biodiversité augmentée : création d’habitats, de nourriture et d’abris pour les
Equipement / outils : cf. ci-dessous 0 prédateurs des ravageurs des cultures.
+++ Augmentation de la tolérance à la sécheresse : les arbres régénérés sont indi-
Intrants agricoles : aucun 0
gènes et ont un système racinaire mature
TOTAL 4
Bénéfices socioculturels
% de coûts supportés par les exploitants 100%
++ Augmentation de la sécurité alimentaire : feuilles / fruits comestibles ; transition
entre disettes
Remarque : Les coûts proviennent surtout de la
+++ Qualité de vie améliorée : moins de vent et de poussière, plus d’ombre ; le
main-d’œuvre. Un homme peut préparer 1 ha en
paysage dénudé redevient une savane naturelle.
1-3 jours, selon la densité des arbres (le travail est
+++ Accroissement des risques freiné : la RNAF est une « assurance »
effectué par le propriétaire de la ferme, rarement par
des ouvriers). Pas d’intrants, pas d’outils en plus de Bénéfices hors site
ceux de la ferme (houe, hache, machette, etc.). ++ Les populations urbaines bénéficient d’une source de bois durable et moins
L’entretien dépend aussi de la densité et prend 1-2 chère et de moins de tempêtes de poussière.
jours/an/ha.
Faiblesses ➜ et comment les surmonter
Benefit-cost ratio · Présence insuffisante de souches ➜ épandre des graines d’arbres indigènes (peu
Intrants à court terme à long terme de bénéfices à court terme ; pertes élevées).
· Valeurs / normes culturelles : « un bon paysan nettoie bien » (= pas d’arbres) ➜
Mise en place positif très positif
travailler avec toutes les parties prenantes pour changer les normes.
Entretien positif très positif · En saison sèche, la terre (et les arbres) sont considérés comme une propriété com-
mune : dégâts et coupes d’arbres sur les terres d’autrui ➜ créer un sens de la pro-
Remarque : Revenu annuel de la vente du bois : priété des arbres : (1) encourager les communautés à créer des lois qui font respecter
140 US$ (à partir de la 6ème année). Selon la propriété ; (2) approbation par les autorités forestières locales du droit des paysans
les estimations, le bénéfice total par hectare à récolter le fruit de leur travail.
(ventes de bois, augmentation des rendements et
de la productivité du bétail, plantes sauvages, etc.) Adoption
serait de 200 US$/ha, comparé à l’investissement La technologie a d’abord été mise en œuvre dans la région de Maradi, au Niger, au début
en main-d’œuvre de 10-15 US$. des années 1980. Elle s’est surtout diffusée spontanément, avec un minimum d’assistance
extérieure. La surface en RNAF couverte par les arbres est de plus de 50’000 km² au Niger.

Contributeurs principaux : Tony Rinaudo; World Vision, Melbourne; tonyrinaudo@[Link]; Dov Pasternak ICRISAT-WCA, Niamey, Niger; [Link]@[Link]
Références clés : Rinaudo T (1999): Utilising the Underground Forest: Farmer Managed Natural Regeneration of Trees, in Dov Pasternak and Arnold Schlissel (Eds). Combating Desrti-
fication with Plants. n Cunningham PJ and Abasse T (2005): Reforesting the Sahel: Farmer Managed Natural Regeneration; in Kalinganire A, Niang A and Kone A (2005). Domestication
des especes agroforestieres au Sahel: situation actuelle et perspectives. ICRAF Working Paper, ICRAF, Nairobi. n Haglund E, Ndjeunga J, Snook L, and Pasternak D (2009): Assessing
the Impacts of Farmer Managed Natural Regeneration in the Sahel: A Case Study of Maradi Region, Niger (Draft Version)

Technologie GDT : Régénération naturelle assistée par les paysans – Niger 145
Etude de cas
Agroforesterie

S YS T È M E D E S PA R C S A G R O F O R E S T I E R S – B U R K I N A FA S O
Les parcs agroforestiers de l’Afrique de l’Ouest semi-aride et du Sahel sont des Mesure GDT Végétative
systèmes traditionnels dans lesquels des arbres de valeur poussant spontané-
Groupe GDT Agroforesterie
ment sont protégés et entretenus sur des terres de culture et de pâture. Pour les
populations rurales du Sahel, les arbres des parcs ont de multiples fonctions : ils Type d’utilisation Mixte (culture et arbres)
des terres
leur servent à la fois d’épicerie, de pharmacie et de silo. De nombreuses espèces
locales réputées constituent une source de nourriture et de sécurité alimentaire Dégradation Problème de désertification ; Déclin
concernée de la fertilité ; Faible taux de MOS ;
pour les habitants et le bétail ; elles protègent et enrichissent aussi les sols. Les
Erosion hydrique de la terre arable
principales espèces d’arbres sont : le baobab (Adansonia digitata), le tamarinier
(Tamarindus indica), Faidherbia albida, le karité (Vitellaria paradoxa, voir photo 1 ci- Stade d’intervention Atténuation
dessous), et le néré (Parkia biglobosa). Tolérance au chan- Tolérance accrue grâce à l’utilisa-
Le rendement des cultures augmente sous et autour des arbres, surtout sous gement climatique tion d’espèces indigènes
Faidherbia albida, grâce au microclimat favorable et à l’accumulation de matière
organique de la litière, du produit de la taille et de la décomposition des racines Activités de mise en place
dans les sols à prédominance sableuse et pauvre. 1. Sélectionner des baliveaux de régénération
La gestion des parcs est assurée par la régénération assistée des arbres (voir : Régé- naturelle ou des sauvageons, avant la saison
nération naturelle assistée, Niger) ; par la plantation d’arbres (surtout à proximité des des pluies.
habitations) ; par des jachères améliorées (au cours desquelles des arbres de rente et 2. Planter des plants sélectionnés (stade pré-
qui améliorent la fertilité sont plantés avant cessation des cultures) ; par la protection coce).
contre les incendies. Les paysans utilisent couramment les techniques de sylviculture 3. Greffer pour raccourcir la phase juvenile et
pour augmenter la productivité des arbres dans les parcs : protection des plants et améliorer la qualité des fruits (stade initiation).
clôtures, arrosage et sélection des pousses les plus vigoureuses. Les arbres sont 4. Tailler pour obtenir un port érigé.
taillés pour améliorer leur productivité, pour diminuer l’ombre et favoriser la crois- 5. Protéger des animaux par des haies passives
sance des cultures associées et produire du bois de feu et du fourrage. La taille sti- ou vives.
mule la repousse des feuilles, provoque un pic de croissance foliaire supplémentaire Toutes les activités sont faites à la main.
pendant la saison des pluies et réduit la production de gousses. La coupe en taillis et
des branches du tronc aide à réduire la compétition avec les cultures et à fournir du Entretien / activités récurrentes
bois et d’autres produits du bois pour les espèces à croissance vigoureuse. 1. Désherber autour des plants si nécessaire
(saison des pluies).
2. Tailler si nécessaire (les branches sont
séchées pour servir de combustible) : tous les
ans.
3. Ebranchage (taille des branches latérales :
accès à la lumière des cultures de l’étage
inférieur.
4. Abattage de certains arbres quand ils gran-
dissent, pour diminuer la densité (en saison
sèche).
Toutes les activités sont effectuées à la main,
avec des machettes (panga) ou des houes.

Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : moyenne
Pour l’entretien : élevée

Exigence en connaissances
Pour les conseillers : moyenne
Pour les exploitants : faible

Photo 1 : Parc à Karité –millet à Sapone, Burkina Faso. (Jules


Bayala)
Photo 2 : Faidherbia albida dominant un système de parc
avec du petit mil. (William Critchley)

146 La pratique de la gestion durable des terres


Zone d’étude de cas : Saponé, Burkina Conditions écologiques
Faso · Climat : semi-aride
· Pluviométrie moyenne annuelle : 720 mm (unimodale)
· Paramètres du sol : limons sableux, régosols ; taux de MOS bas
· Pente : surtout plat
· Relief : plaines
Ouahigouya · Altitude : pas de données
Conditions socioéconomiques
Zone d’étude de cas Ouagadougou · Surface de terre par ménage : 1-5 ha
Koudougou · Type d’exploitant : pauvre à mieux loti (tous ceux qui possèdent des terres)
Bobo Dioulasso · Densité de population : 76 habitants/km²
· Propriété foncière : surtout propriétaires ; parfois, emprunt de terre
· Droit foncier : individuel
· Niveau de mécanisation : travail manuel
· Orientation de la production : mixte (de subsistance et commercial)

Bénéfices économiques et de production


+++ Augmentation de la production de fruits
Intrants de mise en place et coûts par ha ++ Augmentation des revenus
Intrants Coûts (US$) + Augmentation de la production de fourrage (les feuilles sont utilisées en saison
sèche)
Main-d’œuvre -
+ Augmentation des rendements (paillage et « pompe » à nutriments)
Equipement -
Bénéfices écologiques
Intrants agricoles - +++ Diminution de la vitesse du vent (cultures et maisons)
TOTAL Pas de données ++ Meilleure couverture du sol (paillage et canopée)
++ Amélioration du microclimat
Intrants d’entretien et coûts par ha et par an ++ Amélioration de la fertilité du sol (litière de feuilles et recyclage des nutriments)
++ Diminution de la perte de sol
Intrants Coûts (US$)
+ Taux d’humidité du sol accru (le paillage favorise l’infiltration)
Main-d’œuvre - + Amélioration de la biodiversité (abeilles, oiseaux, etc.)
Equipement -
Bénéfices socioculturels
Intrants agricoles - ++ Amélioration des connaissances en conservation / érosion (interactions entre
TOTAL Pas de données parties-prenantes)
++ Amélioration de l’habitat (plus de bois disponible)
Remarque : Pas de données disponibles pour les
coûts. Cependant, les coûts de gestion de ce sys- Bénéfices hors site
tème d’exploitation des terres sont faibles, seule la +++ Moins de déforestation (source alternative de bois de feu et d’œuvre)
taille est nécessaire ; c’est en fait une « récolte » de ++ Création d’emplois (gestion des arbres et bûcheronnage)
fourrage et de bois. + Diminution des inondations en aval
+ Diminution de la sédimentation en aval
Rapport bénéfice-coût + Augmentation du débit des cours d’eau en saison sèche
Intrants short term long term
Faiblesses ➜ et comment les surmonter
Mise en place légèrement positif très positif · Les plants et sauvageons ne sont pas toujours disponibles ➜ encourager la
Entretien légèrement positif très positif récolte locale de graines et la création de pépinières groupées.
· Le bétail endommage parfois les plants ➜ protection clôturée.
Remarque : Les coûts de mise en place et d’entre-
· Taux de reprise des plants faible en période sèches ➜ combiner la technologie
tien dans les parcs traditionnels sont difficiles à
avec des clôtures.
chiffrer car les arbres s’établissent par régénéra-
· Compétition avec les cultures ➜ taille régulière des branches latérales.
tion naturelle et sont ensuite « élevés ». Les reve-
· Délais longs avant fructification ➜ propager des variétés à productivité supérieure.
nus annuels de la vente de produits du néré sont
estimés à 50-60 US$ (26% du revenu des pay-
Adoption
sans) et ceux de la vente de noix de karité repré-
Des dizaines de millions de personnes vivent dans les parcs traditionnels du Burkina
sentent 20-60% du revenu des femmes en zone
Faso, du Mali, du Sénégal et du Niger. Au Mali, environ 3,6 millions de personnes pra-
rurale.
tiquent l’agroforesterie dans des parcs avec une moyenne de 40 arbres à l’hectare.

Contributeur principal : Jules Bayala, CORAF; secoraf@[Link]; [Link]


Références clés : Boffa,J.M. 1999. Agroforestry parklands in Sub-Saharan Africa. FAO Conservation guide no.34, Rome, 230pp. n Jonsson K, CK. Ong and JCW. Odongo . 1999.
Influence of scattered nere and karite trees on microclimate, soil fertility and millet yield. Experimental Agriculture 35:39-53. n Bayala J., J. Balesdent, C. Marol, F. Zapata, Z. Teklehai-
manot, SJ. Quedrago. 2006. Relative contribution of trees and crops to soil carbon content in a parkland system in Burkina Faso using natural 13C abundance. Nutrient Cycling in
Agroecosystems 76:193-201.

Technologie GDT : Système des parcs agroforestiers – Burkina Faso 147

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