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Cours sur les Structures Algébriques

Ce document traite des structures algébriques de base comme les lois de composition internes, les groupes, les anneaux et les espaces vectoriels. Il définit et donne des exemples de notions clés comme les lois associatives, commutatives, les éléments neutres et les symétriques.

Transféré par

Kouassi Francis Kouame
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Cours sur les Structures Algébriques

Ce document traite des structures algébriques de base comme les lois de composition internes, les groupes, les anneaux et les espaces vectoriels. Il définit et donne des exemples de notions clés comme les lois associatives, commutatives, les éléments neutres et les symétriques.

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1

Cours de Structures algébriques


.

Mathias [Link]

Université F.H.B de Cocody Abidjan (Côte d’Ivoire)


2

– Lois de composition internes


– Groupes
– Anneaux
– Polynômes et fractions rationnelles à une variable
– Espaces vectoriels sur un corps
Chapitre 1

LOIS DE COMPOSITION
INTERNES

1.1 Définitions et exemples


Soit E un ensemble non vide. On appelle loi de composition interne l.c.i sur E
toute application f de E × E dans E. Avec une loi de composition interne sur E, on
a une règle de base pour calculer dans E.
Par exemple si :
E ={ , 4, }

Une loi de composition interne sur E est une application f de E × E −→ E. Une


telle application peut être définie par un tableau

∗  4
 4
 4 4
4 

en convenant que f (X, Y ) est l’élément du tableau se trouvant sur la ligne X et la


colonne Y .
On pose X ∗ Y = f (X, Y )
On a alors
∗ =

∗4=

4∗ =

4∗4=

(4 ∗ ) ∗ =  ∗ =

4 ∗ ( ∗ ) = 4 ∗ =

3
4 CHAPITRE 1. LOIS DE COMPOSITION INTERNES

Exemples classiques
1. E = R ou E = C
(x, y) 7−→ x + y ; (x, y) 7−→ x × y
2. si A 6= ∅ , on pose E = F(A) l’ensemble de toutes les applications de A dans
A
(f, g) 7−→ f ◦ g
S T
3. La réunion ” ” l’intersection ” ” définissent sur P(A) des lois de composi-
tions internes.

Notation : Une loi de composition interne f : E × E → E est en général désignée


explicitement par un symbole : • , + , ∗ , > , ⊥ , ◦ , ∆ , · · · , etc et f (x, y) est noté
x • y , x + y , x ∗ y, · · · , etc La notation x + y est dite additive, alors que toutes les
autres, x • y, x ∗ y, · · · sont dites multiplicatives.

1.2 Parties stables


Soient ∗ une loi de composition interne sur E et A une partie non vide de E. On
dit que A est stable pour la loi ∗, si
∀(a, b) ∈ A2 , on a : a ∗ b ∈ A

Exemples :
– Dans R muni de l’addition, {0}, N , Z , Q , [1, +∞[ , ]−∞, −1] , · · · , etc sont
stables.
– Dans R muni de la multiplication,
{0} , N, Z , Q , [1, +∞[ , [0, 1] , [−1, 1] , R+ , R∗ , {1} , {1, −1} , · · · , etc
sont stables.
– Dans F(A) muni de la composition des applications, le sous ensemble des ap-
plications injectives, celui des applications surjectives, et celui des applications
bijectives sont stables.

Remarques : • Si A est une partie stable pour la loi ∗, alors l’application


f 0 : A × A −→ A, (x, y) 7−→ x ∗ y est bien définie.
C’est donc une loi de composition interne sur A.
On dit ∗ induit naturellement une l.c.i sur A.

• Notons bien que E est stable, et c’est la plus grande partie (au sens de l’inclusion
⊆) stable de (E, ∗)

1.3 Lois associatives


Une loi de composition interne ∗ sur E est dite associative si
∀(x, y, z) ∈ E 3 , on a x ∗ (y ∗ z) = (x ∗ y) ∗ z
1.4. LOIS COMMUTATIVES 5

Exemples et contre - exemples


– l’addition et la multiplication dans C sont associatives
– T
La composition
S des application est associative
– et sont associatives dans P(A)
– Sur R, la loi ∗ définie par : x ∗ y = x.y + 2 n’est pas associative :
on a ((1 ∗ 2) ∗ 0 = 2 alors que 1 ∗ (2 ∗ 0) = 4)

Produit fini d’éléménts de E .


Soit E un ensemble non vide muni d’une loi de composition interne ∗ et soit
(x1 , x2 , · · · , xn ) ∈ E n (où n ≥ 3). Le produit de la suite finie d’éléments de E :
(x1 , x2 , · · · , xn ) est défini par le produit de la suite finie d’élémentts de E : (x1 , x2 , · · · , xn )
est défini inductivement par

x = x1 ∗ x2 ∗ · · · ∗ xn = x = (x1 ∗ x2 ∗ · · · ∗ xn−1 ) ∗ xn

Proposition Si la loi de composition ∗ est associative, alors

x = (x1 ∗ · · · xi ) ∗ (xi+1 ∗ · · · ∗ xn ) pour tout 1 ≤ i < n

Preuve : Par récurrence sur n.


– Pour n = 3 , c’est la définition de l’associativité
– à l’ordre n + 1
(x1 ∗ · · · xi ) ∗ (xi+1 ∗ · · · ∗ xn+1 )
= (x1 ∗ · · · xi ) ∗ [(xi+1 ∗ · · · ∗ xn ) ∗ xn+1 ] par def inition
= [(x1 ∗ · · · xi ) ∗ (xi+1 ∗ · · · ∗ xn )] ∗ xn+1 par associativite
= [x1 ∗ · · · xi ∗ xi+1 ∗ · · · ∗ xn ] ∗ xn+1 par H.R
= [x1 ∗ · · · xi ] ∗ xi+1 ∗ · · · ∗ xn ∗ xn+1 par H.R
.
Le produit |x ∗ x ∗{z· · · ∗ x} est noté xn .
nf ois
Avec une loi additive +, la somme x {z· · · + x} est notée nx
| +x+
nf ois

1.4 Lois commutatives


Soit ∗ une loi de composition interne sur E. On dit que deux éléments a et b de
E sont permutables pour la loi ∗ si

a∗b=b∗a

On dit que la loi ∗ est commutative si,

∀(x, y) ∈ E 2 , on a x ∗ y = y ∗ x.

( En d’autres termes, les éléments de E sont permutables 2 à 2 ).


6 CHAPITRE 1. LOIS DE COMPOSITION INTERNES

Remarques :
(1) Tout élélment x ∈ E permute avec lui même.
(2) Si ∗ de associative, tout x permute avec xn (n ∈ N∗ ).

Exemples et contre exemples


T et ×
– + S est des lois commutatives dans N, Z, Q, R, C.
– et sont commutatives
– La composition des applications ” ◦ ” n’est pas commutative.
Remarque : Il y a des lois commutatives qui ne sont pas associatives,
et des lois associatives qui ne sont pas commutatives.

1.5 Elément neutre


Soit E un ensemble muni d’une loi de composition ∗ un élément a ∈ E
est dit neutre pour la loi ∗ si,

∀x ∈ E, on a x∗a=x et a∗x=x

Exemples
– 0 est élément neutre de + dans R
– 1 est élément neutre de ×
T dans R
– A est élément neutre de P(A)
dans S
– Le vide ∅ est élément neutre de dans P(A)
– idA est élément neutre de ◦ dans F(A)

Il y a cependant des lois qui n’ont pas d’élément neutre. Par exemples
– La loi ∗ définie sur R par x ∗ y = x · y + 2 n’a pas d’élément neutre
– La loi > définie sur R par : x>y = x2 · y n’a pas d’élément neutre
– La multiplication × définie sur [2, +∞[ n’a pas d’élément neutre.

Théorème 2 : Si une loi de composition interne admet un élément neutre,


cet élément est unique.

REMARQUE : Si a est l’élément neutre de la loi ∗, alors a commute avec


tous les éléments de E.

1.6 Eléments symétriques


Soient E un ensemble non vide muni d’une loi de composition interne
∗ admettant ”a” comme élement neutre.
– Un élément x ∈ E admet un symétrique s’il existe un y ∈ E tel que
x∗y =y∗x=a
Dans ce cas on dit que y est un symétrique de x.
1.7. HOMOMORPHISMES 7

Exemples :
– Dans R muni de +, tout élément x ∈ R admet −x pour symétrique
1
– Dans R muni de ×, tout les éléments x ∈ R∗ admet pour symétrique
x
– Dans P(A) muni de la loi ∆

X∆Y = (X ∩ Y ) ∪ (X ∩ Y )

L’ensemble vide ∅ est élément neutre de ∆, et tout élément X ∈ P(A)


s’admet lui-même pour symétrique

Théorème 3 : Si E est un ensemble non vide muni d’une loi de compo-


sition interne associative, admettent un élément neutre, alors tout x ∈ E
admet au plus un symétrique.

Notation : Si x ∈ E admet un symétrique, ce symétrique est unique, on


le note x−1 (en notation multiplicative) et −x (en notation additive).

Proposition 4 : Si x et y sont deux éléments de E admettant chacun


symétrique, alors x ∗ y admet y −1 ∗ x−1 pour symétrique

(x ∗ y)−1 = y −1 ∗ x−1

Preuve : Calculer (x ∗ y) ∗ (y −1 ∗ x−1 ) puis (y −1 ∗ x−1 )

Corollaire 5 : Si x admet un symétrique, alors pour tout n ∈ N∗ , xn admet


(x−1 )n pour symétrique :
(xn )−1 = (x−1 )n

REMARQUES :
– Si a est l’élément neutre de la loi ∗, alors a est son propre symétrique.
– Si y est le symétrique de x, alors x est le symétrique de y.
– x commute avec son symétrique y.

1.7 Homomorphismes
Définition : Soient E, F deux ensembles munis respectivement des lois
de compositions internes ∗ et •
On dit qu’une application f : E −→ F est un homomorphisme si

∀ (x, x0 ) ∈ E 2 , on a f (x ∗ x0 ) = f (x) • f (x0 )


8 CHAPITRE 1. LOIS DE COMPOSITION INTERNES

Exemples
1. idE : E −→ E est un homomorphisme
2. si la loi • admet ε ∈ F comme élément neutre, alors l’application
constante h : E −→ F, x 7−→ ε est un homomorphisme.
3. ln : R∗+ −→ R est un homomorphisme si on considère la multiplication
dans R∗+ et l’addition dans R
4. b : C −→ C ; z 7−→ z̄ est un endomorphisme de (C, +)
5. f : R2 −→ R, (a, b) 7−→ 2a + b est un homomorphisme avec R muni de
l’addition usuelle et R2 muni de l’addition suivante :

(a, b) + (a0 , b0 ) = (a + a0 , b + b0 )

Définitions :
– un homomorphisme bijectif est appelé isomorphisme.
– Un homomorphisme de (E, ∗) dans (E, ∗) est appelé endomorphisme.

Proposition 6 : Soient f : E −→ F et g : F −→ G deux homomorphismes,


alors g ◦ f est un homomorphisme.

Preuve : (E, ∗) , (F, •) , (G, ⊥)

Proposition 7 : Si f : E −→ F est un isomorphisme, alors la bijection


réciproque f −1 est un isomorphisme.

Exercice 1
Soit f : E −→ F un homomorphisme
1. Montrer que si A est une partie stable de E, alors f (A) est une partie
stable de F . (En partie en particulier Imf est une partie stable de F )
2. Montrer que si B est une partie stable de E, alors f −1 (B) est une
partie stable de E.

Exercice 2 Soient E et F deux ensembles munis respectivement des lois


de composition internes ∗ et •
1. Montrer que sur E × F , les lois ∗ et • induisent une loi de composition
interne > :
(x, y) > (x0 , y 0 ) = (x ∗ x0 , y • y 0 )
2. Montrer que si A et B sont respectivement des parties stables de E
et de F , alors A × B est une partie stable pour E × F pour la loi >
Chapitre 2

GROUPES

2.1 Définitions et exemples


On appelle groupe un ensemble non vide E muni d’une loi de composi-
tion interne ∗ possédant les propriétés suivantes :

i) ∗ est associative.

ii) ∗ admet un élément neutre dans E.

iii) Tout élément de E admet un symétrique.

Si de plus la loi ∗ est commutative, le groupe E est dit commutatif. Les


groupes commutatifs sont appelés groupes abéliens.

Exemples classiques
1. Z muni de l’addition + est un groupe abélien.
Z muni de la multiplication × n’est pas un groupe.
2. Q, R, C sont des groupes abélien avec l’addition +, mais ne sont pas
des groues avec la multiplication ×.
3. Q∗ , R∗ , C∗ sont des groupes avec la multiplication.
4. Soit A un ensemble non vide.
S(A) = {f ∈ F(A) : f bijective} est une partie stable par la composition
des applications ◦.
◦ définit donc une loi de composition interne sur S(A), et muni de
cette loi, S(A) est un groupe non abélien.
Pour A = {1, 2, · · · , n}.
S(A) est noté simplement Sn et est appelé groupe des premutations
de n éléments Card(Sn ) = n!
5. P(A) avec la différence symétrique ∆ est un groupe abélien fini.
6. Le produit cartésien de deux groupes (E, ∗) et (F, •) est un groupe
avec la loi cartésienne > :

9
10 CHAPITRE 2. GROUPES

(e, f )>(e0 , f 0 ) = (e ∗ e0 , f • f 0 ).
En pariculier E 2 , est un groupe avec la loi cartésienne notée encore ∗

(a, a0 ) ∗ (b, b0 ) = (a ∗ b, a0 ∗ b0 )

Plus généralement E n est un groupe avec la loi cartésienne ∗

(x1 , · · · , xn ) ∗ (y1 , · · · , yn ) = (x1 ∗ y1 , · · · , xn ∗ yn ).

Exemple : R2 , R3 , · · · , Rn sont des groupes abéliens avec la loi carte-


sienne +.

2.2 Sous-groupes d’un groupe


Soient (G, ∗) un groupe, d’élément neutre e et H une partie de G. On
dit que H est un sous-groupe de (G, ∗) si les 3 propriétés suivantes sont
vérifiées :
i) e ∈ H
ii) ∀(x, y) ∈ H 2 , x ∗ y ∈ H
iii) ∀x ∈ H, x−1 ∈ H

Exemples
– G lui-même et {e} sont des sous-groupes de (G, ∗). Ces deux sous
groupes sont dits triviaux.
– Z est un sous groupe de (Q, +)
Q est un sous groupe de (R, +)
R est un sous groupe de (C, +)
– R∗+ , {−1, 1} sont des sous-groupes de (R∗ , ×)
– Un = {z ∈ C : z n = 1} est un sous-groupe de n éléments de (C∗ , ×)
– Pour tout a ∈ Z, l’ensemble des multiples de a, noté aZ est un sous
groupe de (Z, +).
– Plus généralement, si (G, ∗) est un groupe et g ∈ G, alors l’ensemble
des puissances de a : {g n , n ∈ Z} est un sous-groupe de (G, ∗).

a0 = e , a−2 = (a−1 )−2 , a−3 = (a−1 )3

Remarques :
1. Un sous-groupe H n’est pas vide.
2. Si H est un sous-groupe de (G, ∗) alors H est stable pour la loi ∗ et ∗
induit une loi de composition interne sur H. H muni de cette loi est
un groupe d’où la terminologie ”sous − groupe”
3. Très souvent pour montrer qu’un ensemble muni d’une loi de com-
position interne (l.c.i) est un groupe, on essaie de voir cet ensemble
comme un sous-groupe d’un ensemble plus grands.

Théorème 1 : (Caractérisation des sous-groupes de (Z, +)) Soit H un sous-


groupe de (Z, +). Alors il existe a ∈ N tel que H = aZ
2.3. CLASSES D’ÉQUIVALENCE SUIVANT UN SOUS-GROUPE 11

Preuve : A faire en exo

Corollaire 2 : (Egalité de Bézout)


a) Soient a, b ∈ Z et d = pgcd(a, b). Alors
∃(u, v) ∈ Z2 tel que au + bv = d (d > 0)
b) a et b deux entiers sont premiers entre eux
⇐⇒ ∃(u, v) ∈ Z2 tel que au + bv = 1

Preuve :
a) On considère l’ensemble {am + bn, (m, n) ∈ Z2 } qu’on note aZ + bZ.
Il est clair que aZ + bZ est un sous-groupe de (Z, +), donc ∃c ∈ N tel
que
aZ + bZ = cZ
Par ailleurs, aZ ⊂ dZ et bZ ⊂ dZ donc cZ = aZ + bZ ⊂ dZ. En particulier
c est un multiple de d et (c ≥ d).
L’égalité aZ + bZ = cZ montre que c divise à la fois a et b, donc
pgcd(a, b) = d ≥ c finalement on a c = d.

b) ⇒) est clair
⇐) si au + bv = 1, alors tout diviseur de a et b divise au + bv, donc
divise 1.

2.2.1 Intersection et sous-groupes d’un même groupe


Soient H1 et H2 deux sous-groupes d’un même groupe (G, ∗) ; H1 ∩ H2
est un sous groupe de (G, ∗) Plus généralement, si
T {Hi }i∈I est une famille
de sous-groupes d’un même groupe (G, ∗), alors Hi est un sous groupe
i∈I
de (G, ∗).
Soit A une partie de G. On appelle sous groupe engendré par A l’inter-
section de tous les sous-groupes de G contenant A. Ce sous-groupe est le
plus petit (au sens de l’inclusion) sous-groupe de (G, ∗) contenant A.

Exemples : si A = ∅, < ∅ >= {e} ; A = {x}, < x >= {xn , n ∈ Z}.

2.2.2 Réunions de sous-groupes


La réunion de deux sous-groupes d’un même groupe G n’es pas un sous
groupe (en général). Par exemple 2Z ∪ 3Z n’est pas un sous groupe de Z

2.3 Classes d’équivalence suivant un sous-groupe


Soient (G, ∗) un groupe d’élément neutre e et H un sous-groupe de (G, ∗).
H permet de définir sur G la relation binaire RH suivant :
pour tout (x, y) ∈ G2 , xRH y si x−1 ∗ y ∈ H
12 CHAPITRE 2. GROUPES

On a le théorème suivant :

Théorème 3 (de Lagrange)


i) RH est une relation d’équivalence.
ii) La classe d’équivalence d’un point a ∈ G est ā = {a ∗ h, h ∈ H} qu’on
note a ∗ H.

iii) Il y a une bijection entre ē = H et ā = a ∗ H.

iv) Si G est un groupe fini, on a

G
Card(G) = Card(H) · Card( )
RH

Preuve :
i) à faire en exercice
ii) a−1 ∗ (a ∗ h) = h ∈ H, donc (a ∗ h)Ra
iii) ϕ : H −→ aH, h 7−→ a ∗ h est une application bijective.
iv) Comme G est fini, l’ensemble des classes d’équivalence est aussi fini
on a
G = H ∪ (x1 ∗ H) ∪ (x2 ∗ H) ∪ · · · ∪ (xk ∗ H)
d’où Card(G) = Card(H) + Card(x1 ∗ H) + · · · + Card(xk ∗ H). Comme
G
Card(xi ∗ H) = Card(H) on a Card(G) = Card(H) · Card( )
RH

Remarque H Permet de définir une autre relation binaire R0H sur G par :

xR0H y si x ∗ h−1 ∈ H

R0H a toutes les propriétés dans le théorème de lagrange, sauf que la classe
d’équivalence de a ∈ G est H ∗ a = {h ∗ a, h ∈ H}.
Très souvent, on a a ∗ H 6= H ∗ a

2.3.1 Sous-groupes distingés dans (G, ∗)


Un sous-groupe H de (G, ∗) est dit distingué dans G si on a :

∀x ∈ G, ∀h ∈ H, ona x ∗ h ∗ x−1 ∈ H

Par exemple
1) {e} et G les deux sous groupes triviaux sont distingués.
2) Tout sous-groupe d’un groupe abélien est distingué.

Théoreme : Soient (G, ∗) et (F, •) deux groupes d’éléments neutre e et ,


et f : G −→ F un homomorphisme (de groupe). Alors
– f −1 ({}) est un sous-groupe distingé de (G, ∗)
– Imf est un sous-groupe de (F, •).
2.4. GROUPE QUOTIENT 13

Preuve : Comme e ∗ e = e, On a f (e) • f (e) = f (e) d’où


f (e) =  c’est à dire e ∈ f −1 ({}).
Si a, b ∈ f −1 ({}) alors f (a ∗ b) = f (a) • f (b) =  •  =  alors a ∗ b ∈ f −1 ().
Comme x ∗ x−1 = e = x−1 ∗ x, f (x) • f (x−1 ) =  = f (x−1 ) • f (x) d’où

f (x−1 ) = (f (x))−1

si donc a ∈ ker f = f −1 ({}) on a (a−1 ) = (f (a))−1 = −1 = 


d’où a−1 ∈ f −1 ({}).

2.4 Groupe quotient


Proposition 5 :
a) RH = R0H
b) RH est compatible avec la loi ∗ c’est a dire si aRH b et xRH y, alors
(a ∗ x)RH (b ∗ y)

Preuve :
a) Il faut montrer que aRH b ⇐⇒ aR0H b
Soit (a, b) ∈ G2 tel que aRH b.
Alors a−1 ∗ b ∈ H. Comme H est distingué dans G, a ∗ (a−1 ∗ b) ∗ a−1 ∈ H.
c’est à dire b∗a−1 ∈ H, donc bR0H a et aR0H b (puisque R0H est symétrique)
◦ Réciproquement, si aR0H b, alors a ∗ b−1 ∈ H, H étant distingué dans G,
on b−1 (a ∗ b−1 ) ∗ b ∈ H, donc b−1 ∗ a ∈ H et aRH b.

b) Soient (a, b) ∈ G2 , (x, y) ∈ G2 tels que aRH b et xRH y. on a :


(a ∗ x)−1 ∗ (b ∗ y) = x−1 ∗ (a−1 ∗ b) ∗ y
(a ∗ x)−1 ∗ (b ∗ y) = (x−1 ∗ (a−1 ∗ b) ∗ x) ∗ (x−1 ∗ y) ∈ H
G G
Notation : Si H est distingué, l’ensemble quotient est noté .
RH H

G
Proposition 6 : La loi ∗ induit une loi de composition interne sur par
H
(a, b) 7−→ a ∗ b
G
muni de cette loi (encore notée ∗) est un groupe. (appelé groupe quo-
H
tient).

Exemple : G = Z avec l’addition + et H = 4Z


Z
est un groupe avec l’addition a + b = a + b
4Z
Z
Ecrire la table de + de
4Z
14 CHAPITRE 2. GROUPES
Chapitre 3

Anneaux

3.1 Définitions et exemples


On appelle anneau un ensemble A non vide muni de deux lois de compo-
sition interne, une addition (x, y) 7→ x + y et une multiplication (x, y) 7→ x · y
telles que :
i) L’addition définit sur A une structure de groupe abélien.
(A, +) est un groupe abélien.
ii) La multiplication est associative
(a · b) · c = a · (b · c) ∀(a, b, c) ∈ A3
iii) La multiplication est distributive à gauche et à droite par rapport
à l’addition
x · (y + z) = x · y + x · z
∀(a, b, c) ∈ A3
(y + z) · x = y · x + z · x
– Si de plus la multiplication est commutative, on dit que A est un
anneau commutatif.
– L’anneau A est dit unitaire si la multiplication admet un élément
neutre.

Notations
– L’élément neutre de + de A est noté 0A et pour tout x ∈ A, le symé-
trique de x par rapport à la loi + est noté −x.
(on dit que −x est l’opposé de x)
– Si l’anneau A est unitaire, l’élément neutre de la multiplication ” · ”
dans A est noté 1A .
Un élément x ∈ A sera dit inversible, s’il admet un symétrique par
rapport à la multiplication, dans ce cas le symétrique de x est noté
x−1 .
On note U(A) l’ensemble de tous les éléments inversibles de A. U(A)
est stable pour la multiplication et (U(A), ·) est un groupe.
– Pour tout a ∈ A, et pour tout n ∈ N∗ on pose :
an = a
| · a ·{z· · · · a} et na = a {z· · · + a}
|+a+
n f ois n f ois

15
16 CHAPITRE 3. ANNEAUX

Exemples
1. Z, Q, R, C, munis de l’addition + et de la multiplication · sont des
anneaux commutatifs et unitaires.
2. Soit (G, +) un groupe abélien.
Une application f : G → G est dite endomorphisme si :
f (x + x0 ) = f (x) + f (x0 )
Par exemple IdG est endomorphisme de G. On note End(G) l’ensemble
de tous les endomorphismes de G.
Si f, g ∈ End(G), alors f + g : x 7→ f (x) + g(x) appartient à End(G), et
f ◦ g ∈ End(G).
Muni de ces deux lois de composition internes, (End(G), +, ◦) est un
anneau unitaire non commutatif.

3. On appelle matrice carrée d’ordre 2 à coefficients dans R tout tableau


de la forme  
a11 a12
a21 a22
On note M2 (R) l’ensemble des matrices carrées d’ordre 2 à coefficients
dans R
On pose :   0 0  
a + a0 b + b0
 
a b a b
+ =
c d c0 d 0 c + c0 d + d 0
  0 0  
a · a0 + b · c 0 a · b 0 + b · d 0
 
a b a b
· =
c d c0 d 0 c · a0 + d · c 0 c · b 0 + d · d
Montrer que (M2 (R), +, •) est un anneau unitaire non commutatif.
4. Si A et A0 sont 2 anneaux, il y a sur A × A0 une structure naturelle
d’anneau
(a, a0 ) + (b, b0 ) = (a + b, a0 + b0 )


(a, a0 ) · (b, b0 ) = (a · b, a0 · b0 )
En particulier Z2 , Z3 , Zn , . . . , C2 , C3 , . . . sont des anneaux
5. Si A est un anneau et X est un ensemble quelconque non vide ;
L’ensemble de toutes les applications f : X → A noté AX est un anneau
avec les lois suivantes :
f + g : x 7→ f (x) + g(x)
f, g ∈ AX ,
f · g : x 7→ f (x) · g(x)

Propriétés remarquables dans l’anneau


i) 0A · x = 0A , x · 0A = 0A pour tout x ∈ A
ii) −(x · y) = (−x) · y = x · (−y) pour tout x, y ∈ A
iii) Si A est un anneau unitaire, on a (−1A ) · x = −x
iv) Si x et y commutent (par rapport à ” · ”) c’est à dire x · y = y · x alors

(x · y)2 = x2 y 2 , (x · y)3 , · · · , (x · y)n = xn · y n ∀n ∈ N∗

(x + y)2 = x2 + 2(xy) + y 2
3.2. SOUS-ANNEAUX, IDÉAUX 17

(x + y)3 = x3 + 3x2 y + 3xy 2 + y 3

Plus généralement

(x + y)n = xn + Cn1 xy n−1 + Cn2 x2 y n−2 + · · · + Cnk xk y n−k + · · · + Cnn−1 x1 y n−1 + y n

Exercice : Calculer (1A + a)6

Définitions
– Un anneau A est dit intègre, si la partie A \ {0A } est stable pour le
produit.
Par exemple : (Z, +, •) est intègre, M2 (R) n’est pas intègre.
– un anneau unitaire A est appelé corps, si U(A), l’ensemble des élé-
ments inversibles de A est égal à A \ {0}.

U(A) = A \ {0}

exemples : R, C, Q sont des corps.

3.2 Sous-anneaux, Idéaux


Soient A un anneau commutatif unitaire et B une partie de A.
• On dit que B est un sous-anneau de A si :
i) B est un sous-groupe de (A, +)
ii) B contient 1A et B est stable par le produit ∀b, b0 ∈ B, bb0 ∈ B
Par exemple :
– Z est un sous-anneau de Q
– R est un sous-anneau de C
– Q est un sous-anneau de R

Remarque : L’intersection de sous-anneaux d’un même anneau est un


sous-anneau.

• On dit que B est un idéal de A si


i) B est un sous-groupe de (A, +)
ii) ∀ ∈ A, ∀b ∈ B, on a ab ∈ B

Exemples
– {0A }, A sont des idéaux de A (dits triviaux)
– aA l’ensemble des multiples de a dans A est un ideal(dit principal).
– Les idéaux de l’anneau Z sont de la forme nZ, où n ∈ N
– l’intersection d’idéaux d’un même anneau est un idéal
– la reunion d’idéaux est pas un idéal en général.
18 CHAPITRE 3. ANNEAUX

3.3 Anneaux quotients


Proposition: 1. Si I est un idéal de A, alors les lois ” + ” et ” · ” sont compatibles
avec la relation d’équivalences (de Lagrange)
aRb si b−a∈I
A
Proposition: 2. L’ensemble quotient muni des lois de composition internes
I
ā + b̄ = a + b
ā · b̄ = a · b
est un anneau commutatif unitaire

Exercice
– Ecrire la tables de l’addition et de la multiplicattion de l’anneau
Z
quotient .
6Z
– Trouver U(A)

Z
3.4 L’anneau quotient
nZ
Z
Soit n ∈ N∗ . On considère l’anneau quotient
nZ

Lemme : (La division euclidienne dans Z)


Soient a ∈ Z et b ∈ N∗ . Il existe un unique couple (s, r) ∈ Z × N tel que
· 0≤r<b
· a = sb + r

Z
Corollaire L’anneau a exeactement n éléments :
nZ
Z
= {0̄, 1̄, · · · , n − 1}
nZ

Preuve : Soit a ∈ Z la division euclidienne de a par n s’écrit : a = sn + r


averc r ∈ {0, 1, · · · , n − 1}
On a a − r = s · n ∈ nZ, donc aRr et ā = r̄
par ailleurs, si i 6= j et i, j ∈ {0, 1, · · · , n − 1} on a ī 6= j̄ car 0 6= |i − j| et
|i − j| < n donc j − i 6∈ nZ
Z
Proposition: 3. – L’anneau est un commutatif unitaire, d’élément unité 1̄
nZ
Z
– un élément ā de est inversible si et seulement si pgcd(a, n) = 1
nZ
Z
– l’anneau est un corps si et seulement si n est premier.
nZ
3.5. HOMOMORPHISME D’ANNEAUX 19

preuve
Z
• ā est inversible ⇔ ∃b̄ ∈ tel que b̄ = 1̄
nZ
⇔ ∃b ∈ Z : ab ¯ =1
⇔ ∃b ∈ Z, ∃k ∈ Z : ab − kn = 1
⇔ pgcd(a, b) = 1(Théorème de Bezout)
Z Z Z
• est un corps ⇔ U( ) = \ {0̄}
nZ nZ nZ
⇔ 1̄, 2̄, · · · , n − 1 sont inversibles
⇔ 1, 2, · · · , n − 1 sont tous prémiers avec n
⇔ n n’a pas de diviseur premier autre que 1 et n

3.5 Homomorphisme d’anneaux


Soient A et B deux anneau unitaires et f : A −→ A une application. On
dit que f est un homomorphisme d’anneau si :
i) f (a + a0 ) = f (a) + f (a0 )
ii) f (a · a0 ) = f (a) · f (a0 )
iii) f (1A ) = 1B
– On note qu’un morphisme d’anneaux est un homomorphisme de groupes.
– si f est un homomorphisme d’anneaux, on appelle noyau de f et on
le note ker f l’ensemble

ker f = {a ∈ A : f (a) = 0B }

Exemples
1. idA : A −→ A est un homomorphisme
A
2. Si I est un idéal de l’anneau A, la surjection canonique π : A −→
I
est un homomorphisme.
3. L’application constante C : A −→ B, x 7−→ 0B n’est pas un homomor-
phisme, car la troisième condition (iii) n’est pas vérifiée.

Théoreme 6 : (Chinois) Soient p et q deux entiers premiers entre eux.


Z Z
Alors l’homomorphisme ϕ : Z −→ × ; n 7−→ (ṅ, n̄) est surjectif.
pZ qZ

Preuve : Comme pgcd(a, b) = 1, par Bézout il existe (a, b) ∈ Z2 tel que

ap + bq = 1

Z Z
On vérifie que ϕ(bx + ay) = (ẋ, ȳ), pour tout (ẋ, ȳ) ∈ × .
pZ qZ
20 CHAPITRE 3. ANNEAUX

Exercice Soit f : A −→ B un homomorphisme d’anneaux


a) Montrer que f (0A ) = 0B
b) Montrer que ker f est un idéal de A, Imf est un sous anneau de B
c) Montrer que la relation d’équivalence de Lagrange définie par ker f
est la même que celle définie par les images de f .
A
d) Montrer que l’anneau quotient est isomorphe à Imf
ker f
Chapitre 4

Polynômes et fractions rationnelles à


une variable

4.1 Polynômes à une variable


4.1.1 Définitions
Un polynôme à une variable X, à coéfficients dans un anneau A, s’écrit
formellement :

a0 + a1 X + · · · + an X n où n ∈ N , ai ∈ A

– a0 est appelé terme constant du polynôme


– X est aussi appelé l’indéterminée.
– ai X i est appelé monôme de degré i et de coefficient ai .

Soit
P (X) = a0 + a1 X + · · · + an X n
– Si {i : ai 6= 0A } 6= ∅, on appelle degré de P (X) et on note deg(P (X))
l’entier :
max{i : ai 6= 0A }
– Si {i : ai 6= 0A } =
6 ∅, on appelle valuation de P (X) et on note val(P (X))
l’entier :
min{i : ai 6= 0A }

Par exemple :
si P (X) = 2X + 0X 2 + 3X 4 + 8X 5 + 0X 6
alors deg(P (X)) = 5 et val(P (X)) = 1.

On convient que
deg(0 + 0X + · · · + 0X n ) = −∞
val(0 + 0X + · · · + 0X n ) = +∞
Seul 0+0X +· · ·+0X n est de degré −∞ (seul polynôme de degré strictement
négatif) et de valuation +∞

21
22CHAPITRE 4. POLYNÔMES ET FRACTIONS RATIONNELLES À UNE VARIABLE

Egalité de deux polynômes


Pn Pm
Deux polynômes P (X) = i=0 ai X i , Q(X) = i=0 bi X
i
sont égaux si

deg(P (X)) = deg(Q(X)) et ai = bi ∀0 ≤ i ≤ deg(Q(X))

Notation : On note A[X] l’ensemble de tous les polynômes en X à coeffi-


cients dans l’anneau (A, +, ·).

4.1.2 Additions et multiplication dans A[X]


Addition .

n m max(n,m)
X X X
i i
ai X + bi X = (ai + bi )X i
i=0 i=0 i=0

où ai + bi est défini dans l’anneau A. La convention que ai = 0A si i > n et


bi = 0A si i > m.
On voit alors que (A[X], +) est un groupe abélien d’élément neutre, le
polynôme 0 + 0X + · · · + 0X n (polynôme nul).

La multiplication .
n
X Xm n+m
X
i i
( ai X ) • ( bi X ) = (ck )X k
i=0 i=0 k=0

où ck = ak b0 + ak−1 b1 + · · · + a0 bk .

Proposition 1
1. (A[X], +, •) est un anneau unitaire. Si A est commutatif, alors A[X]
aussi.
2. Si A est un anneau intègre, alors A[X] est aussi intègre.
On a pour tout (P, Q) ∈ (A[X])2 ,
– deg(P • Q) = deg(p) + deg(Q) ; val(P • Q) = val(P ) + val(Q).
– deg(P + Q) ≤ max(deg(P ), deg(Q)) ; val(P + Q) ≥ min(val(P ), val(Q)).

Exemple de calcul dans A[X]

(1 + X + 2X 3 )(X + X 3 ) =

(1 − X)(1 + X + X 2 ) =

Remarque : Si A est un anneau intègre, l’anneau A[X] est intègre et un


polynôme non constant P (X) n’est pas inversible.
4.1. POLYNÔMES À UNE VARIABLE 23

4.1.3 Division euclidienne et division suivant les puissances


croissantes)
Dès maintenant, on suppose que A = K est un corps commutatif.

Proposition 2 : (Division euclidienne) .


Soient P et Q deux polynômes de K[X] tels que Q 6= 0. Il existe un
unique couple de polynômes (S, R) tel que :

deg(R) < deg(Q) et P = SQ + R (∗)

preuve :
– La formule précedente (∗) est appelée division euclidienne de P par
Q.
– S et R sont respectivement appelés quotient et reste de la division
euclidienne de P par Q.
– Si R = 0, on dit que Q divise P ou que P est un multiple de Q (dans
A[X]). On a P = SQ.

Exemples : Effectuer la division euclidienne de X 3 − 1 par 1 + X + X 2 et

X 4 + 4X 3 − X 2 − X + 8 par X 2 − X + 1

Proposition 3 : (Division suivant les puissances croissantes) . Soient P ,


Q deux polynômes de K[X] tels que val(Q) = 0 et n ∈ N. Il existe un unique
couple de polynômes (S, R) tel que :

deg(Q) < n et P = SQ + X n R (∗∗)

4.1.4 Polynômes irréductibles


Un polynôme non constant P est dit irréductible s’il n’a pas de diviseur
propre, c’est à dire un diviseur Q tel que 1 ≤ deg(Q) < deg(P ). Par exemple,
tout polynôme de degré 1 est irréductible.

Proposition 4 Dans l’anneau K[X], tout polynôme non constant P (X)


s’écrit de façon unique comme un produit fini de polynômes irréductibles

P = P1 · P2 · · · Pr

où Pi irréductible.
– les Pi sont les facteurs irréductibles de P .
– On peut parler de pgcd et de ppcm d’un couple de polynômes (P, Q).
– Le calcul de pgcd(P, Q) se fait avec l’algorithme d’euclide.
– Dans C[X] tout polynôme s’écrit λ(λ − α1 )m1 · · · (λ − αp )mp
24CHAPITRE 4. POLYNÔMES ET FRACTIONS RATIONNELLES À UNE VARIABLE

4.1.5 Racines d’un polynôme


Soit
P (X) = a0 + a1 X + · · · + an X n ∈ k[X]
On dit que α ∈ K est racine de P (X) si :

P (α) = a0 + a1 α + · · · + an (α)n = 0K

Lemne 5 : α ∈ K est racine de P (X) ssi X − α divise P (X).

Preuve : P (X) = (X − α)S(X) + α

4.1.6 Dérivée formelle d’un polynôme et racines multiples


On appelle dérivée formelle d’un polynôme

P (X) = a0 + a1 X + · · · + an X n

le polynôme
P 0 (X) = a1 + 2a2 X + · · · + nan X n−1
On retrouve les propriétés classiques de la dérivation :

(P (X) + Q(X))0 = P 0 (X) + Q0 (X)

(λP (X))0 = λP 0 (X)


(P (X)Q(X))0 = P 0 (X)Q(X) + P (X)Q0 (X)
α ∈ K est dit racine d’ordre m ∈ N∗ de P (X) si :

P (α) = 0 , P 0 (α) = 0 , · · · , P (m−1) (α) = 0 , P (m) (α) 6= 0

P (i) (X) étant la i-ème dérivée formelle successive de P (X).

Proposition 6 : α ∈ K est une racine d’ordre m de P (X) ssi (X − α)m divise


P (X) et (X − α)m+1 ne divise pas P (X).

Remarque : Si α est une racine d’ordre m de P (X) et β est une autre


racine d’ordre p de P (X) alors (X − α)m (X − β)p divise P (X)

4.1.7 Polynômes scindés de K[X]


Un polynôme P (X) = a0 + a1 X + · · · + an X n ∈ k[X] de degré n ( c-a-d
an 6= 0) est dit scindé, s’il existe (α1 , α2 , · · · , αn ) ∈ K n tel que

P (X) = an (X − α1 )(X − α2 ) · · · (X − αn )

Par exemple, tout polynôme de C[X] est scindé, alors que dans R[X] il y a
des polynômes non scindés (X 3 + X).
4.2. FRACTIONS RATIONNELLES À UNE VARIABLE 25

Si P (X) est scindé, ses coefficients et ses racines sont liés par les n
relations suivantes.


 −an (α1 + α2 + · · · + αn ) = an−1
+an (α1 α2 + · · · α1 αn + α2 α3 + · · · + αn−1 αn ) = an−2





 ..
.
k


 (−1) a n (α α
1 2 · · · αk + · · · · · · + α α
n−1 n−k+1 · · · α n ) = an−k




 (−1)n an α1 α2 · · · αn = 0
(Somme de tous les produits de k racines d’indices distincts, il y en a Cnk
exactement).

Exemple pour n = 4


 −a4 (α1 + α2 + α3 + α4 ) = a3
+a4 (α1 α2 + α1 α3 + α1 α4 + α2 α3 + α2 α4 + α3 α4 ) = a2


 −a4 (α1 α2 α3 + α1 α2 α4 + α1 α3 α4 + α2 α3 α4 ) = a1
+a4 α1 α2 α3 α4 = a0

Thérème 7 : (de D’Alambert-Gauss) Tout polynôme non-constant P (X)


de C[X] admet au moins une racine dans C. En particulier, tous les poly-
nômes de C[X] non-constants sont scindés.

4.1.8 Les polynômes de R[X]


Soit
P (X) = a0 + a1 X + · · · + an X n ∈ R[X]

Lemne 8 : Si z0 ∈ C est racine de P (X), alors le conjugué z̄0 est aussi


racine de P (X). En particulier (X 2 − 2Reel(z0 )X + |z0 |2 ) divise P (X).

Corollaire 8 : Les polynômes irréductibles de R[X] sont soit du 1er degré


soit du second degré aX 2 + bXc avec b2 − 4ac < 0.

4.2 Fractions rationnelles à une variable


K sera un corps commutatif dans toute la suite .

4.2.1 Définition
Une fraction rationnelle à une variable X , est un quotient de polynômes
P (X)
en X , elle s’écrit sous la forme , où P (X) ∈ K[X] et Q(X) ∈ K[X]r{0}.
Q(X)
26CHAPITRE 4. POLYNÔMES ET FRACTIONS RATIONNELLES À UNE VARIABLE

P (X) S(X)
Deux fractions rationnelles et sont égales si on a l’égalité
Q(X) R(X)
P (X)R(X) = S(X)Q(X) dans l’anneau K[X].
En particulier si
P (X) P (X)H(X)
H(X) 6= 0 , =
Q(X) Q(X)H(X)
On note K(X) l’ensemble des fractions rationnelles.
P (X)
On identifie un polynôme P (X) à la fraction rationnelle , on a ainsi
1
l’inclusion K[X] ( K(X). On pose :
 
P (X)
deg = degP (X) − degQ(X)
Q(X)

4.2.2 L’addition et la multiplication dans K(X)


P S
L’addition Soient , ∈ K(X). On pose
Q R
P S P R + QS
+ =
Q R QR

La multiplication On pose
P S PS
· =
Q R QR
On a les résultats suivants :

propositions Avec cette addition et cette multiplication, K(X) est un


corps et K[X] est un anneau de K(X).

P R
propositions Soient, ∈ K(X) on a :
Q S
P R P R
i) deg( · ) = deg + deg
Q S Q  S 
P R P R
ii) deg( + ) ≤ M ax deg( ), deg( )
Q S Q S

4.2.3 Décomposition en éléments simples d’une fraction ra-


tionnelle
propositions [Partie entière d’une fraction rationnelle]
P
Soit ∈ K(X).
Q
Il existe un unique polynôme E(X) et une unique fraction rationnelle
R
tels que :
S
R P R
deg( ) < 0 et = E(X) +
S Q S
4.2. FRACTIONS RATIONNELLES À UNE VARIABLE 27

Preuve
P R
P = E.Q + R avec deg(K) < degQ =⇒ = E(X) +
Q S
P
E(X) est appelé partie entière de
Q

Exemples :

X2 1 2X 5 2 X X3 x3
=X −1+ , = − , = 0 +
X +1 X + 1 3X 5 + X 3 X + 1 X4 + 1 X4 + 1

P P
Théorème Soit où Q = λ (X − α)n (X − β)m · · · (X − γ)p Alors s’écrit
Q Q
de façon unique comme somme de sa partie entière et de fractions à dégré
strictement négatif comme suit :

P an a1
= E(X) + n + ··· +
Q (X − α) (X − α)

bm b1
+ m + ··· +
(X − β) (X − β)
cp a1
+ p + ··· +
(X − γ) (X − γ)
P s
Soit ∈ R(X) où Q = λ (X − α)n · · · (X − γ)m (X 2 + aX + b) · · · (X 2 + cX + d).
Q
P
Ainsi s’écrit de façon unique comme somme d’une partie entière de
Q
fonctions.

P
Théorème 5 Soit ∈ K(X), avec la décomposition en facteurs irréduc-
Q
P
tibles de Q = An · B m · · · C r . La fraction s’écrit de facon unique comme
Q
suit :
P Fn F1 Hm H1 Tr T1
= E + n + ··· + + m + ··· + + p + ··· +
Q A A B B C C
où E est partie entière, et deg (Fi ) < deg (A) , deg (Hi ) < deg (B) , deg (Ti ) <
deg (C).
Cette décomposition est unique et elle est appelée décomposition en
P
éléments simples de la fraction .
Q

Décomposition d’une fraction de C(X) .


P
∈ C(X) avec
Q

Q = λ (X − a)n . (X − b)m · · · (X − c)r


28CHAPITRE 4. POLYNÔMES ET FRACTIONS RATIONNELLES À UNE VARIABLE

P αn α1 βm β1 γr γ1
= E+ n +· · ·+ + m +· · ·+ + r +· · ·+
Q (X − a) (X − a) (X − b) (X − b) (X − c) (X − c)
P
où E est la partie entière de , αi , βi , γi ∈ C
Q

Décomposition d’une fraction de R(X) .


P
∈ R(X) avec
Q
r s
Q = λ (X − a)n · · · (X − b)m X 2 + cX + d · · · X 2 + eX + f
 
P αn α1
=E+ + ··· +
Q (X − a)n (X − a)
+
..
.
+
 
βm β1
+ ··· +
(X − b)m (X − b)
+
 
hr X + rr h1X + r1
+ ··· +
(X 2 + cX + d)r (X 2 + cX + d)
+
..
.
+
 
us X + vs u1 X + v1
s + ··· +
2
(X + eX + f ) (X + eX + f )s
2

Où E est la partie entière et αi , βi , γi , hi , ei , ui , vi ∈ R


Chapitre 5

Espaces vectoriels sur un corps

5.1 Lois de composition externes


Soient E un ensemble non vide. On appelle loi de composition externe
l.c.e sur E toute application f de K × E dans E.

Exemple : Une application g : N∗ × E −→ E ; (n, e) 7−→ ne est le model de


lois externe le plus connu.

Remarque : Avec une loi de composition externe sur E, on a une règle


de base pour multiplier les éléments de E par les élements de K.

5.2 Espaces vectoriels sur un corps


Soit K un un corps commutatif. Un espace vectoriel sur K est un groupe
abélien E (dont la loi est notée +) muni d’une application :

ϕ : K × E −→ E; (a, x) 7−→ ax

vérifiant les quatre propriétés suivantes :


i) (a + b)x = ax + bx
ii) (x + y)a = ax + ay
iii) a(bx) = (ab)x
iv) 1K x = x
pour tout a, b ∈ K ; et pour tout x, y ∈ E

Remarques
1. Si K = R, E est appelé espace vectoriel réel.
2. Si K = C, E est appelé espace vectoriel complexe.

29
30 CHAPITRE 5. ESPACES VECTORIELS SUR UN CORPS

Exemples d’espaces vectoriels


1. Le corps K est un espace vectoriel sur lui-même.
2. Si E1 et E2 sont deux espaces vectoriels sur K alors le produit cartésien
E1 × E2 est un espace vectoriel sur K avec les lois cartésiennes.
3. Ainsi R2 , R3 , ··, Rn sont des espaces vectoriels sur R. C2 , C3 , ··, Cn sont
des espaces vectoriels sur C.
4. Plus généralement, K n est un espace vectoriel sur K.
5. L’anneaux des polynômes K[X] son corps de fractions rationnelles
K(X) sont des K-espaces vectoriels.

Remarque : Si E est un espace vectoriel sur C, alors E est un espace


vectoriel sur R.

5.3 Sous-espaces vectoriels


Soient E un espace vectoriel sur K et V un sous-ensemble de E.
On dit que V est un sous-espace vectoriel de E si
– V est un sous-groupe de (E.+)
– et ∀x ∈ V, ∀a ∈ K on a ax ∈ V

Exemples : {0E } et E sont des sous-espaces vectoriels de E, ils sont dits


triviaux.

Proposition : Si V1 et V2 sont deux sous-espaces vectoriels de E, alors

V1 ∩ V2 et V1 + V2

sont des sous-espaces vectoriels de E.

5.4 Applications linéaires ou Homomorphismes d’es-


paces vectoriels
Soient E et F deux espaces vectoriels sur un corps K. Une application
υ : E −→ F est un homomorphisme ou K-linéaire si :
i) υ(ax) = aυ(x)
ii) υ(x + x0 ) = υ(x) + υ(x0 ) ∀x, x0 ∈ E et ∀a ∈ K

Exemples :
– idE est une application linéaire
– C : E −→ F ; x 7−→ 0F
– p : E × F −→ F ; (x.y) 7−→ y
– f : R2 −→ R ; (x, y) 7−→ x + y
5.5. ESPACES VECTORIELS QUOTIENTS 31

Proposition : Soit υ : E −→ F une application linéaire. Alors ker υ le noyau


de υ et Imυ l’image de υ sont respectivement sous-espace vectoriel de E
et de F .

Les notions de monomorphisme ; d’épimorphisme, d’endomorphisme et


d’isomorphisme sont laissées au lecteur.

5.5 Espaces vectoriels quotients


Soient E un espace vectoriel sur K et V un sous-espace vectoriel de E.
E
Sur le groupe quotient on peut définir une l.c.e comme suit :
V
E E
φ:K× −→ ; (a, x̄) 7−→ ax
V V
E
φ est bien définie et avec φ le groupe quotient est un espace vectoriel
V
sur K.

N.B : La structure d’espace vectoriel sera approfondie plus tard.

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