Republique du Sénégal
Un Peuple Un But Une Foi
UFR DES SCIENCES JURIDIQUES ET POLITIQUE
SECTION SCIENCES JURIDIQUES
LICENCE 3
TPE DROIT CAMBIAIRE
Pr. BOYE
Présentés par :
Khoudia Momar Madiao DIAO P28 843
Aminata DIEYE P28 658
Marie Cécile DIEDHIOU P27 1526
ANNEE UNIVERSITAIRE 2020/2021
I- La méconnaissance de la crypto monnaie ou monnaie virtuelle dans l'espace UEMOA
A Une méconnaissance relative au non fiabilité de la monnaie virtuelle
B- Une méconnaissance juridique de la crypto monnaie ou monnaie virtuelle: l’effet
relatif à la non fiabilité de la monnaie virtuelle
II- La possible régularisation de la crypto ou monnaie virtuelle dans l’espace UEMOA
A- Une possible mise en place d'un cadre juridique adapté à la crypto monnaie ou
monnaie virtuelle dans l’espace UEMOA
B- Une tendance au renforcement d'un dispositif sécuritaire à la cryptomonnaie ou
monnaie virtuelle dans l’espace UEMOA.
Introduction
De tout temps, le rapport vital entre les hommes a été facilité via divers échanges leur
permettant de survivre. Du troc, quiest un échange direct de biens ou services non retranscrit
par une opération monétaire, à l’utilisation de moyens de paiement comme la monnaie,
l’homme accusa une évolution notoire dans l’économie. C’est de là, que découle les
différentes types de monnaies dont on connaît, aujourd’hui, l’existence. En effet, celles-ci
sont la monnaie métallique, qui est constituée de pièces métalliques étant émises par le trésor
public et mise en circulation par la banque ; la monnaie papier,constituée par des billets de
banque et celle scripturale qui est une « monnaie d’écriture » correspond aux avoir bancaires.
Notons également la monnaie électronique, qui à confusion est souvent catégorisée dans le
sphère des nouvelles formes de monnaies, cependant la doctrine la classe comme un nouveau
mode de paiement. Elle est une monnaie numérique stockée,légalement, sur des mémoires
électroniques de façon indépendante d’un compte bancaire. À l’énumération de toutes ces
dites monnaies, s’ajoute l’existence de la monnaie virtuelle qui d’ailleurs nous
concerne, spécifiquement, dans le cadre de notre travail.
En effet, la monnaie virtuelle ou dite la cryptomonnaie est une unité de compte n’ayant pas de
statut légal et d’émetteur, en sus, elle est émise par un système. Elle est une nouvelle forme
de monnaie. Dit autrement, c’est une monnaie circulant par internet, stockée sur la puce d’une
carte de paiement ou enregistrée sur un ordinateur ou téléphone portable.
Ainsi, c’est dans ce cadre que s’inscrit notre sujet qui tend à analyser cette monnaie
susnommé et ceci dans l’espace UEMOA.
En effet, c’est par rapport à sa spécificité la démarquant des autres monnaies que son étude
aura tout son importance. Surtout, dans l’espace UEMOA où le législateur assez perplexe
quant à sa consécration et sa circulation dans ledit espace.
C’est dans ce sens, qu’il sied de se poser la question suivante : quelle analyse juridique peut-
on faire de la cryptomonnaie ou monnaie virtuelle dans l’espace UEMOA ?
Pour répondre à la question ci-dessus ,il urgerait de voir qu’elle est la vision d’ensemble que
le législateur ou que l’organisation inter-étatique lui consacre.
Dès lors, pour une plus ample compréhension de notre sujet, nous verrons en premier lieu la
méconnaissance de la cryptomonnaie ou monnaie virtuelle dans l’espace UEMOA et nous
aborderons en second lieu la possible régularisation de la cryptomonnaie ou monnaie virtuelle
dans l’espace UEMOA.
I- La méconnaissance de la cryptomonnie dans l'espace uemoa
La méconnaissance par l’UEMOA de la cryptomonnaie ou monnaie virtuelle se manifeste une
méconnaissance du à sa non fiabilité caractères (A) et par une méconnaissance juridique qui
en découle (B).
A Une méconnaissance relative au non fiabilité de la monnaie virtuelle
Les crypto-monnaies présentent la faille congénitale de n’être adossées à aucune institution de
type banque centrale qui puisse en garantir la valeur et la convertibilité. Et la forte volatilité
de leurs cours, à l’image du Bitcoin, constitue un risque majeur pour les économies, de
l’UEMOA.
La monnaie virtuelle est un actif virtuel stocké sur un support électronique permettant à une
communauté d’utilisateurs l’acceptant en paiement, de réaliser des transactions sans avoir à
recourir à la monnaie légale. Il est créé au sein d’une communauté d’internautes, également
appelés mineurs, qui ont installé sur leurs unités informatiques connectées à internet un
logiciel libre qui va créer, selon un algorithme, la monnaie virtuelle qui sont ensuite alloués à
chaque mineur en récompense de sa participation au fonctionnement du système.
Une fois créés, les monnaies sont stockés dans un coffre-fort électronique enregistré sur
l’ordinateur, la tablette ou le portable de l’utilisateur, voire à distance. Il est ensuite possible
de les transférer via internet et de façon anonyme entre les membres de la communauté en cas
de paiement non autorisé. En conséquence, il n’offre aucune garantie de sécurité, de
convertibilité et de valeur, contrairement à la monnaie ayant cours légal.
Son existence suscite donc beaucoup d’agitation surtout au sein l’Union Économique et
Monétaire Ouest-Africaine.
Une chose qui rend la cryptomonnaie différente de la monnaie normale que vous connaissez est qu'il
n'existe pas de banque centrale ou d'administration unique la réglementant. Et c'est là que réside le
gros problème ou l'attrait de la monnaie virtuelle.
c’est pour ces manques de garanties et de fiabilité l’UEMOA campe sur sa décision de ne pas
légaliser la monnaie virtuelle et d’interdire son usage dans l’[Link] que certains pays
comme l'Amérique ont adopté une position positive sur l'utilisation de la cryptomonnaie
comme le Bitcoin pour les transactions, d'autres sont toujours sur la sellette ou l'ont interdit à
juste titre !
Depuis 2017, par exemple, la Banque centrale du Nigeria interdit aux banques de détenir,
d'échanger ou d'utiliser la cryptomonnaie pour les transactions.
Leur dernier rappel a déclenché un tollé et a suscité de nombreuses réactions.
Mais attention, le Nigéria n'est pas le seul pays à avoir un problème avec la cryptomonnaie.
La Chine, Taiwan, l'Iran, même le Canada et d'autres pays ont imposé des restrictions sur
l'utilisation de la cryptomonnaie pour les transactions.
En fait, en Chine, la cryptomonnaie est complètement interdite ! Les banques ne sont pas
autorisées à traiter ou à effectuer des transactions avec.
Certains experts pensent que, puisque les transactions avec la cryptomonnaie sont largement
non réglementées, anonymes et intraçables, elle est devenue une sorte d'aide pour des choses
comme le blanchiment d'argent, le terrorisme, les activités criminelles, pour acheter des armes
légères, des armes et même pour échapper à l'impôt.
Les autorités L’UEMOA estiment en outre que les crypto-monnaies soulèvent des questions
de transparence. A ce propos, si les transactions réalisées en crypto-monnaies sont
enregistrées dans un registre public favorisant ainsi leur traçabilité, la capacité
d'anonymisation offerte dans le cadre de ces transactions (par le cryptage des identités des
bénéficiaires et des donneurs d'ordre) peut favoriser le développement d'activités illicites
(blanchiment d'argent, financement du terrorisme...). En effet, lesdites transactions ne
permettent pas de répondre aux obligations en matière de connaissance du donneur d'ordre
et du bénéficiaire.
Eu égard à tous ces doutes l’UEMOA reste prudent à ne pas reconnaître la cryptomonnaie
comme monnaie légale.
B- Une méconnaissance juridique de la cryptomonnaie ou monnaie virtuelle: l’effet
relatif à la non fiabilité de la monnaie virtuelle
Si la définition de la cryptomonnaie est aisée au plan technique, en revanche du point de vue
juridique, elle ne l’est pas. En effet, la cryptomonnaie n’est pas juridiquement reconnu comme
monnaie ayant cours légal, ni comme moyen de paiement valable dans l’espace UEMOA.
Ainsi les banques centrales du monde entier cherchent les moyens de maîtriser ces crypto-
monnaies mais leurs tentatives ne font pas encore l’unanimité. Leur régulation préoccupe les
autorités monétaires de l’´espace UEMOA. Et la monnaie virtuelle la plus populaire reste le
Bitcoin mais n’est toujours pas accepté juridiquement par aucun État.
Ainsi l’émergence du Bitcoin fondée sur des protocoles cryptographiques suscite des
interrogations quant à son statut de monnaie au sens classique du terme. Certains, comme le
gouverneur de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), monsieur
Tiemoko Meyliet Koné semblent avoir pris position en annonçant que le Bitcoin et les crypto-
monnaies ne sont pas les bienvenus au sein de l’espace UEMOA. Pour lui : « une monnaie a
obligatoirement, à un moment, une contrepartie et, cette contrepartie, ll y a quelqu’un qui la
garantit. Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas quelque chose de contrôlable et nous ne pouvons
donc pas le conseiller à nos populations. ».
Par contre dans l’espace OEMOA la monnaie électronique est admise et reconnue
juridiquement, tandis que ce n’est pas le cas de la cryptomonnaie. Cette dernière ne répond
pas non plus à la définition de « monnaie électronique », dans la mesure où il n’est pas émis
contre remise de fonds. En effet, contrairement à la monnaie électronique, la monnaie
virtuelle n’est pas assorti d’une garantie légale de remboursement à tout moment et à la valeur
nominale
Dans un récent rapport de ‘´La Afrique Tribuné’´ en date de novembre 2021 aucun pays
africain ne reconnaît aux crypto-monnaies le statut de monnaie légale.
En effet à l'instar de la plupart des pays dans le monde, les pays africains semblent
unanimes pour dire que les crypto-monnaies ne sont pas des monnaies légales. A l'appui de
cette position, les autorités africaines avancent que ces actifs numériques: ne sont pas émis
par leur soin ou par une banque centrale ; ne bénéficient pas de leur garantie et n'ont de ce
fait, pas de valeur ; n'ont pas de pouvoir libératoire universel.
En outre, les autorités de régulation considèrent que malgré leur potentiel en termes
d'innovation, les crypto-monnaies font peser des risques sur l'intégrité des systèmes
monétaires et financiers ainsi que sur les consommateurs et les investisseurs. En effet,
lesdites autorités considèrent que les crypto-monnaies mettent en jeu des acteurs non régulés
qui, en toute liberté, sont à l'origine de la conception des monnaies virtuelles sur la base
d'un protocole informatique reposant sur une blockchain, une technologie cryptographique
et décentralisée.
Cependant nous assistons a une absence de cadre réglementaire dédié aux crypto-monnaies.
Et malgré l'appel de certaines autorités en Afrique du Sud, au Malawi, en Ouganda ou
encore en Tunisie à réglementer le secteur et les usages des crypto-monnaies, aucune
évolution notable ne semble se dessiner dans ce sens pour l'instant. Cette situation est
source de confusion dans différents pays ou espaces sous régionaux. C'est le cas notamment
dans les États membres de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale
(CEMAC), dans ceux de l'Union Économique et Monétaire Ouest africaine (UEMOA), en
Tunisie ou encore au Zimbabwe. La situation au sein de l'UEMOA en date du 18 mars 2021
l’union, a assimilé les offres de placement et d'investissement en lien avec les crypto-
monnaies à des opérations relevant de l'appel public à l'épargne admettant ainsi
implicitement l'usage des crypto-monnaies au sein de l'UEMOA. Reste à connaître la
position sur ce point du régulateur bancaire, la Banque Centrale des États de l'Afrique de
l'Ouest (BCEAO).
En définitive, face aux incertitudes que soulèvent les crypto-monnaies et en particulier dans
un contexte d'absence de cadre réglementaire dédié à celles-ci, les positions des autorités
africaines, certes légitimes, sont appelées à évoluer. Lesdites positions relèvent toutes de
stratégies dont les conséquences peuvent être positives pour les unes et négatives pour les
autres. En tout état de cause, la maîtrise des enjeux plus spécifiques aux crypto-monnaies et
à la blockchain en général requiert des États africains une ouverture aux nouveaux usages
qui s'imposent malgré tout, avec l'adhésion de plus en plus marquée des populations, dans
un contexte transnational. Ceux-ci gagneraient à adopter des approches réglementaires et
régulatrices qui iraient au-delà d'une focalisation sur la dimension spéculative des crypto-
monnaies pour se saisir de nombreuses autres opportunités qu'offrent ces actifs numériques,
en particulier dans les contextes socio-économiques africains.
II- La possible régularisation de la crypto ou monnaie virtuelle dans l’espace UEMOA
La régulation de la cryptomonnie ou la monnaie virtuelle est une démarche de conciliation
d’intérêts et de principes qui peuvent être divergents voire contradictoires. Une démarche à la
fois de prévention et de correction de déséquilibres. Pour ce faire il faut mettre en place un
cadre juridique adapté (A) tout en renforçant le dispositif sécuritaire de ces dernières (B)
A- Une possible mise en place d'un cadre juridique adapté à la crypto monnaie ou
monnaie virtuelle dans l’espace UEMOA
La mise en place un cadre juridique adapté des cryptomonnies ou la monnaie virtuelle
suppose de définir les conditions et modalités d’exercice de cette nouvelle économie
potentiel de développement qui en résulte. Ainsi de par sa nature et son essence, les
cryptomonnies s’oppose à toute idée de ré[Link] elles s’autorégulent grâce aux
nœuds du réseau sans qu’un tiers de confiance n’intervienne. Le principe est donc de
transférer la confiance des utilisateurs du système de paiement bancaire centralisé, sur un
système de paiement électronique décentralisé. La question qui se pose est alors de
savoir s’il est possible de réguler un système qui par son essence et son
fonctionnement s’oppose à tout contrô[Link] réponse est [Link] effet, mettre en
place un cadre juridique adapté peut s’avérer a priori difficile, mais pas impossible. Le
régulateur de l’Union peut s’inspirer du décret 05_2015 du 21 mai 2015 régissant des
émetteurs de monnaie électronique dans les États membres de l'Union Monétaire Ouest
Africaine (UMOA) pour mettre en place le cadre juridique des cryptomonnies ou la
monnaie virtuelle A l’image de ladite instruction, l’Union pourrait admettre sur son
territoire l’éclosion d’ établissement des cryptomonnaies. Ces établissements seraient
constitués de toute personne morale, autre que les banques, les établissements financiers
de paiement et les systèmes financiers décentralisés, habilitée à émettre la crypto-monnaie
et dont les activités se limitent à l’émission et la distribution de la crypto-monnaie.
B- Une tendance au renforcement d'un dispositif sécuritaire à la cryptomonnaie ou
monnaie virtuelle dans l’espace UEMOA.
Par son caractère anonyme, la cryptomonnie ou monnaie virtuelle peut favoriser le
financement du terrorisme et d’activités criminelles ainsi que le contournement des règles
relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux. En effet, les transactions réalisées en
crypto-monnaies sont enregistrées dans un registre public, ce qui favorise leur traçabilité. En
revanche, la capacité d'anonymisation offerte dans le cadre de ces transactions peut favoriser
le développement d'activités illicites à savoir le blanchiment de capitaux, le financement du
terrorisme etc. Car cela ne permet pas de répondre aux obligations en matière de connaissance
du donneur d'ordre et du bénéficiaire.
De ce fait le dispositif sécuritaire doit être renforcé aux fins de l’application des
recommandations du Groupe d’action financière révisées. Selon la recommandation relative
aux nouvelles technologies, du GAFI, les pays devraient considérer les actifs virtuels en tant
que «biens», «produits», «fonds», «fonds et autres biens» ou autres « valeurs
correspondantes». Par ailleurs, selon cette recommandation, les pays et les institutions
financières devraient être obligés d’identifier et d’évaluer les risques de blanchiment de
capitaux ou de financement du terrorisme pouvant résulter du développement de nouveaux
produits et de nouvelles pratiques commerciales, y compris les nouveaux mécanismes de
distribution, et d’utilisation de technologies nouvelles ou en développement en lien avec de
nouveaux produits ou des produits préexistants. Aussi, conformément à la recommandation du
GAFI, les pays devraient : identifier et évaluer les risques de blanchiment de capitaux et de
financement du terrorisme découlant des activités liées aux actifs virtuels et des activités ou
opérations des Prestataires ; sur la base de la compréhension de leurs risques, appliquer
une approche fondée sur les risques afin de s'assurer que les mesures visant à prévenir
ou à atténuer le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sont à la
mesure des risques identifiés,en d'autres termes l'uemoa doit assurer la traçabilité de la
cryptomonnie ou la monnaie virtuelle qui se traduit par son rattachement à une banque ou une
institution financiè[Link] est tout à fait évidemment qu’un renforcement du d ispositif de la
crypto-monnaie s’impose. Nous pensons que les autorités de l’Union en sont conscientes
mais leur réaction tarde à se manifester.