Introduction à la logique et prédicats
Introduction à la logique et prédicats
Analyse
MPCI
Prof. : Dr. Vital Ralph
Email : vitalralph@[Link]
2021-2022
1 LOGIQUE
1 Logique
Définition 1.1. Une assertion est un énoncé auquel on peut attribuer la valeur de vé-
rité vrai (V) ou faux (F), mais jamais les deux à la fois. C’est le principe du tiers-exclu.
Il est d’usage de noter une assertion en utilisant une lettre majuscule (par exemple P,
Q, R).
Exemple.
1. « Port-au-prince est la capitale d’Haïti. » est une assertion vraie.
2. L’assertion « 24 est un multiple de 2» est vraie et « 19 est un multiple de 2» est
une assertion fausse.
Exemple.
Comme nous l’avons mentionné, l’énoncé P (n) défini par « n est un multiple de 2 » est
un prédicat sur N. Il devient une assertion quand on donne une valeur entière à n. Par
exemple,
— l’assertion P(10) définie par « 10 est un multiple de 2» obtenue en remplaçant n
par 10 est vraie ;
— l’assertion P(11) définie par « 11 est un multiple de 2» obtenue en remplaçant n
par 11 est fausse
1 sur 101
1.2 Les connecteurs logiques 1 LOGIQUE
Définition 1.3. La négation du prédicat P est le prédicat noté non(P) (ou parfois ¬P )
qui est vrai lorsque P est faux, et est faux lorsque P est vrai.
Il est d’usage de présenter les valeurs de vérité de non(P) en fonction des valeurs de
vérité de P dans un tableau appelé table de vérité. Pour le connecteur logique «non»,
on obtient la table de vérité suivante :
P ¬P
V F
F V
Exemple. Considérons le prédicat P défini par« 24 est un multiple de 2 ». Il s’agit d’une
assertion vraie. Sa négation est« 24 n’est pas un multiple de 2 ».Il s’agit donc d’une
assertion fausse.
Définition 1.4. Soient P et Q deux prédicats.
1. Le prédicat «P et Q », appelé conjonction de P et Q, est un prédicat qui est vrai
lorsque P et Q sont vrais simultanément, et faux dans tous les autres cas. On le
note aussi P ∧Q
2. Le prédicat «P ou Q », appelé disjonction de P et Q, est un prédicat qui est vrai
lorsque l’un au moins des deux prédicats P et Q est vrai, et faux lorsque les deux
sont faux. On le note aussi «P ∨Q».
Les tables de vérité des deux connecteurs logiques «et» et «ou» ainsi définis sont
donc :
P Q P et Q
V V V
V F F
F V F
F F F
P Q P ou Q
V V V
V F V
F V V
F F F
Remarque. Il est à noter que le « ou » du langage courant a un sens exclusif traduisant
l’alternative entre P et Q : ou bien P est vraie (et Q est fausse), ou bien Q est vraie (et P
fausse), mais P et Q ne peuvent être vrais simultanément. En revanche, le« ou » logique
n’est pas exclusif.
Exemple. Le prédicat P défini par « 10 est divisible par 2 » (c’est une assertion) est vrai.
Le prédicat Q défini par« 10 est divisible par 3 » (c’est aussi une assertion) est faux.
Ainsi,« P et Q » (c’est encore une assertion) est faux. En revanche, « P ou Q » est vrai
2 sur 101
1.3 Implication, équivalence 1 LOGIQUE
Les tables de vérités des deux connecteurs logiques« =⇒ » et« ⇐⇒ » ainsi définis
sont donc :
P Q P =⇒ Q
V V V
V F F
F V V
F F V
P Q P ⇐⇒ Q
V V V
V F F
F V F
F F V
1.3.1 Propriétés
3 sur 101
1.3 Implication, équivalence 1 LOGIQUE
Exemple.
non(non(P )) ≡ P.
Ces deux équivalences logiques expriment que les deux connecteurs logiques
«et» et «ou» sont associatifs.
5. Soient P, Q deux prédicats. On a l’équivalence logique : (P et (P ou Q)) ≡ P que
l’on peut vérifier en comparant la première colonne et la dernière colonne de la
table de vérité suivante :
6. Soient P et Q deux prédicats. On a l’équivalence logique :
(P ⇐⇒ Q) ≡ (Q ⇐⇒ P ).
Définition 1.7. Un prédicat composé R qui est vrai quelles que soient les valeurs de
vérité des prédicats qui le composent, est appelé une tautologie.
Exemple. Le prédicat composé «P ou non (P)», construit par disjonction d’un prédicat
P et de sa négation, est vrai quelle que soit la valeur de vérité du prédicat P. C’est donc
une tautologie. Cela se vérifie en écrivant sa table de vérité :
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1.3 Implication, équivalence 1 LOGIQUE
P non(P ) P ou non(P)
V F V
F V V
((P ⇐⇒ Q) et (Q ⇐⇒ R)) =⇒ (P ⇐⇒ R)
Définition 1.8. Deux prédicats composés sont dits incompatibles si leur conjonction
est fausse quelles que soient les valeurs de vérité des prédicats qui les composent.
P non(P ) P et non(P)
V F F
F V F
Ce résultat est bien connu. Il exprime qu’on ne peut avoir à la fois quelque chose et son
contraire.
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1.4 Les quantificateurs mathématiques 1 LOGIQUE
— (P ⇐⇒ Q) ≡ ((P =⇒ Q) et (Q =⇒ P)).
A partir d’un prédicat P (x) défini sur un ensemble E, on peut construire de nouvelles
assertions dites assertions quantifiées en utilisant les quantificateurs «il existe» et
«quel que soit».
Exemple.
1. L’assertion quantifié « ∀n ∈ N (n − 3)n > 0 » est fausse puisque qu’il existe un
élément n de N (prendre n= 0, n= 1,n= 2 ou n= 3) pour lequel l’énoncé « (n−3)n >
0» est faux.
2. L’énoncé « Si le carré d’un entier naturel est pair alors cet entier est pair » écrit :
« ∀n ∈ E , N (n 2 pai r =⇒ npai r ) ». Il est vrai.
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1.5 Les différents modes de démonstration en mathématique 1 LOGIQUE
(P et (P =⇒ Q)) =⇒ Q.
Ainsi, si l’énoncé P est vrai et si l’implication P =⇒ Q est vraie alors l’énoncé Q est
nécessairement vrai. C’est la méthode de démonstration la plus courante.
Exemple. Soient A = {2, −3} et B = {x ∈ E |x 2 + x − 6 = 0}. Pour montrer que A = B on
utilise l’implication
(A ⊂ B et c ar d (A) = c ar d (B )) =⇒ A = B.
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1.5 Les différents modes de démonstration en mathématique 1 LOGIQUE
Pour montrer qu’un énoncé P est vrai, un raisonnement par l’absurde consiste à
montrer que sa négation, l’énoncé non(P), entraîne un énoncé Q et son contraire
non(Q). Il s’appuie sur l’équivalence logique :
Exemple. « toute application de R dans R est soit paire soit impaire » est une asser-
tion fausse puisqu’on peut trouver une application de R dans R qui n’est ni paire, ni
impaire. C’est par exemple le cas de l’application x → 1 − exp(x).
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2 ENSEMBLES NUMÉRIQUES
2 Ensembles Numériques
2.1 Généralités
On peut définir de manière intuitive un ensemble comme la réunion dans une même
entité de certains objets bien déterminés. On appelle ces objets les éléments de l’en-
semble. Ce ne sont pas nécessairement des nombres.
Il est d’usage de noter un ensemble en utilisant une lettre majuscule et un élément
en utilisant une lettre minuscule. Ainsi, pour signifier que x est un élément de l’en-
semble E on écrit x ∈ E et on lit x appartient à E . Si x n’est pas un élément de E on
écrit x ∉ E et on dit que x n’appartient pas à E . Si x et y sont deux éléments de E , on
notera x = y si ces éléments sont égaux et x 6= y s’ils sont différents.
Exemples usuels d’ensembles de nombres :
— N ensemble des nombres entiers naturels,
— Z ensemble des nombres entiers relatifs,
— Q ensemble des nombres rationnels,
— R ensemble des nombres réels,
— C ensemble des nombres complexes .
On suppose connues les propriétés de l’ensemble N des entiers naturels et de l’en-
semble Z des entiers relatifs. On désigne par + et × l’addition et la multiplication
entre entiers.
E /R = {C n (x)|x ∈ E }.
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2.1 Généralités 2 ENSEMBLES NUMÉRIQUES
d ×a a
∀d ∈ Z, =
d ×b b
Il est de coutume de prendre pour représentant d’une classe d’équivalence la fraction
²m
n , ² ∈ {−1, 1} où m et n sont deux entiers naturels premiers entre eux (c’est-à-dire
sans diviseur commun autre que 1).
On munit l’ensemble Q des 2 lois notées +Q et ×Q définies par
m m 0 mn 0 + m 0 n m m0
+ 0 = pour tout ∈Q 0 ∈Q
n n nn n n
On vérifie que Q muni des lois +Q et ×Q est un corps commutatif, c’est-à-dire que
l’on a les propriétés suivantes.
— La loi +Q est associative : ∀(x, y, z) ∈ Q3 , (x +Q y) +Q z = x +Q (y +Q z).
— La loi +Q est commutative :∀(x, y) ∈ Q2 , x +Q y = y +Q x.
— La loi +Q possède pour élément neutre l’élément (0, 1) noté 0Q . Cet élément
vérifie : ∀x ∈ Q, x +Q 0Q = x.
— Tout élément x = (m, n) de Q possède un symétrique dans Q pour la loi +Q. Il
s’agit de l’élément (−m, n), noté −x, qui vérifie : x +Q −x = 0Q .
Ces premières propriétés indiquent que (Q, +Q ) est un groupe commutatif.
— La loi ×Q est associative : ∀(x, y, z) ∈ Q3 , (x ×Q y)x ×Q z = x ×Q Q(y ×Q Qz).
— La loi ×Q est commutative :∀(x, y) ∈ Q2 , x ×Q y = y ×Q x.
— La loi ×Q possède pour élément neutre l’élément (1, 1) noté 1Q. Cet élément
vérifie : ∀x ∈ Q, x ×Q 1Q = x.
— Tout élément x = (m, n) de Q différent de 0Q possède un symétrique dans Q
pour la loi ×Q . Il s’agit de l’élément (n, m) qui est noté x −1 et qui vérifie : x ×Q
x −1 = 1Q .
— la loi ×Q est distributive sur +Q :
∀(x, y, z) ∈ Q3 , (x +Q y) ×Q z = (x ×Q z) +Q (y ×Q z).
On note Q+ l’ensemble { m
n
∈ Q|m ∈ N, n ∈ N∗ } et Q∗+ = Q+ − {0Q }.
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2.1 Généralités 2 ENSEMBLES NUMÉRIQUES
Définition 2.3. (Relation d’ordre) Soit E un ensemble non vide. Une relation R de E
dans E est appelée une relation d’ordre sur E si elle est :
— réflexive :∀x ∈ E xRx;
— anti-symétrique : ∀(x, y) ∈ E 2 (xR y et yRx) =⇒ x = y;
— transitive : ∀(x, y, z) ∈ E 3 (xR y et yRz) =⇒ xRz.
∀x, y ∈ Q2 , x ≤ y ⇐⇒ y − x ∈ Q+
Définition 2.4. Soit R une relation d’ordre sur un ensemble E . Cette relation d ’ordre
est qualifiée de relation d ’ordre total sur E si ∀(x, y) ∈ E 2 (xR y ou yRx).
∀(x, y) ∈ Q2 , (x ≤ y) ou (y ≤ x);
∀(x, y, z) ∈ Q3 , (x ≤ y =⇒ x +Q z ≤ y +Q z)
et
((x ≤ y et 0Q ≤ z) =⇒ x ×Q z ≤ y ×Q z).
On dit que le corps (Q, +Q , ×Q ) muni de la relation d’ordre est un corps totalement
ordonné.
Définition 2.5. Soient E un ensemble muni d’une relation d’ordre total notée ≤ et A
un sous-ensemble non vide de E. On dit qu’un élément S de E est un majorant de A si :
∀x ∈ A, x ≤ S
Si l’ensemble des majorants est non vide, on dit que l’ensemble A est majoré.
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2.1 Généralités 2 ENSEMBLES NUMÉRIQUES
Définition 2.6. Soient E un ensemble muni d’une relation d’ordre total notée ≤ et A un
sous-ensemble non vide de E. On dit qu’un élément s de E est un minorant de A si :
∀x ∈ A, s ≤ x.
Si l’ensemble des minorants est non vide, on dit que l’ensemble A est minoré.
Définition 2.7. Soient E un ensemble muni d’une relation d’ordre total notée ≤ et A un
sous-ensemble non vide de E.
— Si A est majoré, on appelle supremum ou borne supérieure de A le plus petit
élément, s’il existe, de l’ensemble des majorants. On le note supE A.
— Si A est minoré, on appelle infimum ou borne inférieure de A le plus grand élé-
ment, s’il existe, de l’ensemble des minorants. On le note infE A.
Exemple.
5
sup A = et sup A = 1.
Q 3 Z
Dans Q, la borne supérieure de A qui vaut 5/3 n’est pas élément maximal de A. Dans
Z, la borne supérieure de A qui vaut 1 est également l’élément maximal de A. Par
ailleurs, un ensemble majoré n’admet pas nécessairement de borne supérieure. L’en-
semble A = {x ∈ Q|x > 0 et x 2 < 2} est majoré (est un majorant) mais ne possède pas
de borne supérieure dans Q.
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2.1 Généralités 2 ENSEMBLES NUMÉRIQUES
Il est aisé de vérifier que si r désigne un nombre rationnel, il n’existe pas néces-
sairement de nombre rationnel x tel que x 2 = r n’a pas forcément de solution dans
Q. C’est le cas par exemple de l’équation x 2 = 2. Si cette équation avait une solution
x dans Q+ , alors il existerait (m, n) ∈ N × N∗ avec m et n sans diviseur commun autre
que 1 tels que x = m/n autrement dit tels que m 2 = 2n 2 . Ceci impliquerait que m 2
est pair et par conséquent que m est pair. Ainsi il existerait un entier naturel k non
nul tel que m = 2k. On aurait alors 2n 2 = m 2 = 4k 2 ce qui impliquerait que n 2 = 2k 2
et donc n serait pair. Ceci contredirait notre hypothèse que m et n sont sans diviseur
commun autre que 1. Par ailleurs si l’équation avait une solution x dans Q\Q+ alors
le rationnel −x qui appartiendrait à Q + serait aussi solution (car (−x)2 = x 2 ). On vient
de voir que c’est impossible. Ce raisonnement par l’absurde permet de conclure que
l’équation x 2 = 2 n’a pas de solution dans Q.
Propriétés du produit
— la loi × est associative : ∀(x, y, z) ∈ R3 , (x × y) × z = x × (y × z);
— la loi × est commutative : ∀(x, y) ∈ R2 , x × y = y × x;
— l’ensemble R possède un élément neutre pour × qui est l’entier 1 : ∀x ∈ R, x ×
1 = x;
— tout élément x de R différent de 0 possède un symétrique dans R pour la ×
appelé inverse de x est noté x −1 ∀x ∈ R ∃x −1 ∈ R|x × x −1 = 1;
— la loi × est distributive sur + : ∀(x, y, z) ∈ R3 (x + y) × z = (x × z) + (y × z).
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2.1 Généralités 2 ENSEMBLES NUMÉRIQUES
Tout sous-ensemble A non vide et minoré de R; admet une borne inférieure a qui
vérifie
(∀x ∈ A, x ≥ b) et (∀² ∈ R∗+ ∃x ² ∈ A, a + ² > x ² ).
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2.2 Propriétés des nombres réels 2 ENSEMBLES NUMÉRIQUES
L’objet de cette partie est de rappeler les principales propriétés et formules calcula-
toires concernant les nombres réels.
∀(x, y, u, v) ∈ R4 , ((x ≤ y) et (u ≤ v)) =⇒ x + u ≤ y + v
((x ≤ y) et (u < v)) =⇒ x + u < y + v
1.
((x ≤ y) et (u ≥ 0)) =⇒ x + u ≤ y + u
((x ≤ y) et (u ≤ 0)) =⇒ x × u ≥ y × u
1 1
∀(x, y) ∈ R × R , 0 < x ≤ y ⇐⇒ 0 < y ≤ x
∗ ∗
2. x ≤ y < 0 ⇐⇒ 1y ≤ x1 < 0
x < 0 ≤ y ⇐⇒ 1 < 0 < 1
x y
3. ∀n ∈ N ∀(x, y) ∈ R × R , (x ≤ y ⇐⇒ x ≤ y n )
∗ + + n
(
∀x ∈ R+ ∀(m, n) ∈ N2 , (x ≤ 1 et n ≤ m =⇒ x n ≥ x m )
4.
∀x ∈ R+ ∀(m, n) ∈ N2 , (x ≥ 1 et n ≤ m =⇒ x n ≤ x m )
Définition 2.8. On appelle valeur absolue du réel x le réel positif noté |x| défini par
(
x si x ≥ 0
|x| =
−x si x < 0.
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2.2 Propriétés des nombres réels 2 ENSEMBLES NUMÉRIQUES
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2.2 Propriétés des nombres réels 2 ENSEMBLES NUMÉRIQUES
La relation est vraie dans ce cas aussi. Nous avons montré que dans les 4 cas
envisageables, compte tenu de la commutativité de la somme, la relation était
vraie. Elle est donc toujours vraie.
— Pour démontrer la seconde inégalité triangulaire, considérons deux réels x, y
tels que |x| ≥ |y|. On a alors
Exercice 1. Montrer, en utilisant une disjonction de cas, que pour tout (x, y) ∈ R2 on a
max{x, y} = 12 (x + y + |x − y|) et min{x, y} = 21 (x + y − |x − y|).
L’une des utilisations de la valeur absolue consiste à mesurer la distance entre deux
points sur la droite réelle.
d : R × R → R+
Définition 2.9. On appelle distance usuelle sur R l ’application
(x, y) → |x − y|
Étant donnés deux réels x et y, le réel d(x, y) est appelé distance de x à y.
Proposition 2.7. (Partie entière) Pour tout x ∈ R il existe un unique α ∈ Z tel que
α ≤ x < α + 1. L ’entier relatif α est appelé partie entière du réel x et est noté E (x)
ou [x].
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2.2 Propriétés des nombres réels 2 ENSEMBLES NUMÉRIQUES
∀n ∈ A, n ≤ x < N .
Cet ensemble est non vide (0 ∈ B ) et il est minoré car d’après la propriété d’Ar-
chimède, il existe un entier N tel que N > −x, autrement dit tel que x > −N .
L’ensemble B est donc un sous-ensemble de Z, non vide et minoré ; il admet un
unique élément minimal β ∈ Z. Cet élément minimal vérifie d’une part β ∈ B
donc β > x et d’autre part β − 1 6∈ B donc β − 1 ≤ x. On en déduit que l’entier
relatif a = β − 1 vérifie α ≤ x < α + 1.
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2.3 Topologie de la droite réelle 2 ENSEMBLES NUMÉRIQUES
Proposition 2.11. L’ensemble Q des nombres rationnels est dense dans l’ensemble
R des réels.
Preuve. Soit (x, y) ∈ R2 tel que x < y. On utilise la propriété d’Archimède en prenant
² = y − x (on a bien ² > 0) :
∀α ∈ R∗+ , ∃n α ∈ N∗ |n al pha (y − x) > α.
En choisissant de prendre α = 1, on établit l’existence d’un entier n 1 ∈ N∗ tel que n 1 (y −
x) > 1. On a donc y − x > n11 c’est-à-dire y > n1nx+1
1
. Posons a = E (nn1 x)+1
1
; il est clair que
a ∈ Q. En utilisant les proprlétés de la partie entière. On obtient
(n 1 x − 1) + 1 n1 x + 1 1
a> = x et a ≤ =x+ = y.
n1 n1 n1
On a ainsi montré que pour tout couple (x, y) ∈ R2 tel que x < y, il existe un rationnel
a vérifiant x < a < y ce qui permet de conclure que Q est dense dans R.
Nous présentons dans cette partie quelques notions de topologie de la droite réelle
utiles par la suite. Il s’agit également d’une introduction élémentaire aux notions de
topologie.
2.3.1 Intervalles
Autrement dit, un intervalle est défini comme un ensemble où tout réel compris entre
deux réels de l’ensemble appartient à l’ensemble.
19 sur 101
2.3 Topologie de la droite réelle 2 ENSEMBLES NUMÉRIQUES
a +b
∃(a, b) ∈ R2 (a < b et x 0 = et ]a, b[⊂ V )
2
Exemple. Tout intervalle ouvert ]a, b[ avec a < b est un ensemble ouvert de R En effet,
soit x ∈]a, b[ et d = min{ 12 (x − a), 12 (b − x)}. L’intervalle ouvert ]x − d , x + d [ est inclus
dans ]a, b[ et admet x pour centre.
Définition 2.14. Soit A un sous-ensemble non vide de R et x 0 un réel. On dit que x 0 est
un point intérieur à A si A est un voisinage de x 0 . L ’ensemble des points intérieurs à A
est noté A et est appelé intérieur de A.
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2.3 Topologie de la droite réelle 2 ENSEMBLES NUMÉRIQUES
On dit que x 0 est un point adhérent à A si tout intervalle ouvert de centre x 0 contient
au moins un élément de A. L ’ensemble des points adhérents à A est noté A et est appelé
adhérence de A.
L’ensemble R n’a ni plus grand, ni plus petit élément. On lui adjoint éléments notés
+∞ et −∞ de façon à construire l’ensemble noté R. On a donc R = R ∪ {+∞, −∞}.
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3 SUITES NUMÉRIQUES
3 Suites Numériques
Dans ce chapitre K désigne le corps R ou C. Les éléments de K sont appelés des sca-
laires. Si K = R, le symbole | · | désigne la valeur absolue d’un réel. Si K = C le symbole
| · | désigne le module d’un complexe. Une suite numérique est une application d’un
sous-ensemble infini N1 de N dans K. Au lieu de la noter
N1 → R
u:
n → u(n)
1. La suite de terme général (1/n)n∈N∗ est une suite réelle définie sur N∗ .
2. la suite ((−1)n )n est une suite réelle définie sur N dont les termes de rang pair
valent 1 et ceux de rang impair −1.
∀² ∈ R∗+ ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ |u n − l | ≤ ²
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3.1 Définitions et généralités 3 SUITES NUMÉRIQUES
∃l ∈ K ∀² ∈ R∗+ ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ |u n − l | ≤ ²)
Exercice 2. Soit A un sous-ensemble non vide de R. Montrer que le réel a est un point
adhérent à A si et seulement si il existe une suite réelle (x n )n d’éléments de A qui
converge vers a.
∃ ∈ N1 ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N1 =⇒ |u n − l 1 | ≤ ²)
∃ ∈ N2 ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N2 =⇒ |u n − l 2 | ≤ ²)
Notons N = max{N1 , N 2}. En utilisant la première inégalité triangulaire, on obtient
2
|l 2 − l 2 | ≤ |l 2 − u N | + |u N − l 1 | ≤ 2² = |l 2 − l 1 |
3
ce qui est absurde puisque 1 > 23 . On en conclut que si la suite numérique (u n )n converge
alors la limite de la suite est unique.
Proposition 3.2. Si une suite réelle à termes positifs converge, sa limite est un réel
positif.
Preuve. Considérons une suite (u n )n à termes positifs qui converge vers un réel l , c’est-
à-dire, voir la définition 3.1, supposons que
Pour montrer que le réel l est nécessairement positif, raisonnons par l’absurde. Si on
suppose que l est strictement négatif alors on établit en prenant ² = 12 |l | dans la relation
23 sur 101
3.1 Définitions et généralités 3 SUITES NUMÉRIQUES
1 (on a bien ² ∈ R∗+ ) l’existence d’un entier naturel N tel que pour tout entier n supérieur
à N,
|l |
|u n − l | ≤
2
On en déduit que pour tout n ∈ N avec n ≥ N ,
l −l
≤ un − l ≤ .
2 2
l
Ceci implique que −l 2 ≤ u n ≤ 2 < 0 ce qui est impossible puisque la suite (u n )n est à
termes positifs. On en conclut que le réel R est nécessairement positif.
Exercice 3. Montrer que si une suite réelle converge vers un réel stricte ment positif
alors tous les termes de la suite sont strictement positifs à partir d’un certain rang.
(Indication : on pourra s’inspirer de la démonstration de la proposition 3.2.
24 sur 101
3.1 Définitions et généralités 3 SUITES NUMÉRIQUES
∀² ∈ R∗+ ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ |u n − l | ≤ ²).
∀² ∈ R∗+ ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ ||u n | − |l || ≤ ²)
limn→+∞ u n = 0
⇐⇒ ∀² ∈ R∗+ ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ |u n − 0| ≤ ²)
⇐⇒ ∀² ∈ R∗+ ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ |u n | ≤ ²)
⇐⇒ ∀² ∈ R∗+ ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ ||u n | − 0| ≤ ²)
⇐⇒ limn→+∞ |u n | = 0
Définition 3.2.
∀κ ∈ R∗+ ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ u n ≥ κ)
∀ ∈ R∗+ ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ u n ≤ κ)
25 sur 101
3.1 Définitions et généralités 3 SUITES NUMÉRIQUES
Définition 3.3. Une suite numérique (u n )n est dite bornée s’il existe un réel positif M
tel que pour tout n ∈ N on ait |u n | ≤ M (i .e. − M ≤ u n ≤ M ).
Exemple.
La suite (u n )n de terme général u n = e n n’est pas bornée car quel que soit le réel positif
M, pour le terme de rang n = E (ln(M + 1)) + 1 on a |u n | > M .
Définition 3.4.
— Une suite réelle (u n )n est dite majorées ’il existe un réel A tel que pour tout n ∈ N
on ait u n ≤ A. Ce réel A est appelé un majorant de la suite (u n )n .
— Une suite réelle (u n )n est dite minorée s ’il existe un réel B tel que pour tout n ∈ N
on ait u n ≥ B. Ce réel B est appelé un minorant de la suite (u n )n .
Pour n ≥ N1 on a
|u n | = |u n − l + l | ≤ |u n − l | + |l | ≤ 1 + |l |.
La suite est donc majorée par M = max(u 0 , u 1 , · · · , u N1 −1 , 1 + |l |).
Proposition 3.7.
— Une suite réelle est bornée si et seulement si elle est à la fois majorée et mi-
norée.
— Toute suite réelle tendant vers +∞ est minorée. Toute suite réelle tendant
vers −∞ est majorée.
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3.1 Définitions et généralités 3 SUITES NUMÉRIQUES
Preuve.
∃N1 ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N1 =⇒ u n ≥ 1).
La suite est donc minorée par M = min(u 0 , u 1 , · · · , u N1 −1 , 1). Sur le même prin-
cipe, on vérifie que toute suite réelle tendant vers −∞ est majorée.
3.1.3 Propriétés
∀(u, v, w) ∈ S 3 (u ×S v) ×S w = u ×S (v ×S w).
∀(u, v, w) ∈ S 3 u ×S (v +S w) = (u ×S v) +S (u ×S w).
27 sur 101
3.1 Définitions et généralités 3 SUITES NUMÉRIQUES
8. L’ensemble S possède un élément neutre pour ×S , noté (1)n qui est la suite de
terme général 1. On a ∀u ∈ S u ×S (1)n = u.
9. ∀(u, v) ∈ S 2 , λ(u +S v) = λu +S λv
10. ∀(λ, µ) ∈ K2 , (λ + µ) · u = λ · u +S µ · u.
11. ∀(λ, µ) ∈ K ,
2
λ · (µ) · u) = (λ · µ) · u.
12. ∀u ∈ S , 1 · u = u.
Proposition 3.8. L ’ensemble S des suites numériques muni des lois de composi-
tion interne +S et ×S est un anneau commutatif.
Dans le cas où les deux suites u et v ne convergent pas toutes les deux dans R la
nature des suites u + v et u × v ne peut être établie que sous certaines hypothèses
supplémentaires sur les suites u et v. Les cas où il est possible de statuer sur la nature
des suites u + v et u × v sont indiqués dans les trois propositions suivantes. Tous les
autres cas correspondent à des situations où il n’est pas possible de conclure sur la
nature de la suite sans une étude plus approfondie (on parle de forme indéterminée).
28 sur 101
3.1 Définitions et généralités 3 SUITES NUMÉRIQUES
On peut résumer les propriétés qui ont été énoncées dans les propositions précé-
dentes sous forme de tableaux. Le tableau suivant indique la limite éventuelle de la
suite u + v en fonction de la limite des suites u et v. On écrit IND pour forme indéter-
minée lorsque les hypothèses ne sont pas suffisantes pour conclure. On écrit PL pour
signifier qu’il n’y a pas de limite dans R.
u+v l0 +∞ −∞ PL
0
l l +l +∞ −∞ PL
+∞ +∞ +∞ IND IND
−∞ −∞ IND −∞ IND
PL PL IND IND IND
29 sur 101
3.1 Définitions et généralités 3 SUITES NUMÉRIQUES
La proposition suivante indique que si tous les termes d’une suite réelle convergente
appartiennent à partir d’un certain rang à un intervalle fermé donné, alors la limite
de la suite appartient nécessairement à ce même intervalle. Il s’agit d’un corollaire de
la proposition 3.3 correspondant successivement aux choix suivants de l’ensemble
A : [a, +∞[, ] − ∞, b] et [a, b].
(∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ u n ≥ a)) =⇒ l ≥ a)
2. Si tous les termes de la suite (u n )n sont majorés par le réel bà partir d’un
certain rang alors l ≤ b. Autrement dit,
(∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ u n ≤ a)) =⇒ l ≤ a
(∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ a ≤ u n ≤ b)) =⇒ a ≤ l ≤ b.
Proposition 3.14. Soient (u n )n une suite réelle convergeant vers le réel l et (a, b) ∈
R2 . Si a < l < b alors il existe un entier N tel que ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ a < u n < b).
∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ |u n − l | ≤ ²).
30 sur 101
3.1 Définitions et généralités 3 SUITES NUMÉRIQUES
∃N ∈ N ∀ ∈ N (n ≥ N =⇒ u n ≤ v n ≤ w n ).
1
∃N2 ∈ N ∀ ∈ N (n ≥ N2 =⇒ v n < (l 1 + l 2 )).
2
1
v n < (l 1 + l 2 ) < u n .
2
Ceci contredit l’hypothèse selon laquelle u n ≤ v n pour tout n ≥ N et achève le raison-
nement par l’absurde. On procède de la même manière pour montrer que l 2 ≤ l 3 ce qui
permet d’en déduire que l’on a l 1 ≤ l 2 ≤ l 3 . La première partie du théorème est démon-
trée.
Soit ² : un réel strictement positif fixé. Par hypothèse les suites (u n )n et (w n )n conver-
geant vers l , on a d’après la définition 3.1
31 sur 101
3.1 Définitions et généralités 3 SUITES NUMÉRIQUES
∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ u n ≤ v n ≤ w n )
implique que
∀n ∈ N(n ≥ N =⇒ u n − l ≤ v n − l ≤ w n − l ).
Soit N3 = max(N , N1 , N2 ). Pour n ≥ N3 on a d’après 2 et 3,
−² ≤ u n − l ≤ v n − l ≤ w n − l ≤ ².
∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ u n ≤ v n )
Preuve. Supposons que la suite (u n )n tend vers +∞, c’est-à-dire d’après la définition
3.2, supposons que
Par hypothèse
∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ u n ≤ v n ).
On en déduit que pour tout entier n supérieur à N2 = max(N1 , N ) on a v n ≥ u n ≥ κ
∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ w n ≤ −u n ).
32 sur 101
3.2 Monotonie 3 SUITES NUMÉRIQUES
3.2 Monotonie
Définition 3.5.
Remarque.
33 sur 101
3.2 Monotonie 3 SUITES NUMÉRIQUES
Proposition 3.16.
Théorème 3.
l ≥ u N ≥ u N² > l − ²,
autrement dit que 0 ≤ l − u n < ². Ainsi, pour tout réel strictement positif ² il existe un
entier N² tel que pour tout entier n supérieur à N² on ait |u n − l | ≤ ². D’après la défini-
tion 3.1, cela signifie que la suite (u n )n converge vers l .
34 sur 101
3.2 Monotonie 3 SUITES NUMÉRIQUES
Proposition 3.17.
Preuve. Soit (u n )n une suite réelle non majorée, c’est-à-dire telle que
∀M ∈ R ∃N ∈ N u n > M .
∀M ∈ R ∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ =⇒ u n ≥ M )
Définition 3.6. Deux suites réelles (u n )n et (v n )n sont dites adjacentes si les deux condi-
tions suivantes sont satisfaites :
1. l’une des deux suites est croissante et l’autre est décroissante ;
2. limn→+∞ (u n − v n ) = 0.
Preuve. Soient (u n )n et (v n )n deux suites adjacentes telles que la suite (u n )n est crois-
sante et la suite (v n )n est décroissante. Considérons la suite de terme général w n =
v n − u n . En utilisant le fait que les suites (u n )n et (v n )n sont monotones, on obtient
pour tout n ∈ N
w n+1 − w n = (v n+1 − v n ) − (u n+1 − u n ) ≤ 0.
| {z } | {z }
≤0 ≥0
La suite (w n )n est donc décroissante. Par ailleurs, puisque les suites (u n )n et (v n )n sont
adjacentes on a limn→+∞ (u n − v n ) = 0 et la suite (w n )n converge vers 0. Les termes de
la suite (w n )n sont donc nécessairement positifs. On en déduit que pour tout n ∈ N on
a u n ≤ v n . En utilisant par ailleurs la monotonie des suites (u n )n et (v n )n , on obtient
35 sur 101
3.2 Monotonie 3 SUITES NUMÉRIQUES
Puisque la suite (u n )n est croissante et majorée (par exemple par v 0 ), d’après le théo-
rème 3 elle converge vers un réel l 1 . Puisque la suite (v n )n est décroissante et minorée
(par exemple par u 0 ), d’après le théorème 3 elle converge vers un réel l 2 Des égalités
0 = lim w n = lim (u n − v n ) = l 1 − l 2 ,
n→+∞ n→+∞
Exercice 4. Soient a, b deux réels tels que 0 < a < b. On considère les suites (u n )n et
(v n )n définies par
p un + v n
u 0 = a, u n+1 = u n v n et v 0 = b, v n+1 =
2
1. Montrer que les suites (u n )n et (v n )n sont à valeurs positives et que u n ≤ v n pour
tout n ∈ N.
2. En déduire que la suite (u n )n est croissante et majorée et que la suite (v n )n est
décroissante et minorée.
3. Montrer que les suites (u n )n et (v)n)n sont adjacentes.
La limite commune des deux suites (u n )n et (v n )n est appelée moyenne arithmético-
géométrique des réels a et b.
Définition 3.7. (Suite extraite) La suite numérique (v n )n est une suite extraite ou une
sous-suite de la suite (u n )n s ’il existe une application h de N dans N strictement crois-
sante, appelée extractrice, telle que
∀n ∈ N, v n = u h(n) .
36 sur 101
3.2 Monotonie 3 SUITES NUMÉRIQUES
∃N ∈ N ∀ ∈ N (n ≥ N =⇒ |u n − l | ≤ ²).
qui d’après la définition 3.1 indique que la suite (u h(n) )n ∈ N converge vers l .
Proposition 3.20. Une condition nécessaire et suffisante pour que la suite numé-
rique (u n )n converge est que la sous-suite des termes d’indice pair et la sous-suite
des termes d’indice impair admettent la même limite. Dans ce cas, cette limite
commune est la limite de la suite (u n )n .
∃N1 ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N1 =⇒ |u 2n − l | ≤ ²)
(4)
et ∃N2 ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N2 =⇒ |u 2n+1 − l | ≤ ²)
37 sur 101
3.3 Suites de Cauchy 3 SUITES NUMÉRIQUES
Définition 3.8. (Suite de Cauchy) La suite numérique (u n )n est appelée suite de Cau-
chy dans K si elle vérifie la condition :
∀² ∈ R∗+ ∃N ∈ N , ∀n ∈ N ∀m ∈ N ((n ≥ M et m ≥ N ) =⇒ |u n − u m | ≤ ²)
1
Exemple. Montrons que la suite (u n )n de terme général u n = n2
est une suite de Cau-
chy. Pour (m, n) ∈ N2 avec n ≥ m, on a
¯ 1 1 ¯ ¯ n 2 − m 2 ¯ (n + m)(n − m)
|u n − u m | = ¯ 2 − 2 ¯ = ¯ 2 2 ¯ = .
n m n m n2m2
Comme 0 ≤ n−m ≤ n et 0 ≤ n+m ≤ 2n, on a |u n −u m | ≤ 2/m 2 . Soit ² un réel strictement
p
positif et N = E ( (2/²)) + 1. Quels que soient les entiers m et n vérifiant n ≥ m ≥ N on
a 2/m 2 ≤ ² par conséquent
|u n − u m | ≤ ².
D’après la définition 3.8, la suite de terme général 1/n 2 est une suite de Cauchy.
|u n − u m | = |u n − l + l − u m | ≤ |u n − l | + |u m − l | (5)
1
∃N ∈ N ∀k ∈ N (k ≥ N =⇒ |u k − l | ≤ ²). (6)
2
D’après la relation 6 , pour tous entiers m, n vérifiant m > N et n > N , on a
1 1
|u n − l | ≤ ² et |u m − l | ≤ ².
2 2
38 sur 101
3.4 Suites usuelles 3 SUITES NUMÉRIQUES
1 1
|u n − u m | ≤ ² + ² = ².
2 2
Ainsi,
Exercice 6. Le but de cet exercice est de montrer que toute suite numérique de Cauchy
converge.
1. Montrer en utilisant la définition 3.8 que toute suite de Cauchy est bornée.
2. Montrer qu’une suite de Cauchy qui possède une suite extraite convergente est
une suite convergente.
3. En utilisant le théorème de Bolzano-Weierstrass, en déduire que toute suite nu-
mérique de Cauchy converge.
∀ ∈ N u n+1 = u n + r.
n−1
X 1
Sn = u k = (u 0 + u n−1 ).
k=0 2
39 sur 101
3.4 Suites usuelles 3 SUITES NUMÉRIQUES
k = nu 0 + r n(n−1)
Pn−1 Pn−1 Pn−1
Sn = u =
k=0 k
(u + r k) = nu 0 + r
k=0 0 k=0 2
∀ ∈ N u n+1 = r u n .
n−1
X 1−rn
Sn = uk = u0 .
k=0 1−r
les termes des deux sommes s’annulant deux à deux. On en déduit la relation cherchée.
40 sur 101
4 CONTINUITÉ
4 Continuité
∀β ∈ F ∃α ∈ E , f (α) = β.
41 sur 101
4.1 L’ensemble des applications de D dans R 4 CONTINUITÉ
Définition 4.2. Soient trois ensembles E , F,G. f un application de E dans F, g une ap-
plication de F dans G. Considérons l’application h : E → G, x → g ( f (x)). h est appelée
application composé de f et g . Elle est noté g ◦ f (g rond f ).
∀x ∈ E , g ◦ f (x) = g ( f (x))
Exercice 11.
p
1. Donner f (x) et g (x) sachant que g ◦ f (x) = | sin x| et f ◦ g (x) = sin2 ( x).
2. On donne f (x) = 1−x . Montrer que f (x) f˙(1 − x) = 1.
x
3. On donne f (x) = x + 5 et g (x) = x 2 . calculer :
Propriétés
Soit les applications f 1 : E 1 → E 2 , f 2 : E 2 → E 3 , f 3 : E 3 → E 4 . Alors :
( f 3 ◦ f 2 ) ◦ f 1 = f 3 ◦ ( f 2 ◦ f 1 ) (associativité).
En effet
42 sur 101
4.1 L’ensemble des applications de D dans R 4 CONTINUITÉ
Proposition 4.2. Soit f : E → F une application bijective. Alors il existe une et une
seule application g : F → E telle que :
1. ∀y ∈ F, f ◦ g (y) = y, (c’est-à-dire f ◦ g = i d F )
2. ∀x ∈ E , g ◦ f (x) = x, (c’est-à-dire g ◦ f = i d E )
3. g est bijective.
1. La loi + est une loi de composition interne sur A (D, R) ayant les propriétés sui-
vantes :
(a) elle est associative : ∀( f , g , h) ∈ A (D, R)3 ( f + g ) + h = f + (g + h);
(b) elle est commutative : ∀( f , g ) ∈ A (D, R) 2
f +g = g + f ;
(c) elle possède pour élément neutre l’application nulle :
0A (D,R) : x ∈ D → 0 ∈ R;
(d) tout élément f de A (D, R) possède un symétrique dans A (D, R) qui est l’ap-
plication − f définie par : x ∈ D → − f (x) ∈ R.
43 sur 101
4.1 L’ensemble des applications de D dans R 4 CONTINUITÉ
2. La loi × est une loi de composition interne sur A (D, R) ayant les propriétés sui-
vantes :
(a) elle est associative : ∀( f , g , h) ∈ A (D, R)3 ( f × g ) × h = f × (g × h);
(b) elle est distributive par rapport à la loi + : ∀( f , g , h) ∈ A (D, R)3 f ×(g +h) =
( f × g ) + ( f × h);
(c) elle possède pour élément neutre l’application : 1A (D,R) : x ∈ D → 1 ∈ R.
On résume les propriétés qui viennent d’être énoncées pour les lois de composition in-
terne + et × par la proposition suivante.
Proposition 4.3. L ’ensemble A (D, R) muni des lois + et × est un anneau commu-
tatif.
Remarque. L’ensemble structuré (A (D, R), +, ×) n’est pas un corps car un fonction
réelle n’a pas nécessairement de symétrique pour la loi ×.
1
x ∈D → ∈ R.
g (x)
44 sur 101
4.1 L’ensemble des applications de D dans R 4 CONTINUITÉ
Remarque.
1. Il ne faut pas utiliser la notation g −1 pour désigner le symétrique de g pour la loi
×. Cette notation est réservée pour désigner la bijection réciproque de g (lorsque
celle-ci existe).
f
2. On note g
ou encore f /g , l’application f × 1/g et f − g l’application f + (−g ).
x ∈ D → g ( f (x)).
où ≤R désigne la relation d’ordre sur R. La relation ≤ est une relation d’ordre sur A (D, R) :
— elle est réflexive : ∀ ∈ A (D, R) f ≤ f ;
— elle est anti-symétrique : ∀( f , g ) ∈ A (D, R)2 ( f ≤ g et g ≤ f ) =⇒ f = g ;
— elle est transitive : ∀( f , g , h) ∈ (A (D, R))3 ( f ≤ g et g ≤ h) =⇒ f ≤ h.
La relation ≤ est une relation compatible avec les lois + et × :
— ∀( f , g , h) ∈ (A (D, R))3 ( f ≤ g =⇒ f + h ≤ g + h);
— ∀( f , g , h) ∈ (A (D, R))3 (( f ≤ g ) et (0 ≤ h) =⇒ f × h ≤ h × h).
Soit f une application de R dans R. 0n dit que f est paire si : ∀x ∈ R f (−x) = f (x).
La représentation graphique d’une fonction paire admet l’axe des ordonnées comme
axe de symétrie. On dit que f est impaire si : ∀x ∈ R f (−x) = − f (x). La représentation
graphique d’une fonction impaire admet l’origine du repère comme axe de symétrie.
On dit que f est périodique s’il existe un réel T strictement positif tel que
∀x ∈ R f (x + T ) = f (x).
On appelle période (fondamentale) de f le plus petit réel T strictement positif, s’il existe
, satisfaisant la relation précédente.
45 sur 101
4.1 L’ensemble des applications de D dans R 4 CONTINUITÉ
On dit que f est monotone sur D si f est croissante sur D ou si f est décroissante sur
D, autrement dit si
∀(x 1 , x 2 ) ∈ D 2
¡ ¢
(x 1 ≤ x 2 =⇒ f (x 1 ) ≤ f (x 2 ))
ou
∀(x 1 , x 2 ) ∈ D 2
¡ ¢
(x 1 ≤ x 2 =⇒ f (x 1 ) ≥ f (x 2 ))
Exercice 13. Montrer que la fonction cosinus est strictement décroissante sur [0, π].
Proposition 4.6.
— La somme de 2 applications paires (resp. impaires) est une application paire
(resp. impaire). Le produit de 2 applications paires ou de 2 applications im-
paires est une application paire. Le produit d’une application paire et d’une
application impaire est une application impaire.
— La somme et le produit de 2 applications périodiques de même période T
est une une application périodique.
— La somme de 2 applications croissantes (resp. décroissantes) est une appli-
cation croissante (resp. décroissante).
Preuve. Ces propriétés se démontrent sans difficulté en revenant aux définitions. Consi-
dérons par exemple deux applications f et g paires. L’application h = f + g vérifie pour
tout x ∈ R,
h(−x) = f (−x) + g (−x) = f (x) + g (x) = h(x).
On en déduit que h est une application paire, autrement dit que la somme de 2 appli-
cations paires est une application paire.
46 sur 101
4.1 L’ensemble des applications de D dans R 4 CONTINUITÉ
∃M ∈ R ∀x ∈ D f (x) ≤ M .
∃m ∈ R ∀x ∈ D f (x) ≤ m.
47 sur 101
4.1 L’ensemble des applications de D dans R 4 CONTINUITÉ
1. ∀x ∈ D f (x) ≥ inft ∈D f (t ),
2. ∀² ∈ R∗+ ∃x ∈ D f (x) < inft ∈D f (t ) + ².
— On dit que f ∈ A (D, R) est bornée sur D si elle est à la fois majorée sur D et
minorée sur D, autrement dit si
∃(M , m) ∈ R2 ∀x ∈ D m ≤ f (x) ≤ M .
∃K ∈ R∗+ ∀x ∈ D | f (x)| ≤ K .
Exemple.
48 sur 101
4.1 L’ensemble des applications de D dans R 4 CONTINUITÉ
On en déduit que
M = sup g (t )
t ∈D
est un majorant de f (D). Comme par définition supt ∈D f (t ) est le plus petit des majo-
rants de f (D); on a nécessairement supt ∈D f (t ) ≤ M . La première relation est démon-
trée.
La vérification des autres relations est laissée en exercice.
49 sur 101
4.2 Limites 4 CONTINUITÉ
Applications bornées
On désigne par B(D, R) l’ensemble des applications de A (D, R) qui sont bornées sur
D. Il s’agit d’un sous-espace vectoriel de A (D, R). Pour f ∈ B(D, R), on note
Proposition 4.10. Pour tout ( f , g ) ∈ B(D, R)2 et pour tout λ ∈ R, on a les propriétés
suivantes :
1. || f ||∞ = 0 ⇐⇒ f = 0
2. ||λ · f ||∞ = |λ| · || f ||∞ ;
3. || f + g ||∞ ≤ || f ||∞ + ||g ||∞ ;
4. || f × g ||∞ ≤ || f ||∞ × ||g ||∞ ;
∀x ∈ D, | f (x)| ≤ 0.
4.2 Limites
4.2.1 Définitions
L’ensemble R n’a ni plus grand, ni plus petit élément. On lui adjoint les éléments notés
+∞ et −∞ de façon à construire l’ensemble noté R̄. On a donc R̄ = R ∪ {+∞, −∞}.
∀(α, β, γ) ∈ R3 ((α ∈ I et β ∈ I et α ≤ γ ≤ β) =⇒ γ ∈ I )
Cette définition regroupe les intervalles des types suivants (avec a et b réels et a < b) :
{x ∈ R | a < x < b} = ]a, b[{x ∈ R | a < x < b} = ]a, b[ (ouvert et non fermé)
50 sur 101
4.2 Limites 4 CONTINUITÉ
∀x ∈] − 1, 1[ | f (x)| ≤ 2|x|.
Pour tout ² ∈ R∗+ fixé, la quantité | f (x)−0| peut être rendue plus petite que ² en prenant
x tel que 2|x| ≤ ². On a ainsi établi que pour tout réel strictement positif ², on peut
trouver un réel strictement positif η (η = 21 ² convient) tel que
51 sur 101
4.2 Limites 4 CONTINUITÉ
Preuve. Raisonnons par l’absurde. Supposons que l’application f admette 2 deux réels
l 1 et l 2 distincts pour limite en x 0 et considérons le réel strictement positif ² = 31 |l 1 − l 3 |.
D’après la définition 4.8, d’une part
et d’autre part
2
|l 1 − l 2 | = |l 1 − f (x) + f (x) − l 2 | ≤ |l 1 − f (x)| + | f (x) − l 2 | ≤ |l 1 − l 2 |.
3
— On dit que l’application f de ]a, +∞[ dans R admet pour limite le réel l en +∞
et on note limx→+∞ f (x) = l si
52 sur 101
4.2 Limites 4 CONTINUITÉ
∀κ ∈ R ∃η ∈ R ∀x ∈] − ∞, b[ (x ≤ η =⇒ f (x) ≥ κ).
Exercice 16. Montrer que si une fonction périodique admet pour limite en +∞ le réel
l alors il s’agit d’une fonction constante, la constante étant égale à l .
Preuve. Supposons que f admette le réel f pour limite en x 0 . D’après la définition 4.8
|x − x 0 | ≤ η =⇒ | f (x − l | ≤ 1.
53 sur 101
4.2 Limites 4 CONTINUITÉ
Preuve. On suppose que l ∈ R, le cas des limites valant ±∞ se traite de manière ana-
logue en prenant la définition idoine pour la limite donnée 4.8.
∃N ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ |u n − x 0 | ≤ η).
∀² ∈ R∗+ ∃ ∈ N ∀n ∈ N (n ≥ N =⇒ | f (u n ) − l | ≤ ²,
ce qui d’après la définition d’une suite chapitre précédente signifie que la suite de terme
général f (u n ) tend vers l .
Pour montrer la réciproque, raisonnons par l’absurde. Supposons que pour toute suite
réelle (u n )n convergeant vers x 0 la suite de terme général f (u n ) tend vers l et que f
n’admet pas pour limite l en x 0 . Montrons que l’on aboutit à une contradiction. La
négation de l’assertion « f admet pour limite f en x 0 s’écrit :
On dispose donc d’une suite (y n )n qui converge vers x 0 mais pour laquelle la suite de
terme général f (u n ) ne converge pas vers l . C’est en contraction avec nos hypothèses.
l 1 ≤ lim f (x) ≤ l 2
x→x 0
54 sur 101
4.2 Limites 4 CONTINUITÉ
lim f (x) = l 1
x→x 0
Preuve. Soit (u n )n une suite de D convergeant vers x 0 ∈ D̄. D’après les hypothèses, pour
tout n ∈ N on a
g 1 (u n ) ≤ f (u n ) ≤ g 2 (u n ).
D’après la proposition 4.13, puisque f admet une limite l en x 0 , la suite de terme géné-
ral f (u n ) converge vers l . De même, puisque g 1 et g 2 admettent pour limite en x 0 les
réels l 1 et l 2 , on a
lim g 1 (u n ) = l 1 et lim g 2 (u n ) = l 2
n→+∞ n→+∞
l1 ≤ l ≤ l2.
∀x ∈ D f (x) ≥ g (x)
Preuve. Soit (u n )n une suite à valeurs dans D et convergeant vers x 0 . D’après les hypo-
thèses, pour tout n ∈ N on a
f (u n ) ≥ g (u n ) (7)
Puisque g tend vers +∞ en x 0 , la proposition 4.13 indique que la suite de terme géné-
ral g (u n ) tend vers +∞. D’après la proposition 3.15, on déduit de la relation 7 que la
suite de terme général f (u n ) tend vers +∞. Ce résultat est vrai pour toute suite (u n )n
convergeant vers x 0 . D’après la proposition 4.13 cela implique que
55 sur 101
4.2 Limites 4 CONTINUITÉ
D’après la définition 4.8, ceci signifie que l’application | f | admet pour limite en x 0 le
réel |l |.
La seconde assertion résulte de l’égalité suivante pour x ∈ D et λ ∈ R : |(λ · f )(x)| =
|λ|| f (x)|.
Supposons que f admette pour limite f en x 0 et que g admette pour limite l 0 en x 0 et
considérons un réel strictement positif ². En utilisant la première inégalité triangulaire,
on obtient pour tout x ∈ D
56 sur 101
4.2 Limites 4 CONTINUITÉ
f
lim (x) = 0.
x→x 0 g
On peut résumer les propriétés qui ont été énoncées sous forme de tableaux. Le tableau
suivant indique la limite éventuelle de la fonction f+g relativement aux valeurs de la
limite des fonctions f et g. On écrit IND pour forme indéterminée lorsque les hypothèses
ne permettent pas de conclure.
57 sur 101
4.2 Limites 4 CONTINUITÉ
f +g l0 +∞ −∞
l l +l0 +∞ −∞
+∞ +∞ +∞ IND
−∞ −∞ IND −∞
f ×g l0 > 0 l0 = 0 l0 < 0 +∞ −∞
0 0
l >0 ll 0 ll +∞ −∞
l =0 0 0 0 IND IND
l <0 ll0 0 ll0 −∞ +∞
+∞ +∞ IND −∞ +∞ −∞
−∞ −∞ IND +∞ −∞ +∞
f /g l0 > 0 l0 = 0 l0 < 0 +∞ −∞
0 0
l >0 l /l IND (±∞) l /l 0 0
l =0 0 IND 0 0 0
l <0 l /l 0 IND (±∞) l /l 0 0 0
+∞ +∞ IND (±∞) −∞ IND IND
−∞ −∞ IND (±∞) +∞ IND IND
58 sur 101
4.3 Continuité 4 CONTINUITÉ
Exercice 20. étudier la limite éventuelle des. fonctions suivantes aux extrémités de leur
ensemble de définition :
p
x 2 −1+x
1. f : x → x
x cos2 (x)
2. f : x → sin(x)
p
2
3. f : x → x −10x+25
x−5
sin(x)
4. f : x → x 2 −x
p
5. f : x → x x2 − 1 − x
6. f : x → x 2 sin(1/x)
7. f : x → sin(x) ln(x)
4.3 Continuité
— On dit que f est continue sur l’intervalle I si f est continue en x 0 pour tout x 0 ∈ I .
On note C (I ) ou C 0 (I ) l’ensemble des applications de I dans R continues sur I.
Exercice 21. Montrer, en ayant recours à la définition 4.10, que la fonction cosinus est
continue sur R.
Définition 4.11. Soit f une application définie sur un intervalle I de R.
— Soit x 0 un élément de I tel que I constitue un voisinage à gauche de x 0 . On dit
que f est continue à gauche en x 0 ∈ I si limx→x0− f (x) = f (x 0 ), autrement dit si
59 sur 101
4.3 Continuité 4 CONTINUITÉ
Exemple. L’application x ∈]0, +∞[→ 1/x ∈ R ; n’est pas continue en 0 car elle n’est pas
bornée en 0.
Proposition 4.20. (Prolongement par continuité) Soient (a, b) ∈ R̄2 et x 0 ∈]a, b[.
étant donnée une application f continue sur ]a, x 0 [∪]x 0 , b[ et admettant pour li-
mite en x 0 le réel l l’application définie sur ]a, b[par
(
f (x) si x ∈]a, x 0 [∪]x 0 , b[
f˜ =
l si x = x 0
60 sur 101
4.3 Continuité 4 CONTINUITÉ
est une application continue sur ]a, b[ appelée prolongement par continuité de
l’application f en x 0 .
Dans cette section a et b désignent deux réels tels que a < b. On rappelle qu’une appli-
cation est continue sur l’intervalle fermé borné [a, b], si elle est continue en tout point
de l’intervalle ouvert ]a, b[ et qu’elle est continue à droite en a à gauche en b.
61 sur 101
4.3 Continuité 4 CONTINUITÉ
est une partie non vide (a ∈ F ) et majorée (par b) de R. Il admet donc une borne supé-
rieure c telle que c ≤ b. Nous allons montrer que f (c) = 0.
Puisque c est borne supérieure de F, d’après 2.2,
∀² ∈ R∗+ ∃x ² ∈ F c − ² < x ² ≤ c.
Proposition 4.23. Soit f une application continue sur l’intervalle [a, b].
— Si f(a) < f(b) alors étant donné un élément γ de [ f (a), f (b)], il existe un réel
c ∈ [a, b] tel que f (c) = γ.
— Si f(a) > f(b) alors étant donné un élément γ de [ f (b), f (a)], il existe un réel
c ∈ [a, b] tel que f (c) = γ.
Preuve. Supposons f (a) < f (b) et considérons un élément γ appartenant à ] f (a), f (b)[.
La fonction g définie sur [a, b]. par g (x) = f (x) − γ est continu sur [a,b] et
D’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe un réel c ∈]a, b[ tel que g (c) =
0. Si γ = f (a) (resp. si γ = f (b)) alors g (a) = 0 (resp.g (b) = 0). On en déduit que quel
que soit γ ∈ [ f (a), f (b)], il existe un réel c ∈ [a, b] tel que g (c) = 0, autrement dit tel que
f (c) = γ. Dans le cas où f (a) > f (b) un raisonnement en tout point similaire, où les
rôles de f (a) et f (b) sont inversés, permet d’établir le résultat.
62 sur 101
4.3 Continuité 4 CONTINUITÉ
Proposition 4.24. L ’image par une application continue d’un intervalle est un
intervalle.
∀(α, β, γ) ∈ R3 ((α ∈ J et β∈ J et α ≤ γ ≤ β) =⇒ γ ∈ J ).
Théorème 10. Soit f une application continue sur l ’intervalle fermé borné [a, b] .
L ’application f est bornée sur [a, b] et atteint ses bornes, i.e.
Définition 4.12. Soit f une application définie sur un intervalle I. On dit que f est uni-
formément continue sur I si
63 sur 101
4.3 Continuité 4 CONTINUITÉ
Proposition 4.25. Soit f une application définie sur l’intervalle I. Si J est unifor-
mément continue sur I alors f est continue sur I.
On dit que f est contractante sur l si f est lipschitzienne de rapport K sur l avec K ∈
]0, 1[.
Exemple. Montrons que la fonction sinus est lipschitzienne sur R. Pour tout (x, y) ∈ R,
on a
1 1
sin(x) − sin(y) = 2 cos( (x + y))si n( (x − y)).
2 2
Compte tenu du fait que la fonction cosinus est bornée par 1 et que pour tout réel t , on
a | sin(t )| ≤ |t |, on obtient
1
| sin(x) − sin(y)| ≤ 2| sin( (x − y))| ≤ |x − y|.
2
La fonction sinus est donc lipschitzienne sur R de constante de Lipschitz K = 1. On
montrerait de même que la fonction cosinus est lipschitzienne sur R.
On en déduit que si |x − x 0 | ≤ ²/L alors | f (x) − f (x 0 )|²². Ainsi, pour tout ² ∈ R∗+ , il
exists η ∈ R∗+ (η = ²/Lconvi ent ) tel que pour tout (x, x 0 ) ∈ I 2 avec |x − x 0 | ≤ η on a
| f (x) − f (x 0 )| ≤ ². D’apr¡es la définition 13.7, on en conclut que f est uniformément
continue sur l .
64 sur 101
4.4 Étude des suites récurrentes 4 CONTINUITÉ
Définition 4.14. Soit f une application définie sur un ensemble D. On appelle point
fixe de f tout réel τ ∈ D tel que f (τ) = τ.
Remarque.
1. Un point fixe de f est donc une solution de l’équation f (x) = x. C’est aussi un
zéro de la fonction g : x → f (x) − x.
2. Si f (D) ∩ D = ; alors f ne peut pas avoir de point fixe dans D.
3. Géométriquement les points fixes de f sont les abscisses des points d’intersection
de la représentation graphique de f et de la première bissectrice (droite d’équa-
tion y = x).
Exercice 22. L’objet de cet exercice est l’étude des conditions d’existence d’un point fixe
pour une application f définie sur un intervalle fermé borné [a, b] à valeurs dans [a, b]
(i.e. telle que f ([a, b]) ⊂ [a, b]).
1. On suppose que est continue sur [a, b] et on considère l’application
g : x ∈ [a, b] → f (x) − x.
Montrer que que l’application f admet un point fixe dans [a, b], g (a) ≤ 0 et que
g (b) ≤ 0. En déduire que l’application f admet un point fixe dans [a, b].
2. On suppose que f est croissante sur [a, b] et on considère l’ensemble
65 sur 101
4.5 Courbe représentative 4 CONTINUITÉ
66 sur 101
5 DÉRIVATION
5 Dérivation
5.1.1 Définitions
f (x 0 + h) − f (x 0 )
∆x0 (h) =
h
admet une limite quand h tend vers 0. Cette limite, notée f 0 (x 0 ), est appelée
dérivée de f en x 0 .
— On dit que f est dérivable sur un intervalle ouvert J ⊂ I si pour tout x ∈ J , f est
dérivable en x. On appelle dans ce cas dérivée de f et on note f 0 l’application de
J dans R qui à x ∈ J associe f 0 (x) la dérivée de f en x.
Exercice 23. Soit f une application dérivable sur un intervalle ouvert I et x 0 ∈ I . Cal-
culer les deux limites suivantes :
f (x 0 + h 2 ) − f (x 0 + h) f (x 0 + h) − f (x 0 − h)
lim et lim
h→0 h h→0 h
Définition 5.2. Soient f une application définie sur un intervalle ouvert I et x 0 ∈ I . On
dit que f est dérivable à droite (resp. à gauche) en x 0 si la quantité
( f x 0 + h) − f (x 0 )
∆x0 (h) =
h
admet une limite à droite (resp. à gauche) en x 0 . Cette limite est notée f d0 (x 0 ) (resp.
f g0 (x 0 )) et elle est appelée dérivée à droite (resp. à gauche) de f en x 0 .
67 sur 101
5.1 Dérivée d’une fonction réelle 5 DÉRIVATION
Remarque. On dit qu’une fonction f est dérivable sur l’intervalle fermé [a, b], si elle est
dérivable en tout x 0 ∈]a, b[ et si elle est dérivable à droite en a et à gauche en b.
Interprétation graphique
Preuve. Soit h ∈ R∗ tel que x 0 + h ∈ I . On peut écrire, vérifier que le membre de droite
se simplifie,
f (x 0 + h) − f (x 0 )
f (x 0 + h) = f (x 0 ) + h .
h
Or, f étant dérivable en x 0 , on a
f (x 0 + h) − f (x 0 )
lim = 0.
h→0 h
On a donc limh→0 f (x 0 +h) = f (x 0 ), ce qui d’après la définition signifie que f est conti-
nue en x 0 .
ln(h + 1) eh − 1
lim = 1 et lim = 1.
h→0 h h→0 h
68 sur 101
5.1 Dérivée d’une fonction réelle 5 DÉRIVATION
x → sh(x) R ch(x)
x → ch(x) R sh(x)
1
x → t h(x) R 1 − t h 2 (x) ou
ch2 (x)
x → Arcsin(x) ] − 1, 1[ p 1
1−x 2
x → Arccos(x) ] − 1, 1[ p−11
1−x 2
1
x → Arctan(x) R 1+x 2
x → Argsh(x) R p 1
1+x 2
x → Argch(x) ]1, +∞[ p 1
x 2 −1
1
x → Argth(x) ] − 1, 1[ 1−x 2
( f + g )0 (x 0 ) = f 0 (x 0 ) + g 0 (x 0 );
(λ · f )0 (x 0 ) = λ f 0 (x 0 );
( f × g )0 (x 0 ) = f 0 (x 0 )g (x 0 ) + f (x 0 )g 0 (x 0 )
69 sur 101
5.1 Dérivée d’une fonction réelle 5 DÉRIVATION
f
— si de plus g (x 0 ) 6= 0 (resp. g ne s ; annule pas sur I), g esst dérivable en x 0
(resp. sur I) et
¡ f ¢0 f 0 (x 0 )g (x 0 ) − f (x 0 )g 0 (x 0 )
(x 0 ) = .
g g (x 0
1 f (x)− f (x 0 ) 1 f (x)− f (x 0 )
lim x → x 0 g (x) x−x 0
= (lim x → x 0 g (x) )(lim x → x 0 x−x 0
)
1
= g 0 ()x 0
f 0 (x 0 ),
car g étant dérivable en x 0 , g est continue en x 0 et puisque g (x 0 ) 6= 0, 1/g est continue
en x 0 .
Proposition 5.4. Soient f une application définie sur un intervalle ouvert I, J une
partie de R telle que f (I ) ⊂ J et g une application de J dans R. Soient x 0 ∈ I et
y 0 = f (x 0 ) ∈ J . Si f est dérivable en x 0 et si g est dérivable en y 0 alors l’application
70 sur 101
5.1 Dérivée d’une fonction réelle 5 DÉRIVATION
(g ◦ f )0 (x 0 ) = f 0 (x 0 ) × g 0 ( f (x 0 )).
Exercice 25. Déterminer sur quel ensemble les fonctions suivantes sont dérivables puis
calculer leur dérivée.
p
1. f 1 : x → ln( x + 1)
p
x 2 +1
2. f 2 : x → e
3. f 3 : x → x2x
p
1−x 2
4. f 4 : x → Arctan( x
)
1
5. f 5 : x → cos(x) x
g 0 (x) = − f 0 (−x).
Supposons que f soit paire ; pour tout x ∈ R on a f (x) = f (−x) = g (x) et les fonctions f
et g sont donc égales. Ceci implique qu’elles ont même dérivée sur R, autrement dit,
pour tout x ∈ R on a f 0 (x) = g 0 (x). On peut donc conclure que si f est paire alors
f 0 (x) = − f 0 (−x). On a ainsi établi que la dérivée d’une application paire et dérivable
est une application impaire.
On peut montrer, par un raisonnement analogue, que la dérivée d’une application im-
paire et dérivable est une application paires.
La preuve de la troisième propriété de la proposition fait l’objet de l’exercice suivant .
Exercice 26. Soit f une application définie sur R et périodique. Montrer que si f est
dérivable sur R alors sa dérivée est une application périodique.
5.1.4 Différentielle
71 sur 101
5.1 Dérivée d’une fonction réelle 5 DÉRIVATION
d f x0 : h ∈ R → αh
f (x 0 + h) − f (x 0 ) = (x 0 + h)2 − x 02 = 2x 0 h + h 2 = 2x 0 h + h²(h)
d f x0 : h ∈ R → 2x 0 h
d f x0 : h ∈ R → f 0 (x 0 )h.
Preuve. Supposons que f soit différentiable en x 0 . Il existe dans ce cas une application
² définie dans un voisinage V de 0 et un réel a tels que
f (x 0 + h) − f (x 0 )
∆x 0 = = α + ²(h)
h
et par conséquent que limh→0 ∆x0 = α. D ’après la définition 5.1 cela implique que f
est dérivable en x 0 , de dérivée en x 0 le réel α.
72 sur 101
5.2 Dérivées successives 5 DÉRIVATION
autrement dit Considérons la fonction ² définie par ²(0) = 0 et pour tout h ∈ R∗ véri-
fiant h + x 0 ∈ I par
f (x 0 + h) − f (x 0 ) − h f 0 (x 0 )
²(h) =
h
Pour tout réel h dans un voisinage de 0, on a donc
f (x 0 + h) − f (x 0 ) = f 0 (x 0 )h + h²(h) avec lim ²(h) = 0.
h→0
Soit f une fonction réelle définie sur un intervalle ouvert I et dérivable sur I . Si la
dérivée de f est à son tour dérivable, on note f " ou f (2) la dérivée de f 0 qui est appelée
dérivée seconde de f . On peut ainsi de proche en proche définir pour n ∈ N∗ la dérivée
n-ième (ou d’ordre n) de f que l’on note f (n) . Par convention f (0) = f et f (1) = f 0 . On
dit que f est indéfiniment dérivable sur J ⊂ I si pour tout n ∈ N∗ la dérivée n-ième de f
est définie sur J .
73 sur 101
5.2 Dérivées successives 5 DÉRIVATION
(λ f )(n) (x 0 ) = λ f (n) (x 0 );
Preuve. Ces propriétés se démontrent par récurrence à partir des relations pour la dé-
rivée première données à la proposition 5.3. Démontrons la formule de Leibniz. Soient
f et g deux applications admettant des dérivées jusqu’à l’ordre n, la formule de Leibniz
s’écrit
à ! à !
1 1 0
( f × g )0 (x 0 ) = f (x 0 )g 0 (x 0 ) + f (x 0 )g (x 0 ) = f (x 0 )g 0 (x 0 ) + f 0 (x 0 )g (x 0 ).
0 1
Elle a été établie à la proposition 5.3. Supposons la formule de Leibniz vraie pour un
entier k donné où k ∈ {1, · · · , n − 1} i.e. supposons que
à !
k k
( f × g )(k) (x 0 ) = f (i ) (x 0 )g (k−i ) (x 0 )
X
i =0 i
et montrons que la formule de Leibniz est vraie pour l’entier k + 1, i.e. montrons que
à !
k+1 k + 1
( f × g )(k+1) (x 0 ) = f (i ) (x 0 )g (k+1−i ) (x 0 ).
X
i =0 i
La dérivée d’une somme de deux fonctions étant égale à la somme des dérivées de ces
deux fonctions, voir la proposition 5.3 on en déduit que
à !
k k
( f × g )(k+l ) (xo) = ( f (i ) (x 0 ) × g (k−i ) (x 0 ))0 .
X
i =0 i
74 sur 101
5.2 Dérivées successives 5 DÉRIVATION
On en déduit que
à ! à !
k k k k
( f × g )(k+1) (x 0 ) = f (i +1) (x 0 )g (k−1) (x 0 ) + f (i ) (x 0 )g (k+1−i ) (x 0 ).
X X
i =0 i i =0 i
Or, Ã ! Ã !
k k k+1 k
f (i +1) (x 0 )g (k−1) (x 0 ) = f ( j ) (x 0 )g (k+1− j ) (x 0 ),
X X
i =0 i j =1 j − 1
d’où
Ã! Ã !
k k k
( f × g )(k+1) (x 0 ) = ( ) f (i ) (x 0 )g (k+1−i ) (x 0 )
X
+
i =0 i − 1 i
à ! à !
k (0) k (k)
+ f (x 0 )g (k+1) (x 0 ) + f (x 0 )g (0) (x 0 )
0 k
On a à ! à !
k k k! k! k!(i + k)!(k 1 − i )
+ = + =
i −1 i (i − 1)!(k + 1 − i )! i !(k − i )! i !(k + 1 − i )!
à !
(k + 1)! k +1
= =
i !(k + 1 − i )! i
¡k ¢ ¡k+1¢ ¡k ¢ ¡k+1¢
et 0
=1= 0
, k = k+1 = 1. On en déduite donc que
à !
k+1 k + 1 (i )
(k+1)
f (x 0 )g (k+1−i ) (x 0 ).
X
(f × g) (x 0 ) =
i =0 i
La formule de Leibniz est donc vraie pour l’entier k + 1 ce qui prouve l’hérédité de la
relation et achève la raisonnement par récurrence.
Exercice 27. En utilisant la formule de Leibniz, montrer que la dérivée n-ième de l’ap-
plication f : x ∈ R → x n (1 + 2x)n est
à !2
n n
f (n) : x ∈ R → 2k n! x k (1 + 2x)(n−k) .
X
k=0 k
75 sur 101
5.3 Le théorème des accroissements finis 5 DÉRIVATION
Bien entendu, il n’y a pas d’égalité entre ( g1 )(i ) et g1(i ) . On sera attentif aux différents
exposants dans ces formules et on ne confondra pas puissance et ordre de dérivation.
76 sur 101
5.3 Le théorème des accroissements finis 5 DÉRIVATION
Preuve. L’application f est continue sur l’intervalle fermé borné [a, b]. D’après le théo-
rème 10, Chapitre 4, elle est donc bornée et atteint ses bornes sur [a, b], i.e.
77 sur 101
5.3 Le théorème des accroissements finis 5 DÉRIVATION
Théorème 14. (Théorème des accroissements finis) Soit f une application de [a, b]
dans R Si
1. f est continue sur [a, b] ;
2. f est dérivable sur ]a, b[ ;
alors il existe un réel c ∈]a, b[ tel que : f (b) − f (a) = f 0 (c)(b − a).
f (b) − f (a)
φ(x) = f (x) − x.
b−a
L’application φ est la somme de l’application f et d’une fonction polynomiale. Elle est
continue sur [a, b] car f est continue sur [a, b] . Elle est dérivable sur ]a, b[ car f est
dérivable sur ]a, b[ et on a pour tout x ∈]a, b[,
f (b) − f (a)
φ0 (x) = f 0 (x) − .
b−a
Par ailleurs, on a les égalités
D’après le théorème de Rolle, il existe donc un réel c ∈]a, b[ tel que φ0 (x) = 0. Puisque
f (b) − f (a)
φ0 (c) = f (c) − ,
b−a
f (b)− f (a)
On en déduit qu’il existe un réel c ∈]a, b[ tel que f 0 (c) = b−a
c’est-à-dire tel que f (b) − f (a) = f 0 (c)(b − a). Le théorème est démontré.
Preuve. Puisque f 0 admet pour limite en x 0 le réel l , d’après la définition sur la limite,
pour tout réel strictement positif ² : fixé
78 sur 101
5.4 Applications du théorème des accroissements finis 5 DÉRIVATION
◦
l’intervalle J est une application continue sur J et dérivable sur J . D’après le théorème
◦
des accroissements finis, il existe un réel c ∈ J tel que
f (x) − f (x 0 ) = (x − x 0 ) f 0 (c).
Proposition 5.10. Soit f une application de [a, b] dans R, continue sur [a, b] et dé-
rivable sur ]a, b[. Si f 0 est nulle sur ]a, b[ alors f est constante sur [a, b]. Autrement
dit,
(∀x ∈]a, b[ f 0 (x) = 0) =⇒ (∃K ∈ R ∀x ∈ [a, b] f (x) = K ).
Preuve. Soient x 1 et x 2 deux éléments de [a, b] tels que x 1 < x 2 . D’après les hypothèses
de la proposition, l’application f est continue sur [x 1 , x 2 ] et dérivable sur ]x 1 , x 2 [. Le
théorème des accroissements finis indique par conséquent qu’il existe un réel c ∈]x 1 , x 2 [
tel que
f (x 2 ) − f (x 1 ) = f 0 (c)(x 2 − x 1 ).
Puisque par hypothèse f 0 est nulle sur ]a, b[, on a f 0 (c) = 0 et par conséquent f (x 2 ) =
f (x 1 ). Cette égalité ayant lieu pour tous réels x 1 , x 2 pris dans l’intervalle ]a, b[, cela
signifie que f est constante sur ]a, b[. Désignons par K cette constante. Comme f est
continue à droite en a, on a
f (a) = lim+ f (x) = lim+ K = K
x→a x→a
79 sur 101
5.4 Applications du théorème des accroissements finis 5 DÉRIVATION
Proposition 5.11. Soit f une application de [a, b] dans R, continue sur [a, b] et
dérivable sur ]a, b[.
— L’application f est croissante sur [a,b] si et seulement si
∀x ∈]a, b[ f 0 (x) ≥ 0.
∀x ∈]a, b[ f 0 (x) ≤ 0.
Réciproquement, supposons que f 0 soit positive sur ]a, b[. Considérons deux réels x 1
et x 2 dans [a,b] avec x 1 < x 2 . Par hypothèse f est continue sur [x 1 , x 2 ] et dérivable sur
]x 1 , x 2 [. D’après le théorème des accroissements finis, il existe un réel c dans l’intervalle
]x 1 , x 2 [ tel que
f (x 2 ) − f (x 1 ) = f 0 (c)(x 2 − x 1 ).
Or, par hypothèse, f 0 (c) ≥ 0 et x 2 − x 1 > 0. On en déduit que f (x 2 ) ≥ f (x 1 ) et cela quels
que soient x 1 et x 2 appartenant à [a, b] et vérifiant x 1 < x 2 . On en conclut que f est
croissante sur [a, b].
80 sur 101
5.4 Applications du théorème des accroissements finis 5 DÉRIVATION
Preuve. On utilise une idée analogue à celle mise en œuvre dans la démonstration
du théorème de Rolle. Supposons que f admette un maximum local en x 0 (le cas où f
admet un minimum local en x 0 s’en déduira d’après la remarque précédente). D’après
la définition 5.6, il existe un intervalle de centre x 0 tel que f (x) ≤ f (x 0 ) pour tout x ∈ I .
Désignons par ∆x0 (h) le taux d’accroissement de f entre x et x 0 , i.e.
f (x) − f (x 0 )
∆x0 (h) = .
x − x0
et
f 0 (x 0 ) = f 0 d (x 0 ) = f 0 g (x 0 ) = 0.
Comme f 0 d (x 0 ) ≥ 0 et f 0 g (x 0 ) ≤ 0 on a nécessairement f 0 (x 0 ) = 0.
81 sur 101
5.5 La règle de L’Hôpital 5 DÉRIVATION
Supposons que f 0 (x 0 ) = 0 et que f 0 change de signe en x 0 (pour fixer les idées, suppo-
sons que f 0 est négative sur un voisinage à gauche de x 0 et positive sur un voisinage à
droite de x 0 ). Cela implique, d’après la proposition 16.11, qu’il existe un réel η ∈ R∗+ tel
que f soit décroissante sur [x 0 − η, x 0 ] et croissante sur [x 0 , x 0 + η]. On a donc
autrement dit f (x) ≥ f (x 0 ) pour tout x ∈]x 0 − η, x 0 + η[. D’après la définition 5.6, on
en conclut que l’application f admet un minimum local en x 0 . Si on suppose que f 0
est positive à gauche de x 0 et négative à droite de x 0 , alors on vérifie, en utilisant un
raisonnement similaire, que f admet un maximum local en x 0 .
Exercice 28. Un tracteur partant d’un point A situé sur une route rectiligne doit at-
teindre un point B situé dans un champ. Le tracteur va deux fois plus vite sur la route
que dans le champ. On suppose que le tracteur se déplace sur la route et dans le champ
à vitesse constante. La distance AC est désignée par L et la distance CB par d. Détermi-
ner le point D où le tracteur doit quitter la route pour que le temps de parcours de A à
B soit minimal. On discutera la solution suivant les valeurs de L et d.
Supposons que g (a) = g (b). D’après le théorème de Rolle, il existe un réel c ∈]a, b[ tel
que g 0 (c) = 0. On a
donc (g (b) − g (a)) f 0 (c) = ( f (b) − f (a))g 0 (c). Le Théorème est démontré dans le cas où
g (a) = g (b).
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5.5 La règle de L’Hôpital 5 DÉRIVATION
Supposons maintenant que g (a) 6= g (b) et considérons l’application définie sur [a, b]
par
f (b) − f (a)
φ(x) = f (x) − g (x). (10)
g (b) − g (a)
Par hypothèse f et g sont continues sur [a, b] et dérivables sur ]a, b[; l’application φ est
donc continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[. Elle vérifie par ailleurs
D’après le théorème de Rolle, il existe un réel c ∈]a, b[ tel que φ0 (c) = 0. Or, d’après 10,
f (b) − f (a) 0
φ0 (c) = f 0 (c) = g (c)
g (b) − g (a)
f 0 (x) f (x) − f (x 0 )
∃l ∈ R̄ lim = l ) =⇒ lim = l.
x→x 0 g 0 (x) x→x 0 g (x) − g (x 0 )
Preuve. Les deux fonctions f et g sont continues sur un intervalle ouvert V contenant
x 0 et dérivables en tout point de cet intervalle sauf éventuellement en x 0 . Supposons
que limx→x0 f 0 (x)/g 0 (x) = l avec l ∈ R̄. Pour x ∈ V \x 0 , la formule des accroissements fi-
nis généralisés appliquée à f et à g sur l’intervalle d’extrémités x 0 et x assure l’existence
d’un réel C x,x0 dans l’intervalle d’extrémités x 0 et x tel que
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5.5 La règle de L’Hôpital 5 DÉRIVATION
f 0 (x 0 ) f 0 (C x,x0 )
Or, limC x,x0 = x 0 et limx→x0 g 0 (x 0 )
= l donc limx→x0 g 0 (C x,x0 )
. On en conclut que
f (x) − f (a)
lim = l,
x→x 0 g (x) − g (a)
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6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
6 Développements limités
f (x)
f = o x0 (φ) ⇐⇒ lim =0
x→x 0 φ(x)
2.
f = o x0 (φ) =⇒ λ f + g = o x0 (φ);
3. (
f = o x0 (φ)
=⇒ f × g = o x0 (φ × ϕ);
g = o x0 (ϕ)
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6.1 Prépondérance et Domination 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
4. (
f = o x0 (φ)
=⇒ f = o x0 (ϕ)
φ = o x0 (ϕ)
( f + g )(x) = f (x) + g (x) = ²(x) × φ(x) + σ(x) × φ(x) = (²(x) + σ(x)) × φ(x)
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6.2 Équivalence 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
6.2 Équivalence
Exercice 30. Montrer que E (x) ∼+∞ x et E (x) ∼−∞ x que où E désigne la fonction partie
entière.
f (x)
f ∼x0 φ ⇐⇒ lim = 1.
x→x 0 φ(x)
2.
f ∼x0 φ ⇐⇒ ( f − φ) = o x0 (φ)
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6.2 Équivalence 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
Supposons que f ∼x0 φ. D’après la définition 6.3, il existe une application Λ définie au
voisinage de x 0 sur un ensemble D = V \x 0 , où V désigne un voisinage de x 0 , telle que
pour tout x ∈ D,
f (x) = Λ(x)φ(x) et lim Λ(x) = 1.
x→x 0
On en déduit que pour tout x ∈ D,
( f − φ)(x) = Λ(x)φ(x) − φ(x) = (Λ(x) − 1)φ(x).
Désignons par ² l’application définie sur D par ²(x) = Λ(x) − 1. Pour tout x ∈ D on a
( f −φ)(x) = ²(x)φ(x) et limx→x0 ²(x) = 0. D’après la définition 6.1 cela permet d’affirmer
que ( f − φ) = o x0 (φ).
Réciproquement supposons que ( f − φ) = o x0 (φ). Il existe alors une application ² défi-
nie au voisinage de x 0 sur un ensemble D = V \{x 0 }, où V désigne un voisinage de x 0 ,
telle que pour tout x ∈ D,
( f − φ)(x) = ²(x)φ(x) et lim ²(x) = 0.
x→x 0
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6.2 Équivalence 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
On en déduit que
( f + g )(x) = Λ f (x)φ(x) + Λg (x)ϕ(x)
φ(x) ϕ(x)
= (Λ f (x) + Λg (x) )(φ(x) + ϕ(x))
φ(x) + ϕ(x) φ(x) + ϕ(x)
φ(x) ϕ(x)
x ∈ D → Λ f (x) + Λg (x)
φ(x) + ϕ(x) φ(x) + ϕ(x)
On a
ϕ(x)
Γ(x) = Λ f (x) + (Λg (x) − Λ f (x))
φ(x) + ϕ(x)
= Λ f (x) + (Λg (x) − Λ f (x))A(x)
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6.2 Équivalence 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
où
1
A(x) = φ(x)
1 + ϕ(x)
Puisque φ et ϕ sont supposées de même signe au voisinage de x 0 , la quantité A(x)
reste bornée dans un voisinage de x 0 (elle est minorée par 0 et est majore par 1). On en
déduite que limx→x0 (Λg (x) − Λ f (x))A(x) = 0 et par conséquent que limx→x0 Γ(x) = 1.
Comme f (x)+g (x) = Γ(x)(φ(x)+ϕ(x)) et que Γ a pour limite 1en x 0 , on en conclut que
f + g ∼x0 φ + ϕ.
et
g (x) = c 2 Λ2 (x)φ(x) avec lim Λ2 (x) = 1.
x→x 0
Pour tout x ∈ D, on a
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6.2 Équivalence 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
Exercice 32. 1. Montre que ch(x) ∼−∞ 21 e −x et que sh(x) ∼+∞ 21 e x puis que ch(x) ∼+∞
sh(x).
2. Donner des équivalents en 0 aux fonctions sinus hyperbolique et cosinus hyper-
bolique.
f (h(x))
lim = 1.
x→x 0 φ(h(x))
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6.2 Équivalence 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
f (x) − f (x 0 ) ∼x0 (x − x 0 ) f (x 0 ).
Cette relation permet d’obtenir les équivalents aux fonctions usuelles suivants
(α désigne un réel non nul).
e x − 1 ∼0 x ln(x + 1) ∼0 x (1 + x)α − 1 ∼ αx
sin(x) ∼0 x sh(x) ∼0 x tan(x) ∼0 x
t h(x) ∼0 x Arcsin(x) ∼0 x Argsh(x) ∼x
Arctan(x) ∼0 x Argth(x) ∼0 x
— En utilisant les égalités trigonométriques
1 1
1 − cos(x) = 2(sin( x))2 et ch(x) − 1 = 2(sh( x))2 ,
2 3
on obtient les équivalents suivants.
x2 x2
1 − cos(x) ∼0 ch(x) − 1 ∼0
2 2
— Toute fonction polynomiale est équivalente en ±∞ à son monôme de plus haut
degré. Toute fonction fraction rationnelle est équivalente en ±∞ au quotient des
monômes de plus haut degré du numérateur et du dénominateur.
— Toute fonction polynomiale est équivalente en 0 à son monôme de plus bas de-
gré. Toute fonction fraction rationnelle est équivalente en 0 au quotient des mo-
nômes de plus bas degré du numérateur et du dénominateur.
Exercice 33. Établissez les équivalences suivantes :
— sh(x) ∼+∞ 12 e x
— ch(x) ∼+∞ 12 e x
— Argsh(x) ∼+∞ ln(x)
— Argch(x) ∼+∞ ln(x)
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6.3 Développements limités 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
alors
f (h(x)) ∼x0 φ(h(x)).
Définition 6.4. Soient (u n ))n et (v n )n deux suites réelles. On dit que la suite (u n )n est
équivalente à la suite (v n )n (sous-entendu : lorsque n tend vers +∞) s ’il existe un entier
naturel p et une suite (Λn )n convergeant vers 1 tels que pour tout entier n supérieur à
p
u n = Λn × v n .
On écrit u n ∼+∞ v n ou (u n ))n ∼ (v n )n .
Soit f une fonction de R dans R et x o ∈ R. On rappelle que l’on dit que f est définie
au voisinage de x 0 s’il existe un voisinage V de x 0 telle que V \{x 0 } soit inclus dans
l’ensemble de définition de f . Si f est définie sur un voisinage de x 0 alors elle est définie
au voisinage de x 0 . Une fonction définie au voisinage de x 0 est définie sur un voisinage
de x 0 sauf peut-être en x 0 . Dans ce chapitre, on confondra au niveau des notations
un polynôme et la fonction polynomiale qui lui est associée, le contexte permettant
toujours de lever l’ambiguïté.
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6.3 Développements limités 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
L’hypothèse que les deux développements limités sont distincts se traduit par : ou bien
P 1 6= P 2 ou bien P 1 = P 2 et ²1 6= ²2 . Notons U = V1 ∩ V2 , P 1 = nk=0 a k X k et P 2 =
P
Pn
k=0 k
b X k.
Envisageons tout d’abord le cas où P 1 = P 2 sur U \{0}. Par différence des deux dévelop-
pements limités, on obtient
Cela implique que ²1 = ²2 sur U \{0}. Les deux développements limités sont donc égaux.
Q(x) ∼0 (a ν − b ν )x ν .
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6.3 Développements limités 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
Puisque V est un voisinage de 0, il existe un réel η strictement positif tel que l’intervalle
ouvert I =] − η, η[ soit inclus dans V. Pour x ∈ I \{0} on a
f (−x) = P (−x) + (−1)n x n ²(−x) = P (−x) + x n ²2 (x),
où la fonction ²2 est définie sur I par ²2 (x) = (−1)n ²(−x) et vérifie donc limx→0 ²(x) = 0.
Si f est paire alors pour tout x ∈ I on a f (−x) = f (x). Par unicité du développement
limité d’ordre n en 0, on en déduit que P (−x) = P (x) pour tout x ∈ I (et par conséquent
pour tout x ∈ R). Autrement dit la fonction polynomiale P est paire.
Si f est impaire alors pour tout x ∈ I on a f (−x) = − f (x). Par unicité du développe-
ment limité d’ordre n en 0, on en déduit que P (−x) = −P (x) pour tout x ∈ I (et par
conséquent pour tout x ∈ R). Autrement dit, la fonction polynomiale P est impaire.
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6.3 Développements limités 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
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6.4 Le théorème de Taylor-Young 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
f (x) = f (x 0 ) + f 0 (x 0 )(x − x 0 ) + o x0 (x − x 0 )
et nous allons montrer que pour toute application f qui est (n − 1) fois dérivable sur I
et qui admet une dérivée n-ième en x 0 on a
n f (k) (x )
0
(x − x 0 )k + o x0 ((x − x 0 )n )
X
f (x) =
k=0 k!
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6.4 Le théorème de Taylor-Young 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
La formule de Taylor-Young à l’ordre n sera démontré si l’on établit que φ(x) = o x0 ((x −
φ(x)
x 0 )n ) autrement dit, si l’on établit que limx→x0 (x−x0 )n = 0. Pour montrer ce résultat
nous allons avoir recours à la règle de L’Hôpital. Puisque par hypothèse f est (n − 1)
fois dérivable sur I , d’après la relation 12 l’application φ est également (n − 1) fois
dérivable sur I et pour tout i ∈ {1, · · · , n − 1}, on a
n f (k) (x )
0
∀x ∈ I , φ(i ) (x) = f (i ) (x) − (x − x 0 )k−i .
X
(13)
k=i (k − i )!
On en déduit que φ(i ) (x 0 ) = 0 pour tout i ∈ {1, · · · , n −1}. Par ailleurs, d’après la relation
(13) pour tout x ∈ I on a
Puisque f admet une dérivée n-ième en x 0 , la quantité ∆x0 (x) tend vers f (n) (x 0 ) lorsque
x tend vers x 0 . On en déduit que φ admet une dérivée n-ième en x 0 qui prend la valeur
0. On a donc établi que la fonction φ est (n −1) fois dérivable sur I et qu’elle admet une
dérivée n-ième en x 0 . Cela implique que la fonction φ0 est (n-2) fois dérivable sur I et
qu’elle admet une dérivée (n − 1)-ième en x 0 . La fonction φ0 satisfait donc aux condi-
tions de l’hypothèse de récurrence et on peut lui appliquer la formule de Taylor-Young
à l’ordre (n − 1). On obtient
X (φ0 )k (x
n−1
0)
φ0 (x) = (x − x 0 )k + o x0 ((x − x 0 )n−1 )
k=0 k!
n−1 1 k+1
φ0 (x) = φ (x 0 )(x − x 0 )k + o x0 ((x − x 0 )n−1 )
X
k=0 k! | {z }
=0
On a donc
φ0 (x) 1 φ0 (x)
lim = lim = 0.
x→x 0 ((x − x 0 )n )0 n x→x0 (x − x 0 )n−1
Les fonctions φ et r : x → (x − x 0 )n étant continues et dérivables sur un voisinage de x 0
et φ(x 0 ) = r (x 0 ) = 0, la règle de L’Hôpital indique que
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6.4 Le théorème de Taylor-Young 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
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6.4 Le théorème de Taylor-Young 6 DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
On a Q(0) = g (0) 6= 0; on peut donc effectuer la division selon les puissances croissantes
à l’ordre n de P par Q : il existe (U , R) ∈ R[X ]2 tel que
P = Q ×U + X n+1 × R avec d eg (U ) ≤ n.
Pour x ∈ .V = V1 ∩ V2 ∩ V3 , on obtient
a pour limite 0 lorsque x tend vers 0. On a donc établi que pour tout x ∈ V,
f (x)
= U (x) + x n ²3 (x) avec d eg (U ) ≤ n et lim ²3 (x) = 0.
g (x) x→0