Guide Risque Chimique R1018
Guide Risque Chimique R1018
6 La réglementation
8 Définitions et généralités
9 Classification des substances et mélanges dangereux
10 Risques liés aux substances et mélanges dangereux
13 Sources d’information sur les substances et mélanges dangereux
48 Procédogramme
49 Conclusion
50 Annexes téléchargeables
51 Bibliographie
52 Exemples de documents d’inventaire
et d’évaluation des produits chimiques
3
Introduction
De nombreux agents des collectivités territoriales et hospitalières utilisent quotidiennement des substances
et mélanges dangereux dans le cadre de leurs activités professionnelles. Ils ne disposent pas toujours du
minimum d’information nécessaire pour les manipuler en toute sécurité.
Cette méconnaissance peut avoir de graves conséquences pour ces agents, mais également pour leurs
collègues, les usagers et l’environnement.
Développer les bons réflexes Ce guide a pour ambition de fournir aux collectivités et
établissements, et notamment aux utilisateurs de produits
n’est pas si aisé : chimiques, un ensemble d’informations et de recomman-
dations permettant de :
• la connaissance précise des substances et produits • prévenir et réduire les dangers encourus par les agents,
dangereux se révèle délicate. Le nombre total des • respecter et faire respecter la réglementation propre au
produits chimiques est estimé à 22 millions, dont “risque chimique”,
300 000 testés scientifiquement. • informer et former utilement le personnel en la matière.
• la réglementation régissant leur identification et leurs
emplois est très dense et évolue sans cesse, comme en Cet outil pratique et pédagogique, destiné spécifique-
témoignent les dernières réglementations REACH ment aux collectivités territoriales et hospitalières,
(enREgistrement, évaluation, Autorisation et restrictions s’articule autour de 2 parties :
des substances CHimiques) et SGH (Système Général • l’essentiel à connaître sur le risque chimique,
Harmonisé). • la mise en œuvre d’une démarche de prévention et
de maîtrise du risque chimique.
En complément, de nombreuses Les statistiques d’accidentologie
enseignent que le risque
informations et autres annexes
chimique impacte fortement les
sont accessibles en collectivités territoriales et
hospitalières. Un arrêt de travail
téléchargement sur l’espace clients
consécutif à un accident
du site Internet impliquant des substances chi-
[Link] dans la miques dure en moyenne
18 jours (Source SOFCAP
rubrique “Outils pédagogiques”. Agents CNRACL - Exercice 2009)
4
Le risque chimique
loren ipsum
Partie 1 :
l’essentiel
sur le risque
chimique
5
Partie 1 : l’essentiel sur le risque chimique
La réglementation
En matière de santé et de sécurité, les règles applicables produits chimiques) et « CLP » ("Classification, Labelling
aux collectivités territoriales et hospitalières sont celles de and Packaging of substances and mixtures", c’est-à-dire
la quatrième partie du code du Travail. Plus classification, étiquetage, emballage des substances et
spécifiquement, pour les collectivités territoriales, mélanges). Leur mise en place est progressive. Ces règle-
ces dispositions s’appliquent sous réserve des dispositions ments concernent les industriels, les distributeurs et les
du Décret n° 85-603 du 10 juin 1985 modifié. manipulateurs. Pour le consommateur-utilisateur, les
changements se manifestent principalement par
La collectivité territoriale ou l’établissement hospitalier l’apparition de nouveaux symboles et de nouveaux
doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la étiquetages sur les emballages.
sécurité et protéger la santé physique et mentale des
travailleurs (Art L. 4121-1 du code du Travail). Les mesures REACH
mises en place doivent répondre aux principes généraux Règlement du Parlement européen et du Conseil de
de prévention (Art L. 4121-2 du code du Travail - voir les l’Union Européenne, adopté le 18 décembre 2006
principes page 17 de ce guide). (n° 1907/2006), qui modernise la législation européenne
en matière de substances chimiques et met en place un
Dans le respect de ces principes, le code du Travail pose système intégré unique d’enregistrement, d’évaluation et
les fondements de la maîtrise du risque chimique. d’autorisation des substances chimiques dans l’Union
Le risque chimique est en effet traité dans son ensemble : européenne.
les dispositions vont de la fabrication des produits et leur Même si les collectivités territoriales et établissements
mise sur le marché jusqu’à la prévention des risques liés à hospitaliers ne sont pas directement impactés par REACH,
leur utilisation. son objectif est d’améliorer la protection de la santé
Précisément, pour ce qui est de la prévention du risque humaine et de l’environnement au travers de plus
chimique : après plusieurs définitions aux articles R. 4412- d’informations sur les propriétés et les utilisations des
1 à 4, la réglementation distingue les dispositions appli- produits. Le règlement ne modifie cependant en rien les
cables aux agents chimiques dangereux (R. 4412-5 à directives sur la protection des agents.
R. 4412-58) de celles spécifiques aux agents cancéro-
gènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction CLP/SGH
(R. 4412-59 à R. 4412-93). Des dispositions spécifiques Un nouveau système de classification et d’étiquetage des
concernent l’amiante et certains autres agents chimiques produits chimiques, le "SGH" (Système Général
dangereux (R. 4412-94 à R. 4412-164). Harmonisé), a été élaboré au niveau international.
Le règlement "CLP" n° 1272/2008 du 16 décembre 2008
Jusqu’à présent, les textes en vigueur en matière de ("Classification, Labelling and Packaging") prend en
classification, d’étiquetage et d’emballage des produits compte les recommandations du SGH. Il établit de
chimiques sont les Directives 67/548/CEE (appelée « DSD » nouvelles règles de classification, d’étiquetage et
Directive Substances Dangereuses ») et 1999/45/CE d’emballage des produits chimiques en vue d’améliorer
(appelée « DPD », Directive Préparations Dangereuses), l’information fournie aux utilisateurs. Il est nécessaire de
transposées respectivement par les arrêtés du 20 avril 1994 se reporter à l’article 1er du règlement CLP pour prendre
et du 9 novembre 2004. connaissance de son champ d’application exact et des dé-
finitions précises des produits exclus.
Peu à peu, la réglementation européenne évolue en ma-
tière de prévention du risque chimique, avec l’adoption Le règlement (CE) n° 790/2009 de la Commission
de deux règlements : « REACH » ("Registration, Evalua- Européenne du 10 août 2009 et le règlement (UE)
tion, Autorisation and Restriction of Chemicals" n° 286/2011 de la Commission Européenne du
c’est-à-dire enregistrement, évaluation et autorisation des 10 mars 2011 modifient le règlement CLP, afin d’adapter
6
Le risque chimique
ses dispositions aux progrès techniques et scientifiques. En ce qui concerne les mélanges, la mise en œuvre du
Le règlement CLP est entré en vigueur le 20 janvier 2009. nouveau système s’achèvera au 1er juin 2015 (sauf
Progressivement, les dispositions de ce règlement rempla- dérogations spécifiques). Le système préexistant sera
cent le système européen d’étiquetage préexistant basé abrogé, marquant ainsi la fin de la période de transition.
sur les Directives Substances et Préparations Dangereuses. La documentation concernant la règlementation CLP est
Depuis le 1er décembre 2010 (sauf dérogations dense, de nombreux ouvrages y font référence. Une liste
spécifiques), les substances doivent être classées, étique- non exhaustive de cette documentation est disponible
tées et emballées selon les règles du règlement CLP. dans la rubrique Bibliographie de ce guide.
Quelques exemples de produits utilisés ou émis au sein des collectivités territoriales ou hopitalières :
La réglementation
est le socle
de référence,
elle établit les
principes de
la gestion du risque
chimique sur les
lieux de travail.
(cf. réglemen-
tations
spécifiques en
annexe 1).
7
Partie 1 : l’essentiel sur le risque chimique
Définitions
et généralités
Le code du Travail définit Agent chimique dangereux
Agent considéré comme tel en raison des règles de
les termes suivants classification et d’étiquetage des substances et mélanges
dangereux, en raison des risques pour la santé et la
sécurité des travailleurs du fait de ses propriétés physico-
Substances chimiques chimiques, chimiques ou toxicologiques, des modalités de
Éléments chimiques et leurs composés tels qu’ils se sa présence sur le lieu de travail et de l’existence de
présentent à l’état naturel ou tels qu’ils sont obtenus par valeurs limites d’exposition professionnelle.
tout procédé de production.
Activité impliquant des agents chimiques
Exemples : l’acétone utilisée comme diluant ou le trichlo- Travail dans lequel des agents chimiques sont utilisés ou
réthylène utilisé comme dégraissant. destinés à être utilisés dans tout processus y compris la
production, la manutention, le stockage, le transport,
Préparation (ou mélange) l’élimination et le traitement.
Mélanges ou solutions composés de deux substances ou
plus. Exemples : utilisation de produits phytosanitaires pour le
traitement, utilisation et stockage des produits d’entretien.
Exemples : peintures, colles, produits d’entretien,
produits phytosanitaires… Danger
Remarque : depuis l’entrée en vigueur du règlement CLP Propriété intrinsèque d’un agent chimique susceptible
(lire page 6 “la réglementation”), le terme « préparation » d’avoir un effet nuisible.
est remplacé par « mélange ». Exemple : l’acide chlorhydrique est un produit corrosif.
8
Le risque chimique
Des critères permettent de définir l’appartenance d’un produit chimique à une classe ou à une catégorie de danger.
Ces critères peuvent être différents selon le système de classification (préexistant ou nouveau).
9
Partie 1 : l’essentiel sur le risque chimique
10
Le risque chimique
11
Partie 1 : l’essentiel sur le risque chimique
physico-chimiques Source
d’inflammation
Produits
L’incendie ou l’explosion en suspension Domaine
Un incendie ou une explosion peuvent survenir lors de (gaz, aérosols, d’explosivité
travaux avec des composés inflammables, explosibles ou poussières)
instables. Par exemple, les éthers sont des solvants EX ON
organiques très inflammables notamment présents dans les Produits Oxygène
huiles et les peintures. Sous l’action de la lumière et au combustibles
contact de l’oxygène de l’air, ils sont susceptibles de se trans-
Confineme
ent
former en peroxydes, composés instables et explosibles.
d’’apr
a ès l’INRS
Les risques liés à l’inflammabilité ou l’explosibilité d’une subs-
tance ou d’un mélange sont évalués par des grandeurs phy-
siques qui décrivent différents phénomènes ou situations : L’explosion est une combustion rapide entraînant une
• le point éclair est la température minimale à laquelle, dans augmentation de pression et/ou de température.
des conditions d’essai spécifiées, un liquide émet suffisam- Pour qu’une explosion ait lieu, les six conditions de l’hexa-
ment de gaz inflammables capables de s’embraser gone doivent être réunies. Les substances susceptibles de
momentanément en présence d’une source d’inflamma- créer une atmosphère explosive peuvent être des gaz,
tion. Plus le point éclair est bas, plus l’inflammabilité du vapeurs, brouillards et poussières inflammables.
produit est grande ;
• la limite inférieure d’inflammabilité ou d’explosibilité Les incendies vont générer, en raison de la chaleur
(LII ou LIE) est la concentration de combustible dégagée et du rayonnement, des brûlures pour les
au-dessous de laquelle la combustion ne peut s’entre- personnes exposées, et des dégâts matériels importants.
tenir ni se propager ; Il y aura également risque d’asphyxie.
• la limite supérieure d’inflammabilité ou d’explosibilité (LSI L’explosion, quant à elle, provoquera une onde de choc,
ou LSE) est la concentration de combustible au dessus de accompagnée potentiellement de flammes et de chaleur, qui
laquelle la combustion ne peut s’entretenir ni se propager. entraînera des traumatismes chez les victimes et endomma-
gera les bâtiments environnants.
Il existe deux mécanismes :
Les autres réactions chimiques dangereuses
Le triangle du feu : Des produits incompatibles entre eux peuvent aussi être à
l’incendie est la conséquence l’origine d’un dégagement de chaleur, d’émissions de gaz
Source d’énergie d’une réaction chimique toxiques ou de projections de produits. Il y aura alors risque
appelée la combustion. Elle d’intoxication et de brûlures.
n’est possible que si le combus- C’est le cas, par exemple, lorsque de l’acide entre en contact
tible (substance inflammable), avec de l’eau de javel : un dégagement de chlore toxique se
le comburant (en général l’oxy- produit.
gène de l’air) et la source
d’énergie (flamme nue, point
chaud, étincelle électrique…)
sont réunis simultanément.
Combustible Comburant
12
Le risque chimique
Voici un récapitulatif
des principales
informations requises
pour l’étiquetage, que
ce soit dans le cadre du
système d’étiquetage
préexistant ou du
nouveau. Ces éléments
sont utilisés à titre
d’exemples et ne sont
donc pas exhaustifs.
Aucun produit chimique ne doit La réglementation, au travers des utilisation, il saura conseiller au mieux la Direction
règles de classification, n’impose la Générale et améliorer la surveillance médicale des agents.
être considéré comme anodin car présence de symbole ou de picto- Une Fiche de Données de Sécurité comporte 16 rubriques
ses effets sur la santé à long gramme sur une étiquette qu’au- obligatoires, telles que présentées en annexe 5.
delà d’une concentration ou d’un
terme dépendent des modes
seuil de nocivité donnés. La pru-
d’utilisation du produit et de dence est donc de mise face à un Les fiches toxicologiques
la sensibilité de chaque produit dont l’étiquette n’en com-
porte pas. Toutes les informations Essentiellement destinées à un usage médical, les fiches
individu aux effets de celui-ci. figurant sur l’étiquette doivent être toxicologiques de l’INRS constituent une synthèse des
prises en compte. informations disponibles concernant les dangers liés à une
substance ou à un groupe de substances. Elles comportent
un rappel des textes réglementaires relatifs à la sécurité au
La Fiche de Données de Sécurité travail et des recommandations en matière de prévention
technique et médicale. Elles indiquent, quand elles existent,
La Fiche de Données de Sécurité (FDS) est un élément clé du les valeurs limites d’exposition, les valeurs moyennes d’ex-
système de prévention basé sur l’information des position ou les valeurs limites biologiques.
utilisateurs des produits chimiques dangereux. Ce document Les substances concernées ont été sélectionnées en tenant
est défini et encadré par la réglementation. compte de la gravité des dangers qu’elles représentent,
La publication du règlement REACH (lire en page 6) a mais aussi de l’importance et de la fréquence des exposi-
permis de renforcer le rôle de cette fiche comme support tions professionnelles.
de communication entre les différents acteurs de la chaîne
d’approvisionnement (du producteur initial à l’utilisateur final).
Autres sources disponibles
Mise gratuitement à la disposition du destinataire d’un
produit chimique par le fournisseur, elle constitue une De très nombreux ouvrages, revues ou bases de données,
source importante de renseignements utiles à la préven- fournissent des informations sur le risque chimique. Une
tion des risques. bibliographie est disponible à la fin de ce guide.
La Fiche de Données de Sécurité a pour finalité, en com- La surveillance médicale des agents et les rapports de
plément de l’étiquetage, de doter la structure d’un outil visite terrain effectués par le médecin du travail, les
lui permettant d’apprécier, sur la base de données validées rapports de l’ACFI (Agent Chargé de la Fonction d’Inspec-
par son fournisseur, les dangers des produits qu’elle se tion en collectivité), des membres du CHSCT (Comité
procure, d’identifier et d’évaluer les risques auxquels sont d’Hygiène, Sécurité et des Conditions de Travail) sont
exposés les agents qui les utilisent. Elle pourra ainsi mettre autant de sources susceptibles de donner des indications
en place les mesures de prévention adaptées, notamment sur les produits, leurs dangers et leurs conditions d’utili-
l’information et la formation des agents concernés et la sation au sein de la collectivité ou de l’établissement.
rédaction de la fiche de sécurité au poste de travail.
14
Le risque chimique
Partie 2 :
la démarche
de prévention
et de maîtrise
du risque
chimique
15
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
Préambule
À ce niveau du projet, les différents acteurs possèdent les bases nécessaires à la compréhension du risque
chimique et sont en mesure d’engager une démarche de prévention.
Les produits chimiques utilisés dans les collectivités ou place des mesures efficaces. Celles-ci répondent aux
établissements paraissent souvent inoffensifs (huile, mêmes exigences que toute démarche préventive et se
solvant, peinture, dégraissant, etc.). Il est cependant im- réfèrent aux principes généraux de prévention définis dans
pératif d’évaluer le risque chimique afin de connaître les le code du Travail.
véritables dangers encourus par les agents et de mettre en
Toute démarche de
prévention visant à la
maîtrise du risque
chimique se construit
selon le principe de
l’amélioration
continue
16
Le risque chimique
17
Partie 2: : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
Étape 1 :
définition
des
objectifs
18
Le risque chimique
En matière de prévention, les démarches entreprises En parallèle, la collectivité ou l’établissement doit afficher
sont guidées par des enjeux d’au moins clairement sa décision d’engager ce type de démarche.
quatre ordres : En effet, une forte volonté des élus et de la direction est
nécessaire pour le lancement et la réussite d’un projet de
enjeu humain : de nombreux accidents se produisent cette envergure. Cet engagement est de préférence écrit,
chaque année avec des conséquences souvent graves communiqué et se traduit par la mise en place des moyens
pour les victimes (douleurs, handicap…), financiers, matériels et humains correspondants.
enjeu économique et social : les absences dues à ces
accidents engendrent des coûts directs (frais médicaux,
maintien de salaire…) et indirects (perte de qualité de
service, reclassement…), Cas pratique
enjeu organisationnel : l’absence d’un agent peut
entraîner des problèmes d’organisation interne (rem-
placement de l’agent, répartition des tâches sur les
La mairie de Saint Javel des Eaux, 93 agents, constate que
agents présents…), plusieurs accidents liés à des produits chimiques ont eu lieu au
enjeu pénal : l’employeur peut être tenu responsable sein de ses services techniques. L’analyse des accidents faite par
pénalement en cas d’accident (encadrement, autres l’agent de prévention montre qu’il est urgent de s’intéresser au
agents…).
risque chimique afin d’en réduire les effets néfastes.
À partir de ces enjeux communs, chaque collectivité ou Le Directeur Général des Services, conscient de l’obligation
établissement détermine ses propres objectifs, qui peuvent réglementaire en matière d’hygiène et de sécurité qui lui
être eux-mêmes déclinés en sous objectifs ou objectifs
intermédiaires factuels et mesurables, comme par exemple :
incombe et du coût que représentent ces accidents, inscrit ce
- l’identification des produits présents dans la structure et thème à l’ordre du jour du Conseil Municipal. Après discussion,
plus particulièrement dans les ateliers, il est décidé d’engager une démarche de maîtrise du risque
- la suppression ou la substitution de l’ensemble des chimique. Les objectifs sont clairs : connaître l’ensemble des pro-
produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques CMR,
- la limitation de l’utilisation des produits phytosanitaires,
duits utilisés par les services municipaux et engager des actions
- la réorganisation du stockage des produits chimiques. de réduction des risques avec, comme date butoir,
le 31 décembre 2012. Cet engagement est inscrit au compte-
Cette déclinaison correspond généralement aux étapes rendu du Conseil Municipal.
clés permettant d’atteindre l’objectif global. Elle permet
de décider de la ligne de conduite à adopter par la
collectivité ou l’établissement.
De bons objectifs doivent être simples, spécifiques, mesu-
rables, atteignables, réalistes et définis dans le temps.
Ils doivent concorder avec la taille de la structure, les
ressources et moyens disponibles, les projets éventuelle-
ment en cours, par exemple.
19
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
Étape 2 :
préparation
de la
démarche
20
Le risque chimique
Une organisation adaptée doit être mise en place pour atteindre l’objectif global défini. S’inscrire dans une
démarche de prévention a inévitablement un impact dans le fonctionnement quotidien de la collectivité ou de
l’établissement. Les agents seront sollicités à des degrés divers (réunions de travail, visites de terrain…) et
devront intégrer ces nouvelles activités à leurs tâches quotidiennes. Une organisation est à bâtir en fonction
des possibilités permises par la structure (taille, ressources et moyens disponibles…). La conduite de la démarche
sur le mode « projet » est alors essentielle.
21
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
La partie 1 “L’essentiel sur le Acteurs externes - une communication dite « interne » donnant du sens et
Ponctuellement ou dès le de l’écho au projet mené,
risque chimique” propose un
démarrage du projet, des - une communication dite « externe » valorisant l’image
récapitulatif des points de compétences externes à la de la collectivité ou de l’établissement.
vigilance à prendre en compte, collectivité ou à l’établissement
peuvent être sollicitées. Le chef de projet dispose de plusieurs outils :
comme l’identification des Il s’agira d’experts en lien avec - rédaction de comptes-rendus et de convocations,
produits ou la connaissance des la problématique concernée - présentations orales informelles (lors des entretiens
(médecins du travail, interve- terrain ou de réunions d’encadrement par exemple),
outils et documents qui
nants conseil en prévention des - présentations écrites (journal interne, note de service…),
permettent d’appréhender au risques, etc.). - sessions d’information et/ou de formation.
mieux le risque chimique.
Un niveau de connaissance adapté au sujet sera requis
afin de faciliter l’appropriation de la démarche par les
2. Moyens matériels acteurs. Le risque chimique présente de nombreuses
particularités et nécessite une recherche d’informations
La conduite de projet est un outil clé en matière de très approfondie comparativement aux autres risques.
planification et de mobilisation des ressources.
D’autres moyens visent à structurer la démarche et à
la conduire dans les meilleures conditions :
• des outils de pilotage (planning, diagramme de Gantt…), En résumé : les conditions de réussite d’un
• des outils d’analyse et de formalisation (comptes- projet de prévention du risque chimique…
rendus, outils de traitement des données, tableau des • une direction engagée,
actions, note de service…), • un seul chef de projet,
• un espace de travail (pour les réunions par exemple), • une cohésion entre tous les acteurs
• des outils d’animation et de production (moyens (responsabilités et missions clairement
informatiques, moyens de communication, etc.). définies),
• la disponibilité de chacun,
• une bonne communication.
3. Communication autour du projet
Une organisation simple et lisible est bien
L’information et la communication à destination de
souvent un atout pour la réussite de tels
l’ensemble des acteurs constituent un élément capital du
déploiement de la démarche et favorisent une participa- projets.
tion active et efficace. La communication doit être cadrée,
ponctuée de messages clairs, construits, compréhensibles
et planifiés.
23
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
Étape 3 :
mise en
œuvre de la
démarche
24
Le risque chimique
Conformément à la réglementation (lire page 6), la démarche de prévention du risque chimique repose sur
une évaluation des risques consistant à les identifier et les classer selon une échelle de priorité explicite
pour tous à partir de laquelle sera élaboré un plan d’actions.
25
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
L’étiquette
Tout récipient, sac ou enveloppe, contenant un produit
chimique doit obligatoirement être muni d’une étiquette
indiquant le nom et l’origine du produit ainsi que les
dangers que représente son emploi. Les informations por-
tées sur l’étiquette sont nécessaires à l’inventaire terrain
des produits (identité du fournisseur, identificateur du
produit…) et permettent d’obtenir des données de
sécurité fondamentales (symboles/pictogrammes, phrases
de risque…).L’étiquette permet un accès rapide et simple Afin de bien utiliser cette source d’information essentielle,
à l’information jugée importante dans le cadre d’un quelques règles sont à respecter :
recensement ou d’une utilisation des produits. • il est impératif de posséder la FDS rédigée en français pour
chaque produit chimique entrant dans la structure ;
Du fait des évolutions réglementaires (lire page 13), des • s’agissant d’un document évolutif, il est essentiel de
produits chimiques dotés d’étiquettes différentes vont s’assurer de toujours disposer de la FDS la plus récente.
cohabiter durant quelques années. Certaines répondront
aux prescriptions de la réglementation en vigueur en Pour chaque produit inventorié, la collectivité ou l’établis-
Europe (symboles de danger noirs sur fond orange, phrase sement doit s’assurer de la présence de la FDS et vérifier
de risque, conseils de prudence…) tandis que d’autres s’il n’en existe pas une nouvelle version. En cas d’absence
prendront en compte les prescriptions du nouveau règle- de fiche, la FDS du produit en question est accessible
ment CLP (pictogrammes de danger en forme de losanges auprès du fournisseur. La base de données des produits
avec un symbole noir sur fond blanc bordé de rouge, chimiques issus de l’inventaire précisera si la structure est
mentions d’avertissement, mentions de danger, conseils en possession de la FDS ou non.
de prudence…).
Idéalement, les FDS des produits identifiés sont stockées
La Fiche de Données de Sécurité (FDS) dans des classeurs papier ou informatiques : elles sont ainsi
Document de synthèse essentiel à usage pratique, la Fiche facilement accessibles et diffusables aux acteurs concernés
de Données de Sécurité est mise à disposition du destina- (médecin du travail, chef des services utilisateurs…).
taire d’un produit par le fournisseur. Elle transmet les ren-
seignements nécessaires à la prévention et à la sécurité Formaliser la collecte et la gestion des FDS au sein de la
lors de son utilisation. structure permet de pérenniser leur recueil. La rédaction
La FDS complète les informations mentionnées sur d’une procédure de référencement/réception des produits
l’étiquette au travers des informations contenues dans les est donc conseillée. Cette procédure doit permettre
16 rubriques obligatoires (cf. annexe 6). d’associer la personne en charge de la prévention au
processus afin qu’elle gère l’entrée de nouveaux produits
26
Le risque chimique
chimiques au sein de la structure et qu’elle mette en place • le type de conditionnement (en fût, en bidon, en cuve…), Exemple
les mesures de prévention adéquates sur la base des • la quantité maximum stockée,
de document
informations recueillies dans les FDS. • l’état physique (gaz, liquide, poudre, solide).
d’inventaire
Les fiches toxicologiques Si les Fiches de Données de Sécurité des produits inven- page 52
et autres sources d’information toriés sont disponibles dans le service, il conviendra de le
Afin d’obtenir de plus amples informations concernant les noter et de s’en procurer une copie pour centralisation et
produits, diverses sources d’information sont disponibles analyse ultérieure.
telles que les fiches toxicologiques, des ouvrages, des
revues ou des sites Internet dédiés. Ces sources sont de À l’issue du recensement terrain, les FDS manquantes
bons compléments pour exploiter au mieux les données doivent être recherchées.
relatives aux produits et les compléter (cf. bibliographie).
Par ailleurs, si des contenants de produits ne comportent
Afin de faciliter le travail d’évaluation, il est primordial de pas d’étiquette ou une étiquette illisible lors de l’inven-
prendre connaissance de l’ensemble de ces sources taire, les consignes suivantes sont à respecter :
d’information et de chercher à les recueillir dès la phase - si le produit est identifiable, remettre une étiquette
d’inventaire. Leur exploitation se fera essentiellement dans réglementaire (identifier le produit le plus précisément
les étapes suivantes. possible) ;
- si l’identification du produit est impossible, veiller à
c. Recenser les produits sur le terrain l’éliminer en ayant recours à une filière spécialisée ;
Le recensement consiste à identifier les produits présents - en cas de reconditionnement de produits dûment
sur les lieux de travail. L’inventaire doit être aussi exhaustif étiquetés dans des contenants plus petits, il faut
que possible afin de garantir le bon déroulement de la impérativement reproduire l’étiquette et la coller sur les
démarche. nouveaux emballages.
Cet inventaire physique des produits utilisés, stockés, émis
ou éliminés se traduit par une visite dans chaque unité de
travail ou service. Un planning de visite peut se révéler
utile pour s’assurer de la disponibilité des personnes à
rencontrer.
L’inventaire s’appuie sur une observation des postes, des
situations de travail et des lieux de stockage, accompa-
gnée d’un échange avec les agents concernés.
Cette pratique est efficace dans le cas du recensement de
tous les produits "générés" par l’activité (émissions de
vapeurs, poussières, fumées, fibres, aérosols, déchets…).
Un tableau d’inventaire permet de lister l’ensemble des
produits et de recueillir les informations suivantes :
• le nom commercial ou le nom de l’agent chimique généré,
• le fabricant et/ou fournisseur,
• une brève description sur l’usage prévu,
• une description de l’opération ou de l’activité impliquant
l’utilisation du produit (si produit généré : le procédé,
l’activité, la situation, le matériau à l’origine de
l’émission),
27
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
Cas pratique
Conformément au planning de visites des unités de travail des
services techniques de la mairie de Saint Javel les Eaux, le groupe
de travail constitué du chef de projet et des deux agents
volontaires, se rend à l’atelier espaces verts en présence de
l’agent en charge du service.
L’agent, peu participatif dans un premier temps comprend au fil
des échanges que l’objectif de l’entretien est d’améliorer sa
sécurité. Rassuré, il devient donc vite plus coopératif.
28
Le risque chimique
Pour déterminer les niveaux de risque encourus pour L’étude des Fiches de Données Sécurité est l’étape à
chaque produit, il convient d’une part de repérer les mener ensuite :
dangers et d’autre part, d’analyser les conditions • outre le recueil des informations réglementaires
d’exposition. L’objectif de ce repérage est de collecter les (rubrique 15 correspondant à l’étiquetage), consulter les
informations qui permettront d’analyser les risques et de informations sur les dangers (rubrique 2) apporte un
les hiérarchiser. Ainsi, seront identifiées, tour à tour, des complément à l’étiquetage ;
informations permettant de caractériser : • d’autres rubriques permettent d’avoir des informations
- la dangerosité du produit ; complémentaires sur les dangers mais n’apparaissent
- le niveau de maîtrise des dangers ; pas nécessairement sur le document d’inventaire car
- la fréquence d’exposition aux dangers ; elles ne sont pas directement utiles pour l’évaluation du
- la durée d’exposition aux dangers. niveau de danger. Ce sont par exemple la rubrique 9 qui
traite des caractéristiques physico-chimiques, la rubrique
10 qui décrit la stabilité et la réactivité du produit ou
2. Repérage des dangers encore la rubrique 11 qui traite des informations
toxicologiques.
a. Identifier les dangers
L’identification des propriétés dangereuses des produits Si l’étiquette ne comporte pas de phrases de risque/men-
recensés repose sur l’exploitation et le croisement des tions de danger, la fiche de Données de Sécurité du
différentes sources d’information. produit doit contenir les phrases de risques/mentions de
La première source d’information est l’étiquette apposée danger des composants (rubrique 3). Dans ce cas de
sur le contenant. Les informations sur les dangers à relever figure, la dangerosité du mélange est surestimée car ces
sur le document d’inventaire sont : phrases/mentions concernent les substances pures.
29
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
En complément de ces nombreuses sources d’informa- En raison de leurs propriétés physico-chimiques (incendie-
tions, la consultation d’un expert technique (médecin du explosion), la détermination du niveau de danger des
travail, toxicologue…) est parfois nécessaire. produits dits dangereux est fonction des conditions de
stockage et de la quantité de produits stockés.
À partir de cette étape, il devient possible d’évaluer les
niveaux de danger et de déterminer des niveaux de > Un tableau « Niveau de danger » figure ci-contre
risques.
Niveau de maîtrise des dangers
b. Évaluer les niveaux de danger : gravité et maîtrise Le niveau de danger pour l’utilisateur est également
L’évaluation du niveau de danger d’un produit est fonction des mesures de protection existantes au poste
fonction de son degré de dangerosité mais également des de travail. L’identification de ces mesures est fortement
mesures mises en place pour réduire le danger. associée à l’étape d’analyse des situations de travail.
L’échelle proposée pour évaluer la maîtrise est la suivante :
Dangerosité du produit
La dangerosité d’un produit correspond à ses propriétés > Un tableau « Niveau de maîtrise des dangers »
de nuisance intrinsèques. figure ci-contre
Ainsi, les produits se voient affecter un niveau de gravité
sur une échelle. Cette attribution repose sur les "phrases La consultation des rubriques de la FDS concernant les
de risque" ou "mentions de danger" (listées en annexes mesures de gestion du risque peut être intéressante pour
3 et 4), recueillies précédemment. Les pictogrammes ou connaître les dispositions préconisées et vérifier qu’elles
symboles de danger représentent une indication supplé- sont bien en place dans la structure.
mentaire sur la dangerosité du produit.
Pour plus de lisibilité, cette dangerosité est détaillée selon À partir de ces données, chaque produit peut être
qu’il s’agit de dangers liés aux propriétés physico- caractérisé selon deux critères de « dangerosité » et de
chimiques (volet sécurité, incendie-explosion) ou de dan- « maîtrise » des risques au sein de la collectivité.
gers liés aux propriétés toxicologiques (volet santé). Le
volet environnemental n’est pas pris en compte ici.
À ce stade, dans le respect des obligations règlementaires, Les critères de dangerosité et de maîtrise
l’étude des phrases de risque ou des mentions de danger sont renseignés sur le document d’inven-
permet de repérer les produits les plus dangereux pour la taire et d’évaluation dans les colonnes
santé (cancérigène, mutagène, ou reprotoxique (CMR)), « G » (Gravité) et « M » (Maîtrise).
pour lesquels une démarche de suppression/substitution
Exemple de document
est à engager. d’inventaire page 52
30
Le risque chimique
Les échelles de niveaux sont communiquées à titre d’exemple. Pour les adapter à une structure, il convient
d’en discuter avec son médecin du travail.
Lorsque le produit possède plusieurs phrases de risque, c’est la classe de danger la plus élevée qui est sélectionnée.
En l’absence de phrases de risque (et de pictogramme) sur un produit étiqueté, le niveau de dangerosité sera coté 1.
31
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
Cas pratique
À partir des informations recueillies et des sources dont il dispose,
le groupe de travail renseigne les critères de dangerosité et de
maîtrise pour chaque produit recensé. La détermination de ces
critères fait l’objet d’un échange entre les acteurs.
Ainsi, le groupe de travail identifie le pictogramme et les phrases
de risques inscrites sur l’étiquette du bidon de « DESHERB’TOUT ».
Il reporte ces informations sur le document d’inventaire et
d’évaluation.
L’étude de la FDS et des phrases de risque révèle qu’il s’agit d’un
produit classé CMR (phrase R63). Une incompatibilité est identi-
fiée (phrase R32) : si le produit est au contact d’un acide, il dégage
un gaz très toxique. La colonne "remarques et informations
complémentaires" est donc complétée sur le document d’inven-
taire et d’évaluation.
Ce produit doit être stocké à l’écart d’un produit acide. De même,
le classement CMR du produit sera pris en compte lors de l’élabo-
ration du plan d’actions.
En s’appuyant sur l’analyse des conditions d’exposition (étape
suivante), le groupe de travail est en mesure de préciser les
conditions de stockage du produit et d’identifier les mesures de
prévention en vigueur (bidon de produit fermé, stocké dans une
armoire, présence de gants et de masques à cartouches…).
32
Le risque chimique
NIVEAUX D’EXPOSITION
fréquence Quelques fois par an Quelques fois par mois Quelques fois par semaine Quelques fois par jour
33
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
Cas pratique
À partir des informations recueillies lors de l’entretien avec l’agent, de l’observation
de la situation de travail et des autres sources d’information dont il dispose, le groupe
de travail renseigne les critères de fréquence et de durée d’exposition pour chaque
produit. La détermination de ces critères résulte d’un échange entre les acteurs.
Le groupe de travail s’entretient donc avec l’agent pour savoir à quelle fréquence il uti-
lise le produit et pendant combien de temps. La réponse obtenue est la suivante :
« j’utilise ce produit environ une fois tous les 15 jours, pendant 4 heures ».
En parallèle, le groupe de travail observe la situation de travail et constate les condi-
tions de stockage : le produit est stocké dans une armoire spécifique munie de
rétention. L’agent utilisateur est également interrogé sur les mesures de protection
dont il dispose lors de l’utilisation du produit. Il précise qu’il est équipé de gants,
d’une tenue de travail adaptée et d’un masque à cartouche comme indiqué dans sa
fiche de poste. Ces informations, nécessaires pour affiner l’évaluation, serviront à
la construction du plan d’actions.
Le groupe de travail renseigne le document d’inventaire et d’évaluation : critère de
durée : 7 ; critère de fréquence : 4.
Bien que cette démarche soit basée sur des échelles de chimiques présents et de s’assurer du respect des valeurs
niveaux, une grande place est accordée à la sensibilité et à limites quand elles existent.
la connaissance du métier lorsqu’il s’agit de donner une
importance aux risques. Le succès de ce travail nécessite Concernant les niveaux de risque d’origine physico-
donc de connaître parfaitement les locaux et les activités chimiques (incendie/explosion), une évaluation spécifique est
concernés, de s’appuyer sur les utilisateurs et de faire prévue par la réglementation (cf. annexe 1).
preuve d’une objectivité suffisante. Cette méthode doit être À la suite de cette démarche d’évaluation, les risques sont
perçue comme un outil de diagnostic avec, pour intérêt hiérarchisés et permettent la mise en place d’un plan d’actions
final, la mise en place d’actions de réduction du risque de prévention ciblé sur les risques à traiter en priorité.
chimique.
En complément, le recours à la métrologie atmosphérique
et/ou biologique pour quantifier les expositions peut être 5. Élaboration du plan d’actions
envisageable. Les niveaux d’exposition relevés seront alors
comparés aux valeurs de références (VLEP). Cette méthode L’évaluation des risques a pour objectif de mettre en place
est délicate à mettre en œuvre et nécessite des moyens un plan d’actions de prévention et de rechercher les
extérieurs. Ses modalités de mise en œuvre ne sont pas solutions à mettre en œuvre pour réduire les risques iden-
étudiées dans ce guide. tifiés, en privilégiant les risques prioritaires. Ces actions
En parallèle de l’évaluation, il revient à l’Autorité territoriale doivent être établies dans le respect des principes
ou à la Direction de l’établissement de contrôler régulière- généraux de prévention et en concertation avec les
ment le niveau d’exposition de ses agents aux produits acteurs du projet, notamment les utilisateurs, les membres
du CHSCT et les services de santé au travail.
Au-delà de l’ordre de priorité établi en fonction de
l’importance des risques évalués, les priorités d’actions
Cas pratique résultent également d’une prise en compte :
• de la réglementation,
Pour chaque produit recensé, les critères renseignés • du degré d’acceptation par les agents,
par le groupe de travail sur le document d’inventaire • de l’efficacité, de la fiabilité et de la stabilité dans le
et d’évaluation permettent de définir un niveau de temps des actions proposées,
risque. On distingue ainsi des produits en priorité • de la facilité, du coût et du délai de réalisation des actions,
1 (rouge), 2 (jaune) ou 3 (vert). • du non déplacement du risque.
Les résultats sont présentés au comité de pilotage
Les mesures et moyens de prévention envisageables pour
qui décide de s’intéresser en premier lieu aux pro-
tendre vers la maîtrise du risque sont développés
duits de priorité 1. Les poussières de bois, seul risque
ci-dessous. Toutefois, les rubriques de la FDS du produit
identifié en priorité 1, feront donc l’objet de la
donnent des informations sur les mesures de gestion du
recherche d’actions.
risque à adopter. Les conseils de prudence renseignés sur
Le médecin de prévention émet cependant une l’étiquette doivent également être pris en compte.
alerte sur un point : le produit "DESHERB’TOUT" est Comme le précise la réglementation (lire page 6), l’Auto-
identifié comme CMR mais ressort en priorité 2 du rité territoriale ou la Direction de l’établissement doit
fait de sa fréquence et de ses conditions définir des mesures de prévention visant à supprimer ou
d’utilisation. Le comité de pilotage décide donc de à réduire au minimum le risque d’exposition des agents à
s’intéresser également à ce produit et d’envisager des produits chimiques en :
sa substitution. • concevant et en organisant des méthodes de travail
adaptées,
35
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
• prévoyant un matériel adéquat ainsi que des procédures a. Suppression du risque à la source
d’entretien régulières, La suppression du risque doit être privilégiée. Le recours
• réduisant au minimum le nombre de travailleurs exposés, aux produits chimiques doit être au maximum évité.
• réduisant au minimum la durée et l’intensité de l’exposition, Des solutions alternatives existent. Pour le désherbage,
• imposant des mesures d’hygiène appropriées, par exemple, s’il est réellement nécessaire, la priorité
• réduisant au minimum nécessaire la quantité d’agents pourra aller au désherbage manuel ou thermique.
chimiques présents sur le lieu de travail concerné,
• concevant des procédures de travail adéquates (manu- b. Substitution du produit
tention, stockage et transport). Si la suppression du risque n’est pas possible, une
démarche de substitution peut être engagée pour favoriser
Pour maîtriser les risques identifiés lors de l’évaluation, les l’utilisation de produits et de procédés moins dangereux
mesures suivantes doivent être mises en œuvre par ordre (solvants de nettoyage remplacés par des lessives,
de priorité : application de la peinture au pinceau plutôt qu’en aérosol).
36
Le risque chimique
Règles de manipulation - Règles d’hygiène comprendre une rétention efficace et adaptée. La capacité
Lors de la manipulation de produits chimiques, quelques de rétention devrait être au moins égale à :
règles essentielles d’hygiène sont à respecter impérative- - 100 % de la capacité du plus grand contenant,
ment par les agents : - 50 % de la capacité totale des contenants associés.
• ne pas boire ou manger, ne pas fumer,
• utiliser des vêtements réservés à cet usage, Exemples :
• se laver correctement les mains après utilisation, - stockage d’un fût de 100L > rétention de 100L minimum
• prendre une douche a posteriori, si possible. - stockage de 5 bidons de 20L > rétention de 50L minimum
38
Le risque chimique
La gestion et l’élimination des produits dangereux • les risques liés à l’utilisation des produits,
Les déchets de produits chimiques doivent être récupérés • les mesures et moyens de prévention existants.
et éliminés par l’intermédiaire d’une entreprise spécialisée.
Pour cela, l’agent doit avoir à disposition différents modes La formation à la sécurité et l’information doivent être
de conditionnement des déchets, tenir compte des pro- adaptées à l’évolution des risques et à l’apparition
priétés dangereuses de chacun d’eux et surtout distinguer de risques nouveaux. Elles doivent être réitérées
chaque emballage de manière claire et lisible. Les produits régulièrement.
signalés comme dangereux pour l’environnement ne
doivent en aucun cas être déversés dans l’égout. Les agents et le CHSCT doivent :
• recevoir une information sur les produits chimiques
f. Mise en place de protections individuelles dangereux présents sur leur lieu de travail (noms,
Des Equipements de Protection Individuelle (EPI) adaptés risques, valeurs limites d’exposition). Cette information
aux risques encourus et à l’activité doivent être mis à la est appropriée et périodiquement actualisée ;
disposition des agents susceptibles d’être exposés à des • avoir accès aux Fiches de Données de Sécurité ;
produits dangereux : appareils respiratoires, gants, • recevoir une formation et des informations sur les
lunettes, masques écran, combinaisons, blouses, bottes... précautions à prendre pour assurer leur protection et
L’employeur assure l’entretien de ces équipements et des celle des autres travailleurs : consignes relatives aux
vêtements de travail. mesures d’hygiène, utilisation des EPI…
Néanmoins, les EPI ne doivent pas être privilégiés au
détriment des mesures de protections collectives. Par ailleurs, la Fiche de Données de Sécurité représente
Ils peuvent être utilisés en complément ou en dernier aussi un outil précieux pour le médecin de prévention, lui
recours. permettant, par une meilleure connaissance des produits
La mise en place de mesures techniques de protection manipulés et de la nature des risques associés à leur
nécessite d’être accompagnée de formation et d’informa- utilisation, de mieux conseiller la structure et de mieux
tion. Ces mesures ne sont pérennes et efficaces que si les adapter la surveillance médicale des agents.
agents utilisateurs ont été associés à leur choix et y Cette fiche permettra, à l’issue de l’évaluation, de faire un
adhèrent. choix entre plusieurs produits afin de sélectionner le
produit le moins dangereux en fonction de l’application
g. Autres mesures complémentaires recherchée. Elle permettra également d’élaborer des
En plus de ces mesures, d’autres dispositions règles de protection des agents.
doivent être envisagées :
Notice de poste
Mesures d’urgence La structure est tenue d’établir une notice pour chaque
Conduite à tenir en cas d’accident (cf. annexe 6) : poste de travail exposant les agents à des produits
• des systèmes d’alarme et de communication doivent être chimiques dangereux. Cette notice est destinée à les
installés (téléphone, boîtier déclencheur d’alarme…), informer des risques auxquels leur travail peut les exposer
• des installations de premiers secours doivent être à et des dispositions prises pour les éviter.
disposition,
• les informations sur les mesures d’urgence doivent être Ces notices comprennent :
disponibles. • une description des tâches à effectuer,
• un encart sur la sécurité comprenant les informations
Information et formation pour un bon emploi des produits dangereux et une
L’information et la formation des agents exposés peuvent utilisation efficace des protections collectives et
porter sur : individuelles.
39
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
La mise en place de ces fiches de poste doit produits a pour but d’informer les agents de l’existence
s’accompagner d’une information et d’une formation des d’un risque d’émissions accidentelles, dangereuses pour
agents. Cette notice doit être actualisable dès que besoin. la santé. L’accès des locaux de travail dans lesquels la
Pour aider à concevoir ces notices de postes, l’INRS concentration de produits dangereux dans l’air est
propose un aide-mémoire technique à ce sujet présenté susceptible de dépasser les valeurs limites doit être limité
dans la bibliographie. aux personnes dont la fonction l’exige. Elles doivent être
équipées de protections individuelles adaptées.
Signalisation appropriée Cette limitation d’accès doit être signalée.
La mise en place d’une signalisation de sécurité appro-
priée dans les locaux de travail où sont utilisés des
Exemple : le chef de projet élabore le plan d’actions avec les membres du groupe de travail.
Il est ensuite validé par le comité de pilotage. Le plan d’actions est communiqué aux responsables
de la mise en place et du suivi pour qu’ils se l’approprient et mettent en œuvre les actions.
40
Le risque chimique
Cas pratique
Les actions proposées sont soumises aux membres du comité de pilotage qui valide le plan d’actions et acte les ressources
nécessaires. Les actions sont ajoutées au plan d’actions général de prévention des risques lié au Document Unique.
Le chef de projet diffuse ces informations auprès des responsables de la mise en place des actions.
Faire
Poussière fonctionner Supprimer Technicien Responsable
Technique 01/12/2012 En cours Chef de projet
de bois l’aspiration l’exposition réparateur du service
à la source
Etudier la
DESHERB’ possibilité Substitution Groupe
Etude 30/06/2012 En cours Chef de projet Chef de projet
TOUT de substituer du produit de travail
le produit CMR
41
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
Étape 4 :
contrôle
de
l’efficacité
42
Le risque chimique
Il s’agit de faire le point sur ce qui a été mis en œuvre, de s’assurer que les objectifs sont atteints et,
à défaut, d’engager des actions correctives.
43
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
Contrôler l’exposition
L’employeur procède aux mesures de concentration des
agents chimiques pouvant présenter un risque pour la
santé et la sécurité des agents de façon régulière et lors
de toute modification.
Si les valeurs limites sont dépassées, un nouveau contrôle
dans les mêmes conditions est réalisé.
Si le dépassement est confirmé, des mesures de préven-
tion et de protection sont mises en place pour remédier à
la situation.
Les contrôles techniques destinés à vérifier le respect des
valeurs limites doivent être effectués par des organismes
agréés ou par l’Autorité territoriale ou la Direction de Vérifier les installations
l’établissement si elle bénéficie d’une autorisation. et les protections collectives
Les installations doivent être régulièrement vérifiées et
Ces valeurs limites doivent être considérées comme des maintenues en parfait état de fonctionnement.
objectifs minimaux. Toute action de prévention dans ce
domaine doit avoir pour finalité d’abaisser les niveaux Une notice fixant les conditions d’entretien et procédures
d’exposition à des valeurs aussi basses que possible de surveillance doit être établie (avec avis du CHS).
matériellement. Les visites, au minimum annuelles, sur les cuves, bassins
et réservoirs, doivent être réalisées par une personne
qualifiée, sous la responsabilité de l’employeur.
Les résultats de vérification sont consignés dans un
rapport.
44
Le risque chimique
Cas pratique
Le chef de projet suit l’avancement du plan d’actions
au travers de son tableau de bord. Il s’assure ainsi que
le responsable du service a bien fait réparer l’aspira-
tion des poussières de bois et que le risque est réduit.
De son côté, le médecin du travail suggère qu’un contrôle
de l’exposition de l’agent soit réalisé, notamment pour
l’exposition aux poussières de bois. L’objectif est d’éva-
luer l’efficacité de la mesure mise en place.
45
Partie 2 : la démarche de prévention
et de maîtrise du risque chimique
Étape 5 :
amélioration
de la
démarche
46
Le risque chimique
La démarche mise en œuvre doit être pérennisée pour permettre une progression régulière en matière
de prévention.
Procédogramme
48
Le risque chimique
Conclusion
À travers ce guide sont abordés les étapes et les Enfin, il convient de rappeler que le risque chimique doit
points importants du bon déroulement d’une être pris en compte dans la démarche d’évaluation des
démarche de prévention du risque chimique... risques professionnels. L’évaluation et la prévention du
risque chimique proposées ici contribuent idéalement à
Étape de préparation : poser les bases de sa enrichir et mettre en perspective les résultats du
démarche de prévention du risque chimique. document unique au sein d’une collectivité ou d’un
Étape de mise en œuvre : évaluer le risque chimique établissement. Afin de faciliter ce parallèle, les critères et
(identification des produits, des dangers et de l’expo- les échelles choisis pour caractériser le niveau de risque
sition, hiérarchisation des risques, présentation des chimique sont issus de la méthode d’évaluation des
moyens de maîtrise possible, recherche et planification risques professionnels DS Services. Pour les utilisateurs de
des actions). cette méthode, il sera ainsi plus aisé de renseigner les
Contrôles réguliers : faire le point sur ce qui a été mis informations de l’évaluation dans leur applicatif document
en œuvre et s’assurer de l’efficacité des mesures prises. unique. Ces démarches d’évaluation ont toutes deux pour
Amélioration continue : réaliser un bilan et une but d’aboutir à un plan d’actions de réduction des risques.
revue sont les étapes finales d’une telle démarche.
49
Partie :
Annexes téléchargeables
SOMMAIRE
ANNEXE 1 : les réglementations spécifiques
50
Le risque chimique
Bibliographie
GAUTRET DE LA MORICIERE, Guy. Guide du risque chimique : identification, évaluation, maîtrise. Paris :
Dunod, 2006, 385p.
Risque chimique : fiche ou notice de poste - Aide-mémoire technique, ED [Link], oct 2009
[Link]
Registre Unique Santé et Sécurité au travail : ©_lien sur [Link], rubrique publications
Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) pour aider les entreprises dans les démarches
de substitution des CMR : [Link]
51
52
Service ou unité de travail : atelier espaces verts
Nombre de personnes exposées : 1
Responsable du recensement : M. DUPONT
Date : 15 décembre 2011
Exemple de document
53
54
Service ou unité de travail : xxxx
Nombre de personnes exposées : xxxx
Responsable du recensement : xxxx
Date : xx/xx/xx
Exemple de document
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55
Pour toute demande d’information sur la démarche :
Service Prévention
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Fax : 02 48 48 12 47
E-mail : prevention@[Link]
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Siège social : Route de Creton - 18110 Vasselay
Adresse postale : CS 80006 - 18020 Bourges Cedex
N° ORIAS 07 006 379 - [Link]
[Link]
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Groupe Sofaxis
Ce document a été imprimé sur un papier certifié PEFC, issu de forêts gérées durablement.
DSSC1018-v04 11/2013