Élimination des opérations réciproques IFRS
Élimination des opérations réciproques IFRS
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4.2 Élimination des opérations de financement
Au sein des groupes de sociétés, les avances de trésorerie peuvent pré-
senter des horizons temporels différents (court ou moyen/long terme) et
revêtir des formes juridiques variables. Globalement, il peut s’agir :
––D’une part, de flux à court terme réalisés dans le cadre de conven-
tions de trésorerie correspondant, par exemple, à des organisations
en cash pooling. Le principe est de centraliser la trésorerie des entités
du groupe sur un compte unique. La direction financière du groupe
peut ainsi optimiser sa gestion.
––D’autre part, de contrats de prêts à moyen ou long terme octroyés
par le groupe.
202
Chapitre 6. Les opérations réciproques
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Les comptes individuels de G sont donc repris à hauteur du pourcentage
d’intérêt détenu par MM, soit 35 %. C’est donc à hauteur de ce taux que
les opérations symétriques doivent être annulées, ce qui représente :
–– 100 000 × 35 % = 35 000 € pour le prêt/emprunt ;
–– 100 000 × 3 % × 35 % = 1 050 € pour les intérêts.
Les principes de notation sont les mêmes que dans l’exemple précédent.
Bilan Emprunt (G) 35 000
Bilan Prêt (MM) 35 000
Annulation comptes réciproques − bilan
CR Produits 1 050
financiers (MM)
CR Charges 1 050
financières (G)
Annulation opérations réciproques − gestion
Comme dans l’exemple précédent, cette opération aurait été éliminée
pour son montant total si la filiale avait été consolidée par intégration
globale. Aucun retraitement n’aurait en revanche été nécessaire en cas de
mise en équivalence.
5. Opérations asymétriques
Afin de donner une image fidèle du groupe, comme s’il ne formait
qu’une seule entité, les profits ou les pertes résultant des opérations
intragroupes doivent être éliminés. La logique qui sous-tend cette
démarche est d’empêcher le groupe de restituer un résultat dégagé sur
203
Consolidation en normes IFRS
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––dividendes reçus ;
––dépréciations des titres de participation et provisions constituées du
fait des participations détenues ;
––marges sur stocks ;
––obligations de prestation remplies progressivement, amenant à
constater une marge à l’avancement ;
––immobilisations cédées à l’intérieur du groupe.
Nous examinerons successivement ces différentes opérations. Les
modalités d’élimination en fonction de la méthode de consolidation
appliquée ont été rappelées ci-dessus (voir section 3.3). Si elles ont un
impact sur le montant éliminé, elles ne modifient pas la forme de l’écri-
ture comptable elle-même. Aussi nous ne développerons pas systéma-
tiquement les différentes possibilités et nous nous concentrerons sur
l’intégration globale, méthode la plus fréquente.
5.1 Les dividendes
En consolidation, les dividendes perçus dans un groupe font l’objet de
reclassement et de présentation spécifiques dans les états financiers. Ces
produits financiers doivent être reclassés en réserves dans la mesure où
les résultats correspondants ont déjà été pris en compte dans les résultats
consolidés antérieurs, lors de leur réalisation par la société distributrice.
Cela s’applique également aux dividendes prélevés sur des résultats anté-
rieurs à la première consolidation pour les entités intégrées.
Exemple : Les dividendes reçus par Bouygues
En 2016, Bouygues SA a reçu au titre de l’exercice 2015 un montant global
de 575 millions d’euros versés par différentes entités du groupe :
–– Bouygues Construction : 250 M€ ;
–– Bouygues Immobilier : 77 M€ ;
–– Colas : 172 M€ ;
–– TF1 : 73 M€ ;
–– Divers : 3 M€.
204
Chapitre 6. Les opérations réciproques
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imposé à son engagement et la différence (quote-part de frais et charges)
étant définitive.
5.2 Dépréciations et provisions
Afin d’éviter les doubles emplois, les dépréciations et provisions
internes constituées à raison des pertes enregistrées par toutes les
entités consolidées doivent être éliminées en totalité dans les
comptes consolidés.
205
Consolidation en normes IFRS
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
75 % la société P. Les deux sociétés entretiennent des relations commer-
ciales : la société MM vend ses produits finis à la société P, chargée de les
commercialiser à des grossistes extérieurs au groupe.
À la clôture N, le bilan de la société MM fait état d’une créance sur la
société P de 120 000 € et réciproquement, le bilan de la société P fait état
d’une dette sur la société MM de 120 000 €. Par ailleurs, la société P étant
en difficulté, la société MM a constaté une dépréciation de 50 000 € sur
sa créance. Le taux d’imposition est de 35 %.
Cette dépréciation interne au groupe doit être éliminée. Dès lors, la base
fiscale (70 000 €) sera supérieure à la valeur comptable (120 000 €) pour
un actif, et un impôt différé passif de (120 000 – 70 000) × 30 %
= 17 500 € devra être constaté. Dans un second temps, l’opération
interne (créance/dette) peut être éliminée, sans conséquence cette fois
sur le résultat.
Bilan Dépréciation créance 50 000
Bilan IDP 17 500
Bilan Résultat (MM) 32 500
Élimination dépréciation – bilan
CR Résultat – liaison 32 500
CR Charge fiscale 17 500
différée
CR Dotation dépréciation 50 000
Élimination dépréciation – gestion
L’élimination de la créance/dette réciproque a déjà été présentée et ne
soulève pas de difficultés particulières. Elle ne sera pas développée ici.
À relever que l’introduction d’IFRS 9 depuis janvier 2018 impose la consta-
tation d’une dépréciation au titre du risque de crédit sur l’ensemble de la
durée de la créance dès son engagement au bilan.
206
Chapitre 6. Les opérations réciproques
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conditions sont remplies :
––Le groupe est capable de contrôler la date à laquelle la différence
temporelle s’inversera.
––Il est probable que la différence temporelle ne s’inversera pas dans
un avenir prévisible.
Sauf si la cession des titres est prévue dans un avenir prévisible, il
apparaît donc qu’aucun impôt différé ne sera à constater. À cette parti-
cularité près, les modalités de traitement sont semblables à celles d’une
dépréciation réciproque et ne sont pas reprises ici.
207
Consolidation en normes IFRS
Société V
Société F
(achète à F et vend à l’extérieur
(fabrique et vend à la société V)
du groupe)
Coût de transformation = 100
Coût d’achat = 135
+ marge (35 %) = 35
+ marge (20 %) = 27
=> Prix de vente = 135
Prix de vente = 162
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+ Marge du groupe = 35 + 27 = 62
Prix de vente = 162
208
Chapitre 6. Les opérations réciproques
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CR Résultat – liaison 1 365
CR Charge fiscale différée 735
CR Variation de stock 2 100
Élimination de l’impact du stock initial – gestion
La correction du stock final est plus simple, dans la mesure où il n’est pas
nécessaire de reconstituer le bilan d’ouverture.
Bilan Résultat (V) 2 275
Bilan IDA 1 225
Bilan Stock de marchandises 3 500
Annulation marge interne sur stock – bilan
CR Variation de stock 3 500
CR Charge fiscale 1 225
CR Résultat – liaison 2 275
Annulation profit interne sur stock – gestion
209
Consolidation en normes IFRS
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est mesuré par le jalon interne que constituent les charges engagées. À la
clôture du premier exercice, le taux d’avancement est de 30 %.
L’opération est donc une livraison à soi-même, qui doit être reconnue au coût.
À la clôture, Alpha a engagé des coûts de 30 % × 4 600 = 1 380 K€ et a
reconnu un chiffre d’affaires de 30 % × 5 000 = 1 500 K€ (marge de 120 K€).
L’impôt différé à reconnaître au taux de 35 % se détermine ainsi :
Valeur Base DTD/ IDA/
Poste (en K€)
comptable fiscale (DTI) (IDP)
Immobilisation en cours 1 380 1 500 120 42
Les écritures de correction qui en découlent sont les suivantes :
Bilan Résultat (Alpha) 78 000
Bilan IDA 42 000
Bilan Immobilisation 120 000
en cours
Élimination du résultat interne sur l’obligation de prestation – bilan
CR Production 120 000
immobilisée
CR Résultat – liaison 78 000
CR Charge fiscale 42 000
Élimination du résultat interne sur l’obligation de prestation – gestion
210
Chapitre 6. Les opérations réciproques
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La société MM, qui contrôle à 80 % sa filiale F, vend à cette dernière un
matériel industriel pour un prix de 45 000 € à la date du 1er janvier N. Ce
matériel avait été acquis par M au prix de 75 000 € le 1er janvier N-3 et
amorti sur cinq ans. F décide d’amortir le bien nouvellement acquis sur
trois ans.
À la date de cession, le bien a été amorti à hauteur de 75 000 × 20 % × 3 = 45 000 €
et figure donc dans les états financiers pour une valeur nette de 30 000 €. Sa ces-
sion amène MM à constater une plus-value de 45 000 – 30 000 = 15 000 €.
À la clôture de l’exercice N, F aura constaté un amortissement de
45 000 × 1/3 = 15 000 €.
Si le bien avait été conservé par MM, sa valeur nette dans les comptes de
la société mère (30 000 €) aurait été amortie sur la nouvelle durée de vie
économique (trois ans), qui correspond à la période révisée pendant
laquelle l’actif dégagera des avantages économiques pour le groupe.
L’amortissement pratiqué aurait donc été de 10 000 €.
L’élimination des opérations réciproques amène à corriger les montants
suivants :
Valeur avant Valeur
Poste Écart
retraitement souhaitée
Valeur brute 45 000 75 000 + 30 000
Amortissement 15 000 55 000 + 40 000
Dotation amortissements 15 000 10 000 (5 000)
L’analyse des différences temporelles permet de déterminer le montant
de l’impôt différé au taux de 35 % :
Valeur
Poste Base fiscale DTD/(DTI) IDA/(IDP)
comptable
Immobilisation 20 000 30 000 10 000 3 500
Les écritures de correction sont donc les suivantes :
Bilan Résultat (MM) 10 000
Bilan Actif non courant 30 000
Bilan Amortissement 40 000
Élimination de la plus-value et correction des valeurs bilancielles – bilan
211
Consolidation en normes IFRS
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Bilan IDA 3 500
Bilan Résultat (MM) 3 500
Comptabilisation de l’impôt différé – bilan
CR Résultat – liaison 3 500
CR Charge fiscale 3 500
Constatation de l’impôt différé – gestion
6. Synthèse
Opérations
réciproques
Élimination à
Élimination en
Symétriques Asymétriques hauteur du %
totalité
d'intérêt
Élimination à
Pas
hauteur du %
d'élimination
d'intérêt
212
Chapitre 6. Les opérations réciproques
QCM
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
d. Les opérations entre les filiales et l’extérieur du groupe.
213
Consolidation en normes IFRS
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
étant estimée à 48 000 €. Il a été cédé pour 150 000 €.
Dans les comptes de TEE, le bien sera amorti sur trois ans, avec une
valeur résiduelle de 15 000 €. Le taux d’imposition est de 35 %.
Question :
À partir des informations ci-dessus, présentez en justifiant les calculs
les écritures au bilan et au compte de résultat.
Exercice 2
La société A détient 51 % de la société B et le contrôle de B par A est
établi. Le pourcentage d’intérêt est de 42,50 %.
On vous communique un extrait des balances au 31/12/N concer-
nant les opérations entre la société B et la société A :
Société B Société A
214
Chapitre 6. Les opérations réciproques
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
ment dans l’entreprise le jour de l’inventaire. Le stock initial de mar-
chandises chez la société A acheté auprès de la société B était de
330 000 € au 1er janvier N.
––Le taux de TVA est de 20 % et le taux d’IS de 35 %.
Question :
À partir des éléments fournis, présentez en justifiant les calculs les
écritures au bilan et au compte de résultat.
215
Consolidation en normes IFRS
Corrigés
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
a. Les opérations entre les filiales d’un même groupe.
b. Les opérations entre la maison mère et l’extérieur du groupe.
c. Les opérations entre la maison mère et ses filiales.
d. Les opérations entre les filiales et l’extérieur du groupe.
216
Chapitre 6. Les opérations réciproques
Corrigé de l’exercice 1
Il faut ici supprimer la plus ou moins-value de cession réalisée par la
société vendeuse et revenir au coût initial du bien :
Prix de cession 150 000
Prix d’acquisition 240 000
Amortissements à la cession : (240 000 – 48 000) × 2/4 – 96 000
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VNC à la cession 144 000 – 144 000
Plus-value de cession 6 000
217
Consolidation en normes IFRS
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
Correction de la plus-value de cession – bilan
CR Autres produits 6 000
opérationnels
CR Résultat (liaison) 6 000
Correction de la plus-value de cession – gestion
Bilan Amortissement 1 000
Bilan Résultat (TEE) 1 000
Correction de la dotation aux amortissements – bilan
CR Résultat – liaison 1 000
CR Dotation 1 000
amortissements
Correction de la dotation aux amortissements – gestion
Bilan IDA 1 750
Bilan Résultat (TEE) 350
Bilan Résultat (Azur) 2 100
Constatation de l’impôt différé – bilan
CR Résultat – liaison 1 750
CR Charge fiscale différée 1 750
Correction de l’impôt différé – gestion
Corrigé de l’exercice 2
La différence entre ventes et achats est de 810 000 – 780 000
= 30 000 HT. La règle du groupe oblige à suivre la règle du vendeur et
donc à régulariser les achats. Il faut donc comptabiliser une facture non
parvenue avant d’éliminer les achats/ventes réciproques.
218
Chapitre 6. Les opérations réciproques
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
Comptabilisation de l’achat – gestion
Il est ensuite possible d’éliminer l’opération d’achat/vente entre
sociétés du groupe, ainsi que les créances/dettes réciproques. À noter
que le compte Fournisseurs – société B présente désormais un solde
créditeur de 131 440 + 36 000 = 167 440 €, identique au solde débiteur
du compte Clients – société A.
Bilan Fournisseurs 167 440
– société B
Bilan Clients – société A 167 440
Annulation de la créance/dette – bilan
CR Ventes (B) 810 000
219
Consolidation en normes IFRS
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
30 450 – 23 100 = 7 350 €.
Les écritures de correction des opérations réciproques sont donc les
suivantes :
Bilan Réserves A 42 900
Bilan Impôt différé actif 23 100
Bilan Stocks 66 000
Reconstitution du bilan d’ouverture – bilan
Bilan Stocks 66 000
Bilan Impôt différé actif 23 100
Bilan Résultat A 42 900
Correction du stock initial – bilan
CR Résultat – liaison 42 900
CR Charge fiscale différée 23 100
CR Variation stocks 66 000
Correction du stock initial – gestion
Bilan Résultat A 56 550
Bilan Impôt différé actif 30 450
Bilan Stocks 87 000
Correction du stock final – bilan
CR Variation stocks 87 000
CR Charge fiscale différée 30 450
CR Résultat – liaison 56 550
Correction du stock final – gestion
220
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
CHAPITRE 7
Le partage
des capitaux propres
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
Après avoir uniformisé les méthodes comptables (voir chapitres 3
et 4), cumulé les états financiers (voir chapitre 5) et éliminé les opéra-
tions devenues internes au groupe (voir chapitre 6), la dernière étape
de consolidation concerne un actif bien particulier. Subsistent en effet
au bilan issu de ces travaux les titres de participation (provenant de
la mère) et les capitaux propres que ces titres représentent (ceux de la
fille). La dernière étape de la consolidation consiste donc à éliminer ces
titres : les titres des entités intégrées ne figurent pas dans un bilan
consolidé. La contrepartie de cette élimination est constituée par les
capitaux propres de l’entité consolidée, dont la valeur est répartie entre
la part appartenant au groupe et celle revenant aux actionnaires autres
que le groupe, regroupés sous le nom de participations ne donnant
pas le contrôle (PNDPC).
Cette opération comptable, spécifique à la consolidation, sera réali-
sée au moment de la première consolidation. À cette occasion, un actif
particulier, le goodwill (écart d’acquisition en français, nous utilise-
rons indifféremment les deux termes), pourra être identifié. Nous pré-
senterons tout d’abord les principes généraux du partage des capitaux
propres au moment de l’acquisition des titres (section 1), avant de reve-
nir sur le déroulement de la prise de contrôle dans le contexte des
normes internationales et de détailler plus précisément les modalités de
calcul de l’écart d’acquisition (section 2). Par la suite, nous présente-
rons les travaux nécessaires lors de chaque arrêté, afin de tenir compte
de l’évolution des capitaux propres d’une part, et de suivre la valeur du
goodwill d’autre part (section 3).
Les questions soulevées par les prises de contrôle progressives
(achats successifs de titres, la prise de contrôle ne coïncidant pas avec
le premier achat) seront traitées dans le chapitre 9.
221
Consolidation en normes IFRS
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
(entreprises associées), soit un contrôle, conjoint ou non. Nous exami-
nerons successivement ces deux situations.
b. Illustration
La société M investit dans la société F, au capital de 900, au moment
de sa création, en acquérant des titres émis. Nous examinerons le trai-
tement en consolidation de cette prise de participation à l’origine dans
les trois modèles de consolidation.
222
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
Immobilisations 5 000 800 5 800
Titres de
participation 720 720
Créances 1 000 1 000
Trésorerie 400 100 500
Total actif 7 120 900 8 020
Capital social 3 900 900 4 800
Réserves 1 320 1 320
Résultat 500 500
Dettes 1 400 1 400
Total passif 7 120 900 8 020
223
Consolidation en normes IFRS
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
Total passif 8 020 7 300
224
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
Écritures de Bilan
À la prise de contrôle Bilans cumulés
consolidation consolidé
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
Créances 1 000 1 000
Trésorerie 440 440
Total actif 7 480 7 120
Capital 4 260 − 360 3 900
Réserves 1 320 1 320
Résultat 500 500
Dettes 1 400 1 400
Total passif 7 480 7 120
225
Consolidation en normes IFRS
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
Trésorerie 400 100 500
Total actif 7 120 900 7 120
Capital social 3 900 900 3 900
Réserves 1 320 1 320
Résultat 500 500
Dettes 1 400 1 400
Total passif 7 120 900 7 120
Illustration
Formation du prix d’achat : la prise de contrôle de Darty
par la Fnac
Le 1er août 2016, la Fnac prenait le contrôle de Darty au terme d’une bataille
boursière avec le groupe Steinhoff, qui contrôle Conforama en France.
226
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
par la résistance de Darty au développement de la vente en ligne, en
raison de la qualité de son réseau de magasins et de la stabilité du mar-
ché de l’électroménager, qui améliorait les perspectives de rentabilité de
la Fnac, exposée à un marché davantage soumis à la pression du com-
merce en ligne (les produits culturels).
227
Consolidation en normes IFRS
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
consolidation de 400 K€ ainsi mis en évidence provient de deux sources.
La première est la différence entre la juste valeur de l’actif net acquis et
sa valeur comptable (1 400 – 1 000 = 400), dont 80 % reviennent à M (sa
quote-part dans les capitaux propres). Il s’agit de l’écart d’évaluation,
qui s’élève donc à 400 × 80 % = 320 K€.
La seconde est la différence entre le prix payé et la juste valeur des capi-
taux propres acquis (1 200 – 80 % × 1 400 = 80 K€), qui correspond à
l’écart d’acquisition. Il est bien égal à la partie résiduelle de l’écart de
première consolidation (400 K€), après déduction de l’écart d’évaluation
(320 K€).
Le schéma ci-dessous présente la reconstitution de ces différents montants :
228
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
émises, voire de la prise en charge de dettes ou sous forme contractuelle.
Outre la détention de titres, d’autres formes de regroupement existent.
Une fusion, qui consiste en la reprise de la totalité du patrimoine d’une
entité, suivie de sa disparition juridique, en relève également, à la condi-
tion que le contrôle n’ait pas existé antérieurement.
Illustration
La fusion Lafarge-Holcim
Les entreprises Lafarge et Holcim, spécialisées dans les matériaux de
construction, annoncent en 2014 leur intention de fusionner au sein d’un
nouvel ensemble. Si dans les négociations initiales commencées en
2014, l’opération devait se faire à parité entre les deux entreprises, les
conditions de l’échange de titres se durcissent en 2015, sous la pression
des actionnaires de Holcim, et un nouveau ratio d’échange est négocié,
donnant la majorité du nouvel ensemble aux actionnaires de celle-ci.
L’opération se présente comme une fusion-absorption de Lafarge par
Holcim, neuf actions Holcim étant remises en échange de dix actions
Lafarge. Les actionnaires de l’absorbante ayant la majorité de l’ensemble
formé, il s’agit d’une opération de regroupement, dans laquelle Holcim
prend le contrôle de Lafarge.
a. Identifier l’acquéreur
Tout regroupement implique d’identifier un acquéreur. Il s’agit de
l’entité acquérant le contrôle (au sens d’IFRS 10, voir chapitre 2). Dans
229
Consolidation en normes IFRS
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Illustration
Une acquisition inversée : la fusion GDF-Suez
En 2008, GDF et Suez ont fusionné. Juridiquement, GDF absorbait Suez,
qui disparaissait après l’opération. Toutefois, pour rémunérer les actions
Suez rachetées, GDF émettait des titres, en appliquant un ratio de 21
actions GDF remises en échange de 22 actions Suez.
1 265 168 344 actions Suez étant en circulation, GDF a dû émettre
1 207 660 692 actions, en plus des 983 871 988 déjà en circulation. Au
terme de l’opération, les anciens actionnaires de Suez détenaient donc
un peu plus de 55 % du nouvel ensemble. Du point de vue de la norme
IFRS, l’opération était dite « à l’envers » et Suez devait être qualifié d’ac-
quéreur.
230
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
Illustration
La date de réalisation de la fusion GDF-Suez
La fusion GDF-Suez est ainsi précédée de la signature du projet de traité
de fusion le 5 juin 2008 et déposée au greffe du tribunal de commerce
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
le lendemain. Ce projet a été approuvé par les assemblées générales
ordinaires le 16 juillet 2008. La date de réalisation effective est fixée au
22 juillet, avec l’admission des titres de la nouvelle entité à la négociation
sur Euronext.
Sur le plan comptable, la fusion a eu un effet rétroactif au 1er janvier
2008 : toutes les opérations réalisées par Suez à compter de cette date
sont considérées comme accomplies par GDF.
Définition
Les actifs et passifs au sens du cadre conceptuel
Un actif est une ressource contrôlée par l’entreprise du fait d’événe-
ments passés et dont des avantages économiques futurs au bénéfice
de l’entreprise sont attendus.
Un passif est une obligation actuelle résultant d’événements passés
et dont l’extinction se traduira par une sortie de ressources représen-
tatives d’avantages économiques.
231
Consolidation en normes IFRS
ravant n’auraient pas été reconnus par l’entreprise acquise peuvent l’être
à l’occasion du regroupement.
Illustration
La reconnaissance de nouveaux actifs
L’exemple le plus fréquent de reconnaissance de nouveaux actifs
concerne bien évidemment les incorporels, pour lesquels les conditions
d’identification sont plus restrictives. L’IASB en donne de nombreux
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exemples, comme :
–– les actifs issus du marketing : marques, titres de journaux, noms de
domaine, etc.
–– les actifs issus des relations commerciales : liste de clients, contrats, etc.
–– les actifs technologiques : bases de données, procédés même non
brevetés, etc.
En effet, les conditions de reconnaissance des actifs incorporels posées par
la norme concernée (IAS 38) sont très strictes lorsqu’ils sont générés en
interne. Leur acquisition dans le cadre d’une transaction économique avec
un tiers lève le doute sur leur substance et permet leur inscription au bilan.
232
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
Approfondissement
La reconnaissance d’actifs incorporels
La révision de la norme IFRS 3 en 2008 a permis une extension de la
reconnaissance des actifs incorporels. Ce changement reflète la volonté
de l’IASB d’identifier un plus grand nombre d’actifs incorporels séparé-
ment du goodwill et de donner ainsi une meilleure information aux
utilisateurs des états financiers.
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Un traitement spécifique est prévu pour les passifs éventuels. Un
passif éventuel est défini par IAS 37 comme une obligation potentielle
(elle reste à confirmer), improbable ou ne pouvant être évaluée de
manière fiable. En général, les passifs éventuels font seulement l’objet
d’une information dans les notes et non d’un enregistrement au bilan.
Toutefois, dans le cadre d’un regroupement, les passifs éventuels nés
d’événements passés doivent être provisionnés s’ils peuvent être
évalués de manière fiable. Il s’agit donc d’un assouplissement des cri-
tères de comptabilisation habituellement pratiqués.
233
Consolidation en normes IFRS
Illustration
Le calcul d’un impôt différé lors d’un regroupement
Nous avons vu dans l’exemple précédent que la comparaison entre la
valeur comptable et la juste valeur des immeubles de placement détenus
par la Foncière de Paris aboutissait à mettre en évidence une plus-value
latente de 536 millions. Ces actifs, désormais inscrits dans les comptes
du groupe pour leur valeur réévaluée de 2 462 millions, conservent vis-
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
à-vis de l’administration fiscale une base de 1 926 millions. La différence
constitue une différence temporelle imposable (valeur comptable d’un
actif supérieure à sa base fiscale). Un impôt différé passif de
536 × 33,33 % = 179 millions doit donc être inscrit au passif à ce titre.
234
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
sorte le signe d’une « bonne affaire », si tant est que ce concept ait
un sens en normes IFRS.
Le calcul de l’écart d’acquisition fait intervenir la participation ne
donnant pas le contrôle. Celle-ci, qui correspond aux droits des
actionnaires extérieurs au groupe dans les capitaux propres de l’en-
tité acquise, peut être évaluée de deux manières :
––à la valeur comptable réévaluée des capitaux propres de l’entité
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acquise ;
––à la juste valeur de l’entité acquise, souvent une valeur boursière,
représentative d’une valorisation pour des actionnaires non contrô-
lants.
La juste valeur est fréquemment supérieure à la valeur comptable
réévaluée, dans la mesure où elle contient des éléments de valorisation
que la comptabilité ne peut représenter (perspectives favorables du
rapprochement, par exemple).
L’écart d’acquisition (ou goodwill/badwill) correspond à la dif-
férence entre :
––la juste valeur de la contrepartie transférée à la date d’acquisition
(le prix payé pour le regroupement), augmentée de la valeur de la
participation ne donnant pas le contrôle ;
––et la valeur réévaluée de l’actif net repris (identique à celle des
capitaux propres réévalués).
Si la participation ne donnant pas le contrôle est évaluée à sa
juste valeur, le goodwill obtenu est dit complet. Si à l’inverse la parti-
cipation ne donnant pas le contrôle est évaluée à la quote-part de l’ac-
tif net réévalué repris, le goodwill est dit partiel. Le choix entre
goodwill partiel et goodwill complet est fait pour chaque regroupement
d’entreprises. Il ne s’agit donc pas d’un choix comptable qui lie l’entre-
prise pour l’ensemble de ces opérations. De manière générale, le
goodwill complet sera privilégié quand le groupe a le projet de racheter
la participation des actionnaires extérieurs au groupe dans l’entité
acquise, pour des raisons que nous aborderons au chapitre 9.
Approfondissement
La convergence internationale
Les normes IFRS présentent souvent peu d’options. Il peut donc paraître
surprenant qu’un choix soit laissé à l’entreprise sur un sujet aussi impor-
tant que la méthode de détermination du goodwill. Cette décision a été
prise dans le cadre d’un processus de convergence entre les référentiels
internationaux (IFRS) et américains (US GAAP). Depuis la révision d’IFRS 3,
235
Consolidation en normes IFRS
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l’actif en immobilisations incorporelles. Un écart d’acquisition
négatif sera interprété comme une acquisition à des conditions avanta-
geuses et enregistré à ce titre en résultat, après avoir vérifié la perti-
nence des évaluations retenues pour les actifs et passifs acquis. Si le
goodwill est partiel, la contrepartie de l’enregistrement sera générale-
ment les titres acquis, l’écart d’acquisition pouvant être compris comme
l’affectation d’un élément payé (ou non payé s’il est négatif) à un autre
poste des états financiers. Si le goodwill est complet, il faudra affecter la
part revenant aux actionnaires extérieurs au groupe à la participation ne
donnant pas le contrôle. Ces prescriptions sont résumées ci-dessous.
Goodwill
positif
Partiel Complet
Titres
de participation PNDPC
acquis
Part des
Part du groupe actionnaires
extérieurs
236
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
Goodwill
négatif
Partiel Complet
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Débit : titres
de participation Crédit : résultat Débit Crédit
acquis
Titres
Résultat
de participation PNDPC PNDPC
consolidé
acquis
Illustration
Le goodwill complet et le goodwill partiel
La société M a acquis le 1/1/N 80 % des titres de la société S pour
4 000 K€. Au moment de la prise de contrôle, les capitaux propres étaient
de 3 600 K€, mais la juste valeur de certains actifs et passifs différait de
leur valeur comptable :
Valeur Juste Écart
Actif ou passif (en K€)
comptable valeur d’évaluation
Terrain 1 000 2 200 1 200
Constructions 1 800 2 700 900
Engagements de retraite − (600) (600)
Total 2 800 4 300 1 500
La valeur boursière de la société était de 6 000 K€ à cette même date.
Les capitaux propres réévalués sont calculés en ajoutant l’écart d’éva-
luation, net d’impôt, aux capitaux propres comptables, soit 3 600
+ (1 500 – 33,33 % × 1 500) = 4 600 K€.
237
Consolidation en normes IFRS
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
contrepartie transférée
Participation ne donnant
20 % × 4 600 = 920 20 % × 6 000 = 1 200
pas le contrôle
− Capitaux propres
− 4 600 − 4 600
réévalués
Goodwill 320 600
La différence entre le goodwill complet et partiel (600 – 320 = 280)
correspond bien à la différence entre la valeur réévaluée des capitaux
propres et la valeur boursière pour la participation ne donnant pas le
contrôle [(6 000 – 4 600) × 20 % = 280].
Cet écart étant positif, il sera enregistré à l’actif, selon les schémas suivants :
Bilan Écart d’acquisition 320
Bilan Titres de participation 320
Constatation du goodwill partiel
Bilan Écart d’acquisition 600
Bilan Titres de 320
participation
Bilan PNDPC 280
Constatation du goodwill complet
Illustration
Le poids du goodwill dans les états financiers
Le poids du goodwill peut être très important pour certains groupes. Ainsi,
il représente plus du quart de l’actif total de Danone, seuls les placements
à court terme ayant un poids plus important (30 %). À la différence de
ceux-ci, le goodwill porte un risque important quant à l’évolution de sa
valeur. En effet, s’il représente les avantages attendus des opérations de
regroupement, sa valeur sera affectée (dépréciée) en cas de difficultés ou
d’échec de celles-ci.
238
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
Cette importance n’est pas un cas isolé au sein des groupes français,
même si les situations peuvent être disparates, comme le montre
l’échantillon suivant :
M€ (2016) Goodwill Total actif % de l’actif
Peugeot 1 514 45 153 3 %
Carrefour 8 640 48 845 18 %
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
L’Oréal 8 792 35 630 25 %
Nestlé 30 735 122 824 25 %
Orange 27 156 94 668 29 %
Air Liquide 13 890 44 118 31 %
Schneider 17 785 41 851 42 %
239
Consolidation en normes IFRS
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d’événements futurs : réalisation de chiffre d’affaires ou de résultat,
obtention d’un contrat important ou d’une autorisation administrative.
Dans ce cas, les ajustements éventuels du coût du regroupement doivent
être incorporés dans le coût du regroupement, dès l’origine, sur la base
de leur juste valeur à cette date. Cette juste valeur peut être établie sur
la base de la valeur actuelle des flux attendus, de l’espérance des issues
envisagées ou de toute autre méthode pertinente. L’évaluation obtenue
peut être corrigée pendant douze mois à compter de la date d’acqui-
sition, à condition que la correction soit liée à des « faits et circons-
tances » existant à la date d’acquisition. À défaut, l’ajustement sur ce
complément de prix est à comptabiliser en résultat de l’exercice.
Illustration
La contrepartie conditionnelle
La société A acquiert la société B. La contrepartie est payable en trois
fois, sous la forme suivante :
–– un premier paiement immédiat de 1 million € ;
–– un deuxième paiement de 0,5 million € qui aura lieu au terme d’un an
si le résultat avant intérêts et impôts pour le premier exercice suivant
l’acquisition est supérieur à 200 000 € ;
–– un dernier paiement de 0,5 million € après deux ans si le profit avant
intérêts et impôts pour le deuxième exercice suivant l’acquisition est
supérieur à 220 000 €.
Les deux paiements qui sont conditionnés à l’atteinte d’un objectif de
résultat constituent des contreparties éventuelles. À la date d’acquisi-
tion, compte tenu des scénarios d’évaluation de l’activité et des taux
d’intérêt prévalant sur les marchés, la juste valeur de ces deux paiements
est évaluée à 250 000 € (valeur actuelle de leur montant pondéré par
leur probabilité d’obtention).
Par conséquent, à la date d’acquisition, la contrepartie payée est de
1 250 000 €. C’est ce montant qui doit servir au calcul du goodwill, et
non celui de la seule contrepartie certaine formée du premier paiement
immédiat.
240
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
et partant du goodwill, sera modifié, à condition que la révision inter-
vienne au plus tard douze mois après la date d’acquisition.
2.3 Exemple de synthèse
La société M acquiert, le 30 juin N, 60 % des titres de la société F,
pour un prix de 750 K€. Elle a supporté à cette occasion des frais de
50 K€. Les bilans arrêtés à la date de prise de contrôle se présentent
ainsi :
K€ Société M Société F
Immobilisations 5 000 700
Titres de participation F 750 −
Autres actifs 2 950 1 100
Total Actif 8 700 1 800
241
Consolidation en normes IFRS
K€ Société M Société F
Capital 3 500 500
Réserves 500 300
Résultat (au 30/06) 200 100
Dettes 4 500 900
Total Passif 8 700 1 800
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
Les immobilisations de la société F contiennent un terrain acquis il y a
plusieurs années pour une valeur de 50 K€ et estimé à 131 K€ lors de la
transaction. Par ailleurs, la société F est propriétaire d’une marque générée
en interne, qui n’est donc pas comptabilisée dans les immobilisations incor-
porelles de F. Cette marque a été évaluée à 159 K€ lors de la transaction.
Enfin, à la date de prise de contrôle, la valeur boursière de F est de 1 250 K€.
L’impôt est de 33,33 %.
a. Calcul de l’écart d’évaluation
La réévaluation des capitaux propres suppose de tenir compte des
plus-values nettes d’impôt, soit :
K€ Plus-value Impôt latent Plus-value nette
Terrain 81 (27) 54
Marque 159 (53) 106
Total 240 (80) 160
242
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
Réévaluation 160 96 64
Total 1 060 636 424
243
Consolidation en normes IFRS
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
c. Partage des capitaux propres selon la méthode
du goodwill complet
Il faut calculer le goodwill complet, sur la base de la juste valeur de
la participation ne donnant pas le contrôle. On peut s’appuyer sur la
valeur boursière, qui est de 1 250 K€. Les droits des actionnaires autres
que le groupe sont donc évalués à 40 % × 1 250 = 500 K€. Les autres
éléments ne changent pas. Le goodwill complet ressort donc à :
Postes Montants (K€)
Juste valeur de la contrepartie transférée 750
Participation ne donnant pas le contrôle 500
− Capitaux propres réévalués − 1 060
Goodwill complet 190
244
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
(*) Part du groupe dans l’écart d’acquisition et la réévaluation : 114 + 60 % × 160
(**) Part des intérêts non contrôlants dans l’écart d’acquisition et l’écart
d’évaluation : 76 + 40 % x 160
Bilan Capital 500
Bilan Réserves 300
Bilan Résultat 100
Bilan Titres de participation 540
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
Bilan PNDPC 360
Partage des capitaux propres
245
Consolidation en normes IFRS
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
Bilan Titres de participation (*) 60
Bilan PNDPC (**) 64
Bilan Résultat – part du groupe 36
Comptabilisation de l’écart d’acquisition et de l’écart d’évaluation
(*) Écart d’acquisition et part du groupe dans la réévaluation : 60 % × 160 − 36
(**) Part des intérêts non contrôlants dans l’écart d’évaluation : 40 % × 160
Les autres écritures n’étant pas modifiées, nous ne les reprendrons pas ici.
246
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
positions applicables figurent dans la norme IAS 36 – Dépréciation
d’actifs. Celle-ci impose de procéder à un test annuel de dépréciation
pour les actifs incorporels non amortissables, catégorie dont relève le
goodwill.
Définition
Le test de dépréciation
Une entité doit apprécier à chaque date de clôture s’il existe un quel-
conque indice de perte de valeur qu’un actif aurait pu subir. Si oui,
l’entité doit estimer la valeur recouvrable de l’actif. Dans le cas des
immobilisations incorporelles non amortissables, ce test doit être
réalisé même en l’absence d’indices.
La valeur recouvrable est la valeur la plus élevée entre :
–– la juste valeur diminuée des coûts de sortie ;
–– la valeur d’utilité déterminée à partir des flux nets de trésorerie actua-
lisés attendus de l’exploitation de l’actif.
Si la comparaison fait ressortir une perte de valeur, celle-ci doit être
comptabilisée.
247
Consolidation en normes IFRS
Définition
L’unité génératrice de trésorerie
Une unité génératrice de trésorerie (UGT) est le plus petit groupe
identifiable d’actifs dont l’utilisation continue génère des entrées de
trésorerie largement indépendantes des entrées de trésorerie géné-
rées par d’autres actifs ou groupes d’actifs.
L’identification des UGT requiert l’exercice du jugement. Elle s’appuie
sur l’organisation en considérant notamment :
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–– la gestion des activités (lignes de produits, activités, magasins, usines),
le reporting et le suivi des activités ;
–– la manière dont le management prend les décisions relatives à la conti-
nuité d’exploitation ou à la cessation d’activité ;
–– l’existence d’un marché actif pour la production.
Air France-KLM distingue ainsi ses activités de transports passagers
(UGT 1), de fret (UGT 2), de maintenance (UGT 3), de loisirs (la com-
pagnie low cost Transavia, UGT 4) et ses autres activités (UGT 5). C’est
entre ces différentes UGT que le goodwill est réparti.
248
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
Raylon à hauteur de 913,6 millions d’euros. L’écart d’acquisition provisoire
de 232,2 millions d’euros résultant de l’acquisition de Niely a été affecté
à hauteur de 51,6 millions d’euros à l’UGT L’Oréal Paris et à hauteur de
45,1 millions d’euros à l’UGT Maybelline/Garnier en fonction des synergies
attendues.
Source : document de référence 2016 de L’Oréal.
Illustration
L’Oréal – Dépréciation du goodwill
Les résultats de Magic et Clarisonic n’ont pas été à la hauteur des attentes
et ont donc amené le groupe L’Oréal à constater une dépréciation du
goodwill de respectivement 213 et 234 millions d’euros au 30 juin 2016.
Cette dépréciation est enregistrée en charges non récurrentes et n’a pas
d’impact sur la trésorerie. L’intérêt stratégique de ces deux marques reste
intact.
Source : rapport financier semestriel du 30 juin 2016.
249
Consolidation en normes IFRS
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
les droits du groupe. Il faut donc, par cohérence avec les autres actifs,
extrapoler la valeur du goodwill partiel pour y inclure une partie
revenant aux intérêts non contrôlants. La perte de valeur est affectée
à ce goodwill extrapolé, mais seule la partie qui concerne le groupe est
comptabilisée (la partie extrapolée n’apparaît pas dans les états finan-
ciers dans le cas d’un goodwill partiel).
250
Chapitre 7. Le partage des capitaux propres
[Link]:ENCG Settat:531909928:88875442:[Link]:1575561450
conférer à celui-ci une valeur comptable supérieure à celle qui aurait
été la sienne s’il n’avait pas été déprécié.
Illustration
Le partage des capitaux propres postérieurement à la date
d’acquisition
M a acquis 80 % des titres de la société F le 30 septembre N pour un prix
de 1 500 K€. À la date de prise de contrôle et à la clôture de l’exercice
suivant, les capitaux propres de F étaient :
En K€ 30/09/N 31/12/N+1
Capital 1 000 1 000
Réserves 500 700
Résultat 100 150
Total 1 600 1 850
251