Maigret au Cinéma : Fiches et Analyses
Maigret au Cinéma : Fiches et Analyses
CINEMA
avec
Jules Maigret
Jules Maigret
La Nuit Du Carrefour -
1932
Pierre Renoir >> le commissaire Maigret ||| Winna Winfried >> Else Andersen ||| Georges Koudria >> Carl Andersen |||
Georges Térof >> l'inspecteur Lucas ||| André Dignimont >> Oscar ||| Michel Duran >> Jojo ||| Jean Gehret >> Emile
Michonnet ||| Jane Pierson >> Madame Michonnet ||| Lucie Vallat >> Michèle Oscar ||| Jean Mitry >> Arsène ||| Georges
André-Martin >> Grandjean ||| Max Dalban >> le médecin ||| Roger Gaillard >> le boucher ||| Boulicot >> le gendarme
Synopsis
A trois kilomètres d'Arpajon, au lieu-dit le carrefour des Trois-Veuvesse où se dressent quatre bâtisses, le diamantaire hollandais,
Goldberg, est retrouvé assassiné dans la voiture de l'agent d'assurances Michonnet, elle-même dissimulée dans le garage de ses
voisins danois Carl Andersen et sa sœur Else Andersen.
Immédiatement suspecté, Carl Andersen est interrogé par le commissaire Maigret. Mais il clame son innocence et affirme qu’il n’a
jamais rencontré la victime.
Sur place le commissaire Maigret tente de percer les secrets cachés des rares habitants de ce carrefour. Mais l’assassin rôde et frappe
de nouveau : il abat la femme du diamantaire sous les yeux du commissaire ; il blesse grièvement Carl Andersen ; il tente
d’empoisonner Else Andersen.
Jean Renoir, en portant à l’écran le roman de Simenon, « La nuit du carrefour », paru la même année, tente d’insuffler à son métrage
l’atmosphère propre au roman. Pour ce faire, il noie l’intrigue qui entremêle deux meurtres, un vol de diamants, un trafic de
drogue… dans une nuit interminable, sorte de huis clos, où se mélangent pluie et brume, mystère et sentiments glauques.
Certains ont jugé le résultat décevant, ou pour le moins discutable, parlant parfois de montage aberrant (1). Jugement injuste et hâtif
qui, nonobstant l’état de la technique cinématographique en 1932, reste aveugle à la modernité dont est porteur ce film. Certes, il
pâtit d’une surabondance de plans fixes, bordant le cadre à l’intérieur duquel évoluent les personnages, mais ces plans ne manquent
ni d’originalité ni d’inventivité. Ainsi, Renoir capte l’action comme à l’improviste, au travers d’une fenêtre, derrière la rambarde
d’un escalier ou d’une embrasure de porte. De ce fait, sa caméra en position objective, se métamorphose en une caméra subjective,
en d’autres termes le spectateur suit l’enquête non pas depuis son fauteuil, mais depuis l’œil du commissaire. A ce glissement
esthétique de positionnement répond une séquence de poursuite automobile entièrement tournée en caméra subjective. Mais la
modernité du métrage s’impose aussi par d’étranges inserts, dignes d’un JLG ou extraits de « Scarface » (Image 7), qui font écho à
une imagerie lascive (Image 1), surprenante (Images 3-4) ou empreinte de religiosité (Images 5-6-8).
1-Jean Mitry raconta longtemps qu’il avait égaré deux bobines entre le laboratoire et la salle de montage. D’autres affirment que
Renoir était ivre du matin au soir sur le tournage. Pascal Mérigeau souligne que le roman de Simenon n’était pas très clair.
2-« Chaque détail, à chaque seconde, de chacun de ses plans, fait de La Nuit du carrefour le seul grand film policier français, que
dis-je, le plus grand film français d’aventures. » Jean-Luc Godard
Jules Maigret
Le Chien Jaune -
1932
Abel Tarride >... >Commissaire Jules Maigret ||| Rosine Deréan >... >Emma ||| Rolla Norman >... >Léon ||| Robert Le Vigan
>... >Le docteur Ernest Michoux ||| Jacques Henley >... >Le Pommeret ||| Anthony Gildès >... >Le pharmacien ||| Robert Lepers
>... >L'inspecteur ||| Jean Gobet >... >Le voyageur de commerce ||| Paul Azaïs >... >Le marin ||| Paul Clerget >... >Le maire |||
Fred Marche >... >Servières ||| Jane Loury >... >L'hôtelière ||| Sylvette Fillacier
Synopsis
Un soir, à Concarneau, au sortir d'un café, M. Mostaguen, un gros négociant en vin, un peu éméché, reçoit une balle tirée à travers la
boîte aux lettres d'une maison vide. Un chien aux poils jaunes, maigre sur pattes, vient renifler le corps, qu'on s'empresse d'emmener
à l'hôpital. Chargé de l'enquête par le Parquet de Rennes, le commissaire Maigret arrive sur les lieux, assisté du jeune inspecteur
Leroy, féru de méthodes scientifiques.
Maigret s'installe à l'hôtel de l'Amiral, où les notables de la ville ont leurs habitudes. Parmi eux, le journaliste Servières, le conseiller
au commerce extérieur Le Pommeret et le docteur Michoux, qui s'occupe de vente de terrains et loge dans une villa isolée en bordure
de mer, quand il ne vient pas passer ses nuits avec la fille de salle de l'hôtel, la belle Emma.
Au fur et à mesure de ses investigations, Maigret provoque des réactions en chaîne : fuites, dénonciations anonymes, tentatives
criminelles répétées, empoisonnement.
Le chien jaune, l'ultime victime, mettra le commissaire sur la voie de la vérité. Maigret dénouera cette affaire compliquée grâce à sa
perspicacité et ses légendaires dons de déduction.
D’après les sites de l’Ina et lecoinducinephile.
Pour cette adaptation du roman éponyme de Simenon, qui constituerait la seconde apparition de Jules Maigret à l’écran, le
réalisateur a fait appel à son père afin d’interpréter le personnage central du commissaire.
Abel Tarride campe un commissaire (1), fumeur de pipe, taciturne et quelque peu bougon qui ne se fie qu’à son intuition pour
démêler l’écheveau de cette morbide affaire qui plonge Concarneau dans l’effroi. Malheureusement, son jeu, conjugué à son
apparent inintérêt pour son enquête, confèrent au personnage une légère balourdise qui l’affadit et le ravale au rang d’un simple
inspecteur besogneux et sans éclat.
Si le montage du film se révèle relativement fluide, avec de belles scènes d’extérieur et quelques notes folkloriques à même d’ancrer
l’intrigue géographiquement, la surabondance de plans fixes au sein desquels évoluent les acteurs, qui va de pair avec la timidité des
mouvements de caméra, date irrémédiablement le film.
Quant au traitement de l’intrigue, elle souffre d’évidence d’un manque d’ambition en se focalisant uniquement sur son aspect
criminel, ce qui aboutit à une sous-exploitation dommageable du talent de Robert Le Vigan (2).
Pour autant, ce métrage ne manque pas d’intérêt et de pittoresque malgré un dénouement quelque peu abscons.
1-Simenon ne semble pas avoir apprécié l'interprétation par Tarride du commissaire Maigret ; dans Les Mémoires de Maigret il fait
tenir au commissaire les propos suivants, après s'être vu au cinéma :
« Quelques mois plus tard, je rapetissais de vingt centimètres (Maigret vient de parler de l'interprétation de Pierre Renoir) et, ce que
je perdais en hauteur, je le gagnais en embonpoint, je devenais sous les traits d'Abel Tarride, obèse et bonasse, si mou que j'avais l'air
d'un animal en baudruche qui va s'envoler au plafond». Wikipédia
2-A son sujet Colette déclare qu’il est un acteur « saisissant, immatériel, sans artifice, quasi céleste ».
Mais il est par ailleurs un farouche collaborateur et un antisémite fougueux. Ce qui lui vaut, à la libération, d'être condamné à la
dégradation nationale et à dix ans de travaux forcés.
Jules Maigret
1933
Harry Baur : Commissaire Jules Maigret ||| Valéry Inkijinoff : Radek ||| Alexandre Rignault : Joseph Heurtin ||| Gaston Jacquet :
Willy Ferrière ||| Louis Gauthier : Le juge ||| Henri Echourin : Inspecteur Ménard ||| Marcel Bourdel : Inspecteur Janvier |||
Frédéric Munié : L'avocat ||| Armand Numès : Le directeur de la police ||| Camus : L'hôtelier ||| René Alexandre : Le chauffeur |||
Gina Manès : Edna Reichberg ||| Missia : La chanteuse des rues ||| Oléo : La femme de chambre ||| Line Noro : La fille ||| Damia
: La femme lasse ||| Jean Brochard : Petit rôle ||| Jérôme Goulven : Un témoin ||| Jane Pierson : La cuisinière ||| René Stern : Le
gérant de l'Éden
Synopsis
Alors qu’il est accoudé au zinc d’un bar de Montparnasse, Willy Ferrière lance sur le ton de la plaisanterie qu’il donnerait cent mille
francs à qui le débarrassera de sa tante, une riche Américaine. Quelques instants plus tard, il trouve dans son manteau un billet d’un
inconnu qui accepte sa proposition.
L’assassin va faire en sorte que Joseph Heurtin, un simple d’esprit, qu’il a rencontré dans un bar, soit accusé de son crime à sa place.
Arrêté, le malheureux peine à se défendre et se contente de clamer son innocence…
Intrigué par ce qui lui semble une étrange affaire et convaincu de l’innocence de Heurtin, le commissaire Maigret décide de le laisser
filer dans l’espoir que celui-ci le conduise au véritable assassin...
Dés les premières minutes du métrage le spectateur sait tout : qui a tué, pourquoi et comment. En d’autres termes, ce film se situe à
l’exact opposé du whodunit. Ici, point d’énigme à résoudre, de coupable à démasquer, de mobile à comprendre. Duvivier renverse le
genre pour s’intéresser, non pas au mobile de l’assassin, mais aux raisons de celui-ci, c'est-à-dire à sa déraison. Et le personnage de
Radek, dont il capte le visage dans de gros plans que sculptent l’ombre et la lumière, aurait pu se dénommer Smerdiakoff ou du
patronyme d’un autre halluciné imaginé par Dostoïevski.
Ainsi, le scénario s’organise autour de ce personnage et de son éperdue souffrance, reléguant au second plan celui de Jule Maigret
plus taiseux et taciturne que jamais (1). La folie de Radek suinte de chaque plan, emporte le métrage, engloutit le moindre décor,
imprègne les dialogues et les gestes.
C’est dans un bar de Montparnasse, où règne le plus grand désordre et où se côtoient les bourgeois noceurs, les meurt-de-faim, les
étudiants désargentés, les pierreuses et les courtisanes, que Radek accepte de commettre le crime qui donnera un sens à sa vie. Et
c’est un simple d’esprit qu’il convoque sur les lieux de ce crime afin de le lui faire endosser. Mais ceci ne suffit pas, ce crime doit
être le sien et non pas celui d’un innocent ! Alors, que faire d’autre que de le signer, que jouer avec la police jusqu'à ce qu’enfin elle
le confonde ?
A ce moment-là, mais à ce moment seulement, Radek pourra affirmer :
« Tout de même c’était un beau crime »
1-En 1936 dans « Pour vous », Georges Simenon caractérisait ce film de navet…
Jules Maigret
Picpus -
1942
Albert Préjean : commissaire Maigret ||| Juliette Faber : Berthe ||| Jean Tissier : Honoré Mascouvin ||| André Gabriello : Lucas |||
Édouard Delmont : Le Cloaguen ||| Colette Régis : Mme Le Cloaguen ||| Gabrielle Fontan : la sœur de Le Cloaguen ||| Héléna
Manson : la bonne ||| Maximilienne : Mme Bertaud ||| Marguerite Ducouret : Mme Cognet ||| Huguette Vivier : Éliane ||| France
Delahalle ||| Jeanne Véniat : la concierge de Jeanne Dumont ||| Marcelle Rexiane : la patronne de l'hôtel ||| Noël Roquevert : Arno
de Bédarieu ||| Guillaume de Sax : maître Laignan ||| Antoine Balpêtré : le supérieur de Maigret ||| Pierre Palau : Dr Pierre |||
Henri Vilbert : Amadieu ||| Albert Brouett ||| Jacques Denoël : Jacques ||| Jean-Marie Boyer : le petit employé ||| Jean Daurand :
le cycliste ||| André Varennes : Bouffartigues ||| Frédéric Mariotti : le garçon du buffet ||| Marcel Duhamel : le peintre ||| Henry
Charrett ||| Edouard Francomme ||| Maurice Marceau : un inspecteur ||| Jean Dasté : le clerc ||| Georges Gosset ||| Pierre Ferval
||| Raymond Dardelin ||| Fabienne Fortair
Synopsis
Alors qu'il est en vacances incognito et ne souhaite pas être dérangé, le commissaire Maigret doit reprendre du service : Mme
Dumont, une voyante, qui vient d’aménager au numéro 162 de la rue Picpus a découvert le cadavre d’une femme dans son armoire.
Alors que l’enquête commence, le cadavre d’un voisin est découvert. Probablement un témoin que l’assassin a éliminé…
Le lendemain, un certain Picpus annonce, par voix de presse, qu’il commettra un nouveau crime… et Maigret découvre le corps
agonisant de Mme Dumont. Dans la cuisine, fermée de l’extérieur, il trouve un vieux médecin, Le Cloaguen, qui se plait à répéter
qu’il est fou.
Les informations qu’il recueille sur cet homme lui apprennent qu’il reçoit chaque année une rente d'une riche sud-américaine.
Le commissaire suit le vieillard jusqu'à Saint-Raphaël, où il espère démasquer le meurtrier...
« Picpus » inaugure la trilogie Maigret qui voit Albert Préjean incarner ce personnage. Le spectateur, nourrit aux séries TV mettant
en scène ce célèbre commissaire, sera probablement surpris de le découvrir virevoltant et bavard, joli cœur (Image 5) et ne
rechignant ni à coiffer la parure indienne (Image 7), ni à donner le coup de poing, certes à la chorégraphie sens dessus dessous, digne
d’une bagarre de cours de récréation. Mais nous sommes en 1942, l’Europe est en guerre et la France est occupée. Ceci explique
peut-être cela : ne conviendrait-il pas d’offrir des spectacles légers (1) qui gomment le sens acquis par la chanson humoristique «
Tout va très bien madame la marquise » (2) ?
Ainsi, le sémillant Jules Maigret est entouré d’une galerie de personnages peu inquiétants au premier rang desquels s’impose son
adjoint Lucas, inspecteur lourdaud, au débit verbal empressé qui ponctue ses dires par un « impressionnant » caoutchouteux. Citons
aussi le supérieur du commissaire qui hurle plus qu’il ne parle (Image 4) ; Le Cloaguen qui répète inlassablement qu’il est fou
(Image 6) ; l’excentrique Honoré Mascouvin qui affiche sa naïveté (Image 3) ; Arno de Bédarieu, le curieux qui furète (Image 2)…
Et le méconnaissable commissaire Jules Maigret perce le mystère des multiples usurpations d’identité grâce à des raccourcis
sidérants qui l’exonèrent de tout raisonnement, fût-il intuitif.
Au final, le spectateur ne retiendra probablement de cet honnête métrage que la surprenante ébauche du split screen (3) qui
accompagne en début de film le voyage en voiture du commissaire et de son adjoint (4).
1-Ceci n’est que partiellement vrai puisqu’en 1942 sortait le film d’Henri-Georges Clouzot, « L'assassin habite au 21 »
2-Chanson de 1935, paroles et musique de Paul Misraki, publiée aux éditions Ray Ventura ; c'est un des grands succès de l'orchestre
de Ray Ventura et ses Collégiens.
4-Le spectateur suit le résumé des faits que Lucas présente à Maigret dans un encadré, en bas et à droite de l’image (Image 1).
Jules Maigret
1943
Albert Préjean : Le commissaire Maigret ||| Santa Relli : Cécile ||| Germaine Kerjean : Madame Boynet ||| Luce Fabiole : Madame
Petitot, la concierge ||| Liliane Maigné : Nouchi ||| Gabriello : Lucas ||| Jean Brochard : Dandurand ||| Yves Deniaud : Machepied
||| Marcel Carpentier : Dr. Pierre ||| Marcel André : Le directeur de la P.J. ||| Charles Blavette : Monfils ||| André Reybaz : Gérard
Pardon ||| Henry Bonvallet : Le juge d'instruction ||| Geneviève Morel : Une amie de Madame Petitot ||| Julienne Paroli : La
femme de ménage ||| Maurice Salabert : Un inspecteur ||| Henri Vilbert : Un inspecteur ||| Marcel Raine : Un complice de
Dandurand ||| Charlotte Ecard : L'amie de la concierge ||| Eugène Frouhins : Le serrurier ||| Gustave Gallet : Le médecin |||
Georges Gosset ||| Marcel Melrac ||| Charles Camus ||| Marius David
Synopsis
Une jeune fille nommée Cécile Pardon vient régulièrement à la PJ avec toujours la même histoire : toutes les nuits, un inconnu
entrerait dans l'appartement qu'elle occupe avec sa vieille tante, madame Boynet.
Le commissaire Maigret ne prête guère attention à ce qu'il prend pour des divagations.
Mais un jour, alors qu'il enquête sur crime particulièrement sordide, la décapitation d'une femme, Maigret apprend avec stupeur qu'il
s'agit de Gilberte Pardon, la sœur de Cécile.
Quelque temps plus tard, Cécile est assassinée… dans un placard à balais du quai des Orfèvres!
1943. Maigret est de retour pour la deuxième fois (1), sous les traits d’Albert Préjean (Image 5), en compagnie de son fidèle adjoint
Lucas, personnifié, une fois encore, par André Gabriello (Image 8) qui ne se défait pas de la balourdise et du débit nerveux et
embrouillé de son phrasé.
Certes, pour cette enquête rapidement expédiée (2), Maigret papillonne légèrement moins que l’année précédente, mais il se tient
toujours à distance du personnage des romans. Alors peut-être convient-il d’oublier le Maigret imposant, large d’épaules et taiseux
1-Ce film est produit par La Continental-Films, société de production cinématographique française financée par des capitaux
allemands. Créée en 1940 par Joseph Goebbels et dirigée par Alfred Greven, elle produit une trentaine de longs-métrages entre 1941
et 1944 (dont certains comme La Main du diable et Le Corbeau sont devenus des classiques français) avant de disparaître à la
Libération. (Wikipédia)
2-Dès les premières minutes, le spectateur devine qui sera l’assassin (Image 7). Autant dire que le mystère ne constitue pas le
moteur du scénario.
Jules Maigret
1944
Albert Préjean : le commissaire Jules Maigret ||| Suzy Prim : Mme Petersen ||| Jean Marchat : M. Petersen ||| Denise Grey : Mme
Van Bell ||| Jacques Baumer : Arthur Donge ||| Odette Florelle Charlotte Donge ||| André Gabriello : l'inspecteur Lucas ||| Gina
Manès : Ginette ||| Denise Bosc : Hélène ||| Gabrielle Fontan : la vieille bonne ||| Marie-José : la chanteuse ||| René Génin :
Ramuel ||| Fernand Charpin : le juge d'instruction ||| Raymond Rognoni : le directeur du Majestic ||| Jean-Jacques Delbo : Enrico
Fualdès ||| Robert Demorget : Teddy ||| Maurice Salabert : un inspecteur ||| Henri Vilbert : le chef cuisinier ||| Jean Clarieux : le
taxi ||| Marcel Lévesque : Le directeur de l'« Agence Internationale » ||| Georges Chamarat : M. Dussart, le veilleur de nuit de
l'hôtel ||| Marcel Melrac : un inspecteur ||| Emile Genevois : un cuistot ||| Richard Francoeur : M. Delormel, employé de banque |||
Jean-Marie Boyer ||| Serge Berry ||| Marius David ||| Edouard Francomme ||| Jeanne Manet ||| Julienne Paroli : Mme Marcelle,
employée des cuisines ||| Charlotte Ecard
Synopsis
En 1944, à l'hôtel Majestic, Arthur Donge, commis de cuisine, découvre dans son vestiaire le cadavre de Mme Petersen, une riche
suédoise.
Flanqué de son fidèle adjoint Lucas, le commissaire Maigret plonge dans l’univers de ce palace que fréquentent le mari et le jeune
fils de la victime, Teddy, sa gouvernante et un danseur mondain qui se dit argentin.
Son enquête met à jours les sentiments et les liens des uns et des autres. Il apprend ainsi que M. Petersen s’apprêtait à divorcer afin
de s’installer avec sa secrétaire Hélène et que Donge est le père biologique de Teddy…
« Les caves du Majestic » est le dernier film produit par la société Continental (1), fondée par Joseph Goebbels et dirigée par Alfred
Greven. Et c’est une nouvelle fois Albert Préjean, toujours flanqué d’André Gabriello, qui incarne le commissaire Jules Maigret (2).
Il n’est donc pas surprenant de retrouver dans ce métrage la quasi-totalité des éléments présents dans les deux films précédents :
Maigret est toujours aussi bavard et ne rechigne pas à donner du poing ; son adjoint Lucas relève du film comique (Image 5).
3-« Le régime de Vichy ambitionne de mettre sur pied une grande réforme du code de la nationalité. Des tiraillements opposent un
courant « raciste » à un autre « restrictionniste ». Les premiers s’appuient sur des critères raciaux et religieux pour octroyer la
nationalité française dans une optique de « régénération de la nation », les seconds s’en tiennent à une rectification et à un
durcissement des conditions de naturalisation.
C’est le second courant qui s’impose dans le projet de loi de 1943 » [Link]
Jules Maigret
1949
Charles Laughton : Inspecteur Jules Maigret ||| Franchot Tone : Johann Radek ||| Burgess Meredith : Joseph Heurtin ||| Robert
Hutton : Bill Kirby ||| Jean Wallace : Edna Wallace ||| Patricia Roc : Helen Kirby ||| Belita : Gisella Heurtin ||| George Thorpe :
Comelieu ||| William Phipps : Janvier ||| William Cottrell : Moers ||| Chaz Chase : Waiter ||| Wilfrid Hyde-White : Professeur
Grollet
Synopsis
Il s’agit d’un remake du film « La Tête D'un Homme » réalisé par Julien Duvivier en 1933, adaptation du roman éponyme de
Georges Simenon paru en 1931.
Pour ce Maigret made in USA (1) et en couleur, c’est l’acteur Charles Laughton qui suçote la pipe du commissaire Jules Maigret.
Malheureusement, son interprétation, tout en restant honorable, souffre de lourdeur et de balourdise. Ce Maigret là n’est pas à la
hauteur de ses partenaires et en particulier de son adversaire Johann Radek (Franchot Tone). Cette faiblesse n’est pas sans
conséquence sur l’ensemble du métrage qui pourtant respire bien mieux que celui de Julien Duvivier par trop enfermé dans des
décors de studio et des plans fixes.
Avec les « Américains » le spectateur est convié à un genre de visite touristique de la Paris qui le conduit sous les ponts et sur les
toits, mais aussi à entrevoir quelques lieux pittoresques ou célèbres parmi lesquels la star du film : la tour Eiffel.
Et c’est sur une impressionnante poursuite au cœur de l’enchevêtrement de poutrelles d’acier de la tour Eiffel que se conclut le
métrage, offrant au passage quelques images de cartes postales. (1)
1-Le concessionnaire de la Tour aurait accepté de louer le bâtiment 100 dollars par jour à condition qu’aucun personnage ne fasse
de chute mortelle.
Jules Maigret
Brelan D'as -
1952
Segment « Je suis un tendre » - Lemmy Caution Georges Tabet >...> ||| Inge Landgut >...> ||| Pierre Sergeol >...> ||| Reinhard
Kolldehoff >...> ||| John Van Dreelen >...>Lemmy Caution ||| Nathalie Nattier >...>Michèle Leroy ||| Segment « Le mort dans
l'ascenseur » - Inspecteur Wens André Dalibert >...> ||| René Génin >...> ||| Jacqueline Porel >...>Denise ||| Arlette Merry
>...>Florence Garnier ||| Maurice Teynac >...>Heldinge ||| Raymond Rouleau >...>Inspecteur Wens Segment « Les témoignages d'un
enfant de chœur » - Commissaire Jules Maigret Alexandre Rignault >...> ||| André Chanu >...> ||| Christian Fourcade >...> ||| Claire
Olivier >...> ||| Henri Marchand >...> ||| Jérôme Goulven >...> ||| Louis Blanche >...> ||| Marcel Rouzé >...> ||| Pierre Goutas >...> |||
Michel Simon >...>Commissaire Jules Maigret ||| Albert Michel >...>Le brigadier
Synopsis
Je suis un tendre :
Lemmy Caution enquête sur un cambriolage de bijoux et pour ce faire il doit se mesurer à de redoutables dames avant de mettre le
gangster hors état de nuire.
Le fouineur du web trouvera peu de traces de ce métrage qui regroupe trois sketches mettant chacun en scène un personnage
mythique de l’univers du polar :
L'inspecteur Wens, créé par Stanislas-André Steeman
Et la seule indication quant à la qualité du film dont il devra se contenter sera sévère :
« Notre note générale pour « Brelan d'as » est: médiocre - regardable, mais à condition de n’avoir rien de mieux à faire »
Jules Maigret
1956
Maurice Manson >... >Maigret ||| Peter Walker >> ||| Michel André >> ||| Svetlana Pitoëff >> ||| Franck MacDonald >> ||| Ben
Omanoff >> ||| Joseph Welner
Synopsis
Alors qu'il est en planque, l'inspecteur Janvier, raconte à ses collègues, trois enquêtes de son patron, le commissaire Maigret:
•Cécile est morte
•On ne tue pas les pauvres types
•Maigret et la Grande Perche
« La vieille Cécile, qui habite avec sa tante, est déjà maintes fois venue signaler au commissaire Maigret les bruits mystérieux et les
chuchotements qui venaient troubler son sommeil. Maigret n'y a pas attaché une grande importance; une première enquête s'étant
soldée par un résultat négatif. Aujourd'hui aussi tarde-t-il à recevoir Cécile... et ne la trouve plus au moment où il s'apprête à
l’interroger. On la retrouvera que plus tard étranglée dans un placard de la P.J. Quand à la tante de Cécile on la découvre sur le sol
de son appartement, étranglée elle aussi. Il faudra tout le talent et toute la science d'un Maigret pour découvrir que la vieille tante
n'était pas irréprochable et pour donner un nom à l'assassin de Cécile.
Un homme qui se cache ne se cache pas toujours des gendarmes et peut mentir à sa femme, mener une double vie sans pour cela être
un criminel. Lorsque Maigret apprend que Maurice Tremblet, caissier dans une affaire de rubans et boutons, raconte à sa femme
qu'il travaille alors que depuis sept ans il passe ses journées à pêcher à la ligne, l'inspecteur croit avoir mis le doigt sur une affaire
louche. Mais Maurice Tremblet n'est pas celui qu'il croit et ne joue qu'un rôle dans cette affaire criminelle: celui de la victime...
Teddy est cambrioleur et, s'il n'est pas honnête, il a pourtant horreur des cadavres et du sang. Et découvrir soudain un cadavre à côté
du coffre-fort qu'il se prépare à ouvrir lui fait froid dans le dos. Il s'enfuit sans demander son reste. Prévenu par la femme de Teddy,
Maigret ne retrouve ni cadavre, ni trace de cambriolage... ni plainte des propriétaires. Il y a pourtant dans cette ville de Neuilly, que
Teddy a cambriolée, la femme d'un dentiste qui vient de partir pour un long... très long voyage...
Jules Maigret
1958
Jean Gabin : Le commissaire Jules Maigret, de la P.J ||| Annie Girardot : Yvonne Maurin, femme de Marcel ||| Jean Desailly :
Marcel Maurin, l'architecte-décorateur ||| Olivier Hussenot : L'inspecteur Lagrume ||| Lucienne Bogaert : Adèle Maurin mère |||
Gérard Séty : Georges "Jojo" Vacher, le danseur mondain ||| André Valmy : L'inspecteur Lucas ||| Lino Ventura : L'inspecteur
Torrence ||| Paulette Dubost : Mauricette Barberot, la bouchère ||| Jeanne Boitel : Louise Maigret, la femme du commissaire |||
Alfred Adam : Barberot, le boucher ||| Maurice Sarfati : L'inspecteur Lapointe ||| Jean Tissier : Le journaliste de Paris-Presse |||
Guy Decomble : Mazet, le faux coupable ||| Amédée : L'inspecteur Alfonsi ||| Jean Debucourt : Camille Guimard, le directeur de la
P.J. ||| Denise Clair : La concierge ||| Michèle Nadal : La journaliste ||| Maryse Paillet : La bouchère ||| Nadine Basile :
L'auxiliaire de police ||| Germaine Michel : La voisine de Marguerite Juteau ||| Florence Brière : La dame des toilettes |||
Dominique Davray : Marguerite Juteau, une victime ||| Madeleine Barbulée : La cliente du boucher ||| Dominique Page : La bonne
des Maurin ||| France Asselin : L'auxiliaire de police ||| Marie Mergey : le dactylo de la PJ ||| Pierre-Louis : Étienne Rougin, le
journaliste ||| Raphaël Patorni : L'inspecteur Janvier ||| Hubert de Lapparent : Juge Comélian ||| Nicolas Amato : Le standardiste |||
Henri Coutet : Le garçon de la brasserie ||| Georges Lycan : Un inspecteur ||| Louis Bugette : Simoni, l'agent du commissariat du
4e arrondissement ||| Jacques Hilling : Le médecin légiste ||| Georges Lannes : Maître Lieutard ||| Pierre Moncorbier : Moers :
l'expert de la P.J ||| Jean-Louis Le Goff : Goudier, un boucher ||| Daniel Emilfork : Le maniaque ||| Charles Bouillaud :
L'inspecteur Mondar ||| Gérard Darrieu : Un agent ||| Pierre Duncan : Un agent ||| Louis Saintève : Un badaud ||| Albert Michel :
un gardien ||| Jacques Ciron : Le réceptionniste de l'hôtel ||| Geymond Vital : Un journaliste ||| Albert Médina : L'employé du
magasin de confection ||| Denise Carvenne : Une auxiliaire de police ||| Claude Mercutio
Synopsis
Quatre femmes ont été poignardées, et leurs vêtements lacérés, dans le quartier du Marais à Paris. Lors de son dernier crime, le tueur
défie le commissaire Maigret en prenant soin de lui téléphoner…
Faute d’indices, Maigret décide de tendre un piège.
Il présente à la presse un faux coupable et organise une reconstitution du dernier crime. Il espère ainsi obliger le véritable meurtrier à
agir.
Le tueur attaque l’une des multiples auxiliaires de la police qui quadrillent le quartier. Malheureusement, il parvient à fuir…
Pendant ce temps, l'inspecteur Lagrume a pris en filature une jeune femme, Yvonne Maurin, dont l'attitude, au cours de la
reconstitution, lui avait paru suspecte.
Maigret rend visite à Yvonne Maurin et demande à rencontrer son mari, Marcel Maurin, architecte-décorateur, qui a grandi dans le
quartier du Marais et dont la mère vit précisément dans le pâté de maisons où le tueur a réussi à échapper à la police.
Convaincu de tenir le tueur, Maigret arrête Marcel Maurin. Mais alors que Maurin est interrogé quai des Orfèvres, un nouveau crime
est commis…
Pour ce qui constituerait la neuvième apparition à l’écran du commissaire Jules Maigret, le réalisateur Jean Delannoy (1) confie à
Jean Gabin la délicate mission d’incarner ce personnage (2).
Certes, ce film illustre parfaitement ce que d’aucuns ont désigné sous le vocable de « qualité française » (3). Ainsi, les rues et ruelles
parisiennes sentent bon le carton et le trompe-l'œil (Image 1)… Mais qu’importe puisque pour la première fois s’établit une
adéquation parfaite entre le personnage de Maigret et l’acteur qui l’interprète ?
La distance, qui sépare l’un de l’autre, s’efface et de cette symbiose jaillit un Gabin-Maigret bourru, chaleureux, colérique et au
phrasé qui sonne juste.
Gabin est Maigret, Maigret est Gabin.
Partant de là, le réalisateur a pu s’employer à l’essentiel : imprégner son métrage de l’atmosphère particulière des romans de
Simenon.
Certes, Maigret enquête, il tend même un piège (Image 2), pour autant le métrage ne se résume pas à cette simple enquête criminelle.
Jean Delannoy, au détour d’un passage entre plusieurs immeubles, entraine le spectateur au cœur des haines et des rancœurs
familiales (Image 4), là où s’enracine la folie du tueur (Image 6), ses pulsions irrépressibles qui l’obligent à solder ses frustrations
(Image 7).
Et le sordide se conjugue à l’amour (Image 3) dans un dénouement à glacer le sang…
2-Bernadette (1988), la Passion de Bernadette (1990) et Marie de Nazareth (1995). Mais ici, il se laisse aller à une petite
polissonnerie (Image 5)
Jules Maigret
1959
Jean Gabin : le commissaire Jules Maigret ||| Michel Auclair : Maurice de Saint-Fiacre, le fils ||| Valentine Tessier : la comtesse de
Saint-Fiacre ||| Robert Hirsch : Lucien Sabatier, le secrétaire ||| Paul Frankeur : le Dr Bouchardon ||| Michel Vitold : l'abbé Jodet,
curé de Saint-Fiacre ||| Camille Guérini : Gautier, le régisseur de la comtesse ||| Serge Rousseau : Émile Gautier, le fils du
régisseur ||| Micheline Luccioni : Arlette, l'entraîneuse ||| Jacques Morel : Maître Mauléon, l'avocat de Lucien ||| Gabrielle Fontan
: Marie Tatin, l'épicière ||| Jean-Pierre Granval : Le journaliste ||| Armande Navarre : Myriam, l'amie de Lucien ||| Jacques Marin :
Albert, le chauffeur de la comtesse ||| Hélène Tossy : Mme Adèle Gautier, femme du régisseur ||| Jacques Hilling : le garçon de
café bavard ||| Marcel Pérès : le sacristain ||| Bruno Balp : le livreur de journaux ||| Andrée Tainsy : la patronne de la boîte
"Hula-Hoop" ||| Évelyne Istria : la bonne du château ||| Laure Paillette : la bonne de l'abbé ||| Georgette Peyron : la dame du
vestiaire ||| Henri Coutet : un client de l'épicerie ||| René Hell : un typographe ||| Marcel Bernier : un inspecteur ||| Robert Balpo :
Le directeur de la banque ||| Yvon Sarray : Un homme aux condoléances ||| Christian Brocard : Un journaliste ||| Guy Henry : Un
inspecteur ||| Charles Bouillaud
Synopsis
Le commissaire Maigret revient à Saint-Fiacre, village où il a passé son enfance, à la demande de la comtesse de Saint-Fiacre,
l'ancienne patronne de son père. Celle-ci a reçu une lettre anonyme annonçant sa mort le mercredi des Cendres.
Le jour dit, la comtesse meurt alors qu’elle assiste à l’office religieux. Le médecin du village diagnostique un arrêt cardiaque.
Mais cette explication ne satisfait pas Maigret…
Si l’on en croit le réalisateur, ni lui ni Gabin ne souhaitaient tourner un deuxième opus de Maigret. Et ce ne serait que l’insistance
des producteurs qui auraient eu raison de leur réticence (1).
Pour son retour à l’écran, en la personne de Jean Gabin, c’est de dos que Maigret apparait lors des premières minutes du film.
Comme si sa silhouette massive, coiffée d’un chapeau mou et laissant entrevoir une pipe, suffisait à l’identifier (Image 1).
Fidèle au savoir-faire qui le caractérise, Jean Delannoy réalise un film empreint d’académisme où chaque image est parfaitement
calibrée grâce à des acteurs qui se répartissent l’espace avec précision (Image 5). Rien n’est laissé au hasard et si les décors
n’empestent pas le trompe-l'œil, la mise en scène révèle souvent du théâtre filmé (Image 2) et se montre économe en mouvement de
caméra. Quant au jeu des acteurs, qui entourent Jean Gabin, il frôle parfois l’excès (Image 7), en particulier lors du diner qui conclut
le métrage.
Pour autant, Jean Delannoy, efficacement épaulé par un Gabin imposant, parvient parfaitement à restituer l’ambiance propre à un
roman de Simenon. Le voyage de Maigret dans l’Allier s’apparente à l’exploration d’un microcosme traversé par la bigoterie,
l’hypocrisie et la cupidité. Et il faudra beaucoup de patience, de discrétions, d’écoute et d’observation au commissaire pour percer
les sentiments des uns et des autres (Images 3-4-6). Quand enfin il se sera imprégné de l’atmosphère dans laquelle évoluent les
suspects, il pourra les inviter autour d’une table (2), non pas pour banqueter, mais pour désigner avec hargne qui du médecin, du
régisseur, du caissier, du secrétaire gigolo ou du fils de famille fin de race est responsable de la mort de Madame la Comtesse de
Saint-Fiacre.
1-Voir Wikipédia.
Jules Maigret
1963
Jean Gabin : le commissaire Jules Maigret ||| Michel Constantin : Cicéro, l'américain ||| Vittorio Sanipoli : Pozzo, le tenancier du
bar ||| Paul Frankeur : Bonfils ||| Guy Decomble : l'inspecteur Lognon ||| Françoise Fabian : Lily, la barmaid, maîtresse de Bill |||
Paulette Dubost : la patronne de l'hôtel ||| Laurence Badie : Lucienne ||| Rickie Cooper : Charlie, l'Américain ||| Marcel Bozzuffi :
Torrence ||| Roland Armontel : le docteur Fezin ||| Jacques Dynam : l'inspecteur Lucas ||| Harry Max : Curtiss ||| Paul Carpenter :
Harry Mac Donald, diplomate américain ||| Edward Meeks : Bill Larner, l'Américain ||| Carlo Nell : le garçon du "Manhattan" |||
Charles Bouillaud : le pharmacien ||| Albert Michel : le concierge de l'hôtel ||| Jean-Louis Le Goff : un inspecteur ||| André
Dalibert : un inspecteur ||| Roger Dutoit : Bidoine ||| Louis Viret : le patron du café ||| Henri Lambert : l'inspecteur Groussard |||
Jacques Bertrand : un inspecteur ||| Paul Pavel : un inspecteur ||| Marcel Gassouk : Riquet ||| Marcel Bernier : un inspecteur |||
Marc Arian : l'employé des cartes-grises ||| Georges Gueret : un inspecteur ||| Jean Minisini : un inspecteur ||| Raymond Pierson :
l'agent du commissariat ||| Roland Malet : un agent ||| Edouard Francomme : un consommateur ||| Jean-Jacques Steen ||| Pierre
Vernet ||| Brad Harris
Synopsis
Près de la gare du Nord, un règlement de comptes laisse une victime inanimée sur les trottoirs de Pigalle. L'inspecteur Lognon,
second du commissaire Maigret, et témoin de la scène, part chercher du secours
Quand la police arrive sur les lieux, la victime a disparu.
Maigret est chargé de l'affaire. Seules pistes : les trois hommes à l'origine du coup de feu étaient à bord d'une Chevrolet et la victime
a été transportée dans une mystérieuse DS blanche
La plaque minéralogique de la voiture des agresseurs, relevés par un témoin, conduit Lognon à un bar, tenu par un Américain
d'origine sicilienne… et c’est en quittant ce bar qu’il est enlevé et sévèrement corrigé.
Le commissaire Maigret réussira, après de périlleuses péripéties à comprendre pourquoi les gangsters de Saint-Louis (Missouri) sont
venus jusqu’à Paris pour se débarrasser d'un témoin gênant.
Quatre ans après « l’affaire Saint-Fiacre », Jean Gabin (1) endosse une dernière fois l’habit du commissaire Jules Maigret dans cette
adaptation de « Maigret, Lognon et les Gangsters ».
Malheureusement, le réalisateur, incapable de transposer à l’écran l’atmosphère particulière qui imprègne les romans de Simenon,
préfère mettre en scène des acteurs français parlant anglais.
Peut-être espérait-il ainsi conférer à son métrage un petit fumé international. Mais si tel était son objectif, force est de constater qu’il
échoue et frôle souvent le ridicule (2).
Au final, ce métrage, dont le scénario est réduit à un simple règlement de compte entre gangsters US que la police semble arbitrer,
apporte la preuve de ce que chacun soupçonnait : Jean Gabin était un immense acteur. Un acteur à la force tranquille qui envahit
l’écran de sa présence calme, bonhomme ou colérique.
Que serait devenu ce « Maigret voit rouge » sans Maigret-Gabin ? (3) Probablement un film effacé de la mémoire de tout un chacun
depuis des décennies !
1-Certains spécialistes de la filmographie de Jean Gabin affirment qu’après ce film l’acteur connaitra une période de « creux » et
qu’il faudra attendre "Clan des Siciliens" (1969) pour qu’il occupe de nouveau le devant de la scène
Jules Maigret
Maigret à Pigalle -
1967
Gino Cervi : Commissaire Maigret ||| Lila Kedrova : Rose ||| Raymond Pellegrin : Fred Afonsi ||| Alfred Adam : l'inspecteur
Lognon ||| Christian Barbier : l'inspecteur Torrence ||| Josée Greci : Arlette ||| Daniel Ollier : Philippe ||| Enzo Cerusico : Albert
||| Riccardo Garrone : Lapointe ||| Armando Bandini : le portier du "Picratt's" ||| Claudio Biava : Janvier
Synopsis
Arlette, une de strip-teaseuse surprend une étrange conversation entre deux hommes. Ils projettent d’assassiner une Contesse.
Quelque peu éméchée, elle se rend au commissariat pour rapporter leurs propos. Le lendemain, dégrisée, elle revient sur ses
déclarations. Et et l'inspecteur Lognon la laisse repartir.
Pendant ce temps, le commissaire Jules Maigret s’apprête à partir en vacances…
Mais voilà qu’Arlette est retrouvée assassinée… ainsi que la Contesse… et voilà Maiget qui passe ses vacances en bord de Seine au
36 quais des Orfèvres.
Quatre ans après que Jean Gabin ait abandonné le personnage de Jules Maigret, Gino Cervi (1) tente de se glisser dans les habits de
ce commissaire (2). Est-ce l’avènement de la couleur et d’un érotisme de bénitier confiné au hors-champs (Images 2-5-7) ou le
virage amorcé d’une nouvelle décennie post pop pré-pré punk, à moins qu’il ne s’agisse de l’ébauche des nouveaux archétypes
esthétiques de l’univers du crime et de la débauche (Image 8) ou de l’anticipation des années pompidoliennes, toujours est-il que le
monde de Pigalle où s’enfonce Maigret entre peu en écho avec sa démarche, sa légendaire pipe et son chapeau mou (Images 4-6).
Ainsi, le commissaire curieux de tous, qui humait les lieux dans le seul but de percer les mystères de chacun afin, non pas de
démasquer le coupable, mais de comprendre sa psychologie et par là même de l’identifier, apparait ici extérieur à l’intrigue, comme
observateur de sa propre enquête. Et cette impression se trouve renforcée par les premières minutes du film, où le spectateur
découvre un Maigret dilettante et guilleret, sur le point de rejoindre sa femme en province et de s’accorder plusieurs semaines de
vacances.
Mais toutes ces faiblesses ne résultent peut-être que de l’image trop envahissante de Pepone (3).
1-Il incarne le commissaire Maigret entre 1964 et 1972 dans les 16 épisodes de 90 minutes de la série italienne intitulée « Le
inchieste del commissario Maigret ».
2-Il s’agit de l’adaptation de « Maigret au Picratt's », nom de la boite de nuit où travaille Arlette (Presses de la Cité, 1951).
3-Gino Cervi est connu du grand public pour son rôle de Peppone, le maire communiste de Brescello, adversaire de Don Camillo
(Fernandel)
1952 : Le Petit Monde de don Camillo
1953 : Le Retour de don Camillo
1955 : La Grande Bagarre de don Camillo
1961 : Don Camillo Monseigneur
1965 : Don Camillo en Russie
Jules Maigret
1968
Heinz Rühmann >... >Kommissar Maigret ||| Françoise Prévost >... >Simone ||| Günther Stoll >... >Alain Robin ||| Günter
Strack >... >Kommissar Delvigne ||| Gerd Vespermann >... >Inspektor Caselle ||| Eddi Arent >... >François Labas ||| Günther
Ungeheuer >... >Mr. Holoway ||| Alexander Kerst >... >André Delfosse ||| Ulli Lommel >... >René Delfosse ||| Edwin Noel >...
>Jean ||| Walter Varndal >> ||| Hans Habietinek >> ||| Gerhard Koska >... > ||| Rudolf Barry >... >Inspektor Lucas ||| Silvana
Sansoni >
Synopsis
Le commissaire Maigret est en charge d’une enquête qui concerne le vol d’un Van Gogh et le meurtre d'un gardien du musée où a
été dérobée la toile. Il décide de remplacer le tableau volé par une copie… espérant ainsi provoquer le voleur.
Mais c’est un collectionneur anglais, Mr Holloway, qui se manifeste et qui signale à la police que la toile exposée est un faux. Il
aurait été contacté par le voleur qui lui aurait proposé de lui vendre l’original…
« La Danseuse du Gai-Moulin », téléfilm français de Jean-Paul Sassy, avec Jean Richard dans le rôle de Maigret (1981).