157. Endomorphismes trigonalisables. Endomorphismes 1.
2 Endomorphismes nilpotents
nilpotents. Définition 11. f est dit nilpotent s’il existe k ∈ N tel que f k = 0L(E) . On appelle
Soient K un corps, E un K-espace vectoriel de dimension n. alors indice de nilpotence de f l’entier min{k ∈ N, f k = 0L(E) }.
Proposition 12. f est nilpotent si et seulement si il est trigonalisable et possède 0
1 Généralités comme seule valeur propre.
Proposition 13. A ∈ Mn (C) est nilpotente si et seulement si pour tout k ≥ 1,
1.1 Endomorphismes trigonalisables tr(Ak ) = 0.
Définition 1. Soit A ∈ Mn (K). A est dite triangulaire supérieure si ∀i, j, i > j ⇒ Application 14 (Burnside). Un sous-groupe G de GL (C) est fini si et seulement
n
ai,j = 0. si il est d’exposant fini.
Définition 2. Soit f ∈ L(E). f est trigonalisable s’il existe une base B de E dans
Remarque 15. Si f trigonalisable, l’endomorphisme induit sur un sous-espace ca-
laquelle M atB (f ) est triangulaire supérieure. A ∈ Mn (K) est dite trigonalisable si
ractéristique est la somme d’une homothétie et d’un endomorphisme nilpotent.
elle est semblable à une matrice triangulaire supérieure.
Proposition 3. f est trigonalisable si et seulement si il stabilise un drapeau complet Théorème 16 (Dunford). Pour tout f ∈ L(E) trigonalisable, il existe un unique
2
de E. couple (d, n) ∈ L(E) tel que d soit diagonalisable, n nilpotent, d ◦ n = n ◦ d et
f = d + n. De plus, d, n sont des polynômes en f .
Proposition 4. f est trigonalisable si et seulement s’il admet un polynôme annu-
lateur scindé, si et seulement si χf est scindé.
Corollaire 5. Toute matrice de Mn (C) est trigonalisable. 2 Réduction de Jordan
0 1 2.1 Réduction des endomorphismes nilpotents
Contre-exemple 6. La matrice A = n’est pas trigonalisable dans
−1 0
M2 (R). Définition 17. Soit m ∈ N. On appelle bloc de Jordan de taille m la matrice Jm
ayant des 1 sur la diagonale supérieure et des 0 partout ailleurs.
Remarque 7. Si A est triangulaire, ses valeurs propres
Xsont exactement sesY
éléments
k
diagonaux. Ainsi, si f trigonalisable, on a tr(f ) = λ et det(f ) = λ. Proposition 18. Pour tout k ∈ N, Jm est de rang (m − k)+ .
λ∈Sp(f ) λ∈Sp(f )
Théorème 19. Soit f ∈ L(E) nilpotent. Il existe une unique suite d’entiers
r
Y deg(πf ) = d1 ≥d2 · · · ≥ dr et une base de E dans laquelle la matrice de f est
Définition 8. Soit f endomorphisme trigonalisable, on note χf = (X −λi )mi . On Jd 0
1
i=1 .
appelle sous-espace caractéristique associé à λi l’espace Ni (f ) = ker((f − λi IdE )mi ). .. .
M r 0 Jdr
Proposition 9. Les Ni (f ) sont des espaces stables par f , et E = Ni (f ).
Corollaire 20. Deux endomorphismes nilpotents sont semblables si et seulement si
i=1
Il existe alors une base B de E dans laquelle ils ont la même réduite de Jordan.
T1 0 λj ∗ Application 21. N ∈ Mn (C) est nilpotente si et seulement si N et 2N sont sem-
M atB (f ) =
..
avec T =
..
∈ M (K). blables.
. j . m j
0 Tr 0 λj Lemme 1. Soit f ∈ L(E) nilpotent. Alors la suite de sous-espaces (ker(f k ))k∈N est
Proposition 10. Deux endomorphismes trigonalisables qui commutent se trigona- croissante et stationnaire en E. De plus, la suite (vk )k∈N définie par
lisent dans une même base. vk = dim(ker(f k+1 )) − dim(ker(f k )) est décroissante.
Proposition 22. Le nombre de blocs de Jordan de taille k ≥ 1 de f est alors Application 30. Si on connaı̂t les invariants de similitude d’un endomorphisme
vk−1 − vk . trigonalisable, on obtient la réduite de Jordan en remplaçant chaque invariant de
similitude par des blocs de Jordan associés aux racines et de taille donnée par la
2.2 Tableaux de Young multiplicité.
2 2 3
Définition 23. Soit f ∈ L(E) nilpotent, de décomposition de Jordan (Jd1 , · · · , Jdr ). Exemple 31. Si les invariants de similitude sont X, X(X − 1) , X (X − 1) , les
On appelle tableau de Young de f le tableau à r lignes tel que, pour tout i ∈ [[1, r]], blocs de Jordan sont J1 , J1 , I2 + J2 , J2 , I3 + J3 .
la i-ème ligne comporte di cases.
Lemme 2. Soient λ ∈ C, m ∈ N. Le polynôme minimal de λIm + Jm est (X − λ)m .
Proposition 24. Soit p l’indice de nilpotence de f . Le tableau de Young de f est
Application 32. Si on connaı̂t la réduction de Jordan d’un endomorphisme trigo-
aussi le tableau à p colonnes tel que, pour tout j ∈ [[1, p]], la j-ème colonne comporte
nalisable, on obtient ses invariants de similitude en listant les polynômes minimaux
vj cases.
des blocs de Jordan. On obtient alors le premier invariant en faisant le produit des
Exemple 25. Si f ∈ L(C7 ) est nilpotent d’indice 3, tel que rg(f ) = 4, rg(f 2 ) = 1, polynômes de plus haut degré associés à chaque valeur propre ; en les retirant de la
liste et en itérant, on obtient tous les invariants de similitude.
son tableau de Young est .
Exemple 33. Si les blocs de Jordan sont 2I3 + J3 , 2I3 + J3 , I2 + J2 , J2 , J1 , les
On peut lire sur le tableau de Young la dimension de Im(f j ) ∩ ker(f k ) : c’est le invariants de similitude sont X 2 (X − 1)2 (X − 2)3 , X(X − 1)3 .
nombre de cases de l’intersection entre les k premières colonnes du tableau, et les
lignes dont on a rogné les j dernières cases.
3.2 Rayon spectral
2.3 Cas général Définition 34. Soit A ∈ Mn (C). On définit son rayon spectral : ρ(A) = max |λ|.
λ∈Sp(A)
Proposition 26. Soit f ∈ L(E) trigonalisable, on note λ1 , · · · , λr ses valeurs
Proposition 35 (Householder). Soient A ∈ Mn (C), ε > 0. Il existe une norme
propres. Pour tout j ∈ [[1, r]], il existe des suites dj,1 ≥ · · · dj,sj telles que la ma-
subordonnée k · k telle que kAk ≤ ρ(A) + ε.
trice de f soit dans une certaine base diagonale par blocs, de blocs
λ1 Id1,1 + Jd1,1 , · · · , λ1 Id1,s1 , · · · , λr Idr,1 + Jdr,1 , · · · , λr Idr,sr Application 36. La suite (Ak )k∈N converge si et seulement si ρ(A) < 1.
3 Applications Développements
3.1 Invariants de similitude — Théorème de Burnside
— Décomposition de Dunford
Théorème 27 (Frobenius). Soit f ∈ L(E). Il existe une suite de polynômes
P1 , · · · , Pr unitaires telle ∀i ∈ [[1, r − 1]], Pi+1 |Pi et la matrice de f est dans une
certaine base diagonale par blocs, de blocs CP1 , · · · , CPr , où on note CP la matrice Références
compagnon d’un polynôme P . De plus, πf = P1 et χf = P1 · · · Pr .
[1] G. Allaire, S. M. Kaber, Algèbre linéaire numérique, Ellipses.
Définition 28. P1 , · · · , Pr sont appelés invariants de similitude de f .
[2] J. Grifone, Algèbre linéaire, Cépaduès.
Proposition 29. Soient λ 1 , · · · , λp ∈ C deux à deux distincts,
soit
[3] R. Mansuy, R. Mneimné, Algèbre linéaire, Vuibert.
p λ1 Ir1 + Jr1 0
..
Y
P = (X − λi )ri . Alors est semblable à CP .
.
i=1 0 λp Irp + Jrp