Caractérisation des Écoulements en Colonne
Caractérisation des Écoulements en Colonne
THES E
présentée
~ our l'obtentio
A
~, . n OME DE DOCTORAT
é du 30 mars 1992)
Spécialité : Génie des Procédés
par
JURY : M. JALLUT C .
M. LAURENT A. (rappo rteur)
M. DELMAS H . (rappo rteur)
M. LIETO J .
M. CHAUDOURNE S .
M. WERLEN M .
M. PERRET C .
THES E
présenté e
pour l'obtentio n
du DIPLOME DE DOCTORA T
(arrêté du 30 mars 1992 )
Spécialité : Génie des Procédés
pa r
JURY : M. JALLUT C .
M. LAURENT A. (rapporteur )
M. DELMAS H . (rappo rt eur )
M. LIETO J .
M. CHAUDOURNE S .
M. WERLEN M .
M. PERRET C .
Je remercie vivement M. Jallut d'avoir accepté d'être mon directeur de thèse, pour
ses remarques pertinentes, sa disponibilité d'écoute et son soutien moral .
Enfin, la vie au « labo » aurait eu beaucoup moins de gaieté sans la bonne humeur,
voire les humeurs, des thésards et des stagiaires, et sans la fantaisie de Mme Jaber que je
remercie pour son aide et ses conseils toujours avisés .
2
TABLE DES MAT IERES
NOMENCLATURE 5
I NTRODUCTION I -2
II . 1 Introduction II-2
11.2 Les méthodes physiques directes . . . . . . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . ... . . . . . ... _ . . . . . . .... . . . . . . . ... . . . . . . . .... . .II-2
II . S Les résultats de la littératures pour les colonnes garnies . . ... . . . . . .... . . . . . . . . .... . . . . . . . . . . II-1 7
111.2 Le modèle hydrodynamique de colonne . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . .. ... . . . . . .... . . . . ...... . . . . . . . ... III-13
IV . 1 Généralités
.. . . . . .... . . . . . . . ... . . . . ... . . . . . . . . . . .~--~~------------------------------------ . . IV-2
. . .... . . . . . . . ... . . . . . . . ...
IV. 2 Application à une colonne à garnissage ___________________________________________________________ IV-10
IV. 3 Etude de sensibilité . . . .-~ . . . . . . .... . . . . .... du
. . . . . ... . . . .modèle
. ...~--------------- ... . . . . IV-15
. . . .... . . .
IV .4 Conclusion
-------- .. .-~-------------------------~--------------------~----------~-~-------IV-26 . . . . . .... .. . .--~-~~---~---
3
V. EXPERIMENTATION, RESULTATS ET ANALYSES V- 3
REFERENCES R1
ANNEXES Al
NOMENCLATURE
g Accélération de la pesanteur m .s z
H Hessien (matrice des dérivées secondes) -
He Constante de Henry d'équilibre entre les phases gazeuse et liquide Pa .m3.mo1 .-'
en solut é
He' Constante d'équilibre entre les phases gazeuse et liquide en soluté -
HUT Hauteur de l'unité de transfert m
I Matrice unité -
J Matrice du système d'équations de sensibilité du modèle -
5
Hauteur d'un élément de garnissage m
M Masse molair e kg . mol ."'
P Pression partielle Pa
s Variable de Laplace _
ÿ Titre molaire _
6
SYMBOLES GREC S
RO Coefficient de transfert de matière global de la phase gazeuse vers la mol .m"Z .s"'
phase liquide ou M. s"'
0 Vecteur gradient -
µ Viscosité dynamique Pa .s
V Fraction de surface remplacée par unité de temps selon la théorie de s'
la pénétration de Danckwert s
P Concentration molaire mol .m 3
~
INDICES et EXPOSANT S
A Relatif au composé A
b Au coeur de liquide (« bulk »)
exp issu des données expérimentales
f au point d'engorgemen t
G Phase gazeuse
L 1
m Relatif au modèle
T Transposée d'une matrice
tot dans toute la phase considérée
w Eau
7_ à la cote z=Z, c'est-à-dire au sommet du garnissage
0 à la cote z=O, c'est-à-dire à la base du garnissag e
Eb Nombre d'Eôtvo s pL g . u p
E6 _
6L
Ga Nombre de Galilée 2
Ga = µgdp
Ha Nombre de Hatta 2~
H a = 1 21(m + 1) • DÂ kmn CAr b) s
PL
Re Nombre de Reynolds p• u dP
Re =
µ
Sc Nombre de Schmid t
Sc = µ
PDx
8
INTRODUCTION.... . . .. ......... . . . . ........ . . . . . ........ . .. . ........ . . . . ... ... . ..... . . . ..I -2
1 .1 . GÉNÉRALITÉS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . I- 3
1.2 . DÉFINITIONS . . .............. . ....... . ........ ........ . ....... .................................. ...... . ...... ... ... . ... .. I-3
I. 2. 1. Co nditi on d 'équilibre e ntre plzases . ...... . . . ..... . . . ...... . . ...... . . . ..... . ...... . . ..... . . .... . . . ... .. I-3
I. 2. 2. Notion s de tran sfert et de flu.x de n:atière . ..... . . . . ..... . . . ..... . . . . ... . . ... ... . . .... . . . .. . . ... .. . I-4
I. 2. 3. A ire interfa ciale.... . .. .... . . . . .... . . . .. .... . . . . . ... .. . . . .... . . . . . . .... . . ...... . . ..... . . ...... ...... . ..... . .... . . I- 6
1.3 . LES THÉORIES LOCALES SUR L'ABSORPTION PHYSIQUE GAZ/LIQUIDE .. ............ ...... I-7
I.3. 1. Théorie du double film de Lewis et Whitntan. . . . ...... . . ...... . . .... . . . .... . . ..... . . ... . . ..... .. I- 7
I. 3. 2. Modèles à ren ou vellent ent de surfa ce : Higbie, Danc ltwerts, Noyes .... . ..... . .... . . I-9
I.3. 3. Co mparaiso n des m odèles ..... . . . ...... . . ...... . . . ..... .. . ...... .. ...... . . . ..... . ...... ...... . .... . . .... I- 13
1.4 . L'ABSORPTION COUPLÉE À UNE RÉACTION CHIMIQUE (modèle du film) ........... .... I- 14
I. 4. 1. Introdu c tion.... . . . ..... . ...... .. . .. ..... . . . : ..... . . ...... . . . ..... . . . ...... . ....... . . ..... . . ..... . ...... . .. . . .... I-14
I. 4. 3. L es différents régimes de réaction (irréversible) .. ...... . ...... . . ..... . ...... . . ..... . . ... . .... I- 19
I. 4. 4. Con clusion ..... . ...... . . . ..... . . . ..... . . . ...... . . ...... . . . ..... .. . ........ ...... . . . ..... . ...... ...... . ..... . .. .. I-2 1
I. 5. 1. La colonne à garnissage, un contacteur gaz-liquide. ........ . ..... . ...... . . ...... . ... . . . .. I-2 2
I. 5. 2. Les paramètres d'un système d'absorption gaz-liquide ... . . . ..... . ...... . . .... . . .... . .... I-24
I . 5 .2. 1 . Les paramètres hydrodynamiques ... . . . . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . ... . . . . . .. .. . . . . . . .... . . . . . . . .. ... . . . . . . . . I-24
1.5 .2 .2 . Les paramètres du transfert de matière . .. .. . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . . .... . . . . . . . .. .. . . . . . . . I-29
1.5 .2 .3 . Incidence du mélange axial sur les performances d ' une colonne : Etude de cas . . . . . . . . . I-3 1
1.5 .2 .4 . Conclusion . . . . . . . I-3 2
I-1
INTROD UCTION
Le transfert de matière gaz-liquide par absorption constitue l'une des opérations unitai-
res mises en oeuvre dans les industries chimiques, pétrolières ou alimentaires . On l'utilise pour
extraire ou purifier certains produits, dans certains procédés biologiques de fermentation ou
oxydation, ou enfin pour épurer des effluents gazeux . A ce sujet, les récentes prises de con-
science environnementales des dirigeants européens et nationaux ont pour conséquence la mise
en place d'une législation de plus en plus restrictive sur les rejets polluants . Celle-ci contraint
les industriels à avoir encore plus recours à des procédés d'épuration de gaz, ce qui se traduit
par des surcoûts de production (investissement, fonctionnement) .
Or, bien que l'absorption soit déjà largement mise en oeuvre, la conception optimale des
contacteurs gaz/liquide reste très délicate puisqu'elle nécessite des connaissances multiples sur
ces milieux complexes où se mêlent chimie, physique et hydrodynamique, et parfois thermique .
Les habituelles "recettes" marquées d'empirisme utilisées encore aujourd'hui conduisent bien
souvent à surdimensionner les contacteurs . Des modèles doivent être conçus pour les dimen-
sionner correctement et garantir leurs performances sans surdimensionnement qui entraîne un
surcoût d'investissement et de fonctionnement .
La colonne à garnissage est l'un des contacteurs gaz/liquide sièges des écoulements les
plus complexes . Par ailleurs, la structure même du milieu, rigide en raison de la présence de
garnissage, restreint la mise en oeuvre de techniques de mesure et les rend plus délicates . Ce
sont sans doute parmi les raisons qui expliquent le nombre plus limité de travaux de modélisa-
tion et de caractérisation effectués sur les colonnes garnies, comparé à d'autres appareils . C'est
pour palier ce manque et pour répondre à l'attente des industriels, que ce travail de thèse a été
engagé.
Plus qu'une simple méthode, c'est toute une démarche de caractérisation d'un lit de
garnissage qui est exposée . D'une part, un modèle réaliste de colonne est choisi et étudié mi-
nutieusement en vue d'appliquer avec succès la méthode du modèle pour en déterminer les
paramètres caractéristiques d'écoulement et de transfert de masse . Cette méthodologie
s'appuie d'autre part sur des techniques transitoires de traceurs : des traceurs non transférables
pour caractériser le comportement hydrodynamique de chaque phase, et un traceur transférable
d'une phase à l'autre pour accéder aux paramètres de transfert de matière . Ces différentes ex-
périmentations sont menées sur une installation de taille significative plus proche de la réalité
industrielle pour une meilleure prise en compte des phénomènes qu'un appareil de laboratoire
ne permet pas d'observer . Les paramètres ainsi déterminés pourront alors être utilisés dans le
cadre d'un modèle de simulation d'une colonne à garnissage à des fins industrielles .
La présente étude se compose de quatre principales parties . Une synthèse des travaux
déjà entrepris sur le sujet met à jour l'état de l'art sur le transfert de masse et les colonnes à
garnissage . Puis une revue actualisée des méthodes et des modèles de colonnes sert de base de
réflexion pour établir un modèle de simulation du transfert de masse en colonne garnie . Le mo-
dèle choisi est présenté et étudié, ainsi que la méthode d'optimisation paramétrique retenue .
Enfin, dans la partie expérimentale, la méthode est mise en oeuvre puis analysée en regard des
résultats obtenus .
I -2
I. THE ORIE SU R L 'AB S ORPTION GAZ- LIQUID E ET
MISE EN OEUVRE
I.I . GENERALITES
Un système de transfert gaz/liquide met en contact une phase liquide avec une phase
gazeuse chargée d'un composé A que l'on veut transférer dans la phase liquide . Cette opération
unitaire s'appuie sur le processus de transfert de matière d'un gaz vers un liquide : l ' ab s orp-
tion .
Depuis les années 20, des théories ont développées sur les phénomènes locaux d'ab-
sorption, à partir desquelles est née une littérature abondante (modélisation, corrélations semi-
empiriques et empiriques, expériences diverses) . L'absorption couvre en effet un vaste domaine
car on peut la mettre en oeuvre dans divers types d'équipements et pour des systèmes chimi-
ques variés. De plus, la complexité des phénomènes (convection, diffusion, réaction chimique,
thermique) et des écoulements peut être abordée à différents niveaux de simplification .
La théorie présentée ici, qui est celle sur laquelle repose la grande majorité des dimen-
sionnements de contacteurs gaz-liquide, n'est valable que pour des solutions diluées, ce qui est
le cas le plus fréquemment rencontré . En effet, les lois thermodynamiques impliquées dans le
cas des solutions concentrées sont différentes et d'un niveau de complexité très supérieur à
celles que nous allons exposer .
1 .2 . D EFINITIONS
Considérons une phase liquide séparée d'une phase gazeuse par une interface . Le gaz
(le diluant) contient un soluté A soluble dans le liquide (le solvant) . Dans tous les problèmes de
transfert de masse gaz/liquide on fait l'hypothèse que le gaz porteur (diluant) est insoluble dans
le liquide, bien qu'en réalité il existe toujours une solubilité partielle (Le Goff, 1979) et qu'il
faudrait considérer chaque phase comme un milieu ternaire .
A pression et température constantes et dans le cas des solutions diluées, l'équilibre
thermodynamique existant entre ces différentes phases est représenté par la relation de Henry :
CAG = He
" CAL Eq. I- 1
où cAG et cAL sont les concentrations molaires de A respectivement dans le gaz et le liquide, et
He' est une constante d'équilibre adimensionnelle .
I-3
On peut exprimer cette loi sous forme dimensionnelle . On relie la pression partielle de A
dans le gaz à sa concentration dans le liquide et on peut écrire à l'interface :
pA ; = He • cA; Eq . I-2
Si un déséquilibre survient entre les deux phases, le composé A migre d'une phase vers
l'autre avec franchissement de l'interface : c'est le processus d'absorption ou désorption
gaz/liquide selon le sens emprunté . Par la suite, nous ne traiterons que le cas de l'absorption (le
transfert inverse se déduit sans difficulté) .
Flux de transfert :
Soit cpA, le flux molaire spécifique du composé A du gaz vers le liquide rapporté à
l'unité de surface de l'interface gaz/liquide . Les transferts à l'interface ayant lieu généralement
selon une direction normale à celle-ci, on exprimera les flux sous une forme algébrique .
Lorsqu'un composé A migre d'une phase vers une autre (du gaz vers le liquide en ab-
sorption), son mouvement est régi par des lois de convection et de diffusion . En effet, on écrit,
côté gaz par exemple :
~A - nG ✓ A + .% AG Eq. I-3
où 1'1G est le flux spécifique molaire global convectif qui va du coeur de la phase gazeuse vers
l'interface dans le cas de l'absorption . Il n'est pas nul du fait que la consommation de A à
l'interface n'est pas compensée par l'arrivée d'un autre composé (cas d'une rétrodiffusion) .
Ceci engendre un mouvement moyen de la phase vers l'interface, qui entraîne le composé A .
et jAG représente le flux spécifique molaire de A par diffusion turbulente dans le gaz, relative-
ment au mouvement d'ensemble .
* YA = JAG
RG ~ A nG Eq . I-4
ryG_).0 CG, tot (.yA .yA i ) CG,tot (.yA .YA i )
auquel cas , on v o it que la force motrice du transfe rt est la différence de concentration entre le
coeur de la phase et l ' interface .
Dans les cas où le composé transféré est minoritaire dans le fluide considéré et les taux
de transfert à l'interface sont faibles, on peut négliger le terme nG • ÿA devant le terme de diffu-
sion turbulente :
I-4
~ A ~ JAG
et RG = JAG ~ PA
Eq. I-5
G, o
& t t \YA - YAr ) Gto t (
& yA - YA i )
Cette simplification reste raisonnable dans les cas d'absorption courants d ' un soluté
dilué dans la phase gazeuse . Cette définition permet aussi de calculer directement le flux
transféré à pa rtir des corrélations de la littérature sur les coefficients de transfe rt qui se situent
dans ce cadre . C'est le cas dans lequel nous nous placerons et pour lequel les théories classi-
ques ont été développées .
Mais il faut savoir que, étant donné la définition des corrélations sur ces coefficients de
transfert, le calcul du flux spécifique cpA dans les cas où A n'est pas minoritaire ( ri• yA non
négligeable), nécessite l'application d'un facteur correctif aux coefficients de transfert 0 afin
de prendre en compte le flux convectif d'entraînement de A vers l'interface . Il s'agira par
exemple du cas de la condensation avec incondensables ou de la condensation de mélanges .
Nous définissons donc , compte tenu de l'approximation explicitée ci-dessus, les coe ffi-
cients de transfe rt de masse (en m . s') par les expressions suivantes :
R L ~ A et RG = RT ~A Eq. I-6
CAi - C A PA pAi
Pour les gaz , on définit souvent le coefficient de transfe rt en mol .m"Z. s"' . Pâ' par :
RG = ~A Eq. I-7
PA PA i
~PA (P
R L =
(~
NG = A Eq . I-8
x Ai - xA .y Ai .yA
Ces expressions ainsi que toutes les théories exposées ensuite font l'hypothèse d'une ré-
sistance au transfert nulle à l'interface où l'équilibre thermodynamique est supposé atteint
(Danckwerts, 1970).
Expérimentalement, il est très difficile d'accéder aux concentrations et pression partiel-
les du soluté A à l'interface . On introduit donc des coefficients de transfert globaux (3L et (3G
définis par :
o ~A
R L- ,, .
~ A et (3 G - Eq. I-9
C A - CA pA pA
I-5
p pression partielle de A dans un gaz hypothétique en équilibre avec le liquide à la concen-
tration cA
c concentration de A dans un liquide hypothétique à l'équilibre avec le gaz à la pression
partielle pA .
En supposant que la constante de Henry n'évolue pas dans le domaine considéré, les
conductances partielles et globales sont reliées par :
1 1 1 1 1 He
et L Eq. I-1 0
R L NL + He •(3 G NG NG + N
Ces relations d'additivité des résistances montrent que la résistance globale de transfert
est la somme des résistances partielles dans les deux couches limites de part et d'autre de
l'interface .
On observe expérimentalement que pour la majorité des cas d'absorption physique
(hormis les cas de condensation et de distillation), la résistance au transfert se situe principale-
ment dans la phase liquide :
1 1
RL HeR G
Le transfert par diffusion est en effet plus difficile en phase liquide qu'en phase ga-
zeuse . Ceci n'est plus toujours vrai si le phénomène physique d'absorption est couplé à une
réaction chimique (cas d'une cinétique très rapide) dans la phase liquide .
Pour connaître le flux global dD de transfert du composé A dans tout le volume V d'un
contacteur, il est nécessaire de prévoir ou déterminer la valeur de l'aire de l'interface
gaz/liquide a rapportée au volume du contacteur . Alors ,
Enfin, pour pouvoir comparer différents réacteurs entre eux, on définit un flux global de
transfert par unité de volume, en supposant le produit cpA • a constant :
I-6
1 .3 . LES THEORIES L OCALES SUR L'AB S ORPTION PHYSIQUE
GAZ/L IQUIDE
Lewis et Whitman (Lewis et Whitman, 1924) ont admis l'existence, d'un film à la
surface du liquide en contact avec le gaz, d'épaisseur SL , où il n'y a pas de convection mais
seulement de la diffusion moléculaire due à un gradient de concentration . Ils supposent qu'au
voisinage de l'interface, de part et d'autre, l'écoulement est laminaire alors qu'il est turbulent
au-delà des films . Cette agitation turbulente maintient les concentrations homogènes au sein
des fluides et le volume de chaque phase est considéré suffisamment grand pour y négliger les
variations de concentration, d'où un profil plat de concentrations (cf figure I .1).
A l'intérieur du film, on suppose que le régime est permanent . Les profils de concentra-
tions de l'espèce transférée sont donc linéaires, comme la figure 1 . 1 le montre . En supposant
que le flux spécifique de A à travers l'interface s'écrit (si on applique la loi de Fick pour un
échange équimolaire ou bien pour les grandes dilutions)
ou, en supposant que DAL, le coefficient de diffusion moléculaire de A dans le liquide, est
constant :
I-7
2C
DAL • a 2 = 0 Eq . I-1 4
Y
Film Fi lm
PA , gaz . liq.
Caeur
Coeur
du liquid e
du gaz PA;
Ai
SG I SL
Fig . 1. 1 - Profils des concentrations selon le modèle du double film de Le-
wis et Whitman
DAL
~ ~ * (CA i - CA ) Eq. I-1 5
L
DAL
RL = S Eq . I-1 6
L
DAG
RG - Eq . I-17
G
I-8
I. 3. 2. [Link] A RENOUVELLEMENT DE SURFACE : HIGBM
DANCKWERTS, NOYES
Certains chercheurs ont contesté l'existence d'un film laminaire côté liquide et font
l'hypothèse que l'interface gaz/liquide est constituée d'éléments de liquide qui sont renouvelés
périodiquement par des éléments « frais » provenant du coeur du liquide . Lorsqu'un de ces
éléments arrive à l'interface et entre en contact avec le gaz soluble, il l'absorbe comme une
couche de liquide stagnante d'épaisseur infinie, puis retourne au coeur du liquide après un
temps de contact t, . Cette théorie appelée théorie de la pénétration, fait donc appel à une diffu-
sion en régime transitoire (Astarita, 1967 ; Danckwerts, 1970) .
Le flux d'absorption est une fonction du temps de contact de l'élément liquide avec le
gaz . Selon les hypothèses émises, il y a plusieurs expressions d'où des théories distinctes . Elles
ne sont pas forcément incompatibles puisqu'on préférera par exemple la théorie de Higbie pour
les colonnes à bulles, à la théorie de Danckwerts qui s'adapte mieux au cas des colonnes gar-
nies (Hihn, 1992) .
Le modèle de Higbie :
Higbie (Higbie, 1935) fait l'hypothèse d'une distribution des temps de contact de type
piston, c'est-à-dire que le temps de contact de chaque élément de liquide avec le gaz à
l'interface est constant, t, . La diffusion moléculaire transitoire à l'intérieur de l'élément liquide
est décrite par l'équation de la diffusion en régime transitoire :
a2 UA aUA
DAL ~2 at Eq . I-1 8
r=o CA =C Ao dy>_o
y =O CA =CA; dt>_ O
y -> oo cA finie Vt ? 0
a2 &eA a2~AP
DAL • aY z = at Eq. I-1 9
C' -0 à l=0
avec pour conditions initiale et à l'interface : A
CA = CA i - C A o en y= 0
En passant par la transformée de Laplace, on trouve la solution de cette équation :
I-9
( t,Y) _ (CA i - CAo ) • erfc y Eq . I-2 0
2 DAL 1
PI Couche liquide de
Pi profondeur infinie
Sein du ~ ÇA i
gaz ~
tc
t3
t
cl LCA
Fig. 1.2 - Modèle de Higbie . L'évolution dans le temps est représentée par
t, < t2 < t3 et t, le temps de contact .
(CA DA
L
(" Y = 0) - - DAL ~ (CA i - CAo ) Eq. I-21
7r
y=o
DA L
RL = 2 ~tc Eq. I-2 3
(3L est défini comme la valeur moyenne du coefficient de transfert de matière entre les
instants t= 0 et t = t , Dans ce modèle, les propriétés hydrodynamiques sont prises en compte
par le temps de contact t ,
Le modèle de Danckwerts :
D anckwert s (Danckwerts, 1951, 1970), a proposé un second modèle reposant sur les
mêmes hypothèses, mais il considère en plus que les éléments de liquide ne séjournent pas tous
I- l0
la même durée à l'interface . Il fait l'hypothèse que le processus de renouvellement a lieu
comme dans un réacteur ouvert parfaitement agité, c'est-à-dire qu'il considère que la probabi-
lité pour qu'un élément quitte l'interface ne dépend pas du temps pendant lequel il y a séjour-
né. Il introduit donc une distribution statistique des âges .
Soit `IJ(t)dt, la fraction de l'interface occupée d'éléments de surface d'âge compris en-
tre t et t+dt . La fonction `Y(t) est la fonction de distribution des âges des éléments de surface .
Le taux de disparition des éléments d'un âge quelconque est proportionnel au nombre
d'éléments du même âge présent à l'interface :
d`I'
- - = v • `I' Eq . I-24
dt
où v est la fraction de surface remplacée par unité de temps . On l'appelle vitesse de renouvel-
lement de surface .
pi Couches liquides de
prolondeur infrnie
Sein du Pi
gaz
f3
t2
CA
M
Si on résout cette équation avec la condition JIF( t)dt = 1 que doit vérifier IF(t) , on
0
trouve :
T(i) = v exp(-vt) Eq . I-2 5
DAL
~P~t) _ ~ CAi - CA o ) ~t Eq . I-26
le flux d'absorption à travers l'élément de surface d'âge t est donc `Y(t) • cp(t)
I-11
D'après le modèle de Danckwerts, l'expression du coefficient de transfert de matière est
donc de la forme :
R L- DA L v Eq . I-29
Ici aussi, comme pour Higbie, (3L est proportionnel à la racine carrée de DAL . Mais
dans ce modèle c'est la vitesse de renouvellement v qui rend compte des caractéristiques hy-
drodynamiques des écoulements et donc de leurs effets sur le transfert de matière .
Le temps de séjour moyen ti des éléments liquides à l'interface vaut :
1
i= f t•`I'(t)dt = f t v - exp( -vt ) dt Eq. I-30 soit i = -
V
0 0
1 1 1
- + - Eq . I-31
PL P i
Pm
Ce modèle peut être utilisé exactement comme celui de Lewis et Whitman ; il admet la
même vitesse limite de transport : un mélange parfait de la phase liquide correspond dans
l'autre modèle à une épaisseur de film nulle . L'intérêt de ce nouveau modèle est qu'il permet
de prédire cette vitesse limite de transfert pour un composé donné, pour un solvant spécifié et
à une température fixée .
Noyes propose une expression permettant de calculer P;, considérée comme la cons-
tante de vitesse limite du flux de transfert pour une agitation parfaite :
r y gR' TL
Ri A - 4 . VA ~ . MA Eq. I-3 2
'S
J n
I-12
M, la masse molaire de A,
et y, la probabilité qu'une molécule A, qui rentre en collision avec l'interface, la traverse .
Le terme en racine carrée exprime la vitesse moyenne d'une molécule de masse molaire
MA à la température TL . La valeur de y dépend de la nature chimique du soluté et du solvant .
Autres modèles :
D'autres auteurs ont tenté de faire des hypothèses différentes sur le processus de trans-
fert côté liquide ; leurs théories sont souvent proches de celles déjà énoncées mais elles n'ont
jamais atteint la notoriété de celles de Lewis et Whitman, Hygbie ou Danckwerts .
Dobbins en 1956 et Marchello et Toor en 1958 (cités dans Danckwerts, 1970) ont pro-
posé un modèle à renouvellement de film . Dans ce modèle, un film stagnant d'épaisseur finie
existe à la surface du liquide comme dans la théorie du double film, mais il est remplacé par
morceaux de temps en temps par du liquide provenant du coeur et donc ayant sa composition .
En 1963, Marchello et Toor émettent l'hypothèse que le mélange périodique du film unifor-
mise sa concentration . Dans ces deux modèles le coefficient de transfert de masse RL est dé-
terminé par deux paramètres caractéristiques de l'hydrodynamique au lieu d'un seul pour les
théories du film et du renouvellement de surface . Kishinevskii et al . développent de 1946 à
1956 un modèle pour lequel la turbulence atteint la surface, le flux d'absorption étant détermi-
né par une combinaison de diffusions moléculaire et turbulente .
Les modèles présentés aux paragraphes précédents se divisent en deux groupes : celui
du double film de Lewis et Whitman et les modèles basés sur la théorie de la pénétration de
Higbie, Danckwe rts et Noyes . Le récent modèle de Noyes et al . est controversé ; il faut donc
l ' utiliser avec réserve . En revanche, les autres théories plus anciennes et donc éprouvées ont
donné de bons résultats .
Tous ces modèles utilisent des paramètres difficilement mesurables et leur choix dépen-
dra de la situation . Le modèle de Higbie est bien adapté aux colonnes à bulles, alors que celui
de Danckwerts convient mieux aux colonnes à garnissages . Mais la simplicité du modèle du
double film fait qu'il reste le plus utilisé .
En fait, ces modèles donnent des résultats similaires bien qu'il existe une évidente in-
compatibilité entre eux quant aux hypothèses sur lesquelles ils reposent . En effet, Lewis et
Whitman aboutissent à une relation de proportionnalité entre le coefficient de transfert de ma-
tière (3L et le coefficient de diffusion du soluté dans le liquide solvant DAL . Le régime de
transfert est quasi-stationnaire, alors que la théorie de la pénétration est basée sur un régime
instationnaire de renouvellement de surface et conduit à une variation de (3L en (DAL)Y2 . En
vérité, les mesures de PL semblent donner raison à la théorie de la pénétration, mais
l'incertitude sur les valeurs expérimentales du coefficient de diffusion est telle que l'on peut se
contenter d'une relation proportionnelle entre ces grandeurs sans grande perte de précision .
I-13
1.4. L'ABSORP TION COUPLEE A UNE REACTIO N CHIMIQUE
(m odèle du film )
Les concepts de la théorie exposée ci-après se placent dans le cadre du modèle du film,
choix motivé par la commodité, l'antériorité et l'universalité de son utilisation . Cependant des
développements existent dans le cadre des autres modèles .
Pour certaines applications industrielles telles que la synthèse d'un produit spécifique P,
certains procédés couplent l'absorption gaz/liquide à une réaction chimique au coeur du liquide
qui transforme les molécules de A transférées en un composé P . Dans le cas d'une purification
de gaz, on peut également faire appel à une réaction chimique qui permet d'augmenter
l'efficacité du transfert par rapport à l'absorption physique seule, pour des composés peu solu-
bles ou (et) pour détruire le polluant quand il est toxique .
Dans la littérature se rapportant au transfert de matière, on distingue les études menées
pour déterminer les relations existant entre les paramètres propres à l'absorption avec réaction
dans un contacteur gaz/liquide d'une part, de celles destinées à déterminer les cinétiques des
réactions mises en jeu d'autre part . Ces dernières se démarquent des expériences d'absorption
en colonne par le fait qu'elles reposent sur des expériences d'absorption effectuées sur de pe-
tits appareils de laboratoire de surface connue . Elles se placent donc en amont des études de
transfert dans les contacteur de type industriel qui nécessitent la connaissance des cinétiques
des réactions mises en jeu pour déterminer les paramètres du transfert de matière ou les modé-
liser .
Nous avons vu que la force motrice du phénomène d'absorption est l'écart de concen-
tration entre les deux phases par rapport à l'équilibre . Une réaction chimique ayant lieu dans la
phase liquide permet d'augmenter cette force motrice . En effet, le composé transféré du gaz
vers le liquide y est consommé par réaction, ce qui abaisse sa concentration et augmente donc
la différence ( CAt - CJ ' . L'efficacité de transfert est ainsi améliorée par l'augmentation du
coefficient de transfert et par l'accroissement de la capacité d'absorption du liquide .
En jouant sur la cinétique de réaction, on peut contrôler cette efficacité de transfert en
imposant l'étape limitante. Ceci permet d'accéder expérimentalement à la conductance de
transfert (3L a ou (3G a . Ainsi les chercheurs ont développé des méthodes de détermination des
coefficients de transfert pour différents systèmes chimiques (Astarita, 1967, Danckwerts, 1970,
Linek et Vacek, 1981), s'appuyant sur des modèles que nous développerons plus loin .
Si, de plus, la réaction est assez rapide, CA peut devenir nulle à proximité de l'interface et ainsi diminuer la
distance de diffusion du composé A dans le liquide
I-14
I. 4. 2. LA MODELISATION CLASSIQUE DE L'ABSORPTION COUPLEE A
UNE REACTION CHIMIQUE
C
A + bB P
Les réactions étudiées sont en fait rarement des réactions élémentaires et une seule
équation ne suffit pas à les décrire avec précision . Il existe des étapes réactionnelles qui vien-
nent perturber la précision que l'on peut avoir sur la constante cinétique et les ordres partiels
de la réaction globale . Ceux-ci varient en fonction de conditions opératoires et de paramètres
difficilement contrôlables tels que la présence d'impuretés . C'est ce qui explique la disparité
des résultats de la littérature (Laurent, 1975 ; Linek, 1981 ; Hihn, 1992) .
Dans le cas où une réaction chimique intervient dans la phase liquide, les chercheurs ont
élaboré un modèle très simplifié en accord avec les hypothèses et les formulations du transfert
de masse en absorption physique .
Lefacteurd'accélération :
L'augmentation de la vitesse de transfert grâce à la réaction est prise en compte dans les
expressions du flux spécifique d'absorption en multipliant le coefficient de transfert partiel en
phase liquide par un coefficient appelé facteur d'accélération, noté E . Le flux d'absorption par
unité de volume avec réaction chimique s'écrit alors :
I-15
tenus lors de la résolution du système d'équations qui régit les transports au sein du film que
nous présentons ci-après .
Les équations de transfert dans le cas d'une résistance négligeable en phase gazeuse
Nous rappelons que les hypothèses émises pour élaborer ce modèle sont en accord ave c
la théorie du double film qui considère un état stationnaire dans le film liquide et des concen-
trations constantes au coeur des deux fluides . Les équations qui régissent les profils de con-
centrations dans le film liquide d'épaisseur S L sont issues du bilan de matière pour les compo-
sés A et B . Ce sont des équations classiques de di ffusion avec un terme source négatif corres-
pondant à la réaction chimique :
a~
~ CA m n
DAL ~ 2 A Eq. I-3 6
DBL
a2y&B = 1J • lCmn CB Eq. I-37
2
a
y = U L~ CA = C Ab et CB - CBb
Remarque :
Si l'équation de diffusion dans le film est écrite à partir des hypothèses de Higbie, elle
prend la forme suivante :
132&A
DAL ô 2 A+ at Eq. I-40
y
I-16
Introduction de nouveaux paramètres :
Si on introduit les variables normées dans l'équation I-36 ci-dessus, il apparaît naturel-
La théorie classique lui préfère un autre nombre adimensionnel, très proche, appelé
nombre de Hatta, noté Ha et qui est proportionnel à la racine du critère de convertion .
Dans le cas de réactions simples d'ordres partiels égaux à 1, des graphiques reliant E,
Ha ainsi que d'autres paramètres donnent l'ensemble des solutions analytiques et numériques
aux équations de transfert (cf figure I .4) . Ces paramètres sont :
♦ Le facteur d'accélération instantanée contenant les rapports des diffusivités et des
concentrations, qui compare la diffusion de A et B dans le film :
E _ DBL • UBb
+1 Eq . I-44
' bDAL CAi
m n q
I-17
où sL est la rétention de liquide, c'est-à-dire la fraction de volume occupée par le liquide au
coeur du lit, rapportée au volume total de colonne garnie .
Les courbes de la figure I .4 forment ensemble une représentation graphique de la solu-
tion complète du système d'équations . La signification physique de ses différentes parties appa-
raît clairement si on considère les profils de concentrations correspondants de la figure 1 . 5 .
Dans les cas où la réaction est d'ordre quelconque, l'expression des flux de matière dé-
coule de résolutions de systèmes d'équations assez complexes . En revanche, cet abaque permet
de résoudre facilement les cas d'une réaction unique simple .
a;
U ~ CAb d' où p; = He • cAb Eq . I-46
Le flux volumique d'absorption selon le modèle du double film prend alors la forme :
(P
a(pA -He•cAb ) A a He - ~n b
.I-47
~-~a 1 He 1 1 Eq
RG E - RL E•(3L +He•(3 G
o -t-
o.o1 o,> 1 10 100 "ooo R '
Région I réaction très lente au sein du liquide.
Rbç ion II réaction assez knt • au se in du liquide.
Ré pion III : réaction assez l e nts da ns le film et assez r a pid e au sein
du liquids.
Fig. I .4a - Facteur d'accélération E' en fonction du rapport R'=E ;-1 pour une
réaction d'ordre 2, Ha < 0,3 (d'après Hihn, 1992) .
I-1 8
3
10
E
sw
10 3
sa
20
10
I-1 9
Régime réac- Valeurs des Flux spécifique Remarque s
tionnel critères d'absorptio n
E = E; DBL CB6
Si E. J i 1 SOI t C Bb » CA i
~- R L CA ~ I 1+
Instantané Ha > 10E/ Ai
AL bD c
DBLCB b
â IOI'S : ~ -
-RL bD az.
Instantané de E= E ; cp = R G PA
surface Ha > 10E;
.
3< Ha <-` cp = 2 D„L km,n C Bb CA i+ l
Rapide 2 m+ 1 Flux indépendant de P L
E~Ha Sin2= l :
n
CA i DAL km ,n CB b
Lent Ha<0 , 3 ~ - N L CA i
ci Ceo C, . ~ C9a
C• ► ~Bo
A
CA ;
C ~.
CAD'CA
o CAO = 0 o
o
o bt bL X o / x
Régime de réaction très lente Régime de réaction lente dans le film Régimes intermédiaires
au sein du liquid e et assez rapide au sein du liquid e
C CBo
Â
HO °` E;
0
o S X
L
c Régimes de réaction rapid e
\~A
Na> 3 Ha» Ej
oL
0
Fig . 1.5 - Profils de concentrations pour les différents cas d'absorption avec réaction chimique
(Charpentier, 1983) .
I-20
I. 4.4. CONCL USION
La théorie que nous venons de présenter ne permet de connaître le flux absorbé qu'en
un seul point de colonne et ne donnera ensuite la variation des concentrations le long de la co-
lonne que dans le cas de solutions diluées par intégration de bilans différentiels sur une tranche
de colonne de hauteur dz.
Elle laisse cependant entrevoir l'existence de différentes méthodes de détermination des
coefficients de transfert et de l'aire interfaciale en fonction de la présence et de la vitesse d'une
réaction chimique . Ces méthodes sont d'autant plus variées dans leurs applications qu'il existe
une multitude de systèmes chimiques . Mais encore faut-il s'assurer au préalable que leurs mé-
canismes réactionnels peuvent s'assimiler à des schémas simples .
Dans l'industrie, la connaissance des cinétiques des réactions mises en jeu est primor-
diale dans l'étape du choix du contacteur pour optimiser les transferts et donc les rendements
des procédés et le dimensionnement des contacteurs .
I-21
I.S . MISE EN OEUVRE DE L'ABSORPTION EN C O L ONNE A
GARNISSAGE
Pour créer une grande aire interfaciale, il faut disperser une phase dans l'autre tout en
créant de la turbulence pour améliorer le transfert . Pour ce faire, il existe plusieurs moyens
(Charpentier, 1975 ; Le Goff, 1979) . Les colonnes à plateaux perforés, colonnes à gouttes ou à
bulles et les colonnes à garnissage utilisent la force de gravité ; les réacteurs agités fonctionnent
par apport d'énergie mécanique ; les centrifugeuses et les cyclones utilisent la force centrifuge ;
enfin les jets venturis fonctionnent par détente .
Le meilleur contacteur gaz/liquide serait celui qui permet aux fluides de développer la
plus grande aire interfaciale, un brassage important avec une bonne rétention, au prix de pertes
de charge négligeables . Mais devant la contradiction de ces objectifs, l'utilisateur devra se
contenter d'un compromis adapté à la nature de ses fluides et ses conditions spécifiques de
débits, de perte de pression admissible, de cinétiques de réaction et de transfert .
Les colonnes à garnissage sont parmi les contacteurs qui développent la plus grande
aire interfaciale en assurant une bonne turbulence des écoulements des fluides . Sachant que,
dans la majorité des cas d'absorption, l'augmentation de a est bénéfique au transfert, cet
avantage compense leur faible rétention de liquide et les pertes de pression importantes côté
gaz . Cependant l'utilisation de celles-ci devient de moins en moins pénalisante grâce aux ré-
centes avancées technologiques permettant d'utiliser aujourd'hui des garnissages de plus en
plus performants du point de vue de l'hydrodynamique .
Princip e
Le principe d'une colonne à garnissage est simple . Pour un fonctionnement à contre-
courant, le liquide arrive en haut de la colonne . Il passe à travers un distributeur chargé de ré-
partir uniformément le liquide sur la section de colonne, et va ensuite ruisseler sous l'action de
la gravité sur un empilement d'éléments tortueux ou sur une structure rigide tissée ou corru-
I -22
guée appelée garnissage (cf figure 1.6). Ce ruissellement ( étalement + gouttage ) permet au
liquide de développer un film de grande surface que lèche le gaz circulant de bas en haut . Le
garnissage permet également d'augmenter la turbulence des écoulements des fluides, mais avec
une augmentation significative des pertes de pression, en particulier pour le gaz .
Sortie
gaz
Entrée du
liquid e
Entrée du
gaz
Les garnissage s
Ils sont classés en deux catégories : les garnissages en vrac et les garnissages ordonnés .
Les garnissages en vrac sont des éléments plus ou moins tortueux, de taille allant de 10 à 100
mm, dont on remplit la colonne de manière aléatoire ou en les empilant pour créer une struc-
ture enchevêtrée . Ils sont les plus anciens et les mieux connus car les plus étudiés . Les garnis-
sages ordonnés sont plus récents ; ils se présentent sous la forme de tissus métalliques enroulés
ou d'un assemblage de plaques corruguées et perforées . Les fournisseurs proposent tous ces
garnissages dans différents matériaux qui s'adaptent aux diverses applications de l'industrie
(céramiques, plastiques, carbone, acier et autres alliages) .
I-23
Quel que soit le type de garnissage, sa dimension doit être adaptée au diamètre de la
colonne : la limite supérieure généralement admise (Wuithier, 1972) est de 1/8ième du diamètre
de la colonne, mais il s'agit d'une valeur moyenne et certains auteurs préconisent d'autres rap-
ports pour chaque garnissage afin d'optimiser la distribution de liquide . Il faut savoir cependant
que si on utilise un garnissage trop petit, le débit de liquide peut devenir insuffisant pour que
toute la surface puisse être mouillée et la perte de charge a tendance à augmenter .
Pour évaluer si un système travaille dans de bonnes conditions de transfert ou pour di-
mensionner un contacteur en colonne, il faut en connaître les paramètres suivants caractéristi-
ques de son fonctionnement .
Les écoulements au sein des garnissages n'ont pratiquement pas fait l'objet d'études fi-
nes tant ils sont complexes et aléatoires . Mais on sait les caractériser globalement à l'aide de
quelques paramètres . Lors du dimensionnent classique d'une colonne à garnissage, c'est
l'hydrodynamique qui détermine le diamètre de garnissage pour des charges en liquide et en
gaz données .
Le gaz ayant à traverser un milieu très sinueux que constitue le garnissage, il subit une
perte de pression proportionnelle à la hauteur de colonne garnie . Si on augmente progressive-
ment le débit de gaz à débit de liquide constant, la perte de pression augmente aussi .
Pour un débit de liquide donné et à débit faible de gaz, la variation des pertes de pres-
sion est sensiblement proportionnelle au carré de la vitesse du gaz . Si on augmente encore le
débit de gaz, on observe un changement d'allure de la courbe log(AP) = f[log(rizG )] (cf figure
1.7). Cette discontinuité, parfois difficile à observer, correspond à ce qu'on appelle le point de
charge de la colonne . Quand on continue à augmenter mG, la perte de pression augmente plus
rapidement jusqu'à un deuxième point de discontinuité, appelé point d'engorgement . Pour des
valeurs de débit gazeux encore plus élevées, le liquide ne peut plus s'écouler normalement à
travers le garnissage et la courbe prend une allure quasi-verticale .
La zone comprise entre ces deux points de discontinuité est appelée zone de charge .
Grâce à la turbulence en surface du film liquide qui nappe les éléments de garnissage, cette
zone est particulièrement propice au transfert entre phases . Lors de la mise en oeuvre de
l'absorption en colonne garnie, on cherchera donc à se situer dans cette zone de charge . Celle-
ci est par ailleurs décelable par l'observation d'un autre paramètre, la rétention liquide .
Les pertes de pression constituent un paramètre important surtout d'un point de vue du
dimensionnement en regard des coûts de fonctionnement . De nombreuses études sont disponi-
I-24
bles sur ce sujet ; elles cherchent à corréler les mesures de pertes de pressions par des relations
s'appuyant sur différentes théories (théorie des canaux ou des particules) .
og A
C PI L= L ,
L- a
de
[Link] G
Dé initions :
La rétention liquide, notée EL, joue un rôle important sur les pertes de pression de la
colonne en fonctionnement et sur les performances de transfert couplé à des réactions lentes .
On définit la rétention de liquide comme le volume de liquide retenu sous forme de film, filets
et gouttelettes par unité de volume de colonne garnie .
Shulman et al . (1955) furent les premiers à décomposer la rétention totale de liquide en
deux parties.
E L = E St + E a Eq. I-48
I-25
La rétention statique ES, (ou capillaire) est celle mesurée à débits nuls . Il s'agit du liquide
retenu sur les parois du garnissage et aux points de contact des éléments ; c'est un taux volu-
mique de mouillage . Elle dépend essentiellement du garnissage (géométrie, matériau) et des
caractéristiques physiques du fluide (tension superficielle) .
Au cours du fonctionnement, s'y ajoute une rétention dite d, n~ique Ed, fonction des
débits de liquide et de gaz qui a tendance du fait de son écoulement inverse à retenir encore
plus le liquide, avec pour limite l'engorgement .
On étudie et représente souvent la rétention de liquide en fonction du débit gazeux (cf
figure 1 .8) . C'est un moyen de connaître la zone d'engorgement d'une colonne pour un débit
de liquide donné . La figure 1.8 permet de mettre en relation approximativement les points de
charge et d'engorgement déterminés sur les courbes de variation de pertes de pression linéi-
ques et de la rétention de liquide .
Zn
ho,
$nG
(eplZ)G pm s de preuàn lin 6ique du gaz [fortnule (4) (15)J
G vit«u rtusaiq w du gaz
Le pas de débit Rqulde donc p as de rdG t+tton op f nrtoin (4 est
vat a ble p0ur III e t N)
LI à L 6 diHin nsst vit sss« mauiqu ss du tfQuide (L aolt de LT à [ O)
hv ritetnion op6wtoin ( f 4.444 )
2 T'i eu des poinu dor+porqement
U lieu a .. Poina a u+arv
III 9 am'asap• mouüli iQouttf
IV yu ttistpe see
I-26
que certains auteurs (Billet et Schultes, 1988 ; Bemer et Kalis, 1978) font l'approximation sui-
vante, pour des conditions de fonctionnement normales :
EL - Ed Eq. I-49
Dé inition :
En génie des procédés, on modélise traditionnellement un système hydraulique en se ba-
sant sur deux types de réacteurs idéaux : le piston et le réacteur parfaitement mélangé . Il s'agit
des deux cas de figure extrêmes de taux de mélange possibles . Dans le cas d'une colonne par-
courue par un fluide, la configuration parfaite serait celle de l'écoulement piston, c'est-à-dire
sans aucun mélange . Mais aucun réacteur réel n'est idéal et chaque phase est soumise à un
degré de mélange plus ou moins intense . Pour caractériser cet écart à l'écoulement parfait, on
introduit la notion de mélange axiale .
Derrière ce terme se cachent plusieurs phénomènes de mélange qui prédominent les uns
par rapport aux autres selon le contacteur d'une part, mais aussi selon la phase (dispersée ou
continue), selon la nature des fluides et le régimes d'écoulement, et selon les auteurs .
Le mélange axial est le fait d'une combinaison de trois phénomènes : une diffusion mo-
léculaire, toujours présente mais minoritaire, une diffusion turbulente et une distribution spa-
tiale non uniforme des vitesses . Pour la phase continue, ce sont les zones stagnantes, les che-
mins préférentiels et les tourbillons locaux (turbulence) causée par la phase dispersée ou (et)
des éléments solides (parois, garnissage, particules solides) qui en sont les principales causes .
Defives et al . (1976) citent aussi le phénomène d'entraînement dans le sillage des gouttes ou
bulles d'une fraction de la phase continue comme une « cause majeur de mélange axial » . Ces
phénomènes conduisent à des retours en arrière des éléments de fluide de la phase continue que
l'on appelle mélange en retour ou rétromélange (« backmixing ») .
Pour la phase discontinue, le comportement peut être très différent . En effet dans le cas
des gouttes (colonnes à garnissage), la dispersion des vitesses est due aux chemins préféren-
tiels, mais aussi à la répartition en gouttes et filets, à la distribution des tailles des gouttes et
aux points d'arrêts rencontrés dans le cas des garnissages . De même, dans une colonne à bul-
les, les différentes tailles de bulles conduisent à une distribution des temps de séjours . En outre,
pour des éléments de la phase discontinue suffisamment petits, le phénomène de freinage et
d'entraînement par la phase continue est une cause de rétromélange .
La plupart du temps tous ces phénomènes sont traduits par le terme de mélange axial ou
dispersion axiale car le mélange induit s'effectue dans la direction de l'écoulement . On la dis-
tingue parfois de la dispersion radiale qui s'effectue selon un rayon . Par exemple, Schügerl et
al . (1967, 1987) conçoivent le mélange axial comme la combinaison d'un processus de rétro-
mélange (« backmixing ») dans le sens de l'écoulement et d'un mélange radial . Certains ont
essayé de les distinguer en les modélisant et les mesurant séparément (Rustemeyer et al ., 1989)
mais la plupart des auteurs englobent tous ces phénomènes dans la dispersion axiale . Très dif-
ficile à mesurer, le mélange radial a été très peu étudié et on considère généralement le mélange
radial complet .
I-27
de concentrations entre les phases, force motrice du transfert . Leurs effets sont donc néfastes
au transfert de masse et peuvent même réduire de façon importante les performances des con-
tacteurs gaz/liquide (Shah et al ., 1978 ; Le Goff, 1979 ; Vignau, 1987) . Ainsi, pour réaliser la
même opération, le nombre d'unité de transfert nécessaires est plus grand qu'en absence de
mélange axial (écoulement piston) . Ces considérations et la connaissance de leurs conséquen-
ces, bien qu'anciennes maintenant, n'ont pratiquement jamais été prises en compte lors de la
conception des contacteurs .
Par ailleurs, ce macromélange conduit à une discontinuité de la concentration aux en-
trées des fluides dans le contacteur, à la manière dont évolue la concentration à l'entrée d'une
mélangeur parfait (Fig . I .9b) : la phase qui entre dans le milieu est instantanément et partielle-
ment mélangée au fluide déjà présent et qui a déjà échangé de la matière . La figure 1 .9 montre
les profils de concentrations dans un réacteur parfaitement agité et compare pour un même
nombre d'unités de transfert les profils de concentration avec et sans rétromélange dans un
réacteur à contact continu .
Pisto n
pr , »
Pc, o ,r
,,oUr
i ,in
Tendances :
Le mélange axial de chaque phase étant intimement lié à l'écoulement (vitesse et turbu-
lence) de l'autre phase, on a cherché à connaître les influences de la géométrie et des débits des
phases sur ce phénomène .
De manière générale, il a été observé que les grands diamètres de colonne favorisaient
le mélange axial dans les colonnes à bulles ou à gouttes, phénomène amoindri par
l'introduction de garnissage. Mais on ne trouve aucun résultat qui permette de prédire
l'influence de la taille du garnissage et des dimensions de colonne sur le mélange axial . Néan-
moins, il est connu que ce phénomène est plutôt observé sur les appareils de grande taille . Mais
les problèmes de distribution des phases allant de paire avec l'augmentation des hauteurs et
diamètres de colonne, on doit rester prudent sur ce genre de d'observations . Les colonnes à
garnissage fonctionnant à contre-courant de gaz et de liquide ont fait l'objet de beaucoup
moins d'étude sur la dispersion axiale que les colonnes à bulles ou le cas du co-courant .
Comme le soulignent Shah et al . (1978), le fonctionnement à contre-courant donne lieu à un
taux de mélange axial plus élevé qu'à co-courant mais on peut dégager les tendances suivan-
tes dans le cas des colonnes arrosées :
I-2 8
- la dispersion dans la phase liquide augmenterait avec le nombre de Reynolds liquide
mais l 'influence du débit de gaz est plus faible voire nulle . Mais des résultats contracdictoires
ont été obtenus également .
- dans le gaz, on observe toujours une augmentation de la dispersion avec le débit de li-
quide, et là aussi l'influence du débit gazeux est mal définie .
De manière générale, on observe une grande disparité dans les résultats obtenus qui
tiennent à la diversité des systèmes étudiés (fluides et géométries), aux méthodes et modèles
utilisés .
Le transfert de masse est directement proportionnel à l'aire interfaciale . Dans les co-
lonnes à garnissage, il s'agit de la surface développée par le liquide qui ruisselle et s'égoutte
entre les éléments du garnissage et qui entre en contact avec le gaz . Elle est donc liée à la
géométrie et la nature du garnissage, mais aussi aux propriétés physiques de surface des flui-
des .
a, = ag (l - E) Eq. I-50
Quand le garnissage est arrosé, même s'il est uniformément distribué en amont, le li-
quide ne nappe pas toute la surface offerte par le garnissage . Et la surface volumique mouillée
reste inférieure à l'aire spécifique géométrique du garnissage . On la note a,ti..
I-29
que la contribution des gouttes compense les zones mortes . En augmentant la vitesse de li-
quide, ae devient égale puis supérieure à aW (Copigneaux, 1980) .
En fait, il s'agit de l'aire interfaciale utile au transfert que l'on déduit des calculs
d'efficacité de transfert à partir de résultats expérimentaux d'absorption avec ou sans réaction
chimique . Ainsi, en 1974, Laurent et Charpentier (Laurent et Charpentier, 1974) ont re-
groupé les résultats disponibles alors concernant les variations de l'aire interfaciale en fonction
de la vitesse de liquide pour différents garnissages avant le point de charge, et ont constaté que
l'aire interfacial e
➢ est fonction du type et de la dimension du garnissage, ainsi que du matériau,
➢ dépend du diamètre de la colonne,
➢ est indépendante de la nature chimique du liquide et du gaz .
Alors qu'avant le point de charge l'aire interfaciale reste indépendante de la vitesse du
gaz, après le point de charge, elle augmente rapidement . Ceci est vérifié expérimentalement
aussi pour une augmentation du débit de liquide à débit de gaz constant (Laurent, 1976 ; Cer-
venka et al ., 1984 ; Vignau, 1986) .
L'aire interfaciale peut varier le long d'une colonne mais on considère généralement
qu'elle est constante pour des raisons de simplification évidentes .
R G _ JAG N (P A
Eq. I-51
CG,lot (YA .yAi ) C G .tot (YA .YAi J
AL (P A
et RL
= J Eq . I-52
CL,tot (xA - xA i ) CL,tot (xA - xAi )
I-30
de charge avec les débits de gaz et de liquide . A l'opposé, si une colonne fonctionne trop en
dessous de l'engorgement, les problèmes de mauvaises distributions des fluides que cela en-
gendre font également chuter les performances de transfert . La taille du garnissage est égale-
ment déterminante ainsi que le matériau dont la tension de surface conditionne le mouillag e
Certains auteurs préfèrent parfois introduire les notions de Hauteurs et Nombres
d'Unités de Transfert (HUT et NUT) rapportée à une phase pour caractériser le transfert . Ces
notions proviennent d'une modélisation continue et idéale (écoulement piston) des contacteurs
gaz/liquide à courants parallèles (Le Goff, 1979) et de la résolution des équations issues du
bilan différentiel de soluté transférable sur une tranche de colonne . Elles ont été introduites
pour donner une méthode de dimensionnement de colonne .
Il vient (avec des coefficients de transfe rt exprimés en mol . mZ. s1) :
Z
HUTL - RoNL et NUTL -
L • a • S2 HUTL
Eq . I-53
Z
HUTG - Ro NG et NUTG -
G • a • S2 HUTG
La colonne est en fait assimilée ici à un empilement d'étages unitaires de hauteur HUT.
L'unité de transfert correspond à une opération fictive considérée comme unitaire, qui caracté-
rise un appareil donné . La hauteur de l'unité de transfert est d'autant plus grande que
l'opération de transfert est difficile, c'est-à-dire que la conductance de transfert et l'aire inter-
faciale sont plus petites .
[Link]. Incide n ce du m élan ge ax ial sur les p erform ances d' une co-
lonne : Etude de ca s
La perte d'efficacité d'un contacteur due au mélange axial est surtout significative lors-
qu'on cherche à atteindre des taux de conversions élevés (Le Goff, 1979 ; Burghardt et al .,
1980 ; Miyauchi et al ., 1963) . Nous avons fait une étude de cas portant sur notre installation
expérimentale . A partir d'un calcul de transfert de masse par le modèle d'écoulement piston
idéal des deux fluides, nous avons, à l'aide du modèle avec mélange axial, calculé la hauteur de
garnissage nécessaire pour obtenir le même taux de conversion dans le liquide avec un coeffi-
cient de transfert de matière identique . Le modèle simule le transfert isotherme et isobare de
l'oxygène de l'air dans de l'eau désoxygénée dans une colonne garnie . (cf tableau I-2) .
I-31
Dans ces conditions, pour atteindre 95% de la saturation en oxygène dans l'eau le mo-
dèle piston prévoit qu'il faut 1 mètre de garnissage . La hauteur de l'unité de transfert est de 34
cm . Mais avec du mélange axial (nombre de Péclet liquide = 10) dans la phase liquide, le mo-
dèle prévoit qu'il faut augmenter de 38% la hauteur de garnissage à mettre en oeuvre ! Deux
cas sont repris par le tableau I-3 . Les résultats sont éloquents .
cas 1 cas 2
Modèle Piston Modèle PD avec Modèle Piston Modèle PD avec
idéal mélange axial idéal mélanize axial
Tableau I-3 - Résultats théoriques : incidence du mélange axial sur la hauteur de lit .
1.5 .2 .4 . Co n clu s i o n
Les paramètres définis et décrits ici sont communs à tous les contacteurs gaz/liquide à
courants parallèles . Ils jouent tous sur l'efficacité de transfert du contacteur qu'ils caractéri-
sent . Et en particulier, nous avons mis en évidence, sur une étude de cas réaliste, dans quelle
mesure le mélange axial pouvait être pénalisant pour le transfert de matière et par conséquent
sur les coûts des installations . Pour prédire au mieux le comportement de ces appareils, on a
cherché à les mettre en relation avec les conditions de fonctionnement et pour cela, à les mesu-
rer. C'est l'objet du chapitre qui suit .
I-32
/
11.1 . INTRODUCTION ...... ........ .......... ...... . ....... . .......:........ ................. . ..... . ....................... II-2
II. Z.1. Les techniques à sonde . . . . . ...... . . ...... . . . ..... . . . ........ . ...... . . . ... .. . ...... . . .... . . . ..... . ...... ... li-Z
I1 2.2. Les méthodes optiques .. ... . . ....... . . ...... . .. ..... . .. ...... . ....... . ..... . . . .... .. ...... . ..... . . ..... . . . II-3
I1 2.3. Les méthodes volumétriques ..... . . ...... .. . ..... . . . .. .... . . .:.... . . . ..... . ...... ...... . . . ..... . ...... .Ii- 3
11.3 . LES MÉTHODES STATIONNAIRES.. ........ . ....... . ........ ......... .............. ...... . ..... ......... .....II-4
I1 3.1. Absorption physique seule . . . . ... ... . . ...... . . . ..... . . . ...... . . ...... . . . ..... . ...... ...... . . ...... . .....Il-9
11.3 . 1 . 1 . Ecoulement piston des deux fl uides . . . . . . .. .. . . . . .... . . . . .... . . . . . .. .. . . . . . . .. .. . . . . . . .... . . . . . . . .. .. . . . . . .II-4
11.3 .1 .2 . Prise en compte du mélange axial .... . . . . . ... . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . ... . . . . . . . .. .. . . . . . . .... . . . . . . . . .. . . . . . . .II- 5
I1 3.2. Absorption couplée à une réaction clz imique.. . ...... . . ...... . . ...... . ..... . ...... . ..... . .... .II-S
II .3 .2 .1 . Les méthodes chimiques classiques . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . ... . . . . . . . .. .. . . . . . . .... . . . . . . . .. .. . . . . . . . .II-5
11.3 .2 .2 . Prise en compte du mélange axial . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . . . . .. .. . . . . . . . ... . . . . . . . ..II-7
11.4 . LES MÉTHODES DYNAMIQUES .................... ........ ............ .... ....... . ...... ...... . ..... . ...... ...II-7
114. 1. L'exploitation des courbes de réponse ...... . . . ..... . . . ...... . ..... .. . ..... . ...... ...... . ..... . ... II-8
11 .4 . 1 . 1 . La méthode des moments ... . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . . .... . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . ..II-8
11 .4 .1 .2 . La méthode des fonctions de transfe rt . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . . .. . . . . . . . . . ... . . . . . . . . . ....II-9
II .4 .1 .3 . Les méthodes par ajustement . .... . . . . . ... . . . . . .... . . . . . ... . . . . . ... . . . . . . . .. . . . . . . . ... . . . . . . . . . ... . . . . . . . . . ..II-1 0
I1 4.2. Les techniques de traceurs non transférables ..... . .. ...... ....... . . ..... . . ..... ...... . .....1i-10
I1 4.3. Les techniques de traceurs transférables .... . . . ..... . . . ...... . . ...... . . .... . ...... . . .... . . ....I1-13
I1 4.4. Comparaison avec les autres méthodes. ........ . ....... . . ....... ...... . ....... . ...... ...... . ...Il-l6
115. 1. Les rétentions des fluides ....... . ....... . . ....... ....... . . ..... . . . ...... ........ . ..... . . ...... ..... . ... II- 1 7
I1 5.2. Les coeffi cients de disp ersion axiale ....... ........ . ....... . ...... . . ...... . ..... . . ..... . . ...... .. II-20
I1 5.3. L 'aire interfac iale . . . . ...... . . ...... . . . ..... . . . ...... ........ . ....... . ...... . . ...... . ..... . . . ...... ...... . . II-23
I1 5. 4. Les coefficie nts de tra nsfert de m a tière... ........ . ....... . ....... . . . .. . . . ... . . . . . ...... ...... . . II-2 6
II-1
II. REVUE D ES METHOD ES DE DETER MINATION DES
PARAMETRES DE L ' AB S ORPTION GAZ/LIQUIDE
DANS L ES E C HANGEU RS DE MATIERE ET
RESULTATS DE LA LITTERATUR E
11. 1 . INTRODUCTIO N
Les techniques directes physiques permettent d'accéder aux rétentions des fluides et à
l' aire spécifique uniquement . Aucune méthode directe de ce type n'existe pour connaître le
taux de mélange axial de chaque phase, ni bien-sûr le coefficient de transfert de masse .
Surtout utilisées dans les colonnes à bulles ou à gouttes, elles consistent à utiliser une
sonde pour mesurer une propriété physique du milieu qu'on met en relation avec le diamètre
des bulles ou des gouttes et donc avec l'aire interfaciale . Il s'agit de la capacité électrique, de la
résistivité, de l'indice de réfraction ou de la résistance thermique du milieu . Ces techniques ne
sont valables que si elles ne perturbent pas l'écoulement des bulles et si le diamètre de sond e
II-2
est inférieur à celui des bulles . A cet inconvénient majeur s'ajoute le fait qu'elles ne donnent
qu'une information locale .
Certains types de contacteurs permettent de mettre en oeuvre des méthodes optiques . Ils
nécessitent pour les rayonnements de faible énergie d'être non opaques, c'est-à-dire à parois de
verre et ne contenant pas d'éléments solides . Ces méthodes, concernent essentiellement des
colonnes à bulles ou à gouttes et présentent l'avantage majeur d'être non intrusives . Elles per-
mettent d'accéder directement à la rétention de la phase discontinue et aux diamètres des bulles
ou gouttes qui donnent l'aire interfaciale . En effet, l'atténuation de l'intensité lumineuse d'une
onde traversant radialement une colonne peut-être directement mise en relation avec la pro-
portion de liquide qui y est présente et avec le diamètre moyen des bulles ou gouttes par une
simple relation exponentielle . On peut aussi travailler sur l'intensité lumineuse réfléchie par
l'émulsion gaz/liquide . Ces mesures peuvent être effectuées avec des rayons infrarouge ou plus
pénétrants (y ou X), voire avec des ultrasons ou des micro-ondes (Schügerl et al ., 1987 ; Yang
et al ., 1989) .
Citons également les méthodes encore plus marginales utilisant des techniques photo-
graphiques . D'autres encore ont été répertoriées par Charpentier et Wild (1981) mais qui ne
sont aussi applicables qu'aux colonnes à bulles ou présentent de sérieux inconvénients dès
qu'on est en présence d'une phase solide .
De manière générales, ces méthodes donnent accès à des informations locales, c'est
pourquoi elles doivent être appliquées en plusieurs points du contacteur si l'on veut en connaî-
tre le taux de rétention et l'aire spécifique de façon globale .
Ce sont les méthodes les plus utilisées et les plus anciennes pour déterminer les réten-
tions des fluides . Elles mesurent directement la proportion des fluides présents dans le contac-
teur . Elles diffèrent légèrement d'un contacteur à l'autre .
La rétention statique e
- Partant d'une colonne au garnissage initialement sec, et fonctionnant en circuit fermé
de liquide, on arrête l'arrosage . Après 15 minutes d'égouttage du garnissage, on mesure la
variation de volume de liquide entre le début et la fin de la manipulation qui correspond à la
quantité d'eau retenue par capillarité dans le garnissage .
Ou
- Partant d'un garnissage sec, on remplit le garnissage d'un volume d'eau connu par le
bas très lentement pour éviter la formation de bulles d'air prisonnières du garnissage . Puis, on
vide le garnissage de cette eau par égouttage (15 minutes) . La différence entre le volume re-
cueilli ainsi et celui introduit donne accès à la rétention capillaire .
II-3
La rétention d nv anaique sa _
A partir d'un contacteur traversé par le gaz et le liquide et fonctionnant en régime per-
manent établi, on ferme simultanément toutes les entrées et sorties de fluides .
Pour une colonne à bulles, à gouttes ou un lit fluidisé triphasique dont on connaît le
volume de solide introduit, les mesures des volumes de liquide et du ciel de gaz qui se forme
après quelques minutes au repos, donnent directement les rétentions totales des fluides dans la
colonne .
Pour une colonne à garnissage, la quantité de liquide recueilli sous le garnissage par
égouttage de 15 minutes après arrêt des débits de gaz et liquide donne accès à la rétention dy-
namique de liquide dans le garnissage .
Ces méthodes sont généralement considérées comme étant les plus fiables . Elles pré-
sentent en outre une facilité de mise en oeuvre très attractive .
Les expériences d'absorption physique d'un soluté A transférable d'une phase à l'autre
en régime stationnaire s'appuie sur les concentrations en A mesurées aux points de prélève-
ment dans une ou deux phases . Le contacteur peut fonctionner en boucles ouvertes pour les
deux fluides ou bien en boucle ouverte de gaz et fermée pour le liquide .
Si on néglige le mélange axial des phases, comme cela a été longtemps le cas, le modèle
de colonne retenu est simple : l'écoulement est considéré comme piston . Alors les solutions
analytiques des équations régissant les écoulements et le transfert de masse qui donnent les
concentrations en soluté aux sorties des fluides sont simples et connues (Danckwerts, 1970 ;
Laurent, 1975 ; Linek et al., 1984) . On en tire l'expression du coefficient volumique de trans-
fert (3~a en fonction des concentrations en A aux entrées et sorties qu'il est aisé de mesurer .
Certains (Spedding et al ., 1985) ont effectué des mesures le long de la colonne pour calculer le
flux transféré en fonction de la cote z ; la pente de la droite obtenue donne le coefficient de
transfert volumique .
Cette méthode de détermination du coefficient de transfert n'est applicable qu'aux co-
lonnes de faible hauteur, car pour les appareils à haute efficacité, le liquide est très proche de la
saturation en pied de colonne, ce qui nécessite alors une grande précision de mesure .
II-4
II.3 .1 .[Link] en compte du mélange axia l
On peut considérer que l 'une des phases ou les deux phases présentent un taux non né-
gligeable de mélange axial . Dans ces cas, il n'existe pas de solution analytique simple aux
équations des modèles de colonnes possibles dont on pourrait tirer directement le coefficient
de transfe rt de matière (Miyauchi et al . , 1963) .
Mais la connaissance théorique des courbes de concentration en soluté en fonction de la
cote z dans la colonne permet d'accéder simultanément au coefficient volumique global de
transfert et au paramètre de dispersion axiale dans la phase considérée . Il faut alors prévoir des
mesures en plusieurs points le long de la colonne pour mesurer les profils de concentration en
soluté dans une ou deux phases pendant le régime permanent . On ajuste alors les profils de
concentration théoriques issus d'une modélisation préalable du système aux profils expérimen-
taux par optimisation paramétrique du modèle retenu (Burghardt et al ., 1980) . C'est la mé-
thode dite du modèle de référence . Elle a été appliquée surtout aux colonnes à bulles
(Mangartz et al ., 1981 ; Tavakoli et al ., 1995) et aux lits fluidisés (Delmas et al ., 1988), et plus
rarement aux colonnes à garnissage (Hatton et al ., 1980 ; Kolev et al ., 1979) . Il faudrait au mi-
nimum 10 points de mesure selon Schülgerl (1987) pour obtenir un ajustement valable. Mais
certains auteurs l'ont aussi appliquée avec des mesures faites en entrée et sortie seulement
(Kolev et al ., 1990) en ajustant sur des hauteurs de lit cette fois. Delmas et al . ont pu comparer
les résultats obtenus avec une méthode transitoire et les résultats de la littérature : ils souli-
gnent l'importance à accorder au premier point de mesure du profil, pour pouvoir déterminer
le degré de mélange axial de la phase avec justesse et précision .
Les gaz utilisés le plus souvent sont l'oxygène ou le dioxyde de carbone transférables
dans l'eau ou un alcool, mais certains auteurs ont aussi travaillé avec de l'ammoniac gazeux
absorbé par une solution d'acide sulfurique . L'intérêt de l'oxygène est que sa faible solubilité
dans l'eau permet de faire l'hypothèse d'une concentration constante dans le gaz et de ce fait
de ne travailler que sur la phase liquide .
Le principe de ces méthodes dites « chimiques », est de faire subir au soluté A absorbé
dans le liquide une réaction chimique de cinétique connue . Il est donc nécessaire de déterminer
au préalable la cinétique de la réaction mise en jeu dans des conditions physico-chimiques sem-
blables à celles rencontrées dans le contacteur étudié . Ce type d'expérience a déjà été évoquée
dans le paragraphe II-4 .
Dans cette catégorie, deux types de méthodes se distinguent : les techniques chimiques
traditionnelles et celles qui tiennent compte du mélange axial .
Il s'agit des méthodes qui font l'hypothèse d'un écoulement idéal des deux phases et qui
jouent sur la cinétique d'une réaction judicieusement choisie pour déterminer le produit P° a
ou bien séparément le coefficient de transfert (3° et l'aire interfaciale a . Elles s'appuient sur la
détermination expérimentale du flux de soluté absorbé par un bilan effectué sur l'une des pha-
II-5
ses. Ces méthodes mettent souvent en jeu des techniques de dosage des réactifs de la réaction
chimique quand on travaille sur le liquide .
Comme nous l'avons vu au chapitre I-4, le flux d'absorption du composé A prend des
expressions distinctes selon le régime de réaction identifié et les simplifications alors possibles .
Ces expressions donnent alors directement le coefficient recherché ou permettent de les déter-
miner par méthode graphique simple . Le tableau II-1 ci-dessous donne les régimes de réaction
et les paramètres déterminés dans chaque cas. Pour chaque cas, des conditions particulières de
concentration sont à respecter et les expressions sont plus ou moins compliquées selon les or-
dres de réaction par rapport aux constituants .
Instantané (3 o a
Intermédiaire (3 L et a
Rapide (3 ° et a
Lente (3 °L a
Tableau II- 1
Les systèmes chimiques qui peuvent être utilisés sont très nombreux et la liste ne cesse
de s'agrandir . Ils sont régulièrement répertoriés (Laurent, 1975 ; Hihn, 1992 ; Benadda, 1994)
Les premières expériences ont été faites en majorité sur des systèmes aqueux, puis des systè-
mes à phase liquide organique ont été proposés (Shridharan et al ., 1976 ; Neelakantan et al.,
1982).
Ces méthodes sont très séduisantes du fait de leur facilité d'exploitation . Elles ont lar-
gement été préférées à toute autre pour les colonnes à garnissage . Les expressions disponibles
sont simples et les paramètres du transfert sont obtenus directement . Néanmoins elles présen-
tent des inconvénients majeurs :
• Elles imposent l'ajout de réactifs qui peuvent modifier les propriétés et le comporte-
ment physique des fluides, en particulier vis-à-vis de la coalescence des bulles et des
propriétés de surface .
• Le domaine expérimental est restreint, car il faut respecter des conditions strictes de
concentrations et de constantes cinétiques.
• Elles imposent des mesures très précises des concentrations .
• Surtout, les résultats peuvent être largement entachés d'erreur car elles reposent sur
des mesures préalables de coefficients cinétiques et sur la connaissance des coefficients
de diffusion des réactifs . Or ces paramètres sont souvent connus avec une faible préci-
sion, témoins en sont les écarts importants observés d'une étude à l'autre sur les mêmes
systèmes chimiques . Le cas typique de la détermination des ordres de la réaction cataly-
sée des ions sulfite avec l'oxygène en est une illustration remarquabl e
Cependant, ces méthodes restent largement utilisées, et servent même parfois comme
référence pour en tester de nouvelles .
II-6
Comme dans le cas de l'absorption physique, certains auteurs ont cherché à ajuster les
profils théoriques de concentration aux profils expérimentaux par ajustement paramétrique,
dans le cas d'une réaction chimique . Cette technique, très peu utilisée, a été mise en oeuvre
dans des réacteurs biologiques par Luttmann et al . (cités par Schügerl et al ., 1987) .
On constate que dès qu'une réaction chimique intervient, il n'est plus question
d'essayer de connaître les coefficients de transfert simultanément avec les paramètres du mé-
lange axial tant les équations se compliquent . Oyevaar et al . (1989) ont pourtant montré dans
le cas de la détermination de l'aire interfaciale par méthode chimique, que négliger le mélange
axial peut entraîner de larges erreurs de détermination dans les cas de forts taux de conversion .
Néanmoins, il serait possible de travailler sur la phase liquide siège d'une réaction chimique
pour y connaître le taux de mélange axial . Villermaux (1993) donne, dans le cas d'une modéli-
sation continue, l'expression du profil de concentration le long d'une colonne en fonction du
paramètre de mélange axial, qui pourrait s'ajuster à un profil de concentration expérimental en
espèce réactive (régime stationnaire) . Cela n'a jamais été fait à notre connaissance, sans doute
parce qu'il existe des méthodes plus simples et plus riches comme en traite les paragraphes qui
suivent .
Les techniques transitoires apparaissent très tôt dans le domaine des réacteurs biologi-
ques (Schürgerl et al ., 1987 ; van Swaaij, 1969 ; Sakata et al ., 1972 ; Dunn et al ., 1975 ; Li-
nek, 1981, 1987 ; Charpentier et al ., 1971 ; Shioya et al ., 1978) . Elles n'ont cessé de susciter un
intérêt grandissant par les avantages qu'elles offrent .
Elles s'appuient sur l'étude de l'évolution des concentrations d'un soluté « marqué », le
traceur, en fonction du temps . Le traceur est un composé témoin de l'écoulement qu'il doit
subir sans le perturber et choisi pour sa capacité à être détecté in situ de manière sensible et
continue dans le temps sans perturber le système . A ces critères de choix (Shah et al ., 1978),
déjà nécessaires à la validité de la méthode, s'ajoutent ceux de solubilité vis-à-vis des phases
propres aux différentes techniques que sont celles des traceurs transférables ou non transféra-
bles.
Le principe est d'appliquer à une entrée de la section étudiée une fonction test et d'en
étudier la réponse mesurée au cours du temps . Cette réponse caractéristique de l'écoulement
étudié sera analysée à l'aide d'un modèle choisi . La fonction test peut prendre diverses for-
mes : c'est le plus souvent une impulsion de Dirac ou un échelon de concentration en traceur,
mais ce peut être aussi un créneau, une fonction sinusoïdale ou même pseudo-aléatoire
(Schügerl et al ., 1987) . Enfin, certaines méthodes permettent même de travailler avec un signal
quelconque (Villermaux, 1993) .
La palette des traceurs possibles est très variée . Chacun sélectionne son mode de détec-
tion, critère de choix supplémentaire compte tenu de l'appareil étudié.
Le cas des colonnes à garnissage arrosées est un peu particulier vis-à-vis de la technique
des traceurs, car les conditions de mesure in situ et de prélèvement posent plus de problèmes
techniques qu'en colonne à bulles ou en lit fluidisé . Les causes principales de ces difficulté s
II-7
résident dans la nature de l'écoulement de la phase dispersée et la présence d'éléments solides
fixes que constitue le garnissage . La détection de traceur en phase gazeuse qui nécessite quant
à elle un prélèvement en continu d'un échantillon exempt de liquide est d'autant plus délicate
que les très faibles temps de passage du gaz (quelques secondes) sont parfois du même ordre
de grandeur que le temps de réponse du système de prélèvement . C'est peut-être l'une des
raisons qui expliqueraient le plus petit nombre d'études faites sur ce type de contacteur par
rapport à d'autres .
En effet, quel que soit le traceur choisi, la plupart des méthodes transitoires nécessitent
de déterminer au préalable la dynamique du système de mesure . Ses caractéristiques devront
être prises en compte lors de la confrontation au modèle paramétrique . Une règle de choix du
traceur supplémentaire est qu'il doit être détectable par un système ayant une dynamique plus
rapide que le processus étudié . Nous verrons que ces considérations sont particulièrement im-
portantes dans certains cas .
L'exploitation des courbes de réponse à des injections de traceur se fait toujours en re-
gard d'une modélisation . Mais l'obtention des paramètres du modèle peut se faire selon trois
principaux modes :
• le calcul direct issu de l'analyse des moments statistiques des courbes, c'est la méthode
des moments,
• l'utilisation des fonctions de transfert théoriques et expérimentales qui permet un calcul
direct de paramètres ,
• une détermination par ajustement des réponses théoriques aux réponses expérimentales
en jouant sur les paramètres du modèle, c'est la méthode du modè le.
Cette dernière est plus récente car elle nécessite souvent des moyens informatiques im-
po rtants mais de plus en plus accessibles .
L ' appr oche statistique (bilan s de populations) définit le moment statistique d ' ordre n,
µ n, d'une fonction f comme suit :
S2•Z•Si
tS; = Ti = V Eq . II-2
11 -g
On définit alors les moments d'ordre n autour de la moyenne :
Cette méthode est réservée au cas des traceurs non transférables . Cette technique
s'appuie sur les courbes expérimentales obtenues à plusieurs niveaux du contacteur . A partir
des courbes expérimentales mesurées en deux points, il est possible de calculer numériquement
une fonction de transfert expérimentale dans l'espace de Laplace (ou Fourier) pour la partie du
contacteur considérée :
r s (Cz ~ t ) ) Jo cz (t)dt
E(s) = où rs (c(t)) _ fo c(t) • exp(- st)dt Eq. II-4
rs (c l (t))/ fo c,(r)dr
Par ailleurs, dans la plupart des cas, on peut aisément tirer des modèles les expressions
théoriques de ces fonctions de transfert (Villermaux, 1993 ; Midoux et al . 1971) . Alors le cal-
cul effectué pour plusieurs valeurs de la variable de Laplace s, égale au moins au nombre p de
paramètres à déterminer, fournit un système d'équations algébriques à p inconnues à résoudre
(Vignau, 1987 ) . La normalisation éventuelle de la variable temps t par le temps de passage i
nécessite de déterminer celui-ci au préalable ; cette détermination peut être faite par l'analyse
du premier moment comme vu précédemment .
Cette technique des fonctions de transfert peut aussi être appliquée dans l'espace fré-
quentiel en remplaçant s par iw et en effectuant l'analyse sur l'amplitude et la phase de la
transformée de la réponse . Il faut choisir judicieusement les fréquences pour le calcul des fonc-
tions E(ir.» (Sakata et al . , 1972) . En augmentant le nombre de valeur de la variable de Laplace
ou des fréquences, on pourra faire appel à une méthode d'ajustement sur la fonction de trans-
fert comme en traite le paragraphe suivant .
Mais comme le rappelle Villermaux (1993), la coïncidence des fonctions de transfert
dans le domaine de Laplace n'assure pas toujours la coïncidence dans le domaine réel . Il faut
donc rester prudent en appliquant ces méthodes et refaire des vérifications dans l'espace réel .
En revanche, la coïncidence est assurée dans le domaine de Fourier quand on veut faire coïnci-
der parties réelles et imaginaires des fonctions de transfert .
II-9
II.4. 1 .[Link] méthodes par aju stement
Il s'agit de la méthode du modèle qui consiste à optimiser les paramètres d'un modèle
pour ajuster une courbe théorique à une réponse expérimentale . Elle connaît plusieurs modali-
tés d'application . On peu t
➢ soit faire un ajustement dans un espace image par transformation de Laplace ou Fou-
rier, espace où le système d'équations aux dérivées partielles devient un système
d'équations différentielles ordinaires plus aisé à résoudre ,
➢ soit travailler directement sur les courbes de réponse en temps vrai si on dispose
d'une solution C(t,z) analytique ou numérique des équations d'un modèle théorique .
Mais, que l'on ait recours à la résolution analytique des équations en passant le plu s
souvent dans l'espace de Laplace puis en effectuant une inversion numérique des fonctions
trouvées, ou bien à la résolution numérique du système, on a toujours besoin de moyens infor-
matiques assez importants . C'est pourquoi, cette méthode est de plus en plus appliquée pour la
détermination des rétentions de fluide et(ou) des paramètres du mélange axial, les outils infor-
matiques dont on dispose aujourd'hui étant de plus en plus accessibles d'une part, les techni-
ques numériques et les méthodes d'optimisation variées et performantes d'autre part . Nous
détaillerons au chapitre suivant comment s'applique la méthode du modèle et quels outils elle
utilise .
Les mesures issues de ces expériences de traceurs inertes permettent de déterminer les
vitesses interstitielles moyennes des fluides marqués et donc leurs rétentions, ainsi que le taux
de mélange axial de chaque phase .
Les méthodes utilisant des traceurs sont apparues dès les années 50/60 . Apparaît alors
la notion de distribution des temps de séjours (DTS) . Cette approche statistique, essentielle-
ment imaginée par Danckwerts pour le génie des procédés, repose sur une description du de-
venir des éléments fluides d'un écoulement dans un réacteur . La distribution des temps de sé-
jour E(t) est telle que E(t)dt est la fraction du débit de sortie contenant des molécules d'âge
compris entre t et t+dt. La fonction de distribution des temps de séjours présente un intérêt
double : celui d'être une information globale mais suffisamment précise sur l'écoulement et
celui d'être accessible facilement par l'expérience . En effet, dans des réacteurs tels que les co-
lonnes à garnissage il serait illusoire d'essayer de décrire de manière fine et locale les écoule-
ments complexes (parfois aléatoires) dont ils sont le siège, compte tenu des besoins . Les fonc-
tions de DTS couplées à des modèles simples permettent de décrire leur comportement hydro-
dynamique de manière tout à fait satisfaisante, à l'aide de quelques paramètres .
La détermination de la DTS relative à une phase donnée dans un contacteur multiphasi-
que se fait par une technique de traceur non transférable . La qualité essentielle du traceur, ou-
tre celle d'avoir des propriétés hydrodynamiques identiques à celles du fluide étudié, est d'être
insoluble (et non réacti~ dans les autres phases .
La méthode repose également sur des règles d'injection (répartition sur toute une sec-
tion) et de détection du traceur que rappellent Villermaux (1983) ou Briens et al . (1995), pré-
cautions sans lesquelles les mesures seraient dépourvues de signification . En effet, pour accé-
II-10
der à la fonction de distribution des temps de séjour directement par ce type de mesure, il faut
impérativement effectuer une mesure de concentration sur toute une section pondérée en flux :
f u•CdS
f [Link]-5
Cmes
11w
w Zl C~iS
Les composés qui répondent aux critères requis pour jouer le rôle de traceur sont nom-
breux. Les traceurs salins (Chlorure de Sodium, Chlorure de Potassium, Acide chlorhydrique
ou sulfurique, etc.) ont été majoritairement utilisés dans les liquides pour leur facilité de détec-
tion in situ en continu par conductivité électrique ou pHmétrie . Des colorants ont été utilisés,
détectés par spectrophotométrie, et quand la dynamique est suffisamment lente pour permettre
un échantillonnage, des sels dont on mesure la concentration par titration . Mais ces traceurs
nécessitent le plus souvent un mode de détection intrusif pouvant perturber les écoulements ou
ne permettant qu'une mesure locale, c'est pourquoi, on leur préférera, quand c'est possible, les
traceurs radioactifs détectables par des appareils à scintillation situés en dehors du contacteur
le long des parois . Ces traceurs radioactifs (Ar, Kr) sont utilisables également en phase ga-
zeuse . On trouve aussi des traceurs gazeux (CO2, He, SF6) détectés par absorption infrarouge
soit directement dans le contacteur, soit par prélèvement, et des gaz dont les propriétés ther-
miques permettent une détection par un catharomètre .
;• E ( t ) ~ --►
~
injection x(t) y(t)
J `.
II-11
Ensuite, pour différents cas et les modèles les plus courants, on dispose des relations
qui lient les premiers et seconds moments (et les variances) des courbes de réponse aux para-
mètres des modèles représentatifs des rétentions et de la dispersion axiale que l'on détermine
alors directement.
A ce stade interviennent les conditions aux limites de la section de réacteur étudié vis-à-
vis de la dispersion axiale, qui changent les relations proposées (Villermaux, 1983) . Plus de
détails en seront donnés dans les chapitres suivants .
La méthode des moments a été très utilisée (Hoogendoorn et al ., 1965 ; Van Swaaij et
al ., 1969 ; Bennett et al ., 1970 ; Charpentier et al, 1971 ; Shah et al ., 1978 ; De Maria et al .,
1960 ; Furzer et al ., 1970 ; Wichterlova et al ., 1991 pour un système liquide/liquide) pour la
détermination des rétentions et du mélange axial et elle reste intéressante car l'analyse graphi-
que des courbes donne directement les paramètres recherchés . Néanmoins, il faut être vigilant
sur les conditions des mesures effectuées pour se placer dans les cas pour lesquels les expres-
sions des relations moments/paramètres sont connues .
L'analyse du premier moment de la réponse donne généralement des résultats assez re-
productibles sur les rétentions des phases et on peut affirmer que cette méthode donne de bons
résultats . En revanche, ce n'est pas toujours le cas en ce qui concerne le calcul du second mo-
ment à partir des courbes expérimentales, peu précis en raison des erreurs de troncature (queue
des courbes) . Ce moment subit trop l'influence des grandes valeurs de temps de séjour au dé-
triment des informations contenues dans les premières parties de courbe (Villermaux et al .,
1969), ce qui peut faire échouer la méthode . C'est l'argument des auteurs qui lui préfèrent les
méthodes d'ajustement .
II-12
peut être déterminant sur le précision de cette seconde méthode qui reste néanmoins supérieure
à l'analyse classique des moments d'ordres 1 et 2 .
Pour cette méthode, la queue des courbes expérimentales est moins pénalisante car en
choisissant des valeurs de s suffisamment grandes, l'intégrale en exp(-st) subit alors moins
l'influence des grandes valeurs du temps .
C'est en génie biochimique que se sont développées les techniques de traceurs transfé-
rables, et plus particulièrement en réacteur agité, avec les travaux de Aiba et Huang en 1969
(cités par Dunn et al ., 1975) . La consommation de l'oxygène par la biomasse de ces réacteurs a
conduit les biochimistes à chercher à optimiser les transfert d'oxygène dans l'eau et donc à
mieux connaître les mécanismes de transfert de masse . Dans le but de comparer les différents
bio-réacteurs au regard du transfert d'oxygène, on a eu recours à trois grands types de techni-
ques de mesure qui se passent de biomasse : les méthodes stationnaires avec absorption physi-
que ou chimique aux sulfites que nous avons vues précédemment et la méthode dynamique
avec transfert . Ce type de méthodes a donc été mis en oeuvre tout d'abord pour la détermina-
tion des coefficients de transfert de matière en réacteur agité . Puis elles ont été appliquées aux
réacteurs en colonne et permettent également la détermination simultanée des paramètres hy-
drodynamiques du système : rétentions et paramètres de mélange axial .
Le principe de cette technique est, comme pour les traceurs non transférables, d'injecter
un composé témoin dans une des phases du réacteur, qui va transférer dans l'autre phase où il
sera détecté. Le traceur est donc choisi là aussi pour ses propriétés physiques ne perturbant pas
l'écoulement des phases mais aussi pour sa solubilité dans les deux phases . La majorité des
travaux concernent le transfert du traceur de la phase gazeuse dans le liquide . La réponse en
concentration dans le liquide mesurée en fonction du temps est analysée au regard d'un mo-
dèle. Le traceur le plus employé reste l'oxygène gazeux soluble dans les solutions aqueuses .
Dans le cas des réacteurs agités, le modèle simplissime du réacteur parfaitement agité
s'est imposé pour décrire le comportement de la phase liquide bien qu'il est reconnu que pour
les réacteurs de grande taille ce modèle n'est pas valide . Le comportement de la phase gazeuse
a été souvent négligée (Dunn et al ., 1975), les auteurs se passant de la connaissance de la dis-
II-13
tribution des temps de séjours ou faisant l'hypothèse très simplificatrice d'une concentration
constante uniforme . Pour ce modèle et les différentes hypothèses possibles, une détermination
analytique ou graphique est possible (Dunn et al ., 1975 ; Chapman et al ., 1981 ; Hihn, 1992 ) .
L'équipe de Linek (Linek et al ., 1982, 1987) a consacré beaucoup d'études aux diffé-
rentes mises en oeuvre possibles de ces méthodes transitoires basées sur l'absorption de l'oxy-
gène gazeux . Ils insistent sur le rôle de l'azote qui désorbe ou s'absorbe en même temps que
l'oxygène et propose d'en tenir compte au niveau de la modélisation (Linek et al ., 1981, 1982) .
Mais pour certaines procédures expérimentales, on observe qu'il est raisonnable de négliger
l'effet du transfert de l'azote .
En outre, la plupart des auteurs mettent l'accent sur l'importance de la détermination de
la dynamique du système de mesure . Dans le cas de la mesure d'oxygène dissous, pour laquelle
les sondes disponibles sur le marché ne permettent pas une détermination instantanée, il est très
important de prendre en compte sa dynamique (Dunn et al ., 1975 ; Linek et al ., 1977, 1984 ;
Keitel et al., 1981 ; Hihn, 1992) . Différentes méthodes expérimentales sont proposées à cette
fin .
Par ailleurs, on observe que les résultats obtenus par les méthodes transitoires ont sou-
vent été comparées à la méthode stationnaire aux sulfites, prise alors comme référence (Linek
et al ., 1982) . Mais, cette méthode chimique donne-t-elle accès plus que les autres aux vrais
coefficients de transfert de masse ? C'est la question que se posait Linek (Linek et al ., 1981) .
Ça n'est pas l'avis de Pedersen et al . (1993) qui l'ont comparée à une méthode dynamique uti-
lisant un traceur radioactif (85Kr) transférable du liquide dans le gaz, dans un bioréacteur . Ce
type de traceur présente l'intérêt majeur en génie biochimique de marquer les fluides en pré-
sence d'une biomasse qui n'est pas perturbée par l'addition de réactif ou un changement de
pression .
La technique de l'échelon de pression d'oxygène a été proposée par Linek et al . en
1989 (Linek et al ., 1993) . Il s'agit d'effectuer un échelon de concentration par un échelon de
pression de faible amplitude . Ces auteurs soulignent les avantages de cette méthode qui sont de
pouvoir ainsi effectuer une perturbation du système simultanément dans toutes les bulles du
gaz quelle que soit son taux de mélange et d'être facilement applicable même aux grandes
tailles de réacteur . L'exploitation des résultats est alors faite selon deux modes : Ils effectuent
un ajustement paramétrique (RLa ) d'une réponse théorique sur la courbe de remontée
d'oxygène dissous expérimentale, ou bien ils calculent le coefficient de transfert par les mo-
ments d'ordre zéro de la réponse . Dans les deux cas, la dynamique de la sonde de mesure est
prise en compte . La méthode du modèle a été appliquée aussi par Poizat et al . (1991) sur un
échelon de pression également, seule technique applicable selon eux aux liquides très visqueux .
De manière générale, il faut se méfier des modélisations trop simplistes (écoulement
idéaux et homogénéité de concentration dans le gaz) qui permettent d'obtenir une évaluation
rapide et directe des paramètres, mais qui conduisent souvent à des résultats erronés (Dunn et
al., 1975 ; Keitel et al ., 1981 ; Lee et al ., 1990 ; Linek et al . 1981) .
Pour les réacteurs agités mécaniquement dont le rapport de la hauteur sur le diamètre
devient important, la dispersion axiale doit être prise en compte . Linek et al . (1991) ont montré
que dans ce cas encore une représentation simplifiée des écoulements pouvait mener à une dé-
termination du coefficient de transfert de masse entachée d'erreur . Ils préconisent de plus la
procédure expérimentale la moins sensible au phénomène de dispersion axiale, celle de
l'échelon de pression .
II-14
Les contacteurs en colonne
II-15
sont essentiellement concernés . La méthode est appliquée aux colonnes garnies dans le cas du
co-courant ascendant par Syaiful (1992, 1995) . A notre connaissance, la méthode n'a été ap-
pliquée aux colonnes garnies arrosée de liquide et fonctionnant à contre-courant de gaz que
par Linek et al . (1978) et Evren et Ozdural (1995) . Ces derniers n'effectuent pas les mesures
dans la colonne, mais dans un réacteur agité de petite taille sur lequel le liquide tourne en bou-
cle fermée et ils déterminent le coefficient de transfert de matière en négligeant le mélange axial
dans les deux phases . Linek a lui effectué la détermination simultanée de tous les paramètres
hydrodynamiques et de transfert par des mesures d'oxygène dissous et gazeux directement en
entrée et sortie de colonne .
II-16
l'oxygène dans les liquides pose encore problème pour les contacteurs à dynamique rapide .
Enfin, la difficulté des méthodes dynamiques a longtemps résidé dans l'exploitation des cour-
bes expérimentale du fait du manque de moyens informatiques, aujourd'hui résolus .
Comme l'a souligné Rao (1993) les différentes méthodes de détermination des réten-
tions ne sont pas équivalentes . Elles ne donnent pas accès aux mêmes composantes de la ré-
tention ou bien même si c'est le cas, elles donnent des résultats différents .
La méthode des traceurs transférables pour la détermination des coefficients de transfert
peut difficilement être comparée aux méthodes chimiques car ces dernières ne prennent pas en
compte le mélange axial . Pour les réactions à cinétiques rapides pour lesquelles une concentra-
tion nulle en soluté au coeur du liquide rend la méthode moins sensible au mélange axial liquide,
on a observé cependant que les coefficients de transfert globaux étaient plus élevés que ceux
déterminés par la méthode transitoire . On explique souvent ces observations par une aire in-
terfaciale efficace plus grande en présence d'une réaction chimique .
Les chercheurs ont essayé de mettre en relation les paramètres hydrodynamiques et les
paramètres du transfert avec les débits et les propriétés physiques des fluides sous forme de
corrélations . Mais aujourd'hui, dans le cas des colonnes à garnissage, on observe que les rela-
tions obtenues sont issues d'expériences menées il y a plus de dix ans pour la majorité des cas .
Les garnissages étudiés sont essentiellement les anneaux Raschig ou Pall et des selles de Berl et
les colonnes sont trop souvent de petite taille . Avec les études systématiques de l'équipe de
Billet (Billet, 1995), la gamme des garnissages étudiés s'est élargie, avec en particulier des
garnissages ordonnés, et les tailles des contacteurs étudiés sont devenues plus significatives .
Néanmoins, trop peu d'études sur les garnissages récents permettent de dégager des corréla-
tions générales. La plupart de celles que l'on trouve sont valables pour les premiers anneaux
qui ont été mis sur le marché, bien différents des derniers apparus pour lesquels la porosité du
lit est nettement supérieure .
C'est la méthode par égouttage qui est la plus employée pour déterminer les rétentions
dynamiques des fluides en vue d'en tirer des corrélations, puis viennent les techniques de tra-
ceurs inertes dont les courbes de réponse fournissent le premier moment statistique . Nous ne
reprendront ici que les corrélations pour les garnissages en vrac .
Vignau (Vignau, 1986) a répertorié les principales corrélations disponibles alors, qui
sont présentées dans le tableau II .1 . (Il utilise les notations (3 , et (3d pour la rétention statique
et dynamique respectivement) .
Vignau a testé ces différentes corrélations en les comparant à ses propres résultats ex-
périmentaux obtenus par égouttage . Il trouve souvent d'importants écarts. Les relations les
plus adaptées à son cas sont celle de Gelbe et celle de Bemer et Kalis .
II-17
S E L A TIO V DOMAINE D'APPLICATION ALrrEUR
em 21 vL u 1 /3 g : - t i3
3d --- 1 2 17 ; ~4 do]
_ pI. ) Anneau x de Ras chlg Da v ldso n
a c uL u~
p
C p U .51 d g p=-4 4 1
e~ - 21,2 : L L~ ,~ o L~
= ,(adp~ - .6 10-2 < Re < 10
UL L c
----------------------------- OTAKE et OKADA
.~ .675 l pL g - .44 a c
- 1 .295 (~L uL Ui ) - d) P ?< Re < 2000
N: eT D
ri 1 :=L c(Nd' p
L .' t/ 3 1/2
2,2 ( -Lx u ) ( U L2 ) A nneau x de Ra s chi g I Buchan an
S dp U L 4 p O L p
uE
d-5/9 P u : d dp -
- 1/7 a.
p d - t . 5 9(--L) • ( ty h • g--- )
dp oL UL
Re < 1 + n - t /3 Celbe
. ~- Pr g dh ) - 0 , 3 ( PL U L°
u L ' a s2 ( t'e )= yL ac Re > t • n - 5/11
II-18
Michell et Furze r (Furzer et al ., 1970 ; Furzer, 1984) ont fait une analyse dimension-
nelle des résultats donnés par 400 expériences basées sur la méthode des traceurs et analysées
par le calcul du premier moment. Ils établissent la corrélation suivante :
0.8 0
u d
sL = 0.68 • GaL 44 PL L P Qdp Eq . II-6
µL
P 2L ô- 3
â V e C . G âL = 2 LIp
µ r.
Bemer et Kalis (Berner et Kalis, 1978) ont repris le modèle d'écoulement dans le gar-
nissage qu'ils assimilent à un faisceau de canaux sinueux . Ils s'appuient sur une expression de
l'épaisseur de film calculée à partir des contraintes essentiellement de frottement subies par le
liquide dans le film liquide . Ils aboutissent pour un régime turbulent et avant le point de charge
à l'expression suivante (+/-20%) :
£L - a~Lg)
Y
µL
PL
~
~ aL µL
L C u ~
Eq . II-7
oùf est le facteur de friction de Fanning qu'ils trouvent égal à 0 .72 pour leurs données expéri-
mentales sur des anneaux Raschig et des selles de Berl (système air/eau).
Billet et Mackowiak (cités dans Wagner et al ., 1997 et Stichlmair et al., 1989) ont
proposé une expression simple de la rétention liquide avant le point de charge :
z %
ag ' u L
E L o = 0 . 555 E 465 g Eq . II-8
y~ z
Ar , rr
E L =E Lo 1 + 2 0 Eq . II- 9
ZPL g
Enfin, Billet et Schultes (Billet et Schultes, 1987 ; Billet, 1991 ; Billet, 1995) ont établi
une expression théorique de la rétention de liquide en résolvant les équations d'équilibre des
forces subies par les fluides :
II-19
n
L Eq . II-10
EL 1 1 uL a µa
39'PL-4WL zuG'P G
hL(E - EL
12 • µL• a 2• uL 3
g L,~haige = Eq. II-11
â' AL
Remarque : Dans toutes ces corrélations apparaît l'aire interfaciale a ; en fait, pour les calculs,
on utilise l'aire spécifique de couche du garnissage a , donnée par le fournisseur .
Déjà en 1971, Shah soulignait l'importance des disparités des résultats obtenus sur les
coefficients de dispersion axiale et les différences des résultats entre méthodes stationnaires et
dynamiques pour la phase gazeuse en colonnes à garnissage .
La méthode la plus employée reste celle des moments statistiques . Puis, c'est l'étude
des profils axiaux de concentration de traceur transférable en régime permanent qui a été très
employée pour les colonnes fonctionnant à co-courant .
Mais la disparité des résultats provient sans doute plus des modèles en regard desquels
les méthodes sont employées . Nous les verrons en détail au chapitre suivant, mais déjà deux
modèles continus se distinguent par leurs emplois fréquents : Le modèle Piston-Dispersion
(PD) et le modèle Piston-Dispersion Echangeant avec des zones stagnantes (PDE) . Ce dernier
a été introduit pour expliquer la présence de traînées sur les courbes de réponses (Van Swaaij
et al., 1969) .
Voici quelques corrélations disponibles dans la littérature sur les coefficients de disper-
sion axiale en colonne garnie arrosée fonctionnant à contre-courant, en relation avec les mo-
dèles et méthodes employées pour leur détermination .
L'une des plus anciennes relation a été donnée par Sa ter et Leve n spiel (1966, cités
dans Vignau, 1986) avec le modèle PD et un traceur radioactif . Ils corrèlent les résultats obte-
nus par la méthode des moments grâce à la relation :
II-20
.703
PeL = D a~L = 7 .58 • IO -3 Re0 Eq. II-12
L L
67 10-0. 0076 R
et 3 .4 ReG ' eL Eq . II-13
PeG DQG EG -
G
u •d
avec Re; = P` ! p Eq. II-14
µ,
Ces corrélations ontt souvent été comparées à celle de De M aria et White (1960, cités
dans Shah, 1971) :
0 (0 .013-0 088dp l D )
PeG = 2 .4 ReG 20 l - Eq . II-1 5
Bennett et al . (1970) utilisent le modèle PDE pour interpréter la réponse de leur co-
lonne à échelon négatif de concentration en traceur . En observant l'allure des courbes de ré-
ponse théorique du modèle issue de la résolution analytique, ils proposent une analyse graphi-
que des différentes parties de ces courbes . La relation suivante est obtenue pour des anneaux
Raschig en céramique (dp 1 . 2 mm) dans une colonne de laboratoire :
os~
Pe L = 0.095
(PLd,"L
µL E L )
Eq . II-1 6
puis avec plus de données expérimentales et par un ajustement paramétrique dans l'espace
temporel, ils proposent :
0.7 2 1/3
.sa uL 1
PeL = PLdpuL • GaL ou PeL = Frli3 = d Eq. II-17
µ LE L EL
Pg
Richt er (1978) utilise la méthode des moments avec le modèle PD sur des essais de
traceurs radioactifs dans des colonnes de grands diamètres 40 à 120 cm, mais il obtient une
grande dispersion (+/- 40 %) de résultats :
0 .4 ge G
II-21
1 .95 Re -0 . 7 -8 . 8 Reâ
d ( . 10 10
PeG a É~ 3 16• D Eq. II-19
DG G
10 3
avec ici un nombre de Galilée défini par rappo rt au diamètre de colonne : Ga L = PLg D 3
µL
Re-z .o1
PeL = 83 6• L ReG 31 Eq . II-2 0
EL
1. 1 5 0 . 139 Re o 16 o 3s5
PeG =-•(Re G ) , 1 0 -0 .131 Re L
L Eq. II-21
EG
h
h CE•\1-EL I
Pe. =D`
d G = 11.6 8L- 6.41E L+ 0.9 avec d = E II-22 q.
G
p as~l - F(1- EL~ )
Ils citent les travaux de Ramm (1976, cité dans Kolev 1991) :
Pe G = 2 .4 . ReG z Eq . II-24
Enfin, Burg hardt et al. (1980) font des mesures en régime stationnaire des profi ls de
concentration de gaz avec transfert et appliquent une méthode d'ajustement . Ils proposent
pour des anneaux Raschigs de 25 mm (modèle PD) :
1 .82 3
R
PeG = 3 .301 • ReG 1 6610 1 0' eL Eq . II-2 5
De manière générale, on observe que les travaux destinés à mesurer et déterminer des
corrélations sur le mélange axial sont assez anciens . De ce fait, ils ne concernent que des gar-
nissages en vrac, anneaux Raschig ou Pall et selles de Berl . Parmi les travaux les plus récents
sur le sujet, citons ceux de Vignau (1986) qui a comparé ses résultats expérimentaux obtenus
avec des anneaux Raschig et des selles de Berl aux corrélations existantes . Bien qu'il trouve
II-22
des ordres de grandeurs correspondants, il ne retrouve cependant pas les lois d'évolution de
ces relations .
En général, il a été observé que le mélange axial en phase gazeuse augmente avec le dé-
bit de liquide . Côté liquide, le débit de gaz n'a pas ou peu d'influence sur la dispersion en
phase liquide. Elle diminuerait même avec celui-ci surtout après le point de charge à partir du-
quel l'interaction entre les deux fluides augmente de manière significative . Concernant
l'évolution du nombre de Péclet liquide avec le débit de liquide, il serait osé de tirer des con-
clusions tant les lois sont diverses (exposant du nombre de Reynolds très fluctuant d'un auteur
à l'autre) .
En colonne garnie, la seule manière directe d'estimer l'aire interfaciale est la méthode
chimique stationnaire où une réaction à cinétique rapide ou instantanée de surface contrôle la
cinétique d'absorption . Les systèmes chimiques majoritairement utilisés sont l'oxydation cata-
lysée des sulfites et la réduction du dioxyde de carbone absorbé par la soude . Une méthode
physique stationnaire (détermination du coefficient de transfert volumique global) peut être
couplée à des expériences sur un appareil dont l'aire développée est parfaitement connue
(détermination de (3LouG ) ; alors l'aire interfaciale est obtenue par le rapport des deux (Costa
Novella et al ., 1992) . En marge de ces méthodes, on peut citer celle proposée par Andrieu et
al. (1973) pour son originalité : ils déterminent l'aire mouillée par le suivi de la dissolution au
cours du temps d'un dépôt d'argent sur le garnissage .
Quand le garnissage est arrosé, même s'il est uniformément distribué en amont, le li-
quide ne nappe pas toute la surface offerte par le garnissage . Et la surface volumique mouillée
reste inférieure à l'aire spécifique géométrique du garnissage . On la note aW .
Avant la zone de charge, aW est sensiblement indépendante de la vitesse massique du
gaz et croît avec le débit massique de liquide . En 1968, Onda et al . (Onda, 1968) proposent la
relation suivante, adaptée aux garnissages en vrac (sauf les anneaux Pall) (Laurent et Charpen-
tier, 1974) :
a
6 0 ,75 -0,35 d3 2°, 05 d rit2 o,a
~~ = 1 - exp - 1 .45 g ( adp) g PL p L Eq. II-2 6
ac L P L6 L
II-23
quide, ae devient égale puis supérieure à aW (Copigneaux, 1980) . Mais Joosten et Danckwerts
(1972, ainsi que d'autres auteurs : Shridar et al ., 1978 ; Puranik et al ., 1974) remarquent qu'on
observe un différence entre l'aire interfaciale en absorption physique et celle avec réaction chi-
mique . Tout en restant très prudent, ils expliquent qu'en absorption physique, il se poserait le
problème de la saturation en soluté d'éléments fluide qui ne seraient pas renouvelés, problème
non rencontré avec une réaction qui consomme le soluté . Toute la surface mouillée ne serait
pas disponible au transfert dans ce cas . C'est aussi ce que pensent Joosten et Danckwerts
(1972) qui recommandent de ne pas utiliser l'aire interfaciale déterminée avec réaction chimi-
que pour dimensionner un contacteur d'absorption physique, dans le cas ou la réaction aug-
mente beaucoup la capacité d'absorption du liquide .
En fait, il s'agit de l'aire interfaciale utile au transfert que l'on déduit des calculs
d'efficacité de transfert à partir de résultats expérimentaux d'absorption avec ou sans réaction
chimique . Ainsi, en 1974, Laurent et Charpentier (Laurent et Charpentier, 1974) ont regroupé
les résultats disponibles alors concernant les variations de l'aire interfaciale en fonction de la
vitesse de liquide pour différents garnissages avant le point de charge, et ont constaté que l'aire
interfacial e
➢ est fonction du type et de la dimension du garnissage, ainsi que du matériau ,
➢ dépend du diamètre de la colonne ,
➢ est indépendante de la nature chimique du liquide et du gaz .
Alors qu'avant le point de charge l'aire interfaciale reste indépendante de la vitesse du
gaz, après le point de charge, elle augmente rapidement . Ceci est vérifié expérimentalement
aussi pour une augmentation du débit de liquide à débit de gaz constant (Laurent, 1976 ; Cer-
venka et al ., 1984 ; Vignau, 1986 )
Rizzuti et al . (Rizzuti et a1 ., 1981) vérifient expérimentalement que la viscosité influence
la surface spécifique efficace au transfe rt. Ils trouvent même que l ' effet de la viscosité du li-
quide serait plus important que celle de la vitesse du liquide . Ils déduisent de leurs expériences
la loi de proportionnalité suivante :
0 , 70
• µL uL,326
ae = 39 Eq. II-27
PL
Puranik et Vogelpohl (Puranik et Vogelpohl, 1974) ont introduit le concept des surfa-
ces volumiques statique (ast) et dynamique (aDY), en relation respectivement avec les rétentions
de liquide statique et dynamique, pour différencier les parties du fluide stagnantes et celles qui
ruissellent sur le garnissage . La somme des deux est alors égale à la surface mouillée qui selon
ces auteurs est la fraction maximale de surface que le garnissage peut offrir au transfert .
En se basant sur cette idée et sur des données de la littérature concernant des garnissa-
ges en vrac, ils proposent une expression empirique pour le calcul de la surface volumique effi-
cace, dans le cas optimal où aw = ae (± 12 .5%) :
II-24
e 0,041 ! \2 0, 133 L -0, 1 8 2
~ PL u Lj a
a = 1 , 045
ac
PL . uL
a C µL J a~'PL'6L 6g
EqII-28
ae = 0,76 • f uL PL a° Eq . II-29
~1- 0,93 cos6~ g6L LPL J
Récemment, Bille t et Sc hultes (Billet et Schultes, 1993 ; Billet, 1995) tirent de la dé-
termination théorique du coefficient volumique de transfert cette expression de l'aire spécifique
efficace qu'ils ont validé par une série d'essais multiples et variés :
II-25
II. S. 4. LES COEFFICIENTS DE TRANSFERT DE MA TIERE
La majorité des études sur le transfert de matière concernent des solutions diluées en
soluté transférable . Ceci a conduit les auteurs des corrélations sur les coefficients de transfe rt à
considérer que la migration du composé A dans les couches limites de chaque phase (films)
n'est régie que par des lois de diffusion dans les films . Ils déterminent leurs relations pour les
coefficients définis par (C f paragraphe 1 .2 .1 .2) :
~A
RGRT = ~ A et RL =
CG,to t (.YA .YAi ) CL ,tot `xA - xA i
1 2 i
(3 L pL 3 0,
= 0 . 0051 • I a mL 3 µ~ 1 (a .dp) 4 Eq . II-3 2
Lg `w µJ~
L PL AL J
1
0,7 (
G
K• amG I µD (a .dp) -2' 0 Eq. II-3 3
aDAG
TG µG ` PG AG
II-26
Cette corrélation présente l'intérêt de tenir compte de l'effet du mouillage partiel du
garnissage en faisant appel à l'aire spécifique mouillée définie au paragraphe 11 .3 .3 .4. Elle est
adaptée aux anneaux Raschig, selles de Berl mais pas aux anneaux Pall, dans un intervalle de
confiance de 40 % . Elle s'applique à un domaine défini :
2
Q
a
~ 8
)3
Re L - L Ia .fc t
Fig. II.1 - Corrélation du coefficient de transfert de masse côté liquide pour des expériences
d'absorption et de désorption avec de l'eau par ONDA (1968 )
II-27
2
3
0.1833 • Q L a - uL ' JC z 2~pLuL Ga 6 Eq . II-3 4
dp aµ L
avec Ga - PLg d3 et Sc = µ L
L 1
I' L p PL DAL
~
u ' 2 LZS dp z
. 2
Re
0.1833•(3La=dL Sc •ReL-s•Ga6 avec ReL = 2nPLuL Eq . II-35
P
a d' aµ L
0 . 2 0 .728
a = 346• (1-cos6) 06 PL L
\ µLÔ
63
r 3 0.17 1 q
OU ~ = O . ISS • 1PL aL
O .OI•
pLUL
Eq. II-3 6
p µLg µL
02 -0.1 2 6
~= 2 .0 (1- c ose)o 6 PL L
~ 63
µLg
2 1 1 1
3 3
9
µL a 3 L
R La' 2 = 0,0025• µL n1L a 4 2 E q II-3 7
PLg PLg PLg2 PL DAL
II-28
-0, 3
R G PG K ' ~ 171G . dl ~µG
[a .dp ] Eq . II-3 8
rizG MG µ G ~ •PG
D AG
)
Hughmark (Hughmark, 1980, 1986) s'inspire de travaux sur les films tombants annu-
laires et assimile le liquide à un film tombant turbulent . Son approche, purement mécanistique
s'applique à tout type de garnissage . Selon lui, le coefficient de transfert côté gaz est liée à la
vitesse de cisaillement du gaz sur le liquide, dont la contribution proviendrait d'une fraction a
des pertes de charges . Il obtient (en m/s) :
PG =a
CEG +uL
G
11
)
Eq. II-3 9
.Î
kT + 2 a 2
( 1 -z
avec le facteur de friction : f = a£ G I~ • E G+ uL Eq . II-40,
PG ` J G
( 0,097
a• [tan(34,6O,O094 ScG ) - tan(5,5 0,0094 ScG ) ] -1 Eq . II-41 ,
kT G
~
La C
Eq. II-42
PLUL
* ScL = 0,027 4 Eq. II-43
u µLa
II-29
Shi et al. (1985) ont étudié l'influence des paramètres physiques sur l'aire interfaciale
efficace et le coefficient de transfert de matière, ainsi que les lois régissant l'écoulement des
filets de liquide sur une surface plane . Ils en tirent une relation semi-empirique applicable à de
nombreux garnissages en vrac (± 30%) :
os
DAL uL1 . 2g1 .aL
3 0.3 1.2 1.4
s pL ~1- 0,93 cos6 ~ Z 6
RL - 1 .19 • 1 .4 0 .3 2 .4 Eq . II-44
p µL PL ac
Billet et Schult es (Billet et Schultes, 1993, 1995 ; Billet, 1995) s'appuient sur la théo-
rie de Higbie pour élaborer une corrélation semi-empirique des coefficients de transfert de ma-
tière. L'efficacité du transfert est fonction du temps de contact entre les éléments de liquide et
le chemin parcouru par le gaz entre deux renouvellements de liquide, qu'ils définissent par les
expressions :
lt = dh = 4 £ et t c = E L it Eq. II-45
a UL
L = 2 DAL
Ic Eq . II-46
~
> >
i a• DAL 2 uL J i
R L - CL * 106 4
Eq. II-4 7
E £L
1 3
1 3 4
DA G I ~ Eq . II-48
PG - CG a
PG AG J PGa
µG
II-30
qu'il propose avec la rétention dynamique . Il s'agit de deux corrélations purement empiriques
fondées une banque de données incluant anneaux Raschig et Selles de Berl et toutes sortes de
fluides.
1 .03 0.5
. âzL ~PLuLdJ Eq
Pour les anneaux Raschig (±25%) :a
(3L
= 7 .3 ~ . II-50
µL P L AL J
o .s7 o . s
D u
d
Pour les selles de Berl (± 10%) : RLa = 27 .8• ZL PL L Eq . II-5 1
~ µL P LDA L
Pour conclure, il faut remarquer que toutes ces relations semi ou totalement empiriques
ont été presque toutes établies à partir de données expérimentales pour lesquelles les auteurs
ne tiennent jamais compte du mélange axial . Donc théoriquement, compte tenu de l'effet du
mélange axial, ces corrélations devraient fournir des coefficients de transfert de matière sous
estimés par rapport à la réalité . De plus, on remarque que les domaines de validité ne sont que
rarement spécifiés .
II-31
III. MODÉLISATION D ES ÉCO ULEMENTS ET D E
L'ABSORPTION EN C OLONNE . . . . . . ........ . . . . . ..... .. . . ...... . ... III-2
II1 1.l . Introdu ction . . . ..... . ........ ........ . .. ..... . ........ . ....... . . . ..... . . . ...... . . ...... . ...... . . ..... . .... . .. 111- 2
II11. 2. L es m odèles d 'écouleme nt..... . ..... . . . ....... . ........ . ....... . ...... .. ...... . . . ..... . ...... ..... . . III-3
111 . 1 .2 . 1 . Les mod èl es stati sti qu es . . .... . . . . . ... . . . . . ... . . . . . .... . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . .. .. . . . . . . .... .. . . . . . . . . . III -3
111 . 1 .2 .2 . Les modèles contin us (ou à paramètres ré partis) . . . . . . .... . . . . .... . . . . . . . ... . . . . . . . .... . . . . . . . . .. . III-4
111 . 1 .2 .3 . L es m odèles étagés (o u à paramètres l ocali sés ) ... . . . . . .. . . . . . . .. .. . . . . . .. .. . . . . . . .. .. . . . . . . . . . . .. III-1 0
111 . 1 .2 .4 . Concl us io n . . . .. . . . . . . .. .. . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . ... . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . . . .... . . . . . . . . .. .. III-1 2
II1 1.3. Co nclusion. . ...... . . .... . . . ....... . . ....... . ....... . . . ...... . ....... . . . ..... . . . ...... ... ... . ... .. . . ..... ... III-IZ
111.2 . LE MODÈLE HYDRODYNAMIQUE DE COLONNE .............. . ......... ..... . ..... . ...... ...... . III- 13
II12. 1. L e modèle de colonn e . . . . ...... . . . ..... . . . ..... . . . ...... . . ...... . . . ..... . . . ...... ...... . ..... . ...... . III- 13
111 .2 . 1 . 1 . Les hypoth èses ... . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . .... . . . . .. .. . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . .... . . . . . ... . . . . . . . .... . . . . . . . . .... . . . . . .III-1 3
111 .2 .1 .2 . Les éq uations . .. .. . . . . .... . . . . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . ... . . . . . . ... . . . . .... . . . . . ... . . . . . . . .. .. . . . . . . .. .. . . . . . . . .III- 1 3
111.2.2. Résolution des équations . ...... . . ...... . . . ..... . . . ...... . . ...... . . . ..... . . . ...... ..... . . ..... . ..... III-1 6
111 .2 .2 . 1 . D iscrétisation d es équ ati on s . . . ... . . . . . .... . . . . . ... . . . . . . ... . . . . .... . . . . . . .. . . . . . . . ... . . . . . . . .... . . . . . . . . . . III-1 6
111 .2 .2 .2 . Conditions au x li mites . . . .. . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . ... . . . . . . . .. . . . . . . .. .. . . . . . . . . . . . . III-1 9
111 .2 .2 .3 . Intégrat i on d es équ ations di sc rétisées . . . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . . .. .. . . . . . . . . . . . .III - 1 9
II1 2.3. Va lida ti on du n: odèle . . ..... . . . ...... . . ...... . . . ..... . . . .. .... . . ...... . . . ..... . ...... . ..... . . .... . ... III-20
111.3 . LE MODÈLE AVEC TRANSFERT DE MASSE ..... . ........ ........ . ... ........... ...... . ............ . III-2 1
II13 .1 . Equations du modèle .. . . . ..... . . . ..... . . . . . .... . . . ..... . . . ...... . . ...... . . . .. . . . . ...... . . ..... . . ... . . III-21
111 .3 . 1 . 1 . Les hypothèses . .. . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . ... . . . . . ... . . . . . .... . . . . . ... . . . . . ... . . . . . .... . . . . . . .... . . . . . . . . .. . . . . . . . .III-21
111 .3 .1 .2 . Les équations du modèle . . .... . . . . .. .. . . . . . ... . . . . . .. . . . . . . .. .. . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . . .. . . . . . . . ... .. . . . . . . . .III-22
II1 3. 2. résolution des équations . . ...... . . ........ ... ..... . ...... . . ........ ...... . . . ..... . . . ...... . .. ... . ... III-24
111 .3 .2 . 1 . Choix du schéma numérique . . .... . . . . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . .. . . . . . . .... . . . . .... . . . . . . . ... . . . . . . . . . ...III-24
111 .3 .2 .2 . Système discrétisé et résolution . . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . ... .. . . . . . . . .... .III-2 6
III-1
III. MOD ELISATION DES ECOULEMENTS ET D E
L 'A BSORPTIO N EN COLONNE
III-2
l'écoulement des phases . Dans tous les cas, la modélisation hydrodynamique complète dissocie
les deux phases, dont les caractéristiques d'écoulement peuvent être totalement différentes .
Les modèles statistiques ou « stochastiques » ont été très peu utilisés en génie des pro-
cédés pour décrire le comportement hydrodynamique d'un système . Certains auteurs ont es-
sayé d'interpréter les courbes de réponse impulsionnelle par des considérations statistiques
locales pour retrouver la distribution des temps de séjour dans un réacteur . Ces études font
appel aux modèles du « chemin aléatoire » des molécules de Nauman et Buffham (Nauman,
1980, cités dans Briens et al ., 1995) ou bien le modèle des compartiments parfaitement agités à
interconnections aléatoires de Krambeck et al . ou Jordache et al . (Cités dans Briens et al .,
1980) . Dans leur modèle dit « Gaussien-convectif », Levenspiel et Fitzgerald (1983) attribuent
la forme des courbes de réponse impulsionnelle à une distribution des vitesses axiales de type
gaussien sans interaction des éléments de fluides (gouttes, filet ou bulles) . Ils l'opposent au
modèle d'écoulement classique piston-dispersion (Cf paragraphe II .1 .2.2) qui donne les mêmes
courbes théoriques mais traduit un phénomène différent, le rétromélange . Briens et al . (1980)
reprennent et développent ce modèle ; ils y incluent une composante aléatoire : la fréquence
d'interaction entre les éléments de fluide, probabilité qu'un élément fluide change de vitesse
par interaction avec un autre . Leur modèle est intermédiaire au modèle piston-dispersion et
celui de Levenspiel et Fitzgerald mais il ajoute un paramètre supplémentaire à celui dont il
s'inspire .
III-3
Pour la phase discontinue des colonnes à garnissage, Buffham et al . (cités dans Defives
et al., 1976) proposent le modèle de mélange en avant . Selon eux, il y a fort peu de chance
pour que des gouttelettes de liquide soient victimes d'un mélange en retour dû aux tourbillons
du gaz (sauf à l'engorgement) tant leurs masses volumiques sont différentes et les gouttes de
tailles significatives . Le mélange axial serait dû aux arrêts aléatoires des gouttes dus au garnis-
sage qu'elles rencontrent et à la distribution en tailles qui leurs confère des vitesses différentes .
Ce concept les amène à définir deux rétentions : une rétention dynamique (liquide en écoule-
ment piston) et une rétention stationnaire correspondant aux gouttes à l'arrêt à un instant don-
né . Ils proposent un modèle statistique simple qui implique la connaissance de deux paramètres
de mélange : la fréquences d'arrêt et de départ d'une goutte régies par des lois de probabilité .
Ils remontent au temps de séjour moyen en additionnant les temps de séjours moyen à l'arrêt et
de la phase mobile. Ce modèle n'implique pas de discontinuité de concentration à l'entrée
comme le modèle piston-dispersion que nous verrons au paragraphe suivant . Mais, comme
l'ont souligné Shah et al . (1978), il donne une expression de la distribution des temps de séjour
semblable à celle du modèle piston échangeant de la matière avec des zones stagnantes du pa-
ragraphe suivant (équivalence mathématique uniquement) .
Le plus souvent, c'est l'étude des conditions aux limites des équations qui ont amené
ces auteurs à chercher des lois plus représentatives du cheminement des molécules ou des élé-
ments de fluide le long des contacteurs en colonne . Mais ces types de modèle restent très mar-
ginaux pour décrire le comportement hydrodynamique d'un contacteur gaz/liquide . Ils per-
mettent d'avoir une description peut-être plus fine et réaliste de l'écoulement mais donnent les
mêmes courbes de réponse que les modèles classiques tout en augmentant le nombre de para-
mètres à déterminer . C'est sans doute pourquoi ils ont si peu retenu l'attention . Nous ne nous
y attarderons pas .
Les modèles les plus utilisés pour représenter l'écoulement de gaz et de liquide dans un
milieu tel que le lit d'un garnissage sont les modèles continus à une dimension, représentés
mathématiquement par des équations différentielles du premier ou second ordre . En régime
permanent le système est constitué d'équations différentielles ordinaires (une ou deux pour
chaque phase) et en régime dynamique, ce sont des équations aux dérivées partielles .
Dans la majorité des cas, cette modélisation 1D (selon la direction de l'écoulement) fait
les hypothèses suivantes : les fluides solvant et diluant sont immiscibles ; le soluté à transféré
est suffisamment dilué dans les deux phases pour pouvoir appliquer la relation d'équilibre de
Henry définie au premier chapitre ; les flux transférés sont insuffisants pour faire varier les vi-
tesses de fluide le long de la colonne ; on ne prend pas en compte les variations de pression le
long de la colonne ; on suppose les concentrations constantes sur une section de colonne
(mélange radial complet) . Par la suite, les équations seront présentées pour le régime dynami-
que.
III-4
nomènes qui compliquent déjà le système d'équations à résoudre, une réaction chimique ou du
transfert de chaleur par exemple . De Leye et al . (1986) ou Linek et al . (1990) qui résolvent les
équations de diffusion des espèces réactives dans le film l'ont utilisé, ainsi que Meyer et al .
(1996) et Tontiwachwuthikul et al . (1992) pour le transfert multiconstituant . Le système
d'équations correspondant s'écrit à partir des bilans différentiels de soluté A non transférable,
effectués sur une tranche de colonne de hauteur dz, dans chaque phase i :
apA; u; a p Ai
Eq. III-1
at - 6 ; aZ
où les vitesses sont des grandeurs algébriques .
Ces équations nécessitent comme conditions aux limites de connaître les concentrations
initiales et dans le cas transitoire l'évolution temporelle de la concentration en un point .
Bien que cette représentation semble simpliste pour représenter les phénomènes com-
plexes intervenant dans le mélange axial, il est le plus largement adopté car il est le plus simple
et le moins coûteux en paramètres . Pour un contacteur multiphase, chaque phase est traitée
séparément vis-à-vis du mélange axial ; on peut donc ne considérer ce phénomène que dans
une seule phase, la phase dispersée le plus souvent . La forme adimensionnelle de la dispersion
axiale est le nombre de Péclet qui représente l'ordre de grandeur du rapport du flux axial con-
vectif au flux axial de type dispersif :
Le nombre de Péclet prend en compte la vitesse vraie du fluide u ; et une distance caractéristi-
que L , qui peut être soit la hauteur utile de colonne (hauteur de lit garnie), soit la dimension
caractéristique du garnissage (diamètre nominal ou hydraulique) ou des bulles (diamètre
moyen), soit enfin l'inverse de l'aire spécifique de couche du milieu a,.
On trouve tous les cas dans la littérature, mais le plus souvent c'est la longueur caracté-
ristique de l'élément de garnissage dP qui est retenue . Certains auteurs nomment alors ce nom-
bre adimensionnel, nombre de Bodenstein . Il varie dans tous les cas selon l'inverse du mélange
axial, un nombre de Péclet (Bodenstein) infini correspondant à l'écoulement piston .
III-5
Le bilan différentiel molaire en soluté A non transférable donne l'équation suivante pour
une phase i :
a az~
UPAi Zli vPA; aX PA i
Eq. III-4
ar - - ; aZ + D~ aZz
s
z~
aPA; aP A ; 1 a P A ;
Eq. III-5
ar' - - aZ' + Pe; aZ *2
avec les variables :
~ Fermé - ferm é
Semi-ouver t
III-6
Dans tous les cas, le nombre de moles traversant la limite est conservé :
aPnii i~ aPA ; 1
Cu i Pai - E i Di' aZ = u i Pai - E i D Eq . III-7
Z- Z ôz +
-> en entré e
A l'entrée de la colonne (en amont du garnissage), la dispersion axiale est négligeable et
le nombre de moles traversant la limite s'écrit : u ;pA;S2 . En aval, l'expression III-2 s'applique .
& )
( ut Pa i ) e„t,-ee - - ( ar; Pn i - E+Di' z Eq . III-8
ô entree+
Lorsque le fluide i arrive dans un milieu avec dispersion axiale, sa concentration subit
une discontinuité à la limite du domaine . En entrant, il est en effet aussitôt mélangé avec une
partie de la phase déjà présente dans la colonne .
-> en sorti e
i j
Cu i Pai - E i D ' u; Eq. III -9
aaz' so rtie -
- ( PA' ) sortie +
De plus, le fluide en sortant du milieu, arrive dans un environnement sans mélange axial . Il
n'y a donc pas de discontinuité de concentration en sortie du domaine (Defives et al ., 1976) .
D'où :
(Pa i 1
sorne- _ ( PA+ ) so .he+
Eq. III- 10
III-7
La condition limite de so rt ie devient : ~
aa~Ai Eq . III-1 1
J so rtie
L'ensemble de ces conditions limites sont communément appelées conditions aux limites
de Danckwerts . Elles confèrent au système global d'équation son caractère algébro-différentiel .
Remarque :
Avec ces conditions aux limites, on retrouve le fait que le modèle piston-dispersion est
un modèle intermédiaire entre le modèle piston et le réacteur parfaitement agité . Pour un réac-
teur piston, il n'y a aucune discontinuité de concentration . Pour le RPA, la concentration est
discontinue en entrée et continue en sortie .
Ce modèle reste le plus couramment utilisé pour décrire l'écoulement dans les contac-
teurs en colonne . Il est retenu pour les lits fluidisés, les colonnes à bulles et les colonnes à gar-
nissage fonctionnant à co- ou contre-courant . En régime permanent, certains auteurs (Miyauchi
et al ., 1963) ont proposé des solutions analytiques complexes qui restent peu utilisées . On
préfère la résolution numérique le plus souvent en passant éventuellement dans le domaine de
Laplace .
Remarque : Levenspiel et Fitzgerald (1983) ont critiqué l'utilisation abusive de ce modèle
d'écoulement pour interpréter les courbes de DTS . Ils lui opposent le modèle « Gaussien-
convectif» qui explique l'allure des courbes de réponses non par un phénomène de rétromé-
lange mais par une distribution non homogène des vitesses de chute des gouttes uniquement .
Mais en présence de garnissage, les considérations de leur modèle ne sont plus fondées car ils
ne prennent pas en compte l'arrêt des gouttes sur le garnissage .
III-8
ô pÂa apÂa 1 ô2 pna K •Z *a +se
+ - ud P A i - P n;
at ' - - a2' Ped aZ *2
a *st ~ Eq. III-1 2
P nt K ' Z *d * sr
( Pa i - Pn i )
at' ua• (1 - ~)
*d
aPAi a PA; K - Z ( •d *st 1
at' -- aZ `- u d ~P A~ - Pn~ ~
,
s
* t
Eq. III-1 3
~ P n; K' Z *d ► st
a ( 1 ~P ni P ai ~
ôt *
Mais ce modèle n'explique pas les profils abrupts de concentrations observés vers les
frontières du domaine .
III-9
Les autres modèles
Partant de ces trois principaux modèles d'écoulement, certains auteurs ont pris en
compte des phénomènes supplémentaires .
Pour rendre compte du mélange axial en colonne à bulles, certains auteurs (cités dans
Deckwer et al ., 1983) ont repris le schéma d'écoulement piston mais avec un coefficient de
transfert variable près des extrémités de la colonne . Cela leur permet d'expliquer le saut de
concentration à l'entrée en particulier . Mais Deckwer et al. (1983) ont vivement critiqué cette
analyse en démontrant que les conditions de Danckwerts et les effets de la dispersion axiale
expliquent l'allure des profils de concentration tout en gardant un coefficient d'échange de
matière constant vis-à-vis des débits et de la distance axiale .
Pour les colonnes à bulles, Kawagoe et al . (1989) ont différencié les parties centrales et
annulaires de l'écoulement, chacune étant le siège du phénomène de dispersion axiale (modèle
piston-dispersion) . Rustemeyer et al . (1989) proposent une approche semblable . Cette modéli-
sation leur permet de mieux rendre compte de leur points expérimentaux . Cette approche est
intéressante, car en colonne garnie également, on sait que l'écoulement est modifié le long des
parois de manière significative lorsque la distribution de liquide est mal assurée, ce qui est très
souvent le cas . C'est une manière d'approcher la dispersion radiale que très peu d'auteurs ont
chercher à modéliser .
Coflclusion
Ces modèles peuvent paraître simplistes pour décrire les phénomènes d'écoulement
complexes dont peut être le siège une colonne à garnissage ou à bulles , et on pourrait penser
que même s' ils permettent de retrouver les courbes obtenues expérimentalement, ils ne sont
pas une représentation physique de la réalité .
Une étude récente de Cockx et al . (1997) tend à prouver le bien-fondé de ce type de re-
présentation pour le mélange axial . Ils ont réussi à retrouver les coefficients de dispersion
axiale mesurés sur un réacteur de type air-lift à partir du calcul numérique des profils de vites-
ses et de concentrations , basé sur les lois de la mécanique des fluides selon une approche en 2D
puis en 3D . Leurs calculs prennent en compte les contributions des diffusions moléculaires et
turbulentes ainsi que des distributions spatiales de vitesse .
Mais par ailleurs, on constate que lorsque les auteurs passent de la théorie à
l'application des modèles les plus sophistiqués de cette catégorie, ils sont trop souvent amenés
à faire des simplifications et des hypothèses peu réalistes dans le but de simplifier la résolution
et réduire le nombre de paramètres à estimer .
III-10
inversement proportionnel au taux de mélange axial . Ce sont donc les deux paramètres hydro-
dynamiques correspondant à la rétention et au nombre de Péclet du modèle piston-dispersion .
La fonction de transfert dans l'espace de Laplace d'un tel système est le produit des fonctions
de transfert élémentaires de chaque réacteur (ti) . Dans l'espace réel, l'original de la fonction de
transfert est connue et donne :
~ t '- '
Pso,ne -(,~) -1
. ~ e x P(- J T) Pen~.ee E q. III-14
(~ ))
Compte tenu de la nature même d'un réacteur parfaitement agité, cette représentation
est plutôt destinée aux réacteurs fermés à la dispersion axiale . On ne peut en effet alors distin-
guer les cas « ouverts » et « fermés » vis-à-vis du mélange axial .
Ce modèle a été beaucoup utilisé . Sakata et al . (1972) adopte cette représentation pour
les deux phases d'une colonne à garnissage siège d'une réaction chimique . Elle leur permet de
représenter les points expérimentaux de manière satisfaisante .
A partir de cette représentation simple de l'écoulement d'une phase, les auteurs ont
ajouté des éléments, afin de mieux rendre compte des phénomènes observés. Bien sûr, le nom-
bre de paramètres caractéristiques de l'écoulement augmente proportionnellement avec le de-
gré de sophistication des modèles . Le plus souvent, c'est la phase discontinue qui fait l'objet
d'une recherche plus poussée car c'est celle où la dispersion axiale a été la plus observée . On a
souvent supposé la phase continue (le gaz en colonne garnie) en écoulement piston .
Deans et Lapidus (Cités par Shah et al ., 1978) sont les premiers en 1960 à introduire
des zo n es stagn antes dans leur modèle . Ils font l'hypothèse, pour la phase liquide, que chaque
réacteur élémentaire se divise en une zone d'écoulement et une autre stagnante qui échangent
de la matière entre elles . Van Swaaij et al. (1969) reprennent cette idée et proposent une mo-
délisation en cascade d'unités élémentaires, chacune constituée de deux réacteurs agités en
parallèle de volumes différents . Ils sont traversés par des fractions différentes du débit mais ils
n'échangent pas de matière, l'un et l'autre représentant les fractions stagnantes et en écoule-
ment du fluide . Ces modèles ajoutent à la représentation de base un à deux paramètres caracté-
ristiques pour 1 a phase considérée .
Shah cite également la représentation de Bang et Cholette qui ajoutent des court -
circuits aux réacteurs successifs pour représenter le rétromélange, alors dû plutôt à la disparité
des vitesses axiales .
Defives et al . (1976) introduise une fraction de débit en r etour entre les réacteurs
agités en série . C'est une image très proche de celle du mélange en retour, représenté par le
modèle continu piston-dispersion .
Pour représenter l'écoulement et le transfert dans une colonne à garnissage, Hatton et
al. (1980) ont construit un modèle assez complexe où se succèdent réacteurs parfaitement agi-
tés et réacteurs piston . Ils font intervenir aussi des fractions de débit de recirculation en amont
et suppose que phases liquide et gazeuse se décomposent en parties actives et inertes vis-à-vis
du transfert entre phases . Ils s'appuient sur les dimensions caractéristiques du garnissage . Ils
introduisent de nombreux paramètres tels que celui de la fonction de distribution des débits de
recirculation, les fractions de débit liquide et gazeuse efficaces au transfert qui les contraignent
à simplifier le modèle quand ils le confrontent à l'expérience .
III-11
Enfin, il existe aussi un modèle hybride qui représente l'écoulement des phases par une
série de cellules sièges d'un mélange axial . On applique donc à chaque étage l'équation du mo-
dèle piston-dispersion. Si le nombre de cellules est important, ce modèle est équivalent au mo-
dèle piston-dispersion ou à une série infinie de réacteurs parfaitement agités .
Conclusio n
On peut voir que de nombreuses combinaisons de réacteurs idéaux, by-pass, débits en
retour, recyclage et décomposition des débits avec ou sans échange peuvent exister . Mais c'est
toujours au détriment de la simplicité du modèle et du nombre de paramètres caractéristiques .
Ce type de modélisation discontinue présente néanmoins l'intérêt d'être très imagée
mais on lui reproche souvent d'être trop éloignée d'une réalité à caractère continu . Dans les
cas simples, elle a été très utilisée naguère lorsque les moyens informatiques étaient insuffisants
pour la résolution numérique .
II 1 . 1 . 2.4.C on c lu s io n
Nous avons présenté les modèles d'écoulement qui ont le plus retenu l'attention depuis
une trentaine d'années en génie des procédés pour représenter les contacteurs gaz-liquide en
colonne . Aujourd'hui, c'est le modèle piston-dispersion qui reste le plus utilisé pour les colon-
nes à garnissage, puis vient les modèle PDE . Pour l'hydrodynamique on dépasse rarement trois
paramètres caractéristiques à déterminer par phase .
Malgré une approche différente à la base , les modèles discontinus et continus peuvent
être très semblables dès que la taille du réacteur élémentaire est choisi suffisamment petite pour
se rapprocher d' un volume élémentaire sur lequel on discrétise habituellement les équations des
modèles continus . On peut souvent relier les paramètres de ces modèles (Villermaux , 1993
Defives et al ., 1976) .
III-12
II1.2 .LE MODELE HYDRODYNAMIQUE DE COLONNE
La première partie de ce travail concerne les écoulements des fluides . Pour ce faire, des
expériences de traceur non transférables sont effectuées et analysées en regard d'un modèle
hydrodynamique . Cette pa rtie ne traite donc pas du transfe rt de matière . Le modèle
d ' écoulement retenu est le piston-dispersion . On traite chaque phase séparément .
III-13
La section moyenne à travers laquelle s'écoule le fluide i et sa vitesse réelle ou intersti-
tielle u 'G s' écrivent alors :
u
SG = EGS2 et uG = G Eq. III-1 6
EG
Si on appelle rrAG le flux spécifique molaire de traceur par unité de surface traversée par le
gaz et pAG la concentration molaire de traceur dans le gaz, le bilan sur le volume de contrôle
s'écrit :
-
rzAG =uEa PAG ~ a P,ac
- G az Eq . III-1 9
D
G
convection diffusio n
aatG -- 11G O
~zG + DG°~ aaZ z^G Eq. III-20
G
C'est l'équation qui régit la concentration d'un traceur inerte le long de la colonne gar-
nie .
Pour ce type d'équation, on applique les conditions aux limites de Danckwerts en ex-
primant la c ontinuité du flux de matière A aux frontières du domaine (équation III-6) .
Dans notre cas, le traceur est injecté à l'entrée du garnissage, par conséquent, le lit de garnis-
III-14
sage est un système fermé à la dispersion axiale aux entrées et sorties (puisqu'on néglige la
dispersion axiale dans le ciel de colonne et sous le garnissage) .
Pour le gaz, l'entrée se situe à la base du garnissage . Alors l'expression de la continuité
du flux aux deux extrémités du garnissage mène aux relations suivantes :
PAG 1 t o ~. uG • Z
Z - Z ; PAG = OU {~ AGo -
lITYl - f PAG j
d ~ t* - ~ - t ; P eG = yX Eq.
P AG o to -> m t 0 0 E G DG
III-24
~
a PAG 1 aPAG 1 a2 P AG
Eq. III-2 5
ar ~ - - EG aZ* + PeG aZ*z
G '
P AGo = PAG P eGaaZ
Eq. III-26
a Pac = 0
aZ ~-
iii - is
L'ensemble des équations III-25 et III-26 forme un système algrebro-différentiel partiel
aux conditions aux limites réparties qui n'admet pas de solution analytique simple dans le cas
fermé . Nous le résolvons numériquement .
Pour la phase liquide, le système est identique au signe près, puisque les fluides circu-
lent à contre-courant . La vitesse du liquide est une grandeur algébrique négative d'où un nom-
bre de Péclet liquide négatif, par définition :
aPa L 1 aP.a L
+ 1 a2 P ZL Eq . III-27
at* - - F- L Z PeL ôz
[13L
az
=0
o+
. Eq. III-28
.,. -# 1 aPaL
[PALO - P AL P eL aZ *
1-
L'équation du modèle piston-dispersion peut être abordée par les transformées de La-
place . On accède alors facilement à la fonction de transfert, quelles que soient les conditions
aux limites . Dans le cas des limites de type ouvert à la dispersion axiale, l'inverse de la trans-
formée est connue :
- Pe ( t - i)z
Eo_o (t) = 0.5 Pe 3 exp Eq. III-29
~t 4i t
Or, dans le cas du réacteur fermé à la dispersion aux deux frontières, l'inverse de la
fonction de transfert, qui donne la fonction de distribution des temps de séjours, n'est pas con-
nue. Nous résolvons donc numériquement cette équation .
La méthode choisie repose sur la discrétisation spatiale de l'équation à résoudre et des
équations des conditions aux limites . On obtient un système d'équations algébro-différentielles
fonctions du temps .
III-16
On exprime les dérivées spatiales de l'équation à résoudre en fonction des concentra-
tions de maille : C= (pAG 7)
7- 1 m .
La dérivée seconde est discrétisée suivant un schéma centré :
z
_ aZZ
~ Pnc,t
dl - 2 , m - 1 (
~2
N PAG , i - I - 2P AG ,i + PAG , i +l
) Eq. III-31
L'expression de la dérivée première est plus délicate dans le cas des fluides en mouve-
ment. Pour des systèmes au repos, on peut utiliser une dérivée première centrée . Mais pour un
fluide en mouvement, la concentration en un point dépend essentiellement de la concentration
en amont . En pratique, un schéma centré, qui tient autant compte de l'aval que de l'amont,
peut être instable lorsqu'il est utilisé pour un tel système .
Afin de limiter ce risque, de nombreux schémas sont proposés . Prenons l'exemple du
schéma classique décentré amont . Lorsque l'écoulement et l'axe des z sont orientés dans le
même sens, la dérivée première s'écrit :
Ce schéma limite le risque d'instabilité . Toutefois, il n'est pas aussi précis qu'un schéma
centré et surtout il introduit une « fausse diffusion » à la solution numérique . En effet, si on
compare les schémas centrés et décentrés amont, on peut voir que ce dernier est équivalent au
u Oz
schéma centré en remplaçant D,7 par DG + 2£ (Patankar, 1980 ; Euvrard, 1994) . Ce
G
terme complémentaire de diffusion est appelé diffusion numérique. Elle diminue avec la taille
des mailles et disparaîtrait pour un nombre de mailles infini .
Remarque : Pour le liquide qui s'écoule à contresens de l'axe Oz choisi et pour lequel la vitesse
P P
est donc négative, la dérivée première devient : aPAL, ; N AL,i+I - AL,;
aZ Az
On ne résout donc pas exactement le système voulu, mais un système physique légère-
ment différent où cette fausse diffusion peut dépasser l'effet de la véritable dispersion physique
que l'on cherche justement à caractériser . Dans notre cas, ce peut être une source d'erreur si
on n'en tient pas compte, puisqu'il conduit à surestimer la dispersion axiale réelle . Nous avons
comparé le résultat d'une intégration numérique utilisant le schéma décentré amont avec la
solution analytique de l'équation disponible dans le cas d'un réacteur ouvert à la dispersion
axiale. Nous avons constaté que pour les nombres de Péclet auxquels on pouvait s'attendre
d'après la littérature, l'incidence de la diffusion numérique introduite par ce schéma n'était pas
négligeable dans certains cas si on veut garder des tailles de maille raisonnables .
Nous avons donc cherché un autre schéma numérique de discrétisation de la dérivée
première qui soit un bon compromis entre précision et stabilité et qui minimise la diffusion nu-
mérique. C'est le schéma QUICK (Quadratic Upstream Interpolation for Convective Kinema-
tics ; Kreziak et Villand, 1989 ; Leonard, 1979, 1988) qui a été retenu pour les cas où c'est
nécessaire .
III-17
Le schéma décentré amon t
En remplaçant les dérivées spatiales par les expressions V-31 et V-32 dans l'équation à
résoudre, on obtient :
aPAC, r
b'i=2,m-1 = aup + bup + C up Eq . III-3 3
at P A G,i - 1 P AGJ PAG , i + I
uG D' b uG _ 2 DG ~_ D
avec Ciup = E G A -+( A -) z
up E ~ (~ 1 2 up - (AZ) 2 G
!\ L L~L
G l 1
Pour les mailles extrêmes, 1 et m, on effectue un bilan de matière en utilisant les conditions aux
limites de Danckwerts, puis on discrétise les équations obtenues (C f paragraphe 111 .2.2 .2).
Le schén7a Ouick
4z Oz
a pAG Zi +
2 - P AG \ Zr 2 /
Up~AG (
Eq . III-3 4
oz ~Z Az
4z 1~ 3 - 3-
P AG ~zi 2 - 8 PAG, i - 2 + 4 PAG , i - 1 + 8 PAG J
On obtient : Eq. III-35
Oz 1~ 3- 3-
PA G Zi + 2 - 8 PAG , i - 1 + 4 PAC, ; + 8 PAG , i + I
aPAC,r ,r 1 ~, 7- 3 ~, 3-
az ~ 8 PAG .i-2 g PAG ,r- 1 + g PAGJ + g P AC j + I Eq . III-3 6
Les points sur lesquels se font les interpolations sont choisis de façon à tenir plus
compte de l'amont que de l'aval . Nous avons donc bien un schéma susceptible d'être utilisé
pour les fluides en mouvement . Pour la dérivée seconde, on conserve l'expression centrée . Des
études de stabilité réalisées sur ce schéma montre qu'il est effectivement adapté à notre pro-
blème . (Kreziak et Villand, 1989)
III-18
• Equations :
En opérant de la même façon que pour le schéma décentré amont, on obtient :
aPnG,~ ~,l
d1 = -3 , m - 1 at = aq AAG .i- 2 + bq P AG ,r - 1 + Cq PAG,i + u q PAG . i + I Eq . III-3 7
uG 7 uG DG 3u G DG 3 uG DG
aVeC . aq
8eG~z bq 8E GOz +(Oz)Z cq 8EGOz - 2(Oz)z d9 8F, G4z +( Az) Z
Pour la maille 2, ce schéma n'étant pas applicable, nous avons choisi d'utiliser le sché-
ma décentré amont . On fait de même pour les mailles 1 et m, de sorte qu'on obtient pour ces
mailles les mêmes équations que pour le schéma décentré amont.
Le schéma Quick présente l'inconvénient de légèrement augmenter les temps de calcul
en raison des expressions plus compliquées et de la matrice plus remplie .
I
OX n-
a at ' = E u~ PAGO - ( ~)2 PAG,I E u~ +~~ 2 P AG, 2 Eq. III-38
c c )
aPnG'm = DG DG
at / ~~ Z pAG, m -1 (~ \2 PAG,m
Eq . III-3 9
v ~ ~
aAk P~ a -
at ak, (p, ) ' P ; + b• 0 ou at p= A• p+ b• e Eq. III-40
matrice A
III-19
Le système résolu en utilisant les logiciels de calcul matriciel MATLAB et SIMULINK
de Scientific Software . La méthode de résolution choisie est celle de Runge-Kutta d 'ordre 5 à
pas variables .
Le programme de résolution par différences finies a été validé en comparant les résul-
tats qu'il permet d'obtenir avec ceux obtenus par la transformée de Laplace (Pouvreau, 1997) .
Dans le cas du réacteur ouvert-ouvert à la dispersion aux deux extrémités, la fonction
DTS analytique du modèle piston dispersion est connue . En adaptant les conditions aux limites
de notre système d'équations et pour un nombre de mailles suffisant (300), nous avons obtenu
le même résultat que celui donné par la convolution du signal d'entrée par la fonction DTS .
Pour un réacteur fermé à la dispersion, nous n'avons que la transformée de Laplace .
Mais nous avons vérifié que la transformée de Laplace de la solution numérique coïncide avec
la transformée analytique, pour des variables de Laplaces réelles . Mais ca n'est qu'une condi-
tion nécessaire pour que les solutions numériques et analytiques soient équivalentes dans
l'espace réel .
0. 0.
0. 0.
0. 0.
0. 0.
0. 0.
V
0 20 40 60 80 VO 20 40 60 80
Temps (sec) Tem ps ( se c)
Fig. 111 .2 - Effet de la diffusion numérique due aux schémas de discrétisation : réponse à un
impulsion unité de concentration .
La diffusion nunzériqu e
La diffusion numérique disparaîtrait pour un très grand nombre de mailles . Mais ce se-
rait pénalisant pour le calcul . Comme nous avions une solution analytique de référence dans le
cas ouvert-ouvert, une étude plus poussée de la diffusion numérique a été faite pour ce
cas .Cette étude compare les schémas décentré amont et Quick . Elle montre, pour un temps de
calcul peu augmenté et pour des paramètres réalistes, que le schéma Quick subit beaucoup
moins la diffusion numérique à même nombre de mailles (C f figures 111.2) . Il est donc retenu
pour les cas où les nombres de Péclet sont supérieurs à 50, c'est à dire pour le gaz essentielle-
III-2 0
ment . Pour le liquide on peut soit l'utiliser avec très peu de mailles (80), soit prendre le schéma
décentré amont avec 150 mailles ; ces deux solutions sont équivalentes en temps de calcul .
Il s'agit ici de modéliser le transfert de matière dans une colonne garnie fonctionnant à
contre-courant de gaz et de liquide . Les hypothèses sont les suivantes :
A- Solvants immiscibles quelle que soit la concentration en soluté transférable .
B- Conditions isothermes et isobares (pas d'équations de transfert de chaleur et pertes
de charges négligées).
C- La vitesse et la concentration de chaque phase est constante sur une section droite
de colonne (disparités radiales négligées )
D- Vitesses des fluides constantes le long de la colonne (le transfert de soluté ne change
pas les débits globaux) .
E- Cas des solutions diluées : équation d'équilibre de Henry applicable .
F- Transfert d'un seul constituant A caractérisé par un coefficient de transfert constant
pour toute la colonne (courbe d'équilibre linéaire).
G- Prise en compte de la dispersion axiale dans chaque fluide représenté par un coeffi-
cient global pour toute la colonne .
Dans ce cas également, toutes les parties de chaque fluides sont accessibles au soluté
(ou traceur) .
III-21
III.3.1 .[Link] équations du modèle
a _z+dz
(EG 1 1AG S2) Z - (E G r1 AG
S2) -apA Eq . III-42
ot( P AG EG Ç~dZ)
Interface gaz/liq .
`nA1-/z+d z
z + dz
~nA
G
~ •
nAGI (WZ
YG 0 YL
III-2 2
Alors l'équation III-41 devient compte tenu des hypothèses D et G et de l'expression du flux :
Les équations VI-3 et VI-4 constituent un système d'équations aux dérivées partielles
linéaires couplées par le terme de transfert . Il faut donc les résoudre simultanément .
Pour ce type d'équations, on applique les conditions aux limites de Danckwerts en ex-
primant la continuité du flux aux frontières du domaine . Dans notre cas, le lit de garnissage est
un système fermé à la dispersion axiale aux entrées et sorties puisqu'on néglige la dispersion
axiale dans le ciel de colonne et sous le garnissage .
vPAG
[UG PAGo - ~ u G PAG - E G DG
aZ
CaazLJo+ =o
aPAG = o
- au sommet du garnissage z=Z : aZ Z- a Eq . III-47
[LAL - E L DL vaZL
~ Z_
J =
u L AAL. Z
III-23
Les expériences auxquelles ces équations doivent être rattachées sont les suivantes :
nous appliquons un échelon en concentration de traceur transférable à l'entrée du gaz et nous
mesurons la réponse du système dans le liquide . A l'entrée du liquide, la concentration en so-
luté p , (t) reste constante et quasiment nulle .
* Z PAG * + uL U Z r La uG
PAL
Z - P AG ue • sat > PA L sat ~
t = Z ' t ~ ~ l oL = u a= Eq. III-48
Z > l i P AL P qL L UL
* Z .., *
a PAG
_ aP AG
- OC a
+ a a PAG HoL
G
at ` Z* P eG ÔZ *
2
He `PAG -
P AL)
* 2 ~•
Eq. III-49
a PaL aPAL 1 a PA L HaL * .
* ,~ * + +
2
EL Ôl OZ P eL ÔZ * He ` p AG - PAj
* * 1 aPAG a A AG _ O
PAGo = P AG P e
az
0+ aZ# ~
* Eq. III-50
aPAL • 1 aPAL
PAL PeL aZ * - A AL, 1
C~JZ = O
0+ 1-
III-24
PAL
s at
PAL
1 ------------------
m=50
0. 8
m=150
0. 6 . . . . . . - . . . . . . . . ; . .------- et 300 . . . . . --------•--
0
0 20 40 60
Temps (sec)
1 m de c olonne
p AL ++++ 3 .6 m de colonne
sat
Pai,
- - - - - - - - - - - - - - ~t~t+t~+~+r~+~~+t~+rfttttttt+tttt~ti-- - - - - - -
---------• -•--- m= 50 et
0. 8 .m=5Oet
~ 30 0
0 .6 -- --------- •---------- . . . .
. . . . . . . . i . . . . . . . . . . . . . . . .
O .L __
0 20 40 60
Temps (sec )
Fig. 111 .4 - C omparaison des schéma s décentré amont et Quick sur la réponse du mo-
dèle en concentration liquide. QL=2m3/h ; sL=S% ; QG=100 m3/h ; PeG=150 ; PeL=10 ;
(3 La =0.025 s"' .
III-25
C'est donc le schéma décentré amont qui a été retenu pour discrétiser les dérivées pre-
mières, afin de minimiser les temps de calcul . Cette fois, les concentrations dans chaque phase
sont traitées simultanément, portant la dimension du système à 2m mailles . Et ici, un nombre
de mailles de 150 suffit à obtenir une réponse en concentration suffisamment proche de la ré-
ponse analytique (nombre de mailles très grand) . La figure 111 .5 précise le maillage choisi dans
le cas du transfert .
Sommet du garnissag e Ax e Oz
Z
. . . . . . .m. . . . . . . . . .m .. ..... .... ..... ... . .
. . . . . . . . . . . . . . .; . . . . . . .m-
m-1 . . . . . . 1. . . . . . . . . .
. .. .... ... ....:... ... ..... .... ..... .. .
L i qu i de :
Gaz
. . . . . . . .2 . . . . . : . . . . . . . . .2 . . . . . . . . . . . .
- 1 . . .- .. . .~ -1 . . . . . . . . . . . .
0
' Base dù garnissage ' '
aPac,r I.
= aG P AG .i-1 + bG P AG,i + CG p AG,r+I + kG p AL, r
az ax
DGax ax
UL + DL
avec : L7 G=EG~ + ~
2 L7 L= r ~l z
C
G = (~Z)2
CL = - £ ~
(AZ) 2
\ 1 l / L
û D°x aR
j7 G -2 G -
(,6kZ) L b - uL -2 DLX2 -aR L
G EG OZ 2 sGH e EL AZ r~l EL
aP L aRL
kG =
EG kL sLHe
III-26
Les conditions aux limite s
Les conditions aux limites résultent du bilan de matière effectué sur les mailles des ex-
trémités et de l'application des conditions de Danckwe rts (Eq . 111.47 et 111 .48) :
a P aG, I
maille 1 _ (aG - CG ) P AG .o + (aG + b G ) P AG .I + (2 C G
ar - aG ) P AG,2 + kG P AL, I
UPAL, 1
_(bL + CL ) P AL,I + aL PAL,2 + kL pAG, l
at
AG ,
mail l em : a ~t- Gm c -+
PAG,m ~bG+a
1 G ~ ~ +
PAG,m GkPAL, m
vPAL m = (
at ~c L
aL ) ~
A AL,Z + (2a L cL ) ~
P AL,m - 1 + (b L + c L ) ~
P AL,m + k L PAG, m
Eq . III-52
dp-LG PAG, m
At ' PLG +bt eLG
Eq . III-53 avec pLG = , vecteur inconnue ,
dt PAL, 1
PAL, m
PAG, o
0
eLG = . . . , le vecteur de la perturbation appliquée au système ,
0
P
III-27
et la matrice A , :
aG + bG 2cG + aG kG
aG bG CG
aG bG CG
cG aG + bG kG
A, =1
kL bL + cL aL
aL bL CL
aL CL
bL
Eq. III-5 4
111.4. CONCLUS IO N
III-28
IV. MÉTHODE DU MODÈLE ET OPTIMISATION
PARAMETRIQUE .. . . ........... . . . . ..... ... . . . . . ........ . .. . ........ . . ........ . ...... . IV-2
IY.1 .1. Principe....... . .. ... . .. ...... .. ...... . . . ..... . . . ...... . . .. .... . . . ..... . . . ...... . . ...... . ..... . . . ..... . .... . . . ...IV-2
IV.1 .2. Modalités d'application .... . . . ....... . ........ ........ . ....... . .. ...... ...... . ....... . ...... ...... . .....IV-3
IV .1 .2 .1 . La résolution des équations du système . . .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . .. .. . . . . . . . . . .. . . . . . . . . .... . IV-3
IV . 1 .2 .2 . Le critère de comparaison . . . . . .... . . . . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . ... . . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . . . ... . . . . . . . .. .. . IV-4
IV . 1 .2 .3 . L'algorithme d'optimisation . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . . .. . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . IV-5
IY.1 .3. L'identifiabilité des paramètres .. .... ........ . . . ..... . ........ ....... . . ..... . ...... . . ...... . .... . . .IY-6
IV .1 .3 .1 . Séparabilité et unicité des paramètres . .. . . . . .... . . . . .... . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . . . ... . . . . . . . . . . IV-6
IV . 1 .3 .2 . Sensibilité du modèle aux paramètres . .. . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . . .. . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . IV-7
IV.1.4. Précision de l'estinzation ..... . . ........ ........ . ....... . . ....... . . ...... . ..... . . . ...... ...... . ..... . ...IY-8
IV. 2. 1. Introdu ction ..... . . ...... . . ...... . ..... ... . . ...... . . . ..... . . . ...... . . ...... . . ...... . ...... . . ...... . ..... . ... IV-1 0
IV. 2.2. L ' algorithnz e d 'optin:isation ... . . .... . . . . . ..... . . . ...... . . ...... . . . ..... . ....... . .... .. . .. ... . . .... IV-10
IV .2 .2 .1 . Expl ication du princi pe s ur un c as simp le à un se ul paramètre . . . . . .... . . . . . . .. . . . . . . . . . . IV-1 0
IV .2 .2 .2 . Algorithme de M a rquardt : aju stem ent d e plus ieurs p aramètr es . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . . . . IV-1 3
IV.3.1 . Les équations de sensibilité. . . ... ... . . . .... . . . . ...... . . ...... . . . ..... . ...... . . ...... . .... . . ...... . . .IV-1 S
IV .3 .1 .1 . Equations générales . . . . . .. . . . . . ... . . . . . . ... . . . . .... . . . . . ... . . . . . .. .. . . . . . . .. . . . . . . . ... . . . . . . . .... . . . . . . .... . . IV-15
IV . 3 .1 .2 . Cas du modèle hydrodynamique (traceur non transférable) . . . . . . . . ... . . . . . . . .... . . . . . . .. .. IV-17
IV . 3 .1 .3 . Cas du modèle avec transfert (traceur transférable) .. .. . . . . . . .. .. . . . . . . . .. . . . . . . . . .. . . . . . . . . .. IV-1 9
IV.3. 2. Etude de la sensibilité des solutions . ........ ........ . ....... . ...... . . .... .. . ..... . ...... . ..... . IV-20
IV .3 .2. 1 . Le modèle hydrodynamique (traceur non transférable) .. .. . . . . .... . . . . . . . ... . . . . . . . .... . . . . . . IV-20
IV . 3 .2 .2 . Le modèle avec transfert (traceur transférable) . . . ... . . . . . .... . . . . . . .... . . . . . . . ... . . . . . . . .... . . . . IV-2 2
I V 3. 3. Tests d'identifiabilité structurelle . . ...... . . ...... . . ...... . ........ ...... . . ...... . ...... ...... . .. IV-2 4
IV.4 . CONCLUSION ............. ......... .... ... . ........ ....................................... . ...................... IV-2 6
IV-1
IV. METHODE D U M ODELE E T OPTIMISATION
P ARAMETRIQUE
IV.1 . GENERALITES
Pour caractériser le réacteur étudié, plus qu'une simple méthode, nous avons appliqué
une démarche qui se décompose en deux étapes . Une étude de faisabilité de la méthode est
déjà menée : elle porte sur le modèle et vise à s'assurer que les paramètres du modèle pourront
être déterminés correctement et précisément . Puis, après cette première phase qui assure le
bien-fondé et le succès de la méthode, la procédure d'acquisition des données expérimentales
et l'optimisation paramétrique se déroulent .
Ce chapitre présente la méthode du modèle, avec ses différents modes d'application
possibles et les notions d'identifiabilité propres à l'étude de faisabilité . Puis il présente
l'algorithme d'optimisation utilisé et enfin l'étude préalable du modèle choisi s'inscrivant dans
cette approche.
I V. 1. l . PRINCIPE
Le principe de base de la méthode du modèle de référence est simple . Elle s'appuie sur
les signaux d'entrées-sorties e(t) - SeXP(t) expérimentales délivrés par le système étudié dont le
comportement peut être simulé par un modèle via un ou plusieurs paramètres p ; . Soit
S. (t, p; ), la réponse théorique du modèle . Pour déterminer les paramètres caractéristiques du
système, un algorithme d'optimisation traite les points expérimentaux et théoriques : par com-
paraisons successives au moyen d'un critère ou fonction coût R qui rend compte de l'écart
entre le modèle et les mesures, il ajuste les paramètres du modèle afin de minimiser le critère .
Bien sûr, cette méthode s'appuie sur un choix préalable judicieux du modèle qui doit être re-
présentatif du comportement du système étudié . La figure IV . 1 est un schéma représentatif de
la méthode .
Sexp
Systènte réel R(p J
Entrée ~d1
d
pl Sm(P Algorithme
d' ajustement
dp; paramétriqu e
IV-2
Le domaine d'application de la méthode du modèle est vaste puisqu'il suffit de disposer
de points expérimentaux auxquels on confronte des points théoriques . Donc elle s'applique
aussi bien à des points expérimentaux issus de mesures faites en régime stationnaire ou dyna-
mique, avec ou sans réaction chimique dans notre cas . Nous avons vu qu'elle a été utilisée
pour ajuster des profils de concentration le long d'une colonne obtenus en régime stationnaire
ou bien sur des courbes de réponses en traceur en régime dynamique .
IV I. 2. MODALITES D'APPLICATION
Dans le cas des contacteurs gaz-liquide, les points expérimentaux sont des courbes de
concentration en fonction de la position ou (et) du temps . Si on exploite des profils de con-
centration en régime stationnaire, alors les équations du modèle admettent des solutions analy-
tiques ou numériques simples qui permettent un ajustement direct sur ces profils . Seule
l'intervention d'une réaction chimique nécessite des calculs numériques plus poussés, si on ne
fait aucune approximation ou si on veut prendre en compte la dispersion axiale .
Si on travaille sur des courbes de concentration en fonction des coordonnées de temps
et d'espace, alors la résolution des équations du modèle n'est plus aussi triviale (sauf pour les
modèles simplissimes) . Pour un contacteur gaz-liquide en colonne, le système d'équations qui
décrit son comportement est le plus souvent un système d'équations aux dérivées partielles en
temps et en espace . Pour se ramener à un système d'équations différentielles ordinaires plus
facile à résoudre, on a recours :
• soit au passage dans l'espace de Laplace ou Fourier,
• soit à la discrétisation en espace par les différences ou les volumes finis,
• soit à la méthode des collocations orthogonales .
La majorité des travaux publiés avant les années 80 ont recours aux transformées de
Laplace (ou Fourier) . Les auteurs choisissent ensuite de faire l'ajustement dans cet espace en
calculant les transformées des courbes expérimentales, ou bien, le plus souvent, ils font appel
aux techniques d'inversion numériques pour revenir dans l'espace temporel et faire
l'ajustement sur les courbes expérimentales . Ces deux techniques sont critiquables : si on tra-
vaille dans l'espace de Laplace ou Fourier (analyse en fréquences), le choix des variables de
l'espace des transformées est déterminant pour la sensibilité aux paramètres recherchés ; et si
on revient à l'espace temporel, on est contraint d'utiliser des techniques d'inversion qui ne
donnent que des fonctions inverses approchées, sous forme de suite par exemple, et ne garan-
tissent pas une solution pour toutes les valeurs possibles des paramètres du modèle .
L'alternative aux transformées de Laplace ou Fourier est la résolution numérique des
équations . Les méthodes des différences ou vo lumes finis nécessitent la discrétisation en
espace des équations, étape qui peut être délicate tant les choix opérés à ce stade peuvent être
très pénalisants pour l'optimisation paramétrique, comme nous le verrons plus tard .
Le recours aux collocations orthogona les n'est pas sans poser de problèmes non plus
puisque la technique nécessite des approximations et certaines approches peuvent engendrer
des phénomènes oscillatoires instables (Srivastava et al ., 1984 ; Lakshmanan et al ., 1990) . La
méthode discrétise les équations en espace en cherchant des solutions dans un espace de poly-
IV-3
nômes orthogonaux aux points de collocation (zéros des polynômes) . Pour cette méthode nu-
mérique, le point délicat réside dans le choix des points (localisation et nombre) de collocation
dont va dépendre l'efficacité de convergence de l'algorithme de résolution .
Les équations différentielles ordinaires ainsi obtenues, il faut choisir une méthode de ré-
solution numérique capable de traiter les fronts brutaux (sauts de concentration) comme c'est
le cas lorsqu'on applique un échelon ou une impulsion en concentration de traceur. Parmi les
méthodes de discrétisation les plus adaptées, celles de Runge-Kutta ou Gear sont les plus sou-
vent utilisées. Mais la méthode d'Euler a aussi été utilisée .
On peut déjà remarquer, quelle que soit la méthode de résolution choisie (sauf si on tra-
vaille dans l'espace des transformées), que ce sera coûteux en moyens informatiques . C'est ce
qui explique pourquoi les méthodes physiques directes ou les méthodes des moments ont été
préférées pendant longtemps à la méthode du modèle pourtant connue .
Différents critères ou fonction coût peuvent être employées . Ces fonctions R peuvent
porter sur les écarts entre les points de sorties temporelles, les réponses fréquentielles, les pa-
ramètres eux-mêmes ou les vecteurs d'état . Voici les fonctions coût les plus usuelles
(Zwingelstein, 1984) :
Temporel
R = LseX t - 5,~, ~t;
N
;-,
1 p ( i)
2 t; : moments d'échantillonnage
N : nombre de points
n N [Sexp(t,) _ Sm(t,) ]
L\
i= 1 S m \t j
( )
z I'eXP ( s; ) et I,,, (s; ) : transformées d e
R = [F(s,)- I'm s; ]
Laplace ~-~ Laplace de Se Xp ( t ) et Sm ffl pour le s
valeurs s; de la variable de Laplace
)
Fréquentiel
R ~+ ll
m (f J
e (.~ ) , P,,,(.Î; :
GeXP(.1, ) , Gm(.Îi), PXp
~~e XP ` ✓ ~ / - V J
;- 1 gains et phases du système et du mo -
( )[ ( ) ( ) dèle à la fréquence f
+ 1- W PeXp f; - P,,, f; ]Z
W : coefficient de pondératio n
Paramètres P ~ lz peXp ;, pm; : paramètres du système et
R = 1 peXp' - pm` ~
du modèl e
P : nombre de paramètre s
Espace d'état ~ 2 x : vecteurs d'état
R = xeXP ; - x„~;
IV-4
Le problème de l'optimisation consiste à trouver le minimum de la fonction coût . C'est
le rôle de l'algorithme d'optimisation : trouver le jeu de paramètres p; qui donne ce minimum.
On montre mathématiquement que le vecteur p; doit vérifier les conditions d'extremum et d e
minimum :
an
aP ~= 0, pour la condition d'extremum, Eq . IV- 1
;
et pour la condition d'obtention d'un minimum, la matrice H des dérivées partielles secondes
de la fonction coût par rapport aux paramètres, appelée Hessien, doit être définie positive . Le
Hessien est défini comme suit :
ôzR 72R
,5 ..
ZA . 7P l aPP
H= Eq . IV-2
a2R aZR
I ... a
aPpaP z PP
Une solution unique p;* est assurée par l'identité de structure du modèle et du système
physique et par des propriétés structurelles du modèle comme décrit au paragraphe IV .1 .3 .
IV-5
Pour l'identification des paramètres hydrodynamiques (rétention et mélange axial) et de
transfert de matière (coefficients globaux de transfert de masse) dans les contacteurs
gaz/liquide, tous les types de procédures ont été employés : la méthode de recherche directe de
Powell par Illiuta et al . (1996a), la méthode de Rosenbrock et celle du nombre d'or par
l'équipe de Charpentier et Villermaux à Nancy (Midoux et al., 1971 ; Villermaux et al ., 1969 ),
la méthode du Simplex par Burghardt et al . (1980), Kushalkar et al . (1990), la méthode
de Gauss-Newton à Toulouse par l'équipe de Delmas (Delmas, 1988 ; Tavakoli et al . 1995 ;
Syaiful, 1992), et enfin la méthode de Marquardt par Poizat et al . (1992) et Breman et al .
(1995) .
IV-6
Si en plus ce système admet une solution unique (G = P) alors le comportement du
système est caractérisé par un seul jeu de paramètres . L'unicité des paramètres est garantie par
la bonne représentativité du modèle . Le modèle et le processus doivent avoir des structures
très proches . A ce sujet, Walter et Pronzato (1990, 1994), qui ont développé le concept
d'identifiabilité structurelle en France, précisent que des structures semblables ne suffisent pas
toujours pour assurer l'unicité du jeu de paramètres . Il peut exister plusieurs modèles de
structures proches susceptibles de reproduire le comportement entrée-sortie du processus réel .
C'est une analyse structurelle du ou des modèles qui permettra, via des tests et méthodes algé-
briques adaptées, d'estimer l'identifiabilité des paramètres et la discernabilité des modèles .
( ) 3 ( t , Po ) Vt
s t,P °
IV-7
La réponse Sm(p,) du modèle est dite sensible à un paramètre p, si les valeurs prises par
ôS(t) aF(p„e(t) )
Eq. IV- 5
an apr
On ne pourra identifier entièrement le jeu des paramètres p ; que si les dérivées partielles
ôS (t )
6~ = m ne sont pas nulles pour une excitation e(t) donnée . Ce problème se pose en parti-
ap,
culier quand on n'a pas le choix du signal d'excitation du système . C'est le cas des systèmes en
exploitation fonctionnant en boucle fermée avec leurs régulation en service, pour lesquels cer-
tains paramètres ne peuvent être identifiés .
I V. I. 4. PRECISION DE L'ESTIMATION
Les méthodes déterministes, dont font parties celles citées plus haut, ne sont pas en me-
sure de donner directement la précision des paramètres obtenus simultanément, comme les
méthodes statistiques d'identification . Ces méthodes statistiques permettent, elles, de connaître
la confiance à accorder aux paramètres en prenant en compte les caractéristiques des bruits de s
mesures.
Dans le cas des modèles linéaires par rapport aux paramètres, il existe des méthodes
simples d'estimation de l'erreur qui s'appuient sur l'expression de l'estimateur du vecteur p
des P paramètres du modèle (Richalet et al ., 1971) . Pour les modèles non linéaires ou dont on
ne connaît pas explicitement l'expression des sorties en fonction des entrées et des paramètres,
on peut faire appel à des méthodes approchées pour estimer l'erreur .
Dans le cas linéaire par rapport aux paramètres où l'on connaît l'expression du critère
de comparaison R en fonction de ceux-ci, on peut utiliser la méthode d'estimation des moin-
dres carrés . Si on travaille sur la réponse dans l'espace temporel, on a :
z
R = 1 [Sexp(1j) - S.(tj ), Eq . IV-6 avec Sm (t, ) = F(p;, e (tj» .
J= l
Soit, sous forme matricielle : R (pJ [Sexp - Sm,T •[Sexp - Sm] Eq. IV- 7
Pour les systèmes linéaires par rapport aux paramètres, la fonction F(p ;) s'exprime par
une relation matricielle :
IV-8
F(p) = X - p Eq . IV-8
Alors, le vecteur des paramètres estimés p est obtenu directement en exprimant que la
dérivée de R par rapport aux paramètres s'annule (condition d'extremum) pour les paramètres
optimaux, soit :
aR
= 0 Eq . IV-9
aP ;
b S
alors _( X T X ) ' X T • exp Eq. IV-1 0
Si les mesures sont entachées d'erreurs, due au bruit, indépendantes, distribuées nor-
malement, centrées et de même variance, on démontre que l'estimateur de la variance sz des
mesures SeXp est donné par :
R J
sz = `p Eq. IV-11
N- P
sp = V, ; • s2 Eq . IV-1 2
Les variables P' A = t suivent une loi de Student à N-P degrés de liberté . On a donc
spi
a% de chance pour que :
P.
P7 E ~ p~ - OPt , Pi + Op; ] avec Opi = Za/ 2 SPi 1=1 . . . P Eq . IV-13
Pour les modèles modérément non linéaires par rapport aux paramètres (condition diffi-
cile à préciser et vérifier), la matrice Hessienne des dérivées partielles secondes de R par rap-
port aux paramètres peut jouer approximativement le rôle de la matrice XTX du cas linéaire .
On peut donc appliquer les relations précédentes en prenant pour V;;, le i'ème élément de la ma-
1
trice - H .
2
On remarque que cette méthode d'estimation de l'erreur sur les paramètres déterminés
ne nécessite pas beaucoup de calculs supplémentaires quand elle est appliquée avec une mé-
thode d'identification du second ordre . En effet, au cours de l'identification, on dispose du
Hessien à chaque itération .
IV-9
IV.2 . APPLICATION A UNE COLONNE A GARNISSAGE
I V. 2. I. INTROD UCTION
IV-10
La différence entre l'expérience et la simulation est quantifiée par l'écart quadratique :
P ; Xp _ P ;
avec EQ - .. et gâ , son transposé . Eq . IV-15
ex p
Pn P n
)
R(a + Aa) = R(a) + Aa Eq . IV-1 6
.~I aa J+(42
o )2 ( ôâ R
z
avec a R > 0 Eq . IV-1 7
ôaZ a
Une variation Aa diminuant l'écart quadratique vérifie : R(a + Aa) < R(a) Eq . IV-1 8
2 •I~a I
0 < J Da I < aZ Eq. IV-2 0
R
2
ôa
Pour vérifier l'équation IV-19, Marquardt démontre que l'on peut prendre alors :
an
Da = a2R a Eq . IV-21
+
- ~.
aa 2
iv-i i
.? étant une grandeur positive permettant de faire varier la taille du pas du paramètre 4a .
Pour utiliser cette formule de 4a , on voit qu'il est nécessaire de connaître les dérivées
premières et seconde du critère R par rapport aux paramètres . Leur calcul est immédiat .
La dérivée première de l'écart quadratique s'écrit d'après IV-14 :
ap;
aa
) C Pk-6a
r sa
( Pk XP - Pk avec 6 0 = . . . Eq . IV-2 2
aa k a aa
aP n
aa
6a est le vecteur des dérivées premières des concentrations par rapport au paramètre .
z (
R
) aaz Eq . IV-23
aa k ( aa k ~ Pk xP - Pk
a2n T
= 6 a .6 Eq. IV-24
c~a2
6 Q . EQ
4a = Eq . IV-2 5
6 Q . 6 a +Â,
IV-12
[Link] de Marquardt : aiustement de plusieurs paramètre s
Pi Xp - P l p
E_ ••• [n,l] Vecteur des écarts entre les points expéri -
PnXp _ pp mentaux et les points de la simulatio n
ap,. . .ap p
.n .n (CY , ) [ , ] Matrice des dérivées de la concentration p
Y ar
=
a P a i =1 P n P
rapport aux paramètre s
r~
6 p =
ap
^Pn
. . . ap
P
Le vecteur de la variation des paramètres est donné par la formule ( I, matrice identité [P,P]) :
Op = -[ H + X I]-' • OR Eq . IV-2 6
Le jeu des paramètres optimum (p; )oPt est atteint pour (oR)oP, = 0 Eq . IV-2 7
Schénia de l'algorithni e
La figure IV . 2 représente l'algorithme de Marquardt .
IV-13
-7
R
IV-14
Remarque : Nous avons vu précédemment que l'estimation de l'erreur commise sur les para-
mètres déterminés nécessite le calcul des dérivées secondes des concentrations par rapport aux
paramètres . On peut voir que l'algorithme nous donne une valeur approchée du Hessien, dis-
ponible ainsi pour le calcul des intervalles de confiance .
On obtient les équations de sensibilité à partir des équations du modèle . Ces équations
permettent d'évaluer l'influence des paramètres sur la grandeur mesurée en vue de
l'optimisation paramétrique . Elles donnent les dérivées de la grandeur mesurée par rapport aux
paramètres . Pour les contacteurs gaz-liquide, la grandeur recherchée (ou mesurée) est la con-
centration en soluté pA dans la phase considérée .
On dérive cette expression par rappo rt à chaque paramètre p ; pour obtenir directement
les 6 p, en tout point (cote z) et à chaque instant :
~
apl ap' ( Jo po(t') • E(t - t') dt') = fo po(t') • aE -(t - t') dt' Eq . IV-3 0
an
IV-15
6 pr =
aE
pa * -
soit Eq. IV-3 1
apt
Second cas : Modèle du réacteur fermé ou semi-fermé à la dispersion aux limites (liquide )
Dans tous les autres cas de conditions aux limites du domaine, nous n'avons pas accès à
la solution analytique du modèle . Celui-ci se présente sous la forme d'équations différentielles
avec des équations algébriques pour conditions aux limites :
ôp
) q.
ôt -F ( P;,P ( P7 ) , Po _ L P E IV-3 2
ôpk P° a
at ak;(p,) • p; + b • 0 ou at p = A • p + b • e Eq . IV-34
mat ri ce A
a a~
Pk a a~
Pk a
, , ) Eq. IV-3 5
ôpn ôt at ôpn ~pn [Fk ( P ; (P~ ~ P; Po ]
IV-16
soit, compte tenu de IV-33 :
aakn aa~ ~ ab
_ I L1~.6 ,n +1 p; + - po k=1 . . .m Eq. IV-37
at 1 I Cpn apn
ab
Si = b, le système complet s ' écrit sous forme matricielle :
aPn
.
ki
+ aa Pi bn 0 Eq . IV-3 8
ata [Link] - • a kf 6 in
apn
matrice A mat ri ce J
w n
A • 6 n+bn•e+ J •p n=1 . . .P [Link]-3 9
at
Dans le cas où la fonction de distribution des temps de séjour est connue (cas du gaz
avec des conditions ouvertes) :
F Pe i Pe ~t - i )2
E(t) = 0 . 5 ~i3 exp - 4i Eq . IV-40
G
G t G
IV-17
Z• S u Z
ti G = G PeG = GaX• Eq. IV-41
UG EG * DG
Cela signifie, du point de vue structurel, que deux paramètres au maximum sont identi-
fiables (voir paragraphe IV .3 .3). L'ajustement paramétrique est donc fait sur ces grandeurs et
on tirera des expressions IV-39 les valeurs des paramètres physiques de départ .
Les 6p; sont directement donnés par :
avec :
G t) 2
UEl 1 PeG PeG . t U E 1 (T -
G (t) 2 G- 4 t . + 4 T G E(t) et ( ) - E(t) Eq . IV-43
a T ôPeG t [2eG 4iG t
D'autre part, dans le cas où il faut résoudre les équations de sensibilité, on effectue le
calcul présenté au paragraphe IV .3 .1 .1 avec le système d'équations discrétisées du modèle
hydrodynamique de colonne présenté au chapitre précédent . On obtient, pour les équations du
gaz, pour le schéma Quick (voir équation III-38) et pour le coefficient de dispersion axiale :
ag
at °,' =a
q D,i- 2 q6 +b g6
D,i-1 +c
D,i q 66 +d
D,i+l + a -2a
D,q pAG,i-1 + a D,q PAG,i + I
D,q PAG,i Eq. IV-4 4
~
3uG DG 1
dq 8~G4z + ~~)Z et aD,e - (~~iZ )z
L-JG
Maille 1 : ~i '' _ - ( ~l z 6D, 1 + - u~ + r ~l z) 6D,z + ( ~ l z ( AAG , 2 - PAG ,i)
\ / G \ / \ /
1
Maille 2 : ~i'2 = aup aD,, +b up 6 D , 2 + Cup 6D , 3 + (~ 1 2 ( PAG , I - 2 PAG , 2 + PAG,3 )
~ ~ Eq . IV-45
Maille m-1 : ~°,m-'
at =aup a D , m - 2+b
up 6 D ,m-+c
1 + ( 1)~
up 6 D,m 2 (PAG
,m- 2
2~
PAG , m- I + PAG ,m )
V
Maille m : ~D'm
at = DG
(~12 6 D,m- 1 DG
(~ 12 6 D, m +
(~ 1~
1 2 5AG, m+
-1 pAG, m )
~ l I l 1 l I
IV-18
bU =_ 2lG
avec . Clup = uG + DG z - L ( DG z
Cu = DG
E GAZ ( OZ) p gG O Z QZ ) n r~L~L
A_ l~ 2
En ce qui concerne la rétention, les équations qui sont obtenues de façon similaires,
sont présentées en annexe I .
Les équations de sensibilité relatives au modèle de colonne avec transfert sont au nom-
bre de quatre puisque quatre paramètres sont à identifier dans ce cas . Chaque équation admet
des conditions initiales nulles . Pour le schéma décentré amont, les équations de sensibilité sont
toutes présentées en annexe I . En voici un échantillon, pour le coefficient de transfert de
masse :
Pour i = 2, . . .m - 1
ôa G p,, 1 Pnc, ;
+ IJG 6 G i + CG 6G
P,i+I + kG
L aG 6 GP,r_1 P, 6 L p ,i ] AL,i
Vi EG He P
a Eq. IV-4 6
6La''
at _
- [ aL +b +c +k
Lp,i - 1 L Lp,i L L p ,i+l L G p ,i + 1 AG `
V 1 EL He - AAL ,i
L~•6 p
~ ax ax
DG' "G DL DG
UL DL
où a G = E ~ + ( ~) z Q L = (AZ)2 CG = / ~) 2 C L = - CL ~ + ( ~)2
G l
b uG - 2 Dc UL -2 DL aRL k aRL k aR i
( _
7) aR L b (
G s GA z Q 2 sGHe L £L ~ ~ )z CL G EG L
CLHe
O6 G p, , L 1 1
[(aG + U G) 6 Gp ~ --( ZC G -- Q'G) 6 Gp2 + k G 6
Lp,1] E
G \ He -P .aL ,1 J
v6 L p, 1 l 1 P AG, I 1
[(bL +
kL 6 C,p j ]+
E L ~ He - PnL ~
+ C 6 L p, l + aL 6 Lp,2 ,I 1
Vt
L)
: Eq . IV-4 7
maille ni
Ô6 G P,m
PAG, m 1
[CG 6 G P,m-1 + (bG + aG )6GPm k G 6 L P,m
Vl + ,
E
G \
NHe - PAL, m
J
Ci6 L p
""
( ) L ,m-1 +(bL + C L )
L 2a'L - C L
1
+
k
L 6 G P,m ]+
1P,m
He - PAL
~
,m
1
J
L
IV-19
IV 3. 2. ETUDE DE LA SENSIBILITE DES SOL UTIONS
Pour pouvoir déterminer les paramètres avec un minimum de précision, nous avons vu
qu'il était indispensable que le modèle soit suffisamment sensible à ces paramètres . Une étude
de sensibilité a été menée. Grâce à la résolution des équations de sensibilité, nous obtenons les
dérivées des concentrations qui seront mesurées par rapport à chaque paramètre p ;. En traçant
apA(t)
les courbes de sensibilité • p ; , on observe les zones de la courbe de réponse les plus
aPi
sensibles aux paramètres et on compare les sensibilités relatives de chaque paramètres .
0. 04 . . . . . . . . . . . : . . . . . . . . . . .--------•- . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . -------
0. 03 .. - . . . . . . .•
. -••• -- .Rétention + /- 5 %
••--•------- - . . . . . . . .:. . . . . . . . . . : .•--------- ---- ._ . . . . .
0' ~ '
0 20 40 60 80 10 0
temps (sec. )
Fig. IV .4 - Sensibilité à la rétention sur la courbe de réponse liquide à la
sortie, à un créneau de concentration . Qi;q = 2 m3/h ; Pei, = 15 ; sL = 7%
IV-20
para*dC/dpara para*dC/dpara
aPAL E - 1 E
L 2 O~O AG N
0 . 04 •-•L &••••- '
~
aE G
. . . . . . . . . . . . . . G- ., .~ . . . . . . . . . . . , . .
0.0 . . .. .... . . . . .••••-• / •
~ ---- . . . ... -
Q . . . .:.... . . . . .. . . . . . . . . .•---•••• . . . . . . . . .
. . . . .••••••- • . . ......... .. . . . . . . . . ..
-0 .0 . . . . . . . . . ...... ..... . . . . . . ... .... .
~ D~
-z . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . ... . . . . ... . . aPA G Pe G
-o.o - . . . . . . . . . . . . . . aDL. .... . . . . . .
- . . . . . . . .- .- -- . . . .. .. . . . . . .
. t9PeG
-3
-0 . 0
0 20 40 60 80 100 0 2 4 6 8
temps (sec.) temps (sec . )
a- Liquide Qi;q 2 m3/h , sL =7%, PeI,=20 b- Gaz QgaZ 200 m3/h, EG =0 .88%, PeG=150
Fig. IV .3 - Courbes de sensibilité de la réponse en traceur liquide aux paramètres de rétention et de
dispersion axiale . Mesure à la sortie du lit de garnissage .
DTS
0. 8
0. 6 . . . . .--
Péclet gaz +/- 10 %
0. 5 --- . . .- ----- -------- -------- . . . . . . --- ;-- . . . . . . .
2 3 4 5 6 7 8
temps (sec. )
Fig . IV.5 - Sen sibilité au no mbre de Péclet gaz sur la c ourbe de réponse en
gaz à la s ortie, à un créneau de concentration . QgaZ = 200 m3/h ; PeI, = 150 ;
EG= 88%
IV-21
On observe également que ce sont dans les parties ascendantes et descendantes de la
courbe que la réponse est la plus sensible (maximum d'amplitude observé) . De plus, la dernière
partie de la courbe de sensibilité au coefficient de dispersion axiale montre à nouveau le rôle
important de la queue des courbes de réponses vis-à-vis du mélange axial .
D'après ces courbes, on peut donc affirmer que le système présente une sensibilité aux
paramètres recherchés qui nous permettra de les déterminer avec précision .
IV-22
aPAL
' P; 0.3
0.2
0.1
-0 . 1 Liquid e
a- Prélèvement à Z-z = 3 .35 m
,Z
++++ ~i,a me s u r e
.... ...
. 1 m .-0
30 10 20 30 40 50 Er
Temps (sec .) 0000 eL
- - - IU`
aP"J-
' Pr
ôp ; p , ^
mesure 3 . 34 m
0 .2 5
0 .2 .0 1
0.1
Gaz
o.
0 .05
-0 .0 5
-0 .1
-0 .1
-o . _
0 10 20 30 40 50 60
Tem ps (sec.)
Fig. IV .6 - Courbes de sensibilité de la réponse en traceur transférable aux paramètres du mo-
dèle pour des débits de gaz de 200 m3/h et liquide de 2 m3/h.
Cette étude révèle que la réponse observée dans le liquide est insensible à la dispersion
dans le gaz pour les nombres de Péclet attendus lors des expé riences de traceur ine rte, c' est à
dire supérieurs à 100. Il est donc inutile d ' essayer d'accéder à ce paramètre par des expérien-
ces de traceur transférables de ce type . Nous fixerons donc le nombre de Péclet de la phase
gazeuse à une valeur moyenne déterminée par les expé riences de traceur inerte. Pour la disper-
sion en phase liquide , il faudra procéder de même, car de toute évidence la précision obtenue
sur ce paramètre sera très médiocre.
IV-23
L a= 0.012 s-' ± 14% I C/csat
C/Csa t
0 .9
0 .8 ------ ----- -
0 0.7 •-•-- . ... . . ._ . ...... .-----
0 . 6 . . . . . . . . . .. . . . ......... .............
0 . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . .
0 . 5 . . . . . . . . .. .
V 0
0 10 20 - 30 40 50 0 10 20 30 40 50
temps (sec) te m ps (sec)
Ce test a été effectué sur les paramètres hydrodynamiques du modèle sans transfert .
L'estimation reste stable pour un jeu de paramètres pa ayant un sens physique, ce qui nous inté-
resse ici . Ces paramètres sont donc au moins localement identifiables ; il existe un nombre fini
de jeux de paramètres générant une même réponse pour une perturbation données, mais seules
leur signification physique permettra de choisir le bon jeu de paramètres . C'est-à-dire que
même s'ils n'étaient pas globalement structurellement identifiables, on pourrait toujours trou-
ver un jeu de paramètres de départ pour l'algorithme (réalistes donc proches de la solution) tel
que l'algorithme converge vers une solution unique .
Pour le modèle avec transfert de masse, le test a été réalisé sur le jeu de paramètres
(EL, DL ~ Ria) avec succès également . Le coefficient de dispersion axiale dans le gaz ayan t
IV-2 4
présenté une sensibilité nulle comme vu au paragraphe précédent, il n'a pas fait l'objet de test
supplémentaire.
Walter et al. (1994) donnent également une autre vérification simple qui permet tester
l'identifiabilité structurelle des paramètres du modèle vis-à-vis du nombre de paramètres iden-
tifiables et de leur séparabilité . Pour tester l'égalité de comportement en regard du jeu de pa-
ramètres comme nous l'avons vu au paragraphe IV .1 .3, on peut utiliser la fonction de transfert
du système obtenue dans le domaine de Laplace, pour les systèmes linéaires par rapport à
l'entrée et non linéaires par rapport aux paramètres . On cherche si :
Pour les modèles à paramètres localisés dont la fonction de transfert est un rapport de
polynômes, il faut les exprimer sous leur forme réduite (ou canonique) . Mais dans notre cas, le
système est à paramètres répartis, représenté mathématiquement par des équations aux déri-
vées partielles, et la fonction de transfert prend une autre forme (Villermaux, 1993 ; Oster-
gaard, 1969) . Dans le cas du modèle hydrodynamique sans transfert, avec des conditions au x
limites fermées à la dispersion, on obtient :
Z •s u • Z Eq
avec : i= Pe = . IV-50
u E•Da x
Dans le cas du modèle avec transfert, on ne connaît pas la fonction de transfert du sys-
tème . Ce test n'a donc pas été réalisé . Néanmoins, si on observe les équations adimensionnelles
III-49, il apparaît naturellement des groupements de paramètres que sont les nombres de Péclet
et les rétentions propre à chaque phase et la hauteur d'unité de transfert rapportée au liquide
HoL . Ils sont en fait au nombre de 4 car les rétentions sont liées par une simple égalité
( EG = E- EL), et les paramètres de départ sont là aussi parfaitement séparables . Donc théori-
quement, et sous condition de sensibilité de chaque paramètre, on ne pourra structurellement
identifier que quatre paramètres au maximum pour ce système .
IV-25
IV.4. CONCLUSIO N
IV-26
V . EXPÉRIMENTATION, RÉSULTATS ET ANALYSES .... . . .V-3
V.1.1. Introduction .... . ........ ........ . ....... . . . ...... . . ...... . . . ..... . . . ...... . . ...... . ..... . .. ...... ...... . ... . . .. V-3
V.1 .2. La colonne. . ..... . . . ...... ........ . . . ....... . ........ ........ . ....... . ........ ...... . ..... . . . ...... . ..... . ..... . . V-3
V 1.3. Les circuits des fluides........ . ....... . . .. ..... . . ...... . . ...... . .. ...... ...... . . . ..... . .. .... ...... . ..... . . Y-5
V .1 .3 .1 . Le circuit de liquide . . . . . . .... . . . . .. . . . . . ... . . . . . .... . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . . . ... . . . . . . . . . .... . . . .V-5
V .1 .3 .2 . Le circuit de gaz . . . .. . . . . . . .. . . . . .... . . . . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . ... . . . . . .... . . . . . . .... . . . . . . . ... . . . . . . . ... . . . . . . .V-6
V1 .4. Les appareils de mesure et de contrôle .. . . .... .. . . . ..... . . . . ..... . . .... .. . ..... . ...... ...... . .... . V- 7
V .1 .4 .1 . Les pertes de pression . .. . . . . . . .. . . . . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . ... . . . . . .... . . . . . . .... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. .. . . . . . .V-7
V .1 .4 .2 . La température . ... . . . . . . ... . . . . .... . . . . . ... . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . ... . . . . . .... . . . . . . .. . . . . . . . . . .. . . . . . . . . .... . . . . . . . .V-7
V .1 .4 .3 . La conductivité de l'eau . . . . ... . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . . . .. .. . . . . . . . . .... . . . . . . . .V-7
V .1 .4 .4 . L'oxygène dissous dans l'eau . . . . .. . . . . . .... . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . .. .. . . . . . . .... . . . . . . . ... . . . . . . . . . .... . . . . . . . .V-7
V .1 .4 .5 . Les rayonnements gamma (traceurs radioactifs) ... . . . . . . ... . . . . . . .. . . . . . . . . . ... . . . . . . . .... .. . . . . . . . .V-8
V .1 .4 .6 . L'acquisition des mesures ... . . . . . ... . . . . . .. .. . . . . .... . . . . . ... . . . . . .... . . . . . . .. . . . . . . . .. .. . . . . . . . . .. .. . . . . . . . . ..V- 8
V.1.5. Les conditions expérimentales.. . . . ..... . . . . . .... . . ...... . . . ..... . . . ...... ...... . . .... . . . .... ... ... . ... V-9
V .1 .5 .1 . Le garnissage .. . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . ... . . . . . .. .. . . . . . . .. . . . . . . .... . . . . . . . ... . . . . . . . .... . . . . . . . . . . ..V-9
V .1 .5 .2 . Les fluides . . . . .. . . . . . . .. .. . . . . .. .. . . . . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . ... . . . . . . ... . . . . .... .. . . . . . ... . . . . . . . .. .. .. . . . . . . . . .. V-1 0
V.2 . EXPÉRIENCES, RÉSULTATS ET ANALYSE ...... .... .... . ....... . .............. . .................... .... V-11
V. 2. 1. Introduction . . ...... . ..... . . . ...... . . ...... . . . ..... . . . ....... . ....... . . ..... . . . ...... ...... . . . ..... . ... . . ..... V-11
Y.2. 2. Paramètres de fonctionnement .... . ... . . .. . ........ ........ . ....... . ...... . . ...... . ..... . ...... .... Y-I l
V .2.2 . l . Les rétentions par la méthode de drainage . . . . . . ... . . . . . .... . . . . .. . . . . . . . ... . . . . . . . .... . . . . . . .. .... . . . .V-11
V .2.2 .2. Les perte s de pression . .... . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . ... . . . . . .. . . . . . ... . . . . . . . ... . . . . . . . .... . . . . . . .... .. . . . .V-13
V .2.2 .3 . L ' engorge ment . . .. .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . .... . . . . .... . . . . . .. .. . . . . . . . ... . . . . . . .. .... . . . . . .V-1 4
V. 2. 3. Expériences de traceur non transférable . ........ ........ . . . ..... . ...... . . ...... . ..... . ..... . .. V-15
V .2 .3 . 1 . Introduction . . . . . . .. .. . . . . .. .. . . . . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . ... . . . . . . . ... . . . . . ...... . . . . ...... . . . . . . . .V-15
V . 2 .3 . 2 . Traceur salin . .. .. . . . . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . .. .. . . . . .... . . . . . . . ... . . . . . .... . . . . . . .... .. . . . . . . . .V-15
V . 2 .3 . 3 . Traceurs radioactifs .... . . . . . . .. . . . . . .. .. . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . .... . . . . .... . . . . . ... . . . . . . . .... . . . . . . .... . . . . . . . . . .V-19
V . 2 .3 . 4 . Analyse des résultats .. . . . . . . .. . . . . . .... . . . . .... . . . . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . ... . . . . . . . .... . . . . . . .... . . . . . . . . . .V-26
V . 2 . 3 . 5 . Conclusion . . . . . .... . . . . .... . . . . . .. . . . . . . .... . . . . .... . . . . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . ... . . . . . . . .... . . . . . . .... .. . . . . . . . .V-3 4
V. 2. 4. Expériences de traceur transférable . . ....... . ........ ........ . ....... . ...... ....... . ..... . ..... .. V-36
V . 2 .4. 1 . Mise en oeuvre et exploitation . . .... . . . . .... . . . . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . ... . . . . . . . .... . . . . . . .. .. .. . . . . . . . .V-36
V . 2.4. 2 . Analyse des résultats .. . . . . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . ... . . . . . .... . . . . .... . . . . . ... .. . . . . . .... . . . . . . .... . . . . . . . . . .V-4 1
V .3 . CONCLUSION . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . V-4 6
V-1
~
N
~
V. EXPERIMENTATION, RESULTATS ET
ANALYSES
V. l . I . INTRODUCTION
Le phénomène d'absorption gaz/liquide est mis en oeuvre dans une colonne à garnissage
sur l'installation COLARGOL (COlonne de Lavage par AbsoRption Gaz-Liquide) . Le gaz et le
liquide circulent dans la colonne à contre-courant, au sein du lit de garnissage dans lequel ils
échangent de la matière quand ils rentrent en contact l'un avec l'autre . L'installation expéri-
mentale que nous avons conçue et réalisée au début de ce travail de recherche est constituée
principalement :
• d'une colonne à garnissage
• des circuits de fluide s
• des appareils de mesure et du matériel d'acquisition .
La fi gure V. l décrit schématiquement l'installation COLARGOL . Les mesures effec-
tuées sur cette installation permettent la détermination directe ou indirecte :
➢ des pertes de pression linéiques du gaz au passage du garnissage et des distributeurs
de fluide ,
➢ de la rétention de liquide ,
➢ du coefficients de dispersion axiale dans la phase liquide et dans la phase gaz,
➢ du coefficient volumique de transfert de matière .
Cette installation a été conçue comme un banc d ' essais de garnissages ordonnés et en
vrac. La présente étude visant à la mise eu point de la méthode a été réalisée avec un garnis-
sage en vrac .
V.1. 2. LA [Link]
Le réacteur étudié est une colonne à garnissage en verre et inox de 7 mètres de hauteur
et de 0 .3 mètre de diamètre interne . Elle est construite en 6 tronçons de verre et 6 manchettes
inox, ce qui permet de faire varier sa hauteur .
La colonne fonctionne à contre-courant de gaz et de liquide, étant parcourue par de
l'eau qui s'écoule gravitairement (phase dispersée) et de l'air à écoulement ascendant (phase
continue) .
V-3
Les fluides rentrent en contact au passage dans un lit d'éléments de garnissage en vrac .
Ce lit de garnissage de 3 .57 mètres de hauteur repose sur un distributeur de gaz qui sert a
« casser » et uniformiser la vitesse du jet de gaz à son entrée dans le garnissage . Une grille pla-
cée au sommet du garnissage retient celui-ci en cas d'entraînement par le gaz . Le liquide qui
arrive par le haut passe dans un distributeur chargé de répartir de manière homogène son débit
sur la section de colonne .
Eau salée
Garnissage Raschig en
Polypropylene
Y Ralu Flow 25
-~ 11
Dans le cas d'un garnissage en vrac, le remplissage de la colonne par les éléments est
réalisé en faisant tomber les éléments sur le distributeur de gaz . Bien que cette méthode de
remplissage ne soit pas celle réputée la plus reproductible, aucun tassement du lit de garnissage
n'a été observé . Cette observation nous laisse donc penser que le lit s'est peu modifié au cours
des différentes expériences menées et que sa porosité peut être considérée comme constante au
cours du temps .
La colonne est munie de piquages multiples sur toute sa hauteur (entre deux tronçons),
notamment pour des prises d'échantillons liquide et pour des mesures de pression du gaz (cf.
Figures V. 1 et V. 2) .
V-4
Pour les mesures de conductivité ou d'oxygène dissous dans l'eau à sa sortie du garnis-
sage, nous avons mis en place sous la partie garnie, un entonnoir qui recueille tout le liquide . Il
le dirige dans un petit réservoir d'une capacité de 1 litre d'où le liquide surverse et s'écoule
ensuite dans la réserve de la colonne (cf. Figure V.2). Un piquage aménagé sur ce réservoir
permet d'y adapter une sonde de mesure .
A la base de la colonne, une réserve de 200 litres environ recueille le liquide (garde hy-
draulique) qui s'écoule ensuite par l'évacuation . L'annexe II reprend en détail différents élé-
ments de la colonne .
La colonne à garnissage est alimentée en eau et en air par deux circuits : le circuit li-
quide alimente la tête de la colonne pour que l'eau ruisselle sur les éléments de garnissage et le
circuit gazeux alimente la colonne en gaz juste sous le garnissage par un tore percé (cf fi-
gure V .2) . L'annexe II reprend les différents éléments du circuit avec leurs caractéristiques .
V-5
mée sur une cuve, soit en boucle ouverte avec évacuation directe à l'égout . Le circuit com-
prend les éléments suivants :
- une cuve en acier inoxydable de 2 m3 alimentée en eau de ville stocke l'eau nécessaire
aux expériences, le réseau d'eau ne pouvant fournir des débits suffisants . Elle permet aussi d'y
préparer les solutions de réactifs si nécessaire et de les stocker . Elle est munie d'un circuit an-
nexe fermé qui assure le mélange du liquide et d'un réchauffeur régulé de 9 kW ,
- une pompe volumétrique alimente la colonne à partir de la cuve en liquide,
- une vanne rotative pneumatique lui succède pour régler le débit désiré ,
- un débitmètre magnétique est placé en ligne juste avant l'embranchement (vanne trois
voies) avec le by-pass qui permet au fluide de circuler en circuit fermé directement sur
la cuve,
- à la base de la colonne, le liquide s'évacue directement à l'égout ou retourne à la cuve .
Un circuit annexe de liquide est aménagé pour les expériences de traceur salin . Il com-
prend un réservoir de 50 litres où sont introduits les solutions salines ; il est relié au réseau
d' air comprimé et est muni d 'une soupape tarée à 4 bars . Ce réservoir est relié à la tête de co-
lonne par une tuyauterie rigide eu acier inoxydable via une électrovanne commandée . Il aboutit
dans la colonne juste sous le distributeur de liquide et 10 cm au dessus du sommet du garnis-
sage par une buse de pulvérisation conique dirigée sur le garnissage .
Le débit de liquide est régulé par action sur la vanne pneumatique suivant la mesure du
débimètre placé en aval . Les caractéristiques et références des différents éléments en ligne sont
donnés en annexe H.
V .1 .3 .2 .Le circuit de ga z
V-6
V. I . 4. LES APPAREILS DE MESURE ET DE CONTROL E
Des piquages aménagés le long de la colonne permettent de faire des mesures de pres-
sion entre différents niveaux de la colonne et plus particulièrement entre le sommet et la base
du garnissage . La perte de pression subie par le gaz au passage du garnissage et des distribu-
teurs de gaz et de liquide est mesurée par un manomètre différentiel numérique .
Le long des circuits de gaz et de liquide, des sondes de température Pt 100 ont été pla-
cées. La température est mesurée dans le gaz à l'aspiration, avant l'entrée dans la colonne, à la
sortie de la colonne et dans la cuve réservoir pour le liquide .
V-7
V.1.4.5 .Les ravonnements izamma (traceurs radioactifs )
Les traceurs radioactifs choisis compte tenu de l 'énergie émise et de leurs périodes ra-
dioactives , sont de l'Argon-41 pour le gaz, et pour le liquide , l' isotope 82 du Brome sous
forme bromure d 'ammonium .
La détection de chaque traceur est réalisée par des détecteurs à scintillation au iodure
de sodium, chacun étant inséré dans un collimateur de plomb cylindrique . Ces collimateurs ont
été dimensionnés et conçus pour que les détecteurs ne soient sensibles qu'aux rayonnements y
d' incidence frontale, et ils ont été optimisés compte tenus des périodes d'échantillonnage et
statistique des photons. Des couronnes de deux ou trois détecteurs ont été disposées à quatre
niveaux le long de la colonne (Figures V . 4 et V. 15) qui permettent des mesures à travers les
parois de verre de la colonne . Chaque détecteur effectue un comptage dans un angle solide de
tel so rte que , pour quatre détecteurs, la mesure est effectuée sur une tranche de colonne de 10
cm de hauteur environ .
Pour les expériences de traceur radioactif, l 'acquis ition des si gnaux émis par le s tra-
ceurs est faite à part. Les détecteurs sont tous reliés à un système de collecte de données qui
permet une acquisition synchronisée de tous les signaux mesurés .
Les autres paramètres mesurés en continu sont les suivants :
• les températures des fluides en différents points ,
• les débits de fluides (reliés aux régulateurs) ,
• la perte de pression,
• la conductivité de l'eau ,
• l'oxygène dissous dans l'eau .
V-8
Chacun des appareils correspondant envoie un signal électrique sur des conditionneurs
(série 5B - Analog Device) qui le transforment en tension 0-5 V et l'envoie sur une carte
d'acquisition Analog Device RTI 800 dans un micro-ordinateur . Le logiciel d'acquisition qui
gère la carte est LABTECH NOTBOOK . Il permet une visualisation graphique en temps réel
des paramètres mesurés, très utile pour les expériences de traceurs .
Le garnissage étudié est fourni par RASC HIG. Il s'agit d ' éléments en polypropylène
Raluflow 25 , de diamètre nominal 25 mm (cf. Figure V . 5). Les caractéristiques fournies par le
constructeur sont données dans le tableau V . l .
Paramètres Valeurs
diamètre nominal 0 .025 m 10
porosité 95 %
surface s écifi ue 165 mZ/m 3
facteur de garnissage 13 5
nombre d'éléments / m3 33 00 0
matériau polypropylène
Tab. V. 1 - Caractéristiques du garnissag e
V-9
V.1 .[Link] fluides
Les fluides que nous avons choisis d'utiliser sont l'air pour le gaz et l'eau pour le li-
quide dans un premier temps, le liquide pouvant contenir des additifs, notamment du chlorure
de sodium et du sulfite de sodium . Dans la présente étude, l'installation fonctionnera à tempé-
rature ambiante, le chauffage de l'eau permettant d'atteindre la température de l'air ambiant, et
à pression atmosphérique . L'installation permet de travailler à des débits de liquide de 0 à 8
m3/h et de gaz de 0 à 600 m3/h . Ces principales caractéristiques de fonctionnement sont repri-
ses dans le tableau V .2 .
Colonne Valeurs
Hauteur. . ~arnie.- _Z . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 .._m..._. . . . . . . . . . . . .
Diamètre de la colonne- D 0 .30 m
Matériau x Verre et acier inox
V-1o
V.2 . EXPERIENCES, RESULTATS ET ANALYS E
V. 2. I. INTROD UCTION
Les mesures préalables aux expériences de traceur portent sur les pertes de pression su-
bies par le gaz au passage du lit de garnissage et sur la détermination des limites
d'engorgement . Une étude des rétentions statiques et dynamiques a également été effectuée .
Mode opératoire :
Par définition, la rétention statique se définit comme la fraction de liquide « immobile »
pendant que la colonne est arrosée, par opposition à la rétention dynamique du liquide en
mouvement . Ou bien, on la définit comme la rétention capillaire, fraction de liquide retenue par
le garnissage par les forces de capillarité (tension de surface) après égouttage .
Notre expérimentation s'appuie sur cette dernière définition . Elle consiste à immerger
une hauteur H de lit de garnissage sec dans un volume d'eau connu (par pesée), Ve QU . Puis on
laisse l'eau se retirer par égouttage . En mesurant le volume égoutté (toujours par pesée), V âu ,
on a accès par différence à la quantité d'eau retenue par capillarité au sein du garnissage après
égouttage, et ainsi à la rétention capillaire ou statique . Lors de l'immersion du garnissage, il est
déterminant que l'alimentation en eau soit faite par le bas, et suffisamment lentement pour évi-
ter de piéger de bulles d'air dans le garnissage, ce qui fausserait la mesure . Le temps
d'égouttage est de 15 minutes . Par définition, la rétention statique est obtenue par la relation
suivante :
E Veau - eau
sr = - H, ~ E q . V-1
V-11
Le volume d'eau introduit dans le garnissage remplit tous les interstices laissés par les
éléments de garnissage . Cette expérience permet donc aussi de mesurer la porosité du lit :
H Eq. V-2
°42
Ces expériences au nombre de trois ont été réalisées en utilisant une balance capable de
peser jusqu ' à 200 kg avec une précision de 2 grammes . Les résultats sont donnés tableau V . 4 .
0.87% 94 %
+/-0 .09% +/-2%
On retrouve bien compte tenu de l'erreur et avec une bonne reproductibilité la porosité
donnée par le constructeur qui est de 95 %.
Mode opératoire :
Il s'agit ici de connaître la proportion de liquide en mouvement dans le garnissage arro-
sé. Pour cela, la colonne fonctionne à contre courant d'air et d'eau (boucle fermée) en régime
permanent pendant au moins dix minutes, temps au bout duquel le niveau d'eau dans la réserve
de la colonne (indicateur de niveau) est constant . Ce niveau N, repéré, on arrête simultanément
les alimentations de liquide et de gaz par permutation de vannes . Au bout de 15 minutes
d'égouttage, la réserve présente une nouveau niveau de liquide N2 que l'on relève . Le volume
égoutté représentant la fraction mobile de liquide dans le garnissage en fonctionnement, on
calcule la rétention dynamique :
Résultats :
Le tableau des données ainsi recueillies est consigné en annexe IV . Pour chaque couple
de débits gaz-liquide, deux ou trois essais ont été réalisés . La figure V .6 montre l'évolution de
la rétention dynamique en fonction des débits . Le volume d'eau mesuré ainsi comprend celui
présent dans le garnissage, mais aussi, les volumes retenus par les distributeurs de liquide et de
gaz. On retrouve l'allure caractéristique des courbes de rétentions en fonction du débit de gaz :
elles montrent que pour les faibles débits de gaz correspondant à la zone sous le point de
charge, la rétention dynamique ne varie pas puis, dans le zone de charge, elle augmente rapi-
dement pour présenter finalement une pente verticale à l'engorgement .
V-12
Ed
e Q rq = 19 . 66 kg/m z/s
0 . 11
I I
! I
0 . 01 L__
0 100 1000
Débit gazeux (m3/h )
V .2.2.2. L es p e rt es d e press io n
Mode opératoire :
La perte de pression est mesurée entre l'entrée du garnissage et la sortie par des prises
de pression dynamique aménagée juste au dessus et au dessous des frontières du garnissage, le
distributeur de gaz compris . Les pressions mesurées par le manomètre numériques sont très
instables et il faut attendre au moins 10 à 15 minutes pour que la mesure atteigne une valeur
constante .
Résultats :
Les données obtenues sont en annexe IV . La figure V .7 montre l'évolution des pertes
de pression linéiques en fonction des débits . La cassure indiquant une zone de charge se distin-
gue difficilement de ces courbes et l'engorgement n'est pas très visible .
V-13
dP /Z (mbar/ m)
10.000
1 .00 0
0 .10 0
0.010
10 100 1000
D é bit de gaz (m3 / h )
V .2 .2 .3 .L'en2or2emen t
Les données recueillies sur la rétention dynamique et les pertes de pression ne permet-
tant pas de connaître précisément la zone d'engorgement, elle a été déterminée par des obser-
vations visuelles que permet de faire le verre dont est faite la colonne .
500
i
400 --- ----I -- -
300 i 41*
200
100
0.1 0 .50 1 2 4 10
Débit liquide (m3/h )
V-1 4
L'engorgement se manifeste par une sorte de bouillonnement du liquide sur une zone de
10 à 20 cm de hauteur . Dans cette zone, on observe que le gaz gène l'écoulement gravitaire du
liquide . Pour un débit de liquide constant, au fur et à mesure que le débit de gaz augmente,
cette zone apparaît déjà au niveau du distributeur de gaz, puis elle s'élève alors que d'autres
zones de bouillonnement apparaissent de manière étagée le long du garnissage . C'est une sorte
de phénomène en « bouchons » .
Les points d'engorgement mesurés par observation visuelle et la courbe d 'engorgement
que l'on peut en tirer sont représentés figure V . 8 . On observe que les valeurs de débit
d' engorgement sont bien supérieurs aux débits des points de charge (cassure) des courbes de
pert e de pression linéiques et coïncident avec les zones de charge évaluées à pa rt ir des mesures
de rétention dynamique .
V.2.3.1 .Introductio n
b . le traçage radioactif du liquide par le brome 82 et du gaz par de l ' argon 41 dont le
rayonnement gamma est suivi et mesuré par des détecteurs à scintillation .
Dans chaque cas, partant du régime d'écoulement permanent à contre-courant d'air et
d'eau, le principe est d'injecter dans la phase étudiée un traceur représentatif de son écoule-
ment . Ensuite, par analyse des signaux d'entrée et de sortie, on en déduit les paramètres re-
cherchés : la rétention et le coefficient de dispersion axial de la phase . Toutes les expériences
ont été menées à la pression atmosphérique et à température ambiante de 15 à 20 °C .
Pour cela, c'est la méthode du modèle qui est utilisée avec le modèle Piston-Dispersion
établi au chapitre III . Mais on compare aussi les résultats de cette méthode à ceux obtenus par
l'analyse des premiers et seconds moments des signaux (méthode des deux mesures) .
Dans le cas des traceurs radioactifs, les appareils de mesure (détecteurs) ont une dyna-
mique suffisamment rapide par rapport à celle du système étudié pour considérer la mesure
instantanée et ne pas inclure dans le modèle leur fonction de transfert .
[Link] sali n
Mise en oeuvre
Il s'agit ici d'injecter une quantité connue d'une solution saline de concentration connue
au sommet du garnissage (hors garnissage) et d'effectuer la mesure de la conductivité de l'eau
s'écoulant du garnissage en pied de colonne (cf figure V .2) .
La vanne temporisée d'injection et le conductimètre sont reliés au système d'acquisition
qui permet de repérer l'instant d'ouverture de l'électrovanne sur la même échelle de temps que
celle de la mesure de la conductivité de la solution .
V-15
Le système d'injection de la solution saline concentrée (cf figure en annexe III) permet
de faire une injection temporisée de 1 seconde, c'est-à-dire qui correspondrait à un créneau de
une seconde dans le cas idéal . Or, nous n'avons pas la possibilité, compte tenu de la configura-
tion de l'installation, de faire la mesure directe de la fonction d'injection du traceur
(concentration d'entrée en fonction du temps) .
D'autre part, la mesure de conductivité est effectuée dans un petit réservoir de 1 litre où
tout le liquide est recueilli . Il faut donc prendre en compte la fonction de transfert du système
de détection formé par le réservoir plus la sonde de conductimétrie .
Pour tenir compte à la fois de la dynamique du système d'injection et de celle du sys-
tème de détection, nous avons effectué les essais préalables suivants . Partant du fait que le
système injection-garnissage-détection en série garde la même fonction de transfert quel que
soit l'ordre de ses éléments, nous avons caractérisé l'ensemble injection-détection . Nous avons
fait des injections de traceur salin juste au dessus du réservoir de détection dans les mêmes
conditions que les essais de traceur, pour différents débits de liquide et de gaz . Ces expériences
de caractérisation de l'injection-détection nous fournissent donc les courbes des perturbations
d'entrée du système étudié, le garnissage . En fait, ce système semble s'apparenter à un système
dynamique du premier ordre ; c'est certainement le réservoir de mesure qui lui confère ce ca-
ractère . Ces courbes varient avec le débit de liquide, le débit de gaz n'a pas d'influence (cf
figure V.9) . Elles seront utilisées directement comme entrée du modèle de simulation.
DTS (s')
0. 45
0. 4
0 .35
0.3
0 .25
0.2
0 . 15
0.1
0. 05
0
0 10 20 30 40
temps (sec . )
V-1 6
1,,:xploitation des résultats
DTS (s "' )
0 .25
0.2
0. 1 5
0.1
0. 05
0
0 20 40 60 80
temps (sec .)
Nous avons dans un premier temps appliqué la méthode des moments pour effectuer
une première estimation des paramètres EL et DL, qui servira de jeu de départ pour
l'algorithme d'optimisation . Les conditions d'injection et de détection de nos expériences cor-
respondent à des conditions aux limites du garnissage fermées à la dispersion axiale . De plus, la
détection dans le réservoir très proche d'un mélangeur parfait, est bien une détection en flux
qui donne accès à la concentration de mélange . Dans ces conditions, les expressions qui relient
les moments au nombre de Péclet et à la rétention sont connues (Villermaux, 1993) :
L
[lout - t
in - TL
uL
Pe L avec6Z = µz - µ ; Eq . V-4
2TL
e-
2 2
6 out - 6 in
PeL PeL
V-1 7
Résultats
Pour chaque jeu de débits liquide et gazeux, trois ou quatre expériences de traçage sont
effectuées. On observe une bonne reproductibilité des résultats, comme le montre l'exemple de
la figure V .11 . Sur cette figure, on remarque que les courbes sont assez bruitées . On observe
que ce phénomène s'accentue avec l'augmentation du débit de liquide . Ceci est dû aux pertur-
bations de l'écoulement à l'endroit de la mesure . Néanmoins, les paramètres sont estimés avec
une bonne précision.
DTS (s
Essai s de traceur
0 . 025 liquide sali n
Q , ;q=7 . 8 6 kg / m 2/ s
0. 02
0 . 015
0. 0 1
0 . 005
0
20 40 60 80 100 120
temps (sec. )
Qair (m3 / h) 200 200 200 200 200 200 300 300 30 0
2
(k /m /s 0 . 94 0 . 94 0 . 94 0 . 94 0 . 94 0 . 94 1 . 4 1 . 4 1 . 4
Qeau (m3/ h) 1 1 2 3 4 5 1 2 3
(k /m2/s 3 . 93 3 . 93 7 . 86 11 . 8 15 . 73 19. 66 3 . 93 7 . 86 11 . 8
méthode des moments
Rétention liquide 4 . 56 5 . 00 6 . 49 6 . 81 7 . 40 8 . 28 5 . 11 6 . 55 7 . 02
Péclet liquide 21 . 1 22 . 5 12 .6 12 . 8 34 . 1 53 . 9 29 . 2 12 . 6 16 . 5
D i spersion axiale (10 -2 m2/s) 1 . 46 1 . 25 3 . 43 4 . 84 2 . 23 1 . 57 0 . 94 3 . 42 3 . 6 4
Rétenti on l i qu i de (%) 4 . 72 5 . 08 6 . 45 6 . 50 7 . 20 8 . 07 5 . 20 6 . 49 6 . 84
Péclet l i qu i de 13 . 0 15 . 9 11 . 7 14 . 7 28 . 4 41 . 1 19 . 8 11 . 8 16 . 9
D i spers i on ax i ale ( 10 -2 m2/ s ) 2 . 29 1 . 74 3 . 74 4 . 42 2 . 75 2 . 12 1 . 36 3 . 66 3 . 64
Tab . V .5 - Traceur liquide salin : Résultats .
V-18
Les nombres de Péclet report és dans ces tableaux sont définis avec pour longueur ca-
ractéristique la hauteur de garnissage (Z = 5 . 575 m . ) . Les rétentions de liquide obtenues par
optimisation sont données à ± 0 .3 % (erreur relative) et les nombres de Péclet à moins de 3 %
près (intervalles de confiance à 95%) . Les intervalles de confiance propres à chaque essai sont
reporté en annexe VI .
L'ajustement paramétrique est effectué en prenant les courbes normées des expériences
de caractérisation de l'injection-détection comme signaux d'entrée . Les courbes de sortie sont
également normées par l'aire sous la courbe . La figure V .12 présente plusieurs exemples de
courbes du modèle ajustées aux courbes expérimentales .
DTS (s ' )
0.1
0 . 09
0 . 08
0 . 07
0 . 06
0 . 05
0 . 04
0 . 03
0 . 02
0 . 01
0
u 20 40 60 80 100 120 140
temps (s )
[Link] radioactifs
Les expériences utilisant des traceurs radioactifs ont été menées avec l'équipe du Ser-
vice d'Application des Traceurs du CEA-Grenoble/DAMRI .
Mise en oeuvre
Les traceurs choisis sont l'Argon-41 (2 mCi) pour le gaz, et pour le liquide l'isotope 82
du Brome (10 mCi) sous forme de bromure d'ammonium . Les ions bromures ne transfèrent
pas dans le gaz et la quantité d'Argon injectée est suffisamment faible pour que sa pression
partielle ne varie pas et qu'il ne s'absorbe pas dans l'eau .
L'appareil d'injection des traceurs radioactifs est constitué d'une cavité de 10 cm3 qui
peut contenir un liquide ou un gaz et qui permet de recevoir une ampoule de traceur radioactif
(système de bris d'ampoule) . Cet appareil est relié à une bouteille d'air comprimé via un réser-
V-1 9
voir tampon . En aval , il est raccordé au point d'injection dans la colonne par un tuyau souple .
La figure V . 13 donne le schéma du système .
Vers colonni
4
L'injection est faite par détente du fluide contenu dans le réservoir pressurisé à 8 bars
avec l'air comprimé . L'ouverture de la vanne d'alimentation est manuelle .
Pour le traceur du liquide, on effectue l'injection par la même buse qui a servi au tra-
ceur salin . Elle pulvérise sur un cône plein à 10 cm au dessus du garnissage . Pour le traceur
gazeux, l'injection est faite par un piquage aménagé sous le garnissage (cf figure V .14)
V-20
La détection du traceur est réalisée à quatre niveaux le long de la colonne comme le dé-
crit la figure V . 16 . La cadence d ' acquisition est réglée à 10 ms pour les 30 premières secondes
puis à 100 ms jusqu'à la fin .
Sommet du lit 11 12
----- ------ - --- ---------------------------
0 .01 m
---------------- - - - - - - - - - - - - - -- -k- ---------- - Niveau 4
10 9
1 .10 m
2 .23 m
7
----------------- ------- -- 1 -------------------- Niveau 2
3 .44 m
1 3 4
3575 m
1----- ------------------------ Niveau 1
ïtiii
Base du lit
-----------------------------
2
Dans le cas des traceurs radioactifs, ayant une détection aux deux extrémités du lit de
garnissage, la courbe d'injection sera disponible directement par la mesure des détecteurs dis-
posés autour de la section d'entrée du fluide . On effectue ici encore deux mesures mais cette
fois avec plusieurs détecteurs . Tous les détecteurs sont rigoureusement semblables et à excita-
tion identique, ils donnent une réponse identique . La méthode des deux mesures telle qu'elle
est décrite dans la littérature (cf. Chapitre II) est donc applicable .
V-21
La figure V . 16 montre les courbes enregistrées aux quatre niveaux de la colonne après
traitement . A chaque niveau , nous avons fait la moyenne des courbes données par les quatre ou
deux détecteurs disposés en couronne .
DTS (s' )
0.5
0. 4
0. 3
0 .2
0.1
0 10 20 30 40 50
temps (sec. )
Fig . V .16 - Essai radioactif liquide n°4 - QgaZ = 3 00 111 3/h, Qi ;y = 2 m3/h . Ré-
ponses aux quatre niveaux de détection .
Les mêmes méthodes sont employées pour exploiter ces courbes que pour le traçage
salin . Mais cette fois, toutes les mesures étant faites au sein du garnissage, les conditions aux
limites du système sont de type ouvert à la dispersion en entrée et en sortie (cf . Chapitre III) .
Par ailleurs, les mesures ainsi faites donnent accès à une concentration moyennée sur une tran-
che de colonne et non à une concentration de mélange comme il est requis pour les interpréta-
tions de distribution de temps de séjour . Néanmoins, l'écoulement étant turbulent, il semble
raisonnable de faire l'hypothèse de vitesses radialement homogènes . Dans ce cas, la détection
de la concentration moyennée en espace devient égale à une concentration pondérée en flux
(ou concentration de mélange, cf. Chapitre II) et les expressions reliant les moments aux fonc-
tions de DTS sont applicables .
L'analyse des courbes par les moments utilise les expressions suivantes (Villermaux ,
1993)
V-2 2
ZEL
touf - t in - 1' L
UL
avec 62 = µZ - µ ; Eq . V-5
z z 2ti L
our tn PeL
Un seul essai est effectué pour chaque couple de débits gaz-liquide . Un essai a néan-
moins été doublé pour tester la reproductibilité de la mesure . Le résultat est excellent puisque
d'une part on retrouve les mêmes caractéristiques statistiques et de plus les courbes sont pres-
que confondues .
On observe que le système d'injection permet d'effectuer une perturbation en concen-
tration très proche d'une impulsion de Dirac . La qualité de l'injection semble meilleure qu'en
traceur salin mais le saut de pression que l'on fait subir aux débits de liquide et de gaz dans la
colonne est sans doute beaucoup plus brutal .
Résirltats
Les ajustements effectués sur ces courbes sont de même qualité que ceux précédem-
ment obtenus avec le traceur salin . La figure V . 17 en montre un exemple dans le cas du liquide .
Les calculs effectués sur les courbes expérimentales obtenues considèrent d 'une pa rt, le tron-
çon de colonne compris entre les deux couronnes de détecteurs des niveaux 1 et 4 et d'autre
part , la pa rt ie centrale de colonne comprise entre les niveaux 2 et 3(cf . figure V. 15) .
n° Essai 1 2 4 5 6 7
Qa i r (m3/h) 200 200 300 300 100 100
kg/mz/s) 0 .94 0. 94 1 .4 1.4 0.47 0 .47
Qea u (m3/h) 1 2 2 3 1 2
( ka/mZ/s 3 .93 7. 8 6 7. 86 11 .8 3. 93 7 .86
niveaux 4 et 1 méthode des moments ( ouve rt/ouve rt
Rétention liquide 4.31% 6. 44% 5.49% 6.83% 3. 84% 6 .21%
Péclet liquid e 13. 3 9 .6 11 . 0 9 .5 7 .8 14. 1
Dispersion axiale (10"Z mZ/s) 2 .46 4.06 4. 69 6.65 4.69 3.24
niveaux intermédiaires 3 -2 méthode des moments ouvert/ouve rt
Rétention liquide 4 . 13% 6 .56% 5 .44% 6 .82% 3 . 94% 6. 09%
Péclet liquid e 13 .6 9 .6 9 . 1 8.6 7. 9 15 .9
Dispersion axiale (10-Z mZ/s 2.50 4 .46 5 .68 7 . 33 4 . 52 2.90
Tab . V. 6 - Résultats obtenus par analyse des moments des signaux - Essais radioactifs
sur la phase liquide .
Les tableaux V .6 et V.7 reprennent les résultats obtenus par optimisation sur les cour-
bes expérimentales issues du traçage radioactif du liquide . Entre les niveaux 2 et 3, les frontiè-
res sont ouvertes à la dispersion ; nous utilisons donc l'expression analytique de la DTS con-
nue dans ce cas (c£ Chapitre III, équation III-29) . Dans tous les cas, le nombre de Péclet est
rapporté à la hauteur totale de garnissage (Z = 5 .575 m .) .
V-23
n° Essai 1 2 4 5 6 7
Qair (m3/h) 200 200 300 300 100 10 0
k / m 2/s 0 . 94 0 . 94 1 . 4 1 . 4 0 . 47 0 . 47
Qeau ( ►n3/h) 1 2 2 3 1 2
k / m 2/s 3 . 93 7 . 86 7 . 86 11 . 8 3 . 93 7 . 8 6
niveaux 4 et 1 optimisation : résolution numériqu e
Rétention liquide 4 .31% 5. 97% 6 .23% 6 .21% 4. 16 % 6. 28°/a
Péclet liquide 16.8 23. 5 13.2 13. 1 7.6 16 . 5
Dispersion axiale 10 -Z mZ/s 1 . 95 2. 01 3 .41 5 .28 4. 44 2. 72
niveaux 3-2 optimisation : fonction DTS analytique (ouvert-ouvert )
Rétention liquide 4. 29 % 6. 18 % 4. 59% 5 .08% 4 . 18% 5. 29°/a
Pécl et liquide 17. 1 22. 4 15.6 26 .6 7 .8 15 . 5
Dispersion axiale 10 -2 m2/s 1 . 92 2 . 03 3 .93 3 . 19 4 .32 3. 4 3
Tab . V .7 - Ré sultats obt enus par ajustement paramétri q ue du modèle PD - Essais radio-
actifs sur la pha se liquide.
DT S (s-' )
0.05
0. 0
0. 0
0. 0
0. 0
0 20 40 60 80
temps (sec .)
Fig V .17 - Courbes expérimentale et théorique ajustée pour l'essai de traceur ra-
dioactif liquide n°7 - tronçon entre les niveaux 3 et 2 .
V-2 4
Pour le traceur gazeux , les tableaux V. 8 et V . 9 présentent les résultats obtenus :
Essai 1 3 4 5 6 7
Qair (t11 3/h) 250 80 300 200 200 10 0
k /m2/s 1 . 17 0 .37 1 .4 0 .94 0 . 94 0 . 47
Qeau ( m3/h) 4 0.5 2 2 2 2
k /mz/s 15. 73 1 .97 7 .86 7 .86 7 . 86 7 . 86
niveaux 4 et 9 Méthode des moment s
Rétention 78.0% 81 . 0% 81 .0% 87. 0% 84. 0% 86 .0%
Péclet 46 .0 72 .0 83 .0 66 .0 - 80 .0
Dispersion axia l e 10-z mZ/s 0 . 10 0 .02 0 . 06 0 . 05 - 0 . 02
niveaux 2 et 3 Méthode des moments
Rétent ion 75 .0% 84. 0% 82 .0% 91 .0% 93. 5% 94 .0%
Péclet - 136 . 0 81 .0 63 .0 44. 0 47 .0
Dispersion axiale 10 "2 m2/s - 0 .01 0 . 06 0 . 05 0 .07 0 . 03
Tab . V. 8 - Résultats traceur r adioactif gazeux obtenus par l ' analyse des moments.
Essai 1 3 4 5 6 7
Qair ( m3/h) 250 80 300 200 200 10 0
( kg/ m z/s ) 1 . 17 0 . 37 1 . 4 0 . 94 0 . 94 0 . 47
Q eau (m 3/h) 4 0 . 5 2 2 2 2
( kg/ m 2/s ) 15 . 73 1 . 97 7 . 86 7 . 86 7 . 86 7 . 8 6
niveaux 4 et 1 optimisation sur modèle numérique (ouve rt -fermé à la base du lit)
Rétenti on 76 . 0 % 81% 81 . 3 % 87 . 0 % 87 . 0 % 86 . 5%
Péclet gaz 139 121 176 140 152 134
Dispers i on axia l e (10 -z m 2/s) 3 . 30 1 . 12 2 . 96 2 . 31 2 . 12 1 . 20
niveaux 2 et 3 optimisation avec la fonction DTS analytique (ouve rt -ouve rt )
Rétention 79. 0% 89. 0% 85 .5% 95 .0% 97 .0% 95. 0%
Péclet gaz 192 157 219 174 184 181
Dispersion ax iale (10-z mZ/s) 2. 31 0 .81 2 . 19 1 .70 1 .58 0 . 82
Tab. V.9 - Résultats traceur radioactif gazeux obtenus par ajustement paramétrique du modèle .
Les intervalles des confiance obtenus sur chacun de ces paramètres ajustés sont repo rtés
en annexe VI . La précision est beaucoup plus fluctuante d'un essai à l'autre que pour le tra-
çage en phase liquide . Mais pour tous les paramètres déterminés , elle reste toujours inférieure à
10 % (3 % le plus souvent) pour le nombre de Péclet et inférieure à 1 % pour la rétention ga-
zeuse. Un exemple de courbe théorique ajustée à la réponse expérimentale est donné figure
V. 19.
V-25
Premières observations :
En premier lieu, on a constaté que les mesures brutes (nombre de coups) réalisées à
l'aide des détecteurs d'un même niveau sont quasiment identiques et qu'il en est de même des
courbes traitées . Cette première observation permet de dire que la colonne n'est pas victime
d'un problème majeur de mauvaise distribution de fluide et que l'écoulement respecte la symé-
trie de révolution de la colonne .
Ces essais en traceurs radioactifs liquide et gazeux nous permettent de vérifier que les
valeurs de rétentions obtenues sont correctes . En effet, pour les débits communs aux deux sé-
ries d'essai, on constate que la somme des rétentions vaut bien la valeur de la porosité du gar-
nissage . De plus, les essais en gaz analysés entre les niveaux 2 et 3 donnent des rétentions ga-
zeuses supérieures à celles obtenues sur la hauteur totale de lit . Ce résultat est en accord avec
ceux du traçage liquide qui présentent la tendance inverse (complémentarité des rétentions par
rapport au volume total disponible, E) . Néanmoins, on obtient de trop fortes valeurs de réten-
tion gazeuses entre les niveaux 2 et 3, tels que la somme des rétentions gazeuse et liquide dé-
passe la porosité du lit . Ce résultat n'a pas de justification, compte tenu des faibles incertitudes
sur les rétentions, inférieures à 1% .
V-26
DTS (s-1) Essai en gaz n° 4
~ Par ajustement :
1 .2
Pe G = 17 5
0.2
0
2 3 4 5 6
temps (sec )
Selon nous, la méthode d'analyse des courbes par le second moment statistique n'est
pas aussi fiable que l'optimisation paramétrique . Pour les forts débits, cette méthode sous-
estime le nombre de Péclet . Elle donne néanmoins des ordres de grandeur des paramètres cor-
rects. L'ajustement paramétrique qui exploite l'information d'un bout à l'autre de la courbe
expérimentale permet en revanche d'obtenir les paramètres d'un modèle alors capable de ren-
dre compte de la réalité beaucoup mieux . Par la suite, nous n'évoquerons que les paramètres
obtenus par ajustement paramétrique .
Représentativité du modèle :
L'observation des courbes théoriques ajustées aux courbes expérimentales (cf figures
V . 17 à V.19) prouve que le modèle choisi permet de représenter la réalité très fidèlement . On
remarquera néanmoins que le modèle ne simule pas très bien le début de la phase de montée
des pics de réponse obtenus expérimentalement . Cette partie de la courbe expérimentale pré-
sente une pente très forte que le modèle ne parvient toujours pas à reproduire dans le cas du
traceur du liquide . C'est le contraire qui se produit pour le gaz . Dans le premier cas (liquide),
cela est en partie expliqué par l'incapacité numérique de simuler les fronts abruptes et autres
sauts de concentration . Pour le gaz, il semblerait qu'un phénomène ne soit pas pris en compte
par le modèle . Nous n'écartons pas la possibilité qu'il existe un modèle plus à même de simuler
les profils de concentration observés .
V-27
Mais sur l'ensemble des essais effectués, le modèle d'écoulement piston-dispersion se
présente comme une représentation satisfaisante des phénomènes observés .
Comparaison des essais radioactifs en liquide avec les essais de traceur salin :
Les résultats des optimisations paramétriques obtenus pour les deux séries d'essais de
traceur inerte en phase liquide sont reportés sur la figure V .20 pour la rétention et la figure
V.21 pour le nombre de Péclet de la phase liquide . Les résultats radioactifs à retenir pour une
telle comparaison sont ceux obtenus pour le traçage entre les niveaux 4 et 1, c'est à dire sur
presque toute la hauteur de garnissage .
• Rétention liquide
On observe de manière générale que les rétentions liquide obtenues par traçage salin
sont supérieures à celles obtenues par traçage radioactif.
Ceci n'est pas très étonnant car, en observant chaque type d'expérience, on constate
que les expérience de traceur radioactif mesurent la rétention dans le lit de garnissage unique-
ment, alors que le traçage salin intègre le distributeur de gaz au lit garni . On a vu que celui-ci
jouait certainement un rôle non négligeable puisque c'est au niveau de ce distributeur que l'on
a observé la naissance du phénomène d'engorgement . De plus, lors du traitement des données
des traceurs radioactifs liquide et gazeux, nous avons constaté une atténuation des émissions
radioactives plus importantes près de ce distributeur . Toutes ces observations convergent vers
l'idée que le distributeur de gaz provoque une rétention liquide locale plus importante que dans
le reste de la colonne . C'est ce qui explique l'écart des résultats entre les deux techniques de
mesures de la rétention de liquide .
V-28
Essais : Q 9aZ Q ,;q en m 3/ h
12 .00%
200- 1 200-2 300-2 300- 3 100- 1 100- 2
10 . 00% ----------- -
8 . 00% - -~
~ ~
6 . 00% - -
4 . 00%
2 . 00% -
0 . 00%
0 1 2 3 4 5 6 7 8
n ° essai correspondant en radioactif
Fig . V. 20 - Comparaison des rétentions de liquide obtenues par traçages salin (■ ) et radioactif (,à)
et par égouttage ( e ) .
Les rétentions obtenues par égouttage sont du même ordre de grandeur que par les ex-
périences de traceur, voire plus importantes (cf. Figure V .21) . Pour les faibles débits de li-
quide, les rétentions dynamiques et totales sont proches, compte tenu des incertitudes (0 .1 à
0.3 % d'incertitude) . Mais à mesure que le débit de liquide augmente, les rétentions mesurées
par les deux méthodes diffèrent de manière significative .
i a. o 9A
1 2.0 0A
d
.~
~ i o.o-A
~
ô a .o 1A
w
C
W
,â 6 .0 °)
IX
4 .0°r
2 .0 %
50 IJU LJV JJV YJV JJ V
Reynolds liquide
Fig . V.21 - Rétention ique par égouttage (e) et rétention totale par traçage salin (a) .
L'explication la plus probable à cet écart est que la mesure par égouttage est faussée
car elle intègre le volume de liquide en suspension entre la base du lit et la surface libre de la
garde hydraulique de la colonne . Cette quantité de liquide en écoulement augmente avec le
débit et les volumes en cause sont du même ordre de grandeur que ceux issus du calcul des
écarts de rétention entre les deux méthodes . A cela s'ajoute pour les très forts débits, une ré-
tention du distributeur de liquide qui pourrait atteindre plusieurs litres . Donc, la mesure par
égouttage n'est pas fiable pour les forts débits car la taille de l'installation ne permet pas
d'arrêter et de recueillir liquide en écoulement au plus près des frontières du lit de garnissage .
V-29
• La dispersion axiale de la phase liquid e
Comme pour la rétention, les deux séries d'expériences de traceur dans le liquide (NaCl
et 82Br) ne mesurent pas tout à fait la même chose (avec ou sans distributeur de gaz) . La figure
V.22 compare les résultats obtenus pour le nombre de Péclet liquide rapporté à la hauteur de
lit garni pour des débits liquide de 200 et 300 m3/h . Les deux méthodes donnent des résultats
comparables qui ne permettent pas de discerner l'influence du distributeur de liquide sur la
dispersion dans le liquide .
Péclet liquid e
40
35
30
25
20
15
10
5
50 100 150 200 250 300 350 400 450 500 550
Reynolds liquide
Fig . V.22 - Nombre de Péclet liquide obtenus pour les expériences de traceur salin ( ■) et ra-
dioactif ( ,&) en fonction des débits liquide et gazeu x
Le n o mbre de P éclet d a n s la phase gazeuse varie assez peu avec le débit de gaz . Il
semble diminuer quand le débit de liquide augmente . Ces observations sont comparables aux
résultats de la littérature concernant l'influence du débit de liquide . Mais l'évolution de la dis-
persion axiale dans le gaz avec le débit de gaz est plutôt à l'inverse des résultats déjà obtenus
(cf chapitre 11 .5).
Bien que les valeurs de Péclet gaz obtenues dans la littérature soient très variables
(même pour des garnissages souvent identiques : anneaux Raschig et selles de Berl), les ordres
de grandeurs que nous observons sont en accord avec les études les plus récentes (Richter,
1978 ; Charpentier et al ., 1971, Burghardt et al ., 1980 ; Vignau, 1986) . Mais seuls Linek et al .
(1978), qui ont mis en oeuvre des méthodes transitoires et adopté le même modèle que nous,
ont observé un nombre de Péclet gazeux augmentant avec le débit de gaz (cf figure V .23) .
Mais il faut être prudent car les Reynolds de leurs expériences sont inférieurs à 100 en liquid e
V-3 0
et en gaz . Nos résultats ne coïncident avec aucune autre des corrélations disponibles pour les
garnissages en vrac, même si les ordres de grandeurs sont comparables .
Péclet gaz
230
210
190
170
150
130
110
90
70
400 900 1400 1900
Reynolds ga z
Fig. V.23 - Evolution du nombre de Péclet gazeux : Corrélations de Linek et al . (1978) , Char-
pentier et al . (1971) et nos points expérimentaux ( 0)
Pour le nombre d e Péclet liquid e, il semble que sous la zone de charge définie, le débit
de gaz a peu d'influence sur le nombre de Péclet liquide qui reste compris entre 10 et 20 . Ce
résultat est logique et déjà observé par d'autres auteurs (Richter, 1978 ; Michel et Furzer,
1972, 1984 ; Sater et al ., 1966) . En effet, c'est sous le point de charge que les interactions
gaz/liquide sont les plus faibles . Puis, le Péclet augmente nettement avec le débit de liquide,
comme l'ont déjà constaté de nombreux auteurs (Vignau, 1986 ; Richter, 1978 ; Furzer et al .,
1970) . Sur la figure V .24 sont reportées les corrélations de la littérature qui fournissent les
valeurs pour comparaison avec nos points expérimentaux .
90
80
70
60
50
40
Pel
30
20
10 • - ------- -
0
0 100 200 300 400 500
Re yn old s l i q ui de
♦ Nos Po i nts expé ri mentaux ----- Kolev et al . (91)
- - - - Fu rz er et al . (70) - - - - Richter (78)
Sater et al . (66 )
Fig . V.24 - Evolution du nombre de Péclet liquide en fonction du nombre de Reynolds liquide
Comparaison aux corrélations de la littérature
V-3 1
Evolution axiale des paramètres le long du garnissage :
Les essais de traceurs
- radioactifs permettent d'accéder aux profils de rétention donc de
vitesse et de dispersion axiale au sein du garnissage pour chaque phase . La figures V .25 don-
nent les graphes relevés pour un essai en liquide et deux en gaz et les valeurs sont rapportées
en annexe V . Les points reportés correspondent aux paramètres déterminés sur les tronçons de
colonne entre les niveaux 1-2, 2-3 et 3-4 . Les valeurs de paramètres déterminés entre les ni-
veaux 1-3 et 2-4 sont intermédiaires aux valeurs représentées sur la figure V .25 ; ils sont donc
tout à fait en accord avec ces points .
On remarque que les évolutions des vitesses des deux phases sont en accord l'une avec
l'autre sur ces exemples . L'amplitude des variations de la vitesse du gaz augmente quand celle-
ci diminue (jusqu'à 30 % par rapport à la vitesse déterminée sur toute la hauteur de colonne),
c'est à dire quand le gaz subit plus l'influence du liquide . Chaque fluide perd de la vitesse au
fur et à mesure qu'il traverse le garnissage, sa rétention augmentant . Cette évolution de la ré-
tention liquide corroborent les observations effectuées sur les courbes brutes des essais gaz qui
comptent les « coups radioactifs » ; celles-ci montrent en effet une atténuation importante en
partie inférieure de colonne (détecteurs du niveau 1) . Or, étant donné que l'atténuation des
signaux sont dus à une surépaisseur de matériau traversé qui ne peuvent être que le garnissage
et le liquide (le gaz étant quasi-transparent), cette atténuation ne peut être causée que par une
rétention liquide plus importante .
Pour le liquide on ne distingue pas une évolution nette du taux de mélange axial . En re-
vanche, le gaz subit un taux de mélange axial de moins en moins prononcé à mesure qu'il évo-
lue dans le milieu, c'est à dire à mesure que la rétention du liquide diminue . Ces observations
sont en accord avec celles des différents essais en traceur gazeux et liquide .
Ces variations de paramètres sont liées entre elles mais ont les mêmes causes . Il semble
qu'un effet de bord existe à l'entrée du garnissage, que les fluides subissent le long du premier
mètre qu'ils parcourent dans le milieu . Ceci est sans doute d'autant plus accentué pour le gaz
par la présence du distributeur de gaz . De plus, même si elle n'est pas visible sur les signaux
bruts des détecteurs, les phases présentent certainement une distribution radiale imparfaite, le
rapport de la hauteur de garnissage sur le diamètre de colonne étant assez important . C'est une
raison supplémentaire de variation des paramètres hydrodynamiques le long du garnissage .
V-32
Essai liquide radio n° 1 Essais gaz radio n°3 et n°4
Qi;q = 3 .93 kg/m2/s ; QgaZ = 0 .94 kg/m2/s n°3 : Ql ;q = 1 .97 kg/m2/s ; QgaZ = 0 .37 kg/m2/S _ (■)
n°4 : Ql ;q = 7 .86 kg/mz/s ; Qgaz = 1 .4 kg/m2/s (* )
0.140 1 .70
0. 120 1 .5 0
5 N
Z 0 . 1 00 1 . 30
-Z 0.080 ` 1 . 10
È
R - 0 .060 0 .9 0
N
> H
ÿ 0 .0 40 °1 0. 70
>
~ 0 .020 0. 50
0.000 0.3 0
0 0 .5 1 1 .5 2 2 .5 3 0 0 .5 1 1 .5 2 2 .5 3 3 .5
cote Z-z à partir de l 'entrée du liquid e cote z à partir de l ' entréedu ga z
30.0 0
a 50
~ 400 - -- ---'
ô 25 .0 - i --- -- - -- ,
ô ô
uR _R 300 _ _ - -- --~ -~---,I
•
.0 ----
.d 20
ô ~ • , - ',----- - ~ - --' - - -
~ ô 200 ;
D. ~ a
â
m 15 .0 --r_---
--' Â
â 100 --- - --- - - ;~--~- .
i ,
10A 0 '
0 0 .5 1 1 .5 2 2.5 3 0 0 . 5 1 1 .5 2 2. 5 3 3 .5
cote Z -z à partir de l 'entrée du liquid e cote z à partir de l'entrée du ga z
5.0
3 . 00
2 . 50 4.0
y
2 .0 0 É 3.0
É ô
ô 1 .50 0
0 = 2. 0
x
x 1 .00
1 .0
0 . 50
0 .00 0 .0
0 0 .5 1 1 .5 2 2 .5 3 0 0 .5 1 1 .5 2 2 .5 3 3.5
co t e Z -z à part i r d e l 'e ntr é e du l iq ui de cote z à partir de l ' entrée du gaz
Fig. V.25 - Evolution des paramètres hydrodynamiques le long de la colonne pour le gaz et le
liquide .
V-3 3
V.2 .[Link] n
La méthode des traceurs non transférables permet, après une analyse rapide des cour-
bes, de faire un premier diagnostic sur la colonne : celle-ci n'est pas victime d'une mauvaise
distribution de l'écoulement (ni court-circuit, ni importante zone stagnante) . Globalement, la
répartition du liquide sur une section n'est pas trop hétérogène même en bas du lit, comme on
aurait pu le craindre du fait d'une grande hauteur de garnissage pour le diamètre de 30 cm .
Néanmoins, l'analyse des signaux bruts et du profil des paramètres ajustés sur différents tron-
çons de colonne montre qu'il existe une zone en bas de colonne où le liquide présente une ré-
tention plus importante, d'où une vitesse du gaz plus élevée . Il semble qu'il existe comme une
zone d'établissement de régime où l'écoulement est différent du reste de la colonne . Ce phé-
nomène est sans doute accentué par un effet de bord dû à l'entrée du gaz dans le milieu par le
distributeur . Les interprétations sur les paramètres déterminé pour l'ensemble de la colonne
doivent être nuancées : ces paramètres ne donnent qu'une idée globale moyenne du comporte-
ment de la colonne derrière lequel se cachent des phénomènes de variation axiale de vitesse et
de dispersion de plus ou moins grande amplitude .
Le modèle piston-dispersion retenu pour simuler le comportement hydrodynamique de
chaque phase est satisfaisant puisque courbes théorique et expérimentale s'ajustent très bien
quel que soit le tronçon de colonne considéré . Néanmoins, les zones proches des frontières du
milieu demandent à être étudiées plus minutieusement . On n'a pas observé de phénomène de
queue de courbe sur les réponses expérimentales qui justifierait de choisir le modèle plus so-
phistiqué Piston-Dispersion-Echangeant de la matière avec les zones stagnantes (PDE, cf cha-
pitre III).
L'observation des courbes théoriques ajustées aux courbes expérimentales par la mé-
thode d'ajustement paramétrique justifie cette méthode par rapport à la méthode d'analyse des
premiers moments statistiques de la réponse qui mène à des dispersions axiales surestimées .
C'est en accord avec ce que d'autres auteurs ont obtenus (Furzer et al ., 1970) . En outre, le
point fort de l'ajustement paramétrique est qu'il s'accompagne d'une estimation statistique de
l'erreur commise sur les paramètres évalués, dont les résultats montrent la bonne précision de
la méthode .
Par ailleurs, concernant la méthode, le principe de la détermination dynamique par des
traceurs des rétentions et des coefficients de dispersion axiale ne nécessite que deux point de
mesure au minimum (entrée/sortie par exemple) et l'exploitation des réponses normées de
l'aire sous la courbe (DTS) ne soufre pas de problèmes d'étalonnage du (ou des) système(s) de
mesure . Ce sont des avantages majeurs par rapport aux méthodes stationnaires de mesure du
profil de concentration qui nécessitent en plus l'identité des systèmes de mesure . A cela
s'ajoute la rapidité d'expérimentation propre aux méthodes dynamiques .
De plus, nous avons montré que la méthode par égouttage n'avait pu être menée à bien
à cause de contrainte induites par la taille de l'installation . La méthode des traceurs pour dé-
terminer les rétentions de liquide est préférable sur les grandes installations car la méthode par
égouttage, certes plus simple, peut conduire à des erreurs importantes .
Cependant, la méthode peut encore être améliorée du point de vue expérimental .
L'injection de traceur perturbe encore trop l'écoulement à faibles débits, le débit additionnel
représentant jusqu'à 30 % à 1 m3/h pour le traceur salin . La solution serait de diminuer la
quantité injectée en augmentant la concentration pour obtenir un signal lisible en sortie . Mais à
trop augmenter la concentration on tend également à modifier les propriétés physiques du
fluide traceur et notamment la viscosité de telle sorte que le traceur ne remplirait plus cett e
V-34
condition de représentativité du milieu propre à son rôle . Il faut donc trouver un juste milieu .
De même, pour le traceur salin, le réservoir de prélèvement-mesure pourrait être optimisé pour
diminuer le temps de séjours du liquide et diminuer les perturbations subies par la sonde de
mesure (diminution du bruit de mesure) .
Enfin, l'utilisation du traceur salin s'accompagne d'une mesure de conductivité délicate
à mettre en oeuvre, qui ne peut avoir lieu qu'en dehors et sous le garnissage si on ne veut pas
perturber l'écoulement . On est alors obligé comme dans notre cas de prendre ne compte le
distributeur de gaz et on ne peut faire de mesure au sein du milieu . C'est une limitation certaine
de la méthode du traceur salin que ne présentent pas les traceurs radioactifs avec lesquels on
peut travailler sur n'importe quel tronçon de colonne . Les traceurs radioactifs permettent une
mesure non intrusive, donc sans perturbation de l'écoulement et surtout, les niveaux de détec-
tion étant très bas, on peut utiliser très peu de traceur . La spécificité des radiations par rapport
à la grandeur mesurée, la concentration, est aussi un atout car elles n'interfèrent pas avec les
propriétés physiques et chimiques du milieu . Mais les résultats de ce type de traceur doivent
être interprétés avec prudence car la mesure ne satisfait pas la condition de pondération en flux
nécessaire à une bonne exploitation et interprétation et la méthode requiert des précautions
préalables . Par ailleurs, les traceurs radioactifs souffrent d'une mise en oeuvre plus lourde pour
des problèmes évidents de sécurité et coûts .
V-35
V. 2. 4. EXPERIENCES DE TRACEUR TRANSFERABL E
p/psat 1
0 .9 I ------ --
0 2 4 6 8 10
0 .8 - - --- - ~- ~
0
0 .7 ---
0,6 J, - -0 . 5
0.5
-1
0 .4 - ~ -
0.3 ------ i - -1 .5
•
0 .2 - --~ - -2
0 .1 - - --~ ---- -!-
-2 .5
0
V-3 6
La fonction de transfert qui sera prise en compte dans le calcul théorique des concen-
trations par le modèle s'écrit donc :
exp(-5s)
F(sonde) = Eq. V-6
1 + 3 .7s
Protocole d'essai :
On joue sur l'ouverture de la vanne du by-pass (cf . Schéma de l'installation sur la figure
V .1) pour éviter une différence de perte de charge trop importante à la permutation . La mesure
du débit d'air permet de repérer l'instant de la permutation car il apparaît toujours un sursau t
V-37
sur le relevé de débit, dû à une synchronisation souvent imparfaite des permutations manuelles
des vannes entre la base et le sommet de la colonne .
A la fin de chaque expérience de traçage, on fait passer dans le système de mesure de
l'eau saturée en oxygène pour déterminer la valeur de la concentration à saturation .
L'acquisition des mesures est réalisée toutes les 200 ms .
Deux débits de liquide et deux débits de gaz ont été scrutés pour ces mesures, et dans
chaque cas, deux à quatre essais ont été réalisés . Ces expériences ont connus un taux d'échec
non négligeables, car la purge par l'azote est très délicate à maintenir quand les débits de li-
quide et d'air sont mis en marche . Des phénomènes d'entraînement et d'aspiration d'air et sans
doute des problèmes d'étanchéité au niveau des vannes d'air (diamètre 150 mm) ont invalidé
nombre d'essais . Ces phénomènes sont certainement imputables à la dimension importante de
l'installation expérimentale, mais ils ne remettent en aucun cas la méthode en question .
La figure V .28 présente des courbes expérimentales normées par la concentration à sa-
turation, obtenues successivement aux deux points de mesure le long de la colonne . Les cour-
bes issues des prélèvements proches de l'entrée du liquide (Z-z = 1 mètre) présentent l'intérêt
de ne pas atteindre la palier de saturation en oxygène dissout et un retard de la montée . Elles
sont donc plus riches en informations que celles issues des prélèvement en bas de colonne . Ceci
est conforme à l'étude de sensibilité faite lors de l'étude de faisabilité qui montrait une sensibi-
lité plus faible aux paramètres dans le cas de mesures en partie haute du lit.
P Ar_,
^-sa t
PL Z-z = 3 . 3 mètres -~~
~ --------- ------
0 .8 ----------- -- - . . . . . . . . . . . ---------_---------
~ Z -z= 1 mètr e
0.6 ~-- ._ . . . .-~ ---- . . .~------------=-----------=----------
V-38
Pour chaque courbe, l'ajustement paramétrique porte :
a - soit sur le coefficient de transfert de matière volumique uniquement, en gardant les
valeurs de rétention et de dispersion axiale obtenues par les expériences de traceur
non transférables,
b - soit sur deux paramètres, la rétention liquide et le coefficient de transfert de masse .
Des essais d'ajustement de ces deux paramètres et de la dispersion axiale dans le liquide
ont été effectués . Ils donnent des résultats médiocres et posent même parfois des problèmes de
stabilité numérique . Les coefficients de dispersion axiale estimés étant très faibles (10 fois plus
petits que ceux obtenus par les traceurs inertes), cela fausse l'estimation des autres paramètres .
Néanmoins, de telles observations ayant déjà été faites par Linek et al . (1978) pour des expé-
riences similaires, nous avons reporté les résultats dans les tableaux récapitulatifs de
l'annexe VII .
Résultats :
Le tableau V . 10 regroupe les résultats obtenus dans les cas a et b , pour les différents
débits étudiés .
V-39
P AL
pi Z-z = 3 . 3 mètres ; -
.. . .. . ..: . .. . ... . .
- . . . .•• ••• •• . ._ . . . .. . .. . . . .
0.8
Z-z = 1 mètr e
0.6 ------ -- --- ------- . . . . . . . . ... . . . . . . . . . . . . .
0. 2 .. . . ._ . . . .- -•------------------ --------- -- -
0
0 10 20 30 40 50
temps (sec. )
PAL
PL '
0
0 10 20 30 40 5 0
temps (sec . )
Fig . V.29 - Exemples de courbes théo riques ajustées aux points expérimentaux (+) pour les
deux points de prélèvement
La première remarque issue de l'obse rvation des courbes ajustées (cf. Figure V.29) est
que le modèle simule les réponses expérimentales de manière satisfaisante . Il faut cependant
remarquer qu ' au début de la courbe, la remontée en concentration n'est pas aussi brutale que
le prévoit le modèle . Ceci est en partie expliqué par le fait que le système de prélèvement pré-
sente une légère caractéristique du second ordre qui n 'a pas été p ri s en compte lors de sa ca-
racté risation dynamique .
V-40
V.2 .4.2 .An a l yse des résultats
La première remarque à faire au sujet de ces expériences est que l'échelon de concen-
tration en oxygène est accompagné d'un échelon de débit . Il était en effet très difficile
d'alimenter la colonne en azote gazeux avec les débits mis en oeuvre sur l'installation CO-
LARGOL . Or cet échelon de débit et son aspect transitoire n'est pas pris en compte par le mo-
dèle . Néanmoins, on constate en observant les courbes de débit gazeux en fonction du temps
lors des expériences, que 0 .5 secondes environ suffisent pour que le débit s'établisse dans
l'installation après permutation des vannes . De plus, du point de vue de l'influence de cette
phase transitoire sur la rétention de liquide, l'effet est minimisé par le fait que nous travaillons à
des débits sous le point de charge, zone où le débit gazeux fait très peu varier la rétention de
liquide (cf. Paragraphe 5 .2.1 et figure V .6). En outre, la variation de débit gazeux influe essen-
tiellement sur le nombre de Péclet de la phase gazeuse auquel la réponse étudiée était insensi-
ble . Nous pensons donc que le fait de ne pas prendre en compte l'échelon de débit de gaz dans
le modèle n'aura pas une grande incidence sur la détermination des paramètres par cette mé-
thode .
La rétention liquide
Les valeurs de la rétention liquide obtenues sont beaucoup moins homogènes que cel-
les des expériences de traceur inerte, mais elles présentent des valeurs du même ordre de gran-
deur . L'erreur sur ces valeurs varie de 1 à 10 % (jusqu'à 40 % dans deux cas) pour une con-
fiance à 95% . L'exploitation des courbes expérimentales a souvent nécessité un traitement
supplémentaire pour trouver l'instant 0 réel, car une mauvaise reproductibilité est observée sur
l'instant de montée des courbes, pour un même protocole opératoire . Ceci est sans doute dû à
un problème de synchronisation lors de permutation des vannes d'air (difficiles à manipuler) et
à l'inertie du ventilateur accentuée du fait qu'il ne travaille pas en aspiration . On a donc dû
effectuer parfois un décalage en temps de la courbe pour obtenir à la fois une cohérence entre
les différentes courbes et la stabilité de l'algorithme d'optimisation . En effet, dès qu'une
courbe expérimentale est mal « calée » en temps, l'algorithme devient instable et le modèle
n'arrive pas à s'ajuster à l'expérience . Mais compte tenu de cela, les valeurs de rétention obte-
nues à l'aide de traceur transférable sont moins fiables que celles obtenues par les traceurs
inertes .
V-41
P AL
P ,v.
t
P ia t
Pi
0 .8 . . . . . . . . . .. . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . 0 . 8 •--- . . . . ;. . . . . ;. . . .---- ; . . . . . . ._ ; . . . . . . .
Ajustement de PLa seu l
...... ... ..
D é b it l iquide = 3 . 93 kg /m2/s
0 .4 - .. . . . . . . . .• . . .. . . . . . . . .: . . . . . . . . : . . . . . . . . : . . . . . . .
Déb i tgazeux=0 . 94kcj9r e/s
0
0 10 20 30 40 50 0 0 10 20 30 40 50
temps (sec) temps (sec)
P,u, P AL
PL Pi
~ ------- --------- -- ~~ . . ._ . . . . ;- . . .__ . . ,
D 0
0 1 .0 20 30 40 0 10 20 30 40
temps (sec) temps ( sec)
Fig. V.3 0 - Comparai son des courbes du mo dèles aju stées avec un seul paramètre et deux pa-
ramètres .
V-42
Il apparaît donc ici que la méthode de détermination du coefficient de transfert seul
s'appuyant sur la détermination préalable des paramètres de l'hydrodynamique donne les mê-
mes résultats sur le transfert de masse qu'une détermination simultanée de plusieurs paramè-
tres. Pourtant, cette dernière permet souvent de mieux ajuster courbes théoriques et expéri-
mentales (cf. Figure V .30) .
On note une influence impo rtante du débit de liquide sur le coefficient de transfe rt de
matière quel que soit le point de prélèvement. En effet , l 'augmentation du débit de liquide se
traduit par une augmentation du coefficient de transfert impo rt ante, bien que l ' on soit sous la
zone de charge (cf. Figure V .31). L'augmentation du débit de gaz en revanche in flue très peu
sur le coefficient de transfert de masse .
RLas o
* 10 3 S 1
25
■
20 Qliq = 7. 86 kg/m 2/s
■ ■
15
1k e
10
• A
5 Qliq = 3 . 93 kg/ m 2/s
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400
Débit gaz (m3/h )
Ces résultats sont en accord avec les données de la littérature sur le transfert de matière ,
bien que les coefficients déterminés pour établir les corrélations sont issus de modèles qui ne
tiennent jamais compte du phénomène de dispersion axiale et pour des expériences en régime
permanent. Les corrélations avec lesquelles nos résultats sont comparés sont celles de Onda
(1968), Billet et Schultes (1995 , 1995), Shi et al . (1985) et celle plus récente de Rao (1993)
qui donnent des valeurs similaires . Nos points entrent dans l'intervalle de confiance à +/- 40%
de la corrélation de Onda (cf. Figures V .32 et 33). Mais si on les compare à des corrélations
plus récentes et plus précises , telles que celles de Billet et al . ou Rao, on remarque les coeffi-
cients déterminés ici sont supérieurs de 20 % en moyenne à ceux prédits par ces corrélations .
Ce résultats est logique car notre modèle tient compte du phénomène de dispersion axiale , pé-
nalisant pour le transfert. Donc pour des performances données , le modèle Piston-Dispersion
admet un coefficient de transfert de masse supérieur à celui d'un modèle élémentaire piston
(celui des corrélations) . Ce résultat est en accord avec les observations de Linek et al . (1991)
sur les réacteurs agités et ceux de Kolev et al . (1985) qui ont eu la même démarche que la nô-
tre sur une colonne à garnissage . Avec le modèle piston-dispersion Kolev et al . trouvent des
coefficients encore plus élevés que les nôtres par rapport aux corrélations (cf . Figure V . 32) .
V-43
pLa *1 d3 (s-' )
45 . Kolev
. . . . . --------
40 ----- Ra o
Billet / Schultes ou Onda
35 .-ShietMersman n
Nos points expérimentaux .
30
25
20
15
10
5
50 100 150 200 250 300 350 400 450 I
Re L
25 . 00
20 . 00
15 . 00
i2/s I
10 . 00
5 . 00
0 . 00
50 100 150 200 250 300 350 400
Débit gaz m 3/h
Enfin, on observe sur certaines courbes de réponse une allure qui rappelle celle des
courbes théoriques produites par le modèle piston-dispersion échangeant de la matière avec
des zones stagnantes (PDE) . Parfois, la dernière partie de la courbe présente une légère pente
que certains interprètent par un relargage lent du soluté des parties stagnantes du liquide dan s
V-4 4
la fraction en écoulement . Mais étant donné que seules quelques courbes de réponse présentent
cet aspect et que les expériences de traceur non transférable n'ont donné aucune courbe avec
une traînée importante correspondant à ce phénomène, il ne semble pas opportun de tester le
modèle PDE.
Analvse de la Méthode
La méthode de détermination de paramètres par des expériences de traceur transférable
n'a pas donné entière satisfaction car il s'avère que sur quatre paramètres qu'on envisageait de
déterminer seulement deux, la rétention liquide et le coefficient de transfert de masse le sont .
La réponse du modèle telle qu'elle a été envisagée dans ce travail ne présente pas de sensibilité
suffisante aux dispersions axiales des fluides .
On pourrait se contenter de ce résultat et envisager la méthode des traceurs transféra-
bles comme complémentaire à celle des traceurs non transférable pour une caractérisation
complète d'un lit de garnissage . Mais les portes ne sont pas définitivement fermée sur ce ré-
sultat peu satisfaisant etil reste des possibilités d'expérimentation à envisager et à étudier pour
réaliser une détermination simultanée des quatre paramètres de l'hydrodynamique et du trans-
fert dec matière dans la colonne . On pourrait soit appliquer une autre perturbation, soit surtout
trouver la position dans la colonne où la réponse serait la plus sensible aux paramètres recher-
chés .
Cette dernière possibilité est la plus prometteuse car il existe le long de la colonne un
niveau où le liquide atteint la saturation en oxygène dissous et où la dispersion axiale a le
maximum d' incidence en théorie . L'ordre de grandeur des paramètres connus, on pourrait
compléter ce travail par le calcul de la meilleure position des points de mesure pour obtenir les
meilleures sensibilité et précision sur les paramètres recherchés .
Colonn e
Ampoule d'azot e
AIR
Une des critiques soulevée par Linek et al . (1981) sur ces méthodes où l'on remplace
l'oxygène par l'azote gazeux est que le transfert simultané de l'azote peut gêner le transfert d e
V-45
l'oxygène et fausser les mesures . Ils observent dans les réacteurs agités que ce type de mé-
thode donne des coefficients de transfert plus faibles que les autres méthodes telle que la mé-
thode chimique aux sulfites qu'ils prennent comme référence, ou la méthode de l'échelon de
pression (Linek et al., 1993) . Mais leurs données expérimentales sont traitées avec des modèles
d'écoulement idéal, peu réaliste pour les gros réacteurs . Plus tard, Linek et al . (1991) ont
comparés les résultats donnés par les modèles de réacteurs idéaux et le modèle piston-
dispersion . Ils obtiennent avec ce dernier des valeurs de coefficient de transfert plus élevées
qu'avec le modèle piston, mais ils n'analysent pas alors le rôle du transport de l'azote . En fait,
d'après leurs données, il semble que la prise en compte ou non du transport de l'azote ait
moins d'incidence sur le coefficient de transfert avec un modèle piston-dispersion .
V. 3. C O NCLUS ION
Bien que des points restent à améliorer, surtout au niveau de la mise en oeuvre, les
méthodes détermination des paramètres de l'absorption gaz-liquide par des expériences tran-
sitoires présentent cependant des atouts de poids par rapport aux méthodes de détermination
traditionnelles .
On peut affirmer que cette méthode transitoire est simple et rapide à mettre en oeuvre .
Tout au long de ces essais, nous avons travaillé en valeurs relatives de concentration . C'est à
dire qu'il n'est pas nécessaire d'étalonner la sonde à oxygène dissout à chaque expérience,
seule la valeur mesurée à saturation étant nécessaire pour normer les courbes, la sonde et le
modèle étant linéaire vis-à-vis de la concentration, ainsi que le modèle de colonne . Pour les
expériences de traceur non transférable, ce sont les réponses normées de l'aire sous la courbe
qui sont exploitées (DTS) et cela ne demande pas de mesures absolues pour la détermination
de paramètres . C'est d'un intérêt non négligeable (gain de temps et marge d'erreur plus faible)
par comparaison aux méthodes stationnaires qui nécessitent des mesures exactes et précises de
concentration, souvent de manière indirecte par dosage, parfois même en plusieurs points pour
les mesures de profils de concentration, méthodes pour lesquelles la marge d'erreur est de ce
fait plus importante .
La méthode dynamique de transfert de l'oxygène gazeux présente aussi l'intérêt de
pouvoir s'appliquer en faisant varier les concentrations en électrolytes dans l'eau et donc per-
met de couvrir un large spectre de propriétés physiques du liquide . Ceci n'est pas toujours pos-
sible avec les méthodes chimique pour lesquelles sont imposées les concentrations en électro-
lyte et la présence d'un éventuel catalyseur .
Cependant, il est certain que nos mesures demandent à être comparées à des valeurs
obtenues par une méthode classique pour les valider . Pour diminuer l'incidence éventuelle du
transfert de l'azote, on peut soit le prendre en compte dans le modèle, ce qui le compliquerait
et serait pénalisant en temps de calcul, soit effectuer un échelon de concentration de plus faible
amplitude mais on est alors vite limité par les problèmes de sensibilité de mesure . Une autre
possibilité est de travailler avec un autre traceur non endogène de l'air .
V-46
VI . CONCLUSIONS ET PER S P ECTIVES
VI-1
dispersion devra en effet être testé plus largement, notamment au dessus du point de charge et
à l'approche de l'engorgement, zones où les interactions entre les phases s'intensifient .
Par ailleurs, ce travail a montré que les méthodes transitoires sont facilement applicables
à des installations de taille significative, voire industrielle . Les résultats obtenus sont en accord
avec ceux de la littérature et la méthode s'avère d'ores et déjà fiable et reproductible . Pour le
transfert de matière, une confrontation aux méthodes traditionnelles chimiques stationnaires est
à envisager .
Cette étude a permis d'appliquer une démarche de travail au domaine du génie des
procédés qui consiste en une étude poussée de faisabilité par l'étude du modèle choisi suivi de
l'expérimentation et de l'application de techniques transitoires . Cette approche «prospective»
a prouvé son utilité : elle permet de ne pas chercher à faire une estimation sur un paramètre
auquel la mesure envisagée est insensible, elle permet de choisir le meilleur jeu de paramètres
pour une efficacité et une précision optimale . Il en résulte un gain de temps et d'efficacité
appréciable .
Dans ce cadre, deux types de traçage ont été mis en oeuvre pour deux caractérisations
complémentaires : des traceurs non transférables pour identifier les paramètres des
écoulements des phases et un traceur transférable pour le transfert de masse entre phases . Les
traceurs non transférables et en particulier les traceurs radioactifs ont montré les possibilités
intéressantes de diagnostic de l'écoulement qu'ils offrent . La caractérisation globale du lit de
garnissage par le traceur transférable n'a pas aboutit ici, mais la possibilité d'identifier tous ces
paramètres à partir d'un seul type d'expérience (avec transfert) n'est pas écartée car des pistes
de réflexion et d'expérimentation restent à essayer, comme nous l'avons souligné .
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R8
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R9
ANNEXE S
A-1
ANNEXE I
Cas du gaz, Schéma Quick pour m mailles . Les conditions initiales sont nulles en tout
point de la colonne .
w D,i =
aq 2OC D,9 PAG j Eq. 0 -1
at 6D .7-Z +b9 6D,i- 1 + C q 6 Di +dq 6 D, i + 1 +a D . 9 P AG ,i- 1 - + (Y D , 9 PA G ,i+I
d 3i~ G + D G 1
q 8EGAz ( A -) 2
et a D,q = AZ 2
UL
\ /
Maille 2 : ~t'2 = aup 6D,, +bup 6D, 2 + Cup 6 D , 3 + ( 2 (P AG,I - 2 PAG , 2 + PAG,3 )
1
ÔG D , m - 1 1
Maille m-1 : at = aup 6D,,,,-z +b up 6 D , m - 1 + Cup 6 D,m + (2 (PAG , m - 2 - 2P AG , m - 1 + PAG , m )
l 1
aa
Maille m : °'m - ( DG
1 2 6 D,m- 1 ( DG +(
1 2 D,m 1 2 (AG,m-1 + PAG,m))
l 1 l 1 l J
ar ax px
avec . Qup = uG + DG
( z bup =- uG - L DG
Z CupD
=
(AZG 2
EGAZ °Z) E G°Z (Az ) )
A-2
• Pour la rétention : Vi = 3,m - 1
uG
avec : Y E,9 = z
EG OZ
atEZ
= aup aE ,1 +buP 6 e,2uG
aG
Maille 2 : + Cup 6 e, 3 + E 2 ~ (- PAG , I + PAG , 2 )
G
w e, m - 1 u
Maille m-1 : al = aUp aE.,„-z +bup 6 e . m - 1 + Cup 6E, m + E 2 ~ ( PA G, m - 2 + PAG , m- 1 )
G
Maille m : ~ e'"'
at = (~
DG1 2 e ,m6
- 1 DG
(~ 1 2 6 e,m
~ l J l 1
A-3
B - EQUATIONS DE SENSIBILITE D U MODELE DE COLONNE A VEC TRANSFER T
Ô 6 G D, ; =
+ b G 6 GD,i +k G
1 + (1oZZ) I~ ~
r Cl 6
+ CG 6 GD,i+I 6 LD,i - 2~
PAG,i - 1-
at ~ G GD,i-] P AG,i-1 PAG,r+I ]
A•6 D
2[G DG ~~ DGaz UL
ax
DL
â VCC : a ~ + (~ 12 aL = (~1 2 CG -
(AZ) 2 CL = EL ~ + (~AZ) 2
G 9G l 1 l 1
Q
bG uG - 2 Dc _ a L b-
L
uL - 2 Di
E L ~Az (
_
2
aR
E LL
° s G ~z (4z) z sG He 1
0
kG = aRL a0
EG kL ELHe
maille 1 :
a6GD J
[(aG +bG)6GD,1 +(2 C G +aG)aGD,2 +kG 6LD, 1 ]
at -
V 6 LD 1_ 1
[(b L + C L ) 6 L D, 1
at ~ + aL 6 LD,2 + kL 6GD,l ]+
(
)2 2( P AL, m- 1
QZ - PAL, m )
maille ni :
a 6 G D, m
at - [ CG 6 G D, m-16
U +(bG + aG ) 6 G L
D,m + ~G D, m ]
v6 L D, m 1
= [(2aL - CL) 6 L D, m -1 + (bL + kL
ar CL) 6 LD, m +
\ AZ ) 2 6 G D,m ] + ( \A AL, m - 1 - PAL,m )
A-4
• Pour la rétention liquide (sachant que EG = s - F- L) b'i = 2,m - 1
Ô 6 G E' , =
rC[ + bG 6 Ge,i -I- C G 6 Ge,i+l ~- ~ti G 6 L E ,i
ât
L G G E ,i-1
J + [ OC G PAG,i-1 + Y G P AG,i + K G PAL,i ]
Ô6 L e ; _
[aL ~- bL L e,i ~- CL L e,i + l +%CL Le,i-1 G ei ~ - ~ OC L
L PAL, -f- YL PAL,r+I ~- K G PAG,i
at ]
A' 6 E
00
UG UL Ria uG La UL
avec : aG = Ez àZ al, _- p z /\7
G L +
L Ez Yc
G Ez Oz
G Ez He YL l zL O z
KG - -
_ =
KL -
kL
kG
EG EL
maille 1
â6GE, I
[(a G +UG )6 Ge,l +(2 CG +a kG 6 Le,l ,+(a G
at G )6 Ge 2 + +Y G ) PAG,I ŒG PAG,2 +K G PAL,1 +a G AAG,o
v6Le,l
( ) 6 Le,1 aL
at - [ bL + CL + 6 Le,2 +k L 6 Gs, ],+«a L +y L ) PqL,I +K L P AG,1
maille ni :
a6 G e, m
at [CG 6Ge,m-1
U 6Le
+(bG +aG) 6Ge,m +kG .m]+(aG +YG)PAG,m +KG P AL . m
Ô6 LE,m
- (2aL - CL k L 6G e,m ] a L+ Y L ) P AL, m Y L PAL,Z
a / Lr
) 6 L e,m-1 +(bL + C L ) 6 L e,m + - Y L PAL,m-1 +( + K L PAG, m
A-5
• Pour le coefficient de transfert de masse Vi = 2, m-1 :
Ô 6 G pr _ f PAG, i
~J 6 G p , i ~- 1- 1
i + l +IC
U 6 L p,i ~
at ~Q 6 G p
G ,i - 1-FG G C G(i,
6 E
G
He - PAL,'
Ô6 LP .é _ PAG , i
-~- b 6 -~ C 6 -t - ~C -- 1
at C7
L6L p, i - 1 L Lp ,i L L(i,i + 1 L 6 G(i , i E He - PAL , i
1 1
A 6p L
maille 1 :
G J
+ (Z CG - i -Q'G
~ atp , [\aG +bCT / 6 C* a . l )6 G a . 2 +kG6 LP. l , El
G He
P AL , 1
J
a~ta.~ Lp,2 + kL
[(bL + CL ) 6 L p . l + aL 6 6 Ga . 1 , +
ElL C PHe~
P AL , 1 ~
maille m :
G p,m -[ C G 6 G P .m - 1 +(bG + Q G ) 6 G p m + kG 6 L p .m ] - E1
a at I Pvem - PAL , m ~
G ~ ri
Ô6 L p m
= [(2aL - CL ) 6 + (b L + CL ) 6 + 6 G (i,m J .+
E
1 ~ P AG , m
He - PAL , mI
... 1
at L (i, m - 1 L (3, m kL
L
A-6
ANNEXE II
Circuit de gaz
Circuit de linuide
Appareils de mesur e
sur les circuits de gaz et de liquid e
Sondes de température : capteurs thermométriques PT 100, type S4 (100 Ohms à 0°C)
(Engelhard Pyro-contrôle )
A-7
ANNEXE III
Pied de colonne :
A-8
Svstème d'injection de traceur salin :
A-9
ANNEXE IV
A-10
Tableau des données expérimentales relatives à la détermination des pertes de pression
linéique du gaz au passage du lit de garnissage :
Q eau Qair dPression APIZ
m3/h m3 /h mbar mbar/ m
2 30 0 . 61 0 . 170
2 50 0 .45 0 . 12 5
2 100 0 .96 0 .269
2 150 1 .76 0.492
2 200 2 .56 0 .71 6
2 300 4.98 1 .394
2 350 6.32 1 . 768
2 400 12 . 20 3.41 3
3 30 0.48 0 . 134
- -- --- --- -- -- -- --- -
3 50 0.63 0 . 177
3 100 1 . 16 0.324
3 150 1 .59 0 . 445
3 200 2 .92 0. 81 7
3 200 2 .79 --- 0. 780
---
3 300 5. 03 1 .407
3 330 7 . 48 2. 094
3 350 11 .60 3. 243
400 _3 17 . 10 4. 782
2. 56 140 1 . 55 0.433
2.79 176 2. 15 0. 602
---
0 245 1 . 83 0. 51 2
0 200 1 . 25 0 . 349
1 100 1 . 01 0 . 282
---
1 200 2. 1 6 0 .604
-- ----- --- ---- -
1 300 4 . 39 1 . 22
400 8. 05 2 .25271
1 500 12 . 03 3 . 364
4 48 0.49 0 . 136
4 106 1 . 26 0 .351
4 206 3. 32 0 .927
48 0. 15 0 .041
0 103 0. 41 0 . 11 5
0 203 1 . 50 0 .41 8
0 305 3 . 11 0 .870
0 345 3. 95 1 . 104
0 405 5.45 1 . 523
0 455 6. 70 1 . 875
0 505 8 . 18 2 . 289
--- ----- --------- - ----- ---- -- -
0 606 11 . 70 3. 273
0 645 13 . 22 3 . 698
A-11
ANNEXE V
A-12
ANNEXE VI
A-13
Essais radioactif liquide au Brome 8 2
Essai 1 2 4 5 6 7
Qair m3/h 200 200 300 300 100 10 0
Qeau (m3/h) 1 2 2 3 .06 1 2
niveaux 4 et 1
rétenti on 4 .31 % 5. 97% 6. 23% 6.21% 4. 16 % 6. 28%
Péclet 16 .8 23.5 13 . 2 13. 1 7 . 6 16. 5
dispersion axi ale (le-2 mtis) 1 .95 2 . 01 3. 41 5. 28 4. 44 2 .72
Précision relative sur les valeurs :
Irétention 0.2% 1 . 0% 0. 3% 0. 5% 0. 2% 3. 0%
Péclet 1 . 0% 1 .0% 2 . 0% 2 . 5% 0. 2% 2 . 0%
di s e C'SIOCI axiale (1e-2 m2/s) 1 . 0% 0. 2% 1 . 0% 2 . 0% 0. 2% 1 . 3%
niveaux 3 - 2
rétention 4 .29% 6 . 18% 4 . 59% 5. 08% 4. 18% 5 .29%
Péclet 17 . 1 22 . 4 15 . 6 26 . 6 7 . 8 15 . 5
dispersion axiale 1e-2 m2/s) 1 . 92 2 . 03 3. 93 3 . 19 4 .32 3 . 43
Précision relative sur les valeurs :
rétention 0 . 3% 2 . 0% 0.5% 0. 5% 0 . 3% 1 .0 %
Péclet 1 . 5% 9 .0°/a 1 . 5% 2. 0% 1 . 0% 5 .0 %
dispersion axiale (le-z m2is) 1 . 5% 12 . 0% 1 . 6% 2 . 0% 1 . 0% 7 . 0%
A-14
Essais de traceur radioactif gazeux à l'argon 4 1
Essai 1 3 4 5 6 . 7
Qair m3/h) 250 80 300 200 200 10 0
Qeau (m3/h) 4 0. 5 2 2 2 2
niveaux 4 et 1
rétenti on 76 . 0% 80. 7% 81 . 3% 87. 0% 87. 0% 86.5%
Péclet 139 . 0 121 . 0 176. 0 140 . 0 152 . 0 134. 0
di s ersion axiale (j o-Z mvs) 3 . 30 1 . 12 2 . 96 2 .31 2 . 12 1 . 20
Précision relative sur les valeur :
rétention 1 . 0% 0. 3% 0. 3% 0 . 2% 0. 5% 0. 2%
Péclet 10 . 0% 1 . 0% 3 . 0% 2 . 0% 8 . 0% 2. 0%
dispersion axiale (10-2 m2/s) 12. 0% 1 . 0% 3 . 0% 2 . 0% 8 . 0% 1 . 0%
niveaux 2 et 3
rétention 79 . 0% 89. 0% 85. 5% 95. 0% 97. 0% 95.0%
Pécl et 192 . 0 157 . 0 219 . 0 174 . 0 184 . 0 181 . 0
dispersion axiale (1o-zm2/s) 2 . 31 0 . 81 2 . 19 1 .70 1 . 58 0 . 82
Précision relative sur les valeur :
rétention 1 . 0% 0 . 2% 0 .4% 0 .4% 0 . 3% 0. 3%
Péclet 15. 0% 3 . 0 % 4 . 0 % 4 . 0 % 4 . 0% 5. 0%
dispersion axi a le (1o-2 mtis) 18. 0% 5 . 0% 4 . 0% 4 . 0% 4 . 0% 6. 0%
A-15
ANNEXE VII
Tableau des résultats obtenus par ajustement paramétrique du modèle aux courbes
expérimentales de réponses à un échelon de concentration à l'entrée du gaz .
Débit gaz Qgaz m3/h 100 110 115 130 200 205 210 37 0
R eynol d s ga z 6 55 72 1 754 85 2 1 311 1 343 1 376 2 42 5
Débit liq . Qliq m3/h 1 1 1 1 1 1 1 1
ey nol ds liquid e 9 8 98 98 98 98 98 98 98
Rétention l i q ui de par traçage ine 4. 7% 4 .7% 4 .7% 5 . 0% 5 .0% 5 . 0% 6 . 0 %
A-16
D é bit ga z Qgaz m3 /h 100 110 115 190 200 205 280 300 27 0
Reyn olds ga z 6 55 72 1 7 54 1 2 45 1 3 11 1 343 1 835 1 966 1 76 9
Déb it l i q . Q li q m3 /h 2 2 2 2 2 2 2 2 3
eynolds liquide 196 196 196 196 196 196 196 196 29 4
Rétention liquide par traçage 6.4% 6.4% 6.4% 6.5% 6.5% 6 .5% 6.5% 6.5% 7.4%
a*betal haut 18 17 . 6 16 . 8 15 . 2 16 . 41 22 . 7
* 1000 +/- 0.1 0 .0 5 0.1 0 .1 0.1 0.1
(sec-) bas 13 . 74 12 . 5 14 . 5 23 . 8
+/- 0 .1 0 .1 0 .05 0 . 2
bas 8 . 55 9 6 .8 3 .6
+/- 1.5 2 0 .6 0.2
haut 17 . 6 17 . 5 17 . 5 15 . 6 15 . 745 24 . 7
n*betal +/- 0 .2 0 .2 0 .1 0 .1 0.0 4 0.1
*10e3 bas 1 7 16 . 5 17 . 6 14 . 6
+/- ~ 1 3 3 1 .3 0. 7
bas 6 . 42 3 . 50
+/- 2 .0 0
haut 1 . 00 18 . 00 10 . 50
pel +/- 1 .00 10 .00 3 .00
bas 14 . 30 18 . 00
+/- 18 .00
haut 17 . 50 15 . 65 24 . 20
a*betal +/- 0 .40 0 .30 0 .50
*10e3 bas 16 . 2 0 14 . 0 0
+/- 7 .00
A-17
RESUP.4E : ..
L'absorption gaz-liquide en colonne est une opération unitaire tres uti lis
industriellement depuis longtemps . Malgrè celà, la conception optimale de ces contacteurs
gaz/liquide reste très délicate puisqu'elle nécessite des connaissances multiples sur ces milieux
complexes où se mêlent chimie, transferts de matière et éventuellement de chaleur et
hydrodynamique. Les habituelles "recettes" marquées d'empirisme utilisées encore aujourd'hui
conduisent bien souvent à surdimensionner les contacteurs . Des modèles doivent donc être
conçus pour un dimensionnement plus juste n'entraînant pas un surcoût trop important en
investissement et fonctionnement.
Dans le cas des colonnes à garnissage qui sont des contacteurs gaz/liquide sièges des
zcoulements les plus complexes , on constate que le nombre de travaux de modélisation et de
caractérisation qui leur sont consacrés est assez faible par rappo rt à d'autres contacteurs . C'est
pour palier ce manque et pour répondre à l'attente des industriels que ce travail de thèse a ét é
engagé . L'objectif du travail est de fournir une méthode de caractérisation des colonnes à
garnissage sous forme d 'un modèle hydrodynamique et des transferts dë matière dont les
paramètres so nt est imés à l 'aide de techniques transitoires . Cette approche est testée sur une
colonne d e~ taille industrielle qui a été cônçue pour servir de banc d ' essais pour tout type de
garnissage .
Plus qu'une simple méthode, c'est toute une démarche de caractérisation d'un lit de
garnissage qui est exposée . D'une part, un modèle réaliste et simple de description de
l'écoulement des phases dans la co![Link], le modèle piston avec dispersion axiale et échange de
masse est choisi . Ce modèle est étudié minutieusement du point de vue de l'identifiabilité et de
la sensibilité de la réponse théorique aux paramètres en vue de déterminer ces derniers, qui
sont caractéristiques de l'écoulement et du transfert de masse (méthode du modèle) . Cette
méthodologie s'appuie d'autre part sur des techniques de traceurs : des traceurs non
transférables (ou inertes) pour caractériser le comportement hydrodynamique de chaque phase,
et un traceur transférable d'une phase à l'autre pour accéder aux paramètres de transfert de
matière. Ces différentes expérimentations sont menées sur une installation de taille significative
proche de la réalité industrielle . Ceci permet une meilleure prise en compte des phénomènes
qu'un appareil de laboratoire et une extrapolation des résultats plus réaliste . Les paramètres
ainsi déterminés pourront alors être utilisés dans le cadre d'un modèle de simulation et de
dimensionnement d'une colonne à garnissage à des fins industrielles .
La présente étude se compose de quatre parties principales . Une synthèse des travaux
déjà entrepris sur le sujet met à jour l'état de l'art sur le transfert de matière gaz-liquide, en
particulier dans les [Link] à garnissage . Puis une revue actualisée des méthodes et des
modèles de colonnes sert de base de réflexion pour établir un modèle de simulation du transfert
de masse en colonne garnie . Le modèle choisi est présenté et étudié, ainsi que la méthode
d'optimisation paramétrique retenue . Enfin, dans la partie expérimentale, la méthode est mise
en oeuvre . Trois types de tracçurs ont été utilisés pour caractériser les écoulements : un traceur
radioactif (le Brome 82) et un traceur salin (NaCI) pour la phase liquide et un traceur radioactif
(l'Argon 41) pour la phase gaz ., :Le transfert de matière entre les deux phases a quant-à-lui été
caractérisé par l'oxygène de l~ir . Les résultats obtenus sont analysés en regard des données
disponibles dans lâ littérature.