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Définition du phénomène de Boil Over

Ce document définit et décrit le phénomène de boil over classique et boil over en couche mince pour différents hydrocarbures. Il explique les conditions nécessaires, la séquence d'événements et les conséquences de ces phénomènes.

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Définition du phénomène de Boil Over

Ce document définit et décrit le phénomène de boil over classique et boil over en couche mince pour différents hydrocarbures. Il explique les conditions nécessaires, la séquence d'événements et les conséquences de ces phénomènes.

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Le boil over « classique »

Définition du phénomène de boil over « classique »


« Le terme de boil over est attribué à un événement
survenant lors d’un incendie de certains hydrocarbures
contenus dans un réservoir à ciel ouvert. lorsqu’une
soudaine augmentation de l’intensité du feu [de réservoir]
est observée, accompagnée de l’expulsion de
l’hydrocarbure hors du réservoir, après une longue période
de combustion régulière [de l’hydrocarbure].
Le boil over a lieu lorsque les résidus de combustion, issus
de la surface en feu, deviennent plus denses que les
hydrocarbures non brûlés et sombrent formant une couche
chaude qui progresse vers le fond plus rapidement que la
régression de la surface de liquide.
Lorsque cette couche chaude, également appelée onde de
chaleur, atteint l’eau ou une émulsion d’eau dans
l’hydrocarbure située en fond de bac, l’eau est d’abord
surchauffée, puis portée à ébullition de façon quasi
explosive entraînant le débordement du bac. »
L’INERIS donne une autre définition s’ intéressant notamment aux
conséquences du phénomène.
«Un boil over est un phénomène de moussage brutal impliquant des
réservoirs atmosphériques et résultant de la transformation en vapeur,
d'eau liquide (fond d'eau, eau libre, émulsion) contenue dans un réservoir
en feu.

Ce phénomène est à l’origine de violentes projections de combustible, du


bouillonnement du contenu du bac, de l’extension des flammes et de la
formation d’une boule de feu.
Ce phénomène se caractérise notamment par la présence d’une onde de
chaleur dont le processus de formation est décrit sur la figure suivante.»
Le Boil Over

4 conditions :
• Surface du liquide du réservoir en feu

• Présence d’eau dans le réservoir

• Création d’une onde thermique se propageant vers le fond du bac

• Viscosité des hydrocarbures


Description du phénomène
(1/2)

Étape 1 Étape 2 Étape 3

Alimentation de Enfoncement dans le Augmentation de la


l’incendie par les réservoir d’une couche température de la
substances à bas chaude formée par les couche chaude
point d’ébullition substances à haut point
d’ébullition ne brûlant
pas
Description du phénomène
(2/2)

Étape 5
Étape 4

Expulsion des
hydrocarbures
Projection de
liquides enflammés
Contact entre la couche
chaude et l’eau
Ébullition rapide de l’eau
Conséquences d’un boil over

Phénomènes à quantifier dans un boil over Les phénomènes induits par un


boil-over sont donc les suivants :

Développement d’un volume de vapeur par effet piston,

Formation d’une boule de feu,

Débordement et épandage d’hydrocarbures en feu à l’extérieur de


la cuvette de rétention.
Plusieurs conditions sont nécessaires à l’occurrence d’un boil over.

Figure : Séquence accidentelle théorique


Tous les liquides inflammables caractérisés par une viscosité importante et une
certaine plage d’ébullition étaient considérés comme susceptibles de donner lieu à un
boil-over ( exemple le brut léger).

Certains produits ne pouvaient pas donner lieu à un boil-over classique, en revanche, ils
peuvent donner lieu à un autre phénomène dangereux dénommé « boil-over en couche
mince » en raison de la plus faible quantité de produit liquide mis en suspension.

pour les deux phénomènes dangereux que sont le boil-over classique et le boil-over en
couche mince, il est nécessaire d’avoir un bac en feu et également la présence d’eau en
fond de bac. Cela conduit à la mise en suspension du liquide inflammable, à savoir la
vaporisation brutale de l’eau.
Le boil-over en couche mince qui se caractérise par un phénomène éruptif
mais d’ampleur limitée. Il se distingue principalement du boil-over classique
par l’absence d’onde de chaleur dans le liquide avant le déclenchement du
boil-over.

Il est également essentiel de préciser que ce phénomène observable à petite


échelle n’a jamais été observé à l’échelle industrielle.
Définition et description du phénomène de boil over « en couche mince »

Comme indiqué dans les paragraphes précédents, il ne s’agit pas de boil


over au sens classique du terme puisque il n’y a pas d’onde de chaleur,
mais d’un phénomène lié à une vaporisation de l’eau contenue dans le bac
à la suite du contact d’une couche de produit à une température
supérieure à 100 °C.

Ce phénomène sera qualifié de phénomène éruptif en couche mince ou de


boil over « en couche mince » pour reprendre la terminologie utilisée dans
les publications scientifiques récentes : « thin- layer boil over ».
Ce phénomène « en couche mince » est dû à une « nucléation hétérogène
de l’eau à l’interface eau gazole » (Garo-1996).

Lorsque le front de flamme et la fine couche de produit, dont la


température est supérieure à 100°C, impacte le fond d’eau, des bulles de
vapeurs commencent à se former à l’interface gazole-eau. Ces bulles
grossissent et traversent la fine couche de produit jusqu’à la surface.
Une projection peut alors se former lorsque le nombre de bulles est si
important qu’elles ne peuvent être évacuées jusqu’à la surface.

Un volume plus important de vapeur est alors libéré et éjecté


subitement, entraînant des gouttelettes de produits en combustion et
une augmentation des flammes avec pour conséquences un
accroissement du flux thermique et des « projections de gouttelettes »
Il est important de noter que l’ampleur de ce phénomène dépend :

(1) de la viscosité du produit. Si le produit est peu visqueux, l’effet piston


est plus faible car la vapeur d’eau fragmente la couche
d’hydrocarbures liquide ;

(2) de l’épaisseur de la couche d’hydrocarbure liquide dont la température


est supérieure à 100°C, qui dépend des propriétés intrinsèques de
l’hydrocarbure.
Le facteur de propension de BOIL-OVER (PBO)

Michaelis & al. (1995) ont défini ce facteur de propension au boilover appelé PBO.
ΔTBUL : Plage d’ébullition de l’hydrocarbure au-delà de 393 K,
TEMPS D’APPARITION DU PHENOMENE

- L’analyse des accidents passés montre clairement que les délais d’apparition d’un tel
phénomène, observés jusqu’à aujourd’hui, sont au minimum de l’ordre de quatre heures
(cas de l’accident du Port Edouard Herriot à Lyon, le 02 juin 1987).

- Il est à noter que ce boilover concernait un bac de gazole de taille modeste (3 000 m3),
qui n’était rempli qu’au tiers.

Pour les autres accidents, les durées d’apparition sont nettement supérieures.
Les durées d’incendie avant le boilover étaient ainsi de l’ordre de :

 six heures après l’inflammation du bac pour le boilover survenu à TACOA au


Vénézuela, le 19 décembre 1982,
 six heures trente après l’inflammation du bac pour le boilover survenu à
YOKKAICHI au Japon, le 15 décembre 1955,

 douze heures quarante cinq et quinze heures vingt cinq après l’inflammation du bac
pour les deux boilover survenus à MILFORD HAVEN en Angleterre, le 30 août
1983,

 trente heures après inflammation du bac n°8, et cinq jours d’échauffement dû au


feu de cuvette pour les deux boilover (le premier impliquant du brut, l’autre
concernant du fuel oil) survenus à THESSALONIQUE en Grèce, le 24 février 1986.
CONDITIONS D’OCCURRENCE

De plus, pour qu’un tel phénomène se produise, si l’on considère que les bacs
susceptibles
d’être le siège d’un boilover sont tous de type à toit fixe ou flottant, il est nécessaire :
- que le réservoir perde son toit fixe ou flottant,
- que le contenu de ce réservoir soit en feu.

les conditions d’occurrence peuvent être différentes suivant le produit stocké dans
le bac. Il peut alors être fait la distinction entre les hydrocarbures du type gazole et Fuel
Oil
et ceux du type pétrole brut.
le brut léger : c’est un hydrocarbure pour lequel s’est formée une onde de
chaleur caractéristique du boil-over classique. En effet, les coupes plus
légères ont brûlé en premier laissant place à une épaisseur importante de
coupes lourdes toujours existantes à une température constante de 200 °C.

Il a été observé que, dans les


conditions expérimentales
appliquées, le phénomène
éruptif est relativement limité,
il est plus assimilable à un
débordement de liquide
enflammé sans projection.
Le boil-over couche mince a été uniquement observé sur trois produits :
Jet A-1, gazole et FOD.
Ces produits ont été retirés de la liste des produits susceptibles de donner
lieu à un boil-over classique.

Remarque:
FOD : Fuel Oil Domestique.
Jet A-1 : Le Jet A-1 est un carburant de type kérosène convenant à la
plupart des aéronefs à réacteurs.
3 l de Gazole et 20 cl d’eau

Ce phénomène de boule de feu a été observé lors


des essais sur le gazole et le FOD.
et plusieurs projections successives de liquide enflammé
Figure 11 : essai avec 3 litres de Jet A-1 et 25 cl d’eau

les tests réalisés sur le Jet A-1 n’ont pas donné lieu à la formation
d’une boule de feu mais à plusieurs projections successives de
liquide enflam- mé de moindre amplitude
Cas de l’Essence

Les 2 phénomènes dangereux ont également été écartés pour l’essence en


raison de sa trop faible viscosité.

La faible viscosité de l’essence facilite les mouvements de convection au


sein du liquide et donc favorise son homogénéisation en température.
On n’observe ni palier de température(Boil over classique) ,ni gradient de
température (Boil over couche mince).
Ceci implique un réchauffement plus rapide et plus homogène de l’essence.

Pour l’essence, aucune projection ni boule de feu n’ont été observées. L’eau a
ainsi tendance à passer au travers de l’essence en créant un nuage de vapeur
d’eau et ne donne donc pas lieu à un effet piston qui pourrait propulser
l’hydrocarbure.
les propriétés thermodynamiques des liquides inflammables permettant
de savoir si un produit va donner lieu à un des deux phénomènes (boil-
over classique ou boil-over couche mince):

♦ le liquide inflammable doit être plus léger que l’eau ;


♦ le liquide inflammable doit être plus visqueux que l’essence pour permettre
d’observer un effet piston ;

♦ un liquide pur, ne comportant qu’un seul produit c’est-à-dire se caractérisant


par une seule valeur de température d’ébullition, ne peut pas être le siège d’un
boil-over classique en revanche, il peut donner lieu à un boil-over en couche
mince ;

♦ un produit miscible avec l’eau ne peut donner lieu ni à un boil-over classique,


ni à un boil-over en couche mince.
Figure 1 : principe de combustion d’un liquide inflammable
Application au gazole, au FOD et au Jet A-1

ces produits ne peuvent pas donner lieu à un boil-over classique car il n’y a pas de
distillation du produit lors de sa combustion. De fait, il peut être considéré qu’un
phénomène de type boil-over en « couche mince » serait susceptible de survenir
avec ces produits.
les différentes étapes conduisant à un boil-over en couche mince

** une composition homogène du produit


tout au long de l’incendie.

** formation d’une zone où la température


est supérieure à 100°C d’épaisseur limitée.
** du au rayonnement des flammes sur la
surface du liquide, il y aura une
augmentation de température sans
modification de composition.

** Il n’y a pas de formation d’onde de


chaleur.

** La zone chaude (T>100°C) peu épaisse


progresse vers le fond du bac à mesure
que le produit se consume à la même
vitesse que la surface du liquide.

l’absence d’onde de chaleur


Une fois que tout le combustible située
en dessous de cette zone de
température supérieure à 100°C a été
consumée, il y a contact entre l’eau et
cette zone.
Le contact entre le combustible
chauffé à plus de 100°C et l’eau
provoque la vaporisation de cette
dernière.
Cette vaporisation brutale conduit à
une augmentation importante de
volume et joue le rôle de piston en
mettant en suspension le liquide
inflammable restant dans le bac.
l’absence d’onde de chaleur
Une partie du liquide déborde du bac et une
autre est mise en suspension en se
fragmentant en gouttes et en se vaporisant
en traversant les flammes pour former une
zone de combustion vive.

la présence de projections
Pour l’essence, aucune projection ni boule de feu n’ont été observées. L’eau a ainsi
tendance à passer au travers de l’essence en créant un nuage de vapeur d’eau et
ne donne donc pas lieu à un effet piston qui pourrait propulser l’hy- drocarbure.
L’origine de cette observation pourrait être due à la viscosité de l’essence qui est
de l’ordre de 0,37 cSt à 100 °C et donc insuffisante pour qu’un effet piston soit
observé.

Celle du JET A-1 est plus élevée (environ 0,73 cSt) ce qui permet de voir appa-
raître des projections enflammées mais pas de boule de feu. Seule une viscosité
plus importante telle que celle du gazole et du FOD (respectivement de 0,81 et 0,
92 cSt) permet un effet piston suffisant pour mettre en suspension la totalité du
liquide inflammable restant.
Conclusions

la présence d’une onde de chaleur conduit à considérer qu’un boil-over classique


est possible, les produits concernés sont des produits dont la plage d’ébullition est
suffisamment étendue et dont la viscosité est suffisante pour que l’effet piston
puisse être observé ;

l’absence d’onde de chaleur et la présence de projections conduit à retenir le boil-


over en couche mince. Les produits susceptibles de donner lieu à un boil-over en
couche mince sont le FOD, le gazole et le Jet A-1 ;

l’absence d’onde de chaleur et l’absence de projections conduisent à ne retenir


aucun des deux phénomènes de type boil-over. L’essence est un exemple de produit
ne produisant ni boil-over classique ni boil-over couche mince.
Les principales étapes de la modélisation pour déterminer les
caractéristiques du boil-over:

détermination de la quantité d’hydrocarbure participant à la formation de la


boule de feu,

estimation des caractéristiques de la boule de feu,

caractérisation des effets du rayonnement thermique de la boule de feu


sur une personne exposée et/ou l’environnement.
La vitesse de combustion de l’hydrocarbure (v1) est évaluée par une relation semi-
empirique (Burgess & al., 1961)

exprimé en m/s

ΔHc : chaleur de combustion de l’hydrocarbure (J/kg),


ρl(TM) : masse volumique de l’hydrocarbure à température TM (kg/m3),

LV : chaleur latente de vaporisation de l’hydrocarbure (J/kg)


Cp : capacité calorifique (J/kg.K),
TSER : température de service de l’hydrocarbure dans le réservoir (K),
TBUL : température d’ébullition de l’hydrocarbure (K).
TM = (TSER x TBUL)0,5
La vitesse de propagation de l’onde de chaleur (v2)

exprimé en m/s

HLIQ : hauteur d’hydrocarbure liquide contenu dans le bac au moment où l’incendie


se déclare (m),
tBO : temps de déclenchement du boil-over à partir du moment où l’incendie se
déclare (s).
Le temps de déclenchement du boil-over tBO est estimé à partir du transfert d’énergie

nécessaire à la quantité d’hydrocarbure pour ensuite vaporiser l’eau.

En effet, le boil-over se produit lorsque l’onde de chaleur atteint le fond d’eau, en

d’autres termes, lorsque la totalité de la quantité d’hydrocarbure contenue au-dessus


du fond d’eau aura été portée de la température TSER de service du bac à la
température de l’onde de chaleur TWAV.
le temps de déclenchement du boil- over tBO

ρl(TSER) : masse volumique de l’hydrocarbure à température TSER (kg/m3),


Cp(TSER) : capacité calorifique à température TSER (J/kg K),
Φ : fraction du flux radiatif de la flamme dans le feu de bac, qui réchauffe le contenu du
bac depuis la couche supérieure jusqu’au fond, prise égale à 60 kW/m2.

ainsi le temps de déclenchement du boil- over tBO ne depend ni de l’évolution


de la hauteur du liquide ni de celle de la température de l’onde de chaleur.
caractéristiques de la boule de feu

exprimée en K,

ε : coefficient d’émission (ε = 0,6 pour les flammes de gaz),


σ : constante de BOLTZMANN, soit 5,677.10-8 (W/m².K4),
TAMB : température ambiante (K).

Pour la valeur de l’émissivité ε de la flamme égale à 0,6, la température de flamme


TFLA sera de 1 443K.
masse de vapeur d’hydrocarbure:
Mvap = ρg(TFLA) LSI exprimée en kg,

où :
ρg(TFLA) = masse volumique des vapeurs d’hydrocarbure présent à TFLA, en kg/m3,
LSI : Limite Supérieure d’Inflammabilité (% vol.).

le volume VFB ‘ volume de la fraction brulée de la boule de feu:

en m3

Le rayon de la boule de feu, rFB, s’exprime donc par :

en m
La durée de vie de la boule de feu tFB

La durée de vie de la boule de feu tFB (en s) est estimée par la formule empirique de
HIGH (Bagster, 1989), à savoir :
Conclusion générale
En cas de feu de bac en présence d’un fond d’eau, 3 situations peuvent être
observées en fin de combustion :

le liquide n’est pas assez visqueux et aucune projection n’est observée.


C’est le cas de l’essence par exemple.

un boil-over dit en « couche mince » avec l’apparition d’un gradient


thermique sur seulement quelques centimètres d’hydrocarbure qui sont
susceptibles d’être mis en suspension. C’est ce qui a été observé avec le
gazole, le FOD et le JET-A1 exclusivement pour l’instant.

un boil-over dit « classique » est observé lorsque le produit est


suffisamment visqueux et qu’il est susceptible de former une onde de chaleur
à la suite de sa distillation en coupes légères et coupes lourdes. C’est ce qui
peut être observé avec le brut léger par exemple.
Kg/m3
Cp(T) :la chaleur spécifique de liquide en (Joule/Kg.K).

Pour une coupe pétrolière se calcule comme suivant :

Cp(T)= 1395.6*Dy*(1+0.17W)

Soit W facteur de WATSON :


W=(1.8*TBUL )1/3/DL
DL=DENSL(288)*10-3
DL=0.859

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