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Anima Sacra : Voyage Spirituel Musical

Le document décrit le premier album solo du contre-ténor Jakub Józef Orliński. L'album contient des arias sacrées de compositeurs baroques des XVIIe et XVIIIe siècles, avec plusieurs enregistrements mondiaux. Le document explique le processus de sélection des morceaux avec l'aide de Yannis François et le désir de Jakub Józef Orliński d'offrir aux auditeurs un voyage spirituel à travers la musique.

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Anima Sacra : Voyage Spirituel Musical

Le document décrit le premier album solo du contre-ténor Jakub Józef Orliński. L'album contient des arias sacrées de compositeurs baroques des XVIIe et XVIIIe siècles, avec plusieurs enregistrements mondiaux. Le document explique le processus de sélection des morceaux avec l'aide de Yannis François et le désir de Jakub Józef Orliński d'offrir aux auditeurs un voyage spirituel à travers la musique.

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JAKUB JÓZEF ORLIŃSKI

IL POMO D’ORO · MAXIM EMELYANYCHEV


SACRED BAROQUE ARIAS

NICOLA FAGO 1677–1745


1 Alla gente a Dio diletta* from Il Faraone sommerso (1709) 4.45

Confitebor tibi, Domine* in G major


2 Confitebor tibi, Domine 3.11
3 Memoriam fecit — Escam dedit 4.45
4 Fidelia omnia mandata ejus 2.46
5 Sanctum et terribile 2.10
6 Initium sapentiae timor Domini 1.18
7 Intellectus bonus omnibus — Gloria 1.34
8 Sicut erat in principio — Amen 2.04

JOHANN DAVID HEINICHEN 1683–1729


Alma Redemptoris Mater in F major (1726)
9 Alma Redemptoris Mater 2.56
10 Tu quae genuisti 1.05
11 Gabrielis ab ore 2.14

DOMÈNEC TERRADELLAS 1711–1751


12 Donec ponam* from Dixit Dominus in G major 3.19

NICOLA FAGO
Tam non splendet sol creatus* in F major (c.1712)
13 Tam non splendet sol creatus 3.37
14 O nox clara? 0.59
15 Dum infans iam dormit 5.39
16 Alleluja 1.52

2
DOMENICO SARRO 1679–1744
17 Laudamus te* from Messa a 5 voci in F major 3.28

FRANCESCO FEO 1691–1761


18 Juste Judex ultionis* from Dies irae in C minor 1.41

JAN DISMAS ZELENKA 1679–1745


from Gesù al Calvario, ZWV 62 (1735)
19 Smanie di dolci affetti… 0.43
20 S’una sol lagrima 11.05

JOHANN ADOLF HASSE 1699–1783


21 Mea tormenta, properate! from Sanctus Petrus et Sancta Maria Magdalena (1758) 6.48

GAETANO MARIA SCHIASSI 1698–1754


22 L’agnelletta timidetta* from Maria Vergine al Calvario (1735) 5.30

FRANCESCO DURANTE 1684–1755


23 Domine Fili unigenite* from Messa a 5 voci in C major 1.53

75.37

*world-premiere recordings

JAKUB JÓZEF ORLIŃSKI countertenor


IL POMO D’ORO
MAXIM EMELYANYCHEV

3
L a musique sacrée a toujours eu beaucoup d’impact sur moi. J’ai débuté ma
carrière il y a de nombreuses années dans un chœur nommé « Gregorianum », et
nous chantions des morceaux de Palestrina, Tomás Luis de Victoria, Thomas Tallis
et bien d’autres grands compositeurs. Au fil des ans, j’ai écouté de multiples albums
de musique de la Renaissance et de l’ère baroque, et j’adore vraiment ces pages.
Elles me bouleversent, me parlent et m’inspirent de telle manière que c’est grâce
à elles que je suis là où je me trouve en ce moment et que je suis devenu qui je suis
aujourd’hui.
Ceci est mon premier album soliste, et il est très ambitieux. J’ai bénéficié de l’aide
de mon ami Yannis François, qui a déniché et édité la plupart des pièces de cet
enregistrement, et nous avons pu y inclure plusieurs premiers enregistrements mondiaux.
Le parcours a été long et compliqué, mais vraiment exaltant. Yannis a ainsi localisé plus
de vingt manuscrits de morceaux inconnus ; il les a édités et me les a présentés. Après de
nombreux mois d’échanges et d’exploration, et grâce aux talents d’éditeur de Yannis, nous
avons procédé à une sélection de nos préférés, et vous pouvez maintenant les trouver
sur cet album.
On pourrait se figurer qu’un album de musique sacrée ne s’adresse qu’à ceux qui
croient en Dieu, mais c’est faux : si j’ai choisi des œuvres religieuses, c’est que
je suis convaincu de pouvoir parler à l’âme avec elles. Le titre Anima Sacra
(Âme sacrée) fait référence à quelque chose de céleste, quelque chose qui
n’est pas de ce monde. Avec ce programme, je souhaite proposer aux
auditeurs un voyage spirituel, leur faire ressentir de profondes émotions,
et leur offrir un moment de détente et d’apaisement à l’écoute de ces
pages, voire susciter en eux des pensées et des réflexions intimes.
Mon rêve le plus cher est que mes interprétations puissent inspirer
les auditeurs comme j’ai moi-même été inspiré d’innombrables fois par
d’autres artistes. Je suis reconnaissant de la confiance que tant de
gens m’ont témoignée dans le cadre de ce projet et d’avoir bénéficié
de l’accompagnement d’un orchestre fabuleux, Il Pomo d’Oro, et de
son formidable chef, Maxim Emelyanychev ! À présent, je vous invite
à nous rejoindre pour ce voyage : Anima Sacra.
Jakub Józef Orliński Traduction : David Ylla-Somers
Quand Jakub Józef Orliński m’a contacté pour l’aider à bâtir le programme de son premier album solo, une des idées évoquées était
bien sûr un programme d’airs d’opéras. Mais plus le temps passait plus nous sentions que, pour sa voix et pour ce premier album, il fallait
quelque chose de singulier. La piste du répertoire sacré m’est alors parue évidente car l’une des choses les plus frappantes quand on
entend la voix de Jakub est la pureté quasi angélique du son et ce sentiment contrasté que je définirais comme une « intense légèreté ».
Elle laisse une empreinte profonde, qui met du temps à s’estomper  — qualités indispensables pour un répertoire destiné à toucher
l’âme. Le mot « âme » s’est dès lors gravé dans notre esprit et n’a cessé de guider nos pas.
Quand on pense répertoire sacré pour voix d’alto, l’imaginaire vogue vers Bach ou Vivaldi. Mais leurs œuvres ont déjà été souvent
enregistrées, et il est plus sage de les graver à un moment de plus grande maturité. Non! Nous allions creuser en terre inconnue.
Mon idée était de mélanger des pièces d’église en latin avec des airs en italien tirés d’oratorios et d’azioni sacre (drames sacrés), style
qui est à la croisée de l’opéra et de la musique religieuse. Tout comme l’opéra, l’azione sacra est basée sur un livret, le plus souvent en
langue vernaculaire (dans notre cas l’italien), parfois en latin. Mais contrairement à celui-ci, leur représentation n’était pas interdite durant le
carême, ce qui offrait aux compositeurs le prétexte idéal pour continuer à composer durant cette période religieuse.
J’ai choisi de ratisser large, de la deuxième moitié du Seicento (XVIIe siècle) jusqu’à la période pré-classique. Et j’ai commencé
à chercher à tâtons des manuscrits sur une période couvrant plus d’un siècle. Tout en laissant en grande partie le hasard guider
mes pas à travers diverses bibliothèques, abbayes et monastères d’Europe, j’ai établi une petite liste de compositeurs dont les
œuvres méconnues méritaient d’être révélées au grand jour comme Pietro Torri, Carlo Francesco Pollarolo, Francesco Bartolomeo
Conti, Domènec Terradellas, Davide Perez, Pasquale Cafaro, pour ne citer qu’eux. Il a fallu faire des choix difficiles parmi plus
d’une quarantaine d’airs — de quoi remplir pratiquement trois albums. Jakub étant de plus en plus convaincu qu’il fallait se concentrer
sur la première moitié du XVIIIe siècle, les airs du programme définitif s’étendant finalement sur une période de cinquante ans, depuis
« Alla gente a Dio diletta » de Nicola Fago (1709) jusqu’à l’air de Hasse (fin des années 1750).
C’est justement l’air « Alla gente a Dio diletta » [1] tiré de Il Faraone sommerso de Nicola Fago, qui me vint d’abord en tête pour la
voix de Jakub. C’est le troisième air dans l’oratorio et le premier chanté par Aaron, frère de Moïse. Après la Sinfonia d’ouverture, Moïse
chante un air virtuose mettant en garde Pharaon contre les fléaux à venir s’il ne libère pas le peuple de Dieu. Sans même un récitatif
intermédiaire, Pharaon entonne un air belliqueux. À ce moment intervient Aaron : il affirme qu’il est inutile de résister, car le destin
est écrit. Son air est remarquable par son atmosphère calme et impavide. Fago réussit à imager la foi inébranlable d’Aaron par une
incroyable économie de moyens.
La beauté de cet air cristallisait toujours plus cette notion d’« anima » (âme) qui m’a poussé à vouloir marcher plus en avant sur
les traces de Fago, compositeur qui a vécu assez longtemps (1677–1745), et à une époque de transition stylistique. Je suis alors tombé
sur les manuscrits de deux pièces d’église remarquables. Tout d’abord le Tam non splendet sol creatus [13]–[16], dont le texte n’est tiré
d’aucun psaume de la bible, contrairement à la majeure partie de motets baroques. Il s’agirait plutôt d’une sorte de cantate sacrée en latin,
d’un hymne à la Nativité de Jésus. L’air d’ouverture est une métaphore comparant Jésus et l’astre solaire : « Le soleil qui fut créé ( = l’astre)
ne brille pas autant que le soleil béni ( = Jésus) ». Dès le début, la voix se déploie dans une écriture allègre et ornée. Après un récitatif
teinté de mystère, décrivant la nuit de la naissance du Christ, suit un deuxième air qui est littéralement une berceuse pour l’Enfant-Dieu.
Une atmosphère réconfortante se dégage de cet air qui est une sorte de chant de Noël. La voix se déploie ensuite dans un Alléluia de
haute virtuosité. Cette deuxième pièce de Fago aurait été écrite au plus tard en 1712 car cette date ainsi que le nom du copiste Domenico
Monteleone apparaissent sur le manuscrit.

5
Toujours à la recherche d’autres trésors inconnus de ce compositeur, je suis tombé sur le magnifique motet Confitebor tibi, Domine
[2]–[8]. Le texte est celui du psaume 110 (111). C’est le morceau regroupant le plus gros effectif orchestral du programme : toutes les
cordes, hautbois et cors. Quoique qu’il y ait un doute sur la « paternité » de l’œuvre, elle reste jusqu’à preuve du contraire attribuée au
compositeur tarentin. Il s’agit d’une pièce imposante, riche et jonchée de contrastes saisissants entre les différents mouvements. Comme
les deux autres pièces de Fago, c’est une musique descriptive. Il suffit par exemple d’écouter les mouvements Memoriam et Sanctum
et terribile où le compositeur nous fait ressentir la signification de chaque mot sans même avoir besoin de lire le texte. Sa musique
touche directement à l’essentiel.
Deux compositeurs revenaient souvent dans les envies de Jakub : Johann Adolf Hasse et Nicola Porpora. Après que je lui aie
présenté un air de chacun de ces compositeurs parmi les plus célèbres de la période baroque, Jakub s’est entiché de celui de Hasse
à la vue des premières mesures d’introduction. C’est sans aucun doute l’air le plus frénétique de tout le programme : « Mea tormenta,
properate! » [21] — air de Saint-Pierre dans l’oratorio éponyme Sanctus Petrus et Sancta Maria Magdalena, écrit pour cinq chanteurs
et orchestre, avec pour particularité d’avoir un livret en latin. Une des choses les plus notables dans ce morceau est le contraste
saisissant entre la fougueuse chevauchée orchestrale de la première partie et la pureté presque statique de la partie centrale.
L’air dépeint l’extrême agitation de Saint-Pierre à la vue de Jésus sur la Croix. Son angoisse se calme seulement quand il s’adresse
directement à Jésus, espérant en vain une dernière parole. Cet air est digne d’un opera seria, qui reste la spécialité de Hasse.
J’avais aussi l’envie de joindre à ce programme des pièces écrites pour la cour de Dresde. Le choix de « Smanie di dolci affetti… S’una
sol lagrima » [19]–[20], tiré de Gesù al Calvario (ZWV 62), œuvre que Zelenka nomme lui-même componimento sacro (composition
sacrée), semblait évident à côté des autres pièces de ce programme. Un des sujets les plus utilisés dans les livrets de drames sacrés est
la Passion du Christ, mais ce passage de la bible est presque toujours dépeint des points de vue de Marie (mère de Jésus), Pierre, Jean,
Joseph d’Arimathie ou encore Marie-Madeleine — rares sont ceux qui adoptent le point de vue de Jésus lui-même.
Dans cet air de plus de dix minutes, Jésus ouvre son cœur et nous livre ses doutes. Écrit pour le castrat Niccolò Pozzi, l’air démontre un
ultime désir de croire en l’humanité : le Christ mourrait avec joie si même une seule larme de remords était versée par les hommes pour
leurs péchés. Bien que les manuscrits de Zelenka puissent sembler cauchemardesques à déchiffrer, tant son écriture est maladroite et
bâclée, le compositeur tchèque est d’une extrême précision quant aux couleurs et à la masse sonore qu’il désire. Dans cette scène, il a
recours à divers signes pour indiquer les notes exactes où il veut que tel instrument ou groupe d’instruments intervienne ou se retire, ce
qui donne cette sensation continuelle d’écho entre la voix et les bois, ou de question–réponse avec les tutti orchestraux. L’intensité qui
se dégage de ses oratorios nous font regretter que Zelenka n’ait jamais écrit d’opéra.
La deuxième œuvre dresdoise est Alma Redemptoris Mater de Heinichen [9]–[11], dont le style local est immédiatement reconnaissable
avec son duo de flûte à bec et de flûte traversière. La douceur des lignes mélodiques est une invitation paisible au culte marial et ne fait
qu’accentuer le contraste avec l’introduction du recitativo accompagnato où la ligne de l’orchestre à l’unisson se brise sur un accord
de septième illustrant la stupeur de la nature face au miracle de la conception virginale. Les mélismes poignants de ce récitatif devenu
arioso achèvent leur suspension avec un enchaînement direct vers l’air final du motet : « Gabrielis ab ore », qui n’est autre qu’une danse
ternaire. Toujours suave, la voix implore Marie de prendre pitié des pécheurs, mais un remords aigre se fait entendre quand, par deux
fois, le chanteur prononce le mot « peccatorum » (pécheurs). Son vœu sera finalement exaucé, car il peut désormais le prononcer avec
sérénité dans la phrase finale.

6
Un des compositeurs de la liste initiale dont nous avons conservé l’air est Domènec Terradellas, avec le « Donec Ponam » [12] tiré de
son Dixit Dominus . Bien que catalan, Terradellas est un fervent représentant de l’école napolitaine. Il étudia en effet dans cette ville
avec Francesco Durante comme professeur. Et c’est ce dernier qui clôture le présent album avec un air d’un caractère particulièrement
« giocoso » que l’on ne rencontre pas souvent dans la musique d’église : « Domine Fili unigenite » [23]. Mais sous l’aspect presque
bouffe des effets orchestraux, l’exécution en reste très difficile si l’on veut rester fidèle aux souhaits d’articulation que Durante demande
aux cordes.
« Laudamus te » de Domenico Sarro [17], autre pilier de la musique napolitaine, est écrit en la mineur — choix de tonalité très étonnant
pour un texte qui est la plupart du temps enjoué et vif. À la simple écoute, si nous enlevions le texte, la pièce pourrait passer pour
un air de douleur. Mais cette atmosphère laisse en réalité sentir l’extrême ferveur dont est empli ce texte. L’excitation est bel et bien
présente, mais intérieure et contenue, et nous la percevons malgré tout, figurée par la soixantaine de trilles qui font sporadiquement
palpiter instruments et voix. Sarro ne voulait peut-être pas figurer une foi utopique et lisse mais une foi humaine, soumise aux doutes et
aux épreuves.
« Juste Judex ultionis » [18] a été composé par un élève de Fago, le compositeur napolitain Francesco Feo. C’est un extrait du poème
médiéval et hymne latin « Dies irae » (Jour de colère), qui décrit le Jugement Dernier et est plus connu pour être devenu une séquence
(optionnelle) du Requiem. Ici, cet air bref et vif montre la crainte de la colère divine. La voix demande à Dieu d’être clément quand il jugera
son âme.
« L’agnelletta timidetta »  [22]  est chanté par le personnage de Jean dans l’oratorio Maria Vergine al Calvario. La foule vient de
capturer Jésus pour le conduire à sa mort. Jean se compare lui-même — et par extension tous les chrétiens — à une agnelle timide qui,
séparée de son berger, ressent une souffrance atroce et ne pourra plus retrouver la paix. On ne peut faire plus démonstratif dans la
représentation de la douleur que ressent un être égaré : dès les premières entrées orchestrales en imitation, Gaetano Maria Schiassi
veut nous faire ressentir une angoisse qui prend aux tripes. Sauts expressifs, fausses relations, entrées fuguées, accords diminués —
Schiassi nous plonge ici dans une des atmosphères les plus marquantes de l’album. Par ailleurs le mot « pace » (paix) est toujours écrit
de manière à ce que le chanteur ne puisse faire autrement que d’accentuer la mauvaise syllabe, qui est une autre façon de caractériser
cette paix qu’on ne peut retrouver sans Jésus.
Au terme de quatorze mois d’échanges et d’exploration de tant de pièces uniques avec Jakub, son choix se porta finalement sur cette
liste très variée. Cet album apparaît dès lors comme un voyage à travers toutes les facettes du sacré : la piété la plus intime, la joie
inébranlable, le doute, l’angoisse… Tous sont des états « d’âme », ce mot qui nous habitait depuis le début, ce mot porteur d’inspiration.
Car « âme » vient du latin « anima », qui veut dire « souffle »… ANIMA SACRA : le souffle sacré — l’âme sacrée !
Yannis François

7
Sacred music always had a big impact on me. I started my career
many years ago in a choir called “Gregorianum”, singing pieces by
Palestrina, Tomás Luis de Victoria, Thomas Tallis and many other
great composers. I have listened to many renaissance and baroque
albums over the years, and I truly love this music. It really moves me,
speaks to me and inspires me in such a way that I’ve come to where
I am now and become who I am today.
This is my first solo album, and it’s quite ambitious. With the
aid of my friend Yannis François, who found and edited most of
the pieces on this album, we have been able to include on it a
number of world-premiere recordings. The process was long and
difficult, but extremely exciting. Yannis located over 20 manuscripts
of unknown pieces, which he then edited and presented to me.
After many months of discussion and exploration, and with Yannis’s
skilful editing, we made a selection of our favourites, which you can
now find on this album.
An album of sacred music might appear to be directed at religious
people, but it’s not. I have chosen sacred works because I believe
that with this music I can touch people’s souls. The title Anima
Sacra (Sacred Soul) refers to something celestial, otherworldly.
With this album I want to create a spiritual journey, to make people
feel something, to go deeper, and in choosing this music, to give
them a moment of relaxation and peace of mind, while also perhaps
sparking thoughts and reflections on their own selves.
My biggest dream is to inspire people with my interpretations the
way I was inspired so many times by other artists. I am grateful that
so many people have trusted me with this project and that I was
able to record it with such a great orchestra, Il Pomo d’Oro, and their
amazing conductor, Maxim Emelyanychev! Now, I invite you to join
us on this journey: Anima Sacra.
Jakub Józef Orliński

8
When Jakub Józef Orliński asked me to help him put together the programme for his first solo album, one of the first ideas we discussed
was, naturally, a set of opera arias. But as time went on, we increasingly felt that for his voice and for this first record, we needed
something more unusual. Sacred music seemed to me an ideal place to turn to, since one of the most striking things about Jakub’s voice
is its almost angelic purity, alongside an almost paradoxical quality which I would describe as an “intense lightness”. It is a voice which
leaves a deep impression on the listener, one which lingers for some time before fading, and such qualities are instrumental in music
which is intended to touch the soul. Indeed, it was the word “soul” which from that point onwards guided our decisions.
When one thinks of the sacred repertoire for alto, Bach and Vivaldi immediately spring to mind. But their works have been recorded
so very often already, and in any case, they are better suited to an artist at a more mature stage in their career. No, we were in search
of untrodden paths.
My idea was to mix church pieces in Latin with Italian arias taken from oratorios and azioni sacre (religious dramas), works whose
style lies at the intersection of opera and religious music. Like opera, the azione sacra is based on a libretto, most often written in
the vernacular language (Italian, in our case), although sometimes in Latin. But unlike opera, the performance of these works was not
forbidden during Lent, which gave composers the ideal pretext for continuing to compose during this religious time of year.
I decided to cast our net wide, starting in the second half of the 17th century and going as far as the pre-Classical period. Hence, I began
to look around for manuscripts from a period covering more than a century. And although my search was to a large extent dictated by
chance, taking me to a diverse range of European libraries, abbeys and monasteries, a list began to take shape of composers whose
little-known works deserved to be introduced to a wider audience. The list included Pietro Torri, Carlo Francesco Pollarolo, Francesco
Bartolomeo Conti, Domènec Terradellas, Davide Perez, Pasquale Cafaro and many others, and we had to make some difficult choices
from a list of over 40 arias — roughly enough to fill three albums! However, Jakub was increasingly adamant that we should focus on the
first half of the 18th century, and hence our final repertoire choices fell within a period of 50 years, starting with Nicola Fago’s “Alla gente
a Dio diletta” (1709) and ending with the aria by Hasse (written towards the end of the 1750s).
In fact, it was “Alla gente a Dio diletta” [1], taken from Fago’s Il Faraone sommerso, which came to mind when I first began reflecting on
what would suit Jakub’s voice. It is the third aria in the oratorio and the first sung by Aaron, Moses’ brother. After the opening Sinfonia,
Moses sings a virtuoso aria warning Pharaoh of the plagues which will be unleashed if he does not liberate the People of God. Without
so much as a short intermediary recitative, Pharaoh responds with a warlike aria. It is at this point that Aaron intervenes, declaring that
resistance is futile, as destiny is already preordained. His aria is remarkably calm and fearless: Fago succeeds in conveying Aaron’s
unshakeable faith using the most economical of means.
This beautiful aria helped to crystallise further the notion of anima (soul) which impelled me to walk further in the footsteps of this
composer whose long life (1677–1745) extended across a period of stylistic transition. It was at this point that I stumbled upon the
manuscripts of two remarkable examples of his church music. The first is Tam non splendet sol creatus [13]–[16], for which the text is,
unlike most baroque motets, not taken from a biblical psalm. Rather, it is a sort of sacred cantata, in Latin, from a hymn to the birth of
Jesus. The opening aria is a metaphor which compares Christ and the Sun: “The sun which was created does not shine as brightly as the
blessed sun”. From the very beginning, the voice follows a light-hearted and ornate melody; after an enigmatically-hued recitative which
describes the night of Jesus’ birth, a second aria follows, a lullaby for the Christ-Child, which is bathed in a comforting atmosphere and has
something of the feel of a Christmas song. The singer then embarks upon a highly virtuosic Alleluia. This second piece by Fago must
have been written in or before 1712, given that the manuscript bears this date alongside the name of the copyist, Domenico Monteleone.

9
Still in search of further hidden gems by Fago, I came across the magnificent motet Confitebor tibi, Domine [2]–[8], based on Psalm
111. This piece requires the most significant instrumental forces of the whole album: all the strings, as well as oboes and horns.
Although the precise origin of the work is not certain, it remains attributed to Fago for the moment (until proven otherwise). It is an
imposing and rich piece with sharp contrasts between the movements. Like his other two pieces, it is descriptive, as the listener will
realise upon hearing, for example, the Memoriam or the Sanctum et terribile, in which the fullest meaning of every word is conveyed
even without reference to the text — such is the directness and fundamental expressiveness of the music.
Jakub was repeatedly drawn to two further composers: Johann Adolf Hasse and Nicola Porpora. I presented him one aria by each
of these most famous composers of the Baroque era, and Jakub fell in love with Hasse’s during its very first few bars. It is, without
a doubt, the most frenetic piece of the programme. Entitled “Mea tormenta, properate!” [21], it is an aria for Saint Peter in the eponymous
oratorio Sanctus Petrus et Sancta Maria Magdalena, written for five singers and orchestra, with, unusually, a libretto in Latin. One of the
most notable features of the piece is the striking contrast between the frenzied orchestral dash in the initial section and the almost static
purity of the central section. The aria depicts Saint Peter’s extreme inner turmoil at the sight of Christ on the cross. His anguish is only
calmed when he speaks directly to Jesus, hoping in vain for a final word from the Saviour. It is an aria worthy of an opera seria, which,
as it happens, was Hasse’s speciality.
I also wanted to include pieces written for the court of Dresden, and “Smanie di dolci affetti… S’una sol lagrima” [19]–[20], taken
from Gesù al Calvario (ZWV 62), a work which Zelenka himself termed a componimento sacro (sacred composition), seemed an ideal
companion to the other pieces in our programme. One of the most frequently recurring subjects in the libretti of religious dramas is
Christ’s Passion, but it is almost always narrated from the point of view of Mary (Jesus’ mother), Peter, John, Joseph of Arimathea or Mary
Magdalene; rare are depictions from the perspective of Jesus himself. In this long piece, lasting for over ten minutes, Jesus opens his
heart and reveals his doubts. Written for the castrato Niccolò Pozzi, the aria demonstrates a final desire to believe in humanity: Christ will
be able to die with joy if men can shed a single tear of repentance for their sins. Although Zelenka’s manuscripts may appear impossible
to decipher, with his often clumsy and rushed writing, the Czech composer is extremely precise when it comes to specifying the colours
and the overall sound which he desires. In this scene, he uses a variety of symbols to indicate the specific notes on which he requires
a particular instrument, or group of instruments, to enter or to withdraw, which gives the impression of a continuous echo between
the voices and the woodwinds, or of a question–answer exchange with the orchestral tuttis. Zelenka’s oratorios are written with such
intensity that it seems a shame that he never wrote an opera.
The second work from Dresden is Heinichen’s Alma Redemptoris Mater [9]–[11], whose local style is immediately recognisable thanks
to the duo between recorder and flute. The gentle melodic lines are a serene invitation to worship the Virgin Mary, and are in sharp
contrast with the introduction to the recitativo accompagnato in which the orchestral line breaks against a seventh chord illustrating
the astonishment of Nature at the immaculate conception. The poignant melismas of the recitative, which becomes an arioso, end their
suspension by leading directly into the final aria of the motet: “Gabrielis ab ore”, a triple-time dance. Still in dulcet tones, the singer
implores Mary to take pity on sinners, yet bitter regret is heard both times he arrives at the word “peccatorum” (sinners). She eventually
grants his wish, and he can at last sing the word serenely in the final phrase.

10
One of the composers from our initial list whose aria we chose to keep is Domènec Terradellas, with his “Donec ponam” [12] taken
from Dixit Dominus. Although from Catalonia, Terradellas was an enthusiastic representative of the Neapolitan school, having studied
in Naples under Francesco Durante. Durante also rounds off the album with a particularly giocoso aria, a mood not often encountered
in church music: “Domine Fili unigenite” [23]. Yet despite its almost buffa orchestral effects, the piece is far from simple to perform,
if one wishes to remain faithful to the composer’s indications for string articulation.
“Laudamus te” by Domenico Sarro [17], another pillar of Neapolitan music, is written in A minor, a surprising choice of key signature
to accompany a text which is predominantly vivacious and cheerful. Stripped of words, the piece might be taken as a song of grief.
However, it is this atmosphere which in fact allows us to feel the fervour of the text: there is excitement here, but it is contained within,
and can only be perceived directly in the 60 or so trills, palpitations of instruments and voices, which punctuate the piece sporadically.
The faith which Sarro wanted to depict was, perhaps, not idealised and undeviating, but rather, human, subject to doubts and trials.
“Juste Judex ultionis” [18] was written by one of Fago’s students, a Neapolitan composer named Francesco Feo. It is an extract from
the medieval poem and Latin hymn Dies irae (Day of Wrath) which describes the final judgement and is best known as an (optional)
sequence in the Requiem. Feo’s brief, lively aria speaks of the human fear of divine wrath. The singer implores God to be merciful when
his soul is judged.
“L’agnelletta timidetta” [22] is sung by the character of John in the oratorio Maria Vergine al Calvario. Jesus has just been captured
by a crowd of people and is being led to death. John compares himself — and, by extension, all Christians — to a timid ewe lamb which,
separated from its shepherd, undergoes terrible suffering and can never again find peace. One would be hard-pressed to find a more
demonstrative representation of the pain felt by a lost creature: from the very first imitative orchestral entries, Gaetano Maria Schiassi
wants his listeners to experience the kind of dread felt in the pit of the stomach. Using expressive leaps, false relations, fugued entries
and diminished chords, Schiassi plunges us into one of the most gripping atmospheres of the whole album. A noteworthy technique is
the timing of the word “pace” within the work, which is always written such that the singer can only stress the wrong syllable, another
way of expressing this peace which cannot be found without Jesus.
After 14 months of conversations and explorations of so many unique works with Jakub, he has settled on this extremely varied
programme, which takes us on a journey through all of the principal moods and themes of sacred music: intimate piety, inextinguishable
joy, doubt, suffering… All of these are experiences of the soul: that word which was within us from the beginning and gave us our
inspiration. In fact, the Latin for “soul”, anima, means “breath”. ANIMA SACRA: spiritual breath — sacred soul!
Yannis François Translation: Sam Brightbart

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Geistliche Musik hat mich von jeher geprägt. Meine Karriere begann
vor Jahren in einem Chor namens „Gregorianum“, wo wir Stücke
von Palestrina, Tomás Luis de Victoria, Thomas Tallis und vielen
anderen großen Komponisten sangen. Mit der Zeit habe ich viele
Renaissance- und Barockalben angehört, ich liebe diese Musik.
Sie berührt mich, spricht mich an und hat mich so sehr inspiriert,
dass ich heute bin, wo ich bin und was ich bin.
Das ist mein erstes Soloalbum, und es ist ziemlich ehrgeizig.
Mithilfe meines Freundes Yannis François, der die meisten Stücke
des Albums entdeckt und bearbeitet hat, konnte ich eine Anzahl von
Weltpremiere-Aufnahmen einspielen. Es war ein langer, schwieriger
Prozess, aber unheimlich spannend. Yannis hat über 20 Manuskripte
unbekannter Stücke aufgestöbert, die er dann aufbereitete und mir
zeigte. Nach monatelangen Diskussionen und Erkundungen und
dank Yannis’ gekonnter Bearbeitung trafen wir eine Auswahl unter
unseren Lieblingen, und die hören Sie nun auf diesem Album.
Ein Album mit geistlicher Musik könnte man leicht für ein
ausschließlich religiöses Publikum geeignet halten, aber das stimmt
nicht. Ich habe mich für geistliche Werke entschieden, weil ich
glaube, dass ich damit die Menschen berühren kann. Der Titel
Anima Sacra (Heilige Seele) bezieht sich auf etwas Himmlisches,
Überirdisches. Ich wollte mit diesem Album eine spirituelle Reise
antreten, damit die Menschen etwas spüren, in die Tiefe gehen,
wollte ihnen mit eben dieser Musik einen Moment der Erholung und
Seelenfriedens schenken, aber sie vielleicht auch zum Nachdenken
über sich selbst anregen.
Mein größter Traum ist es, andere mit meinen Interpretationen
zu inspirieren, genauso, wie ich selbst viele Male von anderen
Künstlern inspiriert wurde. Ich bin dankbar, dass so viele Leute mir
bei diesem Projekt vertraut haben und dass ich es mit einem so
großartigen Orchester aufnehmen durfte: Il Pomo d’Oro und ihr
wunderbarer Dirigent Maxim Emelyanychev! Nun lade ich Sie ein,
mit uns auf die Reise zu gehen: Anima Sacra.
Jakub Józef Orliński Übersetzung: Anne Thomas

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Als Jakub Józef Orliński mich bat, ihm bei der Zusammenstellung des Programms für sein erstes Solo­album zu helfen, war natürlich auch
von Opernarien die Rede. Doch mit der Zeit merkten wir immer mehr, dass wir uns für seine Stimme und diese erste Aufnahme etwas
Besonderes einfallen lassen mussten. Die Idee geistlicher Musik erschien mir nur logisch, denn eins der bemerkenswertesten Dinge
an Jakubs Stimme ist der beinahe engelsgleiche, reine Klang zusammen mit etwas ganz anderem, das ich am ehesten als „intensive
Leichtigkeit“ beschreiben würde. Sie hinterlässt einen tiefen Eindruck, der lange nachklingt  — eine unverzichtbare Eigenschaft bei
einem Repertoire, dass die Seele berühren soll. Der Begriff „Seele“ hat sich seitdem bei uns eingebrannt und uns geleitet.
Bei den Worten „geistlich“ und „Altstimme“ kommen einem unweigerlich Bach oder Vivaldi in den Sinn. Aber ihre Werke sind schon oft
aufgezeichnet worden, deshalb ist es weiser, sie zu einem späteren Zeitpunkt mit mehr Reife aufzunehmen. Jetzt aber wollten wir uns
auf unbekanntes Terrain wagen!
Meine Idee war eine Mischung aus geistlichen Stücken der römischen Kirche und italienischen Arien aus Oratorien und azioni
sacre (sakralen Dramen), ein Stil zwischen Oper und Kirchenmusik. Ebenso wie die Oper basiert die azione sacra auf einem Libretto,
zumeist in einheimischer Sprache (in unserem Fall war das Italienisch), manchmal in Latein. Aber im Gegensatz zu Letzterem war deren
Aufführung während der Fastenzeit erlaubt, was Komponisten den idealen Vorwand bot, um auch in dieser Zeit des Kirchenkalenders
zu komponieren.
Ich habe beschlossen, das Repertoire großflächig zu durchkämmen, von der zweiten Hälfte des Seicento (17. Jahrhundert) bis zur
Vorklassik. Und so habe ich mich tastend durch Manuskripte von mehr als einem Jahrhundert gearbeitet. Ich ließ mich bei meiner
Suche in verschiedenen Bibliotheken, Abteien und Klöstern Europas größtenteils vom Zufall leiten, nichtsdestotrotz hatte ich eine Liste
mit Komponisten dabei, deren kaum bekannte Werke es verdienen, aus ihrem Schattendasein geholt zu werden: Pietro Torri, Carlo
Francesco Pollarolo, Francesco Bartolomeo Conti, Domènec Terradellas, Davide Perez, Pasquale Cafaro, um nur einige zu nennen.
Wir mussten unter mehr als 40 Arien — genug für drei Alben — auswählen, was uns sehr schwer fiel. Jakubs Überzeugung, sich auf
die erste Hälfte des 18. Jahrhunderts zu konzentrieren, verstärkte sich immer mehr, und so erstrecken sich die Stücke des endgültigen
Programms über 50 Jahre, von „Alla gente a Dio diletta“ von Nicola Fago (1709) bis zu Hasses Arie (Ende der 1750er Jahre).
Tatsächlich fiel mir sofort ausgerechnet „Alla gente a Dio diletta“ [1] aus Il Faraone sommerso von Nicola Fago für Jakubs Stimme ein.
Es handelt sich um die dritte Arie des Oratoriums — und die erste, die Aaron, Moses’ Bruder, singt. Nach der Eröffnungs-Sinfonia trägt
Moses eine virtuose Arie vor, mit der er Pharao vor den drohenden Plagen warnt, sollte dieser nicht Gottes Volk freilassen. Ohne auch
nur ein überleitendes Rezitativ stimmt Pharao darauf eine kriegerische Arie an. In dem Moment tritt Aaron auf: Er bestätigt, Widerstand
sei zwecklos, das Schicksal bereits besiegelt. Das Stück ist wegen seiner großen Ruhe und Furchtlosigkeit bemerkenswert. Fago gelingt
es, mit einem Minimum an Mitteln Aarons unerschütterlichen Glauben eindrucksvoll abzubilden.
Die Schönheit dieser Arie beschwor immer stärker eben jenes „anima“ (Seele) herauf, was mich dazu brachte, auf den Spuren
Fagos zu bleiben. Er lebte recht lange (1677–1745), noch dazu inmitten einer stilistischen Wende. So stieß ich auf zwei unglaubliche
Kirchenmusiken. Zunächst Tam non splendet sol creatus [13]–[16], dessen Text im Gegensatz zu den meisten Barockmotetten nicht
auf einem biblischen Psalm beruht. Es handelt sich vielmehr um eine Art geistliche Kantate in Latein, eine Hymne an Jesu Geburt.
Die Eröffnungsarie ist eine Metapher, in der Jesus mit der Sonne verglichen wird: „Die Sonne der Schöpfung (= der Stern Sonne) strahlt
nicht so hell wie die gesegnete Sonne (= Jesus).“ Von Anfang an entfaltet sich die Stimme in munterer, verschnörkelter Manier. Auf ein
mystisch angehauchtes Rezitativ, in dem die Nacht von Christi Geburt beschrieben wird, folgt eine zweite Arie, und zwar ein regelrechtes
Wiegenlied für Gottes Sohn. Das Stück, eine Art Weihnachtslied, schafft eine tröstliche Atmosphäre. Anschließend schwingt sich

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die Melodie zu einem hochvirtuosen Halleluja empor. Dieses zweite Werk von Fago entstand spätestens 1712, wie man dem Datum
und dem Namen des Kopisten Domenico Monteleone auf der Partitur entnehmen kann.
Auf der Suche nach weiteren unbekannten Schätzen dieses Komponisten fand ich eine herrliche Motette, Confitebor tibi, Domine
[2]–[8]. Der Text stammt aus dem Psalm 110 (111). Das Stück vereint die größte Orchesterstärke des Programms: sämtliche Streicher,
Oboen und Hörner. Es gibt zwar Zweifel an der „Vaterschaft“ des Werkes, aber bis zum Beweis des Gegenteils wollen wir es dem
Komponisten aus Tarent zuordnen. Das imposante, reiche Stück steckt voll packender Kontraste zwischen den einzelnen Sätzen.
Genau wie bei Fagos zwei anderen Stücken handelt es sich um Programmmusik. So genügt es zum Beispiel, sich die Sätze Memoriam
und Sanctum et terribile ohne Text anzuhören, in denen der Komponist uns die Bedeutung jedes Wortes spüren lässt. Seine Musik
berührt ohne Umschweife das Wesentliche.
Jakub wiederum kam immer wieder auf zwei Komponisten zurück: Johann Adolf Hasse und Nicola Porpora. Nachdem ich ihm
jeweils ein Stück der beiden — sie zählten zu den berühmtesten Barockkomponisten — gezeigt hatte, war Jakub sofort, nach den
ersten Takten der Einführung, von Hasse begeistert. Es ist bei weitem das frenetischste Stück des ganzen Albums: „Mea tormenta,
properate! “ [21] — die Arie von Petrus aus dem Oratorium Sanctus Petrus et Sancta Maria Magdalena, für fünf Sänger und Orchester,
mit der Besonderheit eines lateinischen Librettos. Eins der erstaunlichsten Dinge ist der atemberaubende Kontrast zwischen dem
hitzigen Ritt des Orchesters des ersten Teils und der beinahe statischen Reinheit des Mittelteils. Das Stück illustriert Petrus’ extremen
Aufruhr beim Anblick des gekreuzigten Jesus. Seine Angst wird nur gelindert, als er sich an Jesus wendet und vergeblich auf ein letztes
Wort von ihm hofft. Diese Arie wäre einer Opera seria würdig, was im Übrigen Hasses Spezialität war.
Außerdem wollte ich Stücke ins Programm aufnehmen, die für den Hof in Dresden geschrieben worden waren. „Smanie di dolci affetti…
S’una sol lagrima“ [19]–[20] aus Gesù al Calvario (ZWV 62), ein Werk, das Zelenka selbst als componimento sacro (heilige Komposition)
bezeichnete, schien angesichts der anderen Stücke offensichtlich. Eins der meistverwendeten Themen in den Libretti sakraler Dramen
ist die Christuspassion, aber diese Bibelstelle wird fast immer aus Sicht von Maria (Jesu Mutter), Petrus, Johannes, Joseph von Arimathäa
oder Maria Magdalena erzählt — selten findet man Libretti aus der Perspektive Jesu.
In dieser mehr als zehnminütigen Arie schüttet Jesus sein Herz aus und offenbart seine Zweifel. Die Arie, für den Kastraten Niccolò Pozzi
geschrieben, zeigt den letzten Wunsch, an die Menschheit glauben zu wollen: Christus würde mit Freuden sterben, wenn die Menschen
ob ihrer Sünden auch nur eine einzige Träne der Reue vergössen. Auch wenn Zelenkas Partitur wie ein wahrer Albtraum anmutet, wenn
man versucht, sie zu entziffern, derart ungelenk und schluderig ist seine Schrift, so ist der tschechische Komponist extrem genau, wenn es
um gewünschte Klangfarben und Klangmasse geht. In dieser Szene bedient er sich diverser Symbole, um die Noten zu kennzeichnen, bei
denen dieses oder jenes Instrument bzw. diese oder jene Instrumentengruppe intervenieren oder schweigen soll, was ein beständiges
Echo zwischen Stimme und Holzbläsern sowie eine Art Dialog mit den Tutti des Orchesters schafft. Bei der Intensität, die seine Oratorien
ausstrahlen, bedauert man, dass Zelenka niemals eine Oper schrieb.
Das zweite Dresdner Werk ist Alma Redemptoris Mater von Heinichen [9]–[11] und das Duo aus Block- und Querflöte gibt sofort
einen Hinweis auf die Herkunft des Komponisten. Die weiche Melodieführung ist eine friedliche Einladung zum Marienkult und betont
zusätzlich den Gegensatz zum einleitenden recitativo accompagnato, wo die einstimmige Orchesterlinie mit einem Septimenakkord
aufbricht und so die Fassungslosigkeit der Natur angesichts des Wunders einer jungfräulichen Empfängnis illustriert. Die ergreifenden
Melismen dieses liedhaft gewordenen Rezitativs beenden die Spannung mit einem direkten Anschluss zur finalen Arie der Motette:
„Gabrielis ab ore“, die nichts anderes ist als ein dreiteiliger Tanz. Die stets liebliche Stimme fleht zu Maria, sich der Sünder zu erbarmen,

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aber zweimal ist bittere Reue zu hören, wenn der Sänger das Wort „peccatorum“ (Sünder) ausspricht. Letztendlich wird das Gebet
erhört, denn am Schluss kann er es voller Ruhe singen.
Einer der Komponisten, der von Anfang an auf unserer Liste stand, ist Domènec Terradellas mit seinem „Donec ponam“ [12] aus Dixit
Dominus. Der Katalane Terradellas ist gleichwohl ein glühender Vertreter der neapolitanischen Schule. Er studierte dort unter Francesco
Durante. Der beschließt denn auch das vorliegende Album mit einer Arie, die besonders „giocoso“ ist, was man in der Kirchenmusik nicht
oft findet: „Domine Fili unigenite“ [23]. Doch unter dem beinahe komischen Aspekt der Orchestereffekte bleibt die Ausführung schwierig,
wenn man Francesco Durantes Anweisungen für die Streicher treubleiben will.
„Laudamus te“ von Domenico Sarro [17], eine weitere Säule neapolitanischer Musik, steht in a-Moll — eine erstaunliche Wahl der Tonart
bei einem zumeist heiteren, lebhaften Text. Lässt man die Worte weg und hört nur auf die Musik, könnte das Stück als Ausdruck des
Schmerzes durchgehen. Doch diese Atmosphäre bringt erst die unglaubliche Inbrunst zur Geltung, von der der Text durch­drungen ist.
Der Übermut ist unbestreitbar da, aber eben innerlich und stet, und wir spüren sie trotz allem, unter anderem in den etwa 60 Trillern, die
sporadisch Instrumente und Stimme erbeben lassen. Sarro wollte womöglich keinen glatten, utopischen, sondern einen menschlichen
Glauben darstellen, der von Zweifeln und Prüfungen gezeichnet ist.
„Juste Judex ultionis“  [18]  wurde von einem Schüler Fagos komponiert, dem Neapolitaner Francesco Feo. Es ist ein Auszug aus der
mittelalterlichen, lateinischen Hymne Dies irae (Tag des Zorns), die das Jüngste Gericht beschreibt; bekannt geworden ist sie als (optionale)
Sequenz eines Requiems. Hier bildet das kurze, lebhafte Stück die Angst vor dem göttlichen Zorn ab. Die Stimme fleht Gott um Milde an,
wenn er seine Seele richtet.
„L’agnelletta timidetta“ [22] wird von der Figur des Johannes im Oratorium Maria Vergine al Calvario gesungen. Der Mob hat soeben
Jesus gefangengenommen, um ihn zu seiner Hinrichtung zu führen. Johannes vergleicht sich  — und stellvertretend alle Christen  —
mit einem verschüchterten Lämmchen, das, getrennt von seinem Hirten, schrecklich leidet und keine Ruhe mehr findet. Die Darstellung
des Schmerzes eines verirrten Wesens könnte kaum demonstrativer sein: schon mit den ersten sequenzierten Orchestereinsätzen
will Gaetano Maria Schiassi uns eine markerschütternde Furcht spüren lassen. Expressive Sprünge, Querstände, fugenhafte Einsätze,
verminderte Akkorde — Schiassi stößt uns hinein in eine der denkwürdigsten Atmosphären dieser Aufnahme. Übrigens ist das Wort
„pace“ (Frieden) stets so geschrieben, dass der Sänger es auf der falschen Silbe betonen muss, was wiederum jenen Frieden abbildet,
den man ohne Jesus nicht mehr finden kann.
Im Laufe der 14 Monate des Austausches und der Entdeckung so vieler einzigartiger Stücke fiel Jakubs Wahl schließlich auf diese
äußerst abwechslungsreiche Liste. Das Album mutet wie ein Reiseführer durch alle Facetten geistlicher Musik an: intimste Frömmigkeit,
unerschütterliche Freude, Zweifel, Furcht… Sie alle sind „Seelen“-zustände, Zustände jenes Begriffs, jener Inspirationsquelle, die uns seit
Beginn nicht losließ. Denn das lateinische Wort für Seele, „anima“, bedeutet „Atem“… ANIMA SACRA: der heilige Atem — die heilige Seele!
Yannis François Übersetzung: Anne Thomas

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MAXIM EMELYANYCHEV
il pomo d’oro
FLUTES/OBOES Roberto De Franceschi, Michele Favaro
RECORDERS Manuel Staropoli, Fabiano Martignago · BASSOON Andrea Bressan
HORNS Egon Lardschneider, Michael Pescolderung
VIOLINS I Alfia Bakieva, Giacomo Catana, Rachael Beesley, Heriberto Delgado
VIOLINS II Irma Niskanen, Daniela Nuzzoli, Claudio Rado, Anne Kaun
VIOLAS Ayako Matsunaga, Giulio D’Alessio · CELLOS Ludovico Minasi, Cristina Vidoni
DOUBLE BASS Grigorii Krotenko · ARCHLUTE Luca Pianca · HARPSICHORD Lorenzo Feder
ORGAN & CONDUCTOR Maxim Emelyanychev
NICOLA FAGO
Alla gente a Dio diletta
Arie des Aaron Aria di Aronne Aaron’s Aria Air d’Aaron
Die Ertränkung des Pharao Il Faraone sommerso The Drowning of Pharaoh Pharaon submergé

So löse der Sklaverei harte Bande, 1 Alla gente a Dio diletta Loose the bonds of slavery, Dénoue les liens de servitude
und befrei all jene, die Gott liebt! sciogli i lacci di servitù. free all those beloved of God! de tous ceux qui sont chers à Dieu.
Wer kann zaudern, wer kann halten sie im Lande, Che si tarda e che s’aspetta Who can tarry, who forbear, Pourquoi tarder, pourquoi attendre,
wenn der hohe Himmel anderes vorgibt? se prescritto ha il Ciel lassù? when Heaven on high has preordained it? puisque le Ciel l’a décrété là-haut ?

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Confitebor tibi, Domine

Ich danke dem Herrn von ganzem Herzen im Rat 2 Confitebor tibi, Domine, in toto corde meo, I will give thanks unto the Lord with my whole Je louerai l’Éternel de tout mon cœur,
der Frommen und in der Gemeine. in consilio justorum, et congregatione. heart: secretly among the faithful, and in Dans la réunion des hommes droits et
the congregation. dans l’assemblée.
Groß sind die Werke des Herrn; wer ihrer achtet, Magna opera Domini: exquisita in omnes The works of the Lord are great: sought out of all Les œuvres de l’Éternel sont grandes,
der hat eitel Lust daran. voluntates ejus. them that have pleasure therein. Recherchées par tous ceux qui les aiment.
Was er ordnet, das ist löblich und herrlich, Confessio et magnificentia opus ejus, et justitia His work is worthy to be praised and had in Son œuvre n’est que splendeur et magnificence,
und seine Gerechtigkeit bleibet ewiglich. ejus manet in saeculum saeculi. honour: and his righteousness endureth for ever. Et sa justice subsiste à jamais.
Er hat ein Gedächtnis gestiftet seiner Wunder, 3 Memoriam fecit mirabilium suorum, misericors The merciful and gracious Lord hath so done his Il a laissé la mémoire de ses prodiges,
der gnädige und barmherzige Herr. et miserator Dominus. marvellous works: that they ought to be had in L’Éternel est miséricordieux et compatissant.
remembrance.
Er gibt Speise denen, so ihn fürchten; Escam dedit timentibus se; memor erit in He hath given meat unto them that fear him: Il a donné de la nourriture à ceux qui le
er gedenket ewiglich an seinen Bund. saeculum testamenti sui. he shall ever be mindful of his covenant. craignent ; Il se souvient toujours de son alliance.
Er lässt verkündigen seine gewaltigen Taten Virtutem operum suorum annuntiabit populo suo, He hath shewed his people the power Il a manifesté à son peuple la puissance
seinem Volk, of his works: de ses œuvres,
dass er ihnen gebe das Erbe der Heiden. ut det illis haereditatem gentium. that he may give them the heritage of the heathen. En lui livrant l’héritage des nations.
Die Werke seiner Hände sind Wahrheit und Opera manuum ejus veritas et judicium. The works of his hands are verity and judgement: Les œuvres de ses mains sont fidélité et justice ;
Recht; alle seine Gebote sind rechtschaffen. all his commandments are true. Toutes ses ordonnances sont véritables,
Sie werden erhalten immer und ewiglich und 4 Fidelia omnia mandata ejus, confirmata in They stand fast for ever and ever: and are done in Affermies pour l’éternité, Faites avec fidélité
geschehen treulich und redlich. saeculum saeculi, facta in veritate et aequitate. truth and equity. et droiture.
Er sendet eine Erlösung seinem Volk; er Redemptionem misit populo suo; mandavit in He sent redemption unto his people: Il a envoyé la délivrance à son peuple,
verheißet, dass sein Bund ewiglich bleiben soll. aeternum testamentum suum. he hath commanded his covenant for ever; Il a établi pour toujours son alliance ;
Heilig und hehr ist sein Name. 5 Sanctum et terribile nomen ejus. holy and reverend is his Name. Son nom est saint et redoutable.
Die Furcht des Herrn ist der Weisheit Anfang; 6 Initium sapientiae timor Domini; The fear of the Lord is the beginning of wisdom: La crainte de l’Éternel est le commencement
de la sagesse ;
das ist eine feine Klugheit; wer danach tut, 7 intellectus bonus omnibus facientibus eum: a good understanding have all they that do Tous ceux qui l’observent ont une raison
des Lob bleibet ewiglich. laudatio ejus manet in saeculum saeculi. thereafter; the praise of it endureth for ever. saine. Sa gloire subsiste à jamais.
Ehre sei dem Vater und dem Sohne und Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, Glory to the Father, and to the Son, and to Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.
dem Heiligen Geiste. the Holy Spirit,
Wie es war im Anfang, so auch jetzt und allezeit 8 Sicut erat in principio, et nunc, et semper, As it was in the beginning, and now, and ever Comme il était au commencement, maintenant
und in Ewigkeit. Amen. et in saecula saeculorum. Amen. shall be, world without end. Amen. et toujours, pour les siècles des siècles. Amen.

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JOHANN DAVID HEINICHEN
Alma Redemptoris Mater

Erhabne Mutter des Erlösers, du allzeit offne 9 Alma Redemptoris Mater, quæ pervia cæli Loving Mother of the Redeemer, who remains Sainte Mère du Rédempteur, porte du ciel,
Pforte des Himmels und Stern des Meeres, Porta manes, et stella maris, succurre cadenti, the gate by which we mortals enter heaven, toujours ouverte, étoile de la mer, viens au
komm, hilf deinem Volke, das sich müht, Surgere qui curat populo: and star of the sea, help your fallen people who secours du peuple qui tombe et qui cherche
vom Falle aufzustehn. strive to rise: à se relever.
Du hast geboren, der Natur zum Staunen, 10 tu quæ genuisti, You who gave birth, amazing nature, to your Tu as enfanté, ô merveille ! celui qui t’a créée,
deinen heiligen Schöpfer. Natura mirante, tuum sanctum Genitorem sacred Creator:
Unversehrte Jungfrau, Virgo prius ac posterius, Virgin prior and following, et tu demeures toujours Vierge.
die du aus Gabriels Munde 11 Gabrielis ab ore taking from the mouth of Gabriel that “Hail!”, Accueille le salut de l’ange Gabriel
nahmst das selige Ave, o erbarme dich Sumens illud Ave, peccatorum miserere. have mercy on our sins. et prends pitié de nous, pécheurs.
der Sünder.

DOMÈNEC TERRADELLAS
Donec ponam

Bis Ich dir deine Feinde als Schemel unter deine 12 Donec ponam inimicos tuos scabellum Until I make thine enemies thy foot-stool. Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis
Füße lege. pedum tuorum. ton marchepied.

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NICOLA FAGO
Tam non splendet sol creatus

Arie Aria Aria Air


Die Sonne der Schöpfung strahlt nicht so hell 13 Tam non splendet sol creatus The sun of Creation shines not as bright Le soleil de la Création ne brille pas autant
wie die gesegnete Sonne quam scintillat sol beatus as beams the Blessed Sun que scintille le Soleil béni
die vom Himmel zu uns herabstieg. qui de celo ad nos descendit who has from Heaven to us descended. qui du ciel est descendu vers nous.
Das ewige Strahlen ihrer Tugend Radio aeterno sue virtutis The everlasting ray of his virtues Le rayon éternel de ses vertus
erhellt den Rechtschaffenden den Weg zum Heil monstrat juste viam salutis lights the way to salvation for the righteous montre aux justes la voie du salut
und ihr Feuer brennt in uns. et suo igne nos accendit and his fire burns in us. et sa flamme brûle en nous.

Rezitativ Recitativo Recitative Récitatif


Oh, helle Nacht? Oh, freudige Nacht? 14 O nox clara? o nox laeta? o nox decora... O bright night? o joyful night? o splendid night… Ô claire nuit ? ô joyeuse nuit ? ô nuit magnifique…
Oh, herrliche Nacht…
Siehe! Von der keuschen, reinen und heiligen ab intacta pudica et sacra aurora
ecce nobis Behold! From the chaste, pure and sacred dawn, Voyez ! De l’aube chaste, pure et sacrée nous
Morgenröte ward uns geboren die ewige Sonne est natus
sol justitie immortalis verbum pro for us is born the immortal Sun of justice. Behold! est né le soleil immortel de la justice. Voyez !
der Gerechtigkeit. Siehe! Das Wort ward Fleisch, nobis
ecce est factum caro
ecce pro nobis;
 The Word is made flesh, for us. Behold! God is Le Verbe s’est fait chair pour nous. Voyez !
für uns. Siehe! Gott ward Mensch. Beschleunige Deus est factus homo
festina inumana genus
 become man. Hasten your divine birth and pray Dieu s’est fait homme. Hâte ta divine naissance
deine göttliche Geburt und bitte deinen Heiland et sortem tua in Redentore adora.
 to your Redeemer for salvation. et prie ton Rédempteur pour ton salut.
um Erlösung.
Oh, helle Nacht, oh, freudige Nacht, O nox clara, o nox laeta, o nox decora! O bright night, o joyful night, o splendid night! Ô claire nuit, ô joyeuse nuit, ô nuit magnifique !
oh, herrliche Nacht!

Arie Aria Aria Air


Das Kind schläft in himmlischer Ruh, 15 Dum infans iam dormit celesti sopore While the infant is sleeping his heavenly sleep, Pendant que l’enfant dort de son sommeil céleste,
nun komm und freue dich! Kommet, ihr Hirten. venite, gaudete, venite amici pastores. come, rejoice! Come, shepherd friends. venez, réjouissez-vous ! Venez, amis bergers.
Legt eure Herzen Vos Deo salvatori
 Offer your heart Offrez votre cœur
vor Gott, den Retter cor vestra portate to God the Savior à Dieu le Sauveur
und bittet um seine ewige Gunst. et sic adorate aeternos favores. and seek thus eternal favour. et cherchez ainsi la faveur éternelle.
Halleluja. 16 Alleluja. Alleluja. Alléluia.

22
DOMENICO SARRO
Laudamus te

Wir loben dich, wir preisen dich, 17 Laudamus te. Benedicimus te. We praise you, we bless you, Nous te louons, nous te bénissons,
wir beten dich an, wir rühmen dich. Adoramus te. Glorificamus te. we worship you, we glorify you. nous t’adorons, nous te glorifions.

FRANCESCO FEO
Juste Judex ultionis

Richter Du gerechter Rache, 18 Juste Judex ultionis, Just Judge of vengeance, Juste Juge de votre vengeance,
Nachsicht üb in meiner Sache donum fac remissionis make a gift of remission faites-moi don de la rémission
eh ich zum Gericht erwache. ante diem rationis. before the day of reckoning. avant le jour du jugement.

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JAN DISMAS ZELENKA
Smanie di dolci affetti
Arie Jesus Aria di Gesù Jesus’s Aria Air de Jésus
Jesus auf Golgotha Gesù al Calvario Jesus at Calvary Jésus au Calvaire

Accompagnato Accompagnato Accompagnato Accompagnato


Sei stille nun, oh Sehnsucht nach süßer Liebe! 19 Smanie di dolci affetti aquietatevi omai! Bastan Be still now, o longings for sweet affections!
 Désirs de douces tendresses, apaisez-vous donc !
Zwei Sterne, eben jene traurigen Augen, sind due stelle
di dolenti pupille a purgar ogni colpa
 Two stars suffice, those doleful eyes, to purge Deux astres, ces yeux affligés, suffisent à effacer
genug, um alle Sünden fort zu waschen, und Gott e Dio è contento
quando nasce dal cor all sin,
and God rejoices
when repentance surges tout péché et Dieu se réjouit quand le repentir
freut sich, wenn im Herzen eine Umkehr stattfindet. il pentimento. in the heart. vient du cœur.

Arie Aria Aria Air


Wenn jedes reuevolle Herz 20 S’una sol lagrima di pentimento If every penitent heart Si tous les cœurs repentants
mir nur eine reumütige Träne schenken wollte, mi desser tutti di cor pentito, would render me but one repentant tear, m’offraient seulement une larme de repentir,
ich stürbe mit Freuden! quanto contento io morirei! how contented would I die! que je mourrais heureux !
Wenn jede liebende Seele eines reuigen Menschen Se amante ogni anima nell’uom contrito If every loving soul in man contrite Si toutes les âmes aimantes des hommes contrits
mir nur ein Zeichen der Liebe schenken wollte, mi desse un solo segno d’amore,
 would render me but one sign of love,
 me faisaient un seul signe d’amour,
zerschmölze all der harte Kummer, Tutto il gran duolo che m’ange il core then all the heavy grief that grips my heart je verrais disparaître toute l’immense douleur
der mein Herz gefangen hält. sciolto vedrei. would melt away. qui me serre le cœur.

JOHANN ADOLF HASSE


Mea tormenta, properate!
Arie des Sankt Petrus, Aria di Sanctus Petrus, Saint Peter’s Aria, Air de Saint Pierre,
Sankt Petrus und Sankt Maria Magdalena Sanctus Petrus et Sancta Maria Magdalena Saint Peter and Saint Mary Magdalene Saint Pierre et Sainte Marie Madeleine

Meine Qualen, eilt zu mir! 21 Mea tormenta, properate! Hasten to me, my torments! Venez vite à moi, mes tourments !
Wo sind die Geißeln, das Blut des Todes? Ubi sunt flagella et caedes? Where are the lashes and blows? Où sont les fouets et les coups ?
Ich suche ein Kreuz, gebt mir ein Kreuz; Crucem quaero, crucem date I seek the cross; bring me the cross! Je cherche la croix ; donnez-moi la croix !
ich will sterben für dich, o Gott! volo mori, o Deus, in te. I would die, o God, in You. J’aspire à mourir, ô Dieu, en Toi.
Mein Jesus, wenn du mich Jesu mi, si me vocasti My Jesus, if once You called me Mon Jésus, si Tu m’appelles une fois
vor dein heiliges, klares Antlitz rufst, sancta facie tua serena to your holy face serene, vers Ton saint visage serein,
so rufe mich, lieber Jesus, in tua cruce et in tua poena to your cross and to your punishment vers Ta croix et Ton châtiment !
bei deinem Kreuz und bei deiner Strafe. Jesu care, voca me. dear Jesus, call me now. Cher Jésus, appelle-moi.

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GAETANO MARIA SCHIASSI
L’agnelletta timidetta
Arie des Johannes Aria di Giovanni John’s Aria Air de Jean
Die Jungfrau Maria auf Golgotha Maria Vergine al Calvario The Virgin Mary at Calvary La Vierge Marie au Calvaire

Wenn das verschüchterte kleine Lämmchen 22 L’agnelletta timidetta
 When the timid little ewe lamb Si la petite agnelle timide
weit weg ist von seinem Hirten, se lontano è il suo pastore finds herself far from her shepherd, se trouve loin de son berger,
weiß es in seinem bösen, bitteren Weh nel suo crudo aspro dolore in her harsh and bitter woe sa douleur est si cruelle
nicht ein noch aus und findet keine Ruh. ritrovar pace non sà. she knows not how to regain peace. qu’elle ne peut pas retrouver la paix.
Das Wispern der Wipfel,
 Ogni fronda tremolante, Every treetop as it whispers,
 Chaque frisson des frondaisons,
das Rauschen der Bäche, alles ogni sponda gorgogliante every brook-side as it murmurs chaque chuchotis des cours d’eau
erfüllt das Lämmchen mit großer Furcht. di timor ripiena il fà. fills the ewe lamb with great fear. la remplit de terreur.

FRANCESCO DURANTE
Domine Fili unigenite

Herr, eingeborener Sohn, Jesus Christus. 23 Domine Fili unigenite, Jesu Christe. Lord Jesus Christ, only-begotten Son, Seigneur Fils unique Jésus-Christ,
Herr und Gott, Lamm Gottes, Sohn des Vaters. Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris. Lord God, Lamb of God, Son of the Father. Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, le Fils du Père.

Übersetzungen: Anne Thomas (1, 13–16, 19–20, 22);


Koch, M. (1989) Die Oratorien Johann Adolf Hasses
( = Musikwissenschaftliche Studien 14).
Pfaffenweiler: Centaurus-Verlagsgesellschaft. (21) Translations: Ray Granlund (1, 13–16, 19–22) Traductions : David Ylla-Somers (1, 13–16, 19–22)

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MANUSCRIPT SOURCES
Biblioteca del Conservatorio di musica Luigi Cherubini, Florence: I-Fc B.2374 (1);
Santini-Bibliothek, Münster: SANT Hs 1472 (2–8) & SANT Hs 4136 (12);
Sächsische Landesbibliothek, Staats- und Universitätsbibliothek (SLUB) Dresden: Mus.2398–E-2 (9–11),
Mus.2-D-500 (17), Mus.2358–D-1a (19–20), Mus.2477–E-510a (21) & Mus.2397–D-1 (23);
Aartsbisschoppelijk Archief, Mechelen: Sint-Rombouts. Muz. 18.112 (13–16);
Bayerische Staatsbibliothek, Munich: [Link] 4242 (18);
Bibliothèque royale de Belgique, Brussels: Ms III 1075 Mus (22)

Recording: 5–[Link].2018, Villa San Fermo, Lonigo, Italy


Executive producer: Alain Lanceron
Producers for Il Pomo d’Oro: Gesine Lübben, Giulio D’Alessio
Producer: Jean-Daniel Noir
Principal music consultant, musical research and critical editions: Yannis François
Editions: unpublished (Droits réservés / Rights reserved)
Photography: Michael Sharkey (pp. 1, 4, 8, 12); C Magnus Fraser (p.16); C Ribalta Luce Studio (p.17)
Design: Marc Pellerin
Booklet design and editorial: WLP Ltd
P 2018 Parlophone Records Limited
C 2018 Parlophone Records Limited, a Warner Music Group Company
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