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Modèle global des courbes IDF

Ce document décrit les courbes intensité-durée-fréquence (IDF) qui lient l'intensité, la durée et la fréquence des précipitations. Il présente deux modèles pour représenter les courbes IDF - un modèle simple basé sur les lois de Talbot et Montana et un modèle global basé sur la loi de Gumbel. Le document contient également des informations sur l'utilisation des courbes IDF et les erreurs de mesure.

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Modèle global des courbes IDF

Ce document décrit les courbes intensité-durée-fréquence (IDF) qui lient l'intensité, la durée et la fréquence des précipitations. Il présente deux modèles pour représenter les courbes IDF - un modèle simple basé sur les lois de Talbot et Montana et un modèle global basé sur la loi de Gumbel. Le document contient également des informations sur l'utilisation des courbes IDF et les erreurs de mesure.

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Courbes intensité-durée-fréquence

(IDF)
Proposition d’un modèle global

Paul Meylan
AIC Ingénieurs conseils SA, Lausanne
Avril 2002
Révisé en juin 2005

Introduction
Qu’est-ce qu’une courbe IDF ?
Il est bien connu que l’intensité ( le I d’IDF) de la pluie est très variable. Aux profanes cette va-
riabilité peut sembler totalement aléatoire. Pour celui qui s’y intéresse d’un peu plus près, même s’il
n’est pas météorologue, il apparaît toutefois qu’il y a certaines « règles » observables qui régissent
le phénomène : le chaos n’est pas total !
De l’observation on déduit que, « en moyenne », plus la durée analysée (le D d’IDF) augmente,
plus l’intensité diminue : les averses les plus brèves sont souvent les plus violentes ; au contraire les
longues pluies, d’automne par exemple, sont généralement assez « tranquilles » (de faible intensité).
Cette tendance à l’augmentation de l’intensité lorsque la durée diminue, ou inversement à la dimi-
nution de l’intensité lorsque la durée augmente, n’est toutefois qu’une moyenne.
Finalement, pour mieux caractériser le phénomène on associe à chaque événement une probabi-
lité d’apparition. Pratiquement les ingénieurs et les hydrologues parlent de temps de retour : tel
événement se produit, en moyenne sur une longue période, toutes les x années. On parle de fré-
quence d’apparition (le F d’IDF).
Ainsi donc, par l’observation soigneuse des précipitations et l’analyse statistique des résultats il
est possible d’établir une « loi » de comportement qui lie l’intensité, la durée et la fréquence : c’est
une courbe IDF.

A quoi servent les IDF ?


L’information sur la pluviométrie est de première importance pour la vie quotidienne. Plus spéci-
fiquement les ingénieurs (ingénieurs civils et du génie rural en particulier) ont besoin de connaître
les paramètres de la pluie probable afin de dimensionner les ouvrages qu’ils projettent ou qu’ils
entretiennent. Les autorités ont, elles, besoins de ces mêmes paramètres pour décider des objectifs
de protection.
A titre d’exemple on peut citer :
• Dimensionnement de drainages agricoles ;
• Dimensionnement de canalisations d’évacuation des eaux pluviales ;
• Corrections de cours d’eau ;
• Dispositifs d’infiltration des eaux pluviales ;
• Dispositifs de rétention des eaux pluviales ;
• Etc.
L’exemple le plus courant d’utilisation de l’information que l’on obtient de courbes IDF est la
méthode rationnelle ou méthode du temps de parcours : Dès lors que l’on a pu estimer le temps de
concentration d’un bassin versant et que l’on s’est fixé la probabilité de défaillance acceptable —
exprimée en temps de retour— (généralement d’entente avec une autorité de surveillance ou en
suivant une norme), on peut obtenir l’intensité de la pluie à considérer. Le débit à traiter s’obtient
alors très facilement en multipliant l’intensité par la surface du bassin versant et par un coefficient
de ruissellement.

Modèles d’IDF
Une façon commode de présenter une relation est de l’exprimer par une équation : cela permet, à
partir d’un petit nombre de paramètres, d’extraire avec précision la valeur désirée, d’autant plus que
chacun dispose aujourd’hui d’outils informatiques.
Nous présentons très rapidement les deux types de modèles, formalisés par AIC ingénieurs
conseils SA, qui ont été utilisés pour synthétiser les diverses études effectuées.

Modèle « simple » d’IDF


100
intensité [mm/h]

durée
pivot

10

TALBOT MONTANA

tP
0

1 10 100 1000
durée t [min]

Figure 1 – Principe de la loi de Talbot-Montana

Nous appelons « modèle simple » un modèle qui donne l’intensité en fonction de la durée, pour
un temps de retour T préalablement fixé. On devra donc disposer d’un modèle pour chaque temps
de retour envisagé. Il s’agit là de la formulation « classique » des courbes IDF.
La formule proposée par AIC est celle dite de « Talbot-Montana ». Il s’agit en fait de la conjonc-
tion de la formule de Talbot (utilisée pour les courtes durées) et de celle de Montana (longues du-
rées) (Grandjean & Thöni, 1988).
Ce modèle a depuis lors été formalisé et une technique d’ajustement proposée (Meylan & Musy,
1999).
On voit à la figure 1 que le point où s’effectue le changement de formulation est appelé durée
pivot, notée tP.
Ce modèle mixte a trois paramètres a, b et tP.
Chacune des deux lois qui composent ce modèle mixte est décrite ci-dessous.

Loi de Talbot (courtes durées)


La loi dite de Talbot, pour un temps de retour T donné, s’écrit:

i= c
d +t (1)
où i est l’intensité [mm⋅h-1] de la pluie maximale de durée t, exprimée en [min], pour un temps
de retour T.
c et d sont les deux paramètres de la loi de Talbot. Nous verrons ci-dessous que les paramètres c
et d se déduisent des paramètres a, b et tP.
Aux notations et aux unités près, c’est cette loi qui est préconisée dans les normes des profes-
sionnels suisses de la route (VSS, 1969), (VSS, 2000).

Loi de Montana (longues durées)


Pour un temps de retour T donné elle s’écrit comme:
−t
i = a×b (2)
où i est l’intensité [mm⋅h-1] de la pluie maximale de durée t, exprimée en [min], pour un temps de
retour T.
a et b sont les deux paramètres de la loi de Montana.

Retour à la loi de Talbot-Montana


Si a et b (les deux paramètres de la loi de Montana) ainsi que tP (la durée pivot) sont connus on
trouve :
(1− b )
d = tP − tP c = a tP
b et b (3)
ce qui montre que trois paramètres suffisent pour caractériser entièrement le modèle Talbot-
Montana.

Modèle « global » d’IDF


Le modèle simple que nous venons de présenter ci-dessus doit être développé pour chaque temps
de retour T analysé.
Il est possible de développer un modèle global donnant l’intensité i en fonction de la durée t mais
aussi du temps de retour T.
En effet si tous les modèles fréquentiels « sous-jacents » sont des lois de Gumbel (ce qui est véri-
fié dans nos régions), que l’on écrit :
xq = aG + bG × uq
On a alors le modèle global suivant :
i(t,T) = aG(t) + bG(t) × u(T) (4)
où aG(t) est la loi de variation du paramètre a de Gumbel (le mode) avec la durée ;
bG(t) est la loi de variation du paramètre b de Gumbel (le gradex) avec la durée ;
u(T) est la variable réduite de GUMBEL, fonction du temps de retour :

[ ( )]
u(T)=−ln −ln 1− 1
T (5)

Si la forme d’IDF adoptée pour décrire aG(t) et bG(t) est celle de Talbot-Montana (comme dans
le modèle simple) on obtient un modèle à six paramètres (trois pour chaque paramètre aG et bG de la
loi de Gumbel).

Modèle genevois

Prise en compte des erreurs de mesure


La mesure de la pluie est toujours entachée d’erreurs. L’une des erreurs qu’il n’est pas possible
de détecter, et par conséquent de corriger même par un traitement minutieux des données, est le
« défaut de captation » : Les turbulences dues au vent font que le pluviographe enregistre systéma-
tiquement moins d’eau qu’il n’en arrive effectivement au sol. Ce n’est que par des études spécifi-
ques que ce phénomène peut être quantifié. S’il est relativement sûr de corriger les sommes men-
suelles ou annuelles de précipitation il n’en va pas de même pour les durées plus courtes. Les fac-
teurs principaux expliquant ce déficit sont l’intensité de la pluie et la vitesse du vent. Les écarts
généralement observés se situent entre 5 et 15 % pour des averses de durée de une à quatre heures.
La directive genevoise propose un facteur de correction moyen de 10 %.

Formulation

i(t,T) = [aG(t) + bG(t) × u(T)]× 1.1


(6)

où i(t,T) est l’intensité en [mm/h], fonction de la durée t de l’averse exprimée en [min] et du


temps de retour T exprimé en [années] ;
aG(t) est la loi de variation du paramètre a de Gumbel (le mode) avec la durée ;
bG(t) est la loi de variation du paramètre b de Gumbel (le gradex) avec la durée ;
u(T) est la variable réduite de Gumel, fonction du temps de retour T :

[ (
u(T) = − ln − ln 1 − 1
T
)]
(7)

1.1 est le facteur de correction du défaut de captation.


Les termes aG(t) et bG(t) sont, quant à eux, donnés par (cf. figure 1) :
• La loi de Talbot si t ≤ tP (courtes durées) :
aG = c
bG d + t
TALBOT (8)

• La loi de Montana si t ≥ tP (longues durées) :

aG = a × t -b
bG
MONTANA (9)

Paramètres
Paramètre de TALBOT MONTANA
Gumbel
c d Pivot a b
aG 1039.06052 8.77543594 17.5 266.0607 0.6660213
bG 289.129074 7.46429749 17.5 86.12782 0.7010011

Tableau 1 – Paramètres du modèle IDF genevois

On rappelle que les paramètres c et d peuvent se calculer à partir des paramètres a, b, et tP (cf.
équations 3) : il y a donc 6 paramètres (trois pour aG et 3 pour bG).
Voir aussi

Bibliographie
Grandjean P., Thöni M., Choix et élaboration des données de pluie pour l’assainissement rural et
urbain dans le canton de Genève, Verbandbericht Nr. 394, Verbang Schweizerischer Abwasser-
fachleute (VSA), Zürich, 1988.
Meylan P., Musy A., Hydrologie fréquentielle, Editions HGA, Bucarest, 1999.
VSS, Evacuation des eaux de chaussées — Intensité des pluies, Norme SNV 640350, mai 1969.
VSS, Evacuation des eaux de chaussées — Intensité des pluies, Norme SN 640350, décembre 2000.

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