Blue Guide FR
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Guide
Programmes d’Infrastructures à
Haute Intensité de Main d’Oeuvre :
Politiques et pratiques du travail
Département du redressement et de la reconstruction
Bureau international du Travail
Les approches HIMO dans le cadre des
programmes d'infrastructure sont devenues Genève
un élément important des stratégies de
création d'emplois productifs et de génération
de revenus dans beaucoup de pays en
développement. L'expérience globale du BIT
montre que les méthodes HIMO bien gérées
se sont révélées être une alternative viable et
rentable aux méthodes à haute intensité
d'équipements, pour la construction et
l'entretien d'une infrastructure de bonne
qualité, comme les pistes et routes
secondaires, les oeuvres de conservation des
sols, de l'adduction d'eau, de l'irrigation, etc.,
permettant au même temps de réaliser des
économies, en particulier en termes de
Programmes
devises.
Grâce à ses bureaux locaux et à ses équipes multidisciplinaires en place dans plus de 40
pays, le BIT fournit des avis spécialisés et une assistance technique aux Etats Membres
dans différents domaines: droit du travail et relations professionnelles, emploi, formation
pour le développement des petites entreprises, sécurité sociale, sécurité des travailleurs
et conditions de travail, statistiques du travail, éducation ouvrière, etc.
Publications du BIT
Le Bureau des publications du BIT produit et fait paraître toutes sortes de documents:
analyses des grandes tendances économiques et sociales; position de l’OIT sur les
questions intéressant le monde du travail; ouvrages de référence; guides techniques;
monographies et résultats de recherches; recueils de directives pratiques élaborés par
des experts pour promouvoir la sécurité et la santé au travail; ouvrages de formation;
manuels d’éducation ouvrière, etc. Il fait aussi paraître, en français, anglais et espagnol,
la Revue internationale du Travail, publication trimestrielle qui fait le point des questions
d’actualité et présente les résultats de la recherche sur le monde du travail et sur les
problèmes sociaux et économiques.
Catalogues et listes des nouvelles publications peuvent être obtenus gratuitement à
l’adresse suivante: Publications du BIT, Bureau international du Travail, CH-1211
Genève 22, Suisse. Site web: [Link]
Programmes d’Infrastructures à Haute
Intensité de Main-d’Oeuvre - HIMO :
BIT
Programmes d’Infrastructure à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Genève, Bureau international du Travail, 2000
ISBN 92-2-211034-X
Les désignations utilisées dans les publications du BIT, qui sont conformes à la pratique des
Nations Unies, et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part du Bureau
international du Travail aucune prise de position quant au statut juridique de tel ou tel pays, zone
ou territoire, ou de ses autorités, ni quant au tracé de ses frontières.
Les articles, études et autres textes signés n’engagent que leurs auteurs et leur publication ne
signifie pas que le Bureau international du Travail souscrit aux opinions qui y sont exprimées.
Les publications du Bureau international du Travail peuvent être obtenues dans les principales
librairies ou auprès des bureaux locaux du BIT. On peut aussi se les procurer directement à
l’adresse suivante: Publications du BIT, Bureau international du Travail, CH-1211 Genève 22,
Suisse. Des catalogues et listes des nouvelles publications peuvent être obtenus gratuitement à la
même adresse.
Toutefois, l’introduction de méthodes HIMO comporte des risques. En effet les introduire
sans tenir compte des conditions de travail pourrait d’une part conduire à des abus et à
une exploitation des travailleurs et d’autre part compromettre à long terme l’application
à grande échelle des programmes de cette nature, si des législations du travail adaptées
ne sont pas élaborées et mises en oeuvre. En particulier s’agissant du secteur privé, des
efforts doivent être déployés pour sauvegarder les normes de base du travail. Une
utilisation judicieuse des procédures d’adjudication et du système de contrat permettrait
de promouvoir une amélioration des conditions de travail pour un grand nombre de
travailleurs temporaires et non qualifiés employés dans ces programmes par des
entreprises de petite dimension.
Ce guide présente l’expérience actuelle concernant la manière dont sont traitées les
questions d’emploi et de travail dans les programmes d’infrastructures à haute intensité
de main-d’oeuvre. Il indique comment des progrès pourraient être réalisés en matière de
normes et de conditions d’emploi et de travail avec la participation des partenaires
sociaux. Des sections distinctes contiennent des recommandations pour les ministres
chargés des travaux publics, du travail et de l’emploi, et pour les organisations de
travailleurs et d’employeurs.
Rizwanul ISLAM,
Directeur,
Département du redressement et de la reconstruction
v
Table des matières
1. INTRODUCTION
vii
3. RECOMMANDATIONS AUX MINISTÈRES PUBLICS
6. ANNEXES
7. INDEX
viii
Table des abréviations
AGETIP Agence d’Exécution des Travaux d’Intérêt Public
ASIST Programme Régional du BIT de Conseils, d’Information et de Formation pour les
Investissements d’Infrastructures basés sur l’Emploi
BIT Bureau International du Travail
BTP Bâtiments et Travaux Publics
CBO Community-Based Organisation (Organisation communautaire)
COSATU Congress of South African Trade Unions (Congrès des Syndicats d’Afrique du Sud)
DANIDA Agence Danoise de Développement International
FENU Fonds d’Equipement des Nations Unies
FIDIC Fédération Internationale des Ingénieurs Conseils
HIMO Haute Intensité de Main-d’Oeuvre
HMG His Majesty’s Government (Le Gouvernement de Sa Majesté)
IDA International Development Agency (Agence Internationale de Développement –
de la Banque mondiale)
IPES Institut Péruvien pour la promotion de l’Economie Sociale
MTPT Ministère des Travaux Publics et des Transports
NORAD Agence Norvégienne de Développement
NORMES Département des Normes Internationales du Travail du BIT
NPWP National Public Works Programme (Programme National des Travaux Publics
d’Afrique du Sud)
OIT Organisation Internationale du Travail
ONG Organisation Non Gouvernementale
PAM Programme Alimentaire Mondial
PIE Programme Intensif d’Emploi
PME Petites et Moyennes Entreprises
PNAS Programme National d’Actions Sociales (RWANDA)
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PSTP Programme Spécial de Travaux Publics
RARP Rural Access Roads Programme (Programme pour routes rurales, KENYA)
SIDA Agence Internationale Suédoise de Développement et Coopération
UK United Kingdom (ROYAUME-UNI)
UNICEF Fonds des Nations Unies pour les Enfants
WEP World Employment Programme (Programme Mondial de l’Emploi)
ix
Monnaies de référence figurant dans le Guide
P Pula de Botswana
CFA Franc de la Communauté Financière Africaine
KS Shilling du Kenya
N$ Dollar de Namibie
P Peso des Philippines
US$ Dollar des Etats-Unis
Z$ Dollar du Zimbabwe
x
Remerciements
Ce guide est élaboré à partir des études et expériences tirées des projets de coopération
technique dans le domaine de l'infrastructure à haute intensité de main-d'oeuvre, qui
bénéficie du soutien du BIT depuis le milieu des années 70. Il a été préparé en 1998 en
anglais par David Tajgman, consultant en droit du travail et développement, et Jan de
Veen, conseiller principal en ingénierie au département des politiques du
développement, Bureau international du Travail, Genève, avec le concours financier du
fonds de coopération technique du budget ordinaire de l’OIT et du gouvernement du
Danemark.
A la suite d’une étroite collaboration avec certain pays francophones d’Afrique, le BIT a
décidé de publier le Guide en français. Son adaptation et sa présentation française ont
été supervisées par Eric de Vries.
Les auteurs souhaiteraient exprimer leur gratitude aux nombreuses personnes qui ont
apporté leur contribution au contenu et à la présentation de ce guide.
1
Revue Tripartite du Guide sur les «Politiques et Pratiques du Travail des Programmes d’Infrastructures à
Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO»: rapport des séances, Kampala, Ouganda, 6-7 octobre 1997.
xi
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO: Politiques et pratiques du travail
Introduction
PARTIE 1
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
1. Introduction
1
Engagement 3 de la Déclaration et du Programme d’action de Copenhague, sur la promotion du plein emploi,
pris lors du Sommet universel pour le développement social, 6-12 mars 1995.
2
1. Introduction
1.1 Pourquoi ce guide ?
Définition essentielle :
l'expression «basé sur
la main-d'oeuvre»
Ce guide examine l'utilisation et la gestion
des ressources humaines et matérielles
locales pour la construction et l'entretien
des infrastructures. Pour un certain nombre
d'activités, un mélange approprié de main-
d'oeuvre et d'équipements est nécessaire
pour obtenir des produits de grande qualité
et de façon rentable. Une technologie basée
sur la main-d'oeuvre vise à combiner main-
d'oeuvre et équipements en donnant la
priorité à la main-d'oeuvre, mais en la
complétant le cas échéant par du matériel
léger pour des raisons de qualité ou de coût.
C'est le cas, par exemple, pour certaines
activités du bâtiment et des travaux publics
comme le camionnage sur longue distance,
le compactage, le travail dans le roc ou la
fourniture d'un travail de surface de haute
qualité, qui sont difficiles pour la main
d'oeuvre. L'expression «basé sur la main-
d'oeuvre» signifie donc qu'il est fait un
usage flexible et optimum de la main-
d'oeuvre en tant que ressource prédomi-
nante, mais sans négliger les aspects liés à
la rentabilité et à la qualité des travaux.
3
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Les projets soutenus par le Programme HIMO ont également fourni une occasion unique
pour introduire, de façon progressive, un certain nombre de normes sociales fondamen-
tales de l’OIT. Cela a pu se concrétiser, par exemple, grâce à l’élaboration et à l’introduc-
tion, conjointement avec les organismes publics et les organisations d’employeurs et de
travailleurs intéressés, de documents annexés au contrat avec des clauses pertinentes
relatives à l’âge minimum, au salaire minimum, à la non-discrimination et à l’assurance
contre les accidents du travail. Ces questions sont examinées dans le cadre des program-
mes de formation technique.
Par ailleurs, le Programme a apporté son appui aux travailleurs des secteurs non structu-
rés dans leurs efforts pour s’organiser et négocier une participation plus substantielle au
processus national de développement. Par exemple, dans le cas de l’Afrique du Sud, la
demande initiale d’une aide du BIT dans le cadre du programme national de travaux
publics de ce pays est venue du Congrès des syndicats sud-africains (COSATU). Les asso-
ciations du secteur non structuré, des entrepreneurs locaux et les comités de développe-
ment sont quelques uns des groupes par lesquels les organisations de travailleurs ont
développé leurs effectifs et mis en place des initiatives en faveur des travailleurs non syn-
diqués.
4
Partie 1 Introduction
Pourquoi élaborer ce guide
Un environnement
favorable suppose
un appui au
renforcement des
capacités et des
réglementations
simples et claires
5
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Les employeurs, les entrepreneurs, les consultants et les agents de maîtrise considèrent
également la gestion de grands nombres de travailleurs comme l’un des défis majeurs
des programmes d’infrastructures à haute intensité d’emploi. Des centaines de tra-
vailleurs par chantier ont besoin d’être administrés et contrôlés, motivés et rémunérés,
et des mesures doivent être prises pour assurer leur bien-être et leur productivité. Les
organiser suppose un personnel d’encadrement bien formé, capable de déterminer la
taille et l’équilibre des équipes, et de fixer les tâches. Les autres tâches d’encadrement
consistent notamment à fournir et à distribuer des outils de bonne qualité et du matériel
léger, à engager et à licencier, à assurer des conditions de travail raisonnables, à organi-
ser une couverture sociale, ainsi qu’à veiller à la sécurité, à la santé et aux précautions à
prendre en matière de prévention des accidents. Ce ne sont pas des tâches faciles, mais
elles sont réalisables et peuvent être menées à bien de manière bénéfique pour les entre-
prises privées lucratives, dès lors qu’elles sont effectuées par des personnels formés
dans un environnement ne présentant pas d’obstacles majeurs.
Les projets HIMO d’infrastructures soutenus par le BIT ont été mis en oeuvre dans plus de
30 pays dans des conditions et des contextes nationaux extrêmement divers. Par exemple,
dans certains pays, il reste encore à développer un environnement favorable aux petites
entreprises et aux travaux publics HIMO afin de permettre une exécution efficace et à
grande échelle de ces travaux. De même, des législations nationales régissant les petits
entrepreneurs et l’emploi temporaire des travailleurs ruraux sont in-appropriées pour ce
type de méthode ou doivent être élaborées à nouveau. Les salaires minima officiels sont
soit supérieurs soit inférieurs au taux du marché pour la main-d’oeuvre rurale. Les condi-
tions d’emploi et de traitement sont différentes parfois pour les hommes et les femmes. Le
travail des enfants à côté, ou à la place, des parents, peut avoir un caractère traditionnel.
Les participations dites « volontaires » des travailleurs ruraux relèvent techniquement du
travail forcé au sens des conventions internationales pertinentes. La protection sociale
même la plus élémentaire, comme l’assurance contre les accidents du travail, n’existe pas
ou ne fonctionne pas. Dans tous ces domaines, des mesures doivent être prises – avec
l’entière participation des partenaires sociaux – afin d’assurer un certain progrès et d’éviter
des situations d’échec pour les programmes HIMO ou de réussite obtenue uniquement au
prix de l’exploitation des travailleurs.
Ce guide est une première étape pour rassembler les données et partager les expériences
sur la meilleure façon dont les travailleurs non organisés et les petits employeurs peuvent
tirer profit des institutions nationales existantes et de quelle manière des normes de tra-
vail pertinentes peuvent être progressivement introduites dans les programmes d’infra-
structures à haute intensité d’emploi. Il est rédigé pour le public cible suivant : les
ministres1 chargés des questions de travail et de la construction et de l’entretien des
infrastructures, les travailleurs et les organisations de travailleurs, les employeurs et les
organisations d’employeurs, et les praticiens et les conseillers techniques s’occupant de
la conception et de la mise en oeuvre des projets d’infrastructures urbaines et rurales,
notamment dans les pays en développement.
1
Pour simplifier, le terme ministre du travail est utilisé pour le ministre ou une autre autorité
gouverne-mentale chargé du travail et des questions de travail, quelle que soit par ailleurs sa désignation
officielle. L’expression «ministres chargés des travaux publics» est utilisée pour les ministres ou les autres
autorités gouvernementales chargés de la construction et de l’entretien des infrastructures, quelle que soit
leur désignation.
6
Partie 1 Introduction
Pourquoi élaborer ce guide
Il existe plusieurs publications qui exposent plus en détail les sujets développés dans chaque section. Ces
sujets incluent, par exemple, les mécanismes d’évaluation de la disponibilité de la main-d’oeuvre, les
modalités de calcul des salaires payés, ou les quantités que peuvent produire les travailleurs pendant une
journée de travail. A la fin de la section, sur les pages de droite, nous donnons la liste des publications en
rapport avec la section considérée.
La référence est fournie. A la fin de chaque section, sur la page de droite, le titre et d’autres
renseignements bibliographiques sur les sources des exemples sont fournis.
7
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Présentation
Ce guide est divisé en deux moitiés coordonnées pour répondre à la grande diversité
des demandes émanant d’un public très varié. La première moitié – plus formelle et plus
succincte – occupe la page de gauche. L’autre moitié – destinée à un plus large public,
plus détaillée et axée sur la pratique – figure sur la page de droite. Les sources pour de
plus amples informations et les références apparaissent à la fin de chaque section sur la
page de droite. Les deux moitiés sont liées l’une à l’autre de manière que la question trai-
tée d’un côté le soit en même temps de l’autre.
o La partie 1 présente le sujet. Elle situe le reste du guide dans le contexte des gran-
des questions en rapport avec les travaux d’infrastructures basés sur la main-d’oeu-
vre. Par exemple :
m Les salaires des ouvriers ne sont-ils pas trop élevés pour employer de la main-
d’oeuvre au lieu de machines ?
m Pourquoi est-il important de traiter les questions de travail en tant que telles
dans les programmes HIMO ?
m Le recours aux entrepreneurs privés est-il la meilleure façon d’exécuter une
politique basée sur la main-d’oeuvre ?
m Pourquoi l’utilisation de méthodes HIMO est-elle importante pour le développe-
ment ?
m Selon quelles normes les travailleurs devraient-ils être employés dans les tra-
vaux d’infrastructure basés sur la main-d’oeuvre ?
o La partie 2 fournit quelques directives pour les politiques et les pratiques du travail
dans le cadre les travaux d’infrastructure basés sur la main-d’oeuvre. Elle est divisée
en sections traitant chacune un sujet en rapport avec les questions de personnel
et les autres grandes questions, telles que le recrutement, la fixation du salaire, la
motivation et la discipline.
L’expérience tirée des projets fait l’objet d’un traitement plus détaillé sur les pages
de droite, qui inclut les raisons du succès ou de l’échec, des exemples d’applications,
de qualifications, et d’exceptions.
8
Partie 1 Introduction
9
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
o La partie 4 donne des conseils pratiques au deuxième groupe de lecteurs visés : les
travailleurs et les organisations de travailleurs. La plus importante section de cette
partie explique les systèmes de rémunération basés sur la productivité, leur impor-
tance, les avantages pour les travailleurs, et des méthodologies détaillées pour
empêcher les abus. Les questions organisationnelles sont également abordées ici.
o La partie 5 donne des conseils pratiques au troisième groupe de lecteurs visé : les
employeurs et les organisations d’employeurs. On y met l’accent sur l’explication
des avantages potentiels liés à l’organisation et sur les questions auxquelles sont
confrontés les nouveaux groupements d’employeurs et d’entrepreneurs dans les
activités HIMO.
Ce guide est conçu pour les praticiens ayant besoin de conseils sur ce sujet. Il vise à être
aussi pratique que possible. Il est également destiné à être utilisé dans toute une série de
situations, par exemple :
S Par des ministres chargés des travaux publics et des ministres du travail/de
l’emploi pour :
10
Partie 1 Introduction
La présentation et l’utilisation de ce guide
Question clé :
La question fondamentale ou le point d’intérêt de la section.
11
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Les études anciennes et nouvelles sur la question et l’expérience tirée des projets per-
mettent de conclure que dans les pays en développement et dans quasiment tous les cas,
la main-d’oeuvre peut remplacer les machines sur certains aspects importants de la créa-
tion et de l’entretien des infrastructures. Des exemples sont donnés sur la page opposée.
Dans certains cas, la main-d’oeuvre peut être plus efficacement remplacée dans une
gamme assez limitée de processus de construction ou d’entretien, par exemple, seule-
ment pour les travaux d’excavation. La plupart du temps, toutefois, la gamme est assez
large et inclut (pour ce qui est des routes) le défrichement, l’enlèvement de la terre végé-
tale et des racines, l’excavation, certaines formes de roulage et de répandage. Cette
décision doit être fondée sur une analyse particulière de la situation. Une analyse récente
(Banque mondiale, document technique nº 347, 1996) montre que dans les pays où les
taux de salaires sont inférieurs à 4 dollars des Etats-Unis par jour, les programmes à
grande échelle basés sur la main-d’oeuvre sont économiquement viables.
Une politique nationale favorisant le recours à la main-d’oeuvre aussi souvent que possi-
ble peut être un facteur important lorsqu’un tel choix est possible. Cela représente un
élément important de l’environnement favorable pour les techniques HIMO que doit éta-
blir un gouvernement. Cet environnement favorable inclut des réglementations et des
procédures simples et appropriées permettant, par exemple, des paiements à temps et à
intervalles réguliers, une certaine décentralisation du processus de décision et un soutien
approprié à la gestion.
12
Partie 1 Introduction
Ghana
Au Ghana, les petits entrepreneurs ont été formés pour remettre en état et entretenir les routes
de desserte locale en utilisant des méthodes à haute intensité de main-d’oeuvre. Le programme a
créé environ 20 000 années de travail entre 1989 et 1996 pour la construction de quelque 1400
km de route, et a contribué à la création de 93 entreprises locales adjudicataires, dont 54 étaient
équipées de matériel léger approprié de transport et de compactage. Environ 600 agents de
direction et d’encadrement ont été formés. Chaque entrepreneur a reconstruit de 15 à 20 km de
routes en gravier par an pour un coût moyen de 10 000 dollars des Etats-Unis. En comparant
l’approche à haute intensité d’emploi avec des travaux similaires exécutés par des entrepreneurs
utilisant des méthodes classiques à haute intensité d’équipement, on a pu constater que cette
approche :
& a créé 320% d’emploi de plus (en moyenne, il faut 2 500 journées de travail pour construire 1
km de route en gravier de grande qualité) ;
& était, financièrement parlant, environ 10% moins chère en moyenne ;
& réduisait les besoins en devises d’à peu près 50% ; et
& était à tous égards comparable en termes de normes de qualité.
Madagascar
Une étude indépendante a été réalisée en 1996 pour examiner l’impact des programmes à haute
intensité de main-d’oeuvre (HIMO) mentionnés ci-dessous sur l’économie nationale et les
comparer avec les programmes à haute intensité d’équipement :
& programme multisectoriel d’infrastructures (financé par le PNUD et l’UNICEF)1 ;
& fonds social de développement (Fonds d’intervention pour le développement – Banque
mondiale) ;
& programme de petits travaux urbains dans les faubourgs d’Antananarivo (Travaux HIMO
urbains – Banque mondiale, PAM avec le BIT en tant qu’organisme exécutif) ;
& programme de routes rurales à Antsirabe (NORAD) ;
& projet de développement régional d’Ambato-Boeny (financé par le PNUD et le FENU);
& projet de développement régional dans la région du Sud frappée par la sécheresse (FENU,
PAM, PNUD) ;
& AGETIPA (programme de travaux urbains à Antananarivo - Banque mondiale).
Il a été constaté que les programmes à haute intensité de main-d’oeuvre :
& créaient de deux à cinq fois plus d’emplois ;
& étaient, financièrement parlant, au moins 30% moins chers ; et
& réduisaient les besoins en devises d’environ 30%.
1
Voir liste des acronymes pour les formats complets.
13
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Eu égard à la qualité, il ne fait aucun doute que la qualité des infrastructures réalisées à la
main et avec de petits moyens mécaniques peut rivaliser avec celle résultant de l’emploi
des grosses machines. C’est particulièrement vrai lorsqu’on veille au choix du site, à la
supervision des processus de production et à l’application de techniques de production
appropriées.
Parfois, des difficultés se posent avec les salaires minima légaux (ou réglementés). Dans
certains cas, le taux est trop élevé par rapport aux salaires de la main-d’oeuvre non qua-
lifiée, ce qui ne permet pas d’assurer la viabilité économique du projet. Dans d’autres
cas, le taux minimum est trop faible pour attirer et motiver les travailleurs. On ne peut
pas facilement faire de généralisations en ce qui concerne l’impact des taux minima
légaux sur les coûts et les comparaisons de coût avec la production basée sur les machi-
nes. Cette question est examinée de façon plus détaillée sous la partie 2, dans la section
Base de rémunération.
14
Partie 1 Introduction
Le coût des travaux à haute intensité de main-d’oeuvre
Lesotho
En 1995, une étude comparative du BIT portant sur l'efficacité économique des techniques HIMO
et des techniques à haute intensité d'équipement dans le secteur de la construction des routes
rurales au Lesotho montra que l'emploi de la technologie HIMO dans les endroits montagneux
était beaucoup moins cher (37%) que l'option des équipements, même au taux de salaire
relativement élevé de 4,90 $ par jour (qui était le salaire minimum à l'époque de l'étude). Le taux
de salaire du seuil d'équilibre, c'est-à-dire le niveau de salaire jusqu'auquel la technique HIMO
restait plus compétitive que la technique basée sur l'équipement, était de 14,50 $ par jour, ce qui
est exceptionnellement élevé (dans la plupart des pays, ce niveau ne dépasse pas les 4 $ par
jour). Cette marge est due aux coûts élevés de mobilisation de l'équipement et aux difficultés
opérationnelles dans les régions montagneuses du Lesotho. Comme le secteur de la construction
du Lesotho dépend presque entièrement des entrepreneurs étrangers, une industrie locale
employant la main-d'oeuvre devrait être très compétitive par rapport aux entrepreneurs utilisant
des technologies basées sur l'équipement importé.
Zimbabwe
La même étude révéla une marge plus étroite pour le Zimbabwe. Alors qu'à cette époque le
salaire minimum atteignait 2,82 $ par jour, il restait à 1,14 $ dans les zones rurales. A ce taux, la
technologie HIMO était encore 38 pour cent moins chère que la technologie basée sur
l'équipement. Cependant, au taux de 2,82 $, l'emploi de main-d'oeuvre était seulement très
légèrement avantageux (4%), le taux de salaire de l'équilibre étant de 3,30 $. Dans ce cas,
l'étude conclut que toute augmentation du taux de salaire rendrait l'approche HIMO plus
coûteuse, à moins qu'il n'y ait une augmentation proportionnelle du coût de l'équipement. Dans
l'intervalle, la dévaluation de la monnaie nationale, en 1997/98, a rendu la technologie HIMO
beaucoup moins chère en termes de dollars américains.
Choix de technologie
signifie de l’emploi
15
Partie 1 Introduction
Le coût des travaux à haute intensité de main-d’oeuvre
Ghana: Department of Feeder Roads (DFR), matériel rassemblé par E.N. Ashong: Labour-based road
improvement in Ghana, The development and utilization of small-scale contractors (Accra, DFR, 1996).
Madagascar: Razafindrakoto, M. et Roubaud, F.: L'approche à haute intensité de main-d'oeuvre: Une
opportunité pour Madagascar; essai de cadrage macro-économique, Série Réflexions sur le développement,
Document de discussion nº 8 (Genève, BIT, 1997).
Lesotho et Zimbabwe: Lennartson, M. et Stiedl, D.: Technology choice, Man or machines, Documents
présentés lors du Policy Advice and Information Dissemination Seminar to Member States on the
Employment-Intensive Works Programme (Harare, BIT, 1995).
17
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Par conditions de travail minimales acceptables, on fait référence à des mesures visant à
assurer la sécurité et la santé, telles que des mesures pour empêcher les accidents sur
les chantiers et obtenir une couverture sociale contre ces risques, la possibilité de dispo-
ser de matériel de premier secours et d’eau potable. L’organisation et la gestion des
chantiers supposent l’existence d’un personnel d’encadrement bien formé capable de
fixer des tâches1 de travail équitables pour les différentes activités et d’organiser la
main-d’oeuvre de façon que chaque travailleur puisse travailler efficacement. Les incita-
tions pour les travailleurs peuvent prendre différentes formes : primes pour la qualité et
des résultats de travail réguliers, réduction de la durée du travail obtenue grâce à l’achè-
vement d’une tâche déterminée, rémunération par unité de production et gratifications
en cas de rendement très élevé. Des outils de très bonne qualité et bien conçus sont
essentiels pour renforcer la productivité, tandis que la qualité peut être assurée par la
possibilité de disposer des équipements légers nécessaires. Enfin, l’un des facteurs de
motivation les plus importants est un bon flux de communication sur le chantier entre les
travailleurs et les agents de maîtrise, et en dehors du chantier, entre les agents de maî-
trise et les niveaux plus élevés de direction. Des procédures régulières de suivi et de
rétroaction, aboutissant le cas échéant à des mesures correctrices, contribueront pour
une grande part au bien-être et au sentiment d’appartenance à une collectivité de toutes
les personnes concernées et, de ce fait, au bon fonctionnement du chantier.
1
Tâches qu’un ouvrier moyen est censé pouvoir raisonnablement exécuter en six ou sept heures de travail
continu.
18
Partie 1 Introduction
Edmonds, G. et de Veen, J.: Technology choice for the construction and maintenance of roads in developing
countries: Developments and guidelines (Genève, BIT), 1991.
19
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Les avantages présentés par la régie directe sont en général des conditions de travail
réglementées, des salaires garantis et versés en temps voulu, et la sécurité pour la
main-d’oeuvre. Avec un entrepreneur privé, ces avantages peuvent être assurés par des
procédures contractuelles, des documents appropriés annexés au contrat et un suivi et
un contrôle adéquats exercés par le maître d’ouvrage. La complexité et l’ampleur de ces
dispositions varient selon l’importance du contrat (construction ou entretien) et le nom-
bre et la catégorie des travailleurs concernés. La construction d’infrastructures combine
des investissements de haut niveau réalisés en une fois et l’emploi à court terme d’un
grand nombre de travailleurs. A l’inverse, l’entretien associe des investissements per-
manents de faible niveau avec l’emploi à plus long terme d’un petit nombre de tra-
vailleurs.
1
Dans ce guide, le terme « projet » fait référence à toutes activités de construction ou d’entretien basées sur
la main-d’oeuvre, exécutées en régie directe ou par un entrepreneur privé, avec ou sans aide internationale.
20
Partie 1 Introduction
21
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Dans le cadre de la maîtrise d’ouvrage déléguée, l’AGETIP reçoit les avants-projets pro-
posés par le gouvernement et les collectivités locales, recrute un maître d’oeuvre pour
l’élaboration d’un dossier d’appel d’offres et, après adjudication au moins disant, signe
un contrat avec une entreprise pour l’exécution des travaux. L’Agence est seule respon-
sable du dépouillage des offres et du choix motivé et consigné de l’entreprise.
Un certain nombre de critères guident l’agence pour l’élaboration et la sélection des pro-
jets qui lui sont soumis. Ces critères concernent essentiellement la rapidité (délai de lan-
cement du chantier inférieur à 3 mois, mobilisation du matériel requis dans les délais
prévus) ; l’intensité de la main-d’oeuvre (dont la part – charges comprises – doit être
supérieur à 20% du coût du projet) ; la durée moyenne des emplois créés (supérieur à 15
jours).
Le contrat d’entreprise
C’est le contrat signé entre l’AGETIP et les entreprises chargées de l’exécution des tra-
vaux. Il s’agit de contrat très détaillé comprenant, entre autres, des dispositions très pré-
cises et contraignantes pour l’entreprise sur les conditions d’emploi, de travail, l’hygiène,
la sécurité et la rémunération des travailleurs.
Ce contrat contient également des dispositions concernant les aspects technique, fiscal
et financier des travaux.
L’entreprise retenue pour la réalisation des travaux peut à son tour conclure de contrats
de sous-traitance avec d’autres entreprises, à condition d’en informer l’AGETIP.
22
Partie 1 Introduction
Avantages comparés : travail sous contrat et régie directe, construction et maintenance
Taylor, G., IT Transport Ltd. UK: Force account or contractors? A comparison of Kenya and Ghana, rapport du
5e séminaire régional, Labour-based Technology, A review of current practice, BIT/ASIST 1996.
23
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
o Une politique basée sur la main d’oeuvre (et l’exécution de travaux basés sur la main
d’oeuvre) ne doit pas être considérée isolément des objectifs plus larges lorsqu’on
examine son impact sur le développement. Par exemple, l’emploi de femmes dans
les travaux HIMO selon des modalités non traditionnelles peut avoir une influence
sur d’autres secteurs de l’économie.
24
Partie 1 Introduction
Les programmes de travail HIMO doivent conduire au développement des capacités locales de
production au moyen d’investissements rentables ciblés sur les pauvres et être envisagés dans la
perspective d’une croissance économique à long terme. Les politiques d’investissement doivent
donc être orientées vers la création d’emploi et les objectifs sociaux, et – c’est le plus important –
être accompagnées de mesures visant à assurer la rentabilité, la qualité des résultats et le
renforcement des capacités locales tant dans les secteurs public que privé.
Nécessitent :
& la mise en place d’un environnement favorable ; et
& une participation structurée.
S’agissant de l’impact économique potentiel de l’approche HIMO, il est très utile d’évaluer la
proportion des investissements globaux d’infrastructure qui peut être exécutée selon des
méthodes basées sur la main-d’oeuvre et les ressources locales. Sur la base de certaines
hypothèses de travail assez prudentes, l’impact potentiel dans quelques pays déterminés a été
estimé comme suit :
Ghana
Au Ghana, si seulement 20 pour cent des investissements publics et 10 pour cent des investisse-
ments privées d’infrastructure étaient exécutés selon des méthodes HIMO, cela donnerait un
budget d’investissement pour les activités à haute intensité de main-d’oeuvre d’environ 100
millions de dollars des Etats-Unis par an ; cela créerait 50 000 emplois directs et 75 000 emplois
indirects de plus que ceux qui seraient créés par les méthodes traditionnelles de construction.
Ces chiffres devraient être comparés à l’objectif de création d’emploi du pays qui est de 50 000
emplois par an, pour l’ensemble de l’économie.
25
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
o Les décisions politiques sur les choix technologiques sont susceptibles d’être prises
et exécutées différemment de ce qui est actuellement le cas, si les répercussions
d’un développement plus large sont prises en considération. Lors de la prise de déci-
sions concernant les choix technologiques, la mise en valeur des ressources humai-
nes et le développement des institutions sont les principaux avantages de
développement à prendre en compte. Le recours à une analyse économique à court
terme considérée isolément pour la prise de décision concernant les choix technolo-
giques n’est généralement pas une solution appropriée.
26
Partie 1 Introduction
Politique du développement
Madagascar
A Madagascar, les dépenses consacrées aux projets d’infrastructure basés sur la main-d’oeuvre
se sont élevées en 1995 à 70 milliards de francs malgaches (soit environ 20 millions de dollars
des Etats-Unis), ce qui a permis de créer 35 000 emplois supplémentaires, dont les deux tiers
indirectement grâce à l’effet multiplicateur de l’injection d’argent dans l’économie locale.
L’importance de ces effets indirects a découlé principalement du fait qu’une forte proportion du
revenu familial est consommée et que seule une faible partie de la consommation des ménages
est consacrée à l’achat de biens importés.
Les 3 500 000 journées de travail créées en 1995 grâce aux programmes d’infrastructures basés
sur la main-d’oeuvre, correspondant à 13 600 emplois à temps plein, représentaient 30 pour
cent de l’emploi non agricole généré dans les secteurs structurés secondaire et tertiaire.
Majeres, J.: Labour-intensive investment in infrastructure: An entry point to employment generation and
poverty alleviation, Document de conférence (Genève, BIT, 1997).
Afrique du Sud : Avant-projet de réforme des procédures d’achat du secteur public : Government
Gazette, vol.382, nº 17928, Green paper on Public Sector Procurement Reform in South Africa
(Gouvernement d’Afrique du Sud, Prétoria, 1997).
Ghana: EC/ILO Study on structural adjustment and employment in Ghana (BIT/Communauté européenne,
1993).
Sénégal, Burkina Faso et Côte d’Ivoire : Bynens, E.: Politiques d'investissement et utilisation intensive
des ressources locales: Perspectives pour la création d'emplois et l'économie de devises dans les pays de la
zone CFA, septembre 1994.
Madagascar: Razafindrakoto, M. et Roubaud, F.: L'approche à haute intensité de main-d'oeuvre: Une
opportunité pour Madagascar, [Link].
27
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Il existe un certain nombre de raisons pour lesquelles les normes internationales du tra-
vail sont prises comme source d’inspiration pour ce guide.
Premièrement, le guide est une publication du BIT, qui a pour mandat express de pro-
mouvoir l’application des normes adoptées par les délégations tripartites de ses Etats
membres lors de la conférence internationale du travail annuelle.
Troisièmement, quasiment tous les pays qui adoptent des politiques HIMO se sont égale-
ment engagés à appliquer une (ou plusieurs) norme internationale du travail pertinente.
Il est donc tout naturel pour ce guide de signaler comment ces obligations volontaire-
ment assumées peuvent être mieux mises en pratique, en particulier quand les activités
font intervenir des donateurs internationaux. Par ailleurs, les activités HIMO devraient
dans tous les cas respecter les droits fondamentaux de l’homme, par exemple, en ne
recourant pas à des moyens équivalents au travail forcé.
Bien évidemment, il peut être plus difficile à court terme de mettre en oeuvre des travaux
basés sur la main-d’oeuvre qui soient conformes aux normes internationales du travail.
Des investissements sont nécessaires en termes de coût et d’énergie. Toutefois, l’expé-
rience à long terme des projets précédents, telle qu’elle est décrite dans ce guide, laisse
fortement penser que les opérations conformes à ces normes sont plus susceptibles d’a-
boutir à une réussite à long terme et à la réalisation des objectifs de développement.
Les travailleurs des projets d’infrastructure HIMO sont généralement des travailleurs
ruraux employés à titre temporaire. En outre, les entrepreneurs sont fréquemment des
entrepreneurs individuels. Ces catégories de travailleurs ne sont d’ordinaire ni syndi-
quées ni représentées, et peuvent de ce fait être considérées comme particulières.
Cependant, l’ampleur des programmes HIMO et leur part du marché s’accroissent rapide-
ment, ainsi que le nombre des travailleurs concernés. A cette fin, des législations du tra-
vail modifiées et appropriées sont nécessaires, et de nouvelles possibilités apparaissent
pour les organisations de travailleurs et d’employeurs de participer à l’élaboration de ces
législations, ainsi que d’accroître leurs propres effectifs. Ces réglementations devront
protéger les droits fondamentaux des travailleurs et les conditions de travail, tout en
encourageant la productivité.
28
Partie 1 Introduction
CONVENTIONS
• Ratifiables
• Obligations internationales
RECOMMANDATIONS
• Conseils pour compléter une convention
29
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Quelques-unes des normes pertinentes de l’OIT qui sont examinées dans ce guide, et qui
devraient être respectées car elles concernent des droits fondamentaux, sont brièvement
résumées dans les paragraphes suivants.
b Egalité
30
Partie 1 Introduction
Les normes internationales du travail
EGALITE
31
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
b Liberté syndicale
Tous les travailleurs ruraux exerçant, dans les régions rurales, une
occupation agricole, artisanale ou connexe, qu’il s’agisse de salariés ou de
travailleurs indépendants, ont le droit de constituer des organisations de
leur choix ainsi que de s’affilier à ces organisations. Ces organisations
devront être indépendantes et établies sur une base volontaire et ne
devront être soumises à aucune ingérence, contrainte ou mesure
répressive. L’un des objectifs de la politique nationale de développement
rural devra être de faciliter la constitution et le développement, sur une
base volontaire, d’organisations de travailleurs ruraux fortes et
indépendantes. Une politique nationale devra être adoptée et appliquée
visant à encourager ces organisations et à éliminer les obstacles qui
s’opposent à leur constitution, à leur développement et à l’exercice de
leurs activités licites.
CONVENTION (Nº 141) SUR LES ORGANISATIONS DE
TRAVAILLEURS RURAUX, 1975
b Age minimum
32
Partie 1 Introduction
Les normes internationales du travail
LIBERTE SYNDICALE
Etre syndiqué
permet d’être
plus fort et
d’améliorer
la négociation
grâce à l’unité et
à la représentation
AGE MINIMUM
Mozambique
En 1997, une mission d’examen d’un projet de routes urbaines au Mozambique, auquel
participaient des travailleuses, a constaté que le projet employait des filles de moins de 14 ans, et
aussi que certaines femmes travaillaient en portant leurs enfants sur le dos. Les mesures
envisagées proposaient que (i) les enfants mineurs soient immédiatement retirés des chantiers
et, dans toute la mesure du possible, bénéficient d’un soutien à la scolarisation ; et que (ii) les
femmes bénéficient d’un certain soutien pour s’occuper des enfants sous forme d’une avance sur
leurs salaires qui devaient être payés mensuellement et à temps.
...ET qu’est-il
ils DONNENT arrive a ce
UN COUP de main garÇon ?
apres l’ecole..
33
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Autres normes de l’OIT pertinentes examinées dans ce guide. L’expérience montre qu’el-
les peuvent contribuer au développement des infrastructures à haute intensité de main-
d’oeuvre.
b Salaires minima
Des salaires minima devront être établis pour des groupes de salariés que,
en accord avec les organisations d’employeurs et de travailleurs, l’autorité
nationale compétente déterminera. Les salaires minima, lorsqu’ils existent,
auront force de loi et ne pourront pas être abaissés ; leur non-application
entraînera l’application de sanctions pénales ou autres.
CONVENTION (Nº 131) SUR LA FIXATION DES SALAIRES MINIMA, 1970
Les salaires seront payés en espèces. Quand les salaires sont payés
partiellement sous forme d’allocations en nature, ces allocations devront
servir à l’usage personnel du travailleur et de sa famille et être conformes
à leurs intérêts, et une juste valeur devra leur être attribuée. L’employeur
ne pourra pas restreindre de quelque manière que ce soit la liberté du
travailleur de disposer de son salaire à son gré. Les travailleurs devront
être informés de toutes retenues effectuées sur leurs salaires, et la
législation nationale devra fixer les conditions des retenues sur salaires.
Les salaires devront être payés à intervalles réguliers. Les salaires
devront être payés pendant les jours ouvrables, sur le lieu de travail ou à
proximité.
CONVENTION (Nº 95) SUR LA PROTECTION DU SALAIRE, 1949
b Sécurité et santé
Toutes les précautions appropriées doivent être prises pour faire en sorte
que tous les lieux de travail soient sûrs et exempts de risques pour la
sécurité et la santé des travailleurs. Les travailleurs, sur tous les lieux de
travail, et dans la mesure où ils exercent un contrôle sur le matériel et les
méthodes de travail, doivent avoir le droit et le devoir de contribuer à la
sécurité du travail et d’exprimer des avis sur les procédés de travail
adoptés pour autant qu’ils puissent affecter la sécurité et la santé.
CONVENTION (Nº 167) SUR LA SÉCURITÉ ET LA SANTÉ
DANS LA CONSTRUCTION, 1988
34
Partie 1 Introduction
Les normes internationales du travail
SALAIRES MINIMA
35
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Les personnes employées auront droit à un congé payé d’une durée d’au
moins trois semaines pour une année de service. Un pays pourra fixer
une période de service minimum pour ouvrir droit à un congé (ainsi que
son mode de calcul), mais celle-ci ne devra pas dépasser six mois.
CONVENTION (Nº 132) SUR LES CONGÉS PAYÉS (RÉVISÉE), 1970
Des mesures devront être prises pour assurer aux victimes d’accident du
travail, et aux personnes à leur charge, une réparation appropriée.
CONVENTION (Nº 17) SUR LA RÉPARATION DES ACCIDENTS DU TRAVAIL, 1925
36
Partie 1 Introduction
Les normes internationales du travail
37
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Les contrats dont des autorités publiques sont parties, qui impliquent
l’emploi de travailleurs par l’autre partie au contrat pour la construction
ou la réparation de travaux publics, devront contenir des clauses
garantissant aux travailleurs intéressés des conditions de travail qui ne
soient pas moins favorables que les conditions établies pour un travail de
même nature dans l’industrie intéressée dans la région où le travail est
exécuté, par voie de convention collective, de sentences arbitrales ou de
législation nationale.
CONVENTION (Nº 94) SUR LES CLAUSES DE TRAVAIL
(CONTRATS PUBLICS), 1949
La durée du travail ne devra pas d’ordinaire dépasser huit heures par jour
et 48 heures par semaine. Les travailleurs devront d’ordinaire jouir, au
cours de chaque période d’une semaine, d’un repos comprenant au
minimum vingt-quatre heures consécutives.
CONVENTION (Nº 1) SUR LA DURÉE DU TRAVAIL (INDUSTRIE), 1919
Les normes de l’OIT sont des références importantes pour ce qui devrait être ou ne
devrait pas être fait en matière de gestion de la main-d’oeuvre dans les travaux HIMO.
C’est le cas même si les pratiques n’y sont pas toujours conformes, car les normes de
l’OIT représentent néanmoins l’objectif à atteindre et la situation à laquelle les politiques
devraient tendre.
Dans certains cas examinés dans ce guide, les obligations internationales pertinentes –
les conventions de l’OIT ratifiées par le pays concerné – doivent être connues, en tant
qu’élément des informations nécessaires et des points à considérer, avant que les
décisions puissent être prises. Dans ces cas-là, les normes internationales sont très clai-
res et particulièrement utiles pour prescrire ce qui peut être et ce qui ne peut pas être fait
à l’échelon national.
38
Partie 1 Introduction
Les normes internationales du travail
Investissement-travail ou travail forcé? Article par L. Picard, dans Revue Tiers-Monde, tome XXXII - nº 27
(Paris, Presses Universitaires de France, 1991).
Autres conditions d’emploi: Pettes, R:C: et Byrnes, J.: Owambo feeder roads, Review of Labour-based Pilot
Project, Assignment Report (Nairobi, ILO/ASIST, 1993).
Employeurs, gouvernements, travailleurs.... Voir l’annexe intitulé «Manuel sur les procédures en
matière de conventions et de recommandations internationales du travail», dans Conventions et
recommandations internationales du travail, 1919-1995 (Genève, BIT, 1996).
Mozambique: Shone, M.: Towards the development of operational guidelines for the use of food aid in
rehabilitation: A case study of food for work in Mozambique (projet de rapport) (OIT/PAM, 1997).
39
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO: Politiques et pratiques du travail
Politiques et pratiques
PARTIE 2
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
2.1 Recrutement
Problème clé :
Comment peut-on engager suffisamment de travailleurs pour les activités HIMO en évi-
tant le recours au travail forcé et en assurant l’égalité des chances ?
o les fluctuations saisonnières sur le marché du travail local (les besoins en matière de
travail agricole, les possibilités de cultures marchandes/d’emploi industriel) ;
42
2. Politiques et pratiques en matière de travail
2.1 Recrutement
43
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
o même avec des taux de rémunération relativement faibles, les activités HIMO trou-
vent assez souvent de la main-d’oeuvre en nombre suffisant ;
o les systèmes de tirage au sort peuvent constituer une procédure efficace et équita-
ble pour la répartition de la rareté des offres d’emploi au sein d’une communauté,
sous réserve que cette procédure soit transparente et juste ;
Quelques directives
Ä Les projets devront être choisis dans des régions où la main-d’oeuvre est
suffisamment abondante pour permettre la réalisation d’activités HIMO. Si la
main-d’oeuvre n’est pas facilement disponible, les programmes HIMO peuvent ne
pas être réalisables ou à défaut peuvent être réorganisés de façon à dépendre moins
fortement de la contribution de la main-d’oeuvre. La disponibilité d’une
main-d’oeuvre excédentaire est fonction d’une part du marché du travail salarié local
et d’autre part des activités non salariées de la population de cette région.
44
Partie 2 Politiques et pratiques
Recrutement
45
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
46
Partie 2 Politiques et pratiques
Recrutement
47
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
2 lorsqu’un ancien du village fait pression pour que les membres de la com-
munauté travaillent (même avec un salaire) à la construction d’une route
de proximité, et si une sanction est infligée à ceux qui refusent ;
3 lorsque des prisonniers sont embauchés – contre leur gré – par des entre-
preneurs privés sous contrat avec le gouvernement central pour la cons-
truction d’infrastructures.
o Des mesures peuvent être prises pour éviter le recours au travail forcé :
1 s’assurer que la main-d’oeuvre s’est offerte de plein gré. Si tel est le cas, on
ne pourra jamais parler de travail forcé. S’assurer également du caractère
volontaire de la participation des travailleurs même si ceux-ci perçoivent un
salaire ou sont payés en nourriture ou en nature, indépendamment de la
taille, de la nature ou des bénéficiaires du programme de travaux ;
2 le problème commence à se poser lorsque la sanction est introduite dans la
procédure de recrutement. Poser la question : «arrivera-t-il quelque chose
à cette personne si elle décide de ne pas travailler – hormis la possibilité de
perdre l’emploi ?» Si la réponse est oui, il peut y avoir un problème ;
3 éviter de recourir à des intermédiaires pour le recrutement, surtout lorsque
leurs méthodes ne sont pas claires.
o Les mesures garantissant les droits liés à l’emploi peuvent prendre la forme
suivante :
1 des clauses contractuelles qui obligent ces intermédiaires à assurer certai-
nes conditions d’emploi à leurs travailleurs ;
2 des panneaux placés sur le lieu de travail indiquant les conditions d’emploi
applicables ;
3 l’inspection de la situation de la main-d’oeuvre sur le chantier ; et
4 l’organisation des travailleurs sur le chantier.
48
Partie 2 Politiques et pratiques
Recrutement
2
La rotation des emplois permet d’en accroître le nombre
Si l’on souhaite maintenir le taux de salaire fixé et une productivité journalière
élevée, le nombre d’emplois fixé peut faire l’objet d’une rotation grâce à une
3 limitation de la durée des emplois. Toutefois, cette approche risque d’être
inefficace et entraîne des coûts administratifs élevés.
Travail forcé = résultats à court terme (?) + gaspillage à long terme (!)
La «participation populaire», la «mobilisation communautaire» et le «travail volontaire (non
rémunéré)» sont tous des moyens louables pour la construction d’infrastructures. Leur application
dans la pratique, d’un pays et d’un village à l’autre, varie sensiblement. L’expérience montre que :
& Dans la plupart des cas, il est très difficile et très coûteux de mobiliser durablement un nombre
suffisant de travailleurs non rétribués. Les insuffisances de l’offre de main-d’oeuvre entraînent un
surcoût dans la gestion, l’encadrement et les services de soutien, ce qui souvent entame les
économies réalisées grâce à la non rémunération des travailleurs.
& Lorsque ces pratiques résultent d’un travail imposé – c’est-à-dire quand il y a un travail forcé – cela
entraîne : i) une motivation et une productivité très faibles ; ii) souvent des résultats de faible
qualité ; iii) une absence de véritable engagement des travailleurs de la communauté les amenant à
penser que l’infrastructure en question appartient à quelqu’un d’autre ; iv) une exploitation
contraire à la convention internationale sur le travail forcé. Il existe donc un risque substantiel que
l’infrastructure ne se dégrade, entraînant un gaspillage des ressources (briques, béton, toiture,
temps des machines, etc.) qui ont complété la contribution de la main-d’oeuvre.
Le travail salarié résoud généralement ce problème. Toutefois, des dispositions doivent être prises pour
assurer la maintenance à long terme des infrastructures créées par ce moyen. Le travail salarié dans la
construction ne signifie pas automatiquement que l’infrastructure sera entretenue.
Au niveau très local dans les villages, il peut exister un réel désir d’amélioration des infrastructures et
une disposition au travail volontaire à cette fin. Il arrive aussi qu’il y ait une pénurie de moyens pour
payer une main-d’oeuvre salariée destinée à construire des infrastructures locales. Comment pouvez-
vous vous assurer qu’il n’y ait pas recours au travail forcé en pareille situation ?
& Prenez des dispositions pour assurer que les travailleurs engagés soient membres de la
communauté intéressée et puissent, eux-mêmes ou leur représentants, prendre une décision
quant à la nécessité et à la nature du travail à exécuter.
& Faites en sorte que le travail à exécuter profite directement à la communauté, à l’exclusion des
autres.
& Faites en sorte que les bénéficiaires du travail incluent les travailleurs.
& Faites en sorte que le travail à exécuter soit de dimension modeste, par exemple, la construction
d’un petit dispensaire communautaire, l’aménagement des sentiers communautaires, la création
de puits de village, etc.
& Evitez les «paiements incitatifs» qui ressemblent à des versements de salaires. S’il s’agit d’un
salaire, appelez cela un salaire !
49
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Le recrutement pour les emplois ne doit pas se fonder sur des distinctions
telles que le sexe, l’opinion politique, les origines ethniques ou sociales ou tout autre
critère sans rapport avec l’aptitude au travail.
o L’expérience montre que quasiment toutes les personnes aptes peuvent exécu-
ter un travail non qualifié. Même des personnes ayant certaines infirmités peu-
vent accomplir efficacement certains types de tâches.
o Lorsque le recrutement se fait normalement, c’est-à-dire en diffusant l’informa-
tion selon laquelle des emplois sont disponibles, et que les postulants appartien-
nent au même groupe ethnique, au même sexe ou ont la même origine
géographique, des mesures prises dans le cadre d’objectifs politiques plus lar-
ges peuvent être nécessaires pour garantir la diversité du groupe des postu-
lants. Elles peuvent consister à modifier la rémunération, établir des quotas, ou
réaménager le contenu des tâches, ainsi qu’à assurer une large diffusion des
informations relatives aux possibilités d’emplois.
o Le système des quotas peut être utilisé pour engager des personnes présentant
certains profils, par exemple, les chefs de famille.
50
Partie 2 Politiques et pratiques
Recrutement
Bureau de placement
L’AGETIP Sénégal a signé en 1991 un contrat avec un bureau de placement. Le contrat avait pour objet
la gestion d’un centre d’information et de placement pour appuyer l’insertion des jeunes dans la vie
professionnelle.
Le bureau était chargé des opérations suivantes :
& réception des jeunes candidats à l’insertion ;
& information sur les possibilités d’insertion ;
& contacts personnalisés et identification des créneaux d’insertion envisagés ;
& mise à jour des fiches synoptiques et des formalités administratives d’inscription ;
& élaboration d’un programme de travail et création d’un cadre de suivi des candidats ;
& recensement des potentialités d’insertion en fonction des motivations et des expériences des
jeunes ;
& choix des solutions d’insertion ;
& identification des idées de projets ;
& inventaire des soutiens à l’insertion.
Le bureau est tenu de respecter la législation du travail en vigueur.
Intermédiaires de recrutement
Les employeurs font parfois appel à des personnes ou organisations pour jouer le rôle d’intermédiaires
entre eux et les travailleurs. Il n’y a en soi rien de mal à cela. La pratique des travaux basés sur la main-
d’oeuvre, souvent utilisée dans des régions pauvres où le taux de chômage est élevé, a cependant
révélé deux problèmes importants.
Le premier est que les travailleurs ne reçoivent pas l’intégralité de leur salaire parce que l’intermédiaire
en prélève une partie. Le second est que ces travailleurs peuvent, pour une raison ou une autre, tomber
en servitude des intermédiaires et deviennent, en fait, des travailleurs forcés.
Différentes mesures peuvent être prises pour prévenir ces problèmes.
& Payer l’intermédiaire uniquement pour ses services et le faire savoir.
& Indiquer clairement aux travailleurs le salaire exact qu’ils doivent percevoir.
& Former les travailleurs pour qu’ils puissent vérifier l’exactitude du salaire qui leur est versé.
& Promouvoir l’action des organisations de travailleurs qui peuvent protéger les intérêts des
travailleurs.
& Ne pas négliger les signes de travail contraint : alerter les autorités, car il constitue à la fois une
violation des droits fondamentaux de l’homme, et certainement de la loi nationale.
& Faire employer les travailleurs directement par le projet ou garantir leurs conditions d’emploi par le
projet.
51
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Les personnes d’un âge inférieur à l’âge minimum d’accès à l’emploi dans le pays
ne doivent pas être recrutées. Les enfants ne doivent pas non plus être autorisés à
travailler inofficiellement, ni à aider à l’exécution des activités.
52
Partie 2 Politiques et pratiques
Recrutement
53
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
54
Partie 2 Politiques et pratiques
Recrutement
Sierra Leone
En Sierra Leone, le recrutement de la main-d’oeuvre est généralement effectué par les
entrepreneurs eux-mêmes en consultation avec les dirigeants traditionnels, les «chefs
suprêmes», dans les zones de projet. La direction du projet envoie des équipes dans les zones de
projet pour organiser des «ateliers de sensibilisation» destinés à la population locale et aux
dirigeants ou aux anciens des villages afin d’expliquer les objectifs du projet et ses avantages
socio-économiques. Le projet met également sur pied des «cérémonies de lancement» pour le
début des opérations sur le terrain. A ces cérémonies assistent normalement tous les services
gouvernementaux, les fonctionnaires de district, les chefs suprêmes, les entrepreneurs et les
ONG. Cette approche contribue grandement à une mise en oeuvre sans à-coups des activités du
projet sur le terrain dans la mesure où les entrepreneurs et le personnel d’encadrement
bénéficient d’une entière coopération de tous les organismes intéressés à l’échelon du district.
Au niveau exécutif, un document établissant les conditions qui régiront l’emploi du travailleur,
que le travailleur a lu (ou qu’on lui a lu), compris et signé, est important en tant qu’élément
indiquant que le travailleur connaissait ces conditions lorsqu’il a été engagé. Pour cette raison, il
faut utiliser un formulaire spécifique au pays et au projet, qui fixe les conditions d’emploi et
prévoit un espace où le travailleur peut signer en guise d’acceptation.
Elément important: le formulaire doit être concis, facile à comprendre et rédigé dans une
langue que les travailleurs utilisent, de préférence leur langue maternelle. Chaque point doit être
expliqué si le travailleur ne sait pas lire.
55
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
56
Partie 2 Politiques et pratiques
Recrutement
Vaidya, K.G. : Guide to the assessment of rural labour supply for labour-based construction projects
(Genève, BIT, 1983).
Vaidya, K.G. : Supplement to the labour supply guide: Wage rates on labour-based construction projects in
the presence of high rates of inflation and overvalued exchange rates (Genève, BIT, 1988).
Procédures adaptées aux besoins à long terme. «Labour-based, equipment supported rural road
construction and maintenance in Ethiopia: A programme Proposal», Département des routes de campagne,
gouvernement d’Ethiopie (Addis Abeba, 1986).
Sur les études, le recrutement et la migration. 1) Ampadu, Samuel, Kofi : «A study of the field
performance of selected labour-based contractors in Ghana», Labour-based technology - A review of current
practice (BIT, 1996). 2) McCutcheon, R.S. : District pilot project of labour-intensive road construction and
maintenance: Botswana, final report (BIT, 1983). 3) Summary of main conclusions and recommendations of
management review cum appraisal mission for project Mozambique 4720 (BIT, mai 1996). 4) Petts, R.C. et
Byrnes, J. : Owambo feeder roads: Review of labour-based pilot project, Assignment Report (BIT, 1993). 5)
Vaidya, K. : Thailand labour-based construction and rural self-employment project, labour availability
assessment and project screening, selection and evaluation (1988). 6) SPWP capacity building in the
Department of Irrigation, briefing notes: The use of community-based working groups under a piecework
system of construction (NEP/90/034) (Kathmandu, BIT, 1992).
La technique bien éprouvée de la loterie pour le rationnement des emplois. Labour-based
roadworks manual, Volume I, Road rehabilitation works, Recruitment (république de Tanzanie, ministère des
Travaux publics, Programme routier intégré (IRP), juillet 1996). Beaucoup d’autres sources font référence à
cette technique dans de nombreux pays.
Autres méthodes de rationnement des emplois. WEP Guidelines. chapitre V, p. 9. La rotation des
emplois permet d’en accroître le nombre. Folke, Steen et Sinha, D. Bakshi : Bundwan SPWP Project
(Purulia district, West Bengal, India) Final Project Review, (Genève, BIT, 1991).
Le recrutement n’assure pas automatiquement le sens de la propriété : l’exemple de l’Ouganda..
1) In-depth evaluation report: Kalerwe community-based drainage upgrading project (gouvernement de
l’Ouganda et BIT, 1994). 2) Rapport sur le compte rendu des travaux d’un séminaire tenu à Entebbe (9-11
mai1995) basé sur l’expérience de Kalerwe (BIT, 1995).
Travail forcé = résultats à court terme (?) + gaspillage à long terme (!). 1) Ritchie, Jane : «Self-help
- A viable option for road construction and maintenance?», Labour-based technology: A review of current
practice (volume I) (Genève, BIT, 1990). 2) Miller, Steven K. : «Les systèmes de rémunération dans les
programmes d’investissement à haute intensité de main-d’oeuvre : croissance ou équité ?», Revue
internationale du travail, volume 131 (Genève, BIT, 1992). 3) Bentall, P.H. : Project GHA/84/008, Ghana
feeder roads project, Labour-based Rehabilitation and Maintenance, Final Report, Appendix 12, SIAM (Spot
Improvement and Maintenance) Component, (Genève, BIT, 1990).
Intermédiaires de recrutement. (1) WEP Guidelines, chapter V, p. 7. (2) Labour standards and rural
employment schemes, by N. Vaidyanathan, ILO, New Delhi (1996).
Mesures particulières pour atteindre la combinaison hommes-femmes souhaitée. 1) Howe, John et
Briceson, Deborah Fahy : Women and labour-based road works in Sub-Saharan Africa, Document de travail
IHE IP-4 (Delft, 1993). 2) Labour-based roadworks manual, Volume I, Road rehabilitation works:
Participation of women (république de Tanzanie, ministère des Travaux publics, Programme routier intégré
(IRP), juillet 1996). 3) Women and roads in Botswana: BOT 012 - The labour-intensive road programme
(NORAD, 1987).
Sénégal : AGETIP : Projet PAM/SEN 3967 Extension, Rapport d’activités, 1er Trimestre 1998.
Les travaux publics et l’emploi pour les jeunes dans une économie sous ajustement : l’expérience de
l’AGETIP au Sénégal. Par Philippe Egger, BIT, 1992.
57
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Quelle est la rémunération appropriée pour les travailleurs non qualifiés ?
58
Partie 2 Politiques et pratiques
Le salaire choisi
A la suite de ce travail d’expert, un salaire journalier de 2,10 pulas a été fixé. Ce montant était
«légèrement plus élevé que la limite supérieure des taux de salaire en vigueur dans ces secteurs où
aucune législation sur le salaire minimum n’est applicable» et correspondait à cette époque à 78 pour
cent du salaire minimum public applicable aux travailleurs du secteur public. Ce «taux élevé» se
justifiait par un certain nombre de facteurs.
> Premièrement • «Le projet visait à attirer l’équivalent d’environ 50 pour cent de la population
masculine locale excédentaire».
> Deixièmement • Ce taux relativement élevé était une incitation à une productivité plus forte.
> Troisièmement • Le travail dans le cadre du projet était plus difficile que dans des «activités de
substitution».
> Quatrièmement • Le projet se voulait distinct des projets locaux d’entraide ou des projets
financés sur fonds publics dont la productivité est très basse et le taux d’absentéisme élevé.
Résultats techniques
Au salaire fixé de 2,10 P, l’offre de main-d’oeuvre a été suffisante et une productivité acceptable pour le
projet a été obtenue.
> Premièrement • La rotation moyenne volontaire globale des travailleurs a été de 15,3 pour cent
par mois – environ 15 travailleurs sur 100 qui avaient commencé à travailler au cours d’un mois
donné ont dû cesser leur travail à la fin de ce mois.
> Deuxièmement • Il y avait un nombre élevé de postulants par emploi. Il a été fait en sorte qu’il n’y
ait pas de migration intempestive vers les chantiers en implantant les chantiers dans des zones
relativement peuplées.
> Troisièmement • Le taux de présence globale a été d’environ 89 pour cent – pour tout jour
ouvrable, sur 100 personnes attendues au travail, 89 sont effectivement venues.
59
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Quelques directives
Ä Lorsqu’ils existent, les salaires minima légaux doivent être respectés, mais
peuvent être affinés et/ou révisés le cas échéant, en consultation avec les
partenaires sociaux, pour tenir compte de certaines caractéristiques du travail et des
catégories de travailleurs intéressées. La viabilité d’une politique HIMO peut être
menacée en cas de non-respect des salaires minima et si aucun effort n’est fait pour
rationaliser la situation.
o Une décision peut être prise assez tôt, sur la base de la politique d’exécution
souhaitée (secteur public ou privé, etc.), quant à l’application de salaires
minima concernant les travailleurs HIMO.
o Même lorsque les salaires minima ne sont pas obligatoirement applicables à ces
groupes de travailleurs, ils font figure de taux de référence à quoi peuvent être
comparés les salaires HIMO.
o La recommandation pertinente de l’OIT (no 135) sur la fixation des salaires
minima, adoptée en faisant spécialement référence aux pays en développe-
ment, permet la fixation de divers niveaux de salaires minima, pour tenir
compte des différences de coût de la vie.
o Cela peut être réalisé au moyen d’exonérations formelles. Toutefois, même lors-
qu’une exonération est accordée, le salaire minimum restera dans l’esprit des
travailleurs comme un élément de référence. Suivant la manière dont l’idée
d’équité est perçue, cela peut avoir des répercussions sur la productivité, la pré-
sence, la rotation et sur d’autres comportements des travailleurs.
60
Partie 2 Politiques et pratiques
Fixation des salaires
Mozambique
En 1997, une mission d’étude a examiné les conditions d’emploi et de rémunération dans les
programmes de travaux publics au Mozambique, là où la nourriture est utilisée comme rémunération
partielle ou comme incitation pour une vaste gamme de projets (rénovation urbaine, centres de santé,
écoles, routes de desserte locale, irrigation, réseaux hydrauliques ruraux et assainissement
périurbain). L’échelle des rémunérations allait de l’équivalent de trois fois le salaire minimum (pour les
travailleurs des projets de routes de desserte locale) à l’absence de rémunération (pour les travailleurs
d’un projet d’écoles communautaires dans la capitale, Maputo). La mission a demandé l’établissement
d’un salaire national type pour les projets de travaux «vivres contre travail» appuyés par le Programme
alimentaire mondial (PAM) dans les pays, les salaires étant versés soit intégralement sous forme de
nourriture soit en partie en espèces et en partie sous forme de nourriture.
61
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
62
Partie 2 Politiques et pratiques
Fixation des salaires
63
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Les normes de travail et les taux de rémunération devraient être fixés de telle
manière que les hommes et les femmes puissent percevoir un salaire identique
pour un travail de même valeur. Quand ce n’est pas le cas, des possibilités de
développement peuvent être perdues, la productivité peut en être affectée
négativement, et des ressources humaines risquent d’être gaspillées.
Ä Les entrepreneurs peuvent être tenus de payer des salaires appropriés du fait de
l’existence de conventions collectives et de clauses de travail figurant dans les
contrats, en plus des dispositions des législations nationales qui leur sont déjà
applicables. (Voir également Conseils pratiques sur la gestion de la main-d’oeuvre et
l’utilisation des clauses de travail, dans la partie 3.)
64
Partie 2 Politiques et pratiques
Fixation des salaires
Vaidya, K.G. : Guide to the assessment of rural labour supply for labour-based projects (BIT, 1983). Cette
publication détaille le processus de détermination de la disponibilité de la main-d’oeuvre, la fixation des taux
de salaire et les implications des activités HIMO sur l’économie locale.
N.B. : Vaidya estime que les salaires minima habituellement fixés sont supérieurs à ce qui serait
souhaitable dans les travaux à haute intensité de main-d’oeuvre. Cela peut arriver, mais ce
n’est certainement pas toujours le cas. La meilleure approche consiste (1) à commencer par
déterminer s’il existe un taux de salaire minimum établi pour les travailleurs non qualifiés de la
construction puis (2) à déterminer s’il est excessif. L’exemple du Botswana montre les
implications possibles à plus long terme d’une coupure totale avec le système établi de fixation
des salaires.
Vaidya, K.G. : Supplement to the labour supply guide: Wage rates on labour-based construction projects in
the presence of high rates of inflation and overvalued exchange rates (BIT, 1988).
King-Dejardin, A. : Public Works Programmes, A strategy for poverty alleviation: The gender dimension,
Réflexions sur le développement – Documents de discussion nº 10 (Genève, BIT, 1996).
Buvinic, M. : Promoting Employment among the Urban Poor in Latin America and the Carribbean: A gender
analysis, Réflexions sur le développement – Documents de discussion nº 12 (Genève, BIT, 1996).
65
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Quelle base de rémunération devrait-on utiliser pour (i) permettre la prévention des
abus, et (ii) optimiser la productivité ?
o valeur accordée au fait d’avoir un emploi salarié, c’est-à-dire comme moyen d’auto-
application de la productivité ;
o pour les travaux HIMO, la rémunération basée sur la productivité est préférable à la
rémunération basée sur le temps de travail ;
o des abus peuvent se produire dans le cadre de la rémunération basée sur la produc-
tivité, mais on peut empêcher ces abus ou les limiter ;
o il est possible de combiner sur le même chantier un travail rémunéré sur la base de la
productivité avec le travail rémunéré sur la base du temps de travail. Les travailleurs
payés selon ces deux systèmes peuvent cependant gagner le même salaire journa-
lier, à condition que l’ampleur de la tâche soit appropriée en termes de durée quoti-
dienne de travail et que les emplois soient différents ;
66
Partie 2 Politiques et pratiques
67
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä La rémunération basée sur la productivité permet une prévision des coûts, réduit
le besoin de supervision, maximise la productivité et, si elle est convenablement
appliquée, maximise les revenus et la flexibilité pour les travailleurs.
68
Partie 2 Politiques et pratiques
Base de rémunération
Les taux fixés pour les tâches doivent être expliqués et libellés en termes pertinents aussi bien
pour les ouvriers que pour les ingénieurs. Les répercussions des taux fixés pour les tâches sur
l’organisation du travail et sur les travailleurs doivent être pleinement comprises par ceux qui
fixent ces taux. Voici quelques exemples des difficultés rencontrées.
69
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
2 Avec le travail à la pièce, chaque travailleur est payé par unité de produit.
Les «pièces» peuvent être importantes ou plus réduites, mais sont habi-
tuellement fixées de façon à faciliter le contrôle et la rémunération, par
exemple, 0,50 dollars des Etats-Unis pour 1m3 de terre creusée ou pour la
fabrication de 50 chevilles. Parmi les exemples de travail à la pièce, citons
la production de chevilles, le ramassage de pierres et l’affûtage des outils.
Le travail à la pièce peut aussi être utilisé dans des activités où on ne peut
recourir au travail quotidien à la tâche. Toutefois, le travail à la pièce est
plus difficile à organiser et plus compliqué à contrôler, à administrer et à
rémunérer (les travailleurs sont susceptibles d’avoir un volume de produc-
tion journalier différent et devront donc percevoir des salaires différents).
De surcroît, le système est difficile à mettre en oeuvre en dehors du secteur
privé, dans la mesure où les organismes gouvernementaux n’ont pas la
souplesse requise. Il peut aussi conduire à des pratiques de travail abusi-
ves.
70
Partie 2 Politiques et pratiques
Base de rémunération
Dans le cadre d’un système de rémunération en fonction de la productivité basé sur l’accomplissement
d’une tâche par jour, les travailleurs peuvent gagner des sommes importantes par heure de travail.
Pour quelles raisons ? Dans ce système, la tâche est fixée en référence au travailleur moyen, lequel doit
achever la tâche en six heures de travail environ. Si un travailleur ou un groupe de travailleurs rapides
achèvent la tâche en trois heures, ils gagnent deux fois plus par heure que le travailleur moyen qui a
besoin de six heures. A la fin de la journée de travail, toutefois, les deux groupes ont gagné la même
somme d’argent, mais pour l’un des groupes, le temps de travail a été moindre.
Il est important qu’il n’y ait pas de lien direct entre le montant du salaire et l’heure de travail – c’est au
travailleur ou au groupe de travailleurs qu’il appartient de trouver comment s’organiser.
Une confusion peut s’instaurer à plu-
sieurs niveaux. S’agissant de la règle de «Le travail à la tâche sera la méthode fondamentale
travail, l’encadré de droite montre que d’organisation du travail. Les tâches seront fixées en fonc-
lorsque le concept de rémunération au tion des normes acceptées internationalement, modifiées
temps s’insinue dans le système, la disci- pour tenir pleinement compte des conditions locales. Un
pline des travailleurs attachée à la rému- travailleur expérimenté travaillant bien devrait achever la
nération au temps doit aussi s’introduire tâche en six heures, et être payé pour 8 heures de travail.
peu à peu pour garantir la productivité. Les travailleurs particulièrement bons devraient être
capables de terminer leur tâche en tout juste 5 heures. Si
Une formulation plus claire de cette règle
un travailleur essaie sans y parvenir de finir sa tâche après
omettrait toute référence à une «rému-
avoir travaillé huit heures, il sera également payé pour
nération pour 8 heures de travail».
huit heures de travail. L’impossibilité de terminer la tâche,
Une autre confusion se produit quand on en raison d’un choix personnel, entraînera, cependant, et
fait la comparaison avec un salaire si cela se répète, une action disciplinaire et un
minimum classique. Ces minima sont licenciement définitif.»
habituellement fixés en référence à une Projet de document, 1991, Routes de desserte locale de
rémunération au temps et sur la base l’Ovamboland, Namibia.
d’une journée de travail de huit heures.
Le vrai système de tâche à la journée ne consiste pas nécessairement en un travail de huit heures.
Lorsqu’on fait une comparaison avec un salaire minimum légal ou d’autres salaires, la première chose à
prendre en compte est le salaire horaire réel que les travailleurs peuvent gagner dans le cadre des
différents systèmes de rémunération.
Enseignement à tirer : Fixer le salaire à la journée, puis l’ampleur de la tâche, en faisant en sorte que
la plupart des travailleurs puissent l’achever en six heures et que le salaire ne soit pas inférieur au
salaire minimum légal.
commencer et
finir tÔt nous laisse
beaucoup de temps
pour faire autre
chose.
71
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
3 Des systèmes de primes peuvent être utilisés pour compléter les gains et
accroître la productivité. Ces dispositifs peuvent être mis en place pour
accorder des primes en cas de production réalisée en sus de la tâche à la
journée, de présence assidue, ou d’exécution particulièrement rapide de la
tâche journalière.
o Dans un système au rendement, bien conçu et bien géré, les travailleurs bénéfi-
cient d’une flexibilité de la durée du travail et d’une maximisation des revenus.
o Les travailleurs et leurs représentants doivent comprendre sur quoi est basée
leur rémunération. Ils doivent aussi comprendre comment le paiement des
salaires est organisé. Si tel n’est pas le cas, des mesures doivent être prises
pour s’assurer qu’ils comprennent ces deux choses. L’expérience montre que les
travailleurs ayant cette compréhension peuvent plus facilement réaliser des
gains de productivité, ce qui est bénéfique à la fois pour eux et pour leur
employeur.
72
Partie 2 Politiques et pratiques
Base de rémunération
travail
a la piece
travail
a la tache
au temps
base sur la productivite
73
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
74
Partie 2 Politiques et pratiques
Base de rémunération
Au Rwanda, le système de rémunération par tâche n’est pas répandu dans le BTP. Les
entrepreneurs sont d’avis que par un tel système, l’augmentation de la productivité se fera au
détriment de la qualité du travail ou des produits, ce qui à long terme est contre-productif.
Néanmoins, c’est une pratique assez répandue dans le sous-secteur de la menuiserie. Ici, au
moment d’une importante commande pour laquelle le délai de livraison est bref, l’entrepreneur
fait passer le travailleur de la rémunération mensuelle à la rémunération par tâche afin de le
motiver davantage et accélérer ainsi le travail demandé.
75
Partie 2 Politiques et pratiques
Base de rémunération
Beaucoup d’articles techniques et de manuels qui expliquent en détails les questions relatives à l’ampleur
des tâches et au calcul des quantités dans les travaux HIMO ont été écrits. Citons notamment :
Andersson, C., Beusch, A. et Miles, D. : Road Maintenance and Regravelling (ROMAR) using labour-based
methods (manuel et cahier d’exercices) (Londres, Publications IT, 1996).
Banque internationale pour la reconstruction et le développement (1974) : Study of the substitution of labor
and equipment in civil construction. Phase II, rapport final. Document de travail du personnel nº 172, Banque
internationale pour la reconstruction et le développement. 3 volumes, janvier 1974.
De Veen, J. : The Rural Access Roads Programme (Genève, BIT, 1983).
Coukis, B. : Labor-based Construction Programs: A practical guide for planning and management,
publication de la Banque modiale (Washington, D.C., Oxford University Press, 1983).
Hagen, S. et Relf, C. : The District Road Improvement and Maintenance Programme: Better roads and job
creation in Malawi (Genève, BIT, 1988).
Guide pour la formation des agents de maîtrise pour les programmes HIMO de construction et d’entretien des
routes, manuel de l’instructeur et manuel des stagiaires (2 volumes), (Genève, BIT, 1981).
Cours international pour les ingénieurs et les cadres des programmes HIMO de construction et d’entretien
des routes, Notes de cours : 2 volumes, Programme de cours et notes du conférencier : 1 volume (Genève,
BIT).
Antoniou, J., Guthrie, P. et de Veen, J. : Building roads by hand (Royaume-Uni, Longman, 1990).
Beusch, A. : Management and supervision of labour-based road construction and maintenance (Botswana),
Volume «Maintenance» (Gaborone, Botswana, MOWTC, 1992).
INTECH Associates : Technical Manual Vol. 1, Programme de routes secondaires (Kenya, MOPWH, 1992).
Guthrie, P. : Technical Manual, Labour Construction Unit (Lesotho, Ministère des Travaux publics,
Département des routes, 1993).
77
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
o le paiement en nature est très approprié lorsque les vivres ou des articles de con-
sommation choisis sont rares et les mécanismes du marché inélastiques ;
o le paiement en nature est moins approprié quand les prix sont stables et que les tra-
vailleurs ont la possibilité d’acheter des denrées alimentaires ;
78
Partie 2 Politiques et pratiques
79
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
III Déterminer une valeur pour les denrées alimentaires à fournir en tant que
paiement partiel.
80
Partie 2 Politiques et pratiques
Rémunération en nature
Du riz sera fourni. Un kilo de riz Du blé sera fourni. Un kilo de blé
coûte 0,75 CE sur le marché. coûte 250 LF sur le marché,
III mais a une valeur officielle
(fixée par le gouvernement)
de 100 LF le kilo.
Cinq kilos de riz peuvent être ½ kilo de blé peut être acheté à
achetés avec 3,75 CE au prix de 125 LF sur le marché ; 1¼ kilos de blé
0,75 CE le kilo. Cinq kilos de riz peuvent être achetés au prix fixé par
le gouvernement. C’est en raison de la
IV seront fournis chaque jour.
difficulté à trouver de la main-d’oeuvre
que le prix fixé par le gouvernement
est retenu. 1¼ kilos de blé seront
fournis quotidiennement.
81
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
o Voici quelques mesures pour faire en sorte que la ration alimentaire prédétermi-
née ne dépasse pas la directive BIT/PAM (méthode 2) :
82
Partie 2 Politiques et pratiques
Rémunération en nature
83
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Situation :
Problèmes possibles :
Les contraintes pesant sur les
ressources obligent à envisager 1 Faible qualité des infrastructures
un recours plus large aux initiatives 2 Infrastructures non viables
d’auto-assistance en tant qu’élément
de la politique de développement 3 Risques de travail forcé
des infrastructures :
84
Partie 2 Politiques et politiques
Rémunération en nature
Points supplémentaires :
ƒ5 Les frais de distribution des produits alimentaires aux travailleurs sont souvent élevés.
„6 La qualité des produits alimentaires peut être irrégulière.
7 Le paiement des salaires sous forme de produits alimentaires peut perturber la production
…
alimentaire et les marchés locaux.
85
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Situation:
Problèmes possibles :
L’assistance alimentaire est
1 La nourriture utilisée comme
disponible en abondance et
rétribution peut ne pas motiver
son utilisation est demandée
les travailleurs de façon
bien que les travailleurs ne
adéquate, avec pour conséquence
souhaitent pas être payés
une production de faible qualité.
en produits alimentaires
2 Les ressources pour l’entretien
peuvent faire défaut et les
produits alimentaires peuvent
1 Une application inadéquate de la ne pas suffire.
politique d'auto-assistance et
l'utilisation de vivres comme
incitation peuvent générer des
infrastructures non viables et de
faible qualité.
2 Une politique d'auto-assistance
adéquate permet de faire en Solution possible :
sorte que les communautés
Distribuer de l'assistance
choisissent des projets dont elles
sont les bénéficiaires exclusifs et alimentaire en tant qu'incitation
qui présentent pour elles un pour les véritables activités
intérêt évident et pour lesquels d'auto-assistance communautaires
elles s'engagent résolument. et mettre en place une
3 Une politique adéquate reconnaît politique appropriée à cet égard
que les travailleurs des
programmes d'auto-assistance ne
sont aucunement des salariés, et
que les incitations ne sont pas
des salaires.
86
Partie 2 Politiques et pratiques
Rémunération en nature
87
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
o Comme cela est décrit sur la page opposée, si le travail est organisé de telle
sorte que les travailleurs sont les bénéficiaires directs des infrastructures
créées, on peut envisager de proposer une incitation pour l’exécution du travail
et non un salaire. Cela ne peut se faire qu’avec beaucoup de précautions car si
une culture du travail salariée s’est fortement développée, une incitation sera
inappropriée et il faudra recourir au travail salarié.
o Les travaux de construction et d’entretien des infrastructures ne donnent d’or-
dinaire le droit de recourir à des méthodes d’auto-assistance que si les tra-
vailleurs en bénéficient clairement et directement. Lorsqu’on fait une distinction
entre les projets faisant appel au travail salarié et les programmes d’auto-assis-
tance, les principaux points à considérer sont les suivants :
1 La distinction entre les gens travaillant pour leur propre bénéfice et ceux
travaillant au bénéfice de tierces parties. C’est particulièrement important
s’agissant du travail en rapport avec la terre, comme par exemple les pro-
grammes de conservation ou d’amélioration des sols, d’irrigation et d’affo-
restation. Quand ces travaux ont été entrepris par les propriétaires ou les
utilisateurs du terrain (que celui-ci soit occupé à titre individuel ou commu-
nautaire), rien ne s’oppose à ce qu’on leur fournisse des produits alimentai-
res en tant qu’incitation unique, toute rétribution monétaire étant exclue.
2 La distinction, dans les travaux communautaires locaux, entre les membres
de la communauté bénéficiant de ces travaux et les autres.
3 La distinction entre les travaux locaux dans l’intérêt direct de la commu-
nauté concernée et les travaux d’intérêt générale. Les questions relatives à
cette distinction se sont le plus souvent posées à propos des projets à
caractère routier. Quand il s’agit de tronçons relativement courts de routes
de liaison ou de routes de désenclavement, qui visent à répondre aux
besoins spécifiques de la communauté locale, leur exécution sur une base
communautaire avec une distribution de vivres comme unique incitation ne
soulève aucune objection. La situation est différente lorsqu’il s’agit de par-
ties plus importantes du réseau de routes nationales, et notamment des
routes principales. Si les communautés fournissant la main-d’oeuvre sont
susceptibles de tirer un certain bénéfice de ces projets, l’avantage qu’en
tire une communauté plus large l’emporte sur l’intérêt local spécifique, et il
faut en conséquence prévoir le versement d’un salaire partiel en espèces.
1
Voir l’annexe 3 pour la définition d’« auto-assistance ».
88
Partie 2 Politiques et pratiques
Rémunération en nature
Une communauté souhaite construire un système de drainage pour que l’eau soit évacuée
de l’enroit où les gens vivent vers une rivière proche pendant la saison des pluies. Les
membres de la communauté se réunissent et décident qu’ils construiront ce système de
drainage. Ils décident de demander à l’ingénieur de la collectivité locale une aide pour la
conception de l’ouvrage. Un riche membre de la communauté propose d’acheter le ciment
nécessaire, un autre les barres métalliques nécessaires pour renforcer le drain. D’autres
membres de la communauté – à peu près 50 – comprennent l’avantage que représente ce
drain et proposent d’effectuer le travail nécessaire. Un groupe d’exploitants agricoles
propose de préparer les repas pendant la période de construction d’une durée d’environ
deux mois. Quand d’autres membres de la communauté apprennent que des repas seront
aussi servis pendant la période de travail, ils proposent d’exécuter certains travaux, ce qui
porte le nombre de personnes participant aux travaux de main-d’oeuvre à environ 70.
Dans cette situation, les personnes qui travaillent ne peuvent pas être considérées comme des
personnes occupant un emploi. Elles participent à des travaux d’auto-assistance. Elles
rassemblent les ressources disponibles pour améliorer leur propre situation. De même, les repas
dont elles bénéficient ne peuvent pas être considérés comme des salaires. En conséquence, ces
personnes ne devraient pas percevoir de salaire pour le travail qu’elles proposent de faire dans
ces conditions.
C’est une tâche immense dans beaucoup de pays en développement d’essayer de construire et
d’entretenir des infrastructures avec des ressources disponibles localement. L’auto-assistance
joue un rôle important, et les incitations alimentaires fournies en dehors d’une relation
professionnelle dans des situations où les gens contribuent par leur travail à leur propre bénéfice,
peuvent aussi jouer un rôle important.
89
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
90
Partie 2 Politiques et pratiques
Rémunération en nature
Voir l’annexe 3.
Von Braun, J., Teklu, T. et Webb, P. : Labor-intensive public works for food security: Experience in Africa.
Documents de travail sur les subventions alimentaires nº 6 (Washington, D.C., International Food Policy
Research Institute, 1991).
Méthode 1, Méthode 2 et la distribution de vivres en tant qu’incitation dans les activités d’auto-
assistance. Report of the ILO Director-General to the Fourth Session of the Inter-Government Committee
of the ILO concerning the application of international labour standards to WFP activities (WM/IGC/4/10). See
also International labour standards and WFP projects: The distinction between wage-labour schemes and
self-help projects, note du BIT, préparée par Samson, K.T. (non datée); Distinction between self-help and
wage-labour projects (Rome, Réunion PAM/BIT (NORMES), 17 février 1992, document nº 2).
La distribution de vivres comme incitation - Mozambique. Summary of main conclusions and recom-
mendations of management review cum appraisal mission for project Mozambique 4720 (15 avril - 3 mai
1996).
Aspects positifs et négatifs de la distribution de vivres en guise de paiement (partiel). Coukis, B. :
Labor-based Construction Programs, A practical guide for planning and management (p. 68), op cit.
91
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Quelles mesures devraient être prises pour s’assurer que les travailleurs perçoivent en
temps voulu et intégralement la rémunération à laquelle ils ont droit, et qu’ils puissent la
dépenser librement ?
92
Partie 2 Politiques et pratiques
«Les travailleurs doivent être payés à temps et intégralement ; c’est là quelque chose dont
on ne saurait trop souligner l’importance.»
(Programmes de construction HIMO, Banque mondiale, 1983, p.67)
«Il est capital que la main-d’oeuvre soit payée à temps et intégralement lors des jours de paie.»
Cela paraît évident, mais il n’est pas rare de trouver des chantiers où la main-d’oeuvre n’est
payée ni à temps ni intégralement. Les travailleurs sont perturbés par les retards de paiement et
risquent de quitter le travail, de réduire la production, de faire grève, ou même de déclencher une
émeute.»
(Même source que précédemment, p. 164)
L’expérience montre que souvent des problèmes de versement des salaires se produisent non
pas parce que la direction ne veut pas payer, mais parce que l’argent pour payer les salaires n’est
pas disponible à temps et à intervalles réguliers. Fréquemment, le problème trouve sa source
dans la lenteur des procédures et la lourdeur de l’administration centrale des finances, ainsi que
dans le retard et/ou l’irrégularité des déboursements de fonds. S’agissant des entrepreneurs, il
arrive souvent que le petit employeur soit payé avec d’importants retards, même lorsqu’il a
exécuté le travail et que cela a été certifié.
Enseignement à tirer : Il est essentiel que des dispositions appropriées soient prises de sorte
que l’employeur dispose de fonds pour pouvoir au moins payer aux travailleurs ce qui leur est dû
en temps voulu.
93
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
o les travailleurs doivent être payés en temps voulu si l’on veut qu’ils continuent à tra-
vailler ;
o les entrepreneurs sont particulièrement vulnérables aux arrêts de travail et aux pro-
blèmes professionnels liés au versement tardif des salaires, car ils ne disposent pas
de la légitimité d’un gouvernement pour tenter de justifier un paiement tardif ;
o des mesures doivent être prises pour renforcer les procédures de paiement et remé-
dier aux difficultés de paiement lorsqu’elles se produisent ;
94
Partie 2 Politiques et pratiques
Protection du paiement du salaire
95
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Les travailleurs doivent être payés à temps. L’avancement des travaux est menacé
quand l’entrepreneur ou la régie directe n’observe pas cette règle.
96
Partie 2 Politiques et pratiques
Protection du paiement du salaire
97
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Les travailleurs doivent être payés dans des conditions permettant de garantir qu’ils
perçoivent la rémunération à laquelle ils ont droit. Ils doivent être aussi en
mesure de disposer librement de leur rémunération.
98
Partie 2 Politiques et pratiques
Protection du paiement du salaire
99
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
100
Partie 2 Politiques et pratiques
Protection du paiement du salaire
Costa, E., Guha, S., Hussain, I., Thuy, N. et Fardet, A. : Guide pour les programmes spéciaux de travaux
publics à haute intensité de main-d’oeuvre, chapitre VI, page 11 (Genève, BIT, deuxième édition, 1980).
101
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
2.6 Présence
Question clé :
Quels sont les mécanismes appropriés pour maintenir un taux de présence convenable ?
o il y a une attente de présence régulière qui doit être rendue explicite ; cela n’est pas
toujours fait et peut conduire à des difficultés ;
o la tenue d’un registre de présence est essentielle pour le versement de salaires d’un
montant exact et le contrôle de la productivité.
102
Partie 2 Politiques et pratiques
2.6 Présence
!! Important !!
Pas de travail – Pas de salaire
C’est la conséquence habituelle de la politique en matière de présence si la rémunération est
basée sur le rendement. Elle peut être ou ne pas être acceptable dans un contexte particulier ou
selon des règles nationales particulières. Des adaptations peuvent être faites pour se conformer
aux règles mais elles laissent cependant intacts des aspects fondamentaux et utiles du systèmes
de rémunération au rendement. Les éléments suivants peuvent, par exemple, être pris en
considération :
& Une règle qui établit un salaire fixe (peut-être inférieur à un salaire journalier intégral) pour
un travail annulé en raison du mauvais temps, du fait que le matériel nécessaire n’est pas
arrivé, etc., sous réserve que la veille il a été demandé aux travailleurs de venir au travail.
& Une règle qui établit un salaire partiel pour une journée de travail interrompue par le mauvais
temps, sous réserve parfois que le travailleur ait travaillé pendant une durée minimum au
cours de la journée.
& Une règle qui établit un nombre fixe de jours d’absence par mois pour lesquels un travailleur
sera payé même s’ils ne se rend pas à son travail, sous réserve de la fourniture d’un certificat
médical.
& Une règle qui établit un nombre fixe de jours d’absence par mois pour lesquels un travailleur
sera payé même s’il ne se rend pas à son travail, quelle que soit la raison de son absence.
& Autorisation donnée au travailleur d’envoyer un «remplaçant» les jours où il doit s’absenter,
sous réserve que le remplacement du travailleur reste une exception, c’est-à-dire qu’il ne se
produise par exemple qu’un nombre de jours limité pendant une certains période de temps.
c’est un travailleur
oui, vous pouvez
applique, faisant
prendre un conge pour
preuve de beaucoup
voir un medecin, mais
d’assiduite et ayant
n’oubliez pas d’apporter
un rendement eleve.
votre certificat et
vos reÇus medicaux.
103
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
o Le travailleur doit savoir quand il est enregistré comme absent, par exemple :
en cas de non-exécution d’une tâche, non-présentation sur le lieu de travail à
une heure déterminée, ou départ au milieu de la journée de travail.
o Si le travailleur a l’autorisation de s’absenter de son travail, des critères doivent
être définis pour l’octroi de cette autorisation, comme, par exemple, deux jours
pour 20 jours de travail quelle qu’en soit la raison, ou seulement des absences
pour cause de maladie, accompagnées d’un certificat médical.
o Les règles et les critères doivent être appliqués de façon équitable. Par exemple,
un préavis doit être notifié avant licenciement lorsque les absences posent un
problème dans un cas donné. (Se reporter également à la section Durée de
l’emploi et cessation de la relation de travail, ci-dessous.)
o Des systèmes de primes pour assiduité peuvent être envisagés, par exemple,
une journée supplémentaire payée pour une présence constante pendant une
période de deux semaines.
o Des registres tenus de façon adéquate sont nécessaires pour déceler l’existence
d’un problème.
o La cause d’un problème peut être liée à des exigences contradictoires pesant
sur le temps dont dispose le travailleur, à des obligations domestiques peu com-
patibles avec les obligations professionnelles du travailleur, au caractère non
souhaité du travail, à la faiblesse des salaires, à une médiocre supervision ou à
l’anticipation par les travailleurs de leur licenciement.
o L’assiduité peut baisser immédiatement après un jour de paie ou après la clô-
ture des registres mensuels de paie.
o Si la cause du problème n’est pas claire, il doit être demandé aux travailleurs
pourquoi leur assiduité est irrégulière.
o Quelques solutions :
1 Si le problème est causé par des obligations professionnelles peu compati-
bles, comme lors de la pleine saison agricole, la programmation du travail
peut être adaptée en conséquence, par exemple, en ajustant la durée du
travail, en réduisant l’ampleur des tâches ou en diminuant le nombre global
de travailleurs pour la période considérée.
2 Si le problème semble lié au montant des salaires, il est recommandé de
procéder à une revérification des montants des salaires comparatifs et des
emplois temporaires, comme, par exemple, la cueillette du café. Il pourra
alors être nécessaire d’envisager une réduction des effectifs ou d’accorder
des primes temporaires dans ce secteur.
104
Partie 2 Politiques et pratiques
Présence
Sierra Leone
Au Sierra Leone, certains entrepreneurs ont adopté avec succès un système d’incitations pour accroître
l’assiduité des travailleurs. Une somme correspondant à une tâche supplémentaire est versée si le
travailleur a été présent au travail pendant toute la semaine. Cette stratégie a permis de renforcer
considérablement l’assiduité de la main-d’oeuvre.
En outre, au plus fort de la saison agricole, les entrepreneurs ont fait débuter la journée de travail à 6
heures du matin de façon que la plupart des travailleurs fussent en mesure de terminer leur tâche à 11
heures du matin. Après le déjeuner, ces travailleurs pouvaient poursuivre leurs activités dans le secteur
agricole. Cette stratégie s’est avérée tout à fait concluante pour améliorer l’assiduité.
L’utilisation de cartes d’identité délivrées par l’employeur doit aussi être encouragée. Ces cartes
renforcent le sentiment d’appartenance à l’entreprise et le sens des responsabilités, et peuvent
également être utilisées en combinaison avec une fiche de présence pour assurer des paiements d’un
montant exact et en temps voulu. Ces fiches doivent indiquer, au minimum, le nom du travailleur, son
sexe, son âge, la date de recrutement et certains renseignements en rapport avec le projet.
105
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
106
Partie 2 Politiques et pratiques
Présence
Les fiches de présence et les feuilles d’appel peuvent être utilisées Chaque agent de maîtrise tient
comme moyen de contrôle du système de paiement. un registre de présence pour
& Chaque travailleur embauché reçoit une fiche de présence l’activité qu’il supervise. Les tra-
qu’il doit conserver et qui doit être signée quotidiennement vailleurs sont cochés présents
par le contremaître du chantier après que la tâche à la journée dans le registre seulement
du travailleur a été accomplie et approuvée. après qu’ils ont accompli leur
& La feuille d’appel pour chaque activité contient le nom de tous tâche de la journée et cela de
les travailleurs en activité et est cochée quotidiennement par façon satisfaisante. A la fin de la
le contremaître du site après que le travailleur a accompli sa journée, les informations figu-
tâche journalière.
rant sur le registre de présence
& Les journées de chaque travailleur enregistrées sur sa fiche de sont reportées sur les feuilles
présence doivent concorder avec les informations figurant sur
d’appel.
la feuille d’appel. Les fiches de présence et les feuilles d’appel
servent d’éléments de base pour le calcul des salaires mensuels
des travailleurs, qui peuvent inclure des primes d’incitation.
& Pour vérifier le nombre de journées effectuées par les
travailleurs, le directeur du chantier doit confronter les fiches
de présence et les feuilles d’appel pour chaque activité avec le
nombre de journées enregistrées sur les formulaires de
rapport hebdomadaire.
Rwanda. Koen Delanghe : Etude sur l’emploi et les conditions de travail dans le secteur bâtiment et travaux
publics au Rwanda (Genève, BIT, 1998).
Deux approches pour tenir les registres de présence. 1) Supervisors' training manual for labour-based
road construction and maintenance (approche ghanéenne) (République du Ghana, Ministère des Routes et
des Autoroutes, Département des routes de desserte locale, avril 1991). 2) District Road Improvement and
Maintenance Programme (DRIMP) foreman's manual (Malawi, Ministère des Travaux publics et des
Approvisionnements (MOWS), 1983).
107
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Comment peut-on tenir compte de façon appropriée des réglementations du travail exis-
tantes – celles qui ne concernent pas directement les salaires – dans les activités et la
politique à haute intensité de main-d’oeuvre ?
o faire en sorte que les travaux à haute intensité de main-d’oeuvre ne soient pas mar-
ginalisés, considérés comme inférieurs ou comme une composante du secteur non
structuré ;
o il n’est pas tenu suffisamment compte de ces questions lors de la détermination des
politiques ;
o avec le temps, les problèmes s’intensifient et il est difficile de les traiter car les prati-
ques ont déjà évolué ;
o une manière particulière de traiter les activités HIMO peut contribuer à les faire con-
sidérer comme des activités de second ordre ;
108
Partie 2 Politiques et pratiques
109
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
o Tout type de travail effectué par un enfant (tel que défini par la législation natio-
nale) est inclus dans cette interdiction, même si l’enfant n’a pas été embauché
pour travailler sur le projet. Cela veut dire que les enfants ne doivent pas aider
leurs parents dans leur travail.
o Un système uniforme d’identification des travailleurs des activités HIMO peut
être utilisé, pour s’assurer que des enfants ne sont pas employés dans des pro-
jets à haute intensité d’emploi.
Ä L’évaluation de la législation du travail qui n’a pas trait aux salaires doit inclure les
questions suivantes.
110
Partie 2 Politiques et pratiques
Autres réglementations du travail à caractère non salarial
111
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
112
Partie 2 Politiques et pratiques
Autres réglementations du travail à caractère non salarial
113
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Il est intéressant de noter que certaines normes internationales citées ici assurent
une certaine souplesse aux pays qui les ratifient quant à la fixation des périodes
minima d’emploi préalables requises pour l’octroi des prestations. Ceci pourrait
s’avérer pertinent pour les travaux à haute intensité de main-d’oeuvre.
114
Partie 2 Politiques et pratiques
Autres réglementations à caractère non salarial
Tajgman, D. : Labour standards and employment creation through labour-based activities: A development
perspective, Séminaire consacré à «Policy Advice and Information Dissemination to Member States on the
Employment-Intensive Works Programme» (Harare, Zimbabwe, BIT, 1995).
Vaidyanathan, N. : Labour standards and rural employment schemes in India (New Delhi, BIT, 1995).
Equipe multidisciplinaire consultative pour l’Afrique australe (SAMAT): Prelude to decision-making: Labour
standards in Zambia's labour-based Roads Sector (Harare, Zimbabwe, BIT, 1995).
115
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Quelles sont les méthodes appropriées pour maintenir la motivation et la discipline des
travailleurs dans les programmes HIMO ?
o s’il a été nécessaire de recourir à des dispositifs de motivation et à des systèmes dis-
ciplinaires, une très grande transparence est de rigueur ;
o des mesures positives peuvent être prises pour encourager la motivation et la disci-
pline ;
116
Partie 2 Politiques et pratiques
On ajoute ces 14 jours au nombre de jours que le travailleur a accompli dans le mois pour le
calcul de son salaire.
iii) En cas d’absence d’un jour pendant la semaine, le travailleur perd les 2 jours de bonus
hebdomadaires et automatiquement les 6 jours de travail mensuels. Le travailleur a
toutefois la possibilité de se faire remplacer par un parent ou un ami en cas de mauvaise
santé.
Ce système assure une présence régulière et permet une planification constante même en
cas d’absence pour cause de maladie ou de voyage pour des raisons privées.
117
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
o Une liste des modes de comportement espérés doit être établie avec les sanc-
tions encourues en cas d’infraction. La liste doit être bien diffusée et compré-
hensible.
o Quand un acte malhonnête est allégué, l’employeur se doit de faire une enquête
approfondie, surtout lorsque cet acte entraîne une mesure de licenciement.
118
Partie 2 Politiques et pratiques
Motivation et discipline
Sierra Leone
Il est également essentiel d’avoir des employeurs/agents de maîtrise motivés. En Sierra Leone, le
service des routes a introduit un processus d’évaluation des résultats pour les entrepreneurs utilisant
des techniques HIMO. Les points suivants faisaient l’objet d’une évaluation :
Pondération
paiement des salaires en temps voulu 20%
qualité du travail 20%
avancement des travaux selon le plan de travail 20%
respect des normes du travail 10%
présence de l’entrepreneur sur le chantier 10%
qualité de la supervision exercée par l’équipe de l’entrepreneur 10%
maniement des équipements par l’entrepreneur 10%
L’évaluation était effectuée mensuellement, et chaque mois, le meilleur entrepreneur était déclaré
«entrepreneur du mois» et recevait un prix de 50 000 leones.
119
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Lorsqu’un système disciplinaire développé est nécessaire, il doit être élaboré sur des
bases garantissant des procédures régulières et impartiales. (Se reporter
également à la section Durée de l’emploi et cessation de la relation de travail,
ci-dessous.)
o Le système lui-même doit être respecté. Des bornes doivent être mises, par
exemple, aux pouvoirs des agents de maîtrise, qui doivent être tenus d’obtenir
l’approbation d’un autre agent de maîtrise ou d’un supérieur hiérarchique avant
de prendre une décision en matière disciplinaire.
o Etablir des règles de procédure et des sanctions disciplinaires avec les représen-
tants des travailleurs peut être extrêmement utile aux employeurs pour obtenir
le soutien des travailleurs à ces règles, en particulier dans les cas où ils y
auraient été peu enclins.
o Les règles, et les sanctions en cas d’infraction, devront être connues à l’avance.
Un travailleur aura le droit d’être entendu avant qu’une sanction soit prise. Le
travailleur devra être en mesure de présenter des éléments de preuve pour sa
défense. Les sanctions devront être proportionnées à la gravité de la faute.
120
Partie 2 Politiques et pratiques
Motivation et discipline
vous auriez du
me consulter
avant de decider
de le renvoyer.
Beaucoup d’articles techniques et de manuels sur ce qui motive les travailleurs des activités HIMO et sur
l’approche à adopter pour introduire des systèmes disciplinaires dans les travaux HIMO ont été écrits. On
citera notamment :
Karlsson, L. et de Veen, J. : Guide to the Training of Supervisors for labour-based road construction and
maintenance. Op. cit.
Beusch, A. et de Veen, J. : International Course for engineers and managers of labour-based road
construction and maintenance programmes (Genève, BIT, 1991).
Ghana, Département des routes de desserte locale : Programme de travaux HIMO pour
l’amélioration des routes de desserte locale par contrat. Supervisors' training manual for labour-
based road construction and maintenance (approche ghanéenne) (République du Ghana, Ministère des
Routes et des Autoroutes, Département des routes de desserte locale, avril 1991).
Extrait tiré du manuel concernant la motivation. Labour-based Road Works Manual, Volume I, Road
Rehabilitation Works, section intitulée «Participation of women» (République-Unie de Tanzanie, Ministère
des Travaux publics, Programme routier intégré (IRP), projet, juillet 1996).
Sierra Leone. Rapport provisoire, projet SIL/93/01/IDA - Gupta, M.C. :Labour Issues (Genève, BIT, 1997).
121
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
122
Partie 2 Politiques et pratiques
123
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
124
Partie 2 Politiques et pratiques
Formation des cadres et des agents de maîtrise
125
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Les agents de maîtrise sont essentiels pour les activités basées sur la
main-d’oeuvre, et leur formation et leur utilisation appropriée devraient être
hautement prioritaires dans la conception et la mise en oeuvre des projets.
o Il est nécessaire que les responsabilités des agents de maîtrise soient décrites
en détail pour gérer la main-d’oeuvre, et pour des questions telles que le recru-
tement, l’organisation des jours de paie, la discipline, le licenciement et le con-
trôle. La formation doit traiter ces questions.
o Les agents de maîtrise assument la responsabilité principale en matière de
supervision des activités, en particulier pour définir les tâches, évaluer la pro-
duction des travailleurs ou des équipes de travailleurs et rendre les intrants dis-
ponibles en temps voulu, afin de maximiser le rendement des travailleurs. Le
rôle des agents de maîtrise est fondamental et il détermine l’atmosphère dans
laquelle est gérée la main-d’oeuvre au sein du projet ou de l’entreprise.
126
Partie 2 Politiques et pratiques
Formation des cadres et des agents de maîtrise
Formation
Organisme
gouvernemental ; Agents
Décideurs Entrepreneurs responsables de Travailleurs
de maîtrise
contrats ; consultants
127
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Une formation complémentaire portant sur des politiques sociales plus larges,
sur la législation et les pratiques, peut être intégrée dans les programmes HIMO,
mais doit être planifiée avec soin car cela entraînera des dépenses supplémentaires
en termes de temps de formation et de cours dispensés par des formateurs
spécialisés. Ce type de formation doit être spécifiquement conçu pour un (ou des)
public(s) ciblé(s) eu égard au contenu et à la durée. Il doit porter sur les
circonstances économiques et sociales nationales et les objectifs de projet.
128
Partie 2 Politiques et pratiques
Formation des cadres et des agents de maîtrise
projets himo du
programme national
activites de Construction de travaux
publics
entrepreneurs organisations
ong a caractere
communautaire
qualification 1 - defrichement
eatr
sl vi
ugroupe qualification 2 - creusement de tranchees
formation qualification 3 - gravelage
c
o
l
u
a xillettre sur le tas qualification 4 - chargement de terre
qualification 5 - pose de briques
groupe ti
c
nu
ao
el s pr
alphabetise aelsndc
formation
professionnelle o
ti
c
nu sr
eapl r
qualification 1 - encadrement el n sa
qualification 2 - maÇonnerie adlsec
qualification 3 - arpentage
qualification 4 - charpenterie
qualification 5 - plomberie
129
Partie 2 Politiques et pratiques
Formation des cadres et des agents de maîtrise
Eléments de formation illustrés pour les programmes spéciaux de travaux publics et guides techniques pour
le personnel des programmes de travaux HIMO :
Anti-erosion. Brochure nº 1 et exemplaire du formateur (Genève, BIT, 1991).
Stone masonry. Brochure nº 2 (Genève, BIT, 1991).
Gabions. Brochure nº 3 et exemplaire du formateur (Genève, BIT, 1986).
Gully correction. Brochure nº 4 et exemplaire du formateur (Genève, BIT, 1985).
Small earth dams. Brochure nº 5 (Genève, BIT, 1988).
Tree nurseries. Brochure nº 6 (Genève, BIT, 1989).
Planting techniques. Brochure nº 7 et exemplaire du formateur (Genève, BIT, 1989).
Stone-paving blocks: Quarrying, cutting and dressing. Brochure nº 8 (Genève, BIT, 1989).
Karlsson, L. et de Veen, J. : Guide pour la formation des agents de maîtrise pour la construction et l’entretien de
routes selon des techniques HIMO (Genève, BIT).
Labour-based road construction training manual for senior technical officers, technical officers, technical
assistants. Manuel de formation, parties 1 et 2 (Lesotho, Ministère des Travaux publics, Labour Construction
Unit (LCU), 1994).
Beusch, A. et de Veen, J. : Cours international pour les ingénieurs et les cadres des travaux de construction et
d’entretien des routes selon des techniques HIMO, volume 1 (notes de cours), volume 2 (notes de cours),
volume 3 (notes des conférenciers) et volume 4 (programme de cours) (Genève, BIT, 1991).
Labour-based contract maintenance programme. Orientation course for district engineers: Course notes, Intech
Beusch & Co. CTP 130 (Genève, BIT, 1993).
Andersson,C., Miles, D., Neale, R. et Ward, J. : Improve Your Construction Business Series :
Pricing and bidding. IYCB 1. Manuel et cahier d’exercices (Genève, BIT, 1994).
Site management. IYCB 2. Manuel et cahier d’exercices (Genève, BIT, 1996).
Business management. IYCB 3. Manuel et cahier d’exercices (Genève, BIT, 1996).
Hernes, T. et Miles, D. : Interactive contractor training. Module 1: Estimating and tendering; Module 2: Project
planning; Module 3: Site productivity (Genève, BIT, 1987).
Hernes, T. et Miles, D. : Training contractors for results: A guide for trainers and training managers (Genève,
BIT, 1988).
Beusch, A. : Labour-based road contracting development in Zambia: Training curriculum, trial contract
arrangements and training assessment, CTP 146 (Harare, BIT/ASIST, 1996).
Johannessen, B. : Field Handbook, Labour-based road construction methods (Vientiane, BIT, 1997).
Formation des entrepreneurs au Ghana. Ashong, E.N.K. : The Labour-based programme in Ghana: facts
and figures as at December, 1995 (Accra, DFR, 1996).
Pour les entrepreneurs utilisant des méthodes HIMO, la difficulté n’est pas de trouver de bons
ouvriers, mais de bons agents de maîtrise. Stock, Elisabeth A. : The problems facing labour-based road
programmes and what to do about them: Evidence from Ghana (Washington, D.C., Banque mondiale, 1996).
La supervision au sein des établissements existants. Projet ETH84/02A/IDA, Programme HIMO de
construction et d’entretien, Phase de développement, Rapport initial (Service éthiopien des transports et de la
construction, Département des routes de campagne, 1987).
Formation de groupes communaitaires à Madagascar. Andriamandranto, R. : Entretien courant avec les
collectivités décentralisées: Expérience pratique (IREDEC, Antananarivo, BIT, Madagascar).
L’entretien des routes par de petites entreprises – Le cas du Pérou. Estudio de resultados en
programas de mantenimiento vial, (Instituto de Promoción de la Economía Social (IPES), Lima, Pérou, BIT,
1997).
Formation aux qualifications de base dans le cadre du Programme national sud-africain de
travaux publics. 1) Watermeyer, R. : Labour-based contracting, a study to develop guidelines for project
formulation and implementation, volume 3 (Genève, BIT, juillet 1995). 2) White Paper on Reconstruction and
Development, chapitre 7, «Consultation, participation and capacity-building», Government Gazette No. 16085
(Le Cap, Afrique du Sud, 1994).
131
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Quelles sont les méthodes appropriées pour protéger la sécurité et l’hygiène des tra-
vailleurs au travail ?
o il n’est pas suffisamment mis l’accent sur la sécurité sociale ou un système d’assu-
rance contre les accidents à caractère professionnel, bien que ce dernier point soit
particulièrement important.
132
Partie 2 Politiques et pratiques
Le contrôle et le suivi de ces dispositions se font par les responsables de la Caisse Nationale de
Sécurité Sociale (CNSS) et l’inspection du travail prioritairement dans les grandes entreprises.
L’extention des mesures d’hygiène et de sécurité aux PME est envisagée. A cet effet une
adaptation de la législation est prévue.
A retenir : Des mesures législatives doivent être prises pour établir dans la pratique l’existence
des comités d’hygiène et de sécurité structurés et fonctionnels. Leur existence devrait être
imposée dans tous les types de chantiers et quelle que soit la taille de l’entreprise. Leur rôle
devrait être à la fois préventif et curatif.
133
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Il doit être tenu compte des risques particuliers liés au travail , au chantier, ou au
milieu.
o Par exemple, s’il y a un risque lié à l’existence de mines terrestres, il doit être
exposé clairement avant le début des travaux dans ce secteur. Quand le travail a
lieu dans des carrières ou dans d’autres endroits où existe des risques de glisse-
ments de terrain ou de chutes de roches, une protection de la tête doit être
assurée. Pour le concassage de roches, une protection des pieds et des yeux
doit être assurée. Un outillage adéquat et de haute qualité doit être fourni pour
ce type de travaux. Lorsque la roche est chauffée pendant son concassage, des
gants et des bottes doivent être fournis.1
1
Se reporter au Guide des outils et machines pour les travaux routiers HIMO, Genève, BIT (1981).
134
Partie 2 Politiques et pratiques
Sécurité et hygiène
Mozambique
En 1997, un examen des conditions de travail dans les projets vivres contre travail au
Mozambique a révélé que celles-ci étaient généralement d’une qualité acceptable. Il y avait
néanmoins une exception notable ; elle concernait les pratiques d’extraction dans un projet de
route de desserte locale où les remblais de sable étaient délibérément sapés dans le cadre du
processus de récupération du sable et des graviers, ce qui exposait les travailleurs à des risques
inutiles. De nouvelles méthodes de travail ont été mises en place pour éviter ce type de risques.
135
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
136
Partie 2 Politiques et pratiques
Sécurité et hygiène
c’est une
vilaine coupure
qu’allez-vous
faire ?
je meurs
de soif.
137
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Quels sont les types et les niveaux de prestations de sécurité sociale auxquels les tra-
vailleurs ont droit ?
o qui assume les dépenses, c’est-à-dire, possibilité de partage entre l’employeur et les
travailleurs ;
o la sécurité sociale qui fournit une indemnisation en cas d’accident à caractère profes-
sionnel est le plus important ;
o les travailleurs peuvent ne pas être habitués à la notion de sécurité sociale. Ils peu-
vent aussi penser que les prestations ont peu de chances de se concrétiser. Pour ces
raisons, ils peuvent être peu disposés à participer au financement de la couverture
sociale ;
138
Partie 2 Politiques et pratiques
139
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
o La plupart des pays où sont utilisées des méthodes HIMO ne disposent que de
systèmes de sécurité sociale rudimentaires, ne comprenant guère qu’un régime
de réparation des accidents du travail ou un système de pensions nationales.
Toutefois, un examen de la situation doit être entrepris avec les autorités com-
pétentes pour identifier les régimes existants et déterminer leur applicabilité
aux activités HIMO.
o Lorsqu’il n’y a pas de régime de réparation des accidents du travail relevant de
la sécurité sociale, on peut envisager la couverture de ce risque par le biais d’as-
surances privées locales ou en insérant des clauses pertinentes dans les docu-
ments annexés au contrat. Les dépenses devront être supportées selon les
dispositions de la législation applicable. En règle générale, lorsqu’il s’agit de
contrats, ces dépenses doivent être supportées par l’entrepreneur responsable.
Ce dernier peut répercuter ces coûts sur le maître d’ouvrage en vertu d’une
clause spécifique du contrat.
Ä Des moyens exceptionnels peuvent être employés pour assurer une sécurité
financière aux personnes victimes d’accident au cours de leur travail, mais ils ne
peuvent pas avoir un caractère durable.
140
Partie 2 Politiques et pratiques
Sécurité sociale et assurance
Application des régimes de sécurité sociale et
d’assurance aux travailleurs des activités HIMO
Les programmes de sécurité sociale font souvent face au problème de la réticence des travailleurs et des employeurs à verser des
cotisations, réticence due au fait que les prestations prévues en contrepartie leur paraissent avoir peu de chances de se concrétiser. Ce
problème se pose particulièrement pour les travailleurs des projets temporaires dans les activités HIMO alors même que les
programmes proposent le régime d’assurance le plus direct contre les accidents du travail. En outre, même quand ils existent, certains
de ces régimes de sécurité sociale pour la réparation des accidents du travail n’assurent une protection qu’après une certaine période
d’emploi, ou excluent expressément les «travailleurs occasionnels». Ce type de restriction est particulièrement lourd pour les
travailleurs temporaires des projets à haute intensité de main-d’oeuvre, qui sont confrontés à un risque dès qu’ils se trouvent sur le
chantier, même s’ils ne travaillent en fait que pour une courte période.
Tripartite Review of the Guide on Labour Management Policies and Practices for Employment Intensive
Infrastructure Works, Report of Proceedings, Kampala, Ouganda, 6-7 octobre 1997 (Genève, BIT, 1997).
Approches relatives à l’assurance contre les accidents : Delanghe, Koen : Etude sur l'emploi et les
conditions de travail dans le secteur bâtiment et travaux public au Rwanda (Genève, BIT, 1997).
Assurance contre les accidents dans un projet communautaire. Entretiens avec des représentants de
la communauté Hanna Nassif, menés par BIT/ASIST (Nairobi, octobre 1997).
Burkina Faso : Etude sur l’emploi et les conditions de travail dans le secteur des bâtiments et travaux
publics. Par Ginette K. Muteta (BIT, avril 1998).
Côte d’Ivoire : L’emploi et les conditions de travail dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Par
Yao Gnabeli (BIT, mars 1998).
141
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Quelle méthode doit être adoptée pour mettre un terme à l’emploi des travailleurs des
activités HIMO, soit pour raisons disciplinaires soit parce que l’emploi se termine, à la fin
du projet ?
142
Partie 2 Politiques et pratiques
143
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
o les travailleurs peuvent être mécontents et le travail perturbé s’il y a mésentente sur
la durée prévue de l’emploi et/ou si les travailleurs sont licenciés sans préavis ;
o cela peut aussi se produire si les travailleurs estiment que le licenciement même d’un
seul travailleur a été abusif ;
o les travailleurs non qualifiés travaillent souvent pendant plusieurs mois d’affilée, ce
qui rend le terme temporaire, plutôt qu’occasionnel, mieux approprié à leur situa-
tion ;
o la législation du travail donne souvent aux travailleurs, qui ont été employés pendant
une certaine période, le droit de toucher des prestations, ce qui impose à l’em-
ployeur des dépenses et des démarches administratives ;
o les travailleurs non qualifiés des activités HIMO sont quelquefois licenciés lorsque
l’employeur veut éviter d’avoir à payer ces prestations. Des mesures doivent être
prises pour empêcher cet état de choses en étudiant, avec la participation des parte-
naires sociaux, les moyens de régler la question des prestations sociales dans le con-
texte particulier des emplois HIMO. Toutefois, si les programmes à haute intensité de
main-d’oeuvre doivent être considérés comme des programmes classiques, et non
comme des travaux d’assistance ou de second ordre, la législation du travail applica-
ble doit être respectée.
144
Partie 2 Politiques et pratiques
Durée de l’emploi et cessation de la relation de travail
Occasionnel ou temporaire ?
Conditions requises pour le paiement des salaires et
législation du travail
Il est quasiment impossible dans les travaux HIMO de payer les travailleurs non qualifiés à la fin
de chaque journée de travail. Dans les grands projets, cette procédure est absolument inconnue.
Dans le cas des petits entrepreneurs, cela est possible mais difficile à réaliser – et inconnu dans la
pratique. Pourtant, la législation nationale du travail de différents pays donne maintes fois à
penser que – pour une raison ou une autre – les travailleurs non qualifiés des travaux HIMO
devraient être payés à la fin de chaque journée de travail.
& Au Rwanda, une disposition du nouveau code du travail (en projet) impose que les travailleurs
soient payés à intervalles réguliers, correspondant à la durée du contrat de travail du
travailleur. Ainsi, un travailleur engagé au mois doit être payé chaque mois et un travailleur
engagé à la journée doit être payé à la fin de la journée. Le projet définit certaines catégories
de travailleurs : travailleurs à la journée, travailleurs temporaires, travailleurs permanents et
travailleurs saisonniers. Les travailleurs à la journée sont engagés pour une journée à un
certain moment et les travailleurs temporaires pour une période fixe de 60 jours au maximum.
& Dans beaucoup d’anciennes colonies britanniques, la législation du travail définit le travailleur
occasionnel comme la personne qui, entre autres choses, est payée à la fin de la journée. En
outre, les travailleurs occasionnels (au sens de la loi) ne bénéficient pas de certains droits et
prestations prévus par la loi.
Le problème réside dans la manière dont nous considérons le travailleur non qualifié dans les
travaux à haute intensité de main-d’oeuvre. Le fait est que, en général, l’employeur et le
travailleur au moment du recrutement voudraient tous deux avoir une relation continue lorsque
l’employeur trouve et organise le travail et que le travailleur vient effectuer le travail. Il est
possible que la durée de la relation, de chaque côté, ne peut pas être fixée, car ils ignorent
combien de temps il faudra pour exécuter le travail, mais il est certain que cela prendra plus d’un
jour. Nous ne pouvons pas passer outre au désir généralement exprimé par l’employeur
recourant à des méthodes HIMO de pouvoir licencier un travailleur à tout moment. C’est ce désir
qui a permis de perpétuer le principe selon lequel les travailleurs non qualifiés des activités HIMO
relèvent de contrats de travail à la journée. Les travailleurs ne sont en fait ni des travailleurs
«occasionnels» ni des travailleurs «à la journée» au sens stricte de la législation du travail, parce
que l’intention tant du travailleur que de l’employeur – confirmée par la pratique en matière de
travaux HIMO – est de faire durer la relation pendant une partie importante de la période de
construction ou d’entretien.
Enseignement à tirer : Les travailleurs non qualifiés des activités HIMO ne doivent pas être
considérés comme des travailleurs à la journée à moins qu’il n’existe, en fait, aucune intention de
faire travailler la personne sur le chantier le jour suivant.
C’est une autre question si l’employeur souhaite que le travailleur soit un travailleur
«occasionnel» aux fins de se soustraire à d’autres obligations ; en pareil cas, l’employeur devra
se conformer à la définition du travailleur «occasionnel» et payer effectivement des salaires à la
fin de la journée et tous les jours. Les travailleurs non qualifiés des activités HIMO semblent
relever de façon plus appropriée de la catégorie des travailleurs «temporaires».
145
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Les travailleurs doivent être informés que le licenciement ne peut intervenir que
pour l’un des deux motifs suivants : soit la période d’emploi est terminée, soit il
y a eu une infraction aux règles du travail justifiant le licenciement. L’employeur ne
peut prononcer le licenciement que pour ces motifs.
146
Partie 2 Politiques et pratiques
Durée de l’emploi et cessation de la relation de travail
L’expérience montre que la plupart des ouvriers qui travaillent dans des activités HIMO
voudraient travailler le plus longtemps possible. Les projets de construction fournissent
d’ordinaire des emplois jusqu’à la fin d’un chantier.
Pour quelles raisons ? Du côté de l’employeur, bien que les travailleurs soient en général non
qualifiés, ils acquièrent une expérience qui contribue à améliorer la productivité. Elle permet
également de limiter les coûts administratifs directs découlant d’un taux élevé de rotation de la
main-d’oeuvre et de l’emploi de travailleurs pour des périodes irrégulières. Du côté du travailleur,
le travail HIMO apparaît souvent comme un emploi souhaitable.
Enseignement à tirer : Ne laissez pas croire aux travailleurs qu’ils sont engagés juste pour une
journée. Dans le cas contraire, cela pourrait créer des malentendus et des désaccords sur le lieu
de travail, et contribuer à réduire la productivité.
Conséquences : Planifiez suffisamment le travail pour que les travailleurs puissent se faire une
idée de la durée prévue de leur emploi. Quand il est mis fin au travail des ouvriers, tenez-en
compte, c’est-à-dire donnez un préavis raisonnable.
Costa et collaborateurs : Guide pour les programmes spéciaux de travaux publics à haute intensité de main-
d’oeuvre, chapitre VI. op cit. (Genève, BIT (deuxième édition), 1980).
Namibie : Leçons sur la cessation de la relation de travail. Petts, R.C. et Byrnes, J. : Owambo feeder
roads, Review of labour-based pilot project, Assignment report (Nairobi, BIT/ASIST, 1993).
Occasionnel ou temporaire ? Les conditions requises en matière de paiement des salaires et la
législation du travail. Delanghe, Koen : Etude sur l'emploi et les conditions de travail dans le secteur
batiment et travaux publics au Rwanda (BIT, 1998).
Burkina Faso : Ginette K. Muteta : Etude sur l’emploi et les conditions de travail dans le secteur des
bâtiments et travaux publics (BIT, avril 1998).
147
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Quelles mesures peut-on prendre pour protéger, respecter et promouvoir la liberté d’as-
sociation des travailleurs, des employeurs et des collectivités ?
o associations pertinentes ;
o dans la pratique, des avantages peuvent résulter de la création d’associations par les
employeurs et de la formation d’organisations par les travailleurs, tant au niveau de
l’entreprise qu’à celui du secteur ;
o d’ordinaire, les travailleurs et les employeurs prêtent trop peu d’attention aux avan-
tages liés à l’organisation ou aux possibilités de la promouvoir ;
o lorsque les conditions sont inacceptables pour les travailleurs, ils s’organisent ou
réduisent leur rendement en fonction de leur insatisfaction. Il est donc souhaitable
qu’une organisation se forme suffisamment tôt avant que les problèmes n’apparais-
sent.
148
Partie 2 Politiques et pratiques
Des approches similaires ont été adoptées pour des projets en République démocratique du
Congo, en Guinée, en Haïti, en Inde, à Madagascar, au Mali et en République-Unie de Tanzanie.
149
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
150
Partie 2 Politiques et pratiques
Liberté d’association
151
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
152
Partie 2 Politiques et pratiques
Liberté d’association
Aalbers, Carmen : Etude de cas: Approche contractuelle par le projet Amenagement des ressources
forestières dans le Cercle de Kita, Mali (Genève, BIT, 1997).
Community contracts in infrastructural rural and urban works programmes (projet de rapport) (Genève, BIT,
1991).
Sharma, K.S. et Narayanan, L. : Community Works and Farmers' Participation in Minor Irrigation in Tamil
Nadu .
Nebuloni, V : Contractual approaches for investing in the poor - Construction contracts for irrigation
development in Nepal (Genève, BIT, 1997). Cette publication comporte une description détaillée (avec
d’indispensables annexes) de l’utilisation des contrats communautaires au Népal.
Associations d’employeurs et petits entrepreneurs au Rwanda. Delanghe, Koen : Etude sur l'emploi
et les conditions de travail dans le secteur bâtiment et travaux publics au Rwanda (Genève, BIT, 1997).
Les intérêts des groupes communautaires peuvent ne pas coïncider. Tous doivent être libres de
négocier. Könye, A., Malombe, J. et Lupala, J. : Evaluation of Hanna Nassif Community-based Urban
Upgrading Project, Phase I ( Gouvernement de Tanzanie, PNUD, BIT, Fondation Ford, 1997).
153
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO: Politiques et pratiques du travail
Recommandations aux
ministères publics
PARTIE 3
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
3. Recommandations aux
gouvernements
Question clé :
Que peuvent faire les ministères chargés des travaux publics pour promouvoir les solu-
tions suggérées dans ce guide et les mettre en pratique ?
156
3. Recommandations aux gouvernements
3.1 Recommandations aux ministères chargés des Travaux publics
157
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Les travaux publics à haute intensité de main-d’oeuvre (HIMO) représentent une pos-
sibilité unique pour des petits entrepreneurs locaux en leur permettant, dans les pays
en développement, de faire leur apparition sur le marché de la construction dominée
par des entreprises étrangères. Lorsqu’elle est bien planifiée et réalisée dans de bonnes
conditions, l’entrée des entreprises nationales sur ce marché, bénéficie aux travailleurs,
aux employeurs et aux gouvernements.
o Pour les travailleurs elle se traduit par des emplois, une amélioration des condi-
tions de travail et la possibilité de se constituer en organisation ou syndicat ;
o pour les employeurs elle conduit à un meilleur accès aux marchés publics, à un
système de paiement efficace, à un processus transparent dans le domaine des
adjudications et à la possibilité de constituer des associations ;
o pour les gouvernements elle peut entraîner la création d’emplois et un allége-
ment de la pauvreté, permettre un meilleur rendement de l’argent investi étant
donné que les projets HIMO gérés de façon efficace tendent à fournir des pro-
duits de qualité similaire à un moindre coût financier (voir, Partie 1 : coût des
travaux à haute intensité de main-d’oeuvre), à l’amélioration de la balance des
paiements en raison des économies de devises, au renforcement du secteur
national de la construction et à une amélioration de la gestion due à l’établisse-
ment de contrats et de documents simplifiés et transparents.
158
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères chargés des Travaux publics
Ministères techniques
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Ministère du Travail/de l’Emploi
Pour :
& participer à la préparation des documents
contractuels
& évaluer les possibilités d’application de la
législation et de la réglementation du travail Stratégie
& protéger les droits d’association des et assistance :
travailleurs et des employeurs
niveau central
& contribuer à créer des associations
d’entrepreneurs HIMO
& faciliter l’accès au crédit
& assurer la formation des entrepreneurs
159
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Différents projets HIMO peuvent être coordonnés afin d’harmoniser les ques-
tions relatives à la main-d’oeuvre et les contraintes en matière de ressources.
o C’est ainsi que la formule vivres contre travail (maximum 50 pour cent) pourrait
être adoptée en tant qu’élément de rémunération pour tous les projets HIMO en
cours dans un pays considéré, plutôt que pour un seul projet (voir Rémunéra-
tion en nature, dans la Partie 2) ; les programmes de formation consacrés à dif-
férents projets peuvent utiliser le même matériel de base pour traiter des
questions sociales et concernant la main-d’oeuvre, et des discussions entre les
partenaires sociaux, portant sur les problèmes concernant la main-d’oeuvre ou
relatifs à la législation du travail, pourraient être tenues dans le cadre de plu-
sieurs projets HIMO.
Ä Les clauses de travail attirent l’attention sur les questions de travail et les problè-
mes sociaux.
o Pour y parvenir le contrat doit être formulé d’une façon claire et précise. Des
exemples sont fournis dans les pages opposées.
Ä Plusieurs mécanismes peuvent être utilisés par les ministères des travaux publics
afin que les entrepreneurs mettent en oeuvre les clauses de travail, ainsi :
160
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères chargés des Travaux publics
CONSEILS PRATIQUES SUR LES POLITIQUES ET PRATIQUES
DU TRAVAIL ET UTILISATION DES CLAUSES DE TRAVAIL
1
Afrique du Sud
Propositions de caractère provisoire sur la réforme du secteur public
& Les fournisseurs, les prestataires de services ou entrepreneurs qui enfreignent les normes du
travail devront être sanctionnés par leur radiation des registres et exclus de tout marché du
secteur public pendant un certain temps.
& Les contrats prévus dans le cadre des programmes de développement des entreprises ne
devront être attribués à de nouveaux entrepreneurs que lorsqu’un groupe d’experts
indépendants aura pu vérifier que le montant prévu pour obtenir l’adjudication permet à
l’intéressé de disposer du potentiel lui permettant de faire face aux normes de travail minima.
1
Government Gazette, nº 17928 (République sud-africaine, Prétoria, 14 avril 1997).
161
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
162
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères chargés des Travaux publics
163
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Une des faiblesses des clauses de travail réside dans le fait qu’il est malaisé de les
mettre en oeuvre en raison de la situation généralement difficile du ministère du tra-
vail sur le plan opérationnel, de l’inefficacité des services de l’inspection du travail, et
de la bureaucratie qui se manifeste dans la perception des amendes ou la résiliation
des contrats.
164
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères chargés des Travaux publics
Sanctions
pécuniaires
Disqualification
Mécanisme des plaintes pour de
des travailleurs futurs appels
d’offre
Mécanismes de
mise en oeuvre
des clauses
de travail
Inspections
du travail Ruptures de
périodiques contrats
Enseignement à tirer : Les coûts des prestations sociales peuvent et devraient être incorporés aux taux
unitaires qui, dans la plupart des cas, sont établis par le maître d’ouvrage. Celui-ci, de préférence en étroite
collaboration avec le ministère du Travail et des groupes d’employeurs et de travailleurs concernés, peut
décider de l’inclusion des coûts des prestations sociales aux taux unitaires. De ce fait, l’obligation de
l’entrepreneur de fournir aux travailleurs des prestations appropriées pourrait être stipulée dans les termes
du contrat.
165
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Problèmes possibles :
Situation : 1 Perte de crédibilité, les activités à haute
Compréhension et application intensité de main d'oeuvre étant
inappropriées des législations considérées comme dépendant du secteur
nationales du travail non structuré.
dans le secteur HIMO 2 La concurrence entre entrepreneurs se
fonde sur des conditions d'emploi illégales.
3 Le risque de conditions d'emploi abusives.
1 Attirer l'attention du ministère du travail et
des services de l'inspection du travail sur
le problème. Consulter les organisations
d'employeurs et de travailleurs.
2 Attirer l'attention des personnalités
politiques sur le problème. Solution possible :
3 Attirer l'attention des donateurs sur la Accroître encore l'attention apportée au
question. problème pour tenter de le résoudre.
4 Organiser sur le problème une réunion
publique/un séminaire éducatif.
166
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères chargés des Travaux publics
Solution possible :
Il serait peut-être nécessaire de mettre
Se concentrer sur les activités
l’accent sur la main-d’oeuvre urbaine
potentielles à haute intensité de
plutôt que sur la main-d’oeuvre rurale.
main-d’oeuvre et la création d’emplois
lorsque la main-d’oeuvre est abondante.
167
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
o nécessité pour les employeurs des entreprises HIMO (supposée et réelle) de s’orga-
niser ;
o promouvoir la prise de conscience du potentiel des entreprises HIMO parmi les mem-
bres et les dirigeants des organisations d’employeurs est parfois approprié ;
168
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères chargés des Travaux publics
169
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
170
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères chargés des Travaux publics
Ministère(s) technique(s)
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Organisation d’employeurs
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Pour :
& Contribuer à créer/aider une organisation
d’entrepreneurs de travaux HIMO.
& Participer à la préparation de documents
contractuels. Stratégie
& Protéger les efforts et les droits des et assistance :
employeurs en matière d’association. niveau central
& Fournir une formation aux entrepreneurs.
& Faciliter l’accès au crédit.
171
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
o Des liens appropriés entre les partenaires d’un programme HIMO et les organi-
sations de travailleurs existantes devraient être établis.
o La formation des représentants des organisations des travailleurs de la cons-
truction déjà établies aux technologies et aux méthodes de travail HIMO, ainsi
qu’aux questions connexes, devrait être envisagée.
172
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères chargés des Travaux publics
173
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Comment des relations utiles concernant les travailleurs temporaires des programmes
HIMO peuvent être établies avec le ministère du Travail ou toute autre autorité officielle
pertinente ?
o les fonctionnaires du gouvernement peuvent avoir des doutes sur les incidences de
la législation et de la réglementation en vigueur en matière d’activités HIMO ;
o les efforts pour établir des relations et réaliser des progrès peuvent devenir une
perte de temps par la faute de la bureaucratie ;
o des suggestions en matière de réformes peuvent être bien accueillies mais les méca-
nismes officiels peuvent leur faire obstacle au niveau pratique.
o Des résultats positifs peuvent être atteints en attirant l’attention des fonction-
naires sur l’existence du secteur HIMO. D’ordinaire on y parvient au mieux au
moyen de visites de chantiers et grâce à une sensibilisation au potentiel pour
l’emploi que présentent les programmes d’infrastructures HIMO.
o Les fonctionnaires concernés peuvent participer à la formation des cadres et
agents de maîtrise des secteurs publics et privés HIMO en expliquant les res-
ponsabilités des différentes parties (maître d’ouvrage, ministères, ministère du
Travail, entrepreneur, organisations de travailleurs et d’employeurs) en ce qui
concerne la législation nationale du travail applicable.
174
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères chargés des Travaux publics
Ministère(s) technique(s) O
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Pour :
& Evaluer les possibilités d’application des
règlements et dispositions relatives au
travail.
& Protéger les droits d’association des Stratégie
employeurs et des travailleurs.
et assistance :
& Participer à l’élaboration des documents niveau central
contractuels.
& Fournir aux entrepreneurs une formation en
ce qui concerne les sujets liés à la législation
du travail et aux conditions de travail.
175
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Comment les ministères du Travail peuvent-ils influencer les politiques et pratiques des
ministères des Travaux publics à l’égard de la création d’emplois assortie de conditions de
travail équitables?
o activités HIMO ;
o méthodes de mise en oeuvre des activités HIMO (régie directe, entrepreneurs pri-
vés) ;
o volonté politique des ministères impliqués, de coordonner les activités, saisir les
possibilités et faire face aux défis.
o le personnel des ministères du Travail peut grandement bénéficier des visites d’étu-
des consacrées aux projets HIMO, pour se familiariser avec les pratiques de l’em-
ploi ;
176
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Sierra Leone
Le programme de la Sierra Leone relatif à la formation des petits entrepreneurs en matière de travaux
routiers HIMO (1990-1996) est caractérisé par d’excellents rapports avec le département ministériel
traitant des questions du travail. Les représentants du ministère du Travail, du Labour Congress de la
Sierra Leone et de la Fédération des employeurs ont participé aux cours de formation des
entrepreneurs dans le cadre desquels ils ont fourni des explications sur les normes de travail
pertinentes, sur d’autres questions liées à l’emploi des travailleurs, aux droits et aux responsabilités
des entrepreneurs, etc. De ce fait, ils ont fortement contribué à l’élaboration d’un code de conduite
pratique pour les problèmes de main-d’oeuvre, qui a pu être compris par tous les organismes et
praticiens intéressés.
177
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
o Une visite d’étude effectuée sur un chantier peut servir de base à un début de
compréhension mutuelle. L’attention des fonctionnaires du ministère du Travail
peut porter sur les pratiques de l’emploi et la création de possibilités d’emplois.
o La discussion de problèmes pratiques et spécifiques peut constituer une base
permettant de développer les relations entre les ministères, au niveau opéra-
tionnel aussi bien que politique.
o Une communication permanente entre les ministères, même en l’absence de
problèmes en suspens, peut constituer la base de bonnes relations lorsqu’une
crise se produit.
178
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères du travail/de l’emploi
Ministère
du Travail/de l’Emploi O
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Ministère(s) technique(s)
Pour :
& Evaluer les possibilités d’application de la
réglementation du travail.
& Protéger les droits d’association des
travailleurs et des employeurs.
Stratégie
& Participer à l’élaboration des documents et assistance :
contractuels.
niveau central
& Fournir aux entrepreneurs une formation sur
des sujets liés à la législation du travail et
aux conditions de travail.
179
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
La réglementation du travail est-elle appliquée dans le secteur HIMO et, dans le cas con-
traire, que peut-il être fait ?
o les ministères du Travail accordent rarement une priorité particulière (ou possèdent
des ressources suffisantes à cet effet) à la mise en oeuvre de la réglementation du
travail dans des zones rurales ou éloignées où des projets HIMO sont en vigueur ;
o les ministères du Travail devraient faire davantage pour se familiariser avec les
méthodes utilisées dans les activités HIMO et les relations entre ces méthodes et la
réglementation du travail ;
180
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères du travail/de l’emploi
181
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
o Dans la pratique, il serait tout à fait approprié que les ministères du Travail en-
gagent avec les ministères des Travaux publics un dialogue sur l’application de
la législation du travail au secteur HIMO. Un tel dialogue constituerait une tenta-
tive spécifique visant à déterminer l’application de la législation et de la régle-
mentation du travail.
o Cet examen sérieux doit être réaliste au sujet des conditions dans lesquelles se
déroulent les activités HIMO, de même qu’à propos des lieux et du climat social
où s’exercent ces activités. C’est ainsi que lorsqu’on s’attend à ce que de très
petits entrepreneurs publics des zones rurales observent la réglementation du
travail, le ministère du Travail doit être prêt à fournir des explications aussi bien
sur la législation que sur les méthodes visant à son application. Se pose ici la
question fondamentale qui consiste à s’assurer que ces entrepreneurs connais-
sent et comprennent les impératifs de la loi.
o Il convient au plus haut point de procéder à un examen avec un esprit d’ouver-
ture, qui ne soit tributaire ni de «déréglementation», ni d’imposer des régle-
mentations de manière inflexible. D’ordinaire les solutions aux problèmes posés
par cet examen ne sont pas trouvées en allant simplement dans l’un ou l’autre
sens...
Ä Il convient que toutes les parties intéressées (ministère maître d’ouvrage, entrepre-
neurs et ministère du Travail) connaissent les exigences et comprennent les
répercussions découlant de l’application de la législation et de la réglementation du
travail.
182
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères du travail/de l’emploi
183
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Que peut faire le ministère du Travail pour encourager les travailleurs exerçant leurs acti-
vités dans des travaux publics HIMO à se syndicaliser ?
o l’on peut faire beaucoup pour accroître l’intérêt des organisations de travailleurs à
l’égard des conditions de travail du personnel du secteur HIMO et des possibilités de
création d’emplois des travaux HIMO ;
o les ministères du Travail ont un rôle à jouer en fournissant aux organisations de tra-
vailleurs des explications sur les possibilités d’un emploi productif dans le secteur
HIMO ;
o les ministères du Travail doivent acquérir une grande connaissance des activités
nationales HIMO pour être en mesure de fournir aux organisations de travailleurs
des conseils et des informations de qualité sur le secteur HIMO.
184
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères du travail/de l’emploi
185
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Des activités nationales HIMO peuvent avoir lieu bien avant que les organi-
sations de travailleurs aient pris conscience de leur existence et de leur rôle
potentiel en faveur de l’emploi et de conditions de travail équitables. A cet égard, un
ministère du Travail actif et bien informé peut faire en sorte que les organisations de
travailleurs apportent leur participation en temps voulu et, par conséquent, que
puisse être évité, à la dernière minute, le recours à des mesures relevant de la ges-
tion de crises.
Ä Dans toutes les situations, les travailleurs participant aux activités de leurs
organisations doivent être exempts de toute discrimination ; les ministères
du Travail devraient jouer un rôle clé pour assurer cette protection.
186
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères du travail/de l’emploi
Ministère
du Travail/de l’Emploi
O
s)
rg
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M
Organisation de travailleurs
Pour :
& Pouvoir participer à l’élaboration des Stratégie :
documents contractuels et au
développement de la stratégie. niveau central
& Négocier les conditions de travail.
187
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Que peut faire le ministère du Travail pour encourager l’employeur HIMO à respecter la
législation du travail applicable et assurer des conditions de travail équitables sur le chan-
tier ?
o l’on peut faire beaucoup pour accroître l’intérêt des organisations d’employeurs pour
les entrepreneurs HIMO, particulièrement en tant qu’employeurs ;
o les ministères du Travail doivent se familiariser avec les activités nationales HIMO
s’ils souhaitent fournir des conseils et des informations de bonne qualité aux organi-
sations d’employeurs de ce secteur en ce qui concerne le respect de la législation du
travail et l’octroi de conditions de travail équitables.
188
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Recommandations aux ministères du travail/de l’emploi
Ministère
du Travail/de l’Emploi
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Organisation d’employeurs
s)
O
Pour :
& Contribuer à créer/aider une association
d’entrepreneurs HIMO
& Participer à l’élaboration de documents
contractuels Stratégie
& Protéger les efforts et les droits des et assistance :
employeurs en matière d’organisation
niveau central
& Fournir une formation aux entrepreneurs
& Faciliter l’accès au crédit
189
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Les ministères du Travail doivent faire en sorte que les employeurs HIMO, y
compris le secteur public, connaissent et comprennent leurs obligations en
ce qui concerne la législation du travail applicable.
o Les employeurs HIMO doivent avoir conscience des lois du travail applicables.
o Des initiatives particulières seront nécessaires pour atteindre les petits
employeurs des régions éloignées. La liaison avec le ministère responsable des
travaux publics sera utile à cet égard.
Ä Les activités nationales HIMO peuvent s’exercer bien avant que les organisations
d’employeurs en aient connaissance et que ceux-ci aient conscience du rôle qu’ils
pourraient jouer dans leur développement et leur promotion. A cet égard, un minis-
tère du Travail actif et bien informé peut accélérer la participation de ces
organisations et, par conséquent, éviter de recourir à elles au dernier moment, dans
une situation de crise.
Ä Lorsque les ministères du Travail participent à des activités promotionnelles, ils doi-
vent avoir le souci de comprendre les différences en matière d’intérêts, qui
existent entre les employeurs du secteur traditionnel des travaux publics et
ceux du secteur HIMO. Ces différences doivent être prises en compte dans toute
discussion concernant le secteur de la construction.
o Dans tous les cas, les employeurs doivent être libres de créer des organisations
et d’adhérer à celles de leur choix.
o Les entreprises du secteur traditionnel de la construction tendent à exercer
leurs activités en tant que sociétés de grande envergure et de caractère urbain
moins intéressées à la création d’emplois et à la gestion de la main-d’oeuvre
que les entreprises HIMO.
o Les entreprises HIMO peuvent bénéficier des activités des associations d’entre-
preneurs HIMO en plus de celles des organisations traditionnelles d’employeurs.
Ces activités comprennent l’élaboration de méthodes d’accès au crédit, la mise
à disposition de liquidités appropriées, permettant d’assurer le paiement des
travailleurs en temps voulu, la négociation de tarifs unitaires adaptés aux activi-
tés de construction HIMO, la promotion du secteur et la formation. Il se peut
que les entrepreneurs de travaux publics traditionnels soient moins intéressés
par ces activités.
o Lorsqu’on a recours à des contrats avec des collectivités pour réaliser des tra-
vaux HIMO, les ministères du Travail devraient comprendre quels sont les inté-
rêts des groupements communautaires, en les différenciant de ceux des
entreprises HIMO ou de celles qui exercent leurs activités dans le secteur tradi-
tionnel des travaux publics.
190
Partie 3 Recommandations aux gouvernements
Utilisation de la convention no 94 de l'OIT sur les clauses de travail dans les contrats publics. Liste
des ratifications par convention et par pays au 31 décembre 1995 (Genève, BIT, 1996), mise à jour
manuellement en décembre 1997.
Deux exemples de clauses du travail dans les documents annexés aux contrats publics:
Népal, contrats sélectionnés utilisés pour les programmes HIMO;
Afrique du Sud: South African Government Gazette, No. 17928 (Pretoria, 14 April 1997).
Attribution des travaux publics: Choix des clauses subsidiaires facultatives traitant de questions
du travail. World Bank Standard Bidding Documents, Procurement of Works 1/95 (Washington, Banque
mondiale, 1995).
Bentall, P.: Ghana Unit rates (Tarifs unitaires au Ghana). Ghana Feeder Roads Project, Labour-based
rehabilitation and maintenance. rapport final (Genève, BIT, 1990).
Prise de conscience au sein des organisations de travailleurs: le cas de l'Afrique du Sud.
Preliminary report, ILO advisory mission to COSATU (Genève, BIT, 1994).
Problèmes relatifs aux salaires minima en Thaïlande. Report of the evaluation mission, Project
THA/86/014, Labour-based construction cum rural self-employment project (15-30 May 1990) Genève, BIT,
1990).
Les inspecteurs du travail participent à la formation des entrepreneurs en Namibie. Report of a
technical advisory mission on labour standards in labour-based road construction and maintenance projects
in Namibia: The pilot project at Ombalantu (Harare, BIT, 1995).
Sierra Leone. M.C. Gupta, Labour issues ... op. cit.
Examen de la législation nationale du travail: résultats en Namibie et Zambie. 1) Tajgman, David:
Report of a technical advisory mission on labour-based road construction and maintenance projects in
Namibia: The pilot project at Ombalantu (Harare, BIT/SAMAT, 1996). 2) Tajgman, David: Prelude to decision
making: labour standards in Zambia's labour-based roads sector (Harare, BIT/ASIST, 1995).
Côte-d'Ivoire: Le Code des marchés publics de Côte-d'Ivoire. Décret no 92:08 du 8 janvier 1992.
Côte-d'Ivoire: Yao Gnabeli, L'emploi et les conditions de travail dans le secteur du bâtiment et des travaux
publics en Côte-d'Ivoire, BIT, mars 1998.
Rwanda: Koen Delanghe, Etude sur l'emploi et les conditions de travail dans le secteur des bâtiments et
travaux publics au Rwanda, BIT, 1998.
191
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO: Politiques et pratiques du travail
4. Recommandations aux
travailleurs et aux organisations
de travailleurs
Question clé :
Que peuvent faire les organisations de travailleurs pour la syndicalisation de leurs mem-
bres dans le secteur des infrastructures HIMO ?
194
4. Recommandations aux travailleurs et
aux organisations de travailleurs
4.1 Les organisations de travailleurs et l’importance
des travailleurs organisés
Réalités : Les projets réalisés dans l’ensemble du monde prouvent d’une façon décisive que
les personnes peuvent travailler sous une forme productive dans la construction et
l’entretien de routes, les systèmes d’irrigation, la construction et autres formes
d’infrastructures, en concurrençant efficacement les machines pour ce qui est du
prix, de la qualité et de la rapidité d’ensemble. Lorsque, dans un projet HIMO, des
emplois fictifs sont créés, la cause est due, en général, à une planification et à une
gestion erronées. Lorsqu’elles font l’objet d’une bonne planification et d’une
bonne gestion, les méthodes relatives aux travaux HIMO sont rentables et concur-
rentielles dans la plupart des cas où le salaire moyen journalier se situe en dessous
de quatre dollars par jour (aux prix de 1996).
Fausses Travailler dans un projet HIMO contribue à rendre la vie difficile dans les zones
allégations : rurales.
Réalités : Les activités des travailleurs des entreprises HIMO peuvent être pénibles, mais
peuvent être comparées aux emplois agricoles non qualifiés. En outre, l’emploi
dans des projets HIMO est, pour les travailleurs, la source de salaires payés au
comptant dont ils ont bien besoin. Dans certains cas, ces salaires viennent en
supplément d’activités agricoles de subsistance. Dans d’autres cas, ce salaire
peut être une source de revenus importants pour les travailleurs sans terre.
Cependant, il convient de s’assurer que des conditions de travail équitables sont
appliquées.
Fausses Les travaux exécutés par des travailleurs dans le cadre d’activités HIMO devraient
allégations : être réalisés par des machines.
Réalités : Les travaux exécutés par des travailleurs dans le cadre d’activités HIMO devraient
être réalisés par des machines (i) pour les activités qui ne peuvent pas être
entreprises efficacement par les travailleurs, (ii) dans le cas où l’on aboutit à un
projet de moindre coût. L’existence d’une politique nationale assurant la
promotion de la main-d’oeuvre au lieu de celle des machines permet la création
d’emplois et d’autres avantages dont il est question dans ce guide. Il est difficile de
convaincre les intéressés que ces travaux doivent être effectués en utilisant des
ressources humaines et matérielles locales, car ils ont peine à croire que la main-
d’oeuvre puisse produire des résultats de même qualité à des prix comparables.
Au contraire, le défi que pose le recours à des méthodes faisant appel à la main-
d’oeuvre – y compris la gestion d’un grand nombre de travailleurs – passe souvent
comme l’une des raisons de s’en remettre aux machines pour effectuer le travail.
195
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä L’exploitation des travailleurs peut avoir pour résultat la fin prématurée d’une
politique HIMO. Les syndicats et les représentants autonomes des travailleurs
empêchent l’exploitation et peuvent contribuer à poursuivre une stratégie HIMO en
vue de la création d’emplois.
196
Partie 4 Recommandations aux travailleurs et aux organisations de travailleurs
Les organisations de travailleurs et l’importance des travailleurs organisés
est-ce qu’elle
ces travailleuses
n’essaie pas de se
veulent-elles
je me demande si elle meler de nos affairEs ?
se syndicaliser ? quel syndicat
peut nous proteger de
veut bien les
certains entrepreneurs
prendre en charge ?
malhonnetes.
197
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
198
Partie 4 Recommandations aux travailleurs et aux organisations de travailleurs
Les organisations de travailleurs et l’importance des travailleurs organisés
199
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
o les avantages potentiels sont importants, y compris l’appui des syndicats aux initia-
tives HIMO, un nouveau potentiel pour permettre à ces syndicats d’augmenter le
nombre de leurs membres, et la suppression des abus que peut produire la rémuné-
ration au rendement.
200
Partie 4 Recommandations aux travailleurs et aux organisations de travailleurs
Enseignement à tirer : Il convient d’être prudent quand on se livre à des généralisations sur les
effets du travail à la tâche, sur les motivations du travail et les possibilités d’exploitation. Dans
une situation analogue à celle de Kisii il serait difficile d’accroître les tâches au point où elles
deviendraient trop lourdes. Les ouvriers souhaitent ne passer qu’un certain temps sur le lieu de
travail et ne pas se tuer à la tâche avant de pouvoir travailler dans leur petite exploitation.
Néanmoins, dans une telle situation leur rendement horaire sera généralement élevé. Au
Botswana, les ouvriers ne refuseront pas de travailler de longues heures pour finir un travail (et
pourraient réduire leur rendement horaire pour accomplir leur huit heures par jour). Pourtant il
est plus que probable qu’ils se plaindront des salaires qui ne suffisent pas à leurs besoins. Dans
un environnement comparable, la principale motivation des travailleurs sera de travailler plus
dur ou de réaliser un travail de meilleure qualité lorsque le salaire journalier augmente (travail à
la pièce ou meilleure rémunèration pour une tâche plus importante).
201
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Une tâche est une quantité fixe de travail exigée pour un salaire fixe journalier. Une
explication est fournie ci-dessous en ce qui concerne certains termes de base relatifs
au travail à la tâche et quelques effets de différents types d’organisation du travail à
la tâche.
Ä Pour faire en sorte que les travailleurs réalisant une activité n’attendent pas inutile-
ment ceux qui en exécutent une autre, les activités confiées à une équipe de tra-
vailleurs doivent être équilibrées. Des agents de maîtrise bien formés doivent
établir comme il convient cet équilibre en fonction de circonstances particulières.
o Lorsque les équipes ne sont pas parfaitement équilibrées, le temps de travail est
gaspillé et une frustration s’ensuit. C’est ainsi qu’un transport particulièrement
long peut nécessiter trois personnes par terrassier au lieu de deux pour un.
C’est là une des raisons pour lesquelles le contrôle est si important dans les
méthodes HIMO.
202
Partie 4 Recommandations aux travailleurs et aux organisations de travailleurs
La rémunération en fonction du rendement et son importance
203
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Pour les représentants des travailleurs il est extrêmement important d’observer les
différences qui existent dans le type de contrôle réalisé par les agents de maîtrise
et concernant les travailleurs effectuant une tâche au temps, et les agents de maî-
trise qui contrôlent le travail fondé sur le rendement. Le personnel d’encadrement
qui contrôle les travailleurs effectuant une tâche au temps, doit s’assurer que ces
derniers travaillent dur – en plus de faire appel à des méthodes de travail et d’organi-
sation correctes. En ce qui concerne les travailleurs dont la rémunération est basée
sur le rendement ce n’est qu’à l’achèvement d’une certaine quantité de travail que
cette rémunération est versée. Ainsi donc, la motivation du travailleur de produire
provient du système de paiement de son salaire, et non pas de la pression du super-
viseur le poussant à travailler. En raison de cette différence, le rôle principal des
agents de maîtrise dans un projet HIMO basé sur le rendement consiste à fixer l’im-
portance de la tâche et à organiser le travail.
Ä Dans des travaux HIMO bien organisés c’est en fixant le travail à l’avance que l’on
définit les tâches. Le seul moyen de savoir si une tâche est terminée consiste à éva-
luer la quantité de travail réalisée. Si cette évaluation n’est pas effectuée, il est
impossible de s’assurer que les travailleurs sont rémunérés en fonction de leur ren-
dement.
204
Partie 4 Recommandations aux travailleurs et aux organisations de travailleurs
La rémunération en fonction du rendement et son importance
205
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
206
Partie 4 Recommandations aux travailleurs et aux organisations de travailleurs
La rémunération en fonction du rendement et son importance
Se rappeler : que les travailleurs sont libres de quitter le chantier lorsqu’ils ont achevé leur tâche.
207
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Quels sont les éléments nécessaires d’une stratégie visant à empêcher l’exploitation des
travailleurs, susceptible d’être utilisée dans des activités à haute intensité de main-
d’oeuvre ?
o lorsque les travaux sont exécutés directement par un organisme officiel du gouver-
nement (régie directe), l’exploitation des travailleurs non qualifiés est probablement
réduite au minimum ;
o les entrepreneurs privés étant de plus en plus nombreux et motivés par le profit, le
risque d’exploitation des travailleurs s’accroît.
208
Partie 4 Recommandations aux travailleurs et aux organisations de travailleurs
209
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Différents abus peuvent parfois se produire, mais des mesures peuvent être prises
pour les empêcher.
o Les travailleurs sont payés insuffisamment pour les tâches qu’ils ont
exécutées.
Cause : Quand il s’agit de travail à la pièce, les travailleurs effectuent des lon-
gues journées pour gagner davantage. Lorsqu’il s’agit de travail à la tâche, la
tâche est trop importante (ainsi qu’en témoigne le fait que peu de travailleurs
achèvent leurs tâches dans une limite de temps raisonnable, par exemple, de 6
à 8 heures).
Cause : Dans les contrats de construction, la valeur d’un contrat se fonde sur
une estimation du coût de la production des infrastructures. Lorsqu’il est fait
appel à des méthodes HIMO, l’estimation se fonde sur un jugement relatif à la
quantité de travail qu’il convient de réaliser, une estimation du rendement pour
certaines tâches, et les niveaux de salaires journaliers. En cas de sous-estima-
tion du rendement de la main-d’oeuvre et/ou d’une surestimation du coût du
travail, l’entrepreneur tirera profit de la différence. Cela n’est pas répréhensible
lorsque le bénéfice est obtenu en tant que résultat d’un contrôle et d’une orga-
nisation supérieurs à la moyenne avec les gains de productivité qui en résultent.
Ces bénéfices sont blâmables et excessifs s’ils proviennent de salaires inférieurs
ou de l’exploitation des travailleurs.
Prévention : S’assurer que les salaires versés sont bien ceux prévus par la loi
et que les clauses du contrat de construction qui établit les procédures et les
niveaux des salaires locaux sont respectées. S’assurer que l’évaluation du tra-
vail est exacte.
210
Partie 4 Recommandations aux travailleurs et aux organisations de travailleurs
Comment empêcher l’exploitation des travailleurs
devrait-on permettre
aux travailleurs de gagner
AUTANT QU’ILS LE SOUHAITENT, IL N’EST PAS BON D’EFFECTUER
TRAVAILLER AUSSI LONGTEMPS DE TROP LONGUES JOURNEES DE
ET AUSSI DUREMENT TRAVAIL. IL DEVRAIT Y AVOIR DES
QU’ILS LE VEULENT ? LIMITES. POURTANT, SI LE PATRON PAIE
DAVANTAGE PAR UNITE, LES TRAVAILLEURS
TROUVERONT LÀ UN MOTIF POUR
PRODUIRE DAVANTAGE...
211
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Prévention : Bien assimiler tous les éléments qui composent les tarifs
unitaires. S’assurer que tous ces éléments et les hypothèses sous-jacentes, par
exemple le rendement prévu, le paiement de certains avantages, l’octroi de
certaines facilités, bénéficient d’une application concrète. Traiter avec le maître
d’ouvrage (département gouvernemental), des moyens par lesquels l’entrepre-
neur peut être tenu de faire connaître leurs droits aux travailleurs du chantier.
Obtenir l’appui du maître d’ouvrage en obligeant l’entrepreneur à fournir les
avantages facturés dans les tarifs unitaires.
212
Partie 4 Recommandations aux travailleurs et aux organisations de travailleurs
Comment empêcher l’exploitation des travailleurs
E. Costa et collaborateurs : Guide pour les programmes spéciaux de travaux publics à haute intensité de
main-d’oeuvre, chapitre V, p.25. Op cit.
Afrique du Sud - The Framework Agreement (L’Accord cadre). The Framework Agreement for Public
Works using labour-intensive construction systems ( Johannesburg, Gouvernement de l’Afrique du Sud, juin
1993).
Marshall, J. : The task work system: differences in appreciation in different economic settings (Le
travail à la tâche : differences de méthodes dans différents contextes économiques). A discussion
paper on observed differences between the Kenya RARP/MRP and the Botswana district road programme
(Francistown, Botswana District Roads Programme, février 1986).
213
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO: Politiques et pratiques du travail
5. Recommandations aux
employeurs et aux organisations
d’employeurs
Question clé :
o en général il n’y a pas de liens entre les associations d’entrepreneurs HIMO et les
organisations d’employeurs existantes ;
216
5. Recommandations aux employeurs et
aux organisations d’employeurs
5.1 L’importance de l’organisation pour les employeurs
Les représentants de l’organisation des employeurs participant à la réunion tripartite de Kampala (6-7
octobre 1997) en vue de l’examen de la version provisoire du présent guide, ont recommandé aux
associations d’entrepreneurs existantes de jouer un rôle plus important dans la promotion et la
formation des petits entrepreneurs HIMO. Les représentants présents ont considéré qu’une plus
grande participation à la formation initiale de l’entrepreneur permettait aux associations d’employeurs
de surmonter les contraintes budgétaires qui limitent leur expansion en direction des petits
entrepreneurs/employeurs dans leur milieu local. Ils ont également considéré nécessaire et approprié
de promouvoir activement les liens entre une organisation nationale d’employeurs et une association
sectorielle d’entrepreneurs HIMO. Contribuer à développer l’accès au crédit des petits entrepreneurs a
également été considéré comme une possibilité d’établir des relations entre les petites entreprises
HIMO et les organisations d’employeurs existantes.
217
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Ä Les groupements d’intérêt tels que les associations d’entrepreneurs HIMO visent
au premier chef à négocier avec les maîtres d’ouvrage à propos de leurs intérêts
d’affaires spécifiques. Cependant, ces groupements peuvent également souhaiter
participer à d’autres activités telles que la formation et/ou la représentation de leurs
membres en tant qu’employeurs. Dans ce cas, ils peuvent soit établir des liens
étroits avec les organisations d’employeurs existantes (qui représentent les
employeurs de nombreux secteurs) soit étendre leurs fonctions de façon à inclure les
activités plus étendues des organisations d’employeurs.
o Mener à bien les activités des organisations d’employeurs pourrait être pour les
associations d’entrepreneurs HIMO, un moyen efficace permettant de fournir à
leurs membres des services de haute qualité lorsque des organisations d’em-
ployeurs d’un caractère plus général ne sont pas aussi sensibles aux besoins des
petits entrepreneurs HIMO. Cependant, il conviendrait de créer des liens appro-
priés avec les organisations d’entrepreneurs et d’employeurs existantes afin de
renforcer la position d’ensemble des associations d’entrepreneurs HIMO.
o Il se peut qu’il ne soit pas possible ou souhaitable, pour les associations d’en-
trepreneurs au premier stade de leur développement, de mener à bien les acti-
vités des organisations d’employeurs. En général, ces activités prennent de
l’importance lorsqu’un plus grand nombre d’entrepreneurs adhèrent à l’associa-
tion et que des négociations portant sur les problèmes du travail gagnent en
importance.
Ä Des informations, difficiles à obtenir par une entreprise à titre individuel, sont
généralement plus faciles à recueillir par une association agissant en tant qu’organi-
sation d’employeurs. La diffusion des informations est donc un élément capital pour
une organisation d’employeurs.
o Par exemple, ce genre d’association peut contribuer à aider ses membres à sai-
sir les implications de la législation nationale du travail et de la sécurité sociale
par ses recherches et les explications qu’elle leur fournit. Il peut s’agir dans ce
cas de services précieux pour améliorer leur fonctionnement et pour éviter les
problèmes d’ordre pratique et juridique que ses membres peuvent avoir avec
les autorités officielles.
218
Partie 5 Recommandations aux employeurs et aux organisations d’employeurs
L’importance de l’organisation pour les employeurs
REPRESENTENT NEGOCIENT
SALAIRES ET
CONDITIONS
FORMENT ASSOCIATION DE TRAVAIL
ECOLES D’ENTREPRENEURS MAIN-D’OEUVRE
AUTRES
SECTEUR DES
PROFESSIONS ASSOCIATIONS
ASSURANCES
D’ENTREPRENEURS
Sénégal
L’organisation des employeurs participe, au même titre que la Confédération Nationale des Travailleurs
du Sénégal (CNTS), au Conseil d’Administration de l’AGETIP.
219
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO :
Politiques et pratiques du travail
Question clé :
Comment s’assurer que les travailleurs des activités HIMO sont productifs et non exploi-
tés ?
o attitude des employeurs et des travailleurs à l’égard d’un rendement plus poussé;
o une forte productivité des travailleurs HIMO peut être obtenue par l’application équi-
table des méthodes concernant les primes de rendement.
220
Partie 5 Recommandations aux employeurs et aux organisations d’employeurs
SALAIRES
Bons usages
Coût
• Régimes de stimulation
OUTILLAGE ET EQUIPEMENT • Amélioration de l’organisation du chantier
• Outillage de qualité et équipement approprié
• Agents de maîtrise/travailleurs formés et motivés
MATERIEL
COUT D’OUVERTURE
DU CHANTIER Mauvais usages
• Augmentation des heures de travail
• Augmentation excessive du volume des tâches
221
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO: Politiques et pratiques du travail
Annexes
PARTIE 6
Partie 6 - Annexes
6. Annexes
1. Conventions internationales du travail mentionnées
dans le présent Guide. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226
225
Partie 6 - Annexes
Annexe 1
Page
Convention (n° 94) sur les clauses de travail (contrats publics), 1949.....................38
Convention (n° 131) sur la fixation des salaires minima, 1970 ...............................34
Convention (n° 132) sur les congés payés (révisée), 1970 ....................................36
Convention (n° 141) sur les organisations de travailleurs ruraux, 1975 ...................32
Convention (n° 167) sur la sécurité et la santé dans la construction, 1988 ..............34
226
Partie 6 - Annexes
Annexe 2
Formulaires : Feuilles d’appel, registres d’emploi,
cartes de présence des travailleurs
FEUILLE D’APPEL POUR LE MOIS DE ................................................199...
Nombre total de
JOUR
Taux de salaire
jours de travail
Signature
Nº NOM Pos. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31
Total
1
10
...
98
99
100
TOTAL
Feuille d’appel
Objet : Chaque chantier a sa propre feuille d’appel. Elle constitue un registre quotidien de tous les travailleurs
payés à la journée employés par le projet. La feuille d’appel est utilisée pour calculer et préparer la masse
salariale pour la main-d’oeuvre occasionnelle.
Responsabilité : L’agent de maîtrise du chantier est chargé de tenir la feuille d’appel. L’exactitude du formulaire est vérifiée
par l’ingénieur.
Périodicité : La feuille d’appel est mise à jour quotidiennement.
Procédure : Une nouvelle feuille d’appel est ouverte le premier jour de travail du mois. Une nouvelle feuille d’appel est
ouverte quand les travaux commencent sur un autre chantier de construction.
1) Au début d’une nouvelle feuille, l’agent de maîtrise inscrit en haut de la page des informations telles que la
date, l’emplacement et le numéro de la route.
2) Lorsque des travailleurs occasionnels sont employés, ils sont enregistrés par nom et catégorie d’emploi.
3) Le matin, la présence quotidienne est enregistrée par l’inscription d’un trait vertical dans la colonne «Jour»
appropriée. Cela peut être effectué lorsque les travailleurs viennent chercher leurs outils. Si le travailleur
ne coche pas la colonne, l’agent de maîtrise marque un «A».
4) A la fin de la journée, si le travailleur a terminé sa tâche, le trait vertical est transformé en «P». Si le
travailleur n’a pas terminé sa tâche et quitte sans permission, le trait vertical est transformé en «A».
Les jours fériés, comme les dimanches et les congés nationaux, sont cochés «X».
Le nombre total de travailleurs enregistrés chaque jour doit correspondre au chiffre total des effectifs porté
sur la fiche de travail journalière.
5) A la fin du mois, l’agent de maîtrise calcule le nombre total de jours pour chaque travailleur inscrit dans la
colonne «Nombre total de jours de travail».
6) Inscrire le taux de salaire à la journée respectif pour chaque catégorie de travailleurs.
7) Calculer le salaire total pour chaque travailleur.
8) A la fin du mois, calculer le nombre total de jours de travail sur le chantier.
9) Quand tous les calculs sont faits, l’agent de maîtrise appose sa signature au bas de la feuille.
10) A la perception de son salaire, chaque travailleur appose sa signature dans la dernière colonne.
Approbation : Avant que le versement des salaires ne soit effectué, la feuille d’appel doit être approuvée par l’ingénieur et
l’administrateur ou le comptable du projet.
Classement : Les feuilles d’appels sont regroupées dans un fichier prévu à cet effet. Elles sont stockées jusqu’à la fin du
prochain exercice financier, puis détruites.
227
Partie 6 - Annexes
DISTRICT: ............................... NOMBRE D’HOMMES : .................. NOMBRE DE FEMMES : .................. AGENT DE MAîTRISE : ...........................................
PROGRAMMEE EFFECTIVE
Nombre de Nombre de
ACTIVITE Unité Km de départ Km de fin Production Norme ACTIVITE Unité Km de départ Km de fin Production Norme Remarques
travailleurs travailleurs
DEBROUSSAILLAGE m2 DEBROUSSAILLAGE m2
DESOUCHAGE m2 DESOUCHAGE m2
DEFRICHAGE m2 DEFRICHAGE m2
NIVELLEMENT m3 NIVELLEMENT m3
REMBLAI m3 REMBLAI m3
BOMBEMENT m2 BOMBEMENT m2
ARROSAGE m2 ARROSAGE m2
COMPACTAGE m2 COMPACTAGE m2
GAZONNEMENT m2 GAZONNEMENT m2
GRAVELLAGE GRAVELLAGE
ETALAGE m3 ETALAGE m3
BOMBEMENT m2 BOMBEMENT m2
BUSES m BUSES m
RECUVER nº RECUVER no
228
Partie 6 - Annexes
DATE
FAIRE LE TRACE
DEBROUSSAILLAGE
DEFRICHAGE
NIVELLEMENT
DRAIN GAUCHE
DRAIN DROIT
PENTE GAUCHE
PENTE DROITE
REMBLAI
BOMBEMENT
COMPACTAGE
ARRISAGE
GAZONNEMENT
GRAVELLAGE
BOMBEMENT
ETALAGE
BUSES
RECUVER
PRODUCTION D’OUTILS
229
Partie 6 - Annexes
Sous-projet : H - Hommes Q - Main-d’oeuvre qualifiée Locale : issue des mêmes comités de développement villageois ou directement des CDV voisins
Mois : F - Femmes N - Main-d’oeuvre non qualifiée Extérieure : non locale
Référence: Formation et gestion des associations d’exploitants agricoles pour l’irrigation, Manuel 3
(Kathmandu, BIT, 1992)
230
Partie 6 - Annexes
nbr Nom du travailleur âge sexe P/E1 Contribution sous forme de travail (jour + temps)
NOMBRE TOTAL
date D’HEURES
1. OUVREES
temps
à l’intérieur
2.
à l’extérieur
à l’intérieur
3.
à l’extérieur
à l’intérieur
4.
à l’extérieur
à l’intérieur
5.
à l’extérieur
à l’intérieur
6.
à l’extérieur
à l’intérieur
7
à l’extérieur
TOTAL
1
P = travailleurs propres Certifié au nom du WUMC par ___________________________________
(Signature)
E = travailleurs embauchés
___________________________________
(Nom)
___________________________________
(Date)
231
Partie 6 - Annexes
Annexe 3
2. Le BIT a élaboré des principes directeurs sur l’emploi des rations alimentaires en
guise de paiement partiel des salaires. Ces principes directeurs sont fondés sur la
convention de l’OIT sur la protection du salaire, et renforcés par un accord de
politique BIT/PAM basé sur la convention.
La convention (nº 95) sur la protection du salaire, 1949 – qui fixe les conditions
régissant le paiement des salaires en espèces ainsi que leur paiement partiel en
produits alimentaires – s’applique à tous les projets dans lesquels il existe une
relation employeur-salarié (y compris les projets de travaux publics et les autres
types de projet où, par exemple, l’Etat est l’employeur). Cela inclut les projets où
l’aide du PAM est utilisée comme paiement en nature pour la main-d’oeuvre
employée.
232
Partie 6 - Annexes
3. Lorsqu’il y a une relation d’emploi et que des salaires sont versés, la politique du
BIT concernant la composante alimentaire des salaires peut être résumée comme
suit :
4. S’agissant de la distinction faite entre les projets basés sur le travail salarié et les
projets d’«auto-assistance» qui n’impliquent pas une relation d’emploi, les points
principaux à considérer sont exposés ci-dessous. Au préalable, il est nécessaire de
comprendre que le fait de qualifier un projet d’«auto-assistance» ne signifie pas
automatiquement que les travailleurs du projet ne sont pas soumis à une relation
d’emploi. Il faut prendre en considération :
233
Partie 6 - Annexes
234
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre – HIMO: Politiques et pratiques du travail
Index
PARTIE 7
Partie 7 - Index
Index
Conditions de travail
18, 113, 150, 156, 157, 171, 175, 179, 184, 187, 189, 195, 197.
Conditions d’emploi
36, 37, 48, 61, 158, 160, 173.
Congé de maternité
36, 38, 112, 113.
Sécurité sociale
21, 111, 132, 135, 138, 139, 140, 141, 165, 174, 182, 218.
Assurance
4, 6, 18, 19, 112, 113, 132, 138, 139, 140, 141, 162, 165, 212.
Sécurité et santé
18, 19, 34, 132, 133, 134, 135, 136, 137, 162, 163, 182.
Contrats
23, 38, 44, 45, 64, 74, 99, 106, 110, 113, 123, 124, 127, 139, 140, 142, 145, 148,
149, 150, 152, 157, 161, 163, 165, 177, 219.
Documents contractuels
4, 10, 132, 140, 156, 159, 161, 171, 175, 179, 187, 189, 198, 199.
Procédures contractuelles
22, 158,
Clauses de travail
38, 64, 156, 157, 159, 160, 161, 163, 164, 165, 167, 176, 178, 198.
Industrie de la construction
2, 4, 58, 60, 61, 157, 170, 173, 194, 199.
Politique du développement
24, 25, 27.
237
Partie 7 - Index
Programme HIMO
2, 3, 5, 28.
Environnement favorable
5, 6, 12, 25, 26, 125.
Régie directe
20, 21, 22, 23, 46, 53, 96, 176, 208,
Secteur privé
2, 5, 25, 26, 58, 59, 60, 62, 70, 176.
Normes du travail
2, 4, 6, 18, 28, 29, 31, 35, 37, 56, 64, 114, 119, 149, 152, 161, 174, 177, 180, 219.
Association
4, 23, 32, 33, 45, 51, 74, 148, 149, 150, 151, 152,158, 159, 164, 170, 171, 174,
175, 179, 188, 189, 190, 199, 216, 217, 218, 219.
Discrimination
4, 30, 32, 51, 56, 58, 63, 64, 161, 169, 171, 186, 189, 217.
Egalité
30, 31, 42, 61.
Travail forcé
28, 30, 31, 42, 46, 48, 49, 51, 56, 98.
Inspecteurs du travail
10, 160, 177,
Législation du travail
29, 112, 115, 144, 145, 156, 160, 162, 174, 175, 179, 181.
Age minimum
4, 32, 33, 52, 56, 109, 110, 111, 114.
238
Partie 7 - Index
Partenaires sociaux
6, 7, 46, 60, 61, 108, 112, 113, 144, 160, 173.
Organisations d’employeurs
6, 10, 28, 32, 150, 151, 152, 168, 170, 173, 174, 188, 190, 216, 216, 218, 220.
Organisations de travailleurs
4, 6, 10, 32, 34, 48, 51, 150, 152, 172, 173, 184, 185, 186, 187, 194, 195, 196,
197, 198, 208.
Questions de travail
8, 18, 24, 160, 161, 162, 163, 176, 177, 218, 219.
Communication
18, 19, 50, 127, 176, 178.
Discipline
8, 30, 71, 116, 117, 118, 119, 120, 121, 126, 146, 161.
Exploitation
6, 49, 62, 173, 196, 201, 208, 209, 210, 211, 219.
Recrutement
8, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 73, 96, 99, 108,
109, 122, 126, 145, 158, 160, 161.
Formation
2, 4, 5, 10, 21, 97, 111, 119, 122, 123, 124, 125, 126, 127, 128, 129, 135, 149,
150, 159, 160, 170, 171, 172, 173, 174, 175, 177, 179, 189, 190, 199, 217, 218,
219.
Rémunération
14, 30, 42, 44, 46, 50, 58, 60, 64, 66, 67, 68, 69, 71, 72, 73, 75, 78, 79, 80, 81, 83,
85, 87, 88, 89, 90, 92, 97, 98, 103, 106, 116, 118, 160, 161, 167, 173, 199, 200,
201, 202, 203, 205, 206, 207, 209, 220.
Produits alimentaires
3, 35, 43, 48, 61, 75, 78, 79, 81, 80, 82, 83, 85, 86, 87, 88, 89, 90, 109, 135, 160,
177.
Incitations
18, 88, 20, 220.
239
Partie 7 - Index
Régimes d’incitation
18, 19, 117, 220, 221.
Salaires minima
6, 14, 34, 35, 58, 60, 62, 177.
Motivation
8, 18, 19, 49, 75, 116, 117, 118, 119, 146, 201, 206, 208, 220.
Paiement
12, 18, 19, 49, 70, 72, 75, 78, 80, 88, 90, 92, 94, 96, 98, 102, 106, 112, 117,
119, 150, 152, 201, 206, 208, 220,
Travail à la pièce
19, 64, 68, 70, 111, 112, 201, 204, 208, 209, 210.
Productivité
2, 6, 10, 18, 19, 22, 28, 42, 43, 44, 49, 58, 59, 60, 61, 64, 66, 68, 71, 72, 74, 85,
97, 98, 99, 102, 103, 106, 112, 116, 122, 123, 125, 136, 147, 148, 159, 171, 173,
189, 194, 197, 199, 200, 201, 202, 203, 204, 205, 206, 207, 209, 210, 212, 220,
221.
Travail à la tâche
19, 63, 64, 68, 70, 109, 113, 117, 201, 202, 204, 210.
Salaires
6, 8, 14, 22, 33, 34, 35, 43, 46, 48, 49, 51, 58, 59, 60, 61, 62, 64, 71, 72, 78,
79, 81, 85, 87, 89, 90, 93, 96, 97, 99, 100, 104, 107, 108, 109, 110, 111, 112,
113, 115, 116, 119, 129, 145, 146, 150, 157, 160, 161, 163, 165, 177, 198, 201,
203, 204, 208, 210, 219, 220, 221.
240
Programmes d’Infrastructures à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre - HIMO : Politiques et pratiques du travail
Guide
Programmes d’Infrastructures à
Haute Intensité de Main d’Oeuvre :
Politiques et pratiques du travail
Département du redressement et de la reconstruction
Bureau international du Travail
Les approches HIMO dans le cadre des
programmes d'infrastructure sont devenues Genève
un élément important des stratégies de
création d'emplois productifs et de génération
de revenus dans beaucoup de pays en
développement. L'expérience globale du BIT
montre que les méthodes HIMO bien gérées
se sont révélées être une alternative viable et
rentable aux méthodes à haute intensité
d'équipements, pour la construction et
l'entretien d'une infrastructure de bonne
qualité, comme les pistes et routes
secondaires, les oeuvres de conservation des
sols, de l'adduction d'eau, de l'irrigation, etc.,
permettant au même temps de réaliser des
économies, en particulier en termes de
Programmes
devises.