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Réseau WorldFIP : Architecture et Fonctionnalités

Le document décrit le réseau WorldFIP, introduit dans les années 1980 pour interconnecter capteurs, actionneurs et automates. Il explique l'architecture en trois couches, les débits disponibles, l'adressage par objet et la méthode d'accès centralisée via une table d'arbitre de bus.

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Réseau WorldFIP : Architecture et Fonctionnalités

Le document décrit le réseau WorldFIP, introduit dans les années 1980 pour interconnecter capteurs, actionneurs et automates. Il explique l'architecture en trois couches, les débits disponibles, l'adressage par objet et la méthode d'accès centralisée via une table d'arbitre de bus.

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Réseau WorldFIP

(Z. MAMMERI – UPS)

1. Origine et utilisations du réseau WorldFIP


WorldFIP, appelé à l’origine FIP (pour Flux d’Information Processus ou “Factory Instrumentation Protocol”), est
un réseau de terrain introduit au début des années 1980 en France au moment où les réseaux de terrain
commençaient à apparaître. Actuellement FIP est une norme française (NF C46 601 à NF C46 607) et une norme
européenne (EN 50170-3). La promotion et une part d’assistance technique de ce réseau sont effectuées par
l’organisation WorldFIP dont le siège se trouve en France.
La cible privilégiée de WorldFIP est l’interconnexion de capteurs, actionneurs et automates dans les systèmes
automatisés. Comme la quasi-totalité des réseaux de terrain WorldFIP a une structure en trois couches (Figure 1).

2 Couche physique
Généralement, les réseaux WorldFIP sont organisés en bus. L’utilisation de répéteurs et de boîtiers de diffusion
permet d’obtenir des topologies en étoile ou en arbre. Le support utilisé est la paire torsadée ou la fibre optique.
La redondance du support peut être fournie en option.
Actuellement quatre débits sont disponibles : 31,25 kb/s (bus basse vitesse), 1 Mb/s (c’est le débit le plus
couramment utilisé) et 2,5 Mb/s (bus haute vitesse) sur paire torsadée et 5 Mb/s sur fibre optique. Un débit de 20
Mb/s est à l’étude pour permettre à des nœuds raccordés à WorldFIP l’accès à Internet (le sigle FIP deviendrait
alors “Fieldbus Internet Protocol”).
La longueur du bus et le nombre de nœuds dépendent du débit, du type de support et du nombre de répéteurs.
Avec un débit de 1 Mb/s, la longueur maximale d’un segment est de 750 m et le nombre maximum de nœuds est
de 256.
Les bits qui transitent sur la voie de transmission sont codés en Manchester. Ce code présente l’avantage de
véhiculer en même temps l’horloge et les informations.
Enfin, la couche physique de WorldFIP est compatible à la norme IEC 1158-2.

SubMMS
MPS
MCS

Couche liaison de données

Couche physique

Figure 1 - Architecture de communication de WorldFIP.

3 Couche liaison de données


3.1 Adressage dans WorldFIP
Les deux modes d’adressage (objet et nœud) peuvent être utilisés dans WorlFIP. WorldFIP permet de
véhiculer des valeurs d’objets identifiés ou des messages.
2 Réseau WorldFIP – Z. Mammeri

WorldFIP est fondé sur le modèle producteur/distributeur/consommateurs dans lequel les objets (ou
variables) échangés sur le réseau sont produits par des nœuds dits producteurs et consommés par d’autres
dits consommateurs. Chaque objet a un identificateur unique. Les identificateurs sont codés sur 16 bits. Les
valeurs des objets ont une taille maximale de 128 octets.
Le producteur d’un objet et ses consommateurs sont fixés à la configuration d’une application. Les objets
peuvent être échangés, entre producteurs et consommateurs, de manière périodique ou apériodique.
Attention, généralement dans un réseau on parle de message pour désigner tout ce qui est échangé sur le
réseau. Dans FIP, il y a une distinction entre objets identifiés (échangés en mode diffusion en utilisant des
identificateurs) et les messages (échangés en mode point à point en utilisant des adresses de nœuds).
Comme c’est l’adressage objet qui est le plus approprié à la communication pour les capteurs et
actionneurs, notre présentation est limitée à l’échange d’objets identifiés.

3.2 Méthode d’accès du réseau WorldFIP


Le réseau WorldFIP est fondé sur une structure centralisée dans laquelle un nœud, dit arbitre de bus, donne
le droit d’émettre aux autres nœuds. En fonction des contraintes (essentiellement les périodes) de
consommation des objets, on construit une table dite table d’arbitre de bus qui permet d’indiquer l’ordre
dans lequel les objets doivent être échangés sur le bus.
Pour les objets périodiques, la table d’arbitre de bus est construite hors ligne (c’est-à-dire de manière
statique). La taille de cette table correspond au PPCM (Plus Petit Commun Multiple) des périodes de
transmission. La plus petite période de transmission est appelée microcycle de l’arbitre de bus. Les objets
apériodiques (c’est-à-dire les objets échangés de manière aléatoire) sont intégrés dynamiquement dans la
table d’arbitre de bus pour être échangés quand il reste du temps libre dans un microcycle après échange
des objets périodiques (Figure 2). Le macrocycle est répété indéfiniment jusqu’à l’arrêt de l’application. La
figure 3 montre un exemple de table d’arbitre de bus pour cinq objets périodiques.
Dans un réseau WorldFIP, à chaque objet identifié, on associe un tampon, au niveau du nœud producteur, pour

déposer la dernière valeur de l’objet et un tampon, au niveau de nœud consommateur, pour stocker la dernière

valeur véhiculée par le réseau. Le premier tampon est appelé tampon de production, et le second, tampon de

consommation. Comme le montre la figure 4, le déroulement d’un échange de données s’effectue selon les

étapes suivantes :

1. En utilisant sa table, l’arbitre de bus diffuse une trame (appelée ID-Dat) contenant l’identificateur d’un objet
(il s’agit de l’objet que la table d’arbitre de bus indique comme étant l’objet à échanger à l’instant courant).
2. En “lisant” l’identificateur diffusé, le producteur et le(s) consommateur(s) de l’objet diffusé se
reconnaissent.
3. Après un temps dit temps de retournement (fixé à quelques dizaines de μs pour un débit de 1 Mb/s), le
producteur diffuse une trame (dite RP-Dat) contenant la valeur du tampon de production associé à l’objet
dont l’identificateur a été diffusé par la dernière trame ID-Dat.
4. Le(s) consommateur(s) de l’objet met(tent) à jour la valeur de son (leur) tampon de réception à partir de la
valeur contenue dans la trame RP-Dat.
5. Après un intervalle de temps égal au temps de retournement, l’arbitre de bus passe à l’identificateur suivant
dans la sa table (quand le dernier identificateur de la table a été diffusé, l’arbitre de bus repart à partir du
premier identificateur de la table).

Les formats des trames ID-Dat et RP-Dat sont donnés par la figure 5.
3 Réseau WorldFIP – Z. Mammeri

M acrocycle

M icrocyle … M icrocyle … M icrocyle

Objets périodiques Objets apériodiques Messages non critiques

Figure 2 - Décomposition du temps de fonctionnement de l’arbitre de bus.

Période de
Identificateur transmission Fenêtre où les objets apériodiques et
les messages peuvent être échangés
101 100 ms
102 200 ms 103
103 500 ms
104 100 ms 105 105 105 105 105

105 200 ms 102 102 102 103 102 102

104 104 104 104 104 104 104 104 104 104
Durée du microcycle =
Minimum des périodes = 100 ms
101 101 101 101 101 101 101 101 101 101
Durée du macrocycle =
PPCM des périodes = 1000 ms 0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 t

Figure 3 – Exemple de table d’arbitre de bus WorldFIP.

Arbitre de bus Producteur Consommateur

TP TC
100 100
Table d’ arbitre

1 2 3 2 4

BUS

TP : Tampon de production T C : Tampon de consommation

Figure 4 - Principe d’échange d’objet périodique sur FIP.


4 Réseau WorldFIP – Z. Mammeri

2 octets 1 octet 2 octets 1 octet

Séquence de Type de Séquence de


début de trame trame Identificateur fin de trame

a
2 octets 1 octet n octets (n ≤ 128) 1 octet

Séquence de Type de Type de données, Longueur de Séquence de


début de trame trame données et Données utiles fin de trame

Figure 5 – Formats simplifiés de trames du réseau WorldFIP :


a) Format de trame ID-Dat
b) Format de trame RP-Dat.

REMARQUE
Comme on considère que les objets identifiés sont utilisés de manière périodique et leurs valeurs ne sont valides
que pendant une période bien définie, les mécanismes de contrôle de flux, de retransmission et d’acquittement ne
sont pas retenus, au niveau liaison de données, pour les objets identifiés. Les messages peuvent être acquittés,
mais il n’y a pas de contrôle de flux.

4 Couche application
La couche application de WorldFIP offre deux catégories de services :
• MPS (“Manufacturing Periodical/aperiodical Services”) : services pour les échanges d’objets identifiés.
• Sub-MMS (“Manufacturing Message Specification”) : des services pour la communication dans les
applications temps réel et réparties, notamment des services pour : la gestion de connexion, la création et
contrôle de tâches à distance, l’accès à des variables distantes, la signalisation d’événements, le partage de
ressources (à l’aide de sémaphores), la création et consultation de journaux et la manipulation de fichiers.
MMS a été introduit fin des années 1980 comme moyen de communication dans les RLI et la plupart des
réseaux de terrain choisissent d’implanter un sous-ensemble de MMS (sub-MMS) ; MMS étant trop
complexe et tous ses services ne sont pas utiles pour toutes les applications.

Pour la partie MPS, les objets identifiés peuvent avoir différents types, entier, réel, chaîne de caractères, tableau,
etc. L’utilisateur dispose de :
• Service de lecture locale qui permet de lire le tampon de consommation d’un objet sans échange sur le
réseau. La valeur consommée est celle issue de la dernière mise à jour par le réseau.
• Service d’écriture locale qui permet d’écrire le tampon de production d’un objet sans échange sur le réseau.
La valeur produite est mise à disposition du système de communication qui se chargera de la diffuser à
l’ensemble de ses consommateurs.
• Service de lecture distante qui permet de déclencher un échange sur le bus afin de demander au producteur
de diffuser la valeur la plus récente d’un objet.
• Service d’écriture distante qui permet à un producteur de diffuser spontanément sur le bus sa dernière
valeur.
• Services d’indication qui permettent d’informer un producteur (respectivement un consommateur) de
l’émission (respectivement de la réception) d’une valeur d’objet. Ces services permettent de vérifier le bon
fonctionnement de l’entité de communication, et également de se synchroniser à partir de l’émission ou la
réception de variables de synchronisation.
5 Réseau WorldFIP – Z. Mammeri

• Informations sur la validité des données élaborées par la couche application : il s’agit des statuts de
rafraîchissement, de promptitude et de cohérence spatiale. Les deux premiers accompagnent une valeur
d’objet et le troisième s’applique à une liste d’objets (par exemple, quand on veut que deux mesures de
température, une mesure de tension et une mesure de courant, soient cohérentes entre elles). Le statut de
rafraîchissement indique, lorsqu’il est égal à vrai, que le producteur a respecté la période de production. Le
statut de promptitude indique, lorsqu’il est égal à vrai, que le réseau a délivré la valeur en respectant la
période de transmission de l’objet. Le statut de cohérence spatiale d’une liste d’objets indique, lorsqu’il est
égal à vrai, que toutes les instances d’une même liste d’objets consommées par plusieurs consommateurs
sont identiques.

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