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Conduction thermique dans une tige métallique

Ce document présente une étude expérimentale et théorique de la conduction thermique dans une barre métallique. Il décrit les principes de la conduction thermique, l'équation de la chaleur et les solutions pour des barres de longueur finie ou infinie, avec ou sans échange thermique à l'extrémité. Le document aborde également le transfert thermique en régime transitoire.

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Conduction thermique dans une tige métallique

Ce document présente une étude expérimentale et théorique de la conduction thermique dans une barre métallique. Il décrit les principes de la conduction thermique, l'équation de la chaleur et les solutions pour des barres de longueur finie ou infinie, avec ou sans échange thermique à l'extrémité. Le document aborde également le transfert thermique en régime transitoire.

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TP5: ETUDE EXPERIMENTALE ET THEORIQUE DE LA CONDUCTION THERMIQUE

DANS UNE BARRE MÉTALLIQUE

Objectifs du TP

Les objectifs de ce TP sont multiples :


- Vérifier les lois théoriques de la température dans une barre en régimes permanent et variable.
- Déterminer le coefficient d’échange de chaleur superficiel de la barre et la conductivité thermique
des matériaux étudiés.

A. Principe de la conduction thermique et étude théorique de la conduction dans une barre


métallique cylindrique

I. Principe de la conduction thermique

Lorsque deux corps sont à des températures différentes, il y a transfert thermique d’énergie du plus
chaud vers le plus froid.
Lorsque ce transfert thermique ne s’accompagne pas, à l’échelle macroscopique, de mouvement de
matière, il s’agit d’un transfert conductif.
Lorsqu’une des extrémités d’une tige métallique est placée au contact d’une source chaude, le
phénomène de conduction thermique se manifeste par une élévation progressive de la température des
parties froides de la tige : le phénomène dépend du temps et de l’espace et on parle d’une diffusion
thermique.
Modèle de la conduction

Supposons que, dans un milieu matériel, la température ne soit pas uniforme mais décroisse dans une
direction que nous choisirons pour l’axe Ox. Il se produit un transfert de chaleur depuis la région de
température élevée vers la région de basse température.
L’énergie thermique δQ qui traverse par conduction thermique, pendant un temps dt une surface
élémentaire dS perpendiculaire à l’axe Ox depuis la région chaude vers la région froide est
proportionnelle à cette surface et d’autant plus grande que l’écart de température est plus grand. On
peut donc définir une densité de flux thermique (ou flux surfacique) notée  , telle que :
 Q  .[Link]

dT
Et traduire le rôle de l’écart de température par :   .
dx

Le signe moins indique que le transfert se fait de la région la plus chaude vers la région la plus froide.
Le coefficient λ, appelé conductivité thermique du corps étudié est positif et s’exprime en W.m-1.K-1.
La densité du flux thermique  s’exprime en W.m-2.

1
Loi de Fourier

La théorie de la conduction repose sur l’hypothèse de Fourier : la quantité de chaleur d 2 Q , qui


traverse la surface dS pendant l’intervalle de temps dt dans le sens de la normale n est proportionnelle
au gradient de température : d 2Q  .grad T .[Link]

T
Selon la direction Ox et sous forme algébrique, le flux de chaleur s’écrit :   .S .
x

Plus la conductivité thermique λ est importante, meilleur conducteur est le corps :


Cuivre λ= 390 W.m-1.K-1; acier inox λ=16 W.m-1.K-1; bois (chêne) : λ=0,17 W.m-1.K-1.

II. Conduction dans une barre métallique cylindrique en régime stationnaire

II.1. Equation de la diffusion

On considère une barre métallique cylindrique de section circulaire S constante et de longueur L très
supérieure au diamètre 2R de la section.
La barre est chauffée en permanence à une extrémité. Le matériau constituant la barre métallique est
bon conducteur de chaleur, de sorte que la chaleur se propage par conduction le long de la barre et
transversalement à celle-ci pour se déverser dans le milieu entourant la barre.
On note T(x) la température de la barre à l’abscisse x. On note T0 la température à l’extrémité chauffée
de la barre, et T∞ la température ambiante.
On note ρ la masse volumique du métal, Cp sa chaleur massique et λ sa conductivité thermique (λ
supposée constante).
En appliquant le premier principe de la thermodynamique sur une partie de la barre située entre les
abscisses x et x+dx pendant un instant dt, on obtient :
dU   Qx   Qxdx   QL

 Qx  QL  Qx  dx

x x + dx
où δQx est l’énergie thermique traversant par conduction la section droite d’aire S, située à l’abscisse
x, et δQL l’énergie thermique traversant par conducto-convection la surface latérale comprise entre x et
x+dx.
Sachant que δQL est proportionnel à la différence de température entre la barre et l’extérieur, au
coefficient d’échange de chaleur superficiel, noté h (supposé constant et indépendant du matériau), et à
la surface d’échange, on obtient :
.C p .dx.S .dT  dtS  x   x dx   2. .[Link].h.T x   T 

T
Avec   . , on obtient l’équation de propagation de la chaleur :
x

T  2T 2. .R
.C p .  . 2  h. T x   T 
t x S

2
Nous avons ainsi établi l’équation de la chaleur à une dimension. C’est une équation de diffusion, qui
relie la dérivée spatiale seconde à la dérivée temporelle première.
Au cours de ce TP, on se placera dans un premier temps dans les conditions d’un régime permanent. Il
faudra pour cela que la manipulation soit en fonctionnement depuis un certain temps pour que ce
régime permanent soit atteint. Dans un deuxième temps, le transfert de chaleur dans les barres
métalliques sera étudié en régime variable.
d 2T 2. .R
Dans le premier cas, l’équation devient alors :   2 .T x   T   0 avec  2  h.
dx 2
.S
La solution de cette équation est de la forme :

T  x   T  A. exp   .x   B. exp  .x  (1)


ou encore
T  x   T  C. cosh .x   D. sinh  .x  (2)

Les constantes A et B ou C et D sont déterminées par les conditions aux limites imposées aux
extrémités de la barre.
II.2. Recherche des solutions

Cas d’une barre très longue (infinie)

Tout se passe comme si, à l’extrémité non chauffée (x →∞), la température tendait vers celle du milieu
ambiant T∞.
T 0   T0
Les deux conditions aux limites sont  . On exploite la solution (1), avec B nul.
T    T

T x   T
 exp   .x 
T0  T (3)

α, qui a la dimension de l’inverse d’une longueur, caractérise l’atténuation de chaleur le long de la


barre.

Cas d’une barre de longueur finie

Deux cas peuvent être envisagés : le cas d’une barre dont l’extrémité non chauffée est isolée de
l’extérieur (sans échange) et celui d’une barre dont l’extrémité non chauffée n’est pas isolée (avec
échange).

Sans échange

On considère, qu’à l’extrémité de la barre, le flux thermique traversant la section de la barre est nul.

T 0  T0

Les deux conditions aux limites sont  dT
 dx 0
 xL

3
On exploite la solution (2),

T x   T cosh L  x 

T0  T cosh .L  (4)

Avec échange
On considère que l’extrémité de la barre est traversée par un flux convectif (du même type que celui
traversant la surface latérale lors du bilan d’énergie établi plus haut).

T x  0  T0

Les deux conditions aux limites sont 
 h.S T x  L   T 
dT
 .S . dx
 xL

Où h est le coefficient d’échange thermique superficiel de l’échangeur (supposé indépendant du


matériau). On exploite la solution (2),

cosh L  x   sinh  L  x 
h
T x   T  .

T0  T
cosh .L   sinh  .L 
h
 . (5)

III. Transfert thermique par conduction en régime transitoire

Plusieurs configurations peuvent être testées au cours de cette partie.

Sur les frontières d’un matériau différent types de conditions aux limites peuvent apparaître dans les
problèmes couramment rencontrés en transfert de chaleur. Dans notre cas on peut travailler :

- Avec une température imposée sur la surface S (problème de Dirichlet) ;


- Avec une densité de flux imposée en surface S (problème de Neumann).

Le milieu peut être aussi considéré semi-infini (condition vérifiée par la circulation d’eau de
refroidissement à la deuxième extrémité de la barre) ou en surface limité (extrémité de la barre
calorifugée).

 Cas d’une densité de flux imposée en surface

Considérant un objet solide initialement à une température uniforme Ti. Les propriétés thermiques du
matériau, λ conductivité thermique, cp capacité calorifique massique, ainsi que sa masse volumique ρ
sont supposées constantes.

A l’instant t = 0, on applique sur l’une des extrémités du solide une source de chaleur (x = 0). Le flux
de chaleur se propage le long de l’abscisse x, au travers de la surface d’échange A. l’équation générale
de la propagation de la chaleur dans une direction donnée est la suivante :

 2T T
. 
x 2 t

4


Où .c p représente la diffusivité thermique du matériau (m2.s-1).

La résolution de ce type d’équation est dépendante des conditions aux limites inhérentes au dispositif
expérimental. Dans ce cas particulier, le système de chauffage peut délivrer une puissance de chauffe
constante. Par ailleurs, les matériaux sont protégés par un calorifuge sur toute leur surface, hors la
partie en contact avec la source de chaleur. L’autre extrémité peut ou ne pas être calorifugée selon le
cas d’étude. Ces particularités nous conduisent à proposer les conditions aux limites suivantes pour la
résolution de l’équation générale :


t  0 T  Ti x

 T
x  0   cte   A.. t
 x
 T
 x  L q  0,
x
 0 t (extrémité calorifugée)

Avec ces conditions aux limites, la résolution de l’équation générale conduit à l’expression suivante :

.L  .t 3.L  x 2  L2 2 
 1n . exp  n 2 . 2 . t . cos n. .L  x  
T  Ti  
A.  L2

6.L2
 2

 n2  L2  



n 1   L
(6)

Ou T est la température du solide, au point d’abscisse x et à l’instant t.

  .t 
 Fo  2 
Après réarrangement et en faisant apparaître le nombre de Fourier  L  , on peut mettre
l’équation précédente sous forme adimensionnelle :

T  Ti . A.L..c p 3.L  x   L2
2
2 
 1n . exp  n 2 . 2 .Fo. cos n. .L  x  
.t
 1
[Link].L 2

Fo. 2

n 1 n2

 L

 (7)

Dans le cas de matériau de faible diffusivité comme l’inox, il est possible de faire une hypothèse de
solide semi-infini. Les conditions aux limites s’écrivent alors :

t  0 T  Ti x
 T

x  0   cte   A. . t
 x
 x   T  Ti t (milieu semi  inf ini)

Pour ces conditions aux limites, la résolution de l’équation générale nous conduit à l’expression
suivante :

2.  .t  x 2   .x   x 
T  Ti  . exp     1  erf  
A.   4. .t  A.   2  .t 

5
Où T est la température du solide, au point d’abscisse x et à l’instant t.

Soit sous sa forme adimensionnelle, réarrangée de façon à introduire le nombre de Fourier :

T  Ti .A.L..c p  1 
12
 x2  .x   x 
 2  . exp  
2  1  erf  
.t   .Fo   [Link].L  [Link]   2.L Fo  (8)

 Cas d’une température en surface imposée

Le milieu semi-infini est initialement à la température uniforme T i. On impose brutalement la


température T0 sur sa surface, cette condition limite est appelée condition de Dirichlet :

 2T 1 T
L’équation de la chaleur s’écrit : 
x 2  t

T x, 0  Ti

Avec les conditions aux limites : T x  0, t   T0
T x  , t   T
 i

Pour ces conditions aux limites, la résolution de l’équation générale nous conduit à l’expression
suivante :

T x, t   T0  x 
 erf  
Ti  T0  2  .t  (9)

B. Etude expérimentale

I. Dispositif expérimental

Le dispositif expérimental est constitué des éléments suivants :

- 4 cylindres (2 en cuivre et 2 en aluminium) de longueur L = 83 cm et de diamètre d = 4 cm.


Chaque cylindre est mis en contact par une de ses extrémités avec un collier chauffant qui peut
fonctionner à température ou à flux constants et imposés. Par ailleurs, deux barres de matériaux
différents sont protégées par un calorifuge sur toute leur surface. La deuxième extrémité de ces
deux barres est refroidie par un circuit d’eau fermé. Des orifices régulièrement espacées sur toute
la longueur permettent d’introduire des thermocouples afin de mesurer la température du matériau.
Pour chaque tube, 8 thermocouples permettent le suivi de l’évolution de la température.
- Le contrôle et le suivi des différents paramètres expérimentaux sont effectués avec un programme
LabVIEW. Avec ce programme, on peut suivre l’évolution de deux barres, en cuivre ou en
aluminium, en même temps, en travaillant à flux ou température imposés.

La mise en route du dispositif expérimental sera effectuée en présence de l’enseignant responsable de


la séance.

6
II. Protocole expérimental et traitement des résultats

Vous allez commencer avec la barre en cuivre calorifugée. Les relevés des températures (un relevé
chaque 3 min pendant environ 1 heure) seront utilisés pour étudier le régime permanent.

Dans un second temps, on étudiera le régime variable, sur la barre calorifugée en aluminium.

II.1. Etude du transfert en régime permanent : Détermination de la conductivité thermique du


cuivre

Cette partie sera effectuée avec la barre de cuivre calorifugée. Les mesures sont effectuées jusqu’à
atteindre les conditions d’un régime permanent. Il faudra pour cela que la manipulation soit en
fonctionnement depuis un certain temps et que la deuxième extrémité des barres soit refroidie jusqu’à
ce que ce régime permanent soit atteint. Un cryostat fera refroidir l’eau dans le circuit à 20 °C. La
mise en circulation de l’eau permet d’éviter l’accumulation de la chaleur dans la barre étudiée.

On travaillera avec une température imposée de 60 °C à l’extrémité qui sera chauffée. La puissance
fournie par la résistance et qui permettra d’atteindre cette température sera affichée sur LabVIEW. Les
températures affichées par les 8 thermocouples seront prélevées chaque 3 min pendant 45 à 60 min.

Traitement des résultats :

Tracer les profils de température lorsque le régime permanent est atteint. Calculer le coefficient λ en
utilisant le profil obtenu en régime permanent (utiliser l’expression de la loi de Fourier).

II.2. Etude du transfert en régime variable : Détermination de la conductivité thermique du


l’aluminium

La barre calorifugée sera utilisée dans cette partie avec refroidissement de la deuxième extrémité de la
barre.

Étude du cas d’un flux imposé

La puissance de chauffage sera fixée à 50 W (flux imposé). Les températures affichées par les 8
thermocouples seront prélevées chaque 5 min pendant 30 min.

Soit le nombre de Fourier donné par la relation suivante :

t
Fo  ; avec L(m) la longueur total du matériau.
L2

Pour la configuration à flux imposé, l’équation (7) sera utilisée (voir fichier Excel). Le nombre
adimensionnel N sera calculé à partir de la relation suivante :

N
T t,x 
 T0 A.L. .C p
 fonctionx, L, Fo 
.t

le nombre adimensionnel N est fonction des deux paramètres (temps t et température T). D’autre part,
le terme de droite de l’expression est fonction de l’abscisse x, ce qui donne pour chaque instant t

7
donné (c'est-à-dire pour chaque valeur du nombre de Fourier Fo) la température T pour une position x
donnée.

Pour les deux matériaux (cuivre ou aluminium) : choisir 5 temps de mesures et calculer pour chaque
T  T0 A.L..C p
temps le nombre adimensionnel N  pour les différentes positions x.
.t
Ce calcul se fera aisément sur Excel

Temps t1= Temps t2= Temps t3=


x (m) N x (m) N x (m) N
…. …. …. …. …. …. ….
…. …. …. …. …. …. ….
…. …. …. …. …. …. ….
…. …. …. …. …. …. ….
…. …. …. …. …. …. ….
…. …. …. …. …. …. ….
…. …. …. …. …. …. ….

Pour chaque temps sélectionné, porter les valeurs de N en fonction de x sur le fichier Excel fourni (ce
fichier représente les courbes théoriques) et chercher pour quelle valeur du nombre de Fourier on
obtient la meilleure adéquation entre la courbe expérimentale et la courbe prévue par le modèle. En
t
déduire la valeur de la diffusivité thermique α du matériau pour chaque temps de mesure ( Fo  )
L2
et calculer sa valeur moyenne.

Remarque :

Si la concordance n’est pas évidente, on se contentera du tracé et on calculera α selon la formule



 .
.c p

Caractéristiques des différents matériaux :

Aluminium Cuivre Inox laiton


ρ (kg.m-3) 2700 8930 7980 8400
cp ([Link]-1.K) 900 385 450 380

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