0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
42 vues19 pages

Système Nerveux Végétatif en Médecine

Le document décrit l'organisation anatomique et fonctionnelle du système nerveux végétatif, en distinguant le système orthosympathique et le système parasympathique. Il présente la localisation des centres nerveux, des ganglions et la distribution des fibres nerveuses de ces deux systèmes, ainsi que leur rôle dans le contrôle des fonctions végétatives.

Transféré par

dcd
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
42 vues19 pages

Système Nerveux Végétatif en Médecine

Le document décrit l'organisation anatomique et fonctionnelle du système nerveux végétatif, en distinguant le système orthosympathique et le système parasympathique. Il présente la localisation des centres nerveux, des ganglions et la distribution des fibres nerveuses de ces deux systèmes, ainsi que leur rôle dans le contrôle des fonctions végétatives.

Transféré par

dcd
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

FACULTE DE MEDECINE "IBN EL JAZZAR"

DE SOUSSE

LABORATOIRE DE PHYSIOLOGIE
ET DES EXPLORATIONS FONCTIONNELLES

SYSTEME NERVEUX
VEGETATIF

Première Année Médecine

Année Universitaire 2021/2022

Dr LATIRI I
Octobre 2021
OBJECTIFS SPECIFIQUES DE L’ENSEIGNEMENT
DU SYSTEME NERVEUX VEGETATIF

1. Décrire l’organisation anatomique du système nerveux sympathique.


2. Décrire l’organisation anatomique du système nerveux parasympathique.
3. Comparer sur des bases morphologiques les neurones des systèmes sympathique
et parasympathique.
4. Identifier les neurotransmetteurs mis en jeu sur les voies neuronales sympathique
et parasympathique.
5. Caractériser les mécanismes de la sécrétion des neurotransmetteurs et de leurs
liaisons aux récepteurs post-ganglionnaires.
6. Reconnaître les types de récepteurs sur les effecteurs du système nerveux
végétatifs.
7. Analyser l’action des systèmes sympathique et parasympathique sur les organes
suivants: cœur, vaisseaux sanguins, bronches, intestin, vessie et iris.
8. Identifier les effets métaboliques de l’adrénaline.
9. Comparer la médullo-surrénale à un ganglion sympathique.
10. Interpréter l’action des sympathicomimétiques sur l’effecteur.
11. Interpréter l’action des sympathicolytiques sur l’effecteur.
12. Interpréter l’action des parasympathicomimétiques sur l’effecteur.
13. Interpréter l’action d’un para sympathicolytique sur l’effecteur.
14. Définir les notions du tonus sympathique et tonus parasympathique.
15. Décrire les réflexes autonomes suivants : le baroréflexe, réflexes digestifs, réflexe de
vidange vésicale.
16. Caractériser les réponses de stress ou d’alarme du système nerveux sympathique.
PLAN
INTRODUCTION

1 - ORGANISATION DU SNV
1-1- Organisation générale
1-1-1- Centres intra-axiaux
1-1-2- Ganglions végétatifs
1-1-3- Nerfs végétatifs
1-2- Système Orthosympathique
1-2-1- Localisation centrale
1-2-2- Relais ganglionnaires
1-2-3- Médullosurrénale
1-2-4- Distribution
1-3- Système Parasympathique
1-3-1- Localisation centrale
1-3-2- Relais ganglionnaires
1-3-3- Distributions

2 - TRANSMISSION SYNAPTIQUE du SNV


2-1- Synapses ganglionnaires
2-2- Synapses neuroeffectrices
2-2-1- Système Sympathique
2-2-2- Système Parasympathique

3 - EFFETS PHYSIOLOGIQUES du SNV


3-1- Système Sympathique
3-2- Médullosurrénale
3-3- Système Parasympathique
3-4- Interactions des systèmes ortho et parasympathique

4 - MODE de FONCTIONNEMENT du SNV


4-1- Réflexes végétatifs
4-2- Contrôle central
4-2-1- Moelle épinière
4-2-2- Tronc cérébral
4-2-3- Cerveau

CONCLUSION
INTRODUCTION
L'adaptation et la survie de l'individu dépend de deux types de fonctions contrôlées par le
système nerveux:
- Les fonctions de relation qui permettent à l'individu de prendre conscience des
modifications de son environnement et d'y réagir par des comportements adaptés dont la
principale manifestation est la motricité.
- Les fonctions végétatives comme la respiration, la nutrition, la circulation, la
thermorégulation, qui assurent la survie en maintenant l'homéostasie du milieu intérieur.
Le contrôle des fonctions de relation est dévolu au système nerveux somatique. Celui des
fonctions végétatives est assuré par le Système Nerveux Végétatif (SNV) appelé aussi
Système Nerveux Autonome. Ces 2 parties du système nerveux sont complémentaires et
présentent des relations étroites. Leur organisation et leur mode de fonctionnement sont
similaires et mettent en jeu les récepteurs des informations, des voies afférentes, des
centres d'intégration, des voies efférentes et des effecteurs. Les récepteurs, voies
afférentes, centres d'intégrations sont communs aux deux systèmes; par contres les
efférences et les effecteurs sont différents.
1 - ORGANISATION DU SNV
Le SNV se différencie du S.N. Somatique par ses efférences et ses effecteurs. Les
efférences somatiques sont constituées par les motoneurones Alpha qui se rendent
directement sans interruption des centres aux effecteurs qui sont les muscles striés
squelettiques. Les voies efférentes végétatives par contre sont constituées de 2 neurones
qui font synapse au niveau d'un "ganglion"; elles se rendent aux muscles lisses des parois
des vaisseaux et des organes creux, au cœur et aux glandes qui représentent les effecteurs
du SNV.
1-1- Organisation générale
Elle comporte les centres intra-axiaux, les ganglions de relais et les nerfs végétatifs.
1-1-1- Centres intra-axiaux
Ils correspondent aux corps cellulaires du 1er neurone de la voie efférente végétative. Ils
sont localisés au niveau de la moelle épinière (colonne intemédio-latérale) et au niveau
du tronc cérébral (noyaux de certains nerfs crâniens).
1-1-2- Ganglions végétatifs
Ils sont le siège de l'articulation synaptique entre les deux neurones de la voie efférente
végétative. Ils occupent trois situations topographiques différentes.
- Ganglions paravertébraux
Appelés aussi ganglions latéro-vertébraux, ils sont disposés de part et d'autre de la
colonne vertébrale et forment une chaîne ganglionnaire qui s'étend de la base du crâne
jusqu'au coccyx. On distingue les ganglions cervicaux, thoraciques, lombaires et sacrés.
- Ganglions collatéraux ou prévertébraux
Ils forment une chaîne discontinue située un peu plus loin de la colonne vertébrale.
- Ganglions préviscéraux
Ils sont situés à proximité des viscères et parfois au niveau de la paroi même du viscère
(cas du tube digestif).
- La médullo-surrénale
La glande médullo-surrénale est assimilée à un ganglion végétatif. Cette glande a une
même origine embryologique, la même organisation fonctionnelle que le SNV et
reproduit certains de ses effets.
1-1-3- Nerfs végétatifs
Ils sont constitués des axones des cellules préganglionnaires et de ceux des neurones
postganglionnaires.
- Fibres préganglionnaires
Elles sont myélinisées et de petit diamètre (fibre de type B). Elles suivent sur une partie
de leur trajet le nerf mixte rachidien ou crânien.
- Fibres postganglionnaires
Elles sont non myélinisées et de faible diamètre. On distingue les fibres à destinée
somatique et celles à destinée viscérale.
- Les fibres à destinée somatique se retrouvent avec les nerfs périphériques et
innervent les glandes sudoripares, les muscles érecteurs des poils, les vaisseaux cutanés
et musculaires.
- Les fibres à destinée viscérale assurent l'innervation des viscères eux-mêmes.
Leur trajet peut être complexe.
L'organisation des efférences végétatives (point de départ des efférences et localisation
des relais ganglionnaires) permet de distinguer au niveau du SNV le système
ORTHOSYMPATHIQUE et le système PARASYMPATHIQUE ayant des effets
différents sur les effecteurs.
1-2- Système Orthosympathique
1-2-1- Localisation centrale
Les corps cellulaires des neurones préganglionnaires sont localisés au niveau de la corne
latérale de la moelle épinière étagés de D1 à L3. Ils quittent la moelle par la racine
antérieure motrice et suivent les rameaux communicants blancs jusqu'aux ganglions
paravertébraux.
1-2-2- Relais ganglionnaires
Le neurone préganglionnaire peut s'arrêter au niveau du ganglion paravertébral et faire
synapse avec un neurone post-ganglionnaire. Il peut le traverser et s'articuler avec le
neurone postganglionnaire plus loin au niveau d'un ganglion prévertébral. Certaines
fibres préganglionnaires se rendent à la médullo-surrénale.
1-2-3- Distribution
Les fibres postganglionnaires du contingent somatique partent des ganglions
latéro-vertébraux et rejoignent le nerf mixte par le rameau communiquant gris
pour se rendre aux territoires musculo-cutanés.
Les fibres postganglionnaires du contingent viscéral partent des ganglions prévertébraux
et se rendent aux viscères en suivant les nerfs sympathiques.
Les fibres postganglionnaires sympathiques innervent les glandes salivaires, l'œil, le
cœur, les poumons, les muscles lisses de la paroi digestive, les glandes de la peau et les
vaisseaux, la vessie et les organes génitaux externes (OGE).
Ainsi le système orthosympathique se caractérise par:
- la localisation exclusivement médullaire des centres intra-axiaux,
- la situation du ganglion qui est près de la colonne vertébrale et loin de l'effecteur
donc des fibres préganglionnaires courtes et des fibres postganglionnaires longues.
1-3- Système Parasympathique
1-3-1- Localisation centrale
Les corps cellulaires des fibres préganglionnaires sont localisés à deux niveaux, le tronc
cérébral et la moelle sacrée.
- au niveau du tronc cérébral: les corps cellulaires des fibres préganglionnaires
sont disséminés au niveau des noyaux des nerfs crâniens. Ces fibres suivent sur une partie
de leur trajet les nerfs crâniens III (moteur oculaire commun), VII (facial), IX (glosso-
pharyngien) et X (pneumogastrique ou vague).
- au niveau de la moelle sacrée: les fibres préganglionnaires ont leur corps
cellulaire au niveau de la corne latérale de S2 à S4.
1-3-2- Relais ganglionnaires
Les neurones préganglionnaires du S.N. parasympathique sont très longs et font synapse
avec le neurone post-ganglionnaire au niveau des ganglions préviscéraux (très proches
des viscères qu'ils innervent) et intramuraux (dans la paroi même des organes).
1-3-3- Distributions
Le contingent crânien est destiné à l'œil (III), aux glandes lacrymales, aux muqueuses
nasales (VII), aux glandes salivaires (IX) et au cœur, poumons, tube digestif (X). Le
contingent sacré est destiné aux organes pelviens (vessie, sphincters et OGE).
Ainsi le système parasympathique est caractérisé par:
- la localisation des centres intra-axiaux aux deux extrémités du névraxe,
- la localisation des ganglions de relais au voisinage immédiat ou dans la paroi
même du viscère donc des fibres préganglionnaires très longues et des fibres
postganglionnaires très courtes.
2 - TRANSMISSION SYNAPTIQUE du SNV
On distingue pour le S.N.V les synapses neuro-neuroniques au niveau des ganglions et
les synapses neuroeffectrices entre le neurone post-ganglionnaire et l'organe innervé.
2-1- Synapses ganglionnaires
Les terminaisons des axones préganglionnaires (présynaptiques) sont renflées formant
des "boutons synaptiques" et s'articulent avec les corps cellulaires des neurones
postganglionnaires (synapses axo-somatiques). Un neurone présynaptique s'articule avec
plusieurs neurones postsynaptiques (phénomène de divergence); de même une cellule
postsynaptique reçoit les terminaisons de plusieurs autres cellules présynaptiques
(convergence).
Le NT de ces synapses ganglionnaires est l'acétylcholine synthétisée à partir de la
Choline et de l'acétylCoA grâce à une enzyme la choline-acétylase.
Le fonctionnement synaptique est le même que pour les autres synapses.
PA présynaptique  libération du NT  liaison NT-récepteur  augmentation de la
perméabilité membranaire au Na+ et K+  dépolarisation membranaire (PPSE)  si
l'amplitude du PPSE est suffisante pour atteindre le potentiel seuil un PA apparaît au
niveau du neurone postsynaptique.
Quelques caractères sont particuliers à ces synapses.
- L'effet postsynaptique est une dépolarisation (synapses EXCITATRICES).
- Le neurone postsynaptique reçoit des influx nerveux de plusieurs éléments
présynaptiques. Un influx présynaptique unique est généralement insuffisant pour
produire un PA au niveau du neurone postganglionnaire. Cet influx produit un PPSE à
l'origine d'une FACILITATION du neurone postganglionnaire. Quand plusieurs influx
arrivent leurs effets s'additionnent et peuvent engendrer un PA. Quand les influx
proviennent d'un même neurone préganglionnaire, on parle de facilitation
TEMPORELLE, quand ils proviennent de plusieurs neurones on parle de facilitation
SPATIALE.
L'acétylcholine subit une destruction rapide sous l'effet d'une enzyme, la cholinestérase.
Les inhibiteurs de cette enzyme (anticholinestérasiques) comme l'ésérine et la
prostigmine prolongent l'action de l'acétylcholine et renforcent donc son action.
L'effet de l'ACh s'exerce au niveau de ces synapses par des récepteurs dits "nicotiniques".
En effet la nicotine à faible dose reproduit les effets de l'ACh au niveau des ganglions.
Certaines substances comme l'hexaméthonium ou le tetraéthylammonium bloquent la
transmission au niveau des ganglions en se fixant sur les récepteurs à la place de l'ACH.
Ces antagonistes de l'ACh sont appelés des ganglioplégiques.
2-2- Synapses neuro-effectrices
2-2-1- Système Sympathique
Les terminaisons postganglionnaires sympathiques libèrent comme transmetteur la
NORADRENALINE. Cette substance est synthétisée au niveau du corps cellulaire à
partir de la tyrosine qui subit une hydroxylation pour donner la DOPA. La DOPA est
décarboxylée donnant la Dopamine. La Dopamine est stockée sous forme de vésicules
transportées le long de l'axone jusqu'aux terminaisons. Elle subit une hydroxylation
aboutissant à la Noradrénaline au niveau des terminaisons axonales.
Au niveau de la médullo-surrénale La Noradrénaline subit une méthylation donnant
l'Adrénaline.
La Noradrénaline libérée est inactivée par :
- recapture active par l'élément présynaptique (50 à 80 %)
- dégradation enzymatique par la Mono-Amine-Oxydase (MAO) au niveau de la
fente synaptique et la Catéchol-O-Méthyl-Transférase (COMT) au niveau des tissus; le
produit de dégradation de la NAd par la MAO est l'Acide Vanyl Mandélique
- diffusion hors de la fente synaptique.
Les récepteurs de la Noradrénaline sont de 2 types, Alpha et Bêta. Les effets du
sympathique dépendent du type de récepteurs présents sur les organes cibles.
Certaines substances reproduisent ou stimulent les effets de l'activation des récepteurs
alpha (Alpha-mimétique ou Alpha-stimulants) ou Bêta (Bêta-mimétiques ou Bêta-
stimulants); d'autres au contraire, bloquent ces récepteurs et empêchent l'action de la NA
(Alpha-bloquants et Bêta-bloquants).
2-2-2- Système Parasympathique
Le médiateur utilisé est l'acétylcholine. Les récepteurs de l'acétylcholine au niveau des
organes contrôlés par le parasympathique sont stimulés par la Muscarine d'où le nom de
récepteurs muscariniques. Ils sont bloqués par l'atropine.
3 - EFFETS PHYSIOLOGIQUES du SNV
Les organes soumis au contrôle du S.N.V ont en général une innervation double
sympathique et parasympathique (sauf pour les vaisseaux qui ne sont pratiquement
innervés que par le sympathique).
L'effet de la stimulation du sympathique, pour la plupart des organes, est inverse de celui
de la stimulation parasympathique. Pour certains (telles que les glandes salivaires) les
effets de 2 systèmes sont complémentaires.
3-1- Système Sympathique
La stimulation du sympathique entraîne au niveau
- de l'œil: une dilatation de la pupille qui augmente ainsi son diamètre (Mydriase)
- des glandes salivaires: une sécrétion visqueuse peu abondante riche en éléments
organiques
- du cœur: une accélération du rythme (tachycardie) et une augmentation de la
force contractile
- des bronches: un relâchement des cellules musculaires lisses des parois d'où une
augmentation de diamètre des bronches (BRONCHODILATATION) en stimulant les
récepteurs Bêta.
- du tube digestif: un ralentissement du transit digestif (inhibition de la motricité
des parois digestives) et une contraction des sphincters.
- des vaisseaux: une contraction des fibres musculaires lisses des parois en
stimulant les récepteurs alpha responsable d'une vasoconstriction pour la plupart des
vaisseaux. Au niveau des vaisseaux coronaires les récepteurs bêta prédominent et sont les
premiers activés; l'effet sera une vasodilatation (relâchement des fibres musculaires lisse
de la paroi de ces vaisseaux).
- de la vessie: relâchement du muscle vésical et contraction du sphincter.
- de l'appareil génital: l'éjaculation et l'orgasme.
3-2- Médullo-surrénale
La médullo-surrénale est une glande considérée comme un ganglion sympathique,
puisqu'elle est innervée par des fibres préganglionnaires sympathiques. La stimulation de
ces fibres sympathiques provoque la libération par cette glande dans le sang de
l'adrénaline (80 %) et de la Noradrénaline (20 %). Ces substances véhiculées par voie
sanguine atteignent tous les tissus et potentialisent les effets du sympathique. L'action de
la médullo-surrénale diffuse à l'ensemble des organes présentant des récepteurs
adrénergiques (sensibles à l'adrénaline et à la NAd) même si ces organes ne sont pas
directement innervés par le système sympathique.
L'Adrénaline reproduit les effets de la NAd à quelques différences prés.
- L'Adrénaline a des effets plus marqués sur le cœur et moins important sur les
vaisseaux que la NAd. L'adrénaline augmente surtout la fréquence cardiaque et la force
contractile du myocarde ce qui aura comme conséquence une augmentation du débit
cardiaque; la NAd provoque surtout une vasoconstriction à l'origine d'une augmentation
des résistances vasculaires d'où une augmentation de la PA.
- L'Adrénaline a des effets métaboliques (mobilisation du glucose et des AGL)
plus marqués que la NAd.
Ainsi la mise en jeu du système sympathique aura des effets directs par l'intermédiaire
des fibres postganglionnaires innervant les organes cibles et des effets indirectes par
l'intermédiaire de l'Adrénaline et la NAd libérées par la médullo-surrénale et véhiculées
par le sang.
3-3- Système Parasympathique
La stimulation du parasympathique entraîne au niveau
- de l'œil: une diminution du diamètre de la pupille (myosis).
- des glandes salivaires: une augmentation du débit de sécrétion en augmentant la
composante hydrominérale.
- du cœur: un ralentissement de la fréquence cardiaque (bradycardie) pouvant
aboutir à un arrêt cardiaque (syncope vagale).
- des bronches: une bronchoconstriction et augmentation des sécrétions
bronchiques
- du tube digestif: une stimulation des secrétions digestives (estomac, pancréas,
bile...), une accélération du transit digestif en stimulant la motricité et un relâchement des
sphincters.
- des vaisseaux: la paroi des vaisseaux est généralement dépourvue d'innervation
parasympathique en dehors de certains territoires (vaisseau cutanés de la face et
vaisseaux des organes génitaux masculins); dans ce cas on a une vasodilatation;
- de la vessie: une contraction du muscle vésical et relâchement du sphincter d'où
miction
- de O.G.E: une vasodilatation des organes érectiles d'où érection.
3-4- Interactions des systèmes ortho et parasympathique
3-4-1- Types d'interaction
Envisagé pour le même effecteur, le fonctionnement des systèmes sympathique et
parasympathique peut se faire selon différente modalités.
- Fonctionnement de type "ON" ou "OFF": c'est le cas de certains effecteurs ayant
une innervation uniquement sympathique ou parasympathique. Ainsi au niveau des
vaisseaux sanguins de la peau, la stimulation du sympathique provoque une
vasoconstriction et son inhibition une vasodilatation.
- Fonctionnement de type "réciproque": c'est le cas de la plupart des effecteurs
ayant une double innervation sympathique et parasympathique. Au niveau de l'œil par
exemple le parasympathique agit sur le sphincter pupillaire et entraîne un myosis; il
active les muscles ciliaires et permet l'accommodation pour la vision rapprochée.
Inversement le sympathique entraîne une mydriase et une adaptation de l'œil pour la
vision de loin. Ceci réalise une modalité d'organisation réciproque support d'un
fonctionnement de type agoniste / antagoniste.
- Fonctionnement "synergique": c'est le cas de certains effecteur ayant une double
innervation; ainsi au niveau des glandes salivaire l'effet des deux systèmes aboutit à
augmenter la quantité de salive sécrétée.
3-4-2- Mise en jeu
Du fait de la différence d'organisation de ces 2 versants sympathique et parasympathique
chacun va être mis en jeu dans des situations données :
- Le système parasympathique ne fonctionne pas comme un tout, son action peut être
localisée à un seul organe. Il règle le fonctionnement basal des organes en vue d'intégrer
des réactions spécifiques des fonctions végétatives. Ainsi la mydriase, la salivation, la
bradycardie, la miction, la défécation et l'érection sont des composantes de différents
comportements ne se produisant pas en même temps et n'ayant pas la même finalité.
- Le système sympathique a une action diffuse; ses effets miment des réactions observées
en cas de stress ou de colère. Ainsi la dilatation pupillaire, la vasoconstriction, la
sudation, l'accélération du rythme cardiaque, l'élévation de la PA, l'inhibition de la
motricité digestive et l'augmentation de la glycémie sont des manifestations observées
chez l'animal qui a peur. Le système sympathique avec la médullo-surrénale fonctionne
comme un tout mis en jeu dans les situations d'alarme et de stress.
4 - MODE de FONCTIONNEMENT du SNV
La plupart des organes étant innervés par les 2 systèmes, on conçoit donc que leur
fonctionnement dépendra de l'équilibre des effets de ces 2 systèmes. Souvent l'action de
l'un prédomine en permanence en situation physiologique, l'autre agissant pour moduler
cette action prédominante. Cette action prédominante s'appelle tonus végétatif. Ainsi au
niveau du cœur on a un tonus parasympathique permanent qui freine le rythme cardiaque
(tonus frénateur), alors qu'au niveau des vaisseaux on a un tonus vaso-constricteur
permanent d'origine sympathique. Ces tonus sont modulés selon les besoins de façon
réflexe ou par des systèmes de contrôles à partir des centres nerveux.
4-1- Réflexes végétatifs
Des stimulations captées par des récepteurs déterminent des réponses dues à la
modification de l'activité sympathique ou parasympathique réalisant ainsi un réflexe
végétatif.
- Réflexe de salivation: l'odeur ou le goût des aliments provoquent une
augmentation de la sécrétion salivaire.
- Réflexe vasomoteur: la baisse de la PA entraîne une vasoconstriction et une
tachycardie par augmentation de l'activité sympathique et une diminution de celle du
parasympathique.
4-2- Contrôle central
Les activités Réflexes végétatives sont contrôlées par des structures nerveuses.
4-2-1- Moelle épinière
C'est le centre d'intégration des réflexes végétatifs. Les différentes afférences s'articulent
par l'intermédiaire d'un réseau d'interneurones aux cellules de la colonne intermédio-
latérale et peuvent moduler l'activité végétative.
4-2-2- Tronc cérébral
La formation réticulée contrôle plusieurs fonctions comme la respiration, la digestion et
la circulation. Elle exerce son action par des voies descendante sur les centres végétatifs
du tronc cérébral et de la moelle.
4-2-3- Cerveau
Plusieurs structures cérébrales sont impliquées dans le contrôle des fonctions végétatives.
- l'hypothalamus représente le centre majeur des régulations végétatives. Ils
intègrent plusieurs informations et élabore des réponses qui assurent l'homéostasie. Son
intervention se fait à la fois par des ajustements neurovégétatifs faisant partie de schémas
comportementaux, et par la mise en jeu des systèmes neuroendocriniens hypophysaires.
- le cortex cérébral: certaines zones du cortex cérébral sont particulièrement
impliquées dans le contrôle végétatif.
Le cortex limbique (structure située à la face interne des hémisphères cérébraux) est
impliqué dans la genèse de comportements fondamentaux (alimentaire, sexuel,
d'agression, de peur...) déclenchés par des motivations internes et externes. L'expression
de ces comportements comporte une succession des phénomènes moteurs et végétatifs
organisés en séquences intégrées au niveau du système limbique.
Le cortex associatif frontal est impliqué dans le contrôle des émotions (joie, peur, colère,
souffrance..) qui présentent toujours une composante végétative. Les réponses dans ce
cas sont différentes de celles intégrées dans des comportements. Elles sont globales et
concernent les régulations cardiovasculaires et respiratoires.
Ainsi le fonctionnement de ce système est harmonisé de façon à maintenir l'homéostasie
de l'organisme et à lui permettre de répondre par des comportements adaptés aux
modifications de son milieu intérieur.
5 - PHARMACOLOGIE du SNV
Certains médicaments peuvent modifier le fonctionnement du S.N.V en augmentant la
libération des médiateurs ou en diminuant sa synthèse, en bloquant les récepteurs de ces
médiateurs à différents niveaux des synapses.
- L'atropine bloque l'action de l'acétylcholine au niveau des récepteurs des organes
innervés par le parasympathique. Cette substance est utilisée en ophtalmologie pour
dilater la pupille quand on pratique un examen du fond de l'œil, dans le traitement des
ulcères digestifs et comme prémédication lors d'interventions chirurgicales.
- les bêta bloquants (propranolol) sont utilisés en cardiologie dans le traitement des
tachycardies, de l'HTA...
- les bêta-stimulants sont utilisés dans le traitement de l'asthme.

CONCLUSION
Certains caractères du S.N.V le distinguent du système nerveux somatique. Cette
distinction n'est pas une opposition mais une complémentarité entre 2 parties d'un même
ensemble contrôlant les différentes fonctions en vue d'adapter l'individu à son
environnement.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

1 – GUENARD H. Physiologie Humaine (1996). Edition Pradel (2ème édition).


ISBN : 2-907516-83-3.

2 – GUYTON AC &HALL JE. Précis de physiologie médicale (2003). Edition


[Link] : 88-299-1657-9.

3 –MARIEB EN, HOEHN K. Anatomie et physiologie humaines. Edition


Nouveaux Horizons (adaptation de la 8ème édition américaine). ISBN : 978-2-
35745-080-6.

4–MCKINLEY MP, O’LOUGHLIN VD, STOUTER BIDLE T. Anatomie et


physiologie Une approche intégrée (2014). Edition Maloine. ISBN : 978-2-224-
03422-1.

5 – SHERWOOD L. Physiologie Humaine, (2000). Edition DeBoeck Université.


ISBN 2- 7445-0046.

6 – VANDER AJ, SHERMAN JH, LUCIANO DS & BRIERE R. Physiologie


Humaine (1995). Edition Chenelière/McGraw-Hill. ISBN : 2-89461-005-X.
QUESTIONS D’AUTOEVALUATION DU
SYSTEME NERVEUX VEGETATIF

1/ Le neurotransmetteur des synapses neuroeffectrices du système nerveux


végétatif, peut être :
a. L’atropine
b. La noradrénaline
c. L’ésérine
d. Le curare
e. L’acétylcholine

2/ Le médiateur chimique libéré par les fibres végétatives innervent la glande


médullosurrénale est :
a. L’adrénaline
b. La noradrénaline
c. L’histamine
d. L’acétylcholine
e. L’atropine

3/ Les récepteurs cholinergiques sont de type :


a. Muscarinique
b. Atropinique
c. Nicotinique
d. Alpha
e. Béta

4/ L’acétylcholine est le neurotransmetteur des synapses :


a. Du ganglion du système sympathique
b. Du ganglion parasympathique
c. Du ganglion sympathique avec la médullosurrénale
d. Neuroeffectrices du système sympathique
e. Neuroeffectrices du système parasympathique

5/ Une bronchodilatation peut être obtenue par :


a. Stimulation du parasympathique
b. Stimulation de récepteurs alpha adrénergiques du muscle lisse
bronchique
c. Stimulation des récepteurs béta adrénergiques du muscle lisse
bronchique
d. L’atropine
e. L’ésérine
6/ L’acétylcholine :
a. Augmente la fréquence cardiaque
b. Ralentit la motricité digestive
c. Relâche les sphincters digestifs
d. Contracte le muscle detrusor de la vessie
e. Relâche le sphincter interne de la vessie

7/Le sympathique exerce des effets opposés à ceux du parasympathique au


niveau :
a. Des glandes salivaires
b. Des muscles lisses digestifs
c. Du cœur
d. Des organes génitaux externes
e. De la pupille

8/ La noradrénaline est :
a. Active sur les récepteurs nicotiniques
b. Active sur les récepteurs muscariniques
c. Synthétisée à partir de la tyrosine
d. Recaptée par l’élément présynaptique
e. Dégradée par la mono-amino-oxydase

9/ Un béta bloquant adrénergique peut entraîner :


a. Une bronchodilatation
b. Une bradycardie
c. Un myosis
d. Une diminution du débit de la sécrétion salivaire
e. Une vasodilatation cutanée

10/ Les récepteurs cholinergiques peuvent être bloqués par :


a. Le curare
b. L’atropine
c. L’isuprel
d. Le propranolol
e. Le parathion

11/ Un récepteur cholinergique nicotinique est retrouvé au niveau :


a. De la synapse neuro-neuronique du système sympathique
b. De la synapse neuro-neuronique su système parasympathique
c. De la synapse neuro-effectrice du système parasympathique
d. De certaines synapses du système nerveux central
e. De la plaque motrice
12 - Le neuromédiateur au niveau de l’organe effecteur du système nerveux
parasympathique est :
a. L’adrénaline
b. synthétisé à partir de la tyrosine
c. totalement synthétisé au niveau du corps cellulaire du deuxième neurone
d. stocké dans la fente synaptique
e. libéré sous l’effet du calcium

13 - Le système nerveux parasympathique :


a. Est le système de stress
b. A comme neuromédiateur l’acétylcholine au niveau de l’organe effecteur
c. Entraine une bronchodilatation par action directe sur le muscle lisse
bronchique
d. A une action antagoniste avec le sympathique au niveau des organes
génitaux
e. Stimule la sécrétion acide gastrique
14- Dans une situation de peur, la réaction de chacune des parties suivantes du corps
est la suivante :
a. Une bronchoconstriction
b. Une Contraction des sphincters digestifs
c. Une neurosécrétion
d. Une hypersudation
e. Une piloérection
15 – L’adrénalino-sécrétion peut augmenter dans les situations suivantes :
a. Emotions
b. Exercice musculaire intense
c. Hypoglycémie
d. Phéochromocytome (tumeur du tissu chromaffine)
e. Repos physique total
16- Les récepteurs cholinergiques nicotiniques (N1, N2) sont retrouvés au
niveau de :
a. Plaque motrice
b. Muscle lisse des effecteurs
c. Myocarde
d. Médullo-surrénale
e. Vésicule biliaire
17 – L’administration d’un sympathicomimétique peut :
a. Induire une bradycardie
b. Relâcher la vessie
c. Stimuler l’éjaculation
d. Stimuler les glandes sudoripares
e. Dilater la pupille

Vous aimerez peut-être aussi