Modélisation ALM et scénarios de stress
Modélisation ALM et scénarios de stress
ROYAUME DU MAROC
*-*-*-*-*
HAUT COMMISSARIAT AU PLAN
*-*-*-*-*-*-*-*
INSTITUT NATIONAL
DE STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
Résumé
Les institutions financières, notamment les banques, s’exposent de plus en plus à des
risques consistants dus principalement à leurs activités de transformation de ressources de
court terme à des emplois de long terme. Il s’avère donc nécessaire de mettre en place une
gestion stratégique des risques. En particulier, les risques financiers constituent l’une des
préoccupations majeures des banques et des autorités de contrôle.
C’est dans ce contexte qu’interviennent parfaitement les recommandations du comité
de Bâle pour la gestion des actifs et des passifs du bilan de la banque dont la plus récente
exige une gestion selon une approche dynamique.
Pour mettre en œuvre les recommandations réglementaires, Bâloises et marocaines, la
gestion actif-passif intervient pour identifier, mesurer et contrôler les risques financiers
pouvant peser sur le bilan bancaire. L’attention est portée davantage sur le risque de liquidité
et de taux, car ils peuvent être fatals en cas d’illiquidité extrême et peuvent provoquer la
faillite de l’établissement.
Le présent rapport est l’illustration de notre projet de fin d’études, effectué au sein de
MAZARS. Nos travaux ont pour objectif la modélisation de certains postes importants du
bilan et du hors bilan, notamment les dépôts et les crédits non revolving, suivant des méthodes
mathématiques. Cette modélisation permettra de construire les gaps de liquidité en statique et
en dynamique. Une partie de notre rapport porte également sur la modélisation du taux court
en utilisant le modèle de Vasicek. Cette modélisation du taux revêt une importance pour la
banque dans la mesure où la connaissance de l’évolution future des taux lui permettra de se
prémunir contre le risque qu’il induit.
La modélisation des dépôts et des taux courts en situation normale est importante mais
non suffisante pour la gestion globale des risques de taux et de liquidité. C’est dans ce sens
que nous nous intéressons dans la dernière partie à la construction de scénarios de stress de
liquidité et de taux pouvant survenir en cas de situation extrême.
Mots clés
Gestion Actif-Passif, Dépôts à vue, Options implicites, Encours, Bâle, Ecoulement,
Modélisation du comportement de la clientèle, Stress Testing, Liquidité, Taux d’intérêt,
Vasiçek.
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Dédicace
Dédicace
Je dédie ce mémoire :
À ma mère, qui a œuvré pour ma réussite de par son amour, son
soutien, et tous les sacrifices consentis ;
À mon père, qui peut être fier de trouver ici le résultat de longues
années de privations pour m’aider à avancer dans la vie ;
À mes proches, qui m’ont toujours soutenu et encouragé;
À mes amis, pour leurs présences dans ma vie.
Qu’ils reçoivent, à travers ce travail aussi modeste soit-il, l’expression
de mes sentiments et de mon éternelle gratitude.
Ghita
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Remerciements
Remerciements
Avant d’entamer ce rapport, nous profitons de l’occasion pour remercier tout d’abord
les membres de l’équipe Actuariat de MAZARS pour l’expérience enrichissante et pleine
d’intérêt qu’ils nous ont fait vivre durant ces quatre mois de stage.
Nous tenons à remercier tout particulièrement notre encadrante Mme BENSEYED
Zineb pour ses encouragements, ainsi que pour ses conseils qui nous seront certes, d’une très
grande utilité dans le futur.
Nous remercions chaleureusement Mme LAHLOU Roukia de nous avoir accueillies
au sein de MAZARS Actuariat.
De même, nous tenons à remercier vivement Mme BAMOUSSA Fatima Zahrae et à
lui témoigner toute notre gratitude pour sa disponibilité et ses conseils.
Nous tenons à remercier également notre professeur M. MARRI, d’avoir accepté
d’être notre enseignant tuteur et de nous avoir suivies et encadrés durant toute la période du
stage.
Nous remercions également M. EL QALLI d’avoir accepté d’évaluer notre travail.
Enfin nous remercions tout le corps professoral et administratif de l’INSEA, qu’il
trouve ici l’expression de notre profonde reconnaissance.
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Table des matières
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Table des matières
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Liste des abréviations
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Liste des tableaux
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Liste des figures
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Introduction
Introduction
La gestion actif-passif ou Asset Liability Management (ALM) connaît un remarquable
essor depuis quelques années. Elle s’impose désormais comme un cadre conceptuel de la
gestion financière, compte tenu de l’environnement conjoncturel et concurrentiel
mouvementé. La problématique de gestion des risques ALM, revêt ainsi une importance
capitale pour les banques et les assurances, surtout depuis la crise financière de 2008.
Les banques jouent un rôle d’intermédiation financière en empruntant à court terme
aux personnes ayant un excès de financement, par le biais de leurs dépôts, et en prêtant à
moyen et long termes aux personnes ayant un besoin de financement. Cette transformation
comporte néanmoins des risques substantiels pour les établissements bancaires dont le risque
de liquidité et le risque de taux.
Le risque de liquidité traduit l’incapacité de l’établissement de faire face à ses
engagements et donc son incapacité à rééquilibrer son bilan. L’origine de ce risque vient du
fait que les dépôts à vue, qui sont la principale ressource des banques, sont sans maturités
contractuellement définies. Donc un retrait soudain et massif des dépôts à vue peut créer une
insuffisance de trésorerie et oblige la banque à réemprunter sur le marché. Pour faire face à ce
risque, la banque propose en interne des lois d’écoulement sur les dépôts à maturité incertaine
pour pouvoir ajuster au mieux son bilan en cas de déséquilibre.
Le risque de taux d’un établissement financier est celui de voir sa rentabilité ou la
valeur de ses fonds propres affectées par l’évolution des taux d’intérêts. Plus précisément, la
gestion ALM traite des problèmes liés au décalage de prix et de maturité des actifs et des
passifs, exposant la banque au risque de translation et de déformation de la courbe des taux.
Elle traite également le risque de base survenant lorsque les taux des actifs et des passifs –
même adossés en volume et en échéance - sont arrimés à des index de référence différents et
subissent alors des impacts d’amplitudes différentes. Au-delà de ces risques, l’existence
d’options - plus ou moins visibles - comme celles dont disposent les clients de pouvoir
rembourser par anticipation leur prêt ou de retirer tout ou partie de leur dépôt à vue - peut
également avoir des conséquences importantes sur les marges d’intérêt.
Les équipes ALM ont donc pour mission de gérer les risques afférant au bilan en se
basant sur des modèles pour simuler l’évolution des facteurs de risques afin de piloter
l’équilibre des ressources et des emplois en fonction d’un niveau de risque sous la contrainte
d’un niveau de rentabilité et d’une réglementation. Elles ont donc pour mission de réconcilier
court terme et long terme en présentant les grands équilibres bilanciels. Historiquement, elles
se sont focalisées sur le risque de taux, mais les crises de 2007 et de 2011 ont déplacé les
projecteurs sur la liquidité.
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Problématique et démarche
Problématique et démarche
Ce rapport présente les travaux effectués dans le cadre de notre projet de fin d’études à
MAZARS Actuariat. La thématique de notre projet s’articule autour de la modélisation ALM
et la mise en place de scénarios de stress.
L’objectif de notre étude est d’explorer plus en détails les différents aspects des
problèmes posés.
Ainsi, le présent rapport se déclinera en quatre grandes parties. Après une introduction
sur la gestion actif-passif et le positionnement du cadre de l’étude, nous entamerons la
modélisation des dépôts à vue et des déblocages des crédits et cela après avoir passé en revue
les modèles de la littérature. L’objectif est de modéliser les dépôts à vue suivant des méthodes
mathématiques, ainsi que l’estimation de leurs valeurs futures. Nous procéderons ensuite à
des Backtesting pour nous assurer de la robustesse des modèles choisis. Nous présenterons
également la méthodologie adoptée pour la prévision de la production nouvelle des dépôts à
vue et qui sera la base pour l’élaboration de la simulation de l’évolution des impasses
dynamiques. En troisième partie, on procédera à la modélisation du taux d’intérêt en
présentant les modèles les plus étudiés et en mettant en application l’un de ces modèles. Et
puis finalement nous nous intéresserons dans la quatrième et dernière partie à la construction
de scénarios de stress pour simuler l’évolution du bilan en cas de crises ou en cas de situations
de pressions probables que la banque peut vivre, en étudiant notamment l’exposition de la
banque aux risques de taux et de liquidité.
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Première Partie : Introduction et cadre
général de l’étude
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Première Partie : Introduction et cadre général de l’étude
I. Cadre général
La gestion actif-passif est apparue aux Etats-Unis dans les années 1980 et s’est
développée très rapidement depuis. C’est une technique de gestion financière qui s’est
développée en parallèle avec les techniques de gestion des risques et du pilotage stratégique.
Elle a pour objectif de maitriser les conséquences négatives potentielles des risques financiers
qui font l’objet d’une attention grandissante. Il ne s’agit donc pas seulement de mesurer les
risques à travers des méthodes quantitatives, mais également de les suivre et de les contrôler
ce qui permettra d’assurer une visibilité suffisante sur les résultats futurs et les aléas qui les
affectent, procurant ainsi un outil de pilotage.
L’ALM consiste à analyser la situation du bilan et son évolution probable sur un
horizon de planification, cherchant à garantir l’équilibre entre les deux volets du bilan (les
actifs et les passifs) en s’assurant que la banque dispose toujours de ressources financières qui
lui permettent d’assumer ses charges. Elle fournit des indicateurs en termes de risque et de
rentabilité attendus sur les différents produits du bilan.
L’ALM a pour objectif de :
Maintenir un niveau de risque acceptable et la fixation des limites ;
Piloter la Marge Nette d’Intérêt à court terme et sa préservation à long terme ;
Identifier les activités stratégiques à développer et définir une stratégie d’allocations
des Fonds Propres.
Selon Bitner, les objectifs de la gestion ALM sont les suivants :
Gérer le risque de taux pesant sur le bilan de la banque ;
Gérer les besoins de liquidité relatifs à l’activité bancaire ;
Préserver le capital d’une banque ;
Augmenter le résultat d’une banque.
Le dernier objectif selon Bitner ne l’est pas selon d’autre tels que Bessin ou Dubernet,
qui considèrent, quant à eux, que la fonction ALM a pour objectif la pérennité de
l’établissement et non la maximisation de sa rentabilité.
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Première Partie : Introduction et cadre général de l’étude
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Première Partie : Introduction et cadre général de l’étude
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Première Partie : Introduction et cadre général de l’étude
générés par les produits et instruments financiers dont dispose la banque. Par conséquent,
leurs mouvements ont un impact direct sur le résultat généré mais aussi la valeur actuelle des
différents revenus futurs. Il est donc nécessaire d’appréhender correctement de quelle façon
les mouvements de la courbe de taux peuvent impacter les marges de la banque.
L’appréciation du risque de taux peut s’effectuer au travers d’un ensemble de
simulations de stress testing, dans le cadre d’un scénario de variation des taux de 200 pbs tel
que préconisé par le Comité de Bâle.
La stratégie de la banque en matière de gestion du risque de taux d’intérêt, veille à
assurer la stabilité des résultats contre les variations des taux d’intérêts, en préservant la
marge d’intérêt et en optimisant la valeur économique des Fonds propres.
III.2. Le risque de liquidité
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Première Partie : Introduction et cadre général de l’étude
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Première Partie : Introduction et cadre général de l’étude
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Première Partie : Introduction et cadre général de l’étude
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Première Partie : Introduction et cadre général de l’étude
dans une fourchette lorsque les dettes sont supérieures aux actifs. Dans ce cas, une
augmentation des taux du marché peut entraîner une diminution du revenu d’intérêt net.
Inversement, une impasse positive signifie que le revenu d’intérêt net peut baisser à la suite
d’un repli des taux.
- La duration :
Le calendrier d’échéances et de révisions de taux peut également être utilisé pour
évaluer les effets des modifications de taux sur la valeur économique, en appliquant des
pondérations de sensibilité à chaque fourchette, fondées sur des estimations de la duration des
créances et dettes correspondantes. En effet, la duration est une mesure de la variation, en
pourcentage, de la valeur économique d’une position en présence d’une faible modification du
niveau des taux. Elle reflète l’échelonnement et l’ampleur des flux de trésorerie attendus
avant l’échéance contractuelle d’un instrument.
Approches de simulation
De nombreuses banques, en particulier celles qui utilisent des instruments financiers
complexes ou présentent, par ailleurs, des profils de risque complexes, ont recours à des
systèmes de mesure plus sophistiqués que les simples calendriers d'échéances et de révisions
de taux. Ces techniques de simulation comportent généralement des évaluations détaillées des
effets potentiels des modifications des taux sur les bénéfices et la valeur économique, en
simulant l'évolution future des taux et leur incidence sur les flux de trésorerie.
- Simulations statiques
Dans les simulations statiques, seuls les flux financiers résultant des positions
courantes du bilan et du hors-bilan font l'objet d'évaluations. Pour estimer l'exposition des
bénéfices au risque de taux, des simulations sur les flux de trésorerie et bénéfices qui en
résultent sur une période donnée sont conduites sur la base d'un ou de plusieurs scénarios de
taux.
- Simulations dynamiques
Dans une approche de simulation dynamique, la simulation repose sur des hypothèses
plus détaillées de l'évolution future des taux et des variations attendues de l'activité de la
banque sur la période considérée. Elle pourrait ainsi comporter des hypothèses sur la stratégie
appliquée pour modifier les taux d'intérêt qu'elle contrôle (dépôts d'épargne, par exemple), sur
le comportement de la clientèle (retraits de dépôts à vue et d'épargne, par exemple) et/ou sur
le courant d'activité futur (nouveaux prêts ou autres transactions). Ces simulations utilisent de
telles hypothèses pour projeter les flux financiers escomptés et estimer les résultats
dynamiques des revenus et de la valeur économique.
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Première Partie : Introduction et cadre général de l’étude
Emprunter soit auprès de la banque centrale en répondant aux appels d’offre de celle-
ci, soit sur le marché interbancaire.
Le choix de l’une ou l’autre des solutions dépend de plusieurs facteurs. En effet,
emprunter sur le marché peut s’avérer plus risqué que la cession d’actifs. De plus, les banques
n’ont pas la même facilité d’accès au marché de capitaux car cela dépend de plusieurs
paramètres notamment la taille de l’établissement, sa solidité financière,... Les banques
doivent donc être plus attentives au risque de liquidité et doivent détenir dans leurs bilans des
actifs.
III.2. Outils de gestion du risque de taux d’intérêt
La gestion du risque de taux a pour objectif d’immuniser les marges d’intérêts
prévisionnelles. Pour cela, la banque doit réaliser l’égalité de la duration de ses actifs et
passifs soit par la technique de l’immunisation totale, soit par la couverture des positions de
taux sur le marché dérivé, notamment les accords de taux à terme (Forward Rate Agreement -
FRA) et les accords d'échange de taux (swaps de taux) :
Un FRA est un contrat dans lequel deux parties A et B se mettent en accord que si,
à un instant T, le taux d’intérêt dépasse un seuil R, une partie A paiera à une partie
B une certaine somme et inversement si le taux d’intérêt est inférieur au seuil R
alors B fera un paiement pour A. La somme payée étant la différence des intérêts
sur le montant nominal du contrat. De cette façon, B s'assure face à la variation des
taux, puisqu'il reçoit un dédommagement si les taux sont plus élevés. D'autre part,
il doit faire un versement si les taux sont plus bas.
Un accord d'échange de taux est un contrat selon lequel deux parties s'entendent
pour échanger des paiements d'intérêt sur un montant nominal donné, la partie
acheteuse paiera périodiquement un taux fixe à la partie vendeuse et celle-ci paiera
en retour un taux variable à la partie acheteuse. Ce type de contrat permet à une
banque de neutraliser l'effet désappariant de prêt à long terme en échangeant à
l'aide d'un swap les revenus fixes du prêt pour des revenus variables. Un swap peut
être considéré comme une succession d'accord de taux à terme.
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Première Partie : Introduction et cadre général de l’étude
Actif Passif
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Première Partie : Introduction et cadre général de l’étude
puisqu’on lui accorde la possibilité d’y transférer des fonds d’une manière instantanée, dans
les deux sens, et à tout moment.
Dans notre étude, nous focaliserons notre attention sur la modélisation des dépôts à
vue ainsi que celle des déblocages des crédits non revolving afin d’affiner la compréhension
et la gestion du risque porté par ceux-ci et d’élaborer les conventions d’écoulement.
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Première Partie : Introduction et cadre général de l’étude
I. Réglementation Internationale
La mise en place en 1974 du Comité de Bâle par les banques Centrales Européennes a
permis aux banques et aux autorités de tutelle de mettre au premier plan l’importance d’une
gestion active des risques financiers.
Le comité Bâle effectue des recommandations en termes de gestion du risque de taux
et de liquidité et a instauré des mesures réglementaires rigides, imposant l’allocation
suffisante des fonds propres dans l’objectif est de couvrir tous les types de risques
susceptibles d’affecter négativement la solvabilité et la performance des établissements
bancaire. Le premier accord de cette organisation a eu lieu en 1988. Il s’agissait d’un accord
sur les règles de capital propre. Il a été adopté par plus de 100 pays dont les banques ont été
soumises à la réglementation en 1993 sous la dénomination Bâle I. Mais cette réglementation
s’est révélée insuffisante. C’est pourquoi le comité de Bâle a décidé de mettre en œuvre une
nouvelle réglementation : Bâle II dont le règlement 97-02 rappelle l'obligation pour les
institutions financières de disposer d'outils et de systèmes de mesure des risques.
Les recommandations de Bâle II mettent en évidence la nécessité de la gestion du
risque de taux, mais également mettent l’accent sur la liquidité : les scénarios de crise doivent
intégrer le risque de liquidité dans la projection des flux sur la base de différentes hypothèses
de sévérité, ces hypothèses doivent intégrer à la fois des facteurs externes (liquidité du
marché) et des facteurs internes (problèmes de refinancement).
Les Accords de Bâle III traduisent la volonté des régulateurs de renforcer la régulation
du système financier mis à mal durant la crise financière de 2007. Ils enrichissent la
réglementation prudentielle existante en visant l’amélioration de la qualité des fonds propres
et une meilleure maîtrise des risques.
En plus de renforcer les exigences des précédents accords de Bâle concernant la
gestion des risques et la solvabilité des établissements financiers, les accords de Bâle III
présentent de nouvelles mesures destinées à encadrer et suivre le risque de liquidité. A cette
fin, deux nouveaux ratios ont été définis : le ratio de liquidité long terme (NSFR) et le ratio de
liquidité court terme (LCR).
Le LCR (« Liquidity Coverage Ratio »), destiné au pilotage court terme, a but de
démontrer la stabilité d’un organisme financier face à une crise financière systémique aigue
sur un mois. Pour cela, le montant des réserves de liquidité, cash et actifs hautement liquides
doit être supérieur au montant des exigibilités et fuites de liquidité sur un mois dans un
scénario adverse (stressé). Il contraint les banques à détenir un stock d’actifs sans risque et
facilement négociables, pour être en capacité de compenser des décaissements importants, tels
que les retraits importants d’encours sur des dépôts à vue suite à une crise de confiance, sur
un mois.
𝐸𝑛𝑐𝑜𝑢𝑟𝑠 𝑑 ′ 𝑎𝑐𝑡𝑖𝑓𝑠 𝑙𝑖𝑞𝑢𝑖𝑑𝑖𝑒𝑠 𝑑𝑒 ℎ𝑎𝑢𝑡𝑒 𝑞𝑢𝑎𝑙𝑖𝑡é
𝐿𝐶𝑅 = ≥ 100%
𝑆𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒𝑠 𝑛𝑒𝑡𝑡𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑡𝑟é𝑠𝑜𝑟𝑒𝑟𝑖𝑒 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 30 𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠 𝑠𝑢𝑖𝑣𝑎𝑛𝑡𝑠
Le NSFR (« Net Stable Funding Ratio »), orienté long terme et qui complète le ratio
de liquidité à court terme, a lui pour objectif de garantir la capacité de l’organisme financier à
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Première Partie : Introduction et cadre général de l’étude
De ce fait, l’ALM est très concerné par les évolutions réglementaires en cours dans le
secteur bancaire. Les ratios de liquidité du Comité de Bâle constituent à ce titre une contrainte
majeure qui va à l’encontre d’une gestion active et sur-mesure du bilan par l’ALM : que ce
soit le LCR (le ratio de liquidité court terme) ou le NSFR (le ratio de liquidité long terme), les
nouveaux ratios introduisent un même calcul et des hypothèses identiques pour l’ensemble
des établissements, quels que soient leur modèle ou leurs conditions d’activité. En limitant la
capacité des banques à financer leurs crédits à long terme par des dépôts à court terme, le
NSFR va jusqu’à remettre en question le métier même de l’ALM : garantir que le processus
de transformation, au cœur de la croissance économique, se fasse dans des conditions de
sécurité suffisantes.
Le comité de Bâle définit donc divers objectifs à atteindre afin d’appréhender
correctement le risque de taux et gérer parallèlement les besoins de liquidité. Pour cela, il
recommande la mise en place de conventions d’écoulement pour chacun des produits du
bilan. Cela permettra par la suite de calculer les impasses de liquidité du bilan aux différentes
dates futures. Le comité de Bâle recommande d’effectuer des écoulements statiques et
dynamiques.
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Première Partie : Introduction et cadre général de l’étude
du secteur à «un risque de taux d’intérêt, dans un contexte de forte concurrence à l’octroi de
crédits, ce qui constitue une zone d’attention qui requiert un suivi rapproché».
Outres les directives imposant les règles de gestion des risques de taux, la Directive de
BAM n° 31/G/07 relative au dispositif de gestion du risque global de liquidité bancaire exige
une gestion saine de la liquidité impliquant la mise en place d’une stratégie qui définit la
politique générale à adopter pour assurer un niveau de risque de liquidité acceptable au regard
de l’activité de l’établissement et de l’environnement économique dans lequel il évolue. Cette
dernière prévoit des mesures progressives, avec un premier jalon au 1er juillet 2015, date à
laquelle le ratio de liquidité (LCR) à court terme des banques a dû être au minimum de 60%;
et un 2ème jalon au 1er juillet 2019, date à laquelle ce ratio devra se situer à 100%, au terme
d'un processus d'incrémentation annuelle de 10%.
Conclusion
La gestion actif-passif rêvait donc une importance grandissante pour tout établissement
financier. De par leur activité de transformation, les banques sont soumises aux risques et aux
aléas du marché financier, notamment le risque de liquidité et le risque de taux, qu’ils essaient
de maitriser à travers la mise en place et le suivi d’un certain nombre d’indicateurs et selon les
recommandations des régulateurs et celles du comité de Bâle.
Dans cette optique, nous nous intéressons dans la suite à la modélisation des dépôts à vue et à
leurs écoulements ainsi qu’à la modélisation des déblocages des crédits non revolving logé
dans le hors bilan. Les résultats seront utilisés pour construire les impasses de liquidité qui
sont un outil important de mesure du risque de liquidité encouru par banque.
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Deuxième Partie : Modélisation des dépôts
à vue et du déblocage des crédits
Pour une bonne gestion et un meilleur suivi des risques afférents à
l’activité bancaire, une des principales étapes est la modélisation des
différents postes du bilan et de l’hors-bilan et la détermination des
règles d’écoulement.
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Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
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Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
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Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
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Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
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Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
Le modèle de l’OTS :
Le modèle de l’OTS repose principalement en la création d’un modèle discret
d’évolution des encours des dépôts à vue où il évoque la conception de la non-linéarité, alors
que les modèles cités précédemment sont clairement non linéaire mais ils émettent
l’hypothèse que l’ajustement se fait suivant un schéma presque linéaire à une transformation
connue.
Le modèle s’écrit :
𝑖𝑘
𝐷𝑘 = 𝐷𝑘−1 (𝑎 + 𝑏 ∗ arctan (𝑑 + 𝑐 ( )) + 𝑒 ∗ 𝑖𝑘 )1/12
𝑅𝑘
Où :
𝐷𝑘 : l’encours des dépôts à vue à l’instant k
𝑅𝑘 : Le taux de marché
𝑖𝑘 : Le taux de rémunération des dépôts
𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑑, 𝑒: sont des coefficients
Ce modèle est similaire au modèle d’Obrien dans la mesure où il prend en
considération la non symétrie des taux de rémunération des dépôts par rapport aux taux de
marché.
II.1.2. Méthodes de modélisation des dépôts à vue non rémunérés :
La modélisation des dépôts à vue non rémunérés consiste essentiellement en
l’identification du modèle le plus adéquat pour effectuer cette tâche, la littérature propose les
modèles suivants : Selvaggio, Dupré et OTS.
Le modèle de Selvaggio :
Selvaggio a proposé en 1996 l’un des premiers modèles de l’évolution des encours des
dépôts à vue. L’idée de base vient de la détermination de l’encours cible 𝐷𝑘∗ des dépôts qui a
une dynamique en fonction des variables macroéconomiques 𝑌𝑘 et du taux d’intérêt 𝑅𝑘 .
Le modèle est le suivant :
𝑙𝑜𝑔𝐷𝑘∗ = 𝛼1 + 𝛼2 𝑙𝑜𝑔𝑅𝑘 + 𝛼3 𝑙𝑜𝑔𝑌𝑘
Où :
𝑌𝑘 : représente les variables macroéconomiques autres que les taux d’intérêts. C’est un
indicateur qui peut être représentés par les salaires, le taux de chômage…
𝛼1 , 𝛼2 , 𝛼3 : sont des coefficients
Il suppose par la suite que les encours ont une tendance à s’ajuster autour de l’encours
cible à une vitesse 𝜆 selon l’équation suivante :
𝐿𝑜𝑔𝐷𝑘 = 𝐿𝑜𝑔𝐷𝑘−1 + 𝜆(𝑙𝑜𝑔𝐷𝑘∗ − 𝐿𝑜𝑔𝐷𝑘−1 )
Pour obtenir finalement le modèle suivant :
𝐿𝑜𝑔𝐷𝑘 = (1 − 𝜆)𝐿𝑜𝑔𝐷𝑘−1 + 𝜆(𝛼1 + 𝛼2 𝑙𝑜𝑔𝑅𝑘 + 𝛼3 𝑙𝑜𝑔𝑌𝑘 )
Le modèle de Selvaggio s’est basé sur des données mensuelles, donc il a fallu ajouter
une variable qui prend en considération la saisonnalité des dépôts à vue, ainsi, si nous
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Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
On peut utiliser une formulation discrète pour le taux court sur un pas de temps, on le
notera 𝑅𝑘 :
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Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
1 𝑡𝑘+𝛿
𝑅𝑘 = ∫ 𝑟𝑠 𝑑𝑠
𝛿 𝑡𝑘
Le modèle devient :
𝑙𝑜𝑔𝐷𝑘 − 𝑙𝑜𝑔𝐷𝑘−1 = 𝛼𝛿 − 𝛽𝛿𝑅𝑘
Le modèle devient simple, en considérant les nouveaux paramètres apparus après
l’intégration, soit :
𝑙𝑜𝑔𝐷𝑘 − 𝑙𝑜𝑔𝐷𝑘−1 = 𝛼1 − 𝛼2 𝑅𝑘
Le modèle OTS :
Dans l’absence d’une rémunération, le problème d’estimation se résume à la
𝐷
détermination de 𝛼 que nous estimons par la moyenne du rapport 𝐷 𝑘 .
𝑘−1
𝐷𝑘 = 𝛼𝐷𝑘−1
Ce modèle pourrait paraître simple, mais il est utilisé par de nombreuses institutions
financières aux Etats-Unis.
II.2. Fonctions d’écoulement
Après avoir donné un aperçu global sur les modèles prédéfinis de la modélisation des
dépôts à vue rémunérés et non rémunérés, on désigne le modèle le plus approprié et le plus
significatif et ceci à l’aide d’outils statistiques, en l’occurrence le coefficient d’ajustement 𝑅 2.
Nous pouvons donc envisager maintenant l’estimation de la fonction d’écoulement.
Il existe plusieurs types d’écoulement que la banque peut choisir d’adopter pour ses
DAV. Ceux-ci dépendent du degré de prudence pour appréhender le risque de liquidité. Mais
avant, la banque doit déterminer la part de ces dépôts qu’elle considère stable dans son stock
et la part volatile afin de mieux gérer sa liquidité.
II.2.1. Détermination de la part stable et de la part volatile des DAV
Afin de pouvoir séparer les parts stable et volatile du stock bancaire des DAV, on
calcule le coefficient de variation de la série des encours sur la durée étudiée comme suit :
𝜎𝐷
𝐶𝑉 =
̅
𝐷
Avec :
𝜎𝐷 étant l’écart type des encours
̅ étant la moyenne des encours
𝐷
On définit ainsi la partie stable (PS) et la partie volatile (PV) par les relations
suivantes :
𝑃𝑆 = (1 − 𝐶𝑉) ∗ 𝐷
𝑃𝑉 = 𝐶𝑉 ∗ 𝐷
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Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
Ainsi, il devient primordial pour la banque d’évaluer la façon avec laquelle chacun de
ses actifs et passifs va évoluer au cours du temps. Pour ce faire, on a besoin de l’élaboration
des conventions d’écoulement qui permet l’analyse et le suivi de l’écoulement des actifs et
passifs du système bancaire.
Les conventions d’écoulement des lignes non échéancés du bilan sont un élément clé
en matière de mesure du risque de taux et de liquidité, leur définition permet d’évaluer
l’écoulement des actifs et des passifs au cours du temps. Les principaux modèles développés
dans la littérature traitent la problématique de l’écoulement des DAV en se basant sur des
hypothèses sur le comportement rationnel des clients face à l’évolution des paramètres du
marché.
On s’intéresse en premier lieu à l’écoulement des encours existants dans le bilan.
Présentation des fonctions d’écoulement du stock:
Notre travail s’intéresse principalement dans cette partie à l’écoulement des encours
existants dans le bilan intitulé « l’écoulement du stock » ;
L’écoulement s’effectue sous l’hypothèse d’absence d’éventuelles productions
nouvelles futures.
La fonction d’écoulement de la production est égale à :
𝑇
𝑆(𝑡, 𝑇) = exp(− ∫ 𝜆(𝑢)𝑑𝑢)
𝑡
Où 𝜆, ne dépendant pas de la date de génération, est la seule qui conduise à l’égalité entre
fonction d’écoulement du stock et fonction d’écoulement de la production.
D’où :
𝜕 ln(𝑆(𝑡, 𝑇))
𝑆𝑆𝑡𝑜𝑐𝑘 (𝑡, 𝑇) = 𝑆(𝑡, 𝑇) ⇒ 𝜆(𝑡, 𝑇) = = 𝜆(𝑇)
𝜕𝑇
L’encours des DAV s’écrit donc sous la forme suivante :
𝑇 𝑡
𝐷𝑡 = ∫ 𝑃𝑁(𝑠) exp (− ∫ 𝜆(𝑢)𝑑𝑢) 𝑑𝑠
−∞ 𝑠
- 36 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
- 37 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
Bruit Blanc
On dit que 𝑋𝑡 est un bruit blanc et on note 𝑋𝑡 ~𝐵𝐵(0, 𝜎 2 ) si :
1. 𝑋𝑡 est centré : 𝐸(𝑋𝑡 ) = 0
2. 𝑉𝑎𝑟(𝑋𝑡 ) = 𝜎²
3. 𝛾(𝑘) = 𝐶𝑜𝑣(𝑋𝑡 , 𝑋𝑡+𝑘 ) = 0 pour k≠ 0
Un BB est un SSL.
II.3.2. Les modèles AR, MA, ARMA
1) Processus autorégressif
Processus autorégressif d’ordre 1 : AR(1)
On appelle processus autorégressif d’ordre 1, un processus 𝑋𝑡 défini par 𝑋𝑡 = 𝜇 +
𝜙𝑋𝑡−1 + 𝑎𝑡 où 𝑎𝑡 ~𝐵𝐵(0, 𝜎 2 ) et 𝜇, 𝜙 ∈ ℝ² représentent les paramètres inconnus du modèle
que l’on cherche à estimer (𝜙 ≠ 0)
Si 𝜙 = 1, alors le processus 𝑋𝑡 = 𝜇 + 𝜙𝑋𝑡−1 + 𝑎𝑡 n’est pas SSL
Soit 𝑋𝑡 un processus autorégressif d’ordre 1, AR(1), avec 𝑎𝑡 un BB (0, 𝜎² ),
𝜇
alors: 𝑋𝑡 est SSL et admet la décomposition : 𝑋𝑡 = 1−𝜙 + ∑𝑗≥0 𝜙 𝑗 𝑎𝑡−𝑗 ssi |𝜙| < 1.
- 38 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
Les processus autorégressifs supposent donc que chaque point peut être prédit par la
somme pondérée d’un ensemble de points précédents, plus un terme aléatoire d’erreur.
2) Processus Moyenne Mobile
Processus moyenne mobile d’ordre 1 : MA(1)
On appelle processus moyenne mobile d’ordre 1, un processus 𝑋𝑡 défini par : 𝑋𝑡 =
𝜇 + 𝑎𝑡 + 𝜃𝑎𝑡−1 où 𝑎𝑡 ~𝐵𝐵(0, 𝜎 2 ) et 𝜃𝜖ℝ
𝐸(𝑋𝑡 ) = 𝜇
𝑉𝑎𝑟(𝑋𝑡 ) = (1 + 𝜃 2 )𝜎²
(1 + 𝜃 2 )𝜎 2 𝑠𝑖 𝑘 = 0
𝛾(𝑘) = 𝐶𝑜𝑣(𝑋𝑡 , 𝑋𝑡+𝑘 ) = { 𝜃𝜎 2 𝑠𝑖 𝑘 = 1
0 𝑠𝑖 𝑘 ≥ 2
Tous processus MA(1) est un processus SSL
1 𝑠𝑖 𝑘 = 0
𝜃
Fonction d’autocorrélation : 𝜌(𝑘) = 𝐶𝑜𝑟𝑟(𝑋𝑡 , 𝑋𝑡+𝑘 ) = {1+𝜃² 𝑠𝑖 𝑘 = 1
0 𝑠𝑖 𝑘 ≥ 2
Processus moyenne mobile d’ordre 2 : MA(2)
On appelle processus moyenne mobile d’ordre 2, un processus 𝑋𝑡 défini par : 𝑋𝑡 =
𝜇 + 𝑎𝑡 + 𝜃1 𝑎𝑡−1 + 𝜃2 𝑎𝑡−2 où 𝑎𝑡 ~𝐵𝐵(0, 𝜎 2 ) et 𝜃1 et 𝜃2 sont deux réels.
𝐸(𝑋𝑡 ) = 𝜇
2
𝜎²(𝜃𝑘 + ∑ 𝜃𝑗 𝜃𝑘+𝑗 ) 𝑠𝑖 1 ≤ 𝑘 ≤ 2
𝛾(𝑘) = {
𝑗=1
0 𝑠𝑖 𝑘 ≥ 2
Tout processus MA(2) est un processus SSL
Processus moyenne mobile d’ordre q : MA(q)
Un processus ( 𝑋𝑡 ) est dit un processus à moyenne mobile d’ordre q, MA(q), si
l’observation présente 𝑋𝑡 est générée par une moyenne pondérée d’aléas jusqu’à la q-ième
période sous la forme suivante :
𝑞
- 39 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
𝑞−𝑘
𝜎²(𝜃𝑘 + ∑ 𝜃𝑗 𝜃𝑘+𝑗 ) 𝑠𝑖 1 ≤ 𝑘 ≤ 𝑞
𝛾(𝑘) =
𝑗=1
{ 0 𝑠𝑖 𝑘 ≥ 𝑞
Les moyennes mobiles suggèrent que la série présente des fluctuations autour d’une
valeur moyenne. On considère que la meilleure estimation est représentée par la moyenne
pondérée d’un certain nombre de valeurs antérieures. Ceci revient à considérer que
l’estimation est égale à la moyenne vraie, à laquelle on ajoute une somme pondérée des
erreurs ayant entachées les valeurs précédentes.
Tout processus MA(q) est un processus SSL
3) Processus ARMA
Les modèles ARMA sont représentatifs de processus générés par une combinaison des
valeurs passées et des erreurs passées : 𝑋𝑡 − ∑𝑝𝑖=1 𝜑𝑖 𝑋𝑡−𝑖 = 𝜀𝑡 + ∑𝑞𝑖=1 𝜃𝑖 𝜀𝑡−𝑖 ∀ 𝑡 ∈ ℤ
On peut écrire le modèle ARMA (p,q) sous la forme :
𝛼(𝐿)𝑋𝑡 = 𝜃(𝐿)𝜀𝑡
Où L est l’opérateur de retard et 𝜀𝑡 un bruit blanc de variance 𝜎²
Dans le cas où la série contient une composante non stationnaire, on se ramène à un
processus appelé ARIMA(p,d,q) s’il s’agit seulement d’une tendance, ou bien à un processus
appelé SARIMA(p,d,q)(P,D,Q). Les modèles SARIMA peuvent vus comme une
généralisation des modèles ARIMA, contenant une partie saisonnière.
II.3.3. La méthode de Box & Jenkins
La méthode de Box & Jenkins repose sur une analyse des fonctions d’autocorrélations
et d’autocorrélations partielles. En effet, le test d’autocorrélations des observations constitue
le principal outil de détection d’une tendance mais également d’une saisonnalité. A ce titre,
les fonctions d’autocorrélations constituent des instruments essentiels dans la modélisation
des séries temporelles par la méthode de Box & Jenkins.
L’autocorrélation rend compte de la corrélation entre deux variables stochastiques
d’une même chronique. Le coefficient d’autocorrélation 𝑟𝑘 constitue une mesure de
corrélation entre la série initiale et cette même série décalée d’un rang k.
L’approche Box & Jenkins est une méthode en quatre étapes qui permet d’effectuer
des prévisions d’une série chronologique au sens large.
Il s’agit dans cette partie de présenter la méthode d’analyse et de prévision des séries
temporelles de Box & Jenkins.
Etape 1 : Identification du modèle
La phase d’identification est la plus importante et la plus difficile : elle consiste à
déterminer le modèle adéquat dans la famille des modèles ARIMA. Elle est fondée sur l’étude
des corrélogrammes simple et partiel.
Lors de cette étape, on procède comme suit :
- Dessaisonalisation de la série dans le cas où elle est affectée d’un mouvement saisonnier,
et cela avant tout traitement statistique.
- Recherche de la stationnarité en termes de tendance.
- 40 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
- Identification des valeurs des paramètres p et q du modèle ARMA à travers la lecture des
corrélogrammes simple et partiel.
Etape 2 : Estimation des paramètres
L’estimation des paramètres d’un modèle peut être vue comme étant un raffinement de
l’analyse faite lors de l’étape d’identification. En effet, une fois les autocorrélations et
autocorrélations partielles calculées et qu’un modèle de base (AR, MA ou ARMA) a été
choisi, l’estimation consiste à calculer les paramètres requis par le modèle en question et de
discuter de leur qualité et de leur aptitude à modéliser la série donnée.
Etape 3 : Validation du modèle
Les paramètres du modèle étant estimés, nous examinons les résultats d’estimation.
Pour valider un modèle, celui-ci doit respecter deux conditions :
Les coefficients du modèle doivent être significativement différents de 0. Le test du t de
Student s’applique de manière classique. Si un coefficient n’est pas significativement
différent de 0, il convient d’envisager une nouvelle spécification éliminant l’ordre du
modèle AR ou MA non validé.
Le résidu doit être un bruit blanc. Le test de Box-Pierce permet de tester cette hypothèse.
Si le résidu n’est pas un bruit blanc, cela signifie que la spécification du modèle est
incomplète et qu’il manque au moins un ordre à un processus.
La phase de validation du modèle est très importante et nécessite le plus souvent un
retour à la phase identification.
Etape 4 : Prévision
Cette ultime étape de la méthode de Box-Jenkins est la finalité de tout modèle
d’analyse prévisionnelle. La prévision se fait par l’utilisation de l’équation développée et
vérifiée lors des précédentes étapes et peut être calculée à un horizon de quelques périodes
limitées car la variance de l’erreur de prévision croît très vite avec l’horizon.
- 41 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
La série de taux de rémunération, quant à elle, est représentée par la série des taux
semestriels des comptes sur carnet. L’horizon pris en compte est le même que celui du taux
d’intérêt. Son évolution dans le temps est donnée par le graphique ci-dessous :
- 42 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
Pour des raisons de confidentialité, les encours sur les graphiques (l’axe Y) ont été
sciemment omis.
Pour le compte épargne, nous disposons des données de Juillet 2008 à Septembre
2016. Soit 100 observations. Le graphique suivant montre l’évolution des encours pour ce
compte.
10-oct.-0622-févr.-0806-juil.-0918-nov.-1001-avr.-1214-août-1327-déc.-1410-mai-1622-sept.-17
Date de chargement
Les encours ont une tendance haussière, correspondant à une évolution globale de
202,27% entre Juin 2008 et Septembre 2016, ce qui correspond à une évolution annuelle de
14,19% et une évolution mensuelle de 1,11%.
Nous choisissons d’effectuer la répartition entre la base d’apprentissage (sur laquelle
sera effectuée la modélisation) et la base de validation (sur laquelle va être effectué le
backtest) comme suit :
Apprentissage Validation
- 43 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
Les deux séries semblent être superposées. Nous concluant donc qu’il n’y a pas de
saisonnalités et nous travaillons avec les encours fournis.
1) Choix du modèle
Nous procédons maintenant à l’application des différents modèles des DAV non
rémunérés.
1.1) Modèle d’O’Brien
Une première régression du modèle en intégrant comme variables explicatives le taux
d’intérêt 𝑅𝑘 , le temps 𝑡𝑘 et le taux de rémunération 𝑖𝑘 , nous permet d’avoir les résultats
suivants :
- 44 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
Le modèle obtenu est : 𝐿𝑜𝑔 𝐷𝑘 − 𝐿𝑜𝑔 𝐷𝑘−1 = 0,0245 − 0,336 ∗ 𝑅𝑘. Le coefficient
de détermination du modèle est : 𝑅 2 = 1,35%.
Le choix du modèle porte sur le modèle d’Obrien dont le coefficient de détermination
est le plus élevé.
Nous passons maintenant au backtest du modèle retenu :
Le backtest permet de conclure que le modèle s’ajuste bien aux données et a une
bonne capacité prédictive.
2) Validation du modèle
Normalité
Nous analysons à présent les résidus des modèles pour nous assurer de leur normalité.
Pour cela, nous effectuons les tests suivants :
Test de Shapiro-Wilk
- 45 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
Etant donné que la p-value calculée est supérieure au niveau de signification seuil de
5%, on ne rejette pas l’hypothèse nulle. Le test de Shapiro-Wilk permet donc de conclure que
les résidus suivent une loi normale.
Test de Jarque-Bera
Etant donné que la p-value calculée est supérieure au niveau de signification seuil de
5%, on ne rejette pas l’hypothèse nulle. Le test de Jarque-Bera permet donc de conclure que
les résidus suivent une loi normale.
Test de Kolmogorov-Smirnov
Etant donné que la p-value calculée est supérieure au niveau de signification seuil de
5%, on ne rejette pas l’hypothèse nulle. Le test de Kolmogorov-Smirnov permet donc de
conclure que les résidus suivent une loi normale.
Tous les tests permettent de s’assurer que les résidus suivent bien une loi normale.
0,9
0,03
0,8
0,7 0,02
0,6 0,01
0,5
0
0,4 -0,04 -0,02 0 0,02 0,04
0,3 -0,01
0,2
-0,02
0,1
-0,03
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
-0,04
Fonction de répartition empirique Résidus
FIGURE 6 : P-P PLOT & Q-Q PLOT DES RESIDUS POUR LE COMPTE EPARGNE
- 46 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
Le Q-Q plot des résidus permet de conforter visuellement la normalité des résidus. Les
résidus suivent donc une loi normale 𝓝(𝟎; 𝟎, 𝟎𝟎𝟎𝟏𝟕𝟒𝟖).
Histogrammes
35
30
25
Densité
20
15
10
0
-0,05 -0,04 -0,03 -0,02 -0,01 0 0,01 0,02 0,03 0,04
Résidus
Résidus Normale(0;0,0001748)
0,02
0,01
Résidus
-0,01
-0,02
-0,03
-0,04
Encours prédits
- 47 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
Autocorrélation
0,8 0,8
0,6 0,6
Autocorrélation partielle
0,4 0,4
Autocorrélation
0,2 0,2
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19
-0,2 -0,2
-0,4 -0,4
-0,6 -0,6
-0,8 -0,8
-1 -1
Décalage Décalage
- 48 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
J/J 2-7 J 8-15 J 16-30 J 1-3 M 3-6 M 6-12 M 1-2 A 2-3 A 3-4 A 4-5 A 5-7 A 7-10 A 10-15 A
Maturités
- 49 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
J/J 2-7 J 8-15 J 16-30 J 1-3 M 3-6 M 6-12 M 1-2 A 2-3 A 3-4 A 4-5 A 5-7 A 7-10 A 10-12 A
Maturités
III.2. Modélisation des dépôts à vue par la méthode de Box & Jenkins
Les comptes courants sont des comptes difficiles à modéliser car ce type de comptes
possède la particularité d’être adressé aux entreprises ce qui accroît le risque de liquidité
auquel la banque peut s’exposer. En effet, les encours liés à ce type de comptes sont très
volatiles car les entreprises, contrairement aux particuliers, peuvent déposer ou retirer dans un
laps de temps des montants très élevés d’encours. Il suffit donc qu’une grande entreprise retire
une partie ou la totalité de ses dépôts de la banque pour que celle-ci se retrouve en besoin de
liquidité.
L’idée de base derrière le modèle de Selvaggio est la détermination d’un encours cible
autour duquel les encours ont tendance à s’ajuster selon une vitesse donnée. L’estimation des
paramètres de ce modèle permet principalement de calculer l’encours cible et la vitesse
d’ajustement pour des besoins d’écoulement d’un stock d’encours. Toutefois, le modèle
estimé peut servir aussi pour la prédiction de l’évolution future des encours puisqu’en général
la qualité d’ajustement des données au modèle Selvaggio, en comparaison avec les autres
modèles de la littérature, est meilleure.
Compte tenu de la nature des comptes courants, la banque a besoin d’avoir une
visibilité sur l’évolution future des encours liés à ce type de compte. Pour cela, elle peut
- 50 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
utiliser les modèles disponibles dans la littérature - tel que le modèle de Selvaggio – ou bien
utiliser les modèles ARIMA qui assimilent la série des encours à une série chronologique ou
encore, effectuer une étude comportementale de ses clients en collectant des variables
susceptibles d’expliquer l’évolution des encours et développer ainsi un modèle interne.
Les paramètres du modèle de Selvaggio étant estimés dans le paragraphe précédent,
nous procédons dans cette partie à la modélisation des encours des comptes courants du passif
par la méthode de Box & Jenkins dans le but de comparer la capacité prédictive des deux
modèles.
III.2.1. Modélisation et prévision par la méthode de Box & Jenkins
La série que nous cherchons à modéliser est une série d’encours fin de mois associés à
la classe des comptes courants logés dans le passif du bilan de la banque. Elle s’étale du mois
Juillet 2010 au mois Juin 2016, soit 72 observations. Elle est représentée par le graphique ci-
dessous :
01-juil.-11
01-juil.-12
01-juil.-13
01-juil.-14
01-juil.-15
01-nov.-10
01-nov.-11
01-nov.-12
01-nov.-13
01-nov.-14
01-nov.-15
01-sept.-10
01-janv.-11
01-mars-11
01-sept.-11
01-janv.-12
01-mars-12
01-sept.-12
01-janv.-13
01-mars-13
01-sept.-13
01-janv.-14
01-mars-14
01-sept.-14
01-janv.-15
01-mars-15
01-sept.-15
01-janv.-16
01-mars-16
01-mai-11
01-mai-12
01-mai-13
01-mai-14
01-mai-15
FIGURE 12 : GRAPHIQUE DE L’EVOLUTION DES ENCOURS FIN DE MOIS POUR LES COMPTES COURANTS PASSIF 01-mai-16
- 51 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
7/1/10
3/1/11
7/1/11
3/1/12
7/1/12
3/1/13
7/1/13
3/1/14
7/1/14
3/1/15
7/1/15
3/1/16
11/1/10
11/1/11
11/1/12
11/1/13
11/1/14
11/1/15
Encours fournis Encours désaisonnalisés
FIGURE 13 : EVOLUTION DES ENCOURS DES COMPTES COURANTS PASSIF AVANT ET APRES DESSAISONALISATION
Comme nous pouvons le constater, les deux séries se superposent. Nous pouvons en
déduire alors l’absence de la saisonnalité et nous passons directement à l’étude de la
stationnarité.
Les corrélogrammes simple et partiel de la série des encours initiale sont donnés par
les figures ci-dessous :
0,8 0,8
0,6 0,6
Autocorrélation partielle
0,4 0,4
Autocorrélation
0,2 0,2
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19
-0,2 -0,2
-0,4 -0,4
-0,6 -0,6
-0,8 -0,8
-1 -1
Décalage Décalage
FIGURE 14 : ACF ET PACF DE LA SERIE DES ENCOURS DES COMPTES COURANTS PASSIF
- 52 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
La p-value étant supérieure au seuil 5%, on ne rejette pas l’hypothèse nulle selon
laquelle la série est non stationnaire.
Pour stationnariser cette série, nous procédons à une différenciation d’ordre 1 puis
nous effectuons le test de Dickey-Fuller pour la série différenciée.
La p-value est inférieure au seuil 5%, on rejette donc l’hypothèse nulle de la non
stationnarité.
Nous obtenons donc une série stationnaire par une différentiation de premier ordre qui
sera modélisée par un processus ARMA (p, q).
0 20 40 60 80
- 53 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
0,8 0,8
0,6 0,6
Autocorrélation partielle
0,4 0,4
Autocorrélation
0,2 0,2
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19
-0,2 -0,2
-0,4 -0,4
-0,6 -0,6
-0,8 -0,8
-1 -1
Décalage Décalage
A travers la lecture des autocorrélogrammes, nous obtenons les paramètres p=2 et q=1.
Nous pouvons donc estimer les paramètres des modèles : AR(1), AR(2), ARMA(1,1), et
ARMA(2,1).
III.2.1. 2. Estimation des paramètres et validation du modèle
Nous allons donc estimer les paramètres des différents modèles identifiés. Les
modèles retenus sont ceux dont les paramètres sont significatifs et les résidus sont des bruits
blancs non autocorrélés.
Les modèles AR(1), AR(2) sont les seuls à posséder des paramètres significatifs et des
résidus assimilés à un bruit blanc.
De plus, la p-value du test de Box-Pierce est supérieure au seuil de 5%. Les résidus
sont donc des bruits blancs.
- 54 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
On remarque aussi que la p-value du test de Box-Pierce est supérieure au seuil de 5%.
Les résidus sont donc des bruits blancs.
Le choix du modèle va être effectué à travers la comparaison entre les critères AIC et
l’analyse de la corrélation des résidus.
0,8 0,8
0,6 0,6
Autocorrélation partielle
0,4 0,4
Autocorrélation
0,2 0,2
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19
-0,2 -0,2
-0,4 -0,4
-0,6 -0,6
-0,8 -0,8
-1 -1
Décalage Décalage
- 55 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
0,8 0,8
0,6 0,6
Autocorrélation partielle
0,4 0,4
Autocorrélation
0,2 0,2
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19
-0,2 -0,2
-0,4 -0,4
-0,6 -0,6
-0,8 -0,8
-1 -1
Décalage Décalage
III.2.1. 3. Prévision
L’ajustement des données au modèle autorégressif d’ordre 2 nous a permis d’effectuer
des prévisions pour les encours des comptes courants passif sur un horizon de 10 mois.
Le graphique, ci-dessous, illustre d’une part les encours ajustés selon le modèle AR(2)
(en rouge) et d’une autre part la prévision (en orange).
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
- 56 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
FIGURE 20 : EVOLUTION DES ENCOURS OBSERVES ET MODELISES PAR SELVAGGIO ET PAR AR(2)
Il est donc important pour la banque de déterminer la finalité de l’étude qu’elle réalise.
Si le but de son étude est d’anticiper les encours futurs d’un compte donné, les modèles
ARIMA donnent une meilleure visibilité sur l’évolution future de ces encours par rapport au
modèle de Selvaggio. Toutefois, ce dernier reste le modèle de référence des banques pour
effectuer un écoulement d’un stock grâce à la notion d’encours cible qu’il incorpore.
- 57 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
L’approche dynamique du bilan repose sur une simulation de son évolution. Il est
impératif alors d’avoir une idée sur le comportement de la production nouvelle afin de
pouvoir observer le comportement financier de sa clientèle et de proposer des modèles
adéquats d'évolution.
Vu que la production nouvelle de la banque est répartie sous forme de volumes
mensuels et que sa répartition au cours du temps n’est dépendante que de ses valeurs passées,
il parait alors convenable de la présenter sous forme d’une série temporelle.
Il s’agit de construire un modèle restituant le mieux possible le comportement de la
production nouvelle du compte épargne suivant trois étapes : identification, estimation et
diagnostic.
IV.1. Etude statistique de la nouvelle production du compte d’épargne
FIGURE 22 EVOLUTION GLOBAL DE LA NOUVELLE PRODUCTION DU CE ENTRE JUILLET 2008 ET MAI 2014
- 58 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
Etant donné que la p-value calculée est supérieure au niveau de signification 5%, on
ne rejette pas l’hypothèse nulle. La série est donc stationnaire.
Les trois tests effectués permettent de conclure quant à la stationnarité de la série des
productions nouvelles pour le Compte Epargne.
IV.2. Modélisation de la production nouvelle
A présent, examinons le diagramme des autocorrélations et des corrélations partielles
de la série de données.
0,4 0,4
Autocorrélation
0,2 0,2
0 0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
-0,2 -0,2
-0,4 -0,4
-0,6 -0,6
-0,8 -0,8
-1 -1
Décalage Décalage
On remarque l’existence d’un pic significatif au lag 12 (ACF), qui peut traduire la
présence d’un effet stochastique saisonnier. On suggère plutôt un modèle SARIMA
(p,d,q)(P,D,Q).
Pour l’ACF, les pics les plus significatifs sont présents aux lags 1 et 12, donc on prend
Q=1 et q=1. Et pour le PACF, on trouve que le pic le plus significatif est au lag 12 qui peut
représenter l’effet saisonnier. On prend alors P=1 et p=1.
- 59 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
0,6 0,6
Autocorrélation
0,4 0,4
0,2 0,2
0 0
-0,2 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 -0,2 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
-0,4 -0,4
-0,6 -0,6
-0,8 -0,8
-1 -1
Décalage Décalage
- 60 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
On peut conclure, à travers les p-value des tests de Box-Pierce, Ljung-Box et McLeod-
Li, qui sont supérieures à 5%, que les résidus sont bien un bruit blanc. Nous passons
maintenant au test de normalité des résidus.
Etant donné que les p-value des deux tests sont supérieure au seuil 5%, on ne rejette
pas l’hypothèse nulle et on en conclut la normalité des résidus.
Après les tests d’adéquation sur les résidus, on passe à la prévision.
0 20 40 60 80 100 120
PN Prédiction
- 61 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
I. Démarche proposée :
Afin d’estimer et positionner les déblocages futures, il conviendrait d’étudier le
comportement des déblocages dans le passé. La modélisation repose sur la construction de la
table de survie des déblocages par nature de crédit.
D’un point de vue méthodologique, l’idée est de considérer chaque déblocage comme
un « individu » de la population observée. La population totale est égale au montant total des
déblocages.
Le taux de survie recherché, correspond à la probabilité qu’un déblocage soit réalisé
entre la date d’octroi et un instant t.
- 62 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
− Etablir la relation entre des variables explicatives et le temps de survie ainsi que
l’amplitude de l’effet de ces variables sur le risque de survenue de l’évènement
d’intérêt.
Estimateur non paramétrique de Kaplan-Meier :
L’estimateur de Kaplan-Meier est un estimateur pour estimer la fonction de survie
d’après des données de durée de vie. Cette technique a été introduite en Juin 1958 par deux
statisticiens américains en matière de suivi sanitaire. La méthode consiste à proposer une
solution robuste pour tenir compte du fait qu’on peut disposer de toutes les informations
nécessaires pour suivre, par exemple, les effets d’une compagne de vaccination.
L’événement que nous souhaitons observer est le déblocage des fonds du crédit. On
étudie la durée de vie de n individus.
La fonction de survie, notée S par convention, est égale à la probabilité que la chute
intervienne après un temps donné, et est définie par :
ℝ+ → [0,1]
S:
t → P(T > 𝑡)
Où :
t est la variable temps
T est une variable aléatoire symbolisant le moment où survient l’événement.
Pour calculer l’estimateur de Kaplan-Meier de la fonction de survie on utilise les
probabilités conditionnelles :
Ŝ(t)=P
̂(X > t j ) =P
̂(X > t j |X > t j−1)P
̂(X > t j−1 )
̂(X > t j |X > t j−1) … ̂
=P ̂(X > t1 )
P(X > t 2 |X > t1 )P
=P̂j P
̂j−1 … P̂1
(n −d ) d
On estime ̂
P(X > 𝑡𝑗 |X > t j−1 )par P̂j = jn j =1 -nj
j j
La probabilité de survivre après l’instant t est donnée par le produit des Pj estimées
pour les dates d’événements antérieurs à t.
d
Ŝ(t)=∏j:tj≤t(1 -nj )
j
- 63 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
nature des crédits n’est pas la même, il est nécessaire de s’intéresser à chaque crédit pour
déceler ses particularités.
Pour le crédit habitat, seul 40% des crédits sont débloqués au cours du premier mois et la
totalité des déblocages a lieu au bout de 20 mois. Par contre 95% des déblocages pour le
crédit à la consommation ont lieu lors du premier mois et la totalité des fonds sont débloqués
au bout de 15 mois. Nous visualisons ci-dessous, l’écoulement de ces deux types de crédits.
L’écoulement exposé traduit la survie d’un nouveau crédit accordé à partir de sa date
d’octroi. Cependant, le hors-bilan de la banque contient des crédits partiellement débloqués.
Nous devons donc être en mesure de les positionner en tenant compte de leur ancienneté.
L’objectif est donc de calculer la probabilité d’un futur déblocage en utilisant les probabilités
conditionnelles. Une fois le crédit positionné dans une bande de maturité donné, l’écoulement
se fera sur la base du profil d’amortissement d’un crédit de même nature.
Pour ce faire, on a procédé à la construction de la matrice suivante :
Pour cet exemple exposé, la durée maximale de déblocage du crédit est de 9 mois. Les
lignes représentent l’ancienneté du crédit (en mois) et les colonnes le mois de déblocage.
Ainsi, pour une génération de crédits ayant une ancienneté de 5 mois, les montants non encore
débloqués le seront sur l’horizon des 4 futurs mois, à raison de 34,25% le premier mois,
- 64 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
20,44% le second mois, 8,84% le troisième mois et puis le reste (36,46%) durant le quatrième
mois.
- 65 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
- 66 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
𝐺𝐴𝑃(𝑇) = 𝑃𝑎𝑠𝑠𝑖𝑓(𝑇) − 𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓(𝑇) + ∑ 𝑃𝑁𝑃𝑎𝑠𝑠𝑖𝑓 (𝑡, 𝑇). 𝑆𝑃𝑎𝑠𝑠𝑖𝑓 (𝑡, 𝑇) − ∑ 𝑃𝑁𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓 (𝑡, 𝑇). 𝑆𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓 (𝑡, 𝑇)
𝑡 𝑡
Avec :
𝑃𝑎𝑠𝑠𝑖𝑓(𝑇) le niveau des encours statiques du passif à la date T
𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓(𝑇) le niveau des encours statiques de l’actif à la date T
𝑃𝑁𝑃𝑎𝑠𝑠𝑖𝑓 (𝑡, 𝑇) le montant de la production nouvelle du passif à apparue à la date t et
encore présente à la date T
𝑃𝑁𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓 (𝑡, 𝑇) le montant de la production nouvelle de l’actif à apparue à la date t et
encore présente à la date T
𝑆𝑃𝑎𝑠𝑠𝑖𝑓 (𝑡, 𝑇) est la fonction d’écoulement de la production nouvelle du passif
𝑆𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓 (𝑡, 𝑇) est la fonction d’écoulement de la production nouvelle de l’actif
Le calcul des impasses en liquidité permet non seulement d’anticiper les montants qui
devront être empruntés ou placés dans le futur, mais aussi d’évaluer une partie du risque de
taux auquel s’expose la banque. En d’autres termes, le décalage prévisible entre les actifs et
les passifs génère les besoins futurs en liquidité pour lesquels on ne connait pas aujourd’hui le
niveau des taux.
0 2 4 6 8 10 12 14
Temps
Le graphique montre que les impasses de liquidité statiques, pour les postes utilisés,
connaissent une chute à cause du volume total des actifs qui dépassent celui des passifs. Cela
signifie que les actifs de la banque inclus dans ce gap s’amortissent moins vite que ses
- 67 -
Deuxième Partie : Modélisation des dépôts à vue et du déblocage des crédits
ressources, ce qui mettra la banque en situation de manque de liquidité et ne sera donc pas
dans la mesure de faire face à ses engagements et devra recourir à un refinancement sur le
marché ce qui l’exposera aux risques de marché tel que le risque de taux. Mais l’introduction
de la production nouvelle dans le calcul des gaps de liquidité les rend excédentaires. La
banque passe donc d’une position sous consolidée à une position parfaitement sur consolidée.
Conclusion
Cette deuxième partie a consisté en la modélisation du stock des dépôts à vue en se
basant sur des modèles économétriques et sur les séries chronologiques ainsi qu’en la
modélisation de la production nouvelle. L’intérêt de cette modélisation étant de construire des
conventions d’écoulement des différents postes afin de simuler l’évolution statique du bilan
mais également de prédire les niveaux futurs de la production nouvelle pour simuler une
évolution dynamique du bilan.
- 68 -
Troisième Partie : Modélisation
Stochastique du taux d’intérêt
La structure par terme des taux d’intérêt est un outil d’analyse
actuariel indispensable. La modélisation de la courbe des taux
constitue de ce fait un domaine particulièrement actif de la recherche
actuarielle et financière. En effet, le niveau des taux joue un rôle
essentiel pour une banque, dans le coût des crédits et le comportement
de la clientèle. La simulation du taux d’intérêt permet donc de prendre
en compte de manière plus précise les diverses variations de
l’environnement des taux dans le futur.
- 69 -
Troisième Partie : Modélisation Stochastique du taux d’intérêt
Les modèles de structure de taux décrivent la structure des taux dans le temps et sont
nécessaire à l’évaluation d’instruments dépendant du taux, instruments dérivés sur taux en
particulier et à la gestion des risques. Le choix d’un modèle approprié de structure des taux
dépend de son application spécifique. Des modèles incluant plusieurs facteurs permettent une
description réaliste du comportement de la courbe de taux. Mais s’il ne fallait retenir qu’un
seul facteur explicatif de la hiérarchie des taux, le taux court constitue certainement un choix
raisonnable. Qu’il soit vu comme un indicateur des conditions du crédit, ou comme point
focal de la politique monétaire, le taux à court terme joue un rôle central dans l’économie.
Son influence sur le marché obligataire ne fait aucun doute. Les acteurs du marché gardent en
permanence un œil sur lui, si bien que son niveau (actuel ou anticipé) devient un déterminent
de la structure par terme des taux d’intérêt.
Ceci explique que les modèles à un seul facteur identifient systématiquement la
variable d’état au taux court.
I. Le modèle général
Les mouvements d’intérêt de court terme r sont en général décrits au moyen de
l’équation de diffusion :
𝑑𝑟 = 𝜇(𝑟)𝑑𝑡 + 𝜎(𝑟)𝑑𝑤
Où 𝑤 est un mouvement brownien standard, 𝜇(𝑟)et 𝜎(𝑟) désignent respectivement les
fonctions de dérive et de volatilité. Toutes deux peuvent dépendre de r, mais sont supposées
indépendantes de t. Toutefois, les changements du taux d’intérêt court, sont décrits par ma
différentielle stochastique suivante :
𝑑𝑟 = (𝛼 + 𝛽𝑟)𝑑𝑡 + 𝜎𝑟 𝛾 𝑑𝑤
L’estimation économétrique de ce type de diffusion est rendue difficile, par le fait que,
premièrement l’on ne dispose que d’observations discrètes, et deuxièmement qu’il n’existe
pas de discrétisation exactes que pour des spécifications très restrictives de 𝜇(𝑟) et 𝜎(𝑟).
En effet, en imposant des restrictions sur le groupe de paramètres ( 𝛼, 𝛽, 𝜎, 𝛾) on
retrouve une grande variété de taux d’intérêt.
Ces divers modèles d’équilibres sont présentés dans le tableau suivant :
TABLEAU 3 : LES DIFFERENTS MODELES A UNE SEULE VARIABLES SELON LES PARAMETRES
Il est maintenant nécessaire, après avoir accepté qu’un processus d’Itô puisse
représenter de façon plausible la dynamique de r, de postuler l’existence d’une relation entre
le taux court et le prix des obligations sans coupon.
- 70 -
Troisième Partie : Modélisation Stochastique du taux d’intérêt
On conditionne donc la structure des taux à l’aléa fondamental qui affecte l’économie,
en admettant que le prix P(t,T) d’une obligation, d’échéance T en t, est déterminé par
l’évolution attendue du taux court entre t et T,( r(u)/t≤ 𝑢 ≤ 𝑡)
Le processus r(t) étant markovien, il suffit de poser P(t,T)=P(r,t,T). Cette hypothèse
qui prépare l’application du lemme d’Itô au processus P(t,T), signifie que le taux court r(t)
représente l’information pertinente pour les investisseurs à l’instant t, et ceux-ci vont donc
ajuster leur comportement à son évolution prévue. De ce fait, un lien est créé, via les
comportements de marché, entre le taux court et la structure par terme.
En appliquant le lemme d’Itô, on trouve le processus des prix décrit par la forme
suivante :
𝑑𝑃(𝑡, 𝑇)
= 𝜇(𝑡, 𝑇)𝑑𝑡 + 𝛿(𝑡, 𝑇)𝑑𝑤
𝑃(𝑡, 𝑇)
1 1 𝜕𝑃 𝜕𝑃 𝜕²𝑃
Avec 𝜇(𝑡, 𝑇)𝑑𝑡 = 𝑃 [2 𝜎 2 (𝑟, 𝑇)𝑃𝑟𝑟 + 𝜇(𝑟, 𝑡)𝑃𝑟 + 𝑃𝑡 ] où 𝑃𝑟 = , 𝑃𝑡 = , 𝑃𝑟𝑟 = .
𝜕𝑟 𝜕𝑡 𝜕𝑟²
1
Et 𝛿(𝑡, 𝑇)𝑑𝑡 = 𝑃 [𝜎(𝑡, 𝑇)𝑃𝑟 ]
𝜇(𝑡, 𝑇) = 𝜇(𝑟, 𝑡, 𝑇) désigne l’espérance mathématique du rendement instantané de
l’obligation et 𝛿(𝑡, 𝑇) = 𝛿(𝑟, 𝑡, 𝑇) désigne la volatilité non anticipée, engendrée par les
fluctuations imprévues du taux court de l’obligation.
Le lien entre taux court et prix étant ainsi établi, on peut maintenant invoquer la
condition d’arbitrage. Construisant un portefeuille constitué de deux obligations différentes,
on s’arrange pour que son rendement soit sans rendement soit sans risque sur le prochain
instant. Sous peine d’offrir des opportunités d’arbitrages, le rendement de ce portefeuille ne
peut être différent du taux court. On en déduit donc la relation suivante :
𝜇(𝑡,𝑇)−𝑟(𝑡,𝑇)
= 𝜆𝑤 (𝑡) est valable pour toute échéance T.
𝛿(𝑡,𝑇)
- 71 -
Troisième Partie : Modélisation Stochastique du taux d’intérêt
1 1 2 1
( 𝜎 𝑃𝑟𝑟 + 𝜇𝑃𝑟 + 𝑃𝑡 ) − 𝑟(𝑡) = 𝜆𝑤 (𝜎𝑃𝑟 )
𝑃 2 𝑃
La résolution de cette équation différentielle, sous la condition terminale P(T,T)=1,
fournit la structure des prix P(t,T), et par simple transformation, la structure des taux R(T,T).
Dans la suite, on va s’intéresser aux processus les plus utilisés dans la modélisation
des taux d’intérêt. Il s’agit du processus de retour vers la moyenne utilisé par Vasiçek et celui
de la racine unitaire utilisé par CIR.
- 72 -
Troisième Partie : Modélisation Stochastique du taux d’intérêt
l’espérance de r(t) tend vers b, et sa variance vers 0 : à la limite il y a donc plus d’incertitude
sur le taux d’intérêt, qui reste collé au niveau b.
A l’inverse, lorsque a tend vers 0 (l’attraction vers b en de plus en plus faible),
l’espérance futur tend vers son niveau courant (et ne dépend donc plus de b), et sa variance
vers 𝜎 2 (𝑠 − 𝑡), ce qui témoigne de l’absence de toute force de rappel.
II.2. Equation de la structure par terme
Introduisant l’expression des paramètres du processus dans l’équation de la structure
par terme, on obtient :
1 2
𝜎 𝑃𝑟𝑟 + (𝑎(𝑏 − 𝑟(𝑡)) − 𝜆)𝑃𝑟 + 𝑟𝑃 + 𝑃𝑡 = 0
2
Sa solution est : 𝑃(𝑡, 𝑇) = exp(𝐴(𝑡, 𝑇)𝑟(𝑡) + 𝐵(𝑡, 𝑇))
1
Avec 𝐴(𝑡, 𝑇) = 𝑎 (𝑒 −𝑎(𝑇−𝑡) − 1)
𝜎2 1 𝜆 𝜎2 𝜆 𝜎2
et 𝐵(𝑡, 𝑇) = [4𝑎3 (1 − 𝑒 −2𝑎(𝑇−𝑡) ) + 𝑎 (𝑏 − 𝑎 − 𝑎2 ) − (𝑏 − 𝑎 − 2𝑎2 )(𝑇 − 𝑡)]
Comme précédemment, on peut calculer les paramètres du processus de prix en
évaluant 𝑃𝑟 à partir de cette solution. On obtient :
𝜆
𝛼(𝑡, 𝑇) = 𝑟(𝑡) + (𝑒 −𝑎(𝑇−𝑡) − 1)
𝑎
𝜎 −𝑎(𝑇−𝑡)
𝛿(𝑡, 𝑇) = (𝑒 − 1)
𝑎
𝜆
Soit une prime de terme : Φ(𝑡, 𝑇) = 𝑎 (𝑒 −𝑎(𝑇−𝑡) − 1) positive pour toutes les
échéances si 𝜆 ≤ 0.
Maintenant, si on pose 𝜆 = 0, le marché ne paye aucune prime pour une opération
pourtant risquée. Mais ici le risque instantané tend vers un maximum avec la maturité du bon :
𝜎
lim 𝛿(𝑡, 𝑇) = 𝑎
𝑇→∞
La structure des taux est donnée par l’équation suivante :
−1 1 −𝑎(𝑇−𝑡) 1 𝜆 𝜎2
𝑅(𝑡, 𝑇) = [ (𝑒 − 1)𝑟(𝑡) + (𝑏 − − 2 ) (1 − 𝑒 −𝑎(𝑇−𝑡) )
𝑇−𝑡 𝑎 𝑎 𝑎 𝑎
2
𝜎 𝜆 𝜎2
+ 3 (1 − 𝑒 −2𝑎(𝑇−𝑡) ) − (𝑏 − − 2 )(𝑇 − 𝑡)]
4𝑎 𝑎 2𝑎
Pour un instant t donné, les valeurs limites en T de cette expression sont :
lim 𝑅(𝑡, 𝑇) =r(t)
𝑇→𝑡
𝜆 𝜎2
Par définition, et, en utilisant la règle de l’Hôpital : lim 𝑅(𝑡, 𝑇) = 𝑅∞ = 𝑏 − 𝑎 − 2𝑎2 .
𝑇→∞
En utilisant cette notation, on peut exprimer la structure des taux par la forme
suivante :
1 𝜎2
𝑅(𝑡, 𝑇) = [𝑅∞ + (1 − 𝑒 −𝑎(𝑇−𝑡) )(𝑟(𝑡) − 𝑅∞ ) + (1 − 𝑒 −𝑎(𝑇−𝑡) )²]
𝑎(𝑇 − 𝑡) 4(𝑇 − 𝑡)𝑎3
- 73 -
Troisième Partie : Modélisation Stochastique du taux d’intérêt
- 74 -
Troisième Partie : Modélisation Stochastique du taux d’intérêt
- 75 -
Troisième Partie : Modélisation Stochastique du taux d’intérêt
Pour vérifier la stationnarité, nous avons utilisé le test de racine unitaire (le test de
Dickey-Fuller), les résultats sont représentés dans le tableau ci-dessous :
La p-value calculée est supérieure au niveau de signification de 5%. La série des taux
court n’est pas stationnaire, toutefois cela ne constitue pas une entrave dans la mesure où la
construction de la courbe de taux prévisionnelle se basera sur les formules des prix des
obligations.
IV.2. Courbe de taux avec le modèle de Vasiçek
- 76 -
Troisième Partie : Modélisation Stochastique du taux d’intérêt
−𝑎 )
𝜎2
𝑟𝑡 − 𝑟𝑡−1 = 𝑏(1 − 𝑒 + (𝑒 −𝑎 − 1)𝑟𝑡−1 + 𝜀𝑡 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝜀𝑡 ~𝑁 (0, (1 − 𝑒 −2𝑎 ))
2𝑎
Nous pourrons alors, en utilisant les données relatives au taux de la maturité 1 an,
estimer à l’aide de la méthode des Moindres Carrées Ordinaires (MCO), les paramètres du
processus d’Ornstein-Uhnlenbeck, via l’équation suivante :
𝑟𝑡 = 𝑎̅ + 𝑏̅. 𝑟𝑡−1 + 𝜀𝑡
Avec :
𝑎̅ = 𝑏(1 − 𝑒 −𝑎 )
𝑏̅ = 𝑒 −𝑎
Cette équation indique que les taux courts s’ajustent suivant un processus autorégressif
d’ordre 1, ce que nous avons déjà vérifié pour les données que nous avons utilisé dans la
section précédente.
Après l’estimation des paramètres a et b, nous pouvons alors retrouver les paramètres
du processus d’Ornstein-Uhnlenbeck comme suit :
𝑎 = − ln(𝑏̅)
𝑎̅
𝑏=
1 − 𝑏̅
−𝑙𝑛𝑏 2
𝜎 = 𝜎𝜀 √
1 − 𝑏2
IV.2.2. Résultat de l’estimation
L’estimation des paramètres de l’équation 𝑟𝑡 = 𝑎̅ + 𝑏̅. 𝑟𝑡−1 + 𝜀𝑡 se fait par la méthode
des moindres carrés ordinaires. Les résultats de l’estimation sont représentés dans le tableau
suivant :
Nous obtenons donc après le calcul les estimations du processus de retour vers la moyenne
comme suit :
𝑎 = − ln(𝑏̅) =0,00073
𝑎̅
𝑏 = 1−𝑏̅ =0,03089
−𝑙𝑛𝑏̅ 2
𝜎 = 𝜎𝜀 √ 1−𝑏̅2 =0,00066
Nous effectuons 2000 simulations du taux court sur un horizon de 4 ans. Nous
obtenons donc les résultats suivants :
- 77 -
Troisième Partie : Modélisation Stochastique du taux d’intérêt
- 78 -
Troisième Partie : Modélisation Stochastique du taux d’intérêt
−1 1 −𝑎(𝑇−𝑡) 𝜎2
𝑅(𝑡, 𝑇) = [ ( (𝑒 − 1)𝑟(𝑡) + 3 (1 − 𝑒 −2𝑎(𝑇−𝑡) )
𝑇−𝑡 𝑎 4𝑎
2
1 𝜎 −𝑎(𝑇−𝑡)
𝜎2 1 𝑒 −𝑎(𝑇−𝑡) − 1
+ (𝑏 − 2 ) (1 − 𝑒 ) − (𝑏 − 2 )(𝑇 − 𝑡)) − 𝜆( + )]
𝑎 𝑎 2𝑎 𝑎 (𝑇 − 𝑡)𝑎²
On estime donc 𝜆 avec l’équation suivante : 𝑅𝜆=0 (𝑡, 𝑇) − 𝜆𝑉(𝑡, 𝑇)
Avec :
−1 1 −𝑎(𝑇−𝑡) 𝜎2
𝑅𝜆=0 (𝑡, 𝑇) = [ ( (𝑒 − 1)𝑟(𝑡) + 3 (1 − 𝑒 −2𝑎(𝑇−𝑡) )
𝑇−𝑡 𝑎 4𝑎
2
1 𝜎 𝜎2
+ (𝑏 − 2 ) (1 − 𝑒 −𝑎(𝑇−𝑡) ) − (𝑏 − 2 )(𝑇 − 𝑡))]
𝑎 𝑎 2𝑎
1 𝑒 −𝑎(𝑇−𝑡) − 1
𝑉(𝑡, 𝑇) = ( + )
𝑎 (𝑇 − 𝑡)𝑎²
L’estimation par la méthode des moindres carrés ordinaire nous donne 𝜆 = −0,00179.
Les simulations des taux courts permettent la construction de 2000 courbes de taux
pour chaque date. Le graphique ci-dessous expose, pour 100 simulations choisies parmi les
2000 effectuées, les différentes courbes de taux après une année, c’est-à-dire les prédictions
pour la courbe de taux du 27/04/2018.
Conclusion
La structure par terme des taux d’intérêt joue un rôle crucial dans l’activité de
transformation de la banque. En effet, la connaissance de l’évolution future des taux permet
non seulement de déterminer l’incidence sur la marge nette prévisionnelle de la banque mais
également de constater comment une variation de la courbe de taux impacte la globalité du
bilan. Les travaux de modélisation du taux court à travers le modèle de Vasicek et la
construction de la courbe de taux seront également utiles pour la construction des scénarios de
stress de taux (cf. Quatrième Partie).
- 79 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact
sur les indicateurs de mesure
A la suite de nombreuses crises financières, il est aujourd’hui
important de mesurer en permanence la stabilité financière et de
mettre en place des scénarios de stress qui servent à explorer les failles
du système financier. Un stress test étant un exercice consistant à
simuler des conditions économiques et financières adverses sévères
mais plausibles afin d’en étudier les conséquences sur les banques
pour mesurer leur capacité de résistance à de telles situations.
- 80 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
II. Réglementation
Comme le préconisent les autorités réglementaires, les établissements financiers
doivent effectuer régulièrement des simulations de crises afin de connaitre le montant des
pertes potentielles en cas de fluctuations dangereuses et importantes du marché. Ces
simulations de crises, également appelée scénarios de stress, doivent être des outils pour
appréhender l’exposition de la banque à une crise grave. C’est une vision de risque extrême.
« The art of stress testing should give the institution a deeper understanding of the specific portfolios
that could be put in jeopardy given a certain situation. The question then would be : ‘Would this be
enough to bring down the firm ?’ That way, each institution can know exactly what scenario it is they do
not want to engage in. » Michael Ong,ABN Amro, in Dunbar et Irving [1998].
- 81 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
- 82 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
Pour que les banques américaines réussissent les stress tests exigés par la FED, ces
dernières doivent obtenir un Minimum Common Equity Tier 1 de 9,5% pour le scénario de
base et un Minimum Common Equity Tier 1 de 7,6% pour le scénario sévère.
II.2. Réglementation marocaine
Le dispositif de stress test que Bank Al Maghrib effectue vise à chiffrer plus
précisément les impacts des risques jugés significatifs pour le système financier. Trois
catégories de stress tests sont effectuées par BAM pour évaluer la santé du système bancaire.
Stress tests de sensibilité : Ils consistent à mesurer l’impact d’un choc de crédit, de
liquidité, de marché, de taux d’intérêt ou de change, sur l’équilibre bilanciel et la
solvabilité des institutions financières ;
Stress tests de contagion interbancaire : Ils mesurent le risque de propagation de la
défaillance d’une banque aux autres banques ;
Stress tests macroéconomiques : Ils consistent en l’analyse de la capacité du marché a
absorbé les chocs émanant de l’environnement macroéconomique.
BAM recommande aux établissements de mesuer leur vulnérabilité en termes de
pertes dans des conditions de marché critiques à travers des simulations de crises qui prennent
en considération des scénarios susceptibles d'entraîner des pertes exceptionnelles.
De ce fait, les variations extrêmes des facteurs de marché ainsi que les scénarios
prévoyant une forte exposition pour les risques de taux et de liquidité doivent être couverts.
Parmi les scénarios de crise possibles relatifs au risque de taux, BAM prévoit:
Une variation brutale du niveau général des taux d'intérêt ;
Une modification des relations entre les taux de référence importants du marché
(risque de base) ;
Des évolutions de la courbe des taux ;
Une réduction de la liquidité sur les principaux marchés financiers ;
Une évolution des volatilités et des corrélations des taux du marché.
Ainsi ces simulations de stress testing sont effectuées afin d’évaluer l’impact d’une
variation des taux sur la marge d’intérêt ainsi que sur la valeur économique des Fonds
Propres.
En ce qui concerne les scénarios de stress pour la liquidité des simulations sont
réalisées en effectuant des pressions sur les ressources en simulant des retraits massifs des
dépôts. Ces scénarios permettent à la banque d’évaluer sa capacité à faire face à des situations
de crise de liquidité. Trois scénarios sont principalement appliqués.
- 83 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
Scénario 1 : Consiste à prévoir une pression sur les dépôts à vue durant trois mois avec
maintien des activités de crédit, le comportement de la liquidité du bilan est mesuré
grâce aux impasses de liquidité sur les trois premiers mois. Ce stress test suppose le
retrait de 30% des Dépôts à vue sur les trois premiers mois, à raison de 10% chaque
mois ;
Scénario 2 : Ce scénario prévoit une pression relative sur les dépôts à vue avec
maintien des activités de crédit sur un horizon de 10 jours. Le but de ce scénario est de
tester la capacité de la Banque à faire face à des retraits qui représentent la partie
volatile des dépôts à vue mais sur un délai très court (10 jours) ;
Scénario 3 : Ce scénario prévoit une pression maximale sur les dépôts, en situation de
crise majeure, où la Banque perd la totalité de ses dépôts à vue en 10 jours.
- 84 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
- 85 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
I. Stress de Liquidité
En période de crise, la part des dépôts à vue qui s’évapore rapidement et qui peut être
réclamée par les déposants peut augmenter considérablement. Afin de mesurer l’impact de
l’éventualité d’un retrait massif des dépôts, nous nous intéressons dans cette partie au choc de
deux paramètres :
− La part volatile
− La durée d’écoulement de la part volatile
I.1. Démarche :
- 86 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
- 87 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
La moyenne des résidus est de : 𝜇 =-0,0022 et leur variance est de : 𝜎 2 =0,0059. Nous
simulons alors des bruits blancs prenant en compte ces paramètres.
Simulations des trajectoires :
La génération de variables aléatoires normales avec comme paramètres la moyenne et
la variance de la série des résidus permet de simuler des trajectoires qui se rapprochent de la
trajectoire du scénario central prédit.
Pour les besoins du stress test, un choc a été appliqué au niveau de la variance. Celle-
ci a été multipliée par un coefficient pour augmenter la variabilité des encours prédits.
Les simulations ont été établies sur la base de l’équation suivante :
log 𝐷𝑘 = 9,3054 + 0,608954 ∗ log 𝐷𝑘−1 + 0,001428 ∗ 𝑡𝑘 + 𝜀𝑡
Avec : 𝜀𝑡 ~𝑁 (−0, 0022; 0,295)
Cette équation nous a permis de simuler l’ensemble des trajectoires illustrées ci-
dessous. Le nombre de simulation s’élève à 5000 simulations sur un horizon de projection de
12 mois. Ce nombre a été choisi de manière à avoir la moyenne des simulations qui se
rapproche du scénario central.
FIGURE 34 : SIMULATION DE 5000 TRAJECTOIRES PREVISIONNELLES DE L’EVOLUTION DES ENCOURS DES COMPTES COURANTS
PASSIF
Une série de coefficient de variation a été calculée pour l’ensemble des scénarios
simulés en divisant l’écart-type sur la moyenne des séries d’encours historiques et prédites.
Les coefficients de variation générés varient entre une valeur minimale égale à 11% et
une valeur maximale égale à 45%.
Choc de la part volatile
La part volatile du scénario central est égale à 10%. Sur la base des résultats des
simulations, les chocs retenus se présentent comme suit :
- CV (choc 1 : max)=45%
- CV (choc 2 : quantile 99%)=30%
- CV (choc 3 : quantile 95%)= 24%
Choc de la vitesse d’ajustement
- 88 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
Choc combiné
La convention d’écoulement choquée combine à la fois la part volatile et vitesse
d’ajustement stressée. Pour illustrer, les chocs retenus sont les suivants : 45% pour la part
volatile et 55% pour la vitesse d’écoulement.
80%
60%
40%
20%
0%
J/J 2-7 J 8-15 J 16-30 J 1-3 M 3-6 M 6-12 M 1-2 A 2-3 A 3-4 A 4-5 A 5-7 A 7-10 A 10-12 A
Maturités
FIGURE 35 : ECOULEMENT CENTRAL ET CHOQUE DU STOCK DE LA BANQUE POUR LES COMPTES COURANTS PASSIF
- 89 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
- 90 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
II.1.2.2. L’interpolation
Nous procédons à présent à l’interpolation des taux en utilisant une interpolation
linéaire pour avoir les taux aux maturités exactes : 3 Mois, 6 Mois, 9 Mois, 1 An, 2 Ans, 3
Ans, 5 Ans, 10 Ans, 15 Ans, 20 Ans et 25 Ans.
Pour cela, on utilise la formule suivante :
(𝑀𝑎𝑡𝑖 − 𝑀𝑎𝑡1 )
𝑇𝑎𝑢𝑥𝑖 = 𝑇𝑎𝑢𝑥1 + (𝑇𝑎𝑢𝑥2 − 𝑇𝑎𝑢𝑥1 ).
(𝑀𝑎𝑡2 − 𝑀𝑎𝑡1 )
Nous obtenons donc à chaque date, les taux pour les maturités considérées.
II.1.2.3. Construction des taux zéro-coupon par la méthode de BootStrapping :
Sur le court terme, les paiements sont généralement de type zéro-coupon. En effet,
pour les moins d’un an, il n’y a pas de flux intermédiaires, le nominal et les intérêts sont
versés à l’échéance.
Lorsqu’on raisonne sur le plus d’un an, des versements d’intérêts intermédiaires
interviennent (les coupons), généralement annuellement. Il faudra alors reconstituer la courbe
zéro-coupon pas à pas. C’est le principe de Bootstrap.
Pour le segment de la courbe allant de 1 an à 2 ans, on choisit un titre de maturité 2
ans qui verse des flux.
1
(1 + 𝑍𝐶𝑡2 )𝑡2
1
(1 + 𝑍𝐶𝑡1 )𝑡1
𝑡0 𝑡1 𝑡2
1 1
𝑡
+
(1 + 𝑟𝑡2 ) 1 (1 + 𝑟𝑡2 )𝑡2
Où :
𝑍𝐶𝑡1 est le taux zéro-coupon 1 an
𝑍𝐶𝑡2 est le taux zéro-coupon 2 ans
𝑟𝑡2 est le taux de rendement 2 ans
Le facteur d’actualisation du premier flux est connu puisque le taux zéro-coupon 1 an
est le taux de rendement 1 an.
Le facteur d’actualisation du second flux, fonction du taux zéro-coupon 2 ans, sera la
solution de l’équation suivante :
1 1 1 1
+ 2
= +
(1 + 𝑟𝑡2 ) (1 + 𝑟𝑡2 ) (1 + 𝑍𝐶𝑡1 ) (1 + 𝑍𝐶𝑡2 )2
- 91 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
De proche en proche, on calcule le taux zéro-coupon pour une maturité N comme suit :
1
𝑁
1
𝑍𝐶𝑡2 = −1
1 1 1
∑𝑁−1
𝑖=1 ( − )+
( (1 + 𝑟𝑁 )𝑖 (1 + 𝑍𝐶 )𝑖 (1 + 𝑟𝑁 )2 )
𝑡𝑖
- 92 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
Courbes de taux
5,00%
4,00%
3,00%
2,00%
1,00%
0,00%
3 mois
6 mois
9 mois
1 an
2 ans
3 ans
4 ans
5 ans
6 ans
7 ans
8 ans
9 ans
10 ans
11 ans
12 ans
13 ans
14 ans
15 ans
16 ans
17 ans
18 ans
19 ans
20 ans
21 ans
22 ans
23 ans
24 ans
25 ans
-1,00%
Minimum Maximum q 99% q 95% q 90% q 10% Actuel q 5% q 1%
- 93 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
2,00%
1,50%
1,00%
0,50%
0,00%
0 5 10 15 20 25 30
Maturité
Le graphique suivant montre que la courbe subira un léger mouvement vers la hausse,
correspondant aux variations en points de bases suivantes :
Afin de construire les scénarios de chocs, nous allons considérer l’ensemble des
simulations du taux court d’ici une année. Nous allons par la suite retenir les quantiles d’ordre
99%, 95%, 90%, 10%, 5% et 1% pour la construction des courbes de taux choquées.
- 94 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
0,05
0,045
0,04
0,035
0,03
Taux
0,025
0,02
0,015
0,01
0,005
0
0 5 10 15 20 25 30
Temps
- 95 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
0 2 4 6 8 10 12 14
GAPS
Temps
- 96 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
Dans notre cas, la survenance d’une crise qui se traduisant par l’augmentation des
retraits et la diminution des ressources de la banque, fait que les impasses deviennent
négatives ce qui se traduit par un besoin de financement que la banque va orienter vers le
marché. Toutefois le gap de liquidité dynamique génère un besoin de financement inférieur
qu’au gap statique dans la limite où les hypothèses de travail restent valides.
TABLEAU 7 : ECOULEMENT DU STOCK DES CREDITS A TAUX FIXE SUR UN HORIZON D’UNE ANNEE
- 97 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
- L’évolution des taux du marché est donnée par le tableau suivant. Nous supposons que
la révision des taux s’effectue trimestriellement. Nous nous intéressons donc
seulement à la valeur des taux de marché sur un pas trimestriel en supposant qu’il reste
constant tout au long du même trimestre. Plus précisément, nous focalisons notre
attention sur la variation des taux de marché et nous supposons que les taux octroyés
initialement par la banque évoluent de la même manière à la hausse comme à la
baisse.
28/04/16 Trimestre 1 Trimestre 2 Trimestre 3 Trimestre 4
Taux du marché 2,496% 2,530% 2,539% 2,570% 2,600%
Variation - 0,03% 0,04% 0,07% 0,10%
Taux d'intérêt 5,20% 5,23% 5,24% 5,27% 5,30%
TABLEAU 9 : EVOLUTION TRIMESTRIELLE DES TAUX DE MARCHE ET DES TAUX D’INTERET APPLIQUES PAR LA BANQUE
- 98 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
L’écoulement du stock, ainsi que le calcul des intérêts qui s’y rapportent sont donnés
par le tableau suivant :
Stock CRD Intérêts
28/04/16 890 144 352 -
28/05/17 853 055 004 3 857 292,192
28/06/17 815 965 656 3 696 571,684
28/07/17 778 876 308 3 535 851,176
28/08/17 741 786 960 3 375 130,668
28/09/17 704 697 612 3 214 410,16
28/10/17 667 608 264 3 053 689,652
28/11/17 630 518 916 2 892 969,144
28/12/17 593 429 568 2 732 248,636
28/01/18 556 340 220 2 571 528,128
28/02/18 519 250 872 2 410 807,62
28/03/18 482 161 524 2 250 087,112
28/04/18 445 072 176 2 089 366,604
Nous rappelons que les intérêts sont calculés à travers la formule suivante :
𝐼𝑛𝑡é𝑟ê𝑡𝑠(𝑡) = 𝐶𝑅𝐷(𝑡 − 1) ∗ 𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑑 ′ 𝑖𝑛𝑡é𝑟ê𝑡 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑝é𝑟𝑖𝑜𝑑𝑒
L’écoulement et les intérêts relatifs à la nouvelle production NP1, quant à eux, sont
donnés par le tableau suivant :
Nouvelle Production CRD Intérêts
(NP1)
28/04/17 61 790 848,09 -
28/05/17 59 216 229,42 267 760,3417
28/06/17 56 641 610,75 256 603,6608
28/07/17 54 066 992,08 245 446,9799
28/08/17 51 492 373,41 234 290,299
28/09/17 48 917 754,73 223 133,6181
28/10/17 46 343 136,06 211 976,9372
28/11/17 43 768 517,39 200 820,2563
28/12/17 41 193 898,72 189 663,5754
28/01/18 38 619 280,05 178 506,8945
28/02/18 36 044 661,38 167 350,2136
28/03/18 33 470 042,71 156 193,5327
28/04/18 30 895 424,04 145 036,8518
- 99 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
A la date du : 28/05/2017
Nous avons une nouvelle production NP2 qui est octroyée au nouveau taux 5,23% du
trimestre 1. Il sera fixe tout au long de l’écoulement de NP2. A cette date, l’intérêt perçu
provient du CRD du stock et de NP1.
Le même taux sera perçu par la banque pour les nouvelles productions NP3 et NP4
débloquées au premier trimestre.
A la date du : 28/08/2017
Pour les intérêts dégagés de la nouvelle production NP5 débloquée au 28/08/2017, un
changement de taux sera de nouveau pris en compte. Nous appliquerons donc pour le calcul
des intérêts le nouveau taux 5,24% du deuxième trimestre qui sera five tout au long de la
période d’écoulement. A cette date, l’intérêt perçu provient du CRD du stock, de NP1, NP2,
NP3, et NP4.
Le même raisonnement est suivi pour l’écoulement et le calcul des intérêts aux mois
suivants.
L’estimation du montant d’intérêt que la banque percevra au 28/04/2018 s’élève à
51804196DHS. Ce montant est bien entendu conditionné par la bonne estimation de la
production nouvelle projetée.
II.2. Variation de la MNI suite à un scénario de stress de hausse de la courbe de taux.
Supposons maintenant que les taux de marché pour les différents trimestres considérés
subissent un choc à la hausse. Ce choc correspond à un quantile à 99%. Le tableau suivant
montre l’impact d’une telle variation sur le taux d’intérêt perçu par la banque.
Trimestre 1 Trimestre 2 Trimestre 3 Trimestre 4
Variation 1,45% 1,40% 2,23% 1,79%
Taux d'intérêt 6,65% 6,60% 7,43% 6,99%
- 100 -
Quatrième Partie : Stress Testing et impact sur les indicateurs de mesure
- 101 -
Conclusion Générale
Conclusion Générale
Les risques générés par les opérations commerciales de la banque (prêts, lignes de
crédit, dépôts de la clientèle, ...) ne font pas l'objet d'un marché financier dans lequel elles
pourraient être retournées et nécessitent bien souvent d’être modélisées au travers de modèles
statistiques comportementaux. Au final, la gestion des risques de liquidité et de taux nécessite
une approche croisée comprenant les modèles de marché financiers et les modèles statistiques
de comportement de la clientèle en tenant compte des aspects stratégiques de la banque et
également des aspects réglementaires.
Au terme de ce travail il sied de dire, que la gestion actif-passif revêt une importance
croissante au sein des banques dans la mesure où elle s’inscrit dans le cadre de la gestion des
risques financiers. Le travail effectué dans le cadre de notre projet de fin d’études a porté
premièrement sur une analyse comportementale de la clientèle de la banque et la modélisation
des déblocages des crédits non revolving permettant ainsi de simuler l’évolution statique et
dynamique du bilan. Dans un second temps, nous avons modélisé la structure par terme du
taux d’intérêt et construit les courbes de taux futurs, ce qui permettra à la banque d’avoir plus
de visibilité sur sa marge d’intérêt prévisionnelle. Et puis finalement, nous avons procédé à la
construction de scénarios de stress afin de simuler une crise de liquidité et de taux sur la
banque.
Toutefois, les dépôts à vue ne sont pas la seule source d’incertitude liée au
comportement de la clientèle. En effet, les options cachées offertes par la banque doivent être
également modélisées puisqu’elles portent un risque non négligeable. Parmi ces options, il
existe l’option de renégociation du taux et l’option de remboursement anticipé des crédits, qui
peuvent être exercées dès que les taux varient à la baisse ce qui impactera négativement le
gain futur de la banque. De telles options, peuvent être modélisées par des modèles
comportementaux en fonction de l’ancienneté des contrats, des caractéristiques du détenteur
du crédit et des taux de marché.
- 102 -
Annexes
Annexes
Annexe I : Présentation de MAZARS
- 103 -
Annexes
I. Tests de normalité :
Le test de normalité des résidus obtenus lors d’une régression linéaire permet de conditionner
la qualité des intervalles de confiance autour des paramètres et des prédictions.
Il existe plusieurs tests de normalité dont :
- Shapiro-Wilk : adapté aux échantillons de moins de 5000 observations
- Anderson-Darling : qui est une modification du test de Kolmogorov-Smirnov adaptée
à plusieurs lois dont la loi normale, pour le cas où les paramètres de la loi ne sont pas
connus et doivent donc être estimés ;
- Lilliefors : qui est une modification du test de Kolmogorov-Smirnov adapté au cas de
la normalité dans le cas où les paramètres de la loi, la moyenne et la variance, ne sont pas
connus et doivent donc être estimés ;
- Jarque-Bera : qui est d'autant plus performant que le nombre de données est important.
Nous développons dans ce qui suit le test de Jarque-Bera, qui est le test le plus fréquemment
utilisé pour déterminé si les résidus d’une régression linéaire suivent une distribution normale.
Test de Jarque-Bera
Ce test cherche à déterminer si les données suivent une loi normale. On a :
𝐻0 : 𝑙𝑒𝑠 𝑑𝑜𝑛𝑛é𝑒𝑠 𝑠𝑢𝑖𝑣𝑒𝑛𝑡 𝑢𝑛𝑒 𝑙𝑜𝑖 𝑛𝑜𝑟𝑚𝑎𝑙𝑒 (vs) 𝐻1 : 𝑙𝑒𝑠 𝑑𝑜𝑛𝑛é𝑒𝑠 𝑛𝑒 𝑠𝑢𝑖𝑣𝑒𝑛𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑢𝑛𝑒 𝑙𝑜𝑖 𝑛𝑜𝑟𝑚𝑎𝑙𝑒
La statistique du test est donnée par :
𝑛 − 𝑘 2 (𝐾 − 3)²
𝐽𝐵 = (𝑆 + )
6 4
Avec :
n : le nombre d’observations
k : le nombre de variables explicatives si les données proviennent des résidus d’une
régression linéaire, sinon k=0
S : le coefficient d’asymétrie, le moment d’ordre 3 d’une variable centrée réduite
K : Kurtosis, le moment d’ordre 4 d’une variable centrée réduite
La statistique JB suit asymptotiquement une loi 𝜒² à 2 degrés de liberté.
Une loi normale a un coefficient d’asymétrie nul et un Kurtosis égal à 3. On saisit alors que si
les données suivent une loi normale, le test s’approche de 0 et on accepte H0 au seuil 𝛼.
- 104 -
Annexes
4. Nous effectuons les régressions par la méthode des moindres carrées et nous obtenons
𝑆𝐶𝑅1 et 𝑆𝐶𝑅2 la somme des carrés des résidus estimés pour chacun des deux
échantillons ;
5. L’hypothèse nulle est que les résidus sont homoscédastiques, c’est à dire que 𝜎1 = 𝜎2 .
𝑆𝐶𝑅
On rejette alors l’hypothèse nulle si : 𝑓 = 𝑆𝐶𝑅2 > 𝑓𝛼 où 𝑓𝛼 est la valeur critique d’une
1
𝑛−𝑐−𝑘 𝑛−𝑐−𝑘
loi de Fisher de paramètres ( , ) ; avec k le nombre de paramètres à estimer
2 2
et n le nombre d’observations
Test de White
Ce test permet de valiser l’hypothèse d’homoscédasticité du terme d’erreur d’un modèle de
régression linéaire en respectant les étapes suivantes :
1. Nous estimons la régression par la méthode des moindres carrés et nous en tirons le
vecteur des résidus ;
2. Nous effectuons la régression des carrés des résidus sur p variables exogènes et nous
calculons le coefficient de détermination 𝑅 2 ;
3. Sous l’hypothèse nulle de l’homoscédasticité, la statistique LM=n 𝑅 2 suit
2
asymptotiquement la loi de 𝜒𝑝−1 .
Test de Durbin-Watson
Le test de Durbin-Watson permet de détecter une autocorrélation des erreurs d’ordre 1 en
estimant un modèle autorégressif de premier ordre pour les résidus estimés par la méthode des
moindres carrés ordinaires :
𝜖̂𝑡 = 𝜌𝜀̂𝑡−1 + 𝜈𝑡
L’hypothèse nulle est l’absence d’autocorrélation : 𝐻0 : 𝜌 = 0 et la statistique du test est
donnée par :
∑𝑛𝑡=2(𝜀̂𝑡 − 𝜀̂𝑡−1 2 )
𝐷𝑊 =
∑𝑛𝑡=1 𝜀̂𝑡 2
Cette statistique est par construction comprise entre les valeurs 0 et 4. On ne rejette pas
l’hypothèse nulle lorsque cette valeur est proche de 2.
Des valeurs critiques au seuil de 5% : 𝑑1 et 𝑑2 , avec 𝑑1 > 𝑑2 , ont été tabulées par Durbin-
Watson. On interprète le résultat du test comme suit :
Si DW < 𝑑1 , il existe une autocorrélation positive ;
Si 𝑑2 < DW < 4-𝑑2 , il n’y a pas d’autocorrélation ;
Si DW > 4-𝑑1 , il existe une autocorrélation négative ;
En dehors de ces intervalles, nous ne pouvons conclure.
- 105 -
Annexes
Test de Dickey-Fuller :
Le test de Dickey-Fuller simple (1979) est un test de racine unitaire (ou de non stationnarité)
dont l’hypothèse nulle est la non stationnarité d’un processus autorégressif d’ordre 1.
Soit (𝑋𝑡 ) un processus satisfaisant la représentation AR(1) suivante : 𝑋𝑡 = 𝜇 + 𝜙𝑋𝑡−1 + 𝑎𝑡
où 𝑎𝑡 ~𝐵𝐵(0, 𝜎 2 ) et 𝜇, 𝜙 ∈ ℝ²
Le principe général du test de Dickey-Fuller consiste à tester l’hypothèse nulle de la présence
d’une racine unitaire : 𝐻0 : 𝜙 = 1 𝑣𝑠 𝐻1 : |𝜙| < 1
Si 𝜙 = 1 alors la variable (𝑋𝑡 ) est une variable intégrée d’ordre 1, c’est-à-dire que la
variance de 𝑋𝑡 est dépendante de t, ce qui va l’encontre de la condition de stationnarité.
Si |𝜙| < 1 alors la variable (𝑋𝑡 ) est stationnaire, c’est-à-dire que la variance de 𝑋𝑡 est
indépendante de t.
Le test de racine unitaire Dickey-Fuller augmenté est utilisé quand les variables sont
autocorrélée. Le test consiste à tester l’hypothèse 𝜙 = 1 du modèle : 𝑋𝑡 = 𝜇 + 𝜙𝑋𝑡−1 +
∑𝑘𝑖=1 𝛾𝑖 Δ𝑋𝑡−𝑖 + 𝑎𝑡 . Le terme ajouté a pour but de corrigée le problème de l’autocorrélation.
Test de Philipps-Perron (PP) :
Phillips-Perron (1988) proposent une méthode non paramétrique pour corriger la présence
d’autocorrélation. La procédure de test consiste à tester l’hypothèse de racine unitaire 𝐻0 : 𝜚 =
0, dans les modèles suivants :
Δ𝑌𝑡 = 𝜚𝑌𝑡−1 + 𝛼 + 𝛽𝑡 + 𝜀𝑡
Δ𝑌𝑡 = 𝜚𝑌𝑡−1 + 𝛼 + 𝜀𝑡
Δ𝑌𝑡 = 𝜚𝑌𝑡−1 + 𝜀𝑡
Le test de Phillips-Perron (PP) est robuste à la présence d’autocorrélation et
d’hétéroscédasticité. La statistique du test est une Student corrigée de la présence
d’autocorrélation par la prise en compte d’une estimation de la variance de long terme de 𝜀𝑡
donnée par :
𝑞
2
𝑤 = 𝛾𝜀 (0) + 2 ∑ 𝛾𝜀 (𝑗)
𝑗=1
- 106 -
Annexes
Test de Box-Pierce
Ce test vérifie si les résidus sont un bruit blanc. Il se présente comme suit:
𝐻0 : 𝜌1 = 𝜌2 = ⋯ = 𝜌𝑘 = 0
{ 𝐻1 : ∃𝑗 𝑡𝑒𝑙 𝑞𝑢𝑒 𝜌𝑗 ≠ 0
La statistique du test est : 𝑄 = 𝑇 ∑𝑘𝑗=1 𝜌̂𝑗 2 où :
T : le nombre d’observations
k : la longueur du retard
𝜌̂𝑗 : l’autocorrélation estimée
2
Sous l’hypothèse nulle, 𝑄 ~𝜒𝑘− (𝑝+𝑞) .
Test de Ljung-Box
̂𝑗 2
𝜌
Le test de Ljung-Box est quant à lui basé sur la statistique = 𝑇(𝑇 + 2) ∑𝑘𝑗=1 𝑇−𝑗 .
- 107 -
Annexes
𝑓(𝑥) 𝑓 ′ (𝑥)
lim = 𝐿 ⟺ lim ′ =𝐿
𝑥→𝑎 𝑔(𝑥) 𝑥→𝑎 𝑔 (𝑥)
1 1 𝜆 𝜎2 𝜎2
𝑅(𝑡, 𝑇) = [ (𝑒 −𝑎(𝑇−𝑡) − 1)𝑟(𝑡) + (𝑏 − − 2 ) (1 − 𝑒 −𝑎(𝑇−𝑡) ) + 3 (1 − 𝑒 −2𝑎(𝑇−𝑡) )
𝑎 𝑎 𝑎 𝑎 4𝑎
2
𝜆 𝜎
− (𝑏 − − 2 )(𝑇 − 𝑡)]
𝑎 2𝑎
On a :
𝑓(𝑥)
𝑅(𝑡, 𝑇) =
𝑔(𝑥)
Avec lim 𝑓(𝑇) = +∞ et lim 𝑔(𝑇) = +∞
𝑇→+∞ 𝑇→+∞
𝑓(𝑇) 𝑓 ′ (𝑇)
Donc lim 𝑅(𝑡, 𝑇) = lim = lim = lim ((𝑒 −𝑎(𝑇−𝑡) − 1)𝑟(𝑡) −
𝑇→+∞ 𝑇→+∞ 𝑔(𝑇) 𝑇→+∞ 𝑔′ (𝑇) 𝑇→+∞
𝜎2 𝜆 𝜎2 𝜆 𝜎2 𝜆 𝜎2
𝑒 −2𝑎(𝑇−𝑡) − (𝑏 − 𝑎 − 𝑎2 ) 𝑒 −𝑎(𝑇−𝑡) − (𝑏 − 𝑎 − 2𝑎2 )) = 𝑏 − 𝑎 − 2𝑎2
2𝑎2
D’où le résultat.
- 108 -
Bibliographie
Bibliographie
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ECONOMICA
[2] Joël BESSIS, Gestion des risques et Gestion Actif-Passif des banques, DALLOZ
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