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Gestion de l'eau au Maroc par l'ONEE

L'Office national de l'électricité et de l'eau potable est un établissement public marocain chargé de la planification, de la production et de la distribution des ressources hydriques du pays. Il assure également la gestion du service de distribution d'eau potable et d'assainissement liquide pour le compte des communes.

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Gestion de l'eau au Maroc par l'ONEE

L'Office national de l'électricité et de l'eau potable est un établissement public marocain chargé de la planification, de la production et de la distribution des ressources hydriques du pays. Il assure également la gestion du service de distribution d'eau potable et d'assainissement liquide pour le compte des communes.

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Office national de l'électricité et de l'eau potable

Office national de l'électricité et de l'eau potable -(ONEE Branche eau) est


un établissement public marocain, à caractère industriel et commercial doté de la
personnalité morale et de l'autonomie financière. Créé en 1972, l'ONEE Branche Eau est
un acteur principal dans le secteur de l'eau potable et de l'assainissement au Maroc, il assure
la planification, la production et la distribution des ressources hydriques du pays .
Missions :
Les missions de l'Office dans le domaine de l'eau potable et l'assainissement consistent en :

Planification
 - De l’approvisionnement en eau potable du Royaume
 - Programmation des investissements en eau potable et assainissement liquide
Etude et équipement
- Des projets d’eau potable et d’assainissement liquide
- Passation des marchés et suivi de la réalisation des projets
 Gestion pour le compte des communes
- Du service de distribution d’eau potable
- Du service d’assainissement liquide dans les villes où il assure la distribution de l’eau
potable

La gestion de l’eau au Maroc

 L’Evolution Institutionnelle et Juridique de la Gestion de l’Eau au Maroc :

Entre 1967 et 1995 :

L’année 1967 marque le début de l’intérêt du Maroc pour les questions autour de la ressource
en eau.

Le discours de Feu Sa Majesté le Roi Hassan II du 18 Septembre de cette même année


annonce en effet le lancement de la fameuse politique des barrages, qui sauve littéralement
le pays des ravages de la sècheresse et dont les bienfaits sont ressentis encore aujourd’hui.
Ainsi, l’objectif fixé était de passer des 150.000 hectares de surfaces agricoles irriguées à 1
million d’hectares à l’horizon 2000. Cet objectif sera atteint en 1997 grâce à la mobilisation
de la Direction de l’Hydraulique pour la construction des barrages, supervisée par le Ministère
des Travaux Publics.

-A partir des années 1970, le Maroc commence à prendre conscience de l’importance de la


préservation de l’eau comme ressource indispensable à la vie et dont dépend fortement son
économie. En effet, les questions de sécurité hydrique, de sécurité alimentaire, de potentiel
énergétique (avec l’hydro-électrique) commencent à intéresser les politiques marocains.

Ainsi, les premières études de planification de l’eau (gestion des eaux disponibles, affectation
optimale des ressources pour accompagner un développement socioéconomique équilibré
entre les régions, la question de l’accès, la protection et la conservation de la ressource…)
commencent à voir le jour au Maroc. C’est à partir de ce moment que la question de l’eau
devient un enjeu stratégique national et il convient désormais de formuler des réponses
politiques adéquates aux différentes problématiques (le futur manque d’eau, la généralisation
de l’accès, l’optimisation et la rationalisation de la ressource).

Les années 1980 seront donc marquées par la mise en œuvre de « Plans Directeurs » sur de
nombreux bassins hydrauliques dans le but d’établir un inventaire des ressources, des besoins,
de la demande et de la consommation futurs.

 Adoption de la première loi sur l’eau en 1995

La loi n°10-95 portant sur l’Eau (relevant du Dahir n° 1-95-154 du 20 septembre 1995)
marque une étape fondamentale dans la prise de conscience du Maroc en l’importance de
légiférer dans ce domaine afin de renouveler et d’adapter la législation en vigueur.

Ainsi, cette loi regroupera l’ensemble du contenu juridique national sur l’eau au Maroc. Mais
cette loi ne se contentera pas uniquement d’unifier les textes existant.

Elle apportera également de nombreuses nouveautés telles que:

- l’établissement des bases juridiques de la politique nationale de l’eau,

- la détermination des objectifs nationaux de prévisions de l’évolution des ressources et


des besoins,

- la rationalisation et la gestion efficace décentralisée,

- la réduction des inégalités et le développement des solidarités interrégionales.

La loi n°10-95 sera également accompagnée de 28 décrets ainsi que 56 arrêtés. A noter également,
que l’objectif d’1 million d’hectares irrigués énoncé par Feu Sa Majesté le Roi Hassan II sera atteint en
1997 (soit 3 ans plus tôt qu’attendu) avec la construction de 97 barrages depuis 1967. Ainsi, les
autorités publiques prennent de plus en plus conscience de l’importance de l’encadrement juridique
du secteur de l’eau et la mise en place de politiques de préservation et de généralisation et
rationalisation de l’accès à l’eau.

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (2000):

Les Etats et Organisations Internationales des Nations Unis ont adopté 8 objectifs à atteindre avant
2015. Ainsi, le Maroc s’est engagé à travers l’objectif n°7, de réduire de 50% le pourcentage de la
population n’ayant pas d’accès à l’eau potable.

2009, mise en place de la Stratégie Nationale de l’Eau :

La Stratégie Nationale de l’Eau (SNE) a été initiée en avril 2009 pour réadapter les politiques
nationales avec le contexte actuel et futur relatif à l’augmentation de la demande et la raréfaction
des ressources disponibles. Cette nouvelle conception intègre ainsi également la composante
changement climatique dans la mise en œuvre de cette stratégie. Ainsi, la SNE entend renforcer la
préservation des ressources disponibles (nappes, bassins, oasis et zones humides) et lutter contre les
causes de pollutions des eaux. Voici les six axes qui constituent cette stratégie:

- La gestion de la demande en eau et sa valorisation ;

- La gestion et le développement de l’offre ;

- La préservation et la protection des ressources en eau, du milieu naturel et des zones fragiles ;

- Réduction de la vulnérabilité aux risques naturels liés à l’eau et l’adaptation aux changements
climatiques ;

- La poursuite des réformes règlementaires et institutionnelles ;

- Modernisation des systèmes d’information et renforcement des moyens et des compétences.

Ainsi, l’accent sera mis dans la rationalisation de la demande et la diversification de l’offre à travers le
développement des ressources non conventionnelles (eaux de mer, épuration des eaux usées). Ainsi,
82 Milliards de DH, répartis entre 2010-2030, seront mis à disposition du Secrétariat d’Etat chargé de
l’Eau et de l’Environnement pour investir dans ce domaine.

Parmi les objectifs de la SNE:

- La construction de 60 grands barrages pouvant fournir chacun 1,7 Milliards de m3 par an ainsi que
1000 petits barrages ;

- Atteindre un transfert de ressource du Nord vers le Sud à hauteur de 800 Mm3 par an ;
- La conservation des installations disponibles et connecter les nouvelles sur le réseau national ; -
Atteindre 400 Mm3 d’eaux salées et 400 Mm3 d’eaux épurées ;

La SNE prévoit également de renforcer le cadre institutionnel existant en intégrant de nouveaux


métiers de l’eau dans la chaine comme l’ingénierie, le management, ou les finances… ou encore, en
mettant en place des programmes « synergies eau » entre les pouvoirs publics et les consommateurs
afin de renforcer la gestion intégrée des politiques de l’eau.

La Constitution de 2011 :

En 2011, le Maroc a adopté une nouvelle constitution qui réaffirme à son tour l’intérêt démontré par
le Royaume du Maroc à encadrer le secteur de l’eau, et notamment à travers son article 31 qui
impose à l’Etat, aux établissements publics et aux collectivités territoriales de mettre en œuvre
l’ensemble des moyens disponibles afin de faciliter l’accès à l’eau aux populations. L’accès à l’eau
devient alors un droit constitutionnalisé.

La constitution du Maroc de 2011 consacre également le processus de régionalisation avancée qui


accorde aux collectivités territoriales (régions, préfectures/provinces et communes) des prérogatives
administratives, politiques, législatives, fiscales et financières nouvelles. Ainsi, les lois organiques
(111-14 Sur les Régions, 112-14 sur les Provinces et Préfectures et la 113-14 sur les Communes) ont
permis la refonte du système administratif marocain qui privilégie désormais la gouvernance
décentralisée par des politiques locales.

Ainsi, le secteur de l’eau peut être contrôlé et géré par les autorités locales de manière beaucoup
plus autonome et décentralisée qu’auparavant, sans pour autant dévier des stratégies et politiques
nationales.

La Charte Nationale de l’Environnement et du Développement Durable (2014):

Suite à l’adoption de la loi cadre n°99-12 mettant en place la Charte Nationale de l’Environnement et
du Développement Durable (publiée le 06 Mars 2014), la loi n°36-15 s’intègre. Ainsi, elle s’adapte
ainsi aux concepts de développement durable et de changement climatique. Elle remet la sécheresse
au centre des préoccupations et insiste sur : l’importance d’une bonne gouvernance intégrée du
secteur, une simplification des procédures et un renforcement du cadre législatif et institutionnel de
l’utilisation, protection et préservation de la ressource, une valorisation des eaux de pluie et usées, la
création d’un cadre juridique pour le dessalement des eaux de mers. Elle consacre également le droit
à l’information sur l’eau et l’Agence du Bassin Hydraulique est en charge d’élaborer des systèmes de
collecte, de mise à disposition et de partage de l’information au grand public.
La loi n°36-15 vient renforcer la loi n°10-95 en 2016:

La loi n°10-95 sera complétée par la loi n°36-15 parue en Août 2016. Cette dernière reste primordiale
car elle apporte de nombreuses nouveautés telles que le renforcement du cadre juridique
encourageant la valorisation des eaux de pluies, des eaux usées et le dessalement des eaux de mer.
Elle intègre également une composante relative aux changements climatiques pour protéger la
ressource face aux phénomènes extrêmes.

La loi n°36-15 repose donc sur de nombreux principes:

- la propriété générale de l’Eau,

- le droit généralisé à l’accès à l’eau,

- le droit à un environnement sain,

- la gestion de l’eau par la bonne gouvernance avec une approche participative de tous les acteurs
concernés,

- la protection des milieux naturels, le développement d’une gestion durable,

- l’approche genre… Mais la particularité de la loi n°36-15 réside dans le fait qu’elle permet la
création de « Conseils Consultatifs » pour chaque bassin hydraulique du Maroc afin de proposer des
modes de gestions adaptés pour la mise en place de plans d’actions intégré. Elle apporte aussi de
nouvelles dispositions juridiques relatives au dessalement d’eau de mer et impose aux
agglomérations urbaines la mise en place d’un schéma directeur intégrant l’assainissement liquide
qui intègre l’eau de mer et les eaux usées.

Le Maroc a également ratifié de nombreuses Conventions Internationales:

Le Royaume du Maroc adoptera également les décisions prises lors de la Conférence des Nations-
Unis sur l’Environnement et le Développement (Rio, 1992) telles que :

- Le plan d’action Agenda 21 ;

- La Convention Cadre des Nations Unis sur les Changements Climatiques (1992) ;

- Adoption des principes énoncés lors de la Conférence portant sur l’Eau organisée par le Programme
des Nations Unis sur l’Environnement (1992) ;

- La Convention sur la lutte contre la Désertification (1994) ;

- La Convention sur la Biodiversité (1995) ;


- Le protocole de Kyoto (1997) ;

- Plus récemment, l’Accord de Paris COP21 (2015) et celui de Marrakech COP22 (2016)

 Acteurs et Politiques Nationales Contemporaines de la Gestion de l’Eau


Institutions concernées par la Gestion de l’eau au Maroc:

Le Royaume du Maroc dispose aujourd’hui de nombreux instruments favorisant la conception, la


mise en œuvre et le suivi des politiques et stratégies nationales de la gestion de la ressource en eau.
Ainsi, plusieurs acteurs interagissent dans ce secteur et peuvent être répertoriés selon:

Départements Ministériels:

De Régulation : Le Ministère Délégué Chargé de l’Eau (MDCE)

auprès du Ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement qui est chargé de mettre
en œuvre la Politique Nationale de l’Eau.

D’autres ministères intervenants:

- Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime ;

- Ministère de l’Intérieur ; - Ministère de la Santé ;

- Ministère de l’Economie et des Finances ;

- Haut-Commissariat Chargé des Eaux et Forêts et de la Lutte Contre la Désertification.

La Commission Interministérielle de l’Eau (CIE): qui examine et met en œuvre l’ensemble des
mesures nécessaires à un développement intégré.

Les Collectivités Locales:

- Régions ;

- Assemblées Préfectorales et Provinciales ;

- Conseils Communaux.

Les institutions de Concertation et de Coordination:

- Le Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat (CSEC): Crée selon l’article 13 de la loi n°10-95, ce conseil
est chargé de tracer les grandes lignes de la politique nationale relative à l’eau et au climat. Il peut
également être consulté sur la stratégie nationale de renforcement de la connaissance du climat afin
de réduire ses impacts négatifs sur l’eau, sur le Plan National de l’Eau (PNE), sur les Plans de
Développement Intégré des Ressources en Eau des Bassins Hydrauliques, la répartition de l’usage de
la ressource ou encore, sur la valorisation, protection et conservation de la ressource.

- Le Conseil National de l’Environnement (CNE) ;

- Les Conseils Régionaux de l’Environnement (CRE) ;

- Commissions Préfectorales et Provinciales de l’Eau (CPPE)

Etablissements Publics et usagers de l’eau:

Gestion intégrée des Ressources en Eau: Agences de Bassins Hydrauliques : Les 9 agences qui sont
chargés au niveau régional de mettre en œuvre une gestion intégrée décentralisée qui repose sur
l’approche participative.

Eau Potable et Industrielle:

- Office National de l’Electricité et l’Eau Potable (ONEE) ;

- Régies Autonomes de Distribution de l’Eau et de l’Electricité ;

- Concessionnaires Privés (REDAL, LYDEC, AMENDIS).

Irrigation: Les 9 Offices Régionaux de Mise en Valeur Agricole (ORMVA)

Production de l’Energie: ONEE

Il existe ainsi une multiplicité des acteurs de différentes natures qui opèrent autour d’un même
secteur ce qui a tendance impacter sa gouvernance. En effet, certains organes de régulation comme
le CIE restent extrêmement absent et n’a pas opéré depuis longtemps déjà. Les attributions et les
modes de fonctionnement du CSEC ne semblent pas suffisamment clairs dans les textes fondateurs.
Ainsi, il peut y avoir un risque de chevauchement des responsabilités et des missions entre les
institutions. Aussi, parmi les lacunes du système organisationnel et institutionnel du secteur de l’eau
au Maroc, on peut noter le manque de coordination entre ces différents acteurs. Il est donc
important d’améliorer et d’adapter le cadre institutionnel afin d’atteindre une bonne gouvernance
intégrée, décentralisée et concertée de la ressource en eau.

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