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Classes de ductilité et comportement sismique

Ce document décrit les classes de ductilité et les coefficients de comportement utilisés dans la conception parasismique selon la norme NF EN 1998-1. Il explique les notions de structures ductiles et dissipatives, et présente les trois classes de ductilité DCL, DCM et DCH ainsi que les plages de valeurs associées au coefficient de comportement q.
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Classes de ductilité et comportement sismique

Ce document décrit les classes de ductilité et les coefficients de comportement utilisés dans la conception parasismique selon la norme NF EN 1998-1. Il explique les notions de structures ductiles et dissipatives, et présente les trois classes de ductilité DCL, DCM et DCH ainsi que les plages de valeurs associées au coefficient de comportement q.
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Conception parasismique

Classes de ductilité et coefficient de comportement

Classes de ductilité et coefficient de comportement


Pour la conception parasismique d’un bâtiment, le choix de la classe de
ductilité et du coefficient de comportement associé représente une étape
cruciale. Petit aperçu des enjeux liés à cette décision.

Introduction et contexte

Pour tous les bâtiments situés en zones sismiques (Voir les textes déjà publiés sur
métalétech : Partie I : Principes et exigences fondamentales Partie II: Zonage sismique et
catégorie d’importance Partie III : Normes de construction parasismique et classes de sol
Partie IV : Définition de l’action sismique), la norme NF EN 1998-1 est rendue d’application
obligatoire par la réglementation française. Cette norme récente repose sur la notion
fondamentale de conception dissipative, laquelle se traduit par le choix d’une classe de
ductilité à choisir parmi l’une des trois classes DCL (ductilité limitée), DCM (ductilité
moyenne) et DCH (ductilité haute). Le choix de la classe de ductilité a des conséquences
importantes et doit intervenir le plus en amont possible lors de la conception.

Cette fiche donne un aperçu sur les notions fondamentales à bien maitriser pour effectuer
un choix pertinent de la classe de ductilité, pour les constructions métalliques ou les
constructions mixtes acier-béton.

Notion de structure ductile et de comportement dissipatif

La ductilité désigne la propriété d’un matériau pouvant se déformer dans le domaine


plastique sans atteindre la rupture. Par extension, il est aussi possible d’associer le terme
de ductilité à un bâtiment quand celui-ci peut se déformer latéralement dans son domaine
post-élastique sans s’effondrer. Pour un tel bâtiment ductile soumis aux effets d’un séisme,
les incursions répétées dans le domaine plastique donnent lieu à une importante absorption
de l’énergie sismique sous forme de déformations plastiques hystérétiques.

Lorsque l’absorption de l’énergie par déformations post-élastique est prévue dès la


conception, on parle de bâtiment à comportement dissipatif. Dans la norme NF EN 1998-1,
le niveau d’énergie absorbée pendant un séisme est représentée par le coefficient de
comportement 𝑞𝑞, qui peut varier de 𝑞𝑞 = 1 pour un comportement purement élastique
jusqu’à des valeurs de l’ordre de 6 à 6,5 pour des structures métalliques.

Pour un bâtiment dissipatif, il a été démontré par Newmark dans les années 1970 que les
déformations latérales sont indépendantes de la valeur du coefficient de comportement q et
restent égales à celles qui seraient obtenues dans le domaine élastique, c’est-à-dire avec
𝑞𝑞 = 1. Inversement, Newmark a aussi montré que les sollicitations sismiques dans les
éléments d’une structure dissipative sont divisés par le coefficient 𝑞𝑞, grâce à l’absorption de
l’énergie sismique.

Grâce à ces deux propriétés, il est donc possible, pour une structure avec un comportement
dissipatif, de réaliser une analyse sismique élastique, nonobstant l’incursion dans le domaine
plastique. Dans la norme NF EN 1998-1, le coefficient de comportement 𝑞𝑞 est directement
intégré dans les formules du spectre de réponse (Voir l’article « Spectres de calcul de
l’Eurocode 8 »). Une analyse sismique par la méthode de l’analyse modale-réponse
spectrale fournit donc directement les sollicitations dans les barres incluant déjà la division
par q. A contrario, il est nécessaire, pour obtenir les déformations de la structure, de multiplier
les déplacements par le coefficient de comportement.

Pierre-Olivier Martin, directeur projets de recherche, CTICM – Mars 2022 1


Conception parasismique
Classes de ductilité et coefficient de comportement

Choix du type de comportement

Pour le dimensionnement parasismique d’une structure, la norme NF EN 1998-1 distingue,


pour les structures métalliques et les structures mixtes acier-béton, 3 classes de ductilité
DCL, DCM et DCH, associées à des capacités croissantes de dissipation d’énergie sismique
représentées par des plages croissantes de valeurs du coefficient de comportement q
(Tableau 1). Le choix de la classe de ductilité doit intervenir dès le début de la conception
de la structure, même si la valeur de 𝑞𝑞 peut être affinée au fur et à mesure de l’avancement
des études.

On retrouve les mêmes classes de ductilité pour les autres matériaux couverts par la norme NF EN
1998-1, à savoir les structures en béton et en bois, sauf pour les structures en maçonnerie. Cette fiche
Métalétech ne couvre explicitement que les structures métalliques (§6 de la norme NF EN 1998-1) et
les structures mixtes acier-béton (§7).

Intervalle des valeurs de référence


Principe de dimensionnement Classe de ductilité
du coefficient de comportement q
Comportement de structure non dissipatif
DCL (limitée) 1 ≤ 𝑞𝑞 ≤ 2
ou faiblement dissipatif
DCM (moyenne) 𝑞𝑞 ≤ 4 (*)
Comportement de structure dissipatif
DCH (haute) 𝑞𝑞 > 4 (*)
(*) les valeurs indiquées ne tiennent pas compte des limites propres à chaque type de contreventement

Tableau 1 : Classes de ductilité et coefficients de comportement pour les structures métalliques

Il existe une grande différence entre d’une part la classe de ductilité DCL, pour laquelle
aucun comportement dissipatif n’est escompté et d’autre part les classes de ductilité DCM
et DCH. Pour ces dernières, le dimensionnement de la structure repose sur l’hypothèse
d’une dissipation de l’énergie sismique associée à une valeur de q généralement supérieure
à 2. Dans ce cas, le principe de base repose sur la formation de zones dissipatives au cours
du séisme, qui dissipent l’énergie sismique et permettent de limiter le niveau de sollicitations
perçues par le reste de la structure. Quand la structure est bien conçue, les efforts sismiques
dans les éléments de la structure sont divisés par le coefficient de comportement q. En
contrepartie de cette réduction des efforts, une démarche spécifique de dimensionnement
en capacité doit être mise en place, se traduisant par des temps d’études plus longs, des
dispositions constructives plus coûteuses et des classes d’exécution plus sévères.

Le choix d’une classe de ductilité DCM ou DCM ne doit donc être envisagé que pour les
zones de sismicité les plus élevées, typiquement en France la zone de sismicité 5 et
éventuellement la zone de sismicité 4. En outre, il faut souligner que le recours à la
dissipation n’a de sens que dans la mesure où la formation de zones plastiques peut
effectivement avoir lieu, c’est-à-dire quand le cas de charge dimensionnant est le séisme.
Quand la structure est dimensionnée par d’autres charges, par exemple le vent, le recours
à la dissipation d’énergie ne permet aucune réduction des efforts sismiques.

Conditions d’application de la classe de ductilité DCL

Dans la norme NE EN 1998-1, certaines limites d’application de la classe de ductilité DCL


sont recommandées. En France, pour les constructions métalliques ou mixtes, les conditions
encadrant l’adoption d’une classe de ductilité DCL et les valeurs du coefficients de
comportement 𝑞𝑞 associées sont précisées dans les Recommandations du BNCM, intitulées

Pierre-Olivier Martin, directeur projets de recherche, CTICM – Mars 2022 2


Conception parasismique
Classes de ductilité et coefficient de comportement

« Recommandations pour le dimensionnement parasismique des structures en acier et


mixtes non ou faiblement dissipatives » (Tableau 2).

DCL Conditions d’applications

𝑞𝑞 = 1 Sans restrictions
𝑞𝑞 = 1,5 En zone de sismicité 3, 4 et 5, les structures avec des éléments primaires de
classe de section 4 ne sont pas autorisées
𝑞𝑞 = 2 Uniquement si 𝛾𝛾I 𝐴𝐴g 𝑆𝑆 ≤ 2,5 𝑚𝑚/𝑠𝑠 2 et dispositions constructives spécifiques

Tableau 2 : Synthèse des conditions d’application de la classe de ductilité DCL en France

Pour les structures métalliques courantes, la valeur q = 1,5 est généralement utilisée avec la classe de
ductilité DCL. La valeur q = 1 doit être adoptée pour les ossatures comportant des éléments primaires
avec des sections de classe 4, le cas échéant. Son usage est aussi recommandé pour les bâtiments
de catégorie d’importance IV, afin de limiter les dommages qui nécessiteraient une réparation après le
séisme.
Les conditions pour l’utilisation de q = 2 sont détaillées au § 4 des Recommandations.

Il est important de noter qu’une valeur de 𝑞𝑞 = 1,5 peut être adoptée en classe de ductilité
DCL dans toutes les zones de sismicité, à la seule condition de ne pas avoir de section de
classe 4 dans les éléments primaires du système de contreventement. Pour rappel, les
déplacements obtenus par une analyse basée sur le spectre de réponse de l’EN 1998-1
doivent toujours être multipliés par la valeur du coefficient de comportement adoptée dans
l’étude sismique, y compris en classe de ductilité DCL avec 𝑞𝑞 = 1,5.

Pierre-Olivier Martin, directeur projets de recherche, CTICM – Mars 2022 3

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