L’ABUS DES BIENS
SOCIAUX
Année Universitaire : 2020/2021
Encadré par : Pr. SABIK Naim
Réalisé par : GARTOUM Asmaa
IDSAID Abdelkarim
HAMRAOUI Nada
ELOUADOUDI Louna
ERRAFAS Houda
FADLI Manal
Sommaire
PLAN................................................................................................................................................................. 2
INTRODUCTION..............................................................................................................................................3
Première partie : le cadre juridique du délit d’abus des biens sociaux................................................................4
Chapitre premier : le champ d’application du délit des biens sociaux.............................................4
Section1 : les auteurs du délit d’abus aux biens sociaux.............................................................4
Section2 : les victimes de cet abus selonl’illustration jurisprudentielle........................................6
Chapitre2 : Les éléments constitutifs de l’abus de biens sociaux....................................................6
Section 1 : l’élément légale......................................................................................................... 6
Section 2 : L’élément matériel.....................................................................................................6
Section 3 : élément moral............................................................................................................ 6
Deuxième partie : les effets juridiques de l’abus des biens sociaux....................................................................7
Chapitre 1 : Les sanctions du délit d'abus de biens sociaux............................................................7
CHAPITRE II : L’INCIDENCE DU TEMPS SUR LA QUALIFICATIONDE L’INFRACTION................ 7
Section1 : La qualification chronologique d’abus des biens sociaux/Banqueroute......................8
Section 2 : LA PRESCRIPTION..................................................................................................9
Bibliographie............................................................................................................................................ ….10
Webographie...…………………………………………………………………………………………………..11
1
INTRODUCTION
L’abus des biens sociaux est l’un des délits les plus importants en matière de droit des
sociétés, il a pour finalité de protéger la société contre la tentation de son dirigeant de la considérer
comme sa propre chose et d’user des biens contrairement à l’intérêt social.
En effet dans le système économique et commercial, l’on distingue deux types d’acteurs : le
commerçant personne physique et le commerçant personne morale. Ce dernier est connu par le public
sous le nom de « société ». Les sociétés consistent donc en personne morales auxquelles on affecte
des biens et des industries, et ce en vertu d’une convention conclue entre au moins deux personnes.
Dans toute forme de société, il y a ce qu’on appelle le « capital social », lequel réside dans l’ensemble
des biens appartenant à la société. Même si toute société a des fondateurs qui apportent leurs biens
personnels afin de les mettre au service de la société, le capital social n’appartient en aucun cas aux
actionnaires.
L’abus des biens sociaux est l’infraction la plus connue du droit pénal des affaires, en raison
de sa médiatisation très importante dans la presse à la suite de multiples scandales politico-
financiers. Cette infraction n’existait pas au XIX e siècle. Elle fut créée à la suite de l’affaire dite
« Stavisky » qui intervient en plein marasme économique provoquée par la crise de 1929.
Ainsi commettre un abus de biens sociaux, pour un dirigeant, c’est « faire de mauvaise foi,
des biens ou du crédit de la société, un usage que l’on sait contraire a l’intérêt de celle-ci, à des fins
personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle l’on est intéressé
directement ou indirectement.
Le délit d’abus des biens sociaux occupe de ce fait une place centrale dans la délinquance
d’affaires. Le problème de ces infractions réside dans leur caractère néfaste pour la société, mais
aussi a l’économie du pays toute entière, et c’est ce qui explique la forte pénalisation du domaine
économique.
Actuellement le délit d’abus des biens sociaux est réglementé au Maroc par la loi N 17-95
relative aux sociétés anonymes (modifiée et complétée par le dahir n 1-08-18 du 17 JOUWADA I (23
mai 2008), portant promulgation de la loi n 20-05). Ce délit est
également réglementé par la loi n 5-96.
C’est donc face a cette réalité indéniable, c’est à dire l’influence néfaste de cette infraction
tant au niveau de la société qu’a l’échelle de l’économie nationale que l’on a été amener a traiter ce
sujet et a s’interroger principalement sur les questions suivantes : Dans quels cas sommes nous en
présences d’un abus de biens sociaux, quelles sont les sanctions encourues et enfin quelle est la ligne
de démarcation entre le délit d’abus de biens sociaux et les infractions voisines ?
Dans la suite de notre travail il s’agira pour nous de voir dans un premier temps le cadre
juridique du délit d’abus de biens sociaux pour ensuite souligner dans la seconde partie les effets
juridiques du délit d’abus de biens sociaux.
2
Partie 1 : Le fondement légal de l’abus des biens sociaux et cadre jurisprudentiel
La dénomination de ce délit n’est pas législative, c’est la jurisprudence qui s’est déployée
pour donner un nom à cette infraction. Cependant, l’étude du cadre juridique de ce délit nécessite
d’évoquer successivement le champ d’application de ce dernier « Chapitre 1» et les éléments
constitutifs d’ABS « Chapitre 2 »
Chapitre premier : le champ d’application du délit des biens sociaux
Lorsqu’on est en présence d’un délit d’abus de biens sociaux, le réflexe est de rechercher et
de poursuivre celui qui l’a commis, c’est-à-dire l’auteur de l’infraction. En droit des sociétés, on
distingue deux types de personnes : les personnes physiques et les personnes morales.
Logiquement, ces deux catégories de personnes devraient pouvoir être accusées d’un tel délit,
ce qui signifierait que tous les types de personnes peuvent être responsables.
Toutefois, dans le cas du délit d’abus de biens sociaux, on exclut la personne morale. Même si
celle-ci fait le sujet de plusieurs condamnations en droit pénal l’article127, aucun texte ne mentionne
des sanctions envers elle pour ladite infraction. Est donc sujet à condamnations, selon les textes,les
dirigeants, les complices et les receleurs.
Pour la détermination du champ d’application de ce délit appelé (abus aux biens sociaux),
nous allons devoir déterminé dans une première section les personnes responsables du dit délit, et en
suite dans une seconde section les victimes selon les illustrations jurisprudentielles.
Section1 : les auteurs du délit d’abus aux biens sociaux
- Les dirigeants
Le dirigeant de droit est le dirigeant reconnu officiellement par la société et même parles tiers, qu’ils
soient créanciers ou pas. Ce dirigeant est mentionné dans les statuts de la société, et est aussi considéré
comme étant son représentant légal. Le dirigeant de droit diffère d’une forme de société à une autre. Dans
une société à responsabilité limitée ou dans une société à responsabilité limitée à associé unique, le
dirigeant est appelé gérant. Il faut toutefois préciser que le gérant peut être un des associés d’une de ces
sociétés.
A l’inverse le dirigeant de fait n’est pas investi du pouvoir de représentation, il n’est pas le
représentant légal, mais il va exercer un réel pouvoir de gestion dans la société. Il n’existe pas de
définition légale du dirigeant de fait, mais la jurisprudence s'y est intéressée.
Ainsi, selon les divers arrêts rendus par la Cour de cassation, le dirigeant de fait se définit
comme « celui qui en toute indépendance et liberté exerce une activité positive de gestion et de
direction et se comporte, sans partage, comme « maître de l’affaire ». En quelques mots, le dirigeant
de fait va exercer toutes les attributions qui sont dévolues au dirigeant de droit alors qu’il n’en a pas
le pouvoir.
Cette notion relève du pouvoir souverain des juges du fond ; ils vont regarder la réalité des
3
faits pour retenir ou non l’existence d’un dirigeant de fait. Ils vont devoir caractériser un faisceau
d’indices. Il n’existe pas un seul critère permettant de détecter formellement un dirigeant de fait. Ces
indices sont de plusieurs ordres ;
il s’agit de voir si la personne a la signature bancaire, si elle signe les documents
commerciaux et administratifs, si elle peut traiter avec la clientèle des contrats d’une grande
importance,…
Toute personne peut être considérée comme un dirigeant de fait. Souvent il va s’agir de
l’époux, qui sous le coup d’une interdiction, ne peut pas être le gérant de droit. Cette personne peut
être ou non rémunérée, associée ou non. C’est véritablement une problématique de fait.
La gestion de la société peut être attribuée au dirigeant de fait, en ce cas le dirigeant de droit
n’est qu’un « homme de paille », ou elle peut résulter de l’action de concert entre ces deux personnes.
En tout état de cause, dès lors qu’il existe un dirigeant de droit et un dirigeant de fait, leurs
responsabilités peuvent se cumuler, l’une n’excluant pas l’autre. En effet, le statut de dirigeant de
droit ne fait pas écran et n’empêche pas de rechercher la responsabilité du dirigeant de fait. Bien au
contraire, en présence d’un dirigeant de fait, les juges vont également engager la responsabilité du
dirigeant de droit puisqu’il n’a pas su conserver ses pouvoirs.
Toutes les fautes susceptibles d’engager la responsabilité du dirigeant de droit sont également
imputables à un dirigeant de fait. Il est possible en effet d’engager la responsabilité personnelle du
dirigeant de fait en vertu du droit commun.
Ainsi, l’article 100 sur la loi 05-96 sur la société en non collectif, la société en commandite
simple, la société en commandite par action, la société à responsabilité limité, et la société en
participation dispose que son titre 7 relatif aux infraction et sanction pénales :
« visant les gérants des sociétés objet de la présente loi seront applicables à toute personne qui
directement ou par personne interposée , aura en fait, exercé la gestion de ces sociétés sous le couvert
ou aux lieu et place de leurs représentant légaux.»
- Le complice
Le droit positif marocain combine les 2 systèmes, premièrement celui de la pluralité de
l’infraction là ou la complicité est un délit distinct de l’infraction principale. Et dans un second lieu
La théorie de la criminalité d’emprunt, en droit français au contraire, ou il y a unité d’infraction et
l’acte de complicité se greffe sur celui de l’auteur principal, punissable au même titre.
De ce fait Par EX : ART130 :( un complice d’un crime ou délit, est punissable de la peine
réprimant ce crime ou délit peine identique pour les 2)
Concernant le délit d’abus de biens sociaux, la règle précitée est parfaitement applicable. En
effet, la nature de délit de fonction de l’abus de biens sociaux, dirige la répression du délit vers
l’auteur principal qui peut être soit un dirigeant de droit, soit un dirigeant de fait.
Cependant, la loi pénale et selon l’article 129 du code pénal, de manière générale, permet que des
personnes qui ont eu connaissance de certains éléments de l’infraction commise par l’auteur
principal, et qui ont posé quelques actes positifs, soient poursuivies pour complicité.
4
En principe la personne morale ne peut pas être accusée d’abus de biens sociaux en qualité
d’auteur de ladite infraction, Il serait donc logique d’en faire de même en ce qu’il s’agit de la
complicité.
- les receleurs
Tous ceux qui détiendront, transmettront un bien ou qui en bénéficieront en sachant que ce
bien provient d’un délit d’abus des biens sociaux pourront être poursuivis comme receleurs Par
application des dispositions des articles de 571 à 574 du code pénal marocain.
Section2 : les victimes de cet abus selon l’illustration jurisprudentielle
Il apparaît clairement que l’infraction tend à protéger la société elle-même et les
associés dans les Sociétés de capitaux et dans les sociétés mixtes, car le délit les prive
A partir des illustrations jurisprudentielles nous pouvons constater que les actions intentées
par les sociétés victimes d’abus des biens sociaux, sont le plus souvent recevables. Dans le sens où
elles subissent un préjudice direct.
Et selon l’exigence des textes, le délit d’abus des biens sociaux suppose nécessairement
l’accomplissement d’un acte contraire à ses intérêts.
Chapitre2 : Les éléments de la qualification du délit d’abus des biens sociaux
Les éléments constitutifs de l’abus de biens sociaux : Les éléments constitutifs du délit sont
les éléments légale , matériel et l’élément moral .
Section 1 : l’élément légale
Le délit d’abus des biens sociaux est régi si l’action est intentée devant un tribunal
commercial les articles qui vont être appliqué sont Art 384 de la loi 78-12 et l’art 107 la loi 5-
96. Si l’action est portée devant les juridictions de droit commun à savoir le TPI c’est l’article 523
code pénal al 2.
Section 2 : L’élément matériel
Si l’on reprend la définition de l’infraction, commettre un abus de biens sociaux , pour un
dirigeant social , c’est faire , de mauvaise foi , des biens ou de crédit de la société mais également du
pouvoir ou des voix et un usage qu’il est contraire à l’intérêt de celle-ci et un usage réalisé dans un intérêt
personnel .
- Un acte d’usage des biens, du crédit, de pouvoirs ou des voix :
L’acte d’usage incriminé signifie en premier lieu l’appropriation directe des biens appartenant à lasociété.
Les biens sociaux regroupent l’ensemble des meubles et des immeubles qui constitue le patrimoine de la
société, les biens en question pouvant simplement être « détenus » comme c’est le cas quand il y a
détournement de la force de travail des salariés. Parmi ces actes d’usage des biens, on peut citer par
exemple, le fait pour le dirigeant de se faire virer sur son compte personnel des sommes dues à la société
5
ou de lui faire supporter des dépenses à caractère strictement personnel ou encore d’utiliser des véhicules,
du matériel, du personnel de la société de façon indue.
Section 3 : élément moral
- Un acte effectué de mauvaise foi :
l’infraction est intentionnelle puisque les textes exigent du coupable qu’il ait agi de mauvaise
foi, en sachant que l’acte d’usage des biens, du crédit ou des pouvoirs qu’il détenait était contraire à
l’intérêt de la société.
L’infraction suppose que l’agent ait su que l’acte incriminé était contraire à l’intérêt social .
une erreur ou une faute même lourde ne suffit pas. La mauvaise foi signifie la simple conscience qu’a
le dirigeant que l’acte a été contraire à l’intérêt social tout en lui étant bénéfique.
Partie 2 : les effets juridiques de l’abus des biens sociaux à la lumière de la jurisprudence
Chapitre 1 : Le dispositif répressif de l’abus des biens sociaux
L’article 384 de la loi 78-12
« Seront punis d'un emprisonnement de un à six mois et d'une amende de 100 000 à 1
000 000 de dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement les membres des organes
d'administration, de direction ou de gestion d'une société anonyme :
qui, de mauvaise foi, auront fait, des biens ou du crédit de la société, un usage qu'ils savaient
Contraire aux intérêts économiques de celle-ci à des fins personnelles ou pour favoriser une autre
société ou entreprise dans laquelle ils étaient intéressés directement ou indirectement qui, de
mauvaise foi, auront fait des pouvoirs qu'ils possédaient et/ou des voix dont ils disposaient, en cette
qualité, un usage qu'ils savaient contraire aux intérêts économiques de la société, à des fins
personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils étaient intéressés
directement ou indirectement.
Et d'après l’article 107 de la loi 5-96:
« Seront punis d'un emprisonnement de un à six mois et d'une amende de 10 000 à 100 000
dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement :
- les gérants qui, de mauvaise foi, auront fait, des biens ou du crédit de la société, un usage
qu'ils savent contraire à l'intérêt économique de celle-ci, à des fins personnelles ou pour favoriser une
autre société ou entreprise dans laquelle ils sont intéressés directement ou indirectement ;
- les gérants qui, de mauvaise foi, auront fait, des pouvoirs qu'ils possèdent ou des voix dont
ils disposent, en cette qualité, un usage qu'ils savent contraire aux intérêts économiques de la société,
à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils sont
intéressés directement ou indirectement. »
6
Chapitre 2 : l’incidence du temps sur la qualification de l’infraction
Il faut souligner que dans le domaine de l’abus des biens sociaux, compte tenu du
particularisme de l’infraction et de son contexte, des solutions dérogatoires par rapport au droit
commun se sont très vite imposé, à savoir la prescription. Ainsi il s’agira pour nous
ici d’examiner successivement la qualification chronologique d’abus des biens sociaux et la
banqueroute à titre d’illustration et la prescription en matière d’anus des biens sociaux.
Section 1 : La qualification chronologique d’abus des biens sociaux/Banqueroute :
Ces deux délits présentent de nombreux traits communs. Tout d’abord, il s’agit d’incriminations
sanctionnant, le plus souvent, des détournements et appropriations jugés frauduleux par le législateur.
De plus leurs champs d’application respectifs sont parfois tres proches.
Par conséquence il se peut qu’on puisse confondre ces deux infractions, donc en présence de faits
susceptibles de recevoir les qualifications de ces deux infractions, c’est semble-t-il, l’état d’une
qualification chronologique qui peut marquer la frontière entre les deux infractions.
La qualification chronologique de l’infraction (ABS/BANQUEROUTE).
Le délit le plus proche de l’abus des biens sociaux est celui de la banqueroute par le
détournement de l’actif de la société. Les faits permettant de qualifier les deux infractions et de
poursuivre le dirigeant sont pratiquement identiques. Pour cela il est important de ne pas confondre
ces deux infractions.
Le délit de la banqueroute par détournement d’actif suppose pour être constitué à l’égard d’un
dirigeant l’existence d’une dissipation volontaire d’un élément du patrimoine d’une société en état de
cessation de paiement. L’abus des biens sociaux suppose l’usage de biens de la société dans l’intérêt
contraire à celui de la société. Comme il se peut qu’une même personne soit poursuivie pour les
mêmes faits qu’une seule fois. En effet les deux sont pratiquement identiques.
Toutefois le délit de banqueroute est un délit spécifique aux sociétés en difficultés : il ne peut
être évoqué qu’avec un jugement déclaratif de cessation de paiement.
Le critère chronologique de la qualification du délit d’abus des biens sociaux/banqueroute aurait
le mérite de la simplicité. Cette qualification chronologique ne fait pas l’unanimité. On retiendra, pour
simplifier, bien que la jurisprudence ne semble pas définitivement arrêté, que :
-Avant la cessation de paiements : Les détournements sont constitutifs du délita d’abus de
biens, la jurisprudence majoritaire considère qu’avant la cessation de paiement seuls l’abus de biens
sociaux peuvent réprimer les détournements effectuer par le dirigeant. Sauf si : « les détournements en
cause on conduit à la cessation de paiements, la qualification de banqueroute peut être retenue1. »
« Toutefois certains arrêts postérieurs de la chambre criminelle de la cour de cassation semblent
privilégier la chronologie en excluant la commission du délit de banqueroute avant la cessation des
paiements ».
-Apres la cessation de paiements : Pour tout détournement de mauvaise foi des actifs de la
société par ses dirigeants, l’infraction spéciale de la banqueroute est la qualification qui doit être
7
retenue, par conséquent : « si les faits peuvent recevoir la qualification d’ABS et banqueroute, c’est la
qualification de banqueroute qui devra être retenue en vertu du principe de spécialité. ». C’est
pourquoi la cour de cassation impose aux juges du fond de préciser la date des détournements
poursuivis.
Ainsi le délit de banqueroute suppose toujours l’ouverture de la procédure de redressement ou
liquidation judiciaire, c’est a à dire entre la cessation de paiements, il faut qu’elle soit constatée par le
tribunal compétent. « toutefois, il est aussi admis dans la jurisprudence que le juge répressif a le
pouvoir de retenir, en tenant compte des éléments soumis à son appréciation, une date de cessation de
paiements autre que celle fixée par le tribunal de commerce.
Section 2 : la prescription
L’abus de biens sociaux a toujours été considéré comme un délit instantané consomme au
moment de l’accomplissement de l’acte délicieux. Mais les dirigeants sont parfois discrets, et
l’infraction commise ne sera découverte qu’ultérieurement soit à l’occasion du dépôt du bilan,, ou à
l’occasion du changement des dirigeants, c’est ce que l’on appelle légalement la prescription. La
prescription est un mécanisme de « pardon légal », la prescription puise sa source dans la nature même
des choses. On sait que le temps émousse tout : souvenirs, indignations, ressentiments. En droit pénal,
la prescription est un instrument de politique pénale, « elle est le moyen légal de se libérer d’une
charge et constitue un véritable droit à l’oubli »
L’étude de la répression de l’abus de biens sociaux conduit à déterminer « le point de départ
de la prescription de l’action publique, mais également d’envisager les difficultés d’application des
règles procédurales inhérentes au moment de la consommation de l’infraction»
En principe, le délit d’abus d’abus de biens sociaux est un délit instantané, dont le délai devrait ouvrir
à compter du jour de la commission du délit, conformément aux dispositions du code de procédure
pénale marocain. Mais le problème réside dans le calcul de la date de départ du délai de la
prescription de cette infraction. Toutefois, l’abus de biens sociaux est un délit astucieux, en effet
« la pratique des comptes occultes, des fausses factures, rend difficile la découverte des faits
constitutifs de ce type de délit ». de même, les coupables sont en bonne place au sein de la société
pour masquer leurs agissements frauduleux4.
Cependant si le droit commun, prévoit que le délai de la prescription court a partir du jour ou
l’infraction est commise, quelle est donc la réelle date de « découverte » des faits délicieux, retenue en
pratique ?
En effet le délit d’abus des biens sociaux commence à se prescrire au jour ou le délit était apparu et
avait pu être constaté, dans les conditions permettant l’exercice de l’action publique. Ceci s’explique
par la nature clandestine et occulte du délit. En effet, l’auteur de ce délit dispose en général d’une
majorité confortable au sein de la société, ce qui lui permet de masquer les actes frauduleux.
Néanmoins la haute juridiction depuis l’arrêt du 5 main 1997, a écarté l’exception tirée de la
prescription de l’action publique du chef d’abus de biens sociaux court a compter de la présentation
des comptes annuels par lesquels les dépenses litigeuses sont mises indument à la charge de la société.
Par conséquent la révélation de l’infraction est le nouveau critère à prendre en considération pour la
prescription de ce délit. En ce sens la victime est tenue de le faire savoir aux services de la justice une
8
fois qu’elle a pris connaissance des faits litigieux.
9
Bibliograhe
Ouvrages généraux
- M. Veron, ‘’Droit pénal des affaires’’ , 11 ème éd Dalloz 2016 .
- [Link] ,[Link] ,’’ Droit pénal des affaires’’ , 11ème Armand Colin 2004 .
- [Link] Droit pénal des affaires Ed. 6 2005 .
Ouvrage spéciaux
- [Link]érot ‘’Droit pénal spécial des affaires’’ 2ème éd Gualino2014 .
Thèses et monographies
- mémoire de fin d’etude master de recherche abus de biens sociaux 2017(
Asmaa JADID)
- Jean-François Renucci Abus de biens sociaux et abus de confiance
2003 [Link] La notion d'abus de biens sociaux 2000
- mémoire de ANNEMalika d’abus des biens sociaux
Jurisprudences :
- Cour de cassation de Rabat, arrêt n 2207/13 du 16/07/2013
- Cass. Crim. 05/10/1992, n 91-86.770
- Cass. Crim. 27/02/1995
- Cass. Crim. 11/05/2015
Webographie
10
- [Link]
qualifies-par-les- tribunaux-en-4-ans/
- [Link]
penal
- [Link]
- [Link]
biens-sociaux- [Link]
- [Link]
- [Link]
prendre_a2100.html
- [Link]
bienssociaux.
11