Modélisation de l'hystérésis ferroélectrique
Modélisation de l'hystérésis ferroélectrique
ferroélectriques
Benjamin Ducharne
Présentée devant
Et
PAR
DUCHARNE, Benjamin
JURY
Pr. Noel Burais
Dr. Manuel Collet (rapporteur)
Pr. Jean-François Deu
Pr. Patrick Dular (rapporteur)
Pr. Daniel Guyomar
Pr. Xavier Mininger (rapporteur)
Mcf Hdr Marie-Ange Raulet
CURRICULUM VITAE 8
Modèle inverse 55
Contribution quasi-statique inverse 56
Contribution dynamique 57
Contrôle de la polarisation sous champ électrique 57
Contrôle de la déformation sous champ électrique 60
Contrôle de la polarisation sous contrainte mécanique 63
Cas du creep mécanique 67
PROJET DE RECHERCHE 89
Relation entre le modèle d’hystérésis fractionnaire et les modèles de la permittivité diélectrique de Cole-Cole
et de Havriliak-Negami 90
Caractérisation des paramètres fractionnaires à l’impédance-mètre 95
Dynamique de pénétration du champ magnétique dans les ferromagnétiques doux à l’aide d’opérateurs
fractionnaires 97
INTRODUCTION
Mes activités de recherche concernent la caractérisation et la modélisation des couplages multi
physiques dans les matériaux diélectriques. Pour être plus précis, c’est autour des matériaux
matériaux piézoélectriques ont, entres autres, fait l’objet de développements intensifs en tant que
(échographie). Depuis, de nombreux autres champs d’application se sont développés autour des
(systèmes sans batteries). Les matériaux piézoélectriques sont des céramiques, des monocristaux ou
des polymères, chaque catégorie présentant des avantages et inconvénients en raison de leurs
propriétés, leurs coûts, et leurs adaptabilités à leurs environnements (impédance acoustique par
exemple). L’effet piézoélectrique se caractérise par la faculté qu’ont certaines familles de matériaux à
générer des charges électriques lorsqu’on les soumet à une contrainte mécanique et à se déformer
lorsqu’on leur applique une tension électrique. Seules les propriétés dites linéaires ont été utilisées
récupération d’énergie les niveaux de contraintes sont si forts que les non-linéarités ne peuvent plus
être négligées. Ces non linéarités rendent les équations classiques de la piézoélectricité obsolètes et
C’est en ce sens que j’ai été recruté au début de l’année 2005, avec comme cahier de charges la
piézoélectriques. Depuis la thèse de doctorat, mon activité a toujours été orientée autour de la
modélisation des non linéarités dans les matériaux et plus particulièrement de l’hystérésis et de la
dépendance en fréquence. J’ai soutenu ma thèse à la fin de l’année 2003 sous la direction du
travers les tôles ferromagnétiques douces à l’origine des circuits magnétiques des dispositifs de
conversion d’énergie. J’ai par la suite effectué cinq mois de post-doctorat à l’institut Montefiore de
La première partie de ce manuscrit est un Curriculum Vitae détaillé suivi de la liste complète de mes
Cette action de recherche a constitué le cœur de mon activité à l’INSA de Lyon depuis mon
recrutement. Un troisième chapitre rassemble de façon condensée les principales autres thématiques
7
auxquelles j’ai participé. Afin de rendre la lecture du manuscrit plus aisée, la partie scientifique de ce
manuscrit ne comprend pas de premier chapitre général. Il a été préféré de renvoyer le lecteur à
l’annexe I qui présente de façon générale les matériaux piézoélectriques. Enfin, une dernière partie
CURRICULUM VITAE
Benjamin DUCHARNE
ETAT CIVIL
Nationalité : français
Téléphone professionnelle : 04 72 43 88 33
Mobile : 06 75 38 78 93
CURSUS UNIVERSITAIRE
PARCOURS
Depuis 2005 : Maître de conférences à l’Institut national des sciences appliquées de Lyon,
Enseignement au département de Génie Electrique
Recherche au laboratoire de Génie Electrique et Ferroélectricité.
ACTIVITE D’ENSEIGNEMENT
Dans ce cadre, j’ai pris depuis 2010 la responsabilité du module Projet de réalisation technologique et
_ Electrotechnique (TP)
D’autre part et toujours à l’INSA de Lyon, j’interviens également au département du premier cycle,
deuxième année.
Depuis septembre 2009, je donne également à l’université Claude Bernard un cours intitulé
autre cours intitulé « Interfaçage des Capteurs » dans la même formation. Je participe également
étudiants / an).
Période 2001-2004 : pendant ma thèse, j’ai occupé les fonctions de moniteur. Durant cette période,
j’ai enseigné à l’université Claude Bernard où j’ai pu intervenir notamment dans les disciplines
L’enseignement a été donné principalement à des étudiants de niveau Bac+2, dans les formations
suivantes :
Toujours dans le cadre du monitorat, j’ai également effectué des travaux pratiques d’électronique à
Villeurbanne.
Période 1998-2001 : Pendant mes 3 années universitaires à l’université Claude Bernard Lyon1, j’ai
participé à des activités de tutorat. Le tutorat est un service mis en place par l’université Claude
Bernard Lyon1 pour venir en aide (soutien scolaire) aux étudiants de premier cycle. Tuteur pendant 2
ans, puis tuteur pilote pendant mon DEA je m’occupais entre autre de la répartition des heures
d'enseignement.
anglophone de Buéa au Cameroun. Cette semaine doit permettre la mise en place d’accord de
coopération entre l’INSA et l’université de Buéa, je souhaite dans un futur proche m’impliquer
Depuis 2010, je m’occupe des grilles de rotation de travaux pratiques des étudiants de 3ème et 4ème
12 Depuis 2008, je suis président d’un jury de projet de fin d’étude 5ème année du département Génie
Depuis 2005, je participe activement aux entretiens de recrutement des étudiants de 1ère et 3ème année
à l’INSA de Lyon.
De mars à juin 2015, j’ai accueilli le professeur G. Litak « professeur invité » de l’université
technologique de Lublin. Cette collaboration a donné lieu à la soumission d’un article dans la revue
internationale « Journal of applied physics » ainsi qu’à une participation dans une conférence
En 2014 et 2015, je suis responsable de candidatures « Projet Hubert Curien », Utique (avec la
faculté des sciences de Sfax (Tunisie), Maghreb (avec la faculté des sciences de Sfax (Tunisie),
(Pologne)).
En 2013, je suis responsable d’un contrat de recherche « caractérisation vibratoire d’une cave à vin »
de Médecine de l’université Jean Monnet de Saint-Etienne, sur l’effet piézoélectrique des cellules
Mes activités de recherche ont débuté dans le domaine de la caractérisation et la modélisation des
tôles magnétiques douces. Durant ma thèse, de 2001 à 2004, j’ai mis au point de nouvelles
des lois de matériaux dans des simulateurs de type « Spice » nécessaires au développement entre
travailler sur l’amélioration des modèles développés pendant ma thèse et à commencer leur
l’INSA de Lyon, j’ai travaillé entre autres sur la mise au point d’un modèle comportemental de
l’hystérésis dynamique des céramiques piézoélectriques. J’ai travaillé également sur l’utilisation de la
travailler sur la mise au point de techniques non linéaire de récupération d’énergie et de compensation
Mes activités de recherche ont débuté au laboratoire Ampère à l’université Claude Bernard Lyon1. J’y
ai effectué mon stage de DEA en 2001, puis ma thèse entre 2001 et 2003, dans l’équipe matériaux
magnétiques sous la direction du professeur Jean-Pierre Masson. Mon DEA a porté sur la
caractérisation des tôles magnétiques douces grâce aux bruits hautes fréquences de Barkhausen, liée
aux mouvements des parois des domaines magnétiques. Le sujet de ma thèse était la modélisation et
la caractérisation de l’hystérésis dans les matériaux magnétiques doux. La modélisation complète des
systèmes électromagnétiques implique la prise en compte de l'ensemble des lois physiques qui
régissent les phénomènes. L'utilisation de lois empiriques pour la représentation des circuits
magnétiques est suffisante pour des études de dimensionnement des machines électriques.
Cependant ces méthodes ne sont pas suffisamment rigoureuses pour le calcul des pertes et la
reconstitution des formes d'ondes des grandeurs magnétiques et électriques. L'étude locale des
15
circuits magnétiques est nécessaire quant à la détermination et à la prédiction des zones sensibles
d'un circuit magnétique. J’ai proposé pendant mon doctorat une contribution à la caractérisation
globale et locale des circuits magnétiques. Ces caractérisations ont comme objectif final le
diffusion…) par rapport aux considérations géométriques sur les circuits, nous recherchons des
signatures électriques et magnétiques plus réalistes. Les résultats obtenus initialement pour des
géométries très simplifiées, sont progressivement étendus à des formes plus complexes. Les résultats
de mes travaux de thèse ont donné lieu à un article de revue internationale [26], deux articles de
Intégration des lois comportementales des matériaux magnétiques dans un logiciel du type
éléments finis.
J’ai, à la suite de ma thèse, effectué cinq mois de post doctorat, de septembre 2004 à janvier 2005, à
l’institut Montefiore de Liège en Belgique, sous la direction du directeur de recherche Patrick Dular. Ce
projet de recherche avait comme objectif l’intégration de l’hystérésis et des lois comportementales des
matériaux magnétiques au sein d’un calculateur numérique par éléments finis. La modélisation
électromagnétiques est régie par les équations de maxwell. Dès l’instant où des champs d’excitation
magnétiques circulent dans des objets ferromagnétiques, le champ d’induction n’est plus relié
linéairement au champ d’excitation et pour modéliser correctement les systèmes il faut tenir compte
de l’ensemble des linéarités. De même, pour modéliser précisément et localement les pertes et donc
les échauffements chaque nœud du maillage par élément fini doit présenter sa propre mémoire
ans au départ mais qui a été écourté en raison de ma nomination comme maître de conférences à
l’INSA de Lyon. Toutefois, les cinq mois effectués ont permis de bien amorcer le projet et ont donné
lieu à deux articles dans le proceeding de conférences internationales, de plus mes travaux ont été
repris quelques années plus tard et ont à nouveau donné lieu à un article dans le proceeding d’une
A mon arrivée au laboratoire de Génie Electrique et Ferroélectricité de l’INSA de Lyon mon premier
travail s’est focalisé sur la modélisation quasi-statique et sous champ électrique de l’hystérésis
diélectrique des céramiques piézoélectriques. Cette modélisation est nécessaire dans le cas
d’application du type asservissement précis de position type sondes microscopiques. En effet, dans la
modélisation de ce type d’applications où les déplacements sont lents mais doivent être parfaitement
maitrisés, toutes les non-linéarités basses fréquences des matériaux doivent être prises en compte
(hystérésis quasi-statique, creep …). Un modèle basé sur l’analogie entre le mouvement des parois
des domaines ferroélectriques et des frottements secs a été mis en place. Ces mouvements sont à
l’origine des pertes par hystérésis quasi-statique à travers la céramique piézoélectrique. Le modèle
développé permet une modélisation correcte de l’hystérésis obtenu sous des contraintes de fortes
champ électrique. Ces travaux ont donné lieu à deux articles de revues internationales [19][22] ainsi
Une année après mon arrivée au laboratoire du LGEF et en parallèle à mes activités de modélisation
des céramiques piézoélectriques, il m’a été demandé d’encadrer la partie technique de la thèse de
Virginie Dumas. L’objectif de cette étude était de démontrer que le tissu osseux possède des
caractéristiques piézoélectriques, en effet il a été démontré pendant cette étude que la réponse
ostéoblastique n’est pas seulement dépendante de stimuli séparés, déformation mécanique et champ
électrique, mais d’un effet piézoélectrique couplant les deux stimulations. Le terme de cette étude est
de définir des biomatériaux ayant des propriétés piézoélectriques ou incluant des éléments
électrique. Cette étude a donné lieu à la publication d’un article dans une revue internationale [12].
Au-delà de la limite quasi-statique, les matériaux ferroélectriques présentent un cycle d’hystérésis qui
dépend fortement de la fréquence. Cette dépendance a été clairement considérée dans le passé par
17
l’écriture de lois d’échelle donnant l’évolution de l’aire du cycle comme une fonction de la fréquence et
de l’amplitude du champ d’excitation. Les effets dynamiques dans une céramique piézoélectrique sont
malheureusement cette considération conduit à la surévaluation de l’air du cycle dès lors que l’on
temporelle par une dérivée fractionnaire nous avons réussi à augmenter fortement la bande de
fréquence de validité de notre modèle. Cette étude a débuté au début de l’année 2008, j’ai testé avec
succès l’opérateur fractionnaire pour différents types d’excitations (forme d’onde, amplitude …). Celui-
ci, couplé au modèle d’hystérésis statique a permis le contrôle de position boucle ouverte via la mise
au point d’un modèle inverse. Finalement, lors du master et de la thèse de Bin Zhang nous avons
modélisant avec succès l’effet d’une contrainte dynamique mécanique sur la polarisation diélectrique.
Cette thématique est toujours au cœur de mes préoccupations, je travaille actuellement à établir le
lien entre notre modélisation fractionnaire fort champ et les modèles fractionnaires de permittivité
relaxeurs, tels que la diffusion du champ magnétique dans les milieux ferromagnétiques ou les
problèmes de relaxation dans les polymères électrostrictifs. De nombreux articles dans des revues
industrielles ainsi que dans des proceedings de revues internationales ont été publiés sur cette
l’occasion lors de l’encadrement de la thèse de M. Bin Zhang de travailler à la mise en place d’une
technique de récupération d’énergie vibratoire originale dite des « Cycles d’Ericsson ». Cette
technique est basée sur l’analogie entre une conversion électromécanique d’un convertisseur
adjoindre une source de champ électrique supplémentaire synchronisée sur la contrainte mécanique
la conversion. Cette technique a été proposée pour augmenter les rendements dans des applications
du type « route piézoélectrique » dont le principe est de récupérer de l’énergie suite au passage des
18
véhicules. Deux articles dans des revues internationales ainsi que deux dans les proceedings de
Les publications marquées avec la mention «(T)» correspondent à la période de thèse de doctorat.
L’astérisque « * » à côté d’un nom d’auteur indique le chercheur qui a présenté les travaux lors d’une
conférence.
BIBLIOGRAPHIE
Conférences invitées :
[1] B. Ducharne, G. Sebald, D. Guyomar, “Model for coupled ferroelectric hysteresis using time
fractional operators: application to innovative energy harvesting”, EMN Meeting on Ceramics, Orlando
USA, 2015.
[1] M. Lallart, G. Sebald, JF. Capsal, B. Ducharne, D. Guyomar, "Modeling of hysteretic behavior in
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[2] B. Ducharne, G. Sebald, D. Guyomar, G. Litak “Dynamics of magnetic field penetration into soft
ferromagnets”, Journal of Applied Physics, pp. 243907, 2015.
DOI : 10.1063/1.4923162
[3] B. Zhang, B. Ducharne, G. Sebald, D. Guyomar, “Characterization of fractional order for high-
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structures JIMSS, 2015.
DOI : 10.1177/1045389X14563866
[4] D. Guyomar, R. Belouadah, B. Ducharne, B. Guiffard, M.Q. Le, K. Yuse, “Strain in ferroelectric
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material systems and structures JIMSS, Vol. 25, Iss. 11, pp. 1323-1330, 2014.
DOI: 10.1177/1045389X13505250
[5] B. Zhang, B. Ducharne, D. Guyomar, “Inverse model of the piezoelectric ceramic polarization
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quantum electronics, Vol. 46, Iss. 1, pp. 104-110, 2014.
DOI: 10.1007/s11082-013-9710-4
[6] B. Zhang, B. Ducharne, D. Guyomar, “Energy harvesting based on piezoelectric Ericsson cycles in
a piezoceramic material”, European Physical Journal – Special Topics, Vol. 222, Iss. 7, pp. 1733-
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DOI: 10.1140/epjst/e2013-01958-0
[7] D. Guyomar, Y. Li, G. Sebald, P.J. Cottinet, B. Ducharne, J.F. Capsal, “Elastocaloric modeling of
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DOI: 10.1016/[Link].2013.03.032
[8] B. Ducharne, L. Garbuio, M. Lallart, D. Guyomar, G. Sebald, J.Y. Gauthier, “Nonlinear technique
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DOI: 10.1109/TPEL.2012.2227813
[9] B. Ducharne, B. Zhang, D. Guyomar, G. Sebald, “Fractional derivative operators for modeling
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DOI: 10.1016/[Link].2012.09.033
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21
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DOI:10.1088/0964-1726/20/10/102001
[12] G. Sebald, H. Kuwano, D. Guyomar, and B. Ducharne, “Simulation of a Duffing oscillator for
broadband piezoelectric energy harvesting,” Smart Materials and Structures, Vol. 20, Iss. 7, n°
075022, 2011.
DOI: 10.1088/0964-1726/20/7/075022
DOI: 10.1007/s00223-010-9394-8
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[15] D. Guyomar, B. Ducharne, G. Sebald, “High frequency bandwidth polarization and strain control
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2010.
DOI: 10.1088/0964-1726/19/4/045010
DOI: 10.1177/1045389X08096257
[17] D. Guyomar, B. Ducharne, G. Sebald, D. Audigier, “Fractional derivative operator for modeling
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DOI: 10.1109/TUFFC.2009.1062
[18] D. Guyomar, B. Ducharne, G. Sebald, “Dynamical model of ferroelectric ceramics based on
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DOI: 10.1109/ISAF.2009.5307619
[20] D. Guyomar, B. Ducharne, G. Sebald, “Time fractional derivatives for voltage creep in
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DOI: 10.1088/0022-3727/41/12/125410.
DOI: 10.1088/0022-3727/40/19/042
[23] B. Ducharne, D. Guyomar, G. Sebald, “Low frequency modelling of hysteresis behaviour and
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DOI: 10.1088/0022-3727/40/2/032
[26](T) B. Ducharne, M.A. Raulet, and J.P. Masson, “Modélisation de circuits magnétiques
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[27](T) M. A. Raulet, B. Ducharne, J.P. Masson, and G. Bayada, “The magnetic field diffusion
equation including dynamic hysteresis: a linear formulation of the problem”, IEEE Transactions on
Magnetics, vol. 40, n° 2, pp. 872 – 875, 2004.
DOI: 10.1109/TMAG.2004.824816
Conférences internationales :
[1] B. Ducharne, G. Sebald, D. Guyomar, G. Litak, “Dynamics of magnetic field penetration into the
conducting magnet”, International Symposium on Strong Nonlinear Vibronic and Electronic
Interactions in Solids, Tartu, Estonia, 2015.
[4] B. Ducharne*, B. Zhang, G. Sebald, D. Guyomar, “Fractional operator for hysteresis and complexe
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USA, 2014.
[5] B. Ducharne*, B. Zhang, G. Sebald, D. Guyomar, “High frequency bandwidth model for dielectric
ferroelectrics”, International Symposium on the Applications of Ferroelectric ISAF, Pensylvania USA,
2014.
[6] B. Zhang*, B. Ducharne, D. Guyomar, “Inverse model of the piezoelectric ceramic polarization
under wide bandwidth mechanical excitations with fractional derivative consideration”, AMPSECA
2012, El Jadida Maroc, 2012.
[11] B. Ducharne, G. Sebald, D. Guyomar*, “ Time fractional derivative for frequency effect in
ferroelectrics”, Proceedings of the 18th IEEE International Symposium on the Applications of
Ferroelectrics, ISAF 2009, pp. 43-46, Xi’an China, 2009.
DOI: 10.1109/ISAF.2009.5307619
[12] M.A. Raulet*, B. Ducharne, D. Guyomar, “A novel mathematical approach using fractional
derivatives to represent excess losses in magnetic materials”, Soft Magnetic Materials 2009, Turin
Italie, Septembre 2009.
[14] B. Ducharne, M.A. Raulet, J.P. Masson, P. Dular*, “Local losses distribution through a 2D cross
section”, Computational Electromagnetics COMPUMAG 2005, Shenyang Chine, juin 2005.
[15] B. Ducharne, M.A. Raulet, J.P. Masson, P. Dular*, “Local losses distribution through a 2D
magnetic core cross section”, Computational Electromagnetics COMPUMAG 2005, Shenyang China,
Juin 2005.
[18] B. Ducharne, J.P. Masson*, “A new magnetic structural characterization based on the
24 Barkhausen technique”, Soft magnetic materials, SMM, Düsseldorf Germany, Septembre 2003.
[19] B. Ducharne, J.P. Masson*, “Inversion of a magnetic field diffusion model”, Soft magnetic
materials, SMM, Düsseldorf Germany, Septembre 2003.
[20] B. Ducharne, J.P. Masson*, “B imposed characterization of the homogeneous magnetic circuits
without feedback control”, Soft magnetic materials, SMM, Düsseldorf Germany, Septembre 2003.
[21] M. A. Raulet, B. Ducharne*, J.P. Masson, and G. Bayada, “The magnetic field diffusion equation
including dynamic hysteresis: a linear formulation of the problem”, COMPUMAG, Saratoga Springs
New-York USA, Juillet 2003.
[22] F. Sixdenier*, B. Ducharne, L. Morel, J.P. Masson, “Coupled programming: finite elements –
dynamical hysteresis flux tubes for non-homogeneous circuit modeling”, COMPUMAG, Saratoga
Springs New-York USA, Juillet 2003.
[23] M.A. Raulet, B. Ducharne*, J.P. Masson, “Evaluation de cycles dynamiques locaux en tout point
d’une section droite de tôle magnétique fonctionnant à flux imposé”, NUMELEC, Toulouse France,
octobre 2003.
Conférences nationales :
[1] B. Ducharne*, B. Zhang, D. Guyomar, “Relation entre les opérateurs fractionnaires pour la
modélisation de la polarisation diélectrique dynamique champ fort et de la permittivité diélectrique
complexe”, Symposium de Génie Electrique MGE, Cachan France, 2014.
[2] B. Zhang*, B. Ducharne, D. Guyomar, G. Sebald, “Energy harvesting based on Ericsson loop”,
Quatrièmes Journées Nationales sur la Récupération et le Stockage d'Energie (JNRSE 2014), Annecy
France, 2014.
[3] B. Ducharne*, D. Guyomar, G. Sebald, “Contrôle large bande de la déformation d’une céramique
ferroélectrique en régime temporel par modèle inverse fractionnaire”, Matériaux du Génie Electrique
MGE, Montpellier France, 2010.
[6] B. Ducharne*, D. Guyomar, “Modélisation basse fréquence des phénomènes d’hystérésis dans les
céramiques piézoélectriques sous champ et sous contraintes”, Matériaux du Génie Electrique, Lyon
France, 2005.
[7] B. Ducharne*, J.P. Masson, L. Model, M.A. Raulet, “Observation des possibilités de détermination
d’un grand nombre d’information unique : le cycle majeur”, Matériaux du Génie Electrique, Grenoble
France, 2003.
25
26
Dans la plupart des applications industrielles basées sur une conversion piézoélectrique, les niveaux
d’excitations sont suffisamment faibles pour considérer comme linéaire les procédés de conversion et
les comportements physiques. Pour de si faibles niveaux d’excitations, une céramique piézoélectrique
est caractérisée par ces coefficients tensoriels : la permittivité, la compliance élastique et les
coefficients piézoélectriques. Huit équations de couplage (quatre liées à l’effet direct et quatre à l’effet 27
inverse) permettent de modéliser le comportement d’une céramique piézoélectrique dans de telles
conditions :
Dm = ε mk
T
Ek + d miTi
Em = bmk
T
Dk − g miTi
Dm = ε mk
S
Ek + emi S i
Em = bmk
S
Dk − hmi S i
Si = sijETj + d mi
t
Em
Si = sijDT j + g mi
t
Dm
(1)
Ti = cijE S j − emi
t
Em
Ti = cijD S j − hmi
t
Dm
(Le détail de ces équations ainsi que des informations complémentaires concernant les généralités
Ces équations fournissent une bonne modélisation du comportement statique et sous de faibles
contraintes d’excitations. Dès lors, que l’on atteint des contraintes d’ordre supérieur (fréquences
non linéarités apparaissent et la description linéaire et rapidement inefficace. Dans les applications
industrielles habituelles des actionneurs piézoélectriques, les champs électriques peuvent atteindre
rapidement des valeurs supérieures à la centaine de Volt/mm. Le comportement observé est alors
fortement divergent par rapport à celui décrit par les équations précédentes, les différences entre les
déplacements prévus et mesurés peuvent atteindre des niveaux supérieurs à 100% [1].
Dans des applications de type système de récupération d’énergie, une bonne maîtrise des non
linéarités est nécessaire. En particulier celles liées à la dynamique de l’excitation car celles-ci peuvent
fortement réduire les taux d’énergie récupérés et donc les rendements prévus initialement. De même,
une bonne prise en compte des lois de matériaux est primordiale dans des applications du type :
Dans la plupart de ces applications, les équations linéaires sont rapidement inefficaces et doivent être
remplacées par une solution plus élaborée : une modélisation complète de l’hystérésis tenant compte
souhaitons développer doit pouvoir fonctionner quel que soit le type d’excitation (électrique,
28
mécanique ou thermique), et doit fournir de nombreuses informations quant à la compréhension des
Basé sur des considérations expérimentales, nous allons développer un modèle précis de l’hystérésis
contrainte mécanique P(E, T) (le cas de la contrainte thermique étant toujours en cours d’étude).
Les modèles de l’hystérésis diélectrique décrits dans la littérature scientifique peuvent être classés
_ Les modèles macroscopiques basés sur des observations phénoménologiques [2, 3].
_ Les modèles microscopiques basés sur des principes quantiques, des relations électromagnétiques
_ Les modèles semi-macroscopiques qui correspondent à une combinaison des deux précédents [6,
7].
laissant de côté les mécanismes microscopiques intrinsèques. Dans cette catégories de modèle, la
piézoélectrique. Cette prise en compte permet de partiellement décrire les non linéarités observées
pour des transducteurs de puissance à la résonance mais n’est efficace qu’à travers de très
variables, une modélisation complète tenant compte de l’ensemble de ces variables est
malheureusement impossible.
Pour obtenir de bons résultats de simulation et être au plus proche de la réalité physique des
phénomènes, l’idéal se situe dans un compromis entre les deux catégories de modèle décrites à
l’instant. C’est dans cet esprit que nous avons développé un modèle fondé sur des principes
Historiquement, ce modèle a dans un premier temps était développé pour simuler le comportement
de champ électrique P(E). Il a par la suite était étendu à des contraintes de type mécanique P(T). Il a
également était inversé E(P), E(S) afin de contrôler la polarisation et par conséquence le déplacement
Dans la suite de ce chapitre, nous proposons une description détaillée du modèle, la contribution
détail dans les chapitres suivant comment nous l’avons inversé et finalement les résultats concrets de
Il est bien connu que pour des fréquences d’excitation inférieures à quelques hertz, le phénomène
d’hystérésis à travers les matériaux ferroélectriques est principalement dû aux mouvements des
parois des domaines de Bloch macroscopiques. Il existe différentes théories quant à la définition et à
la description de ces mouvements, toujours est-il que ceux-ci ont une influence fondamentale dans la
30
mise en place de la polarisation diélectrique. Les murs de domaines séparent les domaines
ferroélectriques. Chaque domaine est caractérisé par une orientation privilégiée de la polarisation (90°
ou 180°). Dès lors que le matériau est soumis à une excitation extérieure, et quelle qu’en soit sa
nature, ces domaines vont se déformer et les parois qui les délimitent vont commencer à bouger. Les
impuretés est les inclusions (défauts) présentes dans le matériau fonctionnent comme des points
d’ancrage pour la paroi, affectant plus ou moins son mouvement [10]. Pour surmonter l’obstacle créé
par la présence d’un défaut, un certain potentiel énergétique est nécessaire, celui-ci est fourni par
l’excitation extérieure. Si celui-ci est suffisant, le passage de l’obstacle se traduit par un saut soudain
externe n’est pas suffisante pour surmonter l’obstacle la paroi reste clampée sur celui-ci est des
mouvements de vibration peuvent être observés autour du point d’ancrage. Différents type de
vibrations correspondent à des mouvements réversibles autour d’une position d’équilibre (ceux-ci
apparaissent pour de faible niveau d’excitation, champs électriques de l’ordre du V/mm). Pour de
faibles niveaux de contraintes, les propriétés diélectriques sont principalement attribuées à ce type de
contrainte externe est beaucoup plus élevée. D’un point de vue de la modélisation, on peut considérer
tous ces mouvements comme ayant la même origine et qu’ils ne dépendent en réalité que de
l’amplitude de la contrainte externe. Qu’il soit réversible ou pas, chaque mouvement présentera une
d’hystérésis est observé quand on trace l’évolution de la polarisation en fonction du champs électrique
E. Pour de tel niveau de fréquence, on suppose que les mouvements des parois de domaine se
L’élément de modélisation est composé d’un frottement sec et d’un ressort de rappel. Le
fonctionnement de l’ensemble peut-être décrit par le schéma donné à la figure n°2. La force résistive
31
du frottement sec est toujours opposée au mouvement :
Si du / dt > 0 rien ne se passe tant que Fext < seuil de frottement sec + ƒ(S)
Si du/dt<0 rien ne se passe tant que Fext > seuil de frottement sec - ƒ(S)
Tant que la force appliquée est insuffisante, l’objet ne se déplace pas. Dès qu’on dépasse la force
critique, l’objet se met en mouvement en comprimant le ressort de rappel. Si on ôte la force incidente,
l’objet s’immobilise dans une position différente de la position initiale. Il ne reviendra en arrière que
lorsqu’on appliquera une force qui, ajoutée à la force de rappel du ressort, sera supérieure à la force
critique. Le système considéré possède dès lors une infinité de positions stables. f est la fonction qui
donne l’évolution de la force incidente en fonction de la force extérieur dès lors que le seuil de
Une équation statique (indépendante de la fréquence) basée sur l’analogie entre le fortement sec
mécanique décrit précedement et le mouvement de parois de domaine a été mise en place. Dans
cette analogie le champ extérieur est équivalent à la force appliquée, et la polarisation à la force
incidente, le seuil du frottement sec est équivalent au champ coercitif lu sur le cycle d’hystérésis
obtenue après un cycle complet de mouvement de parois équivalent. En effet, une bonne
approximation du cycle d’hystérésis majeur P(E) peut être obtenue par la translation d’une courbe
anhystérétique (cette translation à comme amplitude Ec (norme des champs coercitifs), et son signe
dépend de la dérivée temporelle de la polarisation). Le figure n°3 donne une illustration de l’obtention
Figure 3. Illustration de l’obtention d’un cycle majeur par translation d’une courbe anhystérétique.
Dans l’équation n°2, ƒ(E) (réciproquement ƒ-1(P)) représente le comportement d’un diélectrique non
linéaire. Cette caractéristique anhystérétique d’un pure diélectrique qui sature donnant l’évolution du
d’une fonction arctangente (equation n°3). Celle-ci correspond au cycle de polarisation d’un matériau
E P
f ( E ) = σ .tan −1 f −1 ( P) = γ .tan (3)
γ σ
Cette fonction ainsi que les paramètres (γ,σ), peuvent être obtenus par comparaison entre la courbe
anhystérétique simulée et celle obtenue à partir de la mesure. Nous avons développé à l’aide de la
toolbox « curve fitting » de Matlab un programme d’optimisation spécial pour permettre l’identification
de ces paramètres. La courbe anhystérétique est obtenue à partir de la mesure du cycle majeur, pour
une polarisation donnée, le champ électrique correspondant est calculé à partir de la valeur moyenne
des champs électriques correspondant à cette polarisation dans la partie croissante et décroissante
de la courbe Eanh = ( Emont + Edesc ) / 2. L’équation n°2 correspondant à un mouvement de parois donne
une description correcte du cycle d’hystérésis majeur observé lors de régimes permanents pour des
excitations de fortes amplitudes centrées autour de zéro ( Emax >> Ec ) . En revanche, celle-ci est
inefficace quant à la modélisation des régimes transitoires (courbe de première polarisation, courbes
de renversements, cycles d’hystérésis mineurs, etc …). En effet à la lecture de cette équation, on
observe que de l’état dépolarisé de la céramique, la présence d’un champ extérieur d’amplitude
inférieur à la norme des champs coercitifs, ne modifie en rien le niveau de polarisation résiduelle, ce
33
qui est absolument faux d’un point de vue expérimental. Cette restriction n’en est plus une dès lors
que l’on introduit une distribution de mouvements de parois (spectre), définit par l’équation n°1 et
caractérisé par leur propres champs coercitifs et leurs propres poids dans la reconstitution finale du
cycle d’hystérésis.
∑ spectrum(i) ⋅ P = P
i =1
i (4)
Si l’on considère que chaque domaine ferroélectrique d’une céramique piézoélectrique se comporte
d’un point de vue de sa polarisation comme un diélectrique parfait. Chaque paroi de domaine est
caractérisée par sa propre énergie d’ancrage. Les parois de ces domaines vont vibrer ou basculer
pour des niveaux de champ d’excitation qui vont varier d’un domaine à l’autre. C’est à partir de cette
propriété que nous avons établi notre modèle définitif, en considérant le cycle d’hystérésis diélectrique
comme la superposition de mouvements de parois définis par l’équation n°1, chacun étant caractérisé
par sa propre énergie d’ancrage et par son propre poids dans la reconstitution du cycle final. Les
figures n°4 et 5 donnent une illustration de ce principe. Figure n°4 présente comment chaque cycle
translations, on obtient des cycles caractérisés par différentes valeurs de champ coercitif, ce qui à
finale chaque cycle élémentaire est affecté d’un gain particulier et aura un poids qui lui est propre.
34
Figure 4. Illustration de l’obtention d’un cycle majeur par translation d’une courbe anhystérétique.
Dès lors, chaque cycle élémentaire correspondant à chaque courbe de polarisation diélectrique
Nous appelons spectre(i) la fonction qui représente la distribution du poids de chacun de ses
établi pour obtenir cette fonction. Ce protocole nécessite l’obtention de la courbe anhystérétique du
matériau, celle-ci est déterminée en utilisant la méthode précédemment décrite. Le spectre est par la
courbe anhystérétique déterminée à partir du cycle majeur. A partir de ce procédé, il devient possible
de systématiser l’obtention des paramètres statiques du matériau. La Figure n°3 montre le spectre
obtenu pour une distribution de 50 mouvements de parois, chacun étant séparé par un pas de champ
correctement l’hystérésis statique de l’échantillon testé y compris les régimes transitoires donnant
naissance aux cycles mineurs (figure n°4). De nombreux articles traitant ou faisant références à cette
modélisation ont été publiés pendant mes premières année au LGEF, pour plus de résultats je vous
est la suivante :
dP(t )i
P(t )i = f E (t ) − Eci ⋅ sign
dt
k
(5)
∑i =1
Spectrum(i) ⋅ Pi = P
Ici, Pi peut être assimilé à un élément local de polarisation (polarisation d’un domaine ferroélectrique
par exemple). Pi est obtenu à partir de l’équation du mouvement de parois d’indice i. P est la
Le modèle est expérimentalement validé à 2mHz (à ce niveau de fréquence, nous supposons que la
fréquence est nulle). Des comparaisons simulations/mesures sont présentées sur la figure n°6.
a
37
La figure n°7.a présente une comparaison simulation/mesure pour une forme d’onde du type : cycle
majeur et courbe de première aimantation. La figure n°7.b présente la même comparaison pour des
courbes de renversement et la figure n°7.c présente le cas de cycle mineurs. Les bons résultats de
simulations obtenus dans chacune de ces comparaisons fournissent une bonne preuve de l’efficacité
La figure n°8 présente, pour une meilleure compréhension, l’algorithme utilisé pour la programmation
du modèle quasi-statique
Contribution dynamique
Au-delà de la limite fréquentielle quasi-statique, les matériaux ferroélectriques présentent des cycles
fréquemment commentée dans la littérature. De nombreux articles relatent la mise en place de lois
d’échelle donnant l’évolution de l’aire du cycle d’hystérésis comme une fonction de l’amplitude et de la
fréquence du champ d’excitation <A> ∞ ƒαE0β (ici α et β sont des paramètres réels dépendant de la
géométrie et de la nature du système). Ces lois d’échelles donnent des informations intéressantes
39
mais ne peuvent en aucun cas fournir l’évolution temporelle de l’hystérésis nécessaire dans la plupart
des applications industrielles (contrôle de position …). D’autres articles considèrent la contribution
dynamique comme une contribution dissipative équivalente issue d’une résistivité ρ caractéristique du
matériau. L’effet dynamique est alors introduit dans le modèle par le produit d’une constante ρ et de la
dP dP
E − [Link]( ) + ρ. = f −1 ( P) (6)
dt dt
Malheureusement, comme expliqué dans les articles suivants [12, 14], même si l’on ajuste
correctement le paramètre ρ, cette prise en compte semble précise lorsque la dynamique ne s’éloigne
pas trop de la limite quasi-statique, celle-ci conduit à une surestimation de l’aire du cycle d’hystérésis
(pertes) dès lors que l’on augmente un peu trop la fréquence d’excitation.
40
Figure 9. Comparaison mesure/simulation (n=1; n=0.5) de l’évolution de l’aire du cycle en fonction de la fréquence.
Pour corriger ce problème, il nous faudrait des opérateurs mathématiques dont la gestion de la
dépendance fréquentielle soit différente de celle obtenue par une simple dérivée temporelle. Ce type
d’opérateur existe dans le domaine du calcul fractionnaire, on les appelle les dérivées non-entières ou
dérivées fractionnaires.
Dérivée fractionnaire
Le calcul fractionnaire est la branche mathématique de l’analyse qui étend les opérateurs différentiels
entiers à des ordres non entiers réels ou même complexes [15, 17]. Si l’on considère les fonctions
puissances, il est facile de comprendre que a=b3 signifie que a est égale au produit de b par son carré
b2. b2 étant lui-même égale au produit de b par lui-même. Du coup, comment comprendre a= b2.25, en
utilisant ce type de formalisme? Pour autant le calcul est effectué très simplement de façon numérique
par n’importe quelle calculatrice aussi basique soit-elle. De la même façon, dans le domaine des
opérateurs différentiels Dn, il est naturel de considérer n comme un entier, la signification physique
d’une différentielle entière est clairement identifiée. Du coup, que signifie n réel voir complexe ? et que
deviennent les dimensions dans les équations présentant des opérateurs de type fractionnaire ?
f (x + h) − f ( x)
D1 f ( x) = lim (7)
h →0 h
Pour obtenir des ordres supérieurs, une dérivée nième signifie d’itérer n-1 fois l’équation 9. La
n
n
D n f ( x) = lim h− n ∑ (−1)k f ( x + (n − k )h) (8)
h →0
k =0 k
Avec
n n!
= (9)
k k !(n − k )!
Dans l’équation n°9, n et k sont classiquement des entiers positifs. La fonction combinaison peut être
Γ ( n ) = (n − 1)! (10)
La fonction gamma est définie pour l’ensemble des complexes à l’exception du zéro est des entiers
négatifs où elle présente des pôles. Pour un nombre complexe à partie réelle positive, la fonction
∞
Γ( z ) = ∫ t z −1e −t dt (11)
0
L’évolution de la fonction Gamma le long de l’axe réel est tracé figure 10.
n n! Γ(n + 1)
= = (12)
k k !(n − k )! Γ(k + 1)Γ(n − k + 1)
La définition de la combinaison peut être étendue à des ordres complexes, en remplaçant n par un
42
α α (α − 1)(α − 2)⋯ (α − k + 1)
= (13)
k k (k − 1)(k − 2)⋯1
Pour k∈N, α est un nombre arbitraire. La définition du binôme de Newton pour des nombres entiers est
donnée par :
n
n
(a + b)n = ∑ a n−k bk (14)
k =0 k
En combinant les équations 13 et 14, la généralisation à des nombres non entiers du binôme de
Newton devient :
∞
Γ(α + 1)
(a + b)α = ∑ aα − n b n (15)
n =0 n ! Γ (α − n + 1)
envisageable.
α
α
Dα eα x = lim h −α ∑ (−1)k ea ( x +(α −k ) h )
x →∞
k =0 k
Dans l’équation 16 α peut prendre n’importe quelle valeur complexe. Du coup on peut étendre ce
απ i
D α cos( x ) + iD α sin( x ) = Dα e ix = iα eix = e 2
e ix
απ (17)
ix ( x + ) απ απ
=e 2
= cos( x + ) + i sin( x + )
2 2
Les équations précédentes donnent la solution analytique de la dérivée fractionnaire d’une simple
fonction temporelle f (t) sera simplement multiplié par (jω)n en lieu et place de (jω) pour une dérivée
entière. Ce terme de dérivée fractionnaire fréquentielle est également souvent expliqué et modélisé
via ce que l’on appelle un élément à phase constante. L’admittance de l’élément à phase constante
(CPE) est donnée par Y=a.(jω)n avec (0<n<1). Quand n est proche de 1, le comportement du CPE est
assimilable à celui d’une capacité, l’angle de phase est constant est proche de 90°. Si n est proche de
0 le CPE se comporte comme une résistance. Dans l’analogie entre un circuit électrique et notre
43
modèle d’hystérésis, le courant électrique est équivalent à la polarisation diélectrique et la tension au
champ électrique. Dans cette analogie, l’admittance de notre terme fractionnaire n’est pas celle dans
CPE mais peut s’écrire Y=a.(jω)1-n ce composant spécifique est caractérisé par un comportement
opposé au CPE classique, en effet si n est proche de 0 le composant réagit comme une capacité et si
Dès lors que la fréquence augmente est surpasse la limite quasi-statique (ƒ>1Hz), l’aire du cycle
d’hystérésis va commencer à augmenter (cette augmentation est une des premières manifestations
des effets de fréquence). Nous avons au préalable traité de la contribution quasi-statique, regardons
considération classique de la contribution dynamique (produit d’une constante par la dérivée entière
de la polarisation) est divergente dès lors que l’on s’éloigne fortement de la limite quasi-statique, nous
avons décidé de remplacer cette dérivée entière par une dérivée fractionnaire. L’ordre de la dérivée
l’utilisateur du modèle [13, 14, 18]. Dans le modèle, la contribution dynamique produit d’une constante
ρ et de la dérivée fractionnaire temporelle de la dérivation est introduite dans l’équation n°3 comme un
d nP
E dyn = ρ . (18)
dt n
devient :
44 d n Pi (t )
Si E (t ) > f −1 ( Pi (t )) + Eci + ρ1 .
dt n
d n Pi (t )
Pi (t + dt ) > f E (t + dt ) − Eci − ρ1 .
dt n
d n Pi (t )
Si E (t ) > f −1 ( Pi (t )) − Eci − ρ1 .
dt n
d n Pi (t )
Pi (t + dt ) > f E (t + dt ) + Eci + ρ1.
dt n
d n Pi (t ) d n Pi (t )
Si f −1 ( Pi (t )) − Eci − ρ1 . < E ( t ) < f −1
( Pi ( t )) + Eci + ρ1 .
dt n dt n
Pi (t + dt ) = Pi (t )
∑Spectrum (i ) ⋅ P = P
i =1
i
(19)
Il existe plusieurs définitions possibles de la dérivation fractionnaire. Parmi toutes ces définitions, celle
∞
1 n
D n f (t ) = lim
hn
∑ (−1) k
f (t − kh ) (20)
h →0 k =0 k
n n ( n − 1)( n − 2)...( n − k + 1)
= (21)
k k!
k =t / h
1 n −1 dP
ρ .(
hn
∑ (−1) k
P (t − kh)) = E − f ( P ) + [Link] ( )
dt
(22)
k =0 k
Sur la figure suivante, nous effectuons des comparaisons mesures/simulations sur des cycles
d’hystérésis champ fort pour des niveaux de fréquence compris entre 2mHz et 1Hz. Deux types de
modélisation ont été effectués, le premier pour un ordre de dérivée temporelle égale à 1 et le second
pour une dérivée temporelle non entière d’ordre 0,5. La comparaison est assez équivoque même si
les modélisations sont assez proches pour le premier cycle basse fréquence, les différences sont
énormes à 1Hz.
45
Figure 12. Comparaison mesure/simulation de l’évolution du cycle d’hystérésis pour différentes fréquences de champ
électrique.
Nous venons de voir que le modèle d’hystérésis diélectrique dynamique fractionnaire P(E) donne de
bons résultats de simulation. Il constitue la base d’une modélisation plus généralisée qui inclut
d’autres natures d’excitations et notamment une excitation du type contrainte mécanique. Cette
modélisation étendue est particulièrement intéressante dans le cas d’application du type récupération
d’énergie ou les systèmes sont couplés. Les contraintes sur les matériaux ne sont pas seulement
d’ordre mécanique, en effet des contraintes thermiques peuvent apparaitre dans le cas de
fonctionnement en milieux extrêmes mais également des contraintes de type champ électrique
peuvent être adjointe à la contrainte mécanique pour optimiser les rendements. L’étude de la non-
linéarité des propriétés diélectriques dans les céramiques piézoélectriques sous contraintes
mécaniques a été relativement peut étudiée. La raison principale à ce manque d’attention tient au fait
que dans la plupart des applications industrielles, même pour des niveaux de contrainte mécanique
important le fonctionnement de la céramique reste linéaire. Ceci n’est malheureusement plus le cas
dès lors que l’on couple cette excitation mécanique à une excitation champ électrique pour optimiser
les performances. Une loi d’échelle spécifique reliant le champ électrique E, et la contrainte
mécanique T, est utilisée pour introduire ce nouveau paramètre dans le modèle d’origine. La loi
d’échelle lie les trois grandeurs suivantes : le champ électrique E, la contrainte mécanique T et la
polarisation diélectrique P en une seule et unique équation. Cette loi d’échelle a été établie à partir
polarisation diélectrique chute sous l’effet d’une contrainte de compression mécanique, cette
contrainte induit une dégradation des propriétés piézoélectriques due un a réarrangement des
domaines ferroélectriques. Pour des raisons de symétrie, un champ électrique génère une variation
variation du niveau de contrainte mécanique conduit à une variation de polarisation de signe opposé à
celui de P. En d’autres mots, sous l’effet d’une contrainte mécanique quelque soit le signe de la
symétrie P/-P ne tient pas dans le cas d’un champ électrique (quantité vectorielle) mais est conservé
La contrainte mécanique sera introduite dans notre modèle via le produit de cette contrainte et d’une
fonction h(P) permettant la prise en compte de l’observation décrite précédemment. Ce produit h(P).T
est équivalent à un champ électrique. h(P) est une fonction paire de la polarisation. La plus simple a
Finalement :
E eq (t ) = α T (t ) P (t ) (23)
avec la mesure. Dans sa version définitive, le modèle complet incluant une excitation de type
47
Figure 13. Comparaison mesure/simulation de l’évolution du cycle d’hystérésis pour différentes fréquences de
contrainte mécanique.
Figure 14. Comparaison mesure/simulation de l’évolution du cycle d’hystérésis pour différentes amplitudes de
contrainte mécanique.
Nous venons de présenter une modélisation originale de l’hystérésis ferroélectrique P(E) qui présente
scientifique traitant du sujet, on s’aperçoit rapidement que de nombreuses équipes ont préféré opter
pour l’étude de l’évolution de l’aire du cycle en fonction de la fréquence plutôt que de s’intéresser à
l’évolution temporelle des grandeurs physiques. Elles ont alors proposé des lois d’échelles donnant
maximale du champ électrique <A> ∞ ƒαE0β (α et β sont des paramètres réels dépendants de la
géométrie et de la nature du système). Ces lois d’échelles sont intéressantes car elles confirment une
48
dépendance de l’aire du cycle d’hystérésis non entière en fréquence. Par contre, la bande passante
de validité de la loi d’échelle est toujours limitée car elle implique que la dérivée de l’évolution de l’aire
du cycle en fonction de la fréquence est toujours du même signe. Pour lutter contre cette observation
Rao et al. [21][22], ont proposé non plus une mais deux lois d’échelle afin de traiter l’évolution du
D’autres lois d’échelle ont été proposées par Yimnirun [23][24] notamment, ou d’autres sources de
contraintes extérieures telles que les contraintes mécaniques et thermiques ont été rajoutées. L’aire
du cycle est alors proportionnelle à la fréquence, et aux valeurs maximales des champs électriques,
mécaniques et thermiques.
D’un point de vue expérimental et pour des raisons qui sont évidentes il est difficile d’obtenir
l’évolution de l’aire du cycle au-delà de 100Hz. Cette limitation est due à l’amplificateur de tension qui
n’est plus capable de délivrer le courant nécessaire à la polarisation de la céramique. Lui et al. qui ont
travaillé avec des couches minces piézoélectriques, ont pu vérifier que sur une large bande passante,
la courbe <A>(freq) présente un pic dont les pentes à la montée et à la descente diffèrent et dont la
Par simulation et à l’aide de notre modèle, nous avons pu confirmer ces observations. Les figures 15
Figure 15. Evolution de la courbe <A>(freq) pour différentes valeurs d’amplitude maximale du champ électrique, de n et
de ρ.
La figure 15.b montre que pour une diminution de n l’ordre fractionnaire, le pic de l’aire du cycle <A>
Comme ultime validation de notre modèle, une comparaison a été réalisée entre les résultats
expérimentaux obtenus par Liu et al. [25] et le modèle fractionnaire. Les mesures ont été réalisées sur
des couches minces des Bi4Ti3O12. Les champs électriques sont calibrés entre 100 et 400kV/cm et la
caractérisation a été réalisée à l’aide d’un circuit Sawyer-Tower. Comme la forme de l’hystérésis et les
50
comportements physiques de la couche mince sont différents des matériaux précédemment testé de
nouveaux paramètres de simulation ont été déterminés. Les meilleurs résultats sont obtenus pour
n=0.4, et ρ=7.105. Ce travail sur les couches minces permet de tester le modèle sur de très large
La figure 16 présente les comparaisons simulation/expérience. Deux sets de paramètres ont été
testés. Dans le premier en rouge sur la figure, n=1, les résultats correspondent à une prise en compte
premier ordre de la dynamique du système. Dans le deuxième, les paramètres optimisés ont été
utilisés. De très bons résultats de simulation sont obtenus alors. L’amplitude, la largeur et la position
du pic de <A>(freq) est correctement pris en compte confirmant le bon comportement fractionnaire sur
Figure 16. Evolution de la courbe <A>(freq) pour différentes valeurs d’amplitude maximale du champ électrique, de n et
de ρ.
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54
Modèle inverse
Dans la section précédente, l’hystérésis diélectrique statique et dynamique a été étudiés et modélisés.
Nous nous sommes focalisé sur l’évolution du modèle direct P(E, T) (Polarisation diélectrique comme
réponses des matériaux sous diverses situations de fonctionnement (application de type récupération
d’énergie, actionneurs piézoélectriques, micro positionnement …). Les applications industrielles des
actionneurs piézoélectriques sont variées, cela va du contrôle du bruit et des vibrations, au nano
extrêmement précis du déplacement par ce type d’actionneur est exploité pour des applications de
type SPM : microscopie à sonde locale [27]. C’est une technique de microscopie permettant de
imager à l'aide d'une pointe très fine (la pointe est idéalement un cône se terminant par un seul
système peuvent être considérablement réduites dès lors que les matériaux actifs commencent à
présenter des non-linéarités dans leurs comportements. Hystérésis, creep et saturation sont autant de
facteurs limitant que leur connaissance et maitrise temporelle sont nécessaires pour conserver
d’excellentes performances [29-32]. Il est possible lorsque les non-linéarités restent faibles d’améliorer
les performances grâce à des techniques d’insertion de capacité. Mais si l’on veut utiliser ces
matériaux actifs sur de très larges bandes de fonctionnement une solution du type contrôle du
déplacement par asservissement est envisageable [33-38]. Cette solution présente en générale de
bons résultats mais nécessite un arsenal électronique assez lourd car il faut être capable de contrôler
et mesurer le déplacement en temps réel. Dans ce mémoire, nous proposons d’utiliser la bonne
précision de notre modèle pour prévoir une forme d’onde permettant d’anticiper le déplacement
d’actionneur en boucle ouverte. Pour cela, il va falloir dans un premier temps établir une loi reliant la
polarisation au déplacement puis inverser le modèle E(P) afin de déterminer le champ électrique
nécessaire à la polarisation imposée [39]. Comme dans le cas du modèle direct, le modèle inverse est
composé de deux contributions : une contribution quasi-statique inverse et une contribution
L’objectif ici est de déterminer le champ électrique nécessaire à l’obtention d’une forme d’onde de
polarisation déterminée. L’inversion du modèle statique tel qu’il est décrit dans la première partie de
ce mémoire est possible mais fastidieuse car il faut séparer et inverser chaque contribution
56
élémentaire. Dans ce mémoire, nous avons décidé de ne travailler que dans des régimes de type
permanent, ainsi en excluant toute forme transitoire (cycles dissymétriques) il est possible d’inverser
polarisation excitation imposée. Si dP/dt>0, le modèle décrit la partie croissante du cycle d’hystérésis,
en revanche quand dP/dt<0, la partie décroissante est décrite. Le modèle inverse peut être résumé à
dP
Si >0
dt
P (t + dt ) = f ( E (t + dt ) − Ec ) (26)
dP
Si <0
dt
P (t + dt ) = f ( E (t + dt ) + Ec ) (27)
Figure 17. Illustration de l’obtention du cycle d’hystérésis majeur à partir du modèle inverse.
A noter qu’il est également possible d’obtenir la contribution inverse à partir du modèle direct asservi.
Dans ce cas de figure, l’asservissement et les correcteurs utilisés doivent être réglés très précisément
car le modèle diverge rapidement en raison des fortes non-linéarités intrinsèques à l’hystérésis.
Contribution dynamique
Dans le modèle inverse, la polarisation dynamique est imposée. Le champ électrique dynamique est
électrique. Le champ quasi-statique électrique est calculé à partir du modèle inverse quasi-statique
présenté dans [Link] contribution fractionnaire ρ.dαP/dtα est calculée de façon analytique quand ceci
fractionnaire dynamique :
dα P
E = E static + ρ . (28)
dt α
La somme des deux contributions est réalisée sous Matlab. Le fichier de point E(t) résultant est
transféré au générateur basse fréquence qui contrôle l’amplificateur haute tension de notre banc de
caractérisation.
58
La figure n°18 illustre à nouveau les bons résultats obtenus à l’aide du modèle fractionnaire qui
parvient à fournir une forme d’onde de champ électrique capable de reconstituer proprement la
La figure n°19 présente les mêmes comparaisons, dans le cas où l’on fait varier l’amplitude.
a b
60
Figure 20. Cas de la polarisation triangulaire imposée.
Finalement, figure n°20 nous testons une forme d’onde différente, en l’occurrence la polarisation
déformation mécanique S et le champ de polarisation est nécessaire. Dans le cas des matériaux
électrostrictifs pour lesquels la polarisation est supposée linéaire au champ électrique, il est d’usage
Cette relation provient de l’intégrale du champ électrique équivalent le long du cycle d’hystérésis:
P(E )
S= ∫ α PdP
0
α
S= P2 (29)
2
α est le coefficient d’électrostriction. Dans le cas des matériaux ferroélectriques, on peut considérer
rémanente induite par l’hystérésis. La relation (25) est donc cohérente avec les relations classiques
déterminer le champ électrique correspondant. D’un point de vue expérimental, le fichier de point E(t)
résultant de la simulation précédente est transféré au générateur basse fréquence qui contrôle
l’amplificateur haute tension du banc de caractérisation. Le déplacement peut être mesuré à l’aide
d’un vibromètre laser si l’encombrement le permet ou grâce à un capteur capacitif dans le cas
échéant. Dans les résultats de simulation qui suivent (figure n°18) nous avons testé l’influence du
paramètre fréquence, l’amplitude du déplacement est fixée à 3.3 mm/m et 3 fréquences sont testées
61
(10mHz, 100mHz et 1 Hz), il nous est difficile d’aller au-delà du hertz d’un point de vue expérimental
a b
Figure 21. Comparaison déplacement cible / déplacement obtenus pour différents niveaux de fréquence.
De bons résultats expérimentaux peuvent être observés quant à la dépendance en fréquence de notre
système boucle ouverte. L’influence de l’amplitude de déplacement est testée ensuite, la fréquence
est fixée à 100 mHz et trois niveaux d’amplitude (0.33, 0.3 et 0.27 mm/m) sont testés.
a
62
Figure 22. Comparaison déplacement cible / déplacement obtenus pour différents niveaux d’amplitude.
A nouveau de bons résultats expérimentaux sont observés. Finalement et comme ultime validation,
une déformation du type triangulaire est testée avec succès (figure n°22)
Figure 23. Comparaison déplacement cible / déplacement obtenus pour une forme d’onde de type triangulaire.
Contrôle de la polarisation sous contrainte mécanique
Le contrôle de la déformation sous contrainte mécanique est bien évidemment impossible en raison
le contrôle de la polarisation sous contrainte, permet dans le cadre de certaines applications du type
est utilisée pour le couplage électromécanique. On considère dans cette relation le produit αTP
comme un champ électrique équivalent. A partir de la polarisation imposée, il nous faut dans un
63
premier temps déterminer la contribution statique de champ électrique. Ceci est fait par l’intermédiaire
intégral. Le cycle n’est pas parcouru entièrement, il est donc impossible d’utiliser la technique
d’inversion dite « régime permanent » utilisée dans le chapitre précédent. En réalité, de faibles zones
du cycle sont parcourues, ce qui minimise les non-linéarités et rend la technique par asservissement
possible. La contribution de champ électrique équivalente est calculée de façon numérique à partir de
la consigne de polarisation. Finalement, on fait la somme des deux contributions et la loi d’échelle liant
optimale d’excitation mécanique. La figure n°24 résume à l’aide d’un schéma bloc le modèle inverse
T(P).
Pour vérifier ces résultats de simulation un actionneur piézoélectrique est utilisé pour générer la
contrainte mécanique. L’ensemble bâtit mécanique, actionneur, électrode est monté serré de sorte
que les contraintes mécaniques soient entièrement transmises à la céramique. Nous vérifions au
préalable que l’actionneur piézoélectrique renvoie une contrainte linéairement reliée à sa tension
De même que pour le contrôle sous champ électrique, nous testons dans un premier temps la
dépendance en fréquence sur trois décades pour des fréquences variant de 0,1 à 10Hz. La
64
Figure 25. Comparaison entre la polarisation cible et la polarisation mesurée (à gauche). Allure de la contrainte
correspondante (à droite)
A noter qu’avant toute mesure, la polarisation rémanente à travers la céramique piézoélectrique est
proche de 0,027C/m2. Comme illustré figure n°25, pour une contrainte d’amplitude constante et une
fréquence croissante, les mesures du champ de polarisation sont très proches de celles espérées.
Dans les 2 cas (n=0.5 and n=1), les paramètres de simulation ont été déterminés par comparaison
entre simulation et résultats expérimentaux. Les résultats expérimentaux obtenus pour une valeur de
dérivation première ne sont pas exposés ici car la différence avec ceux obtenus lorsque n=0.5 est très
faible. Cependant, quand la fréquence augmente (> 1 Hz), des différences significatives commencent
à apparaitre.
Dans l’étape suivante, une forme d’onde du type triangulaire a été testée pour vérifier la capacité du
65
modèle à répondre à une excitation non harmonique. De bons résultats ont été obtenus (figure n°26).
Figure 26. Comparaison entre la polarisation cible et la polarisation mesurée (à gauche). Allure de la contrainte
La dernière figure de ce paragraphe (figure n°27) montre les mêmes comparaisons pour différentes
l’excitation sur la précision du modèle inverse. La fréquence a été fixée à 1 Hz et les trois amplitudes
Figure 27. Comparaison entre la polarisation cible et la polarisation mesurée (à gauche). Allure de la contrainte
Pour conclure avec cette partie expérimentale, nous pouvons affirmer que la polarisation mesurée est
très proche de la polarisation cible. Le modèle inverse donne de bons résultats quelles que soient les
variations d’amplitudes et de fréquence de l’excitation. Il donne également de bons résultats sous des
contraintes plus exotiques tel que l’excitation triangle illustré figure n°23.
Cas du creep mécanique
contrainte de champ électrique constante. Ici, la dynamique basse voir très basse fréquence est
sollicitée. Le phénomène de creep est une non linéarité intrinsèque au fonctionnement même de la
céramique piézoélectrique. Le creep mécanique a été beaucoup moins étudié que l’hystérésis et
pourtant il constitue une limitation majeure dans des applications du type micro-positionnement,
céramique piézoélectrique par le modèle fractionnaire. De larges bandes de fréquence ont été testées
et les évolutions de la polarisation et du déplacement ont correctement été reproduites. Pour une
simulation précise sur une large échelle de temps, et dans le cas d’une réponse indicielle en
déplacement, le champ électrique nécessaire est en générale supérieur aux champs coercitifs du
matériau. Plus on s’éloigne du temps de départ et plus la contribution statique est importante, il est
d’hystérésis statique. Même si dans le cadre de la reconstitution des cycles d’hystérésis standards le
poids de cette partie du spectre est faible dans le cadre du creep, elle revêt une importance
fondamentale [46, 48]. Les simulations montrent que 80% des premiers éléments de cette distribution
sont instantanément saturés et que 95% des éléments le sont à la fin de la première seconde. Dès
lors, seule la partie de distribution restante va influer sur l’allure et l’évolution du creep.
Sur la figure n°28, il est présenté la comparaison entre l’évolution simulée et mesurée du courant à
travers la céramique piézoélectrique pour un échelon de champ électrique de 1,5 [Link]-1. Sur les
deux courbes, le courant présente une forme en double piques séparés d’états permanents, ces
résultats sont consistants avec des résultats précédemment publiés [25]. La déformation simulée est
déterminée à partir du courant fournit par le modèle puis est comparée à la déformation expérimentale
mesurée à l’aide d’un vibromètre laser (figure n°29). La déformation atteint 85% de sa valeur finale
instantanément. Une prise en compte des pertes dynamiques du type premier ordre est soit trop
sensible, soit trop lente pour rendre compte correctement de toute la réponse indicielle du système.
En revanche la réponse fractionnaire qui présente un comportement dynamique différent permet une
bonne prise en compte de la partie rapide de la déformation (85% de la valeur finale) ainsi que la lente
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71
Les céramiques piézo-électriques sont communément regroupées en deux familles. Nous distinguons
les céramiques douces caractérisées par une grande mobilité des parois de domaines et une
polarisation facile, des céramiques dures présentant une grande stabilité en polarisation et de faibles
La plupart des résultats expérimentaux présentés dans les chapitres précédents de ce manuscrit sont
72
issus de la même famille de céramique. Nous avons opté pour une céramique douce Saint-Gobain
type Navy II présentant des effets dynamiques importants et dont les caractéristiques fournies par le
Cette céramique est particulièrement bien adaptée à notre étude, en effet les comportements non
linéaires sont facilement accessibles et la dépendance en fréquence est fortement marquée. Les
spécimens cylindriques (ϕ 6.3 mm) provenant du fabriquant sont coupés pour atteindre la hauteur
adéquate (1, 2, ou 5mm en fonction de l’application), puis enduis sur les faces latérales de peinture
Un banc de caractérisation classique illustré figure n°30 a été utilisé pour évaluer la dépendance en
fréquence sous champ électrique (cas du modèle P(E)). Ce banc de caractérisation offre l’option du
contrôle de la tension imposée, et par conséquence le contrôle du champ électrique. Il nous a permis
La déformation est mesurée à l’aide d’un capteur capacitif Fogale MC 940. Les échantillons testés
sont positionnés sur un disque d’acier relié à la masse de l’amplificateur de tension. Un autre disque
métallique placé au-dessus de la céramique et relié à la sortie positive permet de créer le champ
électrique. L’amplificateur haute-tension est un modèle 10/10 TrekInc. Cet amplificateur est contrôlé
par un générateur basse fréquence Agilent 33220A programmable. La polarisation est déterminée par
5011. Finalement l’ensemble des signaux, tension imposée, courant mesuré sont monitorés à l’aide
73
polarisation sous champ électrique, les deux étant dans la même direction.
Dans la validation des modèles P(T) et T(P) un autre banc de caractérisation a été développé. Ce
banc doit permettre la transmission de la contrainte mécanique ainsi que le monitoring en temps réel
de la polarisation.
Germany) contrôlé par un générateur de fonction (Agilent, 33220A) et alimenté par un amplificateur de
longitudinale. Le tout est monté serré à l’aide d’un châssis en acier dont la rigidité est supposée très
grande devant les autres éléments du montage. Deux pièces en macor (ϕ 6 x 3 mm) assurent
du courant de polarisation
74
Figure 31. Banc de mesure de l’évolution de la polarisation diélectrique sous contrainte mécanique.
mécanique et électrique. Les deux éléments de scotch de cuivre conducteur double face collés sur les
électrodes de la céramique servent alors comme support de la tension électrique à l’origine du champ
électrique.
75
Les deux générateurs basses fréquences qui contrôlent la contrainte mécanique et le champ
électrique peuvent être synchronisés et permettre également des mesures de type alterné.
76
Preloaded screw
Piezoceramic
Electric connection
Macor cylinder
Force sensor
Copper tape
[50] David A Hall, Paul J Stevenson, “High field dielectric behaviour of ferroelectric ceramics”,
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77
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ceramics, 1998 Rep. Prog. Phys. 61 1267
DOI: 0034-4885/61/9/002
78
[55, 62]. L’idée est de fournir des micro générateurs capables d’alimenter de petits dispositifs
électroniques déportés [63, 72]. Dans les chapitres précédents, nous avons proposé un modèle
en action des systèmes piézoélectriques présentant des performances améliorées lorsque ces
excitations de nature différentes sont combinées. Dans ce paragraphe, nous présentons une
naturelle associée à une excitation externe artificielle de champ électrique permet d’augmenter
fortement l’efficacité du système. L’utilisation des modèles précédemment décrits permet ici de
déterminer précisément l’allure (forme d’onde, amplitude et fréquence) du champ électrique optimal
ainsi que le rendement du système. Cette technique de récupération d’énergie est particulièrement
appropriée à l’illustration des modèles définis dans ce compte-rendu. En effet l’excitation combinée de
coté aléatoire de la contrainte vibratoire mécanique impose une modélisation sur de très larges
bandes de fréquence. La bonne prise en compte par le modèle des pertes diélectriques est
fondamentale car le rendement du système est fortement dépendant de celles-ci [73, 74].
La façon la plus simple de récupérer de l’énergie suite à une excitation du type vibration mécanique
piézoélectrique dès lors que la contrainte mécanique maximale est atteinte. Le cycle diélectrique P(T)
subi par l’échantillon définit une boucle dans le sens horaire et dont l’aire est égale au maximum
d’énergie disponible. Pour illustrer cette affirmation, prenons l’exemple de la route piézoélectrique, ou
l’excitation mécanique est due au passage des véhicules. Les échantillons de céramique sont noyés
dans l’asphalte et chaque passage de véhicule donne naissance à une excitation mécanique.
80
Figure 34. Illustration de la technique la plus simple de récupération d’énergie suite au passage d’un véhicule.
Pour améliorer les performances en terme de récupération d’énergie, nous proposons une technique
qui couple les deux excitations externes, électrique et mécanique. L’idée est d’augmenter l’aire du
cycle vertueux P(E) illustrée précédemment figure n°34, ceci est rendu possible par l’adjonction
synchronisée à la contrainte mécanique d’un champ électrique d’excitation externe. La technique ainsi
développée est analogue à la technique bien connue dans le domaine de la thermodynamique dite
« des cycles d’Ericsson ». Deux transformations isobares et deux transformations isothermes sont
réalisées de façon synchronisée afin d’augmenter le rendement des moteurs thermiques. Dans notre
cas deux transformations iso-contrainte et deux transformations iso-champ électrique permettent une
augmentation conséquente du cycle vertueux de récupération d’énergie. Pour obtenir des cycles de
larges amplitudes, des céramiques pré-polarisées sont nécessaires. Le champ électrique ainsi que la
contrainte mécanique sont imposés en respectant les chronogrammes de la figure n°35. Dans la
première étape de la boucle, la contrainte mécanique est nulle, le champ électrique croit jusqu’à
atteindre une valeur maximale. Le champ électrique est ensuite maintenu à sa valeur maximale
pendant toute la deuxième étape du processus, celle-ci ne se termine que lorsque la contrainte
mécanique a atteint son maximum. Commence alors la troisième étape, la contrainte est maintenue
constante et l’on diminue progressivement la valeur du champ électrique jusqu’à ce que celui-ci
s’annule. Dans la dernière étape, sous champ électrique nulle la contrainte mécanique est
progressivement diminuée jusqu’à ce qu’elle s’annule. Une fois que la contrainte mécanique a
81
totalement disparu un autre cycle peut commencer
Figure 35. Evolution temporelle de la contrainte mécanique et du champ électrique, cycle P(E) associé.
Dans le cas de la route piézo-électrique la contrainte mécanique est issue du mouvement des
véhicules sur le bitume. Ce mouvement aléatoire peut être fortement approximé par une sinusoïdale
Time (s)
Figure 36. Evolution temporelle de la contrainte mécanique, passage d’un véhicule.
La fréquence est comprise entre quelques mHz et une centaine de Hz, celle-ci est directement liée à
la vitesse du véhicule. La figure n°37 présente une première comparaison simulation/mesure pour un
cycle d’Ericsson. La mesure a été obtenue à l’aide du banc de caractérisation présenté dans le
chapitre précédent. La simulation quant à elle provient du modèle fractionnaire décrit dans la première
partie de ce manuscrit. Pour cette première comparaison, nous avons opté pour les conditions
d’excitation moyenne, un champ électrique d’amplitude 3.105V/m, une fréquence de 0,1Hz, et une
contrainte mécanique d’amplitude de 50MPa. Nous présentons cette figure pour illustrer la bonne
corrélation temporelle entre les cycles d’Ericsson mesurés et simulés. Dans la suite, nous nous
concentrons uniquement sur l’évolution de l’aire du cycle qui reste le paramètre clef dans cette étude
82
cycle d’Ericsson. Différents paramètres sont testés, en prenant soin de ne faire varier qu’un paramètre
à la fois.
fréquence du champ électrique est un paramètre clef. La figure suivante ne présente que des résultats
de simulation. Nous avons balayé sur de larges bandes, les paramètres amplitude et fréquence afin
d’évaluer quels sont ceux qui donnent les meilleurs rendements, en terme de récupération d’énergie.
Logiquement ces surfaces 3D se décale vers le bas (traduisant une récupération moindre dès lors que
Discussion et conclusion
Les vibrations mécaniques sont naturellement accessibles partout autour de nous, c’est une
ressource qui semble illimitée (vent, vague, déplacement). La possibilité de recycler cette énergie
ambiante et de donner naissance à des générateurs électriques illimités dans le temps présente un
d’Ericsson, l’amplitude de l’énergie récupérée peut être fortement augmentée. Dans un monde parfait,
sans non-linéarités, cette augmentation n’aurait pas de limite, en réalité les pertes diélectriques et les
non-linéarités créées par le matériau limitent fortement cette augmentation et ceci est d’autant plus
bonne validation du modèle dynamique fractionnaire [75]. En effet, pour estimer correctement
l’énergie récupérée, le modèle doit être précis sur une très large bande de fréquence et d’amplitude.
L’excitation mécanique environnante s’apparente à un bruit blanc dont les fréquences sont largement
distribuées. A noté que même si ceci n’apparait pas dans ce compte-rendu, d’autres méthodes de
récupération d’énergie ont été modélisées à l’aide des mêmes dispositifs, ainsi la modélisation de la
technique SSD « single switch damping » a permis une évaluation bien plus précise des rendements.
85
En effet, ici aussi les matériaux sont fortement excités et les pertes diélectriques ne peuvent être
négligées.
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88
PROJET DE RECHERCHE
PROJET DE RECHERCHE
Mon projet de recherche peut être découpé en deux parties. La première s’inscrit dans la continuité
des activités de recherches actuelles. Je souhaite établir le lien entre le modèle d’hystérésis
modèles qui sont également des modèles fractionnaires rendent compte de la dépendance en
89
fréquence de l’évolution de la permittivité sous des contraintes de champ électrique très bas niveaux.
concentre que sur l’influence de la fréquence. Ces modèles ont fait l’objet de nombreuses études
scientifiques qui ont permis de mieux comprendre des phénomènes physiques telle que la relaxation
diélectrique. En établissant le lien entre notre modèle et les modèles de Cole-Cole et Havriliak-
fractionnaire de notre modèle et donc de justifier physiquement sont utilisation. Je souhaite également
toujours grâce au lien entre la modélisation champs forts et les modélisations et caractérisation
champs faibles vérifier que mon terme de pertes fractionnaires ne dépend pas du niveau d’amplitude
mais uniquement de la nature du matériau. Ceci permettrait d’envisager des caractérisations et des
identifications de paramètres faciles sur de large bande de fréquence grâce à des mesures de
permittivité à l’impédance-mètre. Une fois, les paramètres établis grâce à la caractérisation bas
niveau, ceux-ci peuvent être conservés dans notre modèle d’hystérésis dynamique champ fort.
Dans la deuxième partie de mon projet de recherche, je souhaite exporter les modélisations mise en
place sur les céramiques piézoélectriques à d’autres types de matériaux. Je pense notamment aux
polymères électro-strictifs, qui font l’objet de nombreuses études au sein de notre laboratoire et qui
résultats pour la prise en compte de la dynamique des champs de polarisation et électrique à travers
polarisation à travers la céramique. Son dual existe au sein des matériaux magnétiques, il correspond
à la diffusion du champ magnétique qui n’est pas instantané et qui dépend fortement de la fréquence.
Les matériaux piézoélectriques et ferroélectriques d’un point de vue général sont largement utilisés
dans de nombreux domaines d’applications scientifiques et technologiques. Les capteurs basés sur
peuvent être utilisés comme accéléromètres, ou pour des mesures de pressions et de vibrations [76,
78]. A l’exception des applications de type mémoire, qui fonctionnent grâce au retournement de la
associées sont à prescrire si l’on souhaite converger vers des capteurs ou des actionneurs de haute
manifestent sous des formes diverses (hystérésis diélectriques, non-linéarités des piques de
symétrique, les champs coercitifs et les polarisations rémanentes positives et négatives, présentent
les mêmes valeurs absolues [79]. Ces paramètres caractéristiques de la forme du cycle d’hystérésis
peuvent être affectés par plusieurs facteurs (l’épaisseur de l’échantillon, la présence de défauts
De nombreuses approches [80, 84] ont été adoptées pour expliquer la dépendance caractéristique en
fréquence des matériaux ferroélectriques. Dans la première partie de ce compte-rendu nous avons
vérifié que les opérateurs fractionnaires sont particulièrement bien adaptés pour modéliser l’hystérésis
diélectrique des matériaux ferroélectriques. Là, où les opérateurs à dérivée entière sont en règle
générale limités à des bandes de fréquence relativement restreintes, une approche à base de
dérivées fractionnaires fournit une bonne précision entre mesure et simulation bien au-delà des limites
piézoélectriques à bas niveau de champ électrique est habituellement décrit par des relations
sur la constitution de l'échantillon ainsi que sur les relations physiques à l'origine de la polarisation.
Cette caractéristique est en générale mesurée à l'aide d'un analyseur de spectre (impédance-mètre).
L'analyseur permet de mesurer l'évolution de la capacité parallèle équivalente ainsi que l'angle de
pertes tanδ en fonction de la fréquence. La relaxation diélectrique est en générale définie comme un
retard élémentaire de la polarisation diélectrique P d'un matériau. Cette relaxation est habituellement
décrite dans l'équation donnant l'évolution de la permittivité en fonction de la fréquence, ce qui pour
∆ε
ε *(ω ) = ε ∞ + (31)
1 + iωτ
ε∞, correspond à la permittivité à très grande fréquence, ∆ε = εs- ε∞ avec εs la permittivité dite quasi-
statique obtenue à très faible fréquence. τ est le temps de relaxation caractéristique du matériau testé.
fréquentielle de la permittivité) est étendue au modèle dit de Cole-Cole pour une meilleure précision,
et une utilisation sur une bande de fréquence plus large [85, 86].
∆ε
ε *(ω ) = ε '(ω ) − jε ''(ω ) = ε ∞ +
1 + ( iωτ )
α (32)
ε’(ω) et ε’’(ω) sont respectivement la partie réelle et imaginaire de la permittivité. α est relié à la
distribution des temps de relaxation comprise entre 0 et 1. Le modèle de Cole-Cole présente une
dépendance fractionnaire de la permittivité en fonction de la fréquence. Notre objectif ici est d’établir le
lien entre l'opérateur fractionnaire utilisé dans un modèle d'hystérésis diélectrique fort champ et le
modèle fractionnaire de Cole-Cole, bien adapté pour la modélisation large bande de la dépendance
en fréquence de la permittivité.
A température ambiante et sous contrainte de champ électrique faible, il est connu que la partie réelle
ε’(ω) et la partie imaginaire ε’’(ω) de la permittivité diélectrique complexe mesurées autour d’un point
permittivité complexe sont reliées entre elles par les relations bien connues de Kramers-Kronig. Le
modèle de Debye a été le premier modèle proposé pour prendre en compte la relaxation diélectrique
92
(dépendance en fréquence de la permittivité complexe). Mais les premiers résultats expérimentaux
ont rapidement montré qu’une correction de ce modèle simple serait nécessaire. Le modèle de Cole-
Cole introduit une première correction via la considération non plus d’un temps de relaxation comme
c’est le cas du modèle de Debye mais d’une distribution de temps de relaxation. Cette correction est
possible grâce à l’extension à un ordre non entier du modèle de Debye. Le modèle de Cole-Cole
ε '(ω ) = ε ∞ +
∆ ε '
−
sinh ( β z )
1
2 cosh β z + cos β π
(33)
( )
2
π
sinh β
∆ε ' 2
ε ''(ω ) =
2 cosh β z + cos β π
(34)
( )
2
Ici z = ln(ωτ), ∆ε’= εs- ε∞ et β = (1-α), avec α à l’origine de la déformation du demi arc de cercle dans
les tracés Cole-Cole (c'est-à-dire l’angle entre l’axe des ε’ et le centre du demi arc de cercle). ε’(ω) est
reliée à l’énergie stockée dans un matériau, ε’’(ω) est lié à l’énergie dissipée à travers celui-ci.
∆ε
ε *(ω ) = ε '(ω ) − jε ''(ω ) = ε ∞ +
1 + ( iωτ )
α (35)
avec ∆ε = εs- ε∞ et 0 < α = 1 - 2σ/π ≤ 1. σ est l’angle de déformation du demi arc de cercle, de
et suffisamment basse pour supposer une relation de linéarité entre la polarisation P et le champ
donnée par :
P0 .cos(ωt )
Estat (t ) = (36)
ε static
93
Lorsque la fréquence augmente la contribution dynamique est obtenue à partir de la relation
fractionnaire:
dα P
Edynamic (t ) = ρ . (37)
dt α
Comme P est de type harmonique, cette contribution possède une solution analytique:
π
Edynamic (t ) = ρ .P0 .ω α .cos(ωt + α . ) (38)
2
Finalement, pour des fréquences supérieures, le champ électrique incluant toutes les contributions est
donnée par :
π P0 .cos(ωt )
E (t ) = ρ .P0 .ω α .cos(ωt + α . ) + (39)
2 ε static
R { E (t )} = E (t )
π
1 jα
E (t ) = P0 .e jω t . + ρ .ω α .e 2 (40)
ε stat
1
ε= π
(41)
1 jα
+ ρ .ω .e
α 2
ε stat
ε stat
ε= (42)
1 + (τ .ω. j )
α
Avec τ α = ε stat .ρ (43)
Si l’on suppose enfin que ε(0) >> ε∞, la relation entre le modèle de Cole-Cole et le modèle d’hystérésis
ε (0) − ε ∞ ε stat
ε = ε∞ + ≈ (44)
1 + ( j.ω .τ ) 1 + (τ .ω . j )
γ α
permet de prendre en compte la dissymétrie qui apparait dans certains matériaux lorsque l’on trace
Havriliak-Negami a dans un premier temps été utilisé pour décrire la relaxation diélectrique dans les
ε (0) − ε ∞
ε = ε∞ +
(1+ ( j.ωτ. ) )
(45)
α β
α et β sont deux paramètres non entiers. De la même façon qu’il est possible d’établir un lien entre
notre modèle d’hystérésis champ fort et le modèle de permittivité diélectrique de Cole-Cole, un lien
existe avec le modèle de Havriliak-Negami. Pour établir ce lien, il faut partir de l’équation de l’évolution
∞
r
( x + y)r = ∑ x r −k y k (46)
k =0 k
A noter que pour que cette série converge, il faut que y < x , ou encore :
∞
r
(1 + z ) = ∑ z k
r
(47)
k =0 k
De même pour avoir convergence il faut z <1
∞ β
( ) ∑ k ( ( j.ωτ. )α )
α β k
1 + ( j.ωτ
. ) = (48)
k =0
Ceci correspond à une série de termes fractionnaires dont le poids dans la reconstitution finale de la
95
solution diminue lorsque l’ordre de dérivation augmente. Ceci identifié à notre modèle d’hystérésis
champ fort correspondrait à une série de termes dynamiques d’ordre fractionnaire croissant et de
poids décroissants
π π π P0 .cos(ωt )
E (t ) = ρ1.P0 .ω α .cos(ωt + α . ) + ρ 2 .P0 .ω β .cos(ω t + β . ) + ... + ρ n .P0 .ω m .cos(ωt + m. ) +
2 2 2 ε static
Avec α < β < ... < n et ρ1 < ρ2 < … < m. (49)
Les opérateurs fractionnaires sont particulièrement bien adaptés à la modélisation des pertes
diélectriques dans les matériaux ferroélectriques. Dans la partie précédente nous avons établi le lien
permittivité diélectrique complexe. Cette relation permet d’attribuer la même origine physique à la
dépendance en fréquence et par conséquent l’utilisation des mêmes paramètres dynamiques. Cette
notion est particulièrement intéressante car elle permet de limiter la caractérisation dynamique d’un
matériau nouveau à l’utilisation de l’impédance mètre et de conserver les paramètres lors des
proche de 1V. Il fonctionne comme une source de tension parfaite. Le courant qui circule à travers les
morts de l’appareil est monitoré en temps réel. Entre le courant enregistré et la tension imposée
l’échantillon testé.
1 π π
+ ρ .ω α .cos α − j. ρ .ωα .sin α
ε 2 2
ε = stat 2 2
(51)
1 π π
96 + ρ .ω .cos α + ρ .ω .sin α
α α
ε stat 2 2
1 π
+ ρ .ωα .cos α
ε'= ε stat 2
2 2
1 π π
+ ρ .ω .cos α + ρ .ω .sin α
α α
ε stat 2 2
π
ρ .ω α .sin α
ε '' = 2 (52)
2 2
1 π π
+ ρ .ω α .cos α + ρ .ω α .sin α
ε stat 2 2
A partir des parties réelles et imaginaires de la permittivité, ainsi que des caractéristiques
géométriques, il est possible d’avoir accès à l’évolution de la capacité parallèle équivalente ainsi qu’à
l’angle de pertes en fonction de la fréquence. Ces courbes peuvent être comparées à celle fournit par
l’analyseur.
A
Cp = ε '2 + ε ''2 . (53)
th
ε ''
tan δ = (54)
ε'
Ici, A est la surface de la céramique piézoélectrique et th son épaisseur. Par identification numérique
sur une bande de fréquence importante grâce à l’impédance mètre de remonter aux paramètres α et ρ
d’opérateurs fractionnaires
Nous nous intéressons ici à l’exportation des modèles et des opérateurs fractionnaires présentés dans
matériaux et des équations de Maxwell [87]. L’intégration de modèle d’hystérésis dans les problèmes
magnétique à un modèle d’hystérésis dynamique [91, 94]. Dans ce type de modélisation l’équation de
diffusion est reliée aux courants de Foucault macroscopiques et le modèle d’hystérésis aux courants
de Foucault microscopiques [95, 98]. Ces courants microscopiques proviennent du mouvement des
parois de Bloch. Notre objectif ici est d’essayer de remplacer le modèle couplé : équation de diffusion
et hystérésis dynamique par un simple modèle à constante localisée mais dont la dynamique est régie
Dans cette étude on s’intéresse en particulier au cas d’une tôle magnétique du type Fer Silicium telle
que celle rencontré dans les transformateurs de tensions. Supposons dans un premier temps que
l’induction B et le champ d’excitation de surface H sont linéairement reliés par une valeur de
perméabilité relative μ0μr. Si l’on considère que la largeur et la longueur de la tôle sont grandes devant
supposant une excitation harmonique, le rapport entre le champ d’excitation de surface et l’intégrale
du champ d’induction magnétique donne une perméabilité qui varie en fonction de la fréquence.
∂2B ∂B
= µσ (55)
∂y 2
∂t
1− j 2
98 Avec : k 2 = − jωµσ k= δ=
δ ωµσ
e
2
∫ B( y ).dy
−e
Bapp = 2
(58)
e
e
2.µ 0 .µ r . tan k .
µ app = 2 (59)
e.k
Les courants de Foucault microscopiques peuvent être ajoutés dans cette modélisation en modifiant
la loi de matériau par une loi dynamique, en considérant le produit d’une constante et de la dérivée
∂B
B = µ. H − ρ . (60)
∂t
µ e
2. .tan k .
1 + µ.γ . jω 2
µapp = (61)
e.k
localisée fractionnaire avec (équation n°65) ou sans les courants de Foucault microscopiques
(équation n°63). Dans ce modèle, le terme fractionnaire produit d’une constante et de la dérivée
magnétique.
∂n B
B = µ0 .µ r . H − ρ . n (62)
∂t
µ0 .µ r
B= .H (64)
1 + µ0 .µr .ρ .( jω )
n
µ0 .µr
µapp = n
(65)
1 + µ0 .µr .ρ .( jω )
Si l’on tient compte des mouvements de parois, un terme supplémentaire du type premier ordre
(produit d’une constante et de la dérivée entière première de l’induction magnétique) est ajouté.
∂B ∂n B
B = µ. H − ρ . − ρ . n (66)
∂t ∂t
( )
B. 1 + µ .ρ .( jω ) n + µ .ρ .( jω ) = µ .H (67)
µ
B= .H (68)
1 + µ.ρ.( jω ) + µ.ρ.( jω )
n
C’est dans ce dernier cas de figure que les comparaisons de l’évolution de la perméabilité calculées à
partir de l’équation de diffusion et calculée à l’aide de l’opérateur fractionnaire donnent les meilleurs
résultats.
100
Figure 43. Evolution de la perméabilité en fonction de la fréquence. Comparaison entre le modèle fractionnaire (n=0.56)
et la résolution numérique de l’équation de diffusion dans le cas d’un échantillon de faible épaisseur (e=5mm).
Figure 44. Evolution de la perméabilité en fonction de la fréquence. Comparaison entre le modèle fractionnaire (n=0.56)
et la résolution numérique de l’équation de diffusion dans le cas d’un échantillon de large épaisseur (e=5m).
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103
104
CONCLUSION GENERALE
CONCLUSION GENERALE
La recherche que j’ai effectuée ces dernières années concerne les systèmes et matériaux dit
temps travaillé, sur la caractérisation et la modélisation des matériaux magnétiques durant la thèse de
doctorat, j’ai effectué ensuite un post-doctorat ou j’ai mené des travaux sur l’intégration et la prise en
compte de lois de matériaux non linéaires (hystérésis dynamique) dans un logiciel du type éléments
105
finis. Depuis que j’ai été recruté en tant que Maître de conférences à l’INSA de Lyon en 2005, mon
activité s’est alors tournée vers la modélisation de l’hystérésis dynamique dans les matériaux électro
actifs tels que les céramiques piézo-électriques. Les résultats encourageant obtenus à l’aide des
opérateurs fractionnaires ont offert de nouveaux champs d’investigations, tel que celui de la diffusion
Pour confirmer expérimentalement ces bons résultats de modélisation, nous avons mis en place une
technique originale de récupération d’énergie dont le gisement énergétique vibratoire est issu de
l’environnement (vent, véhicules …). Cette ressource est du type bruit blanc avec des fréquences
distribuées dans une bande très large. Comme la technique impose de synchroniser le champ
électrique à des fréquences importantes. Ces fréquences élevées associées à des amplitudes
importantes se traduisent par des pertes diélectriques fortes qu’il est nécessaire de considérer pour
Les perspectives que j’entrevoie pour donner suite à l’ensemble de ces travaux sont nombreuses:
_ Je pense travailler dans un premier temps à la compréhension physique des bons résultats de
simulation obtenus par les opérateurs fractionnaires. Le lien entre notre modèle et les modèles de la
_ Nous devons ensuite progresser quant à l’obtention des paramètres du modèle (utilisation de
_ Finalement, d’autres applications telle que la récupération d’énergie liée aux mouvements des
vagues semble une extension intéressante pour la technique des cycles d’Ericsson.
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ANNEXE
Annexe : Piézoélectricité et pyroélectricité
L’effet piézoélectrique direct est la capacité d’un matériau à générer une tension électrique suite à
l’application d’une force mécanique. L’effet inverse correspond à la déformation résultante d’une
tension appliquée. L’origine de l’effet piézoélectrique réside dans la structure cristalline des matériaux.
Pour être piézoélectrique un cristal doit être non centro symétrique, c’est-à-dire que les barycentres
des charges positives et négatives doivent être décalés dans l’espace au sein de la maille cristalline
(Figure n°45).
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Figure 45. Maille non centro-symétrique, exemple du titanate de baryum avec A=Ba, B=Ti.
Ainsi, en l’absence de champ électrique le matériau présente une polarisation spontanée générée par
un moment dipolaire p=qd , q étant la charge électrique de chaque barycentre et d la distance entre
les barycentres. L’application d’un champ électrique augmente la distance entre les deux barycentres,
générant ainsi une déformation de la maille cristalline responsable d’une déformation macroscopique
diminue la distance d en libérant des charges électriques. En circuit ouvert, ces charges sont stockées
dans la capacité électrique que représente le matériau engendrant ainsi un champ électrique. Enfin la
température peut modifier la polarisation spontanée. Dans ce dernier cas le matériau est dit
microscopique, qui peut être inversée par l’action d’un champ électrique, c’est-à-dire que leur axe
polaire est mobile sous l’action d’un champ. L’application d’un champ électrique a un diélectrique
parfait engendre une variation de polarisation proportionnelle au champ appliqué. Cette variation
appliqué.
marqué et ne peuvent donc être décrits par cette équation linéaire comme le montre la Figure 39.
Ainsi la variation de polarisation ne dépend plus uniquement de la variation de champ électrique. Pour
des raisons de minimisation de l’énergie interne, les matériaux ferroélectriques sont structurés en
domaine à l’autre la direction de la polarisation spontanée est différente, la frontière entre deux
domaines étant appelée ≪ mur de domaine ≫. Les directions que peuvent prendre la polarisation
spontanée sont déterminées par la symétrie cristalline du matériau qui dépend de la température, du
Figure 46. Hystérésis caractéristique d’un matériau ferroélectrique avec Ec, champ coercitif, Pr, polarisation
rémanente, et Ps, polarisation de saturation.
Examinons par exemple le cas du titanate de baryum. En température décroissante (et à champ
électrique nul et contrainte nulle) ce matériau passe successivement par les phases cubique,
quadratique, orthorhombique et enfin rhomboédrique. Sur ces 4 phases, seules les trois dernières
sont ferroélectriques (la phase cubique est centro symétrique). Les transitions de phase successives
températures de transition peuvent être estimées par les maxima locaux de la permittivité (Figure
n°47).
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Figure 47. Permittivité diélectrique en fonction de la température, a) 1er ordre et b) 2ème ordre.
Malgré une hystérésis forte de la polarisation et de la déformation en fonction du champ électrique, les
matériaux ferroélectriques se comportent de façon linéaire lorsqu’ils sont excités à bas niveau. Sur le
cycle d’hystérésis, cela se traduit par des petites variations de la polarisation autour de la position
linéarisation à l’ordre 1 du potentiel thermodynamique et permet de définir les équivalences entre les
coefficients linéaires. Ces six grandeurs peuvent être décrites comme les dérivées partielles du
∂G ∂G ∂G
dG =
dT dTij − dEk − dθ
ij E ,θ dEk T ,θ dθ E ,T
∂G ∂G ∂G
dG = , Dk = − , Γ = −
dT dθ E,T
ij E,θ dEk T ,θ
∂D n ∂S ij ∂D n ∂Γ ∂S ij ∂Γ
= = dijk , = = pn , = = λij
∂Tij ∂En T ,θ
∂θ E ,θ ∂En T ,θ
∂θ ∂Tij
E ,θ E ,T E ,θ
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Unités des variables et coefficients
T (N/m2) Contrainte mécanique
électrique et la température
Dans ces équations, E et D sont des vecteurs de dimension 3 (les trois directions du repère
Les variables thermiques q et G sont des scalaires. Par conséquent, les coefficients décrits ci-dessus
sont des tenseurs dont les dimensions varient selon les grandeurs qu’ils lient.
élastique peut être caractérisé par la mesure des vitesses acoustiques dans le matériau.
On peut aussi exciter les fréquences de résonance acoustique du matériau en utilisant l’effet
RESUME
Modélisation de l’hystérésis dynamique dans les ferroélectriques
Historiquement, les matériaux piézoélectriques ont, entre autre, fait l’objet de développements
développés autour des capteurs (accéléromètres) et des actionneurs de précision. Plus récemment,
une application potentielle concerne la récupération d’énergie pour l’auto alimentation des systèmes
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embarqués (systèmes sans batteries). Les matériaux piézoélectriques sont des céramiques, des
raison de leurs propriétés, leurs coûts, et leur adaptabilité à leurs environnements (impédance
acoustique par exemple). Seules les propriétés dites linéaires ont été utilisées pendant longtemps
nombreuses nouvelles applications de puissance (comme la récupération d’énergie, par exemple) les
niveaux de sollicitations sont si forts que les non-linéarités ne peuvent plus être négligées. Ces non
outils de modélisation important. Dans les deux premiers chapitres de ce manuscrit, est proposé un
modèle de l’hystérésis dynamique dans les matériaux électro actifs tels que les céramiques piézo-
_ Une contribution statique établie à partir de l’analogie entre un frottement sec mécanique et le
manuscrit est présentée une technique originale de récupération d’énergie dont le gisement vibratoire
est issu de l’environnement (vent, véhicules …). Cette ressource est de type bruit blanc avec des
fréquences distribuées dans une bande très large. Comme la technique impose de synchroniser le
champ électrique sur le maximum de contrainte mécanique, on se retrouve à devoir imposer le champ
électrique à des fréquences importantes. Ces fréquences élevées associées à des amplitudes de
champ importantes se traduisent par des pertes diélectriques fortes qu’il est nécessaire de considérer
nouveaux champs d’investigations, tel que celui de la diffusion du champ magnétique dans les
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