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Conjoncture économique en octobre 2021

Ce document résume la situation économique mondiale et nationale. Au niveau international, le FMI a révisé à la baisse ses prévisions de croissance mondiale tout en maintenant celles de 2022. La plupart des pays industrialisés ont connu une baisse du chômage. Les prix des matières premières ont diminué sauf ceux de l'énergie. Concernant la Tunisie, la reprise économique reste lente après une forte contraction en 2020.

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Conjoncture économique en octobre 2021

Ce document résume la situation économique mondiale et nationale. Au niveau international, le FMI a révisé à la baisse ses prévisions de croissance mondiale tout en maintenant celles de 2022. La plupart des pays industrialisés ont connu une baisse du chômage. Les prix des matières premières ont diminué sauf ceux de l'énergie. Concernant la Tunisie, la reprise économique reste lente après une forte contraction en 2020.

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Périodique de Conjoncture

N°133 – Octobre 2021


Environnement international

- Révision à la baisse, par le FMI, des prévisions de la croissance économique mondiale


pour l’année 2021 et maintien de celles relatives à l’année 2022.
- Baisse des taux de chômage dans la plupart des pays industrialisés en septembre 2021.
- Baisse des prix internationaux des produits de base, à l'exception de ceux de l’énergie,
en septembre 2021, et hausse de l’inflation dans la majorité des économies avancées.
- Maintien des orientations expansionnistes des politiques monétaires adoptées par les
principales Banques Centrales.
- Dépréciation de l’euro vis-à-vis du dollar en octobre 2021.

Conjoncture nationale

- Reprise lente de la croissance économique après une forte contraction en 2020.


- Hausse attendue de la récolte d’huile d’olive et des dattes au cours de la campagne
2021-2022.
- Amélioration des indicateurs du tourisme notamment, les recettes touristiques et les
nuitées globales contre une poursuite de la baisse des entrées des touristes étrangers
au cours des neuf premiers mois de l’année 2021.
- Accroissement de l’inflation au cours du mois de septembre 2021.
- Affermissement des besoins des banques en liquidité au cours du troisième trimestre de
2021.
- Quasi-stagnation de l’indice boursier dans un contexte marqué par une forte
consolidation des émissions des titres de l’Etat et un recul des transactions.
- Repli du déficit courant et nette contraction des entrées nettes de capitaux extérieurs au
cours des neuf premiers mois de 2021.
- Appréciation du dinar face à l’euro et dépréciation vis-à-vis du dollar durant les neuf
premiers mois de 2021.

Ce document est téléchargeable à partir du site Internet


de la Banque Centrale de Tunisie, chapitre Publications,
à l’adresse http : //[Link]
Banque Centrale de Tunisie

1. Environnement International
Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales, publié en octobre
2021, le Fonds Monétaire International (FMI) a révisé à la baisse ses prévisions de
croissance économique mondiale à 5,9% en 2021 contre 6% annoncé au mois de juillet
2021. Cette légère révision à la baisse reflète la détérioration des perspectives de
croissance des pays avancées, tandis que celles des pays émergents et en
développement connaitront une certaine amélioration suite à la forte reprise attendue
dans les pays exportateurs de matières premières.
S’agissant de l’année 2022, le FMI a maintenu ses prévisions inchangées à 4,9%, avec
néanmoins une certaine amélioration pour les pays avancés (4,5% contre 4,4%) et une
légère détérioration pour les pays émergents et en développement (5,1% contre 5,2%).
Faut-il encore signaler que les écarts entre les reprises attendues dans les différents groupes
de pays se sont creusés reflétant, ainsi, l’ampleur des mesures de soutien économique prises
et attendues dans le futur par certains pays avancés, les facteurs structurels tels que la
dépendance à l’égard du tourisme ainsi que la facilité d’accès aux vaccins.
En ce qui concerne les pays avancés, le FMI prévoit un taux de croissance de l’ordre de 5,2%
en 2021 contre 5,6% selon les prévisions du mois de juillet dernier. Cette baisse s’explique,
principalement, par des problèmes d'approvisionnement dans certains pays avancés.
S’agissant des Etats-Unis, l’activité économique devrait connaitre une reprise de 6% en
2021 contre des estimations antérieures de 7%. Cette révision à la baisse est attribuable,
en partie, à la perturbation des chaines d'approvisionnement ainsi que le ralentissement
de la consommation au troisième trimestre de l’année en cours.
Concernant la Zone Euro, le PIB devrait rebondir, en terme constant, de 5% en 2021
contre 4,6% prévu en juillet. Cette évolution concerne, notamment, les grandes
économies de la région, en particulier, la France (6,3%), l’Italie (5,8%), l’Allemagne
(3,1%) et l’Espagne (5,7%).
Pour sa part, l’activité économique au Japon devrait accroître de 2,4% contre des
prévisions initiales de 2,8%. Ceci s’explique, principalement, par le resserrement des
mesures de restrictions, entre juillet et septembre 2021, dans le but de freiner la
propagation de la pandémie du Covid-19.
En revanche, le FMI a révisé à la hausse de 0,1 point de pourcentage ses prévisions de
croissances pour les pays émergents et en développement, pour atteindre 6,4%
contre 6,3% prévue en juillet. Cette évolution est attribuable à l'amélioration des
perspectives de certains pays exportateurs de produits de base, ainsi que l’accroissement
de la demande intérieure à un rythme plus fort que prévu dans d’autres pays.
Tableau 1.1 : Evolution de la croissance économique (En %)
Actualisations du mois Actualisations du mois
Année Année de juillet 2021 d’octobre 2021
Régions
2019 2020
2021 2022 2021 2022
Monde 2,8 -3,1 6,0 4,9 5,9 4,9
Pays développés 1,6 -4,5 5,6 4,4 5,2 4,5
Etats-Unis 2,2 -3,4 7,0 4,9 6,0 5,2
Zone Euro 1,3 -6,3 4,6 4,3 5,0 4,3
Japon 0,3 -4,6 2,8 3,0 2,4 3,2
Pays émergents 3,7 -2,1 6,3 5,2 6,4 5,1
Chine 6,0 2,3 8,1 5,7 8,0 5,6
Inde 4,0 -7,3 9,5 8,5 9,5 8,5
Brésil 1,4 -4,1 5,3 1,9 5,2 1,5
Russie 2,0 -3,0 4,4 3,1 4,7 2,9
Afrique du Sud 0,2 -6,4 4,0 2,2 5,0 2,2
Source : Perspectives économiques mondiales du FMI (juillet et octobre 2021)
Périodique de conjoncture
N°133 – Septembre 2021

S’agissant de la situation de l’emploi, les taux de chômage ont connu, dans la majorité
des pays industrialisés, une certaine baisse tout en restant à des niveaux relativement
élevés. En effet, aux Etats-Unis, le taux de chômage s’est inscrit en baisse en septembre
2021, pour revenir à 4,8% contre 5,2% le mois précédent. Dans la Zone Euro, ce taux a
suivi la même trajectoire, pour s’établir à 7,4%, contre 7,5% enregistré en août 2021 et
8,6% en septembre 2020. En revanche, le taux chômage au Japon s’est maintenu à
2,8% pour le deuxième mois consécutif.
Quant aux marchés internationaux de produits de base, les indices des prix des
principaux groupes de produits ont connu, au cours du mois de septembre 2021 et
comparativement au mois précédent, une baisse à l’exception de celui de l’énergie, qui
s’est inscrit en hausse de 10,8%. En effet, la diminution a concerné les prix des produits
alimentaires (-1,5%) en relation avec le fléchissement des prix des céréales, les prix des
métaux (-1,9%) suite au repli des prix du minerai de fer et du plomb, ainsi que les prix
des engrais chimiques (-1%).
Pour sa part, le cours du baril de Brent s’est inscrit en hausse de 7,5 %, en octobre
2021, pour s’échanger à 84,4 dollars contre 78,5 dollars un mois plus tôt. Dans ce
contexte, les pays membre de l’OPEP+ ont décidé, lors de la réunion qui s’est tenue le
4 octobre 2021, de maintenir leur plan d’ajustement à la hausse de la production globale
mensuelle de 400 milles barils par jour pour le mois de novembre 2021.
Concernant l’évolution des prix à la consommation, les taux d’inflation, dans la
plupart des pays industrialisés, se sont inscrit en hausse suite à la flambée des prix de
l’énergie. En effet, les prix à la consommation aux Etats-Unis ont atteint 5,4% en
septembre 2021 contre 5,3% un mois plus tôt. De même dans la Zone Euro, le taux
d’inflation s’est inscrit en hausse, passant à 3,4% contre 3% le mois précédent. En
revanche, au Japon, ce taux s’est maintenu, pour le onzième mois consécutif, dans un
terrain négatif, soit -0,4% en août 2021contre -0,3% en juillet.

Graphique 1.1 : Evolution de l’inflation


(En glissement annuel et en %)
6,0
5,4
5,0

4,0
3,4
3,0

2,0

1,0

0,0

-1,0
décembre

décembre

décembre

décembre
mars

mars
mars
avril

mars
avril

avril

avril

mars
avril
janvier

juillet

juillet

novembre

juillet

novembre

juillet

juillet
août

novembre
janvier

août

janvier

janvier
septembre

septembre
octobre

mai

août
septembre

août

novembre
janvier

août
février

mai
juin

février

mai
juin

octobre

juin

octobre

septembre
octobre

septembre
février

février

mai
juin

février

mai
juin

2017 2018 2019 2020 2021

Etats-Unis Zone Euro

Du coté des politiques monétaires, la Réserve fédérale américaine (FED) a décidé,


lors de sa réunion tenue le 22 septembre 2021, de maintenir ses taux d’intérêt inchangés
dans une fourchette de 0% et 0,25%, et de poursuivre son programme d’achat d’urgence
des titres du Trésor et de titres hypothécaires à hauteur de 80 milliards de dollars et
40 milliards de dollars, respectivement, jusqu'à ce que les objectifs d’emploi et de
Banque Centrale de Tunisie

stabilité des prix soient atteints. Cependant, la FED a mis l’accent sur la possibilité de
procéder à un processus de réduction progressive du rythme des achats d'actifs si les
progrès vers ses objectifs se poursuivent globalement comme prévu.
Pour sa part, la Banque Centrale Européenne (BCE) a décidé, lors de sa réunion du
9 septembre 2021, de maintenir son taux directeur inchangé à 0% et de poursuivre ses
achats d'actifs dans le cadre du programme d’achats d’urgence face à la pandémie
(PEPP) dont l’enveloppe totale est de 1.850 milliards d’euros, et ce au moins jusqu’à fin
mars 2022.
Sur les marchés financiers internationaux, les principaux indices boursiers ont suivi
une tendance haussière, au cours du mois d’octobre 2021 et par rapport à fin septembre,
à l’exception de l’indice japonais Nikkei qui s’est contracté de 1,9%. En effet, les indices
américains Dow Jones et de Nasdaq ont enregistré une hausse de 5,8% et 7,3%,
respectivement, stimulés par la hausse des dépenses de consommation des ménages
ainsi que l’amélioration de l'indice de confiance des consommateurs. De même pour
l’indice français CAC 40, qui s’est accru de 4,8%, tiré par les bons résultats économiques
dans la Zone Euro.
Pour leur part, les marchés des changes internationaux ont été marqués, au terme
du mois d’octobre 2021, par une dépréciation de l’euro vis-à-vis du dollar. Ainsi, la parité
EUR/USD a clôturé le mois d’octobre à 1,1560 contre 1,1582 un mois plus tôt.

Graphique 1.2 : Evolution des taux de change


(Moyennes mensuelles)

125 1,50
120 1,45
115 113,165 1,40
110 1,35
105 1,30
100 1,25
95 1,20
90 1,15
85 1,1600 1,10
80 1,05
75 1,00
Juin
Juin

Juin

Juin

Avril
Juin
Janvier
Avril

Octobre
Novembre
Janvier
Avril

Octobre
Novembre
Janvier
Avril

Octobre
Novembre
Janvier
Avril

Octobre
Novembre
Janvier

Octobre
Mai

Décembre

Mai

Décembre

Mai

Décembre

Mai

Décembre

Mai
Mars

Septembre

Mars

Septembre

Mars

Septembre

Mars

Septembre

Mars

Septembre
Février

Août
Juillet

Février

Juillet

Février
Août

Juillet

Février

Février
Août

Juillet
Août

Juillet
Août

2017 2018 2019 2020 2021

USD/JPY (Axe de G.) EUR/USD (Axe de D.)


Périodique de conjoncture
N°133 – Septembre 2021

2. Conjoncture Nationale
Activité économique : Reprise lente de la croissance économique après une
forte contraction en 2020

Le produit intérieur brut (PIB) a enregistré, une hausse de 16,2%, en glissement


annuel et en termes réels, au cours du deuxième trimestre 2021, contre -1,7% au
trimestre précédent et -19,8 % au deuxième trimestre de 2020, en raison surtout de
l’effet de base induit par la chute de l’activité économique durant la même période de
l’année précédente. Ces résultats soulignent également le redressement relatif de
certains secteurs, notamment les industries manufacturières exportatrices, en relation
avec la poursuite de l’amélioration de la demande émanant de la Zone Euro, outre la
reprise significative de la production des hydrocarbures due à la contribution des champs
« Nawara » et « Halk Menzel » et du rétablissement progressif du secteur du phosphate.
En revanche, certains secteurs continuent de subir les effets de la crise sanitaire du
COVID-19, en particulier celui des services.

2.1. Agriculture et pêche


Les travaux préparatifs pour la campagne céréalière 2021-2022 ont démarré avec
des superficies programmées de l’ordre de 1.253 mille hectares dont 71 mille hectares en
irrigué, soit environ les mêmes superficies que la campagne précédente.
S’agissant du secteur de l’arboriculture, les prévisions initiales pour la nouvelle
campagne tablent sur une récolte d’olives à huile de près de 1,2 mille tonnes, soit
l’équivalent de 240 mille tonnes d’huile d’olive, niveau en forte hausse par rapport à la
campagne précédente (140 mille tonnes) ayant permis d’exporter environ 312 mille
tonnes d’huile d’olive pour une valeur de plus de 1.880 MDT.
En ce qui concerne la production des dattes, elle est estimée à 370 mille tonnes pour la
compagne actuelle contre 345 mille au cours de la saison écoulée.
Pour ce qui est de la balance alimentaire, son déficit s’est creusé de 185%, au cours
des neuf premiers mois de l’année 2021, passant à 1.556,3 MDT contre 546,4 MDT une
année auparavant. Ceci s’explique par la contraction des exportations (-13, 3% contre
+16,2%), en relation avec la baisse des exportations d’huile d’olive (-31,2%), contre une
hausse des importations (+12,3% contre -1,9%) suite à l’accroissement du rythme des
importations des céréales (+18,3%). Ainsi, le taux de couverture s’est détérioré de
19,9 points de pourcentage pour s’établir à 67,2%. Il est à signaler que ce déficit
représente 13% de celui de la balance commerciale globale.

2.2. Activité Industrielle


Les échanges commerciaux du secteur industriel avec l’extérieur se sont
caractérisés par la hausse des exportations, au cours des neuf premiers mois de l’année
2021, touchant la majorité des secteurs à l’exception du secteur agro-alimentaire
(-11,2% contre +14,2% un an plus tôt). Cette amélioration a concerné les exportations
des industries manufacturières, notamment celles du textile, habillement et cuirs
(+15,2% contre -18,1%) et des industries mécaniques et électriques (+30% contre
-20,1%), ainsi que celles des mines, phosphates et dérivés (57,7% contre -16,5%).
Parallèlement à la reprise de l’activité industrielle, les importations des matières
premières et demi-produits et des biens d’équipement ont affiché, au cours de la même
période, une hausse de 32,2% et de 17,8%, respectivement, contre -19,9% et -25,8%
une année auparavant.
Banque Centrale de Tunisie

Concernant le secteur énergétique et du fait de la forte augmentation des exportations


(+35,6% à fin septembre 2021 contre -28,4% un an plus tôt) à un rythme plus accéléré
que celui des importations (+4,8% contre -33,7%), le déficit de la balance énergétique a
baissé, passant à 3.332 MDT contre 3.633 MDT en 2020. Par conséquent, le taux de
couverture des importations par les exportations s’est amélioré de 8,8 points de
pourcentage, passant de 29,8% à 38,6%.

2.3. Tourisme
Les indicateurs de l’activité touristique ont connu, durant les neuf premiers mois de
l’année en cours, une évolution mitigée. En effet, les entrées de touristes étrangers
se sont contractées de 16,9% contre un repli de 79,2% au cours de la même période
l’année précédente, pour s’établir à environ 1million de visiteurs contre 1,3 million un an
plus tôt. Cette baisse a concerné, principalement, les touristes maghrébins (-35,1%
contre -75,3%), notamment, les Algériens (-95,6% contre -80,3%) contre une hausse
des touristes européens (+23% contre -85,4% en 2020).
En revanche, les nuitées touristiques globales se sont inscrites en hausse de 8,6%, à
fin juillet 2021, contre un repli de 80,3% au cours de la même période une année
auparavant, pour s’établir à 3,3 millions unités. Cette hausse a concerné les touristes
européens, notamment, les russes.
Ainsi, les recettes touristiques en devises ont connu, au cours de la même période,
une amélioration de 6,5% contre un fléchissement de 61,4% en 2020, pour atteindre
1.791 MDT. Sans effet change, ces recettes ont augmenté de 4,1% contre -59,6%.

Graphique 2.1 :
Evolution des recettes touristiques en devises
au cours des neuf premiers mois de l’année (En MDT)

5000
4362,6
4500

4000

3500

3000

2500

2000 1683,1 1791,7

1500

1000

500

0
2019 2020 2021

2.4. Transport aérien


Le trafic aérien de passagers a enregistré, au cours du mois de septembre 2021 et en
glissement annuel, une forte reprise de 74,5% contre -70,6% une année auparavant.
Au cours des neuf premiers mois de 2021, le nombre de passagers s’est inscrit en
hausse de 6,6% pour atteindre environ 2,6 millions de passagers contre 2,4 millions en
2020. Cette augmentation a concerné, aussi bien, les lignes intérieures (30,9%) que
celles internationales (5,1%).
Périodique de conjoncture
N°133 – Septembre 2021

Par aéroport, le transport de passagers s’est amélioré, en particulier, dans les aéroports
d’Enfidha-Hammamet (136,6%), de Monastir (28,6%) et de Djerba-Zarzis (19,8%).

2.5. Evolution des prix

L’indice général des prix à la consommation familiale a enregistré, au cours du


mois de septembre 2021, une hausse de 0,6% en termes de variation mensuelle, contre
une stagnation le mois précédent. Cette évolution s’explique par l’augmentation des prix
des produits alimentaires (1,3% contre 0,5% en août 2021), des services (0,5% contre
0,3%) et des produits manufacturés (0,3% contre -0,7%).
En glissement annuel, le taux d’inflation s’est stabilisé, au cours du mois de septembre
2021, au même niveau du mois précédent, soit 6,2%, mais en hausse comparativement
au même mois de l’année 2020 (5,4%). Cette augmentation est attribuable,
essentiellement, à l’accroissement du rythme d’évolution des prix des produits
alimentaires (7,2% contre 5,3%) et des produits manufacturés (7,2% contre 5,1%). En
revanche, les prix des services ont connu une décélération de leur rythme d’évolution,
revenant de 5,8% à 4,2% d’une année à l’autre.
Au cours des neuf premiers mois de l’année 2021, l’inflation moyenne s’est établie
à 5,5% contre 5,8% un an plus tôt. Cette décélération a concerné les prix des produits
manufacturés (5,8% contre 7%) et des services (4,6% contre 5,5%). Cependant, les prix
des produits alimentaires se sont inscrits en hausse (6,1% contre 4,6%).
Par régime de fixation des prix, la hausse de l’inflation, à fin septembre 2021, a
concerné aussi bien les produits libres (6% contre 5,5%), notamment les produits
alimentaires (7,8% contre 5,5%), que les produits non libre (6,7% contre 5,2%).
S’agissant de l’inflation sous-jacente, les prix hors produits frais et encadrés se sont
inscrits en légère hausse en septembre 2021, passant à 5,4% contre 5,3% un mois
auparavant.
Graphique 2.2 : Evolution du taux Graphique 2.3 : Evolution du taux d’inflation
d’inflation des prix des produits alimentaires et
(Variations en glissement annuel et en % boissons
de l’indice général des prix à la (Variations en glissement annuel et en %
consommation) des prix des produits alimentaires et
boissons)
8,0 8,0
7,5 7,5 7,4
7,0 7,2 7,2
7,0
6,5 6,4 6,5
6,3 6,3 6,2 6,2
6,0 5,9 5,8 6,2 6,0 6,2
5,8 5,7 6,0
5,5 5,4 5,4 5,4 5,6
5,5
5,3
5,0 4,9 4,9 4,8 5,0 5,0 5,7 4,9 5,0 5,1 4,4
4,5 4,9 4,8 4,9 4,7
4,9 4,5 4,4
4,0 4,3 4,3
4,0 4,1 4,0 3,9
3,5
3,0 3,5
3,7
3,0

2021 2020 2021 2020


Banque Centrale de Tunisie

3. Situation du système financier


Affermissement des besoins des banques en liquidité au cours du troisième
trimestre de 2021

3.1. Liquidité bancaire et refinancement du système financier

3.1.1. Liquidité bancaire1


Au cours du troisième trimestre de l’année 2021, les besoins moyens des banques en
liquidité2 ont enregistré un accroissement fulgurant, passant de 8.528 MDT au T2-2021 à
11.296 MDT au T3-2021, soit une hausse de 32,5%. (Cf. Graph 1).
L’analyse mensuelle montre que les tensions sur la liquidité étaient plus prononcées,
particulièrement pendant les mois de juillet et août 2021. En effet, les besoins en liquidité
bancaire se sont accrus respectivement de 2.296 MDT et 1.693 MDT durant ces deux mois,
avant de s’apaiser en septembre 2021, pour s’établir à 11.428 MDT. (Cf. Graph 2).

Graphique 3.1 : Evolution trimestrielle Graphique 3.2 : Evolution des besoins des
des besoins des banques en liquidité banques en liquidité (données quotidiennes en
(en MDT) MDT, sauf indication contraire)

MDT
12000 11296
10734 13000
10283 10092
9573 12077
10000
12000
8470 8528 11428

8000
11000
10257 10384
10168
6000 9848 9829
10000
9536
9355

4000 8752 8742


9000 8620 8428
8361
8088
2000 8000

0 7000
T1 2020 T2 2020 T3 2020 T4 2020 T1 2021 T2 2021 T3 2021

Réserves obligatoires requises


Facteurs Autonomes de la Liquidité
Moyennes mensuelles

[Link]. Evolution des facteurs autonomes de la liquidité

Les opérations du Trésor, et principalement l’endettement intérieur, ont lourdement pesé


sur la liquidité du secteur bancaire au cours du troisième trimestre de 2021. En effet,
l’assèchement de la liquidité bancaire, au cours de la période sous-revue trouve son
origine d’un côté, dans les opérations de souscription des banques aux émissions du
Trésor sous forme de BTCT (2.762 MDT) et de BTA (159 MDT) et de l’autre côté, dans le
recours du Trésor à l’emprunt national, sous forme de deux opérations, la première en
juillet avec un montant recueilli de 716 MDT et la deuxième au mois d’août avec une

1
Tous les chiffres de ce paragraphe sont exprimés en termes de moyenne mensuelle du trimestre.
2
Besoins des banques en liquidité=total des facteurs autonomes de la liquidité + réserves obligatoires requises
Périodique de conjoncture
N°133 – Septembre 2021

somme collectée de 468 MDT. Toutefois, il convient de signaler que le retour de près de
1.087 MDT de cash aux guichets des banques, tout au long du trimestre en question, a
permis d’atténuer d’une manière significative les pressions exercées sur la trésorerie
bancaire. (Cf. Graph 3).

Graphique 3.3 : Evolution de l’effet cumulé des Billets et Monnaies en Circulation (BMC)
sur la liquidité bancaire (en MDT)

1200
1037 1087
1000 959 960
801
800

600

400

200
255
0

-200

-400

-600

-800

Effet mensuel des BMC Effet trimestriel des BMC

[Link]. Interventions de la Banque Centrale et situation du marché


monétaire

À la suite des évolutions antérieures, la Banque centrale a intensifié ses interventions1 sur le
marché monétaire en fournissant, en moyenne, une enveloppe de liquidité de l’ordre de
11.013 MDT au cours du T3-2021 contre 8.353 MDT un trimestre auparavant. Ces
interventions concernent, en l’occurrence, les opérations principales de refinancement et les
opérations fermes qui ont enregistré des moyennes respectives de 4.862 MDT et de
4.373 MDT, affichant ainsi des hausses respectives de 589 MDT et de 1.245 MDT. Les fonds
prêtés dans le cadre de l’instrument de swaps de change à des fins de politique monétaire et
des opérations de refinancement à plus long terme d’une durée de 1 mois (ligne COVID-19)
ont connu également des augmentations respectives de 537 MDT et de 46 MDT pour s’établir
à 621 MDT et à 914 MDT, en moyenne, au T3-2021.

1
Il s’agit des opérations de politique monétaire à l’initiative de la Banque centrale qui prennent la forme
d’opérations principales de refinancement, d’opérations de refinancement à plus long terme (un mois, 3 mois et 6
mois), d’opérations structurelles (opérations fermes et/ou de swaps de change à des fins de politique monétaire)
et des opérations de réglage fin.
Banque Centrale de Tunisie

Tableau 3.1 : Evolution moyenne des principaux


indicateurs du marché monétaire (données moyennes en MDT)
Avr. Mai Juin T2 Juil. Août Sept. T3
2021 2021 2021 2021 2021 2021 2021 2021
Op. principales de
4.493 4.355 3.970 4.273 5.287 4.939 4.360 4.862
refinancement
Opérations fermes 3.147 3.147 3.091 3.128 3.493 4.800 4.826 4.373
Swaps de Change à des fins de
85 85 81 84 76 719 1.069 621
PM
Opérations de refinancement à
855 866 884 868 912 912 918 914
plus LT (1 M)
Opérations de réglage fin
0 0 0 0 310 419 0 243
(injection)
Interventions de la BCT 8.580 8.453 8.026 8.353 10.078 11.789 11.173 11.013
Fact. autonomes 8.524 8.515 7.857 8.299 10.148 11.836 11.189 11.057
Réserves Requises 228 227 231 229 236 241 239 239
Besoins des banques 8.752 8.742 8.088 8.528 10.384 12.077 11.428 11.296
Excéd (+) ou déficit (-) sur
-172 -289 -62 -175 -306 -288 -255 -283
M.M*
Facilités de Dépôt 451 386 381 406 265 261 409 312
Facilités de prêt marginal 658 715 475 616 629 604 706 646
Réserves Excéd. 35 40 32 35 58 55 42 51
TMM (en %) 6,25 6,25 6,26 6,25 6,29 6,26 6,25 6,27

* Excédent (+) ou déficit (-) sur le Marché Monétaire = Opérations de politique monétaire à
l’initiative de la Banque Centrale nettes des besoins des banques en liquidité.

Il ressort de ce qui précède que les interventions de la Banque centrale au T3-2021 n’ont
couvert que 97,5% des besoins de financement des banques, contre 97,9% au T2-2021,
ce qui a donné lieu à un creusement de 108 MDT du déficit de trésorerie sur le marché
monétaire qui a atteint une moyenne de 283 MDT au T3-2021, engendrant ainsi un
accroissement du montant net des facilités de prêt marginal de 124 MDT pour qu’elles
atteignent 334 MDT. (Cf. Graph 4 et 5).
L’accentuation du déficit en liquidité sur le marché monétaire, au cours de ce trimestre, a
engendré une hausse de deux points de pourcentage du taux trimestriel moyen du
marché monétaire par rapport à son niveau au deuxième trimestre de 2021 pour s’établir
à 6,27%.
Graphique 3.4 : Evolution des interventions de Graphique 3.5 : Excédents et déficits de
la BCT et des besoins des banques liquidité sur le marché monétaire
(données quotidiennes en MDT) (données quotidiennes en MDT)

MDT MDT
14000 1000

12000
10000 500

8000
0
6000
4000
-500
2000
0
01/04/2021 01/05/2021 01/06/2021 01/07/2021 01/08/2021 01/09/2021 -1000

Op. de Réglage fin (injection)


Op. de refinancement à plus long terme (1 mois) -1500
Swaps de change à des fins de PM
Op. fermes
Op. principales de refinancement -2000
Besoins des banques
Excédent ou déficit sur le M.M
Périodique de conjoncture
N°133 – Septembre 2021

10

A ce niveau, il convient de signaler que le volume global de refinancement1 au cours du


T3-2021 a augmenté d’environ 33%, s’établissant, en termes de moyennes, à
11.347 MDT, contre 8.563 MDT à T2-2021. (Cf. Graph 6).

Graphique 3.6 : Evolution du volume global du refinancement


(données mensuelles en MDT)

13400
12132
11470
11400 10442
8787 8782
9400 8120

7400

5400

3400

1400

-600
avr-21 mai-21 juin-21 juil-21 août-21 sept-21

Op. principales de refinancement Op. fermes


Swaps de change à des fins de PM Facilités de dépôt
Facilités de prêt marginal Op. de refinancement à plus long terme (1 mois)

[Link]. Activité du marché interbancaire

Le total des transactions sur le marché interbancaire a connu, en moyenne, une hausse
pendant le troisième trimestre de 2021 de l’ordre de 138 MDT par rapport au trimestre
antérieur pour s’établir à 1.669 MDT, et ce, portant la marque de l’accroissement des
opérations à vue de 218 MDT (pour s’établir à 700 MDT) et de la baisse des transactions
à terme de 80 MDT (enregistrant une moyenne de 969 MDT) (Cf. Graph 7).

Graphique 3.7 : Evolution des transactions sur le marché interbancaire


(données trimestrielles, en MDT)

2000
1800
1600
1400
1200
1000
800
600
400
200
0
2020 T3 2020 T4 2021 T1 2021 T2 2021 T3

A VUE A TERME

1
Le volume global du refinancement englobe les opérations de politique monétaire qui sont à l’initiative de la
Banque centrale et celles qui sont à l’initiative des banques (Facilités de prêt marginal et Facilités de dépôt).
Banque Centrale de Tunisie

11

3.2. Evolution des ressources du système financier et de leurs contreparties1

Durant les neuf premiers mois de l’année 2021, la masse monétaire M3, a accusé une
décélération de son rythme de croissance par rapport à la même période de l’année
écoulée (5,4% contre 6,5%). Cette évolution s’explique par l’effet conjugué de la
décélération des concours à l'économie (2,8% contre 4,5%), et de l’accentuation de la
baisse des créances nettes sur l’extérieur (-2.852 MDT contre -961 MDT) alors que
les créances nettes sur l’État ont progressé à un rythme nettement plus accéléré
(29,5% contre 16%).

3.2.1. Evolution des ressources du système financier

Du côté des ressources du système financier, l’évolution de la masse monétaire M3


durant les neuf premiers mois de l’année 2021 est imputable, essentiellement, au fort
ralentissement de la monnaie fiduciaire (8,5% contre 17,3%) et à un moindre degré celui
de la monnaie scripturale (6,5% contre 7,1%), alors que l’encours des emprunts
obligataires et les autres types d’épargne a connu une reprise (0,2% contre -4%).
En particulier, la décélération du rythme de progression de la masse monétaire au sens
de M1 (7,2% contre 10,8%) trouve son origine dans le ralentissement aussi bien des
Billets et Monnaies en Circulation (BMC) (8,7% ou +1.370 MDT contre 16,1% ou
+2.171 MDT), que des dépôts à vue auprès des banques (5,4% ou +1.289 MDT
contre 11,1% ou +2.201 MDT).
Graphique 3.8 : Variations mensuelles
des principaux agrégats monétaires (en MDT)
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
-
-500
-1 000
juillet août septembre juillet août septembre
-1 500

2020 2021
MASSE MONETAIRE (M3) Créances nettes / Extérieur Créances nettes sur l'état Concours à l'économie

Concernant les dépôts quasi-monétaires, ils ont augmenté, durant les neuf premiers
mois de l’année 2021, à une cadence légèrement plus importante que celle enregistrée
durant la même période de 2020 (4,4% ou 2.306 MDT contre 4,2% ou 2.101 MDT) sous
l’effet conjugué de la reprise des dépôts à terme et autres produits financiers
(+4,5% ou +674 MDT contre -2,9% ou -453 MDT) et de l’augmentation des comptes
spéciaux d'épargne bien qu’à un rythme plus décéléré (6% ou 1.332 MDT contre 9,8%
ou 1.893 MDT). De leur côté, les certificats de dépôts ont connu une baisse notable
(-8,5% ou -355 MDT contre 3,6% ou +148 MDT).

1
Les statistiques monétaires et financières sont établies, à partir de juillet 2020, conformément à la circulaire aux
banques et établissements financiers n°2017-06 relative au reporting comptable, prudentiel et statistique à la
BCT.
Périodique de conjoncture
N°133 – Septembre 2021

12

3.2.2. Evolution des contreparties du système financier


S’agissant des contreparties du système financier, les créances nettes sur
l’extérieur ont baissé significativement durant la période sous-revue (-2.852 MDT
contre -961 MDT) reflétant, principalement, la baisse des avoirs extérieurs (-1.371MDT
contre +1.333 MDT) et ce malgré l’augmentation moins accélérée des engagements
extérieurs du système financier (+1.481 MDT contre +2.293 MDT).
A Signaler que les ressources extérieures ayant été mobilisées durant les neuf premiers
mois de l’année 2021, ont concerné, en particulier, les emprunts contractés auprès de
sources multilatérale et bilatérale (Union Européenne :300 MEUR, Agence Française de
Développement : 100 MEUR), Gouvernement Allemand :75 MEUR, FMA :41 MEUR et
82 MUSD et la BIRD :99 MEUR). Par ailleurs, le FMI a accordé une allocation en DTS à
l’Etat Tunisien destinée à l’appui budgétaire de 523 MDTS 1.
D’un autre côté, les remboursements de la dette à MLT ont porté la marque au cours du
troisième trimestre des règlements ayant concerné deux emprunts obligataires émis sur
le marché financier international avec le garanti de l’USAID de 500 MUSD chacun, le
premier en 2014 et le deuxième en 2016.
Ainsi, les avoirs nets en devises ont baissé à la fin du mois de septembre 2021, pour
atteindre 20.962 MDT, soit l’équivalent de 127 jours d’importation contre 23.099 MDT et
162 jours, respectivement, à fin décembre 2020.
Tableau 3.2 : Evolution des ressources du système financier
et de leurs contreparties*(Chiffres de fin de période en MDT)

Variations en % sauf
indication contraire
SEPTEMBRE
Désignation
2021*
Sept.2021 Sept.2020
Déc.2020 Déc.2019

Agrégat M4 103.350 6,3 6,4


Masse Monétaire (M3) 102.442 5,4 6,5
Masse Monétaire (M2) 99.044 5,6 6,9
Monnaie (M1) 43.799 7,2 10,8
Quasi-Monnaie 55.245 4 ,4 4,2
M3-M2 3.398 0,2 -4
M4-M3** 908 1.064 -53,5
Autres ressources 34.812 6,5 4,7
Total Ressources = Total Contreparties 138.162 6,3 6
Créances nettes/extérieur ** -1.964 -2.852 -961
Crédits intérieurs 140.126 8,6 6,8
Créances nettes sur l’Etat ** 36.077 8.214 3810
Dont : Bons du Trésor et Emprunt National** 14.102 3.820 488
Compte Courant du Trésor ** 1.134 -2.100 4,5
Concours à l'économie 104.049 2,8 3,9
Dont : Crédits à l’économie 98.388 2,6 3,9

* Données provisoires.
** Pour ces agrégats, les variations sont exprimées en MDT.

1
À noter que cette allocation qui a été approuvée le 2 août par le Conseil d’administration du FMI, porte sur une
enveloppe totale de 650 milliards de DTS. Elle s’inscrit dans le cadre de l'amélioration de la liquidité mondiale
afin de favoriser la résilience et la stabilité économique mondiale et de faire face aux retombées de la crise
pandémique "Covid-19".
Banque Centrale de Tunisie

13

Les créances nettes sur l’État ont augmenté, durant les neuf premiers mois de l’année
2021, à un rythme plus accéléré (29,5% ou 8.214 MDT contre 16% ou 3.810 MDT).
Cette évolution traduit, essentiellement, l’augmentation de l’encours des bons du Trésor
détenus par les banques de la place (+2.803 MDT contre +655 MDT), et celle des bons
de Trésor achetés par la BCT dans le cadre des Opérations d’Open Market (+1.504 MDT
contre +1.592 MDT), en sus de l’effet restrictif de la baisse du Compte Courant du Trésor
(CCT) (-2.100 MDT contre -169 MDT). Il est à noter que dans le cadre de la
diversification de ses sources de financement pour couvrir les dépenses budgétaires,
l’Etat a contracté un prêt syndiqué en devises auprès de certaines banques de la place
(150 MUSD et 259,5 MEUR) et un emprunt national pour une enveloppe 1.184 MDT.
Pour les émissions des bons du Trésor, elles se sont situées, au terme de septembre
2021, à 5.824 MDT contre des remboursements à ce titre d’un montant de 1.470 MDT,
soit des souscriptions nettes de +4.354 MDT (contre 5.405 MDT, 2.498 MDT et
+2.907 MDT respectivement, pour les neuf premiers mois 2020).
Quant aux concours à l’économie1, ils ont connu une décélération durant les neuf
premiers mois de l’année (2,8% ou 2.867 MDT contre 4,5% ou 4.235 MDT), reflétant
principalement celle enregistrée au niveau des crédits à l’économie (2,6% ou 2.499 MDT
contre 3,9% ou 3.501 MDT). Ils ont été accordés 2, principalement, aux particuliers
(+976 MDT), ainsi qu’aux secteurs des services (+891 MDT) et de l’industrie
(+849 MDT).

1
Conformément à la circulaire aux banques et établissements financiers n°2017-06 relative au reporting
comptable, prudentiel et statistique à la BCT, les intérêts reportés doivent être inclus dans les concours à
l’économie.
2
Selon les statistiques de la centrale des risques et le fichier des crédits aux particuliers et compte non tenu des
avals et cautions.
Périodique de conjoncture
N°133 – Septembre 2021

14

4. Marché Financier
Quasi-stagnation de l’indice boursier dans un contexte marqué par une forte
consolidation des émissions des titres de l’Etat et un recul des transactions

L’activité du marché financier a été marquée, au cours du troisième trimestre de l’année


2021, par :
▪ Une quasi-stagnation de l’indice de référence TUNINDEX qui a enregistré une légère
hausse de 0,5% ;
▪ La publication par les sociétés cotées 1 de leurs indicateurs d’activité relatifs au premier
semestre 2021 qui font ressortir une hausse de leur revenu global de 15% à
9,5 milliards de dinars. Le produit net bancaire cumulé a, pour sa part, atteint
2,6 milliards de dinars, soit une progression de 11,6% par rapport à la même période de
2020. Parallèlement, le revenu global net des sociétés de leasing cotées a augmenté
de 11,3%, pour atteindre 226 MDT. Aussi, le montant global des primes émises
des compagnies d’assurance a-t-il affiché une progression de 2,4% pour s’établir
à 591 MDT ;
▪ La modification du règlement de parquet de la Bourse de Tunis dans le cadre de la
migration vers la nouvelle plateforme de cotation Optiq;
▪ Le recours massif aux émissions de Trésor avec la levée d’une enveloppe de 2.981 MDT
dont 2.808 MDT ou 94,2% sous forme de BTCT, sachant que deux adjudications
successives de BTA ont été infructueuses durant les mois d’août et septembre ;
▪ La clôture avec succès des souscriptions à la deuxième tranche de l’emprunt national
2021 pour un montant de 468 MDT ;
▪ La clôture de l’OPA obligatoire sur les actions de la société "CIL" initiée par la société
"Générale Financière" après que sa part dans le capital de la société "CIL" ait dépassé le
seuil de 40 % ;
▪ La finalisation de la transaction portant sur l'acquisition de 60% du capital de
la BTK appartenant au Groupe bancaire français BPCE par le Groupe ELLOUMI qui est
devenu l'actionnaire de référence de la BTK ;
▪ La dégradation de la note de défaut émetteur à long terme en devises de la Tunisie par
l’agence Fitch Ratings de (B) à (B-) avec perspectives négatives.

4.1. Le Marché Primaire


Le troisième trimestre de l’année 2021 a été marqué par une forte hausse des émissions
sur le marché primaire ayant concerné les titres de l’Etat traduisant l’accroissement du
besoin de financement du déficit budgétaire dans un contexte de difficultés de mobilisation
de ressources d’emprunts extérieurs. Parallèlement, les émissions des entreprises par
appel public à l’épargne (APE) se sont inscrites en hausse.

Tableau 4.1 : Emissions De L’Etat (En MDT)


3ème Trimestre 2ème Trimestre 3ème Trimestre
Désignation
2020 2021 2021
Bons du Trésor Assimilables (BTA)* 377 745 173
Bons du Trésor à court terme (BTCT) 1.919 29 2.808
Total 2.296 774 2.981

* Compte non tenu des adjudications d’échange de bons du Trésor.

1
Hormis les sociétés ALKIMIA, AMS, MIP, SOTETEL et SIPHAT.
Banque Centrale de Tunisie

15

Les émissions de bons du Trésor ont plus que triplé au cours du troisième trimestre 2021
pour s’élever à 2.981 MDT. Ces émissions ont été concentrées sur les bons du Trésor à
court terme (BTCT) qui ont totalisé 2.808 MDT, soit 94,2% du total des émissions.
Parallèlement, les souscriptions à la deuxième tranche de l’emprunt obligataire national
émis sur le marché intérieur dans le cadre de la diversification des ressources de l’Etat ont
totalisé 468 MDT portant ainsi le montant total des souscriptions à 1.184 MDT dont
263 MDT ou 22,2% souscrits par les banques.
Tableau 4.2 : Emissions des entreprises par APE (en MDT)

3ème Trimestre 2ème Trimestre 3ème Trimestre


Désignation
2020 2021 2021
Titres de capital 0 0 0
Titres de créance 80 40 90
Total des Fonds levés 80 40 90

En ce qui concerne les émissions des entreprises par appel public à l’épargne (APE), elles
ont plus que doublé au cours du troisième trimestre 2021 et ont été limitées aux émissions
obligataires pour un montant total de 90 MDT1.
Tableau 4.3 : Activité des OPCVM

Désignation SEPTEMBRE 2020 JUIN 2021 SEPTEMBRE 2021


Nombre en activité (en unités) 120 118 119
Actifs nets (En MDT) 4.540 5.026 5.126
- OPCVM obligataires 3.895 4.381 4.462
- OPCVM mixtes et actions 645 645 664

Le nombre des Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM) en


activité est passé à 119 au terme du troisième trimestre de 2021 suite au démarrage des
opérations de souscriptions publiques dans le fonds de type obligataire « ATTIJARI FCP
OBLIGATAIRE ».
Les actifs nets détenus par les OPCVM ont connu une augmentation de 100 MDT par
rapport au trimestre précédent, pour se situer à 5.126 MDT, avec un rendement de 4,1%
depuis le début de l’année en cours contre un rendement de 3,2% au cours de la même
période de l’année précédente.

4.2. Le marché secondaire

L’indice de référence Tunindex a clôturé le troisième trimestre 2021 à 7284,25 points, en


légère hausse de 0,5% par rapport à son niveau enregistré au terme du trimestre
précédent portant ainsi ses gains cumulés, depuis le début de l’année, à 5,8% contre une
baisse de 5,2% durant la même période de l’année 2020.
L’évolution des indices sectoriels, depuis le début de l’année en cours, fait ressortir des
rendements positifs de 9 indices variant entre +5,7% (Services aux Consommateurs) et
+22,5% (Matériaux de Base). Les autres indices ont affiché des rendements négatifs
compris entre -2,8% (Indice des Assurances) et -16,6% (Bâtiments et Matériaux de
Construction).
L’indice TUNBANK a, pour sa part, affiché une performance positive de 8,4%.

1
Au titre des emprunts obligataires subordonnés émis par BH Bank (70 MDT) et TLF (20 MDT).
Périodique de conjoncture
N°133 – Septembre 2021

16

Par ailleurs, la capitalisation boursière a enregistré une augmentation de 103 MDT ou


0,4% par rapport à fin juin 2021 pour se situer à 23.707 MDT soit 19,6% du PIB.

Tableau 4.4 : Evolution du volume des transactions (en MDT)

3ème Trimestre 2ème Trimestre 3ème Trimestre


Désignation
2020 2021 2021
Volume global des transactions 559 582 447
Cote de la Bourse 364 415 208
Hors cote 1 4 44
Opérations d’enregistrement et déclarations 194 163 195

Les transactions réalisées sur la cote de la Bourse ont enregistré une baisse de 207 MDT
(49,9%) par rapport au trimestre précédent pour s’élever à 208 MDT au titre du
troisième trimestre 2021, soit une moyenne quotidienne du volume des échanges sur la
cote de 3,4 MDT contre 6,8 MDT au titre du deuxième trimestre 2021 et 5,8 MDT au titre
de la même période de l’année 2020. Cette régression est due aux perturbations
enregistrées à la suite de la migration vers la nouvelle plateforme de cotation Optiq.
Tableau 4.5 : Evolution des indicateurs boursiers

SEPTEMBRE SEPTEMBRE
Désignation JUIN 2021
2020 2021
Indice TUNINDEX en points (base 1.000 le 31/12/1997) 6.748,63 7.245,73 7.284,25
Capitalisation boursière (en MDT) 22.402 23.604 23.707
Capitalisation boursière / PIB (en %) 20,3 19,5(*) 19,6(*)
PER moyen 9,3 12,9 12
Nombre des sociétés cotées (en unités) 79 79 79
Taux de liquidité mensuel (en %) 54 30 -
Taux de la participation étrangère (en %) 25,5 23,5 23,6
(*) Sur la base du PIB prévisionnel de l’année 2021.

Le taux de la participation étrangère dans la capitalisation boursière est passé à 23,6% à


la fin du troisième trimestre 2021 contre 23,5% au terme du trimestre précédent. Les
transactions effectuées pour le compte des étrangers sur la cote de la Bourse au cours du
troisième trimestre 2021 ont été faibles et ont induit un solde négatif de 7 MDT (soit des
cessions de 9 MDT contre des acquisitions de 2 MDT), ce qui a induit un solde net négatif
de 277 MDT depuis le début de l’année.

Graphique 4.1 : Evolution quotidienne


des indices TUNINDEX et TUNBANK

55

45

35

25
(En %)

15

-5

-15

TUNINDEX TUNBANK
Banque Centrale de Tunisie

17

5. Paiements Extérieurs
Repli du déficit courant et nette contraction des entrées nettes de capitaux
extérieurs au cours des neuf premiers mois de 2021

Les paiements extérieurs ont évolué, au cours des neuf premiers mois de 2021, dans une
conjoncture internationale qui a commencé à se rétablir des répercussions économiques
néfastes de la crise pandémique « Covid-19 ». A l’échelle nationale, des prémices de
reprise ont été, d’autant plus confirmées pour certains secteurs d’activité alors que la
situation en était controversée pour d’autres. Fortement corrélées avec la croissance de
l’activité des pays partenaires de l’union européenne, les exportations du secteur des
industries manufacturières ont réussi à renouer avec des évolutions appréciables et ce,
pour la plupart de ses filières. Toutefois, l’activité du tourisme et services liés demeure
très atone, générant des recettes en devises infimes en relation avec les restrictions de
voyage vers la destination tunisienne et les retards accusés dans les campagnes de
vaccination. Par ailleurs, le bilan énergétique continue à s’améliorer, dégageant un taux
d’indépendance énergétique, en nette amélioration conséquence de la forte atténuation
du déficit énergétique suite surtout à la consolidation des ressources gazières du pays.
Toutefois, la flambée des prix de produits de base, notamment énergétiques, au cours de
la dernière période risque d’affecter l’équilibre de la balance commerciale dans les
prochains mois. S’agissant des revenus financiers des travailleurs tunisiens résidents à
l’étranger, ils ont enregistré un rebond important pour culminer, au cours la période
sous-revue, à plus de 6 Milliards de dinars, niveau qui a, dans une large proportion,
consolidé les réserves de change du pays. D’un autre côté, les difficultés persistantes de
mobilisation de ressources extérieures sous toutes les formes de financement,
conjuguées à l’arrivée à échéance de deux emprunts obligataires pour une enveloppe
d’un milliard de dollar, ont entrainé une forte contraction des entrées nettes de capitaux
extérieurs.
Dans ce contexte, la balance des paiements courants s’est soldée, au cours des neuf
premiers mois de 2021, par un déficit qui s’est inscrit en repli pour revenir à
-5,1 milliards de dinars, soit 4,2% du PIB (contre près de -5,8 milliards et 5,3% du PIB
une année auparavant). Cette évolution est, essentiellement, attribuable à la forte
expansion des revenus du travail (+45,1%), qui s’est conjuguée à la hausse des recettes
touristiques de 6,5%. Toutefois, le déficit commercial (FOB-CAF) s’est élargi de 18,1%
pour s’élever à près de 12 milliards de dinars. Quant à l’excèdent des opérations en
capital et financières extérieurs, il a connu une nette diminution pour revenir, d’une
période à l’autre, de 7.804 MDT à 3.734 MDT, résultat qui s’explique par l’effet conjugué
du repli des ressources extérieures mobilisées au cours des neuf premiers mois de 2021
et de l’accroissement des dépenses au titre des remboursements du principal de la dette
extérieure à MLT.
Suite à ces évolutions, la balance générale des paiements extérieurs a dégagé au cours
des neuf premiers mois de 2021 un déficit de 1.411 MDT (contre un excédent de
2.010 MDT pour la même période une année auparavant). Parallèlement, le niveau des
avoirs nets en devises s’est inscrit en baisse pour se situer à 20.962 MDT, soit
l’équivalent à 127 jours d’importation, au terme des neuf premiers mois de 2021, contre
23.099 MDT et 162 jours, respectivement, à la fin de l’année 2020.
Périodique de conjoncture
N°133 – Septembre 2021

18

Tableau 5.1 : Evolution des principaux soldes


de la balance des paiements (En MDT)
9 PREMIERS MOIS
Désignation 2019 2020
2020 2021*
1- Paiements Courants -9.606 -7.116 -5.794 -5.142
En % du PIB -8,4 -6,5 -5,3 -4,2
- Marchandises (FOB) -15.955 -9.927 -8.064 -9.467
- Services +3.470 +60 +219 +341
- Revenus de facteurs et transferts courants +2.879 +2.751 +2.051 +3.981
2- Opérations en capital & financières et
+14.890 +10.923 +7.804 +3.734
d’ajustement
- Opérations en capital +402 +1.003 +781 +149
- Investissements étrangers (directs et de
+2.415 +1.546 +1.181 +968
portefeuille)
- Autres investissements et ajustements 1
+12.153 +8.758 +5.842 +2.617
Solde général +5.284 +3.807 +2.010 -1.411
* Chiffres provisoires.
1
Il s’agit des opérations ayant trait aux capitaux de prêts-emprunts à moyen et long termes, aux dépôts
auprès de la BCT et aux autres avoirs et engagements à CMLT.

5.1. Balance des opérations courantes


Le déficit de la balance des paiements courants s’est inscrit en baisse, au cours des neuf
premiers mois de 2021, pour se situer à -5.145 MDT, soit 4,2% du PIB, contre
-5.794 MDT et 5,3% respectivement, une année auparavant.
Cette contraction est attribuable à la poursuite de l’affermissement de l’excédent de la
balance des revenus de facteurs et des transferts courants (+1.930 MDT) pour s’élever à
3.981 MDT au cours des neuf premiers mois de 2021. Parallèlement, l’excédent de la
balance des services s’est amélioré (+122 MDT) pour atteindre à 341 MDT. En revanche,
le déficit commercial (FOB/FOB) a accusé un creusement de 1.403 MDT pour se situer à
près de 9,5 milliards de dinars au cours des neuf premiers mois de 2021.

5.1.1. Balance Commerciale


Le déficit commercial (FOB/CAF) a accusé un élargissement de 1.838 MDT ou 18,1% au
cours des neuf premiers mois de 2021 pour se situer à 12 milliards de Dinars. De leur côté,
les échanges commerciaux ont repris à un rythme soutenu et comparable (+22% et +21%
pour les exportations et les importations contre -16,6% et -21,3%, respectivement)
entrainant ainsi une légère amélioration du taux de couverture (+0,6 point de pourcentage)
pour atteindre 73,7%.
Tableau 5.2 : Evolution de la balance commerciale globale (en MDT)
9 PREMIERS MOIS
Secteur Valeur (MDT) var. en %
2019 2020 2021 20/19 21/20
Exportations 33.008,4 27.537,0 33.607,5 -16,6 22,0
Régime général 8.601,9 7.883,2 9.140,5 -8,4 15,9
Régime offshore 24.406,5 19.653,8 24.467,0 -19,5 24,5
Importations 47.885,1 37.673,4 45.581,8 -21,3 21,0
Régime général 32.191,9 25.562,4 30.465,3 -20,6 19,2
Régime offshore 15.693,2 12.111,0 15.116,5 -22,8 24,8
Solde -14.876,8 -10.136,5 -11.974,3
Taux de couverture en % 68,9 73,1 73,7
Banque Centrale de Tunisie

19

L’évolution de la balance commerciale au cours des neuf premiers mois de 2021 a été
marquée par la contraction du déficit de la balance énergétique de 301 MDT pour revenir à
-3.332 MDT (contre 3633 MDT en 2020 et 5647 MDT en 2019). Les achats de gaz naturel
ont en effet accusé un fort repli (-50,4% par rapport à 2020 et 69,4% par rapport à 2019)
grâce à l’entrée en production du champ « Nawara » et à l’accroissement de la redevance
gaz de 157% en volume. Toutefois, les prix internationaux de ces produits ont poursuivi leur
hausse1. Quant à la balance alimentaire, elle a enregistré une détérioration dégageant un
déficit de 1.556 MDT contre -546 MDT une année auparavant suite notamment à la baisse de
31,2% de la valeur des exportations d’huile d’olive (-51% en quantité, +35,6% des prix en
€) et la hausse des achats des produits céréaliers de 11,9% sous l’effet de la flambée des
prix internationaux (-6,1% en quantité).

Graphique 5.1 : Evolution du solde commercial par groupes de produits


0
-2700
-3633 -3332
-4684
-1108 -5647
-4000 -546 -1556
-302
(En MDT)

-4448 -1143 -4206


-4116
-8000 -5647

-2499 -4817 -1549


-2152
-202
-12000 -725 -3104 -819
-3058

-454
-211
-16000
2017 2018 2019 2020 2021

Energie Produits alimentaires Mat.1ère & demi-produits Biens d'équipement Biens de consommation

L’analyse des échanges commerciaux par régime fait ressortir une augmentation du
déficit commercial sous le régime général de 3.646 MDT pour atteindre 21.325 MDT sous
l’effet de la hausse des importations de 19,2% qui s’est conjuguée à une progression des
exportations (+15,9%). Au niveau du régime offshore, l’évolution des échanges
commerciaux a porté la marque de la reprise des exportations et des importations
(+24,5% et +24,8% respectivement contre -19,5% et -22,8% une année auparavant).
L’excédent commercial sous ce régime s’est ainsi consolidé de 1.808 MDT pour se situer
à 9.351 MDT.

1
Augmentation de 62,1% du prix moyen du baril de Brent au 30 septembre 2021 soit 67,4$ le baril contre 41,6$
une année auparavant.
Périodique de conjoncture
N°133 – Septembre 2021

20

Tableau 5.3 : Evolution des exportations par secteurs d'activités (en MDT)
9 PREMIERS MOIS
Secteur Valeur (MDT) var. en %
2019 2020 2021 20/19 21/20
Agriculture et industries agroalimentaires 3.496,1 3.990,9 3.542,0 14,2 -11,2
Energie et lubrifiants 2.154,6 1.542,3 2.090,7 -28,4 35,6
Mines, Phosphate & dérivés 1.218,8 1.017,4 1.604,4 -16,5 57,7
Textiles, habillements & cuirs 7.042,3 5.770,8 6.650,4 -18,1 15,2
Industries mécaniques et électriques 15.162,7 12.113,2 15.749,3 -20,1 30,0
Autres industries manufacturières 3.934,0 3.102,4 3.970,8 -21,1 28,0
Total des exportations 33.008,4 27.537,0 33.607,5 -16,6 22,0

S’agissant de la répartition sectorielle des exportations au cours des neuf premiers


mois de 2021, les ventes des secteurs des industries manufacturières ont enregistré une
nette reprise (+25,7% contre -19,7% une année auparavant) ayant concerné toutes les
filières en l’occurrence le secteur des textiles, habillements et cuirs (+15,2% contre
-18,1%), celui des industries mécaniques et électriques (+30% contre -20,1%) ainsi que
les autres industries manufacturières (+28% contre -21,1%).
D’un autre côté, les exportations des secteurs des industries extractives, ont connu une
progression notable. En particulier les exportations du secteur des mines, phosphates et
dérivés ont augmenté de 57,7% tirant profit essentiellement de la hausse des prix de
ces produits sur les marchés internationaux et à moindre degré une légère reprise de
l’activité de production et celle du transport. Dans le même sens, les ventes du secteur
de l'énergie ont augmenté de 35,6% en relation avec la hausse des exportations de
pétrole brut (+43,3%) ainsi que des produits pétroliers raffinés (+20,3%).
En revanche, les ventes du secteur de l’agriculture et des industries agroalimentaires ont
enregistré une baisse (-11,2% contre +14,2% au 30 septembre 2020) suite à la
régression des ventes d’huile d’olive qui sont revenues, d’une période à l’autre, de
1.823 MDT à 1.254 MDT.
Tableau 5.4 : Evolution des importations par groupes de produits (en MDT)

9 PREMIERS MOIS
Secteur Valeur (MDT) Variations en %
2019 2020 2021 20/19 21/20
Alimentation 4.310,0 4.226,3 4.745,8 -1,9 12,3
Energie 7.801,4 5.175,3 5.422,3 -33,7 4,8
Matières premières et demi-produits 15.085,8 12.077,0 15.971,0 -19,9 32,2
Biens d'équipement 9.585,2 7.114,9 8.382,7 -25,8 17,8
Biens de consommation 11.102,8 9.080,0 11.060,0 -18,2 21,8
Total des importations 47.885,1 37.673,4 45.581,8 -21,3 21,0

Au niveau des importations, tous les groupes de produits ont enregistré une
progression de leurs achats.

S’agissant des achats des produits alimentaires, ils se sont inscrits en hausse de 12,3%
sous l’effet de l’accroissement des approvisionnements de céréales (+11,9%), de maïs
(+44,3%) et des huiles végétales (+19%) contre un repli pour les achats de sucre
(-37,1%).

Concernant les importations des matières premières et demi-produits et celles des biens
d’équipement, elles ont poursuivi leur trend haussier (+32,2% et +17,8%
respectivement contre -19,9% et -25,8% une année auparavant) en lien avec la reprise
Banque Centrale de Tunisie

21

des secteurs des industries manufacturières (la majorité de ces produits sont des intrants
pour ces secteurs).

Les importations des biens de consommation ont également connu une augmentation
(+21,8% contre -18,2% une année auparavant) en liaison avec la hausse des achats des
principaux produits de ce groupe, principalement, les voitures de tourisme (+78,7%), les
textiles et habillements (+15,7%) ainsi que les appareils électriques et mécaniques
destinés à la consommation (+12,6%).

S’agissant des achats des produits énergétiques, ils se sont accrus de 4,8% en relation
avec la progression des importations des produits raffinés et du pétrole brut (+23,2% et
+77,1% respectivement). En revanche les approvisionnements en gaz naturel ont
régressé de 50,4%.

[Link] des services et des revenus de facteurs et transferts courants


La balance des services a dégagé un excédent de 341 MDT, au cours des neuf premiers mois
de 2021 contre 219 MDT une année auparavant. Ce résultat est attribuable, essentiellement,
à la hausse des recettes touristiques de 6,5% pour atteindre 1.792 MDT (+4,1% sans effet
change) sous l’effet de l’amélioration de la situation sanitaire notamment à partir de mi-août.
Par ailleurs, les entrées des non-résidents au terme des neuf mois de 2021 ont accusé un
repli de 16,9%.
S’agissant de la balance des revenus de facteurs et des transferts courants, son solde
excédentaire s’est nettement affermi pour s’élever à 3.981 MDT contre 2.051 MDT une
année auparavant. Ce résultat est attribuable à :
▪ La progression des revenus du travail de 45,1% pour atteindre 7.015 MDT dont
6.153 MDT a concerné les transferts financiers qui ont continué à augmenter à un rythme
très soutenu (+40,4% et +37,5% sans effet change).
▪ La hausse des dépenses au titre des revenus du capital (+12%) pour s’établir à
3.800 MDT. Cette évolution est attribuable à l’effet conjugué de la hausse des transferts
au titre des revenus des investissements étrangers (+26,7%) pour s’élever à 2.172 MDT
et du repli des intérêts de la dette à moyen et long terme (-10,1%) pour revenir à
1.388 MDT.

5.2. Balance des opérations en capital et financières


La balance des opérations en capital et financières et ajustements s’est soldée, au cours
des neuf premiers mois de 2021, par un excédent qui s’est inscrit en nette contraction
pour revenir à 3.734 MDT contre 7.804 MDT une année auparavant. Ce résultat a porté,
essentiellement, la marque de :
▪ La forte baisse de l’excédent de la balance des prêts-emprunts et autres engagements et
ajustements revenant, d’une période à l’autre, de 5.842 MDT à 2.617 MDT en relation avec
le repli des ressources extérieures mobilisées au cours des neuf premiers mois de 2021 par
rapport à leur niveau enregistré une année auparavant et de l’accroissement des dépenses
au titre des remboursements du principal de la dette extérieure à MLT de 34% pour se situer
à 7.059 MDT.
Les principaux emprunts à MLT mobilisés au cours des neuf premiers mois de 2021 ont
concerné :
Périodique de conjoncture
N°133 – Septembre 2021

22

✓ 2.076 MDT (523 MDTS) sous forme d’une allocation en DTS accordée par le Fonds
monétaire international à l'Etat tunisien pour un appui budgétaire (août 2021)*.
✓ 326 MDT (99 MEUR) au cours du mois de juillet et 272 MDT (83 MEUR) au cours du
mois d'août accordés par la BIRD dans le cadre du programme de protection sociale
contre Covid-19.
✓ Deux crédits accordés par le FMA, le premier pour un montant de 114 MDT (29
MDTS) dans le cadre du programme de Facilité d'Ajustement Structurel VII (juillet
2021) et le deuxième pour une enveloppe de 227 MDT (58 MDTS) dans le cadre du
''Crédit Compensatoire IV" (août 2021).
✓ 997 MDT (300 MEUR) accordés par l'Union européenne dans le cadre du programme
d'Assistance macro-financière III (juin 2021).
✓ 248 MDT (75 MEUR) accordés par la KFW dans le cadre du programme d’appui aux
réformes du secteur public-Phase I (avril 2021).
✓ 328 MDT (100 MEUR) accordés par l'AFD dans le cadre du programme d'appui aux
réformes et de résilience de l'économie (mars 2021).
Par ailleurs, les dépenses engagées au titre du remboursement du principal de la dette
extérieure ont concerné principalement :
✓ 689 MDT (250 millions de dollars) au titre du remboursement de la troisième tranche
du principal de l'emprunt obligataire qatari, émis sur le marché financier international
en 2017 (avril 2021).
✓ 1.396 MDT (500 MUSD) au titre du remboursement du principal de l'emprunt
obligataire émis sur le Marché International en 2014, garanti par l'USAID (juillet
2021).
✓ 1.387 MDT (500 MUSD) au titre du remboursement du principal de l'emprunt
obligataire émis sur le Marché International en 2016, garanti par l'USAID (août
2021).
▪ Régression de l’excédent de la balance des investissements étrangers de 213 MDT pour
revenir à 968 MDT au cours des neuf premiers mois de 2021. De leur côté, les flux des IDE
ont affiché une quasi-stagnation en comparaison avec leur niveau enregistré une année
auparavant (+0,1%) pour se situer à 1.365 MDT.
▪ Parallèlement, l’excédent de la balance des opérations en capital s’est nettement replié pour
revenir, d’une période à l’autre, de 781 MDT à 149 MDT.

*A noter que cette allocation qui a été approuvée le 2 août par le Conseil d’administration du FMI, porte sur une

enveloppe totale de 650 milliards de DTS. Elle s’inscrit dans le cadre de l'amélioration de la liquidité mondiale
afin de favoriser la résilience et la stabilité économique mondiale et de faire face aux retombées de la crise
pandémique "Covid-19".
Banque Centrale de Tunisie

23

6. Evolution du taux de change du dinar et de l’activité


du marché des changes
Appréciation du dinar face à l’euro et dépréciation vis-à-vis du dollar durant les
neuf premiers mois de 2021.

6.1. Evolution du taux de change du dinar

En comparaison avec sa valeur à fin décembre 2020 et au terme des neuf premiers mois
de l’année en cours, le taux de change du dinar s’est apprécié sur le marché
interbancaire de 1,3% face à l’euro et de 2,7% vis-à-vis du yen japonais. En revanche, il
s’est déprécié de 4,5% à l’égard du dollar et de 3,7% par rapport au dirham marocain.
Sur le marché de change international et au cours de la même période, l’euro s’est
déprécié de 5,2% face au dollar.
En termes de moyenne, le taux de change du dinar a connu, au cours des neuf premiers
mois de l’année 2021 et en comparaison avec sa valeur de l’année précédente, une
appréciation de 2,4% à l’égard du dollar américain et de 3,9% face du yen japonais,
tandis qu’il s’est déprécié de 3,6% vis-à-vis de l’euro et de 4,4% par rapport au dirham
marocain.
Graphique 6.1 : Evolution des rapports
EUR/TND, USD/TND ET EUR/USD

1,5 3,5
1,5 3,3
1,4 3,1
1,4 2,9
2,7
1,3 2,5 EUR/TND
EUR/USD 1,3 2,3 & USD/TND
1,2 2,1
1,2 1,9
1,7
1,1
1,5
1,1 1,3
1,0 1,1

EUR/USD EUR/TND USD/TND

6.2. Transactions devises contre dinar

Les échanges au comptant des devises contre dinar, effectuées sur le marché
interbancaire, ont connu un repli de 14,4%, au terme des neuf premiers mois de 2021,
revenant ainsi à 14.916 MDT contre 17.431 MDT un an plus tôt.
Cette contraction a concerné aussi bien les interventions de la Banque Centrale de
Tunisie (-12,4%) que les transactions effectuées sur le marché interbancaire
(-15,2%).
Périodique de conjoncture
N°133 – Septembre 2021

24

Tableau 6.1 : Evolution des transactions


de change au comptant devise contre dinar (En MDT)
Désignation 9 mois 2020 9 mois 2021 Variations
Operations avec la BCT 4.797 4.201 -596
Marché interbancaire 12.634 10.715 -1.919
Total 17.431 14.916 -2.515
Banque Centrale de Tunisie

25

Principaux Indicateurs Economiques


(En MDT sauf indication contraire)
Variations
9 Mois
en %
Désignation
2020 2021
2019 2020 2021
2019 2020
Indice de la production industrielle (base
95,1 93,4 92,9 -1,8 -0,5
100 en 2010) (1)
Dont : industries manufacturières 107,9 99,0 98,2 -8,2 -0,8
Balance commerciale
- Exportations totales 33.008,4 27.537,0 33.607,5 -16,6 22,0
- Importations totales 47.885,1 37.673,4 45.581,8 -21,3 21,0
- Déficit commercial hors énergie 9.229,9 6.503,4 8.642,7 -29,5 32,9
- Déficit commercial global 14.876,8 10.136,5 11.974,3 -31,9 18,1
- Taux de couverture global (%) 68,9 73,1 73,7 +4,2 points +0,6 point
Hausse des prix à la consommation
- En terme de glissement annuel (%) 6,7 5,4 6,2
- En termes de moyennes mensuelles (%) 6,9 5,8 5,5
Tourisme
- Entrées de non-résidents (1000 personnes) 6.066,1 1.262,7 1.049,2 -79,2 -16,9
- Recettes touristiques (en MDT) 4.362,6 1.683,1 1.791,7 -61,4 6,5
(1)
Au terme du mois d’octobre de chaque année.

Principaux indicateurs monétaires et de finances extérieures(1)


(En MDT sauf indication contraire)
SEPTEMBRE Variations en %
Désignation SEPT.2020 SEPT.2021
2020 2021
Déc.2019 Déc.2020
Principaux agrégats monétaires du système financier (2)

Agrégat M4 89.365 103.350 6,4 6,3


Masse Monétaire (M3) 89.196 102.442 6,5 5,4
Créances nettes sur l'extérieur (3) 781 -1.964 -961 -2.852
Crédits intérieurs 118.042 140.126 6,8 8,6
Créances nettes sur l'Etat(3) 24.563 36.077 3810 8.214
Dont : - Bons du Trésor et emprunt national (3) 9.006 14.102 488 3.820
- Compte courant du Trésor(3) 1.403 1.134 -169 -2.100
Concours à l'économie 93.479 104.049 4,5 2,8
Indicateurs de paiements extérieurs (2)
Recettes touristiques (4) 1.683 1.792 -61,4 6,5
Revenus du travail en espèces (4) 4.382 6.153 15,2 40,4
Service de la dette (4) 6.811 8.446 -10,5 24,0
Solde courant (3) (4) -5.794 -5.145 1.888 649
Solde de la balance générale des paiements (3) (4) 2.010 -1.411 -2.173 -3.421
(1)
Chiffres de fin de période pour les statistiques monétaires et cumulés depuis le début de l’année pour
les paiements extérieurs.
(2)
Données provisoires au cours des neufs premiers mois de 2021.
(3)
Les Variations sont exprimées en millions de dinars.
(4)
Variations par rapport à la même période de l’année précédente.

Taux de change
(en dinar)(1)
SEPTEMBRE Variations en %
Désignation Sept.2020 Sept.2021
2020 2021
Déc.2019 Déc.2020
1 Dollar des Etats-Unis 2,7756 2,8332 8,0 -4,5
1 Euro 3,2493 3,2837 -3,4 1,3
1000 Yens Japonais 26,1961 25,3124 -1,6 2,7
1 Livre Sterling 3,5671 3,8144 3,5 -2,7
10 Dirhams Marocains 2,9913 3,1261 -2,6 -3,7
(1)
Cours moyens du marché interbancaire en fin de période.

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