Gestion durable par agroforesterie
Gestion durable par agroforesterie
Définition : L’agroforesterie (AF) est un terme générique servant à désigner les sys- Maintien et amélioration de la sécurité alimentaire +++
tèmes d’utilisation des terres et les pratiques dans lesquelles les plantes ligneuses Réduction de la pauvreté en milieu rural +++
vivaces sont délibérément intégrées aux cultures agricoles et / ou à l’élevage pour Création d’emplois en milieu rural +
une variété de bénéfices et de services. L’intégration peut être faite soit selon une
Soutenir l'égalité des genres et les groupes ++
association spatiale (par exemple, les cultures agricoles avec les arbres) soit selon
marginalisés
une séquence temporelle (par exemple, les jachères améliorées, les rotations). L’AF va
des systèmes très simples et clairsemés à des systèmes très complexes et denses. Amélioration de la production agricole ++
Celle-ci embrasse un large éventail de pratiques : les cultures en couloirs, l’agricul- Amélioration de la production fourragère ++
ture avec des arbres en courbes de niveaux, ou les périmètres clôturés avec des Amélioration de la production de bois / fibre ++
arbres, les cultures multi-étagées, les cultures intercalaires de relais, les polycultures,
Amélioration de la production forestière non ligneuse +
les jachères d’arbustes et d’arbres, les systèmes de parcs, les jardins maraîchers, etc.
Beaucoup d’entre eux sont des systèmes traditionnels d’utilisation des terres. L’AF Préservation de la biodiversité +++
n’est donc pas une technologie unique mais couvre un concept général d’arbres dans Amélioration des ressources du sol (MOS, +++
des systèmes de cultures et d’élevage permettant d’atteindre une multifonctionnalité. nutriments)
Il n’existe pas de frontière claire entre l’AF et la foresterie, ni entre l’AF et l’agriculture. Amélioration des ressources hydriques ++
Applicabilité : Sur les pentes montagneuses subhumides, l’AF peut être pratiquée Amélioration de la productivité de l’eau +++
sur des exploitations entières comme autour du Mont Kilimanjaro (le système Chagga)
Prévention / atténuation des catastrophes naturelles +++
et du Mont Kenya (le système Grevillea). Dans les zones arides, l’AF est rarement mise
en place sur des exploitations entières (sauf dans les systèmes de parcs au Sahel). Atténuation du / adaptation au changement +++
Il est plus fréquent pour les arbres d’être utilisés dans diverses niches de production climatique
au sein d’une exploitation agricole. L’AF est principalement applicable aux petites Atténuation du changement climatique
exploitations agricoles et dans les plantations de thé/café de petite à grande échelle.
Potentiel de séquestration du C 0,3 - 6,5*
Résilience à la variabilité climatique : L’AF est tolérante aux changements clima-
(en tonnes/ha/an)
tiques. Les systèmes agroforestiers sont caractérisés par la création de leurs propres
microclimats et par leur effet tampon dans les situations extrêmes (tempêtes impor- Séquestration du C : au dessus du sol ++
tantes ou périodes arides et chaudes). L’AF est reconnue comme une stratégie de Séquestration du C : en sous-sol ++
réduction des gaz à effet de serre grâce à sa capacité à séquestrer biologiquement
Adaptation au changement climatique
le carbone. Ce potentiel d’adaptation et de réduction dépend du système agrofores-
tier appliqué. Résilience à des conditions extrêmes de ++
sécheresse
Principaux bénéfices : Les systèmes agroforestiers ont un grand potentiel de diver-
sification des ressources alimentaires et des sources de revenus. Ceux-ci peuvent Résilience à la variabilité des précipitations +++
améliorer la productivité des terres, stopper et inverser la dégradation des terres grâce Résilience aux tempêtes de pluie et de vent ++
à leur capacité à fournir un microclimat favorable et une couverture permanente, à extrêmes
améliorer la teneur en carbone organique et la structure du sol, à accroitre l’infiltration Résilience aux augmentations de ++
et à améliorer la fertilité et l’activité biologique des sols. températures et de taux d’évaporation
Adoption et transposition à grande échelle : Il existe un manque de compréhen-
Réduction des risques de pertes de pro- ++
sion quantitative et prévisionnelle au sujet des pratiques agroforestières traditionnelles duction
et novatrices et de leur importance afin de les rendre plus adoptables. La recherche
*pour les 10 à 20 premières années de la gestion modifiée d’utili-
et le suivi sur le terrain à long terme sont nécessaires en raison de la nature complexe sation des terres, en fonction des espèces d’arbres sélectionnées
des systèmes arbres / cultures agricoles. (Sources : Nair et al., 2009)
Principes et types
Les facteurs qui influencent la performance de l’AF sont les types et les mélanges de
cultures agricoles, d’élevage et d’arbres, le matériel génétique, le nombre et la répartition
des arbres, l’âge des arbres, la gestion des cultures, de l’élevage et des arbres et le climat.
Les systèmes de parcs agroforestiers sont principalement des zones cultivées
avec des arbres dispersés (souvent indigènes). Les caractéristiques des parcs agro-
forestiers traditionnels sont la diversité des espèces d’arbres qui les composent, la
variété des produits et de leurs utilisations (comprenant les fruits, le fourrage, etc.).
Ceux-ci génèrent et fournissent des microclimats favorables (en particulier grâce à
l’ombre) et font un effet tampon pour les conditions extrêmes (en agissant comme
brise-vent). Les parcs se trouvent principalement dans des zones semi-arides et sub-
humides d’Afrique de l’Ouest. Les systèmes céréaliers / Faidherbia albida sont prédo-
minants dans toute la zone sahélienne et dans certaines parties de l’Afrique de l’Est.
Pour de nombreuses populations locales, ces systèmes sont très importants pour la
sécurité alimentaire, la création de revenus et la protection de l’environnement.
Les systèmes multi-étagés sont définis comme des groupes d’arbres ou d’arbustes
plantés ou existants, gérés comme un étage supérieur de plantes ligneuses avec un à
plusieurs étages inférieures de cultures. L’objectif est (1) d’utiliser différentes strates et
d’améliorer la diversité des cultures grâce à des cultures mixtes mais compatibles à dif-
férentes hauteurs sur une même zone ; (2) de protéger les sols et de fournir un microcli-
mat favorable ; (3) d’améliorer la qualité des sols en recyclant les éléments nutritifs et en
maintenant / augmentant la matière organique du sol et ; (4) d’augmenter le stockage
du carbone dans la biomasse végétale et le sol. Un exemple classique sont les jardins
maraîchers Chagga en Tanzanie qui intègrent plus de 100 espèces de plantes.
Banques fourragères : Les arbres et arbustes à feuilles et / ou à gousses appé-
tentes sont attrayants pour les agriculteurs en tant que compléments alimentaires pour
le bétail parce que ceux-ci nécessitent peu ou pas d’apports de trésorerie : En réalité, ils
ne font pas concurrence aux terres car ils sont cultivés le long des bordures, des voies
et en courbes de niveaux pour freiner l’érosion des sols. Gérer les arbustes fourragers
exige des compétences multiples, y compris cultiver les semis en pépinière, tailler les
arbres et favoriser la croissance des feuilles. Néanmoins, au cours des dix dernières
années, environ 200000 agriculteurs au Kenya, en Ouganda, au Rwanda et au nord de
la Tanzanie ont planté des arbustes fourragers, principalement pour nourrir les vaches
laitières.
Les jachères améliorées sont composées d’espèces d’arbres ligneux plantées afin
de restaurer la fertilité à court terme. Traditionnellement, les jachères prennent plu-
sieurs années. La végétation naturelle est lente à restaurer la productivité des sols. Par
contraste, les arbres et arbustes légumineux à croissance rapide – s’ils sont correcte-
ment identifiés et sélectionnés - peuvent améliorer la fertilité du sol en faisant monter les
éléments nutritifs des couches inférieures du sol, en fournissant de la litière et en fixant
l’azote. Les jachères améliorées sont l’une des technologies les plus prometteuses
en agroforesterie sous les tropiques humides et subhumides, avec un grand potentiel
d’adoption en Afrique australe et de l’Est.
En haut : Jardins d’oignons en basse saison (en arrière-plan)
Les brise-vent / rideaux-abris sont des barrières d’arbres et d’arbustes qui protègent dans un système de parcs, au Burkina Faso. (Christoph Studer)
contre les dégâts du vent. Ceux-ci sont utilisés pour réduire la vitesse du vent, pro- Au milieu : Cultures intercalaires de 4 espèces différentes de
téger le développement des plantes (cultures agricoles et fourrages), améliorer les plantes, au Rwanda. (Hanspeter Liniger)
microenvironnements pour augmenter la croissance des plantes, délimiter les limites En bas : Agroforesterie avec des arbres Grevillea, du café, du
thé sur des pentes raides, au Kenya. (Hanspeter Linigier)
des champs et augmenter le stockage du carbone.
Conditions socioéconomiques
Système d’exploitation et niveau de mécanisation: Principalement appliqué sur les Taille de l’exploitation Propriété foncière
petites exploitations. Cependant, il peut être appliqué à toutes les échelles agricoles et Petite échelle Etat
peut être conduit avec différents niveaux de mécanisation (où les arbres sont plantés à
Echelle moyenne Société privée
de faible densité). Dans de nombreux pays, les femmes sont les principaux acteurs des
Grande échellee Communauté
jardins maraîchers et la nourriture est produite principalement pour leur subsistance.
Individuel, sans titre
Orientation de la production : Peut être appliqué dans des systèmes de subsis-
tance ou commerciaux ; Principalement utilisé dans les systèmes mixtes ; l’accès aux Individuel, avec titre
marchés est important pour vendre la production excédentaire et acheter des intrants.
Propriété foncière et droits d’utilisation des terres / de l’eau : L’AF est principa-
lement appliquée dans des zones avec des droits individuels d’utilisation des terres et Mécanisation Orientation de la production
quand les exploitants agricoles ont des droits sur les arbres qu’ils plantent. Les terres Travail manuel De subsistance
collectives ne présentent souvent pas la sécurité foncière nécessaire et les exploitants
Traction animale Mixte
tendent donc à être réticents à y pratiquer l’AF et à y investir. Les réglementations
Mécanisé Commerciale
locales pour l’utilisation des arbres et des cultures sont nécessaires.
Compétences et connaissances requises : Elles font souvent partie d’une tradi-
tion, mais le savoir-faire est nécessaire pour la sélection d’espèces appropriées aux
Exigence en main-d’œuvre Exigence en connaissances
différents environnements et besoins, et pour minimiser les compétitions.
Exigence en main-d’œuvre : Ils peuvent être élevés pour la mise en place - à moins Forte Forte
qu’un système de régénération naturelle de protection soit utilisé - mais faibles pour Moyenne Moyenne
l’entretien, bien que certains intrants soient nécessaires pour l’émondage et la taille Faible Faible
afin de réduire la compétition.
70-150 USS/ha
10-40 USS/ha
30-80 USS/ha
tions de la saison de croissance.
0-30 USS/ha
0-10 USS/ha
3,0 Monoculture maïs
Maïs + sesbania
haut 2,5
0 0 1,0
Travail Equipement Intrants Travail Equipement Intrants
agricoles agricoles
0,5
Fondé sur des études de cas en Ethiopie, au Kenya et au Togo (Source : WOCAT, 2009)
0,0
1001 1017 551 962 522
Coûts de mise en place des systèmes agroforestiers peuvent beaucoup varier. La Précipitations (mm)
main-d’œuvre et les intrants agricoles (semences, semis, etc.) ont une incidence sur (Source : Chirwa, 2003 in Verchot et al., 2007)
les coûts de mise en place, particulièrement quand ceux-ci sont liés aux systèmes
de collecte des eaux pluviales en zones arides. Exemple : District de Kitui, Kenya
Coûts d’entretien sont relativement faibles. Dans une étude menée dans le District de Kitui,
au Kenya, il a été déterminé si la croissance
Bénéfices de production des arbres M. volkensii dans les terres cultivées
Rendement sans GDT Rendement avec GDT Augmentation de était financièrement rentable ou non. Les valeurs
(t/ha) (t/ha) rendement (%) obtenues de bois produit ont été comparées
Maïs (Malawi) 0.7 1.5-2.0 110-190% avec celles des récoltes perdues en raison de
la compétition sur une rotation de 11 ans. Les
(Source : Malawi Agroforestry Extension Project; in Woodfine, 2009) coûts pour les semences, la culture, les maté-
riaux de plantation d’arbres ou la main d’œuvre
Commentaires : Les rendements agricoles peuvent augmenter dans un système n’ont pas été pris en compte. Ceci augmenterait
agroforestier, néanmoins, l’AF n’aboutit pas dans tous les cas à une augmentation le surplus d’argent provenant des produits des
de la production agricole ; en fonction du type de système, le rendement global peut arbres car ces dernières années, une mauvaise
s’améliorer au fur et à mesure que les produits obtenus des arbres/arbustes compen- récolte sur deux a eu lieu. Il a été montré qu’à la
sent toute perte de rendement. fin de la rotation, les revenus cumulés des pro-
duits forestiers ont dépassé les valeurs cumulées
Rapport bénéfice-coût des rendements des cultures perdues à cause
Système AF à court terme à long terme quantitatif de la concurrence, de 10 US$ ou 42% au cours
d’années moyennes et de 22 US$ ou 180% dans
Systèmes de parcs –/+ +/++ données non disponibles l’hypothèse d’une perte de récolte de 50% en rai-
Multiétages +/++ +/++ son de la sécheresse. (Dans ce District du Kenya,
en moyenne 6 sur 16 saisons de cultures ont été
Cultures en couloirs + ++ perdues) (Ong et al., 1999, Verchot et al., 2007).
Jachères améliorées ++ +++
Exemple : Kenya, Ouganda, Rwanda et nord
Total + ++
de la Tanzanie
– légèrement négatif; -/+ neutre; + légèrement positif; ++ positif; +++ très positif Dans les Hautes Terres d’Afrique de l’Est, des
(Source : WOCAT, 2009) agriculteurs, avec 500 arbustes Calliandra, ont
augmenté leur revenu net de 62 US$ à 122
Commentaires : Toutes les analyses bénéfice-coût disponibles indiquent une ren- US$ selon qu’ils utilisaient ces arbustes comme
tabilité économique de l’intégration des arbres dans les champs de cultures (notam- substitut ou comme supplément, et selon
ment les espèces d’arbres à usages multiples). Les analyses n’ont principalement pris l’endroit où ils étaient localisés. Ces arbustes
en compte que les valeurs d’utilisation directe, car les valeurs d’utilisation indirecte, fourragers sont très attractifs pour les agricul-
telles que les fonctions environnementales, et les valeurs de non-utilisation telles que teurs car ils ne nécessitent pas ou peu d’ar-
les fonctions culturelles et religieuses sont plus difficiles à évaluer. En outre, les estima- gent, pas plus qu’ils n’obligent les agriculteurs
tions des bénéfices-coûts sont compliquées par les nombreuses sources de variation à retirer des terres de la production vivrière ou
annuelle des facteurs régissant les productions agricoles et forestières et les interac- d’autres cultures (Franzel et Wambugu, 2007).
tions arbres-cultures agricoles.
L’impact sur les différentes échelles temporelles est une question particulièrement
pertinente pour l’agroforesterie. Les exploitants agricoles à faible revenu adoptent
plus facilement les pratiques agroforestières dont les bénéfices sont à court terme,
comme les jachères améliorées (enrichies avec des espèces d’arbres/d’arbustes fixa-
teurs d’azote) et les systèmes multi-étagés de court terme.
Production l Les systèmes produisent de multiples produits sous des conditions spé- ➜ minimiser la compétition et mettre l’accent sur la production globale
cifiques : seuls quelques produits peuvent en pâtir en raison de la com-
pétition
Economiques l Consomme de la main d’œuvre et du temps ➜ participation de tous les membres de la famille
l Besoins élevés en intrants ➜ utilisation maximale d’intrants disponibles localement : banques de
l Réduction de la flexibilité aux changements des marchés liés aux semences d’arbres locaux
produits des arbres
Ecologiques l Compétition entre les arbres (parcs, brise-vent, cultures en couloirs) et ➜ sélection d’espèces et gestion de la canopée pour réduire la compéti-
les cultures agricoles pour la lumière, l’eau et les nutriments tion en dessous et au dessus du sol (p. ex. taille des branches d’arbres,
coupes périodiques des racines)
l Interception de l’eau de pluie par la canopée ➜ avec les techniques de collecte des eaux et de gestion de l’humidité,
cette technique pourrait être diffusée à des zones à plus faible pluvio-
métrie
l Perte de terres pour les cultures forestières non-ligneuses ➜ augmentation de la productivité des terres par unité de surface, tailles
régulières des espèces d’arbres et d’arbustes durant la période de
croissance des cultures
l Appauvrissement de la nappe d’eau souterraine (si nappe phréatique ➜ sélection des espèces
limitée)
l Les périodes arides entraînent de faibles taux de survie des semis ➜ complément avec des techniques de collecte des eaux de pluie et de
gestion de l’humidité
l Sensibilité du bois à l’attaque de parasites ➜ sélection d’espèces, gestion intégrée des ravageurs, production de
variété plus tolérantes aux parasites
Socio- – Politiques forestières qui entravent la plantation, l’utilisation et la pro- ➜ p. ex. la réforme politique et les droits forestiers du charbon de bois
culturelles priété des arbres ➜ projets de contrats pour le bois de chauffage
– Barrières physiques et sociales à la participation des petits exploitants ➜ nouveaux systèmes d’information du marché (par ex. par téléphones
au marché cellulaires)
– Manque global d’information à tous les niveaux sur les marchés pour les ➜ faciliter et renforcer les capacités des agriculteurs et des associations
produits agroforestiers d’exploitations forestières
– Faible disponibilité et faible survie des semis ➜ collaboration entre le secteur privé, la recherche et la vulgarisation
➜ de petites pépinières encouragent la collecte de semences locales
Références et information de support :
Bekele-Tesemma, A. (ed). 2007. Profitable agroforestry innovations for eastern Africa: experience from 10 agroclimatic zones of Ethiopia, India, Kenya, Tanzania and Uganda. World
Agroforestry Centre (ICRAF), Eastern Africa Region.
Boffa, J. M. 1999. Agroforestry parklands in sub-Saharan Africa. Conservation Guide 34. FAO. [Link]
Chirwa, P.W. 2003. Tree and crop productivity in Gliricidia/Maize/Pigeonpea cropping systems in southern Malawi, Ph.D dissertation, University of Nottingham.
Critchley, W. forthcoming. More People, More Trees. Practical Action Publications.
FAO. 2005. Realising the economic benefits of agroforestry: experiences, lessons and challenges. State Of The World’s Forests, P. 88-97.
Franzel S. and C. Wambugu. 2007. The Uptake of Fodder Shrubs among Smallholders in East Africa: Key Elements that Facilitate Widespread Adoption. In Hare, M.D. and K.
Wongpichet (eds). 2007. Forages: A pathway to prosperity for smallholder farmers. Proceedings of an International Symposium, Faculty of Agriculture, Ubon Ratchathani Uni-
versity, Thailand, 203-222.
Leakey, R.R.B., Z. Tchoundjeu, K. Schreckenberg, S. Shackleton and C. Shackleton. 2005. Agroforestry Tree Products (AFTPs): Targeting Poverty Reduction and Enhanced Liveli-
hoods. International Journal of Agricultural Sustainability 3: 1-23.
Nair, P. K. R B., M. Kumar and V.D. Nair. 2009. Agroforestry as a strategy for carbon sequestration. J. Plant Nutr. Soil Sci. 2009, 172, 10–23.
Sinclair, F. L. 1999. A general classification of agroforestry practice. Agroforestry Systems 46: 161–180.
Sood, K. K. and C. P. Mitchell. 2009. Identifying important biophysical and social determinants of on-farm tree growing in subsistence-based traditional agroforestry systems Agro-
forest Syst (2009) 75:175–187.
Verchot, L. V., M. Van Noordwijk, S. Kandji, T. Tomich, C. Ong, A. Albrecht, J. Mackensen, C. Bantilan, K. V. Anupama and C. Palm. 2007. Climate change: linking adaptation and
mitigation through agroforestry. Mitig Adapt Strat Glob Change 12: 901–918.
WOCAT, 2009. WOCAT database on SLM technologies and SLM approaches. [Link], accessed on 15 September 2009.
Woodfine, A. 2009. Using sustainable land management practices to adapt to and mitigate climate change in sub-Saharan Africa: resource guide version 1.0. TerrAfrica. www.
[Link]
Zomer, R., A. Trabucco, R. Coe and F. Place. 2009. Trees on Farm: Analysis of Global Extent and Geographical Patterns of Agroforestry. ICRAF Working Paper no. 89. Nairobi,
Kenya: World Agroforestry Centre. 60pp.
J A R D I N S FA M I L I A U X D E C H A G G A – TA N Z A N I E
Les jardins familiaux de Chagga sont des « forêts de bananiers » densément plan- Mesure GDT De gestion et végétative
tées avec une strate supérieure d’arbres clairsemés. Ce système complexe d’asso-
Groupe GDT Agroforesterie
ciation de cultures a évolué au cours des siècles, transformant progressivement la
forêt naturelle des piedmonts du Kilimandjaro. Un jardin familial de Chagga fait en Type d’utilisation Mixte (agroforesterie)
des terres
moyenne 0,68 ha et associe de nombreux arbres et buissons à fonctions diverses
avec des cultures vivrières et des animaux nourris à l’étable, sans disposition par- Dégradation Pertes de nutriments ; Perte de la
concernée couche arable du sol
ticulière dans l’espace. Cependant, dans le sens vertical, on distingue 4 étages /
canopées : (1) les cultures vivrières : taro, haricots, légumes et fourrages / herbes ; Stade d’intervention Prévention
(2) caféiers : 500-1400 plants/ha ; (3) bananiers, la culture principale : 50% de Tolérance au chan- Tolérant aux extrêmes climatiques ;
la surface : 33-1200 bouquets/ha ; et (4) arbres, entre autres Cordia abyssinica, gement climatique capacité tampon élevée du système
Albizia schimperiana et Grevillea robusta. Les arbres fournissent de l’ombre aux (microclimat, biodiversité, irrigation)
caféiers, servent de barrières végétales, fournissent des substances médicinales,
du bois de feu, du fourrage, du matériau de paillage et sont mellifères ; certains ont
Activités de mise en place
1. Transformation de la forêt naturelle : les
des propriétés insecticides (p. ex. Rauwolfia caffra).
arbres qui fournissent du fourrage, du com-
Ce système multi-étagé optimise l’utilisation de surfaces de terres limitées dans une
bustible, des fruits, de l’ombre, du bois, qui
zone très peuplée, permet une production durable avec un minimum d’intrants et
ont des propriétés médicinales, mellifères ou
de risques (moins de risque d’échec de culture, résistance accrue à la sécheresse
antiparasitaires sont conservés, tandis que
et aux parasites), tout en protégeant l’environnement. La grande diversité d’es-
les espèces moins utiles sont éliminées.
pèces fournit à la fois la nourriture et des cultures de rente.
2. Introduction d’espèces d’arbres fruitiers
Certaines parties des jardins familiaux sont irriguées et drainées par un réseau de
ou pour le bois, tels qu’avocat, mangues,
plus de 1000 canaux et fossés qui récoltent le ruissellement de la forêt de mon-
Grevillea robusta, Persea americana.
tagne. Beaucoup de ces systèmes sont maintenant en mauvais état. A partir des
3. Plantation d’espèces cultivées (bananes,
années 1930, le café a pris plus de place et il a fallu déplacer les cultures vivrières
café, taro, haricots, légumes).
dans les basses terres. Aujourd’hui, les jardins familiaux Chagga de montagne ne
4. Construction de canaux d’irrigation / drainage.
fonctionnent qu’en association avec des champs de basses terres où maïs, millet,
5. Terrassement ou construction de diguettes
haricots, tournesol et arachides sont cultivés pour assurer la sécurité alimentaire.
dans les zones en pente.
La disposition des végétaux est irrégulière et
paraît désordonnée, avec un mélange d’arbres,
de buissons et cultures vivrières.
Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : moyenne
Pour l’entretien : moyenne
Exigence en connaissances
Pour les conseillers : moyenne à élevée
Pour les exploitants : moyenne à élevée
Contributeurs principaux : Andreas Hemp, University of Bayreuth, Bayreuth, Germany; [Link]@[Link] n Claudia Hemp, University of Würzburg, Würzburg,
Germany; [Link]@[Link]
Références clés : Hemp, A. (1999): An ethnobotanical study on Mt. Kilimanjaro. Ecotropica 5: 147-165. n Hemp, A. (2006): The banana forests of Kilimanjaro. Biodiversity and conser-
vation of the agroforestry system of the Chagga Homegardens. Biodiversity and Conservation 15(4): 1193-1217. n Hemp, C. (2005): The Chagga Home Gardens – relict areas for ende-
mic Saltatoria Species (Insecta: Orthoptera) on Mt. Kilimanjaro. Biological Conservatrion 125: 203-210. n Hemp, A., C. Lambrechts, and C. Hemp. (in press). Global trends and Africa.
The case of Mt. Kilimanjaro. (UNEP, Nairobi). n Hemp, A., Hemp, C., Winter, C. (2009) Environment and worldview: The Chagga homegardens. In: Clack, T.A.R. (ed.) Culture, history
and identity: Landscapes of inhabitation in the Mount Kilimanjar area, Tanzania. BAR International Series 1966, Archaeopress Oxford, pp. 235-303 n Fernandes E.C.M., Oktingati A.,
Maghembe J. 1985. The Chagga homegardens: a multistoried agroforestry cropping system on Mt. Kilimanjaro (Northern Tanzania) in Agroforestry Systems 2: 73-86.
BRISE-VENT – TOGO
Sur les vastes plaines dénudées du Pays Kabyé au nord du Togo, des bar- Mesure GDT Végétative
rières d’arbres légumineux (p. ex. Cassia siamea ou spectabilis, un arbre de taille
Groupe GDT Agroforesterie
moyenne (10-20 m), Albizia procera, Leucaena leucocephala) et de buissons (Caja-
nus cajan, Erythrina variegate) ont été plantés entre les champs cultivés avec des Type d’utilisation Terres de culture / terres mixtes
des terres
plantes annuelles comme le maïs. Les brise-vent favorisent un bon microclimat et
protègent les cultures des effets néfastes du vent : érosion éolienne, perte d’eau Dégradation Erosion éolienne ; Pertes d’eau
concernée dans le sol
dans le sol et dégâts physiques sur les cultures.
L’efficacité des brise-vent dépend de leur perméabilité, de leur espacement et de Stade d’intervention Prévention et atténuation
l’orientation de leur plantation en fonction des vents dominants. L’efficacité maxi- Tolérance au chan- Pas de données
male est obtenue avec une proportion de 40-50% de trous (espaces, vides) par gement climatique
rapport à la surface totale du brise-vent et par la plantation des rangs perpen-
diculairement aux vents dominants. Afin de diminuer les turbulences latérales, la Activités de mise en place
longueur des brise-vent doit mesurer au moins dix fois plus que leur hauteur. Les 1. Déterminer la zone à protéger et les aligne-
brise-vent protègent 15-20 fois leur hauteur en aval du vent et 1-2 fois leur hau- ments de brise-vent (1, 2 ou 3 rangs d’arbres
teur en amont. Si la zone à protéger est grande, il faut planter plusieurs brise-vent. par ligne) ; les rangs doivent être perpendicu-
Plus ils sont épais, plus ils sont efficaces, mais la compétition avec les cultures laires à la direction des vents dominants ; la
pour les nutriments, l’eau et la lumière augmente d’autant. Une taille fréquente évite distance entre les lignes est de 20-25 m.
une compétition trop importante et fournit du bois de combustion. La plantation 2. Créer une pépinière.
d’arbres de la famille des légumineuses améliore les qualités du sol grâce à leur 3. Creuser des trous de plantation espacés de
capacité de fixation d’azote et la production de matière organique (feuilles). 2-3 mètres.
4. Planter les plants (quand les conditions sont
favorables).
5. Arroser régulièrement les jeunes arbres après
la plantation.
6. Désherber.
7. Réduire l’espacement entre arbres à 5 m.
Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : élevée
vent Pour l’entretien : moyenne
Exigence en connaissances
Pour les conseillers : élevée
Pour les exploitants : moyenne
Contributeur principal : Mawussi Gbenonchi, Ecole Supérieure d’Agronomie, Université de Lomé (ESA UL), Lomé, Togo; gmawussi@[Link]
Références clés : Care International Togo. 1997. Agroforestry training and demonstrations in northern Togo. Final report to European Union B7-5040/93/21 n Louppe, D., H. Yossi.
1999. Les haies vives défensives en zones sèches et subhumides d’Afrique de l’Ouest. Atelier Jachères, Dakar. n Ariga, E. S., 1997. Availability and Role of Multipurpose Trees and
Shrubs in Sustainable Agriculture in Kenya. Journal of Sustainable Agriculture 10:2/3, 25-35. n WOCAT. 2007. WOCAT database on SLM technologies. [Link]
S YS T È M E A G R O F O R E S T I E R À G R E V I L L E A – K E N YA
Grevillea robusta (le chêne soyeux australien) a d’abord été introduit en l’Inde et Mesure GDT Végétative
en Afrique de l’Est en tant qu’arbre d’ombrage pour les théiers et caféiers ; il est
Groupe GDT Agroforesterie
actuellement utilisé dans les zones d’exploitations à petite échelle (maïs / haricots).
Il existe trois principaux types d’agroforesterie à Grevillea : (1) la plantation le long Type d’utilisation Mixte (cultures et arbres)
des terres
des limites de propriété ; (2) les Grevillea plantés ici et là sur les terres de culture, les
faisant ressembler à des forêts ouvertes multi-étagées ; (3) les « cultures en allées » Dégradation Problème d’humidité du sol ; Déclin
concernée de la fertilité ; Diminution du taux
sur des terrasses. La plantation en limite de propriété est la plus courante : elle est
de MOS ; Perte de terre arable par
décrite dans cette étude de cas. érosion hydrique
Grevillea est facile à implanter et assez résistant aux parasites et aux maladies. Les
Stade d’intervention Atténuation
arbres sont régulièrement ébranchés – les branches latérales du tronc sont cou-
pées – pour limiter la concurrence avec les cultures. La concurrence est de toute Tolérance au chan- Tolérance élevée aux changements
gement climatique de température et pluviométrie,
façon faible et peut encore être diminuée en creusant une petite tranchée autour
Grevillea pousse dans des climats
des arbres pour couper les racines superficielles. très variés
Grevillea est planté à des fins diverses : pour délimiter les propriétés, fournir du
combustible et du bois d’œuvre, (la taille des branches latérales qui repoussent Activités de mise en place
rapidement), donner de l’ombre et pour leur valeur ornementale. En même temps, 1. Creuser les trous de plantation (avant la sai-
leur présence apporte de la matière organique, fournit un matériau de paillage qui son des pluies).
améliore la couverture du sol, ralentit le vent et favorise le recyclage des nutri- 2. Acheter des plants en pépinière ou récolter
ments grâce à son enracinement profond. Il peut être planté dans de nombreuses des plants sauvages (de germination sponta-
zones agro-écologiques, du niveau de la mer jusqu’à 2000 m d’altitude. Il est très née).
bien adapté aux zones d’agriculture intensive mixte. Pour lutter efficacement contre 3. Planter les plants (à l’arrivée des pluies) :
l’érosion des sols sur des pentes, la plantation de Grevillea doit être associée à espacement env. 1 m, éclaircissage ultérieur
d’autres mesures telles que les fanya juu, les terrasses en banquettes, les bandes à 1,5–3 m.
enherbées et des mesures agronomiques.
Entretien / activités récurrentes
1. Désherber les plants si nécessaire (saison des
pluies).
2. Tailler si nécessaire, les branches taillées sont
séchées et servent de combustible (tous les
ans).
3. Ebranchage des troncs : produit de gros
troncs rectilignes, tous les ans, après les
récoltes.
4. Tailler les racines : creuser une tranchée (à 60
cm de l’arbre, prof.20 cm) pour couper les
racines superficielles et diminuer la compé-
tition avec les cultures annuelles : tous les 4
ans.
5. Couper certains arbres pour diminuer leur
densité, quand ils grandissent (en saison
sèche).
6. Replanter lorsque les arbres sont récoltés
pour le bois.
Toutes les activités sont effectuées à la main avec
des machettes (panga), des houes et des scies
à main.
Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : moyenne
Pour l’entretien : moyenne
Exigence en connaissances
Pour les conseillers : moyenne
Pour les exploitants : faible
Contributeurs principaux : John Munene Mwaniki, Ministry of Agriculture & Rural Development, Embu, Kenya; mwanikijm2002@[Link]. Ceris Jones, Agronomica, UK;
[Link]@[Link]
Références clés : ICRAF. 1992. A selection of useful trees and shrubs in Kenya. n ICRAF, Nairobi. Guto et al (1998) PRA report, Kiawanja catchment, Nembure division, Embu District-
Kenya. Ministry of Agriculture, Nembure division, Embu. n Harwood CE. 1989. Grevillea robusta: an annotated bibliography: ICRAF, Nairobi. n Rocheleau D., F. Weber and A . Field-
Juma. 1988. Agroforestry in dryland Africa: ICRAF, Nairobi [Link] [Link]
R É G É N É R AT I O N N AT U R E L L E A S S I S T É E PA R L E S PAY S A N S – N I G E R
La régénération naturelle assistée par les paysans (RNAF) est une régénération Mesure GDT Végétative et de gestion
systématique des souches vivantes et bourgeonnantes des végétaux indigènes
Groupe GDT Agroforesterie
qui étaient auparavant coupées et brûlées pour la préparation traditionnelle des
champs. Les plants et / ou repousses sont gérées et protégées par les paysans Type d’utilisation Surtout cultures annuelles
des terres
locaux. Les espèces à enracinement profond sont mieux adaptées car elles n’en-
trent pas en compétition avec les cultures et poussent bien, même en cas de pluies Dégradation Déforestation ; Erosion éolienne et
concernée sédimentation (vitesse accrue du
insuffisantes. Dans la zone d’étude de cas, les espèces les plus intéressantes – selon
vent, tempêtes de sable) ; Pénurie
les paysans – sont Faidherbia albida, Piliostigma reticulatum et Guiera senegalensis. d’eau ; Mouvements de dunes
La densité idéale en association avec des céréales est de 50-100 arbres à l’hec-
Stade d’intervention Surtout réhabilitation, en partie
tare. Sur chaque souche, la tige la plus grande et la plus droite est conservée et les atténuation
branches latérales sont coupées jusqu’à environ mi-hauteur. Les pousses supplé-
Tolérance au chan- Tolérance aux extrêmes climatiques
mentaires sont enlevées. La taille régulière des pousses et des branches latérales
gement climatique (sécheresses, augmentation des
stimule la croissance. Les paysans sont encouragés à laisser 5 tiges / pousses températures, diminution de la
par arbre, à en couper une par an et à en laisser une autre repousser à sa place. pluviométrie, etc.)
Lorsqu’une tige est coupée, les feuilles sont laissées sur le sol où elles freinent
l’érosion et sont mangées par les termites, ce qui recycle les nutriments dans le sol. Activités de mise en place
Le reste des pousses continue à croître, fournissant une réserve de bois continue. 1. Sélectionner 50 - 100 souches par hectare
Le bois est récolté dès la première année sur les coupes. A partir de la deuxième pour la repousse, pendant la saison sèche.
année, le bois est assez gros pour être vendu. Une forme plus intensive de RNAF 2. Sélectionner les tiges les plus grandes et
consiste à exploiter tous les rejets de souches du terrain. Cette option permet d’uti- les plus droites et tailler les branches laté-
liser des terres qui resteraient improductives pendant la saison sèche de 8 mois. rales jusqu’à mi-hauteur (avec une hache ou
La RNAF est une méthode simple, peu coûteuse et à bénéfices multiples, de régé- une machette aiguisée et en coupant vers le
nération de la végétation, accessible à tous les paysans et adaptée aux besoins des haut).
petits exploitants agricoles. Elle diminue la dépendance aux apports extérieurs, est 3. Retirer les pousses en trop, laisser les feuilles
facile à pratiquer et apporte de nombreux bénéfices aux habitants, au bétail, aux coupées sur place.
cultures et à l’environnement. La disposition des arbres doit être soigneusement 4. Tailler les nouvelles pousses et branches en
étudiée en cas de labour. trop (tous les 2-6 mois).
Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : faible
Pour l’entretien : faible
Exigence en connaissances
Pour les conseillers : moyenne
Pour les exploitants : moyenne
Contributeurs principaux : Tony Rinaudo; World Vision, Melbourne; tonyrinaudo@[Link]; Dov Pasternak ICRISAT-WCA, Niamey, Niger; [Link]@[Link]
Références clés : Rinaudo T (1999): Utilising the Underground Forest: Farmer Managed Natural Regeneration of Trees, in Dov Pasternak and Arnold Schlissel (Eds). Combating Desrti-
fication with Plants. n Cunningham PJ and Abasse T (2005): Reforesting the Sahel: Farmer Managed Natural Regeneration; in Kalinganire A, Niang A and Kone A (2005). Domestication
des especes agroforestieres au Sahel: situation actuelle et perspectives. ICRAF Working Paper, ICRAF, Nairobi. n Haglund E, Ndjeunga J, Snook L, and Pasternak D (2009): Assessing
the Impacts of Farmer Managed Natural Regeneration in the Sahel: A Case Study of Maradi Region, Niger (Draft Version)
Technologie GDT : Régénération naturelle assistée par les paysans – Niger 145
Etude de cas
Agroforesterie
S YS T È M E D E S PA R C S A G R O F O R E S T I E R S – B U R K I N A FA S O
Les parcs agroforestiers de l’Afrique de l’Ouest semi-aride et du Sahel sont des Mesure GDT Végétative
systèmes traditionnels dans lesquels des arbres de valeur poussant spontané-
Groupe GDT Agroforesterie
ment sont protégés et entretenus sur des terres de culture et de pâture. Pour les
populations rurales du Sahel, les arbres des parcs ont de multiples fonctions : ils Type d’utilisation Mixte (culture et arbres)
des terres
leur servent à la fois d’épicerie, de pharmacie et de silo. De nombreuses espèces
locales réputées constituent une source de nourriture et de sécurité alimentaire Dégradation Problème de désertification ; Déclin
concernée de la fertilité ; Faible taux de MOS ;
pour les habitants et le bétail ; elles protègent et enrichissent aussi les sols. Les
Erosion hydrique de la terre arable
principales espèces d’arbres sont : le baobab (Adansonia digitata), le tamarinier
(Tamarindus indica), Faidherbia albida, le karité (Vitellaria paradoxa, voir photo 1 ci- Stade d’intervention Atténuation
dessous), et le néré (Parkia biglobosa). Tolérance au chan- Tolérance accrue grâce à l’utilisa-
Le rendement des cultures augmente sous et autour des arbres, surtout sous gement climatique tion d’espèces indigènes
Faidherbia albida, grâce au microclimat favorable et à l’accumulation de matière
organique de la litière, du produit de la taille et de la décomposition des racines Activités de mise en place
dans les sols à prédominance sableuse et pauvre. 1. Sélectionner des baliveaux de régénération
La gestion des parcs est assurée par la régénération assistée des arbres (voir : Régé- naturelle ou des sauvageons, avant la saison
nération naturelle assistée, Niger) ; par la plantation d’arbres (surtout à proximité des des pluies.
habitations) ; par des jachères améliorées (au cours desquelles des arbres de rente et 2. Planter des plants sélectionnés (stade pré-
qui améliorent la fertilité sont plantés avant cessation des cultures) ; par la protection coce).
contre les incendies. Les paysans utilisent couramment les techniques de sylviculture 3. Greffer pour raccourcir la phase juvenile et
pour augmenter la productivité des arbres dans les parcs : protection des plants et améliorer la qualité des fruits (stade initiation).
clôtures, arrosage et sélection des pousses les plus vigoureuses. Les arbres sont 4. Tailler pour obtenir un port érigé.
taillés pour améliorer leur productivité, pour diminuer l’ombre et favoriser la crois- 5. Protéger des animaux par des haies passives
sance des cultures associées et produire du bois de feu et du fourrage. La taille sti- ou vives.
mule la repousse des feuilles, provoque un pic de croissance foliaire supplémentaire Toutes les activités sont faites à la main.
pendant la saison des pluies et réduit la production de gousses. La coupe en taillis et
des branches du tronc aide à réduire la compétition avec les cultures et à fournir du Entretien / activités récurrentes
bois et d’autres produits du bois pour les espèces à croissance vigoureuse. 1. Désherber autour des plants si nécessaire
(saison des pluies).
2. Tailler si nécessaire (les branches sont
séchées pour servir de combustible) : tous les
ans.
3. Ebranchage (taille des branches latérales :
accès à la lumière des cultures de l’étage
inférieur.
4. Abattage de certains arbres quand ils gran-
dissent, pour diminuer la densité (en saison
sèche).
Toutes les activités sont effectuées à la main,
avec des machettes (panga) ou des houes.
Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : moyenne
Pour l’entretien : élevée
Exigence en connaissances
Pour les conseillers : moyenne
Pour les exploitants : faible