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THESE
Présentée devant
L'INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUEES DE LYON
Pour obtenir
LE GRADE DE DOCTEUR
Par
Claire CHOTTIER
Jury
BERTRAND-KRAJEWSKI Jean-Luc Professeur Président
INSA Lyon
CHOVELON Jean-Marc Professeur Co-Directeur de thèse
Université Claude Bernard Lyon1
CREST Marion Ingénieur de recherche Examinatrice
SUEZ Environnement
GERMAIN Patrick Professeur Directeur de thèse
INSA Lyon
GUILLOT Jean-Michel Professeur Rapporteur
Ecole des Mines d'Alès
HAUSLER Robert Professeur Rapporteur
Ecole de Technologie Supérieure Montréal
LAFOREST Valérie Maître de recherche Examinatrice
Ecole des Mines de Saint-Etienne
Thèse préparée en cotutelle entre le Laboratoire de Génie Civil et d'Ingénierie Environnementale et l'Institut de Recherches sur
la Catalyse et l'Environnement de Lyon avec le soutien de la région Rhône-Alpes et du Cluster Environnement
THESE
Présentée devant
L'INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUEES DE LYON
Pour obtenir
LE GRADE DE DOCTEUR
Par
Claire CHOTTIER
Jury
BERTRAND-KRAJEWSKI Jean-Luc Professeur Président
INSA Lyon
CHOVELON Jean-Marc Professeur Co-Directeur de thèse
Université Claude Bernard Lyon1
CREST Marion Ingénieur de recherche Examinatrice
SUEZ Environnement
GERMAIN Patrick Professeur Directeur de thèse
INSA Lyon
GUILLOT Jean-Michel Professeur Rapporteur
Ecole des Mines d'Alès
HAUSLER Robert Professeur Rapporteur
Ecole de Technologie Supérieure Montréal
LAFOREST Valérie Maître de recherche Examinatrice
Ecole des Mines de Saint-Etienne
Thèse préparée en cotutelle entre le Laboratoire de Génie Civil et d'Ingénierie Environnementale et l'Institut de Recherches sur
la Catalyse et l'Environnement de Lyon avec le soutien de la région Rhône-Alpes et du Cluster Environnement
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INSA Direction de la Recherche - Ecoles Doctorales – Quinquennal 2011-2015
SIGLE ECOLE DOCTORALE NOM ET COORDONNEES DU RESPONSABLE
CHIMIE CHIMIE DE LYON M. Jean Marc LANCELIN
[Link] Université de Lyon – Collège Doctoral
Bât ESCPE
Insa : R. GOURDON 43 bd du 11 novembre 1918
69622 VILLEURBANNE Cedex
Tél : 04.72.43 13 95
directeur@[Link]
E.E.A. ELECTRONIQUE, M. Gérard SCORLETTI
ELECTROTECHNIQUE, AUTOMATIQUE Ecole Centrale de Lyon
[Link] 36 avenue Guy de Collongue
69134 ECULLY
Secrétariat : M.C. HAVGOUDOUKIAN Tél : 04.72.18 60 97 Fax : 04 78 43 37 17
[Link]@[Link]
eea@[Link]
E2M2 EVOLUTION, ECOSYSTEME, MICROBIOLO- Mme Gundrun BORNETTE
GIE, MODELISATION CNRS UMR 5023 LEHNA
[Link] Université Claude Bernard Lyon 1
Bât Forel
43 bd du 11 novembre 1918
Insa : H. CHARLES
69622 VILLEURBANNE Cédex
Tél : [Link].94
e2m2@[Link]
EDISS INTERDISCIPLINAIRE SCIENCES-SANTE M. Didier REVEL
[Link] Hôpital Louis Pradel
Bâtiment Central
28 Avenue Doyen Lépine
Sec : Safia AIT CHALAL
69677 BRON
Insa : M. LAGARDE
Tél : 04.72.68 49 09 Fax : 04 72 35 49 16
[Link]@[Link]
INFOMATHS INFORMATIQUE ET MATHEMATIQUES M. Johannes KELLENDONK
[Link] Université Claude Bernard Lyon 1
LIRIS - INFOMATHS
Bâtiment Nautibus
43 bd du 11 novembre 1918
69622 VILLEURBANNE Cedex
Tél : 04.72. 43.19.05 Fax 04 72 43 13 10
infomaths@[Link]
Matériaux MATERIAUX DE LYON M. Jean-Yves BUFFIERE
INSA de Lyon
Secrétariat : M. LABOUNE MATEIS
Bâtiment Saint Exupéry
PM : 71.70 –Fax : 87.12
7 avenue Jean Capelle
Bat. Saint Exupéry
69621 VILLEURBANNE Cédex
Tél : 04.72.43 83 18 Fax 04 72 43 85 28
[Link]@[Link]
MEGA MECANIQUE, ENERGETIQUE, GENIE CIVIL, M. Philippe BOISSE
ACOUSTIQUE INSA de Lyon
Laboratoire LAMCOS
Secrétariat : M. LABOUNE Bâtiment Jacquard
25 bis avenue Jean Capelle
PM : 71.70 –Fax : 87.12
69621 VILLEURBANNE Cedex
Bat. Saint Exupéry
Tél : [Link].70 Fax : 04 72 43 72 37
mega@[Link]
[Link]@[Link]
ScSo ScSo* M. OBADIA Lionel
Université Lyon 2
86 rue Pasteur
M. OBADIA Lionel
69365 LYON Cedex 07
Tél : [Link].76 Fax : [Link].48
Sec : Viviane POLSINELLI [Link]@[Link]
Insa : J.Y. TOUSSAINT
*ScSo : Histoire, Geographie, Aménagement, Urbanisme, Archéologie, Science politique, Sociologie, Anthropologie
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Remerciements
REMERCIEMENTS
Comment débuter ces remerciements, la question n'est pas aisée. Penser à tout le monde n'est
pas chose évidente, c’est pourquoi je tiens tout d’abord à remercier toutes les personnes que j’ai pu
rencontrer, avec qui j’ai eu la chance de travailler et avec qui j’ai partagé ces années.
Mais... reprenons du commencement… ou plutôt de la fin!
Reprenons maintenant la narration de cette histoire d’un point de vue plus informel !
Il en va de soi, la thèse ce n’est pas (toujours) comme mener la vie de bohème [Charles
Aznavour 1966], par ce clin d’œil je tiens évidemment à remercier Rémy Gourdon de m’avoir
accueillie au LGCIE Carnot pour la réalisation de ma thèse et surtout pour toutes ses presta-
tions vocales et d’accordéoniste [Edith Piaf 1940] ! Je remercie également Jean-Marc et Ludovic
Fine pour leur accueil à l’IRCE dans les locaux, à l’époque, du rez-de-chaussée de Chevreul.
Ludovic, merci pour toutes ses connaissances chromatographiques que j’ai pu apprendre,
pour ta persévérance dans la conception du retors banc de dilution, et pour ton aide lors des
manips !
Mes remerciements vont ensuite à toutes les personnes avec qui j’ai pu collaborer
pour rendre ses travaux possibles, je pense notamment à Ruben Vera du service de DRX,
Karine Masenelli et Annie Malchère pour le MEB, tous les gestionnaires de sites qui nous
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Remerciements
ont toujours accueillis à bras ouverts pour la réalisation des manips de terrain : Fayçal, Sé-
bastien, Hervé, Olivier, etc. ainsi que toutes les personnes rencontrées sur site avec qui nous
avons pu échanger et apprendre tant de choses impossibles à découvrir autrement.
Je remercie également l’ensemble des enseignants avec qui j’ai partagé mes nom-
breuses heures de TP ou discuté de tout et de rien : Valérie, Laurent, Mathieu, Vincent, Ar-
thur, Marie, Patrick, Jessica, Nicolas, Pauline, Pedro, Lionel, et tous ceux que j’oublie ainsi
que Blanche, Tiphaine et Hervé de la plateforme TP Chimie. Et comme on dit, ca y’est
l’école est finie ! [Sheila 1963].
Il est grand temps à présent de remercier comme on l’appelle entre nous la « silox
team » : Patrick en leader et les siloxanettes et siloxanets. Merci beaucoup à vous tous !! Ce
manuscrit est au final signé que par un seul nom mais c’est uniquement grâce à l’ensemble
des travaux de notre « silox team », sous toutes ces configurations possibles, que ce travail
(que ce soit pour le fond et la forme [Lofofora 2003]) est ce qu’il est aujourd’hui ! Gaëlle Du-
com, Hervé Perier-Camby, Vincent Chatain, Patrick, avec qui j’ai partagé de longues heures
dans le froid, le vent, le chaud, la pluie, la neige, etc. lors des nombreuses sorties terrain. Ce
sont des moments inoubliables que j’ai passés avec vous, avec entre autres, les aléas des mo-
teurs arrêtés, le colmatage des fuites, le célèbre « chez mémère », l’hôtel sans eau chaude ni
chauffage, les repas à nos « cantines » préférées lors des sorties, etc.
Gaëlle, notre Madonna des décharges, un grand merci aussi pour ton implication
dans la thèse, tes relectures, et surtout ta bonne humeur, les petits pas de danse appris pour
lutter contre le froid, et surtout pour la célèbre histoire du gilet jaune ,!!
Hervé, notre Mc Gyver, un énorme merci pour ta précieuse présence sur le terrain,
comment pourrait-on faire sans toi !
Vincent, merci de tout ce temps passé sur la thématique silicium/biogaz, pour ta
gentillesse et pour ta disponibilité.
Mathieu Gautier, merci pour ton implication dans ma thèse dès ton arrivée au labo,
et tes lumières pour les manips de DRX et de MEB.
Valérie Desjardin, je tiens à te remercier, outre le partage de ton expérience des TP
premier cycle ce qui m’a fait gagner un temps considérable, pour m’avoir permis d’installer
mes manips en salle microbio. Par ailleurs, un autre grand merci à Richard Poncet notre
autre Mc Gyver pour l’amélioration de cette manip.
Viens ensuite la part de celle qui fut ma collègue de bureau pendant la thèse, Aurélie
Ohannessian (ou bien est-ce o’hannessian ?, j’ai comme un doute qui subsiste… tout ça me
fait penser au Connemara [Michel Sardou 1981]). Toi qui as initié cette lignée silicium… tout
aussi bien que tes « cousins » ont initié la filière jeans et rideaux, que de très bons moments
passés, merci pour ta précieuse amitié, ton soutien au quotidien, les longues heures à conver-
ser science [System Of A Down 2001] (ou autre, évidemment, il y a eu beaucoup d’autres !!). Puis
Baptiste Laubie a pris ta place, notre futur prix Nobel ou tout du moins big chief à la place
du big chief !! La relève a été de qualité, évidemment les discussions d’ordre capillaire
étaient nettement moins importantes ! Baptiste merci aussi pour ton amitié !
Un énorme merci également à l’équipe analyse : Nathalie Dumont et David Lebouil
pour les centaines et centaines d’échantillons que je vous ai fournis, pour votre forte implica-
tion dans la recherche d’optimisation et de développement des analyses.
Evidemment, cette « silox team » ne serait pas complète sans tous les stagiaires de
PFE, Master qui ont apporté eux aussi leurs contributions comme une pierre [Audioslave 2002]
du grand édifice de la compréhension des silicones dans l’environnement : Emilie, Izabel,
Jeanne, Sébastien, Jennifer, … Merci à vous !
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Remerciements
Cette « silox team » fait bien, bien sûr, partie d’un tout : le LGCIE. Je tiens à remercier
tous les enseignants chercheurs et personnels administratifs que j’ai pu côtoyer et avec qui
j’ai pu partager de très bons moments notamment Denise (hippie un jour, hippie toujours),
Hassen (qui lui aussi est en train de prendre la relève de la « silox team »), Nathalie et Frédé-
rique (nos secrétaires de choc), Pierre, Christine, Jacques (vive la tarentelle), Rémy B, Ca-
role, Karim, et tous les autres.
Dans cette grande aventure qu’est la thèse, une belle part est faite à tous mes « com-
patriotes » et amis doctorants. Entre mon arrivée et mon départ [Prohom 2004], le vivier docto-
rant a évolué mais il n’en reste pas moins que vous avez tous contribué de près ou de loin à
cette expérience. Merci à vous tous : Ronanito, Nico, Auré, Samuel, Joaneson, Carolinate
pour les anciens et Marite, Baptisto, Lorenute, Boram-ette, Julio de la Pampa, Léa, Julien C,
pour les nouveaux. Merci pour tous les moments intra et extra laboratoire en compagnie de
toutes les personnes que j’ai pu rencontrer et apprécier grâce à vous !
Durant toutes ces années, ont été également présents mes amis, amis de tous les jours,
de toujours. Melin, Raf, Fab, Amel, Soso, Jojo, Popo, Axelle, Kentin, Laurette, Dam’s, Tom,
Célia, Julix, Anne Line, Stef, Virg’, je ne vais pas faire une liste exhaustive, de toute façon je
sais que vous vous reconnaitrez tous ! Merci d’avoir toujours été là pour moi, présents quoi-
qu’il arrive, que vous soyez près ou à l’autre bout du monde. Vous les copains, je ne vous
oublierai jamais… [Sheila 1964].
Pour finir, je ne sais comment remercier mon Julien, mon « hibou », il n’y a pas de
mots pour exprimer tout ce que tu m’as apporté. Je ne sais pas ce que je serais sans toi, ni
comment j’aurais pu traverser l’ensemble de la thèse et ses déboires sans toi, ton soutien et la
façon dont tu crois en moi quand moi je n’y arrive pas. Il n’y a que sous ton aile [Eiffel 2009]
que je suis moi. Merci de faire partie de moi…
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Remerciements
6) Led Zeppelin 1971 – Stairway to Heaven, Led Zeppelin IV, Atlantic Records
9) Michel Sardou 1981 – Les lacs du Connemara, Les lacs du Connemara, Tréma
11) Sheila 1963 – L’école est finie, Le sifflet des copains – L’école est finie, Philips
12) Sheila 1964 – Vous les copains, je ne vous oublierai jamais, Ecoute ce disque, Philips
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Communications
COMMUNICATIONS
POSTERS
COMMUNICATIONS ORALES
2) C. Chottier (2010). Energy recovery from biogas. Tsinghua summer school, organi-
sée par le CEFCEET- 3 Septembre 2010 – INSA Lyon, Villeurbanne.
ACTES DE CONFERENCES
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Sommaire
SOMMAIRE
ABREVIATIONS 23
RESUME 25
Introduction 31
- 15 -
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Sommaire
Sacs 69
Canisters 69
Ampoules à gaz 70
4.1.2. Prélèvement avec préconcentration 70
Absorption par solvant 70
Adsorption sur support solide 70
4.2. Les outils analytiques utilisés pour les COVSi 71
4.2.1. Techniques séparatives des COVSi basées sur la Chromatographie en Phase Gazeuse
(GC) 71
Principe de la GC 71
Détecteur à Ionisation de Flamme (FID) 72
Détection par Spectrométrie de Masse (MS) 72
Détection par Spectrométrie d'Emission Atomique (AES) 73
Double détection 73
Artefacts possibles 74
4.2.2. Techniques séparatives basées sur la Chromatographie en Phase Liquide Haute
Performance (HPLC) 76
4.2.3. Techniques d'analyses basées sur la détermination du silicium total sans séparation
des COVSi 76
Principe 76
Artefacts possibles 77
4.2.4. Techniques émergentes alternatives 77
Microcapteurs 77
On-line 78
Analyse directe de matrice gazeuse par Spectrométrie de Masse en Tandem avec
Ionisation Chimique à Pression Atmosphérique (APCI-MS²) 78
4.3. Résumé et bilan des techniques de prélèvements et d'analyses employées pour l'analyse des
COVSi dans les matrices biogaz 78
5. Les procédés d'épuration du biogaz 81
5.1. La condensation par cryogénie 81
5.2. Procédés d'épuration par adsorption (gaz-solide) 82
5.2.1. Principe de l'adsorption 82
La physisorption 82
La chimisorption 82
5.2.2. Systèmes de traitement industriel basés sur l'adsorption 83
5.2.3. Epuration d'H2S par adsorption 84
5.2.4. Elimination des COVSi par adsorption 84
5.3. Procédés d'épuration par absorption (gaz-liquide) 86
5.3.1. Principe de l'absorption 86
Absorption physique 86
Absorption chimique (= abattement chimique) 86
5.4. Autres procédés d'épuration 87
5.4.1. Biofiltration 87
5.4.2. Membrane à perméation 88
5.4.3. Oxydation 88
5.5. Conclusion sur les traitements 88
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Sommaire
Perspectives 217
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Abréviations
ABREVIATIONS
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Abréviations
MeOH : Méthanol
MS : Spectrométrie de Masse
NIST : National Institute of Standards and Technology
OES : Spectrométrie d'Emission Optique
OHPA : Obligate Hydrogen Producing Acetogens
OM : Ordures Ménagères
PAFC : Phosphoric Acid Fuel Cell
PBM : Potentiel Bio-Méthanogène
PC : Pouvoir Calorifique
PCI : Pouvoir Calorifique Inférieur
PCS : Pouvoir Calorifique Supérieur
PDMS : PolyDiMéthylSiloxane
PEHD : PolyEthylène Haute Densité
PEFC : Polymer Electrolyte Fuel Cell (=PEMFC)
PEMFC : Proton Exchange Membrane Fuel Cell
pH : potentiel Hydrogène
PID : Détecteur à Photo Ionisation
PM : PhotoMultiplicateur
PP : PolyPropylène
ppmv : partie par million volumique
PSA : Pressure Swing Adsorption
PSS : Pressure Swing Sorption
PU : PolyUréthane
PVC : PolyVinylChlorure
Pvap : Pression de vapeur
Qgaz : Débit gazeux
Qliq : Débit liquide
REE : Rare Earth Element (= terres rares)
RF : RadioFréquence
RH : Humidité Relative
RMN : Résonance Magnétique Nucléaire
RX : Rayon X
SAG : Selective Active Gradient
SG : Gel de Silice
SIM : Single Ion Monitoring
SOFC : Solid Oxide Fuel Cell
SPE : Solid Phase Extraction
SS : Stainless Steel (=Inox)
STEP : STation d'EPuration
T : Tenax
TAC : Turbine A Combustion
TD : ThermoDésorption
tep : tonne équivalent pétrole
TG : ThermoGravimétrie
TGAP : Taxe Générale sur les Activités Polluantes
TMS : TétraMéthylSilane
TMSF : TriMéthylSilylFluorure
TMSol : Triméthylsilanol
TOF : Time Of Flight (=Temps de vol)
TSA : Temperature Swing Adsorption
u.a. : unité arbitraire
UE : Union Européenne
UV : Ultra Violet
uma : unité de masse atomique
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Résumé
RESUME
La valorisation des biogaz, en tant que source d’énergie renouvelable, fait partie des
nouvelles stratégies de diversifications énergétiques à l’échelle européenne, comme mon-
diale. En France, les marges de progression dans ce domaine sont encore importantes. Un
des freins technico-économiques à cette valorisation est relatif aux impuretés contenues dans
les biogaz qui pénalisent les procédés industriels de transformation de leur potentiel énergé-
tique. Parmi les composés trace du biogaz, les Composés Organiques Volatils du Silicium
(COVSi, communément appelés "siloxanes") restent les plus méconnus, et dont l’impact né-
gatif sur la filière est conséquent, au même titre que celui du sulfure d’hydrogène (H2S).
L’approche de la problématique et la réflexion ont été construites, et développées
avec la volonté de prendre en compte la réalité de l’exploitation industrielle, dans notre cas,
les Installations de Stockage de Déchets Non Dangereux (ISDND).
C’est dans ce sens que les recherches ont été articulées en 3 parties :
Dans la troisième partie, dédiée aux traitements épuratoires du biogaz vis-à-vis des
COVSi et d’H2S, un comparatif des performances de plusieurs adsorbants (charbons actifs =
CA) a été réalisé au laboratoire, en conditions contrôlées, et sur le terrain. Il ressort que les
CA présentent une bonne efficacité vis-à-vis des COVSi peu polaires et de poids moléculaires
importants tels que D4 et D5, mais sont peu efficaces vis-à-vis du TMSol polaire et du L2. De
plus, sur CA la quantité de L2 en sortie de filtre est supérieure qu'en entrée et résulte direc-
tement de la condensation avec élimination d'une molécule d'eau de 2 molécules de TMSol.
Un réacteur de traitement gaz-liquide a également été testé sur un biogaz industriel pour en
apprécier les performances, principalement pour l’épuration des COVSi polaires. Ce système
est efficace à 80% sur le TMSol en fonctionnement à flux perdu. La régénération des solutions
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Résumé
de lavage est réalisable par stripping. Il est donc nécessaire d'envisager de nouvelles configu-
rations de traitement adaptées aux caractéristiques du biogaz à épurer.
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Introduction
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Introduction
Introduction
Dans le contexte énergétique actuel, avec l'épuisement et le renchérissement des res-
sources fossiles, le développement des énergies renouvelables est indispensable pour subve-
nir aux besoins sociétaux. Si le grand public, au travers des médias, est relativement au fait
des principes de l'énergie éolienne ou photovoltaïque, il n'en va pas de même pour l'énergie
issue de la biomasse, et encore moins celle issue de nos déchets.
La dégradation anaérobie, spontanée et naturelle, de la fraction organique "fermen-
tescible" des déchets enfouis dans les Installations de Stockage des Déchets Non Dangereux
(ISDND) produit un biogaz riche en méthane. On parle d'un processus de méthanisation de
la matière organique. Le biogaz peut aussi être produit dans des installations industrielles
contrôlées telles que des unités de méthanisation ou des digesteurs. Ces derniers sont surtout
utilisés pour traiter les boues de stations d'épuration des eaux usées, mais également les dé-
chets et sous-produits agricoles.
Dans ce domaine, la communauté européenne s'était fixé l'objectif ambitieux de pro-
duire 15 Mtep d'énergie primaire biogaz à l'horizon 2010. Cet objectif n'a pas été atteint,
puisque les estimations 2010 sont de l'ordre de 8 Mtep seulement. L'essentiel de cette valori-
sation est d'ailleurs dû aux développements réalisés dans deux pays : l'Allemagne et le
Royaume-Uni.
En France, plus de la moitié du biogaz produit est encore brûlé en torchères. Il s'agit
d'une obligation légale, à minima, pour lutter contre l'effet de serre, dans la mesure où le
méthane y contribue nettement plus que le dioxyde de carbone. Néanmoins, la politique
gouvernementale française est incitative, en particulier par la modulation de la Taxe Géné-
rale sur les Activités Polluantes (TGAP) selon le niveau de valorisation du biogaz d'ISDND.
En ce qui concerne les modes de valorisation du biogaz, on assiste actuellement à la
préparation du milieu industriel vers de nouvelles voies comme l'injection dans les réseaux
de gaz naturels ou le biométhane carburant. Ces deux voies de valorisation exigent un ni-
veau d'épuration très élevé du biogaz. Cependant, en 2011, l'essentiel de la valorisation du
biogaz est thermique ou électrique. Dans ce dernier cas, le biogaz alimente un moteur à gaz
pauvre qui entraîne un alternateur.
Notre travail se situe au niveau de cette filière pour laquelle le niveau d'investisse-
ment élevé impose un taux de fonctionnement optimal des moteurs pour une production
maximale d'électricité. Malheureusement, la qualité des biogaz ne permet pas d'atteindre
facilement ces objectifs.
La principale difficulté, constatée par la plupart des gestionnaires, est liée à la forma-
tion de dépôts solides abrasifs, en particulier sur les pistons, les parois des cylindres, les
bougies et les sièges de soupapes. Pour certaines ISDND, les conséquences techniques et
économiques sont désastreuses. Cela se traduit en particulier par une forte augmentation des
fréquences de vidange et des coûts associés à la maintenance, mais également par des arrêts
techniques qui pénalisent la rentabilité économique des installations.
Ces dépôts trouvent, bien entendu, leur origine dans la combustion de certaines des
impuretés, ou composés traces, présents dans le biogaz. Parmi les nombreux composés
traces, les Composés Organiques Volatils du Silicium (COVSi), communément désignés (de
manière restrictive) sous le terme de "siloxanes", sont supectés d'être les principaux respon-
sables de la formation des dépôts au sein des moteurs. Cependant, dans cette filière "relati-
vement jeune", les retours d'expériences sont quasi inexistants, ou du moins, non dispo-
nibles.
Une deuxième famille de molécules met en péril la filière de valorisation du biogaz. Il
s'agit des composés soufrés, et en particulier du sulfure d'hydrogène (H2S) dont les teneurs
- 31 -
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Introduction
peuvent être très élevées (plusieurs centaines de ppmv) dans les biogaz. Le sulfure d'hydro-
gène pénalise grandement et doublement la filière "moteur-electricité". D'une part, il s'agit
d'un gaz acide et corrosif, et d'autre part, il est directement responsable de la présence
d'oxydes de soufre dans les gaz d'échappement. Concernant ce dernier point, les seuils de
rejets de ces composés deviennent de plus en plus contraignants et imposent une élimination
efficace des sulfures présents dans les biogaz.
Compte tenu de ce contexte, nous avons orienté nos travaux dans une approche ma-
joritairement "terrain" pour demeurer au plus près de la problématique et de la réalité indus-
trielle de l'exploitation moteur de biogaz d'ISDND.
• Caractériser "finement" les dépôts solides présents dans les moteurs et relier leur nature
à la qualité du biogaz ;
Dans le manuscrit qui suit, la réponse à ces objectifs est articulée au travers de quatre
chapitres.
Le troisième chapitre est dédié au verrou important que constitue l'analyse des COV-
Si. Deux approches analytiques très différentes sont comparées et critiquées. La première
méthode, la plus couramment utilisée, est basée sur une séparation par chromatographie
gazeuse, suivie par une détection et identification par spectrométrie de masse. La seconde est
celle qui a été développée et brevetée par le Laboratoire de Génie Civil et d'Ingénierie Envi-
ronnementale (LGCIE). Elle est basée sur une analyse globale du silicium dans un ou plu-
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Introduction
sieurs solvants d'absorption. L'analyse elle-même est réalisée par spectrométrie d'émission
atomique couplée à un plasma induit par haute fréquence. Une attention particulière est por-
tée aux techniques de prélèvement sur le terrain et à leurs limites. D'une manière générale, et
pour les deux méthodes d'analyse, les approches laboratoire et terrain sont exploitées pour
une meilleure interprétation et discussion des résultats.
Enfin, le quatrième chapitre est consacré à une réflexion sur les traitements épura-
toires du biogaz. Une partie des travaux est constituée par un comparatif d'efficacités entre
plusieurs charbons actifs commerciaux fréquemment utilisés pour l'abattement d'H2S sur
sites industriels. L'autre partie décrit la mise en œuvre et les résultats obtenus par un traite-
ment gaz-liquide pour la réduction d'une fraction des COVSi, préalablement à un traitement
complémentaire par adsorption.
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Chapitre 1 :
Etat de l'art
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Etat de l'art Le biogaz
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Etat de l'art Le biogaz
- Les digesteurs : principalement utilisés pour les boues de STations d'EPuration (STEP)
[Appels et al. 2008a] où la méthanisation permet d'éliminer une fraction importante des com-
posés organiques, mais également d'améliorer l'autonomie énergétique de la STEP. On
trouve également des digesteurs de déchets verts [Verma et al. 2007] ; d'effluents d'élevages car la
réglementation rend obligatoire le stockage des effluents (lisier, fumier) pour une capacité
supérieure à 4 mois. Ce temps de stockage peut être mis à profit pour la méthanisation des
effluents. Il s'agit des déjections animales mais aussi des autres déchets agricoles : résidus de
culture et d'ensilage, effluents des laiteries, retraits des marchés, gazons, etc. Pour exemple
des travaux ont été réalisés sur la méthanisation des effluents des élevages de saumon en
Norvège [Gebauer 2004] ; d'effluents des industries agroalimentaires [Demirer et al. 2000]. Le but
est principalement d'éviter le rejet de matières organiques non stabilisées et peut s'accompa-
gner d'une valorisation énergétique.
1.3. La méthanisation
1.3.1. Les mécanismes de formation du biogaz
La digestion anaérobie (ou méthanisation) est un procédé biologique de transforma-
tion de la matière organique en biogaz. Elle est assurée en anaérobiose par une communauté
microbienne complexe en interaction, constituant un réseau trophique. Le processus de mé-
thanisation (Figure 1) se déroule en plusieurs phases avec des bactéries adaptées à chacune
de ces étapes. On distingue quatre phases successives [Godon 2008] : l'hydrolyse, l'acidoge-
nèse ; l'acétogenèse et enfin la méthanogenèse.
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Etat de l'art Le biogaz
MONOMERES
(Monosaccharides, …)
CO2 + H2 ACETATE
Bactéries homoacétogènes
Bactéries Bactéries
méthanogènes méthanogènes Méthanogenèse
hydrogénophiles acétoclastes
- La méthanogenèse : elle est assurée par des micro-organismes anaérobies stricts qui
appartiennent au domaine des Archaea. Cette dernière étape aboutit à la production de mé-
thane. Elle est réalisée par deux voies possibles : l'une à partir de l'hydrogène et du dioxyde
de carbone par les espèces dites hydrogénotrophes, et l'autre à partir de l'acétate par les es-
pèces acétotrophes. Leur taux de croissance est plus faible que celui des bactéries acidogènes.
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Etat de l'art Le biogaz
a b n a b n a b
C n H a O b + n − − H 2 O → − + CO 2 + + − CH 4
4 2 2 8 4 2 8 4
Équation 1 : Equation de Buswell pour la méthanisation des composés organiques
Cependant, si l'on considère une ISD, le potentiel méthanogène ne peut être calculé
par cette équation compte tenu de la grande diversité de substrats présents dans le massif de
déchets. Pour les centres de stockage de déchets ménagers, deux approches existent pour
estimer la quantité de biogaz pouvant être produite ; l'approche stœchiométrique et l'ap-
proche biodégradabilité [El-Fadel et al. 1996].
L'approche stœchiométrique est basée sur une équation (Équation 2) proche de celle
de Buswell ; elle considère la composition élémentaire en matière organique des différents
constituants du déchet comme donnée dans le Tableau 1.
b c 3d e
C a H b O c N d Se + a − − + + H 2 O →
4 2 4 2
a b c 3d e a b c 3d e
+ − − − CH 4 + − + + + CO 2 + dNH 3 + eH 2 S
2 8 4 8 4 2 8 4 8 4
Équation 2 : Réaction stœchiométrique généralisée pour estimer le rendement maximum en méthane après
décomposition complète des déchets solides [El-Fadel et al. 1996]
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Etat de l'art Le biogaz
Tableau 1 : Composition des déchets et analyse élémentaire – la composition est donnée en % massique sur
déchets secs [El-Fadel et al. 1996]
Des expériences de terrain ont été réalisées dans la même étude pour comparer les
productions réelles de méthane, sur des alvéoles-tests, aux productions théoriques obtenues
par les deux approches mentionnées ci-dessus. La gamme de production de méthane obte-
nue en conditions réelles varie de 10 à 90 m3/t de déchets secs. L'approche biodégradabilité
paraît donc la plus juste pour estimer les productions de méthane de centres d'enfouissement
de déchets ménagers.
Suite à ces estimations empiriques basées sur le calcul, un test laboratoire est dispo-
nible pour apprécier la production de biogaz d'un déchet, il s'agit du test PBM (Potentiel
BioMéthanogène). Ce test consiste à mettre en présence d'un substrat un inoculum bactérien
et à déterminer la quantité et la qualité du biogaz produit au cours du temps, il permet donc
de déterminer la production maximale de biogaz d’un échantillon de biomasse. La vitesse de
production de biogaz (cinétique de fermentation) et la composition en méthane (CH4) et
dioxyde de carbone (CO2) sont mesurées. Ce test peut être réalisé sur tout type de déchets
tels que boues de STEP [Lin et al. 1999], déchets ménagers [Owens et al. 1993] ou encore la
bagasse (résidu de la canne à sucre après extraction du jus) [Joseph et al. 2009], les déchets de
l'industrie du coton [Isci et al. 2007], les déchets de fruits et légumes [Nallathambi Gunaseelan
2004], etc.
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Etat de l'art Le biogaz
une valorisation de tels biogaz en cogénération par exemple (cf. § 5 p.81). On peut noter qu'il
n'en est pas de même pour le biogaz de résidus de distillerie, dont la teneur en H2S est faible.
Tableau 2 : Composition caractéristique des biogaz en fonction des substrats et des procédés de production
[ADEME 1999] – OM = Ordures Ménagères ; STEP = STation d'Epuration ; ISDND = Installations de Stockage
de Déchets Non Dangereux
(% vol)
NH3 - - - - - 50-100 -
Aromatiques 2 1 0-200 0-200 - - -
Organochlorés
0-200 0-100 100-800 100-800 - - -
Organofluorés
En plus des composés cités dans le Tableau 2, une multitude de COV sont présents
dans les biogaz tels que des alcanes, alcènes, alcools, esters, cétones, aldéhydes, éthers, ter-
pènes, aromatiques, organo soufrés (thiols, …), halogénés, etc. [Brookes et al. 1983], [Allen et al.
1997] et siliciés [Takuwa et al. 2009].
De tous ces composés, certains vont engendrer des difficultés techniques lors de la
mise en œuvre des procédés de valorisation du biogaz ; il sera donc nécessaire de les élimi-
ner pour ne pas mettre en péril la filière biogaz. (cf. § 5 p.81).
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Etat de l'art Le biogaz
sensible, mais aussi la chaleur latente de vaporisation de l'eau, généralement produite par la
combustion. Cette énergie peut être entièrement récupérée si la vapeur d'eau émise est con-
densée, c'est-à-dire si toute l'eau vaporisée se retrouve finalement sous forme liquide.
- le Pouvoir Calorifique Inférieur (PCI) : c'est l’énergie thermique libérée par la réac-
tion de combustion d'un kilogramme de combustible sous forme de chaleur sensible, à l'ex-
clusion de l’énergie de vaporisation (chaleur latente) de l'eau présente en fin de réaction.
L'atout majeur du biogaz est sa teneur en méthane qui lui confère un PCI important.
Le PCI du biogaz est bien entendu proportionnel à sa teneur en méthane, le PCI du méthane
pur étant de 9,94 kWh/Nm3 [Camacho et al. 2008]. Le Tableau 3 référence les compositions et
les PCI de trois biogaz de différentes origines.
Tableau 3 : Composition et PCI de 3 biogaz 1 - Biogaz 1 : Fermentation spontanée au sein d'une décharge équi-
pée d'une aspiration du biogaz - Biogaz 2 : Installation de méthanisation d'ordures ménagères brutes type
VALORGA 2. - Biogaz 3 : Installation de méthanisation d'effluents industriels (distillerie)
Si l'on compare au gaz naturel, le biogaz présente un intérêt non négligeable. Il existe
deux types de gaz naturels en fonction de leur pouvoir calorifique : le groupe B (ou L (Low),
gaz à bas pouvoir calorifique) distribué dans le nord de la France (le plus connu est le gaz de
Groningue (Pays-Bas)) et le groupe H (gaz à haut pouvoir calorifique) distribué sur le reste
du territoire (tels que les gaz d'Algérie, Norvège, Russie, etc.). Les gammes de PCS et PCI
sont données dans le Tableau 4.
Tableau 4 : PCS et PCI du gaz naturel – Le PCI est obtenu par la formule 3 PCS/PCI=1,111
Au vu des deux tableaux précédents le biogaz est un gaz dit pauvre, c'est-à-dire à
faible PCI ; mais il n'en reste pas moins que son potentiel énergétique est non négligeable.
Les figures suivantes représentent les équivalences énergétiques d'un mètre cube de biogaz à
50% de méthane (Figure 2) et de 1000 Nm3/h pendant un an de biogaz à 50% de méthane
(Figure 3).
1 [Link]
_issues_de_trois_fili%C3%A8res_de_production_diff%C3%[Link] (Consulté le 03 Avril 2011)
2 [Link] (Consulté le 03 Avril 2011)
3 [Link] (Consulté le 03 Avril 2011)
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Etat de l'art Le biogaz
0,85 l d'alcool à
brûler
0,58 l d'essence
0,5 l de mazout
1 Nm3 de biogaz à
0,47 m3 de gaz 50% de CH4
naturel (méthane) 4,85 kWh d'électricité
équivaut à :
Figure 3 : Equivalence énergétique annuelle de 1000 Nm3/h de biogaz à 50% de méthane 2 - tep = tonne équiva-
lent pétrole
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Etat de l'art La valorisation du biogaz
solde est donc nul. Quant au carbone non biodégradable (matière organique synthétique), il
est stocké et n'est pas relargué dans l'atmosphère.
En cas de valorisation du biogaz en substitution à une énergie fossile, on évite le dés-
tockage de carbone fossile et donc l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Le
bilan est ainsi amélioré par rapport à la simple incinération. Une installation de stockage de
déchets s'apparente à un puits de carbone. La Figure 4 résume ce raisonnement et met en
relief le cycle du carbone correspondant au biogaz d'ISD [ADEME 2001].
1.7. Bilan
Au niveau législatif, il est obligatoire de procéder à la combustion du biogaz pour li-
miter les impacts sur le réchauffement climatique. Le biogaz possédant un fort pouvoir calo-
rifique, il semble évident de récupérer l'énergie fournie par sa combustion plutôt que de le
brûler en torchère. Diverses techniques de valorisation du biogaz sont actuellement em-
ployées et de nouvelles apparaissent au niveau de la recherche expérimentale. L'ensemble de
ces techniques est développé par la suite.
2. La valorisation du biogaz
2.1. Introduction
Diverses voies de valorisation sont envisageables pour le biogaz, on peut citer la pro-
duction de chaleur seule, l'électricité seule, la cogénération, la trigénération, le carburant au-
tomobile ou encore l'injection dans le réseau de gaz naturel.
Les productions de chaleur et d'électricité par combustion sont désormais des tech-
niques éprouvées, tandis que l'utilisation en tant que carburant, l'injection dans le réseau de
gaz naturel et les piles à combustible sont des modes de valorisation en phase de dévelop-
pement. On commence à voir apparaître des projets de valorisation utilisant ces modes. Le
choix entre ces diverses solutions dépend de nombreux critères à la fois techniques et éco-
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Etat de l'art La valorisation du biogaz
nomiques, dans lesquels la nature et la localisation du site de production sont des paramètres
clés.
Le site peut avoir des besoins internes d'énergie (chaleur pour chauffer le digesteur
d'une STEP ou les locaux, électricité pour alimenter des machines,…) ; s'il n'en a pas, il peut
se trouver à proximité d'utilisateurs potentiels de cette énergie (serres, usines, réseaux de
chaleur, réseau de transport de gaz, briqueterie, …). Si le lieu est totalement isolé, comme
c'est souvent le cas pour les ISD, la seule valorisation possible sera la production et la vente
d'électricité ou l'injection dans le réseau de gaz naturel.
Quel que soit l'usage final du biogaz, il est quasiment impossible de l'utiliser tel qu'il
est produit ou récupéré. La principale fraction valorisable est le méthane qu'il contient en
proportion variable suivant la source de production du biogaz (cf. § 1.4 p.41). Les autres
constituants sont inutiles voire gênants ou même nuisibles pour certains (cf. § 2.7 p.60). Une
ou plusieurs étapes de purification sont donc nécessaires.
Mtep
16 15
valeurs consolidées
14 estimations
12 objectif du livre blanc
10
8,2
8 7,2 7,5
6 5,0
4,2 4,5
3,8
4 3,0
2,3 2,6
2
0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Figure 5 : Evolution de la production d'énergie primaire à partir de biogaz en UE. (Source : compilation des
données des Baromètres des énergies renouvelables de 2002 à 2009 [EurObserv'ER 2002, 2003, 2004, 2005, 2006,
2007, 2008b, 2009]).
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Etat de l'art La valorisation du biogaz
UE (27)
7,5
90,6
93,5 7542,1
1592,2
380,0
336,0
LEGENDE
Biogaz de décharge
Biogaz de STEP
Autres biogaz (déchets agricoles, …)
Les chiffres en rouge indiquent la production totale en ktep
∗
Estimation
Figure 6 : Répartition géographique de la production d'énergie primaire à partir de biogaz en Europe en 2007
[EurObserv'ER 2008a] et [EurObserv'ER 2008b] pour l'actualisation de certaines données
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Etat de l'art La valorisation du biogaz
ktep
70
Unités en cogénération
60 Unités de chaleur seules
50
40
30
20
10
0
Allemagne
Italie
Finlande
Belgique
Autriche
Irlande
Slovaquie
Lituanie
Royaume-Uni
Luxembourg
Pologne
Danemark
Hongrie
Estonie
France
Suède
Espagne
Grèce
Pays-Bas
Chypre
Rep. Tchèque
Figure 7 : Production brute de chaleur en ktep à partir de biogaz pour les pays de l'UE en 2007 (estimations)
[EurObserv'ER 2008a]
ktep
Centrales en cogénération
800
Centrales électriques seules
700
600
500
400
300
200
100
0
Royaume-Uni
Italie
Allemagne
Belgique
Irlande
Finlande
Hongrie
Lituanie
Portugal
Pologne
Slovénie
Pays-Bas
Autriche
Estonie
Slovaquie
Chypre
Luxembourg
Espagne
France
Danemark
Rep. Tchèque
Grèce
Suède
Figure 8 : Production brute d'électricité en ktep à partir de biogaz pour les pays de l'UE en 2007 (estimations)
[EurObserv'ER 2008a]. Equivalence énergétique 1 : 1 ktep = 12,602 GWh
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Une étude intéressante a été menée en conditions réelles sur l'utilisation de biogaz
d'ISDND comme source de chaleur après combustion pour chauffer des serres. Le CO2 géné-
ré lors de la combustion est ensuite utilisé comme supplément (après élimination des subs-
tances phytotoxiques) dans l'atmosphère de la serre pour la croissance des plantes [Jaffrin et
al. 2003]. Il s'est avéré que le profit économique était plus important en termes d'augmenta-
tion du rendement de production de fleurs que d'économies sur le chauffage.
- 49 -
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Des retours d'expériences sont disponibles dans la littérature ainsi que des études de
faisabilité. En Italie, une étude [Pierpaoli et al. 2007] conclut que la valorisation électrique par
moteur à gaz est valable. En effet, avec les chiffres de 2006 concernant le rachat d'électricité
dans ce pays, le retour sur investissement est de seulement 3 ans. Cependant, pour que la
valorisation soit viable indépendamment des aides de l'état, le tarif de rachat devrait être fixé
au minimum à 0,090 €/kWhe.
En Espagne [Zamorano et al. 2007] une étude de viabilité économique a été réalisée sur
une ISDND. Les résultats des calculs montrent que le potentiel de génération d'électricité est
de 4 500 000 kWh/an. La viabilité économique serait d'un bénéfice de 20% sur une période
de 7 ans. A la date de la publication, la valorisation n'était initiée que depuis un an. Les résul-
tats réels montreront la validité ou non de l'étude économique.
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Tableau 5 : Principales spécifications sur les composés pénalisants recommandées par les fabricants de mo-
teurs à gaz (biogaz d'ISDND) Jenbacher, Deutz, Caterpillar et Waukesha. 1,2 Traduit partiellement de
[Environment Agency 2004]
Sans catalyseur 4 :
<100 mg/Nm3 CH4
(garantie pleine) <713 mg Cl/Nm3 CH4 300 mg/Nm3 CH4
Somme Cl
100-400 mg/Nm3 CH4 <100 mg/Nm3 (total des composés halo- (Total des organo halogé-
et F (restriction de garantie) génés exprimé en Cl) 3 nés exprimés en Cl) 5
>400 mg/Nm3 CH4
(annulation garantie)
Avec catalyseur :
0 mg/Nm3 CH4
Ancien standard :
Sans catalyseur 3:
<20 mg/Nm3 CH4
(garantie pleine)
>20 mg/Nm3 CH4
(restriction de garantie) <50 mg/Nm3 CH4 de si-
loxanes totaux
Si <10 mg/Nm3 CH4 <21 mg/Nm3 CH4 3
(uniquement pour les modèles
Nouveau standard : avec préchambre) 5
Sans catalyseur : voir ci-
dessous 6
Avec catalyseur (ancien
ou nouveau standard) :
0 mg/Nm3 CH4
<50 mg/Nm3 CH4 <10 mg/Nm3 CH4 <30 mg/Nm3 CH4 Elimination des particules >
Poussières
(particules < 3µm) (particules max 3-10µm) (particules < 1µm) 3 0,3µm
Pas d'eau liquide ; recommanda-
tion : refroidir le gaz à 4°C,
Humidité
<80% avec aucun conden- <80% à la température dévésiculeur, réchauffer le gaz à
Relative / <60-80%
sat minimum du combustible 29-35°C.
humidité Point de rosée : au moins 11°C <
température d'entrée du gaz
limites pour les huiles usées et la qualité du carter doivent être observées.
5 Spécifications données par les motoristes en mg/l de biogaz de décharge et convertie en mg/Nm3 CH4 en considérant 50% de
CH4 (v/v).
6 Valeur limite relative <0,02 en considérant le calcul suivant :
(mgSi/kg dans l' huile moteur) × (quantité totale d' huile en litres)
Valeur limite relative =
(puissance moteur en kW) × (temps de service de l' huile en heures)
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Etat de l'art La valorisation du biogaz
Le couplage chaudière à gaz et turbine à vapeur est une voie très classique de cogéné-
ration, les turbines utilisées peuvent être des :
- turbines à contre pression : la vapeur sort de la turbine à une certaine pression,
qui est imposée par le procédé en aval. Ainsi une certaine qualité de vapeur est mise à
la disposition de l’utilisateur. La vapeur dans la turbine n’est donc détendue que jus-
qu’à une pression supérieure à la pression atmosphérique ;
- turbines à condensation avec soutirage : la quantité de vapeur requise est souti-
rée à un certain endroit entre l’entrée et la sortie turbine, où règne encore la pression
désirée. Cette vapeur soutirée est utilisée pour des besoins en chaleur.
- 52 -
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Etat de l'art La valorisation du biogaz
Il est possible de coupler une turbine à vapeur à une turbine à combustion (ce procé-
dé s'appelle le cycle combiné). En effet la turbine à combustion générant de la vapeur à l'aide
d'une chaudière de récupération, cette vapeur peut être utilisée pour faire tourner une tur-
bine à vapeur (couplée à un alternateur) et ainsi produire un complément d'électricité.
Pour le biogaz la microturbine est une option très intéressante. Contrairement au mo-
teur à gaz classique, la microturbine fonctionne avec des combustibles de valeur calorifique
inférieure ou variable. Comme point négatif, mentionnons que le rendement électrique et le
rendement total sont inférieurs à ceux d'un moteur gaz de même puissance.
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Etat de l'art La valorisation du biogaz
-les piles hautes températures : MCFC (Molten-Carbonate Fuel Cell), SOFC (Solid Oxide
Fuel Cell).
Une revue [Carrette et al. 2000] expose en détail les principes de fonctionnement de ces
divers types de piles à combustible. Le lecteur intéressé pourra s'y référer. Cependant, pour
résumer, il est à noter que toutes ces piles fonctionnent sur la base de l'oxydation du dihy-
drogène à l'anode et la réduction du dioxygène à la cathode. Un reformage préalable du mé-
thane en dihydrogène est donc nécessaire. Certaines de ces piles peuvent fonctionner en ali-
mentation directe par du méthane, le reformage étant intrinsèque à la pile ; c'est le cas des
MCFC et des SOFC.
Des biogaz d'origines variées couplés aux différentes technologies de piles à combus-
tible ont été étudiés dans la littérature :
- biogaz agricole et PEMFC [Schmersahl et al. 2007] ; la pureté en dihydrogène après
reformage doit être d'au moins 50%, la production électrique générée en mode continu at-
teint les 0,5 kW par hectare exploité ;
- biogaz de STEP et PAFC [Spiegel et al. 2000 ; Sammes et al. 2004] ; une unité a été ins-
tallée à Cologne en Allemagne et a fonctionné pendant plus de 4 ans, elle générait 50% de la
demande en électricité de la STEP ;
- biogaz d'ISD, de STEP, agricole, d'unités de co-fermentation et MCFC [Trogisch et al.
2005] ;
- introduction directe de biogaz de co-digestion d'OM et d'eaux résiduelles de boues
dans une pile SOFC [Shiratori et al. 2008]. Dans cette étude il a été montré qu'H2S empoisonne
les cellules. En effet, 1 ppm d'H2S engendre une chute de 9% du voltage et 40% de diminu-
tion dans le rendement de la réaction de reformage interne à la pile ;
- biogaz d'ISD et PAFC [Spiegel et al. 2003] ; cette étude concerne un essai de terrain
qui a fonctionné pendant un an, la pile a fourni une puissance de sortie maximale de 165 kW
pour un rendement de 38,1% et une disponibilité de fonctionnement de 95,6% ;
- biogaz de digestion anaérobie de déchets organiques et AFC [Duerr et al. 2007]. Cette
étude présente un système viable de production d'électricité à partir de biogaz, sur une île où
le raccordement au réseau électrique classique serait trop onéreux.
Cette liste ne se veut pas exhaustive mais une illustration de la diversité existant pour
ce mode de valorisation. Il n'en reste pas moins que quelle que soit la technologie utilisée, il
n'est pas possible d'utiliser un biogaz brut (sans purification) car de nombreux composés
trace compromettent les efficacités des piles. Cependant, un composé considéré comme un
poison pour une pile donnée peut être le combustible d'un autre type de pile (Tableau 6).
Tableau 6 : Composés néfastes dans les différentes technologies de piles à combustibles compatible avec le
biogaz. Sources : a [Haga et al. 2008], b [Trogisch et al. 2005], c [Weiland 2003], d [Gadde 2006], e [Sandelli et al.
1994]. COS = Oxysulfure de carbone
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De ceci ressort le fait que l'utilisation de biogaz en pile à combustible nécessite une
forte purification préalable. Les données concernant les COVSi ne sont pas disponibles pour
tous les types de piles. En effet, toutes les piles ne peuvent pas fonctionner en alimentation
directe au biogaz. Cependant, concernant les SOFC et MCFC, qui peuvent fonctionner en
alimentation directe au biogaz, l'épuration des COVSi est impérative pour éviter de graves
dysfonctionnements.
Au 1er Janvier 2009, est entrée en application une circulaire [Douane 2009] modifiant
les décrets concernant la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP). Celle-ci prévoit
une modulation de la TGAP pour les déchets réceptionnés entrant dans les exploitations va-
lorisant plus de 75% de leur production de biogaz. Cette modification de la TGAP a pour but
de dynamiser l'installation de système de valorisation du biogaz. L'effet réel devrait être vi-
sible dans les baromètres biogaz d'EurObserv'ER des prochaines années.
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évidemment nécessaire de séparer le CO2, d'éliminer les composés soufrés (H2S, mercaptans,
etc.), l'ammoniac, l'oxygène, la vapeur d'eau, etc. Il est à noter que les spécifications ne men-
tionnent pas de limites pour les composés siliciés présents dans le biogaz qui pourtant
peuvent se révéler nocifs si leur combustion engendre des dépôts obturant les brûleurs (cf §
2.7 p.60). De plus, les conditions de livraison de gaz autres que le gaz naturel, par l'opérateur
amont au raccordement avec le distributeur, fait l'objet d'un contrat. Ce contrat mentionnera
les caractéristiques pour l'odorisation du gaz avec du TétraHydroThiophène (THT) ainsi que
les teneurs maximales d'éventuels autres composés trace si ceux-ci présentent un risque de
détérioration pour les ouvrages du distributeur.
Tableau 7 : Caractéristiques physico-chimiques requises pour l'injection de gaz autres que le gaz naturel dans
le réseau GDF [GDF 2007].
Caractéristique Spécification
Gaz de type H : 10,7 à 12,8 kWh/Nm3 (combustion à 25°C : 10,67 à
PCS (conditions de combustion 12,77)
0°C et 1,01325 bar) Gaz de type B : 9,5 à 10,5 kWh/Nm3 (combustion à 25°C : 9,48 à
10,47)
Gaz de type H : 13,64 à 15,70 kWh/Nm3 (combustion à 25°C : 13,6 à
Indice de Wobbe 1 (conditions de 15,66)
combustion 0°C et 1,01325 bar) Gaz de type B : 12,01 à 13,06 kWh/Nm3 (combustion à 25°C : 11,97 à
13,03)
Densité Comprise entre 0,555 et 0,70
Inférieur à -5°C à la pression maximale de service du réseau en aval
Point de rosée eau
du raccordement
Point de rosée hydrocarbures Inférieur à -2°C à 70 bar
Teneur en soufre total Inférieure à 30 mgS/Nm3
Teneur en soufre mercaptique Inférieure à 6 mgS/Nm3
Teneur en soufre de H2S + oxy-
Inférieure à 5 mgS/Nm3
sulfure de carbone (COS)
Teneur en CO2 Inférieure à 2,5% (molaire)
Teneur en TétraHydroThiophène
Comprise entre 15 et 40 mg/Nm3
(THT)
Teneur en O2 Inférieure à 100 ppmv
Gaz pouvant être transporté, stocké et commercialisé sans subir de
Impuretés
traitement supplémentaire
Hg Inférieur à 1 µg/Nm3
Cl Inférieur à 1 mg/Nm3
F Inférieur à 10 mg/Nm3
H2 Inférieur à 6%
NH3 Inférieur à 3 mg/Nm3
CO Inférieur à 2%
1L'indice de Wobbe se définit comme étant le quotient entre le pouvoir calorifique supérieur (PCS) du gaz (en kWh/Nm3) et la
racine carrée de sa densité par rapport à l'air. Il est utilisé, par exemple, pour déterminer les pressions d'alimentation à appli-
quer à un injecteur pour conserver la puissance pour des pressions variables.
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cables, de la compétence pour procéder à cette expertise. En 2008, l'AFSSET publie son rap-
port intitulé "Risques sanitaires du biogaz – Evaluation des risques sanitaires de l'injection de
biogaz dans le réseau de gaz naturel" [AFSSET 2008]. Cette étude a mené à la production
d'avis et de recommandations retranscrits ci-après.
Compte-tenu des données disponibles et des conclusions de l'expertise collective,
l'AFSSET considère que l'injection dans le réseau de certains types de biogaz épurés ne
semble pas présenter de risque sanitaire supplémentaire pour les usagers avant et après
combustion, par rapport au gaz naturel actuellement distribué. Les biogaz concernés sont :
- le biogaz épuré issu de déchets ménagers et assimilés produit en ISDND ;
- le biogaz épuré issu de la méthanisation en digesteur de déchets non dangereux :
+ biodéchets triés à la source ou déchets ménagers ;
+ déchets organiques agricoles (effluents d’élevages et déchets végétaux), dé-
chets de la restauration collective et déchets organiques fermentescibles de l’industrie agro-
alimentaire.
En revanche l'expertise collective ne permet pas de conclure sur les biogaz issus de
boues de STEP et des déchets industriels autres que les déchets organiques fermentescibles
de l’industrie agro-alimentaire. L'AFSSET considère, notamment en raison de la grande va-
riabilité qui caractérise ces activités, qu’il n’y a pas assez de données disponibles pour faire
une évaluation satisfaisante des risques sanitaires et préconise d’écarter, dans l’immédiat,
l'injection dans le réseau de biogaz issus de ces catégories de déchets. Cependant, si l'injec-
tion dans le réseau de tels biogaz était sollicitée, l'AFSSET recommande qu’une nouvelle éva-
luation des risques sanitaires, fondée sur des analyses de composition sur le site concerné, et
s'appuyant sur la méthode proposée par le rapport d’expertise collective, soit conduite préa-
lablement à l'injection.
L'AFSSET rappelle que le présent avis tient compte de l'efficacité d'épuration qui est
actuellement mise en place pour satisfaire aux spécifications de GDF pour l'injection de gaz
autre que du gaz naturel. De ce fait, une modification de ces spécifications justifierait une
nouvelle évaluation des risques dès lors qu’elle aurait un impact sur les conditions d'épura-
tion.
Toutefois l'AFSSET souligne le manque de données disponibles sur les compositions
chimique et microbiologique des biogaz épurés, du gaz naturel ainsi que de leurs résidus de
combustion et les difficultés qui en résultent pour la réalisation de cette évaluation. Aussi,
l'AFFSET considère qu'il est prématuré de chercher à déterminer les caractéristiques d'un
biogaz type (ou un référentiel) pour l'injection dans le réseau de distribution du gaz naturel.
En France, une initiative visant à valoriser le biogaz par cette voie a été mise en route
à la décharge de Montech dans le Tarn et Garonne (82) en 1998. Après épuration, le biogaz
devait être introduit dans le réseau de transport de gaz naturel de la société Gaz du Sud-
Ouest (GSO). Cette première expérience a été interrompue en 2000 suite à l’avis du Comité
Supérieur d’Hygiène Public de France (CSHPF) [AFSSET 2008] qui concluait sur un avis con-
traire à l'injection du biogaz dans le réseau en prenant en considération, entre autres, les in-
certitudes sur les toxiques présents et ceux susceptibles de se former après combustion, les
difficultés pour réaliser et maîtriser les dilutions au sein de la dynamique du réseau gazier,
l'impossibilité d'effectuer des contrôles chez l'utilisateur, le nombre très limité d'expériences
étrangères et enfin l'existence d'autres modes de valorisation.
Une deuxième expérience se met en place à Lille-Sequedin, ce pourra être la première
expérience française d'injection dans le réseau de Gaz réseau Distribution de France (GrDF),
qui est une filiale du groupe GDF Suez. Des cahiers des charges adaptés à ce projet ont été
réalisés pour Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU) :
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Au niveau européen, quelques pays ont fait l'expérience de l'injection de biogaz dans
le réseau de gaz naturel, on peut citer : la Suède, la Suisse, l'Autriche, l'Allemagne et les Pays-
Bas [AFSSET 2008].
De plus, il est à noter qu'on ne trouve pas de publications académiques focalisées sur
l'injection de biogaz dans les réseaux.
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Tableau 8 : Parties du projet Biogasmax réalisées sur chacun des sites européens
-Lavage à l'eau
-Adsorption par -Distillation cryogénique -Lavage à
Concentration -Lavage à l'eau
modulation de -Absorption par solvant l'eau
pression
-Stations-service
-Stations service
pour -Caissons mobiles
d'approvisionnement
approvisionnement équipés de bouteilles
direct -Stations-
direct de biométhane sous
-Autoroutes avec service
Distribution -Intégration de pression
stations-service de -Cuves de
dépôts -Autoroutes avec
biométhane stockage
-Injection dans le stations service de
-Injection dans le réseau
réseau de gaz biométhane
de gaz naturel
naturel
-Taxis et véhicules -réseaux de conducteurs -parcs
Utilisation -Collecte des déchets de livraisons propres -Bennes à automobiles
dans les -Véhicules de service -Navettes d'aéroport -bennes à ordures ordures municipaux
véhicules -Bus -Réseau de ménagères à moteur ménagères -Véhicules de
conducteurs propres hybride (électrique-gaz) service
Pour situer quelques dates clefs 1 du modèle de la ville de Lille concernant les véhi-
cules fonctionnant au gaz, on peut noter :
- 1990 : lancement d'une expérimentation de valorisation en méthane-carburant du
biogaz excédentaire issu de la digestion des boues de la station d'épuration de Marquette ;
mise au point d'un pilote de concentration du biogaz afin d'augmenter sa con-
centration en méthane de 60 à 97 % (élimination du CO2 et des polluants résiduels par lavage
à l'eau sous pression) ;
projet soutenu par l’Union Européenne dans le cadre du programme Thermie.
- 1994 : premiers bus au gaz en circulation produit localement dans la station d'épura-
tion des eaux de Marquette ;
- 1999 : décision de remplacement progressif mais total de la flotte de bus au gasoil
par des bus au gaz ;
- 2001 : 60 bus au gaz en fonctionnement, puis 100 en 2002, 127 en 2004, 270 début
2007.
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Composés à éliminer
Valorisa-
H2 Organo- CO
tion H2S Métaux Oxygène COVSi
O halogénés 2
Eventuelle- Eventuelle-
Chaleur Oui
ment ment
Electricité
Eventuelle-
Cogénéra- Oui Oui Oui
ment
tion
Eventuelle- Ou Eventuelle-
Carburant Oui Oui Oui
ment i ment
Eventuelle- Ou Eventuelle- Eventuelle-
Réseau gaz Oui Oui Oui
ment i ment ment
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Etat de l'art La valorisation du biogaz
a) b) c)
Figure 10 : Dépôts dû à la présence de composés siliciés sur des pièces moteurs – a) bougies – b) pistons [AFT]
– c) Tête de piston [Appels et al. 2008]
Ces dépôts engendrent des abrasions importantes des surfaces, des casses des pièces,
des défauts d'allumage par leur action isolante sur les bougies, etc. [Dewil et al. 2006].
Très peu d'études complètes sont consacrées à l'analyse de ces dépôts solides. Seule,
une publication présente une caractérisation élémentaire détaillée [Glindemann et al. 1996] de
dépôts présents en chaudière et au sein d'un moteur "Otto" (moteur à combustion interne).
Les éléments de cette étude seront présentés avec la discussion de nos résultats dans le Cha-
pitre 2.
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Etat de l'art La valorisation du biogaz
% mas-
Lieu Eléments
sique
Silicium 34
Neuburg
Oxygène 66
Silicium 32
Oxygène 60
Leonberg
Aluminium 5
Calcium 3
Il semblerait que les dépôts soient, pour un site, constitués uniquement de silice
(SiO2) au vu des pourcentages massiques annoncés tandis que pour l'autre site, le dépôt
pourrait contenir une fraction de silicate de calcium et/ou d'aluminium.
Tableau 11 : Composition élémentaire en pourcentage massique des dépôts observés dans une chaudière après
combustion de biogaz de STEP [Lee et al. 2001]
Le silicium représente 50% en masse des dépôts observés. Les autres éléments présen-
tés ne sont qu'à l'état de trace. Si l'on considère que le complément pour boucler à 100% est
l'oxygène, ces dépôts ne seraient composés que de silice.
Une étude met en évidence la présence de soufre, en faible proportion, dans des dé-
pôts issus de biogaz de digesteurs ayant entraîné l'inefficacité des catalyseurs de traitement
des fumées de combustion (Figure 11).
Figure 11 : Composition de dépôts prélevés sur des catalyseurs - Reproduit de [Tower 2003]
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Etat de l'art Les Composés Organiques Volatils du Silicium (COVSi)
3.1.3. Nomenclature
Les motifs siloxaniques (Figure 12) peuvent comporter de une à quatre fonctions ;
leur nomenclature en découle comme suit :
Figure 12 : Nomenclature des motifs siloxaniques (R= méthyle dans le cas des PDMS)
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Etat de l'art Les Composés Organiques Volatils du Silicium (COVSi)
Concernant les oligomères méthylés, il existe une seconde nomenclature basée sur la
distinction entre les composés linéaires et cycliques. Leurs structures respectives sont don-
nées en Figure 13.
Figure 13 : Structure linéaire et cyclique des siloxanes – 0 ≤ n < plusieurs milliers pour les linéaires – 0 ≤ n<~10
pour les cycliques
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Etat de l'art Les Composés Organiques Volatils du Silicium (COVSi)
Tableau 12 : Applications industrielles des silicones [CES], [Chandra et al. 1997], [Fendinger at al. 1997]
De par ces utilisations diverses et variées, une partie des silicones consommés sont
éliminés vers la filière de traitement des déchets solides et finissent leur vie en ISDND. Une
étude socio-économique aboutit à une estimation de la quantité de silicones stockés en ISD
de 440g/an/hab pour les pays européens [Ohannessian 2008].
3.1.6. Des silicones dans les déchets aux COVSi dans les biogaz
La dégradation des fluides PDMS dans les sols a été largement étudiée, et ce depuis
1979 [Buch et Ingebrigtson 1979]. Les produits de dégradation sont des oligomères cycliques et
linéaires dont certains sont hydroxylés après hydrolyse. Ces oligomères ont la caractéristique
d'être volatils. Par ailleurs, les argiles catalyseraient la dégradation [Xu et al. 1998]. Des
études plus récentes ont montré que les produits de dégradation majoritaires dans les sols
supplémentés en PDMS sont des oligomères hydroxylés HO(CH3)2SiO[Si(CH3)2O]nH avec n
= 7 ou moins tandis que dans des sols âgés le produit de dégradation majoritaire est L3 ; le
TMSol est également détecté. Pour des durées de dégradation très longues (6 mois à un an) le
produit final est le diméthylsilanediol (DMSD) [Carpenter et al. 1995]. Finalement, le DMSD
est biodégradé en CO2 et le silicium résiduel serait probablement sous forme de silicates
inorganiques [Sabourin et al. 1996]. La dégradation du DMSD en silicates et CO2 pourrait éga-
lement être induite par la lumière [Dow Corning 1998]. La Figure 14 résume les étapes de dé-
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gradation des PDMS dans les sols couplant des réactions chimiques à des mécanismes de
biodégradation.
+ eau
(CH 3 ) 3 SiO[ Si (CH 3 ) 2 O] n Si (CH 3 ) 3 Sol
→(CH 3 ) 2 Si (OH ) 2
(CH 3 ) 2 Si (OH ) 2 Microorgan
ismes oulumière
→ CO2 + Silicates inorganiques
Figure 14 : Mécanisme réactionnel de la dégradation des PDMS dans les sols – Reproduit de [Dow Corning
1998]
Bien qu'aucune étude ne traite de la dégradation des PDMS au sein de massifs de dé-
chets, des études de la composition des lixiviats ont été réalisées. Des siloxanes hydroxylés
tels que l'hexaméthylsiloxane-1,5-diol et l'octométhylsiloxane-1,7-diol [Badoil et Benanou 2009]
ou encore le DMSD et le TMSol [Grümping et Hirner 1999] y sont retrouvés. Ceci pose l'hypo-
thèse que les schémas de dégradation donnés dans les sols sont applicables aux massifs de
déchets.
La Figure 15 résume les étapes conduisant à la présence de COVSi dans les biogaz
d'ISDND. Ainsi, les produits de dégradation des polymères à longues chaînes et les oligo-
mères de silicones volatils enfouis dans les massifs de déchets vont être aspirés avec le bio-
gaz.
ISDND
Déchets Biogaz
Silicones COVSi
Oligomères et polymères
Production de biogaz
Entraînement des légers sans dégradation
Entraînement des produits de dégradation
Figure 15 : Des silicones dans nos déchets aux COVSi dans les biogaz d'ISDND
De plus, si l'on compare les teneurs en TMSol présentes dans les lixiviats (inférieures
à la limite de détection de 3,8 µg/l) et dans les condensats de biogaz d'ISD (117-616 µg/l)
[Grümping et al. 1998], il semblerait que la majorité du TMSol produit, issu de la dégradation
des PDMS, soit entraînée lors de l'aspiration mécanique du biogaz.
Parmi les molécules siliciées pouvant répondre à la définition des COV seule une di-
zaine sont classiquement recherchées dans les biogaz d'ISDND. Les formules chimiques se-
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mi-développées de ces molécules sont répertoriées dans le Tableau 13 et leur propriétés phy-
sico-chimiques sont données dans le Tableau 14.
L2
O L3 Si Si
Si Si O Si O
Décaméthyltétrasiloxane Dodécaméthylpentasiloxane
L4 O O L5 O O
Si Si Si Si Si Si Si Si Si
O O O
Hexaméthylcyclotrisiloxane Octaméthylcyclotétrasiloxane
O
Si Si Si
D3 D4 O O
O O Si Si
Si
O O
Si
Décaméthylcyclopentasiloxane Dodécaméthylcyclohexasiloxane
Si Si Si
O O
O O O
D5 Si Si D6
O O
Si Si
O O
Si Si
O Si Si
O
Tétraméthylsilane Triméthylsilanol
TMS TMSol
Si Si OH
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Tableau 14 : Caractéristiques physico-chimiques des COVSi recherchés dans les biogaz d'ISDND – a source :
sur [Link] 1 (consulté le 28 Février 2011), les Pvap y sont données en mmHg, équivalence d'unité
: 1 mmHg = 133,322 Pa – b source : fiche sécurité du fournisseur Sigma-Aldrich
D'après la définition des COV, L4, L5 et D6 ne devraient pas être considérés comme
tel, leur Pvap étant inférieure à 0,01 kPa.
Figure 16 : Concentration en COVSi (mg/Nm3) de 4 biogaz d'ISDND en France [Crest et al. 2009]
1 ChemSpider est une base de données sur les propriétés physico-chimique de plus de 25 millions de molécules. Cette base de
données est fournie gratuitement en ligne par la Royal Society of Chemistry (RSC).
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Etat de l'art Analyse des COVSi
réaliser à divers niveaux et engendrer des molécules de tailles variables avec une fonction
hydroxyle à chaque bout, ces molécules pouvant s'auto-condenser et donc cycliser par élimi-
nation d'eau (série des D). Cette réaction est favorisée lorsqu'une interface entre une phase
polaire acidifiée et une phase apolaire est présente [Bischoff et Cray 1999]. Ces conditions sont
tout à fait probables au sein de massifs de déchets et des lixiviats. Il n'est donc pas aberrant
de retrouver plusieurs composés cycliques.
Les fortes proportions en L2 peuvent résulter de la condensation avec élimination
d'eau de 2 molécules de TMSol [Ignatyev et al. 2004].
a) b) c)
Figure 17 : Contenants pour le prélèvement des COVSi sans préconcentration – a) Sac – b) Canister – c) Am-
poule à gaz
Sacs
Les sacs plastiques peuvent être faits de divers matériaux tels que des polymères
fluorés (Teflon, Mylar, Tedlar), ou d’autres polymères (polyéthylène). Ils possèdent une légè-
reté, une résistance et une étanchéité nécessaires à l’échantillonnage. Divers volumes de sacs
existent, de 0,5 à 100 l. Le remplissage est assuré par la seule surpression du biogaz.
Canisters
Des contenants métalliques (appelés "canisters"), en acier inoxydable, à la paroi in-
terne polie et ayant subi une désactivation électrostatique afin de la rendre inerte, permettent
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Ampoules à gaz
Les ampoules à gaz sont en verre ce qui les rend, d'une part fragile, et d'autre part
source potentielle de biais lors de la recherche de composés du silicium dans le gaz. Le rem-
plissage s’effectue soit par circulation des gaz à l’intérieur, soit par aspiration à l’aide d’une
pompe en aval, ou par dépression. La fermeture simultanée des deux robinets réalise le pié-
geage des gaz. Les volumes des ampoules vont de 0,1 l à 1 l. Une purge de plus de dix fois le
volume de l’ampoule est nécessaire avant l'échantillonnage.
Limites : Pour l'analyse des COVSi, il est impératif de proscrire les matériaux contenant du
silicium ; les ampoules en verre sont donc à éviter.
Pour ces 3 types de prélèvements la composition du biogaz échantillonné peut varier lors du
transport entre le prélèvement et l'analyse. Les variations de température peuvent induire
des condensations des COVSi au sein du sac et modifier leurs teneurs. De plus, des adsorp-
tions peuvent se produire sur les parois des contenants.
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Etat de l'art Analyse des COVSi
Il existe une grande diversité d'adsorbants disponibles utilisant divers types de maté-
riaux (résines, charbons actifs, polymères organiques ou inorganiques, …). Les adsorbants
utilisés pour l'analyse des COVSi dans les biogaz ou les émissions du compostage sont :
- des polymères poreux organiques : Tenax TA [Arnold et Kajolinna 2008], [Narros et al.
2009], Tenax GR [Rasi et al. 2007]. Le Tenax est principalement utilisé pour les composés sen-
sibles à l'hydrolyse.
- des résines : résines XAD [Huppmann et al. 1996], résines copolymériques styrène-
divinylbenzène [Takuwa et al. 2009]
- des charbons actifs [Mattersteig et al. 2009]. Principalement pour les composés po-
laires, cependant l'eau est adsorbée et engendre des difficultés de désorption.
- des tamis moléculaires : Carbosieve III [Narros et al. 2009]. En général utilisé pour les
petites molécules.
Principe de la GC
Le principe de la chromatographie en phase gazeuse repose sur la séparation des
composés en fonction de leur affinité avec la phase stationnaire de la colonne chromatogra-
phique. Cette technique est largement employée pour l'analyse des COV.
Plusieurs types d'injecteurs peuvent être montés sur l'appareil (injection liquide,
thermodésorption, pompage direct de gaz, …), ainsi cette technique peut être employée sur
tous types d'échantillons dont les prélèvements ont été décrits précédemment (cf. § 4.1 p.69).
De nombreux détecteurs peuvent être employés en couplage avec la chromatographie
en phase gaz, cependant tous ne sont pas intéressants pour l'analyse des COVSi. Nous ne
présenterons ci-après que les détections employées pour l'analyse de COV et plus particuliè-
rement des COVSi en couplage GC.
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Etat de l'art Analyse des COVSi
Inconvénients : Ne permet pas d'identifier les composés dans des matrices complexes.
Nécessite de connaître les temps de rétention des composés d'intérêt,
donc de posséder les étalons.
Si étalons non disponibles, semi-quantification possible, mais délicate, en
équivalent toluène 1.
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Etat de l'art Analyse des COVSi
Les limites de détection obtenues par la méthode développée par Air Toxics Ltd. [Air
Toxics Ltd. 2002] consistant en l'absorption des COVSi présent dans 20 l de gaz au sein de 2
flacons en série remplis de 6 ml de MeOH varient de 19 à 49 ppbv (respectivement pour D5
et le pentaméthyldisiloxane).
La GC-MS est également largement employée pour l'analyse des COVSi, et plus géné-
ralement des composés organiques présents dans des matrices autres que le biogaz telles
que :
- eau de rivière et eau de sortie de STEP, les teneurs obtenues pour le D5 sont respecti-
vement de l'ordre de 10 à 29 ng/l et de 31 à 400 ng/l [Sparham et al. 2008]. Les mesures ont
été réalisées en utilisant une injection par la technique headspace, c'est-à-dire que seul le ciel
gazeux présent au dessus de l'échantillon (chauffé) est analysé.
- lixiviats d'ISDND, les composés organiques les plus volatils sont préconcentrés par
stripping des lixiviats et piégeage sur cartouches adsorbantes multicouches (Carbotrap), et
les moins volatils par SPE (Solid Phase Extraction). L'analyse est réalisée par TD-GC-MS. Six
composés siliciés sont détectés : triméthoxyméthylsilane, tétraméthoxysilane, L2, D3, D4 et
D5. Le composé majoritaire dans ces lixiviats est le L2 à hauteur de 106 µg/l pour un des
sites étudiés [Paxéus 2000].
Agilent technologies à développé une méthode basée sur la GC-ICP-MS (où le plasma
est utilisé en tant que source d'ionisation pour la MS) pour l'analyse des COVSi dans les bio-
gaz [Agilent 2008]. Les limites de détection obtenues après conversion en concentration dans
le biogaz en considérant des techniques de prélèvements classiques (non spécifiées dans la
note d'application), sont de l'ordre de 0,03-0,07 ppbv.
Double détection
Une double détection en dérivation MS/AES (plasma induit par micro-ondes) a été
réalisée simultanément sur le même échantillon en splittant le flux de gaz en sortie de co-
lonne chromatographique. Cette technique présente les avantages et inconvénients des 2
méthodes, mais permet de quantifier sur l'AES (un seul étalonnage) et d'identifier sur la MS
(l'identification ne nécessitant pas d'étalonner), ce qui permet un gain de temps considérable
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Etat de l'art Analyse des COVSi
Artefacts possibles
Liés aux colonnes chromatographiques
Des biais dans l'analyse par GC des COVSi peuvent être engendrés par la présence de
silicones (PDMS) dans divers composants de la chaîne analytique tels que septums, colonnes,
etc. En effet, le principal artefact peut être attribué à l'utilisation de colonnes chromatogra-
phiques greffées PDMS. La présence d'eau dans les échantillons entraîne des dégradations
des chaînes PDMS par hydrolyse et la formation de D4 qui est éliminé de la phase station-
naire puis détecté et quantifié (Figure 18), alors qu'il n'était pas forcément présent dans
l'échantillon.
a) c)
b)
D4
Figure 18 : Influence de l'eau sur les phases stationnaires PDMS – a) injection de tétrahydrofurane sec – b)
Injection de tétrahydrofurane humide – c) Voie possible d'élimination de D4 par les phases stationnaires
PDMS en présence d'eau – Reproduit de [Varaprath et al. 2006]
Ainsi, il faut veiller à utiliser des colonnes autres que les colonnes greffées PDMS, ou
à ne pas introduire d'eau dans la colonne, ce qui est impossible lors de l'analyse de COVSi du
biogaz, cette matrice contenant de l'eau (quantité d'eau de l'ordre de la pression de vapeur
résiduelle après condensation à 4°C).
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Etat de l'art Analyse des COVSi
D'après les résultats de cette étude [Ajhar et al. 2010a], les sacs avec connectique en
inox montrent des recouvrements mauvais pour les COVSi, et surtout pour les molécules
volumineuses telles que D4, L4, D5, tandis que les sacs à connectique en polypropylène sem-
blent être inertes vis-à-vis des COVSi, les recouvrements sont bons (plus de 80/90%) sur une
longue période de temps.
Les mauvais recouvrements pour les connectiques en inox sont expliqués par une ad-
sorption sur le métal lui-même, ou sur le joint de la valve (joint torique) qui est directement
au contact du gaz échantillonné, et ce, même pendant le stockage.
De plus, il est important de noter que les deux types de connectiques pour les sacs
contiennent de la graisse silicone. Ceci peut entraîner d'autres biais, la graisse silicone est
évidemment à proscrire pour la quantification des COVSi.
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Etat de l'art Analyse des COVSi
Le TMSol n'est pas inclus dans cette étude. Sa stabilité en sac Tedlar n'est donc pas
connue.
Aucune référence ne fait état de l'emploi de l'HPLC pour l'analyse des COVSi issus de
matrice biogaz. Cependant elle a déjà été étudiée au niveau faisabilité sur des étalons pour
l'analyse de spéciation du silicium (silanols et silicates, ou encore siloxanes) sur colonne en
phase inverse, plusieurs types de détections ont été utilisés :
- ICP-AES : avec une phase mobile acétonitrile/eau en gradient, les limites de détec-
tion absolues reportées sont de 1 à 4 ng de silicium [Dorn et Skelly Frame 1994] ; avec une
phase mobile MeOH/eau (30/70%) en isocratique, les limites de détection atteintes sont de
l'ordre de 0,1 à 0,5 µgSi/ml [Ebdon et al. 1998] ;
- DCP-AES : (Direct Current Plasma) avec une phase mobile MeOH/eau en gradient,
les limites de détection atteintes sont de 0,25 ng de silicium [Biggs et al. 1987].
- HR-ICP-MS (détection par spectrométrie de masse Haute Résolution (analyseur de
masse à secteurs magnétiques), la source d'ionisation est l'ICP). Les limites de détection at-
teintes sont de 0,1 à 4 ng/ml pour les silanols étudiés [Carter et al. 2004].
L'HPLC-ICP-AES a été utilisée pour l'analyse des produits de dégradation des PDMS
dans diverses matrices environnementales, telles que les sols [Fendinger et al. 1997b], ou les
lixiviats [Grümping et Hirner 1999].
Cette technique, dans notre cas (analyse des COVSi du biogaz), ne serait utilisable
qu'après des prélèvements par absorption dans un solvant (organique ou aqueux) ou après
extraction liquide de tubes adsorbants par un solvant.
Principe
Le Laboratoire de Génie Civil et Ingénierie Environnementale (LGCIE) a breveté en
2006 une technique d'analyse du silicium total en matrice biogaz par Spectrométrie d'Emis-
sion Optique couplée à un Plasma Induit par haute fréquence (ICP-OES) après absorption
dans des solutions de piégeage [Germain et al. 2006]. Le principe détaillé de cette méthode
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Etat de l'art Analyse des COVSi
sera donné dans le Chapitre 3 de ce document traitant de l'analyse des COVSi dans les bio-
gaz.
Artefacts possibles
L'utilisation de l'ICP-OES pour la détermination du silicium organique a montré des
biais analytiques importants lors de l'analyse de ces composés dans des matrices en solvants
organiques. Par exemple, des biais d'un facteur d'environ 8,7 ; 3,6 et 1,4 ont été reportés pour
l'analyse de L2, D3 et D4 respectivement, dilués dans un solvant organique en comparaison à
un étalonnage sur l'octaphénylcyclotétrasiloxane [Hagmann et al. 1999]. Pour pallier ce pro-
blème pour l'analyse des COVSi du biogaz, les auteurs préconisent la GC-MS. Cependant,
comme explicité ci-avant, cette technique présente également des désavantages.
Une étude complète a été réalisée sur l'analyse d'un grand nombre de composés or-
ganiques du silicium en matrice xylène [Sánchez et al. 2009]. Comme pour l'étude précédente
le facteur de réponse dépend de la molécule. Concernant les siloxanes testés, à savoir D4 et
L2, les facteurs de réponses vont de 2 à 17 suivant les conditions utilisées. Il a été démontré
que la surestimation provient de molécules transportées à la fois à l'intérieur des gouttes du
brouillard ainsi que sous forme vapeur à l'extérieur des gouttes. Aucune corrélation n'a été
réalisée entre des données thermodynamiques telles que le point d'ébullition ou la structure
du composé. Il est probable que l'effet soit dû à des aspects cinétiques plutôt que thermody-
namiques.
Ces biais analytiques ont également été reportés en matrices aqueuses biologiques
pour le TMSol et le diméthylsilanediol. Les facteurs de réponse observés pour ces deux mo-
lécules sont respectivement 1,12 et 17 en comparaison à un étalon de silicium minéral certifié
[Kennan et al. 1999]. Des essais de minéralisation par micro-onde avec de l'acide nitrique con-
centré ont été réalisés sur un fluide PDMS. Les essais ont montré une minéralisation incom-
plète avec un biais résiduel de l'ordre de 2,3.
Pour s'affranchir de ces biais les auteurs préconisent l'utilisation de la RMN (Réso-
nance Magnétique Nucléaire) du silicium si les analyses ne nécessitent pas une forte sensibi-
lité ou, le cas échéant, l'utilisation d'essais de fonctionnalisation des siloxanes en silanols en
matrice aqueuse.
Microcapteurs
Des barrettes de micro-capteurs à base de microleviers (en anglais = microcantilever)
comme transducteur, sont développées pour l'analyse des COVSi présents dans les biogaz
[Long et al. 2009]. Les microleviers sont enduits de différentes phases pour obtenir des ré-
ponses spécifiques pour chaque composé. Les limites de détection sont de l'ordre de 0,02 à
1,5 ppm suivant les COVSi (respectivement pour le D5 et le pentaméthyldisiloxane). Ces éva-
luations sont réalisées sur des étalons dans un gaz inerte. Des essais de reproduction de ma-
trice biogaz ont été réalisés sans toutefois y incorporer tous les COV. Une simple correction
du bruit de fond serait suffisante.
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Etat de l'art Analyse des COVSi
Ces micro-capteurs doivent à l'avenir être testés sur biogaz réel comprenant tous les
composés traces pour évaluer la sensibilité de la réponse et les compétitions avec les autres
COV.
On-line
Une technique de détection on-line est développée en se basant sur de la micro-
chromatographie gazeuse avec détection par photo-ionisation (PID). La colonne utilisée est
de type Supelcowax 10TM. Ce type d'analyse fournit des résultats quantitatifs supérieurs à
ceux d'une analyse classique par GC-MS avec prélèvement sur Tenax. Les hypothèses émises
pour expliquer les écarts observés sont une variabilité possible de la qualité du biogaz et des
volumes de prélèvements trop faibles dans le cas des tubes Tenax [Arnold et Kajolinna 2010].
Les limites de détection atteintes sont de l'ordre de 0,001 ppm dans les matrices biogaz.
L'avantage de cette technique est la possibilité de multiplier les analyses en réalisant
un grand nombre de réplicats rapidement et ainsi d'observer les fluctuations du biogaz. De
plus la réponse est quasiment instantanée et permet d'analyser simultanément les consti-
tuants majeurs du biogaz.
Les teneurs en TMSol n'ont pas été mesurées par cette technique faute d'étalons dis-
ponibles, mais ont été mesurées en équivalents toluène par analyse TD-GC-MS, après prélè-
vement sur Tenax. La validité de cette méthode devra être testée et les retours d'expérience
sont encore peu nombreux.
Tableau 15 : Inventaire des techniques d'analyses de divers biogaz – Liste non exhaustive – nq = non quantifié
– nd = non détecté
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Etat de l'art Analyse des COVSi
Sac Nalophan
STEP de Jy- 1,5-10,6 mg(COVSi totaux)/m3
NA© puis
väskylä (Fin- Rasi et al.
transfert sur TD-GC-MS
lande) biogaz TMS L2 D3 D4 2007
tubes Tenax
mésophile 2,4-bis(triméthylsiloxy) benzaldéhyde
GR
Absorption Hagmann et
STEP GC-MS D4 D5 D6
dans l'hexane al. 1999
8,5-11,5 mg(COVSi)/m3
Piégeage cryo- GC basse température- Grümping et
STEP
génique ICP/OES TMSol, L2, L3, D3, D4, D5 et potentiel- al. 1998
lement D6
Matsui et
Absorption GC-FID D4 : 3 mg/m3
STEP Imamura
dans l'hexane Colonne : 5CB D5 : 15 mg/m3
2010
Digesteurs COVSi analysés L2 L3 L4 D3 D4 D5
Boues de STEP Aucun Micro-GC détection 0,15 ppmvSi normalisé CH4 Arnold et
+ OM Analyse on- PID Kajolinna
line Colonne : Supelcowax 0,6 ppmvSi normalisé CH4 2010
Boues de STEP
+ déchets de
cuisine et
boues indus-
trielles
40,4-50,4 mgCOVSi/m3
Monteith et
STEP Sac Tedlar GC-MS D5 largement majoritaire puis D4
al. 2006
Trace de D3 et D6
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Etat de l'art Analyse des COVSi
Cet état de l'art sur l'analyse des COVSi montre qu'elle est le plus souvent réalisée par
GC-MS et permet de quantifier une dizaine de composés. Les techniques de prélèvement
sont diverses, chacune ayant des avantages et des inconvénients.
Il ressort également que les COVSi sont des molécules dont les propriétés physico-
chimiques rendent leur analyse complexe en raison d'interactions possibles tout au long de la
chaîne analytique. Ces éléments doivent être pris en compte dans l'évaluation de l'efficacité
des traitements épuratoires qui vont être décrits ci-après.
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Etat de l'art Les procédés d'épuration du biogaz
Sur les plateformes de valorisation électrique des biogaz par combustion dans des
moteurs thermiques, des condenseurs sont installés dans le but principal d'abaisser les te-
neurs en vapeur d'eau du biogaz.
On peut citer comme exemple d'entreprises fournissant des sécheurs de biogaz :
- Van Gas Technologies 1 : systèmes de séchage des biogaz avant valorisation en mo-
teurs à combustion ou microturbines ; point de rosée à 35°F (~1,67°C).
- Verdesis 2 : systèmes composés de groupes froids, d'échangeurs gaz/eau, d'écono-
miseur gaz/gaz (pour économiser la consommation des groupes froid) et de dévésiculeurs.
En sortie, le point de rosée du biogaz est garanti à 5°C, sa température à 15°C et son taux
d'humidité inférieur à 80%.
L'effet des condenseurs sur l'épuration des COVSi a été évalué par analyse du biogaz
en amont et aval, sur une installation dont les spécifications sont de fournir un point de rosée
à 5°C (ce qui correspond à une humidité relative de 38% à 20°C après réchauffement du bio-
gaz). Cette opération permet d'abattre entre 9 et 11% des COVSi présents respectivement
dans des biogaz de STEP (D4, D5, D3) et d'ISD (D4, TMSol, L2, D5, D3) [Schweigkofler et
Niessner 2001].
2011)
2 [Link] (Consulté le 05 Mars 2010)
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Etat de l'art Les procédés d'épuration du biogaz
Sur le principe, cette technique permettrait d'éliminer tous les COV, ainsi que de sé-
cher le biogaz. Néanmoins, et compte tenu des débits de gaz à traiter sur une exploitation
industrielle, les limitations techniques et surtout économiques sont évidentes si la tempéra-
ture à atteindre pour des efficacités de traitement optimales est trop basse.
La physisorption
La physisorption, ou adsorption physique, met en jeu des énergies de liaisons faibles,
du type forces de Van der Waals, analogues à celles qui sont impliquées lors d’une liquéfac-
tion. Elle se produit bien avant que le gaz n’atteigne une pression égale à sa pression de va-
peur saturante, à des températures assez basses et voisines du point d’ébullition de la phase
adsorbée. Elle est en général réversible et on peut la comparer au dépôt de buée sur une pa-
roi froide. Ce type d'adsorption peut être multicouche. L’équilibre est obtenu lorsque les vi-
tesses de désorption (~évaporation) et d'adsorption (~condensation) sont égales.
L’adsorption physique est un phénomène exothermique et est donc favorisée par une baisse
de la température.
La chimisorption
La chimisorption ou adsorption chimique met en jeu des énergies de liaisons impor-
tantes. Elle s’accompagne d’une profonde modification de la répartition des charges électro-
niques des molécules adsorbées, les forces mises en jeu sont du même type que celles qui
sont impliquées lors de la formation des liaisons chimiques. Elle est souvent irréversible (ou
difficilement réversible) et engendre une couche monomoléculaire. La chimisorption est réa-
lisée sur adsorbant imprégné d'un réactif.
Les matériaux adsorbants sont des solides microporeux qui ont des surfaces spéci-
fiques typiquement comprises entre 200 et 2000 m2.g-1. C’est donc sur cette surface que cer-
tains composés et polluants présents dans un fluide vont se transférer.
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Etat de l'art Les procédés d'épuration du biogaz
Figure 21 : Représentation schématique des différentes étapes du phénomène d'adsorption (physique ou chi-
mique) dans une structure poreuse - Reproduit de [Le Cloirec 2003]
Des systèmes plus évolués consistent à utiliser deux silos, l'un dédié au traitement
pendant que le second est régénéré. Deux grands procédés existent en fonction du phéno-
mène mis en jeu entre les cycles "adsorption-désorption" :
- les procédés PSA (Pressure Swing Adsorption) : le principe d'épuration est basé sur la
capacité des adsorbants à adsorber plus d'impuretés à haute pression qu'à basse pression.
L'adsorption peut être réalisée à pression atmosphérique ou en surpression tandis que la
régénération se réalise sous pression réduite relativement à la pression d'adsorption. Les
systèmes PSA sont employés également pour l'abattement du CO2 et donc la production de
biométhane.
- les procédés TSA (Temperature Swing Adsorption) : le principe d'épuration est basé
sur la capacité des adsorbants à adsorber plus d'impuretés à basse température qu'à haute
température. L'adsorption peut être réalisée à température ambiante ou réduite et la régéné-
ration est réalisée par désorption thermique à température plus élevée que l'adsorption.
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Etat de l'art Les procédés d'épuration du biogaz
Plusieurs entreprises proposent des systèmes de traitement basés sur le TSA, on peut
citer par exemple l'entreprise Verdesis 1 qui commercialise un système nommé SWOP basé
sur l'empilement de plusieurs couches de billes adsorbantes telles que des charbons actifs,
des charbons actifs imprégnés, et du graphite [Tower et al. 2006]. Le système SWOP est indé-
pendant, les billes d'adsorbants sont soutirées de la colonne de traitement et sont régénérées
thermiquement puis réintroduites par le haut de la colonne. La régénération consomme 0,5 à
1% du biogaz traité. Les COV désorbés sont brûlés en torchère, la chaleur produite permet la
régénération. Applied Filter Technology 2 (AFT) commercialise un autre système sur le
même principe sous le nom de SAGTM (Selective Active Gradient) pouvant utiliser plus de 270
sortes de graphites poreux polymorphes [Tower 2003]. Les deux systèmes SWOP et SAG ont
été couplés pour des efficacités maximales, un tel système a été installé sur un site près de
Paris.
Le motoriste Jenbacher propose également un système de traitement basé sur le prin-
cipe du TSA.
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Etat de l'art Les procédés d'épuration du biogaz
Divers adsorbants (Tenax TA, Tamis moléculaire X13, Carbopack B (= carbone gra-
phitisé), résine XAD2, charbon actif et gel de silice) ont été évalués vis-à-vis de leurs capaci-
tés de rétention pour L2 et D5 en matrice azote [Schweigkofler et Niessner 2001]. Il ressort que
tous ses adsorbants présentent de fortes capacités d'adsorption pour le D5 (10 mg/g d'adsor-
bant) à l'exception du Tenax et du tamis moléculaire qui présentent une percée après une
charge de 9 mg/g. Concernant le L2, seul le charbon actif et le gel de silice présentent un
taux de charge de 10 mg/g (maximum atteint dans les conditions d'expérimentation de
l'étude).
La résine XAD2 est plutôt inefficace, la percée est de 50% après une charge de 0,5 mg.
Les trois autres adsorbants sont également peu efficaces pour L2.
L'influence de l'Humidité Relative (RH) sur les capacités d'adsorption de D5 sur gel
de silice a également été évaluée, il ressort que pour un gaz sec, la percée apparait après une
charge de 50 mg/g de gel de silice, alors qu'elle est quasi instantanée (< 3 mg/g) pour une
RH de 50%. Les taux de charge obtenus à la saturation et à la percée pour 0,5 g de gel de si-
lice sont présentés dans le Tableau 16.
Tableau 16 : Influence de l'humidité relative sur les taux de charge du gel de silice vis-à-vis de D5 – Reproduit
de [Schweigkofler et Niessner 2001]
Des essais sur biogaz de STEP séché ont été réalisés, le gel de silice présente une effi-
cacité supérieure à 98%. L'épuration des COVSi par le traitement installé pour H2S (adsorp-
tion sur éponge ferrugineuse) a été évaluée également, les efficacités varient de 31% à 75%
entre deux sites étudiés.
Des CA classiques, des CA imprégnés ainsi qu'un gel de silice et une zéolite ont été
comparés vis-à-vis de leur efficacité d'adsorption de D4 en matrice biogaz synthétique
(CO2/CH4 (44/56) volumique)) [Finocchio et al. 2009]. Le meilleur taux de charge
(878 mgD4/gCA) est obtenu pour un CA imprégné de sels de cuivre et de chrome. Les CA
classiques ont un taux de charge de l'ordre de 560-580 mgD4/gCA. Le gel de silice et la zéo-
lite sont moins efficaces avec des charges de 230 et 276 mgD4/g respectivement. Ces mêmes
auteurs avaient montré dans une étude précédente la décomposition du D3 sur l'alumine
(oxyde acide) à haute température (673 K) [Finocchio et al 2008]. Dans ces conditions le phé-
nomène mis en jeu est la chimisorption. Du méthane est généré et seule la silice reste liée à
l'alumine, le taux de charge obtenu est de 310 mgD3/g d'alumine ; l'efficacité de l'alumine se
voit diminuée avec une baisse de la température. Sur le gel de silice (oxyde acide), le méca-
nisme est la physisorption, plus efficace à basse température (taux de charge de
760 mgD3/g). Concernant les oxydes basiques étudiés (MgO et CaO), ils sont efficaces pour
la décomposition des siloxanes en l'absence de CO2. La réactivité est en effet diminuée par la
carbonatation de la surface. Ils sont donc inutilisables pour l'épuration des COVSi présents
dans le biogaz.
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Etat de l'art Les procédés d'épuration du biogaz
ces 4 adsorbants, le plus efficace pour l'adsorption de D4 apparaît être l'alumine. Les tests
ont été réalisés sur biogaz de STEP dont le COVSi majoritaire est D4.
Des fibres de charbons actifs tissées ainsi qu'un gel de silice, une zéolite et un charbon
actif en grains ont été évalués à l'échelle laboratoire en matrice synthétique vis-à-vis de L2 et
D4. Les taux de charge les plus élevés sont atteints avec les charbons actifs tissés et sont res-
pectivement d'environ 280 et 365 mg/g pour L2 et D4. L'influence de l'humidité a été éva-
luée, il ressort que des 4 adsorbants testés, seul le charbon actif tissé ne présente pas de di-
minution d'efficacité lorsque l'humidité est augmentée [Ricaurte Ortega et Subrenat 2009].
Absorption physique
Les phénomènes mis en jeu dans l'absorption physique ne modifient pas la nature du
soluté. Dans ce type d'interaction la loi qui régit l'absorption est la loi de partition de Nernst
(le rapport de concentration d'un soluté entre 2 phases en contact est une constante pour un
soluté donné et les 2 phases en question). Cette constante est fonction de la température.
Un taux d'abattement de 60% est reporté pour un lavage par solvant [Hagmann et al.
2001] sur un biogaz contenant majoritairement D4 ; cependant le solvant utilisé n'est pas pré-
cisé.
Une étude de traitement de biogaz d'ISD à contrecourant par lavage à l'eau sous pres-
sion est rapportée. Ce système permet d'éliminer le CO2 ; les teneurs en méthane du gaz ré-
sultant sont de l'ordre de 90%. Ce traitement permet également l'épuration de la totalité
d'H2S. A une pression de 30 bar, un débit liquide de 10 l/min et un débit gazeux de
100 l/min, aucun abattement des COVSi n'est observé. Les teneurs en sortie de traitement
(0,5-3,1 mg/m3) sont même légèrement supérieures à celles observées dans le biogaz brut
(0,3-2,8 mg/m3). Cependant cette étude ne mentionne pas la nature des COVSi présents dans
le biogaz [Rasi et al 2008].
Le tétradécane a été employé avec succès pour l'élimination de D4 (en matrice biogaz)
avec une efficacité de 97% [Huppmann et al. 1996].
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Etat de l'art Les procédés d'épuration du biogaz
solvant doit donc être orienté de manière à ce que la réaction soit réversible pour permettre
cette régénération.
La présence d'une réaction chimique en phase liquide va augmenter la vitesse du
transfert de matière dans cette phase et donc augmenter la vitesse d'absorption globale. Ce
type d'absorption ne suit pas la loi de partition de Nernst.
- Verdesis 2 : cette entreprise propose deux solutions basées sur l'abattement chimique
en fonction des quantités d'H2S à traiter et des débits. 1) absorption avec réaction d'H2S par
lavage du biogaz par une solution réfrigérée de soude. Ceci permet à la fois d'éliminer H2S,
les poussières et de baisser l'humidité relative de 100% à 60%. 2) le même système que pré-
cédemment mais avec une régénération biologique du système de lavage.
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Etat de l'art Bilan et orientation des travaux
font l'état de l'art de ce procédé [Syed et al. 2006], [Abatzoglou et Boivin 2009] dans diverses
matrices y compris le biogaz. Les efficacités reportées vont de 81 à 100%.
Concernant les COVSi, peu d'études de biofiltration sont disponibles. Des essais sur
des COVSi dilués dans l'air montrent respectivement des abattements de l'ordre de 10 à 20%
pour D3 [Accettola et al. 2008] et jusqu'à 43% pour D4 [Popat et Deshusses 2008]. Dans cette
dernière étude, l'évaluation a été conduite en condition anaérobie, dans le but d'appliquer le
traitement sur les biogaz. L'efficacité observée sur une période de 6 mois est de 15%.
5.4.3. Oxydation
Un traitement d'oxydation catalytique des COVSi à 300°C sur alumine activée a été
mis au point [Urban et al. 2009] et évalué sur un biogaz synthétique. Le principe consiste à
oxyder les COVSi en silice. La formation de la silice conduit à l'empoisonnement du support
qui doit être renouvelé régulièrement, les taux d'abattement diminuent donc rapidement.
Des essais d'oxydation du D4 et D5 présents dans les boues de STEP ont été réalisés
dans le but d'éliminer ces composés avant la méthanisation. Trois oxydants ont été évalués à
savoir l'eau oxygénée en association avec des sels de fer (peroxydation de Fenton), le pe-
roxymonosulfate (H2SO5) et le diméthyldioxirane. Pour les 3 oxydants, l'abattement n'est pas
total et ne dépasse pas les 50%. Dans le cas du D4 avec le diméthyldioxirane, l'abattement
atteint 85%, pour un ajout de 660 ml de diméthyldioxirane par kg de matières sèches [Appels
et al. 2008b].
Des évaluations de ces systèmes en conditions réelles doivent donc être réalisées.
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Etat de l'art Bilan et orientation des travaux
C'est pourquoi nous avons décidé d'orienter nos travaux en 3 axes de recherches cor-
respondant aux 3 verrous présentés ci avant, et résumés comme suit :
- apporter des éléments de réflexion sur les choix de procédés de traitements épura-
toires.
Ces orientations sont soutenues par des expérimentations les plus proches possibles
de la réalité du terrain.
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Chapitre 2 :
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Introduction
Matériels et méthodes
L'analyse élémentaire des dépôts va fournir une base de données importante qui
permettra de focaliser les recherches d'identification d'espèces cristallisées par DRX. Les ana-
lyses calorimétriques seront complémentaires, en particulier pour la mise en évidence de
composés non détectés par DRX (phases amorphes ou vitreuses). Enfin, l'analyse MEB cou-
plée à la micro analyse X va permettre de compléter certaines informations structurales (par
imagerie) et de localiser certaines phases ou associations d'espèces (micro analyse X et carto-
graphies X). Cette technique, reste, malgré tout, à l'état exploratoire dans le cadre de cette
étude.
2. Matériels et méthodes
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Matériels et méthodes
Tableau 17 : Caractéristiques des dépôts et des sites de prélèvement – Pour le site S les résultats correspondent
à la moyenne des réponses piston et soupape – DIB = Déchet Industriel Banal
Tableau 18 : Données techniques des moteurs pour les sites de prélèvements des dépôts
Les dépôts sont broyés manuellement dans un mortier en agate pour obtenir une
poudre homogène avant analyse ou envoi pour analyse. Les analyses sont toutes réalisées
sur les échantillons broyés à l'exception du MEB, réalisé sur les échantillons massifs.
ICP-OES
L'ICP-OES est une technique d'analyse élémentaire par spectrométrie d'émission op-
tique dont la source d'excitation est un plasma de gaz rare (généralement de l'argon) généré
et entretenu par couplage inductif. L'appellation OES est employée car les raies analysées
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Matériels et méthodes
peuvent être des raies ioniques et pas uniquement des raies atomiques (comme pour les
techniques par Spectrométrie d'Emission Atomique (AES) lorsque la source d'excitation est
une flamme par exemple).
En analyse, les plasmas constituent des sources de température beaucoup plus éle-
vées (8 000 à 10 000 K) que celles produites par les flammes, arcs, et étincelles (2 000 à
3 500 K).
L'échantillon, initialement liquide, est acheminé au plasma sous forme de brouillard
fin (diamètre de goutte de quelques microns) après nébulisation. L'énergie produite dans le
plasma est transférée à l'échantillon, le plasma sert à casser les liaisons moléculaires pour
produire des ions et atomes libres et à exciter ces derniers (passage de l'état fondamental à
l'état excité). Lors de la relaxation, des photons sont émis, de longueur d'onde spécifique aux
éléments émetteurs (relation de Planck ; ∆E = hc/λ avec ∆E = variation d'énergie entre l'état
excité et l'état fondamental ; h = constante de Planck ; c = célérité de la lumière et λ = lon-
gueur d'onde). La quantité de photons (intensité) caractéristiques d'un élément est propor-
tionnelle à sa concentration dans la solution échantillon. Ces photons vont être dispersés,
amplifiés et transformés en signaux quantifiables. Tous les éléments présents dans l'échantil-
lon vont émettre des photons caractéristiques suite à l'excitation dans le plasma. Un système
de sélection de longueur d'onde est donc indispensable avant la détection, suivant le mon-
tage utilisé, cette sélection sera faite soit par un monochromateur, soit par un polychroma-
teur. Le système dispersif généralement utilisé est un réseau de diffraction. La détection des
photons est la plupart du temps réalisée par un tube PhotoMultiplicateur (PM) en associa-
tion avec un monochromateur.
La Figure 22 présente la chaîne analytique complète d'un ICP-OES ainsi que le fonc-
tionnement de la torche à plasma.
Optique de
transfert
Région d'émission
Générateur
de RF Spectromètre Plasma
PM Spires
d'induction
Torche à
plasma
Argon Nébuliseur Processeur
Chambre de Champs
nébulisation Electronique
magnétique
Echantillon
Débit d'Ar
Ordinateur
a) b) tangentiel
Echantillon + Ar
ICP-MS
L'ICP-MS est une technique de quantification élémentaire basée sur l’analyse par
spectrométrie de masse d’ions générés par un plasma. L'ionisation des éléments est réalisée
de la même manière qu'en ICP-OES.
Suivant le type d'analyseur de masse couplé à l'ICP, les performances analytiques
vont différer : allant de la simple analyse élémentaire à l'analyse isotopique. Le filtre quadri-
polaire est l'analyseur de masse le plus utilisé pour les applications à des fins d'analyse élé-
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Matériels et méthodes
mentaire sans distinction isotopique (Figure 23). Le principe du spectromètre est basé sur la
séparation des éléments en fonction de leur charge électrique (z) et de leur masse (m). Ce
filtre de masse ne transmet que les ions présentant un rapport masse sur charge (m/z) parti-
culier, déterminé en fonction de la fréquence appliquée au quadripôle. Les ions sont conver-
tis en électrons à l'aide de semi-conducteurs, les électrons éjectés sont ensuite multipliés, col-
lectés et comptés à l'aide d'un multiplicateur d'électrons à dynodes discrètes. Le signal se
traduit en nombre d'impulsions (nombre de coups), une interface informatique assure le
transfert des données afin qu'elles soient traitées.
Lentille
Quadripôle
Cône Cône
Ionisation
Nébulisation
Pompe
péristaltique
Ar Ar Ar
Détecteur
Echantillon
Pompage Pompage Pompage
L'ICP-MS est doté d'une excellente sensibilité. Sans séparation chimique, il permet
l'analyse de nombreux éléments en trace (de la ppb à la ppm) voire en "ultra-traces" (< ppb).
L'ICP-MS permet d'atteindre des limites de détection de l'ordre du ng/l (ppt) pour le filtre
quadripolaire ou du pg/l (ppq) pour des systèmes haute résolution tels que les secteurs ma-
gnétiques.
La précision varie d'un élément à l'autre en fonction du potentiel d’ionisation et des
matrices étudiées, l'incertitude moyenne "de routine" étant inférieure à 3 %.
Limites : Bien que couvrant une large gamme d'éléments du tableau périodique, l'ICP-OES
et l'ICP-MS ne permettent pas d'analyser la totalité des éléments, en effet, l'hydrogène, l'oxy-
gène, le carbone, etc., ne peuvent être déterminés. Des analyses complémentaires doivent
être réalisées si ces éléments sont d'intérêt.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Matériels et méthodes
- et 5 éléments à la carte : S total, Cl, F, Hg, Se. Ces déterminations sont réalisées par
d'autres méthodes analytiques, présentées ci-après, mais non détaillées.
Les Limites de Détection (LD) dépendent de l'élément analysé et les incertitudes sont
tributaires de la gamme de concentration. Le tableau complet récapitulant les LD et les incer-
titudes est donné en Annexe 1.
N.B. : Seront appelées phases les diverses morphologies (amorphe / vitreuse / cristal-
line) et espèces minérales les structures chimiques identifiées. Ceci en vue de lever des ambi-
guïtés de langage car les structures chimiques identifiées sont appelées phases par les cristal-
lographes.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Matériels et méthodes
diffraction n'est possible que si la longueur d'onde est de l'ordre de grandeur de la distance
interatomique (10 à 20 nm) dans le cristal ; c'est pourquoi les RX sont employés. La DRX
permet donc de connaître l'organisation de la matière cristallisée (analyse qualitative). Par
exemple elle permet de discriminer les différentes formes cristallographiques, ou allotro-
piques, d'un même composé (par exemple quartz α / quartz β). La méthode d'analyse con-
siste en la recherche (ou identification, ou reconnaissance) des espèces minérales. De plus, il
est possible de réaliser (avec beaucoup de réserves ou précautions) une analyse quantitative
et ainsi déterminer les proportions des différentes espèces minérales d'un échantillon.
2d hkl sin θ = nλ
Équation 3 : Loi de Bragg
Avec :
dh, k, l : distance interréticulaire (distance entre 2 plans consécutifs d'une même famille) en Å ;
θ: angle de Bragg (moitié de l'angle entre le faisceau incident et la direction du détec-
teur) ;
n: ordre de diffraction ;
λ: longueur d'onde des RX en Å.
L'utilisation d'une base de données permet ensuite d'identifier chacune des espèces
présentes qui ont fourni des traces de diffraction suffisantes.
Limites : La DRX ne fournit aucune information quant à l'identification des espèces pré-
sentes en phase amorphe (ou vitreuse) ce qui engendre une caractérisation partielle (voire
impossible) des échantillons si ceux-ci ne sont pas totalement cristallisés. L'identification des
espèces est parfois difficile sans les analyses élémentaires correspondantes.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Matériels et méthodes
Avant analyse, les échantillons doivent être broyés pour obtenir une granulométrie
comprise entre 10 et 50µm. Le dépôt de la poudre sur un support neutre doit être réalisé soi-
gneusement pour obtenir une surface plane. Les quantités d'échantillons nécessaires varient
entre 0,2 et 1,2 g selon le support utilisé (fond en escalier ou fond plat).
Les diffractogrammes sont acquis sur une plage angulaire de 4,5° à 70° avec un pas de
0,02° et un temps de comptage de 4 s. Les données sont exploitées sous la suite de logiciels
DIFFRAC Plus. La base de données utilisée pour la recherche des espèces minérales est la
Powder Diffraction File (PDF) distribuée par l'International Centre for Diffraction Data (ICDD).
Cette base de données contient plus de 170 000 fiches de référence.
ThermoGravimétrie (TG)
La thermogravimétrie permet de suivre et d'enregistrer en continu les variations de
masse d'un échantillon (placé dans un four à température programmable) en fonction de la
température. Les températures de déshydratation ou de décomposition sont caractéristiques
des composés et connues pour un grand nombre d'entre eux, ce qui permet donc leur identi-
fication. Les phénomènes physico-chimiques associés à des pertes de masse sont en général
irréversibles.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Matériels et méthodes
Limites : Dans des échantillons complexes, la multiplicité des phénomènes thermiques peut
rendre difficile leur attribution en raison des chevauchements et superpositions éventuels. La
présence d'un fort bruit de fond peut par ailleurs masquer certains phénomènes de faibles
amplitudes.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Matériels et méthodes
a) b)
Les aliquotes, d'environ exactement 20 mg, sont introduites dans un creuset en alu-
mine, la référence est constituée d'un creuset en alumine vide.
Après plusieurs essais exploratoires, le protocole suivant a été fixé pour la program-
mation en température :
- stabilisation : 25°C pendant 300s
- montée en température : de 25°C à 1500°C à 10°C/min
- palier : 1 500°C pendant 300s
- descente en température : de 1 500°C à 25°C à 10°C/min.
Toutes les analyses sont réalisées sous flux de gaz inerte [N2 classe 2 ; Linde Gas], à
débit fixe de 30ml/min et en duplicats.
2.5.1. Principe
La microscopie électronique à balayage permet l'obtention d'images en 2 dimensions
fournissant des indications sur le relief avec des résolutions de l'ordre du nm. De plus, lors-
que le microscope est couplé à un détecteur de photon X, il permet l'analyse élémentaire de
la surface par la technique EDS (Energy Dispersive X-ray Spectrometry).
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Matériels et méthodes
Micro-analyse X (EDS)
Lors de l'éjection d'un électron secondaire résultant d'une interaction élec-
tron/matière inélastique, l'atome ayant subi l'ionisation se retrouve excité. La relaxation de
cet atome pour retourner au niveau fondamental se traduit par l'émission soit de photons X,
soit d'électrons Auger. Le rendement en photons X est maximum pour les éléments lourds.
Les éléments légers se relaxant plutôt par émission d'électrons Auger. Le spectre de photons
X émis par un atome est caractéristique de ce dernier.
Ces RX sont utilisés pour réaliser de la microanalyse X (caractérisation élémentaire de
la surface) dans les dispositifs MEB équipés d'un détecteur de photons X.
Limites : Les éléments très légers (hydrogène, première ligne du tableau périodique) sont
analysables mais très mal quantifiés par la technique EDS. Ceci en relation avec la compéti-
tion entre l'émission de photons X et d'électrons.
En pointé, analyse d'une surface très petite, possibilité d'effets "pépites" (moins gênant lors
des cartographies), possibilité de ne pas localiser de zones intéressantes.
Le volume d'analyse étant de 1 µm3, une partie de la réponse provient de la profondeur et
non uniquement de la surface.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
Le microscope utilisé est un SUPRATM 55VP de Zeiss équipé d'un canon à émission de
champ couplé à un microanalyseur OXFORD. Le détecteur est un SDD (Silicon Drift Diode)
de surface active de 80 mm² ayant une fenêtre polymère SATW (Super Atmospheric Thin Win-
dow). Les images sont acquises en électrons secondaires avec une tension d'accélération des
électrons primaires comprise entre 10 et 30 kV.
Le logiciel INCA permet l'acquisition et le traitement des données des pointés et car-
tographies X.
Les paramètres sont optimisés pour permettre de réaliser des acquisitions de spectres
et cartographies quantitatives (distance de travail = 8,5 mm). Les spectres sont quantifiés par
différence : calcul de la concentration de chaque élément spécifié et normalisation à 100% en
complétant avec l'oxygène. Les cartographies élémentaires sont acquises, puis post-traitées
pour obtenir les cartographies quantitatives de chaque élément spécifié (quantification par
normalisation).
Avant analyse, les échantillons massifs sont métallisés à l'or par pulvérisation catho-
dique. L'épaisseur de la couche de métallisation est comprise entre 10 et 15 nm.
3. Résultats et discussion
L'interprétation des résultats présentés dans ce chapitre a toujours été faite en prenant
en compte les conditions physico-chimiques et thermodynamiques présentes dans un mo-
teur de valorisation de biogaz à savoir une atmosphère oxydante, une température supé-
rieure à 500°C et une pression de plusieurs bars (en phase de compression).
N.B. : Tous les pourcentages indiqués dans la suite de cette partie sont des pourcen-
tages massiques.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
a) b) c)
L'aspect visuel des 3 dépôts semble différent ; le dépôt du piston 1 est beaucoup plus
lisse et uniforme en couleur que celui du piston 2. En effet, ce dernier présente des parties
assez blanches et des parties beaucoup plus sombres. Le dépôt sur le cylindre est quant à lui
très blanc mais présente une surface marron orangée.
Le fait de disposer de plusieurs prélèvements pour un même moteur permet d'éva-
luer la reproductibilité de composition des dépôts en fonction de la zone de prélèvement
dans le moteur.
% Autres
100 TiO2
MgO
90
Fe2O3
80 Al2O3
70 SnO2
As2O5
60
ZnO
50 P2O5
40 Sb2O4
SO3
30
CaO
20 SiO2
10
0
D1 D2 D3
Figure 27 : Profils de composition élémentaire en pourcentage massique (exprimée sous forme oxyde) des 3
dépôts du site D (D1 = piston 1 ; D2 = piston 2 ; D3 = parois de la chambre de combustion)
Douze éléments sont présents à plus de 0,5% sous forme oxyde pour au moins un des
3 dépôts étudiés, il s'agit du silicium (Si), du calcium (Ca), du soufre (S), de l'antimoine
(Sb), du phosphore (P), du zinc (Zn), de l'arsenic (As), de l'étain (Sn), de l'aluminium (Al),
du fer (Fe), du magnésium (Mg) et du titane (Ti). Ces 12 éléments caractérisent plus de 95%
des dépôts prélevés sur les pistons et seulement 74% du dépôt prélevé sur la paroi de la
chambre de combustion. Les 2 dépôts issus des pistons présentent la même composition qua-
litative et quantitative bien que leurs aspects visuels soient différents (Figure 26).
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
En effet, plus de 94% de ces 2 échantillons sont caractérisés par seulement 5 élé-
ments parmi les 12, à savoir Si, Ca, S, Sb et As, de plus Si constitue 53 à 55% de ces 2
échantillons.
La reproductibilité de composition de 2 dépôts prélevés sur la partie supérieure de 2
pistons différents est extrêmement bonne.
L'échantillon D3 présente quant à lui un profil totalement différent, l'élément majori-
taire est Ti qui représente 47% de l'échantillon, Si n'est présent qu'à hauteur de 10% et Ca et S
en sont quasiment absents (moins de 0,5%).
Pour compléter le travail sur cet échantillon D2, nous nous sommes intéressés à son
hétérogénéité. En effet, après prélèvement, le dépôt est apparu comme présentant 2 aspects.
Une aliquote de cet échantillon est triée pour séparer les parties sombres ("Noires") des par-
ties claires ("Blanches") du dépôt. Ces 2 "sous échantillons" sont respectivement notés D2N et
D2B. La Figure 28 représente les profils de composition de D2 (pour référence) ainsi que de
D2N et D2B. Les parties noires des dépôts sont celles plutôt en contact avec le piston, tandis
que les parties blanches sont plutôt celles en contact avec le biogaz. Si les dépôts se forment
par accumulations successives, les parties noires seraient donc plus anciennes que les parties
blanches.
% Autres
100 SnO2
90 As2O5
Sb2O4
80
SO3
70
CaO
60 SiO2
50
40
30
20
10
0
D2 D2N D2B
Figure 28 : Profils de composition élémentaire en pourcentage massique (exprimée sous forme oxyde) des
parties noires (D2N) et blanches (D2B) en comparaison avec l'échantillon global D2
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
Les éléments présents dans les parties noires et blanches de l'échantillon sont les
mêmes. En revanche, au niveau des teneurs de ces éléments, la partie blanche est plus riche
en Ca, S et Sn (respectivement 3,5 ; 1,6 et 1,8 fois plus que dans la partie noire). La partie
noire est quant à elle plus riche en Sb et As (respectivement 3,2 et 3,7 fois plus que la partie
blanche). La partie noire est toutefois moins bien caractérisée que la partie blanche (le bilan
matière boucle respectivement à 87,4% contre 97,5%). La teneur en Si est un peu plus faible
dans la partie blanche. Les teneurs observées pour l'échantillon D2 correspondent à une
moyenne des teneurs observées dans les échantillons D2B et D2N.
Les parties noires correspondant aux dépôts plus anciens, ont des concentrations en
Sb et As supérieures aux dépôts plus récents, semblant montrer une accumulation au cours
du temps de ces éléments.
Seuls 8 éléments présentent au moins une fois une teneur >0,5% à savoir Si, Ca, Sb, S,
P, Zn, As et Sn et permettent (sous formes d'oxydes) de caractériser 90 à 97% des dépôts
(respectivement pour le site V et S).
Le reste de la composition n'étant que la somme de tous les autres éléments (du ta-
bleau périodique) à l'état d'ultra-traces (cf. Annexe 3).
La combinaison Si, Ca, S est retrouvée pour les 5 sites de prélèvements et constitue
la majorité des dépôts (plus de 70% pour le site V voire plus de 90% pour le site S).
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
% autres
100 SnO2
As2O5
90 ZnO
80 P2O5
Sb2O4
70
SO3
60 CaO
50 SiO2
40
30
20
10
0
V T F D1 D2 S
Figure 29 : Profils de composition élémentaire en pourcentage massique (exprimée sous forme oxyde) des 6
dépôts moteurs prélevés sur les 5 sites à savoir V, T, F, D1, D2 et S
Pour 5 échantillons sur 6 (T, F, D1, D2 et S), le silicium (exprimé sous forme oxyde)
est présent à plus de 50% en masse dans les dépôts (Figure 30) ; la formation de dépôts sur
les surfaces des moteurs est donc majoritairement due à l'oxydation de composés siliciés
dans le moteur. Seul le site V présente une faible teneur en Si (< 10%).
% SiO2
70
60
50
40
30
20
10
0
V T F D1 D2 S
En plus de Si, les deux autres éléments majoritaires dans la composition des dépôts
sont Ca et S. Les teneurs de ces deux éléments sont représentées sur la Figure 31. Il paraît
évident qu'une corrélation existe entre ces deux éléments. Celle-ci peut naturellement faire
penser à une association de ces éléments au sein d'un composé chimique. Cette association
pourrait être le sulfate de calcium (CaSO4) qui sera confirmée, ou non, dans la suite des ca-
ractérisations physico-chimiques.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
30 % CaO 45 % SO3
40
25
35
20 30
25
15
20
10 15
10
5
5
0 0
V T F D1 D2 S V T F D1 D2 S
Figure 31 : Teneurs en calcium et soufre des 6 échantillons (exprimées en % massique d'oxyde, CaO et SO3)
Un comparatif plus détaillé permet de mettre en exergue deux types de profils quali-
tatifs :
-type (F, D, S) : En plus des éléments majoritaires (Si, Ca, S) on remarque la présence
importante d'antimoine (de 2,5 à 20,4% respectivement pour les sites S et F) et dans une
moindre mesure d'arsenic (de 0,2 à 1,8% respectivement pour les sites S et F). On note par
ailleurs une corrélation entre les teneurs de ces deux éléments (Figure 32) ; cette potentielle
corrélation est assez logique dans la mesure où ces deux éléments (tous deux des métalloïdes
dans la classification de Mendeleïev) sont souvent associés d'un point de vue minéralogique
et ont le même comportement chimique.
25 % Sb2O4 3 % As2O5
20
2
15
10
1
0 0
V T F D1 D2 S V T F D1 D2 S
Figure 32 : Teneurs en antimoine et arsenic des 6 échantillons (exprimées en % massique d'oxyde, Sb2O4 et
As2O5)
-type (V, T) : En plus des éléments majoritaires (Si, Ca, S) on remarque la présence en
quantités conséquente de P, Zn, et dans une moindre mesure Sn. Une corrélation entre Zn et
P est envisageable au vu du comparatif des teneurs présenté en Figure 33. Cette corrélation
peut se traduire par la présence d'une association chimique entre ces deux éléments sous la
forme d'un phosphate de zinc tel que Zn3(PO4)2 par exemple. Ceci sera à confirmer ou infir-
mer avec les analyses complémentaires. Il n'est pas à exclure la possibilité d'association entre
Zn et S ou encore entre Ca et P.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
7 % ZnO 8 % P2O5
6 7
6
5
5
4
4
3
3
2
2
1
1
0 0
V T F D1 D2 S V T F D1 D2 S
Figure 33 : Teneurs en zinc et phosphore des 6 échantillons (exprimées en % massique d'oxyde, ZnO et P2O5)
Quant à Sn, aucune corrélation ne peut être envisagée pour l'instant au vu du profil
des concentrations présenté en Figure 34.
3 % SnO2
0
V T F D1 D2 S
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
% autres
100 Al2O3
SnO2
90 MgO
80 Cr2O3
As2O5
70 Sb2O4
60 ZnO
CaO
50 SO3
Fe2O3
40
SiO2
30
20
10
0
1.1 1.2 1.3 2.1
Figure 35 : Profil de composition élémentaire en % massique (exprimée sous forme oxyde) de dépôts de com-
bustion de biogaz de décharge [d'après Glindemann et al. 1996] (représentation graphique réalisée à partir des
données chiffrées de l'étude) - 1.1 ; 1.2 et 1.3 : dépôts issus de chaudière – 2.1 : dépôt issu d'un moteur Otto
Il faut remarquer que les profils de composition sont sensiblement différents. Une
grande quantité de fer (Fe) est rencontrée dans tous ces dépôts, ce qui permet de penser que
les dépôts ont été récupérés par un grattage important des parties métalliques pouvant, qui
plus est, être fragilisées par l'action acide du biogaz (présence d'H2S). Ce qui semble être con-
firmé par la présence d'autres métaux tels que le chrome et l'aluminium.
Cependant, les éléments majoritaires (Si et S) présents dans nos échantillons sont aus-
si retrouvés dans ces dépôts. On y retrouve également des métalloïdes comme Sb, As ou en-
core Sn (pouvant présenter certains comportements des métalloïdes) mais dans des propor-
tions tout à fait différentes, la présence de métalloïdes dans les dépôts n'est donc pas un fait
nouveau mais la quantité retrouvée aujourd'hui est tout à fait inédite (jusqu'à 20% pour le
site F de notre étude contre 1,4% pour le site 1.1 de l'étude de 1996).
Il est intéressant de noter les très faibles teneurs en Ca des échantillons prélevés en
chaudière (de l'ordre de 0,2%) et la faible teneur pour le moteur Otto (2,8%). La présence de
Ca en quantités importantes dans nos échantillons pourrait donc être liée aux spécificités de
la valorisation "moteurs". Cela permettra d'étayer la discussion qui suivra sur l'origine de Ca
dans les dépôts moteurs dans un paragraphe bilan (cf. § 3.5.1 p.129).
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
Les dépôts peuvent être regroupés en deux types : (V, T) et (F, D, S) de par
leurs distinctions qualitatives au niveau élémentaire. Le type (V, T) contient
du zinc et du phosphore en quantités non négligeables contrairement au type
(F, D, S) qui n'en contient que très peu.
Cependant, qualitativement, les dépôts issus de la combustion de biogaz
d'ISDND en moteur à gaz présentent une bonne harmonie de composition, à
relier probablement avec les conditions thermodynamiques similaires et une
qualité de biogaz comparable.
Afin de déterminer dans quelles espèces minérales peuvent être associées ces diffé-
rents éléments, il s'est avéré nécessaire d'étudier les dépôts par DRX.
D2
D1
T
F
0 10 20 30 40 50 60 2Theta
70 (°)
Figure 36 : Diffractogrammes bruts des 6 dépôts des 5 sites (V, T, F, D1, D2, S)
Les diffractogrammes obtenus présentent tous une "bosse" représentative d'une cer-
taine quantité de phase amorphe. La détermination des taux de cristallinité est réalisée sur
les diffractogrammes bruts après soustraction du fond continu. Cette détermination est basée
sur l'appréciation de la quantité cristallisée par rapport à la surface totale (cristallisé +
amorphe). La formule pour le calcul du taux de cristallinité est donnée en Équation 4.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
Sc
Taux de Cristallinité (%) = 100 ×
Sc + Sa
Équation 4 : Formule de calcul du Taux de Cristallinité
Le but est de dégager des tendances et non d'obtenir exactement la quantité de phase
cristalline. La Figure 37 présente les taux de cristallinité estimés des dépôts des différents
sites.
%
70
60
50
40
30
20
10
0
V T F D1 D2 S
Figure 37 : Taux de cristallinité (en %) des 6 échantillons – Comparaison inter sites (V, T, F, D1, D2 et S)
Bien que les profils de composition élémentaire des dépôts soient proches (à l'excep-
tion de l'échantillon V), les taux de cristallinité de ces derniers varient beaucoup d'un site à
l'autre. Cette observation doit être reliée aux différents paramètres de fonctionnement des
moteurs, notamment les conditions pression/température, et en particulier la température
maximale atteinte au niveau du cylindre (après l'explosion).
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
Tableau 19 : Synthèse des espèces identifiées par DRX dans les 6 dépôts des 5 sites (V, T, F, D1, D2 et S)
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
%
CaSO4 CaSO4,2H2O SiO2 CaSiO3 SbO2
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
V T F D1 D2 S
Figure 38 : Comparatif intersites des compositions des phases cristallisées (en pourcentage massique)
Pour tous les sites, les phases cristallines sont majoritairement (+ de 60%) constituées
de CaSO4. C'est un composé que l'on retrouve cristallisé dans tous les dépôts. Les conditions
thermiques et thermodynamiques au sein du moteur doivent donc être favorables à la cris-
tallisation de ce composé.
Compte tenu des conditions (pression, température) relativement similaires au ni-
veau des moteurs pour les différents sites, nous pouvons faire l'hypothèse que les composés
que nous avons pu identifier sur certains échantillons, mais pas sur d'autres, doivent égale-
ment se former. Cette "non identification" peut avoir plusieurs origines :
-le composé est sous forme amorphe (ou vitreuse) ;
-la quantité cristallisée est trop faible pour que l'espèce soit détectée.
En résumé : Confirmation de l'association Ca/S observée par les résultats d'analyse élé-
mentaire. Phase cristalline des dépôts majoritairement composée de CaSO4.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
nous posons l'hypothèse que les espèces majoritaires identifiées dans les phases cristallines
des dépôts sont également présentes dans les phases amorphes. Cette hypothèse est soute-
nue par les fortes similitudes de compositions élémentaires entre les échantillons. La dé-
marche de calcul, en 3 étapes, est résumée ci-après.
Etape 2 : Le solde de Ca (après formation de CaSO4) est utilisé uniquement pour la forma-
tion de CaSiO3.
A ce moment le calcium est totalement consommé. Il s'agit maintenant de com-
pléter le bilan sur les autres espèces siliciées identifiées. Il ne reste que la silice
(SiO2). Donc, le solde en silice après formation de CaSiO3 devrait correspondre à la
silice non associée présente dans le dépôt.
Etape 3 : La totalité de l'antimoine présent dans l'échantillon est sous forme SbO2.
On obtient les proportions totales données en Figure 39 dans les dépôts c'est-à-dire
les teneurs pour chaque composé identifié qu'il soit amorphe ou cristallin. Les éléments pré-
sents à plus de 0,5% mais n'ayant pas été identifiés par DRX sont également reportés sur le
graphe.
% Autres
P2O5
100 ZnO
90 SnO2
As2O5
80 SbO2
70 CaSiO3
60 CaSO4
SiO2
50
40
30
20
10
0
V T F D1 D2 S
Figure 39 : Composition moléculaire (en pourcentage massique) des dépôts pour les espèces identifiées et
élémentaires (en pourcentage massique exprimé sous forme oxyde) pour les éléments présents en forte teneur
mais dont la diffraction n'a fourni aucune information (toutes phases confondues c'est-à-dire amorphe + vi-
treuse + cristalline)
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
Les échantillons sont constitués majoritairement de silice (> 44%) sauf pour le dépôt
V (~ 7%) où l'espèce majoritaire est CaSO4 (~ 68%). Les autres sites présentent des teneurs en
CaSO4 évoluant de 6 à 22%. Le métasilicate de calcium (CaSiO3) serait à priori présent dans
tous les échantillons, à des teneurs évoluant de 0,6 à 18%, respectivement pour les sites F et
T.
% %
CaSiO3 SbO2
20 25
20
15
15
10
10
5
5
0 0
V T F D1 D2 S V T F D1 D2 S
Figure 40 : Répartition des espèces identifiées entre phase cristalline et phase amorphe – Comparatif intersites
– teneur totale de l'espèce dans le dépôt en % massique obtenue par les données d'analyse élémentaire (cf.
Figure 39) - Teneurs des espèces provenant de la phase cristalline en % massique par rapport à la totalité de
l'échantillon obtenues par calcul sur les données de DRX (cf. Figure 37 et Figure 38) – Teneurs provenant de la
phase amorphe en % massique = Total - Cristallin.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
Les valeurs légèrement négatives observées (maximum de 5,4% pour le site T) ne sont
pas significatives. Elles proviennent principalement des incertitudes liées à la quantification
par DRX. De plus, en raison de l'absence d'indexation pour certains pics de l'échantillon T,
une majoration des autres espèces minérales est envisagée pour l'estimation de quantifica-
tion par DRX. Ainsi, cela peut expliquer l'excès en CaSO4 observé pour le dépôt du site T.
Pour le site S, à priori tous les pics sont indexés, l'écart obtenu (3,9%) peut s'expliquer
également par une espèce cristalline non identifiée, mais dont les raies de diffraction sont
trop peu intenses compte tenu des limites de détection (rapport Signal/Bruit insuffisant)
pour être retenues lors du dépouillement du diffractogramme.
Figure 41 : Rayures sur les parois des pistons 1 (photo de gauche) et 2 (photo du milieu) correspondant aux
prélèvements des échantillons D1 et D2 en comparaison à un piston neuf (photo de droite)
Nous avons placé les valeurs des duretés de CaSO4 (anhydrite), CaSiO3 (wollastonite),
SiO2 (quartz) et SbO2 (cervantite) sur l'échelle comparative de Mohs (Figure 42).
Figure 42 : Dureté des composés identifiés dans les dépôts positionnés sur l'échelle de Mohs
L'oxyde de silicium sous forme de quartz est le plus dur parmi les constituants des
dépôts avec une valeur de 7 sur l'échelle de Mohs. L'oxyde de silicium amorphe, par exemple
la silice fondue (le verre), présente une dureté inférieure au quartz mais supérieure aux
autres minéraux identifiés, les valeurs varient suivant les sources, on peut citer par exemple
une dureté de 5,5 1. Parmi les autres composés identifiés, CaSiO3 et SbO2, ont une dureté non
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
négligeable. Les effets mécaniques (rayures) liés à la présence de CaSO4 doivent être négli-
geables en regard de sa faible dureté.
De manière évidente, c'est la présence de silice qui apparaît comme la plus pénali-
sante, d'autant plus qu'il s'agit de l'espèce minérale prépondérante au sein des échantillons
analysés.
En résumé : Le couplage des données DRX avec les données d'analyse élémentaire a per-
mis de remonter à la répartition des espèces identifiées entre phase cristalline
et phase amorphe. Il en ressort que, quels que soient les sites, CaSO4 est majo-
ritairement sous forme cristallisée, tandis que les autres espèces sont majori-
tairement sous forme amorphe.
La silice (SiO2) est bien l'espèce majoritaire des dépôts (+ de 44% massique
sauf pour le site V) et semblerait la source principale des problèmes moteurs
de par sa dureté supérieure à celles des autres espèces identifiées.
Les analyses par DRX ont permis d'avancer sur la connaissance des dépôts en termes
d'espèces présentes, cependant des zones d'ombre existent encore sur P, Zn, As, et Sn. Des
analyses par calorimétrie différentielle couplée à la thermogravimétrie peuvent permettre
d'apporter de nouvelles connaissances quant à la composition des phases amorphes / vi-
treuses.
3.3. TG-ACD
Compte tenu de la complexité des dépôts moteurs révélée par les analyses élémen-
taires (cf. Annexe 3), l'interprétation fine des thermogrammes est apparue délicate. Une pre-
mière série d'analyses thermiques jusqu'à 1350°C a montré que des phénomènes importants
n'étaient pas terminés à cette température. La seconde série a été réalisée (en duplicats) jus-
qu'à 1500°C, ce qui est très proche de la limite de l'appareillage et entraîne une moins bonne
résolution (forte dérive sur les courbes ACD aux hautes températures).
Cette figure ne présente qu'un réplicat pour chaque échantillon, les duplicats étant
similaires. Ces derniers sont donnés en Annexe 5 p.244.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
perte de masse
(%)
5 a)
0
-5
-10
-15
-20
-25
-30 V T F
-35 D1 D2 S
-40
-45
-50
-55
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000 1100 1200 1300 1400 1500
Température (°C)
De 25 à 700°C :
On ne note aucun phénomène particulier dans ce domaine de température. Ce com-
portement est cohérent avec les informations à notre disposition concernant les conditions
moteurs, en effet les températures lors de la combustion sont de l'ordre de 500/600°C ; et si
les dépôts se forment au sein des moteurs à ces températures, ils doivent évidemment être
stables d'un point de vue thermodynamique. Il n'y a donc aucune raison pour qu'ils subis-
sent des pertes de masse en dessous de 500/600°C dans le calorimètre.
Remarque : les petites pertes de masse observées vers 150°C et 350°C respectivement
pour les échantillons V et D2 ne peuvent être que des artefacts liés au prélèvement et/ou au
stockage des échantillons (résidus d'huile ou humidité).
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
Au dessus de 700°C :
Deux tendances se dégagent, et deux groupes de comportements peuvent être éta-
blis :
-type (V, T) : échantillons dont la décomposition principale débute aux alentours de
700°C et se poursuit jusqu'à 1500°C en plusieurs étapes.
La répartition (type (V, T) et type (F, D, S)) des échantillons est identique à celle réali-
sée à partir des analyses élémentaires (cf. § 3.1.2 p. 106). Les différences entre les 2 "familles"
observées au niveau élémentaire sont les teneurs en Zn et P. Ces dernières sont respective-
ment de l'ordre de 4 et 6% pour le type (V, T) et à l'état de traces pour le type (F, D, S).
50
40
30
20
10
0
V T F D1 D2 S
Figure 44 : Pertes de masse totales en % des 6 échantillons à 1500°C obtenues par TG – moyenne des duplicats.
Déshydratation
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
CaSO4 ⋅ 2 H 2 O → CaSO4 ⋅ 1 2 H 2 O + 3 2 H 2 O( g )
CaSO4 ⋅ 1 2 H 2 O → CaSO4 + 1 2 H 2 O( g )
Équation 5 : Déshydratation du gypse en deux étapes
Ce phénomène n'est visible que pour l'échantillon V (perte de masse de 2%), ce qui
confirme les analyses DRX présentées dans le Tableau 19 (par DRX, la teneur en eau serait de
0,6%). Seul cet échantillon à subi une hydratation vraisemblablement lors de sa conservation
comme le montre le phénomène endothermique vers 150°C sur la Figure 43b. L'écart observé
sur la teneur en eau entre les analyses par TG et par DRX peut s'expliquer par une réhydrata-
tion de l'échantillon entre la réalisation de ces 2 analyses.
le SO3 formé se décomposant à son tour selon la réaction présentée en Équation 7 [In-
go et al. 1998].
SO3( g ) → SO2 ( g ) + 1 2 O2 ( g )
Équation 7 : Décomposition du trioxyde de soufre
- 121 -
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
A partir de ces considérations il est possible de dresser un bilan matière sur le soufre
(sous forme SO3) en comparant les résultats d'analyse élémentaire à ceux obtenus par TG en
admettant que l'essentiel de la perte de masse mesurée provient de la décomposition des
sulfates (Figure 45).
Figure 45 : Comparaison des teneurs en SO3 (% massique) obtenues par TG-ACD (moyenne des deux répli-
cats) et par les analyses élémentaires.
Les résultats sur les teneurs en SO3 sont relativement cohérents entre les 2 méthodes à
l'exception des échantillons F et D1 où des teneurs sensiblement plus élevées sont obtenues
par TG-ACD (respectivement des écarts de 10 et 5 points de pourcentage). Les écarts sont
significatifs compte tenu des incertitudes, plusieurs hypothèses peuvent expliquer ce phé-
nomène :
1) La représentativité des échantillons en TG-ACD où des aliquotes d'environ 20 mg sont
réalisées contre 1 g en analyse élémentaire. En effet, sur 20 mg d'échantillon, la concentration
"locale" en soufre peut être plus élevée par effet pépite. Pour pallier cela, il faudrait réaliser
un nombre de réplicats plus important.
- 122 -
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
Une partie des écarts de pertes de masses observés pour les échantillons contenant de
l'oxyde d'antimoine pourrait être justifiée par la sublimation partielle de cette espèce.
De plus, concernant le comportement thermique des divers oxydes d'antimoine, il est
à noter que Sb2O3 se volatilise partiellement entre 500 et 900°C [Cody et al. 1979], ce qui pour-
rait expliquer les légères pertes de masses observées dans cet intervalle de température si
une partie de l'antimoine présent dans nos dépôts est sous cette forme.
Les autres espèces identifiées par DRX à savoir CaSiO3 et SiO2 n'engendrent à priori
pas de produits de dégradation pouvant être gazeux dans la gamme de température étudiée.
Pour le phosphore, il n'est pas exclu qu'il soit associé au calcium sous forme de phos-
phate de calcium (Ca3(PO4)2) ou au zinc (Zn3(PO4)2). Nous n'avons pas trouvé d'études s'inté-
ressant à la décomposition de ces phosphates à des températures élevées.
La TG-ACD a confirmé une partie des espèces identifiées par DRX, ainsi que l'obser-
vation des anomalies probablement consécutives au prélèvement (hydratation, traces d'hy-
drocarbures, …). Cette technique a permis de formuler quelques hypothèses supplémen-
taires quant à la composition des dépôts.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
Pour confirmer ou infirmer les hypothèses formulées sur les interprétations des résul-
tats de TG-ACD, des analyses par MEB couplé à la micro-analyse X sont mises en œuvre. Il
s'agit de réaliser une caractérisation à l'échelle microscopique et ainsi permettre d'éventuelles
identifications d'espèces à l'état de traces, non détectables par les autres techniques analy-
tiques employées auparavant.
3.4. MEB-EDX
En raison des contraintes de mise en œuvre (durée, coût, etc.), les analyses MEB ne
sont réalisées que sur 2 échantillons : D2 et V. Néanmoins, pour l'échantillon D2, les parties
noires et blanches sont dissociées et analysées séparément pour tenter de distinguer des dif-
férences de morphologies et de compositions à l'échelle microscopique. Comme indiqué
préalablement, ces investigations sont réalisées dans un but exploratoire.
a) b) c)
) ) )
Figure 46 : Porosité du dépôt D2B – Images acquises en électrons secondaires avec une tension du faisceau
incident de 30kV – a) Grossissement = 453x – b) Grossissement = 746x - c) Grossissement = 1080x
Cette porosité peut probablement être attribuée à des poches de gaz piégées dans la
matrice lors de la formation des dépôts ou encore à des explosions dues aux fortes pressions
au sein des moteurs.
Figure 47 : Image électronique n°1 du dépôt D2B (électrons secondaires - Tension du faisceau =30 kV)
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
D'après cette image on observe que les dépôts sont constitués par une matrice po-
reuse, à priori homogène, qui constitue le fond d'où ressortent de nombreuses excroissances
d'aspect granuleux. Des formes sphériques sont également observées dans le haut de l'image.
Des pointés sont réalisés pour identifier les compositions respectives du fond (que
l'on appellera matrice) de celle des excroissances. D'après les analyses de ces pointés, la ma-
trice et les excroissances ont la même composition qualitative (Si, Ca et S), mais en propor-
tions différentes. La matrice est plus riche en Si et Ca que les excroissances. Ces dernières
sont plus riches en S et O que la matrice. On peut donc émettre l'hypothèse que la matrice
contiendrait plus de silice et silicate de calcium que de CaSO4 et inversement pour les ex-
croissances.
La matrice des dépôts est donc riche en oxyde de silicium.
Figure 48 : Cartographies X de l'échantillon D2B (Ca, S, O, Si, Sb, Sn) correspondant à l'image électronique n°1
(Figure 47).
L'étain est détecté mais les teneurs sont très faibles. Les 5 autres éléments détectés, à
savoir Ca, S, O, Si et Sb sont tous présents de manière relativement homogène dans la ma-
trice. Certaines des excroissances ressortent sur les cartographies, elles correspondent à des
zones enrichies en certains éléments. On peut ainsi voir une forte association cal-
cium/antimoine dans la sphère en haut de l'image. La totalité de l'antimoine ne semble pas
sous une forme d'oxyde simple (SbO2). Il est probable que nous soyons en présence de mé-
langes de phases (diagramme) complexe entre les différents oxydes.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
Une deuxième cartographie réalisée sur la partie noire des dépôts (D2N) est présentée
en Figure 49 avec l'image électronique de référence.
Sur cette cartographie, la silice est clairement visible, la zone cerclée de rouge sur la
cartographie du silicium est uniquement corrélée à l'oxygène. Le soufre est majoritairement
associé au calcium et à l'oxygène à l'exception de 2 types de zones :
-zones cerclées de bleu : soufre associé à l'aluminium et à l'oxygène, la présence de
sulfate d'aluminium est donc fortement probable ; le soufre n'est donc pas totalement associé
au calcium.
-zone cerclée en vert : soufre semblant n'être associé à aucun autre élément mis en
évidence par la cartographie à l'exception de l'oxygène. Une hypothèse probable serait un
"amalgame" de sulfate des divers métaux à l'état d'ultra traces dans les dépôts.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
a) b)
Figure 50 : Images électroniques acquises en électrons secondaires – a) Echantillon D2B (grossissement = 1910x
; tension du faisceau = 10 kV) – b) Echantillon D2N (grossissement = 3080x ; tension du faisceau = 15 kV) –
Cristaux de CaSO4.
Les analyses par pointés révèlent que ces cristaux sont très majoritairement composés
de Ca et S (de 89% à 98%, les proportions sont normalisés à 100% sans tenir compte des te-
neurs d'oxygène). Il est donc fortement probable qu'il s'agisse de cristaux de CaSO4. De plus,
des traces de silicium sont détectées (1,8 à 3%) ainsi que d'arsenic (~0,2%). Dans certains cris-
taux, de l'antimoine a également été détecté (à hauteur de 8%). CaSO4, bien que fortement
cristallisé ne semble donc pas être pur à 100%. Il peut s'agir de cristaux de CaSO4 en mélange
avec d'autres oxydes ou de substitution de certains atomes dans la structure du cristal.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
Tableau 20 : Quelques exemples de teneurs dans des biogaz d'ISDND de composés contenant des éléments
rencontrés dans les dépôts
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
- Silicium : cet élément de la famille des métalloïdes est issu des Composés Orga-
niques Volatils Siliciés (COVSi) comme cela a été détaillé dans le Chapitre 1. L'existence de
ces composés dans le biogaz est directement liée à la présence de divers silicones (ou autres
composés siliciés) dans les déchets. Les silicones sont utilisés dans nombre d'applications et
de produits commerciaux tels que les cosmétiques, les papiers, l'agro-alimentaire, le bâti-
ment, etc. Une partie des silicones stockés est naturellement volatile, c'est le cas des compo-
sés à chaînes courtes (principalement ceux utilisés dans les cosmétiques à savoir D4, D5, etc.).
Ces derniers vont donc être directement entrainés lors de l'aspiration mécanique du biogaz ;
tandis que les composés à chaînes longues (utilisés dans l'industrie comme les joints par
exemple) non volatils vont au préalable subir une dégradation bio-physico-chimique qui
engendre des molécules courtes et volatiles (telle que le TMSol), à leur tour entraînées avec le
biogaz [Ohannessian 2008].
La combustion des COVSi conduit logiquement à la formation d'oxyde de silicium
stable i.e. SiO2 qui pourra s'associer au calcium sous forme de silicates (CaSiO3 par exemple),
ou non, en fonction des stœchiométries en présence dans le milieu réactionnel et des condi-
tions thermodynamiques (T, P).
- Soufre : le soufre est majoritairement présent dans les biogaz sous sa forme réduite
(S2-),ce qui est conforme aux conditions anaérobies (réductrices) au sein des alvéoles. Dans
les déchets, le soufre a pour origine les résidus alimentaires (protéines, …), mais aussi des
DIB au travers de sulfates provenant du plâtre par exemple. Les teneurs en soufre dans les
OM sont estimées en France à 0,28% sur les déchets secs en 1993 et à 0,17% sur les déchets
secs en 2007 [ADEME 2009]. Dans le biogaz, le soufre est principalement sous la forme H2S,
composé gazeux dans les CNTP, dont les teneurs peuvent être extrêmement élevées, généra-
lement de l'ordre de plusieurs centaines de ppm, voire plusieurs milliers de ppm (cf. Tableau
20). Cependant, les teneurs dans le biogaz des autres composés soufrés rencontrés (thiols,
CS2) ne sont pas négligeables (plusieurs dizaines de ppm).
De plus, des composés soufrés sont également présents dans les huiles en tant qu'ad-
ditifs (teneurs dans les huiles de quelques %). Cette seconde origine possible du soufre ren-
contré dans les dépôts n'est pas à exclure.
Dans la chambre de combustion le soufre est logiquement oxydé et se retrouve fina-
lement, en partie, stocké à l'état solide sous forme de sulfates (SO42-) principalement de cal-
cium, mais aussi d'aluminium, potentiellement de zinc, ou d'autres métaux présents à l'état
de traces dans les dépôts. Le soufre ne contribuant pas à la formation de dépôts solides se
retrouve sous forme de SOx dans les fumées d'échappement.
- Calcium : aucune mention de composés volatils du calcium n'est faite dans la littéra-
ture. Les fortes proportions de calcium dans les dépôts doivent donc avoir une autre origine.
La suspicion sur les huiles de lubrification des pièces moteur va de soi, en effet, hormis le
biogaz et les pièces moteur, seules les huiles peuvent être en contact avec le biogaz lors de la
combustion. Il est connu que de nombreux additifs sont ajoutés aux huiles pour modifier
leurs propriétés. Dans ces additifs se trouvent des composés calciques, ajoutés dans le but de
neutraliser les teneurs en composés acides du biogaz, principalement H2S. Cette hypothèse
est renforcée par la comparaison avec les analyses de dépôts de chaudières [Glindemann et al.
- 130 -
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
1996] présentées Figure 35 où le calcium n'était que très peu présent (pas d'huiles de lubrifi-
cation).
Le calcium joue un rôle majeur dans la formation des dépôts. En effet deux composés
identifiés formellement sont à base d'oxyde de calcium, il s'agit de l'anhydrite (CaSO4) et du
métasilicate de calcium (CaSiO3). Ces deux composés pouvant représenter jusqu'à 70% des
dépôts et en moyenne 30%. La question se pose de savoir de quoi seraient constitués les dé-
pôts et quelles seraient leurs propriétés physiques (mécaniques) si le calcium était supprimé
des huiles.
Arsenic 2 : utilisé dans l'industrie du verre, la métallurgie, par exemple les al-
liages non ferreux (renforce la dureté des alliages au plomb), l'électronique (semi-conducteur
arsenic/gallium), l'agriculture, etc. [Pinel-Raffaitin et al. 2007]. Les teneurs en arsenic dans les
OM sont estimées en France à 5 mg As/kg de déchets secs en 1993 et à 2,5 mg As/kg de dé-
chets secs en 2007 [ADEME 2009] ce qui est loin d'être négligeable.
Etape 2 : Transformation des formes réduites par des processus microbiens en hydrures ou
en composés méthylés ou éthylés (bioalkylations) volatils (cf. Tableau 20). Ceci est
assimilé à des réactions de défense des bactéries, certaines des espèces produites
étant moins toxiques 3.
Etape 3 : Entraînement des composés alkylés volatils formés avec le biogaz lors de son aspiration
mécanique.
Etape 4 : Les conditions oxydantes régnant dans les chambres de combustion des moteurs
induisent la ré-oxydation des espèces réduites volatiles sous forme d'oxydes solides s'ac-
cumulant dans les dépôts de combustion.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
Figure 52 : Origine, transformations et processus d'arrivée d'un composé arsénié dans la filière de valorisation
du biogaz d'ISDND (Adapté de [Pinel-Raffaitin et al. 2007]).
Les teneurs en métalloïdes observées dans les biogaz montrent qu'ils sont à l'état d'ul-
tra-traces (cf. Tableau 20), le moteur joue alors le rôle de filtre et d'accumulateur grâce à ses
conditions thermodynamiques favorables à la formation des oxydes solides de ces éléments.
Ce qui expliquerait les teneurs très élevées observées dans les dépôts pouvant aller jusqu'à
20% en masse d'oxyde pour l'antimoine.
Etain : utilisé sous forme mono ou dialkylée dans l'industrie plastique (PVC,
PU, silicones), comme stabilisateur thermique et vis-à-vis des UV dans les peintures, ou sous
forme trisubstituée dans les pesticides et fongicides, etc. [Pinel-Raffaitin et al. 2008].
Les mécanismes conduisant à la présence de composés de l'étain dans les biogaz
d'ISDND sont similaires à ceux des métalloïdes et sont détaillés dans [Pinel-Raffaitin et al.
2008] pour le lecteur intéressé.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
- Zinc : le zinc est un métal de transition, il est utilisé sous différentes formes dans de
nombreuses applications, on peut notamment citer l'utilisation comme pigment (sous forme
de sulfure, de carbonate, de chromate ou d'hydroxyde), dans les cosmétiques (sous forme de
stéarate), fongicide, rodenticide, dans l'industrie du papier, des semi-conducteurs, des colles,
l'industrie du caoutchouc, dans les boites de conserves. De ces diverses applications, il est
évident que du zinc se retrouve stocké dans les alvéoles après élimination des déchets. Les
teneurs en zinc dans les OM sont estimées en France à 1000 mg Zn/kg de déchets secs en
1993 et à 301 mg Zn/kg de déchets secs en 2007 [ADEME 2009].
Nous n'avons pas trouvé d'informations argumentées sur les possibilités de bioalky-
lation bactérienne du zinc. De même, aucune quantification d'éventuels composés organo-
métalliques à base de zinc ne semble avoir été réalisée.
Protection individuelle
Cette étude a révélé la présence de composés toxiques (à divers niveaux) dans les dé-
pôts :
Silice cristalline : sous forme de poussière très fine, elle est nocive et provoque la sili-
cose. Cette maladie entraîne des diminutions respiratoires irréversibles suite à des inflamma-
tions pulmonaires.
Oxydes d'antimoine : toxicité locale par contact, irritant, eczéma stibié ; le trioxyde en-
traîne une dermite folliculo-papulaire. Intoxication par ingestion, inhalation. Effet cancéro-
gène suspecté chez l'humain (trioxyde d'antimoine).
Oxyde d'arsenic : toxique, nocif pour l'environnement, potentiellement cancérogène,
Oxydes d'étain : toxique, nocif, irritant
Oxyde de zinc : dangereux pour l'environnement.
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Chapitre 2 : Analyse des dépôts moteurs Résultats et discussion
En ce qui concerne les fractions cristallisées des dépôts, les espèces majoritaires ont
été correctement mises en évidence et quantifiées (avec les réserves indiquées). Pour les frac-
tions amorphes, la complexité des matrices a limité l'interprétation des analyses micro-
calorimétriques en raison d'un fort bruit de fond sur les thermogrammes. Néanmoins cette
technique a mis en évidence des comportements "types" des échantillons selon la provenance
et en lien avec les compositions élémentaires. L'approche exploratoire par Microscopie Elec-
tronique à Balayage a confirmé l'essentiel des associations chimiques mises en évidence par
les autres techniques analytiques et a, en outre, démontré les associations Sb/As et Zn/P. Si
nécessaire, cette technique puissante pourrait permettre d'aller plus loin dans la connais-
sance fine des dépôts.
Même s'il faut garder une certaine prudence dans l'extrapolation de nos résultats,
l'étude de dépôts provenant de 5 sites industriels différents permet de conclure à la présence
majoritaire de CaSO4, SiO2 et CaSiO3 ainsi que d'une fraction non négligeable de SbO2. Ces 4
espèces représentent de 75 à plus de 95% en masse des échantillons. D'une manière générale,
les oxydes présents (majoritaires ou non) sont pratiquement tous connus pour être miscibles
à l'état solide, ce qui explique la présence, parfois importante, de phases amorphes. En mé-
langeant ces oxydes purs en différentes proportions, il serait théoriquement possible de re-
constituer les dépôts et d'étudier un diagramme de phase à 8 constituants au minimum
(CaO, SO3, SiO2, SbO2, ZnO, P2O5, As2O5 et SnO2). Cette étude complexe pourrait être réalisée
par micro-calorimétrie dans un but académique, mais probablement sans intérêt vis-à-vis de
la problématique industrielle.
Les liens entre la qualité d'un biogaz et l'identité chimique d'un dépôt ont été mis en
évidence. Des interactions possibles entre la nature de certains additifs des huiles moteur et
le biogaz sont fortement suspectées, mais restent pour le moment de l'ordre de l'hypothèse
par manque d'informations explicites sur la composition de ces huiles.
Les résultats qui précèdent montrent, à l'évidence, que l'élimination du silicium et du
soufre présents dans le biogaz et la réduction des teneurs en calcium dans les huiles entrai-
neront une réduction importante de la masse de dépôt solide au sein des moteurs.
Cela dit, pour éliminer les COVSi, responsables de la fraction majeure des dépôts
dans les moteurs, il faut être capable de les quantifier de manière fiable dans le biogaz, en
amont et aval d'un procédé de traitement. Compte tenu des difficultés et des incertitudes
quant à l'évaluation des teneurs en COVSi (décrites dans le Chapitre 1), la suite de ce travail
est consacrée à cette problématique analytique.
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Chapitre 3 :
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Introduction
Matériels et méthodes
2. Matériels et méthodes
Cette étude a nécessité d'employer divers COVSi :
Pour rappel, le L5 ne peut être considéré comme un COV tout comme L4 et D6, mais
en moindre mesure.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Matériels et méthodes
Le banc de dilution, qui a été réalisé à l'Institut de Recherche sur la Catalyse et l'Envi-
ronnement de Lyon (IRCElyon), est constitué par un tube en Inox (diamètre intérieur =
12,5 cm ; longueur totale = 1 m) rempli de garnissage en Inox (Anneaux Pall ; diamètre =
25 mm ; hauteur = 25 mm) sur une longueur de 30 cm environ. Le garnissage est retenu par
des grilles en Inox. Le débit d'air principal est généré par un ventilateur. Ce débit doit être
connu précisément car c'est lui qui définit le taux de dilution des gaz. Le débit liquide (Qli-
quide) de COV est obtenu par un pousse seringue (mode infusion) [PHD 2000 ; Harvard appa-
ratus]. Une micro-pompe aspirant de l'air ambiant permet de générer un flux d'air balayant
la sortie de l'aiguille de la seringue pour vaporiser les COV (débit primaire = Qprimaire). Ce
flux de COV en phase gaz est acheminé en entrée du banc, au centre de la canalisation, pour
être dilué dans le débit principal (Qprincipal). Un cordon chauffant est enroulé autour du banc
pour permettre la régulation thermique choisie à 40°C. Il est calorifugé avec de la laine de
verre. En sortie de banc, 2 piquages sont réalisés, un pour permettre le prélèvement des éta-
lons gazeux au centre de la canalisation, et un second pour la sonde de température qui con-
ditionne la régulation par le cordon chauffant.
La sortie du banc est reliée à un extracteur pour évacuer les gaz.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Matériels et méthodes
débit (m3/h)
80
70
60
50
40
30
20
10
0
0 50 100 150 200 250
Tension (V)
Figure 54 : Evolution du débit d'air principal du banc de dilution en fonction de la tension en volts appliquée
au potentiomètre
Le débit d'air produit par le ventilateur n'évolue pas linéairement en fonction du vol-
tage appliqué au ventilateur. Il est donc nécessaire de calculer, pour chaque mise en route, le
débit de gaz traversant le banc à partir des mesures de la vitesse et de la température de ce
gaz.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Matériels et méthodes
chromatographie en phase gazeuse, ceci permettant des délais d'analyse courts et une pro-
grammation pour un grand nombre de réplicats (50 à 100 réplicats en fonction du débit li-
quide utilisé) en continu. Cette réponse est évaluée pour la gamme visualisée ci-dessous (Qli-
quide de 1,5 à 8 ml/h ce qui correspond après dilution à des teneurs en phase gaz de 16,6 à
88,7 mg/m3).
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
débit liquide hexane (ml/h)
Figure 55 : Linéarité de volatilisation des COV (modèle sur l'hexane) – Qprincipal = 1,40 m3/h
La linéarité du banc est très bonne, la volatilisation est correcte pour un grand do-
maine de débit liquide.
Figure 56 : Types de prélèvements sur le biogaz utilisés dans cette étude – de gauche à droite : sac Tedlar –
tubes adsorbants pour désorption par solvant et thermodésorption – absorption dans un solvant (kit de prélè-
vement breveté par le LGCIE).
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Matériels et méthodes
Préparation des échantillons avant analyse : les tubes sont cassés et les 2 zones d'ad-
sorbants sont récupérées dans 2 vials distincts, 1 ml de solvant est ajouté, les vials sont sertis,
puis agités régulièrement au vortex pendant 30 minutes. Le surnageant est récupéré à la pi-
pette pasteur et introduit dans un vial propre pour analyse GC-MS en injection liquide. Afin
de vérifier la justesse du prélèvement, les 2 zones sont analysées séparément et le rapport de
masse adsorbée (Zone2/Zone1) ne doit pas dépasser 0,1 (soit 10%).
Sur biogaz réel : prélèvement d'environ exactement 300 ml de biogaz à un débit con-
nu d'environ exactement 30 ml/min.
Sur étalon en solution : les tubes sont dopés avec 1 µl de solution étalon injectée à la
seringue, puis le solvant est élué par un flux d'air.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Matériels et méthodes
tériel utilisé est totalement exempt de Si inorganique (pas de verre) et de silicone (joint,
graisse, etc.). Une micro-pompe à membrane [KNF – NMP 830 KTDC] permet la circulation
du biogaz dans 4 flacons [AZLON] en PolyEthylène Haute Densité (PEHD) en série. Dans
chaque flacon, un diffuseur en Inox (porosité de 40 µm) permet d’augmenter la surface
d’échange et améliorer le transfert gaz-liquide. Un débitmètre massique avec totalisateur
[BROOKS – 5860S] permet de s’affranchir de la température et de la pression du gaz. Ce dé-
bitmètre est étalonné sur un biogaz standard à 50% de CH4 ; 40% de CO2 et 10% de N2 avec
une précision de 3%. Une micro-vanne pointeau [Swagelok] permet la régulation du débit.
La méthode a été optimisée avec les conditions suivantes : volume de solvant de 150 ml, dé-
bit de gaz fixé à 1 l/min et prélèvement total de 20 l de biogaz.
Figure 57 : Photographie du kit de prélèvement des COVSi par absorption dans un solvant
Après divers tests de solvants pour optimiser les solutions de piégeage, 2 solvants ont
été retenus à savoir l'Eau Déminéralisée (ED) et l'éthanol absolu (EtOH). L'ED va permettre
d'obtenir des informations sur la quantité de Si provenant des COVSi polaires tandis que
l'EtOH apporte des informations sur le Si provenant des COVSi peu polaires si les flacons
contenant l'EtOH sont placés après des flacons contenant de l'ED. Une information globale
(polaires + peu polaires) peut être obtenue par utilisation d'EtOH uniquement.
L'éthanol en tant que solvant organique pour piéger les COVSi peu polaires est choisi
pour ses propriétés physico-chimiques, mais également pour sa non toxicité comparé au mé-
thanol. Ce dernier est en effet utilisé par quelques laboratoires [Air Toxics Ltd. 2002] comme
solvant des COVSi. L'éthanol étant moins polaire que le méthanol, les COVSi apolaires ou
peu polaires n'en seront que mieux retenus. De plus, l'éthanol est le moins volatil de ces deux
alcools, ce qui limite les pertes par entraînement lors du barbotage du biogaz.
Cette technique de prélèvement est employée en condition terrain.
Les solutions sont analysées par ICP-OES. Connaissant la concentration en Si des so-
lutions absorbantes, le volume de ces solutions et le volume total de biogaz qui a été en con-
tact avec elles, il est possible de calculer la teneur en Si du biogaz (en mgSi/Nm3).
L’incertitude globale liée à l’ensemble de la chaîne de prélèvement et d’analyse est estimée à
10%.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Matériels et méthodes
Principe de la GC
La chromatographie en phase gazeuse permet de séparer les constituants d'un mé-
lange. Elle est basée sur la séparation des espèces par affinité avec une phase stationnaire
située dans une colonne. Plus les analytes ont des affinités avec la phase stationnaire, plus ils
seront retenus. Les phases stationnaires existent de diverses polarités en fonction des types
de constituants à séparer. Dans les applications environnementales, où les matrices sont la
plupart du temps complexes et contiennent tout type de molécules, il faut s'orienter vers des
colonnes de polarité intermédiaire.
Divers types d'injecteurs peuvent être utilisés, on ne s'intéressera ici qu'à l'injection li-
quide et à la thermodésorption.
Injection liquide : les analytes solubilisés dans un solvant sont injectés à l'aide d'une
micro-seringue dans une enceinte thermostatée. Solvant et analytes y sont vaporisés avant
d'être entraînés dans la colonne par le gaz vecteur. Deux modes d'injections peuvent être
utilisés :
- mode Splitless : la totalité du volume injecté entre dans la colonne ;
- mode Split : création d'un débit de fuite pour diminuer la quantité entrant dans la
colonne. Ce mode a l'avantage d'induire de meilleures séparations, du fait de pics plus fins.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Matériels et méthodes
Le gaz vecteur utilisé pour toutes les manipulations est l'hélium [alplha gaz 1 ; Air
Liquide].
La colonne utilisée pour l'analyse des COVSi est le modèle "Select Silanes" de Varian.
Les caractéristiques techniques de cette colonne sont référencées dans le Tableau 21. La
phase stationnaire réticulée à base de silice fondue est stabilisée par greffage de trifluoropro-
pyl-polyméthylsiloxane. Sa polarité est intermédiaire. Les groupements (-CF3) ont un fort
encombrement stérique, et empêchent ainsi l'accès à la base de la phase stationnaire. Ainsi, la
dégradation de la phase stationnaire par hydrolyse est minimisée, et qui plus est, les molé-
cules résultant du relargage de la colonne ne sont pas des siloxanes.
SELECT SILANES
Longueur (m) 60
Diamètre (mm) 0,32
Epaisseur de film (µm) 1,8
Phase stationnaire Polyméthylsiloxane greffée CF3
Tmax (°C) (isotherme) 260
Tmax (°C) (rampe) 300
L'acquisition des données par MS peut être réalisée dans 2 modes différents seuls ou
simultanément :
- Mode SCAN : Tous les m/z (rapport masse/charge des ions produits) de la plage
définie sont balayés durant toutes les acquisitions sur toute la durée du chromatogramme ;
plage de SCAN : 35 à 450 uma.
- Mode SIM (Single Ion Monitoring) : des groupes de SIM sont réalisés sur des plages
de temps définies du chromatogramme où seulement les m/z choisis sont acquis. Ce mode
permet de diminuer grandement le bruit de fond et de s'affranchir d'éventuelles coélutions
lors de l'analyse de matrice complexe, à condition que les composés d'intérêt possèdent des
m/z particuliers et caractéristiques non présents dans les fragments des molécules coéluées.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Matériels et méthodes
De plus, les données peuvent être traitées post acquisition par l'option Extract Ion. Le
chromatogramme est retracé avec uniquement un ion de rapport m/z sélectionné.
Sur biogaz réel, les surfaces de pics sont récupérées avec l'utilitaire Extract Ion et
comparées à un étalonnage réalisé sur le même principe. Ceci permet de s'affranchir des coé-
lutions possibles dans un mélange complexe, tel que le biogaz, ou il est impossible de séparer
tous les constituants avec notre colonne qui est relativement moyenne en termes de réten-
tion. Les ions sélectionnés pour l'acquisition SIM et le traitement des données en Extract Ion
sont donnés dans le Tableau 22. Le L3 et le toluène sont analysés ensemble sous un seul
groupe de SIM comprenant les m/z caractéristiques de ces 2 molécules, compte-tenu de leur
temps de rétention proche.
COVSi
L2 L3 L4 L5 D3 D4 D5 D6 TMsol Toluène
m/z
91 73 91
SIM 147 207 281 207 281 355 75
221 429 221
Méthode TD-GC-MS
- Désorption primaire sous flux d'hélium (35 ml/min) à 300°C pendant 10 min. Les
composés sont réadsorbés sur un piège à -10°C (Carbotrap).
- Désorption secondaire : 310°C (vitesse de chauffe maximale) ; trap hold = 10 min.
Principe de l'ICP-OES
Les principes généraux de l'ICP-OES ont été présentés dans le chapitre précédent (cf.
Chapitre 2, §2.2.1 ; p.94).
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Matériels et méthodes
Tableau 23 : Caractéristiques et paramètres usuels de l'ICP pour l'analyse du Si en matrice aqueuse et para-
mètres utilisés pour l'analyse en matrice eau/éthanol et éthanol pur
L'étalonnage du silicium est réalisé en routine à partir d'un standard certifié d'hexa-
fluorosilicate d'ammonium ((NH4)2SiF6) à 1 gSi/l à ± 0,5% [NIST]. Le logiciel ICP Analyst 5.2
permet l'acquisition et le traitement des données.
Les minéralisations sont réalisées à 95°C pendant 2h ; ceci pour être à une tempéra-
ture inférieure à la température d'ébullition du mélange aqueux.
Après refroidissement les tubes sont complétés à 50 ml avec de l'ED et homogénéisés
avant analyse.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
La détermination du Carbone Organique Total (COT) est réalisée en 2 temps par dif-
férence entre la mesure du Carbone Total (CT) et du Carbone Inorganique Total (CIT).
La détermination du CT est basée sur l'oxydation du carbone présent dans l'échantil-
lon en dioxyde de carbone par combustion dans un four, l'oxygène étant l'oxydant de la réac-
tion de combustion. Par oxydation catalytique sur platine à 680°C, les molécules carbonées
sont transformées en dioxyde de carbone (CO2) (Équation 9).
°C
CT(l ) + O2 ( g ) Pt, 680
→ CO2 ( g )
Équation 9: Oxydation catalytique des molécules carbonées pour la mesure du Carbone Total (CT)
La détermination du CIT (HCO3-, CO32-) est basée sur des réactions acido-basiques.
Les carbonates et hydrogénocarbonates sont transformés en CO2 par l'acide orthophospho-
rique à 15% (Équation 10).
Les mesures du CO2 émis par ces réactions sont réalisées par un analyseur Infra-
Rouge non dispersif. Le Carbone Organique Total (COT) est déduit de la mesure du CT et du
CIT.
COT = CT − CIT
Équation 11 : Détermination du COT par différence entre le CT et CIT
3. Résultats et discussion
Les objectifs visés au travers des expériences présentées ci-après sont de deux na-
tures :
- d'une part, de comparer les deux approches analytiques (GC-MS et ICP-OES), d'un
point de vue laboratoire, pour l'analyse des COVSi ;
- d'autre part d'évaluer les teneurs en COVSi d'un biogaz réel par ces deux méthodes
en y incluant les comparatifs des techniques de prélèvements sur site.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
8,0E+06 y = 300812x
y = 296625x 2
R = 0,9957
2
7,0E+06 R = 0,9984
y = 241428x
6,0E+06 y = 262342x 2
R = 0,9979
2
R = 0,997
5,0E+06 y = 190221x
y = 141172x 2
R = 0,9992
4,0E+06 2
R = 0,9944
y = 150951x
3,0E+06 2
R = 0,999
2,0E+06
1,0E+06
0,0E+00
0 5 10 15 20 25 30
[COVSi] ng/µl dans MeOH
Figure 59 : Etalonnage des COVSi dans le MeOH – volume injecté = 0,5 µl - ratio de split = 10:1 – programma-
tion en température : 75°C pendant 3 min, 10°C/min jusqu'à 200°C, 200°C pendant 2 min - mode SCAN –
moyenne de 3 réplicats d'injection par points
La linéarité est relativement bonne pour tous les COVSi étudiés, le D3 présentant le
moins bon R² (0,9944). Ceci s'explique par la dégradation du D3 par le méthanol, en effet, lors
de l'injection de D3 en solution dans le MeOH, 2 pics chromatographiques distincts appa-
raissent. La linéarité de la réponse est évaluée en sommant les surfaces des 2 pics.
L'usage de méthanol est donc à proscrire pour l'analyse des COVSi, les recouvre-
ments pour le D3 seraient mauvais pour les échantillons réels.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
4,5E+06
y = 177287x
4,0E+06 y = 183072x 2
2 R = 0,9994
R = 0,9987
3,5E+06
y = 154111x
3,0E+06 y = 172782x 2
2 R = 0,9992
R = 0,9997
2,5E+06
y = 121753x
2,0E+06 y = 129566x 2
2 R = 0,9993
R = 0,9945
1,5E+06
y = 100249x
1,0E+06 2
R = 0,9996
5,0E+05
0,0E+00
0 5 10 15 20 25 30
[COVSi] ng/µl dans EtOH
Figure 60 : Etalonnage des COVSi dans l'EtOH – volume injecté = 0,5 µl - ratio de split = 10:1 – programmation
en température : 75°C pendant 3 min, 10°C/min jusqu'à 200°C, 200°C pendant 2 min - mode SCAN – moyenne
de 3 réplicats d'injection par points
Dans l'éthanol, le D3 n'est pas dégradé, de plus les linéarités sont très bonnes et les
coefficients de variation (CV) 1 corrects. Ce solvant est donc une solution intéressante pour les
réalisations des gammes étalons liquides des COVSi.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
3,5E+06
y = 136091x y = 133357x
2
2
R = 0,9798 R = 0,9799
3,0E+06
y = 114901x y = 107285x
2,5E+06 2
2
R = 0,9819 R = 0,9812
5,0E+05
0,0E+00
0 5 10 15 20 25 30
[COVSi] ng/µl
Figure 61 : Etalonnage des COVSi dans le CS2 - volume injecté = 0,5 µl - ratio de split = 10:1 – programmation
en température : 75°C pendant 3 min, 10°C/min jusqu'à 200°C, 200°C pendant 2 min - Mode SCAN - moyenne
de 3 réplicats d'injection par points
Dans le CS2, la linéarité de la réponse est nettement moins bonne que dans le MeOH
et l'EtOH, ceci en relation avec la volatilité de ce solvant, lors de la préparation des étalons.
De plus, les CV des injections sont très importants.
Trois adsorbants (charbon de noix de coco = CA, gel de silice = SG et Tenax = T) sont
testés vis-à-vis de deux solvants (disulfure de carbone et éthanol). L'association CA/CS2 est
la plus utilisée car le CS2 est un très bon solvant et le CA de noix de coco un adsorbant cou-
ramment utilisé. Compte tenu de la toxicité du CS2 il a été envisagé de trouver une alterna-
tive. La Figure 62 présente la moyenne des taux de recouvrement et les coefficients de varia-
tion obtenus sur des triplicats d'analyse de D5 à 21,1 mg/m3 dans de l'air. Cet étalon en ma-
trice gazeuse est produit par le banc de dilution de gaz présenté précédemment. La teneur
obtenue en solution est calculée par rapport à un étalonnage externe liquide du D5 en solu-
tion dans le solvant servant à réaliser l'extraction.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
70
60
50
40
30
20
10
0
CA/CS2 SG/CS2 CA/EtOH SG/EtOH T/EtOH
La première constatation est le fait que pour aucun des couples adsorbant/solvant on
obtient un recouvrement de 100%. Ceci peut s'expliquer par deux phénomènes : soit les mo-
lécules ne sont pas toutes adsorbées, soit l'extraction par le solvant n'est pas totale.
Les très faibles recouvrements obtenus pour le gel de silice peuvent être expliqués par
des interactions trop fortes entre l'analyte et l'adsorbant. Ces derniers étant de même nature,
il est alors très difficile de désorber le D5 du gel de silice.
Le couple T/CS2 n'est pas représenté car le CS2 dissout le Tenax, il n'est donc pas en-
visageable d'utiliser ce solvant pour désorber le Tenax. Les meilleurs taux de recouvrements
sont obtenus pour les couples CA/CS2 et T/EtOH (respectivement 62 et 53%) ; ces taux res-
tent cependant faibles. Ceci signifie que pour un échantillon inconnu, nous ne récupérons
qu'un peu plus de la moitié de l'information. Cependant le CV pour le couple CA/CS2 est
extrêmement important (14%) ce qui est trop élevé pour valider une méthode d'analyse, la
variation d'une analyse à l'autre serait trop forte. En revanche, pour le couple T/EtOH, le CV
est de 1,5%. Cette variation de CV peut s'expliquer de plusieurs façons :
- la volatilité du solvant : le CS2 étant plus volatil que l'éthanol la volatilisation de ce
dernier peut être importante lors du traitement de l'échantillon et engendrer de fortes varia-
tions de concentrations du désorbat.
- les interactions entre l'analyte et l'adsorbant : l'analyte pouvant avoir des affinités
variables suivant l'homogénéité des sites d'adsorption de l'adsorbant.
Le couple Tenax/EtOH est donc le meilleur des couples étudiés en raison des coeffi-
cients de variation les plus faibles, d'un taux de recouvrement correct, et de la non toxicité de
l'EtOH par rapport au CS2. Nous allons donc comparer les réponses en injection liquide et en
thermodésorption après dopage liquide de tube Tenax pour des étalons de COVSi réalisés
dans l'éthanol.
Comparatif des étalonnages des COVSi en solution dans l'EtOH par injec-
tion liquide et thermodésorption après dopage liquide de tube Tenax
La gamme étalon est préparée dans l'éthanol, à partir d'une seule solution mère dans
l'éthanol contenant tous les COVSi ainsi que le toluène pour référence. Les résultats d'étalon-
nage en injection liquide et en dopage de tube pour le L2, le TMSol et le D5 ainsi que le to-
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
luène sont présentés sur la Figure 63 (les étalonnages pour les autres COVSi sont donnés
enAnnexe 7). Le même débit de split est appliqué pour les 2 modes d'étalonnage soit au ni-
veau de l'injecteur pour l'injection liquide, soit au niveau du thermodésorbeur pour la TD-
GC-MS. La même programmation de température est appliquée avec ajout d'un "solvent
delay" pour l'injection liquide.
Surface (u.a.) TD 1 tube TD 2 tubes Surface (u.a.) Surface (u.a.) TD 1 tube Injection liquide Surface (u.a.)
TD TD 3 tubes Injection liquide Inj. liquide TD Inj. liquide
7,0E+07 3,5E+06 3,0E+08 7,0E+06
y = 98319x
6,0E+07 3,0E+06 2,5E+08 2 6,0E+06
R = 0,9963
5,0E+07 2,5E+06 5,0E+06
2,0E+08
4,0E+07 2,0E+06 4,0E+06
1,5E+08
3,0E+07 1,5E+06 3,0E+06
1,0E+08
2,0E+07 1,0E+06 2,0E+06
y = 2257,3x
y = 1423,5x 5,0E+07
1,0E+07 5,0E+05 2
R = 0,9938 1,0E+06
2
R = 0,9986
0,0E+00 0,0E+00 0,0E+00 0,0E+00
a) c)
0 500 1000 1500 2000 0 500 1000 1500 2000 2500
[TMSol] (ngTMSol/µl) [D5] (ngD5/µl)
Surface (u.a.) TD 1 tube TD 2 tubes Surface (u.a.) Surface (u.a.) TD 1 tube Injection liquide Surface (u.a.)
TD 3 tubes Injection liquide TD Inj. liquide
TD Inj. liquide
2,5E+08 5,0E+06 2,5E+08 4,5E+06
y = 114118x 4,0E+06
4,5E+06
2
R = 0,9986 2,0E+08 y = 86286x
2,0E+08 4,0E+06 2 3,5E+06
R = 0,9967
y = 111519x 3,5E+06 3,0E+06
2
1,5E+08 R = 0,9974 3,0E+06 1,5E+08
2,5E+06
2,5E+06
2,0E+06
1,0E+08 2,0E+06 1,0E+08
1,5E+06
1,5E+06 y = 1869,9x
5,0E+07 y = 2176,5x 1,0E+06 5,0E+07 2 1,0E+06
R = 0,9992
2 5,0E+05
R = 0,9985 5,0E+05
0,0E+00 0,0E+00 0,0E+00 0,0E+00
b) 0 500 1000
[L2] (ngL2/µl)
1500 2000
d) 0 500 1000 1500
[Toluène] (ngToluène/µl)
2000 2500
Figure 63 : Comparatif des étalonnages en injection liquide et en dopage de tubes Tenax pour a) le TMSol, b)
L2, c) D5 et d) le toluène - matrice EtOH – Programmation de température = 50°C pendant 3 min, 50°C à 160°C
(3°C/min), 160°C à 200°C (5°C/min), 200°C à 260°C (10°C/min), 260°C pendant 1 min - [TD-GC-MS : Pression en
tête de colonne = 12 Psi, mode pression constante ; débit He colonne nomimal = 1,8 ml/min ; Ratio de split =
12,1:1 ; Débit de split = 20 ml/min ; Débit He piège = 35 ml/min] – [Injection liquide : Température injecteur =
250°C ; Pression en tête de colonne = 10,15 Psi, mode débit constant ; Débit He colonne = 1,6 ml/min ; Débit He
split = 19,3 ml/min ; Ratio de split = 12,1:1 ; Volume injection = 1 µl]
Si l'on se base sur la réponse du toluène, molécule bien connue et largement analysée
par GC-MS, les 2 modes d'étalonnage sont corrects (injection liquide et thermodésorption) ce
qui valide la gamme étalon réalisée. Si l'on s'intéresse maintenant aux réponses des divers
COVSi tout d'abord en injection liquide, la matrice éthanol ne pose pas de problème quant à
leur analyse, les linéarités sont bonnes (R²>0,993) bien que toutes inférieures à celle du to-
luène (R²=0,9992). Concernant l'étalonnage en dopage de tubes, deux comportements se dé-
gagent :
- les COVSi bien retenus et bien analysés : L3, L4, L5, D3, D4, D5 et D6 ;
- les COVSi mal retenus et qui percent les tubes : TMSol et L2.
Pour le L2, sa rétention sur tube Tenax est meilleure que celle du TMSol. En effet, le
L2 perce le premier tube mais la majorité de la masse injectée est retenue sur 2 tubes. L'utili-
sation de 3 tubes permet d'améliorer légèrement la linéarité de la réponse par rapport à 2
tubes (le R² passe de 0,9974 à 0,9986 entre 2 et 3 tubes). Cependant, au vu du gain de la quali-
té de l'étalonnage et des temps d'analyses, il n'est pas intéressant d'utiliser 3 tubes pour ce
composé. Ainsi, en réalisant des étalonnages en utilisant 2 tubes en séries, et en sommant les
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
surfaces des pics chromatographiques obtenus pour ces 2 tubes, il est possible de réaliser un
étalonnage correct.
Concernant le TMSol, la réponse n'est pas correcte quel que soit le nombre de
tubes employés (1, 2 ou 3). Son volume de percée est trop faible et réaliser un étalonnage
en dopage de tube correct nécessiterait un nombre de tubes en séries trop élevé pour être
envisageable comme étalonnage de routine.
De ceci, il advient que pour quantifier les masses de TMSol piégées sur les tubes,
les facteurs de réponse par rapport au toluène doivent être employés. Cette correction sera
à employer également pour L2 dans le cas où l'étalonnage n'est réalisé que sur 1 tube pour
des questions de délais d'analyse. Cette opération augmente les incertitudes de mesure.
Pour d'autres types de biogaz où les composés prépondérants peuvent être différents
(tels que les biogaz de STEP), c'est-à-dire majorité de D4 et D5, les prélèvements sur tubes
Tenax sont adaptés et les analyses seront relativement fiables.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
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0,0
L2 L3 L4 L5 D3 D4 D5 D6 TMSol
Figure 64 : Facteur de réponse des COVSi par rapport au toluène - déterminé pour un étalonnage par injection
liquide matrice EtOH – Conditions d'analyse identiques à celles de la Figure 63
La même étude a été réalisée pour déterminer les facteurs de réponse des COVSi par
rapport au toluène, mais cette fois en analyse par thermodésorption après dopage liquide de
tubes pour les molécules présentant des linéarités correctes (L2 avec 2 tubes en série ; L3, L4,
L5, D3, D4, D5, D6 avec un tube). Compte tenu des difficultés d'étalonnage en TD pour le
TMSol sur tube Tenax, son facteur de réponse ne peut être évalué pour cette technique. Les
valeurs sont données en Annexe 8.
Les facteurs de réponses sont similaires en termes d'ordre de grandeur par rapport à
ceux obtenus en injection liquide, cependant ils ne sont pas strictement identiques ; l'utilisa-
tion des facteurs de réponses obtenus en injection liquide va donc augmenter les incertitudes
sur le rendu du résultat numérique pour déterminer les teneurs en TMSol dans le biogaz
analysé par TD-GC-MS sur tube Tenax.
En résumé : Les solvants ne présentent pas tous le même comportement vis-vis des COV-
Si. Par exemple le MeOH dégrade le D3, ainsi son analyse sera fortement biai-
sée si réalisée dans cette matrice ;
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
L'adsorption sur tube Tenax n'est pas idéale pour le L2 et le TMSol. La ré-
ponse pour le L2 est améliorée en utilisant 2 tubes en série pour récupérer l'in-
formation lors d'un étalonnage en dopage de tubes. Ceci n'est pas réalisable
pour le TMSol ;
L'utilisation des facteurs de réponse permet d'améliorer le rendu analytique
sur la masse effective piégée sur les tubes. Cependant, pour le TMSol, le vo-
lume de percée sur Tenax est faible, et de l'information sera perdue lors de
l'analyse d'échantillons réels ;
Les incertitudes de mesures pour ce composé seront donc très élevées, et la
valeur rendue sera une valeur par défaut.
3
[COVSi] mg composé / Nm
Rep1 Rep2
45
40
35
30
25
20
15
10
0
TMSol L2 L3 L4 L5 D3 D4 D5 D6
Figure 65 : Variabilité temporelle à court terme des COVSi par prélèvement sur tubes Tenax et TD-GC-MS sur
biogaz réel (ISDND 2) – Le TMSol est sous estimé compte tenu de sa mauvaise rétention sur le Tenax
Sur une courte période de temps, les fluctuations des teneurs en COVSi sont relati-
vement faibles. La répétabilité est correcte, seul le D4 présente une variation de concentra-
tions significative, presque triplée. Il est à noter que les teneurs en TMSol sont à prendre avec
du recul compte tenu de la mauvaise rétention sur Tenax. Ces valeurs sont donc sous esti-
mées.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
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TMSol L2 L3 L4 L5 D3 D4 D5 D6
Figure 66 : Variabilité temporelle des teneurs en COVSi d'un même biogaz (ISDND 2) sur le long terme (5
mois) par prélèvement sur tube Tenax (3 tubes en série) – analyses 1 : Text = 27°C ; analyse 2 : Text = 10°C ; ana-
lyse 3 : Text = 18°C
La première constatation est l'absence systématique de L5, ceci est certainement lié à
sa faible pression de vapeur (inférieure à la limite fixée pour l'appellation COV). Ce composé
est donc faiblement volatil, et ne se retrouve pas aspiré avec le biogaz lors la collection de ce
dernier. Les faibles teneurs en L4 et D6 sont expliquées par ce même phénomène.
Dans un second temps, les composés majoritaires de ce biogaz sont en moyenne sur
les 3 campagnes de prélèvement le TMSol, le L2, le D4 et ponctuellement le D5. Ces données
seraient à corréler avec les entrants de la décharge sur la même période, malheureusement
ces informations ne sont pas communiquées. En effet, le D5 étant présent dans de nombreux
produits, l'augmentation de la teneur de ce composé dans le biogaz peut résulter de la volati-
lisation rapide de ce dernier.
Les variations qualitatives des teneurs des COVSi sont importantes, la composition
du biogaz fluctue beaucoup sur une période de temps longue (5 mois). L'analyse 2 présente
des teneurs en TMSol plus faibles que lors des autres essais. Si on relie ceci aux températures
ambiantes lors des analyses, l'essai 2 a été réalisé à la température la plus basse de 10°C
contre 27°C et 18°C pour les analyses 1 et 3. Il est possible que des condensations de l'eau
dans le réseau de captage du biogaz abaissent les teneurs observées en phase gaz par absorp-
tion de ce composé dans les poches d'eau de condensation.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
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[COVSi] mg/Nm Tubes Tenax Tedlar
80
70
60
50
40
30
20
10
0
3
6
L2
L3
L4
L5
l
So
D
TM
Figure 67 : Comparatif d'un prélèvement sur tubes Tenax (3 tubes en série) et sac Tedlar pour le biogaz de
l'ISDND 2
Les profils obtenus à partir de ces deux types de prélèvements suivis d'une analyse
GC-MS sont relativement proches, à l'exception du D3 et du D5 pour lesquels les teneurs
obtenues par les tubes Tenax sont beaucoup plus élevées que par sac Tedlar (34 et
3 mgD5/Nm3 et 14 et 3 mgD3/Nm3 biogaz respectivement). Concernant D5, il peut s'agir
d'adsorption sur le sac ou de pertes de composés du au type de sac utilisé [Ajhar et al. 2010].
Cependant une variation de la qualité du biogaz entre les prélèvements ne peut être exclue.
Les teneurs converties en Si total sont très proches entre les 2 méthodes d'analyses :
53 et 63 mgSi/m3 respectivement pour le prélèvement par sac Tedlar et par adsorption sur
tube Tenax. Ce qui pointe l'intérêt de raisonner sur la quantité de Si total.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
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0
TMSol L2 L3 L4 L5 D3 D4 D5 D6
Les composés majoritaires apparaissent comme étant les mêmes que pour l'ISDND 2
à savoir le TMSol, L2, D4 et D5. Cependant les teneurs de ces composés sont plus faibles que
pour le biogaz de l'ISDND 2. Ces teneurs plus faibles sont à relier en premier lieu avec la
température extérieure (6,5°C) lors de l'essai. En effet selon la même conclusion que précé-
demment, des condensations dans le réseau peuvent abaisser les teneurs.
De plus, ces teneurs plus faibles seraient à corréler avec les compositions des massifs
de déchets pour voir si les proportions de composés siliciés entrants dans la décharge varient
dans les mêmes proportions. Cependant, il ne s'agit que d'une image de la composition du
biogaz à un instant donné, qui n'est pas forcément représentative de la qualité moyenne du
biogaz sur l'année.
Ces résultats seraient à corréler avec des analyses de biogaz issus d'autres ISDND
dont la qualité des déchets au sein des alvéoles soit différente, pour mettre en évidence des
tendances de profil de composition en fonction de la nature des déchets.
En résumé : L'adsorption sur tube Tenax montre ses limites pour l'analyse des COVSi issus
de biogaz d'ISDND, les composés les moins bien analysés (L2, TMSol) repré-
sentant la moitié des COVSi majoritaires de ce type de biogaz ;
Le prélèvement joue un rôle très important et, sur le terrain, il n'est pas tou-
jours évident d'être en conditions optimales ; ce qui peut engendrer d'énormes
variabilités sur les réponses. Par exemple, la température influe sur les teneurs
des COVSi dans le biogaz par absorption dans des poches de condensation,
un réchauffement peut potentiellement engendrer des bouffées de COVSi.
Ceci pointe la nécessité de développer un outil d'analyse fiable pour le TMSol (COVSi
léger et polaire) qui est mal analysé par prélèvement sur tubes adsorbants (Tenax tout au
moins) et dont le recouvrement en sac Tedlar n'est pas connu.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
La section suivante s'intéresse à l'analyse des COVSi d'une manière globale (sur la
quantité de Si élémentaire) après prélèvement par absorption dans un solvant.
Objectif : Le kit de prélèvement des COVSi développé et breveté par le LGCIE, est basé sur
l'absorption des COVSi par solvant. L'utilisation de plusieurs solvants peut être envisagée
pour séparer les COVSi en fonction de leurs caractéristiques, telles que la polarité par
exemple. Les solutions sont ensuite analysées par ICP-OES. Les solutions absorbantes testées
et comparées sont une solution aqueuse et un solvant organique.
Comme mentionné dans l'état de l'art (Chapitre 1), les recherches bibliographiques font état
de problèmes analytiques quant à l'analyse des COVSi en matrice organique telles que le
xylène par ICP-OES [Sánchez et al. 2009], ainsi qu'en matrices aqueuses d'origine biologique
[Kennan et al. 1999]. La volatilité des analytes induit une surestimation de la concentration en
Si due à une atmosphère plus riche en analyte en dehors des gouttes du brouillard. Ce para-
graphe a pour but d'évaluer les biais analytiques des COVSi polaires en matrice aqueuse à
savoir principalement le TMSol, seul COVSi polaire détecté dans les biogaz d'ISDND, ainsi
que les biais analytiques des COVSi peu polaires en matrice éthanol lors de l'analyse par
ICP-OES.
[Si] mg/l [Si] théorique [Si] mesurée Rep1 [Si] mesurée Rep2 [C] mg/l [C] théorique [C] mesurée Rep1 [C] mesurée Rep2
mesurée mesurée
500 40
450
y = 17,808x
2
a) 35
y = 1,0771x
2 b)
R = 0,9995 R = 0,9993
400
30
350 y = 1,0237x
y = 15,516x 25 2
R = 0,9987
300 2
R = 0,9999
250 20 y=x
2
15 R =1
200
150 10
100 y=x 5
2
50 R =1
0
0
0 5 10 15 20 25 30 35
0 5 10 15 20 25 30
[Si] mg/l théorique [C] mg/l théorique
Figure 69 : Gamme étalon de TMSol en matrice aqueuse de 2,5 à 25 mgSi/l – Réalisation en duplicat à partir de
2 solutions mères différentes - a) Analyse du Si (mgSi/l) par ICP-OES - b) Analyse du COT (mgC/l) par analy-
seur de carbone
Si l'on s'intéresse dans un premier temps aux résultats concernant le COT (Figure
69b), les incertitudes se recoupent entre les teneurs mesurées et calculées. De plus la linéarité
de la réponse est bonne (R² de 0,9987 et 0,9993), ce qui valide la réalisation des gammes éta-
lons. Concernant les résultats de mesure de Si (Figure 69a), la linéarité de la gamme est
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
bonne (R² de 0,9995 et 0,9999), mais une surestimation de l'ordre d'un facteur 15-17 est obser-
vée. Le TMSol ne se comporte donc pas de la même manière que l'étalon minéral à certains
niveaux de la chaîne analytique de l'ICP-OES. Cette observation a déjà été faite lors de l'ana-
lyse de sang supplémenté en TMSol par ICP-OES. Le facteur observé dans cette étude est de
17 [Kennan et al. 1999] ce qui est du même ordre de grandeur que le biais observé dans une
matrice simple comme la nôtre (ED). De plus, les travaux de Kennan indiquent le facteur de
réponse pour le DMSD, la valeur est de 1,1. Le biais d'analyse pour les échantillons biolo-
giques ne provient donc pas d'un effet de matrice, mais des propriétés intrinsèques aux mo-
lécules analysées. Nous pouvons émettre l'hypothèse que ce problème est dû à la volatilité de
la molécule comme cela est le cas dans les matrices xylènes [Sánchez et al. 2009]. Un essai de
gamme étalon à des concentrations plus faibles est réalisé (Figure 70).
30
20
10 y=x
2
R =1
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
Un étalonnage sur le TMSol pourrait être envisagé ; cependant, sur des échantillons
réels, il n'est pas impossible que d'autres COVSi soit absorbés. Cette option est éliminée pour
l'analyse de solutions inconnues issue de l'environnement où les matrices sont toujours com-
plexes et le facteur de réponse semble tributaire des propriétés de chacune des molécules
[Sánchez et al. 2009] [Kennan et al. 1999].
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
L'ajout de magnésium dans les solutions étalons de Si permet d'obtenir des informa-
tions quant à la robustesse du plasma au travers du rapport d'intensité de 2 raies du Mg à
savoir Mg280/Mg285 qui correspondent respectivement à une raie ionique (Mg 280 nm) et une
raie atomique (Mg 285 nm). En condition d'analyse non robuste, les effets de matrice sont
très importants et dus principalement au plasma, ainsi les effets liés à la nébulisation sont
masqués ; tandis qu'en conditions d'analyses robustes les caractéristiques du plasma sont
inchangées vis-à-vis de variations de constitution de la matrice de l'échantillon. Dans ce cas,
les effets observés sont directement imputables au transport de l'aérosol et au rôle de la
chambre de nébulisation [Mermet 1998]. Un rapport Mg280/Mg285 d'au moins 8 pour une hau-
teur d'observation normale est considéré comme étant des conditions robustes. La robustesse
est acquise, par exemple, en augmentant la puissance du générateur de haute fréquence.
Tableau 24 : Expérimentations réalisées dans le but d'étudier l'influence des paramètres de l'ICP sur le facteur
de réponse du TMSol en milieu aqueux
De plus, pour s'affranchir des incertitudes supplémentaires liées à l'étalonnage, les so-
lutions préparées étant de mêmes concentrations, les raisonnements suivants sont réalisés
sur les rapports d'intensité nette de la raie 251,61 nm du Si entre les solutions B et A définies
précédemment. Ainsi seules les incertitudes de dilutions pour la préparation des solutions
sont à prendre en compte. Les intensités nettes utilisées pour les rapports d'intensités résul-
tent de la moyenne de 3 mesures.
On définit alors le facteur de réponse (Fr) du Si organique (= biais analytique) dans
l'Équation 12.
I nette B [Si ]mesurée
Fr = =
I nette A [Si ]théorique
Équation 12 : Facteur de réponse du Si organique en ICP-OES – Inette A = Intensité du Si minéral (solution A :
Si minéral à 0,90 ± 0,05 mgSi/l) pour la raie 251,61 nm – Inette B = Intensité du Si organique (solution B : Si or-
ganique à 0,91 ± 0,07 mgSi/l) pour la raie 251,61 nm – [Si]mesurée = concentration en mgSi/l obtenue par ICP-OES
- [Si]théorique = concentration en mgSi/l théorique correspondant à la réalisation des étalons par dilution
- 163 -
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
500000
400000
300000
200000
100000
0
212 nm 251,6 nm 288,2 nm
Figure 71 : Influence de la raie du silicium et de la hauteur d'observation sur la sensibilité de la mesure (réali-
sée sur la solution A)
Quelle que soit la hauteur d'observation, la raie à 251,6 nm du silicium est la plus sen-
sible. Ceci se traduit expérimentalement par des limites de détection plus basses et de meil-
leures réponses vis-à-vis de faibles changement de concentration. Ainsi les incertitudes de
mesures sont diminuées.
I Mg280 / I Mg285
12
10
0
2 mm 3 mm 4 mm 5 mm 6 mm
Figure 72 : Influence de la hauteur d'observation (en mm) sur la robustesse du plasma (rapport I Mg280 /I Mg285)
- 164 -
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
Fr Essai 1 Essai 2
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0
20°C 4°C
Fr
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0
1000W 1200W
- 165 -
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
Fr
16
14
12
10
8
6
4
2
0
18 tr/min 20 tr/min 22 tr/min
Une vitesse d’introduction d’échantillon plus lente (-10%), semble augmenter le fac-
teur de réponse de 3,5% et une vitesse de pompe plus rapide (+10%), semble diminuer le
biais de 1,1%. Ces variations sont faibles et non significatives au vu des incertitudes, cepen-
dant sur 3 mesures une tendance à la diminution du facteur de réponse semble se dégager
quand la vitesse de pompe est augmentée.
Fr
16
14
12
10
8
6
4
2
0
2,94 bar 3,27 bar 3,61 bar
- 166 -
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
de nébulisation est augmentée et donc la densité du brouillard. Ceci renforce l'hypothèse sur
l'origine probable du biais analytique, par désorption de l'analyte.
Fr
16
14
12
10
8
6
4
2
0
Chambre cyclonique Chambre de Scott
Fr
16
14
12
10
8
6
4
2
0
Miramist (Peek) Meinhard (Verre)
- 167 -
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
Quel que soit le nébuliseur employé en association avec la chambre cyclonique, le fac-
teur de réponse est inchangé. La géométrie du nébuliseur n'a pas d'influence.
[Si] mesurée / [Si] théorique 0,3 mgSi/l 0,6 mgSi/l 0,9 mgSi/l
20
18
16
14
y = 0,3902x + 5,2483
12 2
R = 0,9984
10
y = 0,4222x + 5,2652
8 2
R = 0,9916
6
y = 0,4230x + 5,4429
4 2
R = 0,9941
2
0
-15 -10 -5 0 5 10 15 20 25 30 35
Température de la chambre de nébulisation (°C)
Figure 79 : Influence de la température (°C) de la chambre de nébulisation sur le TMSol à 0,3 ; 0,6 et 0,9 mgSi/l
- λSi = 251,61 nm – Comparaison à un étalonnage sur Si minéral NIST
Une deuxième voie est envisagée pour s'affranchir du biais analytique du TMSol en
matrice aqueuse par ICP-OES. Il s'agit de la minéralisation des solutions. Le paragraphe sui-
vant traite de ces essais.
- 168 -
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
Les combinaisons HNO3/HClO4 et HNO3/HF ne sont pas réalisées pour des ques-
tions d'équipements (minéralisateur non garanti pour l'emploi de HClO4) et d'autorisation (le
laboratoire n'étant pas équipé pour utiliser HF).
Nous ajoutons une autre matrice de minéralisation nous semblant intéressante, il
s'agit du mélange H2SO4/persulfate d'ammonium ((NH4)2S2O8)). Cette voie de minéralisation
est inspirée de la norme d'analyse du phosphore total en matrice aqueuse NF EN 1189
[AFNOR 1997b]. Le phosphore étant un pseudo métalloïde, des similitudes peuvent exister
entre sa chimie et celle du silicium sur certains types de composés, en particulier organomé-
talliques.
- 169 -
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
Figure 80 : Comparaison des facteurs de réponse du Si en ICP-OES pour le TMSol en matrice aqueuse pour
diverses minéralisations – Réponse théorique – TMSol non minéralisé – Minéralisation à 95°C pendant 2h
avec : en rouge : ajout de 10% (v/v) d'HNO3 concentré (70%) ; en orange : ajout de 10% (v/v) d'eau régale (HCl
concentré (37%) /HNO3 concentré (70%) rapport 4:1) ; en vert : ajout de 5% (v/v) d'H2SO4 concentré (49%) et de
10% (v/v) de (NH4)2S2O8 en solution à 40% (m/v) - Moyenne des réponses de triplicats de minéralisation pour
chaque point.
Les divers réactifs de minéralisation ont des effets totalement différents, allant d'une
efficacité quasi nulle pour l'acide nitrique (diminution du facteur de réponse de 6,6% par
rapport au TMSol non minéralisé), à une minéralisation quasi totale pour le mélange acide
sulfurique/persulfate (diminution du facteur de réponse de 99,7% par rapport au TMSol non
minéralisé). Les résultats pour l'acide nitrique confirment l'inaction observée par Kennan
[Kennan et al. 1999]. L'action de l'eau régale est intermédiaire (diminution du facteur de ré-
ponse de 61,2% par rapport au TMSol non minéralisé). De ces observations, il semblerait que
ce soit le caractère oxydant de la matrice de minéralisation qui influe et non la "digestion"
acide. En effet, l'acide nitrique seul est assez peu oxydant, l'eau régale est un oxydant fort et
le persulfate (peroxyde) ajouté à l'acide sulfurique est un oxydant très puissant.
Il est à noter que, quelle que soit l'efficacité de minéralisation, la linéarité est conser-
vée (R² > 0,997 pour les 4 essais) lorsque la minéralisation est réalisée dans des tubes clos et à
une température inférieure à la température d'ébullition de la solution minéralisée.
- 170 -
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
3,0
2,5 Fr = 1,06
2,0 Fr = 1
Fr = 0,99
1,5
Fr = 0,85
1,0
0,5
0,0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
[Si] théorique (mgSi/l)
Les 3 conditions de minéralisation sont efficaces (Fr de 1,06 ; 0,99 et 0,85 respective-
ment pour les conditions drastiques, douces et intermédiaires). La condition douce semble
tout de même la plus juste, c'est celle qui sur ou sous-estime le moins le teneur réelle. En
outre, en conditions douces, aucun effet de matrice n'est observé, ce qui n'est pas le cas dans
les autres conditions. De plus, la meilleure linéarité est obtenue en conditions douces : R² de
0,99998 contre 0,991 et 0,997 pour les conditions intermédiaires et drastiques.
- 171 -
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
2
1
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
[Si] théorique (mgSi/l)
Figure 82 : Influence du persulfate et de l'acide sulfurique en conditions douces. – Acide sulfurique seul :
ajout de 1,25% (v/v) d'H2SO4 dilué (2,5M) – Acide sulfurique + persulfate : ajout de 1,25% (v/v) d'H2SO4 dilué
(2,5M) et de 2,5% (v/v) de (NH4)2S2O8 en solution à 20% (m/v) – Persulfate seul : ajout de 2,5% (v/v) de
(NH4)2S2O8 en solution à 20% (m/v)
Le Fr obtenu pour l'acide sulfurique seul est très voisin de celui obtenu avec l'eau ré-
gale (9,10).
Ceci démontre bien que si l'on utilise les protocoles de minéralisation des normes de
qualité de l'eau pour la détermination des métaux dans le but d'analyser des eaux chargées
en silicium organique volatil, les résultats seront surestimés. Ceci soulève la question de
l'analyse par ICP d'autres composés pouvant présenter une certaine volatilité, en particulier
de nombreux composés organométalliques.
- 172 -
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
120
Fr = 1,03
100
Fr = 1
80
60
40
20
0
0 20 40 60 80 100 120
[Si] théorique (mgSi/l)
La minéralisation est efficace jusqu'à des concentrations très élevées (100 mgSi/l), te-
neurs supérieures à celles rencontrées dans les solutions de barbotage de biogaz. Ceci permet
de valider le protocole de minéralisation sur nos échantillons réels en matrice aqueuse con-
tenant principalement du TMSol.
La linéarité de la gamme ainsi que la répétabilité de la minéralisation sont très
bonnes, (R² de 0,999) et les CV sur les triplicats vont de 0,3 à 3% respectivement pour les éta-
lons à 5 et 0,5 mgSi/l.
En résumé : Malgré des résultats prometteurs avec le système Isomist (chambre de nébuli-
sation thermostatée), la minéralisation avec H2SO4/(NH4)2S2O8 apparaît
comme la seule solution pour analyser par ICP-OES le TMSol en milieu
aqueux.
L'analyse du TMSol en milieu aqueux est correcte après minéralisation dans
les conditions décrites.
La procédure analytique pour l'analyse des COVSi polaires par le kit d'ab-
sorption en matrice aqueuse est validée si la minéralisation est effectuée en
milieu acide sulfurique/persulfate d'ammonium.
Après avoir optimisé l'analyse du TMSol dans l'eau, et de fait résolu le problème de la
quantification de la fraction polaire des COVSi piégés par absorption dans l'eau, il s'agit
d'évaluer les réponses des COVSi peu polaires absorbés dans l'EtOH.
- 173 -
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
En condition ICP classique, il est impossible d'introduire de l'EtOH pur ou même en forte
proportion car cela éteint le plasma. Le système Isomist (chambre de nébulisation refroidie)
permet l'introduction de matrice 100% EtOH. Nous avons donc testé les réponses du TMSol
et des COVSi peu polaires en matrice eau/EtOH (50/50 volumique) et EtOH pur avec une
nébulisation à -10°C.
6 Fr D5 = 8,38
4 Fr D6 = 1,61
2 Fr TMSol = 1,41
Fr = 1
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
Figure 84 : Facteur de réponse en ICP-OES des COVSi en solution dans EtOH/H2O (50/50 volumique) à -10°C.
Comparaison à un étalonnage avec l'étalon minéral NIST dans la même matrice.
Concernant le TMSol, le biais observé dans cette matrice à -10°C est le même que celui
observé en matrice ED à -10°C à savoir Fr de 1,4. De plus, la bonne linéarité est conservée.
- 174 -
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
90000
80000
70000
60000
50000
40000 y = 14578x + 10195
30000 R2 = 1
20000
10000
0
0 1 2 3 4 5 6
[Si] théorique (mgSi/l)
Figure 85 : Etalonnage ICP-OES sur le L5 dans l'EtOH (100%) avec nébulisation à -10°C
La Figure 86 présente les facteurs de réponse des COVSi en solution dans 100%
d'EtOH par rapport à un étalonnage avec le L5 dans la même matrice. Les analyses sont réa-
lisées à -10°C.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
30
Fr L2 = 4,57
25
Fr L3 = 1,37
20 Fr L4= 1,10
Fr D3 = 1,25
15
5 Fr = 1
Fr D6 = 0,93
0
0 1 2 3 4 5 6
Figure 86 : Facteur de réponse en ICP-OES des COVSi en solution dans EtOH (100%) à -10°C. Comparaison à
un étalonnage sur le L5 dans la même matrice
En matrice EtOH pur les linéarités observées pour les COVSi sont nettement meil-
leure qu'en matrice eau/EtOH. En effet les R² sont tous supérieurs à 0,995.
Dans ces conditions, les facteurs de réponse sont tous aux alentours de la réponse
théorique sauf pour le L2 qui présente encore une réponse exacerbée (Fr = 4,6). Cependant, le
biais du L2 est tout de même fortement diminué (Fr = 10,5 dans le mélange eau/EtOH). Ces
essais démontrent l'importance des interactions analytes/solvant lors du processus de nébu-
lisation et de l'importance de la puissance du générateur de haute fréquence (1400W pour
l'éthanol pur contre 1200W pour le mélange eau/éthanol). En matrice plus apolaire (EtOH
pur) par rapport à la matrice eau/EtOH, les facteurs de réponses sont fortement diminués
pour 5 (L3, L4, D3, D4, D5) des COVSi présentant encore un biais important. Cette diminu-
tion du biais conséquente peut provenir d'interactions plus fortes entre les analytes et le sol-
vant, ou du fait que l'on compare les réponses par rapport à une molécule de même nature
chimique.
En résumé : En matrice eau/éthanol (50/50), les facteurs de réponses des COVSi peu po-
laires rencontrés dans les biogaz sont relativement proches
- 176 -
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
Possibilité d'utiliser une valeur de biais moyennée pour recalculer les con-
centrations dans le biogaz ; les incertitudes sur les mesures réalisées en ma-
trice eau/éthanol seront augmentées d'au moins 10% en corrigeant les valeurs
par le facteur de réponse moyen.
Afin de s'affranchir totalement des biais analytiques en matrice éthanol, une minérali-
sation des échantillons doit être mise au point. Des essais ont été réalisés avec les réactifs de
minéralisation retenus pour la minéralisation de matrices aqueuses. Pour le moment ces es-
sais sont infructueux.
1 Valeur moyenne non pondérée des facteurs de réponse des COVSi peu polaires.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
30
25
20
15
10
0
Tedlar Absorption-Essai a Absorption-Essai b
Figure 87 : Comparatif des méthodes analytiques sur le biogaz de l'ISDND 2 - Sac Tedlar / analyse GC-MS –
absorption / ICP-OES prélèvement eau /éthanol – Minéralisation des échantillons aqueux par H2SO4 2,5M /
persulfate 20% (m/v). Echantillons en matrice éthanol analysé à -10°C dilués à 50% dans l'ED - correction des
teneurs obtenues par la moyenne des biais des COVSi peu polaires (Fr moyen = 9,0 et 8,1 pour les essais a et b
respectivement) – comparaison à un étalonnage sur l'étalon ICP minéral NIST en matrice eau/EtOH (50/50)
La première constatation porte sur les teneurs globales (polaires + peu polaires) :
celles-ci sont identiques entre les 3 analyses (au regard des incertitudes d'analyses) ce qui
permet de valider la teneur totale en silicium issue des COVSi dans ce biogaz pour ce prélè-
vement. Cependant, si l'on s'intéresse à la répartition entre COVSi polaires et peu polaires,
les 2 méthodes ne donnent pas les mêmes valeurs de concentration. La méthode par absorp-
tion en solutions aqueuses annonce une proportion de COVSi polaires par rapport à la totali-
té plus importante (1,7 fois plus) que la méthode par Tedlar-GC-MS, et à l'inverse 1,2 fois
moins de COVSi peu polaires.
Ces différences de répartition peuvent s'expliquer par des réactions pouvant se pro-
duire au sein du sac Tedlar entre le prélèvement et l'analyse. En effet, sous les variations de
température pendant le transport, des condensations de vapeur d'eau peuvent avoir lieu.
H2S peut se solubiliser dans cette eau liquide et générer une solution acide dans laquelle l'ap-
titude du TMSol à se condenser avec élimination d'eau pour former du L2 est connue [Igna-
tyev et al. 2004]. Le L2 formé sera comptabilisé avec les COVSi peu polaires, ce qui va contri-
buer à surestimer sa valeur.
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
L'analyse des COVSi dans les biogaz est, de nos jours, majoritairement réalisée par
des analyses GC-MS après divers types de prélèvements sans pour autant qu'il y ait de
norme reconnue. Cette méthode permet de quantifier individuellement une dizaine de com-
posés. Nous nous sommes intéressés dans cette étude à l'évaluation des biais analytiques,
par des expérimentations simples et comparatives.
Tout d'abord, la méthode majoritairement employée aux USA est basée sur l'absorp-
tion des COVSi dans le MeOH, puis analyse GC-MS en injection liquide des solutions de
piégeage. Nous avons montré que le D3 est dégradé dans cette matrice en un sous produit
qui n'a pu être identifié. Ceci va induire des sous estimations des teneurs de ce composé dans
le biogaz.
Le méthanol doit absolument être évité lors de l'analyse de COVSi, que ce soit
pour la réalisation des étalons analytiques ou des prélèvements réels.
Des sous estimations importantes des teneurs en L2 et en TMSol sont à prévoir lors
de l'utilisation de Tenax comme adsorbant des COVSi d'IDSND, ces 2 molécules repré-
sentant une fraction importante des COVSi présents.
Cependant, pour l'analyse des COVSi dans les biogaz de STEP, les composés majori-
tairement présents, sont le D4 et le D5 [Liang et al. 2002] [Ohannessian 2008], les prélèvements
sur tubes Tenax peuvent, dans ce cas, être considérés comme appropriés.
Pour la quantification en GC-MS, l'utilisation d'un étalon par molécule à quantifier est
nécessaire, cependant, lors de l'analyse des COV d'une matrice complexe telle que le biogaz
pouvant comporter plusieurs centaines de COV, il est impossible d'étalonner pour toutes les
molécules, de par le temps que cela prendrait, et de par le fait que pour certaines molécules,
les étalons ne sont pas disponibles.
L'usage est donc de quantifier en équivalent toluène. Nous avons montré que cette
méthode est inadéquate pour les COVSi compte tenu des facteurs de réponse de ces derniers
par rapport au toluène. En effet quantifier les COVSi en équivalent toluène peut engen-
drer des sous ou surestimations des teneurs jusqu'à un facteur 2.
Cependant, l'utilisation de ce facteur de réponse, s'il est connu permet de corriger les
teneurs et des gains de temps sur la réalisation des gammes étalons.
Ceci démontre la complexité des analyses GC-MS pour les COVSi. Nous avons donc
parallèlement évalué une technique d'analyse globale des COVSi basée sur une technique
spectroscopique par ICP-OES, après prélèvement par absorption dans un solvant. L'efficacité
de deux solvants, l'eau et l'éthanol, a été évaluée.
Cette technique présente également des biais quant à l'analyse des COVSi piégés. En
effet la réponse obtenue en ICP-OES est tributaire de la molécule analysée, ce qui engendre
des biais surestimant les teneurs jusqu'à 17 fois lors de l'analyse à température ambiante de
TMSol en matrice aqueuse.
- 179 -
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Chapitre 3 : Analyse des COVSi – Comparatif de méthodes Résultats et discussion
Pour les COVSi peu polaires analysés dans une matrice eau/éthanol (50/50 volu-
mique) à -10°C, les facteurs de réponse observés dépendent des molécules. Aucune relation
directe n'a été trouvée entre la valeur du facteur de réponse et les pressions de vapeur des
composés.
Les COVSi peu polaires sont très correctement analysés dans une matrice éthanol pur
à -10°C, seul le L2 (composé peu polaire et le plus petit) présente encore un biais conséquent
de 4,6 lorsqu'on le compare à un étalonnage sur le L5. Le L2 reste le dernier problème à ré-
soudre pour valider cette méthode d'analyse globale du silicium dans un biogaz.
Néanmoins, ces résultats démontrent la possibilité de s'affranchir des biais analy-
tiques lors de l'analyse de COVSi par ICP-OES.
Les connaissances développées dans cette partie de notre étude, en particulier les
spécificités physico-chimiques des COVSi, sont fondamentales pour la réflexion et la mise au
point de procédés de traitement épuratoires. La suite de ce travail traite de cette probléma-
tique.
- 180 -
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- 181 -
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- 182 -
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Chapitre 4 :
- 183 -
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- 184 -
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Introduction
Traitement gaz-solide = adsorption
Tout au long de ce travail, qui est loin d'être exhaustif, une des préoccupations ma-
jeures est l'appréciation des méthodes analytiques, tout particulièrement vis-à-vis des COV-
Si, à leurs justes niveaux de fiabilité. Il est évident que pour évaluer correctement les perfor-
mances épuratoires d'un traitement, il faut d'abord être capable d'évaluer, au moins de ma-
nière comparative, le suivi analytique de ces performances au travers des taux d'abattement
des composés indésirables.
Nota : Les expérimentations étant réalisées en condition terrain sur biogaz réel, nous
sommes soumis aux aléas du terrain. Principalement, la composition du biogaz n'est pas tou-
jours identique d'un jour à l'autre ni même au long de la journée. Ceci induit des incertitudes
plus élevées que lors de manipulations rigoureuses en laboratoire. Ces suivis expérimentaux
restent néanmoins plus proches de la problématique industrielle et de la réalité "terrain".
- 185 -
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-solide = adsorption
Surface Forme
Masse
Nature de spécifique Diamètre des Applications
n° Activation volumique
l'adsorbant BET particules préconisées
(kg/m3)
(m²/g) (mm)
Vapeur
CA extrudé à base
d'eau à Pellet COV, sol-
1 de houille bitumi- 450 1000
neuse
haute tem- 3 vants, odeurs
pérature
Vapeur
CA extrudé à base
d'eau à Pellet COV, sol-
2 de houille bitumi- 450 1000
neuse
haute tem- 4 vants, odeurs
pérature
CA extrudé à base
de houille Pellet
3* n.r. 600 n.r. H2S
Imprégnant non 3
divulgué
Traitement
CA de noix de Grain
4° Thermique 510 1100 des odeurs et
coco 2,36-4,75 des fumées
CA extrudé à base Pellet
5 n.r. 500 ± 30 1020 COV, odeurs
de houille 4
CA extrudé à base H2S, SO2,
1050 (avant Pellet
6* de houille n.r. 580 thiols et gaz
Imprégnant KOH
imprégnation) 4 acides
CA extrudé de Thermique + Pellet Récupération
7 ± 450 1100-1250
base minérale lavage acide 4 de solvants
Les CA à base de noix de coco présentent en général des micro-porosités plus déve-
loppées que les CA à base de houille. La micro-porosité caractéristique pour la noix de coco
représente environ 90% de la porosité totale [Communication personnelle de Chemviron Carbon].
Cependant, nous n'avons pu obtenir la distribution de cette porosité.
- 186 -
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-solide = adsorption
a b
Figure 88 : Pilote de traitement gaz-solide - a) Vue du pilote dans son ensemble b) un tronçon du pilote c)
grille de maintien des lits d'adsorbants
Le pilote de test est entièrement constitué d'acier inoxydable. Il s'agit de tubes inox
DN40 [LFK] (Figure 88b) de diamètre intérieur de 4 cm munis d’embouts KF40 [Pneurop®]
(Figure 88c) pour assurer une étanchéité parfaite. Des grilles permettent de supporter l'ad-
sorbant.
2.2.2. Conditions d'utilisation pour les essais sur site (biogaz réel)
L'adsorbeur décrit précédemment a été utilisé sur le biogaz de l'ISDND 2 (Figure 89).
Son environnement en condition terrain est schématisé sur la Figure 90.
- 187 -
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-solide = adsorption
Pompe
Charbon Actif
Mesure H2S
Débitmètre
Bain thermostaté Mesure H2S
Sur la plateforme de valorisation, le biogaz est prélevé juste avant l'entrée dans le mo-
teur. Il est au préalable refroidi à 15°C (condensation d'une partie de l'eau présente dans le
biogaz) et comprimé (légère surpression de l'ordre de +100 mbar).
Une pompe [KNF, type NO35.1.2ST.18] et des tuyaux en tube armé en polypropylène
assurent le passage du biogaz depuis les canalisations de la plateforme moteur jusqu’au pi-
lote. Un bain cryogénique [LAUDA] est employé en amont du pilote pour s'assurer que la
température d'entrée du biogaz dans les réacteurs est constante au cours des manipulations.
Cela permet de pallier un éventuel dysfonctionnement du condenseur industriel de la plate-
forme de valorisation et d'assurer une reproductibilité de la teneur en eau du biogaz entrant
dans l'adsorbeur. En effet les CA sont très avides en eau et sa présence peut affecter
l’épuration. La masse de CA utilisée est d'environ exactement 100 g.
Le débitmètre est un rotamètre à lecture directe [BROOKS] calibré pour le biogaz
(50/50 CH4/CO2). Le débit utilisé est de 540 l/h conformément au choix des conditions opé-
ratoires décrit précédemment. Le débitmètre est installé en sortie de l'adsorbeur pour éviter
une possible condensation résiduelle au sein de celui-ci.
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-solide = adsorption
Les teneurs en CH4, CO2, O2 sont données en pourcentage volumique, et celles d'H2S
en ppmv.
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-solide = adsorption
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-solide = adsorption
Les évolutions des taux d'abattement en fonction du temps sont données en Figure
91. Le mode de correction utilisé pour la représentation graphique est la correction 2/. Le
graphe sans mise à zéro, basé sur la correction 1/est donné en Annexe 9.
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Temps (min)
Figure 91 : Evolution des taux d'abattement d'H2S des 7 CA en condition terrain échelle pilote (en %) – Qgaz =
540 l/h – mCA = 100 g – Taux d'abattement avec mise à zéro des paliers finaux pour les adsorbants ayant atteint
la saturation et interpolation linéaire sur les teneurs en entrée (correction 2/)
- 191 -
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-solide = adsorption
lés. Cette caractéristique n'est pas suffisante pour conclure sur leur similarité de mode d'ac-
tion.
H 2 S ( g ) + 2 KOH ( aq ) → K 2 S ( aq ) + 2 H 2 O(l )
Équation 14 : Réaction entre H2S et KOH (imprégnant du CA 6)
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-solide = adsorption
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
0 50 100 150 200 250
Temps (min)
Figure 92 : Evolution des taux d'abattement (%) vis-à-vis d'H2S des 5 CA non imprégnés en condition labora-
toire et échelle pilote – [H2S] bouteille = 1000 ppmv – Qgaz=540 l/h – mCA=100 g
D'un point de vue qualitatif et comparatif, il apparaît que les CA 1 et 2 restent ceux
qui sont le plus rapidement saturés en H2S. Néanmoins, leurs comportements, en termes
d'efficacité épuratoire sont beaucoup plus proches que dans le cas des essais sur biogaz réel.
Les CA 4 et 7 montrent un comportement comparable et une efficacité épuratoire su-
périeure à celle des 2 précédents.
La courbe relative au CA 5 présente une allure sensiblement différente avec une per-
cée quasi immédiate, mais une durée plus grande avant d'atteindre la saturation.
Globalement, entre les expériences terrains et laboratoire, ce sont les CA 4 et 5 qui
montrent les plus grands écarts de comportement. Il ne s'agit ici que d'une réflexion relative
à l'allure des courbes. Un comparatif plus fin, au travers du calcul (ou estimation) des taux
de charges en mgH2S/gCA, sera réalisé à la fin de ce paragraphe.
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-solide = adsorption
Adsorbeur industriel
Un suivi d'un cycle de CA est réalisé sur site pour l'adsorbeur industriel mis en place.
A chaque campagne de mesures, les teneurs en H2S sont relevées avec le même analyseur sur
le biogaz brut en entrée du silo 1, entre les 2 silos, et en sortie du silo 2. Il est à noter que
pendant toute la période aucune trace d'H2S n'a été détectée en sortie du silo 2. L'abattement
d'H2S est donc de 100% si l'on considère l'ensemble de l'installation et pour cette durée de
fonctionnement.
Figure 93 : Evolution du taux d'abattement (%) du silo 1 pour le CA 5 - Echelle filtre industriel – Qgaz =
~600 m3/h – mCA = 9 tonnes.
Pendant toute la période de suivi, les teneurs en H2S sur biogaz brut (constatées au
moment des relevés) sont relativement stables avec des valeurs voisines de 550 à 600 ppmv
avec malgré tout 2 pics constatés à 800 ppmv. Cela ne préjuge en rien des évolutions qui ont
pu se produire entre les relevés dont la fréquence est de 1 par semaine en début de suivi,
puis de 2 à 3 par semaine après le début de la percée d'H2S.
Au vu des résultats, dans les conditions décrites, le taux d'abattement d'H2S est resté
à 100% pendant environ 55 à 60 jours. Les 20 jours suivants ont vu une perte d'efficacité
d'environ 40%, c'est-à-dire que des quantités importantes d'H2S et en augmentation rapide,
s'adsorbent sur le CA du silo 2. Le changement du silo 1 ne nous a pas permis de suivre son
efficacité épuratoire jusqu'à la saturation du CA. Néanmoins, si l'on se réfère à la cinétique,
ou au comportement "moyen" des CA testés en petits adsorbeurs, l'extrapolation de la courbe
de la Figure 93 indiquerait une saturation totale du silo 1 aux environs d'une centaine de
jours de fonctionnement. Il peut s'agir d'une valeur par défaut si la cinétique d'adsorption est
surestimée.
Bilan comparatif sur les quantités d'H2S adsorbées dans les différents essais
Le Tableau 26 résume les taux de charge des 7 CA, calculés à partir des différentes
expériences qui viennent d'être décrites. Dans la plupart des cas, pour tenir compte de la
variabilité des teneurs en H2S et des incertitudes de mesures de l'analyseur selon les condi-
tions, nous avons déterminé un intervalle ou une valeur par défaut.
Les intervalles donnés correspondent au calcul réalisé sur 2 types de correction :
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-solide = adsorption
Tableau 26 : Comparaison des taux de charge des adsorbants vis-à-vis d'H2S exprimés en mg d'H2S par
gramme d'adsorbant
De ce bilan, et avec les réserves émises, il ressort que dans la plupart des cas l'efficaci-
té épuratoire des CA vis-à-vis d'H2S est meilleure dans les tests réalisés en laboratoire (3 CA
sur 5). Ceci est logique et met en évidence la compétition entre l'adsorption d'H2S et celle des
autres molécules volatiles présentes dans le biogaz réel.
Nous n'avons pas d'explications du comportement différent des CA 4 et 7 qui "se-
raient" plus efficaces sur biogaz réel que sur H2S seul. Il n'est pas impossible qu'une baisse
importante des teneurs en H2S du biogaz ait pu se produire pendant l'expérience sur le ter-
rain et ait conduit à surestimer sa capacité d'épuration. Cela indique, d'une façon générale, la
nécessité de dupliquer, ou même tripliquer les essais sur le terrain, pour moyenner les varia-
bilités ponctuelles de qualité du biogaz.
De manière logique, les 2 CA imprégnés, et destinés spécifiquement à l'épuration
d'H2S, ont des efficacités épuratoires très supérieures à celles des CA classiques. Cependant
le choix d'un CA imprégné doit être discuté en termes du coût, de recyclabilité et de perfor-
mances vis-à-vis des autres impuretés du biogaz.
D'une manière générale également, les taux de charge sont relativement faibles,
quelques mg ou dizaines de mg d'H2S adsorbés par g de CA. Cette technique d'épuration
d'H2S n'est certainement pas la plus efficace et nécessite de surdimensionner les installations
industrielles.
Enfin en ce qui concerne le CA 5 qui a pu être testé aux 3 niveaux d'expérience, son
efficacité à l'échelle industrielle est supérieure d'un facteur au moins 20, à ce qui a été consta-
té à l'échelle pilote en condition terrain. Nous n'avons pas accès aux conditions et à la dyna-
mique de circulation du biogaz à l'intérieur du réacteur industriel. Malgré tout, le dimen-
sionnement et la géométrie du filtre industriel, conduisent certainement à une masse volu-
mique apparente plus élevée (par tassement) que dans nos expériences et un meilleur contact
gaz-solide en limitant les chemins préférentiels. Il paraît évident que ce sont ces paramètres
qui font la différence si les CA utilisés sont exactement les mêmes. Il reste malheureusement
un doute sur ce dernier point au vu des écarts constatés.
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-solide = adsorption
Taux d'abattement Essai 1.1 Essai 1.2 Essai 1.3 Essai 1.4
(%)
100
80
60
40
20
0
0 200 400 600 800 1000
Figure 94 : Taux d'abattement des COVSi polaires par le CA 2 – mCA = 150 g - Qgaz = 540 l/h – Analyse des
COVSi par ICP-OES après absorption en solutions aqueuses – Vgaz cumulé = 8,4 m3 – Durée de fonctionne-
ment cumulée = 930 minutes
Contrairement aux taux d'abattements observés vis-à-vis d'H2S pour ce CA, les taux
d'abattement pour les COVSi polaires sont relativement bons (100% de rétention pendant 465
minutes). Cependant, compte tenu du mode de réalisation discontinu des expérimentions,
les incertitudes sont relativement fortes ; en effet on observe une remontée du taux d'abatte-
ment entre les essais 1.3 et 1.4 pouvant s'expliquer par la désorption de COVSi à l'ouverture
de l'adsorbeur lors de la réinstallation sur site. Pour obtenir les cinétiques de rétention sans
artefacts liés aux durées des manipulations, il faudrait pouvoir réaliser un suivi continu sur
site pendant au moins 25 à 30 heures. Cette manipulation serait envisageable par analyse par
µGC-MS [Arnold et Kajolinna 2010] ou par GC-MS installée sur site en prélèvements automa-
tisés de gaz directement dans la veine.
De plus, 2 analyses ponctuelles par TD-GC-MS (prélèvement sur tubes Tenax) sont
réalisées lors des essais 1.2 et 1.3. Les taux d'abattements individuels pour chaque COVSi lors
de ces 2 campagnes de mesures sont respectivement présentés en Figure 95 et Figure 96.
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-solide = adsorption
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
3
6
L2
L3
L4
l
l
ta
So
To
TM
Si
Figure 95 : Taux d'abattement (%) ponctuels des COVSi au cours de l'essai 1.2 (à t = 317 minutes) du CA n°2 –
mCA = 150 g - Dgaz = 540 l/h – Analyses par TD-GC-MS ; prélèvements sur tubes TENAX.
Huit COVSi sont détectés à savoir le triméthylsilanol (TMSol), L2, L3, L4, D3, D4, D5
et D6. L5 n'est détecté ni dans le biogaz brut ni dans le biogaz traité. Le taux d'abattement
global sur la somme de tous les COVSi analysés, exprimé en équivalent silicium, est de 97%
lors de l'essai 1.2 (à t = 317 min).
Les COVSi peu polaires sont dans l'ensemble très bien retenus, à plus de 98% pour
L2, L3, L4, D4, D5, et D6. Seul le D3 semble légèrement moins retenu avec 87% de taux
d'abattement. Cette rétention moins bonne pour ce composé peut s'expliquer par le phéno-
mène de diminution des interactions avec les molécules de petite taille ; en effet, le D3 est le
composé le plus léger de la série des siloxanes cycliques.
Les COVSi polaires semblent les moins bien retenus à savoir 72% de rétention pour le
TMSol ; cette molécule est également la plus légère. Deux phénomènes peuvent entrer en jeu
pour expliquer cette rétention plus faible que pour les autres COVSi :
- une affinité plus importante du CA vis-à-vis des molécules peu polaires,
- une rétention faible car les interactions molécule/CA ne sont pas assez fortes
compte tenu de la taille et de la faible masse moléculaire de ces molécules. Il est con-
nu que les CA classiques sont très peu efficaces pour les molécules de petite taille (en
général inférieures à C3/C4) ; ce qui est le cas du TMSol.
On observe donc une différence de taux d'abattement entre les 2 types d'analyses
concernant les COVSi polaires. En effet, par la méthode par absorption en solvant aqueux et
analyse ICP-OES, nous obtenons un taux d'abattement de 100% tandis que par la méthode
par adsorption sur tube Tenax puis analyse GC-MS, le taux d'abattement pour le TMSol est
de 70%. Ceci peut s'expliquer par le biais observé pour l'analyse des molécules légères par
prélèvement sur tubes Tenax présenté dans le chapitre précédent (cf. Chapitre 3 p.153) ainsi
que par l'ensemble des incertitudes de mesures.
La Figure 96 présente les résultats du second suivi pendant l'essai 1.3 (à t = 623 min).
- 197 -
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-solide = adsorption
100
50
0
-50
-100
-150
-200
-250
3
6
L2
L3
L4
l
l
ta
So
To
TM
Si
Figure 96 : Taux d'abattement (%) ponctuels des COVSi au cours de l'essai 1.3 (à t = 623 minutes) par le CA 2 –
mCA = 150 g - Dgaz = 540 l/h – Analyses par TD-GC-MS ; prélèvements sur tubes TENAX.
Une autre explication peut venir de la compétition sur les CA entre les molécules de
diverses masses molaires. Les molécules les plus lourdes prennent les sites d'adsorption en
désorbant les plus légères (dans ce cas L2) ; ce phénomène est néanmoins minime pour le
TMSol : ce dernier étant soluble en milieu aqueux, il se retrouve piégé par absorption dans
l'eau de condensation piégée dans les pores du CA.
- 198 -
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-solide = adsorption
correct : 0,7 s. L'évolution du taux d'abattement dans ces conditions est présentée en Figure
97.
100
80
60
40
20
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500 550
Durée cumulée (min)
Figure 97 : Taux d'abattement (%) des COVSi polaires pour le CA 2 – mCA = 50 g - Qgaz = 540 l/h - Analyse des
COVSi par ICP-OES après absorption en solutions aqueuses – Vgaz cumulé = 4,6 m3 – Durée de fonctionne-
ment cumulée = 513 minutes
En résumé : Aux réserves près sur les comparatifs possibles entre les 2 méthodes d'ana-
lyses utilisées, il est tout de même possible d'exprimer certains résultats, ou
tendances concernant l'adsorption des COVSi sur CA :
- Les COVSi peu polaires sont mieux retenus que le TMSol polaire ;
- Les COVSi les plus légers sont logiquement moins bien adsorbés ;
- Il y a probablement formation de L2 par condensation de TMSol in
situ ;
- Les taux de charge (en mgSi/m3 de biogaz) paraissent faibles par
rapport aux autres COV.
- 199 -
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-liquide = absorption
Objectif : Mise au point d'un traitement simple et peu coûteux pour abattre les COVSi po-
laires du biogaz dans le but de réaliser un prétraitement du biogaz avant les traitements clas-
siques par CA.
T : prise
d’échantillons T : analyse Si
Réseau
biogaz
Sortie aval
biogaz
traité
Colonne Dévésiculeur
garnie Circuit servant à
Débitmètre by-passer une
liquide partie du débit
Grille de biogaz
Vanne de Appoint
régulation Réseau
Entrée
Débitmètre biogaz biogaz
gaz brut amont
Réservoir 100 L Garde
hydraulique T : analyse
H2S + Si
Soufflante à canal
lateral Atex
Purge T : prise
d’échantillons
Pompe de recirculation Atex
(liquide)
- 200 -
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-liquide = absorption
Un piquage sur la canalisation de biogaz du site est réalisé afin de dériver une partie
du flux en amont du moteur de valorisation. Les expériences seront réalisées dans une zone
ATEX (zone 2). Du matériel ATEX a donc été nécessaire (pompe pour le liquide, soufflante
pour le gaz). Une soufflante à canal latéral ATEX [CL 12/21 G ; Mapro International S.r.I]
permet l'acheminement du biogaz de la canalisation vers le pilote. Un circuit permet de by-
passer une partie du biogaz. Un rotamètre permet de mesurer le débit avant l'entrée dans la
colonne d'absorption. La circulation du biogaz dans la colonne se fait de manière ascendante.
En sortie de colonne, le biogaz véhiculant des gouttelettes d'eau est déshumidifié par un dé-
vésiculeur vertical [éliminateur Knit ; Tissmétal]. Le biogaz traité est ensuite réinjecté dans le
réseau.
Pour le solvant, un réservoir de 100 l en inox permet d'approvisionner le circuit li-
quide, soit en boucle fermée, soit avec la possibilité de faire un appoint ; une purge permet la
vidange du réservoir. Le revêtement intérieur du réservoir lui confère une protection contre
la corrosion. Une pompe centrifuge ATEX [CS 22E ; Calpeda] entraîne le liquide depuis la
cuve jusqu'en haut de la colonne. Un débitmètre à flotteur permet de mesurer le débit de
liquide. En haut de colonne, une douchette permet de répartir le liquide sur le diamètre de la
colonne. La circulation du liquide dans la colonne se fait de manière descendante. Le solvant
est évacué en bas de colonne via une garde hydraulique. Cette garde a pour objectif d'empê-
cher le passage du gaz vers le bas, le contraignant ainsi à passer dans la colonne.
Des points de prélèvement permettent la prise d’échantillons du gaz en sortie de co-
lonne (gaz traité), et du liquide entrant et sortant de la colonne.
Le corps de la colonne est constitué d'un tube en PVC dont le diamètre intérieur est
de 10,3 cm (diamètre extérieur = 11,0 cm). Le garnissage est constitué d’anneaux de Raschig
en polyamide (ce sont des cylindres creux dont la hauteur et le diamètre mesurent 10 mm).
Afin d'éviter tout relargage de silicium, il était impossible d’utiliser des anneaux en verre
- 201 -
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-liquide = absorption
(silice) dans cette étude. Le rapport diamètre intérieur de la colonne sur diamètre nominal du
garnissage est par conséquent de 10,3, ce qui est acceptable même si ce n'est pas idéal : pour
des colonnes remplies d’un garnissage en vrac, la littérature recommande un rapport dia-
mètre intérieur de la colonne sur diamètre nominal du garnissage supérieur ou égal à 12
[Copigneaux 1993]. Cependant, l'inconvénient des garnissages de petite taille est qu'ils impli-
quent un fonctionnement avec des vitesses de gaz faibles ; nous avons donc dû faire un com-
promis.
Pour éviter les effets de bord, on recommande une hauteur de garnissage qui ne soit
pas plus de 8 fois supérieure au diamètre de la colonne. La hauteur de garnissage théorique
nécessaire peut être calculée si l’on dispose des données d'équilibre (constante de Henry des
composés à absorber), ce qui n’est pas le cas ici. La hauteur de garnissage est ici égale à envi-
ron 80 cm.
Tableau 27 : Conditions hydrodynamiques optimales pour l'absorption gaz-liquide (Essais réalisés en labora-
toire sur de l'eau et de l'air)
Débit liquide Débit gazeux (Qgaz) expérimental à Débit gazeux (Qgaz) optimal
(Qliq) l'engorgement (65% de l'engorgement)
Conformément à la théorie, plus le débit liquide est élevé, plus le débit gazeux opti-
mal est faible. Ainsi, pour avoir une vitesse de gaz importante, et traiter un volume impor-
tant de biogaz dans un temps minimum, il faut travailler avec un débit de liquide faible.
Nous avons choisi un compromis, avec un débit liquide fixé à 100 l/h, pour les expériences
d'absorption sur le terrain.
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-liquide = absorption
dans le biogaz, ceux-ci étant relativement mal adsorbés sur CA et générant par condensation
du L2 au sein du CA.
Les solvants testés sont l'Eau Déminéralisée (ED) et l'eau du réseau. Deux types d'es-
sais sont réalisés, en circuit fermé (= discontinu = recirculation de la solution de lavage dans
la colonne) ou en circuit ouvert (= continu = alimentation en eau "propre" en continu = flux
perdu).
Figure 100 : Taux d'abattement en % du silicium issu des COVSi polaires pour 4 essais d'absorption gaz-
liquide réalisés avec recirculation – Analyse des COVSi polaires par absorption en solution aqueuse et ana-
lyse ICP-OES – Vliq = 80 l ; Qliq = 100l/h pour tous les essais – Essai1 : ISDND 1, Eau Déminéralisée , Dgaz = 12-
18 m3/h – Essai2 : ISDND 1, Eau du réseau, Dgaz = 10 m3/h – Essai3 : ISDND 1, Eau du réseau, Dgaz = 8-12 m3/h –
Essai4 : ISDND 2, Eau du réseau, Dgaz = 12-14 m3/h.
Ces courbes d'abattement sont l'image de l'absorption des COVSi polaires principa-
lement, ces derniers représentant environ 1/3 des COVSi des biogaz utilisés (cf. Figure 66 et
Figure 101b pour les teneurs en COVSi des ISDND 2 et 1).
Les taux d'abattement initiaux sont de l'ordre de 60-70% et diminuent progressive-
ment. Un taux d'abattement d'environ 45% est obtenu au bout de 175 min de fonctionne-
ment, que ce soit avec de l'ED ou de l'eau du réseau. La solubilisation des COVSi polaires
n'est pas gênée par la présence de minéraux en solution. Des eaux de procédés peuvent donc
sans doute être employées voire de l'eau de pluie. Des essais complémentaires doivent être
réalisés pour s'en assurer.
- 203 -
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-liquide = absorption
La Figure 101a présente les taux de rétention à un instant donné (t = 90 min) pour
chaque COVSi analysé dans le biogaz lors de l'essai 2. Les analyses des COVSi sont réalisées,
dans ce cas, par TD-GC-MS après prélèvement sur tube Tenax. Les teneurs absolues des
COVSi dans le biogaz brut sont données sur la Figure 101b.
50 9
8
40
7
30
6
20 5
10 4
0 3
2
-10
1
3
6
L2
L3
L4
l
l
So
ta
D
0
to
TM
Si
TMSol L2 L3 L4 D3 D4 D5 D6
Figure 101 : a) Taux d'abattement en % des COVSi et de l'équivalent silicium total – Analyse réalisée au cours
de l'essai 2 d'épuration gaz-liquide (ISDND 1) à t = 90 min. b) Teneurs individuelles des COVSi dans le bio-
gaz brut à t = 65 min
Le taux d'abattement global des COVSi est de 20%. Le composé majoritairement rete-
nu est bien le TMSol. Son taux de rétention est de 59%, valeur à rapprocher des taux de ré-
tention obtenus par analyse globale par absorption (de l'ordre de 60%) présentés ci avant sur
la Figure 100 à t = 90 min lors de l'essai 2. Ceci confirme logiquement le fait que les composés
piégés en milieu aqueux sont les COVSi polaires. Les COVSi peu polaires sont tout de même
un peu retenus (aux alentours de 10%). Ceci est en partie expliqué par les solubilités (bien
que faibles) de ces composés dans l'eau (cf. Tableau 14). La Figure 102 présente les taux de
rétention théoriques que l'on pourrait observer pour l'ensemble des COVSi lors de cet essai
en se basant sur les teneurs mesurées dans le biogaz (Figure 101b) et sur les limites de solubi-
lité de ces composés dans l'eau à 25°C (cf. Tableau 14). Ces valeurs sont maximisées car la
solubilité diminue avec la température, et cet essai terrain a été réalisé à une température
extérieure de 6,5°C.
Figure 102 : Taux d'abattement maximum théoriques basés sur les teneurs des COVSi dans le biogaz brut et
leurs limites de solubilité dans l'eau à 25°C (cf. Tableau 14)
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-liquide = absorption
Il ressort de ceci que les taux de rétention non nuls obtenus pour des COVSi peu po-
laires dans notre étude ne sont pas aberrants. Il semble possible d'en abattre une partie par
un traitement à l'eau, compte tenu des teneurs absolues de ceux-ci, à l'exception de D4, D5 et
D6. Les écarts par rapport à ces valeurs maximales théoriques de 100% pour TMSol, L2, L3,
L4 et D3 s'expliquent premièrement par la température lors de l'essai (7°C) qui diminue la
solubilité ; et deuxièmement par un contact gaz-liquide au sein de la colonne d'absorption
probablement non optimal pour permettre de solubiliser totalement les composés. De plus
pour D4, D5 et D6, un abattement maximum théorique de 3 à 8% pourrait être observé dans
les conditions de l'essai (qualité du biogaz), or, nous observons des taux d'abattements supé-
rieurs (entre 8 et 11%) ; ces écarts sont à relier aux incertitudes expérimentales liées aux dé-
bits, analyses, etc., ainsi qu'aux incertitudes sur les valeurs de solubilité qui peuvent varier
fortement suivant les sources.
Une petite anomalie apparaît sur la Figure 101, en ce qui concerne le D3. Sa teneur en
sortie de colonne est légèrement plus importante (+3%) qu'en entrée. Il est délicat de discuter
des hypothèses relatives à ce faible écart, compte tenu des faibles teneurs absolues de D3
dans ce biogaz et des incertitudes analytiques préalablement signalées.
Parallèlement, les teneurs des composés majoritaires du biogaz ont été déterminées
en amont et en aval des solutions de traitement. Le détail des résultats n'est pas présenté
mais il en ressort que les teneurs en CH4, CO2 et O2 restent inchangées et les teneurs en H2S
très légèrement diminuées en début de manipulation. Ceci est à corréler avec la solubilité
d'H2S dans l'eau : 437 ml d'H2S(g) dans 100 ml d'eau à 0°C (186 ml à 40°C) [Handbook of Che-
mistry and Physics 1992-93], si la limite de solubilité est atteinte et qu'aucune autre espèce
n'est présente ; le pH 1 des solutions serait imposé par H2S et théoriquement compris entre
4,07 et 3,96. La Figure 103 présente l'évolution du pH en bas de la colonne d'absorption lors
de l'essai 4 réalisé avec recirculation de la solution de lavage.
pH Sortie colonne
pH initial de la solution
9 Moy. sortie colonne
4
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
Temps (min)
Figure 103 : Evolution du pH de la solution de lavage en sortie de colonne - Essai 4 : ISDND 2, Eau du réseau
(recirculation), Qgaz=12-14 m3/h ; Textérieur = 11°C.
1Mode de calcul du pH basé sur la première acidité d'H2S car ∆pKA > 3 donc la deuxième acidité est négligeable. D'après le
diagramme de Flood H2S est un acide faible donc pH = ½ (pKA - log CA). CA étant la concentration correspondant à la limite de
solubilité à la température donnée et pKA1 (H2S) = 7.
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-liquide = absorption
Le pH initial de l'eau du réseau est de 8,15. Suite à la mise en route du pilote d'ad-
sorption le pH de la solution de lavage diminue rapidement pour se stabiliser à un peu plus
de 6. Le pH correspondant à la limite de solubilité d'H2S (pH aux alentours de 4) n'est pour-
tant pas atteint. Après un établissement rapide d'un équilibre, le pH de la solution de traite-
ment semble être imposé. Il peut s'agir par exemple de réaction acido-basique entre les diffé-
rentes espèces du biogaz solubilisées dans l'eau.
Le traitement à l'eau permettrait donc d'éliminer une faible partie des gaz acides pré-
sents dans le biogaz tels que H2S.
Figure 104 : Taux d'abattement en % du silicium issu principalement des COVSi polaires lors de l'absorption
gaz-liquide en fonctionnement continu – ISDND 1 : Eau du réseau - Qliq = 100l/h – Qgaz = 12-14m3/h
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Traitement gaz-liquide = absorption
1,2
1,0
0,8
0,6
0,4
0,2
0,0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70
Durée (min)
Figure 105 : Taux de charge instantanés (en mgSi/l) du solvant (= eau du réseau) en fonctionnement à flux
perdu - Qgaz = 12-14 m3/h - Qliq = 100 l/h – Le fond géochimique de l'eau du réseau est soustrait
Le régime permanent est établi très rapidement (moins de 10 min). On atteint des
taux de charge de l'ordre de 1,1 mgSi/l d'eau en sortie de colonne d'épuration ; ce taux est
stable. Il est dépendant des conditions opératoires ; ainsi en les modifiant (temps de contact,
géométrie des garnissages), il pourrait être optimisé.
La limite de solubilité du TMSol dans l'eau n'est pas atteinte (312 mgSi/l), mais ce
taux de charge, en fonctionnement à flux perdu, ne peut être atteint compte tenu des teneurs
de ce composé dans le biogaz. En optimisant les conditions de traitement, il devrait être pos-
sible d'approcher une épuration totale du TMSol présent dans le biogaz.
Le Tableau 28 présente les flux horaires de silicium issu des COVSi polaires dans le
biogaz brut et absorbés dans l'eau de traitement.
Tableau 28 : Bilan matière du traitement par absorption gaz-liquide en fonctionnement à flux perdu
Gaz Liquide
mgSi/h 67-78 110
Après avoir étudié la faisabilité d'un prétraitement par absorption gaz-liquide à l'eau,
il est indispensable de s'intéresser à la gestion des déchets générés par le traitement. La régé-
nération sur site est la voie la plus "développement durable" en gestion des ressources en
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Bilan et réflexion
eau. Le paragraphe suivant traite donc d'une voie possible de régénération des effluents li-
quides du traitement par absorption.
100 100
80 80
60 60
40 40
20 20
0 0
t=0 min t=2h Rep1 t=2h Rep2 t=0 t=15min t=30min t=3h
Figure 106 : Régénération des solutions de lavage par aération mécanique (agitation) – Concentration en Si
normalisée à 100% sur la solution initiale
4. Bilan et réflexion
Les travaux qui viennent d'être présentés ne peuvent pas être considérés comme une
étude académique de procédés au sens strict.
La nécessité de développer un outil d'utilisation simple, et permettant de comparer
rapidement l'efficacité épuratoire de différents adsorbants est venue de constatations sur le
terrain. Les gestionnaires de biogaz sont souvent dans l'incapacité de discuter du choix du
système de traitement le plus adapté à leur site, et en particulier à leur biogaz.
Les expériences réalisées démontrent que la performance d'un traitement par adsorp-
tion est très dépendante de la qualité intrinsèque de l'adsorbant vis-à-vis des caractéristiques
du biogaz. Les CA comparés ont des efficacités épuratoires très différentes vis-à-vis de l'éli-
mination d'H2S. Les CA imprégnés sont naturellement les plus performants, mais avec des
surcoûts voisins d'un facteur 3 et une efficacité vis-à-vis des autres COV qui reste à démon-
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Chapitre 4 : Epuration d'H2S et des COVSi Bilan et réflexion
trer. Les CA "standards" ont des taux de charge qui sont faibles vis-à-vis d'H2S, et de l'ordre
de quelques mgH2S/gCA, ce qui impliquera un surdimensionnement des installations. En ce
qui concerne l'élimination des COVSi, les molécules peu polaires sont relativement bien épu-
rées à l'exception des plus petites d'entre elles comme L2. En revanche, les molécules polaires
au sein desquelles le TMSol est majoritaire sont relativement peu adsorbées.
C'est dans ce sens que le procédé de traitement par absorption a été conçu et évalué.
Les essais ont confirmé un abattement de 60 à 80% des COVSi polaires et même une fraction
des COVSi peu polaires. Dans le cadre de ce travail, et en partie en raison des difficultés
techniques, seul un faible nombre d'essais a pu être réalisé. Il conviendra de les poursuivre
pour une optimisation des conditions hydrodynamiques vis-à-vis des transferts gaz-liquide.
Enfin, et comme il a déjà été indiqué précédemment, la mise au point de tels procédés
de traitement, en particulier des COVSi, est fortement dépendante de la fiabilité de leurs ana-
lyses sur du biogaz réel, et en condition d'exploitation.
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Conclusion Générale et
Perspectives
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Conclusion générale
Conclusion générale
Les travaux qui viennent d'être décrits et commentés s'inscrivent dans la suite logique
et dans la dynamique du doctorat d'A. Ohannessian soutenu en 2008 au LGCIE de l'INSA de
Lyon [Ohannessian 2008]. Depuis cette date, un seul autre doctorat a été soutenu en France, à
l'école des Mines de Nantes [Ricaurte Ortega 2009], relatif à cette problématique dite des "si-
loxanes" dans les biogaz.
Ces quelques remarques permettent de mieux comprendre que les champs d'investi-
gation sont encore nombreux dans le domaine, un peu plus large, de la qualification d'un
biogaz en regard d'un mode de valorisation.
Le partenariat industriel développé nous a permis un accès à certains sites en exploi-
tation et une confrontation quasi permanente à la complexité du terrain, avec toutes ses diffi-
cultés. Les objectifs de ce travail, détaillés dans l'introduction, peuvent être résumés simple-
ment.
Pour supprimer les dépôts moteur qui pénalisent une des filières de valorisation des
biogaz, il est indispensable :
Au terme de cette étude, un certain nombre d'avancés décisives ont été obtenues, sans pour
autant avoir la prétention que toutes les interrogations soient levées.
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Conclusion générale
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Conclusion générale
Nos travaux au laboratoire, et sur le terrain, ont permis de montrer son intérêt car elle
permet d'avoir une bonne image des principaux COVSi présents dans un biogaz donné. Il est
ainsi apparu que dans les biogaz d'ISDND analysés, l'essentiel du silicium semble provenir
essentiellement de 3 composés : TMSol, L2 et D4, et dans une moindre mesure de D5. Néan-
moins, des difficultés ou biais, associés à cette méthode, ont été mis en évidence, notamment
en raison de pertes d'intégrité de l'échantillon lors du stockage en sacs Tedlar ou de mau-
vaises réponses adsorption/désorption après prélèvements sur tubes adsorbants. Dans ce
dernier cas, ce sont le TMSol et le L2 pour qui les quantifications semblent les plus aléatoires.
L'autre difficulté associée à cette méthode est liée aux problématiques d'étalonnage. Il a été
montré qu'exprimer les teneurs des COVSi en équivalent toluène conduit à des sous et sures-
timations importantes selon les molécules.
La méthode globale développée au LGCIE par prélèvement par absorption suivi
d'une analyse ICP-OES du silicium a pu être évaluée plus finement grâce à la possibilité
d'obtenir commercialement un certain nombre d'étalons, dont en particulier le TMSol. Notre
travail a mis à jour une surestimation très importante des teneurs de ce composé en solution
aqueuse. L'étude systématique sur les autres composés en matrice éthanol a montré qu'il en
était de même. Ces constatations et les travaux qui en ont découlé ont permis de comprendre
que le biais analytique se situait au niveau de la chambre de nébulisation et qu'il pouvait être
considérablement réduit en abaissant la température de cette dernière. Des multiples essais
réalisés pour optimiser la méthodologie, un protocole a été établi comme suit :
Le prélèvement est effectué par absorption des COVSi polaires dans deux flacons
d'eau et des COVSi peu polaires dans deux flacons d'éthanol absolu. Avant analyse ICP-OES,
le TMSol en solution aqueuse est minéralisé à chaud en présence d'un mélange d'acide sulfu-
rique et de persulfate d'ammonium. Au travers de nos essais, nous avons montré que la
norme de minéralisation des métaux à l'acide nitrique était inadéquate pour le TMSol.
En ce qui concerne les COVSi peu polaires absorbés dans l'éthanol, l'analyse du Si par
ICP-OES doit être réalisée avec une chambre de nébulisation refroidie. Avec le matériel
commercial existant et une température de nébulisation de -10°C, l'analyse ne présente plus
de biais significatifs, sauf pour le L2 avec une surestimation d'un facteur 4 environ.
La compréhension de l'origine des biais analytiques qui sont spécifiques et liés aux
propriétés intrinsèques de chaque COVSi nous a permis de fiabiliser considérablement cette
méthode. Les quelques expérimentations encore en cours devraient permettre d'écrire un
protocole complet de prélèvement, de préparation des solutions et d'analyse par ICP-OES
qui conduira à une détermination correcte de la teneur globale en Si dans un biogaz.
Pour conclure sur ces aspects analytiques, les deux méthodes investiguées ont cha-
cune leurs avantages et leurs limites dont il faut être conscient. D'une certaine manière, et en
l'absence de norme relative à l'analyse des COVSi, elles peuvent être considérées comme
complémentaires.
Comme confirmé par l'étude des dépôts résultants de la combustion de biogaz, les
principaux composés à éliminer, en dehors de l'eau, sont les COVSi et les composés sou-
frés, très majoritairement représentés par H2S.
Devant l'impossibilité de tester l'efficacité de tous les traitements commerciaux exis-
tants, nous avons choisi de concentrer une partie de notre travail à une approche compara-
tive de différents Charbons Actifs (CA). L'adsorption sur des CA est actuellement l'un des
traitements les plus utilisés industriellement pour épurer les biogaz.
Pour des raisons pratiques, une grande partie des suivis a été effectuée sur l'abatte-
ment d'H2S. Un mini-pilote a été construit, puis mis en œuvre dans les mêmes conditions, sur
biogaz réel et sur H2S dans une matrice inerte. Nous avons montré que les écarts d'efficacité
sont considérables vis-vis de l'élimination d'H2S. D'une manière générale, il est possible de
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Conclusion générale
conclure que ce type d'adsorbant n'est pas le plus adéquat pour abattre H2S et nécessite un
surdimensionnement coûteux des installations industrielles. Par ailleurs, et compte-tenu des
fortes teneurs en H2S dans la plupart des biogaz, l'empoisonnement des sites actifs de l'ad-
sorbant est probablement préjudiciable à l'abattement des autres COV du biogaz. Seuls les
CA imprégnés, spécialement conçus pour éliminer H2S par chimisorption présentent une
bonne efficacité. L'inconvénient en est le coût (environ 3 fois supérieur aux CA classiques),
l'inefficacité vis-à-vis des autres COV, et l'impossibilité de régénération. Il est donc impos-
sible de les utiliser dans des installations type TSA ou PSA avec régénération par désorption
sur site.
Les quelques expériences de suivi de l'abattement des COVSi par adsorption sur CA
montrent qu'ils sont relativement efficaces sur les composés cycliques (D4, D5) mais beau-
coup moins sur le TMSol (petite molécule polaire) et sur le L2 (petite molécule peu polaire).
Ceci pose tout de même un sérieux problème, dans la mesure où, à eux seuls, ces deux com-
posés représentent, en % volumique, plus de la moitié des COVSi du biogaz. Encore une fois
le dimensionnement d'un filtre à CA sur un site donné devra être réalisé en ayant de bonnes
connaissances des COVSi majoritaires et de l'éventuelle variabilité de leurs teneurs respec-
tives.
Dans un deuxième temps, nous avons conçu et mis en œuvre sur biogaz réel, une ins-
tallation de traitement gaz-liquide. L'objectif de ces tests de lavage à l'eau était de préfigurer
un traitement préalable à l'adsorption décrite précédemment. Bien entendu, sur le terrain, ce
traitement devrait se situer en amont du sécheur.
Plusieurs expériences ont confirmé que le simple lavage à l'eau à contre courant per-
met d'abattre 60 à 80% du TMSol et une petite partie (~10%) des COVSi peu polaires, ce qui
est loin d'être négligeable et pourrait sans doute être encore optimisé. La régénération de
l'eau par simple stripping à l'air permettrait d'envisager simplement facilement une installa-
tion fonctionnant en continu et produisant un minimum de déchets à traiter. Ce prétraite-
ment à l'eau aurait l'avantage d'éliminer le TMSol, un des deux COVSi les plus mal retenus
sur CA, et, qui plus est celui qui, par condensation de deux molécules, génère le L2, lui aussi
très mal adsorbé.
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Perspectives
Perspectives
Tout en étant conscient de n'avoir pas répondu à tous les questionnements relatifs à la
valorisation énergétique des biogaz, le travail mené nous permet de prendre un certain recul
sur ce que pourrait nécessiter le pilotage d'une installation industrielle optimisée.
Dans la mesure où il n'existe pas "un" biogaz, mais "des" biogaz dont les caractéris-
tiques dépendent de la typologie des déchets dont ils sont issus, mais aussi du procédé de
méthanisation, le développement d'indicateurs de qualité nous parait important. Ces indica-
teurs pourraient être de deux types pour intégrer la qualité "instantanée" et la qualité
"moyennée" d'un biogaz.
Pour déterminer la qualité "moyennée" d'un biogaz, plusieurs indicateurs sont pos-
sibles. L'analyse de l'eau de condensation produite par les sécheurs en amont de la valorisa-
tion pourrait apporter des informations intéressantes, tout comme la caractérisation des dé-
pôts solides dans les réseaux de collecte du biogaz et les systèmes de valorisation énergé-
tique. Notre travail a montré l'intérêt apporté par la connaissance des dépôts formés dans les
chambres de combustion des moteurs. Par ailleurs, une meilleure exploitation des analyses
d'huiles moteur après un millier d'heures d'utilisation dans un moteur devrait apporter des
informations corrélables à la qualité du biogaz brûlé pendant cette période.
Le développement des nouvelles filières de valorisation des biogaz par injection dans
le réseau de gaz naturel, ou comme biogaz carburant, nécessitera des niveaux d'épuration
nettement plus contraignants que dans la filière étudiée dans ce travail. Il est probable que
les limitations de ces développements seront tout autant dépendantes de l'évolution de la
fiabilité des méthodes analytiques que de celle des procédés de traitement.
De nombreux défis scientifiques et techniques sont encore à relever pour pouvoir utiliser, de
manière diversifiée, l'énergie renouvelable contenue dans nos déchets.
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Références
Bibliographiques
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Références bibliographiques
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Annexes
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Annexes
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Annexes
Tableau 30 : Caractéristiques technique du diffractomètre X utilisé pour l'analyse des dépôts solides
- 240 -
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Annexes
Référence échantillon
As Ba Be Bi Cd Ce Co Cr Cs Cu Dy
ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm
D3 6,907 779,7 1,688 36,88 1,147 13,48 233,2 37,05 0,185 313,6 0,894
V 4,982 250,8 1,72 15,36 1,884 0,629 11,68 89,13 0,427 319,1 0,113
T 1444 35,04 3,61 7,237 2,393 1,237 1,75 < L.D. < L.D. 171,1 0,068
F 11990 119,8 < L.D. 6,348 0,423 1,269 171,3 238,6 < L.D. 87,28 0,184
D1 9966 68,65 < L.D. 56,16 < L.D. 0,86 1,307 32,84 < L.D. 141,4 0,076
D2 6436 68,21 < L.D. 49,67 0,15 0,885 1,552 22,68 < L.D. 216,7 0,074
D2N 11450 81,59 < L.D. 55,13 0,133 0,814 1,06 24,48 < L.D. 114,4 0,078
D2B 3062 29,86 0,46 23,48 < L.D. 0,721 2,248 36,04 < L.D. 333,8 0,084
S 1161 22,7 0,496 4,059 0,181 0,378 2,069 21,89 0,197 20,66 0,08
Er Eu Ga Gd Ge Hf Ho In La Lu Mo
ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm
D3 0,518 0,168 4,323 1,028 0,416 10,91 0,176 0,156 7,049 0,074 4,499
V 0,06 0,035 < L.D. 0,073 0,705 0,069 0,02 < L.D. 0,578 0,007 32,74
T 0,044 0,028 0,375 0,113 3,994 0,056 0,013 < L.D. 2,906 0,007 6,077
F < L.D. < L.D. 0,352 < L.D. 3,474 < L.D. 0,007 < L.D. 9,614 0,001 70,07
D1 0,02 0,005 0,315 0,027 2,189 0,059 0,006 < L.D. 5,297 0,004 1,624
D2 0,027 0,007 0,217 0,04 1,865 < L.D. 0,011 < L.D. 4,875 0,005 1,213
D2N 0,013 < L.D. < L.D. < L.D. 2,722 < L.D. 0,005 < L.D. 6,21 0,004 1,283
D2B 0,037 0,014 0,423 0,066 1,128 0,05 0,013 < L.D. 2,142 0,005 1,941
S 0,02 0,012 0,213 < L.D. 1,432 0,044 0,005 < L.D. 1,295 0,003 0,871
Nb Nd Ni Pb Pr Rb Sb Sm Sn Sr Ta
ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm
D3 272,4 6,286 34,87 330,285 1,566 2,753 9,3 1,135 35,85 21,92 19,4
V 1,358 0,394 39,77 97,8234 0,119 0,867 589,6 0,086 13250 67,67 < L.D.
T < L.D. 0,461 45,7 34,454 0,199 1,595 29710 0,125 3760 49,84 0,031
F 7,869 0,046 387,9 19,8286 0,037 0,497 161700 0,045 4715 5,25 0,065
D1 0,095 0,106 46,61 15,153 0,042 < L.D. 90970 0,036 3431 24,64 < L.D.
D2 0,11 0,239 44,96 18,052 0,063 0,394 85620 0,047 5040 32,34 < L.D.
D2N 0,074 0,083 27,25 18,9978 0,039 0,351 107400 0,019 2963 18,72 < L.D.
D2B 0,218 0,188 84,2 9,9438 0,081 0,343 33640 0,039 5288 65,93 < L.D.
S 0,062 0,136 39,08 10,5085 0,041 0,467 20220 0,028 3372 28,04 < L.D.
Tb Th Tm U V W Y Yb Zn Zr
ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm ppm
D3 0,154 2,847 0,073 0,874 21,11 3,251 6,637 0,536 23020 446,9
V 0,015 < L.D. 0,008 0,36 1,64 1,115 1,441 0,169 47470 4,396
T 0,006 < L.D. < L.D. 0,504 3,699 < L.D. 3,109 0,032 36530 3,345
F < L.D. < L.D. < L.D. 0,058 17,11 78,05 < L.D. < L.D. 206,2 1,017
D1 0,004 < L.D. < L.D. 0,217 0,967 0,209 < L.D. 0,02 636,7 2,461
D2 0,005 < L.D. < L.D. 0,236 < L.D. 0,214 0,431 0,036 352,3 1,149
D2N 0,004 < L.D. < L.D. 0,131 0,556 < L.D. < L.D. 0,015 357,6 1,326
D2B 0,01 0,037 0,005 0,528 1,675 < L.D. 0,686 0,036 706,4 2,138
S 0,004 < L.D. < L.D. 0,194 4,161 1,577 < L.D. 0,026 237,9 1,615
SiO2 Al2O3 Fe2O3 MnO MgO CaO Na2O K2O TiO2 P2O5
% % % % % % % % % %
D3 10,69 3,05 1,55 0,06 7,50 0,47 0,21 0,07 46,58 1,09
V 7,89 < L.D. 0,39 0,01 0,07 29,23 < L.D. < L.D. 0,04 5,43
T 55,67 0,25 0,19 0,00 0,05 15,43 < L.D. < L.D. 0,00 7,40
F 66,40 0,29 0,14 0,00 < L.D. 2,88 < L.D. 0,01 0,00 0,07
D1 55,71 0,35 0,08 0,00 0,08 12,56 < L.D. < L.D. 0,01 0,18
D2 53,67 0,27 0,08 0,00 0,07 16,67 < L.D. < L.D. 0,00 0,18
D2N 52,51 0,16 0,06 0,00 0,05 9,10 < L.D. < L.D. 0,00 0,15
D2B 43,97 0,48 0,11 0,00 0,16 31,89 < L.D. < L.D. 0,00 0,43
S 69,13 0,13 0,06 0,00 0,03 12,40 < L.D. < L.D. 0,00 0,07
S tot Cl F Hg Se
% ppm % ppb ppm
D3 0,06 <20 0,052 15 < 0.03
V 16,03 25 0,010 46 < 0.03
T 3,87 50 0,063 39 0,04
F 1,48 <20 0,003 90 0,06
D1 5,19 35 0,051 14 0,06
D2 4,82 25 0,033 372 0,03
D2N 4,04 <20 0,045 * *
D2B 6,52 <20 0,015 35 *
S 5,02 <20 0,044 * * * analyse impossible par manque de matière
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Annexes
Tableau 32 : Taux de cristallinité des dépôts (valeurs obtenues par interprétation des diffractogrammes)
Référence
Taux de cristallinité %
échantillon
V 58,6
T 28,9
F 0
D1 26,4
D2 29,0
D3 73,3
D2N 25,4
D2B 47,7
S 34,4
Figure 107 : Indexation des pics de diffraction espèces identifiées pour les échantillons V T F D1 D2 S
CaSO4
D2
D1
T
F
0 10 20 30 40 50 60 2Theta
70 (°)
CaSO4,2H2O
D2
D1
T
F
0 10 20 30 40 50 60 2Theta
70 (°)
SiO2
D2
D1
T
F
0 10 20 30 40 50 60 2Theta
70 (°)
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Annexes
CaSiO3
D2
D1
T
F
0 10 20 30 40 50 60 2Theta
70 (°)
SbO2
D2
D1
T
F
0 10 20 30 40 50 60 2Theta
70 (°)
Inconnu
D2
D1
T
F
0 10 20 30 40 50 60 2Theta
70 (°)
total (%) (analyses élémentaires) cristallisé (%) (DRX) amorphe (%) = (total-cristallisé)
CaSO4 CaSiO3 SiO2 SbO2 CaSO4 CaSiO3 SiO2 SbO2 CaSO4 CaSiO3 SiO2 SbO2
V 68,0 2,5 6,6 0,07 50,7 0 6,8 0 17,3 2,5 -0,2 0,1
T 16,4 18,0 46,4 3,8 21,8 0 7,1 0 -5,4 18,0 39,3 3,8
F 6,3 0,6 66,1 20,4 0 0 0 0 6,3 0,6 66,1 20,4
D1 22,0 7,2 52,0 11,5 22,7 3,7 0 0 -0,6 3,5 52,0 11,5
D2 20,4 17,1 44,8 10,8 17,7 0,9 8,1 2,2 2,7 16,2 36,7 8,6
S 21,3 7,5 65,2 2,6 25,1 0 9,3 0 -3,9 7,5 56,0 2,6
total (%) (analyses élémentaires) cristallisé (%) (DRX) amorphe (%) = (total-cristallisé)
CaSO4 CaSiO3 SiO2 SbO2 CaSO4 CaSiO3 SiO2 SbO2 CaSO4 CaSiO3 SiO2 SbO2
D2 20,4 17,1 44,8 10,8 17,7 0,9 8,1 2,2 2,7 16,2 36,7 8,6
D2N 17,1 4,2 50,3 13,6 19,2 0 0 0 -2,1 4,2 50,3 13,6
D2B 27,6 42,5 22,0 4,2 29,8 7,9 9,2 0,9 -2,2 34,5 12,8 3,4
- 243 -
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Annexes
20
-5
15
-15 10
5
-25
0
-35 -5
-10
-45 TG_a TG_b
dTG _a dTG_b -15
HF_a HF_b
-55 -20
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Température (°C)
-1
40
-3
30
-5
-7 20
TG_a TG_b
-9 dTG_a dTG_b
10
HF_a HF_b
-11
0
-13
-15 -10
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Température (°C)
- 244 -
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Annexes
60
-5
40
-10
20
0
-15
-20
-20 -40
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Température (°C)
0 25
-5 15
-10 5
-15 -5
TG_a TG_b
-20 dTG_a dTG_b -15
HF_a HF_b
-25 -25
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Température (°C)
-5
50
-10
30
-15
10
-20
-10
-25
-30 -30
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Température (°C)
- 245 -
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Annexes
40
-5 30
20
-10 10
-15 -10
-20
-20 -30
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Température (°C)
- 246 -
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Annexes
Annexe 6a
Figure 109 : Cartographies X n°2 de l'échantillon D2N (Si, Ca, S, O, Sb, Al, As et C) et image électronique de
référence (électrons secondaires - tension du faisceau = 15kV)
- 247 -
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Annexes
Annexe 6b
Figure 110 : Cartographies X de l'échantillon V (Si, Ca, S, O, C, Sn, Zn et P) et image électronique de référence
(électrons secondaires – Tension du faisceau = 25 kV – grossissement = 6300x)
- 248 -
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Annexes
Surface (u.a.) TD 1 tube TD 2 tubes Surface (u.a.) Surface (u.a.) TD 1 tube TD 2 tubes Surface (u.a.)
TD 3 tubes Injection liquide TD Inj. liquide
TD Inj. liquide TD 3 tubes Injection liquide
2,5E+08 5,0E+06 7,0E+07 3,5E+06
y = 114118x
4,5E+06
2
R = 0,9986 6,0E+07 3,0E+06
2,0E+08 4,0E+06
y = 111519x 3,5E+06 5,0E+07 2,5E+06
2
1,5E+08 R = 0,9974 3,0E+06 4,0E+07 2,0E+06
2,5E+06
3,0E+07 1,5E+06
1,0E+08 2,0E+06
1,5E+06 2,0E+07 1,0E+06
5,0E+07 y = 2176,5x 1,0E+06 y = 1423,5x
2 1,0E+07 5,0E+05
R = 0,9985 5,0E+05 2
R = 0,9986
0,0E+00 0,0E+00 0,0E+00 0,0E+00
0 500 1000 1500 2000 0 500 1000 1500 2000
[L2] (ngL2/µl) [TMSol] (ngTMSol/µl)
Surface (u.a.) TD 1 tube Injection liquide Surface (u.a.) Surface (u.a.) TD 1 tube Injection liquide Surface (u.a.)
TD Inj. liquide TD Inj. liquide
2,5E+08 5,0E+06 3,0E+08 7,0E+06
y = 97624x y = 111550x
4,5E+06
2
R = 0,9963 2,5E+08 2 6,0E+06
2,0E+08 4,0E+06 R = 0,995
3,5E+06 5,0E+06
2,0E+08
1,5E+08 3,0E+06 4,0E+06
2,5E+06 1,5E+08
1,0E+08 2,0E+06 3,0E+06
1,0E+08
1,5E+06 2,0E+06
y = 2123,8x
5,0E+07 y = 2139,6x 1,0E+06
5,0E+07 2
R = 0,9965 1,0E+06
2
R = 0,9967 5,0E+05
0,0E+00 0,0E+00 0,0E+00 0,0E+00
0 500 1000 1500 2000 0 500 1000 1500 2000 2500 3000
[L3] (ngL3/µl) [D3] (ngD3/µl)
Surface (u.a.) TD 1 tube Injection liquide Surface (u.a.) Surface (u.a.) TD 1 tube Injection liquide Surface (u.a.)
TD Inj. liquide TD Inj. liquide
3,0E+08 6,0E+06 3,0E+08 6,0E+06
y = 117352x y = 106884x
2,5E+08 2 5,0E+06 2,5E+08 2
R = 0,9932 5,0E+06
R = 0,9963
2,0E+08 4,0E+06 2,0E+08 4,0E+06
Surface (u.a.) TD 1 tube Injection liquide Surface (u.a.) Surface (u.a.) TD 1 tube Injection liquide Surface (u.a.)
TD Inj. liquide TD Inj. liquide
3,5E+08 8,0E+06 3,0E+08 7,0E+06
y = 98319x
3,0E+08 7,0E+06 6,0E+06
y = 143203x 2,5E+08 2
R = 0,9963
2
R = 0,9954 6,0E+06
2,5E+08 5,0E+06
2,0E+08
5,0E+06
2,0E+08 4,0E+06
4,0E+06 1,5E+08
1,5E+08 3,0E+06
3,0E+06
1,0E+08
1,0E+08 y = 2976,1x 2,0E+06
2,0E+06
2 y = 2257,3x
R = 0,9964 5,0E+07
5,0E+07 1,0E+06
2
R = 0,9938 1,0E+06
- 249 -
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Annexes
Surface (u.a.) TD 1 tube Injection liquide Surface (u.a.) Surface (u.a.) Surface (u.a.)
TD 1 tube Injection liquide
TD Inj. liquide TD Inj. liquide
2,5E+08 4,5E+06 3,5E+08 6,0E+06
4,0E+06 y = 115133x
y = 86286x 3,0E+08 5,0E+06
2,0E+08 3,5E+06 2
R = 0,994
2
R = 0,9967 2,5E+08
3,0E+06 4,0E+06
1,5E+08
2,5E+06 2,0E+08
3,0E+06
2,0E+06 1,5E+08
1,0E+08
1,5E+06 2,0E+06
y = 1869,9x 1,0E+08
1,0E+06 y = 2188,1x
5,0E+07 2
R = 0,9992 2
5,0E+07 R = 0,9934 1,0E+06
5,0E+05
0,0E+00 0,0E+00 0,0E+00 0,0E+00
0 500 1000 1500 2000 2500 0 500 1000 1500 2000 2500
[Toluène] (ngToluène/µl) [D6] (ngD6/µl)
- 250 -
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Annexes
Tableau 34 : Facteurs de réponse des COVSi par rapport au toluène en injection liquide.
Tableau 35 : Facteur de réponse des COVSi par rapport au toluène - déterminé par thermodésorption sur tube
TENAX (étalonnage du 091130) pour les composé correctement retenus (S composé/ S toluène) (1µl d'injection
par tube) – Les facteur de réponse du TMSol ne peut être déterminé compte tenu de la non linéarité de la ré-
ponse sur 3 tubes
- 251 -
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Annexes
Figure 112 : Taux d'abattement des CA en condition terrain sans mise à zéro du palier final
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Temps (min)
- 252 -
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- 253 -
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- 254 -
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Listes des Figures,
Tableaux et Equations
- 255 -
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- 256 -
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Liste des figures
- 257 -
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Liste des figures
Figure 31 : Teneurs en calcium et soufre des 6 échantillons (exprimées en % massique d'oxyde, CaO et SO3) 108
Figure 32 : Teneurs en antimoine et arsenic des 6 échantillons (exprimées en % massique d'oxyde, Sb2O4 et
As2O5) 108
Figure 33 : Teneurs en zinc et phosphore des 6 échantillons (exprimées en % massique d'oxyde, ZnO et P2O5) 109
Figure 34 : Teneur en étain des 6 échantillons (exprimée en % massique d'oxyde SnO2) 109
Figure 35 : Profil de composition élémentaire en % massique (exprimée sous forme oxyde) de dépôts de
combustion de biogaz de décharge [d'après Glindemann et al. 1996] (représentation graphique
réalisée à partir des données chiffrées de l'étude) - 1.1 ; 1.2 et 1.3 : dépôts issus de chaudière –
2.1 : dépôt issu d'un moteur Otto 110
Figure 36 : Diffractogrammes bruts des 6 dépôts des 5 sites (V, T, F, D1, D2, S) 111
Figure 37 : Taux de cristallinité (en %) des 6 échantillons – Comparaison inter sites (V, T, F, D1, D2 et S) 112
Figure 38 : Comparatif intersites des compositions des phases cristallisées (en pourcentage massique) 114
Figure 39 : Composition moléculaire (en pourcentage massique) des dépôts pour les espèces identifiées et
élémentaires (en pourcentage massique exprimé sous forme oxyde) pour les éléments présents en
forte teneur mais dont la diffraction n'a fourni aucune information (toutes phases confondues
c'est-à-dire amorphe + vitreuse + cristalline) 115
Figure 40 : Répartition des espèces identifiées entre phase cristalline et phase amorphe – Comparatif
intersites – teneur totale de l'espèce dans le dépôt en % massique obtenue par les données
d'analyse élémentaire (cf. Figure 39) - Teneurs des espèces provenant de la phase cristalline en %
massique par rapport à la totalité de l'échantillon obtenues par calcul sur les données de DRX (cf.
Figure 37 et Figure 38) – Teneurs provenant de la phase amorphe en % massique = Total -
Cristallin. 116
Figure 41 : Rayures sur les parois des pistons 1 (photo de gauche) et 2 (photo du milieu) correspondant aux
prélèvements des échantillons D1 et D2 en comparaison à un piston neuf (photo de droite) 117
Figure 42 : Dureté des composés identifiés dans les dépôts positionnés sur l'échelle de Mohs 117
Figure 43 : a) Analyses thermogravimétriques des dépôts – Perte de masse en % massique en fonction de la
température en °C – b) Analyse Calorimétrique Différentielle des dépôts - Flux de chaleur en mW
en fonction de la température en °C – Analyses de 25 à 1500°C avec une pente de 10°C/min sous
N2 à 30ml/min 119
Figure 44 : Pertes de masse totales en % des 6 échantillons à 1500°C obtenues par TG – moyenne des
duplicats. 120
Figure 45 : Comparaison des teneurs en SO3 (% massique) obtenues par TG-ACD (moyenne des deux
réplicats) et par les analyses élémentaires. 122
Figure 46 : Porosité du dépôt D2B – Images acquises en électrons secondaires avec une tension du faisceau
incident de 30kV – a) Grossissement = 453x – b) Grossissement = 746x - c) Grossissement = 1080x 124
Figure 47 : Image électronique n°1 du dépôt D2B (électrons secondaires - Tension du faisceau =30 kV) 124
Figure 48 : Cartographies X de l'échantillon D2B (Ca, S, O, Si, Sb, Sn) correspondant à l'image électronique
n°1 (Figure 47). 125
Figure 49 : Cartographie X et image électronique de référence (électrons secondaires ; tension du faisceau =
15 kV) sur l'échantillon D2N (Ca, S, O, Si, Sb, As, C, Al) 126
Figure 50 : Images électroniques acquises en électrons secondaires – a) Echantillon D2B (grossissement =
1910x ; tension du faisceau = 10 kV) – b) Echantillon D2N (grossissement = 3080x ; tension du
faisceau = 15 kV) – Cristaux de CaSO4. 127
Figure 51 : Image électronique de l'échantillon V (électrons secondaires – Tension du faisceau = 25 kV –
grossissement = 6300x) 128
Figure 52 : Origine, transformations et processus d'arrivée d'un composé arsénié dans la filière de
valorisation du biogaz d'ISDND (Adapté de [Pinel-Raffaitin et al. 2007]). 132
- 258 -
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Liste des figures
- 259 -
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Liste des figures
d'H2SO4 dilué (2,5M) et de 2,5% (v/v) de (NH4)2S2O8 en solution à 20% (m/v) – Persulfate seul :
ajout de 2,5% (v/v) de (NH4)2S2O8 en solution à 20% (m/v) 172
Figure 83 : Gamme d'application des conditions de minéralisation douce – comparaison à un étalonnage Si
minéral non minéralisé 173
Figure 84 : Facteur de réponse en ICP-OES des COVSi en solution dans EtOH/H2O (50/50 volumique) à -
10°C. Comparaison à un étalonnage avec l'étalon minéral NIST dans la même matrice. 174
Figure 85 : Etalonnage ICP-OES sur le L5 dans l'EtOH (100%) avec nébulisation à -10°C 175
Figure 86 : Facteur de réponse en ICP-OES des COVSi en solution dans EtOH (100%) à -10°C. Comparaison à
un étalonnage sur le L5 dans la même matrice 176
Figure 87 : Comparatif des méthodes analytiques sur le biogaz de l'ISDND 2 - Sac Tedlar / analyse GC-MS –
absorption / ICP-OES prélèvement eau /éthanol – Minéralisation des échantillons aqueux par
H2SO4 2,5M / persulfate 20% (m/v). Echantillons en matrice éthanol analysé à -10°C dilués à 50%
dans l'ED - correction des teneurs obtenues par la moyenne des biais des COVSi peu polaires (Fr
moyen = 9,0 et 8,1 pour les essais a et b respectivement) – comparaison à un étalonnage sur
l'étalon ICP minéral NIST en matrice eau/EtOH (50/50) 178
- 260 -
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Liste des figures
Figure 106 : Régénération des solutions de lavage par aération mécanique (agitation) – Concentration en Si
normalisée à 100% sur la solution initiale 208
Annexes
Figure 107 : Indexation des pics de diffraction espèces identifiées pour les échantillons V T F D1 D2 S 242
Figure 108 : Thermogrammes en duplicat des dépôts solides 244
Figure 109 : Cartographies X n°2 de l'échantillon D2N (Si, Ca, S, O, Sb, Al, As et C) et image électronique de
référence (électrons secondaires - tension du faisceau = 15kV) 247
Figure 110 : Cartographies X de l'échantillon V (Si, Ca, S, O, C, Sn, Zn et P) et image électronique de
référence (électrons secondaires – Tension du faisceau = 25 kV – grossissement = 6300x) 248
Figure 111 : Comparaison des étalonnages des COVSi en GC-MS par injection liquide et par
thermodésorption après dopage liquides de tubes Tenax 249
Figure 112 : Taux d'abattement des CA en condition terrain sans mise à zéro du palier final 252
- 261 -
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Liste des tableaux
- 262 -
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Liste des tableaux
Tableau 24 : Expérimentations réalisées dans le but d'étudier l'influence des paramètres de l'ICP sur le
facteur de réponse du TMSol en milieu aqueux 163
Annexes
Tableau 29 : Incertitudes sur les analyses élémentaires des dépôts solides 239
Tableau 30 : Caractéristiques technique du diffractomètre X utilisé pour l'analyse des dépôts solides 240
Tableau 31 : Résultats complets des analyses élémentaires des dépôts solides 241
Tableau 32 : Taux de cristallinité des dépôts (valeurs obtenues par interprétation des diffractogrammes) 242
Tableau 33 : Composition en pourcentages massiques et cristallin de la teneur totale en espèces. 243
Tableau 34 : Facteurs de réponse des COVSi par rapport au toluène en injection liquide. 251
Tableau 35 : Facteur de réponse des COVSi par rapport au toluène - déterminé par thermodésorption sur
tube TENAX (étalonnage du 091130) pour les composé correctement retenus (S composé/ S
toluène) (1µl d'injection par tube) – Les facteur de réponse du TMSol ne peut être déterminé
compte tenu de la non linéarité de la réponse sur 3 tubes 251
- 263 -
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Liste des équations
- 264 -
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FOLIO ADMINISTRATIF
THESE SOUTENUE DEVANT L'INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUEES DE LYON
RESUME :
La valorisation des biogaz, en tant que source d’énergie renouvelable, fait partie des nouvelles stratégies de diversifications
énergétiques à l’échelle européenne, comme mondiale. En France, les marges de progression dans ce domaine sont encore
importantes. Un des freins technico-économiques à cette valorisation est relatif aux impuretés contenues dans les biogaz qui
pénalisent les procédés industriels de transformation de leur potentiel énergétique. Parmi les composés trace du biogaz, les
Composés Organiques Volatils du Silicium (COVSi, communément appelés « siloxanes ») restent les plus méconnus, et dont
l’impact négatif sur la filière est conséquent, au même titre que celui du sulfure d’hydrogène (H2S).
L’approche de la problématique et la réflexion ont été construites, et développées avec la volonté de prendre en compte la
réalité de l’exploitation industrielle, dans notre cas, les Installations de Stockage de Déchets Non Dangereux (ISDND).
C’est dans ce sens que les recherches ont été articulées en 3 parties :
La première partie est consacrée à ce qui constitue le principal blocage lors de l’utilisation de biogaz en moteur thermique, à
savoir les dépôts abrasifs qui pénalisent leur fonctionnement mécanique et les coûts de maintenance associés. Les dépôts pré-
levés sur plusieurs sites industriels ont été analysés finement : analyses élémentaire, par diffraction de rayons X, par microca-
lorimétrie, et par microscopie électronique. L’objectif est de réfléchir à la possibilité d’utiliser les caractéristiques physico-
chimiques d’un dépôt comme un indicateur de la qualité du biogaz dont il est issu. Les dépôts solides sont apparus plus com-
plexes que ce que la littérature suggère. En effet, de nombreuses espèces se retrouvent dans ces dépôts, leur caractéristique
commune est la présence de nombreux éléments appartenant à la famille des métalloïdes et des pseudo-métalloïdes.
La seconde partie décrit un comparatif critique de deux méthodes d’analyses des COVSi, avec une attention particulière portée
sur les biais analytiques liés à la nature même des composés, mais également sur les difficultés associées aux prélèvements et à
l’échantillonnage de biogaz sur un site en exploitation. La connaissance de ces biais permet d'appréhender les résultats analy-
tiques avec plus de recul et d'en pondérer les valeurs absolues.
Dans la troisième partie, dédiée aux traitements épuratoires du biogaz vis-à-vis des COVSi et d’H2S, un comparatif des per-
formances de plusieurs adsorbants (charbons activés) a été réalisé au laboratoire, en conditions contrôlées, et sur le terrain. Un
réacteur de traitement gaz-liquide a également été testé sur un biogaz industriel pour en apprécier les performances, principa-
lement pour l’épuration de certains des COVSi.
L’ensemble de cette étude permet de réfléchir scientifiquement sur la pertinence du choix des critères de qualité d’un biogaz,
mais aussi sur les méthodes analytiques d’évaluation de ces critères. Ce dernier point est bien entendu fondamental pour toute
mise en œuvre et dimensionnement d’un système de traitement épuratoire adapté à un mode de valorisation donné du biogaz.
MOTS-CLES :
Siloxanes, Composés Organiques Volatils du Silicium = COVSi, Sulfure d'hydrogène, Dépôts moteurs, Biogaz, Valorisation énergétique,
Analyse, Traitement.
Composition du jury :
BERTRAND-KRAJEWSKI Jean-Luc Professeur - INSA Lyon Président
CHOVELON Jean-Marc Professeur - Université Claude Bernard Lyon1 Co-Directeur de thèse
CREST Marion Ingénieur de recherche - SUEZ Environnement Examinatrice
GERMAIN Patrick Professeur - INSA Lyon Directeur de thèse
GUILLOT Jean-Michel Professeur - Ecole des Mines d'Alès Rapporteur
HAUSLER Robert Professeur - Ecole de Technologie Supérieure Montréal Rapporteur
LAFOREST Valérie Maître de recherche - Ecole des Mines de Saint-Etienne Examinatrice