L'inflation en Algérie (1990-2017)
L'inflation en Algérie (1990-2017)
SCIENCES DE GESTION
Membre du jury
Président : Mr ABIDI Mohamed, MCB, UMMTO.
Rapporteur : Mme SBIHI Djamila, MAA, UMMTO.
Examinatrice : Mme LARBES Melha, MAA, UMMTO.
GGAR Rosa MRAA
Promotion 2017-2018
Remerciements
Nous tenons tout d’abord à exprimer toute notre reconnaissance à notre encadreur Mme
SBIHI Djamila pour la disponibilité, la patience et le soutien qu’elle nous a apporté tout au
long de ce travail. Sa rigueur scientifique nous a été d’une grande aide sur le plan
méthodologique. Ses remarques pertinentes ont été essentielles pour l’achèvement de ce
travail.
Nous remercions également les membres du jury, Mr ABIDI Mohamed et Mme LARBES
Melha pour avoir bien voulu présider ce jury.
DEDICACES
Je tiens tout d’abord à remercier Dieu le tout puissant, qui m’a donné la santé, la force et la
patience d’accomplir ce travail de recherche.
Je dédie ce modeste travail :
A mon cher père : Monsieur ABANI Abdourahamane, qui m’a toujours soutenu et
encouragé tout au long du mon parcours d’étude, et qui s'est sacrifié pour mon bonheur et ma
réussite ;
A ma chère mère : Madame PAUL Paulette, qui a veillé tout au long de ma vie à
m’encourager, à m'aider et à me protéger ;
A ma chère binôme : TOURE Habibatou ;
A mes adorables frère et sœur : Ousmane et Hadiza ;
A toute la famille TOURE ;
A toute ma famille ;
A tous mes amis (es) et proche plus particulièrement SYLLA Mahamadou ;
Et à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de ce travail.
Nafissa
Dédicaces
Louange à « Allah » qui m’a guidé sur le droit chemin tout au long du travail et m’a inspiré
les bons pas et les justes réflexes. Sans sa miséricorde, ce travail n’aura pas abouti.
A mon défunt père: que la terre te soit légère ! Puisse ce travail constituer une légère
compensation pour tous tes nobles sacrifices. Que ce travail soit l’expression de ma
profonde gratitude et ma grande considération pour le plus dévoué des pères que tu as été.
Puisse dieu t’accorder le paradis.
A mes adorables frères et sœurs: merci pour le soutien, les conseils et tous.
Habibatou
Liste des abréviations
Introduction générale……………………………………………………..2
CHAPITRE 1: Généralités sur l’inflation ……………………………………………..6
Introduction………………………………………………………………………………6
Section 1 : L’inflation, ses types et ses mesures…………………………………………..6
Section 2 : Les causes et les conséquences de l’inflation .................................................. 17
Section 3 : Les politiques de lutte contre l’inflation .......................................................... 26
Conclusion ......................................................................................................................... 28
CHAPITRE 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie……..….…31
Introduction ...................................................................................................................... 31
Section 1 : l’évolution des prix en Algérie et ses causes ................................................ 31
Section 2 : Les déterminants de l’inflation en Algérie ...................................................... 40
Section 3 : Les conséquences de l’inflation en Algérie ..................................................... 56
Conclusion ......................................................................................................................... 61
CHAPITRE 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la politique
monétaire et ses résultats………………………………………………………..64
Introduction ...................................................................................................................... 64
Section 1 : Définitions et objectifs de la politique monétaire en Algérie .......................... 64
Section 2 : La politique monétaire durant la période 1990-2000 ...................................... 68
Section3 : La politique monétaire durant la période 2001-2017……………...………….73
Conclusion ......................................................................................................................... 80
Conclusion générale ...........................................................................................83
VIII
Introduction générale
Introduction générale
L’inflation fait partie des problèmes du siècle qui préoccupent les analystes et les
gouvernements, elle est devenue un sujet international, car sa difficulté a fait des débats sur
ses causes, ses conséquences et ses origines.
L’inflation peut être définie comme un accroissement général, durable et structurel du niveau
général des prix. Elle commence quand le processus de hausse des prix devient cumulatif et
incontrôlable, ce qui fait que le taux d'inflation est dès lors un indicateur de premier ordre
pour apprécier l'état d'une économie et pour mieux comprendre les mouvements de hausse des
prix des biens et services.
Il existe un niveau d’inflation au quel aucun pays ne peut échapper, qui est de l’ordre de 2%.
La crainte d’une inflation élevée (hyper inflation) qui rend l’argent quasiment sans valeur est
responsable de nombreuses souffrances humaines, alimentant les troubles sociaux et faisant
tomber les gouvernements.
L’inflation a longtemps monopolisé l'attention des économistes et des pouvoirs publics, et ce
depuis les écrits majeurs de Phillips (1958) sur les relations entre l’inflation des prix et le
chômage. L’économiste britannique N. Kaldor, dans les années 1960, qui rangeait l’inflation
parmi les quatre pôles de son « carré magique » censé représenter le « tableau de bord » d'une
économie au côté de la croissance, de l'emploi et de la situation des échanges extérieurs. Les
économistes et décideurs politiques ont alors manifesté un intérêt constant vis-à-vis de
l’inflation et sa dynamique, puisque la plupart voit dans l'inflation un phénomène négatif.
Ainsi, la hausse des prix stimule la consommation aux dépend de l'épargne et encourage les
investissements à caractère improductif ou spéculatif, ce qui freine le développement
économique.
Les Banques centrales n’ont pas une tâche facile du fait que c’est l’organe qui émet et
contrôle la masse monétaire en circulation, elles sont obligées de garantir la stabilité des prix
c’est-à-dire s’assurer que le taux de variation des prix est faible et régulier car l’instabilité des
prix est une source d’incertitude qui fausse le processus de décision économique et entrave la
croissance économique.
En Algérie, le phénomène inflationniste n’est pas nouveau, l’indice des prix à la
consommation a augmenté de 4,80% en 1970 jusqu’à 15,60% en 1978. Cette inflation connait
relativement une certaine augmentation à partir des années quatre vingt, et s’est accélérée
durant la décennie suivante, surtout après la décision de faire passer l’Algérie à l’économie de
marché le 1er janvier 1991, avant de connaitre durant les années 2000 une tendance baissière
et une certaine stabilité dans son évolution.
2
Introduction générale
La chute des prix du pétrole depuis mai 2014, a entrainé une augmentation de l’inflation de
2,9% jusqu’à 6,4% en décembre 2017.
L’inflation enregistre beaucoup d’effets négatifs. Cela amène les autorités à mettre en œuvre
un ensemble de politiques de lutte contre ce phénomène, mais la politique la plus utilisée en
Algérie est la politique monétaire, qui agit sur la liquidité par le biais des instruments
quantitatifs et qualitatifs, et dont l’objectif ultime est de maintenir la stabilité des prix,
autrement dit, de réaliser une progression limitée de l’indice des prix à la consommation, un
objectif qui s’avère difficile à réaliser.
En liaison avec ces questions, nous avons pu formuler certaines hypothèses, qui constitueront
les lignes directrices de notre recherche.
H1 : L’évolution des prix en Algérie a différentes causes selon les périodes étudiées.
H3 : Les mesures prises dans le cadre de la lutte contre l’inflation en Algérie ne sont pas
toujours efficaces.
Méthodologie et démarche
Dans le cadre de notre travail, nous avons mobilisé une approche conceptuelle qui consiste à
identifier le phénomène d’inflation d’une façon générale, et une approche empirique qui porte
3
Introduction générale
sur le cas de l’inflation en Algérie. Pour ce faire, nous avons adopté une méthode descriptive
et analytique.
Nous avons utilisé une revue de la documentation pertinente autour de la littérature la plus
récente possible d’une part et d’autre part, nous avons consulté les bases de données
statistiques tirées de différentes sources (Banque d’Algérie, Office National des
Statistiques…).
Plan du travail
Le premier chapitre porte sur des généralités sur l’inflation. La première section abordera
l’inflation, ses types et ses mesures, la deuxième section sera consacrée aux causes et aux
conséquences de l’inflation, et dans la dernière section nous présenterons les politiques de
lutte contre l’inflation.
Enfin, l’objet de notre dernier chapitre sera la politique de lutte contre l’inflation en Algérie
qui est la politique monétaire et ses résultats. Il sera divisé en trois sections, la première
section portera sur les définitions et les objectifs de la politique monétaire, la deuxième
section sera basée sur la politique monétaire en Algérie durant la période 1990-2000, et la
dernière section concernera la politique monétaire en Algérie durant la période 2001-2017.
4
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
INTRODUCTION
Diverses théories ont tenté de l’expliquer, elles ont été inspirées par les grands courants des
pensées qui traversent la science économique depuis plus d’un siècle. Les premiers
économistes qui se sont penchés sur les causes de la hausse des prix, furent tentés par
l’explication monétariste. Ce fut le cas de Jean Bodin (1568) qui attribua à l’afflux d’or et
d’argent en provenance d’Amérique la « cherté de toute chose ». Les effets négatifs de
l’inflation ont commencé à se faire sentir au 20ème siècle lors des guerres mondiales (1914-
1918 et 1940-1945), des guerres du Vietnam et du Moyen-Orient qui ont notamment entrainé
la crise pétrolière et avec toutes ses conséquences pour les jeunes Etats.
Dans ce chapitre, nous procèderons à la présentation des concepts de base liés à l’inflation,
notamment ses types et ses mesures, ensuite nous verrons ses causes et ses conséquences,
enfin nous aborderons les politiques de luttes contre l’inflation (politiques anti-
inflationnistes).
Dans cette première section, nous allons d’abord définir le concept d’inflation, puis nous
allons étudier ses différents types et mesures.
1-1 Définitions
Étymologiquement, le terme inflation vient du latin « inflare », qui signifie enfler ou encore
gonfler. Il désigne communément une augmentation générale, durable et auto-entretenue des
prix des biens et services1. En général il s’agit d’une mesure assez large telle que la hausse
globale des prix ou du coût de la vie dans un pays.
1
LESCURE. J, «La relation mystérieuse entre inflation et chômage», The Economic Journal, 2001, vol 111,
numéro 471, p. 7.
6
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
L’inflation est considérée comme : « un déséquilibre global qui se traduit par une
augmentation générale des prix qui fait intervenir toutes les parties et tous les mécanismes de
l’économie (production, revenu, prix) »1
« L’inflation est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation
générale et durable des prix »2. La perte de valeur des unités de monnaie est un phénomène
qui frappe l’économie nationale dans son ensemble, sans discrimination entre les catégories
d’agents.
Quel que soit le contexte, l’inflation mesure le renchérissement (hausse des prix) d’un groupe
de biens et/ou de services sur une période, en général une année. Il faut bien insister sur le fait
que, pour qu’il y ait inflation, il faut que la hausse de prix soit persistante.
- Augmentation générale : la hausse des prix doit affecter la totalité des biens en
circulation et services proposés.
- Augmentation durable : une augmentation des prix pendant quelques mois n’est pas
constitutive d’inflation, il en est ainsi des hausses saisonnières des prix (fruits en hiver,
location en été). Le relèvement des tarifs doit résulter d’un déséquilibre prolongé.
- Augmentation auto-entretenue : l’augmentation du prix des matières premières ou
produits semi-finis rejaillit nécessairement sur le prix des produits finis (ainsi le prix
du blé a une influence directe sur le prix du pain).3
Bien que le terme d’inflation soit nouveau, le phénomène lui-même est ancien car il est
apparu au :
- IIIème Siècle, l’empire romain occidentale a connu une grave crise économique et
politique provoquée par la hausse des prix des produits alimentaires.
- XIVème Siècle, l’Espagne a vu une élévation des prix qui s’est répandue dans toute
l’Europe. C’est cette inflation que Jean Bodin (1568) a tenté d’expliquer en
l’impliquant à l’afflux des métaux précieux en provenance du nouveau monde.
1 ème
JOEL. J, «Introduction à la macroéconomie », 2 édition, De Boeck & Larcier S.A, Paris, 1998, p. 371.
2
ALAIN. B, CHRISTINE. D, «Dictionnaire des sciences économiques », Editeur : Armande Colin, Paris, 1991, p.
140.
3 ème
S. D’Agostino, M. Montoussé, « L’indispensable en économie et histoire des sociétés contemporaines », 2
année, Edition : Bréal, 2004, p. 45.
7
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
- XIXe Siècle, l’inflation n’a touché que les pays capitalistes et elle s’est manifestée
pendant les guerres et les crises.
- XXe Siècle, l’inflation a été forte lors des années après guerres que durant les années
de guerre : il y a eu une multiplication par 22 entre 1939 et 1952...au total les épisodes
inflationnistes causés par les deux guerres mondiales correspondent à des prix
multipliés par plus de 100.1
Après avoir vu quelques définitions de l’inflation nous allons définir des concepts qui lui sont
liés.
1 ème
PIKETTY. T, « Les hauts revenus en France au XX Siècle : intégralité et redistribution, 1901-1998 », Edition :
Hachettes littératures, 2006, p. 32.
2
Ibid., p. 34.
8
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
Après avoir énuméré les définitions et les concepts liés à l’inflation, nous allons
étudier les différents types d’inflation.
- d’une part dans certaines branches de l’économie qui connaissent une rareté dans
certains biens. Cette rareté, va être la cause de l’augmentation du coût de production
des marchandises utilisant ce bien, ce qui implique l’augmentation des prix. Dans ce
cas-là il y aura des revendications sociales, l’Etat se verra donc dans l’obligation
d’augmenter les salaires, mais si cette masse salariale est plus importante que la valeur
1
ANDRE. G, «Le monde d’une crise à l’autre », Montreuil : Bréal, 1984, p. 237.
9
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
des produits existants sur les marchés elle va conduire automatiquement à un autre
accroissement des prix1 ;
- d’autre part ce sont les anticipations, des fois non raisonnables, de la part des acteurs
économiques sur de nouvelles hausses des prix, qui vont être à l’origine de ce genre
d’inflation. Ces derniers ont un taux de croissance qui varie entre plus de 5 % et sans
dépasser 10% par an. Dans ce cas-là les consommateurs achètent les marchandises
pour éviter de les payer à des prix très élevés à l’avenir. Sous une inflation « ouverte »
le système des prix a la liberté de s’ajuster pour résorber le déséquilibre entre la
demande et l’offre. Le premier méfait de l’inflation ouverte est l’inefficacité, ou la
perte de rendement social qu’elle cause. Le second méfait est qu’elle peut être très
destructrice, car il y aura toujours une course entre les prix et les salaires. Chaque fois
qu’il y a augmentation des prix, les salaires voudront rattraper cette augmentation.2
1
Septième congrès des Relations Industrielles de Laval, « salaires et prix », Edition : Presse Université Laval,
1952, p. 18.
2
DEHEM. R, « L’inflation : nature, causes et espèces », Septièmes congrès des relations industrielles, Edition :
Les presses de l’Université de Laval, 1952, p. 18.
3
ROBINSON. J, JOHN. E, « L’économie moderne », Edition : Ediscience, Paris, p. 382.
10
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
1
DAGUT. J. L, « 500 Notions économiques indispensables », Edition : Studyrama, 2005, p. 110.
2
CLERC. D, « Dictionnaire des questions économiques », Edition de l’Atelier, 1997, p. 164.
11
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
1
Organisation de coopération et de développement économique, « Principaux indicateurs économiques :
Sources et définitions », OECD Publishing 2000, p. 176.
2
DION. G, « Dictionnaire canadien des relations du travail », Edition : Presses Université Laval, 1986, p. 258.
3
International Monetary Fund Statistic Dept, « Système de statistiques des comptes macroéconomiques : vue
d’ensemble », Edition : International Monetary Fund, 2007, p. 35.
12
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
1
International Labour Office, « Manuel de l’indice des prix à la consommation : Théorie et pratique», Edition :
International Monetary Fund, 2004, p. 269.
13
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
L’indice des prix à la consommation national ou IPCN est un indicateur économique qui
mesure objectivement l’évolution au cours des temps, des prix d’un panier des produits et
services achetés par les consommateurs et ménages. Censé être représentatif de leur
consommation, cet indicateur mesure la variation du niveau des prix de ce panier entre deux
périodes, la première étant prise comme référence.
Cette variation du niveau de prix est mesurée à une période déterminée en valeur relative. En
d’autres mots, pour mesurer l’évolution des prix à la consommation, le niveau absolu des prix
à un moment donné ne compte pas. Ce qui compte, c’est la comparaison avec le niveau des
prix à la consommation durant une période précédente.1
Le calcul de l’indice des prix à la consommation se déroule en deux étapes :
Première étape : on calcul les indices d’agrégats élémentaires
Deuxième étape : on calcul les indices du niveau supérieur en effectuant une moyenne des
indices de la première étape.
Concernant les agrégats élémentaires, sont des groupes de biens et services relativement
homogènes et aussi semblables que possible. Les produits élémentaires sont généralement
représentatifs des mouvements de prix de tous les produits réunis au sein de cet agrégat. Le
nombre de produits élémentaires doit être important pour que l’indice soit statistiquement
fiable.
Il existe plusieurs méthodes permettant d’obtenir des agrégats élémentaires :
- Le ratio des prix moyens : le prix moyen d’un échantillon d’observations sur la
période courante est comparé à celui du même échantillon sur la période précédente et
pour que le résultat soit correct, il est essentiel que les échantillons de variétés soient
identiques sur deux périodes. Sinon l’indice sera biaisé (faussé).
- La moyenne des rapports des prix : nous comparons chacun des prix à son prix
correspondant sur une période de base, de manière à obtenir un rapport de prix pour
chaque observation. Ces rapports de prix sont ensuite pondérés ensemble au moyen de
la formule de Laspeyres standard ou modifié.
- La moyenne géométrique : nous calculons la moyenne géométrique des prix sur les
deux périodes considérées, puis le rapport des prix, ou bien nous établissons la
moyenne géométrique des rapports des prix. Nous parvenons au même résultat dans
les deux cas.
1
VANDENABEELE. P, « 50 questions et réponses sur le loyer et son indexation», Edition : Kluwer, 2002, p. 57.
14
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
Les agrégats élémentaires obtenus sont combinés au moyen d’une formule d’indices et de
pondération sur la base des dépenses de la population concernée.
Pour calculer les agrégats de niveau supérieur, c’est les indices d’agrégats élémentaires ainsi
que les pondérations calculées à partir des valeurs des agrégats élémentaires d’une ou
plusieurs années qui sont pris en considération. Ils sont calculés sous forme de moyennes
arithmétiques pondérées d’indices d’agrégats élémentaires. Calculer (L’IPC) par les instituts
de statistiques, ces derniers vont d’abord rassembler et sonder, les prix de plusieurs biens et
services, en une seule mesure : la moyenne générale des prix.
Mais le problème rencontré est que les consommateurs n’achètent pas la même quantité de
biens X et de biens Y. Il y a toujours une préférence pour un bien qu’un autre. Par exemple
nous achetons plus de biens X que de biens Y. Donc la pondération de X devrait être
supérieure à celle de Y dans le calcul de l’IPC. Si cette différence est prise en considération
l’IPC calculera correctement le prix d’un panier de bien.
Exemple :
Si le consommateur pris dans l’échantillon achète 05 pommes et 02 oranges chaque mois son
panier de biens est donc 05 pommes et 02 oranges. L’IPC se calcul comme suit :
∗
IPC=
∗
Dans cet exemple l’année de base de l’IPC est 2002. L’IPC nous dit donc combien il a couté
d’acheter 05 pommes et 02 oranges par rapport à ce qu’ils coûtaient en 2002 pour acheter le
même panier de fruits.1
Cependant il existe le déflateur du PIB qui permet aussi de mesurer les prix des biens et
services.
1
MANKIW. G. N, « Macroéconomie », Edition de Boeck université, 2003, p. 37.
15
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
! "#$%"&'
é =
! (é)'
- Le PIB nominal : est la valeur des biens et des services finals produits au cours d’une
année donnée aux prix pratiqués cette année-là (aux prix de marché).
- Le PIB réel : est la valeur des biens et services finals produits au cours d’une année
calculée en prix constant (réel).
1
MANKIW. G. N, [Link]., p.39.
16
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
Toutefois, c’est bien l’indice des prix à la consommation qui est retenu pour calculer
l’inflation.
Dans la prochaine section, nous allons d’abord déterminer les différentes causes de l’inflation,
ensuite nous verrons les conséquences qu’elle peut avoir sur l’économie.
17
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
de leurs investissements ; une politique de relance économique de l’Etat fondée sur le déficit
budgétaire, financée par l’émission de monnaie.
L’insuffisance de l’offre est quant à elle liée à l’environnement. Des facteurs accidentels tels
que les guerres peuvent provoquer des pénuries temporaires, à l’Etat, manque d’infrastructure,
formation de la main d’œuvre insuffisante, ou aux entreprises, capacité de production
insuffisante, technique de production trop rigide1.
- la hausse du coût du facteur travail, la pression des syndicats peut entrainer une
augmentation des salaires, les charges patronales peuvent être importantes ;
- la hausse du prix du facteur capital, le coût du capital est déterminé par le rythme des
amortissements des investissements ;
- la hausse du prix des matières premières, ceci est liée au degré de dépendance des
activités et des économies, exemple du pétrole. L’inflation importée désigne
1
BEAUDU. A, « Les déterminants de l’inflation en France », Problèmes économiques n° 2871,2005, p. 33.
2
JUBIN. P, BOCCON. A, JIBOD, «L’inflation des coûts », Revue économique, [Link], Volume13, numéro1,
1965, p. 23.
18
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
l’augmentation du niveau général des prix consécutifs à une augmentation du coût des
produits importés ;
- un coût élevé des interventions publiques, l’Etat influence les coûts par le biais de la
fiscalité ou de sa politique tarifaire, peut générer une hausse de l’inflation.
1
AFFILE. B, GENTIL. C, « Les grandes questions de l’économie contemporaine », Edition : l’Etudiant, 2007, p.
104.
2
ALBERTINI. J. M, « Les rouages de l’économie », Edition de l’Atelier, 2008, p. 249.
3
GENARD. A, « Economie générale : Approche macroéconomique », Edition de Boeck, 2005, p. 36.
19
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
1
BEAUDU. A, [Link]., p. 38.
2
BERNIER. B, SIMON. Y, « Initiation à la macroéconomie », 9eme édition, Dunod, Paris, 2007, p. 310.
20
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
L’inflation conjoncturelle peut être combattue avec succès par une politique monétaire et
réagira favorablement dans le court terme en atteignant un niveau satisfaisant de stabilité
économique. Cependant si l’inflation est structurelle, tout effort pour la combattre en utilisant
les politiques monétaires orthodoxes aura des résultats complètement contradictoires.2 (C.
Dagum.1969).
Après avoir étudié les phénomènes qui sont à l’origine de l’inflation, nous allons voir les
effets qu’elle peut produire.
1
DUTHIL. G, «Les politiques salariales en France 1960-1992», Edition : L’harmattan, 1993, p. 33.
2
DAGUM. C, « Inflation, efficacité économique et bien être social. Une étude de cas : l’Argentine », Persée
Revue scientifique vol 10, numéro 39, 1969, p. 513.
21
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
2-2-1-2 Les effets sur les réductions de l’attractivité économique et la compétitivité des
entreprises nationales
Elle conduit à procéder à des réajustements monétaires. Dans le cas européen, le système de
taux de change flottant ne permet plus d’utiliser la dévaluation comme une arme de
compétitivité. La gestion de l’Euro et la politique monétaire sont désormais confiées à la
Banque Centrale Européenne, qui par la variation des taux d’intérêt, peut intervenir pour
stabiliser les prix. Toutefois, les différentiels de prix à l’intérieur de la zone euro pénalisent
les pays qui font le plus d’effort en matière d’inflation (France, Allemagne) au profit de ceux
qui en font le moins (Irlande). Dans la sphère mondiale, le système de taux de change flottant
1
Flash-Eco, « Inflation financière : l’heure des choix », crédit agricole, 14 mai, Repris des Problèmes
économiques n° 2856,2004, p. 26.
22
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
(dollar, euro, yen) enregistre le différentiel d’inflation entre les différentes zones économiques
et peut conduire à des différentiels d’attractivité et de compétitivité1.
1
Ibid., p.26.
2
Ibid., p.27.
3
LE CACHEUX. J, « Inflation », Encyclopaedia Universalis, consulté le 13 juin 2018, URL :
[Link] p. 12.
23
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
supérieures aux gains de productivité. En effet, lorsque les hausses salariales sont supérieures
aux gains de productivité, la part des profits dans la valeur ajoutée diminue, ce qui incite les
entreprises à diminuer leur demande de main d’œuvre1.
Les conséquences de l’inflation sont multiples et leurs impacts sont plus ou moins prononcés
sur l’activité économique. Ses dernières peuvent aussi être positives.
1
Ibid., p.15.
24
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
A l’inverse, il y’a perte d’une partie de la valeur de la dette pour les créanciers qui vont se
faire rembourser le montant de leurs créances avec une monnaie qui aura moins de valeur
qu’au moment où l’opération de prêt a été effectuée.
De même, les ménages ayant souscrit à un emprunt à taux variable vont eux subir les effets
d’une hausse de taux par la banque centrale si celle-ci décide d’augmenter ses taux directeurs.
L’emprunteur à taux variable aura alors un pourcentage d’intérêt plus important à rembourser
qu’au moment où le prêt lui a été accordé1.
L’inflation en soit n’est pas mauvaise car elle est signe de croissance économique à un certain
niveau. Toutefois, cette inflation doit être modérée et ne pas dépasser le taux de croissance du
PIB. Le taux de croissance réel d’un pays se calcule de la manière suivante :
Taux de croissance réel = taux de croissance du PIB – taux de croissance de l’inflation.
Si le taux d’inflation est supérieur au taux de croissance du PIB, alors l’économie réelle est en
récession.
1
DUPRAY. B, «Revue Central Charts », disponible sur : https:/ [Link] , consultée le
15/09/2018, p. 3.
25
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
importante. Pour les autres types d’actifs, le principe est le même. A l’inverse, les
investisseurs paieront plus chère pour acquérir un bien ou un actif1.
Au vue de tout ce qui précède, l’inflation a des effets positifs mais beaucoup plus d’effets
négatifs, c’est dans ce sens que les autorités monétaires et l’Etat ont mis en œuvre des
politiques de lutte contre l’inflation.
La diversité des origines du processus inflationniste conduit les Pouvoirs Publics à mettre en
place de multiples instruments pour lutter tant contre les causes que contre les effets de
l’inflation.
Deux grands types de politiques sont principalement utilisés : les politiques de régulation
conjoncturelle et les politiques de régulation structurelle de l’évolution des prix.
1
DUPRAY. B, [Link]., p. 5.
26
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
Dans un double souci d’économie budgétaire et de recherche d’une plus grande efficacité
économique, l’Etat peut se désengager peu à peu de certains domaines d’activité. Les
mouvements de privatisation et de déréglementation qui constituent un processus global de
dérégulation participent de la sorte à une politique de lutte contre l’inflation1.
1
SARAH. A, «Exposé macroéconomique : l’inflation», Institut National des Statistiques et d’Economie
Appliquée, Maroc, 2009, p.11.
2
SARAH. A, [Link]., p. 12.
27
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
- Tout d’abord parce que le blocage, s’il brise momentanément l’inflation, ne permet
pas de la juguler durablement ;
- Ensuite parce que toute administration des prix est peu rationnelle dans une économie
de marché où la liberté de fixation des prix est érigée en principe.
Conclusion
L’inflation est un sujet-clé de la recherche économique, son contrôle est un problème de
première importance. Etant donnés les coûts de l’inflation, la théorie économique a pointé son
attention sur l’origine de celle-ci, son développement et son contrôle.
Plusieurs approches sont élaborées pour analyser et expliquer le phénomène inflationniste.
Dans la théorie quantitative de la monnaie, le niveau des prix dépend exclusivement de la
quantité de monnaie en circulation. Les monétaristes suggèrent que la masse monétaire est
1
JEAN-PIERRE. T, « Revue L’inflation (2) : les politiques de lutte contre l’inflation », Disponible sur :
https:/[Link], Consulté le 01/09/2018, p. 3.
2
JEAN-PIERRE. T, [Link]., p. 4.
28
CHAPITRE 1 : Généralités sur l’inflation
toujours à l’origine de l’inflation, et que l’instrument le mieux approprié pour stabiliser les
prix est le contrôle de la masse monétaire en circulation.
L’approche monétariste attire l’attention sur le fait qu’en règle générale, l’inflation ne peut
pas se développer sans une certaine expansion de la quantité de monnaie ; il faut bien que les
agents trouvent quelque part les moyens de paiement nécessaires à l’achat des biens et
services dont le prix moyen augmente. Dès lors, quelles que soient les causes fondamentales
de l’inflation, la création monétaire en constitue une condition permissive que le
gouvernement peut contrôler par la politique monétaire.
Les études récentes soulignent l’importance des variables monétaires et les prix à
l’importation ainsi que le taux de change dans l’explication de l’inflation.
L’inflation est un phénomène dont souffre l’Algérie, ce qui nous pousse à étudier dans le
deuxième chapitre, l’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie.
29
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants
de l’inflation en Algérie
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
Introduction
L’inflation est le problème économique le plus important de notre temps, par ce qu’elle
touche à des degrés divers non seulement tous les pays du monde, mais aussi les catégories
sociales et professionnelles d’une nation. C’est aussi un phénomène complexe aux aspects
variés et omniprésent dans la vie économique. Le phénomène inflationniste en Algérie
remonte au début des années 1980 et a continué à évoluer jusqu’à nos jours. En effet, le
contre-choc pétrolier de 1986 a porté un coup dur à une économie quasiment rentière,
dangereusement accélérée durant la décennie suivante après la décision de faire passer
l’Algérie à l’économie de marché. C’est avec la mise en œuvre de la politique de
développement que les prémices de ce phénomène sont apparues.
L’objet de ce deuxième chapitre est de montrer dans un premier temps l’évolution des prix en
Algérie et ses causes, dans un deuxième temps d’étudier les différents déterminants de
l’inflation en Algérie, et enfin nous verrons les conséquences de ce phénomène en Algérie.
L’objectif de la section est de présenter l’évolution des prix en Algérie pendant la période
1990-2017. Il s’agit également de tenter d’expliquer les causes qui ont mené à la hausse des
prix. Nous avons partagé cette évolution en quatre périodes en fonction des variations des prix
afin de faciliter notre analyse.
31
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
L’Algérie a connu durant cette période (1990-1995) une inflation galopante, le taux
d’inflation annuel passant de 16,65% en 1990 à 25,88% en 1991 pour atteindre un pic de
31,66% en 1992, qui est l’année où l’Algérie a connu le plus haut niveau d’inflation depuis
l’indépendance.
Nous pouvons expliquer cette hausse par deux facteurs :
A partir de 1992, le taux d’inflation a baissé suite à une diminution de la masse monétaire, il
passe à 20,54% en 1993 grâce à une conjoncture économique favorable (subvention des prix
des produits de première nécessité par l’Etat), puis remonte à 29,04% en 1994 et reste stable
jusqu’en 1995 où il est à 29,77%1.
1
SAMI. S, HOSSEIN, DIAF, «Essaie de modélisation de l’inflation en Algérie», Mémoire de Master, Economie et
finance, INPS ALGER, 2007, p. 40, Format PDF, Disponible sur : [Link] (consulté le
11/09/2018).
32
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
économique se sont globalement soldés par un échec dans la mesure où, à partir du mois
d'avril 1994 et sous la pression considérable de la contrainte financière extérieure, les
autorités algériennes ont été obligées de recourir à l'appui des I.F.I ainsi qu'au
rééchelonnement de la dette extérieure. Ce dernier rapprochement des I.F.I s'est traduit par la
signature de deux accords1:
• Un accord de confirmation (plus connu sous l'appellation d'accord "stand-by") pour
une durée d'une année (avril 1994 - mars 1995);
• Un accord de facilité de financement élargie (plus connu sous l'appellation de
programme d'ajustement structurel) pour une période de trois années successives
(avril 1995 - mars 1998).
La signature de ces deux accords avec le FMI (Fonds Monétaire International) a permis à
l'Algérie de rééchelonner sa dette extérieure auprès du Club de Paris et du Club de Londres
qui sont des instances spécialisées respectivement dans la gestion de la dette internationale
publique et privée.
L'adoption des programmes de stabilisation et d'ajustement structurel n'a de sens que si elle
contribue à la réalisation de deux objectifs majeurs dans le cas particulier de l'économie
algérienne:
• A moyen terme, il s'agit de réunir les conditions favorables pour une relance
économique permettant de promouvoir une croissance soutenue et de redynamiser
l'emploi;
• A long terme, et à la faveur de l'impact du programme d'ajustement structurel sur les
structures, il s'agit d'engendrer les variables d'ajustement qui permettent d'atténuer la
forte emprise des hydrocarbures sur l'économie algérienne, et ce, à travers le
développement d'une structure aussi diversifiée que possible. En d'autres termes, il
s'agit de réussir le passage d'une économie rentière fondée sur l'exploitation des
hydrocarbures en tant que ressource non renouvelable à une économie productive
fondée sur l'exploitation de ressources perpétuellement renouvelables2.
Dans ce contexte l’Etat était amené à améliorer sa situation économique et à laisser
tomber le système de réglementation des prix en avril 1994, pour la libéralisation des
prix ; cette suppression du contrôle sur les marges bénéficiaires a touché la majeur
1
FATIHA. T, «Réformes et transformations économiques en Algérie», Revue économique, Economie et finance,
Université Paris-nord, 2010, p. 22.
2
ZEMOURI. M, «La portée du succès du post-ajustement dans le cas de l’Algérie», Revue des sciences
économiques et de gestion, 2003, N° 2, p. 37.
33
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
partie des produits de base sauf le sucre, les céréales, les huiles comestibles et les
fournitures scolaires. La règlementation des prix est maintenue uniquement pour les
trois denrées alimentaires de base à savoir : la farine, la semoule et le lait.
L’élimination des subventions pour les produits alimentaires et énergétiques a
engendré une augmentation de leurs prix à raison de 100% entre 1994-1995 et de 60%
entre 1995-1996.
La libéralisation des échanges avec l’extérieur a été sanctionnée par une augmentation
dans la valeur des importations en 1994 et 1995 respectivement de 11,083 et 12,110
milliards de dinars sans atteindre toute fois le niveau enregistré en 1990 qui était de
15,472 milliards de dinars, ce qui conduit à une hausse du taux d’inflation pour
atteindre un niveau de 29,04% en 19941.
Sous l’effet de la libéralisation des prix et de la deuxième dévaluation du dinar après 1988
(la première dévaluation du dinar en 1988), le taux d’inflation s’est envolé à 31,66% en1992.
Mais il n’a pas tardé à chuter, il est passé à 29,77% en fin 1995, puis à 18,67% en 1996
jusqu’à atteindre 0,33% en 2000 qui est le taux le plus bas jamais enregistré jusqu’à nos jours.
Ces résultats montrent que la banque d’Algérie a pu gérer l’avènement de l’excès de liquidité
sur le marché monétaire algérien qui était la cause de la hausse des prix au début des années
2000.
Le recul du volume des importations est lié à la contraction des importations agricoles, à la
rationalisation des entreprises de leurs consommations intermédiaires pour pouvoir affronter
la concurrence qui commençait à faire son ancrage sur le marché local, et à la contraction de
1
HAMDI. D, HAMADI. A, «Analyse des déterminants de l’inflation en Algérie 1980-2013», Economie appliquée
et ingénierie financière, Master en sciences économiques, Université de Bejaia, 2013-2014, p. 38.
34
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
la valeur réelle des revenus des ménages. Ces différents évènements ont conduit à la baisse
du taux d’inflation en 1996 qui est estimé à 18,67%.
Cette stabilité des prix est le fruit du programme d’ajustement structurel appuyé par le FMI,
qui a comme objectif de stabiliser les prix à un niveau comparable à celui des partenaires
commerciaux.
Nous remarquons que l’inflation en 2001 a connu une hausse de 4,22% par rapport à l’année
2000 (0,33%). Cette hausse a été induite par les augmentations des salaires de la fonction
publique et le salaire national minimum garantit (SNMG) dans un contexte de rigidité de
l’offre et d’absence de réglementation de marchés. En effet, la satisfaction de la demande
passe de plus en plus par le recours aux importations qui se substituent à la production et par
une pratique de prix qui n’obéit pas aux règles de la concurrence.
Années 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Taux 1,41 2,58 3,56 1,63 2,53 3,52 4,44 5,74 3,91 4,52 8,9
d’inflation
(%)
Source : [Link]
1
SAMI. S, HOSSEIN, DIAF, Op. cit., p. 42.
35
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
L’Algérie a renforcé, d’une manière soutenue, la stabilité macro financière au cours des
années 2000-2005, tout en réalisant une performance économique robuste en terme de forte
croissance (plus de 5% en moyenne annuelle) et de maitrise de l’inflation 1,63% en 2005
grâce aux recettes pétrolières engrangées qui ont connu un boom sans précédent.
L’année 2003 a été caractérisée par la hausse des prix internationaux des produits agricoles,
résultats de la contraction de l’offre mondiale d’une part, et l’explosion de la demande sur les
marchés internationaux dont l’Algérie n’a pu couvrir que 35% de ses besoins alimentaires par
sa production nationale1.
L’inflation au premier semestre 2006 est générée essentiellement par la hausse des prix des
services (logement et charges, transport et communication), alors que celle des produits
alimentaires est modérée2.
L’évolution des prix en 2006 témoigne que l’inflation fondamentale reste modérée et
maitrisée, mais que la variation brute de l’indice est essentiellement générée par des hausses
saisonnières et éradique des prix des produits agricoles frais insuffisamment régulés3.
L’inflation observée en 2009 de 5,74% résulte de la hausse annuelle des prix des fonctions :
des alimentations, boissons non alcoolisées de 8,23%, habillements-chaussures de 0,44%,
logements-charges de 2,67%, meubles et articles d’ameublement de 1,82%, santé hygiène
1
Rapport de la Banque d’Algérie, «Evolution économique et monétaire en Algérie», 2005, P. 45.
2
Ibid., p. 46.
3
Rapport de la Banque d’Algérie, «Activité économique et monétaire en Algérie», 2006, P. 47.
4
Rapport de la Banque d’Algérie, «Activité économique et monétaire en Algérie», 2008, P. 48.
36
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
Alors qu’en 2009, l’inflation tirée par la hausse des prix des produits agricoles frais était
essentiellement endogène, l’inflation importée a fortement contribué à l’augmentation du
niveau général des prix1.
En 2010, la progression des prix des produits alimentaires frais s’est nettement ralentie, mais
la tendance de l’inflation hors produits alimentaires est à la hausse, et le taux d’inflation
s’était établi à 3,91% en fonction des alimentations, boissons non alcoolisées de 4,24%,
habillement-chaussures de 2,73%, logements-charges de 1,85%, meubles et articles
d’ameublement de 3,53%, santé hygiène corporelle de 2 ,83%, transport et communication de
2,48%, éducation-santé-loisirs de - 0,14% et divers de 10,98%2.
Si le taux d’inflation annuel moyen a baissé à 3,91% en 2010, l’année 2011 a été marquée par
un choc des prix intérieurs de certains produits de base au début de l’année, débouchant sur
une nouvelle tendance à la hausse des prix à la consommation au second semestre. En
moyenne annuelle, le taux d’inflation est ainsi passé de 3,49% en juin 2011, à 4,20% en
octobre et 4,52% en décembre 2011. Cette année, l’inflation s’est de nouveau remise à croitre
pour atteindre 4,5% après la désinflation de l’année précédente.
Cette hausse du taux d’inflation de 2011 revient à la hausse des alimentations, boissons non
alcoolisées de 4,22%, habillement-chaussures de 3,68%, logements-charges de 1,38%,
meubles et articles d’ameublement de 3,51%, santé hygiène corporelle de 4,40%, transports et
communications de 2,99%, éduction-culture-loisirs de 0,55%, divers de 14,94%3.
D’après l’ONS, en 2012 le taux d’inflation en Algérie a atteint 8,9% contre 4,5% en 2011.
Cela est dû à une hausse relativement importante des prix des biens alimentaires de 12,22%,
avec notamment 21,37% pour les produits agricoles frais et 4,67% pour les produits
alimentaires industriels4.
Après l’importante hausse du taux d’inflation de 2012, l’inflation en 2013 a connu une baisse
pour se situer autour de 4 à 5%, a déclaré MOHMED Laksaci (ancien gouverneur de la
1
Rapport de la Banque d’Algérie, «Activité économique et monétaire en Algérie», 2009, P. 56.
2
Rapport de la Banque d’Algérie, «Activité économique et monétaire en Algérie», 2010, P. 34.
3
Rapport de la Banque d’Algérie, «Activité économique et monétaire en Algérie», 2011, P. 43.
4
Rapport de la Banque d’Algérie, «Activité économique et monétaire en Algérie», 2012, P.46.
37
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
banque d’Algérie) à la presse en marge sur la stabilité financière dans les pays arabes.
MOHAMED. Laksasi a reconnu que l’inflation en 2012 était exceptionnelle. Effectivement,
le taux d’inflation tourne au tour de 8% en 2012 mais c’est conjoncturel, a-t-il dit à la presse
en soulignant que le taux projeté par la Banque d’Algérie est un taux à moyen terme et non à
court terme.
Selon MOHAMED Laksaci (2013), l’accélération de l’inflation en 2012 est due en grande
partie à des facteurs internes, notamment aux dysfonctionnements des marchés, aux positions
dominantes et à la spéculation, et non pas comme à l’accoutumée à l’expansion de la masse
monétaire, le phénomène d’inflation est plus de nature endogène, lié aux disfonctionnement
persistants des marchés des biens où la formation des prix relève plus de positions dominantes
et de la spéculation, qu’à l’opposé de 2011, où l’inflation était beaucoup plus engendrée par
l’expansion de la masse monétaire, principale déterminant de l’inflation en Algérie1.
En 2012, l’inflation était essentiellement endogène. Alors qu’en 2013, sous l’angle des
déterminants de l’inflation, l’impact de l’évolution monétaire et du taux de change nominal
est plus significatif et ce, malgré la modération du rythme d’expansion monétaire. L’inflation
annuelle moyenne en 2013, la plus faible depuis 7 ans, est estimée à 4,15% pour l’indice
national et à 3,3% pour celui de la capitale, en baisse respectivement de 5,55 et 5,6 points par
rapport à l’année 2012. Ce résultat est dû au recul significatif de la hausse des prix des
1
La nouvelle république, «Quotidien d’information indépendant», (Mise à jour le 03/09/2018) Disponible sur :
http//[Link], (Consulté le 4/09/2018).
38
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
produits agricoles frais, dont le taux annuel moyen se limite à 4,02% en 2013 contre 21,4% au
titre de l’année 20121.
Bien que l’expansion monétaire mesurée par la croissance de l’agrégat M2, ait été quasi nulle
en 2015, la désinflation des années 2013 et 2014 s’est interrompue. L’inflation en rythme
annuel moyen, est de nouveau croissante, à 4,8% à la fin 2015, et sa composition reflète son
caractère structurel, l’inflation sous-jacente égalant l’inflation globale3.
En 2017, le taux d’inflation annuel était de 5,9%. L’injection des liquidités dans le système
bancaire, par la Banque d’Algérie, après plus de quinze années au cours des quelles elle
n’avait pas eu à jouer son rôle de préteur en dernier ressort, pourrait se traduire par une
accélération de l’inflation. La hausse des prix serait également alimentée par les
augmentations des taxes, notamment la TVA, contenues dans la loi de finances 20175 (la loi
de finance pour 2017, signée par le Président de la République, et publié dans le journal
officiel N°77. Elle est frappée du sceau de la rigueur budgétaire, à cause de la crise financière.
Cette loi de finance est basée sur un baril à 50 dollars, comme prix de référence un taux de
change de 108 dinars pour un dollar et prévoit une croissance économique hors hydrocarbures
de 3,9% et une inflation de 4%).
1
Rapport de la Banque d’Algérie, «Activité économique et monétaire en Algérie», 2013, p. 29.
2
Rapport de la Banque d’Algérie, «Activité économique et monétaire en Algérie», 2014, p. 35.
3
Rapport de la Banque d’Algérie, «Activité économique et monétaire en Algérie», 2015, p. 36.
4
Rapport de la Banque d’Algérie, «Activité économique et monétaire en Algérie», 2016, p. 29.
5
FISCHMAN. A, «Perspectives 2017», Journal : Situation économique de l’Algérie, Février 2017, Disponible sur :
http : //[Link]ésor.é[Link], (Consulté le 01/10/2018).
39
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
taux d'inflation
35
30
25
20
15 Total
10
5
0
Source : [Link]
Au vue de tout ce qui précède, nous pouvons dire que durant la période allant de 1990 à
2017, il ya eu plusieurs variations du taux d’inflation. C’est en 1992 qu’on enregistre la valeur
la plus élevée du taux d’inflation qui est de 31,66% et en 2000 on enregistre la valeur la plus
basse qui est de 0,33%.
L’inflation en Algérie est déterminée par plusieurs facteurs. Après avoir vu comment les prix
ont évolué depuis les années 1990, nous allons nous intéresser aux différents déterminants de
l’inflation en Algérie.
d’épargnes et le Trésor Public qui sont répartis dans les encaisses des individus et des
collectivités. Sa composition est donc par nature hétérogène et ce sont surtout ses variations
en volume qui sont significatives.
Elle est suivie par les banques centrales, offrant aux acteurs économiques une précieuse
indication sur la possible évolution des prix selon la théorie quantitative de la monnaie.
Les composantes de la masse monétaire sont des agrégats. Les agrégats monétaires sont des
indicateurs statistiques regroupant dans des ensembles homogènes les moyens de paiement
détenus par les agents d'un territoire donné. Il y a plusieurs niveaux d'agrégats statistiques
dans la masse monétaire qu’il est habituel d'assimiler à M2.
Selon le degré de liquidité, la masse monétaire est composée de : M1, M2, M3 et M4.
M1 : la masse monétaire au sens strict, comprend les moyens de paiements les plus liquides,
pièces, billets et dépôts à vue dans les banques, les établissements de trésor et de la poste,
mobilisables par chèques, virement ou carte de crédits.
M2: comprend M1 auquel on rajoute les comptes d’épargne à vue.
M3 : comprend M2 plus : les comptes à termes et bon non négociables, les certificats de
dépôts et assimilés, les actions émises par les sociétés d’investissement à capital variable à
court terme, la totalité des placements monétaires en devises détenus par le résidant.
M4 : agrégat le plus large, recense M3 plus : les billets de trésorerie détenus par les agents
non financiers ; les bons de trésor négociables émis par l’Etat de 04 semaines à 05 ans et
détenus par les agents non financiers1.
L’utilité de ces agrégats monétaire réside dans leur analyse qui indique les mouvements de
substitution entre les divers éléments de la masse monétaire.
1
ABDERRAHMANI. F, «Essai d’application de la théorie de la cointégration et modèle à correction d’erreur
(ECM) à la détermination de la fonction de demande de monnaie cas de l’Algérie», Mémoire de magistère,
Economie appliquée, Université de Bejaïa, 2004, p. 61.
41
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
Tableau N°5 : Taux de la masse monétaire (M2) et de l’IPC en Algérie de 1990 à 2017
Années Taux de M2 Taux d’IPC
(%) (%)
1990 11,4 16,65
1991 20,9 25,88
1992 24,25 31,66
1993 21,6 20,54
1994 15,3 29,04
1995 10,5 29,77
1996 14,4 18,67
1997 18,4 5,73
1998 19,6 4,95
1999 12,36 2,64
2000 13,1 0,33
2001 22,3 4,22
2002 17,3 1,41
2003 15,6 2,58
2004 11,43 3,57
2005 11,2 1,63
2006 18,7 2,53
2007 21,5 3,52
2008 16 4,44
2009 3,1 5,74
2010 15,4 3,91
2011 20 4,52
2012 10,94 8,9
2013 8,41 3,3
2014 14,42 2,9
2015 0,13 4,8
2016 0,79 6,4
2017 8,27 5,9
Source : [Link]
42
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
Entre 1990 et 1993, le taux de M2 en Algérie était particulièrement élevé, il est passé de
11,4% en 1990 à 21,6% en 1993, en même temps le taux d’inflation a augmenté de 1990 à
1993 respectivement de 16,65% à 20,54% : ceci résulte de l’augmentation des recettes
d’exportation des hydrocarbures, lié à l’évolution des prix du pétrole d’une part et d’autre part
à la forte dépréciation du taux de change. Durant la période du Plan d’ajustement structurel, le
taux de M2 a été caractérisé par un accroissement de 15.3% en 1994 pour atteindre 19,6% en
1998, tandis que le taux de l’IPC enregistre une baisse significative, son taux chute de 29,04%
en 1994 à 4,95% en 1998 : ces résultats nous montrent donc que l’accord stand-by a permis de
maitriser l’expansion qui a caractérisé les périodes qui ont précédé la signature de l’accord.
D’après ces développements, nous pouvons dire que durant cette période (1990-1998), la
masse monétaire n’a pas influencé l’inflation, cela est dû à d’autres facteurs.
L’évolution macroéconomique au cours des années 2000 a été marquée par un excès
structurel de l’épargne sur l’investissement, M2 connait un mouvement en baisse de 2003 à
2005 avec des taux respectivement de 15,6% et 11,2%, le taux annuel moyen de l’IPC calculé
sur la période 2000-2005 est de 2,28% : ce qui confirme une certaine stabilité monétaire, elle-
même ancrée sur la solidité marquée de la position financière extérieure nette, et reflète des
politiques budgétaire et monétaire prudentes. La solidité de la position financière extérieure a
contribué à assoir, notamment entre 2004 et 2008, une résilience au choc externe, comme en
témoigne l’accumulation plus importante des réserves officielles de change au cours des
années 2007-2008. Aussi les avoirs extérieurs émergent significativement comme la source
principale de l’expansion monétaire en Algérie.
Après un taux de croissance monétaire bas enregistré en 2009 de 3,1% sous l’effet de
l’important choc externe, l’année 2011 a été marquée par le retour à l’expansion monétaire à
un rythme de 20% au sens de la masse monétaire M2, en ce moment le taux d’IPC a eu une
faible baisse allant de 5,74% en 2009 à 4,52% en 2011: tout ceci est en phase avec les
objectifs quantitatifs intermédiaires de la politique monétaire. De 2012 à 2014, les taux de M2
sont respectivement égaux à 10,94% et 14,42% à cause de la progression significative des
crédits à l’économie et l’expansion des dépenses budgétaires courantes, alors que le taux de
l’IPC chute de 8,9% en 2012 à 2,9% en 2014.
Contrairement à 2015 où la faible croissance de M2 égale à 0,13% résultait, en partie, de la
forte diminution des dépôts du secteur des hydrocarbures, en 2016, M2 était égale à 0,79%, et
est induite par la baisse des dépôts des secteurs hors hydrocarbures (-3,2%) ; les dépôts du
43
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
secteur des hydrocarbures ayant augmenté de 2,6% , le taux d’IPC pendant la même période a
eu une faible hausse: il est passé de 4,8 en 2015 à 6,4% en 20161.
Sur le plan quantitatif, la masse monétaire M2 après avoir quasiment stagné en 2015 et 2016,
a augmenté de 8,27% en 2017, et le taux d’IPC a un peu baissé de 5,9% en 2017. Dans son
rapport officiel de 2017, la banque d’Algérie a précisé que la masse monétaire a atteint 14574
milliards de dinars en fin 2017 contre 13817 milliards de dinars en fin 2016. Cette hausse est
expliquée par la consolidation des dépôts aux niveaux des banques mais aussi par
l’augmentation de la circulation fiduciaire qui est passée de 32,2% en 2016 à 32,9% à la fin
du mois de septembre 20172.
La banque d’Algérie fixe les objectifs de croissance de la masse monétaire en fonction des
hypothèses des prix moyens du pétrole, lorsque le prix de ce dernier dépasse le prix moyen, la
masse monétaire augmente, et lorsque le prix n’atteint pas le prix moyen, la masse monétaire
diminue.
30
25
20 Somme de Taux de M2
(%)
15
Somme de Taux d’IPC
10 (%)
0
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
2016
Source : [Link]
1
ACHOUR. T. Y, «L’analyse de la croissance économique en Algérie», Thèse de doctorat en Science Economique
Commerciale et gestion, Université de Tlemcen, 2014, p. 55.
2
Ibid., p. 57.
44
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
réalisée sur un État sur une période donnée, généralement un an ou un trimestre, grâce aux
agents économiques résidant dans le pays concerné. Il s'agit donc d'un indicateur qui reflète
l'activité économique interne d'une nation. La variation du PIB d'une année sur l'autre permet
de mesurer le taux de croissance économique d'un pays. Le PIB mesure la valeur de tous les
biens et services produits dans un pays sur une année. Il convient d'ajouter la valeur ajoutée
récupérée par l’État. Une augmentation du PIB signifie qu'un pays connaît une croissance
économique. A l'inverse, une diminution du PIB est une décroissance1.
1
Dictionnaire économique et financier, «PIB : définition simple du PIB, calcul et traduction», 2017, Disponible
sur : [Link] (consulté le 13 /11/2018).
45
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
Tableau N°6 : Taux de croissance du PIB et taux de l’IPC en Algérie de 1990 à 2017
Années Taux du PIB Taux d’IPC
(%) (%)
1990 0,80 16,65
1991 -1,20 25,88
1992 1,80 31,66
1993 -2,10 20,54
1994 -0,90 29,04
1995 3,80 29,77
1996 4,10 18,67
1997 1,10 5,73
1998 5,10 4,95
1999 3,20 2,64
2000 3,82 0,33
2001 3,01 4,22
2002 5,70 1,41
2003 7,20 2,58
2004 4,30 3,57
2005 5,91 1,63
2006 1,68 2,53
2007 3,37 3,52
2008 2,36 4,44
2009 1,63 5,74
2010 3,63 3,91
2011 2,89 4,52
2012 3,37 8,9
2013 2,77 3,3
2014 3,79 2,9
2015 3,76 4,8
2016 3,30 6,4
2017 1,70 5,9
Source : [Link]
46
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
Le programme de stabilisation macro-économique mis en place par les autorités après le choc
pétrolier de 1986 a subi un arrêt après les événements politiques qu’a connu le pays en 1991,
par la suite, il y’a eu une aggravation de la situation économique et financière de l’Algérie
durant la période 1990-1995. Nous pouvons d’ailleurs remarquer d’après le tableau N°6, que
les taux de croissance du PIB durant cette période étaient négatifs puisqu’ils sont passés de
-1,2% en 1991 à -2,1% en 1993, pendant que les taux de l’IPC étaient positifs et en baisse de
25,88% en 1991 à 20,54% en 1993.
Les accords signés avec les institutions financières internationales à partir de 1996 ont permis
au taux de l’IPC de chuter de 18,67% en 1996 à 0,33% en 2000 et au taux de croissance du
PIB de passer de 4,1% en 1996 à 3,82% en 20001.
La hausse des cours du pétrole a permis à l’Algérie de renforcer encore plus sa position
extérieure car la libéralisation du commerce favorise la croissance économique. La période de
lancement du programme quinquennal de soutien à la croissance économique de 2001-2005 a
permis d’enregistrer un taux de croissance du PIB positif et en hausse, il est passé de 3.01%
en 2001 à 5,91% en 2005, quant à l’inflation, elle enregistre une baisse en passant de 4,22%
en 2001 à 1,63% en 20052.
Durant la période 2006-2012, le taux du PIB a connu une légère hausse en passant de 1,68%
en 2006 à 3,37% en 2012, et celui de l’IPC a connu aussi une hausse car il est passé de 2,53%
en 2006 à 8,9% en 2012, ces augmentations sont dues essentiellement grâce à la progression
des secteurs hors hydrocarbures qui sont passés de 5,3% en 2006 à 7,1% en 20123.
En raison du choc externe de la baisse des exportations des hydrocarbures ainsi que leurs
prix, la période 2014-2017 enregistre une baisse concernant le taux du PIB, il était de 3,75%
en 2014 mais il chute à 1,7% en 2017, au même moment le taux d’IPC subit une hausse allant
de 2,9% en 2014 à 5,9% à 20174.
1
Rapport de la Banque d’Algérie, «Activité économique et prix », 2004, p. 29.
2
Rapport de la Banque d’Algérie, « Activité économique et prix », 2005, p. 30.
3
Rapport de la Banque d’Algérie, «Activité économique et prix », 2010, p. 14.
4 eme
ALGERIE Presse Service, «PIB : croissance au 3 trimestre de 2017 », 2018, Disponible sur :
http//[Link], (Consulté le 11/11/2018)
47
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
30
25
0
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
2016
-5
Source : [Link]
2-3 Le chômage
L’Office Nationale de Statistique en Algérie adopte la définition du Bureau International du
Travail du chômage qui revient à la 13ème conférence internationale des statisticiens de
Genève en 1982 et qui stipule que les chômeurs comprennent toutes les personnes ayant
dépassé un âge spécifié qui, au cours de la période de référence étaient1 :
• Strictement sans travail, c'est à dire qu’elles n'étaient pourvues ni d'un emploi
rémunéré ni d'un emploi non rémunéré.
• Absolument disponibles pour travailler dans un emploi rémunéré ou non durant la
période de référence.
• A la recherche d'un travail c'est-à-dire qu’elles avaient attesté des démarches
effectives de recherche d'emploi, d'une autre façon qu’elles avaient pris des
dispositions spécifiques au cours d'une période récente spécifiée, pour chercher un
emploi rémunéré ou non.
Ces dispositions peuvent inclure:
- l'inscription à un bureau de placement public ou privé;
- la candidature auprès d'employeurs ;
- les démarches sur les lieux de travail;
- l'insertion ou la réponse à des annonces dans les journaux;
1
LESCURE. J, [Link]., p. 8.
48
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
1
LEILA. K, ZAHIRA. B, «Pour quelle liaison entre le chômage et l’inflation: Cas de l’économie algérienne (1985-
2012)», Revue algérienne de développement économique, 2016, N°05, p. 6, Disponible sur:
[Link] (Consulté le 05/11/2018).
49
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
50
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
Nous remarquons à partir du tableau N°7 que pendant la période 1990-1996, les taux
d'inflation étaient volatils, ils passent de 16,65% en 1990 à 18,67% en 1996, pendant que les
taux du chômage avaient une tendance à la hausse, cela est dû au fait que le marché de
l'emploi en Algérie a enregistré une dégradation sensible, environ 400 milles travailleurs ont
perdu leur emplois pendant cette même période1. Après cette période marquée par des
niveaux d'inflation élevés, ces derniers sont moins volatils à partir de 1997.
Pendant la période allant de 2000 à 2017, l'évolution du chômage a une tendance à la baisse,
le taux de chômage était de 29,77% en 2000 et il chute à 10,13% en 2017, pendant que
l'inflation a une tendance à la hausse, son taux qui était de 0,33% en 2000, augmente à 5,9%
en 2017 : cela est dû à la croissance économique consolidée et enregistrée suite aux
programmes de relance économique menés par l’État à partir de 1999, et il semble avoir un
impact soutenu sur la tendance à la baisse du chômage2.
L’un des soucis des autorités algériennes, était la mise en œuvre de programme pour lutter
contre l’inflation et le chômage en même temps. Pendant toute la période qui va de 1990 à
2017, ces autorités ont tenté d’obtenir simultanément le plein emploi et la stabilité des prix.
Pourtant selon la théorie keynésienne, il fallait choisir ou la diminution de l’inflation ou celle
du chômage.
Figure N°4 : Evolution du taux de chômage et de l’inflation durant la période 1990-2017
35
30
25
20 Somme de Taux de
chômage (%)
15
Somme de Taux d’IPC
10 (%)
0
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
2016
Source : [Link]
1
LEILA. K, ZAHIRA. B, [Link]., p. 8.
2
BOURICHE. L, «Les déterminants du chômage en Algérie: une analyse économétrique (1980-2009)», Thèse de
doctorat en science économique, Tlemcen, 2011, p. 106.
51
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
1 e
DOMINICK. S, «Economie international», Traduction de la 9 édition américaine par Fabienne Leloup et Achille
Hannequart, 2008, p.6.
52
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
53
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
A partir de 1986, après le contre choc pétrolier, le taux de change du dinar algérien a subit un
glissement qui en réalité n’était qu’une série de dévaluations dans le but de donner à la
monnaie nationale une valeur compatible avec la situation économique. La première
dévaluation explicite a été appliquée en septembre 1991 et ce pour mettre fin aux
anticipations inflationnistes causées par le glissement. A cette époque le dollar américain est
passé de 8,96 DA en 1990 à 21,84 DA en 1992.
En 1994 et au début de l’accord sur le programme de stabilisation et d’ajustement avec le
FMI, la Monnaie nationale a été dévaluée de 50,14% avant de procéder à l’application du
système de change flottant, où il a été permis aux banques commerciales de détenir des
devises sachant que la Banque d’Algérie était le principal fournisseur.
La convertibilité du dinar a commencé en 1994 avec la libéralisation des importations, l’accès
à la devise est devenu libre pour tout agent économique solvable et les banques étaient les
fournisseurs des importateurs en devise1.
Le but essentiel du système du taux de change flottant était d’éviter toute entrave face au
développement des exportations et de diminuer l’inflation en parallèle avec la politique
monétaire menée. Il visait également à encourager la diversification de l’économie et à
réduire les effets de chocs extérieurs.
Conformément à la conduite de la politique monétaire visant à maintenir un niveau
d’inflation faible (inférieur à 3%), la Banque d’Algérie a continué la politique de stabilisation
du taux de change réel effectif du dinar. A cet effet et dans le cadre du flottement dirigé
entamé depuis 1996, la Banque d’Algérie intervenait dans le marché interbancaire des
changes avec une offre des monnaies étrangères et une demande relativement croissante
depuis 2003 et ce pour les raisons suivantes2:
- Les exportations représentent plus de 95% des exportations globales ;
- Tous les revenus en devises émanant des exportations des hydrocarbures devaient être
convertis en monnaie nationale par la Banque d’Algérie ;
- Les transferts de capitaux étaient soumis à un contrôle très strict.
En 2006, la Banque d’Algérie a poursuivi ses interventions sur le marché interbancaire de
change avec une offre croissante de monnaies étrangères pour satisfaire la demande croissante
due aux opérations de prépaiement de la dette extérieure. L’évolution du taux de change du
dinar par rapport au dollar américain reflétait le rétrécissement de la différence d’inflation
1
Banque d’Algérie, « Note d’information sur la convertibilité du dinar», 1997, p. 2.
2
Fonds Monétaire International, «Algérie. Rapport des services du FMI sur les consultations de 2005»,
N°06/93, 2006, p. 8.
54
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
avec les principaux partenaires commerciaux de l’Algérie ainsi que la situation du marché de
change des principales monnaies étrangères. Ainsi le taux de change est passé de 73,28
dinars/dollar en 2005 à 72,65 dinars/dollar en 2006, soit une appréciation de 0,85% de la
monnaie nationale1.
La conjoncture internationale, caractérisée par la crise financière mondiale de 2008-2012 a
nécessité le renforcement de la part de la Banque d’Algérie du mécanisme flexible et
dynamique de gestion de ses interventions sur le marché interbancaire des changes (toujours
dans le cadre du flottement dirigé) par le renforcement du suivi quotidien de l’évolution du
taux de change nominal combiné aux perspectives d’évolution des prix relatifs avec l’objectif
de stabilisation du taux de change effectif réel, en fonction de l’évolution des fondamentaux2.
La Banque d’Algérie a continué par ces interventions sur le marché interbancaire des changes,
à renforcer la stabilité du taux de change effectif réel à son niveau d’équilibre du moyen
terme. Ainsi le taux de change a évolué de 2013 à 2017 avec des taux respectivement de
2,36% à 1,39%, pendant que le taux de l’IPC enregistre aussi une évolution de 3,3% en 2013
à 5,9% en 20173.
Figure N°5 : Evolution du taux de change et de l’inflation durant la période 1990-2017
120
100
80
40 Somme de Taux de
change (%)
20
0
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
2016
-20
Source : [Link]
1
Rapport Banque d’Algérie, «Evolution économique et monétaire de l’Algérie», 2007, p. 73.
2
Rapport Banque d’Algérie, «Evolution économique et monétaire de l’Algérie», 2012, p. 65.
3
Rapport Banque d’Algérie, «Balance des paiements, position extérieure globale et taux de change», 2017,
p.42.
55
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
L’ensemble des déterminants que nous venons de voir, contribue à la variation du taux
d’inflation en Algérie. Cependant cette inflation a plusieurs conséquences que nous verrons
dans ce qui suit.
56
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
pourraient se réorienter vers l’acquisition de divers biens par exemple l’or, réputé valeur
refuge.
Alors, si pour le gouvernement, le recul de la valeur de la monnaie nationale constitue une
configuration très favorable pour la balance des paiements, pour l’épargnant, la donne
pourrait lui coûter quelques économies. Tout comme le retour, tambour battant, de l’inflation.
Mathématiquement, l’épargnant perd au change lorsque le taux d’inflation est supérieur au
taux d’intérêt.
Aussi, la fixation d’un taux d’intérêt rémunérant l’épargne à un niveau largement inférieur au
taux officiel d’inflation, détourne les épargnants vers d’autres formes de placement. La
politique des taux d’intérêt appliquée en Algérie pratiquement jusqu’en 1986 était, conforme
à la logique d’une économie centralisée et planifiée. Dans cette optique, les taux d’intérêts
sont fixés administrativement sans se référer ni aux coûts ni aux rendements des fonds
prêtables. Ils sont déterminés de manière à assurer aux opérateurs économiques des crédits à
moindre coût pour construire une base économique nécessaire au développement du pays.
Cette politique des taux d’intérêt administrés a commencé à connaitre des altérations à partir
du premier choc extérieur de 1986 (choc pétrolier) avec des augmentations constantes entre
1986 et 1994 avant d’amorcer une baisse à partir de la fin de 1995 sous la pression d’une
baisse persistante du taux d’inflation1.
1
HADJAM. F, «Le phénomène d’inflation en Algérie : étude analytique et politique de lutte», Mémoire de
master en science économique, monnaie, banque et environnement international, Université Abderrahmane
Mira-Bejaïa, 2013, p. 68.
57
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
En effet, en période d’inflation, les profits gonflent artificiellement, alors, elle pénalise les
activités à faible rentabilité mais nécessaires pour le développement du pays (comme
l’industrie lourde), en revanche, elle favorise celles dont la rentabilité est importante et
immédiate et dont l’intérêt social n’est pas toujours évident (l’industrie légère, services,
commerce en particulier et certains services) ce qui engendre la création et le développement
du goût pour l’enrichissement rapide et sans effort particulièrement dans le secteur privé, de
plus, les consommateurs ou les acheteurs ont tendance à accepter sans résistance notable les
prix fixés par les vendeurs1.
Les pratiques spéculatives consistant à manipuler le volume des stocks en vue d’influencer
l’offre sont devenues monnaie courante, c’est ainsi qu’aux pénuries résultant du mauvais
fonctionnement des institutions (monopole, organisme de distribution) et de l’insuffisance des
moyens de transports et des infrastructures de stockages...s’ajoutent les pénuries
volontairement provoquées par l’intervention de gros commerçants qui choisissent
judicieusement les produits dont la demande va croître pour pratiquer la rétention de stocker
afin de faire monter les cours2.
C’est souvent le cas à l’approche de certaines fêtes religieuses à l’occasion desquelles on
s’attend à une impulsion de la demande sous l’effet des traditions.
Aussi certaines activités (les services), en absence d’une réglementation et le contrôle effectif
des prix, exigent des tarifs hors de proportion pour leurs prestations.
Néanmoins, la demande de ces services croît sous l’action conjuguée de l’enrichissement
rapide de ces couches sociales, face à ces tarifs pratiqués, il ya une augmentation de nombre
des travailleurs en noir.
1
HADJAM. F, Op. cit., p. 69.
2
Ibid., p.71.
58
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
De plus, l’inflation tend à accroître les besoins en fonds de roulement, car les éléments les
constituant (stocks, client...) augmentent sous l’action de la hausse des prix, sans qu’il y ait
une compensation suffisante du coté des comptes fournisseurs1.
1
ABDERRAHMANE. M, «50ans de bilan de l’économie algérien 1963- 2012 », Journal : l’info alternative, 2012,
Disponible sur : [Link] (Consulté le 16/11/2018).
2
NORDINE. G, «Salaires bloqués, prix en hausse : le pouvoir d’achat des algériens en déclin», Journal : Algérie
ECO, 2018, p. 3, Disponible sur : http/[Link], (Consulté le 17/11/2018).
3
Ibid., p. 5.
59
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
face aujourd’hui à la cherté de la vie. Le salaire minimum ne doit pas descendre aujourd’hui
en sous 40000 dinars1.
La chute des prix du baril de pétrole, principale ressource de l’Algérie, a fait chuter les
revenus pétroliers. Le déficit budgétaire avait atteint 15% du PIB en 2016. Mais surtout, entre
2014 et 2015, le dinar algérien avait perdu 20% de sa valeur face au dollar. Dans un pays qui
importe la plupart des produits de consommation, l’inflation a explosé, les premières victimes
sont les classes populaires2.
1
M’HAMED. A, «Pouvoir d’achat et inflation marquée par une conjoncture socio-économique inquiétante»,
Journal el wattan, 2018, p. 2, Disponible sur : http/[Link], (Consulté le 18/11/2018).
2
Ibid., p. 3.
3
HAMDI. D, HAMADI. A, Op. cit., p. 40.
60
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
Aussi, certains groupes sociaux pour faire face à l’inflation tentent de défendre leurs revenus
réels en employant leurs conjoints, leurs enfants.
Les causes de l’inflation en Algérie sont multiples, par conséquent des résultats
catastrophiques sont enregistrés, principalement sur le plan social qui vient d’accentuer la
dégradation des conditions de vie1.
L’inflation peut déclencher ou aggraver des troubles sociaux, lesquels peuvent engendrer la
perte de la stabilité intérieure aussi bien économique, social, par conséquent l’équilibre
extérieur.
Conclusion
L’inflation est un mal dont souffre l’Algérie depuis longtemps, l’évolution de ce phénomène
est continue et ses causes sont multiples engendrant des effets non désirables.
Nous avons conclu que l’évolution de l’inflation peut avoir l’implication de plusieurs facteurs
mixtes: monétaires tels que la masse monétaire et le taux de change, et structurels tels que la
variation des prix du produit intérieur brut (PIB), des prix d’autres produits importés (inflation
importée) et du chômage. Ces facteurs peuvent être les principales causes de l’inflation et
engendre la perturbation du système économique.
1
MOURAD. B, «L’inflation n’est pas une fatalité», Journal : Algérie focus, 2009, Disponible sur :
https//[Link]é[Link], (consulté le 18/11/2018).
2
MOUHAMED. T, «Inflation et déficit commercial maitrisés, prix du pétrole en hausse», Journal l’expression du
quotidien, 2018, Disponible sur : http// [Link], (Consulté le 17/11/2018).
61
Chapitre 2 : L’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie
62
Chapitre 3 : La politique de lutte contre
l’inflation en Algérie : la politique monétaire
et ses résultats
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
Introduction
L’inflation est devenue l’une des préoccupations majeures des Pouvoirs Publics algériens,
notamment de la Banque d’Algérie qui a multiplié, dans la récente période, rapports et
avertissements sur cette question. Ce phénomène amène les autorités à mettre en œuvre un
ensemble de politique de lutte, entre autre, la politique budgétaire et fiscale, la politique des
revenus, la politique de la concurrence, la politique des prix, la politique de change, mais la
politique de lutte la plus utilisée en Algérie est la politique monétaire qui agit sur la liquidité
par le biais des instruments quantitatif et qualitatif.
Pour la première section, nous allons définir la politique monétaire et ses objectifs, ensuite
nous verrons dans la deuxième section : la politique monétaire en Algérie durant la période
1990-2000, et enfin nous aborderons dans la troisième section : la politique monétaire en
Algérie durant la période 2001-2017.
La mise en œuvre de la politique monétaire consiste à définir ses objectifs généraux qui sont
ceux de la politique économique à savoir : la stabilité des prix, le plein emploi, la croissance
économique et l’équilibre extérieur, mais un ou plusieurs objectifs peuvent être favorisés.
Pour atteindre ces différents objectifs, les autorités monétaires utilisent différents instruments.
64
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
L’inverse est vérifié, en d’autres termes cette quantité de monnaie ne doit pas être abondante
au point de donner aux agents économiques un pouvoir d’achat bien supérieur à la quantité
des biens et services disponibles, ce qui provoque une situation inflationniste2.
Alors, la politique monétaire est l’ensemble des moyens mis en œuvre par une banque
centrale pour agir sur l’activité économique par la régulation de sa monnaie. Cela passe donc
par la définition d’un ou plusieurs objectifs et par celle des instruments qui permettront de les
atteindre3.
1 eme
BOUZAR. C, «Le système financier et le financement de l’agriculture en Algérie », Thèse de doctorat du 3
cycle MFB, Université de science sociale de Toulouse, 1986, p. 68.
2
JEAN. P, «Théorie de la politique monétaire », Journal économique, 2005, Vol 56, Disponible sur :
[Link] (Consulté le 17/11/2018).
3
PHILIPPE. W, «La politique monétaire pour les nuls », Figaro vox, 2014, Disponible sur : [Link]
(Consulté le 21/11/2018).
4
PARENT. A, «L’espace monétaire et ses enjeux », Edition Laurence Michoux, France, 1996, p. 48.
65
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
Les objectifs intermédiaires sont des variables monétaires dont le contrôle et la régulation
sont censés permettre d’atteindre les objectifs finals précédemment cités, en particulier
l’objectif de la stabilité des prix. Il s’agit des variables monétaires sur lesquels la Banque
Centrale peut agir « La politique monétaire peut influencer les variations des agrégats
monétaires, de taux de change, taux d’intérêt, mais elle ne peut agir directement sur le niveau
des prix, de la production ou des salaires ».5
Les objectifs intermédiaires se réalisent en agissant sur deux variables de l’économie : la
masse monétaire qui est un objectif quantitatif et les taux d’intérêt et de change.
5 ème
PALAT. J. P, «La monnaie, institutions financières et politique monétaire », 5 édition économica, Paris,
1987, p. 387.
66
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
contraire, une appréciation de sa monnaie s’il veut bénéficier d’une désinflation importée avec
la baisse des prix de ses importations6.
6
LEHMANN. P. J, «Théorie et politique », Edition du seuil, Paris, 1999, p. 54.
7
Rapport de la Banque d’Algérie, « Situation monétaire et politique monétaire », 2006, p. 147.
8
Rapport de la Banque d’Algérie, « Situation monétaire et politique monétaire », 2002, p. 12.
9
Rapport de la Banque d’Algérie, «Situation monétaire et politique monétaire », 2003, p. 88.
67
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
A travers les différents objectifs que nous venons d’énumérer, nous allons voir dans la
deuxième section, comment la Banque d’Algérie a tenu la politique monétaire durant la
période 1990-2000. Pour atteindre l’objectif de stabilité des prix et en vue de contenir
l’inflation, la politique monétaire dispose d’une large panoplie d’instruments.
La loi 90-10 du 14 avril 1990 (LMC) a porté sur la réforme monétaire dans le but d’instaurer
de nouveaux mécanismes financiers basés sur les règles d’économies de marché. Cette loi
vient en complément des réformes économiques intervenues de 1986 à 1990. La LMC « va
viser à mettre définitivement fin à la triple crise d’endettement, d’inflation et de gestion
monopolistique et leur substituer le financement par les fonds propres et l’épargne, ainsi que
la régulation par le marché. Elle va construire les supports institutionnels, instrumentaux et
opératoires de ses objectifs de rigueur et d’équilibre», dont les principaux points sont10:
• L’autonomisation de la sphère monétaire et bancaire par rapport à la sphère réelle, la
loi 90-10 a définitivement supprimé le caractère légal de la domination des entreprises
publiques sur les banques :
- L’octroi de crédit doit subir les règles prudentielles ;
- Les relations entre les banques et les entreprises publiques sont soumises aux règles
contractuelles.
• L’autonomisation de la sphère monétaire et bancaire par rapport à la sphère
budgétaire; afin de limiter le financement monétaire des déficits publics, un plafond
est fixé pour les avances en compte courant accordées par la Banque d’Algérie au
Trésor.
• Des normes et des ratios de gestion (livre Iv de la loi 90-10) ont été imposés aux
banques, les obligeant ainsi à suivre et à répercuter, sur leur clientèle d’entreprises, les
10
Rapport de la Banque d’Algérie, «Situation monétaire et politique monétaire », 2006, p. 147.
68
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
11
BOUMGHAR. M, «La stabilité financière une mission pour la Banque Centre », CREAD N°87, 2009, p. 83.
69
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
12
HAMMOUR. H, BOUROUIH. I, «Etude empirique des déterminants de l’inflation en Algérie :
modélisation VAR », Mémoire de master en science économiques, économie appliquée et ingénierie financière,
université de Bejaia, 2017, p. 35.
70
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
• L’open market est un nouveau instrument utilisé par la Banque d’Algérie en 1996,
limité par la loi 90-10 du 14 avril 1990 à 20% du montant total des opérations sur
effets publics réalisées par la Banque d’Algérie. La Banque centrale fait des opérations
de vente ou d’achat des effets publics dans le but de réduire ou d’accroitre la
disponibilité de liquidité aux banques.13
Source : [Link]
Le tableau indique que les taux créditeurs et les taux débiteurs des banques étaient en hausse
jusqu’en 1996, puis ils baissent et atteignent respectivement 7% et 8,5% en 2000. De son coté
le taux d’inflation parcours le même cycle que ces derniers, il enregistre une hausse jusqu’en
1995 et commence à baisser et atteint son plus bas niveau en 2000 qui est de 0,33%.
Ce qui nous pousse à dire que quand l’inflation augmente, les taux créditeurs et débiteurs
augmentent et quand l’inflation baisse, ces mêmes taux baissent aussi.
13
Ibid., p. 37.
71
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
Années 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
A travers ce tableau nous remarquons que le taux de réescompte a progressé à partir de 1990
où il était de 9,33% pour atteindre 15% en 1994, reflétant ainsi la politique monétaire
restrictive entreprise dans le but de limiter le volume des crédits accordés par les banques, car
pendant la même période le taux d’inflation a eu aussi une hausse considérable, allant de
16,65% en 1990 à 29,04% en 1994.
A partir de 1994, les autorités monétaires ont procédé à une baisse du taux de réescompte,
afin d’encourager la reprise de croissance, l’incitation à l’investissement (local et étranger).
De ce fait le taux de réescompte a diminué en passant de 15% en 1994 à 9% en 2000 et le taux
d’inflation a aussi baissé de 29,04% en 1994 à 0,33% en 2000.
Le réescompte a été maintenu, pendant longtemps, comme forme essentielle du
refinancement des banques même après l’introduction de l’adjudication du crédit. Lorsque la
banque centrale souhaite réduire le crédit donc la création monétaire, elle élève le taux de
réescompte ce qui provoque une diminution de l’inflation puisque la création monétaire
excessive engendre l’inflation.
72
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
promulgation de la loi sur la monnaie et le crédit n’a pas pu apaiser les tendances
inflationnistes qui secouaient l’économie algérienne depuis des années.
Au cours de la période d’ajustement structurel, la politique monétaire a permis la diminution
rapide et sensible du taux d’inflation. A partir de 1997, la Banque d’Algérie a limité la
croissance de la masse monétaire en diminuant les crédits à l’économie de -11%, ce qui a
engendré une diminution du taux d’inflation de 29.77% en 1995 jusqu’à 5.73% en 1997, pour
atteindre un taux de 0,33% en 2000. Nous pouvons dire que l’inflation est maintenue grâce à
la politique monétaire et en raison d’une bonne gestion du budget de l’Etat suite à
l’augmentation des prix du pétrole.
73
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
14
Rapport de la Banque d’Algérie, «Politique monétaire », 2011, p. 110.
15
Rapport de la Banque d’Algérie, «Evolution économique et monétaire en Algérie », 2011, p. 111.
74
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
Tableau N°11 : Taux de constitution des réserves obligatoires et taux d’inflation de 2001
à 2012
Années 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Taux 4,22 1,41 2,58 3,56 1,63 2,53 3,52 4,44 5,74 3,91 4,52 8,9
d’inflation
(%)
Le taux des réserves obligatoires a été relevé en 2002 afin d’éponger la surliquidité des
banques et d’exercer un contrôle plus efficace, vu la situation de surliquidité bancaire, les
autorités monétaires ont été amenées à revoir à la hausse le coefficient des réserves
obligatoires le fixant de 6,25% en 2003 jusqu’à 11% en 2012, dans le but de maitriser
l’inflation, qui avait une tendance à la hausse pendant cette période en passant de 4,22% en
2001 à 8,9% en 2012.
16
Rapport de la Banque d’Algérie, «Evolution économique et monétaire en Algérie », 2006, p. 109.
75
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
Taux 2,75 1,75 0,75 1,25 1,25 1,75 1,25 0,75 0,75 0,75 0,75
(%)
Le taux de reprise de liquidité était légèrement élevé au début, pour baisser en 2003 et 2004 et
enfin stabiliser à partir de 2009.
- Les reprises de liquidité à trois mois : introduite en août 2005 au taux de 1,9%,
comme nouvel instrument permettant d’absorber les fonds prêtables sur le marché
interbancaire considérés comme stable suite à la persistance de la situation de grande
liquidité des banques qui a caractérisé les années 2002, 2003, 2004
Après avoir été de 1,90% en 2005, ce taux a progressé pour atteindre 2,50% en 2007, puis une
baisse à partir de 2008.17
17
Rapport de la Banque d’Algérie, «Politique monétaire », 2012, p. 127.
18
Ibid., p. 127.
76
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
Ce taux a été porté de 0,3% jusqu’en 2006, puis il a été ajusté à la hausse en 2007 et 2008, et
une stabilité à partir de 2009 revenant au taux de 0,3%.
Pour le respect du nouveau cadre de la politique monétaire institué en août 2010 et des
objectifs arrêtés par le Conseil de la monnaie et du crédit pour l’année 2013, la Banque
d'Algérie a conduit la politique monétaire en utilisant le cadre opérationnel renforcé, édicté en
19
HAMDI. D, HAMADI. A, [Link]., p.50
77
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
2009 suite aux premières leçons tirées de la crise financière mondiale. Si le montant global
des reprises de liquidité a été stabilisé à 1350 milliards de dinars en 2013, après son
ajustement à la hausse en avril 2012 (de 1100 à 1350 milliards de dinars), cette année a
enregistré un renforcement des instruments de reprise de liquidité. La Banque d’Algérie a
introduit dès mi-janvier 2013 un nouvel instrument de politique monétaire, à savoir la reprise
de liquidité à six mois à un taux de rémunération de 1,50 %. En plus de l’allongement de la
maturité des reprises de liquidité à partir de janvier 2013 pour absorber plus de liquidité stable
des banques, le taux de constitution des réserves minimales obligatoires a été relevé en mai
2013 à 12%, douze mois après son relèvement de deux points de pourcentage (de 9 % à 11
%). Ce renforcement des instruments de politique monétaire vise à consolider l’efficacité de
la politique monétaire dans la résorption effective de l’excès de liquidité sur le marché
monétaire.20
Aussi, par rapport au montant total absorbé, y compris au moyen de la facilité de dépôts, les
reprises de liquidité à sept jours et à trois mois ont vu leur rôle se stabiliser en tant
qu’instruments actifs de conduite de la politique monétaire en 2014, avec une part relative de
47 à 49 % pour les reprises à sept jours. L’importance de la part des reprises à sept jours laisse
une flexibilité pour les banques en matière d’allocation des crédits à l’économie notamment
au profit des PME qui bénéficient de conditions financières favorables liées au soutien
financier apporté par l’Etat et aux facilitations offertes par les banques elles mêmes.21
Dans le cadre de la conduite de la politique monétaire et dans un contexte d’excès de liquidité,
la Banque d’Algérie avait progressivement relevé le seuil du montant global de reprise de
liquidité jusqu’à 1 350 milliards de dinars et introduit, en janvier 2014, la reprise de liquidité à
six mois. En 2015, la forte baisse du prix du pétrole et, corrélativement, le déficit élevé du
solde global de la balance des paiements, a fait chuter la liquidité bancaire de 2 730,9
milliards de dinars à fin 2014 à 1 832,6 milliards de dinars à fin 2015, soit une baisse de près
de 33 %.22
Face à la tendance baissière de la liquidité bancaire en 2015, la Banque d’Algérie avait revu à
la baisse les seuils de reprise de liquidité. En 2016, la poursuite de la baisse de la liquidité
bancaire a amené la Banque d’Algérie à suspendre les opérations de ponction de la liquidité, à
réduire le taux de réserves obligatoires et à réactiver le canal du réescompte pour assurer le
20
Rapport de la Banque d’Algérie, «Politique monétaire », 2013, p. 130.
21
Rapport de la Banque d’Algérie, «Politique monétaire », 2014, p. 126.
22
Rapport de la Banque d’Algérie, «Politique monétaire », 2015, p. 106.
78
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
23
Rapport de la Banque d’Algérie, «Politique monétaire », 2016, p. 101.
24
Rapport de la Banque d’Algérie, «Politique monétaire », 2017, p. 100.
79
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
contre 2,9 % en 2014 (3,3 % en 2013), ensuite il est passé à 6,4 % en 2016 et se chiffrait à 5,9
% en 2017.
Sous l’effet de la contraction de l’excès de liquidité, la banque d’Algérie avait suspendu les
opérations de résorption de la liquidité bancaire en fin 2016. Elle s’est bien adaptée à
l’évolution de la situation des liquidités en réintroduisant des instruments de refinancement, et
notamment les opérations d’open-market comme principal instrument (à 7 jours, puis à 3, 6 et
12 mois) au premier semestre de 2017.
Conclusion
Durant la décennie 90, le système bancaire qui assurait, en l’absence totale de marchés
financiers, l’essentiel du financement de l’économie, se caractérisait par un non liquidité
structurelle qui le faisait dépendre totalement du refinancement de la BA.
Avec l’avènement d’une conjoncture favorable sur les marchés pétroliers, suite au net
raffermissement des cours du brut à partir de 1999, l’Algérie passe, en quelques années
seulement, d’une situation de pénurie de liquidité à une situation d’excès d’offre de liquidité.
Dans ce contexte d’excès de liquidité sur le marché monétaire qui prévaut depuis 2002, la
Banque d’Algérie a conduit avec flexibilité la politique monétaire, utilisant des instruments
dédiés à la résorption de l’excès de liquidité pour contrôler l’inflation, dans un contexte
macroéconomique caractérisé par un surcroît de ressources. Malgré son accroissement
soutenu, notamment entre 2004 et 2008, l’excès de liquidité sur le marché monétaire a pu être
résorbé, permettant, ainsi, de contenir l’inflation autour de l’objectif; le taux d’inflation ayant
été de 4 % en moyenne entre 2002 et 2014. Ce qui semble indiquer que la politique monétaire
a été efficace.
Pendant plus d’une décennie, la politique monétaire s’est exclusivement centrée sur la
ponction des excédents structurels de liquidités. La chute des cours du pétrole a entraîné un
tarissement des excédents de liquidités, ce qui devrait permettre à la BA de rétablir son
contrôle sur les conditions de liquidités et les taux d’intérêt à court terme.
La Banque d’Algérie a récemment remis en place ses instruments de refinancement,
comprenant les opérations d’open-market comme outil principal et en une facilité de prêt
marginal. Pour accompagner cette démarche, la Banque d’Algérie doit renforcer davantage
80
Chapitre 3 : La politique de lutte contre l’inflation en Algérie : la
politique monétaire et ses résultats
ses capacités de prévision et de gestion des liquidités en coordination avec le Trésor, ainsi que
sa capacité d’évaluation des garanties.
L’accès au guichet de réescompte, qui permet aux banques de répondre à leurs besoins de
liquidités dans des montants et selon des échéances qui ne sont pas directement sous le
contrôle de la Banque Centrale, devrait être découragé, ce qui renforcerait le mécanisme de
transmission de la politique monétaire et encouragerait les banques à gérer plus efficacement
leurs liquidités.
L’introduction d’opérations d’open-market permet à la Banque d’Algérie d’établir un
nouveau taux directeur qui servira de taux de référence sur le marché interbancaire. Dans la
mesure où l’inflation est en hausse et, où la croissance du crédit demeure solide la Banque
d’Algérie doit pencher pour un durcissement de sa politique.
81
Conclusion générale
Conclusion générale
L’inflation est un phénomène complexe qui s’explique toujours par un mouvement général de
hausse des prix. Ses causes et ses conséquences sont multiples et variées. Tous les pays
essaient d’éviter l’inflation puisqu’elle peut conduire, lorsqu’elle est forte, à un ralentissement
de la croissance économique, du produit global et à une détérioration de l’emploi.
Sur le plan microéconomique, tous les agents économiques ne peuvent pas faire évoluer leurs
revenus à la même vitesse que l’inflation. Celle-ci est favorable aux emprunteurs et aux
titulaires de revenus flexibles, mais elle pénalise les épargnants, les créanciers et les titulaires
de revenus fixes. L’inflation contribue à rendre l’avenir plus incertain, en rendant fortuite
l’évolution des valeurs nominales des revenus et des prix, elle complique les prévisions
économiques et rend la croissance économique plus précaire.
Au niveau macroéconomique, une inflation nationale plus forte qu’à l’étranger, réduit la
compétitivité de l’économie et conduit à procéder à des réajustements monétaires, elle rend
aussi la croissance économique déséquilibrée et provoque la stagflation.
Cependant, l’inflation a quelques effets bénéfiques à court terme, elle contribue à alléger les
dettes des agents économiques, du fait qu’elle améliore la rentabilité financière des entreprises
qui se trouvent stimulées par les perspectives de gains et incitées à investir. Elle a plus
d’effets négatifs que positifs.
L’Algérie a connu des tensions inflationnistes avec la mise en œuvre de ses différentes
politiques de développement.
Au terme de notre étude sur le phénomène d’inflation en Algérie, nous avons conclu que
l’inflation est un mal qui a frappé l’Algérie depuis longtemps, alors qu’elle continue à
propager. Par conséquent, des effets pervers et néfastes sont enregistrés aussi bien sur le plan
économique que social, donc un déséquilibre interne et externe.
Ainsi, à partir de notre analyse sur l’évolution et les déterminants de l’inflation en Algérie,
nous avons vu que les facteurs influençant l’inflation sont la croissance de la masse
monétaire, la croissance du produit intérieur brut, le taux de chômage et le taux de change.
Durant la période de planification, l’inflation était caractérisée par des fluctuations moins
fortes que les années de transition à l’économie de marché. Pour pouvoir mesurer cette
inflation, nous avons utilisé des données annuelles. Cela nous a permis de confirmer que
l’évolution des prix en Algérie peut avoir différentes formes de causes selon les périodes
étudiées : notre première hypothèse est vérifiée.
83
Conclusion générale
A cause des effets non désirables de l’inflation, les autorités algériennes ont mis en œuvre une
politique de lutte contre ce phénomène qui est la politique monétaire. Cette politique consiste
à fournir les liquidités nécessaires au bon fonctionnement et à la croissance de l'économie tout
en veillant à la stabilité de la monnaie. L’objectif final de la politique monétaire menée par la
Banque d’Algérie est la stabilité interne et externe de la monnaie, celle-ci étant une source
d’inflation, ce qui veut dire que maîtriser l’inflation suppose donc la maîtrise de la création
monétaire, à cette fin la Banque d’Algérie retient un objectif d’inflation à 3%. Le bilan de
l’exercice de la Banque d’Algérie contribue à la stabilisation de la situation monétaire : faible
inflation, baisse du ratio de liquidité et affaiblissement de la croissance des contreparties à la
création monétaire.
Nous avons constaté que la politique monétaire a permis de contracter la liquidité en utilisant
différents instruments, elle a joué un grand rôle dans l’économie nationale et a marqué leurs
différentes phases d’évolution, elle a contribué dans certains cas à la stabilité
macroéconomique et surtout à la maîtrise de l’inflation. Nous pouvons donc affirmer notre
deuxième hypothèse qui stipule que les instruments de la politique monétaire contribuent dans
la réduction de la création monétaire et par conséquent à la réduction de l’inflation elle-même.
Il existe des périodes ou cette dernière a montré son efficacité (Taux d’IPC est égal à 0,33%
en 2000), mais elle a échoué dans d’autres (Taux d’IPC est égal à 8,9 en 2012), ce qui nous
permet de répondre à notre troisième hypothèse : les mesures prises dans le cadre de la lutte
contre l’inflation en Algérie ne sont pas toujours efficaces. Les mesures anti-inflationnistes
prises jusqu’ici sont pour le moins insuffisantes.
Les résultats obtenus ces dernières années en Algérie en matière de contrôle d’inflation ne
peuvent être attribués à la seule politique monétaire, la relative prudence de la politique
budgétaire et la situation favorable des finances publiques dues essentiellement à la bonne
tenue des prix des hydrocarbures y ont certainement contribué.
84
Bibliographie
Bibliographie
Bibliographie
Ouvrages
86
Bibliographie
Revues
87
Bibliographie
Mémoires et thèses
88
Bibliographie
Rapports
• Banque d’Algérie, « Note d’information sur la convertibilité du dinar», 1997.
• Fonds Monétaire International, « Algérie. Rapport des services du FMI sur les
consultations de 2005 », N°06/93, 2006.
• Rapport Banque d’Algérie, « Evolution économique et monétaire de l’Algérie », 2007.
• Rapport Banque d’Algérie, « Balance des paiements, position extérieure globale et
taux de change », 2017.
• Rapport Banque d’Algérie, «Evolution économique et monétaire de l’Algérie», 2012.
• Rapport de la Banque d’Algérie, « Activité économique et prix », 2005.
• Rapport de la Banque d’Algérie, « Situation monétaire et politique monétaire », 2006.
• Rapport de la Banque d’Algérie, «Activité économique et monétaire en Algérie»,
2006.
• Rapport de la Banque d’Algérie, «Activité économique et monétaire en Algérie»,
2010.
89
Bibliographie
90
Bibliographie
Dictionnaires
Sites internet
• http//[Link]é[Link]
• http//[Link]
• http//[Link]
• http//[Link]
• [Link]
• [Link]
• [Link]
• [Link]
• [Link]
• [Link]
• [Link]
• [Link]
• [Link]
• [Link]
91
Bibliographie
• [Link]
• [Link]
• [Link]
92
Liste des figures
1990-2017…………………………………………………………………………………..44
1990-2017…………………………………………………………………………………...51
1990-2017.………………………………………………………………….………………..55
93
Liste des tableaux
Tableau N°5 : Taux de la masse monétaire (M2) et de l’IPC en Algérie de 1990 à 2017….42
Tableau N°9 : Structure du taux d’intérêt et du taux d’inflation de 1990 à 2000 ……………71
Tableau N°11 : Taux de constitution des réserves obligatoires et taux d’inflation de 2001 à
2012…………………...………………………………………………………………………75
94
Table des matières
Remerciements…………………………………………………………………………….I
Dédicace................................................................................................................................II
Dédicace………………………………………………………………………………...…III
Sommaire………………………………………………………………………………….V
Introduction générale……………………………………………………………………..2
Introduction………………………………………………………………………………...6
1-1 Définitions……………………………………………………………………………...6
1-2 Quelques concepts liés à l’inflation…………………………………………………....8
1-3 Les types d’inflation…………………………………………………………………….9
95
Section 2 : Les causes et les conséquences de l’inflation……………………………….17
2-2-1-2 Les effets sur les réductions de l’attraction économique et la compétitivité des
entreprises nationales ………………………………………………………………………22
2-2-1-3 Les effets sur les calcules économiques et les prévisions ……………………..…23
96
Conclusion………………………………………………………………………………….28
Introduction ………………………………………………………………………………….31
2-3 Le chômage……………………………………………………………………………....48
Conclusion…………………………………………………………………………………....61
Introduction…………………………………………………………………………………...64
97
1-1 Définitions de la politique monétaire…………………………………………………….65
1-2 Les objectifs de la politique monétaire…………………………………………………..65
Conclusion …………………………………………………………………………………..80
Conclusion générale…………………………………………………………………...…….83
Bibliographie ………………………………………………………………………………..86
98
Résumé……………………………………………………………………………………99
99
Résumé
L’inflation est un phénomène macroéconomique, qui signifie une hausse du niveau général
des prix. Quand la quantité de la monnaie d’un pays augmente plus rapidement que la
production de ce pays, le prix moyen augmente à la suite de la demande accrue de biens et de
services.
L’Algérie est l’un des pays touchés par l’inflation dont les causes et les conséquences sont
multiples sur tous les plans : social, économique et extérieur. Ce travail a pour objet de
montrer l’évolution de l’inflation, ainsi que la politique de lutte contre ce phénomène, en
Algérie durant la période 1990-2017. Pour cela les autorités monétaires algériennes ont fait
des diagnostics afin de pouvoir mettre en place des mesures de sécurité et de lutte, de ce fait la
mesure la plus utilisée est la politique monétaire. Les résultats de cette recherche montrent
que : l’évolution des prix en Algérie peut avoir différentes formes de causes selon les périodes
étudiées ; la politique monétaire a permis dans certains cas de contracter la liquidité et à
maîtriser l’inflation.
Mots clés : Inflation, IPC, masse monétaire, taux de change, PIB, politique monétaire.
100
Monetary inflation arises when there is an excessive creation of money relative to the production of goods and services, resulting in higher prices. According to monetarists and some early quantitative economic theories, a direct causal link exists from money supply to price levels. When excessive money circulates, agents expect currency devaluation and preemptively raise prices, leading to inflation and reducing currency value .
Imported inflation affects a country's economy by increasing the general price level due to higher costs of imported goods. It is chiefly caused by rising prices of imported commodities, such as fuel, which can lead to domestic inflation if persistent. External factors, like a devaluation of the national currency, can also make imports more expensive, transmuting into internal inflationary pressures .
Algeria's monetary policy between 1990-2000 used instruments like the discount rate to control credit expansion and curb inflation. Initially, a restrictive policy was implemented, raising the discount rate to limit credit. Despite an initial rise in inflation to 31.66% in 1992, subsequent policies, including credit growth limitation and support from rising oil prices, reduced inflation to 0.33% by 2000 .
In Algeria, inflation affects unemployment through its impact on economic growth and investment. High inflation can deter investment and destabilize economic planning, potentially increasing unemployment rates. Conversely, stabilizing inflation through monetary policy can encourage investment, reducing unemployment. Yet, balancing inflation and unemployment remains a complex challenge due to structural economic issues .
Structural inflation is driven by underlying economic structures and inefficiencies, such as labor market rigidities, monopolistic markets, or sector-specific imbalances. It can originate from the misalignment in wages and profits, supply chain inefficiencies, and social conflicts over income distribution. These structural issues lead to persistent inflationary pressures by hindering economic adjustments .
Hyperinflation is an extremely high and typically accelerating inflation, often exceeding 30% and potentially over 100%, which is out of control in contrast to regular inflation that generally has lower rates. It usually occurs when an excessive amount of money is printed to cover state expenses leading to a loss of currency value and can cause an economic collapse by prompting a complete loss of confidence in the national currency .
Inflation is commonly measured by the Consumer Price Index (CPI) and the GDP deflator. CPI measures the average change over time in the prices paid by consumers for a market basket of goods and services, while the GDP deflator reflects prices of all domestically produced goods and services. Both provide insights into inflation's effects, though CPI focuses on the consumer level .
Post-2000, Algeria employed monetary policy strategies such as regulated credit allocation, interest rate management, and liquidity control to combat inflation. These strategies, aided by improved fiscal discipline and increased oil revenues, helped stabilize inflation rates. By 2000, inflation was reduced to as low as 0.33%, reflecting monetary policy success despite underlying economic vulnerabilities .
Inflation in Algeria affects the economy and society by diminishing savings, provoking speculative behavior, and reducing investment. Socially, it erodes purchasing power, particularly harming fixed-income earners and possibly leading to social unrest. Externally, it can decrease competitiveness by increasing local production costs relative to other countries .
Public interventions and fiscal policy contribute to inflation through mechanisms such as increased public spending and taxation. When governments fund deficits by creating money or when they introduce taxes that raise production costs, it can induce price increases. These actions, particularly in environments where demand exceeds supply, can exacerbate inflationary pressures .