Algèbre 2 : Applications multilinéaires
Algèbre 2 : Applications multilinéaires
FACULTÉ DES
DÉPARTEMENT DE MATHÉMATIQUES
COURS :
Algèbre 2
Pr
RESUMÉ
ii
Mots clés :
Algèbre 2
iii
Algèbre 2
Table des matières
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1 Application multilinéaire
Déterminants 3
1.1 Application multilinéaire-Déterminant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1 Groupe de permutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Application multilinéaires symétriques et antisymétriques . . . . . . 6
1.1.3 Applications multilinéaires alternées . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.4 Matrice d'une forme bilinéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2 Déterminants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.1 Déterminant d'une famille de vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.2 Changement de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.3 Caractérisation des bases par le déterminant . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.4 Déterminant d'un endomorphisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.5 Déterminant d'un automorphisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.6 Calcul des déterminants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.7 Déterminant d'une matrice triangulaire . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.2.8 Applications des déterminants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.2.9 Rang d'une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
iv
1 TABLE DES MATIÈRES
2.3 Diagonalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.3.1 Diagonalisation et sous espaces propres . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.3.2 Diagonalisation eective d'une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.3.3 Application de la diagonalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.4 Trigonalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3 Espace vectoriel euclidien 50
3.1 Produit scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
3.1.1 Notions métriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.2 Espaces vectoriels euclidiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
Algèbre 2
TABLE DES MATIÈRES 2
Introduction :
Algèbre 2
Chapitre 1
Application multilinéaire-Déterminants
i=1 i=1
n
Y
fj : Ei −→ F
i=1
i6=j
ϕ(f1 , ..., λfi + g, ..., fn ) = λϕ(f1 , ..., fn ) + ϕ(f1 , ..., fi−1 , g, fi+1 ..., fn ).
3
CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS 4
2) Soient E = F = K et n ∈ N∗ .
L'application
ϕ : K × · · · × K −→ K
(x1 , ..., xn ) 7−→ ϕ(x1 , ..., xn ) = x1 x2 · · · xn
est une forme n-linéaire sur K, en eet ∀i ∈ {1, ..., n}, l'application partielle
ϕi : K −→ K
x 7−→ ϕ(x1 , ..., xi−1 , x, xi+1 , ..., xn )
avec (x1 , ..., xi−1 , xi+1 , ..., xn ) xé dans Kn−1 , est linéaire puisque
ϕ(x) = ax avec a = x1 · · · xi−1 xi+1 · · · xn .
3) Si E = R2 , le produit scalaire (~u, ~v) 7−→ ~u · ~v est une forme bilinéaire.
Remarques 1.1.3
1) Si n = 1, une application 1-linéaire de E dans F est tout simplement une application
linéaire de E dans F.
2) Pour n ≥ 2, une application n-linéaire n'est pas nécessairement linéaire.
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5 CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS
Dénition 1.1.7
Dans une permutation, on a une inversion si un nombre plus grand précède un nombre
plus petit.
De manière plus précise, le nombre d'inversions d'une permutation (j1 , ..., jn ) est la somme
du :
− nombre de successeurs de j1 plus petits que j1 , plus
− nombre de successeurs de j2 plus petits que j2 , plus
..
.
− nombre de successeurs de jn−1 plus petits que jn−1 .
Exemples 1.1.8
1) La permutation (4 2 5 3 1) contient 7 inversions. En eet : Il y a 3 successeurs plus
petits que 4, 1 successeur de 2 plus petit que 2, 2 successeurs de 5 plus petits que 5,
1 successeur de 3 plus petit que 3 et pas de successeur de 1 plus petit que 1, donc la
somme est 7.
2) La permutation (1 5 3 2 6 7 4) contient : 0 + 3 + 1 + 0 + 1 + 1 + 0 = 6 inversions.
Dénition 1.1.9
Une permutation ayant un nombre pair d'inversions est appelée permutation paire, sinon
elle est dite impaire.
si σ est pair
(
1
La signature de la permutation σ est : sign(σ) = ε(σ) = .
−1 si σ est impair
Exemples 1.1.10
1) Si σ = (4 2 5 3 1), alors ε(σ) = (−1)7 = −1.
2) Si σ = (1 5 3 2 6 7 4), alors ε(σ) = (−1)6 = 1.
3) On a S3 = { (1 2 3), (1 3 2), (2 3 1), (2 1 3), (3 1 2), (3 2 1) }.
ε(1 2 3) = 1, ε(1 3 2) = −1, ε(2 3 1) = 1, ε(2 1 3) = −1,
ε(3 1 2) = 1, ε(3 2 1) = −1.
Proposition 1.1.11
Sn est un groupe pour la loi de composition des applications.
Soit X = {x1 , ..., xn } un ensemble de cardinal n, l'ensemble des bijections de X dans lui
même est aussi un groupe pour la loi de composition des applications appelé groupe des
permutations de X et qui est isomorphe
à Sn .
Remarque 1.1.12
Si n ≥ 3, Sn n'est commutatif, en eet, on a ;
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CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS 6
Dénition 1.1.15
Une transposition est une permutation qui consiste à échanger deux éléments entre eux et
laisser les autres inchangés.
Proposition 1.1.16
Soit ϕ une application n-linéaire de E dans F .
ϕ est symétrique ( respectivement antisymétrique ) si et seulement si :
∀(x1 , ..., xn ) ∈ E n , ∀τ transposition de {1, ..., n}
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7 CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS
Exemple 1.1.18
Le produit vectoriel est une application bilinéaire alternée, en eet, on a :
~u ∧ ~u = ~0.
Proposition 1.1.19
Soit ϕ une application n-linéaire alternée de E dans F. Si (x1 , ..., xn ) est une famille liée,
alors ϕ(x1 , ..., xn ) = 0.
Preuve.
Supposons que (x1 , ..., xn ) est liée, alors
X
∃i ∈ {1, ..., n} / xi = λ j xj .
j6=i
Donc,
X
ϕ(x1 , ..., xn ) = ϕ(x1 , ..., xi−1 , λj xj , xi+1 , ..., xn )
j6=i
X
= λj ϕ(x1 , ..., xi−1 , xj , xi+1 , ..., xn ).
j6=i
Or, la famille (x1 , ..., xi−1 , xj , xi+1 , ..., xn ) contient deux fois xj et comme ϕ est alternée,
alors ϕ(x1 , ..., xi−1 , xj , xi+1 , ...xn ) = 0F , ∀j 6= i.
Par conséquent, ϕ(x1 , ..., xn ) = 0F .
Théorème 1.1.20
Soit ϕ une application n-linéaire de E dans F. Les deux assertions suivantes sont équiva-
lentes :
1) ϕ est antisymétrique.
2) ϕ est alternée.
Proposition 1.1.21
Soient ϕ une forme n-linéaire alternée sur E, (xi )i≤n ∈ E n et (λj )j6=i ∈ Kn−1 , on a :
j≤n
X
ϕ(x1 , ..., xi + λj xj , xi+1 , ..., xn ) = ϕ(x1 , ..., xn ).
j6=i
Preuve.
On a :
X X
ϕ(x1 , ..., xi + λj xj , xi+1 , ..., xn ) = ϕ(x1 , ..., xn ) + ϕ(x1 , ..., λj xj , xi+1 , ..., xn )
j6=i j6=i
X
= ϕ(x1 , ..., xn ) car (x1 , ..., λj xj , xi+1 , ..., xn ) est liée .
j6=i
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CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS 8
Dénition 1.1.22
La matrice MB (f ) dans la base B est la matrice n × n (i.e MB (f ) ∈ Mn (K)) qui a pour
coecients
f numéro
(ei , ej ) ( i de la ligne et j numéro de la colonne ).
x1 y1
.. ..
Si X = . et Y = . sont deux éléments de E , alors
xn yn
f (X, Y ) = t X MB (f ) Y
y1
= (x1 , ..., xn ) MB (f ) ...
yn
Inversement,
si M n (K) alors f : (X, Y ) 7−→ X M Y avec
∈ M t
x1 y1
.. ..
X = . et Y = . sont des vecteurs de E exprimés dans la base B de E , est une
xn yn
forme bilinéaire de E et M = MB (f ).
Proposition 1.1.23
f est symétrique si et seulement si MB (f ) est symétrique.
Exemple 1.1.24 3 1
!
Soit E = R2 , M = est la matrice dans la base canonique de la forme bilinéaire
1 −2
symétrique :
f : R2 × R2 −→ R
! !!
x1 y1
, 7−→ 3x1 y1 − 2x2 y2 + x1 y2 + x2 y1 .
x2 y2
! !
3 1 y1
En eet, on a : (x1 , x2 ) = 3x1 y1 − 2x2 y2 + x1 y2 + x2 y1 .
1 −2 y2
Dénition 1.1.25
La matrice de changement de la base B à la base B 0 = (e01 , ..., e0n ) appelée aussi matrice
de passage de B à B 0 est la matrice inversible P dont la j ième colonne est formée des
coordonnées de e0j dans la base B .
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9 CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS
Proposition 1.1.26
Soit x un élément de E , X ( resp. X 0 ) le vecteur colonne de ses cordonnées dans B ( resp.
B 0 ). Alors X = P X 0 . Soit u un endomorphisme de E , M ( resp. M 0 ) sa matrice dans la
base B ( resp. B 0 ). Alors M 0 = P −1 M P.
n
− Si 1 ≤ j ≤ n, alors PBB = (aij )ni,j=1 ∈ Mn (K) et
0
X
e0j = aij ei ,
i=1
B0
(PB )−1 = PBB0 .
t
X 0 MB 0 (f ) Y 0 = f (x, y)
= t X MB (f ) Y
= t (P X 0 ) MB (f ) (P Y 0 )
= t X 0 (t P MB (f ) P ) Y 0 .
D'où, MB 0 (f ) =t P MB (f ) P.
1.2 Déterminants
Proposition 1.2.2
Si B = (e1 , ..., en ) est une base de E , alors detB (B) = 1.
Preuve.
si i = j
( !
1
On a : MB (B) = In = (δij )i,j . δij = ,
0 si i 6= j
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CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS 10
n
donc,
X Y
detB (e1 , ..., en ) = ε(σ) aσ(i) i ,
σ∈Sn i=1
n
si σ = Id
(
1
or,
Y
aσ(i) i =
i=1
0 sinon (σ 6= Id)
donc, detB (e1 , ..., en ) = ε(Id) × 1 = 1.
Théorème 1.2.3
Soit B = (e1 , ..., en ) une base de E.
L'application detB : E n −→ K est une forme n-linéaire alternée non nulle.
De plus, l'ensemble Λ∗n (E) des formes n-linéaires alternées sur E est une droite vectorielle
( Λ∗n (E) = vect{detB } ).
Corollaire 1.2.4
Soit
detB : En −→ K
(X1 , ..., Xn ) 7−→ detB (X1 , ..., Xn )
1) detB est une forme n-linéaire.
2) detB (X1 , ..., Xn ) = 0 ⇐⇒ (X1 , ..., Xn ) est liée, donc detB est alternée.
3) detB est antisymétrique.
4) L'ensemble des formes n-linéaires Λ∗n (E) est la droite vectorielle engendrée par detB .
Autrement dit, Λ∗n (E) est l'espace vectoriel de dimension 1 engendré par detB , donc
∀ϕ ∈ Λ∗n (E), ∃!λ ∈ K / ϕ = λ.detB .
Preuve du théorème.
On a detB (B) = 1, donc detB est non nulle.
Montrons que detB : E n −→ K est n-linéaire.
Soit j ∈ {1, ..., n}, montrons que detB est linéaire en la j ième variable.
Soient ( α, β) ∈ K2 , (Xi )i6=j ∈ E n−1 , et (Xj , Yj ) ∈ E 2 tels que :
x11 x1n x1j y1j
X1 = ... , · · · , Xn = ... , Xj = ... , Yj = ... .
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11 CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS
Or,
ϕ : Sn \ An −→ An
σ 7−→ σ ◦ τ
est une bijection, et donc,
X X
ε(σ)xσ(1)1 · · · xσ(n)n = ε(σ ◦ τ )xσ◦τ (1)1 · · · xσ◦τ (n)n .
σ∈Sn \An σ∈An
Or Xi = Xj , donc xσ◦τ (k)k = xσ(k)k ∀k ∈/ {i, j}, et xσ◦τ (j)j = xσ(j)j et xσ◦τ (j)j = xσ(i)j .
De plus, ε(σ ◦ τ ) = ε(σ).ε(τ ) = −ε(σ). D'où,
X X
ε(σ)xσ(1)1 · · · xσ(n)n = − ε(σ)xσ(1)1 · · · xσ(n)n .
σ∈Sn \An σ∈An
ai1
On a :
n
X n
X
ϕ(X1 , ..., Xn ) = ϕ ai1 ,1 ei1 , ..., ain ,n ein
i1 =1 in =1
n
X n
X
= ... ai1 ,1 · · · ain ,n ϕ(ei1 , ..., ein ).
i1 =1 in =1
Puisque ϕ est alternée, donc ϕ(ei1 , ..., ein ) = 0 si eij = eij0 avec ij 6= ij 0 , donc ϕ(ei1 , ..., ein ) 6=
0 ⇐⇒ {i1 , ..., in } = {1, ..., n}, donc il ne reste que les ϕ(ei1 , ..., ein ) qui correspondent aux
permutations σ : j 7−→ ij .
Donc ϕ(X1 , ..., Xn ) =
X
aσ(1),1 · · · aσ(n),n ϕ(eσ(1) , ..., eσ(n) ).
σ∈Sn
Or ϕ est alternée, donc antisymétrique, d'où :
X
ϕ(X1 , ..., Xn ) = ε(σ) aσ(1),1 · · · aσ(n),n ϕ(e1 , ..., en ).
σ∈Sn
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CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS 12
Théorème 1.2.5
Soient B = (e1 , ..., en ) et B 0 = (e01 , ..., e0n ) deux bases de E, alors
Preuve.
On a detB 0 ∈ Λ∗n (E) = vect({detB }), donc ∃λ ∈ K / detB 0 = λ detB .
c'est à dire ∀(X1 , ..., Xn ) ∈ E n , detB 0 (X1 , ..., Xn ) = λ detB (X1 , ..., Xn ).
En particulier pour (X1 , ..., Xn ) = (e1 , ..., en ), on a :
detB 0 (e1 , ..., en ) = λ detB (e1 , ..., en ) = λ detB (B) = λ ( car detB (B) = 1 ).
Corollaire 1.2.6
Si B et B 0 sont deux bases de E , alors detB (B 0 ) · detB 0 (B) = 1.
Preuve.
On a : detB 0 (e01 , ..., e0n ) = detB 0 (B) · detB (B 0 ). Or detB 0 (e01 , ..., e0n ) = detB 0 (B 0 ) = 1, d'où
le résultat.
Théorème 1.2.7
Soit B 0 = (e01 , ..., e0n ) une famille de n vecteurs de E . Les assertions suivantes sont équiva-
lentes :
1) B 0 est une base de E .
2) detB (B 0 ) 6= 0.
Théorème 1.2.8
Soient f un endomorphisme de E et B = (e1 , ..., en ) une base de E , alors
∀ϕ ∈ Λ∗n (E), ∀(X1 , ..., Xn ) ∈ E n ,
ϕ(f (X1 ), ..., f (Xn )) = detB (f (e1 ), ..., f (en )) ϕ(X1 , ..., Xn ).
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13 CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS
Preuve.
Soit ϕ ∈ Λ∗n (E), donc ∃α ∈ K tel que ϕ = α detB , alors
∀(X1 , ..., Xn ) ∈ E n , ϕ(X1 , ..., Xn ) = α detB (X1 , ..., Xn ). (1.1)
Soit
ψ : En −→ K
(X1 , ..., Xn ) 7−→ ψ(X1 , ..., Xn ) = ϕ(f (X1 ), ..., f (Xn )).
ψ ∈ Λ∗n (E) =< {detB } >, donc ∃β ∈ K tel que ψ = β detB , i.e :
et
ϕ(f (e1 ), ..., f (en )) = α detB (f (e1 ), ..., f (en )).
On en déduit que β = α detB (f (e1 ), ..., f (en )).
D'où,
∀(X1 , ..., Xn ) ∈ E n , ϕ(f (X1 ), ..., f (Xn )) = detB (f (e1 ), ..., f (en )) α detB (X1 , ..., Xn )
= detB (f (e1 ), ..., f (en )) ϕ(X1 , ..., Xn ).
Corollaire 1.2.9
Soit f un endomorphisme de E. La quantité detB (f (e1 ), ..., f (en )) ne dépend pas de la
base B .
Preuve.
Soit B 0 une autre base de E .
En appliquant le résultat du théorème précédent à ϕ = detB 0 et
(X1 , ..., Xn ) = (e01 , ..., e0n ), on obtient :
Dénition 1.2.10
On appelle déterminant de l'endomorphisme f le scalaire :
detB (f ) = detB (f (e1 ), ..., f (en )),
Algèbre 2
CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS 14
Propriétés :
Proposition 1.2.11
det(IdE ) = 1.
Preuve.
Soit B = (e1 , ..., en ) est une base de E . On a :
det(IdE ) = detB (IdE (e1 ), ..., IdE (en ))
= detB (e1 , ..., en )
= detB (B)
= 1.
Proposition 1.2.12
∀λ ∈ K, ∀f ∈ L(E),
det(λf ) = λn det(f ).
Preuve.
On a det(λf ) = detB (λf (e1 ), ..., λf (en )). Or detB est n-linéaire, d'où le résultat.
Remarque 1.2.13
L'application det : L(E) −→ K n'est pas linéaire en général :
det(αf + βg) 6= α det(f ) + β det(g).
Théorème 1.2.14
∀f, g ∈ L(E),
det(f ◦ g) = det(f ) det(g).
Preuve.
Soit B = (e1 , ..., en ) une base de E . Soit
ϕ : En −→ K
(X1 , ..., Xn ) 7−→ detB ( g(X1 ), ..., g(Xn ) ).
ϕ ∈ Λ∗n (E), donc ∀(X1 , ..., Xn ) ∈ E n , on a :
ϕ(f (X1 ), ..., λf (Xn )) = det(f ) ϕ(X1 , ..., Xn ).
En particulier, pour (X1 , ..., Xn ) = (e1 , ..., en ), on aura :
detB ( g(f (e1 )), ..., g(f (en )) ) = det(g) detB (f (e1 ), ..., (f (en ))
= det(g) det(f ).
D'où,
det(f ◦ g) = det(f ) det(g).
Corollaire 1.2.15
∀f ∈ L(E), ∀n ∈ N ,
det(f n ) = det(f ◦ · · · ◦ f ) = (det(f ))n .
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15 CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS
Théorème 1.2.16
Soit f une application linéaire sur E , les assertions suivantes sont équivalentes :
1) f est un automorphisme.
2) det(f ) 6= 0.
si c'est le cas, on a : det(f −1 ) = 1
det(f ) .
Preuve.
1) ⇒ 2) Soit f ∈ GL(E), donc f −1 existe et f ◦ f −1 = f −1 ◦ f = IdE ,
d'où, det(f ◦ f −1 ) = det(IdE ) = 1,
donc, det(f ) det(f −1 ) = 1 ,
d'où, det(f −1 ) = 1
det(f ) .
2) ⇒ 1) Supposons que det(f ) 6= 0. Soit B = (e1 , ..., en ) une base de E. Comme det(f ) 6= 0,
alors detB (f (e1 ), ..., f (en )) 6= 0, donc la famille (f (e1 ), ..., f (en )) est une base de E.
Par conséquent f transforme une base en une base de E, donc f ∈ GL(E).
Corollaire 1.2.17
L'application det : GL(E) −→ K∗ est un morphisme de groupes.
Dénition 1.2.18
Le noyau de det : GL(E) −→ K∗ est appelé groupe spécial linéaire de E et noté
SL(E) = {f ∈ GL(E) / det(f ) = 1 }.
Remarque 1.2.19
Soient B = (e1 , ..., en ) une base de E et (X1 , ..., Xn ) une famille de vecteurs de E. Si
A = M atB (X1 , ..., Xn ), alors det(A) = detB (X1 , ..., Xn ).
De même, si A = M atB (f ), alors det(A) = det(f ) et toutes les propriétés des déterminants
des endomorphismes sont vraies pour les déterminants des matrices, en particulier :
1) det(In ) = 1.
2) det(αA + βB) 6= α det(A) + β det(B).
3) det(A B) = det(A) det(B).
4) det(An ) = (det(A))n .
5) A est inversible ⇐⇒ det(A) 6= 0 et det(A−1 ) = det(A)
1
.
6) L'application det : GLn (K) −→ K est un morphisme de groupes dont le noyau
∗
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CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS 16
? De même pour n = 3, S3 = {Id, (2, 3), (1, 3), (1, 2), (1, 2, 3), (1, 3, 2) }, si
a1 b1 c1
A = a2 b2 c2 ,
a3 b3 c3
alors
det(A) = (a1 b2 c3 + a2 b3 c1 + a3 b1 c2 ) − (a3 b2 c1 + a2 b3 c1 + a1 b3 c2 ).
Règle de Sarrus : La règle de Sarrus consiste à écrire les trois colonnes de la matrice
et de répéter les deux premières colonnes à droite de la matrice.
On fait les produits des coecients de chaque diagonales et d'en faire la somme si la
diagonale est descendante ou la diérence si la diagonale est ascendante :
Preuve.
Supposons que A est triangulaire supérieure, donc aij = 0 ∀i > j ,
n
par suite det(A) =
X Y
ε(σ) aσ(i) i .
σ∈Sn i=1
n
Soit σ ∈ Sn , s'il existe i ∈ {1, ..., n} tel que σ(i) > i , alors aσ(i) i = 0, donc il ne reste
Y
i=1
que les σ vériant σ(i) ≤ i ∀i ∈ {1, ..., n}.
n
D'où σ = Id et det(A) =
Y
aii .
i=1
Proposition 1.2.21
Soit A = (C1 , ..., Cn ) ∈ Mn (K).
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17 CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS
Preuve.
En utilisant le produit par bloc, on a :
B C I 0 B C
= .
0 D 0 D 0 I
I 0
Donc, il sut de montrer que det = det(D) et
0 D
B C
det = det(B), pour cela on reprend la méthode de démonstration utilisée pour
0 I
les matrices triangulaires.
I 0
Pour , on développe successivement par rapport aux premières lignes pour sim-
0 D
plier les calculs, il reste donc det(D).
B C
Pour , on fait un développement analogue suivant les dernières lignes.
0 I
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CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS 18
• Si aij 6= a11 , on permute les lignes 1 et i et les colonnes 1 et j , on obtient donc une
matrice A0 telle que det(A0 ) = (−1)i+j det(A).
• On élimine tous les termes situés sous le pivot en ajoutant à la ligne k la ligne 1
multipliée par − aak1
11
.
• On refait la même chose pour les sous-matrices privée de la première ligne et la
première colonne.
• On obtient donc une matrice triangulaire T dont le déterminant est simple à calculer
et telle que det(A) = (±1) det(T ).
Exemples 1.2.24
1) Voir Exercice 9 ( application ) de la série 1.
2) Calculer
5 2 1
D = 10 4 3 .
15 8 1
On a :
1 1 1
D = 5 × 2 2 2 3 ( on f actorise C1 et C2 respectivement par 5 et 2 )
3 4 1
1 1 1
= 10 0 0 1 ( L2 ← L2 − 2L1 et L3 ← L3 − 3L1 )
0 1 −3
1 1 1
= −10 0 1 −3 ( L2 ←→ L3 )
0 0 1
= −10.
3)
1 1 1 ··· 1
1 1 1 · · · 1
1 2 2 ··· 2
0 1 1 · · · 1
1 2 3 ··· 3
0 0 1 · · · 1 ( L2 ← L2 − L1 , · · · , Ln ← Ln − Ln−1 )
.. .. .. .. =
. . . . .. .. .. . . ..
. .
. . .
1 2 3 ··· n − 1
0 0 0 · · · 1
1 2 3 ··· n
= 1.
Algèbre 2
19 CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS
Lemme 1.2.25
a11 ··· a1n 0
. a11 · · · a1n
... .. ..
.. . . = .. . . .
. . .. .
···
an1 ann 0
an1 · · · ann
a
n+1,1 · · · an+1,n 1
Remarque 1.2.26
Cette formule réduit le calcul d'un déterminant de rang (n + 1) à celui de (n + 1) détermi-
nants d'ordre n, en eet :
a11 · · · a 1,n+1
. .
D= . . . . . .
1+2 1+(n+1)
. = a11 ∆11 + (−1) ∆12 + · · · + (−1) ∆1,n+1 ,
an+1,1 · · · an+1,n+1
avec ∆ij le déterminant de la même matrice mais privée de la ième ligne et la j ème colonne.
Ce calcul peut se faire suivant une ligne ou une colonne quelconque qu'on choisi soigneu-
sement pour simplier les calculs.
Dénition 1.2.27
1) Cette opération est appelée développement de det(A) selon la ième ligne et la j ème
colonne ( la ligne ou la colonne selon laquelle on développe ).
2) Le coecient ∆ij est appelé mineur d'indice (i, j) de A.
3) Le coecient (−1)i+j ∆ij est le cofacteur d'indice (i, j) de A et noté cofij (A)
n
X n
X
det(A) = aij cofij (A) = aij cofij (A).
i=1 j=1
2 −1
1 1
−1 2 1 3
∆= .
0 1 0 −1
2 1 1 1
Algèbre 2
CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS 20
Pour simplier les calculs, on choisit le développement par rapport à la 3ème ligne, ce qui
donne :
1 −1 1 1 2 −1
∆ = (−1) −1 1 3 − (−1) −1 2 1
2 1 1 2 1 1
0 0 4 0 4 0
L1 +L2 →L1
= − −1 1 3 + −1 2 1
0 0 0
L1 ←L1 +L2
2 1 1 2 1 1
−1 1 −1 1
= −4 −4 = 12 + 12
2 1 2 1
= 24.
Système linéaire
On appelle système linéaire d'équations linéaires à n inconnues ou système linéaire à coef-
cients dans le corps K, un ensemble de n équations de la forme :
a11 x1 + a12 x2 + · · · + a1n xn = b1
a21 x1 + a22 x1 + · · · + a2n xn = b2
(Σ) : ..
.
a x + a x + ··· + a x = b
p1 1 p2 2 pn n p
dans lesquels les coecients aij et les bi sont des éléments donnés de K et x1 , ..., xn les
inconnues, le système (Σ) s'écrit :
n
X
aij xj = bi i ∈ {1, ..., p}.
j=1
Une solution du système est une suite de n éléments (x1 , ..., xn ) de K vériant les égalités
de (Σ).
? Résoudre le système c'est trouver l'ensemble de toutes les solutions de (Σ).
Le système (Σ) s'écrit sous la forme vectorielle :
x 1 A1 + · · · + x n An = B
a1i b1
.. ..
avec Ai = . ∈ K , ∀i ∈ {1, ..., n} et B = . ∈ Kp .
p
api bp
Algèbre 2
21 CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS
et
x1
X = ... ∈ Kn ' Mn,1 (K).
xn
Le système (Σ) s'écrit A X = B,
a11 · · · a1n x1 b1
. . . . .. . .
(Σ) ⇐⇒ .
. . .. = .. .
an1 · · · ann xn bn
Dénition 1.2.28
Le système (Σ) est de Cramer si et seulement si det(A) 6= 0.
Théorème 1.2.29
Si (Σ) est de Cramer, alors (Σ) admet une et une seule solution
(x1 , ..., xn ) = (xk )1≤k≤n
avec xk = det(A
det(A) , où Ak est la matrice carrée d'ordre n obtenue en remplaçant dans A la
k)
Exemple 1.2.30
Soit le système
a11 x1 + a12 x2 + a13 x3 = b1
(Σ) : a21 x1 + a22 x1 + a23 x3 = b2
a31 x1 + a32 x2 + a33 x3 = b3
avec,
a11 a12 a13
x1 b1
A = a21 a22 a23 , X = x2 et B = b2 .
Algèbre 2
CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS 22
det(A1 ) 0
1) Si det(A) = 0 et det(A2 ) 6= 0 , alors le système (Σ) n'a aucune solution.
det(A3 ) 0
2) Si det(A) = det(A1 ) = det(A2 ) = det(A3 ) = 0, on peut avoir une innité de solutions
comme on peut n'avoir aucune solution.
Dénition 1.2.32
On appelle comatrice de A la matrice des cofacteurs de A et on la note
Com(A) = (Aij )1≤i,j≤n ∈ Mn (K)
! !
1 2 4 −3
1) Si A = alors Com(A) =
3 4 −2 1
2)
1 2 3 1
2 3
L3 ←L3 +L1
B= 0 1 2 , det(B) = 0 1 2 = 6.
−1 −4 −1 , 0 −2 2
7 −2 1 7 −10 1
t
Com(B) = −10 2 2 , Com(B) = −2 2 −2 .
1 −2 1 1 2 1
D'où
7 −10 1
1
B −1 = −2 2 −2 .
6
1 2 1
Théorème 1.2.34
∀A ∈ Mn (K),
t
(Com(A)) A = A t (Com(A)) = det(A) In .
Algèbre 2
23 CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS
Preuve.
Soit A = (aij )i,j , Com(A) = (Aij )i,j donc t Com(A) = (A0ij )i,j = (Aji )i,j , ( avec A0ij =
Aji ).
Notons t (Com(A)) A = (bij )i,j .
n n
On a :
X X
bij = A0ik akj = Aki akj .
k=1 k=1
• Si i 6= j, en développant det(A1 , ..., Ai−1 , Aj , Ai+1 , ..., An ) par rapport à la ième co-
lonne, on obtient :
n
X
det(A1 , ..., Ai−1 , Aj , Ai+1 , ..., An ) = Aki akj = bij .
k=1
Or det est alternée et (A1 , ..., Ai−1 , Aj , Ai+1 , ..., An ) contient deux colonnes iden-
tiques, donc
det(A1 , ..., Ai−1 , Aj , Ai+1 , ..., An ) = 0 = bij .
D'où
si i 6= j
(
0
bij = δij det(A) =
det(A) si i = j .
Corollaire 1.2.35
Si det(A) 6= 0, alors A−1 = 1 t
det(A) Com(A).
Exemple 1.2.36
Exemple 2 précédent.
Exercice 1 :
a b c
Soit A =
d e f ∈ M3 (K).
g h i
1) Donner une condition nécessaire et susante pour que A est inversible.
2) Calculer la comatrice Com(A) de A. En déduire A−1 .
Exercice 2 :
Algèbre 2
CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS 24
Dénition 1.2.37
Soit A ∈ Mn,p (K). On appelle matrice extraite de A toute matrice obtenue en retirant un
certain nombre de lignes ou de colonnes de A.
Exemple 1.2.38
1 3 4 5 1 2
B1 = , B2 = et B3 = sont des matrices extraites de A =
7 9 7 8 7 8
1 2 3
4 5 6
7 8 9
Dénition 1.2.39
On appelle déterminant extrait de A ∈ Mn,p (K) d'ordre r, tout déterminant d'une matrice
carrée d'ordre r extraite de A.
Exemple 1.2.40
Les mineurs de A ∈ Mn (K) sont des déterminants extraits d'ordre n − 1.
Rappel.
Dénition 1.2.41
1) Le rang d'une famille de vecteurs d'un espace vectoriel E est la dimension du sous
espace vectoriel qu'elle engendre.
(u1 , ..., un ) ∈ E n , rg(u1 , ..., un ) = dim < u1 , ..., un > .
Algèbre 2
25 CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS
Dénition 1.2.42
Soit A ∈ Mn,p (K) une matrice. Le rang de A est la dimension du sous espace vectoriel de
Kn engendré par ses vecteurs colonnes.
Théorème 1.2.43
Soit A ∈ Mn,p (K). On a :
rg(A) = rg( t A ).
Théorème 1.2.44
Toute matrice extraite de A ∈ Mn,p (K) est de rang inférieur ou égal à celui de A.
Preuve.
Soient A ∈ Mn,p (K) et C1 , ..., Cp ses colonnes, on a rg(A) = rg(C1 , ..., Cp ).
• Si on retire la colonne j de A, alors < C1 , ..., C
cj , ..., Cp > ⊆ < C1 , ..., Cp > D'où,
rg( C1 , ..., C
cj , ..., Cp ) = dim < C1 , ..., C
cj , ..., Cp >≤ dim < C1 , ..., Cp >= rg(A).
soient L1 , ..., Ln les lignes de A, comme rg(A) = rg( t A ) et L1 , ..., Ln sont les colonnes de
t A, alors on peut conclure.
Théorème 1.2.45
Le rang d'une matrice non nulle A ∈ Mn,p (K) est l'ordre maximal des déterminants non
nuls extraits de A.
Preuve.
Si A admet un déterminant extrait non nul d'ordre r, alors A contient r colonnes ( ou r
lignes ) indépendantes, donc rg(A) ≥ r.
Inversement, supposons que rg(A) = r, donc A contient r colonnes indépendantes C1 , ..., Cr .
Soit B = (C1 , ..., Cr ), on a rg(B) = r. r est maximal, sinon rg(A) > r.
Exemples 1.2.46
1) Déterminant de Vandermonde Vn (a1 , ..., an ). On a :
Y
Dn (a1 , ..., an ) = (aj − ai ).
i<j
Algèbre 2
CHAPITRE 1. APPLICATION MULTILINÉAIRE-DÉTERMINANTS 26
2) Soit
1 0 2 3 L1
2 0 4 6 L
2
A= . Soit A = Li les lignes de A, 1 ≤ i ≤ 4.
0 2 2 0 L3
1 2 4 3 L4
L4
!
L1
Donc rg(A) = rg . Comme la famille { L1 , L3 } est linéairement indépendante,
L3
!
L1
alors rg = 2. Par conséquent rg(A) = 2.
L3
Corollaire 1.2.47
Soit A ∈ Mn (K),
A est inversible ⇐⇒ det(A) 6= 0 ⇐⇒ rg(A) = n.
Algèbre 2
Chapitre 2
Réduction des endomorphismes
Introduction
Dénition 2.1.1
Un sous espace vectoriel F de E est stable par un endomorphisme f de E si :
f (F ) ⊆ F, i.e. ∀x ∈ F f (x) ∈ F,
Proposition 2.1.3
Si F et G sont deux sous espaces vectoriels de E stables par f ∈ End(E), alors F + G et
F ∩ G sont aussi.
Preuve.
f (F + G) = f (F ) + f (G) ⊆ F + G.
f (F ∩ G) ⊆ f (F ) ∩ f (G) ⊆ F ∩ G.
27
CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 28
Théorème 2.1.4
Soient (f, g) ∈ (End(E))2 . Si f et g commutent, alors Im(f ) et Ker(f ) sont stables par
g.
Preuve.
Soit y ∈ Im(f ), on a :
g(y) = g(f (x)), avec y = f (x)
= f (g(x)) ∈ Im(f ).
Donc Im(f ) est stable par g.
Soit x ∈ Ker(f ), on a :
f (g(x)) = g(f (x)) = g(0) = 0.
D'où g(x) ∈ Ker(f ), par suite Ker(f ) est stable par g.
Théorème 2.1.5
Soient f et g deux endomorphismes de E. Si F est stable par f et g , alors pour tout α ∈ K,
F est stable par αf , f + g et f ◦ g.
De plus,
(αf )F = αfF , (f + g)F = fF + gF et (f ◦ g)F = fF ◦ gF .
Preuve. Exercice.
Corollaire 2.1.6
Si F est stable par f ∈ End(E), alors F est stable par tout polynôme en f
n n
si P (X) = ai f i , et ∀P ∈ K[X], P (f )F = P (fF ).
X X
ai X i , P (f ) =
i=0 i=0
Proposition 2.1.7
Si F est stable par f ∈ End(E), alors
Ker(fF ) = Ker(f ) ∩ F et Im(fF ) ⊆ Im(f ) ∩ F.
Preuve.
1) Soit x ∈ Ker(fF ), on a x ∈ F et f (x) = 0, donc x ∈ Ker(f ) ∩ F, donc Ker(fF ) ⊆
Ker(f ) ∩ F.
Soit x ∈ Ker(f ) ∩ F, on a fF (x) = f (x) = 0, donc x ∈ Ker(fF ). D'où Ker(f ) ∩ F ⊆
Ker(fF ).
2) On a Im(fF ) ⊆ Im(f ), car fF est la restriction de f à F, de plus Im(fF ) ⊆ F car F
est stable par f. D'où Im(fF ) ⊆ Im(f ) ∩ F.
Remarques 2.1.8
1) f est injectif ⇒ fF est injectif.
2) f est surjectif ; fF est surjectif, en eet :
Soient E = K[X], F = Kn [X], avec n ∈ N∗ et
f : K[X] −→ K[X]
P (X) 7−→ P 0 (X)
f est surjectif mais fF ne l'est pas.
Algèbre 2
29 CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES
Théorème 2.1.9
Soit F un sous espace vectoriel de dimension p de base BF complétée en une base BE de
E . Soit f ∈ End(E). Les deux assertions suivantes sont équivalentes :
i) F est stable par f .
!
A B
ii) La matrice de f dans BE est de la forme avec A ∈ Mp (K), où A est la
O C
matrice de fF dans BF .
Preuve.
Soient BE = (e1 , ..., ep , ep+1 , ..., en ) et BF = (e1 , ..., ep ).
i) ⇒ ii) Soit A = (aij )1≤i,j≤p = MBF (fF ). On a donc
p
X
f (ej ) = aij ei ∀j ∈ {1, ..., p}.
i=1
donc
a11 · · · a1p
. ... ..
MBF (fF ) = .
. .
.
ap1 · · · app
D'où,
a11 · · · a1p
.. ... ..
. . B
ap1 · · · app
MBE (f ) =
0 C
On a : p
X
∀j ∈ {1, ..., p}, f (ej ) = aij ei ∈ vect{e1 , ..., ep } = F ,
i=1
donc ∀j ∈ {1, ..., p}, f (ej ) ∈ F. Par linéarité de f ,
p
X Xp
∀x ∈ F, f (x) = f xi e i = xi f (ei ) ∈ F.
i=1 i=1
Algèbre 2
CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 30
Corollaire 2.1.10
Soient E = E1 ⊕ · · · ⊕ Em une décomposition de E en somme directe, Bi une base de
Ei , ∀i ∈ {1, ..., m} et B la base de E obtenue comme réunion des Bi . Si f ∈ End(E), alors
les deux propriétés suivantes sont équivalentes :
i) ∀i ∈ {1, ..., m}, Ei est stable par f.
A1 0
ii) La matrice de f dans B est de la forme
...
0 Am
avec Ai ∈ Mdim Ei (K) et Ai = MBi (fEi ).
Remarque 2.1.11 n
La réduction d'un endomorphisme f de E consiste à écrire E = Fi , avec Fi stable par
M
i=1
f et fFi simple.
En dimension nie, la réduction d'un endomorphisme correspond à l'obtention d'une re-
présentation matricielle simple ( la plus diagonale possible ).
Remarques 2.2.3
1) Un vecteur propre est toujours non nul.
2) La valeur α ∈ K telle que f (x) = α x est unique.
Dénition 2.2.4
α ∈ K est une valeur propre de f s'il existe x ∈ E \ {0E } tel que f (x) = α x.
On dit que x est le vecteur propre associé à la valeur propre α ;
α est la valeur propre associée au vecteur propre x.
Dénition 2.2.5
L'ensemble des valeurs propres de f est appelé spectre de f , on le note Sp(f ) ou Sp f.
Algèbre 2
31 CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES
Exemple 2.2.6
Algèbre 2
CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 32
Théorème 2.2.14
Les sous espaces propres de f ∈ L(E) sont en somme directe.
Preuve.
Soient α1 , ..., αm des valeurs propres deux à deux distincts de f. Les polynômes (X − αi )
sont deux à deux premiers entre eux, donc
m
Y m
M
Ker ( f − αi IdE ) = Ker ( f − αi IdE ) ,
i=1 i=1
Détermination pratique :
La détermination des valeurs propres de f consiste à chercher les scalaires α ∈ K tels que
l'équation f (x) = α x possède d'autres solutions que la solution triviale.
Exemple 2.2.16
Soit E = C ∞ (R, R) et
d : E −→ E
.
f 7−→ f 0
Soit α ∈ R, d(f ) = α f ⇐⇒ f 0 = α f
f0
⇐⇒ =α
f
⇐⇒ f (x) = β eα x ∀x, avec β ∈ R.
Algèbre 2
33 CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES
Dénition 2.2.17
Soient A ∈ Mn (K) et α ∈ K, α est dite valeur propre de A s'il existe X ∈ Mn,1 (K) tel
que : X 6= 0 et AX = αX.
On dit que la colonne X est un vecteur propre associé à la valeur propre α.
On appelle spectre, l'ensemble Sp(A) formé des valeurs propres de A.
Remarque 2.2.18
En identiant Kn à Mn,1 (K), on peut voir les valeurs propres de A comme étant les x ∈
Kn \ {0}, tels que Ax = αx.
Dénition 2.2.19
Pour α ∈ K, on note Eα (A) = Ker(A−α In ) l'espace des solutions de l'équation AX = αX.
Si α est valeur propre de A, Eα (E) est appelé sous espace propre de A associé à la valeur
propre α.
Théorème 2.2.20
Soient E un K-espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ et B une base de E.
Si A = MB (f ), alors Sp(A) = Sp(f ) et les sous espaces propres associés à une même valeur
propre se correspondent via représentation matricielle dans la base B.
Preuve.
∀x ∈ E, si X = M atB (x), on a :
Dénition 2.2.21
Soient A et B deux éléments de Mn (K).
Les matrices A et B sont dites semblables s'il existe une matrice inversible P telle que
A = P BP −1 . 00 être semblables 00 est une relation d'équivalence.
Corollaire 2.2.22
Deux matrices semblables ont le même spectre.
Preuve.
A et B sont semblables si et seulement si elles représentent le même endomorphisme.
Théorème 2.2.23
Soit A ∈ Mn (K). χA = det(A − XIn ) est un polynôme de degré n de la forme :
Algèbre 2
CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 34
Dénition 2.2.24
χA = det(A − XIn ) est appelé polynôme caractéristique de la matrice
A ∈ Mn (K).
Exemples 2.2.25
1) Si A = In , χA = (1 − X)n .
α1 0 n
2) Si A =
... ,
χA (X) =
Y
(αi − X).
0 αn i=1
Théorème 2.2.26
Soit A ∈ Mn (K). α ∈ K est valeur propre de A si et seulement si α est racine du polynôme
caractéristique χA de A.
Preuve.
Soit α ∈ K,
Corollaire 2.2.27
∀A ∈ Mn (C), A possède au moins une valeur propre complexe.
Corollaire 2.2.28
∀A ∈ Mn (K),
Sp( t A) = Sp(A).
Preuve.
χ t A = det(t A − αIn ) = det( t (A − αIn )) = det(A − αIn ) = χA .
Exemples 2.2.29
1) Soit
α1 B
A=
... ,
0 αn
on a : Sp(A) = {α1 , ..., αn }.
!
B C
2) Si A = , alors Sp(A) = Sp(B) ∪ Sp(D).
0 D
Algèbre 2
35 CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES
Exemple 2.2.30
Soit
0−1 2
M = 3 −2 0 ∈ M3 (R) ( voir Exercice 3 série 6 )
−2 2 1
Déterminer les valeurs propres de M.
Les valeurs propres de M sont exactement les racines du polynôme caractéristique de M.
−X 2 −1
χM (X) = 3 −2 − X 0
−2 2 1 − X
3 −2 − X −X 2
= −1 + (1 − X)
−2 −2 − X
2 3
h i
= −6 + 2(2 + X) + (1 − X) (−X)(−2 − X) − 6
= −6 + 4 + 2X + (1 − X)(2X + X 2 − 6)
= −X 3 − X 2 + 10X − 8
= (X − 1)(X − 2)(−X − 4).
−2 2 1 z z
2y − z = x
⇐⇒ 3x − 2y = y
−2x + 2y + z = z
2y − z = x
⇐⇒ 3x − 3y = 0
−2x + 2y = 0
x = y
⇐⇒
z=x
⇐⇒ x = y = z.
Algèbre 2
CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 36
Exercice.
Déterminer les sous espaces propres de M associés respectivement à 2 et −4.
Dénition 2.2.31
Le polynôme caractéristique de f ∈ L(E) est le polynôme caractéristique commun aux
matrices représentant l'endomorphisme f, on le note χf .
i=1
racine de P dans K comptée avec multiplicité, donc
m
(X − αi )mi avec αi 6= αj ∀i 6= j et mi est la multiplicité de αi .
Y
P =c
i=1
Exemples 2.2.32
1) X 2 + 1 = (X − i)(X + i) est scindé dans C[X] mais pas dans R[X].
α1 ∗ n
2) Soit A =
... ,
χA (X) =
Y
(X − αi ).
0 αn i=1
avec égalité si et seulement si le polynôme χf est scindé dans K[X], il en est de même pour
A ∈ Mn (K).
Preuve.
mα (f ) est le degré de (X − α) où chaque (X − α) est répété mα fois, donc
X Y
α∈Sp(f ) α∈Sp(f )
inférieur au degré de χA (X).
Algèbre 2
37 CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES
Corollaire 2.2.34
Si K = C, alors f ∈ L(E) possède exactement n valeurs propres comptées avec multiplici-
tés.
Preuve.
Dans C[X], tout polynôme non constant est scindé.
Proposition 2.2.35
Soit F un sous espace vectoriel de E. Si F est stable par f , alors χf|F /χf .
Preuve.
Dans une base BF adaptée!à F ( i.e. base de F complétée en une base de E ), la matrice de
A B
f est de la forme où A est la matrice de f|F dans BF , on a donc χf = χA . χC =
0 C
χfF . χC .
Théorème 2.2.36
∀α ∈ Sp(f ), on a :
1 ≤ dim Eα (f ) ≤ mα (f ).
Preuve.
Soit α ∈ Sp(f ), on a : Eα (f ) = Ker(f − αIdE ) 6= {0}, donc dim Eα (f ) ≥ 1.
De plus, Eα (f ) est stable par f , donc χf|Eα (f ) /χf , or χf|Eα (f ) = (α − X)dim Eα (f ) ,
Donc α est racine de f d'ordre au moins dim Eα (f ), d'où l'inégalité
1 ≤ dim Eα (f ) ≤ mα .
Corollaire 2.2.37
Si α est valeur propre simple de f, alors dim Eα (f ) = 1.
2.3 Diagonalisation
Dénition 2.3.1
f est diagonalisable s'il existe une base de E dans laquelle la matrice de f est diagonale.
Cette base est appelée base de diagonalisation de f.
Exemples 2.3.2
1) IdE est diagonalisable et toute base de E est une base de diagonalisation de IdE .
Algèbre 2
CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 38
Théorème 2.3.3
Les deux assertions suivantes sont équivalentes :
1) f est diagonalisable.
2) Il existe une base de E formée de vecteurs propres de f.
Preuve.
1) ⇒ 2) Supposons que f est diagonalisable et B = (e1 , ..., en ) une base de diagonalisation de
α1 0
f , donc MB (f ) =
... , donc
0 αn
f (ei ) = αi ei , ∀i ∈ {1, ..., n}, et par suite B est une base de E formée de vecteurs
propres de f.
Inversement, si B est une base de E formée de vecteurs propres, alors MB (f ) =
2) ⇒ 1)
α1 0
. . . où αi est la valeur propre associée au vecteur propre ei .
0 αn
Exemple 2.3.4
Si f est diagonalisable et si Sp(f ) = {α}, alors f = α IdE .
Proposition 2.3.5
Si f est diagonalisable, alors :
1) f possède n valeurs propres comptées avec multiplicités.
2) Les matrices diagonales représentant f sont celles dont les coecients diagonaux sont
les valeurs propres de f comptées avec multiplicités.
Preuve.
Soit D = diag(α1 , ..., αn ) la matrice diagonale représentant f dans une base B = (e1 , ..., en ),
n
donc χf (X) = χD (X) = (αi − X) et par suite, les αi sont les n valeurs propres de f
Y
i=1
comptées avec multiplicités et la matrice de f est dont les coecients diagonaux sont les
éléments diagonaux de D.
Inversement, soient α1 , ..., αn les n valeurs propres de f comptées avec multiplicités. Soit
D = diag(ασ(1) , ..., ασ(n) ) une matrice représentative de f dans une base B.
Lemme 2.3.6
Si f admet m valeurs propres distinctes α1 , ..., αm (m ≤ n) dont les vecteurs propres
respectifs sont e1 , ..., em , alors e1 , ..., em sont linéairement indépendants.
Algèbre 2
39 CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES
Preuve.
Faisons une démonstration par récurrence sur m.
Pour m = 1, la propriété est vraie car e1 6= 0.
Supposons que cette propriété est vraie pour m − 1 et soit
β1 e1 + · · · + βm em = 0 (1)
avec βi ∈ K.
En appliquant f, on a :
α1 β1 e1 + · · · + αm−1 βm−1 em−1 + αm βm em = 0 (2)
Puisque les αi sont deux à deux distincts, il en est de même pour les ei et donc les sous
espaces propres associés sont tous de dimension 1.
Algèbre 2
CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 40
3)
X
dim Eα (f ) = dim E.
α∈Sp(f )
Preuve.
Rappelons que les sous espaces propres de f sont en somme directe.
1) ⇒ 2) Supposons que f est diagonalisable,
M dont B = (e1 , ..., en ) une base de diagonalisation,
∀i ∈ {1, ..., n}, ei ∈ Eα (f ),
α∈Sp(f )
donc E ⊆ Eα (f ), et par suite E =
M M
Eα (f ).
α∈Sp(f ) α∈Sp(f )
2) ⇒ 3) M
M X
E= Eα (f ) =⇒ dim E = dim Eα (f ) = dim Eα (f )
α∈Sp(f ) α∈Sp(f ) α∈Sp(f )
α∈Sp(f )
famille libre de n = dim E vecteurs propres , donc B est une base de vecteurs propres
et par suite f est diagonalisable.
Dénition 2.3.9
Une matrice A ∈ Mn (K) est dite diagonalisable lorsqu'elle est semblable à une matrice
diagonale i.e. ∃P ∈ GLn (K) et D ∈ Dn (K) vériant
P −1 AP = D.
Proposition 2.3.10
Si A = MB (f ), alors f est diagonalisable ⇐⇒ A est diagonalisable.
D'où le théorème :
Théorème 2.3.11
Soit A ∈ Mn (K), les assertions suivantes sont équivalentes :
1) A est diagonalisable.
2)
M
Mn,1 (K) = Eα (A).
α∈Sp(A)
3)
X
n= dim Eα (A).
α∈Sp(A)
4) χA est scindé dans K[X] et ∀α ∈ Sp(A), dim Eα (A) = mα (A).
De plus, les matrices diagonales semblables à A sont celles dont les coecients diagonaux
sont les valeurs propres de A comptées avec multiplicités.
Théorème 2.3.12
Si A ∈ Mn (K) admet n valeurs propres distinctes, alors A est diagonalisable. De plus ses
sous espaces propres sont des droites vectorielles.
Algèbre 2
41 CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES
Exemple 2.3.13
Toute matrice triangulaire dont les coecients diagonaux sont distincts deux à deux est
diagonalisable.
α∈Sp(f )
Exemples 2.3.14
( Voir Exercice 4 Série 6 ).
!
1 −1
Ex 1) A = ∈ M2 (K).
1 1
1 − X −1
χA (X) = = (1 − X)2 + 1 = 2 − 2X + X 2 = X 2 − 2X + 2.
1 1 − X
∆ = 4 − 8 = −4 < 0, donc χA (X) n'a pas de racine dans R[X], donc non scindé dans
R[X].
Dans C[X], on a χA (X) = (X − (1 − i))(X − (1 + i)), donc χA (X) admet
! deux valeurs
1+i 0
propres, A est donc diagonalisable et A est semblable à .
0 1−i
!
x
Cherchons E1+i (A). Soit X = ∈ R2 ,
y
Algèbre 2
CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 42
1 1 −1
Ex 2) Soient A =
1 1 1 et f ∈ L(E) l'endomorphisme associé dans B = (e1 , e2 , e3 ).
1 1 1
Le polynôme caractéristique de A est : χA (X) = X(X−1)(X−2) et Sp(f ) = 3 = dim E,
1 −1 0 0 −1 1
P = −1 1 1 et P −1 = −1 −1 1 .
0 1 1 1 1 0
Bilan.
Si A est diagonalisable, alors on a A = P DP −1 avec P matrice dont les colonnes forment
une base de vecteurs propres de A et D matrice diagonale dont les coecient diagonaux
sont les valeurs propres respectives des colonnes formants P .
Algèbre 2
43 CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES
De plus, on a :
P −1 AP = P −1 (AC1 | ... | ACn )
= P −1 (α1 C1 | ... | αn Cn )
= α1 P −1 C1 | ... | αn P −1 Cn
α1 0 0 !
0 α ..
= . . ... .
2
car P −1 P = In = (P −1 C1 | ... | P −1 Cn )
.. .. 0
0 0 αn
α1 0
=
. .. = D.
0 αn
2.4 Trigonalisation
Dénition 2.4.1
f est dite trigonalisable ou triangularisable s'il existe une base de E dans laquelle la matrice
de f est triangulaire supérieure.
Une telle base est dite base de trigonalisation de f .
Exemple 2.4.2
Tout endomorphisme diagonalisable est à fortiori trigonalisable.
Dénition 2.4.3
Une matrice A ∈ Mn (K) est dite trigonalisable lorsqu'elle est semblable à une matrice
triangulaire supérieure, i.e. ∃ T triangulaire supérieure tel que
A = P T P −1 .
Algèbre 2
CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 44
Exemple 2.4.4
Si A = MB (f ), alors A est trigonalisable ⇐⇒ f est trigonalisable.
Théorème 2.4.5 (de caractérisation)
Pour tout f ∈ L(E), les assertions suivantes sont équivalentes :
1) f est trigonalisable.
2) χf est scindé dans K[X].
De plus, les matrices triangulaires supérieures représentant f ont pour coecients diago-
naux les valeurs propres de f comptées avec multiplicité.
( Il en est de même pour A ∈ Mn (K) ).
Preuve.
α1 ∗
1) ⇒ 2) Si f est trigonalisable, alors il existe une matrice triangulaire supérieure T =
...
0 αn
et une base de B telle que MB (f ) = T.
n
Donc χf (X) = χT (X) = (αi − X) et par suite χf est scindé dans K[X] et les va-
Y
i=1
leurs propres de f sont ( les valeurs propres de T ) les αi comptées avec multiplicité.
2) ⇒ 1) Par récurrence sur n ∈ N∗ .
Pour n = 1, c'est vrai car une matrice de taille 1 est considérée triangulaire supé-
rieure.
Supposons que la propriété ( implication 2 ⇒ 1 ) est vraie à l'ordre n et soit f un
endomorphisme d'un K-espace vectoriel de dimension n + 1 tel que χf est scindé,
donc ce polynôme admet une racine α qui est alors valeur propre de f. Soit e un
vecteur propre associé. Soient D = vect(e) et H le sous espace supplémentaire de D
dans E i.e. D ⊕ H = E.
Soit BH = (e1 , ..., en ) une base de H. La matrice de f dans la base B = (e, e1 , ..., en )
est de la forme :
α ∗···∗
0 αn
Algèbre 2
45 CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES
Corollaire 2.4.7
Si χf est scindé dans K[X], alors tr(f ) et det(f ) sont la somme et le produit des valeurs
propres comptées avec multiplicité.
Exemple 2.4.8
Si rg(A) = 1, alors dim Ker(f ) = n − 1, donc
0 est valeur propre de multiplicité (n − 1) de
0 ∗
A. χA est alors scindé et A est semblable à
... avec α ∈ K. Par suite tr(A) = α
0 α
et α est valeur propre de A et
χA (X) = (−1)n X n−1 (X − α).
Exemple 2.4.9
1 −1 0
Soient A =
1 0 −1 et f l'endomorphisme de R3 associé à A.
−1 0 2
1) Factoriser le polynôme caractéristique de A.
2) Déterminer les sous espaces propres de A.
1 1 0
3) Démontrer qu'il existe une base de R3 telle que T = MB (f ) = 0 1 1 et trouver
0 0 1
une matrice P inversible telle que M = P T P −1 .
( voir Exercice 10 de la série 5 ).
Exemple 2.4.10
Trigonaliser l'endomorphisme
de K3 déterminé dans la base canonique (e1 , e2 , e3 ) par la
−3 −3 2
matrice M = 1 1 −2
.
2 4 −4
Le problème est équivalent à la détermination des matrices P ∈ GL3 (K) et T ∈ M3 (K)
Algèbre 2
CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 46
= (X − 2)(−X 2 + 4X − 4)
= −(X − 2)3 .
Donc la seule
valeur propre de M est 2.
x
Soit X = y ∈ K3 ,
z
X ∈ E2 (M ) ⇐⇒ M X = 2X
−3x − 3y + 2z = 2x (1)
⇐⇒ x + y − 2z = 2y (2)
2x + 4y − 4z = 2z (3)
−2x − 2y = 0
(1) + (2)
⇐⇒ x + y − 2z = 2y
x + 2y − 2z = z
(
y = −x
⇐⇒ ⇐⇒ (x, y, z) = x(1, −1, 1).
z = −y
Pratique de Trigonalisation :
Soit M ∈ Mn (K) ayant p valeurs propres deux à deux distinctes ( donc p ≤ n ).
Algèbre 2
47 CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES
p
• Si p ≤ n − 1, donc dim Eαi ≤ n − 1, les αi sont les valeurs propres de M.
X
i=1
p
1ème cas ( Cas simple ) : Si
X
dim Eαi = n − 1.
i=1
p
On prend une base de Eαi et on la complète en une base B de Rn ( le vecteur
M
i=1
ajouté doit être placé à la n ). Dans cette base la matrice M est triangulaire.
Exemple 2.4.11
9 1 6
Soit M =
−7 1 −6 .
−10 1 −7
Le polynôme caractéristique de M est :
10
1 −2 1
La matrice de passage est P =
−1 2 0 et la matrice triangulaire est T =
−1 3 0
2 0 a
P −1 M P = 0 −1 b .
0 0 c
( Sans faire de calcul c = 2 car χT (X) = χM (X) = −(2 − X)2 (1 + X) ).
Pour déterminer la dernière colonne, il faut exprimer M u3 dans la base B 0 = (u1 , u2 , u3 ) ( nouvelle
Algèbre 2
CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 48
base ).
9 1 1 −2
M u3 = −7 = a −1 + b 2 + c 0
10 1 3 0
a − 2b + c = 9
⇐⇒ −a + 2b = −7
−a + 3b = −10
a=1
⇐⇒ b = −3
c = 2.
D'où,
2 0 1
T = 0 −1 −3 .
0 0 2
Exemple 2.4.12
−2 −1 2
M = −15 −6 11 .
−14 −6 11
Le polynôme caractéristique de M est : χM (X) = (1 − X)3 et
E1 (M ) = vect(1, 1, 2) = vect(e1 ).
1 a b
La matrice triangulaire est de la forme T =
0 1 c ,
0 0 1
x
soit e2 = y , on a :
z
−2x − y + 2z a+x
M e2 = −15x − 6y + 11z = ae1 + e2 = a + y
−14x − 6y + 11z 2a + z
−3x − y + 2z = a
x = x
⇐⇒ −15x − 7y + 11z = a ⇐⇒ y = x + 3a .
−14x − 6y + 10z = 2a z = 2x + 2a
Algèbre 2
49 CHAPITRE 2. RÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES
0 0 1 2 2 1
Algèbre 2
Chapitre 3
Espace vectoriel euclidien
Dénition 3.1.1
On appelle produit scalaire sur E toute forme bilinéaire f symétrique dénie positive, c'est
à dire que ϕ : E × E −→ R telle que :
1) ϕ est bilinéaire.
2) ϕ est symétrique i.e. ∀(x, y) ∈ E 2 , ϕ(x, y) = ϕ(y, x).
3) ϕ est positive i.e. ∀x ∈ E, ϕ(x, x) ≥ 0.
4) ϕ est dénie i.e. ∀x ∈ E, ϕ(x, x) = 0 ⇒ x = 0E .
Remarque 3.1.2
Puisque ϕ est symétrique, donc pour montrer que ϕ est bilinéaire il sut de montrer que
ϕ est linéaire par rapport à une variable.
Exemples 3.1.3
1) Soit E = Rn . Pour X = (x1 , ..., xn ) et Y = (y1 , ..., yn ) dans Rn .
n
On pose ϕ(X, Y ) = x1 y1 + · · · + xn yn =
X
x i yi .
i=1
ϕ est un produit scalaire ( exercice ) appelé produit scalaire canonique de Rn .
2) Si E = C, c'est un espace vectoriel de dimension 2.
∀(z, z 0 ) ∈ C2 , on pose ϕ(z, z 0 ) = Re(z̄z 0 ). ϕ est un produit scalaire.
Si z = x + iy et z 0 = x0 + iy 0 , alors ϕ(z, z 0 ) = xx0 + yy 0 .
Ce produit scalaire est appelé produit scalaire canonique sur C.
Remarques 3.1.4
1) Le produit scalaire de x et y est souvent noté (x|y), ou x · y ou < x, y > .
Dans tout ce qui suit, (.|.) désigne un produit scalaire sur E.
2) D'après la bilinéarité, on a (0|y) = 0 ∀y ∈ E, en particulier (0|0) = 0 et d'après la
positivité, on a : (x|x) = 0 ⇒ x = 0. D'où l'équivalence (x|x) = 0 ⇔ x = 0.
50
51 CHAPITRE 3. ESPACE VECTORIEL EUCLIDIEN
Théorème 3.1.5
∀(x, y) ∈ E 2 ,
(x|y)2 ≤ (x|x) (y|y).
De plus, on a l'égalité si x et y sont colinéaires ( i.e. forment une famille liée ).
Preuve.
Si x = 0E , on a l'égalité (0|y)2 = 0 = (0|0) (y|y) ∀y ∈ E.
Si x 6= 0E , soit α ∈ R, on a : (αx + y | αx + y) ≥ 0.
Par bilinéarité et symétrie, on a aussi :
(αx + y | αx + y) = α2 (x|x) + 2α(x|y) + (y|y).
Par suite,
(x|y)2 − (x|x) (y|y) ≤ 0,
et donc,
(x|y)2 ≤ (x|x) (y|y).
Si on a l'égalité, alors le discriminant est nul et par suite le polynôme s'annule, donc
∃x ∈ R / (αx + y | αx + y) = 0 , et donc αx + y = 0, et par suite la famille (x, y) est liée.
Inversement, supposons que la famille (x, y) est liée, comme x 6= 0, alors ∃α ∈ R tel que
y = αx.
Par bilinéarité, on a :
(x|y)2 = (x|αx)2
= (x|αx) (x|αx)
= (x|x) (αx|αx)
= (x|x) (y|y).
Corollaire 3.1.6
∀ (x1 , ..., xn ), (y1 , ..., yn ) ∈ (Rn )2 , on a :
n
X 2 n
X n
X
xi yi ≤ x2i yi2 .
i=1 i=1 i=1
Preuve.
Inégalité de Cauchy-Schwartz pour le produit scalaire canonique de Rn .
Algèbre 2
CHAPITRE 3. ESPACE VECTORIEL EUCLIDIEN 52
Norme euclidienne
Dénition 3.1.7
On appelle norme euclidienne ( ou longueur ) d'un vecteur x ∈ E ,
le réel kxk = (x|x).
p
Exemples 3.1.8
1) Pour E = Rn muni du produit scalaire canonique,
q
∀X = (x1 , ..., xn ) ∈ Rn , kXk = x21 + · · · + x2n .
√
En particulier pour n = 1, kxk = x2 = |x|.
2) Si E = C muni du produit scalaire canonique, ∀z ∈ C, kzk = |z|.
Proposition 3.1.9
∀x, y ∈ E, ∀α ∈ R, on a :
1) kxk ≥ 0.
2) kxk = 0 ⇐⇒ x = 0.
3) kαxk = |α| kxk.
4) |(x|y)| ≤ kxk kyk.
5) |(x|y)| = kxk kyk ⇐⇒ x et y sont colinéaires.
Preuve.
1) kxk = (x|x) ≥ 0.
p
Inégalité triangulaire
Théorème 3.1.10
∀x, y ∈ E,
kx + yk ≤ kxk + kyk
et
kx + yk = kxk + kyk ⇐⇒ x et y sont colinéaires et (x|y) ≥ 0.
Algèbre 2
53 CHAPITRE 3. ESPACE VECTORIEL EUCLIDIEN
Preuve.
Soient x, y ∈ E, on a :
car kx + yk2 = (x + y | x + y) = (x|x) + 2(x|y) + (y|y)
= kxk2 + 2(x|y) + kyk2
≤ kxk2 + 2kxk kyk + kyk2 d0 après la proposition précédente .
Preuve.
Soit (x, y) ∈ E 2 , on a : kxk = kx − y + yk ≤ kx − yk + kyk.
D'où, kxk − kyk ≤ kx − yk.
De façons symétrique, on a aussi : kyk − kxk ≤ ky − xk = kx − yk.
Proposition 3.1.12 (Identités remarquables)
∀(x, y) ∈ E 2 , on a :
1) kx + yk2 = kxk2 + 2(x|y) + kyk2 .
2) kx − yk2 = kxk2 − 2(x|y) + kyk2 .
3) (x + y | x − y) = kxk2 − kyk2 .
Algèbre 2
CHAPITRE 3. ESPACE VECTORIEL EUCLIDIEN 54
Preuve.
kx + yk2 = (x + y | x + y)
= (x|x) + (x|y) + (y|x) + (y|y) ( bilinéarité )
= kxk2 + 2(x|y) + kyk2 ( symétrie ).
Par symétrie, on a :
(x + y | x − y) = (x|x) − (x|y) + (y|x) − (y|y)
= kxk2 − kyk2 ( par symétrie ).
Preuve.
Somme des deux égalités précédentes.
Remarque 3.1.14
L'identité du parallélogramme signie que, dans un parallélogramme, la somme des carrés
des longueurs des diagonales est égale à la somme des carrés des longueurs des cotés.
Proposition 3.1.15 (Identité de polarisation)
∀x, y ∈ E,
kx + yk2 − kx − yk2 = 4 (x|y).
Remarque 3.1.16
Par l'identité de polarisation, on peut calculer un produit scalaire à partir de la norme
euclidienne associée.
Distance euclidienne
Dénition 3.1.17
On appelle distance euclidienne séparant deux vecteurs x et y de E, le réel positif :
d(x, y) = ky − xk.
Exemple 3.1.18
Dans E = Rn muni du produit scalaire canonique, on a :
v
u n
uX
x = (x1 , ..., xn ) et y = (y1 , ..., yn ) dans Rn , d(x, y) = t (yi − xi )2 .
i=1
Algèbre 2
55 CHAPITRE 3. ESPACE VECTORIEL EUCLIDIEN
Proposition 3.1.19
∀(x, y, z) ∈ E 3 , on a :
1) d(x, y) = 0 ⇐⇒ x = y séparation.
2) d(x, y) = d(y, x) symétrie.
3) d(x, z) ≤ d(x, y) + d(y, z) inégalité triangulaire.
4) d(x + z, y + z) = d(x, y) invariance par translation.
Preuve. élémentaire.
Vecteurs orthogonaux
Dénition 3.1.20
x et y sont dits orthogonaux si (x|y) = 0.
Exemple 3.1.21
Soit x ∈ E, on a : x est orthogonal à y ∀y ∈ E ⇐⇒ x = 0.
Dénition 3.1.22
F = (e1 , ..., en ) est une famille de vecteurs orthogonaux de E si
(ei |ej ) = 0 ∀i 6= j.
Exemple 3.1.23
Dans Rn muni du produit scalaire canonique, la base canonique est une famille orthogonale.
Preuve.
Par récurrence sur n ∈ N∗ .
Pour n = 1, trivial.
Supposons que cette propriété est vraie pour n ≥ 1 et montrons qu'elle est vraie pour n+1.
Soient (e1 , ..., en+1 ) une famille orthogonale.
On sait que ka + bk2 = kak2 + 2(a|b) + kbk2 , avec a = e1 + · · · + en et b = en+1 , on a :
Corollaire 3.1.25
Toute famille orthogonale ne contenant pas le vecteur nul est libre.
Algèbre 2
CHAPITRE 3. ESPACE VECTORIEL EUCLIDIEN 56
Preuve.
Soit {e1 , ..., en } une famille orthogonale telle que ∀i, ei 6= 0. Supposons que :
n
X
α1 e1 + · · · + αn en = αi ei = 0.
i=1
Par conséquent, ∀i , kαi ei k2 = 0 , et par suite ∀i , αi ei = 0, or les ei sont non nuls, donc
∀i , αi = 0.
Conclusion : {e1 , ..., en } est libre.
Famille orthonormée
Dénition 3.1.26
x ∈ E est dit unitaire ( ou normé ) si kxk = 1.
Exemple 3.1.27
La base canonique de Rn est constituée de vecteurs normés.
Dénition 3.1.28
La famille F = (e1 , ..., en ) est orthonormée si ei est unitaire ∀i et les ei sont deux à deux
orthogonaux i.e. (ei |ej ) = δij .
Exemple 3.1.29
La base canonique de Rn est orthonormée.
Dénition 3.1.30
Normer un vecteur x ∈ E \ {0E } revient à considérer le vecteur unitaire
x
u= .
kxk
Proposition 3.1.31
Toute famille orthonormée est libre.
Preuve. Une telle famille est orthogonale et ne contient pas 0.
Théorème 3.1.32
Soit F = (e1 , ..., en ) une famille libre de vecteurs de E. On peut construire une famille
orthonormée (u1 , ..., un ) de vecteurs de E vériant :
vect(e1 , ..., ek ) = vect(u1 , ..., uk ), ∀k ∈ {1, ..., n}.
Algèbre 2
57 CHAPITRE 3. ESPACE VECTORIEL EUCLIDIEN
Remarque 3.1.33
En pratique, soit (e1 , ..., en ) une famille libre.
? Posons u1 = e1 .
? Supposons que u1 , ..., up sont trouvés et cherchons up+1 de la forme :
up+1 = β ep+1 + α1 e1 + · · · + αp ep
D'où : p
X
up+1 = β ep+1 − (uk |ep+1 )uk = βω.
i=1
Exemple 3.1.34
Dans R2 muni du produit scalaire canonique.
Soient e1 = (0, 1, 1), e2 = (1, 0, 1) et e3 = (1, 1, 0).
0 1 1
1 1 1 1
On a : det(e1 , e2 , e3 ) = 1 0 1 = −
+
= 1 + 1 = 2 6= 0, donc la famille
1 0 0 1
1 1 0
(e1 , e2 , e3 ) est libre.
Formons sur orthonormalisée selon le procédé de Schmidt :
? u1 = e1 = (0, 1, 1).
? Soit u2 = e2 + α u1 .
On a : (u2 |u1 ) = 0 =⇒ (α u1 + e2 |e1 = 0
!
0 1 0
=⇒ α 1 + 0 1 = 0
1 1 1
!
0 1 0 1 0
=⇒ α + 0 1 = 0 =⇒ α · 1 = 0
α 1 1 α+1 1
1
=⇒ α + α + 1 = 0 =⇒ 2α + 1 = 0 =⇒ α = − .
2
1
Et par suite u2 = (1, 0, 1) − 2 (0, 1, 1) = −1/2
t 1t
.
−1/2
Algèbre 2
CHAPITRE 3. ESPACE VECTORIEL EUCLIDIEN 58
Soit u3 = α1 u1 + α2 u2 + e3 .
1 1
(u3 |u1 ) = 0 ⇒ α1 = − et (u3 |u2 ) = 0 ⇒ α2 = − .
2 3
D'où, u3 = t (2/3 , 2/3 , −2/3).
En normalisant,
u1 1 1 1 u2 2 1 1 1 1 1
u1 = = √ u1 = (0, √ , √ ), u2 = = ( √ , − √ , √ ), u3 = ( √ , √ , − √ ).
ku1 k 2 2 2 ku2 k 6 6 6 3 3 3
Dénition 3.1.35
On appelle orthogonale d'une partie A de E , l'ensemble A⊥ constitué des vecteurs ortho-
gonaux à tout vecteur de A i.e :
A⊥ = { x ∈ E / ∀a ∈ A, (a|x) = 0 }.
Proposition 3.1.36
Soit A une partie de E , A⊥ est un sous espace vectoriel de E.
Preuve. Exercice simple.
Proposition 3.1.37
Soient A et B deux parties de E.
1) A ⊂ A⊥⊥ .
2) A ⊆ B ⇒ B ⊥ ⊆ A⊥ .
3)
⊥
A⊥ = vect(A) .
Preuve.
1) et 2) simple.
3) On a : A ⊆ vect(A), donc
⊥
vect(A) ⊆ A⊥ .
Inversement, on a :
A ⊆ A⊥⊥
donc,
vect(A) ⊆ A⊥⊥ =⇒ A⊥⊥⊥ ⊆ (vect(A))⊥ car A⊥⊥ est un s.e.v de E ,
et puis on a :
A ⊆ A⊥⊥ =⇒ A⊥⊥⊥ ⊆ A⊥ .
De plus :
A⊥ ⊆ (A⊥ )⊥⊥ ( d0 après 1)) = A⊥⊥⊥ ,
donc A⊥ = A⊥⊥⊥ , c'est à dire A⊥ ⊆ A⊥⊥⊥ = vect(A) ⊥ .
D'où A⊥ = vect(A) ⊥ .
Algèbre 2
59 CHAPITRE 3. ESPACE VECTORIEL EUCLIDIEN
Dénition 3.1.38
Deux sous espaces vectoriels F et G de E sont orthogonaux, si :
(x|y) = 0, ∀x ∈ F, ∀y ∈ G.
Exemple 3.1.39
Si F est un sous espace vectoriel de E, alors F et F ⊥ sont deux sous espaces vectoriels
orthogonaux.
Proposition 3.1.40
Si F et G deux sous espaces vectoriels orthogonaux, alors F ∩ G = {0E }.
Proposition 3.1.41
Soient F et G deux sous espaces vectoriels de E . Les assertions suivantes sont équivalentes :
1) F et G sont orthogonaux.
2) F ⊆ G⊥ .
3) G ⊆ F ⊥.
Preuve. Exercice.
Dénition 3.2.1
On appelle espace vectoriel euclidien tout R-espace vectoriel de dimension nie muni d'un
produit scalaire.
Exemples 3.2.2
1) Rn muni du produit scalaire canonique est un espace vectoriel euclidien, on dit que
Rn est muni de sa structure vectorielle euclidienne canonique.
2) Tout sous espace vectoriel d'un espace vectoriel euclidien est un espace vectoriel
euclidien.
Dénition 3.2.3
On appelle base orthonormée de E toute base qui constitue une famille orthonormé.
Exemple 3.2.4
La base canonique de Rn .
Théorème 3.2.5
Tout espace vectoriel euclidien peut être muni d'une base orthonormée.
Preuve.
Soit B = (e1 , ..., en ) une base de E, B est libre, donc on peut l'orthonormaliser par le
procédé de Schmidt.
Algèbre 2
CHAPITRE 3. ESPACE VECTORIEL EUCLIDIEN 60
Théorème 3.2.6 n
Pour tout x ∈ E , on a : x = (ek |x) ek .
X
k=1
Donc les composantes de x dans B sont : (e1 |x), ..., (en |x).
Preuve.
n
B une base, donc ∃(αk )k∈{1,...,n} / x = αk ek , comme le produit scalaire est bilinéaire,
X
k=1
alors : n n
X X
(ek |x) = αi (ek |ei ) = αi δki = αk .
i=1 i=1
Exemple 3.2.7
Si f est un endomorphisme de E et A = (aij )1≤i,j≤n ∈ Mn (R) est la matrice de f dans
B i.e. A = MB (f ), alors : aij = (ei | f (ej ) ) ∀i, j.
En eet, aij est la ième composante dans la base B de l'image du j ème vecteur de base
i.e. f (ej ).
Théorème 3.2.8
Si X = t (x1 , ..., xn ) et Y = t (y1 , ..., yn ) dans la base B , alors :
v
n
X
u n
uX 2
(X|Y ) = xi yi et kXk = t xi .
i=1 i=1
Corollaire 3.2.9
L'application
ϕ : E −→ Rn
X 7−→ ϕ(X) = (x1 , ..., xn )
est un homomorphisme de R-espaces vectoriels tel que : (X|Y )E = (ϕ(X) | ϕ(Y ))Rn .
Par conséquent, E muni d'une base orthonormée est semblable à Rn muni du produit
scalaire canonique.
Supplémentaire orthogonal
Théorème 3.2.10
Si F est un sous espace vectoriel d'un espace vectoriel euclidien E , alors F et F ⊥ sont
supplémentaires dans E.
Algèbre 2
61 CHAPITRE 3. ESPACE VECTORIEL EUCLIDIEN
Dénition 3.2.11
F ⊥ est appelé espace supplémentaire orthogonal de F.
Preuve.
Algèbre 2