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Cours de Pulaar : Alphabet et Dialectes

Ce document présente un cours de pulaar destiné à des locuteurs natifs de la langue. Il contient un plan détaillé du cours qui aborde des sujets comme l'alphabet pulaar, la phonologie, le nom et ses déterminants. Le document fournit également des informations générales sur la langue pulaar et ses principaux dialectes en Afrique.

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Cours de Pulaar : Alphabet et Dialectes

Ce document présente un cours de pulaar destiné à des locuteurs natifs de la langue. Il contient un plan détaillé du cours qui aborde des sujets comme l'alphabet pulaar, la phonologie, le nom et ses déterminants. Le document fournit également des informations générales sur la langue pulaar et ses principaux dialectes en Afrique.

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Année académique 2019/2020 Support pédagogique

Cours de pulaar destiné à des apprenants


locuteurs natifs de la langue
(Ecrire, lire, comprendre)

par

Mamadou Ndiaye
Professeur titulaire des universités
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
Département de Linguistique et Sciences du Langage
Université Cheikh Anta Diop de Dakar

1
Plan du cours

I. Introduction : généralités
1.1. Un brouillard à dissiper : un homme, une langue, plusieurs appellations
1.2. La langue des Peuls : les principaux grands groupes dialectaux en Afrique
1.3. La langue des Peuls au Sénégal : les dialectes, le nombre de locuteurs, la
situation géographique

II. Etude de la langue


2.1. L’alphabet : définition
2.2. L’alphabet pulaar
a) au regard de l’alphabet français
b) au regard des autres alphabets (arabe, wolof)
2.3. Le phénomène linguistique de la gémination
a) la gémination des consonnes (simples et complexes)
b) la durée d’émission des voyelles
III. Le passage du pulaar oral au pulaar écrit : les principales
sources de difficultés.
3.1. L’harmonie vocalique
3.2. L’assimilation consonantique
3.3. La métathèse
IV. Présentation de quelques parties du décret n° 2005-988 du 25
Octobre 2005
4.1. Chapitre deuxième : la phonologie
4.2. Chapitre troisième : le nom et ses déterminants
4.3. Chapitre quatrième : les pronoms et les verbes

2
Références bibliographiques
1. Alain, A : La question peule, Karthala, Paris, 1981
2. Christiane, S : « Unité et diversité du monde peul », In Senri Ethnological
studies, n° 35, National Museum of Ethnology, Osaka, 1993
3. Aboubacry Moussa, L : De l’origine égyptienne des Peuls, Présence africaine
/ Khépéra, Paris, 1994
4. Amadou Hampaté, B : Kaïdara, récit initiatique peul, Nouvelles éditions
Ivoiriennes / Edicef, Abidjan, 1994
5. ARED, Taro 1 (livret de lecture 1), ARED, Dakar, 2009

3
I. Introduction : généralités
1.1. Un brouillard à dissiper
Il y a autour de l’homme peul, une sorte de brouillard qu’il serait judicieux de
dissiper tant qu’il s’agit de connaître l’homme dans la totalité de son histoire.
En effet, plusieurs termes sont utilisés pour nommer cette personne. Or, chacune
de ces appellations a une explication, une histoire.
Ainsi, en zone francophone et plus précisément au Sénégal, on relève le terme
peul. Il s’agit d’un terme usité par les Wolof qui, habitant avec cet homme bien
avant l’arrivée du colonisateur français, l’ont appelé ainsi. Le colonisateur
français s’en est emparé, l’a adopté et a appelé l’homme ainsi que sa langue, peul.
Dès lors, le peul est un homme qui parle la langue peule. Puis, le même
colonisateur français a voulu le distinguer des autres groupes ethniques selon la
zone d’habitation. Alors, on a :
- le peul du Fuuta (Tooro et Jaloŋ)
- le peul du Maasina
- le peul du Gaaɓu
- le peul du Jeeri et du Waalo
- le peul du Firdu
Nb : Fuuta Tooro, Fuuta Jaloŋ, Maasina, Gaaɓu, Jeeri, Waalo, Firdu sont des aires
géographiques habitées par les Peuls.
A côté de ce terme d’origine wolof, il y en a un autre, à savoir Toucouleur. Ce
terme est, lui aussi, utilisé d’abord par les Wolof avant d’être repris et adapté par
les Français. Cependant, ce terme Toucouleur serait une déformation de Tekrour
(ancien royaume qui s’étendait du Sénégal au Mali actuel, en passant par la
Mauritanie). Alors, Tekrour serait devenu dans la bouche des Portugais Tekoror
ou Tekoloro que les locuteurs wolof vont transformer en tëkolër puis Toukoulër,
orthographié Toucouleur.

4
Enfin est apparu un 3ème terme : haalpulaar. Il s’agit d’un mot composé d’une
racine verbale haal- (parler) et d’un substantif pulaar (langue pulaar). Ce terme a
fédéré autour de lui la plupart des militants pour la promotion des langues
africaines. Il signifie locuteur du pulaar et regroupe donc toutes les personnes qui
parlent le pulaar, qu’elles soient peules ou autres. Il doit son développement et sa
promotion à l’Association pour la Renaissance du pulaar (A.R.P) à la suite des
nouvelles politiques linguistiques initiées par l’ancien président, Léopold Sédar,
Senghor, dans les années 1970/80.
Il faut noter, à ce niveau, que, comme le terme peul, la langue connaît, elle
aussi, plusieurs dénominations. Par exemple on a :

o peul
voir plus haut
o toucouleur

o pulaar
termes utilisés par les Peuls eux-mêmes pour désigner
leur langue
o fulfulde

o fula terme surtout utilisé en zone mandé, par d’autres


populations

S’agissant maintenant, de la zone anglophone, on retrouve pratiquement la


même situation. En effet, on y enregistre le terme fulani qui vient du Haousa et
que le colonisateur anglais a adopté. Ce sont, en effet, les Haousa, cohabitants
des Peuls, qui les appelaient ainsi, c’est-à-dire filawa (sg) et fulani (pl.). Le terme
fulani a été appliqué aussi à la langue. Et, on parle de la langue fulani.

Ex : That man is a Fulani ; he speaks fulani, traduit en français par :


(Cet homme est un Fulani; il parle Fulani).

Comme nous le voyons, l’essentiel de ces différentes dénominations est l’œuvre


de groupes sociaux étrangers, il faut se tourner vers la communauté concernée
5
pour se rendre compte que, eux, ils se désignent autrement. En effet ils se disent
pullo (sg), fulɓe (pl.). Leur langue est le pulaar.
En parcourant l’espace pullophone, on rencontrera le terme fulfulde à partir
duMali en allant vers le Niger, le Nigeria jusqu’au Tchad. Les linguistes
distinguent les 2 zones pulaar et fulfulde à partir de la marque des verbes non
conjugués (à l’infinitif).
Pour la zone pulaar, ces verbes se terminent par -de et, pour la zone fulfulde, cette
marque -de disparaît au profit de la marque -gol.

Exemples :
Yarde (boire) : zone pulaar
Yargol (boire) : zone fulfulde

1.2. La langue des Peuls : les principaux grands groupes dialectaux en


Afrique

Classée dans la famille linguistique niger-congo et dans le groupe des langues


ouest-atlantiques (sous-groupe des langues sénégalo-guinéennes), la langue des
Peuls comprend 3 grands groupes dialectaux. Il s’agit du groupe pulaar, du
groupe fulfulde occidental et du groupe fulfulde oriental.
a) Le groupe dialectal pulaar est localisé en Mauritanie, au Sénégal, en
Gambie, en Guinée Bissau, en République de Guinée, au Libéria, en
Sierra Léone. Il est le groupe le mieux étudié.
b) Le groupe dialectal du fulfulde occidental s’étend du Mali au Niger, en
passant par le Burkina Faso, le Togo, le Bénin et la RCI.
c) Le groupe dialectal du fulfulde oriental est, géographiquement, le plus
étendu de ces groupes. En effet, il couvre toute la vallée du Niger, le
Nigeria, le Cameroun, la Centrafrique et le Tchad.
Ces 3 grands groupes dialectaux rassemblent aujourd’hui près de 30 millions de
locuteurs. Les pays où les Peuls sont recensés comme groupes ethniques sont la
Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Rép. De Guinée, la Guinée Bissau, la Sierra

6
Léone, le Libéria, le Ghana, la RCI, le Burkina Faso, le Mali, le Togo, le Bénin,
le Niger, le Nigeria, le Cameroun, la Centrafrique et le Tchad.

1.3. La langue des Peuls au Sénégal : dialectes, nombre de locuteurs,


répartition géographique
Le Sénégal est considéré comme un pays d’impact et de dispersion des vagues
migratoires peules saharo-sahéliennes. C’est pourquoi, il a connu des
mouvements internes selon des directions nord-sud et est-ouest.
Ces mouvements internes ont amené les Peuls (25%) au contact des Wolof (43%),
des Sereer (17%) et des Mandingues (7%), pour ne citer que les groupes
démographiques les plus importants. Il a résulté de ces mouvements et de ces
contacts une dialectisation progressive de la langue. C’est pourquoi, on dénombre
aujourd’hui près de 16 dialectes significatifs du pulaar au Sénégal. Ainsi donc, le
pulaar compterait environ 3,5 millions de locuteurs et est effectivement présent
dans les 14 régions administratives du pays.

7
II. Etude de la langue
2.1. Définition de l’alphabet
Les sons produits par l’Homme grâce à l’appareil phonatoire sont plus ou moins
fidèlement reproduits par des systèmes graphiques conventionnels appelés
alphabets. L’alphabet est donc un système graphique conventionnel qui reproduit
les sons d’une langue donnée. De nos jours, les alphabets internationaux les plus
connus sont l’alphabet de l’Association phonétique internationale (A.P.I) et celui
de l’Institut africaine internationale (I.A.I).
L’A.P.I a été créé en 1888 et utilise les signes graphiques empruntés au latin et
au grec. Cet alphabet a intégré d’autres qui ont été expressément dessinés par
des phonéticiens. Il s’agit des signes ʃ et ʒ (comme on peut le noter dans les
transcriptions phonétiques suivantes) : [ʃəval] et [mãʒ].
Quant à l’I.A.I, il a surtout été développé par les pays anglophones, dans les
années 1930. Cet alphabet comprend également des signes qui ne figuraient pas,
à l’époque, sur le clavier des machines à écrire. Il s’agit essentiellement des
signes ɓ, ɗ, ƴ et ŋ.

2.2. L’alphabet pulaar


Il a été créé à partir de l’A.P.I et de l’I.A.I. Il utilise donc les signes de ces 2
alphabets. Il comprend 32 lettres (23 lettres consonantiques simples, 4 lettres
consonantiques complexes et 5 voyelles).
Nb : une lettre consonantique simple se note par un seul signe graphique.
(Ex : t, d, n …).
Une lettre consonantique complexe, elle, est représentée par 2 signes graphiques
différents. (Ex : mb, nd, ng …).
Les 5 voyelles (qui sont brèves) ont leurs correspondantes longues.
(Ex : a …aa ; o …oo).
Parmi ces 32 lettres du pulaar, certaines s’écrivent de la même façon qu’en
français (identité de forme) ; certaines autres sont spécifiques au pulaar (pas de

8
ressemblance de forme avec les lettres du français) et il y a un petit nombre de
lettres que le pulaar a « emprunté » à des langues telles que l’arabe et le wolof.
Pour faciliter l’apprentissage et l’acquisition des lettres de l’alphabet pulaar, il
ne serait pas inutile de le présenter au regard de l’alphabet français.

a) L’alphabet pulaar au regard de l’alphabet français


Si l’on met face à face ces 2 alphabets, on va noter que :
- il existe, dans ces 2 langues, des lettres qui s’écrivent de la même façon et
qui se lisent de la même façon. Ce sont les lettres : a, b, f, i, k, l, m, n, o,
p, r.
- il y en a qui s’écrivent de la même façon mais qui ne se lisent pas
toujours de la même façon dans les 2 langues. Il s’agit de : c, d, e, g, h, j,
s, t, u, w, y.
Donnons quelques exemples pour illustrer ce cas de figure.
Exemples :
 Avec la lettre c
Elle se prononce en pulaar comme le son initial du mot français tiens. Pourtant,
en français c se prononce quelques fois comme un k. (Ex : clôture) ou comme
un s (Ex : place).
 Avec la lettre g
En pulaar g se prononce comme dans le mot français gare. Or, en français, g se
prononce quelques fois comme un son ʒ. (Ex : gifle).
 Avec la lettre h
Elle est muette en français mais elle se prononce aspirée en pulaar. (Ex :
horiʒon en français hoore (tête) en pulaar.
 Avec la lettre y
y se prononce en pulaar comme dans le mot français yoga. Or, en français y est
quelques fois prononcé comme i. (Ex : hypothèse).

9
 Avec la lettre w
w se prononce en pulaar comme dans le mot français Ouagadougou alors que
dans cette langue, w est prononcé comme v. (Ex : wagon).
Exercice : trouver les explications pour les lettres d, j, s, t, u.

b) L’alphabet pulaar au regard des autres alphabets


- au regard de l’alphabet arabe
Le pulaar a emprunté à cette langue les lettres z et q et sh.
Ex : azaka (dîme)
haqiiqa (vérité absolue)
sheytaan (satan)
- à la langue wolof
Le pulaar va emprunter la lettre x.
xaalis (argent, monnaie)

c) L’alphabet pulaar au regard de lui même


Par rapport à tous ces alphabets, on peut dire que le pulaar dispose de lettres qui
lui sont spécifiques. Ce sont des lettres qui sont issues des alphabets de l’I.A.I et
de l’A.P.I. Il s’agit de :
ɓ (ɓalal : mur)
ɗ (ɗiɗi: deux)
ñ (ñiiwa: éléphant)
ŋ (ŋari: aspect physique)
ƴ (ƴulmere : charbon)
' (na'i : vaches)
mb (mbaalu : mouton)
nd (ndiyam : eau)
nj (njuulu : prière)
ng (ngesa : champ)

10
Les lettres de l’alphabet (limto) pulaar

11
Lieux d’articulation
labiales labio- alvéolaires palatales vélaires glottales
dentale
explosives p b t d c j k g '
occlusives

implosives ɓ ɗ ƴ
Mode d’articulation

nasales m n ñ ŋ
fricatives f s h
constrictives

latérale l
vibrante r
semi-voyelles w y

Tableau phonologique du pulaar.

12
Exercices : objet > reconnaissance, acquisition et fixation des lettres de
l’alphabet.

1. Ecrire les mots simples (à dicter)


duɗal, laɓi, huɗo, jawo, ƴaro
njamala, gite, wojere, tiba, kala
sabu, ndamndi, ɗoyru, jooni, ñawu
ŋoŋɗi, ƴamal, la'al, ngesa, mbeɗu

2. Ecrire des groupes de mots


remde ngesa kosam nagge
tafde jalo damal galle
hul gite nebam sirme
defte yero mbeɗu hoorde
afo ngalu kootone kaŋŋe

3. Ecrire de petites phrases


baylo tafat kootone kaŋŋe
mooƴu mooƴataa ƴiye
mo huli gite huttataa hoore

2.3. Le phénomène linguistique de la gémination


La gémination est l’augmentation de la durée d’émission d’une consonne, qu’elle
soit simple ou complexe. Cette durée est en moyenne de 2,5 fois supérieure à la
durée d’émission de la consonne concernée.

2.3.1. La gémination des consonnes simples


Cette gémination consiste à doubler la consonne concernée. Ainsi, la gémination
de la consonne simple p va se matérialiser comme suit : -pp-.
Exemple : lappol (file indienne)

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Remarque : Attention, les consonnes simples f, s, r, h et ' ne géminent pas. Elles
ne sont donc pas concernées par ce phénomène.

2.3.2. La gémination des consonnes complexes


Rappelons que les consonnes dites complexes sont celles qui, du point de vue
orthographique se notent avec deux signes graphiques distincts. Par exemple mb,
nd, nj, et ng. La gémination des consonnes complexes ne se fait pas par un
redoublement systématique de la consonne concernée, comme c’est le cas pour
les consonnes dites simples (ex : t, d, n …). C’est pourquoi lorsque des consonnes
complexes se trouvent en situation de gémination, elles sont tout simplement
précédées de la consonne nasale qui a le même point d’articulation que la
consonne complexe concernée. On va alors noter des séquences comme celles-
ci :
Pour la consonne complexe mb, on aura la séquence -mmb-
Pour nd, ce sera : -nnd-
On aura les séquences -nnj- et -nng- pour les consonnes complexes nj et ng.
Donnons quelques exemples pour illustrer :

Sammba pour la séquence -mmb-


tonndu - - -nnd-
sannjere - - -nnj-
lonngere - - -nng-

Remarque : Ces séquences de consonnes sont toujours précédées d’une voyelle


brève.
Ex : hannde (aujourd’hui)
tonndu (lèvre)
junngo (bras)

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2.4. La durée d’émission des voyelles
On parlera de quantité lorsqu’il s’agit de la durée d’émission d’une voyelle. En
pulaar, la durée d’émission est pertinente parce qu’il existe, dans cette langue, des
couples de mots qui se distinguent rien que par la quantité de la voyelle.
Il résulte donc que le pulaar connaît 2 types de voyelles dont la différence de
durée est suffisante pour être perçue par l’oreille et soutenir des différences de
sens. Il s’agit des voyelles brèves i e a o u et de voyelles non brèves ii ee aa oo
uu.
Des exemples d’oppositions de ces voyelles le montrent.

Opposition de Exemples d’illustration


voyelles
brèves / non brèves
hir- (être jaloux)
i / ii
hiir- (veiller la nuit)

fer- (s’exiler)
e / ee
feer- se fendre)

aw- (pêcher)
a / aa
aaw- (semer)

hor- (tarir)
o / oo
hoor- (jeûner)

luɓ- (prêter)
u / uu
luuɓ- (sentir mauvais)

Nb : Il s’agit, dans tous ces exemples, de racines verbales.

15
A l’instar des voyelles, on peut dire que le pulaar connaît également 2 types de
consonnes simples dont la différence de durée est suffisante pour soutenir des
différences de sens.
Des exemples d’oppositions de consonnes brèves / consonnes longues peuvent
être donnés pour illustrer.

Opposition de Exemples
consonnes d’illustration
brèves / longues
celal (dérivation)
l / ll
cellal (santé)

gude (pagnes
d / dd
gudde (trous)

fiɗi (a piqué)
ɗ / ɗɗ
fiɗɗi (a nettoyé poussière)

tagiino (avait créé)


g / gg
taggiino (avait plié natte)

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III. Le passage du pulaar oral au pulaar écrit : les principales
sources de difficultés.

Il est important de s’arrêter sur certains phénomènes linguistiques qui constituent


de véritables sources de difficultés lorsqu’il s’agit de passer du pulaar oral (parlé)
au pulaar écrit.

En effet, pour beaucoup de langues, on ne parle pas comme on écrit et on n’écrit


pas comme on parle. Le pulaar n’échappe pas à cette règle. Les sources de ces
difficultés sont liées à l’harmonie vocalique, à l’assimilation consonantique et à
la métathèse.

3.1. L’harmonie vocalique


L’harmonie vocalique est un phénomène d’assimilation de voyelles qui peut jouer
sur 2 ou plusieurs voyelles d’un même mot ou de 2 mots voisins. Son but est de
rapprocher le timbre d’un son du timbre d’un autre son voisin. C’est ainsi que
dans la phrase orale suivante : [Gila o yehi, o artaani], la forme verbale yehi
comporte une anomalie du fait de la modification de la voyelle a (qui existe dans
la racine du verbe yahde "aller") en e. Cette modification de la voyelle a en e est
le résultat de l’harmonie vocalique car, dans la phrase proposée, la forme verbale
grammaticalement correcte est yahi. Or, dans cette forme, on note la coexistence,
dans le même mot, de la voyelle fermée i avec la voyelle ouverte a. et, du fait de
l’harmonie vocalique la voyelle fermée va entrainer la fermeture de la voyelle
ouverte. Le schéma ci-dessous tente de matérialiser ce phénomène.

i i u ---------- voyelles fermées

a e ------------ o ----------- voyelles mi-fermées

a a ------------ voyelle ouverte


Triangle vocalique

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Modification de a en e sous l’effet de la fermeture de i.

3.2. L’assimilation consonantique


L’assimilation consonantique est le résultat de la modification que subit une
consonne au contact d’une autre consonne voisine. Elle est dite régressive lorsque
la consonne qui est assimilée est placée avant la consonne qui assimile. Ce type
d’assimilation est fréquent en pulaar. Par contre, l’assimilation est dite
progressive lorsque la consonne qui assimile est placée avant la consonne qui est
assimilée. Ce type d’assimilation est rare en pulaar. C’est donc le 1 er type
d’assimilation qui va retenir notre attention.

Par exemple, "aimer" en français se dira [yidde] en pulaar. Il faudra prononcer ce


mot en 2 syllabes, i.e. [yid-] et [-de]. Mais attention, le d prononcé dans la 1ère
syllabe n’est pas, en réalité, un d (une occlusive alvéolaire explosive) mais plutôt
un ɗ (une occlusive alvéolaire implosive) qui est la consonne finale du radical du
verbe yiɗde "aimer", comme on le voit ici, i.e. yiɗ- (de). Cette consonne finale
radicale ɗ (yiɗ-) est assimilée, à l’oral, par la consonne initiale d (-de) du suffixe,
marque de l’infinitif du verbe yiɗ-de. Ce qui se traduit, grâce à l’assimilation par
la forme orale [yidde]. D’où la modification -dd- < -ɗd-. On peut noter d’autres
modifications de ce type.

-jj- < -ɗj-


Ex : woɗji : qui fait à l’oral [wojji]
ou bien :
-dd- < -td-
Ex : fotde qui fait à l’oral [fodde]
ou encore :
-nn- < -ɗn-
Ex : fuɗnaange qui produit à l’oral [funnaange]

18
3.3. La métathèse
La métathèse est un phénomène linguistique par lequel certaines lettres changent
de place dans un mot. C’est ainsi que, par exemple, on relève, en pulaar, 2 façons
de traduire l’expression française "c’est noir". En effet, certains locuteurs diront
"ina ɓawli", là où d’autres disent "ina ɓalwi". Or, une seule de ces 2 formes est
grammaticalement correcte. C’est celle qui admet l’expression "nagge
ɓalewe"(une vache noire) et donc qui admet un l final radical ɓal- et non celle qui
présenterait un w en finale radicale *ɓaw-, parce que la langue n’admet pas
l’expression *nagge ɓawele.
Par conséquent, les locuteurs qui utilisent la forme ɓawli ne font qu’intervertir les
consonnes l et w dans le même mot. Cette interversion de lettres est la
conséquence de la métathèse.

19
IV. Présentation du décret n° 2005-988 du 25 Octobre 2005,
relatif au découpage des mots et à l’orthographe du pulaar
(quelques extraits)

4.1. Chapitre deuxième : la phonologie


article 3 : la consonne glottale notée / ' / est une consonne phonologique du pulaar.
Elle est phonétiquement réalisée à toutes les positions mais pour des raisons de
commodité orthographique, elle n’est notée qu’en positon interne. Cependant, il
ne faut pas la noter devant une consonne.
Ex : na'i (vaches) ; be'i (chèvres).
Mais on ne notera pas han’de (braire) devant la consonne d.
article 8 : le système vocalique du pulaar connaît une opposition pertinente de
longueur. Ainsi, à chaque voyelle brève, il correspond une voyelle longue.

4.2. Chapitre troisième : le nom et ses déterminants


article 10 : les articles définis (classificateurs) du pulaar sont : o, ɓe, ba ou mba,
ɗam, ɗum, ɗi, ɗe, ki, ko, ka, kal, kon ou koñ, nde, ndi, ndu, nge, ngo, ngu, ngol,
ngal, ngel. On peut rencontrer d’autres articles définis selon les dialectes. Par
exemples, ngi, kol, kum, koy …

article 11 : ces articles définis sont toujours écrits séparés du nom qu’ils
déterminent.
- Lorsque l’article défini est placé après le nom qu’il détermine et qu’il se
termine par une voyelle, il s’écrit avec cette voyelle finale longue.

Ex : nagge ngee ; mbeewa baa.


- Placé avant le nom qu’il détermine, l’article défini joue le rôle de
déterminant démonstratif et il s’écrit avec la voyelle longue lorsqu’il est
terminé par une voyelle.

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Ex : ɓee rewɓe ; ngoo wuro.
article 12 : les articles définis à valeur démonstrative peuvent être précisés par
des adverbes de lieu qui indiquent, du coup, la proximité ou la distance. Dans ce
cas, ils sont écrits séparés de ces adverbes.

Ex : oo ɗoo galle (cette maison-ci)


oo gaa debbo (cette femme-là)
oo too gorko (cet homme là-bas)
Nb : ɗoo, gaa, too sont des adverbes de lieu.

4.3. Les pronoms et les verbes


article 17 : les pronoms personnels sujets
On distingue 3 sortes de pronoms personnels sujets : les pronoms personnels
sujets simples, les pronoms personnels sujets duratifs et les pronoms personnels
sujets emphatiques.

o les pronoms personnels sujets simples sont : mi, a, o, en (= nous inclusif),


min (=nous exclusif), on, ɓe.
o les pronoms personnels sujets duratifs sont : miɗo, aɗa, omo, eɗen (=nous
inclusif), miɗen (=nous exclusif), oɗen, eɓe.
o les pronoms personnels sujets emphatiques sont : miin, aan, kaŋko, enen
(=nous inclusif), minen (=nous exclusif), onon, kamɓe.
Remarque : Les pronoms personnels sujets postposés sont : -mi, -ɗaa / -aa ; -ɗee
/ -en ; -ɗon / -on ; -ɗee / -ee.

 Placé avant le verbe, le pronom personnel sujet simple, duratif ou


emphatique et toujours écrit séparé du verbe.
Ex : mi dawat law ; miɗo yaha koldaa ; aan ɓiroyta

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 Placé après le verbe, le pronom personnel sujet simple est rattaché au
radical du verbe s’il commence par une voyelle.
Ex : ñaamen haa gasa, njanngoya

 Placé après le verbe et commençant par une consonne, le pronom personnel


sujet simple est rattaché au verbe par un trait d’union.
Ex : tottu-mi ɓe defte pulaar ; nganndu-ɗen ko hannde

article 18 : les pronoms personnels objets


A l’exception du pronom personnel objet e (2e pers. du sg), tous les autres
pronoms personnels objets sont écrits séparés du verbe.
Ex : ko miin noddi mo ; o yiyii ma to jehre
mais on aura :
Ar mi totte ko kaalduno-ɗen koo.

Remarque : malgré la liaison que l’on fait souvent en lisant, le pronom personnel
objet am est écrit détaché (séparé) de la forme verbale.
Ex: addan am ndiyan
hollu am laawol

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