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Guide Risque Chimique R1018

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Le risque chimique :

connaître les risques


et engager une démarche de prévention

Performance des organisations - Santé au travail


Groupe Sofaxis
Le risque
chimique :
connaître
les risques
et engager
une démarche
de prévention
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2
4 Introduction
Sommaire 5 Partie 1 : l’essentiel à connaître sur le risque chimique

6 La réglementation
8 Définitions et généralités
9 Classification des substances et mélanges dangereux
10 Risques liés aux substances et mélanges dangereux
13 Sources d’information sur les substances et mélanges dangereux

15 Partie 2 : la démarche de prévention


et de maîtrise du risque chimique
16 Préambule
18 Étape 1 : définition des objectifs
20 Étape 2 : préparation de la démarche
21 ...............Moyens humains
22 ...............Moyens matériels / Communication autour du projet
24 Étape 3 : mise en œuvre de la démarche
25 ...............Identification des produits utilisés
29 ...............Repérage des dangers
33 ...............Analyse des conditions d’exposition
34 ...............Évaluation des niveaux de risques et hiérarchisation
35 ...............Élaboration du plan d’actions
40 ...............Mise en œuvre du plan d’actions
41 ...............Intégration au Document Unique
42 Étape 4 : contrôle de l’efficacité
43 ...............Évaluation des actions / Mesures et suivi
46 Étape 5 : amélioration de la démarche

47 ...............Promouvoir et mettre en valeur les actions / Retour d’expérience / Tenir compte


des évolutions techniques et réglementaires / Réévaluer les risques

48 Procédogramme
49 Conclusion
50 Annexes téléchargeables
51 Bibliographie
52 Exemples de documents d’inventaire
et d’évaluation des produits chimiques

3
Introduction
De nombreux agents des collectivités territoriales et hospitalières utilisent quotidiennement des substances
et mélanges dangereux dans le cadre de leurs activités professionnelles. Ils ne disposent pas toujours du
minimum d’information nécessaire pour les manipuler en toute sécurité.
Cette méconnaissance peut avoir de graves conséquences pour ces agents, mais également pour leurs
collègues, les usagers et l’environnement.

Développer les bons réflexes Ce guide a pour ambition de fournir aux collectivités et
établissements, et notamment aux utilisateurs de produits
n’est pas si aisé : chimiques, un ensemble d’informations et de recomman-
dations permettant de :
• la connaissance précise des substances et produits • prévenir et réduire les dangers encourus par les agents,
dangereux se révèle délicate. Le nombre total des • respecter et faire respecter la réglementation propre au
produits chimiques est estimé à 22 millions, dont “risque chimique”,
300 000 testés scientifiquement. • informer et former utilement le personnel en la matière.
• la réglementation régissant leur identification et leurs
emplois est très dense et évolue sans cesse, comme en Cet outil pratique et pédagogique, destiné spécifique-
témoignent les dernières réglementations REACH ment aux collectivités territoriales et hospitalières,
(enREgistrement, évaluation, Autorisation et restrictions s’articule autour de 2 parties :
des substances CHimiques) et SGH (Système Général • l’essentiel à connaître sur le risque chimique,
Harmonisé). • la mise en œuvre d’une démarche de prévention et
de maîtrise du risque chimique.
En complément, de nombreuses Les statistiques d’accidentologie
enseignent que le risque
informations et autres annexes
chimique impacte fortement les
sont accessibles en collectivités territoriales et
hospitalières. Un arrêt de travail
téléchargement sur l’espace clients
consécutif à un accident
du site Internet impliquant des substances chi-
[Link] dans la miques dure en moyenne
18 jours (Source SOFCAP
rubrique “Outils pédagogiques”. Agents CNRACL - Exercice 2009)

L’exposition au risque chimique d’une collectivité ou d’un


établissement peut, et doit être mesurée précisément et
faire l’objet d’un plan d’actions, dans le cadre d’une dé-
marche globale d’évaluation et de prévention des risques.
Afin d’aider les structures concernées à intégrer cette di-
mension et les risques encourus dans le Document
Unique, ce guide et ses annexes apportent les informa-
tions et les éclairages nécessaires à la conduite d’une telle
démarche, depuis l’évaluation jusqu’au suivi régulier des
actions correctives entreprises.

4
Le risque chimique

loren ipsum

Partie 1 :
l’essentiel
sur le risque
chimique

5
Partie 1 : l’essentiel sur le risque chimique

La réglementation

En matière de santé et de sécurité, les règles applicables produits chimiques) et « CLP » ("Classification, Labelling
aux collectivités territoriales et hospitalières sont celles de and Packaging of substances and mixtures", c’est-à-dire
la quatrième partie du code du Travail. Plus classification, étiquetage, emballage des substances et
spécifiquement, pour les collectivités territoriales, mélanges). Leur mise en place est progressive. Ces règle-
ces dispositions s’appliquent sous réserve des dispositions ments concernent les industriels, les distributeurs et les
du Décret n° 85-603 du 10 juin 1985 modifié. manipulateurs. Pour le consommateur-utilisateur, les
changements se manifestent principalement par
La collectivité territoriale ou l’établissement hospitalier l’apparition de nouveaux symboles et de nouveaux
doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la étiquetages sur les emballages.
sécurité et protéger la santé physique et mentale des
travailleurs (Art L. 4121-1 du code du Travail). Les mesures REACH
mises en place doivent répondre aux principes généraux Règlement du Parlement européen et du Conseil de
de prévention (Art L. 4121-2 du code du Travail - voir les l’Union Européenne, adopté le 18 décembre 2006
principes page 17 de ce guide). (n° 1907/2006), qui modernise la législation européenne
en matière de substances chimiques et met en place un
Dans le respect de ces principes, le code du Travail pose système intégré unique d’enregistrement, d’évaluation et
les fondements de la maîtrise du risque chimique. d’autorisation des substances chimiques dans l’Union
Le risque chimique est en effet traité dans son ensemble : européenne.
les dispositions vont de la fabrication des produits et leur Même si les collectivités territoriales et établissements
mise sur le marché jusqu’à la prévention des risques liés à hospitaliers ne sont pas directement impactés par REACH,
leur utilisation. son objectif est d’améliorer la protection de la santé
Précisément, pour ce qui est de la prévention du risque humaine et de l’environnement au travers de plus
chimique : après plusieurs définitions aux articles R. 4412- d’informations sur les propriétés et les utilisations des
1 à 4, la réglementation distingue les dispositions appli- produits. Le règlement ne modifie cependant en rien les
cables aux agents chimiques dangereux (R. 4412-5 à directives sur la protection des agents.
R. 4412-58) de celles spécifiques aux agents cancéro-
gènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction CLP/SGH
(R. 4412-59 à R. 4412-93). Des dispositions spécifiques Un nouveau système de classification et d’étiquetage des
concernent l’amiante et certains autres agents chimiques produits chimiques, le "SGH" (Système Général
dangereux (R. 4412-94 à R. 4412-164). Harmonisé), a été élaboré au niveau international.
Le règlement "CLP" n° 1272/2008 du 16 décembre 2008
Jusqu’à présent, les textes en vigueur en matière de ("Classification, Labelling and Packaging") prend en
classification, d’étiquetage et d’emballage des produits compte les recommandations du SGH. Il établit de
chimiques sont les Directives 67/548/CEE (appelée « DSD » nouvelles règles de classification, d’étiquetage et
Directive Substances Dangereuses ») et 1999/45/CE d’emballage des produits chimiques en vue d’améliorer
(appelée « DPD », Directive Préparations Dangereuses), l’information fournie aux utilisateurs. Il est nécessaire de
transposées respectivement par les arrêtés du 20 avril 1994 se reporter à l’article 1er du règlement CLP pour prendre
et du 9 novembre 2004. connaissance de son champ d’application exact et des dé-
finitions précises des produits exclus.
Peu à peu, la réglementation européenne évolue en ma-
tière de prévention du risque chimique, avec l’adoption Le règlement (CE) n° 790/2009 de la Commission
de deux règlements : « REACH » ("Registration, Evalua- Européenne du 10 août 2009 et le règlement (UE)
tion, Autorisation and Restriction of Chemicals" n° 286/2011 de la Commission Européenne du
c’est-à-dire enregistrement, évaluation et autorisation des 10 mars 2011 modifient le règlement CLP, afin d’adapter
6
Le risque chimique

ses dispositions aux progrès techniques et scientifiques. En ce qui concerne les mélanges, la mise en œuvre du
Le règlement CLP est entré en vigueur le 20 janvier 2009. nouveau système s’achèvera au 1er juin 2015 (sauf
Progressivement, les dispositions de ce règlement rempla- dérogations spécifiques). Le système préexistant sera
cent le système européen d’étiquetage préexistant basé abrogé, marquant ainsi la fin de la période de transition.
sur les Directives Substances et Préparations Dangereuses. La documentation concernant la règlementation CLP est
Depuis le 1er décembre 2010 (sauf dérogations dense, de nombreux ouvrages y font référence. Une liste
spécifiques), les substances doivent être classées, étique- non exhaustive de cette documentation est disponible
tées et emballées selon les règles du règlement CLP. dans la rubrique Bibliographie de ce guide.

Quelques exemples de produits utilisés ou émis au sein des collectivités territoriales ou hopitalières :
La réglementation
est le socle
de référence,
elle établit les
principes de
la gestion du risque
chimique sur les
lieux de travail.
(cf. réglemen-
tations
spécifiques en
annexe 1).

7
Partie 1 : l’essentiel sur le risque chimique

Définitions
et généralités
Le code du Travail définit Agent chimique dangereux
Agent considéré comme tel en raison des règles de
les termes suivants classification et d’étiquetage des substances et mélanges
dangereux, en raison des risques pour la santé et la
sécurité des travailleurs du fait de ses propriétés physico-
Substances chimiques chimiques, chimiques ou toxicologiques, des modalités de
Éléments chimiques et leurs composés tels qu’ils se sa présence sur le lieu de travail et de l’existence de
présentent à l’état naturel ou tels qu’ils sont obtenus par valeurs limites d’exposition professionnelle.
tout procédé de production.
Activité impliquant des agents chimiques
Exemples : l’acétone utilisée comme diluant ou le trichlo- Travail dans lequel des agents chimiques sont utilisés ou
réthylène utilisé comme dégraissant. destinés à être utilisés dans tout processus y compris la
production, la manutention, le stockage, le transport,
Préparation (ou mélange) l’élimination et le traitement.
Mélanges ou solutions composés de deux substances ou
plus. Exemples : utilisation de produits phytosanitaires pour le
traitement, utilisation et stockage des produits d’entretien.
Exemples : peintures, colles, produits d’entretien,
produits phytosanitaires… Danger
Remarque : depuis l’entrée en vigueur du règlement CLP Propriété intrinsèque d’un agent chimique susceptible
(lire page 6 “la réglementation”), le terme « préparation » d’avoir un effet nuisible.
est remplacé par « mélange ». Exemple : l’acide chlorhydrique est un produit corrosif.

Agent chimique Risque


Élément ou composé chimique, soit en l’état, soit au sein Probabilité que le potentiel de nuisance soit atteint dans
d’un mélange, tel qu’il se présente à l’état naturel ou tel les conditions d’utilisation et/ou d’exposition.
qu’il est produit, utilisé ou libéré, notamment sous forme
de déchet, du fait d’une activité pro- Exemple : le risque de l’acide chlorhydrique est la brûlure.
fessionnelle, qu’il soit ou non
Afin de faciliter la produit intentionnellement et qu’il
compréhension de ce soit ou non mis sur le marché.
guide, le terme “produit”
Exemples : une substance, un
est utilisé de manière mélange, des fumées, des vapeurs,
générique pour désigner des poussières, un produit phytosa-
nitaire…
certains de ces termes.

8
Le risque chimique

Classification des substances


et mélanges dangereux
Les substances et mélanges chimiques peuvent présenter Cette réglementation ayant récemment évolué (lire page 6),
des caractéristiques qui en font des produits dangereux. la terminologie relative à la répartition des dangers a été
À cet effet, la réglementation a établi des règles de modifiée : la notion de « catégories de dangers » a été
classification permettant de définir les dangers. remplacée par « classes de dangers ». Celles-ci pouvant
elles-mêmes être divisées en « catégories de dangers ».

Des critères permettent de définir l’appartenance d’un produit chimique à une classe ou à une catégorie de danger.
Ces critères peuvent être différents selon le système de classification (préexistant ou nouveau).

9
Partie 1 : l’essentiel sur le risque chimique

Risques liés aux substances


et mélanges dangereux
Risques liés aux propriétés Les modes de pénétration
Le produit peut pénétrer dans l’organisme par différentes
toxicologiques voies :

Un toxique est une substance susceptible de perturber un • La voie respiratoire


organisme vivant. Lorsqu’un individu absorbe des produits L’inhalation est la voie principale d’intoxication en environ-
chimiques, divers effets biologiques peuvent se produire et nement de travail. Les polluants mélangés à l’air respiré
se révéler soit bénéfiques (amélioration de la santé par les pénètrent dans les poumons. C’est une voie de pénétration
médicaments) soit néfastes, donc toxiques (dommages très rapide. Les polluants empruntent cette voie sous formes
pulmonaires après inhalation d’un gaz corrosif, par exemple). de fumées, de gaz, de poussières ou d’aérosols (vapeurs).
En fonction de la taille des particules, le produit peut
Les notions d’effets toxiques ou d’intoxication impliquent atteindre les alvéoles pulmonaires, après avoir transité par
des conséquences nocives pour l’organisme. L’effet les voies aériennes et les bronches.
néfaste est lié à la dose, à la voie d’absorption, au type et Les vapeurs et fumées traversent la paroi pulmonaire pour
à la gravité des lésions ainsi qu’au temps nécessaire pour arriver dans le circuit sanguin. Certains aérosols peuvent
l’apparition d’une lésion. même provoquer des lésions plus ou moins graves sur les
muqueuses respiratoires.
Pour toute molécule, une dose « seuil » peut être
déterminée : c’est la dose à partir de laquelle est observé • La voie cutanée
un effet toxique. La peau est une barrière naturelle qui peut être franchie
Un effet aigu se produit dans un temps relativement court soit par dégradation de la peau au cours d’un contact,
(minutes, heures, jours), alors qu’un effet chronique se dans le cas de produits corrosifs et irritants, soit par
manifeste pendant un temps plus long et possède un dissolution du produit chimique dans les graisses et
caractère de permanence (semaines, mois, années). Du fait pénétration dans le sang, dans le cas des solvants, du
de sa soudaineté, le premier cas sera qualifié d’ « accident » benzène ou du mercure.
(exemple : projection de chlore concentré). En revanche, Lors de projections ou de dégagements de vapeurs
dans le deuxième cas, le terme de « maladie » est employé irritantes, les produits chimiques agissent sur la muqueuse
en raison du caractère durable (exemple : l’absorption oculaire comme sur la peau : ils peuvent endommager la
régulière de petites quantités de benzène entraîne la muqueuse ou pénétrer dans le sang.
destruction progressive de la moelle osseuse). Ces défini-
tions ne préjugent pas du caractère imputable au service • La voie digestive
de l’accident ou de la maladie. C’est la voie la moins courante puisque ce type de péné-
tration se produit souvent par imprudence ou par défaut
Un effet local survient au point de contact. Si le produit d’hygiène : utilisation de récipients alimentaires pour le
pénètre dans le corps puis rejoint la circulation sanguine stockage de produits chimiques, mains contaminées
et perturbe différents organes ou tissus, l’effet observé est portées à la bouche.
alors appelé général ou systémique. Le produit, après être passé dans la bouche, le pharynx,
L’effet toxique est un processus souvent complexe, tant l’œsophage et y avoir éventuellement créé des lésions (cas
il peut engendrer un ensemble de réactions dans l’orga- des substances corrosives), atteint l’estomac et l’intestin
nisme. L’intoxication peut être évidente quand elle résulte puis pénètre dans le système sanguin.
d’un accident aigu bien identifié, mais elle peut passer
inaperçue quand les symptômes sont communs et que le
lien avec le travail n’est pas acquis.

10
Le risque chimique

Les facteurs individuels • grossesse : des modifications de l’activité métabolique


Les hommes ne sont pas tous égaux face aux substances des toxiques se produisent au cours de la grossesse ;
chimiques : des facteurs individuels entrent en compte. • état de santé : les individus en bonne santé sont plus
Plusieurs individus peuvent être affectés différemment par résistants, ils éliminent les toxiques plus facilement que
une dose toxique identique. Une même personne peut les personnes souffrant de maladies du foie ou des reins
également manifester une réaction différente selon le par exemple.
moment.
Quelques facteurs permettent d’expliquer l’étendue des Transformation des toxiques dans l’organisme
effets toxiques tels que des différences génétiques ou des La barrière du corps franchie, le produit se diffuse dans
facteurs physiopathologiques... l’organisme via le système sanguin. Il peut alors atteindre
• âge : la sensibilité aux effets toxiques est habituellement aisément tous les organes et provoquer des troubles divers
plus grande chez les enfants et les personnes âgées ; et nombreux.
• sexe : l’absorption et le métabolisme sont différents
chez les hommes et les femmes ; La substance toxique pourra être fixée par l’organisme
• état nutritionnel : la toxicité peut être influencée par après avoir subi ou non des transformations complexes
la masse de tissu adipeux, la déshydratation, le taux (appelées métabolismes), puis le produit pourra être
d’alcoolémie, par exemple ; éliminé par voie urinaire et/ou pulmonaire principalement.

Les voies de pénétration et le devenir des produits chimiques dans l’organisme.

11
Partie 1 : l’essentiel sur le risque chimique

Risques liés aux propriétés L’hexagone de l’explosion :

physico-chimiques Source
d’inflammation
Produits
L’incendie ou l’explosion en suspension Domaine
Un incendie ou une explosion peuvent survenir lors de (gaz, aérosols, d’explosivité
travaux avec des composés inflammables, explosibles ou poussières)
instables. Par exemple, les éthers sont des solvants EX ON
organiques très inflammables notamment présents dans les Produits Oxygène
huiles et les peintures. Sous l’action de la lumière et au combustibles
contact de l’oxygène de l’air, ils sont susceptibles de se trans-
Confineme
ent
former en peroxydes, composés instables et explosibles.
d’’apr
a ès l’INRS
Les risques liés à l’inflammabilité ou l’explosibilité d’une subs-
tance ou d’un mélange sont évalués par des grandeurs phy-
siques qui décrivent différents phénomènes ou situations : L’explosion est une combustion rapide entraînant une
• le point éclair est la température minimale à laquelle, dans augmentation de pression et/ou de température.
des conditions d’essai spécifiées, un liquide émet suffisam- Pour qu’une explosion ait lieu, les six conditions de l’hexa-
ment de gaz inflammables capables de s’embraser gone doivent être réunies. Les substances susceptibles de
momentanément en présence d’une source d’inflamma- créer une atmosphère explosive peuvent être des gaz,
tion. Plus le point éclair est bas, plus l’inflammabilité du vapeurs, brouillards et poussières inflammables.
produit est grande ;
• la limite inférieure d’inflammabilité ou d’explosibilité Les incendies vont générer, en raison de la chaleur
(LII ou LIE) est la concentration de combustible dégagée et du rayonnement, des brûlures pour les
au-dessous de laquelle la combustion ne peut s’entre- personnes exposées, et des dégâts matériels importants.
tenir ni se propager ; Il y aura également risque d’asphyxie.
• la limite supérieure d’inflammabilité ou d’explosibilité (LSI L’explosion, quant à elle, provoquera une onde de choc,
ou LSE) est la concentration de combustible au dessus de accompagnée potentiellement de flammes et de chaleur, qui
laquelle la combustion ne peut s’entretenir ni se propager. entraînera des traumatismes chez les victimes et endomma-
gera les bâtiments environnants.
Il existe deux mécanismes :
Les autres réactions chimiques dangereuses
Le triangle du feu : Des produits incompatibles entre eux peuvent aussi être à
l’incendie est la conséquence l’origine d’un dégagement de chaleur, d’émissions de gaz
Source d’énergie d’une réaction chimique toxiques ou de projections de produits. Il y aura alors risque
appelée la combustion. Elle d’intoxication et de brûlures.
n’est possible que si le combus- C’est le cas, par exemple, lorsque de l’acide entre en contact
tible (substance inflammable), avec de l’eau de javel : un dégagement de chlore toxique se
le comburant (en général l’oxy- produit.
gène de l’air) et la source
d’énergie (flamme nue, point
chaud, étincelle électrique…)
sont réunis simultanément.
Combustible Comburant

12
Le risque chimique

Sources d’information sur


les substances et mélanges dangereux

Voici un récapitulatif
des principales
informations requises
pour l’étiquetage, que
ce soit dans le cadre du
système d’étiquetage
préexistant ou du
nouveau. Ces éléments
sont utilisés à titre
d’exemples et ne sont
donc pas exhaustifs.

L’étiquetage chimiques, qu’une étiquette soit apposée sur tout


récipient contenant ce type de produits.
L’étiquetage est le premier niveau d’information, essen- Elle définit par ailleurs les conditions d’emballage et
tielle et concise, sur un produit. Il a pour fonction : l’étiquetage des produits chimiques dangereux.
• d’informer immédiatement l’agent sur les risques liés à Les caractéristiques des étiquettes (dimensions, couleurs,
l’utilisation et au stockage de celui-ci, indications… qui doivent figurer sur celles-ci) sont donc
• d’éviter les confusions et les erreurs de manipulation, précisées.
• d’aider à l’organisation de la prévention (mesures de
protection individuelle ou collective), Pour en savoir plus sur le nouveau système d’étiquetage
• d’indiquer la conduite à tenir en cas d’incendie ou (les pictogrammes et leurs significations, les mentions
d’accident. d’avertissement, les mentions de danger et les conseils de
prudence ainsi que la composition de la nouvelle
La réglementation impose aux collectivités et établisse- étiquette), se référer à l’ED 6041 de l’INRS – Institut
ments dans lesquels il est fait usage de produits National de Recherche et de Sécurité (voir bibliographie).
13
Partie 1 : l’essentiel sur le risque chimique

Aucun produit chimique ne doit La réglementation, au travers des utilisation, il saura conseiller au mieux la Direction
règles de classification, n’impose la Générale et améliorer la surveillance médicale des agents.
être considéré comme anodin car présence de symbole ou de picto- Une Fiche de Données de Sécurité comporte 16 rubriques
ses effets sur la santé à long gramme sur une étiquette qu’au- obligatoires, telles que présentées en annexe 5.
delà d’une concentration ou d’un
terme dépendent des modes
seuil de nocivité donnés. La pru-
d’utilisation du produit et de dence est donc de mise face à un Les fiches toxicologiques
la sensibilité de chaque produit dont l’étiquette n’en com-
porte pas. Toutes les informations Essentiellement destinées à un usage médical, les fiches
individu aux effets de celui-ci. figurant sur l’étiquette doivent être toxicologiques de l’INRS constituent une synthèse des
prises en compte. informations disponibles concernant les dangers liés à une
substance ou à un groupe de substances. Elles comportent
un rappel des textes réglementaires relatifs à la sécurité au
La Fiche de Données de Sécurité travail et des recommandations en matière de prévention
technique et médicale. Elles indiquent, quand elles existent,
La Fiche de Données de Sécurité (FDS) est un élément clé du les valeurs limites d’exposition, les valeurs moyennes d’ex-
système de prévention basé sur l’information des position ou les valeurs limites biologiques.
utilisateurs des produits chimiques dangereux. Ce document Les substances concernées ont été sélectionnées en tenant
est défini et encadré par la réglementation. compte de la gravité des dangers qu’elles représentent,
La publication du règlement REACH (lire en page 6) a mais aussi de l’importance et de la fréquence des exposi-
permis de renforcer le rôle de cette fiche comme support tions professionnelles.
de communication entre les différents acteurs de la chaîne
d’approvisionnement (du producteur initial à l’utilisateur final).
Autres sources disponibles
Mise gratuitement à la disposition du destinataire d’un
produit chimique par le fournisseur, elle constitue une De très nombreux ouvrages, revues ou bases de données,
source importante de renseignements utiles à la préven- fournissent des informations sur le risque chimique. Une
tion des risques. bibliographie est disponible à la fin de ce guide.

La Fiche de Données de Sécurité a pour finalité, en com- La surveillance médicale des agents et les rapports de
plément de l’étiquetage, de doter la structure d’un outil visite terrain effectués par le médecin du travail, les
lui permettant d’apprécier, sur la base de données validées rapports de l’ACFI (Agent Chargé de la Fonction d’Inspec-
par son fournisseur, les dangers des produits qu’elle se tion en collectivité), des membres du CHSCT (Comité
procure, d’identifier et d’évaluer les risques auxquels sont d’Hygiène, Sécurité et des Conditions de Travail) sont
exposés les agents qui les utilisent. Elle pourra ainsi mettre autant de sources susceptibles de donner des indications
en place les mesures de prévention adaptées, notamment sur les produits, leurs dangers et leurs conditions d’utili-
l’information et la formation des agents concernés et la sation au sein de la collectivité ou de l’établissement.
rédaction de la fiche de sécurité au poste de travail.

La Fiche de Données de Sécurité représente aussi un outil


précieux pour le médecin des services de médecine
préventive. Par une meilleure connaissance des produits
manipulés et de la nature des risques associés à leur

14
Le risque chimique

Partie 2 :
la démarche
de prévention
et de maîtrise
du risque
chimique
15
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

Préambule

À ce niveau du projet, les différents acteurs possèdent les bases nécessaires à la compréhension du risque
chimique et sont en mesure d’engager une démarche de prévention.

Les produits chimiques utilisés dans les collectivités ou place des mesures efficaces. Celles-ci répondent aux
établissements paraissent souvent inoffensifs (huile, mêmes exigences que toute démarche préventive et se
solvant, peinture, dégraissant, etc.). Il est cependant im- réfèrent aux principes généraux de prévention définis dans
pératif d’évaluer le risque chimique afin de connaître les le code du Travail.
véritables dangers encourus par les agents et de mettre en

Toute démarche de
prévention visant à la
maîtrise du risque
chimique se construit
selon le principe de
l’amélioration
continue

16
Le risque chimique

Rappel sur les principes


généraux de prévention
(définis par l’article L. 4121-2 du code
du Travail) :

• éviter les risques,


• évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités,
• combattre les risques à la source,
• adapter le travail à l’homme (conception des postes de tra-
vail, choix des équipements et des méthodes de travail et
de production) en vue de limiter les tâches monotones et
cadencées pour en réduire les effets sur la santé,
• tenir compte de l’évolution de la technique,
• remplacer ce qui est dangereux par ce qui ne l’est pas
ou moins,
• planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble
cohérent, la technique, l’organisation du travail, les
conditions de travail, les relations sociales et l’influence
des facteurs ambiants, notamment les risques liés au har-
cèlement moral, tel qu’il est défini à l’article L. 1152-1,
• prendre des mesures de protection collective en leur
donnant la priorité sur les mesures de protection
individuelle,
• donner les instructions appropriées aux travailleurs.

17
Partie 2: : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

Étape 1 :
définition
des
objectifs
18
Le risque chimique

La définition de l’objectif global de la démarche à entreprendre permet de partager la finalité attendue


parmi l’ensemble des acteurs de la collectivité ou de l’établissement.

En matière de prévention, les démarches entreprises En parallèle, la collectivité ou l’établissement doit afficher
sont guidées par des enjeux d’au moins clairement sa décision d’engager ce type de démarche.
quatre ordres : En effet, une forte volonté des élus et de la direction est
nécessaire pour le lancement et la réussite d’un projet de
enjeu humain : de nombreux accidents se produisent cette envergure. Cet engagement est de préférence écrit,
chaque année avec des conséquences souvent graves communiqué et se traduit par la mise en place des moyens
pour les victimes (douleurs, handicap…), financiers, matériels et humains correspondants.
enjeu économique et social : les absences dues à ces
accidents engendrent des coûts directs (frais médicaux,
maintien de salaire…) et indirects (perte de qualité de
service, reclassement…), Cas pratique
enjeu organisationnel : l’absence d’un agent peut
entraîner des problèmes d’organisation interne (rem-
placement de l’agent, répartition des tâches sur les
La mairie de Saint Javel des Eaux, 93 agents, constate que
agents présents…), plusieurs accidents liés à des produits chimiques ont eu lieu au
enjeu pénal : l’employeur peut être tenu responsable sein de ses services techniques. L’analyse des accidents faite par
pénalement en cas d’accident (encadrement, autres l’agent de prévention montre qu’il est urgent de s’intéresser au
agents…).
risque chimique afin d’en réduire les effets néfastes.

À partir de ces enjeux communs, chaque collectivité ou Le Directeur Général des Services, conscient de l’obligation
établissement détermine ses propres objectifs, qui peuvent réglementaire en matière d’hygiène et de sécurité qui lui
être eux-mêmes déclinés en sous objectifs ou objectifs
intermédiaires factuels et mesurables, comme par exemple :
incombe et du coût que représentent ces accidents, inscrit ce
- l’identification des produits présents dans la structure et thème à l’ordre du jour du Conseil Municipal. Après discussion,
plus particulièrement dans les ateliers, il est décidé d’engager une démarche de maîtrise du risque
- la suppression ou la substitution de l’ensemble des chimique. Les objectifs sont clairs : connaître l’ensemble des pro-
produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques CMR,
- la limitation de l’utilisation des produits phytosanitaires,
duits utilisés par les services municipaux et engager des actions
- la réorganisation du stockage des produits chimiques. de réduction des risques avec, comme date butoir,
le 31 décembre 2012. Cet engagement est inscrit au compte-
Cette déclinaison correspond généralement aux étapes rendu du Conseil Municipal.
clés permettant d’atteindre l’objectif global. Elle permet
de décider de la ligne de conduite à adopter par la
collectivité ou l’établissement.
De bons objectifs doivent être simples, spécifiques, mesu-
rables, atteignables, réalistes et définis dans le temps.
Ils doivent concorder avec la taille de la structure, les
ressources et moyens disponibles, les projets éventuelle-
ment en cours, par exemple.

19
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

Étape 2 :
préparation
de la
démarche
20
Le risque chimique

Une organisation adaptée doit être mise en place pour atteindre l’objectif global défini. S’inscrire dans une
démarche de prévention a inévitablement un impact dans le fonctionnement quotidien de la collectivité ou de
l’établissement. Les agents seront sollicités à des degrés divers (réunions de travail, visites de terrain…) et
devront intégrer ces nouvelles activités à leurs tâches quotidiennes. Une organisation est à bâtir en fonction
des possibilités permises par la structure (taille, ressources et moyens disponibles…). La conduite de la démarche
sur le mode « projet » est alors essentielle.

Définition des moyens et organisation ou plusieurs responsables opérationnels impliqués, du


Pour être conduite à son terme dans le délai imparti et chef de projet, d’un membre du CHSCT et du médecin de
atteindre les objectifs fixés, la démarche nécessite de prévention.
définir des moyens et de bâtir l’organisation du projet. La composition du comité de pilotage dépend de la taille
de la collectivité ou de l’établissement.

1. Moyens humains Le ou les groupes de travail


Le groupe de travail est en charge de la réalisation du
Le bon déroulement de la démarche repose sur plusieurs projet dans les services de la collectivité ou de l’établisse-
acteurs, aux missions bien définies, inscrites dans une ment et garant du respect de la méthodologie choisie.
organisation précise. Son action peut, par exemple, être menée sous forme de
réunions de travail, d’échanges ou d’études terrain.
Le chef de projet La composition du groupe doit être représentative de la
Le chef de projet est l’unique pilote : il donne la direction structure et adaptée au projet. La création d’un groupe
à suivre et s’assure de la bonne marche du projet. Il béné- de travail doit permettre d’impliquer différents acteurs
ficie de connaissances suffisantes sur la démarche et est afin d’avoir une approche pluridisciplinaire et participative.
formé à la conduite de projet. Sa désignation est formali- L’objectif est de faciliter et d’enrichir le travail effectué et
sée au travers d’une note de service afin de s’assurer de ainsi d’éviter un travail isolé, reposant uniquement sur le
sa légitimité auprès des autres acteurs du projet. chef de projet.
S’agissant d’une démarche de prévention du risque Plusieurs groupes de travail peuvent être définis en fonc-
chimique, il paraît opportun d’attribuer ce rôle au chargé tion de la taille de la structure et des disponibilités de
de sécurité, à l’agent de prévention. Cette fonction chacun. Le périmètre d’action d’un groupe de travail peut
peut également être confiée au Directeur des services être géographique (un secteur en particulier) ou temporel
techniques, à un membre du comité hygiène et sécurité (une étape de la démarche en particulier).
ou à toute autre personne ayant des connaissances suffi- La composition du groupe de travail est suggérée par le
santes sur le sujet (médecin de prévention par exemple). chef de projet et validée par le comité de pilotage.
Il devra étudier le projet à mener (origines, objectifs, Elle doit tenir compte de la richesse des profils et de l’or-
enjeux, contraintes, ressources disponibles…) puis prépa- ganisation hiérarchique. Des personnes aux profils variés,
rer et organiser sa réalisation (affectation des tâches, volontaires, disponibles et autonomes doivent être
planification des étapes…). intégrées à ce groupe. S’agissant d’une démarche sur le
risque chimique, l’implication d’un nombre représentatif
Le comité de pilotage d’agents utilisateurs de produits chimiques est conseillée
Le comité de pilotage est l’organe de décision du projet. (des débutants pour leur regard neuf et des agents expé-
Il permet de suivre la démarche à l’échelon décisionnel et rimentés pour leur connaissance de la structure et des pro-
peut prendre position pour garantir son orientation duits utilisés).
stratégique. Pour ce faire, il se réunit plusieurs fois tout
au long de la démarche à des dates définies ou dès que Utilisateurs des produits chimiques
cela est nécessaire (imprévus nécessitant des actions de Ce sont les principaux bénéficiaires du projet, associés lors
réajustement). des interventions sur les terrains. Ils sont destinataires
Ce comité est idéalement composé de décideurs (au d’une information régulière en vue de faire vivre le projet.
minimum un élu et/ou un responsable administratif), d’un

21
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

La partie 1 “L’essentiel sur le Acteurs externes - une communication dite « interne » donnant du sens et
Ponctuellement ou dès le de l’écho au projet mené,
risque chimique” propose un
démarrage du projet, des - une communication dite « externe » valorisant l’image
récapitulatif des points de compétences externes à la de la collectivité ou de l’établissement.
vigilance à prendre en compte, collectivité ou à l’établissement
peuvent être sollicitées. Le chef de projet dispose de plusieurs outils :
comme l’identification des Il s’agira d’experts en lien avec - rédaction de comptes-rendus et de convocations,
produits ou la connaissance des la problématique concernée - présentations orales informelles (lors des entretiens
(médecins du travail, interve- terrain ou de réunions d’encadrement par exemple),
outils et documents qui
nants conseil en prévention des - présentations écrites (journal interne, note de service…),
permettent d’appréhender au risques, etc.). - sessions d’information et/ou de formation.
mieux le risque chimique.
Un niveau de connaissance adapté au sujet sera requis
afin de faciliter l’appropriation de la démarche par les
2. Moyens matériels acteurs. Le risque chimique présente de nombreuses
particularités et nécessite une recherche d’informations
La conduite de projet est un outil clé en matière de très approfondie comparativement aux autres risques.
planification et de mobilisation des ressources.
D’autres moyens visent à structurer la démarche et à
la conduire dans les meilleures conditions :
• des outils de pilotage (planning, diagramme de Gantt…), En résumé : les conditions de réussite d’un
• des outils d’analyse et de formalisation (comptes- projet de prévention du risque chimique…
rendus, outils de traitement des données, tableau des • une direction engagée,
actions, note de service…), • un seul chef de projet,
• un espace de travail (pour les réunions par exemple), • une cohésion entre tous les acteurs
• des outils d’animation et de production (moyens (responsabilités et missions clairement
informatiques, moyens de communication, etc.). définies),
• la disponibilité de chacun,
• une bonne communication.
3. Communication autour du projet
Une organisation simple et lisible est bien
L’information et la communication à destination de
souvent un atout pour la réussite de tels
l’ensemble des acteurs constituent un élément capital du
déploiement de la démarche et favorisent une participa- projets.
tion active et efficace. La communication doit être cadrée,
ponctuée de messages clairs, construits, compréhensibles
et planifiés.

Le chef de projet joue un rôle majeur dans cette


communication et doit mettre en œuvre différentes
typologies de transmission de l’information :
- une communication opérationnelle, destinée aux acteurs
du projet, traitant de l’avancement des tâches, des
décisions, des évènements imprévus…
22
Le risque chimique

Cas pratique évaluation des risques…). Piloté par le chef de projet, ce


groupe se compose de deux agents référents des services
techniques et d’un expert technique (médecin). Les deux
La Mairie de Saint Javel des Eaux, inscrite dans une démarche
agents sont volontaires. L’un d’entre eux a, par le passé, subi
de maîtrise du risque chimique, vote le budget qui sera alloué
un accident mettant en cause un produit chimique.
à ce projet.
Un comité de pilotage est constitué (l’élu au personnel, le
Un organisme de formation choisi par la collectivité est
DGS, le responsable des services techniques, un membre du
chargé de former au risque chimique et à la démarche de
CHSCT et le médecin de prévention). Le Directeur des services
prévention les membres du groupe. Ils disposent ainsi des
techniques est désigné comme chef de projet car il connaît
moyens nécessaires pour mener à bien la démarche.
bien la problématique du risque chimique et de l’accidento-
Les rôles et responsabilités de chacun des acteurs sont
logie au sein de son service. Le comité de pilotage définit et
précisés dans une fiche de mission établie par le DGS.
valide des objectifs, une méthode de travail et un planning
L’équipe d’encadrement communique sur cette démarche
à respecter.
auprès des agents et une note de service leur est transmise.
La collectivité constitue ensuite un groupe de travail pour
réaliser les études « de terrain » (inventaire des produits,

23
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

Étape 3 :
mise en
œuvre de la
démarche
24
Le risque chimique

Conformément à la réglementation (lire page 6), la démarche de prévention du risque chimique repose sur
une évaluation des risques consistant à les identifier et les classer selon une échelle de priorité explicite
pour tous à partir de laquelle sera élaboré un plan d’actions.

La réglementation ne prescrit pas de méthode d’évalua- 1. Identification


tion spécifique. Celle-ci doit être fondée sur des critères
objectifs et reproductibles. des produits utilisés
La méthode, décrite ci-dessous, est un exemple d’évalua-
tion déjà éprouvé. Elle est conçue pour permettre une L’ensemble des produits chimiques stockés, utilisés, émis
estimation précise et pertinente du niveau de risque et ou éliminés sur le lieu de travail, même en faible quantité,
pour dégager rapidement des pistes d’action, sans pour doit être inventorié. Afin de faciliter ce recensement, la
autant mobiliser trop de ressources. La méthode collectivité ou l’établissement est scindé en unités de
d’évaluation appliquée est un compromis propre à chaque travail ou en services. Les informations sont alors
structure. collectées et organisées dans une base de données de
Les résultats de l’évaluation du risque chimique alimenteront produits chimiques facilement actualisable.
le document unique dans le cadre de l’évaluation des
risques professionnels. a. Réaliser un état des lieux de l’existant
Une analyse approfondie pourra être envisagée si la Réaliser un état des lieux consiste tout d’abord à
collectivité ou l’établissement désire affiner l’appréciation s’intéresser aux pratiques en vigueur dans la structure en
des niveaux de danger, de l’exposition et des risques. matière d’acquisition de produits et de transmission
d’information. L’objectif est de parvenir à une apprécia-
L’évaluation des risques doit notamment permettre de tion globale de la gestion des produits chimiques dans la
répondre aux questions suivantes : collectivité ou l’établissement. L’intérêt pour le chef de
• où trouve-t-on des produits chimiques dans ma projet est de connaître le processus d’entrée des produits
structure ? dans la structure (achat centralisé ou non, étude des
• Quels sont ces produits et quels sont les dangers critères d’achat, etc.) et le traitement de l’information
associés ? concernant l’utilisation des produits (récupération des
• Dans quelles conditions et par qui ces produits sont-ils Fiches de Données de Sécurité, consultation de la
utilisés ? médecine du travail, etc.).
• Existe-t-il déjà des mesures de prévention et de
protection ? Les tableaux de bords de la collectivité ou de l’établisse-
• Les agents ont-ils connaissance des risques liés aux pro- ment doivent être étudiés : liste des produits achetés sur
duits chimiques dangereux ? Savent-ils les reconnaître ? plusieurs années, procédures d’achats des produits,
• Dans quelles conditions sont stockés les produits ? modes opératoires, comptes-rendus du CHSCT, rapports
d’analyse de la médecine du travail, rapports d’accidents,
L’évaluation des risques se déroule en différentes phases, Fiche de Données de Sécurité ou d’une fiche technique le
qui génèrent elles-mêmes plusieurs niveaux d’action cas échéant…
(cf. procédogramme p.48) :
Souvent réalisé sous forme d’audit documentaire, cet état
des lieux est un préalable indispensable à l’étape de
rencontre des acteurs sur le terrain.

25
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

b. Centraliser les sources d’information utiles Différentes rubriques se distinguent apportant :


sur les produits recensés
Afin de parvenir à la connaissance la plus précise possible
des produits recensés et de leurs dangers intrinsèques,
il convient d’avoir accès aux sources d’information adé-
quates. La lecture de l’étiquette et de la Fiche de Données
de Sécurité sont les principales sources d’information sur
les produits.

L’étiquette
Tout récipient, sac ou enveloppe, contenant un produit
chimique doit obligatoirement être muni d’une étiquette
indiquant le nom et l’origine du produit ainsi que les
dangers que représente son emploi. Les informations por-
tées sur l’étiquette sont nécessaires à l’inventaire terrain
des produits (identité du fournisseur, identificateur du
produit…) et permettent d’obtenir des données de
sécurité fondamentales (symboles/pictogrammes, phrases
de risque…).L’étiquette permet un accès rapide et simple Afin de bien utiliser cette source d’information essentielle,
à l’information jugée importante dans le cadre d’un quelques règles sont à respecter :
recensement ou d’une utilisation des produits. • il est impératif de posséder la FDS rédigée en français pour
chaque produit chimique entrant dans la structure ;
Du fait des évolutions réglementaires (lire page 13), des • s’agissant d’un document évolutif, il est essentiel de
produits chimiques dotés d’étiquettes différentes vont s’assurer de toujours disposer de la FDS la plus récente.
cohabiter durant quelques années. Certaines répondront
aux prescriptions de la réglementation en vigueur en Pour chaque produit inventorié, la collectivité ou l’établis-
Europe (symboles de danger noirs sur fond orange, phrase sement doit s’assurer de la présence de la FDS et vérifier
de risque, conseils de prudence…) tandis que d’autres s’il n’en existe pas une nouvelle version. En cas d’absence
prendront en compte les prescriptions du nouveau règle- de fiche, la FDS du produit en question est accessible
ment CLP (pictogrammes de danger en forme de losanges auprès du fournisseur. La base de données des produits
avec un symbole noir sur fond blanc bordé de rouge, chimiques issus de l’inventaire précisera si la structure est
mentions d’avertissement, mentions de danger, conseils en possession de la FDS ou non.
de prudence…).
Idéalement, les FDS des produits identifiés sont stockées
La Fiche de Données de Sécurité (FDS) dans des classeurs papier ou informatiques : elles sont ainsi
Document de synthèse essentiel à usage pratique, la Fiche facilement accessibles et diffusables aux acteurs concernés
de Données de Sécurité est mise à disposition du destina- (médecin du travail, chef des services utilisateurs…).
taire d’un produit par le fournisseur. Elle transmet les ren-
seignements nécessaires à la prévention et à la sécurité Formaliser la collecte et la gestion des FDS au sein de la
lors de son utilisation. structure permet de pérenniser leur recueil. La rédaction
La FDS complète les informations mentionnées sur d’une procédure de référencement/réception des produits
l’étiquette au travers des informations contenues dans les est donc conseillée. Cette procédure doit permettre
16 rubriques obligatoires (cf. annexe 6). d’associer la personne en charge de la prévention au
processus afin qu’elle gère l’entrée de nouveaux produits
26
Le risque chimique

chimiques au sein de la structure et qu’elle mette en place • le type de conditionnement (en fût, en bidon, en cuve…), Exemple
les mesures de prévention adéquates sur la base des • la quantité maximum stockée,
de document
informations recueillies dans les FDS. • l’état physique (gaz, liquide, poudre, solide).
d’inventaire
Les fiches toxicologiques Si les Fiches de Données de Sécurité des produits inven- page 52
et autres sources d’information toriés sont disponibles dans le service, il conviendra de le
Afin d’obtenir de plus amples informations concernant les noter et de s’en procurer une copie pour centralisation et
produits, diverses sources d’information sont disponibles analyse ultérieure.
telles que les fiches toxicologiques, des ouvrages, des
revues ou des sites Internet dédiés. Ces sources sont de À l’issue du recensement terrain, les FDS manquantes
bons compléments pour exploiter au mieux les données doivent être recherchées.
relatives aux produits et les compléter (cf. bibliographie).
Par ailleurs, si des contenants de produits ne comportent
Afin de faciliter le travail d’évaluation, il est primordial de pas d’étiquette ou une étiquette illisible lors de l’inven-
prendre connaissance de l’ensemble de ces sources taire, les consignes suivantes sont à respecter :
d’information et de chercher à les recueillir dès la phase - si le produit est identifiable, remettre une étiquette
d’inventaire. Leur exploitation se fera essentiellement dans réglementaire (identifier le produit le plus précisément
les étapes suivantes. possible) ;
- si l’identification du produit est impossible, veiller à
c. Recenser les produits sur le terrain l’éliminer en ayant recours à une filière spécialisée ;
Le recensement consiste à identifier les produits présents - en cas de reconditionnement de produits dûment
sur les lieux de travail. L’inventaire doit être aussi exhaustif étiquetés dans des contenants plus petits, il faut
que possible afin de garantir le bon déroulement de la impérativement reproduire l’étiquette et la coller sur les
démarche. nouveaux emballages.
Cet inventaire physique des produits utilisés, stockés, émis
ou éliminés se traduit par une visite dans chaque unité de
travail ou service. Un planning de visite peut se révéler
utile pour s’assurer de la disponibilité des personnes à
rencontrer.
L’inventaire s’appuie sur une observation des postes, des
situations de travail et des lieux de stockage, accompa-
gnée d’un échange avec les agents concernés.
Cette pratique est efficace dans le cas du recensement de
tous les produits "générés" par l’activité (émissions de
vapeurs, poussières, fumées, fibres, aérosols, déchets…).
Un tableau d’inventaire permet de lister l’ensemble des
produits et de recueillir les informations suivantes :
• le nom commercial ou le nom de l’agent chimique généré,
• le fabricant et/ou fournisseur,
• une brève description sur l’usage prévu,
• une description de l’opération ou de l’activité impliquant
l’utilisation du produit (si produit généré : le procédé,
l’activité, la situation, le matériau à l’origine de
l’émission),
27
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

Cas pratique
Conformément au planning de visites des unités de travail des
services techniques de la mairie de Saint Javel les Eaux, le groupe
de travail constitué du chef de projet et des deux agents
volontaires, se rend à l’atelier espaces verts en présence de
l’agent en charge du service.
L’agent, peu participatif dans un premier temps comprend au fil
des échanges que l’objectif de l’entretien est d’améliorer sa
sécurité. Rassuré, il devient donc vite plus coopératif.

La visite débute par une présentation de la démarche à l’agent


de l’atelier. Le groupe de travail identifie ensuite les produits
présents (sur les étagères, dans les armoires, au sol…) avec
l’agent utilisateur et complète le document d’inventaire au fur
et à mesure.
L’agent utilisateur ouvre l’armoire de stockage des produits
chimiques située au fond de l’atelier. Le groupe de travail
identifie un bidon avec une étiquette précisant le nom du produit :
« DESHERB’TOUT », désherbant total des zones non cultivées,
fabriqué par « Corozif Corporation ». L’entretien avec l’agent
utilisateur et l’observation de l’étiquette permettent au groupe de
travail de décrire succinctement les travaux nécessitant
l’utilisation de ce produit, de déterminer si la FDS est disponible à
proximité et de préciser l’état physique du produit et la quantité
stockée. L’ensemble de ces informations est retranscrit sur le docu-
ment d’inventaire.

Le groupe de travail constate la présence de poussières de bois


dans l’atelier mais ne peut pas compléter le document d’inven-
taire par manque d’information sur le sujet. Il décide de se
rapprocher du médecin de prévention.
Une bouteille sans étiquette, contenant un produit autre que de
l’eau, est repérée dans une des armoires de stockage. Le groupe
de travail décide de procéder au retrait de ce contenant.
Enfin, aucune des Fiches de Données de Sécurité des produits
recensés n’est disponible à proximité. Le chef de projet prend
donc contact avec le fournisseur pour les obtenir. Ce dernier lui
adresse la majorité des FDS complètes et en langue française,
mais certaines se révèlent difficiles à obtenir.
Devant les difficultés constatées pour obtenir les FDS, le groupe
de travail envisage d’informer le comité de pilotage de la
nécessité de formaliser la collecte et la gestion des FDS au sein
de la mairie.

28
Le risque chimique

Pour déterminer les niveaux de risque encourus pour L’étude des Fiches de Données Sécurité est l’étape à
chaque produit, il convient d’une part de repérer les mener ensuite :
dangers et d’autre part, d’analyser les conditions • outre le recueil des informations réglementaires
d’exposition. L’objectif de ce repérage est de collecter les (rubrique 15 correspondant à l’étiquetage), consulter les
informations qui permettront d’analyser les risques et de informations sur les dangers (rubrique 2) apporte un
les hiérarchiser. Ainsi, seront identifiées, tour à tour, des complément à l’étiquetage ;
informations permettant de caractériser : • d’autres rubriques permettent d’avoir des informations
- la dangerosité du produit ; complémentaires sur les dangers mais n’apparaissent
- le niveau de maîtrise des dangers ; pas nécessairement sur le document d’inventaire car
- la fréquence d’exposition aux dangers ; elles ne sont pas directement utiles pour l’évaluation du
- la durée d’exposition aux dangers. niveau de danger. Ce sont par exemple la rubrique 9 qui
traite des caractéristiques physico-chimiques, la rubrique
10 qui décrit la stabilité et la réactivité du produit ou
2. Repérage des dangers encore la rubrique 11 qui traite des informations
toxicologiques.
a. Identifier les dangers
L’identification des propriétés dangereuses des produits Si l’étiquette ne comporte pas de phrases de risque/men-
recensés repose sur l’exploitation et le croisement des tions de danger, la fiche de Données de Sécurité du
différentes sources d’information. produit doit contenir les phrases de risques/mentions de
La première source d’information est l’étiquette apposée danger des composants (rubrique 3). Dans ce cas de
sur le contenant. Les informations sur les dangers à relever figure, la dangerosité du mélange est surestimée car ces
sur le document d’inventaire sont : phrases/mentions concernent les substances pures.

Les produits / émanations déga-


gées lors de certaines activités
professionnelles ne possèdent pas
l’étiquetage réglementaire (pous-
sières de bois, gaz d’échappe-
ment, fumées de soudure,
émanation d’hydrogène sulfuré
dans les stations d’épuration…).
Toutes les informations figurant sur l’étiquette sont La recherche des dangers correspondants est alors plus
importantes : les pictogrammes ou symboles de danger complexe. S’il s’agit de vapeurs, d’aérosols ou de gaz, les
ne donnent qu’une information partielle et rapide dangers sont en général ceux des produits à l’origine de
complétée, entre autres, par les mentions de danger ou l’émission. S’il s’agit de poussières ou de fumées, d’autres
les phrases de risque. L’absence de pictogramme de sources d’information peuvent donner plus de précisions
danger ne signifie pas que le produit est sans risque. (fiches toxicologiques, tableaux de maladies
professionnelles…). Pour les déchets (huile de vidange par
Pour des raisons pratiques, les informations mentionnées exemple), ce sont les étiquettes des produits à l’origine de
sur l’étiquetage ont, de préférence, été relevées au cours leur génération qui sont à consulter. Ces recherches
de l’étape d’inventaire. supposent un suivi rigoureux de l’utilisation de tous les pro-
duits entrants.

29
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

En complément de ces nombreuses sources d’informa- En raison de leurs propriétés physico-chimiques (incendie-
tions, la consultation d’un expert technique (médecin du explosion), la détermination du niveau de danger des
travail, toxicologue…) est parfois nécessaire. produits dits dangereux est fonction des conditions de
stockage et de la quantité de produits stockés.
À partir de cette étape, il devient possible d’évaluer les
niveaux de danger et de déterminer des niveaux de > Un tableau « Niveau de danger » figure ci-contre
risques.
Niveau de maîtrise des dangers
b. Évaluer les niveaux de danger : gravité et maîtrise Le niveau de danger pour l’utilisateur est également
L’évaluation du niveau de danger d’un produit est fonction des mesures de protection existantes au poste
fonction de son degré de dangerosité mais également des de travail. L’identification de ces mesures est fortement
mesures mises en place pour réduire le danger. associée à l’étape d’analyse des situations de travail.
L’échelle proposée pour évaluer la maîtrise est la suivante :
Dangerosité du produit
La dangerosité d’un produit correspond à ses propriétés > Un tableau « Niveau de maîtrise des dangers »
de nuisance intrinsèques. figure ci-contre
Ainsi, les produits se voient affecter un niveau de gravité
sur une échelle. Cette attribution repose sur les "phrases La consultation des rubriques de la FDS concernant les
de risque" ou "mentions de danger" (listées en annexes mesures de gestion du risque peut être intéressante pour
3 et 4), recueillies précédemment. Les pictogrammes ou connaître les dispositions préconisées et vérifier qu’elles
symboles de danger représentent une indication supplé- sont bien en place dans la structure.
mentaire sur la dangerosité du produit.
Pour plus de lisibilité, cette dangerosité est détaillée selon À partir de ces données, chaque produit peut être
qu’il s’agit de dangers liés aux propriétés physico- caractérisé selon deux critères de « dangerosité » et de
chimiques (volet sécurité, incendie-explosion) ou de dan- « maîtrise » des risques au sein de la collectivité.
gers liés aux propriétés toxicologiques (volet santé). Le
volet environnemental n’est pas pris en compte ici.

À ce stade, dans le respect des obligations règlementaires, Les critères de dangerosité et de maîtrise
l’étude des phrases de risque ou des mentions de danger sont renseignés sur le document d’inven-
permet de repérer les produits les plus dangereux pour la taire et d’évaluation dans les colonnes
santé (cancérigène, mutagène, ou reprotoxique (CMR)), « G » (Gravité) et « M » (Maîtrise).
pour lesquels une démarche de suppression/substitution
Exemple de document
est à engager. d’inventaire page 52

Pour les produits chimiques émis, le niveau de danger est


difficile à déterminer sans mesure précise. Néanmoins,
l’émission de poussières de bois ou de fumées de soudure,
l’émanation de chlore, de vapeurs, de goudron ou de
fumées de véhicules, les vapeurs d’essence, etc. sont à
considérer au minimum au niveau "critique". Leur
dangerosité est essentiellement chronique : l’étude de
l’exposition est alors primordiale.

30
Le risque chimique

Les échelles de niveaux sont communiquées à titre d’exemple. Pour les adapter à une structure, il convient
d’en discuter avec son médecin du travail.

Echelle inspirée de la méthode INRS ND-2233-200-05

Lorsque le produit possède plusieurs phrases de risque, c’est la classe de danger la plus élevée qui est sélectionnée.
En l’absence de phrases de risque (et de pictogramme) sur un produit étiqueté, le niveau de dangerosité sera coté 1.

31
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

Cas pratique
À partir des informations recueillies et des sources dont il dispose,
le groupe de travail renseigne les critères de dangerosité et de
maîtrise pour chaque produit recensé. La détermination de ces
critères fait l’objet d’un échange entre les acteurs.
Ainsi, le groupe de travail identifie le pictogramme et les phrases
de risques inscrites sur l’étiquette du bidon de « DESHERB’TOUT ».
Il reporte ces informations sur le document d’inventaire et
d’évaluation.
L’étude de la FDS et des phrases de risque révèle qu’il s’agit d’un
produit classé CMR (phrase R63). Une incompatibilité est identi-
fiée (phrase R32) : si le produit est au contact d’un acide, il dégage
un gaz très toxique. La colonne "remarques et informations
complémentaires" est donc complétée sur le document d’inven-
taire et d’évaluation.
Ce produit doit être stocké à l’écart d’un produit acide. De même,
le classement CMR du produit sera pris en compte lors de l’élabo-
ration du plan d’actions.
En s’appuyant sur l’analyse des conditions d’exposition (étape
suivante), le groupe de travail est en mesure de préciser les
conditions de stockage du produit et d’identifier les mesures de
prévention en vigueur (bidon de produit fermé, stocké dans une
armoire, présence de gants et de masques à cartouches…).

Compte-tenu des informations relevées, le groupe de travail


évalue, à partir des échelles de niveau, le critère de gravité à
10 et le critère de maîtrise à 4.

Si l’exercice s’avère relativement clair pour les produits étiquetés,


il est plus complexe pour les poussières de bois. L’avis du médecin
du travail concernant la dangerosité du produit diverge avec celui
du groupe de travail. Ce point particulier est donc soumis au
comité de pilotage qui décide de suivre l’avis du médecin du
travail : gravité 10 et maîtrise 7.

32
Le risque chimique

3. Analyse des conditions À partir de l’analyse des situations de travail mettant en


œuvre des produits chimiques, les niveaux d’exposition
d’exposition peuvent être déterminés.

a. Analyser les situations de travail b. Évaluer les niveaux d’exposition :


Le repérage des dangers achevé, l’identification des condi- fréquence et durée
tions d’exposition des agents aux produits chimiques Cette étape consiste à caractériser Pour chaque exposition à un
recensés peut débuter. l’exposition aux produits chimiques,
c’est-à-dire à définir le degré d’exposi- produit, chaque paramètre
Dans un souci d’efficacité et de rapidité et pour conserver tion au moyen de l’échelle de niveau doit être déterminé et le
une approche diagnostique, un nombre réduit de facteurs déjà utilisée pour évaluer la dangero-
doit être pris en compte. Ainsi, les paramètres les plus sité des produits.
document d’inventaire et
importants pour caractériser l’exposition sont : Deux facteurs d’exposition sont proposés d’évaluation (Exemple
• les quantités utilisées, produites, stockées ou éliminées, pour l’évaluation de l’exposition : la
page 52) doit être complété.
le nombre de personnes exposées, fréquence et la durée (exemple de
• les durées et fréquences d’exposition, niveau de cotation ci-dessous). Ces deux paramètres
• les mesures de prévention en place, correspondent aux colonnes
• les conditions de stockage. Lorsqu’il s’agit de produits dangereux
en raison de leurs propriétés physico- « F » (Fréquence)
Le relevé et l’analyse des facteurs d’exposition reposent chimiques (incendie-explosion), la durée et « D » (Durée).
sur une observation des situations de travail lorsque cela et la fréquence de présence d’une
est possible ainsi que sur des entretiens avec les agents. source d’ignition doivent être considérées. Les sources
Pour des raisons pratiques, ce relevé pourra être réalisé d’ignition peuvent être des flammes nues, des surfaces
pendant ou à la suite de l’inventaire terrain avec, pour chaudes, des travaux par points chauds, un incident
support, le document d’inventaire et d’évaluation. électrique, par exemple.
En complément, la lecture des FDS peut apporter des Les autres facteurs d’exposition étudiés (conditions de
informations utiles à la caractérisation des facteurs stockage…), non pris en compte dans la cotation, seront
d’exposition, notamment la rubrique 11 pour les informa- utilisés pour affiner l’évaluation et faciliter la recherche de
tions toxicologiques (voies d’exposition). solutions.

NIVEAUX D’EXPOSITION

Fréquence d’exposition au danger


1 4 7 10
cotation OCCASIONNELLE INTERMITTENTE FRÉQUENTE PERMANENTE

fréquence Quelques fois par an Quelques fois par mois Quelques fois par semaine Quelques fois par jour

Durée d’exposition au danger


1 4 7 10
cotation PONCTUELLE COURTE PROLONGÉE LONGUE

durée Moins de 15 min 15 min à 1h 1h à 4h Plus de 4h

33
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

Cas pratique
À partir des informations recueillies lors de l’entretien avec l’agent, de l’observation
de la situation de travail et des autres sources d’information dont il dispose, le groupe
de travail renseigne les critères de fréquence et de durée d’exposition pour chaque
produit. La détermination de ces critères résulte d’un échange entre les acteurs.
Le groupe de travail s’entretient donc avec l’agent pour savoir à quelle fréquence il uti-
lise le produit et pendant combien de temps. La réponse obtenue est la suivante :
« j’utilise ce produit environ une fois tous les 15 jours, pendant 4 heures ».
En parallèle, le groupe de travail observe la situation de travail et constate les condi-
tions de stockage : le produit est stocké dans une armoire spécifique munie de
rétention. L’agent utilisateur est également interrogé sur les mesures de protection
dont il dispose lors de l’utilisation du produit. Il précise qu’il est équipé de gants,
d’une tenue de travail adaptée et d’un masque à cartouche comme indiqué dans sa
fiche de poste. Ces informations, nécessaires pour affiner l’évaluation, serviront à
la construction du plan d’actions.
Le groupe de travail renseigne le document d’inventaire et d’évaluation : critère de
durée : 7 ; critère de fréquence : 4.

4. Évaluation des niveaux


de risques et hiérarchisation
L’évaluation des niveaux de risques pour la santé et la • Le niveau de risque résultant est obtenu en croisant ces
sécurité des agents consiste à croiser les niveaux de deux paramètres sur le schéma ci-dessus.
dangerosité et d’exposition définis précédemment.
Aucune méthode officielle n’existe. Voici un exemple à Les couleurs ou niveaux de priorité sont
adapter en fonction de la méthodologie retranscrits dans le document d’inventaire
Y : Niveau d’exposition des agents

retenue par le comité de pilotage. (exemple page 52) en colonne “Indice de


z risque”.
• Le niveau de danger (échelle des abs-
cisses) peut être caractérisé en multi-
pliant le critère de dangerosité Ainsi sont hiérarchisés les risques en 3 niveaux de
(gravité) et le critère de maîtrise (soit priorités, par exemple :
G x M). En raison du grand nombre de produits utilisés au sein
• Le niveau d’exposition (échelle des or- d’une collectivité ou d’un établissement, la hiérarchisation
données) peut être obtenu en multi- des risques est importante car elle permet de conseiller
X : Niveau de danger pliant le critère de durée et des priorités d’action. Dans un premier temps, les risques
le critère de fréquence (soit D x F). identifiés en priorité 1 doivent être privilégiés.
34
Le risque chimique

Bien que cette démarche soit basée sur des échelles de chimiques présents et de s’assurer du respect des valeurs
niveaux, une grande place est accordée à la sensibilité et à limites quand elles existent.
la connaissance du métier lorsqu’il s’agit de donner une
importance aux risques. Le succès de ce travail nécessite Concernant les niveaux de risque d’origine physico-
donc de connaître parfaitement les locaux et les activités chimiques (incendie/explosion), une évaluation spécifique est
concernés, de s’appuyer sur les utilisateurs et de faire prévue par la réglementation (cf. annexe 1).
preuve d’une objectivité suffisante. Cette méthode doit être À la suite de cette démarche d’évaluation, les risques sont
perçue comme un outil de diagnostic avec, pour intérêt hiérarchisés et permettent la mise en place d’un plan d’actions
final, la mise en place d’actions de réduction du risque de prévention ciblé sur les risques à traiter en priorité.
chimique.
En complément, le recours à la métrologie atmosphérique
et/ou biologique pour quantifier les expositions peut être 5. Élaboration du plan d’actions
envisageable. Les niveaux d’exposition relevés seront alors
comparés aux valeurs de références (VLEP). Cette méthode L’évaluation des risques a pour objectif de mettre en place
est délicate à mettre en œuvre et nécessite des moyens un plan d’actions de prévention et de rechercher les
extérieurs. Ses modalités de mise en œuvre ne sont pas solutions à mettre en œuvre pour réduire les risques iden-
étudiées dans ce guide. tifiés, en privilégiant les risques prioritaires. Ces actions
En parallèle de l’évaluation, il revient à l’Autorité territoriale doivent être établies dans le respect des principes
ou à la Direction de l’établissement de contrôler régulière- généraux de prévention et en concertation avec les
ment le niveau d’exposition de ses agents aux produits acteurs du projet, notamment les utilisateurs, les membres
du CHSCT et les services de santé au travail.
Au-delà de l’ordre de priorité établi en fonction de
l’importance des risques évalués, les priorités d’actions
Cas pratique résultent également d’une prise en compte :
• de la réglementation,
Pour chaque produit recensé, les critères renseignés • du degré d’acceptation par les agents,
par le groupe de travail sur le document d’inventaire • de l’efficacité, de la fiabilité et de la stabilité dans le
et d’évaluation permettent de définir un niveau de temps des actions proposées,
risque. On distingue ainsi des produits en priorité • de la facilité, du coût et du délai de réalisation des actions,
1 (rouge), 2 (jaune) ou 3 (vert). • du non déplacement du risque.
Les résultats sont présentés au comité de pilotage
Les mesures et moyens de prévention envisageables pour
qui décide de s’intéresser en premier lieu aux pro-
tendre vers la maîtrise du risque sont développés
duits de priorité 1. Les poussières de bois, seul risque
ci-dessous. Toutefois, les rubriques de la FDS du produit
identifié en priorité 1, feront donc l’objet de la
donnent des informations sur les mesures de gestion du
recherche d’actions.
risque à adopter. Les conseils de prudence renseignés sur
Le médecin de prévention émet cependant une l’étiquette doivent également être pris en compte.
alerte sur un point : le produit "DESHERB’TOUT" est Comme le précise la réglementation (lire page 6), l’Auto-
identifié comme CMR mais ressort en priorité 2 du rité territoriale ou la Direction de l’établissement doit
fait de sa fréquence et de ses conditions définir des mesures de prévention visant à supprimer ou
d’utilisation. Le comité de pilotage décide donc de à réduire au minimum le risque d’exposition des agents à
s’intéresser également à ce produit et d’envisager des produits chimiques en :
sa substitution. • concevant et en organisant des méthodes de travail
adaptées,
35
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

• prévoyant un matériel adéquat ainsi que des procédures a. Suppression du risque à la source
d’entretien régulières, La suppression du risque doit être privilégiée. Le recours
• réduisant au minimum le nombre de travailleurs exposés, aux produits chimiques doit être au maximum évité.
• réduisant au minimum la durée et l’intensité de l’exposition, Des solutions alternatives existent. Pour le désherbage,
• imposant des mesures d’hygiène appropriées, par exemple, s’il est réellement nécessaire, la priorité
• réduisant au minimum nécessaire la quantité d’agents pourra aller au désherbage manuel ou thermique.
chimiques présents sur le lieu de travail concerné,
• concevant des procédures de travail adéquates (manu- b. Substitution du produit
tention, stockage et transport). Si la suppression du risque n’est pas possible, une
démarche de substitution peut être engagée pour favoriser
Pour maîtriser les risques identifiés lors de l’évaluation, les l’utilisation de produits et de procédés moins dangereux
mesures suivantes doivent être mises en œuvre par ordre (solvants de nettoyage remplacés par des lessives,
de priorité : application de la peinture au pinceau plutôt qu’en aérosol).

c. Conception des procédés et équipements


La conception de procédés et d’équipements permettant
d’éviter tout contact entre les agents et les produits
(système en vase clos, automatisation…) est privilégiée.
Dans le cas de la pulvérisation d’un produit pesticide par
un agent, il est possible de recourir par exemple à un équi-
pement assurant une pulvérisation précise (pulvérisateurs
à débit réglable) afin de diminuer le risque d’intoxication
par ces produits très volatiles.

d. Mise en place de protections collectives


Ces mesures concernent en général la mise en œuvre de
moyens de ventilation efficaces assurant l’évacuation des
vapeurs, des gaz, des aérosols ou des poussières pour
abaisser au maximum la quantité des polluants présents
dans l’atmosphère : la ventilation par captage à la source
ou la ventilation générale des locaux.

e. Action sur l’organisation du travail


Agir sur l’organisation du travail revient d’une part à
définir des modes opératoires adaptés, précisant les règles
de manipulation et d’hygiène et d’autre part à s’intéresser
aux règles de stockage et de flux des produits dans la
collectivité. La gestion et l’élimination des déchets
(collecte, stockage, évacuation) sont également à prendre
en considération.

36
Le risque chimique

Règles de manipulation - Règles d’hygiène comprendre une rétention efficace et adaptée. La capacité
Lors de la manipulation de produits chimiques, quelques de rétention devrait être au moins égale à :
règles essentielles d’hygiène sont à respecter impérative- - 100 % de la capacité du plus grand contenant,
ment par les agents : - 50 % de la capacité totale des contenants associés.
• ne pas boire ou manger, ne pas fumer,
• utiliser des vêtements réservés à cet usage, Exemples :
• se laver correctement les mains après utilisation, - stockage d’un fût de 100L > rétention de 100L minimum
• prendre une douche a posteriori, si possible. - stockage de 5 bidons de 20L > rétention de 50L minimum

Les consignes doivent permettre de limiter le nombre


d’agents exposés ainsi que la durée de l’exposition. Les produits doivent être rangés par nature
de risque :
Lorsqu’un produit est transvasé dans un ou plusieurs
autres récipients, l’étiquette doit être reproduite et collée • les produits incompatibles doivent être séparés pour
sur chaque récipient. Un transvasement dans des embal- éviter d’éventuelles réactions dangereuses (exother-
lages alimentaires est formellement interdit. miques [dégagement de chaleur], explosives ou
Les opérations de transvasement doivent être réalisées à susceptibles de libérer des substances toxiques dans
un poste de travail comportant un système de captage l’atmosphère). Par exemple, les acides et les bases
des vapeurs ou des poussières et les agents doivent porter (étiquetés corrosifs) seront sur des bacs de rétention
les protections nécessaires. Pour les produits liquides, individuels ;
utiliser une pompe ou des récipients munis de robinets • les produits facilement inflammables ne doivent pas être
afin de faciliter le transvasement est préférable. déposés sur ou sous des escaliers, dans des passages et
des couloirs, ni à proximité des issues des locaux et des
bâtiments. Les produits comburants et inflammables
Règles de stockage doivent être stockés séparément (étagères différentes
En matière de stockage, certaines règles doivent être formant rétention et à distance les unes des autres) ;
scrupuleusement respectées. • les produits toxiques et CMR doivent être isolés (étagère
distincte).
Rangement des produits :
la quantité de produits chimiques dangereux stockée dans L’accès aux locaux où sont
les ateliers ou zones de travail doit être limitée aux besoins utilisés des agents chimiques
journaliers afin de limiter les risques d’incendie ou d’in- dangereux est limité aux
toxication accidentelle. personnes dont la mission
Les produits chimiques doivent être stockés dans un local l’exige. Ces locaux font
séparé des postes de travail (voir exemple page 38). l’objet d’une signalisation
Néanmoins, lorsque les quantités de produits sont faibles, rappelant l’interdiction d’y
leur stockage est envisageable dans des armoires spécifi- pénétrer et l’existence d’un
quement adaptées aux risques, comportant un système risque d’émissions dange-
de rétention et de ventilation ainsi qu’une signalisation reuses pour la santé.
appropriée.

Chacun des récipients doit être convenablement étiqueté et


conservé dans un emballage résistant et adapté. Les dispo-
sitifs de rangement (palettes, étagères, armoires…) doivent
37
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

Local de stockage • des moyens de lutte contre l’incendie adaptés aux


Selon la nature des produits stockés, et selon les résultats risques (extincteurs adaptés et en nombre suffisant,
des analyses de risques, plusieurs « bonnes pratiques », sable ou terre…) facilement accessibles, clairement
pour certaines d’entre elles réglementaires, peuvent être signalés et contrôlés périodiquement. Leur manipulation
envisagées pour les locaux de stockage : doit être familière au personnel ;
• des éléments de construction incombustibles ; • des matériaux ou produits absorbants disponibles pour
• un sol imperméable, résistant aux produits chimiques, récupérer les produits renversés ;
en légère pente vers un caniveau d’évacuation relié à • un point d’eau présent à proximité ;
une fosse de récupération ; • des équipements de protection individuelle (EPI) stockés
• une ou des portes d’accès équipées de dispositif dans une armoire hors du local ;
d’ouverture anti-panique et pouvant être fermées à clé ; • des bacs pour la récupération des emballages vides
Exemple • une ventilation suffisante ; (déchets) ;
d’aménagement • un équipement électrique conforme à la réglementation • des caillebotis installés pour isoler les produits stockés
concernant les zones à risque d’incendie et d’explosion ; du sol.
de local de
• un affichage interdisant de fumer ou d’utiliser une
stockage de flamme nue apposé dans le local ;
produits
dangereux

38
Le risque chimique

La gestion et l’élimination des produits dangereux • les risques liés à l’utilisation des produits,
Les déchets de produits chimiques doivent être récupérés • les mesures et moyens de prévention existants.
et éliminés par l’intermédiaire d’une entreprise spécialisée.
Pour cela, l’agent doit avoir à disposition différents modes La formation à la sécurité et l’information doivent être
de conditionnement des déchets, tenir compte des pro- adaptées à l’évolution des risques et à l’apparition
priétés dangereuses de chacun d’eux et surtout distinguer de risques nouveaux. Elles doivent être réitérées
chaque emballage de manière claire et lisible. Les produits régulièrement.
signalés comme dangereux pour l’environnement ne
doivent en aucun cas être déversés dans l’égout. Les agents et le CHSCT doivent :
• recevoir une information sur les produits chimiques
f. Mise en place de protections individuelles dangereux présents sur leur lieu de travail (noms,
Des Equipements de Protection Individuelle (EPI) adaptés risques, valeurs limites d’exposition). Cette information
aux risques encourus et à l’activité doivent être mis à la est appropriée et périodiquement actualisée ;
disposition des agents susceptibles d’être exposés à des • avoir accès aux Fiches de Données de Sécurité ;
produits dangereux : appareils respiratoires, gants, • recevoir une formation et des informations sur les
lunettes, masques écran, combinaisons, blouses, bottes... précautions à prendre pour assurer leur protection et
L’employeur assure l’entretien de ces équipements et des celle des autres travailleurs : consignes relatives aux
vêtements de travail. mesures d’hygiène, utilisation des EPI…
Néanmoins, les EPI ne doivent pas être privilégiés au
détriment des mesures de protections collectives. Par ailleurs, la Fiche de Données de Sécurité représente
Ils peuvent être utilisés en complément ou en dernier aussi un outil précieux pour le médecin de prévention, lui
recours. permettant, par une meilleure connaissance des produits
La mise en place de mesures techniques de protection manipulés et de la nature des risques associés à leur
nécessite d’être accompagnée de formation et d’informa- utilisation, de mieux conseiller la structure et de mieux
tion. Ces mesures ne sont pérennes et efficaces que si les adapter la surveillance médicale des agents.
agents utilisateurs ont été associés à leur choix et y Cette fiche permettra, à l’issue de l’évaluation, de faire un
adhèrent. choix entre plusieurs produits afin de sélectionner le
produit le moins dangereux en fonction de l’application
g. Autres mesures complémentaires recherchée. Elle permettra également d’élaborer des
En plus de ces mesures, d’autres dispositions règles de protection des agents.
doivent être envisagées :
Notice de poste
Mesures d’urgence La structure est tenue d’établir une notice pour chaque
Conduite à tenir en cas d’accident (cf. annexe 6) : poste de travail exposant les agents à des produits
• des systèmes d’alarme et de communication doivent être chimiques dangereux. Cette notice est destinée à les
installés (téléphone, boîtier déclencheur d’alarme…), informer des risques auxquels leur travail peut les exposer
• des installations de premiers secours doivent être à et des dispositions prises pour les éviter.
disposition,
• les informations sur les mesures d’urgence doivent être Ces notices comprennent :
disponibles. • une description des tâches à effectuer,
• un encart sur la sécurité comprenant les informations
Information et formation pour un bon emploi des produits dangereux et une
L’information et la formation des agents exposés peuvent utilisation efficace des protections collectives et
porter sur : individuelles.
39
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

La mise en place de ces fiches de poste doit produits a pour but d’informer les agents de l’existence
s’accompagner d’une information et d’une formation des d’un risque d’émissions accidentelles, dangereuses pour
agents. Cette notice doit être actualisable dès que besoin. la santé. L’accès des locaux de travail dans lesquels la
Pour aider à concevoir ces notices de postes, l’INRS concentration de produits dangereux dans l’air est
propose un aide-mémoire technique à ce sujet présenté susceptible de dépasser les valeurs limites doit être limité
dans la bibliographie. aux personnes dont la fonction l’exige. Elles doivent être
équipées de protections individuelles adaptées.
Signalisation appropriée Cette limitation d’accès doit être signalée.
La mise en place d’une signalisation de sécurité appro-
priée dans les locaux de travail où sont utilisés des

Cas pratique Reproduction), le groupe de travail procède à la recherche de


solutions. Les membres du CHSCT, les utilisateurs de produits
et le médecin de prévention sont associés à cette recherche.
Suite à la décision du comité de pilotage de définir des
Ils s’appuient sur les mesures et moyens décrits dans la
actions pour les priorités 1 et les produits classés comme CMR
littérature, les Fiches de Données de Sécurité, parallèlement
(Cancérogènes et/ou Mutagènes et/ou toxiques pour la
aux études terrain.

À cet effet, l’attribution d’un budget à la prévention des


6. Mise en œuvre du plan d’actions risques est essentielle.
Le plan d’actions, véritable tableau de bord, recense
Pour permettre la mise en œuvre du plan d’actions, l’ensemble des mesures à mettre en œuvre. Il précise pour
l’Autorité territoriale ou la Direction de l’établissement chaque action envisagée, l’objectif, les moyens néces-
met en place une organisation susceptible d’assurer la saires, le responsable de la mise en œuvre et du suivi,
mise en œuvre des mesures de prévention décidées, dans l’échéance, les ressources à mettre en place et l’état
les délais impartis et avec les performances fixées. d’avancement.

Exemple : le chef de projet élabore le plan d’actions avec les membres du groupe de travail.
Il est ensuite validé par le comité de pilotage. Le plan d’actions est communiqué aux responsables
de la mise en place et du suivi pour qu’ils se l’approprient et mettent en œuvre les actions.

40
Le risque chimique

7. Intégration Les actions envisagées dans le cadre de l’évaluation du


risque chimique peuvent ainsi s’inscrire dans le plan
au Document Unique d’actions général de prévention des risques de la
collectivité ou de l’établissement.
La prévention du risque chimique répond aux mêmes
exigences que toute démarche de prévention. Sa forma- Conformément au code du Travail, les résultats de
lisation étant identique à celle mise en œuvre pour l’évaluation des risques doivent être consignés dans le
l’ensemble des risques professionnels, il devient possible Document Unique et communiqués au médecin du
de faire le lien avec le Document Unique d’évaluation des travail, aux délégués du personnel (CTP/CHS) et aux
risques professionnels. personnes exposées. Cette évaluation est à mettre à jour
périodiquement.

Cas pratique
Les actions proposées sont soumises aux membres du comité de pilotage qui valide le plan d’actions et acte les ressources
nécessaires. Les actions sont ajoutées au plan d’actions général de prévention des risques lié au Document Unique.
Le chef de projet diffuse ces informations auprès des responsables de la mise en place des actions.

Nom du Ressources Responsable


Action Objectif Moyens État Responsable
Échéance à mettre en place de la mise
produit d’avancement du suivi
en place

Faire
Poussière fonctionner Supprimer Technicien Responsable
Technique 01/12/2012 En cours Chef de projet
de bois l’aspiration l’exposition réparateur du service
à la source

Etudier la
DESHERB’ possibilité Substitution Groupe
Etude 30/06/2012 En cours Chef de projet Chef de projet
TOUT de substituer du produit de travail
le produit CMR

41
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

Étape 4 :
contrôle
de
l’efficacité
42
Le risque chimique

Il s’agit de faire le point sur ce qui a été mis en œuvre, de s’assurer que les objectifs sont atteints et,
à défaut, d’engager des actions correctives.

Évaluation des actions Mesures et suivi


En premier lieu, la mise en œuvre effective des actions Effectuer un suivi et une surveillance médicale
doit être contrôlée pour s’assurer du suivi au travers du L’employeur doit tenir une liste des travailleurs exposés
plan d’actions (application de la mesure, respect des aux agents chimiques dangereux pour la santé
délais). (cf. annexe 7). Cette liste précise la nature de
Une fois les mesures de prévention rendues opération- l’exposition, sa durée et son degré (connu par les
nelles, un temps de surveillance permet de s’assurer résultats des contrôles réalisés).
qu’elles répondent aux exigences de choix des actions.
Il convient de vérifier que ces actions et que le cadre de Une fiche d’exposition individuelle est établie
leur organisation restent pertinents et efficaces dans la pour chaque agent exposé. Celle-ci mentionne :
durée. Ce rôle peut être confié au chef de projet. • la nature du travail, les caractéristiques, les périodes
d’exposition et les autres risques ou nuisances d’origine
De nouvelles observations des situations de travail ou chimique, physique ou biologique du poste de travail ;
évaluations des niveaux d’exposition peuvent être • les dates et les résultats des contrôles de l’exposition au
réalisées pour détecter tout éventuel déplacement de poste de travail ainsi que la durée et l’importance des
risque ou détérioration des actions. En cas de dérive, des expositions accidentelles.
actions correctives doivent être mises en place avec le
groupe de travail précédemment constitué. Cette fiche est transmise au médecin du travail.

Pour mesurer l’efficacité des actions, des critères ou des


indicateurs peuvent être définis avec le comité de
pilotage. Par exemple, le suivi de l’accidentologie ayant
pour origine un danger chimique constitue un indicateur.
Plus largement, ces indicateurs peuvent porter sur les
moyens mis en œuvre et les risques : nombre d’actions de
formation en prévention, nombre d’actions correctives
mises en place, nombre de mesures de métrologie
d’ambiance effectuées, etc. Ils permettront d’évaluer la
démarche mise en œuvre.

43
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

Contrôler l’exposition
L’employeur procède aux mesures de concentration des
agents chimiques pouvant présenter un risque pour la
santé et la sécurité des agents de façon régulière et lors
de toute modification.
Si les valeurs limites sont dépassées, un nouveau contrôle
dans les mêmes conditions est réalisé.
Si le dépassement est confirmé, des mesures de préven-
tion et de protection sont mises en place pour remédier à
la situation.
Les contrôles techniques destinés à vérifier le respect des
valeurs limites doivent être effectués par des organismes
agréés ou par l’Autorité territoriale ou la Direction de Vérifier les installations
l’établissement si elle bénéficie d’une autorisation. et les protections collectives
Les installations doivent être régulièrement vérifiées et
Ces valeurs limites doivent être considérées comme des maintenues en parfait état de fonctionnement.
objectifs minimaux. Toute action de prévention dans ce
domaine doit avoir pour finalité d’abaisser les niveaux Une notice fixant les conditions d’entretien et procédures
d’exposition à des valeurs aussi basses que possible de surveillance doit être établie (avec avis du CHS).
matériellement. Les visites, au minimum annuelles, sur les cuves, bassins
et réservoirs, doivent être réalisées par une personne
qualifiée, sous la responsabilité de l’employeur.
Les résultats de vérification sont consignés dans un
rapport.

Vérifier l’application des procédures


Les procédures contribuant à la gestion du risque
chimique, pouvant exister au sein de la collectivité ou de
l’établissement, doivent faire l’objet de vérifications quant
à leur bonne application. Il peut s’agir des procédures
d’achat des produits, de gestion des Fiches de Données
de Sécurité, etc.

44
Le risque chimique

Cas pratique
Le chef de projet suit l’avancement du plan d’actions
au travers de son tableau de bord. Il s’assure ainsi que
le responsable du service a bien fait réparer l’aspira-
tion des poussières de bois et que le risque est réduit.
De son côté, le médecin du travail suggère qu’un contrôle
de l’exposition de l’agent soit réalisé, notamment pour
l’exposition aux poussières de bois. L’objectif est d’éva-
luer l’efficacité de la mesure mise en place.

Le prélèvement réalisé montre que l’action menée


pour diminuer l’exposition n’est pas suffisante. Le chef
de projet planifie donc la recherche d’une mesure
complémentaire.

D’autre part, un groupe de travail, constitué du chef


de projet, d’un agent utilisateur, du médecin du travail
et d’experts en prévention du risque chimique, est créé
pour étudier la possibilité de substituer le produit
CMR. Finalement, après une période de test, un
nouveau produit, moins dangereux, est utilisé.

45
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

Étape 5 :
amélioration
de la
démarche

46
Le risque chimique

La démarche mise en œuvre doit être pérennisée pour permettre une progression régulière en matière
de prévention.

Promouvoir et mettre en valeur Réévaluer les risques


les actions La réévaluation des risques est un gage de pérennisation
des démarches de prévention. Pour être pertinente, cette
L’implication des acteurs dès l’origine de la démarche est évaluation devra être réactualisée régulièrement (au moins
un facteur clé qu’il faut veiller à entretenir. annuellement) ou lors de modifications notables. Il est
Tout au long du processus, les actions de prévention recommandé d’impliquer de nouveau l’ensemble des
doivent être promues et valorisées par des campagnes de acteurs concernés.
communication interne régulières sur les moyens mis en
place, l’atteinte et la poursuite des objectifs, et le rôle de Cette étape est l’occasion d’apprécier une nouvelle fois le
chacun. niveau de risque afin de pouvoir mener de nouvelles
Cette reconnaissance est un vecteur supplémentaire actions. En plus de la possibilité d’améliorer les mesures
d’implication qui permet d’entretenir la motivation et en place pour réduire les risques, il faut tenir compte de
donc la dynamique de la démarche. l’évolution des situations de travail dans lesquels de nou-
veaux produits chimiques peuvent être mis en œuvre.
Ceux-ci peuvent être générateurs de nouveaux risques
Retour d’expérience qu’il conviendra alors de réduire.
La réévaluation est un moyen de mettre à jour l’inventaire
Le retour d’expérience est important. Il est toujours et de s’assurer de nouveau du recueil des FDS.
intéressant, afin de s’améliorer, de prendre en considéra-
tion l’expérience déjà vécue. Ainsi, des enseignements
peuvent être tirés de la mise en place des actions passées Cas pratique
au profit des actions à venir. Cette capitalisation
d’information et de savoir-faire constitue également une
La démarche de prévention ne s’arrête pas là. En vue de
forme de valorisation pour les acteurs de la démarche.
la réévaluation des risques, le chef de projet fait le point
sur ce qui a été réalisé à ce jour et se tient informé des
Tenir compte des évolutions évolutions réglementaires et techniques. Il est d’ailleurs

techniques et réglementaires décidé qu’il se rende sur un salon dédié à la prévention


pour prendre connaissance des dernières nouveautés en
Chercher en permanence à réduire les risques recquiert matière d’EPI. Il fait un point avec le comité de pilotage
un suivi rigoureux de l’évolution de la réglementation sur l’avancement de la démarche, et plus particulièrement
(veille réglementaire) et de la technologie (nouveaux
sur le plan d’actions.
produits, nouveaux matériels…). Rester informé des
Par ailleurs, pour faire vivre la démarche, le chef de projet
évolutions est primordial. Cette tâche est de préférence
attribuée à une personne définie qui a accès aux sources communique régulièrement en direction de l’ensemble
d’information. La consultation de la veille réglementaire des agents de la structure. Il évoque notamment la réus-
réalisée par l’INRS est une solution. site de la substitution des produits CMR et annonce
La réglementation en la matière doit servir de repère. qu’une réévaluation est programmée prochainement.
Elle pose véritablement les bases de la gestion du risque
chimique et évolue régulièrement.
47
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique

Procédogramme

48
Le risque chimique

Conclusion

À travers ce guide sont abordés les étapes et les Enfin, il convient de rappeler que le risque chimique doit
points importants du bon déroulement d’une être pris en compte dans la démarche d’évaluation des
démarche de prévention du risque chimique... risques professionnels. L’évaluation et la prévention du
risque chimique proposées ici contribuent idéalement à
Étape de préparation : poser les bases de sa enrichir et mettre en perspective les résultats du
démarche de prévention du risque chimique. document unique au sein d’une collectivité ou d’un
Étape de mise en œuvre : évaluer le risque chimique établissement. Afin de faciliter ce parallèle, les critères et
(identification des produits, des dangers et de l’expo- les échelles choisis pour caractériser le niveau de risque
sition, hiérarchisation des risques, présentation des chimique sont issus de la méthode d’évaluation des
moyens de maîtrise possible, recherche et planification risques professionnels DS Services. Pour les utilisateurs de
des actions). cette méthode, il sera ainsi plus aisé de renseigner les
Contrôles réguliers : faire le point sur ce qui a été mis informations de l’évaluation dans leur applicatif document
en œuvre et s’assurer de l’efficacité des mesures prises. unique. Ces démarches d’évaluation ont toutes deux pour
Amélioration continue : réaliser un bilan et une but d’aboutir à un plan d’actions de réduction des risques.
revue sont les étapes finales d’une telle démarche.

La maîtrise du risque chimique passe nécessairement par


la réalisation d’une évaluation des niveaux de risque et
par la mise en œuvre d’actions de prévention et de
réduction des risques.
L’objectif premier est d’obtenir un état des lieux du risque
chimique au sein de la collectivité ou de l’établissement
afin de dégager rapidement des axes d’amélioration.
Attention
Une fois cette étape accomplie, tous les risques ne seront Les outils présentés dans
pas éliminés, mais ils auront été identifiés, évalués et les
ce guide et en annexe font office
plans d’actions mis en place auront permis de les diminuer
voire les neutraliser. C’est grâce à ce suivi et à l’inscription d’exemples et de suggestions.
de la démarche dans une logique d’amélioration continue, Il est en effet souhaitable de définir
que la collectivité ou l’établissement parviendra à maîtriser
ses risques de manière optimale. soi-même la méthode la plus pertinente
et la plus adaptée pour sa collectivité
Les impacts environnementaux potentiels des produits
ou son établissement.
chimiques n’étant pas pris en compte dans le présent
guide, il peut être intéressant de s’y pencher dans le cadre
d’une réflexion parallèle sur le développement durable.

49
Partie :

Annexes téléchargeables

SOMMAIRE
ANNEXE 1 : les réglementations spécifiques

ANNEXE 2 : les catégories de dangers

ANNEXE 3 : les phrases de risques et conseils de prudence

ANNEXE 4 : les mentions de danger et conseils de prudence

ANNEXE 5 : la fiche de donnees de sécurité

ANNEXE 6 : la conduite à tenir en cas d’accident ou de malaise

ANNEXE 7 : le modèle de fiche individuelle d’exposition au Risque chimique


(selon l’article R. 4412-41 du code du Travail)

ANNEXE 8 : un exemple de document d’inventaire et d’évaluation des produits chimiques


(selon les directives substances et préparations dangereuses)

ANNEXE 9 : un exemple de document d’inventaire et d’évaluation des produits chimiques


(selon le Règlement CLP)

50
Le risque chimique

Bibliographie
GAUTRET DE LA MORICIERE, Guy. Guide du risque chimique : identification, évaluation, maîtrise. Paris :
Dunod, 2006, 385p.

Stockage et transfert des produits chimiques dangereux, ED [Link], 2003

La fiche de données de sécurité : Aide-mémoire technique, ED [Link], 2005

Risque chimique : fiche ou notice de poste - Aide-mémoire technique, ED [Link], oct 2009

Méthodologie d’évaluation simplifiée du risque chimique :


un outil d’aide à la décision - Note documentaire, ND [Link], 2005

Guide de prévention du risque chimique, DTE [Link], 2003

Évaluation du risque chimique : note technique n° 29 modifié[Link] Alsace-Moselle, 2010

[Link]

Risque chimique : Dossier [Link]

Risque chimique : sources d’information sur le Web : Dossier [Link]

Base de données Fiches [Link]

Site de téléchargement des FDS : [Link]

Prévention du risque chimique : [Link]

Produits chimiques : l’étiquetage évolue, l’INRS vous informe - Dossier [Link]

Nouvel étiquetage des produits chimiques : Dossier [Link]

Registre Unique Santé et Sécurité au travail : ©_lien sur [Link], rubrique publications

Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) pour aider les entreprises dans les démarches
de substitution des CMR : [Link]

Dossier prévention risque chimique de la CRAM Alsace-Moselle :


[Link]

Dossier risque chimique de la CARSAT Pays de la Loire :


[Link]

Solub, démarche de substitution des solvants : [Link]

51
52
Service ou unité de travail : atelier espaces verts
Nombre de personnes exposées : 1
Responsable du recensement : M. DUPONT
Date : 15 décembre 2011
Exemple de document

des produits chimiques


d’inventaire et d’évaluation
Le risque chimique

Version “directives substances et préparations dangereuses”

53
54
Service ou unité de travail : xxxx
Nombre de personnes exposées : xxxx
Responsable du recensement : xxxx
Date : xx/xx/xx
Exemple de document

des produits chimiques


d’inventaire et d’évaluation
Version “Réglement CLP”
Le risque chimique

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55
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DSSC1018-v04 11/2013

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