Industrie au temps de covid-19
L’industrie a su être un champ fertile grâce au génie marocain. Le secteur agroalimentaire a
veillé à l’approvisionnement du marché marocain, répondant à une demande six fois
supérieure à la normale, en produits alimentaires, au début de la période de confinement. Les
textiliens ont rejoint la chaîne de production pour atteindre plus de 12,5 millions de masques
de protection par jour. Une fois la demande nationale servie, le Royaume a su les exporter aux
quatre coins du monde. Toute une filière de fabrication d’équipements de protection
individuelle s’est organisée, rappelant les performances remarquables qui ont été enregistrées
permettant au Royaume de répondre à ses besoins d’équipements médicaux.
Par ailleurs, les compétences nationales ont pu concevoir et produire des respirateurs
artificiels conformes aux normes médicales internationales. Elles ont mobilisé un écosystème
industriel complet, couvrant de la conception et la recherche à l’industrialisation. Ces
réalisations ont été rendues possibles, grâce aux différents métiers nouveaux, développés dans
le cadre des stratégies industrielles lancées par le Souverain.
Les équipes du département d'Elalamy sont engagées pleinement aux côtés de celles de
l'agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) pour
constituer une banque de projets, issues de nouvelles opportunités, en développant des
business plans détaillés et un accompagnement personnalisé pour un accès aux financements,
aux conseils expérimentés et aux marchés.
Par ailleurs, afin de répondre aux attentes des opérateurs, un nouvel outil est mis à leur
disposition par l’AMDIE. C’est un rendez-vous hebdomadaire, sous forme de bulletin
d’information, qui contient des analyses sur l’économie nationale et internationale post
COVID-19 ainsi que des avis d’experts et des démarches à suivre, pour gérer, pour anticiper
et pour préparer leurs actions futures, cette démarche vient en complément de la mobilisation
des équipes de l’AMDIE pour accompagner les professionnels du secteur dans le
développement de leurs activités, dans l’identification des opportunités et dans l’accès aux
marchés qui présenteront de nouvelles opportunités pour eux.
Cet engagement commun que tout le pays a su mettre en œuvre, confirme le potentiel du
Maroc à réaliser des produits à fort contenu technologique et aux standards internationaux,
fabriqués de bout en bout par des compétences marocaines.
Système de contrôle des produits industriels à l’importation
Le nouveau système de contrôle des produits industriels à l’importation vise à lutter contre la
fraude en s’assurant de la conformité des produits aux critères de la sécurité du
consommateur, tout en réduisant considérablement les délais d’importation. Il a été élaboré
par le ministère de tutelle sur la base d’une étude impliquant des experts internationaux et un
benchmark auprès de plusieurs pays faisant preuve d’agilité et d’innovation afin
d’accompagner la croissance de leurs opérations commerciales.
Ce système impose à certains produits industriels de se soumettre au contrôle dans leurs pays
d’origine et implique, en toute logique, de travailler avec des opérateurs ayant une présence
au niveau mondial. Ainsi, ce système permet d’éviter que des produits aux standards qualité
et/ou sécurité médiocres ou des produits présentant un risque pour le consommateur et
l’environnement se retrouvent sur le territoire marocain. Ce qui épargne au pays des pertes
sèches en devises et à l’importateur un poids financier considérable lié aux coûts des
marchandises non conformes qu’il a dû déjà réglés et aux frais de magasinage et surestaries.
En vue de mettre en place le nouveau système de contrôle à l’importation, le Ministère avait
lancé un appel à manifestation d’intérêt à l’attention des organismes d’inspection et ce au titre
d’un cahier de charges dument conforme à la loi relative à la sécurité des produits et des
services.
Cette démarche a intéressé cinq organismes parmi les plus connus mondialement dans la
vérification de la conformité. Suite à l’évaluation de leurs dossiers et à des visites sur le
terrain ayant permis de s’assurer de leur bonne compréhension des éléments du cahier de
charges, trois candidats ont été retenus, à savoir : Applus Fomento, Bureau Veritas et TUV
Rheiland. Après la signature des conventions avec ces trois organismes, qui prévoient le
versement de royalties alloués par le Ministère à l’accompagnement des entreprises
exportatrices marocaines sur des marchés difficiles, les trois organismes ont été agréés en
vertu d’un agrément dûment publié au Bulletin Officiel.
Les résultats de ce système, à ce jour, sont très prometteurs, puisque les vérifications menées
par le Ministère indiquent une forte réduction des fraudes, ainsi que des délais. En effet, la
durée moyenne de transmission des résultats de contrôle passée de 3,73 jours à 1,24 jour et la
durée moyenne de programmation des visites physiques de 1,85 jour à 0,93 jour.
Cette démarche, mise en place en Février 2020, a été instaurée suite à une concertation élargie
avec les opérateurs dans le cadre des efforts communs pour lutter contre la fraude et réduire
les délais de transit. En effet, une tournée nationale a été effectuée pour leur expliquer les
tenants et aboutissants de cette réforme. Le Ministère de l’Industrie, du Commerce et de
l’Economie verte et numérique a également entretenu tout au long du processus des échanges
réguliers avec l’ensemble des usagers du système, notamment les transitaires et les
importateurs, y compris les associations représentant les commerçants de la ville de
Casablanca.
Il convient de préciser que le système d’information sur lequel s’appuie le nouveau modèle de
contrôle aux importations est exclusivement géré par les services centraux du Ministère en
concertation avec ses directions régionales. Les trois organismes n’y ont donc pas accès.
Ce système fonctionne avec des algorithmes qui, comme dans toute politique de contrôle
structurée, se basent sur l’analyse des risques et les données de l’historique. Il génère des
instructions aux organismes d’inspection sur la démarche à adopter, tout en assurant la
traçabilité desdites opérations.
En vue de s’assurer du bon fonctionnement du système, des équipes du Ministère veillent au
suivi des organismes au quotidien, aux niveaux régional et central. Le travail de ces équipes a
abouti à la suspension d’un organisme en 2020 et d’un deuxième en 2021. Le reste des
équipes du Ministère, qui intervenaient précédemment dans le contrôle à l’importation, a été
redéployé pour renforcer la surveillance du marché local.
Accélération industrielle : la stratégie porte ses fruits
Le plan d’accélération industrielle est une nouvelle approche basée sur la mise en place
d’écosystèmes performants, visant l’intégration des chaînes de valeur et la consolidation des
relations locale Ce plan fixe dix mesures clefs, regroupées en trois blocs :
Le premier bloc de mesures a pour objectif principal de réduire l’atomisation sectorielle et de
construire une industrie mieux intégrée, dont les logiques d’écosystèmes constituent le point
d’ancrage et le levier principal. Seront favorisés les écosystèmes autour d’entreprises
locomotives pour créer une nouvelle dynamique et une nouvelle relation entre grands groupes
et PME, afin qu’une fertilisation croisée puisse se mettre en place.
Le second bloc de mesures porte sur la mise en place d’outils de soutien afin d’améliorer la
compétitivité des PME, en leur offrant un accès aux investisseurs, au financement et aux
marchés. Le dispositif financier fait l’objet d’un programme spécifique, qui inclut la création
du Fonds de Développement Industriel, doté d’une enveloppe de 20 milliards de Dirhams.
Le troisième bloc de mesures vise à renforcer l’attractivité des Investissement Directs
Étrangers, à travers la mise en place d’une équipe, qui s’appuiera sur des professionnels de
l’intermédiation et des experts par métier, chargée de 20 prospects stratégiques. Etant donné
que l’amplification de la vocation africaine du Royaume est aujourd’hui un objectif
clairement poursuivi, le plan industriel se propose de la décliner pour privilégier les
partenariats Sud-Sud, et agir dans l’optique de création de valeur partagée entre les grandes
entreprises et les PME.
Dans le cadre du plan d’accélération industrielle, Renault Group Maroc et le Ministère de
l’Industrie, du Commerce et de l’Economie Verte et Numérique ont signé une convention qui
fixe de nouveaux objectifs pour le développement de l’écosystème Renault et son ouverture à
de nouveaux horizons à forte valeur technologique, en parfaite adéquation avec les objectifs
de la relance industrielle visant à renforcer la compétitivité industrielle du Royaume à
l’échelle mondiale. En effet, l’élargissement de l’écosystème Renault répond à deux enjeux
majeurs du secteur, à savoir, le positionnement du Maroc dans la mobilité électrique et le
renforcement du sourcing local.
Le secteur de l’industrie a connu une évolution notable au cours des dernières années grâce au
plan d’accélération industrielle. À titre d’exemple, le secteur de l’automobile a enregistré de
grandes performances. Les exportations du secteur automobile se sont chiffrées à 46,49
milliards de dirhams (MMDH) au titre des sept premiers mois de 2021, en augmentation de
38% par rapport à fin juillet 2020, selon l’Office des Changes. Le royaume est devenu très
compétitif en termes de coûts de production. Il figure en effet dans le Top trois mondial, après
l’Inde et la Chine. C’est ainsi que le PAI a permis au secteur automobile de réaliser un taux
d’intégration de plus de 60%, de monter en gamme, en compétence et en maturité
technologique, et d’accélérer le développement d’une ingénierie locale tournée vers
l’international.
Il a permis de restructurer et réorganiser la filière automobile marocaine en écosystème
homogène, dit «commodités automobiles», en corrélation avec la vision du donneur d’ordre
final qui est le constructeur automobile.
La mise en œuvre du chantier de la substitution des importations par des industries
marocaines
En six mois, on a pu atteindre quelque 35,5 milliards de dirhams en matière de substitution au
lieu des 34 milliards qui étaient visés initialement. Grâce à la batterie de mesures mises en
place, dont une banque de projets, des business-plans, des subventions pour les nouveaux
investisseurs, une mise en contact avec des co-investisseurs potentiels… Sont concernés le
textile, les transports, les industries mécaniques et métallurgiques, la plasturgie,
l’électrique/l’électronique, l’agroalimentaire, la parachimie, le cuir et les autres filières. Cette
initiative permettra une démultiplication certaine de la création d’emplois et de la valeur.
La substitution est considérée comme un moyen d’atteindre enfin l’équité territoriale en
matière d’industrie. C’est dire que la balle est dans le camp des opérateurs privés que le
ministre de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique, Moulay Hafid
Elalamy n’a pas hésité à tancer, en raison du peu d’engouement dont ils font preuve dans la
prise de risque. Un autre défi de taille doit également être relevé, en l’occurrence la
décarbonation de l’industrie. Loin d’être un choix, il s’agit d’une nécessité dictée par les
orientations européennes.
La décarbonation de l’industrie :
À partir de 2023, l’Europe appliquera la taxe carbone à ses frontières en vue de limiter les
importations de CO2 et les délocalisations environnementales. Pour le Maroc, il a toutes les
dotations factorielles requises pour se lancer dans ce chantier très structurant. Notre pays est
baigné de soleil. Il dispose de ressources humaines suffisantes et qualifiées pour la production
d’électricité à partir de panneaux photovoltaïques. Il sait produire de l’énergie renouvelable.
Le coût de production de l’énergie renouvelable, notamment du solaire photovoltaïque, a
fortement chuté. Il est aujourd’hui largement inférieur à celui de l’énergie fossile. On parle de
25 à 30% en moins, ce qui est, somme toute, colossal et peut donc constituer un argument
essentiel de compétitivité. Ce n’est pas tout ! La proximité géographique de l’Europe (14 km),
un marché qui absorbe 65% des exportations marocaines, est aussi un argument non
négligeable. C’est-à-dire dans quelques temps, il ne sera plus possible d’exporter vers
l’Europe si on ne fabrique pas des produits décarbonés. Ceci sans oublier que le Marocain est
capable de produire une énergie décarbonée compétitive. Avec ces arguments tous très
rassurants, il est donc possible et facile, pour des pays comme le Maroc, de passer d’une
industrie non compétitive à une industrie compétitive que sur le volet énergie, surtout lorsque
cette industrie est énergivore. La décarbonation est une excellente occasion pour relever le
niveau du taux d’intégration locale, le mot d’ordre sur lequel toute la stratégie industrielle du
Maroc repose.
D’après le ministre de tutelle, le ministère et ses partenaires travaillent au lancement de 150
projets dans le cadre de l’économie verte dans le monde industriel. Étant donné que les bilans
carbones seront de plus en plus exigés, le ministère a également décidé d’accompagner les
entreprises industrielles à faire leur bilan carbone. Les zones industrielles ne seront pas en
reste. Une opération dédiée sera également lancée pour leur faciliter l’accès à l’énergie verte
compétitive à un coût de -25% à -30% par rapport à l’énergie fossile. Parallèlement, le
programme Tatwir, géré par Maroc PME, pour accompagner les PME industrielles à mettre
en place des projets industriels décarbonés, se poursuivra. Et un projet sur le gaz naturel, avec
le ministère de l’Énergie et l’ONHYM, sera aussi lancé.
Mais pas seulement. Plusieurs acteurs se sont inscrits dans une dynamique de durabilité et de
mise à niveau environnementale du tissu économique marocain. Parmi ces acteurs, figure en
bonne place le secteur bancaire qui constitue un pilier fondamental pour accompagner les
entreprises à opérer ce virage. C’est le cas de Société Générale Maroc qui a pris des
engagements depuis 2019 pour accompagner les PME marocaines à travers le financement
d’investissements à impact environnemental positif. On peut parler également du Renault
Group Maroc et son écosystème qui bénéficient de l’impulsion donnée par le Ministère de
l’Industrie, du Commerce et de l’Economie Verte et Numérique pour la décarbonation de
l’industrie et la création d’une filière d’énergies vertes à des prix compétitifs.
La décarbonation est un enjeu clé avec la perspective de la taxe carbone aux frontières de
l’Europe mais c’est aussi un enjeu clé de compétitivité des entreprises marocaines. Cette taxe
pourrait contribuer également à l’accélération de l’émergence d’une industrie nationale verte
et décarbonée.
Relocalisation industrielle : le Maroc ne manque pas d’atouts
Face à la concurrence des pays de l’Europe centrale et orientale, le Maroc qui se situe dans la
zone de proximité ne manque pas d’atout. Au Maroc, Le flux net des investissements directs
étrangers (IDE) a atteint 10,68 milliards de DH au titre des sept premiers mois de cette année,
en hausse de 9% par rapport à la même période un an auparavant, selon l'Office des Changes.
Les progrès enregistrés ces dernières années dans le classement international relatif au climat
des affaires améliorent le positionnement du Maroc en tant que destination de plus en plus
attractive pour les investissements internationaux.
De même, le développement des infrastructures de connectivité, des transports et des
télécommunications a permis de réduire de façon significative les coûts de la logistique
nécessaires pour l’intégration des réseaux des chaines de valeur mondiales. S’agissant des
coûts des facteurs, la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée à un coût modéré permet au
Maroc de soutenir dans des conditions avantageuses la concurrence avec les pays de l’Europe
Centrale et orientale. Il en est de même du système fiscal et de l’ensemble du système incitatif
visant le soutien à l’investissement.
Les relations privilégiées du Maroc avec l’union Européenne lui confèrent un statut particulier
au plan des relations économiques lui permettant de bien se positionner sur les projets de
relocalisations.
Automobile : Le récit d’une success story marocaine
Le secteur de l’automobile représente aujourd’hui le premier secteur industriel exportateur du
pays pour la 7ème année consécutive, selon les chiffres de l’Office des Changes. Le royaume
compte aujourd’hui près de 250 équipementiers qui composent des écosystèmes industriels
intégrés. Ces écosystèmes permettent au pays de créer des emplois qualifiés, d’exporter vers
le monde entier, de générer une importante valeur ajoutée et de se positionner sur les marchés
de la mobilité.
Intégration locale, décarbonation : les deux atouts du Maroc dans la stratégie
automobile
Deux volets importants pour améliorer la compétitivité du pays : l’intégration locale et la
transition énergétique. Pour le premier point, un travail a été effectué avec les acteurs
internationaux et nationaux pour consolider tous les prérequis de cette intégration. À titre
d’exemple, l’intégration de l’industrie polypropylène au Maroc. Pour le deuxième point, le
ministère a développé, en collaboration avec les constructeurs, des écosystèmes verts.
Aéronautique : le Maroc renforce son écosystème aux USA
Pilatus et Sabca ont signé un contrat pour le montage complet à Casablanca des aérostructures
de l’avion d'affaires PC-12. Ce contrat constitue une étape importante qui tire parti de
l’écosystème aérospatial au Maroc.
Le contrat prévoit l'assemblage du fuselage, ailes et commandes de vol y compris l'installation
électrique du câblage. Sabca livrera ces principaux composants d'avion à la chaîne
d'assemblage finale en Suisse où ils seront intégrés aux autres systèmes de l’avion, moteur et
intérieur de la cabine de l'avion. Le premier fuselage ailes assemblé dans la nouvelle unité
industrielle de Sabca à Casablanca sera prêt à être livré à la ligne d'assemblage finale à Stans,
en Suisse, d’ici la fin de 2022.
Ainsi, le fabricant de matériaux composites avancés du secteur aéronautique, Hexcel, a
annoncé l’extension de son usine de Casablanca. Cette extension témoigne de la résilience du
secteur aéronautique national et conforte le positionnement du Maroc sur les plus hautes
technologies aéronautiques mondiales.
Les atouts de la plateforme Maroc
- une infrastructure industrielle de standard international.
- une ressource humaine hautement qualifiée grâce aux différentes offres de formation.
- les écosystèmes mis en place dans le cadre du PAI jouent un rôle déterminant dans
l’attractivité de la plateforme aéronautique.
- le Maroc a choisi de se positionner en tant que destination « Best Cost » présentant un
bon rapport qualité/prix, et non une base « Low Cost ».