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Electromagnétisme Appliqué par Madiassa

Ce document présente les équations de Maxwell et les concepts fondamentaux de l'électromagnétisme appliqué. Il contient plusieurs chapitres introduisant les coordonnées curvilignes, les équations de Maxwell, les potentiels électromagnétiques, la propagation des ondes guidées et les antennes.

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Djo Amnezia Matala
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Electromagnétisme Appliqué par Madiassa

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1

ELECTROMAGNATISME APPLIQUE

MAGUIRAGA, Madiassa Ph.D.


Docteur-Ingénieur en Electronique
Professeur Ordinaire
UNIVERSITE de KINSHASA
2

TABLE DES MATIERES


PREFACE 4

CHAPITRE 1 : EQUATIONS DE MAXWELL 5


1. Introduction 5
2. Coordonnées curvilignes 5
3. Gradient, Divergence, Rotationnel et Laplacien 7
4. Propriétés de l'Opérateur Nabla 10
5. Equations de Maxwell 10
6. Conditions aux Limites 13

CHAPITRE 2 : POTENTIELS EN MILIEU ISOTROPE 23


1. Introduction 23
2. Potentiels: Magnétique Vectoriel, Electrique Scalaire 23
3. Expressions Intégrales des Potentiels 26
4. Solutions de l'Equation de Laplace 32
5. Potentiel Magnétique Scalaire 38
6. Exemple de Potentiel Magnétique Scalaire 39

CHAPITRE 3: PROPAGATION DES ONDES DANS DES GUIDES 53


1. Introduction 53
2. Propagation de l'Onde Sinusoïdale dans le Sens z 54
3. Onde TM. Quelques Propriétés 57
4. Onde TE. Quelques Propriétés 58
5. Solutions dans le Guide à Section Rectangulaire 59
6. Section Rectangulaire. Solution de l'Onde TM 60
7. Section Rectangulaire. Solution de l'Onde TE 63
8. Mode TE10 pour Guide à Section Rectangulaire 64
9. Guide à Section Circulaire. Mode TM et Mode TE 66
10. Relations Générales des Pertes du Guide 70

CHAPITRE 4 : LIGNES DE TRANSMISSION 84


[Link] 84
2. Equations Générales pour la Ligne 84
3. Excitation Sinusoïdale de la Ligne 86
4. Expressions de γ et Z0 dans des Cas Spéciaux 89
5. Lignes sans Perte, avec Réflexion 92
6. Coefficient de Réflexion et Impédance 93
7. Taux d'Onde Stationnaire 95
3

8. Abaque de Smith 97
9. Adaptation 101
10. Lignes de Transmission et Guides d'Onde 105

CHAPITRE 5 : ANTENNES 115


1. Généralités 115
2. Expressions Générales des Champs 115
3. Caractéristiques de l' Antenne 118
4. Antenne Dipôle-Court 121
5. DipôleDemi-onde 125
6. Réseau Simple de Dipôles 129
7. Antennes Losanges 132
8. Antennes en Hyperfréquence 134
9. Antennes de Réception, Surface Equivalente 136
10. Relation entre Directivité et Surface Equivalente 139
4

PREFACE

Je présente ici un ouvrage qui servira de référence pour les


études pratiques en Electromagnétisme. En effet, pour ses études
d’Electromagnétisme et de Télécommunications, le Physicien comme
l’Ingénieur seront introduits aux thèmes fondamentaux suivants :
1. Le Concept de Coordonnées Curvilignes
2. Les Conditions aux Limites pour les Champs Electriques et
Magnétiques
3. Les Expressions des Potentiels Electriques et Magnétiques
4. Les Guides d’Ondes et les Lignes de Transmission
5. Les Antennes et leurs Rayonnements

Pour faciliter la compréhension, plusieurs exemples d’illustration sont


donnés à travers l’ouvrage, et des Problèmes avec Solutions sont présentés à la
fin de chaque Chapitre.

Dr. MAGUIRAGA Madiassa


Professeur Ordinaire
Université de Kinshasa
Le 6 Novembre 2012
5

CHAPITRE 1.
EQUATIONS DE MAXWELL

1. INTRODUCTION.
Dans ce Chapitre, un rappel est fait sur les opérations sur les vecteurs, dans un
système général de coordonnées curvilignes orthogonales. Ensuite, les équations de
Maxwell sont introduites et les conditions aux limites de deux milieux sont établies
pour les champs électriques et magnétiques.

2. COORDONNEES CURVILIGNES.
Soient u1, u2 et u3 un système de coordonnées curvilignes orthogonales et soient
dl1, dl2, dl3 des éléments de longueur de ces coordonnées, respectivement. Nous
obtenons alors la figure suivante.

u3

dl3 u1

dl2 dl1
u2

On peut écrire les relations suivantes,

dl1 = h1du1, dl2 = h2du2, dl3 = h3du3

où les coefficients h1, h2 et h3 sont des facteurs d’échelle tenant compte du fait que les
coordonnées u1, u2, u3 n’ont pas nécessairement les dimension de longueur.

Exemple 1.
Exprimer les éléments de longueur et facteurs d’échelle, pour :
1. Un système de coordonnées sphériques
2. Un système de coordonnées cylindriques.

Solution
1. Pour le système de coordonnées sphériques, on a :

u1 = r, u2 = θ, u3 = ø
6

où les vecteurs unitaires et le produit vectoriel de ces vecteurs sont comme suit.

a r , aθ , a ∅ . ar ×a θ=a ∅

La figure correspondante est la suivante.

z
r sinθ a
r

θ aθ
r
0 y
x ø

D’après la géométrie de cette figure, les éléments de longueur sont :

Le long de r, dl1 = dr d’où h1 = 1


Le long de θ, dl2 = rdθ d’où h2 = r
Le long de ø, dl3 = (r sinθ)dø d’où h3= r sinθ

2. En coordonnées cylindriques, on a,

u1 = r, u2 = ø, u3 = z

avec la figure correspondante suivante.

z
az
r aø
ar

0 y
x ø

D’après la géométrie de cette figure, les éléments de longueur sont alors,

dl1 = dr, dl2 = r dø, dl3 = dz


d’où,

h1 = 1, h2 = r, h3 = 1
7

3. GRADIENT, DIVERGENCE, ROTATIONNEL ET


LAPLACIEN.

Soient a 1 , a2 , a3 les vecteurs unitaires le long de trois coordonnées respectives.


On définit le gradient d’un scalaire V(u1, u2, u3) comme,

1 ∂V 1 ∂V 1 ∂V
∇V = a+ a+ a
h1 ∂u 1 1 h2 ∂u 2 2 h3 ∂ u3 3

où l’opérateur ∇ est appelé « nabla » ou aussi « del ». Ainsi, ∇ V se lira, gradient de V,


ou del V.

Une propriété importante du gradient est la relation,

( ∇ V ) ∙ d l=dV

En effet, par la définition du produit scalaire et celle de la différentielle totale on a,

1 ∂V 1 ∂V 1 ∂V
(∇ V ) ∙ d l= h du + h du + h du
h1 ∂ u1 1 1 h 2 ∂u2 2 2 h3 ∂ u3 3 3

∂V ∂V ∂V
¿ d u 1+ d u2 + du
∂u 1 ∂ u2 ∂u 3 3

= dV

En intégrant cette dernière relation d’un point a à un point b, on obtient,

b b

∫ ∇ V ∙d l=∫ dV =V ( b )−V (a)


a a

Ce qui trouve une application dans le calcul des différences de potentiel électrique.

Soit D un vecteur qui est fonction de u1, u2 et u3. On définit la divergence de D


comme le scalaire,

∮ D∙d s
s
∇ ∙ D=lim
v→0 v
8

Où v est un volume délimité par la surface fermée s. D’autre part, l’élément de surface
d s est un vecteur dirigé hors du volume v et perpendiculaire à la surface s.

En Analyse Vectorielle, on établit la relation suivante de la divergence.

∇ ∙ D=
1
[ ∂
( h h D )+

(h h D )+

(h h D )
h 1 h2 h3 ∂ u1 2 3 1 ∂ u2 1 3 2 ∂u3 1 2 3 ]
pour,
D=D 1 a 1+ D2 a2 + D3 a3

Pour un vecteur H , son rotationnel est défini par,

∮ H ∙dl
s
( ∇ × H )i= lim ,i=1,2,3
∆ si → 0 ∆ si

où l’indice i est pour la composante le long de l’axe ui. La surface ∆ si est


perpendiculaire au vecteur unitaire a i. Le vecteur surface ∆ si (dont le sens est donné par
la règle de la main droite en suivant le chemin de l’intégration), a le même sens que le
vecteur unitaire a i, comme on le voit dans la figure suivante.

∆ si
l

Règle de la main droite : Dans la figure ci-dessus, avec la main droite ouverte, on
pointe les doigts dans le sens du chemin d’intégration. En refermant la main, le pouce
pointera dans le sens du vecteur surface.

Une expression matricielle du rotationnel établie dans les Cours d’Analyse


Vectorielle est la suivante.

| |
h1 a1 h2 a2 h3 a3
1 ∂ ∂ ∂
∇ × H=
h1 h2 h3 ∂u 1 ∂u 2 ∂ u3
h1 H 1 h2 H 2 h3 H 3

Le laplacien d’un scalaire V est défini par,


9

2
∇ V =∇ ∙( ∇ V )

et par la définition du gradient et celle de la divergence, on peut établir l’expression


suivante du laplacien.

2
∇ V=
1
[ (
∂ h2 h 3 ∂ V
+
) (
∂ h 3 h1 ∂ V
+
∂ h1 h2 ∂ V
h1 h 2 h3 ∂u1 h 1 ∂u 1 ∂ u2 h2 ∂u 2 ∂ u3 h3 ∂u 3 ) ( )]
Exemple 2.
Donner l’expression du laplacien du scalaire V en coordonnées cylindriques et
en déduire qu’on peut le mettre sous la forme,

2 2 2
∇ V =∇ t V + ∇ z V

C'est-à-dire que ∇ 2t V est le laplacien en fonction de r et de ø, dans le plan transversal à


z. Par contre, en fonction de z, on a le laplacien,

2
2 ∂V
∇z V = 2
∂z

Solution
En coordonnées cylindriques, on a,

h1 = 1, h2 = r, h3 = 1. u1 = r, u2 = ø, u3 = z

Alors l’expression générale du laplacien devient,

2
∇ V=
1 ∂
r ∂r[ ( ) ( ) ( )]
r
∂V
∂r
+
∂ 1 ∂V
+

r
∂∅ r ∂ ∅ ∂z ∂z
∂V

Après développement, on a,

2
∇ V=
1 ∂
r
∂V
( )
1 ∂2V ∂2V
+ 2 +
r ∂ r ∂ r r ∂ ∅2 ∂ z2

D’où on tire,

∇ 2t V =
1 ∂
( )
r
∂V 1 ∂2 V 2
+ 2
r ∂ r ∂ r r ∂ ∅2
. ∇ z V =
∂2 V
∂z
2
10

4. PROPRIETES DE L’OPERATEUR NABLA

Dans la présente Section, nous donnons des identités remarquables dont nous
ferrons usage à travers le présent ouvrage.

Type 1 : Soit a un scalaire et soit A un vecteur. Alors,

∇ ∙ ( a A )=a ∇ ∙ A+ A ∙ ∇ a
∇ × ( a A ) =a ∇ × A +∇ a× A

Type 2 : Soient A et B deux vecteurs. Alors,

∇ ∙ ( A × B ) =B ∙ ( ∇ × A )− A ∙ ( ∇ × B )

∇ ( A ∙ B )=( A ∙ ∇ ) B+ ( B∙ ∇ ) A + A × ( ∇ × B )+ B × ( ∇ × A )

∇ × ( A × B )= A ( ∇ ∙ B )−B ( ∇ ∙ A ) + ( B ∙ ∇ ) A−( A ∙ ∇) B

Type 3 : Le rotationnel d’un gradient, ainsi que la divergence d’un rotationnel sont
toujours nuls. D’où,

∇ × ( ∇ V )=0
∇ ∙ ( ∇ × A )=0

Type 4 : Le rotationnel du rotationnel d’un vecteur est tel que,

2
∇ × ∇ × A=∇ ( ∇ ∙ A ) −∇ A

où le laplacien du vecteur A a la définition suivante,

2
∇ A=(∇ ¿ ¿ 2 A1 )a 1+(∇ ¿ ¿ 2 A 2)a2 +( ∇ ¿ ¿ 2 A3 )a3 ¿ ¿ ¿

5. EQUATIONS DE MAXWELL

Les équations de Maxwell peuvent s’exprimer soit sous forme différentielle,


soit sous forme intégrale. Le lien entre ces deux formes provient du théorème de la
divergence et du théorème de Stokes en Analyse Vectorielle. Ces équations sont les
suivantes.
11

Forme Différentielle Forme Intégrale


❑ ❑
−∂ B
∇ × E=
∂t ∮ E ∙ d l=−d
dt
∫B∙d s
C S
❑ ❑
+∂ D
∇ × H=
∂t
+J ∮ H ∙ d l=I +∫ ∂∂tD ∙ d s
C S
❑ ❑
∇ ∙ D=ρ
∮ D ∙ d s=∫ ρdv
SV V

∇ ∙ B=0
∮ B ∙ d s=0
SV

où C est la courbe délimitant S, tandis que SV est la surface délimitant le volume V.


Nous avons aussi les définitions suivantes :

E est l’intensité du champ électrique.


H est l’intensité du champ magnétique.
D est la densité du flux électrique.
B est la densité du flux magnétique.
J est la densité du courant de conduction (ampère /m2).
ρ est la densité volumique des charges.
I est le courant de conduction.

Lorsque les champs évoluent dans un milieu isotrope et homogène comme c’est
le cas du vide, alors on a,
D=ε E et B=μ H
et dans le vide,
−12 1 −9
ε =ε 0=8,85 ×10 = × 10 Farad /m
36 π

−7
μ=μ 0=4 π × 10 Henry /m

En plus des équations de Maxwell, il existe l’équation de la continuité selon laquelle,


la sortie du courant d’un volume entraine une décroissance des charges du volume,
soit,
−∂ Q
I=
∂t

ce qui implique (en fonction des densités),

❑ ❑

∮ J ∙ d s=−∂ ∫ ρ dv
∂t V
SV
12

ce donne la forme différentielle (avec la relation ∇ ∙ D=ρ),

−∂ ρ −∂( ∇ ∙ D)
∇∙ J= =
∂t ∂t

Lorsqu’une charge q est en déplacement dans un champ électrique E et dans un


champ magnétique B, alors la charge q est soumise à la force,

F=q (E+ v × B)

où v est la vitesse de la charge.

Exemple 3.
Dans un conducteur de conductivité σ, nous avons la relation,

J=σ E

Alors, montrer, à l’aide de l’équation de la continuité, qu’une charge ρ0 ∆ v placée dans


le conducteur donnera lieu à un courant, et que, par conséquent, la charge se retrouvera
à la surface du conducteur.

Solution
Dans l’équation de la continuité sous forme différentielle, remplaçons J par sa
valeur donnée ci-dessus, on a,

−∂ ρ
σ ∇ ∙ E=
∂t

Or, le conducteur est un milieu isotrope, d’où ε E=D et l’équation ci-dessus devient,

σ −∂ ρ σ −∂ ρ
∇ ∙ D= ❑ ρ=
ε ∂t ⇒ ε ∂t

Puisse que la charge est déposée à un endroit précis, à l’intérieur du conducteur, alors à
cet endroit, nous pouvons considérer la variation de la charge par rapport à t, et la
dérivée partielle devient la dérivée totale par rapport au temps. D’où,

dρ −σ −σt/ ε
= ρ❑ ρ= ρ0 e
dt ε ⇒
13

c'est-à-dire qu’au point considéré, la charge décroit avec le temps allant vers
l’extérieur. Il s’en suit un courant sortant d’un volume Δv très petit contenant le point
considéré. Ce courant est exprimé par,

dq d ( ∆ vρ) d
= [ ρ0 ∆ v e ]
−σt /ε
I= =
dt dt dt

et en évaluant la dérivée, on obtient,

σ −σt /ε
I =ρ0 ∆ v e
ε

6. CONDITIONS AUX LIMITES DE DEUX MILIEUX.

Considérons ici deux milieux quelconques séparés par une surface. A la surface
de séparation, nous obtiendrons les conditions que les champs électriques et
magnétiques doivent satisfaire.

Cas 1. Considérons un cylindre de hauteur h et de surface de base Δs, à cheval sur les
deux milieux. On a alors les figures suivantes pour les champs D et B.

Dn 1 an Bn 1 an
Δs Δs
Dt 1 Bt 1
h 1 h 1
Dt 2 2 Bt 2 2
−a n Bn 2 −a n
Dn 2

Où le vecteur a n indique le sens des surfaces supérieures du cylindre, où D et B ont été


décomposés en composantes normales à Δs, et en composantes parallèles
(tangentielles) à Δs.

Considérons maintenant les équations suivantes de Maxwell.

∮ D ∙ d s=∭ ρdv=∬ ρ s ds
S

et

∮ B ∙ d s=0
S
14

où ρ s est la densité surfacique de la charge qui pourrait se trouver sur la surface de


séparation des milieux. En laissant la hauteur du cylindre tendre vers 0, la surface
latérale du cylindre tendra aussi vers 0. Alors l’intégration effectuée sur toutes les
surfaces du cylindre se réduit aux intégrations sur la surface supérieure et inférieure,
donc,

∮ D ∙ d s=∆ s Dn 1−∆ s Dn 2=ρ s ∆ s


S

∮ B ∙ d s=∆ s B n1−∆ s B n2 =0
S

et de ces relations, on obtient les conditions aux limites suivantes pour les
composantes normales à la surface de séparation,

Dn 1−Dn 2= ρs et Bn 1−Bn 2=0

Cas 2. Considérons maintenant un rectangle de longueur Δl et de largeur h, placé à


cheval sur les deux milieux tel qu’indiqué dans les deux figures suivantes.

Δl Et 1 Ht1
h Hn1
En 1 1 1
⊕⊕ ⊕ ⊕
En 2 2 Hn2 2
Et 2 Ht2 Courant sur
la surface

Ici, les deux intégrales à considérer sont,

❑ ❑

∮ E ∙ d l=−d ∫ B∙d s
dt S
C

❑ ❑
∂D
∮ H ∙ d l=I +∫ ∂t
∙d s
C S

Dans un cas général, nous supposons l’existence d’une feuille de courant à la limite
des deux milieux, dont la densité est Js ampères par unité de longueur. Si donc tous les
autres courants sont désignés par Ia. Alors pour le champ magnétique on a,

❑ ❑
∂D
∮ H ∙ d l=I a +∫ J s dl +∫ ∂t
∙d s
C S
15

Lorsque h tend vers 0, les surfaces encloses par le rectangle sont nulles, et le seul
courant présent dans le rectangle est celui du à Js. Alors, pour le champ électrique et
magnétique on a,

lim ∮ E ∙ dl=0❑ Et 1 ∆l−Et 2 ∆ l=0


→ ⇒
h ❑0

lim ∮ H ∙ dl=J s ∆l❑ Et 1 ∆ l−E t 2 ∆ l=J s ∆ l


→ ⇒
h ❑0

En divisant les résultats ci-dessus par Δl, on obtient les conditions aux limites
suivantes pour les composantes tangentielles des champs.

Et 1=Et 2
H t 1 −H t 2=J s

Exemple 4.
En considérant deux milieux isotropes séparés par une surface. Exprimer le
champ électrique E2 en fonction de E1 , et le champ magnétique H 2 en fonction de H 1
et du courant Js circulant dans la surface de séparation.

Solution
Pour les milieux isotropes, D = εE. D’où les expressions des conditions aux
limites suivantes pour le champ électrique,

ε 1 En 1−ε 2 E n 2=ρs , et E t 1=Et 2

D’où le champ dans le second milieu,

1
E2= En 2 an + Et 2 at = ( ε E −ρ ) a + E a
ε2 1 n 1 s n t 1 t

Pour le champ magnétique en milieu isotrope, les conditions aux limites sont,

Bn 2=Bn 1 ❑ μ2 H n 2=μ1 H n 1

H t 1 −H t 2=J s

D’où le vecteur champ magnétique du second milieu,

μ1
H 2= H a +( H t 1−J s) at
μ2 n 1 n
16

PROBLEMES
1.
Dans les milieux non isotropes, la permittivitéε et la perméabilité μ, dépendent
respectivement du sens des champs E et H .Dans le cas des cristaux, μ est constant,
tandis que ε dépend du sens de E , c'est-à-dire que,

[ ][ ][ ]
Dx ε 11 ε 12 ε 13 E x
[ D ] = D y = ε 21 ε 22 ε 23 E y
Dz ε 31 ε 32 ε 33 E z

ce qui peut s’écrire symboliquement,

D= ε^ E

Si on suppose que les champs sont sinusoïdaux, avec les expressions,

E=E0 ( x , y , z ) e jωt , H =H 0 ( x , y , z ) e jωt

obtenir pour les cristaux, à partir des équations de Maxwell, l’équation dite l’onde,

∇ 2 E=∇ ( ∇ ∙ E )−ω 2 μ ε^ E

2.
Dans le vide, une onde électromagnétique est telle que son champ électrique a
pour intensité,

sinθ j (ωt −βr)


E=K e a ø , β=ω √ μ0 ε 0
r

où r, θ, ø sont les coordonnées du système sphérique. Dans ces conditions,

a) Obtenir l’expression du champ magnétique H .


b) En retenant seulement les termes dominants lorsque r tend vers l’infini, obtenir
le rapport des modules des vecteurs E et H .

3.
17

Un champ électrique E1forme un angle θ1avec la normale à la surface de


séparation de deux milieux isotropes. Si aucune charge n’existe sur la surface de
séparation, obtenir une relation entre l’angle d’incidenceθ1 et l’angle de réfraction θ2
créé par E2
E1
θ1
ε1
ε2
θ2 E2

4.
Considérer les deux relations suivantes.

E=−∇ V

Qd
E= ( 2cos θ ar +sin θ a θ)
4 π ε0 r3
où le champ électrique E est dû à un dipôle électrique constitué par les charges +Q et
-Q, séparées par la distance d.

En utilisant les coordonnés sphériques, obtenir l’expression de V.

SOLUTIONS

1.
En travaillant avec les expressions complexes données des champs, on a,

∂H d jωt
=H 0 ( x , y , z ) ( e ) = jω [ H 0 e ]=Jω H
jωt
∂t dt
De même,
∂D
= jω D= jω ε^ E
∂t

Alors les équations de Maxwell ont les expressions suivantes.

∇ × E=− jωμ H , ∇ × H = jω ε^ E
18

Prenons le rotationnel du premier terme ci-dessus. On a,

∇ × ∇ × E=− jωμ ∇ × H

Utilisons l’identité sur le rotationnel du rotationnel d’un vecteur, établie dans la


Section 4 du présent Chapitre. On obtient pour l’équation ci-dessus,

−∇ 2 E+ ∇ ( ∇ ∙ E )=− jωμ( jω ε^ E)

où le rotationnel de H a été remplacé par sa valeur. Finalement, on a,

∇ 2 E=∇ ( ∇ ∙ E )−ω 2 μ ε^ E

Selon le milieu, on arrive à établir la valeur de ∇ ( ∇ ∙ E ), avant de procéder à une


solution éventuelle.

2.
Puisque E est donné avec une variation sinusoïdale par rapport au temps (type
e ), les équations de Maxwell dans le vide prennent les formes suivantes.
jωt

∇ × E=− jω B=− jω μ0 H

D’où,
−1
H= ∇×E
jω μ0

Il reste à calculer en coordonnée sphériques le terme ∇ × E . Puisque pour le champ


électrique donné, seule la composante Eøle long de ø est non nulle, alors,

| |
1 ar r aθ r sin θ a∅
1 ∂ ∂ ∂
∇ × E=
( 1 ) ( r ) (r sin θ) ∂ r ∂ θ ∂∅
0 0 r sin θ E ∅

Après avoir évalué le déterminant, on obtient,

∇ × E= 2
1
r sinθ [

∂θ

( r sin θ E∅ ) a r−r ∂ r ( r sin θ E∅ ) aθ ]
Considérons l’expression donnée en hypothèse pour le champ électrique, on a,
19

r sin θ E∅ =K sin 2 θ e j(ωt− βr)

et la dérivée partielle de ce terme est à évaluer par rapport à θ et par rapport à r. On a,

1
∇ × E= 2 [ 2 K sin θ cos θ ar −r (− jβ ) K sin2 θ aθ ] e j (ωt−βr )
r sin θ

En simplifiant l’expression ci-dessus, on obtient,

∇ × E=
[ 2 K cos θ
r 2
ar +
jβKsinθ
r
aθ e
]
j (ωt−βr )

Maintenant l’expression du champ magnétique devient,

H=
[ −2 K cos θ
jω μ 0 r 2
ar −
βKsinθ
ω μ 0 r ]
aθ e j(ωt− βr)

Lorsque r tend vers l’infini le premier terme ci-dessus avec 1/r2 s’éteint plus vite que le
second avec 1/r. Alors,

βKsinθ j(ωt− βr)


H ❑− e aθ
→ ω μ0 r

| E|
Le rapport donne, lorsque r tend vers l’infini,
|H|

| E| K sin θ / r ω μ0 ω μ0
= = =
|H| βK sin θ/ω μ0 r β ω √ μ 0 ε0

D’où enfin,

| E|

μ
= 0
|H| ε 0

3.
Décomposons le vecteur E1 en une composante normale à la surface En 1 , et une
composante tangentielle à la surface Et 1. Alors en respectant les directions des axes
choisis, nous avons,

E1
20

θ1 an
ε1
at
ε2
θ2 E2

D’où,

En 1=−E1 cos θ1 , Et 1=E1 sin θ1

Puisque nous n’avons pas de charge sur la surface de séparation, les conditions aux
limites s’écrivent,

D n 1=D n 2
Et 1=Et 2 }
Puisque le milieu est isotrope, on a,

E t 1=E t 2}{
ε 1 En 1=ε 2 E n2


−ε 1 E1 cos θ1=ε 2 E n 2
E1 sinθ 1=Et 2

De ces équations, on tire les composantes du vecteur E2,

}
−ε 1 E1 cos θ1
En 2=
ε2
E t 2=E 1 sin θ1

De ces deux composantes on a,

|E t 2| ε 2
tan θ 2= = tanθ 1
| En 2| ε 1

Soit enfin,

tan θ2 ε 2
=
tan θ1 ε 1

Ce qui est la loi de la réfraction du champ électrique.

4.
21

Posons ici une définition de la capacité,

Qd
C=
4 π ε0

Alors,

C
E= 3
(2 cos θ a r +sin θ aθ )
r

D’autre part, en coordonnée sphérique, on a,

E=−∇ V = ( ∂∂Vr a + 1r ∂V∂θ a + r sinθ


r θ
1 ∂V
∂∅ )
a ∅

Cette dernière relation est à comparer à la relation de l’équation qui l’a précédée, et on
a,

∂V −2 C cos θ ∂V −C sin θ ∂ V
= , = , =0
∂r r3 ∂θ r2 ∂∅

En intégrant maintenant chacune des partiels ci-dessus, on a,

C cos θ
a) V = + f 1 (θ , ∅ )
r2
C cos θ
b) V = + f 2 (r , ∅ )
r2
c) V =f 3 (r , θ)

La relation c) ci-dessus nous dit que V est indépendant de ø. Alors les relations a) et b)
peuvent s’écrire,

C cos θ
a) V = + f 1 (θ)
r2
C cos θ
b) V = + f 2 (r )
r2

Ce qui implique,

f 1 ( θ ) =f 2 ( r)
22

Mais ces deux fonctions ont des variables indépendantes différentes (r et


θ).Puisqu’elles sont égales, c’est qu’elles sont forcement égales à une constante K et,

C cos θ Qd cos θ
V= 2
+K = 2
+K
r 4 π ε0 r
23

CHAPITRE 2
POTENTIELS EN MILIEUX ISOTROPES

1. INTRODUCTION

Les champs électriques et magnétiques sont créés par des sources. Plutôt que de
rechercher directement les champs, il est souvent plus commode de rechercher d’autres
quantités appelées potentiels dont on peut ensuite déduire les champs.
Dans le présent chapitre, nous définirons le potentiel électrique scalaire, le
potentiel magnétique vectoriel, et le potentiel magnétique scalaire. Ensuite nous
utiliserons les équations de Maxwell pour obtenir les équations que ces potentiels
doivent satisfaire. Les potentiels seront exprimées sous forme différentielle et sous
forme intégrale.

2. POTENTIELS : MAGNETIQUE VECTORIEL,


ELECTRIQUE SCALAIRE

Définissons le Potentiel Magnétique Vectoriel A de façon à ce qu’il soit lié au


champ magnétique par la relation suivante.

B=∇ × A

Il est clair que A n’est pas défini de façon unique, puisque le rotationnel comporte des
dérivées partielles et deux fonctions différentes peuvent avoir une même dérivée.
Toutefois, nous imposerons par la suite des conditions sur A pour le rendre unique.

Considérons maintenant l’équation de Maxwell exprimant le rotationnel du


champ électrique, on a,

∇ × E=
−∂ B −∂
∂t
=
∂t
( ∇ × A ) =−∇ ×( )
∂A
∂t

En regroupant le premier et le dernier terme de la relation ci-dessus, on a,

(
∇× E+
∂A
∂t )
=0
24

Puisque le rotationnel du vecteur entre parenthèses est toujours nul, c’est qu’on en
déduire (Propriétés des Vecteurs),

∂A
E+ =−∇ V
∂t

où V est un scalaire que nous appellerons Potentiel Electrique Scalaire. Alors le champ
électrique devient,

−∂ A
E= −∇ V
∂t

Dans le reste de cette Section, nous utiliserons les équations de Maxwell avec
les expressions ci-dessus de B et de E , pour obtenir les équations différentielles pour
les potentiels. Pour le champ magnétique en milieu isotrope, on peut écrire,

1 1 ∂E
∇ × H= ∇ × B= ∇ × ( ∇ × A ) =J +ε
μ μ ∂t

soit,

∂E
∇ × ∇ × A=μ J + με
∂t

Dans l’équation ci-dessus, remplaçons E par son expression en terme de potentiels. On


a alors,

[ ( )]
2
∂ A ∂V
∇ × ∇ × A=μ J −με +∇
∂t
2
∂t

L’identité vectorielle sur le rotationnel du rotationnel nous donne pour l’équation ci-
dessus,

2
−∇ A+ ∇ ( ∇ ∙ A )=μ J −με
[ ∂2 A
∂t
2 ( )]
+∇
∂V
∂t

Comme nous l’avons déjà dit A n’est pas défini de façon unique. Nous pouvons lui
imposer la condition suivante.

∂V
∇ ∙ A=−με
∂t
25

Alors il restera l’équation différentielle du potentiel magnétique A ,

2
∂ A
∇ 2 A=−μ J + με 2
∂t

Pour établir l’équation du potentiel électrique, commençons par l’équation de


Maxwell qui exprime la divergence de D .

∇ ∙ D=ε ∇ ∙ E= ρ❑ ∇ ∙ E=ρ/ ε

En remplaçant E par son expression en fonction des potentiels, on a,

∇∙ (−∂∂ tA −∇ V )=ρ / ε
Ce qui donne,

2 ∂
−∇ V − ( ∇ ∙ A )=ρ/ε
∂t

Mais la divergence de A a été obtenue plus haut en fonction de V. Il s’en suit


l’expression finale de l’équation différentielle du potentiel scalaire électrique,

∂2 V
∇ 2 V =με −ρ/ε
∂ t2

Ainsi donc, une fois les potentiels A et V obtenus, les champs électromagnétiques sont
à leur tour obtenus avec les relations,

−∂ A
B=∇ × A , E= −∇ V
∂t

Exemple 1.
Donner les expressions des Laplaciens de A et V dans les cas suivants :
a. Dans le vide.
b. Dans le vide lorsque le champ est stationnaire par rapport au temps.
c. Pour les champs stationnaires, mais pas nécessairement dans le vide.
Solution
Dans le vide, J=0, ρ = 0, μ=μ 0 , ε=ε 0 . Alors.
26

2 2
2 ∂V 2 ∂ A
a. ∇ V =μ0 ε 0 2
∇ A=μ 0 ε 0 2
∂t ∂t

b. Dire que les champs sont stationnaires c’est dire que les variations (dérivées)
par rapport au temps sont nulles.

∇ V =0 ,
2 2
∇ A=0 , B=∇ × A , E=−∇ V

et les deux premières équations sont appelées Equations de Laplace.

c. Lorsque les champs sont stationnaires et le milieu n’est pas le vide, les charges
et les courants peuvent y exister, d’où les équations de Poisson suivantes.

∇ V =−ρ/ ε ,
2 2
∇ A=−μ J

3. EXPRESSIONS INTEGRALES DES POTENTIELS

Considérons l’équation différentielle du potentiel scalaire V.

2
∂ V
∇ 2 V =με 2
−ρ/ε
∂t

Nous utiliserons les techniques des Transformées de Fourier pour arriver à une
expression intégrale de l’équation ci-dessus.

Rappel sur l’Analyse de Fourier et sur la fonction Delta-Dirac :


Soit une fonction f(t) satisfaisant les conditions dites de Dirichlet,à savoir :

1. ∫ |f (t )|dt< ∞
−∞

2. Dans tout intervalle de temps fini, f(t) a un nombre fini de maxima et de


minima.
3. Dans tout intervalle de temps fini, f(t) a un nombre fini de discontinuités.

Pour une telle fonction, on peut définir sa transformée de Fourier,

+∞
F ( jω )=∫ f (t )e dt , j=√ −1
− jωt

−∞

Et on peut retrouver f(t) à partir de F(jω) par la transformation inverse,


27

+∞
1
f ( t )= ∫
2 π −∞
jωt
F ( jω)e dω

Pour ce qui est de la fonctionDelta-Dirac, δ(u), elle a les propriétés suivantes :


1. δ(u-u’) = 0 si u ≠ u'
+∞

2. ∫ f (u ) δ ( u−u ' ) du=f (u' )


−∞

En supposant que ρ(u,t) et V(u,t) satisfont les conditions de Dirichlet, avec


u=(u1,u2,u3), alors nous pouvons écrire les transformées de Fourier suivantes.


ρ ( u , jω )= ∫ ρ ( u ,t ) e
− jωt
dt
−∞


V ( u , jω )= ∫ V (u , t ) e
− jωt
dt
−∞

Et les transformées inverses sont.


1
ρ ( u , t )= ∫
2 π −∞
jωt
ρ ( u , jω ) e dω


V ( u ,t )= ∫ V ( u , jω ) e dω
jωt

−∞

Introduisons ces deux relations dans l’équation différentielle du potentiel scalaire V


(équation introduite au début de la présente Section). Tout en notant que les dérivées
partielles seconde par rapport au temps de e jωt donnent ( jω)2, l’équation de V donne,

[ ]

1 ρ(u , jω)

2 π −∞
2
∇ V ( u , jω ) +
ε
2 jωt
−μϵ ( jω ) V (u , jω) e dω=0

L’intégration ci-dessus étant nulle quelque soit t, c’est que l’intégrante est elle aussi est
nulle, d’où,

ρ(u , jω)
−μϵ (−ω ) V ( u , jω )=0
2 2
∇ V ( u , jω ) +
ε

Définissonsla constante de phase β, telle que,


2 2
β =με ω
28

Alors l’équation de V devient,

−ρ(u , jω)
∇ 2 V ( u , jω ) + β 2 V ( u , jω )=
ε

Par les propriétés de la fonction Delta-Dirac, la charge peut s’écrire,

ρ (u , jω) 1
=∫ ρ ( u' , jω ) δ ( u−u' ) du'
ε ε

1
ρ ( u , jω) δ ( u−u ) est une impulsion de charge localisée à u' . Par le principe
' '
Le terme
ε
de la superposition nous pouvons chercher le potentiel créé par chacune de ces
impulsions, pour ensuite les additionner (ce qui reviendra ici, à une intégration).

Pour simplifier d’avantage le problème, nous rechercherons le potentiel G


(appelé aussi fonction de Green en mathématiques) créé par l’impulsionδ ( u−u' ) et
1
ρ ( u , jω) . Alors nous commençons
'
nous multiplierons plus tard les résultats par
ε
par,

∇ 2 G+ β 2 G=−δ (u−u' )

Puisque δ ( u−u' ) n’a de valeur qu’à un seul point, à savoir u' . nous avons une symétrie.
Alors, en coordonnées sphérique, G ne peut pas être fonction de θ, ni de ø. Donc, G =
G(r), où r = u – u' et,

r dr
2
r (
1 d 2 dG
dr
2
)
+ β G=−δ (r )

Par définition, δ(r) = 0 si r ≠ 0. Considérons ce cas et effectuons les différentiations de


l’équation de G. On obtient,

'' 2 ' 2
G + G + β G=0
r

Multiplions les termes ci-dessus par r et groupons ensemble les deux premiers termes.
On obtient,

[ rG' ' + 2G' ] + β 2 rG=0


29

Ce qu’on peut écrire,

2
d
2
( rG ) + β 2 ( rG )=0
dr

Cette équation a pour solution,

( rG ) =Ce± jβr

où C est une constante. Alors,

± jβr
Ce
G=
r

Pour obtenir la valeur de la constante C, revenons à l’équation initiale de G,

∇ 2 G+ β 2 G=−δ (u−u' )

Intégrons les deux membres de cette équation sur un volume v'0, centré en u' et de
rayon r0. On obtient,

❑ ❑ ❑

∫ ∇ 2 G ( u , u' ) d v ' 0+ β2 ∫ G ( u , u' ) d v ' 0=−∫ δ (u−u' ) dv ' 0


v '0 v '0 v' 0

Remplaçons G par son expansion en série suivante.

[ ]
2
C ( ± jβr )
G= 1+ ( ± jβr )+ +…
r 2

soit plus généralement,

C 2
G= + A1 + A 2 r + A3 r +…
r

où A1, A2, A3, etc sont des constantes.

Lorsque r0 tend vers 0, il a été établi dans l’Appendice A de ce Livre que,

()
❑ ❑
1
lim ∫ ∇ d v ' 0=−4 π et lim ∫ ∇ r d v ' 0=0 pour n=0,1 , …
2 2 n

v ' →0 v'
0
r 0
v ' →0 v' 0
0
30

Avec ces résultats, la limite des termes de l’intégration de l’équation de G devient,

[ ]

C
−4 πC + β lim2

v' →0
∫ r
+ A 1+ A 2 r + A 3 r 2 +… d v ' 0=−1
0 v '0

Dans l’intégration ci-dessus, l’élément de volume centré en u' est (la surface d’une
sphère, multipliée par une épaisseur dr),

2
d v ' 0 =4 π r × dr

où r va de 0 au rayon r0 de v’0. Alors, l’équation de G donne,

2
−4 πC + β lim 4 π
r 0→ 0
[ C r 20 A 1 r 30 A2 r 40 A 3 r 50
2
+
3
+
4
+
5 ]
+… =−1

La limite du terme entre crochets est nulle, et on en tire enfin la valeur de C,

1
C=

et
e ± jβr
G=
4 πr

Puisque chaque impulsion δ (u−u' ) donne un potentiel G, alors la somme des


impulsions δ ( u−u' ) ρ(u' , jω)/ ε donnera par la loi de la superposition, le potentiel,


Gρ ( u' , jω )
V ( u , jω )=∫ dv '
v'
ε

le volume v’ étant celui dans lequel est distribué la charge. La figure est la suivante.

u
u' V(u)
source

v'

Remplaçons G par sa valeur et nous avons,


31

❑ '
ρ(u , jω) ± jβr
V ( u , jω )=∫ e dv '
v' 4 πεr

Pour enfin obtenir le potentiel V(u,t), c'est-à-dire en fonction de l’espace u et du temps


t, nous devons rechercher la transformée inverse de Fourier pour V(u,jω) donnée ci –
dessus. Ce qui donne, tout en se rappelant que ¿ ω √ με ,

[ ]
∞ ❑
1 ρ(u ' , jω) ± jω √ με r
V ( u ,t )= ∫
2 π −∞
∫ 4 πεr
e dv ' e jωt dω
v'

Dans le but de grouper les termes en exposent, posons,

r
t =t ± , c=1/ √ με
'
c

Alors en intégrant d’abord sur ω, puis sur dv', nous avons,

[ ]
❑ ∞
1 1 1
V ( u ,t )= ∫ ∫ ρ(u' , jω)e jωt ' dω dv '
4 πε v ' r 2 π −∞

Par la définition de la transformée inverse de Fourier, le terme entre crochets ci- dessus
n’est rien d’autre que ρ(u', t'). Enfin le Potentiel Scalaire Electrique sous forme
intégrale est,


1 ρ(u ' , t ± r /c )
V ( u ,t )= ∫
4 πε v ' r (u , u' )
dv '

Cette relation nous dit que si la densité de charge est donnée et varie avec le temps,
nous pouvons calculer le potentiel électrique créé en tout lieu de coordonnées u 1, u2, u3.

Comme dans la recherche de V(u,t), nous pouvons écrire pour le Potentiel


Magnétique Vectoriel A ,

❑ '
μ J (u , t ± r /c )
A (u , t)= ∫
4 π v ' r (u ,u ' )
dv '

On notera ici que nous avons en fait trois équations, une pour chaque composante du
potentiel magnétique vectoriel.
32

4. SOLUTIONS DE L’EQUATION DE LAPLACE

L’expression générale de l’équation de Laplace est,

2
∇ V =0

avec des expressions spécifiques dépendant du système de coordonnées choisi. Et ce


choix dépendra à son tour de la géométrie des surfaces où sont spécifiés les potentiels.

Dans ce ouvrage, nous nous limiterons aux systèmes de coordonnées


rectangulaires, cylindriques et sphériques.

A. Coordonnées Rectangulaires.
Ici l’équation de Laplace est,

2 ∂ 2 V ∂2 V ∂ 2 V
∇ V= + + =0
∂ x 2 ∂ y2 ∂ z 2

Supposons que V peut s’exprimer comme,

V = X ( x ) Y ( y ) Z (z)

Alors l’équation de Laplace devient,

'' '' ''


X YZ + X Y Z+ XY Z =0

En divisant chacun des termes ci-dessus par XYZ, on a,

X'' Y '' Z''


+ + =0
X Y Z

Les rapports ci-dessus sont respectivement fonctions de x, y, x. Pour que leur somme
soit 0, chacun des rapports doit être forcement une constante, soit,

X'' 2 Y '' 2 Z'' 2


=k x , ¿ ky , =k z
X Y Z
et,
k 2x +k 2y + k 2z =0

Avec cette condition, nous avons à résoudre les équations du second degré,
33

'' 2 '' 2 '' 2


X =k x X ,Y =k y Y , Z =k z Z

D’où l’expression du potentiel,

V ( x , y , z ) =( A1 e k x +B 1 e−k
x x x
)( A2 e k y + B2 e−k y )( A 3 ek z+ B3 e−k z )
y y z z

et les constantes seront toutes déterminées par les conditions aux limites.

Exemple 2.
Considérer le potentiel électrique et le champ électrique correspondant, entre
deux conducteurs-plans parallèles. La distance entre les 2 plans est d. Un conducteur
est au potentiel V = 0, l’autre au potentiel V = V0. Obtenir V et E entre les 2 plans.

d
V=0

V=V0
x
0
Solution
Par la symétrie du problème, nous utiliserons les coordonnées rectangulaires.
De plus la variation aura lieu le long de x, avec V(x) égal à V0 quand x = 0, V(x) = 0 à
x = d. Alors l’équation de Laplace se réduit à,

2
d V
=0 ❑ V ( x )=A 1 x + A 2
d x2 ⇒

A x = 0,

V ( 0 )=V 0= A1 ∙0+ A 2 ❑ A2=V 0


Avec ce résultat, lorsque x = d, on a,

V ( d )=0= A1 ∙ d+V 0 ❑ A 1=−V 0 /d


et l’équation finale du potentiel V est,

−V 0
V ( x )= x+ V 0
d

Avec cette expression de V, nous pouvons en tirer celle du champ électrique comme,
34

E=−∇ V =−a x
dx d(
d −V 0
x+ V 0 )
D’où,

V0
E= a
d x

B. Coordonnées Cylindriques.
Ici, l’équation de Laplace s’écrit,

1 ∂
r( )
∂V 1 ∂2 V ∂2 V
+ 2 +
r ∂r ∂ r r ∂ ∅ 2 ∂ z 2
=0

Ici nous nous limiterons au cas spécial où il existe une symétrie axiale au
problème, c'est-à-dire que le potentiel V est indépendant de ø. Alors, l’équation ci-
dessus se réduit à,

( )
1 ∂ ∂ V ∂2 V
r
r ∂r ∂ r
+ 2 =0
∂z

En suivant un chemin semblable au cas des coordonnées rectangulaires, Supposons,

V =R ( r ) Z (z)

Alors l’équation de Laplace devient,

1 ∂
( rR ' Z ) + Z ' ' R=0
r ∂r

D’où,

1
R' ' Z+ R' Z + Z' ' R=0
r

Divisons les termes de cette équation par RZ. On obtient,

R ' ' R ' −Z ' '


+ =
R rR Z
35

Note ci-haut que les termes à gauche de l’égalité ne dépendent que de r, tandis que
ceux à droite ne dépendent que de z. C’est que ces terme sont égaux à une constante
que nous nous nommons –k2. Alors,

{
R ' ' R' 2 '' 1 ' 2
+ =−k ❑ R + R + k R=0
R rR ⇒ r
Z''
=k 2 ❑ Z ' ' =k 2 Z
Z ⇒

L’équation différentielle en Z est du second degré et sa solution est,

kz − kz
Z=A 2 e + B2 e

L’équation différentielle en R est une forme réduite de l’équation différentielle de


Bessel, à savoir,

'' 1 '
r
2 υ2
(
R + R + k − 2 R=0
r )
Les solutions sont J υ (kr ) et N υ (kr ), respectivement les fonctions de Bessel d’ordre 𝜐 de
la première espèce et de la deuxième espèce. Dans notre cas, 𝜐 = 0. Alors la solution
de notre potentiel V est,

V ( r , z ) =[ A 1 J 0 ( kr )+ B1 N 0 ( kr ) ] ( A2 e + B2 e )
kz −kz

La fonction de Bessel N0(kr) est infinie à r = 0 (axe z). Or si nous n’avons pas de
source sur l’axe z, on ne peut pas avoir y avoir un potentiel infini. Alors lorsque l’axe
z fait partie de notre zone de solution, on prendre B1 = 0 et N0(kr) sera absent de
l’expression de V.

Une caractéristique très utile des fonctions de Bessel est leur orthogonalité qui
permettra d’obtenir la valeur des constantes de l’expression de V. Ainsi, si à r = r 0, les
fonctions J 0 ( kr ) , J 0 ( lr ) , N 0 ( nr ), et N 0 ( mr ) sont nulles, alors pour ces fonctions de Bessel
d’ordre 0,
36

{
r0

∫ F 0 ( kr ) F 0 ( lr ) dr=0 si k ≠l
0
r0
r 20 2
∫ F ( kr ) dr=2
0 F ( k r ) si k =l
2 1 0
0

où F0 représente soit J0, soit N0.

L’exemple qui suit est une illustration très simple d’un potentiel variant avec ø
seulement.

Exemple 3.
Considérer deux plateaux parallèles, infinis et joints par une ligne d’isolent.
L’angle entre les deux plateaux est ø0. Obtenir V entre les deux plateaux sachant qu’un
des plateaux a le potentiel V = 0, et le second a V = V0.

Isolent
V=V0

ø0 V=0

Solution
Prenons l’axe z le long de la ligne de l’isolent, et l’axe x dans le plan de la face
dont le potentiel est nul (face inférieure). Par la symétrie du système, en coordonnées
cylindrique, V ne dépendra que de ø.

y
ø0
ø
x

Ici, l’équation de Laplace entre les 2 plateaux donne,

1 ∂2 V d2V
=0 ❑ =0 ❑ V =C 1 ∅+ C2
r2 ∂ ∅2 ⇒ d ∅2 ⇒

A ø = 0, V = 0. A ø = ø0. V = V0. Ces conditions aux limites nous donnent directement,

V0
V= ∅ pour 0≤ ∅ ≤ ∅ 0
∅0

C. Coordonnées Sphériques.
37

Plutôt que de traiter le cas le plus général, nous nous limiterons ici au cas le
plus courant, où le potentiel varie seulement avec r et θ, mais pas avec ø. Dans le
développement, nous retrouverons les fonctions de Legendre dans les solutions.

Ici, l’équation de Laplace à résoudre est,

1 ∂ 2 ∂V
r ∂r
2
r ( + 2
1 ∂
)
∂ r r sin θ ∂ θ
sin θ
∂V
∂θ
=0 ( )
Supposons que V peut s’écrire comme,

V =R ( r ) Θ(θ)

Alors l’équation de Laplace ci-dessus donne,

1 ∂ 2
( r R ' Θ ) + 2 1 ∂ ( sin θ RΘ ' )=0
r ∂r r sin θ ∂ θ
2

D’où,

[ 2
r r
1
][ cos θ
R'' Θ+ R ' Θ + 2 R Θ' ' + 2
r sin θ
RΘ ' =0
]
Divisons cette dernière équation par RΘ /r2. On obtient,

r2
R''
R
R'
+2 r =−
R
Θ''
+
1 Θ'
Θ tanθ Θ [ ]
Puisque le terme à gauche du signe égal ne varie qu’avec r tandis celui à droite ne
varie qu’avec θ, ces deux termes sont forcement égaux à une même constante que nous
posons égale à m(m+1). Alors on a,

2 '' '
r R +2 r R −m ( m+1 )=0
'' 1 '
Θ + Θ + m ( m+ 1 ) Θ=0
tanθ

L’équation différentielle en R a pour solution (Méthode des Séries),

R=C1 r m +C 2 r m +1
38

En substituant celle solution dans l’équation différentielle, le lecteur peut vérifier que
l’équation est satisfaite.

On reconnait l’équation en Θ comme l’équation de Legendre qui a pour solutions,

Θ=P m (cos θ)

où Pm(x) est le polynôme de Legendre de degré m avec l’expression générale,

[ ]
m
1 1
Pm ( cos θ ) = (cos 2 θ−1)m
2 m d ( cos θ )
m

Et les quatre premiers polynômes de Legendre sont,

P0 ( cos θ )=1 P1 ( cos θ )=cos θ


1 2 1 3
P2 ( cos θ )= (3 cos θ−1) P3 ( cos θ ) = (5 cos θ−3 cos θ)
2 2

Les polynômes de Legendre satisfont les conditions aux limites suivantes.

∫ Pm ( cos θ ) Pn ( cos θ ) sin θ dθ=0 , si m≠ n


0

et,
π
2
∫ [ Pm ( cos θ)] sin θ dθ= 2m+1
2

5. POTENTIEL MAGNETIQUE SCALAIRE

Dans le définir le potentiel magnétique scalaire, considérons l’équation de


Maxwell suivante.

∂D
∇ × H= +J
∂t

Lorsque le champ est stationnaire dans un milieu sans courant de conduction J , la


relation ci-dessus devient,

∇ × H=0
39

ce qui implique (propriété du rotationnel) que H peut s’écrire comme le gradient d’un
scalaire, soit,

H=−∇ V m

où Vm est défini comme le Potentiel Magnétique Scalaire. Toutefois, comme nous


l’avons souligné plus haut, ce potentiel n’est défini que pour les champs stationnaires
sans courant de conduction.

Pour les milieux isotropes, l’équation de Maxwell ∇ ∙ B=0, donne,

0=∇ ∙ B=μ ∇ ∙ H=μ ∇ ∙ ( −∇ V m ) =−μ ∇ 2 V m

D’où l’équation de Laplace,

2
∇ V m=0 , et H =−∇ V m

Ces équations ne sont valables que pour les milieux isotropes, sans courant de
conduction et où les champs sont stationnaires (sans variation avec le temps t).

6. EXEMPLE DE POTENTIEL MAGNETIQUE SCALAIRE

Soit la sphère ci-dessous de perméabilité μ ≠ μ 0 et de rayon a, placé dans un


champ magnétique autrement uniforme H0, dans le vide. Le problème est de
déterminer l’intensité H du champ magnétique à tout point de l’espace.

H0
r
θ
z

Nous utiliserons les coordonnées sphériques ici. On note dans la figure ci-
dessus qu’il existe une symétrie par rapport à ø, c'est-à-dire que si r et θ sont fixés H
ne varie pas lorsque ø varie. Alors d’après les résultats de la Section 4, le potentiel
magnétique a l’expression suivante.


V m =∑ Pm (cos θ) [ Am r m + Bm r −(m+1 ) ]
m=0
40

Toutefois, cette expression se simplifie, selon qu’on considère l’intérieur ou l’extérieur


de la sphère. En effet on a :

1. A l’intérieur avec r<a : Ici r prend la valeur 0. Ceci implique que Bm est
forcement nul pour éviter un potentiel infini. Donc,


V m =∑ Am Pm (cos θ) r m , pour r < a
m=0

2. A l’extérieur avec r>a : Ici on sait que le champ magnétique est constant à r =
∞. Mais H=−∇ V m , c'est-à-dire que toutes les puissances rm doivent être
absentes sauf r1 dont le gradient pourra donner une constante. Les termes avec
coefficient Bm doivent rester puisqu’ils disparaitront lorsque r tendra vers ∞. On
a alors,


A 1 r P1 ( cos θ ) + ∑ B
V m=^ ^ m Pm (cos θ) r −(m+1)
m=0

En remplaçant P1 par sa valeur, on a,


A 1 r cos θ + ∑ ^Bm P m (cos θ)r−(m +1) , pour r >a
V m=^
m=0

On notera ici la présence de chapeaux sur A et B, pour les différentier des constantes à
l’intérieur de sphère.

Nous allons maintenant appliquer les conditions aux limites pour le champ
magnétique, à r = ∞, à r = 0, et à r = a, dans le but de déterminer les constantes A
et B.

Condition 1. r = ∞.

Ici, H=H 0 az et aussi H=−∇ V m . Ces relations, avec la solution de Vm à


l’extérieur donnent à l’infini,

−∂V m 1 ∂V m
H= a r− a
∂r r ∂θ θ
1
¿− ^
A 1 cos θ ar ± ^ A rsin θ aθ , r=∞
r 1
41

On notera que tous les termes avec ^Bm ont disparu de la dernière relation parce que r
est infini.

Lorsque θ = 0, alors cos θ=1 et sin θ=0 et ar=a z . Alors la dernière relation ci-dessus
donne,

H 0 a z=− ^
A 1( 1) az ❑ ^
A1 =−H 0

Avec la détermination de la constante ^A1 , le potentielmagnétique à l’extérieur de la


sphère devient,


V m =−H 0 r cos θ+ ∑ B
^ m Pm (cos θ)r−(m+1) , pour r > a
m=0

Condition 2. r = a, composantes tangentielles de H :


A la surface de la surface de la sphère où Js est nul, on doit avoir les
composantes tangentielles de H continues de l’extérieur et de l’intérieur, soit,

H ti −H te =J s=0❑ H ti =H te ❑−( ∇ V m )ti =−( ∇ V m )te


⇒ ⇒

En laissant tomber les signes moins et en notant que les composantes tangentielles à la
sphère sont celles le long du vecteur unitaire a θ, la dernière relation ci-dessus donne,

( 1r ∂V∂ θ ) a =( 1r ∂∂Vθ ) a
m

i
θ
m

e
θ

Avec r = a et avec les expressions des potentiels à l’intérieur et à l’extérieur de la


sphère, l’équation ci-dessus donne,

∞ ∞

∑ A m P m (cos θ) a
' m
=−H 0 a P 1 ( cos θ )+ ∑ B
' ^ m P' m (cos θ)a−(m +1)
m=0 m=0

Pour m = 0, 1, 2, … , comparons à droite et à gauche les coefficients de chaque P' m.


Nous obtenons,

A0 =B^ 0 a−1
A1 a=−H 0 a+ ^B1 a équ 1
−2

2 ^ −3
A a =B 2 a 2
42

C'est-à-dire que pour m ≠ 1,

Am a m= ^Bm a−(m+1)

D’où,

^ m a−(2 m +1) , pour m≠ 1


Am =B équ. 2

Condition 3. r = a, composantes normales de B :


A la surface de la sphère, lois de Maxwell exigent la continuité de composante
normale de B. Soit,

B¿ =B ne

Puisque les deux milieux sont isotropes, B=μ H , et puisque H=−∇ V m , alors la
condition ci-dessus donne pour les composantes le long du vecteur unitaire a r,

μ ( ∂∂Vr ) =μ ( ∂V∂ r ) à r =a
m

i
0
m

D’où,

∞ ∞

∑ μA m m a m −1
Pm=−H 0 μ0 cos θ+ ∑ μ0 B
^ (−(m+1)) a−(m+ 2) P
m m
m=1 m=0

où l’argument cosθ de Pm est sous-entendu. En comparant les coefficients de Pm pour


m = 0, 1, 2, etc, et sachant que P1 = cosθ, on a,

^
0= B 0

μ A 1=−H 0 μ0 −2 μ0 ^B1 a−3équ. 3


^ 2 a−4
2 μ A 2 a=−3 μ0 B

Soit en général,

^ m a−(m +2) , pour m>1


mμ A m am−1=−( m+1 ) μ0 B

Cette relation donne,

−μ 0 (m+ 1)
Am = ^ m a−(2 m+1 ) , pour m>1 équ. 4
B
μm
43

Calcul des Constantes.


A l’aide des équations 1 à 4, nous déterminerons les valeurs des constantes A m
et Bm. On a :

1. Les équations 2 et 4 donnent deux expressions différentes de Am. Il est clair que
ceci n’est possible que pour,

^ m pour m>1
Am =0= B

2. La première ligne des équations 3 et la première ligne des équations 1 nous


donnent,

^B0=0 ❑ A0

3. Il ne nous reste plus qu’à traiter le cas de m = 1. La deuxième ligne des


équations 1 et la deuxième ligne des équations 2 nous donnent,

^ 1 a−3
A1=−H 0+ B
μ0 μ0
A1=− H −2 B ^ a−3
μ 0 μ 1

La résolution de système d’équations est simple : On obtient ^B1 par soustraction des 2
équations, et le résultat est introduit dans la première équation pour obtenir A1. D’où,

μ−μ 0 3
^B1=H 0 a
μ+ 2 μ0
3 μ0
A 1=−H 0
μ +2 μ 0

Expression finale de Vm.


Avec les valeurs ci-dessus des constantes, le potentiel magnétique à l’intérieur
et à l’extérieur de la sphère est respectivement,

V m =A 1 r P1=−3 ( μ0
)
H r cos θ , pour r < a
μ+ 2 μ 0 0

a μ−μ 0
3
V m =−H 0 r cos θ+ H 0 cos θ , pour r >a
r 2 μ+2 μ0
44

Avec ces valeurs du potentiel magnétique, on peut si on le désire, déterminer les


valeurs du champ H à tout point de l’espace. A titre d’exemple, pour r < a, on a,

−∂ ( A 1 r cos θ ) 1 ∂ ( A 1 r cos θ )
H=−∇ V m = a r− aθ
∂r r ∂θ

Ce qui donne,

H=−A 1 ( cos θ ar −sin θ aθ ) , pour r < a

Mais le terme entre parenthèses n’est rien d’autre que le vecteur unitaire a z le long de
l’axe z, comme on le voit dans la figure suivante.

aθ ar
az
−a θ
θ
z

Alors on a enfin,

3 μ0
H =−A 1 az =H 0 a
μ+2 μ0 z

PROBLEMES

1.
Considérer un câble coaxial rectiligne, où le conducteur central a le rayon a et le
conducteur externe est à la distance b de l’axe du câble. Le conducteur interne est au
potentiel V0, tandis que le conducteur externe est au potentiel V = 0 (à la terre).
Obtenir le potentiel électrique scalaire, ainsi que le champ électrique dans
l’espace entre les deux conducteurs.
V0
b
a

2.
Dans un milieu, le potentiel électrique scalaire est donné comme,
45

q0 r
V= e
4 πεr

Obtenir la densité ρ de la charge dans le milieu.

3.
Un courant alternatif I 0 e jωt circule dans une antenne verticale mince. Donner
sous forme intégrale, l’expression du potentiel magnétique vectoriel A .
Lorsque l’antenne est courte par rapport à la distance séparant l’antenne et le
point où est évalué A , donner une expression simplifiée de A .
z
θ r
l

4.
En appliquant l’opération de la divergence à l’expression V ∇ V , où V est un
scalaire, montrer que,

❑ ❑

∫ ( V ∇ V ) ∙ d s=∫ [|∇ V | +V ∇ 2 V ] dv
2

S v

Où |∇ V |2=( ∇ V ) ∙ ( ∇ V )et en déduire que si V1 et V2 sont solutions de l’équation de


Laplace dans une région et satisfont les mêmes conditions aux limites, alors, V 1 et V2
diffèrent tout au plus par une constante.

5.
Pour le tuyau à section rectangulaire ci-dessous, obtenir la distribution du
potentiel électrique scalaire à l’intérieur du tuyau. On notera que le potentiel est nul sur
toutes les faces du tuyau, sauf la face x = a, où il est égal à V 0.

y
V=0
y=b
V = V0
V=0
46

x=a x
V=0

SOLUTIONS

1.
Puisque dans l’espace entre les deux conducteurs, il n’y a pas de charge. Nous
devons donc résoudre en coordonnées cylindriques l’équation de Laplace,

∇ 2 V =0 avec V ( r =a )=V 0 ,V ( r =b ) =0

Par la symétrie du système, V ne varie pas avec z, ni avec ø. Il varie avec r. Donc,

1 ∂
r ( )
∂V
r ∂r ∂ r
=0

Multiplions les termes par r et remplaçons les dérivées partielles par les dérivées
totales et on a,

d
r( )
dV
dr dr
=0 ❑ r

dV
dr ( )
=C 1

où C1 est une constante. La dernière relation ci-dessus peut s’écrire,

dr
dV =C1
r

Ce qui s’intègre pour donner le potentiel,

V =C1 ln r +C2

Pour déterminer la valeur des constantes, nous appliquons les conditions aux limites
comme suit.

r =a❑ V =V 0 =C1 ln a+C 2



r=b ❑ V =0=C 1 lnb +C2

47

Ce système de deux équations à deux inconnues donne,

V0 −V 0 ln b
C 1= ,C 2=
ln ( a/b ) ln ( a/ b )

Alors le potentiel final est,

V0
V= [ ln r −ln b ]
ln ( a /b )

Et le champ électrique entre les conducteurs est,

−∂V −V 0
E=−∇ V = ar ❑ E= ar
∂r ⇒ rln ( a/b )

2.
La densité de charge est donnée par l’équation de Poisson

2
∇ V =ρ

Par hypothèse,

k −r q0
V = e avec k=
r 4 πε

Puisque V ne dépend que de r, nous avons en coordonnées sphériques,

∇2 V =
r dr
2 (
1 d 2 dV
r
dr
1 d 2d k r
= 2
r dr
r )
dr r
e
( ( ))
En effectuant les différentiations par rapport à r, on a,

k d
∇2 V = (−e−r −r e−r ) = k2 ( e−r −e−r +r e−r )
r
2
dr r

Enfin, on a,

2 k −r q0
ρ=∇ V = e avec k=
r 4 πε
48

3.
L’expression générale du potentiel magnétique vectoriel est,


μ J (t−r /c)
A=∫ dv '
v' 4 πr

l'intégration étant prise sur le volume contenant J .

z
θ r
l/2 y
dv'
x

Lorsque r = 0, nous sommes sur l’élément de courant. Si S est sa section, alors la


densité de courant l’élément de volume sont,

jωt
I e
J= 0 a z , et d v ' =Sdz
S

D’où,

r
jω(t − )
c
❑ ❑ ❑
μ I 0e
A=∫ ∫ ∫ dx ' dy ' dz ' a z
x y z 4 πrS

et

2 1/ 2
r =[ ( x−x ' ) + ( y− y ' ) + ( z−z ' ) ]
2 2

Puisque l’antenne est mince, les variations de x' et de y' dans l’expression de r sont très
petites au cours de l’intégration ci-dessus, pour une valeur fixe de z. Alors
l’intégration sur x' et y' équivaut à une multiplication par S, la section de l’antenne, et,

μ I 0 az l /2 1 j (ωt −βr)
A= ∫ e
4 π −l /2 r
dz ' , β=ω /c

On note que le potentiel a seulement une composante le long de z et que (l’antenne


étant mince),
49

r =[ x 2+ y 2 + ( z−z ' ) ]
2 1 /2

Lorsque r>>l, on peut dire que l’antenne est courte et r ne varie presque pas avec z' et
l’intégration sur dz' donne l, la longueur de l’antenne. D’où,

μ I 0 l j (ωt− βr)
A= e az
4 πr

4.
Par le Théorème de la Divergence appliqué à V ∇ V , l’intégration sur la surface
peut être transformée en une intégration sur le volume comme suit,

❑ ❑ ❑

∫ ( V ∇ V ) ∙ d s=∫ ∇ ∙ ( V ∇ V ) dv=∫ ( ∇ V ∙ ∇ V +V ∇ ∙ ∇ V ) dv
S v v

Ce qui donne,

❑ ❑

∫ ( V ∇ V ) ∙ d s=∫ (|∇ V | +V ∇ 2 V ) dv
2

S v

où S est la surface qui délimite v. La relation ci-dessus est donc établie.

Pour la deuxième partie de ce Problème, posons,

2 2
V =V 1−V 2 avec ∇ V 1=0 et ∇ V 2=0

Alors, par la relation établie ci-haut,

❑ ❑

∫ [ ( V 1−V 2 ) ∇ ( V 1 −V 2 ) ] ∙d s=∫|∇ ( V 1−V 2 )| dv


2

S v

+∫ ( V 1−V 2 ) ∇ ( V 1−V 2) dv
2

La dernière intégrale est nulle à cause de ces Laplaciens qui sont nuls. D’autre part,
l’intégration à gauche de l’égalité est aussi nulle puisqu’elle est effectuée sur la surface
S où V1 et V2 satisfont les conditions aux limites donc y ont une différence nulle. Il
nous reste,
50


0=∫ |∇ ( V 1−V 2 )| dv
2

A cause du carré, le terme sous l’intégration est non-nul. Il ne prend la valeur 0 que
pour,

∇ V 1=∇ V 2 ❑ V 1=V 2 +Constante


5.
A l’intérieur du tuyau, l’équation de Laplace doit être satisfaite. De plus le
potentiel étant constant sur les faces, V ne varie pas avec z. Donc,

2 2
2 ∂V ∂V
∇ V= + =0
∂ x 2 ∂ y2

Comme nous avons déjà procédé pour la résolution de ce type de problème en


coordonnées rectangulaire, on pose,

V = X (x ) Y ( y )

Et l’équation de Laplace ci-dessus donne,

X ' ' −Y ' ' 2 '' 2 '' 2


= =k ❑ X =k X et Y =−k Y
X Y ⇒

D’où la solution,

V = ( A cosh kx + B sinh kx ) (C cos ky + D sin ky )

où nous avons utilisé par commodité les fonctions sinusoïdales pour y à cause des
conditions :V = 0 à y = 0 et à y = b. Les fonctions hyperboliques sont utilisées pour x
où les limites ont des potentiels différents. On note aussi qu’on aurait pu utiliser les
fonctions exponentielles au lieu des fonctions hyperboliques.

Pour déterminer les valeurs des constantes, nous appliquons les conditions aux
limites comme suit :

1. A x = 0, V = 0. D’où,
51

0=V =( A ∙ 1+ B ∙ 0 ) Y ( y ) ❑ A=0

et

V =B sinh kx ( C cos ky+ D sin ky )

2. A y = 0 , V = 0. D’où,

0=V =B sinh kx (C ∙1+ D ∙ 0 ) ❑ C=0


et

V =BD sinh kx sin ky

3. A y = b, V = 0. D’où,

0=BD sinh kx sin kb❑ kb=nπ avec n=1 , 2 ,…


et la solution générale est,


V =∑ A n sinh k n x sin k n y , k n=nπ /b
n=1

4. A x = a, V = V0. D’où,


V 0=∑ A n sinh k n a sin k n y
n=1

Pour obtenir les constantes An, multiplions les deux membres de l’équation ci-dessus
par sin k n y et intégrons sur y de 0 à b. On a.

b b

∫ V 0 sin k n y dy= A n sinh k n a∫ sin k n y dy


2

0 0

A l’identité transformant le carré du sinus d’un angle, en sinus de l’angle double,


dernière intégration vaut b/2, et on a,
52

−V 0 b
( cos k n b−cos 0 ) =( An sinh k n a )
kn 2

Puisque k n=nπ /b , l’équation ci-dessus devient,

−V 0 b
( cos nπ−1 )= A n sinh k n a
kn 2

Le terme entre parenthèses est nul lorsque n est pair, et ceci implique, A n = 0. Ce
même terme est égal à -2 lorsque n est impair et ceci donne,

4V0 4V0
An = = ,n=1,3,5 …
k n b sinh k n a nπ sinh k n a

Enfin le potentiel recherché est,


4V0
V ( x , y )=∑ sinh k (2 n+1 ) x sin k (2 n+ 1) y
n=0 ( 2 n+1 ) π sinh k (2 n+1) a
53

CHAPTRE 3
PROPAGATION DES ONDES
DANS DES GUIDES
1. INTRODUCTION

Nous savons que les ondes électromagnétiques peuvent se propager en ondes


planes où le champ électrique et le champ magnétique sont perpendiculaires à la
direction de propagation de l’onde. Nous verrons ici que la propagation des ondes peut
aussi se faire dans des genres de tuyaux à section rectangulaire ou circulaire. Nous
appellerons ces tuyaux des guides d’onde indiqués dans les figures suivantes.

Considérons donc des guides sans charge ni des courants de conduction à


l’intérieur. Alors les équations de Maxwell ont les expressions suivantes.

−∂ B −∂ D
∇ × E= (1) ∇ × H = (2)
∂t ∂t
∇ ∙ B=0(3) ∇ ∙ B=0(4 )

où,
E est l’intensité du champ électrique
H est l’intensité du champ magnétique
D est la densité du flux électrique
B est la densité du flux magnétique

Dans les milieux isotropes tels que le vide, on a,

D=ε E , B=μ H

Considérons l’équation (1). En prenant son rotationnel et en faisant usage des identités
vectorielles, on,
54

−∂ ( ∇ × B ) −∂ ( ∇ × B )
∇ × ∇ × E= ❑ ∇ ( ∇ ∙ E )−∇ 2 E=
∂t ⇒ ∂t

mais, ∇ ∙ E=( ∇ ∙ D ) /ε=0 par l’équation (4), alors la dernière équation ci-dessus donne,

2 −∂ ( ∇ ×( μ H )) ∂ (∇ × H )
−∇ E= =−μ
∂t ∂t

Introduisons maintenant l’équation (2) dans les relations ci-dessus. On a,

−∇ 2 E=−μ
∂ ∂D
∂t ∂ t( )
=¿−μ
∂ ∂ (ε E)
∂ t ∂t ( )
D’où l’équation de l’onde pour le champ électrique,

2
2 ∂ E
∇ E=με 2
∂t

De la même manière, on peut établir l’équation de l’onde pour le champ


magnétique,

2
2 ∂ H
∇ H =με 2
∂t

2. PROPAGATION DE L’ONDE SINUSOIDALE DANS LE


SENS z.

Considérons un guide dont l’axe est parallèle à l’axe z des coordonnées.


Supposons que l’onde se propage dans la direction de z et qu’elle varie
sinusoïdalement avec le temps. Alors les champs peuvent s’exprimer comme,

E= E' ( x , y )e jωt−γz
' jωt−γ z
(5)
H=H (x , y)e

Où les expressions de E' , H ' et γ seront déterminés par l’équation de l’onde et les
conditions aux limites (ce que nous établirons par la suite).

Pour l’instant, décomposons le Laplacien en une composante ∇ 2s le long de z et


une composante ∇ 2z dans le plan transversal x-y. Alors l’équation de l’onde s’écrit,
55

∂2 E
( ∇2s + ∇2z ) E=με 2
(6)
∂t

Avec les expressions des champs donnéesdans les Equations (5), les dérivées partielles
sont obtenues comme suit,

∂2 E 2 2 ∂2 E 2
με 2
=με ( jω ) E , ∇ z E= 2
=(−γ ) E
∂t ∂z

Posons,

2 2
k =ω με

Alors l’Equation (6) de l’onde devient,

∇ 2s E=−( k 2+ γ 2 ) E

Définissons la constante dite de coupure kc comme,

2 2 2 2 2
k c =k + γ , k =ω με

La constante de coupure kc dépendra de la géométrie du guide. Toutefois, lorsqu’elle


est obtenue on peut en déduire la constante de propagation γ le long de z, soit,

√ ( )
2
k
γ= √ k 2c −k 2 =k c 1−
kc

On peut définir une fréquence de coupure fc liée à kccomme,

k c =2 π f c √ με

Alors la constante de propagation devient,

√ ( )
2
f
γ=k c 1−
fc

On ci-dessus que γ peut être soit réel soit complexe. On distingue les cas suivants :
56

Cas 1 : f < fc. Ici la fréquence du signal est inférieure à la fréquence de coupure du
guide. Alors l’expression de γ ci-dessus donne un nombre positif, soit,

γ=α >0

et le champ électrique est alors,

' jωt −αz


E=E ( x , y ) e

Ce qui est une onde décroissante exponentielle avec z

Cas 2 :f > fc. Ici la fréquence du signal est supérieure à la fréquence de coupure du
guide. Alors l’expression de γ ci-dessus donne un nombre complexe, soit,

γ= jβ

et le champ électrique est alors,

' j ( ωt− βz )
E=E ( x , y ) e

Ce qui est une onde variant sinusoïdalement avec t et avec z.

En conclusion, lorsqu’on veut transmettre une onde dans un guide, la


fréquence de l’onde doit être supérieure à la fréquence de coupure du guide. Le
guide agit donc comme un filtre passe-haut.

Il est possible d’exprimer la constante de propagation γ en fonction des


longueurs d’onde. En effet, on a,

u 1
λ= = car u=1/ √ μϵ
f f √ με

Alors, f / f c = λc / λ et,


γ =α , α =k c 1−( λc / λ ) si λ> λc
2

¿ γ = jβ , β=k √ ( λ / λ ) −1 si λ< λ
2
c c c

C'est-à-dire qu’une onde se propage sans atténuation dans un guide, si la


longueur d’onde du signal est inférieure à la longueur d’onde de coupure du
guide.
57

3. ONDES TM, QUELQUES PROPRIETES.

Dans onde TM, le champ magnétique est transversal, c'est-à-dire qu’il n’a pas
de composante dans le sens z (longitudinal). Toutefois, pour le champ électrique, la
composante Ez existera et son équation de Laplace sera,

2 2
∇ s E z =−k c E z

La résolution de Ez dépendra de la géométrie de la section du guide, ceci sera fait dans


les Sections qui suivent. Si Ez est connu, on peut en déduire les autres composantes de
l’onde (Voir Problème 1 et sa Solution à la de ce Chapitre), soit en coordonnées
rectangulaires,

−γ ∂ E z −γ ∂ E z
E x= E y=
k 2c ∂ x k 2c ∂ y
(7)
jωε ∂ E z − jωε ∂ E z
¿ H x= 2 H y= 2
kc ∂ y kc ∂ x

L’onde TM a les propriétés suivantes :


1. Les composantes transversales. Et et Htdes champs sont perpendiculaires
2. L’impédance caractéristique est,

Et γ
ZTM = =
H t jωε
Puisque γ sera imaginaire, ZTM sera réel

Ces propriétés sont établies dans l’Exemple 1 qui suit.

Exemple 1.
Utiliser les relations des Equations (7), pour montrer que Et et H t (les
composantes des champs dans le plan transversal) sont perpendiculaires, et obtenir la
valeur de ZTM.

Solution
Si Et et H t sont perpendiculaires, leur produit scalaire doit être nul. Le plan
transversal étant x-y, nous avons,
58

Et ∙ H t =E x H x + E y H y =
( −γ ∂ Ez
kc ∂x
2
)( jωε ∂ E z
kc ∂ y
2
+ 2
)(
−γ ∂ Ez
kc ∂ y )( − jωε ∂ Ez
kc ∂ x
2
)
Ce qui donne bien,

Et ∙ H t =0

ce qu’il fallait montrer.

Pour l’impédance caractéristique, on a,

[( )]
2 1/ 2

)(
2
−γ ∂ E z −γ ∂ E z
+
kc ∂ x kc ∂ y
2 2
Et √ E2x + E2y
ZTM = = =

[( )]
H t √ H 2x + H 2y 2 1 /2

)(
2
jωε ∂ E z − jωε ∂ E z
+
kc ∂ y
2
k 2c ∂ x

En mettant en facteur les coefficients des dérivées partielles ci-dessus, on obtient,

2
γ /k c γ
ZTM = 2
=
jωε / k c
jωε
ce qu’il fallait établir.

4. ONDES TE, QUELQUES PROPRIETES.

Une onde est dite TE, Electrique transversale, si le champ électrique n’a pas de
composante dans la direction de propagation z de l’onde. Toutefois, le champ
magnétique aura une composante Hz, dans la direction de propagation, et elle satisfera
l’équation de l’onde,

∇ 2s H z=−k 2c H z

A partir des équations de Maxwell, on montrer (Voir Problème 1 et sa Solution


à la fin de ce Chapitre) que pour les coordonnées rectangulaires, toutes les autres
composantes des champs peuvent s’obtenir à partir de Hz comme,
59

− jωμ ∂ H z jωμ ∂ H z
E x= E y=
k 2c ∂ y k 2c ∂ x
(8)
−γ ∂ H z −γ ∂ H z
¿ H x= 2 H y= 2
kc ∂x kc ∂ y

Et comme dans le cas de l’Exemple 1, on peut montrer que dans le plan


transversal, les champs électriques et magnétiques sont perpendiculaires, et que
l’impédance caractéristique est ici,

jωμ
ZTE =
γ

Et cette impédance sera réelle pour le cas d’une propagation sans atténuation, car dans
ce cas γest imaginaire.

5. SOLUTIONS DANS LE GUIDE A SECTION


RECTANGULAIRE

Nous voulons obtenir ici, pour guide à section rectangulaire, les solutions aux
équations (respectivement en mode TM et TE),

∇ 2s E z =−k 2c E z , ∇2s H z=−k 2c H z

où l’indice s implique que le Laplacien a lieu dans le plan transversal, perpendiculaire


à z. Puisque ces équations sont semblables, il suffira de résoudre une seule, soit la
première,

2 ∂2 E z ∂2 E z 2 ' jωt−γz
∇s E z = 2
+ 2
=−k c E z , E z=E (x , y )e
∂x ∂y

En posant,

E' = X ( x ) Y ( y )

Alors l’équation de Laplace donne,

'' '' 2 X'' Y '' 2


X Y + X Y =−k c XY ❑ + =−k c
⇒ X Y
60

Dans la dernière relation ci-dessus, le premier rapport et fonction de x seulement,


tandis que le second est fonction seulement de y. Pour que la somme de ces rapports
soit égale à une constante, chacun de ces rapports soit égal à une constante, soit,

X'' 2 Y '' 2 2 2 2
=−k x , =−k y , k x +k y =k c
X Y

La résolution des équations différentielles donnent,

X =A cos k x x + B sin k x x , Y =C cos k y y + D sin k y y


et,
jωt−γz
E z=( A cos k x x +B sin k x x )( C cos k y y + D sin k y y ) e (9)

De la même manière, l’équation de Laplace pour Hz donne,

H z=( A cos k x x+ B sin k x x )( C cos k y y+ Dsin k y y ) e jωt −γz (10)

Les conditions aux limites détermineront A, B, C, D, kx, ky.

6. SECTION RECTANGULAIRE, SOLUTION DE L’ONDE TM.

Ici nous supposerons que les parois du guide sont constituées de conducteurs
parfaits où on ne peut y avoir de propagation d’onde à cause des pertes. Alors
considérons la figure suivante représentant le guide.

y
z
y=b

x x=a 0

Le champ électrique Ez(Equation 9) est parallèle aux parois du guide. Lorsqu’il atteint
ces parois, il leur est tangentiel. Par les lois de Maxwell (Chapitre 1), les composantes
tangentielles de E sont continues à la limite de deux milieux. Puisque E dans le
conducteur est nul, Ez à chaque parois doit aussi être nul. Donc,

E z ( x , y , z , t )=0 à x=0 , à y=0 , à x=a , à y=b


61

Ces conditions aux limites s’appliquent aussi à E' z ( x , y )=XY qui omet le terme e jωt−γz
de Ez. Donc :

1. A x = 0,
E' z ( 0 , y )=0=( A+ 0 ) Y ❑ A=0

2. A x = a et avec le résultat ci-dessus, on a,

'
E z ( a , y ) =0=( B sin k x a ) Y ❑ k x a=mπ , m=1,2 , …

où on note que la valeur m = 0 est exclue, si non le terme X serait nul et on n’aurait
pas d’onde Ez.

3. A y = 0,
E' z ( x , 0 )=0=X ( C+ 0 ) ❑ C=0

4. A y = b et avec le résultat ci-dessus, on a,

'
E z ( x , b )=0=X ( D sin k y b ) ❑ k y b=nπ , n=1,2, …

où on note que la valeur n = 0 est exclue, si non le terme Y serait nul et on n’aurait
pas d’onde Ez.

L’expression finale du champ électrique est,

mπ nπ
E z ( x , y , z , t )=E 0 sin k x x sin k y y e jωt−γz , k x = , k y=
a b
m , n=1,2,3 , …

où nous avons appelé E0, la constante BD, dont la valeur, ainsi que celles de m en
dépendront du signal d’excitation initial du guide.

Si m et n sont donnés, nous disons que le guide est excité en mode TEm,n, et
on a,
62

)( ) √(
2 2
2 2 2 mπ nπ
k =k +k ❑ ( k c )m , n=
c x y +
⇒ a b

2 π √ με 2 √ με √ a
(k )
( ) +( )
2 2
1
c m ,n m n
( f c )m, n = =
b
2π 2
( λc ) m , n = =
( k c )m , n
√( ) ()
2 2
m n
+
a b

Dans l’exemple qui suit, on montre que le mode TM11 donne les plus petites
dimensions du guide (pour le mode TM) quand on veut transmettre un signal
d’une fréquence donnée.

Exemple 2.
Dans le mode TM, dans un guide à section rectangulaire, on donne a = b.
Obtenir l’expression de la fréquence de coupure. Montrer que si une fréquence de
coupure est donnée, le mode TM11 donne la plus petite dimension du guide.

Solution
Avec a = b, l’expression de la fréquence de coupure donne,

1 √m +n
2 2
( f c )m , n =
2 √ με a

Et la plus petite valeur de cette fréquence de coupure est pour m = n = 1, soit,

( f c )1,1= √ =
2 1
2 a √ με a √ 2 με

D’autre part, si une fréquence fc est fixée, l’expression donnée au début de cette
Solution donne,

a=
√m2 +n2
2 f c √ με

Et on a la plus petite valeur de a lorsque m = n = 1, d’où,

a=
√2 = 1
2 f c √ με f c √ 2 με
63

[Link] RECTANGULAIRE, SOLUTION DE L’ONDE TE.

Le développement des équations ici sera semblable à celui de la Section


précédente, sauf que nous traitons Hz au lieu de Ez, Nous avons de l’Equation 10,

H z=( A cos k x x+ B sin k x x ) ( C cos k y y+ Dsin k y y ) e jωt −γz

Et les conditions aux limites concerneront,

H ' z=( A cos k x x+ B sin k x x ) ( C cos k y y+ Dsin k y y )

Concernant H, les conditions aux limites (Chapitre 1) disent que les composantes
normales aux parois sont continues dans les deux milieux. Le second milieu étant
un conducteur parfait, ces composantes sont nulles aux parois. D’où la figure suivante.
y
Hy=0
y=b
Hx=0 Hx=0
x x=a Hy=0

Mais d’après les Equations 8 de la Section 4 du présent Chapitre, les composantes H x


et Hy sont proportionnels aux dérivées partielles de Hz par rapport à x et à y
respectivement. Donc, aux différentes limites on a,

∂ H 'z
à x=0 , =0=(− A sin 0+ B cos 0 ) Y ❑ B=0
∂x ⇒

∂H 'z
à x=a et avec B=0 , =0=(− A sin k x a ) Y ❑ k x a=mπ , m=0,1 , …
∂x ⇒

∂ H 'z
à y =0 , =0= X (−C sin 0+ D cos 0 ) ❑ D=0
∂y ⇒

∂ H 'z
à y =b et avec D=0 , =0= X ( −C sin k y b ) ❑ k y b=nπ , n=0,1, …
∂y ⇒

En conclusion,

jωt−γz mπ nπ
H z=H 0 cos k x x cos k y y e , k x= , k y=
a b
64

où m et n ne peuvent pas être nuls en même temps sinon on aurait l’effet d’un
champ magnétique créé dans une bobine par des enroulements de fils portant un
courant. Dans ce cas Hz existe mais il n’y aura pas de propagation d’énergie parce que
les champs transversaux sont nuls.

Les caractéristiques sont,

√( )( )
2 2
mπ nπ
k c= + m ,n=0,1,2 , …
a b

√( ) ()
2 2
1 m n
( f c )m , n= +
2 √ με a b
2
( λc )m, n=
√( )()
2 2
m n
+
a b

Ici le mode de plus basse fréquence de coupure est le mode TE 10 où on a m = 1, n = 0.


D’où,
1
( f c )TE = , ( λ c )TE =2 a
10
2 a √ με 10

On note que la dimension b n’intervient pas pour ce mode. Toutefois, en pratique on


choisira b = a/2.

Puisque le mode TE10 (mieux que le TM11) donne les plus petites dimensions de
guide pour une fréquence de transmission donnée, nous l’étudions en plus grand détail
dans la Section qui suit.

8. MODE TE10POUR GUIDE A SECTION RECTANGULAIRE

Ici, m = 1, n = 0. Alors, on a,

π
H z=H 0 z cos k x x e jωt−γz , k x = =k c
a
Et
1
f c= , λ c =2 a
2a √ με

Pour la constante de propagation, on a,


65

π
√ 2
γ= j k c ( λ c / λ ) −1= j
a
√ ( 2 a/ λ )2−1

Pour l’impédance caractéristique, on a,

jωμ jω √ με ( √ μ / √ ε ) k

Z0 μ
ZTE = = = , Z 0=
γ j k √ ( 2 a/ λ ) −1 k c √ ( 2 a/ λ ) −1 ε
2 2
c

mais ,

k f λc 2a
= = =
kc f c λ λ

Alors,

Z0
ZTE =
√ 1−( λ /2a ) 2

D’après les Equations 8 de la Section 4, et le fait que Hz est ici indépendant de y, nous
avons pour ce mode TE,

E z=0 , E x =0 , H y =0.

Pour les autres composantes, sachant que k c =k x =π /a ,on a,

−γ ∂ H z γ H 0 z π πx γ πx
H x= = 2 sin = H 0 z sin
kc ∂ x kc a a kc a
2

D’après toujours les Equations 8, on note,

E y jωμ −γ Z TE πx
= =−ZTE ❑ E y = H 0 z sin
H x −γ ⇒ kc a

En regroupant tous les composants des champs obtenus ci-haut, on a,

πx jωt −γz γ πx jωt −γz


H z=H 0 z cos e , H x = H 0 z sin e
a kc a
−γ ZTE πx jωt −γz
¿ Ey= H 0 z sin e , E z =0 , E x =0 , H y =0 , k c =π /a ,
kc a
66

Il est aussi possible d’exprimer les champs en fonction de E0y. C'est-à-dire,

πx
E y =E0 y sin , où E0 y =−γ Z TE H 0 z /k c
a

Ce qui permet d’éliminer H0z des équations ci-dessus des champs pour donner,

−E0 y k c πx −E0 y πx jωt−γz


H z= cos e jωt −γz , H x = sin e
ZTE γ a Z TE a
πx
¿ E y =E0 y sin e jωt −γz , E z =0 , Ex =0 , H y =0 , k c =π /a
a

On définit la longueur d’onde du guide comme,

2π γ π
, où β= = √ ( 2 a/ λ ) −1
2
λ g=
β j a

et puisque λc = 2a, la longueur d’onde du guide est,

λc
λ g= , λ c =2 a
√ ( λ / λ ) −1
c
2

C’est-à-dire qu’après une distance λ g dans la direction de z, on retrouve les mêmes


valeurs des champs.

9. GUIDE A SECTION CIRCULAIRE. MODE TM ET TE.

Ici nous devons résoudre l’équation de l’onde en coordonnées cylindriques. Les


travaux seront comparables à ceux développés dans le cas du guide à section
rectangulaire, ce qui nous permettra d’être plus brefs ici.

Pour le mode TM, nous considérons,

2 2
∇ s E z =−k c E z

où z est l’axe du guide, et le rayon est r = a. Le plan transversal est ici r-ø. Alors
l’équation de Laplace ci-dessus donne,
67

2 2
∂ Ez 1 ∂ Ez 1 ∂ Ez 2
+ + 2 =−k c E z
∂r
2
r ∂r r ∂∅ 2

Supposons la séparation de variables,

E z=R ( r ) Φ( ø)

En introduisant cette relation dans l’équation de l’onde et en multipliant le résultat par


r2, puis en divisant le tout par RΦ, on a,

R'' R' −Φ ' '


r2 +r + k 2c r 2=
R R Φ

On note ici que les termes à gauche du signe égal sont seulement fonction de r, tandis
que les termes à droite sont fonctions de ø seulement. On conclut que chacun de ces
groupes de terme est égal à une constante que posons égale à n 2. D’où les deux
équations,

'' 2 2 '' ' 2 2 2


Φ =−n Φ ,r R +r R +k c r R=n R

La dernière équation peut se mettre sous la forme (après avoir divisé par r2),

( )
2
R' n
R' ' + + k 2c − 2 R=0
r r

ce que nous reconnaissons comme étant l’équation différentielle de Bessel dont les
solutions sont,

R(r )=C J n ( k c r ) + D N n ( k c r )

où Jn et Nn sont des fonctions de Bessel d’ordre n de la première et de la deuxième


espèce respectivement. La représentation générale de ces fonctions est donnée dans la
figure qui suit.
J0 N0

J1 N1

kcr kcr
68

Puisque nous n’avons pas des champs infinis à r = 0, les fonctions Nn sont exclues des
solutions et il reste,

R ( r )=C J n (k c r )

Pour l’équation de Φ, on a,

Φ '' =−n2 Φ ❑ Φ= A cos n ∅+ B sin n ∅


Ainsi l’expression générale de l’onde en mode TM est,

jωt−γz
E z=J n ( k c r ) ( A cos n ∅+ B sin n ∅ ) e

De même pour le mode TE, on a,

jωt −γz
H z=J n (k c r ) ( A cos n ∅ +B sin n ∅ ) e

Dans chacun des modes ci-dessus, la valeur de kc dépendra des conditions aux
limites pour r = a. On a donc :

1. Mode TM.

Lorsque r = a, Ez est tangent à la parois du guide. Il est nul puisque E est nul dans
le conducteur, et les composantes tangentielles de E sont continues à la limite de deux
milieux.

Ainsi l’expression générale de l’onde en mode TM est,

E z (r =a)=0=J n ( k c a ) Φ

Ce qui implique,

k c a=Pnl ,où Pnl =l−ième zéro de J n

La constante, la fréquence et la longueur d’onde de coupure en mode TM sont


donc,

P nl Pnl 2 πa
( k c )nl = et ( f c )nl = , ( λ c ) nl=
a a 2 π √ με Pnl
69

La plus basse fréquence de coupure a lieu pour la plus petite valeur de Pnl, soit,

TM 01 avec Po 1=2,405

2. Mode TE

Ici nous avons Hz, et c’est la composante de H normaleà la parois, à savoir Hr , qui
sera continue, donc nulle à r = a. Toutefois, à partir des Equations de Maxwell, on peut
obtenir en fonction de Hz, les autres composantes des champs. Un tel travail a été fait
en coordonnées rectangulaires. Ici on a,

−γ ∂ H z −γ ∂ H z
Hr= , H∅= 2
kc ∂ r kc r ∂ ∅
2

− jωε ∂ H z jωε ∂ H z
¿ Er = 2 , E ∅= 2
kcr ∂∅ kc ∂r

On note que Hr est proportionnel à la dérivée de Hz par rapport à r, donc à la dérivée de


Jn . Alors à r = a, on a,

H r ( r =a )=0❑ 0=J ' n ( k c a)


D’où,

k c a=P' nl , où P ' nl =l−ième zéro de J ' n

La constante, la fréquence et la longueur d’onde de coupure en mode TE sont


donc,

P ' nl P' nl 2 πa
( k c )nl = et ( f c )nl = , ( λ c ) nl =
a a 2 π √ με P ' nl

La petite valeur de P ' nl est 1,84 pour n = 1 et l = 1. Donc dans le guide à section
circulaire, le mode avec la plus basse fréquence de coupure est TE 11 (plus basse
que TM01) et on a,

2 πa
( λ c )TE = 1,84
11

10. RELATIONS GENERALES DES PERTES DU GUIDE


70

Les pertes dans les guides proviennent de deux sources :

1. Le diélectrique qui remplit l’intérieur du guide n’est pas parfait, donc est
source de pertes d’énergie.
2. Le conducteur qui constitue la parois du guide n’est pas parfait, donc une
partie de l’énergie s’y perd.

En général, l’atténuation que subit une onde le long de l’axe z, peut s’écrire pour
les champs transversaux qui propagent (en fait) l’énergie,

−αz+ j(ωt− βz)


E s=E 0 s e
−αz + j (ωt −βz)
, γ =α + jβ
¿ H s =H 0 s e

¿
Mais la puissance moyenne en tout point est proportionnelle à E s × H s. Les deux
champs étant perpendiculaires, on obtient (en notant le sens du conjugué complexe) la
puissance moyenne,

P=E s H ¿s=P 0 e−2 αz , P0=E 0 s H 0 s , α=α d + α c

où αd est la constante d’atténuation due au diélectrique, tandis que αc est la constante


d’atténuation due au conducteur. P0 est la puissance initiale à z = 0.

Lapuissance moyenne perdue par unité de distance z est,

−∂ P −2 αz
P p= =2 α P0 e =2 αP
∂z

Ce qui nous donne l’expression utile de la constante d’atténuation,

Pp
α=
2P

Pp = puissance moyenne perdue par unité de distance z.


P = puissance moyenne propagé à z.

Dans les deux Sections qui suivent nous donnerons les expressions des constantes
d’atténuations αd du diélectrique et αc du conducteur.

A. Pertes dans le Diélectrique Imparfait.


71

Le diélectrique étant un milieu isotrope, nous avons, pour des


excitationssinusoïdales, l’équation de Maxwell suivante,

∂D
∇ × H=J + =σ E+ jω ( ε E )
∂t

où σ est la conductivité du diélectrique (très petite dans les diélectriques). Donc, on a,

∇ × H=( σ + jωε E )

Ceci revient à modifier nos résultats précédents de k de la manière suivante,

k 2=− jωμ ( σ + jωε )=ω 2 με(1−σ / jωε )

Et on a,

γ 2=k 2c −k 2

Posons,
k^ 2=ω2 με

Alors l’expression de γ devient,

γ 2=k 2c −k^ 2 ( 1−σ / j ωε ) =k 2c − k^ 2+ k^ 2 σ / jωε

Soit encore,

[ k^ σ
]
2
γ =( k c − k^ ) 1+
2 2 2

jωε ( k c − k^ )
2 2

Puisque σ est très petit, la racine carrée du terme entre crochet est du type
1
( 1+a )1 /2 =1+ a, d’où,
2

[ k^ σ
]
2


γ= ( k c − k^
2 2
) 1+
2 jωε ( k 2c −k^ 2)
k^ σ
2


¿ ( k 2c − k^ 2 ) +

2 jωε ( k 2c −k^ 2 )
72

Posons jβ =√ ( k 2c −k^ 2 ) , puisque k^ >k cAlors (avec j2 = -1), on a,

k^ 2 σ
γ= jβ−
2 ωεβ

D’où l’expression de la constante d’atténuation dans le diélectrique,

k^ 2 σ ^
α d= , k=ω √ με
2 ωεβ

Il est possible d’exprimer cette atténuation en fonction des fréquences ou en fonction


des longueurs d’ondes, en remplaçant β par sa valeur, à savoir,

2 2
√ 2

β=√ k^ −k c = k^ 1−( k c / ^k ) = k^ 1− ( f c / f )
2

Donc,

σ k^ ^
α d= , k=ω √ με

2 ωε 1−( f c /f ) 2

¿=

σ Z0
2 1−( f c /f )
2
Z 0=
√ μ
ε

B. Pertes dans le Conducteur Imparfait.

Ici la constance d’atténuation sera calculée à partir de la formule déjà établie,

Pc
α c=
2P

où Pc est la puissance moyenne perdue dans les parois par unité de longueur le long de
z, P est la puissance moyenne totale qui se propage dans le guide. Donc,

1
P=
2
∬ ℜ ( E s × H ¿s ) dxdy

où E s et H s sont les composantes transversales des champs, et elles sont


perpendiculaires. De plus, Es = Z Hs et Z est réel. Alors l’expression de P peut s’écrire,
73

|Z|
P=
2
∬| H s|2 dxdy , Z=Z TM ou Z=Z TE

La puissance Pc est celle due à la propagation perpendiculaire à la paroi du conducteur.


Pour un conducteur non parfait, on peut montrer que (Voir Appendice B),

Et 1
=Rm ( 1+ j ) , où Rm= , δ =√ 2/ωμσ
Ht σδ

Alors,

1 1
Pc = ℜ {∮ E t H t ds }= ℜ {∮ ( Rm (1+ j) H t ) H t ds }
¿ ¿
2 2

soit,

1
Pc = Rm ∮|H t| ds
2

Puisque Pc est la puissance perdue par unité de longueur z, l’intégration sur z


reviendra à une multiplication par 1 (intégrer sur dz et diviser par dz). Il reste alors
l’intégration sur le périmètre L de la section, soit,


1
Pc = Rm ∮|H t| dl
2

2 L

Enfin,


Rm∮ |H t| dl
2

2 2
α c= L
,|H t| =H t H ¿t et|H s| =H s H ¿s
2|Z|∬|H s| dxdy
2

Exemple 3.
Pour le mode TE10 du guide à section rectangulaire, obtenir αc. On prendra a et
b comme les dimensions de la section du guide.

Solution
Pour ce guide, les composantes non nulles sont Ex, Hx, et Hz. Alors,

πx
H s =H x =− ( E0 y /Z TE ) sin
a
D’où,
74

b a

∬|H s| dxdy =( E0 y /|Z TE|) ∫ ∫ sin2 πxa dxdy


2 2

y=0 x=0
a

¿ ( E 0 y /|Z TE|) b∫
2

0
1
2
1−cos (
2 πx
a
dx )
2
ab E 0 y
¿ 2
2|Z TE|

Au numérateur de αc, nous devons intégrer Ht le long du périmètre L de la section. Ici,


Ht sera constitué de Hx et de Hz (Hy est nul ici). Nous avons alors`la figure suivante.

y
Hz
Hx z
L
x

On note dans la figure ci-dessus que :


1. Hx est tangent à face en bas (y = 0) et à la face en haut (y = b).
2. Hz qui est à l’intérieur du guide est tangent à toutes les 4 faces.

Profitant de la symétrie du système, l’intégration sur un coté sera la même pour le coté
opposé. Nous avons alors,

❑ ❑ ❑

∮|H t| dl=2
2
∮ 2
|H x| dx +2 ∮ 2
|H z| dx +2 ∮ | H z|2 dy
( y=0 ) ( y=0) ( x=0 )

 
où,

H x =−( E0 /Z ) sin ( πx /a ) , H z =−( E0 k c / Zγ ) cos ( πx /a )

Introduisons ces valeurs dans les intégrales ci-dessus. En faisant usage des identités
trigonométriques dans les deux premières intégrales et en notant que dans la dernière,
Hz(x = 0) est une constante, on obtient,

[ ]
2 2
kc kc
∮|H t| dl=( E 0 /|Z|)
2 2
a+ a+2 b
⌈ γ ⌉2 |γ|
2

Ici, γ est complexe (car f > fc). Alors,


75

2
|γ| =β2 =−( jβ )2 =−γ 2

D’où,

1
∮|H t| dl=( E 0 /|Z|)
2 2

−γ
2 [
a ( −γ + k c ) +2 k c b
2 2 2
]
2 2
Mais, k 2c −γ 2=k 2 et−γ 2|Z| =|γZ| d’où,

∮|H t| dl=( E 0 /|γZ|) a k 1+ 2


2 2 2
[ k 2c b
k2 a ]
Enfin la constante d’atténuation due au conducteur devient (sachant que E 0 = E0y , et Z
= ZTE),

[ ]
2

k b 2
Rm∮ |H t| dl
2
Rm ( E 0 /|γZ|) a k 1+2 c2 2

L k a
α c= =
2|Z|∬|H s| dxdy
2
ab E 20
2|Z| 2
2|Z|
Donc,

α c=
2
R m k 1+ 2 2
k a[
k 2c b

2
]
|γ | |Z|b

Il est possible d’exprimer αc en fonction des longueur d’ondes et des dimension du


guide. En effet, on sait que,

Z0 k
2
k
2
1
Z=Z TE = , = =
√1−( λ / λ )
2 2 2 2
c
2
|γ | k + k c 1−( k c /k )

Et que,

kc f c λ
= =
k f λc

Ce qui donne après simplification,


76

Rm
[ ( ) ] où λ =2 a , Z =√ με
2
2b λ
α c= 1+

c 0
b Z 0 1−( λ / λc )
2 a λc

PROBLEMES

1.
Utiliser les équations de Maxwell de l’onde sinusoïdale, pour montrer qu’on
peut exprimer, en fonction Ez et de Hz, les autres composantes des champs. En déduire
les expressions des ondes TM et TE en fonction de Ez et Hz respectivement. On se
limitera au cas des coordonnées rectangulaires.

2.
Obtenir les rapports des fréquences de coupures ci-dessous :

( f c )TE ( f c )TM
a ¿ r 1= , b ¿r 2=
11 11

( f c )TE 10
( f c ) TE 10

pour les guides rectangulaires.

3.
On veut transmettre un signal de 6 GHz dans un guide circulaire.

a. Choisir le mode de transmission (TE, TM) et donner les raisons de votre choix.
b. Pour le mode choisi, donner le rayon du guide.

4.
On veut transmettre des signaux dans le mode TE11 dans un guide à section
circulaire de rayon 1 cm.

a. Obtenir la longueur d’onde de coupure du guide.


b. Est-il possible de transmettre dans ce guide une onde de λ = 2 cm ?
c. Obtenir la valeur de γ pour l’onde de λ = 2 cm.
77

5.
Considérer un guide rectangulaire en cuivre où

σ = 5,8x107 mhos/mètre

et dont les dimensions de la section sont,

a = 4 cm, b = 2 cm
et

−7
μ=μ 0=4 π × 10 henry / mètre

a. Dans quelle bande de fréquence on ne peut qu’avoir le mode TE10 ?


b. Pour λ = 5cm, obtenir la constante de propagation dans le mode TM11.
c. Obtenir la constante d’atténuation dans les parois du guide pour f = 6 GHz et
dans le mode TE10.

6.
Pour le guide circulaire dans le mode TE11, la constante d’atténuation dans le
conducteur est donné par,

[( ) ]
2
Rm 1 fc
α c= +0,420

d Z 0 1−( f / f )2
c
f

où d = rayon de la section du guide.

Pour b = a/2 dans un guide en mode TE10 à section rectangulaire, choisir d en fonction
de a, pour que les deux guides aient la même fréquence de coupure, puis comparer les
deux constantes d’atténuation dans les conducteurs.

SOLUTION

1.
Des équations de Maxwell en variation sinusoïdale avec le temps, on a.
78

∇ × E=− jωμ H

Ce qui s’exprime comme,

| |
ax ay az
∂ ∂ ∂ =− jωμ H a + H a + H a
( x x y y z z)
∂x ∂y ∂z
Ex Ey Ez

D’où,
∂ Ez ∂ Ey
∂y

∂z
=− jωμ H x ,−
∂ Ez ∂ Ex
∂x

∂z ( )
=− jωμ H y

où les composantes avec a z n’ont pas d’importance pour notre travail ici. La variation
des champs avec z étant de la forme e−γz , les dérivées partielles par rapport à z
reviennent à une multiplication par –γ et les équations ci-dessus donnent,

∂ Ez
+ γ E y =− jωμ H x ( 1)
∂y
∂ Ez
¿− −γ E x =− jωμ H y (2)
∂x

De même, à partir de ∇ × H= jωϵ E, on peut établir,

∂Hz
+γ H y = jωε E x (3)
∂y
∂ Hz
¿−γ H x − = jωε E y (4)
∂x

Multiplions la relation (1) par jωε et multiplions la relation (4) par γ, puis ajoutons les
deux résultats. On a,

∂ Ez ∂Hz
jωϵ + jωϵγ E y −γ 2 H x −γ =ω2 με H x + jωεγ E y
∂y ∂x

Ci-dessus, le deuxième et le dernier terme s’annulent, et en remplaçant ω2με par k2, on


en tire,

H x= 2
1
γ +k 2 [
jωε
∂ Ez
∂y
−γ
∂Hz
∂x ]
79

Des équations (1) et (4), on peut éliminer Hx pour avoir Ey. De la même manière, on
peut tirer les expressions de Hx et Ey des équations (2) et (3). On aura,

E y=
1
γ 2 +k 2
−γ[∂ Ez
∂y
+ jωμ
∂Hz
∂x ]
−1
H y = 2 2 jωε
γ +k [
∂ Ez
∂x

∂ Hz
∂y ]
E x= 2 2
−1 ∂ E z
γ +k ∂ x [
+ jωμ
∂Hz
∂y ]
où γ 2 +k 2=k 2c . En mode TM, Hz = 0. En mode TE, Ez = 0.

2.
D’après les formules établies dans les Sections 6 et 7, on a en général,

√( ) ()
2 2
1 m n
f c= +
2 √ με a b

Alors,

r 1=
√ 1 1
+
a2 b 2

a2
= 1+ 2 = √5=2,24

√ 1
a
2
+0
b

De même, on peut établir,


r 2= √5=2,24

3.
Ici, nous prendrons le mode TE11 dont la fréquence de coupure est la plus basse
pour les guides à section circulaire. Il s’en suivra de plus faible dimension. On a,

8
3 × 10 2 πa 1,84
λ c =λ= = ' ❑ a= =1,4 cm
6 × 10
9
P11 ⇒ 20 ( 2 π )

4.
a. Pour le mode TE11 dans le guide circulaire,
80

2 πa 2× 3,14 ×10−2
λc= = =3,41 cm
P ' 11 1,84

b. L’onde dont λ = 2 cm peut être transmise dans le guide dans le mode TE11,
car,

λ=2 cm< λc =3,41 cm

c. Dans le cas de partie b ci-dessus, la constante de propagation est,

√ ( ) √ ( )
2 2
λ 2π 2
γ= jk 1− =j 1− = j 250 rd/ s
λc 0,02 3,41

5.
Partie a.-Puisque le guide est rectangulaire, la fréquence de coupure est,

√( ) ()
2 2
1 m n
f c= +
2 √ με a b

Avec b = a/2 et 1/ √ με =3 ×108 m/s ,

3× 108 1
f c=
2 a
√ 2
m +( 2 n )
2

Alors la plus basse fréquence de coupure est pour le TE10, où m = 1 et n = 0,


soit,

1,5 ×10 8
f c1 = =3,75GHz
4 ×10−2

La fréquence de coupure suivante est pour TE11 et TM11, où m = 1 = n, soit,

8
1,5 ×10
−2 √
f c2 = 1+ 4=8,38 GHz
4 ×10

Entre fc1 et fc2, seul le mode TE10 peut être transmis. En dessous de fc1, les
propagations ont lieu avec une atténuation. Au dessus de fc2, on peut transmettre TE10,
TE11, et TM11.
81

Partie b.- Pour λ = 5 cm, on a,

3 ×10 8
f= =6 GHz
5× 10−2

Cette fréquence est en dessous de la fréquence de coupure 8,38 GHz du mode TE 11. Il
y aura atténuation dans le guide et,

γ= √k c −k =2 π f c √ με 1−( f / f c )
2 2
√ 2

Soit,

9
2 π × 8,38× 10
γ= 8 √ 1−( 6 /8,38 ) =122,3 népers/mètre
2

3 ×10

Partie c.-Dans les parois du guide la constante d’atténuation a été établie dans
l’Exemple 3, pour le mode TE10, avec la valeur (en utilisant la fréquence au lieu de la
longueur d’onde),

[ ( )]
2
Rm 2b fc
α c= 1+

b Z 0 1−( f c /f )
2 a f

où ,

a
b=2 cm= , Z 0=√ μ0 /ε 0 =377 , f =6 GHz , f c =3,75 GHz
2

D’autre part,

Rm =
1
=
1
=
√2 π × 10 × 4 π ×10 × 5,8× 10
9 −7 7

σδ σ √ 2 / ω μ 0 σ 5,8 × 10 √2
7

D’où,

−2
Rm =2,02× 10 ohms

En introduisant toutes les valeurs ci-dessus dans l’expression l’atténuation, on a,

[ ( )]
−2 2
2,02 ×10 3,75 −3
α c= 1+ =4,8× 10 népers /m
2× 10 (377 ) √1−( 3,75 /6 )
−2 2 6
82

6.
Soit α1 et α2 les constantes d’atténuation respectives dans les parois des guides
rectangulaires et circulaires. Alors, d’après la formule donnée dans le présent
Problème et celle de l’Exemple 3, nous avons, lorsque a = 2b,

[ ( )]
2
Rm f
α 1= 1+ c
b Z0 √ 1−( f c /f )
2 f

¿ α 2=

Rm
d Z 0 1−( f c / f )
2 [( )
fc 2
f
+0,420
]
Pour que les deux guides aient la même fréquence de coupure, il faut avoir,

2 πd
( λ c )rect=2 a=( λ c )∘= 1,84 ❑

d=0,58 a

Alors en posant x = fc/f, le rapport des deux constantes d’atténuation donne,

α 1 d ( 1+ x 2) d 0,58 a
= , avec = =1,16
α 2 b ( 0,42+ x 2 ) b 0,5 a

Donc,

α1 ( 1+ x 2)
=1,16
α2 ( 0,42+ x 2 )

Pour voir l’allure de ce rapport lorsque la fréquence transmise est supérieure à la


fréquence de coupure, nous établissons la table suivante.

f= fc 2 fc 3 fc 10 fc ∞
x 1 1/2 1/3 1/10 0
α1/α2 1,62 2,16 2,42 2,71 2,76

On note le guide circulaire a une plus faible atténuation dans ses parois que le guide
rectangulaire, et c’est d’autant plus faible que la fréquence du signal est élevée.
83

CHAPITRE 4
LES LIGNES DE TRANSMISSION

1. INTRODUCTION

Lorsque la longueur d’onde d’un signal est bien inférieure à la longueur de la


ligne de transmission qui le transporte, cette ligne ne peu plus être représentée par une
résistance, une inductance et une capacité équivalentes sur laquelle les théories des
circuits électriques seraient applicables. La ligne sera plutôt représentée par des
éléments distribués sur toute sa longueur.

Dans le présent Chapitre, la ligne de transmission sera symboliquement


représentée par deux fils parallèles, mais elle peut aussi bien être un câble coaxial,
qu’un guide d’onde. La Section 10 de ce Chapitre donne une application des résultats
obtenus ici, aux guides d’onde.

2. EQUATIONS GENERALES POUR LA LIGNE

Etant donnée une section Δz d’une ligne de transmission, cette section a la


représentation générale suivante ci-dessous.

i LΔz RΔz i+Δi


Δz A
+ +
z v CΔz GΔz v+Δv
- -
Δz
où,
L = inductance en série par unité de longueur
R = résistance en série par unité de longueur
C = capacité en parallèle par unité de longueur
G = conductance en parallèle par unité de longueur

R = 0 si la ligne est constituée par un conducteur parfait.


G = 0 si le diélectrique qui sépare les 2 lignes est parfait (pas de conduction)

A l’entrée, le courant est i et la tension est v. A la sortie, le courant est i+Δi, et


la tension est v+Δv.
84

Par la loi de Kirchhoff appliquée au nœud A, la somme des courants sortant du


nœud est 0. Soit,

∂ ( v +∆ v )
−i+ ( i+ ∆ i )+ G ∆ z ( v + ∆ v ) +C ∆ z =0
∂t

En regroupant les deux premiers termes ci-dessus et en divisant tous les termes par Δz,
on obtient,

∂ ( v +∆ v ) −∆i
G ( v +∆ v ) +C =
∂t ∆z

Et lorsque Δz tend vers 0, Δv tendra vers 0 et l’équation ci-dessus devient,

−∂ i ∂v
=Gv +C
∂z ∂t

Maintenant, par la loi de Kirchhoff appliquée à la maille de gauche, on a,

∂i
−v+ L ∆ z + R ∆ zi+ ( v +∆ v )=0
∂t

En simplifiant, puis en divisant par Δz, puis en prenant les limites lorsque Δz tend vers
0, on a,

−∂ v ∂i
=Ri+ L
∂z ∂t

En conclusion, dans une ligne de transmission, le courant et la tension satisfont le


système d’équations,

−∂ i ∂v
=Gv+ C
∂z ∂ t (1)
∂v ∂i
¿− =Ri+ L
∂z ∂t

3. EXCITATION SINUSOIDALE DE LA LIGNE


85

Une ligne peut être excitée un signal quelconque placé à une de ses extrémités.
Toutefois nous nous limitons ici au cas des excitations sinusoïdales en régime
permanent. C’est le cas le plus important en Télécommunications où les messages
sont portés par des signaux à des fréquences précises.

Supposons la tension et le courant exprimés par,

v=V 1 (z)cos ωt , i=I 1( z )cos(ωt +θ)

où θ est un angle de déphasage entre v et i. Alors nous pouvons définir les quantités
complexes suivantes,

V =V 1 ( z ) e jωt , I =I 1 ( z ) e j(ωt+ θ)

Il est clair que,

v=ℜ [ V ] et i=ℜ [ I ]

Les quantités complexes V et I sont plus facile à manipuler mathématiquement que v


et i. Pour cette raison nous travaillerons avec V et I presque exclusivement dans le
reste de ce chapitre.

Notons que les dérivées partielles par rapport au temps de V ou I, revient à une
multiplication par jω de V ou I. Par conséquent, les Equations 1 donnent,

−∂ I
=GV + jωCV
∂z
∂V
¿− =RI + jωLI
∂Z

Ce qui peut s’écrire,

∂I
=−Y ( jω) V ,Y ( jω )=G+ jωC
∂z
(2)
∂V
¿ =−Z ( jω ) I , Z ( jω )=R+ jωL
∂Z

Dans le système d’équations ci-dessus, prenons la dérivée partielle de la première


équation, et dans le résultat obtenu, utilisons la seconde équation pour avoir,
86

2
∂ I ∂V
=−Y =−Y (−ZI )
∂z 2
∂z

Ce qui donne

∂2 I
2
=( YZ ) I
∂z

Définissons maintenant la constante de propagation comme,

γ= √ YZ

Alors l’équation différentielle ci-dessus donne,

2
∂ I 2 ±γz
2
=γ I ❑ I =I 2 (t) e
∂z ⇒

et une solution semblable peut s’obtenir pour V. Toutefois, l’expression de I2(t) est
exponentielle par rapport au temps comme nous avons posé au début de cette Section.
Alors,

I=I m e ± γ + j (ωt +θ ) , V =V m e ± γ+ jωt


¿ γ = √ YZ=√ ( G+ jωC )( R+ jωL )

La constante de propagation γ est en général complexe. On peut donc l’écrire,

γ=α + jβ où α et β sont réels

Une expression du rapport V/I peut s’obtenir en introduisant la valeur de I ci-


dessus dans la première des Equations 2. En effet, sachant que la partielle par rapport à
z revient à une multiplication par γ, on a,

± γI =−YV ❑

V
I
γ
=∓ =∓
Y
√ ZY =∓ Z
Y Y √
Et on définit l’impédance caractéristique de ligne comme,

Z 0= |VI |=√ YZ = √ G+
R+ jωL
jωC
(3)

D’une manière générale, la tension complexe peut s’écrire,


87

V =V m e± αz+ j(ωt ± βz)

dont la partie réelle est,

±αz
v=V m e cos ( ωt ± βz )

Ici,
- α = constante d’atténuation
- β = constante de phase

Pour la tension une amplitude donnée se distingue par sa phase, ωt+βz = Cte. La
dérivée par rapport à t de cette constante donne,

dz
ω± β =0
dt

C'est-à-dire qu’une amplitude donnée se déplace le long de z à la vitesse de phase,

dz ω
up = =∓
dt β

Ci-dessus, les signes ont les sens suivants :

−ω
1. Si on a +γ, alors u p = , c'est-à-dire que l’onde progresse vers les z négatifs,
β
vers la gauche.

2. Si on a -γ, alors u p = , c'est-à-dire que l’onde progresse vers les z positifs,
β
vers la droite.

Dans le reste de ce chapitre, nous supposerons que nos ondes progresseront vers la
droite avec –γ, mais elles pourront subir des réflexions qui produiront des ondes vers
la gauche.

Exemple 1.
Soit une ligne téléphonique portant un signal de 1kHz et ayant les
caractéristiques suivantes :

R = 10 Ω / km L = 0,003 H / km
G = 0,2x10-6 mhos / km C = 0,006x10-6 F / km
88

Obtenir γ et Z0.

Solution
Nous commençons par évaluer Z et Y. On a,

Z =R+ jωL=10+ j ( 2 π ×103 ×3 ×10−3 )=10+ j16,8


¿ Y =G+ jωC =0,2× 10−6 + j2 π × 103 × 6 ×10−9=( 0,2+ j 37,7 ) 10−6

En representation module plus angle, on a,

Z=21,3/62,0o
o
¿ Y =37,7/89

En introduisant ces valeurs dans les formules de γ et de Z0, on aura,

γ =√ ZY =28,3/75.85 =6,9+ J 27,4


O

¿ Z0 =√ Z /Y =0,75 /−13,850=0,79− j 0,18

4. EXPRESSIONS DE γ ET Z0 DANS DES CAS SPECIAUX

D’après les expressions de γ et Z0 établies dans la Section précédante, ces


paramètres de la ligne sont fonctions de R, L, G, C et ω. Pour cette raison, nous
pouvons avoir les situations intéressantes suivantes :

A) La fréquence du signal = [Link] ce cas, les signaux sont continus, et,

γ= √ RG , Z 0=√ R/G

B) La fréquence est très élevée. Ici les termes complexes dominent devant les
termes réels dans les expressions des impédances et des admittances. Alors,

γ= √ ( jωL) ( jωC ) ❑ γ = jω √ LC , Z 0 =
⇒ √ L
C

Ce cas est appelé celui des lignes sans pertes, car les causes des pertes, R et G ont été
négligées.
89

C) Lignes avec bons isolants. Dans ce cas, le rapport G/C est bien inférieur au
rapport R/L. C'est-à-dire que G<<ωC et on a,

et,

γ= √ jωC ( R + jωL ) ❑ γ= jω LC 1− j
⇒ ( R
ωL )
Z 0=
√ L
C(1− j
R
ωL )
D) Lignes à faibles pertes. Nous avons ici,

R ≪ ωL et G ≪ωC

Alors des approximations sont possibles, à savoir,

γ=
√[ (
jωL 1+
R
jωL )][ jωC (1+ jωCG
)]
≈ jω √ LC ( 1+ )( 2 jωC )
R G
1+
2 jωL

où dans la dernière ligne des équations ci-dessus, nous avons utilisé l’approximation
( 1+α )n ≈ 1+αn si α ≪ 1. En effectuant le développement des produits et les termes
contenant le produit RG, on a,

γ=α + jβ , β=ω √ LC , α= +
√ √
R C G L
2 L 2 C

Quant à Z0, on peut l’écrire,

Z 0=
√ √ √
Z
Y
=
jωL 1+ R / jωL
jωC 1+G/ jωC
=
L 1+a 1
C 1+a 2 √√
où a1 et a2 sont petits en module par rapport à 1. Alors, on a,

1 1+ a1
≈ 1−a2 et ≈ 1+(a1−a 2)≈ 1
1+ a2 1+ a2

car la différence de a1 et a2 est,


90

a 1−a2=− j ( ωLR − ωCG )


Ce qui est négligeable devant 1 et on a enfin,

Z 0=
√ L
C

E) Les lignes sans distorsion. Lorsque nous avons sur la ligne un message
contenant des composantes de fréquences différentes (comme s’est souvent le
cas), le signal reçu ne ressemblera pas à celui qui est envoyé si les composantes
sont atténuées différemment, ou si les composantes ont des vitesses de phase
différentes. Pour éviter la distorsion qui en résulte, on doit avoir :

1. α, la constante d’atténuation indépendante de la fréquence ω.


2. up, la vitesse de phase indépendante aussi de ω.

Nous montrerons que les deux conditions ci-dessus sont satisfaites si,

R G
=
L C

En effet,

γ=
√[ (
jωL
R
jωL
+1 )][ jωC ( jωC
G
+ 1)
]
Si dessus, les termes entre parenthèses sont identiques puisque R/L = G/C. Donc,

γ= jω √ LC [ G
jωC
+1 = ]√
L
C
G+ jω √ LC

Si on remplace maintenant L/C par R/G qui lui est égal par hypothèse, on a,

γ= √ RG + jω √ LC ❑ α= √ RG , β=ω √ LC

où on note que α est indépendant de ω. Pour la vitesse de phase, on a,

ω ω 1
up = = ❑ u p=
β ω √ LC ⇒ √ LC
91

C'est-à-dire que la vitesse de phase est indépendante de ω.

En pratique, on a des rapports du type R/L = 3000, G/C = 30. Si on veut


que ces lignes soient sans distorsion, il faut augmenter L pour diminuer le
rapport R/L. Pour cela, on peut rouler le conducteur dans une bande métallique
de haute perméabilité, ou on peut insérer des inductances à des intervalles
uniformes dans la ligne.

5. LIGNES SANS PERTE, AVEC REFLEXION

Dans la présente Section comme dans le reste de ce Chapitre, nous nous


intéresserons surtout aux lignes sans pertes, ce qui nous permettra d’établir des
relations simples dont l’extension aux lignes avec pertes évidente.

Lorsque la ligne est sans perte, la constante d’atténuation α = 0. Si de plus les


signaux sont réfléchis, nous pouvons écrire pour la tension totale sur la ligne,

V =V +¿e j (ωt− βz)


+V −¿ e j(ωt +βz ) ¿
¿

où V+ et V- sont les amplitudes maximums des ondes allant dans le sens des z positifs
et des z négatifs respectivement. Alors en utilisant les Equations 1 de la Section 2, on
peut écrire pour la ligne sans perte (avec R = 0),

−∂ V ∂I
=L ❑−¿
∂z ∂t ⇒

Mais,
ωL
=
ωL
β ω √ LC
=
L
C
=Z0

Alors on tire des relations précédentes,

1
I= ¿
Z0

Le terme e jωt est toujours présent dans nos expressions des signaux. Toutefois, pour
faciliter l’écriture, nous l’omettrons lorsque l’accent est sur les variations avec la
distance z, et nous écrirons,
92

Dans les équations ci-dessus, les valeurs de V et I se répèteront à des points séparés
par la distance z = λ, si,


βλ=2 π ❑ λ=
⇒ β

et λ est appelé la longueur d’onde du signal. Pour la ligne, β=2 πf √ LC , Ce qui nous
permet d’écrire,

1
λ=
f √ LC

6. COEFFICIENT DE REFLEXION ET IMPEDANCE

Considérons la ligne sans perte ci-dessous où nous avons un générateur vs et une


charge ZL. La longueur de la ligne est ℓ.

vs ZL
z=-ℓ z=0

Pour des raisons pratiques (les tensions et les courants seront calculés plus
facilement), nous avons pris l’origine de l’axe z à la charge. Alors à z = 0, les relations
des Equations 4 nous donnent,

V ( 0 )=V + ¿+V −¿, I (0)=¿¿


¿

Puisqu’à z = 0, nous avons la charge, nous pouvons écrire,

V (0)
Z L= =Z 0 ¿ ¿
I (0)

Définissons le coefficient de réflexion comme,

V −¿
ρ= ¿
V +¿ ¿
93

Alors la relation de l’impédance devient,

1+ ρ
Z L =Z 0
1−ρ

D’où on peut tirer ρ comme suit,

Z L 1+ ρ Z L
= ❑ ( 1− ρ )=1+ ρ❑ ρ 1+
Z 0 1−ρ Z 0
⇒ ⇒
ZL ZL
Z0
= −1
Z0 ( )
soit,

Z L −Z0
ρ=
Z L +Z 0

L’impédance à tout point z de ligne peut s’exprimer en fonction du coefficient


de réflexion comme suit.

V ( z)
Z ( z )= =Z 0 V V −¿e ¿
I ( z) + ¿e − jβz
+
V + ¿e −jβz
jβz

¿
¿
−V jβz ¿
−¿ e

En sortant le terme V +¿ e−jβz


¿ du numérateur et du dénominateur, on obtient,

j 2 βz
1+ ρ e
Z ( z )=Z 0 j 2 βz
1−ρ e

Exemple 2.
Considérer une ligne de transmission ayant un court-circuit comme charge.
Obtenir le coefficient de réflexion et l’impédance totale le long de la ligne. Donner la
valeur de l’impédance totale à z = -λ/2 et à z = -λ/4.

Solution
Le court-circuit implique ZL = 0. Alors l’équation du coefficient de réflexion
donne,
0−Z 0
ρ= =−1
0+Z 0
et
1−e j 2 βz
Z ( z )=Z 0
1+e j 2 βz
94

Pour z = -λ/2, 2βz = 2(2π/λ)(-λ/2) = -2π et,

( )
j2π
−λ 1−e 1−1
Z =Z 0 =Z 0 =0
2 1+ e
j2π
1+1

Pour z = -λ/4, 2βz = 2(2π/λ)(-λ/4) = -π et,

( ) 1−(−1) 2

−λ 1−e
Z =Z 0 =Z0 = =∞
4 1+e j2π
1+(−1) 0

D’une manière générale, sur une ligne terminée en court-circuit, on retrouve le court-
circuit aux distances z = -nλ/2 et on a des circuits ouverts aux distances z = -(2n+1)λ/4,
n = 0, 1, …

7. TAUX D’ONDE STATIONNAIRE

Le taux d’onde stationnaire (TOS) qui est une quantité facilement mesurable,
est défini comme suit.

|V |max |I|max
TOS=S= =
|V |min |I|min

Afin d’établir une relation entre S, V+, et V-, considérons le module de V au carré.

Ce qui donne,

2
|V | =V +¿ +V 2
2
−¿ +2 V +¿ V ¿
¿
¿
−¿ cos 2 βz¿

Dans cette dernière relation, on note que :

1. |V |2 est maximum, soit lorsque V+ et V- ont le même signe etcos 2 βz=1, soit
lorsque V+ et V- ont des signes contraires et cos 2 βz=−1. Dans ces deux cas on
peut écrire,

2
|V |max=V + ¿ +V 2
2
−¿ + 2 ¿¿
¿

D’où,
95

|V |max=¿

2. |V |2 est minimum, si cos 2 βz=± 1, avec un signe opposé à celui du produit


V+V-, soit alors,

2
|V |max=V + ¿ +V 2
2
−¿ −2 ¿¿
¿

soit,
|V |min=¿

Le taux d’onde stationnaire peut maintenant s’écrire,

S=¿ ¿

Et en divisant le numérateur et le dénominateur par ¿, on obtient la relation,

1+| ρ|
S=
1−|ρ|

8. ABAQUE DE SMITH.

L’abaque de Smith ( ou diagramme de Smith) nous permet de déterminer la


valeur des impédances ou des admittances sur la ligne. Les valeurs obtenues seront des
valeurs normalisées par rapport à l’impédance caractéristique de la ligne.

Définition l’impédance normalisée comme,

Z (z) 1+w
Z n= = où w= ρ e j2 βz
Z0 1−w

L’abaque est constitué par un système d’axes rectangulaires portant en abscisse


la partie réelle de w, et en ordonnée sa partie imaginaire, soit,

w=u+ jv
On a alors la figure suivante.

v
|ρ|=1
u
96

Le plus grand cercle de l’abaque sera celui de rayon égal à 1. Posons pour l’impédance
normalisée,

Z n=r + jx

où r est la résistance normalisée et x est la réactance normalisée. Nous établirons sur


l’abaque les lieux de r constant et les lieux de x constants. L’équation de l’impédance
normalisée donnée au début de cette Section s’écrit,

( 1+u )+ jv [ ( 1+u ) + jv ] [ ( 1−u ) + jv ]


r + jx= =
( 1−u )− jv ( 1−u )2 + v 2

Ce qui donne,

2 2
1−u −v + jv (1+u+1−u)
r + jx=
( 1−u )2+ v 2

D’où on tire,

1−u 2−v 2 2v
r= 2 2
, x=
( 1−u ) + v ( 1−u )2 + v2

Pour trouver les valeurs de w correspondant à une valeur fixe de r, développons


l’expression ci-dessus de r. On a,

r ( 1+u −2 u ) + r v =1−u −v
2 2 2 2

En regroupant les termes en u et en v, on a,

u2 ( r +1 )−2 ur +v 2 ( r +1 )=1−r

En divisant l’équation ci-dessus par r+1, on a,

2 2ur 2 1−r
u− +v =
r +1 1+r

Complétons les deux premiers termes ci-dessus à un carré parfait. On a,


97

( )
2 2 2 2
r 2 1−r r 1−r + r
u− +v = + =
r+ 1 1+r ( r +1 ) 2
( r +1 )2

D’où,

( u−
r+ 1)
r 2 2
+v =
1
( r +1 )2

Ceci est l’équation d’un cercle centre (r/(r+1), 0), et de rayon 1/(r+1), dans le plan de
l’abaque. On note que :
1. Tous ces cercles ont leur centre sur l’axe des abscisses avec v = 0.
2. Tous ces cercles passent par le point (u,v) = (1,0). En effet, introduisons ce
point dans l’équation du cercle. On obtient,

( 1−
r 2
r +1 )
+ 0=
1
( r +1 )

2 ⇒ ( )
1 2
r +1
=
1
( r +1 )2

Ce qu’il fallait montrer. Les cercles de r constante ont l’allure suivante.

r=1
r=0

Comme dans le cas de r constante, nous pouvons montrer que pour une
admittance x constante, nous avons,

( )
2
( u−1 )2+ v− 1 = 12
x x

Ce qui est un cercle de centre (1, 1/x) et de rayon 1/x. Dans le plan u-v, ces cercles on
la présentation suivante.

Lieu des centres


des cercles
98

x=1

x = -1

Lorsque l’impédance normalisée est connue en un point de la ligne, nous pouvons


nous placer au point A correspondant sur l’abaque. A partir de ce point, nous pouvons
nous déplacer d’une distance , soit vers la source, soit vers la charge et l’angle
correspondant sur l’abaque est 2βl, le module de ρ restant constant. C'est-à-dire qu’on
se déplacera sur un cercle de centre O(0,0) et de rayon OA, comme on le voit dans la
figure suivante, pour arriver à A'.

A Vers la charge
ρ
2β

A' Vers le générateur

Sur l’Abaque de Smith, les déplacements sont donnés en longueur d’onde. La longueur
maximum est 0,5 λ, un tour complet du cercle. En effet, comme nous l’avons montré
dans l’Exemple 2, on retrouve sur la ligne la même impédance, après une distance de
0,5 λ.

Les valeurs des réactances sont positives dans la partie supérieure de l’abaque,
et elles sont négatives dans la partie inférieure.

Puisque le grand cercle de rayon R correspond à |ρ|=1, alors la distance d d’un


point de l’abaque au centre de l’abaque représente un coefficient de réflexion égal à,
d
|ρ|=
R

Toutefois, dans l’Abaque de Smith, on retrouvera en bas une échelle des coefficients
de réflexion, sur laquelle il suffira de porter la distance d et lire la valeur du
coefficient.
99

Exemple 3.
Considérer la ligne de transmission sans perte ci-dessous.

vs Z0 = 50Ω ZL = 25+j25 Ω

l = 35 cm
Où la longueur d’onde des signaux est λ = 20 cm.

a) Normaliser ZL et placer le résultat sur l’Abaque de Smith.


b) Lire la valeur de |ρ| et déterminer le TOS.
c) Déterminer en longueur d’onde la longueur de la ligne.
d) Déterminer l’impédance aux bornes de la ligne.

Solution

a) L’impédance normalisée est,

25+ j 25
Z n= =0,5+ j0,5
50

Sur l’abaque, nous plaçons le point A à l’intersection des cercles r = 0,5 et x = 0,5, ce
qui nous place comme suit,

P1 = 0,088
0,5 A
x = 0,5
O
r = 0,5

Et nous lisonsla longueur 0,088λ à P1, l’intersection de la droite OA et le grand cercle


portant les longueurs d’onde vers le générateur.

b) En lisant la longueur OA et en la divisant par le rayon du grand cercle où |ρ|=1,


on obtient le coefficient de réflexion à A,
100

1+| ρ| 1+0,44
|ρ A|=0,44❑

TOS= =
1−| ρ| 1−0,44
=2,57

c) La longueur de la ligne en longueur d’onde est,

35
l= =1,75 λ
20

d) Pour déterminer l’impédance aux bornes de la source, nous devons nous


déplacer vers le générateur, sur le cercle de rayon OA, d’une longueur l.
Toutefois, tout déplacement de n(λ/2) nous ramène au même point sur l’abaque.
Donc pour nous ici, on utilisera à la place de 1,75λ, on prendra,

l=0,25 λ≤ point P2 =0,088+0,25=0,338 λ

P1
A
O

A'

P2

Au point A' sur l’abaque, on lit,

Z n (−l )=1− j 1❑ Z (−l )=Z n (−l ) Z0 =50− j50


9. ADAPTATION DE LA CHARGE A LA LIGNE

Pour éviter la réflexion des ondes vers la source, on procède à des adaptations
d’impédance sur la ligne de transmission. Plusieurs techniques sont possibles, mais
nous utiliserons des stubs de courts circuits, plutôt que des stubs de circuits ouverts qui
sont plus difficiles à maintenir. On peut avoir :

a) Le « Single Stub Tuner ». Le schéma est le suivant.


1
1
ZL
2
101

2 Court-circuit

Le stub tuner est la section de ligne avec le court-circuit. Le problème ici est de choisir
les longueurs 1 et 2 de façon à ce que l’impédance totale vue à droite des points 1-2
soit égale à Z0 (impédance caractéristique de la ligne). Pour atteindre cet objectif on
procèdera comme suit :

- On choisit l1 de façon à ce que l’admittance normalisée due à la charge soit,


Y 1 (−l 1 )=1+ jb
- On choisit l2 de façon à ce que l’admittance due au court-circuit soit,
Y 2 (−l 2 )=− jb

Alors l’admittance totale entre 1 et 2 sera Y1 + Y2 = 1, ce qui donne


l’impédance Z0.

b) Le « Double Stub Tuner ». Une difficulté du Single Stub est que les points
d’attache du stub se déplacent lorsque ZL change, car alors 1 change. La
solution consiste à utiliser deux stubs placés à des points fixes de la ligne de
transmission comme suit.

3 1
1 3λ/8
ZL
2 4

3 2

Comme dans le cas du single stub, l’admittance totale vue à droite des points 1-2 doit
être 1. Alors :
- 2 doit être choisie de façon à ce que l’admittance vue à droite des points 3-4
donne à son tour (après une distance 3λ/8) une admittance Y = 1+jb.
- 3 doit être choisie pour produire Y(-3) = -jb.

Le choix de 2 n’est pas automatique. Il sera obtenu à tâtons, en utilisant l’Abaque de


Smith.
102

Une limitation à cette méthode est le cas où la partie réelle de l’admittance


produite par la charge aux points 3-4 est supérieure à 2. La solution à ce
problème est l’usage d’un « Triple Stub Tuner » où les stubs sont espacés de λ/4.

Exemple 4.
Obtenir les longueurs minimums 1 et 2 pour adapter la charge`à la ligne dans
la figure ci-dessous.

1 1
Z0=75Ω ZL=150+j60
2

2

Solution
L’impédance normalisée pour la charge donnée est,

150+ j 60
Z n= =2+ j 0,8
75

En portant cette valeur sur l’Abaque de Smith nous obtenons le point A, comme
indiqué sur la figure suivante.

P" 
r =1
A’'
A
O

A' A'''
P'(0,466)

Du point A, nous passons à son symétrique A' par rapport au centre O. Ce qui nous
donne l’admittance normalisée correspondant à la charge donnée,

Y n=0,58− j0,16

Le prolongement de OA' coupe le cercle portant les longueurs d’onde vers le


générateur en P' où nous lisons 0,466λ.
103

De A' nous allons vers la source sur le cercle de centre O et de rayon OA'. Ce
cercle coupe le cercle de r = 1 en A'' et en A'''. Nous retenons A'' comme étant la plus
courte distance. Nous y lisons,

Y n (−l 1 )=1+ j0,95

Le prolongement de OA'' nous donne le point P", où nous lisons 0,158λ. D’où,

l 1=( 0,5 λ−0,466 λ )+ 0,158 λ=0,192 λ

Où le terme entre parenthèses tient compte du fait qu’en allant vers le générateur à
partir de P’, la position horizontale donne une lecture de 0,5λ, et les lectures
recommencent à 0λ.

Pour le stub, il doit produire l’admittance,

Y stub =− j0,95

Un court-circuit a une impédance nulle, donc une admittance infinie. Ceci nous place à
l’extrême droite de l’abaque où la lecture des distances commence par 0,25λ. En ce
déplaçant à partir de ce point sur le grand cercle de l’abaque, on atteint -j0,95 où on lit
0,380λ, d’où

l 2=0,380 λ−0,250 λ=0,130 λ

Les valeurs de l1 et l2 obtenues ici sont minimums. On peut leur ajouter un multiple
quelconque de λ/2, car les impédances et les admittances se répètent en valeur tout les
λ/2.

10. LIGNES DE TRANSMISSION ET GUIDES D’ONDE.

Nous établirons les relations entre la tension V et le courant I de la ligne de


transmission, d’une part, avec le champ électrique transversal Es et le champ
magnétique transversal Hs des guides, d’autre part. Ceci nous permettra d’appliquer
aux guides toute les résultats obtenus dans le présent Chapitre.

Soient E s et H s , les composantes transversales des champs dans un guide


d’onde. En supposant la présence des ondes réfléchies, on peut écrire,
104

Où Es+, Es-, Hs+, Hs- contiennent les variations complexes avec le temps t, et où g(x,y)
est du à la variation du champ sur une section du guide. Nous choisissons son
amplitude de façon à ce que sur une section du guide,

∬ g2 ( x , y ) dxdy =1
Les raisons de ce choix se justifieront plus tard. Il est clair qu’un changement dans
l’amplitude de g affectera les valeurs de Es+, Es-, Hs+, Hs- . En tenant compte du signe
devant γ, les relations suivantes sont correctes.

E s+¿
¿
Es−¿
H s+¿ =Z 0 g , ¿¿
H s −¿ =−Z 0 g ¿

où Z0g est l’impédance caractéristique du guide pour le mode présent dans le guide. En
retenant seulement les modules des vecteurs, on a les relations,

Nous voyons bien que ces relations ressemblent à celles de V et I des lignes de
transmission. Toutefois des facteurs d’échelles K1 et K2 doivent être introduits et
déterminés pour écrire,

D’où on peut définir,

V +¿=K 1 Es +¿ ,I ¿ ¿
+¿ =K E ¿
2 s +¿ /Z ¿
og

Nous choisirons K1 et K2 de façon à ce que la puissance due à V+ et I+, soit la même


que celle qui traverse une section du guide vers la droite. Ainsi donc, pour z = 0

1
Puissance Moyenne= V +¿ I ¿
2 ¿
+¿ =
1
2
∬ ¿¿ ¿

Dans cette relation, remplaçons V+ et I+, par leurs valeurs et on a,


105

¿
1 K 1 K2
¿¿
2 Z og
D’où,
K 1 K 2=∬ g ( x , y ) dxdy
¿ 2

Le choix de 1 pour l’intégrale impose aux coefficients la contrainte,

K 1 K ¿2=1

Mais cette relation ne définit pas de façon unique les coefficients K1 et K2. Une
deuxième relation est obtenue en considérant l’impédance caractéristique de la ligne
équivalente de transmission, soit,

V +¿
Z 0= ¿
Es +¿
I +¿ =K 1 ¿¿
K
K 2 E s +¿/Z = 1 Z0g ¿
0g
K2

Alors,

Z 0=Z 0 g ❑ K 1=K 2=1


En conclusion, les équations de la ligne de transmission s’appliquent toute au


guide d’onde si on identifie,

V ❑ E s ,V +¿❑ E s+¿,V −¿ ❑ E ¿ ¿
→ → → s −¿ , Z0 ❑ Z 0g , I+¿ =V
→ + ¿/ Z ¿
¿
¿
¿

0g

Et dans un guide sans perte, γ = jβ et l’impédance le long du guide est,

1+ ρe 2 jβz V
Z ( z )=Z 0 g , ρ= −¿ ¿
1− ρ e
2 jβz
V +¿ ¿

et l’Abaque de Smith est applicable.

PROBLEMES
106

1.
Vérifier les relations suivantes.

2
Z 0=Z cc Z co
¿ Z cc =− j Z 0 tan βz

où Zcc et Zco sont respectivement les mesures de l’impédance à un point quelconque de


la ligne lorsque la charge est un court-circuit, ou un circuit ouvert. On se limitera au
cas des lignes sans perte.

2.
Donner une expression de l’impédance le long d’une ligne avec pertes.

3.
A une distance  de la charge ZL, on a z = - dans le système de coordonnées
adopté dans ce Chapitre. Montrer que :

( 2λ )=Z , Z (l= λ4 )=Z / Z


a) Z l= L
2
0 L

b) L’impédance normalisée Zn et l’admittance normalisée Yn sont respectivement,

Z L + j Z 0 tan βl Y + jY 0 tan βl 1
Z n= , Y n= L , où Y 0 =
Z 0 + j Z L tan βl Y 0 + j Y L tan βl Z0

4.
Considérer le circuit suivant où le stub a un circuit ouvert comme charge.

1=λ/8 2=λ/2

ZL=Z0
vs

Circuit ouvert
3=λ/4

En utilisant les relations mathématiques,


a) Obtenir l’impédance totale à droite des points de connexion du stub.
b) Obtenir l’impédance totale aux bornes de la source.
107

5.
Une ligne sans perte est donnée comme suit.
=6,30λ

Z0=50Ω ZL=50-j25
vs

Obtenir la valeur de l’impédance aux bornes de la source.

6.
Soit à adapter la charge ZL à la ligne en utilisant deux stubs court-circuités en
série-shunt comme suit, où la distance 1 est fixe.

4 1 1

ZL
3 2
3 2

Montrer que le stub série de longueur 2 peut fournir une impédance jX, et que le stub
de longueur 3 peut fournir une admittance jB de façon à ce que l’adaptation puisse se
réaliser. On précisera les limitations de cette méthode.

SOLUTIONS

1.
Pour un court, le coefficient de réflexion est,

Z L −Z0 0−Z 0
ρ= = =−1
Z L +Z 0 0−Z 0

Pour le circuit ouvert, on a,

ρ= lim

Z L ❑∞
( )
Z L−Z 0 Z L
Z L+ Z 0
= =+1
ZL

Avec ces coefficients de réflexion, on a à tout point z, les impédances,


108

j 2 βz j 2 βz
1−e 1+ e
Z cc=Z 0 j 2 βz
, Z co=Z 0
1+ e 1−e j 2 βz

Et le produit de ces deux impédances donne aussitôt,

Z cc Z co=Z 20

D’autre part, en prenant l’équation de Zcc ci-dessus, multiplions le numérateur et le


dénominateur par e− jβz / 2 . On obtient,

( e− jβz −e jβz ) / 2 − j sin βz


Z cc=Z 0 − jβz jβz =Z 0
( e +e ) /2 cos βz
D’où,
Z cc =− j Z0 tan βz

On donnera à z des valeurs négatives à cause de notre choix du sens de z.

2.
L’impédance étant par définition le rapport de la tension totale V, sur le courant
total I, les relations établies dans la Section 5 du présent Chapitre nous permettent
d’écrire,

Z ( z )=Z 0 V −γz
V −¿e γz
¿
+¿ e + ¿
V −γz jωL ¿
+ ¿e −V γz ,Z 0 = ¿
−¿ e γ

En multipliant le numérateur et le dénominateur de l’expression de Z, par V +¿ e ¿ , on a, −γz

2 γz
1+ ρe
Z ( z )=Z 0 2 γz
1−ρe

3.
a) Ici, z = - = λ/2, ce qui donne,

1+ ρ
2 βz=2 ( 2 π / λ )(−λ /2 )=2 π ❑ Z =Z 0
⇒ 1−ρ

Mais cette dernière relation pour Z, n’est rien d’autre que celle Z L (voir Section 6),
soit,
109

1+ ρ
Z(−λ/2)=Z L =Z 0
1−ρ

Maintenant lorsque  = λ/4, alors 2βz = -2β = -π et,

Z ( z )=Z 0
1+ ρe− jπ
1−ρe − jπ
=Z 0
1−ρ
1+ ρ( )
Mais par les résultats établis plus haut dans la première partie de ces solutions, on a,

( )
2
Z0 Z0
Z ( z )=Z 0 =
ZL ZL

b) Pour l’impédance normalisée, on a pour la ligne sans perte,

e− jβz + ρ e jβz
Z n= − jβz
e + ρ e jβz

En introduisant les sinus et cosinus, et en remplaçant ρ par sa valeur en fonction de la


charge, on a,

Z n=
( cos βz−sin βz ) + ( Z L −Z 0
Z L+ Z 0)( cos βz +sin βz )

( cos βz−sin βz )−
( Z L −Z0
Z L +Z 0)( cos βz +sin βz )

Multiplions le numérateur et le dénominateur ci-dessus par ZL + Z0, puis regroupons


les termes contenant le cosinus et ceux contenant le sinus. On a,

cos βz [ ( Z L + Z 0 ) + ( Z L −Z 0 ) ]+ j sin βz [ (−Z L −Z0 ) + ( Z L−Z 0 ) ]


Z n=
cos βz [ ( Z L +Z 0 ) −( Z L −Z 0 ) ]+ j sin βz [ (−Z L −Z0 ) −( Z L −Z 0 ) ]

Simplifions les termes entre crochet, puis divisons le numérateur et le dénominateur


par cos βz, on a,

2 Z L cos βz− j 2 Z 0 sin βz Z L − j Z0 tan βz


Z n= ❑ Zn=
2 Z 0 cos βz − j 2 Z L sin βz ⇒ Z 0− j Z L tan βz

En posant, z = -, et en notant que la tangente est une fonction impaire, on a,


110

Z L + j Z 0 tan β
Z n=
Z 0 + j Z L tan β

Pour ce qui est de l’admittance normalisée,

1 Z 0+ j Z L tan β ( 1/Y 0 ) + j ( 1 /Y L ) tan β


Y n= = =
Z n Z L + j Z 0 tan β ( 1/Y L ) + j ( 1 /Y 0 ) tan β

En multipliant le numérateur et le dénominateur par Y0YL, on obtient,

Y L + jY 0 tan β
Y n=
Y 0 + jY L tan β

4.
a) Dans la figure donnée, la charge est égale à l’impédance caractéristique. Il
s’en suit que le coefficient de réflexion est nul. Alors à tout point de ligne de longueur
2, on a Z0. En particulier,

Z (−❑2 )=Z 0

Pour le stub, le circuit ouvert implique ρ = 1 et en se déplaçant sur le grand cercle de


l’Abaque de Smith, on trouve un court-circuit à λ/4. Alors,

Z (−❑3 ) =0

Les deux valeurs ci-dessus se trouvent en parallèle entre les points a-b, leur impédance
équivalente est nulle.

b) Le court-circuit en a-b nous place à l’extrême gauche sur l’Abaque de


[Link] là, nous effectuons un déplacement de λ/8 vers la source sur le grand cercle
et on trouve,

Z n= j 1❑ Z ( total à la source )= j Z 0

5.
L’impédance normalisée de la charge est,

Z L 50− j 25
Z n= = =1− j 0,5
Z0 50
111

Sur l’Abaque de Smith, nous nous plaçons au point A avec r = 1 et x = 0.5. Sur le
cercle des longueurs d’onde vers le générateur, nous lisons au point P1, 0,356λ

Puisque  = 6,30λ, nous retiendrons pour l’abaque  = 0,30λ, car tout multiple de 0,5λ
nous ramène au même point de l’abaque. Alors de P1, nous devons aller à P2 placé à,

0,356 λ+ 0,300 λ=0,656 λ=0,156 λ(mo dulo 0,5 λ)

D’où la figure suivante.

P2

r=1
A'
O
x = -0.5
A

P1

Sur la droite OP2, nous trouvons le point A', où nous lisons,

Zn¿

6.
Supposons qu’aux bornes 1-2, la charge nous donne,

Z n (−❑1 )=a+ jb

Si jX est l’apport du stub série, alors entre les points 1-3, l’impédance totale de la série
est,

Z1 =Z (−❑1 ) +Z (−❑2 )=a+ j(b+ X )

Si jB est l’apport en admittance du stub parallèle, alors entre les points 3-4, nous avons
l’admittance totale,

1 1
Y T = jB + = jB +
Z1 a+ j(b+ X )
112

Si l’adaptation doit être réalisée, on doit forcement avoir,

jB [ a + ( b+ X ) ]+ a− j(b+ X)
2 2
a− j (b+ X )
1+ j 0=Y T = jB+ =
a2 + ( b+ X )2 a2 + ( b+ X )2

En comparant les parties réelles, puis les parties imaginaires, on obtient,

a 2 2
1= 2
❑ a=a + ( b+ X )
2 ⇒
a +( b + X )
¿ 0=B [ a + ( b+ X ) ]−( b+ X )
2 2

Le résultat de la première relation ci-dessus, introduit dans la seconde relation donne,

b+ X
0=B [ a ] −( b+ X ) ❑ B=
⇒ a

Pour ce qui est de la valeur de X, considérons la relation suivante (obtenue plus haut),

a=a + ( b + X ) ❑ b + X =± √ a−a
2 2 2

D’où,

X =−b ± √ a−a2

Pour que ce système d’adaptation marche, il faut avoir a < 1. Si tel le cas, alors les
apports respectifs des stubs est,

b+ X
X =−b ± √ a−a , B=
2
a
113

CHAPITRE 5
ANTENNES

1. GENERALITES

Bien des fois, nous nous intéressons au rayonnement de l’énergie


électromagnétique dans l’espace. L’élément qui permet ce rayonnement est l’antenne.
Cette antenne est réalisée soit avec des fils conducteurs, soit avec des élargissements
d’ouvertures des guides d’onde.

L’énergie rayonnée par une antenne peut être considérée comme étant due à des
éléments de courant circulant dans l’antenne, et cette antenne aura des dimensions
comparables à celles des longueurs d’onde des signaux présents.

Pour simplifier l’analyse qui est de toute façon très compliquée, nous nous
intéresserons seulement aux champs électromagnétiques à des points très éloignés de
l’antenne, c'est-à-dire à plusieurs longueurs d’onde de l’antenne. Ceci nous permettra
de retenir seulement les champs qui varient avec 1/r, tout en négligeant ceux qui
varient avec 1/ r2, et avec 1/r3, r étant la distance qui sépare l’antenne et le point où on
détermine les champs.

Dans le présent Chapitre, nous supposons les milieux sont isotropes et homogènes.

2. EXPRESSIONS GENERALES DES CHAMPS.

Soit J (u' ) la densité de courant dans un conducteur, en un point de coordonnées


' ' '
(u 1 ,u 2 ,u 3 ). La figure ci-dessous montre la disposition du système que nous devons
étudier.

J r'' P
r’ 
r
O
Ici,
114

r est la distance de l’origine O des axes au point P où on veut évaluer les


champs.
r' est la distance de l’élément de courant J (u' ) à l’origine O des axes.
r'' est la distance entre l’élément de courant et P.
 est l’angle entre l’axe vertical et la droite OP.

Pour le système donné, le potentiel magnétique vectoriel (voir Chapitre 2, Section 3)


est,

❑ '
μ J (u )
A= ∫
4 π v ' r } {e} ^ {j left (ωt - βr ¿
¿ ¿ dv ' ¿

où v’ est le volume sur lequel est défini J (u' ).

A une distance très éloignée de l’antenne, on peut écrire,

r ≈ r - r ' cos <?> ≈

Pour les longueurs pour prendrons donc r" = r. Toutefois pour les angles de phase où
les petites différences peuvent être très critiques, nous prendrons,

β r '' =βr −βr ' cos❑

Alors le potentiel magnétique devient,


μ j ( ωt−βr )
A=
4 πr
e ∫ J e jβr ' cos ❑ dv '
v'

Définissons maintenant le vecteur de rayonnement N , comme,


N=∫ J e jβr ' cos❑ dv '
v'

Alors, le vecteur magnétique vectoriel s’écrit,

μ j ( ωt−βr )
A= e N
4 πr

Ce qui peut s’écrire en coordonnées sphériques comme,


115

μ j( ωt− βr ) μ j ( ωt−βr )
Ar = e N r , A θ= e Nθ
4 πr 4 πr
μ j ( ωt−βr )
¿ Aø= e Nø
4 πr

A partir du potentiel magnétique vectoriel, nous pouvons déterminer les champs H et


E. En effet pour H, nous pouvons écrire,

μ H =∇ × A

¿ ar
1
[ ∂
r sin θ ∂ θ
( A ø sinθ )−
∂ Aθ
∂ø ] [
+aθ
1 1 ∂ A r ∂ (r A ø )
r sinθ ∂ ø

∂r ]
+a ø
r[
1 ∂ (r A θ ) ∂ A r
∂r

∂θ ]
Puisque nous ne retiendrons que les termes variant avec 1/r, et puisque chacune des
composantes de A a déjà r à son dénominateur, il est clair que les termes non
négligeables de H donnent,

H=aθ
μr [
1 −∂ ( r A ø )
∂r ]
+ aø
μr [
1 ∂ ( r Aθ )
∂r ]
En substituant les valeurs de Aø et de Aθobtenues ci-haut et en simplifiant les résultats,
on obtient,

jβ j (ωt −βr ) − jβ j (ωt− βr )


H θ= e N ø , H ø= e N θ , H r =0
4 πr 4 πr

Pour obtenir l’expression du champ électrique E au point P où aucune de


courant n’est présente, on peut écrire des équations de Maxwell,

∂E 1
∇ × H=ε = jωε E❑ E= ∇×H
∂t ⇒ jωε

Sachant que H n’a pas de composante le long de r, et sachant que les 2 autres
composantes ont r dans leur dénominateur, le rotationnel de H nous donne en termes
non négligeables pour E,

E=
1
jωε [ [

1 −∂ ( r H ø )
r ∂r
+a ø] [
1 ∂( r Hθ)
r ∂r ]]
116

Remplaçons les composantes de H (obtenues plus haut) dans les équations ci-dessus.
On a,
Eθ =
jωεr [
1 −(− jβ )(− jβ ) j( ωt− βr)

e Hθ ]
¿ Eø =
jωεr [
1 ( jβ ) (− jβ ) j (ωt− βr )

e ]Hø

Puisque β 2=ω 2 με , les relations ci-dessus donnent,

− jωμ j ( ωt−βr ) − jωμ j ( ωt−βr )


Eθ = e N θ , E ø= e N ø , Er =0
4 πr 4 πr

Nous avons obtenu dans la présente Section, les expressions des champs H et E
en fonction du vecteur de rayonnement N. Toutefois N dépendra du courant dans
l’antenne, et nous le déterminerons dans des cas spéciaux plus tard.

3. CARACTERISTIQUES DE L’ANTENNE

Lorsqu’une antenne rayonne de l’énergie, il est important de spécifier, la


Puissance Moyenne Rayonnée, la Résistance de l’Antenne, sa Directivité, son
Gain, et son Diagramme de Rayonnement. Nous examinerons ces paramètres dans
la présente Section.

I. Puissance Moyenne Rayonnée :


Lorsqu’une onde se propage, nous savons que la puissance moyenne rayonnée à
travers une surface S est donnée par,


1
Pmoy =
2S
∫ ℜ( E × H¿ )∙ d s

Pour une antenne, nous choisissons S comme la surface d’une sphère dont le rayon est
grand, et ayant l’antenne en son centre. Nous utiliserons donc les valeurs obtenues
pour les champs éloignés pour les calculs, d’où,

¿ ¿ ¿ ¿ ¿
E × H =( E θ a θ+ E ø a ø ) × ( H θ a θ+ H ø aø )=( Eθ H ø −E ø H θ ) ar

Introduisons ci-haut les valeurs des champs éloignés, et notons que le produit des
exponentielles avec leurs conjugués complexes est du type e ja e− ja=1. On obtient,
117

¿
E × H =ar
[ − jμω
N
4 πr θ 4 πr θ

( ) (
¿
N −
− jμω
4 πr

− jβ ¿
4 πr
Nø )( ) ]
ωμβ
¿=
( 4 πr )
2
2 | θ| | ø|
N + N ar
2
[ ]

En fonction de la longueur d’onde, on peut écrire,

( )( ) ( ) √ ( ) Z
2 2
2π 2π 2π μ 2π
μωβ=μ = = 0
λ √ με λ λ ε λ

Où Z0 est l’impédance caractéristique du milieu où a lieu la propagation. Alors,

Z0
E×H =
¿

4λ r 2 2 [|N | +|N | ] a
θ
2
ø
2
r

Utilisons ce résultat dans l’expression de la puissance moyenne. Alors

Z0 ❑

∫ [|N θ| +|N ø| ] 12 ar ∙ ( ds ar )
2 2
Pmoy =
2( 4 λ 2
) S r

On note que le vecteur élément de surface en coordonnées sphérique est

d s=( r 2 sin θ dθd ø ) ar

ar
θ
ds
r

Puisque a r ∙ a r=1, on a enfin,

2π π
Z0
∫ ∫ [|N θ| +|N ø| ] sin θ dθd ∅
2 2
Pmoy = 2
8λ 0 0

II. Résistance de Rayonnement.


Sachant la puissance moyenne rayonnée, nous pouvons définir la résistance de
rayonnement Rr en fonction de l’amplitude maximum I0 du courant alternatif que la
source fournit à l’antenne. Soit,
118

1 2
Pmoy = Rr I 0
2
D’où,
2 Pmoy
Rr = 2
I0

III. Directivité (ou Gain Directif)


Pour commencer, définissons l’intensité de rayonnement U, comme,

1 ¿ 2
U= E× H r
2

où le rôle de r2 est de supprimer ce terme qui est présent au dénominateur de E × H ¿ .


Alors, la Directivité D d’une antenne est définie comme,

U max
D=
U 0 (¿ valeurmoyennedeU )

Il est clair que la valeur Umax ne sera atteinte que dans certaines directions, et D sera
pour ces directions.

Une antenne qui rayonne U0 dans toutes les directions est appelée Antenne
Isotrope. Pour une telle antenne,

[ ]
π 2π π
Pmoy =∫ ∫ U 0 sin θ d ∅ dθ=2 π U 0∫ sin θ dθ=2 π U 0 [ −cos θ ]0
π

0 0 0

Alors,
Pmoy
Pmoy =4 π U 0 ❑ U 0=
⇒ 4π

D’où l’expression finale de la Directivité,

4 π U max 4 π × Intensit é MaximumRayonné e


D= =
Pmoy PuissanceMoyenne

IV. Gain de l’Antenne.


Alors que la directivité ne tient pas compte des pertes de puissance dans une
antenne, le Gain, lui en tient compte.

Le Gain d’une Antenne est défini comme,


119

k U max
G=
U0

k = coefficient d’efficacité de rayonnement de l’antenne.

et k sera toujours inférieur à 1 en pratique.

V. Diagramme de Rayonnement.
Lorsque l’intensité de rayonnement U est disponible, on peut tracer le
Diagramme de Rayonnement correspondant, en effectuant un graphe polaire,

f ( θ )=
√U ( θ)
√U max

en fonction de l’angle d’azimute θ. Le diagramme peut avoir l’allure générale


suivante.

θ
0,707
θ0 1

0,707

L’écart θ0 entre les valeurs 0,707 est appelé angle d’ouverture de l’antenne. Cet
angle nous donne une idée de la concentration de l’énergie rayonnée autour de la
direction de Umax.

4. ANTENNE DIPOLE-COURT

L’Antenne Dipôle est constitué par deux éléments de conducteurs, placés


verticalement de part et d’autre d’un point d’alimentation.

Lorsque la longueur verticale totale « h » du dipôle est bien inférieure à la


longueur d’onde du signal qu’il porte, on dit que le dipôle est court. Nous avons alors
la figure suivante.
P
120

La densité du courant est ici,


J=I 0 δ ( x ) δ( y )a z

où les fonctions Delta-Dirac δ expriment le fait que le courant circule dans un


conducteur mince, dans le sens vertical. Alors, l’intégration sur la section du
conducteur donne,

❑ ❑

∫∫ J dx dy=I 0 a z∬ δ ( x ) δ ( y ) dx dy=I 0 a z
y x

On notera que les variations alternatives de la densité du courant par rapport au temps,
n’ont pas été incluses ici dans l’expression de J. nous en avons tenu compte dans
l’expression du potentiel magnétique vectoriel, dans la Section 2 du présent Chapitre.

Alors pour ce dipôle-court l’expression du vecteur de rayonnement devient (ici  = θ),


N=∫ J e jβr ' cos θ dv '
v'

Le dipôle étant court, sa longueur r’ = 0, et e jβr ' cos θ=e 0=1, et,

❑ ❑ ❑
N=∫ ∫∫ I 0 δ ( x ) δ( y )a z dx dydz=I 0 h a z
z y x

En coordonnées sphériques,
a z =cos θ ar −sin θ aθ

θ
ar
az

Alors,

N=I 0 h ( cos θ a r−sin θ aθ )

Pour les composantes de N qui nous intéressent, on a,

N ∅ =0 , N θ=−I 0 h sinθ
121

Et les expressions des champs éloignés non-nuls deviennent,

jβ I 0 h jωμ I 0 h
H∅= sinθ e j (ωt− βr) , E θ= sin θ e j (ωt− βr )
4 πr 4 πr

On notera que,

H ∅ =Z 0 Eθ , carβ=ω √ μϵ , Z 0=
√ μ
ϵ

Nous sommes maintenant en mesure de déterminer toutes les caractéristiques de


ce dipôle court, à commencer par la puissance moyenne rayonnée (On utilise les
composantes de N),

2π π
Z0
Pmoy =
8λ 2 ∫ ∫ [ I 20 h2 sin 2 θ+0 ] sin θ dθ d ∅
0 0

Avant de calculer cette puissance, irons-en l’expression de l’intensité de rayonnement,


ce qui est,

Z0 2 2 2
U= 2
I 0 h sin θ

Revenons à puissance moyenne. Intégrons d’abord sur ø et utilisons les formules


trigonométriques. On a,

π
Z0
I h ( 2 π )∫ ( 1−cos θ ) sin θ dθ
2 2 2
Pmoy = 2 0
8λ 0

[ ]
2 2 π
Z 0 I 20 h2 π 4
¿❑ Pmoy =

Z I h π
0 0

4 λ2
−cos θ+
cos 3 θ
3 0
=
4 λ2 3 ()
Alors,

()
2
1 2 h
Pmoy = Z 0 I 0 π
3 λ

Et la résistance de rayonnement est,


122

()
2 Pmoy 1 h
2
Rr = 2
= Z0 π
I0 3 λ

La valeur de U étant donnée plus haut, la directivité est,

4 π U max Z 2
D= , U max = 02 I 20 h2 ( 1 )
Pmoy 8λ

D’où,

Z0 2 2
4π 2
I0h
8λ 3
D= ❑ D=
()
2 ⇒
1 2 h 2
Z0 I 0 π
3 λ

Pour tracer le diagramme de rayonnement, considérons l’expression de U.

U =U max sin2 θ❑ f ( θ )=sin θ


On sait que sinθ = 0,707 à θ = 450 et à 1350. Ce qui nous donne,

0,707
45 o

1
135o

0,707

L’angle d’ouverture est ici 135o – 45o = 90o

5. DIPOLE DEMI-ONDE.

L’antenne demi-onde est d’une application courante en radiodiffusion. Pour


l’étudier, nous commençons par une ligne de transmission que nous transformerons en
antenne.
123

Considérons la figure suivante, où une ligne de transmission se termine par un


circuit ouvert. La forme des ondes stationnaires produites pour le courant sont
indiquées.
λ/4
λ/2
i1
i2
i2

Maintenant, redressons les sections de la ligne allant du circuit ouvert à une distance
de λ/4. L’antenne se présente alors comme suit.

λ/4 θ

λ/4
Amplitude du courant

Nous supposons que :


- La distribution du courant dans l’antenne a la même forme que dans la ligne de
transmission,
- et que la constante de phase β du courant dans l’antenne est égale celle dans
l’espace où aura lieu le rayonnement.

Ces hypothèses se trouvent justifiées par les résultats expérimentaux.

La densité du courant est donc ici,

{ ( −z ) a si z >0
λ
I 0 δ ( x ) δ ( y ) sin β z
4
J=
¿ I δ ( x ) δ ( y ) sin β ( + z ) a si z <0
λ
0 z
4

où I0 est l’amplitude maximum du courant dans l’antenne.

Pour déterminer les champs électriques et magnétiques créés par cette antenne,
on pourrait calculer le vecteur de rayonnement et en déduire les champs éloignés.
124

Toutefois, il s’avère plus simple d’utiliser les résultats obtenus pour le dipôle court, et
effectuer une intégration de ces résultats sur la longueur de l’antenne.

i r'
P
z
O r

Considérons l’élément de courant i situé à la hauteur z de l’origine O des axes. On a,

i=I 0 sin β ( 4λ −z)=I cos βz , car β 4λ = π2 , z >0


0

Et d’après les résultats du dipôle court, i produit le champ électrique,

jωμdz
d E θ= [ I cos βz ] sin θ e j ( ωt−βr ' )
4 πr 0

où dz est la longueur de l’élément de conducteur portant le courant i. le point P étant


éloigné, on a,

'
r ≈ r−z cos θ

On a alors on peut écrire (en plaçant dans K les termes ne contenant pas z),

jβz cos θ jωμ I 0 j ( ωt− βr )


d Eθ=K e cos βz dz , avec K = sinθ e
4 πr

D’autre part,

sin ( βλ4 ± βz )=sin ( π2 ± βz)=cos βz


Ce qui veut dire que l’expression ci-dessus de dEθ est valable aussi bien pour z positifs
que pour les z négatifs. Alors le champ électrique du à toute l’antenne est,

λ/ 4
Eθ = ∫ K e
jβzcos θ
cos βz dz
− λ/4

En Mathématiques nous avons la formule d’intégration suivante.


125

eax
∫ eax cos bx dx= 2
a +b
2
( a cos bx+ b sin bx )

Alors, en posant a = jβ cos θ, b = β, le champ électrique devient,

jβzcos θ
Ke λ/ 4
( jβ cos θ cos βz+sin βz )−λ/
Eθ = 2 2 2 4
−β cos θ+ β

Toutefois, ± βλ/4=± π /2 , et−β2 cos 2 θ+ β 2=β 2 sin2 θ . Alors en introduisant les limites, on
a,

j (π / 2) cos θ
Ke
E θ= ( jβ cos θ cos ( π /2 )+ β sin ( π /2 ) )
β 2 sin 2 θ
K e j (−π / 2) cos θ
¿− 2 2 ( jβ cos θ cos (−π /2 ) + β sin (−π /2 ) )
β sin θ

Mais cos ( ± π /2 )=0 , et sin (± π /2 )=± 1, d’où,

K 2
Eθ = β [ e j ( π / 2) cos θ+ e− j ( π /2 ) cosθ ]
2 2
β sin θ 2

Ce qui donne,

Eθ =
2K
2
β sin θ
π
cos cos θ
2 ( )
En remplaçant maintenant K par sa valeur, on obtient après simplification,

( )
jωμ I 0 e j (ωt− βr ) π
Eθ = ∙ cos cos θ
β sin θ 2 πr 2

Puisque β=ω √ με et que Eθ=Z 0 H ∅, nous avons enfin les champs d’Antenne Dipôle
Demi-onde,

( )
j Z0 I 0 π j ( ωt−βr )
Eθ = cos cos θ e
2 πr sin θ 2
, Z 0=√ μ/ ε
¿ H ∅=
j I0
2 πr sinθ
π
cos cos θ e
2 (
j ( ωt− βr )
)
L’intensité du rayonnement est ici,
126

1 ¿ 2 1 2 2
U = Eθ H ∅r = Z0 ⌈ H ∅⌉ r
2 2

soit,

[ ]
2
Z 0 I 20 cos ( ( π /2 ) cos θ )
U=

2
sin θ

Alors la puissance moyenne est donnée par,

π 2π π
Pmoy =∫ ∫ U sin θ d ∅ dθ=2 π ∫ U sin θ dθ
0 0 0

Remplaçons U par sa valeur. On a,

Z 0 I 0 cos ( ( π /2 ) cos θ )
2 π 2
Pmoy =
4π 0
∫ sinθ

Il est possible d’exprimer l’intégrale ci-dessus en fonction d’autres appelées


Intégrales Cosinus et Intégrales Sinus, dont les valeurs sont données dans les Tables
Mathématiques. En ce qui nous concerne, il est suffisant de donner la valeur
numérique approximative de cette intégrale, pour avoir,

2
Z0 I 0
Pmoy = (1,22 )

Pour notre antenne, sa résistance de rayonnement est alors,

2 Pmoy 1,22 Z 0 1,22 ( 120 π )


Rr = 2
= = =73 Ω
I0 2π 2π

Par inspection de l’expression de U, il est clair qu’il est maximum lorsque θ = π/2.
Alors, le diagramme de rayonnement est exprimé par,

f ( θ )=
√ U
U max
=
cos [ ( π /2 ) cos θ ]
sinθ

Dans le but de tracer ce diagramme, nous établissons la table suivante lorsque θ varie
de 0 à 90o. Ceci suffira à cause de la symétrie du système.

Angle θo f(θ)
127

0 0 (par la règle de l’Hôpital


30 0,42
40 0,56
45 0,63
50 0,69
60 0,82
90 1

On note que 0,707 a lieu à θ = 50. Par symétrie par rapport l’axe horizontal, 0,707 aura
lieu aussi à 180 – 50 = 130. Alors l’angle d’ouverture de l’antenne est,

θ0 =130−50=80o

50o 0,707

80o 1

0,707

6. RESEAU SIMPLE DE DIPOLES

Comme nous l’avons déjà vu, l’intensité de rayonnement du dipôle est


maximum dans le plan perpendiculaire à l’antenne et passant par son centre (θ = 90o).

Considérons donc ici deux dipôles demi-onde, identiques, alimentés par des
courants en phase, avec le plan du papier perpendiculaire aux antennes et passant par
leurs centres. Nous avons alors la figure suivante.

P
r1
d/2
r r2 ≈ø

Antenne 1 ≈ø ø Antenne 2
128

où ø est l’angle formé par la droite OP et la droite joignant les centres des antennes, et
« d » est la distance entre les antennes.

Nous montrerons que pour ce réseau d’antennes, les champs éloignés rayonnés
auront des amplitudes variant avec ø.

Puisque r est grand, on peut écrire,

d d
r 1=r+ cos ∅ , r 2=r− cos ∅
2 2

D’autre part, puisque les antennes sont identiques et alimentées par des courants en
phase, le courant total au point P s’écrit,

j (ωt −β r 1) j (ωt −β r 2)
E=E0 e + E0 e
¿=E0 e
j ( ωt −βr )
[ e− jβ ( d /2 )cos ∅+ e jβ (d / 2) cos ∅ ] 2
2

D’où l’expression finale du champ électrique,

E=2 E 0 e j( ωt− βr ) cos [ ( βd /2 ) cos ∅ ]

Exemple 1.
Donner le diagramme du module de E, pour le réseau d’antennes étudié ci-
dessus, en fonction de l’angle ø. On prendra

λ
d=
2

Solution.
Nous avons ici,

|E|=2|E0|cos [ 2π λ
∙ cos ∅
λ 4 ]
soit,

|E|=2|E0|cos [ π
2
cos ∅
]
129

Lorsque ø varie de 0 à 2π, son cosinus varie de +1 à -1. A ø = π/2, le module E est
maximum. La table ci-dessous donne les variations du module.

ø 0 30 45 60 90 120 135 150 180


cos ( π2 cos ø) 0 0,2 0,4 0,7 1 0,7 0,4 0,2 0

D’où l’allure suivante du module de E.

0,7
ø = 60o

L’allure du module de E est donnée en général par le terme,

cos
[ βd
2
cos ∅
]
Donc, si l’écart d entre les antennes est supérieur à λ/2, alors le terme ci-dessus sera
nul à d’autres points entre 0 et π. Le diagramme de rayonnement peut alors prendre
l’allure typique suivante.

lobes

Dans cette figure on note la présence de 4 lobes pour le diagramme de rayonnement.


En général, les angles pour lesquels le diagramme est nul sont tels que,

βd π ( 2 π / λ) d π
cos ∅=( 2 k +1 ) ❑ cos ∅= ( 2k + 1 )
2 2⇒ 2 2
D’où,
λ
cos ∅=( 2 k +1 ) ≤1
2d

7. ANTENNES LOSANGES.
130

Dans la radiodiffusion des ondes courtes, l’onde doit être réfléchie par
ionosphère vers la zone terrestre à couvrir. Pour cela, on a besoin d’une antenne à
grande directivité, et c’est l’antenne losange que l’on utilise presque exclusivement.
Cette antenne se présente comme suit.

z

 ZL
 y

où l’antenne se termine dans une résistance ZL adaptée (en ce sens que les ondes se
propageant dans l’antenne ne seront pas réfléchies), et  est le demi-angle obtus du
losange.

Alors les courants sur l’antenne sont dit progressifs, ce permet d’appliquer les
résultats établis dans le Problème 1du présent Chapitre (voir à fin du Chapitre).
Toutefois, nous n’allons pas tenter de faire ici l’analyse (qui est compliquée) de cette
antenne. Nous reprenons directement les résultats donnés dans l’ouvrage « Antennas
Theory and Practice » de Schelkunoff et Friis (ed. John Wiley) où l’intensité de
rayonnement est donné pour le vide comme,

2 2
2 sin u1 sin u 2
( )
U =240 π ❑ I 0 cos ❑
2 2
λ u1 u2
où,

et  est la longueur d’un coté du losange.

En pratique, l’antenne est montée horizontalement à une hauteur « h » du sol. Si


le sol est supposé être un conducteur parfait, alors l’intensité effective de rayonnement
de l’antenne et de son image est,

U ' =4 U sin 2 ( 2 πhλ cos θ )


U étant donné ci-dessus.
131

L’allure typique du diagramme de rayonnement du losange au dessus du sol,


lorsqu’on considère le plan vertical est comme suit.

Lobe principal
Lobe secondaire
α , angle de gisement

Ce diagramme est caractérisé par un lobe principal et des lobes secondaires. C’est dans
le lobe principal que se trouve l’essentiel de l’énergie électromagnétique.

Dans les relations que nous avons données pour l’antenne losange, on remarque
que plusieurs paramètres entrent en jeux. Toutefois, les livres spécialisés sur les
antennes offrent des méthodes approximatives mais simple pour le choix de ces
paramètres (voir par exemple le livre « Antennas » de Krauss, ed. Mc-Graw Hill).
Alors lorsqu’on veut aligner le lobe principal avec un angle de gisement donné α,
les paramètres ,  et h peuvent être choisis selon les relations suivantes :

0,371 h 1
¿ 90 o−α , ❑ = 2 , =
λ sin α λ 4 sin α

Exemple 2.
On veut installer en un point A une antenne losange pour l’émission en onde
courte de 25 m. l’onde émise sera réfléchie par l’ionosphère située à 400 km au dessus
de la terre (en fait, l’ionosphère s’étend de 60 km à 600 km au dessus de la terre).

Déterminer les paramètres de l’antenne si la réception doit se faire en un point


B situé à 2000 km de A, et si on suppose une terre plate entre A et B.

Solution
La trajectoire des ondes doit avoir l’allure suivante,

H=400 km
α
2000 km

Par la géométrie du système,


132

α =tan
−1
( 1000
400
)=21,8°
Alors, les formules données ci-haut, nous donnent,

¿ 90−21,8=68,2 °
❑ = 0,371 =2,69
λ sin 2 21,8
h 1
= =0,67
λ 4 sin21,8

Puisque λ = 25 m, on a aussitôt les paramètres,

¿ 68,2 ° ,=67,25 m, h=16,75 m

8. ANTENNES EN HYPERFREQUENCES

En hyperfréquences, l’antenne de base est le cornet, auquel on peut associer un


réflecteur ou une lentille.

Le diagramme de rayonnement de l’antenne cornet dépendra du mode de


propagation dans le guide qui l’alimente, et de la géométrie de l’antenne. Pour
l’antenne à section rectangulaire et celui à section circulaire, nous avons les géométries
respectives suivantes.

b 2R


a

Lorsqu’on considère seulement le mode TE10 pour le guide à section


rectangulaire, et qu’on considère seulement le mode TE11 pour le guide à section
circulaire, l’angle d’ouverture du lobe principal peut être déterminé. A cet effet, nous
133

reproduisons ici les valeurs données par Schelkunoff et Friis dans leur ouvrage
intitulé « Antennas Theory and Practice ».

En supposant le champ électrique vertical, et définissant l’angle d’ouverture du


lobe principal comme l’angle séparant les points dont l’intensité de rayonnement
tombe à ½ de son maximum, on a le tableau suivant.

Section du Guide Dimensions de l’Antenne Angle d’Ouverture


λ
Dans le plan E : 53 degrées
b
Rectangulaire b=0,81 a , a= √3 λ λ
Dans le plan H : 80 degrées
a
λ
Dans le plan E : 60 degrées
R
Circulaire 2 R=√ 2,8 λ λ
Dans le plan H : 70 degrées
R

Dans le reste de cette Section, nous étudierons les réflecteurs utilisés en


hyperfréquence. Les techniques utilisées sont celles l’optique géométrique puisque les
dimensions des réflecteurs seront grandes par rapport à la longueur d’onde du signal.

Les réflecteurs courants que nous étudierons sont :

- l’Antenne Parabolique,
- l’Antenne Cassegrain à deux réflecteurs.

I. Antenne Parabolique.
L’antenne parabolique est constituée par une antenne cornet émettant du foyer
d’une parabole. La surface de la parabole est un conducteur parfait. D’où la figure
suivante.

Réflecteur
Parabolique

Les signaux qui quittent la parabole sont tous parallèle et l’énergie


électromagnétique est transmise en faisceau, ce qui donne à l’onde une grande
directivité.
134

II. Antenne Cassegrain.

Le désavantage de l’antenne parabolique est le signal doit être transporté


jusqu’au foyer de la parabole. Cette opération conduit à production de bruits
supplémentaires (les conducteurs étant des sources de bruit).

En télécommunications où les signaux reçus sont très faibles, on ne peut pas


utiliser à la réception des antennes paraboliques. On a recours à l’antenne Cassegrain
où le cornet est au niveau de la parabole comme suit.

Réflecteur principal

Réflecteur secondaire

Le cornet envoie l’onde sur le réflecteur secondaire situé au foyer de la parabole. Le


signal est ensuite envoyé sur le réflecteur principal.

9. ANTENNE DE RECEPTION, SURFACE EQUIVALENTE.

Lorsqu’une de réception est placée dans un champ électromagnétique, nous


voudrons qu’au point où est placée l’antenne, elle capte le maximum de puissance.
Cela nécessitera une orientation appropriée de l’antenne par rapport au champ.

Une mesure de l’efficacité d’une antenne de réception est la valeur de sa


surface équivalente Aedéfinie comme,

'
Pmax que l antenne peut livrer à une charge
Ae =
Densité , D p , de puissance du champ

Mais dans l’espace la densité de puissance est donnée par,

1 1 2
D p= E H ¿ = |E| / Z 0
2 2

Alors on peut écrire,


135

P max
Ae = 2
|E| /2 Z 0

où Pmax est la puissance maximum que peut délivrer l’antenne.

Exemple 3.
Déterminer la surface équivalente de l’antenne dipôle-court. On placera
l’antenne parallèle au champ E, ce qui donnera l’orientation la plus favorable à
l’antenne.

Solution
Si le vecteur E arrive parallèlement au dipôle de longueur h, la tension induite
dans l’antenne sera,

V =Eh

E
ZL
H

Si l’impédance de l’antenne est Za, alors le courant total circulant dans la charge est,

Eh
I= , Z =R a+ j X a , Z L=R L + j X L
Za+ ZL a

Et la puissance délivrée à la charge est,

2 2
1 2 1 h | E| R L
P= |I | RL =
2 2 |Z a + Z L|2

On se souviendra qu’en « Analyse des Circuits » il est établi que la puissance


maximum est livrée à la charge ZL seulement si cette charge est égale au conjugué
complexe de l’impédance Z0 de la source. D’où,

¿ ¿
Z L =Z a ❑ Z L + Z a=Z a + Z a=2 Ra =2 R L

La puissance maximum est donc,

2 2
h |E|
Pmax =
8 Ra
136

et l’expression de la surface équivalente devient,

2 2 2
h |E| /8 R a h Z0
Ae = =
|E| /2 Z 0 4 R a
2

Toutefois, lorsqu’on a étudié le dipôle dans la Section 4 du présent Chapitre, nous


avons obtenu sa résistance rayonnement comme,

()
2
2 h
Rr = Z 0 π
3 λ

Rr étant un élément passif, elle ne peut pas changer de valeur avec le sens de transfert
de l’énergie électrique. Donc,
Ra =Rr
et enfin, pour le dipôle court,
3 λ2
Ae =

Une autre propriété importante de l’antenne réception est la Relation entre


la Directivité, la Surface Equivalente et la Puissance Maximum que l’Antenne
peut délivrer. Considérons donc le système suivant.

P t , D1 Pm,r , A2

Antenne 1 Antenne 2
émettrice réceptrice

où Pt et D1 sont respectivement la puissance émise et la directivité de l’antenne


d’émission, tandis que Pm,r est la puissance maximum que l’antenne de réception peut
délivrer à des charges, et A2 est la surface équivalente de cette antenne.

Par la définition de la Directivité,

4 π Um
D 1=
Pt

où l’intensité maximum de rayonnement peut s’écrire,


137

2
U m =r ( d p )max

où dp est la densité de puissance du champ à l’emplacement de l’antenne-2. Il est clair


que Um est indépendant de r, puisque dp est inversement proportionnel à r2. D’autre
part, la puissance reçue par l’antenne-2 sera maximum si dp est maximum et si
l’antenne-2 est bien orientée. En fait, par la définition de la surface équivalente,

Pm , r= A 2 ( d p ) max

Dans les équations précédentes on a parlé de Pmax livré par une antenne en un point.
Toutefois, ici on parle de Pm,r , où nous avons deux antennes orientées toutes les deux
de façon à ce que l’antenne-1 envoie la densité maximum sur l’antenne-1, et que cette
dernière capte le maximum de puissance possible. En combinant les trois dernières
relations ci-dessus, on obtient,

Pt D 1 A 2
P m , r= 2
4π r

10. RELATION ENTRE DIRECTIVITE ET SURFACE


EQUIVALENTE

On conçoit que si une antenne rayonne avec une grande directivité, alors sa
surface équivalente sera grande lorsqu’elle sera utilisée comme antenne réceptrice. La
preuve mathématique de ce concept est basée sur le Théorème de la Réciprocité que
nous énonçons (sans preuve) comme suit.

« Soit deux antennes isolées dans l’espace. Si l’antenne-1 rayonne la puissance P1,
tandis que l’antenne-2 capte la puissance P2. Maintenant, si à son tour l’antenne-2
rayonne la puissance P1, l’antenne-1 captera P2. ». Pour une orientation optimale on
a :

- Dans le premier cas,

P1
P 2= 2
D1 A 2
4πr

- Dans le second cas,


138

P1
P 2= D2 A 1
4 π r2

où A1 et A2 sont les surfaces équivalentes respectives, tandis que D1 et D2 sont les


directivités respectives, des antennes. De ces deux dernières relations on tire

A1 A 2
D 1 A 2=D 2 A 1 ❑ =
⇒ D 1 D2

Puisque chaque antenne a sa surface équivalente et sa directivité qui lui sont propre, il
s’en suit que les rapports ci-dessus ne peuvent être égaux que s’ils sont égaux à une
même constant, pour toutes les antennes, soit,

Ae
=k , k=constante fixe .
D

Dans l’Exemple 4 qui suit, il est prouvé que pour le dipôle court,

Ae λ2
=k=
D 4π

Donc pour toute antenne,

D 2
Ae = λ

Exemple 4.
En faisant usage des valeurs obtenues dans ce Chapitre pour la directivité D d et
la surface équivalente Ad, du dipôle très court, montrer que,

λ
2
A A
k= , où k= e = d
4π D Dd

Solution
Nous avons déjà établi les relations suivantes pour le dipôle très court,

2

Ad =

3
¿ D d=
2
En effectuant le rapport, on a aussitôt,
139

Ad λ 2
= =k
Dd 4 π

PROBLEMES

1.
Dans certaines antennes (par exemple les antennes losanges), les ondes qui se
propagent dans l’antenne ne sont pas réfléchies, car ces antennes se terminent dans des
charges adaptées à la ligne. Ces ondes sont dites progressives.

Considérer donc une antenne verticale de longueur  où le courant est


progressif avec la distribution,

i=I 0 e− jβz

Obtenir le vecteur de rayonnement en un point éloigné de l’antenne, et en déduire


l’expression des champs.

2.
Considérer une antenne courte constituée par un anneau circulaire de rayon R,
placé dans le plan horizontal.

Obtenir le vecteur de rayonnement en un point éloigné de l’antenne, et en déduire les


champs.

3.
En considérant une antenne losange dans l’espace vide (sans réflexion du sol),
on veut choisir le demi-angle obtus  de façon à maximiser le diagramme de
rayonnement dans le sens de y.

Obtenir  lorsque  = 3λ.

4.
140

En hyperfréquences, les lois de l’optique géométrique peuvent être utilisées


pour analyser les lentilles constituées par des diélectriques. Dans la figure qui suit, on
définit l’indice de réfraction en fonction de la permittivité relative du diélectrique
comme,

βd
n= =√ ε d /ε 0= √ ε r si μ d =μ0
β0

β d et β0 , sont les constantes de phase de l’onde respectivement dans le diélectrique et


dans le vide.

A
r R
S
d O

La source S est à la distance d de la lentille convexe, et envoie des ondes vers la


lentille sur une surface qui est une section de sphère de rayon R et de centre O.

Déterminer les relations nécessaires pour qu’une onde sortant de la lentille ait son sens
de propagation parallèle à la droite SO. On considèrera le cas où les angles ASO et
AOS sont petits et on utilisera la loi de Snell, à savoir,

n1 sin θi=n2 sin θt

Où,
n1 et n2 sont indices respectifs des milieux.
θi et θt sont respectivement l’angle d’incidence et l’angle de réfraction.

5.
Montrer que dans l’espace libre, les champs éloignés créés par une antenne sont
tels que le rapport des modules des vecteurs E et H est égal à l’impédance
caractéristique du milieu.

SOLUTIONS

1.
Considérons ici la figure suivante,
141

i θ P

 z dz
r

Alors la définition du vecteur de rayonnement introduite dans la Section 2 du présent


Chapitre s’écrit ici,


N=∫ J e jβr ' cos θ dv '
v'

où l’angle  utilisée dans la définition correspond ici à l’angle θ.

Puisque l’antenne est verticale, avec sont extrémité inférieure placée à l’origine,
et puisque r' correspond ici à z , l’élément de courant est,

− jβz
J=I 0 e δ ( x ) δ ( y )az

Alors, après intégration sur x et y, le vecteur de rayonnement devient,


N=N z a z=∫ I 0 e
− jβ ¿¿
¿
0

Pour simplifier l’écriture, posons,

a=β ( 1−cos θ )

Alors nous pouvons écrire,

I 0 ( e −1 ) I 0 e
[ ]
− ja − ja /2 − ja /2 + ja/2
e −e 2
N z= =
− ja a −j 2

Ce qui donne,
I 0 e− ja/2
N z= sin ( a/2 )
a
142

Si le vecteur N est décomposé en composantes, en coordonnées sphériques, nous


avons,

N r =N z cos θ , N θ =−N z sin θ , N ∅ =0

Puisque seuls les deux dernières composantes interviennent dans la détermination des
champs éloignés (voir les expressions à la fin de la Section 5), alors nous aurons ici,

jωμ I 0 j [ ωt− βr− ( β /2 )( 1−cosθ ) ]


Eθ = sin θ sin [ ( β /2 )( 1−cos θ ) ] e
4 πr

et,
H ∅ =Eθ / Z 0

2.
Plaçons l’antenne dans le plan horizontal avec son centre coïncidant avec
l’origine des axes. Alors la symétrie du système nous dit que le vecteur de
rayonnement ne peut pas être fonction de la coordonnée sphérique ø et nous
pouvons nous limiter au cas ø = 0. Nous avons la figure suivante,
P θ

0 d ❑=Rd ∅ ' a ∅ '


A
ø'
où A est l’emplacement de l’élément de courant contribuant au champs,  est l’angle
AOP, et ø' définit la position de l’élément de courant sur l’anneau.

Pour l’antenne très courte ( par rapport à la longueur d’onde du signal à


rayonner), le courant a une amplitude constante par rapport à sa position. Par la
définition du diagramme de rayonnement et le fait que id ❑=I 0 Rd ∅ ' a∅ '


N=I 0 ∫ e
jβR cos ❑
Rd ∅ ' a ∅ '
sur l ' anneau

Nous pouvons exprimer l’angle  en fonction des angles θ et ø' en définissant


les vecteurs unitaires u P dans le sens de O vers P, et u A dans le sens de O vers A. la
figure à considérer est la suivante,

uP
143

θ

y
ø' 0
x 0 uA

Ici, on a,
u P=cos θ k +sin θ i
¿ u A =cos ∅ ' i +sin ∅ ' j

Par les propriétés du produit scalaire,

cos ❑=u P ∙ u A =sin θ cos ∅ '

D’autre part, déterminons la composante de a ∅ ' dans le sens de ø = 0 (ceci pour nous
permettre d’obtenir Nø au point P où ø = 0). Dans le plan horizontal, nous avons la
figure suivante,

y
a∅'
ø' ø' cos ∅ ' a ∅, ø = 0

x a ∅, ø = 0

La projection de a ∅ ' sur la droite supportant a ∅ avec ø = 0, est égale à cos ø' . Enfin, à la
lueur de tout ce qui précède, l’expression de N , donne pour sa composante le long de ø
est,


N ∅ =I 0 ∫ e jβRsin θ cos ∅ ' Rd ∅ ' cos ∅ '
sur l ' anneau

L’antenne étant courte, βR est bien inférieur à 1, et d’après l’expansion en série de


l’exponentiel,

jβR sinθ cos ∅ '


e ≈ 1+ jβR sin θ cos ∅ '

D’où,
144


N ∅=I 0 ∫ (1+ jβR sin θ cos ∅ ' ) R cos ∅ ' d ∅ '
0
2π 2π

¿ N ∅ =I 0∫ R cos ∅ ' d ∅ '+ jβ R2 I 0 sin θ ∫ cos2 ∅ ' d ∅ '


0 0

En trigonométrie, nous savons que l’intégration sur une période du cosinus est nul,
tandis que celle de son carré est égal à π. Alors,

2
N ∅ = jβπ R I 0 sinθ

et les autres composantes de N sont nulles, comme nous l’avons déjà dit, à cause de la
symétrie du système. En introduisant ce résultat dans les expressions des champs, on a,

−β 2 R2 I 0 ( )
H=H θ aθ où H θ= sin θ e j ωt− βr
4r
2
ωμβ R I 0
¿ E=H ∅ a ∅ où H ∅= sin θ e j ( ωt−βr )
4r

3.
Considérons la figure suivante, où nous voulons maximizer le rayonnement
dans la direction y.

  y

Puisque nous sommes intéressés par le rayonnement le long de y, ceci


correspondra aux angles suivants en coordonnées sphériques,

π π
θ= , ∅=
2 2

Alors dans les formules relatives à l’antenne losange, on a besoin de ce qui suit.

¿
145

Posons,

a= ❑ , u=u 1=u2=aπ ( 1−sin❑ )


λ

Alors, l’intensité de rayonnement devient,

sin 4 u
U =( 240 π I a ) cos ❑ 2
2
0
2 2

Pour obtenir avoir le maximum de U par rapport à , il faut obtenir la dérivée de U par
rapport à  ,et la mettre égale 0. D’où,

sin 4 u
0=2 cos❑ (−sin❑ ) 2
u

[ ]
3 ' 2 4
2 4 sin u cos uu u −2 uu ' sin u
¿+cos ❑ 4
u

Dans le terme entre crochets, on peut diviser le numérateur et le dénominateur par u,


puis choisir u3 comme dénominateur commun, et l’équation ci-dessus donne,

0=−2 u cos❑ sin❑sin 4 u+ 4 u ' u cos2 ❑ cos u sin3 u−2 u ' cos2 ❑ sin4 u

D’après la définition de u, on a,

u' =−πa cos ❑

En supposant (et nous le vérifierons après) que cos u, sin u, et cos  sont chacun
différend de 0, divisons la relation ci-dessus de la condition de maximum, par le terme
cos u sin 3 u cos ❑. Nous obtenons alors (après avoir remplacé u' par sa valeur),

0=−2 u sin❑ tanu−4 πa cos ❑u cos ❑+2 πa cos2 ❑ tan u

En groupant les termes, on a,

4 πau cos ❑=[−2 u sin❑+ 2 πa cos ❑ ] tan u


2 2

Dans les termes entre crochets, on peut remplacer u par sa valeur et on a,


146

4 πau cos ❑=[−2 πa ( sin❑−sin ❑ ) +2 πa cos ❑ ] tanu


2 2 2

¿ 2 πa [−sin ❑+sin ❑+cos ❑ ] tanu


2 2

¿ 2 πa [ −sin❑+1 ] tan u
¿ 2 u tan u

Ce qui donne,

tanu=2 πa cos 2 ❑avec a= ❑ et u= ❑ ( 1−sin❑ )


λ λ

Puisque par hypothèse  = 3λ,  doit satisfaire la relation,

tan ( 3 π ( 1−sin❑ ) ) =6 π cos ❑


2

Nous avons ici une équation transcendantale qu’on ne peut résoudre qu’à tâtons. Pour
cela, essayons dans la relation ci-dessus les valeurs,

¿ 45 ° , 50° , 55 ° , 60 ° ,65 °

On notera que le terme entre crochets est exprimé en radians. Il s’en suit le tableau
suivant.

 45 50 55 60 65
Equatio -0,40 = 9,42 -1,35 = 7,78 -7,43 = 6,20 3,14 = 4,70 1,21 = 3,36
n

En examinant ce tableau, on note que lorsque l’angle est entre 45 et 55 le terme


contenant la fonction tangente est négatif et va vers -∞. Quelque part entre 55 et 60, la
tangente sautera de -∞ à +∞ et elle diminuera vers 0. Alors l’angle recherché est situé
entre 55 et 60 degrés.

Entre diminuant les intervalles de recherche, on vérifiera que l’angle optimal est,

¿ 58,6 °

Cette valeur est valable en l’absence de l’effet du sol.

Enfin on peut utiliser la valeur ci-dessus de  pour calculer,

sin 58,6 °=0,85 , cos 58,6 °=0,52, u=3 π ( 1−sin 58,6 ° )=1,38
sin u=sin1,38 rd=0,98
147

Et il est clair que cos u, sin u, cos  sont tous non nuls.

4.
Considérons la figure telle que donnée dans l’énoncé du Problème 4.

θi
A
S r θ R θt
1

d H O
θt

où H est la projection de A sur SO. On notera que l’angle AOS est égal à l’angle de
réfraction θr. Soit h la longueur du segment AH. Alors d’après les théorèmes
élémentaires de la géométrie, on a,

1. L’angle AOS = θt , puisque l’onde réfractée doit sortir parallèle à la droite SO.
2. θi = θ1 + θt car θi , comme "θ1 + θt ", sont sont chacun le supplément de l’angle
SAO.

Alors la loi de Snell permet d’écrire (puisque n1 = 1 et n2 = n),

sin ( θ1 +θ t )=n sinθ t

où nous avons remplacé θi par sa valeur.

Puisque, par hypothèse les angles d’incidence et de réfraction sont petits, les
sinus des angles sont égaux aux angles correspondants en radian, et sont aussi
égaux aux tangentes correspondantes. Alors,

θ1 +θt =n θ t ❑ θ 1=( n−1 ) θt


Mais.
h h
θ1 ≈ tan θ1= ≈
SH d
h
¿ θ t ≈ sin θ t=
R
148

Alors la relation de Snell devient pour les petits angles,

h h
=( n−1 )
d R
D'où,
R=( n−1 ) d

Ceci est la relation entre R, n et d à satisfaire, pour que le signal sorte parallèle à la
droite SO, quand les angles sont petits.

5.
Les expressions des champs sont données dans la Section 2, en fonction du
vecteur de rayonnement. Alors,

jωμ j ( ωt−βr )
|E|=√ E 2θ + E2∅ = e √ N 2θ + N 2∅
4 πr
jβ j (ωt −βr )
¿|H|=√ H θ+ H ∅= √
2 2 2 2
e N θ+ N ∅
4 πr

Le rapport des modules ci-dessus donne,

| E| jωμ ωμ
= =
|H| jβ ω √ με
μ
= =Z 0
ε √
149

APPENDICE A
PROPRIETE DE ∇ 2 ( r n ) , n≥−1

Ici nous établirons les relations suivantes, où l’intégration est prise sur une
sphère de centre O et de rayon r.

1. lim ∫
r → 0 Sphère
∇2 ( r 2 ) dv=0 , si n≥ 0

2. ∇ 2 ( r−1 )=0 , si r ≠ 0

3. ∫ ∇ 2 ( r−1 ) dv=−4 π
Sphère

En utilisant l’expression du Laplacien en coordonnées sphérique, on a,

( )
n
1 d 2 d (r )
∇ 2 ( r n )= r
r dr dr
2

Lorsque n = 0 nous avons o pour résultat. Pour les autres valeurs de n, on a’,

∇ 2 ( r n )=n (n+1)r n−2

Dans la sphère, l’élément de volume dv à utiliser pour l’intégration est,

2
dv =4 π r dr

dv

Alors,

∫ ∇ ( r ) dv=∫ 4 π r n (n+1)r
2 n 2 n −2
dr
r

En regroupant les puissances de r et effectuant l’intégration, on obtient,

n +1
4 πn ( n+1 ) r
∫ ∇2 ( r n ) dv= n+1
=4 πn r
n+1
150

Lorsque r tend vers 0 l’intégrale ci-dessus tendra vers 0, ce qui établit le premier
résultat de l’Appendice.

Pour établir le second résultat de l’Appendice, considérons le Laplacien,

∇ ( r )=n (n+1)r
2 n n−2

Lorsque n = -1 et r ≠ 0. On a,

∇ ( r )=−1 (−1+1 ) r
2 −1 −1−2
=0

Ce qu’il fallait montrer.

Pour établir le dernier résultat de l’Appendice, lorsque n = -1 et r tend vers 0,


considérons une très petite sphère de centre O, de rayon r0 et de volume v0, et de
surface s0.
v0
ar
r0
s0

Alors nous pouvons écrire par définition,

∇2 ( 1r )=∇ ∙ ∇( 1r )
et par le théorème de la divergence nous pouvons passer d’une intégration sur le
volume à une sur la surface comme suit,

() () ()
❑ ❑ ❑

∫ ∇ 1r dv=∫ ∇ ∙ ∇ 1r dv=∫ ∇ 1r ∙d s
2

v0
v 0
s 0

Dans la dernière intégration, le gradient de 1/r en coordonnées sphériques se réduit à,

()
1 ∂(1/r ) −a r
∇ = a r= 2
r ∂r r

Alors l’intégration sur la surface donne,


151

() ( )
❑ ❑ ❑
1 −ar −ds −s0
∫∇ 2
r
dv=∫ 2 ∙ ( ds ar ) =∫ 2 = 2
r0 r0 r0
v0 s 0
s 0

Mais s0 =4 π r 20 donc nous avons enfin,

∫ ∇2 ( 1r ) dv=−4 π

v0

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