Guide pratique de la distillation
Guide pratique de la distillation
I - Principe de la distillation 7
B. Terminologie...................................................................................11
B. Bilan de matière..............................................................................19
A. Le problème...................................................................................23
F. Essayez vous-même........................................................................31
B. Reflux minimum..............................................................................33
E. Azéotropie......................................................................................39
F. Azéotropie......................................................................................39
H. Murphree.......................................................................................41
J. Etat de la charge.............................................................................43
I
distillation
Schéma d'une distillation simple 7
Terminologie 11
Amplification de la séparation : relation de Fenske 12
On peut admettre que le liquide et la vapeur qui quittent le ballon sont à l'équilibre,
et on sait donc déterminer les compositions des deux phases en fonction des
conditions du procédé (température, pression).
On peut ainsi "empiler" des opérations de flash jusqu'à obtenir les produits A et
B avec la pureté voulue.
D'où la nécessité de recycler vers les étages inférieurs le liquide condensé dans les
flashes situés au dessus de l'alimentation, et vers les étages supérieurs la vapeur
produite dans les flashes situés en dessous de l'alimentation. On obtient ainsi le
schéma de principe de la distillation.
Dans cet exemple, on voit que la séparation sélective des constituants d'un
mélange repose sur l'existence d'un gradient de température entre le bas et le
sommet de la colonne. Le plus souvent, ce gradient de température est maintenu
simplement en refroidissant le sommet de la colonne de distillation (condenseur), et
en réchauffant le fond (rebouilleur) : il n'est pas nécessaire d'apporter ou de
soutirer de la chaleur sur chaque flash, l'étagement des températures étant assuré
par le mélange des fluides (vapeur et liquide qui se croisent à chaque étage).
B. Terminologie
r f =r /d
De même, le taux de rebouillage est le rapport du débit de vapeur rebouillie
(renvoyée vers l'avant dernier étage) au débit de résidu ( = V n /b ).
L'étage sur lequel est introduite la charge est appelé étage d'alimentation. La
portion de colonne située au-dessus de l'étage d'alimentation est la section de
rectification ; la portion de colonne située en dessous de cet étage est la section
d'épuisement . Las fractions molaires globales dans la charge (qui peut être liquide,
vapeur, ou un mélange de liquide et de vapeur) sont notées z k .
Fondamental
i
Soit α AB la sélectivité de l'étage i (relative au couple de constituants A et B).
La relation de Fenske stipule que la sélectivité de l'ensemble de la colonne est le
produit des sélectivités de tous les étages :
colonne i
AB = AB
i
Démonstration
Soit en effet une colonne à reflux total (figure ci-dessus), et considérons le sous-
système formé des i plateaux supérieurs de la colonne. La sélectivité de ce sous-
système, pour un couple ( AB ) de constituants, est :
1 i
1 , , i yA / xA
AB = 1 i
y B / xB
Ce sous-système n'échange de matière avec l'extérieur que par les débits Li (qui
le quitte) et V i 1 (qui y pénètre). En régime stationnaire, ces deux débits sont
donc égaux, et par conséquent :
L i = V i1
x iA = yAi1
x iB = yBi1
La sélectivité du sous-système formé des i1 plateaux supérieurs est :
y 1 i 1
1,... ,i 1 A /xA
AB =
y 1 i 1
B /xB
i i1
1,... ,i x A / x A
= AB ⋅ i i1
xB / xB
i1
1, ..., i y / x i1
= AB ⋅ Ai1 Ai1
yB / x B
Cette équation s'obtient à partir de la ligne précédente en introduisant les égalités
des débits. On reconnaît dans la fraction du deuxième membre la sélectivité de
l'étage i1 , et par conséquent :
colonne i
AB = AB
i
Remarque
On remarquera que la démonstration est valable pour n'importe quel type de
séparation à contre-courant et à reflux total. En particulier, on n'a pas fait
l'hypothèse que les débits de matière quittant chaque étage sont à l'équilibre
thermodynamique.
Cette relation, bien que valable dans un cas particulier seulement (taux de reflux
très grand) permet d'estimer le gain en sélectivité obtenu par une colonne de
distillation par rapport à un seul flash.
II
colonne simple
Dénombrement des degrés de liberté 17
Bilan de matière 19
Plateaux adiabatiques : hypothèse de Lewis 20
La pression est fixée, et on la suppose à peu près homogène dans toute la colonne.
Les variables que l'on peut s'imposer dans la conception d'une colonne pourront par
exemple être :
Une fraction molaire dans le distillat (pureté), une fraction molaire dans le
résidu (pureté), taux de reflux
taux de récupération de deux constituants dans l'un ou l'autre des débits de
sortie, taux de reflux
nombre d'étages, taux de reflux et débit de distillat
quantités de chaleur échangées au condenseur et au rebouilleur, nombre
d'étages...
B. Bilan de matière
On souhaite séparer un mélange méthanol-eau, contenant 40% de méthanol en
fraction molaire, pour obtenir au distillat du méthanol pur à 98% et au résidu de
l'eau pure à 97%. Le débit molaire de la charge est de 1 kmol/h.
Question
Calculer les débits de distillat et de résidu, ainsi que le taux de récupération de
chaque constituant dans le distillat.
Le fait que le plateau soit adiabatique impose donc que l'énergie nécessaire pour
la vaporisation de A est égale à l'énergie cédée par la condensation de B
sur le plateau.
Si l'on regarde le débit de liquide traversant le plateau, cela signifie que chaque
molécule de A qu'il va perdre sera compensée par une molécule de B . Le débit
molaire total de liquide n'est donc pas modifié à la traversée du plateau (mais sa
composition change). Il en va de même pour le débit de vapeur.
Il en résulte donc :
L i = L i −1
V i = V i 1
Les débits molaires de liquide et de vapeur sont constants dans chaque section de
la colonne (le raisonnement ci-dessus n'est pas valide pour le plateau
d'alimentation).
III
Cabe et Thiele pour
le calcul d'une
distillation
Le problème 23
La méthode de McCabe et Thiele 24
Droite opératoire de rectification 25
Droite opératoire d'épuisement 27
La construction graphique de McCabe et Thiele 28
Essayez vous-même 31
A. Le problème
Nous nous intéressons à une colonne simple, c'est-à-dire qui possède une seule
alimentation (que nous supposerons pour le moment à l'état de liquide saturé), et
uniquement deux sorties :
un distillat vapeur, soutiré au condenseur
un résidu liquide, soutiré au rebouilleur
La colonne est supposée isobare : cela revient à négliger la perte de charge entre
plateaux.
Tous les plateaux interne de la colonne sont supposé adiabatiques, e.
Pour nous fixer les idées, nous travaillerons sur l'exemple suivant :
Nous cherchons à distiller un mélange de méthanol (40% en fraction molaire) et
d'eau (60%), de façon à obtenir au distillat du méthol pur à 98%.On souhaite que
le résidu ne contienne pas plus de 3% d'eau (en fraction molaire). Nous prendrons
pour commencer un taux de reflux de 1,5.
La colonne fonctionne à pression atmosphérique.
V =Ld
et pour le constituant A :
On obtient donc :
i1 rf i y dA
y A = x
1r f A 1r f
L′ =V ′ b
et le bilan sur le constituant A donne :
′ j ′ j1 b
L x A =V y A b x A
Ce qui nous conduit aussi à l'équation d'une droite opératoire dans la section
d'épuisement de la colonne :
L′ j b b
y Aj1 = x A − ′ xA
V′ V
d 1r f b b
y Aj1 = x Aj − x b
d 1r f d 1r f A
Méthode
La construction est dès lors très facile :
d 1
on part de la composition du distillat, en ordonnée ( y A ou y A , puisqu'il s'agit
bien de la composition de la vapeur au condenseur, plateau 1)
1
la courbe d'équilibre permet d'accéder à x A (composition du liquide dans le
condenseur, ie composition du reflux qui retourne au plateau 2 de la colonne)
2
la droite opératoire de rectification permet alors de déterminer y A en fonction de
1 2
x A connaissant y A , la courbe d'équilibre permet de déterminer la composition
2
du liquide x A
F. Essayez vous-même
On souhaite distiller une charge contenant 40% (en fraction molaire) de méthanol
et 60% d'eau. On souhaite un distillat pur à 98% (en méthanol). Le résidu ne doit
pas contenir plus de 3% de méthanol.
Faites la construction pour différents taux de reflux (entre 0,5 et 2).
Vous constaterez :
qu'il y a un taux de reflux minimal : il faut en effet que les droites
opératoires soient, tout au long de la construction, du même côté de la
courbe d'équilibre, sinon la construction devient impossible. Cela signifie que
si on choisit un taux de reflux inférieur au taux de reflux minimal, il sera
impossible de faire la séparation avec les puretés souhaitées. Lorsqu'on est
juste au taux de reflux minimal, le nombre d'étages devient très grand (en
toute rigueur, il est infini)
qu'il y a un nombre d'étages minimal : lorsque le taux de reflux devient très
grand, les droites opératoires sont confondues avec la première bissectrice.
Estimez le taux de reflux minimal et le nombre d'étages minimal requis pour cette
séparation. Entre ces deux configurations extrêmes, il existe une infinité de
solutions possibles au problème, qui se distinguent par leur coût.
IV
de la construction
de McCabe et Thiele
Taux de reflux et nombre d'étages 33
Reflux minimum 33
Condenseur total ou partiel, consommation énergétique 34
Optimisation économique de la distillation 35
Azéotropie 39
Azéotropie 39
Efficacité des plateaux 39
Murphree 41
Influence de l'état de la charge 41
Etat de la charge 43
B. Reflux minimum
Déterminez le taux de reflux minimal et le nombre minimal d'étages pour les deux
séparations spécifiées.
Les compositions sont toujours données en fractions molaires.
Question 1
On souhaite séparer un mélange méthanol-eau à 40% de méthanol pour obtenir,
au distillat, du méthanol pur à 98% et au résidu de l'eau pure à 97%.
Question 2
On souhaite séparer un mélange acétone-eau à 20% d'acétone pour obtenir au
distillat, de l'acétone à 95% et au résidu de l'eau à 99%.
Très souvent, on préfère obtenir un distillat liquide, ce qui facilite son transport et
son stockage. On demande donc au condenseur de liquéfier distillat et reflux, on
parle donc de condenseur total.
Un condenseur total n'est plus un étage de séparation. Par rapport à une colonne
conçue sur la base d'un condenseur partiel, il faut donc rajouter un étage interne à
la colonne si le condenseur est doit être total. En fait, la construction de McCabe et
Thiele est exactement la même, que le condenseur soit total ou partiel, mais elle
commence au deuxième plateau (au lieu du premier) dans le cas d'un condenseur
total.
Que le condenseur soit total ou partiel, le rebouilleur doit toujours générer un débit
r d de vapeur. Le constituant le moins volatil ( B ) étant très largement
majoritaire, une bonne estimation de la puissance consommée par le rebouilleur
est :
v−l
Q̇b = rd h B
v−l
où h B est l'enthalpie de vaporisation du constituant B .
v−l
Q̇b = rd h
où h v−l est l'enthalpie de vaporisation du constituant majoritaire dans le
rebouilleur. Par contre, on diminue le nombre d'étages (colonne moins haute), mais
on a besoin de colonnes plus larges (pour permettre à un grand débit de vapeur de
passer).
E. Azéotropie
Lorsqu'un mélange binaire présente un azéotrope, la distillation simple ne permet
pas de séparer les corps purs avec n'importe quelle pureté ; tout au plus peut-on
récupérer l'un des corps purs à une extrémité de la colonne, le mélange
azéotropique sortant à l'autre extrémité : la construction de Mc Cabe et Thiele ne
permet pas de "traverser" un azéotrope.
Dans le cas le plus fréquent d'un azéotrope positif, le mélange azéotropique est
plus volatil que chacun des corps purs constitutifs du mélange. Si on distille un tel
mélange, on obtiendra toujours en tête un mélange proche de l'azéotrope, et en
pied l'un ou l'autre des corps purs, selon la composition du mélange d'origine.
F. Azéotropie
Question 1
On dispose d'un mélange 2-propanol-eau à 80% de 2-propanol (en fraction
molaire).
Si on distille ce mélange, quelles compositions peut-on attendre en pied et en tête
de colonne ?
Question 2
Même question pour un mélange contenant 20% de 2-propanol.
Pour tenir compte du fait que les fluides quittant un plateau ne sont pas à
l'équilibre, on affecte à chaque plateau de la colonne une grandeur, appelée
efficacité de Murphree vapeur, définie par :
y Ai − y Ai1
E MV = i , E
y A − y Ai1
i , E
où y A est la fraction molaire du constituant A dans la vapeur qui serait à
l'équilibre avec le liquide quittant le plateau. On voit que si l'efficacité du plateau
est égal à l'unité, le liquide et la vapeur sortent à l'équilibre (plateau théorique). Si
l'efficacité vaut 0, la concentration de la vapeur en constituant A ne varie pas au
passge du plateau : ce constituant n'est pas transféré d'une phase à l'autre.
On peut en général admettre que l'efficacité de Murphree vapeur est à peu près
constante pour tous les plateaux de la colonne. Elle a souvent une valeur de l'ordre
de 0,7.
H. Murphree
On sépare un mélange methanol-eau (40% en fraction molaire de méthanol) pour
obtenir du méthanol pur à 98% et de l'eau pure à 97%. En supposant des plateaux
d'équilibre, nous avons déjà déterminé le taux de reflux minimal ( r f , min =0 ,713 )
et le nombre minimum d'étages nécessaires à cette séparation.
Question
Que deviennent ces grandeurs si l'efficacité de Murphree des plateaux est de 0,6 ?
Changer l'état de la charge n'a pas d'effet sur les débits dans la section de
rectification de la colonne, qui doit de toute façon être parcourue par un débit de
vapeur égal à r d et un débit de liquide égal à r : la droite opératoire de
rectification n'est donc pas affectée par l'état de la charge, et son équation est :
i1 i d
rd y A =r x 1 dx A
Ecrivons donc l'équation de la droite opératoire d'épuisement, si L ' et V ' sont les
débits de liquide et de vapeur dans la section d'épuisement :
On a donc :
L' = r F 1−
r d = V 'F
Cette dernière équation est celle d'une droite, passant par z A , z A et de pente
−1
. On l'appelle "droite d'état thermique de la charge".
Le tracé des droites opératoires lorsque la charge est partiellement vaporisée se fait
donc de la façon suivante :
d d
tracer la droite opératoire de rectification (passe par xA ,xA et
d
x A
0,
1r f
déterminer le lieu de l'intersection avec la droite opératoire d'épuisement :
droite passant par z A , z A et de pente −1 .
b b
tracer la droite opératoire d'épuisement, issue de x A , x A et coupant la
droite opératoire de rectification au point déterminé plus haut.
h−h L ,sat
=
hV , sat −h L ,sat
où h est l'enthalpie du mélange considéré, h L ,sat l'enthalpie de ce fluide porté à
sa température de bulle (liquide saturé) et h V ,sat l'enthalpie de ce fluide porté à sa
température de rosée (vapeur saturée).
J. Etat de la charge
On reprend l'exemple initial de la distillation d'un mélange méthanol-eau (fraction
molaire de méthanol=40%) pour obtenir du méthanol pur à 98% et de l'eau pure à
97%. Le taux de reflux est de 1,5. On envisage deux possibilités :
charger la colonne avec un mélange liquide saturé
charger la colonne avec un mélange vaporisé à 50% (en nombres de moles)
Question
Comparez les nombres d'étages nécessaires dans les deux cas, ainsi que la