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Gestion des risques en assurance

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Module 3 — Assurance et gestion des


risques
Révision mai 2020 :

L'IQPF tient à remercier M. Denis Preston, CPA, CGA, F.R.M., Pl. Fin., pour sa
collaboration à la rédaction.

Ont collaboré aux éditions précédentes :

Marc Binette, Pl. Fin.

Annie Boivin, B.A.A., Pl. Fin., D. Fisc., TEP

André Buteau, A.V.A., Pl. Fin.

Jocelyne Gagnon, Adm. A., A.V.A., M. Fisc., Pl. Fin.

Anne-Marie Girard-Plouffe, Adm. A., Pl. Fin., A.V.A.

Gérard Gosselin, C. D'A. Ass., Conseiller en sécurité financière et


Courtier en assurances de dommages

Daniel Lalonde, A.V.A., Pl. Fin.

Pierre Larose, A.V.A., Pl. Fin.

Yves J. Leroux, Pl. Fin.

Hélène Marquis, LL.L., D. Fisc., Pl. Fin., TEP

Caroline Morel, Adm. A., D. Fisc., Pl. Fin.

Kaddis R. Sidaros, A.V.A., Pl. Fin.

Éléments de compétence

Pour chaque module de La Collection de l'IQPF, quatre niveaux d'importance pour


chaque élément de compétence, à savoir essentiel (1), très important (2), important (3)
et utile (4), ont été identifiés. Le niveau d'importance traduit le niveau de connaissance
et de compréhension du sujet que le planificateur financier doit avoir. Ces niveaux sont

[Link] Page 1 sur 249


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indiqués entre parenthèses devant les titres.

(1) Introduction

Le rôle du planificateur financier dans la gestion des risques


Pour permettre au planificateur financier de bien remplir ses fonctions, la première partie
du présent module recommande l'utilisation du processus d'analyse globale des besoins
d'assurance suivant :

• identification des risques qui menacent la santé financière du client ou de sa


famille;
• évaluation des conséquences financières de ces risques pour le client et sa
famille (besoins);
• identification des ressources accessibles pour faire face aux risques identifiés;
• quantification des écarts entre les conséquences financières et les ressources
permettant d'y faire face;
• classement des risques en ordre de priorité d'intervention; et
• détermination des stratégies de gestion des risques les plus appropriées pour
chacun des risques priorisés, notamment en proposant des solutions d'assurance
lorsque cela s'avère nécessaire.

Les parties deux et suivantes analysent les produits d'assurance qui sont offerts par les
compagnies d'assurance. L'utilisation ou non de ces solutions potentielles dépendra de
la situation particulière du client ou de sa famille.

La prestation de conseil n'est pas synonyme de vente


Le conseil en matière d'assurance n'est pas limité aux représentants en assurance. Le
planificateur financier peut faire des recommandations en ce qui concerne les montants
à assurer et les types de protection, notamment :

• l'assurance temporaire lorsque le besoin n'est plus présent à l'âge de 80 ans;


• l'assurance permanente lorsque le besoin demeure indépendamment de l'âge du
client;
• le choix des délais de carence en assurance invalidité, lesquels devraient être
fonction des ressources financières du client, particulièrement de son fonds
d'urgence;
• le choix de la durée des prestations en assurance invalidité, laquelle devrait
correspondre à l'âge auquel le client peut prendre sa retraite;
• le choix des franchises en assurance maladie complémentaire ou en assurance
de dommages qui devraient être fonction des ressources financières du client,
particulièrement de son fonds d'urgence;
• la pertinence, ou non, de souscrire :
– une assurance maladies graves;
– une assurance de soins de longue durée;

[Link] Page 2 sur 249


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– une assurance comportant une composante épargne (valeur de rachat,


avenant de remboursement de primes, etc.) qui est fiscalement moins
avantageuse que les cotisations à un REER, un CELI, un REEE, un REEI ou
le remboursement de dettes dont les intérêts sont plus élevés que le
rendement espéré du client selon son profil d'investisseur.

Première partie — Processus d'analyse globale des


besoins d'assurance

Chapitre (1) 1 — Le planificateur financier et la gestion des


risques

(4) 1.1 — Ce qu'est le risque


En finance, le risque1 est généralement associé à l'un des deux concepts suivants :

• la volatilité du prix d'un actif; ou


• la valeur à risque.

1.1.1 — Volatilité de la valeur d'un actif


Le premier concept est surtout utilisé en placement. La mesure de dispersion des
rendements qu'est l'écart type (ó) est alors retenue comme étant un indicateur du risque
potentiel d'un portefeuille de placement. Plus l'écart type est élevé, plus le portefeuille
serait risqué.

Ce type de risque peut avoir un aspect négatif (rendement inférieur au rendement


espéré) ou positif (rendement supérieur au rendement espéré). Il est alors question de
risque spéculatif, c'est-à-dire qu'il s'agit d'un risque qui entraîne des possibilités de
pertes, mais dont le rendement espéré est positif. Le marché des actions est un exemple
de ce type de risque.

L'écart type est à la base des calculs qui permettent d'établir les portefeuilles dits
efficients (théorie moderne du portefeuille) et de plusieurs indicateurs de performance,
tel que le ratio de Sharpe.

1.1.2 — Valeur à risque


En assurance, le concept de valeur à risque est plus pertinent. Il englobe à la fois la
probabilité que la perte se produise et l'ampleur de la perte lorsque le risque se produit.
Par exemple, la valeur de la perte subie à la suite de la destruction d'un immeuble par
un incendie.

Il est alors question de risque pur, un risque qui ne peut avoir que des conséquences
négatives.
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1.1.3 — Risque assurable


Lorsqu'un individu décide de ne plus assumer les conséquences financières d'un risque,
il peut les transférer en souscrivant une assurance. Le coût du transfert est alors la
prime payée. Le consommateur préfère alors la certitude d'une petite perte (la prime) à
la possibilité d'assumer les conséquences du risque assuré. Cela diminue la probabilité
de difficulté financière, voire de faillite, de l'assuré ou de sa famille.

Pour qu'un assureur accepte d'assumer un risque, celui-ci doit être dû au hasard2.
L'aléa3 peut concerner son occurrence (probabilité que le risque se produise) ou la date
de survenance lorsqu'il est certain que le risque assuré va se produire, par exemple le
décès.

1.1.4 — Risque moral


Le risque moral est le risque que l'assuré change ses comportements parce qu'il est
assuré : par exemple que l'assuré adopte un comportement moins prudent ou qu'il
consomme davantage de médicaments.

Lorsque l'assuré contrôle la survenance du risque ou son ampleur, il est possible que les
pertes soient supérieures à celles prévues par l'assureur. L'introduction de clauses
d'exclusions ou de franchises dans les contrats permet de gérer en partie le risque
moral.

Le risque moral peut parfois inciter les gens à faire des réclamations abusives ou
frauduleuses, comme ce fût le cas pour 150 employés d'un hôpital de Toronto qui ont été
congédiées4.

1.1.5 — Contrat d'assurance ou de gestion budgétaire?


Certaines protections dites d'assurance n'en sont pas. Par exemple, les dépenses de
lunettes ou des frais dentaires préventifs sont prévisibles et contrôlables. Ils ne sont
donc pas dus au hasard.

Le consommateur a alors le choix de payer directement ses dépenses ou de les répartir


uniformément dans son budget. Bien entendu, le recours à une tierce partie (l'assureur)
pour gérer son budget est plus dispendieux pour le client que s'il payait lui-même
directement les frais, la compagnie d'assurance devant facturer des primes supérieures
aux prestations qu'elle verse. Par exemple, «pour financer l'achat d'une paire de lunettes
de 100 $ à la sortie d'un régime d'assurance collective, il faut engager un coût pouvant
atteindre de 120 $ à 150 $ à l'entrée du régime5».

Selon les auteurs Shlomo Benartzi et Jonah Lehner6, 65 % des personnes choisissent le
plan d'assurance maladie complémentaire A plutôt que le B lorsque confrontés au choix
suivant :
A) Franchise annuelle de 1 000 $ et prime mensuelle de 150 $

B) Franchise annuelle de 1 500 $ et prime mensuelle de 100 $

Pourtant, quel que soit le niveau des réclamations, l'option B est toujours meilleure. Le

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tableau suivant illustre le coût total (prime + franchise) selon différents scénarios de
réclamation :

Plan Prime Coût total avec réclamation de :

0$ 1 000 $ 1 500 $ 2 000 $

A 1 800 $ 1 800 $ 2 800 $ 2 800 $ 2 800 $

B 1 200 $ 1 200 $ 2 200 $ 2 700 $ 2 700 $

Le planificateur financier doit aider son client à comprendre que l'assurance ne devrait
être utilisée que pour les risques importants qui menacent sa santé financière ou celle
de sa famille et non pour des aspects sur lesquels il peut exercer un contrôle significatif.

(1) 1.2 — Identification des risques qui menacent la santé financière du client
ou de sa famille
Un client fait face à deux grands types de risques assurables7 : les risques reliés à sa
santé ou à son patrimoine. Les assureurs se sont d'ailleurs spécialisés selon ces types
de risque, soit l'assurance de personnes et l'assurance de dommages.

Assurance de personnes
Les risques reliés à la santé sont qu'un accident ou une maladie entraîne :

• l'invalidité;
• le décès; ou
• des frais de santé.

L'article 2392 du Code civil du Québec énonce que «[l]'assurance de personnes porte
sur la vie, l'intégrité physique ou la santé de l'assuré».

Il existe un risque supplémentaire relié à la santé d'un individu, soit le risque de survie,
c'est-à-dire le risque de survivre à son capital financier parce que sa santé est trop
«bonne». Ce risque peut être assuré par l'entremise des rentes viagères. Les méthodes
pour gérer le risque de survie sont traitées dans le module 7 «Retraite».

Assurance de dommages
Les risques reliés au patrimoine sont :

• la perte ou un dommage subi par un bien; et


• la poursuite en responsabilité.

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L'article 2395 du Code civil du Québec, énonce que «[l]'assurance de dommages


garantit l'assuré contre les conséquences d'un événement pouvant porter atteinte à son
patrimoine».

1.2.1 — Les risques reliés à la santé


[Link] — Conséquences financières d'une invalidité
Les conséquences financières d'une invalidité dépendent de la nature et de la durée de
celle-ci. Si un accident ou une maladie entraîne une invalidité totale et permanente, les
conséquences financières sont généralement plus importantes que celles d'un décès.
En effet, si certaines dépenses disparaissent avec le défunt, la personne invalide a
toujours besoin de nourriture et de vêtements, de soins personnels, etc. Dans certains
cas, les dépenses peuvent même augmenter à la suite d'une invalidité. Plus l'invalidité
est de courte durée, plus les conséquences financières sont faibles.

En terme financier, ce qui est perdu est la valeur du capital humain. Autrement dit, la
valeur actualisée de l'ensemble des revenus de travail futurs d'un individu. Un individu
qui n'a pas de travail rémunéré ne subit aucune perte de revenu lors d'une invalidité. Les
conséquences financières du risque d'invalidité sont donc à leur maximum lorsque
l'individu commence à travailler, soit immédiatement après la fin de ses études.

En termes de production économique, l'être humain est l'équivalent d'une ressource


naturelle non renouvelable8. Comme une mine d'or ou de diamants, l'humain produit un
revenu annuel qui n'est pas permanent. La valeur actualisée de sa production future
diminue avec le temps. Pour une mine, elle devient nulle au moment de sa fermeture.
Pour un individu, elle devient nulle au moment où il prend sa retraite.

Valeur du capital humain


La valeur du capital humain permet de calculer la perte économique si une personne ne
peut plus travailler. Elle ne vise pas à calculer la valeur d'une vie humaine.

Le tableau suivant décrit une méthode simplifiée qui estime la valeur économique du
capital humain à l'aide d'une calculatrice financière9.

10
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La valeur obtenue grâce à cette méthode correspond au coût10 d'une rente qui verserait
des paiements annuels de 50 000 $. Ces paiements seraient indexés (croissance) de
2,25 % chaque année.

Il existe une règle empirique pour calculer la valeur actualisée de production du capital
humain. Il suffit de multiplier la production annuelle par le nombre d'années avant la
retraite. Avec les données de l'exemple de Pierre, nous obtenons 1 500 000 $, soit
50 000 $ multiplié par 30. Cette règle est valable si le taux d'indexation est égal au taux
de rendement après impôts. Si le taux de rendement est supérieur au taux d'indexation,
alors la valeur du capital humain est inférieure à la règle empirique. Si le taux de
rendement est inférieur au taux d'indexation, alors la valeur du capital humain est
supérieure à la règle empirique.

Bien entendu, les décisions prises par un individu influencent la valeur de son capital
humain. Cette valeur augmente lorsque celui-ci investit dans sa formation, alors qu'elle
diminue lorsqu'il décide de travailler moins.

[Link] — Conséquences financières d'un décès


À première vue, le décès entraîne les mêmes conséquences qu'une invalidité totale et
permanente : la perte du capital humain. Cependant, la perspective n'est pas la même.
En invalidité, les conséquences financières concernent toute la famille. Lors d'un décès,
la présence ou non d'une famille, particulièrement de personnes à charge, détermine s'il
y a des conséquences financières ou non pour les survivants.

Le décès d'un célibataire sans personne à charge a peu de conséquences financières.


Elles se limitent aux frais supplémentaires causés par son décès. Ceux-ci sont les frais
funéraires (incluant la cérémonie religieuse, le cimetière et le monument funéraire) et les
frais reliés à la transmission de sa succession. Si la succession est déficitaire, les
héritiers ne sont pas obligés de l'accepter. Dans une telle situation, le paiement des
dettes avantagerait surtout les créanciers du défunt.

Le décès d'un pourvoyeur de fonds entraîne des conséquences financières beaucoup


plus importantes. Celles-ci sont fonction de l'importance de sa participation au budget
familial. Plus il contribuait au budget, plus les conséquences seront importantes.

Les conséquences financières d'un décès sont donc égales à la valeur présente (ou
actualisée) :

• du revenu nécessaire au maintien du niveau de vie des survivants;


• des frais supplémentaires causés par le décès;
• des pertes subies par ses relations d'affaires, s'il y a lieu.

La somme de ces conséquences financières devrait être inférieure à celles d'une


invalidité totale et permanente puisque les frais de subsistance (nourriture, habillement,
etc.) du défunt disparaissent avec lui.

[Link] — Conséquences financières des frais de santé

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Un accident ou une maladie peut entraîner des dépenses qui ne sont pas remboursées
par l'État; c'est particulièrement le cas lors d'un voyage à l'extérieur du Canada.

Les conséquences financières des frais de santé varient donc selon l'importance des
soins assurés par l'État et par le fait que le client bénéficie ou non d'un régime
d'assurance collective de frais médicaux.

Selon l'Institut canadien d'information sur la santé (CIHI)11, voici comment les dépenses
de santé (incluant les frais dentaires, de lunettes, de psychologues, chiropraticiens, etc.)
étaient réparties en 2019, lesquelles sont restées stables depuis la fin des années 1990.

Répartition des dépenses de santé

Financement public 70,4 %

Secteur privé :

• Régime privé d'assurance 12,3 %


maladie

• Dépenses directes 14,4 %

Autres 2,9 %

Contrairement, à la perception populaire :


De 2007 à 2017, la part des dépenses de santé du secteur public pour les Canadiens
âgés de 65 ans et plus a légèrement diminué en passant de 44,4 % à 44,2 %.
Simultanément, le pourcentage de personnes âgées dans la population a augmenté de
13,4 % à 16,8 %.12

1.2.2 — Risques reliés au patrimoine


[Link] — Conséquences financières de la perte ou d'un dommage subi par un bien
Les conséquences financières varient en fonction de :

• l'importance du dommage subi par le bien qui a été endommagé, détruit ou


perdu; et
• de son utilisation.

Les dommages aux biens à usages d'affaires peuvent avoir des conséquences
financières plus élevées que les dommages aux biens utilisés à des fins personnelles,
les premiers étant utilisés pour produire des revenus. La destruction d'une résidence
personnelle entraîne une perte certaine, mais la destruction d'un immeuble à revenu
entraîne aussi la perte de revenus de location, ceux-ci étant souvent nécessaires pour

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effectuer les paiements hypothécaires.

[Link] — Conséquences financières d'une poursuite en responsabilité


Un client qui est poursuivi et trouvé coupable peut non seulement voir ses biens (actifs
physiques) saisis, mais également certains de ses actifs financiers. Il est donc important
que les clients bénéficient de la protection la plus adéquate possible en matière de
responsabilité civile.

(1) 1.3 — Principes de gestion des risques


1.3.1 — Stratégies face aux risques
Voici les stratégies qu'un client peut adopter lorsqu'il fait face à des risques :

• les éviter en éliminant leur cause. Une personne qui évite la pratique de sports
dangereux ou de voyager dans les pays non recommandés par le gouvernement
du Canada élimine le risque d'accident relié à ces événements;
• réduire la probabilité ou la gravité d'un risque. L'utilisation d'un système antivol,
d'un détecteur de fumée ou d'un coussin gonflable permet de réduire la probabilité
qu'un événement se produise ou de diminuer les conséquences de cet événement
s'il se produit. Garder les objets de valeurs dans un coffret de sûreté, ne pas fumer,
bien s'alimenter en sont d'autres exemples;
• les assumer partiellement (franchise, délai de carence) ou totalement.
L'autoassurance diminue les frais reliés à un transfert et les primes à débourser. Le
client a alors besoin d'une réserve monétaire (fonds de prévoyance) qui
correspond aux conséquences financières des risques qu'il désire assumer.
L'autoassurance favorise donc l'épargne;
• les diversifier lorsque les risques ne sont pas ou peu corrélés. Le fait d'assumer
plusieurs risques peut diminuer le risque global assumé par le client. Pour un
individu, cette stratégie est plus courante en placement qu'en assurance. Mais un
assureur, lui, diversifie ses risques en assurant plusieurs risques qui sont peu ou
non corrélés entre eux. La prime de risque revient à celui qui effectue le
placement : c'est une rémunération pour le risque assumé;
• transférer partiellement ou totalement les conséquences financières à une tierce
partie. Le recours au transfert diminue la nécessité de se constituer un fonds de
prévoyance en cas de sinistre. Cela favorise les dépenses de consommation. Les
conséquences financières des risques sont alors assumées par un groupe, une
compagnie (d'assurances ou non) ou encore l'État.

Les assureurs acceptent d'assumer certains risques parce qu'ils espèrent faire des
profits. Selon le Rapport annuel sur les institutions financières 2018 de l'AMF13 illustre
les bénéfices avant impôts en pourcentage des revenus des compagnies d'assurance de
personnes.

Bénéfice avant impôt en pourcentage des revenus par ligne


d'affaire au 31 décembre — consolidé

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Ligne Total des Total des Bénéfice avant impôt en


d'affaire revenus indemnité pourcentage des revenus
(2018) s (2018)
(*000$) (*000$)

2018 2017 2016 2015 2014

Vie 17 214 14 870 13,62 7,20 11,24 4,73 7,91


individuelle 460 221 % % % % %

Vie 5 931 331 5 020 198 15,36 15,38 18,30 17,61 16,37
collective % % % % %

Rentes 8 871 929 7 587 676 14,48 10,57 8,89 18,98 6,28
individuelles % % % % %

Rentes 8 162 962 5 589 676 31,52 7,00 9,83 9,92 6,65
collectives % % % % %

Acc./mal. 5 627 663 4 007 065 28,80 1,72 10,20 12,12 21,50
individuel % % % % %

Acc./mal. 30 063 71 27 556 77 8,34 4,19 4,84 4,46 4,28


collectif 6 5 % % % % %

Total 75 872 06 64 631 61 14,82 6,64 9,21 8,99 8,30


1 1 % % % % %

Le tableau 49 du Rapport annuel sur les institutions financières 2018 de l'AMF illustre le
pourcentage des primes acquises qui ont servi à payer les sinistres en assurance de
dommages. Les primes acquises ne tiennent pas compte des taxes sur les primes de
3,48 % et la taxe de vente sur les primes d'assurance de 9 %.

Évolution des ratios sinistres/primes au Québec selon la catégorie

Catég Pri Sini Taux de sinistres (par année de comptabilisation)


orie mes stre
dire s
ctes dire
gag cts
née subi
s s

201 201 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20
8 8 18 17 16 15 14 13 12 11 10 09

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Autom 3 2 75, 75, 71, 69, 66, 65, 62, 61, ND ND


obile 135 355 1 3 1 2 7 4 0 9
des 089 207 % % % % % % % %
particul $ $
iers

Autom 733 479 65, 68, 67, 67, 61, 57, 59, 53, ND ND
obile 153 484 4 2 9 0 2 5 5 3
des $ $ % % % % % % % %
entrepr
ises

Biens 2 1 63, 63, 57, 54, 57, 61, 52, 63, 58, 66,
des 799 787 8 4 9 4 7 6 9 4 1 7
particul 992 275 % % % % % % % % % %
iers $ $

Biens 1 1 70, 57, 58, 51, 57, 54, 61, 62, 53, 68,
des 689 189 4 8 8 0 0 0 2 4 8 2
entrepr 084 512 % % % % % % % % % %
ises $ $

Respo 1 663 56, 79, 65, 60, 50, 68, 60, 64, 65, 69,
nsabilit 182 863 1 7 1 9 1 6 2 4 9 2
é 751 $ % % % % % % % % % %
$

Chaudi 91 123 13 27, 52, 42, 64, 25, 25, 27, 35, 41,
ères et 538 646 5,1 9 6 3 7 5 0 0 1 7
machin $ $ % % % % % % % % % %
es

Maritim 67 48 72, 49, 47, 56, 71, 59, 52, 67, 58, 62,
e 322 813 5 9 0 0 6 6 2 0 1 1
$ $ % % % % % % % % % %

Aviatio 77 23 30, 44, 34, 83, 13 22, 24, 73, 36, 50,
n 761 489 2 2 7 9 1,5 6 1 4 2 0
$ $ % % % % % % % % % %

Cautio 129 (1 -1, 16, 15, 43, 35, 10 26, 24, 24, 10,
n 585 714 3 3 8 5 0 3,1 1 6 5 9
$ $) % % % % % % % % % %

Autres 335 82 24, 38, 29, 45, 40, 30, 25, 32, 27, 38,
664 283 5 2 0 4 4 8 8 4 1 6
$ $ % % % % % % % % % %

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Impression 21-05-29 07)31

Total 10 6 65, 66, 61, 59, 59, 61, 56, 60, 56, 62,
241 751 9 2 8 6 8 0 7 4 2 2
939 858 % % % % % % % % % %
$ $

Autrement dit, pour les assureurs, la vente de l'assurance est une source de profit et,
pour les consommateurs, une source de protection qui a un coût. Le transfert devrait
donc être généralement une stratégie de derniers recours. Mais elle est requise lorsque
l'individu ou sa famille ne sont pas en mesure d'assumer les conséquences du risque
lorsqu'il se produit.

Ce qui est transféré, ce sont les conséquences et non le risque lui-même. Le risque
continue d'exister et les conséquences non financières (pertes sentimentales, etc.) ne
sont pas transférables.

La prime de risque est le prix du transfert des conséquences financières en assurance et


la rémunération du risque assumé en placement. D'ailleurs, la notion de prime de risque
utilisée en placement provient du vocabulaire de l'assurance14. Du point de vue
financier, il découle que le fait d'assumer le risque engendre une espérance de
rémunération et le fait de le transférer engendre un coût certain.

1.3.2 — Probabilité ou gravité?


La probabilité qu'un événement se produise est importante en assurance puisqu'elle est,
avec les frais de chargement, l'un des facteurs qui déterminent les primes.

Pour qu'une compagnie d'assurance puisse rester en affaire, la valeur actualisée des
primes qu'elle perçoit doit être supérieure à la valeur actualisée des prestations qu'elle
verse. La différence entre les deux (primes et prestations) constitue les frais de
chargement. Ils comprennent les frais de sélection, d'administration, de paiements et la
marge de profits de l'assureur. Ces frais accaparent généralement de 20 % à 50 % de la
prime selon le type d'assurance.

Mais la probabilité n'est pas le facteur qui détermine la stratégie à adopter; c'est plutôt la
gravité des conséquences financières du risque. Le concept de gravité conjugue à la fois
les conséquences et la capacité du client ou de sa famille à assumer le risque.

Un risque qui a une probabilité élevée, mais qui a des conséquences financières
négligeables devrait être assumé. Un risque qui a une probabilité faible, mais dont les
conséquences financières ne peuvent pas être assumées par le client sans mettre en
danger sa santé financière, devrait être transféré.

Par exemple, la probabilité d'avoir le rhume est très élevée, mais les conséquences
financières sont négligeables. Elles peuvent donc être assumées. La probabilité de
décès d'une personne monoparentale âgée de 30 ans est faible, mais les conséquences
financières pour ses enfants sont très importantes si celle-ci n'est pas en mesure de leur
léguer le capital nécessaire au maintien de leur niveau de vie. Elle devrait donc

[Link] Page 12 sur 249


Impression 21-05-29 07)31

transférer les conséquences financières en souscrivant une assurance vie.

Exemples de relation probabilité — gravité

Probabilité Gravité

Incendie d'une maison faible Moyenne à élevée

Invalidité totale de longue


durée (perte du capital
humain) :

• à l'âge de 30 ans faible très élevée

• à l'âge de 64 ans élevée faible, voire nulle

Décès (la gravité varie selon


présence ou absence de
responsabilité financière) :

• à l'âge de 30 ans faible faible à très élevée

• à l'âge de 80 ans élevée nulle

Bien que la valeur d'une maison peut paraître élevée, sa valeur est relativement faible
comparativement au capital humain lorsqu'un individu est en début de carrière. En outre,
c'est la production du capital humain qui paie la maison et non l'inverse. C'est la raison
pour laquelle la gravité d'un incendie est classée «moyenne à élevée», alors que celle
d'une invalidité est classée «très élevée» à 30 ans, mais «faible» à 64 ans.

Le décès entraîne la perte du capital humain comme pour une invalidité totale et
permanente. Mais c'est la présence ou non de responsabilité financière qui se continue
après le décès qui détermine la gravité des conséquences financières lors d'un décès.

Analyser l'impact financier des conséquences du risque est donc très important avant de
choisir d'assumer les conséquences du risque ou de le transférer à un assureur
moyennant une prime. En outre, même si les conséquences sont élevées, si le client ou
sa famille a la capacité financière d'assumer le risque, il est souvent plus sage de laisser
le client l'assumer, car il a plusieurs objectifs à financer.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

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Le premier facteur à considérer lors de l'évaluation du besoin d'assurance d'un


client est sa capacité (ou celle de sa famille) à assumer les conséquences
financières d'un risque.

1.3.3 — Caractéristiques d'une bonne assurance


Lorsque la décision de transférer les conséquences financières des risques à une
compagnie d'assurance est prise, il faut choisir l'assurance qui a la protection la plus
étendue.

En assurance habitation, une assurance tous risques est préférable à une assurance de
base ou même à une assurance dite étendue.

Pour protéger la famille d'un client contre les conséquences financières d'un décès, une
véritable assurance vie est la solution obligatoire. Alors qu'une assurance décès
accidentel ne devrait être envisagée que si la souscription d'une assurance vie n'est pas
possible. L'assurance vie couvre l'ensemble des risques de décès, alors que l'assurance
décès accidentel ne couvre qu'une faible minorité de causes de décès. Autrement dit,
l'assurance vie permet un transfert complet des conséquences financières, alors que le
transfert n'est que partiel avec une assurance décès accidentel.

Pour les mêmes raisons, une assurance invalidité perte de revenu va être préférée à
une assurance maladie grave. La première assurance transfère les conséquences à la
suite d'un accident ou d'une maladie, sauf exclusions. La seconde permet d'effectuer un
transfert seulement pour certaines maladies. De plus, le montant de la protection n'est
pas directement relié aux pertes monétaires ou aux déboursés à effectuer.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

Il faut toujours recommander au client l'assurance qui offre la protection la plus


étendue.

1.3.4 — La contrainte budgétaire à vie15


[Link] — L'épargne : un moyen d'équilibrer sa consommation durant les phases de vie
Durant une vie, une famille ne peut dépenser (en valeur actualisée) plus que la somme
de ses revenus (en valeur actualisée) et des legs nets qu'elle aura reçus. Les legs nets
sont les legs encaissés moins les legs donnés.

Idéalement, le client équilibre sa consommation (son niveau de vie) pendant toutes les
phases de sa vie. Pour ce faire, le client doit épargner une partie de ses revenus
(restreindre sa consommation) pendant sa période de travail pour pouvoir consommer
cette épargne lorsqu'il sera à la retraite. Si le client n'épargne pas suffisamment, sa

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consommation (et, donc, son niveau de vie) sera plus faible lors de sa retraite. S'il
épargne trop, c'est sa consommation actuelle qui sera désavantagée comparativement à
celle de sa retraite. L'épargne est donc un moyen de transférer de la consommation
entre les phases de vie.

Le planificateur financier doit donc rechercher un juste équilibre dans ses


recommandations plutôt que maximiser l'épargne ou la souscription d'assurance à tout
prix. Il doit favoriser l'allocation optimale des ressources de son client en tenant compte
des opportunités qui s'offrent à lui.

[Link] — Le coût d'opportunité


Les besoins étant nombreux (voire illimités) et le budget étant restreint, le planificateur
financier doit comparer les «rendements-risques» des différentes stratégies possibles
avant de faire une recommandation au client. En effet, les besoins d'épargne viennent
parfois en compétition avec les besoins d'assurance.

[Link] — L'assurance : un moyen d'équilibrer sa consommation selon les états de la


nature
Si l'épargne permet de transférer la consommation entre les phases de la vie,
l'assurance permet le transfert entre les états de la nature. Un individu doit consommer
moins quand tout va bien, par exemple pour :

• qu'il puisse continuer à consommer pendant une invalidité;


• que les personnes à sa charge puissent continuer à consommer s'il décédait
prématurément;
• qu'il puisse faire reconstruire sa maison si celle-ci était détruite; etc.

Comme pour l'épargne, il est possible qu'un individu ait recours à trop d'assurance. Il est
alors surassuré16 et les primes qu'il paie en trop auraient pu être utilisées pour atteindre
d'autres objectifs.

Le coût d'opportunité peut être soit une retraite plus tardive ou encore une
consommation moindre à la retraite. Mais comme pour l'épargne, la surassurance est
généralement préférable à la sous-assurance.

C'est pourquoi la troisième étape du processus d'analyse globale des besoins


d'assurance est si importante, c'est-à-dire le classement des risques par ordre de priorité
d'intervention.

[Link] — La planification financière, l'art du juste équilibre


Dans ses recommandations, un planificateur financier doit non seulement rechercher un
juste équilibre entre la consommation actuelle et future de son client, mais également
rechercher un juste équilibre entre les différents éléments de la planification financière. Il
doit prioriser l'utilisation des ressources limitées de son client selon ses besoins et
objectifs.

Si les risques dont la gravité est élevée n'étaient pas transférés (p. ex. : l'invalidité), cela

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pourrait non seulement compromettre la consommation actuelle du client, mais


également celle à sa retraite. Ainsi, la souscription d'une assurance invalidité, vie ou
habitation est prioritaire à l'épargne pour la retraite.

[Link] — Assurance vie avec ou sans valeur de rachat?


Après avoir déterminé le besoin d'assurance et la durée de celui-ci, le planificateur
financier peut recommander à son client la souscription d'une assurance avec ou sans
valeur de rachat. À cette étape de la démarche, la valeur de rachat vient en concurrence
avec les autres possibilités d'épargne, telles que le REER, le REEE, le CELI, le REEI et
le remboursement de dettes.

La fiscalité de l'assurance vie fait en sorte qu'elle est défavorisée comparativement à ces
autres solutions d'épargne. Il y a trois moments où un produit peut être imposé : à
l'entrée, pendant sa croissance et à la sortie.

Imposition des primes d'assurance de personnes


Les assureurs doivent verser des taxes totalisant 3,48 % des primes d'assurances qui
portent sur la vie, la santé et l'intégrité physique17. Ces taxes s'appliquent sur l'ensemble
de la prime, incluant la partie dite épargne.

Imposition sur les revenus de placement engendrés par une police d'assurance dite
exonérée
La Loi de l'impôt sur le revenu18 fait une distinction entre les polices non exonérées et
les polices exonérées. Le revenu de placements des polices non exonérées s'ajoute au
revenu du titulaire (propriétaire) du contrat. Ce type de police n'est presque plus offert,
car il est désavantagé comparativement aux autres produits d'épargne qui, eux, ne sont
pas assujettis aux taxes sur les primes.

En ce qui concerne les polices d'assurance vie exonérées, le titulaire d'un contrat n'est
pas directement imposé sur le revenu engendré par sa police. Cela ne veut cependant
pas dire qu'il n'y a pas d'imposition. Les compagnies d'assurance vie doivent payer un
impôt fédéral de 15 % sur le revenu engendré par les réserves mathématiques de ces
polices19. Toutes les polices d'assurance vie exonérées avec épargne sont assujetties à
cet impôt sur le revenu, qu'elles soient de type vie entière ou vie universelle. Cependant,
les polices qui n'ont pas de composantes épargne (ex. T100 sans valeur de rachat) ne
sont pas assujetties à cette imposition.

Cela signifie que dire à un client que le revenu d'une assurance vie exonérée s'accumule
à l'abri de l'impôt est une affirmation erronée20. C'est un peu comme dire à un client de
transférer ses placements dans sa compagnie et lui dire qu'il n'y aura plus d'imposition.
Le client ne sera plus directement imposé, mais sa compagnie le sera.

Lorsqu'une compagnie d'assurance vie détermine ses primes et ses frais


d'administration et de gestion, elle tient compte de cette imposition annuelle. Bien
entendu, ce taux de 15 % est souvent inférieur au taux marginal d'imposition du client,
particulièrement pour les revenus d'intérêts à l'extérieur d'un régime enregistré, tels que
le REER, le CELI, le REEI ou le REEE. Mais en pratique, il est parfois supérieur à
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l'imposition réelle des gains en capital. En effet, les 15 % s'appliquent annuellement en


fonction du taux d'intérêt net21, alors qu'avec les placements traditionnels, il est possible
de reporter l'impôt sur le gain en capital jusqu'à la disposition du placement.

Imposition à la sortie d'une police d'assurance vie


L'immense avantage de l'assurance vie est que la prestation de décès n'est pas
imposable. Mais lors d'une disposition22, le montant imposable correspond à l'excédent
du produit de disposition sur le coût de base rajusté23.

En résumé, il y a taxation à l'entrée, imposition annuelle sur le revenu de placement et


imposition potentielle lors d'un retrait.

Taux d'imposition équivalant au taux d'imposition moyen


Dans un mémoire, l'Association canadienne des compagnies d'assurance de personnes
indique ce qui suit :
Au moyen d'une analyse complexe, on peut démontrer que le taux d'imposition effectif
sur le taux de rendement interne implicite dans l'assurance vie exonérée (compte tenu
des divers impôts et taxes payés par les assureurs vie) est du même ordre que le taux
d'imposition moyen des particuliers au Canada24

Valeur de rachat ou épargne?


Lorsqu'il existe un besoin d'assurance sur la vie, la souscription d'une assurance vie est
prioritaire. Sans besoin d'assurance sur la vie, la souscription d'une assurance vie n'est
pas conseillée.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

Avant de recommander une assurance vie avec valeur de rachat, le planificateur


financier doit s'assurer que son client a un besoin d'assurance vie, a contribué au
maximum aux régimes enregistrés (REER, CELI, REEE, REEI) et a remboursé
ses dettes dont les intérêts ne sont pas déductibles de ses revenus. Ils sont tous
plus avantagés fiscalement que l'épargne faite par l'entremise de l'assurance vie.

Comme il a été mentionné à la section [Link], un planificateur financier doit, dans ses
recommandations, non seulement rechercher un juste équilibre entre la consommation
actuelle et future de son client, mais également rechercher un juste équilibre entre les
différents éléments de la planification financière. Il doit prioriser l'utilisation des
ressources limitées de son client selon ses besoins et objectifs.

Chapitre 2 — Processus d'analyse globale : examen de la


situation du client

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Introduction
L'analyse de la situation du client permet :

• d'évaluer les conséquences financières des risques identifiés;


• d'identifier les ressources financières dont le client dispose; et
• de classifier les risques (les besoins) par ordre de priorité.

(1) 2.1 — Évaluation des besoins d'assurance invalidité


Pour que le client soit bien protégé lors d'une invalidité, le planificateur financier devrait
d'abord s'assurer que son niveau de protection mensuelle est adéquat, puis vérifier si les
caractéristiques de ses protections correspondent à l'ensemble de ses besoins.

2.1.1 — Revenu nécessaire au maintien du niveau de vie actuel et futur


La protection d'assurance invalidité devrait être suffisante pour que le client, s'il devenait
invalide, puisse maintenir son niveau de vie actuel et ses épargnes pour sa retraite.
Puisque les prestations d'assurance invalidité cessent généralement à 65 ans, il est
important de prévoir un capital retraite (enregistré ou non) qui permettra à l'invalide de
maintenir son niveau de vie à la retraite, sinon le niveau de vie du client diminuera à la
retraite.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

Éviter d'établir le besoin d'invalidité du client en calculant ses dépenses. Il faut


plutôt viser à remplacer son revenu.

[Link] — Lorsque le client paie lui-même son assurance


Le revenu à protéger en cas d'invalidité est égal à son revenu de travail moins les impôts
et charges sociales, autrement dit son revenu net. Le revenu de travail comprend les
commissions et bonis. Dans certains cas, il faut également tenir compte des dividendes
versés par les sociétés privées appartenant au client si ces dividendes sont
conditionnels au travail de celui-ci. Cela peut être le cas lorsque le client décide de se
rémunérer en dividendes plutôt qu'en salaire pour des raisons fiscales.

Exemples de calcul du besoin d'assurance invalidité perte de revenu


lorsque les prestations sont non imposables

Revenu mensuel de travail de toutes sources 2 500 $ 5 000 $

Moins impôts (ajustés pour tenir compte de la 550 $ 1 800 $

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contribution au REER) et charges sociales

Revenu net à protéger = 1 950 $ 3 200 $

Moins assurance actuelle (individuelle ou collective) 1 000 $ 2 500 $

Besoin d'assurance supplémentaire = 950 $ 700 $

Avec des prestations non imposables, le client ne pourra plus cotiser à un REER, car il
n'aura plus de revenu gagné (à moins qu'il ait un revenu de location net). Dans le calcul
du revenu net à remplacer, il faut ajuster ses impôts. Par exemple, si le client cotisait
10 000 $ à un REER et que son taux marginal d'imposition était de 40 %, il faudrait faire
le calcul en ajoutant 4 000 $ d'impôt. Le client a besoin de remplacer une épargne avant
impôts de 10 000 $ par une épargne CELI ou non enregistrée de 6 000 $. D'ailleurs,
pour déterminer le revenu net gagné, les assureurs font le calcul sans tenir compte de
cotisations potentielles à un REER. Puisqu'il ne faut pas tenir compte des revenus de
placement, il faut aussi ajuster les impôts en conséquence. C'est-à-dire que pour faire
les calculs du besoin d'assurance invalidité perte de revenu, il ne faut pas prendre sans
ajustement les impôts que le client a payés dans sa déclaration de revenus ou sur son
talon de paie. Il faut calculer les impôts et charges sociales seulement sur le revenu de
travail.

[Link] — Lorsque l'employeur paie une partie ou la totalité des primes


Si l'employeur paie une partie ou la totalité des primes et que celles-ci ne sont pas
ajoutées au revenu imposable de l'employé, alors les prestations d'assurance invalidité
(salaire) seront imposables. Dans ces situations, c'est le revenu avant impôts (brut) qu'il
faut assurer et non le revenu après impôts et charges sociales.

Par contre, lorsque l'assurance collective ne comble pas tout le besoin du client, le
manque à gagner doit être converti en revenu après impôts car les prestations de
l'assurance que le client devra souscrire ne seront pas imposables.

Exemples de calcul du besoin d'assurance invalidité perte de revenu


lorsque les prestations sont imposables

Revenu brut mensuel de travail 2 500 $ 5 000 $

Moins assurance actuelle 1 500 $ 3 667 $

Besoin brut supplémentaire = 1 000 $ 1 333 $

Taux marginal d'imposition (pour convertir le revenu


manquant en revenu après impôts) 28,5 % 38,4 %

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Besoin d'assurance supplémentaire 715 $ 821 $

[Link] — Régime de retraite


Si le client a un régime de retraite au travail, il faut aussi vérifier si ses cotisations et
celles de son employeur seraient exonérées en cas d'invalidité. Autrement dit, est-ce
que ses crédits de rentes continueraient de s'accumuler comme s'il avait continué à
travailler?

Si elles sont exonérées, le besoin d'épargner pour la retraite diminue ou devient nul
selon la situation du client.

[Link] — Risque moral en assurance invalidité


Pour encourager l'assuré à retourner travailler, les assureurs refusent généralement
d'assurer 100 % du revenu. Voir l'annexe 1 pour un exemple de plafonds de rente
d'invalidité perte de revenu. La majorité des clients n'ont donc pas une protection
correspondant à leur besoin. Lorsque c'est le cas, le planificateur financier peut alors
recommander de souscrire :

• une assurance invalidité complémentaire, si cela est possible;


• une assurance invalidité épargne-retraite; ou
• une assurance invalidité emprunt, si le client à des emprunts à rembourser.

Une assurance invalidité complémentaire vient s'ajouter à l'assurance invalidité au


travail. Elle couvre souvent à la fois les invalidités totales et partielles.

L'assurance invalidité épargne-retraite est un contrat qui prévoit le versement d'une


rente mensuelle (montants qui varient généralement entre 500 $ et 1 000 $) dans un
compte en fidéicommis pendant l'invalidité totale de l'assuré. L'assureur gère le compte
selon les directives de placement du titulaire du contrat. Les seuls retraits permis avant
l'âge de 65 ans sont pour payer les impôts sur les revenus de placements que procure le
compte en fidéicommis.

Cette assurance joue le même rôle que l'exonération des cotisations à un régime de
retraite pendant une invalidité. La différence étant que pour un régime de retraite les
revenus de placements ne sont pas imposés jusqu'aux retraits (placements enregistrés),
alors que pour une assurance invalidité l'imposition se fait annuellement, à l'exception
des gains en capital reportés (placements non enregistrés).

L'assurance invalidité emprunt permet également d'augmenter la protection du client en


cas d'invalidité. Le client n'est pas obligé de prendre une partie des prestations de son
assurance invalidité pour payer son emprunt. Par contre, cette assurance ne protège
parfois que pour de courtes périodes, par exemple deux ans ou cinq ans. L'assurance
épargne-retraite verse quant à elle une rente jusqu'à l'âge de 65 ans.

[Link] — Régimes gouvernementaux

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Dans le calcul du besoin d'assurance invalidité d'un client, il ne faut pas tenir compte des
régimes gouvernementaux, tels que le Régime de rentes du Québec (RRQ), la Société
d'assurance automobile du Québec (SAAQ) ou la Commission des normes, de l'équité,
de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Ces régimes ne couvrant que certains
risques, les protections qu'ils procurent sont limitées.

De plus, leurs prestations sont intégrées à la majorité des assurances privées.


Autrement dit, lorsque le client est assuré pour 3 000 $ et qu'il reçoit une rente
d'invalidité du RRQ de 1 000 $, la compagnie d'assurance verse seulement la différence,
soit 2 000 $. Bien entendu, lorsque l'assureur établit sa prime, il tient compte de la
probabilité que l'assuré reçoive une rente d'invalidité d'un régime gouvernemental. Cela
évite au client de payer pour une protection dont il n'a pas besoin.

2.1.2 — Caractéristiques d'une protection optimale


[Link] — Durée du versement de la rente
Idéalement, la durée de la protection et des versements de la rente assurée devrait
correspondre à l'âge prévu de la retraite du client, soit généralement 65 ans. Les
contrats qui ne protègent que pour une courte durée (p. ex. deux ans ou cinq ans) sont
donc à proscrire à moins qu'une protection plus étendue ne soit pas disponible.

Certains contrats offrent une rente qui se termine à 60 ans ou 55 ans. Ils ne devraient
être conseillés qu'après avoir fait une projection de retraite selon les normes de l'IQPF,
et que celle-ci démontre que le client peut prendre sa retraite à cet âge.

[Link] — Début du paiement des prestations


Le choix du délai de carence est fonction de la capacité du client à assumer l'absence
de revenu pendant une certaine période. Le planificateur financier doit donc faire le lien
avec le fonds d'urgence du client. Mais il ne doit pas oublier que la rente d'invalidité est
versée en fin de période et non en début de période. Ainsi, un assuré qui a un délai de
carence de 30 jours et qui devient invalide le 1er janvier ne recevra pas de paiement
avant le début mars au plus tôt. En effet, il n'a pas droit à une rente pour janvier et la
rente de février sera versée après la fin de février.

Le choix du délai de carence dépend également d'une analyse coût-bénéfice des


différents délais offerts. Par exemple, pour une protection de 5 000 $ par mois, si pour
un délai de carence de 30 jours, la prime annuelle est de 1 800 $ et que pour le délai de
60 jours la prime est de 1 300 $, la prime additionnelle (500 $) équivaut à 10 % de la
protection additionnelle (5 000 $). Qui accepterait de payer une prime de 20 000 $ pour
assurer sa maison de 200 000 $ (soit 10 %)?

Souvent le délai de carence qui offre le meilleur rapport rendement-risque est de 90


jours. Mais il faut toujours faire une analyse coût-bénéfice pour pouvoir bien conseiller
chaque client, pas le client moyen.

[Link] — Indexation des prestations


Les prestations d'invalidité devraient être indexées selon l'indice d'inflation. Pour

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permettre au client de comprendre l'importance de l'indexation, il suffit de calculer la


valeur présente d'une rente indexée selon le taux d'inflation estimé à 2 % et d'une rente
non indexée lorsque le rendement espéré, après impôts, est de 3 %.

1. ([(1 + r) / (1 + i)] - 1).

La valeur présente de la rente non indexée est inférieure de 23 % à la rente indexée.

2.1.3 — Besoins d'assurance invalidité pour les personnes en affaires


Si un client est travailleur autonome, propriétaire d'une petite entreprise ou une
personne-clé dans une petite entreprise, il est possible que son invalidité entraîne une
perte de facturation. En l'absence de cette facturation, l'entreprise peut avoir de la
difficulté à payer certaines dépenses d'affaires. Dans cette situation, la souscription
d'une assurance invalidité frais de bureau est requise.

Une assurance invalidité frais de bureau ou frais généraux rembourse les dépenses
réellement engagées pendant l'invalidité de l'assuré. La durée de la rente devrait
correspondre au temps nécessaire pour que l'entreprise se réorganise (le temps qu'un
remplaçant puisse à nouveau assumer les dépenses) ou que l'entreprise soit vendue.

Une clause d'invalidité devrait être incluse dans les conventions entre actionnaires ou
sociétaires et si possible dans les baux commerciaux.

(1) 2.2 — Évaluation des besoins d'assurance sur la vie


2.2.1 — Démarche pour calculer les besoins d'assurance sur la vie
L'évaluation quantitative du besoin d'assurance sur la vie se fait en deux étapes. Il faut
d'abord déterminer le capital qui permettra de produire un revenu suffisant pour
maintenir le niveau de vie de la famille du défunt pendant la période requise. Puis, il faut
soustraire les liquidités disponibles aux héritiers universels résiduaires et la valeur des
actifs dont la vente est prévue du montant obtenu pour obtenir le capital d'assurance à
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souscrire. Lorsque les liquidités successorales sont positives, cela diminue le besoin
d'assurance vie, car l'épargne est un substitut à l'assurance. Mais l'inverse n'est pas
nécessairement vrai.

Les liquidités successorales positives correspondent à la partie des conséquences


financières que la famille du client est en mesure d'assumer. Lorsque les liquidités
successorales sont négatives, cela augmente le besoin d'assurance vie, autrement dit le
besoin de transférer.

[Link] — Capital nécessaire au maintien du niveau de vie de la famille du défunt


Coût de vie avant un décès
Le coût de vie avant un décès peut être établi de deux façons, par la méthode
ascendante (le budget) ou par la méthode descendante. Cette dernière part du revenu
disponible (après impôts, charges sociales et autres retenus à la source) auquel il faut
soustraire l'épargne annuelle pour obtenir les dépenses annuelles. C'est cette dernière
méthode qui est utilisée dans le présent module.

Coût de vie après un décès


Pour obtenir le coût de vie après un décès, il suffit de soustraire les dépenses qui
disparaissent avec le défunt. Ces dépenses sont de deux ordres :

• premièrement, les dépenses personnelles, telles que la nourriture, l'habillement,


les soins personnels, etc. Quelques études25 ont estimé ces dépenses entre 20 %
et 30 % du coût de vie familial;
• deuxièmement, les paiements sur les emprunts qui sont remboursés au décès.
Par exemple, les paiements hypothécaires si le solde de cet emprunt est
remboursé lors du décès de la personne dont la situation est analysée.

Prenons l'exemple de la famille Smith-Tremblay. Mme Tremblay a 30 ans et M. Smith a


32 ans. Leurs enfants jumeaux sont âgés de deux ans. Cette famille est prévoyante
puisque les parents ont rédigé des testaments qui prévoient :

• La transmission de leurs biens personnels et de leurs REER au conjoint survivant


advenant le décès de l'un des deux parents;
• Que les jumeaux iraient vivre chez le frère de Madame si les deux parents
décédaient.

Voici un tableau qui illustre le coût de vie après le décès d'un des deux parents.

Madame Monsieur Total

Revenu disponible après impôts et 45 000 $ 35 000 $ 80 000 $


charges sociales

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Moins l'épargne nécessaire pour 5 000 $ 5 000 $ 10 000 $


atteindre leur objectif de retraite

Coût de vie 40 000 $ 30 000 $ 70 000 $

Moins les dépenses du défunt (20 14 000 $


% du coût de vie familial)

Moins les paiements 10 000 $


hypothécaires1

Coût de vie nécessaire au maintien 46 000 $


du niveau de vie

1. L'hypothèque de 125 000 $ n'est pas assurée, mais ils désirent qu'elle soit
remboursée lors d'un décès. La période d'amortissement restante est de 17,4 ans.

Revenu à combler à la suite du décès


Une fois estimé le coût de vie après le décès, il faut soustraire les revenus qui
continueront après le décès et ceux qui apparaîtront : par exemple, le revenu après
impôts et épargne du conjoint survivant et les rentes de survivant du RRQ et des
régimes de retraite privés s'il y a lieu.

Décès de : Madame Monsieur

Coût de vie nécessaire au maintien du niveau 46 000 $ 46 000 $


de vie

Moins le revenu disponible après le décès :

a) Rente du survivant du RRQ après impôts1, 5 040 $ 4 320 $


2

b) Autres revenus 0$ 0$

c) Revenu du conjoint survivant après 30 000 $ 40 000 $


impôts, charges sociales et épargne

Revenu à combler 10 960 $ 1 680 $

1. Le montant est établi à l'aide du relevé de participation au RRQ du client (700 $ x 12 x


(1 - 40 %) = 5 040 $ et 600 $ x 12 x (1 - 40 %) = 4 320 $).
2. Pour simplifier les calculs, les rentes d'orphelin du RRQ n'ont pas été considérées.
Selon les objectifs des parents, il est donc fort possible que le revenu à combler soit

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moindre. Il est toutefois à noter que, dans l'éventualité du décès du deuxième parent, la
rente d'orphelin resterait la même.

Revenus de placements
Les revenus de placements ne sont généralement pas inclus dans le calcul de revenu à
combler. Ceci pour éviter de les compter «deux fois». En effet, lorsque les placements
sont inclus dans les liquidités successorales, inclure à cette étape leurs revenus
reviendrait à les compter deux fois.

Il en est de même pour les revenus de location lorsqu'il est prévu que l'immeuble sera
vendu après le décès. Par contre, s'il était prévu que cet immeuble serait conservé
indéfiniment, il serait préférable de tenir compte des revenus de location dans le calcul
du revenu à combler plutôt que de tenir compte de la valeur dans le capital disponible.
Cela pourrait être le cas des revenus de location d'un duplex que la famille habite en
partie.

Actualisation des revenus à combler


Pour actualiser les revenus manquants, il suffit de connaître la période pendant laquelle
ils seront requis et d'actualiser le tout en utilisant le taux d'inflation ainsi que les taux de
rendement (après frais et impôts) suggérés par les Normes d'hypothèses de projection
de l'IQPF26.

Il est préférable d'utiliser des taux correspondants à des portefeuilles prudents, car le
portefeuille doit produire un revenu immédiat et régulier, comme pour un retraité. En
outre, lorsqu'une personne décède, il n'est pas rare que le survivant devienne plus
prudent.

Si l'on supposait qu'après avoir établi le profil du survivant, le rendement estimé après
frais et impôts serait de 2 % et que l'inflation serait de 2 %, l'on obtiendrait alors un taux
d'actualisation de 0 %, soit [(1 + 2 %) / (1 + 2 %)] - 1.

Le nombre d'années nécessaires est souvent le nombre d'années avant que le conjoint
survivant puisse prendre sa retraite ou le nombre d'années avant que les enfants
deviennent autonomes financièrement.

Décès de : Madame Monsieur

Revenu à combler 10 960 $ 1 680 $

Période désirée : 65 ans moins l'âge du 33 35


survivant

Capital requis pour le revenu à combler1 361 680 $ 58 800 $

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Plus Capital requis pour payer l'hypothèque 125 000 $ 125 000 $

Capital total requis 486 680 $ 183 800 $

Moins les liquidités disponibles aux héritiers 10 000 $ 10 000 $


universels

Besoin d'assurance sur la vie 476 680 $ 173 800 $

1. Lorsque le taux d'actualisation utilisé est de 0 %, il est possible de multiplier le


paiement annuel par le nombre d'années pour obtenir la valeur présente, soit 10 960 $
fois 33 égale à 361 680 $.

[Link] — Besoin net d'assurance vie


Pour obtenir le besoin net d'assurance vie, il suffit de soustraire les liquidités disponibles
aux héritiers universels et la valeur des actifs dont la vente est prévue du capital
nécessaire pour maintenir le niveau de vie des survivants.

Les liquidités disponibles aux héritiers universels tiennent compte des liquidités
successorales et des sommes reçues par l'héritier à titre de bénéficiaire d'une police
d'assurance vie ou d'une rente. Lorsque l'héritier ou le bénéficiaire n'est pas directement
ou indirectement la personne (ex : le conjoint) pour qui l'analyse est faite, alors ces
montants ne devraient pas être inclus. De plus, lorsqu'il y a une nomination de
bénéficiaire, la prestation de décès ne fait pas partie des liquidités successorales (elle ne
fait pas partie de la succession), mais elle doit être incluse dans les liquidités disponibles
aux héritiers universels.

Le capital à appliquer en réduction du besoin d'assurance vie ne se limite pas aux


liquidités disponibles aux héritiers universels. En effet, il faut y ajouter la valeur des actifs
dont la vente est prévue. Par exemple, lorsqu'un client possède un immeuble à usage
locatif et qu'il est prévu qu'il sera vendu après son décès, il faut tenir compte de la valeur
de l'immeuble (nette des impôts à payer sur sa vente lorsque ces impôts ne sont pas
déjà inclus dans les impôts consécutifs au décès en raison d'un roulement au conjoint)
dans le calcul du besoin d'assurance vie. Lorsque la vente n'est pas prévue, les revenus
nets de location sont pris en compte à la première étape, le calcul du revenu à combler à
la suite du décès.

Le bilan de Mme Tremblay et de M. Smith révèle des liquidités disponibles aux héritiers
universels de 10 000 $ en cas de décès de Madame ou de Monsieur. La transmission de
leurs biens personnels et de leurs REER au conjoint survivant advenant le décès de l'un
des deux parents est prévue par testament.

Décès de : Madame Monsieur

[Link] Page 26 sur 249


Impression 21-05-29 07)31

Capital total requis 486 680 $ 183 800 $

Moins les liquidités disponibles aux héritiers 10 000 $ 10 000 $


universels

Moins la valeur des actifs dont la vente est 0$ 0$


prévue

Besoins d'assurance sur la vie 476 680 $ 173 800 $

Les besoins d'assurance sur la vie en cas de décès de Madame sont de 480 000 $ et de
180 000 $ en cas de décès de Monsieur. Il est normal que Madame ait besoin de
souscrire davantage d'assurance vie car c'est elle qui a le revenu le plus élevé du
couple.

Puisque Madame et Monsieur souscriront de nouvelles assurances sur la vie pour


combler les besoins de leurs survivants, les liquidités disponibles en cas de décès
simultanés augmentent de 660 000 $. En conséquence, le besoin d'assurance vie
additionnel lors de décès simultanés devient nul.

Il est important de faire cette démarche pour les situations suivantes :

• le client décède en premier;


• le conjoint du client décède en premier;
• les deux conjoints décèdent simultanément.

Parfois, il est possible que le décès séparé des parents n'entraîne pas de besoin
d'assurance vie, alors qu'il y en a un lors de décès simultanés, les deux revenus
disparaissant en même temps.

ÉLÉMENTS IMPORTANTS

Les liquidités disponibles au décès :

• Diminuent les besoins d'assurance vie si elles sont positives;

• Augmentent les besoins d'assurance vie si elles sont négatives.

[Link] — Faut-il payer ses dettes à son décès?


Si un client est célibataire et sans personne à charge, le paiement des dettes au décès
avantage surtout le créancier. Dans une telle situation, tout l'héritage est l'équivalent d'un
legs.

[Link] Page 27 sur 249


Impression 21-05-29 07)31

Lorsque le client a un conjoint et des personnes à charge, le paiement des dettes


diminue les liquidités successorales (impact à la hausse sur le besoin d'assurance vie)
et diminue le coût de vie des survivants (impact à la baisse sur le besoin d'assurance
vie). L'effet global dépend de la comparaison entre le taux d'emprunt après impôts et le
taux de rendement27 après impôts utilisé pour calculer le capital nécessaire au maintien
du niveau de vie.

Si le taux d'emprunt est supérieur au taux de rendement après impôts, alors le


remboursement de la dette diminue le besoin net d'assurance vie. Si le taux d'emprunt
est inférieur au taux de rendement après impôts, alors il est préférable de ne pas
rembourser cette dette au décès. En outre, le remboursement d'une dette procure un
rendement sans risque et donc la tranquillité d'esprit aux survivants, alors qu'un
portefeuille de placements en comporte plusieurs.

Voici le calcul du besoin d'assurance sur la vie de Mme Tremblay et de M. Smith si


l'hypothèque n'est pas remboursée au décès.

Décès de : Madame Monsieur

Capital requis pour le revenu à combler 361 680 $ 58 800 $

Capital requis pour payer les paiements


hypothécaires :

Paiements hypothécaires 10 000 $ 10 000 $

Nombre d'années 17,4 17,4

Taux de rendement après impôts (aucune 2,0 % 2,0 %


indexation)

Valeur future 0$ 0$

Capital supplémentaire 148 651 $ 148 651 $

Capital total requis 510 331 $ 207 451 $

Moins les liquidités disponibles aux héritiers 10 000 $ 10 000 $


universels

Moins la valeur des actifs dont la vente est 0$ 0$


prévue

Besoins d'assurance sur la vie 500 331 $ 197 451 $

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Impression 21-05-29 07)31

Différence entre les deux approches 23 651 $ 23 651 $

Lorsque l'hypothèque n'est pas remboursée au décès, le besoin en assurance vie est
plus élevé puisque le client ne peut pas espérer obtenir sur un portefeuille conservateur
(le client est en période de décaissement) un rendement après impôt supérieur au taux
de l'hypothèque. Ne pas rembourser une dette et placer la prestation de décès pour
pouvoir payer les paiements sur la dette revient à utiliser l'effet de levier, mais sans
bénéficier de la déductibilité des intérêts.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

Sauf pour les dettes dont les intérêts sont déductibles du revenu, il est
généralement préférable de rembourser les dettes au décès et de diminuer en
conséquence le coût de vie des survivants.

2.2.2 — Éléments supplémentaires d'analyse


Chaque client étant unique, le planificateur financier doit adapter la démarche
d'évaluation des besoins d'assurance vie à la situation particulière du client, de sa famille
et de leurs objectifs particuliers, par exemple un désir de legs.

[Link] — Désir de legs


Bien que le désir de legs ne soit pas à proprement parler une conséquence d'un décès,
le planificateur financier doit tenir compte des objectifs de ses clients. D'un point de vue
économique, le capital nécessaire au maintien du niveau de vie des survivants n'est pas
considéré comme un legs. On parle ici du désir de donner un capital supérieur à celui
nécessaire au maintien du niveau de vie.

Le fait de léguer un montant à une future génération ou à une fondation ne change pas
la démarche d'évaluation des besoins d'assurances sur la vie. Il suffit d'ajouter le legs
désiré aux dettes dans les liquidités successorales. Une donation est, en quelque sorte,
une dette envers une future génération ou une fondation. Le legs vient donc diminuer les
liquidités successorales et augmenter le besoin en assurance sur la vie.

Impact de la contrainte budgétaire à vie


Ce désir entraîne également une diminution de la consommation de la génération
légataire pour favoriser l'augmentation de la consommation de la génération héritière ou
de la fondation. Le financement de ce legs s'effectue par :

• l'achat d'une assurance vie; ou


• l'épargne additionnelle.

Impact du désir de legs en assurance


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Toute baisse de la consommation d'une famille diminue le revenu nécessaire au


maintien du niveau de vie des survivants. Le capital requis en cas de décès et, donc, le
besoin d'assurance sur la vie, diminue en proportion. En théorie, si toutes choses sont
égales par ailleurs, ces deux tendances (augmentation du besoin et diminution du
besoin) s'annulent. En pratique, les résultats varient selon l'importance des frais de
chargement de la police d'assurance souscrite et du rendement obtenu sur l'épargne
additionnelle.

Impact du désir de legs sur la retraite


Avec l'augmentation de l'espérance de vie et la forte propension des Occidentaux à
consommer, la majorité des Québécois n'épargnent pas suffisamment pour leur propre
retraite, encore moins pour prendre leur retraite et faire un legs. En pratique, la majorité
des Québécois ne pourront pas faire de legs autres que leurs biens personnels, incluant
leur résidence.

Par contre, les clients qui sont réellement sérieux dans le désir de legs devront soit :

• retarder leur retraite;


• diminuer leur niveau de vie à la retraite; ou
• diminuer immédiatement leur niveau de vie pour pouvoir épargner davantage, à
la fois pour leur retraite et leur legs.

Legs ou don du vivant?


À cause de l'augmentation de l'espérance de vie, les legs (lorsqu'il y en a) sont versés
de plus en plus tardivement. En utilisant l'outil Calcul de l'espérance de vie selon divers
risques de survie28, nous pouvons constater que :

• 50 % des Québécois de 40 ans qui désirent faire un legs le feront à l'âge de


89 ans ou après;
• 50 % des Québécoises de 40 ans qui désirent faire un legs le feront à l'âge de
92 ans ou après.

Ce qui fait en sorte qu'au moment où leurs enfants recevront leur héritage, ceux-ci
seront probablement dans la cinquantaine, voire dans la soixantaine. Généralement, ce
n'est pas à cet âge que les gens ont les plus grands besoins, c'est plutôt lorsqu'ils
achètent leur première maison et lorsqu'ils ont des enfants en bas âge.

Donc, si un client a effectivement des ressources qu'il peut transmettre à ses enfants
sans compromettre sa propre retraite, il devrait envisager de faire un don du vivant plutôt
qu'un legs à son décès. Il pourrait le faire, par exemple, en les libérant des contributions
aux régimes enregistrés d'épargne-études ou encore en augmentant leur mise de fonds
pour une maison. Le coût de l'assurance de la Société canadienne d'hypothèques et de
logement en sera alors moins élevé.

Legs à un organisme de bienfaisance ou autre donataire reconnu


Parfois, un client désire faire un legs à une fondation. C'est un désir très louable. Mais a-
t-il réalisé que le legs ne sera probablement pas versé à la fondation avant plusieurs

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décennies, soit en moyenne à son espérance de vie? Espérance de vie qui devrait
d'ailleurs continuer à s'accroître dans les années futures.

De plus, le taux de déchéance29 (abandon) des contrats d'assurance vie est assez
élevé. Si le client ne payait pas une seule prime, il y aurait un risque que l'organisme de
bienfaisance ne reçoive jamais la prestation de décès.

Le planificateur financier peut suggérer une autre hypothèse de travail, par exemple faire
immédiatement une partie du legs en donnant directement à la fondation chaque année
le montant nécessaire à la constitution du legs, plutôt que d'épargner ou de payer une
prime d'assurance vie pour faire un legs plus tard. La fondation pourra ainsi consacrer
ces sommes aux objectifs qu'elle poursuit immédiatement et non pas dans plusieurs
décennies. Bien entendu, le montant du don sera admissible au crédit d'impôt pour dons
si l'organisme est un donataire reconnu, c'est-à-dire qu'il peut émettre des reçus pour
dons.

En conclusion, lorsqu'un client exprime le désir de faire un legs, le planificateur financier


doit discuter avec lui :

• de sa contrainte budgétaire;
• de sa capacité à financer sa propre retraite; et
• des conséquences de l'augmentation de l'espérance de vie.

Ce n'est que par la suite qu'il sera possible de déterminer avec lui le meilleur moyen
pour atteindre ses principaux objectifs.

[Link] — Impôts consécutifs au décès


Les impôts au décès sont également une dette (envers le fisc). Comme pour les legs, les
impôts viennent diminuer les liquidités disponibles au décès.

Impôts sur des biens liquides


Si les impôts au décès sont rattachés à des placements liquides (enregistrés ou non),
alors l'impact global du bien légué sera positif sur les liquidités disponibles au décès.
L'actif (le bien) étant supérieur au passif (l'impôt sur le bien).

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

Il n'est pas pertinent d'assurer les impôts sur les REER car la valeur du REER
après impôts est positive. De plus, à la retraite la valeur du FEER a tendance à
diminuer et donc les impôts à payer.

Impôts sur des immobilisations


Si les impôts au décès sont rattachés à des immobilisations non liquides qui seront

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Impression 21-05-29 07)31

transférées à la génération future, alors l'impact sur les liquidités successorales sera
négatif. Il a un passif (l'impôt sur le bien légué), mais pas d'actif à inclure dans les
liquidités successorales.

L'objectif de ne pas vendre ce bien au décès est l'équivalent d'un legs à la future
génération et entraîne également une diminution de la consommation de la génération
légataire pour favoriser l'augmentation de la consommation de la génération héritière. Le
financement de ce legs s'effectue dans les faits par :

• l'achat d'une assurance sur la vie; ou


• de l'épargne additionnelle.

Dans ces circonstances l'achat d'une assurance vie pour payer les impôts au décès
revient à commencer à payer immédiatement ses impôts. Les tableaux suivants illustrent
le pourcentage de prépaiement des impôts selon l'âge du décès pour un homme non-
fumeur qui souscrit une assurance vie de 100 000 $ et qui pourrait obtenir le taux de
rendement indiqué après impôts, par exemple en contribuant à son CELI. Il faut mettre la
calculatrice en mode début puisque les primes d'assurances sont payables au début de
la période et non en fin de période.

Pourcentage de prépaiement des impôts si le taux de rendement est de 3 %

Âge au décès

Âge à la
souscription Primes 70 80 90 95

50 1 306 $ 36,1 % 64,0 % 101,4 % 124,7 %

60 2 338 $ 27,6 % 64,7 % 114,6 % 145,6 %

Pourcentage de prépaiement des impôts si le taux de rendement est de 4 %

Âge au décès

Âge à la
souscription Primes 70 80 90 95

50 1 306 $ 40,4 % 76,2 % 129,1 % 164,4 %

60 2 338 $ 29,2 % 72,4 % 136,4 % 179,1 %

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Autrement dit, une personne de 50 ans qui aurait mis l'équivalent de la prime annuelle
de 1 306 $ dans un CELI aurait accumulé, avec un rendement de 4 %, un montant de
76 200 $ (76,2 % de 100 000 $) s'il décède à 80 ans ou 129 100 $ s'il décède à 90 ans.
Selon l'âge du décès, la souscription de l'assurance vie est donc plus ou moins
avantageuse que l'épargne pour payer les impôts au décès.

Selon le tableau «Espérance de vie selon divers risques de survie» des Normes
d'hypothèses de projection de l'IQPF, un homme de 50 ans a 50 % de probabilité
d'atteindre 89 ans, 25 % de probabilité d'atteindre 94 ans et 10 % de probabilité
d'atteindre 98 ans. Ces probabilités regroupent les hommes de 50 ans. C'est un
amalgame des personnes qui fument et qui ne fument pas, alors que les primes
sélectionnées sont une moyenne des meilleurs taux pour un non-fumeur30.

De plus, les compagnies d'assurance de personnes font de l'écrémage lorsqu'ils


acceptent d'assurer ou non un individu. Ils refusent d'assurer les plus mauvais risques.
Donc, lorsqu'une personne vient d'être acceptée par une compagnie d'assurance de
personnes, son espérance de vie est supérieure à celle de l'espérance de vie de
l'ensemble de la population.

[Link] — Financement des études des enfants


Certains clients désirent prévoir à leur décès, qu'une somme forfaitaire soit
spécifiquement prévue pour financer les études de leurs enfants. Comme pour un legs,
cela ne change pas la méthode d'évaluation des besoins d'assurance sur la vie; il suffit
alors de considérer cette somme comme étant une dette dans les liquidités
successorales.

Par contre, cela a un impact sur le revenu nécessaire pour que les survivants
maintiennent le même niveau de vie qu'avant le décès. Il faut alors diminuer le coût de
vie après le décès d'un montant équivalent à l'épargne pour les études des enfants,
sinon cela reviendrait à financer et comptabiliser deux fois cette dette.

[Link] — Comment tenir compte d'une rente de nature temporaire


Pour tenir compte d'une rente temporaire, le planificateur financier n'a qu'à déduire du
montant du besoin d'assurance vie qu'il a calculé la valeur présente de cette rente. Par
exemple, supposons que Paul a trois enfants âgées de trois, cinq et sept ans. Advenant
son décès, ses trois enfants auraient droit à la rente d'orphelin du RRQ (voir le chapitre
4 du module 7 «Retraite»). Le taux de rendement après impôts et frais serait de 2 %.

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Impression 21-05-29 07)31

Le total de la valeur présente des trois rentes est de 106 662 $. Ce montant devrait donc
être soustrait du montant nécessaire au maintien du niveau de vie.

[Link] — Les logiciels de calcul des besoins d'assurance sur la vie


Le calcul des besoins d'assurance sur la vie peut être long. Heureusement, il existe
plusieurs logiciels ou formulaires qui facilitent ces calculs. Cependant, plusieurs de ceux-
ci ont de graves lacunes qui augmentent indument les besoins d'assurance. En voici
quelques exemples :

• ils ne soustraient pas des dépenses des survivants les paiements sur les
emprunts qui seront remboursés au décès. Ce besoin est alors calculé en double;
• ils calculent le besoin en fonction du revenu «brut» plutôt qu'après impôt.
Contrairement à l'assurance salaire qui peut verser des prestations imposables, les
prestations de décès ne sont pas imposables pour celui qui les reçoit. En
remplaçant le revenu après impôts plutôt que le revenu avant impôts, les besoins
d'assurance vie diminuent d'environ 20 % pour un revenu de 50 000 $, ou
d'environ 30 % pour un revenu imposable de 100 000 $;
• ils ne tiennent pas toujours compte de l'inflation;
• ls ne tiennent pas toujours compte de la durée du besoin (par exemple, période
nécessaire pour que les enfants puissent devenir autonomes ou que le conjoint
puisse prendre sa retraite);
• ils ne tiennent pas toujours compte des rentes du RRQ;
• ils ne diminuent pas toujours les dépenses après le décès. Il n'est plus
nécessaire de nourrir, de divertir le défunt et de payer les primes d'assurance sur
sa vie, sa santé, et potentiellement sur son automobile. En tenant compte des
dépenses qui disparaissent avec le défunt, les besoins d'assurance vie diminuent
de 20 % à 30 %;
• ils ne tiennent pas toujours compte du revenu des survivants (conjoint).

[Link] — Arbre de décision pour une évaluation des besoins d'assurance sur la vie
Les tableaux suivants illustrent une démarche d'analyse globale (besoin familial ou
d'affaires) des besoins d'assurance sur la vie. Bien entendu, aucun schéma ne peut
remplacer le jugement professionnel, surtout lorsque le client a une situation
exceptionnelle.

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2.2.3 — Évolution des besoins selon les phases de vie


[Link] — Famille Smith-Tremblay
Pour illustrer l'évolution probable des besoins d'assurance sur la vie, l'on utilisera de
nouveau l'exemple de la famille Smith-Tremblay.

Besoin dans dix ans


Il est possible de projeter leur situation dans dix ans. La méthode la plus simple est
d'indexer leur revenu à combler selon l'inflation en multipliant les montants par (1 + 2
%)!10.

Nous avons aussi estimé que les liquidités disponibles aux héritiers universels
augmentent au même rythme que l'inflation, ce qui est une hypothèse conservatrice
puisque cela implique une absence d'épargne non enregistrée ou CELI.

Le solde de l'hypothèque sera de 63 900 $ dans 10 ans. Les résultats sont présentés ci-
après.

Décès de : Madame Monsieur

Revenu à combler 13 360 $ 2 048 $

Période désirée : 65 ans moins l'âge du 23 25


survivant

Capital requis pour le revenu à combler 307 280 $ 51 200 $

Capital requis pour payer l'hypothèque 63 900 $ 63 900 $


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Capital total requis 371 180 $ 115 100 $

Moins les liquidités disponibles aux héritiers 12 190 $ 12 190 $


universels

Besoins d'assurance sur la vie 358 990 $ 102 910 $

Écart avec il y a dix ans (117 690) $ (70 890) $

Il est fort possible que les liquidités successorales aient augmenté de plus de 21,9 %
(2 % par an) si la famille Smith-Tremblay épargne par l'entremise de CELI ou de
placements non enregistrés. Si c'est le cas, leurs besoins d'assurance vie auraient
diminué davantage.

Besoin dans vingt ans


Les mêmes calculs peuvent être faits pour une estimation de leur besoin dans un autre
dix ans, soit lorsqu'ils auront respectivement 50 et 52 ans. Le solde de l'hypothèque sera
de 0 $ dans 20 ans. Les résultats sont présentés ci-après.

Décès de : Madame Monsieur

Revenu à combler 16 286 $ 2 496 $

Période désirée : 65 ans moins l'âge du 13 15


survivant

Capital requis pour le revenu à combler 211 718 $ 37 440 $

Capital requis pour payer l'hypothèque 0$ 0$

Capital total requis 211 718 $ 37 440 $

Moins les liquidités disponibles aux héritiers 14 859 $ 14 859 $


universels

Besoins d'assurance sur la vie 196 859 $ 22 581 $

Écart avec il y a dix ans (162 131) $ (80 329) $

En pratique, la rente de conjoint survivant sera plus élevée parce que le survivant sera
âgé(e) de plus de 45 ans.

Besoin dans trente ans

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Si l'on reprend les mêmes calculs pour une estimation de leur besoin dans un autre dix
ans, soit lorsqu'ils auront respectivement 60 et 62 ans, les résultats sont les suivants.

Décès de : Madame Monsieur

Revenu à combler 19 853 $ 3 043 $

Période désirée : 65 ans moins l'âge du 3 5


survivant

Capital requis pour le revenu à combler 59 559 $ 15 215 $

Capital requis pour payer l'hypothèque 0$ 0$

Capital total requis 59 559 $ 15 215 $

Moins les liquidités disponibles aux héritiers 18 113 $ 18 113 $


universels

Besoins d'assurance sur la vie 41 446 $ (2 898) $

Écart avec il y a dix ans (155 413) $ (25 479) $

Les besoins de la famille Smith-Tremblay sont décroissants et temporaires. Les besoins


diminuent au fur et à mesure que le solde de l'hypothèque diminue et que la période où
le besoin de revenu existe diminue. Le planificateur financier doit donc recommander
une assurance temporaire 10 ans (une partie de la protection pourrait être une
assurance vie hypothécaire dont la prestation serait payable au premier décès) et faire
une révision régulière des besoins pour ajuster le niveau de la protection aux besoins
décroissants du client.

Malgré que les résultats puissent varier en pratique, l'évolution des besoins d'assurance
vie obtenue dans l'exemple de la famille Smith-Tremblay est conforme aux conclusions
de la théorie économique des phases de vie31.

[Link] — Théorie des phases de vie


Phase de dépendance
Au début de sa vie, un individu ne produit aucun revenu et n'a aucune personne à
charge. Le besoin en remplacement de revenu est donc nul. Il dépend de ses parents ou
de l'État pour sa subsistance. Le besoin d'assurance vie se limite aux derniers frais.
Dans le cas de la famille Smith-Tremblay, il faudrait vérifier si l'assurance collective
procure une assurance vie pour personnes à charge. Si ce n'est pas le cas, l'un des
deux parents pourrait ajouter un avenant (option) familial à son contrat d'assurance vie
individuelle.

[Link] Page 39 sur 249


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Le besoin en capital peut même être négatif, puisque le décès d'un enfant entraîne des
économies pour la famille.

Phase d'accumulation
La phase d'accumulation coïncide avec le début de la carrière. Elle est caractérisée par
le fait que les besoins sont généralement plus grands que les revenus. Les gens ont
donc recours à l'emprunt.

La valeur nette de leur bilan est faible ou négative et plusieurs dettes doivent être
progressivement remboursées (prêt d'études, prêt-auto, emprunt hypothécaire sur la
maison, etc.). Les actifs sont peu diversifiés et la résidence en est souvent la
composante la plus importante.

Les besoins personnels en assurance sur la vie et invalidité (en valeur actualisée) sont à
leur maximum. Par la suite, les besoins ont tendance à diminuer au fur et à mesure du
remboursement des dettes, de la diminution de la période de dépendance des
personnes à charge et, éventuellement, de l'accumulation d'épargnes enregistrées ou
non. Cette tendance peut être en partie contrebalancée par une augmentation
importante du revenu de l'assuré (changement d'emploi ou promotion) et, donc, du coût
de vie.

Phase de consolidation
Le milieu de carrière est caractérisé par une période où les revenus excèdent les
dépenses, soit parce que :

• les revenus ont progressé;


• ou les dépenses ont diminué.

Ce moment arrive après que les dettes aient été remboursées ou que les enfants aient
quitté la maison. La valeur nette de la maison de même que les ressources pour la
retraite sont devenues substantielles.

Les besoins personnels en assurance vie et invalidité (en valeur actualisée) ont diminué.
Les dettes ont été remboursées et les besoins pour les enfants n'existent plus ou ils ont
fortement diminué. De plus, les actifs productifs de revenus s'accumulent à un rythme
qui s'accélère.

Phase d'indépendance financière


La liberté financière est alors atteinte, c'est-à-dire que le coût de vie peut être assumé
par des revenus de placement (incluant l'empiétement sur le capital) ou des revenus de
retraite. Les revenus de travail ne sont plus nécessaires au maintien du niveau de vie.
L'individu peut décider de continuer de travailler. Le fait de travailler ou non est donc
devenu un choix plutôt qu'une nécessité.

Les besoins d'assurance vie sont généralement inexistants. Même si l'individu a décidé
de continuer de travailler par plaisir, l'assurance invalidité est devenue superflue. Les
clients se sont en quelque sorte «autoassurés» grâce à l'accumulation de capital

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générateur de revenus. Cependant, les risques reliés à des déboursés supplémentaires


par suite d'un problème de santé demeurent.

À la retraite, le besoin d'assurance sur la vie est souvent négatif. Le client a besoin d'une
rente viagère pour gérer son risque de survivre à son capital. La rente viagère est
l'inverse de l'assurance vie. Au décès de l'assuré, l'assureur paie le capital assuré en
assurance vie, alors qu'il arrête de verser les rentes viagères sans garantie.

Phase de transfert
À moins d'un décès prématuré (avant la retraite), la phase de transfert débute lorsque
l'individu réalise que ses actifs sont supérieurs à ses besoins personnels. Dans de tels
cas, on assistera alors à un transfert d'une partie de l'avoir du vivant de l'individu à un
organisme de bienfaisance, ou à des membres de sa famille pour leur fournir un capital
pour s'acheter une maison, se marier ou pour qu'ils réalisent un rêve, tel que l'achat ou
le démarrage d'une entreprise.

Puisque l'espérance de vie est de plus en plus élevée, lorsque les gens décèdent, il est
fort probable que leurs héritiers sont déjà dans une phase de consolidation avancée,
voire d'indépendance financière32.

Bien sûr, les frontières entre les phases peuvent varier d'une famille à l'autre. Un retour
aux études, par exemple, peut faire revenir l'individu dans une phase précédente.

Selon la théorie économique des phases de vie, les besoins d'assurance sur la vie :

• sont négatifs pendant l'enfance;


• atteignent leur maximum lorsque les individus forment une famille, les
conséquences financières pour les survivants étant à leur maximum;
• baissent par la suite, et ce, de plus en plus rapidement; et
• deviennent négatifs à nouveau quelques années avant la retraite.

(2) 2.3 — Évaluation des besoins d'assurance santé


Contrairement aux besoins d'assurance vie ou invalidité, il n'existe pas de méthode
précise pour calculer les besoins d'assurance santé. Les conséquences d'un problème
de santé peuvent être minimes. Mais elles peuvent aussi être gigantesques, par
exemple les traitements pour certains types de cancer. C'est l'une des raisons pour
lesquelles les dépenses catastrophiques sont couvertes par l'État33 dans les pays
économiquement développés.

Cependant, un Québécois qui voyage à l'extérieur du pays ne devrait pas partir sans
assurance voyage. Voici des exemples, tirés du site de la RAMQ34, de coûts potentiels
de soins à l'étranger.

Exemples de Montant Montant Montant à la

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Impression 21-05-29 07)31

remboursement de la demandé remboursé charge du


RAMQ pour frais hors patient
Québec

Une personne assurée voit un médecin omnipraticien en Floride

Services professionnels 75 $ CA 16,60 $ CA 58,40 $ CA

Une personne assurée est hospitalisée aux soins intensifs pendant trois
jours en Floride à la suite d'une crise cardiaque

Services hospitaliers 25 000 $ CA (100 $ CA par jour) 24 700 $ CA

Services professionnels 1 000 $ CA 435 $ CA 565 $ CA

Total 26 000 $ CA 735 $ CA 25 265 $ CA

Une personne assurée est hospitalisée huit jours en Caroline du Sud à la


suite d'une pneumonie

Services hospitaliers 27 493 $ CA (100 $ CA par jour) 26 693 $ CA

Services professionnels 10 543 $ CA 1 103 $ CA 9 440 $ CA

Total 38 036 $ CA 1 903 $ CA 36 133 $ CA

Les coûts de santé à l'étranger sont parfois très élevés, comme ce fût le cas pour un
canadien qui a eu un accident de plongée en Irlande et qui a encouru des frais
d'hospitalisation de 300 000 $35.

À l'assurance voyage proprement dite, il est possible d'ajouter une assurance annulation
de voyage (paie les frais non médicaux qu'occasionne l'annulation du voyage avant le
départ) et une assurance interruption de voyage (paie les frais non médicaux
qu'occasionne l'interruption du voyage).

En assurance santé, pour protéger adéquatement le bénéficiaire, les assurances qui


remboursent les dépenses sont préférables à celles qui versent un montant forfaitaire.
Dans ce dernier cas, le montant pourrait s'avérer insuffisant ou provoquer
l'enrichissement du client, ce qui n'est pas le but d'une assurance. Une gestion adéquate
des risques n'a rien à voir avec jouer au casino. Ainsi, une assurance soins de longue
durée est généralement plus pertinente qu'une assurance maladie grave. Cependant, la
contribution exigée pour les personnes hébergées en CHSLD tient compte des
prestations d'assurance.

Le gouvernement du Québec publie le Guide des mesures fiscales provinciales et


fédérales à l'intention des personnes handicapées, de leur famille et de leurs proches.

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Ce guide est disponible à l'adresse suivante : .

En plus du gouvernement, plusieurs organismes offrent de l'aide financière aux


personnes, par exemple :

La Société canadienne du cancer offre aux personnes ayant un faible revenu, mais
n'étant pas bénéficiaires de l'aide financière de derniers recours ou de l'aide financière
— Solidarité jeunesse, et atteintes du cancer, une allocation annuelle pour le transport
(au moins dix déplacements par années et un lieu de traitement à une distance
inférieure à 200 km du domicile) et pour l'achat de matériel de stomie temporaire.

Critères d'admissibilité

• une unité familiale d'une personne seule dont le revenu annuel brut est inférieur à
25 338 $
• unité familiale de deux personnes dont le revenu annuel brut est inférieur à
31 544 $
• unité familiale de trois personnes dont le revenu annuel brut est inférieur à
38 780 $
• unité familiale de quatre personnes dont le revenu annuel brut est inférieur à
47 084 $
• unité familiale de cinq personnes dont le revenu annuel brut est inférieur à
53 402 $
• unité familiale de six personnes dont le revenu annuel brut est inférieur à
60 228 $
• unité familiale de sept personnes ou plus dont le revenu annuel brut est inférieur
à 67 055 $36.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

En ce qui concerne les besoins d'assurance santé, lorsque le client voyage à


l'extérieur du pays, l'assurance la plus importante est l'assurance voyage.

Contrairement à l'assurance invalidité, à l'assurance voyage ou à l'assurance maladie


complémentaire, avec l'assurance maladie grave (AMG), il n'y a pas de lien direct entre
le montant assuré et le besoin potentiel. Il est possible qu'une maladie grave (assurée
ou non) n'entraîne pas de dépenses additionnelles. Il est également possible que
l'assuré doive payer plusieurs frais qui ne sont pas remboursés par les régimes
étatiques ou une assurance maladie complémentaire. Le choix du montant à assurer est
donc arbitraire.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

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Impression 21-05-29 07)31

Dans l'estimation du montant d'AMG, il est important de ne pas inclure les


montants déjà couverts par une assurance invalidité ou par le gouvernement. Par
exemple, le montant nécessaire aux paiements mensuels des emprunts devrait
être couvert par une assurance invalidité. Voici un exemple des besoins
potentiels :

• Partie de coûts des équipements et modifications au domicile qui


ne sont pas remboursés par les programmes gouvernementaux .......... $

• Besoins personnels (frais de garde pour enfants, hébergement,


etc.) qui excèdent ceux offerts par les programmes
gouvernementaux .......... $

• Moins, s'il y a lieu, la prestation d'assurance maladies graves


collective .......... $

Total .......... $

Le gouvernement du Québec offre des programmes d'adaptation :

• De véhicule pour les personnes handicapées37;


• De domicile. L'aide peut atteindre 33 000 $38.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

Avant de recommander une AMG, vérifiez si votre client est adéquatement


couvert par une assurance invalidité.

(4) 2.4 — Évaluation des besoins d'assurance de dommages


L'assurance de dommages est souvent délaissée dans l'évaluation des besoins de
couverture, car il est difficile, par exemple, pour un non-expert d'évaluer la valeur de
reconstruction d'une résidence. Cependant, certaines vérifications de base peuvent être
faites.

2.4.1 — Assurance responsabilité


Cette protection vise à protéger les actifs (physiques et financiers) des individus et des
entreprises à la suite d'une poursuite intentée par une tierce partie. Bien que
l'occurrence soit faible, il ne faut surtout pas négliger cette possibilité, car la situation
financière du particulier pourrait être mise en péril. Le niveau global de responsabilité

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civile et responsabilité civile complémentaire (umbrella) doit être adéquat, surtout pour
les gens qui voyagent aux États-Unis. Il en est de même pour la responsabilité
professionnelle.

Une fiducie de protection d'actif peut être un bon complément à de l'assurance


responsabilité personnelle ou professionnelle, particulièrement pour les personnes qui
exploitent une entreprise personnellement.

2.4.2 — Assurance habitation


Cette assurance n'est pas seulement pour les propriétaires. Les locataires ont aussi
besoin d'être protégés en ce qui concerne leur responsabilité. Un planificateur financier
peut aussi vérifier si les biens meubles sont couverts selon la formule valeur à neuf.

Que le client soit propriétaire ou locataire, il devrait faire un inventaire de ses biens. En
effet, lors d'une réclamation, il devra prouver la perte ou le dommage. Ses factures et
son inventaire devraient être conservés dans un lieu autre que sa résidence pour éviter
qu'ils disparaissent lors d'un incendie majeur. Des photographies ou une vidéo de ses
biens peuvent être très utiles au moment d'une réclamation, mais ne remplacent pas un
bon inventaire.

La valeur assurable d'une habitation ne correspond pas à l'évaluation municipale. Une


évaluation de la valeur de reconstruction par un expert est souvent souhaitable.

Le client devrait aussi informer l'assureur de l'emménagement de toute nouvelle


personne, comme un colocataire ou un nouveau conjoint de fait. En faisant inscrire le
nom de la personne au contrat d'assurance habitation, elle est couverte par le contrat39.

Sont automatiquement couverts le conjoint (marié ou de fait depuis au moins trois ans)
de l'assuré, les mineurs dont l'assuré a la garde et les étudiants qui sont à la charge de
l'assuré, même s'ils résident hors de l'habitation principale40.

Le planificateur financier peut également vérifier la présence ou non d'une clause de


coassurance ou de participation41.

2.4.3 — Assurance automobile


Bien que la loi du Québec prévoie l'obligation de souscrire une protection minimale de
responsabilité civile de 50 000 $42, cette protection est nettement insuffisante,
particulièrement lorsque l'assuré voyage à l'extérieur du Québec avec son automobile, là
où, contrairement à la province de Québec, la responsabilité civile s'étend aux
dommages corporels.

Il serait pertinent de vérifier également la présence ou non des protections suivantes :

• valeur à neuf;
• privation de jouissance;
• voiture n'appartenant pas à l'assuré.

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2.4.4 — Assurance des entreprises


Une entreprise peut avoir des besoins d'assurance pour des risques spécifiques : pertes
de bénéfices ou de loyers, bris de machines, pollution, responsabilité des
administrateurs, etc.

Par exemple, le niveau de protection d'assurance d'un édifice à logements peut être
adéquat, mais le propriétaire va-t-il pouvoir continuer à payer son hypothèque s'il ne
perçoit pas de loyers pendant la période de reconstruction ou de réparation de son
édifice?

La plupart des assurances pour entreprises ont des clauses de coassurance ou de règle
proportionnelle.

2.4.5 — Règle proportionnelle


La règle proportionnelle est une règle fondamentale dont l'application doit être bien
comprise pour éviter des surprises désagréables. Elle se trouve dans la majorité des
contrats d'assurance. Son but est de décourager les assurés à recourir à la sous-
assurance afin d'économiser sur la prime.

Ainsi, en vertu de la règle proportionnelle, l'indemnité sera réduite si le montant


d'assurance inscrit aux conditions particulières est inférieur à un certain pourcentage de
la valeur réelle ou à neuf des biens assurés au jour du sinistre. L'assuré devient alors
coassureur, car il assumera une partie des dommages.

Le calcul de l'indemnité se fait selon la méthode suivante : montant d'assurance multiplié


par la perte et divisé par le montant d'assurance requis. Par exemple, si :

• la valeur à neuf du bâtiment est de 500 000 $;


• la règle proportionnelle de 80 %;
• le montant assuré de 300 000 $; et
• que les dommages à la valeur à neuf lors d'un sinistre sont de 50 000 $.

L'indemnité versée sera donc de :


300 000 $ × 50 000 $ / 500 000 $ × 80 % = 37 500 $

L'indemnité versée par l'assureur sera alors 37 500 $ (moins la franchise) et non pas
50 000 $ (moins la franchise). L'assuré devra ainsi absorber 12 500 $ supplémentaires.

Il est à noter que plus la règle (pourcentage) est élevée (le maximum étant de 100 %),
plus la pénalité en cas de manque d'assurance sera forte.

2.4.6 — Choix des franchises


Le choix des franchises s'effectue selon la capacité du client à assumer une dépense
imprévue. Il ne faut pas oublier qu'un malheur n'arrive pas nécessairement seul. Il est
possible que le fonds de prévoyance du client soit déjà utilisé, par exemple, par le délai
de carence de son assurance invalidité.

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Pour certains clients, l'intolérance aux pertes est tellement forte qu'ils ne tiennent pas
compte de leur capacité à assumer les risques et à économiser à moyen terme.

Voici deux exemples tirés du magazine Protégez-Vous de mai 2014 :

Automobile Habitation

Franchise Prime Franchise P


ri
m
e

Option 1 250 $ 757 $ 500 $ 5


7
9
$

Option 2 500 $ 656 $ 1 000 $ 5


5
9
$

Écart 250 $ 101 $ 500 $ 2


0
$

Prime supplémentaire : écart de protection 40,4 % 4,


en % 0
%

Prime supplémentaire : écart de protection 2,5 2


en années 5,
0

En assurance automobile, pour une protection supplémentaire de 250 $, l'option 1 coûte


101 $ de plus, soit une prime plus élevée de 40,4 % lorsque mise en relation avec l'écart
de protection (101 ÷ 250). Pourtant, en choisissant l'option 2, on aura accumulé l'écart
de franchise au bout de deux ans et demi… à moins d'avoir des accidents tous les deux
ans et demi, ce qui ferait grandement augmenter la prime d'assurance. Dans ce cas, il
faudrait envisager de suivre des cours de conduite ou de vendre son automobile et
utiliser le transport en commun!

En assurance habitation, pour une protection supplémentaire de 500 $, l'option 1 coûte


20 $ de plus, soit une variation de 4 % (20 ÷ 500) pour la protection supplémentaire. En
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choisissant l'option 2, il faudra 25 ans pour accumuler l'écart de franchise. À première


vue, ce coût additionnel semble peu dispendieux, mais avec un ratio prime
supplémentaire/écart de protection de 4 %, assurer une maison de 400 000 $ coûterait
tout de même 16 000 $.

(2) 2.5 — Classement des risques en ordre de priorité d'intervention


Après avoir évalué et quantifié les conséquences des différents risques auxquels le
client fait face, le planificateur financier doit maintenant donner priorité aux interventions
à faire, plus particulièrement l'allocation des ressources limitées du client.

Le tableau suivant est une illustration d'un classement potentiel des priorités
d'intervention selon les phases de vie. Il n'est fourni qu'à titre indicatif, car l'établissement
des priorités doit se faire au cas par cas, et ce, selon la situation particulière de chaque
client et de ses objectifs.

Invalidité Assurance vie Santé Dommages

Non
Dépendance applicable Aucune responsabilité financière 2 1

Accumulation 1 2 (si responsabilité financière) 4 3

Consolidation 1 2 (si responsabilité financière) 4 3

Indépendance 0 Généralement nul 2 1

Généralement négatif (rente


Retraite 0 viagère) 2 1

C'est la gravité des conséquences des risques pour le client qui doit guider le
planificateur financier dans l'établissement des priorités ainsi que les ressources
financières dont le client dispose.

(2) 2.6 — Le choix des produits


Après avoir complété les quatre premières étapes du processus d'analyse globale des
besoins d'assurance, il ne reste plus au planificateur financier qu'à déterminer les
stratégies de gestion des risques les plus appropriés pour chacun des risques identifiés,
entre autres en proposant des solutions d'assurance lorsque cela s'avère nécessaire.

Une lecture attentive des deuxième, troisième et cinquième parties du présent module
sera d'une grande utilité dans cette étape du processus.

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Mais le recours à des spécialistes d'assurance est souvent nécessaire à cette étape,
particulièrement pour l'assurance invalidité et de dommages, puisque ces assurances
sont très complexes.

Cependant, il est plus facile pour un planificateur de le faire en assurance sur la vie.

Choix du produit d'assurance sur la vie


Facteur clé : la durée du besoin
Ce sont la durée des besoins et l'évolution probable de ceux-ci qui déterminent le choix
du produit. Une assurance temporaire est idéale pour combler un besoin temporaire.
Une assurance permanente est recommandée pour un besoin qui sera encore présent à
l'âge dit normal de décès, soit l'espérance de vie de la personne à assurer.

Dans l'exemple de Monsieur Smith et de Madame Tremblay43, une assurance vie


temporaire de 10 ans avec droit de renouvellement est tout indiquée. Le droit de
renouvellement leur permettra de renouveler leurs assurances même s'ils ne sont plus
assurables par suite de problèmes de santé ou de comportement à risque (pratique de
sports dangereux, etc.).

En outre, si, au renouvellement, ils sont en bonne santé, ils ont tout intérêt à souscrire
une nouvelle assurance puisque les coûts des assurances sur la vie sont à la baisse.
Cette tendance s'explique principalement par l'augmentation de l'espérance de vie.

Il est également souhaitable qu'ils diminuent progressivement leurs montants


d'assurances pour que ceux-ci suivent l'évolution de leurs besoins.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

Lorsque le besoin est temporaire (qui n'existera plus à l'âge de 80 ans), il faut
recommander une assurance temporaire.

Lorsque le besoin est permanent (présent indépendamment de l'âge du décès du


client), il faut recommander une assurance permanente.

Coût d'opportunité en planification financière personnelle intégrée


Les assurances vie temporaires 20 ans peuvent aussi être recommandées si le besoin
demeure constant pendant la période de 20 ans et que le payeur a contribué au
maximum à son REER, à un REEE et à son CELI et remboursé ses dettes dont les
intérêts sont non déductibles.

Si le prix est compétitif, l'assurance vie supplémentaire offerte en assurance collective


peut devenir une alternative intéressante. Ce type de contrat permet de modifier plus
facilement le capital assuré. Il en est de même avec l'assurance de type association.

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Par contre, la taxe de vente de 9 % sur les assurances collectives désavantage


fiscalement les assurances collectives. Mais ces assurances ont souvent des frais de
chargement nettement inférieurs aux assurances individuelles pour des sommes
assurées de moins de 250 000 $44.

Comparaison coût-bénéfice
Le prix est un critère très important dans le choix du contrat. Contrairement à d'autres
types d'assurances (p. ex. l'assurance invalidité), la définition de l'objet assuré, le décès,
est généralement45 la même46 pour tous les contrats d'assurance sur la vie.

Toute comparaison des primes d'assurance doit s'effectuer sur une base actualisée et
non pas seulement par une simple addition des primes des deux contrats comparés.

Avant de recommander de l'assurance vie permanente, il faut absolument être certain


que le besoin du client est permanent, sinon il va payer pour un coût d'assurance dont il
n'aura pas besoin.

Avant de recommander de l'assurance vie avec valeur de rachat, il faut s'assurer que le
client a contribué au maximum au REER, au CELI, au REEE, au REEI et remboursé ses
dettes dont les intérêts sont non déductibles de ses revenus. Pour plus de détails à ce
sujet, voir le chapitre 1, à la sous-section [Link], Assurance vie avec ou sans valeur de
rachat?

Chapitre (1) 3 — Assurance : Outil de gestion du risque

3.1 — Assurance individuelle


3.1.1 — Contrat d'assurance
Le contrat est une convention exécutoire entre deux ou plusieurs parties, chacune des
parties étant tenue de remplir les promesses faites au moment de la conclusion du
contrat. En assurance de personnes, le contrat est un contrat écrit, d'adhésion, aléatoire
et unilatéral.

La police d'assurance
«La police d'assurance est le document qui constate l'existence du contrat d'assurance.»
(article 2399, 1er al. C.c.Q.). Une police d'assurance peut réunir plusieurs contrats
d'assurance.

Le contrat d'assurance de personnes est un contrat d'adhésion


Le contrat individuel d'assurance de personnes est rédigé par une seule des parties, soit
la compagnie d'assurance. Le preneur a le simple choix d'accepter ou de refuser le
contrat, mais il ne peut le modifier.

Le fait que le contrat soit entièrement écrit par la compagnie d'assurance représente
certains inconvénients pour le preneur, puisqu'il ne peut en aucune façon y apporter des

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modifications. Il n'y a donc pas de négociations possibles à ce chapitre.

En contrepartie, une clause du contrat qui aurait été rédigée de façon imprécise, portant
à confusion ou à interprétation ambiguë, sera généralement interprétée par les tribunaux
en faveur de l'adhérent, comme le prévoit l'article 1432 C.c.Q. :
Dans le doute, le contrat s'interprète en faveur de celui qui a contracté l'obligation et
contre celui qui l'a stipulée. Dans tous les cas, il s'interprète en faveur de l'adhérent ou
du consommateur.

Le contrat d'assurance collective n'est pas toujours un contrat d'adhésion. Parfois, le


preneur ou le syndicat qui représentent les employés et les membres peuvent négocier
les clauses du contrat.

Le contrat d'assurance de personnes est un contrat aléatoire


Il faut revenir à la notion de risque abordée plus tôt. Le contrat d'assurance a pour but de
protéger contre la réalisation éventuelle d'un certain risque. Pour que la compagnie
d'assurance soit tenue de verser les prestations prévues au contrat, le risque doit se
réaliser.

Il s'agit ici d'un contrat où la compagnie d'assurance n'a pas la certitude qu'elle devra
payer les prestations qu'elle s'est engagée à verser. La promesse de payer les
prestations est une promesse conditionnelle à ce qu'il se produise un événement dont la
réalisation est incertaine. La compagnie d'assurance n'est pas certaine que la personne
va décéder ou qu'elle sera invalide pendant que le contrat est en vigueur.

Les deux conditions suivantes doivent en effet se réaliser pour que la compagnie
d'assurance soit tenue de payer :

• le risque doit se réaliser, ce qui est déjà une incertitude en soi; et


• le contrat doit être en vigueur au moment où le risque se réalise; la compagnie
d'assurance n'a pas la certitude que le preneur maintiendra en vigueur le contrat
jusqu'à ce que le risque se réalise ou encore le contrat d'assurance peut prendre
fin avant que le risque se réalise (p. ex. : une assurance vie temporaire qui se
termine à l'âge de 65 ans).

Le contrat d'assurance de personnes est un contrat unilatéral


En assurance de personnes, une seule des deux parties est tenue de respecter le
contrat jusqu'à son échéance. Seule la compagnie d'assurance est tenue de respecter
ses engagements. En effet, celle-ci ne peut mettre fin au contrat, sauf si cela est prévu
au contrat selon certaines circonstances, tant que le titulaire respecte son engagement
de payer la prime.

Le titulaire, quant à lui, a tout le loisir de cesser de payer la prime et, ainsi, de mettre fin
au contrat ou, encore, il peut demander à la compagnie d'assurance d'y mettre fin et de
recevoir la valeur de rachat de sa police. Par contre, la compagnie d'assurance ne peut
forcer le titulaire à maintenir le contrat en vigueur ou à payer la prime.

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Conditions nécessaires à la validité d'un contrat


Accord des parties
Il faut que les deux parties, soit la compagnie d'assurance et le preneur, acceptent le
contrat d'assurance. La compagnie d'assurance doit accepter d'assurer le risque et le
preneur doit accepter les conditions qui sont données au contrat.

Capacité légale de contracter


Par exemple, une personne mineure ne peut contracter.

Consentement donné légalement


Le consentement au contrat doit avoir été donné ou obtenu sans pression ou menace.

Un objet
La compagnie d'assurance assure la vie, l'intégrité physique ou la santé d'une personne
(voir l'article 2392 C.c.Q.).

Une cause (prime pour la compagnie d'assurance et capital-décès pour le preneur)


La cause pour la compagnie d'assurance est la prime qui est payée par le payeur et la
cause pour le preneur est le capital-décès, ou les prestations qui seront versées du
vivant.

Intervenants au contrat
Il doit y avoir un minimum de deux intervenants à un contrat d'assurance de personnes,
mais il peut y en avoir plus de deux. Les deux premiers intervenants sont
nécessairement la compagnie d'assurance et le preneur qui sont des personnes
différentes, mais il y a aussi le payeur, le bénéficiaire ou les assurés ainsi que le
bénéficiaire ou les bénéficiaires. Le payeur n'est pas nécessairement le preneur ou
encore le bénéficiaire.
Exemple 3-1
Grand-papa Tremblay a souscrit une police d'assurance sur la vie de son petit-fils Jean.
Par la suite, il a décidé de transférer la propriété du contrat au père de Jean. Bien que
Grand-papa Tremblay continue à payer les primes, il n'a maintenant aucun droit sur le
contrat. La bénéficiaire de la prestation de décès est Martine, la mère de Jean.

Compagnie la compagnie d'assurance vie inc.


d'assurance :

Titulaire (le le père de Jean


propriétaire) :

Preneur (le premier Grand-papa Tremblay

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titulaire) :

Assuré : Jean (7 ans)

Bénéficiaire : Martine, la maman de Jean

Assurance vie ou assurance contre la maladie ou les accidents


Sur le plan juridique, il existe deux grandes catégories d'assurance de personnes :

• L'assurance sur la vie;


• L'assurance contre la maladie ou les accidents, par exemple les assurances
invalidité, maladie complémentaire, maladies graves, soins de longue durée et
voyage.

Lorsqu'une protection d'assurance est ajoutée par avenant (option) à un autre contrat, ce
sont les règles juridiques et fiscales du contrat principal qui s'appliquent. L'article 2394
du Code civil du Québec (C.c.Q.) se lit comme suit :
Les clauses d'assurance contre la maladie ou les accidents qui sont accessoires à un
contrat d'assurance sur la vie, et les clauses d'assurance sur la vie qui sont accessoires
à un contrat d'assurance contre la maladie ou les accidents, sont, les unes et les autres,
régies par les dispositions relatives au contrat principal.

Prise d'effet du contrat


Il est important de préciser à quel moment le contrat entre la compagnie d'assurance et
le preneur prend effet. Pour ce faire, nous devons nous référer à deux articles du Code
civil du Québec.

Pour ce qui est de l'assurance vie, il faut se référer à l'article 2425 :


L'assurance sur la vie prend effet au moment de l'acceptation de la proposition par
l'assureur, pour autant que cette dernière ait été acceptée sans modification, que la
première prime ait été versée et qu'aucun changement ne soit intervenu dans le
caractère assurable du risque depuis la signature de la proposition.

Le contrat d'assurance sur la vie peut donc exister avant que la police d'assurance vie
ne soit écrite.

Pour l'assurance contre la maladie ou les accidents, l'on doit se référer à l'article 2426 :
L'assurance contre la maladie ou les accidents prend effet au moment de la délivrance
de la police au preneur, même si cette délivrance n'est pas le fait d'un représentant de
l'assureur.

La police est aussi valablement délivrée lorsqu'elle est établie conformément à la


proposition et remise à un représentant de l'assureur pour délivrance au preneur, sans
réserve.

Par contre, rien n'empêche un assureur de donner plus de droits que ceux prévus par le

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C.c.Q. Un assureur pourrait décider que pour certains contrats, la prise d'effet s'effectue
au moment où il accepte le risque plutôt qu'au moment de la délivrance.

Obligations de l'assuré
Lorsque l'assureur exige des preuves d'assurabilité, le preneur et l'assuré sont obligés
de déclarer les faits importants à l'assureur. Voici les articles 2408 et 2409 C.c.Q. :
2408. Le preneur, de même que l'assuré si l'assureur le demande, est tenu de déclarer
toutes les circonstances connues de lui qui sont de nature à influencer de façon
importante un assureur dans l'établissement de la prime, l'appréciation du risque ou la
décision de l'accepter, mais il n'est pas tenu de déclarer les circonstances que l'assureur
connaît ou est présumé connaître en raison de leur notoriété, sauf en réponse aux
questions posées.

2409. L'obligation relative aux déclarations est réputée correctement exécutée lorsque
les déclarations faites sont celles d'un assuré normalement prévoyant, qu'elles ont été
faites sans qu'il y ait de réticence importante et que les circonstances en cause sont, en
substance, conformes à la déclaration qui en est faite.

Lorsqu'un preneur ou un assuré cache certains renseignements importants à l'assureur,


celui-ci pourrait invoquer la nullité du contrat lorsqu'il apprend ces faits, par exemple lors
d'une réclamation. Ceci même si la cause de la réclamation n'est pas reliée aux
informations cachées. L'article 2410 C.c.Q. se lit ainsi :
Sous réserve des dispositions relatives à la déclaration de l'âge et du risque, les fausses
déclarations et les réticences du preneur ou de l'assuré à révéler les circonstances en
cause entraînent, à la demande de l'assureur, la nullité du contrat, même en ce qui
concerne les sinistres non rattachés au risque ainsi dénaturé.

Règle d'incontestabilité
L'article 2424 C.c.Q. encadre le droit de l'assureur de demander l'annulation du contrat.
Il se lit comme suit :
En l'absence de fraude, la fausse déclaration ou la réticence portant sur le risque ne
peut fonder la nullité ou la réduction de l'assurance qui a été en vigueur pendant deux
ans.

Toutefois, cette règle ne s'applique pas à l'assurance portant sur l'invalidité si le début de
celle-ci est survenu durant les deux premières années de l'assurance.

Les assureurs considèrent généralement comme étant des fraudes les déclarations
inexactes concernant l'usage du tabac ou des drogues, ce qui leur permettrait d'annuler
le contrat même lorsque celui-ci a été en vigueur pendant plus de deux ans.

Votre client devrait donc prendre son temps et bien remplir tout questionnaire exigé par
l'assureur.

Affection déclarée dans la proposition


Celui qui désire souscrire une assurance a intérêt à déclarer à l'assureur dans la
proposition d'assurance toutes les affections dont il souffre ou a souffert. En assurance

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contre la maladie ou les accidents, cela pourrait même étendre sa protection. Voici
l'article 2417 C.c.Q. :
En matière d'assurance contre la maladie ou les accidents, si l'affection est déclarée
dans la proposition, l'assureur ne peut, sauf en cas de fraude, exclure ou réduire la
garantie en raison de cette affection, si ce n'est en vertu d'une clause la désignant
nommément.

L'assureur ne peut, par une clause générale, exclure ou limiter la garantie d'assurance
en raison d'une affection non déclarée dans la proposition, à moins que cette affection
ne se manifeste dans les deux premières années de l'assurance ou qu'il n'y ait fraude.

Les conséquences du non-paiement des primes


Les conséquences varient selon que l'assurance est une assurance vie ou une
assurance contre la maladie ou les accidents.

En assurance sur la vie, sauf pour la première prime, l'assureur doit accorder un délai
minimum de paiement de 30 jours. L'article 2427 C.c.Q. se lit ainsi :
Le titulaire d'une police d'assurance sur la vie bénéficie pour le paiement de chaque
prime, sauf la première, d'un délai de 30 jours; l'assurance reste en vigueur pendant ce
délai, mais le défaut de paiement à l'intérieur de ce délai met fin à l'assurance.

Le délai court en même temps que tout autre délai consenti par l'assureur, mais aucune
convention ne peut le réduire.

En assurance contre la maladie ou les accidents (invalidité, maladies graves, soins de


longue durée, etc.), un assureur ne peut pas annuler l'assurance sans envoyer un avis
au preneur ou à l'adhérent. L'article 2430 C.c.Q. se lit ainsi :
Le contrat d'assurance contre la maladie ou les accidents, lorsqu'il est en vigueur, ne
peut être résilié pour défaut de paiement de la prime, à moins que le débiteur n'en ait été
avisé par écrit au moins 15 jours auparavant.

Suicide de l'assuré
Un assureur peut inclure dans ses contrats une exclusion pour le suicide, mais la durée
de cette exclusion ne peut pas dépasser deux ans. Voici l'article 2441 C.c.Q. :
L'assureur ne peut refuser de payer les sommes assurées en raison du suicide de
l'assuré, à moins qu'il n'ait stipulé l'exclusion de garantie expresse pour ce cas. Même
alors, la stipulation est sans effet si le suicide survient après deux ans d'assurance
ininterrompue.

Toute modification du contrat portant augmentation du montant d'assurance est, en ce


qui a trait au montant additionnel, sujette à la clause d'exclusion initialement stipulée
pour une période de deux ans d'assurance ininterrompue s'appliquant à compter de la
prise d'effet de l'augmentation.

La majorité des contrats d'assurance collective au travail (dont le preneur est un


employeur) ne contient pas de clause de suicide. Autrement dit, si un employé ou une de
ses personnes à charge se suicide, l'assureur va payer la prestation même si ce suicide

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se produit pendant les deux premières années du contrat. Par contre, une clause de
suicide est généralement incluse dans les contrats collectifs dont le preneur est une
association ou un créancier.

3.1.2 — Bénéficiaire
Le bénéficiaire est la personne physique ou morale désignée pour recevoir le capital
assuré. Celui qui a le pouvoir de nommer le bénéficiaire est le titulaire du contrat.

Désignation des bénéficiaires


Succession
Les désignations «succession», «ayants cause» ou «héritiers légaux» sont considérées
comme des absences de désignation de bénéficiaire et font en sorte que ce sera la
succession qui recevra les bénéfices de l'assurance ou de la rente.

Le principal avantage de prévoir que la prestation de décès passe par la succession est
qu'il y a moins de risque d'oublier de faire la modification si le bénéficiaire venait à
décéder ou, encore, si l'intention du propriétaire de la police venait à changer.

Le principal inconvénient de nommer la succession comme bénéficiaire est que les


sommes versées feront alors partie de l'actif de la succession et seront ainsi accessibles
aux créanciers du décédé.

Personne physique ou morale


Les principaux avantages de désigner un bénéficiaire, soit une personne physique ou
morale, sont les suivants :

• le capital assuré est habituellement versé plus rapidement lorsque le capital


assuré n'est pas trop élevé, ce qui est souhaitable lorsque l'assuré est le principal
soutien financier du bénéficiaire;
• le capital assuré ne fait pas partie de la succession, il n'est donc pas accessible
aux créanciers du défunt;
• le contrat d'assurance (la valeur de rachat) pourrait être insaisissable par les
créanciers.

Les principaux inconvénients de désigner un bénéficiaire sont les suivants :

• le risque d'oublier de modifier la désignation de bénéficiaire lorsque les intentions


du propriétaire changent;
• la rédaction du testament doit être faite de façon méticuleuse afin de tenir compte
de ces nominations spécifiques.

Lorsqu'un bénéficiaire prédécède l'assuré, le titulaire (s'il n'est pas l'assuré) du contrat
devient le bénéficiaire. Si l'assuré et le titulaire sont la même personne, alors la
prestation de décès sera versée à la succession du titulaire. Il est possible de désigner
un bénéficiaire subrogé, soit une personne qui prend la place du bénéficiaire lorsque ce
dernier décède.

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Le Code civil du Québec édicte les notions et les règles afférentes à la désignation de
bénéficiaire à la section assurance.

Dans le cadre d'une planification financière personnelle intégrée, le choix des


bénéficiaires, en relation avec les volontés successorales, a une incidence déterminante
sur la manière dont le patrimoine sera transféré au décès ou, encore, sur son caractère
saisissable ou non.

Éléments de planification
Selon le choix effectué, la nomination de bénéficiaire peut rendre insaisissable la valeur
de rachat d'un contrat d'assurance vie ou d'une rente (y compris les fonds distincts non
enregistrés). Pour plus de détails à ce sujet, veuillez consulter la section 4.3,
Désignation de bénéficiaire du module 2, Aspects légaux et succession.

La nomination d'un bénéficiaire mineur ou inapte est généralement à éviter. Il est


souvent préférable que la prestation de décès soit léguée en fiducie. À titre d'exemple, le
capital d'assurance devra être remis à l'enfant lorsque celui-ci atteindra la majorité. Le
parent survivant ne pourra généralement pas utiliser le capital assuré ou les revenus
qu'il génère. L'utilisation du patrimoine d'un enfant mineur dépend de la situation
financière de ses parents. Voici un tableau tiré du site Internet du Curateur public47 qui
illustre les conséquences des trois situations potentielles :

Les parents PEUVENT Les parents peuvent Les parents sont


subvenir aux besoins subvenir DÉCÉDÉS
de l'enfant PARTIELLEMENT aux
besoins de l'enfant

Selon les dispositions du Le patrimoine de l'enfant Le patrimoine de l'enfant


Code civil du Québec, le PEUT ÊTRE utilisé pour PEUT ÊTRE utilisé par le
patrimoine de l'enfant certaines dépenses dans tuteur datif aux biens
NE DOIT PAS être des situations pour payer les dépenses
utilisé pour payer les exceptionnelles. liées à l'entretien du
dépenses liées à son mineur, à son éducation,
éducation, son entretien ses loisirs, etc. puisque
ou ses loisirs. C'est aux personne n'assume
parents à payer ces l'obligation alimentaire et
dépenses, que la tutelle l'entretien.
soit exercée par eux ou
par un tuteur datif aux
biens, à moins de
situations très
particulières (exemple :

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l'enfant est handicapé).

Il est suggéré de Par ailleurs, le tuteur aux


communiquer avec le biens doit convenir avec
Curateur public pour plus le tuteur à la personne
d'information, chaque cas des sommes
étant particulier. nécessaires
annuellement pour loger
l'enfant, le vêtir, le
nourrir, etc.

Pour plus de détails à ce sujet, voir la section 2.11, Administration du bien d'autrui,
minorité et tutelle dans le module 2, Aspects légaux et succession. Il est important de
noter que, dans tous les cas, le Curateur public considère que «utiliser l'argent de
l'enfant pour prendre une assurance-vie en son nom n'est pas une dépense
justifiable.»48

3.2 — Assurance collective


3.2.1 — Contrat d'assurance
La plupart des règles déjà décrites pour les contrats d'assurance individuelle
s'appliquent au contrat d'assurance collective. Les quelques points qui les différencient
seront soulignés ci-après.

Un contrat d'assurance collective est un contrat qui est habituellement intervenu entre
une compagnie d'assurance et un employeur, une association représentant un groupe
ou un créancier, voir à ce sujet la troisième partie du présent module, Assurance de
personnes collective. La négociation est faite entre ces deux intervenants pour ce qui est
des avantages offerts au groupe.

Par la suite, le produit d'assurance est offert au membre ou à l'employé.

3.2.2 — Bénéficiaire
De façon générale, les mêmes règles qui ont été vues pour l'assurance individuelle
s'appliquent ici. La principale différence est que la désignation du bénéficiaire est faite
par l'adhérent (l'employé, l'emprunteur ou le membre de l'association) et non par le
preneur du contrat.

Le contrat d'assurance collective est intervenu entre une compagnie d'assurance et un


employeur ou une association au bénéfice des membres du groupe ou des employés.
Les membres du groupe ou les employés ont donc la possibilité de désigner les
bénéficiaires de leur choix.

L'assurance créances (assurance sur la vie ou la santé des débiteurs) fait cependant
exception à ces règles. En effet, même si le contrat d'assurance est intervenu entre une
compagnie d'assurance et le créancier au bénéfice des débiteurs du créancier, le

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bénéficiaire est habituellement le créancier lui-même. L'assuré, ou le débiteur, n'a donc


pas la possibilité de désigner un autre bénéficiaire de son choix.

3.2.3 — Attestation d'assurance


L'adhérent ne reçoit pas de copie du contrat-cadre, mais une attestation. En cas de
divergence entre les deux documents, l'adhérent (l'employé) ou le bénéficiaire peut
choisir le document qui maximise ses intérêts. Voici l'article 2401 C.c.Q. :
L'assureur délivre la police d'assurance collective au preneur et il lui remet également
les attestations d'assurance que ce dernier doit distribuer aux adhérents. L'adhérent et le
bénéficiaire ont le droit de consulter la police à l'établissement du preneur et d'en
prendre copie et, en cas de divergence entre la police et l'attestation d'assurance, ils
peuvent invoquer l'une ou l'autre, selon leur intérêt.

Par exemple, dans le dossier no 200-09-000587-946 Lapointe c. Industrielle-Alliance, cie


d'assurance sur la vie, 1997, la Cour d'appel s'est prononcée sur ce sujet. Voici un
extrait de ce jugement :
Si un assureur réfère, dans un certificat d'attestation d'assurance, à une clause
quelconque de la police, il a l'obligation, d'en donner un résumé fidèle; s'il la reproduit, il
doit en réciter le texte au complet.

De plus, «une attestation d'assurance qui mentionnerait que le texte de la police


d'assurance a préséance sur l'attestation ne serait pas valable comme étant contraire
aux exigences de l'article 2414 C.c.Q.»49.

Voici cet article :


Toute clause d'un contrat d'assurance terrestre qui accorde au preneur, à l'assuré, à
l'adhérent, au bénéficiaire ou au titulaire du contrat moins de droits que les dispositions
du présent chapitre est nulle. Est également nulle la stipulation qui déroge aux règles
relatives à l'intérêt d'assurance ou, en matière d'assurance de responsabilité, à celles
protégeant les droits du tiers lésé.

3.2.4 — Droit de transformation


Le Règlement d'application de la Loi sur les assurances (c. A-32, r.1) délimite les droits
de transformation de l'assurance vie collective (dont le preneur est un employeur ou une
association) en assurance vie individuelle. Lorsque l'adhérent de moins de 65 ans cesse
de faire partie du groupe, il a un minimum de 31 jours pour transformer sa protection et
celles de ses personnes à charge en assurance individuelle. Ce droit est décrit plus en
détails à la section 7.1.1, Assurance vie des adhérents du chapitre 7.

Notons que le projet de loi no 141, Loi visant principalement à améliorer l'encadrement
du secteur financier, la protection des dépôts d'argent et le régime de fonctionnement
des institutions financières, sanctionné le 13 juin 2018 (L.Q. 2018, c. 23), remplace la Loi
sur les assurances (c. A-32) par la Loi sur les assureurs (c. A-32.1) à compter du
13 juillet 2018. Les dispositions du règlement demeurent en vigueur jusqu'à ce qu'elles
soient remplacées par les dispositions d'un règlement pris en vertu de la nouvelle loi.

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ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

Lorsqu'un client cesse de faire partie d'une assurance collective, le planificateur


devrait faire une analyse de ses besoins d'assurance de personnes (invalidité,
vie, etc.). Si le client a besoin de conserver la protection d'assurance vie
collective, il devrait exercer son droit et exiger que la première prime annuelle
soit de type temporaire un an. Le client protège alors son assurabilité. Par la
suite, un conseiller en sécurité financière pourrait vérifier si la santé du client lui
permettrait de souscrire une assurance dont le coût serait inférieur.

Chapitre 4 — Fournisseurs d'assurance

(2) 4.1 — L'État


L'État assure un minimum à la population pour contrer les pertes financières dues à un
décès, ou à une invalidité causée par un accident ou une maladie. Non seulement l'État
légifère-t-il dans le domaine de l'assurance pour la protection du consommateur, mais
aussi offre-t-il des régimes de protection financière à l'endroit de tous les membres de la
collectivité, dont les moins nantis qui, autrement, ne pourraient se doter d'une telle
protection.

Les régimes d'État offrent certaines caractéristiques en matière de protection en cas de


décès, d'accident et de maladie. Ces protections doivent être analysées attentivement
afin de bien saisir les avantages que ces régimes offrent et aussi connaître leurs limites.
Il peut arriver qu'un régime privé assure en totalité ou en partie des pertes qui sont
prises en charge par un régime d'État ou encore qu'il lui soit complémentaire.

4.1.1 — Principaux régimes d'État


Assurance-emploi
Administrée par Emploi et développement social Canada (EDSC), l'assurance-emploi
prévoit des prestations en cas de blessure ou de maladie empêchant un travailleur
d'exercer ses fonctions et résultant en une réduction d'au moins 40 % de sa
rémunération hebdomadaire normale.

• Admissibilité : avoir accumulé 600 heures d'emploi assurable au cours des 52


semaines qui précédent immédiatement le moment de la demande de prestations
ou depuis le début de la dernière période de prestations si cette période a
commencé au cours des 52 dernières semaines. Le prestataire doit présenter une
attestation médicale.
• Couverture : 55 % de la moyenne de la rémunération assurable, jusqu'à un
maximum de 573 $ par semaine (en 2020). Les prestations sont plus élevées pour
les membres d'une famille à faible revenu, soit un revenu familial net inférieur à
25 921 $.

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• Délai de carence : une semaine.


• Durée maximale des prestations : 15 semaines.
• Les prestations sont imposables.
• L'employeur paie une prime et elle est déductible.
• L'employé paie une prime et elle est admissible à un crédit d'impôt aux fins de
l'impôt fédéral.

Les travailleurs autonomes inscrits avec la Commission de l'assurance-emploi du


Canada ont accès à certaines parties du programme d'assurance-emploi et peuvent
présenter une demande de prestations50.

L'assurance emploi offre aussi trois types de prestations pour proches aidants51 :

Nom de la Nombre maximal de À qui vous fournissez des


prestation semaines payables soins

Prestations jusqu'à 35 semaines Une personne gravement


pour proches malade ou blessée de
aidants moins de 18 ans
d'enfants

Prestations jusqu'à 15 semaines Une personne gravement


pour proches malade ou blessée de 18
aidants ans ou plus
d'adultes

Prestations de jusqu'à 26 semaines Une personne de tout âge


compassion ayant besoin de soins de fin
de vie

Ces trois types de prestations peuvent diminuer l'intérêt de souscrire une AMG.

Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail


La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail
(CNESST) fournit un service d'assurance essentiel aux entreprises établies au Québec.

Cette assurance obligatoire permet d'indemniser les travailleurs à la suite d'un accident
du travail ou d'une maladie professionnelle.

En contrepartie, la CNESST met les employeurs à l'abri des poursuites. De plus, les
prestations ne sont généralement pas imposables et la prime payée par l'employeur est
déductible.

Tous les travailleurs, au sens de la Loi sur les accidents du travail et les maladies
52
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professionnelles52, sont automatiquement assurés, c'est-à-dire ceux qui sont payés pour
exécuter un travail, à temps plein ou à temps partiel, en vertu d'un contrat de travail ou
d'apprentissage. Ils n'ont pas à s'inscrire et n'ont rien à payer pour bénéficier de cette
assurance.

Certains travailleurs, quant à eux, ne sont pas automatiquement assurés : parmi ceux-ci
on trouve notamment les travailleurs autonomes, les domestiques et les personnes
engagées par des particuliers pour la garde d'une autre personne (p. ex. : un enfant
malade, une personne handicapée ou une personne âgée). Ces travailleurs peuvent
s'inscrire eux-mêmes auprès de la CNESST et être ainsi couverts par l'entremise d'une
protection personnelle. Les travailleurs bénévoles ne sont pas automatiquement
couverts, mais l'entreprise qui reçoit leurs services et qui est inscrite à la CNESST peut
les inscrire à l'aide du formulaire «Demande de protection des travailleurs bénévoles»53
et moyennement le paiement d'une prime.

Indemnités de remplacement du revenu


Définition d'une personne invalide :
Une personne est considérée comme invalide si son invalidité la rend régulièrement
incapable d'accomplir un travail véritablement rémunérateur et si cette invalidité doit
vraisemblablement entraîner le décès ou durer indéfiniment.

L'indemnité est de 90 % du revenu net assurable.

Le salaire maximum annuel assurable (à partir du 1er janvier 2020) est 78 500 $ et le
salaire minimal annuel assurable (à partir du 1er mai 2019) est de 26 070 $.

Les étudiants de moins de 18 ans en stage non rémunéré ont le droit à une indemnité
hebdomadaire de 110 $.

Indemnités versées au conjoint survivant :


Le conjoint survivant a droit à une rente équivalente à 55 % de l'indemnité mensuelle à
laquelle le travailleur avait ou aurait eu droit.

Le conjoint survivant a aussi le droit à une somme forfaitaire pouvant varier entre
112 699 $ et 235 500 $.

Régime de rentes du Québec — Prestations en cas d'invalidité ou de décès


Les dispositions du Régime de rentes du Québec (RRQ) font état de prestations en cas
d'invalidité ou de décès, lesquelles sont présentées au module 7, Retraite.

Société de l'assurance automobile du Québec


La Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) indemnise tous les Québécois
qui subissent des dommages corporels causés par un accident de la route, sans égard à
la responsabilité, et ce, tant au Québec qu'à l'étranger.

Des indemnités sont prévues en cas de décès et aux fins de remplacement de revenu.

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Le principal objectif de ce régime est de garantir à tous une indemnisation équitable, tout
en réduisant les frais d'administration de l'assurance automobile.

Personnes couvertes par le régime


Est couvert par le régime tout Québécois qui subit des blessures ou qui décède dans un
accident d'automobile, qu'il s'agisse :

• d'un conducteur;
• d'un cycliste;
• d'un passager;
• d'un motocycliste;
• d'un piéton; ou
• de tout autre usager de la route.

Une personne victime d'un accident d'automobile est indemnisée, qu'elle soit ou non
responsable de l'accident. Les poursuites devant les tribunaux sont ainsi abolies.
Cependant, si la personne a commis une infraction en vertu du Code criminel54 (p. ex. :
conduite en état d'ébriété, délit de fuite, conduite dangereuse), elle est susceptible d'être
poursuivie en vertu de ce code.

Si une personne est reconnue coupable d'une infraction au Code criminel en relation
avec l'accident, la SAAQ peut réduire son indemnité de remplacement du revenu lors de
son incarcération. Ainsi, lorsque la personne n'a aucune personne à sa charge,
l'indemnité est réduite de 75 %. Dans le cas contraire, le taux est déterminé selon le
nombre de personnes à charge de la victime. Le montant est alors versé directement
aux personnes à charge.

Dommages matériels
La Loi sur l'assurance automobile55 oblige tout automobiliste à souscrire une police
d'assurance-responsabilité d'un montant minimal de 50 000 $ (500 000 $ pour un
véhicule hors route et 1 000 000 $ pour un transporteur). Ce type d'assurance est offert
par les assureurs privés, et couvre tout préjudice matériel qui pourrait être causé à
autrui.

La SAAQ a prévu, lorsque des personnes se trouvent sans protection, par exemple à la
suite d'un délit de fuite ou de l'insolvabilité du conducteur responsable de l'accident, des
indemnités pour couvrir les préjudices matériels lors d'un accident survenu au Québec,
et ce, à certaines conditions. Cette protection complémentaire au régime d'indemnisation
de la SAAQ (pour les préjudices corporels subis dans un accident d'automobile) ne
remplace cependant pas l'assurance-responsabilité personnelle pour collision, vol,
risques multiples et dommages à des biens autres que le véhicule de la personne
assurée.

Accident survenu à l'extérieur du Québec


Lorsqu'un Québécois est blessé dans un accident d'automobile à l'extérieur du Québec,
il a droit aux mêmes indemnités que si l'accident avait eu lieu au Québec, et ce, sans
égard à la responsabilité.
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Par contre, s'il devait être tenu responsable de l'accident, il pourrait être poursuivi devant
les tribunaux du lieu de l'accident pour les préjudices corporels et matériels causés à
autrui. C'est alors son assurance-responsabilité (obligatoire pour pouvoir circuler au
Canada et aux États-Unis), qui couvrira les frais. La personne assurée doit donc
impérativement vérifier auprès de son assureur privé si l'assurance souscrite est assez
élevée pour couvrir tous les préjudices. De plus, elle doit se renseigner sur la couverture
à prendre pour bénéficier d'une protection suffisante si elle prévoit conduire ailleurs dans
le monde.

Si la personne assurée n'est pas responsable de l'accident, elle peut entreprendre des
procédures contre un conducteur qui ne réside pas au Québec, pourvu qu'un tel recours
soit possible en vertu des lois du lieu où l'accident a eu lieu. Cependant, avant de le
faire, elle doit en aviser la SAAQ, car celle-ci a un droit de recours qu'elle pourrait
décider d'exercer.

Personnes de l'extérieur du Québec


Le régime public québécois d'assurance automobile assure les personnes qui résident à
l'extérieur du Québec lorsque celles-ci subissent des blessures ou décèdent dans une
voiture immatriculée au Québec.

Lorsqu'une voiture impliquée dans un accident n'est pas immatriculée au Québec, les
personnes (résidant à l'extérieur du Québec) sont indemnisées en proportion inverse de
leur part de responsabilité dans l'accident. Selon ce principe, plus leur part de
responsabilité est grande, moins le montant des indemnités versées par la SAAQ sera
élevé (p. ex. : une personne qui réside à l'extérieur du Québec et qui est responsable à
20 % d'un accident survenu au Québec recevra 80 % des indemnités prévues selon le
régime). Par ailleurs, si la province ou l'État de résidence de ces personnes a conclu une
entente de réciprocité avec la SAAQ, c'est alors cette entente qui sera appliquée.

Versement des indemnités


À la suite d'un accident automobile, la SAAQ verse différentes indemnités aux
personnes blessées ou à la famille des personnes décédées. Ces indemnités, non
imposables, peuvent cependant avoir une incidence sur certains crédits d'impôts ou
programmes sociaux. Elles sont insaisissables à l'exception de l'indemnité de
remplacement de revenu qui, quant à elle, peut être saisie pour le paiement de la dette
alimentaire.

À noter que certaines indemnités sont versées soit sous forme de rente payée à
intervalles réguliers, soit en un seul montant (p. ex. : les indemnités forfaitaires et le
remboursement des frais engagés en raison de l'accident).

Afin de tenir compte de l'inflation, les sommes allouées pour l'indemnité de


remplacement du revenu sont révisées chaque année à la date d'anniversaire de
l'accident. Les montants de plusieurs autres indemnités sont quant à eux mis à jour le
1er janvier de chaque année.

Droit à une indemnité

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Toute blessure qui résulte d'un accident d'automobile et qui empêche une personne
d'accomplir son emploi peut donner droit, aussi longtemps que persiste l'incapacité, au
versement de divers types d'indemnités. Pour déterminer le droit à une indemnité, la
SAAQ doit d'abord établir la relation entre la blessure et l'accident d'automobile, les
conséquences des blessures subies par la personne à la suite de l'accident, et évaluer
sa capacité à occuper de nouveau son emploi ou à se livrer à ses occupations
habituelles.

Voici un tableau de quelques-unes des indemnités potentielles.

Indemnités pour les accidents survenus entre le 1er janvier 2020 et le 31


décembre 202056

Indemnités Montants

Indemnité de 90 % du revenu net, calculé sur la base d'un revenu


remplacement du revenu brut annuel, qui ne peut excéder 78 500 $

Indemnité de frais de Maximums hebdomadaires :


garde

• 457 $ pour 1 personne

• 513 $ pour 2 personnes

• 566 $ pour 3 personnes

• 624 $ pour 4 personnes ou plus

Indemnité forfaitaire pour • 5 479 $ par année scolaire manquée au primaire


étudiants

• 10 054 $ par année scolaire manquée au


secondaire

• 10 054 $ par session manquée au niveau post-


secondaire pour un maximum de 20 107 $ par année

Indemnité forfaitaire pour 256 383 $ au maximum


perte de qualité de vie

Le droit à une indemnité en vertu d'une incapacité repose sur une classification des

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personnes blessées en huit catégories distinctes :

• la personne exerce un emploi à temps plein;


• la personne exerce un emploi temporaire ou à temps partiel;
• la personne est sans emploi mais capable de travailler;
• la personne est âgée de moins de 16 ans;
• la personne est âgée de 16 ans ou plus et fréquente un établissement
d'enseignement à temps plein;
• la personne est âgée de 64 ans ou plus et occupe un emploi;
• la personne est âgée de 65 ans ou plus et est sans emploi;
• la personne est régulièrement incapable d'exercer tout emploi57.

Selon le cas, l'emploi exercé par un travailleur autonome ou un salarié est classé dans la
catégorie d'emploi à temps plein, à temps partiel ou temporaire.

Régime d'assurance maladie du Québec


Admissibilité
Les personnes admissibles au régime d'assurance maladie sont celles qui résident au
Québec au sens de la Loi sur l'assurance maladie (RLRQ, c. A-29). Il s'agit
principalement des personnes suivantes qui sont domiciliées au Québec et qui y sont
présentes au moins 183 jours par années :

• le citoyen canadien;
• le résident permanent au sens de la Loi sur l'immigration et la protection des
réfugiés (L.C. 2001, ch. 27);
• l'Indien inscrit à ce titre au sens de la Loi sur les Indiens (L.R.C. (1985), ch. I-5);
• la personne à qui le statut de réfugié au sens de la Convention de Genève a été
accordé au Canada;
• la personne qui, alors qu'elle se trouve au Canada, est autorisée à soumettre une
demande de droit de résidence permanente en vertu de la Loi sur l'immigration et
la protection des réfugiés;
• la personne qui détient un permis de séjour temporaire délivré par les autorités
canadiennes de l'immigration en vue d'obtenir éventuellement le droit de résidence
permanente.

Certaines personnes qui séjournent au Québec peuvent aussi être admissibles au


régime d'assurance maladie à condition de répondre aux exigences prévues dans la
réglementation. Il s'agit :

• d'une personne qui est au Québec principalement pour y travailler et qui occupe
une charge ou un emploi pour une période de plus de six mois;
• d'un ressortissant étranger qui est boursier d'études ou de stage du ministère de
l'Éducation du Québec;
• d'un ressortissant étranger participant au Programme fédéral des travailleurs
agricoles saisonniers des Antilles ou au Programme fédéral des travailleurs
agricoles saisonniers du Mexique.

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Exception
Il faut noter que, sauf exception, une personne ne devient admissible au régime
d'assurance maladie qu'après un délai d'attente (ou délai de carence, selon les termes
de la loi) pouvant aller jusqu'à trois mois. Si tel est le cas, il faut recommander au client
de contracter une assurance privée pour qu'il soit protégé pendant cette période. Pour
plus d'information, il faut communiquer avec la Régie.

Le conjoint et les personnes à leur charge sont aussi admissibles à certaines


conditions.

Services médicaux
Le programme de services médicaux est un programme universel, c'est-à-dire qu'il est
destiné à toutes les personnes qui sont couvertes par le régime d'assurance maladie.
Pour en bénéficier, il suffit à la personne de présenter sa carte d'assurance maladie
valide.

Services dentaires
Ont droit aux services dentaires les personnes assurées par le régime d'assurance
maladie du Québec qui remplissent les conditions d'attribution suivantes :

• les personnes de moins de 10 ans;


• les prestataires de l'aide financière de dernier recours depuis au moins 12 mois
consécutifs et les personnes qui sont à leur charge.

Les personnes assurées par le régime d'assurance maladie du Québec ont droit au
programme de chirurgie buccale en milieu hospitalier. Enfin, les prestataires de l'aide
financière de dernier recours depuis au moins 24 mois consécutifs, et les personnes qui
sont à leur charge, ont droit au programme de prothèses dentaires acryliques.

Régime d'assurance médicaments du Québec


Le régime public d'assurance médicaments est un régime gouvernemental qui offre une
protection de base pour les médicaments. Il a été créé en 1997 dans le but de couvrir les
Québécois et les Québécoises qui n'ont pas accès à un régime privé d'assurance
collective.

C'est la Régie de l'assurance maladie du Québec qui administre le régime public


d'assurance médicaments.

Depuis la création de ce régime, tous les résidents58 québécois bénéficient d'un accès
raisonnable et équitable aux médicaments requis par leur état de santé, et ce, peu
importe leur situation financière.

Admissibilité
Le régime public d'assurance médicaments s'adresse :

• aux personnes qui ne sont pas admissibles à un régime privé;


• aux personnes de 65 ans ou plus;

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• aux prestataires d'une aide financière de dernier recours et aux autres détenteurs
d'un carnet de réclamation;
• aux enfants des personnes assurées par le régime public.

Les personnes qui bénéficient uniquement d'une couverture privée complémentaire


(sans médicaments de base) doivent aussi être couvertes par le régime public pour ce
qui est de la couverture de base. Par conséquent, ces personnes doivent payer la prime
du régime public.

Il faut noter que les personnes de moins de 65 ans qui sont admissibles à un régime
privé ne peuvent pas être couvertes par le régime public. Elles doivent adhérer au
régime privé auquel elles ont accès. Pour savoir de quelles façons on peut avoir accès à
un régime privé, consultez le site Internet de la Régie de l'assurance maladie du Québec
à l'adresse suivante : .

Pour ce qui est des personnes qui atteignent l'âge de 65 ans et qui ont toujours accès à
un régime privé, elles doivent entreprendre certaines démarches. Pour connaître les
différentes options offertes à ces personnes, consultez le site Internet de la Régie de
l'assurance maladie du Québec.

Prime payable
De façon générale, les personnes couvertes par le régime public doivent payer une
prime, qu'elles achètent ou non des médicaments. La prime est perçue chaque année
lors de la production de la déclaration de revenus. Par exemple, le paiement de la prime
pour l'année 2019 se fera au printemps 2020, c'est-à-dire au moment de produire la
déclaration de revenus pour l'année d'imposition 2019. C'est en remplissant l'annexe K
que le montant de la prime est déterminé.

Le montant de la prime annuelle varie selon l'âge de l'assuré et sa situation socio-


économique. La prime maximale pour la période de 12 mois débutant en juillet 2019 est
de 636 $.

Tableau 3-1.1

Contribution maximale des personnes assurées par le régime public pour la


période du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020

Contribution Contribution
MENSUELLE ANNUELLE
maximale maximale

Pour les 18 à 64 ans non admissibles à un 93,08 $ 1 117 $

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régime privé

Pour les détenteurs d'un carnet de 0$ 0$


réclamation délivré par le ministère de l'Emploi
et de la Solidarité sociale

Pour les 65 ans ou plus :

Sans Supplément de revenu garanti (SRG) 93,08 $ 1 117 $

Avec SRG au taux de 1 % à 93 %* 54,08 $ 649 $

Avec SRG au taux de 94 % à 100 %* 0$ 0$

La Régie s'occupe de transmettre cette information au pharmacien afin que la


personne qui achète des médicaments paie le montant juste en fonction de sa
situation.

Gratuité pour les enfants des assurés au régime public1 :

S'ils ont moins de 18 ans 0$ 0$

S'ils sont âgés de 18 à 25 ans, sans conjoints, 0$ 0$


domiciliés chez leurs parents et aux études à
temps plein dans un établissement
d'enseignement secondaire, collégial ou
universitaire.
*
Taux calculé selon la Loi sur l'assurance médicaments (RLRQ, c. A-29.01).
1. Selon certaines conditions.
Source : RÉGIE DE L'ASSURANCE MALADIE DU QUÉBEC; en ligne : montant-a-
[Link]>, page consultée le 24 février 2020.

Les assurés suivants ne paient pas de primes :

• Les enfants mineurs des assurés et leurs enfants majeurs de moins de 26 ans
s'ils sont aux études à temps plein;
• Les personnes détentrices d'un carnet de réclamations délivré par le ministère de
l'Emploi et de la Solidarité sociale;
• Les personnes de 65 ans ou plus qui reçoivent le supplément de revenu garanti
au taux de 94 % ou plus.

(2) 4.2 — Compagnies d'assurance de personnes


À la fin de 2016, les secteurs de l'assurance vie et de l'assurance maladie procuraient de
l'emploi à plus de 154 800 Canadiens, soit à titre de salariés, d'agents à plein temps ou,
encore, à titre d'agents indépendants.

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Les compagnies d'assurance peuvent être regroupées en deux catégories :

• les sociétés mutuelles; et


• les sociétés par actions.

Sociétés mutuelles
Les sociétés mutuelles d'assurance sont détenues par les titulaires de polices avec
participation. Les droits de propriété ne peuvent être vendus ou échangés. Il ne peut y
avoir d'émission d'actions sur le marché, ce qui vient restreindre de façon importante
l'accès au capital.

La croissance d'une société mutuelle d'assurance vient essentiellement des primes qui
sont perçues auprès des détenteurs de polices et des profits que la société peut générer.

Sociétés par actions


Les sociétés par actions sont détenues par les détenteurs des actions de la société. La
croissance d'une société d'assurance par actions peut donc se faire grâce aux profits
que la société génère, mais aussi grâce à l'émission de nouvelles actions sur le marché.

La Loi sur les sociétés d'assurance (L.C. 1991, ch. 47) a été modifiée en 1992 pour
permettre la démutualisation des mutuelles d'assurance vie et étendre, en 1996, le
régime aux grandes sociétés.

En même temps que se produisait la vague de démutualisation, une vague de fusion-


acquisition survenait.

Au Canada, en 1989, les sociétés mutuelles d'assurance, au nombre de 41,


représentaient 63 % de l'actif total des 168 sociétés d'assurance faisant affaire au
Canada. En 2016, l'on ne comptait plus que 12 sociétés mutuelles d'assurance alors
qu'on dénombrait 87 sociétés d'assurance faisant affaire au Canada.

4.2.1 — Principales protections offertes par les sociétés d'assurance privées


Assurance de personnes (art. 2392 C.c.Q.) :
L'assurance de personnes porte sur la vie, l'intégrité physique ou la santé de l'assuré.

L'assurance de personnes est individuelle ou collective.

L'assurance collective de personnes couvre, en vertu d'un contrat-cadre, les personnes


adhérant à un groupe déterminé et, dans certains cas, leur famille ou les personnes à
leur charge.

Elle se divise donc en trois grandes catégories :


1. Les assurances sur la vie (art. 2393 C.c.Q.) :
L'assurance sur la vie garantit le paiement de la somme convenue, au décès de l'assuré;
elle peut aussi garantir le paiement de cette somme du vivant de l'assuré, que celui-ci
soit encore en vie à une époque déterminée ou qu'un événement touchant son existence
arrive.
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Les rentes viagères ou à terme, pratiquées par les assureurs, sont assimilées à
l'assurance sur la vie, mais elles demeurent aussi régies par les dispositions du chapitre
De la rente. Cependant, les règles du présent chapitre sur l'insaisissabilité s'appliquent
en priorité.

Les assurances sur la vie peuvent être :

• temporaires ou permanentes;
• inclure ou non une valeur de rachat.

2. Les assurances contre la maladie ou les accidents

Invalidité :

• L'assurance invalidité perte de revenu verse une rente dont le but est de
compenser la perte de rémunération (salaire, commission, revenu net de
profession, etc.) qu'un client subit à la suite d'un accident ou d'une maladie. Le
terme assurance salaire ne devrait être utilisé que pour les contrats d'assurance
collective en milieu de travail;
• L'assurance invalidité frais généraux de bureau rembourse les dépenses
nécessaires pour maintenir l'exploitation d'un commerce ou le fonctionnement d'un
bureau d'un entrepreneur;
• L'assurance invalidité épargne retraite verse une rente dans un compte en
fiducie. Les sommes accumulées dans cette fiducie sont disponibles lorsque le
client atteint l'âge de 65 ans, soit généralement lorsque la rente d'invalidité perte
de revenu cesse.
• L'assurance invalidité rachat de parts verse les sommes nécessaires au
financement de la clause d'invalidité à long terme à une convention entre
actionnaires ou sociétaires.
• L'assurance invalidité personne-clé dédommage une entreprise pour les pertes
occasionnées par l'invalidité d'un employé-clé.

Maladie complémentaire. Voici des exemples de protections qu'offre ce type


d'assurance :

• L'hospitalisation (chambre privée ou semi-privée);


• Les services paramédicaux (physiothérapeute, chiropraticien, psychologue, etc.);
• Avec ou sans assurance voyage;
• Certains médicaments. Au Québec, l'assurance médicaments est obligatoire.
Toutes les personnes doivent être protégées par une assurance collective ou, à
défaut, par l'entremise de la RAMQ. Les assurances individuelles ne peuvent
assurer que les médicaments non couverts par le régime d'assurance
médicaments de la RAMQ.

Assurance voyage. Cette assurance rembourse les frais médicaux engagés d'urgence
lors d'un voyage à l'étranger. Elle peut aussi prévoir le remboursement de frais de
voyage (billet d'avion, etc.).

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Maladie grave. Le capital assuré est versé si une maladie assurée (nombre limité) est
diagnostiquée et que l'assuré survit 30 jours au diagnostic de ladite maladie.

Soins de longue durée verse une rente ou rembourse certains frais si l'assuré est
incapable d'exercer au moins deux activités essentielles de sa vie quotidienne, comme
se laver ou se nourrir.

3. Les rentes

Les compagnies d'assurance offrent également les produits d'épargne suivants :

• Des rentes en service :


– Rentes viagères;
– Rentes à terme dont la durée est déterminée à l'avance.
• Des rentes d'accumulation :
– À capital fixe;
– À capital variable (fonds distincts).

L'importance de l'assurance collective

Sauf en assurance vie, l'assurance collective est nettement plus importante que
l'assurance individuelle comme l'illustre le tableau suivant.

Revenu-primes en 2018 au Québec59

Vie Individuelle 13,8 %

Collective 4,4 %

Maladie ou accident Individuelle 4,1 %

Collective assurée 26,2 %

Collective non assurée1 5,5 %

Rente Individuelle 13,1 %

Collective 32,7 %

1. Pour les contrats non assurés, l'assureur n'assume pas les risques. Il n'est
qu'administrateur du contrat. Plusieurs des contrats des employés gouvernementaux
appartiennent à cette catégorie.

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Le tableau suivant résume les principales caractéristiques de l'assurance collective


offerte par un employeur. Il est tiré de l'article Comprendre vos assurances collectives60
de l'actuaire Dany Provost.

Les régimes d'assurance collective en un clin d'œil

Garantie Exemple de couverture Coût mensuel typique

Tarifé selon les caractéristiques démographiques du groupe

Assurance vie de • Multiple du salaire De 0,10 $ à 0,60 $ par


l'adhérent • Montant fixe tranche de 1 000 $

Assurance décès et • Même montant que De 0,03 $ à 0,06 $ par


mutilation en cas l'assurance vie tranche de 1 000 $
d'accident (DMA)

Assurance vie des • 5 000 $ De 1 $ à 4 $ (10 fois


personnes à charge • 10 000 $ moins cher si enfants
seulement)

Invalidité de longue • Imposable : 66,66 % à De 1,50 $ à 3 $ par


durée (ILD) 75 % du salaire (avec tranche de 100 $ de
maximum en dollars) prestation mensuelle

• Non imposable : 60 % à
66,66 % avec paliers
décroissants

Tarifé en fonction des réclamations passées

Invalidité de courte Comme ILD avec De 0,30 $ à 1 $ par


durée (ICD) ajustements selon les tranche de 10 $ de
besoins prestation hebdomadaire

Tarifé en fonction des réclamations passées et du statut (individuel,


monoparental, couple, famille)

Maladie • Médicaments De 50 $ à 800 $

• Soins paramédicaux

• Hospitalisation

• Assurance voyage

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• Autres frais

Soins dentaires • Soins préventifs De 20 $ à 100 $

• Restauration

• Autres travaux

Assurance de dommages (art. 2395 C.c.Q.) :

L'assurance de dommages garantit l'assuré contre les conséquences d'un événement


pouvant porter atteinte à son patrimoine.

Les principales assurances de dommages sont :

• Responsabilité;
• Habitation;
• Automobile.

(1) 4.3 — Vente de produits d'assurance


La vente des produits d'assurance se fait généralement par l'entremise d'un
représentant ou d'un distributeur. Parfois, les compagnies d'assurance effectuent des
ventes directes par l'entremise soit de leur site Internet, soit de la poste.

La Loi sur la distribution de produits et services financiers61 a été modifiée par la Loi
visant principalement à améliorer l'encadrement du secteur financier, la protection des
dépôts d'argent et le régime de fonctionnement des institutions financières (Projet de loi
no 141)62, sanctionnée le 13 juin 2018. Ainsi, à compter du 13 juin 2019, un cabinet peut
offrir certains produits et services sans l'entremise d'une personne physique (notamment
la vente par Internet).

4.3.1 — Représentant en assurance


Les articles 2 à 7 inclusivement de la LDPSF, définissent ce qu'est un représentant en
assurance.
2. Sont des représentants en assurance, le représentant en assurance de personnes, le
représentant en assurance collective, l'agent en assurance de dommages et le courtier
en assurance de dommages.

3. Le représentant en assurance de personnes est la personne physique qui offre


directement au public, à un cabinet, à un représentant autonome ou à une société
autonome des produits d'assurance individuelle de personnes ou des rentes
individuelles d'un ou de plusieurs assureurs.

Il est habilité à faire adhérer toute personne à un contrat collectif d'assurance ou de


rentes.

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Ne sont pas des représentants en assurance de personnes :


1° celui qui, pour le compte d'un employeur, d'un syndicat, d'un ordre professionnel ou
d'une association ou d'un syndicat professionnel constitué en vertu de la Loi sur les
syndicats professionnels (chapitre S-40), fait adhérer au contrat d'assurance collective
de personnes ou de rentes collectives un employé de cet employeur ou un membre de
ce syndicat, de cet ordre professionnel ou de cette association ou de ce syndicat
professionnel;

2° le membre d'une société de secours mutuels, qui place des polices pour celle-ci.

4. Le représentant en assurance collective est la personne physique qui offre des


produits d'assurance collective de personnes ou des rentes collectives d'un ou de
plusieurs assureurs.

N'est pas représentant en assurance collective, l'actuaire qui, dans le cadre de ses
activités, offre des produits d'assurance collective de personnes ou des rentes
collectives.

5. L'agent en assurance de dommages est la personne physique qui offre directement


au public, pour le compte d'un cabinet qui est un assureur ou qui est lié par contrat
d'exclusivité avec un seul assureur de dommages, des produits d'assurance de
dommages.

6. Le courtier en assurance de dommages est la personne physique qui offre


directement au public un choix de différents produits d'assurance de dommages de
plusieurs assureurs ou qui offre à un cabinet, à un représentant autonome ou à une
société autonome des produits d'assurance de dommages d'un ou de plusieurs
assureurs.

7. N'est pas un agent ou un courtier en assurance de dommages, le courtier en douanes


qui, dans le cadre de ses activités, offre des produits d'assurance.

Il est à noter que, depuis le 13 juin 2018, le conseil en assurance n'est plus exclusif aux
représentants en assurance qui détiennent un certificat émis par l'AMF.

En résumé, «un individu peut exercer ses activités :

• pour le compte d'un ou plusieurs cabinets à titre de représentant rattaché; ou


• pour le compte d'une société autonome à titre d'associé ou d'employé; ou
• à titre de représentant autonome»63.

Le représentant est-il mandataire de l'assuré ou de l'assureur?


Les tribunaux ont aussi exprimé à quelques reprises que le représentant agit parfois en
même temps comme mandataire de l'assureur et mandataire de l'assuré selon le geste
posé. Ce qui importe de souligner, c'est qu'il n'existe pas de critère absolu permettant
catégoriquement de nier ou de reconnaître le rôle de mandataire du représentant.64

4.3.2 — Distribution sans représentant d'assurance

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L'article 408 de la LDPSF permet la vente de l'assurance par l'entremise d'un


distributeur :
408. Un assureur peut, conformément au présent titre, offrir des produits d'assurance
par l'entremise d'un distributeur.

Le distributeur est la personne qui, dans le cadre de ses activités qui ne sont pas du
domaine de l'assurance, offre de façon accessoire, pour le compte d'un assureur, un
produit d'assurance afférent uniquement à un bien qu'elle vend ou qui y fait adhérer un
client. Seule une personne physique peut distribuer un produit d'assurance au nom d'un
distributeur.

Les principaux produits d'assurance distribués sans l'intervention d'un représentant


d'assurance sont :

• L'assurance sur la vie, la santé et la perte d'emploi d'un débiteur;


• L'assurance sur la vie des épargnants;
• L'assurance voyage.

Chapitre (1) 4A — Encadrement déontologique en assurance


de personnes

La vente des produits d'assurance de personnes est, entre autres, encadrée par la Loi
sur la distribution de produits et services financiers65 le Règlement sur l'exercice des
activités des représentants66 et le Code de déontologie de la Chambre de la sécurité
financière67 (Code de déontologie).

Aux fins de l'encadrement, le mot représentant inclut normalement les planificateurs


financiers. Lorsque l'expression représentant «en assurance» est utilisée, elle fait alors
référence seulement aux représentants qui ont un permis de vente d'assurance.

4A.1 — Analyse des besoins


L'article 27 de la LDPSF oblige un représentant en assurance à «s'enquérir de la
situation de son client afin d'identifier ses besoins. Il doit s'assurer de conseiller
adéquatement son client, dans les matières relevant des disciplines dans lesquelles il
est autorisé à agir; s'il lui est possible de le faire, il offre à son client un produit qui
convient à ses besoins.»

Pendant longtemps, le représentant en assurance a eu l'obligation de recueillir


personnellement les renseignements d'un client. Il peut maintenant déléguer cette tâche
à un assistant ou à un autre professionnel. Ainsi, un employé non certifié d'un centre
d'appel ou d'un cabinet peut procéder seul à cette cueillette d'information importante sur
la situation du client sans que le représentant n'ait par la suite à refaire le processus. Le
représentant en assurance doit cependant toujours s'assurer que l'information est
adéquate puisque l'identification des besoins en assurance du client demeure son
obligation. De plus, auparavant, il avait l'obligation de proposer à son client le produit

[Link] Page 76 sur 249


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d'assurance qui lui convenait le mieux. Il suffit maintenant qu'il soit convenable par
rapport à ses besoins, dans le respect des règles de conduite des affaires imposées par
la LDPSF et des règles déontologiques applicables.

Comme son nom l'indique, l'analyse des besoins ne concerne pas que les besoins
d'assurance sur la vie, mais également tous les besoins financiers (ABF) du client.
Voici ce que Me Marie Elaine Farley, alors vice-présidente aux affaires juridiques et
corporatives de la CSF, a écrit à ce sujet :
Même lorsque votre client a un besoin spécifique et qu'il sait ce qu'il veut, il est
nécessaire et utile de faire l'exercice complet de l'ABF, ne serait-ce que pour s'assurer
que ce que le client réclame répond bien à ses besoins réels. Par ailleurs, même si votre
client a un besoin précis, il n'est pas exclu qu'il ait d'autres besoins auxquels il n'avait
pas pensé. L'exercice de l'ABF vous permettrait alors non seulement de remplir votre
obligation réglementaire, mais également de bien conseiller votre client de manière à
combler tous ses besoins d'assurance68.

Par exemple, si un client communique avec un représentant pour souscrire une


assurance-vie hypothécaire, le représentant doit faire une ABF complète. Peut-être que
le client a des besoins d'assurance sur sa vie plus importants ou moindres ou d'autres
besoins, comme une assurance invalidité perte de revenu.

Puisque les rentes émises par les assureurs sont des produits d'assurance, leur vente
doit aussi être précédée d'une ABF complète.

Le représentant en assurance doit donc vérifier :

• si la succession du client permet à ses personnes à charge de maintenir leur


niveau de vie à son décès;
• si le client peut maintenir son niveau de vie et continuer à épargner en vue de sa
retraite lors d'une éventuelle invalidité (les prestations d'assurance invalidité se
terminent généralement à 65 ans);
• si le client peut assumer ou non les conséquences financières d'une maladie ou
d'un accident qui entraînerait des frais non remboursés par les régimes étatiques;
• si le client épargne suffisamment pour maintenir son niveau de vie à la retraite.

L'article 6 du REAR spécifie ce que doit contenir au minimum une ABF.

Il se lit comme suit :


6. Le représentant en assurance de personnes doit, avant de faire remplir une
proposition d'assurance ou d'offrir un produit d'assurance de personnes comportant un
volet d'investissement, dont un contrat individuel à capital variable, analyser avec le
preneur ses besoins ou ceux de l'assuré.

Ainsi, selon le produit offert, le représentant en assurance de personnes doit analyser


avec le preneur, notamment, ses polices ou contrats en vigueur ou ceux de l'assuré,
selon le cas, leurs caractéristiques et le nom des assureurs qui les ont émis, ses
objectifs de placement, sa tolérance aux risques, le niveau de ses connaissances
financières et tout autre élément nécessaire, tels ses revenus, son bilan financier, le

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nombre de personnes à sa charge et ses obligations personnelles et familiales.

Le représentant en assurance de personnes doit consigner les renseignements recueillis


pour cette analyse dans un document daté. Une copie de ce document doit être remise
au preneur au plus tard au moment de la livraison de la police.

L'obligation de remise au preneur concerne uniquement les renseignements recueillis et


non pas l'analyse proprement dite. Cependant, le fait de remettre l'analyse au client peut
aider le représentant à respecter ses devoirs d'information dont il est question à la
section 4A.2.

L'ABF doit donc inclure une analyse écrite des protections actuelles du client, ce qui
comprend ses assurances collectives. Le représentant a donc besoin de prendre
connaissance et d'analyser les Brochures d'assurances collectives et des Guides de
distribution des assurances offertes par les prêteurs. D'ailleurs, l'article 15 du Code de
déontologie stipule que le représentant doit avoir une connaissance complète des
faits avant de faire une recommandation.

Dans le dossier CD00-0858, le Comité de discipline de la Chambre de la sécurité


financière (CSF) s'est dit en accord avec l'énoncé suivant :
Le processus d'analyse des besoins d'un client est un processus important et essentiel
pour conseiller adéquatement ce dernier. En l'absence d'une cueillette des
renseignements, d'une analyse et de calculs, il est impossible que le représentant fasse
des recommandations basées sur le besoin du client et que celles-ci soient appropriées.

Volet placement
Lorsqu'un produit d'assurance contient un volet placement, le représentant doit aussi
vérifier le profil d'investisseur de son client (ses objectifs de placement, sa tolérance aux
risques, le niveau de ses connaissances financières).

Plusieurs produits d'assurance contiennent un volet placement, notamment :

• Les rentes à capital fixe;


• Les rentes viagères;
• Les rentes à capital variable (fonds distincts);
• Les polices d'assurance vie avec valeur de rachat;
• Les polices d'assurance assorties d'une option de remboursement de primes.

Cependant, l'AMF estime que le représentant doit vérifier le profil d'investisseur


seulement lorsque le client a un pouvoir décisionnel sur les placements, ce qui exclurait
les produits d'assurance vie autres qu'universels, les options de remboursement de
primes et les rentes viagères.

4A.2 — Devoirs d'information


L'article 13 du Code de déontologie stipule que le représentant doit exposer, de façon
complète et objective, les avantages et les inconvénients du produit qu'il propose.

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L'article 14 du Code de déontologie précise que le représentant doit fournir les


explications nécessaires à la compréhension du produit qu'il propose.

Plus le produit est complexe, plus il faut fournir des renseignements au client. Voici un
extrait de la décision du comité de discipline de la CSF dans le dossier CD00-0604 :
[25] Il mérite en effet d'être souligné que si la police d'assurance-vie universelle est un
produit fort intéressant en certaines situations, il s'agit néanmoins d'un produit
«complexe et sophistiqué». Aussi, la souscription d'un tel «contrat» nécessite les
explications élaborées d'un professionnel qui s'y connaît en la matière, de façon à ce
que, notamment les «risques» rattachés [2] à celui-ci, soient bien saisis par le client. Ce
dernier devrait notamment être parfaitement informé sur l'exigeante ligne de conduite à
suivre pour que ledit «contrat» puisse atteindre les objectifs visés.

De plus, il ne faut pas exagérer les avantages d'un produit, car cela pourrait induire le
client en erreur, notamment en matière fiscale. Voici ce qui a été écrit à ce sujet dans la
revue Sécurité financière d'avril 2002 dans un article intitulé «Assurance-vie universelle :
l'importance de nuancer vos propos et de fournir des explications complètes à votre
client!» :
Les produits de type vie universelle sont trop souvent présentés comme un bon véhicule
de placement à l'abri de l'impôt. Il ne faut pas oublier que ces produits sont d'abord et
avant tout des produits d'assurance-vie. Or, si votre client ne désire pas souscrire à une
police d'assurance-vie, nécessairement, vous devez vous abstenir de lui conseiller ce
produit.

Par ailleurs, il est faux d'avancer qu'un rendement de ces produits est à l'abri d'impôt.
L'exemption et le report partiel d'impôt ne doivent pas être confondus.

Premièrement, le client devra payer de l'impôt au moment de l'encaissement des


sommes. Il est à noter que, pour bénéficier de ce report, le client doit centraliser ses
placements au sein de la même compagnie d'assurance. Aussi, pendant que le client ne
paie pas d'impôt, la compagnie d'assurance, elle, se doit d'en payer. Conséquemment,
des frais de gestion élevés sont prélevés, servant ainsi à payer l'impôt fédéral de 15 %.
En réalité, la compagnie d'assurance acquitte directement cet impôt. Enfin, une taxe de
2,35 % sur la totalité de la prime versée est retenue. En raison de tous ces facteurs, le
rendement est moins élevé.

N'oubliez pas que vous avez l'obligation déontologique d'expliquer à votre client ou à
tout client éventuel, de façon complète et objective, la nature, les avantages et les
inconvénients du produit ou du service que vous lui proposez et vous devez vous
s'abstenir de transmettre des renseignements qui seraient inexacts ou incomplets.
L'obligation de bien conseiller le client implique que le représentant doit bien expliquer le
rendement et le véhicule dans lequel il investit, et ce, toujours à la lumière des besoins
de ce dernier. Or, bien connaître le profil de votre client est primordial.

Plusieurs représentants s'adonnent à remettre un résumé à leur client, commettant ainsi


une infraction au code de déontologie. Faites preuve de vigilance, car les produits
universels sont complexes. Assurez-vous de bien expliquer toutes ses facettes à vos
clients.

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(Voir les articles 11, 12, 13, 14, 15 et 16 du Code de déontologie de la Chambre de la
sécurité financière.)

Lorsqu'un représentant en assurance remet à un client une illustration (projection des


valeurs), il est important qu'il explique, entre autres, à son client :

• si ces valeurs sont garanties ou non;


• l'impact fiscal d'une disposition;
• les risques financiers qu'il assume, par exemple, l'impact des fluctuations du taux
de rendement sur la valeur de rachat et la prestation de décès;
• la perte potentielle du remboursement des primes du vivant si le client décède (à
moins que le client ait aussi souscrit l'option remboursement des primes au décès,
ce qui coûte souvent plus cher qu'une vraie assurance-vie) ou que le contrat tombe
en déchéance.

4A.3 — Remplacement de contrat


Un représentant «doit favoriser le maintien en vigueur de tout contrat d'assurance à
moins que son remplacement ne soit justifié dans l'intérêt du preneur ou de l'assuré,
justification dont la preuve incombe au représentant en assurance de personnes qui
procède au remplacement69.»

Lorsque le remplacement d'un contrat est justifié, le représentant doit suivre la


procédure décrite à l'article 22 du REAR :
22. Lorsque la souscription d'un contrat d'assurance est susceptible d'entraîner la
résiliation, l'annulation ou la réduction des bénéfices d'un autre contrat d'assurance, le
représentant doit :
1° (paragraphe abrogé);

2° remplir, avant ou en même temps que la proposition d'assurance, le formulaire


prescrit à l'Annexe I, si le preneur ou l'assuré a avantage à remplacer son contrat par un
autre;

3° expliquer le contenu du formulaire au preneur en faisant la comparaison des


caractéristiques des contrats en vigueur par rapport à ceux proposés et la description
des avantages et désavantages du remplacement;

3.1° remettre au preneur une copie du formulaire rempli et signé par le représentant au
plus tard 5 jours ouvrables suivant la signature de la proposition;

4° expédier le formulaire rempli et signé par le représentant par tout moyen permettant
d'attester la date de l'envoi au siège des assureurs dont les contrats sont susceptibles
d'être remplacés dans les 5 jours ouvrables de la signature de la proposition
d'assurance;

5° expédier une copie du formulaire rempli dans le délai prévu au paragraphe 4 à


l'assureur auprès duquel le représentant en assurance de personnes se propose de
placer le nouveau contrat.

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Le formulaire de remplacement qui est à l'annexe 1 du REAR permet au représentant


d'expliquer à son client :

• En quoi le contrat d'assurance actuel ne répond pas à ses besoins;


• Pourquoi une modification au contrat actuel n'est pas envisagée;
• Les désavantages du remplacement pour le client;
• En quoi le contrat proposé répond mieux à ses besoins;
• Les impacts financiers du remplacement (tels que les frais de rachat, les valeurs
de rachat [garanties ou non], les frais de résiliation, les primes, l'impact fiscal, les
participations);
• Les différences entre les garanties complémentaires ou facultatives du contrat
existant par rapport au contrat proposé.

Le formulaire de remplacement est le même pour tous les types de contrats d'assurance
de personnes. Cependant, le représentant n'a pas à remplir de formulaire de
remplacement lorsque le produit d'assurance est une rente. Voici l'article 18 du REAR :
18. Les dispositions de la présente section s'appliquent à tout représentant en
assurance de personnes qui procède au remplacement d'un contrat d'assurance de
personnes.

Elles s'appliquent à tout représentant en assurance de personnes qui fait adhérer une
personne à un contrat collectif d'assurance lorsque cette adhésion entraîne la résiliation,
l'annulation ou la réduction des bénéfices d'une police d'assurance individuelle.

Malgré le premier alinéa, les dispositions de la présente section ne s'appliquent pas au


représentant en assurance de personnes qui procède au remplacement d'une rente
individuelle, dont un contrat de capitalisation d'un assureur.

4A.4 — Partage de commissions


Le partage des commissions de ventes d'assurance est permis entre les représentants,
les cabinets et les sociétés autonomes. Le partage de commissions avec des personnes
qui ne sont pas des représentants est interdit. Voici un extrait de l'Avis relatif à
l'indication de clients en application de la Loi sur la distribution de produits et services
financiers du 8 octobre 2010 publié par l'AMF :
[...] En effet, seul un représentant peut recevoir une rémunération liée ou conditionnelle
à la vente d'un produit ou à la prestation d'un service financier. Un distributeur peut
également recevoir une telle rémunération pour la vente d'un produit financier offert
accessoirement à l'occasion de l'exercice de son activité principale, dans la mesure où
ce produit est afférent au bien qu'il vend et sous réserve de certaines exceptions
prévues à la loi. Une telle forme de rémunération est interdite pour toute autre personne
qui n'est pas visée par la Loi sur la distribution. [...]

Les partages interdits


Il est interdit de partager une commission avec une personne qui n'est pas un
représentant. Par exemple, le partage de commission avec un comptable ou un juriste
est interdit, à moins que cette personne soit également un représentant.

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Indication de clients
Il est possible de rémunérer une personne qui n'est pas représentant parce qu'elle a
référé un client potentiel. Mais cette rémunération ne doit pas être un partage de
commissions. Voici des extraits de l'Avis relatif à l'indication de client en application de la
Loi sur la distribution de produits et services financiers du 8 octobre 2010 de l'AMF :
[...] La rémunération accordée à une personne qui indique des clients ne doit
aucunement dépendre du résultat de l'indication ni varier en fonction de la vente d'un
produit ou de la prestation d'un service financier. [...]

[...] Dans le contexte spécifique d'une indication de clients, l'Autorité estime que la
transparence est de mise et qu'il est nécessaire de divulguer l'existence de toute entente
d'indication entre un représentant ou une personne inscrite et un indicateur de clients.
[...]

L'information relative à l'indication doit être communiquée au client dès le contact initial
avec le représentant.

Selon le même document, voici des exemples de ce que la personne qui fait une
référence ne peut pas faire :

• «Recueillir des renseignements personnels en vue de l'obtention d'une


soumission;
• Compléter pour le client ou aider celui-ci à compléter une demande de
soumission d'assurance;
• Compléter pour le client ou aider celui-ci à compléter une proposition
d'assurance;
• Exercer des pressions ou inciter un client à souscrire une assurance auprès du
représentant ou de la personne inscrite indiquée;
• Fournir au client tout conseil en matière d'assurance.»

Selon cet avis, un planificateur financier ne pourrait pas donner de conseil en assurance
à son client s'il participait à une entente d'indication. Son mandat de planification
financière ne pourrait donc pas être un mandat complet, mais seulement un mandat
partiel.

Rabais de prime à un client


Il interdit formellement au représentant de payer une partie des primes d'un contrat
d'assurance sans le contentement préalable de l'assureur. Voici l'article 36 du Code de
déontologie :
36. Le représentant ne peut, directement ou indirectement, à l'insu de l'assureur,
accorder un rabais sur la prime contenue dans un contrat d'assurance, ni convenir d'un
mode de paiement de la prime différent de celui prévu par le contrat.

Deuxième partie — Assurance de personnes

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individuelle

Chapitre 5 — Assurance contre la maladie ou les accidents

Introduction
La santé et l'autonomie physique sont les principaux actifs d'un individu.
Malheureusement, elles n'apparaissent pas dans un bilan traditionnel. Il s'agit de perdre
ces deux atouts importants pour s'en rendre compte rapidement.

Si l'on est en santé en plus d'occuper un emploi, il est toujours possible de remplacer
éventuellement certains biens ou certaines pertes financières. Que l'on soit au travail ou
à la retraite, si la «machine humaine» déraille, la situation peut être tragique et elle peut
affecter non seulement l'individu, mais aussi sa famille et son entourage.

Les produits d'assurance contre la maladie ou les accidents (aussi appelés prestations
du vivant) englobent :

• Les assurances invalidité;


• Les assurances maladie grave;
• Les assurances soins de longue durée;
• Les assurances maladie complémentaire;
• Les assurances voyages;

Un bon produit d'assurance contre la maladie ou les accidents se distingue par la qualité
de ses définitions et de ses avenants, de même que par l'étendue des situations qu'il
couvre. Idéalement, il devrait couvrir tous les accidents et toutes les maladies.

(1) 5.1 — Assurance invalidité


L'assurance invalidité perte de revenu verse une rente dont le but est de compenser la
perte de rémunération (salaire, commission, revenu net de profession, etc.) qu'un client
subit à la suite d'un accident ou d'une maladie. L'appellation assurance salaire devrait
être réservée aux contrats collectifs dont le preneur est un employeur.

Il existe également d'autres produits qui couvrent les conséquences financières résultant
de l'invalidité de l'individu.

L'assurance invalidité frais généraux de bureau rembourse les dépenses nécessaires au


maintien de l'exploitation d'un commerce ou le fonctionnement d'un bureau du client.

L'assurance invalidité épargne retraite verse une rente dans un compte en fiducie. Les
sommes accumulées dans cette fiducie sont disponibles lorsque le client atteint l'âge de
65 ans, soit généralement lorsque la rente d'invalidité perte de revenu cesse. Les seuls
retraits possibles avant 65 ans sont pour payer les impôts sur le revenu de placement
générés par la fiducie.

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L'assurance invalidité rachat de part verse les sommes nécessaires au financement de


la clause d'invalidité à long terme dans une convention entre actionnaires ou sociétaires.

L'assurance invalidité personne-clé dédommage une entreprise pour les pertes


occasionnées à la suite de l'invalidité d'un employé-clé.

5.1.1 — Risque d'invalidité


Comme nous l'avons vu à la section 1.3, Principes de gestion des risques, le principal
critère dans la décision de souscrire ou non un contrat d'assurance est fonction de la
capacité du titulaire du contrat à assumer ou non les conséquences financières d'un
risque. Quant à la probabilité que le risque se produise ou non, elle est le principal
facteur qui détermine la prime imposée aux consommateurs.

La probabilité de devenir invalide est l'un des risques les plus élevés auxquels un
individu aura à faire face avant sa retraite.

Ce risque est établi grâce aux tables de morbidité. Alors que les tables de mortalité sont
utilisées pour l'assurance vie, les tables de morbidité indiquent la probabilité et la durée
des invalidités pour un groupe de personnes regroupées selon un critère donné ou une
catégorie.

5.1.2 — Critères
Les renseignements personnels, financiers et médicaux exigibles en assurance invalidité
sont sensiblement les mêmes que ceux qui prévalent en assurance sur la vie. Toutefois,
l'assureur ne les analyse pas nécessairement de la même manière. En effet, des
allergies, des troubles de la peau ou des maux de dos chroniques n'influeront pas
nécessairement sur le risque en assurance vie, alors qu'en assurance invalidité, ces
précédents peuvent donner lieu à des périodes prolongées d'invalidité et à des frais
hospitaliers significatifs. Alors que ces personnes obtiendraient une couverture en
assurance sur la vie à des taux standards, des surprimes ou des exclusions pourraient
affecter leur police d'invalidité.

La sélection des risques en assurance individuelle s'effectue à partir d'un certain nombre
de facteurs qui influeront sur les taux et le type de contrat et d'avenant que la personne
pourra obtenir. Le demandeur pourrait même se faire refuser la protection ou bien
obtenir un contrat avec des surprimes ou des exclusions spéciales à cause de certains
de ces facteurs, dont, entre autres :

• l'âge et le sexe;
• le type d'occupation, le domaine d'activité, les antécédents d'expérience dans le
même domaine, la stabilité des revenus ou des contrats, les fonctions, le nombre
de personnes supervisées (la personne doit avoir un emploi au moment de la
demande de contrat);
• l'état de santé actuel avec preuve médicale à l'appui, selon le niveau de
couverture demandée;
• les antécédents médicaux relativement aux blessures, maladies physiques ou
mentales, ceux des parents, frères ou sœurs, pour les facteurs héréditaires;

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• les habitudes de vie, comme le statut de fumeur ou de non-fumeur, la pratique de


sports dangereux, la nature et la fréquence des voyages à l'étranger, le rapport de
conduite automobile, la consommation d'alcool ou de drogues; et
• l'échelle des revenus gagnés et non gagnés, ainsi que les couvertures existantes.

Si l'assuré présente un état chronique et récidivant, le risque sera considéré comme


aggravé et l'assureur pourra exiger une prime plus élevée pour le couvrir (dans un cas
d'obésité, de haute pression artérielle, etc.).

Il arrive également que l'assureur consente à accorder une protection d'invalidité, mais
en établissant une police comportant des exclusions explicites (en plus des exclusions
générales) pour toute réclamation qui découle de l'état préexistant (p. ex. : un mal de
dos chronique).

Critères de sélection
C'est d'abord l'occupation professionnelle, l'âge, le sexe, le statut de fumeur et de non-
fumeur qui déterminent le coût des bénéfices et l'éventail des garanties disponibles.

D'autres variables, telles que le montant des prestations, le délai de carence, la période
potentielle de versements influenceront les primes.

À partir des déclarations de revenus et des états financiers, l'assureur détermine le


revenu gagné assurable aux fins du contrat.

La provenance et l'importance des revenus non gagnés entrent en ligne de compte dans
le calcul du revenu assurable.

L'état de santé, il va sans dire, est la pierre angulaire dans la sélection du risque.

Comme il a déjà été mentionné, la couverture existante, sous une forme collective ou
individuelle, ainsi que la capacité de l'assuré de s'autoassurer interviennent aussi dans
l'évaluation financière du risque assurable.

5.1.3 — Définitions
L'article 2416 C.c.Q. se lit comme suit :
L'assureur doit, dans une police d'assurance contre la maladie ou les accidents, indiquer
expressément et en caractères apparents la nature de la garantie qui y est stipulée.

Lorsque l'assurance porte sur l'invalidité, il doit indiquer, de la même manière, les
conditions de paiement des indemnités, ainsi que la nature et le caractère de l'invalidité
assurée. À défaut d'indication claire dans la police concernant la nature et le caractère
de l'invalidité assurée, cette invalidité est l'inaptitude à exercer le travail habituel.

Cette définition de l'invalidité est claire : l'inaptitude à exercer le travail habituel.


Toutefois, en pratique, chaque assureur pose ses conditions à l'existence d'une invalidité
à travers les nombreuses définitions spécifiées dans le contrat. Ce sont ces définitions
qui déterminent le droit de l'assuré à recevoir ou non une indemnité, et pour combien de

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temps. Ce sont ces définitions qui rendent ce produit si complexe. Par exemple, la
majorité des contrats stipule que l'assuré ne doit pas exercer un autre emploi rémunéré
pour que l'assuré reçoive la rente d'invalidité totale.

De plus, certains contrats ne couvrent que les invalidités provoquées par les accidents.
Si l'assuré devient invalide à la suite d'une maladie, il n'aura pas le droit à des
prestations.

Chaque contrat a sa propre définition d'accident et de maladie. Il est donc important de


vérifier l'ensemble des définitions et non seulement celles concernant les définitions du
mot invalidité. Souvent, il est utile de commencer par les exclusions. Cela procure une
idée générale de ce qui n'est pas couvert.

5.1.4 — Exclusions
Voici un exemple des exclusions que l'on peut retrouver dans un contrat d'assurance
invalidité :
La police ne couvre pas les invalidités qui résultent directement ou indirectement :

• de la guerre ou de tout sinistre lié à la guerre;


• du service actif dans des forces armées;
• d'un acte criminel commis par l'assuré;
• de la greffe chirurgicale d'un organe de l'assuré sur une autre personne si cette
greffe se produit dans les six premiers mois du contrat;
• d'une grossesse normale, sans complications.

Avec une exclusion d'acte de guerre, le client devrait éviter de voyager dans certains
pays dont la situation politique est problématique. Toute chose étant égale par ailleurs,
un client devrait choisir ce contrat qui prévoit une exclusion pour la participation à une
guerre, plutôt qu'un contrat qui prévoit une exclusion pour un acte de guerre.

Lorsqu'il y a une exclusion concernant les actes criminels commis par l'assuré, il faut
vérifier si le contrat prévoit que la conduite en état d'ébriété n'est pas considérée comme
un acte criminel aux fins du contrat.

5.1.5 — Maladies préexistantes


Idéalement, la définition de maladie devrait être la détérioration de la santé. Cependant,
la plupart des contrats d'assurance invalidité définissent la maladie comme étant une
maladie dont les premiers symptômes se manifestent pendant que le contrat est en
vigueur.

Heureusement que 2417 C.c.Q. limite la capacité des assureurs à refuser des
réclamations sous le prétexte que la maladie existait à l'entrée en vigueur du contrat :
En matière d'assurance contre la maladie ou les accidents, si l'affection est déclarée
dans la proposition, l'assureur ne peut, sauf en cas de fraude, exclure ou réduire la
garantie en raison de cette affection, si ce n'est en vertu d'une clause la désignant
nommément.

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L'assureur ne peut, par une clause générale, exclure ou limiter la garantie d'assurance
en raison d'une affection non déclarée dans la proposition, à moins que cette affection
ne se manifeste dans les deux premières années de l'assurance ou qu'il n'y ait fraude.

5.1.6 — Types de contrat d'assurance invalidité


Les trois principaux types de contrat sont :

• la police annulable;
• la police à renouvellement garanti;
• la police à primes et renouvellement garantis.

Police annulable
L'assureur a le droit de modifier les primes, de modifier le contenu et de ne pas
renouveler une catégorie de contrats (par exemple, une profession donnée). Par contre,
l'assureur ne peut pas modifier la prime, le contenu ou refuser le renouvellement sur une
base individuelle. Il doit le faire pour l'ensemble des assurés appartenant à une classe
de risque spécifique.

Comme il a été vu précédemment, la sélection des risques en assurance en cas


d'accident et de maladie est délicate. Si l'assuré détient un contrat d'assurance
annulable et que son état de santé s'est détérioré depuis la souscription de la police, il
va sans dire que l'annulation de la police par l'assureur peut lui causer un préjudice
sérieux. Il se peut que l'assuré ne puisse même pas envisager de soumettre une
demande à une nouvelle compagnie d'assurance, étant donné sa condition.

Police à renouvellement garanti


L'assureur ne peut pas modifier les garanties du contrat ni refuser le renouvellement. Il
se réserve cependant le droit de modifier les primes si les résultats de morbidité sont
différents de ses prévisions. Il ne peut pas changer les primes sur une base individuelle,
mais il peut le faire pour une catégorie professionnelle ou d'assurés.

Ce genre de contrat peut offrir une prime plus basse à l'émission, mais sans garantie
future de taux.

Police avec renouvellement et primes garantis


Comme pour la police à renouvellement garanti, l'assureur ne peut pas modifier les
garanties du contrat ni refuser le renouvellement du contrat. En plus, il ne pourra pas
modifier les primes, ceci même s'il subit un plus grand nombre de réclamations qu'il
l'avait prévu. Les primes de ce type d'assurance sont les plus chères des trois types
d'assurance invalidité.

Bien entendu, quel que soit le type de contrat, l'assureur peut refuser une réclamation s'il
y a eu fraude ou réticence de la part de l'assuré. Voici ce qu'écrit l'article 2424 C.c.Q. à
ce sujet :
En l'absence de fraude, la fausse déclaration ou la réticence portant sur le risque ne
peut fonder la nullité ou la réduction de l'assurance qui a été en vigueur pendant deux

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ans.

Toutefois, cette règle ne s'applique pas à l'assurance portant sur l'invalidité si le début de
celle-ci est survenu durant les deux premières années de l'assurance.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

Le choix du type de contrat est en fonction :

• De la marge budgétaire du client;

• De la tolérance aux risques du client. Par analogie :

• Les polices à primes garanties sont plus ou moins similaires aux certificats
de placement garanti;

• Les polices à renouvellement garanti sont plus ou moins similaires à un


fonds commun de placement équilibré;

• Les polices individuelles résiliables sont plus ou moins similaires aux


placements en actions spéculatives.

5.1.7 — Prestations payables lors de réclamations


Comme l'assurance a pour but de remplacer le revenu, il est crucial d'analyser
scrupuleusement les sources de revenu de la personne et d'en mesurer l'ampleur.

Revenu mensuel gagné


Le revenu mensuel gagné par un individu est le revenu gagné tiré d'un emploi au cours
du mois en retour de services rendus dans l'exercice de son emploi, déduction faite des
frais d'exploitation habituels, mais avant déduction des impôts sur le revenu. Le revenu
mensuel gagné est calculé selon la méthode de la comptabilité d'exercice. Le revenu
mensuel gagné comprend les salaires, la rémunération, les gratifications, les
commissions, les honoraires et autres revenus gagnés, mais exclut le revenu de
placements, celui des régimes d'État, le revenu de location, les redevances, le revenu
de rentes et de pensions, la rémunération différée ou toute autre forme de revenu qui
n'est pas relié à la capacité d'exercer tout emploi70.

Les revenus de dividendes provenant d'une société privée exploitée par l'assuré ou
encore les bénéfices nets de ladite société peuvent être comptabilisés dans le calcul du
revenu gagné.

Frais d'exploitation (dépenses d'affaires)

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Les frais d'exploitation habituels comprennent les frais normaux qu'une personne
engage dans l'exploitation de son entreprise ou pour le fonctionnement de son bureau et
qui sont déductibles aux fins de l'impôt sur le revenu.

Revenu non gagné et valeur nette


Le revenu non gagné et la valeur nette d'une personne peuvent réduire la capacité de
cette dernière à souscrire de l'assurance en cas d'accident et de maladie pour la
substitution de revenu.

Le revenu «non gagné» est le revenu qui n'est pas généré directement par le travail d'un
particulier et que ce dernier continue de toucher même en cas d'invalidité. C'est le cas,
entre autres, du revenu qui provient d'actions de sociétés ouvertes, d'obligations, de
sociétés de fiducie, de titres à revenu fixe, de biens locatifs ou encore de redevances.

Le revenu non gagné fait office d'autoassurance. Il est de même de la valeur nette d'une
personne. Même si les actifs produisent peu ou pas de revenus au moment de la
souscription, l'importance de ces valeurs pourrait, lors de leur disposition, créer une
source de revenu même pendant une période d'invalidité. Ainsi, au cours de la sélection
des risques, un assureur pourrait réduire le montant assurable d'un particulier dont la
valeur nette est considérable si ce dernier évalue que, compte tenu de cette valeur nette,
l'assuré n'a pas besoin de remplacer son revenu en cas d'invalidité. Dans certaines
situations, l'assureur peut refuser complètement d'assurer la personne.

La plupart des assureurs limitent le montant des versements à des maximums préétablis
(voir l'annexe 1). Ces maximums varient selon que la prestation sera imposable ou non.
De plus, comme il sera vu dans les pages subséquentes, pour des délais de carence de
moins de 120 jours, les prestations initiales sont ajustées selon que la personne a droit
ou non à l'assurance-emploi.

Intégration de la rente
Une rente d'invalidité qui provient d'autres régimes peut avoir une incidence sur les
versements de la demande de règlement. Il est probable que la rente versée par
l'assureur soit inférieure à celle prévue au contrat si la personne invalide reçoit des
prestations provenant d'autres régimes privés ou publics. Ces caractéristiques sont
clairement identifiées au contrat d'assurance remis à l'assuré. Souvent, les assureurs,
lors de la sélection financière, ne tiennent compte que du revenu gagné diminué des
frais d'exploitation, des assurances individuelles et collectives existantes et de la valeur
nette pour calculer le montant de la rente qu'ils sont prêts à assurer. Ainsi, ils ne
prennent généralement pas en considération l'existence de couvertures d'assurance
relatives aux hypothèques, aux emprunts, etc.

Raison d'être des plafonds préétablis


Le principe de base qui justifie l'existence même de l'assurance invalidité perte de
revenu découle du besoin de la personne invalide de remplacer le revenu gagné sur
lequel elle pouvait compter avant son invalidité. L'assuré ne devrait pas, cependant, au
cours d'une période d'invalidité, recevoir un revenu supérieur à celui qu'il touchait

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lorsqu'il était au travail. Cependant, avec les contrats qui permettent à l'assuré d'exercer
une profession lors d'une invalidité, l'assuré pourrait augmenter son revenu global lors
d'une invalidité.

Devoirs de l'assuré lors d'une réclamation


Lors d'une invalidité, l'assuré a, principalement, les obligations suivantes :

• Informer l'assureur dans un délai de 30 jours de la survenance de l'accident ou de


la maladie;
• Fournir les pièces justificatives (déclaration de son médecin, etc.);
• Se soumettre à un examen médical aux frais de l'assureur si celui-ci l'exige.

Voici les articles 2435 et 2438 du Code civil du Québec :


2435. Le titulaire, le bénéficiaire ou l'assuré d'une police d'assurance contre la maladie
ou les accidents est tenu d'informer l'assureur, par écrit, du sinistre dans les 30 jours de
celui où il en a eu connaissance. Il doit également, dans les 90 jours, transmettre à
l'assureur tous les renseignements auxquels ce dernier peut raisonnablement s'attendre
sur les circonstances et sur l'étendue du sinistre.

Lorsque la personne qui a droit à la prestation démontre qu'il lui a été impossible d'agir
dans les délais impartis, elle n'est pas pour autant empêchée de toucher la prestation,
pourvu que l'information soit transmise à l'assureur dans l'année du sinistre.

2438. L'assuré doit se soumettre à un examen médical, lorsque l'assureur est justifié de
le demander en raison de la nature de l'invalidité.

Cour des petites créances


Lors d'un litige, il est possible de diviser ses réclamations à l'encontre de l'assureur de
façon à pouvoir recourir à la Cour des petites créances. Voir à ce sujet le jugement de la
Cour d'appel dans le dossier SSQ, société d'assurance-vie inc. c. Coallier71.

5.1.8 — Gens de profession de demain


Des contrats sont établis sans exiger de preuves de revenu aux gens de profession
choisie qui sont résidents ou internes et qui complètent leur dernière année d'études
universitaires ou qui pratiquent depuis moins d'un an. La prestation mensuelle est
soumise à un plafond qui peut aller de 1 000 $ à 4 500 $ (voir l'annexe 2 pour des
exemples de montants disponibles).

5.1.9 — Délai de carence et période d'admissibilité


Délai de carence
Selon la rapidité avec laquelle l'assuré a besoin de remplacer son revenu en cas
d'invalidité, ce dernier a le choix entre plusieurs périodes d'attente lors de la souscription
du contrat d'assurance.

Tous les contrats établissent une période exprimée en nombre de jours qui doivent
s'écouler entre le début de l'invalidité totale et l'ouverture du droit aux prestations; il s'agit

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du délai de carence ou période d'attente. Ce délai varie d'un contrat à l'autre et peut
s'étendre sur une période de 15, 30, 60, 90, 120, 180, 365 ou même 730 jours.

Dans le cas où l'assuré participe déjà à un régime d'assurance collective à son travail et
qu'il bénéficie d'une assurance en cas de perte de revenu à court terme, habituellement
sur une période de 17 semaines, il est sans doute avantageux de reporter le début du
service de la rente à 120 jours d'attente. La prime est ainsi considérablement réduite,
par rapport à un délai d'attente de 30 jours. D'autant plus que, dans la plupart des cas,
l'assureur paiera un maximum en intégrant les prestations soit d'assurance emploi, soit
d'assurance collective. Plus le délai d'attente est long, plus la prime est réduite.

█ Le délai de carence a pour effet d'éliminer aussi en grande partie les demandes
de prestations occasionnées par des invalidités de courte durée.

D'un contrat à l'autre, il existe des différences importantes dans la manière d'écouler le
délai de carence.

Certains contrats exigent que la période d'attente ou le délai de carence soit composé
de «jours consécutifs d'invalidité totale». Par exemple, si le délai de carence est de 90
jours, l'assuré doit être totalement invalide pendant 90 jours consécutifs avant de pouvoir
effectuer une réclamation. Cette caractéristique est très contraignante. C'est pourquoi
tous les contrats d'assurance invalidité qui offrent des garanties de qualité, permettent
l'accumulation des jours d'invalidité sur une plus longue période et sans qu'ils soient
nécessairement consécutifs, afin d'écouler la période d'attente. Ainsi, une personne dont
le contrat prévoit un délai de carence de 90 jours pourra accumuler 90 jours d'invalidité à
l'intérieur d'une période de six mois et procéder à la réclamation.

Dans certains contrats, des périodes d'invalidité séparées peuvent s'étendre sur une
période maximale de 24 mois afin de satisfaire au délai de carence.

Période d'admissibilité
Certains contrats prévoient que pour être admissible à une rente d'invalidité partielle ou
proportionnelle, il faut d'abord avoir été invalide totalement pendant une période donnée.

Voici un exemple :

█ Un contrat d'assurance invalidité ne devrait pas comporter de période


d'admissibilité.

5.1.10 — Durée des prestations


Les contrats d'assurance invalidité perte de revenu prévoient le versement de
prestations pour une période maximale (tant que persiste l'invalidité) de deux ans, cinq
ans, 10 ans ou jusqu'à l'âge de 65 ans.

Certains contrats prévoient des conditions de renouvellement après l'âge de 65 ans,


sous réserve d'un changement de prime. Le titulaire a le droit de maintenir la police en
vigueur au-delà de la date d'expiration, sous réserve de certaines conditions. L'âge de

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l'assuré, sa valeur nette et le nombre d'années qu'il lui reste avant l'âge de la retraite
constituent des éléments essentiels dans le choix de la période de versement des
prestations. Si une personne compte prendre sa retraite dans cinq ou 10 ans, et ce,
avant l'âge de 65 ans, une couverture de cinq ou 10 ans pourrait combler le besoin à un
taux plus avantageux. Chaque situation mérite d'être analysée avec soin dans une
approche globale de planification financière intégrée.

En général, l'on opte pour une assurance dont les prestations sont payables jusqu'à
l'âge de 65 ans. En effet, une invalidité de longue durée est beaucoup plus désastreuse
qu'une invalidité de courte durée, d'où l'importance de bâtir un fonds d'urgence afin de
combler les besoins de courte durée et, de cette manière, de prolonger le délai de
carence au maximum.

█ La réduction de prime reliée au délai de carence plus long peut servir à défrayer
les coûts relatifs à une assurance de longue durée jusqu'à 65 ans. Parfois,
l'allongement du délai de carence peut libérer un budget suffisant à l'ajout
d'avenants ou d'options qui garantissent l'indexation des prestations en fonction de
l'inflation ou l'achat de protections additionnelles. Les contrats d'assurance
invalidité doivent être personnalisés.

Voici un exemple qui illustre l'effet de la prolongation du délai de carence :


Exemple 3-3
Un homme de 40 ans, non-fumeur, de catégorie 4A (gestionnaire, professionnel,
employé cadre, etc.), dont la protection requise est de 3 000 $ par mois non imposable
et dont le délai de carence est de 30 jours et la rente payable pendant 5 ans avec clause
d'invalidité proportionnelle, paierait jusqu'à 2 185 $ par année pour une telle protection.
Cependant, si l'invalidité se prolonge au-delà de cinq ans et que les besoins existent
toujours, l'assuré se retrouve dans une situation difficile.

Cependant, s'il choisit le délai de carence de 60 jours et que l'on allonge la période des
prestations jusqu'à l'âge de 65 ans, la prime s'élève à 1 954 $.

Avec un délai de carence de 90 jours, et une période de prestation allant jusqu'à 65 ans,
la prime est alors de 1 627 $.

Cet exemple illustre que le choix du délai de carence et de la période de versement des
prestations a une incidence importante sur le coût de la prime.

5.1.11 — Invalidité totale


Les quatre principales définitions d'invalidité totale sont (par ordre croissant de
protection) :

• 1. Incapacité d'accomplir tout travail rémunérateur.


• 2. Incapacité d'accomplir tout travail rémunérateur pour lequel l'assuré serait
qualifié par son éducation, sa formation ou son expérience.
• 3. Incapacité d'exercer son travail habituel et qui n'exerce aucun autre emploi
rémunéré.
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• 4. Incapacité d'exercer son travail habituel. Souvent appelé occupation propre


(anglicisme).

La première définition est la plus restrictive. Les définitions d'invalidité de la CNESST et


du RRQ (avant 60 ans) sont dans cette catégorie.

La quatrième définition est la moins restrictive. Avec cette dernière, l'assuré peut alors
occuper un autre emploi et recevoir, quand même, la totalité des prestations.

Avec la troisième définition, l'assuré n'est pas obligé d'exercer une autre profession.
Mais s'il le fait, il ne sera pas considéré comme totalement invalide. Selon les contrats, il
sera alors en invalidité partielle ou non.

Certains contrats prévoient que la troisième définition s'applique pendant les premières
années qui suivent le début de l'invalidité (par exemple deux ans) et la deuxième
définition s'applique par la suite.

Avec la deuxième définition, plus une personne est éduquée, a de la formation ou de


l'expérience, plus cette définition la protège adéquatement.

Les contrats prévoient, généralement, aussi que l'invalide doit recevoir les soins
réguliers d'un médecin.

Éléments de planification
Le choix de la définition d'invalidité est principalement en fonction de la profession du
client. Par exemple, la quatrième définition est appropriée pour un chirurgien qui pourrait
potentiellement exercer un autre travail s'il devenait invalide.

Par contre, pour certains types de travail, les deuxième et troisième définitions sont
appropriées. Par exemple, si un planificateur financier ne peut plus exercer son travail,
quel autre type de travail pourrait-il exercer en fonction de son éducation, de sa
formation et de son expérience?

Par contre, si ce planificateur financier exerce principalement des tâches de gestion, il


est possible qu'une situation de stress l'empêche d'exercer son travail habituel
(gestionnaire), mais qu'il puisse exercer un travail de planificateur financier. Dans le
dossier Paul Revere Life Insurance Co. c. Sucharov72, la Cour suprême du Canada a
statué sur une situation plus ou moins similaire, celle d'un propriétaire-directeur d'une
entreprise de courtage en assurances générales.

Modification du risque professionnel


En assurance invalidité, l'assuré a parfois intérêt à informer son assureur lorsqu'il
change de profession. En effet, si l'assuré décide d'exercer une profession plus à risque,
l'assureur a le droit (à moins qu'il y ait renoncé dans le contrat) de payer une partie
seulement de la rente d'invalidité.

À l'inverse, si l'assuré exerce maintenant une profession moins risquée, il a droit à une

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réduction de prime. Voici ce qu'écrit l'article 2439 du Code civil du Québec à ce sujet :
L'assureur peut, lorsqu'il y a eu aggravation du risque professionnel persistant pendant
six mois ou plus, réduire l'indemnité prévue par le contrat d'assurance contre la maladie
ou les accidents, à la somme qui aurait été payable en fonction de la prime stipulée au
contrat, pour le nouveau risque.

Cependant, lorsqu'il y a diminution du risque professionnel, il est tenu, à compter de


l'avis qu'il en reçoit, de réduire le taux de la prime ou de prolonger l'assurance en
fonction du taux correspondant au nouveau risque, au choix du preneur.

5.1.12 — Invalidité partielle ou proportionnelle


Il existe plusieurs définitions d'invalidité partielle. Les compagnies d'assurance font
souvent une distinction entre les invalidités dites partielles et les invalidités dites
proportionnelles (parfois appelées invalidés résiduelles).

Bien que chaque contrat soit unique, les définitions d'invalidité partielle sont
généralement reliées aux notions de tâches et de temps, alors que les définitions
d'invalidité proportionnelle sont généralement reliées aux notions de perte de revenu.
Une perte minimale de 20 % du revenu est généralement exigée pour que l'assureur
indemnise l'assuré. Ceci sert à diminuer le nombre de petites réclamations qui
augmenteraient les frais d'administration.

Une définition pourrait être plus avantageuse qu'une autre selon le type d'invalidité qui
affectera l'assuré dans l'avenir. Avec une définition reliée aux tâches ou au temps, le
rentier pourrait soit être gagnant (recevoir une prestation supérieure à sa perte de
revenu) ou perdant (recevoir une prestation inférieure à sa perte de revenu). Alors
qu'avec une définition proportionnelle, le rentier sera indemnisé pour sa perte de revenu
réelle. Cette dernière transfère donc plus adéquatement les conséquences financières
du risque d'invalidité à l'assureur.

Revenu gagné avant l'invalidité


Lors d'une invalidité totale, l'assureur a généralement l'obligation contractuelle de verser
l'indemnité prévue dans le contrat, même si le revenu de la personne a augmenté ou
diminué. L'assuré reçoit le plein montant de la prestation prévue.

Lors d'une invalidité proportionnelle, l'assureur doit évaluer le revenu gagné avant
invalidité afin de déterminer la rente mensuelle à être versée. Voici un exemple de
définition de revenu gagné avant invalidité :
Par «revenu gagné avant invalidité», on entend le plus élevé des montants suivants :

• le revenu mensuel moyen gagné au cours de toute période de 6 mois civils


consécutifs pendant les 24 mois qui précèdent le début de l'invalidité;
• le revenu mensuel moyen gagné au cours de l'année civile qui précède
immédiatement le début de l'invalidité; ou
• le revenu mensuel moyen le plus élevé gagné au cours de 2 années
consécutives au cours de la période de 3 ans qui précède immédiatement le début
de l'invalidité.

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Ainsi, l'assuré qui aurait perdu son emploi quelques mois avant l'invalidité aurait tout de
même droit à une rente mensuelle proportionnelle, dans ce cas-ci, basée sur le revenu
mensuel moyen le plus élevé gagné au cours de deux années consécutives au cours de
la période de trois ans qui précède immédiatement le début de l'invalidité.

La «perte de revenu gagné» est la différence entre le revenu gagné avant invalidité et le
revenu mensuel gagné. Autrement dit, l'assuré recevra un pourcentage de sa rente
assurée qui correspond au pourcentage de sa perte de revenu.

Revenu gagné avant invalidité indexé selon l'inflation


Le revenu gagné avant invalidité est rajusté annuellement à partir du treizième mois qui
suit le début de l'invalidité comme il est décrit à la clause Indexation du revenu gagné
avant invalidité pour tenir compte des changements de l'indice des prix à la
consommation.

5.1.13 — Options, garanties additionnelles et avenants


Parmi les options suivantes, certaines sont incluses automatiquement dans la protection
de base de certains contrats d'assurance en cas d'invalidité tandis que les autres doivent
être ajoutées.

Exonération du paiement des primes en cours d'invalidité : Le titulaire du contrat n'a plus
à payer les primes après un nombre donné de jours d'invalidité, souvent après 90 jours.
L'assureur rembourse toutes les primes payées depuis le début de l'invalidité. Il y a
exonération des primes jusqu'à la date de cessation de l'invalidité.

Avenant d'assurance complémentaire ou options d'assurance garantie future : Cet


avenant est important, surtout si la personne assurée pense que son revenu augmentera
dans les années à venir. Cet avenant permettra à cet assuré d'augmenter sa rente
mensuelle sans avoir à fournir de preuve de bonne santé. Les conditions peuvent varier
d'une compagnie à une autre, mais, dans l'ensemble, il s'agit de la possibilité d'acheter
de l'assurance supplémentaire à chaque anniversaire d'assurance d'après des montants
maximums préétablis, aux mêmes conditions que le contrat initial, mais au taux de l'âge
atteint. Cet avenant peut valoir une mine d'or pour la personne dont l'état de santé aura
changé (p. ex. : diabète, cancer, hypertension, problèmes de dos, etc.), ce qui aurait
normalement entraîné des surprimes, des exclusions ou un refus par l'assureur pour
toute demande de protection supplémentaire. Le montant maximum de l'avenant est
souvent déterminé par un multiple de la prestation de base du contrat.

Indexation au coût de la vie en cours d'invalidité ou avenant de redressement en


fonction du coût de la vie : L'assureur augmente la rente d'invalidité pour compenser les
effets de l'inflation. Cet avenant devrait être inclus dans tous les contrats, sauf peut-être
lorsque l'assuré est à quelques années de sa retraite. Voir à ce sujet la section [Link],
Indexation des prestations. Certains contrats offrent également des options à taux fixes,
taux qui n'est pas fonction de l'inflation. Par contre, ce taux est généralement un taux
simple. Autrement dit, le montant de l'augmentation de la rente est toujours le même, il
n'y a pas d'augmentation sur l'augmentation comme lorsque les taux sont composés.

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Avenant d'assurance décès ou mutilation par accident : Cet avenant verse une somme
forfaitaire selon un barème préétabli lors d'un décès accidentel ou d'une perte
accidentelle de l'usage (souvent la mutilation) de certains membres, d'organes ou de
capacités. Cet avenant n'est généralement pas utile. Car ce n'est pas la cause de
l'invalidité qui est importante, mais ses conséquences.

Avenant de protection de la santé : Cet avenant est offert aux professionnels de la santé.
Ceux-ci seraient considérés comme invalides si une loi ou un règlement leur interdisait
d'exercer leur profession parce qu'ils sont atteints du VIH ou de l'hépatite. Ce type de
restriction n'existe pas présentement.

Option de revenu au premier jour d'hospitalisation : L'assureur verse, pour chaque jour
durant lequel l'assuré est hospitalisé au cours du délai de carence, une somme
préétablie. Cet avenant est utile dans les pays dont l'assurance hospitalisation est
déficiente.

Option de revenu viager : Certains assureurs offrent des options de prestations viagères
en cas d'accident et de maladie, de façon à poursuivre le versement de la rente jusqu'au
décès.

Avenant de suppression de l'exigence de ne pas travailler dans une profession : Cette


protection procure une rente mensuelle en cas d'invalidité totale au titre de la profession
habituelle de l'assuré même s'il exerce un autre emploi. Dans certains cas, cela permet
à l'assuré de s'enrichir lors d'une invalidité. Cette option est surtout connue sous
l'anglicisme d'occupation propre.

Avenant de retour de primes ou avenant de remboursement des primes au rachat :


Selon les compagnies, l'assureur prévoit le remboursement des primes payées jusqu'à
concurrence d'un pourcentage spécifié si les demandes de règlement en invalidité ont
été inférieures à un certain seuil. Cet avenant est souvent à l'avantage de l'assureur :

• Car il peut inciter les assurés, soit à ne pas réclamer lors d'invalidité de courte
durée, soit à racheter leurs contrats pour tirer profit du remboursement des primes.
La prime réelle pour cette option est donc supérieure à la prime apparente de
l'option. Il faut faire une comparaison avec une assurance invalidité qui a un délai
de carence plus long, voire une durée des prestations inférieure.
• Le droit au remboursement s'effectue souvent à un âge où la probabilité de
devenir invalide s'accroît.
• Lorsque le client devient invalide et perd son droit au remboursement, le
rendement sur les primes de cette option devient alors — 100 %.

Il est important de se rappeler que les actuaires calculent les primes pour que la totalité
de celles-ci (en valeur actualisée) soit supérieure à la valeur des prestations (en valeur
actualisée). Cette règle est valable avec ou sans l'option de remboursement des primes.

Avenant relatif à l'épargne-retraite : La rente est déposée dans un contrat d'épargne-


retraite non enregistré. Les dépôts commencent après le délai de carence
(généralement 90 jours) et se poursuivent jusqu'à concurrence de la durée maximale

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prévue ou tant que l'invalidité totale persiste. Les dépôts accumulés sont disponibles à la
retraite. Il est permis d'effectuer des retraits partiels pour défrayer les impôts reliés à
l'accumulation. Les montants ne peuvent pas être enregistrés aux fins d'impôt sur le
revenu. En effet, les intérêts accumulés dans le compte sont imposables chaque année.

En général, les prestations disponibles varient entre 300 $ et 1 500 $ et peuvent être
limitées par un pourcentage du revenu professionnel mensuel du demandeur (p. ex. :
20 %) ou par un multiple du contrat de base.

Il est également possible d'acheter cette protection dans un contrat séparé plutôt que
sous forme d'avenant.

5.1.14 — Autres types d'assurance invalidité


Police frais généraux de bureau : Cette garantie vise à rembourser les dépenses
nécessaires pour maintenir l'exploitation d'un commerce ou le fonctionnement d'un
bureau lorsqu'un accident ou une maladie entraîne l'incapacité totale de l'assuré.

Ce sont davantage les professionnels, les travailleurs autonomes ou les propriétaires de


petites entreprises qui ont besoin de ce type de protection.

Lorsque l'assuré est invalide, l'entreprise subit alors une perte de facturation, mais les
dépenses continuent. Une police qui assure les frais généraux de bureau rembourse les
frais généraux admissibles, tels que le loyer, les taxes, l'électricité, le chauffage, le
téléphone et le salaire du personnel, jusqu'à concurrence d'un montant maximum
préétabli. On ne peut utiliser cette assurance pour payer un remplaçant.

En général, la rente est versée pour une période allant de 3 à 24 mois. La durée des
prestations devrait être choisie en fonction de la période nécessaire pour réorganiser les
activités de l'entreprise. Par exemple, le temps qu'un remplaçant puisse facturer
suffisamment pour assumer les dépenses de l'entreprise ou que cette entreprise soit
vendue.

Tout comme en substitution de revenu, le délai de carence est variable et s'étend en


général de 15 à 90 jours. L'assuré peut ainsi faire face, en totalité ou en grande partie, à
ses dépenses. Il n'aura pas à utiliser ses propres prestations de substitution de revenu
pour défrayer les coûts ou encore recourir au licenciement de son personnel.

La prime versée pour une police frais généraux de bureau est déductible d'impôt et les
prestations sont imposables.

Assurance invalidité pour personne-clé ou pour un collaborateur essentiel à l'entreprise :


Cette police a pour but d'indemniser l'entreprise pour la perte des services d'une
personne-clé ou d'un collaborateur essentiel.

La prime payée n'est pas déductible d'impôt. Les prestations touchées sont non
imposables, mais non admissibles au Compte de dividende en capital (CDC). La police
doit être détenue par l'entreprise et ne peut être cédée.

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Les propriétaires uniques, de même que les employés actionnaires de petites


entreprises détenant une part de 10 % ou plus dans l'entreprise ne sont pas admissibles
à ce type d'assurance. Les associations professionnelles et les couples mariés non plus.
Le délai de carence est habituellement de 30 jours et la période d'indemnité d'un an.

Financement des conventions d'achat-vente


Qu'arriverait-il à l'entreprise si l'un ou l'autre des propriétaires ou associés souffrait d'une
invalidité pendant très longtemps. Cela pourrait avoir des conséquences encore plus
fâcheuses que le décès. Dans le cadre d'une convention d'achat-vente entre associés,
on prévoit en général ces éventualités. Toutefois, il se peut que, lors de la rédaction de la
convention de rachat, l'on n'ait pas pris en considération les conséquences d'une longue
invalidité.

Aux termes de ce type de police, une rente ou un montant forfaitaire accompagné d'une
rente est payable si une invalidité totale de longue durée oblige le partenaire à disposer
de ses intérêts dans l'entreprise selon les termes de la convention de rachat en cas
d'invalidité. Par invalidité totale, l'assureur entend que l'assuré ne peut exercer les
fonctions importantes de son emploi habituel en raison de maladie ou de blessure. La
rente ou le montant forfaitaire devient payable après le délai de carence. Ce dernier peut
être de 12, 18, 24 ou 36 mois. Les paiements mensuels peuvent s'échelonner sur une
période de 60 mois. Certains assureurs acceptent même de majorer la valeur de la
protection pour couvrir l'intérêt exigible sur les paiements fractionnés.

Habituellement, lorsque le paiement est une somme forfaitaire, les assureurs couvriront
jusqu'à 90 % de la valeur détenue par la personne assurée, et jusqu'à 100 % lorsque les
paiements mensuels sont choisis.

La prestation forfaitaire maximale est habituellement de 1 000 000 $ lorsque le délai de


carence est de un an. Cependant, selon la classe occupationnelle, et pour un délai plus
long, c'est-à-dire 18 mois et plus, le maximum pourrait atteindre 1 500 000 $. Ce même
principe s'applique pour les versements mensuels.

Certains assureurs exigent qu'une convention entre actionnaires soit déjà en vigueur ou
qu'elle soit mise en place dans des délais rapprochés, sinon la protection est invalidée.

Tableau 3-5

Avantages d'une convention de rachat

Associé actif Associé invalide

• Garantit le rachat de la • Garantit la vente de la participation

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participation de l'invalide à un prix à un prix déterminé à l'avance


déterminé

• Empêche la famille de l'invalide de • Libère la famille du besoin de


s'immiscer dans l'entreprise s'occuper de l'entreprise

• Empêche les concurrents • Transforme la participation en


d'acheter la participation de argent liquide
l'invalide

• Ne perturbe guère l'encaisse s'il • Élimine les risques de pertes


est provisionné par de l'assurance futures de l'entreprise

Points essentiels à inclure dans une convention de rachat (convention entre associés ou
actionnaires) :
1) s'assurer que l'expiration du délai de carence de la police de rachat en cas d'invalidité
correspond à la date du déclenchement du rachat précisée à la convention de rachat;

2) s'assurer que le mode de financement du rachat qui figure dans la convention est le
même que celui du paiement des indemnités prévu à la police de rachat en cas
d'invalidité (c.-à-d. paiement forfaitaire, paiements périodiques échelonnés sur 1, 2, 3, 4
ou 5 ans ou bien une combinaison des deux modes);

3) titulaire du contrat
a) s'il s'agit d'un rachat par les dirigeants de l'entreprise, le titulaire du contrat doit être
une personne physique,

b) dans le cas d'un rachat par l'entreprise elle-même, le titulaire du contrat doit être
l'entreprise. La prestation n'est pas admissible au CDC;

4) la convention ne doit pas contenir de définition de l'invalidité, mais plutôt énoncer que
l'invalidité de la personne doit répondre aux conditions figurant dans la police de rachat
en cas d'invalidité pour que la demande d'indemnisation soit acceptée par l'assureur;

5) la valeur minimale en dollars du rachat doit être établie comme étant le montant de
l'assurance de rachat en cas d'invalidité qui est en vigueur.

Protection prêt commercial


Certains assureurs offrent un produit «protection prêt commercial» qui permettra le
versement, soit d'une indemnité périodique, soit d'une prestation forfaitaire afin de
procurer les fonds nécessaires au paiement des intérêts ou du solde des prêts
d'entreprise, des marges de crédit ou des découverts bancaires, en cas d'invalidité totale
du propriétaire d'entreprise. Les prêts admissibles sont notamment ceux sur le matériel,
les biens et les immeubles destinés à la seule exploitation de l'entreprise.

Il y a des indemnisations minimales ainsi que maximales selon la catégorie d'occupation


de l'assuré. Avec un délai de carence de 30, 60 ou 90 jours, l'indemnisation périodique
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peut représenter 100 % du prêt commercial et des intérêts et aura une période maximale
(p. ex. : 24 mois). Avec un délai de carence de 365 jours, le versement forfaitaire
représentera 75 % du prêt commercial et se fera en versements étalés sur une période
spécifique.

Certains critères s'appliquent. À titre d'exemple, la personne assurée doit détenir une
participation minimale dans l'entreprise (p. ex. : 25 %) ou, encore, l'entreprise doit avoir
été en opération depuis un certain temps et avoir une valeur minimale.

Protection-retraite
Certains assureurs offrent la protection-retraite, décrite précédemment comme avenant
relatif à l'épargne-retraite, comme produit autonome.

(3) 5.2 — Assurance en cas de maladie grave


L'assurance invalidité perte de revenu, comme nous l'avons vu, remplace la perte de
revenu mensuel. Cela ne procure cependant pas de sommes immédiates disponibles
pour aider l'individu affecté et son entourage à gérer des besoins financiers éventuels
lors d'une maladie grave.

L'assurance maladies graves (AMG) — aussi appelée «maladies redoutées» —


introduite dans les années 1990, prévoit le versement d'un montant forfaitaire, après
l'expiration du délai prescrit par le contrat, lors du diagnostic de l'une des maladies
assurées.

L'AMG ne devrait pas remplacer l'assurance invalidité, mais plutôt en être un


complément. En effet, l'AMG ne couvre que certaines maladies, alors que l'assurance
invalidité couvre les accidents et les maladies. L'AMG est à l'assurance invalidité, ce
qu'est l'assurance décès accidentel à l'assurance vie, autrement dit une protection
partielle qui ne couvre que certaines causes.

Avant la retraite, une invalidité entraîne automatiquement pour les travailleurs une perte
de revenus; revenus qui sont nécessaires au paiement du coût de vie et à l'épargne en
prévision de la retraite. Une maladie grave peut possiblement entraîner des frais
supplémentaires non couverts par les régimes publics ou par une assurance maladie
complémentaire.

En général, la prestation est payable si la personne survit 30 jours après le diagnostic de


la maladie couverte. Si l'assuré décède avant la 31e journée, aucune prestation n'est
versée.

Cette prestation est exempte d'impôt et peut servir à couvrir n'importe quelle éventualité
financière et éviter à la personne affectée, ou à sa famille, d'avoir à faire des ponctions
majeures dans ses sommes accumulées, son fonds de retraite ou à liquider des actifs.

5.2.1 — Maladies couvertes


Les quatre principales maladies ou états pathologiques couverts sont :

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• cancer;
• crise cardiaque (infarctus du myocarde);
• accident vasculaire cérébral (AVC);
• pontage coronarien.

La liste des maladies couvertes peut varier d'une compagnie à une autre. De plus, les
éléments déclencheurs de l'ouverture à l'indemnité pourraient être légèrement différents,
par exemple, le stade atteint par le cancer, ou la façon par laquelle la crise cardiaque est
diagnostiquée (enzymes versus changement dans l'électrocardiogramme).

Le tableau suivant illustre la probabilité d'être atteint d'un cancer, par période de dix ans,
selon l'âge et selon le sexe. La probabilité augmente beaucoup avec l'âge. La probabilité
qu'un assureur ait à payer une prestation est donc faible lorsque la durée du contrat est
temporaire, particulièrement pour les contrats qui sont annulés avant 60 ou 70 ans.

Tableau 3-5.0.1

Probabilité d'être atteint d'un cancer1

Cancer/âge Vie 30-39 40-49 50-59 60-69 70-79

Homme Tous 49,4 % 0,7 % 1,8 % 6,0 % 14,6 % 22,7 %

Prostate 14,1 % 0,0 % 0,2 % 1,7 % 5,0 % 6,2 %

Poumon 8,7 % 0,0 % 0,1 % 0,7 % 2,2 % 4,0 %

Colorectal 7,4 % 0,1 % 0,2 % 0,8 % 1,9 % 3,1 %

Femme Tous 45,4 % 1,4 % 3,3 % 6,5 % 11,1 % 16,0 %

Sein 12,4 % 0,4 % 1,3 % 2,3 % 3,3 % 3,6 %

Poumon 7,1 % 0,0 % 0,2 % 0,7 % 1,8 % 2,9 %

Colorectal 6,4 % 0,1 % 0,2 % 0,6 % 1,2 % 2,2 %

1. Statistiques canadiennes sur le cancer 2017, .

La probabilité d'être atteint d'un cancer varie beaucoup selon les habitudes de vie. Les
non-fumeurs ont peu de risque d'être atteints du cancer du poumon. La consommation
de tabac est une des principales causes de plusieurs types de cancer. De plus, «le fait
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de consommer beaucoup de fruits et de légumes, de maintenir un poids santé et de faire


de l'exercice permet de prévenir environ un tiers des 12 principaux types de cancer»73.

Selon le site Internet de la CSF74 :


«Selon une étude de Munich Re, il y a eu 1 472 réclamations en assurance maladies
graves au Canada en 2009. La prestation moyenne était de 78 937 $. L'âge moyen des
réclamants était de 49,8 ans chez les hommes et de 47,7 ans chez les femmes.

Cette année-là, les assureurs ont refusé 20 % des réclamations en assurance maladies
graves. En comparaison, en 2005, ils en avaient refusé 29 %. Selon BMO assurances,
l'uniformisation des définitions d'assurance maladies graves a peut-être contribué à
l'amélioration des taux de règlement d'AMG.

Une autre étude de Munich Re nous apprend que depuis le lancement du produit au
milieu des années 1990 jusqu'en 2010, le non-respect de la définition au contrat a
entrainé 41 % des refus au Canada.

Pour 20 % des cas, le refus faisait suite à une fausse déclaration.

Dans 19 % des refus, les assurés ont fait une réclamation pour une affection non
couverte par leur police.»

5.2.2 — Principaux risques financiers


Si l'assuré a une bonne assurance invalidité perte de revenu, il ne devrait pas subir de
conséquences financières importantes. Par contre, parfois il pourrait devoir payer des
frais supplémentaires, non couverts par les régimes d'État.

Le bénéficiaire de la prestation d'AMG pourra, entre autres, si sa maladie correspond


aux maladies incluses dans le contrat :

• peut-être obtenir des traitements et autres services diagnostiques plus


rapidement, qu'ils soient offerts ici ou dans d'autres pays;
• couvrir les pertes de revenu du conjoint, qui doit s'absenter partiellement ou
complètement de son travail pour des périodes indéterminées;
• payer la garde des enfants;
• couvrir les coûts reliés aux soins à domicile : services infirmiers constants et
prolongés à la résidence, entretien domestique, etc. Par contre, une assurance
soins longue durée est plus adéquate pour couvrir ce type de dépenses (voir la
section 5.3, Soins de longue durée);
• payer les coûts d'adaptation d'un véhicule automobile ou d'une maison.

5.2.3 — Types de contrat


Le contrat type est, en général, offert sous les formes suivantes :

• temporaire 10 ans, renouvelable jusqu'à 75 ans et transformable jusqu'à 65 ans;


• temporaire 20 ans;
• temporaire à prime uniforme jusqu'à 75 ans, libérée à 65 ans;

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• temporaire à prime uniforme jusqu'à 75 ans;


• permanente à prime uniforme, libérée à 100 ans.

Puisque le délai d'attente est toujours le même, les primes varient selon l'âge à
l'établissement de la police, le sexe de l'individu, le capital assuré, les avenants inclus et
l'historique médical.

5.2.4 — Critères d'admissibilité


Le demandeur qui a déjà eu une maladie et qui souffrirait à nouveau de la même
maladie ou d'une maladie connexe, telle le cancer, les problèmes cardiaques, la maladie
d'Alzheimer, la fibrose kystique, l'abus d'alcool ou de drogues, les maladies rénales, le
diabète, la transplantation d'organe, le lupus, l'hémophilie, l'hépatite, etc., sera fort
probablement refusé ou cette maladie sera exclue.

L'âge à l'établissement se situe entre 0 et 65 ans. Certains assureurs offrent un avenant


pour couvrir les enfants jusqu'à un certain maximum par enfant (p. ex. : 25 000 $).

Le risque d'être atteint varie beaucoup selon que le client consomme ou non du tabac.
Par exemple, un fumeur qui cesse de fumer réduit son risque de maladie du cœur de
moitié en un an. Une personne qui «bouge» réduit son risque de faire une crise
cardiaque de 55 %75.

Les antécédents familiaux jouent aussi un rôle important. L'assureur prendra en


considération les probabilités statistiques de prédispositions de certains individus à
certaines maladies, lorsque l'une ou plusieurs des personnes immédiates de la famille,
telles le père, la mère, le frère ou la sœur, en ont déjà été affectés. Ces considérations
pourraient donner lieu à des surprimes et parfois même à un refus.

Cependant, contrairement à l'assurance invalidité, l'occupation de l'individu ne joue pas


un rôle important dans la tarification.

MISE EN GARDE

Il faut faire très attention aux statistiques publiées par certains assureurs, car
celles-ci ne correspondent pas à celles des personnes qu'elles acceptent
d'assurer au tarif régulier.

Il est très important que l'assuré remplisse avec précaution le questionnaire médical, car
plusieurs demandes d'indemnisation ont été refusées parce que l'assuré n'avait pas
répondu adéquatement aux questions.

5.2.5 — Avenants, clauses et marketing

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La disponibilité de certains avenants et clauses particulières varie d'un assureur à


l'autre.

Augmentation automatique de la prestation


Cet avenant de garantie facultatif prévoit des hausses automatiques de la prestation de
maladie grave à certains anniversaires de la police, par exemple aux 3e, 6e et 9e
anniversaires. Cette hausse est assujettie à un maximum global et la prime liée à cette
augmentation n'est pas garantie et sera établie en fonction des règles et du taux de la
compagnie à cette date.

Exonération des primes en cas d'invalidité


Cet avenant prévoit le paiement de la prime par l'assureur lorsque l'assuré est
totalement invalide tel que défini au contrat pour une période de 90 jours consécutifs, et
ce, pendant la durée de l'invalidité jusqu'à 65 ans. Lorsque le payeur a suffisamment
d'assurance invalidité, cette option est inutile.

Remboursement des primes au rachat ou à l'expiration


Cet avenant permet le remboursement des primes déboursées, en partie ou en totalité, à
des moments spécifiques (p. ex. : tous les 15 ans), ou à l'échéance du contrat.
L'utilisation de cet avenant met fin au contrat. Les conditions varient d'un assureur à
l'autre. L'assureur a souvent intérêt à ce que l'assuré exerce cette option en rachetant
son contrat, car il diminue alors son risque de payer en cas de maladie grave. Le droit au
remboursement s'effectue souvent à un âge où la probabilité de devenir malade
s'accroît. Voir à ce sujet le tableau 3-5.0.1 : Probabilité d'être atteint d'un cancer.

Il est important de se rappeler que les actuaires calculent les primes pour que la totalité
de celles-ci (en valeur actualisée) soit supérieure à la valeur des prestations (en valeur
actualisée). Cette règle est valable avec ou sans l'option de remboursement des primes.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

La souscription de cet avenant ne devrait être conseillée qu'avec des contrats


temporaires. Si le besoin est permanent, cet avenant n'est d'aucune utilité pour le
client.

Remboursement des primes en cas de décès


Advenant le décès de l'assuré, cet avenant permet le remboursement de la totalité des
primes versées, peu importe la cause du décès, si la prestation en cas de maladie grave
n'a pas été versée. Il est généralement plus coûteux qu'une assurance vie ayant un
capital correspondant aux primes payées pour l'AMG.

Référence de soutien médical

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Certains assureurs présentent, dans leurs contrats et leur marketing de produits, un


service de référence médicale pour assister l'assuré dans sa recherche des meilleurs
soins possibles (p. ex. : BestDoctors, Health Resources and Technology). Cependant, il
s'agit ici de simple marketing ou d'ententes pour des services à coûts réduits, car
l'assureur n'assume pas les frais de ce service, ni ne les garantit. De plus, ce service
n'est pas exclusif à l'assureur, mais bien disponible à la population en général.

Ce service comprend habituellement :

• la consultation d'une panoplie d'experts médicaux pour obtenir une deuxième


opinion sur un diagnostic;
• l'identification des médecins réputés pour un traitement spécifique, ici et partout
dans le monde;
• l'assistance pour l'obtention de traitements, de même que pour les frais afférents,
dont, entre autres, les déplacements et l'hébergement;
• la coordination des demandes de renseignements.

5.2.6 — Fiscalité76
Comme l'assurance maladies graves (AMG) est un produit relativement nouveau, les
textes de loi et la fiscalité actuels ne traitent pas précisément de ce type d'assurance. De
ce fait, les diverses législations provinciales sur l'assurance qui ont trait à l'«assurance
contre la maladie ou les accidents» et les interprétations techniques de l'Agence du
revenu du Canada (ARC) régissent actuellement la vente et la commercialisation de
l'AMG.

Il est important de connaître la position actuelle de l'ARC sur l'AMG, de façon à inclure
avantageusement ce produit dans la planification financière des clients. Comme l'AMG
est un domaine en pleine expansion du secteur des services financiers, il est essentiel
d'en comprendre la fiscalité.

Statut juridique au Canada


La qualification des produits de l'assurance maladies graves dépend de la législation
provinciale qui leur est applicable et peut avoir des répercussions sur leur traitement à
des fins fiscales. Fort heureusement, les lois sur les assurances sont similaires dans la
plupart des provinces de common law. À ce titre, les produits individuels d'AMG que l'on
trouve actuellement sur le marché répondent généralement aux exigences des lois
provinciales pour être de l'«assurance contre la maladie ou les accidents».

Par contre, certaines caractéristiques du produit, telles le remboursement des primes ou


un avenant de maladies graves annexé à un contrat d'assurance vie, sont parfois source
d'incertitudes sur le plan juridique, affectant de ce fait le traitement fiscal, selon l'usage
qui est fait des contrats.

Le Code civil du Québec prévoit un système global applicable aux produits d'«assurance
de personnes» qui incluent les contrats d'«assurance contre la maladie ou les
accidents». Ce système permet la désignation de bénéficiaires pour n'importe quel type
de contrat77 d'«assurance de personnes». De plus, le Code civil facilite l'application de

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concepts de vente plus complexes de l'AMG en indiquant officiellement que les clauses
accessoires d'un contrat d'assurance contre la maladie ou les accidents sont régies par
les dispositions relatives au contrat principal78.

Considérations fiscales
Les produits d'assurance maladies graves ne sont pas nommément couverts par la Loi
de l'impôt sur le revenu. Leur traitement fiscal est étroitement lié à leur qualification
juridique à titre de produit d'assurance vie ou de produit d'assurance contre la maladie
ou les accidents, en vertu des législations provinciales.

Jusqu'à maintenant, pour l'AMG, l'Agence du revenu du Canada tend à interpréter les
lois existantes, ne jugeant pas encore nécessaire d'apporter des changements ou des
additifs afférents directement à l'AMG.

Les opinions et les interprétations techniques de l'ARC n'ont pas force de loi et ne lient ni
le ministère des Finances ni l'ARC. Il est donc important de tenir compte de certains
facteurs lorsque la planification financière et fiscale met en jeu l'AMG, autant pour les
contrats détenus par des particuliers que pour ceux dont les titulaires sont des sociétés :

• primes non déductibles : les primes payées ne sont déductibles du revenu


imposable ni pour les contrats détenus par des particuliers ni pour ceux dont les
titulaires sont des sociétés.
• prestations non imposables : le produit prévoit le versement d'un montant
forfaitaire non imposable lors du diagnostic d'une maladie grave. Les
interprétations techniques données par l'ARC privilégient cette position avec les
contrats autonomes d'AMG. Cependant, pour les contrats dans lesquels l'AMG est
une clause accessoire à un contrat d'assurance vie, le versement de la prestation
de maladie grave est une disposition du vivant, ce qui entraîne un impact fiscal.
Les prestations d'AMG, comme les autres prestations d'assurance contre la
maladie ou les accidents, ne sont pas admissibles au compte de dividende en
capital.

5.2.7 — Exclusions
Certaines exclusions s'appliquent à l'assurance en cas de maladie grave. Il faut donc en
prendre connaissance dans la proposition ou dans le contrat.

5.2.8 — Conditions préexistantes


Aucune prestation n'est payable en vertu de maladies graves ayant fait l'objet ou non
d'un diagnostic prononcé à la suite de l'apparition de symptômes, de soins médicaux
recommandés, requis ou obtenus, ou de prescription de médicaments, avant la date
d'effet du contrat ou de sa dernière remise en vigueur.

De plus, pour certaines maladies, telles le cancer, il pourrait y avoir une exclusion si la
maladie est diagnostiquée ou si les symptômes apparaissent dans les premiers 90 jours
suivant la date d'effet du contrat ou de sa dernière remise en vigueur.

5.2.9 — Détention personnelle ou par une société?

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Il existe trois possibilités :


1. L'actionnaire est le titulaire et le bénéficiaire;

2. La société est la titulaire et l'actionnaire est le bénéficiaire;

3. La société est la titulaire et la bénéficiaire.

À titre d'illustration, nous allons supposer que le capital assuré est de 100 000 $, que la
prime annuelle est de 1 000 $, que le taux marginal de l'actionnaire est de 53,31 %, que
son taux d'imposition sur les dividendes non déterminés est de 46,25 % et que sa
société est imposée au taux de 15 % (2019).

1. — L'actionnaire est le titulaire et le bénéficiaire


Dans cette situation, sa société devra lui verser soit un salaire, soit un dividende, pour
qu'il puisse payer la prime de 1 000 $. Le tableau suivant illustre cette situation.

L'actionnaire est le titulaire et le bénéficiaire

Salaire Dividende

Revenu de la société 2 141,79 $ 2 188,79 $

Impôts de la société (15 %) — $ 328,32 $

Montant versé 2 141,79 $ 1 860,47 $

Impôts personnels : 53,31 % pour le salaire et 1 141,79 $ 860,47 $


46,25 % pour le dividende

Revenu après impôts 1 000,00 $ 1 000,00 $

2. — La société est la titulaire et l'actionnaire est le bénéficiaire


Dans cette situation, la prime payée par la société est un avantage imposable pour
l'actionnaire. Celui-ci devra payer des impôts sur la prime à son taux marginal et sa
facture fiscale augmentera donc de 533,10 $. Pour payer cet impôt, l'actionnaire aura
besoin d'un salaire additionnel de 1 141,79 $ (soit 533,10 $ / (1 - 53,31 %)).

À première vue, il peut sembler que cette situation ressemble à la situation 1, puisque la
somme du salaire versé (1 141,79 $) et de la prime payée (1 000 $) est égale à
2 141,79 $, mais ce serait oublier qu'une prime payée n'est pas déductible pour la
société. En réalité, la société a besoin de générer un revenu de 2 318,26 $ comme
l'illustre le tableau suivant.

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La société est la titulaire et l'actionnaire est le bénéficiaire

Revenu de la société 2 318,26 $

Salaire versé pour que le salaire net soit 1 141,79 $


suffisant pour payer l'impôt sur l'avantage
imposable

Revenu de la société 1 176,47 $

Moins :

Impôt à payer par la société (15 %) 176,47 $

Prime payée 1 000,00 $

Solde — $

3. — La société est la titulaire et la bénéficiaire


Dans cette situation, la prime payée par la société n'est ni un avantage imposable pour
l'actionnaire, ni une dépense déductible pour la société. Le tableau suivant illustre le
revenu imposable que la société doit générer pour pouvoir payer une prime non
déductible de 1 000 $.

Revenu que doit générer la société pour payer une prime de 1 000 $

Revenu imposable de la société 1 176,47 $

Impôt à payer par la société (15 %) 176,47 $

Prime payée par la société 1 000,00 $

À première vue, il semble préférable que la société soit titulaire et bénéficiaire du contrat
d'assurance maladies graves.

Cependant, contrairement à l'assurance vie, la prestation d'une assurance maladies


graves (comme pour toutes les autres assurances contre la maladie ou les accidents
comme l'assurance invalidité) n'est pas admissible au compte de dividende en capital
(CDC). Pour que l'actionnaire puisse payer les dépenses reliées à sa maladie grave, la

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société devra alors lui verser un salaire ou un dividende. Il faut donc que la société
souscrive un capital assuré plus élevé pour compenser l'impôt à payer. Nous revenons
donc au tableau 1, mais en multipliant les données par 100.

Autrement dit, la société devrait recevoir une prestation de 182 052 $ pour verser à
l'actionnaire un salaire (déductible pour la société) de 214 179 $. En supposant un taux
d'imposition de 53,31 % sur la totalité du montant, celui-ci paierait 114 179 $ en impôt, et
il lui resterait une somme de 100 000 $. Ainsi, si la société était titulaire et bénéficiaire,
elle devrait souscrire une protection de 182 052 $ pour que l'effet final pour l'actionnaire
soit comparable à la situation où l'actionnaire serait le bénéficiaire. La prime serait alors
d'environ 1 820 $ et la société aurait besoin d'un revenu d'environ 2 141 $, ce qu'illustre
le tableau 4.

Revenu que doit générer la société pour payer une prime de 1 820 $

Revenu de la société 2 141,18 $

Impôt à payer par la société (15 %) 321,18 $

Prime payée par la société 1 820,00 $

La détention personnelle arrive nez à nez avec la détention corporative lorsqu'on utilise
un taux d'imposition égal pour l'actionnaire et la société lors du paiement des primes et
lors du versement de la prestation. Par contre, l'administration de la détention
personnelle étant beaucoup plus simple que la détention corporative, l'actionnaire
devrait généralement être titulaire du contrat.

Finalement, si la société était titulaire du contrat et que l'actionnaire vendait sa société, il


devrait faire un transfert de propriété du contrat s'il voulait le conserver. Il devrait alors
l'acheter à la juste valeur marchande, ce qui pourrait être coûteux, surtout si sa santé
s'était détériorée. Voici un extrait de la lettre d'interprétation 2003-0182875 de l'ARC :
Si le contrat est un contrat contre la maladie ou les accidents, nous sommes d'avis que
le paragraphe 148(1) de la Loi ne serait pas applicable. Toutefois, nous sommes d'avis
que l'actionnaire qui acquiert de sa société une telle police pour une contrepartie
inférieure à la juste valeur marchande devra inclure dans le calcul de son revenu en
vertu des dispositions du paragraphe 15(1) de la Loi un montant égal à l'excédent de la
juste valeur marchande de la police de maladies graves sur la contrepartie versée.

Partage des primes entre une société et un actionnaire


Pour partager les primes entre une société et un actionnaire, une convention qui
détermine le partage des coûts et des bénéfices doit être signée entre les deux parties.
Cette convention prévoit généralement que :

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• L'actionnaire est le bénéficiaire du remboursement des primes et il paie les


primes de cette option;
• La société est la bénéficiaire de la prestation de maladie grave et elle paie cette
partie de la prime.

Il existe plusieurs désavantages à ce partage :

• Pour que l'actionnaire reçoive le même montant, après impôts, de prestation en


cas de maladie grave, il faut souscrire un capital assuré beaucoup plus élevé, car
la prestation d'une AMG n'est pas admissible au CDC;
• Lorsqu'une maladie grave assurée se produit, le rendement sur les primes de
l'option de remboursement est alors une perte de 100 %;
• Si l'actionnaire vend ses actions, pour conserver sa protection, il doit acheter le
contrat à la juste valeur marchande (JVM), voir à ce sujet le chapitre 6A;
• Ce type de transaction entraîne des honoraires professionnels (conseils
juridiques et fiscaux) additionnels;
• La fiscalité de ce type de transaction est incertaine. L'Agence de revenu du
Canada a, à plusieurs reprises, écrit que si la société s'appauvrissait à la suite
d'une telle transaction, il y aurait alors un avantage imposable, voir entre autres les
interprétations techniques 2006-01785561E5 et 2004-0090181E5. Voici quelques
éléments qui sont problématiques :
– Lorsque l'option de remboursement est exercée par l'actionnaire avant
l'échéance du contrat, cela annule le contrat de la société. La société s'est-
elle alors appauvrie puisqu'elle a perdu la protection qu'elle avait souscrite?
– Est-ce une pratique commerciale habituelle de souscrire une assurance
maladies graves dont la durée est permanente?
– Puisque l'avenant de remboursement des primes ne peut pas être souscrit
séparément du contrat principal, est-ce que son coût réel correspond aux
primes de l'avenant? Est-ce que la valeur de cet avenant augmente au fur et
à mesure que l'échéance du remboursement se rapproche79?
– En pratique, une seule des deux parties va être avantagée, soit
l'actionnaire (s'il y a remboursement des primes), soit la société (s'il y a
prestation pour maladie grave).
– De plus, il est possible qu'une partie du remboursement soit imposable, soit
la partie qui excède la somme des primes payées par l'actionnaire.
Autrement dit, la partie du remboursement qui provient des primes payées
par la société.

(3) 5.3 — Soins de longue durée


Se lever, aller à la salle de bain, prendre un bain ou une douche, s'habiller, prendre un
repas ou se mouvoir, représentent parfois des défis insurmontables pour certaines
personnes, lesquelles doivent absolument être assistées, de façon temporaire,
occasionnelle ou permanente. Ces services sont communément appelés services de
soins prolongés, ou soins de longue durée.

L'assurance pour soins de longue durée a été développée pour aider à couvrir les frais
liés aux soins prolongés.

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Cependant, considérant la faiblesse des ventes de ce type de protection, plusieurs


assureurs se retirent du marché, laissant présager sa disparition à court ou moyen
terme.

5.3.1 — Coûts
Exemples de soins à domicile

• Infirmière : environ 30 $ l'heure.


Cela peut représenter environ 800 $ par jour, pour 24 heures sur 24; 24 000 $ par
mois; 72 000 $ pour 3 mois.
• Service de bains : entre 20 $ et 30 $ pour un bain.

À raison de 3 à 4 bains par semaine : environ 100 $ par semaine; pendant un an :


5 200 $.
• Gardiennage de jour ou de nuit : entre 10 $ et 20 $ l'heure.

Une nuit : 160 $; pendant 3 mois : 14 400 $.


• Couches pour incontinence (3 couches par jour) : 1 050 $ par année.
• Lit électrique : location de 130 $ par mois.

Certaines de ces dépenses sont admissibles au crédit pour frais médicaux lorsqu'elles
ne sont pas spécifiquement remboursées par une assurance.

Exemples de soins en institution


Chambre en centre d'hébergement de soins de longue durée, selon l'établissement et
l'étendue des soins nécessaires :

• réseau de la santé publique (maximum en 2018) : entre 1 162 $ par mois


(chambre à 3 lits), et 1 867 $ par mois (chambre individuelle);
• réseau privé : entre 1 500 $ et 5 000 $ approximativement.

Système public
Il est à noter que le système public québécois utilise une formule qui ajuste le loyer selon
les revenus et les actifs de l'individu, jusqu'à ce qu'il ne lui reste que 2 500 $ basé sur les
actifs de l'individu. La façon de calculer les revenus et d'établir la valeur des biens tient
compte du fait que la personne est seule ou en couple. Le calcul de la contribution
financière peut être estimé grâce au site de la RAMQ : .

Cela diminue l'attrait de ce produit pour les gens à faible revenu, voire les gens de la
classe moyenne.

5.3.2 — Produit
Bien qu'il y ait des différences dans la façon de verser les prestations, selon le produit et
selon l'assureur, elles débutent généralement lorsque :

• la personne est incapable d'exécuter 2 des 7 activités jugées essentielles de la

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vie quotidienne indépendante; ou


• les capacités mentales sont fortement diminuées (p. ex. : la maladie d'Alzheimer,
la démence sénile) et que la personne affectée nécessite une supervision
continuelle; et
• le délai d'attente prévu (p. ex. : 0, 30, 60, 90 ou 180 jours consécutifs de
l'invalidité) est atteint.

Les activités quotidiennes sont :

• se laver;
• prendre un bain;
• s'habiller;
• se nourrir;
• se servir des toilettes;
• la continence;
• se mouvoir (se lever du lit, se coucher, se lever d'une chaise, passer d'un lit à une
chaise).

Non imposables, les prestations sont versées sous forme de :

• revenu quotidien, hebdomadaire ou mensuel;


• remboursement de frais admissibles jusqu'à un niveau assuré préétabli (alors ces
dépenses ne sont plus admissibles au crédit pour frais médicaux); ou
• indemnité forfaitaire pour chaque service admissible. Les services couverts
peuvent être médicaux, domestiques, personnels ou sociaux. Lorsque ces
dépenses sont remboursées par l'assureur, elles ne sont plus admissibles au crédit
pour frais médicaux et cela pourrait aussi réduire le crédit pour maintien à domicile
d'une personne âgée.

Certains plans font la distinction dans les prestations, selon que les services sont
dispensés à domicile ou dans un établissement public ou privé de soins infirmiers, avec
certaines déductions possibles, si le gouvernement indemnise.

Certains assureurs requièrent le service de professionnels, alors que d'autres verseront


quand même des prestations si ce sont des membres de la famille qui assument certains
des services.

La souplesse dans les versements du produit et la liberté de choix entre les services à
domicile ou ceux en résidence pourraient donc représenter un atout. Par contre, cet
avantage entraîne une prime plus élevée.

À titre d'exemple, chez un certain assureur, les indemnités peuvent varier entre 150 $ et
2 000 $ par semaine. La prestation n'est pas imposable. La durée des prestations peut
varier selon le contrat et peut être de un an jusqu'à une période illimitée.

Les délais de carence, c'est-à-dire la période d'attente avant l'ouverture au droit


d'indemnisation, varient d'un assureur à l'autre, et peuvent être de 0, 30, 60, 90 et 180
jours.

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Certains assureurs prévoient la disponibilité de spécialistes pour aider à déterminer les


soins nécessaires. Une fois le contrat déclenché, il y a possibilité de vérifications
occasionnelles par l'assureur pour valider si la personne se qualifie toujours selon les
clauses du contrat. Si l'assuré se remet de son incapacité, les indemnités cesseront.
Dans le cas d'une rechute, les indemnités reprendront immédiatement ou après un
nouveau délai d'attente, selon la période et la rapidité de la rechute (p. ex. : à l'intérieur
des 180 jours suivant le rétablissement).

Ce type de produit est non seulement disponible pour les âges avancés allant jusqu'à
80 ans, mais il l'est aussi pour les personnes plus jeunes. Ainsi, certains assureurs
l'offrent à partir de 31 ans, ceci variant d'un assureur à un autre.

5.3.3 — Caractéristiques
Primes
Les primes ne sont pas déductibles du revenu imposable. Elles sont fondées sur l'âge à
l'établissement de la police et sur le sexe de la personne assurée. Les primes pour les
femmes peuvent être plus élevées étant donné leur meilleure longévité.

Détail très important, pour la plupart des contrats examinés, la prime n'est pas garantie
pour plus de 5 ans. Dans certains cas, elle le sera de 5 ans en 5 ans. Certains offrent
une prime maximale, par exemple, pas plus de 125 % de la prime originale, ce qui
signifie que, pour une indemnité donnée, la plus basse prime n'est pas nécessairement
le meilleur choix. Il faut donc faire attention à la justesse du niveau de prime. Un
assureur pourrait être tenté de choisir d'offrir des primes très basses pour se tailler une
place dans un marché et hausser les primes de sa clientèle subséquemment.

La différence entre les délais de carence n'influence pas autant les primes d'assurance
pour soins de longue durée que celles de l'assurance invalidité. Alors que certaines
incapacités peuvent être de courte durée, il semble qu'une fois que la personne se
qualifie pour la perte d'autonomie, il est très rare qu'elle se remette rapidement.

Autre observation intéressante : toutes les autres variables étant égales, il y a peu de
différence dans la prime entre une période d'indemnisation de 5 ans et une période
illimitée car il y a généralement un plafond maximal pour les prestations que l'assureur
va payer.

Contrat libéré
Certains contrats offrent une assurance prolongée, libérée, à terme fixe, advenant la
situation où les primes ne sont plus payées. Pour certains contrats, une période
minimale de paiement des primes est requise. L'indemnité peut demeurer la même ou
être réduite, et le terme fixe variera selon le contrat et le nombre d'années de
versements.

Avenants et options

• Exonération de la prime du conjoint


Lorsque les deux conjoints sont couverts pendant 10 ans et qu'aucune demande

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de règlement n'a été présentée, les deux conjoints sont exonérés du paiement de
leurs primes pendant une indemnisation.
• Remboursement de la prime à la succession
Remboursement d'une partie ou de la totalité des primes au décès selon
l'ancienneté du contrat et selon qu'il y ait eu ou non des indemnités versées.
• Période de paiement limitée
Chez certains assureurs, les primes peuvent être payées plus rapidement, par
exemple, en 15 ou 20 ans.
• Indexation
La prestation augmente chaque année selon l'inflation (taux composé) ou selon un
pourcentage prédéterminé à un taux simple.
• Augmentation de la protection
Cette clause permet d'augmenter la protection au fil des années pour l'ajuster à la
hausse des coûts de soins prolongés. Certaines restrictions s'appliquent.

5.3.4 — Critères d'admissibilité


L'état de santé actuel et des dernières années de la personne aura une influence sur
l'obtention de la protection. Certains problèmes de santé peuvent entraîner un refus, tels
la sclérose en plaques, la maladie d'Alzheimer, la dystrophie musculaire ou la maladie
de Parkinson. L'étape initiale du processus d'application consiste donc en un simple
questionnaire de santé.

Comme c'est le cas pour la plupart des autres types d'assurance de personnes, un
questionnaire doit être rempli et l'assureur se réserve le droit de demander des preuves
médicales supplémentaires.

(3) 5.4 — Assurance maladie complémentaire


Présentement, le régime d'assurance médicaments de la Régie de l'assurance maladie
du Québec (RAMQ) couvre une liste de plus de 11 000 médicaments pour les individus
qui n'ont pas accès à un régime d'assurance collective et permet à toute la population
d'être couverte. L'individu paie la prime à même sa déclaration de revenus.

Cependant, ce régime gouvernemental ne couvre pas tous les médicaments; en effet,


beaucoup de frais, de fournitures et de services médicaux ne sont pas couverts par la
RAMQ. Il existe maintenant une sélection de plans couvrant le remboursement de divers
frais reliés à la santé des individus et pouvant être souscrits sur une base personnelle
auprès de certains assureurs, c'est plus ou moins l'équivalent de la protection offerte en
assurance collective.

L'étendue de la protection, les pourcentages de coassurance (c.-à-d. le pourcentage de


remboursement des frais) et les franchises (déductibles) varieront d'un assureur à
l'autre, mais aussi à l'intérieur de la gamme offerte par un même assureur. Ces variables
influenceront bien entendu la prime. De plus, la plupart de ces régimes offrent une
couverture pour célibataire, célibataire monoparental, couple sans enfants et famille.

Ces régimes peuvent inclure les protections suivantes, sur une base plus ou moins
optionnelle :

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1) Soins médicaux couvrant les frais engagés dans la province :

• médicaments prescrits non couverts par le régime d'assurance médicaments de


la RAMQ;
• hospitalisation (chambre privée ou semi-privée);
• services paramédicaux (physiothérapeute, chiropraticien, psychologue, etc.);
• autres frais et services médicaux tels que l'achat ou la location de fournitures
médicales spécialisées;
• ambulance;
• frais d'optiques;
• indemnité quotidienne.

2) Soins médicaux et hospitalisation pour les frais hors province ou hors pays.

3) Soins dentaires.

Emploi à l'extérieur du pays


Pour les personnes qui sont appelées à travailler outre-mer pour des périodes
dépassant six mois, il existe quelques régimes qui couvriront les frais médicaux pour la
période souhaitée, selon la destination. Certains programmes offriront d'autres
protections, telles l'assurance invalidité ou l'assurance vie, comme un régime collectif
disponible sur une base individuelle.

Étant donné la couverture très limitée de la RAMQ à l'extérieur du pays, lorsqu'elle


s'applique, il est fortement recommandé à l'individu appelé à travailler à l'extérieur du
pays de bien se protéger. Cette personne devrait aussi vérifier auprès de la RAMQ la
période pour laquelle elle sera couverte par celle-ci, ainsi que les modalités pour rétablir
la protection à son retour au pays.

La prime variera selon la région où la personne demeurera et travaillera, et selon la


durée de la protection.

(2) 5.5 — Fiscalité


5.5.1 — Assurance invalidité perte de revenu individuelle

Tableau 3-5.1

Méthode 1 Méthode 2

Type Personnel Personnel

Preneur Individu Société

Payeur Individu Société

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Bénéficiaire Individu Individu

Prime déductible Non Oui

Avantage imposable Non Oui

Prestation imposable Non Non

Méthode 1 : Propriété personnelle — paiement personnel


Les primes payées par les individus ne sont pas déductibles, donc payées avec des
dollars après impôts. Cependant, les prestations ne seront pas imposables.

Contrairement à une certaine croyance populaire, les primes ne sont pas déductibles
pour le travailleur autonome. C'est donc la méthode 1 qui s'applique.

Méthode 2 : Propriété personnelle — paiement de la prime par l'entreprise au nom du


salarié
Employé
Si l'employeur paie la prime en partie ou en totalité, ce paiement devient un avantage
imposable et c'est la méthode 1 «propriété personnelle/paiement personnel» qui
s'applique comme ci-haut. La prime est déductible pour l'employeur. Les prestations sont
non imposables.

Actionnaire
La prime est un avantage imposable, mais l'employeur ne peut déduire la prime.

5.5.2 — Autres assurances invalidité

Tableau 3-5.2

Prêt
Frais Rachat commerci Personne- Protectio
Type généraux de parts al clé n retraite

Preneur Société Société Société Société Individu

Payeur Société Société Société Société Individu

Bénéficiaire Société Société Société Société Individu

Prime Oui Non Non Non Non


déductible

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Prestation Oui Non Non Non Non


imposable

Assurance invalidité — frais généraux


Les primes sont payées par l'entreprise (ou le travailleur autonome) en tant que
propriétaire du contrat et sont déductibles. Les prestations sont imposables, mais elles
sont appliquées contre des dépenses d'affaires déductibles.

Assurance invalidité pour conventions d'actionnaires ou d'associés


Les primes ne sont pas déductibles, tout comme les prestations ne sont pas imposables
et ne sont pas admissibles au CDC. Par contre, la personne qui vend ses actions peut
réaliser un gain imposable.

Assurance invalidité pour prêt commercial


Les primes ne sont pas déductibles par l'entreprise et les prestations ne sont pas
imposables.

Assurance invalidité pour personne-clé


Les primes ne sont pas déductibles et les prestations ne sont pas imposables.

Assurance invalidité protection-retraite


Les primes ne sont pas déductibles, les prestations ne sont pas imposables, mais les
rendements sur le compte cumulatif le sont.

5.5.3 — Assurance en cas de maladie grave


L'Agence du revenu du Canada n'a pas encore pris de position particulière concernant
les polices d'assurance en cas de maladie grave dans la Loi de l'impôt sur le revenu.
Cependant, il y a un certain consensus de l'industrie concernant les conséquences
fiscales lorsque le contrat d'assurance maladie grave n'est pas un avenant d'un contrat
d'assurance vie. Autrement dit, pour les contrats séparés, la fiscalité serait la suivante :

Propriété individuelle — prestations versées à l'individu


Les primes ne sont pas déductibles. Les prestations sont non imposables pour l'individu.

Propriété de l'entreprise — prestations versées à l'employé


Pour les contrats individuels, les primes sont déductibles pour la société et elles sont un
avantage imposable pour l'employé. Pour les contrats collectifs, l'avantage est
imposable au provincial seulement. Les prestations ne sont pas imposables

Propriété de l'entreprise — prestations à l'entreprise


La prime payée n'est pas déductible à titre de dépense.

Les prestations reçues par la société ne sont pas considérées comme un revenu

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imposable. Elles ne sont pas admissibles au compte de dividende en capital.

Si la somme est ensuite versée à un individu, elle deviendra un avantage imposable.

Avenant de remboursement des primes


Les primes ne sont pas déductibles et les prestations ne sont pas imposables.

(1) 5.6 — Éléments de planification


Le planificateur doit avoir une vision globale de la situation financière du client, de ses
priorités et objectifs à court, moyen et long terme. Cependant, il est important de
sensibiliser l'individu aux risques imprévus auxquels il aurait à faire face et de lui
demander d'allouer les sommes budgétaires nécessaires pour gérer adéquatement ces
risques.

Assurance invalidité
Montant de la protection
Lorsque la protection en vigueur est insuffisante pour que le client puisse maintenir son
niveau de vie actuel tout en épargnant en prévision de sa retraite, l'ordre de
recommandations suivant est suggéré :
1. Une assurance supplémentaire si les plafonds préétablis par les assureurs le
permettent;

2. Une assurance épargne retraite en cas d'invalidité (ne couvre que les invalidités
totales et les prestations ne sont pas indexées);

3. Une assurance invalidité emprunt si celui-ci a des dettes (ne couvre que les
invalidités totales et la durée des prestations est généralement limitée à quelques
années).

Délais de carence, avenants et indemnités par rapport au budget


Lorsqu'une allocation budgétaire est limitée, varier ou prolonger les délais de carence
des prestations peut servir à réduire les primes. Il est possible de choisir plusieurs délais
de carence dans un même contrat. Pourvu que ses réserves financières le permettent, la
personne pourrait «s'autoassurer» en partie ou en totalité dans les premiers mois. Il ne
faut pas oublier que les prestations d'invalidité sont payables en fin de période et non en
début de période. Donc avec un délai de carence de 60 jours, l'assuré ne recevra pas
d'indemnités avant 90 jours. Une fois que le délai de carence est convenu, il est
habituellement préférable d'allouer les primes vers une prestation de base plus élevée
que vers des avenants secondaires. L'indexation des prestations n'est pas un avenant
secondaire. Voici un exemple des coûts potentiels selon les délais de carence pour un
homme, non fumeur de 30 ans qui a une protection mensuelle de 5 000 $.

Délai de carence (jours) 30 60 90

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5 000 $ par mois jusqu'à 65 ans 1 871 $ 1 297 $ 1 063 $

Indexation selon l'inflation 221 $ 199 $ 169 $

De souscription future 37 $ 26 $ 21 $

Primes annuelles 2 129 $ 1 522 $ 1 253 $

Prime en pourcentage de celles du délai de 100 % 71 % 59 %


30 jours

La différence de primes est élevée, même si la différence de protection n'est que de


30 jours.

Plan supplémentaire individuel («top-up»)


Selon la formule ou les maximums utilisés pour les régimes d'assurance collective, une
personne à plus haut revenu pourrait être désavantagée. Il est alors possible d'établir
une protection supplémentaire individuelle qui verserait une prestation, en plus de celle
provenant du plan collectif. De plus, selon la catégorie professionnelle et la qualité de
contrat, cette protection s'appliquerait dans certaines situations particulières qui ne
seraient pas couvertes par le plan collectif.

En se procurant une protection d'assurance invalidité individuelle supplémentaire ou une


assurance invalidité épargne retraite, les travailleurs peuvent ainsi mieux protéger leur
rémunération globale.

Programme en deuxième payeur («back-up»)


Il est possible de souscrire une protection individuelle d'assurance invalidité même si la
personne est déjà couverte par un régime collectif. Le contrat individuel comportera alors
une clause d'intégration et la prestation à laquelle aurait droit l'assuré sera réduite de
tout montant versé par le régime collectif. Certains assureurs pourraient même accorder
un léger rabais sur la prime dans ce scénario.

La protection individuelle devient «premier payeur» si jamais le régime collectif n'est plus
là. Mais cette stratégie implique une «surassurance» et le paiement de primes
supplémentaires.

Changements fréquents d'employeurs


Une façon plus simple de gérer le risque d'invalidité entre les emplois est d'exiger de son
nouvel employeur son admissibilité à l'assurance collective la première journée de
travail. Il est également préférable de démissionner en date du jour où le nouvel emploi
commence plutôt que le vendredi précédent. Sinon, le travailleur n'aura pas d'assurance
invalidité durant la fin de semaine.

Contrainte budgétaire

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En planification financière, il ne faut pas oublier que le budget du client n'est pas illimité.
Si un client souscrit plus d'assurance que ses besoins, il est possible qu'il doive négliger
son épargne pour sa retraite. Voir à ce sujet la section 1.3.4 Contrainte budgétaire à vie.
Un juste équilibre est nécessaire.

Les options de remboursement des primes


Les options de remboursement des primes du vivant de l'assuré ne devraient être
conseillées que si le client :

• A déjà maximisé ses contributions à un REER, CELI, REEE, REEI;


• A remboursé ses dettes dont les intérêts ne peuvent pas être déduits de son
revenu;
• A une tolérance au risque élevée. Le rendement de cette option peut être de —
100 %.

Les options de remboursement des primes au décès de l'assuré ne devraient être


conseillées que si le client a un besoin d'assurance vie. Si un besoin existe, il faut alors
comparer le coût de cet avenant avec celui d'une assurance vie.

(2) 5.7 — Résumé des assurances individuelles contre la maladie ou les


accidents

Type But et description Clientèle


d'assurance potentielle

Invalidité

Perte de revenu Verse une rente dont le but est de Travailleur


compenser la perte de rémunération autonome.
(salaire, commission, revenu net de Propriétaire de
profession, etc.) qu'un client subit à la petite entreprise.
suite d'un accident ou d'une maladie. Tout salarié qui
L'expression assurance salaire ne n'a pas
devrait être utilisée que pour les suffisamment de
contrats d'assurance collectifs en protection par
milieu de travail. l'entremise d'une
Le délai de carence varie assurance
généralement de 30 jours à 180 jours. collective.

Frais de bureau Rembourse les dépenses nécessaires Tous travailleurs


au maintien de l'exploitation d'un autonomes ou
commerce ou le fonctionnement d'un propriétaires de
bureau du client. Le délai de carence petite entreprise
varie généralement de 15 jours à 90 qui doivent

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jours. continuer à payer


des dépenses
pendant une
éventuelle
invalidité.

Épargne retraite Verse une rente dans un compte en Toute personne


fiducie. Les sommes accumulées dans qui désire
cette fiducie sont disponibles lorsque le compléter sa
client atteint l'âge de 65 ans, soit protection
généralement lorsque la rente d'assurance
d'invalidité perte de revenu cesse. invalidité et
Les seuls retraits permis avant 65 ans contourner les
visent le paiement des impôts sur les plafonds (voir
revenus de placements générés par la annexe 2)
fiducie. imposés par les
Le délai de carence est généralement assureurs.
de 90 jours.

Rachat de parts Verse les sommes nécessaires au Associés et


financement de la clause d'invalidité à actionnaires.
long terme d'une convention entre
actionnaires ou sociétaires.
Comme pour toutes les prestations
d'assurance contre la maladie ou les
accidents, les prestations ne sont pas
admissibles au compte de dividende
en capital (CDC).
Le délai de carence varie
généralement de 180 jours à 730 jours.

Personne-clé Dédommage une entreprise pour les Entreprise qui n'a


pertes occasionnées à la suite de pas de plan de
l'invalidité d'un employé-clé. contingence en
cas d'invalidité
d'un employé-clé.

Maladies graves Le capital assuré est versé lorsqu'une Personne non


maladie couverte est diagnostiquée et admissible à une
que l'assuré survit 30 jours au assurance
diagnostic de ladite maladie. Le invalidité.
nombre de maladies couvertes est
limité. Il n'y a pas de lien direct entre
les frais éventuels et le montant
forfaitaire qui est assuré.

Soins de longue Elle compense pour les frais Personne qui

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durée occasionnés par des soins de longue désire être


durée en institution ou à domicile et qui hébergée dans un
ne sont pas remboursés par les établissement de
régimes publics. soins privé.
L'assuré doit être incapable d'exécuter
au moins deux activités jugées
essentielles de la vie quotidienne.
Selon les contrats, elle peut, soit
rembourser les frais admissibles, soit
verser des montants forfaitaires.
Le délai de carence varie
généralement de 0 jour à 180 jours.

Maladie Rembourse : Personne qui


complémentaire Les médicaments prescrits non n'est pas
couverts par le régime d'assurance admissible à une
médicaments de la RAMQ. assurance
L'hospitalisation (chambre privée ou collective.
semi-privée).
Les services paramédicaux
(physiothérapeute, chiropraticien,
psychologue, etc.). Certains autres
frais.
Elle peut inclure ou non une assurance
voyage.

Voyage Rembourse les frais (non remboursés Toute personne


par les régimes publics) engagés lors qui voyage à
d'un voyage à l'extérieur du Québec. l'extérieur du pays
Ces frais doivent être engagés à la et qui n'a pas une
suite d'une maladie ou d'un accident protection
assuré. adéquate par
l'entremise d'une
assurance
collective.

Chapitre 6 — L'assurance sur la vie

Introduction
L'assurance vie est un produit financier complexe. Pour pouvoir conseiller un client et lui
recommander le produit qui correspond le mieux à ses besoins, il faut comprendre non
seulement les produits d'assurance, mais aussi leurs tarifications et leurs fiscalités.

(1) 6.1 — Les produits d'assurance vie

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Comme l'illustre le diagramme suivant, il existe essentiellement deux grandes catégories


de produits d'assurance sur la vie :

• L'assurance vie temporaire;


• L'assurance vie permanente.

Malheureusement, parfois le nom de commercialisation d'un produit entraîne de la


confusion sur la vraie nature du produit. L'assurance vie temporaire 100 ans (T100) en
est un bel exemple. La plupart du temps, cette assurance est de type permanent et non
temporaire comme nous le constaterons à la section 6.1.2.

6.1.1 — Assurance vie temporaire


L'assurance vie temporaire comme son nom l'indique est un contrat dont la durée prévue
est une période limitée. Période qui peut couvrir plusieurs décennies, mais qui est quand
même limitée dans le temps. Les assurances temporaires les plus courantes sont :

• La temporaire 10 ans (T10);


• La temporaire 20 ans (T20);
• La temporaire 65 ans (T65);

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• La temporaire 75 ans (T75);


• Quelques temporaires 100 ans (T100);
• L'assurance hypothécaire.

Droit de renouvellement
Si le nom des T65 et T75 reflète bien la nature de cette assurance, elle se termine soit à
l'âge de 65 ans ou de 75 ans, il en est tout autrement pour les T10 et T20. Au Québec,
la quasi-totalité des T10 et T20 ne se terminent pas après 10 ans ou 20 ans, mais sont
renouvelables au gré du titulaire du contrat pour un autre 10 ou 20 ans. Il ne faut pas
confondre la période de nivellement de la prime (10 ou 20 ans) avec la durée du contrat
qui se termine généralement (selon les contrats) lorsque l'assuré atteint 75 ou 80 ans.
Le dernier renouvellement disponible est généralement lorsque l'assuré atteint 65 ou 70
ans.

Le titulaire du contrat a l'option, mais pas l'obligation, de renouveler son contrat avec la
prime déjà indiquée dans sa police et ceci sans que l'assuré ait à fournir à nouveau des
preuves médicales à l'assureur. Cette prime est, sauf exception, garantie et est, par
conséquent, la prime maximale qui sera facturée par l'assureur.

En effet, au renouvellement, si l'assuré n'est pas en mauvaise santé, il pourra fournir de


nouvelles preuves de santé et obtenir un nouveau contrat avec une prime inférieure à la
prime de renouvellement indiquée dans la police. Seules les personnes qui ont des
problèmes de santé devraient renouveler leur contrat T10 et T20. La prime de
renouvellement indiquée au contrat est donc la prime à payer dans la pire des situations,
lorsque l'assuré n'est plus assurable ou que son état de santé entraînerait une surprime
(tarification plus élevée).

Le titulaire du contrat peut aussi décider de ne pas renouveler le contrat parce que le
besoin d'assurance sur la vie de l'assuré n'existe plus ou renouveler le contrat avec un
capital assuré moindre si le besoin a diminué.

Il faut protéger l'assurabilité du client, puisqu'il s'agit d'une obligation déontologique.

Bien entendu, il faut être certain que la personne à assurer a été acceptée par la
compagnie d'assurance avant de décider de ne pas renouveler l'ancien contrat. Sinon
cette personne pourrait se retrouver sans assurance. Lors d'un remplacement d'un
contrat d'assurance vie par un autre contrat, le conseiller en sécurité financière doit
compléter un préavis de remplacement. Le client doit signer ce préavis et le conseiller
doit en envoyer une copie à l'assureur dont la police est remplacée.

Il est très important de mentionner au titulaire du contrat et à l'assuré que la clause


concernant l'exclusion pour suicide pendant deux ans recommence et il en est de même
pour la période de contestation des déclarations de l'assuré80. Ce dernier ne doit donc
rien cacher à l'assureur lorsqu'il remplit le questionnaire d'assurabilité.

Le tableau suivant illustre le cas d'un individu de 30 ans qui souscrit un capital assuré de
100 000 $. Il fournit les primes garanties (inscrites au contrat) et les primes potentielles
(si l'assuré est en bonne santé) pour une nouvelle police d'assurance vie T10.
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Homme non-fumeur Femme non-fumeuse

Âge Primes Primes d'un Primes Primes d'un


garanties nouveau garanties dans nouveau T10 si
dans le T10 si le T10 original l'assuré est en
T10 original l'assuré est bonne santé
en bonne
santé

30 130 $ 130 $ 110 $ 110 $

40 295 $ 165 $ 240 $ 145 $

50 570 $ 300 $ 430 $ 225 $

60 1 280 $ 640 $ 930 $ 490 $

70 3 900 $ 1 880 $ 2 772 $ 1 250 $

Droit de transformation
Au Québec, la majorité des contrats temporaires contiennent l'option pour le titulaire du
contrat de transformer le contrat temporaire en contrat permanent sans que l'assuré ait
à fournir à nouveau des preuves médicales à l'assureur. Ce droit cesse généralement
vers l'âge de 65 ou 70 ans de l'assuré. La prime de transformation chargée par
l'assureur est établie selon l'âge au moment de la transformation et non selon l'âge que
l'assuré avait au moment de la souscription du contrat.

L'établissement de la prime de conversion varie selon les contrats. Elle peut être soit
déjà indiquée dans la police, soit établie selon la même catégorie de risque que son
contrat temporaire, soit établie selon le tarif standard de l'assureur au moment de la
transformation

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION
La prime de transformation est souvent la prime à payer dans la pire des situations,
lorsque l'assuré n'est plus assurable ou son état de santé entraîne une surprime
(tarification plus élevée). Si l'assuré est en bonne santé, il aurait intérêt à magasiner un
nouveau contrat en fournissant de nouvelles preuves de santé.

L'assurance hypothécaire
L'assurance vie hypothécaire est une assurance dont le capital décroît avec le temps.
Cette diminution a pour but de refléter la diminution du capital à rembourser et donc du
besoin en assurance sur la vie. La durée de ce type d'assurance est généralement de 25

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ans (mais peut être plus longue) ce qui correspond à la période d'amortissement des
emprunts hypothécaires la plus courante. La prime est généralement fixe pour toute la
durée du contrat.

Cette assurance ne comporte pas généralement de droits de renouvellement ou de


transformation. Elle est donc plus ou moins similaire à l'assurance emprunt offerte par
l'entremise d'un distributeur (banque ou caisse populaire)81. Cependant, contrairement à
ces dernières, l'assurance hypothécaire individuelle n'est pas rattachée à un emprunt en
particulier. Ainsi, l'emprunteur peut décider de changer de prêteur sans que son contrat
se termine et qu'il doive fournir à nouveau des preuves de santé pour obtenir une
nouvelle assurance.

6.1.2 — Assurance vie permanente


L'assurance vie permanente, comme son nom l'indique, est un contrat qui se termine au
décès de l'assuré. La durée peut être inférieure si le titulaire du contrat décide de
l'annuler, mais l'assureur ne peut pas annuler le contrat sauf en cas de fraude ou de
fausse déclaration de la part de l'assuré82. Les assurances permanentes les plus
courantes sont :

• vie entière, avec ou sans valeur de rachat, ce qui comprend la majorité des
assurances dites T100;
• vie universelle.

[Link] — Assurance vie entière


Le capital décès et les primes d'une assurance vie entière sont, sauf exception, garantis
et la protection est pour toute la vie.

La durée du paiement des primes est généralement à vie, mais peut être limitée dans le
temps, par exemple pendant vingt ans (appelé alors vingt primes) ou jusqu'à ce que
l'assuré atteigne 65 ans ou 100 ans. La police devient alors libérée, c'est-à-dire qu'il
n'est plus nécessaire de payer des primes pour que l'assurance demeure en vigueur.

Le tableau suivant donne des exemples de primes pour une police d'assurance vie
entière selon différentes périodes de paiements. Ces périodes sont garanties. Par la
suite, l'assurance est libérée.

Individu de 30 ans, capital


assuré de 100 000 $ Non-fumeur Fumeur

Homme Femme Homme Femme

Vingt primes 1 095 $ 980 $ 1 440 $ 1 180 $

Primes jusqu'à 65 ans 809 $ 706 $ 1 100 $ 934 $

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Primes jusqu'à 100 ans avec 667 $ 595 $ 921 $ 761 $


valeur de rachat

Primes jusqu'à 100 ans sans 618 $ 598 $ 854 $ 710 $


valeur de rachat

Lorsqu'une compagnie offre aussi une assurance vie dont les primes sont payables
durant toute la vie de l'assuré (même après 100 ans), ces primes sont légèrement
inférieures à celles payables jusqu'à 100 ans.

L'assurance dite temporaire 100 ans


La plupart83 des polices d'assurance T100 vendues au Québec sont en fait des
assurances vie entières qui deviennent libérées à 100 ans. La prestation de décès sera
versée au bénéficiaire au décès de l'assuré même s'il se produit après que celui-ci ait
fêté son centième anniversaire.

Cependant, certaines assurances T100 se terminent à 100 ans. Ce sont alors des
assurances temporaires à long terme. Avec ce type de police, la prestation de décès ne
sera pas versée au bénéficiaire même si l'assuré décède après qu'il ait fêté son
centième anniversaire84.

Enfin, quelques assurances T100 versent le capital assuré au titulaire du contrat lorsque
l'assuré atteint l'âge de 100 ans. Ce type d'assurance est connu sous le nom de
dotation. La date d'échéance d'une assurance dotation peut être un autre âge que 100
ans, 85 ans par exemple. Ce type d'assurance n'est pas très populaire, car il est
défavorisé sur le plan fiscal. Le versement du capital du vivant de l'assuré entraîne une
disposition du contrat et la somme reçue (moins le coût de base rajusté) est alors
imposable. Ce n'est pas le cas lorsque le capital est versé au décès de l'assuré.

La valeur de rachat
En contrepartie de primes plus élevées, l'assurance vie entière ou la T100 peut être
assortie d'une valeur de rachat. Le titulaire reçoit cette valeur lorsqu'il annule (rachète)
son contrat. La valeur de rachat d'une assurance vie entière n'est pas versée au décès
de l'assuré.

Payer plus cher pour avoir une valeur disponible lors d'un rachat (annulation) d'un
contrat dont la durée prévue est à vie peut paraître paradoxal, mais cette valeur de
rachat accroît la souplesse du contrat. Elle peut :

• procurer une assurance libérée (il n'y a plus de primes à payer);


• procurer une assurance prolongée (l'assurance demeure en vigueur pendant
une période limitée sans qu'il soit nécessaire de continuer à payer les primes);
• être utilisée pour garantir un emprunt.

Plusieurs contrats prévoient que lorsque l'assureur ne reçoit pas une prime (que ce soit
volontaire ou non de la part du titulaire), la valeur de rachat sert à payer les primes dues.

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Cela évite que le contrat tombe en déchéance (contrat annulé), d'où l'appellation de
clause de non-déchéance. D'autres contrats prévoient plutôt que l'assureur avance les
primes jusqu'à concurrence de la valeur de rachat. Dans le premier cas, le titulaire du
contrat n'a pas à payer d'intérêts et la valeur de rachat diminue. Lorsque la valeur de
rachat est épuisée, le contrat est annulé.

Dans le second cas, lorsque le décès de l'assuré survient sans que l'emprunt n'ait été
remboursé par le titulaire du contrat, la prestation de décès est réduite de la somme du
montant emprunté et des intérêts accumulés. Lorsque la somme du montant emprunté
et des intérêts accumulés atteint le montant de la valeur de rachat, le contrat est annulé.

Avec une assurance vie entière, l'encaissement de la valeur de rachat annule la


protection qui s'y rattache. Lorsque le titulaire du contrat veut conserver le capital assuré
intact, il doit alors emprunter plutôt que de racheter son contrat. En outre, sauf pour les
polices avec participations, il n'est pas possible de faire des retraits partiels. Avec les
polices avec participations, il est possible de retirer la valeur de rachat des bonis
d'assurance libérée (assurance achetée avec les participations versées) sans annuler le
contrat original.

D'un point de vue légal, la valeur de rachat appartient à l'assureur. Le titulaire du contrat
a une créance sur cette valeur. Cette créance équivaut à une option (la possibilité et non
l'obligation d'exercer) d'encaissement d'une partie de la réserve mathématique, réserve
que l'assureur doit avoir pour garantir que les prestations soient versées lorsque le
risque assuré se produit.

Contrairement aux fonds communs de placement qui sont conservés en fiducie, les
valeurs de rachat font partie des biens de l'assureur. Cette nuance est très importante
lors d'une mise en liquidation d'une compagnie d'assurance vie. Le titulaire du contrat
peut alors, en théorie, perdre sa valeur de rachat. Cependant, Assuris (assureur privé)
garantit que le titulaire de contrat conserve une partie ou la totalité de ses droits.
L'annexe 4 offre davantage d'information à ce sujet.

Les participations
En contrepartie de primes encore plus élevées (que celles reliées à la valeur de rachat),
la police d'assurance vie peut être avec participations aux bénéfices de l'assureur. Selon
la Loi de l'impôt sur le revenu, ces participations ne sont pas des dividendes, ils
s'apparentent à des remboursements de primes payées en trop. Ces participations
diminuent le coût de base rajusté (CBR) de la police et sont versées lorsque :

• Les prestations de décès payées par l'assureur sont inférieures à celles qu'il avait
utilisées pour établir ses primes. Les prestations peuvent être inférieures parce
qu'il y a eu moins de décès que ce que les hypothèses avaient prévu ou parce que
plus de contrats que prévu ont été annulés avant que les assurés décèdent;
• Les frais de l'assureur sont inférieurs aux hypothèses qu'il avait utilisées pour
établir ses primes;
• Le rendement obtenu a été supérieur à celui que l'assureur avait utilisé pour
établir ses primes.

[Link] Page 128 sur 249


Impression 21-05-29 07)31

Bien entendu ces participations ne sont pas garanties. Par contre, lorsqu'elles ont été
déclarées par l'assureur, elles sont acquises (créances) aux titulaires du contrat. Les
participations sont créditées à l'anniversaire de la police et peuvent être versées sous
différentes formes, au choix du client85 :

• Versées comptant au titulaire du contrat;


• Utilisées pour réduire la prime à payer;
• Servir à rembourser un emprunt sur police;
• Laissées dans un compte qui produira des intérêts imposables. Elles peuvent être
encaissées en tout temps;
• Utilisées pour souscrire de l'assurance libérée. La taxe sur les primes s'applique
sur la valeur des primes liées à l'assurance additionnelle ainsi souscrite. (Achat
d'une nouvelle assurance et donc augmentation du CBR. Ceci annule en partie la
diminution du CBR engendré par la déclaration des participations);
• Utilisées pour souscrire de l'assurance temporaire. (Achat d'une nouvelle
assurance et donc augmentation du CBR. Ceci annule en partie la diminution du
CBR engendrée par la déclaration des participations).

Les illustrations des vies entières avec participation


Les représentants doivent fournir à leurs clients deux illustrations, le scénario principal
qui prévoit généralement le maintien des participations actuelles et un scénario qui
prévoit une baisse des participations.

Le portefeuille de placements des fonds généraux des compagnies d'assurance vie est
surtout composé de titres de créances. La baisse des taux d'intérêt devrait donc
diminuer la valeur des participations dans le futur. Il est donc suggéré d'utiliser
l'illustration qui prévoit une baisse des participations plutôt que le scénario principal. À
titre d'exemple, voici un extrait du document Aperçus de contrats d'assurance-vie entière
avec participation86 que Sun Life publiait en 2018 :

«Scénario faiblesse continue des taux d'intérêt

• si les taux à long terme du gouvernement du Canada demeurent à environ 2,25


%;
• les écarts historiques et les valeurs implicites restent constants;
• les marchés boursiers et le marché des biens immobiliers affichent des
rendements historiques moyens;
• les résultats techniques liés à la mortalité et ceux liés aux frais ne changent pas.

Alors ... le rendement du portefeuille du compte des contrats avec participation pourrait
graduellement chuter de 100 à 150 points de base au cours des 20 prochaines années.»

Selon la Banque du Canada, le 24 janvier 2019, les rendements d'obligations types du


gouvernement canadien à long terme étaient de 1,49 %. Il faut donc prévoir d'autres
baisses de taux de participation.

[Link] — Assurance vie universelle

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L'assurance vie universelle est plus transparente (mais pas totalement) que l'assurance
vie entière. Le relevé que le titulaire reçoit permet généralement à celui-ci de connaître :

• le coût annuel de l'assurance;


• la partie de ses primes qui sert à payer les taxes provinciales sur les primes
d'assurance;
• les rendements obtenus dans les différents comptes de la valeur accumulée87
dans le contrat.

L'assurance vie universelle offre aussi beaucoup plus de souplesse à son titulaire. Il
peut, entre autres :

• Verser des primes qui varient chaque année. Cependant, la prime versée ne peut
être supérieure à la prime maximale indiquée dans la police. Cette prime est
établie pour respecter les conditions imposées par la Loi de l'impôt sur le revenu;
• Choisir entre plusieurs types de facturations des coûts d'assurance;
• Choisir si la valeur accumulée dans la police est incluse ou non dans la prestation
de décès. Autrement dit, est-ce que la prestation de décès est fixe ou variable?
• Choisir les types de placements88 (fixes ou variables) qui feront varier la valeur
accumulée dans la police;
• Effectuer des retraits sans annuler le contrat.

Choix de la prime
La prime minimale est, en théorie, celle qui devrait maintenir le contrat en vigueur durant
toute la vie de l'assuré. Cependant, le rendement réel en deçà d'un certain niveau89 par
la police peut entraîner des déchéances. La prime maximale est, quant à elle, celle qui
devrait faire en sorte que le contrat demeure une police dite exonérée aux fins fiscales.

Choix du coût d'assurance


Le titulaire de contrat peut choisir quel type de coût d'assurance sera prélevé dans la
police. Le coût d'assurance peut être fixe à vie (ou une période limitée selon les
contrats) ou croissant. Par exemple, un coût d'assurance qui augmente aux dix ans
(T10), un taux qui augmente chaque année (T1), etc.

Option du capital décès


Prestation de décès fixe

Si la valeur accumulée n'est pas versée au décès, alors la portion assurance du contrat
a tendance à diminuer. Par exemple, pour un capital assuré de 100 000 $, si la valeur
accumulée est de 10 000 $, alors le risque que la compagnie d'assurance assume est
de 90 000 $ (100 000 - 10 000). Si la valeur augmente à 60 000 $, alors le risque
assumé par l'assureur baisse à 40 000 $. Par contre, si la valeur diminue à 40 000 $,
alors le risque assumé par la compagnie d'assurance augmente. La valeur accumulée
dans le contrat sert donc d'autoassurance.

Bien entendu, lorsque le risque assumé par la compagnie diminue, cela diminue le coût
d'assurance prélevé dans la police. L'inverse est aussi vrai, c'est-à-dire, lorsque la valeur

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accumulée baisse et que, par conséquent, le risque assumé par l'assureur augmente,
alors le coût d'assurance prélevé augmente également. Si le titulaire du contrat choisit
l'option de prestation de décès fixe, il devrait alors choisir un coût d'assurance croissant,
sinon il aura payé en trop au début du contrat inutilement. La section 6.2.3 offre
davantage d'information à ce sujet.

Prestation de décès variable


Lorsque la valeur accumulée dans la police est versée à titre de prestation de décès,
alors le capital décès devient variable. Si la valeur accumulée augmente, alors la
prestation décès augmente. Si la valeur accumulée diminue, alors la prestation décès
diminue. Cependant, la prestation de décès ne sera pas inférieure au montant
d'assurance choisi. Autrement dit, la partie assumée par l'assureur demeure constante.

Pour un montant d'assurance de 100 000 $, si la valeur accumulée est de 50 000 $,


alors la prestation de décès est de 150 000 $. Par contre, si la valeur accumulée baisse
à 20 000 $, la prestation de décès diminue à 120 000 $.

Choix du type de rendement


Avec une assurance vie entière, c'est la compagnie d'assurance qui est responsable
d'effectuer les placements. Si les rendements obtenus sont inférieurs à ses prévisions,
l'assureur en assume les conséquences. Si les rendements obtenus sont supérieurs aux
prévisions, l'assureur conserve la totalité des surplus, sauf dans le cas des polices avec
participation.

Avec une assurance vie universelle, la valeur accumulée varie selon les rendements
obtenus par la police. Si les rendements obtenus sont positifs, la valeur augmente. Si les
rendements obtenus sont négatifs, alors la valeur diminue. Le titulaire peut choisir des
comptes à intérêts fixes ou à intérêts variables.

Parmi, les comptes à intérêts fixes, il y a les comptes à :

• intérêts quotidiens;
• termes. La durée des termes peut varier (selon les contrats) de 30 jours à 20 ans.

Lorsque l'option à intérêts variables est choisie, la valeur du compte varie en fonction
d'un indice externe. Voici quelques exemples d'indices externes possibles :

• Rendement d'un indice obligataire moins les frais stipulés dans la police;
• Rendement d'un indice d'actions90 moins les frais stipulés dans la police. Les
dividendes sont alors conservés par l'assureur, ce qui a pour effet d'augmenter les
frais de 2 à 3 % par an, selon les indices boursiers;
• Rendement d'un indice d'actions avec les dividendes (rendement total) moins les
frais stipulés dans la police. En date du 4 mars 2013, le rendement en dividendes
de l'indice S&P/TSX 60 était de 3,12 %;
• Rendement d'un fonds commun de placement (FCP) moins les frais stipulés dans
la police. Il existe alors une possibilité de doublement des frais, si l'assureur
prélève des frais en plus des frais prélevés par le FCP;

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• Rendement d'un fonds distinct (FD) moins les frais stipulés dans la police. Il
existe alors une possibilité de doublement des frais, si l'assureur prélève des frais
en plus des frais prélevés par le FD.

Il est important de réaliser que la valeur des comptes n'est pas directement investie
dans les indices, les FCP ou les FD, mais que c'est la valeur des comptes qui varie en
fonction de l'indice. Si les fonds étaient véritablement investis dans un indice, un FCP ou
un FD, la police perdrait son statut d'exonération et le titulaire du contrat serait alors
personnellement imposé sur le rendement après frais. Lors d'une mise en liquidation
d'un assureur, la valeur accumulée appartient à l'assureur et le titulaire du contrat
possède une créance sur cette valeur. Ces sommes ne sont pas en fiducie. Ce qui fait
en sorte que ce véhicule financier est plus risqué qu'un FCP ou un FD. C'est l'équivalent
d'acheter une obligation de la compagnie dont le rendement est fonction d'un indice
externe. Il y a donc concentration de capital dans la compagnie d'assurance. Assuris
garantit certains montants lors d'une liquidation d'un assureur (voir l'annexe 4 pour plus
de détails).

En outre, l'option de rendement externe en fonction du rendement d'un FD ne donne


généralement pas au titulaire les garanties des FD individuels. Lors de la souscription de
FD distinct individuel, le propriétaire du contrat a la garantie de récupérer à l'échéance
ou au décès du rentier une partie ou la totalité des primes versées. Ce n'est pas le cas
avec l'assurance vie universelle, car c'est le rendement qui varie en fonction du FD et
non les sommes qui sont directement investies dans le compte.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

Le choix des options du type de rendement doit se faire en tenant compte du


profil d'investisseur du client, de l'ensemble de ses placements et de la fiscalité
des différents véhicules financiers. Toutes choses étant égales par ailleurs, les
placements qui génèrent des dividendes ou du gain en capital devraient d'abord
être investis dans des véhicules non enregistrés.

Voici les conclusions de l'étude Life Insurance as an Investment Vehicle faite par
l'actuaire Michael Hawkins :
Lessons to be drawn from this review are:
1. Life insurance is good for your heirs but bad for your savings.

2. There may only be a modest gain for heirs in using life insurance if the heirs do not put
value in the amounts being paid for the life insurance protection.

3. If using life insurance, allocate the fixed income portion of your portfolio, that isn't
registered, to life insurance ahead of the equity portion of your portfolio.

4. If investing in an equity portfolio, there may be destruction in value for heirs in using

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life insurance if the heirs do not see value in the amount being paid for the life insurance
protection.

5. Know your circumstances; life insurance is not universally advantaged or


disadvantaged.

6. If you think fees matter, they matter doubly for life insurance.

7. Look at what you are buying; frictional costs in off-the-shelf retail products can
eliminate the potential tax advantages of life insurance.

8. There is more to consider than numbers.

Avec ou sans bonis


Plusieurs assureurs offrent des contrats avec bonis. Ces bonis sont versés selon les
conditions écrites dans la police. Ils peuvent être garantis ou non. Les bonis qui sont
calculés en fonction des taux d'intérêt obtenus sont plus aléatoires que ceux calculés sur
la valeur du compte. Le versement de ces bonis est financé soit par des frais plus élevés
ou des coûts d'assurance plus élevés.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

Il est généralement préférable de choisir des contrats sans bonis et ayant une
structure de frais inférieurs. Le titulaire est alors certain de payer moins. Il n'est
pas utile de payer des frais supplémentaires de 1 % pour avoir une bonification
de rendement de 1 % car le rendement après frais est le même, voire moindre, si
la bonification n'est pas garantie91.

Lorsque l'option avec bonis est choisie, il faut faire particulièrement attention aux
illustrations (projections des valeurs accumulées), car généralement les bonis sont inclus
dans la projection, même s'ils ne sont pas garantis. Il faut tenir compte de ce biais
lorsque l'on compare des illustrations de polices d'assurance vie universelle différentes
ou avec des placements investis directement dans les indices. Si vous désirez en
apprendre davantage à ce sujet, vous pouvez consulter l'analyse comparative des AVU
avec ou sans bonis faite par Jean-Francois Roy lors du congrès 1999 de l'APFF, «La
police d'assurance vie universelle vue par... un actuaire!».

Retrait de la valeur de rachat


Contrairement à l'assurance vie entière, avec une assurance vie universelle, il est
possible de faire des retraits partiels sans diminuer la prestation de décès si l'option de
capital assuré fixe a été choisie. Lorsque l'option de capital assuré variable a été choisie,
tout retrait diminue la prestation de décès.

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Assurance vie universelle et Normes d'hypothèses de projection de l'IQPF


Puisque l'AVU contient une composante «épargne», il faut déterminer le profil
d'investisseur du client. De plus, il y a quelques facteurs qui militent pour que la partie
épargne de l'AVU soit plus conservatrice que l'ensemble de son portefeuille.
Premièrement, la souscription d'une assurance a pour but de transférer les
conséquences financières à un assureur, pas d'assumer des risques. Deuxièmement, la
fiscalité de la partie épargne de l'assurance vie est moins avantageuse que la détention
directe des actions, voir à ce sujet la sous-section 6.3, La fiscalité de l'assurance sur la
vie.

L'AVU peut comporter plusieurs frais :

• Les frais de gestion de l'AVU, qui varient selon que le contrat offre ou non des
bonis de rendement;
• Les frais de gestion du fonds ou de l'indice à partir duquel le rendement de la
partie épargne est calculé;
• L'absence des dividendes si l'indice choisi ne procure que la variation du prix de
l'indice. En date du 21 septembre 2012, le rendement en dividendes de l'indice
boursier canadien S&P/TSX 60 est d'environ 3 %;
• Leurs coûts d'assurance sont parfois plus élevés que des produits similaires, ce
qui permet de diminuer les autres frais.

Le tableau suivant présente les calculs à faire pour obtenir le rendement à utiliser dans
la projection. Les frais utilisés sont des exemples réels. Pour plus de détails sur les
profils, vous pouvez consulter la sous-section 5 «Exemples d'application» des Normes
d'hypothèses de projection 2017.

Profil Conservateur Équilibré Dynamique

% en court terme 5% 5% 5%

% en revenu fixe 70 % 45 % 20 %

% en actions 25 % 40 % 35 %
canadiennes

% en actions 0% 10 % 25 %
étrangères

% en actions 0% 0% 15 %
marchés émergents

Rendement brut 4,50 % 5,17 % 6,00 %

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Frais de l'AVU sans 0,00 % 0,00 % 0,00 %


bonis

Frais de l'AVU avec 1,60 % 1,60 % 1,60 %


bonis

Frais du fonds ou 1,79 % 1,79 % 1,89 % 1,89 % 2,00 % 2,00 %


sur l'indice sous-
jacent en tenant
compte de
l'absence des
dividendes, s'il y a
lieu

Rendement net 2,71 % 1,11 % 3,28 % 1,68 % 4,00 % 2,40 %

Rendement arrondi 2,75 % 1,00 % 3,25 % 1,75 % 4,00 % 2,50 %


au 0,25 % le plus
près

Comme nous pouvons le constater, le taux à utiliser varie beaucoup selon que l'AVU
prévoit ou non le versement de bonis. Bien entendu, dans ce dernier cas, le logiciel de la
compagnie va ajouter les bonis, ce qui reviendra à très long terme à la situation sans
bonis. En effet, en pratique, les bonis sont financés par des frais plus élevés. Il est
généralement préférable de choisir l'option sans bonis et de profiter de frais moindres
(une certitude) plutôt que choisir les AVU avec bonis, ce qui donne la possibilité de
recevoir des bonis si le client remplit les conditions nécessaires à leur obtention.

[Link] — Assurance vie entière ou assurance vie universelle?


Il est très difficile de comparer ces deux produits. Par contre, il est indéniable que
l'assurance vie universelle est plus souple et offre un potentiel de rendement plus élevé
que celui de l'assurance vie entière. Par contre, l'assurance vie entière est moins risquée
pour le titulaire du contrat. À l'inverse, avec l'assurance vie universelle l'assureur assume
moins de risques.

L'assurance vie entière n'est pas efficace pour combler des besoins d'assurance vie
temporaires. Pour ceux-ci, l'utilisation d'une assurance temporaire est nettement plus
efficiente (moins coûteuse).

Par contre, bien que l'assurance vie universelle est en théorie une assurance vie
permanente, elle peut aussi servir à couvrir des besoins temporaires. En effet, il est
possible de choisir un coût d'assurance temporaire (T1) et d'y verser seulement les
primes qui correspondent à des besoins temporaires. La valeur de rachat est alors peu
élevée, voir inexistante. La probabilité de déchéance du contrat est alors très élevée,
mais cela n'entraîne pas de problème pour le client si la déchéance se produit après que
le besoin d'assurance se soit éteint.

[Link] Page 135 sur 249


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Le rendement potentiel sur les fonds à l'intérieur du contrat est plus élevé si l'option
d'intérêt variable est choisie. Mais le titulaire du contrat assume des risques qu'il aurait
transférés à l'assureur s'il avait choisi un autre type de contrat d'assurance vie. Cela est
quelque peu paradoxal, car le but premier de l'assurance est de transférer à un assureur
les conséquences financières des risques. Le tableau suivant résume les risques qui
sont transférés à l'assureur et ceux qui sont assumés par le titulaire du contrat.

Risque Vie entière avec Vie universelle


participation

De rendement Pour les valeurs garanties : Assumé en totalité ou en


transféré à l'assureur, mais partie par le titulaire selon les
placements conservateurs options choisies
Pour les participations
futures : assumé par le
titulaire

De coût de Pour les valeurs garanties : Transféré à l'assureur si les


mortalité transféré à l'assureur coûts d'assurance sont
Pour les futurs bonis garantis, sinon ils sont
d'assurance libérée : assumé assumés en partie par le
par le titulaire titulaire

De survivre au Transféré à l'assureur si le Les rendements réellement


contrat titulaire du contrat paie obtenus peuvent provoquer
toutes les primes des déchéances

Le fait que les illustrations remises aux clients utilisent des rendements fixes plutôt
qu'aléatoires entraîne une surestimation de la probabilité de maintenir en vigueur la
police. Selon une étude faite par l'actuaire Ashley Crozier92, en utilisant un taux de
rendement aléatoire (méthode Monte-Carlo), la probabilité que le contrat soit encore en
vigueur à l'âge de 90 ans de l'assuré est de 63 % (donc 37 % de probabilité de
déchéance) avec la prime illustrée. Pour atteindre une probabilité de 90 % (probabilité
de déchéance de 10 %), il faudrait augmenter la prime de 46 %. Pour atteindre une
probabilité de 95 % (probabilité de déchéance de 5 %), il faudrait augmenter la prime de
61 %. La probabilité de 95 % est celle normalement utilisée pour les sondages
scientifiques.

Conseils
Pour diminuer la probabilité de poursuite, le planificateur financier qui remet des
illustrations de contrats d'assurance devrait :

• Dans le cas d'un contrat de type vie universelle, s'assurer que celles-ci respectent

[Link] Page 136 sur 249


Impression 21-05-29 07)31

les Normes d'hypothèses de projection de l'Institut québécois de planification


financière, notamment ce qui concerne la soustraction des différents frais;
• Dans le cas d'un contrat de type vie entière avec participations, mentionner par
écrit les éléments suivants :
• Les participations sont à la baisse et cette tendance devrait perdurer tant et
aussi longtemps que les taux d'intérêt demeureront en deçà de la moyenne
historique;
• Si les taux d'intérêt montent, plusieurs années pourraient s'écouler avant
que les participations atteignent les niveaux passés;
• Les nouvelles normes comptables plus sévères devraient affecter la
performance des sociétés d'assurance de personnes.

6.1.3 — Avenants
Plusieurs avenants peuvent être ajoutés aux contrats d'assurance vie. En voici quelques
exemples :

• Exonération du paiement des primes en cours d'invalidité. L'assureur renonce au


paiement des primes lorsque le titulaire du contrat ou l'assuré (selon le choix
effectué) devient totalement invalide. Le délai de carence est souvent de 90 jours,
mais l'assureur rembourse toutes les primes payées depuis le début de l'invalidité.
Il y a exonération des primes jusqu'à la date de cessation de l'invalidité. Cette
option est généralement plus coûteuse qu'une bonne assurance invalidité perte de
revenus. Elle est inutile lorsque l'exonération des primes est rattachée à l'invalidité
totale d'une personne qui ne paie pas les primes, par exemple l'assuré qui n'est
pas le titulaire et le payeur.
• Droit de souscrire de l'assurance vie supplémentaire. Cet avenant permettra
d'augmenter le capital assuré sans avoir à fournir de preuve de bonne santé. Les
conditions peuvent varier d'une compagnie à une autre, mais, dans l'ensemble, il
s'agit de la possibilité de souscrire de l'assurance supplémentaire à chaque
anniversaire d'assurance d'après des montants maximums préétablis, aux mêmes
conditions que le contrat initial, mais au taux de l'âge atteint.
• Assurance décès ou mutilation par accident. Cet avenant verse une somme
forfaitaire selon un barème préétabli lors d'un décès accidentel ou d'une perte
accidentelle de l'usage (souvent la mutilation) de certains membres, d'organes ou
de capacités. Cet avenant n'est généralement pas utile, car ce n'est pas la cause
de décès qui est importante, mais ses conséquences. L'analyse des besoins
d'assurance vie n'est pas fonction de la cause du décès. Il en est de même avec
l'analyse des besoins en cas d'invalidité.
• Familial. Cet avenant permet d'assurer tous les enfants et parfois le conjoint. Le
capital assuré est généralement peu élevé et il a pour but de payer les frais
engendrés par le décès.

6.1.4 — Résumé des types d'assurance sur la vie

Caractéristiques Types d'assurance vie


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Temporaire Vie entière Vie universelle

Durée Varie selon les


contrats.

Généralement, La vie, sauf si déchéance pour non-


les contrats sont paiement des primes ou rachat par le
renouvelables et titulaire du contrat.
transformables
sans preuve
d'assurabilité.

Primes Elles sont fixes Généralement Selon les options


pour la période fixes, mais choisies, elles sont
(ex. : 10 ans pour certains contrats fixes ou
une assurance prévoient des croissantes.
temporaire 10 augmentations
ans), puis elles périodiques.
augmentent à
chaque période
de
renouvellement.

Capital assuré Généralement Généralement • Fixe si le fonds


fixe, mais peut fixe. de capitalisation
être décroissant n'est pas versé
pour les au décès.
assurances vie
hypothécaires.

Peut augmenter • Variable si le


pour les fonds de
assurances avec capitalisation
participations si est versé au
celles-ci servent à décès.
acheter de
l'assurance
supplémentaire.

Valeur de rachat Non Cela dépend des Oui, fonds de


contrats. capitalisation moins
les frais de rachat.

À qui s'adresse-t- À ceux qui ont À ceux qui ont À ceux qui ont des
il? des besoins des besoins besoins
temporaires. permanents. permanents et :

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Si valeur de • Qui ont


rachat : les clients maximisé leurs
qui ont maximisé cotisations aux
leurs cotisations REER, CELI,
aux REER, CELI, REEE et
REEE et remboursé leurs
remboursé leurs dettes dont les
dettes dont les intérêts ne sont
intérêts ne sont pas déductibles
pas déductibles du revenu;
de leur revenu.

• Qui veulent
gérer eux-
mêmes leur
fonds de
capitalisation.

Le classement des T100 varie selon les contrats. Lorsque le


contrat se termine à 100 ans, c'est une assurance
temporaire (à long terme). Lorsque le paiement des primes
est libéré à 100 ans, mais que l'assurance demeure en
vigueur, c'est une assurance permanente.

(2) 6.2 — Tarification de l'assurance vie


6.2.1 — Composantes de la prime
La prime facturée aux consommateurs par les assureurs est calculée en considérant les
cinq éléments suivants :

• La prime pure ou actuarielle;


• Les frais de chargement imputés au contrat;
• Le taux de rendement net estimé sur la réserve mathématique;
• Les déchéances;
• Les taxes provinciales sur les primes.

La prime pure
Cette partie de la prime est le coût de l'assurance pour l'assureur. Techniquement, c'est
l'espérance mathématique des prestations, soit la probabilité de décès dans l'année
multipliée par le capital assuré.

Les taux de décès qu'utilisent les assureurs ne sont pas les mêmes que ceux des tables
de mortalité de l'ensemble de la population. Les assureurs tiennent compte de
l'augmentation probable de l'espérance de vie dans les prochaines années et ils
sélectionnent leurs assurés. Les assureurs refusent93 d'assurer les gens les plus

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malades. L'espérance de vie d'une personne qui vient d'être acceptée par un assureur
est supérieure à celle de tables de mortalité publiées, par exemple celle incluse dans les
Normes d'hypothèses de projection de l'IQPF.

Les principaux facteurs statistiques qui influencent la probabilité de décès sont :

• L'âge;
• Le sexe;
• La consommation ou non de produits du tabac;
• Les antécédents et conditions médicaux, par exemple, la tension artérielle,
l'indice de masse corporelle, etc.
• Le style de vie. Par exemple, le niveau de la consommation d'alcool, de
médicaments et de drogue, la pratique de certains sports, la conduite automobile,
etc.

Après analyse de la proposition faite par un consommateur, le tarificateur de l'assureur


peut :

• Refuser d'assurer le proposant;


• L'accepter au tarif régulier, habituel ou standard;
• L'accepter à un tarif privilégié. La prime est moindre parce que le profil de l'assuré
correspond à un profil dont la probabilité de décès est inférieure à celle de
l'ensemble de ses assurés;
• L'accepter à un tarif avec surprime. La prime est plus élevée que le tarif régulier
parce que le profil de l'assuré correspond à un profil dont la probabilité de décès
est plus élevée que celle de l'ensemble de ses assurés.

Les frais de chargement


Les frais imputés aux contrats comprennent :

• Les frais de sélection des assurés;


• Les frais de distribution;
• Les frais d'administration;
• Les frais reliés aux paiements des prestations;
• La marge de profit de l'assureur sur le produit d'assurance.

Le taux de rendement
Plus la date du paiement de la prestation de décès est éloignée dans le temps et plus le
rendement estimé est élevé, plus faible sera la réserve pour payer cette prestation et,
par conséquent, plus faible sera la prime annelle chargée aux consommateurs.

Le rendement estimé est après frais et après l'impôt sur le revenu de placement que doit
payer l'assureur. Cet impôt est de 15 %. Voir la section fiscalité de l'assurance vie pour
plus de détails.

Les déchéances
Plus le taux de résiliation des contrats est élevé, moins l'assureur verse des prestations

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et par conséquent moins il a besoin de primes. La majorité des contrats d'assurance vie
sont annulés avant que le décès de l'assuré survienne.

Selon des études de l'Institut canadien des actuaires, le taux de déchéance des contrats
d'assurance vie a été d'environ 36 % après 15 ans pour les contrats d'assurance vie
universelle à coût nivelé94 et d'environ 34 % après 15 ans pour les polices d'assurance
temporaire 100 ans95. Ces taux varient selon l'âge des assurés, leur sexe et leur statut
de fumeur ou non.

Les taxes provinciales sur les primes


Au Québec, une société d'assurance doit payer une taxe de 3 % sur les primes
d'assurance de personnes (voir l'article 1167 de la Loi sur les impôts du Québec). Elle
doit également payer une taxe compensatoire de 0,48 % sur les primes (voir l'article
1159.3 de la Loi sur les impôts du Québec).

La prime facturée
La prime que doit payer le titulaire du contrat tient compte de tous ces éléments. Bien
entendu, la valeur actualisée de l'ensemble des primes encaissées par l'assureur doit
être supérieure à la valeur actualisée de l'ensemble des prestations versées par
l'assureur. Cette relation est au cœur du principe de la mutualisation des risques. Si
l'assureur doit verser plus de prestations (en valeurs actualisées) que de primes (en
valeur actualisée) qu'il encaisse, il devra déclarer faillite.

Le tableau suivant résume la relation entre l'assureur et le titulaire (le consommateur) du


contrat :

Pour la
Pour le consommateur
compagnie

La prime Un revenu Un déboursé

Un dédommagement pour compenser une


La prestation Une dépense
perte

Le but de Une source de Se protéger contre les conséquences


l'assurance profit financières liées à un risque

6.2.2 — Prime annuelle ou prime mensuelle?


Le titulaire du contrat a le choix de payer sa prime sur une base annuelle ou mensuelle.
Parfois ce choix implique un taux implicite d'intérêt très élevé. Par exemple, lorsque le
facteur pour convertir la prime annuelle en prime mensuelle est de 9 %, le taux implicite
annualisé est de 18,59 %. Le tableau suivant compare une prime annuelle de 1 000 $
avec une prime mensuelle de 90 $ (9 % multiplié par 1 000 $). Le taux d'intérêt est de
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18,59 % pour que le solde soit à 0 $ au début (les primes sont payées en début de
période) du douzième mois.

Début Prime Solde

1 1 000,00 $ 90,00 $ 923,02 $

2 923,02 $ 90,00 $ 844,95 $

3 844,95 $ 90,00 $ 765,75 $

4 765,75 $ 90,00 $ 685,43 $

5 685,43 $ 90,00 $ 603,95 $

6 603,95 $ 90,00 $ 521,30 $

7 521,30 $ 90,00 $ 437,48 $

8 437,48 $ 90,00 $ 352,45 $

9 352,45 $ 90,00 $ 266,21 $

10 266,21 $ 90,00 $ 178,73 $

11 178,73 $ 90,00 $ 90,00 $

12 90,00 $ 90,00 $ 0,00 $

Avec une calculatrice financière, pour obtenir le taux d'intérêt implicite, il faut d'abord
mettre la calculatrice en mode début de période, puis suivre les étapes suivantes :

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Pour obtenir le taux effectif annuel, il suffit de mettre le taux mensuel dans la formule
suivante : (1 + taux mensuel)nombre de périodes - 1 = taux annuel. Dans notre exemple,
nous obtenons : 1,014312-1 = 18,59 %

6.2.3 — Primes nivelées ou croissantes?


Avec une prime nivelée, le titulaire paie trop au début pour compenser le fait qu'il ne
paiera pas suffisamment plus tard. C'est ce que préfèrent plusieurs consommateurs.
Mais, contrairement à la perception populaire, les compagnies d'assurance ne
subventionnent pas les primes nivelées, c'est-à-dire qu'il n'y a aucun cadeau de fait au
consommateur.

En actualisant l'ensemble des primes (en tenant compte des déchéances) au taux de
rendement net de l'assureur, la valeur présente des primes nivelées est identique à la
valeur présente des primes croissantes ou en palier (T10, T20, etc.).

Par contre, selon la situation particulière de l'assuré, un mode de paiement des primes
est préférable à l'autre. À titre d'exemple, voici quelques situations ou les primes
nivelées sont désavantageuses pour le consommateur :

• Lorsque le contrat est annulé avant la fin de la période de nivellement;


• Lorsque l'assuré décède avant d'avoir atteint son espérance de vie estimée par
l'assureur;
• Lorsque le besoin d'assurance vie est décroissant (dette, protection pour les
personnes à charge), à moins que le capital assuré décroisse au même rythme
que le besoin;
• Lorsque le titulaire du contrat peut obtenir un taux de rendement net de frais et
d'impôts qui est supérieur au taux d'actualisation utilisé par l'assureur, ce qui est
généralement le cas lorsque le consommateur utilise un CELI, un REER, un REEE
ou rembourse une dette dont les intérêts ne sont pas déductibles aux fins de
l'impôt;
• Lorsque le titulaire du contrat aura une marge budgétaire plus grande au
renouvellement. Par exemple, une personne qui prévoit avoir une promotion ou
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des dépenses moindres (par exemple, les enfants seront devenus autonomes)
lorsque le renouvellement aura lieu.

Faut-il souscrire une assurance vie le plus jeune possible?


En souscrivant l'assurance plus tôt, la prime est plus basse. Par contre, il faut la payer
plus longtemps. Au total, cela risque de coûter plus cher.

Si le coût annuel était le facteur le plus important, tous les emprunteurs devraient choisir
la période d'amortissement la plus longue possible. Ce n'est pas le coût annuel qui
devrait dicter le choix, mais l'actualisation des primes pour l'ensemble de la durée du
besoin.

Mathématiquement, il n'est pas souhaitable de souscrire une assurance avant d'en avoir
besoin. Par contre, un consommateur peut décider de souscrire une assurance pour
garantir son assurabilité.

T10 ou T20?
Souvent les consommateurs additionnent les primes des T10 et les comparent à la
somme des primes des T20 et trouvent alors que les T10 sont moins chers à long terme.
Cette façon de faire n'est pas complète puisqu'elle oublie que :

• La valeur de 100 $ dans 10 ans n'équivaut pas à la valeur de 100 $ aujourd'hui;


• Le renouvellement d'un T10 aux taux garantis ne devrait se faire que si l'assuré
est en mauvaise santé;
• Le besoin peut avoir diminué dans 10 ans, par exemple si les dettes ont diminué
ou que les enfants sont devenus autonomes. Pour une estimation de l'évolution
probable des besoins d'assurance vie, vous pouvez consulter la section 2.2.3
Évolutions des besoins selon les phases de vie du présent module.

À titre d'exemple, prenons un assuré de 30 ans qui souscrit un capital décès de


500 000 $ et a le choix entre un T20, dont la prime annuelle est de 485 $, et un T10,
dont la prime pendant les premiers dix ans est de 345 $ et de 1 180 $ pendant les
prochains dix ans. En additionnant les primes, nous obtenons 9 700 $ (485 $ multiplié
par 20) pour le T20 et 15 250 $ (345 $ multiplié par 10 plus 1 180 $ multiplié par 10) pour
le T10. En première analyse, il semble effectivement que le T20 est meilleur marché,
mais c'est oublier qu'il pourra probablement souscrire un nouveau contrat dans 10 ans
(selon l'Association canadienne des compagnies d'assurance de personnes, seulement
4 % des demandes d'assurances sont refusées96). Avec la même compagnie
d'assurance, la prime actuelle pour un capital assuré de 500 000 $ à 40 ans est de 470 $
par an. La somme des primes des T10 devient donc 8 150 $ (345 $ multiplié par 10 plus
470 $ multiplié par 10) s'il y a souscription d'un nouveau contrat à un taux standard, et
ce, sans compter la baisse potentielle du coût d'assurance si l'espérance de vie continue
à s'accroître.

Le choix entre un T10 et un T20 dépend donc :

• De la forme de la distribution du besoin d'assurance dans le temps. Si le besoin

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diminue, le T10 est favorisé.


• De la tolérance au risque du preneur, sa tolérance à assumer le risque d'être
obligé (pour des raisons de santé) de renouveler son T10 actuel au tarif garanti
dans le contrat. Le tableau suivant illustre les conséquences potentielles de choix.

Âge T-20 RT T-10 RT Nouveau T10

(mauvaise (bonne santé)


santé)

30 485 $ 345 $ 345 $

40 485 $ 1 180 $ 470 $

Addition des primes 9 700 $ 15 250 $ 8 150 $

Valeur actualisée des primes totales

Taux de 3 % 7 432 $ 10 746 $ 6 104 $

Taux de 4 % 6 855 $ 9 635 $ 5 889 $

Taux de 5 % 6 436 $ 8 670 $ 5 137 $

Taux de 6 % 5 897 $ 7 832 $ 4 739 $

Au taux d'actualisation de 3 %, l'impact du risque d'être obligé de renouveler le plein


montant du capital assuré est 3 314 $ (10 746 $ moins 7 432 $). Si le besoin a diminué,
l'impact est moins élevé. L'impact de ce risque est inférieur aux risques d'un portefeuille
de placements équilibré.

De plus, selon l'étude de l'Institut canadien des actuaires Expérience de déchéance des
polices temporaires 10 ans (janvier 2014), le taux de déchéance du capital-décès de ces
polices est d'environ 65 % après dix ans. Seuls les gens qui ont des problèmes
d'assurabilité ont intérêt à renouveler leur assurance T10. Les autres peuvent souscrire
un nouveau contrat à bien meilleur coût que celui qui découlerait du renouvellement.

(2) 6.3 — La fiscalité de l'assurance vie


6.3.1 — Les prestations de décès
Sauf en ce qui concerne la prestation de décès97 du Régime de rentes du Québec ou du
Régime de pensions du Canada, les prestations de décès de l'assurance vie sont non

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imposables pour celui qui les reçoit. Par contre, lorsque le bénéficiaire est une société, le
transfert aux actionnaires peut entraîner des conséquences fiscales. Seul le produit net
d'une assurance vie est admissible au compte de dividende en capital (CDC)98.
Autrement dit, le montant qui peut être transféré aux actionnaires sans conséquence
fiscale est la prestation de décès moins le coût de base rajusté (CBR) de la police. Les
sociétés ayant acquis de leur actionnaire, avant le 22 mars 2016, une police d'assurance
sur la vie de ce dernier et ayant payé un prix supérieur à la valeur de rachat de la police
au moment du transfert doivent ajouter cet excédent au CBR pour obtenir le produit net
d'assurance vie pouvant faire l'objet d'une inscription au CDC. À partir du 22 mars 2016,
le CBR de la police d'assurance vie pour la société à la suite d'un transfert par
l'actionnaire inclut tout excédent de la contrepartie payée par la société sur la valeur de
rachat de la police au moment du transfert.

La prestation d'une assurance couvrant uniquement le décès accidentel n'est pas


admissible au CDC.

6.3.2 — La Loi sur les impôts (L.i.) du Québec


Les provinces taxent les primes d'assurance de personnes. Ces taxes sont incorporées
dans les primes. Au Québec, deux articles de la L.i. concernent les taxes sur les primes
d'assurances de personnes :

• L'article 1167 édicte que la taxe sur les primes est 3 %99 lorsque l'assurance
porte sur la vie, la santé ou l'intégrité physique de l'assuré;
• L'article 1159.3.1 ajoute une taxe compensatoire à titre d'institution financière de
0,48 %.

Ces deux taxes s'appliquent sur l'ensemble de la prime incluant la partie dite épargne. Il
ne faut pas confondre la prime avec le coût d'assurance chargé par l'assureur dans une
police d'assurance vie universelle. La prime est le montant qui est versé par le titulaire
du contrat et non pas seulement le coût d'assurance prélevé dans le compte.

6.3.3 — La Loi de l'impôt sur le revenu (L.I.R.)


«La Loi de l'impôt sur le revenu divise les polices d'assurance-vie en deux catégories :
les polices à caractère d'épargne et les polices à caractère de protection.

Les polices à caractère d'épargne sont celles où les fonds placés dans la police sont
importants par rapport à la prestation de décès. Les détenteurs de ce type de police sont
assujettis à l'imposition des revenus accumulés dans l'année à l'égard des revenus de
placements nets attribuables à leur police. Les revenus de placements nets déclarés par
ces détenteurs sont soustraits de l'assiette de l'impôt sur le revenu de placement de
manière à éviter une double imposition des revenus de placements nets.

Les détenteurs de polices à caractère de protection, par contre, ne sont pas assujettis à
l'imposition des revenus annuels accumulés. Les revenus de placements nets sont
imposés lorsque la police est vendue, rachetée ou résiliée (pour une raison autre que le
décès de l'assuré) ou lorsqu'ils sont versés sous forme de dividendes sur police, quand
le montant cumulatif de ces derniers dépasse le total des primes versées en vertu de la
100
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police.»100

Cette distinction entre polices d'assurance vie à caractère d'épargne et police à


caractère de protection remonte au budget du 1er décembre 1982.

Polices acquises avant le 2 décembre 1982


Les contrats d'assurance vie acquis pour la dernière fois avant le 2 décembre 1982
conservent leurs droits acquis en ce qui concerne notamment ce qui suit :

• La conversion en rente des sommes accumulées dans le contrat, avec la même


compagnie, et en vertu d'un mode de règlement prévu au contrat, ne constitue pas
une disposition101;
• Il est possible d'effectuer des retraits partiels sans conséquence fiscale, et ce,
jusqu'à concurrence du coût de base rajusté (CBR)102;
• Le calcul du CBR tient compte de la totalité des primes payées, incluant les
avenants103;
• Les assurances temporaires transformées après le 1er décembre 1982 en
assurances permanentes demeurent soumises aux anciennes règles si la
conversion se fait pour le même montant d'assurance et que le nouveau contrat
remplit les conditions du test d'exonération104.

Polices à caractère d'épargne


Les polices à caractère d'épargne sont connues sous le nom de polices non exonérées.
Ces polices sont peu nombreuses, car la présence de taxes sur les primes par les
gouvernements provinciaux fait en sorte que leur fiscalité est plus lourde que celle des
placements non enregistrés.

Polices à caractère de protection


Les polices à caractère de protection sont désignées dans la L.I.R. comme étant des
polices exonérées. Pour qu'un contrat d'assurance vie se qualifie à titre de police
exonérée dès son émission et à chaque anniversaire, son fonds accumulé est comparé
à celui d'une police fictive, réputée être émise en même temps, soit la police type aux
fins de l'exonération (PTE)105.

Les règles fiscales applicables aux polices émises avant 2017


Police type aux fins de l'exonération (PTE)
La PTE est présumée arriver à échéance à la plus tardive des deux dates suivantes,
soit :
1) 10 ans après la date d'émission;

2) à 85 ans;

Le fonds accumulé de la PTE est fonction :

• de l'âge de l'assuré à l'émission;


• du nombre d'années écoulées depuis l'émission;

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• du capital assuré en vigueur;


• des taux de mortalité selon la table CSO 58;
• d'un taux d'intérêt minimum de 4 %.

En résumé, le fonds accumulé d'une PTE émise avant 66 ans est égal au fonds
accumulé d'une assurance mixte à 85 ans (fonds accumulé équivalant au capital assuré
à 85 ans) avec primes payables pendant 20 ans.

Dans certains cas, une assurance payable en trois ou quatre ans peut respecter les
critères d'exonération si, entre autres, les primes ont une valeur actualisée sensiblement
égale aux 20 primes dont il a été fait mention.

Si le fonds accumulé de la police réelle n'excède jamais celui de la PTE, la police sera
exonérée. Si, à quelque anniversaire que ce soit, le fonds accumulé excède celui de la
PTE, le contrat perdra son statut de police exonérée, tout le gain couru à cette date sera
imposable dans l'année et le contrat ne pourra plus jamais être exonéré. Une période de
grâce de 60 jours est cependant prévue pour permettre au titulaire de corriger la
situation, soit en augmentant le capital assuré dans les limites permises, moyennant des
preuves de bonne santé, soit en diminuant le fonds accumulé par le biais d'un emprunt
ou d'un retrait partiel.

Le but du test d'exonération est de maintenir une relation entre la capitalisation d'une
police, le capital assuré en vigueur et le nombre d'années écoulées depuis l'émission.
S'il n'y avait pas de restrictions quant aux augmentations du capital assuré de la police, il
serait possible de contourner le test en augmentant la prestation de décès de la police
afin d'y verser des primes additionnelles.

Un capital assuré croissant de l'ordre de 8 % est permis. Chaque augmentation du


capital assuré génère donc une augmentation possible du maximum du fonds accumulé.

Une autre règle à laquelle l'on doit accorder une attention particulière : la règle du
250 %. Cette règle prévoit qu'à compter du dixième anniversaire et à tout anniversaire
ultérieur, le fonds accumulé ne devra pas excéder 250 % du fonds accumulé trois
anniversaires auparavant, à moins du remboursement d'un emprunt sur le contrat, faute
de quoi, le contrat cessera d'être exonéré.

La plupart des assureurs se portent garants d'aviser assez rapidement le titulaire pour lui
permettre d'effectuer les changements nécessaires (retrait d'une partie de la valeur de
rachat106 ou augmentation du capital assuré) dans les délais prescrits.

Impôts sur le revenu de placement


Le terme police d'assurance exonérée ne décrit pas adéquatement la fiscalité de ce type
de produit. Bien que le titulaire du contrat ne paye pas directement de l'impôt sur la
croissance de la valeur accumulée dans sa police, en vertu de l'article 211.1(1) L.I.R., la
compagnie d'assurance doit payer un impôt fédéral de 15 % sur le revenu net de
placement107. Cet impôt est généralement désigné sous le vocable IRP (impôts sur le
revenu de placements).

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Le calcul de cet impôt est complexe et s'effectue par le formulaire T2142 Déclaration de
l'impôt de la partie XII.3 — impôt sur le revenu de placements des assureurs sur la vie.
Mais voici un résumé des principes généraux de cette taxation :

Les compagnies d'assurance doivent mettre en réserve les sommes nécessaires pour
garantir les paiements qu'elles devront effectuer : décès, valeur de rachat, etc. Ces
réserves sont des passifs pour ces compagnies.

• Aux fins de l'impôt, les revenus générés par ces réserves sont exclus des
revenus imposables des compagnies d'assurance de personnes.
• En compensation de cette exclusion, le gouvernement fédéral a instauré un impôt
de 15 % sur les revenus générés par ces réserves.
• Pour simplifier le prélèvement de l'IRP, le gouvernement fédéral a établi la
formule qui détermine le taux d'intérêt brut obtenu sur les réserves. Ainsi,
indépendamment des rendements réels obtenus sur les réserves, le taux d'intérêt
sur lequel s'applique l'IRP est la moyenne mobile des taux d'intérêt108 sur les
obligations fédérales de 10 ans durant la période de 60 mois précédant l'année
d'imposition de la compagnie d'assurance109.
• Pour tenir compte des dépenses que doivent engager les compagnies
d'assurance pour générer leurs revenus, le taux d'intérêt net est obtenu en
multipliant le taux d'intérêt brut par 55 %.
• Lorsque les compagnies d'assurances déterminent leur tarification, elles tiennent
compte de l'IRP. Pour les polices d'assurance vie entière, les primes sont plus
élevées qu'elles le seraient si l'IRP n'existait pas. Pour les polices d'assurance vie
universelle, la compagnie d'assurance peut choisir d'augmenter ses frais
administratifs, ses frais de gestion sur les placements ou les coûts d'assurance
qu'elle prélève à l'intérieur du contrat.

Imposition lors de disposition


Pour restreindre l'utilisation de l'assurance vie à des fins de placement, la Loi de l'impôt
sur le revenu prévoit que lors d'une disposition, le contribuable doit ajouter à son revenu
la différence entre le produit de disposition et le CBR de la police. Par exemple, si le
produit de disposition était de 10 000 $ et que le CBR était de 4 000 $, 6 000 $ devraient
être ajoutés dans les déclarations de revenus du titulaire du contrat. Ce gain sur police
est imposable en totalité. Il ne doit pas être confondu avec un gain en capital. De plus, le
gain sur police ne peut être négatif.

Il faut noter que, dans certaines circonstances, le gain sur police réalisé lors de la
disposition peut être imposable pour une personne différente de celle qui reçoit
effectivement le produit de la disposition. Ce serait le cas par exemple si la police avait
fait l'objet d'une hypothèque mobilière; le produit de la disposition serait versé à
l'institution financière et le gain sur police serait imposable pour le titulaire du contrat
(l'emprunteur). De la même façon, si une police avait été transférée en franchise d'impôt
au conjoint en vertu du paragraphe 148(8.1) L.I.R., le gain sur police qui serait réalisé
lors de la disposition du contrat par le conjoint serait attribué à l'auteur du transfert. En
effet, les règles d'attribution s'appliquent dans ce cas.

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Il est pratiquement impossible pour le titulaire du contrat de calculer lui-même le CBR. Il


est donc important de toujours lui remettre des illustrations qui contiennent cette
information. Sinon, le titulaire ne sera pas adéquatement renseigné pour prendre une
décision éclairée et comprendre les avantages et inconvénients du produit d'assurance
proposé.

En résumé, voici les facteurs qui influencent le CBR.

Facteurs d'augmentation :

• primes payées;
• coût de l'intérêt lors de l'acquisition;
• excédent de la valeur de rachat sur le CBR du contrat au premier anniversaire
suivant le 31 mars 1977 (gain antérieur non imposable);
• gain sur police précédemment déclaré;
• remboursement d'un emprunt;
• intérêts payés sur un emprunt, sauf s'ils ont été déduits du revenu.

Facteurs de réduction :

• produit de toute disposition antérieure;


• toutes les primes reliées aux garanties, aux avenants ainsi qu'aux surprimes;
• depuis le 1er juin 1985 et pour les contrats acquis depuis le 2 décembre 1982,
coût net de l'assurance pure (CNAP)110. Le CNAP représente le coût établi en
tenant compte des probabilités de décès d'un groupe de personnes d'un âge
donné.

Les circonstances suivantes entraînent une disposition de la police d'assurance vie111 :

• rachat total ou partiel;


• prêt sur police consenti après le 31 mars 1978;
• échéance du contrat;
• disposition par le seul effet de la loi;
• résiliation pour le non-paiement des primes;
• déclaration de participations;
• transformation en rente;
• cession du contrat;
• perte du statut de police exonérée;
• décès de la personne assurée en vertu d'une police non exonérée.

Les circonstances suivantes n'entraînent pas de disposition de la police d'assurance


vie112 :

• fin, par suite du décès, d'une police acquise avant le 2 décembre 1982 ou d'une
police exonérée par suite du décès;
• hypothèque des droits résultants d'un contrat d'assurance;
• résiliation résultant du non-paiement des primes si la police est remise en vigueur
dans les 60 jours suivant la fin de l'année civile;

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• versement à titre de garantie d'accident ou d'invalidité;


• transformation en rente d'une police acquise avant le 2 décembre 1982;
• changement en une prolongation d'assurance113.

Dans les cas de cession entre personnes ayant entre elles un lien de dépendance,
certaines exceptions sont prévues pour permettre un transfert par roulement fiscal
lorsque ce transfert est à titre gratuit. Ces exceptions s'appliquent :

• lorsque le contrat est transmis du vivant, au conjoint ou à l'ex-conjoint du


titulaire114;
• lors du transfert au conjoint par suite du décès du titulaire115;
• lorsque le transfert est fait en faveur de l'enfant du titulaire de son vivant et que la
personne assurée est un enfant du titulaire ou un enfant du bénéficiaire du
transfert116.
– Pour que le roulement fiscal puisse avoir lieu lorsque le transfert découle
du décès du titulaire, le bénéficiaire du transfert doit avoir été nommé titulaire
subrogé de la police.
– Note : le terme enfant a un sens élargi et il inclut notamment le petit-enfant
ou l'enfant de son époux ou conjoint de fait.

Comme nous l'avons vu précédemment, les règles d'attribution peuvent s'appliquer lors
d'une disposition ultérieure du contrat.

Le calcul du gain imposable varie selon le type de transaction effectué. Voici quelques
exemples d'imposition lors d'une disposition d'un contrat d'assurance vie émis après le
1er décembre 1982.

Exemple de gain imposable lors d'un rachat


total

(voir 148(9) L.I.R.)

Produit de disposition 30 000 $

Calcul du CBR

Primes payées admissibles 20 000 $

Coût net d'assurance pure (CNAP) - 1 250 $

Coût de base rajusté (CBR) 18 750 $ 18 750 $

Gain imposable = PD - CBR 11 250 $

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Exemple de gain imposable lors d'un rachat


partiel

(voir 148(4) L.I.R.)

Produit de disposition, ex. 50 % 15 000 $

Calcul du CBR

Primes payées admissibles 20 000 $

Coût net d'assurance pure (CNAP) - 1 250 $

Coût de base rajusté (CBR) 18 750 $

50 % 9 375 $

Gain imposable = PD - CBR 5 625 $

Exemple de gain imposable lors d'une


avance sur police

(voir 148(9) et 148(4) L.I.R.)

Produit de disposition, ex. 50 % 15 000 $

Calcul du CBR

Primes payées admissibles 20 000 $

Coût net d'assurance pure (CNAP) - 1 250 $

Coût de base rajusté (CBR) 18 750 $ 18 750 $

Gain imposable = PD - CBR 0$

Pour éviter une disposition, il est possible d'envisager l'utilisation de la cession en


garantie (hypothèque mobilière) d'une assurance sur la vie. En effet, la cession en
garantie d'une assurance sur la vie pour garantir un emprunt auprès d'une institution

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financière autre que l'assureur n'est généralement pas une disposition. Cependant,
l'ARC a écrit dans l'interprétation technique 2006-0175401I7 :
L'Agence a mentionné lors des congrès de 1992 et 1996 du Conference for Advance
Life Underwriting, qu'il pourrait y avoir un argument pour appliquer la disposition
générale anti-évitement prévue au paragraphe 245(2) lorsque les produits financiers
sont interdépendants (par exemple, une police d'assurance-vie et un prêt) et plus
particulièrement lorsqu'il n'y aucune obligation de rembourser le prêt en question et les
intérêts y afférents avant le décès. Dans un tel cas, les conséquences fiscales pourraient
être recaractérisées.

En outre, nous sommes d'avis que des avantages en vertu des paragraphes 15(1) ou
246(1) pourraient exister dans la situation susmentionnée.

Lorsqu'un client envisage d'utiliser cette stratégie pour éviter le déclenchement d'une
disposition, il est important de l'informer des risques potentiels d'une telle stratégie :

• Si le client vit plus longtemps que son espérance de vie, il est possible que la
valeur de rachat de la police ne soit plus suffisante pour garantir l'emprunt. Il est
important que les projections (illustrations) remises au client contiennent des
exemples d'évolution de la marge d'emprunt comparativement à la valeur de
rachat. Au moins une illustration devrait être faite avec un taux d'emprunt supérieur
au rendement espéré de la valeur de rachat. Sinon, il est presque impossible que
le client comprenne ce risque.
• Si le taux d'emprunt augmente, il est possible que l'emprunt dépasse les ratios
(comparativement à la valeur de rachat) autorisés par le prêteur. Le prêteur
pourrait alors exiger le remboursement d'une partie ou la totalité de l'emprunt.
• Lorsque le rendement du fonds de capitalisation n'est pas suffisamment élevé, il
est possible que l'emprunt dépasse les ratios (comparativement à la valeur de
rachat) autorisés par le prêteur. Le prêteur pourrait alors exiger le remboursement
d'une partie ou la totalité de l'emprunt.
• Un changement dans la solvabilité de l'assureur, de l'emprunteur ou du titulaire
du contrat pourrait inciter le prêteur à exiger le remboursement de l'emprunt. Les
politiques de crédit, comme les ratios d'emprunt permis, pourraient changer, etc.
• Les lois, leurs interprétations et leur application peuvent changer. Bien que les
changements législatifs soient souvent accompagnés de clauses protégeant les
transactions passées, il est presque impossible de donner des droits acquis à des
emprunts qui se feront dans plusieurs années.
• En outre, si cela se fait par l'entremise d'une police détenue par une société, il
pourrait en découler un avantage imposable en vertu des paragraphes 15(1) ou
246(1) L.I.R., notamment si l'emprunt est remboursé directement par la prestation
de décès de l'assurance vie détenue par la société.
• En vieillissant, le client pourrait devenir inconfortable avec le fait que sa dette
augmente ou avec les risques financiers et fiscaux.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION
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Le recours à la cession en garantie devrait être réservé aux clients qui ont une
tolérance au risque élevée et qui comprennent bien les risques financiers, de
survie et fiscaux auxquels ils s'exposent.

L'assurance sur la vie, un produit fiscalement avantagé?


Puisque la prestation de décès est non imposable, l'utilisation de l'assurance vie à des
fins successorales (présence de besoin d'assurance vie) est avantageuse du point de
vue fiscal. Par contre, les lois fiscales limitent l'utilisation de l'assurance vie à des fins de
placement. Voici d'ailleurs ce qu'a écrit l'Association canadienne des compagnies
d'assurance de personnes inc. concernant le taux d'imposition global d'un contrat
d'assurance vie :
Au moyen d'une analyse complexe, on peut démontrer que le taux d'imposition effectif
sur le taux de rendement interne implicite dans l'assurance vie exonérée (compte tenu
des divers impôts et taxes payés par les assureurs vie) est du même ordre que le taux
d'imposition moyen des particuliers au Canada.117

Un planificateur financier doit donc faire attention lorsqu'il décrit les avantages fiscaux
d'un contrat d'assurance vie. Contrairement à une certaine rumeur, un contrat
d'assurance vie ne correspond pas à la définition d'abri fiscal des paragraphes 18.1(1),
143.2(1) et 237.1(1) L.I.R.

Une assurance vie est donc un produit conçu pour des besoins d'assurance sur la vie
des assurés. Comme l'a indiqué Madame Léna Thibault, lorsqu'elle était syndic de la
Chambre de la sécurité financière :
De façon générale, une police d'assurance vie universelle offerte uniquement comme un
produit d'épargne ou comme abri fiscal est une transaction inappropriée pour un client.
Avant d'offrir ce produit, le représentant doit d'abord avoir cerné un besoin
d'assurance.118

La déductibilité des primes d'assurance vie


Les primes d'une assurance vie individuelle ne sont que très rarement déductibles
d'impôt puisque c'est une dépense personnelle. La seule exception à cette règle est
lorsque l'assurance vie est donnée en hypothèque des droits résultants d'un contrat
d'assurance et qui respecte les conditions de l'alinéa 20(1)e.2) L.I.R.

Cet alinéa prévoit la déductibilité de la partie du moins élevé des montants suivants qu'il
est raisonnable de considérer comme liée au montant qu'un contribuable doit à une
institution financière véritable de temps à autre au cours de l'année en raison d'un
emprunt contracté auprès de l'institution :
e.2) la moins élevée des sommes ci-après relatives à une police d'assurance-vie (sauf
un contrat de rente ou une police RAL) :
(i) les primes payables par le contribuable pour l'année aux termes de la police, dans le
cas où, à la fois :
(A) un intérêt dans la police est cédé à une institution financière véritable dans le cadre
d'un emprunt contracté auprès d'elle,

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(B) les intérêts payables sur l'emprunt sont déductibles dans le calcul du revenu du
contribuable pour l'année, ou le seraient sans les paragraphes 18(2) et (3.1) et les
articles 21 et 28,

(C) la cession visée à la division (A) est exigée par l'institution financière à titre de
garantie de l'emprunt,

(ii) le coût net de l'assurance pure pour l'année (à l'exclusion d'une période postérieure à
2013 au cours de laquelle la police est une police 10/8), déterminé en conformité avec
les dispositions réglementaires, relativement à l'intérêt dans la police visé à la division (i)
(A),

(iii) la partie de la moins élevée des sommes déterminées selon les sous-alinéas (i) et (ii)
relativement à la police qu'il est raisonnable de considérer comme étant liée à la somme
que le contribuable doit à l'institution financière au cours de l'année en raison de
l'emprunt119;

Puisque le CNAP peut être plus élevé que la prime dans l'année, le montant alors
déductible correspond au moindre de la prime payée ou du CNAP.

Le contribuable qui demande la déduction doit aussi être le titulaire de la police pour que
les primes puissent être considérées comme payables par le contribuable pour l'année
aux termes de la police, et déductibles selon l'alinéa 20(1)e.2) L.I.R.

Changements fiscaux applicables aux polices émises après 2016


Plusieurs changements techniques sont apportés à la fiscalité des polices d'assurance
vie comportant une composante épargne, notamment certaines règles relatives au test
d'exonération, lesquelles s'appliquent uniquement à partir de 2017. Les polices émises
avant cette date demeurent soumises aux anciennes règles jusqu'à ce qu'un
changement soit apporté à la police.

Le fonds accumulé de la PTE des polices visées se base sur un taux d'intérêt de 3,5 %
et l'application de la table de mortalité de 1986-1992 de l'Institut canadien des actuaires.
Aussi, le calcul présume une période de paiement des primes de huit ans et la libération
du contrat à l'âge de 90 ans.

En comparant ces règles de calcul avec celles applicables aux polices émises avant
2017, on constate que le fonds accumulé de la PTE «après 2016» devrait être plus élevé
au cours des premières années (10-12 ans), mais plus bas par la suite.

Ce qui est intéressant pour les particuliers, c'est l'utilisation d'une table de mortalité plus
récente (Proposed CIA Mortality Tables, 1986-1992 au lieu de la table 1969-75), ce qui a
un effet à la baisse sur le coût net d'assurance pure (CNAP). Comme le CNAP réduit le
CBR, cela a un effet à la baisse sur le gain sur police qui découle d'un rachat. Par
contre, un CBR plus élevé est moins intéressant lorsque la police d'assurance vie est la
propriété d'une société, puisque le montant de la prestation de décès qui correspond au
CBR ne peut être inscrit au compte de dividendes en capital.

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Aussi, certains éléments techniques sont modifiés, par exemple :

• le calcul du CBR tient compte de certaines situations, comme le remboursement


de certaines avances sur police;
• les sommes soumises à de l'impôt sur le revenu de placement sont élargies,
particulièrement pour les assurances vie universelles.

Enfin, les frais de rachat prévus par une police d'assurance vie universelle ne sont plus
soustraits du fonds d'accumulation pour la qualification de la police à l'exonération ou
pour le calcul de l'impôt sur le revenu de placement.

Dons planifiés
Pour une description de la fiscalité qui s'applique lorsqu'une assurance vie est utilisée
dans le cadre de dons planifiés, vous pouvez consulter le chapitre 13, Dons planifiés, du
module 5, Fiscalité.

Chapitre (3) 6A — L'assurance vie dans la structure


corporative

6A.1 — Fiscalité de l'assurance vie détenue par une société par actions120
6A.1.1 — Traitement fiscal de la prestation
Le titulaire d'un contrat d'assurance vie doit ajouter à ses revenus les gains réalisés à la
disposition d'un intérêt dans ledit contrat. Toutefois, le paragraphe 148(9) de la Loi de
l'impôt sur le revenu121 exclut spécifiquement toute prestation provenant d'une police
dite exonérée reçue à la suite du décès de toute personne dont la vie est assurée. Cette
disposition s'applique indistinctement, que le bénéficiaire soit un particulier ou une
société. La nuance qu'il faut apporter réside dans la remise de la prestation en mains
propres aux actionnaires de la société.

6A.1.2 — Traitement fiscal des valeurs accumulées au contrat


Un contrat d'assurance vie permet le versement du fonds accumulé à titre de prestation
de décès en franchise d'impôt au moment du décès.

Tant que les primes ou les montants accumulés n'excèdent pas les maximums permis
par la L.I.R., le titulaire n'a pas à s'imposer directement sur la croissance des valeurs
accumulées dans le contrat. Cependant, l'assureur doit payer de l'impôt sur le revenu de
placement. Pour plus d'information à ce sujet, vous pouvez consulter la sous-section
6.3.3.

Les sommes accumulées au contrat peuvent également servir à acquitter les coûts
d'assurance et autres frais.

6A.1.3 — Compte de dividende en capital (CDC)


Le compte de dividende en capital est un compte virtuel qui permet le versement aux

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actionnaires d'un dividende en capital, c'est-à-dire un dividende qui n'a pas à être inclus
au revenu. Les administrateurs de la société devraient adopter les résolutions
appropriées et sont tenus de faire un choix et de produire les formulaires prescrits afin
que ce dividende se qualifie. Seules les sociétés privées résidentes du Canada
bénéficient d'un tel avantage. Il n'est cependant pas requis que la société soit «sous
contrôle canadien». Toutefois, lorsque l'actionnaire qui reçoit un dividende en capital
n'est pas résident du Canada, il est assujetti à l'impôt des non-résidents et à la
législation fiscale de son pays de résidence.

Ce compte découle d'une harmonisation que le législateur a voulu faire entre les règles
gouvernant les particuliers et celles gouvernant les sociétés. Deux éléments principaux
composent ce compte : la portion non imposable du gain en capital et les prestations
d'assurance vie. Les actionnaires recevant ces montants par le biais d'un dividende en
capital sont alors généralement dans la même position qu'un particulier recevant
directement ces sommes à titre personnel.

En ce qui concerne le produit d'assurance vie, ce n'est pas nécessairement la totalité de


la prestation qui est créditée au CDC. En fait, c'est l'excédent entre la prestation reçue et
le coût de base rajusté (CBR) de la police.

Finalement, soulignons que légalement la déclaration d'un dividende en capital par les
administrateurs de la société est assujettie au même test de solvabilité qu'un dividende
régulier. Par ailleurs, les créanciers privilégiés peuvent prévoir des contrats qui leur
permettraient de s'opposer au versement d'un tel dividende.

6A.1.4 — Disposition d'un contrat


Les règles d'imposition lors d'une disposition sont décrites au chapitre précédent, et la
présente section résume les principales particularités lorsqu'une société est concernée.

Pour les sociétés privées sous contrôle canadien (SPCC), les gains sur police (à ne pas
confondre avec du gain en capital) sont considérés comme des revenus de bien et sont
assujettis au même taux d'imposition que les autres types de revenus de placement, tels
les intérêts. L'impôt des SPCC sur les revenus de placement comprend une portion
d'impôt remboursable qui augmente l'impôt en main remboursable au titre de dividende
(IMRTD).

6A.1.4.1 — Avance
Lorsqu'un actionnaire touche le montant de l'avance d'une police détenue par une
société, celle-ci doit lui déclarer soit un avantage imposable, soit un salaire, soit un
dividende imposable.

D'autre part, lorsqu'une société privée est bénéficiaire d'un contrat d'assurance vie grevé
d'une avance sur police impayée au moment du décès de l'assuré, le crédit inscrit au
compte de dividendes en capital correspond à la prestation reçue par cette société, qui
correspond au capital assuré moins l'avance consentie, diminuée du CBR.

Dans la mesure où les intérêts sur cette avance ne sont pas déductibles et payés, ils

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équivalent à une prime admissible. On considère que ceux-ci s'ajoutent au CBR du


contrat. Ceci n'est pas nécessairement une bonne nouvelle dans un contexte corporatif
où le montant crédité au CDC est amputé du CBR de la police.

6A.1.4.2 — Transfert de propriété


Le transfert de propriété d'un contrat d'assurance vie est bien entendu une disposition au
plan fiscal. Outre les règles présentées jusqu'ici, d'autres conséquences fiscales sont
possibles, notamment lorsque le transfert est fait en faveur d'une personne ayant avec le
cédant un lien de dépendance.

DE LA SOCIÉTÉ À L'ACTIONNAIRE QUI EST UN PARTICULIER


Plusieurs situations peuvent inciter une société à transférer un contrat d'assurance vie
dont elle est titulaire. Par exemple, lorsque le contrat a été acquis afin de financer le
rachat des actions d'un actionnaire à son décès (en vertu d'une convention entre
actionnaires) et que la société est vendue à un tiers avant que l'événement se produise.

Le paragraphe 148(7) L.I.R. s'applique lorsqu'il y a disposition d'une police d'assurance


vie par voie de don, par une distribution effectuée par une société ou par l'effet de la loi.
Ce paragraphe s'applique également lorsque la police est cédée à une personne avec
qui le titulaire a un lien de dépendance, peu importe la façon dont le transfert est fait. Il
prévoit que le produit de disposition (et le CBR de l'acquéreur) du contrat d'assurance
vie est réputé correspondre au plus élevé de :

• la valeur de rachat;
• la JVM de la contrepartie versée par le cessionnaire au cédant;
• le CBR.

Donc, lorsqu'une société cède un contrat d'assurance vie à une personne ayant avec
elle un lien de dépendance, le paragraphe 148(7) L.I.R. s'applique.

Lorsque le produit de disposition est supérieur au CBR, un gain imposable est réalisé et
doit être ajouté au revenu de la société pour l'année. Comme le produit de disposition ne
peut être inférieur au CBR, il est impossible de réaliser une perte.

Le transfert pourrait également avoir des répercussions fiscales pour le cessionnaire,


puisque l'ARC considère que l'actionnaire ou l'employé cessionnaire reçoit un avantage
imposable qui correspond à la juste valeur marchande de la police moins toute somme
ayant pu être déboursée par le cessionnaire pour le contrat.

Évidemment, toute somme payée à la société par le cessionnaire en excédent de la


valeur de rachat augmente le produit de disposition pour la société et la partie qui
excède le CBR est entièrement imposable pour la société. Aussi, pour tenir compte de
l'éventuel avantage imposable qui pourrait découler du transfert, l'excédent de la juste
valeur marchande de la police sur le produit de disposition devrait s'ajouter au produit de
disposition et le total constituer le CBR du cessionnaire122.

Lorsque la police est cédée sans contrepartie et n'a pas de valeur de rachat, le cédant

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ne subit aucune répercussion fiscale. Le coût pour le cessionnaire pourrait tout de même
être élevé, car la valeur marchande d'un contrat d'assurance vie est influencée par
plusieurs critères en plus de la valeur de rachat, notamment le montant d'un prêt sur
contrat qui pourrait être obtenu, le capital assuré, l'état de santé de la personne assurée
et son espérance de vie, le coût de remplacement, les modalités du contrat, comme les
avenants ou garanties d'assurance temporaire, les clauses de doublement de la
prestation ou encore le droit de transformation en assurance permanente. À titre
d'exemple, la juste valeur marchande d'une police d'assurance sur la vie d'une personne
atteinte d'un cancer en phase terminale serait vraisemblablement très proche du capital
assuré. En pratique, on oublie souvent les conséquences d'un tel transfert pour le
cessionnaire, alors qu'on devrait s'en inquiéter. L'exemple que nous avons utilisé est
extrême, mais le coût de remplacement d'une police prise il y a plus de dix ans peut à lui
seul faire grimper la valeur marchande de la police. Soulignons que les assureurs ne
fournissent pas d'information relative à la valeur marchande de leurs contrats. Il faut
donc retenir les services d'un actuaire de pratique privée afin d'obtenir une telle
évaluation.

D'UNE SOCIÉTÉ À UNE AUTRE SOCIÉTÉ


Pour différentes raisons, il pourrait être souhaitable pour une société opérante de
transférer son contrat d'assurance vie à sa société mère, une société de portefeuille.

Les conséquences fiscales énoncées précédemment s'appliqueraient à cette situation.


Comme il s'agirait d'une disposition aux fins de l'impôt sur le revenu et qu'un tel transfert
serait considéré être une distribution effectuée par la société, le paragraphe 148(7) L.I.R.
s'appliquerait. Aux termes de ce paragraphe, on présume que, en l'absence de
contrepartie, le produit de disposition pour la société exploitant l'entreprise est égal au
plus élevé de la valeur de rachat du contrat et de son CBR et le nouveau CBR du contrat
pour la société de portefeuille correspond à ce produit de disposition. La JVM est alors
considérée comme un avantage imposable pour l'actionnaire constitué en société.
L'impact pour le cessionnaire pourrait ressembler à ce que nous avons vu
précédemment.

Il serait possible d'éviter l'imposition d'un avantage si l'assurance vie était transférée à
titre de dividende en nature payable, dans notre exemple, à la société de portefeuille.
Le paragraphe 148(7) L.I.R. s'appliquerait et la disposition ainsi que l'acquisition du
contrat seraient présumées être effectuées à la valeur de rachat (ou au CBR s'il était
plus élevé). Cependant, dans la mesure où le dividende serait reçu par une société
résidente du Canada, la valeur du dividende serait réputée correspondre à la valeur
marchande du contrat. En effet, les règles fiscales prévoient qu'un dividende en nature
(autre que des espèces) versé par une société est réputé correspondre à la JVM de
l'élément d'actif à la date du transfert aux actionnaires. En l'instance, il s'agirait de la
valeur marchande du contrat d'assurance vie. Ainsi, le dividende devrait être égal à la
JVM dudit contrat même si le produit de disposition et le nouveau CBR correspondraient
à sa valeur de rachat.

Dans la mesure où les sociétés seraient rattachées, le dividende serait considéré


comme un dividende intersociété et ne serait pas imposable. Notons qu'une société est

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rattachée à une autre lorsque la société qui reçoit le dividende possède plus de 10 %
des actions comportant plein droit de vote et plus de 10 % de la JVM du capital-actions
de la société qui paye le dividende. L'utilisation d'un dividende en nature éviterait qu'un
avantage soit conféré à l'actionnaire. Enfin, le montant du dividende ne serait pas ajouté
au CBR, car il n'est pas inclus dans la définition du coût de base rajusté du paragraphe
148(9) L.I.R.

La fiscalité est complexe et une opération peut avoir des répercussions inattendues. Par
exemple, la réduction de la JVM des actions de la société payeuse découlant du
dividende pourrait entraîner l'application du paragraphe 55(2) L.I.R. pourrait s'appliquer
et le dividende intersociété qu'on croyait libre d'impôt serait alors réputé être un gain en
capital. Les services d'un fiscaliste devraient être retenus afin de tenir compte des
répercussions potentielles d'une telle opération.

DE L'ACTIONNAIRE QUI EST UN PARTICULIER À LA SOCIÉTÉ


Le transfert d'un contrat d'assurance de l'actionnaire à la société suit, à l'inverse, les
mêmes règles que ce que nous avons mentionné précédemment.

L'actionnaire est ici réputé avoir disposé de son contrat pour un produit de disposition
égal au plus élevé de la valeur de rachat, de la contrepartie reçue et du CBR.

Par ailleurs, tant que la valeur de la contrepartie reçue par l'actionnaire n'excède pas la
JVM de la police, le transfert ne devrait conférer aucun avantage imposable à
l'actionnaire. C'est la même règle qui s'appliquerait à tout bien vendu à sa JVM à la
société.

L'évaluation de la JVM de la police doit être faite par un actuaire indépendant, ce qui
comporte un coût.

Un transfert par l'actionnaire d'une police d'assurance sur sa vie à sa société pour une
contrepartie supérieure à la valeur de rachat n'est pas avantageux sur le plan fiscal, car
cela augmente non seulement le gain sur police qu'il réalise, mais également le CBR de
la police pour la société cessionnaire, valeur qui réduit la portion du produit d'assurance
qui peut être inscrite au CDC au décès de l'actionnaire. Avant le budget fédéral du 22
mars 2016, cette stratégie avait plus d'attrait. En effet, le produit de disposition de
l'actionnaire (servant à calculer le gain sur police) et le CBR de la société étaient limités
à la valeur de rachat de la police, mais il était possible pour la société de verser à
l'actionnaire une contrepartie correspondant à la JVM de la police. On comprend alors
l'attrait que présentait cette stratégie qui permettait, lorsque la JVM de la police était
supérieure à sa valeur de rachat, de retirer cet excédent de la société sans inclusion au
revenu de l'actionnaire.

Enfin, pour éviter que le produit net d'assurance vie reçu par une société à la suite d'un
transfert de police fait avant le 22 mars 2016 soit calculé sans tenir compte de toute la
contrepartie reçue par l'actionnaire au moment du transfert à la société, l'excédent de
cette contrepartie sur la valeur de rachat au moment du transfert est également
soustraite du capital-décès pour obtenir le produit net d'assurance vie.

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La décision de détenir une police d'assurance sur la vie de l'actionnaire par


l'intermédiaire de la société plutôt que personnellement, que ce soit par transfert ou au
moment de la souscription de la police, devrait être prise après avoir considéré une
multitude d'éléments, notamment :

• Le contrat d'assurance deviendrait saisissable par les créanciers de la société.


• L'examen de plusieurs documents afin de s'assurer que le capital-décès
avantagerait les bonnes personnes, ce qui peut être complexe lorsque la société a
plusieurs actionnaires.
• La police devrait être transférée à l'actionnaire si les actions de la société étaient
vendues à un tiers, avec les répercussions fiscales que l'on connaît.
• La valeur de rachat de la police ne serait pas considérée comme un actif utilisé
dans le cadre de l'exploitation de l'entreprise par la société ce qui pourrait
compromettre la qualification des actions à titre d'actions admissibles de petite
entreprise (AAPE);
• La valeur de rachat de la police ferait partie de la valeur des actions, ce qui
influencerait à la hausse le gain en capital qui découlerait d'une disposition réputée
des actions, notamment lors d'un décès ou d'un départ du Canada;
• Certaines règles, comme celle visant la minimisation des pertes, réduisent la
possibilité de verser tout ou partie du capital décès sans imposition pour
l'actionnaire.

6A.2 — Éléments à analyser


6A.2.1 — Disposition présumée des actions au décès de l'actionnaire
Immédiatement avant son décès, le contribuable canadien est présumé avoir disposé de
ses immobilisations à leur juste valeur marchande, ce qui inclut les actions d'une société
privée, et avoir reçu une contrepartie égale à cette valeur à ce moment.

Lorsque la société est titulaire d'une police d'assurance sur la vie de l'actionnaire
décédé, le paragraphe 70(5.3) L.I.R. s'applique concurremment avec le paragraphe
70(5) L.I.R. et la juste valeur marchande des actions est déterminée comme si la juste
valeur marchande de la police détenue par la société était égale à sa valeur de rachat.
Ainsi, seule la valeur de rachat est comptabilisée dans la détermination de la valeur des
actions. Par contre, la juste valeur marchande des assurances sur la vie ou la santé des
actionnaires survivants (sans lien de dépendance) pourrait devoir être évaluée, ce qui
pourrait augmenter la valeur marchande des actions du défunt. Cependant, il faut vérifier
les clauses de la convention entre actionnaires pour savoir si la convention détermine
une valeur des actions au décès.

Par ailleurs, toute prestation payable à l'occasion du décès d'une personne assurée ne
constitue pas une disposition et conséquemment n'entraîne pas d'imposition.

6A.2.2 — Déduction pour gains en capital


La disposition d'actions de SPCC se qualifiant d'actions admissibles de petite entreprise
(AAPE) par un particulier résident du Canada peut donner droit à la déduction pour gains
en capital (DGC)123.

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Pour se qualifier d'AAPE, la société doit respecter plusieurs critères portant sur
l'utilisation de ses actifs.

L'ARC considère qu'un contrat d'assurance vie n'est pas un actif utilisé par la société
dans l'exploitation active d'une entreprise. La valeur de rachat du contrat peut donc avoir
un effet négatif sur l'admissibilité des actions à titre d'actions admissibles de petite
entreprise. Lorsque l'assuré n'est pas actionnaire de la société (ou actionnaire d'une
société rattachée), c'est la JVM du contrat qui est prise en considération.

La prestation de décès reçue par la société au décès de son actionnaire (ou de


l'actionnaire d'une société rattachée) n'est pas considérée avoir une valeur supérieure à
la valeur de rachat immédiatement avant le décès lorsqu'elle est utilisée, dans les 24
mois qui suivent le décès, afin de permettre le rachat, l'achat ou l'annulation des actions
du défunt.

Par conséquent, il est souvent préférable que les contrats d'assurance, principalement
ceux qui ont des valeurs de rachat, soient détenus par une société qui n'exploite pas une
petite entreprise, autrement dit, une société de portefeuille.

6A.2.3 — Répercussions possibles sur la déduction pour petite entreprise (DPE)


Une SPCC peut se prévaloir de la DPE afin de réduire le taux d'imposition applicable
aux premiers 500 000 $ du revenu provenant d'une entreprise exploitée activement
principalement au Canada. Cette première tranche de 500 000 $ est imposée à un taux
combiné fédéral/provincial de 15 % au Québec en 2019.

La déduction accordée aux petites entreprises par le gouvernement fédéral est réduite
progressivement lorsque le capital imposable de la société (ou du groupe de sociétés)
pour l'année précédente dépasse 10 millions de dollars, pour être éliminée après 15
millions de dollars. Disons simplement que le capital imposable est la somme de la dette
et de l'actif de l'entreprise, moins un abattement pour investissement. Une assurance vie
avec d'importantes valeurs de rachat peut donc influer sur le capital versé de la société
puisqu'elle n'est pas un investissement donnant droit à l'abattement pour investissement.

6A.2.4 — Coût après impôt


Les primes d'un contrat d'assurance vie sont considérées comme des dépenses en
capital et à ce chapitre, sauf exception, elles ne sont pas déductibles.

Les primes d'assurance vie sont donc payées la plupart du temps avec de l'argent après
impôt. Il peut être avantageux de payer les primes en utilisant les dollars les moins
imposés. Le tableau suivant illustre le revenu que devait générer la société en 2019 pour
qu'une prime de 1 000 $ soit payée. Les résultats varient selon l'identité du titulaire et du
bénéficiaire du contrat d'assurance. Ce tableau tient compte des avantages imposables
décrits à la section 6A.3, Problématiques liées à la désignation de bénéficiaire.

Les taux d'imposition utilisés sont :

• société : un taux de 15 %124. Ce taux est celui d'une société opérante, mais une

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fois les impôts payés par l'opérante, il est possible de verser un dividende non
imposable à la société de gestion;
• particulier (actionnaire ou employé) : les taux d'imposition de la tranche
d'imposition «moyenne» des particuliers, soit ceux d'un revenu imposable se
situant entre 47 630 $ et 85 575 $ :
– revenus d'emploi (salaire ou avantage imposable) : 37,12 %,
– dividende ordinaire : 27,63 %;
• cependant, il est considéré que les maximums des cotisations à l'assurance-
emploi, au RQAP et au RRQ ont été atteints.

Nous pouvons constater que c'est lorsque la société est la titulaire et la bénéficiaire que
le montant en revenu que doit générer la société est le plus faible, soit 1 176 $.

Actionnaire Emp
Titulaire Actionnaire Employé ou société

Bénéficiaire Individu Individu Individu

Payeur Actionnaire Employé Société

Société

Revenu de la société 1 626 $ 1 590 $ 1 780 $

Salaire versé à un employé — $ 1 590 $ — $

Prime payée pour un employé =


avantage imposable

Revenu imposable de la société 1 626 $ — $ 1 780 $

Impôts payés par la société 244 $ — $ 267 $

Revenu de la société après impôts 1 382 $ — $ 1 513 $

Dividendes versés à l'actionnaire 1 382 $ 513 $

Primes payées par la société 1 000 $

Individu (actionnaire ou employé)

Avantage imposable 1 000 $

Dividendes versés à l'actionnaire 1 382 $ 513 $

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Impôts payés par l'actionnaire sur 382 $ 142 $


les dividendes

Revenu de dividende après impôts 371 $

Impôts payés par l'actionnaire sur 371 $


l'avantage imposable

Salaire de l'employé 1 590 $

Impôts payés par l'employé sur 590 $


salaire

Impôts payés par l'employé sur


avantage imposable

Revenu net de l'actionnaire ou de 1 000 $ 1 000 $ — $


l'employé

Prime par un actionnaire ou un 1 000 $ 1 000 $


employé

6A.2.5 — Actions d'assurance vie


On a recours aux «actions d'assurance vie» pour s'assurer que le produit de l'assurance
soit versé à une personne en particulier. Les actions d'assurance vie sont des actions
qui donnent à leur porteur le droit de toucher le capital-décès125 d'un contrat d'assurance
vie détenu par une société, mais auquel aucun autre droit ou valeur n'est rattaché.
Normalement, ce sont des actions sans droit de vote, sans participation et rachetables
au prix de 1 $ au gré de la société, qui donnent à leur porteur le droit de recevoir un
dividende égal au produit de l'assurance vie versé à la société au décès de la personne
assurée. Généralement, on fera le choix de verser un dividende en capital jusqu'à
concurrence du CDC découlant du contrat d'assurance vie.

Il est généralement préférable de procéder à l'émission et à l'achat de ces actions avant


la souscription du contrat d'assurance. Dans l'éventualité où les polices seraient déjà en
vigueur au moment de l'émission des actions, les autorités fiscales pourraient
questionner la raisonnabilité de leur prix de 1 $.

6A.2.6 — Éventuel transfert de propriété de la société


Avant de décider de faire détenir un contrat d'assurance vie par une société, on doit se
demander si une vente future des actions est probable. Lorsqu'une telle éventualité est
envisageable, il n'est peut-être pas recommandable que la société soit titulaire du
contrat, sauf si le contrat est une assurance temporaire. Bien sûr, nous pourrions
examiner la possibilité d'éventuellement transférer la propriété à une autre société ou à
un particulier. Toutefois, un tel transfert entraînerait la disposition du contrat et pourrait

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générer une imposition rendant l'exercice plus périlleux.

Rappelons que le transfert du contrat à une société rattachée sous forme de dividende
non imposable en nature pourrait entraîner l'application du paragraphe 55(2) L.I.R. et le
transfert, qu'on voulait non imposable, donnerait lieu à un gain en capital.

6A.2.7 — Protection contre les créanciers


Un contrat d'assurance vie détenu par un particulier peut offrir une meilleure protection
contre les créanciers que s'il était détenu par une société. Dans la mesure où la
désignation est conforme aux articles 2457 et 2458 C.c.Q., les valeurs contenues au
contrat sont insaisissables du vivant de l'assuré126. Après son décès, la désignation d'un
bénéficiaire exclut la prestation de décès de la succession de son titulaire, la rendant
ainsi à l'abri des créanciers de cette succession.

En revanche, les contrats détenus par une société sont généralement vulnérables aux
réclamations de ses créanciers. D'une part, les valeurs au contrat font partie des actifs
de la société et, pour des motifs fiscaux, cette dernière doit en être bénéficiaire. Au plan
fiscal, la désignation d'une autre personne que la société titulaire crée (sauf en de rares
exceptions) un avantage imposable.

6A.2.8 — Potentiel d'accès aux valeurs de rachat


Une stratégie de planification connue consiste à capitaliser au maximum une police
d'assurance vie et à utiliser le contrat pour garantir un emprunt. Toutefois, soulignons
que, lorsque le contrat est détenu par une société et cédé en garantie d'un emprunt
personnel, il se peut que cela constitue un avantage conféré à un actionnaire selon le
paragraphe 15(1) L.I.R. Par contre, lorsque la société est l'emprunteur, les sommes
empruntées doivent alors être versées à l'actionnaire sous forme de salaire ou de
dividendes pour que celui-ci puisse les utiliser à des fins personnelles. Il faut agir avec
prudence dans de telles situations et veiller à ce que le contrat ne soit pas considéré
comme une convention de retraite (CR), car les primes versées deviendraient alors
assujetties à un impôt remboursable de 50 %.

6A.2.9 — Changement potentiel de résidence


Les personnes qui cessent d'être résidentes du Canada sont réputées disposer de leurs
biens à leur JVM, ce qui inclut les actions de sociétés privées. La JVM des actions d'une
société privée inclut la valeur de rachat de tout contrat d'assurance sur la vie de
l'actionnaire. Par conséquent, lorsqu'un actionnaire quitte le Canada, le gain en capital
attribuable aux actions de la société est plus élevé, reflétant le fait que la société est
titulaire d'un contrat d'assurance vie avec valeur de rachat.

Les contrats d'assurance vie détenus par un particulier sont exclus de cette règle, le
départ du Canada n'a donc pas de conséquence fiscale en ce qui concerne cet actif. Par
contre, une disposition subséquente du contrat serait soumise à l'impôt des non-
résidents.

Rappelons que pour obtenir un crédit au CDC, la société doit résider au Canada, mais
elle ne doit pas nécessairement être sous contrôle canadien. Une société qui réside au
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Canada et qui appartient à un actionnaire non-résident pourrait donc obtenir un crédit au


CDC au moment du versement du capital-décès. Toutefois, sous réserve d'une
disposition d'allègement prévue à une convention fiscale entre le Canada et le pays de
résidence de l'actionnaire, la société aurait l'obligation de faire une retenue de 25 % du
dividende versé à l'actionnaire non résident. Cette obligation s'applique à la fois aux
dividendes imposables et aux dividendes en capital127. De plus, il est peu probable qu'un
dividende en capital versé à un non-résident ne soit pas imposé dans le nouveau pays
de résidence de l'actionnaire.

Par la suite, le traitement fiscal du contrat d'assurance vie et du capital-décès que le


nouveau pays de résidence pourrait réserver à une police canadienne devrait être pris
en considération.

6A.2.10 — Droits successoraux américains


Les citoyens américains, les détenteurs d'une carte verte et les personnes qui résident
aux États-Unis doivent payer des droits de succession aux États-Unis. Une prestation
d'assurance vie est comptabilisée dans la valeur de la succession du contribuable pour
les besoins du calcul des droits de succession s'il possédait un droit de propriété sur le
contrat. Ainsi, dans la mesure où un citoyen américain possède toutes les actions d'une
société qui détient un contrat d'assurance sur sa vie, le montant de la prestation sera
inclus dans la valeur des actions aux fins du calcul des droits de succession américains.

Dans ces circonstances, il est courant de détenir le contrat par l'intermédiaire d'une
forme particulière de fiducie appelée «fiducie d'assurance vie irrévocable», qui peut être
structurée de manière à éviter que le capital-décès soit inclus dans le calcul des droits
successoraux de la personne assurée. Un spécialiste en fiscalité américaine doit être
retenu dans de telles circonstances.

6A.2.11 — Pertinence d'une détention en fiducie


Dans certaines circonstances, on optera pour une détention fiduciaire du contrat
d'assurance vie. Cette méthode plus populaire du côté des provinces de common law,
donne aux fiduciaires le pouvoir de décision sur le contrat et elle leur permet, s'ils le
souhaitent, de distribuer la valeur du contrat ou toute prestation à leur gré.

Au Québec, le Code civil requiert un acte formel qui peut à l'occasion représenter des
frais supplémentaires de mise en place. De plus, les primes doivent être acquittées à
même le capital fiduciaire, ce qui peut représenter un problème. Puisque la fiducie paie
les primes à même ses revenus et qu'elle est imposée au taux marginal le plus élevé,
leur coût après impôts est élevé.

Le recours à une fiducie permet parfois de simplifier l'administration en souscrivant un


seul contrat au lieu de plusieurs. Prenons l'exemple des polices prises dans le cadre du
financement d'une convention entre actionnaires utilisant la méthode de rachats croisés.
Dans ces circonstances, chaque actionnaire doit souscrire un contrat sur la tête de
chacun des autres actionnaires afin d'avoir accès aux fonds nécessaires pour racheter
les actions d'un actionnaire à son décès. En présence de quatre actionnaires, il faudrait
souscrire 12 contrats. Par contre, une fiducie peut détenir un seul contrat sur la tête de

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chaque actionnaire ou, à la rigueur, un contrat par actionnaire et établir un mécanisme


pour veiller à ce que tous les contrats demeurent en vigueur et servent au financement
des clauses d'achat au décès prévues à la convention entre actionnaires.

La détention fiduciaire pourrait être avantageuse dans le contexte où il n'existerait pas


de possibilité de roulement couvrant le transfert de propriété que l'on voudrait réaliser à
un certain moment donné.

6A.2.12 — Propriété partagée


Deux parties (sociétés ou particuliers) conviennent de se partager entre elles les
avantages découlant d'un contrat d'assurance vie et le paiement de la prime. Pour éviter
la création d'un avantage imposable, chaque partie doit payer une part raisonnable de la
prime selon l'avantage qui lui revient. Une entente écrite devrait sous-tendre les droits et
obligations des parties et la répartition raisonnable entre les parties des primes à
acquitter. On utilise généralement un contrat d'assurance vie universelle de type «capital
assuré majoré», car il est plus facile de séparer la portion assurance de la portion
épargne.

Généralement, l'une des parties finance la valeur de rachat du contrat et en possède les
droits, alors que l'autre partie possède les droits au capital-décès. Le partage le plus
fréquent est réalisé entre une société opérante qui détient les droits relatifs au capital-
décès et un particulier ou une société de portefeuille qui détient les droits dans la valeur
de rachat. Cette structure permet de résoudre bon nombre de problématiques,
notamment :

• le besoin de protection contre les créanciers; et


• la contamination possible de la valeur de rachat du contrat d'assurance vie dans
le contexte de la qualification à titre d'AAPE.

6A.3 — Problématiques liées à la désignation de bénéficiaire


6A.3.1 — Possibilité d'un avantage conféré à l'actionnaire
Lorsqu'une société paie les primes d'une police d'assurance vie dont le titulaire est son
actionnaire ou une personne avec qui il a un lien de dépendance (à l'exclusion de la
société), il en découle un avantage en vertu du paragraphe 15(1) L.I.R. Par ailleurs, une
règle semblable s'applique lorsque le titulaire est un employé de la société (ou une
personne avec qui il a un lien de dépendance). Cette fois, c'est en application du
paragraphe 6(1)a) L.I.R. qui vise les avantages liés à l'emploi.

Une question se pose lorsqu'un individu porte les deux chapeaux et qu'il est à la fois
actionnaire et employé. Soulignons que les deux avantages sont imposés comme un
revenu entre les mains de celui qui en subit les conséquences. Cependant, l'avantage à
l'actionnaire n'est pas déductible par la société, contrairement à l'avantage conféré à un
employé. La jurisprudence indique qu'il existe une présomption que l'avantage est
conféré en vertu du statut d'actionnaire. Lorsque ce n'est pas le cas, il faut pouvoir en
faire la preuve.

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De ce fait, il serait préférable pour la société de verser un boni à l'actionnaire-employé


majoré des déductions à la source applicables pour que celui-ci acquitte lui-même sa
prime d'assurance avec l'argent reçu.

6A.3.2 — Désignation de bénéficiaire en faveur d'une société autre que la société


titulaire
En présence d'un organigramme corporatif complexe, il peut être utile qu'une société soit
titulaire du contrat (p. ex. : une société de portefeuille) et qu'une autre en soit
bénéficiaire (p. ex. : une société opérante). Cette stratégie pouvait permettre, avant le
budget fédéral du 22 mars 2016, l'inscription de la totalité de la prestation de décès
reçue par la société bénéficiaire à son CDC, sans soustraction du CBR, ce qui en
maximisait le montant.

Aujourd'hui, le CBR de la police réduit le produit net d'assurance vie même lorsqu'une
autre société en est la titulaire.

6A.4 — Stratégies souvent proposées


6A.4.1 — Prêt levier avec l'assurance vie corporative
Nous avons vu précédemment plusieurs moyens pour le titulaire d'accéder à la valeur de
rachat de son contrat. Cependant, les méthodes étudiées jusqu'à maintenant emportent
leur lot de conséquences fiscales. C'est le cas des retraits totaux ou partiels, des
avances sur police et du rachat de polices.

Un autre moyen pour le titulaire d'accéder à la valeur de rachat capitalisée est de céder
le contrat en garantie à une institution financière afin qu'elle lui prête des sommes
basées sur la valeur de rachat du contrat. Contrairement aux méthodes étudiées
précédemment, la cession d'un contrat en garantie est expressément exclue à l'alinéa f)
de la définition de «disposition» du paragraphe 148(9) L.I.R. Cette façon de faire ne
donne donc pas lieu à une disposition sur le plan fiscal. En cas de défaut du débiteur,
l'institution financière pourrait saisir telle valeur de rachat, ce qui entraînerait alors une
disposition fiscale. Par ailleurs, une cession en garantie n'empêche pas le versement en
franchise d'impôt du produit de l'assurance au décès de l'assuré.

6A.4.1.1 — L'emprunteur est l'actionnaire


Dans le cas où l'emprunteur est l'actionnaire, la société est titulaire et bénéficiaire de la
police et l'utilise pour garantir un emprunt personnel consenti à son actionnaire. Nous ne
tiendrons compte dans nos propos que des impacts d'un prêt consenti à l'actionnaire à
des fins personnelles (de consommation), ce qui est le but de la stratégie généralement
proposée. Dans ce cas, les intérêts ne seraient pas déductibles.

Il faut ici se demander si ce procédé ne confère pas un avantage imposable à


l'actionnaire.

L'ARC128 s'est penchée sur cette question, ainsi que sur la façon de quantifier un tel
avantage.

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Il ressort de cela que l'obtention d'un meilleur taux d'intérêt ou de conditions d'emprunt
plus favorables en raison de la garantie fournie par la société pourrait donner lieu à un
avantage imposable. Dans la mesure où l'actionnaire ne pourrait démontrer qu'il a des
actifs suffisants pour rembourser l'emprunt personnellement ou qu'il ne pourrait obtenir
l'emprunt en utilisant ses actifs personnels à titre de garantie, aux conditions et taux
d'intérêt consentis avec la garantie de la société, on pourrait être en présence d'un
avantage imposable.

L'avantage conféré pourrait équivaloir au rabais consenti sur le taux d'intérêt du fait de la
garantie. Tel rabais pourrait être une mesure retenue pour quantifier l'avantage. Il est
important de bien saisir l'importance de cet avantage, car dans le cas où les intérêts
seraient capitalisés, leur valeur après quelques années risquerait de dépasser largement
les avantages qu'une telle stratégie pourrait apporter aux parties concernées.

De plus, si la société devait honorer la garantie (comme lors d'un rappel de l'emprunt par
le prêteur), l'avantage (qui serait le plein montant de l'emprunt) deviendrait imposable
sans aucun doute. C'est pourquoi la question des avantages à l'actionnaire est
particulièrement problématique lorsque l'emprunt n'est pas remboursé ou n'est
remboursé qu'après le décès de l'actionnaire.

En supposant que tout s'est bien passé jusqu'au décès de l'assuré emprunteur, le solde
du prêt deviendra alors exigible. Si on procédait de façon cavalière, le remboursement
pourrait générer un avantage imposable. L'utilisation directe du capital-décès pour
rembourser l'emprunt serait considérée comme un avantage imposable pour
l'actionnaire. En effet, la société a le droit de recevoir la prestation d'assurance vie, mais
si elle l'utilisait pour rembourser l'emprunt personnel de l'actionnaire, le paragraphe 15(1)
L.I.R. s'appliquerait.

Une supervision particulière du mode de remboursement du prêt est donc nécessaire.


Au moment du remboursement, l'opération devrait être structurée de manière à ce que
le paiement ne provienne pas directement du contrat.

Il faudrait que l'institution financière accorde mainlevée de la garantie afin de permettre


le versement des fonds à la société. Pour ce faire, la banque demanderait sans doute à
l'emprunteur ou aux ayants droit de l'actionnaire décédé de fournir une autre garantie
temporaire pour remplacer celle du contrat d'assurance vie, conformément aux
règlements bancaires. Par la suite, la prestation pourrait être versée à la société. Une
fois que la société aurait reçu la prestation, elle affecterait une somme au moins égale
au prêt au versement d'un dividende non imposable (prestation de décès moins le CBR)
à l'actionnaire, qui pourrait alors rembourser son emprunt bancaire.

Dans l'éventualité où la banque n'accorderait pas la mainlevée de la garantie et exigerait


que le remboursement soit fait à même le produit de l'assurance, un avantage imposable
pour l'actionnaire décédé en résulterait.

6A.4.1.2 — L'emprunteur est la société


Une autre façon de procéder serait que la société elle-même contracte le prêt auprès

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d'une institution financière en utilisant la police comme garantie. Le montant du prêt


pourrait alors être versé à l'actionnaire sous forme de dividende imposable et servir, par
exemple, à financer la retraite de celui-ci. Afin que l'actionnaire obtienne après impôt une
somme équivalente à la proposition précédente qui n'est pas «imposable», il faudrait
que le montant du prêt et le dividende versé soient gonflés afin de procurer à
l'actionnaire le même montant net d'impôt.

Quel avantage pourrait-il y avoir à recourir à cette méthode plutôt qu'à la précédente? La
réponse réside dans la déductibilité des intérêts.

L'alinéa 20(1)c) L.I.R. accorde une déduction des frais d'intérêts (ne dépassant pas un
montant raisonnable) pourvu que les conditions de l'alinéa 20(1)c) L.I.R. soient
satisfaites. Par conséquent, les intérêts doivent être payés ou être payables dans
l'année et l'argent emprunté doit être utilisé «en vue de tirer un revenu d'une entreprise
ou d'un bien» ou pour «acquérir un bien en vue d'en tirer un revenu ou de tirer un revenu
d'une entreprise». La notion de «revenu» comprend des éléments comme les intérêts,
les loyers, les redevances, le revenu tiré d'une entreprise ou les gains réalisés au titre
d'opérations. Il exclut les gains en capital. Si une société empruntait des sommes et les
utilisait pour verser un boni à un actionnaire, les intérêts devraient être déductibles.
L'ARC accepte également, lorsque la société emprunte et utilise les sommes pour verser
un dividende ou racheter des actions, que les intérêts sur l'argent emprunté pour
«combler le vide» créé par le retrait du capital soient déductibles. Ainsi, l'ARC
accepterait la déduction dans la mesure où le capital utilisé ne dépasse pas le capital de
la société et que le capital (avant sa distribution) ait été utilisé à des fins qui auraient été
admissibles à la déductibilité des intérêts si le montant avait été emprunté. Le capital à
cette fin comprend généralement l'apport de capital et les bénéfices accumulés.

Il faut noter que l'alinéa 20(1)c) L.I.R. ne s'applique qu'aux intérêts simples. La déduction
des intérêts composés (intérêts courus sur les intérêts) est permise en vertu de l'alinéa
20(1)d) L.I.R. qui exige que ces intérêts soient payés en exécution d'une obligation
légale et que les intérêts simples dont ils découlent aient été déductibles en vertu de
l'alinéa 20(1)c) L.I.R. On comprend de cet énoncé que les intérêts composés doivent
être effectivement payés (et non simplement payables) pour être déductibles.

Afin d'éviter que des intérêts composés se dégagent et permettre ainsi la déductibilité
des intérêts chaque année, il serait avisé de payer la totalité des intérêts chaque année.
Lorsque les liquidités ne sont pas disponibles, ou que ce paiement n'est pas souhaitable,
un nouvel emprunt pourrait alors être contracté (d'un montant égal à celui des liquidités
utilisées pour payer l'intérêt), et les sommes empruntées seraient ajoutées au montant
de la créance. Comme le nouvel emprunt serait utilisé dans le cadre permis, les intérêts
sur le prêt seraient déductibles. Il suffirait de procéder de la même manière chaque
année pour éviter de produire des intérêts composés.

Au moment du décès, la situation est beaucoup plus simple. Le prêt ayant été contracté
par la société, le remboursement à l'institution financière se fait à même la prestation de
décès.

6A.4.2 — Mise en garde

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Cette stratégie comporte son lot de mises en garde. Parmi celles-ci on compte
l'application possible des règles relatives aux conventions de retraite (CR). En effet, le
libellé des règles que l'on trouve au paragraphe 207.6(2) L.I.R. est très englobant et
celles-ci sont censées s'appliquer lorsque tous les éléments suivants sont présents :
1. l'employeur est tenu de fournir des avantages que doit recevoir ou dont doit jouir une
personne au moment d'un changement important des services rendus par un
contribuable-employé au moment de la retraite de celui-ci ou au moment de la perte de
sa charge ou de son emploi, après ce moment ou en prévision de ce moment;

2. l'employeur acquiert un intérêt dans un contrat d'assurance vie;

3. il est raisonnable de supposer que l'assurance vie a été souscrite en vue de


provisionner, en tout ou en partie, ces avantages.

Le facteur le plus préoccupant est que ces stratégies sont mises en place maintenant et
que les opérations visant à obtenir un financement éventuel se réaliseront dans 10, 15
ou 20 ans. Il est à craindre que les règles fiscales applicables aient subi des
modifications entre-temps et qu'il soit impossible d'invoquer quelque règle grand-père
que ce soit. En toute connaissance de cause, une telle stratégie ne devrait pas
constituer la manière privilégiée de financer sa retraite. Au mieux, elle pourrait constituer
une solution complémentaire.

En plus des risques fiscaux énoncés précédemment, voici quelques risques potentiels
d'une telle stratégie :

• Risque lié à l'espérance de vie. Lorsque l'assuré vit plus longtemps que son
espérance de vie, il y a un risque que la valeur de rachat de la police soit
insuffisante pour garantir l'emprunt. Il est important que les projections
(illustrations) remises au client contiennent des exemples d'évolution de l'emprunt
comparativement à la valeur de rachat jusqu'à l'âge de 100 ans. Sans de telles
projections, il est très difficile pour le client de comprendre ce risque.
• Risque lié à la marge. Lorsque le taux d'emprunt augmente ou lorsque le
rendement du fonds de capitalisation n'est pas suffisamment élevé, il est possible
que l'emprunt dépasse les ratios (comparativement à la valeur de rachat) autorisés
par le prêteur. Le prêteur pourrait alors exiger le remboursement d'une partie de
l'emprunt.
• Risque lié au crédit. Un changement dans la solvabilité de l'assureur, de
l'emprunteur ou du titulaire du contrat pourrait inciter le prêteur à exiger le
remboursement de l'emprunt. Par exemple, les politiques de crédit ou les ratios
d'emprunt permis pourraient changer.
• Risque déontologique. Puisque cette stratégie est particulièrement complexe, il
est important que le représentant s'assure que son client comprenne bien ces
risques financiers, fiscaux et de survie. Il faut également vérifier si le client a un
profil (y compris psychologique) qui lui permettra de conserver cette stratégie à sa
retraite.

De plus, il est nécessaire que le client ait un besoin d'assurance vie permanent. Sinon
les coûts d'assurance annuleront tous les avantages potentiels de cette stratégie.

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Troisième partie — Assurance de personnes collective

Introduction

Selon l'édition 2018 de Faits et statistiques — Les assurances de personnes au Québec


de l'Association canadienne des compagnies d'assurance de personnes inc., voici
comment étaient répartis le capital assuré et les primes d'assurance vie en 2017 au
Québec (en millions de dollars).

Assurance Capital assuré Primes

Individuelle 620 705 $ (63,1 %) 3 589 $ (75,8 %)

Collective 362 622 $ (36,9 %) 1 143 $ (24,2 %)

Total 983 327 $ 4 732 $

À la lecture de ce tableau, l'on peut constater que 37 % du capital assuré en vie provient
de l'assurance vie collective, mais seulement 24 % des primes.

Malheureusement, ce document ne fait pas de distinction entre l'assurance invalidité


individuelle et collective.

Pour bien effectuer une analyse des besoins d'assurance de son client, le planificateur
financier doit donc tenir compte des protections collectives que détient son client. Ce
n'est qu'après avoir analysé les protections collectives de son client qu'il pourra juger de
la pertinence de les compléter ou non.

L'assurance collective protège plusieurs personnes ou sous-groupes de personnes par


l'entremise d'un seul contrat-cadre dont le preneur est une tierce partie, par exemple un
employeur.

Les trois prochains chapitres traitent des trois principaux régimes d'assurances
collectives. Ces régimes ont été classés selon le preneur du contrat :

• un employeur (les assurés sont les employés et ses personnes à charge);


• un créancier (les assurés sont les emprunteurs);
• une association, professionnelle ou non (les assurés sont les membres de
l'association).

Au Québec, les primes des assurances collectives sont soumises à une taxe de vente

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de 9 %.

Attestation d'assurance versus contrat-cadre


En assurance collective, l'adhérent (l'employé, l'emprunteur ou le membre de
l'association) ne reçoit pas de copie du contrat-cadre, mais une attestation qui inclut les
brochures explicatives et les guides de distribution. En vertu de l'article 2401 C.c.Q., en
cas de divergence entre l'attestation et le contrat-cadre, l'adhérent (l'employé) ou le
bénéficiaire peut choisir le document qui maximise ses intérêts. Voici cet article :

L'assureur délivre la police d'assurance collective au preneur et il lui remet également


les attestations d'assurance que ce dernier doit distribuer aux adhérents.

L'adhérent et le bénéficiaire ont le droit de consulter la police à l'établissement du


preneur et d'en prendre copie et, en cas de divergence entre la police et l'attestation
d'assurance, ils peuvent invoquer l'une ou l'autre, selon leur intérêt.

Pour un exemple d'application de ce principe, vous pouvez consulter le jugement d'appel


de 1997 dans le dossier 200-09-000587-946 Lapointe c. Industrielle-Alliance, compagnie
d'assurance sur la vie.

Chapitre 7 — Assurance collective dont le preneur est un


employeur

Introduction
Comme en assurance individuelle, les deux principales catégories de protection en
assurances collectives sont :

• l'assurance vie; et
• l'assurance en cas de maladie et d'accidents.

L'assurance collective dont le preneur est l'employeur est aussi appelée assurance
collective de type employeur-employés.

(1) 7.1 — Assurance vie collective


Les assurés comprennent :

• les adhérents (en assurance collective, ce sont les membres du groupe); et


• les personnes à charge des adhérents.

(1) 7.1.1 — Assurance vie des adhérents (employés)


La protection est un temporaire 1 an. Au décès de l'employé, l'assureur verse une
prestation au bénéficiaire désigné par l'employé. Le produit peut être versé en une seule
somme ou par versements échelonnés sous forme de rente.

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Il est essentiel de vérifier si la désignation de bénéficiaire de l'assurance vie reflète bien


les volontés testamentaires de l'assuré et qu'elle a été faite selon les règles de l'art :
En assurance vie collective, la Cour suprême du Canada a affirmé l'unicité des contrats
d'assurance collective auprès d'un employeur malgré les changements d'assureur. En
d'autres mots, si un adhérent avait désigné un bénéficiaire irrévocable avec l'assureur A
et qu'il désigne un nouveau bénéficiaire avec l'assureur B sans obtenir le consentement
écrit du premier bénéficiaire irrévocable, la deuxième désignation n'a pas d'effet.129

Le montant de la protection
Sauf pour l'assurance vie facultative, le montant d'assurance vie est déterminé dans le
contrat-cadre et peut revêtir différentes formes :

• protection établie selon un multiple (une fois, deux, fois, etc.) du salaire annuel
arrondi au mille supérieur (p. ex. : le capital assuré sera de 47 000 $ pour une
protection d'une fois le salaire annuel d'un employé si son salaire est de 46 325 $);
• protection établie selon le poste occupé par l'adhérent (catégorie d'emploi) ou
l'état civil de l'adhérent :
– employé de bureau sans personnes à charge : une fois son salaire,
– employé de bureau avec personnes à charge : deux fois son salaire,
– membre de la direction ou cadre : quatre fois son salaire;
• montant uniforme pour tous :
– tous couverts pour 100 000 $ chacun;
– membre de la direction : 100 000 $; cadre : 50 000 $; autre : 25 000 $.

Protection sans preuve et avec preuve de santé


Le montant d'assurance vie de base prévu au contrat ne nécessite aucune preuve
d'assurabilité jusqu'au maximum «sans preuve» prévu au contrat. Toute somme
supérieure sera assujettie à des preuves médicales. Ces seuils sont souvent déterminés
par l'assureur selon le nombre d'employés couverts ou le volume total en capital-décès.
Les montants sans preuve seront donc moins élevés pour les petites entreprises que
pour les plus grandes.

Parfois, les employés peuvent souscrire de l'assurance vie additionnelle facultative par
l'entremise de leur assurance collective, et ce, à des taux souvent avantageux, car les
frais de distribution sont moins élevés qu'en assurance individuelle. Ils doivent
cependant fournir des preuves médicales afin d'obtenir la protection supplémentaire.

Suicide
Il faut aussi spécifier que, contrairement à l'assurance vie individuelle, l'assurance vie
collective de base de type employeur-employés ne comporte généralement aucune
clause relative au suicide.

Fiscalité
L'employé doit inclure dans son revenu imposable le montant de la prime d'assurance
vie collective payée par son employeur (c'est un avantage imposable), sauf dans le cas
où il rembourse son employeur ou paie lui-même la prime. La prestation versée au

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bénéficiaire est non imposable.

Droit de transformation en assurance individuelle


L'article 62 du Règlement d'application de la Loi sur les assurances130 prévoit que les
adhérents de moins de 65 ans ont le privilège de transformer leur protection (jusqu'à
400 000 $) d'assurance vie collective en assurance vie individuelle dans les 31 jours
suivant leur départ du groupe. L'assurance individuelle peut être temporaire ou
permanente et doit être comparable à celle de l'assurance vie collective, tant pour le
montant que pour la durée (art. 63 R.a.L.a.). Les primes doivent être uniformes pour
toute la durée du contrat, sauf la première année où l'adhérent peut choisir une
assurance temporaire un an. En choisissant la temporaire un an, cela permet au client
de protéger son assurabilité et lui donne le temps de vérifier s'il peut obtenir une
assurance dont le prix sera moindre. En pratique, les assureurs offrent souvent des
choix supplémentaires.

La prime du contrat individuel sera conforme au tarif applicable au moment de la


transformation pour les risques habituels (art. 64 R.a.L.a.).

Lorsque le contrat-cadre n'est pas renouvelé ni remplacé par un nouveau contrat-cadre,


le droit de transformation obligatoire ne s'applique qu'à l'adhérent qui a complété au
moins cinq ans d'assurance (art. 66 R.a.L.a.).

Une demande de transformation protège l'assurabilité du client. Une fois celle-ci faite et
si le client est en bonne santé, il est possible de faire compléter une nouvelle proposition
d'assurance par le client. Si la demande est acceptée avec une tarification privilégiée,
inférieure à celle pour les risques normaux, il sera alors possible d'annuler l'assurance
qui a été transformée.

Cependant, les délais concernant le suicide et la contestation des déclarations de


l'assuré recommencent à zéro avec un nouveau contrat individuel.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

Les droits de transformation décrits ci-dessus sont les minimums obligatoires au


Québec; plusieurs assureurs offrent des droits de transformation plus étendus.

Ce droit peut représenter une occasion intéressante pour une personne qui serait
individuellement non assurable ou surprimée (qui ne bénéficie pas d'un tarif
privilégié). Celle-ci pourrait ainsi obtenir une protection qu'elle ne pourrait obtenir
autrement, ou l'obtenir à des taux inférieurs.

Exonération des primes lors d'une invalidité


Cette clause prévoit l'exonération des primes en cas d'invalidité totale de l'employé
après le délai de carence prévu à cet effet.

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7.1.2 — Personnes à charge


L'assurance vie collective pour les personnes à charge de l'adhérent est du même type
que celle offerte aux employés eux-mêmes. L'expression «personnes à charge» inclut :

• le conjoint de droit ou de fait;


• les enfants, jusqu'à l'âge de 21 ans (ou de moins de 26 ans s'ils sont étudiants à
temps plein).

Droit de transformation obligatoire


L'adhérent peut transformer les assurances de ses personnes à charge en même temps
qu'il transforme sa propre protection.

(1) 7.2 — Assurance collective contre la maladie ou les accidents


Voici les principales garanties offertes contre la maladie ou les accidents :

• décès ou mutilation par accident;


• assurance-salaire courte durée;
• assurance-salaire longue durée;
• assurance maladie complémentaire (incluant ou non les soins dentaires).

Les deux garanties relatives au salaire ne s'adressent qu'aux adhérents (employés).


Toutes les autres peuvent couvrir à la fois les adhérents et les personnes à leur charge.

7.2.1 — Décès et mutilation accidentels


Généralement, la protection d'assurance décès accidentel correspond au montant de
l'assurance vie de base (à l'exclusion de l'assurance vie facultative).

7.2.2 — Assurance-salaire (invalidité) de courte durée


L'assureur verse une prestation hebdomadaire à l'assuré qui est incapable de travailler
par suite d'une maladie ou d'un accident. Lorsqu'il s'agit d'un accident, l'indemnité est
souvent versée à partir de la première journée. Lors d'une maladie, elle commence
habituellement à la huitième journée, puisque l'assuré employé a souvent le droit à une
banque de journées de maladie couvertes par l'employeur pour les premières journées.

L'indemnité est payable pendant 17, 26 ou 52 semaines, selon le régime de l'employeur.


Le délai d'attente d'une semaine en cas de maladie a pour but d'éliminer les abus et
d'éviter une augmentation radicale des taux de prime. Toutefois, si l'employé est
hospitalisé à la suite d'une maladie, l'attente peut être ramenée à une seule journée.

Montant de la protection
Le montant de la rente d'invalidité est fonction d'un pourcentage du salaire de l'employé
et varie selon les contrats et par le fait que les prestations sont imposables ou non. La
rente est imposable à titre de revenu d'emploi, si l'employeur contribue au paiement de
la prime. Si l'employé en défraie le coût à 100 %, elle n'est pas imposable. Dès la mise
en place du contrat, il est essentiel d'évaluer le montant de la prime que l'employé devra

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payer, de manière à ce que l'indemnité qui lui sera versée en cas d'invalidité ne soit pas
imposable.

Intégration et coordination des prestations de plusieurs assureurs


Pour que l'assureur verse en totalité ou en partie le montant assuré, le total des
prestations que l'invalide reçoit ne doit pas dépasser un pourcentage préétabli de son
revenu. L'assureur tient entre autres comptes des prestations d'invalidité de la Régie des
rentes du Québec, de la Société de l'assurance automobile du Québec et de la
Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail.

Protection sans preuve et avec preuve de santé


L'assureur n'exige aucune preuve de bonne santé pour cette garantie jusqu'à des
maximums préétablis. Pour toute demande de couverture additionnelle, des preuves
médicales doivent être soumises à l'assureur.

De plus, l'employeur peut opter ou non pour l'intégration de l'indemnité hebdomadaire à


l'assurance-emploi. La décision qu'il prendra aura une incidence substantielle sur les
taux de prime exigibles. En effet, si la garantie d'indemnité hebdomadaire est non
intégrée, c'est l'assureur qui devient le premier payeur. L'employeur pourra alors se
prévaloir de réductions aux cotisations de l'assurance emploi et les redistribuer aux
cotisants et assurés. Par contre, dans le cas d'une intégration, l'assureur ne viendra que
compléter les bénéfices offerts par l'assurance-emploi. Par exemple, lors d'une invalidité
assurée, l'assureur couvrira la première semaine, tandis que l'assurance-emploi couvrira
les 15 semaines suivantes. Par la suite, l'assureur poursuivra le paiement des
indemnités pour le reste de la période garantie. Lorsque le versement des indemnités
est intégré aux prestations d'assurance-emploi, le risque de l'assureur est grandement
diminué, d'où une tarification moindre.

Droit de transformation non obligatoire


Il n'y a pas de droit de transformation obligatoire en assurance salaire courte durée,
mais quelques rares contrats l'offrent.

7.2.3 — Assurance salaire (invalidité) de longue durée


La garantie en cas d'invalidité de longue durée n'est pas obligatoire dans tous les
régimes. C'est l'employeur qui détermine avec l'assureur le taux de participation
obligatoire à cette garantie. Elle prévoit des prestations d'invalidité à la suite du
versement des indemnités hebdomadaires de courte durée, et ce, pour des périodes
allant de 2 à 65 ans.

Elle vient compléter la garantie d'indemnité hebdomadaire, ce qui signifie que le délai de
carence est calculé selon le terme de l'assurance de courte durée. Ainsi, si l'assurance
salaire de courte durée indemnise pendant 26 semaines, alors l'assurance salaire de
longue durée aura un délai de carence de 26 semaines.

Montant de la protection
Les prestations sont versées tous les mois, plutôt que toutes les semaines. D'ordinaire,

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le montant de la prestation est exprimé en pourcentage du salaire, par exemple 60 %, si


les prestations ne sont pas imposables pour l'employé (l'employé défraie 100 % du coût
de la prime de cette garantie) ou 75 % dans le cas contraire (l'employeur paie une partie
ou la totalité de la prime).

Voici l'exemple d'une situation souvent vécue par les propriétaires d'entreprise.
Exemple 3-30
Dans ce scénario, le propriétaire d'entreprise reçoit un salaire annuel de 60 000 $, ainsi
que 60 000 $ sous forme de dividendes provenant de la société. Le régime d'assurance
collective employeur-employé, auquel il a lui-même souscrit à son bénéfice et celui de
ses employés, prévoit une garantie d'indemnité hebdomadaire égale aux deux tiers (2/3)
de son salaire assuré, pour un maximum de 400 $ par semaine, et ce, durant une
période de 26 semaines et une garantie en cas d'invalidité de longue durée équivalant
toujours aux deux tiers (2/3) du salaire assuré, pour un maximum de 3 000 $ par mois,
payable pendant une période de cinq ans à la suite de la garantie d'indemnité
hebdomadaire.

Le bénéfice total que recevra le propriétaire en cas d'invalidité est 80 000 $, soit les
deux-tiers (2/3) de l'addition du salaire (60 000 $) et des dividendes versés (60 000 $).
Puisque, dans la plupart des cas, l'assurance collective de type employeur-employés
n'assure que le salaire, le propriétaire ne recevra que 60 000 $ multiplié par deux-tiers
(2/3), soit 40 000 $ par année, ou 3 333 $ par mois ou 769 $ par semaine.

Puisque dans cet exemple, tout comme ses employés, il est assujetti au maximum des
prestations prévues par le contrat-cadre, il recevra donc des prestations de :

• 400 $ par semaine pour l'assurance salaire de courte durée;


• 3 000 $ par mois pour l'assurance salaire de longue durée.

Le manque à gagner est donc important. Dans ce type de situation, s'il n'est pas
possible de faire reconnaître par l'assureur les dividendes comme faisant partie de la
rémunération assurable, il est conseillé de compléter la couverture d'assurance invalidité
par la souscription d'une police individuelle ou d'association.

Intégration et coordination des prestations de plusieurs assureurs


Comme dans le cas de la protection de courte durée, l'assurance salaire de longue
durée prévoit l'intégration et la coordination des prestations entre les différents
assureurs.

Indexation des prestations


L'assurance salaire longue durée peut prévoir ou non l'indexation de la rente d'invalidité.
L'absence d'une clause d'indexation entraîne une sous-assurance importante pour les
jeunes assurés.

Exemple de définition d'invalidité


La définition de l'invalidité totale peut varier d'un contrat-cadre à un autre, comme c'est le
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cas pour un contrat individuel. Voici un exemple de définition :


Limitation physique ou mentale, d'une durée temporaire ou permanente, qui empêche un
assuré de remplir partiellement ou totalement les principales fonctions de son propre
travail pendant les 24 premiers mois d'une même période d'invalidité ou tout emploi
rémunérateur auquel il est raisonnablement préparé par son éducation, son
entraînement ou son expérience après les 24 premiers mois d'une même période
d'invalidité.131

Protection sans preuve et avec preuve de santé


Comme dans le cas de la protection de courte durée, un montant maximal peut être
souscrit sans preuve de bonne santé, montant au-delà duquel l'assuré doit présenter
des preuves médicales.

Un participant qui sait que sa condition médicale n'est pas très bonne devrait peut-être
attendre que sa santé s'améliore avant de fournir des preuves de santé. En effet, un
client dont la demande a été refusée pour une couverture au-delà du maximum permis
ne peut habituellement faire une nouvelle demande.

Droit de transformation non obligatoire


Il n'y a pas de droit de transformation obligatoire en assurance salaire courte durée,
mais quelques rares contrats l'offrent.

7.2.4 — Garanties d'assurance maladie complémentaire


Selon la Régie de l'assurance maladie du Québec :
Les personnes de moins de 65 ans admissibles à un régime privé, ont l'obligation d'y
adhérer, au moins pour la portion du régime qui couvre les médicaments. La plupart du
temps, la protection pour les médicaments est incluse dans un régime couvrant d'autres
soins de santé (appelé régime d'assurance maladie). Parfois, cette protection est offerte
seule.

Les personnes qui atteignent l'âge de 65 ans et qui sont admissibles à un régime privé
offrant une couverture de base pour les médicaments ont le choix : elles peuvent
décider de maintenir leur adhésion à leur régime privé ou de l'abandonner pour adhérer
au régime public de la Régie de l'assurance maladie du Québec. Pour connaître les
différentes options offertes à ces personnes, consultez la section 65e anniversaire.

Une personne peut être admissible à un régime privé, soit par l'entremise de son emploi,
d'une association ou d'un ordre professionnels dont elle est membre ou par l'entremise
de son conjoint ou de ses parents. Une personne couverte par un régime privé est en
effet obligée d'en faire bénéficier son conjoint et ses enfants, à moins que ceux-ci ne
soient déjà couverts par un autre régime privé.

Lorsqu'une personne est admissible à plusieurs régimes privés, elle peut choisir celui
qu'elle juge être le plus avantageux en fonction de sa situation.132

Pour plus de détails sur l'assurance médicaments, voir le chapitre 4 du présent module.

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Les garanties de l'assurance-maladie complémentaire sont offertes en complément des


régimes gouvernementaux d'assurance hospitalisation et d'assurance maladie, afin de
prévoir le remboursement des frais occasionnés par des services que ces régimes ne
couvrent pas.

Assurance voyage
L'étendue des services et fournitures assurés varie d'un régime à l'autre et il est
important d'inciter la personne assurée à se familiariser avec son régime, car il est
possible que le client ne se prévale pas de toutes les protections auxquelles il a droit.

Par exemple, la plupart des régimes couvrent les frais médicaux et hospitaliers à
l'extérieur du pays et offrent une assistance-voyage. Or bien des personnes n'en sont
pas conscientes et souscrivent sans nécessité des assurances voyages personnelles qui
ont parfois des définitions de maladies préexistantes plus strictes.

Franchise
La franchise suppose que l'assuré (et les personnes à sa charge, s'il y a lieu) doit
absorber des frais admissibles jusqu'à concurrence d'un montant prédéterminé, soit 25 $
ou 50 $ par année (de calendrier ou du contrat), ou même 500 $, avant d'avoir droit à
des prestations aux conditions prévues dans le contrat-cadre.

Coassurance (participation proportionnelle)


Une fois que l'assuré a assumé des frais allant jusqu'au montant déterminé par la
franchise, il se peut que le contrat-cadre stipule que ce dernier n'aura droit qu'à un
pourcentage des frais réellement engagés, soit 75 % ou 80 % des dépenses. Certains
contrats prévoient un remboursement de 100 % des frais qui excèdent la franchise,
jusqu'à concurrence d'une limite maximale globale fixée pour chaque assuré pour
chaque année contractuelle.

La coassurance a pour but d'inciter l'employé à rechercher des soins hospitaliers,


médicaux ou dentaires de qualité, au meilleur coût possible, étant donné qu'il devra en
absorber une certaine proportion.

Plus la franchise est élevée, plus la partie devant être assumée par l'employé est élevée,
et plus le coût de cette garantie sera abordable.

Maximums
Les maximums varient selon les services et les fournitures (p. ex. : orthèses, plombages,
etc.). À titre d'exemple, les orthèses orthopédiques sont couvertes jusqu'à concurrence
de 500 $ par trois ans; les traitements dentaires en remplacement de dents sont
couverts jusqu'à concurrence de 1 500 $ par année.

La personne assurée vérifie ces maximums avant d'engager les dépenses afin d'éviter
de mauvaises surprises. Si cela est possible, elle pourrait alors répartir stratégiquement
les soins sur deux périodes de réclamation.

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(4) 7.3 — Autres protections collectives disponibles


Le milieu de l'assurance se transforme à la vitesse de l'éclair. Alors qu'ils ne faisaient
figure que de simples pourvoyeurs il y a quelques années, les assureurs se transforment
maintenant en véritables spécialistes des ressources humaines et s'adaptent aux
nouveaux besoins de la société. Ils développent des services qui permettent d'aider les
personnes assurées dans les situations difficiles, ou de gérer de façon active leur
réhabilitation advenant une invalidité, ou à mieux gérer leur santé par la promotion de
meilleures habitudes de vie.

Programme d'aide aux employés


Depuis 1998, l'industrie de l'assurance collective offre des programmes d'aide aux
employés (PAE), un service qui permet à l'employé ou au membre assuré d'avoir accès
à des spécialistes rapidement (p. ex. : psychologue, travailleur social, autres conseillers,
etc.), de façon entièrement confidentielle, pour une banque d'heures annuelle
prédéterminée.

Maladie grave
Certains assureurs offrent une assurance en cas de maladie grave (ou redoutée) sur
une base collective. Les maladies assurées sont généralement moins nombreuses que
celles assurées par les contrats individuels.

Assurance invalidité de longue durée bonifiée


Quelques assureurs offrent des régimes bonifiés dont les clauses se rapprochent
beaucoup des régimes supérieurs individuels. Ils vont même jusqu'à couvrir le conjoint
de l'assuré pour des indemnités en cas de perte d'autonomie.

Certaines protections permettent même un droit de transformation à un régime individuel


à l'instar de l'assurance vie collective. Ce droit doit être exercé dans les 30 jours suivant
la cessation d'emploi sous certaines conditions.

Ce privilège de conversion est une bonne occasion pour la personne normalement non
assurable ou surprimée pour l'assurance invalidité. De plus, cette protection pourrait être
très utile lorsque la personne se trouve entre deux emplois.

(4) 7.4 — Tarification


En assurance collective, les taux sont habituellement révisés annuellement. La
tarification est, entre autres, fonction du type d'assurance souscrit et du montant global
de protection et l'ensemble des assurés du groupe. Les assurés sont classifiés selon le
sexe, l'âge, le genre d'emploi, le revenu et, dans certains cas, selon la région dans
laquelle ils se trouvent.

Lors du renouvellement du contrat à la fin d'une année, l'assureur réévalue la situation à


la lumière des sinistres qui se sont produits dans l'année dans le groupe et dans
l'ensemble de ses assurés de même catégorie. À partir des résultats de cette
expérience, l'assureur décide s'il doit augmenter ou réduire les taux afin d'équilibrer les

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primes avec le risque. Il pourrait même choisir de ne pas renouveler le contrat.

Tendance en assurance vie


En assurance vie, l'augmentation de l'espérance de vie exerce une pression à la baisse
sur la tarification.

Tendance en assurance invalidité


La baisse des taux d'intérêt nécessite de plus grandes réserves actuarielles pour chaque
réclamation ce qui exerce une pression à la hausse sur la tarification.

Tendance en assurance maladie complémentaire


Plusieurs facteurs ont des influences inflationnistes sur les régimes d'assurance maladie
complémentaire et forcent parfois les employeurs à réviser leurs régimes afin d'en
contrôler les coûts. Ces facteurs sont :

• la hausse du coût des médicaments;


• le taux croissant d'utilisation des régimes dû au vieillissement de la population; et
• l'attrait croissant pour les médecines alternatives (p. ex. : massothérapie,
naturopathie, chiropractie, acupuncture, etc.).

(2) 7.5 — Sommaire des considérations fiscales


Comme pour les autres assurances collectives, les primes des contrats employeur-
employés sont assujetties à une taxe de vente de 9 %.

Les primes payées par l'employeur sont déductibles de son revenu d'entreprise. Le
tableau suivant illustre si les primes payées par un employeur sont un avantage
imposable ou non.

Avantage imposable pour l'employé

Fédéral Provincial (Québec)

Vie Oui Oui

Décès ou mutilation Oui Oui


accidentels

Maladie complémentaire Non Oui

Soins dentaires Non Oui

Maladies graves Oui Oui

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Compte de soins de Non Oui


santé

En assurance salaire :

• lorsque les primes sont entièrement payées par l'employé, les prestations ne sont
pas imposables. Lorsqu'il s'agit d'un régime financé en totalité par les employés
(les employés sont considérés comme les propriétaires du régime) et qu'en vertu
de ce régime, l'employeur doit verser les primes de l'employé au régime, ces
dernières sont considérées comme des avantages imposables;
• lorsque l'employeur paie une partie des primes, les prestations sont imposables.
Cependant, l'employé peut déduire des prestations imposables la partie de primes
qu'il a lui-même payées depuis son adhésion. En pratique, les employeurs ont
parfois de la difficulté à établir ce montant. Il est donc important que le client
conserve son dernier relevé de paie de chaque année, car les primes qu'il a
payées y sont généralement indiquées;

Le tableau suivant décrit la situation d'un employé ayant un revenu de 50 000 $, un taux
marginal d'imposition de 40 % (à titre d'illustration) et qui n'a pas actuellement
d'assurance salaire. Si son employeur décidait d'offrir une assurance collective invalidité
dont la prime était de 1 000 $, l'employeur devrait débourser un montant additionnel de
1 667 $ s'il désirait que son employé ne subisse pas de baisse de son revenu après
impôts. Ce montant ne diffère pas selon que la prime soit payée entièrement par le
salarié ou par l'employeur.

Salaire

Revenu nécessaire pour payer la prime 1 666,67 $

Impôts à 40 % 666,67 $

Revenu après impôt 1 000,00 $

Moins prime par l'employé 1 000,00 $

Revenu disponible pour l'employé — $

Avantage imposable

Avantage imposable 1 000,00 $

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Impôt à 40 % 400,00 $

Salaire nécessaire pour payer l'impôt supplémentaire de 666,67 $


400 $133

Plus prime payée par l'employeur 1 000,00 $

Total 1 666,67 $

Si l'employeur ne déboursait pas cette somme, l'employé aurait un revenu après impôts
inférieur.

(2) 7.6 — Points importants à vérifier


Dans le cadre d'une planification financière intégrée, il est essentiel de vérifier les points
suivants :

• Est-ce que le client peut adhérer à une couverture d'assurance collective par
l'entremise de son employeur ou d'une association?
• Connaît-il le droit de transformation de sa protection d'assurance vie en un
contrat individuel?
• A-t-il vérifié s'il y a un droit de transformation en assurance invalidité?
• Sa couverture d'assurance invalidité peut-elle être améliorée par l'ajout d'un
contrat individuel ou d'association?
• Devrait-il souscrire une assurance invalidité épargne-retraite?
• Lorsque le client a la possibilité d'avoir une protection d'assurance maladie
familiale pour chaque conjoint (lorsque chaque conjoint a une assurance groupe
différente), a-t-il vérifié la pertinence de ne conserver qu'une seule protection?
• En assurance maladie complémentaire, le client connaît-il les maximums par
garantie et spécialistes (pour l'assurance maladie complémentaire) afin de pouvoir
les répartir sur deux périodes?
• Lorsque le client change d'employeur, a-t-il pensé de négocier son admissibilité à
l'assurance groupe à partir de la première journée d'embauche?

(3) 7.7 — Conclusion


Les régimes d'assurance collective permettent aux assurés d'obtenir une gamme de
protections à des coûts plus abordables que s'ils avaient à obtenir ces protections
individuellement. En fait, dans certains cas, ces protections pourraient même ne pas être
disponibles. Ils permettent souvent aussi aux personnes difficilement assurables
individuellement d'obtenir une protection adéquate.

Par contre, l'assurance collective de type employeur-employés manque très souvent de


souplesse. Les protections obligatoires ne correspondent pas toujours à des besoins,
par exemple :

• l'obligation de souscrire à une assurance décès accidentel;


• une assurance vie de base alors que le client est célibataire et n'a aucune
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personne à charge.

Le fait que le montant d'assurance est souvent lié au salaire a des avantages et des
inconvénients. Puisqu'avec les années et l'âge le salaire augmente, les montants de
protection augmentent également.

Cela est positif en assurance invalidité puisque la protection concorde avec le besoin.
Mais en assurance sur la vie, le besoin n'augmente pas toujours avec l'âge, bien au
contraire134.

Il est important de bien se renseigner sur la nature des couvertures dont bénéficient les
personnes pour qui l'on fait une planification financière intégrée. Cela va permettre
d'éviter les dédoublements et de réduire les coûts de protection, tout en maintenant le
niveau de couverture souhaité.

Chapitre 8 — Assurance collective dont le preneur est un


créancier

L'assurance collective des créanciers est liée à un emprunt effectué auprès d'une
institution financière ou d'un émetteur de carte de crédit. Cette assurance est aussi
désignée sous le nom d'assurance sur la vie, la santé et la perte d'emploi d'un débiteur,
voir l'article 426 de la Loi sur la distribution des produits et services financiers.

(1) 8.1 — Emprunts


Assureur versus distributeur
Les institutions financières distribuent des assurances vie, invalidité, et parfois des
assurances en cas de maladie grave, dont le but est de rembourser le solde de
l'emprunt ou de payer les mensualités qui s'y rattachent.

Bien entendu, les personnes sont assurées par l'entremise d'un assureur, assureur qui
est parfois une filiale de l'institution financière. Cet assureur est soumis aux mêmes
règles que les autres assureurs.

L'institution financière (banque, caisse populaire, etc.) agit alors à titre de distributeur et
doit remettre aux adhérents un Guide de distribution qui décrit les protections.

Obligation ou non de souscrire une assurance


Un prêteur peut, dans les conditions de son prêt, prévoir l'obligation par l'emprunteur de
souscrire une assurance. Par contre, les emprunteurs ont le choix de l'assureur. Voici ce
que l'article 439 de la Loi sur la distribution de produits et services financiers135 stipule à
cet égard :
Un distributeur ne peut assujettir la conclusion d'un contrat à l'obligation pour le client de
conclure un contrat d'assurance auprès d'un assureur qu'il indique.

Il ne peut exercer de pressions indues sur le client ou employer des manœuvres

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dolosives pour l'inciter à se procurer un produit ou un service financier.

Obligations du distributeur
Voici quelques-unes des obligations du distributeur en vertu de la Loi sur la distribution
de produits et services financiers.

• En vertu de l'article 444, confirmer l'acceptation ou non par l'assureur dans


les 30 jours. Il est donc faux de prétendre que la sélection des risques
s'effectue seulement lors d'une réclamation;
• En vertu de l'article 431, décrire la garantie offerte et préciser les exclusions;
• En vertu de l'article 434, expliquer comment faire une réclamation et dans quels
délais et informer le client du délai accordé à l'assureur pour payer la réclamation
et expliquer les recours si l'assureur refuse de payer la réclamation;
• En vertu de l'article 440, informer l'emprunteur qu'il dispose d'un délai de 10 jours
suivant sa signature pour annuler le contrat d'assurance.

Importance d'une analyse personnalisée


Comme pour les contrats individuels, il faut analyser la protection offerte au cas par cas,
car celle-ci varie grandement d'une institution à une autre. Il faut également comparer
les primes aux cas par cas.

Les primes varient généralement selon l'âge et le sexe de l'assuré et parfois selon que
l'assuré fume ou non.

En assurance vie, malgré la présence d'une taxe de vente de 9 %, les primes des
assurances crédits sont parfois très intéressantes pour les petits montants de capital
décès. Les contrats d'assurance individuelle étant alors désavantagés à cause des frais
de police.

Par contre, pour les montants de protections plus élevés, les personnes en bonne santé
peuvent obtenir des taux très compétitifs en assurance individuelle.

8.1.1 — Caractéristiques de l'assurance crédit


Adhérents
Si l'emprunt a été effectué par plus d'une personne, il est alors possible que l'assurance
les protège toutes. Par exemple, si deux personnes contractent conjointement un
emprunt hypothécaire.

Capital assuré
En assurance vie, le capital assuré suit le besoin particulier, soit le montant de la dette.
Lorsque la dette décroît (p. ex. : une hypothèque), cela évite au client de payer pour une
protection qui demeurait fixe, une protection fixe étant plus coûteuse qu'une protection
décroissante.

Sélection des risques

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Comme pour les autres formes d'assurance de personnes, l'acceptation ou non du


risque par l'assureur se fait au début du processus. Par contre, les assurances vie
collectives de type crédit ont plus souvent recours à des clauses de maladies
préexistantes.

Présence ou absence de clause de maladies préexistantes


Comme pour les contrats individuels, un contrat collectif peut inclure ou non une clause
de maladie préexistante. En assurance individuelle, cette pratique est très courante pour
l'assurance invalidité, mais presque inexistante en assurance vie.

En assurance collective de type crédit cela est plus courant. Ce qui amène l'assureur à
effectuer des vérifications supplémentaires lors d'une réclamation d'assurance vie.

Délai pour contester les déclarations


Comme pour l'assurance individuelle, l'assureur peut vérifier s'il y a eu fausse
déclaration ou fraude de la part de l'assuré. Par contre, lorsque l'assurance est souscrite
par l'entremise d'un conseiller en sécurité financière celui-ci peut insister auprès de son
client sur l'importance de bien remplir les questionnaires d'assurabilité.

Délai de grâce
Le délai accordé avant d'annuler l'assurance pour non-paiement de la prime est souvent
plus élevé en assurance crédit de type hypothécaire que pour les autres formes
d'assurance. En assurance vie individuelle ce délai est de 30 jours, alors que pour
l'assurance crédit reliée à un emprunt hypothécaire il est couramment de trois mois,
voire six mois.

Protection liée à l'emprunt auprès du créancier


En changeant d'institution prêteuse, l'emprunteur devrait faire une nouvelle demande
d'assurance, ce qui pourrait causer des problèmes si son état de santé s'est détérioré.
Cela peut donc diminuer les choix de financement des emprunteurs.

Par contre, lors d'un transfert d'hypothèque par subrogation, certains contrats
d'assurance crédit prévoient que si l'assurance est refusée, les emprunteurs peuvent
conserver leur niveau de protection sans preuve de santé s'ils en font la demande
auprès du nouvel assureur.

Mais puisque c'est une nouvelle assurance, les clauses de suicide et de maladies
préexistantes (s'il y a lieu) recommencent.

Lorsque l'emprunteur vend sa maison, son assurance se termine puisque le produit de la


vente doit servir à rembourser alors l'emprunt hypothécaire.

8.1.2 — Importance d'une vérification professionnelle


Il pourrait être avantageux pour l'emprunteur de souscrire des assurances qui ne sont
pas offertes par le créancier, car les coûts pourraient être moindres et constituer, parfois,
une protection de meilleure qualité.

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Par contre, dans certaines situations, l'assurance crédit peut faire partie d'un portefeuille
global d'assurance.

Assurance invalidité
Comme il a été vu dans la section sur les besoins d'assurance invalidité, cela permet
d'offrir une protection plus élevée au client. La protection globale correspond alors
davantage à ses besoins.

Bien entendu, l'assurance invalidité emprunt est un complément à une bonne assurance
invalidité et non un substitut136. D'autant que la durée du versement de la rente en cas
d'invalidité est parfois limitée à deux ou cinq ans.

Assurance vie
En assurance vie, il est important de vérifier la présence ou l'absence de clause de
maladies préexistantes. Pour les contrats qui ne comportent pas cette clause,
l'assurance crédit peut être très intéressante pour les petits montants de capital décès.

(4) 8.2 — Cartes de crédit


Plusieurs émetteurs de cartes de crédit distribuent des assurances couvrant des
situations telles que le décès, l'invalidité, la perte d'emploi, etc. Ces montants assurés
sont soit des sommes prédéterminées, ou équivalentes aux paiements nécessaires pour
régler le solde du compte ou les versements minimums.

Ces protections ne sont pas gratuites. Les frais de ces assurances sont payés par l'une
ou l'autre des façons suivantes :

• par les frais d'adhésion annuels de la carte;


• par des primes mensuelles fixes;
• par un pourcentage relié au solde du compte.

Habituellement, les produits liés aux cartes privées ou aux cartes de grands magasins
sont plus dispendieux que ceux des institutions financières.

Les protections offertes peuvent paraître intéressantes, mais c'est souvent parce qu'elles
ne couvrent qu'une partie du risque, par exemple les décès accidentels. En 2004, 4,3 %
de l'ensemble des décès ont été accidentels137.

Ces produits sont offerts sans être assujettis à une étude des besoins du client ni à la
déontologie qui encadre les conseillers, qu'il s'agisse des planificateurs, des conseillers
en sécurité financière ou d'autres professionnels.

Par contre, pour une personne non assurable, ces protections sans preuve médicale
s'avèrent plus intéressantes que l'absence de protection. Mais encore, il vaut mieux de
scruter les détails et probabilités de la protection offerte avant d'y souscrire.

Chapitre (3) 9 — Assurance collective dont le preneur est une


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association

Introduction
L'assurance collective dont le preneur est une association est née de la volonté
d'associations de bonifier l'offre de service destinée à leurs membres. Elles ont décidé
de mettre sur pied un régime d'assurance qui répondrait le plus adéquatement possible
aux besoins spécifiques de ceux-ci. Un contrat-cadre est donc signé entre la compagnie
d'assurance et l'association.

L'assurance collective de type association est en quelque sorte un hybride entre


l'assurance collective traditionnelle et l'assurance individuelle. La tarification ressemble
généralement à l'assurance collective traditionnelle; toutefois, l'adhésion aux différentes
protections est facultative selon les besoins des membres. Pour d'autres associations, la
tarification ressemble davantage à de l'assurance individuelle.

Puisque le rôle d'une association professionnelle est de voir à l'intérêt de l'ensemble de


ses membres, un régime d'assurance de type association vise à offrir une protection et
des primes qui s'appliqueront toujours à l'ensemble des membres. Les contrats de type
association permettent au preneur d'apporter, au fils des ans, des améliorations qui
favoriseront alors l'ensemble des membres. Bien entendu, le pouvoir de négociation de
l'association varie selon l'ampleur des primes du régime.

Les régimes de type association offrent une gamme de produits plus ou moins complète
selon les volontés de l'association et les besoins exprimés par leurs membres.

Les trois principales catégories de produits sont :

• l'assurance vie;
• l'assurance en cas de maladie et d'accidents; et
• l'assurance de dommages.

9.1 — Assurance vie


L'assurance vie couvre les membres de l'association (adhérents) et, selon les contrats,
des protections peuvent être prévues pour les conjoints et les enfants (personnes à
charge) ainsi que les employés des membres. Les définitions de conjoint, de personne à
charge et d'employé sont décrites au contrat-cadre.

La gamme de produits d'assurance vie peut aller de la T1 au T100 selon les contrats.
Les produits d'assurance sont décrits au chapitre 6 du présent module.

Les montants minimum et maximum d'assurance vie sont déterminés dans le contrat-
cadre.

Les bénéficiaires sont nommés par l'adhérent.

Droit de transformation en assurance individuelle

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Le droit de transformation décrit à la section 7.1.1 s'applique aussi aux assurances vie
dont le preneur est une association.

Clause d'exonération des primes en cas d'invalidité


Une clause d'exonération des primes en cas d'invalidité totale est prévue dans la
majorité des contrats, après un délai de carence prévu à cet effet. Selon les contrats,
cette clause peut être incluse dans le contrat de base ou être optionnelle.

9.2 — Assurance en cas de maladie et d'accidents


Les garanties d'assurance en cas de maladie et d'accidents se divisent en deux
catégories : les indemnités et les remboursements de frais.

9.2.1 — Indemnités
[Link] — Décès et mutilation accidentels
L'assurance décès et mutilation accidentelle est une indemnité. Elle prévoit une
indemnité en cas de décès ou de mutilation de cause accidentelle. Habituellement,
l'assuré doit souscrire l'assurance vie pour être admissible à l'assurance décès ou
mutilation accidentelle. Cette protection peut être offerte au membre, à son conjoint, à
ses personnes à charge et à ses employés. En cas de décès accidentel, le bénéficiaire
désigné recevra le produit d'assurance vie et le produit d'assurance décès accidentel.

[Link] — Invalidité
Les régimes d'assurance groupe association offrent habituellement une couverture
d'assurance longue durée aux membres d'une association.

Qu'une assurance invalidité soit de type individuel ou de groupe association, les critères
d'évaluation de la qualité du contrat demeurent les mêmes138. L'important est de
comparer les divers contrats offerts aux clients en fonction des besoins de ceux-ci.

Définition d'invalidité
L'un des aspects les plus importants d'une assurance invalidité est précisément la
définition d'invalidité. Les définitions d'invalidité totale, partielle et résiduelle font partie
des premiers éléments à analyser.

Délai de carence
Le délai de carence peut varier de 0 à 720 jours selon le contrat.

Durée des prestations


Les prestations peuvent être de 2 ans, 5 ans, 10 ans, jusqu'à 65 ans et 70 ans, ou
même à vie dans le cas d'une invalidité accidentelle.

Définition de revenu
La définition du revenu est un aspect important à analyser. Les commissions sont-elles
incluses? Les bonis sont-ils inclus?

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Il est donc important de bien comprendre la définition de revenu assurable du contrat


afin de bien évaluer l'indemnité qui pourrait être reçue advenant une invalidité. Dans
certains cas, il pourra être pertinent de compléter la protection avec un contrat individuel.

Pour un salarié, le calcul est relativement simple. Toutefois, pour un travailleur autonome
ou un propriétaire d'entreprise, le calcul est plus complexe. Le revenu assurable dans le
cas d'un propriétaire d'entreprise est constitué du salaire versé ainsi que du revenu
après dépenses et avant impôt de l'entreprise.

À titre d'exemple, un copropriétaire d'entreprise se verse annuellement un salaire de


60 000 $, ainsi que 60 000 $ sous forme de dividendes provenant de l'entreprise. Pour le
dernier exercice financier, le bénéfice après dépenses et avant impôt a été de 240 000 $.
L'entreprise est détenue en parts égales par deux associés.

Quel est le revenu assurable de ce propriétaire d'entreprise?

Salaire : 60 000 $

Sa part (50 %) du bénéfice après dépenses et avant impôt : 120 000 $

Revenu assurable : 180 000 $

Par la suite, il s'agit de vérifier quel pourcentage du revenu peut être couvert par le
contrat.

Indexation des prestations


Les prestations peuvent être indexées ou non, selon diverses formules.

Pourcentage du revenu couvert


Comme mentionné auparavant, il est important de vérifier le pourcentage du revenu
couvert. Certains contrats couvrent 100 % du revenu, mais ils sont très rares. Si ce n'est
pas le cas, le client aurait peut-être avantage à souscrire une protection épargne-
retraite139.

Imposition des prestations


Les primes d'assurance invalidité d'un contrat groupe association sont habituellement
payées par l'assuré et sont des dépenses personnelles et non pas d'affaires. Les
prestations sont non imposables.

Toutefois, les prestations peuvent, de manière exceptionnelle, être imposables si le


régime est reconnu comme une fiducie de bien-être. L'inconvénient potentiel d'une telle
situation est que cela augmente le taux d'imposition des revenus de placement du
rentier (invalide).

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Exclusions
Comme pour les contrats individuels, les exclusions varient selon les contrats. Ainsi, que
le client détienne une assurance invalidité individuelle ou de groupe association, il est
primordial de vérifier si le contrat n'a pas été émis avec des exclusions additionnelles
étant donné un problème de santé déjà existant lors de l'émission du contrat.

Il faut noter qu'une demande peut être faite pour enlever une exclusion à un contrat déjà
existant. Il faut évidemment que le problème de santé ne soit plus présent. La décision
revient exclusivement à l'assureur de maintenir ou d'enlever l'exclusion au contrat.

Clause d'exonération des primes en cas d'invalidité


Une clause d'exonération des primes en cas d'invalidité totale est prévue dans la
majorité des contrats, après un délai de carence prévu à cet effet. Selon les contrats,
cette clause peut être incluse dans le contrat ou être optionnelle.

[Link] — Maladies graves


Certaines associations offrent une assurance en cas de maladies graves qui est similaire
aux assurances collectives de types employeur-employés ou de type individuel.

9.2.2 — Remboursements
[Link] — Frais généraux (invalidité)
Parce que l'assurance groupe association s'adresse principalement à des travailleurs
autonomes ou des propriétaires d'entreprise, une protection d'assurance frais généraux
est souvent un incontournable.

L'assurance invalidité frais généraux prévoit le remboursement des frais généraux


d'affaires advenant une invalidité. Ici, il s'agit d'un remboursement de frais et non d'une
indemnité. L'assuré doit, s'il répond à la définition d'invalidité, présenter des preuves de
ses dépenses d'affaires afin d'en obtenir le remboursement.

La liste des frais couverts est évidemment un élément essentiel à analyser avant
d'adhérer à ce type de protection.

Le coût de ce type de protection est beaucoup moins élevé que l'assurance invalidité,
car la durée de versement des prestations est de 3 à 24 mois selon les contrats.

Les mêmes critères d'évaluation que pour l'assurance invalidité perte de revenu
s'appliquent à l'assurance invalidité frais généraux.

La prime relative à l'assurance frais généraux est une dépense déductible à titre des
frais d'affaires et les prestations sont imposables.

Clause d'exonération des primes en cas d'invalidité


Une clause d'exonération des primes en cas d'invalidité totale est prévue dans la
majorité des contrats, après un délai de carence prévu à cet effet. Selon les contrats,
cette clause peut être incluse dans le contrat ou être optionnelle.
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[Link] — Médicaments
Comme dans le cas de l'assurance médicaments dans le cadre d'une assurance
collective, celle-ci est obligatoire pour le membre de l'association140.

[Link] — Frais médicaux, soins dentaires et soins de la vue


Les garanties d'assurance frais médicaux, soins dentaires et soins de la vue sont
offertes en complément de la garantie d'assurance médicaments, afin de prévoir le
remboursement des frais occasionnés par des services non couverts par l'assurance
médicaments.

L'étendue des divers services couverts varie d'un régime à l'autre. Par conséquent, il est
important d'inciter la personne assurée à se familiariser avec son régime, car il est
possible qu'elle ne se prévale pas de toutes les prestations auxquelles elle a droit. Par
exemple, la plupart des régimes couvrent les frais médicaux et hospitaliers à l'extérieur
du pays et offrent une assistance voyage. Or bien des personnes n'en sont pas
conscientes et souscrivent sans nécessité des assurances voyages personnelles.

Tout comme l'assurance médicaments, les garanties d'assurance frais médicaux, soins
dentaires et soins de la vue ont, en général, trois composantes :

• la franchise;
• le facteur de coassurance; et
• les maximums.

[Link] — Assurance voyage


La majorité des contrats groupe association offrent une assurance voyage à l'intérieur
même de la protection frais médicaux. Il est donc important de bien lire le contrat pour
en connaître tous les détails.

9.3 — Assurance de dommages


L'assurance de dommages a été l'un des premiers produits offerts par les associations
professionnelles. Leurs membres bénéficient ainsi de produits sur mesure et profitent de
rabais de groupe.

La gamme de produits offerts peut comprendre les protections suivantes :

• assurance automobile;
• assurance habitation;
• assurance commerciale;
• assurance responsabilité civile personnelle;
• assurance responsabilité civile professionnelle.

9.4 — Aspects fiscaux


9.4.1 — Taxe de vente
Comme pour les autres assurances collectives, les primes sont assujetties à une taxe de

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vente de 9 %.

9.4.2 — Assurance frais généraux


Les primes sont déductibles à titre de frais d'affaires et la prestation est imposable à titre
de revenu de profession ou d'entreprise.

9.4.3 — Assurance médicaments, maladie et dentaires


Les primes sont admissibles au crédit d'impôt pour frais médicaux dans la déclaration de
revenus du particulier.

9.5 — Tarification
En assurance groupe association, les taux sont révisés annuellement. Qui plus est, les
taux sont établis en fonction de plusieurs facteurs, tels que :

• le type de produit;
• le sexe de l'assuré;
• l'âge de l'assuré;
• le genre de profession;
• le niveau de revenu de la profession;
• l'expérience du groupe; et
• parfois, selon la consommation ou non du tabac.

L'expérience du groupe est l'analyse des sinistres qui se sont produits au cours de
l'année dans le groupe et dans un produit donné. À partir des résultats de cette
expérience, l'assureur décide s'il doit augmenter ou réduire les taux afin d'équilibrer les
primes avec le risque.

Les primes d'assurance vie ont tendance à baisser parce que l'espérance de vie
s'accroît.

Plusieurs facteurs ont des incidences inflationnistes sur les régimes et forcent les
associations à réviser leurs régimes afin d'en contrôler les coûts.

Ces facteurs sont, pour les plans médicaux :

• la hausse du coût des médicaments;


• le retrait progressif des services couverts par les régimes gouvernementaux;
• le taux de croissance d'utilisation des régimes dû au vieillissement de la
population; et
• l'attrait croissant pour les médecines alternatives, telles que la chiropractie, la
massothérapie, l'acupuncture, la naturopathie, etc.

Pour l'assurance invalidité, la baisse des taux d'intérêt qui nécessite de plus grandes
réserves actuarielles pour chaque réclamation est également considérée. Il est donc
important que la personne assurée soit vigilante aux changements qui pourraient être
apportés aux régimes.

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9.6 — Montants admissibles sans preuve de santé


Certains contrats prévoient un montant sans preuve de bonne santé dans les premiers
mois du début de pratique et avant un âge maximum prévu au contrat-cadre. Ces
périodes d'accès au régime sans preuve de santé sont une chance unique pour un
membre de l'association d'avoir accès à une protection d'assurance malgré des
problèmes de santé qui pourraient lui restreindre l'accès à des assurances de type
individuel.

9.7 — Droit de transformation


Les régimes collectifs doivent permettre la possibilité aux adhérents de moins de 65 ans
de transformer leur assurance vie en assurance individuelle dans les 31 jours de la
cessation de leur emploi ou de leur appartenance au groupe141.

Des droits de transformation additionnels sont quelquefois prévus au contrat. Cette


option est très avantageuse. En effet, étant donné que l'assurance groupe association
est une assurance résiliable à renouvellement non garanti, l'assureur, ou même le
preneur (l'association) peut décider de ne pas renouveler le contrat. Si cette situation se
présentait, les assurés n'auraient d'autres choix que de se procurer une nouvelle
assurance. Ceux qui sont non assurables se retrouveraient donc sans possibilité de se
procurer une nouvelle assurance.

Certaines associations ont donc négocié avec l'assureur un droit de transformation


applicable dans le cas où l'une des deux parties déciderait de ne pas renouveler le
contrat. Chaque assuré obtiendrait ainsi un contrat individuel au taux en vigueur au
moment de la transformation. Ceux qui sont non assurables sont donc protégés et ceux
qui sont assurables peuvent toujours souscrire une nouvelle assurance individuelle s'ils
le désirent.

Les droits de transformation additionnels sont plus courants en assurance vie qu'en
assurance invalidité. Toutefois, il faut comprendre que du côté de l'association, il n'y a
aucun avantage à mettre fin à un contrat. Au contraire, elle a tout avantage à maintenir
le groupe en vigueur, car certains de ses membres pourraient se retrouver en fort
mauvaise posture.

Il existe au Québec et au Canada des régimes de type groupe association qui ont plus
de trente ans d'existence et qui ont une stabilité de leurs primes hors du commun.

9.8 — Système d'arbitrage


Certains contrats d'assurance groupe association prévoient un arbitrage en cas de litige
entre l'assuré et l'assureur. Ainsi, un membre ne se retrouve pas seul devant un
assureur qui mettrait par exemple en doute son invalidité.

9.9 — Structure de primes


Les primes sont non garanties et renouvelables annuellement. Elles sont habituellement
progressives par paliers de cinq ans. L'assuré paie donc le juste prix en fonction du
risque réel qu'il représente en fonction de son âge.

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Les besoins en assurance ayant tendance à diminuer avec le temps, la prime


progressive permet de souscrire un montant d'assurance supérieur en début de carrière,
et ce, à un coût abordable. Puis, au fur et à mesure que la prime augmente, l'assuré
peut diminuer sa protection en fonction de ses nouveaux besoins et ainsi maintenir la
prime à un niveau acceptable.

Conclusion
Le regroupement permet aux associations de négocier avec les assureurs des clauses
particulières à leur profession.

L'assurance groupe association est souvent mal connue. Plusieurs clients font partie
d'associations professionnelles et ont accès à des régimes d'assurances très
intéressants pour eux.

À la suite de l'analyse des besoins d'assurance dans le cadre d'une planification


financière intégrée pour un membre d'association, la démarche du planificateur financier
devrait être de vérifier s'il est possible pour lui d'adhérer à un régime groupe association.

(2) Quatrième partie — Rentes

Chapitre 10 — Rentes

10.1 — Qu'est-ce qu'une rente?


Voici comment l'article 2367 du Code civil du Québec définit ce qu'est une rente :
Le contrat constitutif de rente est celui par lequel une personne, le débirentier,
gratuitement ou moyennant l'aliénation à son profit d'un capital, s'oblige à servir
périodiquement et pendant un certain temps des redevances à une autre personne, le
crédirentier.

Le capital peut être constitué d'un bien immeuble ou meuble; s'il s'agit d'une somme
d'argent, il peut être payé au comptant ou par versements.

Le débirentier peut, entre autres, être une Caisse de retraite, une compagnie
d'assurance de personnes, une compagnie de fiducie. Le présent chapitre ne traite que
des rentes dont les débirentiers sont des institutions financières. Les rentes versées par
les Caisses de retraite sont traitées dans le module 7 «Retraite» de La Collection de
l'IQPF.

Le crédirentier est généralement le titulaire (propriétaire) du contrat. Cependant, il est


possible que le rentier (personne physique seulement) soit une personne différente du
propriétaire (personne physique ou morale) du contrat de rente. Voici ce qu'écrivent à ce
sujet les articles 2369 et 2372 du Code civil du Québec :
2369. La rente peut être constituée au profit d'une personne autre que celle qui en
fournit le capital.
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En ce cas, le contrat n'est point assujetti aux formes requises pour les donations, bien
que la rente ainsi constituée soit reçue à titre gratuit par le crédirentier.

2372. La rente viagère peut être établie pour la durée de la vie de la personne qui la
constitue ou qui la reçoit, ou pour la vie d'un tiers qui n'a aucun droit de jouir de cette
rente.

Néanmoins, il peut être stipulé que le service de la rente se continuera au-delà du décès
de la personne en fonction de laquelle la durée du service a été établie, au profit, selon
le cas, d'une personne déterminée ou des héritiers du crédirentier.

10.1.1 — Rente en service ou rente différée


Rente en service
Une rente est dite en service lorsque le débirentier a commencé à servir périodiquement
la rente (les redevances). Les versements peuvent être versés sur une base mensuelle,
annuelle ou sur une autre fréquence déterminée par le contrat. L'épargnant a alors
aliéné de façon irrévocable son capital en faveur de la compagnie d'assurance ou de la
fiducie.

Rente différée
La rente est dite différée (aussi appelé rente d'accumulation) lorsque les versements
périodiques n'ont pas commencé. Les placements à terme (de 30 jours, un an, deux
ans, etc.) et les fonds distincts offerts par les assureurs sont des rentes différées142. Les
sociétés de fiducie peuvent, elles aussi, offrir des rentes différées ou des rentes en
service. Une rente différée permet souvent à son propriétaire de changer d'idée et de
renoncer aux versements de la rente. Il peut alors encaisser son capital.

Le capital qui constitue les rentes peut être payable par le titulaire du contrat en
plusieurs versements (voir le deuxième alinéa de l'article 2367 C.c.Q.). Ainsi, une
personne peut contribuer plusieurs fois dans une rente différée, que celle-ci soit
enregistrée ou non.

Les versements périodiques sont constitués d'une partie du remboursement du capital


constitutif de la rente et d'une partie rendement.

10.1.2 — Rente viagère ou non


Voici ce que l'article 2371 C.c.Q. dit à ce sujet :
La rente peut être viagère ou non viagère.

Elle est viagère lorsque la durée de son service est limitée au temps de la vie d'une ou
de plusieurs personnes.

Elle est non viagère lorsque la durée de son service est autrement déterminée.

La rente à terme
La rente à terme a une durée qui est déterminée à l'avance et cette durée est connue

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dès le moment où elle est constituée. Elle est souvent appelée rente certaine et on peut
s'y référer en disant qu'elle dure pour une «certaine période de temps». La durée de ce
type de rente peut être de 5, 10, 15 ou 20 ans, mais sans excéder 100 ans. Voici ce que
dit l'article 2376 C.c.Q. à ce sujet :
La durée du service de toute rente, qu'elle soit viagère ou non, est dans tous les cas
limitée ou réduite à 100 ans depuis la constitution de la rente, même si le contrat prévoit
une durée plus longue ou constitue une rente successive.

Une rente viagère


Une rente viagère est une rente qui durera toute la vie d'une ou de plusieurs (rente
réversible) personnes (les crédirentiers). Ce qui signifie que la rente viagère s'éteint
avec la vie du dernier des crédirentiers ou 100 ans après sa constitution. Une personne
qui a acheté une rente viagère à 18 ans verra sa rente viagère se terminer lorsqu'il
atteindra 118 ans, même s'il est encore en vie!

La rente viagère est un outil extraordinaire pour gérer le risque de survivre à son capital
(risque de survie), mais cela peut constituer un désavantage si la vie du crédirentier est
très courte. Pour gérer cet inconvénient, il est possible d'inclure une période minimale
(garantie) dans une rente viagère. Ceci aura pour avantage d'avoir une rente qui
continuera d'être versée même après le décès du bénéficiaire si la période certaine n'est
pas encore terminée. Par exemple, avec une rente viagère ayant une période garantie
de 15 ans, si le rentier décède un an après que la rente a débuté, le versement se
poursuivra pendant les 14 années suivantes.

Ajouter une période minimale à une rente viagère est similaire à la souscription d'une
assurance vie décroissante. Le capital assuré décroît au fur et à mesure que la période
garantie diminue. À cause de cette partie assurance, pour le même capital, les
versements de la rente avec période minimale seront inférieurs aux versements de la
rente s'il n'y a pas de période minimale garantie.

Il en est de même pour une rente réversible puisque la durée potentielle des versements
s'accroît.

Une rente viagère est en quelque sorte l'inverse d'une assurance vie. Avec une
assurance vie, c'est le consommateur qui paie les primes (versements périodiques) sur
une base régulière et le capital est versé par l'assureur au décès de l'assuré. Avec une
rente viagère, c'est le consommateur qui a transféré le capital à l'assureur et c'est ce
dernier qui verse les versements périodiques jusqu'au décès de l'assuré (le rentier).

Avec une assurance vie, un assuré a intérêt à démontrer qu'il est en bonne santé et que
son espérance de vie est supérieure à la moyenne, le coût (les primes) de l'assurance
en sera diminué. Avec une rente viagère, le rentier a intérêt à démontrer qu'il est en
mauvaise santé et que son espérance de vie est inférieure à la moyenne, les
versements de la rente seront alors plus élevés. Nous parlons alors de rente à risque
«taré».

10.1.3 — Le montant des versements

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Les versements de la rente peuvent être fixes ou variables. Par exemple, ils peuvent
être indexés annuellement selon l'inflation ou selon un taux déterminé à l'avance.

Bien entendu, le capital nécessaire pour constituer les versements de départ est plus
élevé avec la rente indexée que pour la rente non indexée.

10.1.4 — Capital fixe ou variable


Pendant leur période d'accumulation (rente différée), la valeur du capital peut être fixe ou
variable. Une rente qui est investie dans des placements à terme est dite fixe même si
les intérêts viennent accroître sa valeur. Par contre, lorsque la valeur des placements
peut baisser, c'est une rente à capital variable. Les fonds distincts sont des rentes
différées à capital variable. Ces fonds ressemblent beaucoup au fonds commun de
placement, mais leur structure légale différente permet au titulaire de faire des choix qu'il
n'est point possible de faire avec les fonds communs de placement143.

10.2 — Contrat assimilable à une assurance vie


Les rentes offertes par les assureurs sont des contrats qui sont assimilables sur certains
points aux contrats d'assurance vie144. Voyons ce que l'article 2393 C.c.Q. dit à ce
sujet :
L'assurance sur la vie garantit le paiement de la somme convenue, au décès de l'assuré;
elle peut aussi garantir le paiement de cette somme du vivant de l'assuré, que celui-ci
soit encore en vie à une époque déterminée ou qu'un événement touchant son existence
arrive.

Les rentes viagères ou à terme, pratiquées par les assureurs sont assimilées à
l'assurance sur la vie, mais elles demeurent aussi régies par les dispositions du chapitre
De la rente. Cependant, les règles du présent chapitre sur l'insaisissabilité s'appliquent
en priorité.

Cette assimilation à un contrat d'assurance vie permet, entre autres, la désignation de


titulaire subrogé et de bénéficiaire.

10.2.1 — Insaisissabilité des rentes


La désignation de bénéficiaire permet, sous certaines conditions, de rendre insaisissable
la rente, qu'elle soit enregistrée ou non, qu'elle soit à capital variable ou fixe. Voici ce
que disent à ce sujet les articles 2457 et 2458 C.c.Q. :
2457. Lorsque le bénéficiaire désigné de l'assurance est l'époux ou le conjoint uni
civilement, le descendant ou l'ascendant du titulaire ou de l'adhérent, les droits conférés
par le contrat sont insaisissables, tant que le bénéficiaire n'a pas touché la somme
assurée.

2458. La stipulation d'irrévocabilité lie le titulaire de la police, même si le bénéficiaire


désigné n'en a pas connaissance. Tant que la désignation à titre irrévocable subsiste, les
droits conférés par le contrat au titulaire, à l'adhérent et au bénéficiaire sont
insaisissables.

Au sens du Code civil, un conjoint de fait n'est pas considéré comme un conjoint de
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droit. Par conséquent, pour rendre les sommes insaisissables, il faudra désigner le
conjoint de fait à titre de bénéficiaire irrévocable. Bien entendu, dans certaines
circonstances les tribunaux pourraient rendre saisissable une rente. Pour plus de détails
sur ce sujet, vous pouvez consulter le module 2 «Aspects légaux et succession» de La
Collection de l'IQPF.

10.2.2 — Aspects successoraux


La désignation de titulaire subrogé et de bénéficiaire peut se faire par le contrat
d'assurance ou par un autre écrit, incluant les testaments. Voici ce que dit l'article 2446
C.c.Q. à ce sujet :
La désignation de bénéficiaires ou de titulaires subrogés se fait dans la police ou dans
un autre écrit revêtu, ou non, de la forme testamentaire.

Cette souplesse qu'offrent les rentes peut parfois se retourner contre les clients lorsque
les désignations sont mal gérées. En voici deux exemples.

Premier exemple : Pierre est titulaire d'un fonds distinct (FD) non enregistré. Dans son
testament, il lègue l'universalité de ses biens à sa conjointe Marie. Au décès de Pierre,
la juste valeur marchande (JVM) de son fonds est supérieure de 50 000 $ à son prix de
base rajusté (PBR). S'il a nommé Marie comme corentière et titulaire subrogée, le
transfert du FD à Marie se fera au PBR et les impôts ne seront payables qu'au décès de
Marie. Par contre, s'il n'a pas de corentier, le contrat de rente se terminera et la valeur du
FD sera remise au bénéficiaire. Le gain en capital devra alors être inscrit dans la
dernière déclaration de revenus du défunt (Pierre). Aucun roulement fiscal ne pourra être
effectué en faveur de Marie au décès de Pierre.

Si Marie est corentière, cela n'élimine pas toutes les complications possibles. Ainsi, si au
décès de Pierre la JVM du FD est inférieure à la somme des primes versées, la
compagnie d'assurance ne versera pas la garantie au décès du rentier. Cette garantie
de capital sera versée uniquement au décès de l'ensemble des corentiers.

Si le contrat de rente avait été enregistré, la valeur du fonds aurait été versée au REER
et ce dernier aurait pu être transféré à Marie sans conséquence fiscale.

Deuxième exemple : Paul est titulaire d'une rente d'accumulation (à capital variable ou
non) enregistrée dont la valeur est de 500 000 $. Il nomme Lise, sa fille, comme
bénéficiaire. Dans son testament, il lègue tous ses autres biens à son autre enfant,
Henri, à titre de légataire universel. Au décès de Paul, Lise reçoit de l'assureur, à titre de
bénéficiaire, la somme de 500 000 $ sans retenue à la source. La somme de 500 000 $
devra être déclarée dans la déclaration de revenus du défunt (Paul) et les impôts sur
cette somme deviendront exigibles145. Cela diminuera la valeur de la succession
qu'Henri recevra.

Pour éviter ce problème, Paul peut, dans son testament, nommer Lise comme légataire
de son REER à charge d'en assumer les impôts. Une désignation de bénéficiaire ne
peut se faire à charge de payer les impôts146. Cette façon de faire comporte un autre
risque puisque l'absence de désignation de bénéficiaire permet plus facilement la saisie

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(avant la faillite) du REER en cas de difficultés financières de Paul. Si Paul voulait que
chacun de ses enfants reçoive 50 % de son patrimoine successoral, il aurait simplement
pu nommer ses deux enfants bénéficiaires de son REER et les désigner tous les deux
comme légataires à 50 % pour ses autres biens.

La désignation ou non, de titulaire subrogé, de corentier et de bénéficiaire, doit se faire


après une analyse approfondie des objectifs et de la situation du client. Pour plus de
détails à ce sujet, voir le module 2, Aspects légaux et succession. Mais, n'hésitez surtout
pas à consulter un juriste à cet effet. Dans tous les cas, le juriste qui prépare le
testament doit être informé de ces désignations puisqu'il en aura besoin pour faire une
rédaction qui respectera les volontés du testateur.

10.3 — Fiscalité des rentes


La fiscalité des contrats de rente varie, selon que le contrat est un contrat CELI, un
contrat agréé ou un contrat non agréé.

10.3.1 — Compte d'épargne libre d'impôt


Un contrat de rente CELI procure les mêmes avantages que tous les autres produits
financiers qui sont à l'intérieur des CELI, c'est-à-dire que les revenus qui s'y accumulent
sont non imposables, ainsi que les retraits.

10.3.2 — Contrat de rente agréé


Un contrat de rente est agréé lorsque son capital constitutif provient d'un régime agréé
aux fins de la Loi de l'impôt sur le revenu (REER, RPA, RPDB). Le plein montant des
versements provenant d'une rente agréée doit être ajouté au revenu du rentier.

Le montant total de la rente agréée est admissible au fractionnement des revenus de


pension, sujet traité au module 5, Fiscalité.

10.3.3 — Contrat de rente non agréé


Le mode d'imposition des rentes non agréées varie selon que la rente soit en période
d'accumulation ou en période de service.

[Link] — Imposition pendant la période de capitalisation


Pendant la période d'accumulation, l'imposition varie selon que la rente est à capital fixe
ou capital variable.

Le titulaire d'un contrat à capital fixe doit s'imposer annuellement sur le revenu couru qui
s'est accumulé dans le contrat.

Une rente à capital variable (fonds distincts) est considérée par les autorités fiscales
comme une fiducie non testamentaire147.

Les revenus de cette fiducie sont attribués au titulaire du contrat148. Les revenus
attribués conservent leur nature originelle : intérêts, dividendes, gain en capital. Cela
permet au titulaire de bénéficier des crédits d'impôt pour dividendes et du traitement

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privilégié des gains en capital. La fiscalité des fonds distincts ressemble donc beaucoup
à ceux des fonds communs de placement, mais elle diffère sur les aspects suivants :

• Les revenus distribués des fonds distincts n'entraînent pas une augmentation du
nombre de parts, mais plutôt une augmentation de la valeur de la part.
• Les fonds distincts peuvent distribuer les pertes en capital réalisées par le fonds.
Le titulaire du contrat non enregistré peut donc déduire plus facilement les pertes
en capital réalisées par le fonds lorsque celles-ci sont supérieures aux gains en
capital réalisés par le fonds, ceci sans qu'il ait besoin de vendre son fonds. Les
pertes en capital nettes peuvent être reportées à l'encontre des gains en capital
imposable des trois années antérieures ou pour toutes les années
subséquentes149.
• Les compagnies d'assurance peuvent choisir une méthode d'attribution des
revenus qui tient compte de la période de détention des parts plutôt que selon le
prorata des parts des titulaires inscrits à la date de l'attribution.

Il est important de noter que les retraits effectués en vertu d'une garantie de retrait150
d'un fonds distinct sont considérés comme des dispositions. Il y a donc imposition de la
différence entre le produit de disposition et le prix de base rajusté comme pour les fonds
communs de placement.

[Link] — Pendant le service de la rente


Les prestations de rente reçues en vertu d'un contrat de rente non agréée incluent une
portion capital (non imposable) et une portion intérêt (imposable). La répartition entre le
capital et les intérêts varie selon que la rente est prescrite ou non.

Imposition d'une rente non prescrite

La partie imposable de la prestation de rente touchée en vertu d'un contrat non prescrit
est décroissante dans le temps, un peu comme un remboursement d'hypothèque, où la
partie intérêt domine les premières années, pour être graduellement remplacée par une
part de plus en plus importante de capital dans le temps.

L'exemple suivant est pour un capital de 100 000 $, en date du 24 janvier 2018. La rente
mensuelle pour une rente certaine dix ans était de 892,96 $ et le taux de rendement était
d'environ 1,3 %. Le versement de la rente débute en février 2018.

Portion

Année Rente151 Intérêt Capital

1 10 715,52 $ — $ 10 715,52 $

2 10 715,52 $ — $ 10 715,52 $

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3 10 715,52 $ 818,39 $ 9 897,13 $

4 10 715,52 $ 1 633,72 $ 9 081,80 $

5 10 715,52 $ 1 400,96 $ 9 314,56 $

6 10 715,52 $ 1 162,23 $ 9 553,29 $

7 10 715,52 $ 920,27 $ 9 795,25 $

8 10 715,52 $ 666,30 $ 10 049,22 $

9 10 715,52 $ 408,75 $ 10 306,77 $

10 10 715,52 $ 144,58 $ 10 570,94 $

TOTAL 107 155,20 $ 7 155,20 $ 100 000,00 $

Pour des raisons techniques, il n'y a pas d'intérêt la première année. Lorsque les
versements de la rente commencent un autre mois que janvier, il est possible d'avoir un
report de la partie imposable jusqu'à deux ans.

Dans le cas d'une rente viagère, le calcul est plus complexe. En effet, le calcul du
montant imposable se fait annuellement en fonction de l'espérance de vie du titulaire. Le
montant imposable diminue graduellement, mais moins rapidement que pour une rente
certaine.

Imposition d'une rente prescrite

À certaines conditions une rente peut être prescrite. Mentionnons entre autres :

• que le titulaire du contrat doit être une personne physique, une fiducie déterminée
(c'est-à-dire une fiducie exclusive au profit du conjoint, une fiducie en faveur de
soi-même ou une fiducie mixte au profit du conjoint152) ou une fiducie admissible
pour personne handicapée;
• que le titulaire du contrat doit être un rentier en vertu du contrat ou qu'une autre
personne, comme son tuteur, détienne le contrat pour lui153;
• que la durée (garantie ou déterminée) ne peut pas dépasser le 91e anniversaire
de naissance du rentier154 ou du conjoint survivant dans le cas d'une rente
réversible (selon le moins âgé);
• que les versements soient égaux, effectués à intervalles réguliers et au moins
une fois par année, ce qui exclut les rentes indexées.

La partie imposable de la prestation de rente touchée en vertu d'un contrat de rente


prescrite155 est nivelée et demeure la même pour la durée du contrat. Si c'est une rente
certaine, la portion capital est divisée par le nombre de versements prévus. Si c'est une
rente viagère, la portion capital est divisée par une période représentant l'espérance de

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vie établie selon les tables de mortalité de 1971 pour les rentes individuelles. À partir de
janvier 2017, la table Annuity 2000 Basic Mortality Table de la Société des actuaires est
utilisée. L'amélioration de l'espérance de vie a eu pour effet d'augmenter le montant
imposable puisque le capital est échelonné sur une période plus longue.

Considérant les données de l'exemple précédent, la somme de la portion capital est


divisée en dix et la portion annuelle imposable de la rente prescrite est alors de
715,52 $. Le tableau suivant compare le montant imposable annuel de la rente non
prescrite avec celui de la rente prescrite.

Montant imposable annuel

Année Non prescrite Prescrite

1 — $ 715,52 $

2 — $ 715,52 $

3 818,39 $ 715,52 $

4 1 633,72 $ 715,52 $

5 1 400,96 $ 715,52 $

6 1 162,23 $ 715,52 $

7 920,27 $ 715,52 $

8 666,30 $ 715,52 $

9 408,75 $ 715,52 $

10 144,58 $ 715,52 $

TOTAL 7 155,20 $ 7 155,20 $

Comme nous pouvons le constater, en dollar courant, le montant imposable total est le
même. Cependant, afin de comparer le pouvoir d'achat d'un client, il faut comparer la
valeur actualisée des deux options. La différence s'accroît avec la durée de la rente.
Autrement dit, toute chose étant égale par ailleurs, plus la durée est longue, plus la rente
prescrite peut devenir plus avantageuse.

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ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

Si l'individu prévoit que son taux marginal d'imposition va augmenter, la rente non
prescrite pourrait devenir plus avantageuse, alors qu'une baisse de son taux
marginal d'imposition favorise la rente prescrite.

La souscription d'une rente prescrite en fin d'année n'est pas avantageuse parce
que cela augmente l'impôt à payer pour la première année.

Il n'est pas possible de prescrire une rente indexée. Le planificateur financier doit
donc vérifier les autres sources de revenus du client qui pourront compenser la
diminution du pouvoir d'achat résultant de la non-indexation.

Les intérêts sur de l'argent emprunté afin de souscrire une rente non agréée ne
sont déductibles que lorsque la rente acquise n'est pas une rente prescrite.

La présence ou non d'un conjoint peut aussi influencer le choix entre une rente
prescrite ou non.

Fractionnement du revenu de retraite

La partie imposable d'une rente prescrite offerte par les assureurs est admissible au
crédit de revenu de pension et, à ce titre, permet de fractionner le revenu de retraite156,
et ce même s'il s'agit de fonds non enregistrés.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

L'avantage de reporter dans le temps diminue si le particulier peut transférer une


partie de ses revenus à un conjoint dont le taux d'imposition est inférieur. En
reportant plus tard ce revenu, il y a un risque que le conjoint décède et que le
fractionnement ne soit plus possible. Autrement dit, lorsque le client fractionne
son revenu imposable en provenance de la rente non agréée, cela peut favoriser
l'utilisation d'une rente non prescrite (sauf la première année) plutôt qu'une rente
prescrite.

10.4 — Combiner assurance vie et rente viagère


Un client qui désire à la fois maximiser son revenu de retraite et transmettre une partie
de son capital non enregistré à son décès peut envisager le recours à la stratégie de
rente assurée (aussi appelée rente dos à dos). Cette stratégie consiste à acheter une
assurance vie permanente sans valeur de rachat (puisque le but n'est pas de racheter le
contrat) auprès d'une compagnie d'assurance, puis de souscrire une rente viagère (sans

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période garantie) prescrite auprès d'une autre compagnie d'assurance.

Voici une illustration de ce concept. On compare ici la possibilité pour un homme de 70


ans qui a un capital non enregistré de 100 000 $ d'investir dans un dépôt à terme de
cinq ans à un taux d'intérêt de 2 %, ou encore d'acheter une rente non assurée ou une
rente assurée.

Dépôt à terme Rente Assurance et


rente

Flux monétaire 2 000 $ 7 483 $ 7 483 $


annuel

Fraction 2 000 $ 1 182 $ 1 182 $


imposable

Impôts à 40 % 800 $ 473 $ 473 $

Flux après impôts 1 200 $ 7 010 $ 7 010 $

Prime — $ — $ 5 417 $
d'assurance vie

Flux monétaire 1 200 $ 7 010 $ 1 593 $


net

Valeur 100 000 $ — $ 100 000 $


successorale

La stratégie de rente assurée comporte les avantages suivants :

• La stratégie de la rente non enregistrée peut augmenter le flux monétaire net


comparativement au choix du dépôt à terme pour du capital non enregistré parce
que les rentes non enregistrées bénéficient d'un traitement fiscal avantageux.
• Elle procure une tranquillité d'esprit puisque le revenu est garanti à vie tout en
protégeant la valeur successorale.
• La portion imposable de la rente est admissible au fractionnement du revenu de
pension (à compter de 65 ans) même s'il s'agit de capital non enregistré.

La stratégie de rente assurée comporte aussi certains désavantages :

• L'achat d'une rente est irréversible et le capital n'est plus disponible. Si l'assuré
devait avoir besoin de son capital, par exemple pour payer des soins de santé, il
pourrait encaisser une partie de son capital s'il l'avait investi dans un dépôt à

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terme, mais pas s'il avait acheté une rente. Si le client était obligé de souscrire une
assurance soins de longue durée ou en cas de maladie grave pour gérer ce risque,
le flux monétaire net serait alors inférieur à celui du dépôt à terme.
• Une partie importante des contrats d'assurance vie souscrits, parallèlement à la
rente, tombe en déchéance avant le décès de l'assuré.

L'importance des déchéances

Puisqu'une rente viagère est l'inverse d'une assurance vie, la combinaison des deux
s'annule. Pour qu'un assureur puisse offrir des primes d'assurance vie aussi basses,
c'est qu'il prévoit qu'une partie des contrats d'assurance seront annulés avant que le
décès de l'assuré survienne. Autrement dit, la stratégie de la rente assurée est
subventionnée par l'abandon de certains contrats, y compris ceux qui ont été achetés
dans le but d'assurer une rente. Ces déchéances peuvent se produire pour plusieurs
raisons. Par exemple :

• Le payeur devient inapte et oublie de payer une prime. Après 30 jours de non-
paiement, l'assurance vie est annulée;
• L'assuré change de compte bancaire et oublie d'aviser l'assureur. Après 30 jours
de non-paiement, l'assurance vie est annulée;
• Le payeur a besoin d'argent pour financer des dépenses plus importantes que
prévu (entretien de sa résidence, maladies d'un membre de sa famille, etc.) et n'a
plus les moyens de payer la prime.

La valeur successorale tombe alors à zéro, alors qu'avec la stratégie des dépôts à
terme, seul le capital utilisé pour payer les dépenses imprévues réduit la valeur
successorale.

SUGGESTION DE PLANIFICATION

Avant de recommander cette stratégie, le planificateur financier devrait s'assurer


que :

• son client a les ressources nécessaires pour faire face aux imprévus et
continuer à payer les primes de l'assurance vie pendant toute sa vie;

• son client a rédigé un mandat de protection (auparavant appelé mandat en


prévision de l'inaptitude) qui précise à son mandataire de continuer à payer la
prime de l'assurance vie sans affecter son niveau de vie;

• son client a contribué au maximum à son CELI et son REER;

• le montant d'assurance n'est pas destiné à son conjoint. Sinon, il pourrait plutôt
envisager l'achat d'une rente conjointe.

La rente conjointe

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Lorsque l'objectif successoral du client est d'assurer un revenu à son conjoint et non le
transfert à une autre génération, la souscription d'une rente conjointe pourrait être
envisagée. En reprenant l'exemple précédent, voici maintenant les trois choix qui
s'offrent au client. Aux fins de l'illustration, l'âge de la conjointe est aussi de 70 ans et le
taux de réversibilité de la rente est de 100 %. Il est possible de choisir des pourcentages
de réduction différents, voire aucune réduction. Plus le pourcentage de réduction est
élevé, plus le montant de la rente augmente.

Dépôt à terme Rente et Rente conjointe


assurance

Flux monétaire 2 000 $ 7 483 $ 5 700 $


annuel

Fraction 2 000 $ 1 182 $ 1 099 $


imposable

Impôts à 40 % 800 $ 473 $ 440 $

Flux après impôts 1 200 $ 7 010 $ 5 260 $

Prime — $ 5 417 $ — $
d'assurance vie

Flux monétaire 1 200 $ 1 593 $ 5 260 $


net

Valeur 100 000 $ 100 000 $ Variable


successorale

La valeur successorale :

• du certificat de dépôt de 5 ans à 2 % est toujours de 100 000 $;


• de la rente assurée est de 100 000 $ à condition que les primes d'assurance
aient été payées jusqu'au décès de l'assuré, sinon elle est de 0 $;
• de la rente réversible à 100 % au conjoint varie selon l'espérance de vie du
conjoint survivant. Autrement dit, elle correspond au montant nécessaire pour
souscrire une rente viagère de 5 700 $ à l'âge du conjoint.

Dans cette illustration, le flux monétaire net de la rente réversible est supérieur de 230 %
à celui de la rente assurée.

Lorsque le désir successoral du client est partagé entre la protection de son conjoint et
le transfert à une autre génération, il est possible de souscrire une assurance vie dont le

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capital assuré sera égal à son désir de legs.

10.5 — Probabilité de survivre à son capital


La probabilité qu'une personne survive à son argent varie selon :

• Son espérance de vie;


• L'importance des retraits annuels effectués des placements accumulés;
• Le rendement espéré du portefeuille;
• La volatilité (écart type) du rendement du portefeuille.

Il est possible d'estimer cette probabilité en effectuant des simulations Monte Carlo.
Compte tenu du nombre de variables impliquées et de leurs effets de rétraction, ces
simulations sont souvent complexes. Mais dans son livre The Calculus of Retirement
Income (Cambridge Press 2006), Moshe A. Milevsky utilise une loi gamma pour estimer
cette probabilité. En utilisant les Normes d'hypothèses de projection de l'IQPF (2014),
les tableaux suivants illustrent la probabilité de survivre à son capital pour un portefeuille
équilibré dont le rendement espéré est de 3,5 % (composé)157 et la volatilité annuelle est
estimée à 10,0 %.

Le premier tableau illustre des retraits non indexés (fixes), alors que le suivant illustre
des retraits indexés annuellement au taux de 2,0 %.

RETRAITS ANNUELS NON INDEXÉS

Âge de la Retrait en % du capital de départ

retraite 2,5 % 3,0 % 3,5 % 4,0 % 4,5 % 5,0 % 5,5 %

Probabilité de survivre à son capital

60 4% 7% 11 % 15 % 20 % 25 % 31 %

65 3% 5% 8% 11 % 15 % 19 % 24 %

70 2% 4% 6% 8% 11 % 14 % 18 %

Probabilité de survivre à son capital

60 5% 9% 13 % 18 % 24 % 31 % 37 %

65 4% 7% 11 % 15 % 20 % 25 % 31 %

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75 3% 5% 8% 12 % 16 % 20 % 25 %

Probabilité de survivre à son capital

60 6% 10 % 15 % 20 % 27 % 34 % 40 %

65 5% 8% 12 % 17 % 23 % 29 % 35 %

70 4% 7% 10 % 14 % 19 % 24 % 30 %

RETRAITS ANNUELS INDEXÉS À L'INFLATION (2 %)

Âge de la Retrait en % du capital de départ

retraite 2,5 % 3,0 % 3,5 % 4,0 % 4,5 % 5,0 % 5,5 %

Probabilité de survivre à son capital

60 14 % 20 % 27 % 34 % 41 % 48 % 54 %

65 10 % 14 % 19 % 25 % 31 % 37 % 42 %

70 6% 9% 13 % 17 % 22 % 27 % 31 %

Probabilité de survivre à son capital

60 19 % 27 % 34 % 42 % 50 % 57 % 63 %

65 14 % 20 % 27 % 34 % 41 % 48 % 54 %

75 11 % 16 % 21 % 27 % 33 % 39 % 45 %

Probabilité de survivre à son capital

60 21 % 30 % 38 % 47 % 55 % 62 % 68 %

65 17 % 24 % 32 % 39 % 47 % 54 % 60 %

70 13 % 19 % 26 % 32 % 39 % 46 % 52 %

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Comme nous pouvons le constater, la probabilité de survivre à son capital est élevée,
particulièrement pour les couples et les retraits indexés.

ÉLÉMENTS DE PLANIFICATION

Pour les clients qui n'ont pas de rente en provenance d'un régime de retraite à
prestations déterminées, l'utilisation d'une rente viagère devrait faire partie de la
stratégie de décaissement à la retraite. Par exemple, les rentes (y compris le
régime de rentes du Québec et la pension de la Sécurité de vieillesse) devraient
procurer un revenu suffisant pour permettre de payer les dépenses fixes et
essentielles du client.

10.6 — Les rentes viagères, une solution de rechange aux fonds distincts
avec garantie de retrait
Selon les compagnies d'assurance et l'âge du rentier, les fonds distincts avec garantie
de retrait (FDGR) procurent à leur rentier un flux monétaire équivalent à 4 % ou 5 % du
capital. Autrement dit, avec une somme investie de 100 000 $ assortie d'une garantie de
retrait de 4 %, un rentier a la certitude de recevoir un montant de 4 000 $ sa vie durant.
Avec une clause de 4 %, la durée nécessaire au recouvrement du capital est de 25 ans
(4 % × 25 = 100 %), alors que cette durée est de 20 ans pour un contrat comportant une
garantie de retrait de 5 %.

Un homme de 70 ans devra donc vivre jusqu'à 90 ans (clause de 5 %) ou 95 ans (clause
de 4 %) pour que le FDGR lui garantisse un revenu. Bien entendu, si le FDGR obtient un
rendement élevé (supérieur à ses frais), le rentier pourrait recevoir davantage, mais cela
n'est pas garanti.

Une solution de rechange est la souscription d'une rente viagère avec une garantie de
paiement pendant un minimum de 15 ans. En date de septembre 2012, pour un montant
de 100 000 $, ce type de rente procurait un versement annuel garanti à vie d'environ
(cela varie selon les compagnies) :

• 5 500 $ pour une femme de 65 ans. Les paiements minimums garantis sont de
82 500 $, soit 5 500 $ × 15. Les paiements de 5 500 $ sont de 10 % supérieurs à
la garantie de 5 % de certains FDGR et de 38 % supérieurs à la garantie de 4 %
de certains FDGR;
• 6 000 $ pour un homme de 65 ans. Les paiements minimums garantis sont de
90 000 $, soit 6 000 $ × 15. Les paiements de 6 000 $ sont de 20 % supérieurs à
la garantie de 5 % de certains FDGR et de 50 % supérieurs à la garantie de 4 %
de certains FDGR;
• 6 000 $ pour une femme de 70 ans. La situation de cette femme est alors

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similaire à celle d'un homme de 65 ans;


• 6 500 $ (paiement minimum garanti de 97 500 $) pour un homme de 70 ans. Les
paiements de 6 500 $ sont de 30 % supérieurs à la garantie de 5 % de certains
FDGR et de 63 % supérieurs à la garantie de 4 % de certains FDGR;
• 6 700 $ (paiement minimum garanti de 100 500 $) pour une femme de 75 ans.
Les paiements de 6 000 $ sont de 34 % supérieurs à la garantie de 5 % de
certains FDGR et de 68 % supérieurs à la garantie de 4 % de certains FDGR;
• 7 100 $ (paiement minimum garanti de 106 500 $) pour un homme de 75 ans.
Les paiements de 7 100 $ sont de 42 % supérieurs à la garantie de 5 % de
certains FDGR et de 78 % supérieurs à la garantie de 4 % de certains FDGR.

Nous pouvons constater qu'en contrepartie d'une valeur successorale moindre (sauf
pour une personne de 75 ans), la rente viagère garantie des flux monétaires nettement
plus élevés que les FDGR.

10.7 — Conclusion
Les rentes sont des outils de gestion de risques très performants, mais parfois leur
mauvaise utilisation peut entraîner des conséquences négatives.

Une bonne utilisation de leurs avantages et caractéristiques permet d'accroître les


revenus du client et de leur assurer un revenu pendant toute leur vie (rente viagère)
sans qu'ils aient besoin de gérer leur portefeuille.

En terminant, il est important de se rappeler :

• Que l'achat de rente peut se faire par étape. Cela permet de diversifier dans le
temps ses achats (taux de rendement potentiellement différent);
• Qu'il n'est pas souhaitable de concentrer tout son capital ou ses rentes avec la
même compagnie d'assurance, car une faillite d'un assureur est malheureusement
possible. Voir l'annexe 4 pour les protections qu'Assuris offre lors d'une liquidation
d'une compagnie d'assurance de personnes;
• Qu'il est préférable de ne pas concentrer tous ses avoirs dans un seul type de
produits. La diversification des produits et sources de revenus de retraite peut être
aussi importante que la diversification des placements en période d'accumulation.

Cinquième partie — Assurance de dommages

Chapitre (4) 11 — Assurance de dommages des particuliers158

11.1 — Primes payées


Les primes servant à payer les assurances de dommages ne sont pas des placements;
elles doivent au contraire être considérées comme une dépense. Les assurés ne
s'attendent pas à retirer un dividende ou des intérêts sur leur prime d'assurance. Ce

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n'est d'ailleurs pas le but de l'assurance de dommages.

L'assuré paie une prime pour son assurance de dommages dans le but de se protéger
contre les pertes financières qu'il pourrait subir si ses biens devaient être endommagés,
détruits ou s'ils devaient disparaître, ou si sa responsabilité devait être engagée à la
suite d'un dommage causé à autrui.

En résumé, les assureurs assument les risques qui leur sont transférés par les assurés,
moyennant le versement d'une prime. Que les risques transférés aux assureurs se
matérialisent ou non, les primes sont entièrement acquises aux assureurs dès
l'expiration des polices d'assurance. Pour continuer à être protégé après l'expiration de
l'assurance, l'assuré doit renouveler ses assurances moyennant le versement d'une
autre prime annuelle.

La prime d'une police d'assurance de dommages varie en fonction des attentes de


l'assuré. C'est pourquoi il est très difficile de comparer la prime payée par deux assurés
qui possèdent, par exemple, le même type de maison.

11.2 — Principaux facteurs de base servant à établir la prime


11.2.1 — Montant de la garantie (limites d'assurance)
Plus le montant d'assurance est élevé, plus la prime est élevée.

11.2.2 — Risques garantis (nature ou couverture d'assurance)


Plus il y a de risques couverts par la police d'assurance, plus la prime est élevée.

11.2.3 — Catégories de polices


En assurance de dommages aux biens, il existe deux catégories de polices :

• La formule à «risques désignés» ou «spécifiés»


Il s'agit d'une assurance qui ne couvre que les risques décrits dans la police. De
plus, cette police contient des exclusions.
• La formule «étendue», aussi nommée «multirisque» par certains assureurs
Cette assurance couvre tous les risques, sauf les exclusions. Ainsi, les risques
garantis ne sont pas décrits dans la police, seules les exclusions le sont.

11.2.4 — Exclusions
Il existe deux genres d'exclusions :

• les exclusions quant aux biens (biens exclus); et


• les exclusions quant aux risques (risques exclus).

11.2.5 — Franchise à la charge de l'assuré


Une franchise élevée a pour effet de diminuer la fréquence des réclamations. L'assureur
accorde donc un crédit lorsque l'assuré assume une part du risque. Plus la franchise est
élevée, plus le crédit accordé par l'assureur est important.

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11.2.6 — Emplacement du risque et prévention


L'emplacement du risque est aussi important afin de permettre à l'assureur de bien
l'apprécier. Si le bâtiment est situé dans une zone congestionnée, s'il n'y a pas de borne
d'incendie à proximité ou s'il n'y a qu'un service de pompiers volontaires, le risque est
plus élevé pour l'assureur, ce qui engendre une prime plus élevée. Il en est de même
pour un appartement d'habitation privée situé dans un édifice abritant également des
commerces.

Quant à la prévention, l'assureur tiendra compte, dans l'établissement de la prime, du


fait que l'assuré possède un système d'alarme, des extincteurs ou des détecteurs de
fumée. Si c'est le cas, l'assureur accordera des crédits sur la prime de base.

11.2.7 — Expérience de sinistres de l'assuré


Si l'assuré a subi trop de sinistres, c'est-à-dire s'il a présenté plusieurs réclamations à
ses assureurs antérieurs, l'assureur peut soit refuser de l'assurer, soit accepter le risque
en augmentant la prime de base, soit imposer une franchise élevée ou, encore,
restreindre certaines garanties. L'assureur cherche toujours à diminuer la fréquence des
sinistres. Pour ce faire, il impose des conditions comme celles qui ont été énumérées
précédemment.

11.2.8 — Principaux risques


Les deux principaux risques transférés aux assureurs en assurance de dommages des
particuliers sont les risques concernant les véhicules automobiles et les biens meubles
et immeubles d'habitation incluant la responsabilité civile découlant des activités de la
vie privée.

Assurance automobile
L'assurance automobile comporte deux garanties principales.

La police d'assurance automobile du Québec est la même émise par tous les assureurs,
puisqu'elle doit être approuvée par le Surintendant des assurances du Québec. Ajoutons
également que les primes des assureurs sont assujetties à l'approbation du Surintendant
des assurances.

Depuis 1978, toute personne résidant au Québec et victime d'un accident d'automobile
ou du fait d'un véhicule automobile entraînant des blessures corporelles, voire le décès,
est indemnisée par la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), que
l'accident survienne au Québec ou hors du Québec. Il s'agit d'un régime d'assurance
sans égard à la responsabilité, entièrement à la charge de l'État.

Les indemnités versées par la SAAQ sont cependant limitées. L'assuré dont le revenu
dépasse le maximum accordé par la SAAQ doit donc se procurer une assurance
accident additionnelle pour lui permettre de garder son revenu au même niveau qu'avant
l'accident. Cette assurance complémentaire est disponible auprès des assureurs privés.

En ce qui concerne les dommages subis par le véhicule assuré, le propriétaire doit

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ajouter, le cas échéant, quelques garanties additionnelles, comme la perte de jouissance


du véhicule à la suite d'un accident, ainsi que la garantie couvrant les dommages subis
par un véhicule n'appartenant pas à l'assuré, mais dont il est l'utilisateur pour une courte
période de temps.
Exemple 3-35
L'assuré est en vacances en Floride et loue une automobile pour deux semaines. S'il a
déjà prévu d'ajouter la garantie assurant les véhicules ne lui appartenant pas sur sa
police, il n'aura pas à payer une prime d'assurance à la société de location.

Assurance habitation
Comme tout contrat d'assurance, l'assurance habitation, qu'elle soit du type propriétaire
ou du type locataire, comporte toujours des exclusions et des limitations quant à son
étendue à sa portée. Il paraît opportun de souligner certaines limitations particulières,
conditions et exclusions qui pourraient priver un client d'une indemnisation ou diminuer
le montant de l'indemnité lors d'un sinistre.
1) L'assuré doit toujours faire la preuve de sa perte et du montant réclamé.

En vertu de cette obligation, il appartient à l'assuré de prouver à l'assureur qu'il était


propriétaire des biens endommagés ou perdus, et d'établir avec certitude quelle était la
valeur de ses biens. Ces preuves se font lors d'un sinistre et non pas lors de la prise
d'effet de l'assurance, car au moment de l'émission de la police, l'assureur ne demande
pas à l'assuré la description de ses biens ni la valeur de ceux-ci.

L'assuré doit donc être en mesure de produire des pièces justificatives afin de
convaincre l'assureur de la valeur et de la propriété des biens.

Comme il est pratiquement impossible pour l'assuré de garder toutes les factures
prouvant l'achat de ses biens, en particulier ceux qu'il a reçus en cadeau, il faut trouver
d'autres moyens pour en faire la preuve.

Le meilleur moyen est l'inventaire écrit ou par vidéo. En effet, l'assuré devrait faire
l'inventaire de tous ses biens en indiquant, lorsqu'il est possible, le nom du fabricant, la
date d'achat, le numéro de série, le modèle et le prix d'achat. Les photos jointes à cet
inventaire apportent une preuve additionnelle.

Les biens de valeur comme les bijoux, les fourrures, les tableaux, les collections et les
meubles antiques devraient faire l'objet d'une évaluation particulière.

L'inventaire et l'évaluation doivent faire l'objet d'une révision régulière.

L'évaluation, l'inventaire et les photos doivent être placés ailleurs que dans les lieux
assurés; le coffret de sûreté est l'endroit par excellence.

2) En cas d'absence prolongée du domicile (plus de 96 heures) durant la période


régulière de chauffage, les dommages causés aux biens à la suite d'un arrêt du système
de chauffage ou du gel de la tuyauterie ne sont pas couverts, à moins que les lieux ne
soient visités régulièrement. Ainsi, lorsque l'assuré doit s'absenter pour plus de 96
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heures de son domicile durant la période régulière de chauffage, il doit faire en sorte
qu'une personne visite les lieux régulièrement.

3) Les biens achetés à l'extérieur du pays et non déclarés aux douanes ne sont pas
couverts.

En effet, ces biens sont considérés comme des biens ayant été acquis illicitement
puisqu'ils n'ont pas été déclarés tel qu'il est requis par la loi.

4) Les bijoux et fourrures font l'objet de limitation particulière en cas de vol.

La majorité des polices d'assurance habitation prévoient une limite de 1 000 $ ou


2 000 $ dans le cas de vol de bijoux et de fourrures; cette limite étant cumulative pour
les deux genres de biens.

5) L'assurance de responsabilité civile du particulier ne couvre pas le préjudice


personnel causé à autrui. Par préjudice personnel, on entend le libelle, la diffamation et
l'intrusion dans la vie privée.

Cependant, ce genre de dommage peut être couvert par une police d'assurance
responsabilité civile complémentaire (dite «Umbrella») moyennant une prime très
raisonnable.

6) La police d'assurance habitation couvre l'assuré dans le monde entier, aussi bien pour
ses biens que pour sa responsabilité civile.

7) Dans les polices d'assurance habitation, propriétaire-occupant ou multiple de


locataire, qu'elles soient souscrites selon la formule à «risques spécifiés» ou la formule
«étendue», les dommages causés par le bris et la disparition inexpliquée des biens ne
sont pas couverts. Les dommages causés par l'inondation et les tremblements de terre
sont également exclus.

Il est possible de couvrir ces risques par l'obtention d'une assurance particulière qui peut
être greffée au contrat d'assurance.

8) La police d'assurance habitation comporte d'autres limitations particulières, par


exemple : la perte et les dommages causés aux pièces de collection, à l'argent, à
l'argenterie et les biens utilisés dans le cadre d'activités professionnelles ou de travail
rémunéré.

Lors de l'achat d'une police d'assurance habitation, l'assuré doit toujours s'informer des
garanties, des limitations particulières et des exclusions contenues dans la police à être
émise, spécialement s'il possède des objets de valeur ou de nature particulière.

Les biens énumérés ci-dessus peuvent être assurés spécifiquement sur la police
d'assurance habitation. L'assureur ajoute un formulaire qui assure ces biens selon la
formule «étendue», incluant la perte pure et simple et une limite d'assurance est
désignée pour chacun des biens assurés qui devient alors une assurance à la valeur

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agréée. C'est-à-dire qu'en cas de perte ou de destruction du bien, l'assuré recevra le


montant indiqué dans la police en indemnité.

9) Les polices d'assurance de propriétaire-occupant ou de locataire multiple, qu'elles


soient souscrites selon la formule à «risques spécifiés» ou la formule «étendue»
n'assurent que les biens à l'adresse principale de l'assuré, inscrite aux conditions
particulières.

Cependant, les biens personnels sont assurés pour un montant ne dépassant pas 10 %
de la valeur du contenu de l'habitation, lorsqu'ils sont temporairement déménagés à
l'extérieur des lieux assurés.

Les biens ainsi déménagés à l'extérieur des lieux assurés ne doivent cependant pas se
trouver dans un endroit appartenant à l'assuré ou à un endroit dont il est locataire à long
terme.
Exemple 3-36
L'assuré possède une résidence saisonnière et y apporte des biens personnels. Les
biens sont donc à l'extérieur des lieux assurés, mais ne sont pas couverts par
l'assurance de la résidence principale, puisqu'ils se trouvent dans un endroit appartenant
à l'assuré.

Par contre, si l'assuré loue une résidence saisonnière pour deux mois, à court terme, les
biens personnels qu'il apporte à cette résidence saisonnière sont assurés par
l'assurance de sa résidence principale.

10) Les résidences saisonnières, secondaires ou autres bâtiments d'habitation


appartenant à l'assuré ou dont il est locataire à long terme ne sont pas assurés par sa
police d'assurance habitation. L'assuré doit donc les déclarer à l'assureur qui les
ajoutera comme emplacements additionnels à la police de la résidence principale.

Cependant, les garanties accordées sur les emplacements additionnels ne sont pas
nécessairement les mêmes que celles couvertes par la police de la résidence principale.
Exemple 3-37
À la résidence saisonnière, lorsqu'elle est ajoutée à la police de la résidence principale,
la garantie vol sur les biens est limitée au vol par cambriolage seulement.

Ainsi, lorsque la police d'assurance habitation couvre plusieurs emplacements, l'assuré


doit être vigilant et vérifier les risques garantis et les exclusions pour chacun des
emplacements, puisque dans la majorité des cas, les risques et biens garantis et exclus
ne sont pas les mêmes pour chaque emplacement, même s'ils sont assurés sur la même
police.

11) Habituellement, les polices d'assurance habitation comportent des limites


d'assurance spécifiques, c'est-à-dire qu'un montant d'assurance est souscrit pour
chaque catégorie de biens assurés.

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Exemple 3-38
Limite d'assurance sur le bâtiment : 125 000 $

Limite d'assurance sur le contenu : 75 000 $

Ainsi, si l'assuré devait subir une perte totale par incendie et que la valeur des biens, lors
du sinistre, était établie à 150 000 $ pour le bâtiment, et à 50 000 $ pour le contenu,
l'assuré ne recevra que 125 000 $ pour le bâtiment, puisque la limite d'assurance était
de 125 000 $ et de 50 000 $ pour le contenu, la valeur totale du contenu ayant été
établie à 50 000 $.

L'assuré est donc pénalisé de 25 000 $ étant donné que la limite d'assurance sur le
bâtiment a été sous-estimée et que la limite d'assurance sur le contenu n'est pas
transférable sur le bâtiment.

Dans toute police d'assurance de dommages aux biens, l'assureur est responsable pour
le moindre des montants suivants : la valeur des biens assurés, ou l'intérêt de l'assuré
dans les biens assurés, ou la limite d'assurance inscrite au contrat pour chaque
catégorie de biens assurés.

Plusieurs assureurs offrent la garantie selon une limite globale d'assurance. Ainsi, la
police ne comporte qu'une seule limite d'assurance pour toutes les catégories de biens
assurés.
Exemple 3-39
Limite d'assurance sur le bâtiment et le contenu : 200 000 $.

Si on reprend l'exemple ci-dessus en y substituant une limite globale d'assurance de


200 000 $ au lieu des limites spécifiques, l'assuré recevra 200 000 $ en indemnité,
puisque la limite d'assurance ne faisait pas de distinction entre les catégories de biens
assurés.

Il arrive que certaines polices d'assurance habitation établissent une limite d'assurance
globale de 1 000 000 $, même si la valeur des biens assurés est inférieure à ce montant.
Cela ne veut pas dire pour autant que l'assureur verserait ce montant de 1 000 000 $
lors d'un sinistre.

L'indemnité ne sera jamais supérieure à la valeur des biens au moment du sinistre. Il est
donc important pour l'assuré de bien choisir ses limites d'assurance. Les assureurs
peuvent guider l'assuré dans ce choix en complétant un guide d'évaluation. Cependant,
il faut bien comprendre qu'il ne s'agit que d'un guide. C'est l'assuré qui connaît la valeur
de ses biens, et c'est à lui de choisir les limites d'assurance adéquates pour éviter la
sous-assurance.

12) L'assurance habitation couvre aussi la responsabilité civile de l'assuré. Cette


garantie se limite cependant à la responsabilité civile découlant de la vie privée de
l'assuré. La garantie exclut le libelle et la diffamation (voir l'élément 5 ci-dessus) et toutes

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activités, initiatives ou décisions de l'assuré en tant que membre du conseil


d'administration de tout organisme, même à but non lucratif.
Exemple 3-40
L'assuré est membre du conseil d'administration du Club Richelieu de sa région. Le Club
ayant un surplus de 100 000 $, les membres du conseil décident de placer ce surplus
dans une PME locale en achetant des actions.

Un an plus tard, la PME déclare faillite et les actionnaires perdent leur investissement.

Les membres du Club Richelieu peuvent poursuivre les membres du conseil


d'administration pour ne pas avoir agi avec diligence en plaçant les 100 000 $ dans une
PME et réclamer le remboursement des 100 000 $ au Club Richelieu. En vertu des
dispositions du Code civil du Québec, les administrateurs sont personnellement
responsables de leurs actes et décisions.

L'assurance responsabilité civile de l'assuré ne le couvre pas pour ce genre d'activité.

En général, le montant de la garantie de la responsabilité civile de l'assurance habitation


se limite à 500 000 $ ou à 1 000 000 $. Ces limites sont-elles suffisantes pour l'assuré?
Exemple 3-41
L'assuré est locataire dans un édifice d'habitation de 50 logements. Un incendie se
déclare dans son appartement et des dommages de 1 300 000 $ sont causés au
bâtiment et aux autres locataires alors que sa responsabilité est engagée.

En jouant au golf, l'assuré blesse sévèrement un autre joueur, médecin, qui ne peut plus
vaquer à ses occupations à la suite de cet accident. Le médecin est un spécialiste âgé
de 45 ans dont les revenus s'élèvent à 300 000 $ par année.

Afin de bien se protéger, l'assuré a besoin d'une assurance qui répond à ses besoins en
matière de responsabilité civile.

Il existe une police d'assurance de responsabilité civile qui peut compléter son
programme d'assurance de dommages. Il s'agit de l'assurance responsabilité civile
complémentaire («Umbrella»).

Le rôle de l'assurance responsabilité civile complémentaire est de couvrir des risques


exclus par la police d'assurance de responsabilité civile du formulaire d'habitation et
d'augmenter les limites d'assurance de responsabilité des polices d'assurance
automobile et habitation.
Exemple 3-42
L'assuré est impliqué dans un accident aux États-Unis, accident dont il est
malheureusement responsable. Il est poursuivi pour un montant de 2 000 000 $ alors
que sa police d'assurance automobile, en vertu du chapitre A, le protège pour
1 000 000 $ seulement. S'il possède une assurance responsabilité civile complémentaire
pour une limite de 1 000 000 $, il sera alors protégé pour le montant de la poursuite :

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l'assurance automobile de 1 000 000 $, plus l'assurance «Umbrella» de 1 000 000 $.

L'assuré est membre du conseil d'administration de la ligue de hockey de la ville. Lors


d'une réunion, il est résolu de laisser la liberté aux joueurs du club de porter un casque
protecteur. Lors d'une partie, un joueur ne portant pas le casque est blessé
sérieusement et devient quadraplégique. Les parents poursuivent les membres du
conseil, les tenant responsables du fait de ne pas avoir obligé les joueurs à porter le
casque protecteur.

L'assuré n'est pas couvert par l'assurance de responsabilité civile de sa police


d'assurance habitation, mais le serait par la police d'assurance responsabilité civile
«Umbrella».

Il est pertinent de souligner l'importance de la proposition d'assurance qui fait partie


intégrante de toute police d'assurance de dommages. La prime et les conditions de la
police d'assurance sont établies et basées en fonction des déclarations de l'assuré faites
à l'assureur dans la proposition d'assurance. Ainsi, si les déclarations de l'assuré font
l'objet de réticences volontaires ou si elles sont fausses, l'assureur peut invoquer la
nullité du contrat et remettre la prime à l'assuré.

Dans les cas de réticences ou de fausses déclarations non volontaires de la part de


l'assuré, la police d'assurance demeure valide lors d'un sinistre. Cependant, l'assuré
pourrait se voir accorder une indemnité moindre que le montant réclamé.

L'assuré doit répondre à toutes les questions contenues dans la proposition d'assurance,
qu'elle soit verbale ou écrite. Par exemple, en remplissant une proposition d'assurance
automobile, l'assuré doit déclarer tous les accidents survenus dans les cinq dernières
années, qu'il en soit responsable ou non, les noms et les dates de naissance de tous les
conducteurs du véhicule, l'usage du véhicule et le nombre de kilomètres à parcourir pour
se rendre au travail.
Exemple 3-43
Cas pénalisant l'assuré en assurance automobile
À la suite d'un accident, l'assureur se rend compte que le véhicule assuré était conduit
par le fils de l'assuré vivant avec lui, âgé de 20 ans; ce dernier n'avait pas été déclaré
comme conducteur sur la proposition d'assurance. Les dommages au véhicule sont
établis à 3 000 $.

Selon l'article 2411 C.c.Q., l'assureur est garant du risque dans le rapport de la prime
reçue à celle qu'il aurait dû recevoir, sauf s'il est établi qu'il n'aurait pas accepté le risque
s'il avait connu les circonstances en cause, à moins que la mauvaise foi du preneur ne
soit établie.

L'assuré a payé une prime de 500 $ pour son assurance automobile, alors qu'il aurait dû
payer 1 500 $, s'il avait déclaré son fils comme conducteur occasionnel. En vertu de
l'article 2411 C.c.Q., l'assureur versera une indemnité de 1 000 $ à l'assuré, représentant
le tiers (1/3) des dommages. En effet, l'assuré ayant payé le tiers (1/3) de la prime qu'il
aurait dû payer s'il avait déclaré son fils comme conducteur, l'assureur indemnise le tiers

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(1/3) des dommages.

Il est donc très important pour l'assuré de déclarer toutes les circonstances pouvant
influencer un assureur dans l'établissement de la prime et l'acceptation du risque. Il est
aussi important de déclarer à l'assureur toute aggravation du risque pendant la période
de la police, puisque les mêmes dispositions du Code civil du Québec s'appliquent.

Les primes déboursées par l'assuré en matière d'assurance de dommages ne peuvent


pas être considérées comme des investissements, mais plutôt comme une dépense
budgétaire annuelle, afin de se protéger contre les conséquences d'un événement qui
pourrait porter atteinte à son patrimoine. C'est à l'assuré d'évaluer ses risques, de les
prévenir et de les mentionner à l'assureur.

Annexes

Annexe (4) 1 — Exemple de plafond de rentes mensuelles


d'invalidité perte de revenu

Annexe 1

EXEMPLE DE PLAFOND DE RENTES MENSUELLES D'INVALIDITÉ PERTE


DE REVENU1

Revenu gagné assurable Prestation

Annuel Mensuel Non imposable Imposable

21 000 $ 1 750 $ 1 350 $ 1 400 $

23 000 $ 1 917 $ 1 500 $ 1 700 $

25 000 $ 2 083 $ 1 600 $ 1 750 $

27 000 $ 2 250 $ 1 700 $ 1 850 $

29 000 $ 2 417 $ 1 825 $ 2 000 $

31 000 $ 2 583 $ 1 925 $ 2 150 $

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33 000 $ 2 750 $ 2 050 $ 2 250 $

35 000 $ 2 917 $ 2 150 $ 2 400 $

40 000 $ 3 333 $ 2 450 $ 2 900 $

45 000 $ 3 750 $ 2 700 $ 3 250 $

50 000 $ 4 167 $ 2 925 $ 3 450 $

55 000 $ 4 583 $ 3 175 $ 3 850 $

60 000 $ 5 000 $ 3 425 $ 4 350 $

65 000 $ 5 417 $ 3 650 $ 4 750 $

70 000 $ 5 833 $ 3 900 $ 5 000 $

75 000 $ 6 250 $ 4 100 $ 5 500 $

80 000 $ 6 667 $ 4 300 $ 5 700 $

85 000 $ 7 083 $ 4 525 $ 6 150 $

90 000 $ 7 500 $ 4 725 $ 6 500 $

100 000 $ 8 333 $ 5 025 $ 6 750 $

110 000 $ 9 167 $ 5 425 $ 7 750 $

120 000 $ 10 000 $ 5 775 $ 8 350 $

130 000 $ 10 833 $ 6 100 $ 8 800 $

140 000 $ 11 667 $ 6 425 $ 9 550 $

150 000 $ 12 500 $ 6 750 $ 9 950 $

160 000 $ 13 333 $ 7 050 $ 10 650 $

170 000 $ 14 167 $ 7 325 $ 11 150 $

180 000 $ 15 000 $ 7 625 $ 11 750 $

190 000 $ 15 833 $ 7 950 $ 12 150 $

200 000 $ 16 667 $ 8 225 $ 12 600 $

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210 000 $ 17 500 $ 8 475 $ 13 250 $

220 000 $ 18 333 $ 8 750 $ 13 650 $

230 000 $ 19 167 $ 9 000 $ 13 950 $

1. Source : Great-West.

Annexe (4) 2 — Exemple de plafonds de couvertures diplômés


récents — professions libérales

Le montant qui peut être accordé aux proposants qui sont dans leur première année
d'exercice de profession libérale, sans justification du revenu, est le suivant :

Plafond ($)

Médecins, internes et résidents

Spécialistes et omnipraticiens — première année d'exercice 4 500

Résidents — dernière année 3 500

Résidents (qui ne sont pas dans la dernière année) 2 500

Étudiants en médecine de 3e et 4e années 1 500

Dentistes et étudiants en art dentaire

Première année d'exercice 3 000

Trois derniers mois d'études avant d'ouvrir un cabinet 2 500

Avocats

Première année d'exercice 2 500

Vétérinaires

Première année d'exercice ou trois derniers mois d'études 2 000

Pharmaciens

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Première année d'exercice (certifiée) 2 000

Après l'obtention du diplôme et avant l'attestation (4 à 12 mois) 1 000

Autres

CPA 2 500

Optométristes, pédicures, podiatres 2 000

Chiropraticiens 1 500

Architectes, ingénieurs, ostéopathes, psychologues 1 000

Annexe (3) 3 — Insolvabilité d'une compagnie d'assurance

1. — Compagnies d'assurance de personnes


1.1 — Assuris
Assuris ([Link]), créée en 1990, est une société sans but lucratif qui procure
aux Canadiens certaines protections en cas de faillite d'une compagnie d'assurance de
personnes. Son rôle est donc plus ou moins similaire à celui assumé par la Société
d'assurance-dépôts du Canada (SADC) ou par l'Autorité des marchés financiers (AMF)
lors d'une insolvabilité d'une institution de dépôts.

Par contre, contrairement au SADC et à l'AMF qui sont des sociétés d'État, Assuris est
une société privée dont le financement se fait par des cotisations des compagnies
d'assurance vie agréées au Canada. Assuris ne bénéficie donc pas des garanties de
l'État. Voici ce qu'elle écrit au sujet de son financement sur son site Internet :
Assuris maintient un fonds de liquidités d'au moins 100 millions de dollars. En cas
d'insolvabilité d'un assureur, Assuris se servira de ce fonds pour honorer ses
engagements, avant de cotiser ses sociétés membres. En l'occurrence, Assuris
imposera une cotisation à ses sociétés membres, afin de mobiliser les fonds nécessaires
pour accorder sa protection aux assurés. Le système de cotisation d'Assuris lui donne la
capacité de recueillir suffisamment de fonds pour faire face à la faillite de toute société
membre.

En date du 31 décembre 2016, le Fonds de liquidité d'Assuris était de 114 millions. Il est
à noter que, selon le rapport annuel 2016, le Fonds de liquidités passera à 200 millions
de dollars.

Lors de l'insolvabilité d'une compagnie d'assurance de personnes, les polices sont


transférées à une autre compagnie qui en assume désormais les responsabilités. Au
moment de ce transfert, Assuris garantit que les titulaires, assurés ou rentiers,
conservent un minimum de protection.

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1.2 — Protections d'Assuris


Cette section décrit brièvement les principales protections d'Assuris. Pour plus de détails
concernant l'étendue et les restrictions des protections offertes, vous pouvez consulter le
site Internet : [Link].

Les protections d'Assuris sont regroupées en catégories. Autrement dit, il faut


additionner toutes les protections d'un même type auprès d'un même assureur avant de
calculer la protection offerte par Assuris. Un peu comme il faut additionner tous les
REER d'une même institution de dépôts avant d'appliquer les garanties de la SADC.

Le tableau suivant présente un sommaire de la protection par type de prestations.

Garantie Protection

Revenu mensuel 2 000 $ / mois ou 85% des

Frais médicaux 60 000 $ prestations prévues,

Capital décès 200 000 $ si cette somme est

Valeur de rachat 60 000 $ plus élevée

Valeur capitalisée Jusqu'à 100 000 $

De plus, Assuris offre une protection distincte par catégorie de produit: :

• individuel, compte enregistré;


• individuel, compte non enregistré;
• collectif, compte enregistré;
• collectif, compte non enregistré;
• CELI individuel et;
• CELI collectif.

1.2.1 — Revenu mensuel


Cette protection regroupe les rentes en service (y compris les retraits effectués en vertu
de la garantie de retrait minimum de certains fonds distincts), les versements d'un FERR
(montant de retrait minimum annuel), les rentes d'invalidité et les prestations
d'assurance maladies graves et d'assurance soins de longue durée qui sont versées
sous forme de rente.

La garantie en cas de faillite de l'assureur correspond au versement mensuel jusqu'à


concurrence de 2 000 $. Lorsque le versement mensuel est supérieur à 2 000 $, la
garantie correspond au plus élevé de 2 000 $ et de 85 % du revenu mensuel promis.

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Si le versement est trimestriel ou annuel, la somme de 2 000 $ est remplacée par 6 000
$ ou 24 000 $, selon le cas.

Lorsqu'une rente viagère est réversible au conjoint, la protection est calculée comme s'il
s'agissait d'un seul rentier, indépendamment de toute protection de revenu mensuel de
chaque conjoint à titre de rentier unique.

Exemples d'application

Revenu mensuel lors du transfert au Valeur garantie par Assuris


nouvel assureur

1 000 $ 1 000 $1

2 100 $ 2 000 $2

10 000 $ 8 500 $3

1. Puisque le revenu mensuel est inférieur à 2 000 $, il est entièrement protégé.


2. Puisque le revenu mensuel est supérieur à 2 000 $, la protection de 85 % s'applique
(2 100 $ x 85 % = 1 785 $) mais ne peut être inférieure à 2 000 $.
3. Puisque le revenu mensuel est supérieur à 2 000 $, la protection de 85 % s'applique
10 000 $ x 85 % = 8 500 $).

1.2.2 — Frais médicaux


Cette protection regroupe l'assurance voyage, l'assurance maladie complémentaire et
l'assurance maladies graves.

La garantie en cas de faillite de l'assureur correspond aux prestations promises jusqu'à


concurrence de 60 000 $. Lorsque les prestations promises sont supérieures à 60 000 $,
la garantie correspond au plus élevé de 60 000 $ et de 85 % de ces prestations.

Exemples d'application

Frais médicaux lors du transfert au Valeur garantie par Assuris


nouvel assureur

50 000 $ 50 000 $1

61 000 $ 60 000 $2

3
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100 000 $ 85 000 $3

1. Puisque les frais engagés sont inférieurs à 60 000 $, ils sont entièrement protégés.
2. Puisque les frais engagés sont supérieurs à 60 000 $, la protection de 85 %
s'applique (61 000 $ x 85 % = 51 850 $) mais ne peut être inférieure à 60 000 $.
3. Puisque les frais engagés sont supérieurs à 60 000 $, la protection de 85 %
s'applique (100 000 $ x 85 % = 85 000 $).

1.2.3 — Capital décès


Cette protection regroupe tous les types de contrats d'assurance vie.

La garantie en cas de faillite de l'assureur correspond au capital décès promis jusqu'à


concurrence de 200 000 $. Lorsque le capital décès promis est supérieur à 200 000 $, la
garantie correspond au plus élevé de 200 000 $ et de 85 % de ce capital décès.

Lorsqu'une police d'assurance vie est souscrite sur plusieurs têtes, la protection du
capital décès s'applique comme s'il s'agissait d'une seule personne assurée,
indépendamment de toute protection du capital décès de chaque personne assurée,
considérée comme assurée unique.

Exemples d'application

Capital décès lors du transfert au Valeur garantie par Assuris


nouvel assureur

100 000 $ 100 000 $1

210 000 $ 200 000 $2

210 000 $ 850 000 $3

1. Puisque le capital décès est inférieur à 200 000 $, il est entièrement protégé.
2. Puisque le capital décès est supérieur à 200 000 $, la protection de 85 % s'applique
(210 00 $ x 85 % = 178 500 $) mais ne peut être inférieure à 200 000 $.
3. Puisque le capital décès est supérieur à 200 000 $, la protection de 85 % s'applique
(1 000 000 $ x 85 % = 850 000 $).

1.2.4 — Valeur de rachat


Cette protection regroupe tous les types d'assurance vie et inclut également les sommes
accumulées dans le compte de placement d'une assurance vie universelle ainsi que les
garanties à l'échéance et au décès des contrats de fonds distincts.

La garantie en cas de faillite de l'assureur correspond à la valeur de rachat jusqu'à


concurrence de 60 000 $. Lorsque la valeur de rachat est supérieure à 60 000 $, la

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garantie correspond au plus élevé de 60 000 $ et de 85 % de cette valeur.

Les valeurs de rachat des contrats détenus en copropriété sont réparties entre les
cotitulaires et la quote-part de chacun s'ajoute aux valeurs de rachat dont chacun est
titulaire afin de calculer la protection valeur de rachat totale.

Exemples d'application

Valeur de rachat lors du transfert au Valeur garantie par Assuris


nouvel assureu

50 000 $ 50 000 $1

61 000 $ 60 000 $2

100 000 $ 85 000 $3

1. Puisque la valeur de rachat est inférieure à 60 000 $, elle est entièrement protégée.
2. Puisque la valeur de rachat est supérieure à 60 000 $, la protection de 85 %
s'applique (61 000 $ x 85 % = 51 850 $) mais ne peut être inférieure à 60 000 $.
3. Puisque la valeur de rachat est supérieure à 60 000 $, la protection de 85 %
s'applique (100 000 $ x 85 % = 85 000 $).

1.2.5 — Valeur capitalisée


Cette protection regroupe les rentes en capitalisation, les comptes de participation
laissés en dépôt et les comptes d'excédents des polices d'assurance vie universelle. Les
fonds du CELI placés dans une rente de capitalisation font l'objet d'une protection
distincte.

La garantie en cas de faillite de l'assureur correspond à la valeur capitalisée jusqu'à


concurrence de 100 000 $.

Exemples d'application

Valeur capitalisée lors du transfert de Valeur garantie par Assuris


compagnie

50 000 $ 50 000 $

100 000 $ 100 000 $

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200 000 $ 100 000 $

1.2.6 — Le cas particulier des fonds distincts individuels


Comme pour les fonds communs de placement, la faillite d'un assureur n'a pas d'effet
sur la valeur réelle des contrats d'un fonds distinct.

Cependant, contrairement aux fonds communs de placement, les fonds distincts


individuels sont des contrats de rente à capital variable qui offrent des garanties à
l'échéance du contrat ou au décès de l'assuré. Ces deux garanties font partie de la
protection valeur de rachat d'Assuris.

Il faut cependant appliquer le pourcentage de garantie offert par l'assureur avant


d'additionner cette somme aux autres valeurs de rachat. Par exemple, un capital investi
de 100 000 $ avec une garantie au décès de 75 % correspond à 75 000 $. C'est sur
cette dernière somme que la protection d'Assuris est calculée (75 000 $ x 85 % =
63 750 $).

Certains fonds distincts offrent aussi une garantie de retrait minimum. En phase de
capitalisation, c'est la protection valeur de rachat qui s'applique. Par contre, lorsque la
«rente» est en service (le titulaire du contrat fait un retrait au cours des douze derniers
mois), c'est la protection revenu mensuel qui s'applique.

En résumé, Assuris ne procure pas de protection séparée pour les fonds distincts. Mais,
certaines garanties des fonds distincts font partie des protections d'Assuris.

Assuris illustre ainsi le cumul de garanties sur son site Internet.

L'assuré détient les garanties suivantes auprès de la même société membre :

• Assurance vie temporaire individuelle : 300 000 $;


• Assurance vie entière (individuelle) qui prévoit un capital décès de 100 000 $ et
dont la valeur de rachat est de 90 000 $;
• Assurance vie collective : deux fois le salaire (montant estimé à 75 000 $, donc
un capital décès de 150 000 $;
• Assurance invalidité collective : montant estimé à 70 % du salaire, donc des
indemnités mensuelles de 4 375 $;
• Rente en capitalisation enregistrée : 80 000 $;
• CELI collectif comprenant une rente collective en capitalisation : 5 000 $

Type de protection Sommes Protection


assurées

Capital décès — Individuelle, compte non enregistré 400 000 $ 340 000 $

Capital décès — Collective, compte non enregistré 150 000 $ 150 000 $

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Revenu mensuel — Collective, compte non enregistré 4 375 $ 3 719 $

Valeur de rachat — Individuelle, compte enregistré 90 000 $ 76 500 $

Valeur capitalisée — Individuelle, compte enregistré 80 000 $ 80 000 $

Valeur capitalisée — Collective, CELI 5 000 $ 5 000 $

1.3 — Historique des insolvabilités des compagnies d'assurance de personnes


Au Canada, les faillites des compagnies d'assurance vie ont été rares. Il y en a eu
quatre :

• Les Coopérants en janvier 1992;


• La Souveraine Vie en janvier 1993;
• Confédération Vie en août 1994;
• Union du Canada Assurance Vie en février 2012.

Dans le cas de la Souveraine Vie, un peu moins de 10 000 personnes ont subi des
pertes maximales de 10 % de leur protection.

Au moment de sa faillite, la Confédération Vie était le quatrième assureur en importance


au Canada et avait la cote de crédit la plus élevée possible (AAA par Standard & Poor's)
deux ans avant sa mise en liquidation.

Sauf en ce qui concerne les rentiers de régimes de retraite d'employeur, aucune


personne n'a subi de perte à la suite de cette liquidation. Cependant, certains n'ont été
pleinement indemnisés qu'en avril 1999, presque cinq ans après la faillite. Le temps
nécessaire pour que le liquidateur puisse vendre suffisamment d'actifs (entre autres les
immeubles) pour indemniser à 100 % toutes les personnes.

IMPORTANT
En situation d'insolvabilité de la compagnie d'assurance, votre client doit continuer à
payer ses primes pour qu'il n'y ait pas d'interruption de son assurance. Il devrait recevoir
une lettre du liquidateur lui expliquant comment la protection d'Assuris s'applique à ses
garanties.

De concert avec le liquidateur, Assuris transférera les polices à un autre assureur le plus
rapidement possible. Ce dernier assumera alors les protections transférées.

2. — Compagnies d'assurance de dommages


2.1 — Société d'indemnisation en matière d'assurance IARD (SIMA)
En assurance de dommages, SIMA ([Link]) joue le même rôle qu'Assuris en
assurance de personnes. SIMA est aussi une société privée. En date du 31 décembre
2015, le fonds d'indemnisation de SIMA était de 52 millions.

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2.2 — Protections de SIMA


La couverture de SIMA s'applique lorsqu'un assureur de dommages se voit obligé de
cesser ses activités par un organisme de réglementation canadien. Sous réserve des
différents plafonds d'indemnisation, cette couverture prévoit le paiement de toute
indemnité qui n'aurait pas été payée à un assuré et le remboursement des primes
payées d'avance.

Plafonds d'indemnisation
Assurance automobile et assurance des entreprises : 250 000 $.

Assurance habitation : 300 000 $ par police.

Les franchises prévues au contrat sont déduites du montant total des pertes assurées.

La SIMA remboursera également 70 % de la tranche non acquise (non échue) d'une


prime à compter de la date de l'ordonnance de mise en liquidation. Le versement
maximal est de 700 $ par police.

Annexe 4 — Glossaire

Adhérent
En assurance collective, les employés (ou les membres de l'association ou les
emprunteurs) sont appelés des adhérents. Les assurés comprennent les adhérents et,
s'il y a lieu, le conjoint et les personnes à charge.

Assurance vie avec participation


Assurance permanente dont la prime est fixée en fonction de coûts supérieurs à ceux
prévus par l'assureur et de revenus inférieurs à ceux escomptés. Lorsque les résultats
sont meilleurs que ceux des hypothèses utilisées pour déterminer la prime, une partie de
l'écart favorable revient aux titulaires du contrat d'assurance.

Assurance collective
Assurance établie à l'intention d'un groupe de personnes et donnant lieu à la délivrance
d'un contrat-cadre. Il existe essentiellement trois types d'assurance collective :

• La plus répandue est celle qu'un employeur offre à son personnel;


• L'assurance collective sur la vie, la santé et la perte d'emploi des débiteurs
(emprunteurs) offerte par les institutions financières lors d'un prêt;
• Celle offerte par l'entremise d'associations professionnelles.

Chaque participant reçoit une attestation d'assurance. En cas de divergence entre le


contrat-cadre et l'attestation, l'article 2401 du Code civil du Québec prévoit que
l'adhérent et le bénéficiaire «peuvent invoquer l'un ou l'autre, selon leur intérêt».

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Au Québec, une taxe de 9 % s'ajoute aux primes de l'assurance collective. De plus, les
primes payées (sauf par l'assurance invalidité) par l'employeur pour l'assurance
collective sont un avantage imposable.

Au fédéral, seule la prime de l'assurance vie payée par l'employeur est un avantage
imposable.

Assurance décès accidentel


L'assurance vie décès accidentel verse une prestation de décès seulement lorsque
celui-ci est dû à un accident. Selon Statistique Canada, environ 4 % des décès sont dus
à des accidents.

Ce type d'assurance est peu utile puisque les conséquences financières d'un décès ne
sont pas reliées à la cause du décès.

Assurance invalidité — perte de revenu


Assurance qui verse une rente dont le but est de compenser la perte de rémunération
(salaire, commission, revenu net de profession, etc.) qu'un client subit à la suite d'un
accident ou d'une maladie. Pour un individu, les primes sont des dépenses personnelles
et, à ce titre, ne sont pas déductibles du revenu.

Assurance invalidité — frais généraux de bureau


Assurance qui rembourse les dépenses nécessaires au maintien de l'exploitation d'un
commerce ou le fonctionnement d'une place d'affaire. Les primes sont déductibles à titre
de dépenses d'entreprise et les prestations sont imposables.

Assurance invalidité — épargne retraite


Assurance qui verse une rente dans un compte en fiducie. Les sommes accumulées
dans cette fiducie sont disponibles lorsque le client atteint l'âge de 65, soit généralement
lorsque la rente d'invalidité perte de revenu cesse. Les primes sont des dépenses
personnelles et, à ce titre, ne sont pas déductibles du revenu. Les prestations ne sont
pas imposables.

Assurance invalidité — rachat de part


Assurance qui verse les sommes nécessaires au financement de la clause d'invalidité à
long terme dans une convention entre actionnaires ou sociétaires. Les primes ne sont
pas déductibles et la prestation n'est pas imposable quand l'entreprise la reçoit. Par
contre, elle n'est pas admissible au compte de dividendes en capital (CDC).

Assurance invalidité — personne-clé


Assurance qui dédommage une entreprise pour les pertes occasionnées à la suite de
l'invalidité d'un employé-clé. Les primes ne sont pas déductibles, la prestation n'est pas
imposable quand l'entreprise la reçoit, mais elle n'est pas admissible au compte de
dividendes en capital (CDC).

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Assurance maladies graves


Assurance qui prévoit le versement d'une somme forfaitaire lors du diagnostic d'une
maladie ou de la survenance d'un événement précisés dans la police, et ce, si l'assuré
survit au moins trente jours.

Il n'y a pas de lien entre les frais éventuels et le montant forfaitaire qui est assuré. Cette
assurance ne devrait pas remplacer une assurance invalidité.

Assurance sans participation


Assurance vie dont la prime est fixée en fonction de l'estimation que fait l'assureur des
revenus de placement et de ses coûts futurs (prestations de décès, frais d'administration
et de ventes). Le calcul de la prime considère également les éventualités et les
bénéfices.

Lorsque les résultats sont meilleurs que prévu, l'assureur conserve la totalité des
surplus.

Les primes de cette assurance sont moins élevées que celles de l'assurance vie avec
participation.

Assurance soins de longue durée


Assurance qui fournit une protection lorsque l'assuré est incapable d'exécuter aux moins
deux activités essentielles de la vie quotidienne. Selon les contrats, les prestations
peuvent prendre la forme d'une rente mensuelle ou d'un remboursement des dépenses
reliées à la perte d'autonomie.

Assurance temporaire 100 ans


Il existe trois types d'assurance temporaire 100 ans.
1. Le plus courant prévoit que l'assurance demeure en vigueur après 100 ans, sans qu'il
soit nécessaire de payer des primes additionnelles. C'est alors un contrat d'assurance
vie permanent.

2. Lorsque le contrat se termine à 100 ans, il s'agit alors d'un contrat d'assurance vie
temporaire à très long terme. Autrement dit, si l'assuré vit plus de 100 ans, l'assureur ne
versera pas de prestation de décès.

3. Le capital assuré est versé lorsque l'assuré atteint l'âge de 100 ans. Contrairement à
la prestation de décès, ce montant est imposable, puisqu'il s'agit d'une disposition du
vivant de l'assuré.

Assurance vie
Assurance qui verse le montant du capital assuré au décès, qu'il soit accidentel ou non,
de l'assuré. À proprement parler, ce n'est pas la vie qui est assurée, mais le décès.

Assurance vie entière

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Assurance vie de type permanent. Si le contrat demeure en vigueur, le capital assuré est
versé au décès de l'assuré, quel que soit l'âge de l'assuré au moment du décès.

Le paiement de primes peut être viager (à vie) ou pour une période temporaire, par
exemple jusqu'à 65 ans.

Vous devriez conseiller l'assurance vie permanente seulement si votre client a des
besoins permanents d'assurance vie.

Peut comporter une valeur de rachat.

Assurance vie temporaire


Assurance vie qui verse le capital assuré si le décès de l'assuré survient avant
l'expiration d'une période déterminée. Par exemple, l'assurance temporaire 65 ans se
termine à 65 ans.

En ce qui concerne l'assurance temporaire 10 ans (T10) ou 20 ans (T20), il ne faut pas
confondre son nom (T10 ou T20) avec la durée du contrat. Le 10 (ou 20) est lié à la
période au cours de laquelle la prime demeure fixe. Le contrat demeure en vigueur
après la période visée, soit 10 (ou 20) ans, mais la prime augmente. Il est généralement
possible de renouveler l'assurance T10 ou T20 jusqu'à ce que l'assuré atteigne l'âge de
75 ou 80 ans.

Ce type d'assurance vie est idéal pour les besoins temporaires, par exemple, pour la
période de temps nécessaire au remboursement des dettes, que les enfants aient
terminé leurs études ou que le conjoint ait accumulé suffisamment d'actifs pour prendre
sa retraite.

Assurance vie universelle


Assurance vie permanente dont les primes (moins les frais et les taxes sur les primes
d'assurance) sont créditées à un fonds de capitalisation à partir duquel sont déduits
périodiquement les montants relatifs à la protection d'assurance vie et autres frais.

Le titulaire du contrat peut changer le montant (certaines limitations s'appliquent) et la


fréquence des primes, ce qui en fait une assurance très souple dans ses modalités.

Le rendement du fonds de capitalisation peut être fonction d'un taux d'intérêt fixe ou du
rendement de titres volatils, donc variable, comme celui d'un indice boursier.

Selon l'option choisie, le fonds de capitalisation est versé ou non au décès de l'assuré.
S'il est versé au décès, le coût d'assurance est plus élevé.

Assurance voyage
Assurance qui permet de faire face à certaines dépenses imprévues occasionnées par
des situations d'urgence : soins médicaux, services hospitaliers, annulation ou
interruption de voyage, perte de bagages et autres frais assurés.

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Cette assurance est souvent incluse dans l'assurance maladie complémentaire de


l'assurance collective offerte par les employeurs.

Autorité des marchés financiers (AMF)


Selon l'article 4 de la Loi sur l'Autorité des marchés financiers :

«L'Autorité a pour mission de :


1º prêter assistance aux consommateurs de produits et utilisateurs de services
financiers notamment en établissant des programmes éducationnels en matière de
consommation de produits et services financiers, en assurant le traitement des plaintes
reçues des consommateurs et en leur donnant accès à des services de règlement de
différends;

2º veiller à ce que les institutions financières et autres intervenants du secteur financier


respectent les normes de solvabilité qui leur sont applicables et se conforment aux
obligations que la loi leur impose en vue de protéger les intérêts des consommateurs de
produits et utilisateurs de services financiers et prendre toute mesure prévue à la loi à
ces fins;

3º assurer l'encadrement des activités de distribution de produits et services financiers


en administrant en outre les règles d'admissibilité et d'exercice de ces activités et en
prenant toute mesure prévue à la loi à ces fins;

4º assurer l'encadrement des activités de bourse et de compensation et l'encadrement


des marchés de valeurs mobilières en administrant notamment les contrôles prévus à la
loi relativement à l'accès au marché public des capitaux, en veillant à ce que les
émetteurs et les autres intervenants du secteur financier se conforment aux obligations
qui leur sont applicables et en prenant toute mesure prévue à la loi à ces fins;

4.1º assurer l'encadrement des marchés de dérivés, notamment des bourses et des
chambres de compensation de dérivés, en veillant à ce que les entités réglementées et
les autres intervenants aux marchés de dérivés se conforment aux obligations prévues
par la loi;

5º voir à la mise en place de programmes de protection et d'indemnisation des


consommateurs de produits et utilisateurs de services financiers et administrer les fonds
d'indemnisation prévus à la loi.»

Avance sur contrat d'assurance vie


Une avance sur contrat d'assurance vie est un prêt consenti par l'assureur au titulaire
d'une police d'assurance vie et qui est garanti par la valeur de rachat de la police. Cette
avance entraîne des frais d'intérêt.

Avenant
Document constatant les modifications qui sont apportées à un contrat d'assurance.

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Bénéficiaire
En assurance vie, le bénéficiaire est la personne qui recevra le capital assuré lors du
décès de l'assuré.

Pour les rentes, le bénéficiaire est la personne qui recevra le capital de la rente lors du
décès du rentier. Dans ce cas, il ne faut pas confondre le bénéficiaire avec le corentier
ou le rentier subrogé. Ceux-ci continueront de recevoir la rente au décès du premier
rentier.

Bénéficiaire subrogé
Bénéficiaire qui reçoit le produit de l'assurance si le premier bénéficiaire est décédé.

Capital assuré
Le capital assuré est la somme qui sera versée au décès de l'assuré.

Ce montant apparaît généralement à la première page de la police. Il n'inclut ni les


sommes supplémentaires payables aux termes de la garantie en cas de décès
accidentel, ni les dispositions spéciales du contrat, ni les capitaux souscrits avec les
participations touchées.

Coassurance
Montant à la charge de l'adhérent ou du titulaire en vertu de la disposition d'un contrat
d'assurance selon laquelle l'assuré assume une partie des frais assurés, par exemple,
20 %.

Fonds de capitalisation
Montant qui s'accumule à l'intérieur d'une police d'assurance vie universelle. La valeur
de rachat de ce type de polices est constituée par le fonds de capitalisation réduit des
frais de rachat.

Fonds distinct
Un fonds distinct ressemble beaucoup à un fonds commun de placement. Il est émis par
une compagnie d'assurance et le titulaire du contrat détient des parts dans le cadre d'un
contrat de rente différée à capital variable.

Le mot «distinct» indique que vos placements sont séparés des actifs généraux de la
compagnie d'assurances.

Franchise
Part des frais assurés que l'adhérent ou le titulaire doit régler avant qu'il ait droit à des
prestations.

Indexation
Rattachement des versements de rente à un indice de référence. L'indice est

[Link] Page 236 sur 249


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généralement lié à l'inflation.

Invalidité
État physique ou mental qui rend l'assuré incapable de remplir une ou plusieurs tâches
inhérentes à son travail. La définition d'invalidité varie selon les contrats d'assurance et
les régimes publics, tels que :

• Le Régime de rentes du Québec;


• La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail;
• La Société de l'assurance automobile du Québec.

Police
Document qui constate l'obligation de l'assureur, du titulaire et de l'assuré.

Preneur
Le preneur est la personne physique ou morale (une société) qui souscrit un contrat
d'assurance. En assurance vie, le preneur est souvent l'assuré, mais ce n'est pas
toujours le cas. Il est le premier titulaire du contrat.

Prime d'assurance
Somme versée, périodiquement ou en une seule fois, par le payeur à l'assureur en
échange de la prise en charge d'un risque.

Proposition
Demande faite par le preneur à l'assureur.

Régime de rentes du Québec (RRQ)


Le Régime de rentes du Québec est un régime d'assurance publique et obligatoire. Il
offre, aux personnes qui travaillent, ou qui ont déjà travaillé, au Québec, ainsi qu'à leurs
proches, une protection financière de base lors de la retraite, du décès ou en cas
d'invalidité.

Rente
Prestation versée à intervalles réguliers (souvent mensuelle), aux termes d'un contrat,
pendant une période déterminée (rente certaine et rente d'invalidité) ou jusqu'au décès
(rente viagère) du rentier. Le service de la rente peut commencer dès la souscription du
contrat ou être reporté (rente différée) à une date ultérieure.

Rente viagère
Rente versée jusqu'au décès du rentier. Certains contrats garantissent le service de la
rente pendant un certain nombre d'années (par exemple cinq ou dix ans), que le rentier
soit vivant ou non.

Rentier
[Link] Page 237 sur 249
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Le rentier est à la rente, ce que l'assuré est à l'assurance vie. À son décès, la rente se
termine à moins qu'il ait une période de garantie ou un rentier subrogé.

Société d'assurance
Entreprise dûment autorisée à vendre de l'assurance au public et qui s'engage,
conformément au contrat d'assurance, à verser des prestations en cas de sinistre.

Il existe deux grandes catégories :

• Les assureurs en assurance de personnes offrent de l'assurance vie, invalidité,


etc., ainsi que des rentes;
• Les assureurs en assurance de dommages offrent de l'assurance automobile,
habitation, etc.

Titulaire
Personne physique ou morale (société) propriétaire du contrat. S'il n'est pas le preneur, il
a acquis la propriété du contrat après la souscription.

Titulaire subrogé
Personne qui deviendra propriétaire de l'assurance si le premier titulaire décède.

Transformation (droit de)


En assurance individuelle, droit qui permet au titulaire de transformer son assurance vie
temporaire en assurance vie permanente sans qu'il ait à fournir des preuves de santé.

En assurance collective, droit qui permet à l'adhérent de transformer son assurance vie
collective en assurance individuelle sans avoir à fournir de preuves de santé.

Valeur de rachat
Somme payable au comptant lorsque le souscripteur résilie sa police avant que ne
survienne le décès.

Du point de vue fiscal, il s'agit d'une disposition. Aussi, l'assurance vie avec valeur de
rachat ne devrait être conseillée que si le client a contribué au maximum à son REER, à
son CELI et remboursé ses dettes dont les intérêts ne sont pas déductibles de ses
revenus imposables. Pour plus de détails à ce sujet, vous pouvez consulter la section
sur la fiscalité de l'assurance vie.

Bibliographie

ASSOCIATION CANADIENNE DES COMPAGNIES D'ASSURANCES DE


PERSONNES, Faits et statistiques — Les assurances de personnes au Québec, édition
2011.

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65. RLRQ, c. D-9.2. (ci-après LDPSF)

66. RLRQ, c. D-9.2, r. 10. (ci-après REAR)

67. RLRQ, c. D-9.2, r. 3.

158. L'IQPF tient à remercier M. Carol A. Kelly du Service des assurances de


l'Association des hôpitaux du Québec de son aimable collaboration à la rédaction de ce
chapitre.

1. Selon Robert KAST et André LAPIED, Analyse économique et financière des


nouveaux risques, Paris, Economica, 2004, p. 6, le mot risque provient du mot grec de
Constantinople rhizhikon qui signifie image d'un écueil. Cela faisait alors référence au
danger qu'une cargaison d'un navire puisse disparaître à cause d'un écueil.

2. Ibid., p. 9. Le mot hasard provient de l'arabe ez-zhar-en-nard, qui signifie fleur de jeu.

3. Ibid. Le mot aléa provient du latin dé.

5. Michel FERLAND, Théorie et pratique de l'assurance collective au Québec, 4e éd.,


coll. «Le guide évolutif», Québec, MF Conseil, 2005, p. 6.

6. Shlomo BENARTZI, The Smarter Screen — Surprising Ways to Influence and Improve
Online Behavior, Penguin, 6 octobre 2015, p. 186 et s.

7. L'industrie du placement offre également des produits qui protègent le client contre
certains types de pertes potentielles, par exemple les options de ventes. Ces produits

[Link] Page 240 sur 249


Impression 21-05-29 07)31

sont traités dans le module 6 «Placements».

8. Voir, entre autres, les travaux de Theodore W. Schultz, prix Nobel d'économie de
1979.

9. Il faut mettre la calculatrice en mode début. Pour plus de détails, voir les sections 8.3
et 8.4 du module 4 «Finances».

10. Avant frais; les compagnies d'assurance de personnes doivent ajouter des frais si
elles désirent rester en affaires, ce qui augmente d'autant le coût d'achat.

11. [Link]

12. [Link]
aux-personnes-agees-a-t-elle-varie

13. [Link]
organisation/rapports-annuels/autorite/amf-rapport-annuel-institutions-financieres-
[Link]

15. Ce concept a été développé par Franco Modigliani, prix Nobel d'économie de 1985
pour sa théorie des phases de vie et du théorème de Modigliani-Miller.

16. Dans certains cas, il peut même être hasardeux pour sa santé d'être «trop» assuré.
Voir Nicolas BÉRUBÉ, «Coupable d'avoir tué son mari pour 250 000 $», La Presse,
Montréal, 1er février 2007, p. A24.

17. Art. 1167 (taxe de 3 %) et 1159.3 (taxe de 0,48 %) de la Loi sur les impôts, RLRQ, c.
I-3 (ci-après L.i.).

18. L.R.C. (1985), ch. 1 (5e suppl.) (ci-après L.I.R.).

19. Par. 211.1(1) L.I.R.

20. Il serait encore pire de prétendre que c'est un abri fiscal.

21. Par. 211(1) L.I.R.

22. Par. 148(9) et 148(2) L.I.R.

23. Par. 148(1.1) L.I.R.

24. «L'industrie des assurances de personnes du Canada Régime fiscal», Mémoire


présenté au Groupe de travail sur l'avenir du secteur des services financiers canadien
par l'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes inc.,

[Link] Page 241 sur 249


Impression 21-05-29 07)31

novembre 1997.

25. Voir, entre autres : André BERNARD et Chris LI, «Le décès d'un conjoint : les
conséquences sur les revenus des femmes et des hommes âgés», Analyse en bref,
Statistique Canada, juillet 2006, nº 11-621-MIF2006046.

28. [Link]

29. Ce sujet sera abordé dans le chapitre 6.

30. Source : .

32. Pour plus de détails à ce sujet, vous pouvez consulter la sous-section [Link], Désir
de legs.

33. Sauf aux États-Unis.

34. En ligne : (page consultée le 18 juillet 2019).

35. Une facture d'hôpital de plus de 300 000 $ pour un Ontarien en Irlande.

39. Nouveau coloc. En ligne : , page consultée le 10 décembre 2015.

40. Bureau d'assurance du Canada (2017), Tout connaître sur l'assurance habitation
(pdf), à la p. 4. En ligne : .

41. Voir la sous-section 2.4.5, Règle proportionnelle, à ce sujet.

42. Bureau d'assurance du Canada et Groupement des assureurs automobiles (2017),


Tout connaître sur l'assurance automobile (pdf), à la p. 6. En ligne : .

43. Voir la sous-section 2.2.3, Évolution des besoins selon les phases de vie.

44. Ce montant varie selon les compagnies d'assurances et les types de contrat.

45. Sauf parfois en assurance crédit; voir le chapitre 8 du présent module.

46. Dans certains cas, l'exclusion pour suicide peut varier. Mais cette exclusion ne peut
pas dépasser deux ans.

47. , page consultée le 7 mars 2013.

48. [Link]

49. Lanctôt et Melançon (sous la direction), Commentaires sur le droit des assurances et

[Link] Page 242 sur 249


Impression 21-05-29 07)31

textes législatifs et réglementaires, LexisNexis, 2008, p. 138.

51. [Link]

52. RLRQ, c. A-3.001.

53. .

55. RLRQ, c. A-25.

56. .

57. SAAQ, La police d'assurance de tous les Québécois en cas de blessures ou de


décès dans un accident d'automobile [pdf.]. En ligne : .

60. [Link]
vos-assurances-collectives/602792

63. AMF, en ligne : , page consultée le 24 mai 2017.

68. Marie Elaine FARLEY, «La déontologie : une affaire de bonne foi», (2010) Sécurité
financière, vol. 35, n° 4, p. 14-15.

69. Art. 20 REAR.

70. Définition tirée du contrat «Procadre» de la compagnie d'assurance vie Financière


Manuvie.

72. Paul Revere Life Insurance Co. c. Sucharov, REJB 1983-149421, 1983 CanLII 168
(C.S.C.).

73. Ibid., p. 14.

75. Fondation des maladies du cœur, .

76. Les informations de cette section sont reprises d'un texte d'Hélène Marquis, paru
dans le bulletin Flash conseils publié par la Financière Sun Life le 30 août 2005. Le texte
a été remanié pour les besoins de cette publication.

81. Voir à ce sujet le chapitre 8.

82. Pour plus de détails à ce sujet, voir l'article 2424 C.c.Q.

93. Sauf pour les contrats d'assurance émission garantie (sans preuve de santé). Les
primes de ce type d'assurance sont très élevées et la prestation de décès est limitée

[Link] Page 243 sur 249


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durant les deux premières années du contrat au remboursement (sans intérêt) des
primes. Seules les personnes non assurables devraient souscrire à ce type de contrat.

94. ICA, Taux de déchéance des polices d'assurance-vie universelle à coût nivelé, juin
2007.

95. ICA, Expérience de déchéance des polices d'assurance temporaire 100 ans, octobre
2007.

96. ACCAP, Guide sur l'assurance vie.

97. Maximum 2 500 $.

98. Pour plus de détails sur le CDC, vous pouvez consulter le module 5, Fiscalité.

99. Avec la mise à jour économique et financière du 2 décembre 2014 du gouvernement


du Québec.

100. Ministère des finances du Canada, Dépenses fiscales : Notes afférentes aux
estimations et projections, 2004.

101. Par. 148(6) et al. 12.2(1)c) L.I.R.

102. Par. 148(4) L.I.R.

103. Par. 148(9) al. La), L.I.R., «coût de base rajusté».

104. Par. 309(4) R.I.R.

105. Les articles 306 à 310 du Règlement de l'impôt sur le revenu délimitent la PTE.

106. Cela peut provoquer une disposition.

107. Pour un historique de cet impôt de 15 %, vous pouvez consulter le chapitre 11


Investment Income Tax de Canadian Insurance Taxation par BORGMANN, SWALES et
WELCH (PricewaterhouseCoopers LLP), 3e éd.

110. Art. 308 R.I.R.

111. Par. 148(9) («Disposition») et par. 148(2) et (7) L.I.R.

112. Par. 148(9), al.f) à k) L.I.R., «Dispositions».

113. Alinéa 148(10)d) L.I.R.

[Link] Page 244 sur 249


Impression 21-05-29 07)31

114. Par. 148(8.1) L.I.R.

115. Par. 148(8.2) L.I.R.

116. Par. 148(8) L.I.R.

117. Mémoire présenté au Groupe de travail sur l'avenir du secteur des services
financiers canadien par l'Association canadienne des compagnies d'assurance de
personnes inc., novembre 1997.

119. Al. 20(1)e.2) L.I.R.

120. Les règles mentionnées aux présentes ne s'appliquent pas nécessairement aux
polices émises avant le 2 décembre 1982.

121. Loi de l'impôt sur le revenu, L.R.C. 1985 (5e supp.), c.1, ci-après «L.I.R.».

122. ARC, interprétation technique 2003-0004275 «Adjusted cost base of transferred life
insurance policies», 9 juin 2003.

123. Les notions relatives à la déduction pour gains en capital font l'objet de la section
5.6 du module 5, Fiscalité.

124. Taux d'imposition du revenu ayant donné droit à la DPE.

125. Exceptionnellement, certaines actions d'assurance vie ne donnent droit qu'à la


valeur de rachat.

126. Les notions relatives à l'insaisissabilité pouvant être conférée à certains produits
d'assurance par certaines désignations de bénéficiaire sont présentées à la section
[Link] du module 2, Aspects légaux et succession.

127. Par. 202(2) L.I.R.

128. ARC, Interprétation technique 2000-0002575, «Shareholder benefit – corporate


owned life insurance», 29 mars 2000.

129. Michel FERLAND, Théorie et pratique de l'assurance collective au Québec, 4e éd.,


coll. «Le Guide évolutif», Québec, MF Conseil, 2007, p. 174.

130. R.R.Q., 1981, c. A-32, r. 2 (R.a.L.a.).

131. Michel FERLAND, Vocabulaire de l'assurance collective au Québec, édition


spéciale 5e anniversaire, coll. «Le Guide évolutif», Québec, MF Conseil, 2005, p. 43.

[Link] Page 245 sur 249


Impression 21-05-29 07)31

132. Source : Régie de l'assurance maladie du Québec; en ligne : .

133. 400 $ ÷ (1 - taux d'imposition).

134. Voir, à ce sujet, le chapitre 2 du présent module, à la sous-section 2.2.3, Évolution


des besoins selon les phases de vie.

135. RLRQ, c. D-9.2.

136. Pour plus de détails à ce sujet, voir le chapitre 2 du présent module, à la section
2.1, Évaluation des besoins d'assurance invalidité.

137. STATISTIQUE CANADA, Annuaire du Canada 2008, p. 314.

138. Voir à ce sujet les chapitres 2 et 5 du présent module.

139. Voir le chapitre 2 du présent module pour plus de détails.

140. Pour plus de détails sur l'assurance médicaments, voir le chapitre 4 du présent
module.

141. Voir à ce sujet le chapitre 7 du présent module, à la sous-section 7.1.1, Assurance


vie des adhérents (employés), à la rubrique «Droit de transformation».

142. À ne pas confondre avec les dépôts à terme qui sont offerts par les institutions de
dépôts telles que les banques et les caisses.

143. Les ratios des frais de gestion des fonds distincts sont supérieurs au ratio de frais
de gestion des fonds communs de placement. Pour une analyse des fonds distincts d'un
point de vue financier, vous pouvez consulter le module 6 «Placements» de La
Collection de l'IQPF.

144. Mais ils demeurent des rentes.

145. Le bénéficiaire pourrait être tenu de payer les impôts si la succession est déficitaire.

146. Un jugement de la Cour supérieure (M.L. c. Desjardins Sécurité financière, EYB


2009-158547 2009 QCCS 1988 a cependant reconnu qu'il était possible pour un assuré
d'obliger par testament un bénéficiaire désigné d'une police d'assurance vie à
rembourser certaines de ses dettes. Par contre, la Cour ne s'est pas prononcée à savoir
si cette clause était considérée comme une révocation de bénéficiaire ou comme une
charge imposée à un bénéficiaire, ce qui dans certaines situations pourrait entraîner des
conséquences légales et fiscales très importantes. Nous vous invitons donc à une
grande prudence et vous recommandons d'attendre que la position jurisprudentielle soit
davantage clarifiée avant de recommander à vos clients de procéder de cette façon.

[Link] Page 246 sur 249


Impression 21-05-29 07)31

147. Al. 138.1(1)a) L.I.R.

148. Al. 138.1(1)b) et 138.1(1)f) L.I.R.

149. Al. 111(1)b) L.I.R.

150. Pour plus d'information sur les fonds distincts à retrait minimum garanti, vous
pouvez consulter le chapitre 4C du module 6 «Placements» de La Collection de l'IQPF.

151. Aux fins d'illustration, la rente est étalée également sur 10 ans.

152. Al. 104(4)a) L.I.R.

153. Voir l'al. 304(3)a) du Règlement de l'impôt sur le revenu (R.I.R.).

154. Pour plus de détails sur cette limitation, vous pouvez consulter l'art. 304 R.I.R.

155. Voir les al. 56(1)d) et 60a) L.I.R. et l'art. 304 R.I.R.

156. La définition du revenu de pension admissible est au par. 118(7) L.I.R.

157. Veuillez noter que, comme pour la majorité des simulations Monte Carlo, la
méthode développée par Milevsky utilise le rendement arithmétique, les conversions
nécessaires ayant été effectuées.

26. Le site Internet de l'IQPF publie les normes d'hypothèses de projection en vigueur.

27. À ne pas confondre avec le taux d'actualisation qui, lui, tient compte de l'indexation
de la rente.

31. Pour plus de détails à ce sujet, vous pouvez consulter Lifetime Financial Advice:
Human Capital, Asset Allocation, and Insurance de Roger G. Ibbotson, Moshe A.
Milevsky, Peng Chen et Kevin X. Zhu. Document publié le 6 avril 2007 par « The
Research Foundation of CFA Institute ».

58. Selon la définition de la Loi sur l'assurance maladie, RLRQ, c. A-29.

71. SSQ, société d'assurance-vie inc. c. Coallier, EYB 2009-157438, 2009 QCCA 727
(C.A.).

50. [Link]
[Link]

54. L.R.C. (1985), ch. C-46.

[Link] Page 247 sur 249


Impression 21-05-29 07)31

36. Source : Société canadienne du cancer, en ligne : .

37. .

38. .

61. RLRQ, c. D-9.2 (ci-après LDPSF)

62. L.Q. 2018, c. 23

64. Me Maurice Charbonneau, Conférence du 9 novembre 2011, Droit des assurances


Responsabilités et obligations des mandataires (de l'assureur ou de l'assuré).

74. [Link] page


consultée le 18 juillet 2019.

77. Art. 2445 C.c.Q.

78. Art. 2394 C.c.Q.

79. Cette question est discutée dans le document L'assurance maladies graves à prime
partagée de la Financière Manuvie, juillet 2010.

108. Du dernier vendredi du mois.

109. En pratique, ce taux est obtenu grâce à la série B1403 publiée par la Banque du
Canada.

118. CHAMBRE DE LA SÉCURITÉ FINANCIÈRE, Une seule option : la compétence,


Rapport annuel 2006, p. 9.

4. Health-benefits fraud happens every day — and it has real consequences.

14. Robert KAST et André LAPIED, Analyse économique et financière des nouveaux
risques, Paris, Economica, 2004, p. 100.

59. [Link]
E2F257FF93D13EBE852582090058707D!OpenDocument

80. Voir l'article 2424 C.c.Q.

83. Veuillez noter que l'Association canadienne des compagnies d'assurance de


personnes classe l'assurance T100 dans les assurances temporaires, voir son Guide sur
l'assurance vie disponible au .

[Link] Page 248 sur 249


Impression 21-05-29 07)31

84. Pour connaître la probabilité d'être en vie à l'âge de 100 ans, vous pouvez consulter
Les normes d'hypothèses de projection de l'IQPF.

85. Ce choix n'est pas définitif. Il peut être modifié par le titulaire du contrat.

86. [Link]

87. La valeur accumulée peut être supérieure à la valeur de rachat si la police prévoit
des frais de rachat.

88. Voir la section Choix du type de rendement.

89. Voir à ce sujet l'article de Mathew KOKAS et Alain THÉRIAULT, «Le repli boursier
pourrait entraîner l'annulation de polices vie universelle», dans Le journal de l'assurance,
septembre 2002.

90. À moins qu'il soit indiqué «rendement total» ou «rendement avec dividendes», le
rendement publié des indices boursiers ne comprend pas les dividendes.

91. Pour plus de détails sur ce sujet, vous pouvez consulter l'article de Marie-Josée
BOUCHER et Alain THÉRIAULT, «Les polices sans bonis gagnent en popularité», dans
Le journal de L'assurance, septembre 2006.

92. «Stochastic projections improve understanding of universal life policies», par Ashley
CROZIER et Leanne BRADLEY, Advisor's edge, septembre 2005.

[Link] Page 249 sur 249

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