Importance des Mines au Maroc
Importance des Mines au Maroc
De l’importance des mines au Maroc/ sanales essentiellement dans les régions de Tafilalet et du
Importance of the Moroccan Mining Sector Haut Atlas oriental, qui opèrent dans divers petits gise-
ments de plomb, de zinc, et de barytine. Un organisme
Le site « Portail du Maroc » (Anonyme, 2011a) rappelle en d'Etat : la Centrale d'Achat et de Développement de la ré-
ces termes comment l’exploitation minière s’est dévelop- gion du Tafilalet et de Figuig (CADETAF) a été consti-
pée dans le Royaume et la place qu’elle occupe dans l’éco- tuée, en 1960 en vue d'encadrer, équiper, former et assister
nomie nationale : techniquement ces exploitations artisanales.
Le secteur des mines occupe une place de choix dans Nous ne développerons pas l’aspect historique de l’ex-
l'économie marocaine, il représente près de 21 % des re- ploitation minière au Maroc au Moyen Âge ou dans les
cettes d'exportation et emploie 40 000 personnes environ. premiers temps du Protectorat, malgré l’intérêt que ce sujet
L'exploitation minière a été l'une des activités éco- présente (Saadi, 1969, 1982a ; Gandini, 2011). En re-
nomiques les plus exercées par la population marocaine au vanche, cette introduction aux principales mines maro-
cours des siècles. Les technologies minières marocaines caines vise à donner l’inventaire actuel de ces mines et,
comme le travail du cuivre et la fabrication de l'acier ont s’agissant des mines métalliques, à montrer comment elles
été transmises au-delà des frontières, à l'Europe notam- se répartissent en « provinces métallogéniques » homo-
ment à travers l'Espagne musulmane et le sud de la France. gènes génétiquement.
Dès le début du XXème siècle, des gisements impor- Bref inventaire des mines marocaines/
tants de phosphates, de plomb, de zinc, de fer, de manga-
nèse etc., ont été découverts. En matière de phosphate, le
Overview of the Moroccan Mines
Maroc renferme les trois-quarts des réserves connues sur Avant de dresser l’inventaire du secteur minier marocain, il
la planète. Il est le premier exportateur et le troisième pro- faut préciser que nous laissons de côté les ressources en ma-
ducteur de phosphates bruts à l'échelle mondiale. L'ex- tériaux rocheux destinés à la construction et exploités en
ploitation des phosphates constitue un monopole de l'Etat carrière (marbres, calcaires et dolomies pour granulats,
représenté par l'Office Chérifien des Phosphates (OCP) sable, argiles pour les briqueteries, marnes pour les cimen-
créé en 1920. Cette exploitation se fait dans des conditions teries, gypse pour le plâtre, sel pour l’alimentation ou la chi-
avantageuses, extraction facile à ciel ouvert et teneur forte mie…), bien que leur impact économique soit important.
qui permettent un traitement consistant simplement en un Pour les roches ornementales, on pourra se référer à Perrier
séchage et un épierrage. (1995). Notre objet se limite aux mines exploitant des mi-
Pour les autres minerais, l'Etat intervient depuis nerais, dont la découverte et l’extraction réclame plus de sa-
1928, avec le BRPM (Bureau de Recherches et des Parti- voir-faire technique et géologique et qui, une fois extraits,
cipations Minières), puis l’ONHYM (Office National des sont généralement soumis à des traitements plus ou moins
Hydrocarbures et des Mines, créé en 2005 par la fusion complexes pour obtenir une substance commercialisable.
entre le BRPM et l’ONAREP), afin de promouvoir et de Reconnaissons toutefois que la limite entre ces domaines
stimuler la mise en valeur des ressources minières du pays. est floue : le charbon est typiquement exploité en mine, mais
Il intervient pour toute recherche visant la valorisation des n’est pas un minerai ! Quant aux marnes bitumineuses, elles
substances minérales, phosphates mis à part. ressortissent autant du secteur minier que de celui des hy-
Par ailleurs, il existe des exploitations minières arti- drocarbures… L’inventaire qui suit est pour une large part
emprunté à l’article publié récemment par A. Azza (2008).
1 Direction de l’Infrastructure géologique et de l’Exploration minière, Office Natio-
Les mines citées sont localisées sur la figure 1, établie sur la
nal des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM), BP 99, Rabat, Maroc. E-mail : base de la carte synthétique publiée par Abarro et al. (1998).
MOUTTAQI@[Link]
2 Ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, Direction du - Le charbon : Des mines d’anthracite du Carbonifère su-
Développement Minier, Division du Patrimoine, BP 6208 Rabat Instituts, Maroc. périeur étaient exploitées industriellement à Jerada, au sud
E-mail : [Link]@[Link]
3 Univ. Paris Sud et Ecole Normale Supérieure, 10 rue des Jeûneurs, 75002 Paris.
d’Oujda, jusqu’en 2001. Depuis la fermeture de la mine, il
E-mail : andremichard@[Link] subsiste une exploitation artisanale, qui se fait malheureu-
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FIG. 1 : Localisation des mines marocaines les plus importantes, classées selon leur état (exploitées récemment, en exploitation, en développement), d’après Abarro et al. (1998),
Azza (2000), et les données actuelles. Attention : d’assez nombreuses mines décrites dans le présent volume ne sont pas reportées sur cette figure par souci de lisibilité.
FIG. 1 : Location of the most important mines of Morocco, classified according to their present status (recently exploited, active or under development), after Abarro et al.
(1998), Azza (2000) and the present-day data. Caution: several mines described in this volume are not plotted on this map for ske of clarity.
sement dans des conditions souvent très précaires. - Le sel : En laissant de côté les marais salants, les gisements
- Les marnes bitumineuses (« schistes bitumineux » des de sel correspondent aussi à d’anciennes couches sédimen-
industriels) ont en commun avec les charbons d’être une taires, appartenant aux bassins triasiques. De ce fait, ils sont
ressource de combustible fossile, mais au lieu d’être une largement dispersés dans tout le pays, avec une trentaine de
ressource en voie d’abandon, c’est une ressource en voie permis d’exploitation, dans le Haut Atlas près de Toundout
de développement. Les gisements les plus prometteurs, as- ou Telouet, la côte atlantique (Safi), le sillon prérifain (Khe-
sociés aux marnes du Crétacé supérieur, se localisent dans misset) et le Prérif (Tissa). On exploite les couches ou
le Moyen Atlas (Timahdite) et le bassin de Tarfaya. masses salines (diapirs) le plus souvent par lessivage et éva-
poration (aucune mine de sel n’est décrite dans ce guide).
- Les phosphates représentent des tonnages énormes et
constituent des couches sédimentaires continues dans les - Les gisements ferrifères : Il s’agit parfois de gisements
plateaux crétacés-éocènes proches de la marge atlantique. d’hydroxydes de fer en couches sédimentaires comme les
Quatre districts sont bien connus et largement exploités: précédents : c’est le cas des couches de fer oolithique d’âge
Khouribga, Benguerir, Youssoufia au nord, et Boukraa au ordovicien, comme dans l’ouest ou le sud de l’Anti-Atlas
sud. D’autres indices sont connus ailleurs au nord (Mes- (Tachilla, Imi n’Tourza) ou le Massif central (Aït Ammar).
kala, Chichaoua) et sont en cours de reconnaissance. D’autres gisements sont des minéralisations sulfurées po-
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lymétalliques, comme ceux de la région de Marrakech, connus et exploités. On signalera d’abord le gisement
d’âge hercynien (Kettara, Draa Sfar, Hajjar) ou oxydées et d’Iourirn, dans la région d’Akka qui est en cours d’ex-
sulfurées, comme le district de Ouixane, dans la région de ploitation mais on signalera aussi l’ancien gisement de
Nador (gîtes liés au magmatisme néogène du Rif). Tiouit, dans le Saghro, qui était exploité pendant la
- Les gisements plombo-cupro-zincifères : Ils constituent deuxième moitié du siècle dernier. Un gisement de cuivre
le groupe le plus important des minerais métalliques, en aurifère est en cours d’exploitation dans la région de Sek-
quantité de gîtes connus. On les trouve dans pratiquement saoua (Haut Atlas occidental, au sud d’Imi n’Tanout). Un
tous les contextes géodynamiques du pays. Les plus im- autre gîte (Menhouhou-Jbel Malek) est en cours d’exploi-
portants sont Touissit-Bou Beker dans la région d’Oujda, tation dans le Tamlelt au sud-ouest de Bou Arfa.
Tighza-Jbel Aouam (province de Khénifra), Hajjar (près - Les gisements antimonifères : Plusieurs gisements ont
de Marrakech), Bleïda (au sud de Ouarzazate), et le dis- été exploités dans le Maroc Central, le Moyen Atlas (Ta-
trict de la Haute Moulouya. zekka) et le Rif (Beni Mezala).
- Les gisements stanno-wolframifères : On signalera dans - Les gisements fluo-barytiques : Le Maroc est l’un des
le cadre des minéralisations en étain et tungstène les gîtes principaux producteurs mondiaux de barytine. Plusieurs
d’Oulmès (Massif central) et d’Azegour (Haut Atlas occi- districts sont connus. On citera en particulier le Jbel
dental, avec molybdène). Les travaux entrepris dans la ré- Ighoud (Jebilet occidentales), Zrahina, dans le Maroc Cen-
gion d’Achmmach (Maroc Central) ont mis en évidence tral, et le Tafilalt. Mais le plus grand gisement reste celui
des occurrences qui sont en cours de développement. de Zelmou, dans la région de Bou Arfa. Concernant la
- Les gisements cobalto-nickélifères : Si des indices de fluorine, le plus grand gisement en cours d’exploitation est
nickel sont connus en association avec des roches basiques celui d’El Hammam. Un autre gisement est exploité sur le
du Rif et du Haut Atlas central, il n’en reste pas moins que flanc nord de l’Ougnat (El Hamda-Touroug), également
le seul gisement exploité est celui de Bou Azzer (au sud pour la barytine. D’autres gisements ont été exploités dans
de Ouarzazate). Ce district aurait été découvert parce que la région de Taourirt (Jbel Tiremmi).
les autochtones avaient noté les capacités raticides d’un - Les gisements de Terres rares, niobium, tantale : Il
arséniure de cobalt, l’érythrine ; celui-ci est devenu l’un s’agit là de gisements en cours de développement, locali-
des minéraux les plus recherchés par les collectionneurs sés dans la région des Ouled Delim, au sud de Dakhla (Gli-
du monde entier… bat Lafhouda). Leur exploitation pourrait se justifier dans
- Les gisements manganésifères : La région de Ouarza- le futur du fait de l’importance de ces métaux dans l’in-
zate constitue l’une des provinces métallogéniques les plus dustrie de haute technologie.
riches en indices de cet élément. C’est dans cette région
Les provinces métallogéniques du Maroc/
qu’un minéral dénommé marokite a été découvert au début
des années 60. Aujourd’hui, seul le gisement d’Imini est en The Moroccan Metallogenic Provinces
exploitation. D’autres districts sont connus et ont fait l’ob- La diversité du secteur minier marocain a été visualisé par
jet d’exploitation : citons en particulier le gisement de Bou une succession de cartes synthétiques au 1/500 000 (feuille
Arfa (Haut Atlas oriental). Oujda seule ; Bauchau, 1969) ; au 1/2 000 000, couvrant
- Les gisements argentifères : S’il existe un gisement qui l’ancien Maroc (Agard et al., 1962 ; Emberger, 1969), puis
mérite une mention spéciale, ce serait bien le gisement tout le nouveau Maroc (Saadi, 1982b) ; et enfin au
d’Imiter. Il a fait le bonheur des tribus locales et la richesse 1/1 000 000 (Anonyme, 2000). La richesse de cette der-
de plusieurs dynasties, dont les Almoravides. L’ampleur des nière carte, appuyée sur 38 références bibliographiques,
vestiges des travaux « anciens » montre à quel point l’in- apparaît assez sur l’extrait que montre ici la figure 2 !
dustrie minière était développée dans la région. De plus, S’agissant des ressources en métaux de base ou autres, les
c’est l’un des rares gisements de par le monde à être exploité gisements et indices miniers au Maroc se regroupent au
pour l’argent en tant que minéral principal et avec une as- sein de « provinces métallogéniques » (fig. 3). Chacune
sociation minérale essentiellement argentifère. Signalons est définie en liaison avec les grands événements géody-
dans ce cadre la découverte en 1983 d’un nouveau minéral namiques qui ont façonné la géologie du pays (sur l’évo-
qui a été dénommé « imiterite » en référence à ce gisement. lution géodynamique du Maroc, voir le volume 1 des
Un autre district, Zgounder, est connu dans le Siroua, qui a Nouveaux Guides). Le tableau 1 dérive, avec diverses mo-
fait aussi l’objet d’exploitation par les Anciens. difications, de celui que présente le site web de l’ONHYM,
- Les gisements aurifères : Le Maroc n’a pas la réputation Office National des Hydrocarbures et des Mines (Ano-
d’être un pays aurifère au même titre que certains autres nyme, 2011b). Soulignons que dans chacune de ces pro-
pays africains. Toutefois, plusieurs indices et gîtes sont vinces, les minéralisations économiques (suffisamment
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FIG. 2 : Extrait de la carte des gîtes minéraux du Maroc au 1/1000 000 (Benali, 2000) montrant le secteur de l’Anti-Atlas oriental. Toutes les mines et tous les indices
miniers significatifs sont reportés, ce qui explique la densité des figurés.
FIG. 2 : Excerpt of the Map of mineral deposits of Morocco, scale 1/1 000 000 (Benali, 2000) showing the eastern Anti-Atlas region. All the mines and prospects are
plotted, which explains the dense clusters of symbols.
TABLEAU 1 : Répartition des principales minéralisations marocaines en relation avec les cycles géodynamiques et les sites structuraux majeurs (Anonyme, 2011b, modifié).
TABLE 1 : Distribution of the main Moroccan mineralizations in relation to the major geodynamic cycles and structural sites (Anonymous, 2011b, modified).
concentrées) résultent souvent de l’addition d’événements des Oulad Delim, charriées sur le craton, sont éventuelle-
échelonnés sur plusieurs cycles géodynamiques successifs. ment d’âge hercynien.
Les lignes qui suivent résument les caractères essentiels Les minéralisations les plus remarquables de cette pro-
de ces provinces métallogéniques. Les mines décrites dans vince sont celles des carbonatites à Fe, U, Terres rares, Ta,
la suite du volume apparaissent en italique. Nb des Glibat Lafhouda, Agracha, Twihinate. Leur âge
reste à ce jour indéterminé, mais la géométrie fréquem-
Minéralisations liées au craton archéen (Dorsale
Reguibate) et aux nappes superposées (Ouled Delim) ment annulaire de ces intrusions de carbonatites ferrifères
fait penser à un magmatisme tardif (Province alcaline cré-
Les plus anciennes minéralisations, liées éventuellement tacée péri-atlantique ?).
à l’évolution archéenne elle-même (greenstone belts), sont
quelques indices de « fer rubané » métasédimentaire/exha- Minéralisation liées au socle éburnéen
latif (voir Rjimati et al., 2011), comparables à celui du gi- (boutonnières de l’Anti-Atlas)
sement exploité à Zouerate (Mauritanie). Le socle éburnéen du craton de l’Ouest africain (West Afri-
Les veines de quartz aurifère de Lafwila, associées à des can Craton, WAC) forme le socle des boutonnières anti-at-
couloirs de décrochement dans les nappes hercyniennes lasiques au sud de la suture panafricaine. Des gisements
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aurifères de type « or orogénique » semblent liés à l’évo- Néoprotérozoïque moyen, mais une évolution polycy-
lution éburnéenne, d’âge paléoprotérozoïque. Le plus im- clique ne peut être exclue ;
portant est celui exploité à Iourirn (boutonnière de Tagragra ● Dans le domaine océanique, on note principalement les
d'Akka), mais l’âge de la minéralisation est discuté (data- minéralisations du district de Bou Azzer à Co-Cr (liées
tions hercyniennes). D'autres occurrences se trouvent dans génétiquement et spatialement aux serpentinites) et les
les boutonnières de Kerdous, Zenaga, Ighrem et Tata. minéralisations aurifères de Tafrent dans le massif de
Dans ce socle éburnéen existent aussi des minéralisations Sirwa, encaissées par des amphibolites dans un contexte
pneumatolytiques à béryl, micas et feldspaths encaissées comparable à celui des roches vertes.
essentiellement dans des filons de pegmatite paléoproté- Minéralisations à métaux précieux en contexte d’arc mag-
rozoïques. matique tardi-orogénique
Minéralisations liées au cycle panafricain Les minéralisations les plus typiques de ce contexte sont
(boutonnières de l’Anti-Atlas) localisées dans l’Anti-Atlas oriental, au sein des massifs du
Saghro et de l'Ougnat. Il s'agit des minéralisations à Au-Cu
Le cycle orogénique du Néoprotérozoïque, ou cycle pana- de Tiouit, du gisement argentifère de classe mondiale d’Imi-
fricain, a profondément affecté la bordure nord du WAC, ter, des minéralisations aurifères de Qalaat Mgouna, des
et contrôlé ses importantes minéralisations (fig. 4), tant minéralisations à tungstène de Taourirt Tamellalt et de nom-
dans la zone de la suture panafricaine (ophiolites et arc breuses minéralisations filoniennes polymétalliques comme
magmatique) qu’au sud de la suture, dans le domaine mé- Boumadine, Tizi Moudou, Assif Imider ainsi que de dissé-
tacratonique. minations dans le Protérozoïque terminal de Ouarzazate.
Minéralisations à Co-Cr et Au-Cu liées au rifting et drift- Minéralisations de cuivre stratoïdes dans le Paléozoïque
ing pré-panafricain inférieur
Le rifting et l’ouverture océanique du Néoprotérozoïque Avec une typologie qui rappelle les kupferschiefers, ces
inférieur ont conditionné la genèse des minéralisations minéralisations post-panafricaines sont situées en général
dans deux domaines paléogéographiques : à la base de la transgression cambrienne (Adoudounien)
● Dans la plate-forme, le rifting pré-panafricain est res- au-dessus du socle protérozoïque de l'Anti-Atlas. Le
ponsable d'une importante activité exhalative à l'origine contrôle paléogéographique de ces minéralisations cupri-
des minéralisations de cuivre de Bleïda, et d’or à Bleïda fères se manifeste par leur localisation à proximité et au-
Far-West ; les minéralisations sont encaissées dans le tour de paléoreliefs précambriens (Tazalarht, Agjgal) ou
FIG. 4 : Les principales mines de l’Anti-Atlas, d’après Gasquet et al. (2008), modifié.
FIG. 4 : The Anti-Atlas major mines, after Gasquet et al. (2008), modified.
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de volcans infracambriens (J. N’zourk, J. Laasal) et par néralisations filoniennes de la phase de rifting pré-atlasique,
leur situation dans un même niveau stratigraphique régio- de nombreuses minéralisations sont stratiformes et générées
nal. Cependant, le rôle des remobilisations hercyniennes dans un contexte sédimentaire lié aux différents cycles de
est important dans les deux derniers exemples cités, et a transgression marine. En raison de la très large répartition
fortiori dans le cas de la mine de cuivre d’Oumjrane, en- géographique des minéralisations, il est préférable de les
caissée dans l’Ordovicien au sud du Saghro. classer par époque métallogénique et/ou phase tectonique.
Minéralisations liées au cycle hercynien Minéralisations filoniennes BPGC de la phase pré-atlasique
Cette phase cassante est responsable de nombreuses mi-
Le socle hercynien constitue également une province mé-
néralisations filoniennes de basse température, encaissées,
tallogénique très productive dont les minéralisations se ré-
soit dans le socle paléozoïque, soit dans les couvertures du
partissent en sous-provinces de la manière suivante :
Trias-Jurassique. Nous signalons principalement les filons
Sous-province à amas sulfurés de Meseta occidentale plombifères du Tafilalt et Addana, les filons de Pb-Cu-Zn
des Jebilet et du Haut Atlas central, et les filons de bary-
Elle est caractérisée par des minéralisations polymétal- tine du J. Irhoud (Jebilet occidentales) et du Haut Atlas.
liques volcanogènes stratiformes (VMS) liées au volca-
nisme tholéitique pré-orogénique de la Meseta occidentale. Minéralisations stratiformes de type red beds ou analogue
Les gisements les plus importants se trouvent dans la ré- Pour ce type de minéralisation, la concentration des mé-
gion des Jebilet centrales et du massif de Guemassa, avec taux s’est faite le plus souvent à la base de la couverture sé-
les mines de Hajjar, Draa Sfar, Kettara et Koudiat Aïcha. dimentaire transgressive sur le socle paléozoïque. Dans les
Sous-province à minéralisations péri-batholitiques (Maroc couches rouges du Trias, les principales minéralisations
central, Haut Atlas occidental) sont celles des red beds plombifères de Zeïda (Haute Mou-
louya), et les occurrences de cuivre d'Argana. Dans le Ju-
Cette sous-province métallogénique est définie par les mi- rassique transgressif, on rencontre les gîtes stratiformes de
néralisations liées aux granitoïdes hercyniens. Dans le manganèse de Bou-Arfa et de Tiharatine, et les red beds à
Maroc central, il s’agit des minéralisations pneumatoly- Pb-Cu de Sidi-Rahmoune. Enfin, dans le Crétacé, les mi-
tiques ou de départ acide à étain d'Achmmach, le gisement néralisations les plus importantes sont les concentrations
d'étain d'El Karit, le filon de fluorine d'El Hammam, celui de manganèse d'Imini, où les phénomènes karstiques ont
à F-Pb-Ba-Ag de Zrahina, les concentrations pyrométaso- joué un rôle décisif, et les minéralisations en plomb, zinc
matiques à Sn-W autour du granite de Ment et les filons à et cuivre de Merija et de Tansrift.
Pb-Sb ou Pb seul, dont le plus important est celui de
Tighza-J. Aouam. Dans les Jebilet, cette catégorie est re- Minéralisations Pb-Zn de type Mississipi Valley
présentée par les skarns de Sidi Bou Othmane et les miné- Dans ces gisements, les séries carbonatées du Jurassique
ralisations en argent de Koudiat El Beida (Roc Blanc) et de déposées sur des zones de hauts-fonds constituent l’en-
Koudiat Hamra. Enfin, dans le Bloc ancien du Haut Atlas caissant d’importants dépôts de plomb-zinc. Ce sont des
occidental, existent le gisement pyrométasomatique à W- minéralisations stratoïdes karstiques ou filoniennes, en-
Cu-Mo d'Azegour et les minéralisations de W-Sn-Cu-Au caissées par des dolomies. Les gisements les plus impor-
autour du massif du J. Tichka (gisement cuprifère d’Ifri tants sont ceux de Touissit-Bou Beker, Beddiane et Oued
N’Jenjar dans le Seksaoua). Mekta (Chaîne des Horsts) et de Mibladen (Haute Mou-
Remobilisation paléozoïque de minéralisations protérozoïques louya), ce dernier associé aux filons minéralisés d’Aouli,
dans le socle sous-jacent. La mine de Zeida citée plus haut
Le gisement aurifère du J. Malek (Menhouhou-Tamelelt), (gisement de type Grès rouges) appartient au même dis-
au sud de l’Atlas oriental paraît résulter de la remobilisa- trict. Dans le Rif, il est intéressant de citer le gisement Pb-
tion varisque d’une minéralisation semblable à celles du Zn d'Adeldal dans la Dorsale calcaire, encaissé dans une
Saghro-Ougnat. De même, le gîte polymetallique aurifère dolomie zébrée du Trias.
d’Azouggar N’Tilili (Pb, Zn, Ag, Au) est vu comme le ré-
sultat de circulations hydrothermales au travers du socle Minéralisations liées aux intrusions jurassiques
éburnéen du Bas Draa pendant l’orogenèse varisque. On a Ce sont les occurrences de nickel associées aux intrusions
cité plus haut le cas des mines de cuivre du J. N’Zourk, du de gabbros troctolitiques dans le Haut Atlas central (Tas-
J. La’sal et d’Oumjrane. sent et Tirrhist). On rencontre aussi des minéralisations Pb-
Zn dans la même région, le plus souvent localisées à
Minéralisations liées au cycle alpin
proximité des intrusions basiques, mais qui semblent ce-
Le cycle alpin se caractérise par des minéralisations de mé- pendant du type Mississipi Valley : Aguerd n’Tazoult, Ali
taux de base et de minéraux industriels. En dehors des mi- Ou Daoud. Les minéralisations cuprifères dans le Crétacé
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inférieur (Tansrift) pourraient dériver du lessivage de mi- lisées dans les régions de Safi, Essaouira, Agadir et Saïdia.
néralisations liées aux intrusions. Sur le granite d'Oulmès, existe un placer éluvial à cassitérite.
Minéralisations liées aux intrusions néogènes Visite des mines du Maroc région par région/
Dans la région de Nador, des skarns ferrugineux se sont Visiting the Moroccan Mines Region by Region
formés dans les bancs carbonatés du Jurassique-Crétacé
inférieur des Beni Bou Ifrour, au toit des diorites néo- Les principales mines du Maroc sont présentées dans les
gènes (Ouixane). Dans la même région, les tuffites et ci- pages qui suivent région par région, conformément à la vo-
nérites acides altérées fournissent des bentonites. cation des Nouveaux Guides. Les dix régions distinguées
apparaissent sur deux cartes géologiques schématiques,
Placers l’une représentant le nord du Maroc (fig. 5A), et l’autre le
Les principaux placers se localisent sur le littoral marin. Le sud (fig. 5B). Au début de chacune des dix sections corres-
plus important est celui à Zr-Ti de Bouissafen dans la ré- pondantes, la position des mines se trouvera précisée par
gion de Tarfaya. Des occurrences de même type sont loca- une carte routière et une carte géologique ou une image
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FIG. 5 : Présentation des mines marocaines en 10 secteurs régionaux, retenue dans le présent volume.- A : De l’Anti-Atlas au Rif.- B : Les Provinces sahariennes.
FIG. 5 : Presentation of the Moroccan mines following 10 regional groups, used in the present volume.- A : From the Anti-Atlas to the Rif Mountains.- B : Saharan rovinces.
Landsat interprétée. En outre, un tableau résumera les ca- effectuer la visite, deux cas se présentent :
ractéristiques essentielles des mines faisant l’objet des
fiches descriptives. Certaines mines sont aussi l’objet d’ar- - Si la mine est à l’arrêt, sa visite est libre… aux risques
rêts géologiques dans les divers circuits des volumes 2 à 8 et périls du visiteur (il convient d’être extrêmement at-
des Nouveaux Guides : les références correspondantes sont tentif aux risques de chutes de pierres, les falaises des
indiquées dans les tableaux régionaux et dans chaque fiche. carrières étant encore généralement hors équilibre) ;
Pour visiter les mines décrites, trouver leur emplacement - Si la mine est en activité, il faut prendre contact, de pré-
sera chaque fois aisé grâce aux figures cartographiques férence à l’avance, avec l’exploitant afin d’obtenir une
placées en tête de chaque fiche et aux coordonnées GPS in- permission d’accès et, en général, une visite guidée,
diquées au paragraphe « Localisation ». En revanche, pour qui sera d’autant plus instructive.
Les gisements et indices miniers au Maroc se regroupent au sein de provinces
métallogéniques établies en liaison avec les grands événements géodynamiques qui
ont caractérisé la géologie du Maroc.
Dans ce socle cratonisé, l'orogenèse éburnéenne est responsable de la formation de gisements aurifères de type or orogénique
dont le plus important étant celui d'Iourirn (boutonnière de Tagragra d'Akka). D'autres occurrences se trouvent dans les boutonnières
de Kerdous, Zenaga, Ighrem et Tata. Dans ce socle, existe aussi des minéralisations pneumatolithiques à béryl, micas et feldspaths
encaissées essentiellement dans des filons de pegmatites.
Cet évènement a conditionné la genèse des minéralisations dans les deux domaines paléogéographiques qu'il a structurés :
Dans la plateforme, le rifting pré-panafricain est responsable d'une importante activité exhalative à l'origine des
minéralisations de cuivre de Bleida ;
Dans le domaine océanique, on note principalement les minéralisations du district de Bou Azzer à Co-Au (liées
génétiquement et spatialement aux serpentines) et les minéralisations aurifères de Tafrent dans le massif de Sirwa,
encaissées par des amphibolites dans un contexte comparable à celui des roches vertes.
Dans ce contexte, les minéralisations les plus typiques sont localisées dans les massifs de Saghro et de l'Ougnat. Il s'agit des
minéralisations à Au-Cu de Tiouit, du gisement argentifère d’Imiter, des minéralisations aurifères de Qalaat Mgouna, des
minéralisations à W de Taourirt Tamellalt et de nombreuses minéralisations filoniennes polymétalliques comme Boumadine, Tizi
Moudou, Assif Imider ainsi que les disséminations dans le Protérozoïque terminal dans la région de Ouarzazate.
Avec une typologie qui rappelle les kupferschiefers, ces minéralisations (post-panafricaines) sont situées à la base de la
transgression infracambrienne sur le socle protérozoïque de l'Anti-Atlas. Le contrôle paléogéographique de ces minéralisations
cuprifères se manifeste par leur localisation à proximité et autour des paléoreliefs précambriens et leur situation dans un niveau
stratigraphique régional.
Le cycle hercynien constitue également une province métallogénique très productive dont les minéralisations se répartissent en
sous-provinces de la manière suivante:
Elle est caractérisée par des minéralisations polymétalliques volcanogènes liées au volcanisme pré-orogénique de la Meseta
occidentale. Les gisements les plus importants pour ce type sont: Hajar, Draa Sfar, Kettara et Koudiat Aïcha.
Le terme de province métallogénique ne traduit pas avec fidélité la répartition de telles minéralisations car celles-ci se rencontrent
partout au Maroc hercynien. Il est donc préconisé d'utiliser la notion d'époque métallogénique hercynienne qui se traduit par des
minéralisations autour des granitoïdes hercyniens. Dans le Maroc central, nous avons les minéralisations pneumatolithiques ou à
départ acide à étain d'Achmmach, le gisement d'étain d'El Karit, le filon de fluorine d'El Hammam, celui à F-Pb-Ba-Ag de Zrahina,
les concentrations pyrométasomatiques à Sn- W autour du granite de Ment et les filons à Pb-Sb ou Pb seul dont le plus important
étant celui de Tighza. Dans les jebilet, nous avons les skarns de Sidi Bou Othmane, Argent de Koudia El Beida et de Koudiat Hamra
et enfin, dans le Haut Atlas, existent le gisement pyrométasomatique à W-Cu-Mo d'Azegour et les minéralisations de W-Sn-Cu-Au
autour du massif de Tichka.
Récemment, de nouveaux types de minéralisations hercyniennes ont été mises en évidence comme celles de Jbel Malek (Au)
(région de Tan-Tan) et Azouggar N’Tilili (Pb, Zn, Ag, Au) (région de Bas Draa).
Le cycle alpin se caractérise par des minéralisations de métaux de base et de roches et minéraux industriels. En dehors des
minéralisations filoniennes de la phase pré-atlasique et de la compression post-jurassique, de nombreuses minéralisations sont
stratiformes et générées dans un contexte sédimentaire lié aux différents cycles de transgressions marines. En raison de la très large
répartition géographique des minéralisations, il est préférable de les classer par époque métallogénique et/ou phase tectonique.
Minéralisations filoniennes BPGC de la phase pré-atlasique
Cette phase cassante est responsable de nombreuses minéralisations filoniennes, de basses températures encaissées soit dans le
socle paléozoïque soit dans les couvertures du Trias-Jurassique. Nous signalons principalement les filons plombifères de Tafilalet
et Addana, les filons de Pb-Cu-Zn des Jebilet et du Haut-Atlas central et les filons de barytine des Jebilet occidentales et du Haut-
Atlas.
Pour ce type de minéralisations formées dans un contexte sédimentaire, le contact socle couverture a joué un rôle
paléogéographique très important dans la concentration des métaux.
Dans le Trias, les principales minéralisations sont celles de type red-bed plombifère de Zayda, les occurrences de cuivre d'Argana
et les concentrations de sel gemme, de gypse et de potasse de Mohammedia et de Safi. Dans le Jurassique existent des gîtes stratifor-
mes de manganèse de Bou-Arfa et de Tiharatine, le red-bed à Pb-Cu de Sidi-Rahmoune et les gisements de gypse et d'anhydrite du
bassin de Safi. Dans le Crétacé, les minéralisations les plus importantes sont les concentrations de manganèse d'Imini, les
minéralisations à plomb, zinc et cuivre de Merija et de Tansrift, les minéralisations phosphatées dans les bassins de Khouribga,
Gantour, Oulad Abdoun et Bou Kraa et les marnes et les schistes bitumineux dans les secteurs de Tarfaya, Boujdour, Timahdit et
de Tanger.
Pour ce type de gisement, le Jurassique constitue une importante époque métallogénique. Ce sont des minéralisations stratoïdes
kastiques ou filoniennes, encaissées par des dolomies. Les gisements les plus importants sont ceux de Boubker-Touissit, Beddiane,
Oued Mekta et Mibladen. On rencontre aussi de telles minéralisations dans le Haut-Atlas oriental et central et sont le plus souvent
localisées à proximité des intrusions basiques. Dans le Rif, il est intéressant de citer le gisement Pb-Zn d'Adeldal situé dans la
dorsale calcaire et encaissé par une dolomie zébrée du Trias.
Ce sont les occurrences de nickel associées aux intrusions de gabbros troctolitiques dans le Haut Atlas central (Tassent et
Tirrhist).
Les principaux gisements associés à ce volcanisme sont les concentrations de bentonite et de perlite dans le Rif oriental. Les
principaux gisements de bentonite sont ceux de Gourougou, de Tidiennit, d'Amjar, de Terbia, d'Ihammachene, d'Azzouzet,
d'lbourhardain, d'Ikasmeouen et d'Oued Zemmour. Pour la perlite, le plus important gisement étant celui de Tidiennit.
Les placers
Les principaux placers se localisent sur le littoral marin. Le plus important étant celui à Zr-Ti de Bouissafen dans la région de
Tarfaya. Des occurrences de même type sont localisées dans les régions Safi, Essaouira, Agadir et Saïdia. Sur le granite d'Oulmès,
existe un placer éluvial à cassitérite.
DOMAINES
SITES GEODYNAMIQUES MINERALISATIONS
OROGENIQUES
- Or orogénique (Iourirn)
EBURNEEN SOCLE CRATONISE
- Beryl (Indices de Zenaga)
- Cu exhalatif (Bleida)
RIFTING EN PLATEFORME - Co-Cr / Co - Au liés aux ophiolites
PANAFRICAIN
/ BASSIN ARRIERE ARC (Bou-Azzer)
- Au dans amphibolites (Tafrent)
- Au - Cu dans veines mésothermales
(Tiouit)
- Ag dans veines épithermales (Imiter)
ARC PLUTO –
- Au dans veines pneumatolitiques (Qalâat
VOLCANIQUE
Mgouna)
- Cu volcanogène (Tizi Moudou…)
- W en veines (Taourirt – Tamlalt)
La géophysique permet de lever un certain nombre d’indéterminations dans le choix de l’implantation des forages et
d’en réduire le nombre en précisant les zones homogènes. La prospection géophysique présente le gros avantage d’être
non destructive et économique.
- les méthodes radiométriques, auxquelles on associe les méthodes gaz fondées sur la radioactivité des minéraux,
- les méthodes gravimétriques basées sur la mesure des anomalies de pesanteur engendrées par l’inégale distribution
de roches de densités différentes,
- Les méthodes sismiques, fondées sur la mesure des vitesses de propagation des ondes sismiques dans le sol,
- Les méthodes magnétiques et électromagnétiques basées sur la mesure des anomalies engendrées par l’inégale
distribution de champ magnétique des roches.
La prospection géochimique
Le but de ces mesures est la mise en évidence d’anomalies géochimiques, c’est-à-dire de la concentration anormale
en certains éléments contrastant nettement avec leur environnement qui représente le fond géochimique ou
background. La formation des anomalies résulte de la mobilité et de la dispersion des éléments concentrés dans la
minéralisation. Une anomalie peut être définie comme toute teneur plus élevée (Anomalie positive) ou plus basse
(Anomalie négative) que le fond géochimique. Son origine peut être due aux pollutions et aux contaminations par les
déblais d’une exploitation minière ancienne ou récente ou par préférence (anomalies formationnelles) à une formation
géologique déterminée (cuivre pour les roches basiques ; le plomb-zinc pour les dolomies) mais sous une forme
minéralogique (silicates à Cu) ou géologique (dispersion fine) qui ne la rend pas économiquement récupérable.
La vraie anomalie
I. INTRODUCTION
L'importance des matières premières minérales et plus
particulièrement des minerais, que ce soit pour les pays consommateurs ou
producteurs, n'est plus à démontrer. La mise en évidence de nouveaux
gisements métalliques est ainsi devenue primordiale et a motivé la mise en
œuvre de techniques diverses: levé géologique, géophysique, géochimie,
télédétection, thermoluminescence, etc.…Mais, si ces techniques sont
importantes et si leur développement harmonieux est essentiel, un stade de
recherche s'impose: c'est celui du prospecteur de terrain dont dépend en
grande partie le succès des recherches.
La recherche minière progresse par phases qui se distinguent par
les surfaces concernées et les techniques mises en œuvre et, par conséquent,
par les moyens humains, matériels et financiers qu'elles nécessitent.
Chaque méthode de prospection doit être mise en œuvre avec un
soin extrême depuis le simple examen d'affleurements ou la moindre batée
en lit vif jusqu'au recueil de cuttings de sondages percutants, ou à
l'échantillonnage de travaux miniers.
I.1. DEFINITION
La prospection minière est l'ensemble des travaux géologiques,
géophysiques, géochimiques, géobotaniques, de photogéologie et de
télédétection dont la finalité est de:
localiser les substances utiles dans l'écorce terrestre;
préciser la position exacte, la forme et la concentration
des corps minéralisés (ore bodies) ou gisements;
estimer (évaluer) la quantité des substances utiles
extractibles que contiennent ces corps minéralisés, étant
donné que ceux–ci peuvent contenir, et c'est souvent le
cas, d'autres matières premières non extractibles.
A. Gisements magmatiques:
B. Gisements sédimentaires
C. Gisements métamorphogènes
Méthodes et Techniques:
Cartographie géologique détaillée + prospection au marteau:
étude typologique (pétrographie, sédimentologie,
structurologie, minéralogie).
Prospection géophysique au sol (ou héliporté): Radiométrie,
Magnétisme, Electro–magnétisme, Profils de résistivité et
sondages électriques, Polarisation spontanée, Polarisation
Provoquée, Mise à la masse, Gravimétrie, Sismique Réflexion
et Sismique Réfraction.
Prospection géochimique à maille régulière serrée sur sol
(surface ou tarière), roche, biogéochimie.
Prospection alluvionnaire: puits et/ou tranchées (si
recouvrement peu épais), sondages rotary ou percutants (si
recouvrement très épais).
Si possible, test de valorisation.
Pré–étude économique d'orientation. Premier regard
géostatistique.
Echelle de travail/Surface: 1/20000–1/5000; 5–50 Km2
Durée: Quelques mois
Décision:
A la fin de la prospection semi–systématique :
On évalue les réserves probables du secteur ;
On décide des cibles retenues et rejetées ;
Les cibles retenues sont mises au portefeuille et constituent
la zone intéressante à étudier d'une manière approfondie
dans la 3ème phase ;
On recherche les partenaires (joint venture).
Etude de rentabilité.
Méthode et Techniques:
Sondages diamants systématiques et/ou travaux miniers (si
possible préparatoires à l'exploitation), suivis d'un
échantillonnage et d'une estimation géostatistique.
Essais semi–industriels de traitement
Etude de faisabilité.
Echelle/Surface: 1/1000–1/200; ha–a.
Durée: Quelques mois à quelques années (2–5 ans).
Décision:
Etude de marché
Recherche du financement
Mise en exploitation ou en portefeuille
Recherche de partenaires.
Rédaction du rapport ou Fiche technique du sujet:
Pays:……………Intitulé du sujet:………………………………………….
I. Généralités:
1. Données géographiques:
Pour un indice: Coordonnées, voies d'accès, croquis de
situation
Pour une zone à prospecter: périmètre, surface, croquis de
voies d'accès et de pénétration, données climatiques
(périodes optimales de travail, possibles, impossibles)
2. Données juridiques:
Détenteurs des droits, partenaires dans l'opération, etc.
3. Historique:
Travaux antérieurs: résultats connus, éventuellement
tonnages extraits, teneurs,…
4. Données géologiques et gîtologiques:
Esquisse régionale rapide (carte schématique)
Géologie locale (environnement immédiat de l'indice, de
l'anomalie, etc.)
Description de l'indice lui–même: géométrie des zones
masse,
déterminer succinctement la roche, en retenant que sur une
roche mouillée la structure apparaît beaucoup mieux; donc
rafraîchir la paroi;
mesurer la direction et le pendage de la stratification, la
schistosité et les fractures significatives,
rechercher des minéralisations à l'œil nu et éventuellement
à la loupe (analyse macroscopique) pour mettre en évidence
le degré d'altération et les produits oxydés,… On doit se
référer entre autres aux propriétés alignées dans les trois
tableaux suivants :
Tableau 1: Types de boxworks dans la limonite
Boxwork Caractéristiques Couleur Dérivant de
Grossier, angulaire; parois minces, larges,
Cellulaire grossier Ocreux Chalcopyrite
rigides; bulles, masses
Cellulaire grossier Siliceux; parois minces, rigides, angulaires Brun clair Blende
Parois minces, petites, friables, mouchetures, Bornite,
Cellulaire fin Jaune orangé
bulles chalcopyrite
Cellulaire fin Cellules plus fortes, jaspe limonitique "ridé" Brun clair Blende
Cellules arrondies, épaisses, rigides, vides ;
Eponge cellulaire Brunâtre Blende
crépues, beaucoup de silice
Triangulaire Cellules triangulaires; épais, fragile, encroûté Ocre orangée Bornite
Triangulaire Triangulaire, incurvé Ocre orangée Bornite
En courbes Cellules longues, voisines, angulaires, rigides Chocolat Tétraédrite
Chalcosine,
Pas de boxwork; arrangement de grains de
En relief Marron covelline,
sulfure; fragile, poreux, en relief
bornite
Poix de limonite Semblable à de la poix; vernissé, pas de cellules Brun foncé Chalcopyrite
Croûtes de Minces, fragiles, feuillets lamelleux Brun foncé à
Chalcosine
limonite concentriques noir
Plans cubiques parallèles minces de jaspe
Clivages Ocre Orangé Galène
limonitique
Maille du diamant Mailles en forme de diamant Ocre Orangé Galène
Pyramidal Arrangement en marche d'escalier Ocre Orangé Galène
Foliacé Cellules lisses, minces, arrondies Tan à marron Molybdénite
B. Les tranchées:
Ce sont de travaux miniers de subsurface auxquels on recourt
lorsque la couche d'altération est peu épaisse (< 5m). Les tranchées sont
rectangulaires et atteignent la formation recherchée.
Leur creusement peut être effectué manuellement (pelles, pioches,
éventuellement marteaux perforateurs et explosifs), mais on tend de plus en
plus à utiliser des engins de terrassement. Elles permettent en les
échantillonnant de découvrir la lithostratigraphie de l'assise concernée par la
prospection ainsi que la minéralisation qu'elle contient.
Dans le cas général, les tranchées doivent être creusées
perpendiculairement à l'alignement probable des indices ou bien à
l'allongement des anomalies géochimiques.
L'échantillonnage se fait sur les parois et le fond de la tranchée par
rainurage et tranches successives selon les différentes assises géologiques
traversées.
Quand la minéralisation est marquée par des éboulis de minerai
sur une pente, la tranchée sera implantée perpendiculairement à
l'alignement des éboulis situés le plus haut de la pente. Elle débutera
quelques mètres en aval de ces éboulis et s'arrêtera en amont d'eux sur des
distances variables, dès que l'une des conditions suivantes aura été remplie:
Sommet de pente atteint,
Passage de la tranchée dans des terrains différents de celui
des éboulis minéralisés, s'il s'agit de roches minéralisées
dans leur masse et non de gangues filoniennes,
Et surtout, minéralisation en place découverte.
On devra prendre des précautions pour éviter le glissement de
terrain.
Les renseignements suivants doivent figurer dans le carnet du
prospecteur minier:
La nature de différents minerais et de la gangue, ainsi que
la manière dont les minéraux utiles sont disposés dans la
gangue (filonnets longitudinaux rubanés ou non, filonnets
transversaux, filonnets anastomosés, plages ou cristaux,
façon sélective.
La longueur à forer par passe à échantillonner est fixée à l'avance
par le géologue, selon la nature des terrains à traverser. En règle générale, la
récupération des échantillons s'effectue à chaque ajout de tige (2.40 m ou
3 m (10 pieds) le plus souvent) en des zones minéralisées.
A la fin de la passe, quand la machine s'arrête, on retire du
récupérateur la totalité de l'échantillon dans un des bacs prévus à cet effet et
on laisse décanter quelques minutes s'il y a lieu.
Selon la quantité d'échantillons recueillis, un quartage est effectué
ou non. Chaque échantillon porte les renseignements ci–après:
nom du chantier, numéro du sondage,
numéro de l'échantillon,
cotes du début et de la fin de la passe, longueur de la
passe.
E. Echantillonnage en galerie
Dans une galerie comme dans un puits en cours de creusement, le
levé géologique et éventuellement topographique, est effectué en même temps
que l'échantillonnage. Chaque front de taille, caractérisé par sa position par
rapport à l'entrée de la galerie et par la date à laquelle il est atteint, fera
l'objet d'un croquis comportant les observations géologiques et
minéralogiques principales. S'il est rainuré pour prise d'échantillons, la
position de la rainure et les longueurs échantillonnées seront notées; sinon
on mesurera des dimensions caractéristiques telles que puissance et
puissance réduite. Toutes ces indications seront reportées sur un registre
d'avancement de travaux. Les résultats des analyses des échantillons
prélevés seront reportés à leur place sur le registre.
F. Echantillonnage automatique à l'usine
A l'usine de concentration, il s'opère automatiquement un
échantillonnage en vue de connaître la qualité des produits concentrés. A cet
effet, on étudie la granulométrie et la teneur de minerai en vue de préciser le
stade de la fragmentation et les différents réactifs (déprimants,
réactivants,…) utiles pour un bon rendement.
La géophysique permet de lever un certain nombre d’indéterminations dans le choix de l’implantation des forages et
d’en réduire le nombre en précisant les zones homogènes. La prospection géophysique présente le gros avantage d’être
non destructive et économique.
- les méthodes radiométriques, auxquelles on associe les méthodes gaz fondées sur la radioactivité des minéraux,
- les méthodes gravimétriques basées sur la mesure des anomalies de pesanteur engendrées par l’inégale distribution
de roches de densités différentes,
- Les méthodes sismiques, fondées sur la mesure des vitesses de propagation des ondes sismiques dans le sol,
- Les méthodes magnétiques et électromagnétiques basées sur la mesure des anomalies engendrées par l’inégale
distribution de champ magnétique des roches.
La prospection géochimique
Le but de ces mesures est la mise en évidence d’anomalies géochimiques, c’est-à-dire de la concentration anormale
en certains éléments contrastant nettement avec leur environnement qui représente le fond géochimique ou
background. La formation des anomalies résulte de la mobilité et de la dispersion des éléments concentrés dans la
minéralisation. Une anomalie peut être définie comme toute teneur plus élevée (Anomalie positive) ou plus basse
(Anomalie négative) que le fond géochimique. Son origine peut être due aux pollutions et aux contaminations par les
déblais d’une exploitation minière ancienne ou récente ou par préférence (anomalies formationnelles) à une formation
géologique déterminée (cuivre pour les roches basiques ; le plomb-zinc pour les dolomies) mais sous une forme
minéralogique (silicates à Cu) ou géologique (dispersion fine) qui ne la rend pas économiquement récupérable.
La vraie anomalie
Les cycles orogéniques, tels que le cycle panafricain et le cycle hercynien, jouent un rôle central dans la formation des minéralisations métalliques au Maroc. Par exemple, le cycle panafricain a fortement influencé la formation de minéralisations aurifères et de serpentinites dans l'Anti-Atlas. Le cycle hercynien a conduit à la création de provinces métallogéniques riches en minéralisations polymétalliques, notamment autour des granites hercyniens et à travers des processus ultérieurs de remobilisation. Ces cycles ont structuré géologiquement et paléogéographiquement le territoire, conditionnant ainsi les types et la répartition des gisements .
Le contexte géologique du Maroc central, caractérisé par la présence de granitoïdes hercyniens et d'un socle varié, influence fortement la répartition des minéralisations. Ce contexte favorise le développement de minéralisations pneumatolithiques, pyrométasomatiques, et péribatholitiques au contact des granites hercyniens. Des exemples incluent les gisements à étain d'Achmmach et d'El Karit, les filons de fluorine et le pyrométasomatique autour du granite de Ment. La diversité lithologique et tectonique guide la formation et localisation des minéralisations .
Les remobilisations hercyniennes ont influencé profondément les minéralisations du Maroc en réactivant des structures tectoniques existantes et en facilitant la remobilisation de métaux présents dans le socle préexistant, créant ainsi de nouveaux sites exploitables ou enrichissant des gisements existants. Cela se manifeste par exemple dans les minéralisations cuprifères d'Oumjrane et d'autres gisements poly-métalliques où des circulations hydrothermales lors de l'orogenèse varisque ont re-concentré des métaux précieux ou de base déjà présents de manière diffuse .
Les enjeux économiques et techniques de la prospection minière incluent la nécessité d'une évaluation précise des réserves minérales et de la faisabilité économique des exploitations potentielles. Les enjeux techniques concernent la sélection des méthodes de prospection appropriées (gravimétrie, magnétisme, etc.) pour localiser et évaluer les gisements avec précision. Sur le plan économique, il s'agit d'estimer les coûts d'exploration, de prévoir la rentabilité des exploitations et d'identifier des partenaires (joint ventures) pour le développement minier. Une évaluation réussie repose sur une combinaison optimisée entre enjeux économiques et techniques .
L'indice de minéralisation est un indicateur préliminaire de la présence potentielle d'un gisement minéral. Il est utilisé pour focaliser les efforts de prospection sur des zones d'intérêt géologique, stratigraphique, ou chimique. Ces indices, qui peuvent être morphologiques, lithologiques, ou géochimiques, permettent de réduire rationalement la surface à explorer et d'affiner la stratégie de prospection en concentrant les ressources et les efforts sur les cibles à fort potentiel. Leur identification et analyse sont critiques pour le succès des phases ultérieures de développement minier .
Les défis des minéralisations à Co-Cr du district de Bou Azzer incluent la localisation et exploitation dans des terrains difficilement accessibles, ainsi que le défi technique de la séparation et valorisation des éléments cobalt et chrome qui sont spatialement et génétiquement liés aux serpentinites. Pour surmonter ces obstacles, il est essentiel d'améliorer les techniques d'extraction et de traitement, d'utiliser des méthodes géophysiques et géochimiques avancées pour une exploration optimale, ainsi que de développer des infrastructures adéquates pour faciliter l'accès .
Les minéralisations polymétalliques filoniennes au Maroc, généralement associées à des phases orogéniques tardives ou post-orogéniques, diffèrent des minéralisations du cycle panafricain qui sont souvent liées à des évènements de rifting et de tectonique active. Les minéralisations filoniennes incluent des gisements comme ceux de l'Anti-Atlas, comprenant des minéralisations à Au-Cu ou à Ag, tandis que le cycle panafricain a généré des minéralisations exhalatives et d'autres liées à des serpentinites. Les contextes géologiques et tectoniques spécifiques de chaque minéralisation expliquent leurs formations distinctes .
La cartographie géologique et la télédétection sont essentielles à la prospection minérale en offrant une vue détaillée et stratégique des zones à potentiel minéralisatoire. La cartographie géologique fournit une représentation précise des formations géologiques, facilitant ainsi l'identification des structures favorables aux minéralisations. La télédétection, via images satellites ou photos aériennes, permet de détecter des anomalies géomorphologiques et des structures tectoniques cachées, telles que failles ou altérations, qui sont souvent associées à des gisements minéraux .
Les principales techniques de prospection minière incluent les méthodes géophysiques, géochimiques, géobotaniques et la télédétection. Les méthodes gravimétriques mesurent les anomalies de densité dans le sol; les méthodes sismiques évaluent les vitesses de propagation des ondes; les méthodes magnétiques détectent les variations du champ magnétique; enfin, les méthodes géochimiques identifient les anomalies chimiques par une analyse des sols, des roches et des végétaux. Ces techniques permettent de localiser les gisements en identifiant des indices minéralisés, leur position, forme et concentration, facilitant ainsi l'évaluation des quantités exploitables .
Les minéralisations du cycle alpin sont classées par époque métallogénique et phase tectonique, avec une distinction entre les minéralisations filoniennes de la phase pré-atlasique et les minéralisations stratiformes générées par des cycles de transgression marine. Contrairement aux autres cycles, ces minéralisations sont largement reparties et influencées par des phases tectoniques distinctes, comme le rifting pré-atlasique qui a engendré des minéralisations filoniennes de basse température encaissées dans des couvertures triasiques-jurassiques .