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Mécanique de la Rupture et Fatigue

Ce document traite de la mécanique linéaire de la rupture. Il introduit le sujet et présente des généralités sur la rupture des structures. Il explique ensuite la concentration de contrainte au voisinage des défauts géométriques et la singularité des contraintes lorsque le rayon de courbure du défaut tend vers zéro.

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Mécanique de la Rupture et Fatigue

Ce document traite de la mécanique linéaire de la rupture. Il introduit le sujet et présente des généralités sur la rupture des structures. Il explique ensuite la concentration de contrainte au voisinage des défauts géométriques et la singularité des contraintes lorsque le rayon de courbure du défaut tend vers zéro.

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Cours de Mécanique linéaire

de la Rupture

Ecole nationale supérieure d’électricité et de mécanique


Année universitaire 2020/2021
Pr [Link]
Introduction et
Généralités
Mise en situation : Rupture

La rupture est un problème auquel


l’homme aura à faire face aussi
longtemps qu’il construira des édifices
ou fabriquera des structures.

actuellement plus crucial

Progrès technologique

développement de structures complexes


Mise en situation : Rupture

Les avancées dans la connaissance de la mécanique de la rupture


permettent aujourd’hui et plus précisément depuis le milieu du 20e
siècle, de mieux prévenir le risque de rupture.

Mécanique de la rupture : Science de


l’étude du comportement d’une structure
avec ses défauts.

1943 – Schenectady : pétrolier en construction soudée_Rupture


à quai
Mise en situation : Rupture

Cependant, beaucoup de mécanismes de rupture sont encore mal connus


notamment lorsqu’on utilise de nouveaux matériaux ou de nouveaux
procédés.

Le coût des ruptures catastrophiques représente, d’après une étude


économique du début des années 80, près de 4% du PNB dans les pays
industriels développés.

Application correcte
des concepts de la Réduction de ce coût
mécanique de la d’environ 30%
rupture
Développement des Réduction de ce coût de
recherches dans le 25% supplémentaires
domaine de la rupture
Mise en situation : Rupture

Pourquoi un matériau (une structure) se


rompe ???
Mise en situation : Rupture

On distingue deux catégories de rupture des structures :

1- soit une négligence dans la conception, dans la construction ou dans


l’utilisation de la structure

le risque de rupture peut être évité lorsque la structure est bien dimensionnée avec un
choix de matériaux adaptés et que les chargements sont correctement évalués.

2- soit l’utilisation d’un nouveau matériau ou d’un nouveau procédé, qui


peut provoquer une rupture inattendue.

la prévention de la rupture est plus délicate.


Nouveau
matériau Problèmes
Facteurs ne sont
Nouveau pas maitrisés potentiels
procédé
Concentration de
contrainte
(Calcul des contraintes
au voisinage d’un
défaut)
Concentration de contrainte

Les formules de calcul des contraintes par RDM supposent une


distribution uniforme ou linéaire des contraintes à travers la
section

En pratique, toutefois, les pièces possèdent des discontinuités


et des changements de section.
Concentration de contrainte

La distribution des contraintes n’est plus uniforme ou linéaire.


Concentration de contrainte

Mise en évidence de la concentration de contrainte par


photoélasticité

Plaque entaillée en surface


Concentration de contrainte

Mise en évidence de la concentration de contrainte par


photoélasticité

Plaque trouée
Concentration de contrainte

Mise en évidence de la concentration de contrainte par simulation


numérique

Plaque trouée
Concentration de contrainte

Facteur de concentration de contrainte Kt

La présence d’un défaut entraine une concentration de contrainte à la racine


du défaut
Concentration de contrainte

Facteur de concentration de contrainte Kt (défaut surfacique)

 a
 y   nom 1  2   K t nom
 r

a
Kt  1 2
r
Si  y  K t nom  Rth
Il y a rupture fragile du matériau
Concentration de contrainte

Facteur de concentration de contrainte Kt (défaut intere)

Pour un ellipsoïde de
dimensions 2a, 2h, le rayon
2
de courbure r est égale à b
a 2b

a
Kt  1 2
r
Concentration de contrainte

Facteur de concentration de contrainte Kt

b2

a

a
a  A    2
 A    2 
b

Si a  
a
 A  2

Concentration de contrainte

Concentrateurs de contraintes

Macroscopiques Microscopiques

Chemins de clavette Fissures d’usinage

Cannelures Corrosion

Filetage

Rainures Défauts d’installation

Trous de fixation Impuretés

Congés de
Porosité du matériau
positionnement
Concentration de contrainte

Facteurs influençant l’effet de la concentration des contraintes

Concentration des contraintes

Géométrie Type de sollicitation Type de matériau

Plaque Traction Ductile

Arbre Flexion Fragile

Torsion
Concentration de contrainte

Le coefficient Kt est déterminé expérimentalement. Il dépend


essentiellement de trois éléments particuliers :

La géométrie du défaut

La géométrie de la pièce

Le type de sollicitation.


Concentration de contrainte

Facteur de concentration de
contraintes Kt

Paramètres
Abaques géométriques
du défaut
Concentration de contrainte

Facteur de concentration de contrainte Kt

Pour un défaut circulaire de dimensions


négligeables par rapport à celles du solide

Kt  3
Concentration de
contrainte
et
Singularité de
contrainte
Concentration de contrainte et singularité de contrainte

Concentration de contraintes au voisinage d’un


défaut

Si on considère un défaut de forme


elliptique de longueur 2a et de rayon à
fond d’entaille ρ la contrainte locale à
l’extrémité A est :

 2a   a
 L ( A)   a 1     a 1  2 

 b    
Kt
Facteur de
concentration de
contrainte Défaut elliptique dans une plaque infinie

Pour un trou un circulaire : Kt = 3 = σa/σ


Concentration de contrainte et singularité de contrainte

Concentration de contraintes au voisinage d’un


défaut
Défaut elliptique aplatit dans une plaque en traction

a>> b et a >> ρ

Contrainte en A :
Tant que a >> ρ
 a

 a   1  2 
 
  a
 a  2  

1
 a  2  
a
   
2  
 
Concentration de contrainte et singularité de contrainte

Concentration de contraintes au voisinage d’un


défaut
Singularité des contraintes
Un défaut aplatit devient une fissure quand ρ 0

contrainte en A :

a
 A  2 

singularité de contrainte
Concentration de contrainte et singularité de contrainte

Concentration de contraintes au voisinage d’un


défaut

Singularité de contrainte Concentration de contrainte

• Lorsqu’il y a concentration de contrainte, la


contrainte s’élève mais reste finie.
• Lorsqu’il y a singularité de contrainte, la
contrainte devient infinie.

La signification physique d’une


contrainte infinie peut être mise en
doute. Cela traduit une très grande
concentration de contrainte locale
Concentration de contrainte et singularité de contrainte

Concentration de contraintes au voisinage d’un


défaut

Concentration de contrainte et Singularité

•Lorsque ρ 0;  A  2 a    
•Ce n'est pas réaliste parce qu'aucun matériau ne peut
résister à un effort infini

Il faut trouver une autre condition de propagation


Notion de la ténacité
Mécanique de la
rupture

Ténacité
Définition de la ténacité

•La ténacité est la capacité d'un matériau à résister à la


propagation brutale d'une fissure ; On peut définir la
ténacité comme étant la quantité d'énergie qu'un
matériau peut absorber avant de rompre.

La ténacité est une propriété intrinsèque du


matériau
Amélioration de la ténacité des matériaux fragiles

Mise en compression du
matériau

Béton Verre
précontraint trempé

L’ensemble du matériau est en Les couches superficielles sont


compression en compression, le cœur est en
tension
Rupture des matériaux

Matériau

Fragile Ductile

Rupture fragile
Rupture fragile Rupture ductile
Rupture des matériaux
Rupture ductile

Faciès d’aspect mat et fibreux


(prédominance d’arrachement)
Rupture des matériaux Rupture fragile

Rupture fragile

Faciès à grains et brillant


Utilisation de la
Mécanique Linéaire de
Rupture (MLR)
RDM

Contraintes
Limite élastique
appliquée

Concentration des contraintes

Contraintes Kt
Limite élastique
locales

MLR
Contraintes
appliquée

Taille du défaut Ténacité


Utilisation de la MLR en conception

l’approche classique pour le


l’approche de la contrainte locale
dimensionnement des structures
utilisant le facteur de concentration
basée sur la limite d’élasticité du
de contrainte Kt
matériau

Critère de plastification Critère de concentration des


contrainte

P  2a   a
  Re  L ( A)   a 1     a 1  2   Re
Wt  b   
 
Utilisation de la MLR en conception

l’approche de la mécanique
linéaire de la rupture (MLR)
utilisant le concept de ténacité KC

Est à trois variables :

1- la contrainte appliquée,

2- la ténacité KC (qui remplace la limité d’élasticité)

3-la taille du défaut.


Utilisation de la MLR en conception

OBJECTIF

Proposer un
CRITÈRE DE
RUPTURE

K   a  KC

CAS 1 CAS 2
contrainte connue dimension du défaut
connue
Détermination
des dimensions critiques Détermination
des défauts des contraintes critiques
Utilisation de la MLR en conception

Mécanique Linéaire de la rupture

Deux approches alternatives

le concept du facteur le concept de taux de


d’intensité des restitution d’énergie
contraintes

Approche locale Approche globale


Concept d’intensité des contraintes

APPROCHE DE LA RUPTURE PAR LES FIC (approche locale)

Les FIC (K) définissent complètement le champ de contrainte au


voisinage de la fissure,
• unités de K : MPa.√m
• Les FIC critiques sont utiliser comme critère de rupture.
•Lorsque K atteint une valeur critique Kc, la fissure se propage
brutalement : K = Kc
• Kc est appelé facteur critique d’intensité de contrainte
• Il faut donc :
– savoir mesurer expérimentalement Kc
– savoir calculer (analytiquement ou numériquement)

Handbooks of stress intensity factors Éléments finis


Concept d’intensité des contraintes

Ordre de grandeur de KIC (ténacité) à température ambiante


Concept d’intensité des contraintes
Concept d’intensité des contraintes
Concepts
fondamentaux de la
MLR
Concept d’intensité des contraintes

Les 3 modes d’ouverture d’une fissure


Il existe trois façons d'appliquer une force pour permettre à une fissure de se propager :

Cisaillement Déchirure
Ouverture
(mixte)
Concept d’intensité des contraintes
Les 3 modes d’ouverture d’une fissure

Mode I - Une contrainte de traction


normale au plan de fissure.

Mode II - Une contrainte de cisaillement


agissant parallèlement au plan de la fissure et
perpendiculaire au front de fissure

Mode III - Une contrainte de cisaillement


agissant parallèlement au plan de la fissure et
parallèlement au front de fissure.
Critère d’Energie

 nom 1 a

 nom   E

Comparaison entre l’approche classique et celle de


la MLR.
Critère d’Energie

L’approche énergétique est basée sur le postulat suivant :

l’extension d’une fissure qui conduit à la rupture se produit


lorsque l’énergie fournie est suffisante pour vaincre
la résistance du matériau

l’énergie de création de l’énergie de plastification de


surface l’extrémité de la fissure

d’autres types d’énergies


dissipatives associées à la
propagation d’une fissure
Critère d’Energie

L’énergie de Griffith notée G (qu’on appelle aussi taux de


restitution d’énergie) est définie par la variation d’énergie par
unité de surface fissurée, associée à la propagation d’une fissure
dans un matériau linéaire élastique. La rupture se produit
lorsque G atteint une valeur critique GC ; GC est une mesure de
la ténacité du matériau.
Critère d’Energie

Pour une fissure de longueur 2a dans


une plaque de dimensions infinies (ce
qui équivaut à dire que la longueur de
fissure est très petite par rapport aux
dimensions de la plaque dans le plan
de chargement), constituée d’un
matériau de module d’Young E et
soumise à une contrainte de traction
σnom , l’énergie de Griffith G par unité
de surface fissurée est donnée par :

Fissure traversante de longueur 2a dans une


 ( ) a 2 plaque infinie
G
E
Limitation de la MLR

La mécanique linéaire de la rupture (MLR)


demeure une approche valable tant que le
comportement du matériau est élastique et
linéaire, mais aussi lorsque la plastification à
fond de fissure reste confinée dans une zone de
faible taille par rapport aux dimensions des
fissures et de celles de la structure fissurée.
les concepts adaptés de la
mécanique de la rupture

La mécanique pour les matériaux dont le comportement est essentiellement


linéaire de la linéaire élastique. Les alliages d’aluminium à précipitation
rupture (MLR) durcissante, les aciers à haute limite élastique, les céramiques.

La mécanique non mécanique élastoplastique de la rupture (MEPR) , pour les


linéaire de la matériaux très ductiles tels que les aciers inoxydables ou aciers
rupture (MNLR) austénitiques, les alliages de cuivre.

La mécanique
linéaire équivalente Matériaux à comportement quasi fragile : béton ordinaire, argile
de la rupture
(MLER)
Concept d’intensité des contraintes

description du champ des contraintes à l’extrémité d’une fissure a


l’aide du facteur d’intensité des contraintes

Dans un matériau dont le comportement est élastique et linéaire, la forme


générale du champ des contraintes au voisinage de l’extrémité d’une fissure est
de la forme :

f ij  
K
 ij 
2r

fij : fonction adimensionnelle


dépend du mode de sollicitation
Définition des axes (x,y) et des coordonnées ( r,θ )
au voisinage de l’extrémité d’une fissure
Concept d’intensité des contraintes

Dans l’approche de Westergaard ,ces champs sont décrits et exprimés à


l’aide des facteurs d’intensité des contraintes KI, KII et KIII, (selon le
mode de sollicitation considéré - mode I, II ou III)

Définition des modes de sollicitation


Concept d’intensité des contraintes

Triaxialité des contraintes en tête de fissure

f ij  
K
 ij  -A la pointe de la fissure r tend vers 0
2r donc la contrainte tend vers l’infini
Concept d’intensité des contraintes
description du champ des contraintes à l’extrémité d’une fissure a
l’aide du facteur d’intensité des contraintes

Mode I

KI   3 
 xx  cos 1  sin  sin 
2r 2 2 2 
KI   3 
 yy  cos 1  sin sin 
2r 2 2 2 
KI   3
 xy  cos sin cos
2r 2 2 2
Concept d’intensité des contraintes
description du champ des contraintes à l’extrémité d’une fissure a
l’aide du facteur d’intensité des contraintes

Mode II

K II   3 
 xx  sin  2  cos cos 
2r 2 2 2 

K II   3
 yy  sin cos cos
2r 2 2 2
K II   3 
 xy  cos 1  sin sin 
2r 2 2 2 
Concept d’intensité des contraintes
description du champ des contraintes à l’extrémité d’une fissure a
l’aide du facteur d’intensité des contraintes

Mode III

K III 
 xz   sin
2r 2

K III 
 yz  cos
2r 2
Concept d’intensité des contraintes
description du champ des contraintes à l’extrémité d’une fissure a
l’aide du facteur d’intensité des contraintes
Remarque : Lorsque la structure fissurée est simultanément sollicitée dans les
trois modes, le principe de superposition en élasticité linéaire donne :

 ijtotal   ij( I )   ijII    ijIII 


Considérons dans un premier temps une structure sollicitée dans le mode I
seulement.
Lorsque θ = 0 , c’est à dire lorsqu’on se place dans le plan de la fissure, les
contraintes au voisinage immédiat et en aval de l’extrémité de la fissure sont
décrites par :

 xx   0   yy   0 
KI
2r
Concept d’intensité des contraintes
description du champ des déplacement s à l’extrémité d’une fissure a
l’aide du facteur d’intensité des contraintes

Mode I

KI r   2  
ux  cos( ) k  1  2 sin ( ) k  3  4
2 2 2  2 
KI r   2   3 
uy  sin( ) k  1  2 cos ( ) k
2 2 2  2  1
Concept d’intensité des contraintes
description du champ des déplacement s à l’extrémité d’une fissure a
l’aide du facteur d’intensité des contraintes

Mode II

K II r   2  
ux  sin( ) k  1  2 cos ( )
2 2 2  2 
k  3  4

uy 
K II r   2  
cos( ) k  1  2 sin ( )
3 
2 2 2  2 
k
1
Concept d’intensité des contraintes
description du champ des déplacement s à l’extrémité d’une fissure a
l’aide du facteur d’intensité des contraintes

Mode III

K III r  
uz  2 sin  
 2 2
Concept d’intensité des contraintes

Les évolutions caractéristiques de K IC , qui ont été obtenues à partir d’essais normalisés.

L’épaisseur influe sur l’état de contrainte.


Dans les éprouvettes d’essais de faible
épaisseur (plaques), chargées en mode I
dans leur plan, l’état de contraintes planes
est prédominant et la valeur critique du
FIC est élevée, notamment dans les
matériaux ductiles. Lorsque l’épaisseur
augmente, on observe une transition vers
un état de déformations planes, le FIC
critique diminue et n’évolue plus au-delà
d’une certaine épaisseur - c’est cette
valeur minimale stabilisée du KIC qui
définit la ténacité du matériau.
Calcul de la taille
de la zone plastifiée
au fond de la
fissure
Plasticité confinée (Correction de la zone plastique)

Quand un corps de matériau ductile fissuré est soumis à un chargement, la concentration de


contraintes en fond de fissure crée une plastification localisée, l'applicabilité des méthodes
de M. L.R dépend en premier lieu de la taille de cette zone plastique et exige que celle-ci
reste petite par rapport à la longueur de fissure et aux dimensions du corps ce qui assurera la
non perturbation de la distribution élastique des contraintes .
Plasticité confinée (Correction de la zone plastique)

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