Modèles d'identité au travail et relations
Modèles d'identité au travail et relations
RENAUD SAINSAULIEU
Collection Références
Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques
2ème Edition – 1985
INTRODUCTION
4 modèles de relation au travail, 4 façons de se situer en organisation et d’y intervenir comme
acteur collectif :
. Le modèle de retrait : non pas du travail, mais de tout engagement personnel dans les
rapports collectifs. Modèle de l’absence/présence, non lié à des pathologies personnelles à
l’égard de la communication, mais la conséquence d’autres préoccupations plus urgentes et
valorisantes ailleurs. Dans leur esprit, la situation professionnelle n’est qu’un simple atout sur
une autre scène d’action.
Ces 4 modèles et notamment le dernier ont sans doute évolué depuis 1968, la croissance
économique puis la crise économique, mais restent cependant valables.
Le temps libre n’est pas un temps vide, mais l’occasion d’initiatives et de relations
collectives, de développement de valeurs plus intimistes, de développement de la personne
(activités familiales, politiques, associatives, culturelles…)
« L’une des issues contemporaines aux insuffisances d’avenir par le travail est globalement
celle d’une sorte de nouvel équilibrage entre les activités de travail et celles du temps libre » -
P6 –
1
CHAPITRE I – P 17
Le conditionnement des rapports humains dans l’atelier.
. Poids de l’effort répétitif (P 18)
- défendre son intégrité physique pour pouvoir tenir
- contrainte vis à vis des collègues (ne pas briser les cadences)
- expériences répétitives de désintégration et de restructuration de la personnalité, au
travers de séquences répétitives d’effort imposé entraînent une forme de régression
forcée de la personnalité (P 22)
. Conclusion (P 54)
« La perception de la différence chez l’autre avec qui l’on est mis en relation par les
circonstances de la vie et tout particulièrement par celles du travail est l’un des processus
importants de la communication. On y voit en effet une interférence du social et de
l’individuel par le moyen de ce conditionnement des activités perceptives de l’individu »
(P55)
CHAPITRE II
Condition de travail et relations entre ouvriers (P 57)
Il s’agit de clarifier le processus des interdépendances entre les éléments du système,
conduites et structures de travail, au regard de la théorie des organisations, fondée sur l’étude
des relations de pouvoir entre partenaires de travail.
« La parole est l’outil privilégié des alliances et des échanges humains » (P 61)
2
. Effets de la formation permanente sur les habitudes de relation entre ouvriers (P 92)
Une expérience de formation peut avoir des conséquences durables sur les styles de relation.
« Le temps du stage peut être un temps fort d’apprentissage en matière de relations humaines
et le temps d’après stage est l’occasion d’une remise en cause des anciennes stratégies
d’intégration (…) au point que les rapports hiérarchiques ne peuvent plus être vécus de la
même façon (P 92).
Ce changement est caractérisé par un esprit critique envers le groupe, plus d’engagement dans
les relations interpersonnelles et davantage de souplesse dans la vie collective « découverte
positive de moyens intellectuels pour imposer ou expliciter son point de vue » P 97.
. la gestion d’un personnel évolutif (P 99)
Contestation et critiques internes peuvent être acceptées dans la mesure ou une structure de
négociation permet de proposer des solutions, de les appliquer et les dépasser (entretenir un
dialogue à armes égales).
3
Peut-on parler d’une mentalité de bureau ? (P 120)
. des jugements contrastés sur la vie de bureau (P 121)
- un travail léger mais déprécié
- un sentiment d’originalité individuelle (véritable souci de retrait par rapport au groupe,
avec une complexité des individus fortement soulignée)
- une mentalité collective dépréciée
- la difficulté à se comprendre malgré la communication facilitée. On ne saurait trop que
faire de la découverte des richesses individuelles « se livrer, répéter, critiquer par
derrière… »
- le compromis : dominance du processus « attrait/répulsion/déception ». L’important
est en somme de ne pas perturber gravement le climat général de coexistence.
La vie collective est davantage une juxtaposition d’individualités cherchant toutes à se
protéger mutuellement d’une influence des autres, qu’une entité unie, ayant un objectif
commun.
- le chef : plus d’échanges humains chefs et employés. Il doit être humain,
compréhensif, tolérant, cordial, juste, généreux. Les questions de travail et de
compétences techniques sont peu évoquées. Rôle d’arbitre, de thérapeute, de
conseiller, d’ami, exemple technique, justicier etc…
- les valeurs de bureau : « la vraie vie est à l’extérieur ». Notion de réciprocité de
service mutuel plus que de solidarité. La notion d’idéal est située hors du travail
(harmonie, compréhension mutuelle…), l’objectif principal restant la bonne ambiance
de travail, et l’évitement de discussions qui pourraient entraîner des heurts (P 137)
. Position des employés féminins envers le travail de bureau (plus de femmes que d’hommes)
(P 157)
La position défavorisée des femmes au travail, n’incite guère à un engagement à fond dans les
relations de travail d’où « retrait » des relations professionnelles au profit des valeurs
familiales.
4
. les possibilités d’engagement féminin dans la vie collective de bureau (P 165)
« C’est parce que les femmes ont les moyens externes au travail de supporter une relative
soumission et stagnation dans la profession que les courants d’ascension à l’ancienneté ont
une réalité pour les hommes ». Cependant, les rapports féminins au travail peuvent évoluer
vers plus d’engagement à condition d’être débarrassés des phénomènes de tutelle masculine et
si un certain pouvoir d’expert est confié aux employés.
Conclusion ( P 169)
Le monde des employés nous informe sur la complexité des jeux interpersonnels.
L’importance accordée à l’impersonnalité des règles, à la subjectivité des relations, explique
sans doute l’individualisme très représentatif de cet univers. La règle formelle est atout et
enjeu de l’action individuelle et conduit l’employé à la défendre et à la critiquer dans une
quête de soi et des autres.
En attendant, la promotion des employés doivent faire coexister leurs individualismes.
Le monde du bureau contemporain peut-il inventer une autre forme de sociabilité collective
centrée sur la redistribution des chances, les filières d’évolution ?
CHAPITRE III
Agents techniques et nouveaux rapports au travail (P 173)
Placés entre les ingénieurs, les cadres moyens et les ateliers ou les employés de bureau, les
agents techniques se trouvent placés à une charnière culturelle et fonctionnelle de plusieurs
univers. Ils doivent communiquer avec des gens qui n’ont ni les mêmes idées, ni les mêmes
objectifs. Le problème des alliances est ainsi l’une des questions clés de ce statut.
- pouvoir de l’expertise temporaire
- pouvoir de la position charnière
- rupture de normes par rapport au milieu d’origine (notion d’ascension sociale par
l’acquisition d’un esprit technique).
Conclusion : l’aventure sociale et professionnelle des agents techniques. Sont-ils une couche
socio-professionnelle à part ? Issus du milieu ouvrier, faut-il les associer aux cadres, aux
ingénieurs ?
Relation humaine caractérisée par une extrême sensibilité aux relations d’affinité et de
concurrence entre collègues avec des positions difficiles envers les chefs ou la collectivité des
pairs (en lien avec les bases de ce pouvoir d’expert encore instable). Quand ce pouvoir
d’expert est consolidé, le mode relationnel évolue vers la solidarité démocratique. Quand ce
pouvoir persiste faiblement et que les possibilités promotionnelles diminuent, il y a
transformation en groupe de défense catégorielle.
5
CHAPITRE IV
Expérience sociale d’encadrement (P 199)
L’encadrement croit avec le développement du phénomène de l’organisation des activités
collectives sur d’autres bases que celles du pouvoir patriarcal et féodal.
6
La position autodidacte : normes de fidélité et d’attachement au centre de leurs vies
professionnelles. L’entrée dans la hiérarchie correspond à la sortie d’autres milieux
d’appartenance ce qui entraîne une fragilité culturelle en lien avec une personnalité sociale
« cassée ».
« Si les cadres autodidactes et subalternes se sentent intégrés à leurs entreprises c’est aussi
parce que le statut qu’ils y trouvent est un moyen efficace de colmater les brèches que leur
aventure professionnelle et sociale a faites dans leur cohérence culturelle » (P 220)
7
Conclusion :
- le cadre dispose de beaucoup de sources d’accès au pouvoir dans le relation de travail
et il en tire les moyens suffisants pour être reconnu en tant qu’individu
- la catégorie sociale des cadres recouvre des positions d’encadrement fort différentes
avec des variations de niveau hiérarchique, des atouts de pouvoirs, l’influence des
ressources externes et familiales
- association de deux réalités difficiles à concilier : le pouvoir d’être soi-même et la
nécessité de s’organiser dans la vie économique, culturelle, politique etc…
CHAPITRE VI
Hiérarchie, pouvoir, autorité (P 238)
Les fondements théoriques de l’autorité dans les rapports de travail en organisation sont
actuellement au nombre de trois :
- la définition rationnelle des tâches
- le savoir professionnel
- capacité psychologique dans les rapports humains
L’auteur pose la question d’une nouvelle légitimité des rapports d’autorité (après TAYLOR et
Max WEBER) dans la société contemporaine et des conséquences organisationnelles à
prendre en considération.
8
Il existe d’autres modèles : celui de l’exclusion fondé sur le changement des règles et
techniques ( P 247)
CHAPITRE VII
Apprentissage des normes de relation dans l’organisation (P 256)
Des habitudes de relation avec les autres peuvent être issues des rapports de travail (hors
milieu scolaire ou familial). L’entreprise = lieu d’apprentissage de normes de relation car on y
trouve des possibilités d’expérimentation stratégique.
. Selon le modèle Pavlovien, l’apprentissage implique une activité précise du sujet progressant
par essai et erreur.
. Concept d’insight apporté par les théories de la personnalité fondée par la Gestalt « éclair de
compréhension » qui restructure les relations logiques entre les éléments du champ de
perception. Apprendre c’est s’engager dans un processus rationnel, une intériorisation
individuelle de tout apprentissage.
. l’approche psychosociologique réintègre l’importance des phénomènes affectifs et les
rapports avec l’enseignant, les paris dans le processus d’acquisition des connaissances (C.
ROGERS)
« D’une façon générale, c’est dans la possibilité même de conforter ses actions stratégiques
par un développement d’alliances et de coalition avec tous les partenaires possibles du
système des rapports de travail, que l’organisation contribue à l’apprentissage des relations (P
259) »
Le calcul des risques (P 260) : travail de plusieurs auteurs Kogan et Wallach, A.M.
Grozelier, William Doise
9
Les rapports de travail (opposition, conflit) sont tributaires des formes d’organisation. Prise de
risque, catégorisation des points de vue, formes d’identifications aux meneurs sont autant
d’éléments des relations stratégiques des formes d’accès au pouvoir.
« Le changement des comportements individuels met directement en cause l’état des
structures d’organisation, car c’est dans les ressources du pouvoir qu’elles dégagent que la
capacité stratégique est apprise » (P 268)
Les travaux du sociologue L. SAYLES (1958) posent clairement 4 formes de lutte collective :
- l’apathie, faible vie de groupe, peu de leadership
- l’action erratique : leader autoritaire, révoltes régulières, disproportion entre l’intensité
de la lutte et les objectifs poursuivis.
- L’action stratégique : pression continue et planifiée, forte capacité à négocier
- Position conservatrice : groupes à forte cohésion orientés vers des pressions très
spécialisées.
Ces 4 styles d’action peuvent être rapprochés de facteurs technologiques et organisationnels.
Pénibilité, petits salaires, frustration professionnelle : axe apathie erratique
Opérations individuelles qualifiées, équipes homogènes : axe stratégique conservateur.
« pour beaucoup de travailleurs, les rapports sociaux internes à l’action collective syndicale
sont plus influencés par les normes de comportement acquises dans le travail qu’ils n’en sont
un élément transformateur » (P 275)
10
La dimension affective des relations de formation (P 295)
L’acquisition de nouvelles connaissances ne s’opère qu’au prix de complexes et intenses
phénomènes affectifs liés à l’existence de véritables relations de pouvoir entre stagiaires,
animateurs, conférenciers.
3 particularités dans l’ordre de la dynamique des relations de groupe :
- crises individuelles assez fortes
- rapports d’affrontements entre stagiaires
- relation d’affection ou de rejet extrêmes à l’égard du ou des animateurs principaux.
Ces occasions d’apprentissages parallèles peuvent être à l’origine d’une évolution des normes
dans le travail.
CHAPITRE VIII
Identités collectives et reconnaissance de soi dans le travail (P 302)
Questions sur les rapports entre l’homme et son milieu, entre l’individuel et le collectif.
Interférence entre structures sociales notamment travail et les structures psychiques
individuelles.
11
J. MAISONNEUVE « Psychologie des affinités » Paris PUF 1966 – Chapitre 8 et 9 analyse
la relation interpersonnelle en fonction de sa double dimension affective et cognitive.
Exemple de l’amitié : au début, chacun voit l’autre à travers ses affects puis période
d’incidents critiques et découverte de divergences. L’amitié reposerait sur une présomption de
similitude.
« Si les styles d’amitiés et de rencontres interpersonnelles diffèrent entre les groupes
[Link], c’est qu’ils n’ont pas les mêmes moyens concrets de faire l’expérience
de leurs divergences d’idées et de sentiments » (P 307)
M. MULDER cité par l’auteur montre la tendance des individus à se différencier de leurs
inférieurs et à s’identifier à leurs supérieurs.
« S’identifier à l’autre est le résultat d’un constat de sa faiblesse dans les échanges que l’on
peut avoir avec lui parce qu’on n’a pas les moyens de soutenir sa différence dans le système
social des échanges humains où l’on est placé » (P 309)
La mobilité sociale et professionnelle voit les identifications aux chefs sans cesse remises en
cause. Dans la promotion, le modèle possible d’un hiérarchique supérieur est rapidement
détrôné dès qu’il et rejoint.
Selon ERIKSON E.H., le sentiment d’identité « c’est un sentiment subjectif et tonique d’une
unité personnelle et d’une continuité temporelle ».
« … l’identité du moi est la perception du fait qu’il y a une similitude avec soi-même et une
continuité jusque dans les procédés de synthèse du moi, ce qui constitue le style
d’individualité d’une personne ».
2 dimensions :
- le moi demeure fondamentalement le même à travers tous les changements de
l’existence historique (ipséïté ou sameness)
- l’expérience dynamique entre l’individu et les autres
Le Moi assure une fonction de synthèse entre les forces biologiques et les forces sociales.
« L’accès à l’identité ne se fait qu’au moment de l’adolescence quand le sujet a pu se libérer
de formes de synthèse fondées sur l’introjection primitive de l’image d’un autre, sa mère pour
le bébé, puis sur l’identification de l’enfance aux membres de la famille et aux rôles scolaires.
Avec la crise de l’adolescence, on ne se définit plus par tel ou tel aspect de l’autre, les
identifications cessent d’être dominantes car la société identifie l’individu, elle le reconnaît »
(P313)
Mais au cours de la vie adulte, d’autres crises jalonnent l’histoire
- « la difficulté à établir des rapports d’intimité avec d’autres
- problème autour de la génération montante
- pendant la vieillesse, problème de l’intégrité, de l’ordre et de la signification qui fonde
la sagesse ou le désespoir » (P 313)
12
L’accès à l’identité par le conflit (P 314)
Rôle du conflit relationnel dans la découverte de soi en société. Les occasions sociales
fournissent au sujet les moyens de vivre et de supporter des conflits dans les relations
immédiates.
Etre en groupe engendre un double sentiment :
- vouloir être relié à l’autre par l’amour,
- vouloir être séparé de l’autre ce qui entraîne angoisse de séparation.
Recherche d’équilibre entre fusion et hostilité, passage obligé vers « l’amour authentique »
selon Max PAGES. Le conflit dans la vie de groupe est la porte d’accès à la différence de soi
par rapport aux autres. « La possibilité de vivre la rencontre avec un autre sur le plan affectif,
dépend de la façon dont on peut trouver les moyens de supporter le jugement de l’autre » (P
317)
CHAPITRE IX
L’action culturelle du travail organisé (P 344)
Un cycle d’apprentissage culturel : le travail est de nos jours, l’occasion d’un façonnement
supplémentaire de la culture de chacun. (P 346)
Des normes aux valeurs (P 346) : notion de jugement de valeur comme un acte conscient qui
introduit le sens dans la relation immédiate et qui entraîne une transformation de l’activité
psychique du sujet qui passe du désir à la compréhension à la rationalité plus ou moins
symbolique ou imaginaire.
« Tôt ou tard, le jugement de valeur rencontre dans une relation quelconque le désir de l’autre
d’organiser pour lui aussi le monde en fonction de son désir » (P 347)
13
dans l’état qui favorise et entretient la position dominante, en diffusant ses propres valeurs
chez l’autre » (P 349)
CONCLUSION (P 421)
Crise d’identités collectives au travail (P 425)
14
La communication interne, un outil pour
renforcer l’esprit d’équipe
Communiquer c’est partager des savoir-faire, mais aussi et
surtout un savoir-être commun, une culture.
La formalisation n’exclut pas l’informel.
De plus en plus utilisées, les technologies de l’information
n’ont pas éliminé le papier.
15
pratique évolue donc avec le temps.
16
félicite les meilleurs éléments et, bien souvent, on y cultive une certaine ambiance festive pour souder le
groupe et relancer la motivation. Intranet : véritable outil stratégique de communication interne de
l’entreprise, il a pour but de faciliter l’accès à l’information. Suivant son métier, sa fonction, sa situation
géographique, l’utilisateur a accès ou non à certaines informations.
Sonia Blal
06-04-2009
Communication interne
Portail de la sociologie
17
s’échangent de multiples façons au fil du temps entre les acteurs d’une organisation via des
supports individuels et collectifs (formels et informels); cette mise en commun d’informations
et ce sentiment de partage permettent de travailler, dans un contexte donné, à des objectifs
communs.
Cet ensemble informationnel, qui transite par des individus et des outils (supports papier,
informatiques, etc.), doit en principe offrir à chacun la possibilité de répondre aux questions
fondamentales qui traversent toute communauté : « qui sommes-nous ? », « où allons-
nous ? », « comment avançons-nous ? », et, éventuellement « pourquoi ? ». Mais la
manière de s’adresser aux individus et de les mettre en contact les uns avec les autres, la
priorité accordée à l’humain par rapport à la technique, influent grandement sur la fluidité des
échanges, sur leur authenticité et, par voie de conséquence, sur la qualité de la communication
au sein d’un groupe de personnes.
Différentes tendances prédominent selon les époques et de leur contexte économique :
1/ quand il s’agissait surtout de produire, les responsables de la communication interne
avaient d’abord un rôle de diffusion de l’information. Outre les données opératoires, ils
devaient éveiller l’intérêt, trouver aussi à divertir (le carnet, les mots croisés, l’histoire…)
pour qu’en définitive les gens travaillent correctement ;
2/ quand il s’est agi de produire encore mieux que la concurrence, de se centrer sur la
productivité, la communication interne a dû avant tout « faire passer les messages », bien faire
comprendre la réalité rencontrée alors, de sorte de créer de la réactivité ;
3/ avec la mondialisation, les réorganisations permanentes et toutes les interactions possibles,
il s’agit désormais de gérer des relations humaines et surtout d’accompagner le changement.
La communication interne est face à des acteurs nombreux, aux logiques différentes, face à
des situations imprévisibles et parfois risquées. Il s’agit de savoir aborder la complexité,
savoir fonctionner en réseau, pouvoir instaurer le dialogue et inventer des solutions
spécifiques aux enjeux de l’organisation.
N.B. : il n’aura pas échappé au lecteur attentif que la définition complète de l’expression
“communication interne” n’existe qu’au croisement de bien d’autres qui, d'ailleurs, figurent
de façon participative dans l'abécédaire de la communication interne à l'adresse
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1/ Introduction
Sources
Sources
La communication interne de l’entreprise – DUNOD
Nicole d’ALMEDIA – Thierry LIBAERT
Approche systémique et communicationnelle des organisations – Armand COLIN
Alex MUCHIELLI
Ingénierie de projet intranet – Editions d’organisation
Frédéric CREPLET
La communication interne est une des déclinaisons de la communication d’entreprise. Elle est la
composante d’un système global d’organisation des flux d’information et des échanges.
Sa particularité réside moins dans les techniques de communication utilisées que dans la cible
visée, soit l’ensemble des salariés d’une entreprise, et dans les objectifs particuliers qui sont
poursuivis.
En entreprise plus qu’ailleurs, l’information, qui est la matière première de la décision, n’est pas
donnée mais elle est construite.
La communication d’entreprise peut être définie comme la production d’information sur le milieu
interne et externe et comme la création d’interface.
La communication d’une organisation (entreprise, administration, association) recouvre un
ensemble de structures et de procédures :
- elles lui permettent de se situer et de se positionner dans son environnement,
- elles ont pour fonction l’émission, l’écoute et l’échange de messages,
- elles visent à adapter le projet de l’organisation, ses produits ou ses procédures aux
contraintes, aux opportunités et menaces émanant de son environnement,
- elles ont pour objectif d’influencer les représentations et comportements des interlocuteurs.
Les différents champs de la communication globale* engagent une stratégie d’image et une
stratégie d’opinion. Dans le cadre de la stratégie d’ensemble de l’organisation, il s’agit de mettre
en rapport, de manière cohérente et continue, une donnée matérielle (l’information) et une donnée
immatérielle (la réputation) par le moyen d’un dialogue organisé avec les publics utiles, externes
et internes.
Des chassés croisés entre communication interne et autres formes de communication se
développent.
BORDEAUX Conseil – 2004 – La communication interne de l’entreprise [Link]
19
On parle aujourd’hui de « Capital communication », ce qui renvoie aux dépenses de
communication conçues comme des investissements et à une valeur d’un genre nouveau (la
notoriété).
*communication globale: les différents champs de la communication globale concernent la
communication financière, le marché, la communication produits, la communication
institutionnelle, visuelle, B to B, de recrutement…
2/ L’impératif de cohérence
Les publics auxquels les entreprises s’adressent sont de moins en moins étanches : il y a entre
eux un nombre croissant d’interactions et de convergences. Un salarié est un vecteur de l’image et
de son entreprise, il est aussi un consommateur, un citoyen, voire un membre actif d’associations.
Les messages développés auprès des différents publics doivent donc être cohérents et non pas
contradictoires.
La communication engage l’entreprise en tant que système d’information et de décision dans
son milieu. Elle organise et gère les flux d’informations qui circulent à l’intérieur de
l’organisation (communication interne) ou entre l’organisation et son environnement
(communication externe). Elle concerne les échanges d’informations qui lui permettent de
fonctionner en tant que système et de se positionner dans son environnement.
L’identité d’une organisation est le système résultant de l’interaction de quatre types de
facteurs : les facteurs politiques (histoire et personnalité des dirigeants, caractéristique du pouvoir
de tutelle), structurels (type d’organisation et de répartition du pouvoir, procédures et système de
gestion retenu) et symboliques (rites, langages et symboles organisant l’équilibre interne du
groupe social). Ce dernier point renvoie à un imaginaire organisationnel qui permet au salarié de
se situer et s’engager.
Il s’agit là d’un des moteurs de la motivation et de l’implication de soi. L’identité d’une
organisation permet de distinguer cette organisation par rapport à d’autres, elle permet aux publics
internes et externes d’avoir une vision globale de l’entreprise et de la comprendre comme une
unité.
La cohérence communicationnelle suppose dans chaque entreprise un choix d’organisation et de
structures. La structure accompagne la stratégie et non l’inverse, elle est un moyen créé et mis au
service de la stratégie.
BORDEAUX Conseil – 2004 – La communication interne de l’entreprise [Link]
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3/ Les circuits de communication interne
La mise au point d’un système permanent, ouvert et rapide de circulation de l’information dans
l’entreprise, est devenue un enjeu important d’efficacité.
Le circuit hiérarchique : la ligne hiérarchique véhicule naturellement et nécessairement des
informations. Son existence est une nécessité organisationnelle qui commande le bon
fonctionnement et l’efficacité de l’entreprise.
Le circuit des instances représentatives : les instances représentatives ont une existence régie
par la loi. Leur mission de représentation compte un volet important en matière de communication
: droit de recevoir des informations de la part de la direction et droit de transmettre des
informations au personnel. Il existe donc un dispositif d’information légal, initié par le législateur,
qu’il convient de respecter.
Le circuit de la communication interne. Ce troisième circuit est organisé par la direction de
l’entreprise et destiné à toucher de larges publics internes. Au delà des distances hiérarchiques,
fonctionnelles ou géographiques, il s’agit d’irriguer le corps social de l’entreprise par un ensemble
d’informations. Ses caractéristiques sont étroitement liés à la taille et la complexité de
l’entreprise.
4/ Les objectifs de la communication interne
L’objectif global de la communication interne consiste à gérer de manière optimale le couple
demande/offre d’informations dans l’organisation.
Au service du projet d’entreprise : la communication interne accompagne le projet socio-
économique de l’entreprise dont elle présente les objectifs et les modalités. La communication
dans l’entreprise repose sur les projets concrets découlant d’objectifs réels. Ceux-ci sont tirés des
orientations stratégiques et des engagements budgétaires. La démarche de projet est acte de
communication, il devient insensiblement principe d’organisation.
Accompagner le management : L’imbrication de la communication et du management résulte
de la pratique quotidienne des relations organisées aux différents niveaux hiérarchiques entre les
différentes équipes de travail. Les organisations modernes dites cellulaires ou en réseau reposent
sur la réduction de la ligne hiérarchique et sur le travail de projets transversaux. Elles sont
irriguées par la communication : multiplication des échanges, réunions de travail collectif et
communication inter métiers. Information et communication sont aujourd’hui des compétences
exigées de tout cadre quelque soit son métier ou son secteur d’activité. Pour mener à bien sa
mission, l’encadrement doit être bien informé par la direction et aidé dans son rôle communicant.
BORDEAUX Conseil – 2004 – La communication interne de l’entreprise [Link]
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Relier et informer : le troisième grand objectif de la communication interne est de mettre en
commun un langage, une culture, un ensemble de valeurs afin de développer une appartenance à
l’entreprise. Elle créé un langage commun qui permet à chacun d’orienter et adapter son
comportement professionnel.
5/ Tenir compte des processus d’interaction
L’approche systémique des communications managériales fait ressortir que le manager est au
centre d’un système récurrent d’interactions. Cela veut dire que l’on ne peut plus considérer qu’il
est la source exclusive génératrice et inductrice de tout ce qui se passe du point de vue de la
communication.
Il participe à la construction d’un système cohérent d’échanges. Ses actions de communication
sont à la fois inductrices des communications des autres et induites par celles-ci.
6/ Stratégie et impact sur les pratiques internes de l’entreprise
Communication interne et profits de connaissance :
Les membres de l’entreprise doivent rechercher à atteindre des profits de connaissances
générateurs de sources de différenciation.
Quels sont les facteurs à prendre en compte dans la perspective de performance et dans une
économie fondée sur la connaissance ?
Il n’est pas aisé de dégager une approche générique tant la variété des contextes peut impliquer
des différences : le secteur d’activité, la taille de ‘entreprise, le degré d’internationalisation…
Néanmoins, plusieurs critères peuvent être mis en exergue. Chacun d’entre eux influence
directement les pratiques de la firme :
Innover
Instaurer une recherche permanente de facteurs de compétitivité
Développer une culture de la performance cognitive
Identifier des signaux faibles
Irriguer l’organisation tout entière de la vision stratégique des dirigeants
Intégrer les termes de la globalisation des économies.
L’information et la connaissance sont indissociables dans les activités aussi bien des
collaborateurs que des entreprises.
Ces concepts influencent les modalités de création de valeur des entreprises et organisations. Ils
forment les fondements des stratégies et de leurs compétences fondamentales.
L’articulation de l’information et de la connaissance est un objectif stratégique pour les managers.
Elle conditionne les capacités des entreprises à évoluer, croître et innover.
Aussi, ces dimensions ont un impact sur les structures des organisations. La firme doit gérer des
problématiques nouvelles : la circulation d’information et de connaissance ; leur capitalisation ;
leur mise à jour…
Les organisations doivent privilégier la gestion de leurs actifs de connaissances par la
coordination efficace de leurs ressources et de leurs compétences.
BORDEAUX Conseil – 2004 – La communication interne de l’entreprise [Link]
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La variété des enjeux associés à l’économie fondée sur la connaissance renvoie à de nouveaux
besoins fonctionnels internes aux entreprises.
Des outils doivent répondre à ces nouvelles exigences en facilitant la réactivité et la flexibilité des
organisations et de leurs membres. Ils doivent proposer des solutions en adéquation avec les
enjeux de communication et de partage d’information et de connaissances.
BORDEAUX Conseil – 2004 – La communication interne de l’entreprise [Link]
On n’insiste jamais assez sur l’importance d’une communication interne efficace pour les
petites et moyennes entreprises. Plus vos employés seront bien informés, plus ils seront
satisfaits. Ils s’impliqueront davantage dans votre entreprise et, au bout du compte,
contribueront encore plus à sa réussite. Les entreprises qui considèrent les moyens de
communication interne comme une priorité ont de meilleures chances de recruter des
employés motivés qui se mobilisent pour aider leur employeur à atteindre ses objectifs, à
résoudre les conflits rapidement et à augmenter la productivité de la main-d’œuvre.
On peut s’attendre à ce que la communication interne entraîne plusieurs effets positifs, et
ce, indépendamment de sa qualité. En effet, elle apporte son aide dans tous les domaines
comme l’augmentation des ventes, la recherche de nouveaux clients ou la gestion des
changements dans l’entreprise (regroupement d’entreprises, réduction des effectifs ou
nouvelle direction).
Comment donc s’y prendre pour bien communiquer avec ses employés? Il existe plusieurs
outils fiables pour établir une bonne communication interne.
Publier un bulletin d’entreprise (format papier ou électronique)
Le bulletin d’entreprise est le moyen idéal pour renseigner les employés. Vous pouvez y
insérer les témoignages de vos clients, les histoires de réussite de vos employés et les
dernières nouvelles sur l’entreprise, ses événements et ses stratégies. Essayez de faire
participer autant d’employés que possible à la rédaction du bulletin, et pas seulement les
cadres de l’entreprise. Le bulletin ne doit pas donner l’impression d’être un outil de
propagande de la direction. D’une manière générale, son contenu exprime la volonté
démocratique du personnel et ne devrait pas créer de relations antagonistes.
Créer un site intranet
La création d'un site intranet permet de communiquer en ligne de l'information importante
et de la mettre à jour régulièrement. Cet outil coûte cher et convient mieux aux entreprises
qui possèdent au moins 30 employés ou dont les employés sont dispersés
géographiquement. Un site intranet peut servir à fournir, par exemple, de l'information
relative aux modifications apportées aux processus qui sont utilisés par tous les employés.
Rappelez-vous que c'est un outil passif: les employés ont besoin d'y accéder pour pouvoir
l'utiliser. Il ne remplace pas les bulletins électroniques, les courriels ni les blogues, qui
sont des moyens de communication peu coûteux pour communiquer des informations en
temps voulu.
Communiquer en petits groupes
La communication individuelle est toujours la méthode la plus efficace pour approcher les
employés. Les réunions en petits groupes favorisent la création de liens étroits et les
employés s'y sentent à l'aise pour exprimer leurs pensées. Établissez un ordre du jour
précis, mais accordez toujours du temps aux participants pour aborder des questions
particulières au cours de ces réunions.
Installer une boîte à suggestions
Les boîtes à suggestions permettent aux employés d'exprimer leurs préoccupations et de
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soulever des questions de façon anonyme. Même si vos employés sont peu nombreux, une
boîte à suggestions garantit la confidentialité, ce qui est souvent rassurant par rapport au
problème soulevé ou au cadre de travail.
Apposer des affiches
Les affiches sont un excellent moyen de communication interne parce que vous pouvez
les apposer là même où elles attireront l’attention dans un bureau, une usine ou un lieu
précis (cafétéria ou salles de réunion). Elles sont particulièrement utiles si vous voulez
faire de l’effet et apporter un plus à une annonce. Assurez-vous d'y inclure les
coordonnées d'une personne-ressource qui pourrait apporter des renseignements
supplémentaires. De préférence, un autre outil (un bulletin détaillé par exemple) devrait
suivre la sortie de l'affiche.
Se doter d’un outil de communication pour les périodes de crise
Mettez en place un outil qui vous aidera à informer en cas d’urgence ou à expliquer les
priorités stratégiques. Vous pourriez envisager d’organiser une conférence téléphonique si
vos équipes sont disséminées.
Informer les nouveaux employés
Les documents de référence destinés aux nouvelles recrues sont utiles, car ils permettent à
vos employés de faire de leur mieux pour aider l’entreprise.
Gérer le changement
En période de changement, les communications internes sont primordiales. Qu’il s’agisse
de faire face à une accélération de la croissance ou à une réduction des effectifs, ou
simplement de modifier la stratégie de service à la clientèle, une communication
transparente aidera les employés à comprendre la situation et à savoir ce qu'on attend
d'eux.
Voici quelques facteurs essentiels à prendre en compte pour vos communications internes:
Consacrez les ressources nécessaires à la communication des changements; il est possible que
vous ayez à augmenter votre budget de communications internes pour pouvoir aborder des problèmes
majeurs.
Soyez franc avec vos employés à propos de la situation de votre entreprise et dites leur clairement
ce qu'ils doivent faire. Vos communications doivent être brèves, mais fournir assez d'information pour
qu'ils puissent agir.
N'oubliez pas que même un changement positif peut avoir des répercussions négatives si
l'information n'est pas transmise de façon adéquate aux employés.
Ne cachez pas de l'information à vos employés, car vous pourriez causer de l'anxiété, éveiller la
suspicion ou créer un conflit. Veillez à ce qu’ils soient au courant des changements qui touchent votre
entreprise avant que les médias en soient informés.
Si votre entreprise est assez grande, songez à communiquer les changements à vos cadres avant
de transmettre l'information aux autres employés. Les cadres peuvent certainement vous aider à faire
passer le message.
Communiquez de façon régulière avec votre personnel afin de créer un climat de stabilité.
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D’après Jean-René Halde, président et chef de la direction de la BDC, il est plus que
jamais essentiel en période de crise économique de développer la capacité de leadership
dans son entreprise. «Les gens sont à la base de toutes nos réalisations. Nous misons sur
des personnes, non sur des stratégies ou des systèmes», insiste-t-il.
Faire toujours mieux
Selon M. Halde, le taux élevé de faillite des petites entreprises au Canada s’explique
souvent par des carences en leadership dans des domaines clés tels que la gestion des
ressources humaines, la planification stratégique et les compétences générales comme les
communications avec les employés. «C’est tout particulièrement le cas dans un contexte
commercial de mondialisation, où les enjeux ont considérablement évolué. Il est beaucoup
plus difficile d'être un entrepreneur de nos jours qu'il y a 5 ou 10 ans. La manière dont
nous faisions des affaires par le passé n'est en aucune façon une garantie de succès futur.
Le leadership est l’élément moteur des pratiques exemplaires, de l'innovation et de la
productivité. Il n'est pas étonnant de constater qu'il existe une forte corrélation entre le
développement du leadership et les résultats des entreprises», ajoute-t-il.
Que vous soyez à la tête d'une petite entreprise (au nombre restreint de gestionnaires) ou
d'une entreprise de taille, vous pouvez sans doute profiter de l'application de pratiques
exemplaires en leadership. Bien qu'il n'existe pas de recette miracle pour connaître le
succès, le président et chef de la direction de la BDC propose les conseils pratiques
suivants.
«Un leader animé d'une vision s'assure que les gens comprennent bien la direction que
prend l'entreprise et ce qui est attendu d'eux. Votre rôle est d'être une personne d'influence
qui motive ses troupes et affiche un naturel positif. Vous voulez que vos employés soient
enthousiastes et soutiennent vos buts. Si, par exemple, vous devez améliorer votre service
à la clientèle, vous devez fixer des objectifs clairs et mobiliser votre personnel pour les
atteindre. Il vous faudra peut-être organiser des rencontres individuelles systématiques
avec les membres de votre équipe pour suivre l'évolution des progrès accomplis»,
explique-t-il.
Connaître ses forces et ses faiblesses
Un bon leader doit aussi savoir où sont les failles d’une entreprise. «Assurez-vous de bien
connaître vos atouts, vos points faibles et vos lacunes. Une fois que vous en aurez pris
conscience, vous pourrez mieux vous concentrer sur ce que vous faites le mieux, tout en
sachant parfaitement les domaines où vous aurez probablement besoin d'aide», déclare M.
Halde. Par exemple, vous pourriez renforcer un point faible dans vos compétences par
l'embauche d'un consultant externe.
«Vous ne pouvez pas tout faire par vous-même. L'incapacité à déléguer représente
probablement un des plus grands défis pour bon nombre d'entrepreneurs, qui pratiquent
souvent la microgestion», insiste M. Halde. Ce dernier encourage les entrepreneurs à
reconnaître les forces des autres membres de leur équipe et à en tirer profit. «Il est
important d'apprendre à vous entourer d'un personnel compétent. Par la délégation, vous
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perfectionnez aussi vos employés, ce qui est essentiel à la stabilité à long terme de votre
organisation, particulièrement en période d'instabilité économique. Les gens se montrent
généralement à la hauteur des défis à relever.»
«La formation au leadership est également importante pour faire en sorte que les
employés possèdent les compétences nécessaires à la progression de votre entreprise,
surtout en période difficile », indique M. Halde. Vos employés n'ont peut-être pas les
compétences adéquates en résolution de problèmes pour aider votre entreprise à surmonter
des défis fréquents tels qu'une inefficacité opérationnelle et une faible productivité. «Les
programmes traditionnels de formation théorique peuvent ne pas motiver le personnel. De
nos jours, il vaut mieux, par exemple, que les gestionnaires expérimentés forment les
membres de l’équipe et leur transmettent leurs connaissances. Il est également possible de
recourir à une aide extérieure», renchérit-il.
Faire preuve de transparence
De bonnes compétences en communication sont également indispensables pour que les
leaders donnent de bons résultats. «La première étape consiste à être totalement
transparent avec les employés et à leur transmettre avec exactitude où l'entreprise se situe
et leur rôle», conseille M. Halde. «Soyez vous-même et ne vous cachez pas derrière un
masque. Les gens sauront si vous êtes sincère ou non. Vos employés ont besoin de toute
l'information qu’il est possible de leur donner pour vous aider à atteindre les buts de votre
entreprise. Ne pas diffuser l’information ne peut que vous causer des ennuis en cours de
route», ajoute-t-il.
«Le leadership n'est pas un concours de popularité. Votre but est d'être respecté, pas d'être
craint. Vous devez montrer que vous êtes juste dans vos transactions, compétent et bon
comme coach», insiste M. Halde. Les leaders solides doivent aussi être capables de
prendre des décisions difficiles et de mettre l'accent sur les résultats. «N'ayez pas peur de
jouer cartes sur table et d’affronter directement mais avec tact les conflits et les défis. Au
final, les gens vous respecteront davantage en raison de votre transparence.»
Récompenser le personnel
Autre excellente stratégie en matière de leadership: traitez les autres comme vous
aimeriez qu’ils vous traitent. «Remerciez toujours ceux qui ont fait du bon travail. Force
est de constater que ce simple geste augmente la performance», précise M. Halde. En plus
des avantages évidents comme la rémunération et les primes, les gens ont réellement
besoin de rétroactions honnêtes. «Lorsque vous demandez aux employés de ne ménager
aucun effort, en particulier en période difficile, montrez que vous appréciez le travail bien
fait, ce qui contribuera par ailleurs à les fidéliser», renchérit-il.
Dernier conseil pour un leadership efficace: «Le réseautage d'affaires est le meilleur ami
d'un leader, surtout pour les petites et moyennes entreprises», estime M. Halde. «Les
petites entreprises ont souvent besoin de créer des liens avec d'autres entreprises,
notamment pour partager leurs expériences et apprendre les uns des autres.» Les leaders
efficaces savent comment établir des liens et bâtir des partenariats et des alliances
bénéfiques. «Le réseautage est aussi une façon de rester au fait des tendances et de
maintenir votre visibilité sur un marché extrêmement concurrentiel. Dans le contexte
mondial d'aujourd'hui, personne ne peut y arriver seul!», conclut M. Halde.
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Lorsque Jason Neale a démarré son entreprise à partir
de chez lui, il y a 4 ans, il ignorait qu'OmniGlobe Networks se développerait aussi vite.
L'entreprise montréalaise compte maintenant 75 employés. Elle offre des solutions d'accès
internet haut débit et de communications cellulaires abordables en zones rurales et
éloignées, et poursuit sa progression à l'échelle mondiale.
Comme beaucoup d'entrepreneurs, Jason Neale a dû faire face aux défis qu'entraîne la
transformation d'une petite entreprise en une plus grande.
«Il ne s'agit pas simplement de modifier les processus. Nous avons bâti une entreprise qui
valorise les stratégies de recrutement innovatrices, la communication ouverte et la gestion
du temps», dit M. Neale, dont la société a été nommée l'an dernier «entreprise de TIC
ayant enregistré la croissance la plus rapide au Canada» (palmarès de Branham).
Toutes les entreprises ne sont pas aussi douées qu'OmniGlobe pour gérer la croissance.
Beaucoup de petites entreprises échouent, principalement parce que leur propriétaire
essaie de jouer les hommes-orchestres, mais finit toujours par ne plus savoir où donner de
la tête à mesure que l'entreprise se développe. Les entrepreneurs doivent renforcer leurs
compétences en même temps que celles de leur entreprise, ce qui comprend
l'apprentissage de la gestion efficace du temps, de la délégation des pouvoirs et de
l'intégration des compétences requises.
Rony Israel, associé, BDC Consultation, souligne que la difficulté à recruter les bonnes
personnes est l'un des problèmes les plus fréquents qui se posent pour les propriétaires
d'entreprise en plein essor. «Soit les employés en place ne sont pas assez nombreux, soit
ils n'ont pas les compétences voulues pour combler les nouveaux besoins, soit ils n'ont pas
accès aux programmes de formation nécessaires.» M. Israel fait remarquer qu'une
entreprise en croissance doit mettre en place des mesures incitatives pour attirer des
candidats talentueux dans un marché de l'emploi concurrentiel. Des programmes de
formation solides sont aussi indispensables pour améliorer les compétences internes.
L'une des stratégies de recrutement les plus efficaces dont OmniGlobe Networks s'est
servie pour s'attaquer aux problèmes d'embauche a consisté à nouer des relations avec les
universités locales. «Comme nous avions surtout du mal à engager des employés
qualifiés, nous avons mis beaucoup d'énergie à chercher des façons créatives d'attirer les
bons candidats. Nous entretenons d'excellents rapports avec l'Université McGill et nous
accueillons des étudiants comme stagiaires. Cette stratégie nous a permis d'accélérer notre
croissance et de former des gens qui ont par la suite été fin prêts à intégrer notre
organisation», déclare M. Neale.
Ce nouveau type de stratégie de recrutement peut faire la différence entre une entreprise
prospère et une autre qui échoue, constate Bill Guest, consultant de BDC. «La réussite
d'une entreprise dépend aujourd'hui en grande partie de sa capacité à attirer les bonnes
personnes, à bien les gérer et à les fidéliser», ajoute-t-il.
Selon M. Israel, la communication efficace constitue un autre point important pour les
entreprises. «Les gens qui gèrent de plus grandes entreprises doivent apprendre à
communiquer autrement. Ils ne peuvent se contenter de dire à chacun ce qu'il doit faire et
de donner des ordres. En tant que leaders, ils doivent apprendre à communiquer les
objectifs communs de l'entreprise avec passion et conviction. Ils doivent aussi trouver des
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façons originales de favoriser le dialogue.»
OmniGlobe utilise un moyen inhabituel de communiquer avec ses employés: elle
«tapisse» littéralement ses objectifs trimestriels sur les murs. «C'est la première chose que
vous voyez en entrant dans votre bureau. C'est tout simple, mais tout le monde est ainsi au
courant de l'orientation de l'entreprise», lance M. Neale.
M. Israel estime que les leaders qui se sentent dépassés par la croissance de leur entreprise
devraient se fixer une autre priorité majeure: mieux gérer leur emploi du temps. «L'enjeu
principal est la délégation. Une erreur très répandue est d'embaucher quelqu'un pour
accomplir une tâche en oubliant de lui confier les pouvoirs décisionnels nécessaires.»
«En règle générale, un propriétaire d'entreprise est interrompu toutes les 10 minutes pour
régler des problèmes. À mesure que votre entreprise se développe, vous devez vous
montrer plus sélectif et déterminer vos champs et moyens d'intervention. Vous devez
apprendre à vous retirer en disant: «Cette question est de votre ressort. Quand vous y
aurez réfléchi, faites-moi part des solutions possibles. Je les examinerai avec vous et je
choisirai la plus appropriée», ajoute M. Israel.
Mary Karamanos, première vice-présidente, Ressources humaines à BDC, abonde dans le
même sens. «En tant qu'entrepreneur, vous devez accepter le fait de ne pas pouvoir tout
faire par vous-même», insiste-t-elle. Elle ajoute d'ailleurs que les entreprises en expansion
ne devraient pas hésiter une seule seconde à faire appel aux services de consultants
externes dans des domaines aussi stratégiques que l'évaluation des RH, la gestion du
rendement, la motivation et la formation du personnel, ainsi que la communication
efficace avec les employés.
Pour remédier aux problèmes de gestion du temps, M. Neale a choisi entre autres de
réduire au minimum le temps consacré aux réunions. «Nous sommes très stricts sur ce
point. Par exemple, le lundi matin, la réunion des gestionnaires dure une demi-heure, pas
une minute de plus. Les gens qui ramènent la durée de leurs réunions à moins de 30
minutes reçoivent même une récompense symbolique. Cela fait partie de la culture de
notre entreprise.»
La ponctualité aide en général à maintenir l'orientation d'une entreprise et permet de
respecter l'emploi du temps des collègues.
M. Israel est d'avis que les leaders doivent cesser de réparer les pots cassés au quotidien et
gérer plutôt les objectifs globaux de l'entreprise. «Pour diriger une entreprise aujourd'hui,
vous devez être capable de vous retirer des opérations quotidiennes et vous employer
davantage à aider les gens à atteindre les objectifs communs.»
Il n'est pas étonnant, croit M. Israel, que «l'écoute et la capacité de guider les gens et de
gagner la confiance des collègues de travail» figurent parmi les principales compétences
qu'un leader doit posséder de nos jours. «La tâche d'un leader consiste à bâtir une culture
axée sur la collaboration, au cœur de laquelle on retrouve le travail d'équipe et la
résolution des problèmes.»
La souplesse – alliée à une culture de la discipline – est un autre atout que les entreprises
en pleine croissance devraient posséder, ce qui se traduit souvent par une offre de
récompenses non pécuniaires aux employés (comme du temps libre, des heures flexibles,
voire la possibilité de travailler de la maison) plutôt que des primes, des options d'achat
d'actions ou des régimes d'intéressement.
La philosophie de leadership de M. Neale rejoint celle de M. Israel.
«Notre ascension fulgurante, en si peu de temps, au rang des entreprises de technologie
canadiennes les plus prometteuses ne s'est pas faite sans difficulté. Mais nous avons
finalement appris à les surmonter.»
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Perspectives BDC: Gérer la diversité générationnelle au sein de votre
entreprise
La population active canadienne est plus diversifiée qu'elle ne l'a jamais été. En plus de
compter des gens de race, de religion et de sexe différents au sein de leur effectif, la
plupart des entreprises emploient maintenant des travailleurs qui appartiennent jusqu'à
quatre générations très différentes. Les entreprises devraient profiter au maximum de cette
diversité.
«La diversité générationnelle peut constituer un avantage, indique Mary Karamanos,
première vice-présidente, Ressources humaines, à BDC. Or, dans le monde des affaires
concurrentiel d'aujourd'hui, chaque avantage aide une entreprise à accroître son avance sur
la concurrence.»
Transition démographique
La génération des baby-boomers — qui sont nés entre 1946 et 1964 et qui ont dominé le
marché de la main-d'œuvre pendant des années — s'apprête maintenant à prendre sa
retraite. Selon Statistique Canada, quelque 7,5 millions de travailleurs devraient partir à la
retraite au cours des prochaines années. À mesure que les baby-boomers quittent le
marché du travail, ils sont remplacés par les membres des générations X et Y. Chacune de
ces 3 générations a une façon bien à elle de voir les notions de base comme le travail, les
aspirations et les objectifs professionnels, les valeurs, l'autorité et les relations.
Savoir exploiter les forces
Même si certains experts estiment que les différences générationnelles pourraient
éventuellement poser des problèmes, Mary Karamanos croit qu'il est plus profitable de les
envisager comme des sources de synergie potentielles. Pour tirer le meilleur de tous vos
employés, vous devez avant tout comprendre ce qui les motive. En dégageant les forces
propres à chaque génération, vous serez en mesure d'établir un plan pour obtenir un
rendement optimal au quotidien, réduire au minimum les difficultés lorsque des
changements sont apportés au sein de votre entreprise et aider les employés plus
expérimentés à passer plus facilement le flambeau aux plus jeunes.
Après avoir cerné les contributions que chaque génération peut apporter en milieu de
travail, vous devriez être plus à même de motiver votre effectif de manière à maximiser
votre succès. Voici quelques conseils pour vous aider à tirer profit des synergies entre les
baby-boomers et les membres des générations X et Y:
Favorisez un environnement où règne une communication ouverte et honnête
Encouragez un style de leadership qui s'adapte aux besoins, à l'expérience et à la maturité des
personnes dans différentes situations
Favorisez une culture ouverte, qui se montre tolérante à l'égard notamment des différences
générationnelles
Assurez-vous que les attentes sont claires pour tous
Formez des équipes de travail complémentaires, intégrées et multigénérationnelles (réunir des gens
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qui ont des objectifs et des approches semblables)
Encouragez le mentorat
N'oubliez jamais que derrière chaque employé se cache une personne tout à fait unique
Par exemple, les baby-boomers en tant que groupe possèdent, en général, une éthique du
travail marquée. Ils ont aussi travaillé de longues heures des années durant et accumulé
ainsi des connaissances vitales. Vous pouvez tirer parti de cette mine de connaissances en
faisant travailler côte à côte les baby-boomers et les membres des générations X et Y pour
que ces derniers puissent s'inspirer de l'expérience en affaires des premiers et acquérir le
genre de savoir qu'on ne trouve pas dans les manuels de formation. Les baby-boomers
sont avantageusement placés pour fournir de la rétroaction aux plus jeunes générations et
encourager et récompenser leurs efforts.
De manière similaire, les membres de la génération X peuvent faire preuve d'une grande
capacité à apprendre rapidement et à gérer efficacement leur temps. Ils peuvent en faire
bénéficier leurs collègues de la génération Y pour les aider à devenir plus autosuffisants et
plus indépendants dans l'accomplissement de leur travail.
Les membres de la génération Y sont, pour leur part, ceux qui maîtrisent le mieux la
technologie. L'entreprise peut se servir de leur facilité à s'adapter aux technologies les plus
récentes pour se tenir au courant des derniers progrès. Les autres générations peuvent
compter sur eux pour mener de nouvelles initiatives pouvant maintenir la compétitivité de
l'entreprise.
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Ainsi, des médecins d'un hôpital de Norfolk ont demandé à accéder à Youtube pour consulter
des vidéos médicales et à Facebook pour effectuer le suivi des commentaires des patients. De
plus, quelques employés ont déjà commencé à utiliser ces services (avec ou sans l'implication
des équipes informatiques) pour communiquer avec des médecins... et partager des
informations médicales.
Force est de constater (au moins outre atlantique) que les réseaux sociaux et le microblogging
changent la façon dont les gens communiquent et commencent à imprégner le monde de
l'entreprise, avec ou sans le contrôle ni même la connaissance du service informatique.
En effet, dans un sondage réalisé en Avril, auprès de 2 000 employés et dirigeants aux Etats-
Unis, 23% des dirigeants déclarent que leur société utilise déjà les réseaux sociaux
comme outil de communication interne. Un tiers des personnes interrogées utilisent les
réseaux sociaux pour gérer et développer leur marque et 22% des dirigeants ont déclaré qu'ils
aimeraient utiliser de tels outils dans leur entreprise sans pour autant avoir encore trouvé le
moyen de le faire.
S'il est naturel que les individus se tournent vers ce qu'ils connaissent déjà quand il s'agit de
communiquer avec des collègues et des clients, les sites publics de réseaux sociaux et
microblogging n'ont pas les contrôles de sécurité dont les organisations ont besoin. Ainsi, que
se passerait-il si une infirmière venait à devenir "amie" avec un patient sur Facebook et
commençait à lui prodiguer des conseils médicaux à l'extérieur du cadre légal de l'hôpital?
De plus, pour de nombreux experts, faire "autre chose que du support à la clientèle ou à la
commercialisation sur un réseau social public est risqué en terme de rétention des
données".
Même si l'utilisation des réseaux sociaux en entreprise en est à ses balbutiements, cette
tendance est intégrée dès maintenant dans les réflexions des équipes informatiques des
entreprises. Il ne serait pas étonnant que, poussées par les utilisateurs, les fonctionnalités
offertes par les réseaux sociaux soient intégrées avec les outils de collaboration sur des
documents que les entreprises utilisent déjà. Mieux vaut donc anticiper!
Blog Sécurité de Orange Business Services
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