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Arrêt Cardiaque : Procédures de Secours

Ce document décrit la conduite à tenir face à une victime adulte en arrêt cardiaque. Il précise de débuter immédiatement une réanimation cardio-pulmonaire et de mettre en œuvre dès que possible un défibrillateur automatisé externe en suivant ses indications.

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Arrêt Cardiaque : Procédures de Secours

Ce document décrit la conduite à tenir face à une victime adulte en arrêt cardiaque. Il précise de débuter immédiatement une réanimation cardio-pulmonaire et de mettre en œuvre dès que possible un défibrillateur automatisé externe en suivant ses indications.

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Commission Nationale des

Jeunes Sapeurs-Pompiers
____

RTN : Fiches procédures et


techniques
THÈME 2 : CONDUITE A TENIR FACE A UNE VICTIME QUI
PRÉSENTE UN ARRET CARDIAQUE
Version du 4 avril 2022


Référence : 05AC01 Mise à jour : 11-2021

Arrêt cardiaque

Une personne est en arrêt cardiaque (AC) lorsque son cœur ne fonctionne plus ou fonctionne de façon
anarchique, ne permettant plus d’assurer la circulation du sang dans l’organisme et en particulier
l’oxygénation du cerveau.

Chez l’adulte, l’arrêt cardiaque :

! est le plus souvent d’origine cardiaque ;


Il est lié à une interruption de toute activité mécanique efficace du cœur. Il survient le plus souvent à
cause d’un fonctionnement anarchique du cœur, l’empêchant de faire circuler le sang efficacement.
Cette anomalie peut être secondaire à un infarctus du myocarde, à certaines intoxications ou d’autres
maladies cardiaques.
Parfois, l’arrêt cardiaque survient sans aucune anomalie préexistante connue : c’est la mort subite.
! peut avoir une origine respiratoire, due en particulier à :
! une obstruction complète des voies aériennes dont les manœuvres de désobstruction ont échoué,
! un traumatisme du crâne, du rachis ou du thorax,
! un accident dû à l’eau (noyade), à l’électricité ou une pendaison.
! peut survenir à la suite d’une perte de sang importante (hémorragie).
Chez l’enfant et le nourrisson, l’arrêt cardiaque est le plus souvent d’origine respiratoire. Il est la
conséquence d’un manque d’oxygène. On le rencontre particulièrement en cas :

! d’étouffement (sac plastique) ;


! de strangulation (jeux) ;
! d’une obstruction complète des voies aériennes ;
! de noyade (accident dû à l’eau).
L’AC d’origine cardiaque chez l’enfant et le nourrisson est beaucoup plus rare que chez l’adulte. Il survient
le plus souvent à cause d’une maladie ou d’une anomalie cardiaque, souvent non connue. Dans ce cas, il se
manifeste, comme chez l’adulte, de façon brutale, et entraîne une chute de l’enfant alors qu’il en train de
jouer ou de pratiquer une autre activité.
Il peut aussi survenir à la suite d’une hémorragie importante, d’une électrocution ou d’une atteinte
traumatique grave (traumatisme du crâne, du rachis ou du thorax).

119
Risques & Conséquences
La vie d’une victime en arrêt cardiaque est, en quelques minutes, menacée.
Quand la respiration d’une victime s’arrête et quand son cœur cesse d’être efficace, l’air n’arrive plus au
niveau des poumons, le sang cesse de circuler et l'alimentation en oxygène du corps entier n’est plus
assurée. Le cerveau est l'organe le plus sensible de l'organisme au manque d'oxygène. Si aucun geste de
secours n’est réalisé, des lésions cérébrales apparaissent en quelques secondes, chez l’enfant ou le
nourrisson, ou en quelques minutes chez l’adulte.
Progressivement, ces lésions deviennent irréversibles, rendant les chances de survie quasiment nulle en
quelques minutes (environ huit minutes chez l’adulte).

Signes
L’identification des signes de l’arrêt cardiaque est réalisée en quelques secondes au cours du bilan
d’urgence vitale. Elle doit aussi pouvoir être réalisée par le secouriste si celui-ci est chargé de la réception
de l’alerte.
Une victime est considérée en arrêt cardiaque si :

!! elle ne répond pas quand on l’appelle ou la stimule (perte de connaissance) ;


!! elle ne respire plus ou présente une respiration agonique.
Parfois, ces signes peuvent être accompagnés d’une courte période de mouvements saccadés de la victime,
ressemblant à des convulsions.
La recherche d’un pouls n’est pas systématique pour caractériser l’arrêt cardiaque(1). Toutefois, si elle est
effectuée, son évaluation simultanée à la recherche de la respiration ne doit jamais dépasser 10 secondes
et elle ne doit pas retarder la mise en œuvre des gestes de secours déclinés dans le tableau suivant.
Cette recherche se fait au niveau :

!! carotidien chez l’adulte et l’enfant ;


!! fémoral chez le nourrisson.

En cas d’absence ou de doute sur la présence du pouls chez une victime qui a perdu connaissance, même
avec des mouvements ventilatoires, il faut débuter ou poursuivre une RCP. En effet, la réalisation d’une
RCP précoce par des témoins peut permettre une reprise de mouvements ventilatoires grâce au massage
cardiaque sans une reprise de circulation.

120
Examen et conduite à tenir

Circulation
Conscience Ventilation Conduite à tenir
(pouls carotidien)

Non Oui PLS


Sans prise de pouls
Non Non ou anormale RCP

Oui
Non Oui PLS
(perçu)

Non ou doute
Non Non ou anormale RCP
(non perçu)
Avec prise de pouls
Non
Non Oui RCP(2)
(non perçu)

Oui
Non Non Insufflations(3)
(perçu)

Dans certains cas, chez l’adulte, l’arrêt cardiaque peut être précédé de signes annonciateurs, en particulier
une douleur serrant la poitrine, permanente, angoissante, pouvant irradier dans le cou et les bras. Cette
douleur est parfois associée à une difficulté à respirer et des sueurs.

Principe de l’action de secours


L’action de secours doit permettre, sauf en cas de décès certain (tête séparée du tronc, victime
déchiquetée, démembrée ou en état de raideur cadavérique), la réalisation d’une série d’actions
augmentant les chances de survie de la victime :

! reconnaître les signes annonciateurs ou l’AC ;


! alerter de façon précoce les secours médicalisés ;
! réaliser ou guider une réanimation cardio-pulmonaire (RCP) précoce ;
! assurer la mise en œuvre d’une défibrillation précoce.
Ces différentes étapes, complétées par une prise en charge médicale précoce, constituent une chaîne de
survie susceptible d’augmenter de 4 à 40 % le taux de survie des victimes. Chaque minute gagnée dans la
mise en place d’un défibrillateur automatisé externe (DAE) peut augmenter de 10 % les chances de survie
de la victime.

(1)
La prise du pouls par les secouristes dépend du choix des autorités médicales de chaque organisme ou
association.
(2)
Cette situation, bien qu’exceptionnelle, peut se rencontrer dans les premières minutes d’une RCP chez les
victimes qui ont bénéficié immédiatement d’une RCP après la survenue de l’arrêt cardiaque.
(3)
Cette situation se rencontre chez les victimes qui présentent un arrêt ventilatoire initial, le plus souvent d’origine
toxique (overdose). Si le secouriste intervient immédiatement après l’arrêt de la respiration, le pouls peut encore
être perceptible. La réalisation d’insufflations évitera la survenue de l’arrêt cardiaque.

121
Référence : 05PR01 Mise à jour : 06-2018

Arrêt cardiaque chez l’adulte


! débuter immédiatement une RCP en répétant des cycles de trente compressions thoraciques suivies de
deux insufflations ;
Le port de gants par le secouriste est souhaitable, mais ne doit en aucun cas retarder ou empêcher une
RCP.
! mettre en œuvre, le plus tôt possible, le DAE et suivre les indications de l’appareil ;
A deux secouristes sans DAE, un secouriste poursuit le massage cardiaque, le second demande un
renfort médical et revient avec un DAE pour le mettre en œuvre.
A deux secouristes avec DAE, un secouriste poursuit le massage cardiaque, le second met en œuvre le
DAE. Il demande un renfort médical immédiatement après la première analyse et la délivrance
éventuelle du premier choc.
A trois secouristes ou plus, les trois actions (alerte, MCE et DAE) sont à réaliser simultanément.
La mise en place des électrodes du DAE sur la victime doit se faire sans interruption des manœuvres de
RCP.
L’interruption des compressions thoraciques doit être limitée à son minimum au moment des
insufflations.
! poursuivre la RCP jusqu’à ce que le DAE demande son interruption ;
! reprendre la RCP immédiatement après la délivrance ou non d’un choc électrique sans attendre les
instructions vocales du DAE ;
! administrer de l’oxygène par insufflation ;
L’apport d'oxygène à la victime sous ventilation artificielle doit être réalisé dès que possible, sans
retarder la mise en œuvre des gestes de réanimation.
! réaliser une aspiration des sécrétions, si nécessaire ;
Lorsque l’aspiration de sécrétions est réalisée, elle ne doit pas retarder ni interrompre les manœuvres
de RCP ou la délivrance d’un choc électrique.
! mettre en place une canule oropharyngée, si nécessaire ;
Une canule oropharyngée est mise en place en cas de ventilation artificielle inefficace par difficulté de
maintien des voies aériennes de la victime libres.
! poursuivre la réanimation entreprise jusqu’à l’arrivée des renforts médicalisés ou la reprise d’une
respiration normale.
Pour assurer une RCP efficace, les secouristes doivent se relayer toutes les deux minutes. Ce
changement sera effectué lors de l’analyse du rythme cardiaque par le DAE, si celui-ci est en place.

Si la victime commence à se réveiller (bouge, ouvre les yeux et respire normalement) :

! cesser les compressions thoraciques et la ventilation ;


! réaliser un bilan d’urgence vitale et assurer une surveillance constante de la conscience et de la
ventilation tout en gardant la victime sur le dos ;
! se tenir prêt à reprendre les manœuvres de RCP en raison du risque majeur de récidive de l’arrêt
cardiaque.

122
Référence : 05FT10 Mise à jour : 09-2019

Libération des voies aériennes chez une victime


non traumatisée
Indication
La libération des voies aériennes (LVA) par bascule prudente de la tête en arrière et élévation du menton
est réalisée chez toute victime ayant perdu connaissance, non suspecte d’un traumatisme du rachis, avant
d’apprécier sa respiration.

Justification
La perte de connaissance provoque une forte diminution du tonus musculaire qui entraîne, si la victime
reste allongée sur le dos, une obstruction des voies aériennes par chute de la langue en arrière.
La LVA par bascule prudente de la tête en arrière et élévation du menton permet de dégager la langue de la
paroi postérieure du pharynx et la libre circulation de l’air :
• pour apprécier la ventilation d’une victime qui a perdu connaissance lors du bilan d’urgence vitale ;
• pour faciliter la ventilation d’une victime qui a perdu connaissance et qui ventile ;
• pour réaliser une ventilation artificielle.
Chez le nouveau-né et le nourrisson, du fait de leur anatomie, ce mouvement doit se limiter à ramener la
tête en position neutre afin de ne pas entraîner une obstruction des voies aériennes.

Matériel
Aucun matériel.

Réalisation

Chez l’adulte ou l’enfant


• desserrer ou dégrafer rapidement tout ce qui peut gêner la respiration ;
• basculer doucement la tête de la victime en arrière et élever le menton. Pour cela :
o placer la paume de la main du secouriste, côté tête, sur le front de la victime,
o placer deux ou trois doigts de l’autre main, juste sous la pointe du menton en prenant appui sur
l’os et non dans la partie molle,
Il est possible de s’aider du pouce pour saisir le menton.
o ramener délicatement la tête en position neutre dans l’axe du corps, si nécessaire,
o basculer doucement la tête en arrière en appuyant légèrement sur le front tout en levant le
menton.

173
• ouvrir la bouche de la victime avec la main qui tient le menton ;
• retirer les éventuels corps étrangers visibles à l’intérieur de la bouche de la victime avec la main qui
était sur le front, y compris les prothèses dentaires décrochées, sans toucher à celles qui sont restées
en place.

Chez le nouveau-né ou le nourrisson


La technique de libération des voies aériennes est identique à celle utilisée chez l’adulte et l’enfant mais la
bascule doit se limiter à ramener sa tête en position neutre.

Risques & Contraintes


La LVA chez toute victime ayant perdu connaissance, non suspecte d’un traumatisme, est un geste
salvateur qui nécessite cependant une réalisation avec précaution, afin d’éviter toute aggravation d’un
traumatisme cervical méconnu.

Évaluation
La libération des voies aériennes est efficace si :
• la respiration de la victime peut s’effectuer normalement ;
• la ventilation artificielle permet un soulèvement de la poitrine, en présence d’une victime qui ne
respire pas.

174
Référence : 02FT09 Mise à jour : 09-2019

Recherche d’une détresse vitale


Indication
L’examen des fonctions vitales de l’organisme est systématique au cours du bilan d’urgence vitale. Il doit
être poursuivi tout au long de la prise en charge de la victime, particulièrement lors de sa surveillance.

Justification
Cet examen permet de déceler immédiatement une altération d’une ou de plusieurs fonctions qui
menacent à très court terme la vie de la victime et de mettre en œuvre immédiatement les gestes de
secours qui s’imposent.
Il permet aussi d’informer le médecin et de lui fournir les éléments essentiels et indispensables pour
évaluer l’état de gravité de la victime.

Matériel
L’examen des fonctions vitales ne nécessite pas obligatoirement d’appareil d’examen ou de mesure. Il peut
toutefois être amélioré par un appareil de mesure si sa mise en œuvre ne retarde pas la réalisation des
gestes de secours.
Comme :
• la pression artérielle (tensiomètre) ;
• la saturation pulsée en oxygène (oxymètre de pouls).

Réalisation

Examen de la fonction respiratoire


• rechercher la présence ou l’absence de ventilation ;
La recherche de la présence ou de l’absence de ventilation est réalisée au cours de l’examen initial
d’une victime ayant perdu connaissance.
On ne peut évaluer la ventilation d’une victime que si les voies aériennes sont libres. Il est donc
essentiel, particulièrement chez une victime qui a perdu connaissance, de pratiquer les gestes
indispensables de libération des voies aériennes tout en stabilisant le rachis cervical s’il s’agit d’une
victime suspecte de traumatisme.

La liberté des voies aériennes est un préalable à toute évaluation de la ventilation d’une victime

67
Il convient ensuite de :
• se pencher sur la victime, l’oreille et la joue du secouriste au-dessus de sa bouche et de son nez,
tout en gardant le menton de la victime élevé ;
• rechercher, durant dix secondes au plus :
o avec la joue : le flux d’air expiré par le nez et la bouche,
o avec l’oreille : les bruits normaux (souffle) ou anormaux de la respiration (sifflement,
ronflement, gargouillement),
o avec les yeux : le soulèvement du ventre ou de la poitrine.
Si aucun souffle n’est perçu ou aucun bruit n’est entendu et que ni le ventre ni la poitrine ne se
soulèvent durant cette recherche : la victime ne respire pas.
Si la victime présente des mouvements ventilatoires inefficaces, bruyants, anarchiques et lents, c’est-à-
dire moins de 1 mouvement en 10 secondes (< 6 mvts/min), alors la ventilation doit être considérée
comme inefficace.
• évaluer la ventilation ;
L’évaluation de la ventilation permet de donner des éléments chiffrés et de rechercher une détresse
respiratoire débutante. Elle est réalisée au cours du bilan d’urgence vitale, chez une victime ayant ou
non perdu connaissance et lors de sa surveillance.
Réalisée sur une durée d’une minute, cette évaluation permet :
• d’observer la partie supérieure de l’abdomen ainsi que le thorax de la victime. Une respiration
normale se fait sans effort et sans difficulté pour la victime ;
• de placer une main sur la partie inférieure de son sternum pour estimer :
o la fréquence, c’est-à-dire le nombre de mouvements respiratoires compté sur une minute,
o l’amplitude, c’est-à-dire comment l’abdomen et le thorax se soulèvent à chaque respiration,
o la régularité, c’est-à-dire l’absence de pause de plus de six secondes entre les mouvements
respiratoires.
• évaluer la coloration de la victime ;
L’examen de la couleur de la peau et des muqueuses d’une victime renseigne le secouriste sur l’état
d’oxygénation des tissus (tout comme de la circulation).
La couleur de la peau est appréciée au niveau de la face de la victime ou des extrémités des membres.
La couleur des muqueuses est appréciée sur les lèvres. Normalement, les muqueuses sont roses.
Une coloration bleutée de la peau et des muqueuses (cyanose) traduit, lorsqu’elle existe, une
insuffisance d’oxygénation des tissus.
• mesurer la saturation pulsée en oxygène (SpO2).
L’évaluation de la respiration peut être complétée en mesurant la SpO2 à l’aide d’un appareil de mesure
(oxymètre de pouls).
La SpO2 normale est supérieure ou égale à 94 %.

Fréquence respiratoire normale

Adulte 12 à 20 mouvements par minute

Enfant 20 à 30 mouvements par minute

Nourrisson 30 à 40 mouvements par minute

Nouveau-né 40 à 60 mouvements par minute

68
Qualité de la respiration

Normale Respiration silencieuse

Superficielle Mouvement du thorax et de l’abdomen à peine perceptible (difficile à


compter)

Difficile Effort respiratoire


Contraction des muscles du haut du thorax et du cou
Pincement des ailes du nez chez l’enfant et le nourrisson

Bruyante Sifflements, ronflements, gargouillements, râles

Examen de la fonction circulatoire


La recherche d’un pouls n’est pas systématique pour caractériser l’arrêt cardiaque. Toutefois, si elle est
effectuée, elle ne doit pas retarder la mise en œuvre des gestes de secours.
• rechercher la présence ou l’absence du pouls carotidien (ou fémoral chez le nourrisson) ;
Si une recherche de pouls est pratiquée chez une victime ayant perdu connaissance et qui ne respire
pas, elle doit être effectuée en même temps que la recherche d’une respiration (et en aucun cas plus
de 10 secondes). En cas de doute sur la présence du pouls carotidien ou fémoral, le secouriste
considérera qu’il est absent.
Le pouls carotidien peut être recherché chez l’adulte ou l’enfant pour identifier une détresse
circulatoire (pouls carotidien perceptible alors que le pouls radial ne l’est pas) et pour compter la
fréquence cardiaque si le pouls radial n’est pas perceptible.
Il convient alors de se placer du côté de la carotide qui va être palpée et de maintenir la tête de la
victime avec l’autre main sur le front.
Chez l’adulte et l’enfant, le pouls doit être recherché sur la face latérale du cou en le palpant entre la
pulpe de 2 ou 3 doigts médians de la main qui tenait le menton de la victime (index, majeur et
annulaire) et le plan osseux profond constitué par la colonne cervicale :
o poser l’extrémité des doigts sur la ligne médiane du cou ;
o ramener la main vers soi, la pulpe des doigts restant au contact de la peau du cou ;
o pousser doucement la pulpe des doigts vers la profondeur pour percevoir les battements de la
carotide.
Chez le nourrisson, la recherche du pouls se fait au niveau du pli de l’aine. Elle est pratiquée par le
secouriste au cours du bilan ou de la surveillance :
o poser la pulpe des doigts au niveau du pli de l’aine, racine de la cuisse ;
o pousser doucement en profondeur et rechercher les battements de l’artère.

• évaluer la circulation ;
L’évaluation de la circulation permet de rechercher une altération de la circulation, c’est-à-dire
l’existence d’une détresse circulatoire.
Cette recherche est pratiquée par le secouriste chez une victime consciente ou ayant perdu
connaissance lors du bilan d’urgence vitale. Elle doit être renouvelée lors de la surveillance de la
victime.

69
L’évaluation de la circulation s’effectue en prenant le pouls de la victime, sur une durée d’une minute. Il
est recherché au niveau :
o de la face antérieure du poignet, en plaçant l’index, le majeur et éventuellement l’annulaire sur
le trajet de l’artère radiale, dans le prolongement du pouce ;
o du cou, en palpant l’artère carotidienne (voir ci-dessus) si le pouls au niveau du poignet est
imperceptible ;
o du milieu du pli de l’aine en palpant l’artère fémorale avec deux ou trois doigts si l’on ne peut
pas prendre le pouls carotidien (voir ci-dessus).

La recherche du pouls permet de déterminer :


o la fréquence cardiaque, c’est-à-dire le nombre de battements cardiaques par minute ;
o la régularité du pouls et l’absence de pause ;
o l’amplitude ou force du pouls, déterminée par la facilité à le percevoir.

Fréquence cardiaque normale

Adulte 60 à 100 battements par minute

Enfant 70 à 140 battements par minute

Nourrisson 100 à 160 battements par minute

Nouveau-né 120 à 160 battements par minute

• évaluer la peau et les muqueuses ;


L’examen de la couleur de la peau et des muqueuses ainsi que de la température et l’humidité de la
peau d’une victime renseigne aussi le secouriste sur l’état de circulation des tissus.
Une pâleur, la présence de marbrures de la peau, particulièrement au niveau des genoux et des cuisses,
ainsi qu’une peau humide et froide au toucher traduit une altération de la fonction circulatoire. Chez
une victime, la présence d’une pâleur extrême est souvent le reflet d’une perte importante de sang.
• mesurer la pression artérielle (PA) ;
L’évaluation de la circulation peut être complétée en mesurant la PA de la victime à l’aide d’un
tensiomètre en la comparant à la PA connue de la victime. La mesure de la PA renseigne le secouriste
et le médecin sur l’état de la circulation de la victime.
Les valeurs normales de pression artérielle chez l’adulte au repos et réveillé oscillent autour de
100 mmHg de PA systolique et 80 mmHg de PA diastolique.
Contrairement à l’adulte, il ne peut y avoir de valeur de référence chez l’enfant. La pression artérielle
de l’enfant varie en fonction de son sexe, de son âge, sa taille et de son poids.
Le secouriste se limitera à transmettre les valeurs de pression artérielle mesurée pour demander un
avis médical.
• mesurer le temps de recoloration cutanée (TRC).
Cette mesure renseigne sur l’état de la circulation au niveau des tissus. Il traduit la capacité du système
circulatoire à remplir les petits vaisseaux de sang.
Elle est réalisée lors du bilan d’urgence vitale que la victime soit consciente ou non.
Le TRC est évalué au niveau du lit de l’ongle d’un doigt, pour cela il faut :

70
o comprimer fortement l’extrémité d’un doigt entre le pouce et l’index, pendant deux à trois
secondes ; le lit de l’ongle devient pâle ;
o relâcher la pression et mesurer le temps de recoloration.
Normalement le lit de l’ongle se recolore en moins de deux secondes.
Cette évaluation est impossible si la victime porte du « vernis à ongles ».

Examen de la fonction neurologique


L’examen de la fonction neurologique permet de déterminer si la victime présente une altération de la
conscience ou une désorientation.
• évaluer le niveau de conscience(1) ;
L’évaluation du niveau de conscience se réalise au cours de l’examen initial, en quelques secondes et
quelle que soit la position de la victime :
o poser une question simple à la victime : « Comment ça va ? Vous m’entendez ? » tout en la
secouant doucement par les épaules,
o lui prendre la main et lui demander d’exécuter un ordre simple : « Ouvrez les yeux, serrez-moi la
main »,
o en l’absence de réaction, la stimuler en réalisant une pression sur la base d’un de ses ongles
(aucune autre méthode de stimulation douloureuse ne doit être réalisée).

En fonction de la réponse de la victime à ces gestes d’examen, la victime est considérée comme :
o consciente, alerte ou éveillée si elle ouvre les yeux, répond et bouge spontanément ;
o réactive à la voix si elle n’ouvre les yeux, ne parle, n’exécute un ordre simple que quand on le lui
demande (stimulation verbale) ;
o réactive à la douleur si elle n’ouvre les yeux ou ne réagit que quand on exerce une pression à la
base de l’ongle (stimulation douloureuse) mais ne répond pas à la stimulation verbale ;
o aréactive si elle reste inerte, ne bouge pas, n’ouvre pas les yeux et ne réagit ni à la voix ni à la
stimulation douloureuse.
Cet examen peut être renouvelé autant que nécessaire si le secouriste pense que l’état de conscience
de la victime se modifie, particulièrement lors de la surveillance.
Si la victime est consciente, il est alors possible d’identifier ses plaintes.
• évaluer l’orientation de la victime ;
L’évaluation de l’orientation de la victime permet de détecter une détresse neurologique.
Elle est réalisée systématiquement chez toute victime consciente au cours du bilan d’urgence vitale.
Elle doit être renouvelée au cours du bilan complémentaire et au cours de la surveillance.
Demander à la victime par exemple :
o « Comment vous appelez-vous ? »
o « En quelle année sommes-nous ? »
o « Où sommes-nous ? »
o « Que s’est-il passé ? »
Si la victime répond correctement aux questions, on dit qu’elle est orientée. Si elle a du mal à
mémoriser et présente une désorientation dans le temps ou dans l’espace ou dit qu’elle est confuse ou

71
désorientée. Dans d’autres cas, les propos de la victime peuvent être incohérents ou
incompréhensibles.
• Rechercher une perte de connaissance passagère ;
Pour rechercher une perte de connaissance passagère, il convient de demander à la victime si elle se
souvient de ce qui s’est passé.
Une victime qui ne se souvient pas de l’accident ou du malaise (amnésie de l’événement) a souvent
présenté une perte de connaissance.
L’interrogatoire de l’entourage permet aussi de savoir s’il y a eu perte connaissance.

L’examen de la fonction neurologique permet aussi :


• d’évaluer la motricité ;
La motricité des membres supérieurs et des membres inférieurs d’une victime doit être évaluée pour
rechercher une détresse neurologique.
Cette évaluation est réalisée systématiquement au cours du bilan d’urgence vitale chez une victime
consciente. Elle sera répétée après immobilisation de toute victime suspecte d’un traumatisme de la
colonne vertébrale.
Cette évaluation s’effectue en demandant à la victime de :
o remuer les doigts puis les orteils ou les pieds,
o serrer les mains.
Une victime qui ne peut bouger un ou plusieurs membres présente une paralysie.
• d’examiner l’état des pupilles ;
L’examen des pupilles permet de détecter des signes d’une détresse neurologique qui peut être liée à
un traumatisme crânien, une maladie vasculaire cérébrale ou une intoxication.
Le secouriste doit examiner les pupilles de la victime systématiquement lors du bilan d’urgence vitale. Il
peut le faire même si la victime a perdu connaissance.
Demander à la victime d’ouvrir les deux yeux ou ouvrir les yeux de la victime pour les mettre à la
lumière « du jour » ou une lumière de « faible intensité » (non LED).
Normalement, les pupilles sont de diamètre identique. La constatation de pupilles de diamètres
différents doit être signalée.

Risques
Les gestes d’examen d’urgence vitale doivent, dans la mesure du possible, limiter tout mouvement de la
victime.
En présence d’un traumatisé, il faut assurer une stabilisation du rachis cervical pendant la recherche d’une
détresse vitale et la réalisation des gestes de secours d’urgence tant qu’une décision d’immobilisation de la
victime n’est pas prise.

(1)
La méthode qui est proposée ici consiste à évaluer l’état de conscience d’une victime en appréciant sa réactivité
à une stimulation verbale ou douloureuse (échelle AVPU). Le niveau de conscience d’une victime peut être
apprécié en évaluant l’ouverture des yeux, la réponse verbale ou motrice à la stimulation (Score de Glasgow).
L’autorité médicale de chaque organisme ou association est à même de choisir la méthode à utiliser.

72
Référence : 05FT04 Mise à jour : 11-2021

Compressions thoraciques
Indication
Les compressions thoraciques sont nécessaires chaque fois qu’un adulte, un enfant ou un nourrisson
présente un arrêt cardiaque ou a perdu connaissance suite à une obstruction des voies aériennes.
Elles sont aussi indiquées en présence d’un nouveau-né qui présente une détresse à la naissance, c’est-à-
dire lorsqu’il a une fréquence cardiaque inférieure à soixante battements par minute.

Justification
Quand le cœur s’arrête de fonctionner, le sang ne circule plus dans l’organisme et la distribution d’oxygène
n’est plus assurée. La compression régulière du thorax rétablit une circulation artificielle égale à 20 à 30 %
du débit cardiaque normal chez l’adulte. Ce débit est suffisant pour maintenir le cerveau et le cœur de la
victime oxygénés, notamment pendant les quelques minutes nécessaires à la mise en œuvre du choc
électrique externe.
La pression, exercée au milieu de la poitrine d’une victime allongée sur le dos, vide les cavités cardiaques et
les poumons du sang qui s’y trouve, et le propulse vers les organes périphériques.
Lorsque la pression est relâchée, la poitrine revient à sa taille initiale, le sang est de nouveau aspiré et
remplit le cœur et les poumons. Ce sang sera ensuite propulsé par la compression thoracique suivante.
Lors d’une obstruction complète des voies aériennes par un corps étranger, l’augmentation de la pression à
l’intérieur du thorax à chaque compression facilite l’expulsion du corps étranger par « effet piston ».

Matériel
Aucun matériel.

Réalisation

Chez l’adulte
La victime est installée en position horizontale, sur le dos, de préférence sur un plan dur (sol).

! se placer à genoux au plus près de la victime ;


! dénuder la poitrine de la victime ;
! appuyer le talon d’une main au centre de la poitrine ;
L’appui sur le thorax doit se faire sur la moitié inférieure du sternum, strictement sur la ligne médiane,
sans appuyer sur la pointe du sternum (appendice xiphoïde).
! placer l’autre main au-dessus de la première, en entrecroisant les doigts des deux mains et en veillant à
bien relever les doigts sans les laisser au contact du thorax pour ne pas appuyer sur les côtes ;

160
! réaliser des compressions thoraciques successives d’environ 5 cm, sans dépasser 6 cm, tout en veillant
à:
! appuyer verticalement en verrouillant les coudes,
! maintenir une fréquence comprise entre 100 et 120 compressions par minute,
! assurer un temps de compression égal au temps de relâchement,
! laisser le thorax reprendre sa forme initiale, entre chaque compression, sans pour cela décoller le
talon de la main.
NB : Un dispositif d’aide au massage cardiaque comme un métronome et un moniteur de la profondeur de
compression peuvent être utilisés afin d’améliorer la qualité de la RCP.

Chez l’enfant
L’enfant est installé en position horizontale, sur le dos, de préférence sur un plan dur (sol).

! se placer à genoux au plus près de la victime ;


! dénuder la poitrine de l’enfant ;
! appuyer le talon d’une main au centre de la poitrine. Pour cela :
! repérer l’appendice xiphoïde,
! placer le talon de la main un travers de doigt au-dessus de ce repère,
! veiller à bien relever les doigts pour ne pas appuyer sur les côtes.
L’appui sur le thorax doit se faire sans appuyer sur l’appendice xiphoïde.

! réaliser des compressions thoraciques successives en enfonçant le thorax d’au moins un tiers de son
épaisseur ou d’environ 5 cm :
! appuyer verticalement en verrouillant le coude,
! maintenir une fréquence comprise entre 100 et 120 compressions/min,
! assurer un temps de compression égal au temps de relâchement,
! laisser le thorax reprendre sa forme initiale entre chaque compression, sans pour cela décoller le
talon de la main.
Dans tous les cas, il est possible de changer de main qui effectue les compressions toutes les 2 minutes
environ voire plus fréquemment si le sauveteur perçoit des signes de fatigues.
Si la victime (enfant) est grande, il peut être utile d’utiliser la même technique que chez l’adulte.

Chez le nouveau-né ou le nourrisson


Le nourrisson ou le nouveau-né est installé en position horizontale, sur le dos sur un plan dur.

! se placer au plus près de la victime ;


! dénuder la poitrine, si nécessaire ;
! localiser la zone de compression ;
Cette zone est située dans la moitié inférieure du sternum, un travers de doigt au-dessus de l’appendice
xiphoïde.

161
! réaliser des compressions thoraciques successives en enfonçant le thorax d’au moins un tiers de son
épaisseur ou d’environ 4 cm :
! avec la pulpe des deux doigts d’une main si le secouriste est seul,
! avec la pulpe des deux pouces placés côte à côte, la pointe des doigts vers la tête du nourrisson et
en englobant le thorax avec les autres doigts de chaque main si l’action est menée à 2 ou plus de
2 secouristes,
! maintenir une fréquence :
! chez le nourrisson, d’environ 100 compressions/min sans dépasser 120,
! chez le nouveau-né qui présente une détresse à la naissance, de 120 compressions/min.
! assurer un temps de compression égal au temps de relâchement,
! laisser le thorax reprendre sa forme initiale, entre chaque compression, sans pour cela décoller les
mains et les doigts.

Risques & Contraintes


Une mauvaise position des mains, une compression thoracique trop forte ou non verticale peuvent
entraîner des lésions graves du thorax (fractures de côtes) et des poumons (contusion). Ces risques ne
doivent pas faire diminuer la vigueur des compressions thoraciques.
La présence de respiration agonique ne doit pas faire interrompre les compressions thoraciques.

Évaluation
Les compressions thoraciques sont efficaces si :

! une reprise normale de la respiration a lieu ;


! une recoloration de la victime est constatée ;
! le pouls, lors de chaque compression thoracique, est perçu.
La recherche du pouls est faite préférentiellement au pli de l’aine (pouls fémoral) pour ne pas gêner la
réanimation.

162
Référence : 05FT17 Mise à jour : 06-2018

Ventilation artificielle par un insufflateur manuel


Indication
La ventilation artificielle est nécessaire, après libération des voies aériennes, en présence d’une victime :

! en arrêt respiratoire ;
! présentant une respiration agonique (gasps) et dont la fréquence respiratoire est inférieure ou égale à
six mouvements par minute.

Justification
La ventilation artificielle par un insufflateur manuel permet d’apporter de l’air, éventuellement enrichi en
oxygène, aux poumons d’une victime.

Matériel
! insufflateur manuel à ballon auto-remplisseur ;
! masque d’insufflation.

Description du matériel
L’insufflateur manuel se compose :

! d’un ballon auto-remplisseur souple, élastique, qui reprend automatiquement sa forme quand on cesse
d’appuyer dessus ;
Il existe plusieurs modèles, en fonction du volume du ballon :
! adulte : 1600 à 2000 ml,
! pédiatrique : 450 à 500 ml,
! prématuré : 250 ml. Ce modèle est inefficace pour la réanimation du nouveau-né à la naissance ou
le nourrisson. Il est exclusivement réservé au prématuré.
! d’une valve d’admission d’air ou d’oxygène, qui empêche le retour du gaz contenu dans le ballon vers
l’extérieur ;
! d’un ballon réserve destiné à accumuler l’oxygène pendant l’insufflation ;
! d’une valve séparatrice des gaz insufflés et des gaz expirés, contenue dans une pièce en « T » ;
Elle oriente :
! les gaz frais du ballon vers la victime quand le secouriste appuie sur le ballon,
! les gaz expirés par la victime vers l’extérieur quand le secouriste relâche le ballon.
! d’un dispositif de raccordement à la victime (masque ou sonde d’intubation).
Les insufflateurs manuels prématurés et pédiatriques sont munis d’une valve de surpression préréglée à
35-40 mmHg, afin d’éviter à des poumons normaux d’être lésés par des pressions excessives.

189
Le masque facial est destiné à recouvrir la bouche et le nez de la victime sans appuyer sur les yeux. De
forme anatomique (triangulaire) chez l’adulte et l’enfant, ou circulaire chez le nourrisson, il est équipé d’un
bourrelet en plastique mou, en silicone ou gonflable, destiné à assurer l’étanchéité entre le masque et la
face de la victime. L’orifice supérieur permet de raccorder le masque à la pièce en « T ».
Il faut préférer des masques translucides car ils permettent de voir rapidement les sécrétions ou
vomissements et d’observer la coloration des lèvres de la victime.
Il existe trois à sept tailles de masque allant de l’adulte au prématuré.
En l’absence d’utilisation de matériel à usage unique, il faut mettre en place un filtre antibactérien entre la
pièce séparatrice des gaz et le masque.

Réalisation
! choisir un ballon insufflateur et un masque adapté à la victime et les connecter entre eux par
l’intermédiaire de la pièce en « T » ;
! se placer à la tête de la victime.

À un secouriste
! d’une main, assurer la libération des voies aériennes ;
! saisir de l’autre main l’ensemble ballon/masque ;
! placer le masque sur le nez de la victime, en appliquant le sommet du triangle sur la racine du nez ;
! rabattre la base du masque vers le menton pour appliquer son pourtour sur le visage de la victime ;
! appliquer le masque selon la technique de pince C-E, pour cela :
! placer le pouce de la main sur le masque, au-dessus du nez de la victime,
! et placer l’index sur la base du masque, au-dessus de la lèvre inférieure de la victime (le pouce et
l’index forment un ainsi C),
! placer les autres doigts (3ème, 4ème et 5ème doigts) en crochet sous le menton et le tirer vers le haut
pour l’appliquer contre le masque et maintenir les VA de la victime libres (le pouce, l’index et les
autres doigts forment ainsi un E),
! exercer une pression vers le bas avec le pouce et l’index et vers le haut avec les autres doigts.
Le maintien de la tête en arrière (position neutre pour le nourrisson) est réalisé par le mouvement
du poignet de la main qui tient le masque.
Cette saisie du masque et du menton sous forme de « pince » par la main du secouriste est l’élément
essentiel qui permet d’assurer l’étanchéité du masque sur le visage de la victime tout en maintenant les
VA libres.
! empaumer le ballon dans la partie centrale avec l’autre main ;
! comprimer le ballon progressivement, durant une seconde environ, jusqu’au début du soulèvement du
thorax (la pression à exercer est variable selon la victime) ;
! relâcher le ballon, dès que la poitrine se soulève, tout en continuant de maintenir le masque.
La poitrine de la victime s’abaisse alors que l’air sort de ses poumons.
Recommencer le cycle d’insufflations afin d’obtenir une ventilation artificielle efficace.

190
À deux secouristes
Cette technique, dont un secouriste maintient les voies aériennes ouverte et le masque alors que l’autre
comprime le ballon, améliore l’étanchéité du masque.
Préalablement :

! s’assurer de la bascule de la tête de la victime en arrière, menton tiré vers le haut.

Dans un premier temps, le secouriste 1 s’assure de la mise en place du masque et de son maintien à deux
mains. Pour cela, il doit :

! placer le masque sur le nez de la victime, en appliquant le sommet du triangle sur la racine du nez ;
! rabattre le masque vers le menton pour appliquer son pourtour sur le visage de la victime ;
! appliquer le masque (technique de pince C-E) avec une main ;
! placer l’autre main de façon symétrique à la première ;
! exercer une pression, vers le bas avec les pouces et vers le haut avec les autres doigts ;
! s’assurer de la bascule de la tête en arrière (position neutre pour le nourrisson).

Dans un second temps, le secouriste 2 pratique les insufflations. Pour cela il doit :

! empaumer le ballon dans la partie centrale d’une seule main ;


! comprimer le ballon progressivement, avec une seule main et durant une seconde environ, jusqu’au
soulèvement du thorax (la pression à exercer est variable selon la victime) ;
! relâcher le ballon, dès que la poitrine se soulève.
La poitrine de la victime s’abaisse alors que l’air sort de ses poumons.

Ensuite, recommencer le cycle d’insufflations afin d’obtenir une ventilation artificielle efficace.
Si, durant la ventilation artificielle, la victime présente un vomissement, il faut :

! interrompre immédiatement la ventilation ;


! tourner la victime sur le côté ;
! dégager aux doigts les débris alimentaires solides et volumineux ;
! aspirer les liquides de la bouche de la victime, si un aspirateur de mucosités est disponible ;
! remettre la victime sur le dos ;
! reprendre la ventilation artificielle.

Par l’intermédiaire d’une sonde d’intubation ou d’un dispositif supra-glottique


Le secouriste peut être amené à ventiler une victime à l’aide d’un insufflateur manuel directement relié à
une sonde d’intubation ou un dispositif supra-glottique.
Pour cela, il veille à ne pas mobiliser la sonde ou le dispositif lors des insufflations et respecte les consignes
données.

191
Risques & Contraintes
Une insufflation trop rapide ou un volume d’air trop important peut entraîner un passage de l’air dans
l’estomac et secondairement une régurgitation de son contenu. Ceci est plus fréquent chez l’enfant et le
nouveau-né qui ont besoin de volumes d’air moins importants que l’adulte.
Une régurgitation de liquide de l’estomac dans les voies aériennes de la victime entraîne un encombrement
de celles-ci, compromet les manœuvres de réanimation et la survie de la victime.
Les conditions d’entretien et de stockage des matériels doivent être conformes aux préconisations du
fabricant.

Évaluation
L’efficacité de la technique est jugée sur l’obtention d’un début de soulèvement de la poitrine de la victime,
lors de chaque insufflation et l’absence de fuite d’air au niveau du masque.

192
Référence : 05FT15 Mise à jour : 11-2021

Utilisation d’un défibrillateur automatisé


externe
Indication
L’utilisation du défibrillateur automatisé externe (DAE) est indiquée chez toute victime en arrêt cardiaque.

Justification
L’utilisation du DAE peut permettre une défibrillation précoce et améliorer de façon significative les
chances de survie de la victime.

Matériel
Les DAE se distinguent en deux catégories :
• les défibrillateurs entièrement automatiques ;
• les défibrillateurs semi-automatiques.
Le DAE est un appareil qui permet :
• d’analyser l’activité électrique du cœur de la victime ;
• de reconnaître une anomalie grave du fonctionnement du cœur à l’origine de l’arrêt cardiaque ;
• de délivrer ou d’inviter à délivrer au travers du thorax de la victime, un choc électrique afin de
synchroniser l’activité électrique cardiaque.

Le défibrillateur automatisé externe


Le DAE est un appareil qui reconnaît les rythmes devant être choqués et qui, alors, délivre ou demande de
délivrer un choc.
Il est composé :
• d’un écran ou d’indicateurs d’état de fonctionnement ;
• d’un haut-parleur qui donne des messages sonores et guide le secouriste dans son action ;
• d’un accumulateur d’énergie qui permet de délivrer un ou plusieurs chocs électriques ;
• éventuellement d’un bouton qui permet de réaliser, à la demande de l’appareil, un choc électrique ;
• d’un module mémoire pour mémoriser les évènements essentiels (ECG de la victime, manipulations
faites, heure, date et défibrillations réalisées) et éditer un rapport d’intervention ;
• d’électrodes de défibrillation à usage unique permettant de :
o capter et transmettre l’activité électrique cardiaque à l’analyseur du défibrillateur,
o délivrer le choc électrique s’il est indiqué.
Les électrodes sont autocollantes et recouvertes sur une face d’un gel qui facilite le passage du courant
tout en diminuant le risque de brûlure. Deux paires d’électrodes doivent être à disposition avec le
défibrillateur. Elles ne doivent jamais être pliées.
• de câbles de connexion pour relier les électrodes au DAE.
Suivant le modèle, le câble peut être préconnecté aux électrodes et à usage unique.

182
Certains défibrillateurs disposent d’électrodes différentes chez l’adulte et l’enfant ou le nourrisson.
Certains défibrillateurs sont munis de dispositifs d’aide et d’évaluation au massage cardiaque (métronome,
profondimètre).

Les accessoires :
• une paire de ciseaux pour couper éventuellement les vêtements ;
• de quoi sécher la peau de la victime ;
• un rasoir jetable pour raser les poils du thorax si nécessaire.

Mise en œuvre
La mise en œuvre du DAE s’effectue en cinq étapes :

Mise en marche de l’appareil


• La mise en fonction de l’appareil est réalisée par l’ouverture du capot protecteur ou par pression sur le
bouton marche/arrêt du défibrillateur.
Quelques secondes après sa mise en fonction une voix guide l’opérateur dans les différentes étapes.

Connexion des électrodes


Le DAE demande de mettre en place les électrodes sur la poitrine de la victime. Pour cela :
• enlever ou couper si nécessaire les vêtements recouvrant la poitrine ;
• se munir des électrodes, enlever la pellicule de protection ;
• coller les électrodes sur la poitrine nue de la victime, conformément au schéma visible sur les
électrodes ou sur leur emballage :
chez l’adulte et l’enfant :
o une juste au-dessous de la clavicule droite, contre le bord droit du sternum,
o l’autre sur le côté gauche du thorax, 5 à 10 cm au-dessous de l’aisselle gauche.
Chez le nourrisson :
o une dans le dos, entre les deux omoplates,
o l’autre devant, au milieu du thorax.
• connecter le câble au défibrillateur, s’il n’est pas déjà préconnecté.

Les électrodes doivent adhérer correctement à la peau. Si la poitrine de la victime est humide, il faut sécher
la poitrine avant de coller les électrodes. Si la poitrine de la victime est particulièrement velue, il est
préférable de la raser à l’endroit où l’on pose les électrodes.

Analyse du rythme cardiaque


Le DAE lance l’analyse du rythme cardiaque. Pendant cette phase, certains appareils demandent de ne pas
toucher ou bouger la victime. Dans ce cas :
• arrêter les manœuvres de réanimation ;
• cesser de toucher la victime.
L’analyse réalisée par le défibrillateur permet de reconnaître les rythmes cardiaques qui nécessitent un
choc électrique. Si tel est le cas, le défibrillateur se prépare immédiatement à la délivrance d’un choc.

183
Délivrance du choc
Si le DAE annonce qu’un choc est indiqué, il faut alors :
• écouter et respecter les recommandations sonores ou visuelles de l’appareil ;
• s’écarter de la victime quand l’appareil le demande ;
• appuyer sur le bouton pour choquer, si l’appareil le demande ;
• reprendre les manœuvres de réanimation immédiatement après la délivrance du choc.

Arrêt de l’appareil
L’arrêt de l’appareil ne peut être réalisé qu’à la demande du médecin des services de secours.

Risques & Contraintes


Correctement utilisé, le DAE ne présente aucun risque pour le secouriste et augmente les chances de survie
de la victime en AC.

Précautions particulières
• certains appareils utilisent des électrodes spécifiques pour l’enfant et le nourrisson ou demandent de
préciser s’il s’agit d’un enfant et d’un nourrisson (interrupteur, clef, etc.). Cela permet à l’appareil de
diminuer l’énergie délivrée au moment du choc. Si l’on ne dispose pas d’électrodes « enfant »
spécifiques, utiliser les électrodes « adulte » ;
• la victime peut être porteuse d’un stimulateur cardiaque ou d’un défibrillateur implantable dont le
boîtier est situé sous la peau, le plus souvent sous la clavicule droite. Ce boîtier est reconnaissable par
le secouriste, car il existe une cicatrice cutanée, une « bosse » sous la clavicule droite et une masse
dure est perçue, à travers la peau. Afin de ne pas altérer le fonctionnement du défibrillateur et de ne
pas diminuer l’efficacité du choc, coller l’électrode qui est normalement sous la clavicule droite à un
travers de main du dispositif médical implantable ;
• délivrer un choc à une victime allongée sur une surface mouillée diminue son efficacité, car l’eau est
conductrice de l’électricité. Il est préférable de dégager la victime et de l’installer sur une surface
sèche ;
• le défibrillateur ne doit pas être utilisé en présence de matériel ou de gaz hautement inflammable
(butane, vapeurs d’essence) ou explosif (panneau étiquette danger). Dans ce cas, il existe un risque
élevé de survenue d’incendie ou d’explosion lors de la défibrillation. Il faut alors :
o dégager la victime du milieu toxique ou inflammable en urgence,
o poursuivre la procédure quand la victime se trouve en lieu sûr.
• si la victime est allongée sur une surface en métal ou qui conduit l’électricité (pont d’un bateau,
terrasse en tôles métalliques, plaques d’égouts), afin que le trajet du courant de défibrillation ne soit
pas dévié vers le sol, il faut :
o dégager la victime de la surface métallique ou conductrice ou glisser sous elle un isolant,
o reprendre la procédure lorsque le contact est supprimé.

184
• la victime peut être porteuse d’un timbre médicamenteux autocollant (patch) qui permet la diffusion
de médicament à travers la peau. Le choc peut être inefficace ou provoquer une brûlure de la victime si
l’électrode de défibrillation est collée sur le timbre. Il faut donc :
o retirer le timbre,
o essuyer la zone avant de coller l’électrode.

Anomalies de fonctionnement
Il est possible qu’en cours d’utilisation, le défibrillateur présente des dysfonctionnements.
Les problèmes envisagés ici sont les plus courants, mais ne sont pas limitatifs, car ils dépendent souvent du
type d’appareil utilisé. Il est fortement recommandé de se référer au chapitre « dysfonctionnements de
l’appareil » du guide d’utilisateur de l’appareil.
Dans tous les cas, la RCP ne doit pas être interrompue.
Le défibrillateur vous demande de connecter les électrodes lorsque :
• la connexion au défibrillateur est inadéquate ;
• les électrodes n’adhèrent pas correctement à la peau de la victime ;
• les électrodes sont sèches, endommagées ou la date d’expiration est passée.
Dans ce cas, il convient :
• de poursuivre la RCP ;
• de vérifier les connexions ;
• d’appuyer fermement sur les électrodes pour améliorer le contact ;
• de nettoyer, raser et sécher la peau de la victime avant de remplacer les électrodes, si les opérations
précédentes n’étaient pas suffisantes.
Le défibrillateur détecte un mouvement pendant l’analyse. Ce mouvement peut provenir :
• de mouvements de la victime ;
• d’inspirations agoniques ;
• d’interférences électriques ;
• des mouvements du véhicule.
Dans ce cas, il convient :
• d’arrêter toute RCP pendant l’analyse et de s’assurer que personne ne touche la victime ;
• d’arrêter la mobilisation de la victime ;
• de s’assurer que la victime est immobile ;
La charge du défibrillateur, avant la délivrance du choc électrique, s’interrompt si :
• une électrode se déconnecte de la victime ;
• le câble des électrodes se déconnecte du défibrillateur ;
• la pression sur le bouton de délivrance du choc n’a pas été suffisamment précoce après que l’appareil
l’ait demandé ;
• l’état de la victime change et le rythme cardiaque ne nécessite plus un choc électrique.
Dans ce cas, il convient :
• de vérifier les électrodes, les connexions du câble et l’état de la victime.

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Consignes d’entretien
Le DAE doit toujours être en bon état de marche, vérifié et immédiatement disponible. Il doit être installé
dans un endroit accessible avec l’ensemble de ses accessoires.
Des vérifications périodiques du DAE permettent de s’assurer de son bon état de fonctionnement. Un
signal lumineux ou une alerte sonore indique tout dysfonctionnement.
Avant chaque utilisation, il convient de vérifier que :
• la batterie est insérée dans l’appareil (ne pas la retirer sauf si l’appareil le demande) ;
• le défibrillateur n’indique pas la présence d’un dysfonctionnement (absence de témoin d’alerte) ;
• l’appareil ne présente aucun dommage externe ;
• les électrodes ne sont pas arrivées à péremption ;
• tous les accessoires nécessaires à la réalisation de la défibrillation accompagnent l’appareil.
Après chaque utilisation, le DAE doit être remis en état, nettoyé et vérifié en respectant les
recommandations du fabriquant.
Si une procédure de récupération des données internes enregistrées par l’appareil est en vigueur, la mettre
en œuvre.
Les batteries du défibrillateur sont remplacées lorsque l’appareil l’indique ou s’il s’éteint ou ne s’allume
pas.
En aucun cas il ne faut modifier la configuration et les réglages internes de l’appareil.
Si l’utilisation de l’appareil devient impossible ou en cas d’anomalie constatée, il est indispensable de
mettre le défibrillateur hors service et de prévenir le responsable de l’appareil.

Évaluation
Correctement utilisé, le DAE permet de délivrer un choc électrique externe à toute personne en arrêt
cardiaque par fonctionnement anarchique du cœur.

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