Institutions de la République romaine
Institutions de la République romaine
Cours 1
14/09/2017
Objet du cours :
Retracer l’évolution remarquable de Rome de -753 avant JC jusqu’au IIIe siècle après JC où Rome est
à la tête d’un vaste empire
On va voir qu’il se dégage des institutions solides, et nous verrons qu’un aspect politique se dégage
aussi
Le concept d’Etat moderne => mot du latin qui vient de status (ce qui demeure, ce qui est stable)
vient à la fin du moyen-âge, il est issu de la réflexion des juristes occidentaux
Dans ce cours nous aborderons aussi les institutions sociales, l’organisation de la société romaine
conditionne la forme de l’organisation politique, on abordera le mode de vie, les idées religieuses
Les romains ont été surnommés le peuple du droit, c’est un peuple de juristes, les grecques à
l’inverse était un peuple de philosophe
Dans l’espace d’un millénaire les juristes romains se sont adaptés et ont élaboré un droit de plus en
plus perfectionné, conçu pour s’adapter aux populations les plus diverses, Rome gère d’ailleurs
différent peuple
L’influence de ce droit romain a été énorme, il va être réétudier en occident à partir du XII ème siècle
dans les différentes universités, il va constituer à l’échelle européenne un véritable droit commun
aux différents peuples, que ce soit Français, italien ou allemand
Expression du moyen âge pour le droit romain => JUS COMMUNE (=droit commun)
Ce droit romain a constitué une sorte de matrice, il est à l’origine des systèmes juridiques européens
continentales et occidentaux, on parle de droit romano-germanique. Cependant les anglais ont
développé un autre modèle juridique, un droit « Common Law », qui sert de modèle pour les pays
anglo-saxon. En Allemagne on appliquait le droit romain antique comme droit positif
En France jusqu’au XVIIème siècle jusqu’à louis XIV on enseignait uniquement le droit romain, ce
dernier trouvait cela exagéré et donc il décide en 1679 qu’il fallait commencer à enseigner le droit
Français
Cet héritage du droit romain est essentiel dans le droit public, ce qui fait qu’il y a traditionnellement
un cours de droit romain dans les facultés de droit
Nous devons aux grecs et aux romains les notions de cité et de citoyen, ces derniers participent aux
affaires religieuses, et militaire => c’est un droit
Nous devons aussi le terme « polis », Le mot de république => Res publica
Le mot magistrat => magistere, Le mot de juge => judes, le mot loi => Lex ; mais encore La notion de
ministre, plébiscite etc ...
En France, la royauté capétienne qui termine quand louis XVI est décapité et qui se met en place en
987, s’est énormément servi du droit public romain pour renforcer l’autorité royale puisque celle-ci
était faible, le roi s’entoure de légistes (apparu sous la cour de st louis) qui sont ceux qui connaissent
les lois romaines
AU XVIII ème siècle, Montesquieu s’est intéressé à la période de la république (= Res publica), à partir
de la révolution on va parler de république Française
Napoléon prend le modèle impérial (il crée des consuls, des sénateurs etc…)
Forme d’examen : examen d’1h avec quatre questions de cours apriori il faut synthetiser le cours
dans la question
Comme disait Flaubert « il faut bien appeler un chat un chat », il faut parfois utiliser les termes latins
Ordre chronologique :
Période royale :
Royauté qui commence en -753 avant JC d’après les historiens latins jusqu’en -509
La république romaine :
Ce régime n’est pas une démocratie, nous verrons que cette république est une sorte d’oligarchie
(étymologie grecque) c’est un pouvoir détenu par très peu de personnes Oligo (=petit, peu)
cratos(=pouvoir)
Empire :
L’empire romain d’orient a duré jusqu’à la fin du Moyen-âge, avec comme capitale Constantinople
(prise en 1453 par les ottomans). Nous parlerons du haut empire romain qui à durer jusqu’en 284
Le 1er empereur est Auguste il a fondé le premier empire en -27. La notion d’empereur vient du latin
imperator, il détient l’imperium
1ère partie du cours : la période royale, ou l’émergence de Rome
L’Italie est une longue péninsule qui s’étend entre deux mers, à l’ouest elle s’étend sur la mer
tyrrhénienne et la mer adriatique à l’est
L’Italie occupe une place favorable pour jouer un grand rôle à l’époque, elle est au centre de la
méditerranée qu’elle partage en 2 bassins, bassins occidental et bassin orientale, la mer
méditerranée est là où les peuples sont les plus évolués
Quand Rome devient une puissance importante vers le II ème et III ème siècle avant JC, sa situation
géographique était parfaite pour assurer la liaison entre l’orient et l’occident, ainsi que pour assurer
la liaison entre le nord et le sud
Le relief a aussi joué un rôle important sur l’Italie, c’est une région accidentée, la chaine de montagne
des Apennins qui traverse l’Italie du nord au sud, en Grèce le relief est pareil très tourmenté
Cela a pour conséquence le morcèlement du territoire, qui à isoler pendant longtemps les
populations, cet isolement a permis une évolution importante des civilisations. Le long des côtes
s’étendent malgré tout quelques plaines qui ont permis le développement de civilisation importante
Nous nous poserons la question des origines de Rome et nous verrons sont évolution
De source antique, deux grands auteurs latins nous ont laissé leur écrit sur l’histoire de Rome (Tite-
Live) qui a écrit l’histoire de Rome en 142 livres
Et Virgile qui a écrit un poème épique qui se nomme L’Eneide qui relate les débuts de la cité romaine
Cette cité romaine apparait à une date bien précise, en -753 avant JC, à cette date il y a le premier roi
de Rome, Romulus, ce dernier trace avec une charrue les limites de la cité romaine.
1ère remarque : bien qu’évidement non vérifié la date de -753 n’en reste pas moins primordiale pour
les romains, en effet sous la Rome antique elle était le point de départ à partir duquel ils comptaient
leur années (terminus aquo)
Comme pour la naissance de Jésus Christ en occident ou encore la date de l’hégire pour les
musulmans, les grecs commencent à compter leurs années en -776 date des premiers jeux
olympiques (les olympiades)
En traçant les limites de la ville, Romulus aurait délimité un espace sacré, les inhumations étaient
interdites, les morts étaient enterrés en dehors de la ville, les activités guerrières liées à la mort
étaient proscrites (Rémus n’a pas respecté cela puisqu’il serait rentré dans ce pomerium armé)
En conséquence dès l’époque royale il est interdit au titulaire du pouvoir, d’utilisé la force militaire
au sein du pomerium pour gouverner, à l’intérieur le pouvoir est civil, c’est pourquoi il est interdit au
roi d’y faire pénétrer une armée
Pendant toute l’histoire de Rome cette règle a été globalement respecter par les rois, par les
magistrats sous la république, ou pas les empereurs dans l’époque impériale
Ces récits légendaires ne correspondent pas à une réalité historique, la cité est une donnée plus
complexe qu’un simple espace géographique donné
Pour la plupart des spécialistes la cité se définissait par ses habitants, citoyens, cette communauté
devient progressivement une réalité à la fin de la période royale vers le VI ème siècle avant JC
Pour aller plus loin, nous allons parler de 2 principaux peuples à l’origine de Rome :
- Les étrusques habitants de l’Etrurie ont eu un rôle très important au début de l’histoire romaine
- Les latins qui vivent autour de Rome dans le Latium. Les romains, sont les habitants de Rome
On parle de 2 royauté, on parle d’une royauté latine, et une royauté étrusque (qui durera 1 siècle)
Les latins sont issus d’un peuple que l’on appelle indo-européen, ils partageaient la même langue
Ces latins ne sont pas particulièrement évolués par rapport aux étrusques, au début du VIII ème
siècle et à leur voisin immédiat dans la péninsule italique, ils sont assez pauvres, ils ont des cabanes
rondes en bois, et ont une économie pastorale c’est-à-dire qui repose sur l’élevage de moutons
Ils parlent le latin, qui est donc d’origine indo européenne, ils sont organisés sous forme de village
qui ont tendance à se réunir entre eux, processus qui aurait peut-être été à l’origine de la royauté
latine
Ces latins n’ont pas créé les institutions les plus intéressantes mais ils sont à l’origine de
l’organisation sociale qui a été particulièrement durable, on peut parler de société patriarcale (=pater
père) dans le sens où l’organisation familiale et sociale est fondée sur la descendance par les mâles,
et sur le pouvoir exclusif du père de famille
Deux illustrations :
A. L’organisation gentilis
Chez les latins comme chez d’autres peuples italiens de l’époque de grandes structures familiales
dominent l’organisation sociale,
Une Gens est un regroupement de personnes, de famille, qui se considèrent comme les descendants
d’un ancêtre commun soit historique soit mythique, peu importe qu’il soit historique ou mythique, ce
qui importe est que les membres de la gens se reconnaissent réciproquement comme des
descendants de cette ancêtre
Les membres de la Gens sont identifiables, ils ont le même nom, c’est le nom gentilis
C’est le cas pour Jules césar qui se disait descendre de la gens (Julia)
Au niveau religieux la Gens, voue un double culte, adressé à une divinité supérieure, (césar vouait un
culte à apollon) et à un ancêtre de la gens
La Gens est une entité politique, à la tête de la Gens se trouve un chef qui se nomme le pater, il est
choisi par les chefs de famille qui constituent la Gens, ce sont les patres Familias
Patres familias : sont les plus âgés des mâles de leur famille
Seul le pater familias a la capacité juridique et politique, mais aussi civil, c’est le seul sujet de droit et
pas un objet de droit
Le chef de la gens, le pater est assisté de l’assemblée des patres familias, au sein de cette assemblée
il peut prendre des décisions collectives, exercée une juridiction sur n’importe quel membre, et
prononcée son exclusion
Chaque Gens a un territoire qu’elle cultive, elle vit dans un régime économie d’autarcie. Il existe une
solidarité entre tous les membres de la gens.
Par exemple ils sont tenus de racheter leur parent au sein de la même Gens qui a été fait prisonnier
de guerre, ou encore payer les amendes de leur parent
Chaque Gens obéit à des coutumes spéciales, qui ont un caractère religieux, c’est le pater qui fait
respecter cette coutume juridique
Ce droit propre à chaque Gens est très vaste puisque ce droit concerne les pouvoir du pater familias
sur les personnes qui dépendent de lui (femme, enfants), la propriété, le droit à réparation après
dommage subit etc …
Tant que cette organisation patriarcale aussi dominante, le droit de la cité, le droit public n’a pas pu
se développer
D’après un certain nombre d’historien, au cours de la période royale, certaines Gentes plus puissante
que les autres finissent par dominer l’organisation sociale et économique, se forme alors une sorte
d’aristocratie (aristoï =les meilleurs, cratos pouvoir) qui se distingue par la naissance, que l’on va
nommer à Rome le Patriciat
Le Patriciat est un mot qui désigne les chefs des Gentes les plus puissantes, étant donné que les
membres de cette élite se distinguent suivant le critère de l’hérédité
B. Le lien de clientèle
Gens importante : la Gens Fabia, elle fournit à la cité 306 soldats, des hommes adultes
Les Gentens sont entourés de personne qui affermissent leur puissance, elles sont entourées de
nombreux clients autour d’elles
La notion de clientèle est un élément fondamental pour comprendre l’organisation politique et social
de Rome pendant toute son histoire
Le client (verbe latin cluere = obéir) est une personne libre qui se place volontairement sous la
dépendance d’un membre de la Gens que l’on appelle dès lors le patron (dérivé du pater)
La relation créée entre ces 2 personnes est très durable, elle est héréditaire, ces clients sont des
personnes pauvres, certainement à l’époque royale beaucoup de petits paysans venant chercher
protection auprès d’un grand propriétaire terrien, mais ils peuvent être aussi des étrangers (pour
pouvoir résider librement)
Le cas est rare mais ils peuvent être aussi des esclaves affranchis, ils étaient obligés de dépendre d’un
patron
Le lien de clientèle est donc un contrat qui est fondée sur une notion clé du droit romain, le FIDES
(fidélité qui doit unir le client à son patron et réciproquement)
Ce contrat est un modèle d’un contrat de type synallagmatique, il comprend des obligations
réciproque entre les 2 parties
Le client doit la fidélité à son patron, il doit être respectueux et obéissant (obsecium qui donna
obséquieux en français), il lui doit une aide matérielle notamment sous forme militaire, et une aide
financière dans certains cas, quand le patron marie sa fille (dote)
Le patron quant à lui doit protection, il peut lui allouer un lopin de terre pour que le client puisse
subsister. Il doit aussi assister son client dans un procès
Qui dit contrat dit violation des obligations contractuelles, ceci est très sévèrement sanctionner, car
le lien de clientèle a un caractère sacré, le serment est prêté devant les dieux
Ce lien contractuel va durer pendant toute la période antique, il est à l’origine d’un autre contrat très
important, le contrat féodo-vassalique tel qu’il a été institué en occident au 9 ème 10ème siècle
Les clients peuvent être très nombreux par exemple pour la Gens Fabia comportait 5000 clients, ils
sont un symbole de la puissance des Gentes, les grandes familles patriciennes mettent en avant le
fait d’avoir de très nombreux clients
Certains historiens pensaient que les étrusques étaient originaires d’un vieux peuple méditerranéen
qui a évolué, pour d’autres, ils sont orientaux
Les étrusques sont un peuple qui a dominé le centre de l’Italie, l’Etrurie antique, ils connaissent leur
apogée au 7ème - 6ème siècle avant JC
Ces Étrusques veulent étendre leur territoire dans le sud de l’Italie (qui est très riche), ils vont faire la
conquête du Latium vers la fin du 7ème siècle pour relier leur territoire
D’après les historiens de Rome il y aurait eu 7 rois après Romulus dont 3 rois étrusques
Cette domination Etrusque explique le rôle fondamental des étrusques sur les débuts de l’histoire
romaine étant donné le caractère très évolué de leur civilisation, ils vont permettre le décollage de
Rome autour du 6ème siècle
Politiquement les étrusques sont réunis dans le cadre d’une confédération assez lâche entre les cités
indépendantes, dans une confédération les états conservent leur souveraineté autrement dit leur
indépendance et donc par conséquent les décisions sont prises à l’unanimité, ce système s’oppose à
la fédération => réunit des états qui ont abandonner leur souveraineté
Les étrusques vont exporter leur système politique de la cité lors de leur conquête du Latium, et ils
vont faire de Rome une cité
Ce ne sont pas les étrusques qui ont inventé ce système de cité, ils l’empruntent aux grecs, où le
système de la cité a atteint sa perfection
Pour Aristote une cité antique, la cité est une sorte de communauté et la participation commune
des citoyens à un système de gouvernement
En reprenant cette définition on peut dire qu’il existe 3 éléments constitutifs de la cité antique :
- La cité est composée par des citoyens, par des hommes qui participent à la vie de la cité qu’elle
soit politique religieuse ou militaire, ces hommes sont donc des citoyens, cela contrairement à la
royauté où le pouvoir n’appartient qu’à un seul et où les habitants du royaume ne sont que des
sujets. Dans le cas particulier des étrusques, il n’y a pas de contradiction entre le fait d’utiliser le
régime de la cité le régime monarchique, parce que le roi doit largement partager le pouvoir avec
de nombreuses personnes participant aux affaires communes
- La cité est un territoire bien défini avec des frontières, elle est constituée par une ville URBS, et
en dehors de la ville, la cité réunit un territoire rural autour de cette ville, c’est l’addition des 2, la
civilisation gréco-romaine est une civilisation urbaine, la cité se caractérise par l’exiguïté de son
territoire, la cité est habitée par un peuple bien défini (latins pour Rome). Ce qui l’oppose d’un
autre modèle politique : l’empire qui est plus vaste et qui réunit plusieurs peuples
- Elément psychologique, la volonté de la cité de s’affirmer comme une entité souveraine, elle veut
être indépendante (autonomia) sur les plans politiques, militaire ou économique, dans le cas des
étrusques, les cités étaient réunies en confédération, mais la volonté de ces cités étrusque de
rester indépendante entrainait des guerres fréquentes => situation qui se retrouve en Grèce
antique
Les étrusques sont un peuple commerçant, la richesse des étrusques repose sur une agriculture
prospère, sur l’exploitation de mine de métaux, artisanat diversifié, cela leur permettait de
commercer avec tout le bassin méditerranéen comme par exemple les grecs
Ils apprennent l’usage de la monnaie des grecs, qu’ils transmettront à leur tour aux romains
Les étrusques développent un urbanisme moderne, ainsi ils dotent leur ville de construction de
pierre, (les latins ne construisaient que des habitations en bois), de rue rectiligne, et d’une muraille
protégeant la ville
Le centre des cités étrusques est occupé par un forum qui est un lieu d’échange et de
rassemblement, dans un but à la fois économique et politique
Parmi les autres apports des étrusques, il faut retenir l’alphabet qui eux même détenait des
phéniciens, ainsi que la religion
Au cours de la période royale Rome bénéficie de l’apport des grecs, qui sont basés dans le sud de
l’Italie où ils ont fondé de nombreuses cités
Cette région du sud de l’Italie est devenue une sorte de prolongement de la Grèce => on l’appelle la
grande Grèce
Naples, Syracuse, Tarente ont été fondé par les grecs, elles font office de modèle pour les romains
avec leur organisation politique plus développé, leur religion et leur culture développé, mais leur
influence sur la cité romaine a été moins importante que les étrusques car les grecs n’ont pas
conquis Rome
Section 2 : La royauté à Rome, un système politique en pleine évolution
Les historiens romanistes ont longtemps considéré le système politique de la Rome royale comme un
système politique figé
En l’espace de 2 siècles et demi, les réformes de l’action des étrusques annoncent de façon très nette
le régime républicain
La fondation de la royauté au cours du 8 ème siècle avant JC, semble provenir d’une décision des
grandes familles romaines de se doter d’un chef commun, de manière général les récits antiques font
apparaitre une royauté latine très classique qui fait penser à de nombreux égards à la royauté telle
qu’elle a été pratiquée en Grèce dans des périodes très anciennes décrit par Homère dans l’Iliade et
l’odyssée
D’après les récits antiques le roi n’est pas désigné de façon héréditaire, il n’exerce son pouvoir que
de façon viagère, à la mort du roi une procédure complexe est utilisée pour choisir son successeur,
procédure qui fait appelle à la religion, elle comprend 4 phases :
- Disparition du roi, ses pouvoirs sont exercés à tour de rôle par un sénateur qui détient le pouvoir
royale pour une durée de 5 jours, ce sénateur est appelé « Interroi »
- Pour désigner le nouveau roi, l’interroi fait appel aux dieux pour savoir quel candidat leur serait
agréable, on peut penser que les candidatures font l’objet de transaction entre les grandes
familles patricienne, théoriquement c’est les dieux qui sont consultés, et l’interroi va prendre les
auspices(= aves mot latin, et spicere => observer), on va examiner le vol des oiseaux, si ces
derniers viennent de la gauche (sinistra) c’est un mauvais présage, les dieux ne sont pas d’accord
mais s’ils viennent de la droite (dextra) les dieux sont d’accord. Cette prise des auspices est
importante, elle va durer jusqu’au 3 ème siècle après JC, il y a pendant toute l’histoire romaine,
les actes politiques importants sont précédés par des auspices
- Le candidat choisi par les dieux, reçoit les pouvoirs royaux au cours d’une cérémonie appelé la
création
- On fait intervenir la dernière institution qui existe à cette époque, c’est les comices curiates, à
cette époque il forme une assemblée des hommes en armes, le nouveau roi va être obligé de
convoqué cette dernière assemblé, elle approuve le choix qui lui est soumis en votant une loi
spéciale la Lex Curiata, loi par laquelle ils investissent le nouveau roi de ses pouvoirs, il semble
que le peuple consulté ne puisse que se déclaré favorable à la demande du nouveau roi, car cela
serait contre la volonté des dieux
2- Les pouvoirs réduits du roi
Dans la royauté latine, le roi dispose des pouvoirs qui reviennent traditionnellement aux rois dans les
royautés antiques, ce roi est avant tout un prêtre, un général en chef et un juge
Ce roi a des pouvoirs religieux, il est un intermédiaire entre les dieux et les hommes grâce à son
mode de désignation, ainsi il a le pouvoir de consulté les dieux et d’interpréter leur volonté, il dirige
les prêtres, il est associé aux sacrifices (= conciliation des dieux). Il fixe avec un collège de prêtre (les
pontifes) le calendrier qui rythme la vie de la collectivité
En vertu de ses pouvoirs militaire, il dirige seul les hommes aux combats, dans le monde antique
constamment en guerre, en contrepartie certainement dans le but de limiter son pouvoir, il semble
qu’il partage le droit de déclaré la guerre avec le sénat
Le roi est aussi un juge, il a un pouvoir judiciaire mais il est limité par les pouvoirs des patres, en effet
seul 2 infractions majeur relève de la communauté à l’époque, le parricide et la haute trahison
Par conséquent à cette époque on a une conception restreinte de la justice publique, le reste des
infractions est du domaine de la justice privée entre la victime et l’agresseur et les familles de ces
derniers ce qui donne des batailles ou des compensations
On peut observer que dans ces 3 prérogatives du roi, dans chacune le roi est obligé de partager ses
attributions avec les principaux patres
Le mot sénat vient du latin senex (= vieux), dans les certaines cités grecques on parlait de
gérontocratie
A l’origine le sénat est le conseil des anciens qui assistent le roi, nous verrons d’abord ses
compositions et ses pouvoirs
1. Composition du sénat
Il est composé des chefs des principales Gentes donc des patriciens. La composition du sénat va
beaucoup évoluer par la suite, il reste de cette première époque que les sénateurs qui resteront
surnommés dans l’histoire de Rome les patres
Selon la légende Romulus fixe le nombre des sénateurs à cent, il semble qu’en réalité le nombre de
sénateur variait en fonction du nombre des Gentes admises au sénat
Pendant toute l’histoire de Rome le sénat aura un pouvoir non clairement défini, il est le conseil du
roi et ne disposent pas de pouvoir bien défini
Il doit seulement intervenir de façon obligatoire dans la désignation du nouveau roi et sans doute
dans le cadre d’une déclaration de guerre, pour toutes les autres questions, le roi n’est pas en
principe tenu de réunir le sénat, de même qu’il n’est pas obligé de suivre ses avis
En réalité la puissance des grandes familles aristocratique face à un roi isolé laisse penser que ce sont
bien les sénateurs qui imposent leur point de vue au roi (point de vue du Michel Imbert)
C’est une assemblée au rôle mineure, ils constituent le cadre le plus ancien de réunion de la
population romaine
Ces comices représentent un caractère archaïque tant au niveau de leur composition tant qu’à ses
compétences
Faute de sources fiables on sait pas comment exactement était composé cette assemblée, mais qui a
vocation à réunir les combattants
Cette assemblée est dominée par les chefs des Gentens, elle n’offre aucun contrepoids valable au
pouvoir du sénat ou du roi comme le montre ses compétences réduites
Le rôle des comices n’est pas plus précisé que le rôle du sénat, ils sont réunis par le roi pour leur
soumettre ce qu’ils jugent nécessaire
Leur seul pouvoir est d’approuver ou de rejeter en bloc (on ne discute pas) l’ordre du jour, elles n’ont
aucun droit d’initiative.
En matière de droit privé les comices ont des attributions importantes pour une société
traditionnelle, il existe une forme de testament à Rome dont la valeur juridique est forte et qui se
pratique devant les comices curiates
Or pour les romains le bon citoyen romain devait prévoir comment ses biens allaient être répartis, les
romains avaient peur de mourir sans testament, il était prévu qu’il puisse faire un testament au
moment de mourir
Les comices sont compétents pour les questions de l’organisation des Gentens, par exemple il était
prévu que si un pater était sur le point de mourir sans descendant, il lui était permis d’adopter
quelqu’un, un père de famille d’une autre Gens, cela lui permettait de faire survivre sa gens
Sous l’empire on avait du mal à faire la succession des empereurs, ils utilisaient souvent l’adoption
(utilisée sous les antonins)
Arrivant dans le Latium conquérant, ils sont obligés de trouver des soutiens dans la population
autochtone, ils trouvent l’appui des hommes libres de Rome qui sont exclus des institutions
aristocratiques de la royauté latine
C’est en cela que l’on peut qualifier la royauté populaire des étrusques
Dans un premier temps ils renforcent le pouvoir royale et dans un deuxième temps ils lancent des
réformes ambitieuses pour les hommes libres
Les étrusques introduisent une notion capitale dans la conception du pouvoir chez les romains, le
concept d’imperium, c’est un concept qui sera la base du système politique
L’imperium est dès cette époque un pouvoir de commandement général en matière civil et militaire,
un pouvoir bien plus étendu que le pouvoir initial du roi latin
Si on reprend la définition de Mr. Imbert, c’est un pouvoir de décision non partagé et sans appel,
souverain par essence
L’imperium modifie très nettement la nature du pouvoir royal, ce pouvoir n’a plus directement de
légitimité religieuse
Le roi étrusque a le pouvoir de prendre les auspices mais ne semble pas nommé par les dieux comme
le roi latin l’était
Autre différence : l’imperium du roi étrusque est souverain par essence, alors que le roi latin
partageait largement le pouvoir avec les patres, ainsi les pouvoirs judiciaires du roi s’accroissent car
ils sont moins concurrencés par les privilèges des patres
Dans la royauté latine le pouvoir royale n’impliquait pas spécialement d’autorité en matière civile,
l’imperium attribue aux rois étrusques, le pouvoir général de commander dans la cité, à l’intérieur du
pomerium
Ainsi dans le pomerium, il pourra décider de réunir le sénat, les comices, il pourra pendre des
dispositions pour ravitailler la ville, fixer les impôts
Les étrusques pour signifier les nouveaux pouvoirs du roi, ont importé leur symbole du pouvoir, qui
vont persister pendant toute la période de la Rome antique :
- Le titulaire de l’imperium se remarque tout de suite, il est vêtu d’une tunique pourpre (obtenu
avec un pigment de Phénicie) cela symbolise le pouvoir
- La couronne de feuille d’or
- Le sceptre qui symbolise le pouvoir de commandement
Le fait que le roi étrusque dispose de l’imperium, il était accompagné par 12 huissiers (licteurs)
portant une sorte de hache. Ce roi a beaucoup de pouvoir mais va plus consulter la population
D’après les récits antiques il n’y aurait eu que 7 rois, un des 3 rois étrusques Servius Tullius est décrit
comme un bon roi, il aurait pris au milieu du VI ème siècle d’importante reformes permettant
d’élargir la participation aux institutions
Ces récits antiques doivent être considéré avec la plus grande prudence, les historiens ne sont pas
tout à fait certains de l’existence de ce roi, ce qui fait que l’on continue à parler par commodité de
réforme servienne
D’autre part la tradition exagère manifestement l’ampleur de ces réformes et les historiens
modernes ont souvent été conduit à les relativiser
Il est certain que le VI ème siècle a connu des reformes importantes, nous verrons les causes de ces
changements, puis ce que l’on peut dire de ces reformes
Le premier facteur de changement est économique, au VII ème-VI ème siècle avant JC, il y a un essor
économique important dans le bassin méditerranéen, dont bénéficie beaucoup Rome, qui est intégré
dans cette espace économique étrusque
Plus de richesse, plus de commerce, cela permet le développement d’une nouvelle classe sociale
(artisans, commerçants) qui s’enrichit et qui constitue un élément plus important de la communauté
supportant de plus en plus mal de ne pas avoir un rôle politique
Changement dans la manière de combattre, c’est ce que l’on appelle la révolution hoplitique, cette
révolution consiste que :
Auparavant la guerre ne concernait que les aristocrates car faute d’une organisation publique
suffisante, le soldat s’équipait à ses frais
Or ces couts pouvaient être très considérables, on combattait essentiellement avec des chars ce qui
coute très cher, seuls les nobles pouvaient assumer cela
A la fin du VII ème siècle les cités grecs adoptent un nouveau mode de combat, elles utilisent
désormais les hoplites qui sont des fantassins armés, combattant au sein d’une unité de combat
(phalange) ils doivent respecter une discipline
L’équipement de cet hoplite est relativement peu couteux par rapport à l’époque précédente, il
comprend une cuirasse de bronze, un casque, une lance, des jambières, une épée
- La guerre n’est plus le privilège de l’aristocratie puisque beaucoup plus de personnes peuvent
s’acheter la panoplie, l’équipement de l’hoplite, le fait d’adopter ce mode de combat nécessite
plus de personnes
- Les techniques de combats au sein des régiments créent des liens de solidarité fort entre les
combattants ce qui renforce la cohésion de la cité, or sous l’antiquité on estime que celui qui
combat pour la cité doit en contrepartie bénéficier de droit politique
Dans ces conditions l’ancienne ordre aristocratique ne se justifie plus ce qui fait que les nouveaux
combattants vont réclamer des droits politique
La cause est qu’il y a plus de combattant, prenant en compte la participation plus large des habitants
de Rome à la cité, les rois étrusques créent une assemblée politique à partir de la nouvelle
organisation militaire
Tous les combattants font partis de cette assemblée, ils forment la classis, c’est-à-dire l’ensemble des
personnes capables de payer leur armement
Le critère est donc économique, ces citoyens soldats sont repartis en unité de combat, ils sont réunis
dans des unités que l’on appelle centuries qui est à l’origine, des unités de combat de 100 personnes
Tout le monde n’a pas accès à la classis, tous les hommes libres de la cité qui ne sont pas assez riche
pour se procurer des armes, ils sont appelés les infraclassem (= en dessous de la classe)
Les comices centuriates sont consultés par le roi étrusque quand celui-ci prend des décisions
importantes pour la cité, principalement la guerre
Le soldat participe aux affaires guerrières, il pourra avoir une part du butin de l’ennemi vaincu, ils se
partagent donc ce butin. Il s’agit sans doute pour le roi d’assurer la cohésion de la cité et de passer
outre l’avis du sénat
Cette réforme est essentielle car elle inclut un contexte économique, elle marque l’origine d’un des
fondamentaux de la vie politique romaine, c’est quelque chose qui sera très durable, on appelle cela
le principe de timocratie (timos signifie richesse, cratie le pouvoir) => C’est donc le degré de fortune
qui définit le rôle politique de chacun
Les romains privilégient le concept de l’égalité géométrique par rapport au concept arithmétique.
L’égalité arithmétique c’est le principe de la stricte égalité entre les citoyens sur le principe : un
homme, un citoyen, une voix. Ce principe d’égalité arithmétique a été globalement appliquer par la
cité athénienne au Vème siècle avant JC
Périclès (Vème siècle avant JC) considérait qu’il fallait aider les citoyens les plus pauvres pour qu’ils
puissent participer à la vie politique, il a créé un système de subvention
C’est une égalité relative proportionnelle aux charges et aux devoirs de chacun, les riches citoyens
ayant plus d’obligation militaire que fiscale, doivent en contrepartie plus de droit politique que les
citoyens les plus modestes
On ne parle pas de ploutocratie => on exclut les citoyens les moins riches
Autre reforme attribuée à Servius Tullius : les citoyens sont répartis suivant des critères
géographiques, la ville de Rome est divisée en quatre tribus urbaine
La campagne environnante est divisée en une dizaine de tribus, c’est ce qu’on appelle les tribus
rustiques
Cette répartition a une conséquence positive, en ce qu’elle place à égalité selon des critères
purement géographique, les citoyens noble et non noble, les riches et les pauvres.
A l’époque royale cette réforme ne permet pas encore la création d’une nouvelle assemblée
politique, de nouveaux comices
Cette réforme permet de recenser les citoyens en leur attribuant leur rôle de la cité, à la fois militaire
et fiscal mais aussi religieux parce que le citoyen antique a aussi des obligations religieuses
En conclusion sur les reformes serviennes : elles ont permis de beaucoup élargir le nombre des
personnes participant aux affaires de la communauté, ce qui nous permet d’affirmer que
politiquement, la cité apparait sous les étrusques
Plus généralement on constate que le lègue de la royauté au système politique romain est important,
dès cette époque le sénat a un rôle important, les étrusques sont à l’origine du concept de
l’imperium et ils sont aussi à l’origine du principe timocratique qui est au cœur du système de la
république romaine
2 EME PARTIE : LA REPUBLIQUE ROMAINE (-509 jusqu’à – 27)
D’après les historiens romains une révolution éclate en -509, révolution qui permet l’installation d’un
nouveau régime, la République
C’est la Res Publica (chose publique), qui est une forme de gouvernement qui gère les affaires
communes, en principe cette appellation suppose une large participation de la population aux
affaires publiques
En réalité nous le verrons, la république surtout à ses débuts ne permet pas aux plus grands
nombres, de disposer de réels droit politique
Dans un premier chapitre la lente mise en place du régime, Rome va connaitre son apogée entre le III
ème siècle jusqu’au milieu du II ème siècle avant JC
Suivant les récits antiques, les historiens romains, le dernier roi étrusque, Tarquin le superbe (appelé
comme cela pour son orgueil) aurait gouverné de façon tyrannique, en ne respectant pas la vie des
citoyens romains, ce qui aurait entrainé un grand soulèvement populaire de la population romaine
Le fils de tarquin superbe aurait violé une noble romaine (Lucrèce) ce qui fut l’évènement
déclencheur
Après le départ du dernier roi de Rome en -509, de nouvelles institutions républicaines auraient été
misent rapidement en place
- D’une part le départ des étrusques correspond à un affaiblissement de ces derniers face aux
grecs de la région, les historiens romains ont préféré donner le beau rôle aux romains qui se
seraient libéré de la domination étrusque
- D’autres parts les historiens romains ont exagéré le rejet de la population face à la politique des
rois étrusques
En effet les nouveaux citoyens intégrés de la classis, soutiennent le régime : la royauté étrusque
En revanche les patriciens s’opposent au caractère populaire de la royauté étrusque qui a réduit leur
privilège
Il y a eu une révolution plutôt aristocratique qui avait moins de rôle dans la royauté étrusque
Les institutions de la république romaine ont mis des siècles avant de se fixer, ce sont des institutions
très rudimentaires qui se mettent en place après l’élection des rois étrusques, les historiens actuels
ne disposent que de connaissance imprécise sur les débuts de la république
Sous l’antiquité un magistrat est un citoyen qui exerce des fonctions publiques au nom de la cité, en
Grèce au VIII ème siècle avant JC, les royautés ont été remplacé par des aristocraties
Ces 2 magistrats qui remplacent le roi exercent tous les 2 exactement les mêmes pouvoirs, c’est le
principe de la collégialité, ils exercent l’imperium pour la durée d’un an, c’est ce qu’on appelle le
principe d’annualité
Les romains n’ont pas innové, ces 2 principes sont déjà apparus au VIIIème siècle chez les grecs
Ces 2 magistrats sont recrutés parmi l’élite de Rome c’est-à-dire parmi les patriciens, qui siègent au
sénat
Dans ces conditions ce système purement aristocratique qui favorise les biens nés, soulève
rapidement l’opposition du plus grand nombre des citoyens qui sont exclus de ces premières
institutions
Les conquêtes de Rome sont dans un premier temps très longs, au cours des 2 premiers siècles de la
république, Rome fait progressivement la conquête de l’Italie
Cela s’est fait très difficilement, à la suite de combats qui mettent très souvent la cité romaine en
péril
Exemple : Rome a été sur le point d’être anéanti par les gaulois, les gaulois faisaient des expéditions
jusqu’en Italie, en -390 les gaulois prennent la ville de Rome, ils brulent très largement la ville, ils ne
consentent qu’à se retirer de la ville moyennant une rançon humiliante en or
Anecdote : les romains procéduriers contestaient les poids utilisés par les gaulois, Brennus chef
gaulois aurait eu une réflexion célèbre « Vae Victis » (malheur aux vaincus)
Par la suite après cette difficile conquête de l’Italie, 3 guerres se sont succéder contre Carthage qui se
trouve dans l’actuelle Tunisie, les romains les nommaient « puni » ce qui donna les guerres puniques
Ce n’est qu’après 3 longues guerres entre -264 et -146 que la République romaine devient une vraie
puissance impérialiste, elle se constitue un empire géographique, c’est-à-dire un ensemble de
territoire et de peuples différents dominés par une seule autorité
Dans ces conditions Rome devient la puissance dominante en méditerrané. Ces changements ont des
conséquences importantes sur les institutions
La dilatation exceptionnelle de la cité rend inefficace les anciennes institutions qui avaient été conçu
pour une modeste cité
En outre, les grandes difficultés extérieures de la cité romaine au début de la république expliquent
que les patriciens aient été amené à faire des concessions importantes au reste de la population
Parce qu’un état trop divisé sur le plan politique et social n’est pas en mesure de résister aux
attaques extérieures
Ces questions préalables posées nous allons envisager les conflits politiques et sociaux et nous
analyserons les institutions politiques de la république
Section 1 : le conflit fondateur du régime républicain, la lutte entre le patriciat et la plèbe
La notion de patriciat apparait sous la royauté, c’est alors une aristocratie puisque c’est la naissance
qui distingue ce groupe dominant, dont la richesse repose principalement sur la possession de grands
domaines fonciers
Les patriciens monopolisent les fonctions politiques importantes au début de la république romaine
ce qui fait donc de ce régime un régime aristocratique
La notion de plèbe apparait au début de la République, ce groupe social se définit par exclusion aux
patriciens, elle réunit l’ensemble des citoyens qui ne fait pas parti du patriciat autrement dit c’est
l’immense majorité des citoyens qui au début de la république romaine est exclu de toutes les
fonctions politiques essentielles
Notion de populus, quand on parle de populus dans l’antiquité, c’est l’ensemble des citoyens, il
réunit autant les membres de la plèbe que les patriciens
Les romains ont été beaucoup plus généreux que les grecs sur l’accord de la citoyenneté, la cité
démocratique d’Athènes n’avait que 50 000 citoyens au moment de son apogée contre des millions
de citoyens pour les romains
- Paragraphe 1 : la révolte initiale de la plèbe
Ces revendications sont dans un premier temps d’ordre économique et social car les plébéiens se
retrouvent en position délicate après le départ des étrusques
De nombreux plébéiens sont de petits cultivateurs et suite aux guerres continuelles de la cité
romaine ces plébéiens se trouvent dans une situation précaire, en effet quand ils reviennent de la
guerre ils retrouvent leurs champs en friche parfois même dévastés
Par conséquent ils doivent emprunter de l’argent pour remettre en état, il faut avoir recours à des
particuliers
A Rome comme dans tous les systèmes antiques, le taux d’intérêt est parfaitement prohibitif, les
créanciers prêtent de l’argent avec des taux très importants le taux d’intérêt peut atteindre 100% par
an ce qui a pour conséquence que les débiteurs ne peuvent pas rembourser la dette fixée
Si le débiteur ne peut pas rembourser dans l’antiquité, le débiteur court le risque d’aller en prison, on
parle de contrainte par corps, cette pratique a été très utilisé dans le droit français jusqu’en 1867
Il risque à l’époque d’être réduit en esclavage, en ce cas le citoyen qui ne rembourse pas ses dettes
est vendus, la vente du débiteur insolvable se fait en dehors de Rome, interdiction issue de la
coutume
Par rapport à cette situation, la plèbe demande un moratoire c’est-à-dire la suspension des
échéances pendant un temps donné
La question agraire
Le départ des étrusques met fin à la prospérité que ces derniers avaient favorisé dans le Latium, de
nombreux commerçants et artisans se retrouvent sans activité, alors que les patriciens qui sont des
grands propriétaires fonciers ne prennent aucune mesure en leur faveur
Ces plébéiens cherchent donc aux travaux agricoles, mais ils ont beaucoup de difficulté à obtenir des
patriciens une terre
Plus largement ce pose dans toute l’histoire de la Rome antique la question de la répartition des
terres, c’est ce que l’on appelle la question agraire
Les patriciens accaparent une grande partie des terres de surcroit les plus fertiles, cette situation
apparait plus anormale puisque la cité ne cesse de s’agrandir aux dépens de ses voisins
Les terres confisquées aux peuples vaincus viennent grossir les terres de la cité romaine c’est ce
qu’on appelle l’ager publicus=> terre publique ou domaine public
Les patriciens à la tête de la cité au début de la république profitent de l’ager publicus, car ils
exploitent ces terres en tant que locataire mais ils les exploitent dans des conditions très
avantageuses
Dans ces conditions la gestion de l’ager publicus donne lieu à de fortes contestations de la part des
plébéiens qui estiment anormal de participer aux activités militaires mais de ne pas en tirer avantage
comme les patriciens
Les plébéiens souhaitent un nouveau partage des terres plus égalitaire, une réforme agraire et pour
répondre aux plus pressés ils souhaitent bénéficier de distribution de blé à prix modique
Le patriciat accepte en partie cette dernière exigence mais en exerçant un chantage sur la plèbe elle
doit en échange modérer ses revendications sur le plan politique ce que ces derniers refusent
En -494 d’après les historiens romains nous sommes pas sûr de ces dates, la plèbe se soulève contre
les patriciens au cours d’une sorte de révolution
De nombreux soldats plébéiens quittent la ville de Rome ils se réunissent sur le mont sacré et les
plébéiens déclarent vouloir y fonder une nouvelle cité séparée de Rome
En menaçant de créer une nouvelle cité les plébéiens menace les patriciens de pratiquer une
sécession qui est le fait pour la partie d’une population donné de se séparer de la collectivité
nationale pour former un état distinct
Exemple : guerre de sécession, états du sud de la fédération américaine ont menacé de quitter cette
fédération
Et dans l’histoire française avec la commune, après la défaite contre les prussiens la commune de
paris a menacé de se retirer de la collectivité nationale
Cette menace est d’autant plus sérieuse pour les patriciens qu’elle entraine 2 conséquences de façon
immédiate :
- La paralysie de la vie économique car les plébéiens exerçaient de nombreux métiers nécessaires
à la vie de la cité
- Autre conséquence : une diminution des capacités défensives de la cité, la sécession
s’accompagne d’un refus du service militaire, ces plébéiens font la grève de la guerre
Les patriciens cèdent, ils reconnaissent provisoirement que les plébéiens peuvent disposer de leur
propre institution
C’est quelque chose de particulier de l’histoire romaine, on peut dire qu’à Rome il y a pratiquement 2
cités : une cité patricienne avec le sénat les magistrats mais il y a aussi une cité plébéienne car ils
sont représentés à Rome par leur propre institution
Ces institutions plébéiennes sont « révolutionnaire » car elles sont issues d’un mouvement
révolutionnaire et des pouvoirs extraordinaire conférés aux représentants de la plèbe permettent de
faire triompher les revendications plébéiennes
Le tribunat de la plèbe est une magistrature annuelle qui est destinée exclusivement à protéger les
intérêts de la plèbe, selon la tradition il y aurait eu dès -494, 2 tribuns puis 4 et enfin 10 tribuns
chiffre définitif atteint au milieu du V ème siècle avant JC
Après une période où les tribuns choisissent leur successeur => système de la cooptation, les tribuns
sont élus par l’assemblée de la plèbe à partir de -471, ces tribuns disposent de pouvoir très
importants, ils sont protégés, ils sont inviolables et sacrés
L’inviolabilité tribunicienne
Ils sont sacro sanctus, ce qui nous a donné le mot sacre saint, cette protection religieuse proviendrait
du serment qu’aurait fait la plèbe sur le mont sacré en -494, de mettre à mort quiconque porterait
atteinte à l’un de ses chefs
Par conséquent avec cette inviolabilité toute personne qui porte la main sur un tribun, qui le menace
voir même qui l’interrompt quand il parle, se rend coupable de sacrilège en vers les dieux et il peut
être mit à mort impunément par n’importe qui
Cela leur confère un prestige et une grande puissance, on résume leur pouvoir par la puissance
tribunicienne => (tribunicia potestas)
Cette puissance tribunicienne, si les tribuns ne disposent pas de l’imperium comme les magistrats
patriciens, ils disposent de pouvoirs très particuliers qui les distinguent des autres magistrats, dans le
cadre de cette tribunicia potestas
Ils disposent comme premier pouvoir important, ils doivent aider les citoyens => auxilium
Quand un plébéien est menacé dans sa personne et dans ses biens par un magistrat de la cité, ce
plébéien peut faire appel à un tribun pour qu’il empêche la mesure prise contre lui
La maison du tribun de la plèbe devait rester ouverte toute la nuit si les plébéiens étaient menacés
Les tribuns disposaient d’un droit de véto qui est son arme essentielle, il peut intervenir à deux
moments différents, soit avant que la décision soit prise => prohibitio ou encore le véto à posteriori
=> intercessio
Ce véto peut paralyser la décision d’une série d’acte publique qui irait à l’encontre des intérêts de la
plèbe, il peut aussi bloquer les décisions du sénat de même qu’il est possible qu’un tribun oppose la
réunion des comices centuriates
Le véto peu même intervenir en matière militaire, en cas de guerre le véto peut empêcher la levée
des soldats, d’après les récits antique les tribuns l’ont beaucoup utilisé pour faire céder les patriciats
Dernier pouvoir important du tribun, il a le droit de réunir les assemblées de la plèbe et de proposer
des mesures particulières à la plèbe => des plébiscites qui sont finalement les lois de la plèbe
Elles apparaissent plus tardivement que les tribuns, à l’origine ils avaient une fonction religieuse de
s’occuper des temples des divinités plébéiennes, ils vont acquérir d’autres fonctions comme celle de
surveiller les prix des marchés à Rome, et pour organiser les distributions de blé en cas de famine
b) L’assemblée de la plèbe
L’assemblée de la plèbe n’est composée que des plébéiens, elle est réunie de façon égalitaire suivant
le critère du domicile du plébéien, cette assemblée a une triple compétence :
- Elle a d’abord un pouvoir électoral, elle élit les tribuns et les édiles de la plèbe
- Pouvoir judiciaire, elle juge certaines affaires sous réserve que ces résolutions ne soient valables
que pour la plèbe
- Fonction législative, l’assemblée vote des lois seulement valables pour les plébéiens
Ces conquêtes débutent sur le plan juridique, elles sont très progressives sur le plan politique, elles
restent limitées sur le plan économique et social
L’enjeu de l’égalité juridique est essentiel pour les plébéiens, auparavant depuis l’époque royal, les
patriciens étaient les seuls qui détenaient la connaissance du droit d’origine coutumière, les
patriciens à la tête des Gentes avaient conserver des pouvoirs judiciaires important
La coutume des Gentes s’appliquait, par rapport à ses coutumes, les plébéiens ne la connaissent pas,
car la coutume est en principe pas écrite elle est véhiculée à l’oral
Les plébéiens accusaient les patriciens non sans raison de donner à l’interprétation des coutumes un
sens toujours favorable à leurs intérêts
La coutume a un contenu assez vague elle repose sur des usages immémoriaux
Tite live historien romain relate cette rédaction, d’après lui en -462, un tribun de la plèbe proposa de
nommer une commission pour ériger un code de loi spéciale à la plèbe et reconnu par les patriciens.
Après des années de conflits le sénat transige, il se décida enfin à rédiger un code commun aux
plébéiens et patriciens
Dans un premier temps 3 sénateurs étaient chargés en Grèce ou en grande Grèce d’enquêter pour
prendre connaissance du droit applicable dans les cités grecques
Les grecs étaient très en avant sur ce point de vue juridique. Pour imposer le droit à tout le monde,
c’était des lois très sévère pour imposer la justice, et éviter la justice privée
Dracon à Athènes en -624 réformateur athénien fait afficher la loi de la cité sur la place publique
l’agora, son nom donna l’expression loi draconiennes
Finalement en -451 une commission de 10 membres à la fois des patriciens et plébéiens érigèrent 10
lois qui furent voter en -450 par les comices centuriates, l’année suivante en -449 furent voter les 2
dernières lois
Les douze lois furent gravées sur 12 tables => plaque en marbre et placé sur le forum c’est-à-dire la
place publique
Ce récit est contesté par un certain nombre d’historien moderne, il parait étonnant que les comices
centuriates aient été appelé à voter. Ce récit met en valeur la large concertation qui a finalement dû
se mettre en place entre patriciens et plébéiens pour rédiger des lois communes
En principe la loi des douze tables était considérée par les romains comme la source et l’origine de
tout droit, ce qui est exagérer, mais il y a eu un grand effort à l’époque pour écrire le droit
Ce texte du moins tel qu’il est connu, contient des dispositions dans de très nombreux domaines du
droit :
- Il y avait beaucoup de disposition sur le droit pénal pour éviter la justice privée, mais aussi des
disposions sur la procédure pénale et la procédure civile
- Il y avait beaucoup de dispositions en droit de la famille ou en droit des biens, beaucoup de
dispositions dans de nombreux domaines du droit, ce texte ne constitue pas pour autant un code
synthétisant l’ensemble du droit de l’époque
La loi des douze tables conserve le droit absolu du pater familias sur sa famille et notamment le droit
d’exposition=> il avait le droit de vie ou de mort sur sa progéniture
Il y avait une obligation de se débarrasser de ses enfants difformes qui étaient inutiles à la société
La loi des douze tables détient de façon implicite quatre principes essentiels :
- La loi des douze tables permet de fixer la règle de droit, il y a un droit général qui dépend de la
loi. Auparavant le droit était principalement d’origine coutumière, désormais le droit est écrit et
la loi des douze tables permet de parvenir au concept de l’abstraction de la règle de droit. Le
droit a un caractère général, il s’applique à un nombre indéterminé de cas, il ne s’applique pas à
un groupe ou une personne bien définie
- La loi opère la séparation entre le religieux et le droit, c’est la division entre le JUS et le FAS,
auparavant comme on a pu l’observer dans les cités grecs, le droit était mêlé de religion, c’est au
titre de leur pouvoir religieux que les patres avaient la connaissance des coutumes familiales,
certains prêtres avaient un pouvoir pour interpréter la règle de lois => les pontifes
Désormais avec la loi des douze tables il y a une laïcisation du droit à Rome, la loi est une
création humaine, le droit n’a plus une origine divine
- 3ème principe : la loi des douze tables consacre l’égalité juridique entre les plébéiens et les
patriciens désormais les plébéiens peuvent connaitre tout aussi bien le droit que les patriciens et
ils peuvent utiliser en principe à leur profit, la procédure judiciaire. Le droit est certes connu à
partir de cette date, il faudra attendre assez longtemps pour que les actions judiciaires soient
accessibles à toute la population. Signe des tensions persistantes dans la loi des douze tables les
mariages mixtes (entre plébéiens et patriciens) restent dans un premier temps interdit, il faudra
attendre 5 ans en -445 pour que cette humiliante disposition disparaisse du droit romain
- Quatrième élément important pour les plébéiens : la loi accorde un recours très important aux
plébéiens qui concerne les libertés publiques, c’est la disposition que on appelle « l’appel au
peuple » provocatio ad populum. Il s’agit de la possibilité pour un citoyen de faire appel devant
les comices centuriates de toute décision d’un magistrat en portant contre lui la peine de mort
ou l’exil
Dorénavant les peines les plus graves ne peuvent plus faire l’objet comme auparavant de décision
arbitraire de la part des magistrats. Les comices centuriates peuvent soit valider la peine soit la
rejeter
Il y a une première révolution importante, par la suite les patriciens ne vont que céder très
lentement face aux recommandations des plébéiens
Jusqu’à cette date les patriciens tenaient pour illégal l’organisation politique de la plèbe, ils avaient
dû céder aux revendications plébéiennes
En -449 les lois valériae et horatiae => à Rome les magistrats qui sont à l’origine de la loi donne leur
nom à la loi, il y a une avancée majeure pour intégrer politiquement les plébéiens à la cité.
Effectivement elle porte sur 2 points la république romaine reconnait pleinement les institutions
plébéiennes à commencer par l’inviolabilité tribunicienne personne ne peut porter atteinte aux
tribuns
La possibilité du véto du tribun est acceptée ce qui introduit au cœur des institutions romaines un
puissant moyen pour faire triompher les revendications de la plèbe
Les lois de -449 donnent force obligatoire aux plébiscites en les étendant même à tous les citoyens
romains à condition que le sénat accepte d’appliquer ces textes
On voit bien que cette étape est tout à fait importante, les institutions plébéiennes sont pleinement
intégrées ce qui est donc une originalité du système romain
2) L’accès progressif des citoyens aux institutions républicaine
Au milieu du V ème siècle les patriciens dominent encore totalement les institutions essentielles de
la cité et ils vont refuser de céder aux revendications politique des plébéiens pendant près d’un
siècle, la clé de leur domination est qu’ils exercent depuis le début de la république un quasi-
monopole sur les magistratures
De façon habile les patriciens justifient cet état de fait par des considérations religieuses,
effectivement les magistrats patriciens sont plus ou moins en partie protéger des dieux
La prise des auspices pratiqués au moment de la désignation des magistrats conférait à leur
descendants le droit exclusif d’exercer une magistrature
Dans un premier temps les patriciens refusent toute concession politique faute de nouvelles
concessions politiques, un véritable bras de fer s’engage vers les années -370 entre les patriciens et
les plébéiens, il y a deux meneurs qui sont les fers de lance de cette opposition, deux tribuns de la
plèbe Licinius et Sextius utilisent leur pouvoir de véto pour plonger la cité dans une véritable
anarchie.
Ces tribuns réélus pendant 10 ans d’affilés paralysent presque totalement la vie politique, s’il s’agit
de voter la guerre, ils empêchent le rassemblement des comices centuriates et contraignent même la
cité à vivre 5 ans sans magistrats et entravent l’organisation des élections
Les patriciens sont obligés de céder, un compromis est trouvé entre les 2 tribuns de la plèbe et le
sénat
Ce plébiscite débloque pas mal de problème en matière politique le plébiscite décide que les
plébéiens pourront être élus à la magistrature, les tribuns pourront être élus à la magistrature
républicaine la plus importante de l’époque, le consulat
Il est décidé qu’un des deux consuls il pourra y en avoir un des 2 d’origines plébéienne, Sextius sera
le premier consul plébéienne et Licinius sera troisième
Ce premier verrou symbolique ayant cédé, les patriciens sont obligés peu à peu de permettre l’accès
des plébéiens à toutes les magistratures, à partir de –343 il est prévu qu’un des deux consuls soient
d’origine plébéienne
Conséquence de cela, l’accès des plébéiens aux différentes magistrature a une autre conséquence
essentielle, elle leur permit d’accéder rapidement au sénat, qui restait jusqu’ici la chose des
patriciens, en effet l’usage se fixe assez rapidement au début de la république que seuls les anciens
magistrats peuvent entrer au sénat, la fonction de sénateur est viagère
Par conséquent avec ce système petit à petit dès les lois liciniennes d’anciens magistrats d’origines
plébéiennes entrent au sénat
C. Les conquêtes limitées en matière économique et social
Les demandes éco et sociales qui pourtant avaient été à l’origine de la révolte des plébéiens, ces
revendications sont celles qui sont le plus tardivement et les moins satisfaites vraisemblablement
parce que le patriciat considère que ce sont des revendications qui menacent sa suprématie
Ce plébiscite de -367 licinio-sextien accorde un moratoire de 3 ans pour les débiteurs, pendant une
durée de 3 an les débiteurs n’ont pas à rembourser leur créancier, cependant le problème des dettes
n’est pas réglé à long terme
Concernant l’inégale répartitions des terres le problème agraire, le plébiscite prévoit que les
particuliers ne peuvent disposer que d’une partie limiter du domaine publique l’ager publicus
Un particulier ne pourra pas détenir plus d’une certaine superficie équivalent d’1 Km², le reste devait
être redistribué aux plus pauvres des plébéiens, cette réforme n’a pas été appliquer, tout laisse à
penser qu’elle ne fut pas appliquée étant donné que par la suite les plébéiens vont continuer à
réclamer de bénéficier des terres de l’ager publicus
On ne trouve qu’une disposition social majeur pour les citoyens, en -326 il y a une loi social
importante la loi Poeteia papiria aboli enfin l’esclavage pour dette, les romains sont très en retard
par rapport aux athéniens, Solon un réformateur a abolit l’esclavage pour dette en -594
Le triomphe de la dette est assez ambigu sur les plans politiques et économiques, seule une petite
minorité de la plèbe accède à une égalité avec le patricien, ce qui donne naissance à une nouvelle
classe dirigeante la Nobilitas
Les conquêtes de la plèbe finissent donc par modifier la classe dirigeante de la république, les
grandes familles patriciennes et les familles plébéiennes qui ont accéder aux hautes magistratures
finissent par se rapprocher, rapprochement qui est souvent scellé par des alliances matrimoniales,
jusqu’à la fin de la république
Ces rapprochements donnent lieu à une nouvelle élite qui dirige la république : la nobilitas
1) La définition de la nobilitas
La nobilitas est un groupe social assez précis, elle comprend toutes les familles romaines qui dans le
présent ou dans le passé compte un membre qui a exercé le consulat, constitue donc ce groupe, les
grandes familles patriciennes et la fraction supérieur de la plèbe qui a réussi à accéder à cette haute
magistrature romaine
Au point de vue de son statut la nobilitas ne forme ni une noblesse de sang ni un ordre juridique
comme sous l’ancien régime, c’est simplement une réalité sociale, c’est une noblesse de fonction car
c’est une fonction politique, le consulat, qui permet d’entrer dans ce groupe social
Le candidat de la nobilitas a une fonction de magistrat il devra faire ses preuves : il devra montrer
qu’il a bien servi dans l’armée, il doit manifester son gout pour servir l’état, il devra présenter des
garanties morales, il devra se rendre populaire auprès de ses concitoyens tout n’est pas histoire de
naissance, quand on fait partie de la nobilitas il faut montrer qu’on a les capacités pour exercer la
fonction
Dans les fonctions sociales la nobilitas représente le groupe le plus riche à partir du IV ème siècle de
la société romaine, elle est la première bénéficiaire de l’ager publicus, elle tire des revenus
considérables d’affaire commerciale et financière. Cette nobilitas a énormément de clients, elle
entretient des réseaux de clientèles et d’amitié gigantesque qui augmente ces chances lors des
élections
2) Le rôle de la nobilitas
En pratique la nobilitas se réserve les hautes charges publiques, pendant 3 siècles quelques dizaines
de famille de la nobilitas occupent en permanence la fonction de consul
De – 366 à – 66 on ne compte que 15 consuls qui ne sont pas issus de la nobilitas, de -300 à -200 de 6
familles sont issus 83 consuls, la gens Claudia a fourni à Rome 28 consuls entre -300 et -200
Au cours des IIIème et II siècle avant JC le système tend de plus en plus à se fermer, il devient
rarissime d’accéder à une magistrature supérieure si on ne compte pas parmi ses ancêtres quelqu’un
qui a été consul
Les consuls qui ne font pas partis de la nobilitas sont des homines Novi, ils sont souvent célèbres on
peut en citer un certain nombre comme :
Le système offre un avantage pour la cité, la concentration du pouvoir au sein de cette minorité à
assurer la continuité de la vie politique romaine, tant au niveau intérieur qu’au niveau extérieur
En conclusion : à la fin de ce conflit Patricio plébéien la république n’est plus une aristocratie
classique mais elle est devenue une timocratie qui favorise les citoyens les plus riches et les plus
talentueux
Section 2 : la res publica un équilibre instable entre 3 systèmes de gouvernement
La première chose à retenir est que sous la république à Rome demeure politiquement une cité
antique telle que nous l’avons décrite
Alors que géographiquement elle est devenue un empire, ceci a une conséquence directe seul
participe aux institutions politiques les citoyens romains se trouvant à Rome soit une petite partie de
la population, alors que les habitants des provinces sont laissés en dehors du système politique.
Les cités vaincues ne s’occupaient que des affaires locales, elles étaient organisées comme la cité
romaine
En dépit des ressemblances les concepts qui définissent le pourvoir à Rome ne sont pas les nôtres,
ainsi le pouvoir est très différent, à Rome il n’existe pas de distinction nette entre les fonctions
religieuse et politiques
Pas de distinction nette entre fonction civil et militaire, un magistrat romain peut avoir des fonctions
publiques importantes et des fonctions militaires essentielles
De même qu’il n’existe pas de séparation des pouvoirs, entre les pouvoirs exécutifs législatifs et
judiciaires.
Exemple : le consul qui est le représentant les magistrats les plus importants de la république
romaine (il y en a 2) le consul dirige les armées (pouvoir militaire) il préside les assemblées (pouvoir
civil), il émet des édits et propose des lois ; il consulte les dieux grâce aux auspices et il émet des
décisions judiciaires, le consul a un pouvoir judiciaire important, un pouvoir de contrainte important
Les assemblées romaines ne détiennent pas le pouvoir législatif et les magistrats le pouvoir exécutif,
il n’y a pas de concept de séparation des pouvoirs
- La constitution romaine est une construction empirique, les institutions se sont formées
progressivement au fil de l’histoire, elles n’ont pas obéi à une idéologie préconçue, les règles
sont nées de l’expérience au rythme des besoins et rodées par la pratique
- C’est une constitution coutumière, en matière de droit public cela signifie que les institutions se
sont formées sans constitution écrites ni père fondateur, il y a des règles mais elles ne sont pas
écrites
- Ce troisième caractère est controversé, la constitution républicaine romaine serait mixte, elle
mélangerait plusieurs éléments, c’est un grec qui a imaginé cette théorie, c’est Polybe un
historien grecque du IIème siècle avant JC les grecques sont venus à Rome s’installer comme
prisonnier de guerre, et ont analyser les institutions romaines, pour Polybe les institutions
romaines étaient parfaites et constituaient un des facteurs de la supériorité de Rome. La thèse
de Polybe comporte deux compositions, il part du constat d’Aristote suivant lequel dans tous les
systèmes politiques il existe 3 principales formes du gouvernement
La deuxième proposition de Polybe est que la constitution romaine est mixte car on y trouve les 3
principe, ces principes s’équilibre de manière parfaite
Au sein de la république romaine les citoyens sont repartis dans 4 assemblées différentes
A Athènes le « démos » est réunies dans une semble assemblée l’ecclésia => assemblée populaire qui
réunit les citoyens de manière égalitaire
Ce n’est pas le cas à Rome, le système romain correspond de façon manifeste de façon à diviser le
pouvoir du populus en le fragmentant dans de assemblées doter d’attribution inégales et composés
selon des critères différents
Les comices curiates, sous la république les comices curiates apparaissent comme un vestige du
passé, pour des motifs religieux, les romains répugnaient à supprimer les institutions traditionnelles
Les comices curiates survivent sous forme de fiction car au lieu de réunir le populus ils ne réunissent
que 30 personnes, les comices curiates confèrent l’imperium aux magistrats qui en sont dotés, ce
vote n’est que de pure forme, ils ne peuvent pas refuser, l’assemblée n’a aucun pouvoir de refus
d’investir les magistrats de leur pouvoir
Ces comices conservent quelques prérogatives de droit privée qui sont les mêmes qu’à l’époque
royale
Les comices centuriates : ils constituent l’assemblée politique la plus importante de la république
romaine
De cette organisation militaire il reste des traces, ces comices sont réunies sur le champ de mars c’est
l’endroit où on réunissait les soldats, lieux où se pratiquait la levée des troupes à Rome
De plus il existe une équivalence entre la répartition de la population selon sa fortune et le rôle
militaire de chaque citoyen et par suite son rôle politique
L’organisation et le rôle de cette assemblée se fixe de manière définitive à partir de la fin du IVème
siècle
Les citoyens sont répartis dans de grandes catégories (première colonne), le cens (deuxième colonne)
est reparti en 7 catégorie
Tout en haut se trouve les chevaliers, à l’origine dans l’armée romaine les plus riches citoyens
combattaient dans la cavalerie
Au IIIème siècle cette fonction militaire s’estompe et la catégorie des chevaliers devient une
distinction rechercher qui regroupe les plus riches des citoyens
Après la catégorie des chevaliers viennent 5 classes dont l’accès dépend du degré de fortune des
citoyens
Dernière catégorie, les citoyens les moins fortunés ceux dont le cens est inférieur à 11 000 as ils sont
regroupés dans une 7 ème catégorie, les infraclassem
En principe dans l’armée de façon ordinaire ces citoyens peu riches exerçaient leur fonction dans les
services techniques de l’armée comme la musique
Les citoyens sont répartis en centuries en 193 centuries, à l’origine la centurie est une unité de
combat qui comprend en théorie 100 hommes
Par la suite la centurie va avoir d’autres rôles, elle devient une unité fiscale et politique, la centurie
peut être composé d’un nombre de citoyen nettement plus important
Ainsi les centuries sont très inégalement réparties en fonction des 7 catégories des comices
centuriates
Dans ces conditions la répartition de la population est très inégale, l’idée générale qui préside, plus le
citoyen est pauvre plus la centurie dans laquelle il exerce ses droits est composé de nombreuses
personnes et plus ses droits politiques sont modestes et plus ses droits politiques sont dilués dans un
ensemble plus vaste
Au sein des comices centuriates le vote final se fait par groupe, par centurie et non par tête ou par
citoyens
Le vote s’effectue en 2 étapes, d’abord au sein de chaque centurie, le vote se fait d’abord par tête
par citoyen, la majorité détermine le vote de la centurie
Deuxième étape le vote final, il est déterminé en fonction du nombre de centurie qui se sont
prononcés dans le même sens
Primo : on commence par faire voter les centuries composés des citoyens les plus riches, les
opérations de votes sont interrompues dès que la majorité est atteinte or en faisant le calcul à partir
du tableau on constate que si les chevaliers et les 80 centuries de la 1ere classe vote dans le même
sens ils emportent la décision alors même qu’ils représentent moins de 10% du corps civique
Conséquence de tout cela, avec l’interruption du vote, les 3eme et 4eme et 5eme classe ne vote
presque jamais
Secundo : Les chevaliers sont spécialement favorisés, il y a une centurie de chevalier qui a chaque
vote est spécialement favorisé, en effet avant de procéder au vote, un tirage au sort dans les
centuries de chevalier a pour fonction de déterminer celles qui va voter en premier
On appelle cette centurie tirée au sort la centurie prérogative, cela détermine très souvent le vote
des comices car les romains sont superstitieux et pensent que cette centurie tirée au sort exprime la
volonté des dieux
Par conséquent les romains ont le plus souvent tendance a voté dans le même sens que la centurie
prérogative
Tertio : certaines modalités du vote sont défavorables à l’expression d’un vote libre et éclairée, le
vote est public, il y a un agent public qui est chargée d’examiner le vote de chaque citoyen
Ce vote est très intéressant pour les privilégies, les patrons peuvent savoir comment les clients ont
voté, de même que les corrupteurs vont pouvoir savoir que les citoyens corrompus ont pu voter dans
leur sens ou non
L’abstention est impossible, le citoyen est obligé de dire si oui ou non il est d’accord, le citoyen doit
obligatoirement se prononcer pour ou contre, il n’a pas le droit d’initiative
Tout est conçu pour que n’est pas vraiment lieux un véritable débat dans les assemblées romaines,
par exemple contrairement à Athènes où les citoyens sont assis pendant les séances de l’ecclésia, les
romains restent debout parquet dans de très longues files d’attente, rien est prévu pour que
s’établisse un véritable débat
Par conséquent on peut dire que toutes ces techniques sont destinés à guider le vote du citoyen.
On peut dire que de manière général l’ensemble de cette organisation est révélateur de la nature
timocratique de la constitution républicaine qui assure une large prépondérance aux plus fortunés
La richesse est source de liberté pour les citoyens, l’aisance ou la fortune confère l’indépendance or
le citoyen idéal à Rome est un homme indépendant qui ne dépend pas d’autrui, cet idéal fait que les
pauvres sont mal vu puisqu’ils dépendent de riches particuliers mais aussi les travailleurs manuels et
les salariés qui dépendent d’autrui pour leur salaire ou pour leur travail
La richesse est source de loisir pour les romains, le loisir est valorisé à Rome, ce qui permet au
citoyen d’être disponible pour les affaires de la cité, ou de cultiver son corps dans les enceintes
sportives ainsi que son esprit
Contrairement à Athènes il n’est pas question à Rome d’allouer une allocation pour permettre aux
plus pauvres d’exercer les affaires publiques, on considère que c’est une bonne chose que les
citoyens pauvres n’aient pas les moyens matériels
Pour les romains la richesse est source de moralité, le citoyen aisé ne cherchera que l’honneur et il
ne cherchera pas à s’enrichir notamment en exerçant des fonctions publiques
Suivant ce principe plus les responsabilités sont importantes plus le cens doit être élevé
On peut dire que les romains privilégient nettement sous la république l’égalité géométrique par
rapport à l’égalité arithmétique pratiquer dans la démocratie athénienne au V ème siècle
Pour les penseurs romains comme Cicéron la démocratie est source d’anarchie, parce qu’elle met sur
le même plan tous les citoyens quel que soit leur mérite et leur place dans la cité
Les comices centuriates élisent les magistrats supérieurs, ce sont les consuls, les préteurs (rôle
judiciaire) et les censeurs
Autre compétence primordiale : cette assemblée vote la loi, elle a des compétences législatives
Les lois (lex singulier et leges pluriel) entendu au sens « stricto censu » ont été adopté assez
rarement sous la république romaine
Les comices centuriates n’auraient voté que 800 lois dans les 500 ans de la république, elles
concernent les domaines éco, social et politique
Le projet de loi qui est proposé par un magistrat, il n’est pas discuté devant les comices, mais donne
lieu à des débats informels avec les citoyens
Le projet est affiché pendant environ un mois sur le forum et les citoyens peuvent faire connaitre aux
magistrats leurs remarques ou suggérer des amendements
Point important : après le vote des comices certains magistrats ont la prérogative exorbitante de
refuser de promulguer le texte
C’est le cas pour le magistrat qui préside l’assemblée ou n’importe quel magistrat d’un rang
supérieur ou égale à celui qui a proposé la loi
Comme nous disait un célèbre principe romain : « vox populo vox dei » voix populaire voix des dieux
Les comices participent à la prise de décision extérieur à la cité, ils votent la déclaration de guerre et
les traités de paix
Nous verrons que le travail de fond en politique étrangère a été mené par les magistrats et surtout
par les sénateurs
c) La compétence judiciaire
« La provocatio ad populum » (l’appel au peuple) qui apparait au moment de la loi des douze tables a
lieu devant les comices centuriates, il a le droit de demander l’appel devant les comices centuriates
quand il est condamné à mort
Ils jugent les cas les plus graves, les crimes politiques (trahison) et les crimes de droit commun
comme les parricides par exemple
Il y a une incertitude sur la date d’apparition sur cette dernière assemblée, a priori les comices
tributes ont pris comme modèle les assemblées de la plèbe apparu au milieu du Vème siècle, ces
comices réunissant à la fois les patriciens et les plébéiens dans la même assemblée
Il y a un critère du domicile du citoyen, le critère du domicile est choisi pour réunir le critère du
populus, il peut nous sembler plus objectif et plus démocratique que le cens, mais pour prévenir ce
danger la nobilitas a prévu toute une série de correction
En fonction de leur domicile les citoyens sont classés dans des tribus (rôle militaire politique et
religieux) ces tribus sont apparues à l’époque des rois étrusques à l’époque de Servius Tullius
Le nombre des tribus va augmenter avec l’extension du territoire romain mais cela se fige assez
rapidement, à partir du IIIème siècle avant JC dans les années -250 le nombre se fige et il existe 35
tribus
Plus précisément on peut dire qu’il existe 2 sortes de tribus, il existe d’abord les 4 tribus urbaines
définis à l’époque royal sous les étrusques qui divisent la ville de Rome, chiffre qui ne changera pas
pendant toute l’histoire de la république alors que la population romaine augmente, à la fin de la
république la population de la ville de Rome aurait dépassé le million d’habitant, en occident on a
attendu le XIX ème siècle pour voir des villes aussi plus peupler (Londres et Paris)
A côté, il existe 31 tribus rustique de la campagne, qui couvrent une partie de l’Italie, au sein des 35
tribus la répartition des citoyens est déterminée par les magistrats (les censeurs) ils ont comme rôle
de recensé la population
Les censeurs vont jouer sur le domicile, la répartition strictement géographique est détournée pour
deux raisons : d’abord les tribus ont une étendu extrêmement variable elles sont plus ou moins
peuplées
Les riches propriétaires fonciers (de terre) se font inscrire dans les 31 tribus rustiques dans lesquels
ils ont des terres tandis que la masse des pauvres se concentre dans les 4 tribus urbaines de la ville
de Rome excessivement peupler
De plus les censeurs inscrivent automatiquement les affranchis, les romains ont été très généreux
pour affranchir les esclaves, si un esclave se comportait bien par rapport à son maître ils étaient
facilement affranchis. Ils les inscrivent automatiquement les affranchis dans les tribus urbaines qui
sont déjà surpeupler
Il ressort de ce tableau que les tribus rustiques sont très avantagées car elles sont composées de peu
de citoyens au contraire des tribus urbaines, comme pour les comices centuriates chaque tribu
compte pour une voix à l’intérieur de chaque tribus chaque citoyen dispose d’une voix
Alors en dépit de toutes ces manipulations les comices tributes ne restent pas moins plus égalitaires
que les comices centuriates, alors en effet d’une part les comices tributes mélangent quand même
au sein d’une même unité la tribu des riches et des pauvres. D’autre part lors de l’élection des
magistrats et lors du vote les jeux sont beaucoup plus ouverts que devant les comices centuriates, les
résultats ne sont pas toujours connus d’avance, les riches citoyens sont moins favorisés ce qui
explique que les comices tributes sont des compétences plus limitées que les comices centuriates
Ce sont les mêmes compétences que les comices centuriates mais à un niveau inférieur, les comices
centuriates élisent des magistrats supérieurs, les comices tributes élisent les magistrats inferieurs
(questeurs et édiles) ils ont une compétence législative, des lois de moindre importance que les lois
votées par les comices centuriates
Ils interviennent aussi dans la provocatio ad populum mais quand le citoyen a été condamné en 1 er
instance à une amende
Pour finir il faut observer que les comices tributes se rapprochent beaucoup des assemblées de la
plèbe sauf qu’elles sont présidées par un magistrat supérieur, un consul ou un prêteur tandis que les
assemblées de la plèbe sont présidées par un tribun
En conclusion sur les assemblées romaines il faut observer que cette constitution coutumière limite
beaucoup le rôle des citoyens
La nobilitas à veiller à assurer l’avantage aux citoyens les plus fortunés mais il faut souligner que ces
assemblées ne réunissent qu’une minorité de personne
La grosse différence entre les assemblées moderne et assemblée antique c’est que tout le monde
vote
Ces citoyens sont une minorité, car on va exclure les femmes de la citoyenneté, ainsi que les
esclaves, les étrangers, sont compris beaucoup d’habitants des territoires contrôlé par Rome mais
n’ayant pas accéder à la citoyenneté romaine
Ces étrangers sont appelés des pérégrins, ils sont libres mais sont exclus du corps civique
Il faut observer que dans le cercle étroit des citoyens la participation aux assemblées est faible tous
les auteurs antiques grecs comme romain ont constaté en déplorant l’absentéisme, c’est une des
plaies des systèmes directs la cause est géographique car les assemblées se trouvent à Rome, il est
très difficile pour la population qui ne vit pas dans la ville de Rome de venir siéger dans les
assemblées
Avec l’extension territorial de Rome l’organisation politique dans le cadre de la cité deviendra de plus
en plus étriquée et le caractère direct des assemblées romaines deviendra de plus en plus artificiel
Autre cause de cette participation faible : l’indifférence est la seconde cause, les citoyens les moins
fortunés sont tentés de s’occuper davantage de leurs affaires privées, de plus il n’existe pas à Rome
de partis politique qui pourrait stimuler l’activité politique
Les plus humbles des citoyens les infra classem, les plus prolétaires trouvent souvent inutile de
participer à un système aussi inégalitaire comme dans les comices centuriates
Globalement on pourrait dire que même si d’après Polybe les comices sont censées représenter la
démocratie, l’élément démocratique est guère présent
La magistrature romaine tient une place originale dans les institutions politiques car elle a une
double origine qui est assez contradictoire
Comme le soulignait Polybe la magistrature représente l’emprunt fait à la monarchie, car des
pouvoirs très importants notamment avec l’imperium sont conférés à une personne large pouvoir
qui rappelle l’époque royale comme le montre la pérennité de l’imperium
Certes mais pour autant la magistrature est aussi le symbole emblématique du nouveau régime
républicain par rapport à la royauté, comme en Grèce toute est fait pour assurer le partage des
pouvoirs entre les citoyens et pour éviter un retour à un pouvoir personnel autrement dit un pouvoir
de type monarchique
En ce sens la magistrature n’a rien de monarchique, il existe donc dès l’origine une ambiguïté de la
fonction des magistrats dans le système politique romain, ambiguïté qui ne disparaitra qu’à la fin de
la république
Au fil du temps la constitution coutumière romaine à forger toute une série de principe réglementant
l’exercice des magistratures, ils sont au nombre de 7, les magistrats n’ont que leur pouvoir pour 1 an,
ils sont responsables et ne peuvent pas cumuler leur magistrature
1- L’élection
Les magistrats à Rome sont systématiquement élus, l’élection est le critère de la magistrature dans la
pensée républicaine. A Athènes c’était un tirage au sort pour désigner les magistrats Platon se
moquait de cela, cela se justifiait qu’historiquement les dieux devaient intervenir dans le tirage au
sort et c’est plus égalitaire, il y avait quelques tempéraments, il fallait que le citoyen le déclare
candidat, et il y avait un bon dispositif il y avait la docimasie si le citoyen s’était bien comporté
auparavant si elle avait bien payer ses impôts avait été un bon soldat
Mais si on élit les citoyens à Rome cette élection ne présente pas le caractère démocratique qu’on lui
attribue aujourd’hui
Pour les conditions formelles la condition première est d’être citoyen, il faut être un homme, il faut
être patricien, d’origine patricienne pour les magistratures patriciennes et il faut être plébéien pour
les magistratures plébéiennes
Autre condition : il faut avoir accompli correctement son service militaire qui commence à 17 ans ce
qui est très lourd, il faut avoir répondu pendant 10 au moins aux appels annuels de l’armée, en clair
on ne peut être élu magistrat qu’à l’âge minimum de 27 ans ce qui est déjà un âge raisonnable à
Rome étant donné l’espérance de vie, on privilégie l’expérience
Dernière condition il ne faut pas être considéré comme indigne, il faut jouir de l’indignitas, ni frapper
d’infamie, est infame celui qui ne bénéficie pas la bonne réputation, notamment à la suite d’un
jugement pénale, d’un jugement de faillite
En réalité il n’y a qu’un nombre très restreint de citoyen qui peuvent être magistrats, à ces conditions
se sont ajoutés des conditions de fais qui se sont précisées
Sauf qualité exceptionnelle, pour être magistrat il faut faire partie de la nobilitas et être riche pour
être élu à une magistrature supérieure
A Rome c’est un peu la même chose, pour soigner leur popularité les hommes politiques romains
devaient offrir aux citoyens des jeux ou des banquets
Ces spectacles sont couteux, en offrant ces jeux la nobilitas manifeste qu’elle est puissante et riche,
qu’elle sait tenir son rang, elle exerce certes les fonctions politiques les plus importantes en échange
elle en fait profiter la plèbe par des jeux ou des monuments publics (thermes) ou du blé gratuit
Dans le même ordre d’idée, l’accès aux magistratures va être refuser aux citoyens exerçant des
professions salariées, les romains estiment que le salarié n’est pas indépendant car il dépend de
l’employée
De plus la candidature va être aussi refuser aux citoyens de fraiches dates c’est à dire les affranchis,
et les fils d’affranchis ce n’est qu’à partir de la 3 ème génération qu’on peut être élue magistrat
Cursus honorum
Dernière condition : pour postuler valablement à un poste à Rome on estimait qu’il fallait avoir
acquis l’expérience suffisante
Ces conditions est régie par le cursus honorum, c’est la carrière des honneurs parce que le mot
honnor à l’origine signifiait la magistrature
Ce système a comme conséquence que les magistratures sont classées suivant un ordre hiérarchique
officiel
Toutes les magistratures sont classées selon un ordre hiérarchique officiel, le candit à un poste de
magistrat doit suivre un certain parcours pour progresser dans les magistratures
C’est la loi Villia de - 180 qui fixe ce cursus honorum, avec un âge minimum pour chaque poste
- Tribun de la plèbe âge de 27 ans
- Questeur à 30 ans
- Edile curule à 37 ans
- Prêteur magistrat judiciaire à l’âge de 40 ans
- Consul à 42 ans et censeur à 44 ans
b) Le déroulement de l’élection
La procédure de l’élection est marquée par les pratiques du début de la république, période au cours
de laquelle le magistrat nommait son successeur (cooptation) le magistrat sortit de charge à garder le
privilège de proposer les candidats qu’il désirait voir être élue à sa place
Election annuel, la date des élections et la liste des candidatures étaient affichées une vingtaine de
jour avant les élections
Pendant la période officielle le candidat se faisait connaitre des électeurs et essayait de gagner leur
suffrage pour être élu
Ce candidat était facilement reconnaissable lorsqu’il se déplaçait sur le forum portait une Toga
candida, une toge particulière une toge blanche, d’après les sources de l’époque le candidat devait
beaucoup marcher sur le forum et serrer les mains accompagner d’un nomenclateur qui soufflait le
nom des citoyens du candidat
De même on utilise des slogans politiques mais contrairement aux nôtres ils n’évoquent pas de
programme politique mais plutôt les qualités morales du candidat
Au jour de l’élection le magistrat présidant les comices réunissait les citoyens qui étaient regroupés
de la même façon que pour le vote de la loi, ce magistrat présidant les opérations électorales avait
un pouvoir très important, il pouvait arrêter les opérations électorales en invoquant un signe des
dieux, un présage défavorable, l’orage, un coup de tonnerre voire même une crise d’épilepsie on
considérait que cette maladie résultait de l’action des dieux
Il avait le privilège de proclamer le résultat du vote et pouvait s’abstenir de le faire situation assez
rare « vox populi vox dei » dans ces conditions les magistrats sortants ont conservé un pouvoir
important dans la désignation de leur successeur
2- L’annualité
Les magistrats exercent leur fonction pendant une année, c’est un emprunt aux institutions grecques
apparut vers le VIIIème siècle avant JC précaution contre les abus de pouvoir
3 exceptions
- Le dictateur qui est nommé pour mettre fin à une crise grave (magistrat exceptionnel) il est
désigné pour 6 mois puisqu’il avait un pouvoir important
- La magistrature de la censure, les deux censeurs sont désignés pour 18 mois tous les 5 ans. Ils ont
une fonction très particulière qui est de recenser la population
- Avec l’extension des territoires soumis par Rome le strict respect de l’annualité devint trop
contraignant, le magistrat qui avait finis sa fonction devait attendre un non délai pour pouvoir
continuer à exercer sa fonction
A la fin du IIIème siècle avant JC apparaissent des pro-magistratures qu’on peut définir comme une
prolongation de la durée normal de la charge du magistrat
Il y a des conditions, c’est le sénat qui accorde des pro magistratures, le promagistrat n’est pas un
magistrat ordinaire, il n’exerce plus de fonction politique à Rome mais il est soit chargé dans un
mandat spécial de commander l’armée
Exemple célèbre : Scipion l’africain consul et général en chef a été prolongé pendant 17 ans jusqu’à la
victoire finale
La multiplication de ces pro magistratures à favoriser par la suite la tentation du pouvoir personnel,
comme nous le verrons plus tard, à la fin de la république de plus en plus de magistrats ayant
prolongé leur fonction ont été tenté de conserver leur pouvoir
d : le consulat
Les deux consuls sont les vrais détenteurs de l’imperium, ce qui leur confère une grande autorité, ce
serait l’équivalent de président de la république avec la différence qu’il y en a deux, ils ont un grand
prestige dans la cité, il marque l’année civile, élus en automne par les comices centuriates, ils entrent
en charge en grande pompe le 1er janvier, ils montaient au capitole, la colline religieuse de Rome et
présidait une séance au sein, ils donne leur nom à l’année en cours romaine, ils sont éponymes
En tant que détenteur de l’imperium, ils sont responsables de la conduite de la guerre, ils détiennent
l’imperium militiaie, ils vont prendre les décisions concernant la tactique, de même que en tant que
détenteur de l’imperium ils ont le pouvoir civil, ils assurent le gouvernement de la cité
e : la censure
Collège qui réunit les 2 censeurs, la censure est apparue assez tout au début de la république,
apparue entre le milieu et la fin du V ème siècle avant JC, pour remplacer les consuls dans la mission
de recenser la population
La censure est une magistrature particulière, bien que magistrat supérieur les plus élevés dans la
hiérarchie, les deux censeurs ne disposent pas de l’imperium, ils ont des fonctions beaucoup plus
spécifique, les censeurs ne sont élus que tous les 5 ans pour 18 mois, c’est ce qu’on appelle un lustre,
ils sont à l’abri d’un véto de la part d’un autre magistrat, cela signifie qu’on ne peut pas opposer un
véto pour qu’une décision d’un censeur soit appliquée, mais ils ont aussi eux-mêmes pas un droit de
véto
Ils s’occupent avec le sénat de la gestion de l’ager publicus, pour déterminer les bénéficiaires de
cette ager publicus, ils vérifient que les bénéficiaires respectent les conditions
Ils sont responsables des marchés publics de l’Etat organisé sous forme d’enchère publique, que ce
soit pour construire des monuments publics (temple, therme, bibliothèque) à Rome ou dans d’autres
villes du territoire, ou pour lever les impôts, pour lever l’impôt dans une province comme en Syrie
par exemple ou la Sicile remporte le marché le particulier qui offre le plus d’argent à la cité à charge
évidement pour ce dernier de lever l’impôt lui-même au dépend des provinciaux/ particuliers
Avantage pour l’état de ne pas créer une administration fiscale, ce système a été abandonner dans la
France d’ancien régime par exemple, c’était la ferme générale, celui qui emporte le marché (fermier
général) va vouloir engendrer des bénéfices
C’est une mission essentielle des deux censeurs, c’est une mission effectuer au début de chaque
lustre, à chaque nouveau mandat des censeurs c’est-à-dire tous les 5 ans
A Rome le citoyen passe un mauvais quart d’heure quand il est recensé, il est convoqué sur le champ
de mars, il reçoit les déclarations de chaque citoyen, concernant la composition de sa famille, son
domicile, et sa fortune, ces déclarations sont faites sous foi d’un serment, et peuvent entrainer de
graves sanctions, si elles s’avèrent fausses
D’après ces renseignements, les citoyens sont repartis pour toute leur fonction politique de citoyen
mais aussi fiscale et militaire
Sur le plan politique, les citoyens sont classés en tribus et en classe et en centurie en ce qui concerne
les comices centuriates
De façon apparemment étonnante pour nous, quand les romains fraudes, ils ont plutôt tendance a
sur évaluer leurs biens. Les romains surestiment leur bien, c’est parce que ça n’a pas de grosses
conséquences financières pour eux, l’impôt direct à Rome est léger
D’après ce qu’on a vu le système des comices centuriates, si on surestime son patrimoine on peut
être dans une classe supérieure, dans une centurie où il y a peu de citoyens
Ils surestiment leur patrimoine pour des raisons sociologiques, car dans l’époque gréco-romaine les
riches sont bien dans la cité, ils font des dons en faveur de la communauté, ils pratiquent
l’évergétisme
Les censeurs dressent aussi la liste les sénateurs lexio senatus => l’album sénatorial, sénateur qu’ils
recrutent parmi les anciens magistrats, les censeurs jouent un rôle clé dans le système timocratique
romain, car ce sont eux via le recensement qui assignent le rôle de chaque citoyen dans la cité
suivant ses capacités, sa fortune et même sa moralité
Il examine les éventuels manquements aux obligations sociales, il pouvait sanctionner les faux
témoignages et faux serments, il contrôle même la vie privée du citoyen
On va examiner si le pater familias n’abuse pas de son autorité sur ses enfants, s’il ne bat pas sa
femme, s’il ne dilapide pas le patrimoine de la famille, ou encore si le père de famille n’abuse pas de
son autorité par rapport aux esclaves évolution du comportement stoïcisme à Rome
Quand le censeur le juge nécessaire il peut mettre une mauvaise note à l’encontre du citoyen balla
nota, mauvaise note qui peut soit rétrograder le citoyen de sa place dans la cité, dans les comices
centuriates on va pouvoir l’inscrire dans une place inferieur, on peut même l’exclure pendant 5 ans
de la vie publique
On estime que plus un citoyen s’élève dans la hiérarchie plus il doit être un modèle pour les citoyens
de rang inférieur
En cas de péril grave extérieur ou intérieur, il est possible d’instaurer une dictature, la décision doit
être prise par le sénat, qui ordonne aux consuls de nommer un dictateur, le dictateur a des missions
encadrés il exerce sa mission dans un mandat précis, par exemple finir une guerre ou mater une
rébellion, les italiens se rebellent contre le système romain car ils ne bénéficiaient pas de la
citoyenneté romaine il ont fait la guerre sociale à la fin de la république romaine, ou encore des
révoltes d’esclaves avec la révolte de Spartacus
Une fois la mission achevée il doit abdiquer, son mandat ne peut pas excéder 6 mois, on peut citer le
dictateur parfait le cas de Cincinnatus, d’après l’histoire romaine ancien consul il travaillait dans son
champ en 450 avant JC quand on vient lui dire qu’il était nommé dictateur, il revint à ses fonctions
privés 10 jours plus tard ayant sauvé la république
Le dictateur reçoit des pouvoirs très étendus, pour résoudre le problème donné, cela correspond à
l’application d’un principe romain, le salut du peuple est la loi suprême s’il y a un danger extrême
pour la cité il faut suspendre les lois normales et prendre des mesures exceptionnelles
Quand la I ère république a été menacé on a instauré suivant l’exemple romain un gouvernement de
salut publique qui a suspendu toutes les règles ordinaires qui a suivi la terreur
Le dictateur est le seul détenteur de l’imperium, les prêteurs et les consuls en sont privés, il possède
le commandement militaire même à l’intérieur du pomerium (enceinte de Rome)
Il peut prononcer des sanctions pénales poussés et n’est pas entraver par la collégialité et aucun véto
ne peut lui être opposé, il est donc omnipotent, il ne peut disposer à son gré du trésor public, il est
obligé d’avoir l’avis du sénat
Conclusion :
Certes les magistrats sont investis de pouvoirs très étendus avec l’imperium mais le consul pour
prendre le magistrat le plus important n’est pas un roi car il est soumis au suffrage populaire et au
contrôle du sénat, les sénateurs peuvent contrôler les magistrats, il est soumis au véto des tribuns et
à celui de son collègue
L’annualité limite très fortement le pouvoir du consul, en janvier il prend ses fonctions, en mars il
part commander les armées, à partir de mars jusqu’à l’hiver il est accaparé par les fonctions
militaires, et à son retour il doit élire un successeur
Ici on ne peut pas spécialement discuter la thèse de Polybe, le sénat est un pur organe oligarchique
(oligoi= peu de personne) ce qui se traduit par sa composition réduite, et son organisation et toute
une série de règle qui régit le sénat et favorise certains sénateurs
Autre élément à retenir, le sénat n’est pas une assemblée de peuple romain, les assemblées
réunissent le populus, elle n’a pas vocation à réunir tous les citoyens romains mais c’est un conseil,
un conseil restreint composé de 300 personnes, qui n’a pas de pouvoir de décision en principe, c’un
conseil composé des citoyens romains les plus distingués, les meilleurs citoyens romains
Avant d’aller plus loin nous allons définir les caractéristiques générales du sénat, par rapport aux
assemblées et aux magistrats, le sénat représente l’organe permanent de la res publica, ce qui est
rendu possible par le fait que les sénateurs changent peu, la fonction de sénateur est viagère, dans
les premières institutions de la III ème république il avait une chambre haute qui avait une fonction
viagère
Le sénat correspond à l’idée traditionnelle romaine que toute décision doit donner lieu à une large
concertation, chaque décision doit être prise en conseil
A l’époque royal, il était le conseil du roi, sous la république il devient le conseil de la république,
toutes ces prérogatives découlent de ce devoir de conseil, même si nous verrons que le sénat s’est de
plus en plus comporté comme une assemblée politique souveraine, en prenant des décisions
impératives, théoriquement c’est un organe qui fait que donner des conseils mais en réalité le sénat
prend des décisions impératives
Le sénat est au cœur des institutions républicaines, il est constamment en relation avec les différents
magistrats, il détient en pratique beaucoup de prérogatives que l’état moderne considère comme
relevé des domaines exécutifs législatifs et judiciaires
La devise de la république romaine montre bien le rôle du sénat : SENATUS POPULUS QUE ROMANUS
(SPQR) cela signal de façon symbolique la place du sénat dans les institutions, le sénat et le peuple
romain, signifie qu’il existe une union indissociable entre le sénat et les citoyens
C’est l’expression des meilleurs citoyens, qui doivent avoir le rôle le plus élevé => timocratie
Cette organisation se traduit par sa composition et hiérarchie qui règne entre sénateur, tous les
sénateurs sont classés du numéro 1 au numéro 300
1- La composition du sénat
Au début de la république le nombre des sénateurs se fixe à 300 ; 100 à l’époque royale, ce sont les
deux censeurs avec l’album sénatorial qui ont chargés de la composition du sénat, en dressant tous
les cinq ans l’album sénatorial, avec cet album ils doivent en principe éliminé les sénateurs s’étant
rendu indigne de la fonction, pour remplir les trous, remplacer les sénateurs éliminés ils doivent
ajouter de nouveaux noms pour remplacer les sénateurs
Pour ce faire il y a une bonne règle timocratie romaine, ils doivent choisir les nouveaux sénateurs
parmi les meilleurs citoyens dans tous les ordres ce qui fait qu’en théorie les sénateurs peuvent être
recruter dans toutes les classes sociales
La réalité est tout à fait différente, il y a que a priori dans des cas extrêmes qu’on a appliqué ce texte,
quand beaucoup d'anciens magistrats ont été tuer, la bataille de cannes pendant la guerre punique
qui a donné lieu à un nombre gigantesque de mort romain, il n’y avait plus de magistrat pour
remplacer, on a choisi d’excellent soldat pour remplacer les anciens sénateurs
La coutume se fixa au début de la république rapidement en dehors des cas extrême, de choisir
comme sénateur les anciens magistrats sortis de charge, cela bien sûr dans l’ordre du cursus
honorum, ce qui fait qu’à partir des édiles curules étaient pratiquement certains d’être sénateur, à
partir du IIIème siècle les censeurs appliquent de façon mécanique cette coutume, et ils n’exercent
plus leur pouvoir d’éliminer les sénateurs considérés comme indigne
Un contrexemple, censeur très connu qui a osé ne pas respecter cette règle c’est Caton le censeur, il
a vécu au II ème siècle avant JC, il a rayé 7 sénateurs indigne, c’est l’exception qui confirme la règle,
ce fut exceptionnel, les censeurs n’exercent jamais ce pouvoir
De ces compositions il faut retenir que le sénat est le bastion de la nobilitas, le refuge de la nobilitas,
les hauts magistrats sont recrutés au sein de ce petit groupe social et ont vocation à rentrer au sénat
Avec la disparition du pouvoir d’appréciation du censeur, le sénat devint de plus en plus un organe
oligarchique sclérosé, ce qui est un des éléments de la fin de la république
Il est présidé par un magistrat supérieur, le consul préside le sénat, qui le convoque et détermine
l’ordre du jour, le public n’est pas admis aux séances, (c’est ce qu’on appelle la curie) mais les portes
de la salle restaient ouvertes
L’album sénatorial, n’a pas seulement pour fonction de régler la composition du sénat mais classe
aussi tous les sénateurs par ordre hiérarchique, entre en ligne de compte l’âge, on favorise les
personnes les plus âgées ainsi que l’ancienne magistrature exercée et aussi d’origine plébéienne ou
patricienne, le sénateur le plus élevé dans la hiérarchie est l’ancien censeur le plus âgé c’est le
princeps ce qui signifie le premier qui nous a donné le mot prince, cette influence hiérarchique a une
influence sur les débats
Quand la question du jour est posée on va commencer par le premier et ainsi de suite, on suit l’ordre
hiérarchique des suivants
Les sénateurs peuvent parler aussi longtemps qu’ils le désirent, les sénateurs une fois qu’ils ont la
parole peuvent s’exprimer comme ils le désirent, le président n’a aucun pouvoir pour les interrompre
ce qui fait que dans ces conditions, ils peuvent faire du hors sujet, des digressions, en abordant les
sujets qui leurs intéresse
On a un exemple célèbre c’est Caton le censeur, quand il s’exprimait en tant que princeps, en
revenait toujours à son obsession d’en découdre avec les carthaginois
Avec ces modalités de débat il était pas possible de recueillir l’avis des 300 sénateurs ce qui fait qu’en
pratique les 2/3 des interventions étaient le fait des sénateurs occupants les ranges les plus élevés et
que la majorité des sénateurs ne s’exprimaient jamais, pour prendre une décision le décompte des
voix se fait de manière particulière, les sénateurs se rangeaient du côté de l’orateur dont il partage
l’opinion et on comptabilise le groupe le plus nombreux on disait qu’ils votaient avec leur pied
puisque se déplaçant vers l’orateur qu’ils souhaitaient
Ces modalités sont oligarchiques à l’intérieur même des privilégiés composant le sénat romain,
n’intervienne réellement dans les débats que les sénateurs socialement et institutionnellement les
plus puissants, l’opinion public romaine on les désignait comme les piétons.
Même si le sénat ne dispose pas en principe de pouvoir de décision, c’est un conseil, le fait qu’il est le
conseil de la res publica le permet d’intervenir dans toute une série de domaine, le sénat dispose
d’une attribution particulière, qui lui explique sa place particulière dans les institutions, c’est le
pouvoir de l’auctoritas
Le concept clé, toutes les prérogatives politiques du sénat découlent de ce fameux auctoritas, qui est
un concept juridique romain complexe, ce mot vient du latin auctor qui signifie garant/tuteur, le
sénat est le garant et le tuteur de l’état ce qui l’investie du privilège de revêtir de son autorité
certains actes politiques engageant la cité, en conférant son autoritas à une décision d’un magistrat
(consul prêteur etc..) à un projet de loi, à une liste de candidat pour succéder à un magistrat, une
lever militaire, le sénat signale publiquement de façon discrétionnaire, il ne se justifie pas que ces
mesures ont son accord
Reste à savoir comment les sénateurs donnaient leur avis, le sénat exprime son avis sous forme de
sénatus-consulte, qui fait connaitre l’avis de la majorité des sénateurs, ils étaient rédigé ainsi, « les
sénateurs estiment que », en théorie l’auctoritas n’a que peu de signification juridique, c’est une
sorte d’avis moral qui montre que le sénat est partisan de la mesure en question, en pratique ce n’est
pas le cas, l’auctoritas augmente la valeur juridique de l’acte dont le sénat se porte garant, la
pratique politique sous la république romaine, fais que l’auctoritas du sénat est quasi indispensable
pour que les décisions prises par les magistrats votés par les comices soient exécutées
Il n’existe que 6 voix votées par les comices et appliquées par les magistrats, qui n’avaient pas reçu
l’accord préalable du sénat, il reste rare qu’une mesure pas approuver par le sénat rentre en
application
Plus largement aucun acte politique significatif n’est exécuté par un magistrat sans l’accord du sénat,
la coutume et le bon sens incitait les magistrats à suivre l’avis du sénat
A quelle moment le sénat délivre son conseil, il y a eu un changement sur ce point, au début de la
république le sénat examinait les lois après leur vote autrement dit en refusant d’accorder son
auctoritas le sénat pouvait empêcher que la loi régulièrement votée soit exécutée
Ce pouvoir semble exorbitant s’en suit une réforme, en -339 la loi Publilia décida que l’examen des
sénateurs avant le vote de la loi et non après
La réforme n’a pas affaibli le sénat car il est intervenu plus dissimuler mais de façon tout aussi
efficace en bloquant carrément une loi qui n’avait pas son accord
C’est un peu artificiel de préciser ces domaines d’intervention du sénat puisque les sénateurs
peuvent débattre de n’importe quelle question, toutefois certains domaines ont finis en pratique par
ressortir, par dépendre de la compétence du sénat, en dehors de la procédure législative il intervient
en matière diplomatique, en matière militaire, budgétaire, judiciaire, et religieuse
a) La diplomatie
La politique est maîtrisé par les sénateurs, le sénat s’occupe des rapports de la cité Romaine avec
l’extérieur, notamment avec les pays conquis ou alliés, il reçoit les ambassadeurs et il conduit des
négociations avec les puissances étrangères, il ne détient pas formellement le pouvoir de déclaré la
guerre puisque c’est le peuple qui vote cela, c’est la compétence des comices centuriates, mais par le
biais de la diplomatie très adroite qu’il mène les sénateurs bénéficiaient une très grande expérience,
les sénateurs ont le pouvoir essentielle en matière extérieur, il était facile pour le sénat de faire
déclarer une guerre. Il négocie les traités de paix ils sont votés par les comices mais définis les termes
Il décide par la suite du statut du pays vaincu, les sénateurs disposent de beaucoup de solution, ils
peuvent considérer que le territoire vaincu par Rome va devenir un allié de Rome ou considéré qu’il
devient une nouvelle province, ou une colonie.
Si ce territoire devient une nouvelle province c’est le sénat qui nomme le magistrat qui sera chargé
de l’administré
b) En matière militaire
Après la déclaration de guerre par les comices centuriates, le sénat a la haute main sur les questions
militaires, c’est lui qui va décider comment la guerre va être mené, il ordonne la levé des troupes, en
fixant le nombre de soldat qui sont affectés à la guerre, il décide des moyens financiers consacrés à la
guerre, l’argent est le nerf de la guerre comme disait Catherine de Médicis, il assigne aux magistrats
où ils vont combattre, il donne des instructions quant à la stratégie générale à suivre contre l’ennemi
Il dispose d’un pouvoir essentiel, l’imperium des magistrats est pas mal contrôlé, avec l’extension du
territoire romain son contrôle sera de moins en moins effectif sur le terrain, ce qui est un des
éléments qui explique l’émancipation des magistrats à la fin de la république, le sénat avec les
communications de l’époque ne peut pas contrôler des opérations militaires qui sont très loin
Exemple : César qui a reçu une délégation pour conquérir le nord de la gaulle, le sénat ne pouvait
plus contrôler les opérations militaires par César
c) En matière financière
Pour Polybe, il s’agit de la principale attribution du sénat, il exerce un contrôle absolu sur le trésor
public et le patrimoine de l’Etat (ager publicus) et décide des recettes et des dépenses, il détient
totalement le cordons de la bourse, pour les recettes, le sénat fixe le tribut c’est-à-dire la
contribution financière exigé des provinciaux, si nécessaire, il fixe le montant de l’impôt des citoyens.
Après la conquête de la macédoine cette impôt est supprimé
Les autres recettes proviennent des revenus de l’ager publicus, et surtout des recettes
exceptionnelles et des indemnités des vaincus qui peuvent être gigantesque
Pour les dépenses, le sénat décide de l’affectation des recettes qui finance surtout les dépenses
militaires de la cité
Le sénat répartis les moyens financiers alloués à chaque magistrat, et peut donc s’il le désir couper
les vivres d’un magistrat qui lui a déplu
d) En matière judiciaire
Il forme une haute cour compétente pour connaître les conflits financiers ou agraires concernant la
répartition des sols des territoires cultivés, de même il est chargé de juger certains crimes qui
risquent de menacer la res publica notamment les conspirations politiques, les révoltes serviles
(révolte de Spartacus) et les phénomènes de grand banditisme (pirates en mer méditerranée)
Exemple : césar a été kidnappé par les pirates en se rendant au proche orient, il s’est vengé et a
vaincu ces pirates
Il exerce un contrôle sur les magistrats sortis de charges, les sénateurs en tant que citoyen distingué
de la république sont souvent choisis pour assurer la fonction de juge dans les juridictions
e) En matière religieuse
Le sénat en tant que gardien de la tradition romaine est particulièrement actif en matière religieuse,
notamment il entretient des rapports constants avec les différents collèges de prêtre, ils sont
nombreux et importants à Rome, et le sénat peut ordonner la consultation des dieux
De plus le sénat peut autoriser l’admission d’un dieu étranger à Rome, étant donné que sauf
exception les romains ont admis facilement dans leur panthéon des dieux d’origine étrangère
En conclusion sur le sénat : le sénat est omniprésent dans les institutions, selon la formule « senatus
populus que romanus », en dépit de l’hypocrisie du système, en vertu de son auctoritas, le sénat
n’est pas un simple conseil il agit de fait comme une assemblée politique souveraine au III ème et II
ème siècle avant JC. Etant donné le rôle très réduit des comices curiates, il y a que les magistrats qui
peuvent s’opposer au sénat, la supériorité du sénat se manifeste de trois manières différentes : c’est
une institution permanente, les sénateurs sont nommés à vie, alors que les magistrats sont élus que
pour un an, le sénat assure la continuité de la vie politique romaine
Le sénat est composé des citoyens les plus expérimentés, car ils ont exercé différentes magistratures,
et les sénateurs peuvent agir dans tous les domaines, alors que les magistrats sont limités par leur
attribution délimité, l’objectif des magistrats c’est de devenir sénateur à la fin de leur carrière
politique
En deuxième lieu les sénateurs ayant la main mise sur les questions financières, les magistrats ont
besoin du soutien des sénateurs pour exercer leur fonction, ce sont les sénateurs qui accordent les
fameuses pro-magistrature, les magistrats qui sont prolongés de leur fonction dans leur province
Conclusion sur les institutions républicaines : on peut affirmer que la thèse de Polybe ne résiste pas à
l’examen, il est inexact que prétendre que les 3 principes démocratique aristocratique et
monarchique s’équilibre de façon parfaite dans la république romaine, puisque jusqu’au dernière
siècle de la république, l’élément dominant c’est le sénat, donc l’élément aristocratique ou
oligarchique. En revanche il faut noter que ce système politique nécessitait une collaboration entre
les différentes institutions pour qu’elles fonctionnent correctement
Comme le montre Polybe par exemple, pour la guerre elle est décidée par le peuple, par les comices
centuriates, le sénat accorde les effectifs et les crédits nécessaire pour son exécution, elle est menée
sur le terrain par les consuls qui ont un rôle important
Autre exemple a contrario de la collaboration, le tribun de la plèbe qui a un droit de véto particulier
peut bloquer toutes les décisions prises par le sénat et les magistrats ce sont les institutions
plébéiennes, ces dernières sont en réalité le seul aspect démocratique du système romain
La monté des antagonistes sociaux à partir des années -150 va rendre difficile les collaborations entre
les différents organes de la république ce qui va provoquer la chute de la république
Chapitre 2 : la crise de la République romaine entre la seconde moitié du II siècle avant JC jusqu’en
-27 avant JC
Pour le contexte, il est marqué par une crise paradoxale de la res publica, c’est une crise originale car
sur certains point la république romaine est plus puissante qu’elle ne l’a jamais été, Rome à la fin de
la république a renforcé sa puissance extérieur, elle continue à s’étendre jusqu’à la fin de la
république, avec la conquête de l’ensemble de l’Espagne et de la péninsule ibérique qui est conquise
dans les années -150, de même que la conquête de l’ensemble de la gaulle, conquête qui a achever
dans les années -50 avec les conquêtes de César, tout le sud de la gaulle était déjà maitrisé par la cité
romaine depuis le II ème siècle avant JC
Conquête aussi d’une partie très importante du proche orient qui est la partie la plus riche du bassin
méditerranéen, notamment l’actuelle Turquie, de la Syrie etc… ce n’est pas non plus une crise
économique, les conquêtes provoquent un afflux de richesse gigantesque vers la cité romaine, ce qui
bouleverse l’économie antique traditionnelle, en réalité la crise est surtout institutionnelle, les
institutions républicaines né dans le cadre d’une cité ne sont plus adaptées pour gouverner un
immense territoire qu’à acquis Rome à la fin de la république, les assemblées du peuple à Rome ne
peuvent plus prétendre le million de citoyen de la fin de la république
D’autre part les magistrats trop peu nombreux et au pouvoir trop encadré ne peuvent pas
administrer de façon rationnelle cette immense territoire faute d’autorité centrale. Le sénat est de
plus en plus isolé au niveau de sa composition, il représente une tout petite minorité des citoyens
Le sénat est de plus en plus isolé face aux magistrats et aux citoyens, ces problèmes de fonds
expliquent qu’en dépit de plusieurs tentatives de réformes, l’agonie du régime républicain était
inéluctable
Section 1 : les tentatives de réforme des frères Gracques à Sylla (– 133 jusqu’à -78)
La classe dirigeante de Rome la nobilitas se divise profondément la fin de la république, ce qui
explique que des réformes très différentes vont être tenté pour sauver le régime républicain
A partir du II ème siècle avant JC deux types de clivage apparaissent au sein de la classe dirigeante
romaine, un clivage économique et un clivage idéologique
Si ces lois n’entrainent pas d’abord des faits irréversibles à partir du milieu du II ème siècle avant JC
les familles de la nobilitas sont obligés de faire un choix cornélien, entre les affaires politiques et les
affaires commerciales, apparaissent ainsi deux groupes sociaux, il y a d’abord la noblesse sénatoriale
qui regroupe les familles de la nobilitas
Ils ont fait le choix de renoncer aux affaires commerciales les plus lucratives, il reste toutefois
immensément riche, ils se contentent de posséder des gigantesques domaines fonciers et de loué à
bas prix les terres de l’ager publicus
Autre membre de la nobilitas, les chevaliers sont les anciens membres de la nobilitas qui font le choix
de renoncer aux fonctions politiques les plus hautes pour profiter des affaires commerciales générer
par les conquêtes de Rome, concrètement les chevaliers sont des grands négociants ça leur assure
des bénéfices très importants et travaillent aussi pour le compte de la cité en participant au marché
public, ils vont lever les impôts dans les provinces de Rome par exemple
Les chevaliers prêtent de l’argent, on peut dire que ces chevaliers sont des hommes d’affaires et de
grands financiers, ils exercent des activités lucratives mais ils sont mal vu
Ces deux groupes ont des intérêts tout à fait divergeant car les chevaliers supportent mal d’être
écarté des affaires publiques
Depuis la conquête des cités grecque les idées politiques se développent à Rome, la classe dirigeante
consciente de la gravité de la crise développe deux sortes de solution pour y remédier, il y d’une part
les romains qui veulent donner plus de pouvoir au populus ce sont les populares, qui sont favorable
au populus
D’autre part les optimates qui sont partisans d’un régime oligarchique qui veulent renforcer
l’oligarchie du sénat pour que ce dernier maîtrise à nouveau le système républicain, ces deux
tendances ne correspondent pas à des partis politiques, ce sont plutôt deux idéologies dont se
revendiquent les magistrats de l’époque
De manière générale on peut dire que les populares sont favorables au populus, et sont partisans de
prendre modèle sur la démocratie athénienne de Périclès, les populares veulent que le
gouvernement de la république soit exercé pour le peuple et par le peuple, gouverné pour le peuple
cela signifie qu’il faut prendre des mesures sociales et économiques en faveur du peuple, l’objectif
affiché c’est de reconstituer la classe moyenne, la classe du citoyen soldat qui bénéficiait d’une
honnête aisance, qui avait fait jadis la puissance de la république, les petits propriétaires terriens
n’ont pas pu résister à la concurrence du blé produit à bas prix dans les provinces, pour reconstituer
la classe moyenne les populares sont favorables à une nouvelle répartition des terres c’est à dire à
une réforme agraire
Gouverner par le peuple, cela signifie qu’il faut améliorer, la participation de l’ensemble des citoyens
au gouvernement, en cela avec ce programme ils se présentent comme els adversaires absolu du
sénat qui contrôle la république. Ils réclament trois types de mesure de façon réaliste, ils veulent que
le vote soit secret, au sein des comices pour éviter les pressions, et que le vote soit acheté
Ils veulent que la centurie prérogative soit tiré au sort parmi l’ensemble des classes, et plus
seulement des classes privilégiées
Ils veulent que contrairement au principe de l’inviolabilité tribunicienne, principe selon lequel le
tribun de la plèbe est sacré, l’assemblée est le pouvoir de déposer un tribun, ne servant pas les
intérêts de la plèbe, à la fin de la république il était très fréquent qu’un des tribuns soit corrompu et
acheté par le sénat
Ils sont favorables aux gens excellent, ils veulent conserver l’ordre établie, l’ordre global de la
république romaine qui favorise le sénat, mais ils se montrent réactionnaire, ils veulent revenir en
arrière, et veulent renforcer la mainmise du sénat sur les affaires publiques, sur le modèle des
premières institutions de la république romaine en -509 et dominé par les patriciens
Leur prise de position repose sur une conception philosophique, pour eux l’inégalité est une donnée
de la nature, il n’appartient pas à l’homme de brisé l’ordre naturel, ils sont opposés à toutes les
mesures d’assistance en faveur de la plèbe
Les plébéiens qui sont entretenus par la cité à la fin de la république, ils sont souvent entretenus par
des riches particuliers et l’autorité publique
- Droit pour le sénat de décrété l’Etat d’urgence contre les menés subversives en faveur de la
plèbe
- Ils veulent que les tribuns ne puissent plus opposer leur véto au sénatus-consulte
- Ils veulent le privilège exclusif des sénateurs pour juger les affaires criminelles
A partir de la naissance de ces 2 idéologies toutes les luttes politiques de l’époque vont s’inscrire
dans ce clivage
Dans le clan des populares on retrouve les frères Graques, on trouve aussi Jules César et son
lieutenant Marc-Antoine
Dans le clan des optimates on peut citer Pompée, Sylla et Cicéron, qui est un contemporain de c2sar
et de pompée
Tiberius et Caius Gracchus les deux frères Graques sont des membres de la nobilitas, mais par
conviction, ils vont défendre les thèses des populares, influencé par le stoïcisme c’est une
philosophie célèbre d’origine grecque, elle insiste l’individu à supporter son sort qui s’oppose à la
philosophie épicurienne
Les Graques sont guidés par l’idée d’instaurer une plus grande justice entre les citoyens, tout en
restant très mesuré
A 10 ans de distance en -133 et en -123, Tiberius a été élu en – 133 tribun de la plèbe, les deux frères
Graques utilisent le tribunat de la plèbe pour tenter de faire passer leur réforme, en faisant le choix
d’exercer cette fonction ils ont renoncé à leur qualité de patricien
Ils prennent des mesures qui apparaissent révolutionnaire, mais à l’analyse assez modéré
Par rapport aux problèmes récurrents de la répartition inégalitaire de l’ager publicus avec les
membres de la nobilitas qui la monopolise, Tiberius qui veut reconstituer une classe moyenne plus
importante de propriétaire terrien décide qu’aucune famille ne puisse détenir plus de 250 hectares
de l’ager publicus, le surplus des terres doit être rendu à la cité et redistribué aux pauvres sous forme
de lot d’une superficie maximale de 7 hectares
Ces terres redistribuées ne peuvent être vendus car elle reste la propriété de l’Etat et les
bénéficiaires doivent s’engager à les cultiver eux-mêmes, une comission de 3 membres les triumvirs
est chargé de l’execution de la loi, la réforme heurte les intérêts de la noblesse sénatorial, la tension
devient si vive que tiberius est assassiné en -133 mais son frère caius reprend l’œuvre de son frère en
se faisant à son tour élire tribun de la plèbe en -123
Les réformes de caius sont plus ambitieuses que tiberius, il est un excellent orateur, ces réformes
touchent 3 domaines
La loi judiciaire :
Le fonctionnement du système judiciaire donne souvent lieu à l’époque à des scandales, un des gros
problèmes de l’époque, les recours judiciaires des provinciaux contre des exactions des gouverneurs
échouent systématiquement, en effet les juridictions chargées de ces affaires sont composées
uniquement de sénateur, donc la même classe que les accusées d’où des acquittements scandaleux
Caius décide de modifier la composition, ce sont des chevaliers qui seront chargés de juger les
malversations des gouvernements
Caius commence par reprendre la loi agraire de son frère en la complétant par la fondation de
colonie, dans des régions dépeuplées riche en céréale, ces colonies doivent permettre d’installer de
nombreux colons recrutés parmi les plébéiens désargentés
Pour les plus démunis qui reste à Rome, il prend des lois frumentaires, c’est-à-dire que l’Etat est
obligé de subventionner la vente du blé à un prix plus bas que celui du marché, la mesure est très
populaire car elle oblige les autorités à intervenir directement pour approvisionner la ville et elle met
à l’abri la plèbe des risques de famine
Il souhaite mettre en œuvre deux mesures du programme des populares, il veut imposer le vote
secret des citoyens et le tirage au sort de la centurie prérogative, dans toutes les classes des comices
centuriates, l’opposition irréductible du sénat bloque systématiquement ces projets de réforme
Si ces réformes semblent entamées le privilège des familles sénatoriale, elles restent modérées dans
leur esprit et dans leur modalité technique, contrairement à l’analyse faite par la suite, on ne peut
pas soutenir sérieusement que les Gracques ont été des communistes avant l’heure, au XVIIIe on
avait une analyse moins nuancé , ainsi pendant la révolution française un révolutionnaire va
revendiqué l’héritage des Gracques et va se faire appeler Gracus Babeuf va tenter un coup d’état
contre le directoire en 1795 et ce dernier voulait pratiquer une collectivisation des terres, on peut
considérer qu’il voulait imposer un régime collectiviste
Cette analyse ne tient pas vraiment, pour la réforme agraire il faut souligner qu’il ne s’agit pas d’une
collectivisation des terres, elles appartiennent toujours à la cité, les riches citoyens peuvent encore
détenir des lots très étendu, alors que les superficies des terres concédés aux pauvres rend ces
exploitations exiguës et peu rentable
En outre pour atténuer les effets de leur réforme, des compensations financières et juridiques pour
les anciens bénéficiaires
Pour la réforme frumentaire il faut observer que la quantité de blé à laquelle a le droit chaque
citoyen est rationnée, on est loin de la prime à l’oisiveté dénoncé par les optimates
Quant à la réforme judiciaire elle vise à réduire l’emprise des sénateurs sur la justice criminelle mais il
n’est en aucun cas question de remettre la justice entre les mains de tous les citoyens comme cela se
pratiquait largement à Athènes (juridiction de l’Héliée)
Ces réformes raisonnable provoquent des tensions vivent entre les classes romaines
Finalement ces inégalités si on les analyse constituent le coté révolutionnaire des graques beaucoup
plus que leurs réformes, on peut relever 3 types d’illégalités de Tiberius
Tiberius fait déposer par les comices centuriates un tribun qui avait été acheté par les sénateurs, qui
va contre le principe de l’inviolabilité tribunicienne en faisant cela il n’a pas respecté le principe
d’inviolabilité tribunicienne
Il enfreint le principe de non cumul des magistratures en se faisant élire avec son frère et son beau-
père, il a donc pratiqué le népotisme, à la commission des triumvirs qui est chargé d’appliquer sa
propre réforme
Ainsi on peut dire que les deux frères Graques violent la constitution républicaine mais ce sont leur
justification qui sont intéressantes, par leurs actes ils affirment la primauté de la souveraineté du
populus sur toute autre forme de légitimité notamment celle sénatoriale, ainsi en déposant un tribun
corrompu, les graques soutiennent l’idée que comme à athènes les magistrats sont soumis aux
peuples, ne sont que les délégués de l’ensemble des citoyens romains, théorie contraire au système
romain
Le sénat commandite un assassinat contre Tiberius, et contre ses partisans, cela s’est fait dans el
secret, le sénat 10 ans plus tard Caius qui songeait a modifié la totalement la composition du sénat
subit le même sort que son frère aînée sauf que le sénat fait le programme des optimates il fonde le
sénatus-consulte ultime qui est une mesure d’Etat d’urgence par laquelle le sénat peut prendre toute
mesure pour établir l’ordre, à la suite d’un vote le sénat décide d’eliminé Caius sorte d’assassinant
légal
En réalité cette nouveauté créé e une sorte de dictature par le sénat, Caïus est assassiné mais aussi
3000 de ses partisans
En conclusion la tentative des graques se solde par un double échec, échec social d’une part la
nobilitas rachète les lots de terre concéder aux plébéiens, ces derniers s’y oppose guère, dans ces
conditions la loi agraire est de facto abolit
Echec politique d’autre part, les graques ont contribué à introduire les moyens les plus violents dans
le système institutionnel romain, à la fois par les illégalités qu’ils ont commises et surtout par la
répression dont ils ont été victime par la suite, dans ces conditions pendant I siècle illégalité et
violence vont se perpétuer
- Paragraphe 3 : la tentative de réforme des optimates avec Sylla entre -82 et -79
Sylla est un grand aristocrate qui fait partie de la nobilitas et un grand général, il a combattu au
proche orient, il impose son autorité à Rome dans une conjoncture extrêmement troublée
Quand sylla parvient à s’emparer du pouvoir suprême en -88 il commet un acte sacrilège, il pénètre
avec son armée qui défend ses intérêts dans l’enceinte sacré de Rome le pomerium et il se
débarrasse physiquement de ses adversaires, apparemment il y aurait eu plus de 3000 victimes
Revenu au pouvoir en -82 il va opposer son autorité d’une façon plus différente, il se fait nommer
dictateur et tente d’appliquer ce programme des optimates
En -82 il est opposé à des populares et va donc les liquidés, il établit une nouvelle magistrature qui
est une dictature
Qui vient du latin proscribere, les proscriptions consistent dans l’affichage du nom des citoyens
déclarés ennemi public, les proscrits peuvent être mit à mort par n’importe qui, sans autre voie de
droit et leurs biens est confisqués ou vendus
Dans l’histoire française au XIX ème siècle le futur napoléon III louis Napoléon qui va faire un coup
d’Etat en 1851 il va faire afficher ses adversaires, mais différent du système romain
2) L’absence de base légal du nouveau régime
La dictature de sylla n’a plus rien de commun avec l’ancienne dictature républicaine, elle s’en
distingue par 3 traits essentielles, l’imperium est confié sylla suivant une procedure nouvelle, un vote
populaire remplace l’initiative sénatoriale et la désignation par les consuls, les optimates s’inspirent e
partie du programme des populares
Sylla ne veut pas exercer son pouvoir pour 6 mois, la durée de sa charge est illimitée
Son imperium n’est entravé par aucune limite, notamment il se fait voter les pleins pouvoirs pour
restaurer la république selon les optimates, octave fera l même chose, il instaurera l’empire en disant
restaurer la république romaine
En réalité cette dictature est d’un nouveau type, elle s’inspire des souvenirs de la royauté romaine et
de l’exemple contemporain des autres monarchies hellénistiques qui étaient des monarchies fondées
par les successeurs d’Alexandre le grand au proche orient
Ayant rétabli le pouvoir par la force Sylla tente de réorganiser les institutions républicaines, à
l’inverse des Gracques il veut rétablir l’ancien régime aristocratique et rendre au sénat la première
place dans la république
Il commence par porter le nombre des sénateurs à 600 membres (300 auparavant) ce qui assure la
promotion automatique de tous les anciens magistrats et pour le reste il y met ses partisans, il joue la
fonction qu’accomplissait les censeurs, il abolit la réforme de caius en matière judiciaire, les
sénateurs se voient restituer le monopole des jurys criminelles au dépend des chevaliers
Les chevaliers perdent la ferme des impôts au proche orient ce qui atteint la richesse des chevaliers,
sylla prend aussi des mesures rigoureuses contre les tribuns de la plèbe, il leur enlève leur droit de
véto et il rétablit l’auctoritas du sénat pour les plébiscites
Les magistratures ordinaires sont aussi affaiblies le nombre des titulaires est augmentés, les
questeurs passent de 10 à 20 par exemple, afin de pourvoir au renouvellement du sénat et afin de
placer ses partisans dans les magistratures et en application de l’idée de diviser pour mieux régner
Les magistrats dotés de l’imperium se voient cantonner dans une fonction purement civile (imperium
domi)
En résumé avec ces mesures bien conçues on peut dire que sylla a tenté de redonner à la noblesse
sénatoriale, les moyens pour assurer son hégémonie sa domination sur les institutions républicaines
Par la suite entre -88 et -27 il y a deux traits qui caractérise la chute de la république, la violence
politique dégénère en guerre civile notamment les magistrats victorieux à la guerre utilisent l’armée
romaine pour prendre le pouvoir => -49 césar franchit le Rubicon, il reprendra le pouvoir à Rome
La constitution républicaine n’est plus du tout respectée, notamment les magistrats s’affranchissent
totalement des règles qui encadrait totalement l’exercice des magistratures, par exemple ils
cumulent plusieurs magistratures ils ne respectent plus le cursus honorum, par exemple pompée
l’adversaire de césar est élue directement consul, dans les dernières années de la république les
magistrats ne sont plus élus normalement
César sera assassiné en -44 car il voulait restaurer la royauté, Marc-Antoine essaie de prendre le
pouvoir, puis octave le petit neveu de césar/fils adoptif, ce dernier réussit à imposer son autorité
avec la bataille d’axium en -30, et en -27 il se rend au sénat et annonce à la surprise général qu’il
rétablie la république et qu’il renonce au pouvoir, 3 jours après cette évènement le sénat supplie
octave de rester au pouvoir et lui confie des pouvoirs extraordinaire, on lui accorde le titre
« d’auguste »