Formation de requalification des fonctionnaires
MODULE : GENRE
Présenté par :
Dr Fatoumata FOFANA
Tél : 76 44 17 12
E-mail : tomafof@[Link]
INTRODUCTION
I. L’APPROCHE GENRE
II. DIFFÉRENTES NOTIONS ET CONCEPTS IMPORTANTS DANS
UNE APPROCHE GENRE
III. POLITIQUE NATIONALE GENRE (PNG-MALI)
IV. INSTITUTIONNALISATION DU GENRE
CONCLUSION
RÉFÉRENCES
Exercice d’introduction
Qu’est ce qui serait différent dans
votre vie aujourd'hui, si vous étiez
né – e de l’autre sexe ?
OBJECTIFS DE RECHERCHE
Renforcement des capacités des participants
sur l’approche genre et son intégration dans
le fonctionnement des Institutions au Mali
Connaître les Comprendre
différentes l’intégration
Comprendre Connaître
notions et transversale du
les enjeux de concepts de davantage la genre dans le
genre l’approche PNG fonctionnement
genre des institutions
INTRODUCTION
Introduction
Depuis plusieurs décennies, on assiste à l’emploi
tumultueux du concept genre. Il est présent dans le
langage et est une des conditions sine qua non de
l’accomplissement de beaucoup de projets et programme
dans le monde. Pourtant ses tenants et aboutissants sont
encore moins maîtrisés et peu appliqués partout.
Introduction
Cela résulte de la mauvaise assimilation de ce concept par
les populations. Aujourd’hui, le terme genre est largement
diffusé, dans le monde académique mais aussi au-delà, dans
l’administration, les entreprises ou les médias. Néanmoins
les usages du mot renvoient la plupart du temps à une
définition approximative.
Introduction
Le genre est substitué au sexe, à des contre-sens ou assimilé
tantôt à la sexualité, tantôt à la construction des corps sexués ou
à la transsexualité. A ces usages récents, il faut ajouter la
polysémie du mot qui peut prêter à confusion, puisqu’il renvoie
également à des notions grammaticales, médicales, stylistiques,
littéraires, scientifiques... Il importe de revenir préalablement sur
la définition du terme genre.
I. CLARIFICATION CONCEPTUELLE
Concept
dynamique
GENRE
Concept
Polysémique
1. Différence entre le sexe et le genre,
concepts à controverse
Dans la logique dynamique du concept genre, il se définit
différemment d’une discipline à une autre. C’est ainsi qu’il
désigne :
- « sexe social en Anthropologie,
- rapport sociaux de sexe en Sociologie,
- masculin/féminin en Littérature,
- femmes/hommes en Histoire,
- différence des sexes en Philosophie »
ROUCH Hélène et LÖWY Ilana, Genèse et développement du genre : les sciences et les origines de la distinction entre sexe et genre, [Link], 1 (34)
(2003) p 5-16
1. Différence entre le sexe et le genre, concepts à
controverse
A cet effet, le genre a d’abord été perçu comme :
- « rapports sociaux de genre »,
- en raccourci, le terme « Genre ».
Concept d’origine anglo-saxonne connu sous le vocable de « gender », le
genre peut se traduire en français par « rapports sociaux des sexes » ou
encore « rapports socialement et culturellement construits entre
femmes et hommes ».
1. Différence entre le sexe et le genre, concepts à
controverse
Le concept genre renvoie au concept d’inégalité sociale et
permet de montrer en quoi des rapports inégalitaires
peuvent être facteurs de blocage pour le développement.
C’est une manière de voir, d’appréhender et d’agir sur tous
les détails de la vie des femmes, des hommes, des filles et
des garçons.
1. Différence entre le sexe et le genre, concepts à
controverse
Lorsqu’on parle de genre, on parle du sexe social,
construit par la socialisation, et qui induit certains
comportements ou certaines attitudes. C’est une
notion qui fait référence à une construction politique
et sociale de la différence des sexes.
1. Différence entre le sexe et le genre,
concepts à controverse
Cette construction est basée sur l’attribution des rôles
féminins et masculins ainsi que des relations entre les
femmes et les hommes. Les rôles féminins et masculins se
rapportent aux activités attribuées aux femmes et hommes
dans la société et à la position que femmes et hommes y
occupent respectivement. Ils découlent des forces telles que
la culture, la tradition, la politique.
1. Différence entre le sexe et le genre,
concepts à controverse
Ces rôles attribués aux femmes et aux hommes n’ont rien de
« naturels », ils ne découlent pas de leurs différences
morphologiques, mais sont le fruit d’une construction
sociale.
1. Différence entre le sexe et le genre,
concepts à controverse
Il peut désigner non seulement le rapport de sexe mais aussi
les discriminations sur d’autres couches sociales (les
handicapés, les couches vulnérables, etc.), croisées avec
celles selon le genre.
Ex : une femme en situation de handicap subit encore plus
de discriminations qu’un homme souffrant du même
handicap (concernant l’accès au soins, à l’emploi, la difficulté
de gérer son hygiène menstruelle, mariage, etc.).
Il subit l’influence des mutations sociales.
Différence
entre le sexe
et le genre
Genre
Sexe
Le genre aborde le sexe non pas dans son aspect
biologique mais dans sa catégorie de
Le sexe est un attribut
différenciation sociale où les rôles de chaque sexe
biologique qui ne change
est spécifié par la culture et les traditions.
pas.
Ces rôles peuvent changer d’une culture à une
autre et dans le temps.
1. Différence entre le sexe et le genre, concepts à
controverse
Le sexe et le genre sont deux aspects distincts de l’identité
féminine ou masculine d’une personne : le sexe renvoie à la
réalité biologique et le genre à la réalité sociale. Il en résulte que
les personnes doivent être regardées en dissociant leur dimension
physique (innée) et leur dimension comportementale (acquise).
Les différences entre les sexes ne sont donc pas naturelles mais
uniquement des « constructions sociales ».
1. Différence entre le sexe et le genre, concepts à controverse
LE SEXE LE GENRE
Inné, hérité, fixe, Figé, Immuable, Est acquis et appris socialement, Changeant,
universel dynamique, varient permanemment et est
combiné aux conditions liées à la classe sociale,
à l’âge, à l’origine ethnique, au statut politique
Biologique (structure biologique de Est construit par la société, découle de la
l’humain c-à-d les organes génitaux), culture, c’est des rôles sociaux assignés aux
conditions physiques (force, poids, femmes et aux hommes. Evolue dans le temps
taille…), Naturel , absolu selon les cultures Le genre est une variable
socioéconomique qui permet d’analyser les
rôles, les responsabilités, les contraintes, les
chances et les besoins des hommes et des
femmes dans n’importe quel contexte
Permet d’identifier les différences Permet d’identifier les relations entre les
entres les femmes et les hommes femmes et les hommes
2. Mécanismes sous-jacents du concept genre
La notion de genre mobilise des concepts comme :
Les stéréotypes,
Le sexisme
Les discriminations basées sur le genre,
Les violences faites aux femmes ou basées sur le genre (VBG)
2. Mécanismes sous-jacents
1.4. Autres dugenre
concepts du concept genre
Les stéréotypes
Les stéréotypes désignent les opinions sur une catégorie
d’individus (les femmes, les Africains, les albinos, etc.). Le
plus souvent, les stéréotypes ne se fondent sur aucune
expérience ou connaissance personnelle de l’individu.
2. Mécanismes sous-jacents du concept genre
Les stéréotypes
Elles se limitent à reproduire des jugements répandus qui sont
discriminatoires. Les stéréotypes favorisent la valorisation du
travail des hommes au détriment de celui des femmes
(travaux domestiques).
sexisme
2. Mécanismes sous-jacents du concept genre
Le sexisme
Gestes, attitudes, comportements, remarques, …basés sur
des supposées différences entre les hommes et les femmes
qui infériorisent, déstabilisent ou délégitiment les femmes.
2. Mécanismes sous-jacents du concept genre
Les discriminations basées sur le genre
Ces discriminations sont, en général, négatives. Elles viennent
du sexisme et de l’organisation différenciée de la société selon
les sexes. Les discriminations basées sur le genre prônent la
suprématie du sexe masculin considéré comme sexe fort sur le
sexe féminin considéré comme sexe faible.
2. Mécanismes sous-jacents du concept genre
Les violences faites aux femmes ou basées sur le
genre (VBG)
Les VBG sont des violences exercées sur les femmes compte tenu
d’un sentiment de supériorité de leurs agresseurs dans la plupart des
cas. Elles sont multiples et se caractérisent par les violences
physiques, sexuelles, psychologiques, économiques, institutionnelles.
Les violences physiques :
Cette catégorie de violences est la plus visible et inclue
notamment les coups, blessures, fractures, etc. Parmi cette
catégorie, il convient de mentionner la violence domestique.
La violence domestique également désignée violence familiale
ou violence conjugale est une forme de violence liée au genre.
Les violences physiques :
Elle survient quand un partenaire intime ou un membre familial ou ex-
partenaire ou un conjoint utilise un modèle de comportements abusifs -
violence physique, coercition, menace, intimidation et abus des règles
pour maintenir l’autre partenaire sous son pouvoir et contrôle. Elle
survient aussi dans le cadre des relations familiales entre adultes et
enfants. Les violences sexuelles peuvent aussi être commises dans un
contexte de violence domestique.
Les violences sexuelles: Tout acte sexuel, commentaire ou avance d’ordre
sexuel non voulu, ou tout acte de trafic de personnes par l’usage de la force,
contrainte ou menace, par toute personne quelle que soit sa relation avec la
victime, et ce, dans tout contexte.
Les violences émotionnelles et psychologiques:
Elles sont sous une forme verbale ou non-verbale. On parle de violence
psychologique lorsqu’une personne adopte une série d’attitudes et de propos
visant à dénigrer et à nier la façon d’être d’une autre personne. Ces paroles ou
ces gestes ont pour but de déstabiliser, de blesser l’autre, ou de la forcer à
acquérir un comportement qu’elle ne souhaite pas. Par contre, dans la violence
psychologique, il ne s’agit pas d’un dérapage occasionnel mais d’une façon
d’être en relation qui se répète de manière continue. C’est nier l’autre et le
considérer comme un objet.
Violences économiques:
Elles se manifestent de plusieurs manières mais dans tous les cas de figure il
s’agit de retirer à la femme son autonomie, de faire en sorte qu’elle n’ait pas
de marge de manœuvre si elle manifeste des velléités de liberté ou de
séparation. Le cas le plus classique est la dépendance économique de la
femme victime de violence, dont les activités ne sont pas reconnues car
considérées comme naturelles et obligatoires pour la femme, et qui n’a pas
de revenus propres. Les violences économiques peuvent également être des
violences institutionnelles
Violences institutionnelles:
C’est une violence commise par des personnes au sein d’une institution ayant
autorité sur des personnes particulièrement vulnérables. Il s’agit de toute action
commise, ou toute absence d’action, qui cause à l’individu une souffrance
physique ou psychologique inutile et/ou qui entrave son évolution ultérieure. Les
institutions intègrent à différents degrés les normes et les règles qui régissent les
sociétés dans lesquelles elles évoluent. Étant donné que dans aucune région du
monde l’égalité des droits sociaux, économiques et juridiques existent entre les
hommes et les femmes, les rapports de genre au sein des organisations tendent à
reproduire les inégalités qui existent dans l’environnement externe.
II. DIFFÉRENTES NOTIONS IMPORTANTES
DANS UNE APPROCHE GENRE
Pour bien assimiler l’approche genre, il est nécessaire d’avoir une
connaissance sur certaines notions afférentes à cette approche.
Ces notions sont des éléments de base dans le processus.
1. Egalité femmes/hommes
L’égalité femme/homme, ou égalité des genres, est la non-
discrimination contre une personne basée sur son sexe en ce qui
concerne les opportunités, la répartition des ressources et des
bénéfices ainsi que l'accès aux services publics. L’égalité
femme/homme fait référence aux droits selon lesquels tous les êtres
humains naissent égaux.
1. Egalité femmes/hommes
Être égal ne signifie pas être pareil, être identique, mais :
o Signifie un accès équitable aux ressources, aux bénéfices, aux
services
o L’égalité entre les sexes n’implique pas que les hommes et les
femmes deviennent identiques, mais qu’ils aient des possibilités
et des chances égales dans l’existence
o L’égalité entre les sexes suppose que les hommes et les femmes
jouissent dans des conditions d’égalité de biens, de possibilités,
de ressources et de récompenses auxquels la société attache
une valeur.
1. Egalité femmes/hommes
Exemples: droit à l’instruction, égalité d’accès aux postes
de responsabilités à compétences égales
1. Egalité femmes/hommes
De ce fait, les femmes et les hommes doivent avoir les mêmes
chances et bénéficier des mêmes droits : occasions de choisir,
conditions matérielles, accès aux soins médicaux, partage des
ressources économiques, participation à l’exercice du pouvoir
politique, etc., tout en respectant leurs spécificités.
2. Equité femmes/hommes
L’équité femme/homme se base sur l’idée de « ce qui est juste ».
L’équité du genre vise à accorder un traitement impartial aux hommes
et aux femmes, en fonction de leurs besoins respectifs pour corriger le
déséquilibre entre les deux sexes.
2. Equité femmes/hommes
Ledit traitement doit être équivalent en termes de droits, d’avantages,
d’obligations et de possibilités.
La démarche équité femmes/hommes vise donc à corriger des
inégalités de départ pour arriver à l’équivalence des chances (ou
opportunités) entre femmes et hommes.
2. Equité femmes/hommes
L’équité se réfère à la notion de justice dans tous les
aspects de la vie.
Elle désigne une répartition juste et équitable des
bénéfices et des responsabilités entre les hommes et les
femmes.
Elle passe souvent par la mise en œuvre de programmes
et de politiques spécifiquement dirigés vers les femmes
pour abolir les inégalités existantes.
2. Equité femmes/hommes
L’équité permet de reconnaître que les hommes et les
femmes ont des besoins différents et ces besoins doivent
être pris en compte de façon à corriger les déséquilibres
entre les sexes.
C’est un moyen pour atteindre l’égalité.
« l’équité est un moyen, l’égalité est une finalité »
3. Parité femmes/hommes
La parité femme/homme demande la représentation égale en
nombre des femmes et des hommes au sein des structures de
l’état, particulièrement dans les institutions élues ou dans
n'importe quelle organisation ou institution.
3. Parité femmes/hommes
La parité signifie que chaque sexe soit représenté à égalité,
une égalité mathématique parfaite.
C’est un instrument au service de l’égalité.
4. L'approche Empowerment ou autonomisation
L’approche empowerment ou autonomisation est l'octroi de
davantage de pouvoir à des individus ou à des groupes pour
agir sur les conditions sociales, économiques, politiques etc.
auxquelles ils sont confrontés.
4. L'approche Empowerment ou autonomisation
Elle vise à renforcer les capacités de l’individu en développant son
pouvoir pour dépasser les obstacles qui entravent l'accès à l'égalité.
Elle permet de réhabiliter les femmes en les aidant à devenir plus
autonomes, à construire de nouvelles structures politiques,
économiques et sociales, à défier et à vaincre les structures abusives.
5. Le processus de gender mainstreaming ou « approche
intégrée de l’égalité »
C’est un processus par lequel une décision (une politique, un plan, un
budget, un programme ou un projet) est enrichie par une analyse
sensible au genre. Elle a pour ambition de faire prendre en compte la
perspective de l’égalité des sexes dans l’ensemble des politiques et
dispositifs publics, dans tous les secteurs.
5. Le processus de gender mainstreaming ou « approche
intégrée de l’égalité »
L'impact du processus de gender mainstreaming vise l'amélioration
des conditions de vie de la population ciblée. Cette perspective genre
est fortement conseillée dans l’approche genre.
6. Triples rôle des femmes (production, reproduction,
communautaire)
La division du travail entre les hommes et les femmes dans les
sociétés n’est pas équitable. Elle est source d’échec de participation
des femmes aux projets de développement.
Bien que cela ne soit souvent pas visibles par la société, l’échec des
femmes à certains niveaux de la vie est dû au triple rôle qu’elles
jouent et qui sont indispensables pour la survie et la bonne marche
de la société.
6. Triples rôle des femmes (production, reproduction, communautaire)
Production
Politique
Rôle Reproduction
Communautaire
6. Triples rôle des femmes (production, reproduction,
communautaire)
• Rôle de production : l’ensemble des activités liées à la production
de biens et de services voués à la consommation et au commerce
(agriculture, pêche, industrie, etc.). Il est généralement lié à une
activité rémunéré / qui génère un revenu.
• Rôle de reproduction : concerne le bien-être de la famille (tâches
domestiques, soins et l’éducation des enfants, courses, collecte de
l’eau et du combustible, etc.)
6. Triples rôle des femmes (production, reproduction,
communautaire)
• Rôle communautaire : sont des tâches liées à l’organisation collective des
activités et services sociaux : cérémonies et fêtes, toutes activités pour
améliorer le maintien et l’établissement de liens au sein d’une communauté,
activités politiques locales, participation aux groupes sociaux, etc.
• Rôle politique : sont des activités liées à l’organisation des élections
communales, législatives et présidentielles. La présence des femmes dans
ces activités sont nécessaires compte tenu du pouvoir de mobilisation et du
sens de l’organisation des femmes.
7. Distinction entre accès et contrôle des ressources
L’accès aux ressources (biens, services, terres) était un problème crucial
pour bon nombre de femmes. A travers les sensibilisations et, dans
l’exécution des projets et programmes de développement, le problème
d’accès aux ressources s’est atténué.
Malgré cet état de fait, le contrôle de ces ressources constitue un goulot
d’étranglement dans la lutte contre les inégalités basées sur le genre.
7. Distinction entre accès et contrôle des ressources
On attend par accès des ressources : la possibilité d’utiliser des
ressources.
Le contrôle des ressources : fait référence au titre de propriété, de
gestion partielle ou totale des ressources auxquelles les personnes ont
accès.
8. OMD comme cadre de référence international en 2000
La question de l’égalité des genres est intégrée à la réalisation des
objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en l’an 2000.
Lors du Sommet du Millénaire, l’Organisation des Nations Unies et
ses États membres ont adopté huit (8) grandes orientations pour
l’élimination de l’extrême pauvreté dans le monde.
8. OMD comme cadre de référence international en 2000
Dans cette dynamique, la promotion de l’égalité des sexes et
l’autonomisation des femmes ont été un des objectifs (3) de l’ONU
pour dénoncer de façon claire que sans l’égalité entre les sexes, il est
impossible de diminuer la pauvreté, la faim et la maladie. Il
mentionne que les femmes doivent avoir des pouvoirs décisionnels
sur leur vie équivalente à ceux des hommes pour leur permettre
d’accéder à une autonomie complète.
OMD
9. ODD comme cadre de relais
En 2015, avec la publications des ODD à la suite des OMD, ODD 5 :
Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles,
sur les 17 ODD, dira que Les femmes et les filles représentent la moitié de
la population. A ce titre, l'ONU reconnaît que « l’égalité des sexes n’est pas
seulement un droit fondamental de la personne, mais aussi un fondement
nécessaire pour l’instauration d’un monde pacifique, prospère et durable ».
9. ODD comme cadre de relais
Le Mali, dans le cadre de l’application des ODD, mènera diverses actions
concourant à l’atteinte de cet objectif. Il s’agit de :
- l’adoption en novembre 2010 et la mise en œuvre de la Politique Nationale Genre
(PNG)
- la Planification et la budgétisation sensible au genre (PBSG) dans le processus
budgétaire dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique Nationale Genre
(PNG) et son plan d'actions 2011-2013 puis celui de 2016-2018 dans certains
ministères
9. ODD comme cadre de relais
- l’adoption des textes visant à renforcer les droits économiques des femmes
- (Loi n°2012-002 du 23 janvier 2012 portant création du Fonds d’Appui à
l’Autonomisation de la Femme et à l’épanouissement de l’Enfant (FAFE) ;
- Loi n°06-045 du 5 septembre 2006 portant Loi d’orientation agricole (LOA) ;
- Loi n°2011-040 du 15 juillet 2011 portant statut des exploitations et des exploitants
agricoles
- Loi n°2010-031 du 31 juillet 2010 portant création du Fonds National d’Appui à
l’Agriculture
9. ODD comme cadre de relais
- Décret n°2009-011/P- RM du 19 janvier 2009 fixant les attributions, la composition et
les modalités de fonctionnement des commissions foncières locales et communales ;
- Décret n°2008-768/P-RM du 29 décembre 2008 fixant les modalités d’enregistrement
et d’immatriculation des exploitations familiales et des entreprises agricoles)
- l’adoption de la loi N°2015-052 du 18 décembre 2015, instituant des mesures
de promotion du genre aux fonctions nominatives et électives au Mali ;
III. Politique Nationale Genre (PNG-Mali)
III.
Dans le cadre de la mise en œuvre des ODD : diverses actions concourant à
l’atteinte de ces objectifs par le gouvernement malien entre autres, l’adoption en
novembre 2010 et la mise en œuvre de la Politique Nationale Genre (PNG) qui
vise l’épanouissement de toutes les femmes et de tous les hommes grâce au
plein exercice de leurs droits égaux fondamentaux, à une citoyenneté active et
participative et à l’accès équitable aux ressources, en vue de faire du Mali un
pays émergent fort de sa croissance et fier de ses valeurs de justice, de paix, de
solidarité et de cohésion sociale.
III.
Adoption de la PNG par le Gouvernement : 24 novembre 2010
La PNG = Volonté et engagement politique
La PNG = Réponse du Gouvernement aux engagements internationaux et
régionaux, et aux préoccupations nationales en matière d’égalité homme/femme
La PNG = Cadre de référence nationale …
La PNG-Mali est structurée autour d’une vision, d’un concept, d’une approche et de
principes directeurs qui sont traduits sous forme d’orientations stratégiques,
d’axes d’intervention et d’objectifs déclinés en Plan d’Actions.
1. VISION
• Construire «une société démocratique qui garantit
l ’ épanouissement de toutes les femmes et tous les hommes
grâce au plein exercice de leurs droits égaux fondamentaux, à
une citoyenneté active et participative et à l’accès équitable aux
ressources, en vue de faire du Mali un pays émergent fort de
sa croissance et fier de ses valeurs de justice, de paix, de
solidarité et de cohésion sociale.»
2. PRINCIPES DIRECTEURS
PRINCIPE n°1: La reconnaissance du rôle premier de l’État du
Mali dans l’édification d’une société égalitaire.
PRINCIPE n°2 : Une démarche inclusive et partenariale avec
toutes les composantes de la société (adhésion, mobilisation et
participation) et dans toutes les régions.
PRINCIPE n°3: Des changements à promouvoir en misant sur
les capacités reconnues de la société malienne d’établir des
consensus, de réguler les incontournables tensions entre tradition et
modernité et de marquer des avancées sur la base d’un dialogue
social et de valeurs communes.
2. PRINCIPES DIRECTEURS
PRINCIPE n°4: Des changements à concevoir et à réaliser avec
les femmes et les hommes.
PRINCIPE n°5: Une approche systémique d’intégration de
l’Égalité Femme Homme (EFH) dans les réformes publiques et les
institutions du pays en ciblant les secteurs les plus porteurs d’égalité
et dont les résultats seront perceptibles par la population.
PRINCIPE n°6: La nécessité d’assurer une cohérence entre la
politique Genre et les autres politiques et programmes du pays.
PRINCIPE n°7: La mesure des avancées selon une perspective à
long terme.
3. ORIENTATIONS STRATEGIQUES ET AXES D’INTERVENTION
La PNG est structurée autour de six (6) orientations
stratégiques et de 19 axes d’intervention et en objectifs sur la
base desquels les plans et programmes d’actions sont
développés.
3. ORIENTATIONS STRATEGIQUES ET AXES D’INTERVENTION
1. Consolidation de la démocratie malienne et de l’État de droit par
l’égalité d’accès et la pleine jouissance des droits fondamentaux pour
les femmes et les hommes
2. Développement d’un capital humain (femmes et hommes) apte à
affronter les défis du développement socioéconomique du pays, de la
réduction de la pauvreté, de l’intégration africaine et de la
mondialisation
3. Reconnaissance de la contribution des femmes au développement
économique par leur insertion aux circuits productifs et l’accès égal
aux opportunités d’emploi et aux facteurs de production
3. ORIENTATIONS STRATEGIQUES ET AXES D’INTERVENTION
4. Mise à contribution des potentialités des femmes et des hommes
dans le développement du pays par leur participation égale aux
sphères de décision
5. Promotion, sensibilisation et communication pour l’enracinement
des valeurs et des pratiques égalitaires au sein de la société malienne
tout en ralliant les traditions porteuses d’égalité aux impératifs de la
modernité et de l’ouverture sur le monde
6. Prise en compte de l’ÉFH comme un principe directeur de bonne
gouvernance dans les politiques et réformes publiques les plus
porteuses de changement et dans les budgets
IV. INSTITUTIONALISATION DU GENRE
1. Méthode d’intégration du genre dans le fonctionnement des
institutions
La prise en compte du genre dans le fonctionnement des
institutions est indispensable dans la promotion du genre,
et dans la lutte contre les inégalités entre femmes et
hommes au sein des institutions.
1. Méthode d’intégration du genre dans le fonctionnement des
institutions
• Un cadre formel : intégrer le genre dans documents
règlementaires et de fonctionnement des institutions (règles,
stratégies, procédures, règlement intérieur, etc.). Ce cadre a
pour objectif de formaliser la transition du fonctionnement et la
culture institutionnelle
1. Méthode d’intégration du genre dans le fonctionnement des
institutions
• Une culture institutionnelle :
- niveau collectif par l’identification des forces, des résistances et les
raisons des résistances.
- Niveau individuel : adhésions effective aux valeurs inhérentes à
l’approche genre : respect de l’égalité F/H ; collègues femmes et hommes
sont égaux par principe et dans les pratiques. Toute distorsion avec la vie
privée peut décrédibiliser l’approche genre institutionnelle… et être
inconfortable à vivre pour la personne concernée.
1. Méthode d’intégration du genre dans le fonctionnement des
institutions
Quelques outils pour l’institutionnalisation du genre dans les
organisations
• Audits et diagnostics de genre
• Charte égalité & Code de conduite
• Stratégie / plan d’action ; politique de genre
• Politique de lutte contre les violences de genre
• Formations
1. Méthode d’intégration du genre dans le fonctionnement des
institutions
Quelques outils pour l’institutionnalisation du genre dans les
organisations
• Systèmes de plainte, d’alerte
• Procédures de recrutement, de promotion, d’ajustement des
salaires
• Référent.e / point focal / équipe genre
• Modes de fonctionnement : organisation des réunions
(équilibre de prise de parole, heure…).
2. Politique de prévention des violences de genre
2.1. Prévention
• Règles, communication sur les règles vis à vis des salariés, des
partenaires, des usagers, des bénéficiaires de programmes ou
projets, etc.
• Une question complexe : où s’arrête l’environnement de travail ?
Particulièrement complexe dans des cas de cyber-harcèlement, p. ex.
• Un élément central : la mise en place et l’efficacité d’un dispositif
d’identification des situations et salarié.e.s à risque
2. Politique de prévention des violences de genre
2.2. Identification des cas
• Prise en charge des victimes
• Transfer vers des structures compétentes externes, si
nécessaire
• Leur fournir des informations sur ce qu’ils/elles peuvent
faire
• Accompagner et appuyer leurs démarches, [Link]. pour
porter plainte
2. Politique de prévention des violences de genre
2.3. Traitement
• Confidentialité
• Protection victimes/procédure RH
• Sanctions
• Apprentissage
3. Mise en cohérence des modes de fonctionnement
institutionnel
3.1. Procédures de recrutement
S’applique aussi au recrutement de contractuel·le·s, d’expertise
externe, etc.
• Rédaction de la fiche de poste : vocabulaire, langage épicène, être
très clair sur les compétences requises (y compris les compétences en
genre)
• Directeur de programme H/F vs Directeur/trice de programme
• Sélection de candidat.e.s pour un entretien : pool paritaire
3. Mise en cohérence des modes de fonctionnement
institutionnel
3.1. Procédures de recrutement
• Guide d’entretien : doivent être les même pour tous les
employés sans distinction
Poser les mêmes questions à [Link].s ;
Questions objectives qui permettent d’évaluer les compétences
requises ;
Question sur l’importance accordée à l’égalité de genre.
• Feedback constructif sur les points forts et les manques
3. Mise en cohérence des modes de fonctionnement
institutionnel
3.2. Référent·e / point focal genre :
Selon la taille de la structure, il s’agit de désigner une
personne, ou une personne par service/bureau (qui forment
ensemble une équipe genre), pour faciliter la diffusion de la
responsabilité genre au sein de l’organisation. Si possible, le
dédoublement de la fonction de point focal (tandem F/H)
est conseillé, pour élargir la responsabilité sur le genre et
pour réduire l’effet des mutations, etc.
3. Mise en cohérence des modes de fonctionnement
institutionnel
3.3. Formations spécifiques genre
• Formation (ou au minimum initiation) de toutes les équipes, y les
bénévoles, personnes présentes sur un temps court (éléments
essentiels) ;
• Des formations régulières ensuite ;
3. Mise en cohérence des modes de fonctionnement
institutionnel
• Des formations qui portent sur :
- Le genre ;
- Le code de conduite/ charte
- La politique genre de l’organisation ;
- Les bonnes pratiques par rapport à son poste…
En plus des formations spécifiques sur le genre, il est
important de veiller à ce que des formations sur d’autres
sujets intègrent transversalement une perspective genre.
3. Mise en cohérence des modes de fonctionnement
institutionnel
3.4. Communication
• Communication écrite : - La langue est un héritage mais
aussi une matière vivante, qui doit s’adapter aux évolutions
sociales. Dans un pays où l’égalité entre les femmes et les
hommes est inscrite dans la Constitution, la langue ne peut
rester un domaine où serait encore admise et revendiquée
l’expression de la prétendue supériorité d’un sexe sur un
autre.
3. Mise en cohérence des modes de fonctionnement
institutionnel
3.4. Communication
• Communication écrite : Ne pas pouvoir nommer le féminin,
ou le faire disparaître dans un genre prétendument
indifférencié, c’est organiser l’invisibilité donc l’absence des
femmes dans la sphère publique !
- Parler « des femmes » plutôt que de « la femme »,
- de la «journée internationale des droits des femmes » plutôt
que de la «journée de la femme» et
- des «droits humains» plutôt que des «droits de l’homme» -
3. Mise en cohérence des modes de fonctionnement
institutionnel
3.4. Communication
• Communication écrite :
- Accorder les noms de métiers, titres, grades et fonctions
- User du féminin et du masculin dans les messages adressés
à tous et toutes
- Adoption la règle de proximité qui consiste à accorder
l’adjectif en genre et en nombre avec le dernier nom, qu’il
soit féminin ou masculin, singulier ou pluriel.
3. Mise en cohérence des modes de fonctionnement
institutionnel
3.4. Communication
• Communication écrite :
- Éliminer toutes expressions sexistes
- Présenter intégralement l’identité des femmes et des hommes …et aussi :
- Utiliser des statistiques sexo-spécifiques
- Choisir pour les témoignages ou les interventions autant de femmes que
d’hommes et prêter attention à la répartition thématique
- Ne pas réserver aux femmes les questions sur le domaine social, la santé, la
vie personnelle
Conclusion
Un traitement égal et juste entre les femmes et les hommes, à tout
âge de la vie, est un droit fondamental des femmes et des hommes.
Concrétiser cette vision est la responsabilité de toutes et de tous. Le
développement d’une nation ne peut aboutir sans l’implication totale
des femmes. Cette implication ne peut pas être une garantie tant
qu’elles ne sont pas traitées à juste valeur, pour la bonne marche de
la société.
Conclusion
La question du concept genre est une question qui fait couler
beaucoup d’encre. Le genre est perçu comme un moyen
d’épanouissement des femmes en les faisant sortir du système de
misère. Cette misère qui est dû à la relégation des femmes au
second plan dans la société, tire ses origines depuis les temps
immémoriaux. Tout compte fait, vu leurs rôles de mère et d’épouse
assignés par la société et les coutumes, un regard croisé doit être
lancé à l’endroit et avec les femmes afin d’établir les préjudices
causés par la société.
Références Bibliographiques
• Cours Introduction au genre Pistes pour une prise en compte transversale Elisabeth, Hofmann Maitresse de
Conférences Université de Bordeaux Montaigne Les Afriques dans le Monde (UMR 5115)
• BOURDIEU Pierre, La domination masculine, Editions du Seuil, 1998
• Convention sur l’Elimination de toutes les Formes de Discrimination à l’égard des Femmes,
[Link] consulté le 24 janvier 2019 à 15 h 31 mns
• Coté femmes, Approche éthologique, Editions l’harmattan, ISBN ; 2 85802-674-2, 1986,
• DE BEAUVOIR Simone, le 2e sexe, Editions Gallimard, 1949
• Genre en littérature, [Link]ç[Link]/les genres-litteraires/, en ligne, consulté le 03/07/2019 à 10 H
49 mns
• Grenelle des violences conjugales : les 10 chiffres à connaître par CNEWS, Florian Tardif,
[Link]
consulté le 11/06/2020 à 15 H 45 mns
• KEITA Hanane, Et si on relisait le coran, Bamako, la Sahélienne, 2015
• Le féminisme pour les nuls, 16/10/2018, Caroline Fourrest,
[Link] en ligne, consulté le
04/08/2020 à 14 H 38 mns
• ROUCH Hélène et LÖWY Ilana, Genèse et développement du genre : les sciences et les origines de la
distinction entre sexe et genre, [Link], 1 (34) (2003) p 5-16
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