La théâtralité du tématé en Afrique
La théâtralité du tématé en Afrique
MÉMOIRE DE MASTER
LA THÉȂTRALITÉ DANS LE
TÉMATÉ : JEU POUR QUEL
ENJEU ?
Sous la direction de
Présenté par M. SIDIBÉ Moussa
M. OULAÏ Calixte D’Avila
Licencié Ès-Lettres Maître-Assistant
Sous la supervision de
M.
- Mon Père
- Ma Mère
1
REMERCIEMENTS
Nous tenons à exprimer nos très sincères remerciements à notre
Encadreur, Docteur SIDIBÉ Moussa pour nous avoir guidé et soutenu
jusqu’au terme de notre travail et à ses collègues pour leurs conseils et le
temps accordé à la réalisation de ce projet de mémoire.
Également, nous remercions Monsieur……………., Maître …………
qui nous a donné le goût à l’initiation de la discipline du théâtre.
À tous les enseignants du département de Lettres Modernes de
l’Université Alassane Ouattara de Bouaké pour leurs enseignements.
tous les enseignants et doctorants du département des Lettres Modernes.
Nous ne saurions, par ailleurs, achever cette série de remerciement sans
exprimer notre gratitude à nos parents proches, en occurrence Monsieur
OULAÏ Mathieu et Mesdames OULAÏ Béatrice, KPAHO Christelle,
OKOUBO Adeline ainsi que nos amis IRENE LOUKOU, LEÏLA
KOUADIO, CHRISTIAN LATH et DIOMANDE BALLOU pour l’aide
qu’ils m’ont apporté à l’élaboration de ce mémoire ainsi qu’à tous ceux qui
de près ou de loin m’ont encouragé quand tout semblait complexe.
2
SOMMAIRE
INTRODUCTION GÉNÉRALE...........................................................................6
PREMIÈRE PARTIE :........................................................................................10
APPROCHE DÉFINITIONNELLE DE LA THÉÂTRALITÉ ET DU
TÉMATÉ..............................................................................................................10
CHAPITRE I : ÉTUDE SÉMANTIQUE DE LA THÉÂTRALITÉ ET DU
TÉMATÉ..............................................................................................................12
CHAPITRE II : PRÉSENTATION DU PEUPLE WÊ.....................................18
DEUXIÈME PARTIE :.......................................................................................24
LA MANIFESTATION DU TÉMATÉ..............................................................24
CHAPITRE I : LA REPRÉSENTATION SCÉNIQUE DU TÉMATÉ...........26
CHAPITRE II : L’ANIMATION DU TÉMATÉ...............................................32
TROISIÈME PARTIE :......................................................................................41
DU JEU À L’ENJEU DU TÉMATÉ...................................................................41
CHAPITRE I : APPROCHE DÉFINITIONNELLE DU JEU.........................43
CHAPITRE III : L’IDÉOLOGIE DU TÉMATÉ..............................................50
ANNEXE..............................................................................................................60
BIBLIOGRAPHIE...............................................................................................75
TABLE DES MATIÈRES...................................................................................77
3
INTRODUCTION GÉNÉRALE
2
l’Afrique est elle-même est une terre de théâtre. Dans l’optique de montrer
et de faire connaitre au monde entier notre culture et de la faire perdurer
dans le temps par le biais des générations à venir, nous proposerons
d’étudier notre sujet qui s’intitule : « La théâtralité dans le tématé : jeu
pour quel enjeu ? »
Parler de théâtralité dans le tématé revient à faire ressortir l’aspect
théâtral de celui-ci qui ne se limite pas seulement qu’à être une simple danse
mais aussi un moyen de véhiculer des messages. Pour un tel travail, il serait
nécessaire pour nous de dégager certains nombres d’hypothèses au travers
desquelles nous essayerons de lever le voile sur notre sujet en vue de le
rendre plus explicite. Dégagez des hypothèses qui découlent d’un sujet est
tout simplement une fiche de route qui va servir à mieux organiser le travail
à venir. Nous chercherons donc à montrer :
Qu’est-ce-que la théâtralité ainsi que le tématé. Comment se
manifeste le tématé et quel est son enjeu en passant par le jeu.
Toutes ces pertinentes hypothèses nous poussent bien évidemment à
éclaircir quelques notions dans le souci de lever toute équivoque sur notre
sujet. Nous avons les mots « théâtralité », « tématé », « jeu », « enjeu ».
Définissons par ordre logique les mots relevés :
« Théâtralité » : c’est l’état de ce qui est théâtral ou une œuvre qui
respecte les règles de l’art théâtrale. C’est aussi un concept qui représente
les traits caractéristiques du genre théâtral dans les danses, l’œuvre d’art, la
musique, etc.
« tématé » : c’est une danse de réjouissance en pays Wobé qui est
exerçée par les jeune filles. C’est un acte de reconnaissance envers la terre
nourricière.
« Jeu » : c’est une activité physique ou mentale dont le but est de
procurer du plaisir et aussi ne visant pas à une fin utilitaire.
3
« Enjeu » : c’est ce que l’on risque de gagner ou de perdre en
faisant quelque chose. C’est quelque chose que l’on risque dans une
compétition, une activité économique ou une situation vis-à-vis d’un aléa.
Après avoir terminé la phase de la définition des mots repérés dans
notre sujet, nous pouvons dire que cela se rapproche de l’une des disciplines
en littérature qu’est la sémiotique. La sémiotique est une discipline qui
oriente sa réflexion sur plusieurs aspects représentatifs que l’on décèle dans
certains de ses ouvrages. Ces aspects représentatifs se caractérisent par la
forte occurrence de l’espace, de personnages et du temps. Cette forte
occurrence créée par conséquent un rapprochement qui se perçoit au niveau
de la similitude qui se pose sur l’étude des personnages, de l’espace et du
temps. Toutes disciplines qui étudient ces aspectes est automatiquement
reliée au théâtre. Le théâtre fait preuve ici donc d’une pluridisciplinarité
dans la mesure où on y retrouve tous les genres littéraires.
Ces éléments énoncés plus haut seront par ailleurs analysés sous un
angle théâtral, c’est-à-dire, nous présenterons dans les moindres détails tous
ce qui est en relation avec le théâtre. L’intérêts de cette étude réside dans
l’originalité du thème qu’il évoque. Elle est une passion qui met en action le
sujet et rend possible son analyse théâtrale. Pour mener à bien notre travail,
soucieux de le rendre accessible, afin de faciliter sa dégustation et avoir, une
bonne digestion, nous verrons dans la première partie, l’approche
définitionnelle de la théâtralité et du Tématé. Ensuite, dans la même veine,
c’est-à-dire dans la deuxième partie, la manifestation du Tématé et enfin
dans la troisième partie, nous verrons l’enjeu du Tématé à travers le jeu.
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PREMIÈRE PARTIE :
APPROCHE DÉFINITIONNELLE DE
LA THÉÂTRALITÉ ET DU TÉMATÉ
Le théâtre est un texte plus ou moins fixé produit par un ou plusieurs
auteurs destinés à être représenté par des personnages (et donc vu par des
spectateurs) mais aussi à être lu, nous a conduit à porter notre accent de
recherche sur l’une des danses du peuple Wobé issu de l’Ouest de la Côte
d’Ivoire en occurrence la danse Tématé. Captivante et séduisante, cette
danse mythique qui regorge plusieurs atouts ne laissera personne indifférent.
Cela dit, nous présenterons dans cette première partie les deux (2) grands
angles qui constitueront l’ossature de notre travail à savoir l’étude
sémantique de la théâtralité et du tématé.
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CHAPITRE I : ÉTUDE SÉMANTIQUE DE LA THÉÂTRALITÉ ET
DU TÉMATÉ
La définition des différentes notions de théâtralité et de la danse sera
une lucarne pour nous de mieux quantifier notre sujet en facilitant la tâche à
toutes ces personnes qui découvrirons dégusterons notre document à être
autant que nous au même diapason d’information. Ainsi, après la tentative
de définition desdits notions, nous déboucherons sur sur la présentation du
peuple Wê. Situé à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, précisément dans la région
du Guémon, dans la localité de Facobly, le peuple Wê regorge une multitude
de danse et de culture. Les cérémonies quelconques et fêtes de réjouissances
ne laisse personne en marge à tel enseigne que ses cultures se retrouvent
chez d’autres peuples. Notre analyse-ci nous permettra de montrer en long et
en large les Wê dans le but de faciliter la compréhension de ce chapitre à
chacun.
I. DÉFINITION DE LA THÉÂTRALITÉ
Dans cette partie de notre étude, il sera question pour nous de
procéder à la définition proprement dit d tous les contours de la théâtralité.
Ce même chapitre aussi va s’axer sur tous les aspects liés au tématé à partir
de sa situation géographique.
7
spécifiques du théâtre. Il en est de plus un autre aspect de la théâtralité, elle
est une conception tout aussi exclusive selon laquelle relève de la
sémiotique théâtrale tout ce qui se passe sur la scène au moment du
spectacle, c’est-à-dire tous les langages de manifestation qui concourent à la
production du sens, à l’exception du texte verbal lui-même. Elle prend un
sens encore plus large car selon Barthes : « la théâtralité doit être présente
dès le premier genre écrit d’une œuvre, elle1 est une donnée de création,
non de réalisation » « la théâtralité n’est pas le privilège de la chose
représentée mais du mouvement d’écriture par lequel on représente »,
précise Jean-Marie Piemme. La scène est clairement inscrite dans les textes
de Ionesco, notamment à travers les didascalies qui donnent une trame
précise et quasi impérative du spectacle souhaité. « Il est très difficile, dans
ce théâtre de faire fi des didascalies », témoigne le metteur en scène
Laurent Pelly. Mais ajoute, prouvant ainsi que la théâtralité dépasse le cadre
strict des didascalies : « c’est tellement écrit, d’une telle rigueur de
construction, que tout ce qu’on inventer appauvrit ». De ce fait, la
théâtralité correspond plus largement à un sentiment du spectacle, à une
science infuse de la scène, qui pour être parfois maladroitement exprimée,
est bien réelle :
il arrive parfois que l’auteur ne s’explique pas parfaitement.
Pourtant, il se comprend mieux que le metteur en scène, son
instinct est presque plus sûr, s’il est vraiment homme de théâtre.
Un authentique auteur de théâtre porte le théâtre en lui, le théâtre
est son système spontané d’expression.
En conséquence, le metteur en scène doit obéir, « il doit s’annuler, il doit
être un parfait réceptacle » ; il doit s’en remettre complètement à l’auteur,
maître instinctif du sens, de l’intégrité et de l’efficacité scénique de
l’œuvre.2
8
I- 2 La théâtralité dans le tématé
La théâtralité peut se définir comme un élément qui correspond au
« devenir-spectacle » du texte et non au spectacle effectif que l’on tire du
texte. Et dans devenir-spectacle, une place particulière revient à la parole
vive et prononcée sur scène. Autrement dit, c’est sa deuxième
caractéristique majeure. La théâtralité correspond aussi à « une manière
spécifique de travailler la langue » Jean-Marie Piemme, soit un compromis
entre le dit et l’écrit, une oralité recrée, une spontanéité travaillée. Cela dit,
la théâtralité dans le tématé s’accentue plus sur les différents acteurs qui la
composent.
La théâtralité fait ressortir le caractère théâtral de la danse par la mise en
évidence des personnages qui l’exécutent. Elle traduit le jeu qui s’y déroule
et essaie de s’illustrer à travers des aspects inédits tout en montrant le rôle
crucial qu’elle joue dans le tématé. Comme l’approuve ici Ionesco en ses
termes, la langue théâtrale est naturellement scénique. Sa texture et sa
rythmique son propres au jeu. Ses dialogues ne donnent pas dans
l’artificialité langagière ; phrases courtes, lexique courant et syntaxe
simplifiée dominent. La théâtralité transmet donc une image de la réalité et
des événements par l’emploi des exécuteurs et diverses stratégies sont mises
en place dans le but de rendre efficace la danse tématé.
9
compte de la curiosité d’aller voir et découvrir d’autres cieux, d’aller à la
recherche, d’apprendre et de connaitre les qualités et les potentiels que
regorgent certaines sociétés qui en est aussi la cause. Au regard de ces
assertions, nous allons tenter de faire l’historique de la danse Tématé. Créée
par les Wobés dans les années 1960, le tématé est une danse traditionnelle
de réjouissance qui tire son origine du groupe des Mandés en occurrence du
peuple Dan c’est-à-dire du pays Yacouba localisé dans la région de Man.
Provenant de l’ouest montagneux de la Côte d’Ivoire, elle est dansée à
l’occasion de la célébration des récoltes champêtres, c’est un moyen pour
les riverains d’exprimer leurs reconnaissances et leurs gratitudes au
Seigneur, une manière de lui dire merci pour la récolte qu’il a rendu
favorable ; c’est aussi une danse qui est inspirée de la danse ¨kono¨. Le
tématé est ainsi l’utilisation d’une parole chantée, sa vocation première est
d’enseigner la sagesse et l’esprit de fraternité au public.
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forme d’art, d’ordres religieux ou issus d’anciens divertissements royaux et
même et aussi pour des scènes de théâtre. Nous prendrons deux pays
africains pour essayer d’approfondir un peu notre présentation.
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spectaculaire est exhibée en public. Nous pouvons citer entre autres, dans
l’ouest ivoirien, la danse des Échassiers, pratiquée par les Dan, la danse
appelée les Jongleries exercée par les Guérés qui est une danse très célèbre
et spectaculaire servant à lancer des petites filles retombant par la suite sur
des poignards tenus en main par celui qui les a lancés. Nous avons pour se
limiter qu’à ceux-là, la danse du Boloy et du N’Goro pratiquée dans le nord
par les Sénoufos. Nous en revenons à celle qui fait l’objet de notre analyse
qu’est le Tématé pour l’illustrer explicitement à travers sa présentation. Le
tématé en ce qui la concerne est une danse Wobé pratiquée à l’ouest de la
Côte d’Ivoire qui signifie « plus beau », c’est une danse exécutée par les
jeunes filles. Les pats de danse ne sont pas improvisés, celles-ci s’exécutent
en file indienne et rappellent les gestes des différents travaux de la culture
du riz c’est-à-dire, les danseuses enchainent une chorégraphie illustrant
l’histoire du riz qu’elles miment ensemble accompagnées par la sonorité des
tambours, des castagnettes etc. Elles sèment les graines, récoltent le riz, le
préparent et le consomment ; elles honorent en effet la terre nourricière. À
l’origine, des musiciens équipés de petits tambourins attachés par trois (3),
quatre (4) ou cinq (5) autour de leur taille accompagnaient les femmes au
champ lors de la récolte afin de les encourager dans leur labeur. Le tématé
est de nature une danse de réjouissance mais cette danse de réjouissance est
aujourd’hui dansée par des jeunes filles lors des fêtes et aussi lors des
cérémonies funèbres pour en quelques sortes rendre un hommage soit à un
patriarche décédé ou à une personne de bonne Foi qui vivait en fraternité
avec tout le monde (voir annexe figure 1).
12
Orchestre Blewlou, présentation de la danse tématé,
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dialectes sont regroupés en quatre (4) grands groupes ethniques que sont :
les Mandés dans le Nord-Ouest (Malinké, Dan, Gouro...), les Voltaïques
dans le Nord-Est (Sénoufo, Lobi, Koulango...), les Krou dans le Sud-Ouest
(Bété, Wobé, Dida...) et les Akan dans le Sud-Est (Baoulé, Attié, Abron...).
Parmi ces groupes cités, nous allons nous intéresser plus spécialement au
groupe Krou en occurrence les Wobés. Le groupe Wê dont le nom signifie «
les hommes qui pardonnent facilement », réside dans le département de
Facobly et de Kouibly. C’est un peuple avec une population estimée à
environ 1,7%. Il se caractérise par une multitude de cultures et parmi celle-
ci figure en bonne place la belle et mythique danse « le Tématé ». Le
Tématé est une danse de joie de communion et de communication et est de
plus un canal pour rendre un grand hommage à la terre pour ses bienfaits qui
a travers laquelle l’on a eu de bonnes récoltes.
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Les Guérés sont une population d’Afrique de l’Ouest vivant à
l’ouest de la Côte d’Ivoire et de l’autre côté de la frontière au Libéria. Il
existe cependant différentes formes de Guéré à savoir, les Gere, Gewo, les
Gwere, etc dont la majorité sont situées au Libéria.
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II.1 La culture Wobé
Pour terminer, nous avons la danse et la chanson qui sont des facteurs
très remarqués et appréciées chez le peuple Wobé. Nous pouvons citer
quelques artistes de renoms qui font la fierté de ce peuple à savoir Blé
Marius avec son titre « Saba oh Saba », Oulaï Kayor avec le titre
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« Gbodjalo » et biens d’autres artistes. La danse et la chanson peuvent
s’exécuter par les hommes, les femmes et aussi par les masques. L’apport
des masques est important ici en ce sens qu’ils peuvent mimer et raconter
l’histoire du peuple Wobé. Nous avons le masque qui sort uniquement
pendant les périodes de joie, de bonheur ; le masque qui sort spécialement
lorsqu’il s’agit du décès d’un ancien du village mais surtout lorsqu’il s’agit
du décès d’un initié. Nous avons l’un des plus dangereux masques Wobés
qu’on appelle « Koui », c’est un masque griot qui n’est pas vu par les
femmes sinon ces dernières deviendraient stériles instantanément et
achevons cette liste avec le masque panthère appelé généralement « Tchi »
qui est connu pratiquement par tout le monde entier et qui aussi fait son
apparition pendant les cérémonies de réjouissances et funéraires.
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accompagné de la sauce longueur « kplé ». Cette nourriture a de plus
booster au plan national, sous régional et même international la notoriété
Wobé ce qui a favorisé la création d’un festival dénommé « Festikplé » dont
le but est de renforcer encore plus les liens de cohésion au travers la
valorisation des mets Wobés.(voir annexe figures 3 et 4 )
J. Girard, Dynamique de la société ouobé. Lois des masques et coutumes, xvi-358 p. (Mémoire
de l’IFAN, 78), IFAN, Dakar, 1947, pp. 287-289, 10 octobre 2020
La tâche qui nous a été assignée dans cette première partie nous a
permis de mettre à lumière certains points de notre sujet. Il était question
pour nous de faire une approche définitionnelle de la théâtralité et du tématé
dans le but de lever l’équivoque. Cette définition s’est faite de manière
pragmatique. Nous avons d’abord scindé cette partie en deux (2) chapitres
que sont l’étude sémantique de la théâtralité et la présentation du peuple
Wê ; et ensuite, chaque chapitre mettait en exergue deux grands points. Pour
le premier, il s’agissait de la définition de la théâtralité et de la présentation
des aspects liés au tématé ; enfin le second chapitre a porté essentiellement
sur la présentation du peuple Wobé et du peuple Guéré pour s’achever par la
présentation culturelle et gastronomique du peuple Wobé uniquement.
L’étude de cette première partie nous a permis de connaitre l’apport de la
théâtralité dans le tématé, connaitre l’origine du tématé ainsi que le peuple
qui la pratique. Elle sera donc le fil conducteur qui va nous permettre de
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déboucher sur la deuxième partie de notre travail qui s’intitule LA
MANIFESTATION DU TÉMATÉ.
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DEUXIÈME PARTIE :
LA MANIFESTATION DU TÉMATÉ
La manifestation « action de révéler » ; « action de rendre
visible », peut se définir comme étant une action d’exprimer quelque chose,
un rassemblement de personnes qui veulent faire entendre ou connaître leur
opinion. C’est aussi un événement, la présentation publique sous forme de
spectacle, d’exposition d’une activité. Nous parlerons de manifestation
culturelle ou théâtrale. Nous nous focaliserons plus sur la manifestation
théâtrale car cela renvoie à la manifestation du tématé. Le tématé donc qui
est une danse qui dégage des aspects théâtraux sera dégusté en ayant comme
entrée le chapitre premier intitulé La représentation scénique du tématé et
comme sortie le second chapitre qui s’identifie L’Animation du tématé.
Quant à la résistance, elle prendra en compte tous les différents sous traits
développés entre le premier et le second chapitre.
19
CHAPITRE I : LA REPRÉSENTATION SCÉNIQUE DU
TÉMATÉ
I.1 L’espace
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situation, le comique de jeu et la beauté de l’aspect théâtrale qu’elle dégage.
Pour corroborer, le tématé, danse de réjouissance, jadis s’exécutait au
champ dans le but de traduire la joie ressentie par les agriculteurs face à une
récolte abondante et favorable.
I.2 Le temps
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dans la manifestation du tématé sert à mettre en évidence le moment
pendant lequel se déroule celle-ci. Cette danse peut se tenir à n’importe quel
moment c’est-à-dire qu’elle peut se dérouler le matin, le soir et aussi la nuit.
En ce qui concerne le soir et la nuit, le tématé est dansée le plus souvent lors
des cérémonies funèbres. Pour ce qui est de la journée, c’est le lieu
primordial d’exécution du tématé parce que cela permet de mettre à nu
l’esthétique et le caractère harmonieux qui s’y dégage. Tous ces aspects
cités propre au tématé montrent la théâtralité de cette danse de réjouissance
qui se remarque principalement par les pas de danses et le déplacement des
danseurs sur la scène.
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d’une seule personne. Elle est interprétée par des hommes ou des femmes
qui ne sont pas des musiciens professionnels. Elle traverse les siècles se
transmettant par l’oral, sans support écrit. Elle est également souvent
associée à la danse ou au chant. En tout cela, la musique traditionnelle
s’oppose à ce que l’on appelle la « musique savante » qui, elle, se transmet
par écrit et est composée par et interprétée par des professionnels. La
musique traditionnelle est le, reflet d’une civilisation, qui, elle-même, varie
selon les populations, les époques et les régions. Elle revêt donc autant de
formes qu’il existe de communautés. Les rythmes, les tonalités, les mélodies
sont en tous points différentes. Cependant, qu’elle qu’en soit l’origine, la
musique traditionnelle est toujours étroitement associée aux événements
importants de la vie en communauté, aux activités quotidiennes liées aux
cycles naturels (saisons), au travail, et à la famille. Jadis, la musique
traditionnelle avait été considérée comme une musique « pauvre ». Ce n’est
plus le cas aujourd’hui : le mélange des cultures et les moyens de diffusions
donnent un nouvel essor à la musique traditionnelle, appelée désormais
« musique du monde ».
En outre, toute civilisation est dotée de danse et toutes ces danses sont
couramment accompagnées de notes musicales. Ainsi, le tématé, danse
sacrée et qui est aussi une danse d’action est dansée sous une sonorité
musicale avec une mélodie épatante et flamboyante dont le rythme traduit le
mouvement des danseurs.
23
II.2 Étude des instruments
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Dans le tématé, il y a quatre (4) types de tam-tam utilisés : le premier
est nommé le tam-tam « Solo », son rôle est de commenter les pas des
danseuses. Après le tam-tam « Solo », nous avons le premier tam-tam
accompagnateur qui est le « Dikly », son rôle est de soutenir le soliste
pendant le déroulement de la danse. À lui s’ajoute le deuxième tam-tam
accompagnateur qui est le tam-tam à trois (3) têtes appelé principalement le
« Néhinhi », son rôle est de donner de la bonne sonorisation et agrémente
aussi les sons des différents tam-tam joués. À côté du « Néhinhi », il y a le
troisième tam-tam accompagnateur et le dernier utilisé pour la danse qui est
le « Zékéhi » dont le rôle est d’encourager le « Néhinhi ». L’utilisation de
ces quatre (4) tam-tams cités propulsent de la chaleur musicale, elles
captivent tout être l’écoutant jouer à travers ses belles mélodies envoutantes.
25
Il est aussi défini comme un type de cloche qui produit un son
distinctif, surtout lorsqu’il est employé en grand nombre. Il trouve son
utilisation dans de nombreux domaines comme instrument de percussion.
26
Francis Wolf, Pourquoi la musique ? Fayard, « Histoire de la pensée », 2015, (ISBN 978-2213685809)
Luc Brisson (dir.) (trad. du grec ancien), Définitions, Editions Gallimard, 2008 (1re éd. 2006) (ISBN 978-2-0812-9).
Les Caractères (trad. Nicolas Waquet, préf. Nicolas Waquet), Paris, Payot et Rivages, coll. « La Petite Bibliothèque », 2010,
CHAPITRE II : L’ANIMATION DU TÉMATÉ
112 p. (ISBN 978-2743621384)
I. L ’EXÉCUTION DE LA DANSE
TÉMATÉ
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perception des structures rythmiques liées aux accentuations. Mais précisons
que ces deux (2) aspects de la perception temporelle nécessitent en
permanence le jeu simultané de champs sonores et kinesthésiques. L’image
du corps est encore au centre de la perception temporelle : « les sensations
musicales de nature rythmique révèlent le jeu musculaire et nerveux de
l’organisme tout entier ».
Ainsi, nous pouvons noter avant tout que le corps de l’homme est le
principal élément pour s’exprimer ou danser. C’est ensuite que nous
pouvons souligner l’occupation de l’espace, l’adaptation à la musique et à la
concentration. Outre cela, nous pouvons aussi ajouter que dans sa finalité,
une beauté est construite (la chorégraphie). Elle relate de même, divers
aspects tels que culturels, rituels, gestuels, etc.
Le tématé est une danse qui rend hommage aux esprits suite à une
récolte favorable.
28
l’endroit de la boisson apportée qui par la suite sera servi dans une petite
calebasse. Après l’avoir servi, le chansonnier va d’abord gouter la boisson et
va renverser le reste du contenu au sol dans l’unique but de demander aux
ancêtres d’accorder leur bénédiction pour le bon fonctionnement et la
réussite de l’activité ou la cérémonie qui va se dérouler à l’instant. Au
moment de finir les libations, un autre chansonnier, vient rejoindre sur la
place devant les anciens celui qui a procédé à la libation qui lui à son tour va
donner la bonne nouvelle à celui qui est venu le rejoindre en lui rapportant
que les ancêtres ont donné leurs accords pour que la cérémonie puisse
débuter et qu’elle se passe dans de très bonnes circonstances. Au sortir de
cet échange de quelques minutes, les deux (2) acteurs jubilent de joie et
commencent à appliquer des pas de danses qui est une marque de sentiment
positif qu’ils partagent aux autres personnages traduisant l’atmosphère
heureux dans laquelle ils baignent déjà tous. En outre, le plus souvent, la
musique est chantée par des personnes appelées chansonniers qui jouent le
rôle de protecteurs car au cours du déroulement de la danse, les spectateurs
qui assistent à la danse peuvent sous l’effet de la joie ressentie, venir offrir
des présents aux danseuses et risquent aussi, de faire tomber ces dernières
involontairement. Les chansonniers ne se limitent pas qu’à la protection des
danseuses, mais surtout ils les alimentent, ils leurs donnent le courage, les
galvanisent et mettent du tonus dans la danse. Tout ceci se fait par des
déplacements de ces derniers représentant ainsi l’apport du théâtre. Ce sont
les hommes aussi qui tapent le tam-tam et par celui-ci, ils donnent vie et
apportent de l’ambiance pendant la pratique de la danse.( voir annexe figure
8 et 9)
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La rencontre entre la femme et l’homme sur une quelconque scène
marque une parfaite combinaison et une belle connivence. Comme nous le
savons, elle est source de bonheur, de paix, de vie, etc. La place des femmes
dans le théâtre en tant qu’actrices, dramaturges ou metteuses en scènes a
évolué à travers les époques et diffère selon les pays.
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danse est réservée aux jeunes filles dont l’âge varie entre dix (10) à trente-
cinq ans (35) dotées d’une souplesse, qui incarnent la beauté,
impressionnent tous ceux qui sont autours d’elles et dont la beauté attire
toutes ces personnes qui assistent à la danse. Le potentiel dont dispose ces
jeunes danseuses est un facteur de distraction ce qui traduit sa théâtralité et
cela se perçoit aussi par leur chevauchement sur la piste de danse. (voir
figure 10)
Les acteurs ont pour coutume de dire que le costume joue, au même
titre que tout ce qui a une existence scénique propre. En même temps, le
costume de théâtre ne doit pas prendre une valeur détachée de l’acteur, du
personnage qu’ils montrent. Ce que l’acteur appelle « habiter son costume »
traduit un accord profond entre le personnage et son costume. C’est en cela
que le costume cesse d’être un déguisement. Il devient un élément essentiel
31
du mouvement dramatique. Comme pour les éléments scéniques, des
dramaturges ont apporté le plus grand soin à la création des costumes.
Après Hugo, Brecht et beaucoup d’autres, Jean Genet a donné des idées
de costumes pour la réalisation de certaines pièces en accordant par ailleurs
un soin au maquillage, comme à un prolongement expressif et signifiant du
costume. Cela renvoi à dire que, quel que soit les costumes des personnages,
bariolés ou non, couverts de bijoux ou de n’importe quoi, il n’aura aucun
inconvénient pour la probité du spectacle donné sur la scène. Pour aller plus
loin, il faut dire que, lorsque le théâtre dégage sa spécificité, le costume
prend valeur d’image et ce depuis le XVIIe siècle où il fait son apparition en
tant que tel. Roland Barthès l’approuve en affirmant : « le bon costume de
théâtre doit être assez matériel pour signifier et assez transparent pour ne
pas constituer ses signes en parasites car c’est dans l’accentuation même
de sa matérialité que le costume a le plus de chance d’atteindre sa
nécessaire soumission aux fins critiques du spectacle.
32
Sud de la Côte d’Ivoire, le pagne « Kita » se réalise à la main. Il consiste à
tisser des fils de coton ou de soi, de plusieurs couleurs entre eux. On obtient
ainsi de longues bandelettes que l’on relie les uns après les autres. La
fabrication du « Kita » est une activité généralement réservé aux hommes et
commercialisé par les femmes. Communément porté lors des fêtes et
cérémonies, ce costume est symbole de noblesse et de prestige ce qui fait de
lui l’une des tenues traditionnelles incontournables. Il existe plusieurs types
et qualités de « Kita » ; cela s’est remarqué par les différentes couleurs ainsi
que les différents dessins qui figurent sur celui-ci et chaque type a une
signification.
La Ceinture et le Rameau.
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particulièrement utilisé dans les peintures corporelles du peuple Wobé et
symbolise à la fois la paix, la joie et le deuil. Le motif du kaolin utilisé dans
le tématé est celui du palmier qui signe de paix et de cohésion sociale.
Nous fermons cet angle avec l’explication du rôle que joue le rameau. Le
rameau, tout comme l’aubier qui se présente comme étant la partie de
l’arbre se situant entre le bois de cœur et le cambium ; cette région
périphérique est un bois vivant, plus poreux, plus tendre, plus léger, plus
clair, plus hydraté dont les vaisseaux conducteurs véhiculent la sève brute,
34
est aussi la partie vivante du bois. Il est composé de lignine non
polymérisée. Cette lignine jeune et facilement dégradable est utilisée pour
fabriquer du bois raméal fragmenté. Autrement dit, il est une subdivision,
plus petite, d’axes végétatifs ramifiés des plantes. Le rameau prend une
autre connotation plus précisément chez les chrétiens Catholiques. Il
symbolise l’entrée triomphale de Jésus-Christ à Jérusalem. Plus loin dans la
même lancé, le rameau de palmier évoque la fête des récoltes dans la
tradition juive. Au regard de ces assertions, nous pouvons affirmer que le
rameau est un élément qui marque la joie, la gaieté, le bonheur, etc. Cela
donc explique clairement la présence de la brindille du rameau attachée à la
tête des hommes présents dans la scène du tématé. En réalité, cette brindille
vient pour davantage démontrer l’atmosphère joyeux et pépère qui règne au
sein de cette danse et aussi qu’elle dégage. Cela se perçoit à travers cette
émotion agréable et profonde, ce sentiment exaltant ressenti par toute la
conscience qui se lie sur le visage des danseuses, des instrumentistes ainsi
que sur le visage de tous les spectateurs. Mais soulignons qu’à l’opposé de
ça, le rameau que nous voyons joue un rôle de protection, il annule tout
mauvais esprit venant contre l’un des personnages de la danse. (voir annexe
figures 13, 14, 15, 16, 17 et 18)
35
Josette Rivallain, Kente : textiles royaux des Akan, trames et symboles, Musée des
beaux-arts, 1988, 21 p. – pl., (ISBN 2-905221-03-8) (catalogue d’exposition), 05
Novembre 2020 Au terme de l’analyse de la deuxième partie de notre travail, nous pouvons
36
TROISIÈME PARTIE :
37
CHAPITRE I : APPROCHE DÉFINITIONNELLE DU JEU
I. DÉFINITION DU JEU
38
créant ni biens, ni richesse ; elle est réglée, soumise à des conventions qui
suspendent les lois ordinaires ; et enfin, elle est fictive, c’est-à-dire,
accompagnée d’un sentiment très net d’irréalité par rapport à la vie
courante.
39
Le jeu théâtral fait appel à l’imaginaire, cela permet d’échapper le
du jeu aux contraintes de la vie ordinaire. Le jeu en accédant à l’imaginaire
permet l’évasion. Lorsqu’on joue on s’identifie au personnage incarné.
L’identification est momentanée et permet « un instant de liberté ». De plus,
les activités d’expressions à visée artistique permettent crée chez le
spectateur un esprit critique développé de son imagination et marque son
expression par un geste maîtrisé. Nous le constatons bien évidemment dans
le tématé à travers le mime fait par les différents acteurs du déroulement de
la semence du riz, de sa récolte à sa consommation.
40
CHAPITRE II : APPROCHE DÉFINITIONNELLE DE L’ENJEU
I. DÉFINITION DE L’ENJEU
Un enjeu est quelque chose que l’on risque dans une compétition,
une activité économique ou une situation vis-à-vis d’un aléa. C’est donc ce
que l’on peut gagner ou perdre en faisant quelque chose ou en ne le faisant
pas. Toute cause présente des conséquences dont la nature peut être positive
(gain, victoire, réussite, succès etc.) ou négative (perte, défaite, échec, etc.).
L’enjeu peut donc être vu sous plusieurs aspects, nous avons l’enjeu
littéraire, l’enjeu environnemental, l’enjeu social, l’enjeu culturel etc.
41
Comme mentionné ci-dessus, l’enjeu se présente aussi sous
différents aspects que sont : l’enjeu au plan littéraire, l’enjeu au plan social,
l’enjeu au plan environnemental, l’enjeu au plan culturel etc.
42
culture de son étymologie latine « cultura » qui signifie l’action de cultiver,
dans le domaine de l’agriculture en particulier : cultiver des fleurs…
43
pour le peuple Wobé pour valoriser son patrimoine culturel en particulier et
celui de la Côte d’Ivoire en général.
Le tématé qui est une danse qui prône la paix et la cohésion social
joue une partition très favorable au plan politique en ce sens qu’elle
communique la joie et l’amour au public qui l’assiste. Elle est un facteur
primordial pour inciter tous les dirigeants africains mais précisément ceux
de la Côte d’Ivoire à une cohabitation parfaite entre eux pour
l’épanouissement et le développement de leurs différentes nations.
Nous le savons, il n’y a pas de sot métier dans ce monde et c’est pour
cette raison que toutes activités quel qu’en soit, est rentable selon son
44
exercice. La danse tématé est d’un appui économique très important parce
qu’elle est source de création d’emplois. Pendant l’exécution de la danse, le
public qui l’assiste, suite à l’esthétique qui s’y dégage, à la cadence du
rythme et à travers la fascination de la beauté des danseuses, fait des dons en
quelconque nature ; cela favorise ainsi donc l’agrandissement du groupe
grâce l’insertion des personnes impressionnées par ladite danse.
I. DÉFINITION DE L’IDÉOLOGIE
45
vision et pour terminer comme la logique d’une image développée pour la
pensée du groupe.
L’idéologie qui est une doctrine, une école de pensée derrière laquelle
se cache des intérêts d’individus et groupes d’individus se présente sous
plusieurs concepts que sont l’idéologie politique, l’idéologie religieuse,
l’idéologie économique etc.
46
famille mais parfois, elle se heurte à des problèmes après avoir été qualifié
de concept le plus insaisissable dans l’ensemble des sciences sociales.
II.1 La formation
47
toujours une aventure collective. Elle aide aussi les personnes qui la
pratiquent à s’installer dans une connaissance de soi féconde et évolutive.
En outre, la danse tématé est une expérience ludique, enrichissante et
créative pleine de rencontre et de rencontre inattendues. Les acteurs
apprennent à davantage se connaître à découvrir des zones de soi qu’ils ne
soupçonnaient pas, à développer leur créativité et surtout c’est invitation au
dépassement de soi. Le tématé est sans doute une danse, un art très complet
qui implique le corps, la voix, la créativité, la capacité d’improviser et de
s’adapter, le rythme, la création d’histoire, l’ouverture aux autres, etc. Elle
favorise le travail en groupe et engendre des confrontations intéressantes.
Elle nous permet de voir d’autres façons de faire, d’être en contact avec
d’autres sensibilités, d’autres univers créatifs et de s’ouvrir aux propositions
des autres, d’explorer des pistes qu’on n’aurait pas forcément suivies. Nous
pouvons citer quelques piliers du tématé qui participent à la formation de
l’être humain. Nous avons entre autres, la connexion à soi-même son corps,
ses émotions ; se mettre au diapason et créer l’harmonie au sein de la
société ; mettre de côté ses peurs ; découvrir les différents états émotionnels
du corps ; etc. L’objectif ultime est de présenter une formation construite,
visible et captivante au public. C’est-à-dire de pouvoir exprimer quelque
chose qui est propre dans un langage théâtral devant des spectateurs. Cet
exercice permet de structurer la créativité, de développer la maîtrise de la
scène et de vivre un moment d’échange intense.
48
frotter à d’autres activités dont la musique, donne cette confiance et cette
maîtrise de soi face aux situations de la vie.
II.2 L’éducation
49
déhanchement des exécuteurs de la danse créé une atmosphère de joie et de
gaieté. Le déroulement du tématé par les différents costumes utilisés qui
sont synonymes de paix, et de cohésion sociale suscite chez l’homme à
prôner l’amour du prochain, la fraternité, l’union et le vivre ensemble.
[Link] 25 Octobre
Christian Duncker (Hg.): Ideologiekritik Aktuell-Ideologies Today. Bd. 1. Londres, 2008. (ISBN
978-1-84790-015-9), 29 Octobre 2020
50
CONCLUSION GÉNÉRALE
51
En effet, la réflexion sur la théâtralité dans le tématé : jeu pour
quel enjeu comme ailleurs, a certifié que la danse est un fait social
populaire. Cet aspect regroupe en son sein tout ce qu’il faut pour l’homme
dans un milieu comme la cohésion et la dynamique sociale des peuples.
Ceci s’explique par le fait que la danse se résume essentiellement par un
processus cognitif (la socialisation, la communication, l’éducation…).
Mais aussi au-delà de ces fonctions sociales, elle reste une activité
physique artistique qui renforce la motricité corporelle.
52
Par conséquent, si le tématé qui est une danse traditionnelle tend à
perdre aujourd’hui de plus en plus sa substance (qualité), nous
devrions faire preuve d’intervention en faisant des études sur la
sensibilisation des valeurs culturelles. Cette perte progressive des
valeurs sociales et culturelles est causée principalement par la
modernité.
Mais étant conscient du fait, nos sociétés traditionnelles peuvent bien
remédier et combler les failles par une sensibilisation et une
motivation des jeunes. L’implication des instructions officielles
(diffusion des médias) pourrait être aussi un moyen pour la relance
des valeurs traditionnelles éthiques. En un mot, réfléchir ou écrire
sur l’utilité des valeurs traditionnelles particulièrement la danse
seraient le meilleur moyen pour relancer ces dernières.
La tâche que nous nous assignons dans ce présent mémoire consiste
à exposer brièvement et exactement la situation de la danse tématé
ou mieux les danses traditionnelles de la Côte d’Ivoire à travers ses
valeurs que sont l’enseignement à la sagesse, à l’humilité, véhiculer
les messages de cohésion sociale, de paix et surtout d’amour.
Le but de notre réflexion est de mettre en relief les valeurs sociales,
éducatives que regorge le tématé afin de conscientiser la génération
actuelle et future.
Nous pouvons bien exploiter les danses traditionnelles
singulièrement le tématé dans la vie moderne comme à l’école ou
dans les centres d’animations et de sport. Le tématé en particulier et
la danse traditionnelle en générale peut s’imposer par son caractère
propre dans la civilisation moderne en occupant bien ses qualités
originales sans quitter son rôle d’animation, de divertissement et
d’esthétique.
53
Ce sujet a été conduit par les deux (2) principales fonctions du
théâtre que sont : divertir et instruire. C’est sous le couvert de ces
deux (2) fonctions qu’a été menée cette étude. Par ailleurs, le travail
a été structuré en trois (3) grandes parties.
54
ANNEXE
55
Figure2 : Carte du peuple Wobé.
56
Figure 3 : La sauce « KPLÉ » appelé généralement en français « sauce
longeur ».
57
Figure 4 : Le « BÂ », qui est le foutou manioc utilisé comme
accompagnateur parfait à la sauce « KPLÉ ».
58
Figure 5 : Les Grelots
59
Figure 6 : Les Tam-tams utilisés et joués en quelques sortes pendant
l’exécution de la danse.
60
Figure 7 : Les Castagnettes.
61
figure 8 :Les hommes battants les tam-tams pendant la danse.
62
Figure 9 :Le chansonnier.
63
Figure 11 : En image, Le Boubou traditionnel Wobé, porté aussi lors du
tématé.
64
Figure 12 : L’image présenté ici est précisément pour montrer le Kaolin.
Figure 13 :Les cauris sont plus représentatifs sur le chapeau qui est porté par
les danseuses.
65
Figure 14 :La Queue de Cheval.
66
Figure 15 : La ceinture portée à la hanche par les danseuses.
67
Figure 17 : Brindille de rameau attaché à la tête d’un des chansonniers.
68
BIBLIOGRAPHIE
Webographie
[Link] 25
Octobre
69
Josette Rivallain, Kente : textiles royaux des Akan, trames et symboles,
Musée des beaux-arts, 1988, 21 p. – pl., (ISBN 2-905221-03-8) (catalogue
d’exposition), 05 Novembre 2020
70
TABLE DES MATIÈRES
REMERCIEMENTS.............................................................................................2
SOMMAIRE..........................................................................................................3
INTRODUCTION GÉNÉRALE...........................................................................4
PREMIÈRE PARTIE :..........................................................................................8
APPROCHE DÉFINITIONNELLE DE LA THÉÂTRALITÉ ET DU
TÉMATÉ................................................................................................................8
CHAPITRE I : ÉTUDE SÉMANTIQUE DE LA THÉÂTRALITÉ ET DU
TÉMATÉ..............................................................................................................10
I. DÉFINITION DE LA THÉÂTRALITÉ.................................................10
I.1 La notion de théâtralité....................................................................10
I- 2 La théâtralité dans le tématé............................................................11
II. PRÉSENTATION DES ASPECTS LIÉS AU TÉMATÉ..................12
II.1 Origine du tématé.............................................................................12
I.2 Présentation du tématé....................................................................13
CHAPITRE II : PRÉSENTATION DU PEUPLE WÊ.....................................16
I. PRÉSENTATION DU PEUPLE WOBÉ ET DU PEUPLE GUÉRÉ....16
I.1 Le peuple Wobé......................................................................................16
I.2 Le peuple Guéré...............................................................................17
II. LE PEUPLE WOBÉ, UN PEUPLE AVEC UNE CULTURE ET
UNE GASTRONOMIE SÉDUISANTE.........................................................18
II.1 La culture Wobé...............................................................................18
II.2 La gastronomie Wobé......................................................................20
DEUXIÈME PARTIE :.......................................................................................22
...............................................................................................................................22
71
LA MANIFESTATION DU TÉMATÉ..............................................................22
CHAPITRE I : LA REPRÉSENTATION SCÉNIQUE DU TÉMATÉ...........24
I. PRÉSENTATION DU LIEU DE DÉROULEMENT DU TÉMATÉ....24
I.2 Le temps............................................................................................25
II. LES COMPOSANTES DE LA DANSE TÉMATÉ...........................26
II.1 Étude de la musique...........................................................................26
II.2 Étude des instruments........................................................................28
...............................................................................................................................30
...............................................................................................................................30
CHAPITRE II : L’ANIMATION DU TÉMATÉ...............................................31
I. L ’EXÉCUTION DE LA DANSE TÉMATÉ.........................................31
I.1 Le rythme et corps...........................................................................31
I.2 Les femmes........................................................................................33
II. L’APPORT DU COSTUME DANS LA DANSE TÉMATÉ.............35
II.1 Le pagne traditionnel......................................................................35
II.2 Le Kaolin, les Cauris, La Queue de Cheval, leChapeau,....................37
TROISIÈME PARTIE :......................................................................................41
DU JEU À L’ENJEU DU TÉMATÉ...................................................................41
CHAPITRE I : APPROCHE DÉFINITIONNELLE DU JEU.........................43
II. IDENTIFICATION DU JEU DANS LE TÉMATÉ.................................44
II.1 L’importance du jeu dans le tématé........................................................44
II.2 Les caractéristiques du jeu dans le tématé...........................................45
CHAPITRE II : APPROCHE DÉFINITIONNELLE DE L’ENJEU...........46
I. DÉFINITION DE L’ENJEU........................................................................46
I.1 La notion de l’enjeu............................................................................46
I.2 Quelques aspects de l’enjeu.................................................................46
II. LES OBJECTIFS DU TÉMATÉ.............................................................47
II.1 Au plan culturel et social......................................................................47
Le tématé, comme toutes les danses africaines est régies par des objectifs
qu’elle doit atteindre et qui lui sont propre.....................................................47
II.2 Au plan politique et économique.....................................................49
72
CHAPITRE III : L’IDÉOLOGIE DU TÉMATÉ..............................................50
I. DÉFINITION DE L’IDÉOLOGIE.........................................................50
I.2 Quelques courants de l’idéologie........................................................51
II. LE TÉMATÉ, FACTEUR DE FORMATION........................................52
II.1 La formation......................................................................................52
II.2 L’éducation.........................................................................................53
ANNEXE..............................................................................................................60
Figure1 :Voici présenté en image la danse tématé.................................................60
...............................................................................................................................64
Figure 5 : Les Grelots............................................................................................64
...............................................................................................................................65
Figure 7 : Les Castagnettes....................................................................................66
BIBLIOGRAPHIE...............................................................................................75
TABLE DES MATIÈRES...................................................................................77
73