Photocatalyse Hétérogène en Réacteurs Ouverts Pour La Gestion de La Ressource Solaire: Expérimentations Sur Différents Médias Et Modélisation
Photocatalyse Hétérogène en Réacteurs Ouverts Pour La Gestion de La Ressource Solaire: Expérimentations Sur Différents Médias Et Modélisation
Cette thèse a été rendue possible par l’obtention d’une bourse (n°2017-07-ED.305) du
Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Des fonds issus du
projet européen SUDOE Innovec’eau (ref : SOE1/P1/F0173) ont également permis son bon
déroulement.
Je remercie en premier lieu Gaël Plantard et Vincent Goetz pour avoir dirigé ces
travaux de thèse qui ont constitué une expérience dans le monde de la recherche, riche en
apprentissages aussi bien sur le plan scientifique qu’humain.
J’adresse également mes remerciements aux membres du jury, Valérie Keller, Stephan
Brosillon, Jérémy Pruvost, Caroline Andriantsiferana, Cyril Caliot et Pierre Neveu, pour les
échanges que nous avons eus. Ceux-ci m’ont permis de prendre encore davantage de recul sur
ces travaux.
Je souhaite remercier les nombreuses personnes qui ont contribué à ce travail à la fois
expérimental et numérique. Je remercie dans ce sens le pôle technique du laboratoire :
Emmanuel Hernandez, Jean-Jacques Huc, Erdanay Kurt et Jérôme Benard. Je remercie
également Gilles Hernandez qui m’a aidée dès mon arrivée au laboratoire lors de mon stage
de fin d’études.
J’adresse un grand merci à Christophe Armand qui m’a permis d’avancer plus
sereinement dans mon travail de thèse sans avoir à me soucier de mon appareil d’analyse.
Concernant la partie optique, ces travaux ont également été l’occasion de collaborer
avec Cyril Caliot que je remercie pour son travail et ses éclaircissements. J’adresse mes
remerciements à Jean-François Cornet et Fabrice Gros pour leur aide ainsi qu’à Enrique
Ribeiro mon camarade de thèse également concerné par cette thématique. Merci à Elie Nadal
pour sa contribution sur le banc optique.
Je salue aussi tous ceux qui m’ont rendu service dans la réalisation de mes expériences,
notamment Brice Reoyo-Pratz, Cédric Telegang Chekem et Bastien Guillaume. Par ailleurs
cela a été un réel plaisir de les côtoyer. Je remercie particulièrement Brice pour son sens de
l’organisation dans la salle de manips et ses conseils toujours appréciables.
Je tiens enfin à dédicacer cette thèse à Alexis Godefroy, Danielle Ngoue et Nouha Dkhili qui
ont été mes camarades de thèse et véritables soutiens durant ces trois années.
Sommaire
Sommaire 1
Introduction générale 7
Chapitre 1 Chapitre bibliographique 13
Introduction 13
I Procédés de photo-oxydation sous conditions d’irradiation dynamique 15
I.1 Généralités sur les procédés de photo-oxydation 15
I.1.1 Les procédés d’oxydation avancée 15
I.1.2 Les procédés de photo-oxydation 16
I.1.3 Conclusion 19
I.2 Les procédés de photo-oxydation solaires 19
I.2.1 La ressource solaire 19
I.2.2 Procédés de photo-oxydation solaires 20
I.3 Gestion de la discontinuité de la ressource solaire 29
I.3.1 Fluctuations 29
I.3.2 Intermittence 30
I.4 Conclusion de la partie 31
II Vers un fonctionnement en mode continu du procédé de photocatalyse
hétérogène 32
II.1 La photocatalyse hétérogène 33
II.1.1 Principe 33
II.1.2 Paramètres d’influence 34
II.2 Mise en forme du photo-catalyseur 36
II.2.1 Photo-catalyseur en suspension 36
II.2.2 Photo-catalyseur supporté 36
II.3 Le transfert radiatif dans un milieu hétérogène 38
II.4 La cinétique de photo-dégradation 40
II.4.1 Grandeurs pertinentes 40
II.4.2 Influence de la composition de l’effluent 42
II.4.3 Classification 44
1
II.4.4 Récapitulatif 49
I.5 Procédé de photocatalyse hétérogène en fonctionnement continu 50
II.5.1 Technologies de séparation 51
II.5.2 Modélisation d’un réacteur ouvert 55
II.6 Utilisation de composites dioxyde de titane/charbon actif pour la gestion des
intermittences 59
II.6.1 Préambule 59
II.6.2 Utilisations des matériaux composites 60
II.6.3 Récapitulatif 63
Conclusion et objectifs de la thèse 68
Chapitre 2 Transfert radiatif dans les milieux hétérogènes 71
Introduction 71
I Introduction des notions de base du domaine des transferts radiatifs 72
I.1 Définitions des grandeurs photométriques 72
I.2 L’équation des transferts radiatifs (ETR) 75
I.3 La vitesse volumétrique locale d’absorption de l’énergie radiante 77
II Matériel et méthode 77
II.1 Les médias photo-catalytiques 78
II.1.1 Le dioxyde de titane en suspension 78
II.1.2 Mousse alvéolaire d’alumine revêtue de dioxyde de titane 82
II.2 Présentation du banc optique 86
II.2.1 Le banc expérimental 86
II.2.2 Le logiciel d’acquisition 87
II.3 Comment conduire des mesures expérimentales de transmittances 88
II.3.1 Protocoles 88
II.3.2 Mesures expérimentales 90
II.3.3 Choix du protocole 92
III Transfert radiatif dans la suspension 93
III.1 Calcul des propriétés radiatives par la théorie de Mie 94
III.2 Résolution de l’ETR par la méthode de Monte-Carlo 97
III.3 Validation du modèle à partir de mesures expérimentales 101
2
IV Transfert radiatif dans le matériau supporté 103
IV.1 Transfert radiatif en milieu poreux 103
IV.2 Identification des propriétés radiatives effectives de la mousse 106
V Calcul de la vitesse volumétrique locale d’absorption de l’énergie radiante
dans les médias 111
V.1 Épaisseur optique 111
V.2 VVLAER dans la suspension 112
V.3 VVLAER dans la mousse 114
V.4 Comparaison optique des deux médias 116
Conclusion 117
Chapitre 3 119
Procédé de photocatalyse hétérogène en mode continu sous conditions
d’irradiation dynamique 119
Introduction 119
I. Matériel et méthode 120
I.1 Le polluant d’étude : la caféine 121
I.1.1 Le polluant 121
I.1.2 Quantification par HPLC-UV 124
I.2 La source lumineuse 127
I.3 Montages expérimentaux de photo-dégradation 130
I.3.1 Photo-réacteur configuré pour la suspension 131
I.3.2 Photo-réacteur intégrant un matériau supporté 133
I.4 Expériences préliminaires de caractérisation de l’écoulement 135
I.4.1 Modèle hydrodynamique 135
I.4.2 Cas du matériau en suspension 136
I.4.3 Cas du matériau supporté 137
I.5 Réutilisations successives des médias et protocoles opératoires 138
I.5.1 Cas de la suspension 139
I.5.2 Cas du matériau supporté 144
II Résultats expérimentaux : fonctionnement et performances des réacteurs
en mode continu 145
3
II.1 Application de conditions d’irradiation constante 145
II.2 Application de conditions d’irradiation variable 148
III Modélisation et validation du modèle 154
III.1 Cas de la suspension 154
III.1.1 Modèle cinétique en réacteur fermé 155
III.1.2 Réacteur ouvert : formulation et validation du modèle 159
III.2 Cas du supporté 163
III.2.1 Modèle cinétique 163
III.2.2 Cas du matériau supporté en réacteur ouvert 165
III.3 Comparaison des performances photo-catalytiques selon la mise en forme du
catalyseur 167
IV Étude du fonctionnement en réacteur piston avec le dioxyde de titane
supporté 171
IV.1 Montage expérimental et expériences préliminaires 171
V.1.1 Le réacteur en configuration piston 171
V.1.2 Expériences préliminaires d’écoulement 173
V.2 Réacteur piston : modélisation et validation 173
V.2.1 Modèle de convection-dispersion 174
V.2.2 Modèle de convection-dispersion avec un terme source 177
V.2.3 Application aux conditions d’irradiation dynamique 184
V.4 Comparaison RPA/piston 186
Conclusion 187
Chapitre 4 Procédé hybride de photocatalyse hétérogène et d’adsorption en
fonctionnement continu 191
Introduction 191
I Capacités d’adsorption et régénération du composite 192
I.1 Mousse alvéolaire d’alumine revêtue de composite dioxyde de titane-charbon actif
193
I.1.1 Élaboration des particules de composite 193
I.1.2 Composite supporté 193
I.2 Isotherme d’adsorption en réacteur fermé et régénération 195
4
I.2.1 Protocoles 195
I.2.2 Résultats 197
I.3 Adsorption en réacteur ouvert 199
II Expériences préliminaires en réacteur ouvert 202
II.1 Charges/décharges avec stabilisation de la réponse du réacteur 202
II.2 Conclusions 204
III Gestion de l’intermittence en réacteur ouvert 205
III.1 Influence des conditions opératoires sur la capacité de traitement 206
III.2 Mise en évidence de la régénération 211
III.3 Comparaison avec une mousse TiO2 214
IV Discussion 216
IV. 1 Récapitulatif 216
IV.2 Verrous scientifiques 217
Conclusion 219
Conclusion générale 221
Références 226
Communications 245
Nomenclature 247
Annexes 250
Annexe A - Mise au point du système de maintien du TiO2 en suspension dans le
réacteur ouvert 250
Annexe B - Résolution du modèle 1D de la convection-dispersion avec un terme source
non linéaire. 256
Annexe C - Integral Formulation and Monte-Carlo Algorithms for Computing
Transmittivity and Irradiance in a slab containing a semi-transparent media 260
5
6
Introduction générale
Depuis sa présence sur terre, l’Homme a considérablement modifié son environnement
pour gagner en confort de vie. Son mode de vie, en particulier celui dit occidental, fait l’objet
de débats dans la société en raison de ses conséquences délétères sur l’environnement, telles
que le réchauffement climatique, la 6ième extinction de la biodiversité ou encore la
surexploitation des ressources de la Terre1. L’eau est l’une de ces ressources vitales fortement
impactée pour laquelle il est urgent d’en changer radicalement la gestion sans quoi « le monde
devra faire face à un déficit hydrique global de 40 % dès 2030 » selon l’Organisation des
Nations Unies2. En France, moins de 1% des eaux usées traitées sont réutilisées, et ce dans le
cadre de l’irrigation des cultures ou espaces verts3. Le souhait actuel est de parvenir à
augmenter ce pourcentage, à l’image d’autres pays (l’Australie, la Californie, Chypre,
l’Espagne, la Floride, Israël, la Jordanie, Malte ou Singapour) qui ont pour objectif de
satisfaire 10 à 60% de leurs besoins en eau par la réutilisation des eaux usées traitées (REUT)
(Barber et al., 2019; Inbar, 2007; Jodar-Abellan et al., 2019). La complexité de la tâche est
de choisir la méthode de traitement selon l’application de la REUT afin de parvenir aux
exigences de qualité de l’eau. La mise en place d’un système de circularité de l’eau génère en
effet, outre l’acceptabilité sociale (Mukherjee and Jensen, 2020), une problématique majeure
concernant le niveau de qualité des eaux usées traitées requis selon l’application4. Depuis
plusieurs décennies, des substances dites micropolluants se retrouvent en sortie des stations
d’épuration. Elles sont définies comme des substances présentes à des concentrations de l’ordre
du microgramme ou nanogramme par litre, introduites par l’Homme, et pouvant nuire aux
écosystèmes en raison de leur toxicité, persistance et bioaccumulation5. Ces micropolluants
sont des pesticides, des molécules pharmaceutiques, des composés de l’industrie, etc. et
représentent des milliers de molécules disséminées en permanence dans les eaux, dont les effets
cocktail sont peu prévisibles (Luo et al., 2014).
L’objectif est d’une part de limiter leur dissémination dans l’environnement et d’autre
part, de parvenir à des normes de qualité suffisante pour cycler l’eau (Mendret et al., 2019).
Outre le fait que la solution la plus naturelle mais non des moindres, est de stopper le problème
à la source (cas des pesticides par exemple en interdisant leurs usages ou des polluants
pharmaceutiques en les traitant à la source (Joannis-Cassan et al., 2020)), de nombreuses
technologies de traitement ont vu le jour. Ces technologies peuvent consister en une
amélioration de la filière existante de traitement avec la mise au point de boues modifiées
7
(Julcour Lebigue et al., 2010) ou en la mise au point de nouvelles méthodes de post ou pré-
traitement telles que les procédés d’oxydation avancée. Ces derniers présentent l’avantage
d’être non sélectifs et peuvent ainsi dégrader la plupart des micropolluants bio-récalcitrants
(Kanakaraju et al., 2018). La difficulté de la problématique est qu’il n’existe pas de méthode
universelle et que la stratégie de dépollution dépend fortement de l’objectif de traitement et
des coûts économiques associés. Les recherches travaillent ainsi sur l’intégration de stratégies
afin d’optimiser la dépollution de cette ressource, telles que le couplage de différentes
technologies ou procédés (Bustillo-Lecompte and Mehrvar, 2016; Malato et al., 2009; Mansas
et al., 2020; Mendret et al., 2019; Oller et al., 2011; Roccamante et al., 2019; T-T Lim et al.,
2011).
Ces travaux de recherche s’inscrivent parmi ceux portant sur les procédés d’oxydation
avancée (POA) et portent en particulier sur le procédé de photocatalyse hétérogène en phase
liquide. Ce procédé a la particularité de pouvoir être directement mis en œuvre à partir de la
ressource solaire ce qui en fait un candidat d’intérêt d’un point de vue énergétique et durable.
L’utilisation de la ressource solaire soulève en revanche de multiples contraintes technico-
scientifiques. En effet, cette dernière se caractérise par sa disparité géographique (en termes
de densité de flux), son caractère fluctuant à l’échelle de la journée ou de la saison (selon les
conditions météorologiques ou le cycle terrestre) et son caractère intermittent à l’échelle du
cycle jour/nuit (Bernard, 2004). À l’image des problématiques de production d’énergies dites
renouvelables (éolien, solaire), ces caractéristiques spatio-temporelles impactent la capacité
de traitement du procédé. Les études portant sur la possibilité de dégrader des polluants cibles
par voie solaire sont très nombreuses (Guillard et al., 2003; Khan et al., 2012; Malato et al.,
2002; Monteiro et al., 2015; Reoyo-Pratz et al., 2020; Salgado-Tránsito et al., 2015) et valident
la faisabilité d’un traitement solaire. En revanche, la littérature de photo-oxydation comporte
très peu d’études sur l’influence et la prise en compte de ces caractéristiques (fluctuations,
intermittence) pour la gestion du procédé bien qu’elles soient identifiées par la communauté
comme un verrou scientifique et technique pour envisager une application (Blanco-Galvez et
al., 2006; Cabrera Reina et al., 2020; Zhang et al., 2018). D’autre part, les réacteurs de photo-
oxydation solaires étudiés fonctionnent pour la plupart en mode batch et les travaux en mode
continu sont très récents et concernent essentiellement le photo-fenton (Costa et al., 2020; De
la Obra Jiménez et al., 2019). Les réacteurs de photocatalyse hétérogène en mode continu ont
pour le moment été développés à l’échelle du laboratoire et sous conditions artificielles de
8
lumière. Le mode continu à l’échelle solaire et pilote en photocatalyse hétérogène constitue
l’un des prochains enjeux de la recherche ainsi que la question qui en découle de la mise en
place de stratégies de gestion de l’intermittence (Zhang et al., 2018).
Ces travaux de recherches portent ainsi, d’une part sur l’étude de la réponse d’un
procédé de photocatalyse hétérogène en mode continu lors de l’application de consignes
d’irradiation dynamiques (à l’image de la ressource solaire) et d’autre part, sur l’étude de la
faisabilité d’une technologie de gestion de l’intermittence. L’intérêt fort sur le long terme de
ces études, est le développement de stratégies de gestion du procédé solaire ce qui requiert au
préalable, la prédiction de sa capacité de traitement.
Pour répondre au premier objectif, visant à décrire le fonctionnement d’un photo-
réacteur ouvert, notre approche s’appuie sur l’acquisition de données expérimentales couplée
à la modélisation de la capacité de traitement du réacteur. L’originalité de ces travaux réside
dans l’écriture du couplage des phénomènes présents, en prenant en considération à la fois les
aspects cinétique et radiatif dans un système ouvert et soumis à des irradiations dynamiques.
La première partie de l’étude s’appuie donc sur la mise au point d’un photo-réacteur pouvant
fonctionner en mode batch ou continu, et de type parfaitement agité ou piston. Elle comprend
l’acquisition de données expérimentales sous différentes conditions opératoires et en
particulier, sous des consignes dites dynamiques, représentatives de fluctuations journalières
d’ensoleillement. La deuxième étape est le développement d’un modèle permettant de décrire
la capacité de traitement des photo-réacteurs selon les consignes appliquées. La mise au point
d’un tel modèle se décline en plusieurs étapes. La première consiste à représenter correctement
le transfert radiatif dans le milieu hétérogène réactif car celui-ci est le moteur de la réaction
de photo-oxydation. Dans la littérature, cet aspect est relativement mature dans le cas des
photo-catalyseurs sous forme de particules mais fait l’objet de recherches actuelles dès lors
que la géométrie ou la composition du photo-catalyseur se complexifie. Durant ces travaux,
des approches existantes ont été retenues pour décrire le transfert radiatif dans le cas du
photo-catalyseur sous forme particulaire et sous forme supportée. La seconde étape
d’établissement de ce modèle, consiste à déterminer la cinétique locale de photo-dégradation.
Celle-ci est directement reliée à la quantité locale de photons absorbés par le média photo-
catalytique. L’écriture d’une cinétique de photo-dégradation locale intégrant cette grandeur,
reste minoritaire dans la littérature dédiée à la photo-oxydation qui comporte des lois
cinétiques intégrant de façon simplifiée le transfert radiatif. Une fois le comportement
9
hydrodynamique du réacteur ouvert déterminé, la dernière étape consiste à valider et exploiter
le modèle, qui représente un couplage entre des modèles hydrodynamique, cinétique et radiatif,
à partir d’expériences de photo-dégradation en réacteur ouvert. Ce modèle permet in fine la
prédiction de la capacité de traitement d’un photo-réacteur ouvert soumis à des consignes
dynamiques de traitement imposées par la ressource solaire dynamique par nature.
La seconde partie de cette étude porte sur une solution de gestion de l’intermittence et
de la discontinuité solaire. La solution proposée passe par l’utilisation d’un composite
combinant deux fonctionnalités : le stockage des polluants lors des phases nocturnes et la
dégradation des composés lors de phases d’irradiation. Cette double-fonctionnalité est permise
par un matériau composite adsorbant/photo-catalyseur. L’objectif est de diminuer les
fluctuations de concentration en sortie du procédé, liées aux fluctuations de la ressource
solaire. Les matériaux composites ont été fortement développés dans la littérature ainsi que
les procédés d’élaboration mais essentiellement en vue d’améliorer l’efficacité de traitement
ou d’apporter une solution alternative de régénération des charbons actifs (MiarAlipour et
al., 2018).
Afin d’arriver aux objectifs énoncés issus des verrous identifiés dans la littérature, le
manuscrit de thèse se décline selon les quatre chapitres suivants.
10
hétérogène. Ce deuxième chapitre fournit en premier lieu une introduction des prérequis du
domaine des transferts radiatifs. Ensuite, il présente la mise au point du banc de mesures des
photons absorbés par le milieu hétérogène puis enfin il s’étend sur le développement et la
validation du modèle de transfert radiatif. Il permet in fine le calcul de la puissance locale
absorbé dans le milieu hétérogène réactif. Deux mises en forme de médias sont étudiées que
sont le dioxyde de titane sous sa forme originelle particulaire et le dioxyde de titane supporté
sur une mousse alvéolaire macroporeuse.
Enfin ce manuscrit se clôture par une synthèse générale des différents résultats obtenus
et une énonciation des perspectives d’études.
11
12
Chapitre 1
Chapitre bibliographique
Introduction
13
tant que méthodes de traitement tertiaire (Malato et al., 2009). Elles se sont développées car
elles sont très efficaces contre les agents infectieux et plus sûres que la filtration qui est
également utilisée (Malato et al., 2009). Les autres POA sont aujourd’hui encore à l’état de
recherche et développement notamment en raison de verrous scientifiques ou techniques qui
freinent leur développement à plus grande échelle (Kanakaraju et al., 2018). L’un des objectifs
est d’utiliser, lorsque c’est possible, le rayonnement solaire comme source énergétique
principale pour assurer le fonctionnement du POA. Cette option permettrait de rendre les
procédés plus durables, et moins coûteux et énergivores (Zhang et al., 2018). L’une des
problématiques soulevées concerne alors la gestion de l’intermittence de la ressource solaire
lors de la mise en œuvre du procédé. Généralement, les solutions consistent à utiliser le
rayonnement pendant les phases d’ensoleillement pour produire des radicaux. Lorsque le
rayonnement est insuffisant (phase nocturne), les eaux peuvent être stockées ou bien le
traitement n’a pas lieu. Ainsi, ces technologies ont principalement été étudiées selon un
fonctionnement batch. La question se pose de savoir s’il est possible d’assurer un traitement
continu – c’est-à-dire alimenter le photo-réacteur en permanence - pendant les phases diurnes.
Il s’agit également de savoir comment l’oxydation se déroule sous des conditions d’irradiation
dynamiques : par exemple lorsque la ressource solaire varie au cours de la journée
d’ensoleillement. Sur ce point et à l’heure actuelle, la littérature et les travaux rapportés sur
les procédés solaires assurant un traitement en mode continu sont très marginaux. Leur
développement est cependant primordial dans le cadre d’une future application industrielle
(De la Obra Jiménez et al., 2019).
La première partie de ce chapitre bibliographique est consacrée à l’état de l’art sur les
POA solaires. En premier lieu sont définis les POA dont la source d’énergie est le
rayonnement : ce sont des procédés de photo-oxydation. Les caractéristiques de ces procédés,
dont fait partie la photocatalyse hétérogène, sont présentées afin de dégager ceux qui sont
applicables en conditions solaires. Ensuite les mises en œuvre (mode opératoire, géométrie,
etc.) des procédés de photo-oxydation solaires sont exposées. La dernière section se concentre
sur la question de la gestion de l’intermittence et des fluctuations de la ressource solaire dans
le cadre de la mise au point de procédés solaires de photo-oxydation.
d’irradiation dynamique
Cette section détaille les POA qui peuvent prétendre à l’utilisation directe du
rayonnement solaire et les contraintes techniques et scientifiques associées. Celle de la gestion
de l’intermittence qui nous intéresse particulièrement, fait l’objet de la dernière section de
cette partie. L’objectif est de dresser un état de l’art de l’avancée des POA dit solaires et des
verrous associés en particulier celui de la gestion de l’intermittence.
Le principe des procédés d’oxydation avancée (POA) est de générer des radicaux libres
par différentes sources d’énergie (énergie chimique (Babuponnusami and Muthukumar, 2014),
thermique (Telegang Chekem et al., 2020), radiative ou acoustiques (Liao et al., 2010))
utilisées directement ou indirectement (via un média) et parfois combinées (Kanakaraju et
al., 2018). Les principaux radicaux libres générés ont un pouvoir oxydant qui permet de
dégrader de très nombreux polluants bio-récalcitrants à condition qu’ils soient de nature
15
organique. Ce sont principalement les radicaux hydroxyles ●OH et le radical superoxyde O2●-
qui sont générés (Muruganandham et al., 2014). Les POA sont également qualifiés
d’homogène ou d’hétérogène selon l’état physique du média énergétique (dilué ou solide) par
rapport à l’effluent à traiter qui est un fluide (gaz/liquide) (Muruganandham et al., 2014).
Outre la nature de l’énergie d’activation mise en jeu, les POA peuvent, par exemple, être
classifiés comme suit (Miklos et al., 2018) :
Les POA qui utilisent comme source d’énergie le rayonnement, sont les procédés dits
de photo-oxydation ou photochimiques. Ils sont reconnus comme étant plus efficaces que les
procédés faisant uniquement intervenir de l’énergie chimique et ont ainsi été très étudiés pour
la dépollution de l’eau (Oturan and Aaron, 2014). Une présentation succincte de ces procédés
est donnée ci-après afin d’identifier ceux qui sont adaptés à l’utilisation directe de la ressource
solaire. Quelques-unes de leurs caractéristiques principales sont fournies et leurs
avantages/inconvénients principaux sont soulignés.
La photolyse est une réaction photo-induite et l’énergie est directement utilisée sans
média. La réaction a lieu si et seulement si l’élément absorbe un photon faisant passer les
atomes d’un état énergétique stable à un état excité pouvant conduire, si l’énergie du photon
16
est suffisante, à la rupture des liaisons atomiques (Rifai, 2013). Des paramètres
photochimiques peuvent être étudiés pour connaître la capacité d’une molécule à se
photolyser : le coefficient d’extinction molaire (capacité des molécules à absorber le
rayonnement) et le rendement quantique qui exprime le nombre de molécule photo-converties
par unité de photons absorbés) (Rifai, 2013).
La photolyse combinée repose sur l’ajout d’hydrogène peroxyde H202 dans le milieu qui
en absorbant des photons compris entre 200 et 300 nm génère des radicaux libres ●OH suivant
le mécanisme principal (Kanakaraju et al., 2018) :
H2O2 + ℎ ν 2 ●OH
La photolyse quant à elle, est communément utilisée dans les procédés de traitement
de l’eau pour la désinfection (Cédat, 2016). Le rayonnement utilisé appartient à la gamme
UV-C également car c’est la gamme spectrale adaptée pour détruire les micro-organismes. Ce
traitement a l’avantage de ne pas modifier les paramètres physico-chimiques de l’eau
contrairement aux traitements conventionnels qui utilisent le chlore. En revanche, il est
couteux car l’UV-C est généré artificiellement par des lampes basses et moyennes pression.
Son efficacité dépend de la dose d’UVC appliquée et de la nature des microorganismes. Les
UV-C fonctionnent également sur d’autres types de molécules organiques bio-récalcitrantes
(les pharmaceutiques, les pesticides, les hormones) mais les doses UV nécessaires sont
beaucoup plus élevées que pour la désinfection (Cédat, 2016). Les études présentées sont
généralement en conditions maîtrisées avec une molécule dans de l’eau pure et l’influence d’un
effet matrice ou de la photolyse indirecte (ex : des espèces présentes qui génèrent des radicaux
libres) est peu relatée.
L’ozonation est un procédé de traitement utilisé depuis nombreuses années dans des
stations d’épurations à travers le monde (dès 1940) à l’origine pour la désinfection de l’eau
17
puis pour de nombreux composés organiques bio-récalcitrants car il fonctionne sur de
nombreuses molécules (Wang and Chen, 2020). En revanche la minéralisation est souvent
faible avec ce procédé et conduit à la formation de sous-produits toxiques c’est pourquoi il a
été combiné entre autres, au rayonnement UV ou encore à H2O2. L’ozonation-photolyse peut
être utilisée pour une gamme de 200 jusqu’à 360 nm et est avérée plus efficace que O3 seul
(Oturan and Aaron, 2014). Le mécanisme principal est le suivant :
03 + H20 + ℎ ν 2 ●OH + O2
• La photocatalyse-hétérogène (TiO2/UV)
18
I.1.3 Conclusion
Pour conclure cet inventaire succinct, de nombreuses méthodes photochimiques ont été
développées dans la littérature. Certaines sont très efficaces autant pour dégrader que
minéraliser les sous-produits (la photolyse sous UV-C), d’autres sont très efficaces pour
dégrader un grand nombre de polluants mais restent susceptibles de générer des composés
toxiques ou encore des boues ferreuses (photo fenton). En revanche, tous les procédés de
photo-oxydation listés ne peuvent prétendre à l’utilisation de la ressource solaire. La photolyse
fonctionne sous UV-C et n’a de ce fait, pas été étudiée à notre connaissance pour des
applications solaires de dépollution de l’eau. L’ozonation combinée à l’UV a une gamme
d’activation qui s’arrête à 360 nm. Ce sont donc majoritairement le photo-fenton et la
photocatalyse qui sont considérés comme étant les plus prometteurs pour une utilisation de
l’énergie solaire en raison de gammes spectrales qui comprennent les UV-B et A, voire le
visible (Zhang et al., 2018). Ils ont par conséquent été les plus étudiées à partir des années 90
pour des applications solaires de dépollution de l’eau.
Des mesures de standards du spectre solaire ont été établies en fonction de l’épaisseur
de masse atmosphérique traversée (Bernard, 2004). Ainsi, le spectre du rayonnement solaire
mesuré à l’extérieur de l’atmosphère est appelé AM0, le spectre mesuré à la surface de la terre
19
lorsque le soleil se trouve au zénith est le spectre AM1. L’épaisseur de la masse atmosphérique
traversée dépendra de l’angle d’inclinaison du soleil. Par exemple, lorsque le soleil se trouve à
un angle zénithal de 37° la masse atmosphérique traversée est 1,5 fois plus importante (AM1,5)
que celle traversée lorsque le soleil est au zénith (d’après les ASTM (“Standard Tables for
References Solar Spectral Irradiance at Air Mass 1.5: Direct Normal and Hemispherical for a
37° Tilted Surface (Withdrawn 2005)”).
Sur la plage spectrale atteignant la surface terrestre (de 300 nm à 2500 nm), trois
domaines sont distingués : le rayonnement ultraviolet (UV), le rayonnement visible (VIS) et
le rayonnement infrarouge proche et moyen (IR). Dans le cas du spectre AM1, le rayonnement
ultra-violet s’étend de 200 à 380 nm environ et représente une densité de flux maximum de
50 W.m-2, le rayonnement visible de 380 à 720 pour 450 W.m-2 et l’IR proche et moyen
terrestre de 700 nm à 2500 nm à soit 550 W.m-2. La somme de ces rayonnements représente
une densité de flux de 1000 W.m-2. Ces densités de flux sont des maximums obtenus pour des
conditions d’ensoleillement, d’orientation et d’inclinaison solaires optimales.
La ressource solaire est donc polychromatique et fonction des cycles naturels du jour
et de la nuit ainsi que des cycles saisonniers. Elle est par conséquent fluctuante, intermittente
tout au long de l’année même si des moyennes d’ensoleillement mensuelles répétables peuvent
être établies d’une année à l’autre. De plus, le rayonnement incident peut être de nature
diffuse ou directe. L’angle d’incidence sur terre doit être pris en compte dans la mesure de
l’ensoleillement car il impacte sa valeur.
20
I.2.2.1 La photocatalyse hétérogène solaire
Les procédés de photocatalyse hétérogène solaire ont été développés dès les années 1990
(Malato et al., 2009). Plusieurs verrous considérés comme freinant leur développement, ont
alors été identifiés.
Tout d’abord, en ce qui concerne l’aspect matériau, l’un des objectif de la recherche
est d’améliorer l’efficacité photo-catalytique des semi-conducteurs solides car ceux-ci sont
jugées comme ne produisant pas assez de radicaux libres (Blanco-Galvez et al., 2006). Les
voies explorées sont soit de modifier la morphologie du semi-conducteur soit de modifier sa
nature chimique (Chang et al., 2016; Pelaez et al., 2012). La modification de la morphologie
a pour but d’augmenter la surface développée du photo-catalyseur afin d’augmenter sa surface
de captation du rayonnement incident. Pour ce faire différentes mises en forme de semi-
conducteurs se sont développées. Cet aspect est développé plus en détail en section II.2. Les
modifications chimiques ont pour but d’élargir la bande spectrale d’absorption du
rayonnement des semi-conducteurs et/ou de limiter le phénomène de recombinaison de
charges car il diminue l’efficacité photo-catalytique. Dans le premier cas, l’objectif est de créer
des photo-catalyseurs fonctionnels dans le domaine du proche visible afin d’intensifier
l’utilisation de la ressource solaire. En effet, les photo-catalyseurs les plus efficaces (tels que
le dioxyde de titane) ont une zone d'activation dans la gamme UV-A du rayonnement solaire
(Pelaez et al., 2012) qui représente seulement 5% de la part énergétique du spectre terrestre
incident (et plus précisément 95 % de ces 5 %) contre 40% dans le visible. Pour parvenir à
rendre les photo-catalyseurs actifs dans le domaine du visible, ceux-ci sont soit dopés avec
d’autres éléments (tels que par exemple des métaux ou du nitrogène (Fujishima et al., 2008;
Mozia, 2010; Rosset, 2017)) soit hybridés entre eux (par exemple ZnO/TiO2 (Marcì et al.,
2001)). Le dopage peut également permettre de limiter le phénomène de recombinaison de
charges. Autrement le couplage d’un photo-catalyseur avec un adsorbant (charbon, alumine,
zéolite, silice) peut être employé (MiarAlipour et al., 2018). Quelle que soit la voie adoptée,
le but est d’augmenter l’efficacité du processus photo-catalytique afin de réduire les coûts du
procédé global.
21
through collectors" dits PTC) et les réacteurs à flux non-concentrés, que sont les réacteurs
plan ("inclined plate collectors" dits IPC) et les réacteurs tubulaires avec des miroirs
paraboliques doubles ("compound parabolic collector" dits CPC) (Figure 1-1).
Figure 1-1 Dessins des réacteurs solaires PTC, CPC et IPC (Zhang et al., 2018).
Les réacteurs à flux concentré sont les premiers réacteurs solaires de photocatalyse
apparus dans les années 80 (Blanco-Galvez et al., 2006; Malato et al., 2015). Ils sont
constitués de tubes qui sont irradiés grâce à des collecteurs qui réfléchissent et concentrent
les rayons directs sur des tubes placés dans le plan focal. Les collecteurs s’orientent selon la
trajectoire du soleil (système de tracking) ce qui rend le procédé couteux. Ce design est issu
des réacteurs des centrales thermiques dont le but est de chauffer un fluide selon le même
principe. Dans le cas d’un processus de photo-dégradation, le fait de travailler sous une forte
densité de flux de photons tend à diminuer l’efficacité photo-catalytique de ces derniers
(Malato et al., 2009). De plus, seule la part directe du rayonnement solaire peut être
concentrée ce qui rend ce type d’installation peu efficace pour une grande partie de conditions
météorologiques (Spasiano et al., 2015). Ces réacteurs ont donc rapidement été remplacés
dans les années 90 par les réacteurs à flux non-concentrés reconnus comme plus efficaces et
moins couteux.
Parmi les réacteurs à flux non-concentrés, se trouve les réacteurs plans orientés.
Contrairement aux PTC, ils collectent l'ensemble du flux émis par le soleil par une mise en
œuvre simple et peu coûteuse, consistant en une position fixe orientée face au soleil (sans
système de tracking). En revanche, la plupart du temps l'écoulement est laminaire pour cette
géométrie ce qui ne favorise pas le transfert matière. De plus son orientation est fixe ce qui
peut la rendre moins efficace pour capter la lumière toute la journée. Finalement les réacteurs
CPC qui sont à flux non-concentrés, sont ceux reconnus comme étant les plus efficaces. Ils
collectent l'ensemble du rayonnement comme les IPC, assurent des conditions turbulentes
22
pour le transfert de masses comme les PTC, n’ont pas de système de suivi du soleil (donc
sont moins coûteux) et sont jugés très efficaces car ne concentrant pas le flux incident
contrairement aux PTC. Ce sont les réacteurs à échelle pilote les plus couramment étudiés
et plusieurs revues (Chong et al., 2010; Zhang et al., 2018) font l'inventaire d'articles à ce
sujet.
De façon générale, les réacteurs solaires restent peu mis en œuvre comparés aux
réacteurs à rayonnement artificiel. Ils sont principalement mis en œuvre à l'échelle pilote en
mode batch. Dans un article de revue, les auteurs Malato et al. (Malato et al., 2015) ont
établi un graphique de l'amplitude des publications ces 20 dernières années (Figure 1-1). En
photocatalyse elles augmentent constamment et progressivement en ce qui concerne la
photocatalyse solaire.
Ci-après, un bref état de l’art des réacteurs solaires plan à flux non concentrés
est dressé. L’ensemble des travaux et outils numériques mis en place dans le cadre de ce
doctorat a en effet été réalisé sur la base de cette géométrie (à l’échelle laboratoire).
L’inconvénient majeur de cette géométrie est lié à la gestion de l’écoulement qui est
généralement laminaire. C’est pourquoi elle est généralement utilisée pour les petites
applications (Zhang et al., 2018). Les réacteurs plan à flux non concentrés se trouvent sous
les configurations suivantes (Bahnemann, 2004; Malato et al., 2002) :
23
• Les réacteurs à films ruisselants ("free-falling film" ou "thin filmed fixed-bed
reactors" TFFBR) pour lesquels le fluide coule en film sur la surface d'un catalyseur
supporté et est en contact direct avec l'atmosphère (Figure 1-3).
• Les réacteurs à double parois dits « pressurized flat plate » ou « double skin sheet
reactor, DSSR» pour lesquels le fluide s’écoule entre deux plaques sans contact
direct avec l’atmosphère.
• Les mares solaires ("solar ponds") qui sont simplement des bassins directement
ouverts sur l’atmosphère.
Figure 1-3 Exemple de réacteur plan de la plateforme solaire d'Almeria (Bahnemann, 2004).
Le Tableau 1-1 dresse un inventaire des procédés solaires de type réacteurs plan après
2000. Cette technologie a été très étudiée entres les années 90 et 2000 et a fait ensuite l'objet
de quelques études qui sont listées. Les procédés répertoriés sont tous conduits en mode batch
et ont concernés la dégradation de colorants dans des TFFBR (Damodar et al., 2007; Zayani
et al., 2009) ou de pathogènes (Khan et al., 2012) ainsi que de phénols et pesticides (Feitz et
al., 2000; Guillard et al., 2003). Ces articles ont comparé la mise en forme du dioxyde de
titane (en suspension ou supporté ou vrac (Damodar et al., 2007; Feitz et al., 2000; Guillard
et al., 2003) ou le type de réacteur (géométrie des réacteurs IPC entre elles (Feitz et al.,
2000) ou IPC et CPC (Guillard et al., 2003)).
24
Mise en
Polluants et forme du
Références Réacteurs Capacités
concentrations photo-
catalyseur
(Zayani et al., Eau du puit TFFBR de 25 m2 Degussa P25 1,4 mg de COT /kJ et
2009) d'une usine de de surface supporté données représentées par
textile dopée en irradiée incliné à le modèle de L-H.
colorants 20°
En ce qui concerne l’aspect catalyseur, l’un des inconvénients relatés est la formation
de boues ferreuses à l’issu du procédé. Pour y remédier des catalyseurs supportés (donc en
phase hétérogène) ont été étudiés tels que par exemple des Fe-zeolites (Gonzalez-Olmos et al.,
2012). De plus, ils sont actifs sur une plus large gamme de pH que le photo fenton en phase
homogène (Rahim Pouran et al., 2015). Ils ont donc l’avantage de réduire les coûts associés
à la gestion de pH, la formation de boues mais ont des vitesses de réaction plus lentes que le
photo fenton homogène. Des recherches plus récentes portent également sur la possibilité de
travailler à pH neutre en utilisant des ions ferreux sous forme complexée (Clarizia et al.,
2017). Quelques études récentes et très prometteuses ont confirmé la possibilité de désinfecter
de l’eau de sortie de stations d’épuration par un procédé photo-fenton à pH neutre (Costa et
al., 2020; De la Obra Jiménez et al., 2019).
En ce qui concerne l’aspect procédé, les géométries des réacteurs photo-fenton sont les
mêmes que pour les réacteurs de photocatalyse. La géométrie PTC originelle des centrales
thermiques, défavorable pour les réacteurs de photocatalyse, trouve un intérêt pour le procédé
photo-fenton car une augmentation de la température augmente la vitesse de réaction (Malato
et al., 2009). Actuellement, ce sont les marres solaires qui redeviennent attractives car elles
présentent un avantage économique important par rapport aux CPC. De même que pour la
photocatalyse solaire, les réacteurs sont dans la très grande majorité des cas employés en
mode batch. Les dernières publications issues de la plateforme solaire d’Alméria (Costa et al.,
2020; De la Obra Jiménez et al., 2019; Sánchez Pérez et al., 2020), portent sur la possibilité
de travailler en mode continu avec ce type de technologie. Elles mettent en avant l’intérêt de
travailler avec la technologie raceway (Figure 1-4) directement issue des procédés de culture
des microalgues par voie solaire.
26
Figure 1-4 Illustration d’une marre solaire (raceway) (De la Obra Jiménez et al., 2019).
Un aspect négatif souvent mis en avant dans le cas procédé photo-fenton est relatif à
son coût en raison de l’utilisation importante de réactif (peroxyde d’hydrogène). Ce coût peut
être réduit via d’une part l’utilisation de la ressource solaire, et d’autre part, via le couplage
du photo-fenton solaire à des traitements biologiques (Babuponnusami and Muthukumar,
2014; Malato et al., 2009; Rahim Pouran et al., 2015).
Au-delà des caractéristiques propres à chacun des deux procédés, de manière très
générale, la gestion des réactifs, notamment liée au maintien du pH requis, rend la gestion du
procédé photo-fenton plus complexe et a tendance à pénaliser les couts de fonctionnement
(Clarizia et al., 2017; Malato et al., 2015). Ces coûts peuvent être réduits considérablement
en combinant ce procédé à un procédé biologique (Rahim Pouran et al., 2015) et bien sûr en
utilisant directement la ressource solaire comme source d’irradiation.
27
Photocatalyse hétérogène Photo-fenton
Dépendance également à la
Forte dépendance de la vitesse de concentration en catalyseur
Epaisseur
réaction à la concentration en photo- et également aux autres
optique
catalyseur (cf chapitre 2 section V). espèces présentes de façon
marquée.
Mode batch.
Mode opératoire
Recherches récentes en continu pour le photo-fenton.
Tableau 1-2 Comparaison des contraintes techniques et scientifiques entre les procédés solaires de
photocatalyse hétérogène et de photo-fenton (Malato et al., 2009).
28
Un traitement par photocatalyse hétérogène est à la base moins performant en termes
de capacité de traitement. Il présente néanmoins l’avantage considérable, dans le cas d’une
utilisation de la ressource solaire, de coûts de fonctionnement quasiment nuls. La littérature
note entre autres, un manque d’études portant sur une utilisation sur le long terme des photo-
catalyseurs dans les réacteurs pilotes solaires pour développer ce procédé à l’échelle industrielle
(Horikoshi and Serpone, 2020).
I.3.1 Fluctuations
Dans la littérature, les études portant sur les effets des fluctuations solaires, journalières
ou saisonnières, sur la réponse des procédés solaires de photo-oxydation sont assez rares. La
majorité des auteurs ayant conduit des expérimentations en réacteurs solaires présentent les
résultats à l’échelle d’une journée. Ceux-ci sont souvent exploités sur la base de la quantité
d’énergie accumulée dans la journée par unité surfacique ou volumique (Reoyo-Pratz et al.,
2020; Spasiano et al., 2015). À titre d’exemple, F. Correia et T. Janin simulent la capacité
de traitement d’un réacteur pilote sur l’année pour la molécule 2,4-dichlorophénol (Correia et
al., 2011) ou pour un mélange de pesticides (Janin et al., 2013). Le caractère fluctuant de la
ressource solaire selon les mois est ainsi intégré. Du côté du photo-fenton, la réponse du
procédé de photo-fenton selon la localisation géographique a récemment été étudiée par les
auteurs Reina et al. (Cabrera Reina et al., 2020) afin d’établir des stratégies selon la
29
localisation du procédé pour son dimensionnement. Ces derniers ont évalué l’incidence de la
location du pilote solaire sur la réponse du photo-procédé, en simulant l’ensoleillement de
trois villes (une en Espagne, une au Chili et une au Qatar). Les résultats leur ont permis de
conclure qu’il fallait dimensionner le réacteur par rapport aux conditions les moins favorables
au procédé de photo-fenton, typiquement celles d’hiver où l’ensoleillement est moins élevé
tout comme les niveaux de température.
En revanche, en ce qui concerne les applications de désinfection de l’eau, les effets des
fluctuations solaires journalières sur l’activité des micro-organismes sont plus couramment
étudiés. Ceci s’explique par le fait que les micro-organismes ont la capacité de se régénérer
même après avoir subi des irradiations (Giannakis et al., 2015). Ainsi le rejet d’un effluent
traité peut redevenir une source de pollution si les bactéries se redéveloppent. À titre
d’exemple, les auteurs (Giannakis et al., 2015) ont appliqués 14 combinaisons possibles de
scénarios de fluctuations en créneaux sur des durées de 6h (par exemple 1h de lumière – 2h
de passages nuageux – 4h de lumière) afin d’évaluer le comportement des micro-organismes
soumis à ces différents scénarios.
I.3.2 Intermittence
La notion d’intermittence a également très peu été abordée dans la littérature dédiée
à la photo-oxydation solaire. Elle est d’ailleurs mentionnée dans les perspectives par une revue
(Zhang et al., 2018) comme prochain point clef pour le développement des procédés de photo-
oxydation solaire dans le traitement de l’eau. Monteiro et al. (Monteiro et al., 2015) ont utilisé
un réacteur solaire CPC durant 7 jours consécutifs en mode continu dans le cas de la
dégradation du n-décane en phase gazeuse. À l’issu d’une journée, la dégradation du n-décane
était totale et la minéralisation de plus de 90%. Ils ont également étudié la dégradation de
cette molécule dans le cas où une source artificielle est employée (29 WUV.m-2) et montré que
la minéralisation et la dégradation du polluant était quasi-totale en moins de 2h sous
conditions artificielles. Ils ont ainsi déduit qu’une combinaison de ces deux sources de
rayonnement, l’artificielle la nuit et la ressource naturelle le jour, permettrait de traiter de
façon continu ce polluant. De la même façon, les auteurs Sousa et al. (Sousa et al., 2013) ont
étudié la possibilité de dégrader de la lorazepam dans un réacteur CPC (en batch) et d’utiliser
une source artificielle lors d’un rayonnement insuffisant.
30
Au sujet du photo-fenton, une publication toute récente (De la Obra Jiménez et al.,
2019) a étudié la possibilité de désinfecter de l’eau de station d’épuration (STEP) par un
procédé photo-fenton solaire en mode continu dans le but de pouvoir réutiliser l’eau traitée
pour l’irrigation de culture. Les pathogènes étudiés sont Escherichia Coli et Enterococcus.
Les auteurs mentionnent que c’est la première étude au sujet d’un procédé de photo-fenton
solaire en mode continu dans le cadre de la désinfection de l’eau. Ils réalisent deux
expérimentations de 3 jours, une en été et une en hiver. Le jour, le mode continu est activé
pendant 5h, et le reste du temps stoppé et le réacteur est couvert. Les auteurs mettent en
avant un effet positif entre un procédé de fenton la nuit en l’absence de lumière en mode
batch et un procédé photo-fenton le jour en mode continu permettant d’arriver au niveau de
désinfection requis. De plus, ils établissent qu’un contrôle le jour du temps de séjour, est
nécessaire pour que l’effluent de STEP soit suffisamment exposé aux UV et ainsi que les deux
pathogènes soient désactivés. Ce contrôle varie selon la journée et diffère entre une expérience
d’hiver et d’été. Cette publication montre le tout récent intérêt pour le mode continu dans le
cas des procédés de photo-oxydation solaire. Les auteurs mettent en avant la nécessité de
passer du mode batch au continu pour traiter de volumes d’eau compatibles avec ceux des
STEP et arriver au niveau de désinfection souhaitée dans ce cas.
Dans la littérature, les procédés de photo-oxydation solaire ont été développés au cours
des 20-30 dernières années mais les publications à l’échelle laboratoire restent prédominantes
(avec l’utilisation de sources artificielles plus ou moins représentative de la ressource solaire).
Seules quelques publications toutes récentes, dans le cas du photo-fenton, abordent
expérimentalement et sous rayonnement solaire naturel, le fonctionnement en mode continu
des procédés de photo-oxydation (De la Obra Jiménez et al., 2019; Sánchez Pérez et al., 2020).
Il ressort également que la littérature sur la photo-oxydation solaire est essentiellement
expérimentale et peu d’information a été trouvée à ce jour sur les aspects de modélisation du
fonctionnement du procédé en tenant compte des caractéristiques de la ressource solaire (en
particulier l’intermittence, les fluctuations). Une telle modélisation parait néanmoins
fondamentale pour le développement des réacteurs solaires pour le traitement de l’eau. Elle
permettrait le dimensionnement de réacteurs solaires ou encore de développer des outils
numériques, des stratégies de contrôle (Cabrera Reina et al., 2020) permettant d’adapter les
31
conditions opératoires en journée à la densité de flux disponible (pour le caractère fluctuant).
Dans le cas d‘un système batch, aucun ajustement dynamique du système n’est possible, seule
la durée du traitement dans le temps (le nombre de jours selon les conditions météorologiques)
peut être augmentée tant que l’objectif désiré n’est pas atteint (Alfano et al., 2000). En
continu en revanche, mode opératoire qui semble indispensable pour pouvoir envisager une
dissémination à l’échelle industrielle, le débit d’alimentation par exemple, peut être ajusté
pour contrôler le niveau d’abattement selon la disponibilité de la ressource.
L’objectif premier de cette partie est de lister les problématiques liées à la mise en
œuvre du procédé de photocatalyse hétérogène et en particulier dans le cas d’un
fonctionnement en mode continu. Ces problématiques, concernant aussi bien des aspects
techniques que scientifiques, sont : la mise en forme du photo-catalyseur (en suspension ou
supportée), la modélisation du transfert radiatif dans le milieu hétérogène réactif et la
modélisation de la capacité de traitement d’un réacteur ouvert de photocatalyse hétérogène.
La finalité est de proposer une solution pour la gestion de l’intermittence de la ressource
solaire dans le cas photocatalyse hétérogène fonctionnant en mode continu.
II.1.1 Principe
33
TiO2 + ℎ ν +ℎ (1)
+ O2 O2●- (2)
ℎ + H2O H+ + ●
OH (3)
34
photo-catalyseur est également d’importance et une quantité optimale en photo-catalyseur
peut être définie selon la géométrie du réacteur (Malato et al., 2009; Plantard et al., 2012).
Cet aspect est abordé dans le chapitre 2 en section V.
35
II.2 Mise en forme du photo-catalyseur
L’utilisation du catalyseur sous la forme d’une suspension est très répandue car
reconnue dans la littérature comme étant la plus efficace selon le critère de vitesse de
traitement (Chang et al., 2016). Ceci s’explique par une surface irradiée développée très
importante du fait de la faible taille des particules et d’une répartition de ces particules dans
tout le volume réactionnel (Plantard and Goetz, 2014). Le transfert radiatif est donc favorisé
tout comme le transfert matière lorsque l’agitation est correctement assurée (Van Gerven et
al., 2007). Pour une même concentration, la surface développée est d’autant plus importante
que les particules sont petites c’est pourquoi le semi-conducteur le plus utilisé est le dioxyde
de titane degussa P25 dont les tailles de particule sont majoritairement nanométriques (Chong
et al., 2010). Cependant, l’utilisation directe de catalyseurs nanométriques n’est pas faisable
pour un développement à plus grande échelle car ils sont difficiles à séparer de l’effluent traiter
(Horikoshi and Serpone, 2020).
De nombreuses formes de support ont été développées dans la littérature avec pour but
d’augmenter la surface développée par ces dernières pour tendre vers les efficacités de la forme
en suspension, tout en s’affranchissant de la problématique de séparation.
Les premières structures, dites 1D, sont des médias-plan positionnés sur le fond des réacteurs,
tels que par exemple des tissus cellulosiques recouverts de TiO2 (Goetz et al., 2009; Lhomme
et al., 2008). On trouve également des mises en forme beaucoup plus élaborées, telles que des
36
« nanobelts, nanotubes, nanowires, nanorods ») (Keller et al., 2005; Miao et al., 2002; Wang
et al., 2008). À titre d'exemple, les auteurs Arfanis et al. (Arfanis et al., 2017) ont déposés du
dioxyde de titane sur des nanotubes poreux afin d'augmenter la surface développée par
rapport à des supports plan 1D et ainsi améliorer les transferts de matière et de rayonnement.
Les auteurs ont établi une longueur optimale de nanotubes permettant la dégradation de la
caféine en conditions alkalines ou acides. Ils notent une bonne stabilité des nanotubes face
aux changements de pH et une efficacité identique après plusieurs utilisations.
Les structures les plus abouties sont les structures macroporeuses en 3D sur lesquelles
le photo-catalyseur est fixé, telles que du graphène (Long et al., 2020; Zhang et al., 2019), de
la zircone (Martín-Sómer et al., 2019) (Figure 1-6), de l’alumine (Plantard et al., 2011) ou
encore du carbure de silicium (Rico-Santacruz et al., 2019).
Figure 1-6 Illustration d’une structure macroporeuse en zircone (b) sur laquelle est fixée du degussa
P25 (c) (Martín-Sómer et al., 2019).
La propagation des photons dans un milieu participant est décrite par l‘équation des
transferts radiatifs (ETR). Il s’agit d’un bilan photonique réalisé sur un volume élémentaire
du milieu réactionnel qui prend la forme mathématique d’une équation intégro-différentielle
n’ayant sous sa forme générale, pas de solutions analytiques. C’est la composante liée à la
diffusion du milieu qui rend l’ETR complexe à résoudre (Cornet, 2007). Or dans le cas des
milieux photo-catalytiques hétérogènes, le phénomène de diffusion doit être pris en compte
lors de la représentation du transfert de rayonnement (Cornet, 2007). Le choix d’une méthode
de résolution de l’ETR dépend des conditions de travail qui définissent le problème. Ces
conditions sont, les hypothèses effectuées sur la source (par exemple un rayonnement incident
collimaté ou diffus), la géométrie qui définit les conditions aux limites du problème et le
système de coordonnées associés (cartésiens, sphériques, etc.) et enfin les propriétés radiatives
du milieu. Une simplification de l’ETR connue est celle retenue lorsque le milieu est très
majoritairement absorbant. Dans ce cas, il existe une solution analytique, qui est
communément appelée loi de Beer-Lambert (Cornet et al., 1992). Les méthodes de résolution
38
de l’ETR lorsque la diffusion ne peut être négligée sont nombreuses et existent pour la plupart
depuis les années 60 (Alfano et al., 1986; Chandrasekhar, 1960). Elles continuent de faire
l’objet de développements mathématiques (pour réduire le temps de calcul par exemple). Les
méthodes les plus courantes utilisées pour les photo-procédés (photo-réacteurs ou photo-
bioréacteurs) sont :
• La méthode de Monte-Carlo qui est la méthode de référence de résolution de
l’ETR (Tan et al., 2017);
• Des méthodes très abouties telles que la méthode des ordonnées discrètes et la méthode
des moments (Mueses et al., 2015);
• Des méthodes dites « simplifiées » : la méthode à deux-flux (appelé parfois modèle par
abus de langage) qui s’est améliorée en devenant la méthode à six-Flux (Li Puma and
Brucato, 2007).
39
2 en section III car c’est la méthode qui a été retenue dans la suite de ce travail pour la
résolution de l’ETR dans le photo-réacteur.
Dans la littérature qui porte sur la photocatalyse hétérogène, les expressions des lois
cinétiques sont multiples mais il n’existe pas de formalisme universel. Ce constat est lié au
fait que le processus de photocatalyse et les étapes qui le composent (photo-excitation,
production de radicaux, etc), sont complexes à décrire et donnent généralement lieu à des lois
cinétiques empiriques qui prennent en compte les grandeurs d’influence telles que : la quantité
de photons absorbés, la concentration de la molécule d’étude. Cette partie a pour objectif de
proposer une classification des lois de vitesse en photocatalyse hétérogène à partir de l’état de
l’art tout en définissant leur cadre d’application.
De manière très générale, une réaction chimique est influencée par la composition
chimique des réactifs et par un « facteur énergétique » qui peut être la température, l’intensité
lumineuse, etc. (Levenspiel, 1999). Elle se représente par des schémas réactionnels établis de
façon théorique ou sous certaines hypothèses validées ou non par des mesures expérimentales
(Côme, 1995; Levenspiel, 1999). À un schéma réactionnel est associé une loi de vitesse
empirique qui s’exprime en fonction de grandeurs représentatives de la réaction photochimique
(Côme, 1995). Les paramètres introduits dans ces lois sont identifiés à partir de mesures
expérimentales sur un domaine donné (plage de densités, gamme de concentrations) et
viennent valider ou invalider la loi de vitesse postulée.
Lorsque c’est la température qui influence la réaction, dans le cas où celle-ci a lieu en
phase homogène, la vitesse de réaction (apparition ou disparition) de l’espèce i s’écrit sous la
forme (Levenspiel, 1999) :
= Équation 1-1
Dans le cas d’une réaction photo-catalytique, des auteurs (Lasa et al., 2005) ont montré
que la loi de vitesse dépend de la concentration en espèce i, de la concentration en photo-
catalyseur et du flux de photons absorbés et s’exprime comme une fonction de ces trois
grandeurs. En faisant une analogie avec la température (Équation 1-1), le flux de photons
absorbés est la grandeur énergétique influençant la réaction chimique et l’on peut envisager
l’écriture d’une constante de vitesse dépendant de cette grandeur. On obtient alors des lois
de la forme suivante (Lasa et al., 2005) :
= = Équation 1-2
41
(a) (b)
Figure 1-7 Figures extraites de (Salaices et al., 2001). (a) Relation entre la vitesse de dégradation
du phénol et le flux de photons absorbés pour deux configurations de réacteurs différentes (rond et carré). (b)
Lien établi entre la vitesse et la concentration en catalyseur.
Les auteurs (Sabaté et al., 1990) ont établi une loi cinétique à partir de la connaissance
des mécanismes réactionnels mis en jeu dans le processus photo-catalytique. À partir de bilans
matières sur les espèces formées (les radicaux, les sous-produits, etc.), ils aboutissent à une
loi polynomiale qui inclut également la dépendance de la vitesse de réaction au flux de photons
(afin d’inclure les cas où celui-ci limite le processus cinétique) :
² ∑" "
= Équation 1-3
# ∑" $" "
42
De même, l’auteur Lasa (Lasa et al., 2005) a établi un modèle cinétique pour prendre
en compte l’influence des sous-produits sur le taux de réaction de l’espèce principale. C’est ce
qu’il a baptisé « modèle des réactions en parallèle/série » (parallel-series reaction model).
* ( +( $( (
= = Équation 1-4
'()) * '()) # ∑ $" "
Les auteurs Gora et al. (Gora et al., 2006) ont repris le modèle de Langmuir-
Hinshelwood (Équation 1-9), en prenant en compte dans l’écriture les autres polluants
étudiés dans le cas d’un système multi-composants. Ces espèces peuvent en effet « entrer en
compétition » lors de la phase d’adsorption sur le catalyseur et ralentir la cinétique de l’espèce
étudiée. Les concentrations en sous-produits ne sont pas intégrées car ceux-ci étant considérés
comme des intermédiaires de concentrations négligeables ou disparaissant très rapidement. La
vitesse de dégradation de l’espèce i s’écrit alors, avec la constante cinétique et . les
constantes d’adsorption dans le cas où les concentrations initiales sont inférieures à 1 mg.L-1:
+( $( (
=# ∑ $" "
Équation 1-5
$( (
43
L’influence de la concentration en oxygène dissout sur la vitesse de dégradation est
parfois prise en compte dans la littérature (Malato et al., 2009) :
* ( + $ ( $12 12 $ (
=− = #) $ = 33 # $ Équation 1-6
* ( # $12 12 (
Peu d’auteurs ont essayé de prendre en compte l’influence des autres espèces
intervenants dans le processus photo-catalytique. Certains ont pris en compte simplement
l’influence d’une espèce initialement présente dans le milieu qu’elle soit un inhibiteur (cas
d’autres polluants (Gora et al., 2006)) ou favorable (cas de l’oxygène dissout (Kribéche et al.,
2016)). D’autres ont pris en compte l’ensemble des espèces intervenants (Lasa et al., 2005;
Sabaté et al., 1990; Satuf et al., 2008). Ce dernier cas reste marginal dans la littérature en
photocatalyse en raison de sa complexité de mise en œuvre. Il nécessite d’une part de connaître
les schémas réactionnels de photo-dégradation de la molécule d’étude et d’autre part, de
quantifier les concentrations en sous-produits formés au cours du temps. Ce type de modèle
fait intervenir de nombreuses constantes cinétiques et requiert des optimisations numériques
multi-paramètres pour les identifier. De plus, les paramètres cinétiques obtenus le sont pour
des conditions fixes (un flux incident, une concentration initiale) et ne sont généralement pas
validés sur des conditions opératoires variables.
II.4.3 Classification
44
la façon dont la source énergétique, et plus particulièrement le transfert radiatif, est gérée par
les auteurs.
Certaines lois, les plus basiques, ne tiennent pas compte du transfert radiatif dans le
milieu réactionnel et prennent en compte uniquement la densité de flux incidente dans
l’écriture de la vitesse de réaction.
C’est le cas du formalisme proposé par Emeline (Emeline et al., 2000) qui a introduit
une loi dite en puissance :
7
< >= < >8 Équation 1-7
Où < > est le flux de photons incident moyenné sur la gamme spectrale du
rayonnement délivré par la source lumineuse en mole de photons.s-1 et n et m sont des
paramètres interdépendants traduisant l’influence des paramètres (concentration et flux
incident) sur la cinétique de la réaction. Cette expression requiert d'avoir accès à la
distribution spectrale du rayonnement incident ou alors de considérer un rayonnement
monochromatique. La considération du flux de photons incident comme grandeur énergétique,
n’a en réalité que peu de justification dans le cas de réacteurs travaillant en volume (comme
dans le cas d’une suspension ou d’un catalyseur déposé sur un support 3D) car l’approximation
est faite que le flux de photons est homogène dans le réacteur. Elle peut en revanche faire
sens dans le cas très spécifique des supports 1D où l’atténuation du rayonnement est très
faible (Goetz et al., 2013, 2009).
D’autres lois sont écrites en fonction de la puissance absorbée moyenne dans le volume
du réacteur obtenue par des approximations. Certains auteurs utilisent des corrélations
empiriques (Chen and Ray, 1999; Janin et al., 2013) ou encore établissent des bilans
photoniques simplifiés (Dahi et al., 2015; Dillert et al., 1999; Salaices et al., 2001) pour
approcher la valeur du flux de photons absorbés.
Dillert et al. (Dillert et al., 1999) ont par exemple introduit la loi du pseudo premier
ordre suivante :
9:
< >= ; Équation 1-8
:
45
Où < et = sont respectivement la surface totale éclairée en m² et le volume
9:
réactionnel en m3. Le terme ; représente une approximation de la densité de flux
:
incidente absorbée dans le volume du réacteur en excluant les pertes liées à la réflexion ou à
l’absorption d’une partie du flux par les parois du réacteur. La valeur attribuée aux pertes
est incluse dans la valeur du coefficient .
La loi dite de Langmuir-Hinshelwood est l’une des lois les plus utilisées en
photocatalyse hétérogène (Malato et al., 2009). Elle exprime la dépendance à la concentration
et au flux de photons absorbés de la façon suivante :
+ >? $
< >= Équation 1-9
# $
Cette loi s’emploie quelle que soit la représentation faite du mécanisme de photo-
dégradation : que les espèces organiques et radicalaires soient en phase liquide, adsorbées ou
dans un environnement proche du catalyseur. (Malato et al., 2009). Elle traduit une
augmentation de la vitesse lorsque Φa augmente. Elle montre également une dépendance
linéaire de la vitesse aux faibles concentrations qui tend vers une valeur asymptotique aux
fortes concentrations traduisant la saturation du réactif sur le catalyseur. La constante de
réaction peut être exprimée de façon proportionnelle au flux de photons utiles à la réaction
à la puissance n. n est généralement comprise entre 0,5 et 1 (cas d’une dépendance linéaire
aux flux de photons de la vitesse de réaction) selon le niveau d’irradiation.
#
< A >= B =- , A D=- Équation 1-10
)
À titre d’exemple, les auteurs Toepfer et al. ont intégré ce formalisme dans leurs
travaux précédents dans lesquels la dépendance à la source énergétique n’apparaissait pas
dans l’expression de la loi de vitesse (Gora et al., 2006) (cf section II.4.2). Dans leur nouvel
article (Toepfer et al., 2006), la VVLAER est obtenue par le modèle à Six-Flux :
#
< A >= B) D=-
)
8 $( (
Avec = =- ∑ $" E"
Équation 1-11
# $( (
47
Dans le cas de l’étude, la démarche employée est relativement complexe. Les auteurs
fournissent une expression analytique de la VVLAER, exprimée en W.m-3, fonction de
l’épaisseur optique, de la densité de flux incidente, de probabilités de diffusion, rétrodiffusion,
de coefficients radiatifs et de la fonction de phase. Les probabilités et la fonction de phase
sont obtenues via la méthode de Monte-Carlo et les paramètres radiatifs sont préalablement
calculés par identification paramétrique par le modèle SFM. Les auteurs précisent que le
rendement quantique apparent intervient dans la loi de vitesse à travers la constante .
Cette approche, appliquée avec succès dans le cas de la production de dihydrogène par
photocatalyse hétérogène (Dahi, 2016), impose une connaissance précise des mécanismes
réactionnels qui interviennent dans le processus photo-catalytique. Des bilans sur les espèces
mises en jeu (paires électron-trou, radicaux, polluants, sous-produits) sont établis, des
rendements sont associés à chaque bilan ce qui permet in fine, par des combinaisons
d’équations, de remonter à l’expression de la vitesse locale. Cette approche permet de franchir
une étape supplémentaire en tenant compte de l’énergie réellement exploitée par la réaction
chimique. La VVLAER représente en effet la part absorbée des photons par le milieu mais ne
donne pas d’informations sur l’utilisation de ces photons une fois qu’ils sont absorbés.
48
Le peu de publications rencontrées dans la littérature qui couplent la VVLAER et la
notion de rendements quantiques (Alfano et al., 1994; Dahi, 2016; Pruvost et al., 2011b; Satuf
et al., 2008) s’explique par la complexité de la démarche. Comme indiqué précédemment, les
étapes réactionnelles doivent être clairement identifiées pour pouvoir effectuer des bilans
matières pour chaque espèce chimique. Les rendements et les paramètres intervenant dans ces
bilans sont en général inconnus et requièrent donc d’être identifiés par une optimisation
multiparamétrique et à partir d’expérimentations dédiées. Dans la pratique, un processus de
photo-dégradation engendre par nature de très nombreux sous-produits et réactions
secondaires rendant de fait la démarche difficilement applicable.
II.4.4 Récapitulatif
La plupart des expressions des lois cinétiques rencontrées dans la littérature sont
établies sur le modèle générique de l’Équation 1-1 selon des lois empiriques qui prennent en
compte les deux grandeurs clefs (Lasa et al., 2005). Les constantes cinétiques intervenant dans
ces modèles sont généralement identifiées grâce à des mesures expérimentales de
concentrations.
La dépendance de ces lois au flux de photons « disponible » est traitée avec des niveaux
de simplifications très variables et parfois excessifs au regard de la réalité du transfert radiatif
en milieu hétérogène réactif. Certains auteurs incluent dans les lois uniquement le flux
incident, d’autres un flux moyen absorbé obtenu par des mesures expérimentales et des lois
photoniques simplifiées ou empiriques. La grandeur énergétique est également exprimée le
plus souvent en W.m-2 et quelques fois en moles de photons.s-1 (Emeline et al., 2000; Salaices
et al., 2001). Pour ce type de lois, les constantes cinétiques sont des constantes apparentes
dépendantes des conditions opératoires (concentration initiale en polluant, épaisseur optique,
flux incident). Les modèles cinétiques sont alors difficilement extrapolables à plus grande
échelle (Li puma, 2005; Otálvaro-Marín et al., 2019).
Une approche plus rigoureuse implique de tenir compte de la part réelle de photons
absorbée localement par le milieu, la VVLAER, dans le but d’écrire une loi de vitesse
empirique plus robuste et a priori valable sur une large plage de conditions opératoires (ie
indépendante de la concentration en photo-catalyseur, ou des concentrations initiales en
polluant et de la densité de flux incidente ainsi que des considérations géométriques). Cette
49
démarche a précédemment été appliquée aux cas de photo-catalyseurs en suspension (Peralta
Muniz Moreira and Li Puma, 2020; Satuf et al., 2008; Toepfer et al., 2006) ou au cas des
photo-bioréacteurs (Cornet et al., 1995; Pruvost et al., 2011b) mais n’a, à notre connaissance,
jamais été étendue au cas de photo-catalyseurs supportés qui constituent pourtant une famille
de matériaux de fort potentiel.
continu
Les réacteurs à membranes peuvent être classés selon deux types. Soit le système de
filtration est intégré dans le réacteur, dans ce cas la membrane est submergée le milieu
réactionnel (Figure 1-8) ou éventuellement placée juste avant la sortie, soit il est séparé du
procédé de traitement et un système de recyclage du catalyseur est alors mis en place (Figure
1-9). Dans le premier cas, le catalyseur se trouve en suspension dans le volume réactionnel
ou alors est directement déposé sur la membrane qui est en contact avec la solution. Dans le
second cas, le catalyseur est systématiquement en suspension. On parle alors de couplage ou
procédé hybride qui sont les plus présents dans la littérature (Mozia, 2010).
Figure 1-8 Schéma d'un photo-réacteur à membrane immergée (Fu et al., 2006).
51
Figure 1-9 Schéma du principe d'un photo-réacteur à membrane séparée (Mozia, 2010).
52
présentent des performances prometteuses (Tran, 2019). Ce type de membrane évite
également le colmatage par les particules de photo-catalyseur puisque celui-ci est directement
déposé dessus (Mendret et al., 2013).
Des revues font l'inventaire des méthodes pour éviter l'encrassement des membranes
par les suspensions de photo-catalyseurs (Zhang et al., 2016). Pour décoller la couche de TiO2,
un rétro-lavage peut être mis en place par envoi de jets d'air ou d'eau à contre-courant.
Certains auteurs (Mozia et al., 2005; Plakas et al., 2016) envoient de l'air en continu sur les
parois de la membrane ce qui d’une part empêchent le dépôt de TiO2 et d’autre part, améliore
l'efficacité photo-catalytique et crée de la turbulence dans le milieu. Des agents nettoyants
peuvent également être utilisés afin d'oxyder des espèces encrassantes, ils sont parfois prescrits
par le fabricant de la membrane. L'article (Plakas et al., 2016) présente un réacteur en mode
continu à membrane intégrée qui utilise toutes ces méthodes et ce de façon automatisée.
53
Le pilote présenté dans l'article (Plakas et al., 2016) ayant traité du diclofénac ainsi
que celui de l'article (Benotti et al., 2009) ayant traités 32 polluants pharmaceutiques, sont
des rares exemples de réacteurs opérationnels à ce jour et concluant en la faveur des procédés
membranaires pour traiter de façon continue les micropolluants par oxydation avancée. Les
études sur des effluents complexes restent marginales, on peut citer les auteurs Darowna et
al. (Darowna et al., 2014) qui ont étudié la dégradation de trois polluants pharmaceutiques
dopés dans des effluents primaires et secondaires par un procédé de distillation membranaire
ainsi que les travaux de plantard et al (Plantard et al., 2018) où la solution traitée provient
d’un effluent de STEP contenant des polluants pharmaceutiques. Les auteurs utilisent en
premier lieu une membrane de nanofiltration pour séparer les polluants pharmaceutiques de
l’effluent et les concentrer, afin dans un deuxième temps de leur appliquer un traitement
photo-catalytique en batch. Cette méthode innovante leur permet de traiter de façon ciblée
les polluants contenus dans un effluent par une étape de pré-séparation/concentration mais
au contraire des précédentes, ne repose pas sur un traitement en continu.
Pour une loi cinétique donnée, les performances chimiques d’un réacteur ouvert sont
influencées par la cinétique chimique, la distribution des temps de séjour (DTS), l’état de
ségrégation du fluide et la précocité du mélange (Levenspiel, 1999). De façon schématique,
plusieurs temps sont associés à ces paramètres : le temps de réaction qui caractérise la vitesse
de réaction, la DTS qui caractérise le temps passé par le fluide dans le réacteur et le temps
de micro-mélange qui caractérise l’état de ségrégation.
55
II.5.2.1 Le temps de réaction
Les molécules chimiques entrantes dans un réacteur ouvert n’y passent pas le même
temps selon le chemin qu’elles empruntent. Ce temps dépend des conditions hydrodynamiques
imposées et de la géométrie du réacteur (Levenspiel, 1999; Villermaux, 1994). Elles se
retrouvent donc en sortie du réacteur à des temps différents et donc avec des taux
d’avancements différents si une réaction chimique a lieu. Connaissant le temps de réaction, la
détermination de l’ensemble de ces temps passés, dits « temps de séjour » permet de remonter
aux performances chimiques du réacteur. En pratique, plutôt que de les déterminer par la
résolution des équations de Navier-Stokes qui permettent de remonter aux profils de vitesses
dans le réacteur, une approche systémique est employée en définissant la fonction de
distribution des temps de séjours dans le réacteur (la DTS nommée E) (Levenspiel, 1999).
E(ts)dts est la fraction du débit de sortie contenant des molécules d’âges compris entre ts et
ts+dts (Villermaux, 1994) ou autrement dit, E(ts) est la densité de probabilité du temps de
séjour ts en sortie du réacteur. Cette fonction a toutes les propriétés d’une distribution au
sens mathématiques du terme.
Elle est parfaitement établie dans le cas des réacteurs ouverts dits « idéaux » que sont
le réacteur piston ou le réacteur parfaitement agité. Dans le cas de systèmes non idéaux, elle
se détermine de façon expérimentale à partir de modèles d’écoulements tels que par exemple
le modèle à dispersion axiale où l’écart au cas idéal du réacteur piston est quantifié, ou encore
56
le modèle des mélangeurs en cascade ou le modèle de Cholette et Cloutier pour lesquels le
réacteur réel est représenté comme une association de réacteurs idéaux, etc.
#
I A = J
FK L− JM Équation 1-13
L’état de ségrégation du fluide dépend de la façon dont les réactifs sont mélangés dans
le système réactionnel (du système d’agitation par exemple) et de la nature du fluide. Deux
cas extrêmes se distinguent : la représentation du fluide en macro-fluide ou en micro-fluide.
Le macro-fluide est la représentation d’un fluide par un ensemble de paquets (ou filets)
de molécules ayant chacun un âge interne. Les paquets sont mélangés dans le réacteur mais
n’interagissent pas entre eux. Par exemple, un paquet peut contenir un réactif A et un paquet
un réactif B sans qu’ils ne puissent réagir. La concentration est donc inhomogène au sein d’un
macro-fluide et chacune des entités est prise en compte (Levenspiel, 1999) (Schweich, 2001).
Le cas extrême inverse est le modèle du micro-fluide : les paquets sont infiniment petits,
définis à l’échelle microscopique ou moléculaire et le fluide est alors étudié comme un ensemble
homogène où les molécules se mélangent et interagissent avec leurs voisines.
Un fluide réel se situe généralement entre ces deux états et se décrit non pas par la
notion de paquets réservée au macro-fluide mais par le terme « agrégat ». C’est l’association
d’agrégats qui évoluent et échangent de la matière au cours du temps.
57
du macro-mélange au micro-mélange tel que le modèle « d’Interaction par échange avec la
moyenne » tandis que d’autres n’en tiennent pas compte, tel que la méthode de la « précocité
du mélange » (Schweich, 2001). En pratique, le temps de micro-mélange est difficile à
déterminer que ce soit de façon expérimentale où du matériel spécifique (sondes très précises)
et des réactions particulières sont à mettre en place, ou de façon théorique où les corrélations
empiriques sont multiples.
Dans le cas des systèmes ouverts, et en particulier des systèmes à plusieurs entrées, la
notion de précocité de mélange intervient également : c’est la façon dont les réactifs sont
introduits dans le système, s’ils sont mélangés « tôt » ou « tard ». Dans le cas d’un macro-
fluide, la précocité de mélange n’importe pas mais dans des cas intermédiaires et celui des
micro-fluides elle est à prendre en compte dans la représentation des résultats (Levenspiel,
1999 ; Schweich, 2001).
Pour résumer, afin d’établir un modèle de représentation d’un réacteur ouvert, il est
nécessaire d’une part de connaître la cinétique qui en photocatalyse hétérogène dépend du
rayonnement, et d’autre part, de mettre au point un « modèle hydrodynamique » en
déterminant la distribution des temps de séjour (DTS) et l’état de ségrégation du fluide.
58
II.6 Utilisation de composites dioxyde de titane/charbon
II.6.1 Préambule
Depuis plusieurs années déjà, l’équipe SHPE du laboratoire PROMES travaille sur
l’association adsorbant/photo-catalyseur pour différents objectifs en lien direct avec la
dépollution de l’eau. Ces applications, notamment menées dans le cadre des doctorats de
Thomas Janin (Janin, 2011) et Marianne Miguet (Miguet, 2015), ont d’abord concerné la
possibilité de régénérer une colonne d’adsorption préalablement saturée en polluants. T. Janin
a mesuré la capacité du charbon actif sélectionné aussi bien à adsorber qu’à désorber (sans
apport de chaleur) et a étudié de façon numérique la possibilité de régénération de la colonne
par un couplage avec un procédé de photocatalyse hétérogène. M. Miguet a mis en œuvre une
régénération de la colonne par voie thermique solaire et, a appliqué un photo-traitement du
distillat obtenu. Dans les deux cas, les étapes de charge de l’adsorbant et de régénération de
la colonne étaient dissociées à la fois dans le temps et dans l’espace (Goetz et al., 2013; Miguet
et al., 2016, 2015). Plus récemment, les travaux de thèse de Cédric Chekem (Telegang
Chekem, 2017) ont concerné l’élaboration d’un matériau composite charbon actif/dioxyde de
titane. Ce matériau a été élaboré par imprégnation de Sol commercial de TiO2 (Cristal France
SAS) au sein de particules de charbon actif ; recuit sous air à la température de 250°C
(Chekem et al., 2017). L’objectif recherché était l’obtention de composites susceptibles
d’opérer simultanément la double fonctionnalité de sorption et dégradation photo-catalytique
(Telegang Chekem et al., 2018). La possibilité d’une régénération d’un adsorbant opérée in
situ via un processus de dégradation photo-catalytique d’un micropolluant (le phénol) a pu
ainsi être démontrée dans ces travaux de thèse par de premiers essais menés en réacteur batch
couplé à la mise au point d’un modèle. Néanmoins, une perte progressive de la capacité de
traitement a été observée au cours de cycles successifs de sorption-photocatalyse.
59
polluants en l’absence de ressource solaire (périodes nuageuses, nuit). Ainsi, lorsque la lumière
n’est pas suffisante pour activer le catalyseur, c’est le phénomène de transfert matière qui
prédomine. Quant au photo-catalyseur, il permet la photo-dégradation de la matière organique
présente dans l’eau mais également stockée sur l’adsorbant : cela permet la régénération de
l’adsorbant dès que le composite est à nouveau irradié par la ressource solaire. Ainsi, lorsque
le rayonnement est suffisant, le couplage de l’adsorbant et du catalyseur assure une synergie
de leurs propriétés. Dans la littérature, cette utilisation des matériaux composites pour la
gestion de l’intermittence solaire n’a, à notre connaissance, jamais été envisagée.
Ce sont à l’origine les travaux des auteurs Herrmann et Matos (Herrmann et al., 1999;
Matos et al., 2001, 1998) qui parlent d’effet « synergique » lié à l’association de charbon actif
et de dioxyde de titane. Dans ces premières études, les deux matériaux ne sont pas associés
et sont simplement mélangés de façon homogène sous la forme d’une suspension. Les auteurs
établissent que la capacité de traitement du mélange est supérieure à celle du photo-catalyseur
seul dans les mêmes proportions, propriété attribuée à une meilleure activité photo-
60
catalytique. Pour la justifier, ils mettent en avant l’idée d’une surface commune entre le CA
et le TiO2. La présence du charbon permet d’adsorber les polluants et de concentrer ceux-ci
« à proximité » du TiO2. Les auteurs (Herrmann et al., 1999) montrent qu’en faisant varier
la concentration initiale en polluants les effets synergiques ne sont pas retrouvés. Ils concluent
que les proportions en photo-catalyseur et en CA doivent être adaptées à la concentration
initiale en polluant car si l’adsorption est excessive, elle nuit à la photo-dégradation du
polluant. Des recherches plus récentes ont tenté de confirmer et d’expliquer l’effet synergique
mis en avant par l’association des deux matériaux (Andriantsiferana et al., 2014; Luo et al.,
2019; Sheng et al., 2019; Wang et al., 2009; Yap and Lim, 2012). Dans ces recherches, les
matériaux adsorbant et photo-catalyseur sont associés au contraire des études originelles.
D’autres auteurs se sont intéressés au rôle et aux propriétés du CA sans le phénomène
d’adsorption (Martins et al., 2017). Ils ont élaboré un composite TiO2-CA par méthode sol-
gel pour lequel le CA ne développe pas de propriétés de sorption. Ils concluent que l’effet
synergique est dû à la capacité de l’adsorbant à conduire les électrons et donc à les rendre
plus disponibles pour réagir avec les piégeurs d’électron. Ils ont également montré que ces
composites peuvent être utilisés en conditions solaires et réutilisés sans être détériorés. Plus
récemment, les auteurs (Luo et al., 2019; Sheng et al., 2019) ont justifié l’effet synergique par
le fait que la présence du CA limite les recombinaisons des charges. Dans la littérature, l’effet
synergique pressenti par les auteurs Hermann et Matos dans les années 2000, est aujourd’hui
un fait qui semble acté mais qui s’avère être très mal quantifié. En effet, la distinction de la
part due à l’adsorption de celle due à la photo-dégradation pour expliquer la disparition du
micropolluant en phase liquide, est dans les faits difficile à maitriser et à mettre en évidence
expérimentalement. Dans tous les cas, l’association intime est mise en évidence comme plus
favorable qu’un simple mélange. Il ressort que l’effet synergique mis en avant ainsi que l’effet
photo-catalytique avéré, dépendent de la nature des matériaux associés, du processus
d’élaboration et des conditions opératoires (pH, température, composition). Par exemple, le
procédé d’association peut modifier la forme cristalline du catalyseur et le désactiver ou encore
endommager les pores de l’adsorbant et leur forme géométrique ce qui joue sur la surface
spécifique (Ribeiro et al., 2020). Un traitement supplémentaire peut être alors nécessaire pour
réactiver le catalyseur (Matos et al., 2017).
61
rapport à du TiO2 seul et de s’affranchir de la problématique de séparation. Ils peuvent ainsi
être testés en réacteur ouvert ce que les auteurs ont fait dans une configuration de type
réacteur piston (Luo et al., 2019; Sheng et al., 2019). En s’affranchissant de nombreux
inconvénients pointés du doigt dans la littérature (problème de séparation, faible activité
photo-catalytique), ces composites 3D semblent très prometteurs pour un développement à
plus grande échelle (MiarAlipour et al., 2018).
Des recherches très récentes ont retenu notre attention en ce qui concerne
l’intermittence (Liu et al., 2020). Les auteurs ont mis au point un nouveau type de photo-
62
catalyseur nommé « day-night photocatalyst » permettant d’assurer un traitement photo-
catalytique en l’absence de lumière. Il s’agit d’un composite combinant un photo-catalyseur
à un matériau ayant la capacité de stocker, non pas des polluants, mais des charges générées.
Ainsi en présence d’accepteurs d’électrons, le matériau restitue les charges électrons-trous
pendant les phases non irradiées pour induire la production de radicaux. Pour être actif en
l’absence de lumière, ce matériau doit préalablement être irradié avant d’être mis en contact
avec une solution de polluant. Testés sur cinq polluants dont le phénol, les auteurs ont montré
qu’une durée seuil d’irradiation était atteinte, qui dépend de la capacité de matériau à stocker
des charges. Au-delà de cette durée seuil, le matériau ne stocke pas davantage de charges.
Une réutilisation sans modification de l’activité photo-catalytique sous cinq cycles est
également présentée (une première étape d’éclairage du matériau et une seconde étape dans
le noir où le matériau chargé est mis en contact avec la solution de polluant). Ce matériau
peut également s’utiliser comme un photo-catalyseur « classique » c'est-à-dire directement en
présence de l’effluent à traiter et sous irradiation. Dans ce cas l’activité photo-catalytique est
supérieure à celle « sans lumière ».
II.6.3 Récapitulatif
Les matériaux composites ont essentiellement été étudiés pour l’aspect amélioration de
l’activité photo-catalytique. L’effet synergique est justifié soit par la proximité entre les
polluants et le photo-catalyseur, soit par une diminution du phénomène de recombinaison des
charges. L’étude de la régénération est également abordée mais de façon moins importante et
plus récente. Elle a lieu partiellement ou totalement selon les conditions opératoires. La
gestion des intermittences par un matériau composite adsorbant-photo-catalyseur est en
revanche, peu traitée dans la littérature. Ce constat est encore plus marqué dans le cas de
procédés solaires de photo-oxydation.
63
temps, d’ordre expérimental mais aussi et dans un second temps, d’ordre théorique. Le
développement d’un modèle de couplage des phénomènes sorption/photocatalyse/transfert
radiatif, parait à terme primordial pour comprendre et maitriser l’ensemble des processus mis
en jeu. Cette problématique est marginale dans la littérature. Les études dans la littérature
sont ainsi essentiellement expérimentales avec pour objectif la compréhension des mécanismes
justifiant l’effet synergique. Seuls les travaux de l’équipe SHPE ont à notre connaissance ;
établis des modèles de bilans matière couplés (Goetz et al., 2013; Telegang Chekem et al.,
2018).
64
Publications Effet photo- Effet Gestion de
Régénération Matériaux/points étudiés
scientifiques catalytique synergique l’intermittence
65
Polluant : 2,4-dichlorophénol
Photo-catalyseur : TiO2
(Goetz et al.,
2013; Janin, √ √ √ - Colonne de CA saturée : étude expérimentale
2011) - Régénération en discontinu par un procédé de
photocatalyse : étude théorique
- Modèle de bilans matière couplés
66
Bêcher
Polluant : Caféine
(Telegang Photo-catalyseur : CA-TiO2 en suspension
Chekem et al.,
2018) - En bêcher (fermé)
- Modèle : écriture de bilans couplés
67
Conclusion et objectifs de la thèse
Gérer cette dynamique passe par des solutions qui peuvent se décliner à l’échelle du
matériau. L’option explorée de manière expérimentale dans un quatrième chapitre, est de tirer
parti de la double fonctionnalité potentielle de composites obtenus par association d’un
adsorbant de charbon actif et du photo-catalyseur TiO2. Le principe est alors d’assurer par
adsorption un stockage des polluants en absence de lumière et une régénération de celui-ci
par l’action du photo-catalyseur lorsque la ressource est suffisante. L’objectif est d’établir, si
ce type de matériau est une option réaliste et apporte une réponse efficace à la problématique
de l’intermittence de la ressource solaire pour un traitement photo-catalytique opéré en mode
continu.
69
70
Chapitre 2
Transfert radiatif dans les milieux hétérogènes
Introduction
En première partie sont définies les grandeurs photométriques usuelles du domaine des
transferts radiatifs qui sont nécessaires pour comprendre le chapitre et introduire l’équation
des transferts radiatifs dont la résolution permet de calculer la VVLAER.
Dans la partie matériel et méthode qui suit, sont présentés les matériaux photo-
catalytiques employés que sont le dioxyde de titane en suspension dans l’eau ou supporté sur
une mousse d’alumine macroporeuse. Un deuxième temps est consacré à la présentation du
banc optique de mesures des transmittances des deux médias et à la mise au point du protocole
opératoire de mesure.
La dernière partie regroupe les calculs de l’irradiance et de la VVLAER dans les deux
médias. Une comparaison est effectuée en introduisant la notion d’épaisseur optique.
transferts radiatifs
Cette partie sert à définir les grandeurs photométriques et leurs liens dans le but
d’introduire l’équation du transfert radiatif (ETR). La grandeur photométrique qui intervient
dans l’ETR est la luminance ou radiance à partir de laquelle découle les autres définitions
utiles par la suite, telles que l’irradiance ou la densité de flux hémisphérique.
*Q
DP = Équation 2-14
-²
Où DR est la surface d’un petit élément de sphère définie par l’Équation 2-15.
72
Figure 2-11 Repère de coordonnées sphériques et schéma de l’angle solide (Frank P. Incropera and
David P. DeWitt, 2017).
Figure 2-12 Illustration (Frank P. Incropera and David P. DeWitt, 2017) de la projection de dS sur
la direction normale à la direction de l’irradiance.
73
*] ^_
[\ = Équation 2-16
*` * ab c *\
@h h
g\ = B B [\ UVW O DODX Équation 2-17
@h h
;⃗ ∙ Wj⃗ = B B [\ YZUO DP
@h h/@ @h h
;⃗ ∙ Wj⃗ = B B [\ YZUO DP + B Bh/@ [\ YZUO DP = ; + ;
Équations 2-18
Où Wj⃗ est la normale à la surface D&, q est la densité de flux hémisphérique de photons
en W.m-2 ; ; et ; sont les densités de flux hémisphériques positive et négative
respectivement.
74
Figure 2-13 Schémas de l’irradiance (à gauche) et des densités de flux hémisphériques positives et
négatives (à droite).
p
\ = Équation 2-19
pEq
75
vh
r jjjjjjjjjj⃗
j⃗. s tD [\ r
j⃗, F⃗ = − f8,\ F⃗ [\ r
j⃗, F⃗ + *8,\ F⃗ B K`u,\ r j⃗u , F⃗ [\ r
j⃗|r j⃗u , F⃗ DP r
j⃗u
Équation 2-20
76
I.3 La vitesse volumétrique locale d’absorption de l’énergie
radiante
Remarque : Pour exprimer la VVLAER en mol.m-3.s-1, autrement dit pour passer des
joules en moles de photons, il faut diviser le résultat en watts par le facteur de conversion
monochromatique ci-dessous :
~
}\ = •9
\
II Matériel et méthode
Dans cette partie, sont renseignées dans un premier temps quelques caractéristiques au
sujet des médias photo-catalytiques employés, l’un sous forme de suspension, l’autre sous
forme supportée. Le média composite (mousse macroporeuse d’alumine revêtue de particules
composites de charbon actif-dioxyde de titane) sera spécifiquement présenté dans le chapitre
4. Dans un second temps, le banc expérimental de mesure des transmittances est décrit ainsi
que la mise au point du protocole de mesure. La mise au point des mesures optiques s’est faite
en collaboration avec Enrique Ribeiro doctorant à PROMES et Elie Nadal, maître de
conférences à PROMES. L’objectif est d’acquérir des données expérimentales de
77
transmittances des deux médias sur le domaine spectral d’étude, à savoir l’UV et le proche
visible. Ces données serviront à la validation du modèle radiatif (section III).
Le photo-catalyseur employé durant la thèse est le dioxyde de titane qui est très
répandu et très étudié dans la littérature en raison de ses propriétés semi-conductrices
intéressantes (Pelaez et al., 2012). Il a été majoritairement employé et étudié au laboratoire
PROMES (Correia, 2011; Plantard et al., 2011; Plantard and Goetz, 2014).
Deux mises en forme ont été utilisées pour ces travaux : le dioxyde de titane en
suspension et une mise en forme supportée de celui-ci sur une structure céramique
macroporeuse 3D appelée aussi mousse. Parmi les médias supportés, les mousses sont celles
qui développent la surface la plus élevée par m3 de volume réactionnel. Ces surfaces
développées importantes leur confèrent des efficacités photo-catalytiques supérieures aux
autres mises en formes supportées, telles que par exemple les supports en film (Chang et al.,
2016; Plantard and Goetz, 2014).
78
2-14. Sa distribution est monomodale centrée autour de 20 µm (soit 3 décades supérieures au
P25). Elle a été obtenue par la méthode DLS (Dynamic Light Scattering) reposant sur la
théorie de Mie au moyen d’un appareil Mastersizer 3000 (Ribeiro et al., 2020).
12
0
1 10 100
Diamètres des particules sphériques (µm)
Figure 2-14 Distributions de taille en % volumique de l’aeroperl avant (●) et après séparation des
fines (○) et comparaison avec du degussa (●).
La théorie de Mie s’applique à des particules de forme sphérique ce qui est le cas de
l’aeroperl comme on peut le voir sur les photos fournies en Figure 2-15. Elles ont été obtenues
à partir d’un microscope électronique de balayage pour divers grossissements. Ces images ont
révélé une forme sphérique des particules et des tailles variables en cohérence avec la
distribution de taille fournie par la méthode DLS. Sur les photos fournies, des particules
sphériques de tailles importantes allant jusqu’à 40 microns sont observables, ainsi que des
particules beaucoup plus fines qui forment des agglomérats entre elles de 2 microns.
79
l’aeroperl filtré ont montré une diminution notable de la quantité de particules fines en-
dessous de 10 µm (Figure 2-14). La distribution de taille de l’aeroperl filtré est plus étroite
et plus centrée que celle de l’aeroperl. Par la suite, lorsqu’il est fait mention du dioxyde de
titane, il s’agit de l’aeroperl filtré.
Figure 2-15 Photos de l’aeroperl prises au MEB pour différents grossissements : 60 µm, 2 µm et 500 nm.
Enfin il est primordial pour la suite de connaitre les propriétés optiques (PO) du milieu,
constitué d’une phase fluide transparente, l’eau et d’une phase solide semi-transparente, le
dioxyde de titane. Les particules de dioxyde de titane sont considérées semi-transparentes car
de taille inférieure au millimètre, autrement elles seraient considérées comme opaques d’un
point de vue des conventions de l’optique.
Les propriétés optiques du milieu sont les indices complexes de réfraction de l’eau et
de l’aeroperl. Ils ont été extraits de la littérature. Pour l’eau, ils sont tracés en Figure 2-16
et proviennent d’une base de données (Segelstein, 1981). Comme cela a été établi par de
nombreux auteurs (Carbajo et al., 2018; Tolosana-Moranchel et al., 2017), l’aeroperl est un
80
semi-conducteur composé d’anatase à 85% massique, les 15% massiques restants étant du
rutile. Les propriétés optiques des phases anatase et rutile ont été extraites d’une publication
(Tanemura et al., 2003) à partir des tailles des cristallites de 20 nm et 30 nm respectivement,
obtenues par DRX (cristallographie aux rayons X) et par méthode Rietvield (Rietveld, 1969).
Pour calculer les propriétés de l’aeroperl, une loi de mélange a été employée inspirée de la
littérature (Reis et al., 2009) : les propriétés optiques de l’aeroperl sont celles de ses phases
cristallines pondérées par leurs pourcentages massiques comme explicité en Équations 2-22.
Elles sont tracées ci-dessous en Figure 2-17 et ont été interpolées pour combler le
faible nombre de données extraites de la publication. De plus, cette dernière fournit les PO
de l’anatase et du rutile seulement jusqu’à 500 nm.
1,6 1,8E-07
1,4 1,6E-07
1,2
1,2E-07
1,0
1,0E-07
0,8
8,0E-08
0,6
6,0E-08
0,4 4,0E-08
0,2 2,0E-08
0,0 0,0E+00
350 450 550 650 750
Longueurs d'onde (nm)
Figure 2-16 Constantes optiques de l’eau : indice de réfraction W‡@4 (♦) et coefficient d’extinction ‡@4 (□).
81
3,0 0,3
1,5 0,15
1,0 0,1
0,5 0,05
0,0 0
350 400 450 500
Longueurs d'onde (nm)
Figure 2-17 Constantes optiques calculées de l’aeroperl par les Équations 2-22 : indice de réfraction
W € 4@ de l’aeroperl (♦) ; coefficient d’extinction € 4@ de l’aeroperl (□). Traits continus : données interpolées.
La masse volumique de l’aeroperl est calculée à partir des masses volumiques des deux
phases, pondérées par les pourcentages massiques de chacune :
Les valeurs des masses volumiques sont regroupées dans le Tableau 2-4.
Les particules de dioxyde de titane (l’aeroperl filtré) ont été déposées sur des structures
en alumine poreuses à cellules ouvertes, dite mousses alvéolaires. Ces structures sont conçues
par le groupe CTI-ALSYS qui met à disposition des mousses de nombres de pores par pouce
(PPI) de 10, 20 ou 30 PPI (données du fournisseur) et d’épaisseurs de 6, 11 ou 16 mm.
Les mousses forment un réseau alvéolaire caractérisé par les tailles de ses brins, de ses
nœuds (jonction des brins) et de ses ouvertures (les cellules ouvertes). Le PPI permet de
82
fournir un ordre de grandeur de la taille des cellules. Plus celui-ci est grand, plus la maille est
resserrée comme on peut l’observer en Figure 2-18.
Figure 2-18 Photos de face des mousses pour différentes mailles, de 30 et 10 PPI.
La porosité des mousses est de 88 %. C’est le rapport entre le volume réel de la mousse
et le volume apparent de cette dernière qui est celui du parallélépipède rectangle délimitant
la mousse.
83
en Figure 2-19, ont permis de constater la présence de titane (Ti) et d’aluminium (Al). Le
premier élément provient du TiO2 et le deuxième du support. Ces images montrent également
que le taux de recouvrement en TiO2 n’est pas homogène laissant entrevoir la surface du
support. Néanmoins par la suite, le modèle optique repose sur l’hypothèse d’homogénéité de
la répartition du TiO2 sur la surface ; et également sur celle de l’homogénéité de l’épaisseur
de la couche déposée.
Figure 2-19 Image EDS de la surface de la mousse avec une échelle de 3 µm.
SE signifie « secondary electron » et représente l’image de fond de l’échantillon.
Des analyses RX ont également été conduites afin de déterminer si suite au protocole
de dépôt du TiO2 sur l’alumine, les propriétés structurales de l’aeroperl ont été préservées.
Les données RX de l’aeoperl et d’un échantillon de mousse broyé au mortier, sont reportées
en Figure 2-20.
Pour l’aeroperl, l’analyse a révélé que l'ensemble des pics obtenus pour l'anatase et
pour le rutile correspondent clairement aux pics de référence indiqués sur fiches de référence
JCPDS n° 84-1286 et 88-1175. Des pourcentages massiques respectifs de 85% et 15% ont été
obtenus pour respectivement les phases anatase et rutile.
84
20000
18000 aeroperl
corundum
16000
MgAl203
14000
12000
Signal
10000
8000
6000
4000
2000
0
0 20 40 60 80 100 120
Pic de diffraction 2θ (°)
85
II.2 Présentation du banc optique
Le banc optique utilisé pour les mesures de transmittance, illustré en Figure 2-21, est
constitué de plusieurs éléments : un simulateur solaire, un miroir, une cellule de mesure, et
d’une sphère intégrante reliée à un spectrophotomètre.
Le simulateur solaire est une source de lumière blanche dont le spectre d’émission est
similaire au spectre solaire. Sa puissance est réglable par pas de 10 W de 400 à 1200 W. Il
délivre un faisceau de lumière collimaté de 0,2 m de diamètre. Ce faisceau est guidé vers le
porte-échantillon au moyen d’un miroir positionné à 45°.
86
Figure 2-21 Photos du banc optique en vue de profil et en vue rapprochée.
Le logiciel d’acquisition est réglé de telle manière qu’une mesure est la moyenne de 30
acquisitions successives du flux de photons entrant dans la sphère et ce sur un intervalle de
temps suffisamment grand (de l’ordre de quelques secondes) pour que le spectrophotomètre
puisse collecter ces photons. Une option sur le logiciel permet de régler par défaut cet intervalle
de temps pour avoir un signal suffisant. Le résultat renvoyé par le logiciel d’acquisition de
données est une courbe de transmission en fonction de la longueur d’onde. C’est un résultat
relatif qui est fourni à la suite d’une procédure d’acquisition de données en trois étapes. Dans
un premier temps, une mesure dite « du noir » (N) est réalisée. C’est la mesure du signal
lorsque la lampe est éteinte avec l’échantillon de référence. Cette mesure sert à éliminer le
bruit lors du calcul de la transmittance. Ensuite, une mesure dite de « référence » (R) est
effectuée. Suites à ces deux acquisitions, la mesure du signal transmis (S) par l’échantillon
(suspension du media dans du solvant) est effectuée en veillant à une homogénéisation
préalable de la suspension. La transmittance (T) est déterminée en tenant compte de ces trois
mesures :
•
= Équation 2-24
•
87
fournie par une mesure du flux de photons de la source directement (sans la présence de
l’échantillon).
transmittances
II.3.1 Protocoles
+ € + 9 + €u = Équation 2-25
88
Pour illustrer ce qui vient d’être dit, énumérons ce qui peut se passer. En éclairant
toute la surface incidente de l’échantillon, en premier lieu l’on remarque que la surface éclairée
de l’échantillon est bien supérieure à la surface d’ouverture de la sphère. Ainsi une partie des
photons transmis n’est pas collecté comme cela est illustré par le schéma (a) en Figure 2-22.
Le bilan photonique (Équation 2-25) n’est donc pas vérifié. Une autre façon de procéder est
d’éclairer seulement une petite surface de la face avant de l’échantillon en positionnant un
diaphragme dont l’ouverture est modulable, de manière que le flux transmis soit collecté,
comme cela est illustré sur le schéma (b). Dans ce cas, le cône de transmission est inclus dans
l’ouverture de la sphère d’intégration et l’ensemble des photons transmis sont collectés. Le
bilan photonique défini par l’Équation 2-25 peut être fait. Les mesures de transmittances
effectuées sont alors représentatives de la capacité de transmission de l’échantillon. Un autre
cas, dit intermédiaire, peut se produire si l’ouverture du diaphragme est trop importante ou
le milieu très diffusant comme illustré sur le schéma (c). Le cône de transmission est alors
légèrement supérieur à l’ouverture de la sphère et le bilan photonique n’est pas respecté.
(a) (b)
Face haute
Faisceaux incidents
Faisceaux
collimatés
diffusés
Ouverture de la
Cône de transmission
sphère
Diaphragme
Face basse
Cuve PMMA + suspension
(c)
Cône de transmission
Figure 2-22 Schémas illustratifs de l’influence de la surface éclairée incidente de l’échantillon (cuve
remplie en suspension) sur la collecte du signal transmis. (a) surface éclairée incidente >>surface de collecte
(b) surface éclairée incidente << surface de collecte (c) surface éclairée incidente ≅ surface de collecte.
89
II.3.2 Mesures expérimentales
Afin de vérifier ce qui vient d’être énoncé, des mesures de transmission, dans le domaine
UVA et dans le visible, ont été conduites en faisant varier la surface éclairée au moyen du
diaphragme. Des ouvertures de diamètres de 5 ou 15 mm (correspondant à des surfaces de 0,2
et 1,8 cm² respectivement) ont été testées ainsi que le cas sans diaphragme (ie toute la surface
de l’échantillon est éclairée), et ce pour différentes concentrations en dioxyde de titane afin
d’obtenir un phénomène de diffusion plus ou moins marqué. Les résultats obtenus sont tracés
en Figure 2-23.
100 100
90 90
80 80
Transmittances (%)
70 70
60 60
50 50
40 40
30 30
20 20
10 10
0 0
350 450 550 650 750 350 450 550 650 750
Longueurs d'onde (nm) Longueurs d'onde (nm)
100 100
90 90
80 80
Transmittances (%)
70 70
60 60
50 50
40 40
30 30
20 20
10 10
0 0
350 450 550 650 750 350 450 550 650 750
Longueurs d'onde (nm) Longueurs d'onde (nm)
90
2 kg.m-3 3 kg.m-3
100 100
90 90
80 80
Transmittances (%)
70 70
60 60
50 50
40 40
30 30
20 20
10 10
0 0
350 450 550 650 750 350 450 550 650 750
Longueurs d'onde (nm) Longueurs d'onde (nm)
Figure 2-23 Transmittances mesurées pour différentes concentrations en suspension (0,01 - 0,1 -0,5
- 1 – 2 - 3 kg.m-3) selon l’ouverture du diaphragme. Sans diaphragme (bleu) ; avec diaphragme pour des
ouvertures de 15 mm de diamètre (orange) et de 5 mm (grise). Erreurs de reproductibilité <3%.
Pour chaque ouverture testée, le diaphragme est simplement utilisé dans un premier
temps, à l’ouverture correspondante, afin de régler le temps d’acquisition du logiciel et obtenir
un signal suffisant. Ce temps réglé, le diaphragme est retiré pour la mesure de référence
(nommée R dans la section II.2.2) et replacé, à l’ouverture correspondante, devant
l’échantillon pour la mesure du flux transmis (nommée S dans la section II.2.2). Les temps
d’acquisition doivent être en effet identique entre R et S. L’ajout d’un diaphragme devant
l’échantillon a nécessité des temps d’intégration plus importants en raison d’une forte
diminution du signal reçu par la sphère. Pour une faible ouverture (de 5 mm), le nombre de
photons reçus par le spectrophotomètre est à la limite de détection par le logiciel d’acquisition.
Ceci explique que les résultats de transmittances soient plus bruités (Figure 2-23).
Aux plus faibles concentrations (0,01 et 0,1 kg.m-3), qui correspondent au cas d’un
milieu fortement dilué et donc assez transparent, les trois options d’éclairement donnent des
résultats très proches. Avec l’augmentation de la concentration, à 0,5 kg.m-3 (milieu qui
s’opacifie) une distinction s’opère dans le domaine du visible d’autant plus marquée que la
concentration en dioxyde de titane augmente. Dans le domaine des UVA néanmoins, les
résultats restent similaires. Dans le visible, les transmittances mesurées pour une ouverture
de diaphragme de 15 mm se placent systématiquement en-dessous de celles mesurées pour une
surface incidente éclairée dans sa totalité. Pour une surface de collecte (ouverture de la sphère)
similaire entre les deux cas, la quantité de photons transmis diffère de façon importante selon
91
la surface éclairée : elle se trouve réduite lorsque la surface incidente est réduite. Un
éclairement total de la face incidente surestime ainsi le nombre de photons collectés par la
sphère en sortie d’échantillon dans le cas où la référence est une surface de la taille de la zone
de collecte. Ceci correspond au cas (a) de la Figure 2-22 : des photons hors de la zone de
collecte viennent s’ajouter contrairement au cas d’un éclairement de la face incidente plus
grand que celui de la surface de collecte. En réduisant encore l’ouverture de diaphragme à 5
mm, on constate qu’aux fortes concentrations de 2 et 3 kg.m-3 (milieux opaques), les
transmittances mesurées pour cette ouverture de diaphragme de 5 mm se placent au-dessus
de celles pour une ouverture de diaphragme de 15 mm. Ces résultats laissent à penser que le
choix d’une ouverture de 15 mm est trop élevé entrainant une perte des photons transmis
comme illustré par le cas (c) de la Figure 2-22. La taille du cône est en effet également fonction
de la concentration en diffuseurs, plus cette dernière est élevée, plus des diffusions vont se
produire et l’élargir. En revanche, pour les concentrations en photo-catalyseur de 0,5 et 1
kg.m-3, les transmittances mesurées pour une ouverture de diaphragme de 5 mm sont
similaires en deçà de 500 nm à celles mesurées sans diaphragme puis, au-delà de 500 nm, se
placent légèrement au-dessus. Ces résultats sont inexpliqués par rapport aux conclusions
précédentes. Plusieurs hypothèses peuvent être conduites. Pour ces concentrations-là, le milieu
reste encore peu diffusant, donc le cas où la surface totale est éclairée surestime de façon
moins importante la transmission. Il se rapproche du cas où l’ouverture de diaphragme est
très faible mais n’explique pas que la mesure soit au-dessus. L’homogénéisation de la solution
peut également être remise en cause, si celle-ci est mal conduite, elle conduit à une forte
variabilité de la taille des agrégats donc du phénomène de diffusion. En effet, sur un même
échantillon la répétition de la mesure conduit à des écarts inférieurs à 3% mais la préparation
de duplicatas voire des triplicatas auraient pu conforter ces résultats.
92
cohérentes dans le domaine du visible. Une ouverture de diaphragme intermédiaire entre 5 et
15 mm aurait été souhaitable ainsi que l’utilisation d’une lampe plus puissante pour éclairer
ces conclusions. L’on peut néanmoins estimer que le cas (b) se situe en-deçà d’une ouverture
de 15 mm. En revanche, une ouverture du diaphragme de 15 mm n’est pas adaptée.
Dans cette partie, sont exposés l’ensemble des données, outils requis pour arriver au
calcul de la vitesse volumique locale d’absorption de l’énergie radiante (VVLAER) dans une
suspension de dioxyde de titane. En premier lieu, les propriétés radiatives (PR) qui sont les
données requises pour la résolution de l’équation des transferts radiatifs (ETR), sont calculées
par la théorie de Mie. Ensuite les outils numériques de résolution de l’ETR par la méthode
de Monte-Carlo sont présentés. Ils permettent de calculer l’irradiance (Équation 2-17) et la
transmittance (Équation 2-19). Le développement du modèle radiatif a fait l’objet d’une
collaboration avec Cyril Caliot chercheur CNRS anciennement à PROMES (Odeillo) et
actuellement au LMAP (UPPA, Anglet). Il a développé des modèles et algorithmes (forward
et reverse) avec codage en langage Scilab et Fortran 90, pour le calcul de la transmittance et
l’irradiance dans des géométries 1D possédant des interfaces (PMMA, paroi inox). En dernier
lieu, la validation du modèle est présentée. Elle s’est faite par comparaison entre les résultats
expérimentaux et numériques des transmittances en sortie de la cellule de mesure. La
concordance entre les données de transmittances calculées par le modèle et les données
expérimentales permet par la suite d’utiliser le modèle pour calculer l’irradiance et remonter
à la VVLAER pour différentes épaisseurs optiques de suspensions en dioxyde de titane, ce qui
fait l’objet de la dernière partie du chapitre (section V).
93
III.1 Calcul des propriétés radiatives par la théorie de Mie
Les propriétés radiatives du milieu, que sont les coefficients d’absorption, de diffusion
et d’extinction volumiques ainsi que la fonction de phase associée, se calculent en résolvant
les équations de Maxwell dans le cas de particules sphériques ; c’est le problème de Lorenz-
Mie (Cornet, 2007; Craig F. Bohren, Donald R. Huffman, 1998). Les auteurs Bohren et
Huffmann ont mis en libre accès un code de Mie (Bohren and Huffman) permettant leurs
calculs. Connaissant l’indice optique relatif de la particule entourée de son solvant (l’eau), le
diamètre de celle-ci et en fournissant un nombre maximum de discrétisation de l’angle polaire
dont dépend la fonction de phase, le code de Mie fournit les efficacités de diffusion et
d’extinction d’une particule dans son milieu selon la longueur d’onde et deux fonctions de
diffusion qui dépendent de la longueur d’onde et de l’angle solide. Ces informations permettent
de calculer la fonction de phase de la particule.
L’indice optique relatif du dioxyde de titane dans l’eau, qui est une donnée d’entrée du
code de Mie, est défini par l’Équation 2-26. Il permet de définir les propriétés homogénéisées
du milieu (Craig F. Bohren, Donald R. Huffman, 1998).
8˜(12
—- = 8™21
Équation 2-26
Les efficacités de diffusion et d’extinction d’une particule, qui sont obtenues par le code
de Mie, sont reliées aux coefficients massiques de diffusion et d’extinction pour la mono-
dispersion de particules (D3 ) suivant l’Équation 2-27.
š ›œ •(,ž *Ÿ
I ,\ D3 = Équation 2-27
@ *Ÿ
94
Elle se calcule comme suit :
¡ =¤ ¢?£
Équation 2-28
˜(12
Dans le cas d’une poly-dispersion, les coefficients massiques sont intégrés sur la
distribution de taille des particules. L’indice — est ajouté pour faire la distinction. Ils
permettent de remonter aux coefficients volumiques, qui sont les données d’entrée de l’ETR,
à partir de la concentration en catalyseur :
c c ²
K\ O, D3 = ¥ 2
Équation 2-31
@ +² •¦,ž *Ÿ *Ÿ ²
@h
Où = A *,\ est l’efficacité de diffusion. Pour une poly-dispersion, l’expression
\
d’une particule est intégrée à partir de la distribution de taille.
95
90
Figure 2-24 Propriétés radiatives massiques de la suspension de dioxyde de titane calculées à partir
de la théorie de Mie. Coefficients massiques d’extinction If8 (●) ; de diffusion I*8 (○) et d’absorption I 8 (●).
La fonction de phase de Mie est fournie en Figure 2-15 pour quelques longueurs
d’onde et sous deux représentations graphiques équivalentes (l’une avec un axe des abscisses
plat, l’autre avec un axe en cercle). Pour des particules sphériques, elle est invariante selon
l’angle azimutal, et n’est donc représentée qu’en fonction de l’angle polaire. Dans le domaine
de l’UV, elle indique que la suspension diffuse majoritairement vers l’avant (0°), les diffusions
sur les côtés étant très faibles. Dans le domaine visible, le phénomène de diffusion sur les côtés
s’accentue (base de la « forme en flamme » à 375 nm qui s’élargit à 420 nm). Dans ce domaine
de longueur d’onde, il apparaît également un léger phénomène de rétrodiffusion (sorte de
« queue » orientée vers 180°).
375 nm -6
-3 390 nm -8
420 nm
270° 90°
-4
-5
-6 375 nm
180° 420 nm
-7
Figure 2-15 Fonction de phase de la suspension en fonction de l’angle polaire tracée à plusieurs
longueurs d’onde sous deux vues graphiques équivalentes.
96
Il est à noter que les propriétés radiatives obtenues dépendent de la connaissance de la
distribution de taille et des indices optiques. G. Dahi a montré dans ses travaux de thèse
(Dahi, 2016), dans le cas du catalyseur sulfure de cadmium, qu’une erreur de 4 % négative ou
positive sur la distribution de taille entrainait une erreur de 10 % sur les propriétés radiatives
massiques. Il a en revanche montré qu’une incertitude sur les indices optiques du milieu a une
influence moins significative sur les PR.
97
la densité de flux hémisphérique incidente, qui a préalablement été introduite en Équations
2-18, s’exprime comme suit :
@h h
; = B Bh/@ [ ¨ r
j⃗ − r
jjjjj⃗ YZUO Dr r
j⃗ = [ YZUO = [ Équation 2-32
Où [ δ ω
jj⃗ − ω
jjjjj⃗ est la luminance collimatée de la source égale à l’unité
et ; = 1 W.m-2.
L’algorithme développé tient compte des évènements que peuvent subir les rayons au
niveau des interfaces (de l’air au PMMA, du PMMA à l’eau en entrée et de l’eau au PMMA
et du PMMA à l’air en sortie). Ces derniers peuvent être réfractés ou réfléchis de façon
spéculaire selon une probabilité de réflectivité (qui vaut 1 – la probabilité de réfraction) ce
qu’exprime l’Équation 2-33.
W@ [ r
jjjj⃗,ª F⃗ 1 − H → r
jjjj⃗,ª F⃗ = W@ [ r
jjjj⃗, F⃗ Équation 2-33
Les rayons, une fois présents dans la suspension, subissent des diffusions ou des
absorptions qui sont pilotées par les propriétés radiatives que sont les coefficients d’absorption
et de diffusion, et la fonction de phase qui donne la probabilité angulaire liée à la diffusion.
Dans le cas de la transmission, la grandeur calculée est une estimation du flux transmis
par la cuve :
#
e¬ = ∑• , Équation 2-34
•
Figure 2-25 Schéma (Annexe C, C. Caliot, 2020) de la cuve en PMMA contenant la suspension de
dioxyde de titane et d’un des chemins possibles du rayon incident collimaté dans le cas de l’algorithme
« forward ». Le rayon entrant (F jjj⃗) jjjj⃗)
# est transmis (F jjjj⃗,
@ puis diffusé plusieurs fois (F š Fjjjj⃗,
v Fjjjj⃗),
- réfléchi totalement
par l’interface eau-PMMA (Fjjjj⃗)
® pour être rediffusé (F jjjj⃗)
¯ puis réfracté (ω8) et transmis en sortie de cuve (F jjj⃗).
°
Le rayon a subi 9 évènements pour ce chemin.
Dans le cas du calcul de l’irradiance, les rayons subissent les mêmes évènements que
dans le cas de la transmission et un calcul du poids est fait de la même façon. En revanche,
l’algorithme développé est dit « reverse » car les rayons sont suivis dans le sens inverse, depuis
la position finale où est évaluée l’irradiance (qui se situe cette fois entre xjjjjjjj⃗
²³ A xjjjjjjj⃗
³² , jusqu’à
La fonction de phase étant très piquée vers l’avant, certaines réalisations lors de
l’estimation de l’irradiance comprennent un évènement rare qui produit un pic sur la valeur
de l’irradiance et ralentissent ainsi la convergence de l’estimation par Monte-Carlo. Ce
99
phénomène est dû à un évènement de diffusion dirigé vers la source, et lorsque la contribution
directe est calculée, la fonction de phase très piquée vers l’avant donne une valeur très
importante à cette contribution. Ces évènements (rares) augmentent la variance en produisant
des pics de valeurs de l’irradiance lors des réalisations Monte-Carlo. Bien que des solutions
de réductions de variance existent (Mayer et Buras 2011), le choix a été fait par manque de
temps de développement, d’augmenter le nombre de réalisations jusqu’à 109 ce qui a amené à
une convergence acceptable.
L’erreur de calcul de l’irradiance est inférieure à 0,1 % à chaque emplacement F⃗ et ce
dès 109 réalisations. Elle n’est pas non plus représentée graphiquement par la suite.
Pour la modélisation des interfaces, il a fallu déterminer les indices optiques du PMMA
utilisé. Ils ont été identifiés à partir de mesures de transmittance et de réflectance de plaques
en PMMA pour deux épaisseurs différentes de 3 et 7 mm au moyen des relations de Kramers-
Koenig (travail réalisé par Elie Nadal). Les indices calculés se sont révélés quasi-invariants
selon la longueur d’onde (pour une plage allant de 350 nm à 800 nm) avec un coefficient
d’extinction quasiment nul : W´µµ9 = 1,52 et ´µµ9 ≈ 0.
Figure 2-26 Schéma (Annexe C, C. Caliot, 2020) de la cuve en PMMA contenant la suspension de
dioxyde de titane et des chemins possibles des rayons depuis leurs contributions vers la source collimatée dans
le cas de l’algorithme « reverse ». Par exemple, un rayon voyage en sens inverse depuis F⃗ et subi une
jjj⃗# au niveau de l’interface eau-PMMA puis des diffusions en F
réflexion en F jjjj⃗,
@ Fjjjj⃗š et F
jjjj⃗v ; au point de départ du
chemin et à chaque diffusion la contribution directe de la source est illustrée.
100
III.3 Validation du modèle à partir de mesures
expérimentales
Le modèle optique mis au point repose sur la résolution de l’ETR dans un milieu
homogénéisé (entre un milieu transparent l’eau et un milieu semi-transparent le dioxyde de
titane) à partir de la connaissance des PR de ce dernier qui ont été calculées via la théorie de
Mie. Afin de valider cette approche et notamment le calcul des propriétés radiatives, les
transmittances calculées par l’algorithme « forward » sont comparées aux transmittances
mesurées. Ces dernières sont obtenues expérimentalement au moyen du banc optique et du
protocole de mesure retenu présentés en partie II. Bien que le protocole ait été défini comme
étant fiable dans le domaine UV (de 350 à 400 nm pour nos mesures), les transmittances
expérimentales ont été tracées jusqu’à 500 nm pour pouvoir discuter des interrogations sur la
validité du protocole de mesure dans le visible aux regards des résultats théoriques. De plus,
la frontière entre l’UV et le visible est également d’intérêt car le comportement optique de la
suspension en TiO2 varie significativement à ce niveau ; comme établi en section III.1 et
illustré par les Figures 2-24 et 2-15.
Les tracés des transmittances calculées et expérimentales sont fournis en Figure 2-27
pour différentes concentrations en dioxyde de titane dans la cuve allant de 0,1 kg.m-3 à 3
kg.m-3.
Tout d’abord, l’on remarque que l'allure des courbes évolue avec la concentration.
Lorsque les concentrations sont faibles, les transmittances sont quasi constantes et élevées sur
tout le domaine spectral. En revanche, avec l’augmentation de la concentration, le
comportement optique entre les domaines UV et visible se distingue de plus en plus
significativement. Dès 0,5 kg.m-3, les transmittances augmentent faiblement de 350 nm à 380
nm puis plus brusquement entre 380 nm et 410 nm pour ensuite devenir quasiment constantes
dans le visible jusqu’à 500 nm. Ces allures sont à corréler avec les PR : dans l’UV le catalyseur
absorbe de façon prédominante ce qui conduit à faire chuter la transmission tandis que dans
le visible seule la diffusion (et rétrodiffusion) est présente. Ce dernier point explique que les
transmissions soient plus élevées dans le visible que dans l’UV. De plus, plus la concentration
est importante, plus les phénomènes d’absorption dans le domaine UV et de diffusion dans le
101
visible sont importants conduisant à une diminution de la transmission dans tout le domaine
spectral.
1,0
0,8
0,4
0,2
0,0
350 400 450 500
Longueurs d'onde (nm)
Figure 2-27 Transmittivités pour différentes concentrations en suspension : 0,1 kg.m-3 (bleu) ; 0,5
kg.m-3 (gris) ; 1 kg.m-3 (bleu) ; 2 kg.m-3 (noir) et 3 kg.m-3 (violet). Traits pointillés : données expérimentales ;
traits pleins : données calculées avec un nombre de réalisations de 105 et erreurs non représentées car < 0,1%.
Erreurs expérimentales de reproductibilité < 3%.
102
IV Transfert radiatif dans le matériau supporté
Les recherches sur la détermination du transfert radiatif (TR) dans les matériaux
macroporeux pour des applications en photo-procédés sont plus récentes et moins nombreuses
que pour les suspensions. À l’origine, c’est la modélisation des transferts thermiques couplés
(rayonnement, convection et conduction) qui a été très étudiée dans ce type de milieux poreux
à cellules ouvertes ou fermées car de nombreuses applications en découlent, tels que celles des
absorbeurs volumiques haute température des centrales solaires à concentration (Kribus et
al., 2014). Ces recherches sur les transferts thermiques ont permis le développement de celles
sur le TR.
La description du TR dans des géométries poreuses est plus complexe que pour les
nuages de particules car elle requiert comme étape préliminaire d’être capable de décrire la
structure du matériau poreux. Cette étape de modélisation de la structure fait encore l’objet
de recherches actuelles (Cunsolo et al., 2016). Afin de dégager une approche pour représenter
le TR dans les mousses, une première partie est consacrée à la présentation des approches
existantes dans la littérature. L’approche retenue est d’utiliser le modèle développé pour la
suspension, dit d’homogénéisation, en apparentant les mousses, qui sont à l’origine constituée
de brins opaques, à un milieu effectif homogène semi-transparent. Des données expérimentales
de transmission des mousses ont été acquises. Celles-ci ont permis d’identifier les propriétés
radiatives effectives de ce milieu poreux équivalent, pour ensuite pouvoir les utiliser comme
données d’entrée pour le calcul de l’irradiance.
Pour l’approche HPA, la première étape consiste à déterminer les propriétés radiatives
du milieu homogène effectif auquel la mousse est apparentée. Pour ce faire, les auteurs
assimilent la structure poreuse des mousses à un ensemble de formes géométriques. Par
exemple des cylindres pour les brins, des cubes ou dodécaèdres pour les cellules ou des formes
triangulaires pour les jonctions. L’assimilation de la mousse à des formes leur permettent
d’appliquer des modèles établis de calcul des propriétés radiatives, tel que la théorie de Mie
qui s’applique également à des formes cylindriques, ou encore en utilisant l’approximation de
l’optique géométrique. Des PR équivalentes sont alors déduites par sommation des PR
associées à chaque forme comme c’est le cas dans les milieux homogènes particulaires où les
propriétés des particules sont la somme (l’intégration) de celles du nuage de particules. Dans
leur publication, les auteurs (Coquard et al., 2011) mettent en avant une procédure récente,
la « ray-tracing », pour calculer les PR des milieux poreux de façon plus rigoureuse que les
sommations évoquées. En effet, cette procédure repose sur l’acquisition d’images des mousses
conduisant à considérer leur structure réelle pour calculer leurs PR. C’est donc la méthode la
plus aboutie à ce jour pour calculer les PR de milieux poreux. Une fois les PR effectives
obtenues, l’ETR est résolue dans le milieu poreux équivalent par des approches déterministes
(ex. Ordonnées Discrètes) ou stochastiques (Monte-Carlo).
La méthode MPA est quant à elle, très récente dans la modélisation du transfert
radiatif (elle est très utilisée à ce jour dans le domaine des transferts thermiques (par
convection ou conduction en milieux poreux) et peu de publications (Coquard et al., 2011)
l’emploie pour la modélisation du transfert radiatif exclusivement en milieu poreux. Les
auteurs calculent les PR des deux phases, solide et fluide, par la procédure « ray-tracing »
puis, les ETR sont résolues sur les deux phases par les méthodes des ordonnées discrètes ou
de Monte-Carlo pour la validation.
104
Pour résumé, les articles sur l’approche HPA sont plus nombreux dans la littérature et
la procédure « ray-tracing » semble être la plus aboutie à l’heure actuelle pour le calcul des
PR à partir de la structure réelle du milieu poreux tout en assimilant ensuite ce dernier, à un
milieu homogène pour la modélisation du transfert radiatif. Néanmoins les propriétés effectives
calculées sont valables pour des volumes élémentaires représentatifs qui incluent plusieurs
cellules. Alors, ces approches supposent que la longueur caractéristique des phénomènes de
transfert radiatif est similaire à celle du volume élémentaire représentatif. En fonction de
l’application, de la nature et de la géométrie du matériau étudié cette hypothèse doit être
considérée avec attention (Guévelou et al., 2016). Les auteurs (Coquard et al., 2011) indiquent
cependant un manque de recul et de validation dans la littérature de ces méthodes que ce soit
par des mesures expérimentales ou par la méthode de Monte-Carlo.
Afin d’utiliser le travail préalablement effectué sur la mousse, l’approche HPA a été
retenue pour représenter le transfert radiatif dans les mousses de TiO2. Les mousses sont ainsi
assimilées à un milieu effectif homogène semi-transparent sur lequel l’ETR va être résolue
exactement de la même façon que pour la suspension. Concernant la détermination des PR
de ce milieu effectif, l’approche expérimentale d’identification de ces dernières a été retenue
pour des raisons de faisabilité, les autres méthodologies étant complexes et nécessitant des
savoirs-faires dont notre laboratoire ne dispose pas. La détermination des PR par cette
approche expérimentale fait l’objet de la partie suivante en indiquant notamment les
hypothèses effectuées sur la fonction de phase et la façon de gérer la dépendance spectrale des
PR.
mousse
8
,\ = <. ¸¸[. 1 − · ?¹,ž
_¹,ž
8
*,\ = º. ¸¸[. 1 − · ¦¹,ž
_¹,ž
8 8 8
f = + * Équations 2-35
8
Où est le coefficient d’absorption en m-1 (l’exposant m pour mousse) et A est le
8
paramètre associé à identifier (sans unité); * est le coefficient de diffusion et D est le
8
paramètre associé à identifier (sans unité) ; f est le coefficient d’extinction en m-1 et · est
la porosité (-).
Concernant la fonction de phase, celle-ci a été redéfinie pour être adaptée à la mousse.
Deux cas limites peuvent être considérés ; le choix d’une fonction de phase rétrodiffuse qui
suppose la mousse constituée de sphères opaques et rugueuses donc que la réflexion est diffuse.
Dans ce cas, le facteur d’asymétrie, qui caractérise le degré d’anisotropie de la fonction de
phase, vaut -0,444. Les cas limites étant -1 lorsque l’ensemble du rayonnement est diffusé vers
l’arrière, et 1 lorsque tout le rayonnement est diffusé vers l’avant. L’autre cas limite adapté
pour caractériser une mousse, est celui d’une fonction de phase isotrope qui suppose la mousse
constituée de sphères opaques et lisses avec une réflexion spéculaire (le facteur d’asymétrie
vaut alors zéro). Dans la littérature, le cas rétro-diffus pour les poreux à cellules ouvertes est
le plus commun, la fonction de phase s’écrit alors (Cunsolo et al., 2017, 2016) :
@
K\ = UVW O − OYZU O Équation 2-36
šh 2
107
Les fonctions de phases de ces deux cas limites sont tracées en Figure 2-28.
log10(Km,d) retrodiffuse
0° diffuse
0
-2
-4
-6
270° -8
90°
180°
Pour mesurer les transmittances des échantillons de mousse, les montage et protocole
de mesure mis au point en sections II.2 et II.3, ont été utilisés. Les mousses se placent dans
la cuve en PMMA contenant de l’eau pour permettre une mesure du milieu complet (eau +
mousse). Nous ne disposions pas de cuves d’épaisseurs adaptées aux trois épaisseurs de
mousses fournies donc une épaisseur d’eau (entre la face incidente en PMMA et la mousse)
de l’ordre de quelques millimètres, était présente. Il a été considéré que cette épaisseur était
d’influence négligeable sur la mesure car constituée d’eau et de PMMA, milieux peu diffusants
et d’indices optiques peu différents. La référence de la mesure de transmission, reste le
rayonnement du simulateur solaire collecté par la sphère.
Les propriétés radiatives volumiques effectives calculées par les Équations 2-35 à
partir des paramètres identifiés (A = 6 ; D = 2,5), ont été tracées en Figure 2-30 pour les
trois mailles de mousses (10 - 20 - 30 PPI). Plusieurs points sont à mettre en avant : les
propriétés radiatives suivent les mêmes tendances que celles de la suspension. Cela est logique
car elles ont été définies par rapport à ces dernières auxquelles elles sont reliées par un facteur
de proportionnalité. La deuxième remarque qui en découle, est qu’elles sont proportionnelles
entre elles comme pour les PR volumiques de la suspension. Ceci n’est en pratique pas un fait
avéré et dépend du matériau (Hendricks and Howell, 1996) . En définissant les PR ainsi,
celles-ci suivent la même évolution spectrale que celles du milieu en suspension, ce qui est en
quelque sorte imposé.
109
10 PPI - identification 20 PPI - validation
0,5 0,5
0,4 0,4
Transmittivités (-)
0,3 0,3
0,2 0,2
0,1 0,1
0 0
350 400 450 500 350 400 450 500
Longueurs d'onde (nm) Longueurs d'onde (nm)
30 PPI - validation
0,5
0,4
Transmittivités (-)
0,3
0,2
0,1
0
350 400 450 500
Longueurs d'onde (nm)
Figure 2-29 Transmittivités pour différentes mailles (10-20-30 PPI) en fonction de la longueur d’onde
et selon les épaisseurs de mousse : 6 mm (bleu) 11 mm (gris) et 16 mm (noir). Traits pointillés : données
expérimentales ; traits pleins : données calculées avec un nombre de réalisations de 105.
Cette approche comporte une imprécision du fait que l’identification repose sur des
mesures dans le visible qui n’ont pas été validées par le protocole expérimental. Elle permet
néanmoins de définir des PR sur la plage spectrale étudiée (principalement UV) à partir des
PR spectrales de la suspension. Elle reste donc très satisfaisante à la vue de l’état de l’art
préalablement effectué (section IV.1).
110
450
400
Figure 2-30 Propriétés radiatives effectives de la mousse pour différentes mailles : 10 PPI (losanges) ;
20 PPI (ronds) ; 30 PPI (carrés). Coefficients volumiques de diffusion en symboles creux et d’absorption en
symboles pleins.
La VVLAER représente la part des photons incidents qui sont absorbés par le milieu
et se déduit de l’irradiance (Équation 2-21). Afin de tracer les profils de l’irradiance et la
VVLAER dans les deux médias, une grandeur adimensionnelle qu’est l’épaisseur optique, est
préalablement introduite. Les VVLAER monochromatiques dans les deux médias sont ensuite
représentées pour différentes épaisseurs optiques puis comparées.
L’épaisseur optique (Équation 2-37) est une grandeur communément employée dans
la littérature sur le transfert radiatif. Elle tient compte à la fois des conditions géométriques
du problème et des propriétés radiatives du media : c’est en effet le couple épaisseur du
milieu/concentration en photo-catalyseur (ou PPI) qui détermine l’atténuation du
rayonnement dans le milieu. En général, la géométrie du photo-réacteur est fixe, caractérisée
par l’épaisseur dans le cas de systèmes plans. C’est la concentration en photo-catalyseur (ou
111
le PPI) qui est ajusté pour que le flux de photons soit nul pour l’épaisseur traversée maximum,
et ainsi optimiser la quantité de photo-catalyseur utilisée.
»\ = f¼ ,\ Équation 2-37
Lorsque le milieu est plus concentré (ou que le PPI est plus élevé ce qui correspond à
une maille plus petite), le coefficient d’extinction augmente et par conséquent » augmente. À
l’inverse, » diminue lorsque le milieu est plus transparent.
100
VVLAER (W.m-3)
1,6 (-)
0,6 0,8 (-)
80
0,4 60
40
0,2
20
0 0
0 0,005 0,01 0,015 0,02 0 0,005 0,01 0,015 0,02
Profondeur de la suspension (m) Profondeur de la suspension (m)
Figure 2-31 Profils de l’irradiance et de la VVLAER dans la cuve à 375 nm pour différentes épaisseurs
optiques de suspension (ou concentrations). ; = 1 W.m-². N=109 ; barres d’erreurs non visibles car très faibles.
# f
8 = B F DF Équation 2-38
f
113
Le maximum des VVMAER en fonction de l’épaisseur optique permet de choisir la
concentration en diffuseurs optimale en termes d’absorption du rayonnement pour une
épaisseur donnée. En-deçà de cette concentration, il n’y a pas assez de diffuseurs pour
absorber tous les photons et une partie traverse le milieu, et au-delà, la valeur en photons
devient nulle avant la sortie de la cuve donc une partie du catalyseur n’est pas utilisé. Les
VVMAER en fonction de l’épaisseur optique sont renseignées dans le Tableau 2-7.
De la même façon que pour la suspension, la question posée est pour une géométrie
donnée, quelle maille optimale de mousse faut-il pour ne pas perdre de photons ? Ou alors
pour une configuration de mousse donnée, quelle épaisseur de réacteur faut-il ?
Les profils d’irradiance incidentes sont tracés en Figure 2-32 en fonction de l’épaisseur
optique pour la mousse de 16 mm d’épaisseur, qui est la plus épaisse à disposition, afin de
voir l’influence du maillage sur le profil d’irradiance. En fixant e à 0,016 m et · étant connue
114
par ailleurs, la conversion des mailles en épaisseur optique correspondante figure dans le
Tableau 2-8.
PPI (nbre VVMAER
ÁÂ (-)
pores/pouce) (W.m-3)
10 3,2 51,7
20 6,4 54,2
30 9,7 53,35
Tableau 2-8 Tableau fournissant les épaisseurs optiques de la mousse de 16 mm et les VMMAER en
fonction du PPI.
1,2
400 3,2 (-)
1,0 350 6,4 (-)
9,7 (-)
VVLAER (W.m-3)
Irradiance (W.m-2)
300
0,8
250
0,6 200
0,4 150
100
0,2
50
0,0 0
0,000 0,005 0,010 0,015 0,000 0,005 0,010 0,015
Profondeur du milieu (m) Profondeur du milieu (m)
La Figure 2-32 permet de voir que la maille de 10 PPI ne permet pas d‘absorber la
totalité des photons incidents dans l’épaisseur de la mousse. Des photons ressortent du
système sans être absorbés. La maille de 20 PPI conduit quant à elle à une irradiance
relativement faible proche de la paroi du fond. Pour 30 PPI, l’irradiance est quasiment nulle
à la paroi du fond. La VVMAER est maximale pour 20 PPI (Tableau 2-8) ce qui s’explique
par le fait que pour 10 PPI, peu des photons reçus sont exploités et que pour 30 PPI la
répartition du nombre de photons absorbés est moins optimale que pour 20 PPI. Ainsi pour
une épaisseur de 16 mm, la mousse qui présente un PPI de 20 permet : (1) d’absorber la
quasi-totalité du flux de photons entrant et (2) de répartir ce phénomène d’absorption sur la
totalité de l’épaisseur de 16 mm. Ces deux conditions assurent a priori des conditions de
travail idéales pour le photo-catalyseur lors d’un processus de dégradation de molécules. Cette
mousse est retenue pour les essais conduits dans un photo-réacteur de 16 mm d’épaisseur
(chapitre 3).
115
V.4 Comparaison optique des deux médias
Les profils d’irradiance dans la suspension et dans la mousse mettent en avant des
comportements optiques assez différents entre ces deux photo-catalyseurs. Dans la suspension,
l’atténuation le long de l’épaisseur est très progressive et en particulier aux faibles épaisseurs
optiques, tandis que, dans la mousse, les profils chutent rapidement dès l’entrée dans le milieu
poreux. Ceci est à corréler avec les propriétés radiatives de ces deux milieux. Pour la mousse,
une fonction de phase rétrodiffuse a été retenue, qui indique que dans l’UV, le média diffuse
dans toutes les directions et en particulier dans le sens inverse du flux collimaté incident. Le
facteur d’asymétrie permet de quantifier la capacité d’un milieu à rétrodiffuser la lumière. Les
limites du facteur d’asymétrie sont -1 pour un milieu complètement rétrodiffusant, 0 pour un
milieu à diffusion isotrope et 1 pour un milieu complètement diffusant vers l’avant. Pour la
mousse, il vaut -0,444 à 375 nm, ce qui montre son caractère rétrodiffusant. Pour la suspension
au contraire, le facteur d’asymétrie de 0,92 (ou la fonction de phase de Mie) montre une
diffusion dans l’UV exclusivement vers l’avant. Ainsi dans le cas de la mousse, les rayons
incidents sont diffusés dès les premiers pores dans toutes les directions et la diffusion vers
l’avant est plus faible, ce qui, combiné aux fortes valeurs des propriétés radiatives, conduit à
ce que l’irradiance décroisse rapidement. Au contraire dans la suspension, la diffusion ayant
lieu vers l’avant, les valeurs de l’irradiance dans l’UV restent élevées et d’autant plus que
l’épaisseur optique est faible.
116
Conclusion
Ce chapitre a permis de mettre au point les outils numériques pour calculer les
VVLAER dans un système plan en adoptant des démarches différentes selon la mise en forme
du photo-catalyseur dioxyde de titane.
117
118
Chapitre 3
Introduction
119
journées-type d’ensoleillement. Les capacités et efficacités de traitement sont calculées selon
la mise en forme employée pour les différentes conditions opératoires appliquées.
I. Matériel et méthode
Cette partie présente dans un premier temps les montages expérimentaux de photo-
dégradation dans le cas de la configuration réacteur parfaitement agité (RPA). Les deux mises
en forme présentées lors du chapitre 2 section II, la suspension et le supporté sur mousse
d’alumine, ont été testées pour cette configuration. Le photo-réacteur plan, qui est la partie
irradiée et contenant le média photo-catalytique, est identique pour les deux mises en forme.
En revanche, le reste du montage diffère selon la mise en forme qui a nécessité des adaptations
techniques. Dans le cas de la suspension, le fonctionnement de type RPA est permis par un
120
système d’agitation in situ (dans le photo-réacteur). Lors d’un fonctionnement en continu, un
système de séparation est ajouté en sortie du photo-réacteur afin de maintenir le photo-
catalyseur dans la zone irradiée. Dans le cas de la mousse, un système de recirculation à fort
débit a été connecté au photo-réacteur afin de faire circuler la solution de polluant dans le
média poreux et d’assurer un fonctionnement de type RPA.
Dans un deuxième temps, des expériences préliminaires sont présentées. D’une part des
expériences de caractérisation de l’hydrodynamique des deux réacteurs, avec comme objectif
de valider le fonctionnement de type RPA, et d’autre part, une étude portant sur le
vieillissement du photo-catalyseur est menée, dans le but de déterminer, si ce dernier peut
être utilisé dans la durée lors d’expériences successives, sans altération de son efficacité.
I.1.1 Le polluant
La caféine (n° CAS : 58-08-2 ; provenant de chez Sigma-Aldrich) est la molécule modèle
retenue pour l’ensemble des études expérimentales. Sa formule brute est C8H10N4O2 et sa
formule développée est fournie en Figure 3-33.
C’est une molécule qui provient de certaines plantes, fruits ou graines, la plus connue
étant la graine du caféier. Elle est référencée comme étant psychoactive mais légale et
introduite naturellement ou volontairement dans de nombreuses boissons (café, boissons
énergisantes, etc.) ainsi que dans certains médicaments. Elle se retrouve disséminée dans les
eaux de surface principalement par les inconsommés, les déchets (fond de café) et assez peu
par les urines car elle est bien métabolisée par l’organisme de l’Homme (Chuang et al., 2011a;
Lekkas, 2014). La caféine fait partie des « Pharmaceuticals and Personal Care Products
(PPCP) » les plus présents en sortie de stations d’épuration. Sa concentration peut atteindre
dans ces effluents, des valeurs de l’ordre du µg/L (Majumder et al., 2019). Cette molécule
121
persiste dans l’environnement en raison de son caractère bio-récalcitrant, et présente de fait
la plupart des caractéristiques d’un micropolluant. De plus, comme cette molécule est
systématiquement présente dans les polluants introduits par l’Homme, elle pourrait être
considérée comme un traceur comme certains auteurs l’ont suggérés (Bruton et al., 2010;
Lekkas, 2014). Si ses effets sur l’écosystème sont peu étudiés, il est en revanche avéré que
chez l’Homme, cette molécule augmente l’anxiété, l’excitation et accélère le rythme cardiaque
(Lekkas, 2014). Dans tous les cas, elle contribue à renforcer la présence de molécules liées à
l’activité anthropique dans l’environnement et favorise par-là l’effet cocktail associé.
La caféine est relativement bien photo-oxydée par les procédés d’oxydation avancée
tels que l’ozonation ou le photo-fenton (Rosal et al., 2009; Trovó et al., 2013). Au sujet de la
photocatalyse hétérogène, il ressort que la caféine se dégrade bien mais ne se minéralise pas
complément. Le tableau ci-dessous fait l’inventaire des conditions d’étude des publications
sur la dégradation et la minéralisation de la caféine par photocatalyse hétérogène.
En résumé, six sous-produits ont été identifiés pour la caféine dont l’occurrence dépend
de la quantité et nature du photo-catalyseur employé, ainsi que de la concentration initiale
en caféine (Lekkas, 2014). D’après les travaux de Dalmazio et al. (Dalmazio et al., 2005), la
caféine réagit principalement avec les radicaux hydroxyles pour former le N-
dimethylparabanic acid (2) qui par des hydroxylations (ajout d’un groupe –OH) et oxydations
(ajout d’un groupe O2) successives se transforme en di(hydroxymethyl)parabanic acid (3)
pour lequel il a été prouvé qu’il se minéralise lentement.
Durant la thèse, seule la caféine a été quantifiée pour des raisons de faisabilité.
122
Sous-produits
identifiés et
Publications Conditions Média Résultats
schémas
réactionnels
- Tests biologiques
affirmant la toxicité
des sous-produits.
- Bêcher de 100 TiO2 Degussa Après 150min TOC 1 > 2 > 3 > CO2 ;
mL à 0,1 g/L en P25 qui a chuté de 13% NH3 ; NH2Me
TiO2 alors que la caféine
(Dalmazio et C0 = 30 mg/L a chuté de 90%. Ou 1 > 4 > 2
al., 2005) - 254nm
Ou 1 > 7 > 2
Ou 1 > 5
123
I.1.2 Quantification par HPLC-UV
L’HPLC-UV UltiMate 3000 (Figure 3-34) est composé d’une pompe d’acheminement
des éluents dans la colonne à haute pression ; d’un échantillonneur dans lequel sont placés les
échantillons pour injection dans la phase mobile ; d’une colonne analytique pour la séparation
des molécules et d’un détecteur UV-visible placé en sortie de cette dernière. Ce détecteur n’est
autre qu’un spectrophotomètre permettant de mesurer la transmission de l’échantillon en
sortie de la colonne. Les longueurs d’ondes sélectionnées correspondent généralement aux
longueurs d’onde maximales d’absorption des molécules à quantifier.
La colonne analytique utilisée est la colonne LC sélective Hypersil GOLD™ C18 de chez
Thermo Fisher scientific (Tableau 3-10) à laquelle est raccordée en entrée une pré-colonne
contenant des cartouches changeables de même phase stationnaire que la colonne (cartouches
hypersil gold 3 µm). Ces cartouches servent à protéger la colonne (par filtrations chimique et
physique des particules, des impuretés, etc.).
124
Type de colonne Phase inverse
Granulométrie 5 µm
La méthode d’analyse employée est une méthode à gradient (Figure 3-35) ce qui
signifie que la proportion en phases mobiles évolue au cours de l’analyse afin de permettre la
séparation de la caféine des sous-produits.
Le tableau 3-3 regroupe l’ensemble des conditions opératoires qui ont été retenues
pour assurer un suivi de la concentration en caféine dans des conditions favorables. Ces
conditions sont définies par le choix des phases (les éluents et leurs proportions ainsi la nature
de la colonne), le débit de la phase mobile, le volume d’échantillon injecté et enfin la durée
de circulation des phases mobiles dans la colonne.
125
Éluents et proportions initiales Eau milliQ 10% - acétonitrile 90%
Volume d’injection 10 µL
Durée de la procédure de
10 min
séparation
126
I.2 La source lumineuse
Le spectre d’émission a été obtenu par des mesures d’irradiance absolue au moyen d’un
capteur hémisphérique d’angle d’ouverture de 180° (CC-3 cosine-corrector de chez Ocean
Optics) relié au spectrophotomètre et au logiciel d’acquisition présentés lors du chapitre 2 en
partie II.2.1 et II.2.2. Pour convertir le signal mesuré par le spectrophotomètre en irradiance
absolue, une calibration préalable est effectuée au moyen d’une lampe de référence (LS-1-CAL
de chez Ocean Optics) dont le spectre d’émission est connu et s’étend de 350 nm à 1050 nm
ce qui limite les mesures d’irradiance absolue à cette gamme spectrale. La mesure a été
effectuée en plaçant le capteur au centre du panneau et à une distance de 14 cm, qui est la
distance entre le panneau est la face incidente du photo-réacteur.
1,0
Irradiance absolue normalisée
0,8
(µ[Link]-1)
0,6
0,4
0,2
0,0
350 370 390 410
Longueurs d'onde (nm)
Figure 3-36 Photographie et spectre d’émission du panneau de DEL. Le spectre d’émission a été normalisé
par rapport à la densité de flux incidente.
127
La densité de flux émise par le panneau est réglable via un logiciel de contrôle (easy
stand alone) sur la plage de densité de flux de 0 à 110 W.m-2. Pour définir la densité de flux
émise par le panneau selon le positionnement du curseur de contrôle, une courbe d’étalonnage
a été réalisée (Figure 3-37) en utilisant deux systèmes de mesure à disposition afin de
80
60
40
20
0
0 50 100 150 200 250
Curseur du logiciel de contrôle
Figure 3-37 Étalonnage du panneau de DEL au capteur hémisphérique (●) et au capteur UV (◊).
Mesure effectuée au centre de la face incidente à 14 cm du panneau. Régression linéaire de droite y = 0,44x +
2,67 ; R² = 0,999.
128
17 16,6 15,8
19,9 20,2 19,7
20,8 21 19,2
20,4 19,8 18,3
17,4 17,6 16
Figure 3-38 Cartographie de la densité de flux incidente sur le photo-réacteur en W.m-2 pour un réglage du
panneau à 20 W.m-2 selon la droite d’étalonnage présentée en Figure 3-37. La valeur moyenne est de
19 W.m-2 avec un écart-type de 10%. Les dimensions du panneau sont environ de 12 cm de largeur et 20 cm
de hauteur.
Les cartographies ont été répétées pour plusieurs densités de flux incidentes mesurées
au centre et ont confirmé une inhomogénéité maximum de 10 % de la densité de flux reçue
sur l’ensemble du photo-réacteur par rapport à la valeur moyenne. Par la suite, lorsque nous
mentionnons la densité de flux incidente, il s’agit de la valeur centrale.
Le logiciel easy stand alone permet également d’appliquer des consignes dynamiques
de densité de flux par programmation, telles que des créneaux, des cycles, mais également des
consignes représentatives de journées type réelles. Sur la Figure 3-39, sont illustrées quatre
journées type que nous avons retenues à partir de données réelles de l’ensoleillement à
Perpignan issues du site METEONORM. Ces journées sont représentatives de différentes
conditions d’irradiation, saisonnières ou journalières. Des conditions moyennes ont d’abord
été retenues, à savoir une journée qui est la moyenne des journées d’un mois d’hiver (mois de
décembre) et une journée qui est la moyenne des journées d’un mois d’été (mois de juillet).
Des consignes représentatives de l’influence des conditions météorologiques à l’échelle de la
journée, ont également été programmées, telles qu’une journée bien ensoleillée du mois de
décembre et une journée particulièrement nuageuse.
129
50
Juillet moyenne
30
20
10
0
4:00 7:00 10:00 13:00 16:00 19:00
Heures solaires
;Ã , Ä
Sr Sr
V
Vr ;Ã ,
Figure 3-40 Illustration du mode batch (a) et du mode continu (b) de fonctionnement d’un réacteur
parfaitement agité. ; : densité de flux incidente ; =- : volume du photo-réacteur ; &- : surface irradiée du
photo-réacteur ; ;¡ : débit volumique ; f : concentration d’entrée ; : concentration.
130
I.3.1 Photo-réacteur configuré pour la suspension
Dans le cas d’un fonctionnement en mode continu, le réacteur comprend deux parties
disposées en série : le photo-réacteur (et son système d’agitation) sur lequel est fixé le
décanteur qui permet la séparation physique des particules de dioxyde de titane. Le réacteur
est alimenté par le bas par une pompe péristaltique (Watson Marlow® 205U) qui permet de
régler le débit d’entrée dans le système avec une plage de 0 à 10 [Link]-1.
Figure 3-41 (a) Photographie et (b) schéma du réacteur dans le cas de la suspension. 1 : pompe péristaltique,
2 : enceinte opaque contenant le photo-réacteur et système d’agitation, 3 : panneau de DEL, 4 : décanteur, 5 :
vanne de prélèvement.
Le photo-réacteur, illustré sur les Figure 3-42 et 3-43, est un réacteur plan de 300
mL (15 cm de hauteur ; 10 cm de largeur et 2 cm de profondeur) positionné à la verticale et
fixé dans une enceinte opaque contenant le panneau de DEL qui éclaire sa face avant. Sa
structure est en inox et sa face incidente en PMMA de 7 mm d’épaisseur (dont les
131
caractéristiques sont détaillées en section III.2 du chapitre 2). C’est la partie du système
contenant le dioxyde de titane en suspension soumis à irradiation, donc où se produit la
réaction de photocatalyse. L’agitation est assurée par un barreau aimanté entraîné par un
aimant tournant extérieur au réacteur (Figure 3-42).
(a) Face avant (b) Face arrière
Figure 3-42 Photographies des faces avant (a) et arrière (b) du photo-réacteur vide et du système
d’agitation : aimant tournant en face arrière du photo-réacteur et barreau aimanté dans le photo-réacteur.
Le décanteur, illustré sur la Figure 3-43, d’une capacité de 50 mL, est placé en sortie
du photo-réacteur. Sa fonction est d’assurer la décantation du media pour le maintenir dans
le photo-réacteur. En pratique, et en raison des faibles débits testés, la très grande partie de
la séparation se fait dès la sortie du photo-réacteur dans le tube qui sépare le réacteur du
décanteur : la vitesse de fluide est suffisamment faible pour permettre aux particules présentes
de décanter et de revenir vers le photo-réacteur. La solution de fluide sans la présence des
132
particules, quitte alors le décanteur par débordement via le tuyau d’évacuation (Figure 3-43).
Ce dispositif nécessaire pour pouvoir tester un fonctionnement en réacteur ouvert génère un
volume supplémentaire qui n’est pas préjudiciable dans l’exploitation des résultats
expérimentaux. En effet, le prélèvement des échantillons s’effectuant par la vanne positionnée
en face arrière (Figure 3-41 n°5 ou Figure 3-42) du réacteur (et non pas en sortie de
décanteur), le décanteur ne fait pas partie du volume réactionnel irradié.
Figure 3-43 Photographies du photo-réacteur en vue de face rempli de dioxyde de titane à 3 kg.m-3 et du
décanteur avec le tuyau d’évacuation.
La zone libre située en-dessous de la mousse (entrée de l’effluent) favorise une vitesse
d’entrée uniforme sur toute la section d’écoulement. La zone située au-dessus de la mousse
(sortie de l’effluent) contribue à homogénéiser la concentration par diffusion avant la sortie
du réacteur.
133
Figure 3-44 Photographie du photo-réacteur contenant le support et la mousse de 16mm et 20 PPI.
Vue de face.
Afin de rendre le réacteur parfaitement agité, une boucle de recirculation est connectée
en face arrière du photo-réacteur (Figure 3-45). Elle impose la recirculation en boucle fermée
du fluide à fort débit grâce à une pompe péristaltique (débit d’environ 1 [Link]-1) et assure la
circulation du fluide dans le média poreux. Des connexions sur la boucle de recirculation (n°5
pour l’entrée et 6 pour la sortie, Figure 3-45) permettent le fonctionnement en mode continu
du réacteur dont le débit d’alimentation est contrôlé par une seconde pompe péristaltique aux
faibles débits (la même que sur le montage de la suspension).
Figure 3-45 Photographie du réacteur dans le cas du dioxyde de titane supporté. 1 : Pompe
péristaltique d’alimentation ; 2 : Enceinte opaque et photo-réacteur ; 3 : panneau de DEL ; 4 : Pompe
péristaltique d’agitation ; 5 : connexion d’entrée ; 6 : connexion de sortie.
Le tableau 3-15 (partie III.3) récapitule les caractéristiques des deux réacteurs.
134
I.4 Expériences préliminaires de caractérisation de
l’écoulement
Pour que ces essais soient validés, il a fallu préalablement vérifier que la caféine ne
s’adsorbe pas sur les médias. Dans nos conditions expérimentales, à savoir une utilisation
d’eau pure (de conductivité de 18 MΩ.cm) et à température ambiante, aucune adsorption de
la caféine sur le dioxyde de titane qu’il soit supporté ou en suspension, n’a été mesurée.
* ÅÆÇ
*
= ;¡ f − ;¡ A Équation 3-39
Où =ba† est le volume de solution qui circule dans le réacteur en m3 ; ;¡ est le débit
volumique d’alimentation (débit d’entrée égal au débit de sortie) en m3.s-1 ; f est la
concentration d’alimentation en kg.m-3 et est la concentration de sortie du réacteur en
kg.m-3 qui est également la concentration au sein du réacteur dans le cas d’un RPA.
135
Ce modèle est un bilan matière en polluant dans le réacteur. Le terme de gauche
représente le terme d’accumulation du polluant dans le photo-réacteur, le premier terme de
droite est le terme d’entrée dans le réacteur et le second de sortie du réacteur.
Le volume du photo-réacteur, qui est occupé par la suspension (eau, caféine, dioxyde
de titane) vaut 300 mL. À 2 kg.m-3, qui est la concentration de travail en dioxyde de titane,
la fraction volumique en dioxyde de titane est très faible, de 0,05 %, donc le volume de
solution =ba† (eau, caféine) est confondu avec le volume du photo-réacteur (eau, caféine,
dioxyde de titane) par la suite. Pour ce volume, le modèle RPA permet de représenter
l’évolution de la concentration dans le photo-réacteur en l’absence de réaction chimique,
comme illustré sur la Figure 3-46 où les données calculées (d’après l’Équation 3-39) et
expérimentales concordent.
136
10
Concentration en caféine
8
(mg.L-1)
6
0
0 100 200 300 400 500
Temps (min)
Figure 3-46 Points expérimentaux de charge (■) et décharge (♦) en caféine du photo-réacteur
contenant du TiO2 à 2 kg.m-3 pour un débit volumique d’entrée de 10 [Link]-1. Traits pleins : valeurs
modélisées. Cas de la suspension.
Le temps de séjour moyen est dans le cas d’un RPA égal au temps de passage, È = ÅÆÇ
.
pœ
Ce temps permet de prévoir le temps de charge ou de décharge. Il est établi que pour atteindre
une concentration de sortie égale à 95% de la concentration d’entrée, il faut alimenter le
montage durant 3τ (Villermaux, 1994). Dans les conditions de test (=ba† = 300 mL, ;¡ = 10
[Link]-1), au moins 150 min sont nécessaires pour remplir le réacteur.
137
10 10
9 9
8 8
Concentration (mg.L-1)
Concentration (mg.L-1)
7 7
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1
0 0
0 100 200 300 0 100 200 300
Temps (min) Temps (min)
Figure 3-47 Charges et décharges du réacteur ouvert pour différents débits volumiques. En charge :
;¡ = 4 [Link]-1 (●) ; ;¡ = 6 [Link]-1 (◊) et ;¡ = 8,7 [Link]-1 (■). En décharge : ;¡ = 4 [Link]-1 (●) et
;¡ = 8 [Link]-1 (□). Traits pleins : valeurs modélisées. Cas du supporté.
Les réacteurs mis au point pour les deux matériaux photo-catalytiques, sont donc bien
des réacteurs parfaitement agités d’un point de vue hydrodynamique.
opératoires
138
de dégradation de la molécule mère sont également susceptibles de conduire à une forme de
vieillissement, de modification dans le temps des performances du photo-catalyseur
(Fernández-Ibáñez et al., 2003; Lhomme et al., 2008; Salaeh et al., 2017). Ce vieillissement
est susceptible de différer entre un système fermé et un système ouvert. Dans le dernier cas,
à la différence d’un système fermé, l’effluent au sein du système se renouvelle en fonction du
temps de séjour moyen, caractéristique du réacteur ouvert. De manière générique, la cinétique
de photo-dégradation est dépendante des caractéristiques du catalyseur qui peuvent évoluer
au cours du traitement ou des cycles de traitement. Cette section est ainsi dédiée à tester la
répétabilité de nos mesures face à un vieillissement possible du photo-catalyseur lié aux sous-
produits de la caféine.
Au préalable, il a été vérifié que dans les conditions d’éclairement par le panneau de
DEL ou la lampe UV utilisée pour les tests préliminaires en béchers présentés par la suite, la
dégradation par photolyse de la caféine ne se produit pas. Dans la littérature aucune photolyse
en conditions maîtrisées n’a été relevée non plus au-delà de 350 nm (Arfanis et al., 2017;
Marques et al., 2013).
Dans un premier temps, des expériences préliminaires ont été effectués en bécher pour
déterminer l’influence des sous-produits sur le photo-catalyseur et ainsi définir un nombre de
réutilisations successives du photo-catalyseur pour lequel celui-ci conserve ses propriétés
originelles. Ces expériences ont permis de définir un protocole opératoire de réutilisation du
média lors des expériences réalisées avec le réacteur quel que soit son mode de fonctionnement,
batch ou continu.
Deux protocoles différents ont été mis en place pour détecter un vieillissement éventuel.
Ces protocoles ont été inspirés des travaux des auteurs Fernandez-Ibanez et al. (Fernández-
Ibáñez et al., 2003). Le premier consiste à réutiliser le dioxyde de titane sur plusieurs
expériences successives en vidangeant l’eau traitée à la fin de chaque cycle de dégradation et
de répéter la même expérience avec une nouvelle solution de caféine. Le second consiste à
réutiliser successivement le catalyseur sans remplacer la solution de caféine traitée mais en se
replaçant à la même condition initiale en caféine pour chaque nouveau cycle.
139
Ces expériences ont été réalisées en bécher de 200 mL placés sur des agitateurs
magnétiques. La concentration en TiO2 est fixée 2 kg.m-3. La concentration initiale en caféine
de chaque expérience est de 10 mg/L ± 1 mg/L. Les béchers sont irradiés pendant une heure
par une lampe UV émettant à 365 nm majoritairement et produisant une densité de flux
d’environ 40 W.m-2 en surface des béchers.
1,0 1,0
cycle 1 cycle 1
0,9 0,9
cycle 2 cycle 2
0,8 cycle 3 0,8 cycle 3
0,7 cycle 4 0,7 cycle 4
0,6 cycle 5 0,6 cycle 6
C/C0
cycle 6
0,5 0,5
0,4 0,4
0,3 0,3
0,2 0,2
0,1 0,1
0,0 0,0
0 10 20 30 40 50 60 0 10 20 30 40 50 60
Temps d'irradiation (min) Temps d'irradiation (min)
Figure 3-48 Réutilisations successives du photo-catalyseur selon deux protocoles avec (a) et sans (b)
changement de la solution traitée. Expériences réalisées en bécher. =10 mg.L-1. Catalyseur en suspension,
-3
= 2 kg.m .
140
Pour le second protocole, à l’issu d’une expérience de photo-dégradation, une solution
très concentrée de caféine est injectée à la solution traitée afin de revenir à une concentration
initiale de 10 mg.L-1 dans le bécher. Le volume ajouté correspond à la somme des volumes
prélevés (10 mL) de manière à maintenir le volume global constant et l’influence du
prélèvement négligeable.
Comme cela est illustré sur la Figure 3-48, la cinétique évolue progressivement à
chaque cycle et est ralentie de manière significative après quelques cycles. Par exemple, au
bout de 30 min, l’abattement est réduit de moitié entre le cycle 1 (70%) et le cycle 6 (35%).
Ainsi selon les cinétiques propres à chaque sous-produit, corrélées au temps de passage
de la solution à traiter pour un système ouvert ou au temps d’éclairement pour un système
fermé, la cinétique de dégradation de la molécule d’intérêt peut être ralentie par une
compétition avec les sous-produits en solution. Dans le cas des réacteurs en mode continu, les
temps de passages varient de 30 min à 300 min selon le débit volumique imposé, et il serait
141
intéressant de pouvoir les corréler aux temps de réaction des sous-produits. Mais il s’agit
d’une étude complexe qui requiert la connaissance et la quantification des sous-produits.
Pour résumé, le premier protocole a montré que le TiO2 peut être réutilisé jusqu’à 6
fois sans qu’il n’y ait d’altération mesurable de la vitesse de dégradation si la solution traitée
est évacuée. Il sera donc retenu pour la suite des travaux.
142
n’évolue pas après de nombreuses réutilisations successives du photo-catalyseur et reste
identique d’une campagne à l’autre pour le protocole défini.
C/C0
0,5 0,5
0,4 0,4
0,3 0,3
0,2 0,2
0,1 0,1
0,0 0,0
0 100 200 300 0 100 200 300 400 500
Temps d'irradiation(min) Temps d'irradiation (min)
Figure 3-49 Test de la reproductibilité du protocole opératoire en mode batch. (a) Expériences
identiques effectuées en début et fin d’une même campagne à 20 W.m-2 (b) Expériences identiques effectuées
sur deux campagnes différentes (donc des lots de TiO2 différents) à 10 W.m-2. =10 mg.L-1. Catalyseur en
suspension à 2 kg.m . -3
La reproductibilité des expériences en mode continu d’un jour à l’autre a été vérifiée
(lors de l’application des mêmes consignes sur deux expériences successives). En revanche, sur
des temps plus longs, d’une semaine à l’autre, cela n’a pas été le cas. C’est pourquoi nous
avons opté pour un renouvellement du TiO2 chaque semaine dans le cas d’un fonctionnement
du réacteur en mode continu. Cette non-reproductibilité à l’échelle de la semaine peut être
expliquée par la formation d’agrégats de TiO2 de plus en plus marqué au fil des jours. Ce
constat visuel avait été établi en réacteur fermé mais en réacteur ouvert, les temps de
143
manipulation sont beaucoup plus longs ce qui intensifie ce phénomène. Ainsi, au cours du
temps, la distribution de taille du TiO2 dans le réacteur est susceptible de subir des
modifications, ce qui influence son efficacité photo-catalytique. De plus, on peut également
supposer que des pertes en photo-catalyseur, par le décanteur, des particules les plus fines
sont un facteur qui peut également influencer sur le très long terme les performances du
procédé. Cette perte est en revanche difficilement quantifiable.
La même mousse a été utilisée durant la totalité des campagnes de mesures réalisées
sur ce type de média, celle de 20 PPI-16mm. Les tests de reproductibilité menés de manière
répétée dans le cas du mode continu, ont démontré une remarquable stabilité de cette mise
en forme. À titre d’exemple, la Figure 3-50 illustre la similitude des points expérimentaux
de deux expérimentations de dégradation de la caféine réalisées dans des conditions identiques
à un mois d’intervalle. L’allure générale des courbes sera davantage commentée en partie II.
10
9
8
Concentration (mg/L)
7
6
5
4
3
2
1
0
0 100 200 300 400
Temps d'irradiation (min)
Figure 3-50 Reproductibilité entre deux expériences en mode continu séparées d’un mois
d’intervalle. ;¡ = 2 [Link]-1 ; ; = 40 W.m-1 et ≅ 8,5 mg.L-1. Catalyseur : mousse 16 mm - 20 PPI.
D’un point de vue technique, les différentes expériences menées ont montré une plus
grande facilité d’utilisation d’un média supporté. Contrairement à la suspension, il ne requiert
pas de méthode de séparation ce qui est loin d’être anecdotique. De plus, il s’est avéré garder
la même efficacité photo-catalytique au cours du temps dans le cas de notre effluent (eau
pure, caféine).
144
La suspension quant à elle, requiert de veiller à sa répartition homogène dans le
réacteur et d’éviter la formation d’agrégats afin d’optimiser les transferts de masse et de
lumière. Dans des conditions de pH variable, comme c’est le cas en effluents réels, cela peut
s’avérer plus complexe. Pour nos expériences en réacteur ouvert, nous avons donc établi qu’il
fallait la renouveler à l’issu d’une semaine d’expérimentations.
Pour les deux médias photo-catalytiques, des expériences préliminaires ont été
effectuées sous conditions d’irradiation constante. Celles-ci permettent d’appréhender de façon
simple la réponse des réacteurs et de quantifier, par un bilan matière direct, leurs capacités
de traitement une fois le régime permanent atteint. Les consignes appliquées en termes de
densité de flux incidente se situent entre 0 et 50 W.m-2, ce qui est une plage représentative
des densités de flux d’UV solaires. Différents débits volumiques d’entrée ont également été
appliqués, dans une plage comprise entre 0 et 10 [Link]-1 (fixée par la pompe d’alimentation)
ce qui correspond à des temps de passage variant de 30 à 300 minutes environ quel que soit
145
le montage expérimental (pour rappel, ceux-ci ont des volumes de solution proches). La
concentration en TiO2 est de 2 kg.m-3 et la mousse utilisée est celle de 20 PPI - 16 mm pour
l’ensemble des expériences présentées.
Pour chaque expérience (Figure 3-51 et 3-52), on observe tout d’abord un régime
transitoire durant lequel la concentration en caféine chute, puis un régime permanent pour
lequel la concentration se stabilise. Ces deux régimes sont caractéristiques du fonctionnement
en réacteur ouvert dont les conditions opératoires conditionnent le niveau d’abattement.
Celui-ci est donné par le rapport entre, la différence de concentrations entre l’alimentation et
le régime permanent, et la concentration d’alimentation.
Pour un débit volumique fixe, le taux d’abattement est d’autant plus marqué que la
densité de flux appliquée est importante. Ce résultat attendu est en accord avec la littérature
(Malato et al., 2009) qui montre la dépendance du taux d’abattement à la densité de flux. En
effet, plus l'apport de photons est important, plus la quantité de radicaux produits est
importante. Par exemple, dans le cas de la suspension, pour ;¡ = 5,5 [Link]-1, il passe de
22% à 33% pour une densité de flux qui a doublé (de 8 à 20 W.m-2). De manière similaire, la
capacité de traitement, directement corrélé avec le taux d’abattement à débit
constant, augmente avec le niveau d’irradiation. En reprenant l’exemple précédent, elle est
de 1,7.10-10 kg.s-1 à 8 W.m-2 contre 2,82 .10-10 kg.s-1 à 20 WUV.m-2 pour la suspension.
1,0
0,9
0,8
0,7
0,6
C/C0
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0,0
0 100 200 300
Temps d'irradiation (min)
Figure 3-51 Évolution de la concentration normalisée en caféine au cours du temps en réacteur ouvert
en faisant varier la densité de flux incidente pour ;¡ = 5,5 [Link]-1 : ; = 8 W.m-2 (♦) et 20 W.m-2 (●) ;
ou le débit volumique pour ; = 20 m-2 : ;¡ = 2,9 [Link]-1 (□). f ≈ 10 mg.L-1. Catalyseur : suspension à 2
kg.m-3.
146
(a) Variation de la densité de flux
(b) Variation du débit volumique
incidente
10 10
9 9
8 8
Concentration (mg.L-1)
7 7
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1
0 0
0 100 200 300 400 0 100 200 300 400
Temps d'irradiation (min) Temps d'irradiation (min)
Figure 3-52 Évolution de la concentration en caféine au cours du temps en réacteur ouvert en faisant
varier la densité de flux incidente : (a) ; = 20 W.m-2 (□) 40 W.m-2 (◊) et 60 W.m-2 (●) pour ;¡ = 2 [Link]-
1 ou le débit volumique : (b) ; = 6 [Link]-1 (●) ; ; = 4 [Link]-1 (□) et ; = 2 [Link]-1 (◊) pour ; =
¡ ¡ ¡
40 W.m-2 . f ≈ 10 mg.L-1. Catalyseur : mousse 16 mm-20 PPI.
Pour une consigne d’irradiation fixe, le taux d’abattement diminue avec l’augmentation
du débit. Le temps de séjour étant inversement proportionnel au débit, pour des débits
importants, le temps d’irradiation de la solution (et donc des molécules de caféine) diminue.
Cela se traduit par une chute du niveau d’abattement mais conduit à une augmentation de
la quantité de matière traitée ie de la capacité de traitement instantanée. Par exemple, dans
le cas de la mousse à 40 W.m-2, pour ;¡ = 2 [Link]-1 elle est de 1,94.10-10 kg.s-1 contre
2,97.10-10 kg.s-1 pour ;¡ = 4 [Link]-1.
Notons que les deux réacteurs ne développent pas les mêmes capacités de traitement
selon le média utilisé mais qu’il est difficile de les comparer car des conditions opératoires
différentes ont été appliquées. La modélisation en section III des réacteurs permettra d’établir
une comparaison et de définir l’efficacité photo-catalytique à l’échelle des médias.
147
II.2 Application de conditions d’irradiation variable
Des journées moyennes des mois de décembre et de juillet ont été appliquées en premier
lieu. Elles correspondent à l’ensoleillement journalier moyen obtenu à partir de l’ensemble des
journées enregistrées sur le mois considéré. En décembre, les densités de flux incidentes sont
plus faibles que celles de juillet avec un maximum à 25 W.m-2 contre 35 W.m-2. La période
d’ensoleillement est plus faible, de 9h contre presque 16h en juillet. Par conséquent, la quantité
d’énergie reçue accumulée est quasiment deux fois plus faible en décembre (1032 kJ.m-2) qu’en
juillet (547 kJ.m-2). Nous avons également sélectionné des journées représentatives de
conditions météorologiques particulières à savoir une journée très ensoleillée de décembre avec
un maximum à 43 W.m-2 et une quantité d’énergie incidente accumulée de 700 kJ.m-2 environ
; et une journée nuageuse de décembre avec des densités de flux incidentes plus faibles qu’en
moyenne et fluctuantes comme c’est le cas lors de passages nuageux (267 kJ.m-2). La quantité
d’énergie incidente accumulée lors de la journée ensoleillée de décembre est plus importante
que lors d’une journée moyenne de décembre. Par contraste, celle lors de la journée nuageuse
est plus de deux fois plus faible que lors de la journée moyenne de décembre.
Les autres conditions opératoires maintenues constantes lors des expérimentations, sont
les suivantes : une concentration d’alimentation autour de 9 mg.L-1 et un débit volumique
autour de 5 [Link]-1.
148
midi-solaire et le minimum en concentration. Ceci s’explique par l’inertie sur la réponse en
concentration à la sortie du système qui est due au temps de séjour moyen. De manière
symétrique, lorsque la densité de flux diminue au cours des heures de l’après-midi, la
concentration en caféine remonte pour retrouver son niveau initial en fin de journée lorsque
le flux reçu par la surface du réacteur devient nul.
10 40 10 40
30 30
7 7
6 25 6 25
5 20 5 20
4 15 4 15
3 3
10 10
2 2
1 5 1 5
0 0 0 0
4:00 7:00 10:00 13:00 16:00 19:00 4:00 7:00 10:00 13:00 16:00 19:00
Heures solaires Heures solaires
30 35
7 8
25 30
6 7
6 25
5 20
4 5 20
15
4
3 15
10 3
2 10
5 2
1 5
1
0 0
0 0
4:00 7:00 10:00 13:00 16:00 19:00
4:00 7:00 10:00 13:00 16:00 19:00
Heures solaires Heures solaires
Figure 3-53 Évolution de la concentration en caféine au cours du temps en réacteur ouvert pour des
densités de flux incidentes variables avec ;¡ ≈ 5,5 [Link]-1 et f ≈ 9 mg.L-1. (a) Journée type de décembre
(b) Journée type de juillet (c) Journée nuageuse de décembre (d) Journée ensoleillée de décembre.
Catalyseur : suspension à 2 kg.m-3.
149
Dans le cas d’une journée avec de fortes perturbations de l’ensoleillement (cas (c)
Figure 3-53), le niveau d’irradiation reçu reste assez faible en raison d’un ciel voilé. Par
exemple, au midi-solaire la densité de flux est de 24 W.m-2 contre 43 W.m-2 lors de la journée
complètement ensoleillée. On observe que la concentration chute en début de journée lorsque
le niveau d’irradiation augmente. En revanche, dès lors que le ciel s’assombrit davantage en
raison d’un passage nuageux, se traduisant par une chute de l’irradiation, comme par exemple
entre 9h30 et 11h30, une légère remontée de la concentration est observée. Puis, lorsque le
passage nuageux s’estompe entrainant une augmentation du niveau d’irradiation, la
concentration chute de nouveau. Et ce de façon assez marquée vers midi-solaire où
l’irradiation est assez élevée. Dans l’après-midi, le niveau d’irradiation diminue naturellement
et un autre passage nuageux se produit ce qui entraîne une remontée de la concentration, qui
au fur et à mesure que l’heure avance, retourne à son état initial.
Ainsi, il apparait clairement que le photo-réacteur est très sensible aux fluctuations des
conditions d’irradiation en répondant rapidement et relativement aux modifications de densité
de flux incidentes appliquées. Les réponses observées sont donc très caractéristiques des
conditions d’ensoleillement, de la durée des journées et des niveaux d’irradiations appliquées.
Sur la Figure 3-54, sont reportés les résultats obtenus pour le média supporté. Les
quatre conditions d’ensoleillement ont également été appliquées. Les réponses du réacteur du
média supporté aux sollicitations dynamiques sont très similaires avec les mêmes tendances
observées.
Afin de cerner plus clairement la différence de réponse des deux réacteurs selon les
quantités d’énergie reçue au cours des différentes journées, les capacités de traitement
journalières et les efficacités de traitement ont été calculées pour chaque consigne
d’irradiation. La capacité de traitement est définie en Équation 3-40. Elle représente la
quantité de caféine dégradée à l’issu de la journée.
Ë = ;¡ B Ì
f − A DA Équation 3-40
(
150
(a) Journée moyenne d’hiver (b) Journée moyenne d’été
10 40 10 40
30 30
7 7
6 25 6 25
5 20 5 20
4 15 4 15
3 3
10 10
2 2
1 5 1 5
0 0 0 0
5:00 8:00 11:00 14:00 17:00 20:00 5:00 8:00 11:00 14:00 17:00 20:00
Heures solaires Heures solaires
7 7,00 35
30
6 6,00 30
25
5 5,00 25
20
4 4,00 20
15
3 3,00 15
2 10 2,00 10
1 5 1,00 5
0 0 0,00 0
5:00 8:00 11:00 14:00 17:00 20:00 5:00 8:00 11:00 14:00 17:00
Heures solaires Heures solaires
Figure 3-54 Évolution de la concentration en caféine au cours du temps en réacteur ouvert pour des
densités de flux incidentes variables avec ;¡ ≈ 5,5 [Link]-1 et f ≈ 10 mg.L-1. (a) Journée type de décembre
(b) Journée type de juillet (c) Journée nuageuse de décembre (d) Journée ensoleillée de décembre.
Catalyseur : mousse 16 mm - 20 PPI.
151
L’efficacité de traitement peut être définie comme la quantité de caféine dégradée par
rapport à la quantité totale d’énergie incidente sur la surface du réacteur au cours de la
journée (Parmon et al., 2002) :
Ó
R = Équation 3-41
•£
Où s’exprime en J et &- est la surface incidente en m². ; est pour rappel, la densité
de flux incidente au centre du photo-réacteur en W.m-2.
Les capacités et efficacités de traitement des deux réacteurs sont fournies dans les
Tableau 3-12 et 3-13.
Il est à noter que la quantité totale d’énergie reçue diffère d’un rapport trois selon les
réacteurs en raison d’une surface incidente différente (de 150 cm² pour le photo-réacteur de
la suspension contre 50 cm² pour le phot-réacteur de la mousse). On observe que les capacités
de traitement du procédé sont directement dépendantes de la quantité d’énergie accumulée
(elle-même fonction du couple densité de flux/durée de la journée). Par exemple, à l’issu de
la journée moyenne de décembre, la capacité de traitement du réacteur utilisant le média
mousse est de 7,24×10-6 kg, contre 11,04×10-6 kg à l’issu de la journée moyenne de Juillet pour
une énergie accumulée reçue qui a quasiment doublée. Ce résultat exprime une dépendance
qui s’avère être linéaire. La capacité de traitement du photo-réacteur varie donc
proportionnellement à la quantité d’énergie reçue. L’efficacité est quant à elle,
significativement plus élevée pour la journée moyenne de décembre (2,64×10-9 kg.J-1) par
rapport à celle de juillet (2,14×10-9). Avec le média supporté, le photo-réacteur est donc plus
performant aux faibles densités de flux caractéristiques des journées d’hiver.
152
traitement du réacteur contenant la suspension, est inférieure à celle du réacteur contenant
la mousse.
Capacité de traitement
11,04×10-6 7,54×10-6 7,24×10-6 3,76×10-6
journalière (kg)
Efficacité de traitement
2,14×10-9 2,16×10-9 2,64×10-9 2,81×10-9
journalière (kg.J-1)
Tableau 3-12 Récapitulatif des capacités et efficacité du réacteur avec la mousse de 16mm_20
PPI. ;¡ ≈ 5 [Link]-1 et f ≈ 10 mg.L-1.
Capacité de traitement
12,01×10-6 8,11 ×10-6 6,93×10-6 3,66×10-6
journalière (kg)
Efficacité de traitement
7,75×10-10 7,73×10-10 8,43×10-10 9,13 ×10-10
journalière (kg.J-1)
Tableau 3-13 Récapitulatif des capacités et efficacité du réacteur avec la suspension à 2 kg.m-3.
;¡ ≈ 5 [Link]-1 et f ≈ 10 mg.L-1.
153
III Modélisation et validation du modèle
Cette partie est consacrée à la mise au point du modèle dans le cas où la suspension
est employée. La détermination du modèle cinétique à partir d’expériences en réacteur fermé
parfaitement agité est préalablement présentée. Ensuite, le modèle du réacteur ouvert est
154
validé à partir des expériences de photo-dégradation réalisées en conditions constantes
d’irradiation. En dernier lieu, il est appliqué aux conditions dynamiques d’irradiation.
III.1.1.1 Modèle
Afin d’obtenir une loi cinétique indépendante de la distribution des temps de séjour,
celle-ci se détermine par des expériences en réacteur fermé en faisant varier la grandeur
énergétique qui gouverne la réaction chimique, à savoir la densité de flux de photons incidente
(Brandi et al., 2003; Levenspiel, 1999). Dans un réacteur parfaitement agité fermé, le taux de
conversion d’une espèce pour une réaction homogène est le même quel que soit l’état de
ségrégation, le bilan matière est alors suffisant pour prédire les performances du réacteur
(Levenspiel, 1999). Il s’écrit comme suit pour une cuve fermée parfaitement agitée :
*
=ba† = − =- < A > Équation 3-43
*
Dans le cas de la suspension, le bilan matière est appliqué au photo-réacteur qui est la
zone parfaitement agitée comme montré en partie I.4.2. Dans ce cas, le volume réactionnel
correspond à la totalité du volume du photo-réacteur soit =- = =ba† = 300 mL.
# f
< >=< A >¼ = f B F, A DF Équation 3-44
Une loi empirique en puissance a été retenue comme loi cinétique de dégradation par
photocatalyse de la caféine (Équation 3-45). Comme montré dans le chapitre 1 en section
155
II.4, cette forme initialement introduite par les auteurs Emeline et al. (Emeline et al., 2000)
n’a à notre connaissance jamais été employée en prenant en compte la VVLAER. Dans
l’expression de la loi cinétique ci-dessous, la concentration est homogène dans le réacteur selon
l’hypothèse du modèle du RPA.
Õ Ö
F, A = Ô A \ F, A Équation 3-45
156
arrivant en fond de réacteur vers le milieu ce qui provoque une augmentation de l’irradiance
à proximité du fond du réacteur par rapport au cas de la cuve qui ne développe pas de
propriétés spécifiques de réflexion. Ainsi l’irradiance est légèrement plus élevée dans le photo-
réacteur que dans la cuve. De l’irradiance, le profil de la VVLAER se déduit par multiplication
par le coefficient d’absorption à 375 nm de la suspension, valant 65,8 m-1 (Équation 2-8).
70
1 photo-réacteur
cuve 60
0,8
50
VVLAER (W.m-3)
G (W.m-2)
0,6 40
30
0,4
20
0,2
10
0 0
0 0,005 0,01 0,015 0,02 0 0,005 0,01 0,015 0,02
Profondeur de la suspension (m) Profondeur de la suspension (m)
Figure 3-55 Profils calculées par l’algorithme « backward » dans la profondeur du photo-réacteur de
l’irradiance et de la VVLAER à 375 nm et 2 kg.m-3. (a) Comparaison entre les irradiances dans la cuve et
dans le photo-réacteur pour 1 W.m-2 incident (b) VVLAER dans le photo-réacteur, = 65,8 m-1. Traits
continus : interpolation y = 4 628 005,836x3 - 71 776,600x2 - 2 418,439x + 67,155 ; R² = 0,998. Erreurs de
calcul < 0,1%.
Afin de déterminer les constantes cinétiques (α,β,γ), des expériences ont été effectuées
en réacteur fermé en faisant varier la densité de flux incidente (Figure 3-56). On observe
que la vitesse de photo-dégradation est d’autant plus élevée que la densité de flux incidente
appliquée l’est, et également que les cinétiques ralentissent aux faibles concentrations en
157
caféine. On observe que la caféine se photo-dégrade totalement et sur des temps variables
selon le niveau d’irradiation appliqué (de 3h par exemple pour une irradiation de 40 W.m-2
contre 5h pour un niveau d’irradiation deux fois plus faible), ce qui est caractéristique d’un
réacteur fermé.
paramétrique est conduite pour déterminer le jeu de paramètres (α, β, γ) qui représente le
mieux ces données expérimentales.
10
Concentration (mg.L-1)
6
α (SI) β (-) γ (-)
4
1,05.10-7 0,49 0,69
2
0
0 100 200 300 400 500
Temps d'irradiation (min)
Figure 3-56 Évolution de la concentration en caféine au cours du temps en réacteur fermé selon la
densité de flux incidente appliquée ; = 5 W.m-2 (♦), 10 W.m-2 (□), 20 W.m-2 (●), 40 W.m-2 (○) et 87 W.m-2
(▲) pour une concentration initiale en caféine = 10 mg.L-1. Catalyseur : suspension à 2 kg.m-3. Traits
pleins : concentrations calculées.
Un critère de convergence est utilisé, défini en Équation 3-47. Il exprime les écarts
relatifs entre les données calculées par le modèle et les données expérimentales et ce pour
chaque expérience. La fonction fminsearch de Matlab est employée, reposant sur l’algorithme
Nelder-Mead simplex (Lagarias et al., 1998), et permet de trouver (α, β, γ) qui minimise Ãt×.
158
7_ØŸ 7 Ù ¢?Ç Ú " Ä _ØŸ Ú " ÄÙ
Ãt× = ∑ Ãt× et Ãt× = ∑/ Å?¹ŸÇ_Å Équation 3-47
_ØŸ Ú " Ä
Où Wf¼3 est le nombre d’expériences réalisées en réacteur fermé, Wb 83†fb est le nombre
de mesures pour une expérience ; † est la concentration calculée et f¼3 est la concentration
expérimentale.
Le jeu de paramètres obtenu est regroupé dans le tableau en Figure 3-56. Déterminées
à partir du profil de la VVLAER, ces constantes cinétiques sont a priori indépendantes de
l’épaisseur optique (donc de l’épaisseur du volume réactionnel et de la concentration en photo-
catalyseur). Elles présentent donc un caractère suffisamment général pour permettre une
extrapolation des performances obtenues par simulation au cas de réacteurs plans de
dimensions différentes qui travailleraient nécessairement avec des concentrations en catalyseur
également différentes (Li Puma et al., 2007). Concernant l’indépendance des constantes de la
concentration de la suspension, des expériences additionnelles auraient été souhaitables. Elles
n’ont dans les faits, pas été exploitées.
modèle
* ÅÆÇ
= ;¡ f − ;¡ A − =- < A > Équation 3-48
*
159
Où < > est la vitesse moyenne de réaction en kg.m-3.s-1 précédemment déterminée
(Équation 3-44 et 3-45).
Dans le cas du macro-fluide, quel que soit la précocité du mélange, le taux de conversion
peut être prédit par la relation suivante (Levenspiel, 1999) appelée modèle des filets en
parallèle (Villermaux, 1994) :
Û
´ =B I A A DA Équation 3-49
Les concentrations en caféine en sortie de réacteur ont été calculées une fois le régime
permanent atteint selon le modèle micro ou macro-fluide pour les mêmes conditions
opératoires qu’en partie expérimentale lors de l’application de consignes constantes de densité
de flux. Pour le modèle macro-fluide, l’intégration numérique a eu lieu jusqu’à 5τ. Les résultats
obtenus (Tableau 3-14) montrent un écart relatif entre les deux modèles inférieurs à 5%
pour chaque condition opératoire et des résultats par ailleurs représentatifs des données
expérimentales. Ces résultats montrent que les deux modèles sont, dans les conditions
opératoires retenues, équivalents ce qui est la règle en cinétique homogène lorsque l’ordre
partiel lié à la concentration est de un (Levenspiel, 1999). Dans le cas d’une réaction
hétérogène comme c’est le cas ici, de plus piloté par un mécanisme photo-induit, l’influence
de l’état de ségrégation sur la réponse du procédé n’est pas mentionnée dans la littérature.
ÜÞ (W.m-2) 8 20 20
160
Au vu des résultats de simulation, le fonctionnement du réacteur peut être décrit à
partir du bilan matière tel que représenté par l’Équation 3-48. Les évolutions temporelles
des concentrations simulées pour des consignes d’irradiation constante sont représentées ci-
dessous (Figure 3-57). Dans les trois cas, une représentation satisfaisante de la concentration
atteinte en régime permanent est obtenue comme mentionné précédemment. C’est également
le cas des profils de concentration en fonction du temps au cours du régime transitoire. Cette
adéquation est obtenue pour des conditions de flux mais aussi des débits d’entrée différents.
1,0
0,8
Concentration (mg.L-1)
0,6
0,4
0,2
0,0
0 100 200 300 400
Temps d'irradiation (min)
Figure 3-57 Évolution de la concentration en caféine au cours du temps en réacteur ouvert en faisant
varier la densité de flux incidente, ; = 8 W.m-2 (♦) et 20 W.m-2 (●) pour ;¡ = 5,5 [Link]-1 ; ou le débit
volumique ;¡ = 2,9 [Link]-1 (□) pour ; = 20 W.m-2. f ≈ 10 mg.L-1. Traits continus : concentrations
calculées par le modèle micro-fluide. Catalyseur : suspension à 2 kg.m-3.
10 40 10 40
30 30
7 7
25 6 25
6
5 20 5 20
4 4 15
15
3 3
10
10 2
2
1 5
1 5
0 0
0 0
4:00 7:00 10:00 13:00 16:00 19:00
4:00 7:00 10:00 13:00 16:00 19:00
Heures solaires heures solaires
30 35
7 8
30
25 7
6
6 25
5 20
5 20
4 15 4 15
3 3
10 10
2 2
5 1 5
1
0 0 0 0
4:00 7:00 10:00 13:00 16:00 19:00 4:00 7:00 10:00 13:00 16:00 19:00
Heures solaires
heures solaires
Figure 3-58 Évolution de la concentration en caféine au cours du temps en réacteur ouvert pour des
densités de flux incidentes variables avec ;¡ ≈ 5,5 [Link]-1 et f ≈ 10 mg.L-1. Concentrations expérimentales
(●) et calculées (-). (a) Journée type de décembre (b) Journée type de juillet (c) Journée nuageuse de décembre
(d) Journée ensoleillée de décembre. Catalyseur : suspension à 2 kg.m-3.
162
III.2 Cas du matériau supporté
La même démarche de mise au point du modèle que pour la suspension a été appliqué
au cas du matériau supporté.
De la même façon que pour la suspension, des expériences ont été réalisées en réacteur
fermé afin de déterminer la cinétique de photo-dégradation du couple caféine-mousse. Tout
en conservant le même formalisme, les paramètres de la loi cinétique ont été identifiés pour
le média mousse intégré dans le photo-réacteur. La cinétique déterminée pour la suspension
ne peut en effet pas être utilisée en raison de différences trop importantes entre les deux
médias telles que des conditions de dépôt du TiO2 sur la mousse d’alumine qui ont imposé
l’utilisation d’un liant mécanique.
Pour le matériau supporté, le volume total de solution vaut pour rappel, 270 ml et le
volume réactionnel qui est défini comme le volume de solution circulant dans les pores, vaut
70 mL (Équation 3-50).
=- = · = 33 Équation 3-50
Dans le cas du matériau supporté, un support a été ajouté pour ajuster les dimensions
du photo-réacteur d’origine à la mousse. Le fond du support est opaque ce qui a été traduit
par une réflectivité spéculaire nulle et une réflectivité diffuse égale à 1. La VVLAER est
calculée dans le photo-réacteur à 375 nm en tenant compte de cette condition aux limites
dans l’algorithme de calcul de l’irradiance. La VVLAER est tracée en Figure 3-59. Notons
que comme cela a été indiqué précédemment (section V.3 chapitre 2), la configuration de la
mousse étant optimale en termes d’exploitation de la lumière, l’absorption des photons par le
milieu poreux est quasi totale.
163
250
200
VVLAER (W.m-3)
150
100
50
0
0,000 0,005 0,010 0,015
Profondeur de la mousse (m)
Figure 3-59 Profil de la VVLAER à 375 nm et 1 W.m-2 incident dans la mousse de 20 PPI et de
profondeur 16 mm. =237,8 m-1. Données calculées par l’algorithme « backward » et interpolées, y = 5 578
726 490,161x - 318 493 231,782x3 + 6 893 976,751x2 - 68 231,012x + 266,480, R² = 0,999.
4
Le même formalisme que pour la suspension a été appliqué pour la loi cinétique, en
utilisant une loi empirique en puissance. Les résultats expérimentaux calculés et les constantes
cinétiques identifiées associées sont reportés sur la Figure 3-60.
10
9
Concentration (mg.L-1)
8
7 α (SI) β (-) γ (-)
6
5 4,69.10-7 0,74 0,83
4
3
2
1
0
0 200 400
Temps d'irradiation (min)
Figure 3-60 Évolution de la concentration en caféine au cours du temps en réacteur fermé selon la
densité de flux incidente appliquée ; = 8 W.m-2 (♦), 20 W.m-2 (□), 40 W.m-2 (○), 60 W.m-2 (●) pour une
concentration initiale en caféine = 10 mg.L-1. Traits pleins : concentrations calculées. Tableau des constantes
cinétiques identifiées. Catalyseur : mousse 16mm - 20 PPI.
164
III.2.2 Cas du matériau supporté en réacteur ouvert
Différentes consignes en densité de flux et en débit ont été appliquées et présentées lors
de la partie expérimentale tout comme pour la suspension. Les simulations du profil de
concentration en sortie de réacteur pour ces différentes conditions opératoires sont
représentées sur la Figure 3-61. À débit constant et pour différents niveaux d’irradiation
(cas (a)) le modèle représente de façon satisfaisante les régimes transitoires et permanents
expérimentaux pour 20 et 60 W.m-2 et avec une légère surestimation pour la consigne de 40
W.m-2. Lorsque le débit volumique augmente pour cette dernière consigne d’irradiation, le
modèle représente néanmoins correctement les résultats expérimentaux (cas (b)).
9 9
8 8
7 7
Concentration (mg.L-1)
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1
0 0
0 100 200 300 400 0 100 200 300 400
Temps d'irradiation (min) Temps d'irradiation (min)
Figure 3-61 Évolution de la concentration en caféine au cours du temps en réacteur ouvert en faisant
varier la densité de flux incidente : (a) ; = 20 W.m-2 (□) 40 W.m-2 (◊) et 60 W.m-2 (●) pour ;¡ = 2 [Link]-
1 ou le débit volumique : (b) ; = 6 [Link]-1 (●) ; ; = 4 [Link]-1 (□) et ; = 2 [Link]-1 (◊) pour ; =
¡ ¡ ¡
40 W.m-2 . f ≈ 10 mg.L-1. Catalyseur : mousse 16 mm - 20 PPI.
165
fluctuations de l’irradiation et peut s’appliquer pour une gamme de densité de flux solaire (0
à 50 W.m-2) et pour des conditions dynamiques de traitement.
10 40 10 40
30 30
7 7
6 25 6 25
5 20 5 20
4 15 4 15
3 3
10 10
2 2
1 5 1 5
0 0 0 0
5:00 8:00 11:00 14:00 17:00 20:00 5:00 8:00 11:00 14:00 17:00 20:00
Heures solaires Heures solaires
10 40 10 45
30 35
7 7
30
6 25 6
25
5 20 5
20
4 15 4
15
3 3
10 10
2 2
1 5 1 5
0 0 0 0
5:00 8:00 11:00 14:00 17:00 20:00 5:00 8:00 11:00 14:00 17:00
Heures solaires Heures solaires
Figure 3-62 Évolution de la concentration en caféine au cours du temps en réacteur ouvert pour des
densités de flux incidentes variables avec ;¡ ≈ 5,5 [Link]-1 et f ≈ 10 mg.L-1. Concentrations expérimentales
(●) et calculées (-). (a) Journée type de décembre (b) Journée type de juillet (c) Journée nuageuse de décembre
(d) Journée ensoleillée de décembre. Catalyseur : mousse 16 mm - 20 PPI.
166
III.3 Comparaison des performances photo-catalytiques
Deux médias photo-catalytiques ont été utilisés, chacun apportant leurs contraintes
techniques et scientifiques. Dans un objectif général de maîtrise des réacteurs photo-
catalytiques, et plus particulièrement dans un objectif d’optimisation de l’exploitation de la
lumière, il est naturel de vouloir comparer ces deux médias en termes de performances photo-
catalytiques.
# f
8 = B F DF Équation 3-51
f
167
En partie expérimentale, l’efficacité photo-catalytique a été calculée à l’échelle du
réacteur pour comparer les performances photo-catalytiques des réacteurs selon les conditions
opératoires employées. Dans cette partie, c’est l’efficacité photo-catalytique à l’échelle des
médias qui nous intéresse pour pouvoir les comparer entre eux. Elle ne peut se déterminer
expérimentalement pour des mêmes conditions opératoires car les réacteurs des deux médias
ont des volumes différents, donc des temps de passage différents. Le Tableau 3-15 renvoie
ces différences.
Mousse Suspension
Tableau 3-15 Récapitulatif des caractéristiques des médias et des caractéristiques des réacteurs.
Afin de pouvoir comparer les deux types de mise en forme, l’option retenue a consisté
à simuler les performances des deux médias dans un réacteur identique : les temps de passage
sont identiques, les surfaces de captation et les volumes réactionnels et notamment l’épaisseur
sont identiques. Le fond du réacteur est pris en inox par défaut. De plus, la comparaison est
réalisée pour des conditions a priori proches des conditions optimales en termes d’utilisation
du rayonnement incident. Pour se faire il s’agit de rechercher le PPI pour la mousse, ou la
concentration pour la suspension qui maximise la VVMAER pour une épaisseur de réacteur
fixée.
Comme à 16 mm, le PPI de la mousse était déjà optimal, cette épaisseur de réacteur a
été retenue et c’est la concentration en photo-catalyseur qui est ajustée pour conduire à
l’absorption totale du rayonnement, ceci grâce au modèle radiatif mis au point.
On observe (Figure 3-64) que l’irradiance est plus élevée proche de la paroi soumis
au flux incident de photons (x = 0 m) pour la mousse ce qui s’explique par le fait que celle-
168
ci rétrodiffuse dans l’UV comme expliqué dans le chapitre 2 section V. De plus, la mousse
atténue plus rapidement la lumière.
0,8 200
VVLAER (W.m-3)
0,6 150
0,4 100
0,2 50
0,0 0
0,000 0,005 0,010 0,015 0,000 0,005 0,010 0,015
Profondeur (m) Profondeur (m)
Les caractéristiques du réacteur retenu pour permettre le calcul des efficacités photo-
catalytiques à l’échelle des médias sont fournies dans le Tableau 3-16. Ce réacteur simulé a
un volume de solution fixée à 300 mL et un volume réactionnel fixé à 70 mL.
Mousse Suspension
169
Les modèles des réacteurs ouverts sont exploités pour les deux mises en forme avec
pour conditions opératoires une concentration d’entrée en caféine de 10 mg.L-1, un débit
volumique de 5 [Link]-1 et différentes densités de flux. Concernant la suspension, le profil de
la VVLAER qui intervient dans la loi cinétique (Équation 3-45) a simplement été ajusté
pour correspondre aux nouvelles conditions opératoires. Les résultats sont fournis dans le
Tableau 3-17.
Mousse Suspension
Efficacité photo-catalytique
20,04 8,09 3,01 6,22 2,46 0,96
(×10-13 kg.J-1)
Tableau 3-17 Comparaison des efficacités photo-catalytiques des deux médias pour différentes densités
de flux incidentes une fois le régime permanent de dégradation établi.
On constate que pour une même consigne d’irradiation, quelle que soit celle-ci, la
mousse a une efficacité photo-catalytique plus élevée que la suspension. Elle est près de trois
fois plus élevée que celle de la suspension. Par exemple, pour une densité de flux élevée de 40
W.m-2, l’efficacité photo-catalytique de la mousse est de 3,01×10-13 kg.J-1 contre 0,96×10-13
kg.J-1 pour la suspension.
Les suspensions développent plus de surface que les matériaux supportés car en
supportant le catalyseur, une partie des sites photo-catalytiques devient inaccessible (Chong
et al., 2010). En revanche, dans notre cas, la suspension utilisée est de l’aeroperl filtré. La
majorité des particules fines ont été retirées or ce sont celles qui assurent une surface
développée élevée, ce qui peut en partie expliquer ce résultat.
170
IV Étude du fonctionnement en réacteur piston avec
Dans cette partie, un réacteur de type piston est mis en œuvre en utilisant le media
supporté. Cette configuration se retrouve en génie chimique pour des réacteurs qui contiennent
un garnissage ou un lit de catalyseur (Villermaux, 1994) et se prête donc au cas d’un matériau
supporté poreux. De plus, en cinétique homogène, le réacteur piston est plus performant que
son équivalent en réacteur parfaitement agité (même volume) ce quel que soit l’ordre de la
réaction (Villermaux, 1994). La configuration piston est également plutôt étudiée pour des
effluents gazeux (Boulinguiez et al., 2008; Nicolella and Rovatti, 1998) et rarement dans le
cas de traitement d’effluents liquides (Martín-Sómer et al., 2019). Explorer la réponse d’un
photo-réacteur piston destiné à opérer un traitement photo-catalytique d’effluent liquide est
ainsi un sujet d’intérêt.
171
par la pompe péristaltique de faible débit (Figure 3-65). L’entrée se fait via une connexion
en bas du photo-réacteur en face arrière et la solution de caféine quitte naturellement le piston
via la connexion de sortie en haut du photo-réacteur face arrière.
Des expériences de charge du réacteur contenant la mousse ont été effectuées afin de
caractériser l’écoulement. Le réacteur contenant initialement de l’eau, est alimenté à t = 0
min par une solution de caféine à 10 mg.L-1. Les courbes de percée en sortie de réacteur
obtenues à plusieurs débits sont reportées sur la Figure 3-67. Les allures sont
caractéristiques d’un écoulement de type piston avec dispersion axiale (Levenspiel, 1999) se
traduisant par une « courbe en S » dont le front de percée est d’autant plus retardé que le
débit est faible. Par exemple à 1,95 [Link]-1, le temps de passage vaut environ cinquante
minutes contre vingt minutes à 4 [Link]-1.
1,0
Concentration normailsée (-)
0,8
0,6
Figure 3-67 Charge du réacteur piston pour différents débits volumiques d’entrée : évolution de la
concentration en sortie du piston en fonction du temps. Traits pointillés : données expérimentales. Traits
continus : données modélisées. f ≅ 9 mg.L-1. Catalyseur : mousse de 16 mm - 20 PPI.
Dans cette partie, les modèles de représentation du réacteur piston sont établis et
validés à partir de résultats expérimentaux de dégradation de la caféine. Dans un premier
temps, le modèle d’écoulement qui est celui de l’équation de la convection-dispersion, est
présenté. Lorsqu’il y a réaction chimique, le modèle est celui de la convection convection-
dispersion-réaction dont les particularités liées à la source énergétique sont exposées.
173
V.2.1 Modèle de convection-dispersion
á
= â. º â − â. Ã Équation 3-52
á
* 8
º=º +º Équation 3-53
L’Équation 3-52 décrit le transport de matière dans le temps et l’espace, dans notre
cas un fluide chargé en polluant de concentration , par les phénomènes physiques de
convection ou de dispersion. Le terme de gauche représente le terme d’accumulation de la
grandeur mesurée (la concentration). Le premier terme de droite représente le terme de
transport par dispersion quantifié par le coefficient hydrodynamique de dispersion º. Le
second terme représente le transport par convection du fluide à sa vitesse locale Ã.
Dans le cas où le milieu contient un média poreux, considéré saturé en fluide, l’équation
généralisée de convection-dispersion peut s’écrire en faisant intervenir la porosité du media
comme suit (Yang, 1987) :
á
· = â. · º â − â. Ã Équation 3-54
á
Où · est la porosité homogène du milieu, dans notre cas de 88% et à est cette fois la
vitesse en fût vide en m.s-1.
174
pores est longitudinale par conséquent ses composantes selon F ou å sont nulles, Ã⃗ =
Ãä F, å, æ jjj⃗.
ä Sous l’hypothèse que le milieu est homogène selon z, la composante longitudinale
s’écrit Ãä F, å . L’hypothèse supplémentaire effectuée est que la vitesse est invariante selon x
et y (elle n’a pas un profil parabolique) ce qui revient à dire qu’il n’y a pas de frottements au
niveau des parois du piston ou que l’observation se fait loin des parois du piston ; la vitesse
est alors une constante : Ã⃗ = Ãä jjj⃗.
ä
á ä, á² ä, ¡ á ä,
= ºä − èç Équation 3-55
á áä² ç áä
pœ
Ãä = Équation 3-56
En pratique, le réacteur comprend trois zones dont il faut tenir compte pour résoudre
cette équation. Dans les zones 1 et 3, où la mousse n’est pas présente, le coefficient de
dispersion longitudinal est égal au coefficient de diffusion moléculaire de la caféine dans l’eau.
Ce dernier est calculé par la loi de Fick.
+é €
º ›,f … = Équation 3-57
® h -¢?Ì ê_?ë
Dans la zone 2, le média poreux est présent. Le coefficient de dispersion est la somme
du coefficient de diffusion moléculaire et d’un coefficient de dispersion longitudinale. En
175
pratique, ce coefficient global a été identifié par comparaison entre les courbes de percées
expérimentales et simulées (Figure 3-67). Il rend compte de manière relativement
satisfaisante de la « forme en S » du front de caféine observé expérimentalement qui est
caractéristique d’un piston avec dispersion axiale.
íî (m2.s-1) ïî (-)
Tableau 3-18 Valeurs des paramètres de l’équation 3-55 selon la zone du réacteur. º est le coefficient
global de dispersion identifié.
Dans les zones 1 et 3, la valeur du coefficient de diffusion moléculaire est très faible et
le transport par diffusion est totalement négligeable devant le terme convectif. Dans la zone
2, le coefficient de dispersion identifié est nettement plus élevé. Il doit essentiellement être
considéré comme une grandeur équivalente qui, de manière très simplifiée, permet de rendre
compte d’un écoulement par nature très complexe à l’intérieur du milieu poreux. Néanmoins,
même si les temps de passage sont bien représentés par le modèle d’écoulement, les écarts
entre le modèle d’écoulement et les données expérimentales se creusent en fin de chargement,
lorsque la concentration en sortie tend vers la valeur de la concentration de l’alimentation
(Figure 3-67). Le modèle d’écoulement permet néanmoins dans une juste mesure de rendre
compte de l’écart à l’idéalité par rapport à un réacteur piston idéal (pour lequel le profil de
charge aurait été en créneaux).
La Figure 3-68 est une autre façon de représenter la charge d’un réacteur piston. Les
profils correspondent à des concentrations à l’intérieur du réacteur (selon l’axe z) à différents
temps. Au temps 0, la concentration est nulle en tout point du réacteur excepté au niveau de
l’entrée (z = 0) qui correspond à la concentration d’alimentation. Lorsque le temps croit, les
courbes de concentration se comportent comme des courbes de percée : le front se propage
longitudinalement et la concentration augmente au sein du réacteur.
176
Figure 3-68 Évolution de la concentration selon z pour différents temps lors de la charge du réacteur piston.
;¡ = 8,3 [Link]-1 ; f = 9 mg.L-1. Catalyseur : mousse de 16 mm - 20 PPI.
Õ Ö
F, æ, A = − Ô F, æ, A \ F, A Équation 3-58
177
La différence de concentration dans la profondeur induite par l’hétérogénéité de la
VVLAER peut être à l’origine de diffusion dans la profondeur ce dont l’écriture du modèle
doit rendre compte. Un modèle 2D s’avère alors a priori nécessaire pour décrire le
fonctionnement du réacteur piston :
178
Figure 3-69 Schéma des réacteurs élémentaires formant le réacteur piston. Chaque réacteur, selon sa
position dans le sens de la profondeur (x) reçoit un flux de photons moyen fixe donné par le profil de la
VVLAER.
Chaque réacteur élémentaire reçoit un flux de photons différent selon son emplacement
dans la profondeur : le réacteur le plus éloigné de la face incidente ne reçoit que très peu de
photons. C’est le profil de la VVLAER qui renseigne sur le flux de photons que reçoit chaque
réacteur élémentaire. Le profil de concentration en fonction du temps et de la position
longitudinale pour un réacteur i à l’emplacement F est ainsi obtenu par la résolution de
l’Équation 3-61 :
á ( ä, á 2 ( ä, ¡ á ( ä,
= ºä − èç + æ, A Équation 3-61
á áä 2 ç áä
Õ Ö
æ, A = Ô \ F ,A æ, A Équation 3-62
Chaque réacteur élémentaire est ainsi modélisé par une équation 1D de convection-
dispersion avec un terme source non linéaire (Équation 3-61). La méthode de résolution de
cette équation est présentée en annexe B. Un schéma implicite a été employé car celui-ci est
inconditionnellement stable. Une méthode itérative de résolution de l’équation a également
été employée en raison de la présence du terme source non-linéaire. La concentration de sortie
du réacteur est donnée par la moyenne arithmétique des concentrations de sortie des réacteurs
élémentaires. Physiquement, cela se traduit par un rétrécissement de la section de passage du
fluide ce qui est le cas en pratique car la sortie se fait par un tuyau de diamètre 1,6 mm
(Figure 3-65). À la suite d’essais numérique successifs, le nombre de 20 réacteurs
179
élémentaires permet d’obtenir un résultat stabilisé c’est-à-dire non modifié par une
augmentation du nombre de réacteurs élémentaires.
8
7
6
5
4
3
2
1
0
0 50 100 150 200 250 300
Temps d'éclairement (min)
Figure 3-70 Évolution temporelle de la concentration en caféine en sortie du réacteur piston pour
différentes consignes d’irradiation : 20 W.m-2 (♦) ; 45 W.m-2 (□) et 60 W.m-2 (●). Traits discrets = données
expérimentales, traits continus = traits modélisés. ;¡ = 2 [Link]-1 et 8 < f < 9 mg.L-1. Catalyseur : mousse
de 16 mm - 20 PPI.
180
10
9
Concentration (mg.L-1)
8
7
6
5
4
3
2
1
0
0 50 100 150 200 250 300
Temps d'éclairement (min)
Figure 3-71 Évolution de la concentration en caféine en sortie du réacteur piston pour différents débits
volumiques : 2 [Link]-1 (●) ; 4 [Link]-1 (□) et 6,4 [Link]-1 (□). Traits discrets = données expérimentales,
traits continus = traits modélisés. ; = 60 W/m² et f ≅ 8 mg.L-1. Catalyseur : mousse de 16 mm - 20
PPI.
Compte tenu des résultats obtenus, le choix a été fait de poursuivre le travail
numérique sur le réacteur piston en conservant les hypothèses simplificatrices adoptées.
181
V.3.2.3 Exploitation du modèle
Dans cette sous-partie, le modèle est exploité dans la gamme opératoire valable, pour
visualiser l’évolution spatio-temporelle de la concentration dans le réacteur piston notamment
dans le sens de la profondeur. Celle-ci est représentée sur la Figure 3-72 à différents temps
pour une concentration d’alimentation de 9 mg.L-1 et un débit volumique d’entrée de 2
[Link]-1. Ces temps sont l’instant initial, deux temps en régime transitoire et un temps lors
du régime permanent. À l’instant initial (t = 0 min), la concentration en tout point du
réacteur est égale à la concentration d’alimentation. Aux instants de 6 et 12 min, le régime
est transitoire et la concentration entre ces deux instants varie spatialement dans le photo-
réacteur. Le régime permanent de la photo-dégradation est représenté à t = 180 min.
Quel que soit l’instant, on observe qu’entre 0 et 1,75 cm (selon l’axe z quel que soit x)
la concentration est égale à la concentration d’alimentation. Cet emplacement est celui de la
zone 1 (Figure 3-66) dans laquelle le média poreux n’est pas présent, la concentration reste
donc égale à la concentration d’alimentation. Lors du régime transitoire de photo-dégradation
(t = 6 et 12 min), une chute de la concentration se produit à la fois selon l’axe longitudinal z
et selon la profondeur x. Ces gradients de plus en plus importants au cours du temps, sont
liés à la dégradation de la caféine qui se produit selon ces deux axes. D’une part, la solution
d’entrée se déplace en continu dans le piston dans le sens longitudinal en même temps qu’elle
se photo-dégrade (dans la zone 2, comprise entre z = 1,75 cm et z = 11,75 cm). D’autre part,
la caféine se photo-dégrade dans le sens de la profondeur et ce de façon non uniforme en raison
de la VVLAER qui varie dans la profondeur du réacteur comme illustré sur la Figure 3-69.
La VVLAER a en effet des valeurs élevées proches de la paroi incidente et de plus en plus
faibles en s’éloignant de la paroi incidente selon x. Ainsi, plus la solution de caféine est proche
de la paroi incidente, plus son taux d’abattement est élevé. D’ailleurs, quel que soit l’instant,
la concentration au niveau de la face arrière du photo-réacteur (en x = 13,5 cm et selon z)
reste proche de la concentration d’entrée. En effet, la VVLAER est quasi nulle à ce niveau
du réacteur. On note également que lors du régime transitoire, la concentration est plus élevée
en sortie du piston qu’au centre (quel que soit x), ce qui est dû au fait que ce n’est pas une
zone réactionnelle (c’est la zone 3). La concentration dans cette zone va donc diminuer plus
lentement que dans la zone réactionnelle, le temps que le front de solution de caféine dégradée
l’atteigne. Une fois le régime permanent atteint (présenté à t = 180 min), la répartition de la
concentration dans le piston n’évolue plus dans le temps. Elle est caractérisée par une forte
182
inhomogénéité selon x et z pour les raisons évoquées pour le régime transitoire à savoir : profil
de la VVLAER hétérogène selon x et déplacement continu du front de caféine photo-dégradée
selon z.
À l’instant initial À t = 6 min
Figure 3-72 Variation dans l’espace des concentrations pour différents temps, à l’instant initial (0
min), en régime transitoire (6 min et 12 min) et en régime permanent (180 min). ; = 40 W.m-2 ;
;¡ = 2 [Link]-1 et f = 9 mg.L-1.
183
À titre illustratif, les différences de variation spatiale en régime permanent entre deux
consignes en densité de flux sont représentées sur la Figure 3-73. La nappe de concentration
chute de façon plus importante (en x comme en z) lorsque la densité de flux augmente ce qui
est cohérent.
Figure 3-73 Variation dans l’espace des concentrations en régime permanent (t = 180 min) pour
différentes densités de flux : (a) 20 W.m-2 et (b) 60 W.m-2. ;¡ = 2 [Link]-1 et f ≅ 9 mg.L-1. Catalyseur :
mousse de 16 mm - 20 PPI.
184
(a) Journée moyenne d’hiver (b) Journée moyenne de juillet
10 40 12 40
8
30 30
8
6 25 25
20 6 20
4 15 15
4
10 10
2 2
5 5
0 0 0 0
7:00 10:00 13:00 16:00 5:00 8:00 11:00 14:00 17:00 20:00
Heures solaires Heures solaires
10 40
10 45
30 8 35
25 30
6 6
20 25
4 20
15 4
15
10
2 2 10
5
5
0 0 0 0
7:30 10:30 13:30 16:30 7:00 10:00 13:00 16:00
Heures solaires Heures solaires
Figure 3-74 Évolution de la concentration en caféine au cours du temps en réacteur piston pour des
densités de flux incidentes variables avec ;¡ ≈ 2 [Link]-1 et f ≈ 10 mg.L-1. Concentrations expérimentales
(○) et calculées (-). (a) Journée type de décembre (b) Journée type de juillet (c) Journée nuageuse de décembre
(d) Journée ensoleillée de décembre. Catalyseur : mousse 16 mm - 20 PPI.
Dans le cas des consignes moyennes d’hiver et d’été, les points expérimentaux varient
avec la densité de flux incidente, de la même façon que pour les résultats du RPA. Pour ces
cas, les données numériques représentent correctement les données expérimentales. Dans le
cas des consignes plus fluctuantes, les concentrations en sortie du réacteur piston fluctuent
également comme la source. Dans ces deux cas (journées nuageuse et très ensoleillée de
décembre), les données numériques ont des allures cohérentes bien qu’elles surestiment les
valeurs expérimentales avec un écart relatif maximal de 20%. Cet écart peut là encore
185
s’expliquer par le fait de ne pas avoir considéré le phénomène de la diffusion dans la
profondeur. Le modèle est néanmoins très satisfaisant pour décrire la réponse du photo-
réacteur piston soumis à des consignes d’irradiation dynamique de journées moyennes
(hiver/été) et reste relativement satisfaisant lorsque les consignes sont plus fluctuantes
(journée nuageuse). Le front de caféine qui entre dans le réacteur piston réagit de façon
hétérogène dans la profondeur tout en se déplaçant par convection forcée longitudinalement.
Lors de conditions dynamiques d’irradiation, au fur et à mesure que le front se déplace, la
densité de flux incidente varie. Par conséquent, le front reçoit une consigne différente selon
sa progression sur l’axe longitudinal au contraire d’une condition constante de traitement où
le piston subit la même consigne tout au long de l’axe longitudinal. Le modèle mis au point
rend ainsi compte des variations dynamiques de la consigne d’irradiation.
2 [Link]-1 6 [Link]-1
20 W.m-2 40 W.m-2 40 W.m-2
RPA Piston RPA Piston RPA Piston
Concentration en RP (mg.L-1) 4,47 5,81 2,88 3,69 5,95 7,11
Capacité de traitement
1,84×10-10 1,40×10-10 2,37×10-10 2,10×10-10 2,70×10-10 1,93×10-10
instantanée (kg.s-1)
Tableau 3-20 Comparaison entre un RPA et un piston de volumes identiques pour différentes
conditions opératoires (variations du débit volumique ou de la densité de flux). f = 10 mg.L-1.
Catalyseur : mousse 16 mm - 20 PPI.
186
Le réacteur parfaitement agité a une capacité de traitement plus importante que son
équivalent en réacteur piston, quelles que soient les conditions opératoires. Ainsi pour
dégrader davantage de caféine en utilisant le photo-catalyseur supporté (mousse de 16 mm et
20 PPI), la configuration RPA serait à privilégier. Il est difficile de comparer de tels résultats
à la littérature. Théoriquement, en cinétique homogène, le réacteur piston est plus performant
que son équivalent en réacteur parfaitement agité ce quel que soit l’ordre de la réaction
(Villermaux, 1994). Nos résultats ne sont donc pas en accord avec le comportement d’un
réacteur chimique en phase homogène. Il convient de rappeler la différence de comportement.
En cinétique homogène, les réactifs sont introduits simultanément en entrée du piston et
réagissent entre eux le long de ce dernier. Dans le cas de la photocatalyse hétérogène, la
caféine est introduite à l’entrée du piston mais réagit une fois en contact avec le média à la
fois selon x et selon z (cf section V.3.2.3). Le principe de fonctionnement diffère donc fortement
entre ces deux systèmes.
Conclusion
Des modèles ont été développés pour rendre compte du fonctionnement des réacteurs.
Des consignes opératoires (débit volumique, irradiation constante, concentration d’entrée) ont
été appliquées pour valider et conforter nos choix de modèles. Cette approche a permis
d’estimer et de comparer les efficacités photo-catalytiques des deux médias. Le média supporté
a révélé avoir une efficacité photo-catalytique supérieure à celle de la suspension. Il s’est donc
avéré autant d’un point de vue technique que scientifique, que l’usage de la mousse est
préférable à celui de la suspension.
Les modèles établis sont constitués d’un modèle hydrodynamique (RPA ou piston) et
d’un modèle cinétique empirique établi à partir d’expérimentations en RPA fermé. Le modèle
cinétique repose sur un modèle radiatif permettant d’inclure la part des photons absorbés
localement par le milieu réactif dans l’écriture de la loi de vitesse. L’objectif du modèle
cinétique est que les paramètres identifiés soient indépendants des considérations géométriques
et de la concentration en photo-catalyseur ou du PPI. Sur le long terme, la mise au point de
tels modèles a pour but de permettre le développement de réacteurs solaires de dépollution
de l’eau en fonctionnement continu à une échelle pilote ou industrielle (Li puma, 2005). Les
modèles ont été développés à l’échelle du laboratoire et une prochaine étape serait de les
valider à l’échelle pilote et en conditions solaires réelles. Le passage à l’échelle solaire implique
de prendre en compte dans le modèle radiatif les caractéristiques de la ressource solaire à
savoir son caractère diffus ou collimaté et son rayonnement polychromatique. La méthode
développée qui s’appuie sur la résolution de l’ETR par la méthode de Monte Carlo est
néanmoins bien adaptée à une extension qui prenne en compte les caractéristiques du
rayonnement solaire. De tels modèles peuvent également permettre, outre une meilleure
compréhension de mécanismes en jeu, l’extrapolation et la prédiction des capacités de
traitement d’une unité ainsi que son dimensionnement.
188
189
190
Chapitre 4
Procédé hybride de photocatalyse hétérogène et
d’adsorption en fonctionnement continu
Introduction
Ce composite, sous forme de particules, est constitué d’une association entre le dioxyde
de titane utilisé lors des précédents chapitres et du charbon actif. Il a été déposé sur une
mousse d’alumine (comme dans le cas de la mousse TiO2) afin de s’affranchir de la
problématique de séparation effluent/catalyseur.
191
Dans un premier temps, la capacité d’adsorption de la mousse composite est mise en
évidence par la détermination de l’isotherme d’adsorption. Un protocole de régénération sans
traitement thermique de la mousse composite est également présenté. Des tests préliminaires
de mise en régime permanent du réacteur ouvert contenant la mousse composite, sont effectués
et analysés.
composite
192
I.1 Mousse alvéolaire d’alumine revêtue de composite
193
composite déposée n’est pas connue et le choix par la suite a été fait d’exprimer les quantités
en caféine adsorbé par unité de surface macroporeuse développée par la mousse. Ce choix,
déjà effectué précédemment dans le cas des médias 2D produits par la société Alshtrom
(Kacem et al., 2015 ; Majdi Kacem, 2015), permet de s’affranchir d’une connaissance mal
maitrisée de la composition d’un média photo-catalytique et d’adopter une grandeur qui fait
sens comme référence dans le cas de réactions catalytiques. La surface macroporeuse est définie
comme la surface externe. Dans le cas des mousses, cette surface peut être estimée à partir
d’une corrélation empirique issue de travaux de caractérisation réalisés par tomographie
(Topin, 2006) :
š, š
&¡ = Équation 4-63
ðŸ
Figure 4-75 Photographie de la mousse TiO2 de 30 PPI. Maille du quadrillage de 500 µm.
194
I.2 Isotherme d’adsorption en réacteur fermé et
régénération
I.2.1 Protocoles
Les isothermes d’adsorption de la mousse composite ont été réalisées en réacteur fermé.
Le banc expérimental est similaire à celui utilisé pour la mousse composite TiO2 (présenté en
section I.3.2, chapitre 3) qui peut être utilisé en mode batch ou en mode continu (illustration
rappelée sur la Figure 3-45). Pour rappel, en mode batch, la solution de polluant circule en
195
Figure 4-76 Photographie du réacteur dans le cas des mousses. 1 : Pompe péristaltique d’alimentation ;
2 : Enceinte opaque et photo-réacteur ; 3 : panneau de DEL ; 4 : Pompe péristaltique d’agitation ; 5 : connexion
d’entrée ; 6 : connexion de sortie.
Le support permettant de fixer la mousse dans le photo-réacteur a été ajusté pour une
épaisseur de 11 mm. Le volume de solution circulant dans le réacteur fermé contenant le
composite est par conséquent légèrement réduit par rapport au cas de la mousse alvéolaire de
16 mm. Il est estimé à 266 mL (contre 270 mL dans le cas de la mousse TiO2 étudiée). Sur la
Figure 4-77, est illustré la mousse composite placée sur son support ajusté dans le photo-
réacteur.
Les points de l’isotherme d’adsorption sont obtenus en injectant toutes les 6 heures
une nouvelle quantité de caféine dans le réacteur. Le réacteur contient initialement de l’eau,
et à t = 0 min, à l’aide de la pompe, la première injection de caféine d’un volume de 10 mL
très concentré (soit à 500 mg.L-1, soit à 750 mg.L-1) est réalisée. Puis, 2 mL d’eau pure sont
196
injectés pour rincer le tuyau et s’assurer d’injecter la totalité de la caféine. Lors des injections,
le système normalement fermé, est ouvert pour évacuer le volume équivalent (par l’ouverture
positionnée en haut du photo-réacteur comme illustré sur la Figure 4-77). Des prélèvements
d’un volume total égal à celui injecté (12 mL) sont faits au moyen d’une vanne de manière à
travailler à volume constant. La durée de 6 heures a été fixée pour la réalisation d’un point
de l’isotherme. Deux points de l’isotherme sont réalisés par jour. La solution est retirée du
réacteur le soir et réintroduite le lendemain matin afin que le polluant et l’adsorbant ne soient
pas en contact. Le domaine d’investigation est limité à une concentration maximum de
10 mg.L-1 de caféine, valeur correspondant à la concentration maximum de ce composé utilisée
dans les expériences de cyclage.
I.2.2 Résultats
Trois isothermes d’adsorption successives ont été réalisées. Les isothermes d’adsorption
1 et 2 ne comptent que 6 points d’adsorption et l’isotherme d’adsorption 3 compte 10 points
d’adsorption (2 par jours). Entre chaque isotherme d’adsorption, l’étape de régénération est
menée. Les résultats sont reportés sur la Figure 4-78 en mg de caféine par surface
macroporeuse de composite.
197
250
150
100
50
0
0 5 10 15
Concentration d'équilibre (mg.L-1)
Figure 4-78 Isothermes d’adsorption de la caféine sur la mousse composite 30 PPI-mm d’épaisseur.
À température (≈ 25°C) et pression (1013,25 hPa) ambiantes.
Isotherme 1 (■) ; isotherme 2 (◊) et isotherme 3 (♦).
199
Figure 4-79 Mise en régime permanent du réacteur ouvert contenant le composite 11 mm-30 PPI à 5
[Link]-1. Trait bleu : concentration d’alimentation de 10,5 mg.L-1 ; trait noir : courbe théorique de mise en
régime permanent d’un réacteur ouvert contenant une mousse sans adsorbant ; points expérimentaux (●).
Sur la Figure 4-80 sont également reportées des charges du réacteur à 2 [Link]-1
établies selon le même protocole. La courbe théorique à 2 [Link]-1 sans la présence de
l’adsorbant est également reportée. L’écart entre la charge avec et sans adsorbant est plus
marqué à 2 [Link]-1 qu’à 5 [Link]-1. Par exemple à l’issu de 5h, à 5 [Link]-1, le réacteur
avec adsorbant est chargé à 75% contre 99,7% théoriquement sans adsorbant, tandis qu’à 2
[Link]-1, le réacteur avec adsorbant est chargé à 40% contre 90% théoriquement sans
200
adsorbant. À 5 [Link]-1 l’écart avec/sans adsorbant est donc de 15% environ tandis qu’à 2
[Link]-1, il est de 50% environ. Cet écart plus marqué aux faibles débits s’explique par le
couplage dynamique entre le flux de caféine en convection forcée (caractérisé par un temps
de séjour moyen) et le flux de caféine transféré de la phase liquide vers la phase adsorbée qui
dépend de la cinétique d’adsorption. Le temps de séjour moyen du fluide est plus important
aux débits plus faibles, ce qui ralentie d’autant la charge du réacteur qu’elle soit avec ou sans
adsorbant.
0,8
0,6
0,4
0,2
0,0
0 100 200 300
Temps de charge (min)
Figure 4-80 Mises en régime permanent du réacteur ouvert contenant le composite 11 mm-30 PPI à
2 [Link]-1. Trait noir : courbe théorique de mise en régime permanent d’un réacteur ouvert contenant une
mousse sans adsorbant à 2 [Link]-1 ; points expérimentaux : charge 1 (●) et charge 2 (♦).
201
II Expériences préliminaires en réacteur ouvert
réacteur
Les résultats expérimentaux (ie les concentrations de sortie du réacteur ouvert) des
phases de charges/décharges avec attente à chaque étape, d’une stabilisation de la réponse du
réacteur, sont reportés sur la Figure 4-81. Le réacteur, dans lequel est placé la mousse
régénérée, contient initialement de l’eau. À t = 0 min, le réacteur est alimenté par une solution
de caféine à 10,5 mg.L-1 au débit de 5 [Link]-1. La charge dure 2 jours (expérience
préalablement présentée en section I.2 sur la Figure 4-79). L’irradiation est ensuite
appliquée (phase de décharge) durant 2 jours consécutifs (de 0 à 48 h) au même débit. Le
régime permanent de la décharge, atteint dès le premier jour de décharge, permet d’atteindre
un taux d’abattement de 11 %. Le débit est ensuite abaissé à 2 [Link]-1 afin de mieux
visualiser le fonctionnement du réacteur et d’obtenir un niveau d’abattement plus marqué.
Ces conditions opératoires sont maintenues pendant 4 jours consécutifs de 96 h à 180 h
environ. Ces conditions permettent d’atteindre un taux de dégradation de 35 %. Une charge
à 5 [Link]-1 est alors reconduite (de 180 h à 194 h). Les deux cycles suivants sont composés
d’une alternance de décharge à 2 [Link]-1 (sous irradiation) et de charges à 5 [Link]-1 (en
absence d’irradiation). Le réacteur a ainsi fonctionné sans interruption pendant 12 jours
consécutifs en tout avec trois charges à 5 [Link]-1, une décharge à 5 [Link]-1 et 3 décharges
à 2 [Link]-1.
202
Figure 4-81 Alternance de charges/décharges dans le réacteur ouvert contenant la mousse composite
11 mm-30 PPI. Première charge (de 0 à 48h) (●) et décharge (de 48h à 98h) (○) à 5 [Link]-1. Les suivantes
sont à 5 [Link]-1 pour la charge (●) et 2 [Link]-1 pour la décharge (◊). Trait orange continu : densité de
flux à la charge de 60 W.m-2. Trait bleu continu : concentration d’alimentation de 10,5 mg.L-1.
De façon générale, lors des phases de charge, la concentration en caféine croit puis se
stabilise sans jamais complètement atteindre la concentration d’alimentation. Lors de la
charge 1, bien que les conditions aient été maintenues sur plusieurs jours, le régime permanent
ne semble pas encore atteint. En effet, le palier indique une valeur de 9,8 mg.L-1 alors que
l’alimentation est de 10,5 mg.L-1. Comme expliqué précédemment, ceci est dû à l’équilibre
entre la concentration d’alimentation et la quantité adsorbée qui s’établit très lentement
lorsque la concentration en phase liquide est proche de la concentration d’alimentation. Lors
des deux charges suivantes, la concentration de départ est déjà relativement élevée (autour
de 6,5 mg.L-1). Dans ces conditions, la concentration mesurée se stabilise et tend vers des
valeurs très proches de la concentration d’alimentation. Cet équilibre est atteint après
seulement 12 heures.
40%
35%
Taux d'abttement
30%
25%
20%
15%
10%
5%
0%
1 2 3 4
n° décharges
Figure 4-82 Évolution des taux d’abattement des phases de décharge de la Figure 4-81, calculés par
rapport à la concentration d’alimentation. En tout, 4 phases de décharges ont eu lieu, une à 5 [Link]-1 et les
suivantes à 2 [Link]-1.
II.2 Conclusions
204
Le cas échéant, si les pores du charbon actif se libèrent, le phénomène d’adsorption peut se
produire. Ainsi la disparition en phase liquide peut être attribuée à une activité photo-
catalytique en phase adsorbée couplée à un phénomène d’adsorption. La seconde hypothèse,
est que la dégradation a préférentiellement lieu en phase liquide (d’où la chute). Dans ce cas
un phénomène de désorption de la caféine peut éventuellement se produire lorsque le gradient
de concentration est suffisamment moteur pour le provoquer. Dans ce cas, l’adsorption peut
à nouveau avoir lieu pour atteindre un nouvel équilibre. La troisième hypothèse est que la
dégradation a lieu dans les deux phases et qu’elle est couplée à un phénomène
d’adsorption/désorption.
Dans cette partie, l’objectif est de déterminer si le composite peut subir des phases
successives de charges et de décharges lors de l’application de cycles avec ou sans irradiation
à durées fixes. La question attenante est de savoir si les deux fonctionnalités recherchées que
sont la dégradation par photocatalyse et le stockage par sorption sont préservées ou altérées.
Il s’agit de mettre en évidence par ces expériences, un phénomène de saturation éventuel et
irréversible de ce média, ou au contraire un phénomène de régénération au cours des cycles.
Par saturation, il est entendu que la mousse composite perd au fil des cycles sa capacité
à adsorber et/ou que ses performances photo-catalytiques soient altérées. La finalité est de
montrer que certaines conditions opératoires conduisent à l’impossibilité de régénérer
suffisamment le réseau interne microporeux du composite entrainant de fait, une impossibilité
à stocker continuellement du polluant. Même si ce n’est pas le résultat recherché, cette
saturation peut être par exemple, le résultat d’une adsorption irréversible des sous-produits
bloquant le phénomène d’adsorption.
Par régénération, il est entendu que le charbon actif maintient sa capacité d’adsorption
lors des étapes de charge car il est régénéré suffisamment lors de phases de décharge. Dans ce
cas, la mousse composite répond aux fonctionnalités de stockage en l’absence de ressource
solaire et de dégradation-régénération dès lors que la ressource est de nouveau disponible.
Pour mettre en évidence de tels phénomènes, des alternances de charges d’une durée
de 6h et de décharge d’une durée de 18h ont été appliquées pour différentes conditions
opératoires : débit volumique d’entrée (donc temps de passage du fluide) ; densité de flux
205
incidente. Entre chaque expérience, le composite est régénéré selon le protocole présenté en
section I.1.1. L’application de charge à longue durée a pour but d’atteindre le régime
permanent de la charge. Le choix d’une durée de 24h pour un cycle vise à imiter de façon très
simplifiée, des conditions représentatives du cycle jour/nuit.
traitement
Trois expériences d’alternance de cycles de charge/décharge ont été réalisées avec une
étape de régénération entre chaque expérience. Au début de chaque expérience (t = 0 h), le
réacteur est rempli d’eau et contient la mousse régénérée. Une expérience a été réalisée
pendant 9 jours à un débit de 2 [Link]-1 (soit un temps de séjour moyen de 133 min) avec
une consigne de 60 W.m-2 pour la phase de décharge (Figure 4-83). Une expérience identique
a été réalisée mais à débit de 5 [Link]-1 (soit un temps de séjour moyen de 53 min) pendant
10 jours (Figure 4-85). La troisième expérience a eu lieu à un débit de 2 [Link]-1 et à une
consigne de 110 W.m-2 pendant 8 jours (Figure 4-87).
206
Figure 4-83 Alternance de charges de 6h (♦) et de décharges de 18h (◊) à 2 [Link]-1. Trait continu
bleu : concentration d’alimentation de 10,5 mg.L-1 ; trait continu orange : densité de flux incidente de 60
W.m-2 pour la décharge et 0 W.m-2 pour la charge.
207
60%
50%
40%
Taux (%)
30%
20%
10%
0%
1 2 3 4 5 6 7 8 9
n° cycles
Figure 4-84 Evolution des taux de charge et de décharge au cours des cycles de 6h de charge/18h de
décharge à 60 W.m-2 pour 2 [Link]-1. Cycle 2 non mesuré. Taux de charge (●) ; taux de décharge (○).
208
(a) Zoom sur la première semaine
Figure 4-85 Alternance de charges de 6h (●) et de décharges de 18h (○) à 5 [Link]-1. Note :
Première charge non suivie donc non représentée et première décharge d’une durée de 24h (de 0 à 24 h). Trait
continu bleu : concentration d’alimentation de 10,4 mg.L-1 ; trait continu orange : densité de flux incidente
de 60 W.m-2 pour la décharge et 0 W.m-2 pour la charge.
209
35%
30%
25%
Taux (%)
20%
15%
10%
5%
0%
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
n° cycles
Figure 4-86 Évolution des taux de charge et de décharge au cours des cycles de 6h de charge/18h de
décharge à 60 W.m-2 pour 5 [Link]-1. Cycles 5 et 6 non mesurés. Taux de charge (●) ; taux de décharge (○).
Sur la figure 4-13, est reportée la réponse du réacteur dans le cas d’une consigne à
110 W.m-2 pour la décharge et un débit de 2 [Link]-1. Par l’application d’une densité de
flux plus élevée, l’effet recherché est d’augmenter l’amplitude des cycles par l’augmentation
de la quantité de matière dégradée. Les tendances décrites précédemment apparaissent
également sur cette figure et de façon très nette : le réacteur a une première phase de « régime
transitoire à l’échelle des cycles » qui dure un cycle cette fois, suivie d’une deuxième phase de
« régime permanent à l’échelle des cycles » où les cycles sont parfaitement reproductibles. Ils
restent compris entre une valeur basse de 58% environ de la concentration d’alimentation et
une valeur haute de 81% environ de la concentration d’alimentation.
Figure 4-87 Alternance de charge de 6h (♦) et de décharge de 18h (◊) à 2 [Link]-1. Trait continu
bleu : concentration d’alimentation de 9,6 mg.L-1 ; trait continu orange : densité de flux incidente de
110 W.m-2 pour la décharge et 0 W.m-2 pour la charge.
210
Ces trois expériences montrent que la réponse du réacteur passe par deux phases : une
phase dite de « macro-régime transitoire » (ie transitoire à l’échelle des cycles) et une phase
dite de « macro-régime permanent » (ie stationnaire à l’échelle des cycles) dont les durées,
amplitudes et niveaux, dépendent des conditions opératoires (niveau d’irradiation, débit
volumique). Dans le cas de l’expérience à forte irradiation (110 W.m-2) à 2 [Link]-1, la phase
de « macro-régime transitoire » est très courte (un cycle) en comparaison de celle à plus faible
niveau d’irradiation (60 W.m-2) qui est de 3 cycles. La phase de « macro-régime permanent »
se situe également à un niveau d’autant plus bas que l’irradiation appliquée est élevée.
Les résultats des comparaisons sont reportés sur la Figure 4-88 dans le cas de
l’expérience 3 qui représente les conditions les plus favorables : des cycles de 6 h de charges/
211
18 h de décharges à 110 W.m-2. Les comparaisons pour les deux autres expériences sont
données en Figure 4-90 et 4-17 et sont commentés après.
1,0
Concentration noramlisée (-)
0,9
charge_sans
charge 2
0,8
charge 3
0,7 charge 4
charge 7
0,6 charge 8
0,5
0 100 200 300
Temps (min)
Figure 4-88 Superposition des courbes de charges de la Figure 4-87 ; ordonnée : concentrations
normalisées par rapport à la concentration d’alimentation. Courbe continue noire : charge théorique sans le
phénomène d’adsorption.
Par ailleurs, les phases de charge sont parfaitement reproductibles, la mousse conserve
donc le même comportement, aussi bien lors des phases de charge que de décharge, une fois
le macro-régime permanent atteint. Ce constat, permet de démontrer que la mousse composite
se régénère au cours des cycles de traitement et que la quantité d’adsorbat en fin de décharge
se stabilise vers une valeur constante au fil des cycles.
En effet, une inégalité entre la quantité dégradée/désorbée au cours de la décharge et
la quantité adsorbée au cours de la charge, entraînerait une évolution des profils de charge au
cours des cycles comme illustré sur la Figure 4-89. Une valeur de qn+1 supérieure à qn
entrainerait une montée plus rapide de la concentration en phase liquide lors de la charge
n+1 (courbe rouge), au maximum jusqu’à ce que la courbe de charge se superpose à celle sans
adsorbant (qui correspond à la courbe jaune). Au contraire, une phase de régénération
212
permettant au cycle (n+1) une quantité d’adsorbat inférieure à celle du cycle entrainerait une
montée plus lente de la concentration en phase liquide lors de la charge n+1 (courbe bleue).
Figure 4-89 Schéma explicatif de la dérive de la réponse du réacteur selon l’état initial de la mousse
à l’issu d’une décharge. q représentent les quantités de caféine en phase adsorbée.
9 9
7 7
0 100 200 300 0 100 200 300
Temps de charge(min) Temps de charge(min)
Figure 4-90 Comparaison entre les charges à 2 [Link]-1, avec et sans la présence de l’adsorbant
dans le réacteur ouvert. Trait bleu continu : concentration d’alimentation de 10,5 mg.L-1 ; trait noir : courbe
théorique de mise en régime permanent d’un réacteur ouvert contenant une mousse sans adsorbant à 2 [Link]-
1 ; points expérimentaux (♦). Décharge à 60 W.m-2.
213
Pour l’expérience à 5 [Link]-1, l’écart est également présent comme illustré sur la
Figure 4-91 pour les charges 7 et 10 du macro-régime permanent.
Charge 7 Charge 10
10,5 10,5
concentration (mg.L-1)
10,0 10,0
9,5 9,5
9,0 9,0
0 100 200 300 0 100 200 300
Temps (min) Temps (min)
Figure 4-91 Comparaison entre les charges à 5 [Link]-1, avec et sans la présence de l’adsorbant
dans le réacteur ouvert. Trait bleu : concentration d’alimentation de 10,3 mg.L-1 ; trait noir : courbe théorique
de mise en régime permanent d’un réacteur ouvert contenant une mousse sans adsorbant à 5 [Link]-1 ; points
expérimentaux (●). Décharge à 50 W.m-2.
Néanmoins, pour cette condition, il est difficile de dire si une dérive a lieu au niveau
des courbes de charges. Un nombre de points de mesures plus élevés lors de la charge ainsi
que l’attente de davantage de cycles, aurait permis de conclure quant au fait, que pour ces
conditions opératoires, la mousse se sature progressivement sans se régénérer.
La réponse globale du réacteur dans le cas de la mousse TiO2 est obtenue par
modélisation grâce aux résultats des chapitres 2 et 3. L’Équation 3-10 est résolue dans ce
cas, avec =- = 48 mL (calculée à partie de l’Équation 3-12) et =ba† = 266 mL. Le profil
d’irradiation est ajusté dans la loi de vitesse (présentée en Équation 3-7, avec les constantes
cinétiques figurant dans le tableau de la Figure 3-28) grâce au modèle radiatif établi lors du
chapitre 2 (pour une épaisseur de 11 mm et un PPI de 30).
214
Figure 4-92 Comparaison entre la réponse avec la mousse TiO2 (trait continu noir) et la mousse
composite lors de l’application de cycles de 6h de charge/18h de décharge pour 2 [Link]-1. Trait continu bleu :
concentration d’alimentation à 9,7 mg.L-1 ; trait continu orange : densité de flux incidente de 110 W.m-2 pour
la décharge et 0 W.m-2 pour la charge.
La comparaison des profils de concentration au cours des cycles indique que la quantité
globale de caféine traitée par le réacteur est supérieure dans le cas de la mousse de TiO2. Le
premier composite testé ne permet donc pas d’améliorer la capacité de traitement globale.
Néanmoins, il permet d’atténuer les phases de charges et d’empêcher que durant ces phases
nocturnes, la concentration de sortie remonte à la concentration d’alimentation comme c’est
le cas avec la mousse TiO2. Le composite permet donc bien, dans ces conditions, d’opérer un
traitement en phase nocturne. Il amortie également les fluctuations de concentration en sortie
de réacteur à l’échelle du cycle ce qui constitue le second objectif visé, d’atténuation des
fluctuations de la concentration de sortie du réacteur.
215
L’étape qui permettra de véritablement proposer un matériau composite performant,
demande clairement d’améliorer les performances photo-catalytiques globales du composite et
ainsi de tendre vers un effet synergique.
IV Discussion
Les expériences présentées ont mis en évidence différents résultats sur le composite
testé qui sont résumés dans la première sous-section. Dans la seconde sous-section, les verrous
scientifiques qui subsistent sont répertoriés, parmi lesquels figure la mise au point d’un modèle
de représentation du fonctionnement du procédé de sorption-photocatalyse en mode continu.
IV. 1 Récapitulatif
216
IV.2 Verrous scientifiques
L’établissement d’un tel modèle passe par différentes étapes. La première étape du
développement d’un modèle de couplage consiste à caractériser le phénomène de transfert
matière. La détermination de l’isotherme d’adsorption complète avec le palier de saturation
ainsi que le suivi de l’évolution de la caféine au cours du temps permettent d’accéder : à la
constante de l’équilibre d’adsorption ainsi qu’à la capacité maximale d’adsorption et au
coefficient global de transfert matière. Cette étape a déjà été largement traitée lors de travaux
précédents de l’équipe SHPE et ne constitue pas un verrou en soi (Janin, 2011; Miguet, 2015).
Une étape sous-jacente consiste également à caractériser le potentiel phénomène de désorption
217
comme cela a été fait par T. Janin lors de ses travaux de thèse en déterminant l’isotherme de
désorption (Janin, 2011).
218
Conclusion
221
Dans le cas du supporté, le modèle dit d’homogénéisation a été appliqué pour déterminer, par
méthode inverse, les propriétés radiatives spectrales du média supporté dans le domaine de
l’ultra-violet et du proche-visible. Elles ont été obtenues par une identification paramétrique
sur un échantillon et validées sur l’ensemble du panel d’échantillon (variation du PPI de la
mousse). Le modèle a permis le calcul de la vitesse volumétrique locale d’absorption de
l’énergie radiante (VVLAER) dans les deux milieux. Ce modèle peut ainsi être utilisé pour
calculer la VVLAER dans un milieu plan contenant un nuage de particules de photo-catalyseur
ou une mousse. La modélisation du transfert radiatif dans les suspensions commence à faire
l’objet d’un certain recul dans la littérature même si les méthodes calculatoires sont en
constante évolution. En revanche, la mise au point d’un modèle radiatif dans le cas d’un
média mousse 3D supporté pour des applications photo-catalytiques, constitue une nouvelle
étape dans le domaine des photo-réacteurs.
222
confrontation avec des résultats expérimentaux de photo-dégradation de la caféine en réacteur
ouvert soumis à des consignes d’irradiation représentatives de l’ensoleillement réel. Dans le
cas du réacteur piston, le modèle retenu de convection-dispersion-réaction en 1D s’est avéré
également satisfaisant pour représenter la réponse du réacteur soumis à des conditions
dynamiques de traitement. Néanmoins un écart apparait lorsque le débit volumique augmente
qui est lié aux hypothèses simplificatrices effectuées. Un modèle 2D permettrait certainement
de réduire cet écart. Le modèle a également permis de mener une comparaison des
performances entre les deux médias et entre les deux configurations étudiées. Le média mousse
s’est avéré être un matériau photo-catalytique préférable à la suspension car plus efficace et
plus stable pour la matrice étudiée et s’affranchissant du verrou technique de la séparation.
Ce chapitre constitue un apport dans la littérature de photocatalyse hétérogène qui
manque d’études expérimentales opérées en modes continu sous conditions solaires, et est
relativement peu étoffée en matière de modélisation et de gestion d’un procédé. La démarche
d’établissement d’un modèle complet de représentation de la capacité de traitement peut être
généralisée à d’autres cas d’étude.
223
L’objectif de ces travaux de thèse a été de se doter d’un ensemble d’outils qui
permettront à termes, d’aboutir à une gestion efficace d’un procédé de photocatalyse
hétérogène solaire en fonctionnement continu. Cette gestion passe par la mise en place de
modèle de prédiction de la capacité de traitement afin de définir les conditions opératoires
(temps de passage, volume du réacteur) favorables à l’atteinte de l’objectif de
traitement (taux d’abattement et quantité). Dans la continuité de cet objectif, les points
suivants seraient à compléter :
225
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Communications
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Plantard, Chloé Dezani, Enrique Ribeiro, Brice Reoyo-Prats, Vincent Goetz.
244
245
Nomenclature
Concentration en polluant kg.m-3
Y Vitesse de la lumière dans le vide m².s-1
Concentration en photo-catalyseur kg.m-3
º Coefficient hydrodynamique de dispersion m².s-1
D3 Diamètre d’une particule m
D& Élément de surface en coordonnées sphériques m
DR Surface élémentaire de la sphère en coordonnées sphériques m²
Profondeur m
Vitesse volumétrique locale d’absorption de l’énergie W.m-3
radiante (VVLAER)
8 Vitesse volumétrique moyenne d’absorption de l’énergie W.m-3
radiante (VVMAER)
I Fonction distribution des temps de séjour -
I , I* , If Coefficients massiques d’absorption, de diffusion et m².kg-1
d’extinction
Ãt× Critère de convergence -
¡ Fraction volumique des particules de photo-catalyseur -
g Irradiance incidente W.m-2
ℎ Constante de Planck J.s
[ Luminance ou radiance [Link]-
1
Symboles
+ Positif s Sortie
- Négatif RF Réacteur fermé
<> Moyenne spatiale RP Régime permanent
0 Incident ou initial
cal Calculé
e Entrée
exp Expérimental
i Indice
247
248
Annexes
Cette annexe résume brièvement les différents systèmes testés de maintien du TiO2 en
suspension dans le réacteur. Cette mise au point du réacteur a fait l’objet de nombreux essais
révélant la difficulté technique à mettre au point un tel système.
Le but est de maintenir le photo-catalyseur dans le réacteur pour, d’une part qu’il ne
se retrouve pas dans l’effluent de sortie du réacteur, et d’autre part qu’il soit réutilisé
successivement.
A - Le système de filtration
249
du filtre et l’étanchéité entre l’intérieur du filtre et l’extérieur est assurée au moyen de joints
toriques. Le filtre peut être enlevé et nettoyé ou changé.
Figure A-94 Photographie du réacteur avec ajout du système de séparation. 1 : Pompe péristaltique
d’alimentation et de sortie du de l’effluent ; 2 : Pompe centrifuge de recirculation dans la boucle d’agitation ;
3 : entonnoir d’évacuation de l’air comprimé ; 4 : enceinte contenant le photo-réacteur et le panneau de DEL.
Les filtres utilisés proviennent de chez Swagelock et deux diamètres de pores ont été
testés, de 7 et 15 µm. En général, le diamètre de pores est choisi plus petit que la taille des
250
particules mais pas trop selon la différence de pression à appliquer pour que la solution de
sortie traverse la paroi du filtre.
Le TiO2 est introduit dans le réacteur a une concentration de 2 g.L-1 et, grâce à la
présence du filtre en sortie, circule en boucle dans le réacteur sans le quitter. Il finit néanmoins
par former assez rapidement une couche sur l’intérieur du filtre conduisant à le colmater
(Figure A-95) d’où la mise au point du système de rétro-lavage.
L’air comprimé est envoyé dans la chambre afin de décoller le dépôt de TiO2 qui se
forme systématiquement sur les parois internes du filtre et ainsi permettre de retarder le
colmatage. Les pompes du réacteur sont à l’arrêt lors de cette étape de décolmatage. Des
vannes permettent d’isoler la chambre du reste du circuit et d’évacuer l’air comprimé vers un
réservoir vertical. Une vanne se trouve en entrée du réservoir vertical et reste fermée lors du
fonctionnement du réacteur. Sans cette vanne le réservoir devient une sortie pour le réacteur
car c’est un endroit sans résistance par rapport à la sortie qui contient le filtre.
En plus des problèmes de colmatage et de difficulté à évacuer l’air, nous avons constaté
que le TiO2 décantait dans le photo-réacteur, ce en moins de 30 min de fonctionnement. La
zone réactionnelle se retrouve alors en sous-concentration et en concentration inhomogène
comme illustré en Figure A-96.
251
Chambre ouverte en deux :
252
Figure A-96 Photographie du photo-réacteur vue de face et du TiO2 qui décante.
Pour résumé, la mise d’un système de filtration en sortie du réacteur s’est avérée
complexe à gérer dans la pratique. Le TiO2 colmate le filtre bien qu’il soit tangentiel à
l’écoulement. La mise au point d’un système de rétro-lavage visant à retirer ce dépôt s’est
avéré difficile à mettre en œuvre : il requiert d’évacuer l’air entrant sans faire sortir la solution
du réacteur ce qui a nécessité l’ajout d’un 2 ième filtre se révélant inefficace pour chasser l’air
et conduisant à faire monter la pression dans le système. De plus, la concentration dans le
réacteur en TiO2 et le débit de sortie se sont avérés être incontrôlables rendant inexploitable
de quelconques expérimentations.
B - Décanteur
L’objectif est le même que précédemment : avoir une sortie du réacteur sans présence
de TiO2 lors d’un fonctionnement en continu. Différentes configurations de décanteur ont été
253
testées, elles sont résumées très brièvement ci-dessous avec les difficultés techniques
rencontrées :
Figure A-97 Schéma de la configuration sans boucle d’agitation. Photo-réacteur et décanteur en série
avec recyclage.
En pratique, cette solution n’a pas été retenue en raison de difficultés à maintenir le
niveau d’eau du décanteur constant. De plus, la représentation de l’écoulement s’avère plus
difficile à établir.
254
Annexe B - Résolution du modèle 1D de la
z = L ; i = m : sortie
z = L2 ; i = n2 :
z = L1 ; i = n1 : entrée
z =0 ; i =1 : entrée
Entrée du fluide
õ æ, A õ @ æ, A Ãä õ æ, A
= ºä −
õA õæ @ ·ä õæ
Elle se résout par la méthode des différences finies en utilisant un schéma implicite 1D
(qui est inconditionnellement stable).
255
+ # +
õ æ, A −
=
õA DA
Les termes d’espace sont écrits selon un schéma centré et en schéma implicite :
+ # + #
õ æ, A # − #
=
õæ 2 Dæ
+ #
õ@ æ, A # − 2 + #+ + #
#
=
õæ @ Dæ²
+ # + # + # +
< # +ú + # =
ð( * ¡ * ð( * ¡( * ð( *
Où < = − − @(*ä pour V ö÷1, W − 2ø ; ú = 1 + 2 et = − pour V ö÷2, W −
*ä 2 *ä² @ *ä *ä²
1ø.
ú 0 ⋯ 0 + # +
⎡ # #
⎤ ⎡ #+ # ⎤ ⎡ #+ ⎤ ⎡ 0 ⎤
⎢<# ú@ @ ⋱ ⎥⎢ @ ⎥ ⎢ @⎥ ⎢ ⎥
⎢0 <@ úš š ⎥⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ ⋱ ⋮ ⎥⎢ ⋮ ⎥ = ⎢ ⋮ ⎥+ ⎢ ⋮ ⎥
⎢ ⋱ ⋱ ⋱ ⎥⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ ⎥⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢⋮ 0 ⎥⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ ú7 # 7 #⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ 0 ⎥
+
⎣0 ⋯ 0 <7 + #
ú7 ⎦ ⎣ 7 ⎦ ⎣ 7 ⎦ + ⎣ − 7⎦
#
Pour Š :
<7 # = −1.
256
Pour Š :
ú# = 1 = ú7 .
Pour ½Š :
# = 0.
- Conditions aux limites en entrée (le réacteur est un système ouvert avec une
+ + #
concentration d’alimentation) : # = # = f
- Condition aux limites en sortie du réacteur (Le réacteur est ouvert avec la
+ +
continuité du flux en sortie) : 7 #= 7
La condition initiale (la concentration est nulle dans le réacteur à t = 0 s sauf à l’entrée
#
d’après la condition de bord) : # = 0.
257
C – Résolution avec réaction : utilisation d’une méthode
itérative
õ æ, A õ @ æ, A Ãä õ æ, A
= ºä − +< æ, A >¼
õA õæ @ ·ä õæ
Dans le cas où le terme source est ajouté, une matrice (en bleue) est ajoutée au système
précédent.
Pour i ȼ÷W1, W2 − 1ø, les coefficients de cette matrice sont nuls car ils correspondent
aux zones 1 et 3 dans lesquelles il n’y a pas de réaction. Autrement ils sont égaux au terme
réactionnel et au temps k+1.
ú 0 ⋯ 0 + # +
⎡ # #
⎤ ⎡ #+ # ⎤ ⎡ #+ ⎤ ⎡ 0 ⎤ ⎡ 0
⎤
⎢<# ú@ @ ⋱ ⎥⎢ @ ⎥ ⎢ @⎥ ⎢ ⎥ ⎢
⋮
⎥
⎢0 <@ úš š ⎥⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢
0
⎢ Ö⎥
⋱ ⋮ ⎥ ⎢ ⋮ ⎥ = ⎢ ⋮ ⎥ + ⎢ ⋮ ⎥ + ⎢ −. 7#
+ #
⎥ (1)
⎢ ⋱ ⋱ ⋱ ⎥⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⋮
⎢ ⎥⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
+ # Ö
⎢⋮ 0 ⎥⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢−. 7@ # ⎥
⎢ ú7 # 7 #⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ 0 +⎥ ⎢ 0 ⎥
⎣0 ⋯ 0 <7 # ú7 ⎦ ⎣ 7+ # ⎦ ⎣ 7+ ⎦ ⎣− 7 ⎦ ⎣ 0 ⎦
Dans ce système l’on voit que la matrice bleue n’est pas linéaire et écrite au temps k+1.
Contrairement au cas précédent la matrice tri-diagonale ne peut être inversée directement
+ # +
pour calculer les en fonction des .
A chaque itération, la matrice bleue est écrite au temps précédent car il est connu et
ce jusqu’à que le système (1) soit vérifié. Lors de la première itération on écrit :
258
0 0
⎡ ⋮ ⎤ ⎡ ⋮ ⎤
⎢ 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ + # Ö⎥ ⎢ + Ö ⎥
⎢ −. 7# ⎥ = ⎢ −. 7# ⎥
⎢ ⋮ ⎥ ⎢ ⋮ ⎥
+ # Ö + Ö
⎢−. 7@ # ⎥ ⎢−. 7@ # ⎥
⎢ 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎣ 0 ⎦ 3
⎣ 0 ⎦3
+ # +
Et alors les 3 en fonction des peuvent être calculés. Il faut ensuite vérifier si
+ #
les 3 calculés satisfont le système (1). Si c’est le cas, l’itération au pas p+1 n’a pas lieu
et le système est résolu. Sinon l’itération au pas p+1 se produit ie la matrice bleue est
remplacée par celle qui vient d’être calculée pour i ö÷W1, W2 − 1ø uniquement, les autres
coefficients devant rester nuls :
0 0
⎡ ⋮ ⎤ ⎡ ⋮ ⎤
⎢ 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ + # Ö⎥ ⎢ + # Ö⎥
⎢ −. 7# ⎥ = ⎢
−. 7# ⎥
⎢ ⋮ ⎥ ⎢ ⋮ ⎥
+ # Ö + # Ö
⎢−. 7@ # ⎥ ⎢−. 7@ # ⎥
⎢ 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎣ 0 ⎦3 #
⎣ 0 ⎦3
+ #
Les 3 # peuvent alors de nouveau être calculés.
259
Annexe C - Integral Formulation and Monte-Carlo Algorithms for Computing Transmittivity
and Irradiance in a slab containing a semi-transparent media, Cyril Caliot.
The one-dimensional geometry of the radiation problem is depicted in Fig. 1 which is constituted of:
The PMMA plates are interfaces between water and air where reflection and refraction occur. Those phenomena
are taken into account with the Fresnel’s law of (specular) reflection and refraction assuming the interface are
smooth. The particle suspension is assumed a non-emitting semi-transparent media scattering and absorbing
the radiation coming from the source. The Radiative Transfer Equation (RTE), Eq. 1, is used to model the
transport of radiation in this media and the effective radiative properties (phase function, absorption and
scattering coefficients) are assumed known and representative of the particle polydispersion of TiO2 in water.
�
� · ∇I(�x, ω
ω � , ν) = −β(�x, ν) I(�x, ω
� , ν) + κs (�x, ν) ω � ) pΩ� (�x, ω
dΩ(� ω � , ν) I(�x, ω
� |� � � , ν) (1)
4π
The radiative properties of the liquid-solid suspension are the scattering coefficient, κs , the absorption coeffi-
cient, κ, the extinction coefficient, β = κ + κs and the phase function pΩ� . In addition, conditions at interfaces
are needed to separate the medium i where the ray is incident from the medium t where the ray is transmitted
by refraction:
n2t (ν)Ii (�x, ω � i , ν)) = n2i (ν)It (�x, ω
� i , ν) (1 − ρi→t (�x, ω � t , ν) (2)
with Ii and It the incident and transmitted intensities at the interface, ρi→t is the Fresnel’s reflectivity, n2i and
n2t are the refractive indexes of two adjacent media.
PMMA plate
TiO2 suspension Y
in water
� 9 �x9 �x8
ω Air
ω
�8
Transmitted
radiation ω
�7
�x7 Collimated
Source Φo
ΦT
�x2 �x1
ω
�6 ω
� 3 �x
�n 3 ω
�2 ω
�1
�x6
ω
�4
ω
�5 �x4
X Air �x5
0
�xpa �xwp �xpw �xap
Figure 1: Schematic of the transmitted radiation through a TiO2 suspension in water enclosed between PMMA plates. The
forward algorithm is used to compute ΦT (Eq.8). One possible path is drawn: The bundle of rays is displayed from the collimated
source direction, it crosses the two PMMA interfaces (with air, �
x1 , and water �x2 ) and experience scattering events (�
x3 → �x5 ) until
reaching a PMMA interface where reflection can occur (such as at � x6 , with local normal �
n), or refraction (such as at �
x8 ) which
can lead to transmission in air or TIR inside the PMMA plate (at � x9 ).
The objective is to compute the transmittivity (T ) of the source radiation at one wavelength to identify
and validate the effective radiative properties of the particles suspension. Then, these radiative properties will
be used to compute local solar irradiances inside the TiO2 dispersion to study photo-processes reaction rates
2
ni nt
Ii
ω
�i
θi
�xit θt
θi
It
ω
�t
Ir
ω
�r
Figure 2: Schematic of the radiative transfer at a smooth interface between two media with different refractive index. The incident,
reflected and transmitted (by refraction) radiative intensity are depicted with their corresponding directions and angles from the
interface normal.
and experiments. The transmittivity of the source radiation is simply the ratio between the flux transmitted
(ΦT ) at the opposite side of the slab to the incident radiative flux (Φo ) on the first side (see Fig.1):
ΦT
T = (3)
Φo
The transmitted flux can be measured with a set-up (integrating sphere, photo-detector, etc.). The radiative
flux from the collimated source is:
�
Φo (�x0 ) = I(�x0 , ω
� , ν) |�n(�x0 ) · ω
� | dΩ(�
ω ) = Io cos(θo ) (4)
2π
with �x� := �x − τ ω, � is the distance from �x to the semi-transparent medium boundary (water-PMMA interface)
in the direction −�
ω and �xit := �x − ��
ω is the source location (reflected and refracted radiation) at the interface.
The first term in the right hand side (RHS) of Eq. 5 is the directly transmitted contribution of a radiation source
3
at the interface due to reflection and refraction. The second term is the contribution corresponding to multiply
scattered radiative intensity coming from a source at the interface (reflected and refracted radiation). Eq. 6 and
Eq. 7 give the radiation sources at the interface due to reflection or refraction. The reflectivity are computed
with Fresnel’s laws and the ray directions follow the Snell’s law. Figure 2 depicts the interface between two
media with different refractive index and the notation for incident radiation, reflection and transmission by
refraction.
Following the generalized path integral formulation introduced in the Veach’s thesis [1] and using the
application to participating media by Pauly et al. [2], a forward Monte-Carlo (MC) algorithm was developed
(as in [3]) to compute the transmitted flux with the relations:
�
ΦT (�x) = I(�x, ω
� ) |�n · ω
� | dΩ(�
ω ) ≈ Φ̃T (8)
2π
N
1 �
Φ̃T = Wi (9)
N i=1
� ∞ �
I(�x, ω
�) = d�x� pLs exp [−κ�s (�x� )] ω � ) pΩ� (�x� , ω
dΩ� (� ω � ) I(�x� , ω
� |� � �) (10)
0 4π
pL s = κs exp [−κs �s (�x� )] (11)
ni
�
Wi = Φo qk+1 exp [−κ�k+1 ] (12)
k=0
Eq. 9 gives the expression of the MC estimate Φ̃T of ΦT (Eq. 8). It includes the number of realizations N and
the MC weight Wi which is computed by following the ray from the source until it reaches the other side of the
medium. The first direction of the ray ω
� 0 is normal and incident to the slab (recall Fig.1). Then, the ray is
refracted (or reflected, see Fig. 2) towards the semi-transparent medium which has uniform radiative properties.
At each interface intersection, a Bernoulli trial is drawn to define whether the ray is reflected or refracted, with
the reflection probability pr (�
ωk+1 |�
ωk ) = ρi→t (refraction probability is 1 − ρi→t ). Scattering and absorption
occur in the TiO2 particles suspension in water. The radiative intensity in the semi-transparent medium is
given by a recursive integral Eq. 10 which includes two samplings. The first one is the scattering length �s with
probability density function pLs (Eq. 11). The second one is the scattering direction ω
� k+1 with the probability
density function pΩ� calculated from the Mie’s theory resolution of Maxwell’s equations for a polydispersion
of spherical particles embedded in water (independent scattering is assumed). Thus, the MC weight has the
expression given by Eq. 12 that includes the source directional flux and the product of the transmission by
absorption along the scattered, refracted and reflected ray path. ni is the number of direction changes by
scattering, refraction and reflection. The absorption coefficient is non-zero inside the TiO2 suspension with
value κ = κp + κw . κp is the absorption coefficient of the particle suspension, and κw the absorption coefficient
of water. Monte-Carlo weight includes also qk+1 that denotes the probability with which the random walk is
continued. This probability is unity except when the ray is leaving the scene on the source side or when TIR
occurs in PMMA. In these cases its value is zero and the random walk is stopped. Thus, Wi takes a zero value.
After N realizations of random walks, their mean gives an estimation of the transmitted flux (equal to the
transmittivity since Φo is unity). From these realizations an empirical standard deviation may be computed
4
Eq. 13. It is used to define a confidence interval around the Monte-Carlo estimation.
�
� N
� N
�2
1 �1 � 1 �
σ̃Φ̃T =√ � W2 − Wi (13)
N − 1 N i=1 i N i=1
5
The local monochromatic irradiation G (incident radiation) is given by Eq. 14:
�
G(�x, ν) = I(�x, ω
� , ν)dΩ(�
ω) (14)
4π
The radiative transfer is described by the RTE equation Eq. 1 and the solution of radiative intensity is obtained
by Eqs. 5-7. The MC algorithm used previously followed forwardly the rays from the source to the detector.
Here, to obtain a better convergence of the MC, we are going to build an algorithm that follows reversely
the bundles of rays from the estimation location to the source. The computational domain considered is the
slab of TiO2 suspension in water enclosed between PMMA walls. Time reversal of the scattering, reflection
and refraction events are assumed fulfilled for interfaces at local thermodynamic equilibrium. In addition,
because the source is collimated we use the radiative intensity splitting technique otherwise there would be a
null probability to go back to the source direction. This technique considers two contributions: 1) the radiative
contribution coming from the source directly, Id , without being previously scattered or reflected; 2) the diffuse
contribution of incident radiation being scattered or reflected at least once, Is .
I(�x, ω
� , ν) = Id (�x, ω
� , ν) + Is (�x, ω
� , ν) (15)
Replacing the expression of I given by Eq. 15 in Eq.14, and using Eq. 5 and Eq. 7, one obtains:
with Iν,o the monochromatic directional and collimated radiation source, �xo := �x − τo ω
� o , and Tit the transmit-
tivity of the PMMA interfaces with air and water (see Eq. 7). In the following we drop the spectral dependency
assuming all quantities are monochromatic. Inside the slab the scattered intensity may have contributions from
volumetric scattering and interface reflection:
� ∞ � � τ � �
Is (�x, −�
ω) = dτ exp − β(�x + τ � ω
� )dτ � κs (�x� )
0
�0
�
H(�x ∈ ∂Iit ) dΩ(� ω � ) fit (�x� , −�ω |�ω � ) |�n(�x� ) · ω
� � |I(�x� , ω
� �) (19)
4π
� �
� � � � � �
+H(�x ∈ V ) dΩ(�ω ) pΩ� (�x , −� ω |�
ω ) I(�x , ω � )
4π
with �x� := �x + τ ω
� , and H(�x� ∈ ∂Iit ) means the bundle of rays intersects an interface (reflection or refraction
can occur), and H(�x� ∈ V ) means a scattering event occurs inside the semi-transparent media V . The function
H(·) is equal to one if the condition inside is true and zero otherwise. The Bidirectional Scattering Distribution
Function (BSDF) fit is the sum of the Bidirectional Reflection Distribution Function (BRDF) and the Bidi-
rectional Transmission Distribution Function (BTDF). The expression of diffuse intensity includes the total
6
radiative intensity (Eq. 15) which leads to:
� � ∞ � � τ � �
� � �
Gs (�x) = dΩ(�ω) dτ exp − β(�x + τ ω � )dτ κs (�x )
4π 0 0
�
H(�x� ∈ ∂Iit ) dΩ(� ω � ) fit (�x� , −�ω |�ω � ) |�n(�x� ) · ω
� �| (20)
� 4π � ��
�
+H(�x ∈ V ) ω � ) pΩ� (�x� , −�
dΩ(� ω � ) Go (�x� )δ(�
ω |� ω� − ω� o ) + Is (�x� , ω
� �)
4π
Figure 3 gives a schematic representation of the reverse MC algorithm where the direct and scattered con-
tributions are highlighted. The ray bundles are followed in backward direction from the endpoint �xi (with i
the number of direction changes) to the source (�xo , ω
� o ). Numbering of the reflected points and directions is
increasing from the endpoint to origin. Assuming a collimated source normal to the slab (and −�
ω=ω
� 1 ) the
PMMA plate
TiO2 suspension in water Y
G(x�0 , ν)
ω
�0
�x5
�x4 ω
�5
ω
�1 ω
�4
�n Φo
�x1
ω
�o
ω
�3
�x3 Collimated
Source
ω
�2
�x2
X Air Air
�xpa �xwp �xpw 0 �xap
Figure 3: Schematic of one possible MC realization of a bundle of rays path incident at location � x0 inside the TiO2 suspension in
water enclosed between PMMA plates. The reverse algorithm is used to compute the incident radiation G (Eq.14). One possible
path is drawn: The bundle of rays travels backward from � x0 to the source and it is scattered, reflected and refracted. In addition
to the starting location, at each scattering events a direct contribution is added (�x2 , �
x3 and �x4 ). When intersection with PMMA
interface occurs, a Bernoulli sampling is used to decide whether it is refracted (such as at �
x5 ) or reflected (such as at �
x1 , with local
normal �n). Because there is a null probability the bundle exits the PMMA in the collimated direction, the MC realization stops
when leaving the PMMA plates in air.
7
The recursive diffuse intensity with the PDFs are given below:
� ∞ � �
Is (�xi−1 , ω
� i) = pLi dτi Ta,i H(�xi ∈ ∂Iit ) pFi dΩ(�
ωi+1 ) Is (�xi , ω
� i+1 ) (22)
0 4π
� � ��
+H(�xi ∈ V ) Go (�xi )pΩi (�xi , ω
� i |�
ωo ) + dΩ(�ωi+1 ) pΩi+1 (�xi , ω � i |�
ωi+1 ) Is (�xi , ω
� i+1 )
4π
pFi (�xi , ω
� i |�
ωi+1 ) = fit (�
ωi |�
ωi+1 , �ni ) |�n(�xi ) · ω
� i+1 | (23)
1
pΩ (�xi ) = (24)
4π � � τi �
pLi (�xi ) = κs (�xi ) exp − κs (�x + τ � ω
� )dτ � (25)
0
� �τ �
and Ta,i = exp − 0 i κ(�xi−1 − τ � ω
� i )dτ � is the absorption transmittivity along the path. In addition, pΩi is
the PDF corresponding to the particle suspension phase function computed from the Mie theory. Assuming
smooth interfaces and specular reflection/refraction, the BSDF is expressed as the sum of BRDF and BTDF:
� �2
�� �� n(�ωi )
fit (�
ωi |�
ωi+1 ) = H(�
ωi · ω
� i+1 < 0) ρ (�
ωi |�
ωi+1 ) + H(�
ωi · ω
� i+1 > 0) τ (�
ωi |�
ωi+1 ) (26)
n(�
ωi+1 )
� ωi , �ni )
� �
F r(�
ωi+1 ) δ ω � i+1 − R(�
ρ�� (�
ωi |�
ωi+1 ) = (27)
|�n(x�i ) · ω
� i+1 |
� i+1 − T� (�
� �
(1 − F r(�ωi+1 )) δ ω ωi , �ni )
τ �� (�
ωi |�
ωi+1 ) = (28)
|�n(x�i ) · ω
� i+1 |
At each interface, the MC algorithm choose with a Bernoulli trial whether the ray is reflected or transmitted by
refraction. When transmitted the intensity is modified with the square of the refractive index ratio to account
for compression or expansion of the beam elementary solid angle. Thus, G is estimated by the following MC
estimate G̃(�x):
The algorithm consists in adding up the source contributions, from the starting point and at each scattering
location, and multiply it by the absorption transmittivity of the path and the probability of the source scattering.
At each interface a direction is sampled (reflection or refraction) that does not modify the MC weight and the
probability to continue the ray qj is set to one except when the ray is leaving in air and when there is TIR. In
such cases, qj is zero and the algorithm is stopped.
The pseudo-code of the algorithm is given in Algorithm 2.
8
Algorithm 2: Algorithm to compute MC estimate G̃
Data: Geometry �x0 , �xpa , �xwp , �xpw , �xap ; radiative properties κ, κs , pΩ , Tit ; Source Io
Result: G̃(�x0 ) and σ̃G̃
1 Compute the direct contribution at starting point: Go (� x0 )
/* Loop on the number of Monte-Carlo realizations */
2 for i = 1 to N do
3 Initialization: k = 0; Wi = 0; Ta = 1; Stop = F alse; hit = 0
4 Sample uniformily a direction ω � 0 with pΩ
/* Loop until end of ray path */
5 while Stop == F alse do
6 k =k+1
7 hit = 0
8 From �x0 and ω � 0 compute next intersection length �it
/* Loop until the ray reaches a water-PMMA interface */
9 while hit == 0 do
10 Sample the scattering length τk with pLk
11 if τk < �it then
12 �xk = �xk−1 − τk ω�k
13 Update transmittivity Ta = Ta exp[−κ τk ]
14 Update MC weight: Wi,k = Ta Go (�xk ) pΩk (� ωk |�
ωo )
15 Sample a scattering direction ω � k+1 with pΩk+1
16 From −� ωk+1 compute next intersection length �it
17 k =k+1
18 else
19 hit = 1
20 Update the MC weight: Ta = Ta exp[−κ�it ]
21 end
22 end
23 Identify the refractive indexes of both sides of the interface
24 Compute the interface reflectivity ρi→t
25 Sample between refraction and reflection and compute ω � k+1
26 if TIR .or. Ray leaves then
27 ni = k
28 Stop = T rue
29 end
30 end � ni
31 Wi = 4π k=1 Wi,k
32 Vi = Wi2
33 end
�N
34 G̃ = Go (� x0 ) + N1 i=1 Wi
� �
1 1 N 2
35 σ̃G̃ = √ N i=1 Vi − G̃
N −1
9
3. References
References
[1] E. Veach, Robust monte carlo methods for light transport simulation.
[2] M. Pauly, T. Kollig, A. Keller, Metropolis light transport for participating media, in: B. Péroche,
H. Rushmeier (Eds.), Rendering Techniques 2000, Springer Vienna, Vienna, 2000, pp. 11–22. doi:
10.1007/978-3-7091-6303-0_2.
[3] J. Delatorre, G. Baud, J. J. Bézian, S. Blanco, C. Caliot, J. F. Cornet, C. Coustet, J. Dauchet, M. El Hafi,
V. Eymet, R. Fournier, J. Gautrais, O. Gourmel, D. Joseph, N. Meilhac, A. Pajot, M. Paulin, P. Perez,
B. Piaud, M. Roger, J. Rolland, F. Veynandt, S. Weitz, Monte Carlo advances and concentrated solar
applications, Solar Energy 103 (2014) 653–681. doi:10.1016/[Link].2013.02.035.
10
Résumé en français
determined. Two reactors are studied: a plug-flow one and a perfectly well-mixed one.
Knowing the models of their hydrodynamics and their kinetics, the combination of all
of them is validated and then applied on photo-degradation experiments of caffeine
under dynamic light operating conditions, representative of real solar light.
The last purpose is to test the composite material in a continuous-mode
photoreactor submitted to cycles alternating light and dark periods. The ability of the
composite to degrade and regenerate is evidenced.