Modélisation de robots manipulateurs
Modélisation de robots manipulateurs
I. Modélisation
I.1. Introduction
La conception et la commande des robots nécessitent le calcul de certains modèles
mathématiques, tels que :
– les modèles de transformation entre l'espace opérationnel (dans lequel est définie la situation
de l'organe terminal) et l'espace articulaire (dans lequel est définie la configuration du robot).
On distingue :
les modèles géométriques direct et inverse qui expriment la situation de l'organe terminal en
fonction des variables articulaires du mécanisme et inversement
les modèles cinématiques direct et inverse qui expriment la vitesse de l'organe terminal en
fonction des vitesses articulaires et inversement ;
– les modèles dynamiques définissant les équations du mouvement du robot, qui permettent
d'établir les relations entre les couples ou forces exercés par les actionneurs et les positions,
vitesses et accélérations des articulations.
On présente dans ce chapitre quelques méthodes permettant d'établir ces modèles. On se limitera
au cas des robots à structure ouverte simple.
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
i
A i
P i
sj i
n j i a j i Pj
i
Tj j j
0 0 0 1 0 0 0 1
i i i
où s j , n j et a j désignent respectivement les vecteurs unitaires suivant les axes xj, yj et zj du
repère Rj exprimés dans le repère Ri et où iPj est le vecteur exprimant l’origine du repère Rj dans
le repère Ri. Les vecteurs isj, inj, iaj de la matrice d'orientation iAj sont les cosinus directeurs.
Ce modèle ne tient compte que de la géométrie du robot. Parmi les paramètres structuraux,
seules les longueurs des différents segments sont prises en compte.
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
Etant données les positions articulaires, il s’agit de déterminer l’attitude de l’organe terminal par
rapport à la base. X=f()
Etant donnée une attitude de l’organe terminal par rapport à la base, il s’agit de déterminer, s’ils
existent, le ou les ensembles de positions articulaires qui permet (tent) de générer cette attitude.
= f-1(X)
Une structure ouverte simple est composée de n+1 corps notés C0, …, Cn et de n articulations. Le
corps C0 désigne la base du robot et le corps Cn le corps qui porte l'organe terminal.
L'articulation j connecte le corps Cj au corps Cj-1 (Fig. 3.3).
On Rn
Cn
Cn-1
yn
C2
Articulation i
C1
x0
C0
y0
R0
Le passage du repère Rj-1 au repère Rj s’exprime en fonction des quatre paramètres géométriques
suivants (Fig.3.4) :
j : angle entre Zj-1 et Zj, correspondant à une rotation autour de Xj-1.
dj : distance entre Zj-1 et Zj le long de Xj-1.
j : angle entre les axes Xj-1 et Xj, correspondant à une rotation autour de Zj
rj : distance entre Xj-1 et Xj le long Zj.
j-1
Tj Rot(x, j ) Trans(x, d j ) Rot(z, j ) Trans(z, rj )
1 0 0 0 1 0 0 d j C j - S j 0 0 1 0 0 0
0 C j - S j 0 0
S C 0 0 0 1 0 0
Tj
j-1 1 0 0 j j
0 S j C j 0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0 1 rj
0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0 1
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
C j - S j 0 dj
C jS j C jC j - S j - rjS j
j-1
Tj
S S S j C j C j rjC j (3.1)
j j
0 0 0 1
où Rot(u, a) et Trans(u, d) sont des matrices de transformation homogène (4x4)
représentant respectivement une rotation a autour de l'axe u et une translation d le long
de u.
On remarque que la matrice de rotation (3x3) j-1Aj peut être obtenue par :
j-1
A j Rot(x, j ) Rot(z, j ) (3.2)
j
Tj-1 Trans(z, - rj ) Rot(z, - j )Trans(x, - d j ) Rot(x, - j )
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
- d jC j
j-1
A Tj d jS j (3.3)
j
Tj-1
rj
0 0 0 1
Le modèle géométrique direct (MGD) est l’ensemble des relations qui permettent
d’exprimer la situation de l’organe terminal, c'est-à-dire les coordonnées opérationnelles du
robot, en fonction de ses coordonnées articulaires. Dans le cas d’une chaine ouverte simple,
il peut être représenté par la matrice de passage 0Tn :
0
Tn 0 T1 (q1 ) 1T2 (q2 ) ... n -1
Tn (qn ) (3.4)
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
X = f(q) (3.5)
q q1 q 2 ... q n
T
(3.6)
Les coordonnées opérationnelles sont définies par
X x1 x 2 ... x m
T
(3.7)
X Px Py Pz sx s y sz n x n y n z a x a y a z
T (3.8)
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
s x n x a x px
s n y a y p y 0
y T1 ... n -1
Tn (3.9)
s z n z a z pz
0 0 0 1
Exemple 3.1 :
Description de la géométrie du robot Staubli RX-90 (Fig. 3.5). La cinématique du porteur est du
type RRR et le poignet comporte trois rotations d’axes concourants, équivalent à une rotule
(Fig.3.6). D’un point de vue méthodologique, on place d’abord les axes Zj sur les axes des
articulations, puis les axes Xj selon les règles énoncées précédemment. On détermine ensuite les
paramètres géométriques du robot. Le placement des repères est indiqué sur la figure 3.6 et les
paramètres géométriques sont donnés dans le tableau 3.1.
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
Fig.3.5. Vue générale du robot Staubli RX-90 Fig.3.6 Placement des repères et notations
J j j dj j rj j : angle entre Zj-1 et Zj, correspondant à une
1 0 0 0 1 0
rotation autour de Xj-1.
2 0 90 0 2 0
dj : distance entre Zj-1 et Zj le long de Xj-1.
3 0 0 D3 3 0
4 0 -90 0 4 RL4 j : angle entre les axes Xj-1 et Xj, correspondant à
5 0 90 0 5 0 une rotation autour de Zj
6 0 -90 0 6 0 rj : distance entre Xj-1 et Xj le long Zj.
Modèle géométrique direct du robot Staubli RX-90. A partir du tableau 3.1 et compte tenu de la
relation (3.2), on écrit les matrices de transformation élémentaires j-1Tj :
C j - S j 0 dj
C jS j C jC j - S j - rjS j
j-1
Tj
S S S j C j C j rjC j
j j
0 0 0 1
Afin de calculer 0T6, il est préférable de calculer le produit des matrices j-1
Tj en partant
de la dernière matrice de transformation, ceci pour deux raisons :
Les résultats intermédiaires jT6, notés Uj, seront utilisés pour l’obtention du modèle
géométrique inverse ;
U5 = 5T6
C5C6 - C5S6 - S5 0
S6 C6 0 0
U 4 4 T6 4 T5 U5
S5C6 - S5S6 C5 0
0 0 0 1
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
U2 2 T6 2 T3U3
Les vecteurs s, n, a, P de U2 ont pour composantes :
ax = -C3C4S5 – S3C5
ay = -S3C4S5 + C3C5
az = S4S5
Px = -S3RL4 + D3
Py = C3RL4
Pz = 0
U1 1T6 1 T2 U2 1T3U3
Les vecteurs s, n, a, P de U1 correspondants sont :
sx = C23(C4C5C6 – S4S6) – S23S5C6
sy = S4C5C6 + C4S6
sz = S23(C4C5C6 – S4S6) + C23S5C6
nx = -C23(C4C5S6 + S4C6) + S23S5S6
ny = S4C5S6 + C4C6
nz = -S23(C4C5S6 + S4C6) - C23S5S6
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
ax = -C23C4S5 – S23C5
ay = -S4S5
az = -S23C4S5 + C23C5
Px = -S23RL4 + C2D3
Py = 0
Pz = C23RL4 + S2D3
Finalement:
U0 0 T6 0 T1U1
Les vecteurs s, n, a, P de U0 correspondants sont :
sx=C1(C23(C4C5C6 - S4S6)-S23S5C6)-S1(S4C5C6+C4S6)
sy=S1(C23(C4C5C6 - S4S6)-S23S5C6)+C1(S4C5C6+C4S6)
sz=S23(C4C5C6 - S4S6) + C23S5C6
nx=C1(-C23(C4C5S6 + S4C6)+S23S5S6)+S1(S4C5S6+C4C6)
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
ny=S1(-C23(C4C5S6 + S4C6)+S23S5S6)-C1(S4C5S6+C4C6)
nz=-S23(C4C5S6 + S4C6) - C23S5S6
ax= -C1(C23C4S5 + S23C5)+S1S4S5
ay= -S1(C23C4S5 + S23C5)-C1S4S5
az= -S23C4S5 + C23C5
Px = -C1(S23RL4 - C2D3)
Py = -S1(S23RL4 - C2D3)
Pz = C23RL4 - S2D3
Lorsque la solution existe et est unique, elle représente une commande en position.
Partant de la connaissance du modèle géométrique direct, nous pouvons aborder le problème
inverse qui consiste à calculer les variables articulaires en fonction des coordonnées
opérationnelles du repère lié à l’organe terminal.
– la méthode de Pieper [Pieper 68] qui permet de résoudre le problème pour les robots à six
degrés de liberté ;
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
– la méthode générale de Raghavan et Roth [Raghavan 90], donnant la solution générale des
robots à six articulations à partir d'un polynôme de degré au plus égal à 16.
Lorsqu'il n'est pas possible de trouver une forme explicite du modèle géométrique inverse, on
peut calculer une solution particulière par des procédures numériques.
– a) absence de solution lorsque la situation désirée est en dehors de la zone accessible du robot.
Celle-ci est limitée par le nombre de degrés de liberté, les débattements articulaires et la
dimension des segments ;
– c) solutions en nombre fini, exprimées par un ensemble de vecteurs {q1, …, qr}. On dit qu'un
robot manipulateur est résoluble [Pieper 68], [Roth 76] lorsqu'il est possible de calculer toutes
les configurations permettant d'atteindre une situation donnée. Aujourd'hui, tous les
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
manipulateurs série ayant jusqu'à six degrés de liberté et qui ne sont pas redondants peuvent être
considérés comme résolubles. Le nombre de solutions dépend de l'architecture du robot
manipulateur.
0
Tn 0 T1 1 T2 2 T3 ...n -1 Tn (3.10)
s x n x a x px
s n y a y p y
U0
y
(3.11)
s z n z a z pz
0 0 0 1
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
U 0 0 Tn 0 T1 1 T2 2 T3 ...n -1 Tn (3.12)
Pour trouver les solutions de l'équation (3.12), Paul [Paul 81] a proposé une méthode qui
consiste à prémultiplier successivement les deux membres de l'équation (3.12) par les matrices
j
Tj-1 pour j variant de 1 à n-1, opérations qui permettent d'isoler et d'identifier l'une après l'autre
les variables articulaires que l'on recherche.
Pour un robot à six degrés de liberté par exemple, on procède comme suit :
Le terme de droite est fonction des variables q1, …, q6. Il a été déjà calculé avec le
modèle géométrique direct (MGD) si l’on a pris la précaution de commencer les
multiplications de matrices en partant des transformations de l’extrémité du
manipulateur. Le terme de gauche n’est fonction que des éléments de U0 et de la
variable q1 ;
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
U 0 0 T1 ...5 T6
1
T0 U 0 1 T2 ...5 T6
2
T1 U1 2 T3 ...5 T6 (3.14)
3
T2 U 2 3 T4 ...5 T6
4
T3 U 3 4 T5 5 T6
5
T4 U 4 5 T6
Les éléments des deuxièmes membres ayant déjà été calculés lors du calcul du MGD :
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
d 5 r5 d 6 0
4 5 6 0
S 0, S 0
5 6
La position du centre de la rotule est alors fonction des variables articulaires q1, q2 et q3. Ce type
de structure assure un découplage position / orientation qui conduit à considérer deux ensembles
d’équations à trois inconnues chacun. La solution de chaque ensemble peut être trouvée en
mettant en œuvre la procédure présentée précédemment.
On résout les variables (q1, q2, q3) à partir de ce système d’équation en pré multipliant
successivement les deux membres par jT0 (j=1, 2) pour isoler et identifier les variables
articulaire. Les éléments du deuxième membre ont été déjà calculés lors de l’établissement du
modèle géométrique direct (MGD) si l’on a pris la précaution de commencer les multiplications
de matrices en partant des transformations de l’extrémité du manipulateur.
s n a 0 A 6 (q)
On en déduit que :
3
A 0 (q1 , q 2 , q 3 )s n a 3 A 6 ( 4 , 5 , 6 )
F G H 3
A 6 ( 4 , 5 , 6 ) (3.16)
Les variables (q1, q2, q3), donc 3A0, étant connues, le terme de gauche est connu. Pour obtenir
(,,), il suffit de multiplier successivement les deux membres de l’équation (3.16) par 4A3
puis par 5A4 et de procéder par identification terme à terme des deux membres. Ici encore, Les
éléments du membre de droite ont été déjà calculés lors de l’établissement du modèle
géométrique direct (MGD) si la multiplication des matrices de transformation a été réalisée en
partant de l’extrémité du manipulateur.
Exemple 3.2
Modèle géométrique inverse du robot Staubli RX-90. Le modèle géométrique direct a été établi
précédemment. Les paramètres géométriques sont donnés dans le tableau 3.1. Le robot a un
poignet rotule.
a) Calcul de (1, 2,
i) En développant l’équation (3.15) (équation de position), on obtient :
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
ii) En pré multipliant l’équation précédente par 1T0, on obtient pour les éléments de gauche :
1 ATAN2(P y , Px )
'1 1 180
iii) en pré multipliant encore par 2T1, on obtient les éléments de gauche :
T(1) - S3RL4 D3
T(2) C3RL4
T(3) 0
X - 2Px D3
Y - 2B1D3
Z (RL4) 2 ( D3) 2 (Pz ) 2 ( B1) 2
B1 Px C1 Py S1
d’où l’on déduit que :
YZ - X X 2 Y 2 Z2
C2
X2 Y2
YZ Y X 2 Y 2 Z2 avec 1
S2
X2 Y2
- PzS2 - B1C2 D3
S3
RL4
C3 - B1S2 Pz C2
RL4
et l’on obtient :
3 ATAN2(S3, C3)
Les variables (1, 2, étant connues, on s’intéresse maintenant aux équations
d’orientation (3.16). On note :
F G H 3 A 0 s n a
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
Les expressions de G et H s’obtiennent à partir de F en remplaçant (sx, sy, sz) par (nx, ny, nz)
et par (ax, ay, az) respectivement.
i) Identification des termes de [F G H] = 3A6
Les éléments de 3A6 représentent les termes d’orientation de 3T6 déjà calculés pour le
MGD :
C4C5C6 - S4S6 - C4C5S6 - S4C6 - C4S5
3
A6 S5C6 - S5S6 C5
- S4C5C6 - C4S6 S4C5S6 - C4C6 S4S5
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
A partir des éléments (2,3), on pourrait calculer 5 par la fonction arcosinus, mais, pour des
raisons de précision numérique, ce résultat n’est pas retenu.
i) Identification des termes de 4A3 [ F G H ] = 4A6
Les éléments de la première colonne du terme de gauche s’écrivent :
U(1,1) = C4 Fx - S4 Fz
U(2,1) = - C4 Fz – S4 Fx
U(3,1) = Fy
Les expressions des deuxième et troisième colonnes s’obtiennent en remplaçant (Fx, Fy, Fz)
par (Gx, Gy, Gz) et par (Hx, Hy, Hz) respectivement. Les éléments de 4A6 représentent les
termes d’orientation de 4T6 déjà calculés pour le MGD :
C5C6 - C5S6 - S5
4
A 6 S6 C6 0
S5C6 - S5S6 C5
A partir des éléments (2,3), on obtient une équation du type 2 en 4 :
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
- C4 Hz – S4 Hx = 0
qui donne les deux solutions :
4 ATAN2(H z ,H x )
'4 4 180
A partir des éléments (1,3) et (3,3), on obtient un système de type 3 en 5 :
-S5 = C4 Hx – S4 Hz
C5 = Hy
qui a pour solution :
5 = ATAN2(S5, C5)
Enfin, en considérant les éléments (2,1) et (2,2), on obtint un système d’équation de type 3
en 6 :
S6 = -C4 Fz – S4 Fx
C6 = -C4 Gz – S4 Gx
qui a pour solution : 6 = ATAN2(S6, C6)
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
dX = J(q) dq (3.18)
Elle est à la base du modèle différentiel inverse, permettant de calculer une solution locale
des variables articulaires q connaissant les coordonnées opérationnelles X ;
En statique, on utilise le jacobien J pour établir la relation liant les efforts exercés par
l’organe terminal sur l’environnement aux forces et couples des actionneurs ;
Elle facilite le calcul des singularités et de la dimension de l’espace opérationnel accessible
du robot.
Le calcul de la matrice jacobienne peut se faire de différentes manières.
f (q)
J
q (3.19)
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
En dérivant X, on obtient :
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
f x f x
q
q 6
1
f y q 1
f y
Px
'
' q 1 q 6
q2
Py f z f z
q 3
P '
z
q 1 q 6
'
q 4 (3.21)
'
q 1 q 6
q
5
'
q 1 q 6 q 6
q 1 q 6
Où
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
f x f x
q
q 6
1
f y f y
q
1 q 6
f z f z
q1 q 6
J(q)
q1 q 6
q1 q 6
q1 q 6
Par cette approche, chacun des termes Jij(q) de la matrice J(q) peut être calculé de manière
analytique par des dérivées partielles à partir du modèle géométrique direct.
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
Exemple 3.3
Soit le robot plan à trois degrés de liberté d’axes rotoides parallèles représenté sur la figure 3.8.
On choisit comme coordonnées opérationnelles les coordonnées (Px, Py) du point E dans le plan
(x0, y0) et l’angle du dernier segment avec l’axe x0.
Px = C1 L1 + C12 L2 + C123 L3
Py = S1 L1 + S12 L2 + S123 L3
3
La matrice jacobienne est calculée en dérivant ces trois relations par rapport à ,et3 :
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
dq = J-1 dX (3.22)
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
Deux classes de méthodes peuvent être mises en œuvre pour obtenir le modèle différentiel
inverse :
1) Celle qui procède par dérivation des modèles géométriques inverses. Il s’agit de méthodes
analytiques qui ont pour avantage de donner tous les modèles différentiels inverses associés
aux différents modèles géométriques inverses. Mais, de part leur principe, elles exigent que
le robot manipulateur considéré soit résoluble.
2) Celle qui consiste à inverser le modèle différentiel direct en résolvant un système
d’équations linéaires.
La mise en œuvre de ce type de méthodes peut être faite de façon analytique ou numérique.
Les solutions analytiques ont pour avantage de diminuer considérablement le nombre
d’opération, mais on doit traiter séparément tous les cas singuliers.
Les solutions numériques sont plus générales. La plus répandue est basée sur la notion
de pseudo-inverse. Les algorithmes utilisés traitent de façon unifiée les cas réguliers,
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
Le modèle d’un système mécanique articulaire n’est qu’une approximation pour l’étude de son
comportement réel. Les modèles géométriques et différentiels font abstraction des masses,
inerties et de toutes les forces dynamiques (inertielles, centrifuges et de Coriolis) qui ne sont plus
négligeables lorsque la vitesse du robot devient élevée (quelques m/s).
Ces phénomènes dynamiques produisent des écarts de trajectoire suivie par le robot par rapport à
la trajectoire calculée.
De nombreux travaux ont été développés dans le but d’établir des modèles de comportement
dynamiques de robots articulés. Plusieurs formalismes de base peuvent être utilisés pour
l’obtention de tels modèles, parmi lesquels on peut citer :
Equation de Lagrange
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
Equation de Newton-Euler
Fonction de Gibbs
Principe de travaux virtuels.
Dans ce cours, nous nous intéressons au formalisme de Lagrange.
Pour la commande des robots, l’expression du couple en fonction des coordonnées, vitesses et
accélérations généralisées est à déterminer, on appelle ceci modèle dynamique inverse.
On cherche alors une relation entre les couples/forces généralisés et les positions, vitesses et
accélérations généralisées.
Cette relation s’exprime par :
(3.23)
Avec :
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
(3.24)
d L L
i ( )
dt q. q i i=1,…, n (3.25)
i
avec
L'énergie cinétique du système est une fonction quadratique des vitesses articulaires :
(3.26)
Où M la matrice de l'énergie cinétique, d'élément générique Mij, appelée aussi matrice d'inertie
du robot, qui est symétrique et définie positive. Ses éléments sont fonction des variables
articulaires (q).
L'énergie potentielle étant, elle aussi, fonction des variables articulaires (q), le couple i peut se
mettre, à partir des équations 3.25 et 3.26, sous forme :
.. . .
i M ( q ) q H ( q, q ) q G ( q ) (3.27)
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
avec
. .
H (q, q) q : Vecteur de dimension (nx1) représentant les couples/forces de Coriolis et des
forces centrifuges tel que :
. . . E
H q M q (3.28)
q
G G1...Gn : Vecteur des couples/forces de gravité.
T
Plusieurs formes sont possibles pour la matrice H. On peut par exemple calculer ses éléments à
partir du symbole de Christophell ci,jk tel que :
(3.29)
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
(3.30)
Les éléments de M, H et G, s'appellent les coefficients dynamiques du robot. Ils sont fonctions
dynamiques des paramètres géométriques et inertiels du mécanisme. Les équations dynamiques
d'un système mécanique articulé forment donc un système d’équations différentielles du second
ordre, couplées et non linéaires.
Pour calculer les coefficients dynamiques, M, H et G, il faut tout d'abord calculer les énergies
cinétique et potentielle de tout les corps du robot. On procède ensuite comme suit :
.
q i2
L'élément Mii est égal au coefficient de ( 2 ) dans l’expression de l’énergie cinétique,
. .
tandis que l’élément Mij, si i j , est égal au coefficient de qi q j .
Le calcul de se fait selon les équations (3.29).
Le calcul de G se fait selon l’équation (3.30).
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
n
E Ei (3.31)
i 1
Où Ei désigne l'énergie cinétique du corps Ci, qui s'exprime par :
1 T
Ei (i I ii M iVgiTVgi ) (3.32)
2
Où :
Soit U l’énergie potentielle totale du bras manipulateur, et Ui l’énergie potentielle d’un corps Ci
de masse mi :
avec :
0
g g x g y g z 0
L’énergie potentielle totale du bras manipulateur est la somme des énergies potentielles de tous
les segments, soit :
n n
U U i mi 0 g T 0 ri (3.34)
i 1 i 1
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
Avec :
li : longueur du segment i
lci : longueur du centre de gravité du segment i
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
A partir de la figure ci-dessus, nous déterminons les coordonnées du bras manipulateur par
rapport au repère Oxy, ce qui donne :
x1 lc1 cos 1
(3.34)
y1 lc 2 sin 1
. 2 . 2 . . 2 .2 . .
y1 l 1 cos 1
2
c1
2
y 2 l 1 cos 1 l cos 2l1lc 2 1 cos 1 cos
1
2 2 2
c2
2
(3.36)
(3.37)
avec :
(3.38)
(3.39)
avec :
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
(3.41)
l’équation (3.40) :
(3.42)
c) Détermination du Lagrangien L
Le Lagrangien L = E - U
(3.43)
d L L
i ( )
dt q. q i
i
Nous avons :
ce qui donne :
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
ce qui donne :
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
(i = 1, 2) (3.44)
avec :
.
: Vecteur des vitesses articulaires.
..
: Vecteur des accélérations articulaires.
M ( ) : Matrices d’inertie de dimension (nxn).
. .
H ( , ) : Vecteur des forces centrifuges et de Coriolis.
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur
Soit :
1 2
T
(3.45)
ce qui donne :
(3.46)
avec :
Chapitre III : Modélisation d’un robot manipulateur