Cours Master I / Génie Géotechnique
“Aléas et risques géotechniques”
Université de Médéa
Septembre 2020
Dr. MENAA L.
Plan du cours :
Introduction Générale
CHAP. I : ALÉAS ET RISQUES NATURELS
I.1- Les inondations
I.2- Les seismes
I.3- Les mouvements de terrains
Chap. II : Méthodes d’analyse et de prédiction
des risques
Introduction Générale
Quelques domaines particuliers du génie civil nécessitent une
démarche d'analyse de risques à partir des données statistiques. Il s'agit
toujours de contextes où les données sur les défaillances des ouvrages sont
abondantes; les ouvrages les plus concernés sont, généralement, à grand
linéaire, tels que les routes ou les ouvrages enterrés.
Dans ces domaines, on recherche les corrélations entre, d’une part,
les défaillances (fissuration ou déformation d'une chaussée ; fissures,
cassures (fuites) d'une canalisation) et d’autre part, un certain nombre de
facteurs explicatifs (âge, matériaux de la structure, environnement, ...).
Une fois établie l'influence des principaux facteurs, il est alors possible
de prévoir les causes ou les défaillances d'un ouvrage en fonction des
paramètres qui lui sont propres.
Dans contexte, l’état de connaissance des risques, la mise en œuvre
ainsi que l’application de méthodes d'analyse et de prédiction (prévention)
des risques (qualitatives) s’avèrent utiles voire nécessaires. Ces méthodes
consistent à identifier les événements dangereux ou les enchaînements
d'événements dangereux (scénarios) pouvant conduire à une situation
à risques ainsi que les causes et les conséquences de ces événements.
Ces méthodes sont qualitatives, puisqu'elle conduit à une estimation
des conséquences des événements dangereux et non à un chiffrage de
ces conséquences comme c'est le cas des méthodes quantitatives.
CHAP. I : ALEAS ET RISQUES NATURELS
1- Les différents types de risques et d’aléas
a- Les inondations;
b- Les séismes ;
c- Géotechniques (mouvements de terrains):
Les glissements de terrain ;
Les tassements (Présence des couches «molles» superficielles en
profondeur).
Retrait-gonflement ;
Liquéfaction des sols ;
• …
2-Analyse et prédiction. Méthodes.
1. Arbre d’évenement
2. Arbre de défaillance
3. Simulation ‘Monté Carlo‘ ;
4. Autres méthodes …….
3-Interets et objectifs :
Pédagogiques;
Scientifiques
et socio-économiques.
4- Détection. Outils.
• Capteurs vélocimétriques Le3D-5s ; Stations sismologiques GPS ;
• PC de dépouillement ; PC de terrain ; etc. ….
I.1- Les inondations
()اﻟﻔﯿﻀﺎﻧﺎت
1. Définition
L’inondation est une submersion ( ﺗﻐطﯾﺔ,)ﻏﻣر, plus ou moins rapide,
temporaire, d’une zone (terres) par l’eau, avec des hauteurs, des vitesses
(écoulement) et des durées variables. C’est la conséquence de deux
composantes : 1- L’aléa; 2- Les enjeux.
* N.B. :
L’expression recouvre les inondations dues aux crues des rivières,
des torrents de montagne et des cours d’eau intermittents
méditerranéens, aux remontées de nappe, aux ruissellements urbains et
agricoles ainsi que les submersions marines au-delà des limites du rivage
de la mer (littorale : ) ﺳﺎﺣﻠﻲ.
• Quelques vocabulaires:
- Aléa : l’eau qui peut sortir de son cour habituel (lit mineur) ou bien par
résurgence (remontée de nappe);
- Enjeux : l’homme qui s’installe dans la zone inondable pour avec toutes les
constructions implantées ainsi que les différentes équipements et activités;
- Lit mineur : constitué par le niveau ordinaire du cours d’eau, pour le débit
d’étiage ( ) ﺧﻔض ;اﻟﺣﻔرou pour les crues ( )ﻓﯾﺿﺎﻧﺎتfréquentes (annuelles);
- Lit majeur : comprend les zones basses situées de par et d’autre du lit
mineur, sur une distance de quelques mètres à plusieurs kilomètres
2. Manifestation; Types :
Il existe différents types d’inondations et peuvent être repertoriées en 03
grandes catégories : 1- Terrestre; 2- marines et ; 3- par rupture de barrages.
a- terrestre :
- Les inondations de plaine : peuvent etre dues à un débordement d’un cours
d’eau ou la remontée d’une nappe phréatique.
- ----- ,, ------ torrentielles: elles sont dues à des averses violentes menant à
une formation rapide de crues torentielles.
Les inondations par remontée de nappe. Lorsque plusieurs années humides
se succèdent, le niveau d'étiage de la nappe peut devenir plus haut chaque
année ; la recharge naturelle annuelle de la nappe par les pluies est plus
importante que sa vidange vers les exutoires naturels. Le niveau de la nappe peut
alors atteindre la surface du sol. La zone non saturée est alors totalement envahie
par l'eau lors de la montée du niveau de la nappe : c'est l'inondation par remontée
de nappe. Ce phénomène très lent peut durer plusieurs mois et peut marquer
temporairement sa trace sur le versant.
L’imperméabilisation du sol (bâtiments, parkings, etc.) limite l’infiltration des
pluies et accentue le ruissellement, ce qui occasionne souvent la saturation et le
refoulement du réseau d’assainissement des eaux pluviales menant à une
inondation..
b- La submersion marine (risque littoral) sont des inondations
temporaires de la zone côtière par la mer lors de conditions météorologiques et
océaniques défavorables (basses pressions atmosphériques et fort vent d’afflux
agissant, pour les mers à marée, lors d’une pleine mer) ; elles peuvent durer de
quelques heures à plusieurs jours.
Trois modes de submersion marine sont distingués :
- submersion par débordement, lorsque le niveau marin est supérieur à la cote
de crête des ouvrages ou du terrain naturel;
- submersion par franchissements de paquets de mer liés aux vagues,
lorsque, après déferlement de la houle, les paquets de mer dépassent la cote
de crête des ouvrages ou du terrain naturel,
- submersion par rupture du système de protection, lorsque les terrains situés
en arrière sont en dessous du niveau marin : défaillance d'un ouvrage de
protection ou formation de brèche dans un cordon naturel, suite à l'attaque de la
houle (énergie libérée lors du déferlement), au mauvais entretien d'un ouvrage,
à une érosion chronique intensive, au phénomène de surverse ()ﺗﺟﺎوز, à un
déséquilibre sédimentaire du cordon naturel, etc.
3. Mesures de prévention
La connaissance des risques s’appuie généralement sur :
- l’aléa (études hydrauliques; hydrogéologiques et hydraumorphologiques) ;
- et les enjeux ( repérages des zones à risques).
L’état actuel de connaissance de risque d’inondation est synthétisé puis
schématisé sur des cartes. On procede à :
• Enquete publique et approbation du PPRidu bassin versant;
• Elaboration d’Atlas de Zones Inondables (AZI).
Les objectifs sont :
• Réduire la vulnérabilité des biens et des personnes;
• Preserver les champs d’expansion des crues.
Les documents disponibles sont :
- Les AZI, cartographie des zones exposées à l’aléa inindation,
déterminées sur sur les zones inondées lors d’un évenement connu ou par
approche hydraugéomorphologique permettant de définir les contours du lit
majeur du cours d’eau (plaine alluviale, ech. 1/10000 ème et 1/25000 ème);
- Les Plans de Prévision des Risques prévisibles d’inondation (PPRi)
don’t la crue étudiée est la crue des plus hautes eaux connues (PHEC) ou la
crue centenale si cette dernière est supérieure au PHEC.
- Les Mdèles de Prévision des crues (MPC) du Service de Prévision des
Crèues (SPC).
4. Mitigation ()ﺗﺧﻔﯾف:
On distingue les mesures sur l’aléa et les mesures sur les enjeux :
a-
- Entretien des cours d’eau, en éliminant les obstacles au libre écoulement des
eaux (curage régulier; élagage; recépage de la végétation; suppression des
débris ; ….)
- création de bassin de rétention, de puits d’infiltration; amélioration des
collectes des eaux pluviales; preservation d’espaces perméables; zones de
surstockages avec digues; …..)
- les travaux de protection : merlons de protection; digues aux limites des
zones fortement urbanisées;
Ces travaux peuvent etre menés par des collectivités publics (territoriaux)
ou locales, les associations syndicales, …. .
b-
- La prévision de dispositifs temporaires pour osculter les bouches d’aération,
portes, battardeaux, …
- amarages des cuves;
- installation de clapets ant-retour;
- choix d’équipement et de matériaux insensibles à l’eau;
- Mise hors eau des équipements et tableaux electriques, des installations de
chauffage et de climatisation.
Les inondations, comme les travaux de protection sont étudiés au
niveau du bassin versant , qui est une entité physique de gestion des
écoulements des eaux superficielles. Le point d’alimentation d’une
rivière, où converge toutes les eaux, est aussi l’exutoire du bassin
versant.
Le PPR peut également prescrire ou recommander des
dispositions constructives (mise en place de dispositifs de réduction de
pénétration de l’eau; mise hors eau les équipement sensibles), des
mesures permettant de réduire considérablement les domages causés
par les crues.
* Exemple : Si vous vous rendez dans une zone inondable,
plusieurs précautions doivent être prises. Premièrement préparez un
plan d’évacuation, en réfléchissant ou et comment vous mettre à l’abri.
Renseignez-vous auprès des locaux, afin de connaître les zones
risquant d’être inondées. Informez-vous sur la manière dont les alertes
aux crues sont délivrées à la population, et comment se comporter face
à une telle mesure.
I.2- Les seismes
1. Définition :
Un séisme est une fracturation brutale des roches le long des failles
en profondeur dans la croute terrestre, en générant des vibrations
importantes du sol qui sont ensuite transmises aux fondations des ouvrages.
•Quelques vocabulaires:
- Foyer (hypocentre) : endroit de la faille où commence la rupture et partent
les premières ondes sismiques.
- épicentre : point situé à la surface terrestre à la verticale du foyer.
- magnitude : (intrinsèque) elle traduit l’énergie libérée par le seisme. L’echelle
de Richter, [Link]. permet de mesurer cette magnitude.
- intensité :
- fréquence (période) :
- faille active :
2. Manifestation:
Les séismes comme les volcanismes sont des manifestations de la
tectonique des plaques.
L’activité sismique est concentrée le long de failles, en général à
proximité des frontières entre ces plaques. Lorsque le frottement au niveau
de ces failles son importants; le mouvement entre les deux plaques est
bloqué, de l’énergie est alors stockée le long de la faille? La libération brutale
de cette énergie stockée permet de rattraper le retard du mouvement des
plaques. Le déplacement instantané qui en résulte est la cause des seismes.
Après le secousse principal, il ya des répliques, parfois désastreuses,
correspondant au réajustement des blocs au voisinage des failles.
En Algérie, l’organisme responsable de la surveillance l’établissment des
cartes et des normes parasismique est le CRAAG.
3. Prévision et prédiction des risques sismiques
En général, il est utilisé la détection par satelite moyenant le système GPS
(Global Positioning System), d'origine américaine, reposant sur la mesure des
déformations de la Terre. Le satellite émet des signaux radio qui sont enregistrés
et comparés grâce à des antennes mobiles.
Le système français DORIS, où l'émetteur se trouve sur terre et l'antenne de
réception sur le satellite, sur des points d'observation distants de quelques
dizaines de kilomètres, le positionnement spatial permettra de mesurer des
distances avec des précisions de l'ordre de 10-7 (un mm sur 10 km).
Les nombreuses mesures faites par les méthodes classiques de télémétrie
montrent que des déformations de cet ordre se produisent autour d'une faille
active sur des laps de temps de l'ordre d'un an au cours de la période de
préparation de la rupture. Quand le séisme se produit, les déformations co-
sismiques sont de l'ordre de 10-4 ; elles sont facilement mesurables avec des
instruments de type GPS, à condition, naturellement, que la zone en question ait
été placée sous surveillance avant le séisme.
Dans d'autres pays, il peut y avoir des séismes dont l'observation est plus
facile : en Afrique du Sud, on enregistre des séismes dans le conduit latéral de
mines d'or à 2 km de profondeur. Un puits ne suffit pas pour comprendre, il faut
savoir comment bougent les plaques. Un plan d'observation des plaques de
subduction sous-marines est en cours de réalisation.
Selon le Professeur Yoshio Fukao, 20 à 30 ans ne suffiront pas pour avoir la
certitude d'une méthode sûre de prédiction car, certains séismes ne semblent pas
avoir de signes précurseurs.
Afin de pouvoir maitriser la prévention anti-sismique et par conséquent pour
voir mener des calcul et la projection des construction parrasismique, à l’aide de
codes et de normes appropriés, des cartes de zonage et surveillance son au fur
et à mesure élaborées.
Convergence entre la plaque africaine et eurasienne (Mackenzie, 1972).
Carte des lignes sources sismiques (failles) dans la région de Relizane.
I.3- Les mouvements de terrains
1. Définition
Les mouvements de terrain regroupent un ensemble de déplacements ,
plus ou moins brutaux, du sol ou du sous-sol , d’origine anthropique ou
naturelle, fonction de la disposition géologique des couches.
Les volumes en jeu sont compris entre quelques mètres cubes à
quelque millions de mètres cubes.
Les déplacements peuvent être lents (qqs millimètres / an) ou rapides
(qqs centaines de mètres / jour).
2. Manifestation. Types
a- Les mouvements lents :
- Les tassements et les affaissements : certains sols compressibles
peuvent se tasser sous l’effet de surcharges (constructions, remblais, circulation
d’engins) ou en cas d’assèchement (drainage, pompage). Ce phénomène est à
l’origine de l’affaissement de sept mètres de la ville de Mexico et du
basculement de la tour de Pise.
- Le retrait-gonflement des argiles : les variations de la quantité d’eau
dans certains terrains argileux produisent des gonflements (période humide) et
des tassements (période sèche).
- Les glissements de terrain : ils se produisent généralement en situation
de forte saturation des sols en eau. Ils peuvent mobiliser des volumes
considérables de terre, qui se déplacent le long d’une pente.
b- Les mouvements rapides :
- Les effondrements de cavités souterraines : l’évolution des cavités
souterraines naturelles (dissolution de gypse) ou artificielles (carrières et
ouvrages souterrains) peut entraîner l’effondrement du toit de la cavité et
provoquer en surface une dépression généralement visible, le plus souvent
comme un trou de forme circulaire.
- Les écroulements (ou éboulements) et les chutes de blocs :
l’évolution des falaises et des versants rocheux engendre des chutes de
pierres (volume inférieur à 1 dm3), des chutes de blocs (volume supérieur
à 1 dm3) ou des écroulements en masse (volume de centaines de m3 et
pouvant atteindre plusieurs millions de m3). Les blocs isolés rebondissent
ou roulent sur le versant, tandis que dans le cas des écroulements en
masse, les matériaux "s’écoulent" à grande vitesse sur une très grande
distance (cas de l’écroulement du Mont Granier en Savoie dont les
matériaux calcaires ont parcouru une distance horizontale de 7 km, et se
sont étalés sur une surface de 20 km2 environ).
- Les coulées boueuses sont caractérisées par un transport de
matériaux sous forme plus ou moins fluide. Elles se produisent sur des
pentes, par dégénérescence de certains glissements avec afflux d’eau.
- Les laves torrentielles, phénomènes se produisant dans les lits
des torrents au moment des crues, sont caractérisées par une
concentration en matériau solide très élevée ressemblant plus à
l’écoulement d’une pâte que d’un liquide à proprement parler. Les laves
torrentielles composées de matériaux d’origine volcanique (cendres et
fragments de roche principalement).
A- Glissements de terrain
1. Définition
Un glissement de terrain correspond à un déplacement généralement lent
(de quelques millimètres par an à quelques mètres par jour) sur une pente, le
long d’une surface de rupture dite surface de glissement (cisaillement).
Damage et résultat d’un glissement.
2. Manifestation
Un détachement d’une masse de terrain cohérente, de volume et
d’épaisseur variables quelques mètres cubes dans le cas du simple
glissement de talus ponctuel à quelques millions de mètres cubes dans le
cas d'un mouvement de grande ampleur pouvant concerner l'ensemble d'un
versant.
3. Indices révélateurs
Les principaux indices caractéristiques d’activité d’un glissement sont :
niche d’arrachement, fissures, bourrelets, arbres basculés, zone de
rétention d’eau, fissuration des bâtiments, déformation des routes, etc.
4. Mesures préventives et confortement :
a)
b)
c)
d)
Traitement d’un cas de glissement avec géotextiles.
a) Glissement ; b) Déroulement des travaux ; c) Schéma d’exécution ; d) Ouvrage achevé.
5. Autres aléas considérés.
5.1. Les Cavités
Traitement de cavité avec
géotextiles.
Cavité naturelle.
Maillage éléments finis.
5.2. Retraits-Gonflement
Dommage et résultat d’un gonflement.
Corrélations entre gonflement (swelling) potentiel et
indice de plasticité (source : Chen, 1983).
5.3. Etude de cas :
Construire en zone à risques, le cas de la Calère à Oran.
Eboulements rocheux (calculs par la méthode des éléments discrets);
(l’Acropole d’Athènes
Calculs par la méthode des éléments discrets;
(l’Acropole d’Athènes).
CHAP. II : MÉTHODES D’ANALYSE ET DE PRÉDICTION DES
RISQUES
1. Introduction :
Il paraît ici que, l'analyse de risques n'est pas une discipline
proprement dite, mais plutôt une activité de l'ingénieur qui s'efforce
d'évaluer le paramètre risque.
De ce fait, il existe plusieurs approches pour accomplir cette activité,
qui sont clairement identifiées et formalisées dans l'industrie et qui sont
également utilisées en génie civil. Elles peuvent être groupées en deux
familles (Zwingelstein, 95) : les méthodes internes et les méthodes
externes d'analyse de risques.
Les méthodes internes reposent sur la connaissance profonde du
fonctionnement du système étudié (un ensemble de composants
interconnectés dans l'industrie, un ouvrage en génie civil). A partir de
modélisations, il est alors possible de prévoir son comportement futur et
d'analyser ensuite les risques.
2. Méthodes courantes:
2.1. Arbre de décision:
Un arbre de décision est un schéma représentant les résultats possibles
d'une série de choix interconnectés. Il permet à une personne ou une
organisation d'évaluer différentes actions possibles en fonction de leur coût,
leur probabilité et leurs bénéfices. Il peut être utilisé pour alimenter une
discussion informelle ou pour générer un algorithme qui détermine le meilleur
choix de façon mathématique.
2.2. Arbre de défaillance (Fault Tree Method) :
Un arbre de défaillance représente de façon synthétique l'ensemble
des combinaisons d'événements qui peuvent conduire à
une défaillance. Construire un arbre revient à répondre à la question «
comment telle défaillance peut-elle arriver ? », ou « quels sont
les scénarios (enchaînements d'événements) possibles qui peuvent
aboutir à cette défaillance ? ». Cette recherche des combinaisons de
causes pouvant provoquer une défaillance se poursuit par une
recherche des coupes minimales (ensembles d'événements de base,
ou de conditions, nécessaires et suffisants à produire la défaillance)
puis une évaluation de la vraisemblance de la survenue de
la défaillance à partir de la combinaison des vraisemblances que les
événements élémentaires se produisent.
2.3. Arbre d’évenement (Event Tree Method) :
L'évaluation quantitative des arbres d'événements est simple et rapide.
Connaissant pour tous les événements les probabilités de se trouver dans une
configuration échec ou défaillance, il est facile de calculer
la probabilité d'apparition d'un des scénarios de défaillances.
Plus précisément, la méthode se déroule en six phases :
1. Identifier l'événement initiateur : ce peut être la défaillance d'un système, d'un
sous-système, d'un composant,... ou un événement extérieur. On détermine
ensuite quantitativement la fréquence d'apparition de cet événement.
2. Identifier les mécanismes de prévention, systèmes automatiques de sécurité,
alarmes opérateurs, actions de l'opérateur, barrières de sécurité, etc. Leur
efficacité s'évalue au travers d'une probabilité de succès / échec.
3. Construire l'arbre, de la gauche (événement initiateur) vers la droite
(conséquences) en enchaînant les mécanismes de prévention représentés par
des branches : branche supérieure pour le succès, branche inférieure pour
l'échec. L'objectif en terme de finesse du niveau de conséquences intervient
lors de cette phase :
a. On peut avoir un objectif limité aux questions de sécurité : possibilité
d'accident grave (explosion par exemple) ou non ? ;
b. On peut avoir un objectif un peu plus détaillé : possibilité d'accident grave,
production dégradée, production nominale et sans accident ;
c. On peut avoir un accident beaucoup plus détaillé : possibilité d'accident grave,
possibilité d'accident bénin, arrêt de la production, perte de plus de 80% de la
production, perte de 30 à 80% de la production, perte de production inférieure à
30%, retard supérieur à la journée, retard inférieur à la journée, production
nominale, par exemple.
4. Estimer les probabilités de chaque branche.
5. Estimer les probabilités de chaque conséquence par combinaison
des probabilités des branches.
6. Hiérarchiser les conséquences par probabilités.
Deux utilisations de l'arbre obtenu sont alors possibles :
a- l'approche déductive : une fois l'arbre construit, certaines séquences sont
supprimées
b- l'approche inductive : elle est basée sur la méthode MCPR qui permet
l'élaboration des pannes résumées globales.
2.4. Méthode de Monté Carlo:
3. Exemples :
Exemple 1 : Arbre de défaillance. Dégradation d’un mur en Béton.
Exemple 2 : Arbre d’évenement. Erosion interne d’une digue
Exemple 3 : Arbre d’évenement. Débordement
Chap. III : Stratégie de Prévention et gestion des
catastrophes naturelles en Algérie
(Etat des Lieux).
1- L’ÉVALUATION DES ALÉAS SISMIQUES
L’évaluation Aléa Sismique se focalise :
• Étude des séismes ;
• Sources des séismes;
• Effets des séismes sur le sol et le bâti.
Grace aux Bureau des Affaires Spatiales des Nations Unies
(OOSA) et l’Agence Spatiale Algérienne (ASAL), on a pu :
Etablir La photographie aérienne :
escarpement morphologique
souligne le tracé d’une faille (active)
génératrice de séismes.
Exemple de cartographie préliminaire: la photo révèle un escarpement NE-SW quaternaire d’une faille
régionale des linéaments morphotectoniques NNE-SSW à NE-SW orientés à N020-N060, ENE-WSW à
E-W orientés N075 à N090, des linéaments mineurs de directions NW- SE, N-S dans l’ancien.
Le terrain révèle que :
L’escarpement E-W détecté correspond à une faille inverse (chevauchement).
On conclue alors :
A- Ces caractéristiques « géométriques » : Faille inverse de direction NE-SW
avec un plongement sud, et de longueur de plus 40 Km, sont intégrés dan le
calcul de l’aléa:
Le chevauchement est classé comme étant une faille supposée active vue la
discrétion de la sismicité historique dans la région d’Arbal.
B- Les linéaments NNE-SSW à NE-SW coïncident avec des décrochements
affectant les formations anciennes des monts de Tessala.
2- ENGAGEMENTS POLITIQUES ET INSTITUTIONNELS.
• Stratégie, politique de législations nationales (réduction de risque de
catastrophes)
• Organe national de coordination multisectoriel
• Plans sectoriels : Non encore établis.
• Intégration des objectifs de l’ONU.
• Codes et normes de construction (risques sismiques)
• Implication des autres services (s. privé ; ONG ; m. universitaire ;
médias ; …)
3. IDENTIFICATION DES RISQUES
• Cartographie. Evaluation des aléas
• Mécanique de surveillance des risques (cartographie des risques)
• Système d’alerte : N/A.
4. GESTION DES CONNAISSANCES
• Systèmes de gestion d’information (sur les risques)
• Implication de la communauté académique et scientifique pour la
prévention.
5. APPLICATIONS/INSTRUMENTS DE GESTION DES RISQUES.
• La réglementation et les normes de construction
• L’Aménagement et l’urbanisme
• L’Outil d’études, de contrôle et de prévention des risques naturels
Références
1- Benamghar A., "Métaux lourds dans les sols wallons, cartes de risque et interprétations",
EUE. ISBN 978-3-8381-8090-8, 2012. (sur Amazon)
2- Frédéric L., Nancy M. Aléas naturels et gestion des risques par (Amazone).
3- Jean Paul B. Géotechnique et risques naturels. Durabilité des géomembranes -
Vieillissement physico-chimique et endommagement mécanique. Publications de LCPC.
Paris, 2008.
4- Laffréchine, 1999 ; Courilleau, 1997.
5- Balan A. , Le risque construction, le coût du sol, les recommandations en génie civil .
ENPC, 2005.
6- FAVRE J.L., « Modélisation de l’incertain, fiabilité, analyse des risques », Edition Ellipses,
2004.
7- EREBEL P., « Management des risques », Edition Eyrolles, 2009.
8- Centre de Recherches en Astronomie, Astrophysiques et Géophysiques (CRAAG),
Algérie.
9- [Link]
10- [Link]
11- [Link]