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Histoire de l'UDPS et ses fondateurs

Le document décrit la création du parti politique UDPS en République démocratique du Congo. Un groupe de parlementaires a signé un document dénonçant la dictature de Mobutu au début des années 1980. Suite à cela, ils ont fondé l'UDPS en 1982 pour lutter pour la démocratie. Beaucoup de fondateurs ont été arrêtés et emprisonnés.

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Histoire de l'UDPS et ses fondateurs

Le document décrit la création du parti politique UDPS en République démocratique du Congo. Un groupe de parlementaires a signé un document dénonçant la dictature de Mobutu au début des années 1980. Suite à cela, ils ont fondé l'UDPS en 1982 pour lutter pour la démocratie. Beaucoup de fondateurs ont été arrêtés et emprisonnés.

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Vérité UDPS

Par François Lusanga Ngiele

Je m’appelle François Lusanga


Ngiele. Je suis de nationalité
congolaise et originaire de la province
du Kasaï Oriental. Je suis membre du
Groupe des Treize Parlementaires qui
avaient défié Mobutu en dénonçant
son régime dictatorial exigeant
l’instauration de la démocratie dans
un document historique de 52 pages.
C’était au début des années 80. Le
document de 52 pages fut initié par les
Honorables parlementaires Joseph
Ngalula Mpandadjila, Protais Lumbu
Maloba et moi même. Notre noyau de
trois personnes se réunissait dans une
menuiserie située sur l’Avenue du
Commerce à Kinshasa-Gombe et
appartenant à Monsieur Joseph
Ngalula Mpandandjila. Apres la
finalisation de ce document, nous
avions contacté un nombre bien
sélectionné de nos collègues
parlementaires qui étaient susceptibles
de soutenir cette action politique par
leurs signatures. Parmi les collègues parlementaires contactés quelques uns avaient
refusé par peur de répression. Mais il y avait eu de vaillants collègues qui avaient
courageusement signé là le document historique de 52 pages. Ce fut le cas des
Messieurs Etienne Tshisekedi et Anaclet Makanda invités par Joseph Ngalula pour
joindre notre action parlementaire et qui signèrent le document en ma présence.
Malheureusement, notre document fut saisi par la dictature au moment où le nombre
de signataires avait atteint 13. Ce nombre de signataires du document aurait pu
sûrement être plus important n’eut été la saisie du document par les services de
sécurité de Mobutu. Malgré la saisie du document et les intimidations, notre action
politique du Groupe des treize obtint le soutien de beaucoup de nos compatriotes. Plus
encore, il bénéficia du précieux soutien d’une haute personnalité du pays, membre du
bureau politique et élu du Katanga en la personne de Monsieur Frédéric Kibassa
Maliba. Par la suite d’autres personnalités joindront notre groupe politique.

Le groupe politique ainsi constitué tenta en vain d’obtenir une audience auprès du
Président Mobutu afin de lui exposer les préoccupations exprimées dans le document
de 52 pages. Tirant les conséquences de la mauvaise foi du dictateur Mobutu, nous
avions pris la décision de créer notre parti politique dénommée l’Union pour la
Démocratie et le Progrès Social, en sigle UDPS, en date du 15 Février 1982.
L’événement eut lieu à la résidence de Monsieur Joseph Ngalula sise Av. des Oiseaux
à Ma Campagne, Kin-Ngaliema. Ce jour là, le professeur Dikonda wa Lumanisha
faisait office de secrétaire de circonstance.
2

Nous avions créé l’UDPS pour lutter contre la dictature et instaurer la démocratie et un
état de droit afin de promouvoir le progrès social de notre peuple. Le solidarisme est la
doctrine de l’UDPS. Selon les prescrits des statuts de l’UDPS, le Collège des
Fondateurs est l’organe suprême du parti avant la tenue du Congrès. En tant que tel, le
Collège des Fondateurs est la seule source d’émanation du pouvoir. C’est à ce titre que
dès la création du parti, le Collège des Fondateurs avait décidé à l’unanimité par un
vote démocratique de confier les fonctions de la direction du parti aux personnalités ci-
après :
-Président National : Le Fondateur Frédéric Kibassa Maliba ;
-1er Vice-President : Le Fondateur Joseph Ngalula Mpandandjila ;
- 2ieme Vice-President : Le Fondateur Marcel Lihau Ebua ;
- 3ieme Vice-President : Le Fondateur Vincent Mbwankiem Niaroliem.

Par la même occasion, le Collège des Fondateurs avait mis en place une sorte de
gouvernement dont les membres avaient les titres de secrétaires nationaux. Au nombre
des membres de ce gouvernement du parti figurait aussi les personnalités ci-après :
1.- Secrétaire national à l’organisation: Le Fondateur Etienne Tshisekedi wa Mulumba
2.- Secrétaire national aux finances & budget : Le Fondateur François Lusanga Ngiele
3.- Secrétaire national à la Justice : Le Fondateur Lumbu Maloba Ndiba
4..-Secrétaire national à la jeunesse : Le Fondateur Isidore Kanana
5.- Secrétaire national aux relations extérieures : Le Fondateur Anaclet Makanda
Mpinga.

Apres avoir créé le parti, il fallait l’annoncer au public. Le Président National Frédéric
Kibassa Maliba et le Fondateur Protais Lumbu Maloba prirent l’avion pour
Lubumbashi où les Fondateur Gabriel Kyungu wa Kumwanza et François Lusanga
Ngiele (moi-même) les avions précédés. La sortie officielle de notre parti eut lieu dans
la capitale cuprifère, Lubumbashi, la base électorale de notre président national. Au
cours d’une série de meetings populaires, le Président National Frédéric Kibassa
Maliba annonça à la population et à la face du monde la création de l’Union pour la
Démocratie et le Progrès Social. Au temps fort du pouvoir dictatorial de Mobutu, cet
incroyable événement surprit tout le monde. Les services de sécurité de Mobutu furent
pris de court de voir un membre élu du Bureau Politique du MPR vilipender Mobutu et
son pouvoir en annonçant la création de l’UDPS. Pendant ce temps, les collègues
Fondateurs Joseph Ngalula, Anaclet Makanda, Etienne Tshisekedi, Professeur
Dikonda wa Lumanisha exécutèrent la mission de transmettre à Mobutu la lettre
d’information de notre l’UDPS, lettre que nous avions tous signée auparavant. Au
Katanga, l’adhésion populaire à notre parti fut massive et instantanée. Dépassés par
l’événement, les services de sécurité qui n’y comprenaient rien devaient attendre les
instructions de Kinshasa pour procéder à l’arrestation des Fondateurs et de toutes les
personnes qui avaient participé dans notre action politique au Katanga. Apres avoir été
incarcérés dans les geôles des services de sécurité de Lubumbashi, nous étions
acheminés à Kinshasa. Nos collègues Fondateurs restés à Kinshasa dont Joseph
Ngalula, Anaclet Makanda et Tshisekedi étaient venus à l’aéroport de Ndjili pour
accueillir leurs collègues ainsi que les nouveaux adhérents au parti arrêtés à
Lubumbashi. Cependant, ils ne furent pas autorisés à accéder au tarmac. Cet acte
audacieux leur coûtera l’arrestation plus tard. Notre groupe des arrêtés de Lubumbashi
passa plusieurs semaines dans les geôles de sécurité de Kinshasa. Dès le lendemain de
notre transfert à Kinshasa, le Fondateur Tshisekedi et un certain Faustin Birindwa qui
fut son ami furent arrêtés et amenés là ou nous étions incarcérés. Dans les cachots des
3

services de sécurité nous nous étions attelés à prêcher de l’idéal de notre démarche
politique. Cette méthode de prédication eut des effets positifs. Le pouvoir prit peur et
décida de transférer tout notre groupe dans un seul pavillon de la Prison Centrale de
Makala. Ce transfert eut lieu après trois semaines de détention aux cachots.

C’est là-bas à Makala que les collègues Ngalula, Makanda, et consorts nous
rejoignirent. Nous étions tous au pavillon 8. Un détail important à signaler est
l’arrestation de Monsieur Faustin Birindwa qui se trouvait à la résidence de Tshisekedi
où il s’était rendu pour s’enquérir des nouvelles sur le nouveau parti qui venait d’être
crée le lendemain de notre transfert (en tant que prisonniers politiques) de Lubumbashi
a Kinshasa. Quand les services de sécurité surgirent pour arrêter Tshisekedi et tous
ceux qui étaient présents, Monsieur Faustin Birindwa tenta de fuir en escaladant le
mur. Malheureusement, il fut saisi.

Les nuits passées au pavillon 8 de la Prison Centrale de Makala s’étaient transformées


en véritables réunions. Le pavillon était devenu le quartier général du parti où se
montaient toutes les stratégies. Quelques temps après notre arrivée Makala, un grand
nombre de cadres du parti arrêtés à Lubumbashi furent amenés au même à pavillon 8.
La présence de nombreux intellectuels tels venant de Lubumbashi parmi lesquels se
trouvaient Leopold Sambwe, Professeur Kasongo Numbi, Maman Meta Mudiayi,
Kabalu, Maman Julienne Mangabu et consorts contribua de beaucoup aux réflexions
sur l’avenir de notre mouvement. C’est au cours de nos discussions au pavillon 8 que
les textes du parti furent peaufinés davantage. Le pavillon 8 de la prison de Makala
aura servi de laboratoire d’idées pour la cause de notre parti. Tous ceux qui furent avec
nous là-bas pour la cause de l’UDPS eurent la qualité de Co-Fondateurs exception
faite à quelques uns qui furent adoptés plus tard comme Fondateurs pour des raisons
de géopolitique.

Notre procès politique s’ouvrit tambour battant au mois de Juin 1982 et fut connu sous
l’appellation « Procès Kibassa Maliba et Consorts. Le verdict fut rendu en date du 1er
juillet 1982 condamna les Fondateurs à 15 ans de servitude pénale avec privation des
droits civiques et politiques. Pendant des années, les Fondateurs de l’UDPS ainsi que
de nombreux cadres furent soumis à des traitements inhumains et dégradants ; ils
connurent des privations de tous ordres.

Plus tard et contre toute attente, le collègue Fondateur Tshisekedi fera une déclaration
disant qu’il venait de prendre congé de l’UDPS pour s’occuper de ses propres affaires.
C’était en présence de sa jeune sœur qui avait été amenée aux lieux de la détention du
Fondateur Tshisekedi pour le ramener à Kinshasa. Qu’est-ce qui s’était négocié pour
que notre collègue Tshisekedi fasse une si grave déclaration publique? Personne ne le
sait. Une chose est vraie ; suite à ses déclarations d’abandon du parti par Tshisekedi,
nous avions assisté à une tentative de dédoublement du parti par la naissance des
structures telle que la DPR (Direction Politique Rénovée). Etait-ce une tentative du
putsch par notre collègue qui avait feint de se désintéresser du parti? L’histoire de la
défection de notre collègue Tshisekedi est un sombre épisode du parti qui demeurera
une énigme. Mais, l’avenir nous éclairera.

Devant la situation de désordres qui commençait à s’installer au sein du parti a cause


des structures parallèles, le Fondateur Isidore Kanana et moi-même primes la
résolution de discuter avec notre collègue Etienne Tshisekedi. A trois (Tshisekedi,
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Kanana et moi-même), nous avions furtivement quitté la résidence de notre collègue


Tshisekedi en déjouant toute filature. Notre destination initiale était le Lac de ma
Vallée. Mais, comme il y avait beaucoup de gens, nous avions changé d’avis et étions
allés nous réunir à Kasangulu dans un hôtel appartenant à un certain baron Manock. Je
me rappelle qu’à cette occasion, nous avions rencontré à cet hôtel l’ancien rebelle
Gaston Soumialo avec qui nous avions eu un bref intéressant entretien. Notre
discussion avec le collègue Tshisekedi eut lieu sous un arbre dans l’arrière cour de
l’hôtel. L’objet de discussion consistait à faire revenir notre collègue sur sa décision de
prendre congé du parti et nous avions rempli cette honorable mission. Cette disparition
de Tshisekedi pendant toute une journée mit la puce à l’oreille des services de Mobutu.
Deux jours après notre entretien avec Tshisekedi, des soldats conduits par le général
Mahele entourèrent sa résidence et interdirent l’accès à toute personne étrangère. Ce
fut le début de la dernière mise en résidence surveillée de Tshisekedi sous le régime de
Mobutu. Cet état de chose demeurera jusqu’au discours du 24 avril 1990.

Malgré les prisons, relégations et mises en résidences surveillées, la structure de


gestion du parti mise en place depuis le jour de sa création restera d’application
jusqu'en avril 1990. Trois jours après le fameux discours de « Démocratisation » du 24
avril 1990 par Mobutu, le Collège des Fondateurs du parti s’était réuni à la résidence
du Fondateur Tshisekedi libéré. C’était la première rencontre officielle des dirigeants
de l’UDPS agissant librement après plusieurs années de séparation marquées par les
emprisonnements, relégations et mises en résidences surveillées. C’est au cours de
cette réunion qu’il avait été décidé par tous les fondateurs présents de la mise en place
d’une nouvelle structure provisoire dénommée Directoire National. Selon cette
formule du directoire, le Fondateur Frédéric Kibassa Maliba dirigerait le parti mais les
décisions devaient se prendre collégialement.

Apres la défection du fondateur Joseph Ngalula, les Fondateurs ressortissants du grand


Kasaï (dont je faisais partie) avaient formulé une requête tendant a obtenir que leur
collègue Fondateur Etienne Tshisekedi puisse prendre la place vacante dans la
nouvelle direction politique. C’est ainsi que le Directoire National mis en place en
1990 fut composé des Fondateurs Frédéric Kibassa Maliba, Etienne Tshisekedi wa
Mulumba, Marcel Lihau Ebua, et Vincent Mwankiem Niaroliem. Cette formule du
directoire non prévue dans les dispositions statutaires du parti fut adoptée par l’organe
suprême du parti (le Collège des Fondateurs) à titre de formule provisoire visant à
accélérer et redynamiser le travail d’implantation du parti dans tous les coins du
territoire national. Comme dit auparavant, les décisions du parti se prenaient
collégialement au niveau du directoire mais la gestion quotidienne du parti incombait
au Président Kibassa Maliba.

Il est nécessaire de dire comme dans la toute première formule du leadership mise en
place à la création du parti, les membres du nouveau Directoire représentaient les
quatre principaux espaces linguistiques nationaux à savoir le swahili, le tshiluba, le
lingala, et le kikongo. Le Fondateur Frédéric Kibassa Maliba représentait la zone
swahiliphone des provinces du Katanga, du grand Kivu (Maniema, Nord-Kivu et Sud-
Kivu, et une partie de l’actuelle province orientale) ; Le Fondateur Tshisekedi
représentait l’espace lubaphone du grand Kasai (Kasai oriental et Kasai Occidental) ;
Le Fondateur Lihau représentait l’espace lingalaphone (province de l’Equateur et une
partie des provinces de Bandundu et Orientale) et enfin Le Fondateur Mbwankiem
représentait l’espace de langue kikongo couvrant l’ancienne province de Leopldville
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qui comprend les provinces actuelles du Bas-Congo, la ville de Kinshasa et une partie
du Bandundu.

Lors des travaux préparatoires de la Conférence Nationale Souveraine, notre parti


avait abattu un travail de titan en réussissant à obtenir que le quota des participants par
parti politique ne soit pas en décas de quatre pour que tous nos membres du directoire
puissent y participer. Et la requête de l’UDPS avait prévalu.

C’est ainsi que tous les quatre membres de notre directoire national participèrent aux
travaux de la CNS. Notre parti, en tant que fille aînée de l’opposition, avait la légitime
ambition de diriger le gouvernement de transition. Le Collège des Fondateurs prit la
résolution de tout faire pour qu’un des membres du directoire prenne de manière
démocratique le poste de premier ministre de la république pendant la transition. Seul
le Fondateur Etienne Tshisekedi wa Mulumba avait donné sa candidature à ce poste.
Pour des raisons de cohésion interne, le Président Kibassa Maliba avait demandé aux
autres collègues Fondateurs de tempérer leurs ambitions pour ne soutenir que la seule
candidature de Tshisekedi.

Sous la présidence du Fondateur Frédéric Kibassa Maliba, le Collège des Fondateurs


avait voté à l’unanimité pour le soutien de la candidature du Fondateur Etienne
Tshisekedi au poste de premier ministre. Il restait à créer une dynamique au sein de la
CNS pour obtenir le soutien de la majorité des membres de la CNS. Le Président
Kibassa Maliba qui était le président de la commission politique de la CNS reçut
mission du parti de tout faire pour obtenir l’appui de la majorité des participants a la
CNS de notre candidat Premier Ministre.

Le Président Frédéric Kibassa Maliba fut au centre de toutes les stratégies tendant à
faire accréditer les ambitions légitimes de l’UDPS en tant fille aînée de l’opposition.
Une jeunesse tshisekediste fut organisée à la CNS ainsi qu’une coalition de nombreux
partis politiques furent mise à contribution grâce à la finesse politique du président
Kibassa. De nombreux délégués venus des provinces et acquis auparavant à la cause
du MPR furent amenés à changer d’avis pour soutenir les Forces Politique du
Changement démocratique en appuyant la candidature de Tshisekedi comme premier
ministre. La dynamique politique de cette époque nous conduit à des liens de
sympathie avec de nombreux partenaires politiques tels que Boboliko Lokonga,
Mbenza Ntubi, Mende Omalanga, Dr Numbi, Dr Kabamba, Joseph Olengankoy,
Jacques Matanda, etc.

Tous les membres du Collège des Fondateurs s’étaient investis dans les stratégies à
faire voter Tshisekedi au poste de premier ministre. Ils s’étaient investis dans la
campagne de soutien à Tshisekedi. Ils ne dormaient presque plus à cause du lourd
travail à opérer sur le terrain jour et nuit. La dynamique politique crée au niveau
national avait réussi à transformer de nombreux mobutistes en anti-mobutistes.
Comme fruit du grand travail abattu par notre parti et nos partenaires de l’Union
Sacrée de l’Opposition Radicale, Tshisekedi fut élu premier ministre à la CNS. Le
poste de premier ministre arraché par l’opposition radicale à la CNS était une victoire
de notre parti et de toutes les forces politiques acquises au changement. Il faut
rappeler que l’appellation Union Sacrée de l’Opposition était suggérée par le Président
National Kibassa et Monsieur Faustin Birindwa qui fut une des pièces maîtresses du
Stop (Secrétariat Technique de l’Opposition).
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Malheureusement, notre collègue Fondateur Etienne Tshisekedi wa Mulumba fut


enivré par son élection au poste de premier ministre du gouvernement de transition
issu de la CNS. Il crut qu’il était au dessus des textes régissant le parti et les règles de
jeu au niveau de l’Union Sacrée de l’Opposition. Il se fut entourer d’organisations
tribales auxquelles il prit plaisir et qui le prirent aussi en otage. Il se détourna de sa
mission de mobilisateur des forces politiques du changement (en tant que leur élu de la
CNS) contre Mobutu. Il s’investit maladroitement dans des manoeuvres sordides
tendant à diaboliser ses propres compagnons de lutte et collègues fondateurs de
l’UDPS plus principalement le Fondateur Frédéric Kibassa Maliba dont il redoutait le
charisme et le Fondateur Marcel Lihau Eboa dont nombreux conférenciers parlaient en
terme de « présidentiable ». Mon collègue et frère Tshisekedi crurent que la position
de premier ministre élu à la CNS lui conférait le pouvoir de faire et défaire les
destinées de ses collègues du parti et de l’opposition.

Parmi les structures tribales mises sur pieds par le Fondateur Etienne Tshisekedi il faut
citer le Cérépro, les Rapides, le G 8, le Cososoet, ainsi que certains organes de presse.
La montée en flèche de la popularité de nos collègues Frederic Kibassa, Marcel Lihau
et Faustin Birindwa pendant la période des travaux de la CNS semble être une des
raisons qui poussèrent notre collègue Etienne Tshisekedi à user des moyens déloyaux
pour diaboliser ses pairs. Le Fondateur Tshisekedi oublia complètement notre objectif
primordial de lutte politique qui consistait à bouter le dictateur Mobutu déhors. Il se
focalisa sur les actions de sape visant à diaboliser et à violenter ses propres collègues
qui s’étaient pourtant investis à le soutenir.

Revenant d’une grande tournée politique dans mon Kabinda natal (province du Kasai
oriental) et sentant que le démon de la division opérait dangereusement au sein du
parti, j’avais demandé au Collège des Fondateurs la tenue d’un conclave de l’UDPS
dans le but d’apaiser la situation, de clarifier la situation du leadership au sein du parti
et de baliser les voies d’avenir.

Apres 3 mois de réunions marathons, le Collège des Fondateurs finit par accepter
l’idée d’organiser le conclave du parti et me chargea de l’organiser matériellement et
financièrement en tant que chargé des finances du parti. Ce conclave fut organisé au
Centre Bondeko du 18 au 26 juillet 1994. Une des grandes résolutions de ce conclave
fut celle consistant à mettre fin à la lourdeur de gestion du parti occasionnée par la
formule du directoire en élisant de nouveau le Fondateur Frédéric Kibassa Maliba
comme Président National avec les pouvoirs spéciaux d’engager le parti à l’intérieur et
a l’extérieur du pays. Au cours du même conclave, il fut décidé de créer le poste de
Secrétaire Général. Tous les Fondateurs présents au Conclave, y compris le collègue
Etienne Tshisekedi signèrent, le document portant cette décision. A la suite des
résolutions du conclave, les statuts du parti furent révisés en tenant compte des
nouvelles résolutions et orientations décidées par l’organe suprême du parti. Le
conclave de Bondeko avait aussi décidé d’isoler Mobutu sur le plan intérieur et
extérieur. Malheureusement, il sera découvert qu’un des notre en la personne du
Fondateur Etienne Tshisekedi négociait secrètement avec Mobutu pour revenir aux
affaires sans en informer ses collègues Fondateurs ou membres du Directoire National.
Notre collègue Etienne Tshisekdi lui même reconnaîtra publiquement au cours d’un
meeting populaire tenu au parc De Boeck qu’il était en tractations avec les émissaires
7

de Mobutu qu’il qualifia de Mwana Mboka sous l’air totalement abasourdi de tous ses
collègues qui n’en revenaient pas.

Cette attitude du collègue Tshisekedi était ni plus ni moins qu’un acte de trahison dans
le but de positionnement pour le pouvoir. Nombreux des Fondateurs déplorèrent ces
démarches cavalières d’un des leurs, mais le Président Kibassa Maliba s’était investi
personnellement pour calmer les esprits. Mais malheureusement, ce ne sera pas le seul
acte de sabordage de la ligne de conduite du parti par notre collègue Tshisekedi qui
poursuivra sa logique de déstabilisation du parti. Il s’avéra que les actes du collègue
Tshisekedi visant à torpiller ses pairs Fondateurs affaiblissaient sérieusement le parti.
Je pris l’initiative d’une requête visant à obtenir une réunion extraordinaire des
Fondateurs pour discuter du comportement du collègue Etienne. Malheureusement,
mon action s’avéra vaine.

Pendant ce temps, tous les moyens étaient bons pour notre collègue Etienne Tshisekedi
souffrant d’une boulimie de pouvoir. Notre collègue Fondateur Etienne Tshisekedi
poussera son outrecuidance jusqu'à utiliser le collègue Vincent Mbwankiem pour lui
faire signer une lettre par laquelle eux deux révoquaient la majorité des Fondateurs de
l’UDPS qui n’étaient pas de son obédience. Une infime minorité de la presse nationale
tribalisée à outrance et ignorante des réalités de l’UDPS fut mise à contribution pour
soutenir les actes anti-démocratiques qui menaient inéluctablement notre parti à sa
déstabilisation.

En agissant de la sorte, le Fondateur Etienne Tshisekedi avait décidé non seulement


de violer sans scrupules les statuts du parti mais surtout de ressusciter les réflexes et
actes dictatoriaux qui rappellent l’époque révolue du MPR, parti Etat. En effet, le
collègue Etienne Tshisekedi agit comme faisait Mobutu en se considérant comme étant
l’homme organe des décisions, source du pouvoir, et l’incarnation de la légitimité au
sein de l’UDPS.

La majorité des Fondateurs historiques de l’UDPS avaient pris acte de la dissidence de


notre collègue Tshisekedi et une poignée minoritaire de quelques fondateurs dont
quelques uns ont fini par lui fausser compagnie. L’opinion doit savoir que l’UDPS est
l’œuvre de tous ses Fondateurs historiques qui ont en fait un patrimoine de tous nos
combattants. De ce fait, il est impensable qu’un individu puisse considérer ce
patrimoine commun qu’est l’UDPS comme étant un bien privé à gérer selon ses désirs
et son bon vouloir. Nous qui avions souffert dans notre chair et dans notre esprit pour
ce parti ne nous tairons pas pour faire plaisir aux caprices d’un individu qui met en
danger l’avenir de tout notre peuple investi dans l’idéal de notre parti.

Mon collègue Fondateur Tshisekedi a toujours considéré la majorité des Fondateurs


comme constituant un danger et un obstacle à sa conquête de pouvoir. Peut-il nous dire
pourquoi il n’a toujours pas le pouvoir après s’être écarté du groupe majoritaire des
Fondateurs?

Si la légalité au sein de l’UDPS continue à être bafouée par une minorité de dissidents,
les Fondateurs majoritaires ne laisseront jamais quelqu’un se faire passer pour le
Président National alors qu’il n’offre plus de garantie de crédibilité au niveau national
pour faire parvenir notre parti à la magistrature suprême. Je tiens à aviser tous les
dissidents fauteurs en eau trouble qui abusent de la bonne foi de nos nombreux
8

combattants que les Fondateurs majoritaires useront de leurs droits statutaires pour
barrer la route à tous ceux qui sapent les textes statutaires du parti en violant les règles
du jeu démocratique en son sein pour prendre le pouvoir, car nous tenons à ce que
l’UDPS soit un modèle des organisations démocratiques pour le grand bien de tous.

J’en profite aussi pour informer la base de notre parti ainsi que l’opinion générale qu’à
ma connaissance, depuis que le parti a été créé, il n’y a jamais eu aucune réunion du
Collège des Fondateurs qui a élu ou désigné mon collègue et frère Etienne Tshisekedi
en qualité de Président National. Son auto proclamation en qualité de « PN » n’est ni
plus ni moins qu’un acte d’usurpation de pouvoir. Il devrait se sentir mal à l’aise dans
cette peau de Président National qu’il s’efforce de porter. J’invite tous les Fondateurs
historiques du parti, cadres et combattants qui ont enduré pour ce parti, de se mobiliser
pour réhabiliter notre parti qui est malade. Notre UDPS est un parti national créé pour
l’instauration de la démocratie par des moyens non-violents. Le groupe de la majorité
des Fondateurs dont je fais partie ne peuvent accepter ni les dérives tribalistes ni les
actes de violence au sein du parti. L’ambition pour le pouvoir est un droit légitime
pour tout un chacun, mais l’usage des moyens déloyaux et antidémocratiques
constituent une antivaleur qui doit être extirpée.

A moins d’année des élections prévues pour le mois de juin 2005, je me fais le devoir
de lancer un appel pressant à tous les Fondateurs de l’UDPS pour s’atteler à
l’organisation du Congrès de notre parti afin d’élire le président national et notre
candidat aux élections présidentielles.

Cette lettre est une lettre de vérité qui précède une série de lettres ouvertes qui sont en
préparation et que j’adresserai à mon collègue et frère Etienne Tshisekedi pour que la
base de notre parti connaisse les réelles vérités de l’UDPS. Nos combattants et notre
peuple ont droit à la vérité.

Tenez Bon, L’UDPS Vaincra !

Fait à Hartford, Connecticut (USA), le 05 Octobre 2004

François Lusanga Ngiele

Membre du Groupe des Treize Parlementaires


& Fondateur Historique de l’UDPS

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