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Livre super intéressant à lire. Hyper ludique et instructif.

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Votre PROGRAMME de droit

ANNALES 2020-2021
des obligations L2 traité à travers les
DIFFÉRENTES ÉPREUVES
rencontrées en TD et lors de l’EXAMEN
Les CORRIGÉS sont CONFORMES
aux attentes de votre professeur et à ce que
vous pouvez réaliser dans le temps imparti.
ANNALES
CORRIGÉES ET COMMENTÉES
FINAL (dissertation, commentaire d’arrêt,

CORRIGÉES ET COMMENTÉES
cas pratique, QRC et QCM).
2020-2021

ns majeures para
issent adaptées
à cette situation
à la réforme du
inédite, toutes
droit des
Le plan est la répons
problématique. En
existe des instrum
e à la
l’espèce, oui, il
ents juridiques
éhender les
Marie-Cécile Lasserre
Deux qualificatio le Code civil, suite qui permettent d’appr

Delphine Lanzara
qui
leur entrée dans « force majeure », de la crise sanitaire.
deux ayant fait est la qualification de conséquences
ents sont la force
r 2016. La prem ière contrat impossible Ces deux instrum
contrats du 10 févrie qui rende nt l’exécution du événe- majeure et l’impré
vision. À l’intérieur

que ts exception nels lique aux nts, il vous faudra

Dissertation juridi
vise les événemen n d’« im prévi sion  », qui s’app de vos développeme
fs : 1) Montrer
est la qualificatio

Diane Boustani
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Sujet 9
l’économie du contr en quoi les deux
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qui bouleversent es à l’épidémie
ments imprévus effectivement adapté r en quoi

LICENCE 2
de COVID-19. 2) Montre effets sont
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Vous traiterez le idémie 1 • Le recours à
Thibault Goujon-Bethan
différents ? Ce qui
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Durée de l’épreuve :
« Le droit des con
situation.
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3 heures ront avoir recou ssibilité complète
Les parties pour
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n-
-à-dire en prése solution radicale,
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afin d’éviter tout encore le tible et extérieur
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lu attentivement la COVID-19 ou imprévisible, irrésis urs cond
L’intitulé devra être ence relative à s de ce texte, plusie
t échappant au
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contrats en tant nismes qui vont
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c’est le droit des commun, les méca ? Le débiteur », qui « ne ent être évités par des
sont, dans le droit contrats en cours « don t les effets ne peuv par le débiteur ».
sanitaire. Quels de la crise sur les contr at », de son oblig ation

LICENCE 2
les conséquences question. êche l’exécution ement
mettre de gérer réponse à cette sorte qu’il « emp t bien d’un «  évén
n constituera la conditions. Il s’agi

DROIT DES
rtatio est une
plan de la disse ît répondre à ces émie de COVID-19
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contrôle du débit tion Mondiale
îné une crise échappant au iale, décri te par l’Organisa démi e ».
D-19 qui a entra
épidémie de dime
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l’épidémie de COVI s et temporaires
ont été publique », puis
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L’année 2020 a r les Santé comme une par les
mondiale. Des mesu confiner les populations et à ferme raisonnablement
prévu  »
sanitaire d’ampleur cons istant à
c, afin d’endiguer « ne pouv ait être
die nouv elle, qui se propage
prises par les gouv
ernements, recevant du publi Cet événement il s’agit d’une mala mesures
erces et tout établ issem ent l’épidémie, car ni de vaccin. Les
écoles, les comm l’apparition de te pas de remède et la fer-
pour laquelle il n’exis nt de la population
la propagation
du virus. ou l’arrêt com- très facilement et que le confineme cilement
le ralentissement ernement, telle nt, elles aussi, diffi
a été fortement
impactée. Avec prises ont subi prises par le Gouv t du public, étaie
L’économie en uliers ou les entre issements accu eillan
lus par les partic difficultés de meture des établ

OBLIGATIONS
les contrats conc s de livraison, des
plet de l’activité, cution  : des retard conclu perdait imaginables. opriées  », il
lème s d’exé is, le contr at des mesures appr
d’importants prob entation des coûts
. Parfo
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subite augm diffi culté s ont «  effets ne pouv alternative pour
paiement ou une qui l’avait conclu.
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la partie n, le le débiteur n’ava important, puisq
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faudra vérifier si le point le plus
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l’économie – le il, contrats comm cons impo

DROIT DES OBLIGATIONS


cette il était
les secteurs de contrats de trava obligations. D’où ure de l’imprévisi
on : u-
Les mesures étatiqu
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types de contr ats, guer la force maje cution ou une exéc
dans l’introduction
, car notre sujet etc. – et tous les permet de distin seule ment des difficultés d’exé le contr at. Ce
té l’or- avait pas d’exé cuter
n’est pas « La législa
tion d’urgence
d’affaires, etc. ent français a adop ter le contrat. Il n’y ssibilité absolue e
mie de COVID-19 », ts, le Gouv ernem iode juri- mais bien une impo était admis en servic
relative à l’épidé ts » face à aide aux contractan , par laquelle il a défini une « pér tion plus onéreuse, eur, atteint du COVID-19 des
mais « le droit des contra
Afin de venir en 2020 es par un exemple, si le débit
c ou si elle ne pouv ait livrer
L’impossibilité d’exéc
ution est
cette épidémie. 20-306 du 26 mars s les sanctions prévu clauses sera le cas, par fermée au publi s,
donnance n° 20 de laquelle toute si l’entreprise était Dans ces hypothèse le point majeur
qui doit figurer
ment proté gée  » au cours s. Les claus es résolutoires, les de réanimation, restric tions de déplacement. pas physi que- dans le titre, puisqu
e c’est elle
De même, les procéd
ures dique
xécution sont suspe
ndue raison des culté, il ne peut uer la force
ées neutralisées. marchandises en situation de diffi qui permet de disting
collectives ne seront
pas traitées
contrat en cas d’ine e se sont ainsi trouv pas seulement en majeure de l’impré
vision.
devoir, car notre es de déchéanc ons le débiteur n’est .
dans le corps du pénales et les claus trouveront des soluti t remplir son oblig ation
sujet n’est pas « Le
droit des
ées par la crise ment ou légalemen
culté face à prises les plus touch
entreprises en diffi
-19 » mais le Par ailleurs, les entre dures collectives.
l’épidémie de COVID procé droit commun
« droit des contra
ts ». Il s’agit donc dans le droit des spéc ifi ques , notre
droit commun. ptionnelles et nces de la
de se référer au ces solutions exce gérer les conséque
Mais au-delà de permettant de ettant
ent-il des outils fications leur perm
La problématiqu
e consiste
des contrats conti des parties des quali ations ? 71
cé. Il s’agit Met-il à la disposition r de leurs oblig
à préciser l’énon
le droit commun crise sanitaire ? er, voire de se libére
d’identifier, dans d’am énag
des contrats, les
mécanismes qui de suspendre,
l’impact de la
permettent de gérer les contrats.
crise sur

70

Dont un dossier de Dissertations


3 COPIES RÉELLES
(notées 5, 10 et 15/20) sont reproduites
Des COMMENTAIRES et des
CONSEILS sont placés en marge
de tous les corrigés pour comprendre
32 SUJETS 3 COPIES RÉELLES
D’ÉTUDIANTS
Commentaires d’arrêt
Cas pratiques
et commentées dans le dossier. leurs points forts et leurs points faibles.

a ve c d e s c o n s e i l s d e m é t h o d o l o g i e

Prix : 14,80 €
ISBN 978-2-297-09127-5
[Link]
Marie-Cécile Lasserre
Delphine Lanzara
Diane Boustani
Thibault Goujon-Bethan

Droit des obligations


Licence 2

• Introduction au droit des contrats


• Formation du contrat
• Vie du contrat
• Principes de responsabilité
• Responsabilité du fait des choses
• Responsabilité du fait d’autrui
• Régimes spécifiques de responsabilité :
les accidents de la circulation
et les produits défectueux
Marie-Cécile Lasserre
Marie-Cécile Lasserre est Maître de conférences à la faculté de droit
de Nice - Université Côte d’Azur, co-directrice du Master 2 Gestion des
contentieux privés, et membre du CERDP (E.A n°1201).

Delphine Lanzara
Delphine Lanzara est Docteur en droit du CERDP et Juriste au Département
des Affaires Sociales et de la Santé de la Principauté de Monaco.

Diane Boustani
Diane Boustani est Maître de conférences à la faculté de droit de Nice -
Université Côte d’Azur et membre du CERDP (E.A n°1201).

Thibault Goujon-Bethan
est Maître de conférences à la faculté de droit de Nice - Université Côte
d’Azur et membre du CERDP.

Dans la même collection :


• Introduction générale au droit, 4e édition, 2020-2021,
Druffin-Bricca (S.)
• Droit constitutionnel, 4e édition, 2020-2021,
Toulemonde (G.), Reignier (D.)
• Droit des personnes et de la famille, 4e édition 2020-2021,
Lasserre (M.-C)
• Droit administratif, 4e édition 2020-2021,
Pollet-Panoussis (D.)

© 2020, Gualino, Lextenso


Grande Arche - 1 Parvis de La Défense
92044 Paris La Défense Cedex
ISBN 978-2-297-09127-5

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2
SOMMAIRE
Dossier : 3 copies réelles notées et annotées
Pourquoi ce dossier et comment l’utiliser ? 05
Sujet : Dissertation juridique : L’évolution de la notion de faute dans la responsabilité
du fait personnel 06
Indications de correction 06
Copie notée 05/20 08
Copie notée 10/20 11
Copie notée 15/20 14

31 annales corrigées et commentées

1 − Droit des obligations : le contrat

Introduction au droit des contrats


Sujet 1. Dissertation juridique : L’application dans le temps de la réforme du droit des contrats 20
Sujet 2. Questions théoriques et pratiques : La classification des contrats et leur mise en application 26

Formation du contrat
Sujet 3. Dissertation juridique : La phase précontractuelle est-elle une période de non-droit ? 33
Sujet 4. Dissertation juridique : Le contrat d’adhésion dans la réforme du droit des contrats 39
Sujet 5. Commentaire d’article : L’article 1171 du Code civil 45
Sujet 6. Cas pratique : L’obligation d’information 52
Sujet 7. Cas pratique : Le consentement 57
Sujet 8. Commentaire d’arrêt : Cass. 3 civ., 5 déc. 2019, n° 18-24.152
e
63

Vie du contrat
Sujet 9. Dissertation juridique : Le droit des contrats face à l’épidémie de COVID-19 70
Sujet 10. Dissertation juridique : L’exception d’inexécution est-elle un remède efficace
à l’inexécution du contrat ? 74
Sujet 11. Commentaire d’arrêt : Cass. ch. mixte, 13 avr. 2018, n° 16-21345 et 16-21947 81
Sujet 12. Cas pratique : L’imprévision 87
Sujet 13. Commentaire d’arrêt : Cass. 3 civ., 19 mars 2020, n° 18-22.983
e
91
Sujet 14. Cas pratique : L’inexécution des contrats 95
Sujet 15. Dissertation juridique : L’imprévision dans la réforme du droit des contrats 100

3
SOMMAIRE
Synthèse
Sujet 16. Questions de cours 105

2 − Droit des obligations : la responsabilité délictuelle

Principes de responsabilité
Sujet 17. Dissertation juridique : Le droit de la responsabilité civile n’a-t-il pour fonction
que de réparer le préjudice subi par la victime ? 110
Sujet 18. Dissertation juridique : Tiers et inexécution du contrat 116
Sujet 19. Questions sur arrêt : Cass. 2 civ., 5 mars 2020,
e

n° 18-26.137, Publié au bulletin 123

Responsabilité du fait des choses


Sujet 20. Cas pratique : La responsabilité du fait des choses 127
Sujet 21. Commentaire d’arrêt : Cass. 2 civ., 3 mars 2016, n° 15-12217
e
132
Sujet 22. Cas pratique : La responsabilité du fait des animaux 138

Responsabilité du fait d’autrui


Sujet 23. Dissertation juridique : La responsabilité personnelle du préposé 142
Sujet 24. Dissertation juridique : Le fait de l’enfant en tant que condition de mise en œuvre
de la responsabilité des parents du fait de leur enfant 147
Sujet 25. Cas pratique : La responsabilité du commetant 152

Régimes spécifiques de responsabilité : les accidents de la circulation


et les produits défectueux
Sujet 26. Cas pratique : L’accident de la circulation 156
Sujet 27. Commentaire d’arrêt : Cass. 1 civ., 11 janv. 2017, n° 16-11726, FS-P+B+I
re
161
Sujet 28. Commentaire d’arrêt : Cass. 2 civ., 5 mai 2020, n° 19-11.411, F-P+I 170
e

Synthèse
Sujet 29. Questions à réponse courte 176
Sujet 30. Questions de cours 181
Sujet 31. QCM et QCR 185

4
DOSSIER
COPIES RÉELLES

Pourquoi ce dossier et comment l’utiliser ?

Pourquoi ce dossier ?
Lorsque vous traitez un sujet lors d’un examen ou d’un TD, vous avez parfois du mal à comprendre la note
qui vous a été attribuée et à savoir ce que vous auriez dû faire pour en obtenir une meilleure.
L’objectif de ce dossier est justement de remédier à cette situation et de vous faire passer de l’autre côté
de la « barrière », en vous permettant de mieux comprendre ce qu’attend votre correcteur : la reproduction
intégrale de trois copies réelles de valeur différente sur un même sujet, les indications générales de correc-
tion ainsi que les appréciations détaillées portées dans les marges de chaque copie vont vous permettre
d’adopter une démarche comparative et de comprendre ce qui fait la différence de notation.
La reproduction d’une excellente copie (récompensée par un 15/20) vous permet également de vous
rendre compte que le sujet était « faisable » et quels étaient les points incontournables de son traitement.
Elle constitue clairement un exemple à suivre et vous prouve que la réussite est à votre portée.

Comment utiliser ce dossier ?


Afin que vous puissiez visualiser les pistes que vous devez mettre en œuvre pour améliorer votre note, cha-
cune des trois copies réelles est annotée, en marge, de toutes les « recettes », de nombreux conseils métho-
dologiques et de « petits plus » qui feront passer votre note de 5/20 à 10/20 puis, avec l’entraînement, de
10/20 à 15/20.

5
DOSSIER
COPIES RÉELLES

Sujet : Dissertation juridique


Durée de l’épreuve : 3 heures
Document autorisé : Code civil
Vous traiterez le sujet suivant :
« L’évolution de la notion de faute
dans la responsabilité du fait personnel »

Indications de correction Par Marie-Cécile Lasserre

Indications générales
– Les problèmes importants de propreté de la copie, de style, de syntaxe et d’orthographe sont sanction-
nés (jusqu’à - 3 points, avec une mention expresse sur la copie).
– Si le sujet a été longuement abordé en cours, il ne faut toutefois pas perdre de vue qu’il s’agit d’étudiants
de Licence 2 dont le bagage juridique est encore modeste. Les petites maladresses de forme ou l’usage
de quelques termes inappropriés ne doivent pas être trop sévèrement punis.
– L’évaluation doit principalement porter sur la compréhension générale du sujet et les connaissances
acquises.
– Les efforts quant au respect de la méthodologie doivent être valorisés.
– Le hors-sujet doit être sanctionné (06/20 maximum si toute une partie est hors-sujet, 08/20 maximum si
une sous-partie est hors-sujet).

Spécificité du sujet
– Il s’agit d’un sujet de cours classique et ciblé.
– Les notions doivent être manipulées avec beaucoup de rigueur dans la mesure où des confusions
conduisent régulièrement les étudiants de première année à confondre l’élément matériel (ou objectif)
de la faute et l’élément moral (ou subjectif) de celle-ci.
– Le sujet mérite d’être bien cerné et délimité : vous devez vous focaliser sur l’évolution qu’a pu connaître
la notion de faute et ce, uniquement en matière de responsabilité du fait personnel.

6
DOSSIER
COPIES RÉELLES

– La seule présentation descriptive de la faute civile (définitions, typologie et classifications) ou du régime


de la responsabilité du fait personnel en général devra donc être sévèrement sanctionnée comme étant
hors-sujet.
– En filigrane, le sujet amène à réfléchir à la nécessaire distinction entre répression et réparation.
– Pour autant, si un bref parallèle entre les fautes civiles et pénales peut être accepté en introduction, il
serait inadapté d’y consacrer toute une sous-partie.
– L’étude doit être strictement circonscrite à la responsabilité civile.
– La formulation du sujet (« L’évolution… ») appelle incontestablement une approche dynamique.
– Une attention particulière devra être réservée aux enjeux et problématiques pratiques du sujet (volonté
d’amélioration de l’indemnisation des victimes et lutte contre les inégalités).
– La notion d’imputabilité, au cœur du sujet, devra donc être clairement définie afin que les évolutions
législatives et jurisprudentielles puissent être rigoureusement présentées.

Remarques
Le sujet a été proposé antérieurement à la publication du texte de l’avant-projet de réforme de la
responsabilité civile en date du 13 mars 2017. Pour une présentation générale de la faute prenant en
compte le projet de réforme, voir la dissertation sujet n° 17 du présent ouvrage.

7
DOSSIER
COPIES RÉELLES

Copie réelle notée 05/20


OBSERVATIONS DU CORRECTEUR (M.-C. Lasserre)

La méthodologie de l’introduction n’est pas acquise (définition des termes du


sujet et délimitation à revoir).
Lisez mieux le sujet avant de vous lancer dans la phase de rédaction : le sujet
est mal cerné, ce qui vous conduit à d’importantes analyses hors-sujet.
Votre plan manque de clarté et de cohérence : l’intitulé de votre 1 est beau-
coup trop large et englobe l’ensemble du sujet. Votre 2 est donc nécessaire-
ment hors-sujet (la question de la rétractation).
L’approche n’est pas assez rigoureuse et juridique.
 Le style est souvent confus,
« journalistique » et inadapté.
Quant au fond, vos connaissances sont nettement insuffisantes ; vous accu-
mulez les erreurs et imprécisions.
L’ensemble paraît survolé.

Travail globalement très insuffisant.
Soyez à jour ! Les articles 1282 et suivants du Code civil sont depuis le
1er octobre 2016 les articles 1240 et suivants.
À éviter, peu juridique ; « ultra
célèbre » est très journalistique.

Depuis le 1er octobre 2016, il s’agit La notion de faute est prise en compte par l’ultra célèbre article 1382 du Code civil
de l’article 1240 du Code civil !
Soyez à jour !
selon lequel « tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage,
oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ».
Il aurait pu être pertinent d’insister
sur le fait que, malgré l’importance Pour le Code civil la faute peut donc être définie comme « tout fait quelconque de
de cette notion, le législateur ne l’homme qui cause à autrui un dommage ».
définit pas précisément la faute
civile. C’est, dès lors, la doctrine qui Bien plus, l’article 1383 prévoit également l’hypothèse de fautes commises par
a été amenée à en fixer
les contours.
négligence ou par imprudence.

Faux, confusion avec


La faute doit nécessairement présenter un caractère personnel, certain et direct
les caractères du dommage ! pour que la victime puisse obtenir réparation du dommage subi.
Le principe de responsabilité du fait personnel sous-entend que la personne qui
commet une faute doit personnellement l’assumer. Elle engage sa responsabili-
té personnelle et sera tenue à la réparation des dommages subis par la victime.
L’engagement de la responsabilité du fait personnel nécessite la réunion de trois
éléments cumulatifs : une faute, un dommage et un lien de causalité.
Concernant plus spécifiquement la faute, cette dernière se caractérise à travers
deux éléments : un élément matériel (ou objectif) et un élément moral (ou subjectif).
La faute a-t-elle toujours été envisagée de la même manière ?
Attention à l’orthographe. La jurisprudence a-t-elle toujours appliquer les mêmes critères ?

8
DOSSIER
COPIES RÉELLES

Incontestablement, la notion de faute a évolué au fil du temps (1) de sorte qu’il Une mauvaise délimitation
vous conduit à proposer un 2.
existe aujourd’hui différentes catégories de fautes (2). intégralement hors-sujet.
Passez plus de temps sur la
construction de votre plan et veillez
1 • L ’évolution de la notion de faute à ce qu’il réponde parfaitement
au sujet.

Au fil des années, la notion de faute a connu des évolutions considérables concer-
nant tant son élément matériel (A) que son élément moral (B).
Ce terme alourdit inutilement
A) L’élément constitutif matériel de la faute votre titre ; à supprimer.

Pour être reconnue, la faute doit représenter un élément matériellement consta-


table. Même confusion avec
le dommage qu’en introduction.
La faute doit avoir un lien direct avec le dommage. Notions à revoir.

La faute doit s’être véritablement réalisée dans la mesure où les fautes purement Confus, manque de clarté.
virtuelles ou potentielles ne sont pas prises en considération.
Il y aura faute dès lors qu’une violation d’une obligation préexistante pourra être
constatée.
L’élément matériel de la faute s’apprécie in abstracto : les juges seront amenés à
comparer les faits commis par l’auteur à l’agissement qu’aurait adopté un bon
père de famille.
Mais au-delà de ce premier élément constitutif, il est utile de s’intéresser à un deu- Pensez au dynamisme de vos
intitulés. Idéalement, vos titres
xième élément capital doivent se répondre ; préférez donc
ici « l’élément moral » pour renvoyer
B) Le caractère subjectif de la faute au A) (« l’élément matériel »).

Attention aux fautes d’orthographe


Pour que la faute soit réparable il faut qu’elle est un lien direct avec le dommage : et de syntaxe, elles peuvent
il faut être certain que c’est bien cette faute qui a directement causé le dommage être sanctionnées.
de la victime.
Concernant la condition d’imputabilité, il s’agit de savoir si l’auteur des faits a ou
non conscience qu’il a adopté un comportement interdit.
Cette condition amène notamment à s’intéresser à deux catégories d’individus :
les aliénés et les enfants mineurs en bas âge. On considère que ces personnes
n’ont pas une capacité de discernement suffisant, de sorte qu’ils ne se rendent
pas compte de leurs actes. Leur responsabilité personnelle ne peut donc pas être
retenue.
Manque de rigueur, l’évolution
Toutefois, ces questions ont connu une importante évolution jurisprudentielle en est, soit légale, soit jurisprudentielle.
1968 puisque la loi est venue supprimer cette condition d’imputabilité. À revoir !

Désormais toute personne, même dénuée de discernement, peut être personnel-


lement responsable.
L’enfant mineur et l’aliéné mental peuvent donc être condamnés à réparer les
dommages directement causés par leur faute.
Au-delà de ces premiers éléments de réflexion, on peut noter que différentes caté-
gories de fautes ont été au fur et à mesure consacrées

9
DOSSIER
COPIES RÉELLES
Hors-sujet !
Il ne s’agit pas de lister les 2 • Les différentes catégories de fautes
différentes fautes civiles ou les
classifications qui ont pu en être
proposées. Le sujet vous invite On peut distinguer des fautes intentionnelles ou non intentionnelles (A) mais aussi
au contraire à regarder la faute des fautes par commission ou par omission (B).
civile de manière globale, en vous
focalisant spécifiquement sur son
évolution. A) Les fautes intentionnelles ou non intentionnelles

La faute intentionnelle se caractérise par une certaine volonté d’agir. L’acte est
voulu par son auteur et peut-être parfois prémédité.
La faute intentionnelle se caractérise par l’intention de nuire, l’intention de produire
le dommage. Le responsable a donc recherché les conséquences dommageables
Vos définitions sont correctes de son acte.
mais ne répondent pas au sujet.
L’opposition faute intentionnelle Ce type de faute est puni avec plus de sévérité.
et faute non intentionnelle ne rend
pas compte de l’ « évolution » La faute pourra en revanche être qualifiée de non-intentionnelle quand l’auteur
de la notion de faute.
aura voulu l’acte mais pas les conséquences de celui-ci. Cette faute peut égale-
ment être sanctionnée.
En réalité, cette distinction est importante au regard du droit des assurances car par
principe, l’assureur ne garantit pas les situations dans lesquelles la personne aura eu
l’intention de nuire.
Au-delà de cette première opposition, il faut présenter les fautes par commission
et par omission.
Attention, votre devoir est
déséquilibré. Le 2. B) est trop court.
Il s’agit d’une partie à part entière, B) Les fautes par commission ou par omission
respectez l’équilibre du devoir.

La classification des fautes a évolué dans le temps.


La faute par commission est la situation dans laquelle une personne a fait ce qu’il
Même remarque, vous ne répondez n’aurait pas dû faire, en violation d’une règle légale.
pas au sujet.
En revanche, la faute par omission renvoie à l’abstention de la personne, c’est-à-
Votre devoir doit terminer par
dire des situations dans laquelle celle-ci n’a pas fait ce qu’elle aurait dû faire.
une ouverture ou une phrase
conclusive pertinente.
L’abstention fautive est susceptible d’engager la responsabilité de son auteur.

10
DOSSIER
COPIES RÉELLES

Copie réelle notée 10/20


OBSERVATIONS DU CORRECTEUR (M.-C. Lasserre)

Un effort est fait quant au respect de la méthodologie (étapes de l’introduc-


tion, annonces, transitions).
Le plan retenu ne répond pas au sujet. À la lecture de vos intitulés, le 1. semble
strictement descriptif et seul le 2. répond pertinemment au sujet («  l’évolu-
tion »).
Le sujet paraît compris dans ces grandes lignes mais l’annonce de votre 2.
montre que vous en avez une maîtrise très imparfaite.
L’essentiel est envisagé mais reste beaucoup trop survolé.
D’une manière générale, votre approche n’est pas assez rigoureuse.
Le style est parfois peu clair ou inadapté.
Quant au fond, vos connaissances sont moyenne ; votre démonstration
manque de précision (position de la doctrine, références jurisprudentielles).
Travail tout juste moyen.

La phrase d’accroche peut être


« Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui une disposition, mais donnez le
par la faute duquel il est arrivé à le réparer ». numéro d’article et le Code !

La faute est un des éléments constitutifs de la responsabilité délictuelle qui est le Style lourd, à reformuler !
régime qui trouvera à s’appliquer par principe, en dehors de tout contrat.
Il existe en France trois sortes de faits générateurs de responsabilité : le fait person-
nel, le fait des choses et le fait d’autrui.
La responsabilité du fait personnel occupe une place de premier ordre au sein des Bien. Il est important de souligner
différents régimes de responsabilité. cette absence de définition légale
dès l’introduction dans la mesure
Si la faute est au cœur du régime de responsabilité du fait personnel, celle-ci n’est où elle a cristallisé de nombreuses
pas précisément définie par le Code civil, qui se contente d’y faire référence indi- controverses. Face au silence
du législateur, la doctrine et
rectement. la jurisprudence ont proposé
des définitions.
Classiquement, la faute se définit comme toute violation d’une obligation civile ou
encore comme un fait illicite.
Face aux difficultés rencontrées, les définitions retenues sont en général extensives,
la faute étant alors envisagée comme toute violation d’une obligation préexis-
tante, législative, réglementaire ou coutumière.
La notion de faute est apparue indirectement en 1804 dans le Code civil et n’a
depuis cessé d’évoluer, donnant lieu à d’importantes controverses doctrinales et
jurisprudentielles.

11
DOSSIER
COPIES RÉELLES

Évitez de multiplier les questions Est-ce que les éléments constitutifs traditionnels de la faute sont aujourd’hui encore
pour formuler votre problématique.
Cette dernière doit pouvoir être d’actualité ?
cernée en une phrase.
Dans la négative, quelles ont été les raisons justifiant l’évolution de ces critères ?
La faute connaît deux éléments constitutifs traditionnels  : un élément objectif et
un élément subjectif (1). Toutefois, l’évolution de la société a rendu nécessaire une
certaine adaptation de ce régime séculaire (2).

L’intitulé de votre 1. manque


de dynamisme et de clarté. 1 • Les conditions de la faute

La faute est constituée de deux éléments  : une condition objective (A) et une
condition subjective (B)
Attention à l’équilibre
des parties, votre A) est court. A) La condition objective de la faute

Mal formulé, confusion.


La condition objective est aussi appelée condition matérielle. En effet, pour que la
Éléments déjà envisagés dans votre faute existe, il est nécessaire de l’évaluer matériellement.
introduction.
Évitez les répétitions, d’autant Il peut exister une grande diversité des fautes. Ainsi, sera constitutif d’une faute la
plus qu’aucun développement violation d’une obligation réglementaire ou législative, ou la transgression d’une
significatif n’est délivré.
obligation coutumière ou encore un abus de droit.
Cette notion importante
méritait d’être définie.
Il appartient au juge de se livrer à une appréciation in abstracto du comportement
qui lui sera soumis.
À la première condition envisagée doit se cumuler une condition subjective qui
renvoie à la notion d’imputabilité.

B) La condition subjective de la faute

Bien qu’un peu survolé, votre B) Cette condition revient à s’intéresser à la question de l’imputabilité.
est correct. Il est regrettable que
vos propos soient ici purement En effet, pour caractériser la faute et que pour son auteur en soit reconnu respon-
descriptifs. La notion d’évolution,
pourtant au cœur du sujet, est
sable, il faut que l’acte reproché lui soit imputable.
totalement absente. Bien plus, ces
éléments méritaient de plus longs L’imputabilité se traduit par la conscience des actes commis, la faculté de discer-
développements (illustrations nement.
jurisprudentielles, controverses
doctrinales). La jurisprudence a longtemps considéré que les aliénés (personnes atteintes de
troubles mentaux) et les enfants en bas âge étant privés d’une véritable capacité de
discernement, ils ne pouvaient être reconnus responsables de leurs faits personnels.
Bonne transition. Bien que courte,
cette phrase permet de souligner Toutefois, face aux inégalités rencontrées et en vue de rendre plus effectif le droit
clairement les raisons ayant conduit à l’indemnisation des victimes, les deux conditions présentées ont rapidement dû
à l’évolution, objet de votre 2. évoluer.

Vous faites ici un contre-sens :


ces deux éléments (A et B) ne
peuvent être scindés. Dès lors,
2 • L’évolution des conditions dans le temps
la construction de vos sous-parties
manque de cohérence : c’est L’appréciation de la notion de faute a progressivement évolué, en conduisant à
précisément l’abandon progressif
de l’exigence d’imputabilité morale une objectivisation de cette dernière (A) et à la suppression de la condition d’im-
qui a conduit certains auteurs à putabilité (B).
parler d’objectivisation de la faute.

12
DOSSIER
COPIES RÉELLES
Ce titre est bien choisi,
A) L’objectivisation de la faute mais la formule n’est pas définie…
et visiblement mal comprise.
La faute a tout d’abord été envisagée comme le fait illicite commis par un individu.
Mais avec l’évolution de la société et plus précisément de l’industrie, on a connu
une collectivisation de la faute.
L’objectivisation de la faute se traduit par l’apparition de l’assurance. Ce paragraphe est confus
et hors-sujet.
L’assurance a permis de généraliser certaines fautes possibles, ce n’est désor-
mais plus systématiquement l’individu qui a commis la faute qui devra réparer le
dommage subi par la victime. Cette réparation pèsera désormais sur la compa-
gnie d’assurances.
La conception de la faute est devenue plus objective et a conduit à un renforce-
ment de la place des assurances.
Cette évolution va également conduire à la suppression de l’imputabilité. Le contenu de ce B) est
globalement de meilleure qualité
B) La suppression de l’imputabilité que le reste du devoir. Le style est
plus clair et les évolutions centrales
semblent maîtrisées.
Sous l’impulsion du législateur et de la jurisprudence, la condition tenant à l’élément
moral de la faute a été progressivement supprimée.
Cet abandon de l’élément moral trouve son origine dans l’inégalité qui pouvait exis-
ter quant à l’indemnisation de certaines victimes (dont la souffrance reste inchan-
gée peu importe l’auteur du fait dommageable).
Soyez plus précis quant
Ainsi, pour lutter contre des situations dans lesquelles certaines victimes se trou- aux références : loi du 3 janvier
vaient privées d’indemnisation, une loi de 1968 a réformé le régime des incapacités 1968 portant réforme du droit des
incapables majeurs.
et supprimé la condition d’imputabilité pour les aliénés. Le principe de la responsa-
bilité personnelle des personnes atteintes de troubles mentaux a ainsi été consacré.
Ces derniers, indépendamment de leur faculté de discernement, sont donc deve-
nus responsables de leurs actes en matière civile. Attention aux références :
soyez plus précis. Les 5 arrêts de
Cette évolution s’est ensuite étendue aux enfants mineurs, par une série d’arrêts l’assemblée plénière de la Cour
de 1994. Ainsi, depuis ces évolutions, la faute commise par l’infans, aura des consé- de cassation datent du 9 mai 1984.
quences même si ce dernier n’est pas capable de discerner les conséquences de
son acte. Sa faute pourra soit engager sa responsabilité délictuelle personnelle (s’il
est l’auteur des faits) soit diminuer son indemnisation (s’il en est victime).

13
DOSSIER
COPIES RÉELLES

Copie réelle notée 15/20


OBSERVATIONS DU CORRECTEUR (M.-C. Lasserre)

La méthodologie de la dissertation est parfaitement acquise.


L’introduction est riche et bien structurée, la méthode dite de l’entonnoir est
maîtrisée.
Votre style est agréable et votre vocabulaire choisi et rigoureux.
Votre plan est clair, juridique et répond bien au sujet
Vous disposez de bonnes connaissances et les éléments essentiels ont été
envisagés.
Seules quelques légères maladresses auraient pu être évitées.
L’ensemble est très satisfaisant
La phrase d’accroche proposée
convient parfaitement. L’objectif
est ici double : montrer à votre
correcteur que vous avez bien
cerné le sujet et lui donner envie
de lire votre copie. Vous citez, Selon Planiol la faute civile est « le manquement à une obligation préexistante ».
à juste titre, une définition restée
classique d’un grand auteur. Si cette définition des plus extensive est restée célèbre, elle ne peut aujourd’hui être
retenue de manière isolée dans la mesure où elle ne permet pas de résoudre les
Prenez du temps pour vous relire
situations, toujours plus nombreuses, où la loi est restée muette. Il serait en effet uto-
en fin d’épreuve, les fautes peuvent piste d’envisager pouvoir lister de manière exhaustive l’ensemble des obligations
vous « coûter » des points. dont la violation pourrait être constitutif d’une faute.

Très bien. Il est essentiel


Ainsi, la faute civile est plus souvent définie par référence à tout « comportement
de parfaitement définir que l’on peut juger défectueux, soit parce qu’il est inspiré par l’intention de nuire,
les termes du sujet. Ce réflexe soit parce qu’il va à l’encontre d’une règle juridique, soit simplement parce qu’il
méthodologique vous permet
de bien délimiter le sujet et d’éviter
apparaît déraisonnable ou maladroit ».
le risque de hors-sujet, toujours
lourdement sanctionné.
Cette définition rend parfaitement compte du caractère protéiforme de la notion
de faute.
Si la notion de faute est incontestablement au cœur du régime de responsabilité
civile, elle demeure difficile à saisir, chaque tentative emportant son lot de contro-
verses ou d’incertitudes.
À cet égard, il est révélateur de relever que le Code civil lui-même ne définit pas
expressément la faute civile.
Il est bien de souligner cette
modification de numérotation, En effet, aux termes de l’ancien article 1382 désormais, sans que cela ait engendré
même si elle n’a en rien modifié
le texte de cette disposition. de modification textuelle, 1240 du Code civil depuis le 1er octobre 2016, il a sim-
plement été prévu que « tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un
dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ».
Le régime de responsabilité du fait personnel (qui cohabite avec ceux de responsa-
bilité du fait des choses et du fait d’autrui) est par principe construit autour de l’idée

14
DOSSIER
COPIES RÉELLES

que l’auteur d’un fait n’engage sa responsabilité (et sera donc obligé de réparer) Ces quelques phrases sont les
bienvenues dans la mesure où elles
que s’il a commis une faute dont la preuve devra être rapportée par la victime. vous permettent de replacer le
sujet dans un cadre plus général,
On envisage classiquement ces aspects en rappelant que la responsabilité du fait en montrant à votre correcteur que
personnel nécessite la réunion de trois éléments : une faute, un dommage et un vous maîtrisez les autres régimes
lien de causalité entre ce dommage et cette faute. de responsabilité.
Les rappels et définitions sont
La faute apparaît donc comme une condition essentielle de la responsabilité du clairs et concis. Conformément à
la technique de l’entonnoir, votre
fait personnel. démonstration se resserre jusqu’à
l’annonce de vos problématiques.
Dans ce contexte, quelles évolutions ont connu la notion de faute dans la respon-
sabilité du fait personnel ? Il s’agira de s’intéresser à la manière dont la faute est
appréciée par les juges et aux éléments nécessaires pour la caractériser.
La faute civile a-t-elle toujours été appréhendée de la même manière ? Vos problématiques sont
parfaitement valables mais
Si la faute civile se définit classiquement au travers de deux éléments constitutifs, pourraient être exprimées sous
la forme affirmative. Évitez,
soit un élément matériel et un élément moral, ces derniers doivent-ils nécessaire- d’une manière générale,
ment se voir reconnaître la même importance ? les questions « en cascade ».

Enfin, les controverses doctrinales ou les enjeux pratiques inhérents à cette notion –
et notamment la volonté de renforcer l’indemnisation des victimes – ont-ils conduit
les juges et le législateur à revoir le système initialement retenu ?
Si la faute civile pouvait à l’origine être retenue dès lors que deux éléments consti-
tutifs étaient réunis (1), un mouvement tenant à l’objectivisation de celle-ci semble
s’être progressivement opéré (2).

1 • L es éléments originaires de la faute civile


Annonce concise et juridique.
En l’absence de définition légale de la faute civile et face à l’ambiguïté de cette Le lecteur comprend parfaitement
les éléments qui vont être
notion, cette dernière était à l’origine caractérisée par la réunion de deux éléments développés. Votre démonstration
constitutifs : un élément objectif ou matériel (A) et un élément subjectif ou moral (B). gagne ainsi en clarté.

A) L’élément matériel de la faute civile

Pour retenir l’existence d’une faute civile et en tirer toutes les conséquences en
termes de responsabilité et d’indemnisation, la preuve d’un élément matériel doit
être rapportée.
Cet élément matériel consiste en un acte répréhensible, anormal ; une défaillance
Attention : la notion de « bon
quelconque qui pourra selon les hypothèses constituer une violation d’une obliga- père de famille » (qui renvoie à la
tion législative, coutumière ou réglementaire. conduite d’une personne prudente,
attentive, raisonnable et mesurée)
Il revient au juge d’apprécier ce comportement in abstracto, c’est-à-dire qu’il va a été supprimée du vocabulaire
comparer le comportement du défendeur à celui du bon père de famille pour juridique par la loi n° 2014-873
du 4 août 2014 pour l’égalité réelle
déterminer la normalité ou non du comportement. entre les femmes et les hommes.
Le législateur utilise désormais
Il est acquis que l’auteur pourra adopter un comportement condamnable en l’adverbe « raisonnablement »
agissant, c’est-à-dire en réalisant un acte positif. On parlera alors de faute de ou l’adjectif « raisonnable ».
commission.
Par opposition, la personne peut s’être abstenue d’agir. Cette faute sera qualifiée
de faute d’omission ou d’abstention. En ce sens, la jurisprudence a consacré la
possibilité d’abstention fautive.

15
DOSSIER
COPIES RÉELLES
Cette transition permet de bien
structurer votre présentation L’élément matériel de la faute civile, aujourd’hui encore indispensable, était tradi-
et participe à la clarté de votre tionnellement complété par un élément subjectif.
devoir.

B) L’élément moral de la faute civile

L’articulation des articles 1240 et 1241 du Code civil permet de dégager deux types
de faute : intentionnelle (l’auteur agit en vue de causer un préjudice à autrui) et
non intentionnelle (c’est-à-dire par négligence ou par imprudence).
Si la faute n’implique donc pas d’intention blâmable, il n’en demeure pas moins
qu’elle a été conçue, traditionnellement, comme une défaillance imputable à une
personne.
L’élément moral de la faute civile correspond précisément à cette exigence d’im-
putabilité.
Initialement, pour pouvoir condamner une personne à indemniser les dommages
causés, les juges devaient caractériser cet élément moral, c’est-à-dire s’assurer
que la faute peut lui être moralement imputée. Il était alors recherché si la personne
Ces paragraphes sont clairs avait pleinement conscience que l’acte commis était une faute, ce qui nécessitait
et offrent une présentation
juridique et accessible du régime
donc l’existence d’une capacité de discernement.
initialement applicable.
Ils résument la motivation adoptée
Par conséquent, les personnes privées de cette capacité ne pouvaient être respon-
dans l’essentiel des arrêts. sables de leur fait personnel. Étaient ainsi exclus les aliénés mentaux et les jeunes
enfants. Ces derniers ne pouvaient engager leur responsabilité personnelle dans
les hypothèses où ils causaient des dommages à autrui. En effet, pour les juges,
l’utilisation par le législateur du terme « faute » supposait nécessairement un fait
Bonne transition. Vous synthétisez « dépendant de la volonté ».
clairement les limites des critères
initialement retenus (et présentés Cette approche générait certaines inégalités au sein des victimes, parfois injuste-
dans votre 1.). Les raisons ayant
conduit à la suppression de
ment privées d’indemnisation.
l’exigence d’imputabilité morale
Face aux atteintes portées à l’effectivité du droit à indemnisation des victimes,
vous permettent d’annoncer
habilement votre 2. l’exigence d’imputabilité morale a progressivement été écartée, entraînant par là
même une certaine objectivisation de la faute.
L’expression, utilisée par de
nombreux auteurs, est bien choisie
car à la fois juridique et imagée. 2 • Vers une objectivisation de la faute

L’objectivisation de la faute résulte de la suppression de l’élément moral de la faute


(A) et a eu des conséquences sur la responsabilité du fait personnel (B).

A) L’abandon de l’exigence d’imputabilité morale

Cette approche historique montre La faute civile a longtemps été conçue sous l’influence d’approches moralisatrices,
que vous maîtrisez parfaitement
les tenants et les aboutissants de avec en toile de fond la nécessité d’une réprobation, d’une répression.
l’évolution qui s’est opérée. Ce
faisant, vous répondez parfaitement Dans cette logique, la faute est indissociable de l’exigence d’imputabilité morale,
au sujet qui vous est soumis. La c’est-à-dire de l’aptitude de l’auteur à mesurer la portée de ses actes.
qualité du style est ici mise au
service de votre démonstration. Si l’exigence d’imputabilité morale a longtemps été considérée comme consubs-
tantielle à l’idée de faute, ce constat semble aujourd’hui peu à peu s’effriter.
Analyse pertinente, claire,
structurée et juridique. La suppression de la condition d’imputabilité a eu lieu à la fois sous l’impulsion du
législateur et de la jurisprudence.

16
DOSSIER
COPIES RÉELLES

En effet, la suppression de l’élément moral de la faute s’est faite en deux temps.


Le législateur a le premier joué un rôle dans l’évolution de la notion de faute civile Attention : le principe a initialement
avec la loi du 3 janvier 1968 (portant réforme du droit des incapacités) qui va ins- été posé à l’article 489-2 du Code
civil (qui ne deviendra l’article 414-3
crire à l’article 414-3 du Code civil le fait que les personnes atteintes d’un trouble qu’avec la loi n° 2007-308
mental soient désormais responsables de leurs faits personnels et donc obligées à du 5 mars 2007).
réparation. Le texte adopte une formule très générale choisissant de ne pas parler
de « faute » et faisant référence au dommage causé et à l’obligation de répara-
tion.
Puis, la jurisprudence, opérant un important revirement, va étendre cette approche
aux jeunes enfants. En effet, par cinq arrêts de l’assemblée plénière du 9 mai 1984,
la Cour de cassation affirme qu’il n’est plus nécessaire de vérifier la capacité de
discernement de l’enfant pour pouvoir engager sa responsabilité personnelle.
La Cour de cassation a ainsi consacré la responsabilité civile personnelle de l’infans.
L’abandon de l’exigence d’imputabilité morale va entraîner d’importantes consé-
quences pratiques, notamment pour l’indemnisation de la victime.

B) Les conséquences pratiques de l’objectivisation de la faute

La suppression de la condition d’imputabilité a eu des répercussions sur la répara-


tion de la victime et sur la notion de faute elle-même.
En effet, les évolutions présentées avaient vocation à améliorer l’indemnisation des
victimes, parfois dépendante de la capacité de discernement de l’auteur des faits.
Ces éléments sont justes et très
Le maintien de la condition de discernement était particulièrement problématique intéressants, mais auraient peut-être
pour les victimes de jeunes enfants qui ne pouvaient pas poursuivre l’enfant pour mérités d’être basculés dans votre
2. A). Il s’agit plus des raisons ayant
son fait personnel et étaient en difficulté pour rechercher la responsabilité de leurs conduit à l’abandon de l’exigence
parents (article 1242, ancien 1384, alinéa 4 du Code civil) dans la mesure où les d’imputabilité morale que des
juges ont un temps exigé une faute de l’enfant. conséquences de celui-ci.

De plus, en pratique, dans les cas où l’enfant sera à la fois auteur et victime de sa
faute, le nouveau régime va entraîner une certaine sévérité à son égard puisqu’il
pourra exister une diminution de son indemnisation, par le jeu d’un partage de
responsabilité entre lui et le demandeur.
L’élément moral de la faute ne sert désormais plus qu’à faire la distinction entre Idéalement, votre devoir doit
une faute intentionnelle (article 1240) qualifié de délit et une faute non intention- terminer par une « ouverture ».
nelle (article 1241) qualifiée de quasi-délit. Celui-ci demeure utile à démontrer en Par exemple, ici,
vous auriez pu dire un mot :
matière d’assurance car l’assureur ne peut pas garantir les conséquences d’une
- du projet de réforme du droit de la
faute intentionnelle commise par un assuré. responsabilité civile délictuelle ;
- de droit comparé (choix retenus
La conception même de faute civile semble donc profondément impactée par par nos voisins européens).
l’abandon de l’exigence d’imputabilité morale, la volonté d’indemnisation sem-
blant avoir prévalu… Prévalu sur quoi ? Cette dernière
phrase est à reformuler.
Évitez d’une manière générale les
points de suspension.

17
31 annales
corrigées et
commentées

Ces 31 sujets développent les différents types d’exercices que vous devez traiter
en TD ou le jour de l’examen (dissertation juridique, commentaire d’arrêt et de
jugement, commentaire de textes, cas pratique ou consultation, QRC) ; ils ont
été posés au cours de l’année précédente dans les facultés de droit et sont enri-
chis de quelques sujets d’actualité.
Les corrigés, spécialement écrits pour ce livre, sont adaptés à vos capacités et à
vos connaissances réelles, vous qui êtes étudiant de deuxième année de licence
Droit ; c’est dire qu’ils ne constituent pas un cours mais une copie que vous pouvez
réaliser dans le temps imparti.
Comme dans le dossier consacré aux trois copies réelles sur un même sujet déve-
loppé au début de ce livre, chacun de ces corrigés fait l’objet de nombreuses
annotations en marge pour mettre en exergue les « bonnes pratiques », les « mau-
vaises pratiques », « ce qu’il faut faire », « ce qu’il ne faut pas faire », des « rappels de
points de méthode », les « points-clés qui font gagner des points », etc.

19
Sujet 1 Dissertation juridique
Durée de l’épreuve : Vous traiterez le sujet suivant :
3 heures « L’application dans le temps
Aucun document
n’est autorisé
de la réforme du droit des contrats »

OBSERVATIONS DU CORRECTEUR (M.-C. Lasserre)

Le sujet proposé est un sujet d’actualité qui présente un double intérêt : un


intérêt théorique car l’application de la loi dans le temps est une probléma-
tique juridique récurrente et un intérêt pratique car la question de l’applica-
tion dans le temps de la réforme du droit des contrats est un enjeu majeur
pour les praticiens.
L’actualité du sujet ainsi que son double intérêt doivent apparaître dès l’in-
troduction. Ils peuvent également servir à construire la problématique de la
dissertation.
Il convient, toutefois, de faire attention. Si l’application de la loi dans le temps
est un sujet classique de droit, il faut impérativement axer la dissertation sur la
réforme du droit des contrats.
Aussi, vous devez prendre garde à la formulation du sujet. Il ne faut pas traiter
l’application dans le temps du droit des contrats mais il convient de traiter la
réforme du droit des contrats. L’application de la loi ancienne ne doit pas être
éludée, mais elle doit être mise en parallèle de la réforme. C’est pourquoi, à
titre d’exemple, la survie de la loi ancienne est traitée car la règle est posée
par l’ordonnance du 10 février 2016.
La précédente remarque en amène une autre concernant le plan de la
dissertation. Les plans types : 1. Le droit des contrats avant la réforme / 2. Le
droit des contrats après la réforme ou 1. Les contrats conclus avant le 1er octo-
bre 2016 / 2. Les contrats conclus après le 1er octobre 2016, sont à proscrire.

L’accroche doit retenir l’attention Dans le droit contemporain des contrats, si une date devait être retenue, il s’agi-
du correcteur. L’indication de la
date dans la phrase d’accroche rait du 1er octobre 2016. Le droit des contrats a connu à cette date un boulever-
renvoie aux deux thèmes du sujet : sement majeur, puisque l’ordonnance du 10 février 2016 portant réforme du droit
le temps et la réforme du droit
des contrats. des contrats s’applique aux contrats conclus à compter du 1er octobre 2016. Si le
principe semble clair, sa simplicité est trompeuse. L’application dans le temps de la
réforme du droit des contrats, qui est un enjeu majeur pour les contractants et les
praticiens du droit, est bien plus subtile.

20
L’application de la loi dans le temps est une problématique tout à la fois classique
et majeure en droit. Pour preuve, le premier article du Code civil lui est consacré.
Conformément à cet article, les lois « entrent en vigueur à la date qu’ [elles] fixent
ou, à défaut, le lendemain de leur publication ». Et, comme l’a rappelé la Cour Cass. 1re civ., 12 juin 2013,
n° 12-15688.
de cassation, une « loi nouvelle ne s’applique pas, sauf rétroactivité expressément
décidée par le législateur, aux actes juridiques conclus antérieurement à son en- Les intérêts du sujet sont mis
trée en vigueur ». Outre d’être classique, l’applicabilité dans le temps d’une loi est en exergue. Ceux-ci doivent être
une question récurrente en droit. Cette question est emprunte d’enjeux particuliers présents dans toute dissertation,
car ils démontrent la bonne
concernant la réforme du droit des contrats. En effet, si les praticiens du droit des compréhension du sujet
contrats sont légitimement concernés et préoccupés par le droit transitoire, d’une et permettent de construire
la problématique.
manière générale, l’application dans le temps de la réforme des contrats est un
enjeu majeur car le contrat est avant tout un instrument de prévisibilité.
Cet article est le fondement
Conscients de l’importance de l’application dans le temps de la réforme du droit textuel principal de la dissertation.
Il doit être énoncé dès
des contrats, les rédacteurs de l’ordonnance du 10 février 2016 portant réforme du l’introduction. L’article 9 est
droit des contrats, du régime général et de la preuve des obligations ont consacré étudié de manière factuelle dans
une disposition de ladite ordonnance à cette question. Il s’agit de l’article 9. Les l’introduction afin d’en exploiter
les idées et thématiques dans
deux premiers alinéas de cette disposition posent le principe : la réforme du droit le corps du devoir.
des contrats est applicable aux contrats conclus à compter du 1er octobre 2016.
Ainsi, une césure temporelle est donnée  : les contrats conclus avant l’entrée en
vigueur de l’ordonnance - soit avant le 1er octobre 2016 - demeurent soumis à la loi
Ces trois hypothèses sont
ancienne, ceux conclus à compter de cette date sont régis par la loi nouvelle. Des développées infra (2. A).
exceptions au principe sont, toutefois, visées au troisième alinéa de l’article 9 de C’est pourquoi, elles ne sont
l’ordonnance du 10 février. En effet, trois hypothèses d’application immédiate de la qu’évoquées.

loi nouvelle aux contrats en cours sont prévues. Aussi, le dernier alinéa de l’article 9 est
Il est toujours bien de donner
dédié à l’introduction de l’instance et l’application dans le temps de la loi nouvelle. les objectifs d’une disposition
utilisée dans un devoir, surtout
Les dispositions de droit transitoire présentes à l’article 9 de l’ordonnance du après une énonciation factuelle
de ladite disposition comme
10 février 2016 visent d’une part à garantir la sécurité contractuelle et d’autre part en l’espèce.
à protéger les prévisions des parties. Mais, aussi importantes soient-elles, ces règles
de droit transitoire ne sont pas exemptes de difficultés et ne résolvent pas toutes les Les difficultés du sujet doivent
apparaître dès l’introduction,
situations délicates liées à l’application dans le temps de la réforme du droit des
car elles servent à construire
contrats. Une difficulté aux conséquences multiples a été relevée, notamment, par la problématique.
le Professeur Frédéric Buy. Elle concerne l’appréhension « des contrats conclus sous
l’empire du droit ancien, mais modifiés, prolongés ou cédés sous l’empire du nou- F. Buy « La subtilité du droit
transitoire dans la réforme
veau droit ». Cette difficulté est majeure. Mais, il s’agit d’une difficulté parmi d’autres. du droit des contrats »,
RLDC n° 147, 1er avr. 2017.
De prime abord, le principe de sécurité juridique, en ce qui concerne l’application
dans le temps de la réforme du droit des contrats, semble être garanti par l’article 9 Ce paragraphe permet
de l’ordonnance du 10 février 2016. Pour autant, une analyse plus poussée de cette d’annoncer la problématique.
En l’occurrence, elle est simple.
disposition laisse entrevoir des situations délicates qui ne sont pas directement Elle consiste à analyser
appréhendées par cette disposition. C’est pourquoi, une analyse de l’application l’application dans le temps
dans le temps de la réforme du droit des contrats s’avère impérieuse afin que le de la réforme du droit des contrats,
afin de vérifier si les objectifs
contrat demeure un instrument de prévisibilité. poursuivis par celui-ci sont remplis.

L’article 9 de l’ordonnance du 10 février 2016 consacre le principe d’application


de la réforme aux contrats conclus à compter du 1er octobre 2016 (1). Pour autant, Les termes principaux des titres -
l’ensemble des dispositions de l’ordonnance n’est pas applicable uniquement voire les titres eux-mêmes - doivent
à tous les contrats conclus à compter de cette date, puisque certaines disposi- apparaître dans l’annonce de plan.

tions sont d’application immédiate aux situations contractuelles à compter du


1er octobre 2016 (2).

21
Le titre doit faire référence au sujet, 1 • L ’application de principe de la réforme aux contrats conclus
tout en exprimant une idée. Ici,
l’aspect temporel du sujet résulte à compter du 1er octobre 2016
de la date mise en avant par
rapport à la réforme. L’idée majeure
de cette partie est de développer
Le principe d’application dans le temps de la réforme du droit des contrats est
la solution de principe. simple. La nouvelle loi s’applique aux contrats conclus à compter du 1er octobre
2016. Le classicisme du principe est indéniable (A). Mais, ce classicisme ne doit
pas occulter les situations délicates que le principe recèle sous son apparente
simplicité (B).

A) Le classicisme du principe d’application dans le temps de la réforme


du droit des contrats

La référence à ce principe atteste Le premier alinéa de l’article 9 prévoit que « les dispositions de (l’) ordonnance
d’une bonne analyse de l’article 9 entreront en vigueur le 1er octobre 2016 ». L’alinéa 2 ajoute que « les contrats conclus
et d’une bonne maîtrise avant (le 1er octobre 2016) demeurent soumis à la loi ancienne ». La réforme obéit
des notions juridiques.
donc à deux principes classiques du droit transitoire.
Le premier principe est celui de l’application immédiate de la loi nouvelle. Tous
les contrats conclus après la date d’entrée en vigueur de la réforme, soit après le
1er octobre 2016, lui sont soumis. Ce principe repose sur une idée simple : le progrès
apporté par la loi nouvelle ne saurait être différé ; il doit immédiatement produire
ses effets. Une nuance doit, néanmoins, être apportée. La loi de ratification adop-
tée le 20 avril 2018 apporte des modifications à l’Ordonnance du 10 février 2016,
lesquelles ont été scindées en deux catégories. D’une part, les modifications
légères, qualifiées d’interprétatives, qui sont applicables aux contrats conclus à
partir du 1er octobre 2016. Et, d’autre part, les modifications substantielles, qui n’en-
treront en vigueur qu’à une date ultérieure, fixée au 1er octobre 2018.
Le deuxième principe est celui de la survie de la loi ancienne. Les contrats conclus
avant le 1er octobre 2016 relèvent du droit antérieur. L’objectif est de garantir la
sécurité des conventions et la prévisibilité du droit. Le contrat est, en effet, un instru-
Il convient de faire attention aux
règles concernant la computation ment de prévision ; en la matière, le principe de non rétroactivité doit s’appliquer
des délais. Si vous avez un doute, avec une rigueur particulière. Ce principe doit, cependant, être, lui aussi, nuancé
vous pouvez vous référer au regard de deux considérations. Premièrement, les parties à un contrat conclu
uniquement aux évènements
correspondant aux dates. dans l’intervalle entre la publication de la réforme et son entrée en vigueur (soit,
entre le 11 février et le 30 septembre 2016) ont pu souhaiter soumettre leur enga-
Cass. 3e civ. ,23 mars 1977, gement au droit nouveau. Un ancien arrêt de la Cour de cassation du 23 mars
n° 75-14708 1977 reconnaît aux contractants une telle possibilité. Deuxièmement, l’application
anticipée de la réforme peut être le fait du juge. Plusieurs décisions remarquées
au cours de l’année 2017 déclarent interpréter le droit ancien « à la lumière de
Il ne suffit pas d’énoncer la règle la réforme ». Le souci d’accélérer la formation d’une jurisprudence cohérente et
de principe. Toute règle a
une signification, une explication actualisée, légitime en soi, ne doit toutefois pas porter une atteinte disproportion-
et un objectif devant être donnés. née aux prévisions des parties. Ces décisions se limitent donc – à une exception
près – à développer des notions connues du droit antérieur et ne se risquent pas à
appliquer rétroactivement les grandes innovations de la réforme.
Dans la transition, les termes clés
du titre suivant doivent apparaître, Ces diverses nuances sont l’occasion de constater que les principes du droit tran-
car la transition permet de lier deux sitoire ne sont pas aussi nets qu’ils le paraissent. Sous une apparente simplicité, ils
parties et est donc également
recèlent de nombreux chevauchements du droit ancien et du droit nouveau.
une annonce de titre.

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B) L a simplicité apparente du principe d’application dans le temps de la
réforme du droit des contrats

L’avant-contrat, le contrat-cadre, la cession du contrat, le renouvellement du contrat


ou encore la prorogation sont autant de thématiques qui imposent de préciser
la portée du principe d’application dans le temps de la réforme du droit des Dits et non-dits sur l’application
contrats. En effet, si les contrats nouveaux, soit « ceux conclus de toutes pièces » dans le temps de l’ordonnance
du 10 février 2016 », JCP G.,
pour reprendre l’expression du Professeur S. Gaudemet, sont régis par le nouveau 9 mai 2016, n° 19, p. 559.
droit des contrats, il n’en reste pas moins que le sort de certains contrats impose
des précisions. Face à la simplicité du principe d’application dans le temps de la Sans subdiviser le B) - ce qui
réforme du droit des contrats, deux problématiques majeures peuvent être relevées. n’est pas demandé dans une
dissertation -, il est bien de
La première est relative à la formation des contrats et la seconde aux situations
structurer ses analyses.
contractuelles dites complexes. Ici, deux idées étant développées,
elles sont annoncées.
Concernant la formation du contrat, la période précontractuelle n’est pas appré-
hendée par les dispositions de droit transitoire de la réforme du droit des contrats.
Or - et il s’agit du postulat initial de la problématique - le processus de formation
contractuelle a pu commencer antérieurement au 1er octobre 2016 pour s’achever Toutes les problématiques ne
peuvent pas être traitées en détail.
postérieurement à cette date. A titre d’exemple, l’offre - antérieure au 1er octobre - et Mais, il est bien de souligner
l’acceptation - postérieure au 1er octobre - interroge sur l’application ratione tem- sa connaissance des différentes
poris du droit des contrats. Ainsi, s’il doit être rappelé que les négociations précon- interrogations.
tractuelles relèvent de la loi applicable au jour du fait dommageable et non de la
loi applicable aux contrats, l’application de la réforme aux contrats dont la forma-
tion était en cours au 1er octobre 2016 doit être précisée. Les situations pouvant se Avant de donner une piste de
solution pour les difficultés soulever,
présenter sont nombreuses. Les réponses devraient se déduire des dispositions de le fondement est donné.
l’ordonnance et être délivrées à l’aune du respect de la prévisibilité juridique et de
la sécurité contractuelle. C’est pourquoi, lorsque la constitution du contrat s’étale Ce raisonnement est schématique
dans le temps, l’avant-contrat antérieur au 1er octobre 2016 devrait être régi par le car il ne rentre pas dans les
droit antérieur, alors que le contrat définitif conclu postérieurement à cette date subtilités des avant-contrats.
La distinction entre la promesse
devrait l’être sous l’empire du nouveau droit des contrats. unilatérale, le pacte de préférence,
la promesse synallagmatique
Concernant les situations contractuelles dites complexes, visant l’exécution des n’est également pas visée.
contrats en cours au 1er octobre 2016, les dispositions de l’ordonnance relatives
à l’application de la loi dans le temps manquent à nouveau de précision. Pour
autant, des solutions s’imposent. Ainsi concernant tant le renouvellement que la
reconduction tacite d’un contrat donnant naissance à la conclusion d’un nouveau
contrat, ce dernier sera soumis au droit nouveau. Toutefois la prorogation mainte-
nant le contrat initial, ce dernier demeurera soumis à la loi en vigueur au moment
de sa conclusion. Les situations contractuelles dites complexes renvoient égale-
ment au contrat-cadre qui est à distinguer du contrat d’application tout en y étant La définition est ici donnée
lié. En effet, conformément au nouvel article 1111 du Code civil, « le contrat-cadre car elle est utile pour déterminer
est un accord par lequel les parties conviennent des caractéristiques générales l’application dans le temps de
la réforme du droit des contrats.
de leurs relations contractuelles futures. Des contrats d’application en précisent
En d’autres termes, cette définition
les modalités d’exécution ». Il en résulte, concernant l’application temporelle de la est pertinente par rapport
réforme du droit des contrats, que le contrat-cadre conclu sous l’empire de l’ancien au traitement du sujet.
droit demeure relever de ce droit. Toutefois, dans un tel cas, les contrats d’application
conclus à compter du 1er octobre 2016 devraient être régis par le nouveau droit des
contrats.
En définitive, si le premier alinéa de l’article 9 prévoit que « les dispositions de
(l’) ordonnance entreront en vigueur le 1er octobre 2016 », le classicisme de ce
principe n’est pas synonyme de simplicité. Aussi, l’ensemble des dispositions de
l’ordonnance n’est pas applicable uniquement aux contrats conclus à compter
de cette date, puisque des dispositions de la réforme du droit des contrats sont
d’application immédiate.

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