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Importance des Mines au Maroc

Le document décrit les principaux domaines géologiques et les ressources minières du Maroc. Il présente les trois domaines structuraux du pays du sud au nord - le domaine anti-atlasique et saharien, le domaine atlasique et mésetien, et le domaine rifain - puis décrit brièvement les ressources minières majeures comme les phosphates et autres minerais.

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Importance des Mines au Maroc

Le document décrit les principaux domaines géologiques et les ressources minières du Maroc. Il présente les trois domaines structuraux du pays du sud au nord - le domaine anti-atlasique et saharien, le domaine atlasique et mésetien, et le domaine rifain - puis décrit brièvement les ressources minières majeures comme les phosphates et autres minerais.

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Le Maroc se situe au coin nord-ouest de la plateforme saharienne, il est entouré par les plaques mobiles de la mer

méditerranée au Nord et l’océan atlantique à l’Ouest.


En effet, au cours de sa longue histoire géologique conditionnée par cette position de charnière, entre les continents
africains, européen et américain…plusieurs cycles orogéniques se sont succédés, contribuant chacun, par son contexte
géodynamique et son ampleur, à façonner les grands domaines structuraux du Maroc.
C’est ainsi que l’on en distingue trois, définis en fonction de la localisation et de l’importance des effets des orogenèses
les plus récentes. Du Sud au Nord, le domaine anti-atlasique et son prolongement saharien, le domaine atlasique et
mésetien et le domaine rifain séparés les uns des autres, par l’accident sud-atlasique d’une part et la limite des charriages
tertiaires venus du Nord, d’autre part. Les deux derniers domaines sont caractérisés par l’empreinte prédominante laissée
par les orogenèses varisque et alpine tandis que le premier domaine a été essentiellement façonné par les orogenèses
précambriennes et varisque.
Domaine anti atlasique et saharien
Intimement lié au bouclier ouest africain au Sud et limité par l’accident sud-atlasique au Nord, ce domaine est formé
par un socle protérozoïque constitué par les ensembles suivants :
 La partie nord de la dorsale archéenne des Reguibat, datée à 2800 Millions d’années, la plus ancienne du pays
et qui est affectée par l’orogenèse éburnéenne à 2200 Millions d’années. Au Nord de ce socle éburnéen, se
trouve la partie mobile de la chaîne panafricaine d’âge protérozoïque supérieur, constituée au sud par une
plateforme elle même relayée au nord par un bassin océanique matérialisé par la paléosuture ophiolitique de
Bou-Azzer.
 Au Nord-Est de cette suture et dans un contexte de subduction panafricaine, s’est développé un arc volcanique
avec un cortège de vulcanites et d’intrusions plutoniques calco-alcalines caractéristiques. Ces ensembles ont été
structurés par l’orogenèse panafricaine. Ces formations protérozoïques sont recouvertes en discordance par des
séries transgressives allant de l’Infracambrien au Carbonifère et qui sont déformées, comme celles qu’elles
recouvrent, par l’orogenèse hercynienne. Celle-ci est notamment mieux exprimée dans la partie occidentale de
l’Anti-Atlas.
Domaine atlasique et mésétien
Situé entre l’accident sud atlasique et la limite sud du Prérif, ce domaine est constitué par :
 Un socle paléozoïque (les mésetas) d’âge allant du Cambrien jusqu’au Carbonifère et constitué essentiellement
par des terrains sédimentaires avec une intense activité volcanique bimodale au Viséen. Ce socle a été structuré
par l’orogenèse hercynienne responsable aussi de la mise en place de nombreuses intrusions de granitoïdes.
 Une couverture, formée de terrains essentiellement carbonatés, mésozoïques et cénozoïques comportant deux
unités structurales :
Une zone à couverture plissée comprenant le Haut et le Moyen Atlas, ayant subi une tectonique alpine précoce.
Une zone à couverture tabulaire comprenant le causse moyen atlasique, les hauts plateaux et le pays des horts dans le
Maroc oriental.
Domaine rifain
Il est constitué par les zones internes, la zone des flyshs et les zones externes.
Les zones internes sont représentées dans deux régions sur la côte méditerranéenne : entre Sebta et Jabha et dans les
Bokkoya. Par leur origine, ces zones internes sont liées à la plaque d’Alboran, individualisée au Mésozoïque entre
l’Afrique et l’Europe et se composent de plusieurs unités cristallines et sédimentaires.
Le domaine des nappes des flyshs est constitué d’unités formées de séries sédimentaires détritiques déposées dans un
bassin profond, à la marge de la plaque d’Alboran.
Les zones externes correspondent à l’ancien sillon externe, établi sur la marge nord-africaine, comblé par d’épaisses
séries mésozoïques et cénozoïques. Parmi les unités qui constituent ces zones, certaines sont enracinées et d’autres sont
sous forme de nappes.
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I- Les mines du Maroc : Introduction


Moroccan Mines : An Introduction
A. MOUTTAQI1, E.C. RJIMATI2 & A. MICHARD3

De l’importance des mines au Maroc/ sanales essentiellement dans les régions de Tafilalet et du
Importance of the Moroccan Mining Sector Haut Atlas oriental, qui opèrent dans divers petits gise-
ments de plomb, de zinc, et de barytine. Un organisme
Le site « Portail du Maroc » (Anonyme, 2011a) rappelle en d'Etat : la Centrale d'Achat et de Développement de la ré-
ces termes comment l’exploitation minière s’est dévelop- gion du Tafilalet et de Figuig (CADETAF) a été consti-
pée dans le Royaume et la place qu’elle occupe dans l’éco- tuée, en 1960 en vue d'encadrer, équiper, former et assister
nomie nationale : techniquement ces exploitations artisanales.
 Le secteur des mines occupe une place de choix dans Nous ne développerons pas l’aspect historique de l’ex-
l'économie marocaine, il représente près de 21 % des re- ploitation minière au Maroc au Moyen Âge ou dans les
cettes d'exportation et emploie 40 000 personnes environ. premiers temps du Protectorat, malgré l’intérêt que ce sujet
 L'exploitation minière a été l'une des activités éco- présente (Saadi, 1969, 1982a ; Gandini, 2011). En re-
nomiques les plus exercées par la population marocaine au vanche, cette introduction aux principales mines maro-
cours des siècles. Les technologies minières marocaines caines vise à donner l’inventaire actuel de ces mines et,
comme le travail du cuivre et la fabrication de l'acier ont s’agissant des mines métalliques, à montrer comment elles
été transmises au-delà des frontières, à l'Europe notam- se répartissent en « provinces métallogéniques » homo-
ment à travers l'Espagne musulmane et le sud de la France. gènes génétiquement.
 Dès le début du XXème siècle, des gisements impor- Bref inventaire des mines marocaines/
tants de phosphates, de plomb, de zinc, de fer, de manga-
nèse etc., ont été découverts. En matière de phosphate, le
Overview of the Moroccan Mines
Maroc renferme les trois-quarts des réserves connues sur Avant de dresser l’inventaire du secteur minier marocain, il
la planète. Il est le premier exportateur et le troisième pro- faut préciser que nous laissons de côté les ressources en ma-
ducteur de phosphates bruts à l'échelle mondiale. L'ex- tériaux rocheux destinés à la construction et exploités en
ploitation des phosphates constitue un monopole de l'Etat carrière (marbres, calcaires et dolomies pour granulats,
représenté par l'Office Chérifien des Phosphates (OCP) sable, argiles pour les briqueteries, marnes pour les cimen-
créé en 1920. Cette exploitation se fait dans des conditions teries, gypse pour le plâtre, sel pour l’alimentation ou la chi-
avantageuses, extraction facile à ciel ouvert et teneur forte mie…), bien que leur impact économique soit important.
qui permettent un traitement consistant simplement en un Pour les roches ornementales, on pourra se référer à Perrier
séchage et un épierrage. (1995). Notre objet se limite aux mines exploitant des mi-
 Pour les autres minerais, l'Etat intervient depuis nerais, dont la découverte et l’extraction réclame plus de sa-
1928, avec le BRPM (Bureau de Recherches et des Parti- voir-faire technique et géologique et qui, une fois extraits,
cipations Minières), puis l’ONHYM (Office National des sont généralement soumis à des traitements plus ou moins
Hydrocarbures et des Mines, créé en 2005 par la fusion complexes pour obtenir une substance commercialisable.
entre le BRPM et l’ONAREP), afin de promouvoir et de Reconnaissons toutefois que la limite entre ces domaines
stimuler la mise en valeur des ressources minières du pays. est floue : le charbon est typiquement exploité en mine, mais
Il intervient pour toute recherche visant la valorisation des n’est pas un minerai ! Quant aux marnes bitumineuses, elles
substances minérales, phosphates mis à part. ressortissent autant du secteur minier que de celui des hy-
 Par ailleurs, il existe des exploitations minières arti- drocarbures… L’inventaire qui suit est pour une large part
emprunté à l’article publié récemment par A. Azza (2008).
1 Direction de l’Infrastructure géologique et de l’Exploration minière, Office Natio-
Les mines citées sont localisées sur la figure 1, établie sur la
nal des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM), BP 99, Rabat, Maroc. E-mail : base de la carte synthétique publiée par Abarro et al. (1998).
MOUTTAQI@[Link]
2 Ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, Direction du - Le charbon : Des mines d’anthracite du Carbonifère su-
Développement Minier, Division du Patrimoine, BP 6208 Rabat Instituts, Maroc. périeur étaient exploitées industriellement à Jerada, au sud
E-mail : [Link]@[Link]
3 Univ. Paris Sud et Ecole Normale Supérieure, 10 rue des Jeûneurs, 75002 Paris.
d’Oujda, jusqu’en 2001. Depuis la fermeture de la mine, il
E-mail : andremichard@[Link] subsiste une exploitation artisanale, qui se fait malheureu-
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14 NOUVEAUX GUIDES GÉOLOGIQUES ET MINIERS DU MAROC - VOLUME 9

FIG. 1 : Localisation des mines marocaines les plus importantes, classées selon leur état (exploitées récemment, en exploitation, en développement), d’après Abarro et al. (1998),
Azza (2000), et les données actuelles. Attention : d’assez nombreuses mines décrites dans le présent volume ne sont pas reportées sur cette figure par souci de lisibilité.
FIG. 1 : Location of the most important mines of Morocco, classified according to their present status (recently exploited, active or under development), after Abarro et al.
(1998), Azza (2000) and the present-day data. Caution: several mines described in this volume are not plotted on this map for ske of clarity.

sement dans des conditions souvent très précaires. - Le sel : En laissant de côté les marais salants, les gisements
- Les marnes bitumineuses (« schistes bitumineux » des de sel correspondent aussi à d’anciennes couches sédimen-
industriels) ont en commun avec les charbons d’être une taires, appartenant aux bassins triasiques. De ce fait, ils sont
ressource de combustible fossile, mais au lieu d’être une largement dispersés dans tout le pays, avec une trentaine de
ressource en voie d’abandon, c’est une ressource en voie permis d’exploitation, dans le Haut Atlas près de Toundout
de développement. Les gisements les plus prometteurs, as- ou Telouet, la côte atlantique (Safi), le sillon prérifain (Khe-
sociés aux marnes du Crétacé supérieur, se localisent dans misset) et le Prérif (Tissa). On exploite les couches ou
le Moyen Atlas (Timahdite) et le bassin de Tarfaya. masses salines (diapirs) le plus souvent par lessivage et éva-
poration (aucune mine de sel n’est décrite dans ce guide).
- Les phosphates représentent des tonnages énormes et
constituent des couches sédimentaires continues dans les - Les gisements ferrifères : Il s’agit parfois de gisements
plateaux crétacés-éocènes proches de la marge atlantique. d’hydroxydes de fer en couches sédimentaires comme les
Quatre districts sont bien connus et largement exploités: précédents : c’est le cas des couches de fer oolithique d’âge
Khouribga, Benguerir, Youssoufia au nord, et Boukraa au ordovicien, comme dans l’ouest ou le sud de l’Anti-Atlas
sud. D’autres indices sont connus ailleurs au nord (Mes- (Tachilla, Imi n’Tourza) ou le Massif central (Aït Ammar).
kala, Chichaoua) et sont en cours de reconnaissance. D’autres gisements sont des minéralisations sulfurées po-
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LES MINES DU MAROC : INTRODUCTION 15

lymétalliques, comme ceux de la région de Marrakech, connus et exploités. On signalera d’abord le gisement
d’âge hercynien (Kettara, Draa Sfar, Hajjar) ou oxydées et d’Iourirn, dans la région d’Akka qui est en cours d’ex-
sulfurées, comme le district de Ouixane, dans la région de ploitation mais on signalera aussi l’ancien gisement de
Nador (gîtes liés au magmatisme néogène du Rif). Tiouit, dans le Saghro, qui était exploité pendant la
- Les gisements plombo-cupro-zincifères : Ils constituent deuxième moitié du siècle dernier. Un gisement de cuivre
le groupe le plus important des minerais métalliques, en aurifère est en cours d’exploitation dans la région de Sek-
quantité de gîtes connus. On les trouve dans pratiquement saoua (Haut Atlas occidental, au sud d’Imi n’Tanout). Un
tous les contextes géodynamiques du pays. Les plus im- autre gîte (Menhouhou-Jbel Malek) est en cours d’exploi-
portants sont Touissit-Bou Beker dans la région d’Oujda, tation dans le Tamlelt au sud-ouest de Bou Arfa.
Tighza-Jbel Aouam (province de Khénifra), Hajjar (près - Les gisements antimonifères : Plusieurs gisements ont
de Marrakech), Bleïda (au sud de Ouarzazate), et le dis- été exploités dans le Maroc Central, le Moyen Atlas (Ta-
trict de la Haute Moulouya. zekka) et le Rif (Beni Mezala).
- Les gisements stanno-wolframifères : On signalera dans - Les gisements fluo-barytiques : Le Maroc est l’un des
le cadre des minéralisations en étain et tungstène les gîtes principaux producteurs mondiaux de barytine. Plusieurs
d’Oulmès (Massif central) et d’Azegour (Haut Atlas occi- districts sont connus. On citera en particulier le Jbel
dental, avec molybdène). Les travaux entrepris dans la ré- Ighoud (Jebilet occidentales), Zrahina, dans le Maroc Cen-
gion d’Achmmach (Maroc Central) ont mis en évidence tral, et le Tafilalt. Mais le plus grand gisement reste celui
des occurrences qui sont en cours de développement. de Zelmou, dans la région de Bou Arfa. Concernant la
- Les gisements cobalto-nickélifères : Si des indices de fluorine, le plus grand gisement en cours d’exploitation est
nickel sont connus en association avec des roches basiques celui d’El Hammam. Un autre gisement est exploité sur le
du Rif et du Haut Atlas central, il n’en reste pas moins que flanc nord de l’Ougnat (El Hamda-Touroug), également
le seul gisement exploité est celui de Bou Azzer (au sud pour la barytine. D’autres gisements ont été exploités dans
de Ouarzazate). Ce district aurait été découvert parce que la région de Taourirt (Jbel Tiremmi).
les autochtones avaient noté les capacités raticides d’un - Les gisements de Terres rares, niobium, tantale : Il
arséniure de cobalt, l’érythrine ; celui-ci est devenu l’un s’agit là de gisements en cours de développement, locali-
des minéraux les plus recherchés par les collectionneurs sés dans la région des Ouled Delim, au sud de Dakhla (Gli-
du monde entier… bat Lafhouda). Leur exploitation pourrait se justifier dans
- Les gisements manganésifères : La région de Ouarza- le futur du fait de l’importance de ces métaux dans l’in-
zate constitue l’une des provinces métallogéniques les plus dustrie de haute technologie.
riches en indices de cet élément. C’est dans cette région
Les provinces métallogéniques du Maroc/
qu’un minéral dénommé marokite a été découvert au début
des années 60. Aujourd’hui, seul le gisement d’Imini est en The Moroccan Metallogenic Provinces
exploitation. D’autres districts sont connus et ont fait l’ob- La diversité du secteur minier marocain a été visualisé par
jet d’exploitation : citons en particulier le gisement de Bou une succession de cartes synthétiques au 1/500 000 (feuille
Arfa (Haut Atlas oriental). Oujda seule ; Bauchau, 1969) ; au 1/2 000 000, couvrant
- Les gisements argentifères : S’il existe un gisement qui l’ancien Maroc (Agard et al., 1962 ; Emberger, 1969), puis
mérite une mention spéciale, ce serait bien le gisement tout le nouveau Maroc (Saadi, 1982b) ; et enfin au
d’Imiter. Il a fait le bonheur des tribus locales et la richesse 1/1 000 000 (Anonyme, 2000). La richesse de cette der-
de plusieurs dynasties, dont les Almoravides. L’ampleur des nière carte, appuyée sur 38 références bibliographiques,
vestiges des travaux « anciens » montre à quel point l’in- apparaît assez sur l’extrait que montre ici la figure 2 !
dustrie minière était développée dans la région. De plus, S’agissant des ressources en métaux de base ou autres, les
c’est l’un des rares gisements de par le monde à être exploité gisements et indices miniers au Maroc se regroupent au
pour l’argent en tant que minéral principal et avec une as- sein de « provinces métallogéniques » (fig. 3). Chacune
sociation minérale essentiellement argentifère. Signalons est définie en liaison avec les grands événements géody-
dans ce cadre la découverte en 1983 d’un nouveau minéral namiques qui ont façonné la géologie du pays (sur l’évo-
qui a été dénommé « imiterite » en référence à ce gisement. lution géodynamique du Maroc, voir le volume 1 des
Un autre district, Zgounder, est connu dans le Siroua, qui a Nouveaux Guides). Le tableau 1 dérive, avec diverses mo-
fait aussi l’objet d’exploitation par les Anciens. difications, de celui que présente le site web de l’ONHYM,
- Les gisements aurifères : Le Maroc n’a pas la réputation Office National des Hydrocarbures et des Mines (Ano-
d’être un pays aurifère au même titre que certains autres nyme, 2011b). Soulignons que dans chacune de ces pro-
pays africains. Toutefois, plusieurs indices et gîtes sont vinces, les minéralisations économiques (suffisamment
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16 NOUVEAUX GUIDES GÉOLOGIQUES ET MINIERS DU MAROC - VOLUME 9

FIG. 2 : Extrait de la carte des gîtes minéraux du Maroc au 1/1000 000 (Benali, 2000) montrant le secteur de l’Anti-Atlas oriental. Toutes les mines et tous les indices
miniers significatifs sont reportés, ce qui explique la densité des figurés.
FIG. 2 : Excerpt of the Map of mineral deposits of Morocco, scale 1/1 000 000 (Benali, 2000) showing the eastern Anti-Atlas region. All the mines and prospects are
plotted, which explains the dense clusters of symbols.

FIG. 3 : Les provinces métallogéniques du Maroc,


carte schématique d’après le site web de l’ON-
HYM (Anonyme, 2011b). On rapprochera cette
carte de celle des grandes régions géologiques du
Maroc (voir Vol. 1, fig. 6).
FIG. 3 : Metallogenic provinces of Morocco, a
sketch map from the ONHYM website (Anonymous,
2011b). Compare with the map of main structural
domains of Morocco shown in Vol. 1, fig. 6.
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LES MINES DU MAROC : INTRODUCTION 17

TABLEAU 1 : Répartition des principales minéralisations marocaines en relation avec les cycles géodynamiques et les sites structuraux majeurs (Anonyme, 2011b, modifié).
TABLE 1 : Distribution of the main Moroccan mineralizations in relation to the major geodynamic cycles and structural sites (Anonymous, 2011b, modified).

concentrées) résultent souvent de l’addition d’événements des Oulad Delim, charriées sur le craton, sont éventuelle-
échelonnés sur plusieurs cycles géodynamiques successifs. ment d’âge hercynien.
Les lignes qui suivent résument les caractères essentiels Les minéralisations les plus remarquables de cette pro-
de ces provinces métallogéniques. Les mines décrites dans vince sont celles des carbonatites à Fe, U, Terres rares, Ta,
la suite du volume apparaissent en italique. Nb des Glibat Lafhouda, Agracha, Twihinate. Leur âge
reste à ce jour indéterminé, mais la géométrie fréquem-
Minéralisations liées au craton archéen (Dorsale
Reguibate) et aux nappes superposées (Ouled Delim) ment annulaire de ces intrusions de carbonatites ferrifères
fait penser à un magmatisme tardif (Province alcaline cré-
Les plus anciennes minéralisations, liées éventuellement tacée péri-atlantique ?).
à l’évolution archéenne elle-même (greenstone belts), sont
quelques indices de « fer rubané » métasédimentaire/exha- Minéralisation liées au socle éburnéen
latif (voir Rjimati et al., 2011), comparables à celui du gi- (boutonnières de l’Anti-Atlas)
sement exploité à Zouerate (Mauritanie). Le socle éburnéen du craton de l’Ouest africain (West Afri-
Les veines de quartz aurifère de Lafwila, associées à des can Craton, WAC) forme le socle des boutonnières anti-at-
couloirs de décrochement dans les nappes hercyniennes lasiques au sud de la suture panafricaine. Des gisements
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18 NOUVEAUX GUIDES GÉOLOGIQUES ET MINIERS DU MAROC - VOLUME 9

aurifères de type « or orogénique » semblent liés à l’évo- Néoprotérozoïque moyen, mais une évolution polycy-
lution éburnéenne, d’âge paléoprotérozoïque. Le plus im- clique ne peut être exclue ;
portant est celui exploité à Iourirn (boutonnière de Tagragra ● Dans le domaine océanique, on note principalement les
d'Akka), mais l’âge de la minéralisation est discuté (data- minéralisations du district de Bou Azzer à Co-Cr (liées
tions hercyniennes). D'autres occurrences se trouvent dans génétiquement et spatialement aux serpentinites) et les
les boutonnières de Kerdous, Zenaga, Ighrem et Tata. minéralisations aurifères de Tafrent dans le massif de
Dans ce socle éburnéen existent aussi des minéralisations Sirwa, encaissées par des amphibolites dans un contexte
pneumatolytiques à béryl, micas et feldspaths encaissées comparable à celui des roches vertes.
essentiellement dans des filons de pegmatite paléoproté- Minéralisations à métaux précieux en contexte d’arc mag-
rozoïques. matique tardi-orogénique
Minéralisations liées au cycle panafricain Les minéralisations les plus typiques de ce contexte sont
(boutonnières de l’Anti-Atlas) localisées dans l’Anti-Atlas oriental, au sein des massifs du
Saghro et de l'Ougnat. Il s'agit des minéralisations à Au-Cu
Le cycle orogénique du Néoprotérozoïque, ou cycle pana- de Tiouit, du gisement argentifère de classe mondiale d’Imi-
fricain, a profondément affecté la bordure nord du WAC, ter, des minéralisations aurifères de Qalaat Mgouna, des
et contrôlé ses importantes minéralisations (fig. 4), tant minéralisations à tungstène de Taourirt Tamellalt et de nom-
dans la zone de la suture panafricaine (ophiolites et arc breuses minéralisations filoniennes polymétalliques comme
magmatique) qu’au sud de la suture, dans le domaine mé- Boumadine, Tizi Moudou, Assif Imider ainsi que de dissé-
tacratonique. minations dans le Protérozoïque terminal de Ouarzazate.
Minéralisations à Co-Cr et Au-Cu liées au rifting et drift- Minéralisations de cuivre stratoïdes dans le Paléozoïque
ing pré-panafricain inférieur
Le rifting et l’ouverture océanique du Néoprotérozoïque Avec une typologie qui rappelle les kupferschiefers, ces
inférieur ont conditionné la genèse des minéralisations minéralisations post-panafricaines sont situées en général
dans deux domaines paléogéographiques : à la base de la transgression cambrienne (Adoudounien)
● Dans la plate-forme, le rifting pré-panafricain est res- au-dessus du socle protérozoïque de l'Anti-Atlas. Le
ponsable d'une importante activité exhalative à l'origine contrôle paléogéographique de ces minéralisations cupri-
des minéralisations de cuivre de Bleïda, et d’or à Bleïda fères se manifeste par leur localisation à proximité et au-
Far-West ; les minéralisations sont encaissées dans le tour de paléoreliefs précambriens (Tazalarht, Agjgal) ou

FIG. 4 : Les principales mines de l’Anti-Atlas, d’après Gasquet et al. (2008), modifié.
FIG. 4 : The Anti-Atlas major mines, after Gasquet et al. (2008), modified.
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LES MINES DU MAROC : INTRODUCTION 19

de volcans infracambriens (J. N’zourk, J. Laasal) et par néralisations filoniennes de la phase de rifting pré-atlasique,
leur situation dans un même niveau stratigraphique régio- de nombreuses minéralisations sont stratiformes et générées
nal. Cependant, le rôle des remobilisations hercyniennes dans un contexte sédimentaire lié aux différents cycles de
est important dans les deux derniers exemples cités, et a transgression marine. En raison de la très large répartition
fortiori dans le cas de la mine de cuivre d’Oumjrane, en- géographique des minéralisations, il est préférable de les
caissée dans l’Ordovicien au sud du Saghro. classer par époque métallogénique et/ou phase tectonique.
Minéralisations liées au cycle hercynien Minéralisations filoniennes BPGC de la phase pré-atlasique
Cette phase cassante est responsable de nombreuses mi-
Le socle hercynien constitue également une province mé-
néralisations filoniennes de basse température, encaissées,
tallogénique très productive dont les minéralisations se ré-
soit dans le socle paléozoïque, soit dans les couvertures du
partissent en sous-provinces de la manière suivante :
Trias-Jurassique. Nous signalons principalement les filons
Sous-province à amas sulfurés de Meseta occidentale plombifères du Tafilalt et Addana, les filons de Pb-Cu-Zn
des Jebilet et du Haut Atlas central, et les filons de bary-
Elle est caractérisée par des minéralisations polymétal- tine du J. Irhoud (Jebilet occidentales) et du Haut Atlas.
liques volcanogènes stratiformes (VMS) liées au volca-
nisme tholéitique pré-orogénique de la Meseta occidentale. Minéralisations stratiformes de type red beds ou analogue
Les gisements les plus importants se trouvent dans la ré- Pour ce type de minéralisation, la concentration des mé-
gion des Jebilet centrales et du massif de Guemassa, avec taux s’est faite le plus souvent à la base de la couverture sé-
les mines de Hajjar, Draa Sfar, Kettara et Koudiat Aïcha. dimentaire transgressive sur le socle paléozoïque. Dans les
Sous-province à minéralisations péri-batholitiques (Maroc couches rouges du Trias, les principales minéralisations
central, Haut Atlas occidental) sont celles des red beds plombifères de Zeïda (Haute Mou-
louya), et les occurrences de cuivre d'Argana. Dans le Ju-
Cette sous-province métallogénique est définie par les mi- rassique transgressif, on rencontre les gîtes stratiformes de
néralisations liées aux granitoïdes hercyniens. Dans le manganèse de Bou-Arfa et de Tiharatine, et les red beds à
Maroc central, il s’agit des minéralisations pneumatoly- Pb-Cu de Sidi-Rahmoune. Enfin, dans le Crétacé, les mi-
tiques ou de départ acide à étain d'Achmmach, le gisement néralisations les plus importantes sont les concentrations
d'étain d'El Karit, le filon de fluorine d'El Hammam, celui de manganèse d'Imini, où les phénomènes karstiques ont
à F-Pb-Ba-Ag de Zrahina, les concentrations pyrométaso- joué un rôle décisif, et les minéralisations en plomb, zinc
matiques à Sn-W autour du granite de Ment et les filons à et cuivre de Merija et de Tansrift.
Pb-Sb ou Pb seul, dont le plus important est celui de
Tighza-J. Aouam. Dans les Jebilet, cette catégorie est re- Minéralisations Pb-Zn de type Mississipi Valley
présentée par les skarns de Sidi Bou Othmane et les miné- Dans ces gisements, les séries carbonatées du Jurassique
ralisations en argent de Koudiat El Beida (Roc Blanc) et de déposées sur des zones de hauts-fonds constituent l’en-
Koudiat Hamra. Enfin, dans le Bloc ancien du Haut Atlas caissant d’importants dépôts de plomb-zinc. Ce sont des
occidental, existent le gisement pyrométasomatique à W- minéralisations stratoïdes karstiques ou filoniennes, en-
Cu-Mo d'Azegour et les minéralisations de W-Sn-Cu-Au caissées par des dolomies. Les gisements les plus impor-
autour du massif du J. Tichka (gisement cuprifère d’Ifri tants sont ceux de Touissit-Bou Beker, Beddiane et Oued
N’Jenjar dans le Seksaoua). Mekta (Chaîne des Horsts) et de Mibladen (Haute Mou-
Remobilisation paléozoïque de minéralisations protérozoïques louya), ce dernier associé aux filons minéralisés d’Aouli,
dans le socle sous-jacent. La mine de Zeida citée plus haut
Le gisement aurifère du J. Malek (Menhouhou-Tamelelt), (gisement de type Grès rouges) appartient au même dis-
au sud de l’Atlas oriental paraît résulter de la remobilisa- trict. Dans le Rif, il est intéressant de citer le gisement Pb-
tion varisque d’une minéralisation semblable à celles du Zn d'Adeldal dans la Dorsale calcaire, encaissé dans une
Saghro-Ougnat. De même, le gîte polymetallique aurifère dolomie zébrée du Trias.
d’Azouggar N’Tilili (Pb, Zn, Ag, Au) est vu comme le ré-
sultat de circulations hydrothermales au travers du socle Minéralisations liées aux intrusions jurassiques
éburnéen du Bas Draa pendant l’orogenèse varisque. On a Ce sont les occurrences de nickel associées aux intrusions
cité plus haut le cas des mines de cuivre du J. N’Zourk, du de gabbros troctolitiques dans le Haut Atlas central (Tas-
J. La’sal et d’Oumjrane. sent et Tirrhist). On rencontre aussi des minéralisations Pb-
Zn dans la même région, le plus souvent localisées à
Minéralisations liées au cycle alpin
proximité des intrusions basiques, mais qui semblent ce-
Le cycle alpin se caractérise par des minéralisations de mé- pendant du type Mississipi Valley : Aguerd n’Tazoult, Ali
taux de base et de minéraux industriels. En dehors des mi- Ou Daoud. Les minéralisations cuprifères dans le Crétacé
Volume 9 - de?finitif:Mise en page 1 8/04/12 16:43 Page 20

20 NOUVEAUX GUIDES GÉOLOGIQUES ET MINIERS DU MAROC - VOLUME 9

inférieur (Tansrift) pourraient dériver du lessivage de mi- lisées dans les régions de Safi, Essaouira, Agadir et Saïdia.
néralisations liées aux intrusions. Sur le granite d'Oulmès, existe un placer éluvial à cassitérite.
Minéralisations liées aux intrusions néogènes Visite des mines du Maroc région par région/
Dans la région de Nador, des skarns ferrugineux se sont Visiting the Moroccan Mines Region by Region
formés dans les bancs carbonatés du Jurassique-Crétacé
inférieur des Beni Bou Ifrour, au toit des diorites néo- Les principales mines du Maroc sont présentées dans les
gènes (Ouixane). Dans la même région, les tuffites et ci- pages qui suivent région par région, conformément à la vo-
nérites acides altérées fournissent des bentonites. cation des Nouveaux Guides. Les dix régions distinguées
apparaissent sur deux cartes géologiques schématiques,
Placers l’une représentant le nord du Maroc (fig. 5A), et l’autre le
Les principaux placers se localisent sur le littoral marin. Le sud (fig. 5B). Au début de chacune des dix sections corres-
plus important est celui à Zr-Ti de Bouissafen dans la ré- pondantes, la position des mines se trouvera précisée par
gion de Tarfaya. Des occurrences de même type sont loca- une carte routière et une carte géologique ou une image
Volume 9 - de?finitif:Mise en page 1 8/04/12 16:43 Page 21

LES MINES DU MAROC : INTRODUCTION 21

FIG. 5 : Présentation des mines marocaines en 10 secteurs régionaux, retenue dans le présent volume.- A : De l’Anti-Atlas au Rif.- B : Les Provinces sahariennes.
FIG. 5 : Presentation of the Moroccan mines following 10 regional groups, used in the present volume.- A : From the Anti-Atlas to the Rif Mountains.- B : Saharan rovinces.

Landsat interprétée. En outre, un tableau résumera les ca- effectuer la visite, deux cas se présentent :
ractéristiques essentielles des mines faisant l’objet des
fiches descriptives. Certaines mines sont aussi l’objet d’ar- - Si la mine est à l’arrêt, sa visite est libre… aux risques
rêts géologiques dans les divers circuits des volumes 2 à 8 et périls du visiteur (il convient d’être extrêmement at-
des Nouveaux Guides : les références correspondantes sont tentif aux risques de chutes de pierres, les falaises des
indiquées dans les tableaux régionaux et dans chaque fiche. carrières étant encore généralement hors équilibre) ;
Pour visiter les mines décrites, trouver leur emplacement - Si la mine est en activité, il faut prendre contact, de pré-
sera chaque fois aisé grâce aux figures cartographiques férence à l’avance, avec l’exploitant afin d’obtenir une
placées en tête de chaque fiche et aux coordonnées GPS in- permission d’accès et, en général, une visite guidée,
diquées au paragraphe « Localisation ». En revanche, pour qui sera d’autant plus instructive.
Les gisements et indices miniers au Maroc se regroupent au sein de provinces
métallogéniques établies en liaison avec les grands événements géodynamiques qui
ont caractérisé la géologie du Maroc.

MINERALISATIONS DANS LE SOCLE EBURNEEN

Dans ce socle cratonisé, l'orogenèse éburnéenne est responsable de la formation de gisements aurifères de type or orogénique
dont le plus important étant celui d'Iourirn (boutonnière de Tagragra d'Akka). D'autres occurrences se trouvent dans les boutonnières
de Kerdous, Zenaga, Ighrem et Tata. Dans ce socle, existe aussi des minéralisations pneumatolithiques à béryl, micas et feldspaths
encaissées essentiellement dans des filons de pegmatites.

MINERALISATIONS LIEES AU CYCLE PANAFRICAIN

Minéralisations à Co-Cr Au-Cu liées à l'évènement de rifting pré-panafricain

Cet évènement a conditionné la genèse des minéralisations dans les deux domaines paléogéographiques qu'il a structurés :

 Dans la plateforme, le rifting pré-panafricain est responsable d'une importante activité exhalative à l'origine des
minéralisations de cuivre de Bleida ;

 Dans le domaine océanique, on note principalement les minéralisations du district de Bou Azzer à Co-Au (liées
génétiquement et spatialement aux serpentines) et les minéralisations aurifères de Tafrent dans le massif de Sirwa,
encaissées par des amphibolites dans un contexte comparable à celui des roches vertes.

Minéralisations à métaux précieux dans le contexte arc

Dans ce contexte, les minéralisations les plus typiques sont localisées dans les massifs de Saghro et de l'Ougnat. Il s'agit des
minéralisations à Au-Cu de Tiouit, du gisement argentifère d’Imiter, des minéralisations aurifères de Qalaat Mgouna, des
minéralisations à W de Taourirt Tamellalt et de nombreuses minéralisations filoniennes polymétalliques comme Boumadine, Tizi
Moudou, Assif Imider ainsi que les disséminations dans le Protérozoïque terminal dans la région de Ouarzazate.

Minéralisations de cuivre liées au bassin adoudounien

Avec une typologie qui rappelle les kupferschiefers, ces minéralisations (post-panafricaines) sont situées à la base de la
transgression infracambrienne sur le socle protérozoïque de l'Anti-Atlas. Le contrôle paléogéographique de ces minéralisations
cuprifères se manifeste par leur localisation à proximité et autour des paléoreliefs précambriens et leur situation dans un niveau
stratigraphique régional.

MINERALISATIONS DU DOMAINE HERCYNIEN

Le cycle hercynien constitue également une province métallogénique très productive dont les minéralisations se répartissent en
sous-provinces de la manière suivante:

Sous-province à amas sulfurés des Jebilet Guemassa

Elle est caractérisée par des minéralisations polymétalliques volcanogènes liées au volcanisme pré-orogénique de la Meseta
occidentale. Les gisements les plus importants pour ce type sont: Hajar, Draa Sfar, Kettara et Koudiat Aïcha.

Sous-province a minéralisations péribatholitiques du Maroc central

Le terme de province métallogénique ne traduit pas avec fidélité la répartition de telles minéralisations car celles-ci se rencontrent
partout au Maroc hercynien. Il est donc préconisé d'utiliser la notion d'époque métallogénique hercynienne qui se traduit par des
minéralisations autour des granitoïdes hercyniens. Dans le Maroc central, nous avons les minéralisations pneumatolithiques ou à
départ acide à étain d'Achmmach, le gisement d'étain d'El Karit, le filon de fluorine d'El Hammam, celui à F-Pb-Ba-Ag de Zrahina,
les concentrations pyrométasomatiques à Sn- W autour du granite de Ment et les filons à Pb-Sb ou Pb seul dont le plus important
étant celui de Tighza. Dans les jebilet, nous avons les skarns de Sidi Bou Othmane, Argent de Koudia El Beida et de Koudiat Hamra
et enfin, dans le Haut Atlas, existent le gisement pyrométasomatique à W-Cu-Mo d'Azegour et les minéralisations de W-Sn-Cu-Au
autour du massif de Tichka.

Récemment, de nouveaux types de minéralisations hercyniennes ont été mises en évidence comme celles de Jbel Malek (Au)
(région de Tan-Tan) et Azouggar N’Tilili (Pb, Zn, Ag, Au) (région de Bas Draa).

MINERALISATIONS DU DOMAINE ALPIN

Le cycle alpin se caractérise par des minéralisations de métaux de base et de roches et minéraux industriels. En dehors des
minéralisations filoniennes de la phase pré-atlasique et de la compression post-jurassique, de nombreuses minéralisations sont
stratiformes et générées dans un contexte sédimentaire lié aux différents cycles de transgressions marines. En raison de la très large
répartition géographique des minéralisations, il est préférable de les classer par époque métallogénique et/ou phase tectonique.
Minéralisations filoniennes BPGC de la phase pré-atlasique

Cette phase cassante est responsable de nombreuses minéralisations filoniennes, de basses températures encaissées soit dans le
socle paléozoïque soit dans les couvertures du Trias-Jurassique. Nous signalons principalement les filons plombifères de Tafilalet
et Addana, les filons de Pb-Cu-Zn des Jebilet et du Haut-Atlas central et les filons de barytine des Jebilet occidentales et du Haut-
Atlas.

Minéralisations stratiformes à la base des transgressions

Pour ce type de minéralisations formées dans un contexte sédimentaire, le contact socle couverture a joué un rôle
paléogéographique très important dans la concentration des métaux.

Dans le Trias, les principales minéralisations sont celles de type red-bed plombifère de Zayda, les occurrences de cuivre d'Argana
et les concentrations de sel gemme, de gypse et de potasse de Mohammedia et de Safi. Dans le Jurassique existent des gîtes stratifor-
mes de manganèse de Bou-Arfa et de Tiharatine, le red-bed à Pb-Cu de Sidi-Rahmoune et les gisements de gypse et d'anhydrite du
bassin de Safi. Dans le Crétacé, les minéralisations les plus importantes sont les concentrations de manganèse d'Imini, les
minéralisations à plomb, zinc et cuivre de Merija et de Tansrift, les minéralisations phosphatées dans les bassins de Khouribga,
Gantour, Oulad Abdoun et Bou Kraa et les marnes et les schistes bitumineux dans les secteurs de Tarfaya, Boujdour, Timahdit et
de Tanger.

Minéralisations Pb-Zn de type Mississipi Valley

Pour ce type de gisement, le Jurassique constitue une importante époque métallogénique. Ce sont des minéralisations stratoïdes
kastiques ou filoniennes, encaissées par des dolomies. Les gisements les plus importants sont ceux de Boubker-Touissit, Beddiane,
Oued Mekta et Mibladen. On rencontre aussi de telles minéralisations dans le Haut-Atlas oriental et central et sont le plus souvent
localisées à proximité des intrusions basiques. Dans le Rif, il est intéressant de citer le gisement Pb-Zn d'Adeldal situé dans la
dorsale calcaire et encaissé par une dolomie zébrée du Trias.

Minéralisations liées aux intrusions basiques

Ce sont les occurrences de nickel associées aux intrusions de gabbros troctolitiques dans le Haut Atlas central (Tassent et
Tirrhist).

Minéralisations liées au volcanisme néogène

Les principaux gisements associés à ce volcanisme sont les concentrations de bentonite et de perlite dans le Rif oriental. Les
principaux gisements de bentonite sont ceux de Gourougou, de Tidiennit, d'Amjar, de Terbia, d'Ihammachene, d'Azzouzet,
d'lbourhardain, d'Ikasmeouen et d'Oued Zemmour. Pour la perlite, le plus important gisement étant celui de Tidiennit.

Les placers

Les principaux placers se localisent sur le littoral marin. Le plus important étant celui à Zr-Ti de Bouissafen dans la région de
Tarfaya. Des occurrences de même type sont localisées dans les régions Safi, Essaouira, Agadir et Saïdia. Sur le granite d'Oulmès,
existe un placer éluvial à cassitérite.

DOMAINES
SITES GEODYNAMIQUES MINERALISATIONS
OROGENIQUES

ARCHEEN - Carbonatites à Fe, U, Terres rares, Ta, Nb


(Dorsale Aghaylas, chaîne de RIFT (Glibat Lafhouda, Twihinate)
matalla) - Veines aurifères (Lafwila)

- Or orogénique (Iourirn)
EBURNEEN SOCLE CRATONISE
- Beryl (Indices de Zenaga)

- Cu exhalatif (Bleida)
RIFTING EN PLATEFORME - Co-Cr / Co - Au liés aux ophiolites
PANAFRICAIN
/ BASSIN ARRIERE ARC (Bou-Azzer)
- Au dans amphibolites (Tafrent)
- Au - Cu dans veines mésothermales
(Tiouit)
- Ag dans veines épithermales (Imiter)
ARC PLUTO –
- Au dans veines pneumatolitiques (Qalâat
VOLCANIQUE
Mgouna)
- Cu volcanogène (Tizi Moudou…)
- W en veines (Taourirt – Tamlalt)

PLATEFORME Cu de type kupper schieffer de l’Anti-Atlas


INFRACAMBRIENNE occidental (Tazalaght, Tizert…)

RIFT INTRACONTINENTAL VMS des Jebilet - Guemassa (Hajjar - Draâ


/ ARRIERE ARC Sfar - Kettara)

HERCYNIEN Filons de départ acide (Sn : Achmmach, El


Karit, Fluorine (El Hammam), gisements
CONTEXTE POST –
pyrométasomatiques (W, Cu, Mo,
COLLISIONEL
Azegour…), Jbel Malek (Au) et Azouggar
N’Tilili (Au, Pb, Zn, Ag)...

Trias : Zeida (Pb) - Evaporites Jurassique :


BASSINS CONTINENTAUX Bou Arfa (Mn) Touissit - Boubeker (Pb)
ALPIN
ET DE PLATEFORME
Bentonite et Perlite du Rif
La prospection géophysique

La prospection géophysique consiste en la reconnaissance des terrains à partir de la mesure de certaines


caractéristiques physiques au-dessus de la surface du sol et parfois dans les forages. Elle peut servir d’outil de recherche
des gisements. Elle peut donner des profils continus du terrain et une bonne vue d’ensemble des sites étudiés. Car les
paramètres physiques mesurés permettent de localiser des structures présentant des contrastes (de densité, magnétisme,
conductivité) par rapport à l’encaissant.

La géophysique permet de lever un certain nombre d’indéterminations dans le choix de l’implantation des forages et
d’en réduire le nombre en précisant les zones homogènes. La prospection géophysique présente le gros avantage d’être
non destructive et économique.

Les principales méthodes géophysiques sont :

- les méthodes radiométriques, auxquelles on associe les méthodes gaz fondées sur la radioactivité des minéraux,

- les méthodes gravimétriques basées sur la mesure des anomalies de pesanteur engendrées par l’inégale distribution
de roches de densités différentes,

- Les méthodes sismiques, fondées sur la mesure des vitesses de propagation des ondes sismiques dans le sol,

- Les méthodes magnétiques et électromagnétiques basées sur la mesure des anomalies engendrées par l’inégale
distribution de champ magnétique des roches.

La prospection géochimique

La prospection géochimique consiste en la mesure systématique du contenu en un ou plusieurs éléments en traces


des roches, de sols, des sédiments de ruisseau, de la végétation, de l’eau ou des gaz.

Le but de ces mesures est la mise en évidence d’anomalies géochimiques, c’est-à-dire de la concentration anormale
en certains éléments contrastant nettement avec leur environnement qui représente le fond géochimique ou
background. La formation des anomalies résulte de la mobilité et de la dispersion des éléments concentrés dans la
minéralisation. Une anomalie peut être définie comme toute teneur plus élevée (Anomalie positive) ou plus basse
(Anomalie négative) que le fond géochimique. Son origine peut être due aux pollutions et aux contaminations par les
déblais d’une exploitation minière ancienne ou récente ou par préférence (anomalies formationnelles) à une formation
géologique déterminée (cuivre pour les roches basiques ; le plomb-zinc pour les dolomies) mais sous une forme
minéralogique (silicates à Cu) ou géologique (dispersion fine) qui ne la rend pas économiquement récupérable.

Donc le prospecteur doit distinguer :

La vraie anomalie

La fausse anomalie : pollution, anomalie formationnelle.


COURS DE PROSPECTION MINIERE 1

I. INTRODUCTION
L'importance des matières premières minérales et plus
particulièrement des minerais, que ce soit pour les pays consommateurs ou
producteurs, n'est plus à démontrer. La mise en évidence de nouveaux
gisements métalliques est ainsi devenue primordiale et a motivé la mise en
œuvre de techniques diverses: levé géologique, géophysique, géochimie,
télédétection, thermoluminescence, etc.…Mais, si ces techniques sont
importantes et si leur développement harmonieux est essentiel, un stade de
recherche s'impose: c'est celui du prospecteur de terrain dont dépend en
grande partie le succès des recherches.
La recherche minière progresse par phases qui se distinguent par
les surfaces concernées et les techniques mises en œuvre et, par conséquent,
par les moyens humains, matériels et financiers qu'elles nécessitent.
Chaque méthode de prospection doit être mise en œuvre avec un
soin extrême depuis le simple examen d'affleurements ou la moindre batée
en lit vif jusqu'au recueil de cuttings de sondages percutants, ou à
l'échantillonnage de travaux miniers.

I.1. DEFINITION
La prospection minière est l'ensemble des travaux géologiques,
géophysiques, géochimiques, géobotaniques, de photogéologie et de
télédétection dont la finalité est de:
localiser les substances utiles dans l'écorce terrestre;
préciser la position exacte, la forme et la concentration
des corps minéralisés (ore bodies) ou gisements;
estimer (évaluer) la quantité des substances utiles
extractibles que contiennent ces corps minéralisés, étant
donné que ceux–ci peuvent contenir, et c'est souvent le
cas, d'autres matières premières non extractibles.

Par le Prof Gabriel MAKABU


2 COURS DE PROSPECTION MINIERE

I.2. NOTIONS GENERALES


I.2.1. Gisement
Un gisement est une accumulation naturelle de minéraux utiles,
matières premières industrielles. Il doit être économiquement et
techniquement rentable. Ce qui fait qu'un gisement exploitable dans un pays
peut ne pas l'être ailleurs: ex: en République .Démocratique Congo, on
exploite le cuivre à partir d'une teneur de 0.1%, alors qu'aux USA, on
descend jusqu'à 0.01%.
L'ensemble des minéraux utiles, exception faite pour les matériaux
de construction, forme le minerai. Celui–ci est associé à des minéraux non
utiles qui constituent la gangue.
Succinctement on distingue les gisements ci–après:

A. Gisements magmatiques:

Ils sont dus à la différenciation magmatique lors de la


cristallisation fractionnée au cours de trois stades principaux:
Stade orthomagmatique: cristallisation des minéraux
pétrogènes, les plus réfractaires (olivine, pyroxènes,
plagioclases basiques) d'abord, avec formation des roches
encaissantes des minéralisations ultrabasiques (dunites,
pyroxénites, péridotites); minéraux utiles:chromite, diamant,
platine, pyrochlore, etc.
Formation aussi des roches basiques (gabbros, norites); minéraux
utiles: magnétite, titanomagnétite, vaesite (Ni).
Cristallisation de feldspaths alcalins et quartz en dernier lieu, avec
formation de roches magmatiques acides (granites, granodiorites, syénites);
éléments utiles: Be, Li, Sn, W, U, etc.
Stade pegmatitique: séparation du bain résiduel saturé en
composants volatils (F, Cl, O,…) et en vapeur d'eau. Mise en
place des pegmatites; éléments utiles: Be, Li, Sn, Nb, Ta, U,
etc.
Stade postmagmatique: liquéfaction des composants volatiles
et genèse des solutions hydrothermales ou pneumatolyto–

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COURS DE PROSPECTION MINIERE 3

hydrothermales dans les roches encaissantes; minéraux


utiles: chalcopyrite (Cu), cassitérite (Sn), molybdénite (Mo),
cinabre (Hg), arsénopyrite ou mispickel (As), galène (Pb),
blende ou sphalérite (Zn).

B. Gisements sédimentaires

Gisements résiduels: dus à l'action d'une altération


dominante:
Kaolin, latérites à Fe – Ni – Co - Mn, bauxites, fer et
chapeaux de fer.
Gisements détritiques: accumulation mécanique des
substances utiles (placers): or, platine, cassitérite, diamant,
magnétite, zircon, monazite, corindon, béryl, ilménite,
pyrolusite,…
Gisements d'infiltration: Cu, Co, U, V, Fe, Mn, …
Gisements d'origine chimique:
calcaires et dolomies: matériaux de construction,
de fer
de manganèse
gisement mixte de Fe et Mn,
évaporites.
Gisements biogéniques et biochimiques:
Combustibles fossiles: tourbes, charbons, shales
bitumineux, pétrole et gaz naturel
Calcaires organogènes
Phosphorites à squelettes d'organismes
Diatomites formées d'opale.

C. Gisements métamorphogènes

Gisements métamorphisés: formés aux dépens des gisements


préexistants. Exemple:certains gisements de Fe, Mn, Au, U,
dont les accumulations initiales étaient sédimentaires. Ex.

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4 COURS DE PROSPECTION MINIERE

Gisement Au–U de Witwatersrand (RSA).


Gisements métamorphiques:
Marbres: à partir des calcaires,
Ardoises: à partir des shales argileux.

I.2.2. Catégories des minerais extractibles


Les combustibles: charbon, pétrole, gaz
Les minerais métalliques: ferreux (Fe, Mn, Co, Ni, W), non
ferreux (Cu, Pb, Zn, Sn), légers (Al, Mg, Ti) utiles dans
l'aéronautique, précieux ( Au, Ag, Pt), rares ( Be, Ba )
Les minerais non métalliques: matériaux de construction,
chimiques (sel, soufre, soude, gypse), engrais (nitrate,
phosphate, sulfate), réfractaires (silice, bauxite, argiles,
chromite), pierres précieuses et semi–précieuses (diamant de
joaillerie, saphir, émeraude), matériaux abrasifs (diamant
industriel, quartz), isolants (magnésie, asbeste), peinture
(argile, barytine).

I.2.3. Facteurs influant sur l'exploitabilité d'un


gisement
La teneur et le tonnage: la teneur limite d'exploitabilité
(mutable et fonction du coût d'exploitation) est la teneur
minimale supportable en deçà de laquelle l'exploitation d'un
gisement cesse d'être rentable. Elle dépend du cours du
métal sur le marché économique mondial. Elle est à
distinguer de la teneur marchande qui est la teneur atteinte
après valorisation.
Les bons gisements sont ceux qui présentent un bon tonnage de
façon à récupérer le coût d'investissement et à faire du profit.
La nature du minerai: comportement chimique lors de la
flottation: les carbonates réagissent mieux que les silicates.
La position géographique du gisement: le coût du transport
vers les usines de traitement et vers les centres de
consommation. De plus la main–d'œuvre qualifiée coûte de

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plus en plus cher avec la distance.


La profondeur et la structure du gisement: c'est moins
coûteux d'exploiter à ciel ouvert (gisement en plateure) qu'en
mine souterraine (gisement dressant).
Les facteurs économiques: notamment la loi de l'offre et de la
demande.
Les outils d'exploitation: engins pour forage, extraction,
transport.
Les substances extractibles: les gisements poly métalliques
sont les plus intéressants.

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6 COURS DE PROSPECTION MINIERE

CHAP. II. ETAPES ET TECHNIQUES


SPECIFIQUES DE LA PROSPECTION
MINIERE

[Link] DE LA PROSPECTION MINIERE


La prospection minière est, rappelons–le, une opération
économique visant à mettre en évidence les réserves minières pour un
district, une province, un pays ou même un continent. Et en tant
qu'opération économique elle doit être rentable. Dans cette optique, elle doit
être menée avec minutie, par étapes successives.

II.1.1. Etape préparatoire: Approche du sujet.


Documentation.
Objectifs :
Appréciation a priori de l'intérêt de la région
Identification du ou des sujets à traiter
Contrôle du cadre géologique et choix de la méthode de
prospection stratégique
Première sélection régionale
Méthodes et Techniques:
Documentation technique: inventaire de toutes les
minéralisations, cartes géologiques, topographiques,
hydrographiques, hydrogéologiques, tectoniques, photos
aériennes, images satellites, mémoires, rapports miniers du
Service Géologique et des Mines. Les photos aériennes et
satellites permettent de repérer les cours d'eau, la
géomorphologie, le système des failles, les affleurements, les
structures géologiques, le type de végétation ou son absence,
la nature lithologique. On récoltera également des
renseignements oraux ;
Documentation juridique: permis antérieurs, droit de
concession ;

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Echelle de travail / Surfaces concernées:1/200000 et


inférieures; 5000–100000 Km2.
Durée des travaux: quelques semaines
Décision:
En fonction de toute la documentation (technique et juridique), on
doit distinguer les zones retenues et les régions sans intérêts. On choisit les
itinéraires à emprunter, le nombre de prospecteurs, la quantité et la qualité
du matériel (hélicoptère, Jeep, tente, boussole, marteau, carnet, sachets,…),
le nombre des techniciens, des ouvriers.

II.1.2. Prospection préliminaire ou de Reconnaissance


ou Stratégique ou Générale
Au cours de cette étape, on ne cherche pas directement un
gisement, mais plutôt on s'atèle à mettre en évidence des indices de la
présence éventuelle d'un gisement ou de conditions géologiques favorables à
la formation d'une minéralisation.
Objectifs:
Réduction sensible de la surface initiale
Localisation des secteurs à indices et anomalies pour y
concentrer les moyens
Eventuellement approche typologique et choix de la méthode
de prospection semi–systématique.
Méthodes et moyens:
Prospection au marteau et esquisse géologique: on parcourt
des grandes distances (ex; tous les 5 Km) suivant une
direction bien définie et en notant tout ce qui est frappant
(ex, nature des roches, structures tectoniques,
minéralisations) et on essaie de les localiser sur les cartes.
Les indices sont de différents ordres: guides morphologiques,
géobotaniques, lithologiques, stratigraphiques,
minéralogiques et structuraux).
Prospection aéroportée: méthodes électromagnétiques,
magnétiques et radiométriques.
Prospection géochimique (stream sediments, fond de batée,

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8 COURS DE PROSPECTION MINIERE

sol, hydrogéochimie, base des cuirasses).


Prospection alluvionnaire: lit vif, lit mineur, bed rock.
Photogéologie (éventuellement vols spéciaux).

Echelle de travail/Surfaces: 1/200000–1/50000; 50–500 Km2.


Durée des travaux: Quelques semaines à quelques mois.
Décision:
La prospection stratégique se termine par un rapport qui
évalue approximativement les potentialités minérales
(quantité et qualité) de la province (réserves possibles).
On évalue les critères économiques minima
On circonscrit les secteurs retenus à étudier au cours de la
phase suivante. Ou bien, on décide de l'abandon total ou
partiel du projet.

II.1.3. Prospection semi–systématique: Contrôle des


points d'accrochage.
On étudie l'indice pour le transformer si possible en gisement,
c’est-à-dire qu’on s'adonne à connaître sa largeur, sa largeur, sa puissance
(d'où le volume), et la répartition des teneurs.
Objectifs:
Définition des cibles
Classement des cibles par ordre d'intérêt (hiérarchie)
Premières teneurs pour prouver la valeur industrielle du
gisement; type de minerai (oxydé, sulfuré, carbonaté) en vue
de sélectionner la méthode de valorisation.
Sélection des cibles pour leur reconnaissance approfondie.
Dans cet ordre d'idées, on recourt à des travaux miniers (puits,
tranchées, sondages), des ouvrages de prospection rapprochés, donc à maille
plus réduite. Les travaux miniers mettent à vue les gisements affleurants et
sub–affleurants. Les gisements, dits aveugles, recouverts par d'épaisses
altérites, sont découverts grâce aux méthodes indirectes (Géophysique,
Géochimie).

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COURS DE PROSPECTION MINIERE 9

Méthodes et Techniques:
Cartographie géologique détaillée + prospection au marteau:
étude typologique (pétrographie, sédimentologie,
structurologie, minéralogie).
Prospection géophysique au sol (ou héliporté): Radiométrie,
Magnétisme, Electro–magnétisme, Profils de résistivité et
sondages électriques, Polarisation spontanée, Polarisation
Provoquée, Mise à la masse, Gravimétrie, Sismique Réflexion
et Sismique Réfraction.
Prospection géochimique à maille régulière serrée sur sol
(surface ou tarière), roche, biogéochimie.
Prospection alluvionnaire: puits et/ou tranchées (si
recouvrement peu épais), sondages rotary ou percutants (si
recouvrement très épais).
Si possible, test de valorisation.
Pré–étude économique d'orientation. Premier regard
géostatistique.
Echelle de travail/Surface: 1/20000–1/5000; 5–50 Km2
Durée: Quelques mois
Décision:
A la fin de la prospection semi–systématique :
On évalue les réserves probables du secteur ;
On décide des cibles retenues et rejetées ;
Les cibles retenues sont mises au portefeuille et constituent
la zone intéressante à étudier d'une manière approfondie
dans la 3ème phase ;
On recherche les partenaires (joint venture).

II.1.4. Prospection systématique ou détaillée ou


Reconnaissance du corps minéralisé
La maille d'étude est encore plus resserrée car on prépare le
gisement à l'exploitation. Ce qui implique une connaissance plus
approfondie et minutieuse de ce dernier, pour son évaluation plus efficiente.
Le gisement est subdivisé en sections et on le détaille pour mieux

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10 COURS DE PROSPECTION MINIERE

connaître la répartition des teneurs et la composition minéralogique. On


étudiera aussi le comportement mécanique de la roche encaissante et du
minerai (broyage), la fissuration, les conditions hydrogéologiques, la
structurale. Cela en vue de déterminer la méthode d'exploitation.
Résumé des objectifs:
Détermination de :
Forme, volume, profondeur et pendage du gisement.
Premières fourchettes pour le couple tonnage–teneur.
Première approche économique chiffrée.
Méthodes et Techniques:
Levé topographique et topo géologique
Sondages diamants et sondages percutants intercalés, d'où
échantillonnage et contrôle géostatistique.
Géochimie: étude du chimisme des encaissants (traces,
majeurs) pour dégager des "guides" de prospection locaux.
Géophysique: opérations géophysiques dans les sondages
(diagraphies, géophysique de développement).
Interprétation géologique synthétique découlant des
opérations susmentionnées.
Essai de valorisation
Pré - étude économique de faisabilité.
Echelle de travail/Surface:1/5000–1/500; 0.5–5 Km2.
Durée: Quelques mois à 1 année.
Décision:
Gisement à évaluer
Gisement mis en portefeuille
Recherche des partenaires.

II.1.5. Evaluation de gisement:


Objectifs :
Calcul des réserves (Estimation)
Resserrement des fourchettes pour le couple tonnage–teneur
Mise au point du traitement
Choix de la méthode d'exploitation

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COURS DE PROSPECTION MINIERE 11

Etude de rentabilité.
Méthode et Techniques:
Sondages diamants systématiques et/ou travaux miniers (si
possible préparatoires à l'exploitation), suivis d'un
échantillonnage et d'une estimation géostatistique.
Essais semi–industriels de traitement
Etude de faisabilité.
Echelle/Surface: 1/1000–1/200; ha–a.
Durée: Quelques mois à quelques années (2–5 ans).
Décision:
Etude de marché
Recherche du financement
Mise en exploitation ou en portefeuille
Recherche de partenaires.
Rédaction du rapport ou Fiche technique du sujet:
Pays:……………Intitulé du sujet:………………………………………….
I. Généralités:
1. Données géographiques:
Pour un indice: Coordonnées, voies d'accès, croquis de
situation
Pour une zone à prospecter: périmètre, surface, croquis de
voies d'accès et de pénétration, données climatiques
(périodes optimales de travail, possibles, impossibles)
2. Données juridiques:
Détenteurs des droits, partenaires dans l'opération, etc.
3. Historique:
Travaux antérieurs: résultats connus, éventuellement
tonnages extraits, teneurs,…
4. Données géologiques et gîtologiques:
Esquisse régionale rapide (carte schématique)
Géologie locale (environnement immédiat de l'indice, de
l'anomalie, etc.)
Description de l'indice lui–même: géométrie des zones

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12 COURS DE PROSPECTION MINIERE

minéralisées visibles ou reconnues sur la profondeur,


paragenèses. Pour les anomalies (géophysiques,
géochimiques), préciser leur extension, leur relief par rapport
au fond régional.
Gisements et indices connus dans la région (avec importance
économique, type de gîte,…).
5. Données économiques:
Tonnage (reconnu, probable, possible), teneurs, sous–
produits éventuels.
6. Bibliographie:
Aussi complète que possible. Rapports internes. Préciser s'il
existe une couverture photographique.
7. Pièces jointes:
Photocopies ou résumés des rapports uniques, et tous
documents susceptibles d'aider à instruire le projet.
II. Appréciation et remarques personnelles du (des) rédacteur(s).
Intérêt et objectif(s) possible(s) (type de gîtes)
Motivation du projet.
III. Intervention proposée:
• Objectif à atteindre
• Travaux nécessaires pour atteindre cet objectif: chiffrer.
• Moyens nécessaires: physiques, financiers
• Chronogramme des travaux: tenir compte des impératifs
climatiques ou autres.
• Date à laquelle un bilan des résultats de cette phase pourra
être fait.
Date:………………………….Sé/ Rédacteur(s).

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II.2. Les caractères géologiques prévisionnels,


les guides et les techniques spécifiques de
prospection minière
II.2.1. Les caractères géologiques prévisionnels et les
guides de prospection minière:
Ce sont les contrôles de la minéralisation qui guident le
prospecteur sur terrain. Parmi eux, on distingue:
Les provinces métallogéniques: Une province
métallogénique est une vaste région géologique
correspondant à un bassin ou géostructure ou un craton
(bouclier, fosse géosynclinale) ayant un certain caractère
dépendant de la tectonique et pouvant, dans une certaine
mesure, être prévue par elle. Cette notion met en évidence
l'analogie entre les minéralisations des diverses parties de
contrées étendues par l'effet d'une histoire géologique
(chronologie) commune. Elle permet des rapprochements
heureux entre les gîtes (genèse, structure, exploitabilité) et
se fonde entre autres sur la théorie de la tectonique des
plaques et de la dérive des continents.
Les facteurs principaux de la répartition des provinces
métallogéniques sont :
La relation des provinces métallogéniques avec les
phénomènes de concentration géochimique et en rapport
avec:
La sédimentation: Provinces ferrifères de vieux
socles où le fer est localisé dans les sédiments très
siliceux.
Au KATANGA, le cuivre et le cobalt sont liés à la sédimentation
des shales dolomitiques.
Les zones granitisées: le granite "fertile",
concentrateur de plusieurs éléments, ex.. La chaîne
Hercynienne a fourni: U, Sn, W.

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14 COURS DE PROSPECTION MINIERE

La différenciation en roches basiques et


ultrabasiques: ex. au Canada, on trouve de gros
tonnages de Cr et de Ni dans les péridotites.
Les bassins mio - géosynclinaux à forte subsidence:
gisements de pétrole.
La relation des provinces métallogéniques avec des
successions chronologiques:
Les boucliers antécambriens: Fe, Cu – Co
Les bassins tertiaires: Pétrole
Les bassins permo–carbonifères: Charbon, ex.
R.D.C. (Luena, Lukuga), R.S.A. (Dwyka).
Les guides morphologiques:
Des gisements en saillie et en inselberg: [Link]
alignements de quartzite avec formation des itabirites
(Brésil); alignements de colline à Cu–Co (KATANGA,
RDC).
La couleur: les minéraux noirs au KATANGA sont
souvent de l'hétérogénite alors qu'en Afrique de l'Ouest
le noir correspond aux minéraux de fer (hématite).
Les dômes de sel: pièges d'hydrocarbures.
Les gisements de chapeau de fer: les boxworks
témoignent du type des minéralisations sous–jacentes
des zones de cémentation.
Les guides lithologiques:
La minéralisation se fait là où la roche est poreuse
ou fissurée (ex. roche carbonatée), et a une
granulométrie hétérogène (ex. le conglomérat aurifère
de Witwatersrand, RSA).
Les guides stratigraphiques: les minéralisations
stratiformes, les pièges stratigraphiques de pétrole
(lentilles sableuses, les biseaux sous–discordances, les
biohermes et les biostromes).
Les guides structuraux: les pièges anticlinaux,

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COURS DE PROSPECTION MINIERE 15

synclinaux (subsidence), les failles à remplissage.


Les guides pétrographiques: les minéralisations liées
aux roches basiques ou ultrabasiques (ex. Cr, Pt, Ni, C)
et acides ( Cu, Nb, W, Li).
Les guides sédimentologiques: les minéraux
résistants (diamant, cassitérite, colombo-tantalite) et
lourds (or) dans les placers.

II.2.2. Les techniques spécifiques de la prospection


minière:
II.2.2.1. La prospection au marteau. Echantillonnage

La prospection au marteau consiste à rechercher des indices de


minéralisation par l'observation des affleurements et des éboulis ou " pierres
volantes". Elle requiert un petit matériel pour la recherche (boussole,
clisimètre, topofil, planchette topographique Chaix, réactifs HCl 10% et
HNO3), et, ultérieurement, un matériel plus important (mototarières,
sondeuses légères, engins de terrassement) pour l'étude des indices ou des
anomalies découverts.
A leurs affleurements, les gisements présentent presque toujours
une minéralisation différente de celle qui constitue leur masse principale en
profondeur. Cette différence résulte d'une oxydation accompagnée de la
disparition ± complète de certains éléments (lessivage) et de la concentration
d'autres (rétention). Cette masse oxydée ou "chapeau de fer" ou "gossan" est
caractérisée par des cavités appelées "boxworks" laissées par le lessivage des
minéraux utiles et tapissées par endroits des minéraux secondaires
provenant de l'altération du minéral primaire.
L'auréole d'altération des minerais amène souvent un changement
dans la couleur des roches encaissantes, ce qui constitue un traceur des
minéralisations primaires et secondaires.
A. Observation des affleurements
Constitue l'étape principale de la prospection au marteau.
A ce niveau, on doit:
casser le rocher en plusieurs endroits et de préférence à la

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16 COURS DE PROSPECTION MINIERE

masse,
déterminer succinctement la roche, en retenant que sur une
roche mouillée la structure apparaît beaucoup mieux; donc
rafraîchir la paroi;
mesurer la direction et le pendage de la stratification, la
schistosité et les fractures significatives,
rechercher des minéralisations à l'œil nu et éventuellement
à la loupe (analyse macroscopique) pour mettre en évidence
le degré d'altération et les produits oxydés,… On doit se
référer entre autres aux propriétés alignées dans les trois
tableaux suivants :
Tableau 1: Types de boxworks dans la limonite
Boxwork Caractéristiques Couleur Dérivant de
Grossier, angulaire; parois minces, larges,
Cellulaire grossier Ocreux Chalcopyrite
rigides; bulles, masses
Cellulaire grossier Siliceux; parois minces, rigides, angulaires Brun clair Blende
Parois minces, petites, friables, mouchetures, Bornite,
Cellulaire fin Jaune orangé
bulles chalcopyrite
Cellulaire fin Cellules plus fortes, jaspe limonitique "ridé" Brun clair Blende
Cellules arrondies, épaisses, rigides, vides ;
Eponge cellulaire Brunâtre Blende
crépues, beaucoup de silice
Triangulaire Cellules triangulaires; épais, fragile, encroûté Ocre orangée Bornite
Triangulaire Triangulaire, incurvé Ocre orangée Bornite
En courbes Cellules longues, voisines, angulaires, rigides Chocolat Tétraédrite
Chalcosine,
Pas de boxwork; arrangement de grains de
En relief Marron covelline,
sulfure; fragile, poreux, en relief
bornite
Poix de limonite Semblable à de la poix; vernissé, pas de cellules Brun foncé Chalcopyrite
Croûtes de Minces, fragiles, feuillets lamelleux Brun foncé à
Chalcosine
limonite concentriques noir
Plans cubiques parallèles minces de jaspe
Clivages Ocre Orangé Galène
limonitique
Maille du diamant Mailles en forme de diamant Ocre Orangé Galène
Pyramidal Arrangement en marche d'escalier Ocre Orangé Galène
Foliacé Cellules lisses, minces, arrondies Tan à marron Molybdénite

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COURS DE PROSPECTION MINIERE 17

Tableau 2: Couleur des minerais à l'affleurement


Minéral ou métal Couleurs à l'affleurement Composés oxydés
Jaunes, brunes, marrons,
Sulfures de fer Goethite, hématite, limonite, sulfates
rouges
Manganèse Noires Oxydes de Mn
Carbonates, oxydes, silicates, sulfates,
Cuivre Vertes, bleues
Cu natif
Cobalt Noir, rose parfois violacé Oxydes, erythrine
Nickel Vertes Annabergite, garniérite, vaesite
Molybdénite Jaune vif Oxydes de Mo, molybdates de fer
Argent Verdâtre cireux Chlorures,etc., Ag natif
Arsenic Verdâtres, vert jaunâtre Arséniates de fer
Bismuth Jaune Bismuthocres
Cadmium (dans le
Jaune clair Sulfures de Cd
zinc)

Tableau 3: Principaux minéraux fluorescents à l'ultra–violet


Minéraux U.V. de courte λ U.V. de grande λ
Autunite Jaune verdâtre Jaune verdâtre
Anglésite Jaune, rose, blanc Jaune, rouge
Ankérite orangé Rouge
Apatite Jaune, rose, bleu Rose, jaune, bleu
Axinite Bleu clair, bleu, rouge Bleu clair, bleu, vert–jaune
Barytine blanc Rose, blanc
Blende jaune Jaune
Calamine Jaune pâle, bleu Blanc, bleu clair, jaune blanchâtre
Calcite Rose, rouge, rouge orangé, jaune–vert Rose, rouge
Célestine Jaune, blanc, blanc bleuté Blanc, jaune, rose
Cérusite Jaune, blanc Jaune, blanc
Corindon Rouge, jaune–brun, bleu clair Rouge, bleu clair, bleu
Diamant Bleu clair, vert, jaune Bleu clair, vert, jaune
Disthène Rougeâtre Rougeâtre
Dolomie Rouge, blanc, bleu clair Rose, rouge, blanc
Fluorine Bleu Bleu
Giobertite Blanc, bleu clair, rouge Blanc, bleu clair, rouge
Grossulaire Rouge orangé Faiblement jaune verdâtre, rouge
Hydrozincite Blanc bleuté

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Malacon Jaune Jaune


Mimétite Jaune orangé Jaune
Opale Verdâtre
Powelite Jaune Faiblement bleu clair
Pyromorphite Jaune
Scheelite Blanc bleuté, bleu, jaune Orange pâle, orangé, jaune
Smithsonite Bleu clair, blanc, rose Bleu clair, blanc, rose rougeâtre
Spinelle Rouge Rouge
Spodumène Rose, bleu, bleu clair Rouge, rose, bleu
Strontianite Blanc, rouge, bleu, rose Blanc, jaune, vert
Thorite Faiblement vert
Topaze Jaune, vert, rouge Vert clair, rouge rosâtre
Trémolite Jaunâtre, rose orangé, rouge Jaunâtre
Willémite Vert vif Vert vif
Withérite Jaune, blanc, rose Rose, jaune, orangé
Wollastonite Faiblement jaune rosé Faiblement jaune rosé
Zircon Jaune, jaune orangé Jaune, jaune orangé, rose

Tableau 4: Coloration de la rayure des minerais


COULEUR MINERAIS
Blanc Argent, bismuth, blende (quelquefois), calamine, pyromorphite
Bleu Azurite, malachite
Jaune Calomel, limonite, or
Noir verdâtre Chalcopyrite
Noirâtre Cobalt terreux, argyrose (aspect métallique), stannine
Noir Cuivre noir, magnétite, pyrolusite, stéphanine (noir métallique)
Vert Malachite
Blende (brun rougeâtre), cassitérite (brunâtre), fer chromé, franklinite,
Brun
hématite (brun jaune), pyrite de fer (brun noirâtre)
Chalcosine (gris de plomb noirâtre), chloanthite (aspect métallique), pyrite
Gris noirâtre
arsenicale, pyrite magnétique, stibine
Cuivre gris (gris d'acier), galène (gris de plomb), kérargyrite (gris brillant),
Gris
molybdénite, platine
Argent rouge, cinabre, cuivre, cuivre oxydé (rouge brun), sidérose (rouge
Rouge
cerise foncé), nickéline (rouge pâle)

L'échantillonnage se fait par référence à une carte et l'on note la


maille et les profils. On prélève les roches saines, sur paroi rafraîchie.

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B. Les tranchées:
Ce sont de travaux miniers de subsurface auxquels on recourt
lorsque la couche d'altération est peu épaisse (< 5m). Les tranchées sont
rectangulaires et atteignent la formation recherchée.
Leur creusement peut être effectué manuellement (pelles, pioches,
éventuellement marteaux perforateurs et explosifs), mais on tend de plus en
plus à utiliser des engins de terrassement. Elles permettent en les
échantillonnant de découvrir la lithostratigraphie de l'assise concernée par la
prospection ainsi que la minéralisation qu'elle contient.
Dans le cas général, les tranchées doivent être creusées
perpendiculairement à l'alignement probable des indices ou bien à
l'allongement des anomalies géochimiques.
L'échantillonnage se fait sur les parois et le fond de la tranchée par
rainurage et tranches successives selon les différentes assises géologiques
traversées.
Quand la minéralisation est marquée par des éboulis de minerai
sur une pente, la tranchée sera implantée perpendiculairement à
l'alignement des éboulis situés le plus haut de la pente. Elle débutera
quelques mètres en aval de ces éboulis et s'arrêtera en amont d'eux sur des
distances variables, dès que l'une des conditions suivantes aura été remplie:
Sommet de pente atteint,
Passage de la tranchée dans des terrains différents de celui
des éboulis minéralisés, s'il s'agit de roches minéralisées
dans leur masse et non de gangues filoniennes,
Et surtout, minéralisation en place découverte.
On devra prendre des précautions pour éviter le glissement de
terrain.
Les renseignements suivants doivent figurer dans le carnet du
prospecteur minier:
La nature de différents minerais et de la gangue, ainsi que
la manière dont les minéraux utiles sont disposés dans la
gangue (filonnets longitudinaux rubanés ou non, filonnets
transversaux, filonnets anastomosés, plages ou cristaux,

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20 COURS DE PROSPECTION MINIERE

mouches, enduits superficiels)


La nature de la roche encaissante, son degré d'altération et
la présence éventuelle de minéraux particuliers ou de
minéralisation
La relation entre minerai et roches encaissantes (mode de
gisement, sa gangue dans la roche encaissante).
L'échantillonnage se fera par rainurage ou saignée au marteau et
au burin: rainurage vertical si la minéralisation est liée à un niveau
stratigraphique ou à un filon–couche horizontal; rainurage horizontal, situé
à la partie inférieure de la tranchée, si la minéralisation est stratiforme en
contexte plissé ou liée à un filon vertical ou sous forme disséminée. Le
sérieux doit caractériser le prospecteur au cours de cette étape en vue de ne
pas fausser les résultats.
C. Les puits
Lorsque les altérites ont une puissance comprise entre 5 et 20 m,
les tranchées présentent des déficiences. On recourt alors aux puits.
Il s'agit de petits puits de reconnaissance et d'échantillonnage
d'indices et de gisements tabulaires horizontaux ou subhorizontaux. Ils
peuvent être isolés ou disposés suivant un réseau à maille carrée ou
rectangulaire, suivant le stade de la prospection.
Le plus souvent ces puits sont foncés à la main et leur ouverture
est circulaire d'un diamètre de 0.70 à 0.80m.
L'échantillonnage de ces puits peut se faire soit par rainurage sur
les parois, soit par prélèvement sur les terres extraites par mètre
d'approfondissement.
Le rainurage se fait par niveau. Pour différencier les différents
niveaux, on recourt à la couleur, la granulométrie, la composition moyenne.
A défaut des niveaux bien mis en évidence, il faut prendre un échantillon
tous les 50 cm d'une paroi pour remplir un pan ou une batée (récipient de
10 l) de capacité.
Si le puits est profond d'un mètre seulement, prélever les
échantillons sur toute la longueur et sur tous les côtés, les mélanger et
former un tas homogène. En moyenne, prélever 2 à 4 pans.

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COURS DE PROSPECTION MINIERE 21

Les terres extraites sont préalablement rejetées loin du puits et les


environs de celui–ci sont nettoyés sur un rayon de 5 à 6m autour de l'axe du
puits.
On sépare les produits des alluvions de ceux du bedrock plus
riche.
Les tas métriques sont disposés en spirale autour du puits dans le
sens des aiguilles d'une montre et séparés les uns des autres par des
rondins ou des planches en bois. La réduction à un échantillon de petit
volume se fait par quartages successifs.
Si le tas a un volume inférieur à 0.5 m3, on ne procède pas par le
quartage, on le lave en entier.
Aussi, au lieu du quartage, on peut analyser les différents tas et
calculer statistiquement la moyenne des teneurs.
Chaque échantillon doit porter les indications suivantes:
numéro de l'échantillon,
nom du secteur ou du lieu,
localisation aussi précise que possible de l'échantillon,
la nature de l'échantillon éventuellement.
L'échantillon à analyser chimiquement doit préalablement être lavé
et séché et une fraction –témoin doit être gardée.
D. Echantillonnage en sondage
Le sondage est un moyen de prélever des échantillons à des
profondeurs plus ou moins importantes. A de faibles profondeurs, les engins
légers utilisés sont souvent mis en œuvre par le prospecteur lui–même. A des
profondeurs plus importantes, le travail est effectué par des sondeurs
spécialisés, le rôle du prospecteur consistant essentiellement à contrôler la
récupération des échantillons, à les ranger, à les examiner, à faire analyser
ceux qu'il juge intéressants et à établir la coupe de sondage.
Les appareils utilisés sont de deux types:
les appareils dits destructifs (wagons–drills par exemple),
les sondeuses carottières (machines à couronne diamantée
qui, par rotation et pression, découpe la carotte).
L'échantillonnage se fait, soit de manière systématique, soit de

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22 COURS DE PROSPECTION MINIERE

façon sélective.
La longueur à forer par passe à échantillonner est fixée à l'avance
par le géologue, selon la nature des terrains à traverser. En règle générale, la
récupération des échantillons s'effectue à chaque ajout de tige (2.40 m ou
3 m (10 pieds) le plus souvent) en des zones minéralisées.
A la fin de la passe, quand la machine s'arrête, on retire du
récupérateur la totalité de l'échantillon dans un des bacs prévus à cet effet et
on laisse décanter quelques minutes s'il y a lieu.
Selon la quantité d'échantillons recueillis, un quartage est effectué
ou non. Chaque échantillon porte les renseignements ci–après:
nom du chantier, numéro du sondage,
numéro de l'échantillon,
cotes du début et de la fin de la passe, longueur de la
passe.

E. Echantillonnage en galerie
Dans une galerie comme dans un puits en cours de creusement, le
levé géologique et éventuellement topographique, est effectué en même temps
que l'échantillonnage. Chaque front de taille, caractérisé par sa position par
rapport à l'entrée de la galerie et par la date à laquelle il est atteint, fera
l'objet d'un croquis comportant les observations géologiques et
minéralogiques principales. S'il est rainuré pour prise d'échantillons, la
position de la rainure et les longueurs échantillonnées seront notées; sinon
on mesurera des dimensions caractéristiques telles que puissance et
puissance réduite. Toutes ces indications seront reportées sur un registre
d'avancement de travaux. Les résultats des analyses des échantillons
prélevés seront reportés à leur place sur le registre.
F. Echantillonnage automatique à l'usine
A l'usine de concentration, il s'opère automatiquement un
échantillonnage en vue de connaître la qualité des produits concentrés. A cet
effet, on étudie la granulométrie et la teneur de minerai en vue de préciser le
stade de la fragmentation et les différents réactifs (déprimants,
réactivants,…) utiles pour un bon rendement.

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La prospection géophysique

La prospection géophysique consiste en la reconnaissance des terrains à partir de la mesure de certaines


caractéristiques physiques au-dessus de la surface du sol et parfois dans les forages. Elle peut servir d’outil de recherche
des gisements. Elle peut donner des profils continus du terrain et une bonne vue d’ensemble des sites étudiés. Car les
paramètres physiques mesurés permettent de localiser des structures présentant des contrastes (de densité, magnétisme,
conductivité) par rapport à l’encaissant.

La géophysique permet de lever un certain nombre d’indéterminations dans le choix de l’implantation des forages et
d’en réduire le nombre en précisant les zones homogènes. La prospection géophysique présente le gros avantage d’être
non destructive et économique.

Les principales méthodes géophysiques sont :

- les méthodes radiométriques, auxquelles on associe les méthodes gaz fondées sur la radioactivité des minéraux,

- les méthodes gravimétriques basées sur la mesure des anomalies de pesanteur engendrées par l’inégale distribution
de roches de densités différentes,

- Les méthodes sismiques, fondées sur la mesure des vitesses de propagation des ondes sismiques dans le sol,

- Les méthodes magnétiques et électromagnétiques basées sur la mesure des anomalies engendrées par l’inégale
distribution de champ magnétique des roches.

La prospection géochimique

La prospection géochimique consiste en la mesure systématique du contenu en un ou plusieurs éléments en traces


des roches, de sols, des sédiments de ruisseau, de la végétation, de l’eau ou des gaz.

Le but de ces mesures est la mise en évidence d’anomalies géochimiques, c’est-à-dire de la concentration anormale
en certains éléments contrastant nettement avec leur environnement qui représente le fond géochimique ou
background. La formation des anomalies résulte de la mobilité et de la dispersion des éléments concentrés dans la
minéralisation. Une anomalie peut être définie comme toute teneur plus élevée (Anomalie positive) ou plus basse
(Anomalie négative) que le fond géochimique. Son origine peut être due aux pollutions et aux contaminations par les
déblais d’une exploitation minière ancienne ou récente ou par préférence (anomalies formationnelles) à une formation
géologique déterminée (cuivre pour les roches basiques ; le plomb-zinc pour les dolomies) mais sous une forme
minéralogique (silicates à Cu) ou géologique (dispersion fine) qui ne la rend pas économiquement récupérable.

Donc le prospecteur doit distinguer :

La vraie anomalie

La fausse anomalie : pollution, anomalie formationnelle.

Common questions

Alimenté par l’IA

Les cycles orogéniques, tels que le cycle panafricain et le cycle hercynien, jouent un rôle central dans la formation des minéralisations métalliques au Maroc. Par exemple, le cycle panafricain a fortement influencé la formation de minéralisations aurifères et de serpentinites dans l'Anti-Atlas. Le cycle hercynien a conduit à la création de provinces métallogéniques riches en minéralisations polymétalliques, notamment autour des granites hercyniens et à travers des processus ultérieurs de remobilisation. Ces cycles ont structuré géologiquement et paléogéographiquement le territoire, conditionnant ainsi les types et la répartition des gisements .

Le contexte géologique du Maroc central, caractérisé par la présence de granitoïdes hercyniens et d'un socle varié, influence fortement la répartition des minéralisations. Ce contexte favorise le développement de minéralisations pneumatolithiques, pyrométasomatiques, et péribatholitiques au contact des granites hercyniens. Des exemples incluent les gisements à étain d'Achmmach et d'El Karit, les filons de fluorine et le pyrométasomatique autour du granite de Ment. La diversité lithologique et tectonique guide la formation et localisation des minéralisations .

Les remobilisations hercyniennes ont influencé profondément les minéralisations du Maroc en réactivant des structures tectoniques existantes et en facilitant la remobilisation de métaux présents dans le socle préexistant, créant ainsi de nouveaux sites exploitables ou enrichissant des gisements existants. Cela se manifeste par exemple dans les minéralisations cuprifères d'Oumjrane et d'autres gisements poly-métalliques où des circulations hydrothermales lors de l'orogenèse varisque ont re-concentré des métaux précieux ou de base déjà présents de manière diffuse .

Les enjeux économiques et techniques de la prospection minière incluent la nécessité d'une évaluation précise des réserves minérales et de la faisabilité économique des exploitations potentielles. Les enjeux techniques concernent la sélection des méthodes de prospection appropriées (gravimétrie, magnétisme, etc.) pour localiser et évaluer les gisements avec précision. Sur le plan économique, il s'agit d'estimer les coûts d'exploration, de prévoir la rentabilité des exploitations et d'identifier des partenaires (joint ventures) pour le développement minier. Une évaluation réussie repose sur une combinaison optimisée entre enjeux économiques et techniques .

L'indice de minéralisation est un indicateur préliminaire de la présence potentielle d'un gisement minéral. Il est utilisé pour focaliser les efforts de prospection sur des zones d'intérêt géologique, stratigraphique, ou chimique. Ces indices, qui peuvent être morphologiques, lithologiques, ou géochimiques, permettent de réduire rationalement la surface à explorer et d'affiner la stratégie de prospection en concentrant les ressources et les efforts sur les cibles à fort potentiel. Leur identification et analyse sont critiques pour le succès des phases ultérieures de développement minier .

Les défis des minéralisations à Co-Cr du district de Bou Azzer incluent la localisation et exploitation dans des terrains difficilement accessibles, ainsi que le défi technique de la séparation et valorisation des éléments cobalt et chrome qui sont spatialement et génétiquement liés aux serpentinites. Pour surmonter ces obstacles, il est essentiel d'améliorer les techniques d'extraction et de traitement, d'utiliser des méthodes géophysiques et géochimiques avancées pour une exploration optimale, ainsi que de développer des infrastructures adéquates pour faciliter l'accès .

Les minéralisations polymétalliques filoniennes au Maroc, généralement associées à des phases orogéniques tardives ou post-orogéniques, diffèrent des minéralisations du cycle panafricain qui sont souvent liées à des évènements de rifting et de tectonique active. Les minéralisations filoniennes incluent des gisements comme ceux de l'Anti-Atlas, comprenant des minéralisations à Au-Cu ou à Ag, tandis que le cycle panafricain a généré des minéralisations exhalatives et d'autres liées à des serpentinites. Les contextes géologiques et tectoniques spécifiques de chaque minéralisation expliquent leurs formations distinctes .

La cartographie géologique et la télédétection sont essentielles à la prospection minérale en offrant une vue détaillée et stratégique des zones à potentiel minéralisatoire. La cartographie géologique fournit une représentation précise des formations géologiques, facilitant ainsi l'identification des structures favorables aux minéralisations. La télédétection, via images satellites ou photos aériennes, permet de détecter des anomalies géomorphologiques et des structures tectoniques cachées, telles que failles ou altérations, qui sont souvent associées à des gisements minéraux .

Les principales techniques de prospection minière incluent les méthodes géophysiques, géochimiques, géobotaniques et la télédétection. Les méthodes gravimétriques mesurent les anomalies de densité dans le sol; les méthodes sismiques évaluent les vitesses de propagation des ondes; les méthodes magnétiques détectent les variations du champ magnétique; enfin, les méthodes géochimiques identifient les anomalies chimiques par une analyse des sols, des roches et des végétaux. Ces techniques permettent de localiser les gisements en identifiant des indices minéralisés, leur position, forme et concentration, facilitant ainsi l'évaluation des quantités exploitables .

Les minéralisations du cycle alpin sont classées par époque métallogénique et phase tectonique, avec une distinction entre les minéralisations filoniennes de la phase pré-atlasique et les minéralisations stratiformes générées par des cycles de transgression marine. Contrairement aux autres cycles, ces minéralisations sont largement reparties et influencées par des phases tectoniques distinctes, comme le rifting pré-atlasique qui a engendré des minéralisations filoniennes de basse température encaissées dans des couvertures triasiques-jurassiques .

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