Élevage de cailles à Tizi-Ouzou
Élevage de cailles à Tizi-Ouzou
Ministè
Ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche Scientifique
Université Mouloud Mammeri de Tizi-
Tizi-Ouzou
Faculté des Sciences Biologiques
Biologiques et des
des Sciences Agronomiques
Agronomiques
Département des Sciences
Sciences Agronomiques
De fin d’études
En Vue de l’Obtention du Diplôme de Master en Sciences Agronomiques
Option : Ressources animales en zone de montagne
Thème
Filière caille dans la wilaya de Tizi-
Tizi-Ouzou :
aspects organisationnels
organisationnels et économiques
Devant le jury :
Président : Mr ALILI
ALILI N. Maîtr
Maître
tre-assistant A UMMTO
Promotrice : Melle BENATMANE F.
F. Maître de conférences UMMTO
Examinatrice : Melle BOUDI M.
M. Maître-
Maître-assistante A UMMTO
Fadila
Remerciements
Je remercie Dieu,
Dieu, Le Tout-
Tout-puissant et miséricordieux, de nous avoir
avoir donné la
santé et la volonté pour accomplir ce modeste travail.
Je remercie aussi :
Mr Alili
Alili N.
N., maître assistant « A » au département d’Agronomie d’UMMTO
pour m’avoir honoré en acceptant de présider le jury de ma soutenance.
Melle Boudi M.,
M., maître assistante « A » au département d’Agronomie
d’UMMTO d’avoir accepté d’examiner et de valoriser mon travail.
reproductrice…………………………………………………………………………………………………...12
Tableau 6 : Normes d’ambiance pour l’élevage de la caille reproductrice (0-6 semaines)…..13
Tableau 7 : Climat de la région de Tizi-Ouzou selon les saisons…………………………………..20
Tableau 8 : Répartition des éleveurs dans la wilaya de Tizi-Ouzou……………………………….23
Matériel et méthodes
Résultats et discussion
1. Place de l’élevage de la caille dans la willaya de Tizi-Ouzou .......................................................... 23
2. Situation sociale de l’éleveur............................................................................................................. 24
2.1. Age des éleveurs............................................................................................................................ 24
2.2. Sexe des éleveurs............................................................................................................................24
2.3. Niveau d’instruction des éleveurs ..................................................................................................25
[Link] de gestion ....................................................................................................................... 26
4. Objectifs de l’élevage .......................................................................................................... 26
5. Description des fermes ........................................................................................................ 27
5.1. Localisation des exploitations par rapport aux habitations .............................................. 27
5.2. Effectifs des exploitations ................................................................................................. 27
5.3. Mode d’élevage dans les exploitations.............................................................................. 28
6. Amont de la filière................................................................................................................ 29
6.1. Unités de fabrication d’aliment ........................................................................................ 29
6.2. Couvoirs ............................................................................................................................ 30
6.3. Conduite d’élevage ............................................................................................................ 30
7. Abattoirs …………………………………………………………………………………………………………………………….33
8. Commercialisation ............................................................................................................. 35
8.1. Nature de la clientèle ........................................................................................................ 35
8.1.1. Hôtels et restaurants ...................................................................................................... 35
8.1.2. Boucheries ..................................................................................................................... 35
8.2. Circuit de commercialisation ........................................................................................... 36
9. Aspects économiques de la production ................................................................................ 36
9.1. Coûts de production .......................................................................................................... 36
9.1.1. Coûts implicites .............................................................................................................. 36
8.1.2. Coûts explicites........................................................................................................... 36
9.2. Calcul des coûts de production ..................................................................................... 37
Conclusion ........................................................................................................................... 40
Références bibliographiques
Annexes
INTRODUCTION
La coturniculture est l’élevage de la caille. Il en existe plusieurs espéces dont la plus
répandue et domestiquée est la caille japonaise (Coturnix coturnix japonica). Elevée au siècle
passé comme animal d’ornement, elle a été transformée par les Japonais en une excellente
volaille pour sa production d’œufs et de viande (Lucotte, 1975). Ce petit animal peut produire
de 200 à 300 œufs par an (Douglas, 2012).
L’œuf de la caille est plus intéressant que celui de la poule sur le plan nutritionnel : il
est considéré comme un aliment diététique, pauvre en cholestérol et bien riche en vitamines et
protéines. Sa viande est peu calorique : 100 g de viande contient 160 calories (Morel, 2014).
Cette présente étude se veut être une contribution à mieux vulgariser cette production
auprès de la population et rendre compte de l’ensemble des contraintes auxquelles cette filière
fait face. A cet effet, un questionnaire a été élaboré afin de répondre à certaines questions
relatives à l’organisation générale de cet élevage et la commercialisation de ses produits.
Ce travail est présenté en deux parties : la première a porté sur une synthèse
bibliographique relative à l’élevage de la caille en générale et sur sa commercialisation.
Quant à la deuxième, qui est la partie pratique, elle porte sur le matériel et la méthode utilisés,
les résultats obtenus et la discussion au regard des données bibliographiques.
1
SYNTHÈSE
BIBLIOGRAPHIQUE
CHAPITRE I :
GÉNÉRALITÉS SUR LA
CAILLE
Chapitre I : Généralités sur l’élevage de la caille
La caille est le plus petit animal de l’ordre des Galliformes et de la famille des
Phasianidés (comme les faisans et les perdrix). Il existe 40 espèces dans le monde, classées en
deux catégories : la caille domestique et la caille sauvage. Seule la caille Japonaise (Coturnix
coturnix japonica) est domestiquée et élevée à travers le monde. Le Japon aurait commencé
l’élevage de la caille vers 1910. Les Japonais ont importé cet animal de Chine. Au début, ils
l’ont domestiqué comme oiseau chanteur dans la région de Yamashina.
Ce n’est que vers les années 80 que les cailles domestiques ont fait leur apparition en Afrique
subsaharienne (Bidima, 2010).
La caille sauvage vit dans des endroits variés comme les champs cultivés, les plaines
herbeuses, les zones buissonneuses… La reproduction a lieu au printemps ; le femelle pond
jusqu’à 14 œufs, elle les couve 16 a 21 jours. La caille sauvage se nourrie essentiellement de
grains, de larves de gastropodes et d’insectes (Djallali, 2003).
2
Chapitre I : Généralités sur l’élevage de la caille
lignes noires, très semblable au cailleteau sauvage. On le reconnaît facilement, car il est un
peu plus gros et il a des couleurs plus vive ; morphologiquement, il ressemble aux poussins de
pintades ou de faisons (Berrama, 2007).
Le genre Coturnix regroupe plusieurs espèces, qui peuvent être réparties en trois grands
ensembles selon leur origine, constituant respectivement les groupes d’Afrique, d’Asie,
d’Australie et de la Nouvelle Guinée (Menasse, 1986). Parmi ces espèces, on cite :
Appelée aussi caille commune, c’est la forme sauvage. Espèce protégée, répandue en
Europe, dans de vastes aires d’Asie du Nord et en Afrique du Nord. Lorsque le froid arrive,
elle migre jusqu’à l’Afrique centrale et méridionale et l’Asie méridionale. Elle apprécie les
milieux ouverts, champs, prés et friches. Elle peut faire 1 à 3 pontes d'environ 15 œufs par
année. Elle pèse entre 90 et 100 g seulement, a les yeux foncés, elle pond des œufs allongés
dont la couleur de fond est transparente sous un mire-œufs ; ils pèsent 9 à 10 g
(Berrama, 2007).
Dite aussi caille naine de Chine ; c’est l’espèce la plus petite de l’ordre des galliformes
répandue en Chine sud-orientale, en Inde et d’autres régions de l’Asie orientale
(Bernhard et Kuhne, 2007). Elle est facile à élever, mesurant seulement de 12 à 14 cm et
pesant 40 g environ. Elle est élevée uniquement comme oiseau d’ornement. Le mâle porte un
dessin noir et blanc bien marqué à la gorge, alors que la femelle a un plumage strié, de
couleur brun et blé. Il existe plusieurs variétés de couleurs : fauve, blanc, argenté, brun,
noir… (Mondry, 2016).
De par le monde, la caille est exploitée pour la production de viande et des œufs.
La Chine est le plus grand producteur de viande de la caille avec environ 80 millions de
cailles élevées exclusivement à cette fin ; elle produit environ 146 000 à 190 000 tonnes par
an. Vient ensuite l’Espagne avec une production de 3 900 tonnes.
En 2006, la France a produit environ 75 millions de cailles, cette production est répartie
sur plusieurs régions du pays mais environ un tiers provient du pays de la Loire. L’Italie
3
Chapitre I : Généralités sur l’élevage de la caille
produit 3 300 à 3 600 tonnes par an. Le Brésil, le premier producteur de poulet dans le monde,
a produit 1 200 tonnes de cailles en 2007, cette production croît chaque année avec 10%.
Enfin, l’Egypte fait l’abattage de 6 millions de cailles chaque année (Rogério, 2009).
En Algérie, la coturniculture est une activité assez récente. Ces dernières années,
l’élevage de la caille a connu un certain développement particulièrement dans certaines
régions du pays, notamment à Oran et en Kabylie. Ceci s’explique, entre autres, par une
demande croissante de ce type de viande de la part des clients fréquentant surtout les grands
hôtels et restaurants (Djallali, 2003). A Oran, la chair de caille fait désormais partie des plats
concoctés par les Oranais, habitués à consommer des produits carnés et du poulet. La
consommation de ce type de viande se répand particulièrement durant la période estivale
(Abbes, 2012). En Kabylie, plusieurs éleveurs dans différents communes se sont lancés dans
cette activité, comme le montre le tableau (1).
Bouzeguéne 10 000
Illoula 6 400
Mechtras 20 000
Irdjen 15 000
Ouagnoun 25 000
Selon les informations données par la Direction des services agricoles de Tizi-Ouzou
(2015), la production de la caille dans la wilaya augmente chaque année. Le tableau 2 indique
la production de la caille au niveau de la wilaya durant les 5 dernières années.
4
Chapitre I : Généralités sur l’élevage de la caille
Mise en place 112 250 339 400 342 525 419 800 466 300
Nombre 7 6 8 8 7
d’exploitations
5
CHAPITRE II
LA CAILLE JAPONAISE
Chapitre II : La caille japonaise
1. Classification
- Genre : Coturnix
La caille domestique (genre Coturnix) était classée comme une sous-espèce de la caille
européenne commune (Coturnix coturnix) avec un nom scientifique de Coturnix coturnix
japonica (Lucotte, 1975).
2. Morphologie
Le mâle adulte pèse environ 100-140 g tandis que la femelle est légèrement plus
lourde (120-160 g). Les femelles sont caractérisées par des plumes de couleur brun-roux clair
avec des taches noires sur la gorge et la poitrine supérieure.
Les mâles se reconnaissent par une couleur rouge brique très caractéristique répartie
uniformément sur les parties latérales de la tète (joues) et la poitrine. les adultes présentent un
bec noirâtre et brillant. Ils ont aussi un gland cloaque : une structure en forme de bulbe sur le
bord supérieur de l'évent qui sécrète une mousse blanche. Cette glande unique peut être
utilisée pour évaluer l’aptitude à la reproduction des mâles.
6
Chapitre II : La caille japonaise
3. Performances zootechniques
3.1. Précocité
La croissance des jeunes est très rapide chez cette espèce, puisque les animaux sont
matures sexuellement dès la sixième semaine de vie. Ce développement rapide induit un
temps de génération court (Davies, 2004).
La femelle peut pondre jusqu’à 300 œufs dans leur première année de vie, Au-delà, la
production tend à diminuer pour atteindre environ 150-175 œufs/an (Priti et al., 2014).
L’œuf de caille est de forme avoïde, son poids varie de 9 à 12 g pour une longueur de
l’ordre de 3 cm. La couleur et la forme des taches de la coquille sont variables d’une femelle à
une autre. La couleur varie entre le brun foncé, bleu, vert et blanc alors que les taches sont
d’une grandeur et de formes différentes, de couleur noire ou marron.
3.3. Prolificité
Coturnix coturnix japonica est une espèce très prolifique, le nombre de cailleteaux
obtenus varie entre 180 et 240 par femelle et par an (Lucotte, 1975).
3.4. Fertilité
D’après Woodard et al. (1973), la fertilité demeure à son optimum lors d’une présence
continue du mâle dans les cages des femelles. Cependant, lors d’un isolement des mâles dans
un accouplement massif, la fertilité ne persiste que 10 à 12 jours.
La proportion des œufs clairs est un paramètre très important à considérer, une
proportion de 5% chez la caille japonaise est une bonne performance (Lucotte, 1975).
7
Chapitre II : La caille japonaise
Selon Menasse (1986), la durée de l’incubation est d’environ 16 à 17 jours, mais il peut
y avoir des éclosions retardées de 1 à 2 jours. Les normes de température et d’hygrométrie à
respecter sont représentées dans le tableau (3).
Incubation 37,5 - 38 50 à 60
Eclosion 38 - 38,5 70 à 80
L’incubateur doit être réglé à 37,8 degrés Celsius au niveau des œufs, température
idéale pour la couvaison des œufs de cailles (Azeroul, 2006).
8
CHAPITRE III :
CONDUITE D’ÉLEVAGE DE
LA CAILLE
Chapitre III : Conduite d’élevage de la caille
1. Reproducteurs
Les femelles commencent à produire à l’âge de 5 semaines. Certains sujets
particulièrement précoces entrent en ponte dès leur trentième jour d’existence, mais ces
oiseaux n’ayant pas atteint une maturité suffisante, leurs œufs sont encore petits et très
souvent infertiles (Lucotte, 1975).
D’une manière générale, les œufs sont incubables dès la septième semaine. La période
de grande fertilité pour la femelle s’étend tout au long de la première année de ponte. La
maturité sexuelle des mâles est légèrement plus tardive que celle des femelles et il n’est
jamais raisonnable d’employer pour la reproduction des mâles âgés de moins de 8 semaines.
Le développement des organes sexuels chez le mâle, prêt pour la reproduction, fait apparaître
au dessus du cloaque, une petite poche rouge, très visible, grosse comme une noisette, qui
constitue une réserve de sperme. Les meilleurs mâles pour la reproduction sont ceux qui sont
âgés de quatre à cinq mois. Pour conserver une bonne fertilité des œufs à couver, il est
préférable de remplacer les reproducteurs chaque année (Meutchieye, 2009).
La préparation des futures reproductrices doit passer par une phase de démarrage (0-6
semaines). Pour arriver à ce stade, l’éleveur doit préparer une bonne poussinière qui répond
aux normes (Gavard, 2000).
Avant l’installation des cailleteaux, il convient de procéder à une bonne désinfection des
locaux d’élevage. Une fois cette opération effectuée, on épandra sur le sol une bonne litière de
10 cm d’épaisseur constituée de copeaux de bois ou de paille broyée. Pendant la première
semaine de vie, les cailleteaux ne doivent pas avoir accès à la totalité de la surface de la
poussinière. On utilise alors un cercle d’élevage confectionné généralement en isorel ou en
grillage à petites mailles carrées recouvert de brise-vent. Le matériel conçu pour cette phase
d’élevage est disposé autour de la source de chaleur (radiant). Les mangeoires et abreuvoirs
doivent être répartis sur toute la surface d’élevage, ce qui permettra une répartition homogène
des cailleteaux et une meilleure prise alimentaire. Le tableau (4) représente les normes
9
Chapitre III : Conduite d’élevage de la caille
10
Chapitre III : Conduite d’élevage de la caille
Les cages sont souvent construites avec plusieurs étages. Elles doivent être assez
aérées et installées dans des bâtiments permettant de protéger les cailles du soleil, de la pluie
et du vent. Le fond de la cage peut être en bois et recouvert de 5 cm de copeaux de bois, ou en
grillage à maille carrée de 1,5 cm. Le plancher est horizontal pour l’engraissement, mais avec
une pente légère de 5° pour les pondeuses afin de collecter facilement les œufs
(Djallali, 2003).
Les cages peuvent être construites aux mesures suivantes : 1 m de longueur x 0,5 m de
largeur x 0,5 m de hauteur ou 2 m x 0,5 m x 0,5 m. Dans les cages de 1 m x 0,5 m x 0,5 m, il
est possible de mettre un groupe de reproducteurs comportant 1 mâle et 5 femelles. Si le mâle
est trop actif, il est envisageable de le séparer des femelles en divisant la cage avec une
planche amovible que l’on retire de temps en temps. Alternativement, on peut y mettre
jusqu’à 40 cailles pondeuses ou 80 cailles pour le démarrage jusqu’à 4 semaines. Mais pour
permettre un élevage conforme à l’espèce, il serait préférable de n’y mettre que 20 sujets
adultes au plus.
Les mangeoires et les abreuvoirs peuvent être placés dans la cage ou être attachés à
l’extérieur pour plus de propreté et par économie d’espace (Mondry, 2016).
1.2. Alimentation
Dès que le cailleteau d’un jour est introduit dans le bâtiment, on distribuera le premier
jour une petite quantité finement broyé. Dès le deuxième jour, on donnera un aliment caille
démarrage ; à défaut, on peut utiliser l’aliment du poulet de chair, finement broyé pour éviter
le gaspillage par difficulté de préhension (Gavard, 2000).
Cet aliment est constitué principalement de céréales comme le maïs, le sorgho ou le mil.
Les cailles adultes mangent environ 14 à 18 g d’aliment par jour (jusqu’à 20-25 g/jour en
fonction du niveau de ponte et de la qualité nutritive de l’aliment). La nourriture doit toujours
être fraîche. Pour cela, il faut la stocker dans un container bien fermé dans un local sec et
froid, protégé des rongeurs, acariens et autres animaux nuisibles.
11
Chapitre III : Conduite d’élevage de la caille
d’augmenter cet apport à 3,5 % de calcium, quantité nécessaire pour pondre (Mondry, 2016).
Le tableau 5 indique les recommandations nutritionnelles pour la caille reproductrice.
Minéraux
Consommation 25 23 21
journalière
attendue à 23°C(g)
12
Chapitre III : Conduite d’élevage de la caille
Age 4 à 6 semaines
1.4. Reproduction
À l’instar des poules de ponte, les cailles pondeuses contemporaines issues d’un
processus de sélection pondent toute l’année. Toutefois, les pontes sont plus importantes entre
février et septembre. Le mâle et la femelle commencent à se reproduire vers la sixième
semaine, mais il est préférable d’attendre que le mâle et la femelle aient 8 semaines pour la
production d’œufs féconds. Âgé de 8 mois, la fécondité du mâle baisse considérablement. Il
faut donc le remplacer (Mondry, 2016).
13
Chapitre III : Conduite d’élevage de la caille
1.4.1. Incubation
Les œufs ramassés dans les cages des reproducteurs sont féconds à environ 80 %.
La caille domestique a perdu l'instinct de couver, et il faudra donc y remédier par deux
méthodes : la première consiste à couver les œufs de caille par un autre oiseau.
En raison, de la petitesse des œufs et de leur fragilité, on ne pourra pas employer de
volailles lourdes ni de trop grande taille, mais de petits sujets, comme les petites poules
Bantam ou américaines, voire des pigeons. Il est évident que ces animaux devront avoir
montré qu'ils sont disposés à couver.
Dans le cas des pigeons, il suffira de remplacer leurs œufs par ceux de la caille. Un
couple de pigeons peut couver au maximum 8 œufs. Pour les poules Bantam, celles qui
veulent couver se reconnaitront à ce qu’elles mangeront très peu, qu’elles ne s’éloigneront
pas du nid et qu’elles tiendront les ailes ouvertes et basses avec les plumes dressées. Une
poule peut couver de 20 à 30 œufs.
La deuxième méthode consiste à placer les œufs dans un incubateur. Ces œufs doivent
être conservés dans un endroit frais (15°C) avec un taux d’humidité de 60% dans l’air. Il ne
faut pas qu’ils soient trop secs: le blanc s’évapore en partie à travers la coquille. Ils seront
alors triés et traités : Les œufs trop petits, trop gros, trop pointus ou trop ronds seront
éliminés et vendus comme œufs frais. La température de l'incubateur doit être réglée sur
38,5°C. Les œufs sont retournés deux à trois fois sur 24 heures afin d’éviter que le jaune
adhère à la coquille. Il faut vérifier le niveau d'eau pour maintenir une humidité suffisante.
A partir du quatorzième jour, les œufs ne doivent plus être retournés et l’humidité doit
être augmentée. On peut les vaporiser d’eau à 38,5 °C. A partir de ce quatorzième jour, la
température va augmenter dans la couveuse (surtout le seizième jour) à cause de l’activité
dans l’œuf. L’incubation dure de 16 à 17 jours (Azeroul, 2006).
1.4.2. Mirage
Cette opération consiste à prendre les œufs un par un et à les examiner dans un local
complètement sombre, au moyen d’un petit appareil appelé mire-œufs. Les rayons lumineux
de la lampe traversent les œufs et en feront ressortir le contenu qui sera de couleur rougeâtre
ou rosé si le germe s'est développé. L’œuf restera d'apparence uniforme et claire s'il n'y a
pas eu de fécondation. La présence d'un cercle filiforme sanguin signifie la mort de
l'embryon. Il est évident que seuls seront conservés les œufs ayant eu une coloration rouge
ou rosée, tandis que les autres seront éliminés (Berrama, 2007).
14
Chapitre III : Conduite d’élevage de la caille
1.4.3. Éclosion
Au 15ème jour, les œufs devront être retirés du tiroir normal d'incubation et placés
dans le tiroir dit d'éclosion ; les œufs sont couchés et mis à plat dans les éclosoirs dans des
caisses prévues à cet effet. Les normes de température et d’humidité recommandées pour les
cailles sont de 37,5°C et 72 à 80 % respectivement (Azeroul, 2006). Il est évident que si on a
utilisé dès le premier jour un tiroir où les œufs sont couchés, il ne faudra rien déplacer.
Le matin du 16ème jour, il sera utile d'augmenter l'humidité dans l'incubateur pour y
atteindre 80-90 % en mettant un peu d'eau tiède ou des torchons mouillés. Pour sortir de
l’œuf, les cailleteaux picorent le gros bout sur toute la circonférence pour y faire une brèche,
2. Caille chair
A la naissance, les cailleteaux pèsent environ 6 grammes mais leur croissance est
extrêmement rapide durant les premiers jours de leur vie. Dés le troisième jour, on voit
apparaitre les premières plumes aux ailes. A trois semaines, les jeunes cailles sont entièrement
emplumées. On commence à pouvoir différencier les sexes à partir de l’âge de deux semaines
mais un sexage définitif ne peut guère avoir lieu avant la troisième semaine. L’élevage du
cailleteau chair peut se faire au sol comme en cage (Anonyme, 2007).
II arrive fréquemment que les jeunes cailles, en raison de leur petite taille et de leur
vivacité, se mouillent abondamment ou même se noient dans les abreuvoirs. Pour éviter des
incidents de ce genre, un système simple mais efficace consiste à placer au niveau de la
surface de l'eau, une bande de grillage qui empêche les jeunes oiseaux de tomber dans l'eau,
15
Chapitre III : Conduite d’élevage de la caille
tout en leur permettant de boire par les trous. Le grillage peut être retiré au bout d'une dizaine
de jours (Djerouni, 2008).
Certains éleveurs préfèrent diminuer la profondeur des abreuvoirs en plaçant des petits
cailloux de rivière dans le fond de l'assiette. Les jeunes cailles ne peuvent pas se nourrir
convenablement dans des mangeoires à poussins, elles grimpent dedans, souillent et gaspillent
l'aliment. Il existe, toutefois, un modèle de trémie métallique rectangulaire, double face,
pratique et peu encombrant dont les dimensions sont les suivantes : 0,30 m de long sur 0,105
m de large et 0,18 m de haut. Cette trémie peut contenir environ 2,5 kg d'aliment et convient
pour 50 à 60 cailleteaux (Anonyme, 2007).
Les cailles sont très précoces et croissent rapidement au point d’être adultes à 35
jours. Dans l’élevage pour la chair, il faut cependant compter 40 à 45 jours pour obtenir un
sujet prêt à la vente. Les femelles atteignent un poids supérieur à celui des males : le mâle
atteint le poids de la femelle une semaine après. L’engraissement se fait avec un aliment de
type démarrage jusqu’à 20 jours d’âge. Le passage à l’aliment d’engraissement est progressif
pour ne pas provoquer un arrêt de croissance en changeant l’aliment (Gavard, 2000).
Au 3éme jour à 40-43°C, on ouvre les carreaux pour aérer et ramener la température à
35°C environ. En une semaine et progressivement, il faut arriver à 33-35°C. Les besoins en
chaleur des cailleteaux diminuent, ils vont être placés alors dans des batteries verticales mises
en fonctionnement un jour avant (Djallali, 2003).
Les batteries d’engraissement n’ont pas de dispositifs de chaleur, il faut donc placer le
bâtiment à une ambiance de 18 à 22°C et ne surtout pas descendre au-dessous de 18°. Dans
ces batteries sont placés des cailleteaux âgés de 21 jours (début de la 4ème semaine), donc des
animaux ayant déjà leurs plumes. Ces batteries sont construites comme celles destinées à la
cuniculture, les déjections passent à travers le grillage et tombent sur une plaque en plastique
16
Chapitre III : Conduite d’élevage de la caille
2.2. Abattage
Une fois la caille atteint son âge adéquat à la consommation et le poids convenable, on
procédera à son abattage. Il existe plusieurs méthodes d’abattage : par étirage du cou, par
électrocution, par la saignée en coupant l’artère à l’aide d’un bistouri (Djallali, 2003).
La deuxième étape est l’échaudage : elle consiste à bouillir de l’eau jusqu'à une
température comprise entre 68-72°C, puis y immerger la caille pour que la base de toutes les
plumes soit bien imprégnée par la chaleur de l’eau. Le temps nécessaire pour l’opération est
de 30 secondes, puis on effectue la plumaison manuelle ou automatique par machine destinée
à cet effet.
L’opération suivante c’est l’éviscération, qui consiste à enlever tous les viscères
thoraciques et abdominaux de l’animal sauf les reins qui restent dans la carcasse
(Hammache et Mendjour, 2003). Ces carcasses sont égouttées environ une heure, puis
conditionnées dans des barquettes en polyéthylène.
3. Commercialisation
Les œufs de cailles sont très bons et appréciés par le consommateur, ils sont anti-
allergènes et peuvent aider dans la guérison de certaines maladies. Leur commercialisation ne
doit pas être négligée. Ils sont souvent commercialisés dans une boîte translucide de 18
œ[Link] cailleteaux âgés d’une journée ou une dizaine de jours sont vendus aux éleveurs
occasionnels, qui ne possèdent pas de couveuse. Les cailles âgées d’environ 6 semaines et
ayant atteint un poids approximatif de 160 grammes seront emballées dans des barquettes et
vendues soit en frais ou congelées (Djallali, 2003).La commercialisation de la caille se fait
selon déférents circuits (figure 1).
17
Chapitre III : Conduite d’élevage de la caille
Eleveurs
(producteurs)
Œufs à couver
Œufs de
consommation
Cailleteaux
Cailleteaux reproducteurs
chair
Grossistes
(Hypermarchés)
Détaillants
(vendeurs)
Caille adulte
Consommateurs
Abattoirs
Restaurants
Hôtels
de luxe
Consommateurs
Boucheries
Figure 1 : Les différents circuits de la commercialisation de la caille.
18
PARTIE PRATIQUE
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Chapitre IV Matériel et méthodes
La wilaya de Tizi-Ouzou est localisée sur le littoral centre algérien, présente un relief
montagneux fortement accidenté qui s’étale sur une superficie de 2 994 km². Elle comprend
une chaîne côtière composée des daïras de Tigzirt et Azzeffoun et un massif central situé entre
l’oued Sébaou et la dépression de Drâa El-Mizan et Ouadhias.
1.1. Climat
19
Chapitre IV Matériel et méthodes
zones intérieures car l’air marin se heurte au relief montagneux qui l’empêche de les atteindre,
alors que le climat est encore frais durant toute la période estivale dans le reste de l’étendue
kabyle. Le tableau 7 représente le climat de la wilaya de Tizi-Ouzou selon des différentes
saisons ainsi que la fourchette de la température de chaque saison.
L’hydrologie de la wilaya est dominée par l’oued Sébaou qui la traverse de l’Est à
l’Ouest. Il est de loin le plus important, et irrigue le couloir central : Azazga, Tizi-Ouzou,
Draa Ben Khedda et Tadmait. Le massif central, le Djurdjura et même la chaîne côtière sont
littéralement entaillés par des centaines de rivières à l’importance socio-économique évidente.
Les oueds qui existent au niveau de la wilaya sont au nombre de six :
- Oued Sébaou (le plus important), oued Boubhir, assif Ousserdoun, assif El Hammam, Oued
Aissi, oued Djemaâ.
2. Objectifs de l’étude
20
Chapitre IV Matériel et méthodes
3. Déroulement de l’enquête
Les enquêtes se sont déroulées sur le terrain durant la période allant de 30 mars au 20
août de l’année 2016 dans sept communes : Makouda, Irdjen, Ouagnoune, Mâchtras, Ait
Oumalou, Oued-Aissi et Tirmitine (figure 3) où sont localisés au total 30 éleveurs, deux
abattoirs et quatre couvoirs.
4. Méthodologie du travail
La méthode utilisée est celle de l’enquête. La démarche retenue pour cette étude
comporte les étapes suivantes :
21
Chapitre IV Matériel et méthodes
5. Elaboration du questionnaire
Les enquêtes reposent essentiellement sur un questionnaire établi d’une façon assez
large permettant le recueil d’un maximum d’informations sur les systèmes d’élevage dans la
région d’étude. Ce questionnaire est composé de plusieurs volets qui sont :
L’outil statistique utilisé dans l’analyse des données est Microsoft Excel version 2007.
22
RÉSULTATS ET DISCUSSION
Chapitre V Résultats et discussion
Les résultats de l'enquête montrent que l'activité cuturnicole dans la wilaya de Tizi-
Ouzou est relativement récente. En effet, elle a été introduite pour la première fois en 1993
par monsieur Belarbi, un éleveur de la région de Boghni, qui a commencé par un petit élevage
familial et qu’il a ensuite développé en un élevage rationnel dans le cadre d’un projet financé
par l’ANSEJ. La réussite de ce dernier a permis l’implantation de cet élevage dans l’ensemble
de la région de Boghni puis de toute la wilaya de Tizi-Ouzou.
Notre enquête nous a permis de recenser 30 éleveurs de caille qui sont répartis comme
indiqué dans le tableau 8.
La majorité de ces éleveurs ne déclarent pas leur activité aux services concernés par
crainte de son interdiction par les autorités, car ils ne respectent aucune réglementation
régissant le secteur et surtout pour ne pas devoir s’acquitter de certaines charges.
Nous avons aussi noté que cette activité est une activité secondaire pour la plupart
d’entre eux. L’élevage bovin, du poulet de chair, et le commerce restent leurs activités
principales.
23
Chapitre V Résultats et discussion
Les informations recueillies sur l’âge des éleveurs sont représentées dans la figure 4.
≤ 40 40-50 ≥ 50
17%
24%
59%
L'enquête a montré que 59% des éleveurs sont âgés de moins de 40 ans dont le plus
jeune à 28 ans, et que 24% d’entre eux sont âgés entre 40 et 50 ans et seulement 17%
dépassent les 50 ans.
2.2. Sexe
Les hommes, tous âges confondus, représentent 93.30% des éleveurs de la caille
contre 6,70% pour les femmes. Les résultats sont représentés dans la figure 5.
24
Chapitre V Résultats et discussion
100,00% 93,30%
90,00%
80,00%
70,00%
60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
10,00% 6,70%
0,00%
Femme Homme
Les résultats de notre enquête montrent que 66% des éleveurs enquêtés ont un niveau
d’instruction primaire, 30% pour le moyen, et seulement 4% pour le secondaire, le niveau
universitaire quant à lui, est nul. Ces résultats sont présentés dans la figure 6.
70% 66%
60%
50%
40%
30%
30%
20%
10%
4%
0%
0%
Primaire Moyen Secondaire Universitaire
25
Chapitre V Résultats et discussion
3. Mode de gestion
120%
100%
80%
60%
40%
20%
0%
Familiale Salariée
D’après la figure 7, nous constatons que le mode de gestion des élevages est à
prédominance familiale avec 96% au total. 80% des élevages sont gérés par une seule
personne et 16% sont à gestion familiale (soit l’homme, la femme ou les enfants selon la
disponibilité). Par contre, l’élevage à gestion salariale est de 4% uniquement, ceci est dû au
fait que la quasi-totalité des élevages sont de type traditionnel, ce qui ne justifie pas
l’engagement d’une main-d’œuvre salariée.
4. Objectifs de l’élevage
26
Chapitre V Résultats et discussion
120,00%
100,00%
96,70%
80,00%
60,00%
40,00%
20,00%
3,30%
0,00%
Œuf Viande
Cette partie nous a permis d’avoir une description des exploitations enquêtées.
Selon les résultats de notre enquête, deux cas de figures sont identifiés : sept
exploitations soit 23.33% sont localisées dans les habitations, le reste est implanté plus loin..
Les résultats sont consignés dans le tableau 9.
Nombre Pourcentage
Dans la maison 7 23,33%
Loin de l’habitation 23 76,66%
Total 30 100%
Source : Auteur, 2016.
Dans les élevages enquêtés, l’effectif total des sujets varient de 800 à 20 000 sujets.
La proportion de la classe de 800 à 1 000 sujets est de 16,66% ; celle de 2 000 à 9 000 sujets
est de 30% ; ces deux classes représentent les élevages typiquement familiaux qui se
pratiquent pour la plupart dans les maisons, enfin 53,33% sont supérieurs à 10 000 sujets. La
figure 9 représente ces résultats.
27
Chapitre V Résultats et discussion
60,00%
53,33%
50,00%
40,00%
30%
30,00%
20,00% 16,66%
10,00%
0,00%
800 à 1000 Sujets 2 000 à 9 000 Sujets ≥ 10 000 Sujets
Nous avons rencontré deux types d’élevage : au sol et en cage : l’élevage au sol
représente 96.7% de la totalité des élevages et 3.3% pour l’élevage en cage, qui est utilisé
pour l’élevage des pondeuses. Les résultats sont présentés dans la figure 10.
120,00%
96,70%
100,00%
80,00%
60,00%
40,00%
20,00%
3,30%
0,00%
En sol En cage
28
Chapitre V Résultats et discussion
6. Amont de la filière
L’enquête révèle aussi l’existence de deux éleveurs de caille qui produisent un aliment
spécial caille (engraissement et ponte). Ces deux unités de production sont mises en place par
ces coturniculteurs dans le but de répondre d’abord à leurs propres besoins en aliments et
ensuite vendre le surplus aux autres éleveurs.
L’aliment est fabriqué selon des formules spécifiques à chaque producteur, les
matières premières utilisées sont pour la plupart importées, cela explique le prix exorbitant de
l’aliment. Les matières premières utilisées dans la fabrication de cet aliment sont consignées
dans le tableau 11.
29
Chapitre V Résultats et discussion
6.2. Couvoirs
Les couvoirs jouent un rôle prépondérant dans la bonne marche de la filière puisqu’ils
assurent la fourniture du poussin d’un jour aux éleveurs. Selon les informations données par la
DSA de Tizi-Ouzou, il existe deux couvoirs pour la couvaison des œufs de la caille : Lallaoui
Mouloud, situé au village de Djebla commune Ouagnoune et Lazri Tarik situé au village de
Bouilef commune d’Irdjen. Ce sont les plus sollicités par les éleveurs et les plus réguliers
dans la fourniture de poussins aux éleveurs.
Notre essai dévoile la présence de deux couvoirs traditionnels dirigés par des anciens
éleveurs de la caille au niveau de la commune de Mechtras avec une capacité de 16 000 œufs.
Les poussins sont gardés sur place pour l’élevage mais également pour la vente.
Le couvoir Lallaoui est caractérisé par :
L’élevage des cailles chair se fait au sol dans la majorité des élevages enquêtés.
Les bâtiments de la caille sont pourvus intérieurement de bâches limitant les pertes de chaleur
(figure11). On tient les cailleteaux au démarrage dans des cercles fermés sur les côtés. Cet
enclos est chauffé par un radiant à gaz (figure12) où la température utilisée par les éleveurs ne
dépasse pas les 39°C pendant la première semaine. Cette dernière correspond aux
recommandations de Rizzoni et Lucchetti (1979) et aux normes d’élevage de la caille données
par l’ITELV (2003).
30
Chapitre V Résultats et discussion
Au-delà de cet âge, la température est ramenée à 33°C - 35°C jusqu’à l’âge de quatre
semaines, puis elle est maintenue à 25°C. Ces résultats correspondent aux normes d’élevage
utilisées au Brésil (Bertechini, 2012). Selon cet auteur, les poussins ont besoin d'un
environnement chaud à partir de 1-7 jours d'âge (38°), au cours des deux prochaines semaines,
34 et 28°C respectivement.
L’éclairage est continu jusqu'à l’âge de 25 jours, puis il est réduit à une durée de 18h.
On remarque que la majorité des éleveurs respectent les normes d’élevage quant à cet aspect.
La ventilation est naturelle, des fenêtres sont placées aux parties supérieures des murs,
la ventilation dynamique est effectuée dans quelques élevages par l’utilisation des extracteurs.
La litière est sous forme de paille ou de copeaux de bois. La majorité des éleveurs
préfèrent l’utilisation de ces derniers pour leur coût mais aussi pour leur pouvoir d’absorption
des déjections.
L’eau est distribuée dans des abreuvoirs linéaires mobiles pour les premières semaines
d’élevage, puis sont remplacés par des buvettes.
Pour l’alimentation, les éleveurs enquêtés utilisent des trémis. L’aliment utilisé est
propre à la caille selon les âges mais parfois, il est remplacé par celui de poulet de chair. Les
sujets futurs reproducteurs sont sélectionnés selon les critères suivants : vitalité, ponte
abondante, fertilité, plumage et morphologie.
Concernant l’élevage des reproducteurs, il se fait au sol dans 96,7% des élevages
enquêtés contre 3,3% pour l’élevage en cage (figure 13), cela est dû au manque de moyens
matériels et de connaissance des éleveurs.
La température dans les bâtiments des reproducteurs varie de 18 à 24°C ; l’éclairage est
de type continu (24h/24h) dans l’ensemble des élevages de reproducteurs enquêtés ; ces
chiffres sont supérieurs de 8h à ceux donnés par Djitie et al. (2010) pour des élevages menés
dans le département de Mfoundi région de centre-Cameroun, cela peut s’expliquer par les
conditions géo-climatiques des sites d’élevage. L’aliment utilisé est l’aliment caille ponte.
Les mesures prises pour la gestion de la reproduction (sex-ratio) sont de type 1/3 (1 mâle pour
3 femelles) et 2/5 (2 mâles pour 5 femelles), ces mesures sont recommandées par Lucotte
(1975).
L’âge de rentée en ponte est de 45 jours pour 60% des éleveurs enquêtés contre
seulement 40% à 65 jours ; la même tendance est trouvée par Djitie et al. (2010).
31
Chapitre V Résultats et discussion
32
Chapitre V Résultats et discussion
7. Abattoir
Ces abattoirs travaillent avec des éleveurs qui leur fournissent les cailles. La démarche
suivie est la même. Avant tout abattage d’un cheptel, l’éleveur doit avoir un certificat
d’orientation vers l’abattage, délivrée par un vétérinaire. A l’arrivée à l’abattoir, les animaux
sont installés sur une table pour se reposer une heure de temps.
La deuxième étape est l’échaudage : c’est l’opération qui consiste à plonger les cailles
dans de l’eau chaude pendant quelques minutes (-10 mn) afin de faciliter la plumaison.
La troisième étape est la plumaison : l’enlèvement des plumes avec une machine à
déplumer équipée de doigts en caoutchouc.
La quatrième étape est l’éviscération : elle s’effectue dans une autre salle où on enlève
tous les viscères (intestins, foie, cœur…). Les carcasses éviscérées sont transportées ensuite
dans la salle de ressuyage où elles sont suspendues dans des chariots pendant 45 minutes à
une température comprise entre 2 à 5°C à l’air frais ventilé.
Enfin, la dernière étape est celle de l’emballage et de l’étiquetage, qui consiste à mettre
les cailles dans des barquettes (6 à 10) plastifiées avec de la cellophane et identifiées par une
étiquette qui comporte : le nom de l’abattoir, la date d’abattage, la température de
conservation, le numéro d’agrément et l’adresse de l’abattoir.(Figure 14).
33
Chapitre V Résultats et discussion
congélation avec une température de -35°C pendant 4h de temps, puis les barquettes sont
orientées directement vers la chambre froide (-18°C) pour le stockage de longue durée (1 an).
34
Chapitre V Résultats et discussion
8. Commercialisation
Notre enquête a montré que 96% des éleveurs vendent leurs cailles aux abattoirs Lallaoui
et Lazri avec un prix qui varie de 50 à 52 DA /unité. Ces cailles vont être abattues et
emballées puis vendues pour les boucheries, les hôtels, les restaurants, les hypermarchés….
A 65DA/unité pour la caille fraîche et 72DA/unité pour la caille congelée destinée
généralement à la vente hors wilaya. Seuls 4% des éleveurs vendent leurs produits
directement aux consommateurs ou aux restaurants-bars à un prix qui varie de 50 à 60
DA/unité.
Parmi la clientèle directe de ces abattoirs, on trouve des restaurants et des hôtels sur la
wilaya de Tizi-Ouzou et hors wilaya. Les commandes en viande des cailles sont plus
importantes en période estivale avec la présence de touristes. Quelques éleveurs vendent leurs
produits directement aux hôtels et aux bars.
8.1.2. Boucheries
Les boucheries de la wilaya de Tizi-Ouzou et hors wilaya constituent aussi des clients
directs des abattoirs. Ces établissements de distribution d’aliments frais d’origine animale,
permettent également aux abattoirs d’écouler leurs produits.
On a constaté que la viande de la caille n’est pas toujours présente dans les étals des
boucheries, elle est présente juste chez une minorité entre eux, cela s’explique par la faible
demande, car la viande des cailles n’est pas intégrée dans le mode alimentaire des
consommateurs algériens (Benyoucef, 2014).
35
Chapitre V Résultats et discussion
Les coûts de productions sont constitués de l’ensemble des charges entrant dans le
processus de l’exploitation.
C’est l’ensemble des coûts des facteurs de production dont l’entreprise est propriétaire,
tels que les amortissements, la main-d’œuvre et le loyer. Dans la plupart des fermes
enquêtées, les bâtiments sont amortis depuis longtemps et la totalité des éleveurs sont
propriétaires.
9.1.2. Coûts explicites
Ce sont les coûts qui évoluent en fonction de la quantité produite, ils sont constitués de
l’ensemble des éléments qui entrent dans l’activité d’élevage, tels que le poussin, l’aliment,
les frais vétérinaires, la main-d’œuvre, l’eau et l’électricité, l’éclairage, le chauffage et enfin
la litière. Le tableau 12 représente quelques aspects économiques relatifs à l’élevage de la
caille.
36
Chapitre V Résultats et discussion
- Prix de l’aliment :
Chair 4 850 - 4 900 4 800DA/Quintal
Pondeuse 4 500 - 4 700 4 600DA/Quintal
- Coût chauffage
10 000 - 13 000 12 000DA
- Coût litière
1 000 - 1 500 1 000DA
- Frais de désinfection
2 000 - 4 000 3 000DA
- Eau et électricité
4 000 - 6 000 5 000DA
Pour cette étude, on a pris l’exemple d’un éleveur de caille chair ayant un effectif de
10 000 poussins. Les coûts de production dans un élevage de la caille sont en général les
charges fixes et variables. Le tableau 13 représente les différents coûts de production dans un
exemple d’élevage.
37
Chapitre V Résultats et discussion
Caille chair
Charges fixes
Nombre Prix unitaire Montant
Loyer de bâtiments 0 0 0
Mangeoires 3 700 DA 2100 DA
Autres charges 0 0 0
Total 2400 DA
Charges variables
Quantités Prix unitaire Montant %
Poussins 10000 poussins 15 DA 150000 DA 43.05
Aliment 35 Quintaux 4600 DA 161000 DA 46.21
Frais vétérinaires 2 700 DA 14000 DA 4.01
Main-d’œuvre 0 0 0 0
Chauffage 60 bouteilles de gaz 200 DA 12000 DA 3.44
Litière 2 1000 DA 2000 DA 0.57
Coûts totaux 348 400 DA 100
Le tableau 13 montre que l’aliment est le premier poste de la ferme, suivi par le poussin
en deuxième lieu. Au niveau de cet élevage, la main-d’œuvre salariale est nulle car c’est un
élevage familial, avec un effectif faible qui est dirigé par une seule personne.
Les coûts de chauffages sont remarquables avec 12 000 DA pour 30 jours d’élevage,
cela signifie que l’éleveur fait vraiment attention aux conditions d’ambiance de son élevage.
Les frais liés aux soins vétérinaires ne sont pas élevés car la caille est connue par sa
rusticité. Le coût de production d’un seul sujet est de 35.5 DA et Le prix de vente de la caille
adulte est de 50 DA par sujet.
A signaler que le taux de mortalité enregistré dans cet élevage est acceptable, car sur les
10 000 sujets de départ, l’éleveur n’a enregistré que la perte de 200 cailleteaux (10 000 à 9800
sujets). Le prix de vente de toutes les cailles est de 490 000 DA alors que les coûts de
productions sont estimés à 348 400 DA.
38
Chapitre V Résultats et discussion
39
CONCLUSION
L’élevage de la caille est une activité économique assez récente au niveau de cette
wilaya. La filière caille engage un nombre important d’acteurs qui jouent chacun de son côté
un rôle prépondérant pour la bonne marche de la filière. Leurs activités sont complètement et
interdépendantes, car chacun d’eux occupe un maillon extrêmement important dans la chaîne
de production.
Au terme de ce travail, nous peuvent retenir quelques éléments quant à la filière caille
au niveau de Tizi-Ouzou : La coturniculture est pratiquée en majorité par les personnes âgées
de 28 à 40 ans et que 93,30% d’entre elles sont des hommes avec un niveau d’instruction
assez limité : primaire et moyen en majorité. Le mode de gestion de l’élevage est familial et
pour la quasi-totalité des élevages il est de type traditionnel.
Les couvoirs les plus connus sont de nombre de deux, ils fournissent le poussin pour les
éleveurs régulièrement et deux autres couvoirs traditionnels qui sont moins sollicités qui
couvent les œufs pour couvrir leur propre élevage.
La conduite d’élevage des cailles est médiocre, l’hygiène n’est pas respectée dans la
majorité des élevages. Les performances de production sont légèrement en dessous des
normes recommandées. Ces faibles performances sont essentiellement liées à des problèmes
d’ordre technique et alimentaire.
L’abattage de la caille s’effectue dans les deux abattoirs de la wilaya ; en générale les
conditions d’abattage sont respectées et répondent aux normes.
Sur le plan économique, l’élevage de la caille présente un intérêt réel : une bonne marge
bénéficiaire peut être atteinte avec des investissements réduits.
37
La filière caille est jeune et connaît encore de nombreux problèmes dans sa gestion.
Mais malgré ces contraintes, les éleveurs restent ambitieux et projettent d’accroître leur
expérience et de sensibiliser les populations quant à l’intérêt des produits de cet élevage.
Les actions d’amélioration de ce secteur devraient nécessairement envisager l’organisation de
la filière, la formation des éleveurs pour améliorer les performances techniques en vue de
varier et accroître les sources d’approvisionnement en cailleteaux, la sensibilisation des
populations sur la valeur nutritive des produits de cet élevage et sur l’importance des produits
pour la santé humaine et des recherches scientifiques en vue de maitriser sa production.
38
RÉFÉRENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
Les références bibliographiques
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[Link]. Consulté le 02/04/2016.
8. Bernhardt F. et Kuhne A., 2007. Les espèces, leur élevage et leur utilisation, pp : 36-
65. In Caille et colins. Editions Eugen Ulmer.
10. Djallali M., 2003. La coturniculture. Mémoire de master, ENSV (ex-ENV), El-
Harrach, 80p.
11. Djerouni S., 2008. Suivi d’un élevage de la caille japonaise au centre cynégétique de
Zéralda. Mémoire de master, ENSV (ex-ENV), El-Harrach, 80p.
12. Djitie F., Kana R., Katchouang N., Meuchieye F. et Teguia A., 2010.
Caractéristique de l’élevage de la caille dans le département du Mfoundi. Thèse
doctorat, Université de Dschang, Cameroun. 110p.
15. Gavard N., 2000. Conduite d’élevage pp : 10-28. In élevage du gibier à plume.
Editions Gaillard.
16. Hammache L. et Mendjour N., 2003. L’abattage et les motifs de saisie au niveau
d’un abattoir de volailles. Mémoire de master, ENSV (ex-ENV), El-Harrach, 70p.
20. Menasse V., 1986. In Djallali M., 2003. La coturniculture. Mémoire de Master,
ENSV (ex-ENV), El-Harrach, 80p.
22. Mondry R., 2016. L’élevage de la caille en zone tropicale. In http:// [Link].
Consulté le 15/04/2016.
23. Priti M. et Satish S., 2014. Quail farming. Life Sciences, 2(2) ,190-193.
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utilisation de la caille domestique. Editions De vecchi.
27. Rogério G., 2009. Quail meat-an undiscovered alternative. World Poultry, 33(2), 15-
20.
28. Sauveur B., 1988. Alimentation des volailles, pp : [Link] L’alimentation des
animaux monogastrique porc, lapin, volailles. Editions la maison rustique.
30. Woodard A., 1973. In Djerouni S., 2008. Suivi d’un élevage de caille japonaise au
centre cynégetique de Zéralda. Mémoire de master, ENSV (ex-ENV), El-Harrach,
88pp.
31. Bertechini A., 2012. The quail production. XXIV World’s Poultry Congress, Brazil,
5-9 août 2012.
ANNEXES
République Algérienne Démocratique et Populaire
Ministre de l’Enseignement Supérieur et de Recherche Scientifique
Université Mouloud Mammeri Tizi-Ouzou
Faculté des Sciences Biologique et Agronomiques
Département des Sciences Agronomiques
Questionnaire
Le présent questionnaire est établi dans le cadre d’une enquête sur l’élevage de la
caille dans la région de Tizi-Ouzou. Cette enquête est initiée dans le cadre d’un mémoire de
master en productions animales.
Questions :
I. Identification de l’éleveur
1. Daïra :………………………….
2. Commune :……………………………….
3. Age :………………………
4. Sexe :
Homme Femme
5. Niveau d’instruction
Primaire Moyen Secondaire Universitaire
6. Mode de gestion
• Familial Salarié
II. Identification de l’exploitation
1. Localisation des exploitations
• Dans les habitations Loin des habitations
2. Objectif de l’élevage
3. Œuf Viande
4. Effectif de l’exploitation :……………………………….
5. Origine des cailleteaux :……………………………………..
6. Le prix des cailleteaux à l’achat :………………………………….
7. Mode d’élevage
• Au sol En batterie
8. Type d’élevage
• Traditionnel moderne
9. Type de bâtiment
• Traditionnel moderne
10. Type d’abreuvoir
• Automatique Manuel
11. Type de mangeoires
• Automatique Manuel
12. Quel type d’aliment donnez-vous aux animaux ?………………………
13. Quelle est sa provenance ?…………………….
14. Le prix de l’aliment ?………………………
15. La température dans le bâtiment
• Démarrage………. Croissance……… Finition …….
16. L’humidité
• Démarrage…………. Croissance……… Finition…………
17. Type de litière
• Paille Copeaux de bois
18. Gestion de la production
• 1/1 1/3 2 /5
19. L’âge à la ponte :………………………………..
III. Identification du couvoir
1. Commune :………………………..
2. Capacité du couvoir :…………………………
3. Localisation du couvoir :…………………………..
4. La température d’incubation :…………………………
5. L’humidité dans l’incubateur :………………………….
6. Durée d’incubation :………………………..
7. Retournement des œufs
• Automatique Manuel
IV. Identification de l’abattoir
1. Commune :………………………….
2. Localisation de l’abattoir :……………….
3. La signée
• Manuellement Automatiquement
4. Est-ce qu’un contrôle sanitaire est effectué au moment de l’abattage ?
• Oui Non
5. La conservation
• Frais Congelée
6. Les températures de congélation :…………………
7. Le prix de vente :……………………………..
8. Qui sont vos principaux clients
• Boucherie Hypermarché Restaurant et hôtel
V. Aspects économiques
1. Les charges fixes
• Location………………………..
• Entretien du bâtiment………………………
2. Les charges variables
• Aliments :…………………
• Main-d’œuvre :…………………….
• Prix de la litière:…………………………
• Frais vétérinaires :………………………..
• Frais eau et électricité :………………………..
• Frais de gestion (lampe, gasoil) :……………………
• Frais des médicaments : ……………………………
• Frais de désinfection :…………………………….
3. Commercialisation
• La viande des cailles est –elle appréciée par les consommateurs ?…………….
• Se trouve-t-elle dans toutes les boucheries ?……………
• La commercialisation des cailles se fait par :
Les conditions optimales d'incubation pour les œufs de caille incluent une température de 37,5 à 38°C et une humidité de 50 à 60% . Pour l'éclosion, les normes recommandent une température légèrement plus élevée, entre 38 et 38,5°C, avec une humidité entre 70 et 80% pour favoriser le bon développement des embryons et assurer leur viabilité à l'éclosion .
La gestion familiale influence l'efficacité de la production de cailles chair, car elle manque souvent de ressources professionnelles et techniques nécessaires pour optimiser la productivité . Cette gestion repose principalement sur une seule personne dans 80% des cas, limitant la capacité de suivi rigoureux et précis des conditions d'élevage . Bien que la réduction des coûts salariaux soit un avantage, ces économies peuvent être annulées par une faible productivité due aux inefficacités de gestion .
La structure sociale des éleveurs, majoritairement composés d'hommes jeunes (93,30% de moins de 40 ans) avec un faible niveau d'instruction (essentiellement primaire), implique une gestion traditionnelle et familiale des exploitations . Cette dynamique rend l'adoption de techniques d'élevage modernes difficile, affectant ainsi l'efficacité et la productivité. Le manque de formation et l'absence de déclaration officielle de l'activité par crainte de régulation complexifient encore la situation sociale et économique de ce secteur .
L'hygiène est souvent négligée dans l'élevage de caille à Tizi-Ouzou en raison de la prédominance d'un mode de gestion familial, où les ressources et connaissances techniques peuvent être limitées . Les conséquences de cette négligence incluent des performances de production inférieures aux normes recommandées, en raison de problèmes techniques et alimentaires . De plus, le manque d'hygiène peut conduire à une augmentation des maladies, influençant négativement la fertilité et la viabilité des sujets .
L'implantation des bâtiments loin des habitations, pratiquée par 77% des élevages , peut complexifier la gestion logistique essentielle au bon fonctionnement de l'élevage, comme l'approvisionnement en eau et nourriture . Bien que cela permette de minimiser les nuisances sonores et olfactives pour les zones résidentielles, cela pourrait nécessiter des ressources supplémentaires telles que plus de personnel ou des systèmes de transport pour assurer de bonnes conditions de santé et de productivité .
Les petits éleveurs de caille doivent surmonter plusieurs défis, tels que la gestion de l'hygiène et des conditions environnementales, souvent négligées dans un contexte familial . La dépendance d'une infrastructure inadéquate, due à une implantation éloignée et l'absence de déclaration officielle, expose l'activité à des risques de régulations imprévues . De plus, le manque de formation et l'augmentation des coûts d'élevage sans des marges de profit suffisantes complètent ces défis, nécessitant une amélioration dans la gestion des ressources et conditions de production .
L'élevage de caille au sol implique l'utilisation de litières épaisses de paille ou de sciure, avec des conditions d'ambiance contrôlées mais sans dispositif de chaleur spécifique . Les cailles ont un espace de mouvement limité par un cercle d'élevage afin de les empêcher d'accéder à toute la surface disponible . En revanche, l'élevage en cage, notamment pour démarrage, utilise des batteries chaudes où la température est minutieusement contrôlée, initialement entre 40 et 43°C, réduite ensuite progressivement . Les cages sont équipées de mangeoires et abreuvoirs, le contrôle de la température et de l'air est crucial, et l'engraissage se fait avec des aliments spécifiques .
Le changement climatique pourrait intensifier les défis de l'élevage de caille à Tizi-Ouzou en modifiant les conditions climatiques locales, ce qui affecterait la régulation de la température et l'humidité dans les bâtiments d'élevage . Des variations accrues de température pourraient nécessiter des ajustements plus fréquents et coûteux des dispositifs de contrôle de l'environnement, augmentant par conséquent les coûts d'exploitation . De plus, un climat plus irrégulier pourrait compromettre les approvisionnements en ressources locales comme l'eau, exacerbant les conditions de stress pour les cailles et influençant négativement leur productivité .
La proportion des œufs clairs est un indicateur de fertilité pour la caille japonaise, avec une proportion acceptable étant environ 5% . Une proportion plus élevée signale une fertilité faible, entraînant une baisse du nombre de cailleteaux viables et donc un impact direct sur la rentabilité de l'élevage. Les producteurs doivent donc assurer des conditions optimales d'accouplement et un taux de remplacement approprié des reproducteurs pour maintenir cette proportion à un niveau conforme .
La rentabilité de l'élevage de caille est influencée par les coûts d'élevage, tels que le chauffage, l'alimentation, et les faibles coûts vétérinaires en raison de la rusticité des cailles . Le prix de vente moyen d'une caille adulte est de 50 DA, alors que le coût de production associé est de 35,5 DA, laissant une marge bénéficiaire . Cependant, des coûts imprévus ou une mauvaise gestion des conditions d'élevage peuvent réduire cette rentabilité. La proximité avec les marchés et la conformité avec les normes sanitaires durant l'abattage sont également des facteurs critiques .