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Hanafuda

L'Hanafuda est un jeu de cartes traditionnel japonais basé sur les saisons et la nature. Il existe différents yaku ou combinaisons de cartes qui permettent de marquer des points. Le but est d'atteindre le score le plus élevé en fin de partie.

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Hanafuda

L'Hanafuda est un jeu de cartes traditionnel japonais basé sur les saisons et la nature. Il existe différents yaku ou combinaisons de cartes qui permettent de marquer des points. Le but est d'atteindre le score le plus élevé en fin de partie.

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Le perdant, lui, soustrait à son score final le nombre de points qu'a gagné son adversaire.

Après avoir noté les scores, la manche se termine, et l'oya peut redistribuer les cartes. Une
partie traditionnelle se joue en 6 ou 12 manches. Pour relancer le jeu si jamais il n'y a plus de
cartes dans le ba au cours de la partie, on pioche une carte que l'on pose au centre.

La partie peut être déclarée finie quand l'un des joueurs a assemblé au moins un yaku. On
compte alors les points totaux. Les yaku peuvent s'additionner entre eux. Il ne faut alors pas
oublier de multiplier les éventuels doubles ou triples dépendants des mains de départ.

Score Nom des yaku Cartes composant les yaku


3 cartes à 20 points sauf l'homme de pluie (la carte à 20 points du
5 Sankō (三光)
mois du saule).
Les 4 cartes à 20 points, en excluant l'homme de pluie (la carte à
8 Shikō (四光)
20 points du mois du saule).
4 cartes à 20 points incluant l'homme de pluie (la carte à 20 points
7 Ame-Shikō (雨四光)
du mois du saule).
10 Gokō (五光) Toutes les 5 cartes à 20 points.
Le sanglier, le cerf et le papillon (respectivement les cartes à 10
5 Inoshikachō (猪鹿蝶) points des mois du lespédéza, de l'érable et de la pivoine). Un
point est ajouté pour toute carte à 10 points supplémentaire.
5 cartes à 10 points, comme les animaux, l'iris d'eau japonais près
d'un pont (mois de l'iris), ou la coupe de saké (mois du
1 Tane (タネ)
chrysanthème). Un point est ajouté pour toute carte à 10 points
supplémentaire.
Les 3 rubans à poésie rouges (des mois du pin, de l'abricotier du
5 Akatan (赤タン) Japon, et de la fleur de cerisier du Japon). Un point est ajouté pour
toute carte à 5 points supplémentaire.
Les 3 rubans bleu violacé (des mois de la pivoine, du
5 Aotan (青タン) chrysanthème et de l'érable). Un point est ajouté pour toute carte à
5 points supplémentaire.
Les 3 rubans à poésie rouges et les 3 rubans bleu violacé : c'est-à-
Akatan, Aotan no Chōfuku (赤
10 dire l'ensemble des yaku akatan et aotan. Un point est ajouté pour
短・青短の重複)
toute carte à 5 points supplémentaire.
5 cartes à 5 points, incluant tous les rubans. Un point est ajouté
1 Tan (タン)
pour toute carte à 5 points supplémentaire.
La lune et la coupe de saké (la carte à 20 points du mois de
5 Tsukimi-zake (月見酒) miscanthus sinensis et la carte à 10 points du mois du
chrysanthème). Se cumule avec hanami-zake.
La bannière du mois de la fleur de cerisier japonais et la coupe de
saké (la carte à 20 points du mois de la fleur de cerisier du Japon et
5 Hanami-zake (花見酒)
la carte à 10 points de mois du chrysanthème). Se cumule avec
tsukimi-zake.
10 cartes à 1 points, qui sont toutes des cartes normales (basses
1 Kasu (カス) cartes). Un point est ajouté pour toute carte à 1 point
supplémentaire.
Hanafuda - Les cartes saisons

L'Hanafuda est un jeu de cartes traditionnel japonais basé sur la nature et les saisons. Il a
donné lieu à de nombreuses formes de jeux et se pratique encore activement aujourd'hui.

L'Hanafuda (花札, littéralement "liasse de fleurs", traduit par "Jeu des Fleurs") désigne un
ensemble de 48 petites cartes japonaises servant de base à une grande variété de jeux. A
elles toutes elles forment douze familles de quatre cartes chacune – une famille pour chaque
mois. Les motifs des cartes Hanafuda s'inspirent librement de la nature japonaise et du
rapport qu'entretiennent les Japonais avec cette nature, de telle sorte que l'on retrouve non
seulement des éléments comme les fleurs de cerisier ou de prunier, mais également des
banderoles de poème, des animaux et des objets, chacun avec leur symbolique propre. Le jeu
existe également en Corée sous le nom de Hwata, ainsi qu'à Hawaï ou il est désigné par
Sakura ou Higobana.

Histoire

Les prémices du "jeu de cartes" au Japon ne sont pas récentes, même si à l'époque il ne
s'agissait pas de cartes à proprement parler. Durant l'ère Heian, un jeu très en vogue à base de
coquillages peints, le kai-awase, consistait à réunir les deux morceaux d'une même coquille
afin de reformer une scène du Dit du Genji. Ce jeu, évoquant déjà le principe des paires de
l'Hanafuda, était cependant réservé aux membres de l'aristocratie comme simple
divertissement.

Les origines de l'Hanafuda tel qu'on le connaît aujourd'hui remontent au XVIe siècle, quand
les Portugais introduisirent le jeu de 48 cartes Hombre au Japon. Le mot karuta qui désigne
actuellement "carte à jouer" en japonais tient d'ailleurs son origine du mot carta portugais.
L'année 1549 marque ainsi un tournant dans la pratique du jeu, puisque ce loisir réservé à la
noblesse s'ouvre aux classes populaires. Si dans un premier temps ces dernières s'y
consacrent juste pour le jeu, peu à peu le public se prend d'intérêt pour la pratique portugaise
du pari. Le gouvernement, craignant le développement de cette pratique, se met à promulguer
des lois pour interdire le "jeu d'enjeux" basé sur les paris.
Le jeu de cartes Hanafuda émergea et se transforma au cours des décennies qui suivirent, et ce
malgré les interdictions, mêlant aux cartes européennes un style proprement japonais qui les
placent au carrefour de deux civilisations.

En 1886 cependant, le gouvernement Meiji légalisa à nouveau le jeu de cartes à la faveur de


la réouverture du Japon sur le monde. L'interdiction, qui perdurait depuis 1633, avait donné
lieu au développement de toute une pratique illégale et souterraine gérée par les yakuza, dont
l'Hanafuda est encore aujourd'hui le jeu attitré. La mafia japonaise tire d'ailleurs son nom de
l'oichokabu, pratiqué à partir d'un jeu de cartes Hanafuda.
L'occasion de voir ce jeu être enfin légalisé fut saisie par un joueur nommé Yamauchi
Fusajiro qui profita de cette légalisation pour fonder en 1889 à Kyotô une petite société de
production de cartes Hanafuda: la Nintendo Koppai. Le succès est immédiat, et encore
aujourd'hui, malgré son élargissement au domaine du jeu vidéo, la société Nintendo continue
de commercialiser des cartes Hanafuda.
Encore extrêmement populaire de nos jours, l'Hanafuda se pratique autant en famille, entre
amis ou entre yakuza, à l'occasion du Nouvel An.

© Flickr

Symbolique

Les 48 cartes Hanafuda sont divisées en 12 familles, chacune de ces familles étant assimilée à
un mois et à une fleur.

-Janvier, le Pin (Matsu, 松)


Image végétale de l'éternité, le Pin reste vert malgré la neige et le froid de l'hiver. Il est
présent dans le kadomatsu que l'on compose dans les derniers jours de décembre, où le Pin
préfigure avec le bambou, tous deux étant respectivement des symboles de longévité et de
santé. Parmi les cartes de janvier, on trouve un autre symbole de longévité, la grue, réputée
pour vivre mille ans. Elle est au coeur de la tradition du pliage des origamis. Le Pin est
également l'arbre du divin où les dieux font entendre leur musique, quand le vent souffle
entre ses branches.

-Février, le Prunier (Kubai, 紅梅)


Importé de Chine au VIIIe siècle, le Prunier est l'arbre des lettrés et des nobles qui célèbrent
à travers de nombreux poèmes le parfum de ses fleurs délicates. Symbole de vaillance et de
renouveau, le Prunier fleurit parmi les neiges pour annoncer la venue du printemps, au même
titre que le rossignol qui chante dans ses branchages.

-Mars, le Cerisier (Sakura, 桜 )


Emblème du Japon et du printemps, la fleur de cerisier est célébrée par de nombreuses
croyances et traditions, dont la plus célèbre est le rite d'hanami consistant à admirer la
floraison de cet arbre, des derniers jours de mars jusqu'au début du mois de mai. Il arrive à
La distribution des cartes se fait en deux temps : l'oya distribue 4 cartes à chaque joueur, puis
en pose 4, face visible, au centre de la table. Puis il renouvelle cette action, en donnant à
nouveau 4 cartes à chaque joueur et en en disposant 4 face visible au centre de la table. Il pose
alors la pioche à côté des 8 cartes visibles. Ces 8 cartes retournées face visible sont appelées
le ba.

Chaque joueur examine ses cartes : s'il y a une carte à 20 points dans la main, le score final
sera doublé à la fin de la manche ; 2 cartes à 20 points, il sera triplé, etc...
Si 4 cartes d'un même mois se trouvent dans le ba, ou bien s'il y a 4 paires ( 1 paire = 2
cartes du même mois), la manche est annulée et l'oya redistribue les cartes.
Si au joueur a 4 cartes du même mois ou 4 paires, il remporte automatiquement la
manche, gagne 6 points, devient l'oya et redistribue les cartes (on mélange et redistribue les
cartes à chaque fin de manche)

Pour jouer une manche : chaque joueur met tour à tour une carte en jeu, pour assembler une
paire formée par 2 cartes du même mois. S'il y a dans le ba deux cartes du même mois, le
joueur doit choisir de former une paire soit avec l'une soit avec l'autre. S'il y a 3 cartes du
même mois dans le ba, le joueur les remporte toutes et les places à l'écart à côté de lui. Si
aucune carte n'est du même mois que celle qu'il a dans sa main, le joueur choisit une carte
parmi celles qu'il a et la pose dans le ba.
Dans tous les cas de figures, après avoir joué, le joueur tire une carte dans la pioche : si celle-
ci correspond à une carte du ba, il assemble une paire qu'il capture aussitôt ; si celle-ci ne
correspond à aucune carte, il la pose dans le ba, et c'est au tour de l'autre joueur de jouer.

Le but du jeu est, comme au mahjong, d'assembler une combinaison particulière de cartes :
on appelle cela un yaku. Les points rapportés par les yaku se décomposent comme suit :
-Le Kasu vaut 1 point, il est composé de 10 cartes à un point. Un point est donné en plus pour
chaque carte additionnelle.
-Le Tane vaut 1 point. Il revient à posséder 5 cartes à 10 points. Un point est donné en plus
pour chaque carte additionnelle.
-Le Tan vaut 1 point. Il faut posséder 5 rubans. Un point est donné en plus pour chaque carte.
-L' Aotan : il faut posséder tous les poèmes bleus. L'Aotan vaut 6 points. Un point est donné
en plus pour chaque carte
-L'Akatan : il faut posséder les 3 rubans rouges. L'Akatan 6 points. Idem pour les rubans
rouges avec inscriptions. Un point est donné en plus pour chaque carte
-L'Akatan, Aotan no Chôfuku vaut 10 points : il s'agit d'un Aotan doublé d'un Akatan. Un
point est donné en plus pour chaque ruban additionnel.
-L'Inoshikachô vaut 5 points. Il est constitué par les cartes du Sanglier, du Papillon et du
Cerf. Un point est donné en plus pour chaque animal additionnel.
- Le Tsukimi de Ippai vaut 3 points : il combine la Lune et la Coupe de saké.
-L'Hanami de Ippai vaut 3 points. Il est constitué par le Rideau et la Coupe de saké
-Le Sankô à 6 points : 3 cartes à 20 points à l'exception du Poète
-L'Ameyonkô à 8 points : 4 cartes à 20 points dont celle du Poète
-Le Yonkô à 10 points : 4 cartes à 20 points mais pas celle du Poète
-Le Gokô à 15 points : posséder les 5 cartes à 20 points.

La partie est finie quand un des deux joueurs a accompli un yaku, c'est à dire une des
combinaisons ci-dessus. Il peut alors décider de dire « Koi » (on continue), ou bien « Shôbu »
(arrêter et compter les points). S'il décide de poursuivre la manche et qu'il fait un nouveau
yaku, son score de base sera doublé. S'il relance une 3e fois et gagne, le score final est triplé...
l'impératrice; si autrefois l'emblème des empereurs chinois était le dragon, les impératrices
elles étaient représentées par le phénix. Aujourd'hui, c'est encore l'emblème du Premier
Ministre.

La carte « homme au parapluie » représente l'histoire d'un calligraphe de l'ère Heian nommé Ono no
Michigaze. Étant jeune, il marchait dans la pluie et vit une grenouille essayant de manger un insecte sous un
arbre. Observant la grenouille échouer encore et encore pour finalement réussir, il apprit la persévérance

Règles du jeu

Le jeu de cartes Hanafuda a donné naissance à un grand nombre de règles, dont nous citerons
ici une des plus connues, celle de la forme de jeu dite Koi Koi, à deux joueurs.

Partie de Koi Koi

Il faut d'abord distinguer la valeur des cartes en fonction des points qu'elles rapportent :
-5 cartes à 20 points : Grue, Rideau, Lune, Poète, Phénix
-9 cartes à 10 points : Rossignol, Coucou, Pont, Papillon, Sanglier, Oies sauvages, Coupe de
saké, Cerf, Hirondelle
-10 cartes à 5 points : toute la série des rubans
-24 autres cartes normales à 1 point.

Avant de débuter, on commence par sélectionner l'oya, le meneur du jeu. Pour ce faire,
chacun des joueurs tire une carte au hasard, celui qui obtient la carte la plus proche du mois
de janvier l'emporte (en cas d'égalité on recommence)
cette occasion que l'on savoure la beauté des fleurs à l'abri des regards, séparé par un rideau
que l'on retrouve ici dans la série des cartes de mars. A l'apogée de leur beauté, la chute des
fleurs de cerisier est un miroir des valeurs bouddhiques, ainsi que de l'éthique des
samouraïs. Elle est à l'image de l'éphémère, de la beauté de l'instant qui resplendit avant de
s'éteindre. Sur le ruban qui orne cette série de cartes, on peut lire l'inscription Miyoshino, qui
est l'un des lieux les plus prisés au Japon pour aller admirer les cerisiers en fleurs.

Sur le ruban, on peut lire « Miyoshino » qui est une ville connue à Nara connue pour ses fleurs de cerisier

-Avril, la Glycine (Fuji, 藤)


Associé au Coucou, la Glycine est une fleur suave, évoquant le printemps qui s'éloigne. Sa
couleur violette est celle des nobles personnages de la cour, telle que la Dame Fujitsubô – "le
Clos aux Glycine" – qui apparaît dans le Dit du Genji. La Glycine est la fleur d'une demi
saison encore douce, qui n'est pas encore emprisonnée dans la touffeur et l'humidité de l'été ;
les poètes disent de son parfum sensuel et apaisant qu'il apporte la connaissance à qui le
respire.

-Mai, l'Iris (Kakitsubata, 燕子花)


C'est par excellence une fleur aquatique qui éclot au coeur de la saison des pluies. A
l'occasion du Kodomo no Hi, le Jour des Enfants, qui a lieu le 5 mai, on a coutume
d'accrocher des iris aux auvents des maisons pour éloigner les mauvais esprits. Les garçons,
qui sont à l'honneur ce jour-là, sont également coiffés de couronnes tressées avec des iris. Ses
longues racines évoquent pour les poètes la profondeur des sentiments.
-Juin, la Pivoine (Botan, 牡丹)
C'est la plus chinoise des fleurs du Japon. En faire offrande symbolise le sentiment
amoureux, elle est également signe de bonheur et de prospérité, de telle sorte qu'on la
suspend un peu partout pour favoriser la réussite. La Pivoine est souvent associée aux
karajishi, les lions de pierre qui gardent l'entrée des temples bouddhiques.

-Juillet, le Lespédèze (Hagi, 萩)


Contrairement aux autres fleurs citées, le Lespédèze semble n'avoir aucun attrait, aucun
parfum ni aucune symbolique, et pourtant il est célébré par plus de 130 poèmes du
Man'yôshû, ce recueil de l'ère Nara célébrant la nature et les traditions nippones. Il est
l'emblème de la fin de l'été japonais. C'est avant tout le vent qui révèle la légèreté de cette
plante en en faisant danser les rameaux. Il est associé à la rosée, figure poétique des larmes,
ainsi qu'au vent d'automne qui disperse ses fleurs. La douceur du Lespédèze apaise les
caractères sauvages tels que celui du sanglier qui se repose entre ses buissons.

-Août, la Miscanthe (Susuki, 薄)


A l'image de l'automne, la Miscanthe est la fleur de la nostalgie et des sagesses oubliées,
scintillante comme la pleine lune dont elle est indissociable. Elle invite à la retraite solitaire
et à la méditation. Elle évoque la douceur des lumières qui succèdent à l'été. De même que
les journées de printemps sont consacrées à hanami, à l'occasion de la quinzième nuit du mois
d'août on contemple la lune lors du tsuki-mi. Cette nuit-là, on dispose des miscanthes
accompagnées des sept autres herbes de l'automne désignées par le Man'yôshû avant
d'admirer la pleine lune en savourant une tasse de saké. Les oies sauvages qui migrent à ce
moment-là de l'année accompagnent les miscanthes dans la symbolique du mois d'août.
-Septembre, le Chrysanthème (Kiku, 菊)
Si la Miscanthe est à l'image de la lune, le Chrysanthème est la fleur du soleil. Il est le
symbole de l'éternité, de l'autorité impériale et de l'éternelle jeunesse. Cette fleur importée
de Chine est immédiatement associée aux empereurs qui la cultivent avec soin. La coupe de
saké présente sur cette famille de cartes rappelle les nombreuses fêtes célébrées en septembre.
Le Chrysanthème blanc quant à lui annonce l'hiver, il est la fleur de la douceur et de la
constance.

La coupe de saké peut être utilisée comme carte à un point.

-Octobre, l'Erable (Momiji, 紅葉)


Les érables sont les cerisiers de l'automne, dont on admire le feuillage à l'occasion du momiji-
gari. Mais si le printemps est à l'image d'une forme de mélancolie relative au caractère
éphémère des choses, l'automne, avec son explosion de couleurs en perpétuelle mutation,
présente une image plus vivace. L'automne, en plus d'être la saison de la chasse aux érables,
est l'époque de la chasse au cerf à laquelle se livraient les seigneurs du Japon ancien.

-Novembre, le Saule (Yanagi, 柳)


Cette série de cartes met en scène le personnage du "Poète", qui n'est autre qu'Ono no Tôfu,
le fondateur de la calligraphie japonaise, qu'il libéra des règles chinoises. Le Saule fait ainsi
figure d'habileté et de sagesse. On raconte que cet homme, qui avait échoué six fois à un
concours de lettrés, vit à l'occasion d'une promenade une grenouille tentant d'attraper une
mouche sur la branche d'un saule; elle s'y essaya six fois sans succès, avant d'atteindre son but
la septième fois, ce qui redonna du cœur au poète qui retenta le concours et le remporta. En
ceci, la carte du Poète fait symbole de l'opiniâtreté récompensée.

-Décembre, le Paulownia (Kiri, 桐)


Etrangement, c'est un arbre de printemps qui vient clore la série de décembre. Pourtant, son
emblème est celui du phénix, peut-être en raison de son étonnante résistance au feu. C'est
également un autre arbre associé au pouvoir impérial, notamment au pouvoir de

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